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ANŽELIKA METONIENĖ

Institut de langue lituanienne

Domaine de recherche: lexique des anciens écrits.

M. PETKEVIČIAUS KATEKIZMO (1598) ABSOLIUTIEJI SINONIMAI KITŲ XVI–XVII A. LIETUVIŲ KALBOS RAŠTŲ FONE

Les synonymes absolus dans le Catéchisme de Petkevičius dans le contexte d’autres écrits lituaniens des 16th–17th siècles

ANNOTATION

Cet article examine les synonymes absolus (doublets) du catéchisme de Merkelis Petkevičius, publié en 1598 (ci-après PK), dont l’un est d’origine étrangère et l’autre un mot lituanien d’origine autochtone. On estime généralement que la langue de ce catéchisme est assez pauvre et que la traduction est principalement littérale; l’article vise donc à déterminer si les synonymes absolus relevés dans le PK faisaient partie du lexique courant des XVIᵉ–XVIIᵉ siècles et ce qui a pu expliquer le moindre emploi des doublets que l’on ne trouve que dans le PK. À cette fin, toutes les paires de synonymes systématiques sont relevées dans le catéchisme de M. Petkevičius, puis les synonymes absolus en sont extraits. Le texte lituanien du PK est comparé à sa source de traduction polonaise. Les sens des synonymes sont vérifiés dans l’édition électronique du Dictionnaire de la langue lituanienne, mais sont présentés principalement à partir du catéchisme de M. Petkevičius.

MOTS-CLÉS: M. Petkevičius, synonyme, slavisme, hybride, emprunt.

ANNOTATION

Cet article porte sur les synonymes absolus (doublets) employés dans le Catéchisme de Merkelis Petkevičius de 1598 (CP), dont un élément est d’origine étrangère tandis que l’autre est un mot autochtone. On estime que la langue de ce catéchisme est plutôt pauvre et que sa traduction est principalement littérale. L’article cherche donc à déterminer si les synonymes absolus employés dans le catéchisme constituaient une composante typique du lexique de

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les XVIth–XVIIth siècles et ce qui a pu déterminer l’emploi des doublets plus rares attestés uniquement dans le CP. Pour atteindre cet objectif, toutes les paires de synonymes systémiques ont été relevées dans le texte, puis les synonymes absolus ont été distingués parmi elles. Le texte lituanien du CP a ensuite été comparé à sa source polonaise. Les significations des synonymes ont été recherchées dans le Dictionnaire électronique de la langue lituanienne, mais elles sont présentées ici d’abord selon le Catéchisme de Petkevičius.

MOTS-CLÉS: M. Petkevičius, synonyme, slavisme, hybride, emprunt.

INTRODUCTION

Le catéchisme de Merkelis Petkevičius (ci-après PK) est le deuxième livre publié en langue lituanienne dans le Grand-Duché de Lituanie. Il parut seulement trois ans après l’impression du premier livre en lituanien, mais sa langue a jusqu’à présent été peu étudiée. Ce catéchisme est une œuvre typique des réformés des XVIe–XVIIe siècles: il contient des prières et des hymnes, indique l’ordre des rites ecclésiastiques et aborde les fondements de la foi (voir Kuzmina 2002: 17–18). Le PK a surtout été étudié en tant qu’objet littéraire (Meller 1984; Pociūtė 2000; Pociūtė-Abukevičienė 2005; Niedźwiedź 2008), et peu d’articles consacrés à sa langue ont été publiés (Zinkevičius 1970; Maskulinas 2009). Des observations plus générales sur le lexique de ce catéchisme figurent dans des ouvrages anthologiques (Palionis 1967; Zinkevičius 1988). Jonas Kruopas (1970) a étudié en détail le lexique du catéchisme de M. Petkevičius. Il a non seulement établi un glossaire des mots employés dans ce catéchisme, mais aussi formulé des observations sur la composition de son lexique.

Le présent article porte sur les synonymes absolus du catéchisme de M. Petkevičius (également appelés doublets), dont l’un est un mot d’origine étrangère et l’autre un mot lituanien d’origine autochtone. On estime généralement que la langue de M. Petkevičius est bien inférieure à celle de Mikalojaus Daukša et que sa traduction est littérale, riche en emprunts; il s’agit donc de déterminer si les synonymes absolus employés dans le PK l’étaient également dans d’autres écrits lituaniens des XVIe–XVIIe siècles et constituaient un phénomène courant à l’époque, ainsi que ce qui a pu motiver l’emploi des doublets plus rares que l’on ne trouve que dans le PK. Pour atteindre cet objectif, les paires de synonymes systémiques (61) ont d’abord été relevées dans le PK, puis les synonymes absolus en ont été extraits; le texte lituanien du PK a ensuite été comparé à sa source polonaise. Seuls sont examinés les synonymes dont l’un des termes est d’origine autochtone et l’autre d’origine étrangère; autrement dit, des cas tels que kornatis PK 20910 et discipliną, pametone PK 288 et pakuta PK 859 ne sont pas inclus dans l’analyse, puisque les deux termes de ces paires sont des emprunts. Des données supplémentaires sont recueillies dans les index et les concordances publiées d’autres écrits des XVIe–XVIIe siècles, puis complétées par des exemples tirés du Dictionnaire de la langue lituanienne.

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M. Petkevičiaus katekizmo (1598) absoliutieji sinonimai kitų XVI–XVII a. lietuvių kalbos raštų fone

La définition des synonymes paraît élémentaire: ce sont des mots de même sens ou de sens proche (LKE 2008: 488). La question se pose toutefois de savoir comment comprendre cette proximité. La synonymie est considérée comme l’un des problèmes les plus controversés de la sémantique lexicale contemporaine (Jakaitienė 2010: 119–120), et il est proposé de traiter la similarité comme quelque chose d’instable et de variable, puisqu’il n’existe pas de méthode unique pour mesurer à quel point un objet ou un phénomène ressemble à un autre (Murphy 2003: 137). Lynne Murphy souligne qu’à propos des synonymes se crée une opposition entre identité et similarité, bien que l’une de ces propriétés découle de l’autre (Murphy 2003: 139), et qu’il faut comprendre que la synonymie est une relation entre deux mots désignant le même sens ou le même concept, et non une relation entre deux sens de mots (Murphy 2003: 145). Bien que les synonymes lituaniens et leurs catégories aient fait l’objet de nombreux travaux (Župerka 1978, 2012; Jakaitienė 2010; Pikčilingis 1969, 198; Milūnaitė 2009; Vaskelienė 1999, 200, 204, 2013a, b; Vaskelienė, Kučinskienė 2012), la question de la synonymie demeure d’actualité, car les définitions et les classifications font l’objet de diverses opinions (Vaskelienė, Kučinskienė 2012: 154), tandis que les synonymes absolus (par ex. karelis / balandis) restent peu étudiés, bien qu’ils fassent partie des synonymes lexicaux. Les synonymes différentiels (par ex. aklys / kuin) sont également classés parmi les synonymes lexicaux. En lituanien, comme dans les autres langues indo-européennes, ils sont beaucoup plus fréquents que les synonymes absolus. Ce phénomène s’explique aisément: le système linguistique ne nécessite pas plusieurs appellations parfaitement identiques pour un même objet ou phénomène et, selon certains chercheurs, une telle situation est même impossible (Chafe 1971; Harris 1973). Jurijus Apresjanas a avancé l’idée que, lorsqu’il s’agit de définir les synonymes, la plupart des travaux se concentrent sur les différences sémantiques plutôt que sur les ressemblances. Autrement dit, les mots dont les champs sémantiques coïncident entièrement sont appelés doublets lexicaux ou variantes, tandis que le terme de synonymes est réservé aux mots présentant certaines différences de sens (Апресян 1974: 217). L. Murphy fait cependant remarquer que Johns Lyons a souligné que les mots dont le sens et les propriétés coïncident sont appelés synonymes absolus (Murphy 2003: 151). En linguistique lituanienne, les synonymes absolus (doublets), unités linguistiques de même sens mais de forme différente, sont considérés comme une catégorie des synonymes systémiques. Il serait erroné de les appeler variantes en se fondant sur la pratique étrangère, car en linguistique lituanienne le terme « variantes » désigne uniquement les formes différentes d’une même unité linguistique (Župerka 2012: 29), particulièrement fréquentes au niveau morphologique.

Selon certains chercheurs, le critère d’interchangeabilité, selon lequel un mot peut en remplacer un autre sans modifier le sens de la phrase, est le plus important pour établir une relation de synonymie (Jackson, Ze Amvela 2001: 91). Mais si les synonymes comportent des traits distinctifs de sens, le fait que leurs traits principaux coïncident n’empêche pas l’apparition de changements dans le sens de la phrase. Ainsi, les phrases Palenk galvą, nes nieko nematau et Palenk maulę, nes nieko nematau ne sont pas

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identiques. Evalda Jakaitienė fait observer que les possibilités de combinaison des synonymes diffèrent; ils ne peuvent donc pas toujours se remplacer l’un l’autre dans une phrase (Jakaitienė 2010: 122). Il est admis que l’interchangeabilité, au moins partielle, est un trait nécessaire des synonymes (Апесн 1974: 219), mais seuls les doublets peuvent être employés sans entraîner aucun changement de sens dans l’énoncé. Il reste néanmoins possible de contester leur existence, c’est-à-dire celle des synonymes absolus. Certains chercheurs distinguent les doublets des synonymes (Апесн 1974: 217). Le sens des mots peut formellement coïncider entièrement et, dans une phrase, le remplacement d’un doublet par un autre peut laisser le sens inchangé; pourtant, dans un contexte donné, il arrive souvent qu’un seul des doublets soit employé. Par exemple, une personne qui voyage sans billet est uniquement appelée zuikiu et jamais kiškiu; une personne qui se lève tôt est appelée vyturiu, et non vieversiu. C’est pourquoi on tente de distinguer les mots de sens proches employés dans les mêmes contextes (appelés synonymes) des variantes, c’est-à-dire des mots qui désignent le même phénomène, la même propriété ou le même objet, mais qui sont marqués stylistiquement et ne se substituent jamais l’un à l’autre (Murphy 2003: 151). Autrement dit, deux mots peuvent difficilement être identiques sur le plan sémantique, mais ils peuvent l’être en tant qu’unités lexicales; l’existence des doublets est indéniable lorsqu’on considère isolément le sens des mots, même si certains chercheurs ne les classent pas parmi les synonymes.

Bien que les doublets soient extrêmement rares dans les langues, il ne faut pas oublier l’une des sources de synonymes: une autre langue. Les mots dont l’un est d’origine autochtone et l’autre un emprunt venu d’une autre langue1, qui double sémantiquement un mot lituanien, sont-ils considérés comme des doublets? Oui, car leurs sens sont identiques (Murphy 2003: 146). Cette identité est particulièrement manifeste lorsque les mots sont monosémiques. Dans les anciens écrits lituaniens, un emprunt et un mot ayant acquis le même sens sont employés alternativement, et l’on constate que l’emploi de l’un ou de l’autre dépend du contexte. Wolfgang Hock, étudiant le lexique de la postille de Mikalojaus Daukša, avance que les doublets (également appelés mots équivalents) ne sont pas propres au seul lituanien, aux écrits anciens ou, plus généralement, aux textes traduits. Il affirme que ces synonymes peuvent être liés au recours fréquent à l’interprétation et à la paraphrase, l’une des figures essentielles du style de la Renaissance; ils reposent sur la compréhension et l’interprétation du texte traduit et doivent être envisagés dans une acception plus large (Hock 2012: 28–29). Il faut toutefois distinguer la synonymie phrastique de la synonymie lexicale (Murphy 2003: 144). Dans le présent travail, les doublets sont considérés comme relevant à la fois du lexique et de la synonymie, puisqu’ils partagent avec les autres synonymes un caractère évolutif (Vaskelienė 2013b: 208): ils peuvent former des séries, et l’un de leurs membres peut disparaître si son sens change.

1 Il n’est pas question ici d’un ancien mot emprunté qui serait l’unique moyen de désigner un objet, un phénomène ou une propriété.

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Une autre question se pose: à quelle catégorie de synonymes faut-il rattacher les mots polysémiques qui, pour certains de leurs sens, sont synonymes d’un mot et, pour d’autres, d’un autre? L’étude de la polysémie soulève également une question essentielle: quel est le sens principal d’un mot? Bien qu’il soit parfois proposé de s’appuyer sur le principe de fréquence, c’est-à-dire de considérer comme typique et principal le sens le plus fréquemment employé (Glynn 2014: 14), les différents sens d’un mot polysémique forment une structure et sont liés entre eux sur les plans diachronique et synchronique (Jakaitienė 198: 19–20). L. Murphy propose même le terme relation de sens, car les synonymes recouvrent généralement un ou plusieurs sens d’un mot, mais pas tous à la fois (Murphy 2003: 143). Les sens des mots employés dans PK sont présentés en tenant compte avant tout des sens qu’ils ont dans ce catéchisme, indépendamment de l’ensemble des sens du mot polysémique. Par exemple, užlėcavoti, -avoja, -avojo, comme on peut le déduire d’autres textes anciens et de la version électronique du Dictionnaire de la langue lituanienne (ci-après LKŽ), a le sens de « prendre la défense de », mais, dans PK, ce mot n’est employé qu’au sens de « proposer »; c’est donc sur ce sens que s’est appuyée la recherche de synonymes dans PK. Un ou plusieurs sens de certains mots autochtones polysémiques attestés dans PK coïncident entièrement avec ceux de termes d’origine slave; le lien entre ces mots autochtones et ceux d’origine étrangère ne diffère donc en rien de celui qui unit les doublets, même si l’emploi de l’un des différents sens peut aussi dépendre du contexte, ce qui rapproche ces mots des synonymes contextuels.

SYNONYMES ABSOLUS (DOUBLETS)

Selon J. Kruopas, les emprunts représentent 25% de l’ensemble du lexique de PK; ils font parfois double emploi avec des mots lituaniens, par exemple statyti et budavoti, mokytojas et minstras, kertas et pasta, praleti et musyti, sylvaras et smūkas (Kruopas 198: 164). J. Kruopas affirme que « si l’on compare le lexique du Catéchisme de M. Daukša, qui aimait et cultivait la langue lituanienne, à celui de PK, on constate un grand pas en arrière » (Kruopas 1998: 165). La langue de PK manque parfois de fluidité, ce qui montre que le texte s’appuie largement sur sa source de traduction, le polonais. PK comporte des emprunts rares, absents d’autres sources (par ex. hadnas PK 132₁₄); et bien que les écrits de Konstantinas Sirvydas contiennent eux aussi de nombreux emprunts et hybrides qui leur sont propres, Zigmas Zinkevičius qualifie M. Petkevičius de précurseur de la langue du jargon ecclésiastique (Zinkevičius 198: 200).

Les slavismes de PK et leurs synonymes peuvent être répartis en deux groupes. Le premier comprend les doublets, c’est-à-dire les synonymes absolus, qui ne présentent aucun trait distinctif de sens. Dans PK, de tels synonymes — le slavisme comme le mot lituanien autochtone — n’ont généralement qu’un seul sens, ou bien le sens du slavisme coïncide entièrement avec plusieurs sens du mot autochtone: budavoti, -avoja, -avojo « construire » PK 64₇ / statyti, -o, -ė PK 69₂₆; blūdas « égarement, hérésie » PK 133₂₁ / klaidėjimas « erreur, hérésie » PK 73₂; cielas « sain; entier, complet » PK 205₁₉ / visas PK 67₁₂; čertas « diable »

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PK 19₂₀ / velnias PK 135₁₁; čiastis « honneur, respect » PK 19₁₉ / garba PK 35₁₃, garbė PK 38₂; čiastauti, -auja, -aujo « respecter, glorifier » PK 5₈ / garbinti, -ina, -ino PK 108₂₁; dyvas « chose étonnante, bizarrerie, miracle » PK 122₁₈ / stebuklas PK 137₄; dūia « esprit, fantôme, âme » PK 6₇ / duasa PK 99₁₉; griešyti, -ija, -ijo « commettre un crime, pécher » PK 147₂ / nusidėti, nusideda, nusidėjo PK 35₂₁; hadina « heure » PK 160₂₀ / valanda PK 250₂₀; kocerystė « hérésie » PK 134₄ / klaidėjimas « erreur, hérésie » PK 73₂; kožnas « chacun » PK 18₂₁ / kiekvienas PK 43₁₁; devas « lion » PK 80₉ / liūtas PK 80₁₀; liekorius « médecin » PK 251₇ / gydytojas PK 31₂₇; loska « grâce » PK 38₂₂ / malonė PK 6₂₃; mečius « épée, glaive » PK 160₁₁ / kalavijas PK 60₁₂; mylsta « grâce » PK 49₆ / malonė PK 6₂₃; mūka « souffrance » PK 36₈ / kančia PK 67₃; pakara « humilité, abaissement » PK 115₂ / nusižeminimas « humilité » PK 117₈; pakusa « tentation » PK 20₂₄ / pagundymas PK 118₂₆; pamacia « aide » PK 236₁₂ / pagalba PK 175₇, pagbė PK 91₅; pamsta « papier » PK 27₃ / kertas PK 74₅; păroti, -oja, -ojo « approuver » PK 164₃ / pritarti, -ia, -ė PK 69₈; pomes « mémoire » PK 247₁ / atmintis PK 96₆; ponas « seigneur » PK 9₁₀ / viešpats PK 88₂; ponovi, -uoja, -avo « régner, gouverner » PK 236₁₆ / viešpatauti, -auja, -avo PK 85₁₇; valdyti, -o, -ė PK 239₁₀; pononė « domination » PK 113₂₃ / viešpatavimas PK 86₆; prajėus « miracle » PK 149₁₄ / stebuklas PK 137₄; pūsti, -ija, -ijo « détruire » PK 72₁₈ / naikinti, -ina, -ino PK 208₂₂; ronyti, -ija, -ijo « blesser » PK 251₂₂ / žeisti, žeidžia, žeidė PK 80₈; skórbas « richesse » PK 46₁₈ / turtas PK 65₂₆; slūžyti, -ija, -ijo « servir » PK 18₉ / tarnauti, -auja, -avo PK 227₅; stodas « troupeau, bande » PK 153₂₆ / banda PK 70₂₄; strochas « peur, effroi » PK 160₁₈ / baimė PK 232₁₄; svietas « monde, terre; tous les hommes » PK 15₄ / pasaulis PK 86₆; šeforius « surveillant, protecteur, chef » PK 201₃ / prižiūrėtojas PK 206₄; toblyčia « planche » PK 6₂ / lenta PK 105₁₇; viera « foi, croyance » PK 2₃ / tikėjimas PK 141₁₃; zokanas « loi » PK 43₁₄ / įstatymas PK 191₇.

Les doublets peuvent tout à fait se substituer l’un à l’autre dans une phrase sans en altérer le sens. On peut citer à titre d’exemple quelques phrases de PK: Nes kadangi gi liga alankiey / teikig gi Pone / liekoriu tikras / įgbid [...] PK 251₇; Teikis but ligoniu giditu / šudrtingu linkminou / fupfutų gilbetou [...] PK 31₂₇; Ten pas vni ftwedams ftoche buwo Petras [...] PK 160₁₈; [...] ir wifokios biauribes giena baymey Dewa [...] PK 232₁₄; [...] žmones pjbnomis tokias biauries / bat Pona zokane dukfis / dieną nakti dumodamas PK 43₁₄; Idangi mes tada tikray pagal įstatima bunta Pona Cbrifufa / tą krikštimą darytum PK 191₇. Si l’on intervertissait les mots d’origine slave et ceux d’origine autochtone, le sens de la phrase ne changerait pas; toutefois, le slavisme est souvent préféré, tandis que parfois, au contraire, le mot autochtone est plus fréquemment choisi, ou les deux mots sont employés à une fréquence égale. On observe néanmoins dans PK une tendance à employer plus souvent le membre autochtone de la paire synonymique que le slavisme ou l’hybride à racine slave (voir le tableau).

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Acta Linguistica Lithuanica LXXIX

M. Petkevičiaus katekizmo (1598) absoliutieji sinonimai ųtų XVI–XVII a. lietuvių kalbos raštuose

Emprunt au slavon plus souvent choisi

Mot autochtone plus souvent choisi

L’emprunt au slavon et le mot autochtone sont employés avec la même fréquence

radeau

3

construire, -uit, -uisit

1

cocasserie

1

égarement

1

construire, -uit, -uisit

2

égarement

1

jouer, -e, -a

4

entier

1

lion

1

pécher, pèche, pécha

1

tout

35

lion

1

quelque

56

serviteur

9

médecin

1

chacun

13

diable

19

médecin

1

moine

7

purifier

12

dame

1

souffrance

3

gloire / honneur

55 / 16

seigneurs

1

paix

6

vénérer, vénère, vénéra

2

lieu

1

humiliation

1

vénérer, vénère, vénéra

56

bande

1

s’est assombri

3

esprit

1

colère

1

miracle

2

année révolue

2

âme

90

mémoire

1

esprit

97

seigneur

567

reine

3

seigneur

28

heure

6

souffler, souffle, souffla

3

arc

11

détruire, détruit, détruisit

1

grâce

37

servir, -t, -ait

7

ouvrier

1

servir, -e, -a

3

épée

3

monde

67

amour

2

monde

3

grâce

37

temple

3

cuisine

2

planche

2

tentation

6

foi

64

apparition

1

foi

2

aide / assistance

1 / 7

posséder, -ède, -éda

1

approuver, -ouve, -ouva

3

seigneuriser, -ise, -isa

1

dominer, -ine, -ina / gouverner, -erne, -erna

1 / 9

charrue

1

miracle

2

orner, -e, -a

2

blesser, blesse, blessa

3

trésor

1

richesse

4

chagrin

2

peur

12

cavalier

1

promettant

3

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ANŽELIKA SMETONIENĖ

L’emprunt slave est choisi plus souvent

Le mot d’origine est choisi plus souvent

L’emprunt slave et le mot d’origine sont employés avec la même fréquence

žokanas

3

įstatymas

11

LES SYNONYMES ABSOLUS (DOUBLETS) DU PK DANS D’AUTRES ÉCRITS

Il convient de comparer d’abord les doublets employés dans le PK avec les écrits de M. Daukša: le catéchisme publié en 1595 (ci-après DK) et le postille imprimé en 1599 (ci-après DP). Ces sources appartiennent à la même période; le lexique employé par M. Petkevičius est souvent comparé à celui des écrits de M. Daukša. Le DK et le DP sont donc particulièrement adaptés pour déterminer si, à cette époque, il existait en général une tendance à employer de tels synonymes absolus. Puisque M. Daukša a produit deux ouvrages et que le DP est en outre une source beaucoup plus volumineuse, seule la tendance à employer les mots peut être comparée, et non le nombre d’occurrences. Certains mots apparaissent des centaines de fois dans le DP (par ex. visas, vienas, viešpatis), tandis que le PK ne compte que quelques synonymes employés aussi abondamment. Par rapport à M. Petkevičius, M. Daukša choisissait plus souvent des mots lituaniens d’origine pour les formes suivantes: statyti, -o, -ė DP 432₁₉, visas DK 39₇, DP 15₄₁, velnias (velinas) DK 53₁₂, DP 23₂₅, garbė DK 42₁₂, DP 38₉, garbinti, -ina, -ino DK 80₂₁, DP 59₄₂, dvasia DP 195₂₂, nusidėti, nusideda, nusidėjo DK 126₁₂, DP 223₂₈, kiekvienas DK 93₁₀, DP 108₄₅, klaidėjimas DP 99, liūtas DP 79₃₅, nužemimas (nužeminimas) DK 49₁₂, DP 290₅₁, kertas DK 107₁₇, DP 14₂₂, viešpats (viešpatis) DK 4₁₆, DP 594₄₄, viešpatauti, -auja, -avo DP 341₃₁ / valdyti, -o, -ė DP 348₄₈ / valdžioti, -ioja, -iojo DK 31₁₁, DP 58₆, stebuklas DK 161₆, DP 264₂₅, naikinti, -ina, -ino DP 255₂₂, žeisti, žeidžia, žeidė DP 619₄₇, banda DP 340₃₃, pasaulis DK 53₁₂, DP 14₄, tikėjimas DK 22₅, DP 265₄, plutôt que leurs doublets: budavoti, -oja, -ojo DP 436₃₃, cielas DP 48₇, čertas DP 437₃₂, čėstis DP 321₅, čėstauti, -auja, -aujo DK 257₁₇, DP 341₇, dūšia DP 155₃₄, griežti, -ija, -ijo DP 47₉, kožnas DP 497₃₉, blūdas DP 518₁₂, levas DP 3₁₉, pakara DP 316₂₆, pamsta DP 94₁₃, ponas DP 8₉, pavadoti, -avoja, -avojo DP 577₂₅, pražvas DP 180₃₃, pūtyti, -ija, -ijo DP 572₂₉, ronyti, -ija, -ijo DP 324₃₇, rodas DP 290₄₀, svietas DP 486₂₁, vierą DP 228₇. Dans les écrits de M. Daukša, seuls quelques synonymes ont un membre d’origine étrangère employé plus souvent dans la même source que le mot d’origine lituanienne: hadna (adna) DP 173₁₉ (51 occurrences) / valanda DP 234₂₆ (42 occurrences), liekoris DP 514₃₉ (4 occurrences) / gydytojas DP 514₃₄ (1 occurrence), žokanas DP 31₄₈ (188 occurrences) / įstatymas DP 75₅₂ (41 occurrence), dūšia DK 97₂₀ (41 occurrences) / dvasia DK 26₅ (31 occurrences). Quant aux mots šeinius DP 306₁₅ et tobyčia DP 461₁₃, leurs synonymes

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Acta Linguistica Lithuanica LXXIX

M. Petkevičiaus katekizmo (1598) absoliutieji sinonimai kūlių XVI–XVII a. lietuvių kalbos raštu fone

priežiedas et lenta, employés par M. Petkevičius, ne sont jamais employés dans les écrits de M. Daukša.

Dans les écrits de M. Daukša, 13 des synonymes employés dans le PK n’ont pas de membre d’origine étrangère. M. Daukša employait abondamment atmintis « mémoire; chose à se rappeler, etc. » DK 99₁₀, DP 95₂₂ (et non atmintis), baimė DK 5₁₄, DP 6₂₅, kalavijas DP 18₃₁, kančia DP 170₄₂, klaidėjimas DP 9₄, malonė DK 95₈, DP 253₂₄, pagalba DK 135₁₈, DP 82₂₃, pagundymas DK 46₉, DP 97₃₃, stebuklas DK 161₉, DP 264₂₅, tarnauti, –au, –avo DK 81₁₆, DP 546₃₂, turtas DK 88₁, DP 344₃₇, viešpatavimas DP 4₁₅, plutôt que leurs doublets employés dans le PK: pometis PK 247₁, strochas PK 160₁₈, miečius PK 160₁₁, muka PK 36₈, kocerstė PK 134₂, loska PK 38₂₂ et mylia PK 49₆, pamacia PK 236₁₂, pakusa PK 20₂₄, dyvas PK 122₁₈, slūžti, –ija, –ijo PK 18₈, skórbas PK 46₁₈, ponavonė PK 113₂₃. En outre, ni le DP ni le DK ne contiennent le slavisme patūroti, ni son synonyme d’origine lituanienne pritarti, employé dans le PK 69₈.

Le choix de M. Petkevičius d’employer les slavismes des doublets mentionnés dyvas, loska, miečius, mylia, muka, pakusa, pamacia, pometis, ponavonė, skorbas, slūžti, –ija, –ijo, strochas et l’hybride kocerstė, plutôt que les mots lituaniens d’origine employés par M. Daukša, paraît étrange, car ces mots d’origine étrangère ne sont pas employés, ou le sont très rarement par rapport à leurs synonymes indigènes, dans d’autres anciennes sources lituaniennes²: dyvas apparaît aussi dans BP I 57, KN SE 237, ChNT 286 (cf. stebuklas Mž 211, VlnE 121, BB 2Met 32, BP II 265, SD¹ 30, SD³ 37, SG1 39, ChNT 4), pakusa dans Q 33 (cf. pagundymas Mž 138, SP II 57), kocerstė uniquement dans le PK (cf. klaidėjimas MP 382, KN SE 261), ponėts dans SD¹ 118, Q 214 (cf. atmintis MP 70, SD¹ 118, SD³ 283, KN G 67), ponavonė dans KN G 98 (cf. viešpatavimas SD¹ 119, ChNT 3). Cela signifie que, bien que M. Daukša fût un défenseur de la langue lituanienne, son choix d’employer les mots d’origine lituanienne dans des doublets tels que dyvas / stebuklas, pakusa / pagundymas, pometis / atmintis, ponavonė / viešpatavimas, kocerstė / klaidėjimas ne relevait pas uniquement d’une décision consciente de sa part: ces slavismes n’étaient pas aussi répandus. À partir de la source polonaise du texte traduit dans le PK et de sa traduction en lituanien, on peut conclure que les slavismes pakusa, pometis, ponavonė (à l’exception de dyvas) ont été employés dans le PK en fonction du texte polonais: pol. […] iżes nas tey nocy przeźbę pokufy chtręy batṅkijey […] // lit. iuog fią naktį perieufią / pakufos welnio kitro […] PK 20₂₄; pol. […] od ćžarta y od pokus chroń […] // lit. […] nuog welnia ir pakufų dengia […] PK 112₁₃; pol. […] aby sobie na pamięć przywiódł wbýtkie życia swego na tym swiecie […] // lit. […] id saw ant pomietes przywtu wifą giwenimą fawa ant swieta […] PK 247₁; pol. A nie odwlączay daley tego Panowania […] // lit. O ne attolink tolaus fawos ponawonios […] PK 113₂₃. L’hybride kocerstė est apparu à la suite d’une traduction assez libre du texte, mais on constate que, dans le texte polonais

2Les abréviations de certaines sources (BP, VlnE, Q, MP, C) sont reprises du LKŽ.

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ANŽELIKA SMETONIENĖ

La langue emploie un mot de même racine: pol. [...] personne ne pourrait te retenir / et la force de l’armée s’effondrerait [...] // lit. [...] car il n’y a personne pour le retenir / et l’armée se disperserait [...] PK 134₂. Ces slavismes et ce mot hybride, qui ne sont pas entrés dans l’usage courant, ont été employés dans PK uniquement sous l’influence de la source polonaise; cependant, le pol. domination se traduit en lituanien à la fois par ponavone et par viešpatavimas (pol. A nie odwłaczay daley tego Panowania [...] // lit. O ne atotink tolus fawos ponawonios [...] PK 113₂₃; pol. W każdam miejscu świata tego / wьego Panowania jego // lit. Kożnoy wietoy jo pafulo wifa wiešpatwama io [...] PK 86₉), on pourrait donc parler moins d’un système déterminé de doublets dans PK que d’une interprétation personnelle de l’auteur et d’une reformulation du texte, d’une tentative de rendre le texte en lituanien avec la plus grande précision ou de manière plus imagée. Les autres paires de mots le montrent également: en polonais, cud et dziw, pokusa et pokuszenie sont aussi des synonymes: pol. [...] faire des miracles avec la force du Diable [...] // lit. [...] rodis dwus iżgi čerto mačes [...] PK 122₁₈; pol. [...] que tu as daigné manifester par un miracle [...] // lit. [...] kad per stebuklą tat rodey [...] PK 137₄; pol. Za takowmi dziwy ludzie się uznali [...] // lit. Vž tokiu stebuklu žmones pažino [...] PK 162₁₃; pol. [...] que tu nous préserves cette nuit de la tentation rusée du diable [...] // lit. uog ją naktį pereiwą / pakufos welnio kitro [...] PK 20₄; pol. [...] protège du diable et des tentations [...] // lit. [...] protège du diable et des tentations [...] PK 112₁₃; pol. Nie wódź nas na pokuszenie [...] // lit. Ne wek mus ing pagundimą [...] PK 118₂₆; pol. y nie wódź nas na pokuszenie ale nas zbaw ode złego. // lit. [...] newek mufu ing pagundimą: batai giabek mus, nug wifo pikto [...] PK 10₂₄; pol. Pokufenia petny tak žimie jak lecie // lit. [...] per wifoki ciefą pagundimą pilną [...] PK 138₁₃; pol. [...] aby fołie na pamieć przywiódł wźytkie žycia swego na tym swiecie [...] // lit. [...] id saw ant pomies prwefu wifą giwenimą fawa ant swieta [...] PK 247₁; pol. Będzeli miał na baczności / Nabe wbelakie krewkości [...] // lit. Jay turei ant aminties mufų wifokias pikibes [...] PK 96₁₆. Comme le montrent ces phrases, le pol. cud est traduit en lituanien par le pol. dyvas, le pol. dziw par le pol. stebuklas, le pol. pokusa par le pol. pakusa, le pol. pokuszenie par le pol. pagundimas, le pol. pamięć par le pol. potis, et le pol. baczność par le pol. amintis.

D’autres doublets du PK, dont le mot d’origine étrangère n’est pas employé dans les écrits de M. Daukša, sont utilisés à peu près aussi fréquemment dans les autres anciens écrits lituaniens, parfois même dans une même source; il existe donc également une synonymie dans les autres écrits: łoska Mž 45, JĖ⁵ 213 / malonė Mž 52, BB Dan 2, BP II 92; mėčius MP 217, SD¹ 79, KN G 271 / kalavijas BP I 114, SP II 7, SD¹ 79, SD³ 70; mylėsta Mž 309, AK 3₈, SD¹ 70, SD³ 8₈, J˹ 14, J˲ 15, J˳ 15, JĖ⁴ 15, JĖ⁵ 14 / malonė Mž 52, BB Dan 2, BP II 92, SD¹ 70, SD³ 149; mūka Mž 158, KN SE 243, J˲ 20, J˳ 20, JĖ⁴ 25, JĖ⁵ 212 / kančia Mž 229, SD¹ 78, SD³ 38; pamacia (pamacė, pamacis) WP 58, MP 66, KN SE 185, ChNT 245 / pagalba (pagalbė) Mž 342, BP II 97, MP 237, SD³ 324, KN G 3; slūžyti, -ija, -ijo Mž 503, WP 9, VlnE 19, BB 2Met 33, BP II 320, MP 135, SD¹ 169, J˹ 112, ChNT 10 / tarnauti, -auja, -avo Mž 115, VlnE 111, BB 2Met 13, MP 114, SP I 201, SD¹

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M. Petkevičiaus katekizmo (1598) absoliutieji sinonimai kitų XVI–XVII a. lietuvių kalbos raštų fone

85, SD³ 196, SG1 22, ChNT 4, Q 51; stochas KN G 213, Q 351, C II 80 / baimė BB 2Met 20, SD¹ 95, SD³ 11. L’emprunt slavon skambas est beaucoup plus fréquent dans les anciens écrits lituaniens — BB Iz 23, WP 111, VlnE 186, MP 63, SP I 172, SD¹ 166, JE¹ 19, JE² 21, JE³ 21, JE⁴ 21, JE⁵ 20, ChNT 13, C II 396 — que son synonyme turtas, attesté dans BB 2Met 31, SD¹ 21, SD³ 20, ChNT 6.

En certains passages, M. Petkevičius ne traduit pas littéralement le texte polonais, mais cherche des formulations plus imagées; il s’efforçait de faire rimer le texte, si bien que la traduction y est assez libre: pol. [...] a nam wieczny pokoy prawil / raczyb miłosierny Panie / wypłuchał nasze wołanie // litu. [...] mums didį pakaiu dawei / teikis maloningas Pone / saugot mus fawo maloney PK 36₁₂; pol. [...] począł Piotr Pana mścić / Malchowi ucho uciął / chcąc go mocnie bronić // litu. [...] Petras Poną gindamas / mečium kurį turėjo / atkirtą aufi Malchaus PK 160₁₂; pol. Chrye dla umęczenia żywota twoie / racz nas przyjąć po śmierci do krolefwa fwego // litu. Christe dėl tawo kancios / kuną fawo mukus / mus wifus teikis priimt karalifen dangus PK 163₁₉; pol. [...] hoynie moie wszerzyć mie tak tęknice / gdy ręce fwe podniosę do imienia twego [...] // litu. Gierais gali nuramint mano kančias wifas / kad rankas fawo kelfiu tawo weidop Pone [...] PK 67₃, etc. Dans de tels cas, il est difficile de tirer des conclusions plus précises sur l’emploi des doublets.

Dans certains passages, les slavismes du PK reproduisent systématiquement la source polonaise; dans d’autres, ils reproduisent systématiquement des mots dont la langue donatrice n’est certainement pas le polonais: le mot est seulement apparenté au mot slave oriental qui constitue la source du slavisme. Pol. [...] acz nas do tego fama łaska y dobroć Boża godnymi czyni [...] // litu. [...] kaciebÿ mus top pati łofka ir gieribe Diewu hadnys daro [...] PK 205₁₆; pol. [...] będzie zażywał mąk piekielnych // litu. [...] turės mukas neįkaltas PK 248₂; pol. [...] abyś była ochędożeniem / pomocą y pociechą żywotowi y domowi jego // litu. [...] idant butumey grožibe / pamacia ir džiaukfmu żywata jo PK 236₁₂; pol. [...] a iżbymu też mogli flużyć we wſzytkim dobrym bliźnim naszym // litu. [...] o idant topag galėtum flužit wifame gerame artiemus muſu PK 18₁₀; pol. Potym Piotr frachem wielkim / gdy w ognia ftoiał [...] // litu. Ten pas ugnieswedamas froche buwo Petras [...] PK 160₁₉. Cependant, M. Petkevičius ne se fonde pas toujours sur le texte polonais, même lorsqu’il traduit littéralement plutôt que librement. Par exemple, les mêmes mots pol. łaska et pol. służyć sont rendus non seulement par litu. łoska et litu. słužyti, -ja, -ijo, mais aussi par litu. malonė et litu. tarnauti, -auja, -avo (pol. Przez łaskę a miłosierdzie Boże [...] // litu. Per malonę ir mielaširdę Diewu PK 6₂₃; pol. [...] A tobie wiernie służyli // litu. [...] o taw wiernay tarnautumbim PK 22₂₁), bien que ces mots soient des doublets et que, dans la phrase, le mot identique puisse tout à fait remplacer le slavisme. En outre, même lorsqu’il emploie des slavismes, M. Petkevičius ne s’appuie pas toujours sur le texte polonais: il a plutôt choisi des mots slaves orientaux qui ne sont pas apparentés aux mots polonais traduits, par exemple: pol. [...] ty mnie chciey wſpomoc w moiey doległości / Boże łutości // litu. [...] tu pats

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aide-moi, aide-moi dans mes fonctions / Dieu, aie pitié PK 49₆; le. Nabe zloši nepravoši / 3 fame bčėrey takavōsči […] // le. Mufu griekus neteibes i₆ fawo tikros milites […] PK 84₁₉.

Affirmer que M. Petkevičius donnait toujours la préférence aux emprunts est impossible au vu de phrases de ce type, où non seulement la traduction est libre, mais où l’on emploie aussi un mot indigène lituanien, bien que le même catéchisme utilise un slavisme susceptible de le remplacer, par exemple: le. Bobych fnac latwie wytrwał od miecza zranienie […] // le. Nes piguis įkėčia kalaviją kirtim […] PK 60₁₂ (cf. […] meciu kuri tureio […] PK 160₁₂); le. […] porśmy Boga o pomo[…] // le. prabom paglabes wiepati […] PK 36₃ (cf. […] pamacia ir džiaukmu žiwata io PK 236₁₂). En outre, des synonymes étaient recherchés lorsque le texte polonais employait lui aussi des synonymes. Ainsi, le polonais łaska est traduit en lituanien par łoka, tandis que le polonais miłosierdzie l’est par le polonais malonė (le. Nadzieje w miłosierdziu twoim pokładamy […] // le. Nodiej malonea tawo dei guldzem […] PK 114₁₄), le polonais strach par le polonais stochas, et le polonais pobożność, bojaźń par le polonais baime (le. […] y przypra wie ku Panu Bogu / y miłość / y wβelaką pobożność w nas po-budą y sprawie / […] ir prigatwia wiera Ponop Diewop / ir meylę / ir wifokią baymę Diewa muj prikielą ir reda PK 17₁₄; le. […] y wβelaką plugfwa / ży-wie w boiazni Boży […] // le. […] ir wifokios biauribes givena baymę Diewa […] PK 32₃₄).

MOTS POLYSÉMIQUES

Les significations de tous les doublets examinés sont identiques, c’est-à-dire que le slavisme ou l’hybride et son synonyme absolu, un mot indigène, peuvent se remplacer entièrement l’un l’autre sans modifier le sens de la phrase. Toutefois, le PK contient des mots polysémiques qui ne sont synonymes que dans certains sens. Ainsi, zaria PK 49₂₁ « lueur rougeâtre du ciel le matin ou le soir » (LKŽe) et aušra PK 67₉ 1. « moment où le jour et le matin commencent à poindre, à s’éclaircir »; 2. « début d’une période meilleure, plus heureuse »; 3. « matin, pays de l’est » (LKŽe) ne sont synonymes que dans leur premier sens. Dans le catéchisme de M. Petkevičius, le mot aušra est employé non seulement dans son premier sens, « moment où le jour et le matin commencent à poindre, à s’éclaircir », mais aussi dans son troisième sens, « matin, pays de l’est »; ces mots ne sont donc pas des synonymes absolus, même dans le PK. Parmi les autres synonymes possibles dans le PK, aucun lien synonymique ne se crée. Par exemple, dans un contexte donné, le synonyme du slavisme biednas PK 45₁₄, « pauvre, indigent » (LKŽe), vargingas PK 82₁₆, est employé uniquement au sens de « qui cause beaucoup de peine et de soucis, difficile, pénible » (LKŽe), et non dans son second sens, « qui est pauvre, démuni » (LKŽe). Le PK présente aussi des cas inverses: l’emploi de mots polysémiques n’entraîne pas de différence de sens et ceux-ci constituent donc des doublets dans le PK (les sens retenus dans le PK sont soulignés): apãtalas PK 150₁₆ 1. « église. chacun des douze disciples du Christ »; 2. « au sens figuré. propagateur dévoué d’une idée ou d’une doctrine (LKŽ) / mokytinis PK 13₂₀ 1. « celui qui étudie, élève »; 2. « adepte d’une science, d’une théorie, des idées de quelqu’un »; 3. « personne instruite, lettrée, ayant fait des études; intellectuel » (LKŽ); blūdyti, -ija, -ijo PK 24₂₁ 1. « se tromper, errer »; 2. « délirer, dire des sottises » (LKŽ) / klaidėti, -ėja, -ėjo PK 8₂ 1. « faire des erreurs, se tromper »; 2. « errer »; 3. « délirer » (LKŽ); dabi, -oja, -ojo PK 16₁₉ 1. « garder »; 2. « regarder avec confiance, aimer »; 3. « regarder, tenir compte, prendre en considération » (LKŽ) / atsivydėti, -i, -ėjo PK 136₂₀ 1. « tenir compte, prendre en considération »; 2. « avoir pitié » (LKŽ); pana PK 8₁₀ 1. « jeune fille »; 2. « planche de rouet à laquelle on attache la quenouille »; 3. « carte représentant une femme, dame » (LKŽ) / merga PK 7₈ 1. « femme adulte non mariée, jeune fille »; 2. « jeune ouvrière agricole, domestique, servante employée par un fermier ou un riche propriétaire »; 3. « fille » (LKŽ); prakas PK 150₁₆ 1. « celui qui annonce les événements à venir »; 2. « saint céleste, auxiliaire de Dieu » (LKŽ) / pranašas PK 163₁₇ 1. « celui qui annonce quelque chose, annonciateur, héraut »; 2. « celui qui prédit et annonce les choses futures ou inconnues »; 3. « personne envoyée et inspirée par Dieu, qui explique la volonté de Dieu et annonce les événements à venir »; rėdyti, -ijo, -ijo PK 16₉ 1. « vêtir, habiller »; 2. « parer, orner »; 3. « préparer »; 4. « entreprendre, préparer, organiser »; 5. « donner, accorder en mariage »; 6. « diriger, administrer »; 7. « préparer la chaîne d’un métier à tisser, ourdir un tissu »; 8. « réviser » (LKŽ); valdyti, -o, -ė PK 239₁₀ 1. « exercer le pouvoir, régner »; 2. « veiller au bon ordre des travaux et des affaires, diriger, administrer »; 3. « régler les actions de quelqu’un, donner des instructions, commander »; 4. « surveiller les mœurs, contraindre à demander, interdire »; 5. « être capable de bouger et de plier les membres et les articulations, coordonner les mouvements »; 6. « pouvoir, savoir utiliser »; 7. « orienter dans la bonne direction, piloter »; 8. « exiger un certain cas ou une certaine forme du mot »; 9. « se maîtriser » (LKŽ); sỳla PK 6₉ 1. « force »; 2. « ressources »; 3. « puissance »; 4. « contrainte »; 5. « conséquence »; 6. « courage » (LKŽ) / galybė PK 10₂₆ 1. « grande capacité, force, puissance »; 2. « pouvoir »; 3. « possibilité »; 4. « grande multitude » (LKŽ).

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idée, doctrine; propagateur (LKŽ) / mokytinis PK 13₂₀ 1. « celui qui étudie, élève »; 2. « adepte d’une science, d’une théorie, des idées de quelqu’un »; 3. « personne instruite, lettrée, ayant fait des études; intellectuel » (LKŽ); blūdyti, -ija, -ijo PK 24₂₁ 1. « se tromper, errer »; 2. « délirer, dire des sottises » (LKŽ) / klaidėti, -ėja, -ėjo PK 8₂ 1. « faire des erreurs, se tromper »; 2. « errer »; 3. « délirer » (LKŽ); dabi, -oja, -ojo PK 16₁₉ 1. « garder »; 2. « regarder avec confiance, aimer »; 3. « regarder, tenir compte, prendre en considération » (LKŽ) / atsivydėti, -i, -ėjo PK 136₂₀ 1. « tenir compte, prendre en considération »; 2. « avoir pitié » (LKŽ); pana PK 8₁₀ 1. « jeune fille »; 2. « planche de rouet à laquelle on attache la quenouille »; 3. « carte représentant une femme, dame » (LKŽ) / merga PK 7₈ 1. « femme adulte non mariée, jeune fille »; 2. « jeune ouvrière agricole, domestique, servante employée par un fermier ou un riche propriétaire »; 3. « fille » (LKŽ); prakas PK 150₁₆ 1. « celui qui annonce les événements à venir »; 2. « saint céleste, auxiliaire de Dieu » (LKŽ) / pranašas PK 163₁₇ 1. « celui qui annonce quelque chose, annonciateur, héraut »; 2. « celui qui prédit et annonce les choses futures ou inconnues »; 3. « personne envoyée et inspirée par Dieu, qui explique la volonté de Dieu et annonce les événements à venir »; rėdyti, -ijo, -ijo PK 16₉ 1. « vêtir, habiller »; 2. « parer, orner »; 3. « préparer »; 4. « entreprendre, préparer, organiser »; 5. « donner, accorder en mariage »; 6. « diriger, administrer »; 7. « préparer la chaîne d’un métier à tisser, ourdir un tissu »; 8. « réviser » (LKŽ); valdyti, -o, -ė PK 239₁₀ 1. « exercer le pouvoir, régner »; 2. « veiller au bon ordre des travaux et des affaires, diriger, administrer »; 3. « régler les actions de quelqu’un, donner des instructions, commander »; 4. « surveiller les mœurs, contraindre à demander, interdire »; 5. « être capable de bouger et de plier les membres et les articulations, coordonner les mouvements »; 6. « pouvoir, savoir utiliser »; 7. « orienter dans la bonne direction, piloter »; 8. « exiger un certain cas ou une certaine forme du mot »; 9. « se maîtriser » (LKŽ); sỳla PK 6₉ 1. « force »; 2. « ressources »; 3. « puissance »; 4. « contrainte »; 5. « conséquence »; 6. « courage » (LKŽ) / galybė PK 10₂₆ 1. « grande capacité, force, puissance »; 2. « pouvoir »; 3. « possibilité »; 4. « grande multitude » (LKŽ).

Les synonymes blūdyti, -ija, -ijo / klaidėti, -ėja, -ėjo et dabi, -oja, -ojo / atsivydėti, -i, -ėjo sont employés à fréquence égale dans le PK (une seule occurrence chacun), tandis que les synonymes apatalas, pana, prakas, rėdyti, -ija, -ijo y sont plus fréquents que leurs équivalents indigènes mokytinis, merga et pranašas, valdyti, -o, -ė: le mot apatalas apparaît 103 fois, pana 7 fois, prakas 9 fois, rėdyti, -ija, -ijo 29 fois, mokytinis 5 fois, merga 4 fois, pranašas 7 fois et valdyti, -o, -ė 9 fois. Le slavisme syla apparaît 8 fois dans le PK, tandis que son synonyme galybė apparaît 34 fois. Tous ces synonymes sont également employés dans d’autres écrits anciens en lituanien; le choix d’employer un slavisme doit donc être considéré comme une décision de M. Petkevičius. Cela ressort également de la comparaison de l’original et du texte lituanien. Ainsi, apatalas est employé non seulement à la place de apostol, mais aussi à la place de zwolennik: le. [...] A zwolennicy fukali na onych ktorzy ie przynosili [...] // [...] o Apatalay bara anos / kurie atnešie PK 195₆; le. Bo nowi Apotol Paweł s. že už žądo potępienia niemą

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tym [...] // lie. Car l’apôtre Paul déclare que désormais il n’y a plus aucune condamnation pour eux Apaštalas Povilas įventas / juog jau nėra ne įokia pakandima tiemus [...] PK 245₃. Le même mot, zwolenik, est aussi traduit par mokytinis: lie. [...] tamąd y dawt źwolenikom fwóin [...] // lie. [...] lauzia ir dawe mokiniems fawo [...] PK 13₂₀. Ainsi, comme les doublets examinés précédemment (par ex. ponavonė / viešpatavimas), les mots polysémiques sont employés de manière irrégulière comme synonymes dans le PK: l’emprunt n’est pas nécessairement utilisé à la place du mot correspondant en polonais, et les mots indigènes ne sont pas nécessairement employés dans les traductions libres.

CONCLUSIONS

Le rapport entre les synonymes absolus employés dans le PK, également appelés doublets, dont l’un des membres est un mot d’origine étrangère (un slavisme ou un hybride ayant une racine slave), ne diffère en rien de celui des doublets dont les deux membres sont des mots d’origine proprement lituanienne. Certains mots polysémiques, qui, en théorie, ne devraient pas être considérés comme des doublets, sont employés précisément comme tels dans le PK. M. Petkevičius n’a employé ces mots que dans quelques sens communs au mot indigène et au mot emprunté. La substituabilité des synonymes dans la phrase est leur caractéristique la plus importante, mais dans le PK, non seulement les doublets des mots indigènes sont employés avec des slavismes ou des hybrides, mais il arrive aussi que les mots d’origine étrangère occupent plus souvent cette position. Le PK se distingue des autres anciens écrits lituaniens, où certains synonymes absolus (duos / stebuklas, pakusa / pagundymas, nocerstė / klaidėjimas, pomėtis / atmintis, atminimas, ponavonė / viešpatavimas) sont soit totalement absents, soit remplacés de préférence par des mots indigènes. On ne sait pas pourquoi M. Petkevičius a choisi ces mots plus rares, absents des autres sources. Le texte polonais n’en était pas toujours la cause, et des équivalents proprement lituaniens existaient déjà en lituanien. Dans d’autres cas, le PK emploie des doublets assez répandus dans les autres anciens écrits lituaniens, à l’exception des écrits de M. Daukša (où les membres d’origine étrangère sont absents). Ainsi, l’affirmation de J. Kruopas selon laquelle le lexique employé par M. Petkevičius est beaucoup plus pauvre que celui de M. Daukša est fondée si on l’évalue d’après le rapport entre les mots empruntés et les mots d’origine proprement lituanienne; toutefois, sous cet aspect, le lexique employé par M. Petkevičius ne diffère guère de celui de la plupart des anciens écrits lituaniens.

Néanmoins, M. Petkevičius ne suivait pas aveuglément le texte polonais. La recherche de synonymes en témoigne lorsque le texte polonais emploie lui aussi des synonymes (pol. cud est traduit par lit. dyvas, et pol. dziw par lit. stebuklas; pol. pokusa par lit. pakusa, et pol. pokuszenie par lit. pagundymas; pol. pamięć par lit. pomėtis, et pol. baczność par lit. atmintis). Ainsi, on peut parler de la tentative de M. Petkevičius de rendre le texte en lituanien avec autant de précision et d’expressivité que possible. Certaines phrases montrent non seulement une traduction libre et non littérale, mais aussi l’emploi de mots d’origine proprement lituanienne,

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bien que le même catéchisme emploie également des slavismes qui pourraient les remplacer. Parfois, ces derniers ne sont pas employés sous l’influence du texte polonais, car la traduction a retenu des mots empruntés aux langues slaves orientales qui ne partagent pas la même racine que les mots polonais traduits. Le vocabulaire personnel de l’auteur et son interprétation du texte à traduire ont peut-être influé sur ce choix.

ŠALTINIAI

AK – Anoniminis 1605 m. katekizmas. Prieiga per internetą: http://www.lk.lt/seniejirastai/db.php.

BB – Jonas Bretkūnas. Biblija, 1590. Prieiga per internetą: http://www.lk.lt/seniejirastai/db.php.

ChNT – Biblia Litewska Chylińskiego. Nowy Testament. Tom 3. Indeks, leid. Czesław Kudzinowski. Poznań: Wydawnictwo naukowe uniwersytetu im. Adama Mickiewicza.

DK – Mikalojaus Daukšos 1595 metų Katekizmas = Katechismus von Mikalojus Daukša vom Jahre 1595: 1595 m. katekizmo fotokopija ir jo transliteruotas tekstas, par. Vida Jakštienė, Jonas Palionis. Vilnius: Mokslo ir enciklopedijų leidykla, 1995.

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Straipsniai / Articles

249

ANŽELIKA SMETONIENĖ

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Acta Linguistica Lithuanica LXXIX

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Straipsniai / Articles

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ANŽELIKA SMETONIENĖ

Absolute Synonyms in the Catechism of Petkevičius in the Context of Other Lithuanian Writings of the 16th–17th Centuries

SUMMARY

The Catechism of Merkelis Petkevičius (CP) was published three years after the publication of the Catechism by Mikalojus Daukša. Though the CP is the first Lithuanian book of the Reformers in the Grand Duchy of Lithuania, it has so far received little attention from scholars. The Catechism has been discussed mainly in the general context of Lithuanian writings of the 16th–17th centuries, and scholars have most frequently focused on the translations of psalms in the Catechism of Petkevičius from the Polish language. The grammatical, lexical and phonic features of the language in the CP have been analysed in several articles only. This article focuses on absolute synonyms (doublets) as a segment of lexis in the Catechism of Petkevičius, where one element is of Slavic origin or a hybrid with a Slavic stem and the other element is an indigenous word. The goal of the article is to identify whether the absolute synonyms found in the CP were typical of the lexis in the 16th–17th centuries and what could have determined the use of rarer doublets found in the CP only. In pursuit of this goal, all the pairs of systemic synonyms were selected from the Catechism of Petkevičius and absolute synonyms were singled out afterwards. The Lithuanian text of the Catechism was compared to the Polish source of translation to reveal the influence of the original text on the translation into the Lithuanian language. Though the absolute synonyms from this Catechism are most frequently found in other Lithuanian writings of the 16th–17th centuries, this Catechism is regarded differently in some cases, because rarer synonyms, which are not attested in other sources, can be found in it. The reasons for the choice of such lexis by Petkevičius are not always clear, because in some cases the text in Polish did not seem to have any influence on this.

Įteikta 2018 spalio 18 d.

ANŽELIKA SMETONIENĖ

Lietuvių kalbos institutas

Petro Vileišio g. 5, LT-10308 Vilnius, Lietuva

anzelika.smetoniene@gmail.com

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Acta Linguistica Lithuanica LXXIX

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