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ANDA BLŪMANE

Université de Liepāja, Lettonie

ANALYSE SOCIOLINGUISTIQUE DE L’USAGE DES FORMES D’ADRESSE DANS LES ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT GÉNÉRAL EN LETTONIE

L’adresse joue un rôle très important dans la communication de chacun. Elle concerne la communication entre les élèves, les enseignants et l’administration scolaire. Leur communication serait difficile sans les diverses formes d’adresse. Le choix judicieux de ces formes influe sur la suite de la communication et sur la compréhension mutuelle. Les tout premiers mots que nous adressons aux autres révèlent notre attitude. Le plus souvent, ce sont les mots par lesquels nous nous adressons à eux pour attirer leur attention, les faire nous écouter ou les inciter à agir d’une certaine manière. Très souvent, ces tout premiers mots déterminent la nature des relations ultérieures entre les personnes et amorcent l’évaluation de celui qui s’adresse à autrui. Les premiers mots qu’un enseignant adresse à ses élèves sont essentiels, car ils influent sur les interactions ultérieures en classe.

L’adresse ne peut être étudiée uniquement sous son aspect linguistique. Elle doit être examinée en lien avec des domaines de recherche tels que la psychologie, l’ethnolinguistique, l’éducation, l’éthique, la sociologie et la sémiotique. L’analyse du discours est également essentielle à l’étude de l’adresse. L’examen de phrases ou d’énoncés isolés n’offre pas une vision globale de la communication, des relations entre les interlocuteurs ni de l’importance de facteurs sociaux tels que la distance sociale et l’âge dans l’usage des formes d’adresse. Dès 1958, deux publications ont marqué une nouvelle étape dans l’étude du discours. L’une d’elles était l’article de R. Brown et A. Gilman The Pronouns of Power and Solidarity, qui a largement posé les bases théoriques de la présente étude (Brauns, Gilmans 2003: 124–147).

L’analyse de la parole spontanée est essentielle à l’étude de l’ethnographie de la parole. Le présent article s’appuie sur des recherches menées dans de nombreuses écoles en Lettonie. L’auteure est elle-même enseignante et peut ainsi faire des observations directes et partagées, sans parti pris, sur la communication quotidienne entre les élèves, les enseignants et l’administration scolaire.

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Le présent article a pour objectif d’étudier la diversité des formes d’adresse à l’école, en mettant l’accent sur les formes traditionnelles transmises de génération en génération ainsi que sur celles qui peuvent être considérées comme novatrices dans la langue. L’article analyse également la symétrie et l’asymétrie des formes d’adresse entre les usagers de la langue de différents niveaux à l’école.

La recherche s’appuie sur des questionnaires remplis par 718 élèves, 125 enseignants représentant 11 écoles et 48 chefs d’établissement provenant de 48 autres écoles. Des élèves et des enseignants de toutes les régions de Lettonie ont été interrogés. La majorité des élèves vivent dans des villes (562), et seuls 153 vivent à la campagne. Les questionnaires des élèves ont été regroupés selon l’âge des répondants. Un groupe couvrait la tranche d’âge de 10 à 14 ans et l’autre celle de 15 à 19 ans (voir Figure 1).

FIGURE 1. Nombre d’élèves interrogés selon leur âge

EXAMEN DES MODÈLES D’ADRESSE UTILISÉS AUTREFOIS EN LATVIE

Les manières de s’adresser aux personnes et les formes d’adresse reflètent l’époque dans laquelle nous vivons, nos traditions et notre culture nationales, ainsi que les caractéristiques propres à notre ethnos. Les langues du monde présentent différentes stratégies pour établir des relations polies et

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respectueuses. Les chercheurs qui étudient les langues ont conclu que les nations présentent à la fois des similitudes et des différences dans l’emploi des formes d’adresse (Braun 1988; Brauns, Gilmans 2003; Ervina-Tripa 2003).

Chaque nation possède ses propres modèles d’adresse, d’origine historique, même si ceux-ci peuvent évoluer au fil du temps. L’une des caractéristiques de tout système d’adresse est la possibilité pour chaque nouvelle génération de l’hériter. Le linguiste américain E. Sapir s’est particulièrement intéressé aux liens entre la langue, d’une part, et les facteurs sociaux et la culture, d’autre part. L’essence de l’hypothèse de Sapir-Whorf est que la langue détermine les normes de pensée et de comportement. Chaque langue façonne chez ses locuteurs une compréhension spécifique de la réalité (Sepīrs 1999: 87). R. Brown et A. Gilman ont également étudié l’emploi des pronoms personnels thou et you dans différents pays et ont conclu que la sémantique de ces pronoms et leur emploi stylistique sont déterminés par la langue dans laquelle ils sont utilisés (Brauns, Gilmans 2003).

Il est très vraisemblable que l’emploi de diminutifs (Peļuks, Lāčuks, Saldumiņš, Miļums, Smieklņš, Pekucītis, Gundiņ, Jānīt, Pauliņ) dans les échanges entre élèves et enseignants, ainsi que l’utilisation de noms d’animaux, d’oiseaux, de plantes et d’arbres (Briedis, Lapsa, Gliemezis, Žubīte, Cielava, Gulbis) comme sobriquets dans les échanges entre élèves, sont liés aux anciennes traditions langagières de la nation lettone. Les sobriquets des élèves ont été analysés plus en détail dans l’article A Nickname to Every Student? (Blūmane 2008). Comme de nombreuses autres nations ont toujours vécu sur le territoire de la Lettonie, leurs cultures ont également laissé des traces dans l’usage de la langue lettone et des formes d’adresse. Il est donc difficile de distinguer les caractéristiques de l’usage des formes d’adresse propres à l’ethnos letton des emprunts à d’autres ethnos. Le folklore pourrait servir de point de référence. De nos jours, les matériaux du folklore letton constituent une source pour reconstituer les traditions ethniques relatives à l’usage des formes d’adresse et à leurs traditions.

Les changements de la situation historique et politique en Lettonie ont également influencé l’usage des formes d’adresse. Il existe, par exemple, une grande différence entre le choix des formes d’adresse à la fin du 19the siècle, où les titres étaient largement employés entre les classes sociales, et celui des années 20 et 30 du 20the siècle, lorsque la Lettonie était un pays indépendant. Voici quelques exemples de formules d’adresse dans des lettres écrites en 1899: Viņa Augstībai kņazam / firstam / hercogam N. N. (« à Son Altesse le grand-duc / prince / comte N. N. »); Viņas Augstībai kņazienei / firstienei / hercogienei (« à Son Altesse

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la grande-duchesse / princesse / comtesse »); Grafiem, baroniem un fon kungiem (muižniekiem) (« aux comtes, barons et gentilshommes von (nobles propriétaires terriens) »); Viņa Godībai grāfam (« à l’honorable comte »); Augstdzimušam un dižciltīgam baronam N. N. kungam (« au baron N. N., de haute naissance et noble, Monsieur »); Augstigodājamai dižciltīgai baronietei fon N. N. kundzei (« à la très honorable et noble baronne von N. N., Madame »); Augstigodāmajam barona fon N. N. lielkungam / lielmātei (« au très honorable baron von N. N., seigneur du manoir / à la baronne von N. N., dame du manoir »). Les formes d’adresse les plus caractéristiques des années 20 et 30 du 20the siècle étaient kungs / kundze (« Monsieur/Madame »). On s’adressait également aux personnes en utilisant le nom de leur ferme, car très souvent la ferme et son propriétaire portaient le même nom. Les formes d’adresse employées des années 40 jusqu’à la fin des années 80 du 20the siècle (biedrs (« camarade »), biedri (« camarades »), pilsonis (« citoyen »), pilsoņi (« citoyens »)) diffèrent considérablement de celles employées au début du 21ste siècle, où l’influence de l’anglais est particulièrement manifeste dans la façon dont les jeunes utilisent les formes d’adresse. À l’époque soviétique, une seule forme d’adresse était imposée par les autorités en Lettonie: biedri, biedre (« camarade », au masculin comme au féminin), employée seule ou avec le prénom, le nom de famille, le titre professionnel ou le titre honorifique de la personne (Blinkena 1968: 4). Le mot kungs (« Monsieur »), comme le mot lituanien ponas, a été évincé de la communication officielle. Il a été remplacé par le mot « camarade » — draugas en lituanien et biedrs en letton. Des recherches récentes ont montré que le mot kungs est beaucoup plus souvent employé en letton que ponas en lituanien (Kvašīte, Čepaitiene, Župerka 2003: 11). L’analyse des questionnaires remplis par les enseignants et les chefs d’établissement permet d’affirmer que des formes d’adresse telles que biedri, biedre, pilsonis, pilsone ne sont plus utilisées. Les formes d’adresse employées en Lettonie dans les années 20 et 30, comme surname + kungs, surname + kundze, gagnent en popularité.

Le système politique laisse donc des traces dans l’usage des formes d’adresse. Toutefois, il n’existe pas de frontières nettes entre les deux périodes mentionnées ci-dessus, même si les principales tendances de l’usage des formes d’adresse à ces époques restent discernables. Compte tenu des conditions susmentionnées, nous pouvons prévoir les formes d’adresse et les modèles employés aujourd’hui à l’école.

L’école constitue un environnement intéressant pour la recherche, car c’est un lieu où les anciennes traditions linguistiques se mêlent aux innovations. Parmi les traditions plus anciennes de la langue lettone figure l’emploi varié des diminutifs, tant du point de vue de leur sens lexical que de leur forme, par tous les groupes d’âge, y compris les élèves,

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ainsi que l’emploi du titre professionnel skolotāj (enseignant) et de director (directeur), qui étaient historiquement employés comme formes d’adresse skolmeistara kungs / kundze (« Monsieur le maître d’école / Madame la maîtresse d’école »). Le pronom Jūs (« vous ») s’inscrit également depuis longtemps dans les traditions linguistiques lettones. Le professeur Andrejs Veisbergs, de l’Université de Lettonie, estime que tu (« tu ») et jūs (« vous ») sont précieux dans notre langue, car ils nous permettent d’exprimer des nuances de sens. Nous pouvons manifester nos émotions en employant tu ou jūs; nous pouvons humilier ou honorer la personne avec laquelle nous communiquons. La langue est très subtile. Si ces formes n’avaient aucun sens, la langue les abandonnerait (Puķe 2000: 15).

EMPLOI DES PRONOMS TU ET JŪS EN LETTON

Parmi les innovations du letton, on peut citer l’extension de l’emploi du pronom tu à des situations où, il y a quelques décennies, on employait la forme d’adresse respectueuse et déférente Jūs. Les jeunes locuteurs choisissent de s’adresser à leurs enseignants ou professeurs principaux en utilisant le pronom tu. Des fluctuations entre l’emploi de tu et de jūs existent aussi chez les adultes, et pas seulement à l’école. Il arrive que, dans des entretiens de magazines ou de journaux, à la télévision ou à la radio, on s’écarte de la forme d’adresse admise Jūs (Lauze 2003: 344; Ernstsone 2005: 27). Ainsi, il arrive que des personnes qui se connaissent peu ou pas du tout choisissent de se tutoyer réciproquement, en employant la forme tu. Elles ne tiennent pas compte de la hiérarchie fondée sur l’âge et le statut social, pourtant strictement observée jusqu’à présent. On peut faire des observations similaires au sujet des échanges dans le milieu scolaire entre les enseignants et le directeur, et parfois aussi entre les élèves et les enseignants. Quelles pourraient être les raisons de ce phénomène en Lettonie? L’une d’elles est l’influence d’autres cultures, car certains peuples ont abandonné l’un des pronoms; ainsi, en anglais, le pronom singulier thou a disparu depuis longtemps et n’est plus utilisé que dans un style archaïque. Une autre raison pourrait être la vague de démocratisation de la société qui a commencé vers 1990 en Lettonie.

De temps à autre, tous les locuteurs de Lettonie hésitent entre tu et jūs, en particulier lorsque la communication se déroule dans un contexte informel et que la personne qui s’adresse à l’autre et celle à qui elle s’adresse ne sont pas assez proches

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pour employer la forme d’adresse Tu. La politesse, les bonnes relations amicales, le pouvoir et la solidarité sont les critères qui déterminent le choix entre les pronoms tu et jūs. Nous pouvons souscrire à l’opinion du linguiste A. Veisbergs: en cas de doute, mieux vaut employer la forme d’adresse Jūs.

En letton, le pronom Jūs est ancré dans une longue tradition d’usage qui remonte à plusieurs siècles. Le pronom Jūs revêt une grande importance dans la langue, car cette forme d’adresse nous permet d’exprimer le respect, de prendre nos distances avec l’autre personne, puis de passer à tu, qui porte en letton une connotation d’intimité réciproque et d’amitié. Cette dernière nuance est impossible dans les langues qui ne disposent pas de cette forme. L’emploi du pronom tu peut être considéré comme un moyen de communication aux possibilités limitées pour exprimer les nuances et les différences sociales.

MODÈLES D’ADRESSE

Chez les jeunes, les surnoms ainsi que les modifications phonétiques des prénoms ou des noms de famille sont très populaires, par exemple Siņča, Sindžs, Eļuka, Antrucīte, Lindočka, Santočka, Arčiks, Ārčijs, Zaņuks, Megucis, Ilžuks, Renčs, Ginčs, Janka, Jaņķels, Valčs, Kalvels, Dančiks, ainsi que les formes abrégées des prénoms, par exemple Rēne (formé à partir du prénom Renāte), Sola (à partir de Solveiga), Mona (à partir de Monika), Rūža (à partir de Rudīte). Le questionnaire devant être rempli par écrit, les réponses ont confirmé l’influence extrêmement forte de l’anglais sur l’orthographe et la prononciation de ces noms, par exemple Pingy, Snoopy, W-man, Henrix, Džonis, Džastons.

Les formes d’adresse nominales et pronominales les plus fréquemment utilisées dans les écoles de Lettonie sont: un prénom, un surnom, un surnom associatif (une modification phonétique d’un prénom ou d’un nom de famille), une forme abrégée d’un prénom ou d’un nom de famille, l’emploi du seul nom de famille (très courant comme forme d’adresse chez les 15–19 ans), l’emploi du prénom et du patronyme, un diminutif formé à partir d’un prénom ou d’un nom de famille, une inversion d’adresse (meit (« fille »), dēls (« fils »)), des formes d’adresse combinées: une interjection + une forme d’adresse, kolēģīt (« collègue ») + Tu, kolēģīt + Jūs, draugs (« ami ») + Tu, Jūs + le prénom, skolotāj (« enseignant ») + le prénom, skolotāj + le nom de famille, direktor (« directeur ») + le nom de famille, director + le prénom, ainsi que d’autres formes similaires. Parfois, la forme verbale indique le mode d’adresse choisi, par exemple lūdzu, pasakiet! (« pourriez-vous me dire, s’il vous plaît? »).

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Les formes de troisième personne sont également utilisées. Si une personne n’est pas sûre de la proximité des relations mutuelles, on s’adresse à son interlocuteur en employant la troisième personne du singulier (Lauze 2004: 28). L’auteur du présent article a observé de telles formes d’adresse dans les échanges entre enseignants pendant les pauses ou lorsque le conférencier salue l’auditoire.

À l’école, les règles de corrélation se manifestent à la fois sur le plan vertical et sur le plan horizontal. La dimension verticale se traduit par l’application des principes de pouvoir, tandis que la dimension horizontale s’exprime dans les relations de coopération. La dimension verticale s’établit entre un élève et un enseignant, un élève et le directeur, ou un enseignant et le directeur; la dimension horizontale, entre élèves ou entre enseignants. Le modèle d’adresse vertical est principalement utilisé dans la communication formelle, et le modèle horizontal dans la communication informelle. Les variations des formes d’adresse sont surtout relevées sur le plan horizontal.

Les formes d’adresse employées entre un enseignant et le directeur sont, dans leur grande majorité, asymétriques. Les enseignants s’adressent au directeur en employant des formes telles que vous, directeur, vous + nom de famille. En revanche, les directeurs s’adressent aux enseignants en utilisant leur prénom et en les tutoyant, tu, ce qui marque la hiérarchie et la distance sociale (voir Figures 2, 3 et 4).

FIGURE 2. Formes d’adresse employées par le directeur de l’école avec les jeunes enseignants

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FIGURE 3. Formes d’adresse employées par le directeur de l’école avec les enseignants plus âgés

FIGURE 4. Formes d’adresse employées par les enseignants avec le directeur de l’école

Les élèves de 10 à 14 ans s’adressent à leurs camarades principalement en employant leur prénom, leur surnom et le pronom de deuxième personne du singulier tu. 85% des jeunes de ce groupe d’âge utilisent le prénom. Les formes d’adresse utilisées pendant les années scolaires perdurent à jamais dans les échanges mutuels. Lorsque des camarades de classe et des amis se retrouvent après de longues années, ils emploient les anciennes formes d’adresse dans les échanges informels.

Chez les adolescents de 15 à 19 ans, les formes d’adresse dominantes sont le prénom, le surnom (66% des cas) et le pronom de deuxième personne du singulier tu. Les élèves utilisent assez souvent des formes diminutives dérivées de leurs prénoms.

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Pour la communication entre un élève et un enseignant, le modèle d’adresse asymétrique est utilisé dans la plupart des cas. Le terme dominant employé par les élèves de 10 à 14 ans pour s’adresser à leurs enseignants est skolotāj (« enseignant ») (37%); l’adresse you est moins souvent utilisée (25%) (voir la figure 5).

À mesure que les élèves grandissent (15–19 ans), l’utilisation de formes réciproquement symétriques entre un enseignant et un élève tend à augmenter. 19% des élèves interrogés s’adressent à leur enseignant en utilisant la forme d’adresse skolotāj (« enseignant ») + le prénom. La linguiste L. Lauze (Lauze 2002: 31–32) est parvenue à des conclusions similaires. Cependant, le modèle d’adresse asymétrique est observé plus fréquemment. Les relations You – you n’existent que dans 19% des cas.

Dans les relations entre enseignants, les formes d’adresse symétriques sont les plus souvent utilisées, bien qu’une asymétrie soit observée dans les relations entre un collègue plus âgé et un collègue plus jeune. L’asymétrie est particulièrement prononcée dans les relations entre des enseignants qui, quelque temps auparavant, avaient tous deux participé à une relation entre un élève et un enseignant. Les anciens élèves éprouvent du respect envers leurs anciens enseignants.

Les formes d’adresse à l’école ont considérablement changé. Cela est particulièrement visible dans l’usage de tu et de jūs, ainsi que dans la diversité et l’usage des modifications phonétiques des surnoms, des prénoms et des noms de famille.

Le choix des formes d’adresse par les jeunes est libre et ouvert à l’influence d’autres cultures. Dans la communication entre élèves et enseignants, des formes d’adresse asymétriques sont utilisées, exprimant la distance et le respect envers l’enseignant. L’emploi de formes symétriques entre un élève, un enseignant et le directeur indique que les enseignants sont réceptifs aux nouvelles tendances en matière de langue et d’éducation.

Le système d’adresse à l’école comprend de nombreuses formes d’adresse diverses. Le choix d’une variante d’adresse dépend des traditions linguistiques, de l’étiquette sociale et d’autres facteurs sociaux. L’âge est le facteur déterminant du comportement d’adresse à l’école. Le genre est insignifiant à cet égard, surtout parmi les élèves. Le facteur le plus important dans le choix des moyens linguistiques utilisés dans la communication entre élèves, enseignants et directeurs d’école est le degré de connaissance mutuelle. Mieux le locuteur connaît le destinataire, plus son attitude à l’égard du choix des moyens linguistiques est désinvolte et libre. Aucun des groupes sociaux mentionnés ci-dessus ne possède une compétence d’adresse irréprochable, car chaque personne est un individu. Cela concerne les deux participants à la communication: le locuteur et le destinataire.

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Gauta 2009 11 02

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SOCIOLINGVISTINĖ LATVIJOS BENDROJO LAVINIMO ĮSTAIGOSE VARTOJAMŲ KREIPIMOSI FORMŲ ANALIZĖ

Santrauka

Mokyklose ir bendrojo lavinimo įstaigose vartojamos kreipimosi formos daugiausia lemia komunikacijos ir tarpusavio supratimo sėkmę. Kreipimosi formos sociolingvistikoje neapsiriboja šauksmininko linksniu vartojamais daiktavardžiais, bet apima įvardžius ir asmens pareigas, vardą bei pavardę nusakančias žodžių grupes. Juos tiriant svarbu atsižvelgti į visuomenėje vyraujančias etiketo normas, komunikacijos simetriją ir asimetriją, vertikalųjį ir horizontalųjį komunikacijos lygmenį bei oficialųjį ir neoficialųjį kalbos stilių.

Šiame tyrime remiamasi 718 mokinių, 125 mokytojų bei 48 mokyklų direktorių apklausų duomenimis. Dauguma mokinių (562) gyvena miestuose ir miesteliuose. Mokinių anketos suskirstytos pagal amžiaus grupes: 10–14 ir 15–19 metų.

Tyrimo rezultatai atskleidė, kad daugumoje mokyklų bendravimas tarp mokinių ir mokytojų yra formalus, tai atspindi kreipimosi formų vartoseną. Kreipiantis į mokytoją, vyrauja forma skolotāj (mokytojas) + pavardė ir panašios formos. Tarp mokinių vyrauja vardažodinės kreipimosi formos, tokios kaip vardas, pravardė, asociatyvi pravardė (fonetiškai modifikuotas vardo ir pavardės garsų junginys), tik pavardė. Pastaroji būdinga 15–19 metų jaunuoliams. Mokyklų bendruomenėse pasitaiko ir tokių kreipimosi formų, kaip vardas ir tėvavardis, mažybinė vardo ir pavardės forma, jaustukas + kreipinys, kolēģīt (kolega) + tu, kolēģīt (kolega) + Jūs, draugs (draugas) + tu, Jūs + vardas, skolotāj (mokytojas) + vardas, direktor (direktorius) + pavardė, direktor (direktorius) + vardas ir t. t.

Jaunimo vartojamos kreipimosi formos laisvesnės, dažnai veikiamos kitų kultūrų. Asimetriška komunikacija tarp mokinių ir mokytojų dažniausiai rodo didesnę distanciją bei pagarbą mokytojui. Simetriškų formų vartojimas tarp skirtingų lygmenų rodo mokytojo atvirumą naujiems kalbos ir švietimo polinkiams. Pastebėtas vyresniųjų klasių mokinių (19 proc.) polinkis bendraujant su mokytoju vartoti tokią kreipimosi formą: skolotāj (mokytojas) + vardas.

Asimetriškos kreipimosi formos būdingos jaunesniųjų ir vyresniųjų mokytojų bendravimo situacijoms bei pokalbiams tarp mokyklos direktoriaus ir mokytojo.

ANDA BLŪMANE

Liepājas Universitāte

Lielā iela 14

Liepāja LV-3401 Latvia

[email protected]

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