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ASTA MITKEVIČIENĖ

Institut de la langue lituanienne

ORCID id: orcid.org/0000-0001-5508-1555

Domaines de recherche: terminologie, terminographie.

DOI: doi.org/10.35321/all89-07

DISTANCE SÉMANTIQUE STRUCTURELLE DES TERMES SYNONYMIQUES À DEUX MOTS

Distance sémantique structurelle entre les termes synonymiques à deux mots

RÉSUMÉ

L’article examine pour la première fois la distance entre les termes synonymiques lituaniens, telle qu’elle se reflète dans leur structure. L’objet de l’étude est constitué de termes synonymiques à deux mots consignés dans deux dictionnaires terminologiques. Les synonymes sont comparés selon leurs racines (critère formel) et selon la proximité sémantique des mots qui constituent les éléments distinctifs (critère sémantique). Il s’agit de déterminer la distance sémantique lexicalement explicitée entre les termes synonymiques à deux mots et son lien avec les types de synonymes.

MOTS-CLÉS: terme complexe, synonymes, distance sémantique, variation, sémantique.

ANNOTATION

L’article examine la distance entre les termes synonymiques dans la langue lituanienne et la manière dont cette distance se reflète dans leur structure. L’étude porte sur des termes synonymiques à deux mots répertoriés dans deux dictionnaires terminologiques. La comparaison des synonymes repose sur deux critères: leurs racines (critère formel) et la similarité de sens des mots qui les différencient (critère sémantique). Il s’agit de mettre en lumière la distance sémantique lexicalement explicable entre les termes synonymiques à deux mots et sa corrélation avec les types de synonymes.

MOTS-CLÉS: terme complexe, synonymes, distance sémantique, variation, sémantique.

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INTRODUCTION

Le récit sur la synonymie terminologique et, plus largement, sur la variation et la variabilité, a changé dans la terminologie occidentale au cours des deux dernières décennies et plus. La variabilité terminologique (qui englobe également la synonymie) est considérée comme un phénomène naturel de la langue; les mécanismes linguistiques, cognitifs et communicationnels de la variabilité sont analysés en conséquence. La norme de travail terminologique (ISO 704:2022) souligne toujours — à juste titre, compte tenu du contexte de la normalisation — que, dans l’idéal, une notion est désignée par un seul terme; dans les recherches terminologiques, la synonymie et la variabilité terminologique au sens large occupent actuellement une place centrale en tant qu’objet ou aspect de recherche1.

La synonymie des termes lituaniens a également fait l’objet de nombreux travaux en linguistique lituanienne au cours de la dernière décennie seulement (par ex. Mitkevičienė 2015, 2020; Auksoriūtė 2018; Vaskelaitė 2021 et autres; voir aussi la bibliographie et les synthèses de recherches citées dans ces travaux). Il convient de mentionner séparément le travail le plus récent: l’étude scientifique de Ramunė Vaskelaitė (2022), qui examine en détail les causes de la synonymie dans la terminologie économique lituanienne.

Le présent article examine un aspect encore inexploré de la synonymie des termes lituaniens: la distance entre les termes synonymiques, telle qu’elle se reflète dans leur structure.

Fondement théorique. Les termes ne se contentent pas de désigner, ils signifient également: les dénominations fournissent une information sémantique en orientant de manière particulière vers une notion et en exprimant (explicitant) uniquement certains traits sémantiques sélectionnés (Freixa 2006: 67). Les changements de la forme dénominative peuvent influer sur les notions, car ils orientent le public vers une certaine compréhension. Ils peuvent faire ressortir une compréhension tout à fait différente de la notion ainsi que de subtils changements de sens, qu’il est difficile de considérer comme des changements de la notion (Freixa, Fernández-Silva 2017: 168). Compte tenu des conséquences de la variation dénominative (dénominationnelle) des termes2, on peut distinguer, quant à son effet sur la manière dont le destinataire comprendra la notion, la variation terminologique sans conséquences cognitives et la variation terminologique

¹ Dans la terminologie lituanienne, les termes désignant la même notion sont généralement considérés et appelés synonymes, tandis que le terme variante est le plus souvent compris dans un sens étroit: comme une particularité du même terme, une forme du terme présentant de petites différences formelles (orthographiques, phonétiques, morphologiques ou syntaxiques). Il s’agit de l’approche traditionnelle et dominante, suivie également dans le présent travail. En revanche, en linguistique, le terme variante est employé de manière polysémique (voir en détail Miliūnaitė 2009), de sorte qu’en terminologie également, le terme variante peut désigner plus d’une notion. De manière générale, variation et variabilité sont aussi employés librement, au sens de diversité et de variété.

² Dans le présent article, en passant en revue la littérature étrangère, les notions de variante, de variabilité et de variation sont employées afin de ne pas déformer le sens et d’éviter la confusion entre les notions (il semble que même dans les travaux de mémoire la variation soit comprise de différentes manières; de plus, il n’est pas toujours possible de déterminer précisément l’étendue de cette notion dans les travaux scientifiques).

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variation ayant des conséquences cognitives. Les termes du premier type transmettent une information identique sur la notion, leur sens ne diffère pas, par ex. sea product et marine product, tandis que ceux du second type mettent en avant des traits différents de la notion; le sens même des termes diffère, bien que la même notion soit désignée, par ex. marine product et fishing product (Fernández-Silva, Freixa, Cabré 2009: 22–23). Reconnaissant que la distance conceptuelle (angl. conceptual distance) tarp įvardijamųjų variantų nustatymas tebėra iššūkis, didžiausias nuotolis pastebimas tada, kai variantai yra sudaryti iš skirtingų leksinių vienetų³ (Freixa, Fernández-Silva 2017: 168–169).

Sabela Fernández-Silva (2016, voir également 2022) a présenté une classification de la variation terminologique selon la distance sémantique des variantes (angl. semantic distance) par rapport au terme principal, établie en comparant l’information conceptuelle transmise par les variantes (leur expression). Elle a distingué trois catégories de distance sémantique: 1) distance sémantique minimale, 2) distance sémantique moyenne et 3) distance sémantique maximale, qui englobent huit types de variantes. La variation formelle et la synonymie sont rattachées à la variation à distance sémantique minimale. Il convient de souligner ici que la variation formelle (pour autant qu’on puisse le comprendre d’après l’explication et les exemples fournis) engloberait les variantes distinguées dans la terminologie lituanienne au sens étroit (voir la note 1) et les synonymes de même racine, ainsi que les termes et leurs abréviations, tandis que la synonymie ne concernerait que les synonymes lexicaux de racines différentes, y compris les synonymes dont les composants sont exprimés par des synonymes de racines différentes. Les variantes présentant une distance sémantique minimale (au moins non nulle) sont considérées par S. Fernández-Silva comme sémantiquement équivalentes, car elles n’expriment pas de changements du contenu conceptuel. La distance sémantique moyenne est associée aux changements du composant secondaire, tandis que la distance maximale est associée aux changements du composant principal. La variation à distance sémantique moyenne comprend la réduction, le changement d’un trait non définitoire et le changement d’un trait définitoire; la variation à distance maximale comprend le changement de catégorie, le choix d’un hyperonyme ou d’un hyponyme et le changement de configuration conceptuelle. Cette classification repose sur l’étude de l’usage des termes en contexte, et le terme et ses variantes sont associés au même référent, mais pas nécessairement à la même notion. On peut penser que les variantes à distance sémantique moyenne et maximale correspondraient aux synonymes contextuels, aux variantes textuelles ou aux variantes au sens large. D’autre part, les exemples fournis par les chercheurs montrent qu’elles comprennent également des dénominations de la même notion; ainsi, une paire du type HIV/AIDS et HIV/AIDS disease est classée parmi les exemples de distance sémantique maximale (type de variation: changement de catégorie; le mot ajouté disease souligne la perspective classificatoire).

S. Fernández-Silva a analysé non pas la distance sémantique, mais la distance cognitive (angl. cognitive distance) avec Koen Kerremans (2011). La distance cognitive

³ Sont examinés des exemples de termes complexes dans lesquels l’un des composants est exprimé par des lexèmes différents.

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La distance est expliquée dans cette étude comme les différences d’information conceptuelle des termes, reflétées par leur structure. Ils ont examiné les similitudes et les différences entre des équivalents — ils ont cherché à déterminer la relation entre les termes variables de la langue source (le galicien) et de la langue cible (l’anglais), en exprimant leur distance cognitive par trois valeurs numériques (0 — absence de distance cognitive, 0,5 — distance cognitive partielle, 1 — correspondance minimale). Edward Clay (2022) a écrit sur la distance terminologique des termes (angl. terminological distance), mais il n’a pas non plus étudié la distance entre des variantes ou des synonymes: il a étudié celle entre des termes anglais et italiens. Il a distingué trois types de distance terminologique — sémantique, morphosyntaxique et connotative —, cette dernière étant probablement due à la spécificité du domaine des termes étudiés, celui des migrations. Ce qui est considéré comme une distance sémantique et la manière de la déterminer ne sont pas expliqués.

Les travaux cités ont incité à comparer les termes synonymiques lituaniens selon leur équivalence sémantique. Il convient de souligner que ces recherches ne constituent qu’un point de départ, car le présent travail porte sur des synonymes systémiques et non sur des variantes au sens large (comme le montre la synthèse, celles-ci ne désignent pas nécessairement la même notion) ou sur des équivalents. Ainsi, la catégorie de distance terminologique est ici appliquée pour la première fois aux synonymes — aux dénominations de la même notion dans une seule langue. Bien entendu, la nature même du matériau étudié exige une approche quelque peu différente: les recherches évoquées reposent sur l’usage des termes dans les textes, tandis que le présent article analyse les données de dictionnaires terminologiques.

Objet et méthodologie de l’étude. L’article examine des termes synonymiques à deux mots provenant de deux dictionnaires terminologiques récents et de grande ampleur — Aiškinamojo psichologijos terminų žodyno (PsichŽ, 2019) et du Bibliotekininkystės, informacijos ir knygotyros dictionnaire lituanien-anglais des termes (BIK) (2021). Il s’agit d’ouvrages relevant des sciences sociales. Les données du premier dictionnaire sont publiées dans la Banque lituanienne des termes (LRTB), et celles du second sur le portail des recueils de termes lituaniens. Les synonymes de PsichŽ ont été extraits automatiquement de LRTB. Dans le champ des relations terminologiques de LRTB, les variantes et les abréviations sont également présentées comme des synonymes. Pour BIK, les synonymes ont été recueillis à partir du renvoi žr., auquel sont associés, comme il est indiqué dans la préface du dictionnaire, les synonymes (et, comme le montre le dictionnaire lui-même, également les variantes au sens étroit et parfois le terme et son abréviation). La structure de ce dictionnaire se distingue par le fait que le synonyme du terme principal (terme de renvoi) n’y est plus fourni (à quelques exceptions près). Ainsi, la normalisation dans BIK est plus stricte que dans PsichŽ, puisque le synonyme n’est pas consigné dans l’article du terme (cf. la préface: « il est proposé d’employer un autre terme plus usuel ou davantage conforme aux normes de la langue lituanienne » (BIK viii)).

Les synonymes consignés dans la terminographie plutôt que dans les textes ont été choisis à dessein pour l’analyse. Cela a permis d’éviter les incertitudes concernant la synonymie des termes (il n’était pas nécessaire de résoudre la question de la synonymie contextuelle), ainsi que celles concernant leur caractère terminologique (déterminer si une unité linguistique est ou non un terme). Ce sont les principales questions, et les plus problématiques,

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de la sélection du matériau dans les recherches terminologiques, qui rendent nécessaire l’aide de spécialistes du domaine.

Seuls des termes comportant le même nombre de composants ont été retenus pour l’étude4, afin de se concentrer sur les différences lexicales et sémantiques et de laisser de côté les questions de raccourcissement et d’allongement des termes, inévitables lors de l’examen de termes employés comme synonymes et différant par le nombre de composants. L’étude s’est limitée aux termes à deux mots5 (222 paires ont été analysées). Les termes complexes ont été choisis à dessein: ils prédominent dans la terminologie de tout domaine, comprennent souvent des termes à un mot et ce sont précisément les exemples de termes complexes qui illustrent le plus souvent la variabilité terminologique (León Araúz, Cabezas García 2020: 214). On estime que la variation est plus caractéristique des termes complexes que des autres unités combinées stables, car les premiers sont moins lexicalisés (ibid., 212).

L’objectif de l’article est de déterminer la distance sémantique lexicalement explicitable des termes synonymiques à deux mots et son lien avec les types de synonymes. Il s’agit de comparer les synonymes selon deux paramètres — le paramètre formel (la racine) et le paramètre sémantique (la communauté de sens des composants). On cherche à établir ce qui détermine les différences sémantiques plus ou moins grandes entre les termes synonymiques et à évaluer leur équivalence sémantique.

La méthode principale de l’étude est analytico-descriptive. En appliquant la méthode des oppositions, les synonymes (leurs composants distinctifs) sont comparés entre eux. Les différences sémantiques sont déterminées non pas à partir du sens du terme complexe, mais de la sémantique de ses composants structurels — les mots. Le sens des mots est établi à partir des dictionnaires. L’étude est qualitative; aucune analyse quantitative n’a été entreprise. Il est difficile d’éviter la subjectivité dans l’examen des questions sémantiques; les données quantitatives ne pourraient donc être qu’approximatives.

Bien que, dans les deux dictionnaires, l’ordre des termes désignant la même notion selon leur degré de recommandation soit clair, les synonymes ne sont pas comparés ici selon leur adéquation linguistique et terminologique; ils sont examinés comme des dénominations équivalentes de la notion.

1. CRITÈRE FORMEL DE L’OPPOSITION: (NON-)IDENTITÉ DE LA RACINE

Dans la terminologie lituanienne, il est devenu habituel (car pratique) de classer les termes synonymiques selon la coïncidence ou la non-coïncidence de leur racine. Avec le nombre de composants des termes, c’est

4 Parmi les synonymes qui ne diffèrent pas par le nombre de composants, le groupe le plus important est constitué, dans BIK, de termes à deux mots, et, dans PsichŽ, de termes à un mot. Cela s’explique non seulement par la spécificité de la science et de sa terminologie, mais aussi par la nature du dictionnaire, les critères de sélection et de présentation des termes, l’intention des auteurs et d’autres critères extralinguistiques.

5 Les mots-outils ne sont pas considérés comme des composants distincts.

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l’un des critères les plus généraux de distinction des synonymes. Les autres critères de l’opposition synonymique pertinents dépendent de la coïncidence ou non des racines des synonymes.

Puisque l’objet de l’étude est constitué de termes de dictionnaires (terminologie sélectionnée et/ou proposée par leurs auteurs), comme on pouvait s’y attendre, les termes synonymiques à deux mots dont les composants distinctifs sont de racines différentes (non apparentées) sont nettement les plus nombreux. Le matériau étudié permet de distinguer cinq sous-types de synonymes à deux mots selon l’opposition des racines: 1) un seul composant de racine différente (type le plus nombreux dans le matériau étudié); 2) les deux composants de racines différentes; 3) la moitié d’un composant de racine différente; 4) aucun composant de racine différente; 5) des composants de même racine, mais un nombre différent de racines (voir le tableau 1).

Les termes synonymiques de racines différentes se caractérisent par une distance sémantique lexicale plus grande que ceux de même racine. Ces derniers sont liés par la même racine et des relations dérivationnelles; de plus, ils appartiennent à la même paradigme thématique, ce qui n’est pas nécessairement le cas des termes de racines différentes. Ainsi, en se fondant uniquement sur le critère de la racine, on peut affirmer que plus le nombre de composants de racines différentes est élevé, plus la distance augmente. En conséquence, la distance sémantique lexicale augmente selon l’ordre suivant pour les sous-types: 4, 3 et 5, 1, 2.

Le 5e sous-type de synonymes reflète la divergence entre le critère de la structure lexicale des termes (nombre de composants) et celui de la racine: un composant composé exprime davantage de traits de la notion que le composant simple correspondant. Ce sous-type doit être considéré comme une variante intermédiaire entre la synonymie de termes ayant le même nombre de composants et celle de termes ayant un nombre différent de composants. En conséquence, la distance sémantique lexicale de ces synonymes est plus grande que celle des autres synonymes de même racine; toutefois, ce groupe de synonymes n’est pas homogène. Il comprend principalement des paires de synonymes dont les composants distinctifs sont des mots de même racine mais non synonymiques (kognityvioji psichoterapija ir kognityvioji terapija, fizinė priklausomybė – fiziologinė priklausomybė PsichŽ), et la distance sémantique de ces termes synonymiques est plus grande que celle des termes dont les composants distinctifs sont des mots synonymiques (gretutinis tekstas – lygiagretusis tekstas BIK).

La comparaison des synonymes selon la racine a révélé que le composant principal de l’un des termes peut avoir la même racine que le composant secondaire du synonyme, par ex.: psichologinė gerovė – gera savijauta, grafomotorinė apraksija – apraksinė agrafija, liekamasis girdėjimas – girdimasis po­vaizdis PsichŽ et autres. Ces synonymes sont éloignés l’un de l’autre sur les plans structurel et sémantique; ils transmettent une information différente sur la notion et, puisque les composants principaux (la dominante sémantique et le dénominateur classificatoire) ne sont pas synonymiques, ils ne désignent pas la même notion — la distance entre les synonymes doit être considérée comme maximale (voir section 2.2).

Comme le montrent les exemples du tableau 1, l’opposition dans les paires de synonymes est constituée tantôt par les composants secondaires, tantôt par les composants principaux; les synonymes à deux mots sont également déterminés par les relations synonymiques des termes à un mot correspondants (leidimas, laida →

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papildytasis leidimas, papildytoji laida; subserija, serijėlė → subserijos duomenys, serijėlės duomenys). Selon la typologie des variantes de S. Fernández-Silva, de tels synonymes de même racine seraient considérés comme des variantes à distance sémantique minimale (type de variation formelle). Le critère formel ne suffit pas pour déterminer quelle synonymie de composants de même racine — principaux ou secondaires — entraîne une plus grande distance sémantique entre les termes eux-mêmes (et même si elle en entraîne une).

TABLEAU 1.

Opposition des termes synonymiques à deux mots selon la racine des composants distinctifs

Type

Exemples

synonymes de racines différentes

1) priedėlinė antraštė – alternatyvioji antraštė, svetainės struktūra – svetainės medis BIK, emocinis pastovumas – emocinis stabilumas, kognityvioji nedermė – kognityvusis disonansas PsichŽ

2) regionoji agnozija – psichinis aklumas PsichŽ

3) interfasetinis santykis – tarpfasetinį santykį BIK

synonymes de même racine

4) patento paraiška – patentinė paraiška, papildytasis leidimas – papildytoji laida BIK

5) kognityvioji psichoterapija – kognityvioji terapija PsichŽ, gretutinis tekstas – lygiagretusis tekstas BIK

2. CRITÈRE SÉMANTIQUE DE L’OPPOSITION: (NON-)PROXIMITÉ DU CONTENU LEXICAL DES COMPOSANTS

Une certaine partie — explicite — de la notion, les traits de la notion, ressortent du sens lexical des composants du terme, de la structure du terme et de sa motivation. La motivation est importante en terminologie, comme on le sait, car elle contribue à réaliser les exigences de précision et de systématicité par l’expression et permet de mettre en œuvre les principes extralinguistiques d’efficacité (d’impact) et de systématicité logique. Les termes motivés ouvrent la voie à la compréhension des notions, car ils permettent de les identifier rapidement et efficacement (Fernández-Silva, Freixa, Cabré 2009: 24), ce qui est particulièrement pertinent pour les termes complexes — tous les termes complexes sont considérés comme motivés (Gaivenytė 2000: 20). Il convient de souligner qu’il faut distinguer la motivation terminologique (celle du terme en tant que membre d’un système terminologique) et la motivation linguistique (celle de l’unité lexicale qui assume la fonction de terme ou de composant de terme). Un mot motivé aussi bien qu’immotivé peut devenir un terme ou un composant de terme

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et les termes complexes se caractérisent par une motivation structurelle (morphologique, syntaxique) et sémantique, ainsi que par leurs combinaisons6.

Afin de déterminer si les termes complexes synonymiques expriment le même trait de la notion, ou plus précisément si la notion est désignée sur la même base et selon le même aspect, les points communs et les différences entre les sens lexicaux des mots constituant les composants distinctifs des synonymes ont d’abord été établis. Trois types de synonymes ont ainsi été identifiés: 1) des termes synonymiques dont les composants distinctifs ont un sens lexical identique ou très proche (c’est-à-dire synonymique); 2) des termes synonymiques dont les composants distinctifs ont des sens lexicaux différents; 3) des termes synonymiques dont les composants distinctifs ont des sens lexicaux liés (voir le tableau 2). La distance sémantique des types ainsi distingués diffère en conséquence: elle est la plus faible entre les synonymes du 1er type et la plus grande entre ceux du 2e type.

2 TABLEAU. Opposition des termes synonymiques à deux mots selon le rapport entre le contenu lexical des composants distinctifs

Type Exemples termes sémantiquement équivalents synonymes à composants synonymiques emocinis pastovumas – emocinis stabilumas, atgarsio atmintis – aidinė atmintis PsichŽ; žinių visuma – žinių universumas, stačiasis sudėstymas – vertikalusis sudėstymas BIK termes sémantiquement non équivalents synonymes à composants de sens différent kasdienė psichologija – neprofesionalioji psichologija, bendrasis intelektas – bendrasis faktorius, klasikinis sąlygojimas – Pavlovo sąlygojimas PsichŽ; biuro popierius – spausdinimo popierius, klijuojamasis įrišimas – besiūlis įrišimas, tikslinis tezauras – antrinis tezauras BIK synonymes à composants de sens lié dalykinis žaidimas – profesinis žaidimas, sąvokinis mąstymas – kategorinis mąstymas PsichŽ; konsultavimo vieta – konsultavimo punktas, grafinė informacija – vaizdinė informacija BIK

2.1. Les termes synonymiques exprimés par des composants synonymiques désignent les mêmes traits de la notion. Selon la typologie de S. Fernández-Silva, ils

6 Il existe diverses classifications de la motivation (pour des synthèses, voir Gaivenytė 2000, Gritėnienė 2006 et autres). Le terminologue Johan Myking a établi une typologie développée de la motivation (voir Myking 2009, ainsi que Myking 2020). Il a également attiré l’attention sur le fait que la conception de la motivation varie et que le terme motivation lui-même représente au moins quatre notions (Myking 2009: 41).

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sont rattachés à la variation à distance sémantique minimale. Ces synonymes peuvent être systématisés selon leur origine en comparant leurs composants distinctifs: composant lituanien — emprunt (emocinis pastovumas – emocinis stabilumas), composant lituanien — composant lituanien (vartotojo vadovas – naudotojo vadovas), emprunt — emprunt (autentiška rašyba – originali rašyba)⁷. On peut estimer que seul, dans l’opposition de ce groupe de synonymes, le critère de l’origine des mots est pertinent.

Les composants synonymiques ne sont pas seulement des synonymes lexicaux, mais aussi des éléments qui, à strictement parler, ne seraient pas classés parmi les synonymes lexicaux — un adjectif de racine différente ou un mot adjectival et un génitif de substantif, comme dans visuomenės norma – socialinė norma PsichŽ. En linguistique, les synonymes sont considérés comme des mots appartenant à la même partie du discours (L’Homme 2020: 17), ainsi que comme des mots n’appartenant pas à la même partie du discours mais remplissant des fonctions grammaticales similaires (Jakaitienė 2010: 122); quant aux synonymes syntaxiques, on désigne habituellement par ce terme des constructions syntaxiques de composition lexicale identique ou presque identique (Valiulytė 1998: 3; Župerka 2012: 47). Ainsi, des synonymes tels que visuomenės norma et socialinė norma constituent un mélange de synonymes lexicaux et de synonymes syntaxiques (ni synonymes purement lexicaux ni synonymes syntaxiques). Néanmoins, de tels synonymes sont plus éloignés l’un de l’autre non seulement formellement, mais aussi sémantiquement. Dans la paire indiquée, le groupe au génitif fait ressortir davantage la relation d’appartenance, tandis que l’adjectif exprime davantage une relation de classe. Par conséquent, la distance sémantique des termes synonymiques n’est pas nulle.

Pour revenir à la motivation, on ne peut pas affirmer que les mots constituant les composants synonymiques soient motivés de la même manière, cf. begarsis filmas – nebylusis filmas (« film muet », nebylus « 2. fig. silencieux, qui ne parle pas » DLKŽ), nuasmeninti duomenys – anonimizuoti duomenys BĮK, etc. Il existe des différences sémantiques entre de tels synonymes. Néanmoins, dans le contexte de la synonymie terminologique, il ne semble pas pertinent d’aller plus loin et d’analyser la motivation des composants des termes complexes. Sans nier la différence sémantique de tels syntagmes, il importe que, par les termes synonymiques exprimés au moyen de composants synonymiques, la notion soit désignée selon le même aspect et qu’un même trait soit exprimé.

Comme indiqué, l’identité du trait explicite de la notion dans les termes synonymiques est déterminée à partir de la signification lexicale des constituants divergents. Lorsque ces constituants, en particulier les attributs spécifiques, sont des mots plus répandus de la langue générale (indexation exhaustive – indexation détaillée), le trait notionnel qu’ils expriment peut être facilement compris, même sans connaissances spécialisées du domaine concerné. La synonymie de tels termes composés repose sur la synonymie de la langue générale. Lorsque le trait notionnel désigné par le constituant spécifique est exprimé par une unité de lexique spécialisé d’usage restreint (domaine spécialisé limité), notamment par un terme international (haptinė

⁷ Sont également considérés ici comme des emprunts les mots hybrides comportant une racine empruntée.

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agnoziją⁸, cf. le terme principal lytos agnozija), on peut estimer que le trait notionnel ressort clairement de la signification d’un tel lexème, mais qu’il n’est clair que pour les spécialistes du domaine. Cela montre que la force de motivation (transparence) des termes composés dépend non seulement de leur structure lexicale, mais aussi de la situation de communication.

Les constituants synonymiques des termes composés synonymiques ne sont pas seulement des unités de la langue générale ou spécialisée, mais aussi des termes, par exemple socialinis suvokimas – socialinė percepcija, bien que les exemples de ce type soient peu nombreux dans le matériau étudié. On peut se demander s’il vaut la peine de comparer les significations lexicales de ces constituants; il serait probablement plus pertinent d’examiner si les termes qui remplissent la fonction de constituants sont eux-mêmes synonymes, surtout s’ils appartiennent au même domaine ou à un domaine proche de celui des termes composés formés avec eux. En substance, pour déterminer si les significations des constituants divergents sont synonymiques ou non, les deux facteurs ont été pris en compte; aucune discordance n’a été constatée dans le matériau étudié. Toutefois, la comparaison de ce type de synonymes a de nouveau montré que la motivation des termes monolexicaux qui servent de constituants synonymiques peut différer de manière manifeste, cf. paieška pagal grotažymes – paieška pagal saitažodžius BIK (cf. les synonymes grotažymė, saitažodis BIK, ainsi que BLKŽ). On peut estimer que de tels termes composés synonymiques sont eux aussi dénommés selon le même trait, par l’intermédiaire de la même notion, désignée par les synonymes monolexicaux grotažymė et saitažodis. Certes, les termes monolexicaux eux-mêmes expriment des traits notionnels différents, mais cela relève déjà de la synonymie des termes monolexicaux.

2.2. Les termes synonymiques exprimés par des lexèmes de signification différente désignent la notion concernée sous un aspect différent (pour les désigner, le terme aspektiniai sinonimai, « synonymes aspectuels », s’implante progressivement dans la terminologie lituanienne, voir Mitkevičienė 2020, Vaskelaitė 2022). Il faut connaître le système notionnel du domaine pour comprendre que des termes tels que klijuojamasis irišimas ir besiūlis irišimas, tikslinis tezauras ir antrinis tezauras, etc., ne sont pas des équonèmes (ce que leur structure ferait d’abord penser) ni des termes désignant différents niveaux hiérarchiques de notions, mais des synonymes. Les termes synonymiques comportant des lexèmes de signification différente sont compatibles entre eux, complémentaires, et ne s’excluent pas mutuellement (voir Freixa, Fernández-Silva 2017: 169), car ils désignent des traits notionnels différents et transmettent ensemble davantage de traits d’une même notion que chacun séparément. Dans certaines paires de synonymes, il est assez facile de dégager et de décrire le fondement de l’opposition, par exemple biuro popierius [LIEU] vs. spausdinimo popierius [DESTINATION (ACTION)], mais il est généralement difficile d’abstraire les traits explicites et il serait plutôt pertinent de ne tenter de le faire qu’en se limitant à un groupe sémantique ou terminologique concret de termes.

⁸ L’adjectif haptinis inclus dans le TŽŽ est marqué comme unité du lexique médical et expliqué par l’équivalent lituanien griebiamasis. En psychologie, sa signification est différente: « relatif au toucher, à la sensation tactile », cf. également l’article haptika dans la Base de données des néologismes de la langue lituanienne (ND).

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Sinoniminių dvižodžių terminų struktūrinis semantinis nuotolis

Il faut mentionner séparément les synonymes dont l’un est un terme éponymique: klasikinis sąlygojimas – Pavlovo sąlygojimas, užmiršimo kreivė – Ebbinghaus’o kreivė PsichŽ. Les termes éponymiques sont traditionnellement considérés comme ayant une motivation opaque; c’est pourquoi, lors de la normalisation terminologique, il est recommandé de privilégier leurs synonymes plus transparents (ISO 704:2022). De tels synonymes constituent l’un des types les plus évidents de synonymes aspectuels. Le choix du synonyme employé dépend du contexte (Lončar, Ostroški 2014: 43).

Les synonymes aspectuels remplissent une fonction de nomination supplémentaire; le fondement de leur relation, dans les limites d’une même langue, est cognitif. D’autre part, l’un des synonymes pourrait aussi s’expliquer par la recherche de clarté ou de pureté de la terminologie, c’est-à-dire par la normalisation et l’aménagement terminologiques, cf. atrankioji amnezija, katatiminė amnezija PsichŽ (cf. le terme katatimija « dépendance des perceptions et des jugements à l’égard de besoins, de désirs, d’émotions et de sentiments imaginés ou éprouvés au moment considéré » PsichŽ), dieninis regėjimas – fotopinis regėjimas PsichŽ, marmurinis popierius – ebru popierius BIK, etc. Toutefois, si l’on compare les synonymes lituaniens avec leurs équivalents dans d’autres langues, on constate que ces équivalents possèdent eux aussi souvent des synonymes, cf. angl. daylight vision, photopic vision, rus. дневное зрение, фотопическое зрение et dieninis regėjimas, fotopinis regėjimas; le recours à la lituanisation (à la purification terminologique) ne saurait donc fonder la synonymie.

Néanmoins, sans approfondir les causes de l’apparition de chaque paire de synonymes (elles se recouvrent souvent, voir Freixa 2006: 69–70; 2022: 410, 420), on peut affirmer que la différence de registre des synonymes est perceptible: dans un contexte moins spécialisé, on privilégierait le synonyme à la motivation la plus transparente.

Les mots non synonymiques remplissent le plus souvent la fonction de constituants secondaires des termes synonymiques (voir les exemples précédents), beaucoup plus rarement celle de constituants principaux ou des deux constituants, par exemple stroboskopinis judėjimas – stroboskopinė iliuzija, rekapituliacijos teorija – biogenetinis dėsnis, regimoji agnozija – psichinis aklumas PsichŽ (cf. la définition « agnosie caractérisée par une perturbation ou une perte totale de la capacité à reconnaître et à comprendre les stimuli visuels », alors que l’agnosie est une « perturbation partielle de la perception et de la reconnaissance d’un objet ou d’un phénomène, ou incapacité totale à le percevoir »), etc. L’exemple de synonymes ne comportant aucun constituant commun, rekapituliacijos teorija et biogenetinis dėsnis, est particulièrement intéressant du point de vue terminologique, car on peut supposer qu’il existe une relation partonymique entre les substantifs qui servent de constituants principaux, teorija et dėsnis; ainsi, le terme biogenetinis dėsnis est lié au terme scientifique général teorija par une relation partonymique, tandis qu’avec le terme composé rekapituliacijos teorija il entretient déjà une relation de synonymie (voir aussi la section 2.3). D’après les équivalents fournis dans la source (PsichŽ), cf. angl. recapitulation theory, rus. биогенетический закон, on peut affirmer que cette synonymie est apparue sous l’influence d’autres langues: dans différentes communautés linguistiques, les dénominations des notions ne sont pas motivées de la même manière. Cela ne fait que confirmer l’idée que les synonymes aspectuels sont des dénominations complémentaires d’une notion.

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Les synonymes dont les constituants principaux sont exprimés par des lexèmes de signification différente ne sont pas non plus identiques du point de vue de la distance sémantique. Bien que ces lexèmes soient généralement liés au moins par une catégorie générale (par exemple, la catégorie de la qualité: psichologinė gerovė – gera savijauta), les constituants principaux appartiennent parfois à des catégories différentes, par exemple gynybinis mechanizmas – psichinė gynyba PsichŽ.

Comme indiqué, la comparaison des équivalents de termes synonymiques dans les mêmes sources montre que, le plus souvent, ces équivalents possèdent eux aussi des synonymes auxquels les synonymes lituaniens correspondent constituant par constituant. Toutefois, en terminographie, il faut évaluer avec prudence la synonymie des termes lituaniens à partir des équivalents en langues étrangères, car tous les équivalents ne sont pas nécessairement fournis. Un exemple manifeste est stroboskopinis judėjimas, stroboskopinė iliuzija. La source (PsichŽ) fournit un seul équivalent anglais, stroboscopic illusion, bien que Google Mokslinčiuje on trouve de nombreux cas d’emploi des termes stroboscopic motion, stroboscopic movement. Le dictionnaire de psychologie anglais–lituanien à visée traductionnelle (Bagdonas, Rimkutė 2013) inclut le terme stroboscopic motion, dont l’équivalent lituanien est stroboskopinis judėjimas.

Le matériau étudié fait également ressortir des termes synonymiques calqués, sémantiquement non motivés en lituanien: bulvarinė literatūra – geltonoji literatūra; il semble peu pertinent de les comparer selon leur composition lexicale, bien qu’il soit évident que la notion soit désignée selon des traits entièrement différents.

2.3. Dans les termes synonymiques dont les constituants non synonymiques ont des significations apparentées, les notions sont désignées selon des traits liés par une relation logique ou ontologique, exprimés par des membres d’une même paradigme sémantique (terminologique).

Tout d’abord, parmi les mots qui remplissent la fonction de constituants divergents de ces synonymes, on peut discerner des relations hyperonymiques / hyponymiques, par exemple: mokslinis leidimas – akademinis leidimas, grafinė informacija – vaizdinė informacija BIK, sąvokinis mąstymas – kategorinis mąstymas, hipnopompiniai vaizdiniai – hipnopompinės haliucinacijos PsichŽ, etc., ainsi que des relations partonymiques (méronymiques), par exemple saitono bibliografija – tinklalapių bibliografija BIK, genitalinis charakteris – genitalinė asmenybė PsichŽ, etc. Outre ces deux types de relations, les constituants non synonymiques des termes synonymiques sont liés par des relations non hiérarchiques (associatives), telles que l’activité et l’objet (kartografinis popierius – žemėlapių popierius BIK, cf. kartografija « science qui étudie les propriétés des cartes et des globes, leur élaboration, leur impression et leur utilisation; technique d’élaboration des cartes et des globes » TŽŽ), la chose désignée et le signe (suetainės struktūra – suetainės medis BIK, cf. medis « représentation d’une structure hiérarchique » LRTB de 2008, Enciklopedinio kompiuterijos žodyno), etc. D’autre part, lorsque les relations associatives ne sont pas très marquées ou sont plus difficiles à reconnaître, les termes synonymiques peuvent être considérés comme ne comportant pas de constituants sémantiquement liés, ou bien ce lien sémantique peut être perçu comme extrêmement éloigné.

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La relation entre les termes synonymiques dont les constituants sont liés par des relations hyperonymiques, partonymiques et associatives peut être expliquée linguistiquement par la métonymie (y compris la synecdoque comme variété de la métonymie). Dans les typologies des variantes terminologiques fondées sur l’usage des termes (par ex., Faber, León–Araúz 2016; Cabezas–García, León–Araúz 2023), on distingue la variation métonymique des termes (cf. les exemples de termes composés fournis par Melania Cabezas–García et Pilar León–Araúz, accidental water pollution et accidental marine pollution). Toutefois, du point de vue de la priorité de la nomination notionnelle, il n’est pas nécessairement possible d’y voir le remplacement métonymique du véritable (ou premier) nom. Mais, indépendamment du contexte d’apparition et d’usage, en comparant les synonymes entre eux, on peut fonder la synonymie des termes de ce type sur un facteur linguistique: la métonymie.

Le matériau étudié montre que les termes synonymiques binominaux peuvent également être liés sémantiquement par leurs deux constituants. Par exemple, dans cituojamumo rodiklis – citavimo indeksas BIK, la propriété et le processus exprimés par les constituants secondaires (relation associative) sont liés, tandis que les constituants principaux sont unis par une relation hyperonymique.

Le matériau étudié a révélé un type de synonymie assez inattendu: des termes synonymiques dont les constituants sont des converses lexicales: paėmimo registras – išdavimo registras, paėmimo registravimas – išdavimo registravimas BIK. Avec les converses lexicales, « nous pouvons former des phrases qui sont synonymiques du point de vue de l’information » (Maskaliūnienė 2013: 22); sur la base du matériau étudié, on peut également affirmer que les termes comportant des converses sont synonymiques. La distance sémantique de tels synonymes est, semble-t-il, moindre que celle des synonymes aspectuels (voir la section 2.2), car les converses sont liées par le même processus (comme dans les exemples fournis) ou par une totalité logique unifiée (voir Jakaitienė 2010: 134). D’autre part, une même notion pourrait être désignée par un terme composé comportant simultanément les deux converses.

On peut se demander si les termes synonymiques dont les constituants sont liés par des relations hiérarchiques et non hiérarchiques (y compris les cas de conversion) peuvent être considérés comme des synonymes aspectuels. Lorsque des relations hyperonymiques ou partonymiques se reflètent dans une paire de termes synonymiques, il est probablement plus exact de dire que ces synonymes diffèrent par la précision ou la réalisation de l’aspect, et non par l’aspect même de la dénomination.

9 Dans les typologies de Šavçkų, les relations hyperonymiques / hyponymiques correspondent aux relations génériques, tandis que les relations partonymiques correspondent aux relations partielles (du tout et de la partie). En terminologie, la typologie des relations notionnelles d’Anita Nuopponen est considérée comme la plus exhaustive (voir Nuopponen 2011 et suiv.). Elle distingue les relations génériques (logiques) et ontologiques, parmi lesquelles figurent également les relations partielles. Dans ISO 704:2022, les relations notionnelles sont classées en relations hiérarchiques (génériques et partielles) et associatives. Les points communs et les différences entre les classifications des relations notionnelles sont examinés dans Nuopponen 2022, où il est également affirmé que la relation notionnelle et la relation sémantique ne constituent pas une distinction terminologique artificielle (ibid., 84).

10 Dans certains travaux de linguistique, les converses lexicales sont classées parmi les antonymes comme un type particulier (par ex., Ermanytė 1995: 10; Jakaitienė 2010: 139), tandis que dans d’autres elles en sont distinguées (par ex., Maskaliūnienė 2013).

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Lorsque les constituants divergents des synonymes sont liés par d’autres types de relations, les différences d’aspect sont perceptibles; elles peuvent être catégorisées et ces synonymes peuvent être considérés comme aspectuels.

La frontière entre les synonymes dont les constituants ont des significations non apparentées et ceux dont les constituants ont des significations apparentées n’est pas nette; elle dépend aussi de l’ampleur selon laquelle le lien lui-même est perçu. Le facteur des limites de la terminologie du domaine est également important. Sans contexte, des synonymes tels que dalyko specialistas – dalyko bibliotekininkas BIK (le dictionnaire enregistre également un autre synonyme, teminis bibliotekininkas) semblent être les dénominations de notions différentes, bien que, sémantiquement, specialistas et bibliotekininkas soient évidemment liés.

Dans ce chapitre, les synonymes sans racine commune ont été examinés, tandis qu’il a été dit précédemment qu’une distance plus grande caractérise des synonymes à racine commune tels que kognityvioji psichoterapija et kognityvioji terapija. La paire de synonymes bibliotekos technikas et bibliotekininkas technikas BIK illustre que, même avec des synonymes à racine commune, la notion est désignée selon un fondement différent — dans cet exemple, selon le lieu et selon la personne (la profession) —, c’est-à-dire qu’une métonymie peut être discernée. Ainsi, bien que les termes synonymiques à racine commune diffèrent principalement par leurs caractéristiques morphologiques ou morphosyntaxiques, les dictionnaires attestent également des termes qui ne sont pas sémantiquement équivalents.

RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS

Bien qu’ils désignent la même notion, les termes synonymiques se caractérisent par une distance mutuelle de grandeur variable, qui se reflète dans leur structure. Selon le critère formel de l’opposition synonymique — l’identité (ou la non-identité) de la racine —, on distingue les synonymes à racine commune et ceux sans racine commune; ces derniers sont précisément plus éloignés les uns des autres, car ils ne partagent pas la même racine et, par conséquent, pas une composition lexicale similaire. Puisque les synonymes binominaux ont été étudiés, ce n’est pas seulement l’identité (ou la non-identité) de la racine qui importe, mais aussi le nombre de racines identiques (ou non identiques). Dans le matériau étudié, cinq sous-types de synonymes ont été distingués selon l’opposition des racines, et ces sous-types diffèrent par leur distance lexico-sémantique.

L’opposition des termes synonymiques selon le critère sémantique — la proximité (ou la non-proximité) des significations lexicales des mots qui remplissent la fonction de constituants — a montré que, dans les termes synonymiques, une notion est désignée tantôt sur le même fondement (lorsque les constituants des termes synonymiques sont des lexèmes synonymiques), tantôt sur un fondement entièrement différent (lorsque leurs constituants sont des lexèmes de signification différente). Ces derniers termes synonymiques — les synonymes aspectuels — sont des dénominations complémentaires et mutuellement enrichissantes d’une même notion, et leur différence repose sur le fondement cognitif. La distance mutuelle des synonymes aspectuels est bien plus grande que celle des termes synonymiques avec

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des constituants synonymiques; leur synonymie ne peut être identifiée qu’à partir du système des notions et des termes. Entre ces deux types de synonymes — les termes à lexèmes synonymiques et les termes à lexèmes de signification différente —, selon l’ampleur de la distance sémantique des synonymes, s’intercalent les termes à lexèmes de signification apparentée. Ceux-ci sont liés par des relations hyperonymiques, partonymiques ou associatives (parmi lesquelles figurent même les relations conversives); la synonymie des termes formés avec eux peut donc être fondée sur la métonymie.

Les termes synonymiques binominaux présentent diverses combinaisons de types de synonymes selon la racine et la signification des constituants: ils diffèrent par leurs constituants secondaires, principaux ou par les deux. L’étude confirme l’idée que, lorsque les mots qui remplissent la fonction de constituants principaux des termes synonymiques ne sont pas synonymes, la distance sémantique de ces termes est la plus grande.

La même méthodologie peut être utilisée pour étudier d’autres termes composés, et pas seulement les termes binominaux; naturellement, plus le nombre de constituants est élevé, plus les combinaisons de types de synonymes sont variées. Les résultats de l’étude réalisée peuvent être appliqués dans la pratique, notamment dans l’aménagement terminologique, lorsqu’il faut choisir l’un des synonymes ou désigner une notion nouvelle. Il a été tenu compte du fait que les termes synonymiques peuvent être aussi bien sémantiquement équivalents que non équivalents; ils explicitent les mêmes traits notionnels, des traits liés par des relations logiques ou ontologiques, ou des traits entièrement différents.

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Structural Semantic Distance Between Synonymous Two-Word Terms

SUMMARY

The article deals with a previously unexplored aspect of Lithuanian term synonymy – the semantic distance between synonymous terms, as reflected in their structure. The study focuses on two-word synonymous terms extracted from two dictionaries: the Explanatory Dictionary of Psychology (2019) and the Dictionary of Librarianship, Information and Book Science (2021).

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The research revealed a spectrum of semantic distances among synonymous terms, evident in their structure. The formal parameter of the synonymic opposition, specifically the (non-)identity of the root, distinguishes between common-root and non-common root synonyms. Non-common-root synonyms exhibit greater semantic distance due to the absence of a shared root and, consequently, a similar lexical composition. However, it’s not just the (non-)identity of the root itself that holds significance; the number of (non-)identical roots also plays a crucial role.

The opposition of synonymous terms according to the semantic parameter – the closeness of the lexical meaning of the words by which the two-word synonyms are distinguished – has shown that synonymous terms designate a concept both on the same basis (when synonymous terms’ constituents are lexemes of synonymous meaning), and on a different basis (when synonymous terms’ constituents are lexemes of different meanings) altogether. The latter synonymous terms – aspectual synonyms – are complementary denominations of the same concept, and their difference lies in their cognitive basis. The distance between aspectual synonyms is much greater than that between synonymous terms with synonymous constituents. Between these two types of synonyms – terms with synonymous lexemes and terms with lexemes of different meanings – terms with lexemes of related meanings are positioned in terms of the degree of synonyms’ semantic distance. These lexemes are linked by hypernymy/hyponymy, meronymy or associative (including conversion) relationship, so that the synonymy of terms can be explained by metonymy.

Synonyms exhibit different combinations of synonym types based on the root and meaning of their components, varying in terms of the head, modifier, or both. The research supports the notion that when the heads of synonymous terms are not themselves synonyms, the semantic distance between these terms is at its maximum.

Įteikta 2023 m. liepos 28 d.

ASTA MITKEVIČIENĖ

Lietuvių kalbos institutas

Petro Vileišio g. 5, LT-10308 Vilnius, Lietuva

[email protected]

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