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Terminologija / Terminology

2025, vol. 32, pp. 1–14

Contents link / Turin io nuoroda

ISSN 2669–2198 (online / elektroninis)

DIFFICULTÉS DE LA TRADUCTION DE LA TERMINOLOGIE JURIDIQUE DE L’ACCORD D’ASSOCIATION UE-GÉORGIE

Difficultés de la traduction de la terminologie juridique dans l’accord d’association entre l’UE et la Géorgie

KHATUNA BERIDZE

Université d’État Shota Rustaveli de Batoumi

E-mail: [email protected]

ORCID ID: https://orcid.org/0000-0001-5333-0722

Domaines de recherche: traductologie, linguistique de corpus, traduction de la terminologie juridique, traduction littéraire, théorie et pratique de la traduction postcoloniale, linguistique cognitive et traduction.

https://doi.org/10.35321/term32-05

RÉSUMÉ

L’article examine les problèmes de traduction terminologique dans l’accord d’association entre l’UE et la Géorgie à partir d’exemples tirés d’un corpus spécialement constitué à l’Université d’État Shota Rustaveli de Batoumi. Bien que les experts recommandent d’éviter la variation terminologique afin d’assurer la clarté (Strandvik 2012; DGT 2015; Bajčić & Martinović 2018; Kordić 2020), l’étude soutient que la variation dans les textes de l’UE n’entraîne pas toujours d’incohérence en géorgien. Par exemple, les termes anglais contrefaçon, falsification, et faux convergent vers un seul terme géorgien, გაყალბება [gaq’albeba], sans perte de précision. De même, contournement et évasion se traduisent tous deux par სანქციებისგან თავის არიდება [sank’čiebisgan tavis arideba], sans altérer le sens. Cela montre que des variantes quasi synonymiques en anglais peuvent être rendues par un seul équivalent géorgien. L’article souligne également la nécessité d’une analyse préalable à la traduction et de la consultation des ressources terminologiques afin de restituer les distinctions conceptuelles. Le fait de traiter à tort la convergence et le rapprochement comme des synonymes, ou de traduire incorrectement le mécanisme de lutte contre le contournement par le mécanisme de lutte contre la contrefaçon, illustre comment la négligence de l’analyse contextuelle peut déformer le sens.

MOTS-CLÉS: traduction juridique, collocations terminologiques, variation, approche fondée sur un corpus, accord d’association UE–Géorgie.

RÉSUMÉ

L’article examine les problèmes de traduction terminologique dans l’accord d’association entre l’UE et la Géorgie, à partir d’exemples tirés d’un corpus spécialement créé à l’Université d’État Shota Rustaveli de Batoumi. Bien que, pour plus de clarté, les experts recommandent d’éviter la variation terminologique (Strandvik 2012; DGT 2015; Bajčić, Martinović 2018; Kordić 2020), l’étude soutient que la variation dans les textes de l’UE n’entraîne pas toujours

Copyright © 2025 Khatuna Beridze. Publié par l’Institut de la langue lituanienne. Cet article est en libre accès et distribué selon les termes de la licence Creative Commons Attribution, qui autorise l’utilisation, la distribution et la reproduction sans restriction, sur tout support, à condition que l’auteur original et la source soient crédités. // Publié par l’Institut de la langue lituanienne. Cet article est en libre accès et distribué selon les conditions de la licence « Creative Commons Attribution », qui autorise l’utilisation, la distribution et la reproduction sans restriction du contenu sur tout support, sous réserve de citer l’auteur et la source.

Reçu le: / Reçu le: 2024-12-09. Accepté le: / Accepté le: 2025-08-27.

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l’incohérence en géorgien. Par exemple, les termes anglais counterfeiting (contrefaçon), forging (falsification) et false (faux) sont rendus en géorgien par un seul terme, გაყალბება [gaq’albeba], sans perte de précision. Il en va de même pour les termes circumvention (contournement) et evasion (évasion): tous deux sont traduits par სანქციებისგან თავის არიდება [sank’ციebisgan ṭavis arideba], tout en préservant le sens. Cela montre que des variantes quasi synonymiques en anglais peuvent être traduites par un seul équivalent géorgien. L’article souligne également la nécessité d’effectuer une analyse avant la traduction et d’indiquer les ressources terminologiques afin de restituer les distinctions conceptuelles. La convergence et l’approximation confondues et considérées comme synonymes, ou la traduction erronée de Anti-Circumvention Mechanism (mécanisme de lutte contre le contournement) par Anti-Counterfeiting Mechanism (mécanisme de lutte contre la contrefaçon) montrent que le fait de négliger l’analyse contextuelle peut déformer le sens. MOTS-CLÉS: traduction juridique, collocations terminologiques, variation fondée sur les données de corpus, accord d’association entre l’UE et la Géorgie.

INTRODUCTION

Afin de garantir la qualité des textes législatifs multilingues dans l’Union européenne, plusieurs initiatives ont été mises en place, notamment la direction générale de la traduction de la Commission européenne, le corpus JRC-Acquis et la base terminologique IATE, gérée par la direction générale de la traduction du Parlement européen. En outre, des études théoriques et empiriques faisant appel aux méthodologies de corpus ont abordé les difficultés que pose la traduction de textes juridiques multilingues, ce qui a conduit à l’élaboration de diverses recommandations. La direction générale de la traduction de la Commission européenne a mis en œuvre un cadre de gestion de la qualité afin de garantir que les traductions répondent aux besoins des clients directs, des organisations partenaires et des utilisateurs finaux (DGT Translation Quality Guidelines 2015: 1). Cependant, malgré la disponibilité d’outils technologiques avancés, de ressources linguistiques et de lignes directrices méthodologiques, des difficultés liées à la traduction de textes de terminologie juridique persistent dans tous les États membres de l’UE. Les processus de révision ont permis de recenser des erreurs de traduction courantes, classées comme traductions incorrectes, terminologie inappropriée, omissions, redondances et problèmes de clarté, de grammaire, d’orthographe et de ponctuation (Stefaniak 2023: 366). En Lituanie, le gouvernement a adopté en 1999 une résolution qui a chargé le Centre de traduction, de documentation et d’information de traduire l’acquis. L’acquis, constitué de la législation contraignante primaire et secondaire et représentant pas moins de 95 volumes d’actes, est estimé à environ 60 000–70 000 pages du Journal officiel (cité dans le « Regular Report from the qua Commission on Lithuania’s Progress Towards Accession » 2002: 130)¹. De même, dans le cadre des procédures d’adhésion à l’UE, la traduction de l’accord d’association entre la Géorgie et l’UE, ratifié en 2014 par le Parlement européen, compte à ce jour 750 pages. La tâche de traduction de l’accord d’association UE-Géorgie (AA) a d’abord été confiée au service de traduction du ministère des Affaires étrangères de Géorgie, puis réattribuée au service de traduction du ministère de la Justice.

Le présent article s’inscrit dans le cadre d’une étude de plus grande envergure fondée sur un corpus de l’AA UE-Géorgie, visant à élaborer une analyse et une méthodologie de traduction fondées sur un corpus pour l’acquis traduit ainsi que pour les textes juridiques (Beridze, Diasamidze 2025: 354). L’objectif de cet article est de présenter

1 Available at: www.europarl.europa.eu/meetdocs/committees/empl/20021021/02-1406EN.pdf.

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l’urgence de l’uniformité terminologique et soulignent le besoin crucial d’une approche cohérente, unifiée et normalisée de la gestion de la terminologie juridique en Géorgie, dans le cadre des efforts d’intégration européenne du pays. Afin de garantir la mise en œuvre exacte et efficace de l’AA, l’article examine comment les termes juridiques quasi synonymes et les collocations terminologiques en anglais sont traduits en géorgien, et comment les variations terminologiques entraînent des incohérences et des inexactitudes sémantiques. La recherche vise à déterminer dans quelle mesure la variation terminologique, qu’elle concerne des termes isolés ou des collocations, influe sur l’équivalence fonctionnelle du contenu juridique traduit. L’étude recommande une analyse terminologique préalable à la traduction, une interprétation contextuelle et la consultation de bases de données terminologiques faisant autorité (telles qu’IATE) afin d’atténuer les divergences conceptuelles et sémantiques.

APPROCHES THÉORIQUES DE LA TRADUCTION JURIDIQUE

L. Biel (2019: 25, 26) summarises several types of linguistic-translational challenges that accompany the drafting of EU texts: “the source text/language/culture, target text/language/culture, equivalence, translation process, quality”. EU multilingual texts must be consistent in content and terminology, “between each other (which is referred to as multilingual concordance)” (Stefaniak 2017:117), which means not only equivalence with the original text, but also concordance between all versions of the same text in 23 languages. Koskinen calls equivalence “a priori” feature of EU translation (Koskinen 2000: 49, qtd. in Biel 2019: 25). The original itself creates several difficulties for the EU: when a text is written in the so-called original language, it takes 5–10 steps to align it with other language texts. The process is carried out by constantly switching from language to language, comparing, making changes and rewriting (see Doczekalska 2009: 360; Koskinen 2001: 293), and the final document may differ significantly from the original text (Koskinen 2001: 293).

Les textes juridiques dans les langues européennes, notamment en anglais, se caractérisent par l’influence des latinismes. Cette influence trouve son origine dans la traduction du latin de documents de droit romain (Graz madei et al. 2005: 45) et continue de façonner les caractéristiques stylistiques des textes juridiques modernes dans ces langues (Biel 2014: 332–333; Kordić 2020: 235–236). Outre les latinismes, la traduction des textes et de la terminologie juridiques est compliquée par d’autres facteurs, tels que les variations terminologiques entre les documents juridiques et législatifs.

Biel (2023: 90) distinguishes between the concepts: variation, synonymy and polysemy drawing on a definition of a term in the ISO terminology standards (ISO 1087 2019: 3, 7), stating that a legal term can be defined as a designation – a linguistic expression – which represents a concept, that is a unit of knowledge, in the legal domain. In the ideal world, a concept is evoked by one term only; that is, there is a one-to-one relation of form and meaning, known as univocity or monoreferentiality. It is worth noting that the terminology field nowadays prefers the term variation and variant over synonymy (Biel 2023: 91–92). When drafting or translating legislative texts, experts recommend avoiding variation of

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terms to enhance consistency and clarity (Strandvik 2012: 39–40; DGT Translation Quality Guidelines 2015: 11; Bajčić, Martinović 2018: 212; Kordić 2020: 241). The existence of term variation in texts is not a new linguistic phenomenon. For example, Gambashidze (1988) discussed how synonymy arises when everyday vocabulary is adapted as terminology. This researcher also highlighted that the borrowing of foreign words often leads to synonymy, with international terms coexisting alongside native ones. Gambashidze (1988: 38–40) advocated for the isomorphism of concepts in terminology and criticised the emergence of lexical doublets in language. Since the law permeates everyday life, legal terminology often overlaps with common vocabulary. Words originating from everyday language frequently acquire specialised legal meanings (Kordić 2020: 235–236). For instance, English legal jargon for a single concept may include synonymous terms like violation, breach, infringement, and null and void (Gozdz-Roszkowski 2013). This overlap between common vocabulary and legal terminology can lead to semantic ambiguity, a challenge also noted in Georgian (Ghambashidze 1986; Arabuli 2016; Margalitadze 2020). Studies reveal the increasing use of common words as legal terms.

La communication juridique, comme toute communication spécialisée, est soumise à diverses contraintes. D’un point de vue onomasiologique, les lexèmes sont synonymes et équivalents s’ils ont le même sens dénotatif. Il est considéré comme essentiel de combiner les approches onomasiologiques (axées sur la définition des concepts) avec les approches sémasiologiques, et d’étudier dans des contextes spécifiques le sens des termes synonymes et des mots courants (Heylen, Steurs 2014: 96).

PROBLÈMES DE TRADUCTION DANS L’ACCORD D’ASSOCIATION AVEC LA GÉORGIE

Méthodologie de recherche

Pour mener les recherches présentées dans cet article, j’ai utilisé les ressources de l’analyseur de corpus que j’ai développé au Centre de traduction et de recherche interdisciplinaire de l’Université d’État Batumi Chota Roustavéli (The corpus of the BSU Translation and Interdisciplinary Centre, www.corpus.bsu.edu.ge), spécifiquement pour la recherche en traduction fondée sur des corpus, y compris les analyses et la méthodologie relatives à l’acquis traduit ainsi qu’aux textes juridiques. Le corpus unidirectionnel créé sur mesure comprend l’AA UE-Géorgie, les titres I–IV et les articles 1–276 en anglais et en géorgien. Les termes juridiques ont été balisés manuellement lors de l’étape de balisage textuel, au moyen de balises XML personnalisées élaborées pour la plateforme www.corpus.bsu.edu.ge, bien que le TagSet ne respecte pas les protocoles standard d’attribution des balises. Le traitement a été effectué en trois étapes: analyse comparative des textes parallèles, balisage et alignement manuel des articles anglais et géorgiens au format XML. Le corpus est encodé en XML selon les normes TEI P4, chaque langue constituant un corps TEI distinct. Le logiciel aligne automatiquement les textes bilingues et génère des lexiques bilingues pour chaque fichier XML. Il fournit également des données statistiques sur la distribution des termes, lesquelles

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étayent l’analyse qualitative postérieure à l’extraction et l’évaluation de la qualité de la traduction juridique.

Résultats et discussion

L’analyse qui suit portera sur des exemples spécifiques. L’exemple ci-dessous, extrait (Figure 1)2, fait partie de l’analyse de la traduction de l’accord d’association UE-Géorgie menée au Centre de traduction et d’études interdisciplinaires de l’Université d’État Batumi Chota Roustavéli. Il illustre le cas où les termes convergence et approximation sont considérés comme synonymes ou quasi-synonymes et traduits par le même terme, comme on le constate dans le titre II, article 3, « Objectifs du dialogue politique », de la traduction de l’accord d’association Géorgie-UE.

Figure 1. Capture d’écran 1 tirée du corpus du Centre de traduction et d’études interdisciplinaires de la BSU, www.corpus.bsu.edu.ge

Figure 2. Capture d’écran 2 tirée du corpus du Centre de traduction et d’études interdisciplinaires de la BSU, www.corpus.bsu.edu.ge

Le paragraphe montre (Figure 2) que la traduction emploie le terme დაახლოება [daakhloeba]3 comme équivalent traductif du terme anglais convergence:

2 Disponible à l’adresse: www.corpus.bsu.edu.ge.

3 Pour la translittération du géorgien, j’utilise le système national de translittération géorgien; voir: https://www.transliteration.com/transliteration/en/georgian/iso-9984/.

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Approfondir l’association politique et renforcer la convergence et l’efficacité des politiques en matière de politique et de sécurité.

Approfondir l’association politique et renforcer la confrontation et l’efficacité dans les domaines de la politique et de la sécurité.

renforcer l’association politique et accroître le rapprochement et l’efficacité en matière de politique étrangère et de sécurité daaxloeba.

On relève d’autres occurrences, notamment le terme convergence et sa traduction géorgienne დაახლოება. Au total, le terme convergence est traduit par daakhloeba dans 102 cas sur les 390 articles du corps du texte, annexes exclues. Un extrait du même texte et de sa traduction montre que les mêmes termes sont employés de manière récurrente dans le texte source et dans la traduction, et que daakhloeba est proposé comme équivalent traductif du terme convergence, comme le confirme l’exemple tiré du corpus (Figure 3):

Figure 3. Titre II, article 3

Outre les exemples ci-dessus, qui comprennent l’emploi contextuel du terme convergence dans les collocations suivantes: convergence des politiques en matière de politique et de sécurité, convergence des politiques de sécurité pour tous les citoyens de Géorgie, on trouve également l’exemple suivant: convergence dans les domaines des affaires étrangères et de la sécurité:

Cela renforcera l’efficacité de la coopération politique et favorisera la convergence dans les domaines des affaires étrangères et de la sécurité.

Cela renforcera l’efficacité de la coopération politique et contribuera à la convergence dans les domaines de la politique étrangère et de la sécurité.

Le paragraphe complet de l’exemple est extrait du corpus (Figure 4):

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Le dialogue politique sur tous les domaines d’intérêt commun, y compris les questions étrangères et de sécurité ([g_trm]) ainsi que la réforme intérieure ([g_trm]), sera développé et renforcé davantage entre les Parties. Cela accroîtra l’efficacité de la coopération politique ([g_trm]) et favorisera le rapprochement en matière de politique étrangère et de sécurité ([g_trm]), renforçant ainsi les relations de manière novatrice. პოლიტიკური დიალოგი საერთო ინტერესთა ყველა სფეროში, საგარეო და უსაფრთხოების საკითხებისა ([g_trm]) და შიდასახელმწიფოებრივი რეფორმის ([g_trm]) ჩათვლით, მხარეებს შორის კიდევ უფრო განვითარდება და გაძლიერდება. აღნიშნული გაზრდის პოლიტიკური თანამშრომლობის ([g_trm]) ეფექტიანობას და ხელს შეუწყობს საგარეო და უსაფრთხოების პოლიტიკის ([g_trm]) საკითხებზე დაახლოებას, ურთიერთობების გაძლიერებას ამგვარი და ინოვაციური გზით.

Figure 4. Titre II, article 3

En rétrotraduction, le terme géorgien daakhloeba correspond au terme anglais approximation, que la traduction considère comme une variante du terme anglais. Toutefois, dans les définitions d’IATE, convergence et approximation désignent des concepts distincts et ne sont ni synonymes ni variantes. Par exemple, dans l’entrée IATE 3564197, ces termes désignent des concepts différents, ayant des valeurs sémantiques distinctes: « Committee on Economic Integration, Legal Approximation and Convergence with EU Policies ». Le titre définit le rôle de la commission parlementaire permanente au sein de l’Assemblée parlementaire Euronest, qui est chargée de poursuivre le rapprochement économique entre l’UE et ses partenaires d’Europe orientale, de soutenir les réformes socio-économiques de ces derniers, ainsi que de libéraliser les échanges et les investissements, afin de parvenir à une convergence avec les lois et les normes de l’UE et d’établir un réseau de zones de libre-échange approfondies et complètes. La fonction de la commission consiste à entreprendre une série de procédures progressives visant à atteindre des objectifs politiques communs, ce qui montre une nouvelle fois que approximation et convergence sont deux termes distincts et ne constituent pas des équivalents fonctionnels quasi synonymiques. Lors de la traduction de cette entrée en géorgien, un seul terme, daakhloeba, ne suffirait plus à rendre les sens de Approximation et de Convergence. La traduction devrait donc être: ეკონომიკური ინტეგრაციის სამართლებრივი და ევროკავშირის პოლიტიკასთან თანხვედრის კომისია [ekonomikuri integraciis samartlebrivi daaxloebisa da evrokavširis politikast’an tanxvedris komisia] « Committee on Economic Integration, Legal Approximation and Convergence with EU Policies ». Comme l’a montré l’analyse dans le concordancier, le terme t’anxvedra (tanxvedris est une forme casuelle du terme) est un équivalent conceptuel et sémantique de convergence. De même, sa variante თანხვედრობა [tanxvdoma] peut également être considérée comme un équivalent fonctionnel du terme convergence.

En outre, le dictionnaire terminologique du Héraut législatif géorgien propose à la fois une translittération et une traduction du terme convergence dans divers contextes. L’exemple de translittération de convergence en კონვერგენცია [konvergencia] ne fournit aucun

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autre exemple, tandis que la traduction de la collocation convergence of a number sequence par რიცხვითი მიმდევრობის კრებადობა [ričxviti mimdevrobis krebadoba], « convergence d’une suite numérique », retraduit le terme sous la forme d’une variante conceptuellement et sémantiquement différente. Cela permet une variation terminologique du terme latin et de la variante géorgienne mal traduite daakhloeba, ce qui aggrave le problème.

L’exemple suivant (figure 5) est tiré de l’article 2, paragraphe 24, du titre IV de l’accord:

Acquis Eng. ST fichier de requête xml 4444

Acquis Geo. TT fichier de requête xml 4444

Titre IV, section 2, article 24

Titre IV, section 2, article 24

4. L’importation des produits originaires de Géorgie énumérés à l’annexe II-C du présent accord est soumise au mécanisme anti-contournement (lng_trm) prévu à l’article 27 du présent accord.

4. L’importation de produits originaires de Géorgie, énumérés à l’annexe II-C du présent accord, est soumise au mécanisme de lutte contre la contrefaçon (lng_trm), conformément à l’article 27 du présent accord.

Article 27

Article 27

Mécanisme anti-contournement (lng_trm) pour les produits agricoles et les produits agricoles transformés 1. Les produits énumérés à l’annexe II-C du présent accord sont soumis au mécanisme anti-contournement (lng_trm) prévu au présent article. Le volume annuel moyen des importations de chacun de ces produits de Géorgie vers l’Union est indiqué à l’annexe II-C du présent accord.

Mécanisme de lutte contre la contrefaçon (lng_trm) pour les produits agricoles et les produits agricoles transformés 1. Les produits indiqués à l’annexe II-C du présent accord sont soumis au mécanisme de lutte contre la contrefaçon (lng_trm) défini par le présent article. Le volume annuel moyen des importations de chacune de ces catégories de produits de Géorgie vers l’Union européenne est indiqué à l’annexe II-C du présent accord.

Figure 5. Titre IV, article 2, paragraphe 24

L’exemple illustre que le terme anti-circumvention mechanism est traduit par გაყალბების საწინააღმდეგო მექანიზმი [gaq’albebis sats’inaaghmdego mekanizmi], ce qui donne, par rétrotraduction, anti-counterfeiting mechanism. Selon la source IATE 3575478, le terme circumvention device est défini comme suit: tout dispositif de contrôle, logiciel,

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composant ou partie qui modifie la demande énergétique d’un produit au cours d’une procédure d’essai, donnant lieu à des mesures qui ne représentent pas fidèlement les caractéristiques réelles du produit dans des conditions comparables d’utilisation normale. Selon sa fonction, le terme anti-circumvention mechanism peut être traduit plus précisément par მანიპულაციის საწინააღმდეგო მექანიზმი [manipulaciis sacinaagmdego mekanizmi], qui se rétrotraduit par anti-manipulation mechanism, tandis que circumvention device peut être traduit par მანიპულაციის ხელსაწყო [manipulirebis xelsacqo], qui se rétrotraduit par manipulation device. En outre, la source IATE 141062 comprend le terme anti-circumvention measure, qui peut également être traduit par მანიპულაციის საწინააღმდეგო ზომა [manipulaciis sacinaagmdego zoma], soit anti-manipulation measure en rétrotraduction anglaise. Le terme gaq’albebis sats’inaaghmdego (anti-counterfeiting) ne rend pas le sens original, qui implique que la loi est contournée par une intervention technologique.

Les théoriciens préconisent de déterminer la correspondance qualitative et quantitative des termes source et cible, ou leur équivalence dans un contexte donné, en soulignant l’importance du contexte et de l’objectif lors de la traduction des termes (de Groot 2006: 424–425). Le terme circumvention apparaît dans d’autres contextes; par exemple, la source IATE 3628171 répertorie sanctions circumvention et sanctions evasion comme variantes synonymes. Ces termes sont définis comme suit: « Tentative délibérée de soustraire à une transaction ou à une série de transactions la participation d’entités ou de personnes sanctionnées, ou de dissimuler ces faits ». Dans ce contexte, le terme géorgien gaq’albebis / counterfeiting ne serait plus un équivalent fonctionnel de circumvention; la translittération du terme en géorgien, სანქციების მანიპულაცია [sank’ciebis manipulacia], « manipulation des sanctions », conviendrait mieux. Employer სანქციების გაყალბება [sank’ciebis gaqalbeba], « contrefaçon des sanctions », déformerait le sens sémantique et ne préserverait pas le sens équivalent (Reiß & Vermeer 2014: 29) de l’expression originale. Pour ce qui est des variantes terminologiques sanctions evasion et sanctions circumvention, les termes circumvention et evasion fonctionnent comme des synonymes contextuels. En géorgien, ces variantes sont traduites par სანქციებისგან თავის არიდება [sank’ciebisgan ’tavis arideba], rétrotraduit par sanctions avoidance. Traduire sanctions circumvention et sanctions evasion par sank’ciebisgan ’tavis arideba aboutit à un seul équivalent géorgien pour deux variantes anglaises distinctes. Si l’une des variantes, sanctions circumvention ou sanctions evasion, était traduite par სანქციების მანიპულაცია [sank’ciebis manipulacia], rétrotraduit par manipulation of the sanctions, cela ferait apparaître des variantes terminologiques en géorgien: sank’ciebis manipulacia et sank’ciebisgan ’tavis arideba. Le terme evasion apparaît également dans des contextes tels que tax evasion, pour lequel le géorgien disposait déjà d’un équivalent établi, გადასახადებისგან თავის არიდება [gadasaxadebisgan ’tavis arideba], rétrotraduit par tax avoidance; vraisemblablement, ce même terme géorgien a été extrapolé aux deux variantes anglaises.

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L’exemple suivant (Figure 6), tiré du corpus, où figure à nouveau le terme counterfeit, se trouve dans le texte du titre III, article 16:

Les Parties coopèrent pour lutter contre (lg_trm) et prévenir (lg_trm) les activités criminelles et illégales (lg_trm), en particulier les activités transnationales (lg_trm), organisées ou non, telles que: (a) le trafic (lg_trm) et la traite (lg_trm) d’êtres humains, ainsi que le trafic d’armes légères (lg_trm) et de drogues illicites (lg_trm); (b) la contrebande (lg_trm) et le trafic de marchandises (lg_trm); (c) les activités économiques et financières illégales (lg_trm), telles que la contrefaçon (lg_trm), la fraude fiscale (lg_trm) et la fraude dans les marchés publics (lg_trm); (d) le détournement (lg_trm) de fonds dans des projets financés par des donateurs internationaux; (e) la corruption active et passive (lg_trm), tant dans le secteur privé que dans le secteur public (lg_trm); (f) la falsification de documents (lg_trm) et la présentation de fausses déclarations (lg_trm); et (g) la cybercriminalité (lg_trm). 2. Les Parties renforcent la coopération bilatérale, régionale et internationale (lg_trm) entre les services répressifs (lg_trm), notamment en développant la coopération entre Europol (lg_trm) et les autorités compétentes de la Géorgie.

1. Les parties coopèrent dans la lutte contre la criminalité (lg_trm) et les autres activités illégales (lg_trm), en particulier les activités transnationales (lg_trm), organisées (lg_trm) ou d’autres types, telles que: (a) le passage clandestin de personnes à travers les frontières (lg_trm) et la traite des êtres humains (lg_trm), ainsi que le trafic illicite d’armes légères (lg_trm) et de stupéfiants (lg_trm); (b) la contrebande (lg_trm) et le commerce illicite de marchandises (lg_trm); (c) les activités économiques et financières illégales (lg_trm), telles que la falsification (lg_trm), la fraude fiscale (lg_trm) et la fraude dans le domaine des marchés publics (lg_trm); (d) le détournement de fonds de projets financés par des donateurs internationaux (lg_trm); (e) la corruption active et passive (lg_trm), tant dans le secteur privé que dans le secteur public (lg_trm); (f) la falsification de documents (lg_trm) et la présentation de fausses déclarations (lg_trm); et (g) la cybercriminalité (lg_trm). 2. Les parties renforceront leur coopération bilatérale, régionale et internationale

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Figure 6. Titre III, article 16

L’exemple montre que, si l’anglais distingue les variantes terminologiques: counterfeiting, forging et false, le géorgien ne le fait pas. Ainsi, comme le montre l’exemple ci-dessus, les trois variantes anglaises ont toutes le même équivalent géorgien გაყალბება [gaq’albeba].

Les exemples analysés confirment qu’il est préférable de traduire le terme anti-circumvention mechanism par მანიპულაციის საწინააღმდეგო მექანიზმი [manipulaciis sacinaagmdego mekanizmi].

CONCLUSION

Malgré les efforts de l’UE, notamment les lignes directrices de la DGT sur la qualité de la traduction, le corpus JRC-Acquis et la base terminologique IATE, la traduction des textes juridiques pose toujours des problèmes liés à la terminologie. Ces ressources constituent un cadre de gestion de la qualité destiné à garantir la cohérence des textes législatifs multilingues. Les exemples de variation terminologique montrent que, malgré les recommandations et les cadres théoriques, des difficultés persistent tant dans les textes sources que dans leurs traductions. Malgré la disponibilité de corpus multilingues et d’outils de traduction avancés, parvenir à une traduction parfaite des textes juridiques multilingues reste un objectif idéal plutôt qu’un résultat garanti. Les exemples examinés ci-dessus confirment que la variation terminologique dans les textes de l’UE ne provoque pas nécessairement d’incohérences considérables dans la traduction géorgienne, qu’il s’agisse de quasi-synonymes parmi les termes isolés de l’anglais juridique ou de variations dans les collocations terminologiques. Toutefois, puisque la traduction implique intrinsèquement une interprétation subjective, les qualifications et les compétences du traducteur doivent être suffisamment avancées pour rendre fidèlement les significations conceptuelles et sémantiques des termes. En outre, il est également souligné que les distinctions conceptuelles et sémantiques entre les termes et les collocations terminologiques nécessitent, au-delà du recours aux dictionnaires cités, une analyse préalable dans plusieurs contextes afin d’aboutir à une équivalence terminologique fonctionnellement cohérente. De telles incohérences nuisent à la clarté du contenu du texte et peuvent, dans divers cas, entraîner une interprétation téléologique erronée de la loi.

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SOURCES

DGT Translation Quality Guidelines, 2015.

EU/Georgia Association Agreement. Available at: https://www.eeas.europa.eu/delegations/georgia/eugeorgia-association-agreement_en.

EU/Georgia Association Agreement (in Georgian). Available at: https://infocenter.gov.ge/eu-georgia/association-agreement/.

Georgian – National Transliteration System. Available at: https://www.transliteration.com/transliteration/en/georgian/iso-9984/.

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