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LINA RUTKIENĖ
Institut de la langue lituanienne
Identifiant ORCID: orcid.org/0000-0001-6661-3115
Domaine de recherche: terminologie.
DOI: doi.org/10.35321/all91-11
LA SUBSTANTIVATION CONTEXTUELLE SUR LES SITES INTERNET DES ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE FORMATION PROFESSIONNELLE
La substantivation contextuelle sur les sites internet des établissements d’enseignement supérieur et de formation professionnelle
RÉSUMÉ
L’article examine les questions de la substantivation contextuelle à partir de matériaux empiriques recueillis sur les sites internet de 25 établissements d’enseignement lituaniens – établissements d’enseignement supérieur (universités, collèges) et écoles professionnelles. Après avoir examiné les particularités des autres parties du discours employées substantivement, il présente les tendances générales de la substantivation contextuelle dans les sources sélectionnées et analyse les exemples recueillis. Les groupes thématiques de mots et de groupes de mots remplissant la fonction du nom sur les sites internet sont déterminés, et leur expression est examinée. Comme, sur les sites internet consultés, seuls les adjectifs et les participes sont employés substantivement, l’article étudie la substantivation contextuelle en se fondant uniquement sur cette partie du discours et cette forme verbale. À la fin de l’article, les causes de la substantivation contextuelle sur les sites internet des établissements d’enseignement supérieur et des écoles professionnelles sont examinées.
MOTS-CLÉS: adjectif, nom, emploi substantif, ellipse, économie de la langue, substantivation contextuelle, groupe de mots.
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RÉSUMÉ
L’article examine les questions de la substantivation contextuelle à partir de matériaux empiriques recueillis sur les sites internet de 25 établissements d’enseignement lituaniens – établissements d’enseignement supérieur (universités, collèges) et écoles professionnelles. Après avoir examiné les notions de substantivation contextuelle et de mots employés en position substantive, il présente les tendances générales de la substantivation contextuelle dans les sources sélectionnées et analyse les exemples recueillis. Les groupes thématiques des mots employés en position substantive sont identifiés et leur expression est examinée. Comme seuls les adjectifs et les participes sont substantivés sur les sites internet analysés, l’article se concentre sur la substantivation contextuelle fondée uniquement sur cette partie du discours et cette forme verbale. À la fin de l’article, les raisons de la substantivation contextuelle sur les sites internet analysés sont examinées.
MOTS-CLÉS: adjectif, nom, emploi en position substantive, ellipse, économie de la langue, substantivation contextuelle, collocation de mots.
REMARQUES INTRODUCTIVES
La substantivation, ou nominalisation1, est un phénomène à deux faces: elle peut être liée à la formation des mots – lorsqu’un mot substantivé est formé selon des types de dérivation, au moyen d’opérations morphologiques ou morphonologiques; elle peut également être un processus graduel et long – lorsqu’il existe d’abord un groupe de mots attributif qui, pour certaines raisons, se modifie, notamment la signification du mot non nominal (attribut), et qu’aboutit finalement la substantivation complète du mot déterminant le nom. Stefan Höfler appelle le premier cas substantivation directe, et le second substantivation par ellipse (Höfler 2020: 181–186).
L’un des problèmes de l’étude de la substantivation est lié à l’approche diachronique de ce phénomène: la substantivation est souvent examinée précisément comme un processus diachronique; seule la fin de la substantivation est visible, et elle est attestée dans les dictionnaires lorsque le mot substantivé y est présenté comme un nom. Par exemple, des mots tels que kuli amoji, miegamasis sont enregistrés dans les dictionnaires comme des noms, c’est-à-dire que nous voyons la fin de la substantivation. Ainsi, le processus de substantivation n’est pas toujours clair; il est souvent impossible de dire si le mot substantivé est apparu à la suite d’un processus graduel ou s’il a été formé sur le modèle d’exemples analogues.
1 Dans les travaux des linguistes lituaniens, les termes substantivation et nominalisation sont tous deux employés. Dans cet article, le terme substantivation a été retenu; toutefois, lors de l’examen des positions de différents auteurs, le terme nominalisation est également employé, afin de préserver la correction des citations littérales et des paraphrases. Le terme nominalisation est aussi nécessaire lorsqu’il est question du caractère processuel du phénomène étudié.
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Cette étude tente d’aborder la substantivation sous un angle synchronique: elle se donne pour objectif d’examiner les cas d’emploi afin d’évaluer le processus de substantivation actuellement en cours. Pour atteindre cet objectif, elle présente d’abord la théorie liée au sujet étudié et approfondit la substantivation contextuelle comme l’une des variantes de la substantivation. Afin d’évaluer les tendances générales de la substantivation contextuelle dans les sources sélectionnées, les groupes thématiques des mots d’autres parties du discours employés substantivement sont déterminés et leur expression est analysée. L’un des objectifs consiste également à examiner les causes de la substantivation contextuelle.
L’omission du nom et l’emploi substantif de mots d’autres parties du discours sont particulièrement visibles sur internet – non seulement dans les forums de discussion ou autres espaces d’emploi de la langue parlée, mais aussi sur les sites des institutions publiques, dans les médias et la publicité (par exemple, « Incendie dans un immeuble d’habitation », « Où sont les nouveaux? », voir également fig. 1). Les sites internet populaires des institutions et les portails d’actualité constituent donc un terrain favorable à l’étude.
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Les sites internet des établissements d’enseignement lituaniens – établissements d’enseignement supérieur (universités, collèges²) et écoles professionnelles – ont été choisis comme source du matériau empirique de cet article. Ils sont actuels et fréquentés, car ils constituent un important moyen d’information sur le début du parcours professionnel, reliant les élèves, leurs parents et les enseignants. Ces sites internet contiennent encore beaucoup de texte; nous attendons d’eux un contenu responsable et une langue correcte.
² Les établissements d’enseignement supérieur sont de deux types: les universités et les collèges. « Un collège est un établissement d’enseignement supérieur où prédominent les études non universitaires, où sont développées des recherches scientifiques appliquées et/ou une activité scientifique appliquée, ou encore l’art professionnel. Le nom d’un collège ne peut contenir les mots “université” et “académie” (Loi de la République de Lituanie sur l’enseignement supérieur 2020).
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du contenu préparé et une langue correcte. La langue de ces sites internet se caractérise par une forte orientation vers le destinataire – un jeune ayant des besoins variés que l’école cherche à satisfaire.
L’étude a été réalisée en 2024, de février à mai. Comme l’information évolue, les données peuvent être différentes aujourd’hui. Au total, 25 sites internet d’établissements d’enseignement supérieur et de formation professionnelle ont été examinés. Lors de la sélection des sites pour l’étude, il a été veillé à ce que les établissements d’enseignement supérieur et les écoles professionnelles présentent des profils variés et proviennent de différentes régions de Lituanie.
La méthode principale appliquée dans l’article est la méthode analytique descriptive. Cette méthode permet de systématiser et d’analyser les données empiriques recueillies et de généraliser les résultats. Après avoir analysé des cas plus précis de mots employés substantivement, cette méthode tente de présenter une image générale de la substantivation contextuelle sur les sites internet des établissements d’enseignement supérieur et des écoles professionnelles. L’analyse morphologique est combinée à la méthode analytique descriptive. Les significations catégorielles des parties du discours et de leurs formes sont importantes pour déterminer les significations lexicales concrètes et effectuer la répartition des mots employés substantivement en groupes thématiques.
1. LA SUBSTANTIVATION CONTEXTUELLE COMME L’UNE DES VARIANTES DE LA SUBSTANTIVATION
La substantivation, l’un des types de transposition, est la transformation en noms de mots appartenant à d’autres parties du discours. Il s’agit d’un phénomène sémantique et grammatical ancien et évolutif, l’une des formes du syncrétisme linguistique. En lituanien, selon Kazimieras Gaivenis et Stasys Keinys, la substantivation est particulièrement caractéristique des adjectifs et des numéraux, ainsi que des participes (Gaivenis, Keinys 1990: 41).
Les liens entre le résultat de la substantivation3 – le mot substantivé – et le syncrétisme mentionné ont été examinés par la linguiste tchèque Gabriela Lenartová (2017). Le terme syncrétisme, passé des domaines de la philosophie et de l’art à la linguistique par transterminologisation, a été introduit par Lui Jelmslev et se comprend en linguistique comme la neutralisation des oppositions et la fusion des fonctions et des significations. Ainsi, selon G. Lenartová, les caractéristiques du syncrétisme sont les suivantes: 1. Le mot substantivé perd sa fonction attributive et commence à désigner une chose dotée d’une certaine caractéristique – un
3 Dans les travaux de linguistique, le résultat de la substantivation est désigné de manière variable. Dans la littérature étrangère, on rencontre le terme substantivé (ce terme en un seul mot est précis et pratique à employer). Dans les articles d’auteurs lituaniens, outre le groupe de mots le plus fréquemment employé mot substantivé (ou avec indication de la partie du discours précise), on trouve également le groupe de mots mot substantivé (adjectif, participe) (voir Malakauskas 1987, ainsi que Palionis 1961).
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le mot recouvre les significations de deux parties du discours; 2. Il acquiert les traits morphologiques du nom: certains mots substantivés sont liés à un seul genre, mais certains conservent les mêmes caractéristiques de genre que les adjectifs ou les participes (Lenartová 2017).
En linguistique lituanienne, la substantivation est étudiée tant dans le cadre de la formation des mots que dans celui de la morphologie. Aldona Paulauskienė considère la substantivation (la linguiste emploie le terme nominalisation) comme un phénomène de formation fonctionnelle des mots (Paulauskienė 1994: 43–46). Lorsqu’on analyse la substantivation comme phénomène morphologique, on distingue certains degrés de nominalisation; toutefois, ce sous-thème est généralement approfondi lors de l’étude de la substantivation de parties du discours particulières, et non de la substantivation en général.
La grammaire de la langue lituanienne (LKG 1965) distingue deux degrés principaux de nominalisation des adjectifs: les adjectifs substantivés autonomes (employés comme des noms autonomes) et les adjectifs substantivés non autonomes (« selon le contexte, ils peuvent avoir la fonction et la signification d’un nom et peuvent être employés comme épithètes, à l’instar des adjectifs » (LKG 1965: 532). Sont également mentionnés les adjectifs ordinaires qui peuvent remplir dans le contexte la fonction d’un nom, mais qui ne sont pas considérés comme substantivés. « Dans le contexte, le mot déterminé fait largement défaut; il est sous-entendu, cf. Seuls les forts atteignent la liberté [les gens] » (LKG 1965: 532). Cependant, Pranas Skardžius qualifie de substantivés même les adjectifs employés substantivement dans le contexte et remplissant les « fonctions des noms » (Skardžius 1996 [1943]: 558).
Dans sa monographie Les adjectifs en –inis formés par suffixation, Pranas Kniūkšta distingue quatre degrés de nominalisation des adjectifs (Kniūkšta 1976). Stasys Keinys emploie non pas le terme degré de nominalisation, mais celui de stade de nominalisation, et distingue deux stades: se nominaliser signifie posséder les caractéristiques d’un nom sans être encore devenu un nom, tandis que devenir substantivé signifie entrer définitivement dans la classe des noms. La substantivation est un processus déjà achevé. En outre, St. Keinys ajoute que les termes lituaniens sont plus pratiques que les termes internationaux, car ils peuvent exprimer différents stades d’un même processus (Keinys 2005 [1973]: 380).
Cependant, pour étudier la substantivation contextuelle, le terme à signification large substantivation semble plus pratique, puisque le terme lituanien nominalisation est davantage lié au caractère processuel et à la continuité dans le temps. S’agissant de la substantivation contextuelle – dans le cadre d’une étude synchronique –, il semblerait plus pertinent, pour les mots d’origine lituanienne, de choisir le mot caractère substantif plutôt que nominalisation, car, dans la plupart des cas, les mots occupant la position du nom dans le contexte ne sont pas en train de se nominaliser, mais sont seulement employés substantivement. En général, l’omission contextuelle du nom peut susciter des doutes quant à la possibilité même de classer ce phénomène parmi les substantivations. Ramunė Vaskelaitė, qui a étudié l’évaluation des participes pronominaux accompagnés de mots dépendants dans des travaux à caractère normatif et de diffusion de la norme
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dans les travaux de diffusion de la norme, conclut que « le rapport entre l’emploi nominal et la nominalisation » n’est pas clair (Vaskelaitė 2019: 25). Cependant, en se fondant sur la théorie des degrés de nominalisation de P. Kniūkšta et sur les autres observations présentées ci-dessous, cet article considérera malgré tout l’emploi substantif de mots d’autres parties du discours comme l’une des variantes de la substantivation. P. Kniūkšta appelle « [des] dérivés en –inis employés substantivement, qui sont normalement employés comme adjectifs » des adjectifs substantivés occasionnels et les attribue au troisième degré4 du groupe des adjectifs en –inis en voie de nominalisation5. P. Skardžius souligne que « la fonction et la signification d’un mot isolé dépendent largement du contexte, de la totalité même de la phrase » (Skardžius 1996 [1943]: 559). Le fait que les mots d’autres parties du discours employés en position nominale puissent être considérés comme des cas de substantivation contextuelle est attesté par le fait que, comme les mots substantivés stables, ils acquièrent dans la phrase la signification d’un nom et remplissent les fonctions syntaxiques du nom. Toutefois, ils ne conservent les traits catégoriels du nom que dans ce contexte. Les mots d’autres parties du discours sont employés substantivement dans un contexte donné par ellipse, c’est-à-dire en raison de l’omission d’un nom, et leur signification nominale est comprise grâce au contexte.
La syntaxe est particulièrement importante pour la substantivation contextuelle – dans ce cas, la syntaxe crée les conditions du processus morphologique. La notion d’ellipse est en général liée à la syntaxe. Lorsqu’un nom est omis, le constituant dépendant du groupe de mots attributif reprend les fonctions du constituant principal exprimé par le nom. Selon G. Lenartová, l’omission du nom peut être appliquée lorsque la chose désignée par le nom est bien connue. « On pense au nom, mais on ne le prononce pas » (Lenartova 2017).
4 Le numéro du degré est indiqué selon l’ordre présenté par P. Kniūkšta.
5 A. Paulauskienė examine ces cas lorsqu’elle traite de l’emploi substantif de l’adjectif (Paulauskienė 1994: 39).
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2. RÉSULTATS DE L’ÉTUDE EMPIRIQUE DE LA SUBSTANTIVATION CONTEXTUELLE SUR LES SITES INTERNET DES ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE FORMATION PROFESSIONNELLE LITUANIENS
2.1. Informations générales sur l’étude
Sur les sites internet des établissements d’enseignement supérieur et de formation professionnelle lituaniens visités entre février et mai 2024, 149 cas de substantivation contextuelle ont été trouvés au total, dont 76 mots d’autres parties du discours employés substantivement et ne se répétant pas. La substantivation contextuelle est la moins répandue dans la langue des sites internet des établissements d’enseignement supérieur et la plus répandue dans celle des écoles professionnelles.
En lituanien, diverses parties du discours tendent à se nominaliser. Comme l’écrit A. Paulauskienė, peuvent devenir des noms « les formes pronominales des adjectifs et des participes, les dérivés des suffixes -inis, -ė (malkinė), -ienė (bulvienė), -ėtis (varškėtis), les mots composés et préfixés (juodadarbis, beprotis, begalvis), car leur signification et leur structure grammaticale conviennent toutes à l’exercice des fonctions du nom » (Paulauskienė 1983: 43). L’étude a montré que, sur les sites internet des établissements d’enseignement supérieur et des écoles professionnelles, seuls les adjectifs et les participes sont employés substantivement; la suite de l’article porte donc sur la substantivation contextuelle de ces éléments.
Il convient de noter qu’il n’est pas toujours possible de déterminer si la substantivation est contextuelle. Par exemple, nepilnametis peut être à la fois un adjectif et un nom; la forme étant identique, il n’est donc pas totalement clair si, dans une phrase telle que « Les mineurs (jusqu’à 16 ans) déposent la demande d’entrée en 9e classe avec leur père / mère ou leur tuteur », le mot nepilnametis peut être considéré comme employé substantivement. L’incertitude est renforcée par le fait que les mêmes types de formation sont souvent utilisés pour former des adjectifs et des noms composés. Compte tenu de la tendance générale des sites internet des institutions concernées à omettre le nom asmuo, on pourrait également envisager une substantivation contextuelle. Toutefois, ces cas incertains ont été écartés.
Au début de l’étude, on s’attendait à ce que les cas de caractère substantif contextuel soient les plus nombreux dans les textes des articles; cependant, l’étude a montré qu’ils prédominent dans les titres et sous-titres des sites internet. Il convient de préciser que les sites internet présentent non seulement une substantivation contextuelle: on y emploie également des adjectifs et des participes pronominaux déjà entièrement substantivés, par exemple aklasis, neįgalusis, suaugusysis; dans ce cas, la substantivation est déjà achevée, ce sont des termes,
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enregistrés dans des ressources terminographiques (par exemple, dans la Banque des termes de la République de Lituanie). Autrement dit, il s’agit de mots substantivés stables. Certains d’entre eux figurent également dans des noms d’institutions, par exemple: Centre lituanien d’éducation des sourds et des malentendants, Centre lituanien d’éducation des aveugles et des malvoyants, Département des affaires des personnes handicapées. Il convient de noter que, dans le Dictionnaire encyclopédique de l’éducologie publié en 2007 (Jovaiša 2007), un seul mot substantivé (un participe) employé comme terme d’éducologie a été trouvé: tiriamasis. Dans ce dictionnaire, bien que soient présentés des termes liés à l’état de santé des personnes, par exemple kurčn eb ylystė, les désignations des personnes selon leur état de santé ne sont pas fournies comme termes.
Il convient de noter que les mots substantivés stables peuvent subir une désubstantivation contextuelle: par exemple, sur le site internet du Collège de design de Vilnius (VDK), en cliquant sur le titre Neįgaliesiems, on trouve le sous-titre Neįgaliųjų studentų rėmimas.
En général, la substantivation contextuelle est une caractéristique de la langue de la plupart des sites internet d’écoles étudiés et correspond à la tendance générale de la langue, à savoir que, dans la langue non spécialisée, les mots désignant des personnes et d’autres êtres vivants passent le plus souvent dans la catégorie des noms. En outre, comme l’indique la Grammaire du lituanien contemporain à propos des adjectifs pronominaux, on « tend particulièrement à employer substantivement les formes masculines du pluriel désignant un groupe défini de personnes » (DLKG 2005: 176). Comme le montre le matériau empirique, cette affirmation vaut non seulement pour les formes pronominales recueillies sur les sites internet et employées substantivement, mais aussi pour les adjectifs ordinaires et les participes. Les mots substantivés de ces groupes thématiques conservent généralement les deux formes – masculine et féminine – de genre, mais tous les mots employés substantivement recueillis pour cette étude sur les sites internet sont uniquement au masculin6. Il convient de noter que différentes formes d’un même mot désignent des notions totalement différentes: baigiamieji (← baigiamieji egzaminai) – baigiantieji (← baigiantieji asmenys), stojamieji (← stojamieji egzaminai) – stojantieji (← stojantieji asmenys).
Certains mots employés substantivement sont devenus des formules linguistiques des sites internet des établissements d’enseignement étudiés. Par exemple, le datif du participe en position nominale stojantiems (-iesiems) apparaît sur presque tous les sites internet. Dans certaines universités seulement, sans doute pour les raisons souhaitées, cette formule est remplacée par une autre formulation: par exemple, admission. Il ne fait aucun doute que le critère quantitatif soulève la question de savoir si cet exemple peut être classé parmi les substantivations contextuelles. Selon les tendances d’emploi, on pourrait parler d’un contexte étroit – c’est-à-dire le site d’une seule institution – et d’un contexte large – c’est-à-dire la majorité des
⁶ Par souci de précision, il convient de préciser que, lors de la préparation de l’article en vue de sa publication, certaines données ont été vérifiées. Il a été constaté que, sur le site internet de l’Université de Vilnius, actuellement [consulté le 2024-10-05], les formes féminines sont également présentées à côté des formes masculines, par exemple stojantie-siems (-čiosioms).
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sites internet de ce domaine. Ainsi, les mots employés substantivement qui se répètent sur les sites de plusieurs établissements d’enseignement seraient des exemples de substantivation contextuelle relevant du contexte large mentionné. La signification de l’adjectif et du participe employés substantivement évolue dans deux directions: d’une part, elle devient plus étroite et plus concrète que celle de l’adjectif et du participe ordinaires. Par exemple, le participe mentionné besimokantis ne désigne pas une caractéristique propre à de nombreux êtres vivants (un bébé qui apprend à marcher, un petit chien qui apprend à servir, etc.), mais désigne un objet concret – une personne en apprentissage. Cependant, au fond, la signification lexicale n’est pas modifiée. D’autre part, la signification ne se compose pas seulement de la signification antérieure de l’adjectif ou du participe, mais aussi du contexte dans lequel ils sont intégrés: il se produit un élargissement de la signification. En plus de la signification lexicale, l’unité linguistique acquiert de nouveaux traits. La signification de l’adjectif et du participe employés substantivement comprend aussi la signification du nom: la chose (personne ou autre) et son action, son trait, son état ou sa condition sont réunis. Ainsi, un tel mot employé substantivement, en désignant à la fois une réalité et le trait distinctif qui lui est propre, acquiert une forte charge sémantique. La substantivation est donc également une condensation sémantique. Cette condensation sémantique est particulièrement pertinente pour les titres et les sous-titres (voir plus en détail la section 2.3).
2.2. Groupes thématiques et expression des mots employés substantivement
Comme il a été indiqué, dans la langue des sites internet des établissements d’enseignement supérieur et des écoles professionnelles, la substantivation contextuelle est principalement liée aux désignations de personnes. Cela se comprend, car la personne est le sujet et l’objet principal du domaine de l’éducation. Elle constitue également la notion fondamentale à partir de laquelle se construit une représentation plus détaillée du monde de ce domaine et s’effectuent la différenciation et la dénomination ultérieures des notions.
On peut donc supposer que, sur les sites internet des établissements d’enseignement supérieur et de formation professionnelle, la plupart des mots d’autres parties du discours occupant la position du nom apparaissent sans emploi du nom asmens. Ce nom constitue l’un des mots essentiels des sites internet consultés. En outre, les exemples montrent que, dans tous les cas, les participes et les adjectifs employés substantivement sont au masculin, ce qui peut être un indice formel qu’ils intègrent le composant asmuo.
Ainsi, le principal groupe thématique des mots employés substantivement trouvés est celui des désignations de personnes (il représente 91% de tous les mots ou groupes de mots employés en position nominale). On peut distinguer quatre sous-groupes dans ce groupe thématique; ils dépendent non seulement de la signification lexicale, mais aussi des particularités de la partie du discours et de la forme. La répartition des données quantitatives est présentée dans la figure 3.
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FIG. 2. Exemple de substantivation contextuelle (BTMC, 2024-05-06)
FIG. 3. Répartition des données quantitatives des sous-groupes du groupe thématique des désignations de personnes (AP – désignations de personnes) (données de février à mai 2024)
1. Désignations de personnes selon l’action accomplie (plus rarement, non accomplie). Cette action est désignée par les participes actifs présents et passés simples, formés à partir de verbes exprimant la signification d’une action active (dépendant des efforts conscients de l’agent)7. Il s’agit du sous-groupe le plus nombreux: atvykusysis KFG, VDK, besimokantis LSMU (« Modules pour les apprenants des établissements d’enseignement général des classes I–II de gymnasium (9e–10e classes) » AP RC), besimokantysis VTVP, dalyvaujantysis
7 Pour plus de détails sur les significations classificatoires des verbes, voir LKG 1971; Servaitė 1984.
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PMC, dirbantis VSRC, ieškantis [pašaukimo] ŠĮKS (« Pour ceux qui cherchent leur vocation et se portent candidats »), kuriantis VTVP, mokantis [visų kainų] MRU, nestudijuojantis LSMU, nesiekiantis [įgyti] VAVM (« Programme de formation professionnelle pour ceux qui ne cherchent pas à acquérir un enseignement secondaire » VAVM), perstojantis VSRC, siekiantis ISM, APRC (« Pour ceux qui aspirent à l’excellence professionnelle » ISM), stojantis VVK, KK, LMTA, LJŽKA, VDA, VU, VKPM (« Informations actuelles pour les candidats » KK), stojantysis KTMC, VKK, VTVP (« Du 3 juin au 5 août 2024 aura lieu l’inscription des candidats » KMPMC); baigęs LSMU (« Pour ceux qui ont terminé la 8e classe »), baigiusysis VU (« Les personnes ayant achevé ces études acquièrent une qualification professionnelle de médecin ou de spécialiste en odontologie » LSMU), įgijęs [išsilavinimą] LMTA (« Programmes pour ceux qui ont acquis un enseignement secondaire » VAVM), įstojusysis VK⁸, neįgijęs [išsilavinimo] APRC, studijavęs VKK (« Informations pour les étudiants » VKK).
Comme indiqué, le participe candidatant, ainsi que sa forme définie le candidat, se distinguent de tous les autres par la fréquence de leur emploi: ils ont été relevés sur tous les sites internet. Le critère quantitatif permettrait peut-être de parler du passage de ce mot employé substantivement dans un groupe de mots présentant un degré supérieur de substantivisation, c’est-à-dire d’une tendance à se lexicaliser comme substantif. D’un autre côté, un emploi aussi fréquent montre également que la terminologie du domaine de l’éducation manque d’un terme désignant la notion liée à l’admission d’une personne dans un établissement d’enseignement supérieur, et que la forme définie du participe le candidat pourrait devenir un terme codifié du domaine de l’éducation.
Les participes employés substantivement examinés, comme indiqué, proviennent des attributs de groupes nominaux attributifs. Il est courant d’affirmer que les participes attributifs « désignent les propriétés des choses. Dans cette position, les traits nominaux des participes ressortent particulièrement » (Ambrazas 1979: 29). Lorsque le participe attributif assume le sens et les fonctions du substantif, le sens de propriété de l’attribut devient moins pertinent: les participes actifs employés substantivement, fondés sur des verbes exprimant une action, deviennent plus proches des substantifs dérivés de verbes, cf.: cherchant, celui qui cherche – chercheur.
2. Le deuxième sous-groupe thématique est celui des dénominations de personnes selon un trait évalué. Ces mots employés substantivement indiquent que les personnes se distinguent des autres par certaines caractéristiques et compétences. Les membres de ce sous-groupe se caractérisent par la diversité de leur expression. Le participe actif présent dérivé d’un verbe d’état ayant possède toujours dans le contexte ce que l’on appelle un « satellite nécessaire » (terme de Sližienė; voir plus largement Sližienė 1980): sans ce satellite, le participe ne constitue pas d’unité sémantique: ayant une qualification DTVM, ayant des notions de dessin / peinture / composition VDK, ayant des besoins individuels PMC, n’ayant pas la possibilité de présenter une demande VKPM. Dans ce cas, c’est l’ensemble du groupe de mots objet qui acquiert un sens substantif contextuel, et non le participe seul. Les autres unités de ce sous-groupe sont les suivantes:
⁸ Le collège de Vilnius, voir https://www.viko.lt.
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avancé VDK (« Couture et modélisme pour les avancés » VDK), débutant VDK (« Cours de couture et de modélisme pour débutants » VDK), exprimés par des participes dérivés de verbes d’action active, et le meilleur VSRC (« Ils ont honoré les meilleurs » VSRC), exprimé par un adjectif qualificatif.
Le troisième sous-groupe, peu nombreux, comprend les dénominations de personnes selon un besoin déterminé, exprimées par des participes actifs présents dérivés de verbes d’état mental employés substantivement. En position de substantif, ils ne sont pas employés seuls: ils forment une unité sémantique avec un satellite nécessaire (un mot régi, substantif ou infinitif): désirant un dortoir / s’inscrire VK, MRU, voulant étudier / acquérir / changer / perfectionner, etc., KEG, VSRC, VVK, KSU (« Ceux qui souhaitent intégrer les programmes d’études de la Vilnius Business College en cours supérieur doivent présenter les documents nécessaires »⁹ VVK).
On peut encore distinguer un sous-groupe: les dénominations de personnes selon une action accomplie par autrui. Ce sous-groupe est constitué de participes passifs employés substantivement (plus rarement, de participes accompagnés de mots dépendants). Sur plusieurs sites internet, par exemple ISM et VTVP, on trouve le participe employé substantivement la personne invitée (« Les contrats électroniques sont conclus avec les personnes invitées » ISM), ou le groupe de mots la personne invitée à étudier KTMC, VTVP. La plupart des dénominations de personnes selon une action accomplie par autrui, exprimées par des participes passifs employés substantivement, ont été relevées sur le site internet du séminaire des prêtres Saint-Joseph de Vilnius, par exemple: ceux qui sont revêtus ŠJKS (« tous les clercs qui y vivent [au séminaire] ont été revêtus de la soutane » ŠJKS), les consacrés ŠJKS, les ordonnés ŠJKS.
En ce qui concerne les participes employés substantivement, les valeurs classificatoires des verbes dont ils sont dérivés n’ont pas été indiquées par hasard. Les exemples examinés permettent de dégager la régularité suivante: lorsqu’un participe employé substantivement est dérivé d’un verbe exprimant un état, comme indiqué, il acquiert généralement le sens d’un substantif dans le contexte non pas seul, mais avec son « satellite nécessaire » (mot régi). Pour les adjectifs employés substantivement et les participes dérivés d’une action active, le satellite nécessaire n’est généralement pas requis.
Comme le montrent les exemples, les participes indéfinis prédominent. Les formes définies, davantage susceptibles de se substantiver, sont relativement rares. Selon Adelė Valeckienė, qui a étudié la substantivisation des adjectifs définis, la substantivisation des formes définies et indéfinies n’est pas identique: avec les adjectifs simples, l’absence du substantif se fait davantage sentir. « Ainsi, les adjectifs définis, en désignant des choses déterminées et en pouvant les distinguer, se substantivent plus rapidement et présentent un degré de substantivisation plus élevé que les adjectifs simples »
⁹ La langue des exemples n’a pas été corrigée.
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(Valeckienė 1957: 243). Les adjectifs définis « expriment conjointement la propriété et le porteur de la propriété; le mot déterminé est tout à fait inutile auprès des adjectifs définis substantivés » (LKG 1965: 532). Ces observations s’appliquent également aux participes dans le cas présent.
Les mots examinés désignant des personnes et employés en position de substantif se sont formés à partir de groupes de mots de la langue générale, et non de termes composés. Il est compréhensible que les sites internet des établissements d’enseignement utilisent également de nombreux termes du domaine de l’éducation. Toutefois, lors de la collecte des données, peu d’exemples (9%) ont été trouvés qui témoigneraient d’une tendance à employer substantivement les éléments dépendants de termes composés.
En ce qui concerne l’emploi substantif des éléments dépendants des termes, on pourrait distinguer le groupe thématique des dénominations des formes d’acquisition et de vérification des connaissances – cours et examens. Ce groupe comprendrait les membres suivants: finaux VDK, préparatoires VDK, d’admission VTDK (« Les épreuves d’admission de la filière des études d’art médiatique (photographie appliquée) sont organisées » VTDK)¹⁰; intermédiaires PMC, d’État VU.
Le dernier groupe thématique ne compte que deux membres: les dénominations des types d’établissements scolaires: supérieur VK, professionnel VSRC (« Pour ceux qui souhaitent étudier dans leur lycée et dans un établissement professionnel en même temps » VSRC).
Les résultats de l’étude montrent que, sur les sites internet des établissements d’enseignement, ce sont surtout les participes qui tendent à occuper la position du substantif, seuls ou accompagnés d’un mot dépendant (voir fig. 4).
Il convient d’ajouter que, selon les données de l’étude, contrairement aux mots substantivés de façon stable, les mots employés substantivement uniquement dans un contexte déterminé ne possèdent presque jamais eux-mêmes de déterminant attributif.
¹⁰ Le passage des participes adjectivés à une autre catégorie grammaticale est un sujet qui nécessite une étude distincte. Bien qu’il fasse l’objet d’une attention accrue ces derniers temps (voir Markevičius 2012; Kudirka 2021), les incertitudes demeurent nombreuses. Par exemple, dans des termes tels que examens finaux, examens d’admission, pouvons-nous voir une adjectivisation accomplie, ou devons-nous plutôt parler seulement de l’adjectivité du participe? Kazimieras Gaivenis analyse ce type de termes comme étant formés d’un participe passif et d’un substantif (Gaivenis 2014 [1968]). Le nom d’une maladie smaugiamoji est, selon le terminologue, un participe substantivé (Gaivenis 2014 [1966]); le chercheur ne parle pas d’adjectivisation. St. Keinys, quant à lui, considère comme un adjectif le terme secondaire matériaux de liaisonde liaison (« En outre, le terme matériaux de liaison possède une tradition d’emploi dans la terminologie de la peinture lituanienne. Il a été employé (avec l’adjectif simple, et non défini) dans son « Manuel des techniques de peinture » par le célèbre peintre lituanien P. Kalpokas » (Keinys 2005 [1972]: 387)).
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Fig. 4. Répartition, en pourcentage, de l’expression des unités employées substantivement (données de février à mai 2024)
2.3. Causes de la substantivisation contextuelle
Le principe d’économie de la langue doit probablement être considéré comme une cause incontestable de la substantivisation contextuelle. Les recherches linguistiques récentes accordent une attention considérable à ce principe (par ex., Vincentini 2003; Bedričhová 2006; Mingyou 2017 et autres). Il convient de noter que des linguistes étrangers mentionnent également des cas semblables de substantivisation contextuelle trouvés sur des sites internet. Par exemple, Rishatas Zhurkenovichius Saurbayev et ses coauteurs fournissent, parmi d’autres exemples d’économie de la langue, un exemple analogue à ceux examinés dans l’article: finalas ← final examinations. Les auteurs affirment que le principe d’économie de la langue est universel et qu’il constitue l’une des principales causes des changements dans toutes les langues » (Saurbayev et al. 2021: 430–432).
L’ellipse est l’un des moyens de réalisation du principe d’économie de la langue; c’est elle qui, comme indiqué, entraîne l’emploi substantif de mots appartenant à d’autres catégories grammaticales. Dans le processus de communication, on choisit une variante plus courte afin d’économiser du temps (et, dans certains cas, de l’espace, par exemple dans les titres). L’auteur du texte écrit les mots indispensables à la réalisation du résultat communicatif et omet ceux qui peuvent être déduits du contexte; dans ce cas, la condensation sémantique mentionnée plus haut est particulièrement importante. Sur les sites internet, il est bien entendu également important de transmettre autant d’informations pertinentes que possible dans un temps limité. Sur les sites internet des établissements d’enseignement examinés, le style journalistique prédomine; outre une fonction informative, ce style remplit également une fonction d’influence. L’un des moyens de réaliser cette fonction d’influence est l’emploi d’une langue proche du destinataire. « L’ellipse montre le lien
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avec la langue parlée », affirme Ona Petrenienė (2011: 89). On peut donc penser que l’ellipse aide les créateurs de sites internet à atteindre leur objectif: montrer que les représentants des établissements scolaires (auteurs des textes des sites) s’identifient aux jeunes, adoptent leur langue et les comprennent. Dans l’établissement auquel ils sont invités à candidater, ils trouveront un environnement proche.
Lorsqu’on évalue les textes des sites internet, on ne peut ignorer le matériel visuel. C’est précisément dans les images des sites internet que l’on voit ce qui est omis dans les constructions examinées, c’est-à-dire la ou les personnes (voir fig. 5).
FIG. 5. Photographies de personnes comme compensation du substantif désignant une personne qui a été omis (DTVM, 2024–05–29)
Dans ce cas, l’objet principal du matériel illustratif semble compenser une partie du texte écrit: le substantif désignant une personne. Ainsi, le contexte de la substantivisation contextuelle n’est pas seulement écrit, mais comprend également le matériel visuel. Le fait que, sur les sites internet des établissements d’enseignement supérieur et de formation professionnelle, les personnes soient le plus souvent désignées par des participes actifs peut s’expliquer par la spécificité de cette forme: la forme active du participe suppose qu’à côté d’elle est implicite un agent capable d’accomplir l’action, un être vivant; ce trait est donc déjà fixé dans la sémantique même de la forme active du participe.
Le matériel empirique montre que certains participes présents employés substantivement sont synonymes de substantifs désignant des personnes selon une propriété, un état ou l’accomplissement d’une action: cf. celui qui apprend – élève, apprenant, créant – créateur, étudiant – étudiant. La question se pose de savoir pourquoi les auteurs des textes ne choisissent pas d’employer le substantif (terme) qui correspondrait davantage au principe d’économie de la langue. Cela peut également être lié à la sémantique de la forme du participe actif présent. Les formes temporelles des participes sont liées au changement d’état. Les substantifs
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expriment un trait permanent. Candidatant, apprenant, souhaitant communiquer: des traits caractérisant une personne tant qu’elle se trouve dans cet état (c’est-à-dire, par exemple, candidatant jusqu’à son admission). Ces traits sont limités dans le temps, exprimé par la forme du présent. Les participes actifs construisent une représentation dynamique du monde des établissements d’enseignement, marquée par le changement des états. Il a été observé qu’un nombre considérable de mots et de groupes de mots employés substantivement sur les sites internet des établissements d’enseignement comportent un sème de manque. Par exemple, dans l’expression pour ceux qui cherchent une vocation, nous percevons l’allusion qu’une personne n’a pas trouvé sa vocation et qu’elle la trouvera après son admission dans l’établissement. Dans l’expression pour ceux qui n’ont pas acquis l’enseignement fondamental, on peut discerner la promesse que la personne acquerra cet enseignement dans l’établissement. Celui qui souhaite communiquer communiquera, etc. Pour supprimer ce manque, le destinataire doit accomplir les actions indiquées11.
CONCLUSIONS
1. La substantivisation contextuelle est l’un des traits de la langue des sites internet des établissements d’enseignement supérieur et des écoles professionnelles lituaniens. Les mots appartenant à d’autres catégories grammaticales remplissent le plus souvent la fonction de substantif dans les titres et sous-titres. La majorité (91%) de ces mots sont issus de groupes de mots de la langue générale; les cas d’emploi substantif des éléments secondaires de termes composés sont beaucoup plus rares (9%). Puisque le principal sujet et objet du domaine de l’éducation est la personne, la substantivisation contextuelle observée sur les sites internet consultés est principalement liée aux dénominations de personnes. La plupart des mots et groupes de mots en position de substantif apparaissent sans emploi du substantif personne.
2. Sur les sites internet des établissements d’enseignement supérieur et des écoles professionnelles, les mots et groupes de mots employés substantivement se répartissent en trois groupes thématiques: dénominations de personnes (91%), dénominations des formes d’acquisition et de vérification des connaissances (7%) et dénominations des types d’établissements scolaires (2%). Le groupe thématique le plus fourni, celui des dénominations de personnes, comprend quatre sous-groupes: dénominations de personnes selon l’action accomplie (plus rarement, non accomplie), dénominations de personnes selon un trait évalué, dénominations de personnes selon un besoin déterminé et dénominations de personnes selon une action accomplie par autrui.
3. Sur les sites internet étudiés, seuls les adjectifs et les participes sont employés substantivement; le transfert de fonctions du substantif à d’autres catégories grammaticales (formes verbales)
11 Le contenu présenté sur les sites internet des établissements d’enseignement supérieur et des écoles professionnelles rappelle souvent le journalisme de solutions, de plus en plus populaire (voir plus largement Murray, Stroud 2019): après avoir présenté le problème, on indique le moyen de le résoudre et l’on rédige une sorte d’instruction (cf. stojančiojo žingsniai VSRC), puis des informations positives sont fournies: la vie de la personne qui a résolu le problème devient meilleure.
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est peu caractéristique des sites internet des établissements d’enseignement. Les participes constituent plus de 90% de tous les cas relevés de substantivisation contextuelle. L’étude a montré qu’en position de substantif, on peut trouver non seulement un mot isolé, mais aussi un groupe de mots constituant une seule unité sémantique. Le « satellite nécessaire » (mot régi) est nécessaire à la formation de l’unité sémantique, selon les données de l’étude, lorsque le participe est dérivé d’un verbe exprimant un état.
4. Le principe d’économie de la langue doit être considéré comme la cause principale de la substantivisation contextuelle. L’ellipse est l’un des moyens de réaliser ce principe; c’est elle qui, comme indiqué, entraîne l’emploi substantif. En outre, la spécificité du style journalistique ainsi que les particularités de la forme du participe jouent également un rôle important. Le mot ou le groupe de mots employé substantivement contribue souvent à réaliser la fonction d’influence et à actualiser le dynamisme ainsi que le changement des états, traits importants de la représentation du monde des établissements d’enseignement.
LISTE DES MOTS ET GROUPES DE MOTS EMPLOYÉS SUBSTANTIVEMENT SUR LES SITES INTERNET DES ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DES ÉCOLES PROFESSIONNELLES
Ayant achevé un travail de licence LJŽKA; ceux qui ont assisté à la fête LJŽKA; celui qui arrive VDK, ceux qui arrivent KEG, celui qui est en train d’arriver VDK; ayant terminé BTMS, LSMU, celui qui a terminé BTMC, VU, LSMU; ceux qui ont terminé l’école DTVM, celui qui a terminé le programme d’études KK, ceux qui ont terminé leurs études LJŽKA, ceux qui ont terminé le collège VK; finaux VSRC; s’intéressant aux études VDK; ceux qui se soignent LJŽKA; apprenant APRC, VSRC, celui qui apprend KIEG, VTVP; ceux qui participent PMC; ceux qui réfléchissent à la profession d’officier LJŽKA; ceux qui ont obtenu une place KK; le meilleur VSRC, les meilleurs VSRC, VAVM; ceux qui cherchent une vocation ŠJKS; ayant acquis une formation LMTA, VAVM; celui qui est enregistré PMC; les sages VKPM; admis en 2021 VK; ceux qui sont revêtus ŠJKS (« tous les clercs qui y vivent [au séminaire] ont été revêtus de la soutane » ŠĮKS); ayant l’intention d’étudier KK; créant VTVP; créant la Lituanie VAVM; encadrant BTMC; ceux qui attendent VDK; maîtrisant la langue ISM; payant le prix total VK; motivés LJŽKA; ne craignant pas LJŽKA; n’ayant pas acquis de formation APRC, VKPM; non admis VK; malentendants VU; ne s’intégrant pas ISM, ne s’apaisant pas ISM; ne cherchant pas à acquérir une formation VAVM; ne suivant pas d’études LSMU; n’ayant pas la possibilité VKPM, n’ayant pas d’adresse électronique KK; ceux qui souhaitent VAVM; ceux qui souhaitent s’installer au dortoir VU, ceux qui souhaitent étudier KIEG, VSRC, KEG, ceux qui souhaitent acquérir une formation VSRC, ceux qui souhaitent intégrer LJŽKA, VVK, ceux qui souhaitent obtenir une bourse VDK, ceux qui souhaitent
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changer ou perfectionner leur qualification VSRC, ceux qui souhaitent assister aux soutenances VDK, ceux qui souhaitent étudier LJŽKA, LJŽKA, ceux qui souhaitent savoir KK, ceux qui souhaitent participer à l’hebdomadaire ŠJKS, ceux qui souhaitent devenir officiers LJŽKA; disposés à découvrir KTU, disposés à diriger KTU, disposés à changer KTU; ceux qui ont décidé de poursuivre une spécialité VAVM; ceux qui ont interrompu leurs études VK; souhaitant s’inscrire MRU; la personne invitée ISM, VDK; la personne invitée à étudier KTMC, VTVP, les personnes invitées KEG; ceux qui ont été touchés par l’horreur de la guerre ŠJKS; préparatoires VDK; déterminés à partir ISM; les consacrés ŠJKS; les ordonnés ŠJKS; touchés par des traumatismes VD, KK; avancés, ceux qui sont avancés VDK; ceux qui se réorientent VSRC; abusant d’alcool VDK; planifiant une carrière KTMC; débutant PMC, VDK; postulant à une bourse VDK, postulant aux places financées VU; ceux qui prêtent serment LJŽKA; professionnel VSRC; ceux qui se tiennent en rang LJŽKA; malades LJŽKA; cherchant une formation APRC, cherchant davantage ISM; celui qui se noie LJŽKA; les plus forts VAVM; d’admission VDK; candidatant KK, ILK, VVK, LMTA, BTMC, KTU, MRU, ŠPMC, VDA, VKPM, VSRC, le candidat KTMC, VSRC VTVP, VDK, KEG, VDK, les candidats ISM, LJŽKA, VKPM; ayant étudié VKK, ceux qui étudient KK, VU; ayant conclu des contrats VSRC; intéressés VKPM; ceux qui se sont réunis LJŽKA, ŠJKS; comprenant l’importance LJŽKA; intermédiaires PMC; ayant une formation PMC, BTMC, DTVM, ayant une qualification KEG, VTVP, ayant un handicap VTVP, ayant des problèmes VDK, KK; ceux qui ont rempli une demande VK; ceux qui se sont enregistrés VAVM; d’État VU; plus âgés ISM.
ŠALTINIAI
APRC – Aukštaitijos profesinio rengimo centras. Prieiga internete: https://www.auks-taitijosprc.lt/.
BTMC – Biržų technologijų ir mokymo centras. Prieiga internete: https://www.btvmc.lt/.
DTVM – Daugų technologijos ir verslo mokykla. Prieiga internete: https://www.dtvm.lt/.
https://www.delfi.lt/.
https://www.kurstoti.lt/.
ISM – Prieiga internete: https://www.ism.lt/.
Jovaiša Leonas 2007: Enciklopedinis edukologijos žodynas, Vilnius: Gimtasis žodis.
KEG – Klaipėdos Ernesto Galvanausko profesinio mokymo centras. Prieiga internete: https://www.gpmc.lt/.
KK – Kauno kolegija. Prieiga internete: https://www.kaunokolegija.lt/.
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KMPMC – Karaliaus Mindaugo profesinio mokymo centras. Prieiga internete: https://www.kaupa.lt/.
KSU – Kazimiero Simanavičiaus universitetas. Prieiga internete: https://ksu.lt/.
KTMC – Klaipėdos technologijų mokymo centras. Prieiga internete: https://ktmc.lt/.
Lietuvos Respublikos terminų bankas. Prieiga internete: https://terminai.vlkk.lt/.
LIŽKA – Lietuvos Jono Žemaičio karo akademija. Prieiga internete: https://www.lka.lt/.
LMTA – Lietuvos muzikos ir teatro akademija. Prieiga internete: https://lmta.lt/lt/.
LSMU – Lietuvos sveikatos mokslų universitetas. Prieiga internete: https://lsmu.lt/.
MRU – Mykolo Romerio universitetas. Prieiga internete: https://www.mruni.eu/.
PMC – Panevėžio mokymo centras. Prieiga internete: https://www.paneveziomc.lt/.
ŠJKS – Švento Juozapo kunigų seminarija. Prieiga internete: https://www.seminarija.lt/.
VAVM – Vilniaus automechanikos ir verslo mokykla. Prieiga internete: https://vavm.lt/.
VDA – Vilniaus dailės akademija. Prieiga internete: https://www.vda.lt/.
VDK – Vilniaus dizaino kolegija. Prieiga internete: https://dizainokolegija.lt/.
VK – Vilniaus kolegija. Prieiga internete: https://www.viko.lt/.
VKK – Vilniaus kooperacijos kolegija. Prieiga internete: https://www.vkk.lt/.
VKPM – Vilniaus komunalinių paslaugų mokykla. Prieiga internete: https://www.vkpm.lt/.
VSRC – Vilniaus statybininkų rengimo centras. Prieiga internete: https://vsrc.lt/.
VTVP – Visagino technologijos ir verslo profesinio mokymo centras. Prieiga internete: https://www.vpm.lt/.
VU – Vilniaus universitetas. Prieiga internete: https://vu.lt/.
VVK – Vilniaus verslo kolegija. Prieiga internete: https://www.kolegija.lt/.
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Contextual Substantivisation on the Websites of Higher Education and Vocational Training Institutions
SUMMARY
Based on examples collected from the websites of 25 Lithuanian higher education and vocational training institutions, the article takes a synchronic perspective to examine the questions of contextual substantivisation. A total of 149 cases of contextual substantivisation were found on the websites of these educational institutions, of which 76 were unique words used in a substantive position. These words or phrases are from other parts of speech used as nouns in a specific context due to ellipsis, i.e., the omission of a noun, with their nominal meaning understood from the context.
The study revealed that contextual substantivisation is a linguistic feature of the websites of Lithuanian higher education and vocational training institutions. Words used in a substantive position are most commonly used in headings and subheadings, with most of them formed from common language word combinations; cases of substantivized use of secondary components in compound terms are much rarer. Since the main subject and object in the field of education is a person, contextual substantivisation on the browsed websites is mostly related to the names of persons. The majority of the words used in a substantive position arise from the omission of the noun “person”.
On the websites of higher education and vocational training institutions, words used in a substantive position are used in tris thematic groups: names of persons (91%), names of school types (2%), and names of knowledge acquisition and assessment forms (7%). The largest thematic group, consisting of names of persons, is divided into four subgroups: names of persons based on the action performed (or, less commonly, not performed), names of persons based on the assessed feature, names of persons based on a specific need, and names of persons based on what has been done to them.
On the browsed websites, only adjectives and participles are substantivized, whereas other parts of speech (verb forms) do not typically take on the function of a noun on the websites of educational institutions. Participles make up over 90% of all identified instances of contextual substantivisation. According to the research, a word used in a substantive position can be not only a single word but also a combination of words that forms a single semantic unit. The data show that the so-called necessary companion (a governed word) is required to form a semantic unit when the participle is derived from a verb indicating a state.
The principle of linguistic economy is considered the main reason for contextual substantivisation. One way this principle is realized is through ellipsis, which, as mentioned before, leads to the formation of words used in a substantive position. People are often seen in the images on educational institutions’ websites, thus, the main object of the illustration
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in a way compensates for the written text part – the person in the position of a noun. Besides, the specifics of the so-called publicistic writing and the characteristics of participial forms are also important factors. Words used in a substantive position often help fulfil the function of impact and emphasize dynamism and changes in states, which are important features of the worldview reflected by educational institutions.