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Terminologie des premiers lexiques de mathématiques

DIANA ŠILOBRITAITĖ

Institut de la langue lituanienne

X La première moitié du XXe siècle constitue une période importante de normalisation et de systématisation de la terminologie mathématique. C’est l’époque où parurent de nombreux manuels et recueils d’exercices de mathématiques en lituanien (originaux et traduits) destinés aux écoles secondaires (voir plus en détail Šilobritaitė 2007: 146–158).

Les professeurs de mathématiques des lycées lituaniens de Voronej, Marcelinas Šikšnys, Zigmas Žemaitis et Pranas Mašiotas (ce dernier n’assistait qu’occasionnellement aux consultations consacrées aux questions de terminologie mathématique), constatant la diversité des termes employés dans les manuels de mathématiques, décidèrent de réexaminer en profondeur tous les termes existants et d’en créer ceux qui manquaient (voir plus en détail Žemaitis 1966: 195). La tâche était considérable, car les auteurs des premiers manuels de mathématiques, parus à la fin du XIXe siècle, « devaient créer eux-mêmes les termes mathématiques lituaniens, le plus souvent en les traduisant littéralement d’autres langues » (Rumšas 1979: 52). Aussi, lorsque l’enseignement en lituanien fut autorisé dans les écoles et que de plus en plus de manuels et de recueils d’exercices de mathématiques commencèrent à paraître, la confusion terminologique fut inévitable: les termes employés par les auteurs de certains manuels différaient sensiblement de ceux des autres auteurs.

Le normalisateur de la langue lituanienne Jonas Jablonskis accepta volontiers d’aider les mathématiciens: lorsqu’on lui proposait un terme, il « demandait d’abord que l’on définisse l’essence et les principales caractéristiques de la notion que ce terme devait exprimer, puis soit approuvait l’avis des mathématiciens, soit expliquait pourquoi le terme choisi était inacceptable » (Rumšas 1974: 11). Les résultats de la création et de la mise en ordre de la terminologie mathématique sont le Lexique des termes d’arithmétique et d’algèbre de Marcelinas Šikšnys (1919) et le Recueil des termes de géométrie et de trigonométrie de Zigmas Žemaitis (1920). Ce sont les premiers lexiques terminologiques lituaniens imprimés, publiés dans la « capitale provisoire de l’État lituanien rétabli, Kaunas » (Klimavičius 2003: 11). Le présent article a pour objectif d’examiner les termes de forme nominale ou de syntagme nominal figurant dans les premiers lexiques de termes mathématiques. Les adjectifs, participes, verbes et autres entrées présentés dans ces lexiques ne sont pas étudiés dans cet article.

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1. LEXIQUE DES TERMES D’ARITHMÉTIQUE ET D’ALGÈBRE DE MARCELINAS ŠIKŠNYS

Marcelinas Šikšnys (1874–1970) buvo žymus XX a. matematikos mokytojas (dirbo ir lietuvių kalbos mokytoju (žr. Šikšnys 1962: 81)), kūręs lietuvišką matematikos terminiją. Matematikos mokslus M. Šikšnys baigė Maskvos universitete. Dirbo mokytoju Rygoje, Voronežė, Vilniuje. Jo parašyti aritmetikos, algebros ir geometrijos vadovėliai buvo leidžiami keletą dešimtmečių. Lietuvių terminologijai svarbus šio matematiko parengtas Aritmetikos ir algebros terminų žodynėlis, išleistas Lietuvių mokslo draugijos 1919 metais. M. Šikšnys jau buvo parengęs Matematikos terminų projektą (1918), kuriame pateikė ne tik aritmetikos ir algebros, bet ir geometrijos bei trigonometrijos terminų.

Le Lexique des termes d’arithmétique et d’algèbre est de petit format et de faible volume (47 pages). Il comporte deux parties: la première (p. 3–25) présente par ordre alphabétique les termes lituanien-russe, et la seconde (p. 26–47), les termes russe-lituanien.

Dans la partie lituanienne du Lexique des termes d’arithmétique et d’algèbre, M. Šikšnys fournit environ 250 entrées (221 dans la partie russe), dont plus de 150 sont exprimées par des noms. M. Šikšnys ne donne pas les formes grammaticales des termes; il indique seulement, dans quelques cas, le génitif singulier: aukštis, –čio1, brūkšnis, –io, ilgis, –io, lygtys, –čių. Le lexique tente déjà de noter l’accentuation des termes (l’accent de hauteur est indiqué incorrectement): bėgalė, daugiãnaris, dvinãris, vienanãris.

Presque toutes les entrées sont des termes d’un seul mot, mais on trouve aussi des termes composés: kompleksinis skaičius, mišras skaičius, nedalus skaičius, netikra trupmena.

En présentant les termes mathématiques (ainsi que ceux d’autres domaines), M. Šikšnys en explique souvent le sens: minusas (at†imties ženklas „–“); paviršiai – поверхность; paviršiai yra dviejų matavimų (matlinkių) dydis (aujourd’hui, on emploie le singulier paviršius, « limite qui sépare un corps géométrique de l’espace extérieur »; Z. Žemaitis, dans le Recueil des termes de géométrie et de trigonométrie, donne la forme au singulier paviršius: šonų paviršius); saikas (unité de volume pour les produits en vrac et les liquides); skaidymas (à propos d’un nombre) – разложение; skaičiaus skaidymas nedaliaisiais daugikliais; skaidinys – разложение, результатъ разложения; паверте skaičių nedalųjų daugiklių sandauga гаuname то skaičiaus skaidinį. Le sens du terme pliusas n’est expliqué qu’en russe: pliusas – плюсъ (знакъ сложения).

1 Les termes sont présentés de la même manière que dans les lexiques.

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Dans certains articles terminologiques, à côté des termes simples, on donne parfois aussi des termes composés: ataskaita – учеть: vekselio ataskaita, matematinė ir prekybinė; darymas – составление: lygčių darymas – составление уравнений; lygtys, -čių – уравнение: nežinomieji ir žinomieji (laisvieji) lygčių nariai; lygčių šaknis, lygčių sprendimas, lygiakraštės (tolyginės) lygtys, etc.

Il arrive que M. Šikšnys ne donne que le terme lituanien et son équivalent russe, sans aucune explication: aksioma – аксиома; atėmimas – отнимание, отнятие; dalmuo – частное; daugmuo – множеимое; ėmimas – отнимание, вычитание; plotas – площадь; skaičius – число, etc.

Les adjectifs et participes donnés comme entrées dans le glossaire sont à forme indéfinie, mais une forme définie est également employée dans les termes composés: la is-vas: laisvasis (žinomasis) lygčių narys; panašus: panašiųjų daugianario narių traukimas krūvon (jungimas); sveikas (skaičius): sveikasis skaičius ir trupme-na. Parfois, l’infinitif est donné: matuoti: išmatuojamieji ir neišmatuojamieji dydžiai.

1.1. Termes d’origine lituanienne

Les termes mathématiques d’origine lituanienne présentés dans le Glossaire de M. Šikšnys constituent le fondement de la terminologie actuelle des mathématiques élémentaires. La plupart des termes sont restés inchangés et se sont implantés: apibendrinimas, apibrėžimas (dans le manuel traduit par A. Smetona en 1922, le terme nusakymas est également employé à côté de celui-ci), atėminys, atimtis, begalybė, brūkšnys, dalyba, dalis, dalijimas, daliklis, dalmuo, daugianaris, daugyba, daugiklis, dauginimas, daugmuo, dėmuo, derinys, didinimas, dydis, jungimas, junginys, kėlimas, laipsnis, liekana, lygybė, matas, matavimas, mišinys, neapibrėžtumas, nelygybė, pagrindas, paviršiai, pavyzdys, plotas, reikšmė, reiškinys, riba, rodiklis, sandauga, santykis, skaičius, skaidymas, skaidinys, skaitiklis, skaitmuo, skirtumas, skliaustai, smulkinimas, sprendimas, stambinimas, sudėtis, šaknis, taisyklė, tapatybė, tikrinimas, traukimas, trupmena, turinys, tūris, uždavinynas, uždavinys, varad iklis, veiksmas, vertimas, vienetas, ženklas. Les termes lituaniens d’économie et de finance, de physique et de technique figurant dans le Glossaire sont encore employés aujourd’hui: ataskaita (économie), lydinys (technique), mainai (économie), palūkanos (finance), skolininkas (finance), skolintojas (finance), svarumas (physique), svoris (physique).

Toutefois, tous les termes du Glossaire ne sont pas employés en mathématiques aujourd’hui; par exemple, davinys (également présent dans le Recueil de termes de géométrie et de trigonométrie⟧ de Z. Žemaitis): données d’un problème, données numériques (données de nombres). Dans le LKŽₑ, davinys est considéré comme impropre pour désigner la notion « ce qui est donné, sur quoi l’on s’appuie pour tirer des conclusions »

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; aujourd’hui, on emploie duomuo. Le terme Daoinį était encore utilisé par M. Šikšnys dans son manuel de Géométrie de 1923.

Le Glossaire donne le terme įvykis (russe результат) au sens de « nombre obtenu en additionnant plusieurs nombres »; ce terme n’est plus employé non plus. Il est aujourd’hui remplacé par le terme international rezultatas, que M. Šikšnys, partisan de la terminologie lituanienne, ne mentionne pas. Įvykis s’emploie aujourd’hui uniquement en théorie des probabilités: asimptominis, atsitiktinis, būtinasis, elementarusis et autres įvykis (MTŽ 1994).

Autres termes qui ne sont plus employés dans leur sens mathématique: įvardijimas (aujourd’hui žymėjimas, vardas, pavadinimas); luomas (skaičiuje): vienetų, tūkstančių, milijonų, etc. (aujourd’hui klasė); skyrius (aujourd’hui skiltis, qui figurait dans le Glossaire dans un autre sens: skiltis – грань: traukdami kvadratinę šaknį skaičiaus skaitmenis skirstome į skiltis <…>); trumpinimas: sutrumpink trupmeną iš šešių (aujourd’hui prastinimas).

Il arrive que la forme d’un terme ait légèrement changé, par exemple: darymas (aujourd’hui sudarymas: lygties sudarymas, MTŽ 1994); lyginimas (aujourd’hui palyginimas); suradimas (aujourd’hui radimas).

Pour désigner une égalité comportant des inconnues, M. Šikšnys proposait le terme au pluriel lygt ys, -čių, qui fut d’abord accepté car, selon M. Šikšnys, « les équations sont constituées de deux parties et, dans un cas semblable, notre langue emploie généralement le pluriel » (Šikšnys 1962: 86). J. Jablonskis l’avait également approuvé. Cependant, les mathématiciens le convainquirent ensuite qu’« il importe que cette notion soit exprimée au singulier, afin qu’il soit clair qu’il ne s’agit pas de plusieurs équations, mais d’une seule » (Žemaitis 1966: 198).

1.1.1. TERMES ET SYNONYMES D’ORIGINE LITHUANIENNE

Les termes synonymes sont souvent présentés sans renvoi, dans des articles terminologiques distincts: la synonymie est indiquée par un terme russe correspondant à plusieurs termes lituaniens. Dans ces paires synonymiques, un seul des termes s’est imposé. On trouve lavinimas (rus. упражнение) et pratimas (rus. навык, упражнение), mais leur présentation dans la partie russe du Glossaire est différente: упражнение – lavinimas, pratimas; c’est le dernier qui s’est imposé (dans son Manuel des termes de géométrie et de trigonométrie, Z. Žemaitis proposait même trois termes pour désigner cette notion: Geometrijos ir trigonometrijos terminų rankinėlyje pratinimas, pratimas, prasmas). La présentation de Tolumo et de nuotolio dans la partie russe montre également leur synonymie: расстояние – nuotolis, tolum as (atstumas). Tolumo. Z. Žemaitis considérait atstumą comme synonyme de tolum as: « tolum as – расстояние; de la ville A à la ville B, il y a c verstes de distance » (atstumo). Le MTŽ 1994 ne donne que atstumas (rus. расстояние, angl. distance).

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Les synonymes terminologiques sont parfois accompagnés du renvoi žiūr. (parfois žiūrėk). Dans ce cas, l’équivalent russe figure auprès du terme indiqué: pažymys, voir « žymė » et žymė (pažymys) – признак: dalingumo žymės; tikrumas, voir « tikslumas » et tikslumas – точность: padalyti, ištraukti šaknis vieneto, dešimtosios dalies, šimtosios dalies ir tt. tikslumo (tikrumo); skaičiuotė, voir « skaičiavimas » et skaičiavimas (skaičiuotė) – счисление: skaičiavimas žodžiu ir raštu; sudėjimas – voir dėjimas ir dėjimas – складывание: daugiaženklių skaičių dėjimo (sudėjimo) taisyklė. Aujourd’hui, un seul des synonymes mentionnés est en usage: požymis (forme modifiée du terme) et sudėjimas. Dans la terminologie mathématique, skaičiavimas et skaičiuotė, tikrumas et tikslumas ont subsisté, mais ne sont pas considérés comme synonymes: skaičiavimas: apytikslis, artutinis, asociacinis, etc., et skaičiuotė: arabų, dešimtainė, dvejetainė, etc.; tikrumas (rus. достоверность, angl. certainty, truth, reliability) et tikslumas (rus. точность, angl. accuracy, exactness, precision): absoliutusis, santykinis, etc. (MTŽ 1994). Z. Žemaitis avait relevé l’inadéquation de Dėjimo: ce terme « ne signifie pas nécessairement la réunion de deux nombres <⋯>; de plus, “dėjimas” peut signifier ajouter et retirer, poser et enlever, mettre dedans et sortir <⋯> » (Žemaitis 1917). Les équivalents russes indiquent que M. Šikšnys considérait probablement comme synonymes les termes atėmimas (rus. отнимание, отнятие) et ėmimas (rus. отнимание, вычитание). Aucun des deux ne s’est imposé en mathématiques: dans tous les cas, on emploie le terme atimtis, qui figure également dans le Glossaire. Dans la série de synonymes, le terme pakeitimas (keitimas) entre parenthèses (keitimas) a aussi été retenu comme entrée, mais pakeitimo n’apparaît pas à côté. L’article consacré au terme keitimas révèle que ces termes sont synonymes, puisqu’il donne le terme composé keitimas: (pa)keitimo kelias. Ces termes ne sont plus considérés comme synonymes (comme l’indiquent leurs dénominations spécifiques): keitimo būdas, keitimo metodas, keitimo operacija et pakeitimo aksioma, pakeitimo koeficientas; en revanche, dans les dénominations spécifiques, keitimo taisyklė et pakeitimo taisyklė sont synonymes (cf. taisyklė: (pa)keitimo) (MTŽ 1994).

Il existe un cas où le synonyme n’apparaît qu’entre parenthèses et n’est pas donné comme entrée: dalinys (dalijamasis); toutefois, dans l’article consacré au terme dalyba, la présentation de ces termes est inversée: dalyba – деление (матем. дѣйствіе); dalijamasis (dalinys). Dans le projet de terminologie mathématique, M. Šikšnys ne proposait que dalinį (Šikšnys 1918: 322). Z. Žemaitis employait lui aussi dalinį au sens de « dividende » dans son article: « Aujourd’hui, “nombre multiplié” et “dalinis”, ou “produit” et “dalmųo”. Ces deux nombres sont les résultats de la multiplication et de la division. Pour exprimer cette notion, le lituanien emploie surtout des terminaisons; par exemple, pirkinys, malinys, bien qu’ils désignent le sens d’une chose achetée ou moulue, signifient aussi la chose qui résulte de l’achat ou de la mouture. » (texte interrompu)

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S’appuyant sur cela, nous avons nommé les deux nombres en question dauginiu et daliniu » (Žemaitis 1917). Dans les années 1950, il fut proposé d’employer de préférence le terme dalijamasis, tandis que dalinys était jugé déconseillé (Rumšas 1975: 60). Cette évaluation des termes se reflète également dans DŽ₂, mais dès DŽ₃, dalinys 2. mat. est considéré comme normatif, au sens de « dividende ». C’est ce terme qui est employé dans la terminologie mathématique.

Se sont également imposés les termes que M. Šikšnys considérait comme secondaires (placés entre parenthèses et non retenus comme entrées): gretinys (rus. размещение) et perstata (rus. перестановка). Leurs synonymes, gretinimas et perstatinėjimas, ne sont plus employés en mathématiques.

En mathématiques, aucun terme de cette série de synonymes ne s’est imposé: tiekybė (tie kis) – rus. количество. La notion est aujourd’hui désignée par kiekis (MTŽ 1994).

Pour désigner le reste d’une division, M. Šikšnys a proposé deux termes distincts: išdalos (division) et liekana (soustraction, division, extraction de racine). J. Jablonskis était du même avis: Dalybos liekaną ir išdalomis vadiname (LKŽₑ). Avec le temps, seul liekana s’est imposé. Ce terme figure déjà dans les premiers manuels de mathématiques (pour plus de détails, voir Rumšas 1979: 52).

Les termes synonymes sont parfois séparés par un point-virgule dans le Glossaire: dalumas, dalin-gumas (c’est dalumas qui s’est imposé), dalinėjimas, dalinėjimo kelias (le terme employé en mathématiques pour désigner cette notion est nuoseklusis dalijimas), kitėjimas, kitimas (seul kitimas s’est imposé).

M. Šikšnys tentait déjà de distinguer les termes dérivés par des terminaisons de ceux formés par des suffixes (cette distinction n’est pas toujours indiquée dans la partie russe du Glossaire), distinction qui est clairement établie dans la terminologie mathématique actuelle. La présentation de ces termes diffère entre les parties lituanienne et russe. Dans la partie lituanienne: aukštis (rus. вышина) et aukštumas (rus. высота, вышина), ilgis (rus. длина (величина)) et ilgumas (rus. длина (значение величины)), platumas (rus. ширина) et plotis (rus. ширина (въ смыслѣ величина)), storis (rus. толщина (величина)) et storumas (rus. толщина (значение величины)); dans la partie russe: вышина – aukštis, -čio (aukštumas); длина – ilgis, -io, ilgumas; комната длиною въ три сажени – kambarys trijų s.; ширина – plotis (dydis); platumas; толщина – storis, -io, storumas.

1.2. Termes d’origine non lituanienne

La majeure partie des termes mathématiques internationaux s’est maintenue jusqu’à nos jours en ma-

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thématiques: axiome, algèbre, arithmétique, coefficient, logarithme, moins, plus, pourcentage, progression, proportion, proportionnalité, radical, système, théorème. Les termes financiers kapitolas (aujourd’hui kapitalas), vekselis. ont également subsisté.

En mathématiques, le terme tabelė (logaritmų tabelės, daugybos tabelė) n’est plus utilisé; il a été remplacé par le terme lituanien lentelė, dont A. Jakštas recommandait l’usage (à côté du terme tabelė), car knygos (logaritmų knygos) ne convient absolument pas dans ce cas: « Quels livres pourrait-il bien y avoir ici, alors qu’il n’y a que des chiffres et des symboles mathématiques? Le nom le plus simple est “tables de logarithmes” (cf. russe tablicy, allemand Tafeln, français Fables). Pourquoi contredire le monde entier et appeler “livres” une chose qui ne contient pas un seul mot vivant? Si M. M. n’aime pas le terme lentelės, il peut appeler sa publication “tables de logarithmes”, bien que les tables ne valent pas mieux que les tableaux » (Jakštas 1919 1: 359). Pour le terme composé daugybos tabelė, M. Šikšnys proposait de remplacer le composant tabelė par le terme lituanien: daugybos abėcėlė.

1.2.1. TERMES D’ORIGINES DIVERSES: SYNONYMES

Le Glossaire contient peu de synonymes de termes d’origines diverses: la préférence est parfois donnée au terme d’origine étrangère, parfois au terme lituanien.

Le terme international kvadratas est considéré comme le terme principal: le terme lituanien ketvirtainis est donné entre parenthèses et considéré comme secondaire. Ces termes étaient également employés comme synonymes dans les manuels d’A. Busilas (1921) et de Masing (1922; traduit par A. Smetona), mais par la suite seul kvadratas s’impose (voir plus en détail Šilobritaitė 2007: 150).

Le terme international kubas est considéré comme secondaire dans le Glossaire (il n’est donné qu’entre parenthèses); le terme principal est le terme lituanien šeštainis, mais celui-ci ne s’est pas imposé. Kubas était déjà employé dans le plus ancien manuel lituanien imprimé, celui de P. Matulionis et J. Spudulis (compilé par J. Gailutis), Užduotinas, tai ira Rankius užduocziu Aritmetikos arba Rakundos mokslo (1885) (dans le manuscrit du manuel, on employait kubikas) (Rumšas 1974: 4). Dans le projet de terminologie mathématique, šeštainis est considéré comme secondaire, tandis que le terme principal est kūbas (= kubas) (Šikšnys 1918: 322). C’est ce terme qui s’est imposé dans les manuels de l’époque; dans le manuel de Masing de 1922 seulement, ces termes étaient encore considérés comme synonymes.

Bien qu’à côté du terme international suma, le Glossaire donne aussi les termes lituaniens dėjinys et dėtinys, qui ne se sont pas imposés en mathématiques, les manuels (de M. Šikšnys comme d’autres auteurs) n’emploient que suma (dans le manuel traduit par V. Budrevičius (1919) et A. Smetona (1922), suma et dėjinys sont employés comme synonymes).

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M. Šikšnys a tenté sans succès de lituaniser le terme formulė: formulė, voir sprendinys. Sprendinys a aujourd’hui un sens différent: sprendinys math. « résultat de la résolution d’un problème » (DŽ₆). Dans le projet de terminologie mathématique, la préférence est accordée à formule, le terme lituanien étant donné entre parenthèses comme variante secondaire: « Deux expressions algébriques reliées par un signe d’égalité ou d’inégalité forment une formule (sprendinys) » (Šikšnys 1918: 322). Formulė était déjà employé dans les manuels de l’époque et s’est imposé.

La tentative de M. Šikšnys de lituaniser le terme numeracija (numeracija, voir « skaičiavimas ») a également échoué: les deux termes sont employés en mathématiques. Z. Žemaitis écrivait: « Pour connaître le nombre d’objets, il faut les compter, ou en faire le compte; ainsi, le mot russe “sčislenije” doit se traduire en lituanien par skaičiavimas ou skaitymas; dans ce sens, il vaudrait peut-être mieux n’utiliser que le premier mot (skaičiavimas), car le second (skaitymas) a un sens propre, largement répandu » (Žemaitis 1917). Selon P. Rumšas, numeracijos signifie « représentation d’un nombre (à l’oral ou à l’écrit); comptage » (Rumšas 1975: 64).

Il est difficile de déterminer si les termes dvinaris et binomas sont synonymes: dans la partie russe du Glossaire, le terme international binomas est donné à côté du terme lituanien dvinaris, tandis que dans la partie lituanienne, ces termes sont présentés séparément. Dans un manuel publié en 1939, M. Šikšnys les considère comme synonymes (Šikšnys 1939: 110). Le MTŽ de 1994 ne les considère pas synonymes dans tous les cas (pour plus de détails, voir Šilobritaitė 2007: 148).

2. ZIGMAS ŽEMAITIS PETIT RECUEIL DE TERMES DE GÉOMÉTRIE ET DE TRIGONOMÉTRIE

Zigmas Žemaitis (1884–1969) – žymus XX amžiaus matematikas, profesorius, pedagogas ir mokslininkas. Jo pagrindinė, mokslinė ir pedagoginė, veikla skirta matematikos dėstymo metodikai, matematikos istorijai. Z. Žemaitis, kaip ir M. Šikšnys, prisidėjo prie lietuviškų matematikos terminų kūrimo ir vienodinimo. Vienas iš svarbių jo darbų, skirtų matematikai, yra Geometrijos ir trigonometrijos terminų rinkinėlis (1920).

Le recueil est de faible volume. Il s’agit d’un glossaire en deux parties, composé de 99 pages de petit format. La première partie présente des termes russe-lituanien (p. 3–45), et la seconde, des termes lituanien-russe (p. 47–99). Dans la partie lituanienne, Z. Žemaitis donne environ 720 termes, relevant non seulement de la géométrie et de la trigonométrie, mais aussi de l’algèbre et des mathématiques supérieures. Environ 340 termes vedettes sont des substantifs (formés d’un seul mot).

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Les catégories grammaticales sont indiquées pour les termes vedettes: pour les noms comme pour les adjectifs, la désinence du génitif singulier est donnée, par exemple: aksiomė, ės, algebra, os, analizis, io, (analizė, ės), apibendrinimas, o, didinimas, o, didumas, o, dvejėjimas, o, dvejinimas, o, absoliutinis, ė, abypusis, ė, daugiasienis, ė, daugiaženklis, ė, daugiareikšmis, ė, dešimtainis, ė, etc.

Dans le recueil, Z. Žemaitis donne comme termes vedettes non seulement des mots uniques, mais aussi des termes composés: angles conjugués d’un même côté (intérieurs, extérieurs), mesure commune, condition nécessaire et suffisante, grand cercle de la sphère, géométrie de l’espace, angles alternes (intérieurs, extérieurs), lunes (croissants) d’Hippocrate, géométrie de position, figures de même position, droites gauches, angles unilatéraux, ligne brisée unilatérale. Ces termes ont également des synonymes, présentés après une virgule, après un signe d’égalité ou entre parenthèses. Dans certains cas, les éléments secondaires du terme sont synonymes: perveriamasai, perverimo taškas; vertikalinė linija=statinė linija; vertikaliniai kampai=kryžminiai kampai; išreikštoji, išreikštinė funkcija; neben-dravardiklės (vardės) trupmenos; linijinis (plokšminis) kampas, ki-tais; dans d’autres, un terme composé est remplacé par un mot unique (entre parenthèses ou après une virgule): somme des côtés (périmètre); planuojamasai stalelis, menzulė, ės; angle droit (statykampis). Z. Žemaitis définit un terme composé: lieu géométrique de points (ligne)=ligne dont les points ont une propriété commune.

Certains termes sont accentués, mais l’accent tonique n’est pas toujours indiqué correctement: figūrą, netrukūs (rus. непрерывный), pastovūs, ribà, tyrà, tašà, tiesioginis, trūkūs, mais elipsoidas, hipérbolė, hipérbolinis, hipérboliškas, matériinis, milimétrinis, paràbolė, paràbolinis, pènkelias, sinusóidė, stereométrinis, tangensóidė, taškų bégale, transcendéntinis.

2.1. Termes d’origine lituanienne

Z. Žemaitis présente plus de 230 termes lituaniens d’un seul mot, des noms. La grande majorité de ces termes est encore utilisée aujourd’hui dans les sciences mathématiques: apibendrinimas, o, apskritimas, o, apskritumas, o, ašis, ės, atkarpa, os, atsakymas, o, atstumas, o, aukštinė, ės, aukštis, čio, begalybė, ės, braižyba, os, briauna, os, briaunainis, io, brūkšnys, io, dalijimas, o, dalyba, os, daugėjimas, o, daugiakampis, io, daugi n aris, io, derinys, io, dėsn is, io, didėjimas, o, didinimas, o, erdvė, ės, lygiagretainis, io, gretasienis, io, ilgis, io, išklotinė, ės, išpjova, os (= išpjova), įrodymas, o, įstrižainė, ės, įžambinė, ės, kampainis, io, kampas, o, keitimas, o, keturkampis, io, ketursienis, io, kitimas, o, kraštinė, ės, kūgis, io, kūnas, o, laipsnis, io, lankas, o, liekana, os, lietimas, o, etc. Deux termes conservés

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présentent des variantes orthographiques (la racine de la variante orthographique est indiquée entre parenthèses): apibriežimas, o (–brež), briežinys (brež.).

Le recueil contient aussi des termes qui ne se sont pas implantés dans la terminologie mathématique et qui, pour diverses raisons, ont été remplacés par d’autres.

Z. Žemaitis, comme M. Šikšnys, propose deux termes distincts pour désigner le reste d’une division: išdalos, ų et liekana.

Le terme ieškinys (teorėmės) (rus. заключение (теоремы)) ne s’est pas implanté. LKŽe ieškinys 3 est donné avec la marque neol. (néologisme), au sens de « l’inconnue, la quantité inconnue »: Dviejų ieškinių (ieškomųjų) lygybės J. Jablonskis. Aujourd’hui, ieškinys (rus. заключение (теоремы)) n’est plus employé dans son sens mathématique; le terme išvada (Rinkinėlyje pateiktas išvadas – вывод, слѣдствіе): teoremos išvada – rus. вывод, слѣдствіе, заключеніе: слѣдствіе теоремы, angl. conclusion, deduction, inference, corollary, consequence, implication: corollary of a theorem (MTŽ 1994).

Le terme proposé par Z. Žemaitis et J. Jablonskis, mast as, pour désigner l’échelle ne s’est pas non plus implanté (voir plus en détail Klimavičius 2005: 143–146).

Pour désigner les lignes, les termes qui ne se sont pas implantés en mathématiques — liečiamoji (linija), kerta-moji, kreivoji, šios, tiesioji (linija) — Z. Žemaitis lui-même proposa plus tard de les remplacer par des noms plus courts. Seuls ses termes kreivė et tiesė. se sont implantés. Cependant, lietėja, kirtėja (proposés par J. Jablonskis) ont ensuite été remplacés par les termes liestinė, kirstinė.

Autres termes qui ne se sont pas implantés: a) ceux qui ne sont pas employés dans un sens mathématique (comme les termes déjà mentionnés ieškinys, mastas): atmaina, os (aujourd’hui keitimas), braiža, os (aujourd’hui braižymas), dalinėjimas, o (rus. послѣдовательное дѣленіе) (aujourd’hui nuoseklusis dalijimas), davinys, io (aujourd’hui duomuo), įvardinimas, o (aujourd’hui žymėjimas), klostinėjimas, o (paeilinis) (aujourd’hui atidėjimas), pagrindinė, ės (aujourd’hui pagrindo linija), priedėlis, io (aujourd’hui papildinys, papildymas (?)), sankryža, os (aujourd’hui susikirtimo (sankirtos) taškas), visetas, o (aujourd’hui visuma), žymė, ės (aujourd’hui požymis); b) ceux qui ont disparu en raison d’un sens obscur ou imprécis (comme išdalos): apklotis, ies (aujourd’hui uždėjimas), artimavimas (apskritimų, linijų) (aujourd’hui santykiavimas), ketverėjimas, o (aujourd’hui keturgubinimas), liesmas, o (aujourd’hui lietimas), linkmatis, čio – rus. измѣреніе (мѣры); трију линкмачію кунас – рус. тѣло трех измѣреній (aujourd’hui matmuo), pakeičiamybė, ės (aujourd’hui apgręžiamumas), priklotis, ies (aujourd’hui pridėjimas), rietiklė, ės (aujourd’hui kreivinė liniuotė, lekalas), skretė, ės (aujourd’hui diskas), skrieplūksnis, io (aujourd’hui braižiklis).

2.1.1. TERMES D’ORIGINE LITUANIENNE SYNONYMES

Z. Žemaitis présente tous les termes mentionnés (à l’exception de kitėjimas (kitimas)) comme des termes distincts, sans synonymes. Cependant, les synonymes des termes n’ont pas été évités dans le Rin-

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kinelyje: pour désigner une notion donnée, plusieurs termes sont parfois proposés (entre parenthèses, après une virgule, un tiret, un point-virgule ou un signe égal).

Les termes indiqués entre parenthèses sont considérés comme secondaires (ils étaient encore employés dans certains manuels de l’époque), et ne sont pas présentés comme entrées: ištyrimas, o (tyra, os), kitėjimas (kitimas), o, plokšmė, ės (plokštumas, o) (Z. Žemaitis proposait le terme plokštė car, selon lui, « il faut un terme qui désigne non pas une propriété ou une nature de la surface, mais la surface infinie elle-même; le mot-terme plokšmė, plokštis pourrait être un tel terme (terminus technicus) » (Žemaitis 1966: 198)), šakniženkis, io (šaknies ženklas), radikalas (radikalas est une entrée, mais on ne voit pas bien pourquoi son synonyme serait le terme lituanien šaknis: radikalas, o (šaknis, es – padūkar), veiksm ženklis, io (veiksmo ženklas). Parfois, un terme indiqué entre parenthèses est également présenté comme entrée, mais il est corrigé (le terme approprié est donné après le signe égal): apskritimas, o (skraja, os), o (skraja, os)=apskritimas, o; pagrindas, o (pamatas, o), o pamatas, o=pagrindas, o.

Tous les termes (en entrée) proposés par Z. Žemaitis mentionnés ci-dessus ne se sont pas imposés: on n’emploie plus ni ištyrimas, ni tyra (pour désigner cette notion, on emploie tyrimas (Rinkineliyje y figure également), ni plokšmė, ni plokštumas (c’est plokštuma qui s’est imposé). Ce sont les variantes secondaires, et non les formes jugées principales, qui se sont imposées: kitėjimas, šakniženkis, veiksm ženklis, mais leurs variantes secondaires kitimas, radikalas (šaknies ženklas), veiksmo ženklas.

Z. Žemaitis corrigeait avec rigueur les termes lituaniens suivants: laipsnėjimas, liesmataškis, tikrumas ir vaisius. Selon lui, les termes mathématiques donnés après le signe égal sont meilleurs: laipsnėjimas=laipsniavimas (aujourd’hui, aucun des deux n’est plus employé: seul l’est kelimas laipsniu), liesmataškis, o=lietimo taškas (aujourd’hui lietimosi taškas), tikrumas, o=tikslumas, o (aujourd’hui tikslumas), vaisius, aus=gavinys, io (aujourd’hui rezultatas, que Z. Žemaitis corrigeait avec rigueur). Comme on le voit, les termes qu’il proposait ne se sont pas tous révélés exacts et corrects.

Z. Žemaitis considérait apparemment comme synonymes les termes placés après un tiret: delčios–mėnuliai (rus. луночки). Le MTŽ 1994 donne mėnulis (rus. лун(оч)ка, angl. lune, biangle). Sont également donnés après un tiret svara, os–svoris, io (rus. вnc). Le MTŽ 1994 ne donne que svoris (rus. вес, angl. weight).

Les cas de synonymie terminologique sont particulièrement fréquents lorsqu’à un terme russe correspondent deux (ou plusieurs) termes lituaniens, qui sont présentés: a) après un point-virgule: atsakas, o; atsakymas, o (aujourd’hui, seul atsakymas); atstumas, o; nuotolis, io; nutolimas, o (la partie russe du glossaire donne également tolis, qui

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dans la partie lituanienne, il était présenté séparément; aujourd’hui, seul distance est employé); immensité, immensités; infinité, infinités (aujourd’hui, comme dans le Glossaire de M. Šikšnys, ces termes sont considérés comme distincts); parallélogramme (seul parallélogramme a subsisté); détérioration, détériorerdétérioration est aujourd’hui employé) ou b) après le câble: position, emplacement (les deux sont employés aujourd’hui, mais ne sont pas considérés comme synonymes); rotation, pivotement (aujourd’hui, rotation, pivot — ils ne sont pas toujours considérés comme synonymes: pivot: autour d’un axe, d’un centre, d’un point et rotation: autour d’un axe, d’un point, mais rotation des axes, rotation d’un segment, rotation élémentaire, rotation elliptique, etc.); vérification, contrôle (aujourd’hui, seul vérification est utilisé); recherche, découverteseule la recherche.

Il arrive que des termes synonymes soient présentés dans des articles terminologiques distincts, mais aient un seul et même équivalent russe: pratinimas, pratimas – упражнение et prasmas – упражнение (aujourd’hui uniquement pratimas); prietaka, os, pritaikymas, o – приложение et priklotis, ies – приложение (aujourd’hui uniquement pritaikymas); tąsa, os – продолжение et tęsinys – продолжение (aujourd’hui tęsinys).

Z. Žemaitis, comme M. Šikšnys, avait déjà tenté de distinguer des termes qui, dans la terminologie actuelle, ne sont pas non plus considérés comme synonymes: aukštis – вышина (как величина) et aukštumas, o – вышина (размер высоты), dydis, džio – величина et didumas, o – размер; значение (величины)2, greitis – скорость (как величина) et greitumas, o – скорость (размер скорости), ilgis – длина (величина) et ilgumas, o – длина (размер длины), plotis, čio – ширина (как величина) et platumas, o (plošio didumas) – ширина (значение), storis – толщина (как величина) et storumas, o – толщина (значение величины), толіѕ, io – даль; расстояние et tolumas, o – расстояние; дальность, talpa – вместимость et talpumas, o – вместительность.

L’auteur du Rinkinelis a essayé de distinguer d’autres termes: comptabilisation (rus. вычисление; измерение; вычисление, измерение объема, площади), compte (rus. вычисление) et calcul (rus. вычисление). Aujourd’hui, un seul terme est employé pour désigner ces notions: calcul (MTŽ 1994), qui ne figurait pas dans le Rinkinelis. De même, trait (rus. черта) et ligne (rus. черта (линия)); doublement (processus) (rus. удвоение (как процесс)) et doublement (action) (rus. удвоение (дѣйствіе)); extérieur, dehors (rus. внѣ находящееся (на поверхности)) et extérieur, dehors (rus. внѣ находящееся (в пространстве)). Aujourd’hui

2La notion de grandeur était le plus souvent exprimée par le mot didumas. En 1919, A. Dambrauskas conseilla d’employer le mot dydis (Rumšas 1980: 76), bien que la recension de S. Antanaitis de 1918 indiquât encore que « le mot didumo, ou le mot “dydis”, désormais entré dans l’usage, <...> ne convient pas à l’expression de la notion désignée, car didumas et dydis signifient, dans la langue courante, la stature, la hauteur <...>. Ici, “didybė” convient le mieux, et c’est déjà le mot employé aujourd’hui » (Antanaitis 1918: 56).

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pour désigner les notions susmentionnées, on emploie respectivement uniquement brūkšnys, dvigubinimas (rus. удваивание, удвоение (MTŽ 1994)) et išorė.

2.2. Termes d’origine étrangère

Presque tous les termes d’origine étrangère présentés dans le Rinkinyje de Z. Žemaitis, qui n’ont pas d’équivalents en lituanien, se sont implantés. Il s’agit des noms de branches des mathématiques: algebra, aritmetika, geometrija, trigonometrija; des unités de longueur: centimetras, colis, kilometras, metras, milimetras; des unités de mesure (angle, arc): minutė, ės, radianas, o, sekundė, ės; des noms de figures géométriques: figūra, kūbas (aujourd’hui kubas), kvadratas, rombas, trapecija; des noms de lignes et de notions connexes: elipsoidas, o, hiperbolė, ės, hiperboloidas, o, linija, os, normalė, ės, parabolė, ės, paraboloidas, o (aujourd’hui paraboloidas); ainsi que d’autres termes généraux: astro­lebija, os (aujourd’hui astrolabija), centras, o, elementas, o, funkcija, os, materija, os, planas, o, periodas, o, projekcija, os, proporcija, os, proporcingumas, o, simetrija, os, logaritmas, logaritmuotė; logaritmavimas, o.

Les variantes retenues par Z. Žemaitis analizis, io et ana­lize, ės, bazis, io et bazė, ės ont suscité de nombreux débats (dans la partie russe du Rinkinio, bazis a pour synonyme lituanien pamatas; dans la partie lituanienne, ce dernier n’est pas attesté), sintezis, io et sintezė. Z. Žemaitis donne les deux termes, mais a longtemps soutenu que analizis, bazis et sintezis étaient de meilleurs termes: « Il n’y a absolument aucune raison de s’approprier les termes grecs qui sonnent tout à fait lituaniens, analizis et sintezis, sous une forme déjà déformée deux fois (en français et en allemand) (cf. analizė, sintezė) et de les décliner ainsi: analizė, analizės, analizei…, alors que ces mots peuvent parfaitement se décliner selon leur forme originale de base, tout en conservant l’accent grec &lt;…&gt; » (Žemaitis 1966: 199–200). Mais ce sont analizė, bazė, sintezė qui se sont imposés. Les formes aksiomė, ės (aujourd’hui aksioma), formula (aujourd’hui formulė), lėmė, ės (aujourd’hui lema), limbė, ės (aujourd’hui limbas (ce terme ne figure pas dans MTŽ 1994)), teoremė, ės (aujourd’hui teorema) sont à considérer comme des résultats de la lituanisation (dans le glossaire terminologique de M. Šikšnys: aksioma, formulė; teorema).

La forme grammaticale du terme d’origine grecque elipsis, sio a également changé (le terme actuel elipsė ne figure pas dans le Rinkinyje).

La variation n’a pas été évitée dans la présentation des noms des fonctions trigonométriques et des notions qui leur sont associées: kosekansas (tas), kotangensas, o (tas, o), se­kansas, o, sekansinė, ės, tangensas, o (ntas, o), tangensinė, ės, tangensoidė, ės, kosekansinė, ės (tinė, ės), kotangensinė, ės (tinė, ės), kosininė, ės (kosinusinė, ės), kosinus, aus (sas, so), kosinusoide, ės, sinus, aus (sinusas, o), sininė, ės (sinusinė, ės), sinusoide, ės. Les mathématiciens, mais aussi les linguistes, étaient

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des opinions divergentes sur les terminaisons lituaniennes et la déclinaison: «<...> il a été proposé de conserver les mots sinus, cosinus comme nominatifs également en lituanien et de les décliner en conséquence: sinus, sinaus, sinui, etc. Il semble que J. Jablonskis ait décidé qu’il fallait lituaniser leur nominatif, c’est-à-dire écrire sinusas, kosinusas. Il a alors été affirmé que tangens, cotangens, sekans devaient être appelés tangensas, cotangensas, et non tangent as, kotangent as...., comme l’exigeait J. Jablonskis, s’appuyant sur le principe selon lequel les terminaisons lituaniennes du nominatif doivent être ajoutées au radical du génitif du mot étranger » (Žemaitis 1966: 198). Selon A. Jakštas, « sinusai, kosinusai », « tangentai, kotangentai » ne sont pas non plus meilleurs que « sinus et kosinus », « tangensus, kotangensus » (Jakštas 1919 1: 359). Les formes actuelles des termes tangentas, kotangentas, sekantas, kosekantas ont été consacrées par P. Mašiotas, bien que, cinquante ans plus tard, sous l’influence du russe, tangensas, kotangensas, sekansas, kosekansas aient de nouveau gagné du terrain (voir plus en détail Klimavičius 1969: 18–21). C’est sans doute pour cette raison que Z. Žemaitis donne les deux appellations du signe de soustraction: minus, aus (minusas, o).

2.2.1. TERMES D’ORIGINES DIVERSES ET SYNONYMES

Dans le recueil, Z. Žemaitis donne parfois, à côté de termes non lituaniens, des termes lituaniens. Certains se sont imposés, d’autres non. A. Jakštas, partisan des termes d’origine étrangère, s’indignait particulièrement de la lituanisation de termes « devenus internationaux et employés dans la littérature mathématique de presque toutes les langues »: « Il nous semble qu’ils ont été lituanisés sans raison, d’autant plus que leur caractère lituanien est loin d’être toujours heureux » (Jakštas 1919 2: 360). Ni J. Jablonskis ni les mathématiciens de l’époque (dont Z. Žemaitis) ne partageaient cet avis.

Z. Žemaitis a corrigé avec rigueur certains termes d’origine étrangère. Dans ces cas, les termes lituaniens (parfois simples, parfois composés) sont indiqués après le signe égal: binomas, o=dvin aris, io, bisektrisė, ēs=bissectrice, ēs, chordė, ēs=corde, os, cilind eris, io=cylindre, io (A. Jakštas contestait l’emploi du terme ritinys: « Ritinis ne peut en aucun cas désigner un cylindre » (voir plus en détail Rumšas 1974: 17)), cirkielis, io=compas, katetas, o=statinis, io, kontro-lė, ēs=contrôle; vérification, kūbatura, os=calcul du volume, mesure; medianė, ēs=médiane, ēs, ortocentras, o=intersection des hauteurs, radiusas, o=rayon, io (A. Jakštas proposait radijus au lieu de radiusas (voir plus en détail Rumšas 1974: 10)), rezultatas, o=résultat, io; fruit, aus, segmentas, o=segment, os, sekt oras, o=secteur, os, stereometrija, os=géométrie dans l’espace; après un tiret: (liniuotė, es)–règle, es, kvadratūra, os–calcul de l’aire ou avec la mention « voir »: diametras, o voir skersmuo, ens.

Il est compréhensible que, tout en lituanisant les termes, Z. Žemaitis conserve néanmoins

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la diagonale et l’hypoténuse, indiquant qu’un terme lituanien doit être remplacé par un terme d’origine étrangère: diagonalė, ės (įstrižainė, ės) et įstrižainė, ės=diagonalė, ės; hipotenuzė, ės (įžambinė, ės) et įžambinė, ės=hipotenuzė, ės.

Ce n’est que dans de rares cas qu’un terme lituanien et un terme d’origine étrangère sont présentés dans un même article terminologique et séparés par une virgule ou un point-virgule: postulat (–tetas)3, dešnis – постулат; principas, dešnis – принцип; pavidalas, o; forma, os – форма; вид. On ne voit toutefois pas bien pourquoi les termes vedettes dešnis et forma ne sont accompagnés d’aucun synonyme: dešnis, io – положение, предложение; принцип; постулат et forma – форма. Dans le MTŽ de 1994, pavidalas et forma sont parfois également considérés comme synonymes: pavidalas: algebrinis, diagonalusis, diferencialinis, etc. (cf. forma: algebrinė, diagonalioji, diferencialinė, mais on ne trouve que apipusė forma, antis imetrinė forma, antroji kvadratinė forma, etc.). Postulatas ir dešnis; principas ir dešnis ne sont pas considérés comme synonymes dans le MTŽ de 1994: postulatas (rus. постулат, angl. postulate, axiom), dešnis (rus. закон, angl. law, distribution, principle, rule), principas (rus. принцип, angl. principle, law, axiom).

radikalas suscitait des doutes chez Z. Žemaitis. Le terme lituanien šaknis donné entre parenthèses lui semblait probablement inapproprié: šaknis ne figure pas dans l’article radikalas, mais est considéré comme synonyme de šakniženklio. Le signe d’extraction de la racine est aujourd’hui désigné par radikalas.

Z. Žemaitis considérait également le terme apotemė comme à remplacer (aujourd’hui apotema); il l’a donc placé entre parenthèses (bien qu’il soit vedette dans le recueil), puis, après un tiret, a donné une explication du terme: rayon du cercle inscrit (dans un polygone régulier).

Le terme lituanien tieseklė ne s’est pas non plus imposé; Z. Žemaitis considérait que son synonyme était le terme actuel liniuotė (il l’a indiqué entre parenthèses).

3. CONCLUSIONS

Le début du XXe siècle constitue une période très importante dans la création de la terminologie mathématique: de nombreux manuels de mathématiques et recueils de problèmes ont été publiés en lituanien, ainsi que les premiers glossaires de termes mathématiques.

Le Glossaire des termes d’arithmétique et d’algèbre de M. Šikšnys et le Petit recueil des termes de géométrie et de trigonométrie de Z. Žemaitis sont les premiers glossaires de termes lituaniens publiés dans la Lituanie indépendante récemment rétablie. Ils ont jeté les bases de la terminologie mathématique actuelle: la plupart des termes (lituaniens comme internationaux) se sont implantés.

Cependant, tous les termes présentés dans les glossaires n’ont pas été conservés ni continuent d’être employés

3 Il s’agit d’une terminaison variante du terme postulatas.

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en mathématiques. Il est particulièrement fréquent que les termes qui y figurent ne soient plus employés aujourd’hui dans leur sens mathématique (įvardijimas, luomas, skyrius (M. Šikšnys); atmaina, ieškinys, priedėlis (Z. Žemaitis)). Dans certains cas, seule la forme des termes a changé: išvadas (= išvada), lygtys (= lygtis); sudarymas (= darymas), lyginimas (= palyginimas) (M. Šikšnys). Dans la langue actuelle, seuls quelques termes des glossaires ne sont plus du tout employés (išdalos (M. Šikšnys); prasmas, skretė (Z. Žemaitis)).

Les exemples présentés permettent de constater la tendance des auteurs à épurer et à lituaniser les termes mathématiques. Toutefois, les tentatives de lituanisation des termes internationaux n’ont pas toujours été fructueuses: en mathématiques, ce sont les termes internationaux employés depuis longtemps qui se sont imposés (formulė, kubas (M. Šikšnys); postulatas, principas (Z. Žemaitis)).

L’analyse de la terminologie des premiers glossaires mathématiques montre que la deuxième décennie du XXe siècle fut une période importante dans la formation de la terminologie mathématique. La synonymie des termes et l’échec de la lituanisation de certains termes internationaux sont des caractéristiques naturelles de l’évolution de la terminologie.

SOURCES PRINCIPALES

Šikšnys M. 1919: Aritmetikos ir algebros terminų žodynėlis. Vilnius.

Žemaitis Z. 1920: Geometrijos ir trigonometrijos terminų rinkinėlis, Kaunas.

AUTRES SOURCES

Antanaitis 1918: Trumpas aritmetikos vadovėlis. – Lietuvos mokykla 3, 55–57.

LKŽe 2005: Lietuvių kalbos žodynas (elektroninis leidimas), Vilnius.

MTŽ 1994: Matematikos terminų žodynas. Sud. V. Bagdonavičius, P. Golokvoščius, R. Kašuba, J. Kubilius (vadovas), Vilnius.

Šikšnys M. 1918: Matematikos terminų projektas. – Lietuvos mokykla 11, 321–328.

Šikšnys M. 1923: Geometrija, Kaunas.

Šikšnys M. 1939: Aritmetika ir algebra 1, Kaunas.

LITERATŪRA

DŽ2 1972: Dabartinės lietuvių kalbos žodynas, Vilnius.

DŽ3 1993: Dabartinės lietuvių kalbos žodynas, Vilnius.

DŽ5 2003: Dabartinės lietuvių kalbos žodynas (elektroninis leidimas), Vilnius.

Jakštas A. 1919 1: Logaritmų knygos penkiais dešimtainiais skaitmenimis. – Draugija 7–8, 359.

Jakštas A. 1919 2: Pr. Mašiotas. Geometrijos uždavinynas. – Draugija 7–8, 359–360.

Klimavičius J. 1969: Tangensas, sekansas ar tangentas, sekantas. – Kalbos kultūra 16, 18–21.

Klimavičius J. 2003: Lietuvių terminografija: praeities bruožai, dabarties sunkumai ir uždaviniai. – Terminologija 10, 9–32.

Klimavičius J. 2005. Terminas prie termino. II. – Terminologija 12, 143–146.

Rumšas P. 1974: Lietuviškų geometrijos terminų istorija. – Mūsų kalba 2, 4–19.

Rumšas P. 1975: Matematikos terminai „Dabartinės lietuvių kalbos žodyne“. – Kalbos kultūra 28, 3–16.

Rumšas P. 1979: Prie matematikos terminijos ištakų. – Zigmas Žemaitis, 52–58.

Rumšas P. 1980: Lietuvių aritmetikos terminai XX amžiaus pradžioje. – Kalbotyra XXXI(1), 69–78.

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Šikšnys M. 1962: Mano lietuvių kalbos pamokos ir atsiminimai apie J. Jablonskį. – Kalbotyra 5, 81–87.

Šilobritaitė D. 2007: Vienažodžių matematikos terminų sinonimija matematikos vadovėliuose (1910–1940). – Terminologija 14, 146–158.

TŽŽe 2002: Interleksis. Kompiuterinis tarptautinių žodžių žodynas (elektroninis leidimas). Ats. red. A. Kinderys, Vilnius.

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Žemaitis Z. 1966: Lietuviškos matematinės terminologijos istorijai. – Lietuvių kalbotyros klausimai 8, 195–201.

TERMINOLOGY OF THE FIRST DICTIONARIES OF MATHEMATICS

The beginning the 20th century is a very important stage of the creation of terms of mathematics – a lot of textbooks and exercise books of mathematics and, most importantly, first dictionaries of mathematics were published.

Aritmetikos ir algebros terminų žodynėlis (Dictionary of terms of arithmetic and algebra) by M. Šikšnys and Geometrijos ir trigonometrijos terminų rinkinėlis (A collection of terms of geometry and trigonometry) by Z. Žemaitis were the first Lithuanian dictionaries of terms published in already restored independent Lithuania. They laid the foundations for the modern terminology of mathematics – the majority of terms from them took root in the language. However not all terms presented in dictionaries survived and were used in mathematics. The important thing is that special meanings of these terms, but not terms themselves vanished, because these words are still being used (įvardijimas (naming), luomas (caste, estate), skyrius (section, chapter) (M. Šikšnys); atmaina (species, variety), ieškinys (plaint, lawsuit, claim), priedėlis (appendage) (Z. Žemaitis)). There are some cases when only grammatical form of terms or their word-formation changed (išvadas (= išvada) (conclusion), lygt ys (= lygtis) (equation), sudarymas (= darymas) (formation), lyginimas (= palyginimas) (congruence) (M. Šikšnys); liečiamoji (= liestinė) (tangent), kertamoji (= kirstinė) (secant line), veiksmaženklis (= veiksmo ženklas) (action sign) (Z. Žemaitis)). Only few terms from these dictionaries fell out of the usage in the modern language completely (išdalos (M. Šikšnys); prasmas, skretė (Z. Žemaitis)).

In the earlier mentioned dictionaries there are some synonyms of terms (of the same or different origin), which are presented in brackets, after comma, dash or equal sign. However it is quite difficult to judge the synonymy, because rather frequently one Russian term has two or three equivalents, which in Lithuanian parts of dictionaries are presented as separate terms and in Russian parts – in the same term entry.

The wish to purify terms and make them more Lithuanian is a particularly noticeable tendency. Terms of the foreign origin are not numerous (especially in the dictionary of M. Šikšnys). Almost all of them have Lithuanian equivalents, which are viewed as main variants. However, not all attempts to substitute international terms with Lithuanian terms were successful. There are few international terms the textbooks of mathematics, which were in usage for a long time (formulė (formula), kubas (cube) (M. Šikšnys); postulatas (postulate), principas (principle) (Z. Žemaitis)).

Gauta 2008-12-05

Diana Šilobritaitė Lietuvių kalbos institutas P. Vileišio g. 5, LT-10308 Vilnius E. paštas: [email protected]

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