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DZINTRA ŠULCE

Université de Liepāja, Lettonie

1. Les difficultés les plus importantes sont liées au maintien de la qualité des voyelles. On observe deux types d’écarts par rapport à la norme: a) une voyelle longue est prononcée à la place d’une voyelle brève, par exemple: letton kino, radio, albums, atoms, automobilis, šampanietis, radiator s, mobilis, mediji, stabilis; la voyelle longue est prononcée à tort et écrite à la place de la voyelle brève; b) une voyelle brève est prononcée à la place d’une voyelle longue, par exemple: letton pozicija, bibliotēka, drāma, mūzika, flomāsters, garāža, depozīts; la prononciation est incorrecte et la voyelle brève correspondante est écrite à la place de la voyelle longue.

2. La qualité des voyelles est confondue: letton filalogija (= filologija), acitons (= acetons), fraziologija (= frazeologija), sandeles (= sandales), komendants (= komandants), alkahols (= alkohols), trenēžieris (= trenažieris).

3. Des voyelles sont omises: letton orgināls (= oriģināls), adminstrācija (= administrācija), kombinzons (= kombinezons).

4. Les consonnes sont confondues, par exemple: z est prononcé à la place de c: licenze (= licence); z est prononcé à la place de s: zolīdi (= solīdi), penzija (= pensija); c est employé à la place de la consonne s: finances (= finanses); la consonne dure l est prononcée comme la consonne palatalisée ļ: šašļiks (= šašliks); p est prononcé à la place de la consonne b: apsolvents (= absolvents), apsurds (= absurds); g est employé à la place de la consonne h: begemots (= behemots).

5. Il convient de tenir compte de la quantité des sonantes à la prononciation: sam mits (= samits), num-murs (= numurs).

6. Les terminaisons de mots -s et -ss sont confondues: komiks (= komikss).

7. Les significations de mots internationaux dont l’orthographe est similaire sont confondues, par exemple: en letton, efektivus et efektīgs, interesenti et interesanti, kompetenti et komponenti.

8. Des difficultés pratiques ont été constatées concernant le respect des décisions les plus récentes de la Commission des experts en langue lettone du Centre national de la langue (VVC LVEK), car celles-ci ne sont pas suffisamment diffusées.

9. Le fait que l’adaptation des mots internationaux donne lieu à des variantes pose également problème, par exemple: Islande et Īslande, islandieši et īslandieši (depuis juin 2011, ces variantes sont admises comme variantes concomitantes par décision de la LVEK).

Il faut rechercher dans l’histoire de la langue les causes des problèmes liés à l’adaptation et à l’usage de certains mots internationaux. Au sein de la diaspora (qui a quitté la Lettonie pendant la Seconde Guerre mondiale), une autre tradition d’adaptation et d’orthographe des mots internationaux s’est développée. Ces différences sont principalement dues aux plusieurs réformes linguistiques mises en œuvre en Lettonie (en 1946 et 1957; certaines de ces questions sont également régies par les décisions de 1967 et 1968), qui concernaient aussi l’orthographe des mots internationaux (Strautiņa, Šulce 2009: 76–78).

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La pratique linguistique montre néanmoins que la plupart des mots internationaux employés de manière incorrecte le sont par manque d’attention et par superficialité, car leur orthographe n’a pas changé depuis des décennies, par ex.: letton šampanietis, flomāsters, ananāss, balzams, kēkss, krēms, kombinezons, alkoholiskie dzērieni, vinegrets, sandales, šašliks, albums, kino, radio, ekskavators, Venera (Svešvārdu vārdnīca 1999, 2005, 2008; LVPPV 1995).

Une grande partie des mots internationaux employés en letton sont invariables; on peut en déduire qu’ils n’ont pas été adaptés lors de leur entrée dans la langue, par ex.: letton kino, radio, kakao, rokoko, komūnikē, kapučīno, kivi, ampluā, ragū, auto, loto, moto, kakadu. Les Lituaniens ont mieux réussi à traiter la plupart des mots internationaux et les ont pleinement adaptés au système grammatical du lituanien, par ex.: lituanien kìnas, kakavà, rā̊dijas, rokòkas, komunikãtas, kapučìnas, sùšis, eũras.

Bien qu’il existe aussi des similitudes — certains mots internationaux sont également restés invariables en lituanien, par ex.: žabò, tabù, sòlo, fojē, metrò, ateljē.

Dans l’usage linguistique, les sens des mots internationaux sont souvent confondus. Il faut préciser que les difficultés ne concernent pas seulement les mots internationaux les plus récents, mais aussi ceux qui sont traditionnellement établis dans la langue depuis déjà plusieurs décennies. Il arrive parfois que l’on soit confronté à des paradoxes, lorsque les linguistes eux-mêmes comprennent mal le sens des mots internationaux qu’ils emploient dans leurs travaux scientifiques, par ex.:

En letton Par to, ka šī grāmata ir uzrakstīta, pirmkārt jā pateicas visiem tiem filologiem un valodniekiem manā mūžā, kuri gadu gaitā apliecinājuši [...] (Strelēvica-Ošiņa 2011: 11). En lituanien Už tai, kad ši knyga buvo parašyta, visų pirma reikėtų padėkoti visiems mano gyvenime sutiktiems filologams ir kalbininkams, kurie bėgant metams patvirtino [...].

Cf. les définitions:

Philologie – lat. filologia < gr. philologia – amour des mots – ensemble constitué de la linguistique, de l’étude de la littérature et du folklore, et philologue – gr. philologos – spécialiste de philologie (Svešvārdu vārdnīca 2008: 256). Autrement dit, le terme philologie englobe aussi la notion de linguiste, ou spécialiste de linguistique; le texte présente donc une information redondante. La même explication est donnée dans d’autres dictionnaires de mots internationaux (Svešvārdu vārdnīca 1999: 223; Ilustrētā svešvārdu vārdnīca 2005: 227).

Le matériau analysé montre que les mots internationaux sont employés de manière disproportionnée, d’autant plus qu’il en existe des synonymes en letton. Dans la pratique quotidienne, les mots internationaux entravent le plus souvent la transmission de l’information

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l’assimilation, bien qu’il existe, bien entendu, des domaines où les mots internationaux sont nécessaires. Un internationalisme donné est compréhensible dans diverses langues, mais il convient d’éviter d’employer un trop grand nombre de mots internationaux, même dans les travaux scientifiques. Dans les textes que l’on lit, il arrive que la pensée soit exprimée presque exclusivement, voire uniquement, au moyen de mots internationaux (Petre 2008: 17), par exemple:

En letton: Cependant, dans l’épistémè littéraire de H. M. Encensbergera, les éléments pertinents de la poétique moderne s’intègrent organiquement à la structure d’ensemble – à notre époque, ils libèrent l’imagination, conférant ainsi une nouvelle capacité aux « valeurs empiriques » et offrant de vastes possibilités « labyrinthiques ». [...] Pour H. M. Encensbergera, l’enseignement du caractère topologique du modernisme signifie une dialectique de l’orientation et de la désorientation paradigmatiques (Kastiņš, Belozjorova 2013: 144). En lituanien: Cependant, dans l’épistémè littéraire de H. M. Enzensberger, les éléments pertinents de la poétique moderne s’intègrent organiquement à la structure d’ensemble – à notre époque, ils libèrent l’imagination, conférant ainsi de nouvelles capacités aux « valeurs empiriques » et offrant de vastes possibilités « labyrinthiques ». [...] Pour H. M. Enzensberger, l’enseignement du caractère topologique du modernisme signifie une dialectique de l’orientation et de la désorientation paradigmatiques.

Dans le cadre de l’étude, il était prévu de réaliser une enquête sur l’emploi actuel des mots internationaux. Des questionnaires en lituanien et en letton ont été préparés, mais ils n’ont été remplis que par un nombre relativement faible de répondants. Les réponses traitées à ce jour ne révèlent que des tendances générales et ne peuvent rendre compte en détail des points de vue sur les problèmes soulevés (les questionnaires en letton ont été remplis par 47 répondants, ceux en lituanien par 29 – principalement des étudiants et des enseignants liés à la philologie). L’auteure de l’étude estime qu’il serait pertinent de comparer de façon ciblée l’adaptation et l’emploi des mots internationaux en letton et en lituanien, ainsi que d’élargir l’éventail des questions du questionnaire préliminaire élaboré.

Le questionnaire en letton était plus large et abordait des sujets variés. On demandait, par exemple, selon quels critères les usagers de la langue distinguent les mots étrangers des mots hérités; s’ils prêtent attention aux nouveautés en matière d’orthographe des noms propres étrangers; dans quelles sources ils recherchent des renseignements sur les difficultés d’emploi des mots étrangers; on leur demandait de donner des exemples concrets d’emploi de mots étrangers et de proposer des moyens de mieux assimiler les mots internationaux en letton.

On a demandé aux répondants de Lituanie s’ils prêtaient attention aux nouveautés concernant l’adaptation et l’orthographe des mots étrangers; lequel des variantes de mots étrangers proposées ils employaient dans la vie quotidienne; s’ils étaient confrontés à des problèmes d’emploi et/ou d’orthographe des mots étrangers. On a également tenté de cerner leur attitude à l’égard de l’emploi des mots internationaux en lituanien.

Dans leurs réponses, les répondants ont le plus souvent souligné qu’il était désormais impossible de se passer des mots internationaux, mais qu’il faudrait accorder davantage

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d’attention à leur adaptation, à leur orthographe et à leur usage. Il ne faudrait pas alourdir les textes avec des mots internationaux lorsque la pensée peut être exprimée autrement, c’est-à-dire au moyen de mots de la langue maternelle. Les usagers des deux langues suggèrent de ne pas se laisser séduire à l’excès par les anglicismes, qui sont à la mode aujourd’hui (à la place des anciens mots russes et allemands). Il ne faudrait toutefois pas chercher des équivalents lettons (ou lituaniens) dans les cas où les mots internationaux sonnent mieux que les mots de la langue propre et où il n’est pas facile d’adapter ces derniers. Il faut accorder davantage d’attention à l’orthographe des mots internationaux et à leur emploi correct dans les diverses institutions et les médias; il conviendrait en outre de mieux faire connaître les décisions adoptées par les commissions linguistiques concernant l’emploi des mots internationaux. Les usagers de la langue ne suivent pas toujours les changements linguistiques et continuent donc d’employer dans la langue quotidienne l’ancienne forme habituelle. Il ne faudrait pas remplacer les mots internationaux déjà bien établis dans la langue.

Les mots internationaux les plus couramment employés en lituanien et en letton sont réunis dans des dictionnaires de mots internationaux, qui indiquent la langue d’origine, expliquent leur sens et précisent les particularités de leur emploi dans la langue emprunteuse concernée. Parmi les dictionnaires de mots internationaux publiés ces dernières années en Lituanie, on peut citer: Tarptautinių žodžių žodynas (2001, 2007, 2008); en Lettonie: Svešvārdu vārdnīca (1999, 2005, 2008). En Lituanie, les questions linguistiques sont régulièrement examinées par la Commission nationale de la langue lituanienne; en Lettonie, par la Commission d’experts de la langue lettone du Centre national de la langue (les ressources en ligne sont indiquées dans la bibliographie et la liste des sources).

On peut également prendre connaissance des recherches et recommandations les plus récentes sur la langue lettone dans le recueil d’articles Valodas prakse: vērojumi un ieteikumi (2005–2013). Certains de ces recueils comprennent aussi une rubrique supplémentaire de consultations linguistiques, qui montre clairement que les mots internationaux continuent de poser des difficultés aux usagers de la langue et qu’il convient donc d’y accorder davantage d’attention. L’étude a confirmé que l’Agence de la langue lettone, qui propose des consultations linguistiques par écrit et à l’oral, joue un rôle important dans la clarification des questions qui préoccupent les usagers.

L’étude réalisée confirme une nouvelle fois que le public doit être mieux informé des nouveautés concernant l’adaptation et l’orthographe des mots internationaux: cela inciterait les gens à écrire et à employer correctement ces mots dans la vie quotidienne également. Le matériel analysé montre que les problèmes d’adaptation, d’orthographe et d’emploi des mots internationaux persisteront toujours (pas seulement en letton et en lituanien); chaque mot devrait donc être examiné séparément et la solution la plus appropriée retenue pour chaque cas particulier. Le sujet abordé est et restera particulièrement actuel à l’ère de la mondialisation et de la migration active; des études plus approfondies sur les mots internationaux en lituanien et en letton sont donc nécessaires.

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LITERATŪRA

Ilustrētā svešvārdu vārdnīca 2005: Rīga: Avots.

Kastiņš J., Belozjorova L. 2013: Hansa Magnusa Encsenbergera literārā epistēma. – Aktuālās problēmas literatūras zinātnē. Rakstu krājums 18, Liepāja: LiePA, 139–145.

LVPPV 1995: Latviešu valodas pareizrakstības un pareizrunas vārdnīca, Rīga: Avots.

Laua A. 1981: Latviešu leksikoloģija, Rīga: Zvaigzne.

Petre B. 2008: Vēlreiz par neveiksmēm zinātnisko rakstu valodā. – Valodas prakse: vērojumi un ieteikumi 3, Rīga: LU Akadēmiskais apgāds, 13–19.

Strautiņa V., Šulce Dz. 2009: Latviešu valodas pareizruna un pareizrakstība, Rīga: RaKa.

Strelēvica-Ošiņa D. 2011: Kāpēc mēs gribam, lai valoda ir pareiza: ieskats preskriptīvisma vēsturē, teorijā un praksē, Rīga: LU Latviešu valodas institūts.

Svešvārdu vārdnīca 2008: Rīga: Avots.

Svešvārdu vārdnīca 1999: Rīga: Jumava.

Valodas prakse: vērojumi un ieteikumi 2005–2013: Rīga: Latviešu valodas institūts.

VPSV 2007: Valodniecības pamatterminu skaidrojošā vārdnīca, Rīga: Latviešu valodas institūts.

Latviešu valodas aģentūra, Rīga: Latviešu valodas aģentūra. Pieeja per internetā: <http://www.valoda.lv/> (žūrēta 2013 m. spalio 9 d.).

Latviešu valodas ekspertu komisijas lēmumi, Rīga: Valsts valodas centrs. Pieeja per internetą: <http://www.vvc.gov.lv/advantagecms/LV/komisijas/lemumi.html> (žūrēta 2013 m. spalio 11 d.).

Valsts valodas centra Latviešu valodas ekspertu komisija, Rīga: Valsts valodas centrs. Pieeja per internetą: <http://www.vvc.gov.lv/advantagecms/LV/komisijas/lvek.html> (žūrēta 2013 m. rugsėjo 17 d.).

Valstybinė lietuvių kalbos komisija. Prieiga per internetą: <http://vlkk.lt/> (žiūrėta 2013 m. rugsėjo 12 d.).

Gauta 2013 11 12

Priimta 2013 12 20

TOPICAL ISSUES OF USING FOREIGN WORDS IN THE LATVIAN LANGUAGE

Summary

Nowadays, the term ‘foreign word’ is generally used in the following meaning: a word borrowed from another language and grammatically adapted to the system of the recipient language, the foreign origin of which (according to certain pho-

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netic and/or morphological characteristics) is perceived by the majority of recipient language users. In order to reproduce a foreign word in a different language, it is assimilated on the basis of three principles:

1) phonetic assimilation;

2) morphological assimilation;

3) semantic assimilation – the borrowing keeps the original meaning, but the meaning in the recipient language can change.

The most frequently used foreign words in a language are usually compiled in dictionaries of foreign words indicating the original language, giving explanation of the meaning and the specific features of their usage in the corresponding recipient language. At present, the latest issues of foreign language dictionaries published in Latvia are (1999, 2005, 2008), which give the user an opportunity to check the spelling of foreign words and their meaning. The Terminology Commission and Latvian Language Expert Commission are the bodies that regularly make decisions on reproduction and spelling of foreign words. There are also such dictionaries in the Lithuanian language – Tarptautinių žodžių žodynas (2007, 2008, 2010); they are also available on the Internet, for example, http://www.zodziai.lt/, http://www.tzz.lt/ and others; decisions on the most important foreign word usage issues are taken by the Lithuanian State Language Commission (Valstybinė lietuvių kalbos komisija). Lithuanian linguists (like in Latvia) are worried about the rapid inflow of anglicisms into the language.

In Latvian a large part of foreign words are indeclinable, and hence we can assert that they were once not sufficiently adapted to the Latvian language, for example, kino, radio, kakao, rokoko, komunikē, kapučīno, kiwi, ampluā, ragū, auto, loto, moto, eiro. By contrast, Lithuanians have more successfully managed most of these words and have fully adapted them to the Lithuanian grammar system, for example, kinas, kakava, radijas, rokokas, komunikatas, kapučinas, euras.

The analysed material shows that there will always be difficulties in reproducing foreign words, their spelling and usage (not only in the Latvian language); they should be viewed from various aspects and the most appropriate decisions should be made in any given situation.

KEYWORDS: foreign words, assimilation of foreign words, contemporary problems of the use of foreign words.

DZINTRA ŠULCE

Liepājas Universitāte

Kūrmājas prospekts 13, LV-3401 Liepāja

[email protected]

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