Page 1Si l’on avait indiqué les formes des noms de lieux, son travail aurait été bien plus compact et précis. Les sous-sections et les subdivisions auraient, bien entendu, pris une tout autre forme.
Parmi les autres petites lacunes et imprécisions, on peut signaler des étymologies discutables, notamment lorsque le nom de lieu suffixé est directement dérivé d’un nom commun. Ainsi, à partir des noms communs d’origine slave põpas, patašas (< vok. Pottasch), randas (< lenk. rząd « pouvoir, conseil… »), šabalas, táboras, važnyčia sont dérivés les noms de lieux Papiškės, Papiškiai (p. 55), Patašinė (J. Princ l’écrit à tort Patašynė), Patašiškės, Patašiškė (p. 55), Rándiškė (p. 55), Sabališkėnai, Sabališkės (p. 56), Tabarai, Tabarauskai (p. 56), Vazniškiai (Gudeli ai; J. Princ donne à tort Vážniškiai), Vazniškiai (Liudvinavas; p. 57) sont en réalité des dérivés anthroponymiques formés avec le suffixe -išk- à partir de Pãpas, Patašius, Rándis, Sabalys, Tábaras, Tabarauskas, Vaznis, Vaznỹs, Vážnius. Il reste que certains de ces anthroponymes peuvent être d’origine slave.
Le nom du village Demeniškiai (p. 44) doit être dérivé non pas du russe Демьян ni du polonais Dominik, mais du nom lituanien du lac Dėmenas.
Les noms de lieux Pakūonis (pol. Pokojnie) et Salåperaugis (pol. Salopirogi) sont des exemples évidents de substitution (Deutung), mais l’auteur ne les mentionne que dans la section consacrée à la slavisation des terminaisons.
Il arrive que la confrontation des formes lituanienne et slave d’un nom de lieu ne suffise pas à déterminer laquelle est la plus ancienne. Ainsi, parlant des changements de suffixes et de terminaisons, l’auteur affirme que les formes polonaises des noms de lieux Alšėnai (p. 65, 126; Garliava), Barsūkai (p. 164; Liudvinavas), Bundoriai (p. 166; Alytus), à savoir Olszany, Borsuki, Bondary, seraient antérieures et que leurs équivalents lituaniens seraient des remaniements du polonais. Une telle affirmation exige toutefois des preuves, ou plus exactement, une histoire du nom de lieu. En effet, le nom de lieu Barsūkai a pu se former après l’introduction en lituanien du nom commun barsukas. Il peut donc être issu du mot lituanien (emprunt) barsūkas. Dans ce cas, la terminaison polonaise du nom de lieu -i ne serait que l’équivalent de la terminaison lituanienne -ai, et non l’inverse, comme l’affirme J. Princ.
À la fin du livre, l’auteur a ajouté une carte de l’ancienne province de Suwałki. C’est un supplément très utile, mais la carte aurait aussi pu donner les formes lituaniennes des noms de lieux, au moins celles des localités les plus lituaniennes.
On relève çà et là quelques imprécisions de citation. Par exemple: dans L. 23, p. 1, on trouve Likiškėlio, tandis que J. Princ donne Likiškėliai; Sabeliškeniai (la forme exacte est Sabališkėnai) figure dans L. 23, p. 2, et non p. 1; Jokūboniai se trouve dans L. 23, p. 281, et non p. 218.
A. Vanagas
NOUVEAU « DICTIONNAIRE RUSSE-LITUANIEN »
Dictionnaire russe-lituanien. Établi à partir de matériaux imprimés et manuscrits recueillis par J. Baronas. Préparé par V. Baronas et V. Galinis. Rédigé par le professeur B. Larinas pour A-II, J. Macaitis pour K-H et T-Я (rédacteur responsable), K. Musteikis pour O-C. « Mintis », Vilnius, 1967 (t. I, 569 p.; t. II, 622 p.).
Žinomas pedagogas ir leksikografas J. Baronas (1873–1952) savo „Rusų-lietuvių žodyną“ išleido 1924 m. Antroji jo žodyno laida, žymiai papildyta ir pa-
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Page 2La deuxième édition corrigée parut en 1933.1 C’est sur la base de ce dictionnaire et des nombreux matériaux manuscrits conservés qu’a été préparé un nouveau dictionnaire, composé de deux énormes volumes — environ 200 feuilles d’impression. Le dictionnaire comprend plus de 75 000 mots. Jusqu’à présent, nous n’avions pas disposé d’un dictionnaire russe-lituanien d’une telle ampleur.
Les auteurs du dictionnaire ont eu raison d’utiliser les matériaux lexicographiques imprimés et manuscrits de J. Baronas. Ce lexicographe, comme on le sait, a profondément marqué la lexicographie lituanienne. Son « Dictionnaire russe-lituanien » est très riche: on y trouve non seulement des mots de la langue parlée populaire et de diverses œuvres écrites, mais aussi de nombreux néologismes ingénieusement forgés par lui-même. C’est par l’intermédiaire du dictionnaire de J. Baronas que des mots aujourd’hui connus sont entrés dans la langue littéraire lituanienne, tels que: apžavai, gaisravietė, gembinė, links-muolis, niekalas (malfaçon), niršulys, niršus, nuoraudis, nuožvalgaus, pastriūbomis, pašnekovas, etc.
Bien que fondé sur le dictionnaire de J. Baronas, le nouveau dictionnaire ne lui ressemble guère, si ce n’est peut-être par la richesse de ses matériaux lexicographiques. Tant par son étendue que par le choix des mots et leur traitement lexicographique, c’est un dictionnaire nouveau, élaboré selon les principes de la lexicographie soviétique. Il comprend avant tout des mots de la langue littéraire russe contemporaine, mais n’écarte pas rigoureusement les dialectalismes que l’on rencontre plus souvent dans la littérature russe récente, ni les mots vieillis. Le dictionnaire comporte un nombre considérable de termes scientifiques et techniques. Pour les mots russes, lorsque cela est nécessaire, on indique leurs caractéristiques d’emploi — le domaine linguistique auquel ils appartiennent et leur nuance stylistique. Les mots sont répartis en détail selon leurs sens et illustrés par des exemples d’emploi. Après un signe particulier (un losange) sont présentés de nombreux proverbes, dictons et locutions phraséologiques traduits en lituanien de façon créative. En voici quelques-uns: врёт как по писанному — il ment comme il respire; буйная головушка — tête brûlée, casse-cou, intrépide; дать винта — prendre la poudre d’escampette; дёшево да гнило — bon marché, mais de mauvaise qualité; молчать в тряпочку — tenir sa langue, ne pas dire ce qu’il ne faut pas; не сносить головы — y laisser sa tête, se faire couper le cou; они друг друга стоят — ils se valent bien, deux escrocs font la paire; после ужина горчица — c’est après la bataille qu’on est général; пуганая ворона и куста боится — chat échaudé craint l’eau froide; сделать из мухи слона — faire d’une mouche un éléphant, etc.
À bien des égards, le dictionnaire est remarquablement bien conçu. Cependant, comme dans tout grand ouvrage, on y trouve aussi quelques imprécisions ou imperfections. Nous signalerons quelques détails que nous avons remarqués.
1. Les mots sont traduits en lituanien par de nombreux synonymes (lexicaux, dérivationnels, morphologiques), par exemple: дрожь — tremblement, frisson, vibration, frissonnement, tremblement, secousse, frisson, frisson, sensation de froid; кропулуѕ; дубина — 1. gourdin, bâton, trique, barre, gros bâton, massue... 2. benêt, imbécile, lourdaud, sot, idiot, abruti, brute, tête de cochon. On trouve un grand nombre de synonymes sémantiques et stylistiques pour presque chaque mot de sens étendu. L’emploi abondant de synonymes est sans aucun doute une qualité du dictionnaire, car il n’est pas toujours possible de trouver, pour un mot d’une langue, un équivalent exact et unique dans une autre. Dans un contexte, un équivalent peut convenir davantage; dans un autre, ce sera un autre. Cependant, d’un autre côté, présenter pour un seul mot d’une langue un trop grand nombre de synonymes, parfois même non pas des synonymes, mais des mots de sens assez éloigné,
1Dans la préface du nouveau dictionnaire (1967) et dans la liste des sources lexicographiques, il est indiqué à tort que la deuxième édition aurait été publiée en 1932. En réalité, sur la dernière page de la deuxième édition, immédiatement après le texte du dictionnaire, figure la date du 7 février 1933. Le dictionnaire a sans doute achevé d’être imprimé ce jour-là. La date de 1933 est également mentionnée dans la « Petite encyclopédie soviétique lituanienne ».
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Page 3traduit par un seul mot — cela empêche de le comprendre dans le sens approprié. Prenons, par exemple, le mot гуляка de ce dictionnaire, rendu en lituanien par les équivalents suivants: oisif, vagabond, šlaitas; vaurien, plūdungis, užautojas, ūžikas, fêtard, bon vivant, ivrogne; ночной гуляка — naktikovas, pabalda, naktibalda, kildašas. Comme on le voit, des équivalents lituaniens de sens assez différents sont proposés ici pour un seul mot russe. Les dictionnaires russes expliquent le mot гуляка ainsi: « тот, кто праздно и разгульно живёт »2; « тот, кто любит гулять »3. Si les trois premiers mots (oisif, vagabond, šlaitas) expriment plus ou moins le contenu du mot гуляка, alors padauža correspond davantage au russe посева, plūdungis — ветренник, užautojas, ūžikas, fêtard, bon vivant — кутила, ivrogne — пьяница; naktikovis (=naktikovas?) est un mot dialectal rare qui signifie naktibalda. Le mot kildašas est tout à fait incompréhensible et l’on ignore d’où il a été tiré (il ne figure pas dans le tome V du « Dictionnaire de la langue lituanienne » de l’Académie).
Le mot балда (« большой тяжёлый молот ») est traduit en lituanien par marteau, massue, gourdin. Mais ces mots ont des sens différents: marteau est un outil en fer, tandis que massue, gourdin sont des outils en bois et correspondent davantage au mot russe дубина.
бог — dieu, divinité; idole. On peut douter qu’il soit nécessaire d’inclure ici idole (rus. идол, истукан).
петух — coq, skėtronas. En réalité, skėtronas, comme kakarikonas, n’est qu’un sobriquet pour désigner le coq, et non un synonyme au sens dénotatif.
2. Certains mots russes sont rendus en lituanien par des mots rares et obscurs, forgés par J. Baronas ou d’autres auteurs, par exemple: обрезгун — dygeklis (dans le tome II du dictionnaire de J. Baronas, on trouvait dyguoklis), neapsivėžėlis, išvingėlis, magašius, šlelkštuolis. On ne sait pas d’où viennent les mots dygeklis et magašius; on ne les trouve pas dans le « Dictionnaire de la langue lituanienne » de l’Académie.
Pour le mot бунт, on donne les équivalents suivants: paquet, gniutulas, gezulas, kypa. Au lieu du mot gezulas, il aurait mieux valu employer kezulas. Dans le « Dictionnaire de la langue lituanienne », le mot kypa est donné au sens de « tas, file », et non de « paquet ».
буревал est traduit par: vėtralaūža, vėjalaūža, griaumedis, išvartos, lūžtvė, sankrytos, išlaužos, išgulos, lūžtis, kirma, griaumenys. Le mot kirma n’est attesté que dans ce dictionnaire. À côté du terme bien connu lūžtvė, le terme rare lūžtis devient superflu.
Il est probable que des mots rares tels que byjus « peur » (боязнь), blizgas « leurre » (блесна), dyksmilė « sable mouvant » (сыпучий песок), dotalas, dotas « cadeau » (подарок), rūtis « cave » (погреб), sont passés du dictionnaire d’A. Juška dans celui-ci.
Les mots employés uniquement par J. Baronas et dans ce dictionnaire sont: girdyklas « boisson » (пойло), spiegura « krėnelė, krėna » (плена), blastūnas « intrigant » (интригант), gamus « productif, fécond » (производительный), nuogarpustys « sable mouvant » (сыпучие пески), gydvietė « station thermale » (курорт), geltymas « jaune d’œuf » (желток), sėdis « séance » (сеанс), plikšys « chauve-souris » (летучая мышь).
Il semble que le dictionnaire aurait parfaitement pu se passer de ces mots.
3. Dans la préface, les auteurs signalent que, pour rendre le sens des mots russes, ils n’évitent pas « dans des cas exceptionnels, même les emprunts largement répandus ». Parmi ces « excep-
2 Voir Словарь русского языка. Compilé par S. I. Ožegov, 4e éd., M., 1960.
3 Словарь русского языка. Compilé par l’Institut de linguistique de l’Académie des sciences de l’URSS, t. I, M., 1957.
4 Voir le dictionnaire de S. I. Ožegov.
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Page 4Parmi les cas de « nu », on pourrait ranger les mots bliūdas (блюдо), balana (лучина), bizūnas (камча), karčiama (корчма), rėčka (бадья), gryčia (изба), etc., mais il est douteux que le dictionnaire ait besoin de germanismes tels que ronas, « tronc, pièce de bois pour une paroi » (бревно), spangis, « baquet, petit tonneau » (бадья), šnapsas, « eau-de-vie » (шнапс), tynė, « bain » (ванна).
Certains mots employés dans le dictionnaire ne sont plus proposés aujourd’hui pour la langue littéraire, par exemple: atmirti, « mourir, disparaître, cesser d’exister » (отмереть), rašytojinis, « des écrivains » (писательский), chuligan yti, « se comporter en hooligan » (хулиганить), kinietis, « Chinois » (китаец).
4. Le dictionnaire présente un nombre considérable de termes relevant de diverses disciplines scientifiques. La plupart d’entre eux sont employés à bon escient et traduits en lituanien. On trouve néanmoins des imprécisions et des incohérences terminologiques. Certains noms propres composés sont écrits de manière inégale dans le dictionnaire, par exemple: Gegužės pirmoji (art. майовка, май, шестое et Gegužės Pirmoji (art. первомай, первомайский, предмайский); Paukščių takas (art. млечный, путь), mais Raudonasis Kryžius (art. крест). Il conviendrait de suivre la « Grammaire de la langue lituanienne » et d’écrire avec une majuscule le second élément de ces noms composés et d’autres noms analogues. À l’article героиня, on trouve motina didvyrė, tandis qu’à l’article мать, le même groupe de mots est écrit motina-didvyrė. Le trait d’union est inutile dans ce cas. À l’article заяц, on trouve vaistinis smidras (Asparagus offic.), tandis qu’à l’article спаржа—smydras (Asparagus). Il est recommandé de suivre le « Dictionnaire de la langue lituanienne contemporaine » et d’écrire smydras. De même, il faudrait écrire non pas покелinis tabakas (art. почечный), mais pakelinis tabakas. On relève aussi des divergences d’accentuation dans les termes, par exemple: žioveinis (art. зев) et žioveinis (art. львёнок), būlpinigiai (art. издержки) et būlpinigiai (art. судебный), vaštaka, Fulica atra (art. курочка) et vaštaka, Fulica atra (art. лысун), bulvinė saulėgrąža (art. груша) et bulvinė saulėgrąža (art. земляной), dešimtainė trupmena (art. десятичный) et dešimtainė trupmena (art. дробь), nendrinė vištelė (art. водяной, курица) et nendrinė vištelė (art. камышник), etc.
On trouve également dans le dictionnaire des termes obsolètes et inexacts. Nous en mentionnerons les plus caractéristiques.
À l’article обезжиренный, on trouve les équivalents lituaniens nuriebintas, nuriebinimas (nuriebinti vilnas, nuriebinti preparatus spiritu ir t. t.). C’est une véritable méprise. La seule question discutable concerne la correction des mots nuriebalinti → nuriebalinimas (cf. nuvandeninti→nuvandeninimas, nužeivinti→nužeivinimas, etc.) et de leur aptitude à exprimer le sens général de « retrait d’une matière », au moyen d’une racine verbale nominalisée⁶; mais, en aucun cas, il ne convient d’employer à cette fin des verbes dérivés d’adjectifs ni leurs abstraits nominaux.
Dans le dictionnaire, le mot копейка est traduit par l’équivalent lituanien krūtinė, krūtingalis. Il faudrait soit préciser les deux sens de ce terme russe, soit ne le traduire que par nugarinė, comme le propose le « Dictionnaire polytechnique russe-lituanien » (Vilnius, 1959). Dans le glossaire des termes d’élevage, le mot копейка est ainsi défini: « спинная или поясничная часть свиной полутуши »⁷. Dans la langue littéraire russe actuelle—
⁵ Les divergences dans l’orthographe des termes russes ne sont pas examinées dans cette recension, bien qu’elles se rencontrent également, par exemple: Млечный путь (art. путь) et Млечный Путь (art. млечный), лебедь-кликун (art. лебедь) et лебедь-кликун (art. клика́ть), etc.
⁶ Pour plus de détails à ce sujet, voir « Kalbos kultūra », 7, Vilnius, 1964, p.29.
⁷ Энциклопедический словарь-справочник по животноводству, М., 1960, p. 219.
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Page 5le mot копейка est d’abord employé précisément dans ce sens⁸. Dans les boucheries de marque de la ville de Vilnius, копейка désigne également uniquement le faux-filet.
Dans l’article непена́д, le terme гидротехнический proposé est le mot перпуолис (многоступенчатый непена́д — перпуолис à plusieurs degrés). Les spécialistes du drainage traduisent le terme russe непена́д par le terme lituanien slenkstis (многоступенчатый непена́д — seuil à plusieurs niveaux)⁹.
Dans le dictionnaire, la soupe селянка est simplement appelée selianka en lituanien. Les cuisiniers appellent depuis longtemps cette soupe du mot lituanien šiupinine. Cette appellation figure désormais aussi dans les menus. Elle convient bien mieux que l’emprunt mentionné plus haut.
Dans l’article двуручная, on trouve двуручная пила — scie à deux poignées, tandis que dans l’article пила figure поперечная (двуручная) пила — scie à deux poignées pour coupe transversale. Le terme волк est traduit par loup de mer (poisson), Anarhichas lupus, alors que dans l’article волк, on trouve vilkutis, Anarhichas lupus. Dans l’article заяц, il est indiqué que заячья капуста correspond au grand orpin, Sedum maximum, tandis que dans l’article капуста, le même terme russe est traduit par kiškio kopūstai, Oxalis acetosella. Tous les termes lituaniens mentionnés ci-dessus sont acceptables, mais il aurait néanmoins fallu les uniformiser dans le même ouvrage.
Le dictionnaire comporte des termes latins de botanique et de zoologie employés de façon incohérente. Par exemple:
Лебедь кликун — cygne chanteur, Cygnus cygnus (art. лебедь), mais лебедь-кликун — cygne chanteur, Cygnus musicus (art. кликунь). Dans les ouvrages de T. Ivanauskas, M. Valius et d’autres ornithologues, ce cygne est appelé Cygnus cygnus L.
Морской лев — otarie de Steller, Otaria Stelleri (art. лев), lion de mer, Otaria stelleri (art. морской), mais lion de mer, Phoca leonina (art. суву). Ce ne sont pas seulement les équivalents latins qui manquent d’uniformité, mais aussi les équivalents lituaniens.
Пасюк — rat gris, Rattus norvegicus, mais крыса — rat gris, Mus decumanus. Dans les ouvrages de T. Ivanauskas, S. Maldžiūnaitė et d’autres zoologistes, ce rat est désigné en latin par Rattus norvegicus.
Орлан — pygargue, Haliaeetus, mais морской орёл — pygargue à queue blanche, Haliaetus albicilla (art. морской). Dans les ouvrages de T. Ivanauskas, cet aigle est désigné en latin par Haliaëtus albicilla.
Клуша — choucas des tours, Colenus monedula, mais галка — choucas des tours, choucas, kovukas, varnelė, Coleus monedula. Dans le « Dictionnaire de la langue lituanienne », ainsi que dans les ouvrages de T. Ivanauskas et de S. Mast auskas, le choucas des tours est désigné par Coleus monedula.
Énumérons encore des erreurs de correction dans la présentation de termes de ce type, susceptibles d’induire le lecteur en erreur et qui ne figurent pas dans la liste des erreurs relevées et corrigées jointe au deuxième volume. Par exemple: выхухоль — rat musqué, desman, Desman moschata (=Desmana moschata); голубь: лесной голубь — pigeon ramier Coenas (=Columba oenas ou C. oenas); красный: красный гусь — flamant rose, Phoenicopterus (=Phoenicopterus), cf. фламинго—flamant rose, Phoenicopteri (=Phoenicopterus); свинка: морская свинка — cochon d’Inde, Clavia cobaya (=Cavia cobaya), cf. морской: морская свинка — cochon d’Inde, Cavia cobaya; сапсан — faucon pèlerin, Falco peregrinus (=Falco peregrinus); конский: конский щавель — oseille sauvage, Rumex hyd-
8 Voir Словарь современного русского литературного языка, t. 5, М., 1956.
9 Žr. J. Čeičys, Melioracijos terminų žodynas, Vilnius 1960, p. 154.
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Page 6rolopathum (= Rumex hydrolapathum), cf. щавель: конский щавель – oseille à longues feuilles, gudazolė, Rumex hydrolapathum; колонянка – čivylis, chanvreuse, čekelė, Acanthis (Carduelis) canabina (=Acanthis cannabina), cf. реполов – čivylis, Acanthis cannabina.
5. Les mots russes comme les mots lituaniens sont accentués, à l’exception de ceux qui sont imprimés en italique. Pour accentuer les mots lituaniens, on s’efforce de ne pas s’écarter des règles d’accentuation établies dans la langue littéraire, bien qu’elles ne soient pas encore partout solidement fixées. À cet égard, l’ancien dictionnaire de J. Baronas était particulièrement maladroit. De nombreux mots étaient accentués selon le dialecte oriental, dont l’auteur lui-même était le représentant. Les mots internationaux étaient accentués de façon particulièrement malheureuse. Ces erreurs ne figurent plus dans le nouveau dictionnaire.
On a relevé très peu d’erreurs d’accentuation: besiilstantis (=besiilstantis) – стр. отдыхающий, karaliūnas (=karaliūnas) – королевич, liūnas (=liūnas) – трясина, nenudžiūvo (=nenudžiūvo) – стр. молоко, septynmetis (=septynmetis) – семилетие, šindra (=šindrā) – бутерляк. Pour le mot Europa, deux variantes d’accentuation sont proposées: Europà et Eurōpa, bien que d’autres mots semblables soient accentués d’une seule façon: Bonà, Romà, Onegà. Les rédacteurs du dictionnaire voulaient manifestement montrer ainsi la tendance nouvelle à accentuer les mots de ce type, mais celle-ci est difficilement justifiable.
K. Gaivenis ir A. Lyberis