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MARIE-LUISE HECKMANN Université de Potsdam ORCID i d: orcid.org/0000-0001-6924-8942

Domaines de recherche scientifique: histoire médiévale, histoire de l’Église, histoire militaire et environnementale, histoire constitutionnelle et histoire des représentations, sciences auxiliaires historiques, notamment diplomatique et codicologie.

DOI: doi.org/10.35321/all90-02

LE DIGITAL PROFILING COMME MÉTHODE DE LA DIPLOMATIQUE DU HAUT MOYEN ÂGE. À PARTIR D’UN ACTE D’OTTON Iᵉʳ À SAINT-PÉTERSBOURG¹

À la mémoire du professeur Vladimir Ivanovič Mažuga, à l’occasion de son 75ᵉ anniversaire, le 15 avril 2024

Le profilage numérique comme méthode de la diplomatique du haut Moyen Âge. À partir d’un document d’Otton Iᵉʳ conservé à Saint-Pétersbourg².

Dédié au professeur Vladimir Ivanoviči Mažuga, qui célèbre son 75ᵉ anniversaire le 15 avril 2024

¹Le présent article est issu d’une communication présentée lors du colloque international « West European Manuscripts and Charters from Late Antiquity to the Early Modern Period in Saint Petersburg Collections. Research, Catalogization and Digitization » (Saint-Pétersbourg, du 19 au 22 septembre 2019). Il correspond à l’intérêt du jubilaire et de son entourage académique pour la forme et le contenu des documents et des textes juridiques. Vgl. Mažuga 2000; Čirkova 2019.

²Cet article a été préparé à partir de la conférence internationale « Manuscrits et documents historiques d’Europe occidentale, de l’Antiquité tardive aux débuts de l’époque moderne, dans les fonds de Saint-Pétersbourg. Recherches, catalogage et numérisation », qui s’est tenue à Saint-Pétersbourg du 19 au 22 septembre 2019.

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RÉSUMÉ

À partir d’une série de critères externes et internes, un document d’Otton Iᵉʳ conservé à Saint-Pétersbourg est analysé et attribué à l’un des 39 scribes de la chancellerie impériale connus par leur nom. L’identification repose sur les signa ainsi que sur la taille, le format, les pliures, la mise en page et l’écriture du diplôme impérial. Elle porte également sur la coloration linguistique des noms propres et des noms de lieux, sur le formulaire de la corroboratio et sur la comparaison de l’itinéraire. La méthode de Digital Profiling employée à cette fin est ensuite soumise, à l’aide d’exemples comparatifs, à une vérification de son aptitude à identifier le scribe. Les résultats de la recherche italienne, russe et allemande sont utiles.

MOTS-CLÉS: profilage des scribes, diplomatique du haut Moyen Âge, actes royaux et impériaux, identification des scribes, matérialité, écriture et signes.

RÉSUMÉ

Sur la base d’un certain nombre de critères externes et internes, un document d’Otton Iᵉʳ conservé à Saint-Pétersbourg est analysé et attribué à l’un des 39 scribes de la chancellerie impériale connus par leur nom. L’identification repose sur les signa ainsi que sur la taille, le format, les pliures, la mise en page et l’écriture du diplôme impérial. Elle porte également sur la coloration linguistique des noms propres et des noms de lieux ainsi que sur les formules de la corroboratio et la comparaison de l’itinéraire. La méthode de profilage numérique utilisée à cette fin est ensuite testée, à partir d’exemples comparatifs, quant à son aptitude à identifier l’auteur de l’écriture. Les résultats des recherches italienne, russe et allemande sont utiles.

MOTS-CLÉS: profilage numérique, diplomatique du haut Moyen Âge, actes impériaux, identification des scribes, matérialité, écriture et signes.

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1.

SUR LA PISTE DU SCRIBE INCONNU

Fig. 1: D O I. 371 (969 IV 18, Cassana)³

Le document représenté met immédiatement plusieurs éléments en évidence: il s’agit d’un écrit plus large que haut. De plus, il n’a manifestement pas été conservé déplié (« à plat ») dans les temps anciens, mais plutôt plié en 4 × 3 champs. On distingue en outre dans le texte deux écritures, l’une composée de lettres fortement étirées en hauteur (Elongata), l’autre de minuscules lettres reposant sur la ligne de base, munies de boucles dans les hampes et se terminant par des prolongements de longueur variable dans les jambages. S’ajoutent, dans la partie inférieure du document, un signe constitué d’une association singulière de deux grandes lettres T, un trou quadrangulaire à la coloration sombre, entouré de deux cercles plus clairs, ainsi qu’une empreinte circulaire qui lui fait suite plus à droite. Le contour irrégulier

³ Scan réalisé d’après: Bolʾšakov 2012: 201.

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et plusieurs trous (visibles surtout sur les bords). Le parchemin est de couleur jaune foncé. Par son organisation fondamentale clairement structurée, quoique peu compréhensible au premier regard, le document donne une impression hiératique et, en raison de son étrangeté, inspire peut-être même de la révérence à certains observateurs. Le scribe demeure d’abord inconnu, car ni signature ni autre indice de son individualité ne semblent être présents. La question se pose donc: comment retrouver la trace de ce scribe?

La recherche antérieure sur les diplômes royaux et impériaux du haut Moyen Âge s’appuie surtout sur des caractéristiques paléographiques⁴, graphiques, rhétoriques, sémiotiques et symboliques (c’est-à-dire l’impression d’ensemble et la signification des différents éléments)⁵, sur des analyses des formulaires (par exemple de l’intitulatio, de l’arenga et de la narratio)⁶, sur les rapports entre origine, droit, administration et politique (dispositio et formules d’intervention)⁷ ainsi que sur l’analyse de la pratique du pouvoir des rois et empereurs médiévaux (fondée sur actum et datum comme moyens d’analyse de l’itinéraire)⁸.

La genèse d’un acte royal ou impérial est également examinée⁹. Il s’agit notamment de la part prise par les émetteurs et les destinataires dans ce que l’on appelle la dictée d’un diplôme¹⁰. Les symboles et les actes symboliques liés à l’utilisation du document comme symbole du pouvoir¹¹ sont examinés dans la recherche antérieure, tout comme les signa et autres signes de souveraineté¹². En revanche, la signification des noms propres, souvent tirés des documents, n’est abordée que ponctuellement¹³. Les études consacrées aux actes épiscopaux, qui

⁴ Sredinskaja 2014. Sur l’écriture du haut Moyen Âge, vgl. également Hoffmann 1986; Ganz 1990: 36–80; Methoden 1999; Hoffmann 2005; 2012: 160–216.

⁵ Bautier 1984; GS 1996; Kölzer 1998; Worm 2004; Mersiowsky 2015: 44–114, 190–215, partie 1.

⁶ Fichtenau 1960, 1986; Patt 2016. Sur l’intitulatio: Wolfram 1973. Sur l’arenga: Fichtenau 1957; Neumann 1978; Hausmann, Gawlik 1987. Sur la narratio: Merta 1994; Burkhardt 2000; Zwierlein 2016; Heckmann 2014.

⁷ Schetter 1935; Codea 2008. Voir Finckenstein 1989; Schieffer 1998.

⁸ Müller-Mertens 1980; Bernhardt 1993; Huschner 2003, 2006.

⁹ Mersiowsky 2015: 661–706, 720 s., partie 2.

¹⁰ Kruisheer 1979; Johanek 1990; Mersiowsky 2015: 114, partie 1.

¹¹ Keller 1998.

¹² Rück 1996; Keller 1997.

¹³ Schlaug 1962; Tiefenbach 1984.

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qui seront utilisés ci-après à titre de comparaison ont généralement été produites dans le cadre de recherches d’histoire régionale14.

Dans ce contexte, une synthèse qui recenserait systématiquement les caractéristiques internes et externes d’un corpus fondamental de documents du haut Moyen Âge, les évaluerait de manière comparative et intégrerait les résultats dans un contexte plus large apparaît comme une lacune de la recherche. Les actes royaux et impériaux de la fin du IXᵉ et de la première moitié du Xᵉ siècle constituent un corpus de sources particulièrement approprié pour une telle étude, mais représentent, en raison de leur grande complexité15, un défi particulier.

La méthode de profilage des scribes (Digital Profiling), développée dans une étude récente relevant des sciences auxiliaires de l’histoire, vise à surmonter cette lacune. Sa question fondamentale est de savoir si l’on peut identifier un scribe déterminé à partir d’une, de plusieurs ou de toutes les caractéristiques d’un acte royal ou impérial donné.

La nouvelle méthode est d’abord présentée. Ensuite, le scribe responsable d’un diplôme de l’empereur Otton le Grand, aujourd’hui conservé à Saint-Pétersbourg, est identifié au moyen de cette méthode. Enfin, plusieurs exemples d’application de la méthode ouvrent la voie à un bilan sur les évêques du début de l’époque ottonienne en tant que scribes d’actes royaux et impériaux. La conclusion porte sur la portée et les limites de la nouvelle méthode.

2. PROFILAGE DES SCRIBES (DIGITAL PROFILING)

Le profilage des scribes (Digital Profiling) repose sur un ensemble de cinquante critères appliqués aux diplômes des cinq rois ou empereurs Arnulf, Louis l’Enfant, Conrad Iᵉʳ, Henri Iᵉʳ et Otton Iᵉʳ. De cette manière, les continuités et les ruptures dans la diplomatique des actes royaux et impériaux du haut Moyen Âge doivent apparaître clairement.

L’étude s’intéresse en particulier à la part du scribe dans la confection d’un document. Elle aboutit à la conclusion suivante: « L’auteur du diplôme – ou plutôt d’une œuvre d’art individuelle – se reconnaît immédiatement à son style. Certains destinataires semblent même avoir attaché de l’importance à recevoir les chefs-d’œuvre de certains artistes. Leurs

14 P. ex. Wisplinghoff 1954; Johanek 1969; Ludwig 2008; Die ältesten Urkunden 2008.

15 Sur la complexité des actes ottoniens, vgl. Rück 1991; Schulze 2007: 23–40.

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L’habileté [c’est-à-dire celle des scribes] apparaît le plus nettement dans les signes tracés avec une grande pratique. Le maître veillait toutefois toujours à introduire de petites variations, de sorte que chaque pièce devienne unique. Les différences soulignent en outre que les scribes souhaitaient sans cesse se perfectionner en tant qu’artistes, sans pour autant renoncer à leur ductus reconnaissable entre tous. »

16

Si l’on suit cette thèse, les producteurs de documents sont les membres d’une élite instruite hautement spécialisée et versée dans l’esthétique.

Selon l’étude citée, la clé de l’attribution de documents particuliers à des scribes déterminés réside dans une combinaison chaque fois unique de plusieurs caractéristiques. Trois signa que l’on trouve sur la plupart des diplômes royaux et impériaux de cette époque sont particulièrement révélateurs: le chrismon, le monogramme et le signe de reconnaissance, c’est-à-dire les signes de l’invocation du Dieu trinitaire, de la signature du souverain et de la reconnaissance de la correction formelle et de l’intégralité du document.

Les éléments formels de la corroboratio (formules de confirmation), ainsi que le nombre et la disposition des éléments de l’eschatocole (partie finale d’un document), sont également utiles pour identifier le scribe. La coloration linguistique des noms de personnes et de lieux, généralement latins, est en outre utile pour attribuer les documents à un scribe (une formation phonétique saxonne-bas-allemande, franconienne-haut-allemande ou italienne étant lisible dans l’orthographe).

Selon l’auteur, les particularités d’actum (moment de l’acte juridique) et de datum (moment de l’établissement du document), ainsi que certaines caractéristiques graphiques et paléographiques (par exemple la forme des signa, l’emploi d’abréviations, l’utilisation de minuscules et de majuscules, ou l’emploi de notes tironiennes – une écriture secrète antique – ou de lettres grecques dans le signe de reconnaissance) fournissent également de précieux indices pour « retrouver la trace » d’un scribe inconnu.

3. LE DOCUMENT DE SAINT-PÉTERSBOURG

Le document analysé ci-après a été établi le 18 avril 969 à Cassana. La date et le lieu d’émission permettent d’identifier rapidement la pièce comme le diplôme d’Otton Iᵉʳ n° 371. Pendant longtemps, le document ne fut connu que par

16 Schnase 2019: 82.

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deux copies plus tardives. Selon l’éditeur des MGH Emil von Ottenthal, leur teneur reposerait sur une collaboration des scribes italiens B et D. La dictée est principalement mise en relation avec It D (c’est-à-dire le quatrième scribe d’Otton le Grand en Italie)17. Le diplôme original fut imprimé une nouvelle fois en 1913, également à partir de l’une des deux copies18. En 1937, il fut édité en Russie, puis en 2012 en Autriche, dans les deux cas à partir de l’original conservé à Saint-Pétersbourg19. À un moment donné au XIXᵉ siècle, le document passa de l’Italie du Nord à la Russie, puis entra dans la collection du spécialiste des sciences auxiliaires de l’histoire Nikolaj Petrovič Lichačëv (1862–1936). Ce membre de l’Académie des sciences de Russie était un spécialiste reconnu de l’étude des filigranes20, ce qui s’accorde bien avec son intérêt pour les documents de différentes époques.

4. ANALYSE FORMELLE

On relève dans le document les caractéristiques externes et internes suivantes:

1) Avec une largeur de 564 mm et une hauteur de 414 mm (d’après Ghignoli), il couvre une superficie de 0,32 m² et présente le format horizontal habituel à l’époque. Sous Otton le Grand (936–976), les actes royaux et impériaux d’Italie mesurent souvent entre 500 et 549 mm de largeur, tandis qu’au nord des Alpes ils atteignent fréquemment 350 à 499 mm. Les documents d’Italie tendent également à être légèrement plus grands en hauteur21;

2) Le document est plié quatre fois dans le sens de la hauteur et quatre fois dans le sens de la largeur. Il s’agit d’une pratique standard depuis la fin du IXᵉ siècle, qui se rencontre encore au moins deux fois dans le cas de It B, l’un des deux scribes présumés avoir participé à la confection du document22;

17 ÄdG 508 s. (= MGH D O I. 371).

18 Gabotto et al. 1913: 102–104, n° LXV.

19 Anninskij 1937: 141–150 (russe), 151–160 (latin). Ghignoli 2012: 245–247 (latin). Vgl. Nowak, Weigl 2017: 396, n° 13 s.

20 Bol’šakov 1993: 201, n° 481; 2012: 259; Sredinskaja 2014: 113.

21 Schnase 2019: 281 s., tableau 129: DD O I. 243 (428: 500), 334. 356 (434: 467), 357. 378 (470: 520), 390. 407. 408. 410. D O II. 17 (470: 551). Vgl. également ibid.: 121 s.

22 Ibid.: 154, 190, 342, tableaux 49, 99, 149.

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3) Sur le plan paléographique, le chrismon se compose d’un trait diagonal enroulé et d’une simple haste, traversée par une croix diagonale isocèle²³;

4) La ligne du signum (attestation de la correction formelle et de l’intégralité du document) commence en décalage par rapport à la ligne de reconnaissance (attestation de la contre-vérification formelle du document), à peu près à la même position que le monogramme placé au centre;

5) Elle est en outre indentée vers la droite et marquée par un trait vertical;

6) Le monogramme présente un O en forme de losange et aucune haste;

7) Le mot subscript se trouve entre le nom du souverain et l’épithète;

8) Il manque à la fois un signe de reconnaissance et la ligature et;

9) Le sceau originellement apposé par pression se trouvait à droite des lignes du signum et de la reconnaissance. Son diamètre était d’environ 47 mm et il aurait été identique soit au deuxième, soit au quatrième sceau royal d’Otton Iᵉʳ²⁴;

10) L’empreinte du sceau à droite de son ancienne position laisse supposer que le sceau a été perdu au fil du temps.

La ligne du signum décalée vers la droite (4), l’absence du signe de reconnaissance (8), le mot subscript rendu sous forme abrégée (7), ainsi que le décalage des lignes du signum et de la reconnaissance (5) désignent l’Italie comme patrie scripturaire²⁵. Non seulement la forme du chrismon (1) et le marquage de la ligne du signum (4), mais aussi la lettre S, qui forme une sorte de courbure de bâton, prend naissance dans le jambage et se termine souvent par une boucle dans la hampe²⁶, sont utiles à l’identification du scribe.

Il faut y ajouter la formule de confirmation typique du scribe recherché. Il convient de remarquer que, dans la chancellerie d’Otton Iᵉʳ, la corroboratio se compose de sept éléments au maximum. En font partie: 1) formule de décision; 2) formule d’action; 3) formule d’éternité; 4) formule des fidèles; 5) ordre d’écriture; 6) formule d’authentification et 7) ordre de scellement. Plus le document du souverain était solennel, plus la corroboratio comportait d’éléments. Pour l’analyse, la corroboratio peut également être représentée au moyen de combinaisons numériques caractéristiques. La règle est la suivante: plus la suite de chiffres est longue, plus le diplôme est solennel. Mais il existe

²³ Les caractéristiques les plus importantes pour l’identification d’un scribe sont imprimées en italique.

²⁴ Ghignoli 2012: 239 s. Différent: Schnase 2019: 265, tableau 117. Selon celui-ci, dans les documents du scribe S O I. 22, c’est généralement le quatrième sceau d’Otton Iᵉʳ qui apparaît.

²⁵ Schnase 2019: 133 s.

²⁶ Ibid.: 105.

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mais aussi des différences individuelles, selon la compétence linguistique et le sens du style du scribe²⁷.

Pliures

Chrismon

Positions des lignes du signum, de reconnaissance et d’apprec a tio, ainsi que forme du monogramme (eschatocole)

Positionnement de l’empreinte du sceau

Fig. 2 a–d: D O I. 371 (détails)

Dans le cas présent, la formule de confirmation comporte quatre membres et se lit: Et ut verius credatur diligentiusque ab omnibus observetur, manu propria roborantes anulum nostrum inferius imprimo iussimus. En français, le sens est le suivant: « Afin qu’elle soit tenue pour vraie et observée avec le plus grand soin par tous, nous avons ordonné de confirmer le document de notre propre main et d’apposer notre sceau plus bas. » Selon le schéma indiqué, la corroboratio commence par la formule de décision (1) Et ut verius credatur. Elle est suivie de la formule des fidèles (4) diligentiusque ab omnibus observetur, de la formule d’action (2) manu propria roborantes et de l’ordre de scellement (7) anulum nostrum inferius imprimo iussimus. Cette formulation est tout à fait caractéristique du scribe recherché²⁸ et peut, par souci de simplicité, être codée par la suite de nombres 1, 4, 2, 7. Comme le montre le nombre de ses quatre membres, la corroboratio du diplôme indique en outre une certaine solennité de l’octroi du droit.

²⁷ Vgl. ibid.: 70–72, 84–86, 139–146.

²⁸ Ibid.: 307 s., tableau 141. Vgl. ibid.: 105 s.

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5. IDENTIFICATION DU SCRIBE

Comme le montre une synthèse des caractéristiques mentionnées et d’autres encore, le scribe du document n° 371 est Humbert de Parme. Humbert n’est pas inconnu dans le domaine de la diplomatique. Il a rédigé non seulement plusieurs diplômes, mais aussi quelques actes épiscopaux, dont une étude récente italienne examine en détail les caractéristiques d’écriture29. Depuis longtemps déjà, la recherche soupçonnait, sur la base d’une reconstitution de l’itinéraire royal et d’autres indices, que le scribe désigné par Sickel comme It B était identique à l’évêque puis archevêque de Parme. Depuis lors, la conception du scribe comme « auxiliaire subalterne de chancellerie » est de plus en plus remise en question30.

L’analyse présentée étaye cette hypothèse. Ainsi, la trouvaille de Saint-Pétersbourg s’intègre bien dans l’itinéraire du scribe en question31. Les attestations de l’activité de ce scribe indiquent l’Italie centrale et septentrionale comme champ d’activité, tandis que les dates du 31 janvier 965 et du 29 juillet 972 délimitent chronologiquement la production de documents sur ordre du souverain32. En incluant le document de Saint-Pétersbourg, Humbert de Parme a rédigé un peu moins de vingt documents (soit environ quatre pour cent de tous les documents) d’Otton Iᵉʳ et au moins un diplôme d’Otton II33.

Comme preuve supplémentaire de l’identification du scribe recherché avec Humbert de Parme, présentons brièvement un autre diplôme issu de son atelier d’écriture. La conception du chrismon et du monogramme, ainsi que la disposition des trois lignes constitutives (ligne du signum, ligne de reconnaissance, apprec a tio) dans l’eschatocole de D O I. 356 sont entièrement comparables aux observations faites sur D O I. 37134.

29 Ghignoli 2015.

30 Huschner 2003: 101–112; 2006: 362–364; 2015: 208. Différent: Hoffmann 2005: 461–463.

31 Schnase 2019: 192, tableau 102: DD O I. 274, 334, 356, 357, 378, 390, 407, 408, 410; D O II. 17.

32 Ibid.: 244 s., tableaux 102 s.: lieux des datum et actum: San Ambrogio: D O I. 274, Bénévent: D O I. 356. D O II. 17; comté de Penne: D O I. 357; Cassano: D O I. 371; Percena: D O I. 378; Ravenne: DD O I. 407, 410; Rome: D O I. 408.

33 DD O I. 274, 334, 356, 357, 378, 390, 407, 408, 410; D O II. 17. Vgl. Schnase 2019: 243, tableau 101 ou 244, tableau 102. Selon Huschner 2003: 101 s., également DD O I. 239, 243, 337, 339, 371, 373, 401 (?), 413, 414.

34 D O I. 356; Lichtbildarchiv (= LBA) 3835. Ces reproductions de documents et les suivantes (partiellement légèrement modifiées) d’après: https://lba.hist.uni-marburg.de/ (dernière consultation: [accès le 5.12.2023]). Nous remercions le Lichtbildarchiv Älterer Originalurkunden pour ces illustrations libres de droits et pour les autres.

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Fig. 3: D O. I. 356 (968 II 15, Bénévent)35

Sur le diplôme pour le monastère de Hersfeld daté du 15 février 968, le sceau est également conservé. Il s’agit en l’occurrence du cinquième sceau d’Otton Iᵉʳ.

Fig. 4: Cinquième sceau d’Otton Iᵉʳ (968 II 15, Bénévent)36

35 LBA 3835.

36 HStAM Best. Urk. 56 Nr. 2844. Pour l’identification du sceau, vgl. Posse 1909: planche 41. Nous remercions les Archives d’État de Marbourg pour avoir fourni le modèle destiné à la publication.

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6. PARTICULARITÉS DES SCRIBES

Un aperçu cursif de huit autres diplômes d’Otton Iᵉʳ et de plusieurs actes épiscopaux contemporains doit démontrer la cohérence de la méthode de profilage des scribes en tant qu’outil d’identification de scribes jusqu’alors inconnus. Tous les actes royaux ou impériaux présentés maintenant se distinguent aisément des productions de Humbert de Parme par la forme des signa et la disposition des trois lignes de l’eschatocole. Comme on peut le montrer, ils proviennent des archevêques Brun de Cologne37, Henri de Trèves38 et Willigis de Mayence39. Ces trois scribes ont chacun rédigé plus de vingt actes impériaux. Ils ont exercé leur activité respectivement pendant les périodes initiale, moyenne et finale du règne d’Otton Iᵉʳ, ce qui, en raison d’un nombre plus important de pièces pour chacun, en fait une sorte de « fossiles directeurs » de l’étude.

Dans le premier cas, il s’agit de deux diplômes d’Otton Ier qui auraient été rédigés par son frère cadet Brun. Brun se dissimule probablement derrière la sigle BA40 utilisée en diplomatique. Si cette identification est exacte, la Hesse, la Saxe et le Rhin moyen peuvent être considérés comme ses principaux champs d’activité. Brun disposait ainsi d’un rayon de mobilité suprarégional relativement vaste, qui correspond bien à l’activité que d’autres sources attestent de lui41. Brun est attesté dans la chancellerie du roi comme chancelier, archichancelier et archichapelain. Après son activité comme scribe du roi (943–953), il aurait, si l’identification est exacte, exercé comme archevêque de Cologne (953–965). Pendant son pontificat, il éleva au rang d’évêques de son diocèse plusieurs clercs de son entourage, ou encore des moines de la « réforme de Gorze ». En outre, il exerça – tout à fait dans l’esprit du lien entre Regnum et Sacerdotium – la fonction d’archiduc de Lorraine42.

L’analyse des corroborationes des actes royaux probablement rédigés par Brun souligne que le scribe maîtrisait le style diplomatique soutenu à solennel43. Un exemple de formulation en style soutenu est notamment la

37 Sur Brun de Cologne, vgl. Wolf 1989; Schwenk 1995 et Schwenk 1995a.

38 Sur Heinrich de Trèves, vgl. Ries 1969.

39 Sur Willigis de Mayence, vgl. Büttner 1975; Heinemeyer 1976; Goez 1990; Hehl 2000; Heckmann 2011; Haarländer 2014.

40 Scribe n° 4, d’après: Schnase 2019: 242, Tableau 101.

41 Les sources concernant l’activité de Brun comme jeune clerc sont par ailleurs plutôt rares; Schwenk 1995a: 100.

42 Schwenk 1995 et Schwenk 1995a.

43 Vgl. Schnase 2019: 303 (1267), 305 s. (13267), 306 (1234276, 1423267), 307 (14267, 124267), 308 (567), 310 (127), 316 (56713242), Tableau 141.

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Formule de corroboration d’un diplôme par lequel le roi donne, le 7 février 950 à Worms, trois domaines à l’abbaye de Saint-Gall. On y lit: Iussimus quoque inde hoc presens preceptum conscribi per quod volumus firmiterque iubemus, ut hec nostre traditionis condonatio amodo et deinceps omni tempore firma stabilisque permaneat sine ullius contradictionis obstaculo, manu propria nostra firmatum anuliq ue nostri inpressione (!) sigillatum (5, 1, 2, 4, 5, 6, 7)⁴⁴. Deux jours seulement plus tard eut lieu la corroboration d’un acte par lequel le roi confirmait à l’abbaye de Pfäfers le droit d’élection et l’immunité. La formule reprise d’un acte antérieur se lit ici: Et ut hec auctoritas huius emunitatis [wohl aus imunitatis korr.] ac confirmationis nostre firmior habeatur et per futura tempora a fidelibus nostris verius credatur et diligentius observetur, manu propria subter eam confirmavimus et anulo nostro [nostro über der Zeile] sigillari iussimus (1, 2, 3, 4, 2, 7, 6)⁴⁵.

• Code 127: D O.I. 97 – échange de biens, Magdebourg, 948 III 30 • Code 1267: D O.I. 77 – transfert de droits régaliens (regalia), Frohse, 946 V 30 • Code 13267: D O.I. 100 – donation d’une abbaye, Aix-la-Chapelle, 948 IV 30 • Code 124267: D O.I. 164 – transfert de droits régaliens (regalia) et donation, Quedlinbourg, 953 IV 21 • Code 1423267: D O.I. 64 – donation d’un bien féodal royal, Allstedt, 945 V 1

Fig. 5: Solennité et acte juridique dans une sélection d’actes d’Otton Ier

Le formulaire de la corroboratio permet d’ailleurs de discerner non seulement les préférences personnelles d’un scribe, mais aussi les relations d’échange entre un ou plusieurs scribes⁴⁶. Une analyse plus précise

⁴⁴ ÄdG 202 (D O.I. 119). ⁴⁵ ÄdG 203 (D O I. 120). ⁴⁶ La formule en quatre membres 1, 2, 6, 7 est également utilisée par les scribes 1, 2, 5, 11, 15, 29 et 30; la formule en cinq membres 1, 3, 2, 6, 7 est aussi utilisée par les scribes 1, 2, 3, 11, 23, 25, 30, 32, 33 et 35; la formule en six membres 1, 2, 3, 4, 2, 7, 6 est également connue des scribes 12, 24, 30 et 36; 1, 4, 2, 6, 7 est particulièrement fréquemment utilisée par les scribes 22, 23, 24, et aussi par les scribes 3, 4, 16, 26, 27, 28 et 32; 1, 2, 4, 2, 6, 7 est également utilisée par les scribes 22, 24 et 26. Vgl. Schnase 2019: 302–317: Tableau 141.

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Il convient d’examiner plus précisément la question de savoir si certaines formules étaient privilégiées pour certains actes juridiques. Suivent deux autres exemples d’actes du scribe Brun de Cologne.

Fig. 6: D O I. 120 (950 II 9, Worms)⁴⁷

Les caractéristiques externes particulières des diplômes que Brun de Cologne a établis pour son frère Otton Ier peuvent être énumérées comme suit:

La mise en page montre que l’ensemble du texte de l’acte est écrit ferré à gauche. Le protocole et le contexte sont nettement séparés l’un de l’autre. Le sceau et le signe de reconnaissance occupent le tiers droit de la bande médiane (entièrement ou largement) laissée libre, qui sépare le protocole et le contexte de l’eschatocole.

Si l’on compare la disposition de l’eschatocole des actes royaux attribuables à Brun comme scribe, plusieurs éléments apparaissent: la ligne du signum et la ligne de reconnaissance se trouvent dans dix cas à la même

⁴⁷ Saint-Gall, Archives de l’abbaye, actes de Pfäfers (861–1500) 0000.32, dans: Monasterium.net, URL </mom/CH-StiASG/StiAPfae/0000.32/charter>, consulté le 2024-02-26Z. Nous remercions les Archives de l’abbaye de Saint-Gall pour l’autorisation de publication.

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de hauteur; dans onze autres cas, la bande inférieure de la ligne du signum délimite en haut la ligne de reconnaissance; dans un seul exemple, la ligne de reconnaissance se trouve beaucoup plus bas que la ligne du signum48. Le monogramme se trouve dans 14 cas entre le nom du souverain et l’épithète, et dans un seul cas dans l’épithète49. Le sceau royal se trouve ou se trouvait dans 18/22 cas à gauche du signe de reconnaissance50. Dans 15 cas, on utilise le premier sceau d’Otton le Grand. Cela correspond à la date précoce de rédaction des diplômes51. Le chrisme, composé d’un arc et d’une hampe, se distingue bien des autres chrismes: l’arc présente un ornement en forme de bretzel qui se termine par les quatre branches d’un « X ». La hampe consiste en une ligne sinueuse, souvent pourvue de notes tironiennes isolées. Elle comporte généralement une séparation médiane avec un champ de notes situé en dessous52. Le signe de reconnaissance comporte deux, quatre ou cinq étages. Dans 10/20 cas, on distingue une séparation médiane, une bande à boucles en huit et un champ avec des notes tironiennes. Les dix autres signes de reconnaissance sont conçus de manière similaire53. Le monogramme du roi se compose de deux grands T reliés par une barre longitudinale. Celle-ci est traversée en son milieu par une horizontale qui se termine en haut et en bas par un petit O en forme de losange (désigné désormais comme T8T)54

En paléographie, peu d’éléments ressortent: la première ligne, la ligne du signum et la ligne de reconnaissance apparaissent toujours en elongata, tandis que la ligne de datation, comme le reste du texte de l’acte, est rédigée en minuscule diplomatique. Les indications abrégées des jours ainsi que les noms des mois sont souvent écrits en majuscules55. Les lettres A et G doivent être considérées comme caractéristiques: dans douze cas, la lettre A est ouverte et possède une hampe gauche ronde et une hampe droite ronde; dans neuf autres cas, elle est également ouverte, mais avec une hampe gauche et une hampe droite chacune incurvée56. Dans 19/24 cas, la lettre G est ronde et possède un arc supérieur fermé et un arc inférieur arrondi; dans trois autres cas, elle est également

48 Vgl. Schnase 2019: 286, Tableau 133.

49 Vgl. ibid.: 285, Tableau 132.

50 Vgl. ibid.: 287, Tableau 135.

51 Vgl. ibid.: 344 s., Tableau 148.

52 Vgl. ibid.: 317, 319 s., Tableau 142.

53 Vgl. ibid.: 327, 329, 333, Tableau 145.

54 Vgl. ibid.: 325, Tableau 143: « aucune haste, o en forme de losange[,] T8T » (4 actes), […] « haste incurvée vers la gauche, o en forme de losange[,] T8T » (14 actes).

55 Vgl. ibid.: 269 s., Tableau 117.

56 Vgl. ibid.: 266, Tableau 114.

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ronde et possède un arc supérieur fermé ainsi qu’un arc inférieur incurvé57.

Fig. 7: D O I. 126 (950 VII 16, Nim­burg)58

57 Vgl. ibid.: 263, Tableau 112.

58 LBA 2666.

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Fig. 8: Acte de l’archevêque Brun de Cologne pour Sainte-Cécile (962 XII 25, Cologne)59

Si l’on compare les diplômes mentionnés avec un acte que Brun a établi comme archevêque pour le monastère de Sainte-Cécile de Cologne, le constat paléographique révèle une forte concordance dans la ligature st. Dans l’acte épiscopal, comme dans les actes royaux, à de très rares exceptions près60, on utilise également un a ouvert et rond. Le ductus de l’écriture est lui aussi comparable; dans les trois cas, les lettres sont fortement orientées vers le haut et les hastes de f et de s comportent des boucles. En revanche, les hastes de b, d et l se terminent toujours par des arcs orientés vers la droite. Les interlignes sont

59 HStA Köln HUA Nr. 3a. Vgl. Oediger 1978: 138, Nr. 449. LBA 9174.

60 Ainsi dans le mot mancipia et dans le nom Hartger dans la liste des témoins.

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dans les trois actes. Un espace suffisant sépare chaque fois les hampes descendantes d’une ligne des hampes montantes de la ligne suivante. Le positionnement des lignes, l’alignement à gauche du texte et les chrismes de conception similaire de l’acte épiscopal et des diplômes d’Otton Ier attribués à Brun rendent plausible l’identification de Brun comme scribe. L’acte épiscopal indique toutefois – par une écriture différente – que le chancelier Meginhero l’a écrit et que l’archevêque l’a authentifié de sa propre main. On y lit: Ego Bruno dei gratia archiepiscopus hanc cartam a Meginhero cancellario scriptam manu propria sigillo impresso confirmavi. Cet aspect sera examiné plus bas.

Fig. 9: D O I. 200 (959 IV 9, Quedlinburg)⁶¹

⁶¹ LBA 10560.

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Fig. 10: D O I. 206 (960 II 12, Francfort)⁶²

Dans le deuxième cas présenté, l’archevêque ultérieur Heinrich de Trèves (956–964) s’avère être un producteur d’actes. En diplomatique, il portait jusqu’à présent la sigle LF⁶³.

Les actes de Heinrich de Trèves se reconnaissent aux caractéristiques suivantes: 1. le chrisme et le signe de reconnaissance constituent les extrémités d’un axe diagonal allant du haut à gauche vers le bas à droite; 2. chrisme en forme de hérisson; 3. signe de reconnaissance à plusieurs étages, dont les champs sont remplis de hachures différentes et de motifs ornementaux; 4. le

⁶² LBA 10031.

⁶³ Identification d’après Schnase 2019: 242, Tableau 101.

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monogramme se compose de deux T qui se terminent en bas par des losanges (pour la lettre o) et sont reliés entre eux par une barre transversale; 5. le protocole, le contexte, la ligne du signum et la ligne de reconnaissance, ou ligne d’appréciation, sont nettement séparés les uns des autres; 6. la ligne du signum et la ligne de reconnaissance se trouvent sur une même ligne; 7. la ligne du signum est décalée vers la gauche; 8. la deuxième ligne à partir du haut est décalée vers la droite; 9. le c comporte une boucle supérieure comme ornement. Un acte épiscopal de Heinrich Ier de Mayence daté de 964 est utilisé à titre de comparaison.

Fig. 11: Acte de l’évêque Heinrich Ier de Mayence (964)64

Le constat paléographique (ductus, abréviations et ornements de la minuscule diplomatique ainsi que de l’elongata) montre une certaine ressemblance avec les deux diplômes du roi65. En revanche, le tracé de la corroboratio et le chrisme sont conçus de manière nettement différente. Dans la corroboratio, le texte apparaît largement en caractères majuscules: Ego Heinricus dei gratia Trevirorum licet indignus archiepiscopus hoc signum propriis manibus feci.

64 LBA 7262.

65 Sur le rôle du ductus en paléographie, vgl. Mažuga 2022.

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Dans le troisième cas, qui doit mettre en évidence la profilisation des scribes comme méthode d’identification d’un scribe, il est question de trois diplômes d’Otton Ier ou de son fils Otton II, qui peuvent être attribués à Willigis de Mayence (975–1011) pour la période où il exerçait comme scribe. Jusqu’à présent, sa sigle était WC66.

Fig. 12: D O I. 423 (972 X 18, Nierstein)67

66 Identification d’après Schnase 2019: 242, Tableau 101.

67 LBA 2700.

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Fig. 13: D O II. 27 (972 X 18, Nierstein)68

LBA 2701.

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Fig. 14: D O II. 44 (973 VI 27, Worms)69

Pour les trois diplômes qu’a établis Willigis de Mayence comme scribe, on constate de grandes concordances dans la conception du chrisme, du monogramme ainsi que des lignes du signum et de reconnaissance. Le constat paléographique est en outre tout à fait comparable. Il se caractérise notamment par la formation de boucles dans les abréviations et les ligatures. Dans les trois actes, le chrisme se compose d’un arc avec trois notes en s et des traits ondulés superposés. La hampe est elle aussi ornée de traits ondulés70. Le monogramme se compose à gauche et à droite chacun d’un

69 LBA 2705.

70 Vgl. Schnase 2019: 317 s., Tableau 142 (S O I. 32).

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grand T, reliés entre eux par une croix aux branches égales. La barre verticale de la croix se termine en haut comme en bas par un petit o. Cette forme de monogramme est toutefois, et il importe de le souligner, attestée chez au moins 16 des quelque cinquante scribes connus sous Otton le Grand71. Dans les trois cas mentionnés, la ligne du signum et la ligne de reconnaissance s’étendent sur deux lignes et remplissent l’espace entre le contexte et l’appreciatio. Elles commencent ferrées à gauche sur la même ligne que le bloc de texte du protocole et du contexte.

L’archevêque Willigis de Mayence (975–1011) exerça comme scribe d’Otton Ier du 11 avril 965 au 25 janvier 97572. Pour la corroboration des actes royaux, il privilégiait un formulaire qui, dans un seul cas, se compose de deux membres, mais sinon de cinq, six ou même huit membres73. Ce constat souligne non seulement la grande compétence linguistique du scribe, mais renvoie aussi à des échanges variés avec d’autres scribes de la dernière période du règne d’Otton Ier. Les formules qui s’achèvent par les codes 2, 6, 7; 5, 6, 7 ou 5, 7, 6 jouissaient en effet d’une popularité particulière parmi les scribes de cette époque.

7 ÉVÊQUES OTTONIENS COMME SCRIBES

Dans l’optique d’une conclusion tirée de ce qui précède, il paraît naturel d’envisager également les scribes comme un groupe. Les études de cas présentées représentent manifestement – comme l’indiquait déjà l’expression « fossiles directeurs » – trois générations de scribes qui se succédèrent sous Otton Ier. Le changement de scribes eut lieu chaque fois lors de l’extension de la domination du roi des Saxons et des Francs: une première fois après son voyage en Italie en 951; ensuite lors du couronnement impérial en 962; enfin à la suite du mariage et de l’élévation au rang d’empereur d’Otton II avec la princesse byzantine Théophano en 967. La plupart des scribes étaient issus de la haute noblesse et furent appelés à devenir évêques à un moment donné. Leur service dans la confection des actes royaux ou impériaux était séquentiel, c’est-à-dire soit lorsque le roi visitait chaque année une région donnée, soit chaque fois qu’il appelait les prélats à l’accompagner pendant une certaine période74.

71 Vgl. ibid.: 325, Tableau 143.

72 Vgl. ibid.: 244, Tableau 102.

73 Vgl. ibid.: 302 (12), 305 (13267), 308 (124267), 309 (12567), 312 (12576, 132576), 313 s. (1242576), 314 (14323267), 315 (12342567, 143242567).

74 Vgl. ibid.: 246–249, Tableau 104.

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Dans le prolongement de cette conclusion, les scribes d’Arnulf de Carinthie, de Louis l’Enfant, de Conrad Ier et d’Otton le Grand sont présentés ci-dessous sous forme de tableau, et les résultats respectifs sont évalués.

Fig. 15: Les scribes d’Arnulf de Carinthie, de Louis l’Enfant et de Conrad Ier.

Il ressort que les scribes du roi au tournant des IXe et Xe siècles étaient issus soit de monastères, soit d’écoles épiscopales.

Des deux tableaux présentés ci-dessous à titre de comparaison pour le règne d’Otton Ier, on peut conclure que la majorité des scribes d’Otton Ier travaillèrent pour lui pendant une à cinq années, parfois même dix. Le plus longtemps attesté est Tuto de Paderborn, qui exerça pendant trente ans une activité de scribe pour le roi. De nombreux scribes n’apparaissent en revanche qu’une seule fois, ce qui s’explique d’une part par les aléas de la transmission, mais aussi par le grand nombre de scribes encore non identifiés (au moins 32/67).

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Fig. 16: Nombre de scribes et d’actes sous Otton Ier (certains scribes ont également exercé sous Henri Ier ou Otton II)

Environ trente des quelque cinquante scribes sous Otton Ier étaient ou devinrent évêques; l’un d’eux accéda même à la papauté, sept étaient moines, dont deux abbés, ou membres du clergé séculier. Deux sont attestés comme chanceliers. Même si ces chiffres ne peuvent rendre compte que de tendances, les chevauchements entre les dates d’émission des diplômes impériaux et les périodes d’exercice des évêques montrent qu’il existait bien une responsabilité pour les deux activités. Le fait que la confection des diplômes souverains ait pu avoir lieu tant avant que pendant l’épiscopat d’un scribe montre que la production d’actes ne constituait pas une étape autonome d’une carrière.

Si l’on prend en revanche en considération l’aspect chronologique et que l’on envisage la cour comme un groupe mobile de personnes, les évêques apparaissent comme un élément régional de la pratique du pouvoir royal, qui demeurait toujours rattaché aux diocèses respectifs par l’attribution de biens ecclésiastiques et de droits de domination. En même temps, les évêques appartenaient à une élite hautement spécialisée, dont la formation, la préparation et le perfectionnement se déroulaient dans les écoles épiscopales et dans l’entourage des sièges épiscopaux. La question de savoir dans quelle mesure les mêmes scribes étaient responsables des documents juridiques comme des documents liturgiques reste ouverte. Les écritures livresques et cursives

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diffèrent parfois considérablement et le nombre de témoignages provenant d’un même siège épiscopal est en règle générale « plutôt faible »⁷⁵.

Fig. 17: Les scribes d’Otton Ier et leurs périodes d’exercice comme évêques (certains scribes ont également exercé sous Henri Ier ou Otton II)

Les évêques de l’époque ottonienne représentent, dans l’ensemble, une imbrication étroite du Regnum et du Sacerdotium, qui s’était dessinée depuis le début du IXe siècle et atteignit ensuite son apogée au milieu du XIe siècle. Ce lien étroit ne devait se rompre qu’au tournant du XIIe siècle avec la réforme grégorienne de l’Église. De cette évolution naquirent alors progressivement les deux formes fondamentales de l’acte pontifical (bulle, mandat) qui – à partir du pontificat de Léon IX (1049–1954) – présentent des sceaux particuliers, leurs propres signa, un format fixe (rectangulaire vertical plutôt qu’horizontal), certains pliages, des écritures standardisées selon l’usage et des formules figées⁷⁶.

⁷⁵ Pour une comparaison, les fonds de Bamberg, Cologne, Karlsruhe, Magdebourg, Munich et Trèves seraient notamment dignes d’intérêt, peut-être aussi ceux du Frioul, de Mersebourg, de Naumbourg et de Zurich.

⁷⁶ May 1995; Frenz 2000: 15–58; Rück 2000; Čirkova 2007, 2010.

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8. POSSIBILITÉS ET LIMITES DE LA PROFILISATION DES SCRIBES

La thèse centrale de l’étude présentée est que les diplômes royaux ou impériaux du haut Moyen Âge sont des œuvres d’art individuelles et que leurs producteurs sont des artistes uniques, susceptibles d’être identifiés nominativement. Cette thèse centrale peut surtout être étayée lorsqu’un ensemble plus vaste de pièces comparatives est disponible et peut être attribué à un scribe sur la base de plusieurs caractéristiques concordantes. Une condition indispensable de la profilisation des scribes est donc de disposer d’un grand nombre de caractéristiques différentes et d’un certain nombre de pièces comparatives.

Pour le règne d’Otton le Grand, les signa (le plus souvent le signe de reconnaissance, souvent le chrisme, parfois aussi le monogramme) ainsi que la disposition des lignes du signum et de reconnaissance se sont révélés constitutifs de l’identification des scribes. En outre, l’Actum et le Datum, évalués au moyen d’une analyse de l’itinéraire, sont particulièrement aptes à renforcer l’identification d’un scribe.

Les écritures, les usages des majuscules et des minuscules, les abréviations et les ligatures, c’est-à-dire les caractéristiques paléographiques des actes royaux et impériaux du haut Moyen Âge, apparaissent moins individualisés. La saisie des caractéristiques a néanmoins permis de reconnaître chez un ou plusieurs scribes des préférences pour certains types de lettres ou encore pour certaines manières d’écrire (ductus).

Dans ce contexte, la thèse du scriptorium, connue dans l’étude des manuscrits (Bernhart Bischoff), devrait désormais être également prise en compte pour la production des actes. En d’autres termes: ce que les specimina tels que les initiales, les écritures de distinction, l’organisation de l’espace d’écriture ou la coloration du parchemin signifient pour la localisation d’un scriptorium pourrait peut-être aussi être dit de l’attribution régionale d’un groupe d’actes. À cette fin, l’ensemble respectif de majuscules et de minuscules, d’abréviations et de ligatures, et peut-être aussi l’emploi d’écritures de distinction (elongata) et la formation de boucles de certaines lettres sont utiles.

Une observation particulière doit être retenue: les deux actes épiscopaux de Brun de Cologne et de Heinrich de Trèves utilisés à des fins comparatives présentent chacun une écriture différente au sein de la corroboratio. Le

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texte correspondant souligne dans les deux cas le caractère autographe de l’authentification⁷⁷.

La coloration linguistique des noms de lieux et de personnes nécessite, tout comme l’emploi de notes tironiennes et de lettres grecques dans le signe de reconnaissance, une étude plus approfondie. Elle permet toutefois au moins de conclure à une démarche consciente ainsi qu’à une très bonne formation des scribes concernés. Une localisation plus précise d’un producteur présumé de chartes à proximité d’une école épiscopale correspondante pourrait ici encore renforcer l’argumentation.

Le formulaire de la Corroboratio témoigne, dans l’étude présentée, de l’étendue des capacités stylistiques et est peut-être corrélé à l’acte juridique. Il correspond davantage aux habitudes stylistiques de groupes de scribes qu’il n’indique des manières individuelles de parler ou d’écrire. Il existe toutefois des exceptions.

La Schreiberprofilierung en tant que méthode a néanmoins ouvert de nouvelles problématiques et perspectives. Ainsi, l’« Eigendiktat in der Arenga » attesté à l’époque salienne, c’est-à-dire une caractéristique individuelle jusqu’ici attribuée à l’auteur de l’acte, constitue peut-être malgré tout un autre cas d’application de la Schreiberprofilierung. Ou, de manière provocatrice: l’évêque (Léon de Verceil), et non le roi (Henri II), était-il le scribe du célèbre diplôme D H II. 34⁷⁸?

Annexe⁷⁹

SOI. 4: Quatrième scribe d’Otton I.

Identification: Brun de Cologne⁸⁰

Sigle: BA

Exemples: DD O I. 120, 126

⁷⁷ Voir aussi Ghignoli 2015: 69–78.

⁷⁸ Différent: Hoffmann 1988: 415.

⁷⁹ L’annexe présente à titre d’exemple quelques données relatives à deux Schreiberprofilierungen. Les concentrations de caractéristiques ou autres particularités sont imprimées en italique.

⁸⁰ Voir Schnase 2019: 242, tableau 101.

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Caractéristiques internes

En tout, 25 originaux connus⁸¹

→ Scribe d’environ cinq pour cent de toutes les chartes d’Otton I.

Date et lieux de l’acte: Francfort (5), Aix-la-Chapelle (2), Allstedt (2), Balgstädt (1), Busendorf (1), Dahlum (1), Elten (1), Frohse (1), Ingelheim (1), Kissenbrück (1), Magdebourg (3), Nimburg (1), Quedlinbourg (1), Salz (1), Wallhausen (1), Worms (2)⁸².

→ La Hesse, le Rhin moyen et la Saxe comme régions d’activité privilégiées (rayon de déplacement relativement vaste)

Séjours: Balgstädt: D O I. 55 (943 V 24); Kissenbrück: D O I. 56 (944 II 29); Allstedt: D O I. 57 (944 V I); Elten: D O I. 59 (944 VII 18); Allstedt: D O I. 65 (945 V 4); Magdebourg: D O I. 69 (945 VI 11); Frohse: D O I. 77 (946 V 30); Francfort: D O I. 83A et B (946 XI 28, 2 originaux), Salz: D O I. 87 (947 II 14); Magdebourg: D O I. 96 (948 III 27), D O I. 97A et 97B (948 III 30, 2 originaux); Aix-la-Chapelle: D O I. 100 (948 IV 30), D O I. 102 (948 V 2); Ingelheim: D O I. 103 (948 VI 11); Francfort: D O I. 109 (949 II 2); Dahlum: D O I. 116 (950 I 1); Busendorf: D O I. 117 (950 I 18); Worms: D O I. 119 (950 II 7), D O I. 120 (950 II 9); Nimburg: D O I. 126 (950 VII 16); Wallhausen: D O I. 134 (951 VII 28); Francfort (avec le 6e sceau d’Otton I.): D O I. 159 (952 XII 30), D O I. 160 (953 I 1)⁸³.

→ Près de dix années d’activité comme scribe (943–953) avant l’accession à l’archevêché de Cologne (953–965)

Formulaire

Formules d’intervention: (adire) nostram postulantes regalitate (1), interventionibus obtemperatoris (1), interventionibus, cum consensu (1),

⁸¹ Voir ibid.: 243, tableau 102. En outre, DD O I. 64 (Allstedt, 945 V 4) et 164 (Quedlinbourg, 953 IV 21) comme copies, attribuées à BA par le dictat.

⁸² Voir ibid.: 244, tableau 103.

⁸³ Voir ibid.: 244 s., tableau 103; 246, tableau 104. D O I 59 a été écrit conjointement avec Frédéric de Mayence. D O I. 134 est un tracé contemporain.

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interventum (1), nos adiit (1), obtulerunt nostris obtutibus (1), per interventum (3), petitionem (1), peticioni obtemperantes (1), pulsaverunt nostras aures (1), veniens ad nos detulit preceptum, deprecatus est (1)84.

→ Intervention de membres de la cour en faveur de l’octroi de privilèges

Intervenants: Édith (1), Brun, frère d’Otton (4), Henri, frère d’Otton (2), Liudolf, fils d’Otton (3), duc Hermann (3), archevêque Frédéric de Mayence (1), abbé Thieto de Saint-Gall (1), abbé Hadamar de Fulda (2), abbé Berthold d’Inde (1), abbé Rodwig de Hornbach (1), abbé Ansfried de Saint-Arnoul à Metz (1), évêque Adalbert de Metz (2), évêque Baldric (1), margrave Géro (2), comte Conrad (2), duc Conrad (2), fidèles (1)85.

→ Contacts étroits de Brun de Cologne, en tant que frère cadet du roi et haut dignitaire ecclésiastique, avec la famille royale ainsi qu’avec de hauts responsables laïcs et ecclésiastiques à la cour, parmi lesquels de nombreux abbés et quelques évêques

→ Intervention de membres de la cour en faveur de l’octroi de privilèges

Bénéficiaires: abbé Hadamar de Fulda (1), frères Folcmar et Richbert (1), Eberhard (1), fidèle Rudolf (1), église de Cambrai (1), monastère de Corvey (1), monastère Saint-Maurice de Magdebourg (2), monastère de Hersfeld (2), monastère de Hornbach (1), monastère de Kornelimünster (1), monastère de Pfäfers (1), monastère de Reichenau (3+), monastère de Saint-Gall (1), monastère de Senones (1), monastère Saint-Emmeram de Ratisbonne (1), margrave Christian (1), margrave Géro (2), matrone Helmburc (1), Megingoz (1), maire Wetti (1), moines de Saint-Arnoul à Metz (1), monastère d’Essen (1)86.

→ Mobilité régionale des bénéficiaires, parmi lesquels des représentants de nombreux monastères, en direction de la cour royale itinérante afin d’obtenir une charte établie par le frère cadet du roi

Formules de corroboration: Composantes: 1 (= formule de décision) auctoritas (9), condonatio (3), praeceptum (7), stipulatione subnixum (1), vicissitudo (1). 2 (= formule d’activité) firma & stabilis permaneat (4), firma et inconvulsa permaneat (1), firma permaneat (1), firma permaneat, veriusque credatur (1), firma stabilisque perduret (1), firma stabilisque permaneat (2), firma

84 Voir ibid.: 294, tableau 139.

85 Voir ibid.: 255–257, tableau 109.

86 Voir ibid.: 258–260, tableau 110.

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stabilisque permaneat verius credatur (1), firmavimus stabile permaneat (1), firmior habeatur verius credatur. & diligentius observetur (1), irrefragabiliter (sic!) firmiorem in di (sic!) nomine obtineat vigorem (1), pleniorem indi (sic!) nomine obtineat stabilitatem (1), potestate habeat (1), valeat inconvulsa manere (1), verius credatur ac diligentius observetur (1). 3 (= formule d’éternité) a modo & deinceps (1), futura tempora (1), nostris futurisque temporibus (2), succedentium curricula temporum (1), succedentium temporum curricula (3). 4 (= formule des fidèles) cunctis retro farculis (sic!) (1), fidelibus (2), fidelium (1). 5 (= ordre d’écriture) conscribi (5). 6 (= formule de validation) manu confirmavimus (1), manu firmato (1), manu firmatum (6), manu firmavimus (13), manu firmum (1), manu roboratum (1). 7 (= ordre de scellement) anulo corroborari praecipimus (2), anulo insigniri iussimus (5), anulo insigniri praecipimus (3), anulo insignito (1), anulo roboratum (2), anulo sigillari iussimus (3), anulo sigillari praecipimus (1), anulo sigillatum (5), praecipimus (1). Combinaisons: 1, 2, 7 (1), 5, 6, 7 (3), 1, 2, 6, 7 (8), 1, 3, 2, 6, 7 (4), 1, 4, 2, 6, 7 (1), 1, 2, 4, 2, 6, 7 (1), 1, 3, 2, 4, 2 (2), 1, 2, 3, 4, 2, 7, 6 (1), 1, 4, 2, 3, 2, 6, 7 (1)⁸⁷.

→ La subdivision des formules selon des motifs (codes) permet des analyses sémantiques qui vont au-delà de la comparaison littérale du dictat

→ Utilisation par le scribe de deux formules standard indiquant une certaine solennité de l’acte; celui-ci est toutefois également capable de rédiger des chartes couvrant toute la gamme de la solennité

→ Complexité des formules comme reflet du degré de solennité

→ Degré de solennité comme indication du rang des bénéficiaires aux yeux du roi ou encore de la nature de l’acte juridique

Sémantique

Prononciation des noms vernaculaires: Noms de personnes: brun (15+), Brun (5), hoholt (1), brunonis (1), Fridurici (8+), fridurici (8), Herolti (1), rodbberti (3+)⁸⁸. Noms de lieux: aquisgrani (1), Altsteti (2), altsteti (1), balgesteti (1+),

⁸⁷ Voir ibid.: 295, 301–307, 310, 316, tableau 140 s.

⁸⁸ Voir ibid.: 251, tableau 106.

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Busen (1), dalaheim (1+), eltnon (1), Franconofurt (1), Franconof (1), Frosa (1), Ingilenheim (1+), Krissenbruka (1), Magedeburg (1+), magedaburg (2+), magidaburc (1+), niuunburg (1+), Salze (1), Uualahuson (1+), vuormacia (2+)⁸⁹.

→ Conclusions sur l’origine régionale des scribes à partir de caractéristiques linguistiques

→ Dans ce cas: éventail rhénan (ripuaire)? (b au lieu de p à l’initiale, f au lieu de p à l’initiale, c au lieu de t entre les voyelles, k au lieu de ch en finale, assouplissement des voyelles avant et après g, diphtongues ai et iu)

Caractéristiques externes

État de conservation

Formats (en règle générale, espace d’écriture): Hauteur (en mm): 250–299 (2), 300–349 (2), 350–399 (8), 400–449 (8), 450–499 (5); largeur (en mm): 400–449 (2), 450–499 (15), 500–549 (1), 550–599 (5), 600–649 (2); surface (en mm ou m²): DD O L. 55 (279 X 472 ~ 0,13 m²), 57 (330 X 459 ~ 0,15 m²), 59 (350 X 400 = 0,14 m²), 65 (440 X 550 ~ 0,24 m²), 69 (373 X 462 ~ 0,17 m²), 77 (387 X 463 ~ 0,18 m²), 83A (446 X 473 ~ 0,21 m²), 83B (468 X 458 ~ 0,21 m²),⁹⁰ 87 (364 X 462 ~ 0,17 m²), 96 (450 X 460 ~ 0,21 m²), 97A (437 X 458 ~ 0,2 m²), 97B (371 X 486 ~ 0,18 m²)⁹¹, 100 (386 X 552 ~ 0,21 m²), 102 (433 X 545 ~ 0,24 m²), 104 (360 X 580 ~ 0,21 m²), 109 (465 X 605 ~ 0,28 m²), 116 (268 X 465 ~ 0,13 m²), 117 (447 X 470 ~ 0,21 m²), 119 (460 X 570 ~ 0,26 m²), 120 (440 X 620 ~ 027 m²), 126 (397 X 468 ~ 0,19 m²), 159 (444 X 576 ~ 0,26 m²), 160 (344 X 464 ~ 0,16 m²)⁹².

→ Préférence pour un format paysage marqué lorsque le format est portrait

⁸⁹ Voir ibid.: 253 s., tableau 108. ⁹⁰ LBA 2806. Dimensions extérieures. ⁹¹ LBA 15901. Dimensions extérieures. ⁹² Voir Schnase 2019: 281, tableau 129.

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Pliages: 1 X 4 champs (1), 2 X 4 champs (2), 2 X 5 champs (1), 2 X 6 champs (2), 2 X 7 champs (3), 2 X 8 champs (1), 3 X 3 champs (1), 3 X 6 champs (2), 3 X 8 champs (1), 4 X 3 champs (1), 4 X 4 champs (4), 4 X 5 champs (1), 4 X 6 champs (4), 4 X 9 champs (1), 5 X 3 champs (1), 5 X 4 champs (1)⁹³.

→ Préférence pour des pliages de petit format, mais rarement de très petit format

Mise en page

Évidements et pointillages: évidement du monogramme dans la ligne du signum (3), évidement du monogramme dans la ligne de reconnaissance, évidement du signe de reconnaissance dans le bloc de texte (1), évidement du monogramme dans la ligne du signum, pointillage de la ligne du signum (1), évidement du monogramme, pointillage de la ligne de reconnaissance (1), évidement du monogramme dans la ligne du signum, pointillage de la ligne du signum, pointillage de la ligne de reconnaissance (9).

Évidement du monogramme dans la ligne du signum, évidement du signe de reconnaissance dans le bloc de texte, évidement du sceau dans le bloc de texte, pointillage de la ligne du signum (2), évidement du monogramme dans la ligne du signum, évidement du signe de reconnaissance dans le bloc de texte, évidement du sceau dans le bloc de texte, pointillage de la ligne du signum, pointillage de la ligne de reconnaissance (4), évidement du monogramme dans la ligne du signum, pointillage de la ligne du signum, pointillage de la ligne de reconnaissance, pointillage du sceau dans le bloc de texte (1), pointillage de la ligne du signum, pointillage de la ligne de reconnaissance, ajout postérieur du monogramme entre la ligne du signum et la ligne de reconnaissance (1)⁹⁴.

Marquage de la ligne du signum: deux points, une virgule, triangulaire (6), trois points, une virgule, quadrangulaire (5), absent (4), trois points, une virgule (3), trois points superposés (2), un point au centre (1), un point à droite, un point à gauche du signe de reconnaissance (1), deux points côte à côte, une virgule en dessous (1)⁹⁵.

⁹³ Voir ibid.: 282 s., tableau 130.

⁹⁴ Voir ibid.: 289–291, tableau 137.

⁹⁵ Voir ibid.: 326, tableau 144.

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Conception de l’eschatocole: ligne du signum et ligne de reconnaissance à la même hauteur (10), bande inférieure de la ligne du signum limitant en haut la ligne de reconnaissance (11), ligne de reconnaissance située beaucoup plus bas que la ligne du signum (1)96.

→ Organisation de l’espace d’écriture au compas

Détériorations: surscellement, sceau intact: ligature Et et ligne de l’acte surscellées (1), surscellement, sceau partiellement détruit: signe de reconnaissance partiellement surscellé (1), surscellement, sceau partiellement détruit: jambages de la Corroboratio partiellement décolorés, ligne de l’acte surscellée (1), surscellement, sceau détruit. Décoloration de la cire: ligne de l’acte partiellement décolorée (1)97.

→ Indication du processus de fabrication: le sceau a manifestement été apposé en dernier

→ Peu de détériorations dans l’ensemble, en raison d’une conservation soigneuse destinée à préserver la validité juridique98

Signes

Chrismon: arc: ornement en forme de bretzel et « X », fût: souvent bande de boucles en huit, lignes ondulées ou serpentine, notes tironiennes; haste: de préférence inclinée vers la gauche, « o » en forme de losange, T8T (18), parfois droite (2) ou haste absente (4)99.

Signe de reconnaissance: de préférence à 2, 4 ou 5 étages. Séparation médiane, bande de boucles en huit, champ de notes (10), séparation médiane, bande de boucles en huit, bande de boucles en huit, champ de notes (3), souvent séparation médiane, bande de boucles en huit, champ cruciforme ou champ de notes ou 2 champs de notes, une fois arcades à houppe avec signe en z, bande de boucles en huit, champ de notes, série de traits ondulés, une fois houppe, champ de notes100.

96 Voir ibid.: 284, tableau 131.

97 Voir ibid.: 292, tableau 138.

98 DD O I. 83B et 97B comme exemples de copies au net dépourvues de validité juridique.

99 Voir Schnase 2019: 317, 320, tableau 142.

100 Voir ibid.: 327, 328, 329, 333, tableau 145.

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Sceau: Premier sceau d’Otton I. (14)101.

Écriture

Majuscules (pour des raisons typographiques, sans reproduction des signes d’abréviation): Signum (7+), Invictissimi (1+). Brun (1+). Anno (3+), Incarnationis (1), Incarnat (1). Indictione (1), Indictione (1). Regnante (7+), Serenissimo (1+), Ottone (3+), Ottonis (1). Actum (4), Actvm (1), Actu (5), ici sans reproduction du signe d’abréviation), Fel (1+), ameN (15)102.

Abréviations (pour des raisons typographiques, sans reproduction des signes d’abréviation): Ligne du signum: signu (3+), advice (4+). Ligne de date: Jours: KL (3), Kl (15+), KAL (1), ID (2), Id (2), Non (1), NoN (1). Indications des mois: IAN (1+), FEB (4+), Mart (2+), Mai (6+), IVN (1), Ivn (1), Ivnii (2+), Aug (1+), DECEb (2+). Indication de l’indiction: Indict (1), indict (16+), in (1). Années de règne: dni (10+), dom (1+), pio (8+). Ligne de l’acte: Actu (5), actu (7+), d (19+), no (19+), am (1+). Jours: KAL (1), Kl (15+), KL (3), ID (2), Id (2), NON (2+). Indications des mois: IAN (1+), FEB (4+), MART (2+), APR (1+), MAI (6+), IVN (2+), IUN (1), AUG (2+), DECEB (1+)103.

Lettres ornementales en début de ligne (capitales): lettre S: fût−« S » avec boucle supérieure, terminaison médiane orientée vers la gauche et jambage inférieur incurvé vers la gauche (19), ronde, arc arrondi, les sections droite et supérieure de l’arc sont fusionnées et ondulées (trait modulé) (12), ronde, arc arrondi (3). Lettre A: ouverte, fût gauche arrondi, fût droit arrondi (12), ouverte, fût gauche ondulé, fût droit ondulé (9)104.

→ Il faudrait déterminer, en comparant avec les autres données des tableaux, si les habitudes de mise en forme décrites relèvent de tendances propres à l’époque ou des préférences d’un scribe particulier. Brun de Cologne semble avoir apprécié une Elongata très marquée comme écriture de distinction, une minuscule diplomatique finement tracée avec de faibles hampes supérieures et, dans la mise en page, la séparation des débuts de lignes et des signes. Le Chrismon, le monogramme et le signe de reconnaissance correspondent

101 Voir ibid.: 344, tableau 148. 102 Voir ibid.: 267, tableaux 115. 103 Voir ibid.: 275–279, tableaux 124–128. 104 Voir ibid.: 263 s., 266, tableaux 112–114.

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en revanche, tout comme le positionnement de l’eschatocole et de ses lignes, relèvent probablement davantage des goûts et des conceptions de la symétrie contemporains que des particularités personnelles du scribe

Dans les signes de reconnaissance d’au moins 19 chartes de Brun de Cologne figurent des signes grecs. Ils servent peut-être à dater l’accomplissement (Actum) des chartes105.

La connaissance et l’estime du grec et des chiffres grecs renvoient à une très bonne formation dans le Trivium. Les aptitudes calculatoires présumées permettraient en outre de conclure à une solide formation du scribe dans le Quadrivium, notamment dans les opérations arithmétiques fondamentales que sont l’addition et la multiplication, peut-être avec l’utilisation de l’Abacus. La comparaison avec d’autres scribes montre qu’Adalbert de Magdebourg, Biso de Paderborn, Dietrich de Metz, Ernust, Frédéric de Mayence, Petrus de Pavie, Rather de Vérone, Wido de Modène et Wigfried de Verdun possédaient eux aussi des connaissances rudimentaires du grec

S O I. 22106

Vingt-deuxième scribe d’Otton I. (quatrième scribe originaire d’Italie) Identification: Humbert de Parme Statut: évêque, archevêque Sigle: It B Exemples: DD O I. 356, 371

Caractéristiques internes

Nombre: Au moins dix-neuf chartes: DD O I. 239. 243. 274. 334. 337. 339. 356. 357. 371. 373. 378. 390. 401 (?). 407. 408. 410. 413. 414. D O II. 17.

105 Voir ibid.: 336, tableau 147.

106 Éditions d’après des copies: ÄdG 508 s. (= MGH D O I. 371); Gabboto et al. 1913: 102–104, no LXV; d’après l’original: Anninskij 1937: 141–150 (russe), 151–160 (latin); Chignoli 2012: 245–247. Voir Huschner 2003: 101 s.; Chignoli 2015; Schnase 2019: 242–249, 258–265, 284–287, tableaux 101–104, 110–113, 131–133.

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→ Humbert, scribe d’environ quatre pour cent de toutes les chartes d’Otton I., également scribe de chartes épiscopales, dont plusieurs portent une signature personnelle

Activité comme scribe: du 31 janvier 965 au 25 mai 972.

Date et lieux de l’acte: San Ambrogio: D O I. 24 (962 VII 29). Avec le scribe S O I. 24 (= Ambroise de Bergame): Vada: D O I. 334; Ferrare: D O I. 390; Bénévent: D O I. 356, D O II. 17; comté de Penne: D O I. 357; Cassano: D O I. 371; Percena: D O I. 378; Ravenne: DD O I. 407, 410; Rome: D O I. 408.

→ L’Italie du Nord et du Centre comme région d’activité

Séjours attestés par des chartes originales107: Orta: D O I. 243 (962 VII 29)108; S. Ambrogio: D O I. 274 (965 I 3); Vada: conjointement avec S O I. 24 (= Ambroise de Mainland): D O I. 334 (966 XII 2); Bénévent: D O I. 356 (968 II 15); Bénévent: D O II. 17 (968 II 15); sur le fleuve Ricaria dans le territoire de Penne: D O I. 357 (968 V 4); Percena: D O I. 378 (969 VIII 10)109; Ferrare: conjointement avec le scribe S O I. 25 (= Ambroise de Mainland): D O I. 90 (970 III 22); Ravenne: conjointement avec S O I. 25 (= Gumbald de Mantoue): D O I. 407 (972 I 8); Rome: D O I. 408 (972 IV 22); Ravenne: D O I. 410 (972 V 25).

107 Voir Schnase 2019: 354–357.

108 Voir http://archivista.icar.beniculturali.it/fonds/30447/units/715399 [consulté le 8.12.2023].

109 Accès: https://www.beweb.chiesacattolica.it/istituticulturali/istituto/2717/Archivio%20storico%20diocesano (la demande du 8.12.2023 concernant le lieu de conservation de la charte est restée sans réponse à ce jour).

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ABRÉVIATIONS

DD H II. – Diplôme(s) d’Henri II.

DD O I. – Diplôme(s) d’Otton I.

HStAM – Archives principales de l’État à Marbourg

LBA – Lichtbildarchiv Älterer Originalurkunden; accès: https://lba.hist.uni-marburg.de/.

mm – millimètre

m² – mètre carré

StiASG – Archives de la collégiale de Saint-Gall

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE

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Bolʹšakov Andrej O. 2012: Большаков, Андрей О. « Seuls les écrits résonnent... ». Pour le 150e anniversaire de la naissance de l’académicien Nikolaï Petrovitch Likhatchov: catalogue d’exposition [« Zvučat liš’ pis’mena... ». K 150-letiju so dnia roždenija akademika Nikolaja Petroviča Lichačeva: katalog vystavki], 20 avril – 22 juillet 2012 [20 aprēlia – 22 julija

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2012 г.], Санкт-Петербург: Издат. Государственного Эрмитажа [Saint-Pétersbourg: Izdat. Gosudarstvennogo Ėrmitaža].

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Büttner Heinrich 1975: L’archevêque Willigis de Mayence (975–1011). – Pour l’histoire du Reich du haut Moyen Âge sur le Rhin, le Main et le Neckar, éd. par A. Gerlich, Darmstadt: Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 301–313.

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Čirkova Aleksandra V. 2010: Чиркова, Александра В. Послания папы Александра III (1159–1181) из архива Генуэзской республики в собрании РНБ [Poslanija papu Aleksandra III (1159–1181) iz archiva Genuėzskoj respubliki v sobranii PNB]. – Вспомогательные исторические дисциплины [Vspomogatel’nye istoričeskie discipliny] 31, 131–158. Accès: https://ahd.spbiiran.ru/wp-content/uploads/2024/03/2010-09-tchirkova-a-v-XXXI.pdf.

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Frenz Thomas 2000: Papsturkunden des Mittelalters und der Neuzeit, 2ᵉ éd., Stuttgart: Franz Steiner Verlag.

Gabotto Ferdinando et al. 1913: Le carte dello Archivio capitolare di Santa Maria di Novara, vol. 1 (729–1034), éd. F. Gabotto, Turin: Verlag (Novara) Tip. Parzini, Pinerolo.

Ganz David 1990: Corbie in the Carolingian Renaissance, Sigmaringen: Jan Thorbecke Verlag.

Ghignoli Antonella 2012: Tradition et critique du texte, une variante documentaire. Le diplôme d’Otton Iᵉʳ pour le fidèle Ingo (D.O.I.371). – Sit liber gratus, quem servulus est operatus. Studi in onore di alessandro Pratesi per il suo 90° compleanno. Sous la direction de Paolo Cherubini et Giovanna Nicolaj, vol. 1, Cité du Vatican: Scuola Vaticana di Paleografia, Diplomatica e Archivistica, 231–247. Accès: https://core.ac.uk/download/pdf/141653775.pdf.

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Hausmann Friedrich, Alfred Gawlik 1987: Arengenverzeichnis zu den Königsund Kaiserurkunden von den Merowingern bis Heinrich VI., Ser. Monumenta Germaniae historica. Hilfsmittel, 9, Munich: Monumenta Germaniae Historica.

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Le Digital Profiling comme méthode de la diplomatique du haut Moyen Âge. À partir d’un acte d’Otton Iᵉʳ conservé à Saint-Pétersbourg.

Dédié au prof. Dr Vladimir Ivanovič Mažuga, qui célébrera son 75ᵉ anniversaire le 15 avril 2024

RÉSUMÉ

Sur la base de critères externes et internes, l’article analyse un acte d’Otton Iᵉʳ conservé à Saint-Pétersbourg, dont la paternité est attribuée à l’un des 39 scribes connus de la chancellerie impériale. L’identification repose sur les signa ainsi que sur la taille, le format, la mise en page et l’écriture de l’acte impérial. Les nuances linguistiques des noms de personnes et de lieux, ainsi que l’ensemble des formules de la corroboratio, revêtent également une importance particulière. La méthode de Digital Profiling utilisée ici est ensuite soumise à une vérification, au moyen d’exemples comparatifs, afin d’évaluer son aptitude à identifier le scribe.

L’étude a montré que les actes du roi et empereur Otton Iᵉʳ sont complexes et présentent de nombreuses caractéristiques qui leur sont propres et qui sont informatives, telles que l’horizontal

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format, le chrisme, le signe d’identification ou les abréviations, qui ne se retrouvent plus dans les actes ultérieurs.

En outre, afin d’identifier le scribe de manière fiable, il faut mettre les actes du souverain en relation avec les personnes connues qui évoluaient dans son entourage, en recueillant davantage d’informations à leur sujet. Sous le règne de la dynastie ottonienne, les évêques constituent le groupe le plus important de ces personnes répondant aux exigences, caractérisé par un haut niveau d’instruction. Il est donc particulièrement vraisemblable que nombre d’actes du roi et empereur Otton Iᵉʳ aient été rédigés par des évêques ayant éventuellement travaillé comme scribes dans sa chancellerie. Cette thèse a déjà été formulée dans une partie de l’étude. Si l’hypothèse du profilage des évêques en tant que scribes se confirmait, les identifications proposées modifieraient considérablement l’image de la signification, de la production écrite et du système de communication de la fin du IXe et du début du Xe siècle. Ou, pour le dire de manière imagée: la trace des scribes qui exécutaient les missions urgentes du roi rayonnant mènerait de leur activité dans trois brumes vers une cathédrale bien connue et brillamment éclairée.

Reçu le 18 mars 2024.

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