Kaip tampa kebli iš pažiūros paprasta simbolinių pavadinimų rašymo taisyklė
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RAMUNĖ VASKELAITĖ
COMMENT UNE RÈGLE D’ÉCRITURE DES NOMS SYMBOLIQUES, APPAREMMENT SIMPLE, DEVIENT ÉPINEUSE
MOTS-CLÉS: nom symbolique, usage, norme, orthographe et ponctuation, règles de formation des noms, écriture en majuscules, guillemets.
INTRODUCTION
À première vue, la règle d’écriture des noms symboliques semblerait si simple qu’il n’y aurait pas lieu d’en débattre: ces noms s’écrivent avec une majuscule initiale et entre guillemets. Que ce soit en raison de cette simplicité ou du manque d’articles scientifiques consacrés à l’orthographe et à la ponctuation, il n’existe aucune analyse scientifique portant sur les particularités de l’écriture de ce type de noms. La règle, formulée dans Lietuvių kalbos rašyboje ir skyryboje (désormais LKRS), a probablement été considérée comme ne posant pas de problème et, par conséquent, lorsque certaines questions d’orthographe et de ponctuation ont été modifiées par des décisions de la Commission d’État de la langue lituanienne (désormais VLKK) (VŽ 1997a, 2006a, b), elle n’a pas figuré parmi les cas modifiés et n’est pas devenue un sujet de discussion suscité par ces changements.
Toutefois, ce qui paraît simple aux spécialistes de la langue ne va pas toujours de soi pour les locuteurs qui n’ont pas étudié les sciences du langage, d’autant plus qu’ils comptent aussi des personnes n’ayant pas terminé leurs études secondaires et que les diplômés de l’enseignement supérieur n’ont pas tous appris les règles linguistiques de la même manière. Cette réalité, particulièrement mise en évidence par les usages sur Internet, est souvent perdue de vue; pourtant, elle constitue précisément un facteur fréquent de divergence entre la norme et l’usage. La propagation des noms symboliques a également révélé l’écart entre le locuteur idéal et l’usager réel de la langue. Lorsque, il y a une vingtaine d’années, le changement de régime social a entraîné la création d’entreprises privées, il est apparu que, pour un grand nombre de leurs fondateurs, trouver un nom correct pour l’entité créée constituait une tâche difficile à surmonter. Avec la diffusion dans l’usage public de noms truffés d’erreurs à différents niveaux de la langue, y compris au niveau élémentaire de l’orthographe et de la ponctuation, il a fallu élaborer des règles à l’intention de ceux qui les créaient et étudier plus en profondeur cette catégorie de noms. Ainsi, une question d’actualité imposée par la réalité a conduit à l’émergence, pourrait-on dire, d’un domaine distinct de normalisation et d’étude linguistiques: les noms des personnes morales, également désignés, de manière générale, par l’expression « noms de firme »¹.
Dans le cadre de la normalisation et de l’étude de l’ensemble des noms d’entreprises, d’établissements et d’organisations, il a naturellement fallu inclure également un sous-groupe de celui-ci: les mots ou groupes de mots employés au sens figuré, depuis déjà longtemps
1 Il semblerait que, dans l’usage, le mot firma ne tende pas à s’imposer outre mesure; on emploie aussi įmonės, bendrovės dans un sens générique. Dans les travaux linguistiques, on tend également davantage, ces derniers temps, à employer de manière générique le mot įmonės ou l’expression juridiniai asmenys. Cette tendance sera également suivie dans le présent article.
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les appeler des noms symboliques ou des dénominations symboliques2. C’est pourquoi les dénominations symboliques des personnes morales ont davantage retenu l’attention des spécialistes de la langue que toutes les autres dénominations symboliques. Avant même l’élaboration des premières règles, des conseils pratiques et méthodologiques ont été préparés à l’intention des créateurs et des responsables de la mise en forme des dénominations (Kniūkšta 1992a); les règles ont ensuite été fondées sur ces conseils. Les premières, Firmų vardų vartojimas, ont été adoptées par une résolution de la VLKK en 1992 (LKKN 1998: 12–15); elles ont ensuite été précisées ou modifiées (VŽ 1997b, 2002b). Les règles de formation des dénominations symboliques des entreprises, établissements et organisations, établies en 2004 (VŽ 2004), sont toujours en vigueur; seuls deux de leurs points ont été supprimés en 2013 (VŽ 2013). En outre, une annexe aux règles a été préparée. Elle porte sur les mots communs employés avec la partie symbolique d’une dénomination, que l’on tend le plus souvent à appeler des termes génériques dans le domaine des dénominations des personnes morales (VŽ 1995, 1997c)3. L’exigence de conformité du nom d’une personne morale en cours de création est formulée dans le Code civil de la République de Lituanie (VŽ 2000). Enfin, lorsqu’il est apparu que même ce garde-fou juridique et ces règles clairement énoncées ne suffisaient pas à garantir la conformité dans ce domaine, la VLKK a commencé à conseiller le Centre des registres de l’État sur chaque dénomination de personne morale dont l’enregistrement était envisagé4. Les informations publiées sur le site Internet de la VLKK montrent que beaucoup de dénominations sont rejetées; mais l’ampleur de la création d’entreprises est également étonnante: chaque mois, entre un millier et demi et un peu plus de deux mille dénominations sont soumises à évaluation5. Ces chiffres suffisent à faire comprendre quelle part importante elles occupent dans les usages linguistiques quotidiens; et comme elles sont très nombreuses dans l’espace public, elles exercent une influence considérable sur le niveau de la langue commune6.
Dans l’étude des dénominations symboliques des personnes morales, ainsi que dans l’élaboration des principes régissant leur normalisation, le mérite revient avant tout à P. Kniūkšta, docteur et rédacteur en chef de longue date de Kalbos kultūros. Les articles publiés dans Kalbos kultūroje révèlent à eux seuls la perspicacité avec laquelle ces questions ont été examinées et l’ampleur du travail accompli alors qu’il n’existait pratiquement aucune tradition d’étude linguistique des dénominations des personnes morales. En outre, de nombreux textes ont été et continuent d’être écrits à l’intention d’un public plus large7; les conseils méthodologiques et pratiques précités ont été élaborés à l’intention des créateurs de dénominations, puis les règles Firmų vardų vartojimas (LKKN 1998: 12–15), qui constituent le fondement de toutes les règles ultérieures de formation des dénominations. Des ouvrages distincts ont également été publiés: Įstaigų, įmonių ir organizacijų pavadinimai (Kniūkšta 2004), Viešieji užrašai. Po dokumentus ir Vilniaus gatves pasižvalgius (Kniūkšta 2006b), spécialiste de la langue administrative ……………………
2 Pranas Kniūkšta (2004: 20–21) yra atkreipęs dėmesį į šių terminų vartoseną: pirmosiose taisyklėse pavadinimų sudarytojams vartotas terminas simbolinis vardas, apimantis ir gimininius žodžius, tačiau 2004 m. priimtose liko tik simbolinis pavadinimas, apimantis simboliškai vartojamus žodžius. Šiame straipsnyje irgi bus paisoma tos terminijos raidos krypties: visas pavadinimas, įskaitant ir gimininius žodžius, bus vadinamas juridinio asmens (įmonės) pavadinimu, o jo simbolinė dalis – simboliniu pavadinimu arba simboline dalimi.
3 L’annexe n’est actuellement plus en vigueur; voir le site de la VLKK, disponible en ligne: http://www.vlkk.lt/lit/nutarimai/imoniu-pavadinimai/simboliniai.htm.
4 La consultation a été officialisée par la résolution gouvernementale n° 1452 du 5 décembre 2012, qui a modifié les dispositions relatives au Registre des personnes morales (VŽ 2012). Le gestionnaire du registre est tenu de demander à la VLKK un avis sur la conformité de la dénomination d’une personne morale aux normes de la langue commune lituanienne et de communiquer la réponse dans un délai de 6 heures ouvrables.
5 Ces informations sont disponibles sur le site Internet de la VLKK, accessible en ligne: http://www.vlkk.lt/lit/naujienos/bendrosios.html.
6 Il ne faudrait d’ailleurs pas croire que seules des dénominations symboliques incorrectes sont créées. Le concours des plus beaux noms d’entreprises lituaniens, organisé par l’Inspection de la langue officielle, révèle aussi des cas d’une sensibilité linguistique remarquable, qui démentent l’opinion infondée selon laquelle les ressources en noms communs du lituanien seraient épuisées pour la création de noms d’entreprises: les possibilités de former des groupes nominaux ou d’autres combinaisons sont en effet inépuisables. Ainsi, parmi les lauréates du concours de 2014 figuraient des entreprises enregistrées en 2013 portant des noms évocateurs tels que « Akacijų užuovėja », « Džiaugsmo blykstė », « Genio uoksas », « Lėti vėjai », « Namo akys », « Sapnų namai », « Saldi prabanga », « Siūlo galas », « Skaičių miškas », etc.
7 La plupart des articles (certains ayant été précisés ou abrégés) ont été réunis dans la monographie Kalbos vartosena ir tvarkyba (Kniūkšta 2001: 339–406).
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D’un autre point de vue, les dénominations des personnes morales, y compris les dénominations symboliques, sont étudiées dans l’ouvrage Administracinė kalba ir jos vartosena (Kniūkšta 2005). Quant au terme simboliniai pavadinimai, en concurrence avec sąlyginiais pavadinimais, sutartiniais ženklais, il s’est probablement imposé grâce à P. Kniūkšta (Kniūkšta 2001: 339–341). Presque personne d’autre n’a étudié séparément les dénominations symboliques des entreprises, établissements ou organisations; elles sont mentionnées parmi les dénominations symboliques en général. Mais ces dénominations dans leur ensemble font rarement l’objet d’études, apparaissant seulement dans quelques articles (Valeckienė 1965; Drazdauskienė 1975; Sližienė 1979; Vaicekauskienė 1997; Kvašytė 2005; Jocaitė, Kvašytė 2006).
Certes, les dénominations symboliques sont abordées dans les grammaires en tant que constituants de phrases ou éléments de groupes de mots (LKG₃ 1976: 429–430; DLKG 1997: 557), mais uniquement sous un angle très général et non problématique. Elles sont également mentionnées dans des manuels de culture linguistique ou d’autres domaines (Brūzگienė ir kt. 2013; Linkevičienė 2013). Toutefois, comme il se doit, les grammaires traitent les niveaux syntaxique et morphologique, plus précisément les questions de flexion des dénominations et de leur emploi au génitif ou au nominatif, parmi les plus pertinentes, également abordées dans des articles et ailleurs (LKŽin 1998: 338; Pupkis 2005: 287–289). Les articles traitent aussi du lexique et de la formation des mots, tandis que le niveau élémentaire de l’orthographe et de la ponctuation est, pourrait-on dire, partout négligé, probablement parce qu’il est considéré comme allant de soi. Pourtant, l’usage actuel montre que c’est précisément ce niveau qui est devenu le plus délicat; cette difficulté peut en partie être due au manque d’attention accordée à cet aspect.
Le présent article entend contribuer à combler cette lacune. Il examinera donc les problèmes d’orthographe et de ponctuation des dénominations symboliques. Plus précisément, son objet est constitué par les tendances établies ou en cours d’établissement dans l’écriture des dénominations symboliques des personnes morales, ainsi que par les facteurs qui les déterminent. Cette analyse, qui propose également des solutions possibles au problème, devrait intéresser avant tout les instances chargées de la normalisation et de la régulation linguistiques; toutefois, en l’absence, dans les publications linguistiques, de certaines formulations ou d’explications suffisamment claires à leur sujet, elle sera également utile aux utilisateurs et aux créateurs de dénominations. Elle devrait leur permettre de mieux comprendre quelles formes d’écriture des dénominations symboliques sont réellement incompatibles avec la norme et où réside la contradiction.
1. LE PROBLÈME DE L’ÉCRITURE EN MAJUSCULES
1.1. Reflets de la conception des possibilités dans le registre des personnes morales
La règle d’écriture des dénominations symboliques est formulée ainsi dans le LKRS: « Diverses dénominations symboliques (lorsque les mots qui composent la dénomination sont employés au sens figuré) s’écrivent avec une majuscule et sont mises entre guillemets (sans guillemets, elles désigneraient un autre objet). » (LKRS 1992: 70). Comme ces dénominations peuvent comporter plusieurs mots, il est précisé dans la foulée: « Si la dénomination se compose de deux mots ou plus, seul le premier mot ainsi que les noms propres qui entrent dans la dénomination prennent une majuscule. » Cette règle est également reprise dans les manuels et les ouvrages de référence, par exemple: « Les dénominations symboliques composées sont mises entre guillemets; le premier mot y prend une majuscule, de même que les noms propres, par exemple: société anonyme à responsabilité limitée (abrégé en UAB) « Interneto vizija », la revue Socialinių mokslų studijos, l’établissement public (VšĮ) « Europos vartotojų centras », la société anonyme (AB) « Grįžulo Ratai », l’entreprise d’État (VĮ) « Regitra. » (Brūzgienė et al. 2013: 48). Ko-
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quelle est la fonction des majuscules et des guillemets dans ces cas n’est indiqué nulle part, mais la règle d’écriture elle-même est simple et ne semble vraiment pas nécessiter d’explications plus détaillées.
Peut-être est-ce en raison de cette simplicité que la règle n’est pas formulée dans les grammaires: l’écriture entre guillemets et la majuscule initiale ne ressortent que des exemples (LKG3 1976: 429–430; DLKG 1997: 557). La règle ne figure pas non plus dans les premiers textes normatifs destinés aux personnes chargées de créer des dénominations, ce qui s’explique par leur objectif: il s’agit de règles de formation des dénominations, et non de leur écriture. Une formulation sur l’orthographe apparaît en 1997; elle figure également dans les règles de formation des dénominations symboliques des établissements, entreprises et organisations adoptées en 2004. Cependant, toutes les autres dispositions de ces règles ne régissent que les dénominations en cours de création, c’est-à-dire celles qui ne sont pas encore officiellement enregistrées. Ainsi, la règle d’écriture qui s’y est glissée s’appliquait probablement elle aussi aux dénominations en cours de création.
Si les personnes chargées de créer les dénominations respectaient cette règle lorsqu’elles faisaient enregistrer obligatoirement une entreprise nouvellement créée au Registre des personnes morales, aucun problème ne se poserait. Malheureusement, la base de données administrée par l’entreprise d’État Centre des registres8 montre que seule une partie des inscriptions est conforme à la règle, par exemple: l’association « Taika per kultūrą », la société « Sniego gniūžtė », la petite société « Laumės skrynia », l’association de jardiniers « Mūsų Londonas », le club de protection des animaux « Draugo letena », la coopérative de crédit « Giminėlė », le centre communautaire du village de Tabariškės « Tabariškės kaip nutapytos », la société anonyme « Snaigė », la société anonyme à responsabilité limitée « Kita kryptis », la société de courtage d’assurance à responsabilité limitée « Destinija », l’association de construction de logements « Rytinis krantas ». D’autres dénominations, plus précisément leur partie symbolique, sont inscrites dans le registre en lettres majuscules, par exemple: le club ARBATA SU CITRINA, le club ŠA-MANAI, l’association VERSLAS STUDENTAMS, l’association TAVO DRUGYS, l’association des droits des auteurs de musique NATA, l’établissement public MANO MIESTAS, l’établissement public NAUJASIS VARGONŲ FORUMAS, l’organisation civique NAUJA KRYPTIS, la société anonyme à responsabilité limitée BINGELIS IR SŪNUS, la société d’entreprises agricoles LIETA. Ni le LKRS ni les règles de formation des dénominations ne prévoient la possibilité d’écrire en lettres majuscules. Le LKRS, ouvrage normatif qui expose le plus en détail l’orthographe lituanienne, ne mentionne pas cette pratique. Selon le LKRS, plusieurs majuscules consécutives ne sont possibles que dans une abréviation (LKRS 1992: 73–74). La question se pose donc à juste titre de savoir comment cette possibilité a vu le jour lors de l’enregistrement d’entreprises et d’autres personnes morales privées et publiques.
Les cas d’écriture intégralement en majuscules ne sont abordés séparément que dans l’article de Dana Vainauskienė, « Sur l’écriture intégralement en majuscules ». À propos des dénominations symboliques, l’autrice indique que, selon les règles d’orthographe lituanienne, elles s’écrivent entre guillemets, mais que « dans certains cas (par exemple sur des enseignes, des étiquettes ou dans la publicité), elles peuvent être mises en évidence au moyen d’une autre police ou d’autres caractères, c’est-à-dire en lettres majuscules, par exemple: le magasin UOSINGIS, l’hôtel AUKŠTAITĖJA, la société anonyme à responsabilité limitée KILIMAI <...>. » (Vainauskienė 1996: 71–72). Cette pratique avait déjà été évoquée auparavant dans les conseils méthodologiques et spécialisés mentionnés plus haut. Après avoir indiqué que les dénominations s’écrivent entre guillemets, il est ajouté: « Si une dénomination symbolique est mise en évidence graphiquement (placée sur une nouvelle ligne, dans une police plus grande), elle peut aussi être écrite sans guillemets, mais entièrement en majuscules (dans les annonces et ailleurs), par exemple: concert de l’ensemble LIETUVA. » (Kniūkšta 2001: 379–380). L’ouvrage Įstaigų, įmonių ir organizacijų pavadinimai distingue les enseignes: « Les dénominations symboliques proprement dites s’écrivent entre guillemets et commencent par une majuscule. <...> Les guillemets peuvent être remplacés par une autre police ou par des lettres entièrement majuscules: société anonyme Tauras, magasin SAULUTĖ. En général, les dénominations s’écrivent sans guillemets sur les enseignes: SAULUTĖ, LIETUVOS SPAUDA. » (Kniūkšta 2004: 28). Cette affirmation est reprise dans le livre Administracinė kalba ir jos vartosena (Kniūkšta 2005: 116).
8 Le Registre des personnes morales est accessible sur le site Internet du Centre des registres; disponible en ligne à l’adresse: http://www.registru-centras.lt/jar.
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Dans la Banque de consultations de la VLKK, ces domaines d’écriture sont résumés sous le terme de design: « Une variante en lettres majuscules ou dans une autre police peut être utilisée à des fins de design, par exemple dans la publicité, sur les enseignes, etc. »9 Certes, la possibilité de recourir à des équivalents des guillemets est également mentionnée dans le LKRS (en note), mais elle est désignée non pas comme l’emploi de majuscules, mais comme l’écriture dans une autre police ou sur une nouvelle ligne: « Les noms symboliques utilisés sans texte (sur des enseignes, des étiquettes, des couvertures de livres, etc.) ne sont pas placés entre guillemets. Toutefois, lorsqu’ils accompagnent un terme générique et ne sont pas mis en évidence par une autre police ou sur une nouvelle ligne, ils peuvent être placés entre guillemets, cf.: / Cinéma / Neris; Cinéma « Neris ». (LKRS 1992: 70).
Il ressortirait de l’ensemble de ces affirmations que l’écriture en majuscules constitue un équivalent des guillemets dans les textes non suivis et/ou publicitaires. Les domaines concernés sont néanmoins décrits de manière assez abstraite, et les formulations ne sont pas catégoriques. Ces domaines sont décrits plus en détail dans un ouvrage ultérieur (Kniūkšta 2005: 120–123), mais celui-ci montre que les conventions d’écriture peuvent même différer entre les enseignes et les inscriptions publicitaires. Le terme inscriptions publicitaires publiques est également employé, et l’affirmation selon laquelle les inscriptions publicitaires des noms « sont assez souvent écrites selon un procédé spécial et constituent la marque de l’entreprise; autrement dit, la marque est utilisée comme nom publicitaire » (Kniūkšta 2005: 121) associe aussi les noms symboliques à un autre domaine: les marques10. C’est précisément dans tous ces domaines que l’emploi des majuscules est le plus courant; cette écriture a donc pu, par analogie, être transférée de là au registre. On ne s’est pas appuyé sur les règles destinées aux personnes qui créent des noms, car la formulation relative à l’orthographe n’y apparaît que plus tard et ne prévoit que l’emploi d’une majuscule initiale. Certes, l’annexe des règles, au point 3 précisément, évoque une autre possibilité, mais il n’y est pas question de majuscules, seulement d’une autre police: « Les mots génériques exprimant le domaine ou la nature de l’activité, employés avec des noms symboliques, ne se fondent pas avec ceux-ci: ils constituent une partie secondaire, même si elle est graphiquement séparée, du nom propre. Le nom symbolique s’écrit entre guillemets (les guillemets entourant le nom symbolique peuvent être remplacés par une autre police), les mots génériques s’écrivent en caractères ordinaires. » (VŽ 1995, 1997c). Les autres polices n’ont pas été appliquées dans le registre. En outre, l’intitulé de l’annexe, « Emploi et écriture des mots génériques dans les noms », laisse penser qu’elle est en fait destinée non pas aux personnes qui créent des noms, mais à décrire l’écriture dans un texte de noms déjà créés et enregistrés.
Quelle qu’ait été la raison de l’apparition dans le registre d’entrées en majuscules, celles-ci seraient conformes au principe des équivalents des guillemets si le registre entier avait été constitué selon ce principe. Malheureusement, lors de l’enregistrement des personnes morales, de nombreuses autres possibilités ont également été mises en œuvre, par exemple l’écriture en majuscules des mots indiquant la forme juridique: AKCINĖ BENDROVĖ „UKMERGĖS ŠILAS“, UŽDAROJI AKCINĖ BENDROVĖ „LAKŠTAS“, UŽDAROJI AKCINĖ BENDROVĖ FINANSŲ MAKLERIO ĮMONĖ „KAPITALO SRAUTAI“, ASOCIACIJA „ŽINIŲ EKONOMIKOS FORUMAS“, KLUBAS „VIJA PINAVIJA“, VIEŠOJI ĮSTAIGA „UGNIES ANGELAI“, RIEŠĖS TENISO KLUBAS „PUOLANČIOJI ŽVAKĖ“, LABDAROS FONDAS „MŪSŲ KRANTAS“, METAFIZIKOS STUDIJA „GYVA ERDVĖ“, PROTESTANTŲ BAŽNYČIA „NAUJOJI KARTA“, SODININKŲ BENDRIJA „PUOŠMENA“. Dans ces cas, les personnes chargées de créer les noms ont hésité quant aux guillemets: le registre contient aussi des entrées telles que ASOCIACIJA SAVAS PASAULIS VISUR, MAŽOJI BENDRIJA SAULĖS VAIKAS, VILNIAUS VAIKŲ IR JAUNIMO DIABETO KLUBAS DIABITĖ PLUS. L’article de D. Vainauskienė mentionné plus haut affirme que, lorsque tout est écrit en majuscules, la partie symbolique doit être placée entre guillemets: « Le nom symbolique …………………………
9 Voir l’entrée de la Banque de consultations, disponible en ligne: http://www.vlkk.lt/lit/10401.
10 La relation entre les noms et les marques est examinée plus en détail dans un article distinct (Kniūkšta 2006a), tandis que la relation entre les inscriptions publiques et la publicité, les enseignes et les marques, ainsi que le fonctionnement des noms d’entreprises dans ces domaines, sont traités dans un ouvrage distinct (Kniūkšta 2006b).
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il est nécessaire de les mettre entre guillemets ou de les distinguer par une autre police lorsque le nom symbolique et les indications du statut de l’entreprise sont tous deux écrits exclusivement en majuscules. » (Vinauskienė 1996: 72). Toutefois, le domaine d’application de cette écriture n’est pas défini, bien que la formulation soit, elle aussi, probablement fondée sur des domaines autres que les textes suivis et qu’elle leur ait été appliquée. Rien ne permet d’affirmer que les fondateurs d’entreprises se sont fondés précisément sur cette formulation; le principe de l’analogie a plutôt dû également jouer, sous l’influence des inscriptions publiques, des enseignes ou des textes publicitaires. Cette écriture pourrait aussi être appliquée dans le registre si les noms de toutes les entreprises étaient écrits en majuscules et séparés par des guillemets de l’indication de leur forme juridique. Dans une écriture entièrement en majuscules, les guillemets rempliraient une fonction distinctive, c’est-à-dire qu’ils délimiteraient la partie symbolique. Mais lorsque de telles entrées côtoient des noms dans lesquels les majuscules tiennent lieu de guillemets, comme club ARBATA SU CITRINA, la fonction des guillemets comme celle des majuscules devient ambiguë. L’écriture en majuscules n’est alors plus simplement un équivalent des guillemets, car deux équivalents ne pourraient pas être employés simultanément.
Les guillemets apparaissent également en raison de l’écriture en majuscules dans un autre cas: lorsque l’indication de la forme juridique accompagnant un nom symbolique est abrégée. La possibilité de l’abréger est mentionnée dans l’annexe des règles, précisément au point 5.2. Cependant, l’annexe ne s’adresse pas uniquement aux personnes qui créent des noms; cette autre possibilité a donc pu être prévue comme une manière d’écrire dans un texte un nom déjà constitué. Elle a néanmoins été saisie par les fondateurs d’entreprises. Depuis le 1er janvier 2004, le nom relevait de leur seule responsabilité11; ils ont donc librement choisi non seulement le nom, mais aussi la manière de l’écrire et de présenter l’indication de la forme juridique. Et, comme le montre le registre, ils ont choisi (et continuent de choisir) non seulement établissement public, entreprise individuelle, petite société de personnes, société agricole, société anonyme fermée, société de courtage en assurances à responsabilité limitée, association de propriétaires d’immeubles collectifs, association de propriétaires de maisons individuelles, mais aussi les abréviations VšĮ, IĮ, MB, ŽŪB, UAB, UADBB, DNSB, IGNSB, etc., par exemple: VšĮ „Taip kaip“, VšĮ „Bet kas zyžia“, IĮ „Virgis“, IĮ „Bijai vilko, neik į mišką“, MB „Ratai visiems“, MB „Spalvos mintims“, UAB „Maljorka“, UAB „Kodėl gi ne?“, UAB „Tikrai geras verslas“, ŽŪB „Tikri dalykai“, ŽŪB „Žibučių ūkis“, UADBB „Draudima“, UADBB „Hokena“, DNSB „Versmės spalvos“, DNSB „Šiluvos svaja“, IGNSB „Kalotės kalnas“, IGNSB „Purmaliė“. Si l’on choisit en outre d’écrire la partie symbolique en majuscules, il en résulte une accumulation de majuscules qui empêche de distinguer les sens figuré et propre, et il ne reste d’autre solution que d’employer des guillemets. Dans ces cas aussi, les pratiques ont beaucoup varié: le registre contient des entrées telles que IĮ „FINANSŲ SRAUTAS“, IĮ „GERAS GARAS“, IĮ „ŠIAUDAIS KŪRENAM – GERAI GYVENAM...“, VšĮ „IŠ ŠIRDIES Į ŠIRDĮ“, VšĮ „ŠIAULIŲ ŠAULYS“, UAB „LOTOSŲ JŪRA“, UAB „SIMO RATAI“, ŽŪB „ŠOVENIS“, UADBB „SANDĖJAS“, UADBB „RYTOJAUS GARANTAS“, UADBB „APSIDRAUSKIME“, DNSB „BURBIŠKIŲ KALVA“, DNSB „LIEPKALNIJA“; mais aussi d’autres telles que MB IDEALUS VERSLAS, MB LAIMĖS PIEVA, MB RAMI ŠIRŠĖ, IĮ AKMENS TVORA, IĮ PROTINGA VARNA, VšĮ TIESIOG TEATRAS, VšĮ SPORTAS GYVAI, UAB ŠVIESKI MAN VĖL, UAB TECHNOLOGINĖ LINIJA, UAB KAUNO RATAI, UAB SAULĖS ŽEMĖ. L’article de D. Vinauskienė (1996: 72) affirme que, dans ces cas également, la partie symbolique doit être placée entre guillemets, mais il ne précise pas le domaine auquel s’applique cette manière d’écrire. Appliquée au registre, elle est également problématique, d’abord parce que les entrées varient. Dans des noms tels que MB IDEALUS VERSLAS, l’écriture en majuscules pourrait être considérée comme un équivalent des guillemets; cependant, lorsque des guillemets sont également employés (par exemple IĮ „FINANSŲ SRAUTAS“), la fonction tant de l’écriture en majuscules que des guillemets devient ambiguë.
11 Voir sur le site de la VLKK, disponible en ligne: http://vlkk.lt/lit/103421 (consulté le 04/11/2014).
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La tendance à enregistrer la dénomination d’une entreprise entièrement en majuscules pourrait s’expliquer par la copie d’inscriptions publiques, voire par certains aspects de la préparation des documents12. En revanche, les autres modes d’écriture des dénominations dans le registre sont manifestement liés aux tendances et aux règles propres au texte suivi. Il s’agit des cas déjà mentionnés où seule la première lettre du nom symbolique prend une majuscule, y compris ceux où la mention de la forme juridique de l’entreprise est abrégée. C’est précisément l’écriture avec une majuscule initiale qui est prescrite par la règle du LKRS; toutefois, la diversité des inscriptions dans le registre la rend elle aussi problématique: entre autres, elle donne l’impression que les dénominations jugées plus importantes sont mises en évidence par les majuscules. D’autant que cette fonction de mise en relief est effectivement prévue dans les ouvrages de langue.
Après avoir examiné tous les cas d’écriture entièrement en majuscules et mentionné en premier l’écriture des noms symboliques, D. Vainauskienė conclut dans son article: « l’emploi des majuscules traduit la volonté de l’auteur de faire ressortir ce qui est particulièrement important » (Vainauskienė 1996: 74). Cette écriture est qualifiée de mise en relief, mais cette fonction est attribuée à d’autres procédés de mise en relief autorisés par le traitement de texte, tels que le changement de police ou les différentes tailles de police et de caractères, les caractères gras ou espacés. Une fonction de mise en relief est également prévue dans les Redagavimo pradmenyse de Nijolė Linkevičienė, mais non pour l’écriture en majuscules: elle est attribuée aux styles de police: « <...> on peut modifier le style de la police choisie si l’on souhaite faire ressortir quelque chose, le souligner particulièrement ou attirer l’attention du lecteur. On distingue quatre styles de police: normal, gras, italique, gras italique. » (Linkevičienė 2013: 55). Dans cet ouvrage, le procédé graphique semble être distingué du style de police, puisqu’il n’est mentionné qu’à propos des citations: « Dans le texte, les citations sont délimitées par des guillemets (si elles sont mises en relief par une autre police ou un autre procédé graphique, les guillemets peuvent être omis). » (Linkevičienė 2013: 57). On en déduirait que le procédé graphique est associé uniquement à un signe de ponctuation. Il n’est associé qu’aux guillemets également dans l’ouvrage le plus récent consacré à l’orthographe et à la ponctuation — le Europos Sąjungos institucijų vertimo į lietuvių kalbą vadove (ci-après ESIV) —, mais il en ressort qu’il n’y a pas de différence entre la mise en relief par la police et la mise en relief graphique: la section s’intitule Grafiniu skyrimu et mentionne les polices, y compris les majuscules: « Au lieu de guillemets, on peut mettre en relief, au moyen de la police (italique, gras, couleur de la police, majuscules, etc.), des citations, des abréviations syllabiques, des noms symboliques ou étrangers, etc. » (ESIV 2014: 38). Même si, par rapport aux Redagavimo pradmenyse, la fonction de l’écriture en majuscules semble ici envisagée plus largement, selon le LKRS, les noms des organisations, des œuvres et des publications cités devraient eux aussi être considérés comme des citations (LKRS 1992: 227). Le procédé graphique comme équivalent d’un signe de ponctuation est également mentionné au point 13.1 des règles de ponctuation du lituanien mises à jour en 2006: les citations doivent être entre guillemets, mais ceux-ci peuvent être omis si elles sont mises en relief par une autre police ou un autre procédé graphique (VŽ 2006a).
Les ouvrages qui mentionnent le procédé graphique présentent certaines incohérences, mais leur ensemble semble indiquer que l’écriture en majuscules peut remplir une double fonction: mettre en relief certains éléments du texte et servir de signe de ponctuation. Si les guillemets remplissent la fonction de signe de ponctuation et que les majuscules servent à faire ressortir les éléments importants, il pourrait aussi arriver, dans un texte, que l’on écrive à la fois en majuscules et entre guillemets. Cette règle de mise en relief à deux niveaux n’est formulée nulle part, mais le LKRS montre qu’elle est possible: dans les exemples, les noms symboliques sont à la fois entre guillemets et en lettres espacées, procédé utilisé dans tout l’ouvrage pour mettre en évidence les mots des exemples examinés, par exemple: saldainiai „Burtininkė“; cigaretės „Jūratė“; romanas „Sukilėliai“ (LKRS 1992: 71). C’est précisément à partir des textes suivis, faute de distinguer les pratiques d’écriture propres à différents domaines, que ce procédé a pu être transposé au registre. Celui-ci compte de nombreuses dénominations écrites à la fois en majuscules et entre guillemets, par exemple: individuali įmonė „SPALVOS“; E. Mizgerienės firma „SIDABRINĖ
12 Ainsi, les règles de préparation des documents exigent que la dénomination de l’auteur du document soit écrite en majuscules grasses (VŽ 2001).
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GARBANA“; G. Smalinskienės vertimų biuras „GERAS STILIUS“; K. Simanavičiaus salonas „PAS MARIJĄ“; viešoji įstaiga „AUKSO ŠVIESA“; mažoji bendrija „ATARAS“; visuomeninė organizacija „PER BRASTĄ“; medžiotojų klubas „SENASIS VILKAS“; Radviliškio rajono literatų klubas „JONVABALIS“; akcinė bendrovė „KLAIPĖDOS RYTAS“; uždaroji akcinė bendrovė „AKUMULIATORIŲ SPEKTRAS“; uždaroji akcinė draudimo brokerių bendrovė „KOMPENSA“; uždaroji akcinė bendrovė finansų maklerio įmonė „FINVESTA“; kredito unija „JONAVOS ŽEMĖ“; À en juger du moins par les formulations des ouvrages de langue, la fonction de mise en relief ne serait justifiée que dans un texte suivi. Or, les particularités des textes non suivis ne sont pas examinées dans ces ouvrages et les règles à leur sujet sont à peine formulées. Appliqué au registre, ce mode d’écriture ne poserait pas non plus de problème si les majuscules mettaient en évidence la partie symbolique de toutes les dénominations. Mais employé à côté d’inscriptions conformes à la règle du LKRS, telles que MB „Duok penkis“, il n’explique plus du tout la fonction de l’écriture en majuscules, à moins qu’il ne donne réellement l’impression que les dénominations les plus importantes sont mises en évidence par les majuscules. Employé à côté de dénominations telles que klubas ŠAMANAi, il brouille la fonction des guillemets: comme les dénominations ne diffèrent que par la présence ou l’absence de guillemets, on peut croire que les dernières ne sont pas des noms symboliques ou que les guillemets sont facultatifs pour écrire les noms symboliques.
Une autre possibilité adoptée par les créateurs de dénominations, pourtant caractéristique des textes suivis, brouille également les fonctions respectives de l’écriture en majuscules et des guillemets, ainsi que leur rapport. Elle a pu être interprétée à leur manière à partir de l’annexe aux règles, où il est indiqué: « Les dénominations officielles peuvent être réorganisées de manière à placer le nom symbolique au début et à déplacer à la fin les mentions du statut ou leurs abréviations. Dans ce cas, elles sont séparées du nom symbolique par une virgule, par exemple: uždaroji akcinė bendrovė „Beržas“ / UAB „Beržas“ / „Beržas“, uždaroji akcinė bendrovė / „Beržas“, UAB.» (VŽ 1995). La formulation « les dénominations officielles peuvent être réorganisées » indique manifestement que cette possibilité n’était probablement pas non plus destinée aux créateurs de dénominations. Son application par ces derniers a ajouté à la diversité des inscriptions du registre des cas comme „Robotų technologijos“; MB; „Perkūno investicijos“; MB; „Žemuogėlių pieva“; VšĮ; „Dievo dovana“; ŽŪB; „Reklama ant transporto“; UAB; „Vabalo kompanija“; UAB; „Ūko medis“; UAB; „Logistikos zona“; UAB; „Kitoks miestas“; UAB; „Sraunioji Ratnyčia“; DNSB. Comme la possibilité d’écrire la dénomination en majuscules a également été considérée, comme indiqué précédemment, comme un choix facultatif, des inscriptions en majuscules sont aussi apparues, par exemple: „VILKVEDIS“ ŽŪB; „RINKA PLIUS“ UAB; „BALTIJOS TURTO GRUPĖ“ UAB; „KAIMYNŲ PARKAS“; VIEŠOJI ĮSTAIGA. Mais ce n’est pas encore toute la diversité des usages. En effet, lorsque l’abréviation de la forme juridique est postposée, on tend à ne pas encadrer la partie symbolique de guillemets, par exemple: Ginto miškas, MB; Gardas, MB; Žibartonių mėsa, MB; Idėjų alėja, UAB; Mano apdaila, UAB; Kompiuterinis langas, UAB; Naujoji rinka, UAB; Darbas Europoje, UAB; Imbiero debesys, UAB; Draudūna, UADBB. De la même manière, la partie symbolique des dénominations écrites en majuscules n’est pas non plus encadrée, par exemple: GAMA, UAB; AMATAS, UAB; AKMAS, UAB; BALTIJOS MONETOS, UAB; DERLINGA ŽEMĖ, UAB; ŠVAROS MISIJA, UAB; VILNIAUS NEKILNOJAMOJO TURTO IDĖJOS, UAB; VERSLO BANKAS, UAB; EDRAUDA, UADBB; SVEIKATOS METAI, VIEŠOJI ĮSTAIGA.
Il n’existe pas de règle prévoyant la possibilité de ne pas mettre entre guillemets la partie symbolique qui précède la mention de la forme juridique, mais cette tendance peut être associée aux textes non suivis. Dans les listes, les catalogues, les tableaux ou les graphiques, il est habituel et tout à fait justifié de ne pas employer de guillemets dans de tels cas, à condition que l’ensemble de la liste, du catalogue, du tableau ou du graphique soit établi selon un principe unique. Les guillemets seraient superflus, surtout si la partie symbolique est écrite en majuscules. Toutefois, comme indiqué, les particularités orthographiques et de ponctuation des textes non suivis ne sont pas abordées dans les ouvrages de langue.
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ne sont pas examinés. Seule la note du LKRS indique que les dénominations symboliques utilisées sans texte ne doivent pas être mises entre guillemets. Il est vrai qu’au sujet de celles qui sont employées avec un terme générique, il est dit qu’il est possible de distinguer la partie symbolique, ce qui ne formule donc qu’une possibilité. La tendance à écrire sans guillemets est probablement aussi influencée par le fait qu’un signe de ponctuation est déjà utilisé: la virgule. Ce principe d’écriture pourrait également être appliqué dans le registre, mais uniquement dans le respect du principe d’uniformité des inscriptions. Appliqué en même temps que d’autres types d’inscriptions, comme « Swedbank », AB, il renforce l’impression que les guillemets sont un signe de ponctuation facultatif. Utilisés conjointement, tous ces modes d’écriture variables rendent toutefois floues les fonctions des guillemets et des majuscules, ainsi que leurs rapports. Enfin, les personnes qui créent les dénominations peuvent avoir l’impression qu’il faut écrire comme bon leur semble. On trouve dans le registre des cas qui confirment cette supposition et qu’il n’est plus possible de rattacher à une quelconque formulation ou régularité, par exemple: UAB PERKŪNKIEMIS plius, l’association « VISAS PASAULIS manyje », l’établissement public KAČIŲ MYLĖTOJŲ KLUBAS « PONAS KATINAS », le club d’investissement « RIZIKA plius », UAB « Figūra PLIUS », la société anonyme fermée « SAVAS TAKAS » IR KO, la société anonyme fermée PREKYBOS NAMAI « KAMANĖ », l’établissement public MOKYMO CENTRAS « TOBULAS VERSLAS », la société anonyme fermée KLAIPĖDOS JŪRŲ KROVINIŲ KOMPANIJA « BEGA », l’organisation sociale VILNIAUS MIESTO SPORTO KLUBAS « TEMPAS ».
Après avoir examiné les inscriptions du registre lituanien, on peut considérer leur ensemble comme un mélange de particularités d’écriture propres aux différents domaines de fonctionnement des dénominations des personnes morales. Ces particularités ont été transposées aussi bien des inscriptions publiques, des enseignes, des textes publicitaires ou des documents que des textes suivis, sans distinction entre les domaines. D’un autre côté, cette distinction n’est guère soulignée dans les ouvrages linguistiques, et les particularités de l’écriture dans les différents domaines ne sont pas étudiées, car l’attention porte d’abord sur l’orthographe et la ponctuation des textes suivis. Néanmoins, étant donné que ces dénominations sont étroitement liées à divers domaines non couverts par les textes suivis, mais liés d’une manière ou d’une autre à la langue, il faut évoquer d’autres possibilités. Ainsi, comme on le voit, le principal facteur à l’origine de la situation délicate dans le registre est le caractère multiforme des dénominations des personnes morales en tant que phénomène, ainsi que leur fonctionnement dans des domaines disposant de nombreux moyens graphiques. La création des dénominations ayant été entièrement confiée aux fondateurs des entreprises, et ceux-ci n’ayant pas tenu compte des différences entre les domaines, diverses possibilités ont été appliquées dans le registre. Celui-ci n’a pas non plus fonctionné comme un mécanisme uniformisant la forme des inscriptions. Il constitue pourtant un autre domaine particulier d’utilisation des dénominations.
Dans le dictionnaire de la langue lituanienne, le mot registras est défini comme une « liste, un index; un livre où sont consignés les courriers reçus et expédiés » (LKŽe 2005). Pour une liste ou un livre, il est généralement d’usage d’appliquer les principes d’uniformité formelle et de systématicité, mais ils ne sont habituellement pas formulés non plus dans les ouvrages linguistiques; ils sont probablement considérés comme relevant du choix des compilateurs de listes ou des éditeurs. Même si la possibilité de distinguer graphiquement les éléments d’un texte suivi est formulée, il n’est pas souligné que ce principe s’applique à tous les éléments identiques d’un même texte. Toutefois, à en juger par les dispositions du registre des personnes morales, le mot registras reçoit également un autre sens: « Le registre a pour objet d’enregistrer les objets du Registre et de recueillir, accumuler, traiter, systématiser, conserver et fournir des données, des informations et des documents les concernant. » (VŽ 2012). Il semblerait donc que le registre soit compris comme un certain ensemble de données, une base ou un mécanisme d’enregistrement des faits. Les fondateurs des entreprises, auxquels la création des dénominations avait été confiée, ne pouvaient évidemment être incités à adapter la forme graphique de celles-ci aux autres inscriptions du registre. La diversité des inscriptions s’est ainsi imposée et, une fois installée, elle a commencé à susciter des problèmes imprévus, d’abord en raison du statut particulier du registre.
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1.2. Aspects juridiques du problème
Il serait facile de qualifier la diversité d’écriture des dénominations symboliques examinée ci-dessus d’erreurs dans un texte unique, mais le registre n’est ni un texte suivi ni simplement l’un des textes. À compter du jour où une demande d’immatriculation d’une personne morale est présentée au Centre des registres, sa dénomination est protégée par la loi. Elle est la propriété de la personne morale. Cela est énoncé à l’article 2.39 du Code civil; l’article 1.114 précise également que le droit civil protège, entre autres objets, « la dénomination d’une personne morale, les marques de produits (services) et les autres valeurs auxquelles la loi attache la naissance de certaines conséquences juridiques » (VŽ 2000).
L’article 2.40 du Code civil dispose également que la dénomination d’une personne morale doit être formée conformément aux normes de la langue lituanienne standard; pourtant, des personnes morales ont été immatriculées sous des dénominations qui ne respectent pas ces normes. Cela s’est produit pour diverses raisons: premièrement, les dénominations ont été créées par des personnes qui ne maîtrisaient pas suffisamment les questions de formation des mots et de langue (Kniūkšta 1992a: 12); deuxièmement, elles étaient soumises à des « exigences formalistes et bureaucratiques, difficilement conciliables avec les normes et les tendances de la langue » (Kniūkšta 1992a: 12); troisièmement, les règles n’ont été élaborées que plus tard, alors que de nombreuses dénominations avaient déjà été créées (Kniūkšta 1992b); quatrièmement, même les règles élaborées ne pouvaient pas prévoir d’emblée tous les cas (Kniūkšta 2011: 388–392); cinquièmement, il arrive que des abus soient commis délibérément (Kniūkšta 2011: 388), lesquels, à en juger par des articles publiés dans les médias en ligne (Narvydaitė 2012; Martišiūtė 2013; Milius 2013; Migonytė 2014), sont le plus souvent liés à la volonté de donner à une entreprise une dénomination non lituanienne. Il faut aussi reprendre les dénominations incorrectes dans les textes lorsque les entreprises ont déjà été immatriculées sous celles-ci, par exemple en recopiant les erreurs de syntaxe (
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kaltina kitas įmones dėl pavadinimo tapatumo ar klaidinamo panašumo (pvz., LAT 2005, 2006a, b, 2009a, b)14.
Lorsqu’on entend parler de procès, on craint qu’en corrigeant une faute d’orthographe, on ne modifie aussi la forme d’une lettre et que la dénomination ne soit alors considérée comme une autre. En réalité, il ressort de ces affaires que la forme d’une lettre ou un signe de ponctuation ne constitue généralement pas le fondement des actions en justice; il s’agit au moins d’une lettre ou d’une combinaison de lettres, d’un mot ou d’un groupe de mots, et les dénominations doivent être reconnues comme prêtant à confusion en raison de leur similitude. Toutefois, il est plus prudent de reproduire la forme des lettres telle qu’elle figure au registre, d’autant que même le VLKK, qui recommande de suivre la règle générale d’écriture des dénominations symboliques, ne nie pas la possibilité de problèmes. En réponse, dans la Banque de consultations, à la question de savoir si une dénomination symbolique enregistrée en majuscules doit nécessairement être utilisée en majuscules, on ajoute: « Malheureusement, il arrive qu’une personne morale inscrive sa dénomination en caractères majuscules lors de son immatriculation, ce qui entraîne ensuite des désagréments tant pour elle-même que pour les utilisateurs. »15
Pour déterminer si la modification de la forme des lettres peut porter atteinte au critère d’identité, il faudrait examiner les inscriptions du registre, ses dispositions ou ses règles, ce qui n’est pas du ressort des réviseurs linguistiques ni des auteurs qui ne font que retranscrire les dénominations. L’examen des inscriptions montrerait qu’il existe une différence de lettre, mais apparemment pas de forme de lettre, à l’exception des dénominations d’associations de copropriétaires ou de jardiniers, qui peuvent même avoir exactement la même forme de lettres; ces personnes morales sont toutefois distinguées par leurs adresses. Le fait que la forme des lettres ou les guillemets ne constituent pas des éléments distinctifs des dénominations est également confirmé par les règles de gestion du registre des personnes morales: lors de la vérification visant à déterminer si la dénomination présentée est identique à celles déjà immatriculées ou temporairement inscrites au registre, aux marques de produits et de services enregistrées en République de Lituanie ou dans la Communauté européenne, aux marques internationales dont l’enregistrement a été étendu à la Lituanie, ainsi qu’aux dénominations mentionnées dans des demandes déposées antérieurement, le Centre des registres considère une dénomination comme différente « lorsqu’au moins une lettre ou un chiffre ne concorde pas », et « lors de la vérification de l’identité d’une dénomination, les mots désignant la forme juridique de la personne morale ou leurs abréviations ne sont pas pris en compte » (Įsakymas 2013). Toutefois, ces règles ne définissent pas la notion de lettre.
Si la notion est comprise dans son sens habituel, c’est-à-dire comme dans les ouvrages consacrés à l’orthographe et à la ponctuation du lituanien, la taille des lettres ne devrait effectivement pas constituer un critère distinctif. Or, ces ouvrages ne définissent pas non plus la lettre; ils indiquent seulement que les sons de la langue sont représentés par des lettres (LKRS 1992: 7), sans même définir les notions de lettre majuscule, lettre minuscule. Parmi les ouvrages linguistiques de référence, seul le Lietuvių kalbos žinynas fournit peut-être une explication: il affirme que les lettres ont quatre formes, à savoir les majuscules et les minuscules, les caractères d’imprimerie et les caractères manuscrits (LKŽin 1998: 305). On comprend ainsi que la majuscule est une forme de lettre; en revanche, la fonction de cette forme au niveau de la langue devrait être déterminée, le cas échéant, à partir de l’ensemble des règles orthographiques. Celles-ci montrent que la forme est importante au niveau de la langue: la majuscule distingue les noms propres des noms communs (LKRS 1992: 60–64). Il s’ensuivrait que remplacer une majuscule par une minuscule dans une dénomination pourrait transformer un nom propre en nom commun. Les règles de ponctuation ou d’écriture des dénominations montrent également que les guillemets remplissent une fonction distinctive: lorsqu’on écrit des dénominations symboliques, ils indiquent que la dénomination n’est pas
14 Le Code civil prévoit la possibilité de saisir les tribunaux, précisément dans son article 2.42: « La personne morale dont le droit à la dénomination est violé parce qu’une autre personne utilise illégalement sa dénomination, ou parce qu’une autre personne détient ou utilise une dénomination qui ne satisfait pas aux exigences de l’article 2.39 du présent Code, a le droit de saisir le tribunal et de demander à celui-ci d’enjoindre à la personne morale de mettre fin aux actes illicites ou de modifier sa dénomination, et de réparer le préjudice matériel et moral causé par ces actes; si le paragraphe 1 du présent article a été violé, elle peut également demander que la personne lui remette tout ce qu’elle a obtenu en se prévalant de la dénomination ou en l’utilisant sans le consentement de son titulaire. » (VŽ 2000).
15 Cela est indiqué sur le site Internet du VLKK, disponible à l’adresse suivante: http://vlkk.lt/lit/nutarimai/imoniu-pavadinimai.html (consulté le 04/11/2014).
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tiesioginės, o perkeltinės reikšmės (LKRS 1992: 64–71). Kita vertus, jei pavadinimų yra įregistruota šių skiriamųjų funkcijų nepaisant, jie turėtų būti vertinami kaip kalbos klaidos ir taisomi. Tačiau įregistruota įmonė turi juridinį statusą, jos pavadinimą saugo įstatymai. Abejonių, kiek su statusu yra susijęs rašymas didžiosiomis raidėmis, irgi gali kilti, bet taip registre rašomus pavadinimus perteikti pagal LKRS formuluojamą taisyklę dar kebliau, nes rašymą didžiosiomis raidėmis dar ir sunku vertinti kaip kalbos klaidą. Nors LKRS jis tarp rašybos ar skyrybos atvejų neminimas, vis dėlto, kaip aiškėja, galimybė taip rašyti neatmestina net ir rišliuose tekstuose. Be to, didžiosios raidės ir rašymo didžiosiomis raidėmis funkcijos aiškiai neapibrėžiant ir jų santykio neįvardijant, kalbos vartotojai paprasčiausiai tarp rašymo didžiosiomis raidėmis ir didžiosios raidės gali nedaryti skirtumo. Kadangi didžioji raidė skiriamąją funkciją atlieka, tokia funkcija gali būti teikiama ir rašymui visomis didžiosiomis raidėmis, o tai irgi gali būti paskata rišliame tekste perteikti įregistruotąjį raidžių pavidalą.
À toutes ces incertitudes s’ajoute le rapport entre les dénominations des personnes morales et les marques. Une dénomination peut être choisie comme marque et, en tant qu’élément graphique visuel, les majuscules, contrairement aux signes verbaux, remplissent effectivement une fonction distinctive. P. Kniūkšta a décrit ainsi les différences entre une marque et une dénomination: « La particularité des marques est qu’elles ont une représentation déterminée et d’autres éléments distinctifs – une police, une couleur, une composition. Dans bien des cas, le signe se compose à la fois d’éléments verbaux et figuratifs. Par exemple, la marque OMNITEL s’écrit en majuscules, les trois dernières lettres étant inscrites dans un ovale allongé bleu <...> Même les marques constituées uniquement d’éléments verbaux ont leurs propres caractéristiques distinctives et leur propre représentation graphique: c’est ce qui les distingue des dénominations. Une dénomination peut être écrite dans différentes polices et avec différentes lettres; quelle que soit la manière dont elle est écrite, elle reste une dénomination. Une marque, elle, est nécessairement présentée sous sa propre forme graphique, telle qu’elle a été enregistrée. » (Kniūkšta 2006a: 35). Cette explication de la différence montre également que modifier la forme d’une lettre ne modifie pas la dénomination, mais que l’usage, de ce fait, devient beaucoup plus hésitant.
1.3. Reflets du problème dans l’usage
Il va de soi que la situation qui s’est installée dans le registre a la plus grande influence sur les personnes qui créent les dénominations elles-mêmes. En effet, avant de soumettre une dénomination au Centre des registres, elles consultent cette base de données et vérifient si une entreprise portant déjà cette dénomination y est inscrite. La diversité des graphies qui s’est imposée continue de dérouter les créateurs de dénominations, comme le montre également le contrôle effectué par la VLKK: les dénominations soumises pour évaluation sont écrites en majuscules, les dénominations symboliques sans guillemets, et celles au sens indirect entre guillemets16.
Cependant, cette situation n’influence pas seulement les créateurs, mais aussi les utilisateurs des dénominations déjà créées. Pour présenter diverses listes et divers répertoires d’entreprises, on tend précisément à suivre le principe de la graphie figurant au registre. Ainsi, dans les listes des entreprises les plus puissantes du pays, les dénominations des entreprises enregistrées en majuscules sont reproduites telles quelles: « ADMINSTA », « AISANA », « AJAGA », « GEVALDA », « KONVITA », « TIEKUVA », « LONIUKAS », « MELGOS RATAI », « VILNIAUS KELIAI », etc.; celles qui sont enregistrées conformément à la règle formulée par la LKRS sont, quant à elles, reproduites selon cette règle, par exemple: UAB « Technikos
16 Les propositions de dénominations de chaque mois sont présentées sur le site Internet de la VLKK, dans la rubrique Naujienos, consultable à l’adresse suivante: http://www.vlkk.lt/lit.
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centras »; UAB « Techninis projektas »; UAB « Transeka »; UAB « Stogyga »; UAB « Šildukai »17. Les dénominations symboliques enregistrées sans guillemets s’écrivent sans guillemets, par exemple: UAB Gansta, UAB PROTINGI BALDAI, UAB AUTOKATA, UAB ELVAPA, UAB LAISKA. On s’efforce même de reproduire la manière dont l’indication de la forme juridique est écrite, par exemple: uždaroji akcinė bendrovė « Vetagra », UŽDAROJI AKCINĖ BENDROVĖ « VIBALTPEGA »; UŽDAROJI AKCINĖ BENDROVĖ « EKOLOGINĖ SFERA »; uždaroji akcinė bendrovė « VĖJO VATAS »; UAB « VĖJO GŪSIS »; UAB « Veržą »; UAB « Verslo balansas ». La position de cette indication dans le registre est également respectée, par exemple: UAB « Sangina »; UAB « Prodentas »; mais Inspecta, UAB; LINDETA, UAB. D’autres listes sont établies de la même manière18; de nombreux répertoires d’entreprises suivent également ce principe19, sans être à l’abri d’erreurs. Les créateurs de dénominations ont ainsi l’impression que, pour les dénominations symboliques, la graphie est une question de choix.
Les dénominations symboliques sont également présentées sous la forme inscrite au registre sur les sites Internet des entreprises, par exemple: UAB « MANO KREDITAS » a mis en place des mesures organisationnelles et techniques appropriées pour protéger les données contre toute destruction, divulgation ou modification accidentelle ou illicite, ainsi que contre tout autre traitement illicite20; UABDB « EFEKTYVUS SPRENDIMAS » fournit des services d’assurance depuis le 23 juin 200321; UAB « ARTELAS » cherche à être, aux yeux de ses clients et partenaires, la meilleure, tant par la qualité de ses services que par la flexibilité de ses prix22; « SAUGOS SPEKTRAS » est une entreprise dynamique, flexible et en pleine expansion, dont l’activité principale est l’installation de systèmes antivol automobiles fiables et certifiés, ainsi que d’équipements audio de qualité23; Nous sommes une entreprise ŠVAROS MISIJA, UAB, fondée en 199724; Au cours des huit années d’existence de l’entreprise, UAB MIGLIUKAS a remplacé les fenêtres et les portes de plus d’un millier de clients25; UAB DAIVIDA est une entreprise de production et de transformation de viande26. Toutefois, toutes les entreprises ne respectent pas la forme enregistrée. Ainsi, « Finasta », enregistrée sous le nom d’AB bankas « FINASTA », écrit sa dénomination conformément à la règle formulée par la LKRS, par exemple: Si vous détenez un compte à la banque « Finasta », vous pourrez conserver vos fonds en toute sécurité et gérer facilement vos affaires financières. AB bankas « Finasta » propose des services de change en espèces et scriptural, ainsi que des opérations de change à terme27. D’autres entreprises réécrivent également leurs dénominations sur leurs sites Internet conformément à la règle applicable aux textes suivis, par exemple: UAB « Vilniaus keliai » utilise et met en œuvre les technologies les plus modernes de construction et d’entretien des routes28;
17 Liste des « Plus puissantes de Lituanie », consultable à l’adresse suivante: http://www.creditinfo.lt/sistema-imones/stipriausi-lietuvoje (consulté le 25/10/2014).
18 Liste des entreprises proposées aux administrateurs de faillite pour administration, consultable à l’adresse suivante: https://www.vmi.lt/cms/bankroto-administratoriams-siulomu-administruoti-imoniu-sarasai; Contribuables versant les montants les plus élevés sur le compte de la VMI, consultable à l’adresse suivante: https://www.vmi.lt/cms/daugiausiai-i-vmi-saskaita-sumokantys-mokesciu-moketojai; Liste des entreprises sociales, consultable à l’adresse suivante: http://www.ldb.lt/Informacija/PaslaugosDarbdaviams/Puslapiai/soc_imones_sarasas.aspx (consulté le 25/10/2014).
19 Rekvizitai.lt, consultable à l’adresse suivante: http://rekvizitai.vz.lt; « Kur surasti », consultable à l’adresse suivante: http://www.kursurasti.lt/lt/katalogas; ikontaktai, consultable à l’adresse suivante: http://ikontaktai.lt; 1588, consultable à l’adresse suivante: http://www.1588.lt/veikla/medicinos-istaigos-ir-paslaugos/vilniuje (consulté le 25/10/2014).
20 Mano kreditas.lt, consultable à l’adresse suivante: https://www.manokreditas.lt (consulté le 25/10/2014).
21 Efektyvus sprendimas, consultable à l’adresse suivante: http://www.esprendimas.lt (consulté le 25/10/2014).
22 Artelas, consultable à l’adresse suivante: http://www.artelas.lt (consulté le 25/10/2014).
23 Saugos spektras, consultable à l’adresse suivante: http://www.saugosspektr as.lt (consulté le 25/10/2014).
24 Švaros misija, consultable à l’adresse suivante: http://www.svarosmisija.lt (consulté le 25/10/2014).
25 Migliukas, consultable à l’adresse suivante: http://www.migliukas.lt (consulté le 25/10/2014).
26 Daivida, disponible en ligne à l’adresse: http://www.daivida.lt (consulté le 25/10/2014).
27 Finasta, disponible en ligne à l’adresse: http://www.finasta.com (consulté le 25/10/2014).
28 Vilniaus keliai, disponible en ligne à l’adresse: http://www.vkeliai.lt (consulté le 25/10/2014).
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UAB « Adminsta » a pour activité principale l’administration et l’entretien d’immeubles résidentiels collectifs29; « Sandėjas » est une société de courtage en assurances orientée vers le client, rationnelle et compétente, fondée en 199930; « Forces pour la préservation du patrimoine culturel » est une organisation à but non lucratif31; UAB FMĮ « Flux de capitaux » opère sur le marché des valeurs mobilières depuis 199632; l’association nationale lituanienne des transporteurs routiers « Linava » a été fondée le 4 octobre 199133
Cependant, il arrive aussi qu’une dénomination enregistrée selon la règle applicable au texte suivi soit écrite en majuscules, par exemple: UAB SIGNETAS – il s’agit d’un studio moderne de production de publicité de contenu34; RIZIKOS CESIJA remplira correctement tous les formulaires exigés par les compagnies d’assurance, fournira les documents obligatoires et communiquera avec les représentants des compagnies d’assurance35. L’activité principale de UAB « KAGNETA » est le travail des métaux — tournage, fraisage, taraudage, perçage et estampage — ainsi que la fabrication de produits métalliques et tous les travaux liés au traitement des métaux36; les services de la plus haute qualité constituent « TECHNIQUE DES PARCS » la mission et la valeur fondamentales37; UAB « LAILĖNAS », en coopération avec des partenaires étrangers reconnus, bénéficie d’une occasion exceptionnelle de présenter, parmi les premiers sur le marché, de nombreuses nouveautés38; UAB « EXPERTS COMPTABLES » est une entreprise de services comptables employant des spécialistes qualifiés <...>39. Comme le montrent les exemples cités, la partie symbolique du nom de certaines entreprises est signalée uniquement par des guillemets, tandis que celle d’autres entreprises l’est aussi par des majuscules; ces dernières sont donc considérées, mais aussi non considérées, comme l’équivalent des guillemets. Il semblerait que les ambiguïtés surgissent dans les textes suivis. Néanmoins, il serait difficile de traiter de la même manière les cas du second type dans les textes que dans le registre, car les textes où seul le nom de l’entreprise est mentionné peuvent constituer un domaine justifiant pleinement l’emploi simultané des majuscules et des guillemets: les guillemets distinguent la partie symbolique, tandis que les majuscules remplissent la fonction emphatique évoquée, c’est-à-dire celle de mettre en relief l’élément le plus important du texte.
Nežinia, kiek motyvuota pabrėžimo funkcija yra kitoje juridinių asmenų pavadinimų vartojimo srityje – jų steigimo įstatuose, tačiau didžiosiomis raidėmis rašyti steigiamo juridinio vieneto pavadinimą šiuose dokumentuose linktama (tiek jį skiriant, tiek neskiriant kabutėmis). Kituose įstatuose įmonių pavadinimai įrašomi tik pirma didžiąja raide. Labai įvairuoja ne tik simbolinės dalies užrašymo, bet ir teisinės formos nuorodos pateikimo būdas bei pozicija, pvz.: Uždaroji akcinė bendrovė „Utenos vandenys“, toliau šiuose įstatuose vadinama bendrove, yra įmonė, kurios įstatinis kapitalas padalintas į dalis, vadinamas akcijomis40. Lietuvos nacionalinės ekspeditorių ir logistų asociacijos „LINEKA“ teisinė forma – asociacija41; AB bankas „FINASTA“ (toliau – Bankas) yra ribotos civilinės atsakomybės privatusis juridinis asmuo,..........
29 Adminsta, disponible en ligne à l’adresse: http://www.adminsta.lt (consulté le 25/10/2014).
30 Sandėjas, disponible en ligne à l’adresse: http://www.sandejas.lt (consulté le 25/10/2014).
31 Forces pour la préservation du patrimoine culturel, disponible en ligne à l’adresse: http://www.kpip.lt (consulté le 25/10/2014).
32 Flux de capitaux, disponible en ligne à l’adresse: http://www.kapitalosrautai.lt (consulté le 25/10/2014).
33 Linava, disponible en ligne à l’adresse: http://www.linava.lt (consulté le 25/10/2014).
34 Signetas, disponible en ligne à l’adresse: http://signetas.lt (consulté le 25/10/2014).
35 Cession du risque, disponible en ligne à l’adresse: http://www.rizika.lt (consulté le 25/10/2014).
36 Kagneta, disponible en ligne à l’adresse: http://www.kagneta.lt (consulté le 25/10/2014).
37 Technique des parcs, disponible en ligne à l’adresse: http://www.parkutechnika.lt (consulté le 25/10/2014).
38 Ville des fêtes, disponible en ligne à l’adresse: http://www.svenciumiestas.lt (consulté le 25/10/2014).
39 Experts comptables, disponible en ligne à l’adresse: http://www.apskaitos-ekspertai.lt (consulté le 25/10/2014).
40Statuts de la société anonyme fermée « Utenos vandenys », disponibles en ligne: http://www.utenosvandenys.lt/imones-istatai.html (consulté le 25/10/2014).
41Statuts de l’Association nationale lituanienne des transitaires et logisticiens « LINEKA », disponibles en ligne: http://www.lineka.lt/lt/istatai (consulté le 25/10/2014).
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disposant d’une autonomie économique, financière et organisationnelle42; Société anonyme « ROKIŠKIO SŪRIS » (ci-après la société) est une société anonyme immatriculée en République de Lituanie, dont le capital social est divisé en actions43; ÉTABLISSEMENT PUBLIC « SPORTAS IR POILSIS » (ci-après l’établissement) est une personne morale de droit public à responsabilité civile limitée, sans but lucratif, créée pour servir l’intérêt public dans le domaine de l’éducation physique et du sport44; AVEVERA UAB (ci-après la Société) est une personne morale de droit privé à responsabilité civile limitée <...>45; Association des droits d’auteur musicaux NATA, ci-après dénommée l’Association, est une association de gestion collective des droits des auteurs d’œuvres musicales (compositeurs, arrangeurs, auteurs de paroles) (ci-après les Auteurs) <...>46. Dans les statuts constitutifs des entreprises, sociétés et entités similaires figurent des dénominations symboliques qui, contrairement à leur graphie sur leurs sites internet, correspondent parfaitement aux inscriptions au registre. Toutefois, cette concordance ne saurait être considérée comme une simple reprise des inscriptions du registre dans ces textes, puisque les statuts doivent être rédigés et approuvés avant l’immatriculation de l’entreprise au registre (VŽ 2003). Le processus s’effectue donc en sens inverse: la manière d’écrire la dénomination dans les statuts détermine l’inscription au registre. La diversité des inscriptions au registre peut, à son tour, inciter à appliquer dans les statuts non pas la règle générale d’écriture des dénominations symboliques propre au texte suivi, mais d’autres modes d’écriture. Il est difficile de déterminer ce qui exerce le plus d’influence — l’inscription dans les statuts ou celle au registre —, mais les dénominations tendent à être présentées sous cette forme dans d’autres documents également (sans que les erreurs soient évitées), par exemple dans les rapports de contrôle des activités des entreprises et les rapports d’audit: Les membres de la commission de révision A. M. et A. M., conformément aux statuts de la LNVAA « LINAVA » (ci-après l’Association) et au règlement de travail de la commission de révision, ont effectué le contrôle de l’activité économique et financière de l’association LINAVA <...>47; Nous avons audité l’ensemble des états financiers ci-après de la société anonyme fermée « PANEVĖŽIO BŪSTAS » <...>48; Nous avons audité l’ensemble des états financiers ci-après de la société anonyme fermée « PANEVĖŽIO BŪSTAS » <...>49; Nous avons audité l’ensemble des états financiers ci-après de la société anonyme AB « PANEVĖŽIO ENERGIJA »(ci-après l’Entreprise) <...>50.
Apskritai simbolinių pavadinimų rašymas rodytų tokį polinkį: kuo oficialesnė vartosena, tuo įregistruotojo pavadinimo raidžių pavidalo, taip pat ir teisinės formos nuorodos užrašymo būdo bei pozicijos paisoma labiau. Teismo nutartyse, sprendimuose pavadinimai paprastai rašomi tik įregistruotąja forma, pvz.: Tokie UAB „ASTRA-WAM“ veiksmai kenkia ABMG „Astra“ galimybėms konkuruoti, o potencialūs ABMG „Astra“ klientai, painiodami ieškovo ir............................
42Statuts de la banque AB « FINASTA », disponibles en ligne: http://www.finasta.com/files/Teisniai%20dokumentai/FB_ista-tai_redakcija_29-02-2012.pdf (consulté le 25/10/2014).
43Statuts de la société anonyme « ROKIŠKIO SŪRIS », disponibles en ligne: http://www.rokiskio.com/uploads/Istatai/istatai_LT.pdf (consulté le 25/10/2014).
44Statuts de l’établissement public « SPORTAS IR POILSIS », disponibles en ligne: http://www.sportima.lt/wp-content/uploads/2014/02/Istatai_www.pdf (consulté le 25/10/2014).
45Statuts d’AVEVERA UAB, disponibles en ligne: http://www.aikos.smm.lt/instnuost/Istatai%20AVEVERA%20UAB.pdf (consulté le 25/10/2014).
46Association des droits d’auteur musicaux NATA. Statuts, disponibles en ligne: http://www.asociacij anata.lt/wp-content/uploads/2012/03/NATA-istatai2014-page-001.jpg (consulté le 25/10/2014).
47Rapport de contrôle de l’activité financière du premier semestre 2014 de la commission de révision de la LNVAA « Linava », disponible en ligne: http://www.linava.lt/wp-content/uploads/2014/09/Linava-2014m.I-pusme%C4%8Dio-revizijos-ataskaita.pdf (consulté le 25/10/2014).
48Rapport de l’auditeur indépendant, disponible en ligne: http://www.panbustas.lt/dokumentai/Metine%20ataskai-ta-2013.pdf (consulté le 25/10/2014).
49Rapport de l’auditeur indépendant, disponible en ligne: http://www.panbustas.lt/dokumentai/Metine%20ataskai-ta-2013.pdf (consulté le 25/10/2014).
50Rapport de l’auditeur indépendant de 2013, disponible en ligne: http://www.pe.lt/repository/veikla/finans_ataskaitos (consulté le 25/10/2014).
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de la société défenderesse, au lieu de ABMG « Astra » peut choisir UAB « ASTRA-WAM »; le défendeur a reçu le droit non exclusif d’utiliser le signe « DVARO » uniquement AB « GUBERNIJA » pour désigner la boisson à base de bière et de kvas (cocktail) fabriquée, le signe n’étant utilisé que dans la combinaison de mots « DVARO MIŠAS » jusqu’au 2012-07-09; le demandeur a indiqué que, le 30 décembre 2010, il avait présenté à la succursale de Vilnius du Centre des registres d’État une demande d’inscription provisoire de la dénomination Astra, AB au registre des personnes morales; le défendeur a souligné que, pour établir le risque de confusion entre les dénominations des personnes morales .A.S.A. Vilnius, UAB et UAB « VSA Vilnius », il faut déterminer la probabilité de confusion à l’égard des clients directs .A.S.A. Vilnius, UAB et UAB « VSA Vilnius », et non des clients indirects51. Cependant, les médias en ligne de style libre — VZ.LT, lrytas.lt, DELFI, lzinios.lt, respublika.lt, 15min.lt et autres — ont tendance à appliquer la règle générale d’écriture propre au texte suivi aux noms symboliques de toutes les entreprises, par exemple: « Finastos »le groupe comprend la banque « Finasta », la société de courtage financier « Finasta »ainsi que les sociétés de gestion d’actifs opérant en Lituanie et en Lettonie « Finasta Asset Management »52; selon lui, le manque de transparence des actions de « Lesto » dans le cadre de cet achat confirme les craintes de « Vilniaus energija »: « Lesto » ne convient pas au rôle de répartiteur des quotas de production d’électricité53; le groupe « Rokiškio sūris » comprend « Utenos pienas »54. Lors du congrès électif et de bilan de l’Association nationale lituanienne des transitaires et logisticiens « Lineka », T. S., directeur général de UAB TEF « Vilteda », a été réélu président pour un mandat de trois ans55; « Linava » est non seulement une organisation gérant un budget de dizaines de millions de litas, mais aussi un concurrent sérieux pour les transporteurs des pays voisins56; « Vilniaus degtinė » ne prévoit pas de verser de dividendes à ses actionnaires57. Comme on le voit, lors de la transcription des dénominations dans de tels textes, on ne tient compte ni de la mention de la forme juridique, ni de la forme enregistrée, ni de sa position: celles-ci sont utilisées de manière beaucoup plus libre.
Pourtant, les textes suivis, qu’ils relèvent du style officiel ou du style libre, sont soumis à une norme orthographique générale définie par le LKRS. En raison de la situation qui s’est instaurée lors de l’enregistrement des entreprises, une nouvelle norme se forme dans certains domaines d’usage: écrire la dénomination d’une personne morale telle qu’elle a été enregistrée, alors que ni le LKRS ni les autres ouvrages normatifs n’ont jusqu’à présent formulé de règles d’orthographe ou de ponctuation pour les textes suivis qui varieraient selon le style fonctionnel; les règles sont identiques pour tous les styles fonctionnels. À cet égard déjà, l’usage et la norme divergent. Cependant, lorsque la diversité des formes d’écriture des dénominations des personnes morales est transposée dans un même texte, la possibilité même de toute règle d’orthographe ou de ponctuation, et donc d’une norme, est entièrement annulée: si l’on écrit presque chaque nom symbolique différemment, il n’existe aucune régularité orthographique, aucun principe général ni ordre, c’est-à-dire aucun des fondements d’une règle. Dans un tel mode d’écriture, les guillemets, la majuscule et l’écriture en capitales perdent leur fonction définie. Cette indétermination fonctionnelle perturbe à son tour l’usage et finit également par troubler le niveau de l’orthographe et de la ponctuation.
51 LITEKO, disponible en ligne: http://liteko.teismai.lt/viesasprendimupaieska (consulté le 25/10/2014).
52 A choisi à qui vendre « Finasta », disponible en ligne: http://www.delfi.lt/verslas/verslas/issirinko-kam-parduoti-finasta.d?id=66206630 (consulté le 25/10/2014).
53 « Vilniaus energija »: « Lesto » n’est pas adaptée à la répartition des quotas, disponible en ligne: http://www.lrytas.lt/verslas/energetika/vilniaus-energija-lesto-yra-netinkama-kvotu-skirstymui.htm (consulté le 25/10/2014).
54 Groupe « Rokiškio sūris », AB, disponible en ligne: http://www.15min.lt/zyme/rokiskio-suris-ab-grupe (consulté le 25/10/2014).
55 « Lineka » réélit son dirigeant et se concentrera sur l’exploitation des infrastructures, disponible en ligne: http://vz.lt/article/2014/5/16/lineka-perrinko-vadova-koncentruosis-i-infrastrukturos-isnaudojima (consulté le 25/10/2014).
56 L’opposition de « Linava » entraîne les transporteurs dans les tribunaux, disponible en ligne: http://www.respublika.lt/lt/naujienos/lietuva/verslas/linavos_opozicija_murkdo_vezejus_teismuose (consulté le 25/10/2014).
57 « Vilniaus degtinė » espère augmenter ses ventes d’un cinquième, disponible en ligne: http://www.delfi.lt/verslas/verslas/vilniaus-degtine-pardavimus-tikisi-padidinti-penktadaliu.d?id=9181324 (consulté le 25/10/2014).
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1.4. Solutions existantes et solutions mises en avant par l’usage
Si le principal obstacle à l’usage, à la norme et à leur cohérence réside dans la diversité des modes d’écriture lors de l’enregistrement des personnes morales, il convient avant tout d’uniformiser la manière d’inscrire leurs dénominations au Registre des personnes morales. Cette conclusion a d’ailleurs été récemment tirée, et tout à fait concrètement: les informations publiées dans la rubrique Naujienų du site internet de la VLKK montrent que, depuis le 1er mai 2013, lorsqu’elle vérifie les dénominations des personnes morales à enregistrer, la VLKK évalue non seulement les erreurs de syntaxe, de lexique ou de formation des mots, mais aussi le respect des règles orthographiques, et rejette comme incorrectes les dénominations dont l’élément symbolique est écrit entièrement en majuscules. En passant en revue les erreurs les plus fréquentes, elle indique expressément que les dénominations UAB „KONIG-LITA“ (il faut écrire UAB „Koniglita“), AB „STATMETRA“ (il faut écrire UAB „Statmetra“), entre autres, sont incorrectes.58 Il ressort toutefois de cette analyse qu’il existe d’autres modes d’écriture des dénominations symboliques, et pas seulement celui mentionné dans la LKRS. Le Registre des personnes morales, considéré comme une sorte de liste ou de répertoire, pourrait également être un domaine où l’écriture en majuscules est admise, à condition, bien entendu, que le principe d’uniformité des entrées y soit respecté. Toutefois, étant donné le statut particulier de ce répertoire, il faudrait probablement alors aussi prévoir des dispositions juridiques garantissant que la retranscription d’une dénomination enregistrée en majuscules selon la règle propre au texte suivi ne modifie pas cette dénomination. C’est sans doute pourquoi la VLKK a choisi d’uniformiser les entrées du registre en les écrivant comme il est habituel d’écrire les dénominations dans un texte suivi.
Bien entendu, la légalisation des dénominations avec une orthographe et une ponctuation correctes est la condition essentielle pour que leur usage soit conforme à la norme. Cette manière de résoudre le problème n’est toutefois qu’un des facteurs qui facilitent l’usage et renforcent la conformité à la norme. Tout d’abord, le contrôle de la VLKK serait beaucoup plus efficace si des règles d’écriture étaient élaborées à l’intention des créateurs et des utilisateurs de dénominations. Comme on le voit, leur élaboration ne pourrait plus se limiter à présenter la formulation élémentaire, même s’il n’y a aucune raison de la modifier. Il faudrait aussi prévoir des variantes selon le domaine d’utilisation de la dénomination et examiner en détail les possibilités d’emploi des guillemets et des majuscules. Puisque le mode d’écriture et la position des indications de la forme juridique suscitent également certaines incertitudes, les règles devraient aussi réglementer les possibilités offertes par ces variantes.
Cette analyse montre également qu’il serait difficile d’élaborer des règles orthographiques sans prendre certaines décisions de codification. La norme relative à l’orthographe et à la ponctuation des dénominations symboliques n’est pas suffisamment claire ni univoque. La forme codifiée n’est en réalité qu’une variante de la norme, la plus courante dans les textes suivis. Bien qu’elle puisse aussi être utilisée dans des textes qui ne sont pas suivis, tels que les enseignes, les inscriptions publiques, les publicités, les listes, les catalogues, les index, les tableaux, les graphiques, etc., la norme propre à ces domaines serait plutôt différente: l’écriture en majuscules, avec ou sans guillemets. D’autre part, de telles variantes sont également possibles dans les textes suivis, mais elles ne sont pas suffisamment clairement codifiées comme norme. Ces incertitudes, tout comme l’absence de formulation du principe d’uniformité, ayant largement contribué à la diversité des modes d’écriture des dénominations symboliques qui perturbe les niveaux de l’orthographe et de la ponctuation, il devient nécessaire de préciser la codification de leur écriture.
L’analyse effectuée montre également que les ouvrages linguistiques devraient accorder davantage d’attention à l’écriture dans les textes qui ne sont pas suivis. Comme on le voit, ces textes peuvent être de nature très diverse; il faut donc établir une classification des genres et analyser plus en détail ses différentes catégories. Si l’on considère que les textes qui ne sont pas suivis ne relèvent pas des questions à réglementer par les règles linguistiques, des circonstances peuvent se présenter,
58 Ces informations sont disponibles sur le site de la VLKK, consultable en ligne: http://www.vlkk.lt/lit/nutarimai/imoniu-pavadi-nimai/klaidos.htm (consulté le 04/11/2014).
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susceptibles de perturber également l’orthographe et la ponctuation des textes suivis. Si elles se produisent effectivement, une autre tâche de codification se présente: les ouvrages normatifs doivent définir plus clairement les fonctions et les relations des signes orthographiques et de ponctuation. Les possibilités typographiques offertes par l’écriture sur ordinateur, ainsi que le lien étroit entre les dénominations de personnes morales et les domaines de l’art graphique, incitent à tracer plus clairement la frontière entre les signes utilisés dans l’écriture et ceux employés dans les graphiques non scripturaux, à reconnaître ou à rejeter le statut de l’écriture en majuscules comme élément de la graphie écrite, et à préciser son rapport avec les niveaux de l’orthographe et de la ponctuation. L’emploi assez répandu des majuscules dans les textes suivis a également fortement perturbé la fonction des guillemets; il convient donc de la définir plus clairement. L’analyse qui suit de l’usage des dénominations symboliques étrangères montrera que la fonction des guillemets n’était déjà pas très claire.
2. LES DÉNOMINATIONS SYMBOLIQUES ÉTRANGÈRES, SOURCE DE PERTURBATION POUR L’ÉCRITURE DES DÉNOMINATIONS LITUANIENNES
2.1. L’inadéquation des règles de transcription
Les questions d’orthographe et de ponctuation des dénominations symboliques non lituaniennes pourraient être considérées dans cet article comme un sujet distinct et ne pas être abordées. Cependant, les tendances qui se dessinent dans l’usage montrent que l’habitude de ne pas traiter ces questions — ou, plus précisément, de ne pas examiner du tout les problèmes d’orthographe et de ponctuation des dénominations non lituaniennes — constitue également un facteur qui perturbe l’usage des dénominations symboliques, leur norme d’écriture et l’harmonie entre la norme et l’usage. Les tendances et les facteurs qui influent sur l’écriture des dénominations lituaniennes et non lituaniennes sont liés, se soutiennent et se renforcent mutuellement.
Bien entendu, cela ne signifie pas que les dénominations symboliques non lituaniennes ne font absolument l’objet d’aucun écrit. Lorsque les fondateurs d’entreprises se sont mis à donner des noms anglais aux entreprises créées en Lituanie, leur comportement et la menace qu’il représentait ne pouvaient manquer d’alerter les spécialistes de la langue. Ainsi, l’afflux de cette catégorie d’emprunts a été étudié, principalement — là encore — par le très estimé Kniūkšta (1991a, b, 1992a, 1997, 2004, 2005, 2006b). Toutefois, les travaux ont surtout évalué les caractéristiques morphologiques et structurelles des dénominations non lituaniennes et leur influence sur la structure des dénominations lituaniennes; certains articles ont également mis en évidence des aspects syntaxiques (Kniūkšta 1997; Vaicekauskienė 1997; Vaskelaitė 2001). Les questions d’orthographe et de ponctuation, comme celles relatives aux dénominations lituaniennes, ont presque entièrement été laissées de côté, si l’on excepte deux articles consacrés aux dénominations symboliques lettones (Kvašytė 2005; Jocaitė, Kvašytė 2006).
La question de l’écriture des dénominations symboliques non lituaniennes n’a pas davantage été soulevée dans les règles destinées aux personnes qui composent les dénominations des personnes morales. Ces règles montrent qu’elles visaient à se démarquer de ces dénominations dans leur ensemble. Dès la première version, il était affirmé qu’une dénomination symbolique « ne peut être formée à partir de mots d’autres langues qui n’ont pas de forme morphologique lituanienne et ne sont pas employés dans la langue lituanienne standard » (LKKN 1998: 15). Ce point a disparu des règles de 2004, mais celles-ci ont conservé les dispositions selon lesquelles les mots employés dans la langue lituanienne standard et certaines combinaisons de mots peuvent servir de dénominations symboliques (point 4), et que ces dénominations ne peuvent être formées à partir de mots non conformes à la norme (ou avec ceux-ci), ni par un procédé de dérivation non conforme (point 11). Par la résolution de 2013, les points 9 et 10 ont été supprimés des règles, et l’interdiction de former des dénominations symboliques à partir de mots non conformes à la norme (ou avec ceux-ci), par un procédé de dérivation non conforme, à partir de mots artificiels sans terminaison, ou à partir de mots non liés grammaticalement, a ainsi disparu.
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Le point 4, qui stipule que seuls les mots employés dans la langue lituanienne standard et certaines combinaisons de mots peuvent servir de telles dénominations, a toutefois été maintenu. Comme on peut le déduire des vérifications effectuées par la VLKK, ce point couvre également les éléments supprimés, puisque la VLKK juge non conformes à la norme les dénominations composées uniquement de mots d’autres langues ou de mots d’autres langues associés à des mots lituaniens, par exemple: MB „If we do“, UAB „Wind“, „Vilnius transport“, „Giliara solutions“59.
Une certaine exception était néanmoins prévue par les règles. Le point 4.3 des règles adoptées en 1992 stipulait que des dénominations communes à des entreprises lituaniennes et étrangères pouvaient être formées à partir de mots non lituaniens ou avec ceux-ci (LKNN 1998: 14); cette disposition a été reprise dans les règles modifiées en 1997 (VŽ 1997b). Les deux textes précisaient également que les entreprises étrangères opérant en Lituanie pouvaient être désignées par des mots d’autres langues. Ainsi, si aucune formulation n’a été proposée pour écrire les dénominations symboliques non lituaniennes, ce n’est probablement pas parce que leur écriture était considérée comme sans pertinence pour la langue lituanienne, mais parce qu’elle était considérée comme ne relevant pas des règles de la langue lituanienne. L’exception concernant les dénominations non lituaniennes n’est plus du tout mentionnée dans les règles adoptées en 2004 et toujours en vigueur aujourd’hui. Pourtant, elles sont inscrites au registre, car le Code civil prévoit lui aussi que les entreprises liées à une personne morale étrangère ou à une autre organisation peuvent porter des dénominations non lituaniennes60; la VLKK ne procède pas non plus à la vérification de ces dénominations. Cependant, comme le révèle la presse en ligne, le principal canal d’afflux des dénominations non lituaniennes est probablement illégal: divers moyens sont employés pour contourner les règles, un comportement principalement justifié par les intérêts commerciaux61. Il faut malgré tout écrire les dénominations formées dans des langues autres que le lituanien, car il est inévitable de mentionner, surtout à l’époque actuelle, marquée par des relations internationales intenses, les dénominations d’entreprises créées à l’étranger ainsi que celles d’autres entités et objets étrangers. Il convient donc d’établir une règle régissant leur écriture.
Le LKRS ne traite pas de l’écriture des dénominations symboliques non lituaniennes d’entreprises, bien qu’un chapitre entier soit consacré à l’écriture des noms propres non lituaniens (LKRS 1992: 81–89). La règle est formulée dans une résolution distincte de la VLKK (VŽ 1997a). Elle semble, elle aussi, très simple: les dénominations symboliques non lituaniennes doivent être écrites dans leur orthographe originale62 (journaux et revues « Karogs », « Time », « Novyj mir » », entreprises, organisations, équipes « Cameron », « General Motors », « Chrysler Corporation », « Los Angeles Lakers », « Milan AC », « Miami Heat » », marques de fabrique « Renault », « Mercedes Benz », « Braun », « Hyundai », « Sony », « Audi 100 » »), et des terminaisons lituaniennes peuvent être ajoutées à certains mots courants d’un seul mot, notamment à ceux qui ont des équivalents dans la langue standard (« Internetas », « Kosmosas », « Zenitas », « Spartakas »). Une note précise en outre que les dénominations non lituaniennes répandues qui sont devenues des noms communs sont adaptées et s’écrivent sans guillemets, avec une minuscule, c’est-à-dire žiguliai, mersedesas, feraris, tojota, boingas, brauningas. Il semblerait donc qu’un système d’adaptation à deux niveaux soit envisagé; toutefois, les résolutions antérieures de la VLKK montrent qu’au départ, l’adaptation n’était préconisée que pour les styles moins soutenus. Ainsi, dans la résolution de 1990, il était proposé de n’ajouter des terminaisons que dans la langue parlée et les publications destinées au grand public, et seulement à certains mots courants d’un seul mot non-
59 Voir les informations de la VLKK, consultables en ligne: http://www.vlkk.lt/lit/nutarimai/imoniu-pavadinimai/klaidos.htm.
60 L’article 2.40 du Code civil énonce: « Le nom d’une personne morale liée à une personne morale étrangère ou à une autre organisation peut être formé de manière à être identique ou similaire au nom de la personne morale étrangère ou de l’autre organisation, si celles-ci consentent à l’utilisation de ce nom. » (VŽ 2000).
61 Puisque les intérêts commerciaux, pas plus que leurs rapports avec les intérêts de la langue ou de la culture nationale, ne constituent l’objet de cet article, ils ne seront pas examinés ici. Nous souhaitons seulement attirer l’attention sur deux affirmations simples qui font défaut dans les discussions entre défenseurs des intérêts commerciaux et défenseurs de la langue: 1) les noms d’entreprises font partie intégrante de la langue (et, comme on le voit, en constituent un élément particulièrement important), tandis qu’en Lituanie, la langue officielle n’est, du moins pour l’instant, pas l’anglais, mais le lituanien; 2) l’argument selon lequel les étrangers auraient du mal à prononcer un nom lituanien est infondé si l’entreprise n’entend pas se priver entièrement de fournir des services aux Lituaniens: il n’est certainement pas plus facile pour les Lituaniens de reproduire correctement, d’un point de vue phonétique, les sons de l’anglais que pour les étrangers de prononcer les sons lituaniens.
62 Dès 1979, le principe de l’orthographe originale n’allait pas de soi. C’est Nijolė Slėžienė (1979) qui en a proposé l’application, en tenant compte des pratiques observées dans la presse d’autres langues et des incohérences répandues à l’époque dans la presse lituanienne.
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lietuviškų pavadinimų, ypač tų, kurie bendrinėje kalboje turi atitikmenų (KK 1991). Dar ankstesniame nutarime (1988 m.) apie galūnių dėjimą iš viso neužsiminta (KK 1990). Galbūt todėl begalūnis nelietuviškų simbolinių pavadinimų rašymas įsigalėjo ir, 2007 m. jau nusprendus skatinti nediferencijuojamą pagal funkcinį stilių adaptavimo polinkį, t. y. VLKK nutarimu rekomendavus be gimininio žodžio arba prieš jį einančio nelietuviško pavadinimo simbolinę dalį linksniuoti, jei ją įmanoma priderinti prie kurios nors lietuvių kalbos linksniuotes (VŽ 2007), tokia rekomendacija oficialiuosiuose stiliuose atgarsio neberado. 2005 m. išleistame leidinyje teigiama, kad periodinės spaudos kompresija jį linkusi atmesti ir žiniasklaidoje – svetimų pavadinimų begalūnis rašymas įsigalėjęs ir joje (Pupkis 2005: 288). Šiaip ar taip, nerišlaus pobūdžio tekstui, tokiam kaip Juridinių asmenų registras, morfologinio adaptavimo principas nė negalėjo būti aktualus.
Il est difficile d’appliquer au registre la règle formulée dans la résolution de la VLKK de 1997, mais pour d’autres raisons. Tout d’abord, la partie obligatoire de la dénomination des entreprises enregistrées est constituée des mots indiquant le type d’activité ou la forme juridique, mais rien n’est dit sur leur écriture — ni sur la manière et la position dans lesquelles cette indication doit être présentée, ni sur le fait qu’elle doit être en lituanien ou dans une autre langue. La question de la délimitation de la partie symbolique n’est pas non plus claire. Ce n’est qu’à partir des exemples illustrant la règle que l’on peut déduire qu’elle doit être mise entre guillemets, mais les exemples ne permettent même pas de savoir comment délimiter la partie symbolique lorsqu’elle précède l’indication de la forme juridique. Dans les exemples présentés, les guillemets sont lituaniens; on peut seulement en conclure que, pour écrire des dénominations symboliques non lituaniennes, il convient d’appliquer le principe de l’orthographe de la langue originale et de la ponctuation lituanienne. Toutefois, tous les usagers de la langue ne tireront pas cette conclusion, d’autant que la frontière entre les niveaux de la ponctuation et de l’orthographe n’est pas claire non plus dans le LKRS. Les cas d’emploi de la majuscule sont mentionnés à la fois dans la partie consacrée à l’orthographe (LKRS 1992: 60–72) et dans celle consacrée à la ponctuation (LKRS 1992: 134). Les dénominations symboliques sont abordées dans Rašyboje (LKRS 1992: 70–72), mais la règle porte non seulement sur la majuscule, mais aussi sur l’emploi des guillemets. Seuls les exemples illustrant la règle de l’orthographe originale permettent de déduire que le principe de l’orthographe originale devrait également inclure le principe propre à l’anglais selon lequel chaque mot d’une dénomination s’écrit avec une majuscule. Les articles sur l’écriture des dénominations symboliques lettones (Kvašytė 2005; Jocaitė, Kvašytė 2006) montrent qu’il convient également de reproduire les signes diacritiques, mais cette conclusion n’est tirée que dans ces articles. En outre, la notion même d’orthographe originale, appliquée aux dénominations créées, prend un autre sens. Il n’y a aucun original auquel comparer une dénomination nouvellement créée; ce principe peut donc tout au plus être compris comme l’emploi correct de l’anglais ou d’une autre langue. Les dénominations d’entreprises non lituaniennes sont probablement créées en s’appuyant sur les connaissances linguistiques dont on dispose, mais l’ignorance est également très répandue.
L’examen des entrées non lituaniennes du registre des personnes morales, dont la grande majorité est en anglais, une langue qui devient internationale, peut donner l’impression qu’aucune règle d’orthographe ni de ponctuation ne leur est appliquée. À la diversité analogue à la confusion évoquée pour les entrées lituaniennes concernant l’emploi des majuscules (UAB „Accounting express“; UAB „PLUS Windows“; UAB „Business MARKET“; URBAN Market UAB; VŠĮ COUNT PLUS; MB A DOG LEADER; UAB „COMPANY EXPRESS“; FINANCE 4 YOU, UAB; „AMBER REALTY INVESTMENTS“; UAB), s’ajoute l’écriture de la partie symbolique avec une majuscule à l’initiale de chaque mot (MB „Express Delivery“; UAB „Baltic Logistics Group“; UAB Press Express, UAB Payment Solutions, asociacija „Amber Rally Team“), bien que cette graphie ne soit pas systématique (ĮĮ „Baltic amber“; MB „Balticum infinitum“; MB „Energy business partners“; UAB Amber oak). À la variation de la position de l’indication abrégée de la forme juridique (UAB „4finance“; UAB „Financing accounting and consulting“; ĮĮ „Consulting plus“ et „Swedbank“; AB; „Print City“; UAB; Amber Food, UAB;
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EXPRESS GROUP, UAB; „LIGHT CONSULTING GROUP“; UAB) s’ajoute l’absence de virgule pour séparer l’abréviation écrite après la partie symbolique (Everyday Finance UAB, Dim Electro UAB, Layala Balti Real Estate KŪB, Business Investment Group MB, AUTO EXPRESS UAB), alors que dans d’autres cas, elle est séparée par une virgule (Business, UAB; Business service, UAB; BUSINESS UNION, UAB). Le groupe de mots désignant la forme juridique de l’entreprise n’est pas nécessairement abrégé, par exemple: KREDITO UNIJA AMBER, uždaroji akcinė bendrovė „AMBER“; viešoji įstaiga „AMBER PROJECTS“; kooperatinė bendrovė „AMBER LOG“. Comme dans les dénominations lituaniennes, on tend à ne pas mettre entre guillemets la partie symbolique qui précède l’abréviation (Market in, MB; Express sale, MB; Credit Law, UAB; Alternative Payment Services, UAB; BALTIC BUSINESS INDUSTRY, UAB; MARKET-STOCK UAB; EXPRESS GROUP, UAB), mais elle peut aussi être mise entre guillemets («Baltics Express», UAB; «City Market», UAB; «Building business», UAB; «Rides and more», UAB). Souvent, la partie symbolique qui suit l’indication de la forme juridique n’est pas non plus mise entre guillemets (MB Amber Dreams, MB Septem Spedition Group, UAB Business Team, UAB Day and Night, UAB Asia express, UAB Autobela market, UAB Clic2Sell, VšĮ Business training center, ĮĮ SKY GROUP, VšĮ COUNT PLUS). Une telle diversité ne pourrait être prévue même par les règles de l’anglais.
Il existe des règles d’écriture des dénominations en anglais. Selon celles-ci, chaque mot d’un nom propre doit prendre une majuscule initiale, sans distinction entre les dénominations symboliques et celles au sens littéral. Ainsi, l’écriture habituelle de la partie symbolique serait Motorola Solutions, Pine Indemnity, Accomplish Financial, American Electric Technologies, Global Development Group, Standard Life International, General Electric International, Active Wealth Management, Abacus Investment Solutions, Bain & Company, etc. Toutefois, les dénominations non lituaniennes sont enregistrées dans les registres étrangers et sont le plus souvent utilisées non pas seules, mais accompagnées d’indications de la forme juridique. Ces indications sont diverses, abrégées ou non, et les méthodes d’abréviation dépendent également du pays où l’entreprise est enregistrée. Les dénominations des sociétés américaines sont souvent accompagnées de LLC (Limited Liability Company), ce qui signifie que la personne morale a une responsabilité limitée. Les dénominations des sociétés britanniques ou de celles enregistrées au Royaume-Uni sont accompagnées de Plc, plc, PLC (Private Limited Company), Ltd (Public Limited Company); pour les entreprises d’autres pays, on trouve fréquemment S.A. (esp. Sociedad Anónima, fr. Société anonyme), S.E. (esp. Sociedad del Estado), S.C.S. (esp. Sociedad en Comandita Simple), S.C.p.A. (esp. Sociedad en Comandita por Acciones), S.p.a. (it. Società per azioni), GmbH (all. Gesellschaft mit beschränkter Haftung), AB (suédois Aktiebolag), A/S (danois Aktieselskab), ASA (norv. Allmennaksjeselskap). Lorsque les dénominations anglaises sont écrites dans des textes anglais, la partie symbolique n’est généralement pas mise entre guillemets (dans un texte suivi, seuls les titres d’œuvres d’art sont habituellement mis en relief), et elle ne l’est d’autant moins lorsque la dénomination apparaît sans texte. L’indication de la forme juridique est généralement placée après la dénomination et n’en est habituellement pas séparée par une virgule, par exemple: Direct Pay Limited, Currencies Direct Financial Markets Limited, Amin Exchange Ltd, Clear Currency Foreign Exchange Risk Management LLP, Centurion Portfolio Managers Ltd, Domestic & General Insurance plc, St Andrew’s Life Assurance Plc, Orkla Finans Kapitalforvaltning ASA, Aberdeen Property Investors Corporate ASA, Inpay A/S, General Capital Financial Services S.A., Trustly Group AB, Evo Payment International GmbH. Cependant, une virgule peut également être insérée, en particulier dans les dénominations de sociétés américaines, par exemple: Write Word, LLC; Ormantine, USA, Ltd.; Feedworks USA, Ltd; Guangzhou Comma Car Care Accessories Co., Ltd. Les règles de création des dénominations non lituaniennes n’interdisent généralement pas l’emploi d’abréviations, qui sont largement utilisées; les méthodes d’abréviation sont plus variées que celles prévues par les règles lituaniennes, par exemple: AA Advisers LLP, A.J.K. Wealth Management Limited, K.J.W. Krisworld Development Ltd, Corporate FX+ Limited, e-MID S.I.M. S.p.A., eToro (UK)
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Ltd, GR-NEAM Limited, IND-X Securities Limited, ING AM Insurance Companies B.V., J M Finn & Co Ltd, J Stern & Co. LLP, J&E Davy t/a Davy, NASDAQ OMX NLX Limited, St Helen’s Capital Plc.
Lors de l’enregistrement d’entreprises portant des noms non lituaniens dans le registre lituanien, on tente d’appliquer toutes ces règles; toutefois, comme le montrent les entrées présentées précédemment, on applique aussi la règle, manifestement insuffisante, relative à l’écriture des noms symboliques non lituaniens en lituanien. Le registre n’indique nulle part quel principe suivre; il est donc impossible de reprocher aux auteurs des noms de ne pas connaître la règle. Il serait toutefois difficile aussi d’établir une telle règle. En effet, les noms non lituaniens sont pour la plupart créés en visant une clientèle étrangère et sont destinés à fonctionner hors de Lituanie; l’orthographe et la ponctuation lituaniennes ne leur sont donc pas très pertinentes. D’un autre côté, le Registre des personnes morales est une base de données de la République de Lituanie et devrait, par conséquent, être constitué en lituanien. Bien entendu, pour déterminer les règles orthographiques et de ponctuation à appliquer lors de l’enregistrement de noms non lituaniens, il faudrait également tenir compte du fait que le registre n’est pas un texte suivi. En l’absence de règles clairement formulées, la diversité des pratiques d’écriture des noms non lituaniens créés en Lituanie continue de prévaloir.
2.2. Influence sur l’écriture des noms lituaniens
Les entrées non lituaniennes du registre montrent que l’écriture de ces noms est influencée non seulement par les lacunes des règles de transcription ou par l’absence de règles propres au registre, mais aussi par les tendances lituaniennes en matière de création et d’usage des noms symboliques. Du point de vue des normes de la langue lituanienne, le phénomène inverse est toutefois bien plus pertinent: l’influence de l’orthographe et de la ponctuation non lituaniennes sur celles du lituanien. Cette influence est très manifeste, comme le montrent les entrées du même registre.
L’écriture des noms en anglais est directement copiée lorsque chaque mot de la partie symbolique commence par une majuscule, par exemple: ĮĮ „Pirk Kitaip“; VšĮ „Namas Plius“; MB „Miesto Batai“; UAB „Geras Medis“; UAB „Saulės Elektrinių Parkas“; UAB „Techno Projektų Grupė“; VšĮ „Gero Laiko Zona“; „Sveikatos Sodas“; UAB. La tendance à ne pas mettre entre guillemets la partie symbolique précédant l’indication de la forme juridique peut également être liée aux facteurs mentionnés plus haut; en revanche, son absence de séparation par une virgule (Vertimų pasaulis MB, Baltas miestas UAB, Pasaulio saulės energija MB, Neptūno investicijos UAB, SOLAR investicijos UAB, AVEVERA UAB) ne peut être associée qu’aux particularités de ponctuation des noms non lituaniens qui viennent d’être examinées. La tendance à employer des abréviations atypiques en lituanien (UAB „D Investicijų Valdymas“, UAB „BT mediena“, UAB „LNT PLUS“, viešoji įstaiga „LT plius“, UAB „NOR Mediena“, VšĮ FK VYTIS, N Technologijos, UAB) en est également probablement un effet, tandis que la tendance à employer des abréviations non lituaniennes (UAB „IDW metalas ir mediena“, UAB „J. P. K. investicijos“, UAB „P&P investicijos“, UAB) en est certainement le résultat. Dans les noms non lituaniens inscrits au registre qui comportent une indication de forme juridique en lituanien, les abréviations diverses sont particulièrement répandues, par exemple: UAB „F and B“; UAB „SOGA Baltic Oil“; UAB „PCD Group“; „REF Express“; UAB „ABFC Finance“; ĮĮ „WMI plus“; ĮĮ „Express A ir LT“; VšĮ „A and RS group LT“; MB QR Market, MB „QSP FINANCE“; UAB „D&J Group“; UAB S&A EXPRESS, MCB Finance, UAB, „LRQA Lietuva“; UAB, uždaroji akcinė bendrovė G-Networks, uždaroji akcinė bendrovė „PS and S“, steponkus&co FM AB, UAB iTree Finance, M-Finance UAB, UAB „1A.LT“; UAB 4SUN GROUP, UAB „2M plus“, 4it, UAB. On rencontre aussi de tels procédés de raccourcissement dans la partie symbolique lituanienne, par exemple: UAB J9 investicijos, UAB „4T Klaipėda“; UAB E-biznis, P-Parkas, UAB, klubas „ČIA & DABAR“; ĮĮ Pbc Plus. Puisque les règles d’écriture des noms anglais-
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landais n’interdisent pas l’emploi d’abréviations lexicales ni l’écriture de noms formés par abréviation en alternant majuscules et minuscules, on crée et écrit aussi des noms lituaniens de cette manière, par exemple: ĮĮ „SerVal plus“, viešoji įstaiga „VelKIMe drauge“; IPOKRaTES Lietuva fondas, GraniRa, UAB.
Une telle influence est manifestement le résultat de l’application des règles anglaises. La difficulté tient toutefois au fait qu’elle est renforcée, ou favorisée, par les ambiguïtés évoquées concernant l’enregistrement des noms lituaniens. Ainsi, l’absence de guillemets autour d’un nom manifestement figuré, en particulier lorsqu’il suit l’indication de la forme juridique (VšĮ Mažas dangus, MB Laimės paukštė, MB Genio uok esas, MB Mano Spinta, MB Tavo Buhalterė, UAB Kmynas, UAB Spinoza, UAB Pabalnotas vėjas, UAB Perkūno nafta, UAB Greitas šuo, UAB Saulės Guru, UAB Saulės Zona, UAB Saulės Industrija), est sans doute encouragée par l’écriture des noms propres en anglais; cette incitation est toutefois entretenue par la tendance qui s’installe dans le registre à ne pas isoler la partie symbolique des noms lituaniens lorsqu’elle précède l’indication de la forme juridique. La tendance à inscrire les noms lituaniens en majuscules, apparue dans les circonstances déjà évoquées, est fortement renforcée par le fait que les noms sont également enregistrés entièrement en majuscules dans les registres étrangers. Les abréviations fréquentes dans les noms non lituaniens, y compris les abréviations syllabiques écrites en majuscules, constituent elles aussi probablement une incitation ou un facteur de renforcement. En outre, la forme des lettres est plus importante dans les noms anglais que dans les noms lituaniens. Par exemple, dans le nom d’entreprise «Oil IndEx», l’élément IndEx peut être un composé du début du mot et de l’élément ex (ancien); ainsi interprété, il se distinguerait du mot Index (index, répertoire). En réécrivant ce mot avec une seule majuscule initiale, on risquerait de confondre les deux noms. De tels noms incitent à écrire également des mots lituaniens avec des majuscules en leur milieu et renforcent en même temps l’impression qu’il est impossible de modifier la forme des lettres du nom enregistré. Un autre facteur de renforcement pourrait être que la règle d’écriture des noms propres anglais coïncide en partie avec la règle lituanienne, selon laquelle chaque mot des noms des plus hautes institutions publiques (Lietuvos Respublikos Vyriausybė, Lietuvos Respublikos Aukščiausiasis Teismas, Vengrijos Valstybės Susirinkimas, etc.) doit commencer par une majuscule (LKRS 1992: 66; VŽ 1997a). En outre, les règles lituaniennes prévoient un emploi stylistique des majuscules: pour s’adresser poliment à quelqu’un (Jūs, Tamsta, Pone) ou pour désigner des concepts (Tėvynė, Tauta, Nepriklausomybė), des événements historiques, des documents ainsi que des organisations (Lietuvos Vyskupų Konferencija, Didysis Vilniaus Seimas, Baltijos Asamblėja), auxquels on confère une importance particulière (LKRS 1992: 72–71). Ces ressemblances peuvent prêter à confusion chez les usagers de la langue.
Les règles de formation des noms freinent dans une certaine mesure l’influence de l’orthographe et de la ponctuation non lituaniennes sur celles du lituanien. Celles adoptées dès 1997 ont établi qu’il est interdit d’écrire une majuscule au milieu d’un mot dans un nom formé par abréviation; ainsi, SeKoMa, MeBetA ne conviennent pas (VŽ 1997a). Les noms symboliques formés d’abréviations et de chiffres, ou de leurs combinaisons, n’ont été autorisés qu’en 2002 par la loi portant complément de l’article 2 et modification de l’article 4 de la Loi sur les dénominations des entreprises (VŽ 2002b); cette dérogation a toutefois été supprimée dans les règles de 2004. Néanmoins, demeure en vigueur dans le Code civil (art. 2.40) la disposition selon laquelle la dénomination d’une personne morale « peut être composée de lettres qui ne peuvent être comprises comme des mots et de chiffres, ou de leurs combinaisons, uniquement si cette dénomination est établie dans la société » (VŽ 2000). La création de dénominations à partir d’abréviations ressemblant à des mots, comme de noms symboliques inventés artificiellement dont la terminaison correspond à une désinence lituanienne —a, —ė, —as, —is, —ys, —us et qui peuvent être déclinés, par exemple «Eksma»; «Lista»; «Sodra»; «Sekoma», reste autorisée à ce jour; ces formes sont parmi les plus populaires lors de l’enregistrement de personnes morales, par exemple: uždaroji akcinė bendrovė „TOKSIKA“; uždaroji akcinė bendrovė „REKIJA“; AB „Gindera“; UAB „Kedera“; UAB „Revaka“; UAB „Rimsauga“; UAB „Stevija“;
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UAB « Taurenta »; UAB « Telfida »; UAB « Telija »; UAB « Vilmista »; UAB « Ervila »; UAB « ADMI-TA »; UAB « ELDIKA »; UAB « ELTELA »; UAB « IMRENA »; UAB « LEOLA »; UAB « LINKARA »; UAB « TOPARA »; UAB « DENSANAS »; GESPANA, UAB. Toutefois, la vérification de la VLKK fait actuellement obstacle à l’enregistrement de noms écrits uniquement avec une majuscule initiale, comme UAB « EDGarmas »; UAM « MoVakas »; MB SaulMina; ĮĮ « INveska »63. Cette vérification freine aussi d’autres influences de l’anglais, telles que l’emploi de majuscules à l’initiale des mots autres que le premier, par exemple UAB « Elektros Vizija »; ainsi que l’écriture des noms symboliques sans guillemets, par exemple MB Giria, ĮĮ Montavimas, UAB Gudri žirafa, UAB Garantuotai64.
Il est néanmoins impossible d’affirmer que toute influence de l’orthographe et de la ponctuation anglaises dans le domaine des noms symboliques a été complètement écartée. Premièrement, des entreprises portant de tels noms ont déjà été immatriculées, et leur usage incite à appliquer le principe de l’analogie. Deuxièmement, il est loin d’être clair comment transcrire, dans un texte suivi ou discontinu, les noms étrangers immatriculés selon des règles différentes. Les inscriptions au registre permettent de supposer qu’il n’existe apparemment pas de noms qui ne diffèrent que par la forme des lettres ou les guillemets; il ne devrait donc pas y avoir de problèmes d’identité. Toutefois, comme pour l’usage des noms lituaniens immatriculés, se pose la question de savoir dans quelle mesure la forme du nom d’une entité dotée du statut de personne morale peut être modifiée. Écrire entre guillemets un nom immatriculé sans guillemets risque de transformer un nom au sens littéral en nom symbolique, surtout si l’on ne connaît pas l’anglais et qu’il est difficile de déterminer, à partir du sens des mots, si le nom est réellement figuré. En outre, la règle d’écriture établie, qui privilégie l’orthographe originale, peut être comprise comme une invitation à transcrire le nom comme il s’écrirait en anglais, c’est-à-dire avec une majuscule initiale à chaque mot seulement et sans guillemets. Les tendances observées dans l’écriture des noms absents du registre lituanien pourraient étayer cette hypothèse, par exemple: Situé près du littoral, l’hôtel Amber Palace se trouve dans la ville de Palanga, et les sites touristiques de la région sont la plage de Palanga et l’embarcadère de Palanga65, DNV GL-Business Assurance est l’un des principaux prestataires mondiaux de services accrédités de certification des systèmes de management66; le représentant officiel de MAN en Lituanie, UAB Adampolis a créé en 2010 la division Adampolis Finance, qui propose à chaque client des solutions de financement rapides, optimales et flexibles pour l’acquisition de camions et d’autobus neufs et d’occasion67; Altum Finance est une société de conseil financier basée à Vilnius, qui travaille avec des clients dans toute la Lituanie68; actuellement, la société Michelin partage la première place mondiale des volumes de production de pneus avec Bridgestone; Continental est l’un des principaux fournisseurs mondiaux du marché automobile69. D’un autre côté, la règle de l’orthographe originale peut aussi être comprise comme le principe de respecter l’inscription au registre, surtout lorsque ce principe est appliqué aux noms lituaniens.
Toutefois, les raisons de cette tendance à éviter les guillemets peuvent être plus profondes et tenir à leur multifonctionnalité ainsi qu’à l’indétermination de leur fonction. Comme on peut le déduire de la remarque du LKRS selon laquelle, sans guillemets, le nom désignerait un autre objet (LKRS 1992: 70), les guillemets semblent avoir, dans l’écriture des noms symboliques, une fonction de marquage du sens figuré; pourtant, dans ce même LKRS, ils sont considérés comme le signe principal de citation (LKRS 1992: 224–228). Il n’y a pourtant pas de contradiction
63 Voir les informations sur le site de la VLKK, consultables en ligne: http://www.vlkk.lt/lit/nutarimai/imoniu-pavadinimai/klaidos.htm (consulté le 04/11/2014).
64 Ibid.
65 Hotels.com, consultable en ligne: http://lt.hotels.com (consulté le 27/10/2014).
66 DNV GL, consultable en ligne: http://www.dnvba.com/lt (consulté le 27/10/2014).
67 Adampolis, consultable en ligne: http://www.adampolis.lt (consulté le 27/10/2014).
68 Altum Finance, consultable en ligne: http://altumfinance.lt (consulté le 27/10/2014).
69 Padangos123.lt, consultable en ligne: http://padangos123.lt/e/michelin (consulté le 27/10/2014).
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cela n’est pas le cas, car le LKRS classe également parmi les citations les appellations figurées de personnes ou de choses, les expressions spécifiques au sens figuré, ainsi que les titres d’œuvres et de publications et les noms d’organisations cités (LKRS 1992: 224–228). Il est vrai qu’il est difficile de concilier les mots ou expressions au sens figuré avec la définition de la citation donnée plus haut: « Il s’agit d’un discours littéral ou d’un texte écrit prononcé en une autre occasion par une autre personne et inséré dans le discours de l’auteur ou d’un personnage » (LKRS 1992: 224). De fait, les travaux linguistiques attirent l’attention sur la conception trop large de la citation et tentent de différencier les fonctions des guillemets. Ainsi, Juozas Abaravičius traite l’emploi des guillemets pour marquer des mots spécifiques au sens figuré comme un usage facultatif des guillemets, distinct de leur emploi obligatoire (Abaravičius 2002: 202–221), tandis que Rūta Marcinkevičienė le considère comme un cas insuffisamment motivé (Marcinkevičienė 2006). Dans les discussions sur les usages facultatifs ou insuffisamment motivés, sont également mentionnés les emprunts et les insertions d’autres langues, qui servent à l’auteur à se démarquer des éléments situés en marge de la langue standard (Abaravičius 2002: 214–221; Rudzevičius 2005; Marcinkevičienė 2006: 211), même si l’emploi de guillemets avec des mots étrangers est aussi évalué plus positivement, comme un avertissement adressé au destinataire signalant un élément du texte peu courant (Girčienė 2005). Quelle que soit la manière de désigner cet usage, il révèle une tendance à employer les guillemets non seulement pour les citations authentiques ou les noms symboliques, mais aussi pour les éléments étrangers à la langue. Or, les noms symboliques non lituaniens sont précisément de tels éléments, et aussi des mots au sens figuré. Cela soulève donc la question de la fonction des guillemets lorsqu’ils accompagnent des noms symboliques non lituaniens. Comme la règle d’écriture des noms non lituaniens ne mentionne pas du tout les guillemets, leur fonction n’est pas non plus définie.
Funkcijos įvardijimo klausimas gal ir nebūtų aktualus, jei nelietuviškų pavadinimų nebūtų vartojama su nelietuviškomis teisinės formos nuorodomis. Jei tokių pavadinimų simbolinė dalis skirtina kaip perkeltinės reikšmės žodis ar junginys, tai išeitų, kad nelietuviška teisinės formos nuoroda į kabučių aprėptį neturėtų patekti. O jei nelietuviški pavadinimai skirtini kaip svetimžodžiai ar kitų kalbų intarpai, tai turėtų būti skiriamas ir visas pavadinimas, įskaitant ir teisinės formos nuorodą. Nesant taisyklės dėl tokių atvejų, registre neretai pasirenkama skirti tik visą pavadinimą, pvz.: „Advanced Business Migration Ltd.“ atstovybė, ADIDAS-SALOMON INTERNATIONAL SOURCING LIMITED atstovybė, Airijos akcinės bendrovės „MALS OIL TRADING LIMITED“ atstovybė, Airijos asociacijos WOOLTSON LTD filialas, „ASIA FLY CARGO LTD“ atstovybė, BEIJING FLY WORLD CARGO CONSULTING SERVICE COMPANY LTD atstovybė, JAV įmonės „Lithuanian Catholic Religious Aid. Incorporated“ atstovybė, MILFORD DEVELOPMENT INCORPORATED atstovybė, JAV ribotos atsakomybės kompanijos „LAVA TRADE LLC“ atstovybė. Tokie skyrybos polinkiai ryškėja ir rišliuose tekstuose, pvz.: Pasak S. U., „Fresh Market“ generalinio direktoriaus, „Aletrad 2001 Trading Limited“ priklauso tiems patiems akcininkams kaip ir „Ipsun Holding Limited“, tačiau neatskleidžiama, kas yra investavę į šias Kipre registruotas bendroves70; „Group Menatap Limited“ įvertino patirtus nuostolius 114 mlrd. JAV dolerių suma71; BNS žiniomis, nuo 2004 iki 2007 metų sklypą ir pastatą buvo įsigijusi ir valdė greičiausiai ne Lietuvoje registruota ribotos atsakomybės bendrovė „Elite L.L.C.“72; JAV bankas „JPMorgan Chase“ akcijų rinkoms ketina pasiūlyti pirmuosius....................
70 « Fresh market » cédée à une autre société enregistrée à Chypre, disponible en ligne: http://vz.lt/article/2014/5/7/fresh-market-perleista-kitai-kipre-registruotai-bendrovei (consulté le 27/10/2014).
71 La Russie a perdu une affaire portant sur 128 milliards de litas, disponible en ligne: http://www.delfi.lt/verslas/energetika/rusija-pralaimejo-128-mlrd-lt-byla.d?id=65402464 (consulté le 27/10/2014).
72 Les anciens dirigeants du VSD haussent les épaules au sujet des informations sur les prisons de la CIA, disponible en ligne: http://www.delfi.lt/news/daily/lithuania/buve-vsd-vadovai-del-informacijos-apie-czv-kalejimus-guzcioja-peciais.d?id=25001215.
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constructeur automobile « Chrysler Group LLC » valeurs mobilières73. Il est certain que ces tendances peuvent se développer dans le but d’éviter les doubles guillemets, d’autant que cela est encouragé74. Toutefois, les guillemets perdent ainsi leur fonction de marqueur de la partie symbolique, ce qui peut également inciter à ne pas les employer pour écrire quelque nom symbolique que ce soit.
C’est précisément pourquoi il faudrait définir la fonction des guillemets. Une autre tendance d’écriture qui se dessine — écrire chaque mot avec une majuscule initiale — indiquerait qu’il faut également définir la fonction de la majuscule. Les tendances observées dans l’usage montrent aussi que la norme d’écriture des noms symboliques non lituaniens est manifestement insuffisante, et pas seulement parce qu’elle ne prévoit pas de variantes adaptées au domaine dans lequel le nom est utilisé. La lacune de la norme tient au fait que l’unique règle met en avant le principe de l’orthographe originale et ne prévoit absolument pas le principe de ponctuation, ce qui perturbe considérablement l’usage. Il existe d’autres lacunes, notamment le fait que la règle d’écriture ne tient absolument pas compte des spécificités des dénominations de personnes morales en tant que catégorie de noms symboliques. En substance, la norme d’écriture de cette catégorie de noms symboliques non lituaniens, qui se distinguent des autres par l’indication obligatoire de la forme juridique, n’est pas codifiée, et encore moins pour les textes de nature décousue. L’analyse des inscriptions au registre révèle aussi que la règle, destinée à un domaine d’utilisation spécifique — le Registre des personnes morales — fait manifestement défaut et qu’elle est nécessaire.
Les créateurs et les utilisateurs de noms non lituaniens auraient besoin de règles d’orthographe et de ponctuation clairement formulées. En leur absence, l’orthographe et la ponctuation de cette catégorie de noms évoluent de manière anarchique, ce qui influe sur l’écriture des noms symboliques lituaniens. L’influence exercée sur les noms lituaniens est certes freinée par le contrôle de la VLKK, mais seulement au moment de la création des noms. Lorsqu’on les utilise, toutes les manifestations de l’influence évoquées apparaissent clairement. Même des noms enregistrés conformément à la règle du LKRS sont écrits sur le modèle anglais, avec une majuscule initiale à chaque mot, par exemple: « Idėjų Slėnis » – spécialistes des technologies de l’information et d’Internet75; UAB « Lanksti Linija » – entreprise moderne de transformation des métaux travaillant efficacement76; « Gera Virtuvė » fabrique des meubles à partir de matériaux naturels et écologiques77; AB « Kauno Grūdai » possède des unités de production dans toute la Lituanie et à l’étranger78; « Savi Medžio Sprendimai » réalise également des travaux de restauration de meubles et d’autres produits en bois79. Les entreprises dont les noms sont enregistrés en majuscules les écrivent elles aussi de cette façon, par exemple: Nous sommes UAB « Apskaita ir Turtas », cabinet d’audit situé à Vilnius, fournissant des services d’audit et de comptabilité aux entreprises dans toute la Lituanie80; « Jungtinės Transporto Pajėgos » résout avec efficacité et professionnalisme les problèmes qui se posent dans le secteur du transport international81. On trouve de tels exemples d’écriture jusque dans les catalogues d’entreprises, où l’on suit le principe de la déclinaison des inscriptions du registre, par exemple: Skuodo Anglis, Akmens Uola, Baltijos Anglis, Kauno Kuras, Verkiantis Gluosnis, Zatyšių Karjeras, Gelmių Tyrimai, J. Kličiaus ĮI, Geologai ir Partneriai, Kietasis Biokuras, Vandens Filtrų Servisas, Socialiniai Sprendimai, Joniškio Grūdai, Minijos Lanka, Kooperatinė Bendrovė, Investavimo Klubas „Rizika Plius“82. L’écriture des noms
73 Les actions « Chrysler » proposées en bourse pourraient semer la discorde parmi les propriétaires actuels, disponible en ligne: http://auto.lrytas.lt/naujienos/birzoje-pasiulytos-chrysler-akcijos-gali-sukirsinti-dabartinius-savininkus.htm (consulté le 27/10/2014).
74 Apie tai plačiau rašo Ona Laima Gudzinevičiūtė (2012: 123–124).
75 Idėjų slėnis, disponible en ligne: http://www.idejuslenis.lt (consulté le 27/10/2014).
76 Lanksti linija, disponible en ligne: http://www.lankstilinija.lt (consulté le 27/10/2014).
77 Gera virtuvė, disponible en ligne: http://www.geravirtuve.lt (consulté le 27/10/2014).
78 Kauno grūdai, disponible en ligne: http://www.kauno-grudai.lt (consulté le 27/10/2014).
79 Savi medžio sprendimai, disponible en ligne: http://www.savimedziosprendimai.lt (consulté le 27/10/2014).
80 Apskaita ir turtas, disponible en ligne: http://www.apskaitairturtas.lt (consulté le 27/10/2014).
81 TG group, disponible en ligne: http://www.itp.lt (consulté le 27/10/2014).
82 Rekvizitai.lt, disponible en ligne: http://rekvizitai.vz.lt/imones (consulté le 27/10/2014).
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conformément à la règle anglaise se répand très rapidement sur Internet. Sur les sites web des entreprises, on commence ainsi à écrire également les groupes de mots en titre, par exemple: À propos de nous, Services et produits83, Accueil, Services d’assurance, Compagnies d’assurance, Informations aux clients, Mon courtier – Mon propre courtier d’assurance84, Conditions d’achat, Politique de confidentialité85, Vision et mission, Comment nous trouver86. En effet, ils s’écrivent ainsi en anglais, et l’on copie donc la règle anglaise générale applicable à tous les noms propres.
3. LES DÉNOMINATIONS COMME RÉSULTAT DE L’INTERACTION ENTRE LES LANGUES
Bien que les premières règles de formation des dénominations prévoyaient déjà une exception permettant aux entreprises communes de la Lituanie et d’autres pays de porter des dénominations non lituaniennes, et qu’une exception soit encore prévue aujourd’hui pour les entreprises liées à des personnes morales étrangères, les principes de désignation de ces entités communes, et a fortiori ceux de l’écriture de leurs dénominations, ne sont toutefois pas définis. Puisqu’il est possible de créer des entités communes, il devrait inévitablement être également possible de refléter cette interaction dans la langue; autrement dit, la question de la formalisation de cette interaction devrait se poser d’une manière ou d’une autre. Il existe effectivement des dénominations multilingues et, en l’absence de principes d’écriture établis, l’analyse des inscriptions au registre pourrait constituer un point de départ.
Le registre fait apparaître trois principaux types de dénominations résultant des contacts entre les pays et leurs langues. Le premier type comprendrait des dénominations comportant un élément lituanien, le plus souvent un nom propre Lietuva ou Europa, par exemple: UAB „Clear Channel Lietuva“; UAB „Eden Springs Lietuva“; UAB „CAT Cargo Logistics Lietuva“; UAB „Airo Catering Services Lietuva“; Credit Index Lietuva, UAB; „New Yorker Lietuva“; UAB; akcinė bendrovė „KRAFT FOODS LIETUVA“; UAB „Isbre Water Europa“; UAB „IKC Yoneed Europa“; UAB „Isbre Water Europa“; UAB „GROUP EUROPA INVESTMENT“. Il arrive fréquemment qu’un mot désignant une ville lituanienne soit inséré dans la partie distinctive, par exemple: UAB „Palanga Development Group“; UAB „SKI PARK DRUSKININKAI“; asociacija „Šiauliai Extreme Sports Association“; UAB „Nordic Development Group Panevėžys“; BALTIC GROUP INTERNATIONAL KLAIPĖDA, UAB, le plus souvent Vilnius ou Kaunas, par exemple: UAB „Vilnius Investment Partners“; UAB „VL Investment Vilnius“; UAB „Kaunas Group Trade“; UAB „Kaunas Investment Partners“; Sana Beauty Kaunas, UAB; TRAVEL KAUNAS, UAB. Plus rarement, un autre nom apparaît, par exemple: AB „Linas Agro Group“; UAB VYTIS INVEST; UAB „RYTAS CAPITAL“. Dans la partie distinctive de toutes ces dénominations, la syntaxe anglaise domine manifestement, notamment la tendance à ajouter le nom de lieu sans aucune préposition; dans un seul cas, il occupe la position du génitif (par ex. UAB „Palanga Development Group“), tandis que dans un autre, il est difficile de déterminer le cas auquel il se rattache (par ex. UAB „Clear Channel Lietuva“).
P. Kniūkšta a attiré l’attention sur ces derniers cas. Dès 1997, ils étaient considérés comme un phénomène linguistique nouveau, venu d’autres langues, et classés parmi les dénominations de filiales; ce groupe était plus précisément désigné comme celui des dénominations de filiales contractées, c’est-à-dire des combinaisons formées du nom de l’entreprise mère et d’un nom de lieu indiquant l’emplacement actuel de la filiale (Kniūkšta 1997a: 10–11). La question du cas lituanien à employer dans ces situations a été examinée, et il a été affirmé que,
83 Creditinfo, consultable en ligne: http://www.creditinfo.lt (consulté le 27/10/2014).
84 Cession du risque, consultable en ligne: http://www.rizika.lt (consulté le 27/10/2014).
85 Rūta, consultable en ligne: http://www.eruta.ruta.lt (consulté le 27/10/2014).
86 Auberge chinoise, consultable en ligne: http://www.kinusmukle.lt (consulté le 27/10/2014).
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qu’il ne reste rien d’autre que d’employer le locatif, par exemple, « Phillips Lietuvoje »; « Shell Baltupiuose » (Kniūkšta 1997a: 12). Il est toutefois douteux que, dans ces cas, la question de l’équivalent morphologique lituanien se pose. En effet, ces noms sont anglais et sont délibérément formés selon les règles syntaxiques spécifiques des noms anglais, qui permettent de rattacher un mot sans exprimer le lien par des moyens morphologiques. Les équivalents anglais purs de ces noms seraient les suivants: Adform Lithuania, UAB; Amber Bridge Lithuania, UAB; Ansell Protective Solutions Lithuania, UAB; « Elme Metall Lithuania »; UAB; Ansell Protective Solutions Lithuania, UAB, etc. La seule différence est que le nom de lieu est employé non pas en anglais, mais en lituanien, c’est-à-dire Lietuva, Europa (en anglais Lithuania, Europe), et ce n’est pas toujours le cas, puisque les noms de villes s’écriraient de la même façon en anglais. L’élément lituanien est lui aussi ajouté selon la règle anglaise, sans être distingué ni par des guillemets ni par d’autres moyens. Pour chercher un équivalent lituanien à ces noms, il faudrait sans doute rechercher non pas un cas grammatical, mais une autre construction, par exemple « Phillips » — succursale (filiale, antenne, représentation) en Lietuva; « Phillips », succursale (filiale, antenne, représentation) lituanienne, ou une formule similaire. L’usage semble effectivement indiquer cette piste, par exemple: NASDAQ OMX Vilnius est rendu dans les textes suivis par « Nasdaq OMX » Vilniaus birža ou une formule similaire: Les actions de l’entreprise sont cotées sur « Nasdaq Omx » Vilniaus biržos Oficialiajame prekybos sąraše87; les actions de LESTO sont cotées sur « Nasdaq Omx » Vilniaus vertybinių popierių biržos Oficialiajame sąraše88. Toutefois, ces usages ne se rencontrent que dans des textes de style plus libre. Dans les textes officiels, comme dans d’autres cas, on tend davantage à respecter le principe de l’inscription au registre ou l’orthographe de l’original; on écrit donc AB NASDAQ OMX Vilnius, par exemple: Nous vous informons que AB NASDAQ OMX Vilnius a approuvé le 8 novembre de cette année les règles modifiées et complétées de AB NASDAQ OMX Vilnius relatives à l’adhésion et aux transactions, convenues avec la Commission des valeurs mobilières, en vertu desquelles, à compter du 22 novembre de cette année, la devise de négociation et de règlement du marché réglementé géré par l’opérateur de marché AB NASDAQ OMX Vilnius passe du litas à l’euro89. Étant donné ces tendances de l’usage, la question de savoir quelle règle linguistique appliquer pour inscrire des noms étrangers dans un registre lituanien est particulièrement pertinente. Pour la résoudre, il convient de tenir compte du fait que ces noms symboliques sont accompagnés d’une indication lituanienne de la forme juridique, souvent même non abrégée, par exemple: société à responsabilité limitée « SWEDISH MATCH LIETUVA »; société à responsabilité limitée « TALLINN PANK LEASING VILNIUS »; société à responsabilité limitée « PEPSI-COLA GENERAL BOTTLERS LIETUVA »; société lituano-allemande à responsabilité limitée « BUILDING INDUSTRY PRODUCTS VILNIUS ». Il ne semble donc guère approprié de s’appuyer sur les tendances de présentation des noms en anglais.
Il existe effectivement dans le registre des équivalents lituaniens hypothétiques de ce type de noms, par exemple: succursale à Vilnius de la firme « INKASSO BUERGER », succursale en Lituanie de la firme « POPCORN COMPANY KG », représentation en Lituanie de « BALTIC ATLANT SHIPPING, S.L. », agence à Vilnius de la société à responsabilité limitée « Vezo »; succursale à Kaunas de la société lituano-allemande à responsabilité limitée « BALTIC DECOR », succursale de Kaunas de UAB « Frans Maas Lietuva ». Il s’agit du deuxième type de noms bilingues dans le registre. Leur syntaxe est lituanienne: ce sont des groupes de mots au génitif, mais dans un cas, c’est le nom au sens propre qui est au génitif, par exemple, dans le groupe firmos « INKASSO BUER
87 « City Service » cherche de nouveaux propriétaires, disponible en ligne: http://zebra.15min.lt/lt/naujienos/verslas/city-service-iesko-nauju-savininku-250630.html (consulté le 27/10/201).
88 Dans la stratégie à long terme de LESTO, l’objectif est d’améliorer de près d’un dixième la fiabilité du réseau, disponible en ligne: http://www.lesto.lt/lt/naujienos/pranesimai-spaudai/ilgalaikeje-lesto-strategijoje-s9pc.html (consulté le 27/10/2014).
89 Concernant le changement de devise de négociation et de règlement du marché réglementé NASDAQ OMX Vilnius, disponible en ligne: https://www.dnb.lt/lt/apie-banka/pranesimai/skelbimu-archyvas/2010/del-nasdaq-omx-vilnius-reguliuojamos-rinkos-prekybines (consulté le 27/10/2014).
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GER » filialas Vilniuje le mot firma, et dans l’autre, en l’absence d’un mot de sens spécifique, sa place est occupée par un nom symbolique, par exemple dans le groupe « BALTIC ATLANT SHIPPING, S.L. » atstovybė Lietuvoje – « BALTIC ATLANT SHIPPING, S.L. ». Un grand nombre de noms de cette catégorie sont enregistrés sans distinguer la partie symbolique, par exemple: Nordea Bank AB Lietuvos skyrius; Finland Ltd Lietuvos filialas; Danske Bank A/S Lietuvos filialas; Nordea Bank AB Lietuvos skyrius; Swedbank P&C Insurance AS Lietuvos filialas; Pohjola Bank plc Lietuvos filialas; Compensa Life Vienna Insurance Group SE Lietuvos filialas; Swedbank Life Insurance SE Lietuvos filialas; C & E Corporation Limited atstovybė; ORACLE EAST CENTRAL EUROPE LIMITED FILIALAS. Ce choix d’écriture peut être dû non seulement à l’absence de norme, mais aussi aux incertitudes évoquées concernant la fonction des guillemets. Toutefois, si l’on traite le nom entier comme lituanien, l’élément étranger qui le compose, ou du moins la partie symbolique du nom, devrait être distingué d’une manière ou d’une autre. Peut-être est-ce le contrôle de la VLKK qui l’a déterminé, mais des noms démarqués sont effectivement apparus dans le registre, par exemple: AS « Meridian Trade Bank » Lietuvos filialas, AB « Citadele » banko Alytaus filialas, AB « Citadele » banko Kauno filialas, akcinės bendrovės banko « NORD/LB Lietuva » Alytaus skyrius. À noter que des noms entièrement lituaniens sont également enregistrés de cette manière, par exemple: akcinės bendrovės « Lietuvos spauda » Biržų skyrius, akcinės bendrovės « Lietuvos geležinkeliai » krovinių vežimo valdybos Šiaulių regiono stočių skyrius, AB « Detonas » Akmenės padalinys; ils constituent d’excellents exemples de syntaxe lituanienne des noms. Il devient ainsi facile d’écrire aussi les noms dont la division est désignée par un groupe figuré, par exemple: « Jaunosios Lietuvos » ir naujųjų tautininkų sąjungos skyrius « Lietuvių tautinio jaunimo sąjunga „Jaunoji Lietuva“, klubo „Aista“ skyrius „Senasis Kaunas“ individuali įmonė „Senasis Kaunas“, Vokietijos įmonės „Lacufa AG Lacke und Farben“ atstovybė „Lacufa AG Buro Vilnius“.
Le troisième type de dénominations apparues sous l’effet de l’interaction des langues serait l’inverse du premier. Il s’agit de dénominations symboliques dans lesquelles la syntaxe lituanienne prédomine, mais où est inséré un élément étranger, par exemple: UAB « gestion des investissements Citadele »; UAB « affacturage et leasing Citadele »; « gestion des investissements Swedbank »; UAB; « courtier en assurances Swedbank », UADBB. Comme on le voit, l’élément inséré est également un mot employé au sens figuré. Les règles relatives aux dénominations symboliques, qu’elles soient lituaniennes ou étrangères, ne traitent pas de tels cas d’écriture. Toutefois, la règle d’écriture des dénominations symboliques lituaniennes stipule que le signe distinctif d’une dénomination de sens propre faisant partie d’une dénomination symbolique, à savoir sa première lettre majuscule, doit être conservé. En suivant cette analogie, il semblerait qu’il faille également conserver les signes distinctifs d’une dénomination symbolique intégrée à une dénomination symbolique, à savoir la première lettre majuscule et les guillemets. En l’absence de règle, la dénomination inscrite au registre n’est généralement distinguée d’aucune manière, par exemple: UAB Danske Capital gestion des investissements, UAB Danske leasing, UAB « PZU ASSURANCE VIE LITUANIE »; AB « SEESAM ASSURANCE VIE LITUANIE »; UAB « GESTION DU PATRIMOINE NORTHWAY ». Ces dénominations sont également reprises sous cette forme dans des textes suivis, par exemple: L’année dernière « gestion des investissements Danske Capital » le nombre de clients a augmenté de 15%.90 Ces données comprennent également les services de leasing fournis par la filiale bancaire UAB « Danske leasing »les services de leasing qu’elle fournit91. « assurance vie Seesam Lietuva »constitue un portefeuille de services d’assurance vie et développe un réseau de conseillers92; UAB « garanties d’investissement et d’entreprise » (INVEGA) a accordé la première garantie de leasing à la société……
90 Le nombre de clients de « Danske Capital investicijų valdymas » a augmenté de 15%, disponible en ligne: https://www.danskebank.lt/index.php/apie-banka/naujienos/pranesimai-spaudai/16887 (consulté le 27/10/2014).
91 « Danske bankas » a doublé ses bénéfices, disponible en ligne: http://www.lrytas.lt/verslas/rinkos-pulsas/danske-bankas-dvigubai-didino-pelna.htm (consulté le 27/10/2014).
92 « Seesam Lietuva gyvybės draudimas » constitue un portefeuille de services d’assurance vie et développe un réseau de conseillers, disponible en ligne: http://www.verslobanga.lt/lt/spaudai.full/3cad932a34045 (consulté le 27/10/2014).
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« Citadele faktoringas ir lizingas » pour les biens nécessaires au développement des activités forestières acquis en crédit-bail par la société UAB « Girios tyla »93; « Swedbank » exerce ses activités en Lituanie avec ses filiales: « Swedbank lizingas », UAB, « Swedbank autoparko valdymas », la succursale lituanienne de « Swedbank Life Insurance SE », la succursale lituanienne de « Swedbank P&C Insurance AS », « Swedbank investicijų valdymas » UAB et « Swedbank valda », UAB94. La réticence probable à adapter les dénominations incluses tient à une tendance générale à ne pas adapter les noms symboliques. Pourtant, la langue cherche malgré tout à intégrer les mots étrangers non adaptés au moyen de divers procédés, par exemple en recourant à des commentaires métalinguistiques (Girčienė 2005); l’un des moyens d’intégrer un nom symbolique consiste à employer des mots génériques (Vaskelaitė 2001). Si ces noms ne sont pas intégrés par de tels procédés, ils sont alors mis entre guillemets ou en italique (Girčienė 2005; Marcinkevičienė 2006). Il est probable que l’on cherche à éviter les guillemets dans ces cas par crainte d’en abuser. Le manque de précision des règles d’écriture des noms symboliques étrangers, ou la tendance générale à ne pas utiliser de guillemets, y contribue sans doute également. Le facteur le plus déterminant est probablement l’analogie avec les noms anglais. En effet, ceux-ci ne distinguent aucunement le nom inclus: ni comme mot étranger ni comme nom symbolique, par exemple: Swedbank Life Insurance (cf. Swedbank gyvybės draudimas), Finasta Asset Management (cf. Finasta turto valdymas).
La possibilité d’utiliser une autre police dans de tels cas est probablement limitée par la tendance générale à respecter l’inscription au registre (où la police n’est pas utilisée), ainsi que par la position dominante dans les ouvrages normatifs, qui considère l’italique comme l’équivalent des guillemets95. L’usage révèle toutefois aussi des cas où les guillemets et l’italique sont employés de façon différenciée: les citations sont, par exemple, mises entre guillemets, tandis que les mots, expressions ou noms étrangers sont en italique. Cette possibilité est également formulée dans certains ouvrages consacrés à l’orthographe et à la ponctuation. Ainsi, l’un d’eux indique que les guillemets ne sont pas nécessaires lorsque les citations sont signalées par l’italique ou par un autre procédé graphique (Linkevičienė 2013: 58); toutefois, la mise en évidence par la police est examinée séparément des citations, et l’ouvrage mentionne notamment, parmi les fonctions de l’italique, celle de distinguer les mots étrangers (Linkevičienė 2013: 57). Il en ressort que les mots étrangers ne sont pas considérés comme des citations. Dans l’ESIV, l’italique est considéré comme l’équivalent des guillemets; cependant, l’affirmation selon laquelle il peut servir à distinguer des citations, des abréviations syllabiques, des noms symboliques ou étrangers, etc. (ESIV 2014: 38), montre que les noms étrangers sont distingués des noms symboliques, et que les uns comme les autres sont distingués des citations. Ainsi, les tendances de l’usage, ainsi que les affirmations des ouvrages qui les façonnent, montrent qu’il est nécessaire de subdiviser la notion large de citation. La mise en italique des mots étrangers dans les noms du groupe examiné correspondrait à cette tendance: le nom symbolique entier serait distingué en tant que citation ou nom au sens figuré, et son élément inclus, en tant que mot étranger. Bien entendu, cela soulèverait aussi la question de la distinction, dans un même texte, d’autres noms étrangers. Quoi qu’il en soit, ne pas distinguer un mot étranger non adapté dans un syntagme lituanien va à l’encontre de la tendance générale du lituanien et de l’orientation normative qui consiste à éviter les mots étrangers non adaptés et à distinguer ceux qui sont employés comme des citations au sens large. Des syntagmes tels que asset valdymas (gestion de patrimoine), amber tiltas (pont d’ambre), dream miestas (ville de rêve), ou une phrase comme Dog pagavo cat96 seraient considérés comme des erreurs en lituanien, voire comme n’étant pas du lituanien. Ainsi, il convient de se demander dans quelle mesure l’exception s’applique aux noms propres
93 La filiale de crédit-bail de la banque AB « Citadele » a commencé à proposer des services de crédit-bail avec des garanties INVEGA; accès en ligne: https://www.citadele.lt/naujienos/spaudai/2856/ (consulté le 2014 10 27).
94 Filiales, accès en ligne: https://www.swedbank.lt/lt/pages/357 (consulté le 2014 10 27).
95 La résolution de la VLKK indique que les guillemets peuvent être omis lorsque les citations sont distinguées par l’italique ou par un autre procédé graphique (VŽ 1997a).
96 Le chien a attrapé le chat.
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du domaine des noms. Pour déterminer comment écrire les noms de ce groupe, il faut également tenir compte du fait que leur structure est essentiellement calquée sur l’anglais. Des noms qui ne seraient pas formés par imitation de la syntaxe anglaise, mais selon les règles de formation des noms en lituanien, seraient probablement « Swedbank » įmonė « Investicijų valdymas » ou « Swedbank » investicijų valdymo įmonė.
Comme on le voit, aucune norme n’a été établie pour l’écriture des noms issus de l’interaction de plusieurs langues; toutefois, le critère de la syntaxe prédominante permettrait de la fixer sans difficulté: parmi les trois groupes examinés, l’un relève des noms anglais auxquels est intégré un élément lituanien, et les deux autres, des noms lituaniens dans lesquels est cité un mot ou un syntagme. Conformément aux tendances dominantes du lituanien en matière de présentation des citations, il conviendrait de distinguer d’une manière ou d’une autre l’élément cité. L’usage des noms examinés, qui met en évidence les divergences dans la conception du nom symbolique, soulève, outre les questions théoriques déjà évoquées, d’autres tâches: préciser le rapport entre les noms symboliques lituaniens et étrangers, d’une part, et la citation, d’autre part; clarifier la notion de citation; définir plus clairement les fonctions de ses marques ainsi que le rapport entre guillemets et italiques, et celui de l’italique avec les niveaux de l’orthographe et de la ponctuation.
CONCLUSIONS
Bien que les aspects syntaxiques, morphologiques, lexicaux et dérivationnels des appellations symboliques aient été étudiés de manière assez approfondie, les publications linguistiques n’accordent pas suffisamment d’attention à leur orthographe et à leur ponctuation. La règle d’écriture des appellations symboliques, qu’elles soient lituaniennes ou non lituaniennes, a été formulée, mais elle ne s’applique qu’au texte suivi.
Un phénomène d’actualité mis en évidence par la réalité — la création en grand nombre d’entreprises, d’établissements et d’organisations — a conduit à étudier les appellations symboliques principalement comme des dénominations de personnes morales, lesquelles ont ceci de particulier qu’elles tendent à fonctionner non seulement dans des textes suivis. Lorsqu’elles servent d’inscriptions publiques, de marques, d’objets publicitaires ou figurent dans des listes et d’autres textes non suivis, elles présentent des tendances graphiques différentes, qui ne coïncident que partiellement avec les conventions d’écriture des appellations symboliques dans un texte suivi. Ainsi, une règle qui ne régit que l’écriture dans un texte suivi ne peut suffire, du moins pour ce groupe d’appellations symboliques. L’examen des appellations symboliques de personnes morales oblige inévitablement à mentionner aussi d’autres possibilités graphiques. Celles-ci ne sont toutefois ni étudiées ni définies de manière exhaustive dans les publications linguistiques et, faute de clarté, une certaine confusion s’est installée dans l’usage. Divers modes d’écriture ont été adoptés par les créateurs de dénominations dans un domaine spécifique — le Registre des personnes morales, doté d’un statut juridique — et leur mélange est devenu un obstacle à l’écriture des appellations symboliques, ainsi qu’à l’orthographe et à la ponctuation en général. Cet obstacle est progressivement éliminé, mais l’usage révèle que le facteur qui le perturbe n’est pas seulement la diversité des modes d’écriture consacrée dans le registre.
L’affaiblissement considérable des fonctions des majuscules et des guillemets dans la situation qui s’est développée a créé un terrain propice à l’adoption des tendances caractéristiques de l’anglais en matière d’écriture des dénominations. Les entrées du registre, qui témoignent de façon manifeste de l’influence de l’anglais, révèlent aussi d’autres facteurs favorisant une graphie étrangère: les lacunes des règles d’écriture des appellations symboliques non lituaniennes, la distinction insuffisamment claire entre les niveaux de l’orthographe et de la ponctuation, l’absence de normes pour l’écriture des dénominations dans des textes non suivis — y compris dans un domaine aussi spécifique que le Registre des personnes morales — ainsi que le manque de règles d’écriture des appellations symboliques destinées aux usagers de la langue
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. En raison de ces lacunes, l’orthographe et la ponctuation des dénominations de personnes morales sont perturbées, et pas seulement dans le Registre des personnes morales.
L’usage met également en évidence des phénomènes qui n’ont pas du tout été abordés dans les travaux de normalisation linguistique. Il s’agit de dénominations issues de l’interaction entre les langues. Bien qu’aucune norme d’écriture ne soit formulée pour elles, les entrées du Registre des personnes morales pourraient servir de point de référence pour la définir. Ce domaine de l’usage propose un critère d’évaluation de ces dénominations, à savoir la prédominance syntaxique, et montre que ces formations sont créées selon le principe de la citation: dans un cas, un élément lituanien est intégré à un syntagme non lituanien; dans l’autre, inversement, un élément non lituanien — généralement une appellation symbolique — est intégré à un syntagme construit selon la syntaxe lituanienne. Faute de règle, on tend à ne distinguer le nom symbolique inclus dans une autre appellation symbolique ni comme appellation symbolique, ni comme élément étranger à la langue lituanienne. Le fait qu’il ne soit pas adapté phonétiquement ou morphologiquement s’explique par les tendances du style fonctionnel (officiel et administratif), façonnées également par les règles non lituaniennes d’usage des appellations symboliques en lituanien; pourtant, les éléments non adaptés sont signalés en lituanien par des guillemets ou par la typographie. En ne les distinguant pas, on enfreint la tendance générale du lituanien et son principe de normalisation consistant à ne pas employer de mots étrangers non adaptés et, lorsqu’ils sont utilisés à l’écrit, à les traiter comme des citations au sens large. Il convient de se demander sérieusement dans quelle mesure une telle infraction peut se justifier dans le seul domaine de l’usage des noms propres.
Dans l’ensemble, l’analyse de l’usage des appellations symboliques met en évidence la nécessité tant de règles pratiques que de décisions de codification. Des décisions sont nécessaires pour des cas particuliers, comme la question de la présentation des dénominations multilingues, mais aussi pour des questions plus globales: formuler plus clairement les fonctions de certains signes (la majuscule, l’écriture intégralement en capitales, les guillemets et la typographie), leurs rapports réciproques et leur rapport aux niveaux de l’orthographe et de la ponctuation; établir une norme pour l’écriture des appellations symboliques dans les textes non suivis et préciser celle qui régit leur écriture dans les textes suivis. L’usage révèle également que la notion d’appellation symbolique et le rapport entre appellation symbolique et citation ne sont pas suffisamment définis.
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Gauta 2014 11 07
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HOW A SEEMINGLY SIMPLE RULE FOR WRITING SYMBOLIC NAMES BECOMES DIFFICULT
S u m m a r y
Linguistic publications pay insufficient attention to orthography and punctuation of symbolic names. They have mostly been analysed as names of legal persons, which are unique in that they tend to function not only in coherent texts. Functioning as public signs, trademarks, advertising objects, in lists and similar texts they are characterised by different writing tendencies only partly coinciding with the writing of symbolic names in a coherent text. Thus, a rule regulating only writing in a coherent text cannot be sufficient at least for this group of symbolic names. In discussion of symbolic names of legal persons it is necessary to mention other possibilities of writing. However, these are not analysed and defined in detail in linguistic publications; thus, due to lack of clarity, some confusion in usage has arisen.
As the functions of capitalisation and quotation marks have become unstable, a favourable medium has emerged for applying the tendencies of writing names characteristic to the English language. The records of the Register of Legal Entities, which clearly show the impact of the English language, demonstrate more factors contributing to foreign orthography: shortcomings of the rule on writing non-Lithuanian symbolic names; insufficient clarity in drawing the line between levels of orthography and punctuation and in writing names in non-coherent texts, including areas as specific as the Register of Legal Entities; absence of the norm and lack of rules for language users on writing symbolic names.
Usage also unveils phenomena that are not considered at all in language standardisation works. These are names emerging out of interaction of languages. Even though there is no norm formulated for writing them, it could be established by using the records of the Register of Legal Entities as a reference point. Such constructs are made based on the principle of quotation: in some cases, a Lithuanian element is included in a non-Lithuanian combination; in other cases, on the contrary, a non-Lithuanian component, usually a symbolic name, is included in a combination constructed on the basis of Lithuanian syntax. Since the rule is missing, there is a tendency not to distinguish the symbolic name comprising another symbolic name neither as a symbolic name nor as an element foreign to the Lithuanian language. This is against the general tendency of the Lithuanian language and its standardisation principle not to use unadapted foreign words and to treat those used in the written language as quotations in a broad sense. It is negotiable to what extent such a violation can be justified by the field of using proper names.
In general, the analysis of the use of symbolic names shows the need both for practical rules and decisions related to codification. Solutions are needed in individual cases, such as formalising multilingual names, as well as in the complex ones, such as clearer formulation of the functions of certain signs (capitals, writing in uppercase letters, quotation marks, prints), their interaction and relation to the levels of orthography and punctuation, constitution of the norm for writing symbolic names in non-coherent texts, and also adjusting the norm for their writing in coherent texts. In addition, usage demonstrates insufficient definition of the concept of a symbolic name and the relation between a symbolic name and a quotation.
KEYWORDS: symbolic name, usage, norm, language regulation, writing and punctuation, name formation rules, capitalisation, quotation marks.
RAMUNĖ VASKELAITĖ
Lietuvos bankas
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