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Europos Sąjungos Teisingumo Teismo generalinio advokato išvadų leksinių analitinių konstrukcijų vertimas iš prancūzų kalbos į lietuvių kalbą

Aurelija Leonavičienė; Dalia Liepuoniūtė

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AURELIJA LEONAVIČIENĖ Université de technologie de Kaunas DALIA LIEPUONIŪTĖ Université de technologie de Kaunas TRADUCTION EN LITUANIEN DES CONSTRUCTIONS LEXICALES ANALYTIQUES DES CONCLUSIONS DE L’AVOCAT GÉNÉRAL DE LA COUR DE JUSTICE DE L’UNION EUROPÉENNE, À PARTIR DU FRANÇAIS MOTS-CLÉS: construction lexicale analytique, procédé de traduction, style administratif, norme de la langue standard. Au cours des vingt dernières années, le nombre de traductions en lituanien de documents de l’Union européenne (ci-après l’UE) a augmenté et l’évolution de la langue administrative s’est accélérée. Sous l’effet de l’influence interlinguistique, de nouvelles caractéristiques linguistiques, parfois choisies sans justification par les traducteurs, ont commencé à apparaître dans les textes de style administratif. Comme on le sait, le lexique est l’élément qui réagit le plus rapidement aux changements; certains traits distinctifs d’ordre stylistique dans l’usage du lexique évoluent. La comparaison des textes originaux et traduits fournit de nombreuses données utiles sur l’usage du lexique, en particulier la comparaison de textes traduits de style administratif lituanien, dont le degré de standardisation est moindre, avec des textes anglais ou français issus de traditions anciennes dans ce style. La pertinence des recherches sur les textes traduits du style administratif contemporain lituanien est attestée par les propos tenus lors de la conférence internationale « La langue lituanienne dans l’espace de l’Union européenne », organisée le 8 décembre 2008 par le Seimas de la République de Lituanie: « La qualité plutôt médiocre de la traduction des actes juridiques de l’UE nuit incontestablement aux langues administrative et juridique lituaniennes. Dans les documents où sont intégrées des traductions de textes administratifs de l’UE, on observe les caractéristiques de textes rédigés dans d’autres langues: de nouveaux termes, noms de documents et d’institutions ont fait leur apparition, le nombre d’emprunts internationaux a augmenté, des mots et des expressions d’autres langues qui ne sont pas traduits ont été introduits; la structure des phrases change, celles-ci sont très longues et A. LEONAVIČIENĖ, D. LIEPUONIŪTĖ. Traduction en lituanien des constructions lexicales analytiques des conclusions de l’avocat général de la Cour de justice de l’Union européenne, à partir du français 95 maladroits; sous l’influence de l’anglais analytique, les constructions nominales se sont multipliées. » (Auksoriūtė 2008: 41–49). Bien que le style administratif soit le plus rigide, le plus fermé et le plus stéréotypé de tous les styles fonctionnels, et qu’il présente la plus faible différenciation générique (Župerka 2001: 95–96), les changements de ses normes influencent la langue des autres styles fonctionnels, en particulier celle du style scientifique, ainsi que, plus généralement, l’ensemble du lituanien standard (Vladarskienė 2007: 55–61). Les questions relatives à la qualité des traductions du style administratif et les nouveautés linguistiques qui se répandent dans les textes traduits devraient donc retenir toujours davantage l’attention des chercheurs en linguistique. Compte tenu de l’actualité du sujet, l’étude porte sur l’un des genres du sous-style juridique du style administratif, à savoir les conclusions du procureur général de la Cour de justice, en français et en lituanien, issues de la base de données des documents des institutions de l’UE (EUR-lex). L’objet de recherche est constitué par les constructions lexicales analytiques particulièrement caractéristiques du français et leurs traductions en lituanien. Le choix des textes de ce genre s’explique par une idée souvent exprimée dans les travaux de stylistique: pour décrire « les caractéristiques du style administratif, ses traits linguistiques ou les tendances de son évolution, on se fonde le plus souvent uniquement sur des textes du sous-style juridique, car ils sont ceux qui répondent le mieux aux normes du style administratif » (Bitinėnė 2002: 4). Le corpus étudié comprend 444 pages de conclusions du procureur général datant de 2003–2013 (en français conclusions), réparties en deux périodes comparatives: un échantillon de textes de 2003–2008, comptant 106 171 mots, et des textes de 2009–2013, comptant 114 870 mots. Le nombre total de mots des documents analysés est de 221 041. La division des échantillons de conclusions judiciaires en deux périodes permet d’observer l’évolution, sur dix ans, de la traduction des textes administratifs étudiés et d’établir les variations de la qualité des traductions. L’objectif de cette étude est d’examiner la fréquence d’emploi des constructions lexicales analytiques dans les conclusions du procureur général en français et de déterminer les procédés utilisés pour les traduire en lituanien. Les objectifs sont les suivants: 1) présenter, sur le plan théorique, les constructions lexicales analytiques françaises et les distinguer des constructions analytiques grammaticales et des syntagmes libres; 2) déterminer les caractéristiques génériques de l’emploi des constructions lexicales analytiques dans les textes étudiés et comparer les données d’emploi des deux périodes de recherche; 3) déterminer les procédés de traduction des constructions lexicales analytiques en lituanien et évaluer la qualité de ces traductions. L’analyse stylistique de la répartition et de la traduction des constructions étudiées est menée au moyen de méthodes quantitatives, comparatives et descriptives, ainsi que de l’analyse de traduction. Cette recherche scientifique a été réalisée à l’Université de technologie de Kaunas, dans le cadre du projet du Conseil lituanien de la recherche « Promotion de l’activité scientifique des étudiants » 96 KALBOS KULTŪRA | 86 (VP1-3.1-ŠMM-01-V-02-003). Le projet est financé au titre du 3e axe prioritaire du programme opérationnel de développement des ressources humaines, « Renforcement des capacités des chercheurs », par le Fonds social européen et le budget de l’État de la République de Lituanie. CONCEPT DES CONSTRUCTIONS LEXICALES ANALYTIQUES EN FRANÇAIS ET RÉSULTATS DE L’ANALYSE QUANTITATIVE DU CORPUS ÉTUDIÉ Les constructions lexicales analytiques sont caractéristiques de l’anglais, du français et d’autres langues analytiques, dans lesquelles le sens de l’ensemble est exprimé par deux mots distincts ou plus, dont l’un a un sens lexical et l’autre un sens grammatical. Cette forme d’unité lexicale s’oppose souvent à une forme synthétique, dans laquelle un seul mot exprime à la fois le sens lexical et le sens grammatical (Leonavičienė 2009: 24). En linguistique, les constructions lexicales analytiques sont distinguées des formes analytiques grammaticales et des syntagmes libres. Contrairement aux formes analytiques grammaticales (par exemple, en français tu as fait, tu vas dire, il vient de parler, etc.), la forme lexicale analytique est constituée d’une combinaison d’un verbe support (en français verbe support) et d’un nom (plus rarement, d’un adjectif ou d’une construction prépositionnelle), à laquelle correspond un seul verbe dans la même langue analytique, par exemple, avoir de l’admiration – admirer, donner un ordre – ordonner, donner les définitions – définir, donner l’autorisation – autoriser, faire des recommandations – recommander, faire une demande – demander, prendre en considération – considérer, etc. Les constructions lexicales analytiques françaises présentées ici, ainsi que celles relevées dans les textes étudiés, possèdent le plus souvent un synonyme formé d’un seul mot, tandis que les formes analytiques grammaticales n’ont généralement pas de tels synonymes lexicaux. Il est un peu plus difficile de distinguer les constructions lexicales analytiques des syntagmes libres et des collocations caractéristiques du style administratif. Dans les syntagmes libres et les collocations, tous les éléments conservent leur sens autonome; en revanche, selon Igor Melčiukas, une condition nécessaire permet de reconnaître une construction lexicale analytique: un sens flexionnel supplémentaire, apporté par un autre mot, s’ajoute au lexème principal, qui est le plus important (Mel’čuk 1990: 131–132). Dans les constructions lexicales analytiques françaises, le principal élément sémantique est un nom, parfois un adjectif ou une construction prépositionnelle- A. LEONAVIČIENĖ, D. LIEPONIŪTĖ. Traduction du français en lituanien des constructions lexicales analytiques dans les conclusions du procureur général de la Cour de justice de l’Union européenne 97 Selon les linguistes Martino Riegel, Jean-Christophe Pellat et René Rioul, les constructions lexicales analytiques sont souvent formées, dans la langue, d’un nom ou d’un adjectif et d’un verbe de même racine et de sens proche (faire le résumé d’un livre / résumer un livre), mais il existe également des noms qui n’ont pas d’équivalent verbal (faire le bilan de sa vie ≠ bilaner? sa vie, émettre une hypo-thèse sur la question ≠ hypothéser? sur la question, entre autres) (Riegel et al. 2006: 232–233). Les noms employés dans les constructions étudiées sont très variés, mais le nombre de verbes auxiliaires qui transmettent des informations grammaticales est plus restreint. Selon M. Riegel, les plus fréquents sont avoir, donner, faire, mettre, porter et d’autres verbes exprimant des relations prédicatives qui indiquent le début d’une action (Pierre gagne de l’assurance), sa durée (Pierre a de l’assurance / garde (conserve) son assurance) ou sa fin (Pierre perd son assurance) et qui, en fonction de leur adéquation stylistique, peuvent être employés avec des noms (avoir de l’intérêt pour → éprouver, manifester, témoigner, etc. de l’intérêt pour; faire l’examen de → effectuer, procéder à, etc. l’examen de; donner l’ordre de → intimer l’ordre de) (Riegel et al. 2006: 232–233). Les constructions lexicales analytiques sont une caractéristique du système analytique de la langue française. Ces constructions ont été étudiées par les linguistes M. Riegel, J.-C. Pellat et R. Rioul (2006), I. Mel’čuk (1990) et d’autres; les questions de leur emploi stylistique et de leur traduction en lituanien ont été examinées par Aure­lija Leonavičienė (2009: 23–30; 2010: 135–149). Toutefois, l’analyse des modes d’emploi et de traduction en lituanien des constructions lexicales analytiques du français dans des textes de style administratif de plus grande ampleur et plus représentatifs fait encore largement défaut. Lors de l’analyse de la répartition des constructions lexicales analytiques dans les 444 pages de corpus français étudié, 705 constructions lexicales analytiques ont été relevées au total: tenir / prendre en / rendre compte, prendre en considération, ressortir / résulter des considérations, avoir à la disposition, avoir / énoncer / faire / imposer / fonder l’obligation, poser la/ remettre en/ saisir/ soumettre/ soulever/ déférer question, etc. Les constructions choisies dans les textes sont liées à la thématique et au contenu des textes étudiés. Sur la base des considérations théoriques déjà exposées, les exemples recueillis dans le corpus étudié ont été distingués: 1) des formes analytiques grammaticales, 2) des combinaisons libres de mots répétées et 3) des collocations propres au langage juridique. Les conclusions de l’avocat général de la première période, c’est-à-dire de 2003 à 2008, comptaient 355 constructions lexicales analytiques; les textes du même genre de la seconde période, de 2009 à 2013, en comptaient 350. La répartition similaire des constructions lexicales analytiques dans les textes des deux périodes (voir le tableau 1) témoigne de la stabilité de l’emploi de ces constructions dans les textes de style administratif étudiés 98 KALBOS KULTŪRA | 86 textes. Leur fréquence globale, soit environ 6,3 constructions pour 10 pages de l’ensemble du corpus étudié, permet de considérer ces unités lexicales comme un trait distinctif du genre de style administratif examiné. Leur emploi varie légèrement selon les périodes: environ 6,14 constructions pour 2003–2008 et environ 6,5 pour 2009–2013. La fréquence d’emploi des constructions lexicales analytiques pour 10 pages au cours de la seconde période n’est supérieure que de 0,36; cet écart est donc trop faible pour étayer l’hypothèse d’une tendance à la hausse de leur emploi dans les textes du genre étudié. TABLEAU 1. Répartition quantitative des constructions lexicales analytiques du français Période Nombre de pages Nombre de constructions lexicales analytiques Fréquence des constructions lexicales analytiques pour 10 pages 2003–2008 218 355 ~6,14 2009–2013 226 350 ~6,5 2003–2013 444 705 ~6,3 Les données recueillies sur la fréquence d’emploi peuvent être comparées aux résultats d’études de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (et de ses protocoles) menées un peu auparavant par A. Leonavičienė (2010: 135–139). Dans un texte de seulement 31 pages, 43 constructions lexicales analytiques ont été relevées, soit environ 14 pour 10 pages. La taille trop limitée du corpus ne permettait d’établir que l’emploi des constructions lexicales analytiques dans le document analysé et ne permettait pas de tirer des conclusions plus générales sur leur fréquence dans d’autres genres de style administratif. C’est pourquoi, pour la présente étude, il a été décidé d’accroître considérablement l’échantillon afin qu’il rende compte de manière plus objective de la fréquence des constructions lexicales analytiques dans les textes du genre examiné. Si l’on compare ces résultats aux études sur l’emploi des constructions lexicales analytiques dans des textes relevant d’autres styles fonctionnels du français, en particulier dans des textes littéraires de longueur similaire (en 2009–2010, A. Leonavičienė a établi que, dans 10 pages de quatre œuvres de prose de style littéraire totalisant 467 pages, on employait en moyenne 5,25 constructions lexicales analytiques, tandis que, dans 10 pages de textes de style journalistique totalisant 148 pages, on en employait 5 (2009: 25; 2010: 139)), on constate que les conclusions d’avocats généraux de style administratif, qui comptent 444 pages, présentent un emploi plus fréquent de constructions lexicales analytiques, soit environ 6,3 pour 10 pages. Les constructions lexicales analytiques A. LEONAVIČIENĖ, D. LIEPONIŪTĖ. Europos Sąjungos Teisingumo Teismo generalinio advokato išvadų leksinių analitinių konstrukcijų vertimas iš prancūzų kalbos į lietuvių kalbą 99 L’abondance de constructions dans les textes administratifs (~6,3), littéraires (~5,25) et journalistiques (~5) en français permet d’affirmer que ces constructions ne sont pas marquées stylistiquement et qu’elles doivent être considérées comme une caractéristique générale du système analytique de la langue française. Toutefois, leur emploi plus fréquent dans les textes de style administratif permet de les considérer comme un trait linguistique distinctif du genre étudié. Cette affirmation est étayée par l’idée de C. Blanche-Benveniste selon laquelle le genre du texte détermine la fréquence quantitative de l’emploi des moyens lexicaux et grammaticaux (2000: 55–63), leur répartition dans les textes et, bien sûr, certains modes de leur traduction. MODES DE TRADUCTION EN LITUANIEN DES CONSTRUCTIONS ANALYTIQUES LEXICALES FRANÇAISES L’examen des échantillons de textes correspondant aux deux périodes étudiées a permis d’établir les modes communs de traduction des constructions analytiques lexicales pour l’ensemble de la décennie (2003–2013): 1) traduction par un verbe lituanien; 2) traduction par une construction nominale; 3) traduction par un nom (voir le tableau 2); 4) traduction par un adjectif ou par une combinaison d’un adjectif et d’un verbe; 5) traduction par un adverbe; et 6) omission de la construction analytique lexicale (voir le tableau 3). TABLEAU 2. Modes les plus fréquents de traduction en lituanien des constructions analytiques lexicales françaises Période | Traduction par un verbe et ses formes | Traduction par une construction nominale | Traduction par un nom | Nombre d’occurrences | Fréquence en pourcentage | Nombre d’occurrences | Fréquence en pourcentage | Nombre d’occurrences | Fréquence en pourcentage | 2003–2008 | 212 | ~59,7 | 125 | ~35,2 | 13 | ~3,7 | 2009–2013 | 213 | ~60,9 | 120 | ~34,3 | 12 | ~3,4 | 2003–2013 | 425 | ~60,2 | 245 | ~34,8 | 25 | ~3,5 Les résultats de l’analyse quantitative menée sur l’ensemble de la période étudiée permettent de considérer la traduction par un verbe et la traduction par une construction nominale comme les modes de traduction les plus fréquents. Les exemples relevant des autres modes de traduction ne représentent que 5% de l’ensemble des exemples examinés. 100 KALBOS KULTŪRA | 86 TABLEAU 3. Autres modes de traduction en lituanien des constructions analytiques lexicales françaises Période | Traduction par un adjectif ou par une combinaison d’un adjectif et d’un verbe | Traduction par un adverbe | Omission de la construction analytique lexicale | Nombre d’occurrences | Fréquence en pourcentage | Nombre d’occurrences | Fréquence en pourcentage | Nombre d’occurrences | Fréquence en pourcentage | 2003–2008 | 4 | ~1,1 | 1 | ~0,3 | 0 | ~0 | 2009–2013 | 2 | ~0,6 | 1 | ~0,3 | 2 | ~0,6 | 2003–2013 | 6 | ~0,9 | 2 | ~0,3 | 2 | ~0,3 Comme indiqué, la traduction par un verbe est la plus fréquente: dans les textes de la première période (2003–2008), sur 355 constructions analytiques lexicales, 212 ont été traduites par un verbe (~59,7% de tous les exemples examinés); pendant la deuxième période (2009–2013), sur 350 constructions, 213 ont été traduites par un verbe (~60,9% de tous les exemples examinés). Pour l’ensemble de la décennie étudiée (2003–2013), la traduction par un verbe et ses formes des constructions analytiques lexicales dans les conclusions des avocats généraux représente ~60,2% des exemples du corpus étudié. Les traducteurs ont choisi ce mode de traduction en raison de la sémantique des constructions analytiques lexicales françaises, c’est-à-dire parce qu’elles expriment souvent une action, et compte tenu de la nature verbale et flexionnelle du lituanien: (1) Il faudrait donc donner une réponse affirmative à la seconde question. (C-349/01) Selon le comité d’entreprise, pour cette raison, il convient de répondre par l’affirmative à la deuxième question. (C-349/01) (2) <...> aucun travailleur ne puisse subir aucun préjudice du fait qu’il n’est pas disposé à donner son accord pour effectuer un tel travail. (C-397/01 à C-403/01) <...> le travailleur ne subira aucun préjudice du fait de l’employeur parce qu’il ne souhaite pas accepter d’effectuer un tel travail. (C-397/01 à C-403/01) (3) La Cour administrative (Luxembourg) a des doutes quant à la compatibilité d’une disposition nationale du droit relatif à l’impôt sur le revenu avec les règles sur la libre circulation des capitaux. (C-242/03) La Cour administrative de Luxembourg doute de la compatibilité d’une disposition nationale relative à l’impôt sur le revenu avec les règles de libre circulation des capitaux. (C-242/03) A. LEONAVIČIENĖ, D. LIEPONIŪTĖ. Traduction du lituanien vers le français des constructions analytiques lexicales dans les conclusions des avocats généraux de la Cour de justice de l’Union européenne 101 Voici d’autres exemples de ce procédé de traduction: apporter les preuves – prouver; donner des indications – indiquer; effectuer un travail – travailler; exercer le contrôle – contrôler; faire mention – mentionner; faire suite – poursuivre; faire usage – utiliser, employer; fournir les informations – informer; fournir des explications – expliquer; mettre fin – terminer; prendre une décision – décider; prendre part – participer, contribuer, etc. Les constructions lexicales analytiques du français n’expriment pas toujours une action; elles peuvent mettre l’accent sur l’objet ou le résultat. Ces significations sont propres au langage administratif, dans lequel il faut « exposer non pas les actions, mais leurs résultats, utiliser des notions et des termes définis » (Kniūkšta 2005: 60). C’est pourquoi, compte tenu des particularités sémantiques des constructions à traduire, les traducteurs ont rendu environ 34,8% de l’ensemble des exemples au moyen de constructions nominales lituaniennes: (4) La requérante au principal, la défenderesse au principal, les gouvernements autrichien, espagnol, italien et du Royaume-Uni ainsi que la Commission européenne ont présenté des observations écrites dans cette affaire. (C-523/10) Des observations ont été présentées par écrit par la requérante et la défenderesse au principal, les gouvernements autrichien, espagnol, du Royaume-Uni et italien ainsi que la Commission. (C-523/10) (5) Par courrier transmis le 27 octobre 2011, la Cour a posé une question pour réponse écrite en vue de l’audience, dans les termes suivants [...] (C-522/10) Dans une lettre envoyée le 27 octobre 2011, la Cour a posé la question suivante, à laquelle il était demandé de répondre par écrit avant l’audience [...]. (C-522/10) Les constructions nominales dont le sens diffère de celui des verbes correspondants sont nécessaires à la langue. Selon Pranas Kniūkšta, les « différences de sens découlant du sens des noms sont l’une des principales raisons pour lesquelles les constructions nominales s’imposent et se répandent » (2005: 69). Même lorsqu’une construction nominale peut être remplacée par un verbe dans le texte traduit, leurs sens ne coïncident pas toujours. On peut donc affirmer que « les modes d’expression nominaux se répandent pour des raisons objectives et, dans certains cas, s’imposent inévitablement » (Kniūkšta 2005: 60). Les résultats de l’étude permettent d’affirmer que, au cours des différentes périodes étudiées, les exemples de traduction des constructions lexicales analytiques par des constructions nominales se répartissent de manière similaire: dans les traductions des conclusions des avocats généraux de 2003 à 2008, les constructions nominales ont été choisies 125 fois (soit environ 35,2% de tous les exemples de la période analysée), et 120 fois en 2009–2013 (environ 34,3% des exemples). Le plus souvent 102 KALBOS KULTŪRA | 86 dans les traductions de l’ensemble du corpus étudié (2003–2013), on trouve les constructions suivantes: avoir le droit (7,3% de toutes les constructions nominales), être à la disposition (4,5%), soulever / poser une question (4%), effectuer un audit (3,7%), conférer un droit (3,7%), prendre une décision (3,3%), présenter des observations (2,8%), avoir un effet (2,8%), exercer une influence (2,4%), faire référence (1,6%), présenter une demande (1,6%), offrir la possibilité (1,6%), introduire un recours (1,2%), etc. Au vu des résultats de l’étude, on peut affirmer que le choix de constructions particulières et la fréquence de leur emploi ont été déterminés par le sujet et le contenu des textes examinés. Compte tenu de ces facteurs, les traducteurs ont choisi soit l’équivalent lexicographique précis de la construction française à traduire (exemples 4 et 5), soit une construction nominale lituanienne plus appropriée au contexte précis et plus caractéristique des textes du genre étudié, qui reflète les particularités du lexique administratif: (6) L’article 48 prévoit que, « [a]ux fins du présent titre, aucune disposition du présent accord ne fait obstacle à l’application, par les parties, de leurs lois et de leurs réglementations concernant l’admission et le séjour, l’emploi, les conditions de travail, l’établissement de personnes physiques et la prestation de services [...] ». Conformément à l’article 48, « aucune disposition du présent accord, dans le cadre de la présente partie, n’empêche les parties d’appliquer leurs lois et règlements régissant l’entrée et le séjour des personnes physiques, leur travail, leurs conditions de travail, leur établissement et la fourniture de services [...] ». (7) Plus précisément, l’article 65, paragraphe 2, du règlement n° 883/2004 prévoit que le travailleur transfrontalier se met « à la disposition des services de l’emploi de l’État membre de résidence » [...]. (C-443/11) Plus précisément, l’article 65, paragraphe 2, du règlement n° 883/2004 prévoit que le travailleur frontalier doit être « à la disposition des services de l’emploi de l’État membre de résidence » à la disposition». [...]. (C-443/11) La traduction des constructions lexicales analytiques françaises par des constructions nominales lituaniennes accroît la fréquence d’emploi du nom dans les textes du genre étudié et reflète une caractéristique du langage administratif: la prédominance fréquente du nom sur les autres parties du discours. Les données relatives à la traduction des constructions lexicales analytiques des conclusions des avocats généraux étudiées (444 pages) au moyen de constructions nominales (environ 34,8%) peuvent être comparées aux résultats d’études sur la traduction en lituanien de textes littéraires français de volume similaire (467 pages) (Leonavičienė 2009: 26–29; 2010: 140–149). Ces dernières études ont établi qu’environ 74% de toutes les constructions lexicales analytiques relevées dans les textes littéraires étudiés étaient traduites par un verbe lituanien et seulement environ 23% par une construction nominale. Des résultats similaires ont également été obtenus lors de l’étude d’un corpus plus restreint (148 pages) de textes pub- A. LEONAVIČIENĖ, D. LIEPONIŪTĖ. Traduction du français vers le lituanien des constructions lexicales analytiques dans les conclusions des avocats généraux de la Cour de justice de l’Union européenne 103 … le texte de style publicistique de Robert Schumann, « Pour l’Europe »: 74% de toutes les constructions analytiques lexicales sont traduites par un verbe, tandis que les constructions nominales représentent 26% des constructions analytiques lexicales du français. La comparaison des résultats d’études portant sur la traduction du français vers le lituanien de textes littéraires de longueur comparable (467 pages) et de conclusions judiciaires de style administratif (444 pages) montre que, dans la traduction de textes administratifs, les constructions nominales sont choisies 12% plus souvent, ce qui accroît la fréquence d’emploi des noms, qui confèrent à la langue un caractère informatif et statique. L’étude de la traduction en constructions nominales lituaniennes des constructions analytiques lexicales figurant dans les conclusions de l’avocat général en français a permis de relever 15 exemples de non-respect de la norme du lituanien courant et de calque littéral: (8) En outre, à la différence d’autres directives fondées sur les articles 13 CE (9), 57, paragraphe 2, sous c), CE et 66 CE (10) ou 141 CE (11), celle-ci ne fait point référence aux conditions de rémunération. (C-307/05) En outre, contrairement aux autres directives adoptées sur le fondement de l’article 13, paragraphe (9), de l’article 57, paragraphe 2, point c), des articles 66(10) et 141(11) CE, elle ne fait pas référence aux conditions de rémunération. (C-307/05) (= elle ne mentionne pas les conditions de rémunération) (9) À la suite de cet examen, le tribunal pourra décider s’il se trouve ou pas devant les moyens nécessaires pour a priori porter effectivement atteinte à une marque dans un autre État membre au moyen d’Internet. (C-523/10) Au terme de cette appréciation, la juridiction décidera s’il existe des mesures nécessaires visant, a priori, à porter effectivement atteinte, par l’intermédiaire d’Internet, à un droit de marque dans un autre État membre. (C523/10) (= porter effectivement atteinte à un droit de marque dans un autre État membre) (10) Nous nous proposons de commencer notre analyse par le troisième élément, étant donné, que dans l’ordre juridique national, cet élément pourrait faire obstacle à l’exécution de la décision, en rendant juridiquement impossible la récupération des aides aux actifs qu’Olympic Airways détenait encore lors de l’adoption de cette décision. (C-415/03) Je propose de commencer l’analyse par la troisième question, car elle pourrait, dans le système juridique national, faire obstacle à la mise en œuvre de la décision, ce qui rendrait juridiquement impossible la récupération de l’aide d’État auprès des actifs qu’Olympic Airways détenait encore au moment de l’adoption de cette décision. (C-415/03) (= empêcher la mise en œuvre de la décision, ce qui la rendrait…) (11) La partie reportée du congé minimal de l’année antérieure ne ferait en effet plus partie du congé annuel minimal. (C-124/05) En réalité, la partie minimale des congés reportée de l’année précédente ne devient pas une partie intégrante des congés annuels minimaux. (C-124/05) (= n’est pas comprise dans les congés annuels minimaux…) 104 KALBOS KULTŪRA | 86 Ces constructions analytiques lexicales françaises expriment une action, et non le résultat ou l’objet de celle-ci; elles ne devraient donc pas être traduites par des constructions nominales lituaniennes dont le sens coïncide entièrement avec celui des verbes, car, selon P. Kniūkšta, elles sont inutiles à la langue et ne sont dès lors pas justifiées non plus dans la langue administrative (Kniūkšta 2005: 70). Pour traduire les conclusions de l’avocat général, les traducteurs auraient dû approfondir le contenu sémantique de l’unité traduite ainsi que ses possibilités d’expression en lituanien, puis choisir une unité lexicale propre à la langue administrative. Dans l’ensemble du corpus étudié de conclusions de l’avocat général datant de 2003 à 2013, les cas de traduction inappropriée par des constructions nominales représentaient environ 2,1% de tous les exemples de traduction. Les exemples de calque de constructions analytiques lexicales françaises discutables au regard de la norme du lituanien ont été plus nombreux dans les textes de la période 2003-2008 (12 cas) que dans les conclusions de l’avocat général examinées pour la période 2009-2013 (3 cas). Les cas de traduction inappropriée par des constructions nominales représentaient, pour ces deux périodes respectivement, 3,4% et environ 0,9% de tous les exemples de traduction par des constructions nominales. La diminution relativement importante du nombre de cas de traduction inadéquate en lituanien de constructions analytiques lexicales permet d’affirmer que, au cours des cinq dernières années, la qualité de la traduction des documents de l’UE a commencé à s’améliorer. La tendance de la langue administrative à employer des noms se manifeste également dans la traduction par des noms des constructions analytiques lexicales françaises, ce qui rend la langue plus logique et plus abstraite. Dans les textes de la première période étudiée (2003-2008), 13 exemples de ce type ont été relevés (soit environ 3,7% de tous les exemples de traduction des constructions analytiques lexicales examinées); dans ceux de la deuxième période (2009-2013), on en a trouvé 12 (environ 3,4%). La fréquence de la traduction par un nom dans les documents de l’ensemble de la décennie étudiée (2003-2013) ne représente qu’environ 3,5% de tous les exemples de traduction. (12) Si la convention collective de sécurité sociale ne distingue pas selon la nationalité des bénéficiaires d’une allocation temporaire, elle peut néanmoins avoir des répercussions différentes selon que le travailleur habite en Allemagne ou en France au moment où il perçoit l’allocation temporaire. (C-400/02) Bien que la convention collective de sécurité sociale ne distingue pas les bénéficiaires de l’allocation temporaire selon leur nationalité, son effet peut varier selon que le travailleur résidait en Allemagne ou en France au moment où il percevait l’allocation temporaire. (C-400/02) (13) Le 16 juin 2000, la représentation permanente de l’Italie auprès de l’Union européenne a transmis à la Commission une lettre du ministère de l’Environnement, A. LEONAVIČIENĖ, D. LIEPONIŪTĖ. Traduction du français vers le lituanien des constructions analytiques lexicales dans les conclusions de l’avocat général de la Cour de justice de l’Union européenne 105 datée du 30 mai, indiquant que la précédente décision a été prise après avoir eu connaissance d’un avis favorable du Comité régional d’évaluation des incidences environnementales. (C-87/02) 2000 m. birželio 16 d. Italijos nuolatinė atstovybė Europos Sąjungoje Komisijai perdavė 2000 m. gegužės 30 d. Aplinkos ministerijos laišką, teigiantį, kad prieš tai nurodytas sprendimas buvo priimtas palankios Poveikio aplinkai vertinimo regioninio koordinavimo komiteto nuomonės pagrindu. (C-87/02) Le choix de traduire par un substantif s’explique non seulement par le caractère usuel de cette partie du discours et sa grande fréquence dans les textes administratifs, mais aussi par les modifications de la structure de la phrase traduite et la restitution des significations contextuelles plutôt que lexicales (exemples 11 et 12). Pour des raisons similaires, 0,9% des constructions lexicales analytiques du corpus étudié ont été traduites par des adjectifs ou des groupes adjectivaux et verbaux, et 0,3% par des adverbes (par exemple, avoir le droit – teisėtai, ne faire aucun doute – neabejotinai, etc.). Ces deux groupes réunis représentent 1,2% de l’ensemble des exemples étudiés. (14) Même si un barème général des taxes d’affranchissement postal est appliqué, il ne fait aucun doute qu’il ne s’agit pas à cet égard de prestations qui sont caractéristiques des besoins vitaux immédiats de clients privés. (C-357/07) Toutefois, dans la mesure où un tarif postal général est appliqué, il ne fait aucun doute qu’il ne s’agit pas de prestations caractéristiques des besoins immédiats des clients privés. (C-357/07) (15) Toutefois, si l’on tenait uniquement compte du fait que la prestation a été fournie par un service public postal, il faudrait également exonérer des opérations qui n’ont aucun rapport avec les services postaux, telles que la vente d’articles de papeterie ou de cadeaux dans les bureaux de poste. (C-357/07) Cependant, si l’on se fondait uniquement sur le fait que les services sont fournis par le service public postal, il faudrait également exonérer des opérations qui n’ont aucun rapport avec les services postaux, telles que la vente de fournitures de bureau ou de cadeaux dans les bureaux de poste. (C-357/07) Par comparaison avec la traduction de textes relevant d’autres styles fonctionnels, tels que le style littéraire, les modes et solutions de traduction en lituanien des constructions lexicales analytiques récurrentes et peu variées de la langue administrative française sont liés au recours moins fréquent, dans les textes de ce style, à des transformations et stratégies de traduction créatives, ainsi qu’à la liberté limitée de traduction des textes administratifs. Les résultats de l’analyse du corpus étudié permettent d’affirmer que les changements d’expression linguistique résultent le plus souvent de diverses transformations quantitatives, qualitatives, morphologiques et syntaxiques effectuées dans les traductions, 106 KALBOS KULTŪRA | 86 ainsi que de l’adaptation linguistique et socioculturelle du texte à une nouvelle situation de communication. Tout cela conduit les traducteurs à privilégier les mots usuels et à écarter les unités sémantiquement et stylistiquement superflues, ce qui entraîne inévitablement des omissions dans les textes. L’examen de la traduction en lituanien des constructions lexicales analytiques figurant dans les conclusions des avocats généraux de 2003 à 2013 n’a permis de relever que deux cas d’omission de ces constructions (soit 0,3% de l’ensemble des exemples analysés). (16) Malgré tout, j’entends apporter des éléments de réponse à titre subsidiaire, pour couvrir l’hypothèse où la Cour ne partagerait pas mon analyse sur ce point préalable et estimerait que la situation en cause relève du champ d’application ratione temporis du règlement n° 987/2009. (C-522/10) Néanmoins, à titre subsidiaire, je souhaiterais apporter une réponse, au cas où la Cour ne partagerait pas mon analyse sur cette question préalable et considérerait que la situation en cause relève du champ d’application ratione temporis du règlement n° 987/2009. (C-522/10) L’omission du groupe couvrir l’hypothèse dans l’exemple 16 n’a entraîné aucune perte sémantique dans la phrase lituanienne; le traducteur a évité la redondance et a rendu le texte administratif plus fluide. Compte tenu du fait que « le style administratif présente une différenciation générique particulièrement stricte, qui aide le destinataire à s’orienter dans la diversité complexe des textes et permet à l’émetteur qui rédige le texte de respecter les exigences rigoureuses du genre » (Bitinienė 2002: 4), on peut affirmer que, dans les traductions étudiées des conclusions des avocats généraux de la Cour de justice de l’Union européenne, les traducteurs lituaniens ont délibérément privilégié le caractère officiel, la logique et le pragmatisme, qu’ils ont exprimés au moyen de solutions et de procédés de traduction des constructions lexicales analytiques standardisés et courants dans la langue administrative. CONCLUSIONS Après avoir étudié l’emploi des constructions lexicales analytiques du français et leur traduction en lituanien dans 444 pages des conclusions des avocats généraux de la Cour de justice de l’Union européenne, il a été établi que: 1. Au total, 705 constructions lexicales analytiques françaises ont été relevées dans le corpus étudié, avec une fréquence moyenne d’environ 6,3 constructions pour dix pages. Ces données permettent de considérer les constructions lexicales analyti- A. LEONAVIČIENĖ, D. LIEPONIŪTĖ. Traduction en lituanien, à partir du français, des constructions lexicales analytiques dans les conclusions des avocats généraux de la Cour de justice de l’Union européenne 107 ques comme une caractéristique distinctive du style administratif français, et plus précisément de la langue des conclusions des avocats généraux. Les constructions les plus fréquentes dans les textes étudiés sont: tenir / prendre en / rendre compte; prendre en considération; ressortir / résulter des considérations; avoir à la disposition; avoir / énoncer / faire / imposer / fonder l’obligation; poser la/ remettre en/ saisir/ soumettre/ soulever/ déférer question, entre autres. L’emploi et la répartition de ces constructions dans les textes sont déterminés par le thème et le contenu du genre étudié. 2. L’analyse quantitative et qualitative de la traduction en lituanien des constructions lexicales analytiques françaises a permis d’identifier deux méthodes de traduction les plus fréquentes: 1) la traduction par un verbe, qui restitue le contenu référentiel de la construction par la synthèse de ses composantes sémantiques (60,2% de tous les exemples étudiés), et 2) la traduction par une construction nominale (34,8% des exemples). Les méthodes de traduction prédominantes ainsi identifiées invitent à tenir compte du fait que les constructions lexicales analytiques françaises expriment une action, un objet et un résultat, rendus en lituanien par différents moyens d’expression linguistique: le verbe désigne l’action et ses formes, tandis que la construction nominale désigne l’objet et le résultat. 3. Les autres méthodes de traduction (traduction par un nom (3,5%), par un adjectif, par une combinaison d’un adjectif et d’un verbe (0,9%), par un adverbe (0,3%), ainsi que les cas d’omission (0,3%)) ne représentent que 5% de tous les exemples étudiés. Leur choix s’explique par les diverses transformations morphologiques, syntaxiques et lexicales, quantitatives et qualitatives, effectuées dans le texte traduit. Le faible nombre d’exemples de traduction en lituanien des constructions lexicales analytiques françaises par un adjectif, par une combinaison d’un adjectif et d’un verbe ou par un adverbe et, inversement, leur traduction particulièrement fréquente par un verbe ou une construction nominale (les exemples réunis de ces deux groupes représentant 95% de tous les exemples) permettent d’affirmer que les choix des traducteurs ont été déterminés par les caractéristiques de la langue cible, la sémantique des unités françaises traduites ainsi que les particularités stylistiques et génériques du texte. 4. Les erreurs de traduction dues à une mauvaise distinction des significations des constructions lexicales analytiques françaises ne représentent que 2,1% de tous les exemples, soit 15 cas, dont douze relèvent de la période antérieure étudiée, 2003–2008. Dans les textes de la période ultérieure (2009–2013), seuls deux exemples de non-respect de la norme de la langue générale ont été relevés. La comparaison des méthodes de traduction pour les deux périodes montre que la qualité de la traduction des documents de l’Union européenne s’améliore progressivement: les traducteurs sont de plus en plus attentifs aux différences entre la langue originale et la langue cible, à la sémantique des unités linguistiques, et maîtrisent mieux les possibilités d’expression du lituanien ainsi que les normes de la langue générale. 108 KALBOS KULTŪRA | 86 SOURCE EUR-lex – Base de données des documents des institutions de l’Union européenne: conclusions des avocats généraux. Accessible sur Internet: <http://eur-lex.europa.eu> (consulté le 22/07/2013). LITERATŪRA Auksoriūtė A. 2008: ES teisės aktų vertimų įtaka tolesnei lietuvių teisinės kalbos raidai. – Lietuvių kalba Europos Sąjungos erdvėje (tarptautinės konferencijos medžiaga). 2008 m. gruodžio 8 d. Bitinienė A. 2002. Administracinio stiliaus tekstų sakinio ilgis ir struktūros pokyčiai. – Filologija 7, 4–8. 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LEONAVIČIENĖ, D. LIEPONIŪTĖ. Europos Sąjungos Teisingumo Teismo generalinio advokato išvadų leksinių analitinių konstrukcijų vertimas iš prancūzų kalbos į lietuvių kalbą 109 TRANSLATION OF LEXICAL ANALYTICAL CONSTRUCTIONS IN THE OPINIONS OF THE ADVOCATE-GENERAL OF THE COURT OF JUSTICE OF THE EUROPEAN UNION FROM FRENCH INTO LITHUANIAN Summary Over the past twenty years the translations of EU documents into Lithuanian have been on the increase; the development of the administrative language has been gathering pace as well. As a result of cross-linguistic influence, the texts of administrative style started featuring new, occasionally ill-founded, linguistic peculiarities selected by translators. Lexis was the fastest to react to changes; certain stylistic differential features of the use of lexis underwent changes as well. In the analysis of the use of words from the Lithuanian administrative language, the comparison of the texts of two languages – source text and its translation – is a source yielding numerous valuable data. The relevance of the topic under analysis is determined by frequent errors of translation from analytic (English, French, etc.) languages into a synthetic Lithuanian language as well as the disregard of the peculiar characteristics of the native language system, norm and stylistic use. The article analyses the opinions of the advocate-general of the Court of Justice of the European Union in French and Lithuanian languages. Lexical analytical constructions characteristic of the French administrative language and their translation into Lithuanian were selected the research object. The study material consists of 444 pages of the opinions of advocate-general of 2003–2013 divided into two comparative periods: texts written in 2003–2008 and in 2009–2013. The total number of words in the documents under analysis is 221,041 words. The distinction of the material under analysis into two periods enables to identify the methods of translating lexical analytical constructions under analysis into Lithuanian as well as the changes in the quality of translation over the past ten years. The following objective was brought forward in the study – to analyse the quantitative use of French lexical analytical constructions in the opinions of the advocate-general and to identify the methods of their translation into Lithuanian. The study is based on contrastive linguistics, quantitative and descriptive methods. The analysis results lead to the conclusion that in translating 705 French lexical analytical constructions found in the study material into Lithuanian and rendering their reference content, the component synthesis of semantic structures was usually selected, i.e. it is translated by a verb or its forms (60.2% of all examples under analysis), less commonly – by a noun construction (34.8% of the examples). Translation by a noun (3.5% of the examples), adjective, adjective and verb phrase (0.9% of the examples) and adverb (0.3% of the examples) are con- 110 KALBOS KULTŪRA | 86 sidered least common translation methods. To avoid semantically and stylistically excessive units, 0.3% of translation examples omitted lexical analytical constructions altogether. The methods of translation identified in the study lead to the conclusion that the selection of linguistic means in the target language depends on translator’s expertise, understanding of the meaning of the unit being translated and the knowledge of stylistic and genre peculiarities of the target language. The comparison of translation examples from the two periods in terms of the norm of the Lithuanian standard language shows that the translation quality of the EU documents is gradually improving: translators become more careful with regard to the peculiarities of the source and the target language, semantics of language units and are better versed in the norms of the Lithuanian standard language applicable in the administrative language. KEYWORDS: lexical analytical construction, translation method, administrative style, norm of standard language. AURELIJA LEONAVIČIENĖ Kauno technologijos universitetas Gedimino g. 43, LT-44240 Kaunas [email protected] DALIA LIEPUONIŪTĖ Kauno technologijos universitetas Gedimino g. 43, LT-44240 Kaunas [email protected] A. LEONAVIČIENĖ, D. LIEPUONIŪTĖ. Europos Sąjungos Teisingumo Teismo 111 generalinio advokato išvadų leksinių analitinių konstrukcijų vertimas iš prancūzų kalbos į lietuvių kalbą