Lietuvių rašomosios kalbos ir tarmių santykis XVIII a. Rytų Prūsijoje
Full text
LIETUVIŲ KALBOTYROS KLAUSIMAI XXXVIII (1997)
Jonas PALIONIS
RAPPORT ENTRE LA LANGUE ÉCRITE LITUANIENNE ET LES DIALECTES EN PRUSSE-ORIENTALE AU XVIIIe SIÈCLE
1. Remarques introductives. Le rapport entre la langue écrite et les dialectes est l’un des problèmes les plus importants et fondamentaux de l’histoire de la langue écrite à toute époque. En effet, la structure comme l’évolution de celle-ci à une période historique donnée dépendent dans une large mesure du dialecte ou des dialectes sur lesquels la langue écrite se fonde et se développe.
L’analyse linguistique de la période antérieure, la plus ancienne, de la langue écrite lituanienne nous apprend1 que, jusqu’au XVIIe siècle, ce rapport était assez complexe. Dans la branche prussienne de la langue écrite lituanienne, on ne s’en tenait pas d’abord rigoureusement à un dialecte particulier, mais par la suite (à partir de l’hymnaire de Jonas Rėza, publié en 1625), le dialecte des Hauts-Lituaniens occidentaux prussiens s’imposa, puis fut définitivement fixé dans les grammaires de D. Klein. Après la parution de ces grammaires, les auteurs des écrits lituaniens du XVIIIe siècle en Prusse-Orientale (ci-après RP) suivirent, dans l’ensemble, sans s’écarter de cette voie occidentale des Hauts-Lituaniens.
Jusqu’au siècle étudié, le rapport entre la langue écrite lituanienne et les dialectes était quelque peu différent dans le grand-duché de Lituanie (ci-après LDK). Deux branches de la langue écrite s’y distinguaient à cet égard: la branche centrale et la branche orientale (plus précisément, la branche dzūkienne et la branche orientale). Cette dernière avait des traditions plus anciennes, mais au XVIIIe siècle, la branche centrale qui lui correspondait acquit des positions plus solides. Ces positions renforcées déterminèrent probablement qu’au cours de la première moitié du siècle, la branche centrale supplanta la branche orientale-dzūkienne, tandis que, dans la seconde moitié, le dialecte samogitien commença à exercer une influence toujours plus forte, notamment aux niveaux phonologique et morphologique. Les formes centrales furent fixées dans la grammaire anonyme Universitas Linguarum Litvaniae, imprimée en 1737, tandis que les formes samogitiennes ne bénéficièrent pas encore, au cours de ce siècle, d’une codification grammaticale.
Dans la suite, en s’appuyant sur les données de la dialectologie et de la dialectographie lituaniennes contemporaines ainsi que sur l’analyse comparative de la langue des écrits du XVIIIe siècle, on tentera d’examiner plus en détail le fondement dialectal de la langue des principaux auteurs de Prusse-Orientale de ce siècle. L’étude se limitera principalement aux niveaux phonologique et morphologique, où les différences dialectales se reflètent le plus nettement.
1 Palionis J. Lietuvių literatūrinė kalba XVI–XVII a., Vilnius: Mintis, 1967, 51–91.
38
§ 2. Formes normatives des grammaires de Daniel Klein.
Bien que les auteurs des écrits lituaniens du XVIIIe siècle en Prusse-Orientale aient suivi, comme indiqué (§ 1), les lignes directrices tracées dans les grammaires de D. Klein, c’est-à-dire qu’ils se soient appuyés sur le dialecte des Hauts-Lituaniens occidentaux prussiens, il importe, du point de vue de l’histoire de la langue écrite lituanienne, de déterminer dans quelle mesure ils s’appuyaient alors sur ce fondement. Respectaient-ils réellement les principales caractéristiques de ce dialecte, consignées dans les grammaires de D. Klein, ou n’évitaient-ils pas non plus les particularismes dialectaux locaux? Si ces derniers n’étaient pas évités, à quels niveaux étaient-ils les plus nombreux et comment les écrivains de l’époque les considéraient-ils? Telles sont les questions auxquelles on tentera de répondre dans la suite, après examen des données disponibles.
Comme on le sait, le dialecte des Hauts-Lituaniens occidentaux prussiens (comme, plus généralement, celui des Hauts-Lituaniens occidentaux) n’était pas homogène. Il se divisait en trois sous-dialectes (septentrional, de Veliuona et méridional), dont chacun comprenait encore ses propres parlers et sous-parlers. Étant donné que D. Klein était originaire de Tilsit, située dans la zone septentrionale des Hauts-Lituaniens occidentaux, on pourrait s’attendre à trouver dans ses grammaires nombre de traits caractéristiques du parler de Tilsit: la confusion de [uo] et [o], de [ie] et [ė], le raccourcissement des terminaisons non accentuées, l’effacement du [a] mobile, ainsi que des cas de monophtongaison des diphtongues à intonation descendante [ái], [áu], [éi]. Or, il n’en est rien: D. Klein choisit non pas le dialecte de sa région natale, mais celui qui lui semblait « le meilleur de tous » pour établir les lois et les règles de la grammaire lituanienne, à savoir le dialecte des habitants de Kaunas: « Hanc Caunენijum Dialectum seવimურ in Ducatu Prufjiae, utpote omnium optimam et commodissimam » (GL XVI). C’est pourquoi les grammaires de D. Klein présentent les formes normatives du sous-dialecte méridional des Hauts-Lituaniens occidentaux prussiens, proche du dialecte de la « région de Kaunas », et non celles du sous-dialecte septentrional, cf.: a) n. pl. f. dūbes GL 146, impér. 2 sg. Dūk idem p. 61, n. sg. m. Piemū..., prés. 1 sg. bėgu GL 83, prétérit 3 Jėdėjo idem p. 5, inf. Jėti Comp. 5..., b) prétérit 3 buwo GL 146, gén. sg. Jawo, tawo idem p. 147, prés. 3 Jāko idem p. 112, žinno idem p. 115..., c) n. sg. m. gėras Comp. 107, gražumas GL 66, jūdas, jūkas idem p. 8, d) dūdāmas|| dūdams idem p. 119, regėdamas|| regėdams idem p. 110... e) n. sg. m. dáiktas GL 2, áukštas idem p. 24, inf. lėįti Comp. 55, conj. jėy idem p. 85...
La comparaison des formes phonétiques et morphologiques kleiniennes avec les formes correspondantes des écrits de Prusse-Orientale du XVIIIe siècle montre que ces derniers ne respectaient nullement toujours les normes méridionales codifiées dans les grammaires de D. Klein. Cela vaut tout particulièrement pour le « Nouveau Testament » de Samuel Bitner, publié en 1701, dans lequel, du fait du désir conscient de ses préparateurs de rendre la langue de la traduction accessible aux lecteurs tant de Prusse-Orientale que du grand-duché de Lituanie, on trouve davantage que dans les autres écrits contemporains de la région toutes sortes de mélanges dialectaux.
§ 3. Tentatives d’harmonisation des dialectes dans le Testament de S. Bitner.
S. Bitneris (apie 1632–1710), kaip rodo jau pati pavardė, nebuvo
2 Salys A. Écrits 4. Les dialectes de la langue lituanienne. Rome: Académie lituanienne catholique des sciences, 1992, p. 76 et suiv.
39
lituanien. Il apprit le lituanien en exerçant les fonctions de pasteur réformé (calviniste) à Biržai, Kėdainiai et ailleurs³. Comme les publications calvinistes de Lituanie antérieures (XVIᵉ–XVIIᵉ siècles) s’appuyaient sur le dialecte des Hauts-Lituaniens du Centre (principalement le parler des environs de Kėdainiai)⁴, lui aussi, en traduisant le Testament à partir de l’original grec, respecta les principales caractéristiques de ce dialecte. Cela se voit, d’une part, dans l’écriture fréquente de i devant les voyelles [e], [ė], et, d’autre part, dans l’emploi régulier de formes comportant les diphtongues nasales [am], [an], [em], [en] et les voyelles nasales [ą], [ę]: a) praet. 3 ißaukbejo Pov. 1. Tim. 5, 10, ißbeide Ap. d. 4, 23, g. pl. fantů Ap. d. 27, 44, n. sg. iétas Jok. 1. 1, 9, pabaijtuwę I Pov. 1. rym. 7, 3, jaute Jon. apr. 6, 12, g. pl. ū̇aktů t. p. 21, 17..., b) inf. famdit Mat. 20, 1, n. sg. wamzdis I Pov. 1. kor. 14, 7, praep. ant Mat. 7, 26, n. sg. pajkandintas Mork. 16, 16, a. sg. f. kempinė Mat. 27, 48, imper. 2 sg. perženk Mat. 5, 27..., c) a. sg. ga[w]ą Mat. 13, 20, mießtą Ap. d. 21, 5, drobę didę t. p. 10, 11, tulijbę Mork. 9, 14...
Il ne faut toutefois pas oublier que Jonas Božimovskis le Jeune (qui vivait à Kėdainiai, Vilnius et ailleurs)⁵ et Frydrichas Šusteris (pasteur de Prusse-Orientale, en poste à Būdviečiai)⁶ apportèrent également leur aide à S. Bitner dans son travail de traduction. Ces collaborateurs ont, sans aucun doute, eux aussi laissé leur empreinte sur la langue de la traduction, et tout particulièrement le second. Vaclovas Biržiška écrit que « la plus grande partie de la traduction a été réalisée par Bitner lui-même, avec l’aide de Jonas Božimovskis le Jeune et l’adaptation pour la Petite Lituanie par P. Z. Šusteris »⁷. Pour l’heure, on ne peut rien dire de précis sur l’ampleur et la nature de la contribution de J. Božimovskis à la traduction et à la révision du « Nouveau Testament » de 1701. En revanche, on peut déjà déduire certains éléments sur la révision linguistique effectuée par F. Šusteris, que Liudvikas Rėza appelait « réviseur » (Revizor)⁸, à partir de sa propre préface en lituanien, jointe à la traduction. Il y écrivait: « Et comme les Lituaniens du grand pays lituanien expriment certaines choses par des mots que les Lituaniens de Prusse royale n’emploient pas dans cet usage, nous avons donc apporté des corrections et indiqué les mots des Lituaniens de Prusse royale par de tels signes (), comme dans cet exemple: les Lituaniens de la Grande Lituanie disent: Giria ſtow ore; mais les Lituaniens de Prusse royale disent: Puſčia ſtow laukė »⁹.
Cette citation montre que F. Šusteris, afin de rendre la langue de la traduction plus accessible aux habitants de Prusse-Orientale, a ajouté entre parenthèses, à côté de certains mots de la traduction, des équivalents plus courants dans cette région, par exemple: g. sg. aliiwos (huile) Luk. 10, 34, part. cont. elgdamasis (mendiant) Mork. 9, 46, praes. 3
3 B i r ž i š k a V. Aleksandrynas 1, Chicago: Fonds culturel de l’Union des Lituaniens d’Amérique, 1960, 356.
4 P a l i o n i s J. Ibid., 71–79.
5 B i r ž i š k a V. Ibid., 1, 357.
6 B i r ž i š k a V. Aleksandrynas 2, Chicago: Fonds culturel de l’Union des Lituaniens d’Amérique, 1963, 15.
7 Ibid., 1, 357.
8 R h e s a L. Geschichte der littauischen Bibel, Königsberg, 1816, 30.
9 Novum Testamentum lithvanicum. Naujasis testamentas Lietuwiβkas..., Karalaucuje, 1701, pratarmė.
40
iBdergia (nečiįsta daro) Mat. 15, 11, lingūdami gálwomis (kratijdami gálwas) Mork. 27, 39, nutranke jam (apjūke jį) t.p. 27, 44, g. sg. piłwo ([kiłwio) Pov. 1. Tim. 5, 13, falparos (kampinis akmū) Mork. 12, 10. Ces exemples suffisent déjà à montrer que F. Šusteris ne s’est pas limité aux équivalents lexicaux: parfois, en même temps qu’il ajoutait des mots isolés, il était contraint de modifier également la construction syntaxique et, en outre, de remplacer un mot par une locution synonymique (plus caractéristique du RP). On peut aussi penser qu’en adaptant la langue de traduction à l’usage prussien, F. Šusteris a pu modifier certaines formes phonologiques et morphologiques, d’autant que, dans de nombreux cas, l’orthographe du testament de 1701 avait elle aussi été adaptée à l’usage prussien. Toutefois, sans disposer du manuscrit, il est impossible de déterminer combien et quels changements il a pu apporter à ces niveaux et, par là même, contribuer à l’apparition d’une certaine diversité des formes phonologiques et morphologiques dans la langue du testament. On peut seulement constater l’existence de cette diversité et avancer des hypothèses sur ses causes.
§ 4. Variabilité des formes phonologiques et morphologiques dans le testament de Bitner.
La variabilité des formes phonologiques et morphologiques dans le testament de 1701 est attestée par les faits suivants:
a) alternance occasionnelle de [uo] et [o], surtout dans les racines des mots et les finales de thème, cf. praet. 3 laidūjo Ap. d. 8, 2, adv. namūp Mork. 5, 19, praes. 3 putūja ibid. 9, 18, Luk. 19, 29, a. pl. m. raudūjančius Mork. 5, 38... et: praes. 3 baltoja Jon. 4, 35, part. cont. iBwažiōdamas Mat. 25, 14, d. sg. m. toßam Mork. 9, 43, n. sg. wienolika Mat. 28, 16...;
b) alternance comparativement plus rare de [ie] et [ē]: a. sg. m. miebłą Luk 14, 35 || i. sg. m. mēßłu ibid. 13, 8, d. pl. f. padangiems ibid. 17, 24 || giminėms Mat 24, 14...;
c) alternance relativement rare de [o] et [a] dans la terminaison atone des mots: praet. 3 āugo Ap. d. 19, 20, buwo Mork. 6, 44, praes. 3 kłaufo Luk. 8, 8...¹⁰ et: praes. 3 dáża Mat. 26, 23, kába ibid. 22, 40, ne žina Mork. 13, 32...;
d) alternance assez fréquente entre les formes abrégées (avec chute des voyelles brèves finales -e, -i) et les formes correspondantes non abrégées, cf.: in. sg. f. antroį dienoį Mork. 11, 12 wiłłoį ßłoweį Luk. 12, 27... et: girioje Mat. 3, 1, taiweje ibid. 4, 21; imper. 2 pl. dūkit Mat. 10, 8, eikit ibid. 10, 6... et apłakjikite ibid. 10, 7, giįdikite ibid. 10, 8...; inf. dūt ibid. 10, 34, rugot (bart) ibid. 11, 20... et elgetáuti (ubagáuti) Luk. 16, 3, tuįkėnti Ap. d. 12, 16;
e) alternance occasionnelle de formes avec et sans [a] « mobile »: n. sg. m. wienas Mat. 20, 21 || ne wiens ibid. 10, 29, kalbėdamas ibid. 26, 42, mokįdamas ibid. 26, 55, norėdamas ibid. 1, 19 || kalbėdams Mat. 26, 48, Luk. 9, 38; 22, 9...
10Dans les formes prétéritales, on écrit régulièrement -o.
41
La variation de ces (et d’autres) variantes phonologiques et morphologiques peut s’expliquer entièrement. Tout d’abord, par le désir déjà mentionné de concilier deux branches de la langue écrite (fondées sur des bases dialectales quelque peu différentes). En les conciliant, certaines variantes phonologiques et morphologiques ont pu rester non uniformisées. Ensuite, une partie de ces variantes a pu être héritée d’écrits antérieurs (comme indiqué, on en trouve aussi dans les grammaires de D. Klein).
Enfin, troisièmement, quelques variantes ont pu apparaître en raison de la manière dont les traducteurs ou les rédacteurs envisageaient individuellement certaines formes, d’erreurs de l’imprimerie et d’autres causes. Mais, dans l’ensemble, du point de vue de sa base dialectale, la langue du Testament de 1701 ne différait guère de la langue écrite prussienne du XVIIIe siècle. Cela s’explique non seulement par la proximité des dialectes des Hauts-Lituaniens du Centre et de l’Ouest, mais aussi par les efforts conscients visant à concilier ces dialectes.
§ 5. Retour aux normes de Klein dans le Testament de 1727.
Il est compréhensible que le « Nouveau Testament » de 1727, préparé à l’initiative de Jonas Kvantas (Quandt, 1686–1772), ait été encore plus proche de la tradition antérieure de la langue écrite prussienne, qui, depuis l’époque de J. Rėza, s’appuyait uniquement sur les parlers des Hauts-Lituaniens de Prusse occidentale. On y abandonna l’idée de concilier les dialectes et l’on revint aux normes de Klein, car l’édition de 1701 ne convenait pas aux Lituaniens de RP du point de vue linguistique et était qualifiée de « kėdainiškis »11.
L’édition de 1727 fut d’abord préparée par le pasteur de Tilsit, Reinholdas Rozenbergas, et le pasteur de Gumbinnen, Kristupas Rebentišas; après leur mort (en 1724), par le pasteur de Ragnit, Hiobas Naunynas, et celui de Valtarkiemis, Pilypas Ruigys12. Tous, à l’exception de ce dernier, n’étaient pas lituaniens, mais ils avaient apparemment appris assez bien le lituanien pour qu’on leur confie une telle tâche. Sans aucun doute, Pil. Ruigys maîtrisait le mieux le lituanien: cette langue était sa langue maternelle et, selon les estimations, il contribua le plus à la révision de l’édition de 172713.
Dès 1930, Vac. Biržiška avait fait remarquer que ces hommes avaient seulement révisé la traduction de 1701, en s’efforçant surtout de la rapprocher de la traduction allemande, et qu’à cette fin ils avaient quelque peu utilisé le manuscrit de J. Bretkūnas et le psautier de J. Rėza de 162514. Il a répété la même affirmation en 195315. En réalité, la comparaison des deux éditions du « Nouveau Testament » confirme l’affirmation de V. Biržiška selon laquelle les préparateurs de l’édition de 1727 n’ont pas effectué une nouvelle traduction, mais ont simplement révisé la traduction de Bitneris. Les deux éditions contiennent un nombre considérable de passages parfaitement identiques, bien que diverses
11 R h e s a L. Histoire de la Bible lituanienne, 28.
12 Au même endroit, 33.
13 B i r ž i š k a V. Aleksandrynas 2, 21.
14 B i r ž i š k a V. Lietuviškų knygų istorijos bruožai, Kaunas: Spaudos fondas, 1929–1930, 70.
15 B i r ž i š k a V. Histoire des anciens écrits 1, Chicago, 1953, 151.
42
Les différences linguistiques y sont également nombreuses.
Sans entrer dans une analyse plus détaillée de ces différences, on mettra ici en évidence uniquement celles qui reflètent la base dialectale des corrections et les efforts des éditeurs de l’édition de 1727 pour occidentaliser les formes de l’édition de 1701, caractéristiques du dialecte du centre.
Sur le plan phonétique, ces efforts se manifestent sans doute le plus nettement dans le remplacement des formes du dialecte du centre comportant le [ł] dur devant [e], [ė] par des formes occidentales dépourvues de cette consonne dure, cf.: part. cont. gailėdams BT Mat. 27, 3 et praet. 3 galėjos KNT t. p., adv. Kotay BT Jon. 9, 5 et Koley KNT t. p., jusqu’à Biolak BT Jon. 5, 17 et ikBioley KNT t. p., praet. 3 pūle BT Jon. 11, 32 et pūle KNT t. p., G. pl. turkelú BT Luk. 2, 24 et Kurkelú KNT t.p. Dans l’ensemble, la graphème ł est rare dans l’édition de 1727, ce qui témoigne de la volonté de ses éditeurs de se démarquer du testament de Bitner non seulement sur le plan phonologique, mais aussi graphique (le ł, qui apparaît çà et là, a pu résulter d’une inattention ou d’une faute d’impression, p. ex. Karalytłe KNT Jon. 3, 5).
Un autre changement de nature phonétique, également facile à remarquer, est le raccourcissement des formes comportant le [a] « mobile », cf.: n. sg. m. gywas BT Jon. 4, 51 > gyw’s KNT t. p., part. cont. mokịdamas BT Mat. 26, 55 > mokidam’s KNT t. p., n. sg. m. famdininkas Jon. 10, 13 > Samdinink’s KNT t. p., fwietas BT Jon. 3, 17 > Swiet’s KNT t. p., wienas BT Jon. 6, 71 > Wien’s KNT t. p.... Comme on le voit, l’omission du [a] « mobile » dans le testament de 1727 est régulièrement signalée graphiquement par une apostrophe, qui était déjà fréquemment employée à cette fin dans le recueil de cantiques de J. Rikoviiaus de 1685. Il est aujourd’hui difficile de dire si, dans tous les cas de ce type de changement, on tenait compte de la prononciation des parlers dits « striukiškiai » de RP, ou si l’on s’appuyait davantage sur la tradition antérieure des recueils de cantiques de cette région.
Sur le plan morphologique, le remplacement des formes de la 1re personne du mode conditionnel en -čia par des formes en -čiau peut témoigner des efforts d’occidentalisation (cf. gérčia BT Mat. 26, 53 > gérčiau KNT t. p., iBpilďičia BT Jon. 4, 34 > iBpilďičiau KNT t. p., trokBčia BT Jon. 4, 15 > trokBčiau KNT t. p.... Il faut toutefois ajouter que ce remplacement ne constitue pas un indice incontestable d’occidentalisation. D’abord parce que les formes en -čia étaient employées aux XVIe et XVIIe siècles non seulement dans la branche du dialecte du centre (celle des Kėdainiai), mais aussi par des auteurs de RP (à côté de -čio et de formes en -čiau, relativement plus rares). Dans les paradigmes des grammaires de D. Klein, elles occupaient même la première place (regécia || regéciau GL 109, žinnóčia || čiau t.p. 115...). Si l’on classe hypothétiquement -čia > -čiau parmi les cas d’occidentalisation, c’est parce que les formes en -čiau étaient employées de manière particulièrement régulière dans les écrits d’auteurs originaires de la région méridionale du dialecte prussien de l’austavien occidental (« baltsermėgiai ») (par exemple, les écrits de K. Donelaitis ne présentent que des formes en -čiau).
Sur le plan syntaxique, le remplacement assez régulier de l’illatif par la construction prépositionnelle « į + accusatif » peut servir d’exemple d’occidentalisation, cf.: kurio[na tikay namū[na BT Luk. 9, 4 > kur į kokius Nammus KNT t. p., karoblin Bt Luk. 17, 27 > į Akruta KNT t. p., ranko[na BT Jon. 3, 35 > į Rankas KNT t. p. Dans la GL de D. Klein, l’illatif et la construction « į + accusatif » étaient décrits comme des variantes et l’illatif se voyait même accorder la préférence en tant que moyen d’expression « plus élégant »
43
16. Cette préférence n’est toutefois pas davantage motivée dans la grammaire. Il est possible que des considérations stylistiques aient beaucoup pesé ici: pour D. Klein, traducteur et auteur renommé de cantiques religieux de son époque, l’illatif pouvait sembler non seulement plus bref, mais aussi plus harmonieux comme moyen d’exprimer la direction. Rien ne permet solidement de penser que la préférence accordée à l’illatif était due à sa plus grande diffusion dans le dialecte austavien occidental de RP (notamment dans ses parlers méridionaux): la tendance à la généralisation progressive de la construction « į + accusatif » dans les écrits de RP, déjà perceptible à partir de la fin du XVIIe siècle, contredit notamment cette hypothèse (cette construction prédominait également dans les écrits de K. Donelaitis).
Les cas d’occidentalisation sont sans doute les plus faciles à établir sur le plan lexical, car le texte du testament de 1701 comportait, comme on l’a indiqué, un grand nombre de mots occidentaux (plus précisément, caractéristiques de la branche prussienne de la langue écrite) entre parenthèses, dont la plupart ont également été repris dans l’édition de 1727, qui a ainsi écarté les équivalents « kėdainiškiai ». Dans cette édition, on peut considérer comme exemples d’occidentalisation lexicale les mots repris (sortis des parenthèses) tels que drugys [a. sg f. karštinė (drugi) BT Mat. 8, 14: i. sg. m. Druggiu KNT t. p.], puščia [in. sg. f. girioje (pubčioje) BT Mat. 3, 1: Pubčioje KNT t. p.], skaitytinė [g. sg. f. literos (įskaitij-tines) BT II Pov. 1. kor. 3, 6: n. sg. f. Skaitytine KNT t. p.], skūnė [a. pl. kūnus (kunes) BT Luk. 12, 18: Skunes KNT t. p.], ubagauti [inf. elgetáuti (ubagáuti) BT Luk. 16, 3: ubbagauti KNT t. p.], vartai [broma (wartai) BT Mat. 7, 13: Wartai KNT t. p.], etc.
L’occidentalisation lexicale ne se limitait toutefois pas à la seule reprise, dans l’édition de 1727, des mots inscrits entre parenthèses: un nombre important de mots par ailleurs inhabituels chez les Austaviens occidentaux y ont été remplacés par des termes plus familiers aux locuteurs de ce dialecte, et notamment plus répandus dans l’usage de la branche prussienne de la langue écrite de l’époque. Par exemple, le mot gerdas employé dans le testament de 1701, Mork. 13, 7, a été remplacé dans l’édition de 1727 par šauksmą, gydytojas Luk. 5, 31 par liekorį, įdant Jon. 11, 57 par jėib, iškala « école », Ap. d. 6, 9, par šūlę, palaikis Mork. 2, 21 par seną, veizdėti Ap. D. 3, 5 par žiūrėti, žūklavimas Luk. 5, 4 par valksmas.
On observe donc des cas d’occidentalisation à tous les niveaux linguistiques du « Nouveau Testament » de 1727. Cela témoigne des efforts de ses éditeurs pour rendre sa langue plus compréhensible au lecteur de RP et plus proche de la tradition kleinienne antérieure. Les écarts ponctuels par rapport à cette tradition peuvent s’expliquer aussi bien par les conceptions personnelles des éditeurs concernant certains phénomènes linguistiques que par leur volonté de tenir compte des changements survenus dans l’usage du lituanien écrit de RP après Klein.
Dans le testament de 1727, on rencontre aussi assez souvent des cas de confusion entre [o] et [uo], ainsi qu’entre [ė] et [ie], cf.: a) inf. dūwanoti II Petr. 1. 1, 4, žvėjuoti Jon. 21, 3 et lingoti Pov.
16 Voir Pirmoji lietuvių kalbos gramatika, Vilnius: Valstybinė politinės ir mokslinės literatūros leidykla, 1957, 257.
44
1. Éph. 4, 14; g. sg. m. Gūdo « d’avidité » Pov. 1. rym. 1, 29 et a. pl. m. Loƀus « boiteux » Mat. 15, 30; in. pl. wiłłufe Daiktofe I Pov. 1. tes. 5, 18 et wiłłufe Wietułfa I Pov.. Tim. 2, 8...; b) n. sg. m. Snegas Jon. apr. 1, 14 et g. sg. f. Giedos Jud. 1, 1, 22; a. pl. f. Jawėnas « les plaies » I Pov. 1. kor. 3, 12 et n. pl. m. Mieneƒej Jon. 4, 35. De tels mélanges reflètent sans aucun doute déjà directement le parler des Samogitiens du Nord.
§ 6. Caractéristiques linguistiques du « Nouveau Testament » de 1735. La langue du « Nouveau Testament » de 1735 diffère peu de celle de l’édition de 1727. Cela se comprend: le dernier fut préparé par H. Naunyn et Pil. Ruigys, qui avaient largement contribué à la révision de l’édition de 1727. Les différences entre ces deux éditions se limitent le plus souvent aux niveaux de l’orthographe et de la phonétique, même si l’on rencontre parfois aussi certains changements morphologiques, syntaxiques et lexicaux. Par exemple, dans l’édition de 1727, les noms communs sont plus souvent écrits avec des majuscules; on y trouve davantage d’allatifs et d’adhésifs, souvent remplacés par des constructions prépositionnelles dans l’édition de 1735, ainsi qu’un plus grand nombre de modèles phrastiques plus archaïques.
§ 7. Efforts pour respecter le dialecte « pur » dans la Bible de 1735. En 1735 fut également publiée une traduction de l’Ancien Testament, qui, avec le « Nouveau Testament », réunissait la Bible entière (« Biblia, tai efti Wiłłas Szwentas Raßtas Seno ir Naujo Teßtamento... »). Comme le montre la préface allemande de Jonas Kvantas, jointe à cette première édition de la Bible complète, outre H. Naunyn et Fil. Ruigys, l’Ancien Testament fut également traduit par Kristupas Štimeris, Abraomas Liuneburgas, Fabijonas Kalau, Adomas Pilgrimas, Kristupas Šperberis et les deux Adomas Šimelpenigiai (l’aîné et le cadet), tandis que l’ensemble du travail de traduction fut supervisé par Jonas Berentas et Petras Milkus (ces deux derniers relurent également les épreuves).
Le manuscrit de traduction préparé par un groupe aussi nombreux ne pouvait être parfaitement uniforme sur le plan linguistique, d’autant plus que les traducteurs étaient originaires de lieux divers, aux dialectes plus ou moins différents (par exemple, H. Naunyn était né à Ragainė, P. Milkus à Tilžė, K. Štimeris à Įsrutis, A. Liuneburgas à Gumbinė, mais avait travaillé longtemps à Klaipėda)17. Pourtant, l’édition de 1735 ne laisse apparaître aucune différence linguistique notable, ni entre les différentes parties de l’Ancien Testament, ni entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Cela s’explique sans doute avant tout par les efforts des préparateurs de cette édition, et en particulier de ses rédacteurs (notamment J. Berentas, originaire d’Įsrutis), pour suivre la tradition antérieure — celle de Klein — dont le testament de S. Bitner s’était écarté, et pour uniformiser la langue de l’édition en s’appuyant sur cette tradition.
Que les rédacteurs de l’édition de 1735 n’aient en réalité pas ignoré la tradition antérieure (non seulement celle de Klein, mais aussi la tradition pré-kleinienne), on peut le déduire tant de la préface déjà mentionnée de J. Kvantas, où il est question des traductions de la Bible de J. Bretkūnas et de S. Chilinskis —
17 Biržiška V. Aleksandrynas 2, 10 et suiv.
45
timus, tiek ypač iš jo 1730. I. 3 pranešimo RP valdžiai apie naujojo leidimo rengimo eigą. Tame pranešime nurodyta, kad naujajam leidimui naudotasi ir J. Bretkūno bibljos vertimu (iš jo buvę perimti vėjų pavadinimai), tačiau daug naudos iš to neturėta. Neturėta dėl to, kad J. Bretkūnas savo vertime rėmėsi Labguvos tarme, kuri „giminiems“ Įsruties, Ragainės ir Tilžės apskričių lietuviams buvusi ir nesuprantama, ir nepriimtina: „Sie [t.y. J. Bretkūno vertimas, – J. P.] ist aber nach der Labiauschen Mundart, so mit der Curischen Sprache verbunden ist, geschrieben; dahero sie auch von den reinern Littauern in der Insterburg-Ragnit-und Tilsitschen Aemtern, die doch die weitläufigsten sind, weder verstanden noch angenommen werden kann und einer durchgängigen Verbesserung von Wort zu Wort bedarf.“18
§ 8. La tendance à la méridionalisation dans l’édition de la Bible de 1755 et dans les traductions d’A. Pilgrimas, K. Lovynas et V. Rėgė.
Du point de vue de sa base dialectale, la nouvelle édition complète de la Bible préparée par Adomas Šimelpenigis le Jeune (1699–1763) et imprimée en 1755 ne diffère pas fondamentalement de l’édition de 1735. Cela se comprend: cette édition n’était en fait qu’une version de la précédente, légèrement révisée. On y observe néanmoins une tendance, lors de la révision, à méridionaliser davantage la langue. Par exemple, ici et là, les formes sans affriquées que l’on trouve dans l’édition de 1735 sont remplacées par des formes affriquées (cf.: adv. apſteyB¹ I Moz. 3, 10 > apßczeyB²; part. act. n. sg. f. pagimdųfi t. p. > pagimdƶufi; pamatufį t. p. > pamacƶufi; praes. 3 uſſigeid IV Moz. 14, 26 uſſigeidž³), les formes « striukiskosios » de la 3e personne du présent des verbes étant remplacées par des formes « non-striukiskosios » (cf.: bandaB¹ Job. 4, 2 bandoB²; barſta Ps 15, 7 barſto; klaufa Mork. 4, 9 klaufo; walga t. p. 14, 18 walgo). La tendance à la méridionalisation peut également être indiquée par le remplacement de certains mots de l’édition de 1735 (par exemple: adv. apſukai Sal. pam. 9, 14 > aplink, ißkiey Jon. 11, 14 > áißkiey, fut. 1 sg. pabengſu Rūt. 3, 2 > pabaigſu, g. sg. m. pakalo Iz. 30, 6 > nugarós, g. pl. pawerſmû Job. 8, 2 > ßaltinnû). À en juger par la localisation de ces mots indiquée dans le grand Dictionnaire de la langue lituanienne (LKŽ), ainsi que par les écrits de K. Donelaitis (DR), les formes de remplacement de l’édition de 1755 devaient être davantage caractéristiques des parlers sud-occidentaux des Hauts-Lituaniens.
Les formes occidentales méridionales prédominent également dans les explications des histoires bibliques de J. Hübner traduites par Adomas Pilgrimas, pasteur d’Įsrutis, « Ißkirſtyti [...] Nuſſida-wimai ß Sėno bey Naujo Teſtamento... » (1742). On y emploie généralement les désinences pleines, à l’exception de la désinence -as des noms propres, souvent abrégée par une apostrophe, conformément à l’usage caractéristique des écrits de Prusse: n. sg. Adom’s 15, 20, Pon’s Diew’s 57, 5, wert’s Daikt’s III, 15, wiens nelab’s 15, 21... (bien qu’on trouve aussi: Diewas 77, 2, Welinas 12, 18, Wyras 48, 18...). Cette traduction présente aussi quelques uo /o,
18 Falkenhahn V. Der Übersetzer der litauischen Bibel Johannes Bretke und seine Helfer, Königsberg und Berlin: Ost-Europa-Verlag, 1941, 238.
46
ie/ė cas de mélange, cf. adv. Namų 66, 2; 122, 8, in. pl. Nammūje 193, 9, g. pl. Ūbkū 48, 10, praet. 3 liepe 70, 5, d. sg. mielam 103, 30... et in. pl. Pellenoje 182, 15, n. sg. Obka 191, 15, inf. Blubboti 48, 21, n. sg. bėdna 158, 2, praet. 3 kwėte, kwėjalino 187, 2, a. sg. Karalęnę 145, 5; 160, 3...
À A. Pilgrimas, certains (par exemple A. Harnochas) attribuent également la traduction du livre de Chr. Langhausen « Trumpas ir prątas Išguldimas wįjjū [...] Ewangelijų » (1750). Vac. Biržiška, toutefois, s’appuyant sur J. Bertoleičius et sur la préface du dictionnaire de Pil. Ruigys, pensait que Pilgrimas n’avait fait que réviser la traduction, voire peut-être en achever la traduction19. Quoi qu’il en soit, les explications des Évangiles présentées sous forme de questions et de réponses ne se distinguent pas davantage, du point de vue linguistique, des « Nusidavimai », tandis que les textes des Évangiles coïncident presque entièrement avec ceux de la Bible de 1735 (seule la conjonction ir y est parfois remplacée par o, ou bien quelques menus détails de langue ou d’orthographe sont corrigés; ainsi, dans la Bible, les noms communs souvent écrits avec une minuscule sont écrits avec une majuscule dans les « Išguldymuose »).
Kiek skiriasi nuo A. Pilgrimo vertimų Kristijono Lovyno (1721–1783) vertimo „Ewangelįßkas Malonės = Dawadas“, išleisto 1768 m., kalba. Skiriasi daugiausia tuo, kad jame dažniau vartojama „striukiškų“ lyčių. Ypač dažnai čia išmetamas „judrusis“ [a], kartais ir [i] vardažodžių bei įvardžių galūnėse (paprastai tas išmetimas žymimas apostrofu): n. sg. m. Daikt’s IV, 22, ger’s 23, 25, kur’s IX, 13, kalt’s 24, 13, man’s 135, 2, piln’s 70, 30, Stal’s 46, 32, Bok’s ir tok’s XII, 10–11, Wyr’s 21, 29, warging’s 64, 23... Neretai numetami taip pat trumpieji galūniniai [a], [e] veiksmažodžių esam. laiko 3 a. lytyse: gaun’ 44, 34, my’ X, 23, ne nor V, 4, pavyd’ 71, 18, reyk XI, 26, ne futar 63, 12, tikk’ 22, 10, bet ir: jaucza 41, 22, faka t. p., alkta ir trokßta 51, 10. Rodos daugiau K. Lovyno vertime pasitaiko ir [uo]/[o], [ie]/[ė] maišymo atvejų, plg.: praes. 1 sg. atbūju 121, 34, in. pl. f. dwafibkūja Bėdūja 57, 37, n. sg. Gūdas 129, 17, Ūda 52, 13, Ūras 91, 21, inf. wartūti 50, 4... ir inf. dejoti 116, 5, didžotis 114, 9, n. sg. m. Lobas 60, 2, a. pl. m. raupjotus 24, 35...; g. pl. Griekų 59, 2, g. sg. nieko 20, 4, tießos 38, 14, n. sg. praliets 40, 4... ir n. sg. bėdnas 44, 12, Bėfas 35, 26, Sžen’s „šienas“ 27, 26, a. sg. Kėtumma 36, 20, [u Prifėga 70, 18...
La phonétique de la traduction de K. Lovynas est donc un peu plus septentrionale que celle d’A. Pilgrimas. Son travail dans la région de Klaipėda (à Katyčiai, Plaškiai, Klaipėda et Kretingalė) a peut-être pu y contribuer, bien qu’on ne puisse généralement pas dire que la langue de sa traduction repose sur le parler des Aukštaitians occidentaux du Nord (les cas de monophtongaison des diphtongues y sont presque inexistants: je n’ai relevé que le g. sg. Awinačio 144, 17, i. pl. Jaunikaczeis 124, 10–11 et Waikaczeis 124, 10).
Les deux livrets traduits par Wilhelm Rėgė (Regge), parus en 1788 — « Mokslas Pamokinimo ant gero wartojimo Laukininkams... » et « Skaitimo Knygėlės ant
19 B i r ž i š k a V. Aleksandrynas 2, 64.
47
à l’usage des paysans... ». On y emploie seulement plus fréquemment le [a] « mobile » à la terminaison -as des noms et des pronoms, et l’on omet les voyelles brèves dans diverses terminaisons verbales non accentuées, par exemple: a) n. sg. Darb’s RM 5, 18, Burs « paysan » RS 41, 12, kalts RM 23, 15, Sens idem 21, 28, Sǵwents RaBts idem 27, 19–20, kur’s idem 6, 28, Jauns papraḟts, sens atrafts RS 56, 9 (titre du récit no 20), budams RM 15, 25, mylim’s idem 2, 31..., b) praes. 3 atlie k RM 18, 8, grauden’ idem 18, 17, yr’ idem 1, 3, meld’ RS 27, 26, werk idem 22, 25..., gal RM 2, 22, gird’ idem 23, 28, pen idem 35, 26, reg RS 23, 3, ftow’ RM 17, 14..., inf. but’ RM 2, 21, miſlyt’ idem 1, 5... Cependant, on n’observe pas de plus grande régularité dans l’abrègement des terminaisons: la même forme est souvent employée côte à côte avec une terminaison abrégée et non abrégée, cf. n. sg. Diew’s RM 7, 13 et Diewas idem 7, 18, jauns ou jennas idem 161, 18, gyws idem 9, 20 et gywas idem 11, 28, praes. 3 myl idem 29, 9 et myli idem 29, 4.
L’abrègement plus fréquent des terminaisons est probablement dû à l’influence du parler de Tilsit, puisque V. Rėgė a été pasteur à Tilsit pendant les 23 dernières années de sa vie (il est mort en 1791)20. C’est aussi par l’influence de ce parler que l’on peut expliquer les cas assez fréquents de mélange de uo/o et ie/ė, cf. praes. 3 melloj’ RM 25, 2, inf. melloti idem 44, 3 et praet. 3 wartūjo idem 173, 13, inf. wartūti idem 129, 13, in. pl. wiſſūne dalykoſe idem 82, 23, wiſſūſe mokſloſe RS 20, 21–22, Bittōſe Kudikioſe idem 65, 17, užauguf(oſe) Metoſe idem 58, 60..., n. sg. bėdnas RS 46, 13 et in. sg. Giedoje idem 38, 3, n. sg. Tėws RM 12, 4 et Diew’s idem 7, 13, in. sg. žede « dans la fleur, en floraison » idem 33, 16 et g. sg. žiemos idem 18, 521. Toutefois, rien ne permet d’affirmer solidement que ce mélange est dû uniquement à l’influence du parler de Tilsit. Une autre cause, ayant sans doute contribué le plus au mélange de uo/o et ie/ė, est que le lituanien n’était pas la langue maternelle de V. Rėgė et qu’il ne distinguait pas bien les phonèmes /uo/, /o/ et /ie/, /ė/, ni les genres. Ainsi, dans des syntagmes comme Bittōſe Kudikioſe, pirmūſe dienūſe, il a pu considérer le nom kūdikis comme féminin et dieną comme masculin. Les erreurs de genre sont d’ailleurs fréquentes dans ses livrets cités (par exemple: wienoje Rytoje « un matin » RM 14, 2–3, tą grabu gieſme idem 23, 22–23, i. pl. abaŕais žerrejo idem 124, 32, tikrrus Seſſerus idem 125, 24, g. sg. ſunkios prakaitos RS 44, 5).
Dans les livrets de V. Rėgė apparaissent sporadiquement aussi quelques formes avec a à la place de ai: a. pl. daktus RS 18, 1; 28, 18, n. sg. Mergate idem 47, 21, v. sg. mammate 48, 4; 11 (cette dernière forme ne suscite aucun doute quant à son authenticité, puisqu’elle apparaît dans un dialogue). Toutefois, la monophtongaison de la diphtongue [ai] ne transparaît pas de façon plus marquée dans ces livrets traduits par V. Rėgė, dont la langue est médiocre et regorge de mots étrangers et, surtout, de constructions syntaxiques non lituaniennes.
20 Biržiška V. Aleksandrynas 2, 99.
21 Le graphème e est rarement employé par V. Rėgė; il est donc difficile de dire si le e que l’on trouve à sa place désigne une voyelle plus ouverte ou s’il s’agit seulement d’une question graphique.
48
§ 9. La continuation de la tradition kleinienne dans les recueils de cantiques.
Lorsqu’on examine le rapport entre langue écrite et dialectes en RP, il ne faut pas perdre de vue les cantiques, bien que ce genre de poésie religieuse possède des caractéristiques propres qui rendent ce rapport moins manifeste que dans les textes en prose. En raison du rythme et de l’intonation propres au genre du cantique, les traits dialectaux y sont généralement davantage nivelés; en outre, les textes des cantiques présentent plus souvent des moyens d’expression linguistique innovants.
Au XVIIIe siècle, de nombreux recueils de cantiques parurent en RP, car, comme on le sait, le chant des cantiques fait partie intégrante du culte réformé, et les ministres réformés veillaient tout particulièrement à ce que les textes bibliques lituaniens ne manquent pas, pas plus que les recueils de cantiques.
Dès 1705, le pasteur de Budviečiai, Frydrichas Šusteris, publia une version quelque peu remaniée et augmentée du recueil de cantiques de Jono Rikovi jaus et de D. Kleino, intitulée «Naujos... pagerintos Giesmju Knygos» (1685). Toutefois, les cantiques réimprimés d’après Kleinas ne présentent pas de modifications linguistiques majeures. Çà et là, Šusteris a remanié un peu différemment tel ou tel vers (cf.: Jog mane iš malones RG 170, 2 et Manę jog iš malones ŠG 170, 2), ou les formes des mots diffèrent par leur graphie, notamment par les signes diacritiques (cf. RG: g. sg. f. kitrawõnes 170, 4, g. sg. m. Dekawõjimo 358, 2, n. sg. m. Bėgunas 317, 15, grãžūs 326, 15, praes. 1 pl. gárbinam 336, 9, n. sg. f. iBardita 356, 3...; et ŠG: kijtrawones 170, 4, Dekawojimo 398, 2 Begunas 356, 24, grãžūs 366, 5, garbinam 375, 19, iBardijta 396, 3...). Ainsi, du point de vue dialectal, le recueil de cantiques de F. Šusteris s’écarte moins des normes kleiniennes.
S’appuyant sur F. Šusteris, le pasteur d’Įsrutis, Jonas Berentas, prépara une nouvelle édition du recueil de cantiques, qu’il fit imprimer en 1732; celle-ci fut rééditée en 1735, 1738, 1740, 1745 et 1748. Comme les trois premières de ces éditions ne sont connues que par des sources bibliographiques, on ne peut rien dire pour l’instant de leurs caractéristiques linguistiques. En revanche, la comparaison des deux dernières éditions disponibles montre qu’elles ne diffèrent en rien du point de vue linguistique: toutes deux s’appuient, semble-t-il, sur des éditions antérieures parues après celle de F. Šusteris et restent liées à la tradition kleinienne.
Outre F. Šusteris et J. Berentas, le pasteur de Didlaukai, Fabijonas Glazeris, préparait lui aussi des recueils de cantiques lituaniens dans la première moitié du XVIIIe siècle. Ses éditions de 1736 et de 1738 sont attestées par des sources bibliographiques. Les «Kittos naujos Gies[m]es», parues en 1748, lui sont également attribuables sans aucun doute: leur compilateur est désigné par le cryptonyme F. U. G. P. D. (= Fabijonas Ulrichas Glazeris Pastorius Dovydėlių); elles avaient été publiées dès 1745. Bien que les éditions de 1745 et de 1748 diffèrent par la numérotation des cantiques et par leur emplacement (par exemple, le premier cantique de l’édition de 1745 est «Ein Weter steiget auf», tandis que celui de 1748 est «Gott sey Danck...»), les textes eux-mêmes concordent, à quelques détails orthographiques près. Du point de vue de leur base dialectale, ils s’inscrivent eux aussi dans la tradition kleinienne: les formes du dialecte sud-occidental des Hauts-Lituaniens de Prusse y prédominent. Par exemple, ils conservent la longueur des voyelles nasales en fin de mot (qui avaient alors déjà une faible résonance nasale), ainsi que celle des voyelles inaccentuées dans les finales -o, -os, -ė, -ės: g. sg. m. Karwėlo BG 127, 14, Wėlno idem 77, 20, praet. 3 atėjo idem 127, 14, mano idem 46, 40, jawot idem 129,
49
24..., n. pl. f. gillos Ronos BG 53, 6, Kojos idem 155, 33, Rankos idem 56, 21..., n. sg. f. Gerybe BG 217, 27, Malone idem 137, 29, Meilė idem 180, 34, Zemė GG2 51, 5, praet. 3 Padāre GG2 111, 7..., n. pl. f. Gieſmės BG 188, 1, Gerybės GG2 43,31, Lepfnėlės idem 83,16... Il est vrai que, dans les finales -ė, -ės, comme le montrent aussi les exemples donnés ici, le [e] étroit de la tradition kleinienne n’était pas marqué d’un point; cela ne reflète toutefois pas nécessairement une voyelle abrégée ou réduite: il s’agit probablement d’une question d’orthographe plutôt que de dialecte (on trouve parfois aussi dans les recueils des exemples avec un point, p. ex.: n. sg. f. Zolė GG² 83, 32).
Dans les recueils de cantiques de Berentas comme de Glazeris, on ne trouve que sporadiquement quelques cas de confusion des diphtongues [uo], [ie] avec [o], [ė], caractéristique du parler de Tilžė. La monophtongaison «striukiška» des diphtongues à accent initial [áu], [ái], [éi] n’est pas non plus caractéristique de la langue de ces recueils. En revanche, l’amuïssement des voyelles finales brèves et sa notation par une apostrophe sont très fréquents dans les recueils des deux éditeurs. Cette fréquence ne s’explique pas par le fait que les compilateurs auraient pris le parler des Striukiai pour modèle: en préparant leurs recueils, ils se sont davantage inspirés des éditions de leurs prédécesseurs et, en outre, raccourcissaient parfois artificiellement les mots pour des raisons rythmiques. Ainsi, dans les recueils de Berentas et de Glazeris, la forme abrégée est souvent employée à côté de la forme non abrégée, par exemple: Mano Jėzus gyw’s yra, gywas taipojau ab buſu BG 70, 40, praet. 3 ſpaūdӡ idem 92, 7 // ſpaudӡia idem 104, 19, n. sg. m. Diew’s idem 127, 8 // Diewas idem 119, 9, Kun’s idem 53, 12 // Kunas idem 53, 21, Krauj’s idem 53, 13 // Kraujas idem 163, 32, Wéln’s 53, 15 // Wélnas idem 132, 4, piln’s idem 79, 12 // pilnas idem 57, 10, inf. paſlēpt’ idem 140, 8 // padēti idem 58, 8 part. cont. turredam’s GG² 9,36 // ſakydamas idem 9, 37... Parmi les formes abrégées artificiellement, il faut distinguer: a. sg. Dien’ et Nakt’ GG² 48, 6, tukſtant’ à la fois BG 55, 2, 18, adv. amӡ’nay idem 55, 39, tūlyd’ « progressivement » idem 137, 15, n. sg. d’winta « neuvième » idem 60, 28, etc.
Comme on le sait, le pasteur de Papelkių, Adomas Frydrichas Šimelpenigis (le Jeune), réunit les recueils de cantiques de Berentas et de Glazeris en un seul grand recueil, qu’il enrichit encore de nouveaux cantiques et publia, après révision, en 1750.22 Peu après, en 1752, parut une seconde édition de ce recueil, comptant 612 pages (liste non numérotée des cantiques comprise). La comparaison de cette dernière avec le recueil de cantiques de Berentas de 1748 (462 p.) montre que les textes des cantiques, jusqu’à la p. 406, sont presque entièrement identiques dans les deux ouvrages—
Gl
Š
...ißeinanti iß Diewo 20, 20 Po tawo dük Akkim’... 21, 13
...iß Diewo einanti 438, 11 Tawęſp man eiti dük... 43, 840
Sӡio Swieto Gerybes daugiaus ab mylu, ne Dawėjo [p. 37, 16–17]
Ab myliu Daiktus cӡėſibkus daugiaus ne kaip Dawėją [p. 457, 20–21]
22 Voir plus en détail: Lietuvos TSR bibliografija [ci-après – LTB] 1, Vilnius: Mintis, 1969, 386.
50
S
Gl
Le Christ avait tout fait très bien; il n’avait pas encore créé ni nous ni notre encore alors « bit » (était); car le monde n’existait pas encore à cette époque. Mais le Christ avait déjà songé à nous donner la vie éternelle et la santé au ciel [p. 109, 32–37]
Le Seigneur avait tout fait très bien avant de nous établir, par sa grâce, dans la demeure du monde; notre salut nous est destiné, et avant même qu’il ne vît les grandes multitudes d’étoiles, il les sépara par les siennes [p. 554, 4–9]
lorsqu’elles coïncident (à l’exception de quelques différences mineures de langue et de graphie, par exemple: à la place du a. pl. de Berentas Grieknikus BG 57, 18, Šimelpenigis emploie Grieknin-kus 57, 18; à la place de Garbe buk de Berentas, 39, 4 – Garbe t’eſt 39,4; parmi les différences graphiques, on peut mentionner la notation différente des nasales [ą], [ę] dans le recueil de cantiques de Šimelpenigis: les formes actuelles « avec des signes diacritiques » remplacent les traits obliques de Berentas). À partir de la page mentionnée, on observe encore davantage de différences dans le recueil de cantiques de Šimelpenigis. Celui-ci comprend des cantiques traduits par le compilateur lui-même, ainsi que des versions remaniées de certains cantiques traduits par Glazeris et d’autres.
Dans le recueil de cantiques de Šimelpenigis de 1752, les cantiques pris individuellement ont été plus ou moins remaniés, non seulement sur le plan textuel, mais aussi linguistique, cf.:
La comparaison montre que Šimelpenigis, en révisant les textes, a modifié la forme de certains mots et l’ordre des mots et, dans certains cas (dans le dernier exemple), a également traduit tout le texte à sa manière. Toutefois, rien n’indique qu’il ait délibérément modifié les formes dialectales des traducteurs antérieurs des cantiques, ni qu’il les ait évitées dans ses propres versions remaniées (dans le dernier exemple, le dialectalisme étroit et l’archaïsme bit « était », utilisé alors autour d’Išdagai et publié par lui, s’expliquent vraisemblablement par une variante textuelle différente). Ainsi, du point de vue de sa base dialectale, Šimelpenigis ne s’est pas non plus écarté de la tradition de la langue écrite kleinienne, occidentale et méridionale.
Le recueil de cantiques de A. F. Šimelpenigis (le Jeune), paru en 1752, fut réédité à plusieurs reprises par la suite. Les sources bibliographiques mentionnent des éditions de 1763 et 1766, tandis que des exemplaires des éditions de 1776 et 1791 sont conservés dans des bibliothèques. La comparaison des exemplaires conservés montre clairement que les éditions ultérieures étaient des réimpressions identiques des précédentes, où l’on ne relève qu’une ou deux différences orthographiques (le plus souvent dues à l’imprimerie), cf.: in. sg. mannij57 ŠiG 439, 21 // manij76 ŠiG idem // m[a]nnij91 ŠiG idem; part. n. sg. m. marinnams57 ŠiG 454, 4–5 // marinams76 ŠiG idem // marrinams91 ŠiG idem; praes. 1 sg. pawarrau57 ŠiG 457, 10 // paw arau76 ŠiG idem // pawarrau91 ŠiG idem; a. pl. m. Dayktus57 ŠiG 457, 20–21 // Daiktus76 ŠiG idem // Daiktus91 ŠiG; a. sg. mannę57 ŠiG 472, 35 // manę76 ŠiG idem // mannę91 ŠiG idem.
Ainsi, le recueil de cantiques de Šimelpenigis fut le plus populaire des recueils lituaniens de RP au XVIIIe siècle. D’autres recueils de cantiques de l’époque dans cette région furent également élaborés à partir de lui (par exemple celui de G. Ostermejer en 1781). Comme la langue de ses éditions ultérieures n’a pas été modifiée, celles-ci ne présentent aucun phénomène dialectal nouveau. Pour cette raison, ces recueils ont conservé la tradition antérieure de la langue poétique ecclésiastique, principalement kleinienne, qui s’est maintenue en RP jusqu’à des époques ultérieures.
51
§ 10. Quelques mots sur la base dialectale des livres de prières.
Selon la tradition kleinienne, au XVIIIe siècle, des livres de prières étaient publiés en même temps que les recueils de cantiques plus volumineux (reliés en un seul volume, mais comportant le plus souvent une pagination distincte). Leur titre était « Nouveaux petits livres de prières très nécessaires et utiles aux maisons »=. En 1705, à Königsberg, fut imprimé probablement le premier livre de prières de ce type au XVIIIe siècle (la date de 1704 indiquée sur sa page de titre est douteuse)23. Il différait peu du deuxième tirage du livre de prières de Klein, préparé par Jonas Rikovijus et imprimé en 1685. Les seules différences tenaient à une disposition quelque peu différente des prières, à des caractères plus petits et à la ponctuation (dans l’édition de 1705, probablement préparée par Šusteris, le compilateur du recueil de cantiques de cette année-là, le signe de ponctuation à fonctions multiples — la barre oblique / — est moins fréquemment employé; à sa place apparaissent parfois le point d’exclamation et le point-virgule dans leur forme actuelle). Les textes des éditions ultérieures connues du livre de prières (1731, 1745, 1748, 1757, 1776, 1791) diffèrent eux aussi peu les uns des autres: leurs divergences se limitent principalement au niveau graphique; cf. la prière pour la fête de Pâques:
1731
1745
1748
Dieu tout-puissant, éternel et miséricordieux, toi, Père de notre Sauveur Jésus-Christ! Nous te remercions humblement d’avoir livré à la mort ton Fils unique à cause de nos péchés... [p. 24]
Dieu tout-puissant, éternel et miséricordieux, toi, Père de notre Sauveur Jésus-Christ! Nous te remercions humblement d’avoir livré à la mort ton Fils unique à cause de nos péchés... [p. 18–19]
Dieu tout-puissant, éternel et miséricordieux, toi, Père de notre Sauveur Jésus-Christ! Nous te remercions humblement d’avoir livré à la mort ton Fils unique à cause de nos péchés... [p. 18–19]
1757
1776
1791
Dieu tout-puissant, éternel et miséricordieux, toi, Père de notre Sauveur Jésus-Christ! Nous te remercions humblement d’avoir livré à la mort ton Fils unique à cause de nos péchés... [p. 19]
Dieu tout-puissant, éternel et miséricordieux, toi, Père de notre Sauveur Jésus-Christ! Nous te remercions humblement d’avoir livré à la mort ton Fils unique à cause de nos péchés... [p. 634]
Dieu tout-puissant, éternel et miséricordieux, toi, Père de notre Sauveur Jésus-Christ! Nous te remercions humblement d’avoir livré à la mort ton Fils unique à cause de nos péchés... [p. 18–19]
23 Voir LTB 1, 201.
52
Puisque les livres de prières, comme indiqué, étaient publiés avec les recueils de cantiques et, de plus, préparés pour l’impression le plus souvent par les mêmes auteurs, leur base dialectale ne pouvait donc différer sensiblement de celle de ces derniers. Quelques différences dans la langue des recueils de cantiques (par exemple, un raccourcissement plus fréquent des finales) pouvaient apparaître sous l’effet des exigences de la versification. Mais cela nécessite des recherches spécifiques, auxquelles nous ne nous attarderons pas ici.
Du point de vue du genre, les agendas, c’est-à-dire les livres décrivant les prières et les cérémonies religieuses, sont également proches des livres de prières. Le premier livre de ce type publié en RP est probablement celui de Jonas Berentas, « Dawadnas Pamokinnimas kaipo wiffj Lietuwoje [...] Kunnigai kaip Diewo Tarnai tur elgtis [...] Karaláuczuje Mete MDCCXXX ».
Berentas étant originaire d’Įsrutis (il y était né et y avait exercé son ministère pendant longtemps), il ne pouvait pas non plus s’éloigner sensiblement, dans ses écrits, du dialecte de sa région natale, d’autant que celui-ci s’était déjà établi dans la tradition écrite de la RP depuis l’époque de D. Kleinas. Ainsi, dans son « Dawádne Pamokinnime... », comme dans les textes bibliques et les cantiques, il s’en tenait davantage à la base dialectale des Aukštaitijas occidentaux méridionaux (il employait des formes dont les finales nominales -(i)o, -(i)os, -ė, -ės n’étaient pas abrégées, parfois aussi avec la voyelle mobile du thème à la finale -as). Cependant, probablement parce que les environs d’Įsrutis appartenaient au sous-dialecte dit des « striukiai », Berentas n’évitait pas, dans son agenda, les finales abrégées: il supprimait le [a] « mobile » (budam’s 2, 16, gyw’s 11, 36, Kúnig’s « prêtre » 2, 23, Pon’s 11, 16, Salmon’s « Salomon » 12, 17... // Klebonas 9, 20, Pówilas 11, 6, Ponas Diewas 11, 27...), supprimait -e à l’instrumental singulier des noms (Bedoj’ 2, 2, Jßminitj’ 31, 8, Laiwėlj’ 3, 25, Malónej’ 31, 9, tykoj’ Petnyčioj’ 38, 2... // Danguje 4, 12, Pakajuje 3, 26, žodije 11, 9...), supprimait -e, -i aux finales verbales (inf. liept’ 10, 12 // tarti 10, 13, prés. 3 nór 13, 4, pen’ « nourrit » 11, 16, jed’ « est assis » 516 // gauna 12, 18, randa idem, impér. 2 pl. imkit 7, 7, walgikit 7, 8... // augkite 14, 22, dekawokite 6, 26...). Il convient également de noter que l’agenda présente parfois des cas de confusion entre [uo]/[o] et [ie]/[ė], cf.: instr. pl. pirmúf’a Knygof’a, wiffúf’a Szaļij’a 10, 20, 21, 31, adv. niekados 39, 5 // nėkados 27, 11, dat. pl. Bėdnėms 8, 12, inf. pakwėfti 9, 11... Cette caractéristique est déjà propre aux habitants de Tilžė et se reflète également dans certains autres écrits de la RP de l’époque.
Du point de vue de sa base dialectale, l’« Agenda » de Gotfrydas Ostermejeris, parue près d’un demi-siècle après celle de Berentas (1775), ne s’en distingue pas fondamentalement. Dans sa grammaire de 1791, il écrivait que les dialectes de Ragainė, d’Įsrutis et de Gumbinė, assez proches les uns des autres, étaient réputés être les plus purs (« Der Ragnitsche, Jnsterburgische und Gumbinische Dialect stimmt ziemlich, und wird für den reinsten gehalten », p. 130). Et, de fait, dans son « Agenda », publiée en 1775, prédominent les formes occidentales méridionales aux finales -(i)o, -(i)os, -ė, -ės, -ys (g. sg. Adomo 3, 18, amžino 4, 6, mano 43, 3, tawo 2, 16, fawo 3, 2, Mėdžio 34, 10, didžio 6, 10, didžios 51, 19...; n. sg. Garbė 8, 6, Gie/me 74, 12, g. sg. Garbės 3, 10, Meilės 4, 20...; n. pl. Aufys 61, 11, Sßirdys 39, 9...) avec le [a] « mobile » (n. sg. ámžinas 42, 14, aprūpinimas 2, 26, Birdingas 15, 26, Bwentas 10, 8, Bittas 20, 3 (mais aussi kitts 32, 2), meldžiamas 42, 11, pagarbintas 4, 2...), avec le suffixe -i- (impér. 2 sg. Aprūpik 58, 4, atnaujik 68, 15, gaiwik 67, 9,
53
Padrutik 17, 4, platik 58, 8, cond. 3 ƒtippritu 28, 7.... mais aussi: impér. 2 sg. ƒtipprink 29, 21, cond. 3 padruttintu 7, 13–14, pagárbintu 25, 4 ƒtipprintu 5, 10...) et autres.
Çà et là, l’« Agenda » présente également les formes a. sg. m. waddota 1, 7, n. sg. m. pralėtas 30, 9, a. sg. f. Wetą « lieu » 32, 22, a. pl. m. Žėdus « fleurs » 31, 22, pret. 2 sg. lėpei 50, 12, a. sg. m. ūrą 60, 11; 66, 23, que l’on peut rattacher au parler des habitants de Tilžė, à moins qu’elles ne reflètent la prononciation de l’auteur ou ne soient de simples erreurs d’imprimerie. Il est regrettable que nous ne disposions pas du recueil de cantiques d’Ostermėjeris de 1781, qui aurait aidé à déterminer les causes de l’apparition de telles formes.
§ 11. Prédominance des normes kleiniennes dans les catéchismes. XVIII
a. En RP étaient souvent publiés non seulement des textes bibliques, des recueils de cantiques et des livres de prières, mais aussi des catéchismes (à la fois en livrets indépendants au début du siècle et joints aux livres de prières au milieu et dans la seconde moitié du siècle). Il est intéressant de noter que dès le XVIIe siècle, apparemment en considération de la composition multiethnique de la population de cette région, on commença à publier un catéchisme quadrilingue — en allemand, latin, polonais et lituanien —: « D. Martini Lutheri Catechismus minor, Germanico-Polonico-Lithvanico-Latinus » (dans l’ordre des langues indiqué avant ce titre). Les éditions de ce catéchisme anonyme mentionnées par les bibliographes sont celles de 1670, 1683, 1696, 1700, 1709, 1720 et 1751 (la date de parution de cette dernière est incertaine)24.
La comparaison des microfilms des éditions de 1709 et de 1720 conservés à la bibliothèque de l’Académie des sciences de Lituanie permet de constater immédiatement qu’elles ne diffèrent en rien, ni par leur contenu ni par leur langue (à l’exception de quelques détails orthographiques); la seconde est donc une réédition de la première. La traduction lituanienne de ces deux éditions est souvent plus proche du texte polonais, ce qui donne à penser que le traducteur s’est davantage appuyé sur ce dernier, cf.:
Édition de 1709 (celle de 1720 entre crochets)
Texte allemand
Texte latin
Texte polonais
Texte lituanien
1. Unƒer tãglich Brodt gib uns heute. [p.20, 9–11]
Panem nostrū quotidianum da nobis hodie. [p.20, 8–11]
Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien. [p.21, 8–10]
Donne-nous notre pain quotidien. [p.21, 10–12] [Donne-nous notre pain quotidien, ib.]
24 Voir plus largement LTB 1, 228–229; les « Additions » de ce volume, 1990, 44.
54
2. Tu n’auras pas d’autres dieux que moi. [p.30, 13–15] [p.31, 14–16] [Tu n’auras pas d’autres dieux que moi, ib.]
Texte allemand
Texte latin
Texte polonais
Texte lituanien
3. Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. [p.38, 20–23]
Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain [p.38, 21–23]
Ne porte pas de faux témoignage contre ton prochain. [p.39, 26–29]
Ne dis pas de faux témoignage contre ton prochain. [p.39, 23–25] [Ne dis pas de faux témoignage contre ton prochain, ib.]
Keturkalbio (1709 ir 1720) m. katekizmo lietuviškosios dalies lytys, apskritai imant, yra vakarietiškos pietietiškos, daugeliu atvejų sutampančiomis su tomis, kurios kodifikuotos D. Kleino gramatikose, būtent: a) su nesutrumpintomis -(i)o, -ė, -os, -ės galūnėmis (praes. 3 laiko K 45, 18, g. sg. Diewo 7, 5, lobio 75, 12, mano 27, 10, ſawo 57, 17 || ſawa 27, 3..., n. sg. Nablė 129, 11, g. sg. amžinos gywatõs 83, 19, Tevißkos Deiwißkos gerybes 51, 11–12...), b) su neišleistu „judriuoju“ [a] (n. sg. Deßimtas 11, 7, Diewas 11, 16, gywas 9, 8–9, gyvenimas 99, 3, kunas ir kraujas 87, 8–9...), c) su nesutrumpintomis liepiamosios nuosakos galūnėmis (2 pl. Eikite 23, 13, Imkite ir gerkite 27, 18–19, mokinkite 23, 14–15, walgykite 27, 5...), d) su dažnai nesutrumpintomis vnšk. ir dgsk. inesyvo galūnėmis (m. sg. dūnoje 87, 11, maldoje 69, 2, naktijė 25, 13, ßlowėje 35, 28, teiſybėje 85, 9..., bet ir: Danguj 63, 11, wienoj’ tikroj wieroj’ 59 6–7...25.
Toutefois, d’un autre côté, s’écartant déjà des normes présentées dans les paradigmes de D. Klein, le catéchisme quadrilingue emploie fréquemment des formes du présent aux désinences élidées: 3e pers. gaubin « augmente » 67, 2, gywen 129, 16, lauš « brise » 67, 2, myl 13, 14, mokin 63, 12; 113, 14, perwerg 117, 23–24...; 1re pers. pl. atleidžiam 71, 5, gywenam 65, 9, tikkin 65, 8...
Le catéchisme quadrilingue, semble-t-il, ne répondait pas aux besoins des autorités ecclésiastiques de RP; on commença donc à envisager la préparation d’un nouveau catéchisme bilingue (allemand-lituanien), en particulier d’un catéchisme qui servirait de norme à la société lituanienne de cette région. H. Lysius entreprit de préparer un tel catéchisme; il avait occupé pendant quelque temps le poste d’inspec-
25 Étant donné que l’édition de 1720 concorde avec celle de 1709, y compris dans la numérotation des pages, seul le numéro de page et de ligne de cette dernière est indiqué.
55
les fonctions 26. Cependant, grâce à ses efforts, le manuscrit de la traduction préparé collectivement en 1719 ne fut pas imprimé, et une édition de ce manuscrit, révisée par G. Engel, parut en 1722.
Le « Petit Catéchisme » révisé par G. Engel présente de nombreuses différences, tant textuelles que linguistiques. Certains passages ont été omis, d’autres développés; on y trouve en outre de nombreuses corrections (a) phonétiques, (b) lexicales et (c) syntaxiques, cf.: a) praes. 3 fáko LK 12, 8 et faka EK 6, 8; praes. 1 sg. ėjmi LK 12, 9 et ęlmi EK 6, 9; praes. 3 patenk’ LK 36, 5 et patenka EK 56, 12; a. sg. f. Ewangeliją LK 37, 13 et Wangelýa EK 58, 27, imper. 1 pl. Klauſykim’ LK 54, 18 et Klauſykem’ EK 83, 13..., b) atſankas Piktenybę LK 12, 11 et atſankas Griekus EK 6, 13–14; AB bednas griėbnas žmogus LK 29, 11 et AB bėdnas wargingas žmogus EK 40, 4; adv. kodel LK 33, 1 et kam EK 51, 3...; c)... Bitoje Naktij’ kurroje buwo ibdūtas LK 27, 12–13 et... Bitoje Naktije kuroje turėjo but ibdūtas EK 11, 5–7; Kláuſimai, ant kurių wiſſi krikſcʒonis [...] atſakyti tur. LK 30, 7–8 et Kiti Kláuſimai / kurius wiſſi Krikſcʒonis [...] atſakyti tur. EK 48, 1–6; Argi trys Diewai yra? LK 30, 13 et Ar trys yra Diewai? EK 48, 16... Comme le montrent déjà les exemples cités ici, G. Engel a également quelque peu retouché l’orthographe du manuscrit de Lyzijus (il n’a parfois pas doublé les consonnes, en particulier r, et a également modifié les signes d’accentuation, etc.). Toutefois, on ne relève pas de différences terminologiques notables entre l’EK, le LK et le catéchisme quadrilingue (à l’exception de quelques formes septentrionales).
On estime que la deuxième édition du catéchisme de G. Engel parut vers 172627. Il est difficile de dire en quoi elle différait de la première, car elle n’a pas encore été retrouvée. La troisième édition, en revanche, celle de 1730, a été conservée et présente diverses différences par rapport à la première, cf.: Kláuſimai Luteraus Pirmkarčiams ant Gero Judawaditi / Ju Atſakymais EK 42, 6–10 et Kláuſimai Luteraus / prie Diewo Stalo einantiems / Ju jų Atſakymais MLK 43, 9–12; Ar nuſimanaiſi ir žinaiſi Griekìninku eſąs? EK 42, 11–13 et Ar tikki Griebnas eſas? MLK 43, 13. Cela peut indiquer que l’édition de 1730 n’a pas été préparée par G. Engel, mais par quelqu’un d’autre; d’autant qu’elle comporte également de nombreuses différences textuelles (par exemple, à la fin, après le catéchisme et les sections « Naßlėms » et « Wiſſiems iß weno », plusieurs psaumes de David ont été insérés, absents de l’édition de 1722). Toutefois, du point de vue de la base terminologique, on ne constate pas non plus de différences notables entre les éditions de 1722 et de 1730.
Bibliografijose minimi dar 1750, 1751, 1780 m. „Mažo Katgismo“ leidimai, bet jie težinomi tik iš rašytinių šaltinių, todėl apie jų terminį pagrindą ir apskritai kalba nieko negalima spręsti. Kas kita – katekizmai, leistieji kaip priedai prie maldaknygių („Maldų knygelių“). G. Ostermejerio liudijimu28, pirmasis toks
27 LTB 1, 96.
28 O s t e r m e y e r G. Erste littauische Liedergeschichte, Königsberg, 1793, 144.
26 Pour plus de détails à son sujet, voir H e i n r i c h J o h a n n L y s i u s. Mažasis Katekizmas... (édité par Pietro U. Dini), Vilnius: Mokslo ir enciklopedijų leidykla, 1993, 8–11.
56
Le supplément fut imprimé en 1740 avec le livre de prières de J. Berentas. La comparaison de ces catéchismes avec ceux de 1744, 1748 et 1753 montre qu’ils reposent sur la même base dialectale que les livres de prières auxquels ils étaient joints. Cela se comprend: les catéchismes ont été traduits par les mêmes personnes qui préparaient également les livres de prières pour l’impression.
Tant pour sa base dialectale que, plus généralement, pour sa langue, il convient de mentionner à part le « Catéchisme chrétien catholique », publié en 1770 par Jonas Joskaudas (Jaskowd), prédicateur jésuite ayant exercé à Tilžė et à Karaliaučius. Comme l’auteur de ce catéchisme serait originaire des environs de Palanga et aurait étudié à Kražiai29, on pourrait s’attendre à trouver dans ses écrits une présence plus ou moins marquée du samogitien. Or, ce n’est pas le cas: apparemment, dans le but d’attirer au catholicisme les Lituaniens de la région de Tilžė et de Karaliaučius, il a dû se conformer aux normes de la langue écrite du RP, fondées sur le dialecte des Hauts-Lituaniens de l’ouest prussien et codifiées dans les grammaires de D. Kleino.
En effet, les formes phonétiques et morphologiques occidentales, caractéristiques de nombreux autres écrits du XVIIIe siècle, dominent dans le catéchisme de Joskaudas, par exemple: a) g. sg. amžino gyvenimo 13, 11, kraujo 40, 16, liežuwjo 56, 26, dūnōs 56, 4, Junkōs liggōs 58, 12, praes. 3 daro 51, 15, jako 4, 3, praet. 3 buwo 7, 8, kentejo 6, 22, nuėjo 7, 4..., b) n. sg. meile 21, 2, Moteryftė 35, 24, wale 15, 25, praet. 3 ėmė 42, 15, padarė 19, 10, g. sg. Gentyftės 41, 9, Kumyftės 41, 10, malonės 16, 12, žėmės 9, 21..., c) n. sg. griekas 37, 7, prabimas 15, 9, wienas daiktas 5, 18, part. cont. atfimindamas 13, 9, budamas 10, 10, mirdamas 49, 5..., d) in. sg. antroje pufjeje 19, 19, wienoje regimoje Daleleje 59, 2, wjetoje 41, 25, danguje 9, 11, in. pl. kurrūje daiktūje 14, 5, RaBtūje 11 9, Tėftamentūje 3, 9..., e) praes. 3 atlėidžia 63, 13, reikia 43, 2, werkia 83, 4, cond. 1 sg. būciau 53, 10, etc.
Toutefois, d’un autre côté, certaines caractéristiques du catéchisme de Joskaudas, en particulier le raccourcissement « striukiškas » des désinences, le rapprochent des parlers septentrionaux des Hauts-Lituaniens de l’ouest prussien; cf. la chute fréquente du [a] « mobile »: n. sg. gers 49, 4 // géras 13, 13, niėks 40, 25, Pirms 15, 9, wiens 4, 4, vyrs 41, 3, part. cont. liepdamus 70, 2, werkdams 71, 25... ainsi que la suppression assez fréquente des désinences -a, -e, -i au présent: imm 3 5, 7, nenufimin « ne se décourage pas » 13, 8, wadinn 36, 19, pra-Bom 15, 13, negal 12, 12... Il est aujourd’hui bien sûr difficile de dire quelle influence ont pu exercer son dialecte samogitien natal, le parler de Tilžė et l’ancienne tradition écrite prussienne. On peut seulement ajouter que de tels raccourcissements se rencontrent aussi dans son ouvrage « Praftas Pamokflas... », publié en 1770, que l’on peut également considérer en partie comme un catéchisme, puisqu’il y expose divers sujets catéchétiques sous forme de questions-réponses, auxquels s’ajoutent seulement quelques prières, cf.: n. sg. Wiens 3, 12, neutr. will 5, 2, praes. 3 aptur 18, 13, gal 8, 25, gird 11, 19, mirBt 11, 22 // mirBta 11, 26 (plus souvent), ne futtar 10, 15, perm. te laupin
29 Pour plus de détails sur sa vie, voir B i r ž i š k a V. Aleksandrynas 2, 154.
57
23, 17. Ces formes abrégées ont également été reprises dans les éditions ultérieures de ce livret (1772, 1797). Toutefois, dans l’édition de 1797, la plus développée, les terminaisons des formes abrégées sont souvent signalées par une apostrophe, cf.: a. neutr. wiff PrP⁷⁰ 5, 2 et wiff PrP⁷⁹ 9, 12, praes. 3 mirßt PrP⁷⁰ 11, 22, mirßt PrP⁷² 16, 6 et mirßt’ PrP⁷⁹ 22, 18, g. sg. f. moters PrP⁷⁰ 17, 17 et moter’s PrP⁷⁹ 39, 12. En outre, il convient de noter que certaines formes abrégées des éditions antérieures ont été remplacées par des formes non abrégées dans l’édition de 1797, cf.: n. sg. m. Ražums PrP⁷² 53, 21 et Ražumas PrP⁷⁹ 105, 7, in. sg. m. Dang[u]i PrP⁷², 21, 12 et Danguje PrP⁷⁹ 37, 8, praes. 3 yr PrP⁷² 7, 6 et yra PrP⁷⁹ 8, 25.
Dans l’ensemble, l’édition de 1779 de « Praf to Pamokßfo... » est non seulement considérablement augmentée (ajout de nouvelles petites prières en vers, développement de la partie en questions-réponses, etc.), mais aussi largement remaniée du point de vue de la langue et de l’orthographe (certains polonismes sont remplacés par des équivalents lituaniens, le ygrek marquant le [i] long est noté plus régulièrement que dans les éditions précédentes, etc.). Comparée à certains autres écrits religieux de RP de la fin du XVIIIe siècle (par exemple aux livres traduits de Vilhelmas Rėge mentionnés plus haut), la langue du « Praf to Pamokßfo... » de Joskaudas, comme celle de son « Krikßčioniko Katalikißko Katekizmo », est assez pure. Il semble que S. Daukantas l’ait également remarqué: dans une lettre à M. Valančius datée du 5 avril 1846, il écrivait que le prêtre Barauskas avait trouvé à la bibliothèque de Saint-Pétersbourg un catéchisme lituanien de jésuite, imprimé à Königsberg en 1770, dont la langue était la plus pure (« język naiczystszy Litewski »)³⁰. Bien entendu, il ne serait pas juste de dire aujourd’hui que la langue de Joskaudas est « la plus pure » (elle comporte aussi des emprunts caractéristiques de l’époque, tels que asaba, pekla, sūdyti, viera, etc.), mais elle est réellement plus pure, surtout du point de vue syntaxique, que celle de plus d’un autre auteur ou traducteur d’écrits religieux de cette époque.
§ 12. Le substrat dialectal de Kristijonas Donelaitis.
Le substrat dialectal des écrits de Donelaitis est tout à fait occidental et méridional. Cela tient principalement au lieu de naissance et de travail de l’écrivain: comme on le sait, il est né dans le village de Lazdynėliai, près de Gumbinė, et a passé la majeure partie de sa vie à travailler à Tolminkiemis, donc dans l’aire du sous-dialecte méridional des Aukštaitija occidentaux (dits baltsermegiai). En outre, la tradition écrite antérieure a peut-être également joué un rôle important à cet égard, notamment la langue de la Bible de 1755, que les éditeurs avaient rapprochée des parlers méridionaux.
Le substrat méridional de la langue des écrits de Donelaitis se manifeste par: a) l’emploi régulier de formes aux terminaisons atones -(i)o, -(i)os, -ė, -ės, -ys et -ūs (par ex.: praet. 3 bėgo DRr 23, 23, buwo ibid. 3, 11; audė ibid. 3, 23, lopė ibid. 4, 18, g. sg. diddelio Pulko ibid. 3, 27, [zalto Pá]žalio ibid. 3, 13, n. pl. Káfos irgi
30 Voir Daukanto laiškai / publié par A. Janulaitis. – Mūsų senovė 1, fasc. 4/5, Kaunas, 1922, 787. Le texte imprimé de la lettre en question comporte une erreur: au lieu de 1770, on a imprimé 1740. Selon Vac. Biržiška, cette erreur ne figurait pas dans la lettre de Daukantas; voir son Aleksandryną 2, 155.
58
Kepurrės ibid. 23, 10, skaũdžos... bėdos DR 258, 12, Akys DRr 26, 10, Wagys ibid. 30, 29, riebùs ibid. 36, 41, (kanũs ibid. 16, 38); b) l’emploi assez régulier, quoique non sans exceptions, des formes avec les suffixes -ī-, -ē- (< in, en) (par ex.: inf. augyt DRr 26, 35, buddit ibid. 41, 11, paſirupit ibid. 15, 40, imper. 2 sg. atlimyk ibid. 9, 33, 2 pl. Skubikimes ibid. 12, 31, part. cont. n. sg. nufimīdams ibid. 15, 19, n. pl. gaiwīdami ibid. 3, 5..., mais aussi: inf. gywent ibid. 30, 41, paſikákint ibid. 6, 21, cond. 3 nugabéntu ibid. 14, 38); c) les formes verbales conservant la terminaison -(i)a à la 3e personne du présent (par ex.: buddina DRr 5, 4, gárbina ibid. 5, 2, nedryta ibid. 30, 18, nufidūda ibid. 5, 36, ſkalbja ibid. 9, 25, werpja ibid. 35, 36..., mais aussi: paſilinkſmin ibid. 9, 1, prijartin’ ibid. 28, 9, βweplén’). Sont également considérées comme méridionales les formes à [a] dit « mobile » qui apparaissent dans les écrits de K. Donelaitis: n. sg. m. Gandras DRr 4, 3, grybas ibid. 35, 18, linkſmas ibid. 4, 3, Stálas ibid. 39, 24, Weikalas ibid. 22, 28... Dans ses œuvres en vers, toutefois, les formes où cette voyelle brève est omise sont beaucoup plus fréquentes (principalement en raison des contraintes de la métrique hexamétrique); l’omission est souvent signalée par une apostrophe: kitt’s DRr 3, 36, Snieg’s ibid. 3, 4, Wyr’s ibid. 4, 17...).
Il ne faut évidemment pas penser que l’omission fréquente du [a] mobile, tout comme l’abrègement de certaines autres terminaisons (par ex. la chute du -a bref à la 3e personne du présent des verbes, celle du -i bref à l’infinitif ou à la 3e personne du futur, etc.), soit liée dans les écrits de Donelaitis uniquement aux exigences de la versification. L’influence des parlers voisins de Striukiai et de la tradition écrite antérieure a également pu se refléter ici (par ex., les textes bibliques de 1735 et de 1755 présentent eux aussi un nombre important de formes dont les terminaisons sont abrégées et marquées par une apostrophe: n. sg. m. nakwin’s I Moz. 24, 54, Nelab’s Sal. pam. 16, 29, pien’s II Moz. 3, 17, Tew’s wien’s Jon. 10, 30..., praes. 3 min’ Jon. 13, 18, pritar’ Ap. d. 15, 15..., inf. kalbėt’ Mat. 11, 7, pražūt III Moz. 20, 12..., in, sg. f. dwilinkoj’ I Moz. 25, 9, tréczoj’ II Moz. 19, 1...).
§ 13. Particularités dialectales des écrits de chancellerie.
Dans l’ensemble, le substrat dialectal des écrits de style chancellerie de la RP au XVIIIe siècle est celui du sous-dialecte occidental méridional. On y rencontre toutefois, comme dans les autres styles de langue écrite de cette région à l’époque, un nombre plus ou moins important de traits caractéristiques du sous-dialecte septentrional des Hauts-Lituaniens occidentaux (« striukiai »). Outre l’omission assez fréquente du [a] « mobile », presque tous les ordres des autorités prussiennes présentent aussi des cas de confusion entre [o] et [uo], entre [ė] et [ie], ainsi que d’amuïssement des voyelles brèves finales non accentuées -a, -e, -i des verbes, cf.: a) inf. atkartūti PVG 77, 7 // atkartūt ibid. 110, 3 et wažoti ibid. 314, 16; wartoti ibid. 97, 8 et praet. 3 wartūjo ibid. 97, 16; n. sg. m. kiem’s ibid. 198, 28, in. pl. Kiemūle ibid. 175, 9 et in. sg. Kėme ibid. 109, 28, g. pl. Kėmū ibid. 101, 22; d. pl. m. ėſantiems ibid. 299, 17 et minnėtems ibid. 236, 2; willėms « aux méchants » ibid. 73, 8...; b) neutre ger ibid. 105, 3, menk ibid. 253, 16, will ibid. 262, 3, praes. 3 apſed ibid. 222, 15, yr ibid. 194, 21, pabėg ibid. 110, 7, pawag ibid. 153, 16 reik
59
ibid. 60, 32...; praes. 1 pl. darom ibid. 109, 10, dūdam ibid. 109, 9, norim ibid. 324, 5, žadam ibid. 109, 22; praet. 1 pl. dawēm’ ibid. 152, 21, jēbkōjom’ ibid. 152, 19, ibtyrēm’ ibid. 149, 5; fut. 1 pl. jūrēsim ibid. 233, 18, in. sg. ketwirtoj dienoj ibid. 66, 19, lenkiškōj Kalboje ibid. 321, 26, tam’ patim’ Kampē ibid. 141, 20–21, wienam’ ibid. 250, 21, inf. but’ ibid. 158, 21, darryt ibid. 101, 3, jēt’ ibid. 272, 1, praes. 3 gal ibid. 70, 13, gul ibid. 237, 19, nōr ibid. 97, 9, tur ibid. 113, 4... Cependant, dans de nombreux écrits de chancellerie des autorités prussiennes, la confusion entre o / uo et ē / ie, ainsi que l’abrègement des finales, étaient irréguliers, souvent seulement sporadiques; de plus, aucun cas de monophtongaison des diphtongues à accent initial [ãi], [áu], [éi], caractéristique des parlers striukiai septentrionaux, n’a été relevé dans les écrits de ce style.
§ 14. Remarques finales.
Après avoir examiné dans ses grandes lignes le rapport entre la langue écrite lituanienne et les dialectes en RP au XVIIIe siècle, il est possible de répondre aux questions posées au début de ce chapitre. L’analyse de l’usage de la langue écrite montre qu’à cette époque, de nombreux auteurs respectaient les principales caractéristiques du dialecte prussien des Hauts-Lituaniens occidentaux, codifiées dans les grammaires de D. Kleinas. À cet égard, le testament de S. Bitner de 1701 constitue une exception: on y a tenté d’harmoniser artificiellement deux branches de la langue écrite reposant sur des substrats dialectaux quelque peu différents (la branche prussienne et la branche médiane). Cette harmonisation artificielle n’était toutefois pas viable: la RP ne recueillit pas une adhésion plus large, et l’on revint rapidement ici à la tradition antérieure, celle de Kleinas.
Nors tas grįžimas ryškiai atsispindi tiek 1727, tiek 1735 ir 1755 m. biblijos leidimuose, vis dėlto negalima tvirtinti, kad juose buvo nuosekliai laikomasi D. Kleino gramatikose kodifikuotų „kauniečių“ tarmės normų. Tai ypač pasakytina apie 1727 m. Naująjį testamentą, kuriame apstoka lyčių su prūsų vakarų aukštaičių šiauriečių šnektoms būdingu [o] ir [uo], [ė] ir [ie] suplakimu, neretai perkeltu ir į 1735, 1755 m. leidimus. Bet K. Donelaičio beletristiniuose kūriniuose tokių lyčių nepastebėta, nors jo brošiūroje apie separacijos naudą (išspausdintoje 1769 m.) šiek tiek pasitaiko. Esama jų ir Prūsų valdžios kanceliariniuose raštuose, rašytuose veikiausiai iš įvairių RP tarmių kilusių žmonių. Taigi XVIII a. prūsinės lietuvių rašomosios kalbos vartosenoje (ypač fonologijos ir morfologijos lygmenyse griežtai nesilaikyta kleiniškųjų normų, kartais nevengta ir tam tikrų dialektizmų, prieš kuriuos šio amžiaus pradžioje buvo pakėlęs balsą Mykolas Merlinas31. Tačiau siauresnių fonologinių ir morfologinių dialektizmų, būdingų tiktai kuriai nors šnektai (pvz., Labguvos) ir labiau nepaplitusių prūsų vakarų aukštaičių tarmėje, vis dėlto buvo vengiama.
31 M a c i ū n a s V. Projet de réforme de la langue ecclésiastique de la Petite Lituanie au début du XVIIIe siècle. – Archivum philologicum 6, Kaunas, 1937, 80.
60
ABRÉVIATIONS
Ap. d. – Actes des Apôtres (Bible)
B1 – Biblia, c’est-à-dire Wissas Szwentas Rasztas... 1735
B2 – Biblia, c’est-à-dire Wissas Szwentas Rasztas...1755
BG – J. Berento, Livre de cantiques révisé et amélioré à nouveau... 1747
BT – Nouveau Testament de S. Bitner... 1701
Comp. – D. Kleino, Compendium Lituanico-Germanicum... 1747
DR – Écrits de K. Donelaitis... 1977
DRr – Manuscrits de K. Donelaitis... 1955
EK – G. Engelio Petit catéchisme... 1722
GG2 – F. Glazerio, Kittos naujos Giesmes...1748
GL – D. Kleino, Grammatica Litvanica...1653
Iz – Livre d’Isaïe (Bible)
Job. – Livre de Job (Bible)
Jon. – Évangile selon Jean (Bible)
on. apr. – Apocalypse de Jean (Bible)
K9 – D. Martini Lutheri Petit catéchisme... 1709
KNT – Nouveau Testament de J. Quandt...1727
LK – Mážas Katgismas de H. J. Lysius...1719
LTB – Bibliographie de la RSS de Lituanie
Luk. – Évangile selon Luc (Bible)
Mat. – Évangile selon Matthieu (Bible)
MLK – Mážas Katgismas de D. Mertino Luterus...1730
Mork. – Évangile selon Marc (Bible)
Moz. – Livres de Moïse (Bible)
Petr. 1. – Première épître de Pierre (Bible)
Pov. 1. efez. – Lettre de Paul aux Éphésiens (Bible)
Pov. 1. rym. – Lettre de Paul aux Romains (Bible)
Pov. 1. tes. – Lettre de Paul aux Thessaloniciens (Bible)
Pov. 1. Tim.– Lettre de Paul à Timothée (Bible)
PrP70 – J. Joskaudo, Prastas Pamokslas...1770
PrP72 – J. Joskaudo, Prastas Pamokslas...1772
Prp79 – J. Joskaudo, Prastas Pamokslas...1779
Ps. – Psaumes de David (Bible)
PVG – Lettres du gouvernement prussien...1960
RG – J. Rikovijus, Naujos... Giesmju Knygos... 1685
RM – V. Rėgė, Mokslas Pamokinnimo... 1788
RS – V. Rėgė, Skaitimo Knygeles... 1788
Rūt. – Livre de Ruth (Bible)
Sal. pam. – Salomon le prédicateur (Bible)
Sal. išm. – Livres de la Sagesse de Salomon (Bible)
ŠG – Recueil de cantiques de F. Šusteris, 1705
ŠiG57 – A. Šimelpenigio Chants révisés et améliorés... 1755
ŠiG76 – A. Šimelpenigio Chants révisés et améliorés... 1776
Cette édition – A. Šimelpenigio, Jsz, le nouveau livre de cantiques révisé et amélioré... 179191
61
RELATIONS ENTRE LA LANGUE ÉCRITE LITUANIENNE ET LES DIALECTES EN PRUSSE-ORIENTALE AU XVIIIe SIÈCLE
Résumé
Le présent article examine la base dialectale de la langue écrite lituanienne en Prusse-Orientale, à partir d’une analyse approfondie des traits phonétiques, morphologiques et, en partie, syntaxiques et lexicologiques attestés dans les monuments linguistiques du XVIIIe siècle (textes bibliques, recueils de chants, livres de prières, catéchismes, ainsi que les œuvres de K. Donelaitis et des documents de chancellerie). Cette étude a montré que la plupart des auteurs de l’époque suivaient le dialecte sud-ouest du haut-lituanien, dont les caractéristiques furent codifiées dans les grammaires de Daniel Klein. Le « Nouveau Testament » de Samuel Bitner (1701) constitue une exception: il témoigne d’une tentative de réunir les variantes prussienne et moyen-lituanienne de la langue écrite. Une telle union n’avait toutefois aucun avenir: en Prusse-Orientale, on revint très rapidement à la tradition kleinienne.
La tradition kleinienne fut maintenue dans l’édition du « Nouveau Testament » de 1727, ainsi que dans les éditions de la Bible complète de 1735 et de 1755. Toutefois, dans ces éditions, les normes de la grammaire de D. Klein ne sont pas appliquées de manière cohérente: on y trouve également certaines caractéristiques du dialecte nord-ouest du haut-lituanien (la confusion /o/ et /uo/, /ė/ et /ie/, entre autres). Elles apparaissent aussi sporadiquement dans les documents de chancellerie de l’époque. En revanche, de tels éléments nord-ouest du haut-lituanien sont absents des œuvres littéraires de K. Donelaitis.
62