Kalba poezijoje: filologija vs. biofilija
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GIEDRIUS ALKAUSKAS, Université de Vilnius
Axes de recherche: formes modulaires, théorie des nombres, écoulements, géométrie différentielle; aspects scientifiques de la musicologie, romantisme musical tardif danois, britannique et russe.
DOI: https://doi.org/10.35321/al181-11
La langue ne repose pas dans les livres, mais coule dans la bouche des gens en ruisseaux de dialectes et, vivante, s’use peu à peu et change. Antanas Baranauskas
LA LANGUE DANS LA POÉSIE: PHILOLOGIE VS. BIOPHILIE
En tant qu’habitant qui écrit de la poésie, en tant que transcripteur d’une poésie vécue, je propose quelques réflexions sur la langue de la poésie lyrique. Ces réflexions ne sont pas seulement les miennes. Elles sont communes, constamment renforcées par la gravité des âmes apparentées. La même chose, du moins dans son esprit, est également consignée dans les journaux de Sigitas Geda. Dans ce texte, je cite souvent le Poète, aussi n’indique-je pas son nom de famille. D’autres poètes parlent eux aussi de façon similaire de la langue vivante, et il est alors plus rassurant de savoir que ma petite boussole artisanale est aimantée exactement comme les grandes cartes célestes poétiques sont orientées. La gravitation, les interactions électromagnétique, faible et forte: les quatre forces fondamentales de la nature. Pourtant, dès le premier paragraphe, je les ai mélangées, comme si j’étais un alchimiste ignorant la chimie. Et pourtant, ne nous mettons pas à crier à la chimie.
En abordant la diachronie de la langue poétique, deux questions seulement se posent:
1. La bouche articule-t-elle le son? 2. Le mot éveille-t-il?
Les deux réponses sont oui! La première question est assez claire. Après tout, il s’agit de perspective. Les vocalisations, les gazouillis, les onomatopées, le perfectionnement de la bouche, des muscles du visage et des nerfs: tout cela suivait l’évolution du système nerveux central de plus en plus complexe des humanoïdes, du moins sa partie logique CRT. Je ne dis pas que la partie émotionnelle suivait aussi — peut-être…
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Bien au contraire. Mais quel est l’équilibre entre érudition et intuition, et quel équilibre peut-il y avoir? C’est déjà une autre question. Une seule chose est certaine: chez un poète, au moins l’un de ces éléments doit résonner comme une cloche à l’approche du front. Sans relâche! Idéalement, les deux cloches sonnent ensemble. Pas nécessairement en harmonie, mais en se renforçant mutuellement dans le chaos. Toute communication, la langue du quotidien, les textes issus d’expériences personnelles sont, au fond, une extériorisation de la parole¹. Une perspective. La majeure partie de la poésie actuelle semble être de cette nature.
Il est bien plus difficile de travailler avec la rétrospective, avec les motsréveillés et qui éveillent. Avec des formes grammaticales réveillées, des formations morphologiques, des dialectalismes, une orthographe historique, le contexte de l’existence. Avec la conscience des gens de cette époque — petit hobereau, jésuite, chantre populaire, laboureur, ermite, forgeron, voleur de chevaux. Ainsi, lorsque je veux utiliser la langue rétrospectivement, je m’efforce toujours de trouver une graine que l’on puisse vitaliser, faire germer. Puis de la faire pousser. Ou du moins de la laisser pourrir, afin qu’on voie qu’il y eut de la vie, mais qu’elle n’a pas été préservée: la vie est passée à un stade primitif, bactérien. Je ne veux pas présenter la langue comme une collection de papillons multicolores séchés. Ou comme ces pelotes régurgitées par les chouettes. Comme si, au lieu d’un être humain encore vivant, on présentait des registres paroissiaux. Quelque chose qui n’a absolument aucune chance de se réanimer (au fait, s’agissant des chouettes, c’est tout à fait vrai, n’importe quel ornithologue spécialiste des chouettes en témoignera; dans ces petites pelotes régurgitées, on trouvera toujours des crânes et des côtes de souriceaux, quelques cailloux, toutes sortes de résidus indigestes. Le folklore forestier en miniature, rassemblé dans un tel recueil! Les chouettes, ce sont les Slančiauskas de la forêt).
Lors du festival « Automne poétique de Druskininkai » de 2019, mon poème, écrit sous un nom d’emprunt (conformément aux exigences du concours), a remporté la première place. Le texte était signé, bien sûr, des initiales S. G. Pourtant, allez savoir pourquoi, tout le monde semblait penser (Šiaurės Atenai, 2019-10-11, no 19 (1323), p. 15) que j’avais admirablement bien joué la folie de Geda! Or, je m’indignais sincèrement et douloureusement (sans colère personnelle) contre ces jeunes poètes pour qui les Rėza, Daukantas et Bretkūnas n’étaient que des éclats de bois, utiles uniquement aux petits seigneurs des marais aux ongles noirs. Pour le poète contemporain, ce n’est que du lest. À quoi bon une torche quand un écran intelligent éclaire l’espace? Peu importe qu’on puisse emporter cette torche, ne serait-ce que pour traverser la tourbière de Velieka (il y a là une tourbière entre Skuodas et Mažeikiai, où la charrue du diable a été abandonnée; c’est là que se trouve la porte de l’enfer). Quant à l’œil intelligent, il se fermera dès le deuxième jour de marche, après une seule pluie torrentielle. Les marécages de Debesnaï, près de Varniai, sont réputés électrisés, et pas qu’un peu; tout près se trouve aussi le lac Lūkstas
¹ Kardelis Naglis 2017: Lengvi lietuvių kalbos sparnai. – ALL LXXVI. Kaip gražiai autorius parodo, kuo skiriasi kalbos komunikacija ir kalbos komunija! Maniškis tekstas gal apie tą patį? Tik poeto patirti persiūtas.
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La langue en poésie: philologie vs. biophilie
et jette de l’ambre — « electron » — (mais là, c’est déjà de la philologie). Seulement, la norme d’électrification n’a pas été mise à jour depuis l’époque de Netimeras et elle est incompatible avec l’écran intelligent.
Les deux premiers vers du poème récompensé lors de ce PDR (j’en étais incroyablement heureux, je ne le cacherai pas) sont les suivants:
Bâtards! Aux portes entrouvertes de Sion, Les générations créées — non engendrées, mais répétées!
À vrai dire, en raison de la sonorité et des images que j’avais prévues pour le poème (le premier oxymore de ce texte; il y en aura encore trois!), j’avais d’abord envie d’écrire non pas « benkartai », mais « nuokartos ». Dans le dictionnaire des synonymes, cela signifie « vaurien ». Hélas, je ne ressentais absolument ni le poids de ce mot, ni ses nuances émotionnelles et ses caprices (« notes de coq »), ni son époque, sa géographie ou son registre linguistique. J’ai essayé de le retrouver dans les écrits. Et je l’ai trouvé, par hasard! En composant le chapitre de mon deuxième recueil de poésie, celui précisément consacré à L. Rėza (publié dans ce numéro d’ALL), je feuilletais toutes sortes de textes liés à Gediminas et à son nom. Et voilà3:
Le duc <Karijotas, fils de Gediminas> <...> dit à Živilė <...>: « Tu es une bâtarde, pas ma fille; par ta méchanceté, tu as couvert de honte la maison de ton père; loin de moi! La mort rouge te prendra, toi et tes larbins. »
Et pourtant, je n’ai pas osé remplacer « benkartus » par « nuokartas ». Grâce à Daukantas, le mot était déjà passé dans le vocabulaire passif. Mais je ne sentais ni sa force, ni son degré d’usage, ni s’il était courant ou livresque. Peut-être un peu, mais pas assez pour l’employer en poésie. Si je l’écris dans une légende ou une chanson, alors je le sentirai et le vivrai vraiment. Je le ferai sortir de son état passif.
Un autre exemple. Dans un autre poème, j’ai écrit4:
Voyant la Vie qui vient, Dans le ciel de la toundra du Nord, Je m’enracine dans la terre.
² Lyberis Antanas 1980: Sinonimų žodynas. Vilnius: Mokslas.
³ Daukantas Simonas 1995: Istorija žemaitiška [I]. Vilnius: Vaga, 526.
⁴ Athènes du Nord 13(1317), 8.
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J’avais très envie de me sentir tombé d’une bibliothèque et d’écrire «des cieux de toundra âpres ». Contrairement à « nuokartos », pour un Lituanien, les résonances du mot « žiaudrus » sont du moins assez claires. Par la phonétique, la dérivation, une morphologie intuitivement pressentie. Et pourtant, le mot se trouve dans le dictionnaire. Et comme il paraît étranger à mon expression vivante d’aujourd’hui! Heureusement que je l’ai remplacé par un mot plus simple.
On peut bien sûr, comme quelque chaman du Ghana, jeter des mots dans un sac comme des ossements d’ancêtres, les faire cliqueter au-dessus de sa tête et s’émerveiller: regardez, quelle vitalité, quelle force des temps primordiaux! (Au demeurant, selon les croyances locales, l’issue des matchs de football entre les sélections du Ghana et du Sénégal n’est pas déterminée par les actions physiques sur le terrain, mais par les cris spirituels des chamans dans les tribunes éloignées du stade: celui dont la tête domine l’autre mène son armée à la victoire.) Mais jette donc ces os à terre. Si un serpent ne jaillit pas du crâne, comme cela est arrivé à Oleg Visreg⁵, on ne voit guère de vitalité. Le serpent est la preuve de la vie. Que reste-t-il?
Dans Le Seigneur des anneaux de J. R. R. Tolkien, il y a une pierre appelée Palantíras. Elle permet de communiquer directement avec le cœur du royaume des ténèbres, le Mordor, et avec la tour de Barad-dûr. Le cristal semble vous transporter là où seuls agissent les instincts de conservation les plus archaïques, où le champ de vision s’est rétréci jusqu’à devenir tunnel. Si l’on n’agit pas comme une créature rendue bestiale par une quadruple dose d’adrénaline, l’araignée Arachne vous suce bientôt les forces vitales, tandis que les Nazgûl, les cavaliers noirs, vous prennent aussi l’âme. Mais en réalité, le Palantíras n’est qu’une illusion magique. Il provoque des visions qu’on ne distingue pas de la sombre réalité du Mordor, c’est vrai. Mais, à vrai dire, il est tranquillement posé chez le magicien Gandalf, et si quelque chose menace de troubler la paix (le cristal se trouble lui aussi lorsqu’il perd le contact avec Sauron, le dieu déchu), ce ne sont que des feux d’artifice de fête. Ils sont impressionnants! Mais rien de plus. Au demeurant, J. R. R. Tolkien, professeur de philologie, est un auteur particulièrement indiqué pour écrire sur la poésie vivante. Du point de vue mythologique et syncrétique, du point de vue de la perception des résonances de l’âme, les langues construites par J. R. R. Tolkien — celles des elfes (et combien, synchroniquement et diachroniquement⁶), du Mordor, des Ents, le parler courant de la Terre du Milieu — et leurs écritures (par exemple l’alphabet sarati) sont tout aussi intéressantes que le volapük, l’espéranto ou quelque langue occulte énochienne⁷.
⁵ Puškinas Aleksandras 1822: Daina apie Pranašingąjį Olegą. – Raštai I, vertė E. Mieželaitis. Vilnius: Valstybinė grožinės literatūros leidykla, 1954, 108. (Весций – gal geriau visregis?) Rekomenduoju paklausyti įspūdingą N. A. Rimskio-Korsakovo kantatą pagal šį tekstą (op. 58, 1899 m.). Žinia, tai iš kaukolės iššokusi gyvatė ir išpildė aiškiaregio (volchvo) pranašystę – Olegą pražudė jo mylimiausias žirgas.
⁶ Disponible en ligne: https://en.wikipedia.org/wiki/Elvish_languages_(Middle-earth).
⁷ Langue angélique décrite au XVIᵉ siècle par J. Dee et E. Kelley, mais dont l’analyse linguistique révèle d’importantes similitudes syntaxiques et sémantiques avec l’anglais. Quoi qu’il en soit, le phénomène des langues divines et des autres langues construites (comme art — et non comme science!) est fascinant.
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Je vois la même distinction (non pas une opposition, non, mais quelque chose d’indéfinissable qui ne crée pas de conflit) entre la langue réanimée et, hélas, la langue momifiée dans la poésie. On demanda un jour à Sigitas Gėda1 pourquoi certains de ses textes ressemblaient à des manuels de botanique. Voici les vers du poème Les fleurs de la nuit, lu maintes fois8:
Les épées entassées ne transpercent plus la tige de graminée, naissent de grands mots silencieux <...>
Je ne sais pas si je comprends la pensée de l’auteur (et pourquoi analyser un poème, après tout?), mais, connaissant l’étymologie des noms de fleurs (glaïeul — épée; œillet — chez L. Rėza, negalė — petit clou; épée — faux du loup — vilkdagis — Iris, déesse de l’arc-en-ciel), ces vers se compliquent encore, car tout l’environnement de la strophe est quelque peu botanique et invite aussi à approfondir. Avec une telle loupe en main, il ne reste même plus de métaphore: une faux dans une tige de graminée. Mais ce n’est même pas de la poésie, c’est un travail d’été! Pourtant, le Poète répondit: quand j’écris, je n’utilise jamais ni ouvrages de référence ni encyclopédies. C’est évident: il faut connaître la plante dans son milieu et à travers le temps, sa botanique du genre à l’échantillon, et la connaître idéalement comme si tu avais cherché cette seule plante, salvatrice, pour ta mère malade. Comme ces fleurs de pierre9.
C’est pourtant vrai: quelque part en Lituanie vivait un bonhomme qui, après la rupture de sa paklaine (une grande pièce de métal incurvée), ne pouvait ni transporter son foin au marché pour le vendre, ni acheter de farine faute d’argent. Le pauvre homme avait faim pendant qu’il réparait sa paklaine. Le ventre vide et le cœur plein, il comprit alors ce que ce mot signifiait. Et moi, le poète d’Anykščiai, dont les récoltes ne sont pas gâchées par le temps, qui ne garde pas de semences chez lui et dont la lune n’organise donc pas l’emploi du temps, ni le jour ni la nuit (l’emploi du temps nocturne — noctemploi? Deuxième oxymore!), qui n’a pas tenu les rênes depuis longtemps (mais il conduit tout de même; et, à cause de cette pièce de fer dans la bouche du cheval, il renverse encore la charrette avec ses pierres — les anciens n’ont pas le temps de remarquer que le cheval s’énerve à cause de cette pièce de fer), moi, je vais prendre ce mot paklaine dans le dictionnaire et le faire rimer avec cukraine ou varaine. La philologie livresque est charmante, mais elle ne nourrit pas si on essaie de la tartiner sur du pain.
Puis, disons, les pires gelées se sont abattues. On traîne un autre outil, le luok (celui qui sert à faire des trous dans la glace pour les poissons), et on avance quelque part dans les congères. Ou bien le manche casse. Essaie donc encore de réparer ce manche quand même tes doigts gantés sont engourdis. Le luok ne sert pas forcément à étourdir les poissons; mais continue à patauger, cherche parmi les pierres prises dans la neige.
⁸ Geda Gitas 1977: Mėnulio žiedai. Vilnius: Vaga, 26.
⁹ Ballet de S. S. Prokofiev Le conte de la fleur de pierre (op. 118, 1948).
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C’est pourquoi certains ont dû jeûner. Alors, tu comprends vraiment ce que signifie le vers10:
C’étaient ses grands-pères, qui allaient chercher des brindilles, chassaient le Mammouth, pêchaient dans les étangs.
Que le fait de savoir soi-même depuis longtemps ne suscite plus d’émerveillement chez personne, Viktorija Daujotytė le prouve aussi dès la toute première page de son livre sur le Poète11.
Un poète lituanien a un jour fait rimer Palestrina avec Palestrina. Palestrina est une ville d’Italie, mais, bien sûr, il est question du compositeur de la fin de la Renaissance Giovanni Pierluigi (1525–1594). Après avoir lu cette strophe, je me suis demandé: l’auteur perçoit-il vraiment la différence entre les cultures musicales de Venise, Florence et Rome? Entre les renaissances flamande, britannique, allemande et hongroise? Les spéculations musicales les plus bizarres (musica reservata, Archicembalo), les modernes (C. Gesualdo)? Or, la musique instrumentale de la Renaissance, c’est tout un cosmos! Je ne sais pas s’il le perçoit, mais le texte ne le montre certainement pas. Moi, je n’ajouterais pas de « vivants » (bios) à une telle preuve. Et celui qui y insère de tels « mots » (λόγος) fait là un choix qui lui appartient.
Bien sûr, un créateur n’est pas tenu de reprendre les noms de ces personnes ni de traverser toute cette souffrance. On ne peut pas ériger des croix à tous les malheureux. Comment ne pas citer La chanson de la maisonnette natale:
Oui, moi aussi, me voici, parcourant les calvaires des ombres, Je ne vois pas que, depuis longtemps déjà, devenu vieux, couvert de broussailles et de boue, Revient le père, le grand-père, maudissant les enfants blancs: « Malheur à ceux qui se sont éloignés de moi! »
C’est à cela que servent la littérature, l’empathie et les expériences archétypales: faire parler l’inconscient. L’inconscient devenu conscient (troisième oxymore, et tautologie par la même occasion). Convenons-en13:
10 Geda Sigitas 1966: Pėdos. Vilnius: Vaga, 24.
11 Daujotytė Viktorija 2010: Tragiškasis meilės laukas. Vilnius: LRS leidykla.
12 Geda Sigitas 1991: Septyni vasarų giesmės. Vilnius: Vaga, 96.
13 Geda Sigitas 1984: Varnėnas po mėnuliu (tekstas ant aplanko). Vilnius: Vaga.
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Que voudrais-je dire par là? Que tout est relatif? Ou bien que les vrais vers doivent être marqués par une inspiration qui dépasse notre entendement et nos capacités? Cela était connu il y a déjà des milliers d’années.
Les variations de cette idée résonnent dans l’esprit de nombreux poètes. Cela me semble évident. Et elles résonnent non comme une monodie philologique, mais comme une polyphonie d’expériences archétypales. Bien sûr, on peut mettre un masque de Mardi gras, jouer un personnage de farce, quelque chose tiré de l’opéra de Pékin ou de Comedia dell’arte. Mais, pour un vrai créateur, les masques ne sont pas seulement les archétypes de Jung14 (ego, persona, ombre, animus / anima, self), ils sont aussi une multitude d’impressions issues d’errances, de vies et d’épreuves, de quantités de livres lus, sédimentées dans l’esprit. Ce sont précisément ces expériences qui permettent à un homme (chimiquement et harmoniquement différent de la femme) de ressentir la douleur de Paskendolė, et à une femme (physiquement et théologiquement différente de l’homme) la crise de Liudas Vasaris. Tels sont les masques15:
J’ai fait semblant d’être prêtre, centaure, Strazdas, Jésus-Christ, le plus grand poète de Lituanie, tous les hommes et tous les oiseaux. Charon, un démiurge jouant avec un coquillage dans la Baltique.
Une véritable inconscience collective! Pour le dire en termes moins raffinés, mais sans recourir au catéchisme, on souffre quand quelqu’un d’autre, qui a vécu il y a longtemps, a souffert. Et nous éprouvons nous-mêmes la joie de celui qui a vécu, s’il y en a eu une. Or, il y en a eu une — peut-être seulement la joie d’exister, mais elle a existé. Même s’il n’y avait aucun œil pour la voir, cela suffisait amplement à cette seule recrue.
Les incrustations linguistiques, les installations, les feux d’artifice — c’est amusant! Il y a de la vie en eux, mais celle-ci vient de l’observateur. Les installations elles-mêmes ne produisent pas de rejetons. Elles ne prennent vie que dans le lien avec un être humain vivant (tautologie, je l’admets). Pour citer le Poète une dernière fois16:
Tout meurt, mais Dieu ne meurt pas, J’étais dans le grincement de ses dents.
14 Gudaitė Gražina 1997: Įvadas į analitinę psichologiją. Vilnius: Vilniaus universiteto leidykla.
15 Geda Sigitas 1985: Mamutų tėvynė. Vilnius: Vaga, 42.
16 Geda Sigitas 1991: Septyni vasarų giesmės. Vilnius: Vaga, 63.
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Évidemment, une telle hypostase est une grande souffrance, réservée, hélas, aux génies. À propos de Rimvydas Stankevičius17:
Tu es tombé pour trois, pour trois, le chemin, pour un trou de trois centimètres (juste assez grand pour y coller l’œil), de l’autre côté Comme dans la vigne du Seigneur – – – – – – Il t’en a donné trois. Moi, c’est plus facile: chevaucher le bouc, pour celui qui tire les moines capucins par le col – Je ne réponds que de moi-même.
Brûler de vie pour trois: tel est le destin des gens dotés d’un feu inné. M. P. Moussorgski, N. V. Gogol, E. A. Poe, G. Beresnevičius. Et nous, gens sans feu inné, nous ne pouvons que faire fonctionner intensément le soufflet, faire jaillir l’étincelle et vivre — pour un seul, mais un seul pleinement. Un jour après l’autre. Et cela suffit! Quand il m’arrivait de partir à l’intérieur des terres (le dictionnaire dit que c’est le côté nord; mais cela peut aussi être comme une île, comme une entaille hivernale; le quatrième oxymore!) vers les environs de Senaslis et d’alimenter le poêle de la maison d’un ami pour que les radiateurs n’éclatent pas dans le froid, une émotion m’envahissait lorsque, dans cette maison qui peinait à dépasser zéro degré (la Terre chauffe par-dessous, même si, citadin habillé chaudement, mieux vaut ne pas s’y aventurer — de retour, tu ne sais plus si tu as des mains et n’arrives pas à serrer les doigts en poing), à la deuxième journée de chauffage, l’intérieur montait à 12 degrés. Et voilà qu’une forme de vie, pas très esthétique, se mettait soudain à luire dans un coin. Des sortes de mousses. Elles poussaient là où d’autres mousses avaient été déposées à l’automne. Ce n’est pas une beauté pyrotechnique, mais quelle splendeur! Même si l’on ne vit qu’un seul jour, on attend patiemment celui-là, le jour promis. Ainsi, nous qui ne vivons que pour nous-mêmes, nous n’avons pas à être dans le grincement des dents de Dieu. Il suffit de laisser derrière soi les traces, même celles d’une mousse. Et va donc déraciner cette espèce, si tu en es capable. Tu ne fais qu’agiter les mains en vain, comme en prière, comme pour chasser les démons, en brassant l’air sous le plafond.
Pour finir, un poète (bien vivant, et même très vivant!) a appris à ne plus avoir peur d’être la nuit dans un cimetière seulement après avoir dormi jusqu’à l’aube (il n’y avait tout de même nulle part où aller!), après avoir visité à Šarnelė la tombe de V. Mačernis. Or, une critique, invitée récemment à la commémoration du monument de ce même V. Mačernis à Telšiai, n’a pas attendu les lectures: l’hôtel de Telšiai lui a paru trop médiocre. Mais cela n’a pas empêché le premier, cette nuit-là, de
17 Stankevičius Rimvydas 2018: Mokymasis skaičiuoti. Trys. Sigutų Gedai. – Vahala. Vilnius: Lietuvos rašytojų sąjungos leidykla, 99.
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de la qualifier d’étreinteuse, d’égocentrique et de trop spiritualisée. Bon, et je lis cette personne trop spiritualisée (Liens sémantiques):
Je creuse le ciel sablonneux — Les vastes étendues sont là.
Les paumes s’entrelacent — Elles s’unissent à nouveau.
Pour les critiques, de bons philologues, bien sûr, ce n’est que de la littérature. Parabole, hyperbole, allégorie métaphorique, onomatopée métonymique, personnification verbale, synthèse des thèses et des antithèses. Tout ce qu’on voudra.
Mais moi, qui cherche la foi et la vie à travers la poésie, il me semble que c’est bien ainsi, comme c’est écrit. Parfois. Il faut qu’il en soit ainsi. Au moins parfois. C’est indispensable!
CHAPITRE D’UN POÈME
WAKIŪJA WIESZPATA
1810
Les dieux des Lituaniens et des Prussiens prennent en affection le pasteur des littérateurs Liudvikas Martynas, le baptisent Jedeminas et lui donnent l’enthousiasme de recueillir les chants des Lituaniens.
À Grasila Blažienė, pour le lien direct qu’elle a rendu possible avec les Poètes qui reposent déjà dans l’éternité, avec les Croisés et leurs chroniques, avec P. Ruigys, J. Bretkūnas, F. Kuršaitis et avec toute cette Prusse inspirante, vibrante, qui ne se taira plus jamais!
§ 1
1.1.
Loin, très loin du cap Ventė, en direction de Rusnė, se trouvait l’île de Perkūkalvė.
J. Basanavičius, « De la vie des âmes et des diables », 1898
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1.2.
Hé, il s’éleva, s’éleva, et voilà qu’il surgit des flots du Gilija, le Jaune Petit Navire.
(P.): Hé, mon petit frère, mon petit frère, mon petit frère à moi, où ferons-nous virer le petit navire, où naviguerons-nous?
(Perkūnas): Quelles ombres, donc… Dans le noir, je trace une allumette; serais-tu donc ressuscité, Liudvikas Rėza?
(Liudas): Le cheval est déferré, il broute l’herbe de la cour, et les livres sont rangés comme de petits poissons sur le banc.
(L.): Voilà donc la vieille mère, voilà la Prusse, voilà la lagune; là, les immenses secrets se révèlent aux hommes.
D’après un chant envoyé à L. Rėza par J. F. Hertelis, d’Alavėnai, 1828
Sigitas Geda, « Au village des vaches enseveli sous le sable », 1987–2001
1.3.
Tawa Nouson kas tu es sei en dangon – le premier vers des prières prussiennes peut aussi se lire comme un chiffre. La traduction avait un destinataire bien défini: les Prussiens anciens, qui, à leur tour, possédaient des prières encore plus anciennes. Par exemple, Père des Dieux, toi qui es Antdevis... Dieu suprême: Andjas, Ant-dievis, Ant-Dangis. Une formule condensée. Dans la nouvelle prière subsistent le ton, l’écho, la profondeur de l’ancienne. Le nouveau dieu s’approprie une identité plus profonde.
Sigitas Geda, « Vasarė jero šneką » (journal de 2002, p. 317–318), 2008
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1.4.
L’erreur était là: il se souvenait encore du ciel, de l’ordre céleste (Gdm, dnm, l’art du ciel).
Sigitas Geda, « La reconstruction de Babylone », 1994
1.5.
Qui, dans des milliers d’années, retrouvera tes traces, ô patrie, terre fleurie des ancêtres, où mes chants ont retenti? Pourtant, lieu mélancolique, je t’aimerai toujours, je porterai dans mon cœur chaque arbre disparu! Car c’est ici même que j’ai vécu: parmi les jardins verdoyants et les étangs, mon père et ma mère me guidaient ici par la main. Ils reposent ici – et peut-être, au-delà, m’aiment-ils encore.
Ludwig I. Rhesa
Prutena oder preussische Volkslieder, 1809
§ 2
LE SECOND BAPTÊME DE LIUDVIKAS
Éteinte, la Liktis de Karvaičiai! Le cœur ravivé – Et courroucé, le dieu bossu, Valdonis de Prusse. La voûte, c’est la mer; les voiles, les dunes, Balayées par le vent – douleur! C’est le Liktis hautain qui l’a vu: le destin de l’âme, le serviteur du Seigneur, le Lituanien de Prusse.
Le dieu du ciel, chasseur d’éclairs, arrêta le vent. Celui qui souffle les trésors de la Mer, la brume épaisse. Celui qui remue les nourritures du sable, les plaines du chagrin. Celui qui accomplit l’ancienne malédiction du dieu grisonnant, du Perkūnas furieux. Celui qui entassa
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Un trousseau pour les Karvaitis – le Moulin des ossements… Celui qui a formé (Déjà – à jamais!) une couronne d’or…
Sans bonnet, sans soc de la Mer, sans fouet de Dago, Seul et unique, le dieu s’en alla dans la congère de la lueur, consacrant les Prūnai, jusqu’à la corne de Vėnis – vers le côté de Runė.
Dans les sables, comme Louisas qui, au foyer, avait gardé la petite chanson, Liudas (pour Luther – Ludwigs, pour Pie – Ludovico, pour nous – le Vytis des Liudas), le rejeton de Kristupas Dovdas Vičius, des remous de Žvaira, d’Apysnis et de Kaukėnai.
Perkūnas dit: – Kails Pokails Ans Par Antars! Les voiles verdissent sur les mers et les flots: le vieillard devant l’enfant, l’enfant devant la cigogne! Et sur le sable, dans la poussière des corps: un souffle contre le vent, le vent contre la mort!
Avec les cordes du temps, avec les haches du fou:
Je baptise, je sanctifie les Gedminai, Geda, sois Jedemius! Dieu chante ton destin!
En préludes – des poissons, en refrains – des crapauds, des hirondelles – des coups de feu vers le soleil du Sud!
Les ordres des flots, les ordres du désir, ferrés de croix! Êtres et existences! – Le devūnas s’évanouit, sans avoir touché la terre, mais sa plante brûlée ne refroidit pas.
Liudas répondit: – Moi, du moins, je suis Martynas, béni par l’hostie, celui qui porte le vin non pas pour trinquer – je lève le Perkūnas lumineux, le fils égaré, le mauvais petit frère du Seigneur Jésus! – Liudvikas Rėza reçut le baptême. – Les chants des Lituaniens couleront comme des prières! – L’autel de sable, illuminé par Laima.
– Que je boive pour toi, non pas du vin de Rinč, mais des roses de la mer et des flots qui nous enveloppent!
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Et non la petite chanson du génie de Weimar, des mots allemands — du maître, du barde qui a asservi les âmes.
Je ne m’abreuve que de ces petites langues accueillantes, des jardins de Varunė et du Niémen. Me revêtir du soupir d’un demi-pas — dans les étendues ondoyantes de Bangpūtys.
Cette petite langue — comme si les chiens de Dieu ressuscités, clairs et fraternels, aboyaient contre la Mort sinistre et hors du temps.
Qu’elle protège la tête du Jotvingien, du Skalvien; du Sambien, du Notangien, qu’elle leur lèche la main. Qu’elle défende de l’ennemi le Varmi, le Nadrū, le Bartien, le Galindien — que le Burgonde, le Shirland ne soient pas des cadeaux attendus!
–– Mais seulement celle de Donelaitis, baillis, précepteurs, pasteurs, seigneurs, achetez le volume! Les Saisons de Tolminkiemis et Kleinlitau (le nom, comme à l’encre, Grunau l’a consigné) —
Un gulden, quinze gros — —
Dans ma petite patrie, ne pas s’échouer sur les terres battues par les vagues de la mer, ne pas errer par les sentiers des dunes…
Ma petite patrie — des siècles agités, lumineuse dans les ténèbres, les brisures écumeuses, salées des vagues. Les nids secrets du vent de la lagune.
Ma petite patrie — Katrun saulatė, celle qui illumine et fait mûrir le chant de sa solitude.
Ma petite patrie — celui qui fait et défait, les villages ensevelis sous les dunes, Gilija, Rusnė, Tilžė, Rasyte, la lumière qui s’étend de ce côté-ci des petites mers, tisse-la en un collier d’éternité!
Rėza s’est levé. Liudvikas Rėza. Et — Gediminas.
2019-07
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§ 3
Commentaires
3.1. Mots tirés des chants recueillis par Liudvikas Rėza et ses collaborateurs. Sources: Rėza Liudvikas 1958: Chants populaires lituaniens I, préparé par J. Jurginis et B. Kmitas. Vilnius. Rėza Liudvikas 1965: Chants populaires lituaniens II, préparé par A. Jovaišas. Vilnius.
Liktis, -ies (germ.) – bougie
Žėgliuoti – naviguer à la voile
Žėglus, -aus (germ.) – voile
Valdonis, -io – souverain
Medėjas, -o – chasseur
Brangynas, -o (germ.) – torche
Šėdrynas, šėdrynelė (germ.) – voile
Pernas, -o (sl.) – literie de plumes
Vencio ragas, -o (Vėncioragas) – cap de Ventė
Namė, namė – à la maison
Krygė, -ės (germ.) – guerre
Rinčynis, -io (germ.) – vin du Rhin, par extension bon vin
Batis, -čio (sl.) – ami, compagnon
Vandruoti, -ja, -avo (sl.) – voyager, marcher
Katrun – dans quelle direction, de quel côté
3.2. Contextes
Prutena oder... poème Nuskendęs kaimas, traduit par V. Bložė.
L’enthousiasme (gr. en-theos-ousia) – inspiration divine.
Dagas – incendie, feu.
Le pape Pie XIII – pape (1800–1823), à l’époque de Rėza.
Liaudų Vytis – improvisation linguistique de Česlovas Gedgaudas sur le thème du nom à deux éléments «Ludwig» (Mūsų praeities beieškant, 1972. 2e édition révisée. Kaunas, 2018). Ce dernier ouvrage est abusivement ethnocentrique, linguocentrique et religiocentrique, et souvent profane dans ses propos sur la linguistique, la mythologie et l’histoire. Quant aux idées de l’auteur exposées dans ce livre sur le tempérament des instruments et la musique du XXe siècle, elles sont tout simplement indéfendables – on peut en jeter un tiers pour son ignorance, et un autre tiers pour sa méchanceté. Et pourtant, dans Septyniose vasaros giesmėse, S. Geda cite Č. Gedgaudas!
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Et la lumière se fit en moi: la pseudolinguistique peut-elle faire de la bonne poésie? Rarement, mais c’est possible! Car Č. Gedgaudas est apprécié non comme un chercheur qui applique des méthodes scientifiques, mais comme un érudit hors pair, doté d’un profond sens de la langue, capable d’improviser et sensible à la distinction entre la vitalité et la mort de la langue, d’une part, et les morphologismes et les philologismes artificiels, d’autre part. Il suffit de lire le bon tiers de son livre. Et de le lire comme nous lisons parfois Tacite, M. Pretorius, E. Stela, M. Stryjkowski, A. Vijūkas-Kojelavičius, voire S. Daukantas ou T. Narbutas. Pourquoi pas? À mon avis, dans ses meilleurs passages, Č. Gedgaudas est un poète original!
Kristupas Dovydas Vichas – instituteur de l’école paroissiale de Kaukėnai, parent de L. Rėza, qui accueillit de 1785 à 1791 Liudvikas, devenu orphelin dans son enfance.
Kails pokails ans par antars (Salut, que l’un suive l’autre) – salutation en jotvingien (d’après les notes de J. Meletijus), également utilisée dans l’oratorio de Bronius Kutavičius Iš jotvingių akmens (1983). Les pierres moussues laissées par les Jotvingiens en Lituanie sont des noms de lieux: Kirsnà, Gáilintas, Léipalingis et d’autres (Sabaliauskas Algirdas 2002: Mes baltai. Édition révisée et augmentée. Vilnius, 84–85).
Jedminas – en 1810, lorsqu’il fournit des renseignements à l’université de Königsberg, L. Rėza indique être issu d’une famille lituanienne et ajoute à son nom la forme lituanienne Gediminas (Jedminas). La modification de l’initiale du mot n’a rien d’étonnant. En effet, à cause de la prononciation allemande, dans certains mots lituaniens de Prusse-Orientale, le mot pour « ambre » a été remplacé par jentaras (Sabaliauskas Algirdas 1994: Iš kur jie? Pasakojimas apie žodžių kilmę. Vilnius: LKĮ, 101).
Les Sudoviens en Prusse – au XIIIe siècle, les chevaliers Teutoniques transférèrent environ 1 600 personnes de Suvalkai vers la péninsule de Sambie. À partir de cette époque, le « coin des Sudoviens », souvent mentionné dans les documents, apparaît (Sabaliauskas Algirdas 2002: Mes baltai. Édition révisée et augmentée. Vilnius, 84).
Rėda – mode de vie, cycle du temps, ordre du monde (Patackas Algirdas, Žarskus Aleksandras 2002: Virsmų knyga. Kaunas. Cet ouvrage contient lui aussi beaucoup d’éléments non scientifiques, mais c’est une bonne poésie linguistique).
Martynas – L. Rėzos krikšto vardas. Jonas Šliūpas (Rinktiniai raštai, 1977, p. 60, perspausdinta iš 1890 m. leistos knygos) klaidingai nurodo krikšto vardą „Jonas“, o redaktorius K. Doeika taiso klaidą.
Skaldas – poète de l’ancienne Islande.
Le génie de Weimar – J. W. Goethe, à qui L. Rėza écrivit au moins deux lettres (Rėza Liudvikas 1965: Lietuvių liaudies dainos II, préparé par A. Jovaisas. Vilnius, 356–365).
Varūnė, Pakalnė – Maži kaimeliai prie Rusnės (Rėza Liudvikas 1958: Lietuvių liaudies dainos I, paruošė J. Jurginis ir B. Kmitas. Vilnius, 115).
Les petits chiens de Dieu, frères du soleil – phénomène astronomique rare qui se produit au coucher du soleil: deux reflets de part et d’autre de l’astre. On appelle parfois aussi la lune « frère du soleil ».
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Les tribus prussiennes et la petite langue des Lituaniens – un chagrin causé par une grande douleur: les Lituaniens ne purent venir en aide à leurs frères d’esprit et de langue lors du grand soulèvement prussien.
Von Styrland – originaire de Styrie. Par exemple, le chevalier Andreas von Styrland s’occupa du couronnement de Mindaugas (1253).
Précentor – maître d’école des enfants dans une école paroissiale protestante. Celui qui chante avant les autres pendant les cérémonies ouvre l’espace afin que le chant de tous puisse y tenir (lat. præcantor).
Kleintlav, Petite Lituanie – terme probablement employé pour la première fois par Simon Grunau (Grūnavas) dans sa Chronique du pays prussien, entre 1517 et 1526.
1 gulden et 15 groschen – tel est le prix mentionné par L. Rėza dans son appel (rédigé le 1817-12-23) aux amis de la littérature lituanienne, pour la souscription aux Années de Donelaitis (Rėza Ludvikas 1965: Chansons populaires lituaniennes II, préparé par A. Jovaišas. Vilnius, 34; Sprindis Adolfas 1951: Littérature et art, 5 août). Adresse: Dr L. Rėza, Königsberg, rue des Monnaies 6.
Reçu le 18 octobre 2019.
GIEDRIUS ALKAUSAS
Vilniaus universitetas
Institut d’informatique
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