M. Petkevičiaus katekizmo (1598) deverbatyvai
Abstract
Straipsnyje nagrinėjami 1598 m. išleisto M. Petkevičiaus katekizmo (toliau – PK) priesaginiai veiksmažodžiai deverbatyvai. Šiame šaltinyje yra paliudyta beveik visų deverbatyvų darybos kategorijų – priežasties, kartotinės, rezultatinės būsenos ir akimirkos reikšmių – vedinių. Gausiausia darybos kategorija PK yra priežasties reikšmės deverbatyvai. Taip pat pristatomas PK deverbatyvų priesagų dažnumas, pamatinių žodžių bruožai, vediniuose pasitaikanti balsių kaita, kuri apima tik dalį darybos tipo žodžių, yra nereguliari.
Full text
ANŽELIKA SMETONIENĖ
Institut de la langue lituanienne
Identifiant ORCID: orcid.org/0000–0003–0352–84X
Domaine de recherche: formation des mots.
DOI: doi.org/10.35321/all84–03
LES DÉVERBATIFS DU CATÉCHISME DE M. PETKEVIČIUS (1598)
Les déverbatifs dans le Catéchisme de M. Petkevičius (1598)
R É S U M É
L’article examine les verbes déverbaux suffixés du catéchisme de M. Petkevičius, publié en 1598 (désormais PK). Cette source atteste des dérivés correspondant à presque toutes les catégories de formation des déverbatifs – causative, itérative, résultative-stative et momentané. La catégorie de formation la plus abondante dans le PK est celle des déverbatifs de sens causatif. Sont également présentés la fréquence des suffixes des déverbatifs du PK, les caractéristiques des mots de base ainsi que l’alternance vocalique attestée dans les dérivés, qui ne concerne qu’une partie des mots d’un type de formation et revêt un caractère irrégulier.
MOTS-CLÉS: verbes, déverbatifs, catégorie de formation, suffixe, alternance vocalique.
R É S U M É
L’article analyse les verbes suffixés déverbatifs dans le Catéchisme publié par M. Petkevičius (CP). Les dérivés de quatre catégories de formation déverbative sont attestés dans cette source, à savoir des dérivés de sens causatif, itératif, résultatif-statif et momentané. Les déverbatifs causatifs constituent la catégorie de formation la plus importante dans le CP. La fréquence des suffixes déverbaux, les caractéristiques des mots de base et l’alternance vocalique dans les dérivés sont présentées. Le CP ne fournit que des occurrences isolées d’apophonie; l’alternance vocalique ne se manifeste que dans une partie des mots dérivés et revêt un caractère irrégulier.
MOTS-CLÉS: verbes, déverbatifs, catégorie de formation, suffixe, alternance vocalique.
50
Acta Linguistica Lithuanica LXXXIV
M. Petkevičiaus katekizmo (1598) deverbatyvai
INTRODUCTION
Le catéchisme de Merkelis Petkevičius (désormais PK) est une œuvre réformée typique des XVIe–XVIIe siècles; il devait donc couvrir de nombreux aspects: on y trouve des prières et des cantiques, l’ordre d’accomplissement des rites ecclésiastiques y est également indiqué et les fondements de la foi y sont exposés. Bien qu’il s’agisse du deuxième livre en langue lituanienne du Grand-Duché de Lituanie, il a jusqu’à présent été relativement peu étudié. Le PK a surtout été étudié comme objet littéraire (Meller 1984; Pociūtė 2000; Kuźmina 2002; Pociūtė-Abukevičienė 2005; Niedźwiedź 2008) et, hormis des remarques plus générales sur le lexique de ce catéchisme (Palionis 1967; Zinkevičius 1988), les articles consacrés à sa langue sont peu nombreux. Jonas Kruopas (1970) est le chercheur qui a le plus contribué aux études de cette source.
La langue de l’ouvrage examiné n’ayant été étudiée que de manière fragmentaire, les verbes du catéchisme de M. Petkevičius n’ont a fortiori pas encore été étudiés. La formation des verbes lituaniens, en général, n’a pas fait l’objet de nombreuses recherches (Jakaitienė 1968, 1973; Pakerys, 2006, 2011, 2011a; Pakerys, Rimkutė, Utka 2012; Gaidienė 2012), en particulier celle des textes anciens en lituanien. Dans ce domaine, les recherches les plus récentes ont été menées par Jurgis Pakerys (Pakerys 2005, 2017, 2019; Arkadiev, Pakerys 2015) et Dalia Pakalniškienė (Pakalniškienė 2018, 2019), mais les verbes suffixés du PK n’ont pas encore été étudiés. L’objet de cet article est constitué par les verbes suffixés déverbatifs, c’est-à-dire les dérivés formés à partir d’autres verbes. On considère que, dans toutes les langues, les déverbatifs sont nettement plus nombreux que les dénominatifs (Pakalniškienė 2019: 10). En lituanien, ces deux groupes de verbes sont approximativement aussi nombreux l’un que l’autre, et leur formation ne diffère guère non plus, c’est-à-dire que leur principal formant dérivationnel est le suffixe, contrairement, par exemple, au polonais, où les verbes formés à partir d’autres verbes se construisent le plus souvent au moyen de préfixes (GWJP 1984: 465).
Les données de cet article ont été recueillies dans le glossaire du catéchisme de M. Petkevičius établi par J. Kruopas et dans l’édition en fac-similé de ce catéchisme publiée en 1939: tous les verbes suffixés non répétés en ont été relevés et généralisés, c’est-à-dire que les dérivés préfixés sont laissés de côté lorsque les formes non préfixées de leurs verbes sont régulières et qu’il n’existe entre eux aucune différence essentielle de sens, si ce n’est celle apportée par le suffixe. Ainsi, un peu plus de 300 verbes suffixés ont été trouvés dans le PK. Cette source a été examinée à la recherche de verbes et de leurs dérivés attestant l’infinitif, le présent et le prétérit itératif. Par exemple, en l’absence d’une attestation directe du prétérit itératif, on s’appuie également sur un dérivé en -imas formé à partir du prétérit itératif du verbe. Les formes fondamentales du verbe qui ne sont que supposées d’après le lituanien contemporain et, plus généralement, le système de formation des verbes, mais qui ne sont pas attestées dans le PK, sont écrites entre crochets []. À côté des formes fondamentales attestées dans le PK sont donnés des exemples tirés de cette source de 1598. Traditionnellement, les verbes suffixés,
Straipsniai / Articles
51
ANŽELIKA SMETONIENĖ
qui conservent leurs suffixes dans tous les radicaux sont appelés verbes suffixés à syllabes égales, tandis que ceux qui ne conservent pas le suffixe au présent ou (et) au prétérit sont appelés verbes mixtes. Les deux types morphologiques de verbes suffixés sont examinés dans cette étude, selon la méthode de l’analyse synchronique de la formation des mots, dont les principes fondamentaux ont été formulés par Vincas Urbutis (Urbutis 2009). L’objectif de l’article est de déterminer les différences, s’il y en a, entre le système de formation des déverbatifs du PK et les tendances actuelles du lituanien en matière de déverbatifs. Pour atteindre cet objectif, tous les verbes suffixés trouvés dans le PK ont d’abord été analysés du point de vue de leur formation, ce qui a permis d’isoler les dérivés formés à partir de verbes; ces derniers ont été répartis en catégories de formation et présentés dans le premier chapitre de cet article. Comme l’alternance vocalique (également appelée apophonie ou alternance des voyelles) ne peut être dissociée des déverbatifs, le deuxième chapitre présente les cas d’apophonie relevés dans les déverbatifs du PK.
Comme indiqué plus haut, tous les verbes suffixés du PK relevés ont été analysés du point de vue de leur formation et répartis en dérivés formés à partir de verbes, à partir d’autres parties du discours et en formes qui ne sont pas décomposables synchroniquement du point de vue de la formation. Rappelons qu’un « dérivé est un mot formé à partir d’un autre mot ou de deux autres mots, ou fonctionnant comme tel » (LKE 1999: 150). Un mot n’est considéré comme un dérivé que lorsqu’il repose formellement et sémantiquement sur un mot de base, c’est-à-dire lorsque la condition fondamentale de la formation est remplie: il existe une opposition dérivationnelle dont le premier membre est le dérivé et l’autre la base dérivationnelle, les deux devant nécessairement être liés par une motivation dérivationnelle (Urbutis 2009: 70, 81). Cette dernière peut évoluer. Premièrement, le rapport avec le mot de base peut se rompre et le dérivé peut alors être associé à un autre mot, qui peut appartenir à la même classe morphologique que l’ancien mot de base ou à une autre. Deuxièmement, les dérivés peuvent passer d’une catégorie de formation à une autre, pourvu qu’elles soient proches sémantiquement (Ambrazas 1993: 12). Enfin, lorsque la motivation dérivationnelle est rompue, le verbe est considéré comme non décomposable synchroniquement, bien qu’il puisse être un dérivé du point de vue historique.
Lorsqu’on étudie les verbes des anciens textes lituaniens, il est nécessaire de préciser comment traiter les emprunts, car leur interprétation dérivationnelle est problématique. Un verbe emprunté, lorsqu’un nom apparenté emprunté fonctionne parallèlement en lituanien, peut être considéré comme un dérivé possible du lituanien; autrement dit, le nom a pu être emprunté en lituanien, puis le verbe a été formé à partir de celui-ci au moyen de suffixes lituaniens productifs. Les slavismes, qui se sont facilement adaptés au lituanien, peuvent constituer des mots de base potentiels, comme le montrent aussi les fréquents dérivés en suffixe
-imas
formés à partir de verbes slavismes. Pour évaluer une telle possibilité de formation en lituanien, il faut tenir compte de la catégorie de formation du dérivé possible, de l’accentuation, du sens des deux mots – du dérivé possible et du mot de base possible –, ainsi que de leur chronologie (pour plus de détails, voir Smetonienė 2015, 2016). Dans cette étude, on considère que, si un verbe suffixé emprunté possède un membre possible de l’opposition qui fonctionne à la même époque, ils sont mis en relation dérivationnelle. Il est vrai que ce problème est plus pertinent pour les dénominatifs: le PK ne contient pas de déverbatifs dont
52
Acta Linguistica Lithuanica LXXXIV
M. Petkevičiaus katekizmo (1598) deverbatyvai
le mot de base serait un emprunt. Toutefois, les calques posent des difficultés lorsque leurs formes coïncident avec des mots lituaniens indigènes. On peut citer comme exemple le calque prigulėti ‘appartenir’ (cf. 1e. przynależeć) (prigul PK6, 10). Dans ce cas, ce verbe ne peut être mis en relation dérivationnelle avec prigulti, bien que le verbe analogue (pri)gulėti lui soit lié du point de vue de la formation. Pour éviter toute ambiguïté, les calques ne sont pas analysés.
1. CATÉGORIES DE FORMATION DES DÉVERBATIFS DU CATÉCHISME DE PETKEVIČIUS
Un type de formation est un schéma formel et sémantique de construction des mots. Il comprend des dérivés qui coïncident par trois traits: 1) la signification dérivationnelle catégorielle, 2) la partie du discours des mots de base, 3) le formant dérivationnel (LKE 1999: 148). La catégorie de formation est plus large que le type de formation; plusieurs de ces derniers peuvent y entrer. La catégorie de formation ne dépend pas du formant dérivationnel avec lequel le dérivé est formé. Les catégories de formation des noms sont néanmoins caractérisées, dans une mesure plus ou moins grande, par certains suffixes, tandis que la situation est plus complexe dans le système verbal: les suffixes de ces derniers n’ont pas de significations aussi précises que ceux des noms et ils sont beaucoup moins nombreux. Dans cette étude, les verbes suffixés déverbatifs du PK sont répartis en catégories selon la « Grammaire du lituanien contemporain » (DLKG: 742).
Les déverbatifs sont formés avec des variantes de tous les principaux morphèmes de formation des verbes (–auti, –enti, –inėti, –inti, –yti, –oti, –ėti, –uoti, –telėti). Un même suffixe peut être employé dans plusieurs catégories de formation (par exemple, les verbes itératifs et causatifs sont formés avec le suffixe –yti), précisément en raison du faible nombre de suffixes verbaux par rapport à ceux des noms. Certains suffixes (par exemple –dinti) ne sont considérés que comme des variantes des principaux morphèmes de formation pour plusieurs raisons. Premièrement, les variantes d’un même morphème ont la même signification dérivationnelle. Deuxièmement, leur composition phonétique est presque identique à celle du morphème dérivationnel principal, mais élargie par certains sons. La formation des déverbatifs est en général plus complexe que celle des dénominatifs, car l’alternance vocalique est fréquente dans la formation des dérivés verbaux, alors qu’elle apparaît très rarement dans les dérivés nominaux. L’alternance vocalique peut ne concerner qu’une partie des mots d’un type de formation et elle est irrégulière. Il s’agit d’un procédé dérivationnel secondaire, car elle n’influence pas la signification dérivationnelle.
Bien que le PK soit une source de faible ampleur, il contient des dérivés appartenant à quatre catégories de formation des déverbatifs (sur les cinq possibles): des dérivés de sens causatif (causatifs), de sens itératif (itératifs), des dérivés d’état résultatif (résultatifs) et des dérivés de sens momentané. Les causatifs sont de loin les plus nombreux: ils constituent 56% de l’ensemble des déverbatifs du PK.
Straipsniai / Articles
53
ANŽELIKA SMETONIENĖ
1.1. Les dérivés de sens causatif désignent une action active dirigée vers un objet déterminé. Le sens général de la catégorie est « faire en sorte que se produise l’action ou le processus désigné par le mot de base » (DLKG 398): budinti ‘faire se réveiller’, deginti ‘faire brûler’, derinti ‘faire convenir’ etc. Les causatifs lituaniens ne se forment qu’avec des variantes de deux morphèmes – -inti et -yti. Dans les dialectes lituaniens et les anciens écrits lituaniens, on trouve nombre de dérivés qui ne diffèrent que par leurs suffixes, par exemple aušyti / aušinti, gesyti / gesinti; le PK contient également de telles paires. Au total, le PK atteste 45 déverbatifs causatifs à syllabes égales et de type mixte. La base dérivationnelle de presque tous les dérivés causatifs du PK est constituée de verbes primaires transitifs; dans quelques cas seulement, le mot de base est un verbe mixte: derėti, judėti, kabėti, krutėti, skubėti, viskėti, qui possèdent -a à la troisième personne du présent.
1.1.1. La plupart des causatifs à syllabes égales sont formés avec le morphème principal -inti, 4 avec sa variante -dinti. En général, la différence de sens entre ces suffixes est minime: -inti, -ina, -ino forme des dérivés causatifs agentifs, tandis que -dinti, -dina, -dino, dont la base est constituée de verbes d’action active, forme des dérivés ayant un sens procuratif. Le PK ne présente pas cette différence. Le PK atteste 29 verbes causatifs à syllabes égales avec le suffixe -inti: budinti (pabudintumbim PK211,12), [budina], [budino]: busti, bunda, budo ‘sortir du sommeil’ LKŽe; deginti (iszdegintos PK90,17), [degina], [degino]: degti, -a, -ė ‘être soumis à l’action du feu; donner de la lumière, éclairer’ LKŽe; derinti (derintu PK185,16), [derina], derino (fuderinay PK24,21): derėti, -a, -ėjo ‘s’entendre, conclure un accord, convenir; bien vivre ensemble; convenir, être approprié, acceptable’ LKŽe; gadinti (Ißgadinta PK73,5), gadina (gadina PK72,20), [gadino]: gesti, genda, gedo ‘se détériorer, se dérégler; se dégrader; pourrir’ LKŽe; gaišinti (gaysinti PK20,9), gaišina (gayfinu PK90,21), [gaišino]: gaišti, gaišta, gaišo ‘perdre son temps; dépérir, disparaître, se perdre; périr’ LKŽe; gandinti (pergandink PK142,26), [gandina], [gandino]: gąsti, gąsta, gando ‘être soudainement effrayé, prendre peur’ LKŽe; gramzdinti (nugramzdinta PK103,16), [gramzdina], [gramzdino]: grimzti, -ta, -do ‘couler, sombrer’ LKŽe; gražinti (gražindams PK138,22), gražina (atgražina PK87,6), gražino (fugražinay PK30,13): grįžti, -a, -o ‘revenir’ LKŽe; judinti (judintu PK28,9), [judina], [judino]: judėti, -a, -ėjo ‘bouger’ LKŽe; [kabinti], [kabina], kabino (uzkabine PK98,4): kabėti, -a, -ėjo ‘être suspendu, pendre, être accroché, ballotter’ LKŽe; kaitinti (iszkaytink PK51,17), [kaitina], [kaitino]: kaisti, kaista, kaito ‘se réchauffer; brûler de colère ou sous l’effet d’une autre émotion; suffoquer, désirer, dépérir sous l’effet de l’humidité et de la chaleur’ LKŽe; krutinti (pakrutint PK91,9), [krutina], [krutino]: krutėti, -a, -ėjo ‘pour un être, une chose ou ses parties, bouger sur place, remuer; être vivant; etc.’ LKŽe; maršinti (marfinti PK20,8), maršina (marfina PK20,5), [maršino]: miršti, -ta, -o ‘ne pas conserver dans sa mémoire, ne pas se rappeler’ LKŽe; naikinti (isznaikint PK62,4), naikina (naykinančiu PK208,22), [naikino]: nykti, nyksta, nyko ‘diminuer, dépérir, cesser d’exister’ LKŽe; nykinti
54
Acta Linguistica Lithuanica LXXXIV
Les déverbatifs du catéchisme de M. Petkevičius (1598)
(įникint PK141,22), [nykina], [nykino]: nykti, nyksta, nyko ‘diminuer, dépérir, cesser d’exister’ LKŽė; [rūdinti], [rūdina] (srudina PK59,19), [rūdino]: rūsti, –ta, rūdo ‘être triste, s’affliger; se lamenter’ LKŽė; rūginti (rugin toy PK219,5), [rūgina], [rūgino]: rūgti, –sta, –o ‘devenir aigre, fermenter’ LKŽė; skandinti (pafkandint PK139,23), skandina (skandina PK61,18), skandino (pafkandinima PK30,14): skęsti, –ta, skendo ‘périr dans l’eau, se noyer; être submergé’ LKŽė; skubinti (nesiskubintus PK145,3), [skubina], [skubino]: skubėti, –a, –ėjo ‘s’efforcer de faire ou d’accomplir rapidement quelque chose’ LKŽė; [sloginti], slogina (slogin PK103,4), [slogino]: slėgti, slegia, –ė ‘ne pas laisser en paix, tourmenter’ LKŽė; [sodinti], [sodina], sodino (pasodinay PK129,12): sėsti, sėda, sėdo ‘prendre une position assise’ LKŽė; troškinti (uzutrofkinti PK45,21), troškina (troβkin PK103,5), [troškino]: trokšti, trokšta, troško ‘suffoquer par manque d’air; avoir très soif’ LKŽė; trukinti (usztrukintu PK230,2), [trukina], [trukino]: trukti, trunka, truko ‘s’attarder’ LKŽė; trupinti (sutrupinta PK30,6), [trupina], [trupino]: trupti, trumpa, –o ‘se diviser, se désagréger en petites particules, s’effriter’ LKŽė; tukinti (nutukinti PK121,22), [tukina], [tukino]: tukti, tunka, –o ‘engraisser, prendre de l’embonpoint’ LKŽė; ūginti (vžugint PK240,23), [ūgina], [ūgino]: augti, –a, –o ‘devenir plus grand à partir d’un état plus petit’ LKŽė; varginti (nuuvargintas PK161,9), uargina (uargina PK160,15), [uargino]: vargti, –sta, –o ‘perdre ses forces, se fatiguer, s’affaiblir; connaître la pénurie, vivre difficilement, être dans la misère’ LKŽė; vėsinti (asiwasinkit PK24,15), [vėsina], [vėsino]: vėsti, –ta, –o ‘devenir frais, moins chaud, diminuer de chaleur, refroidir’ LKŽė; viskinti (pawiskinta PK47,18), [viskina], [viskino]: viskėti, –a, –ėjo ‘bouger, vibrer, remuer’ LKŽė.
4 causatifs à syllabes égales du PK sont formés avec la variante –dinti de –inti: keldinti (prikeldink PK134,6), [keldina], [keldino]: kilti, kyla, kilo ‘s’élever; se mettre debout après avoir été couché ou assis; aller, se rendre; etc.’ LKŽė; [klupdinti], klupdina (paklupdina PK88,8), [klupdino]: klupti, klumpa, –o ‘tomber à genoux; s’affaisser’ LKŽė; prapuldinti (prapuldinki PK55,12), [prapuldina], [prapuldino]: prapulti, prapuola, prapuolė ‘disparaître on ne sait où; disparaître, ne plus exister’ LKŽė; [žudinti], žudina (sužudina PK61,2), [žudino]: žūti, žūva, žuvo ‘perdre la vie, mourir de mort non naturelle; souffrir, peiner; disparaître; cesser d’exister’ LKŽė.
Un causatif du PK possède les suffixes –yti, –ija, –ijo: aušyti (atausisiu PK24,16), [aušija], aušijo (ataušies PK156,17): aušti, aušta, aušo ‘refroidir; se figer en refroidissant’ LKŽė. Dans le lituanien contemporain, ce verbe s’emploie également sans élément suffixal au présent et au prétérit – aušyti, aušo, aušė LKŽė; toutefois, la forme participiale attestée dans le PK montre que, dans cet écrit, il est employé comme verbe à syllabes égales. Aušyti, qui s’emploie aujourd’hui le plus souvent avec le suffixe –inti – aušinti, fait partie des verbes qui reflètent un processus ultérieur: –inti est devenu un suffixe productif et a finalement évincé les verbes en –yti (Otrębski 1965: 393).
1.1.2. Les déverbatifs de sens causatif de type mixte sont au nombre de 11 dans le PK; tous ont –o à la troisième personne du présent et –ė au prétérit, le formant suffixal
Straipsniai / Articles
55
ANŽELIKA SMETONIENĖ
n’étant conservé qu’à l’infinitif. Les mots de base des verbes causatifs de type mixte sont des verbes intransitifs de l’état ou du processus. Trois verbes sont formés avec le morphème dérivationnel principal –yti: lipyti (ilipk PK127,13), [lipo], [lipė]: lipti, limpa, lipo ‘adhérer, se coller; convenir, être approprié, aller à’ LKŽe; nykyti (įbnikiju PK122,7), [nyko], [nykė]: nykti, nyksta, nyko ‘diminuer, dépérir, cesser d’exister’ LKŽe; ūgyti (ugis PK94,11), [ūgo], [ūgė]: augti, –a, –o ‘devenir plus grand à partir d’un état plus petit’ LKŽe. Huit autres causatifs mixtes sont dérivés avec la variante –dyti du morphème principal: [ardyti], ardo (arda PK72,16), [ardė]: irti, yra, iro ‘se désagréger, tomber en morceaux; se défaire des fils; tomber; se détériorer, dépérir’ LKŽe; gydyti (atgydyti PK131,8), gydžia (gidžia PK83,19), [gydė]: gyti, gyja, gijo ‘guérir, reprendre vie’ LKŽe; gimdyti (gimdyti PK156,21), [gimdo], gimdė (pagimdė PK153,11): gimti, gimsta, gimė ‘venir au monde’ LKŽe; girdyti (girti PK226,3), [girdo], girdė (girdi PK71,18): gerti, geria, gėrė ‘avaler un liquide, apaiser sa soif’ LKŽe; guldyti (perguldyti PK98,22), [guldo], guldė (paguldė PK153,14): gulti, gulda, gulė ‘s’allonger de tout son corps quelque part’ LKŽe; ramdyti (nuramdit PK67,3), [ramdo], [ramdė]: rimti, rimsta, rimo ‘être ou devenir calme, cesser de s’agiter, de se soucier, de craindre, de bouger; s’affaiblir’ LKŽe; virkdyti (wirkdisite PK45,19), [virkdo], [virkdė]: verkti, –ia, –ė ‘verser des larmes, sangloter’ LKŽe; [žudyti], [žudo], žudė (pražudę PK168,4): žūti, žūva, žuvo ‘perdre la vie, mourir de mort non naturelle; souffrir, peiner; disparaître; cesser d’exister’ LKŽe.
1.2. Les déverbatifs de sens itératif (itératifs) désignent une action répétée, prenant parfois une nuance d’action de longue durée. Le sens peut également être estompé, difficilement perceptible comme itératif, par exemple braidyti (DLKG: 396). Ils peuvent être formés avec des variantes de 7 des 9 morphèmes de formation: –auti, –yti, –ėti, –inėti, –inti, –oti et –uoti. Le PK ne contient pas de déverbatifs avec les suffixes –inti et –uoti. Les dérivés de sens itératif se distinguent des dérivés causatifs non seulement par la diversité des suffixes, mais aussi par la proportion de verbes mixtes et à syllabes égales et par les mots de base: la plupart d’entre eux (gręžti, dėti, nešti, sekti, berti, melsti etc.) sont des verbes primaires transitifs.
1.2.1. En lituanien, la plupart des déverbatifs de sens itératif sont formés avec le suffixe –oti, mais, dans le PK, sa productivité ne se distingue pas de celle des autres suffixes. Les dérivés de ce suffixe peuvent également avoir une nuance de dépréciation lorsque le mot de base désigne un état; toutefois, il n’en est pas ainsi dans le PK, car les dérivés de sens itératif de cette source sont formés à partir de verbes désignant une action active. Le suffixe –inėti porte souvent une telle nuance de dépréciation, mais, là encore, le PK présente une situation différente: un verbe est dérivé d’un verbe préfixé et n’a donc qu’un sens itératif marqué. Les trois dérivés en –inėti et sa variante –dinėti désignent une action de durée indéterminée. Dans le PK, les nuances de sens des dérivés en –auti et –ėti sont typiques: le dérivé du dernier suffixe possède une nuance diminutive, tandis que les dérivés en –auti désignent non seulement une action répétée fréquemment, mais
56
Acta Linguistica Lithuanica LXXXIV
M. Petkevičiaus katekizmo (1598) deverbatyvai
également une action plus intense que celle du mot de base. Au total, le PK atteste 11 verbes à syllabes égales de sens itératif:
• 3 avec le suffixe –auti: [dūsauti], [dūsauja], dūsavo (dusavau PK47,19): dusti, dusta, dūso ‘souffrir, peiner’ LKŽE; klūpauti (klupauti PK65,20), klūpauja (klupawiame PK26,10), [klūpavo]: klūpti, klumpa, klupo ‘tomber à genoux’; kniubti LKŽE; [stangauti], stangauja (stangawianciu PK81,20), [stangavo]: stengti, –ia, –ė ‘s’opposer, résister, se défendre, discuter’ LKŽE;
• 2 avec le suffixe –ėti: grįžėti (atsigrįžėti PK57,24), [grįžėja], [grįžėjo]: gręžti, –ia, –ė ‘tourner, retourner; rendre’ LKŽE; lūkurnėti (lukurnedams PK103,15), [lūkurnėja], [lūkurnėjo]: lūk urti, lūk uria (–a), lūk urė (–o, –iojo) ‘attendre, patienter’ LKŽE. Le suffixe du dernier verbe, –nėti, soulève des questions, car il n’est pas mentionné parmi les variantes de –ėti. L’élément –n– pourrait s’expliquer si le dérivé était mis en relation avec, par exemple, lūkurnoti, lūkurnoja, lūkurnojo; toutefois, les déverbatifs en –ėti ne sont formés qu’à partir de verbes primaires.
• 1 avec le suffixe –inėti – [pritarinėti], pritarinėja (pritarinėja PK111,7), [pritarinėjo]: pritarti, –ia, –ė ‘être du même avis, être d’accord, soutenir quelqu’un ou quelque chose’ LKŽE; 2 avec la variante du suffixe principal –dinėti: dėdinėti (pridedines PK123,8), [dėdinėja], [dėdinėjo]: dėti, deda, dėjo ‘coucher, poser, trouver une place appropriée, placer; etc.’ LKŽE; [puldinėti], puldinėja (puldinea PK101,10), [puldinė jo]: pulti, puola, puolė ‘descendre brusquement, tomber; s’écrouler, se renverser; etc.’ LKŽE;
• 3 avec le suffixe –(i)oti: [lakioti], lakioja (lakioianciu PK79,16), [lakiojo]: lėkti, lekia, –ė ‘se déplacer rapidement, glisser dans l’air, l’espace’ LKŽE; nešioti (nefiotu PK80,8), nešioja (nefioja PK163,22), [nešiojo]: nešti, –a, –ė ‘transporter en allant d’un endroit à un autre, en prenant ou en portant, etc.’ LKŽE; sekioti (fekiotu PK108,18), sekioja (fekioia PK162,23), sekiojo: sekti, –a, –ė ‘marcher, aller à la suite, sur les traces; observer le mouvement d’un objet ou l’activité de quelqu’un afin d’élucider quelque chose’ LKŽE.
1.2.2. Les verbes lituaniens de type mixte à sens itératif sont intéressants parce que, contrairement aux causatifs, certains d’entre eux possèdent un formant suffixal non seulement à l’infinitif, mais aussi au prétérit. De nombreux verbes de ce type (par exemple minėti) sont employés dans le lituanien contemporain aussi comme verbes à syllabes égales, c’est-à-dire qu’ils peuvent être classés dans les deux catégories. Dans plusieurs cas, les formes verbales attestées dans le PK montrent quel modèle – celui du verbe à syllabes égales ou non – l’auteur de ce catéchisme avait tendance à employer. Les déverbatifs de type mixte à sens itératif sont légèrement plus nombreux que ceux à syllabes égales: 15:
• 3 verbes ont –ėti à l’infinitif: 2 d’entre eux ont respectivement au présent et au prétérit –i (–ėja), –ėjo (minėti (minekit PK232,8), [mini (–ėja)],
Straipsniai / Articles
57
ANŽELIKA SMETONIENĖ
[minėjo]: minti, mena, minė ‘avoir à l’esprit, en mémoire, ne pas oublier’ LKŽe; kylėti (pakilėkim PK131,10), [kyli (-ėja)], kylėjo (pakilėiau PK91,3): kilti, kyla, kilo ‘s’élever; se mettre debout après avoir été couché ou assis; aller, se rendre; etc.’ LKŽe); 1 verbe se termine au présent par –ia (kentėti (kientėti PK159,16), kenčia (-ėja) (kienčiančios 242,11), kentėjo (kientėiey PK147,12): kęsti, kenčia, kentė ‘ressentir, éprouver une douleur, un désagrément, une peine; avoir de la patience, supporter’ LKŽe);
• 8 verbes mixtes sont formés avec le suffixe –yti: [blaškyti], blaško (isz-blaszka PK87,21), [blaškė]: blokšti, bloškia, bloškė « éloigner de soi, jeter, lancer, frapper; battre, donner, tailler » LKŽe; [draskyti], [drasko], draskė (draskie PK160,16): drėksti, drėskia, drėskė « prendre, tirer, arracher de force; tracer, graver des entailles, des traits à la surface » LKŽe; [kratyti], krato (krata PK88,24), [kratė]: krėsti, krėčia, krėtė « secouer; faire tomber ou jeter en secouant; jeter; etc. » LKŽe; [laužyti], [laužo], laužė (sulauzey PK36,9): lauẓti, lauẓo, lauẓė « diviser en morceaux en pliant, séparer une partie du tout » LKŽe; [maldyti], [maldo], maldė (numaldimą PK221,6): melsti, meldžia, meldė « demander instamment » LKŽe; [plėšyti], plėšo (iszplesza PK87,20), [plėšė]: plėšti, -o, -ė « arracher de la surface, éplucher; tirer de force; déchirer, démanteler; etc. » LKŽe; [raišyti], raišo (rayszo PK88,16), [raišė] « calomnier »: rišti, -a, -o « s’en prendre à quelqu’un, s’accrocher, importuner, faire valoir des prétentions » LKŽe; spaudyti (ne spawditu PK20,13), [spaudo], [spaudė]: spausti, spaudžia, spaudė « presser, comprimer, accabler par un poids ou par la force; serrer dans la main, etc. » LKŽe; 3 verbes mixtes ont le variant –styti de –yti: barstyti (ižbarstis PK 44,7), [barsto], [barstė]: berti, –ia, –ė « verser quelque part (des éléments en vrac) » LKŽe; [pjaustyti], [pjausto], pjaustė (appipiaste PK159,2): pjauti, pjauna, pjovė « couper, séparer, diviser en parties avec un couteau ou une scie » LKŽe; [vystyti], [vysto], vystė (iwiste PK158,2): vyti, veja, vijo « enrouler, tourner » LKŽe;
• 1 déverbatif du PK a à l’infinitif –oti, au passé – –ojo, tandis que la forme du présent est double: byloti (biloti PK79,5), byloja (bylo) (biloia PK4,2; bila PK60,14), [bylojo]: bilti, bilsta, bilo « parler, plaider » LKŽe.
1.3. Le PK ne compte pas beaucoup de dérivés d’état résultatif – 8. Les déverb atifs de cette catégorie expriment « l’état résultatif de l’agent, comme conséquence de l’action (du procès) accomplie par lui-même » (DLKG: 399), autrement dit, ils expriment un état qui est le résultat de l’action désignée par le verbe de base. Dans le PK, les résultatifs sont formés avec 2 morphèmes dérivationnels – –oti et –ėti; les résultatifs ne sont d’ailleurs pas formés en lituanien avec d’autres suffixes. Tous les déverb atifs exprimant l’état résultatif dans le PK sont dérivés de verbes primaires désignant une action intransitive. Un seul mot de base est un verbe primaire transitif. Les dérivés d’état résultatif pourraient être paraphrasés avec le mot būti, par exemple, gulėti « être couché », juosėti « avoir une ceinture autour de soi ».
58
Acta Linguistica Lithuanica LXXXIV
M. Petkevičiaus katekizmo (1598) deverbatyvai
1.3.1. Dans ce groupe, les verbes de type mixte sont comparativement beaucoup plus nombreux que les verbes isosyllabiques. Le PK ne contient qu’un seul résultatif isosyllabique, klaidėti (klaidet PK114,7), [klaidėja], [klaidėjo]: klysti, klysta, klydo « faire quelque chose de manière erronée, se tromper » LKŽe, qui désigne un état de longue durée.
1.3.2. Tous les résultatifs de type mixte du PK perdent le formant suffixal au présent; un déverbatif (karoti) peut avoir un variant suffixal également au présent, mais le PK n’en atteste pas la forme du présent et l’on ignore quel type employait l’auteur de ce catéchisme. Le PK compte 7 déverb atifs d’état résultatif de type mixte:
• 5 avec le suffixe –ėti, –i, –ėjo: [gulėti], guli (guli PK153,21), gulėjo (gulėjo PK166,12): gulti, –a, –ė « se coucher de tout son corps quelque part » LKŽe; [juosėti], juosi (juosi PK88,13), [juosėjo]: juosti, –ia, –ė « attacher une ceinture, une sangle ou autre chose autour de soi; entourer » LKŽe; sėdėti (sėdedams PK169,12) sėdi (sedi PK151,7), sėdėjo (sedeiom PK223,17): sėsti, sėda, sėdo « prendre la position assise » LKŽe; tylėti (tilek PK86,18), [tyli], [tylėjo]: tilti, tyla, tilo « devenir silencieux, plus silencieux, peu audible; cesser de parler, de crier, de faire du bruit » LKŽe; [vilkėti], vilki (vilki PK88,12), [vilkėjo]: vilkti, velka, vilko « tirer sur le corps (un vêtement), enfiler » LKŽe;
• 2 avec le suffixe –oti, –o (–oja), –ojo: [kaboti], [kabo], kabojo (kaboia PK112,21): kibti, kimba, kibo « s’accrocher, se fixer, adhérer à quelque chose » LKŽe; karoti (karodams PK120,27), [karo (–oja)], [karojo]: karti, karia, korė « suspendre » LKŽe.
1.4. Le PK ne contient qu’un seul déverbatif de sens momentané, le verbe isosyllabique žvilgterėti (zwilkterek PK71,7), [žvilgterėja], [žvilgterėjo]: žvelgti, –ia, –ė « diriger les yeux, le regard, regarder » LKŽe. Il désigne une action brève, soudaine et faible, comme le font en général tous les dérivés de cette catégorie en lituanien. Autrement dit, il possède des sens momentané et diminutif. Les déverb atifs de cette catégorie ne se forment qu’avec les suffixes –telėti, –terėti et le sens du dérivé ne dépend pas du suffixe choisi, car l’alternance de l et de r est seulement phonétique.
La formation des dérivés suffixés attestés dans le PK ne diffère en rien des tendances actuelles: comme d’habitude, le groupe des causatifs est le plus nombreux; les verbes déverb atifs itératifs possèdent, à côté du sens principal, des nuances supplémentaires; les verbes de type mixte sont plus caractéristiques de la catégorie de l’état résultatif que les verbes isosyllabiques. Certains déverb atifs – aušyti, byloti, karoti, kentėti, kylėti, minėti, plėšyti – possèdent en lituanien actuel, à côté du type mixte, également un type isosyllabique. Le PK montre que plėšyti ir kentėti y sont employés uniquement comme formes mixtes: Tegul io wifą turtą fwetimi įbplėpa PK87,20; <...> kaip rubas baltos galwos ligą prygimtą kienciančios PK242,11. Le fait que aušyti soit employé dans le PK comme isosyllabique est montré par le passé simple de ce verbe (O tuo fjdris ž̃moniu wifu ataujęs PK156,17), qui implique que le présent aura lui aussi un élément suffixal. L’emploi du présent du verbe byloti varie dans le PK: une forme suffixale est attestée (Biloia Ponas Diewas wifus tuos ž̃odžius PK4,2), ainsi qu’une forme non suffixale (<...> kada bila tarnopi tawa <...> PK60,14).
Straipsniai / Articles
59
ANŽELIKA SMETONIENĖ
Sept verbes primaires servent de mots de base à plusieurs dérivés. Certains dérivés, bien que leur base de formation soit identique, ont des suffixes différents et appartiennent à des catégories dérivationnelles différentes: guldyti (dérivé causatif de gulti) / gulėti (dérivé d’état résultatif de gulti); keldinti (dérivé causatif de kilti) / kyleti (dérivé itératif de kilti); klupdinti (dérivé causatif de klupti) / klūpauti (dérivé itératif de klupti); puldinėti (dérivé itératif de pulti) / prapuldinti (dérivé causatif de prapulti, préfixé). Du verbe nykti sont dérivés pas moins de trois causatifs: 2 déverb atifs isosyllabiques en –inti, dont un seul présente une alternance vocalique (naikinti), l’autre non (nykinti), ainsi que le dérivé en –yti nykyti. Quelques autres paires de causatifs – žudyti / žūdinti et ugdyti et auginti – ont également le même mot de base (žūti et augti), mais leurs suffixes diffèrent, ce qui reflète aussi le remplacement du suffixe –yti par le suffixe –inti dans les verbes causatifs.
2. CAS D’ALTERNANCE VOCALIQUE
Un trait distinctif des déverb atifs est l’alternance vocalique des dérivés. Elle apparaît également dans la formation des dénominatifs, mais très rarement et, le plus souvent, à côté du dérivé avec alternance vocalique existe un dérivé de même sens sans alternance vocalique. Par exemple, à côté du verbe lysinti (liesas) est employé liesinti, dont le radical a la même structure que celui du mot de base (Jakaitienė 1974: 29).
L’alternance vocalique est davantage caractéristique de certains types dérivationnels que d’autres; de plus, elle peut ne concerner qu’une partie des mots d’un type dérivationnel. Il s’agit plutôt d’un moyen dérivationnel auxiliaire, qui aide à distinguer les dérivés des mots de base (Urbutis 2009: 262–268). En outre, l’alternance vocalique aide à prévoir par quel formant dérivationnel le dérivé se distingue du mot de base. On considère qu’il s’agit de la fonction informative des alternances morphophonologiques (Akelaitienė 1997: 49).
L’alternance vocalique est visible dans la formation de certains déverb atifs du PK. Bien que de nombreux cas d’alternance apparaissent dans les dérivés du suffixe –inti (–inti, –inga, –ino; –dinti, –dina, –dino) (11 cas sur 33), elle est proportionnellement beaucoup plus fréquente dans les dérivés en yti (–yti, –o, –ė; –styti, –o, –ė; –dyti, –o, –ė) (12 cas sur 23). Comme l’a observé Evalda Jakaitienė, l’alternance se produit le plus souvent dans tous les dérivés des variantes du morphème –yti, et elle est la plus régulière dans les itératifs, lorsque le e du mot de base (ainsi que celui des diphtongues mixtes), ie, ei devient a ou ai dans le dérivé (Jakaitienė 1974: 30). Le PK présente de tels cas (barstyti: berti; maldyti: meldė), mais cette alternance est plus fréquente dans les dérivés causatifs. Selon Gražina Akelaitienė, l’alternance la plus productive en lituanien est précisément a: e (Akelaitienė 1997: 50), mais cela ne se reflète pas dans les déverb atifs du PK: cette source n’en contient qu’un seul cas. Le modèle d’alternance vocalique, les catégories dans lesquelles elle apparaît et le nombre de cas d’apophonie sont présentés dans le tableau.
60
Acta Linguistica Lithuanica LXXXIV
M. Petkevičiaus katekizmo (1598) deverbatyvai
Morphème dérivationnel | Variantes | Alternance vocalique | Catégorie dérivationnelle | Exemples | Nombre de cas −auti | −auti, −auja, −avo | ū: u | Dérivés de sens itératif | klūpauti: klupo | 2 | | an: en | Dérivés de sens itératif | stangauti: stengė | 1 −inti | −inti, −ina, −ino | a: e | Dérivés de sens causatif | gadinti: gędo | 1 | | am: im | Dérivés de sens causatif | gramzdinti: grimzdo | 1 | | ą: į | Dérivés de sens causatif | grąžinti: grįžo | 1 | | ar: ir | Dérivés de sens causatif | maršinti: miršo | 1 | | ai: y | Dérivés de sens causatif | naikinti: nyko | 1 | | an: en | Dérivés de sens causatif | skandinti: skendo | 1 | | o: ė | Dérivés de sens causatif | sloginti: slėgė | 2 | | ū: au | Dérivés de sens causatif | ūginti: augo | 1 | −dinti, −dina, −dino | el: il | Dérivés de sens causatif | keldinti: kilti | 1 | | u: ū | Dérivés de sens causatif | žudinti: žūti | 1 −yti | −yti, −o, −ė | ar: ir | Dérivés de sens causatif | aryti: iro | 1 | | a: o | Dérivés de sens itératif | blaškyti: bloškė | 1 | | ū: au | Dérivés de sens causatif | ūgyti: augo | 1 | | a: ė | Dérivés de sens itératif | kratyti: krėtė | 2 | | ai: i | Dérivés de sens itératif | raišyti: rišo | 1 | | ir: er | Dérivés de sens causatif | girdyti: gerti | 2 | −dyti, −o, −ė | u: ū | Dérivés de sens causatif | žudyti: žūti | 1 | | am: im | Dérivés de sens causatif | ramdyti: rimti | 1 | | al: el | Dérivés de sens itératif | maldyti: meldė | 1 | −styti, −o, −ė | ar: er | Dérivés de sens itératif | barstyti: berti | 1
Straipsniai / Articles
61
ANŽELIKA SMETONIENĖ
Morphème dérivationnel | Variantes | Alternance vocalique | Catégorie dérivationnelle | Exemples | Nombre de cas –eti | –ėti, –i (–ėja), –ėjo | į: ę | Dérivés de sens itératif | grįžėti: gręžti | 1 –eti | –ėti, –i (–ėja), –ėjo | ai: y | Dérivés d’état résultatif | klaidėti: klydo | 1 –eti | –ėti, –i (–ėja), –ėjo | y: i | Dérivés de sens itératif | kylėti: kilo | 1 –eti | –ėti, –i (–ėja), –ėjo | y: i | Dérivés d’état résultatif | tylėti: tilo | 1 –oti | –ioti, –ioja, –iojo | a: ė | Dérivés de sens itératif | lakioti: lėkti | 1 –oti | –oti, –o (–oja), –ojo | y: i | Dérivés de sens itératif | byloti: bilo | 1 –oti | –oti, –o (–oja), –ojo | a: i | Dérivés d’état résultatif | kaboti: kibti | 1 –teleti | –terėti, –terėja, –terėjo | il: el | Dérivés de sens momentané | žvilgterėti: žvelgti | 1
Lorsque les déverb atifs sont formés avec le suffixe –inti (et –dinti), l’alternance vocalique y est plus rare que la formation sans alternance vocalique, mais certaines tendances peuvent être observées. Lorsque le mot de base contient u, celui-ci ne change jamais en ū, comme c’est le cas dans les dérivés en –auti (budinti: budo; judrinti: judėti; klupdinti: klupti; krutinti: krutėti; prapuldinti: prapulti; skubinti: skubėti; trukinti: trukti; trupinti: trupti; tukinti: tukti), que le mot de base soit un verbe primaire ou un verbe de type mixte. La DLKG indique que seuls « les dérivés causatifs en –inti dont les mots de base ont e, i, y dans la racine » (DLKG: 395) sont formés avec une alternance vocalique régulière, mais le PK présente ici encore des exceptions. Le PK atteste des déverb atifs dans lesquels, bien que les mots de base possèdent e et i, l’apophonie ne se produit pas: deginti: degti; derinti: derėti; viskinti: viskėti. Comme indiqué, l’alternance vocalique est la plus fréquente dans les dérivés en –yti et de ses variantes. Dans le PK, elle est également fréquente et variée, mais elle ne se produit parfois pas lorsque les mots de base ont au (aušyti: aušti; pjaustyti: pjauti, bien qu’il existe augyti: augti), y (gydyti: gyti; vystyti: vyti), im (gimdyti: gimti), ul (guldyti: gulti), i (lipyti: lipti, bien qu’il existe raišyti: rišti), ė (plėšyti: plėšti).
CONCLUSIONS
Le PK compte 80 déverb atifs; ils représentent 26% de tous les verbes suffixés présents dans cette source et sont un peu moins nombreux que les dénominatifs. La catégorie dérivationnelle de sens causatif est la plus nombreuse; elle représente 56% des déverb atifs. La deuxième catégorie par ordre d’abondance est celle des dérivés de sens itératif (33% des déverb atifs).
62
Acta Linguistica Lithuanica LXXXIV
M. Petkevičiaus katekizmo (1598) deverbatyvai
Les autres catégories sont moins nombreuses: les dérivés d’état résultatif représentent 10% de tous les déverb atifs, et le dérivé de sens momentané, 1%.
Les déverb atifs du PK sont dérivés avec les morphèmes dérivationnels principaux et leurs variantes suivants: -auti (klūpauti, –auja, –avo); –inėti (pritarnėti, –inėja, –inėjo, deinėti, –dineja, –dinejo), –inti (deginti, –ina, –ino, gramzdinti, –dina, –dino), –yti (aušyti, –o, –ė, guldyti, –o, –ė, barstyti, –o, –ė), –oti (kaboti, –o, –ojo; nešioti, –ioja, –iojo), –ėti (grįžėti, –ėja, –ėjo, gulėti, –i, –ėjo), –telėti (žvilgterėti, –terėja, –terėjo).
Les tendances de la formation des déverb atifs dans cette source sont semblables aux tendances actuelles. Le suffixe déverbatif le plus productif du PK est –inti et –yti ainsi que leurs variantes. La catégorie dérivationnelle de sens itératif se distingue par la diversité de ses suffixes; elle contient également le plus grand nombre de nuances dérivationnelles supplémentaires, qui dépendent du suffixe et du sens des mots de base.
Les mots de base des dérivés verbaux du PK sont le plus souvent des verbes primaires intransitifs. Dans de rares cas, le mot de base est un verbe de type mixte (derėti, judėti, kabėti, etc.) possédant –a à la troisième personne du présent; cela ne se produit toutefois que dans la catégorie dérivationnelle de sens causatif.
L’alternance vocalique apparaît dans la formation de 40% des déverb atifs. Elle est particulièrement caractéristique des dérivés de sens itératif, notamment avec les suffixes –yti. Dans la catégorie de l’état résultatif, l’apophonie est plus fréquente dans les dérivés en –oti que dans ceux en –ėti. Dans le PK, les alternances vocaliques les plus fréquentes sont a: ė et y: i – elles comptent 3 cas chacune; on relève 2 cas pour chacune des alternances ū: u, am: im, ar: ir, ai: y, o: e, u: ū, ir: er.
L’irrégularité de l’alternance vocalique des déverb atifs du PK est assez évidente. Par exemple, l’alternance u: ū est aujourd’hui caractéristique des dérivés itératifs en –auti, et il en va de même dans le PK. En revanche, dans les dérivés causatifs, cette alternance ne concerne qu’une partie des dérivés – cf. žūdinti: žūti et rūdinti: rūdo, rūginti: rūgti. Cela suggère que, bien que la variante verbale žūdinti, –ina, –ino (LKŽe) soit secondaire, elle est plus régulière. De même, il est régulier dans le PK que l’alternance vocalique ne se produise pas dans les dérivés de verbes de type mixte. Elle ne se produit pas non plus lorsque les mots de base des causatifs sont des verbes suffixés de type mixte. Enfin, bien que l’alternance soit la plus fréquente dans tous les dérivés des variantes du morphème –yti, elle ne concerne parfois qu’une partie des dérivés (cf. ūgyti: augti, mais aušyti: aušti, pjaustyti: pjauti; raišyti: rišti, mais lipyti: lipti). Bien que, dans les dérivés en –yti, l’alternance ne se produise pas lorsque les mots de base ont i et y, elle apparaît dans les dérivés d’autres suffixes (naikinti: nykti, klaidėti: klydo; kaboti: kibti).
BIBLIOGRAPHIE ET SOURCES
Akelaitienė Gražina 1997: Fonctions de l’alternance vocalique morphologique. – Baltistica 32(1), 49–55.
Ambrazas Saulius 1993: Évolution de la formation des noms. Dérivés verbaux de la langue lituanienne, Vilnius: Mokslo ir enciklopedijų leidykla.
Straipsniai / Articles
63
ANŽELIKA SMETONIENĖ
Arkadiev Peter, Pakerys Jurgis 2015: Morphologie causative lituanienne: étude fondée sur un corpus. – Voice and Argument Structure in Baltic, Amsterdam, Philadelphia: John Benjamins, 2015, 39–97.
DLKG – Grammaire de la langue lituanienne contemporaine, réd. en chef V. Ambrazas, 3e éd. corrigée, Vilnius: Mokslo ir enciklopedijų leidybos institutas, 1997.
Gaidienė Anželika 2012: Formation des verbes dénominatifs en -(i)auti appartenant à la signification catégorielle « être celui ou ce qui est exprimé par le mot de base ». – Lietuvių kalba 6. Disponible en ligne: www.lietuviukalba.lt.
GWJP – Grammaire du polonais contemporain: Morphologie, réd. en chef R. Grzegorczykowa, Warszawa: Państwowe wydawnictwo naukowe, 1984.
Jakaitienė Evalda 1968: Les verbes suffixés du lituanien contemporain: dissertation pour le grade de candidate ès sciences philologiques, Vilnius: Vilniaus valstybinis V. Kapsuko universitetas.
Jakaitienė Evalda 1973: La formation des verbes (dérivés suffixaux), Vilnius: Vilniaus universitetas.
Jakaitienė Evalda 1974: Alternance vocalique radicale dans la formation des verbes suffixés et exicologie. – Kalbotyra 25(1), 29–36.
Kruopas Jonas 1970: Lexique du catéchisme de Merkelis Petkevičius de 1598. – Lietuvių kalbotyros klausimai 12, 83–154.
Kuźmina Dariusz 2002: Les catéchismes dans la République des Deux Nations aux XVIe et au début du XVIIe siècle, Warszawa: Wydawnictwo Stowarzyszenia Bibliotekarzy Polskich.
LKE – Encyclopédie de la langue lituanienne, préparée par K. Morkūnas, sous la dir. de V. Ambrazas, 2e éd. révisée et complétée, Vilnius: Mokslo ir enciklopedijų leidybos institutas, 2008.
LKŽe – Dictionnaire de la langue lituanienne I–XX (1941–2002), version électronique, comité de rédaction G. Naktinienė, J. Paulauskas, R. Petrokienė, V. Vitkauskas, J. Zabarskaitė, réd. en chef G. Naktinienė, Vilnius: Lietuvių kalbos institutas, 2008 (version mise à jour, 2017). Disponible en ligne: http://www.lkz.lt.
Meller Katarzyna 1984: Sur l’œuvre poétique de Jakub Lubelczyk. – Pamiętnik Literacki 75(4), 151–175.
Niedźwiedź Jakub 2008: Jan Kochanowski, poète lituanien. – Acta historica universitatis Klaipedensis 16, 179–187.
Otrębski Jan 1965: Grammaire de la langue lituanienne, II: Étude de la structure des mots, Warszawa: Państwowe Wydawnictwo Naukowe.
Pakalniškienė Dalia 2018: Dénominatifs à infixe et à radical sta dans les écrits anciens lituaniens: nomination et motivation. – Res Humanitariae 24, 61–101.
64
Acta Linguistica Lithuanica LXXXIV
Les déverb atifs du catéchisme de M. Petkevičius (1598)
Pakalniškienė Dalia 2019: Les verbes dénominatifs du « Żiwatas » de 1759. – Res Humanitariae 26, 8–36.
Pakerys Jurgis 2005: Formation des verbes mixtes et suffixés dans les imprimés de la Lituanie Mineure du XVIe siècle: dissertation de doctorat, Vilnius: Vilniaus universitetas.
Pakerys Jurgis 2006: Les statifs dénominatifs en –ėti du lituanien contemporain. – Baltistica 41(1), 67–86.
Pakerys Jurgis 2011: Rapport entre les suffixes des verbes dénominatifs du lituanien contemporain et les classes d’alternance de leurs noms de base. – Baltistica 46(2), 271–288.
Pakerys Jurgis 2011a: On Derivational Suffixes and Inflection Classes of Verbs in Modern Lithuanian. – Lietuvių kalba 5. Disponible en ligne: www.lietuviukalba.lt.
Pakerys Jurgis, Rimkutė Erika, Utka Andrius 2012: Les verbes dénominatifs lituaniens et les mots de base employés à côté d’eux (étude de corpus). – Darbai ir dienos 58, 81–92.
Pakerys Jurgis 2017: On the development of past habitual from iterative in Lithuanian. – Baltistica 52(2), 295–323.
Pakerys Jurgis 2019: Periphrastic causative constructions in 16th–17th century Lithuanian. – Baltistica 54(2), 287–315.
PK – Catéchisme de Merkelis Petkevičius de 1598, Kaunas: Knygų leidimo komisija, 1939.
Palionis Jonas 1967: La langue littéraire lituanienne aux XVIe–XVIIe siècles, Vilnius: Mintis.
Pociūtė Dainora 2000: Les chaînes de la nature ou la liberté des lois: certains aspects de la « Préface au lecteur bienveillant » de la Postille de Mikalojus Daukša dans le contexte de la pensée protestante. – Literatūra 38(1), 23–31.
Pociūtė-Abukevičienė Dainora 2005: Les psaumes dans les recueils de cantiques du grand-duché de Lituanie. XVIe siècle: du catéchisme de Nesvizh aux traductions lituaniennes de Merkelis Petkevičius. – Literatūra 47(1), 29–43.
Smetonienė Anželika 2015: Les verbes suffixés lituaniens, les slavismes et les hybrides (dans les textes du grand-duché de Lituanie des XVIe–XVIIe siècles): dissertation de doctorat, Vilnius: Lietuvių kalbos institutas.
Smetonienė Anželika 2016: Les verbes slavismes et les hybrides à racine slave. – Acta Linguistica Lituanica 74, 68–88.
Urbutis Vincas 2009: Théorie de la formation des mots, 2e éd., Vilnius: Mokslo ir enciklopedijų leidybos institutas.
Zinkevičius Zigmas 1988: La langue des anciens écrits, Vilnius: Mokslas.
Straipsniai / Articles
65
ANŽELIKA SMETONIENĖ
Les déverb atifs dans le Catéchisme de M. Petkevičius (1598)
RÉSUMÉ
La langue du Catéchisme de M. Petkevičius (CP) n’a fait l’objet que de recherches fragmentaires et le système verbal n’a pas non plus été étudié. Cet article porte sur les verbes suffixés déverb atifs, c’est-à-dire les dérivés d’autres verbes. Tous les verbes suffixés non récurrents ont été sélectionnés et analysés; les dérivés préfixés ont donc été exclus lorsque les formes des verbes non préfixés sont régulières et qu’il n’existe pas de différence essentielle de sens due uniquement au préfixe. Plus de 300 verbes suffixés ont été relevés dans le CP. Le Catéchisme contient 80 déverb atifs, qui représentent 26% de tous les verbes suffixés de cette source. Ils sont moins nombreux que les dénominatifs.
Le CP est une source de petit volume, mais on peut y identifier les dérivés de quatre catégories de formation déverbative: les dérivés de sens causatif, itératif, d’état résultatif et momentané. La catégorie de la dérivation causative est la plus nombreuse et représente 56% de tous les déverb atifs. La deuxième catégorie par ordre d’importance comprend les dérivés itératifs et représente 33%. Moins de dérivés ont été relevés dans les catégories des dérivés d’état résultatif (10%) et du dérivé momentané (1%).
La formation des déverb atifs est plus complexe que celle des dénominatifs, car l’alternance vocalique est fréquente dans la formation des verbes. L’alternance vocalique a été relevée dans 40% de tous les déverb atifs du CP. Le pourcentage le plus élevé d’alternance vocalique caractérise les dérivés de sens itératif, notamment avec les suffixes –yti. Les cas d’apophonie dans le CP sont rares; l’alternance vocalique ne se produit que dans une partie des mots dérivés et présente un caractère irrégulier.
Soumis le 29 octobre 2020.
ANŽELIKA SMETONIENĖ
Institut de la langue lituanienne, 5 rue Petro Vileišio, Vilnius LT–10308, Lituanie, [email protected]
66
Acta Linguistica Lithuanica LXXXIV