Old Prussian poaris
Abstract
The article analyses the isolated Old Prussian word poaris ‘mole cricket’ from the point of view of word formation and etymology. For this reason, all published etymological attempts are collected and evaluated. Finally, a new solution is proposed, operating with the IE root *per- ‘to step over, pass across; penetrate’, which allows us to derive from the same root the designation of ‘worm’ in Middle Iranian Sogdian, Khotanese and in several modern Iranian languages from Pamir. The common semantic denominator for the zoonyms ‘mole cricket’ and ‘worm’ is ‘penetrating one’.
Full text
Acta Linguistica Lithuanica 2025, vol. 92, p. 1–8 Lien vers le sommaire / Turinio nuoroda ISSN 2669-218X (en ligne / elektroninis)
VIEUX PRUSSIEN poaris
Vieux prussien poaris
VÁCLAV BLAŽEK Université Masaryk E-mail: [email protected] ORCID ID: https://orcid.org/0000-0002-6797-7188 Domaines de recherche: étymologie et onomastique baltiques et indo-européennes.
https://doi.org/10.35321/all92-02
RÉSUMÉ
L’article analyse le mot isolé du vieux prussien poaris « courtilière » du point de vue de la formation des mots et de l’étymologie. Pour cette raison, toutes les tentatives étymologiques publiées sont rassemblées et évaluées. Enfin, une nouvelle solution est proposée, fondée sur la racine IE *per- « enjamber, traverser; pénétrer », qui permet de dériver de la même racine la désignation de « ver » en sogdien iranien moyen, en khotanais et dans plusieurs langues iraniennes modernes du Pamir. Le dénominateur sémantique commun des zoonymes « courtilière » et « ver » est « celui qui pénètre ».
MOTS-CLÉS: courtilière, ver, vieux prussien, iranien, étymologie.
RÉSUMÉ
L’article analyse, du point de vue de la formation des mots et de l’étymologie, un mot du vieux prussien poaris « courtilière ». Pour cette raison, toutes les tentatives étymologiques publiées sont rassemblées et évaluées. Enfin, en s’appuyant sur la racine indo-européenne *per- « enjamber, traverser; pénétrer », une nouvelle solution est proposée, qui permet de dériver de la même racine le nom de l’animal « ver » en sogdien iranien moyen, en khotanais et dans plusieurs langues iraniennes actuelles du Pamir. Le dénominateur sémantique commun des zoonymes courtilière et ver est « celui qui pénètre ».
MOTS-CLÉS: courtilière, ver, vieux prussien, langues iraniennes, étymologie.
1. Le vieux prussien poaris est glosé dans le Vocabulaire d’Elbing 777 par « Ostpreussisch » « werre », en allemand moderne « Maulwurfsgrille », c’est-à-dire « courtilière » = Gryllotalpa gryllotalpa. Les Gryllotalpidae constituent une famille de sauterelles (grillons des buissons).
Copyright © 2025 Václav Blažek. Publié par l’Institut de la langue lituanienne. Il s’agit d’un article en libre accès distribué selon les conditions de la licence Creative Commons Attribution, qui autorise l’utilisation, la distribution et la reproduction sans restriction sur tout support, à condition que l’auteur original et la source soient mentionnés. // Išleido Lietuvių kalbos institutas. Šis straipsnis yra atviros prieigos, platinamas pagal „Creative Commons“ priskyrimo licencijos sąlygas, leidžiančias neribotai naudoti, platinti ir atkurti turinį bet kokioje laikmenoje, nurodant autorių ir šaltinį.
Reçu: / Gauta: 2025-04-24. Accepté: / Priimta: 2025-05-17.
1
2. La première tentative étymologique a probablement été proposée par Antonín Matzenauer dans son manuscrit commencé en 1873, mais publié seulement en 2009 (!), p. 105 (Havlová, éd., 2009). Il a émis l’hypothèse de la forme *parpis, qu’il comparait à l’équivalent lituanien parplỹs¹ « courtilière européenne / Gryllotalpa gryllotalpa », au parplas « scorpion » d’Adalbert Bezzenberger, dérivé transparent du verbe onomatopéique par̃pti, parpiù, parpiaũ « émettre un son aigu et monotone, bourdonner, claquer; émettre un son sourd répété (pour les oiseaux); renâcler (pour un cheval); être enroué, avoir mal à la gorge, parler d’une voix rauque; ronfler » (Smoczyński 2018: 914–15); cf. aussi le letton parpala « grincheux, râleur » (Fraenkel 1962: 542).
Vytautas Mažiulis (2013 [1988–1997]: 725) a reconstruit un thème en -io *pāris et l’a dérivé du verbe conservé, par exemple, en vieux slavon d’Église pariti « voler ». Il s’agit de l’itératif à voyelle radicale allongée du verbe pьrati « s’élever » (Vykypěl, ESJS X 627; XII 739). En baltique oriental, on trouve probablement des cognats dans le lituanien spar̃nas « aile d’un oiseau ou d’un insecte », le letton spārns « aile », apparentés au védique parṇá- « plume; feuille », à l’avestique parəna- « plume; aile », au sogdien pārrа- « aile », au moyen-perse parr « plume » et au pachto pāṇa id., tous issus de la racine IE *(s)per- « voler » (Mayrhofer, EWA I II 97; Kümmel, LIV 2001 [1998]: 579–580). La courtilière appartient aux insectes ailés, et cette motivation sémantique est donc incontestablement envisageable. Le problème est que les continuants du groupe à s-mobile IE *(s)phave sont habituellement distincts en baltique, c’est-à-dire *spor *p-, toujours en baltique oriental et en vieux prussien²:
(a) lituanien spáinė « écume à la surface de l’eau, sur une vague »; vieux prussien spoayno « Gest » [EV 387] = « mousse de bière », latin spūma « écume » contre vieux slavon d’Église pěna « écume », vieux haut allemand feim « écume », etc. (Pokorny 1959: 1001: *(s)poimno-; Mažiulis 2013 [1988–1997]: 873; Smoczyński 2018: 1250);
(b) lituanien pántis, -čio « entrave, corde servant à attacher les jambes d’un cheval pour l’empêcher de s’égarer », pl. pánčiai « entraves, liens »; vieux prussien panto « Vesser (= Fessel) » [EV 542] = « entrave »; vieux slavon d’Église pǫto « entrave », tous dérivés du verbe attesté en lituanien pìnti, pinù « tisser, entrelacer, tresser, tresser (une guirlande); emmêler, enchevêtrer », letton pīt, pinu « tresser, entrelacer »; vieux slavon d’Église pьnǫ « j’étends », infinitif peṭi « tresser, enlacer », avec les préfixes sъpeṭi
¹ La formation analogique du mot et sa motivation sémantique sont caractéristiques du synonyme lituanien kur̃klỹs, gén. -io « courtilière européenne / Gryllotalpa gryllotalpa, un insecte vivant dans les sols humides et rongeant les racines des plantes; scorpion ». Il s’agit d’un nom d’agent en -lys dérivé du verbe kūr̃kti « coasser, cancaner (en parlant d’une grenouille); caqueter (en parlant d’une poule); frayer (en parlant d’une grenouille) », letton kūrkt « coasser, cancaner »; voir en outre le vieux-slavon d’Église krъknǫti « gémir, pousser des cris rauques », russe kerkatь « siffler, gémir » (Smoczyński 2018: 639–40).
² One counter example was proposed by Mažiulis (2013 [1988–1997]: 667), assuming for Old Prussian paycoran ‘sebengestirne’ [EV 6], i.e. „Siebengestin“ = English ‘Seven Sister’ or ‘the Pleiades’, the conjecture *paito, plus the suffix *-āra-, to compare the root with Lithuanian spiẽčius ‘swarm of bees, separate colony of bees’, from the verb spiẽstis, spiẽčiasi, spiẽtėsi ‘to swarm, leave an old hive in order to build a new one; assemble, swarm, gather, associate’ etc. (Smoczyński 2018: 1258). But already Brückner (1898: 513) offered the solution without any conjecture and s-mobile, analyzing paycoran as the compound, where he identified the first member with Lithuanian paĩkas ‘silly, stupid, dull; unwise’ and second one with ǫ́ras ‘air; weather’. He saw an analogy in the designation of another ‘Siebengestirn’, namely ‘Regensiebengestirn’ „Hyades“, in Polish dźdżownice (vs. dźdżowy ‘rainy’), where the meaning ‘rain“ should represent ‘bad weather’.
2
« attacher, entraver », zapeṭi « abattre; ligoter »; en outre grec πένoμαι « je peine, je travaille, je m’affaire »; arménien hanowm « je tisse »; tokharien A päñw-, B päñn- « étirer » contre gotique spinnan « filer » (Pokorny 1959: 988; Mažiulis 2013 [1988–1997]: 665–666; Smoczyński 2018: 909, 966); moyen breton (1499) queffnid coll. « araignées », sglt. queffnidenn > gallois cyffniden id. (GPC), breton kevnid id. < *kom-spenº (Pedersen 1909: 185; Deshayes 2003: 389), tous issus de la racine *(s)penh₁- (Kümmel, LIV 2001 [1998]: 578–79).
4. Wojciech Smoczyński (2000: 195) voyait dans poaris une adaptation de l’allemand Werre³ « courtilière » (cf. aussi Schmalstieg 2015: 247), bien qu’en vieux prussien il n’y ait pas d’analogie directe pour la substitution de l’allemand w par le vieux prussien p-. Il existe toutefois des exemples en baltique oriental attestant cette substitution: lituanien péršas « vers des Saintes Écritures, d’une chanson » < germanique prussien verš « vers »; letton perša, perša, perša « vers » < bas allemand (moyen) versch(e) id. (Smoczyński 2018: 949).
5. Les solutions (2) et (3) sont possibles, mais comportent certainement quelques défauts. C’est pourquoi la nouvelle proposition suivante est avancée.
Dans les langues iraniennes, on trouve des cognats prometteurs désignant le « ver » ou des insectes similaires:
Khotanais voc. sg. pira « ver », nom. pl. pärа, acc. pl. pīrа, abl.-instr. pl. pīryау isa « avec des vers » (Bailey {= B} 1979, 239). Ces formes sont dérivables du proto-iranien *pṛia- ~ *paria-, cf. des cas parallèles tels que le khotanais bira « vêtement » < *bṛia- (B 287), pira- « maison » < *pria- (B 239), mir-/mär- < *mria- = présent de mar- « mourir » (B 324); en outre dīra- « bas » < *adaria- (B 159), ǰīrai- « objecteur » < *gariaka- (B 84), kīra- « travail, œuvre » < *karia- (B 60), pīr- « croire » < *paria- (B 239). Mentionnons que ā et i sont des allophones de la même voyelle, cf. mir-/mär- < *mṛia cité ci-dessus ou mästa- ~ mišta- « grand », correspondant à l’avestique masita id. (B 333).
Le mot khotanais n’est pas isolé au sein de l’iranien. On trouve des cognats intéressants dans les langues dites du Pamir (cf. Bailey 1979: 239):
Wakhi p(ə)rič « insecte, ver, ver du bois, xylophage » (Paxalina 1975: 243) ~ prič « ver, chenille » (Steblin-Kamenskij 1999: 267) ~ porič « ver » (Badakhshi 2004 [1960]: 96); peut-être < *pariči- (?) avec une évolution similaire des voyelles dans le wakhi strin « stérile » < *starīni eu égard au védique starī- (Steblin-Kamenskij 1999: 317);
Iškāšmi pəčúk (Paxalina 1959: 226) ~ « chenille » (Steblin-Kamenskij 1999: 267) ~ putsuk « ver, larve » (Grierson 1920: 92) ~ počuk « ver » (Badakhshi 2004 [1960]: 96);
³ Le dialectalisme prussien oriental Werre est attesté pour la première fois au XVIᵉ siècle (Kluge 2011 [1883]: 983, 991 a présenté l’étymologie fondée sur l’adjectif allemand wirr « enchevêtré, embrouillé », le vieux haut allemand wirran « feutrer, emmêler, enchevêtrer », mais elle n’est pas convaincante pour des raisons sémantiques). Kroonen (2013: 580–581) a identifié des cognats prometteurs dans le néerlandais weern « orgelet », le danois verne « varron, larve de varron », le suédois dialectal verna, le norvégien vere « larve du taon; trou dans la peau résultant d’une infestation par un taon », qui devraient refléter le couple *wer(r)ōn- et *wernōn en germanique, reconstruisant le paradigme pré-germanique *u̯érH-ōn, gén. *u̯erH-n-os. Kroonen (l.c.) a ajouté que le sens du cognat probable en lituanien vīras « ténia, larve; bouton » ouvre la possibilité d’une comparaison avec le latin varus « bouton, tache enflammée sur la peau »; tokharien B weru « ampoule », puisqu’ils ont été causés par divers insectes.
3
Sangleči pəčuk (Morgenstierne 1938: 406: *pəčuk) ~ pəčuk « ver » (Badakhshi 2004 [1960]: 96);
?Yazghulami pək/g « ver nuisible vivant dans les abricots » (Edeman 1971: 192; Paxalina 1975: 243). Les formes de l’ iškāšmi, du sangleči et peut-être du yazghulami sont-elles dérivables de *pariči- + *-aka-?
Il existe encore un cognat possible dans les langues iraniennes moyennes, mais avec un suffixe dérivationnel différent, à savoir *-ān-: sogdien prʾn’k, pl. prʾnyt « insecte, ver » /parāne/, manichéen prʾny, pl. prʾnyt « petit animal, insecte » /parāne/ (Gharib 1995: 6979, 6982; Gershevitch 1961: 144, § 966) < *parānaka-⁴.
Mentionnons que Harold W. Bailey (1979: 239) a également envisagé une origine iranienne pour la désignation permienne et ougrienne du « ver »: komi perk (I) « Filz-, Schamlaus; Phthirius pubis »; mansi (P LU LO) pērk « Bauchwurm; (LU LO) Wurm (im Fleisch); (LU) Angelwurm », hongrois féreg, acc. férget « Wurm, Insekt » (première attestation en 1152); (dial.) « allerlei schädliche Tiere: Maus, Ratte, Iltis, Wolf, Bär » < *perkз (*perkkз) « ver » (UEWI I 373; EWU 1994: 381).
6. Les différents représentants de la classe Insecta présentés ici devraient être caractérisés par un trait commun, à mettre en relation au sens linguistique. Le dénominateur sémantique commun de « courtilière », « chenille » et des diverses espèces de « vers » est la « pénétration », notamment à travers l’argile, le bois, les fruits, etc. Cette idée implique une étymologie fondée sur la racine IE *per- « enjamber, traverser; pénétrer » (Pokorny 1959: 816–817; Schirmer & Kümmerl, LIV 2001 [1998]: 472–73) > védique par- « faire passer de l’autre côté, faire traverser » (EWAI II 85–86); avestique pār-/fr- « passer par-dessus, traverser » (Cheung 2007: 293–94); grec πείρω « je perfore, je transperce, je pénètre » (Beekes 2010: 1163–1164), slavon d’Église (rédaction russe) naperję, naperiti « натыкать » = « enfoncer, piquer » (Sreznevskij 1902: 307), etc.
La motivation sémantique est comparable à celle du grec τερηδών « ver du bois » [Ar. Eq. 1308] = « celui qui creuse »; cf. τετραίνω « je perce, je perfore », τέρετρον « tarière, outil à percer », vieil irlandais tarathar, vieux gallois tarater id., etc. (Buck 1949: n. 3.84; Beekes 2010: 1468) < IE *terh₁- « frotter, forer » (Pokorny 1959: 1071–1072; Kümmerl, LIV 2001 [1998]: 632–633).
7. Le vieux prussien poaris « courtilière » peut donc refléter le degré allongé baltique commun *pāria-, résultat d’une évolution interne au baltique. Il serait isolé au sein du baltique et, pour cette raison, il peut être utile d’illustrer sa place dans un processus de formation des mots à l’aide d’exemples analogiques:
Le vieux prussien poaris ressemble, par sa formation, à soalis « Krewtecht » [EV 293], c’est-à-dire « herbe », qui représente le degré allongé *žālia, issu du degré o saligan « grune » [EV 468], c’est-à-dire « vert » (Mažiulis 2013 [1988–1997]: 870, 801–802). Il est dérivable de *žali̯ā-, de même que le lituanien žolė « herbe, plante », le letton zāle « herbe » < *žāli̯āvs. Le lituanien žalias « vert, immature, cru », le letton zaļš id. < *žalia-, tous issus du verbe attesté en lituanien želti, žẽlia « pousser en produisant de la verdure (pour l’herbe, les buissons); s’élever du sol, pousser, germer; montrer
⁴ Sogdien S, B βʾrʾk, M βʾryh C bʾry /bā́rē/ « cavalier; animal de selle », yaghnobi vōra « cavalier » < *bā́ra’i < *bāraka-; cf. yazghulami varag, iškāšmi vbrūk « cheval »; ossète baraeg « cavalier », moyen-perse bʾrg /bārag/ (Novák 2013: 107).
4
vert, letton zeļt, zeļu, zēlu « devenir vert » < IE *ĝelh₃- (Smoczyński 2018: 1714, 1724–1725, 1757; Bichlmeier 2019: 84).
REFERENCES
Badakhshi Shah ‘A. 2004 [1960]: Dictionary of Some Languages and Dialects of Afghanistan, transl., transliter., and ed. by H. Badghisi, 2 ed., Washington DC: Institute for the Study of Man.
Bailey Harold W. 1979: Dictionary of Khotan Saka, Cambridge: University Press.
Bichlmeier Harald 2019: Etymologický slovník jazyka staroslověnského. Fasz. 19: zakonъ–žьzlь. Bibliografický aparát. Herausgegeben von Aleš Bičan, Vít Boček, Ilona Janyšková, Helena Karlíková, Petr Malčík, Žofie Šarapatková, Jana Villnow Komárková und Bohumil Vykypěl [Etymological Dictionary of the Old Slavic Language. Fass. 19: zakonъ–žьzlь. Bibliographic Apparatus. Edited by Aleš Bičan, Vít Boček, Ilona Janyšková, Helena Karlíková, Petr Malčík, Žofie Šarapatková, Jana Villnow Komárková and Bohumil Vykypěl]. – Kratylos 64(1), 71–90. DOI: http://dx.doi.org/10.29091/KRATYLOS/2019/1/7.
Brückner Alexander 1898: Perssisch und Polnisch [Persian and Polish]. – Archiv für slavische Philologie 20, 481–515.
Buck Carl D. 1949: A Dictionary of Selected Synonyms in the Principal Indo-European Languages, Chicago, London: University of Chicago Press.
Cheung Johnny 2007: Etymological Dictionary of the Iranian Verb, Leiden, Boston: Brill.
Derksen Rick 2005: The Orthography of the Elbing Vocabulary and the Relationship between Old Prussian and East Baltic. – Baltistica 6, priedas, 51–67. DOI: http://dx.doi.org/10.15388/baltistica.0.6.757.
Deshayes Albert 2003: Dictionnaire étymologique du breton [Etymological Dictionary of Breton], Douarnenez: Le Chasse–Marée.
Edelman Džoi M. 1971: Jazgulamsko–russkij slovar [Jazghulam–Russian Dictionary], Moskva: Nauka.
ESJS X: Etymologický slovník jazyka staroslověnského [Etymological Dictionary of the Old Church Slavonic Language] 10, ed. by E. Havlová, A. Erhart, I. Janyšková, Praha, Brno: Academia; Tribun EU, 2000.
ESJS XII: Etymologický slovník jazyka staroslověnského [Etymological Dictionary of the Old Church Slavonic Language] 12, ed. by E. Havlová, A. Erhart, I. Janyšková, Praha, Brno: Academia; Tribun EU, 2004.
EWAI II: Etymologisches Wörterbuch des Altindoarischen [Etymological Dictionary of Old Indo-Aryan] 2, von M. Mayrhofer, Heidelberg: Winter, 1996.
EWU 1994: Etymologisches Wörterbuch des Ungarischen [Etymological Dictionary of Hungarian] 1–2, ed. by L. Benkő, Budapest: Akadémiai Kiadó.
5
Fraenkel Ernst 1962: Litauisches etymologisches Wörterbuch [Lithuanian Etymological Dictionary] 1, Heidelberg, Göttingen: Winter, Wandenhoeck & Ruprecht.
Gershevitch Ilya 1961: A Grammar of Manichean Sogdian, Oxford: Blackwell.
Gharib Badrozaman 1995: Sogdian Dictionary: Sogdian–Persian–English, Tehran: Farhangān Publications.
GPC: Geiriadur Prifysgol Cymru. A Dictionary of the Welsh Language, Centre for Advanced Welsh & Celtic Studies. Internet Access: http://welsh-dictionary.ac.uk/gpc/gpc.html.
Grierson George A. 1920: Ishkashmi, Zebaki, and Yazghulami, an Account of Three Eranian Dialects, London: Royal Asiatic Society.
Havlová Eva, ed., 2009: Matzenauer, Antonín. Beiträge zur Kunde der altpreußischen Sprache [Contributions to the Study of the Old Prussian Language], Praha: Nakladatelství Lidové noviny.
Kluge Friedrich 2011 [1883]: Etymologisches Wörterbuch der deutschen Sprache [Etymological Dictionary of the German Language], bearb. von E. Seebold, 25th ed., Berlin, New York: De Gruyter.
Kroonen Guus 2013: Etymological Dictionary of Proto-Germanic, Leiden,Boston: Brill.
LIV 2001 [1998]: Lexikon der indogermanischen Verben: Die Wurzeln und ihre Primärstammbildungen [Lexicon of the Indo-European Verbs: Roots and their Primary Stem Formations], unter Leitung von H. Rix, bearb. von M. Kümmel, T. Zehnder, R. Lipp, B. Schirmer, 2., verbesserte Aufl., Wiesbaden: Dr. Ludwig Reichert Verlag.
Mažiulis Vytautas 2013 [1988–1997]: Prūsų kalbos etimologijos žodynas [Etymological Dictionary of Old Prussian], comp. by V. Rinkevičius, 2 ed., Vilnius: Mokslo ir enciklopedijų leidybos centras.
Morgenstierne Georg 1938: Indo-Iranian Frontier Languages 2: Iranian Pamir Languages (Yidgha-Munji, Sanglechi-Ishkashmi and Wakhi), Oslo: Aschenhoug & Nygaard.
Novák Ľubomír 2013: Problem of Archaism and Innovation in the Eastern Iranian Languages: Doctoral Dissertation, Praha: Charles University.
Paxalina Tatjana N. 1959: Iškašimskij jazyk [Ishkashim Language], Moskva: Izdatelstvo Akademii nauk.
Paxalina Tatjana N. 1975: Vaxanskij jazyk [Vaxan Language], Moskva: Nauka.
Pedersen Holger 1909: Vergleichende Grammatik der keltischen Sprachen [Comparative Grammar of the Celtic Languages] 1, Göttingen: Vandenhoeck & Ruprecht.
Pokorny Julius 1959: Indogermanisches etymologisches Wörterbuch [Indo-Germanic Etymological Dictionary], Bern-München: Francke.
Schmalstieg William R. 2015: Studies in Old Prussian: A Critical Review of the Relevant Literature in the Field from 1975 until 2005, Vilnius: Vaga.
6
Smoczyński Wojciech 2000: Untersuchungen zum deutschen Lehngut im Altpreussischen [Investigations into German Fiefdoms in Old Prussia], Kraków: Wydawnictwo Uniwersytetu Jagiellońskiego.
Smoczyński Wojciech 2018: Lithuanian Etymological Dictionary, ed. by A. Holvoet, S. Young with the assist. of W. Browne, Berlin: Peter Lang.
Sreznevskiĭ Izmail I. 1902: Materialy dlia slovaria drevne-russkogo jazyka po pismennym pamâtnikam [Materials for the Dictionary of Old Russian Language on Written Monuments] 2: L–P, Sankt-Peterburg: Izdanije Otdelenija russkogo jazyka i slovesnosti Imperatorskoj AN.
Steblin-Kamenskij Ivan M. 1999: Etimologičeskij slovar vachanskogo jazyka [Etymological Dictionary of the Wakhi Language], Sankt-Peterburg: Sankt-Peterburgskij Gosudarstvennyj universitet.
UEW I: Uralisches etymologisches Wörterbuch [Uralic Etymological Dictionary] 1: törədək, von K. Rédei, C. Sándor, I. Erdélyi, E. Vértes, Budapest: Akadémiai Kiadó, 1986.
ACKNOWLEDGEMENT
I would like to express my thanks to Stefan Zimmer and Harald Bichlmeier for their valuable feedback.
Senosios prūsų poaris
SANTRAUKA
Senosios prūsų kalbos žodis poaris iki šiol etimologizuotas trimis skirtingais atžvilgiais: Adalbertas Bezzenbergeris, siekdamas jį palyginti su lietuvišku atitikmeniu parplỹs⁵ ‘kurklys’, įvedė sąvoką +parpis; Wojciechas Smoczyńskis pritaikė vokiečių žodį Werre ‘kurklys’; V. Mažiulis jį kildino iš veiksmažodžio, išlikusio, pavyzdžiui, senojeje bažnytinėje slavų kalboje, pariti ‘skristi’, kuris turėtų būti siejamas su liet. sparnas ‘paukščio ar vabzdžio sparnas’ ir kt. Šiame straipsnyje pateikiamas naujas sprendimas, lyginant senosios prūsų kalbos poaris su rytų iranėnų kalbos pavadinimu kirminas, išlikusiu chotanų nom. pl. pāra, acc. pl. pīra, vachių p(ə)rič ‘vabzdys, sliekas, kirminas, medgraužis’, budistų sogdų pr’n’k, pl. pr’nyt
⁵ Tokia pat žodžių daryba ir semantinė motyvacija būdinga lietuvių kalbos sinonimui kurklys, gen. -io ‘paprastasis kurklys (Gryllotalpa gryllotalpa), drėgnoje dirvoje gyvenantis ir augalų šaknis graužiantis vabzdys; skorpionas’. Jis žymi veiksėjo pavadinimą su galūne –lys, padarytą iš lietuvių veiksmažodžio kurkšti ‘kvaksėti, krykšti (apie varlę); kudakuoti (apie vištą); kvarkti (apie varlę)’, latvių kūrkt ‘kvaksėti, krykšti’; toliau senosios bažnytinės slavų kalbos krъknǫti ‘inkšti, klykti’, rusų kerkatь ‘švilpti, inkšti’ (Smoczyński 2018: 639–640).
7
‘vabzdys, kirmėlė’ ir kt., visi jie yra kilę iš šaknies *per- ‘peržengti, pereiti; prasiskverbti’, o tai reiškia tiek senosios prūsų, tiek rytų iranėnų kalbų vabzdžių pavadinimų bendrą semantinį vardiklį ‘prasiskverbiantis’.
8