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Les silex et autres matières premières comme preuves de contacts entre les groupes de chasseurs-cueilleurs pendant le Paléolithique supérieur de la région cantabrique (nord de l’Espagne): Synthèse de l’information disponible

Martín Jarque, Sergio,Tarriño Vinagre, Antonio,Delclós, Xavier,García-Alonso, Beatriz,Peñalver, Enrique,Prieto de Dios, Alejandro,Álvarez Fernández, Esteban

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1 Les silex et autres matières premières comme preuves de contacts entre les groupes 1 de chasseurs-cueilleurs pendant le Paléolithique supérieur de la région cantabrique 2 (nord de l'Espagne): synthèse de l'information disponible 3 4 Flint and other raw materials as evidence of contacts between hunter-gatherer groups 5 during the Upper Palaeolithic of Cantabrian Spain: synthesis of available information 6 7 Sergio Martín-Jarquea,b,⁎, Antonio Tarriñob,c,d, Xavier Delclòse, Beatriz García-Alonsof, 8 Enrique Peñalverg, Alejandro Prietoc,d, Esteban Álvarez-Fernándeza,b 9 10 a Departamento de Prehistoria, Historia Antigua y Arqueología, Facultad de Geografía e Historia, 11 Universidad de Salamanca https://ror.org/02f40zc51 (ORCID: S.M.-J.: 0000-0002-4376-4057 ; E.A.-F.: 12 0000-0002-7895-3421), Calle Cervantes s/n, E-37002 Salamanca, Espagne. 13 b Grupo de Investigación Reconocido PREHUSAL-Universidad de Salamanca, Espagne. 14 c Departamento de Geografía, Prehistoria y Arqueología, Facultad de Letras, Universidad del País Vasco 15 (UPV/EHU), Paseo de la Universidad 5, E-01006 Vitoria-Gasteiz, Espagne. 16 d Grupo Consolidado de Investigación del Gobierno Vasco en Prehistoria: evolución humana, cambio 17 climático y adaptación cultural en las sociedades preindustriales (GIZAPRE), IT-1435-22. 18 e Departament de Dinàmica de la Terra i de l'Oceà, Institut de Recerca de la Biodiversitat (IRBio), 19 Facultat de Ciències de la Terra, Universitat de Barcelona, Calle Martí i Franquès s/n, E-08028 20 Barcelona, Espagne. 21 f Museo Arqueológico de Asturias, Calle San Vicente 3-5, E-33003 Oviedo, Espagne. 22 g Museo Geominero, Instituto Geológico y Minero de España (IGME-CSIC), Calle Cirilo Amorós 42, E-23 46004 Valencia, Espagne. 24 25 26 27 ⁎ Auteur correspondant.28 E-mail address: [email protected] (S. Martín-Jarque). 29 30 31 Résumé 32 Le silex est la principale matière première lithique utilisée dans la Préhistoire du 33 continent européen et c'est une ressource fondamentale dans les circuits économiques et 34 sociaux des groupes de chasseurs-cueilleurs pendant le Paléolithique supérieur de la 35 région cantabrique (nord de l'Espagne). Sa préférence incontestable par rapport aux 36 autres ressources repose sur une série de qualités telles qu'une disponibilité facile du fait 37 de sa grande abondance et de la grande dispersion des affleurements, ainsi que les 38 excellentes qualités pour sa taille. Dans cet article, nous présentons une synthèse des 39 informations disponibles à partir des études sur le silex et d'autres matières premières 40 utilisées par les groupes de chasseurs-cueilleurs. Cette révision a été abordée dans le 41 cadre des occupations archéologiques de la région cantabrique datées du Paléolithique 42 This is the accepted manuscript of the article that appeared in final form in L'Anthropologie 127(1) : (2023) // Article ID 103092, which has been published in final form at https://doi.org/10.1016/j.anthro.2022.103092. © 2022 Elsevier Masson SAS under CC BY-NC-ND license (http://creativecommons.org/ licenses/by-nc-nd/4.0/) 2 supérieur. D'une part, il s'agit des études relatives sur la provenance des différents types 43 de silex trouvés, leur représentation quantitative dans chacun des gisements revisées, 44 préférence, si c'est le cas, par rapport aux autres matières premières documentées, ainsi 45 que leur modèle de diffusion sur le territoire. D'autre part, d'autres ressources sont 46 traitées, comme le quartzite, l'ocre et différent roches métamorphiques, sédimentaires et 47 ignées, ainsi que quelques matériaux d'origine biologique, comme l'ambre, le jais/lignite 48 et les fossiles d'origine animale. Les informations disponibles concernant l'utilisation de 49 ces matières premières dans le contexte du Paléolithique supérieur cantabrique sont 50 assez rares et leurs études de caractérisation sont récentes. 51 Mots clés : Silex ; Quartzite ; Ocre ; Ambre ; Jais/Lignite ; Fossiles 52 53 Abstract 54 Flint was the most widely used lithic raw material in Europe in Prehistory and, 55 more specifically, was a fundamental resource in the economic and social networks of 56 hunter-gatherer groups in the Cantabrian Spain during the Upper Palaeolithic. The 57 undeniable preference for it compared with other resources was due to a series of 58 factors, such as its easy availability because of its abundance and wide distribution of 59 outcrops, and its excellent qualities for knapping. This summary of the available 60 information about flint and other raw materials used by hunter-gatherers is framed in 61 the context of Upper Palaeolithic occupations in Cantabrian Spain. First, it presents the 62 studies focusing on the provenance of the different types of flint that are found in those 63 occupations; their quantitative representation at each of the sites; their preference, if 64 that is the case, over other raw materials; and the model of their diffusion across the 65 territory. Then other resources are considered, such as quartzite, ochre and different 66 metamorphic, sedimentary and igneous rocks, as well as some materials of biological 67 origin, such as amber, jet/lignite and fossils of animal origin. However, the information 68 available about the use of the latter raw materials in Cantabrian Spain during the 69 Upper Palaeolithic is quite limited and studies of their characterisation are very recent. 70 Keywords: Flint; Quartzite; Ochre; Amber; Jet/Lignite; Fossils 71 72 73 1. Introduction 74 Des études portant sur l'acquisition et l'exploitation de matières premières lithiques à 75 caractère archéologique nous avertissent sur des affleurements géologiques qui auraient 76 pu être utilisés par des groupes de chasseurs-cueilleurs paléolithiques pour 77 s'approvisionner et répondre à leurs besoins technologiques. 78 Dans le cas spécifique des silex, c'est un matériau idéal en raison de certaines 79 caractéristiques qui permettent l'identification et la discrimination des variétés en 80 fonction de leur origine, en plus d'être l'un des vestiges qui survivent le mieux dans le 81 3 registre archéologique. Sa caractérisation par analyse texturale, par microscopie 82 pétrographique, par analyse minéralogique et géochimique, est, aujourd'hui, assez 83 développée et mise en œuvre par les équipes de recherche. Ceci est possible grâce aux 84 méthodes que la Pétrologie utilise pour la caractérisation des roches, de sorte que leur 85 origine soit reconnue et que des conclusions soient tirées qui doivent être interprétées à 86 travers la Préhistoire. 87 Dans un premier temps, l'étude appliquée au gisement asturien de La Riera a été 88 délimitée, pionnière dans l'approche de la classification du silex par type basée sur leur 89 description et leur analyse pétrographique (Straus et al., 1986). Pour la suite, dans une 90 étape suivante, une tentative est faite pour résoudre le problème de son origine 91 géologique, avec des travaux effectués, surtout, dans les Asturies et en Cantabrie (ex., 92 Sarabia, 1990a, 1990b, Arias, 1990, 1991, González Sainz, 1991). Mais aussi au Pays 93 Basque, ou une caractérisation pétroarchéologique détaillée des différents silex utilisés 94 dans certains gisements du secteur oriental du Bassin Basco-Cantabrique est obtenue 95 (Tarriño et Aguirre, 1997). 96 Les premières thèses de doctorat sur la provenance des silex utilisés en Préhistoire 97 dans le nord de l'Espagne ont été élaborés à partir de matériaux du Bassin Basco-98 Cantabrique. En Cantabrie, Sarabia (1999), réalise une méthodologie d'identification 99 macroscopique avec un schéma de captation du silex plus ou moins immédiate et 100 proche. Au Pays Basque, Tarriño (2001), procède à une caractérisation pétrografique 101 des différents types ce qui lui permet d'obtenir des informations sur la mobilité des 102 matières premières siliceuses. Au cours des deux dernières décennies, des travaux de 103 recherche de cette nature ce sont développer systématiquement dans le Bassin Basco-104 Cantabrique (Tarriño, 2006, Rissetto, 2009, García-Rojas, 2014, Fontes, 2016a), mais 105 ils se sont également développé dans d'autres contextes géographiques du nord de la 106 péninsule ibérique comme la Zone Cantabrique (Herrero-Alonso, 2018) ou les Pyrénées 107 occidentales (Elorrieta, 2016, Calvo, 2019). 108 Les informations concernant l'utilisation d'autres matières premières dans la 109 Préhistoire cantabrique sont beaucoup plus rares. Ainsi, des groupes de chasseurs-110 cueilleurs du Paléolithique supérieur utilisaient aussi du quartzite pour fabriquer leurs 111 artefacts. Cependant, ce n'est que récemment que les premières études ont été réalisées 112 dans la région cantabrique (Prieto, 2018). 113 D'autres matières premières organogéniques et minérales sont citées dans les 114 contextes du Paléolithique supérieur, principalement liées à la fabrication d'objets de 115 parure ou à l'élaboration d'art pariétal. Cependant, sauf exceptions, il n'y a pas beaucoup 116 de données sur sa obtention dans la nature. Comme exemples peuvent être l'obtention de 117 l'ambre (Álvarez-Fernández et al., 2005a), ou les oxydes de fer liés à l'obtention de 118 pigments pour la réalisation d'art mural, et éventuellement d'art corporel (García-119 Alonso, 2019). 120 4 121 Fig. 1. Localisation des gisements paléolithiques de la région cantabrique signalés dans cet 122 article. Les contours du niveau de la mer sont d'après Zickel et al. (2016). 1. Grotte de Peña de 123 Candamo; 2. Grotte de Las Caldas; 3. Abri de La Viña; 4. Grotte de Los Azules; 5. Grotte d'El 124 Buxu; 6. Cova Rosa; 7. Grotte d'El Cierro; 8. Grotte de Tito Bustillo; 9. Grotte de La Lloseta; 125 10. Abri de Cueto de la Mina; 11. Grotte de La Riera; 12. Grotte d'El Covarón; 13. Grotte de 126 La Pruneda; 14. Grotte de Los Canes; 15. Grotte d'Arangas; 16. Grotte de La Covaciella; 17. 127 Grotte de Coímbre; 18. Grotte de Llonín; 19. Grotte d'El Pindal; 20. Grotte d'El Habario; 21. 128 Grotte d'El Arteu; 22. Grotte d'El Linar; 23. Grotte de Las Aguas; 24. Grotte de Cualventi; 25. 129 Grotte d'Altamira; 26. Grotte de Hornos de la Peña; 27. Grotte de Las Chimeneas; 28. Grotte 130 d'El Castillo; 29. Grotte d'El Pendo; 30. Grotte d'El Juyo; 31. Grotte d'El Oso; 32. Grotte d'El 131 Rascaño; 33. Grotte de La Garma A; 34. Galerie Inférieure de La Garma; 35. Grotte d'El 132 Mirón; 36. Grotte d'El Horno; 37. Grotte d'El Arco B; 38. Grotte de Cobrante; 39. Grotte de La 133 Lastrilla; 40. Grotte d'Arenaza; 41. Grotte de Baltzola; 42. Grotte de Santimamiñe; 43. Grotte 134 d'Antoliñako koba; 44. Grotte de Bolinkoba; 45. Grotte de Lumentxa; 46. Grotte de Santa 135 Catalina; 47. Grotte de Labeko koba; 48. Grotte d'Aizkoltxo; 49. Grotte de Praileaitz I; 50. 136 Grotte d'Urtiaga; 51. Grotte d'Ekain; 52. Grotte d'Amalda; 53. Grotte de Kukuma; 54. Grotte 137 d'Usategi; 55. Gisement de plein air d'Ametzagaina; 56. Grotte d'Aitzbitarte III; 57. Grotte 138 d'Aitzbitarte IV; 58. Gisement de plein air de Portugain; 59. Gisement de plein air de 139 Mugarduia Sur; 60. Grotte d'Alkerdi; 61. Grotte de Berroberria. 140 Location of the Palaeolithic sites in the Cantabrian Spain cited in the present paper. The sea 141 level curves are taken from Zickel et al. (2016). 1. Peña de Candamo Cave; 2. Las Caldas 142 Cave; 3. La Viña Rock Shelter; 4. Los Azules Cave; 5. El Buxu Cave; 6. Cova Rosa; 7. El 143 Cierro Cave; 8. Tito Bustillo Cave; 9. La Lloseta Cave; 10. Cueto de la Mina Rock Shelter; 11. 144 La Riera Cave; 12. El Covarón Cave; 13. La Pruneda Cave; 14. Los Canes Cave; 15. Arangas 145 Cave; 16. La Covaciella Cave; 17. Coímbre Cave; 18. Llonín Cave; 19. El Pindal Cave; 20. El 146 Habario Cave; 21. El Arteu Cave; 22. El Linar Cave; 23. Las Aguas Cave; 24. Cualventi Cave; 147 25. Altamira Cave; 26. Hornos de la Peña Cave; 27. Las Chimeneas Cave; 28. El Castillo 148 Cave; 29. El Pendo Cave; 30. El Juyo Cave; 31. El Oso Cave; 32. El Rascaño Cave; 33. La 149 Garma A Cave; 34. Lower Gallery at La Garma; 35. El Mirón Cave; 36. El Horno Cave; 37. El 150 Arco B Cave; 38. Cobrante Cave; 39. La Lastrilla Cave; 40. Arenaza Cave; 41. Baltzola Cave; 151 42. Santimamiñe Cave; 43. Antoliñako koba Cave; 44. Bolinkoba Cave; 45. Lumentxa Cave; 152 5 46. Santa Catalina Cave; 47. Labeko koba Cave; 48. Aizkoltxo Cave; 49. Praileaitz I Cave; 50. 153 Urtiaga Cave; 51. Ekain Cave; 52. Amalda Cave; 53. Kukuma Cave; 54. Usategi Cave; 55. 154 Open-air site of Ametzagaina; 56. Aitzbitarte III Cave; 57. Aitzbitarte IV Cave; 58. Open-air 155 site of Portugain; 59. Open-air site of Mugarduia South; 60. Alkerdi Cave; 61. Berroberria 156 Cave. 157 158 2. Silex 159 2.1. Matériel 160 Les études sur la provenance des silex examinés pour ce travail correspondent à un 161 total de soixante-quinze ensembles archéologiques différentes, auxquelles s'ajoutent 162 quatre collections de pièces sélectionnées et récoltées en surface, appartenant à trente-163 cinq sites répartis dans toute la Cordillère Cantabrique et les Pyrénées occidentales, 164 situées dans les Asturies (huit), la Cantabrie (neuf), le Pays Basque (quatorze) et la 165 Navarre (quatre) (Fig. 1, Tableau 1 avec références bibliographiques). Son attribution 166 chrono-culturelle couvre toutes les périodes du Paléolithique supérieur : Aurignacien, 167 Gravettien, Solutréen et Magdalénien ; plus l'Azilien comme industrie de transition du 168 Paléolithique supérieur au Mésolithique. 169 Gisement Ensemble Nombre total d'échantillons Échantillons en silex analysés Référence n % Asturies Las Caldas VII 670 - 89,2 % Corchón et al., 2009 VIII 371 - 91,8 % IX 426 - 89,7 % La Viña VII 2701 1013 37,5 % Martínez, 2015, pp. 340, 385-388, 448, 500-502, 582, 625-628, 693, 736-739 VIII 3100 1213 39,1 % IX 8003 2870 35,9 % X 2108 804 38,1 % XII 53751 17722 33,0 % Santamaría, 2012, pp. 759-764, 928-932, 1038-1043 XIII 23593 7666 32,4 % XIII inf . 17216 4220 24,5 % Cova Rosa 4 a 269 33 12,3 % Álvarez-Fernández et al., 2019, 2020b 7 a 86 8 9,3 % El Cierro C+D 85 48 56,5 % Álvarez-Fernández et al., 2016, 2020a F 2238 - - Tito Bustillo 1c2 2161 - - Álvarez-Fernández et al., 2021 Cueto de la Mina VII 886 295 33,3 % Martínez, 2015, pp. 850, 912 - 915 Coímbre Co.B.1 7653 200 2,6 % Álvarez-Alonso et al., 2017 Tarriño et Elorrieta, 2017 Llonín V-Gal 228 104 45,6 % Martínez, 2015, pp. 1005, 1043 - 1045 Cantabrie El Linar 3 299 272 91,0 % Tarriño, 2016 Las Aguas B 156 141 90,4 % Cualventi E 300 297 99,0 % Altamira 2 3439 - 36,8 % Fontes et al., 2016 6 Obermaier Magdalénien 57 52 91,2 % Tarriño et al., 2013a Obermaier Solutréen 381 333 87,4 % El Juyo 6 3511 - 65,9 % Fontes et al., 2016 El Rascaño 4b 2708 - 62,7 % El Mirón 17 33718 - 61,1 % Fontes et al., 2016, 2018 504 6212 - 73,3 % El Horno 1 146 141 95,9 % Fano et al., 2016, 2020 2 336 334 99,4 % 2 ˈ 869 815 93,8 % 3 21 21 100,0 % Cobrante 2 359 358 99,7 % Tarriño, 2009 3+4 38 33 86,8 % 5+6+7 44 13 29,5 % Pays Basque Arenaza V - 77 - García-Rojas, 2021 VI - 189 - VII - 95 - VIII - 68 - IX - 95 - X - 3 - Baltzola 9 1277 479 37,5 % García-Rojas, 2014, pp. 318-330, 352-356, 371373 6 527 207 39,3 % 7 130 53 40,8 % Santimamiñe Arcp - 144 - Tarriño, 2011b Csn - Camr - 92 - Antoliñako koba Lanc 495 275 55,6 % García-Rojas, 2014, pp. 431-433, 445-447 Lgc sup . 102 80 78,4 % Lgc inf . - 77 - Tarriño et Aguirre, 2002 Lmc - 415 - Lab+Lmbk - 224 - Bolinkoba VI/F 2506 1714 68,4 % Calvo et Arrizabalaga, 2020 Labeko koba IV - 875 - Tarriño, 2000 V - 1358 - VI - 95 - VII - 1422 - Aizkoltxo 7D+7C 6797 2268 33,4 % García-Rojas, 2014, pp. 213 - 231 Praileaitz I III - 96 - Tarriño, 2017 IV - 110 - V - 30 - Urtiaga F 1551 1377 88,8 % Fontes, 2016b Amalda V 829 467 56,3 % Calvo et Arrizabalaga, 2020 VI 2264 1220 53,9 % Kukuma I 792 308 38,9 % García-Rojas, 2014, pp. 270 - 275 Usategi III+IV 29 28 96,6 % Calvo et Arrizabalaga, 2020, 2021 Ametzagaina Est 2436 2427 99,6 % Calvo et Arrizabalaga, 2020 Aitzbitarte III III 366 356 97,3 % Tarriño, 2011a IV 222 222 100,0 % Va 359 358 99,7 % Vb(sup) 167 165 98,8 % 7 Vb 869 850 97,8 % Vb(inf) 53 46 86,8 % Navarre Portugain 1 - 9543 - Tarriño, 2008 Mugarduia Sur Redondo 1293 1293 100,0 % Tarriño, 2013 1 - 5601 - Alkerdi 2 913 909 99,6 % Elorrieta, 2016, pp. 233 - 245 Berroberria E 846 846 100,0 % Elorrieta, 2016, pp. 255-269, 272-284, 288301 Elorrieta et Tarriño, 2016 E inf . 450 447 99,3 % G 1399 1381 98,7 % Tableau 1. Données quantitatives générales et références bibliographiques des ensembles 170 archéologiques, classés géographiquement dans un sens d'ouest en est, avec des études publiées 171 sur la provenance des silex. 172 General quantitative data for the archaeological assemblages and references to the literature, 173 in a geographic order from west to east, with published flint provenance studies. 174 2.2. Méthodes 175 Ensuite, les différents types de silex sont indiqués et décrits en fonction de leur 176 formation géologique d'origine et, le cas échéant, de leurs variétés, regroupées par leur 177 milieu géologique de formation et leur âge géologique, citées dans les études publiées 178 sur l'origine des silex archéologiques en la région cantabrique (Fig. 2). 179 2.2.1. Chert noir et radiolarite du Paléozoïque 180 "Chert noir" 181 Les "chert noir" sont un type de roche siliceuse non détritique que l'on peut trouver 182 dans les roches carbonatées du Dévonien et du Carbonifère, ainsi que dans les 183 affleurements intercalés dans les calcaires et les schistes de la Zone Cantabrique. Le 184 terme "chert noir" comprend une série de silicifications de genèse, texture ou 185 minéralogie différentes. Ses variétés ont été décrites récemment (Tarriño et al. 2015, 186 Herrero-Alonso, 2018, Herrero-Alonso et al. 2021). Le "chert noir" se caractérise par 187 une cassure irrégulière et une matrice très opaque, bien qu'il existe des variétés plus 188 brillantes et légèrement translucides. 189 Radiolarite 190 La radiolarite est une roche siliceuse non détritique formée, dans la zone d'étude, 191 dans le Viseen (Carbonifère inférieur) qui affleure dans les membres moyens et 192 supérieurs de la Formation Alba. La présence de cette variété, de couleur rouge foncé, 193 est connue depuis la fin du siècle dernier, identifiée dans divers sites archéologiques de 194 la Cordillère Cantabrique. Cependant, il n'avait été décrit d'un point de vue 195 pétrologique, minéralogique et géochimique que ces dernières années (Tarriño et al. 196 2015, Herrero-Alonso, 2018, Herrero-Alonso et al. 2021). La radiolarite se caractérise 197 8 avant tout par la présentation d'une matrice assez opaque, parfois à feuilletage parallèle, 198 formée par des squelettes siliciques de radiolaires (protozoaires marins). 199 2.2.2. Silex de plate-forme récifal du Crétacé inférieur 200 201 Silex Urgonien 202 Le silex de l'Urgonien se trouve dans le complexe carbonaté homonyme qui a une 203 large distribution dans le secteur central et oriental de la Cordillère Cantabrique 204 (Tarriño, 2006). Ces silicifications se forment dans les plate-formes récifales 205 carbonatées de l'Aptien supérieur - Albien inférieur (Crétacé inférieur) (e.g. Bustillo et 206 al., 2017). Le silex se caractérise par la présence à l'intérieur de fragments de bivalves 207 rudistes et de coraux, à la fois massifs et branchus, parmi de nombreux autres fossiles 208 pas identifiables. 209 2.2.3. Silex du Flysch pyrénéen du Crétacé supérieur 210 211 Le silex du Flysch provient des formations géologiques d'origine turbiditique 212 déposées dans des milieux profonds. Dans l'ensemble, ces roches détritiques sont 213 composées d'une alternance de calcarénites bioclastiques et d'arénites quartzifères avec 214 des fragments de mollusques et de spicules d'éponges alternant avec des niveaux plus 215 argileux, et contiennent des niveaux à matière organique, ainsi que des foraminifères 216 planctoniques occasionnels (globigérinides) et des cristaux de dolomite idiomorphes 217 (Tarriño, 2006). Les principales variétés décrites (Tarriño et al., 2015, 2016), 218 correspondant aux affleurements du Cénomanien au Campanien (Crétacé supérieur), 219 citées dans cet ouvrage, sont les suivantes: 220 Silex du Flysch de Kurtzia 221 Décrit par Tarriño (2006) autour de la ville côtière de Barrika (Bizkaia). Il présente 222 une matrice généralement translucide caractérisée par des feuillets turbiditiques et des 223 stigmates dus à une forte abrasion marine. 224 Silex de Gaintxurizketa 225 Décrit par Tarriño (2006) dans le couloir Deva-Irún, près de Gaintxurizketa 226 (Gipuzkoa). Il présente une coloration sombre et des bioturbations abondantes riches en 227 reliques carbonatées qui lui donnent un aspect plus ou moins zoné. 228 Silex du Flysch de Bidache 229 Décrit par Normand (2002) autour de l'embouchure de l'Adour, entre la ville côtière 230 de Biarritz et l'affleurement/atelier de Mouguerre, près de Bayonne (Pyrénées-231 Atlantiques), ce silex a une coloration grisâtre et sa caractéristique macroscopique la 232 plus notable est la présence de feuillets turbiditiques parallèles, évidentes dans les cas de 233 plus grande patine. 234 2.2.4. Silex pélagique du Crétacé supérieur 235 9 236 Silex de Salies-de-Béarn 237 Le silex de Salies-de-Béarn se trouve dans une série carbonatée du Campanien 238 (Crétacé supérieur) exposée dans l'anticlinal de Peyrehorade (Orthez, Pyrénées-239 Atlantiques), formée dans des roches d'un environnement de bassins sous-marins 240 (Tarriño et al., 2007a). Normand (2002) en a fait sa description pétrographique. C'est un 241 silex au grain fin et à la coloration sombre, avec des bioturbations riches en reliques 242 carbonatées qui lui donnent un aspect extérieur zoné de tons gris clair. A cela s'ajoute la 243 présence habituelle à l'intérieur des foraminifères planctoniques (globigérinés en 244 général). 245 Silex de Tercis 246 Le silex de Tercis se trouve aux abords de la Grand-Carrière ou Carrière d'Avezac, 247 sur la commune de Tercis-les-Bains, près de Dax (Landes). Ce sont des silicifications 248 qu'on trouve dans de roches du Campanien-Maastrichtien (Crétacé supérieur) formées 249 dans un environnement de bassins sous-marins profonds. Normand (2001, 2002) en a 250 fait sa description pétrographique. Le silex se caractérise par une matrice généralement 251 translucide, des tons sombres et une teneur exceptionnelle en foraminifères, à la fois 252 planctoniques et benthiques. 253 2.2.5. Silex de plate-forme carbonatée marine du Crétacé supérieur 254 Silex de Grand-Pressigny 255 Le silex du Grand-Pressigny se trouve dans des roches carbonatées du Turonien 256 (Crétacé supérieur) formées dans une plate-forme marine externe du Turonien et on le 257 trouve autour de la commune du Grand-Pressigny (Indre-et-Loire) (Primault, 2003). 258 Préalablement à sa caractérisation, une description pétrologique a été réalisée (Giot et 259 al., 1986). C'est un silex de teinte brunâtre à rougeâtre qui peut présenter des zonations, 260 et avec beaucoup de bioclastes (foraminifères benthiques, échinodermes, bryozoaires, 261 mollusques, etc.). 262 Silex "Grain de mil" 263 Le silex dit "Grain de mil" se trouve dans des roches carbonatées du Santonien 264 (Crétacé supérieur) formées dans une plate-forme marine externe et on le trouve dans le 265 secteur de l'anticlinal de Jonzac (Ozillac, Charente-Maritime) (Simonnet et al., 2007). 266 Bien que son existence soit connue depuis les années 80 du siècle dernier (Simonnet, 267 1982), sa texture, sa minéralogie et sa géochimie n'avaient été décrites qu'il y a quelques 268 années (Caux, 2015, Caux et Bordes, 2016). La caractéristique la plus importante qui 269 définit cette matière première est sa texture formée par une teneur élevée en bioclastes, 270 tels que des fragments de bryozoaires et de foraminifères benthiques, ainsi que l'absence 271 totale de quartz détritique. 272 Silex de Chalosse 273 16 Au niveau 1 (Magdalénien supérieur) de la Zone B, les vestiges lithiques récupérés 495 (n = 7653) indiquent une prédominance de quartzite (57,3% n=4385) sur le silex (40,4% 496 n=3095). Le quartz est également représenté (2,2% n=168) et, à titre de témoignage, d'autres 497 matières premières (0,1% n=5). 498 L'étude de l'origine du silex (n = 200) indique la présence prédominante du silex du 499 Flysch (>60%). De plus, d'autres types ont été identifiés, comme le Piloña (10-20%), le 500 Monte Picota (5-10%) et le chert noir (<10%). La radiolarite, le silex de Treviño et le 501 silex d'Urbasa, bien que sous-représentés, ont également été identifiés dans un 502 pourcentage non représentatif (<2% chacun). Le reste du matériel correspond aux silex 503 altérés et indéterminés (5-10%). 504 Grotte de Llonín (Peñamellera Alta, Asturies) 505 Au niveau V (Gravettien) de la Galerie, l'examen des vestiges lithiques récupérés (n 506 = 228) a permis de documenter qu'il existe une proportion similaire dans l'utilisation à la 507 fois de quartzite et de silex, avec une légère majorité du premier (48,7% n=111 et 45,6% 508 n=104 respectivement). D'autres matières premières tels que le grès/quartz-grès, le quartz, 509 et éventuellement la lutite sont également représentées (5,7% n=13). 510 L'étude de l'origine des silex de ce niveau indique une nette prédominance des 511 ressources de captage immédiat au gisement : la radiolarite (57,7 % n=60) et le chert noir 512 (1,9% n=2). A cela s'ajoute la présence du silex de Piloña (13,5% n=14). Le reste du 513 matériel correspond à des silex indéterminés (2,9% n=3) et les altérés (24% n=25). 514 Grotte d'El Linar (Alfoz de Lloredo, Cantabrie) 515 Sur le site, 358 vestiges lithiques ont été analysés. La prédominance des matériaux 516 siliceux est attestée (silex et radiolarite : 91,9% n=329) sur le reste des matières premières 517 identifiées, à savoir : le quartzite (6,4% n=23), le cristal de roche (1,4% n=5) et le grès 518 (0,3% n=1). 519 Le groupe le plus important d'effectifs lithiques est celui qui provient du niveau 3 520 (Magdalénien inférieur) (n = 299). Les matières siliceuses sont, là encore, la matière 521 première prédominante (silex et radiolarite : 278 restes). Le quartzite (15 restes), le 522 cristal de roche (5 restes) et un seul reste de grès sont également représentés. 523 L'étude de l'origine du silex, qui rassemble un échantillon de 236 restes retouchés et 524 36 restes de taille (n = 272), indique que la source la plus utilisée est le silex du Flysch 525 (47,8% n=130) et que le silex de Monte Picota est également représenté de manière 526 significative (16,2%, n=44). L'identification des silex de Treviño et Chalosse se démarque 527 (5,5% n=15 chacun), ainsi que celle du silex d'Urbasa (4%). La détermination est 528 complétée par le silex Urgonien (3,7% n=10) et du Piloña (1,1% n=3) avec des 529 pourcentages minoritaires. Le reste du matériel correspond aux silex indéterminés 530 (15,4% n=42) et les altérés (0,7% n=2). 531 17 Grotte de Las Aguas (Alfoz de Lloredo, Cantabrie) 532 Dans le gisement, 211 restes lithiques ont été analysés. La ressource la plus utilisée 533 sont les matériaux siliceux (silex et radiolarite: 90,5% n=191) sur le reste des matières 534 premières comme le quartzite (7,1% n=15), la lutite (1,9% n=4) et une seule preuve de grès 535 (0,5%). 536 Le plus grand ensemble d'effectifs lithiques est celui provenant du niveau B 537 (Magdalénien inférieur) (n = 156). Les matériaux siliceux prédominent (silex et 538 radiolarite : 144 restes) et d'autres comme le quartzite (9 restes) et la lutite (3 restes). 539 L'étude de l'origine du silex, un ensemble de 121 restes retouchés et 20 restes de 540 taille (n = 141), place le silex du Flysch comme le matériel qui représente un peu plus 541 de la moitié des échantillons (50,4% n=71), soulignant le pourcentage vraiment important 542 de silex de Treviño (19,9% n=28); ainsi que, dans une moindre mesure, le silex de Monte 543 Picota (12,8% n=18). De plus, ont également été identifiés les types Piloña (2,1% n=3) et 544 Urgonien (1,4% n=2). Le reste du matériel correspond à des silex indéterminés (9,9% 545 n=14) et les altérés (3,5% n=5). 546 Grotte de Cualventi (Alfoz de Lloredo, Cantabrie) 547 Sur le site, 351 restes lithiques ont été analysés. Le silex est la matière première 548 prédominante (98,3% n=345) et ont aussi une représentation, bien que discrète, le 549 quartzite (1,2% n=4) et le cristal de roche (0,6% n=2). 550 Le groupe le plus important d'effectifs lithiques est celui qui provient du niveau E 551 (Magdalénien inférieur) (n = 300). La quasi-totalité de l'ensemble est constituée de silex 552 (297 restes), auxquels s'ajoutent deux restes de quartzite et un reste de cristal de roche. 553 L'étude de l'origine du silex, un ensemble de 271 restes retouchés et 26 restes de 554 taille (n = 297), indique que le type majoritaire en usage est le silex du Flysch, avec un 555 peu plus de la moitié des restes (50,2% n=149), et que le silex de Monte Picota a une 556 représentation importante (17,8% n=53). Le pourcentage de silex Urgonien est 557 remarquable (9,4% n=28). Trois autres types ont également été identifiés, bien que dans 558 des pourcentages de représentation minoritaire, comme le silex de Treviño et le silex 559 d'Urbasa (2% n=6 chacun); en plus du silex de Chalosse (0,7% n=2). Le reste du matériel 560 correspond aux silex indéterminés (15,5% n=46) et les altérés (2,4% n=7). 561 Grotte d'Altamira (Santillana del Mar, Cantabrie) 562 Au niveau 2 (Magdalénien inférieur) des fouilles de L.G. Freeman et J. González 563 Echegaray, l'analyse des indices lithiques récupérés (n = 3439) indique que 36,8% des 564 restes correspondent à des variétés siliceuses déjà décrites et connues. L'étude de 565 l'origine des silex indique que les matières premières les plus utilisées qui ont été 566 identifiées sont le silex de Monte Picota (18,9%) et le silex Urgonien (9 %). Le variété 567 18 Flysch de Kurtzia est également présent (4,5%). La représentation, surtout, du silex 568 d'Urbasa (3,8%) et, dans une moindre mesure, du silex de Treviño (0,6%) ressort. 569 L'analyse d'un ensemble de pièces du site (17 restes retouchés et 40 restes de taille) 570 (n = 57), attribués au Magdalénien et appartenant à la Collection Obermaier, déposés au 571 Musée National et Centre de Recherches d'Altamira, indique que la matière première la 572 plus courante est le silex (91,3% n=52) avec d'autres matières premières telles que le 573 quartzite (7% n=4) et autres roches (1,8% n=1). L'étude de l'origine du silex indique une 574 utilisation majoritaire du silex du Flysch (24,6% n=14) et une représentation significative 575 du silex d'Urbasa (14% n=8), de Treviño et de Monte Picota (12,3% n=7 chacun). Le silex 576 de Chalosse a également été bien identifié (3,5% n=2). Le reste du matériel correspond à 577 des silex indéterminés (21,1% n=12) et les altérés (3,5% n=2). 578 L'analyse d'un ensemble de pièces du site (247 restes retouchés et 134 restes de 579 taille) (n = 381), attribués au Solutréen et appartenant aussi à la Collection Obermaier, 580 indique que le silex est la matière première prédominante (87,4% n=333) avec d'autres 581 matières premières telles que le quartzite (7,9% n=30) et d'autres roches (4,7% n=18). 582 L'étude de l'origine des silex indique une utilisation majoritaire du silex d'Urbasa 583 (19,9% n=76) et du silex du Flysch (19,3% n=73), avec une représentation significative des 584 types Chalosse (12,3% n=47), Monte Picota (11,4% n=43) et Treviño (7,3% n=28). Le reste 585 du matériel correspond à deux restes en radiolarite (0,5%) et en silex indéterminés 586 (15,7% n=60) et les altérés (1% n=4). 587 Grotte d'El Juyo (Camargo, Cantabrie) 588 Au niveau 6 (Magdalénien inférieur), l'analyse des indices lithiques récupérés (n = 589 3511) indique que 65,9% des restes correspondent à des variétés siliceuses déjà décrites 590 et connues. 591 L'étude de l'origine des silex indique que la matière première la plus utilisée parmi 592 celles qui ont été identifiées, est le silex Urgonien (37,4%). La représentation à la fois 593 de la variété Flysch de Kurtzia (11,8%) et surtout du silex de Treviño (8,6%) et 594 d'Urbasa (5,3%) est également significative. La ressource la moins représentée est, dans 595 ce cas, le silex de Monte Picota (2,8%). 596 Grotte d'El Rascaño (Miera, Cantabrie) 597 Au niveau 4b (Magdalénien inférieur), l'analyse des indices lithiques récupérés (n = 598 2708) indique que 62,7% des restes correspondent à des variétés siliceuses connues et 599 décrites antérieurement. 600 L'étude de l'origine des silex établit que la matière première prédominante parmi 601 celles qui ont été identifiées est le silex Urgonien (41,3%), sur le reste des types comme 602 Monte Picota (7,7%) et Flysch de Kurtzia (7,3%), avec une proportion 603 d'échantillonnage similaire; en plus des silex d'Urbasa et de Treviño qui sont présentés 604 en minorité (respectivement 3,4% et 3%). 605 19 Grotte d'El Mirón (Ramales de la Victoria, Cantabrie) 606 Au niveau 17 (Magdalénien inférieur) du Vestibule Extérieur "Cabane", l'analyse 607 des indices lithiques récupérés (n = 33718) indique que le silex est la matière première 608 la plus largement utilisée (61,6%), au-dessus d'autres identifiés comme la lutite (15,9%), 609 le quartzite (14,2%), le calcaire (2,1%) et le quartz plus calcite (1,2%). Les restes 610 intégrés dans la catégorie de autres rochers, ainsi que les matériaux inconnus, 611 représentent le reste du matériel analysé (3,1% et 2% respectivement). 612 L'étude de l'origine des silex reflète l'utilisation d'une variabilité significative des 613 types, étant préféré le variété Flysch de Kurtzia (18,4%) et avec une représentation 614 significative les types Urgonien (13,6%) et Monte Picota (9,6%). D'autres matériaux 615 également identifiés ont une présence discrète, comme le silex d'Urbasa (1,6%), le silex 616 de Chalosse (1,5%), le silex de Treviño (1,1%) et, enfin, du Flysch de Bidache (0,7%). 617 Les restes intégrés dans la catégorie de autres silex, ainsi que les silex inconnus, 618 représentent le reste du matériau étudié (7,6% et 7,5% respectivement). 619 Au niveau 504 (Magdalénien inférieur) du Vestibule Arrière "Corral", l'analyse des 620 témoignages lithiques récupérés (n = 6212) indique que 73,3% des restes correspondent 621 à des variétés siliceuses précédemment décrites et connues. L'étude de l'origine du silex 622 précise que le variété Flysch de Kurtzia est la matière première la plus utilisée (41,8%), 623 avec le type Monte Picota (26,6%), qui a également une représentation significative. 624 D'autres matériaux qui ont également été identifiés avec une présence minoritaire, 625 même anecdotique, sont les silex Urgonien (3,2%), Treviño (0,9%) et Flysch de 626 Bidache (0,8%). 627 Grotte d'El Horno (Ramales de la Victoria, Cantabrie) 628 Plusieurs niveaux ont été étudiés dans cette grotte. Au Magdalénien supérieur, la 629 première étude des indices lithiques récupérés qui comprend une analyse des matières 630 premières c'est un ensemble de restes retouchés et sans retouche, en écartant les 631 fragments et débris (n = 503) (niveau 1 : 38 retouchés et 108 non retouchés, n = 146 ; 632 niveau 2 : 44 retouchés et 292 non retouchés, n = 336 ; niveau 3 : 7 retouchés et 14 non 633 retouchés, n = 21). La quasi-totalité de l'ensemble est constituée de vestiges en silex 634 (98,43% n=495), à l'exception de cinq restes en cristal de roche (n.1 : 4, n.2 : 1 ; 1%), 635 deux en quartzite (n.1 : 2 ; 0,39%) et un en radiolarite (n.2 : 1; 0,19%). 636 L'étude de l'origine du silex (n.1 : 140 ; n.2 : 334 ; n.3 : 21) indique une nette 637 prédominance du Flysch (69,58% n=350) (n.1: 76,7% n=112 ; n.2: 66,7% n=224 ; n.3: 66,7% 638 n=14), ayant pu discriminer les variétés Flysch de Kurtzia et silex de Gaintxurizketa 639 parmi les restes non patinés. Monte Picota est le deuxième type le plus commun de 640 l'ensemble (8% n=40) (n.1 : 3,4% n=5 ; n.2 : 10,1% n=34 ; n.3 : 4,8% n=1). Le rapport 641 retouché/non retouché est de 60,7%/71,5% dans le cas du Flysch et de 5,6%/8,5% dans 642 celui de Monte Picota, étant donc supérieurs les restes non retouchés chez les deux 643 sujets. D'autres qui sont également représentés, de manière clairement minoritaire mais 644 20 significative, sont le silex d'Urbasa (1,78% n=9) (n.1 : 0,7% n=1 ; n.2 : 2,4% n=8) et celui 645 de Treviño (1,59% n=8) (n.1 : 2,1% n=3 ; n.2 : 1,2% n=4 ; n.3 : 4,8% n=1). Dans les deux 646 cas, la proportion retouché/non retouché (6,7%/0,7% à Urbasa et 3,4%/1,2% à Treviño) 647 est en revanche plus élevée dans les vestiges retouchés. Le reste du matériel correspond 648 à des silex indéterminés (16,89% n=85) (n.1 : 11,6% n=17 ; n.2 : 18,8% n=63 ; n.3 : 23,8% 649 n=5) et les altérés (0,59% n=3) (n.1 : 1,4% n=2 ; n.2 : 0,3% n=1). 650 Une autre étude sur les indices lithiques et l'analyse des matières premières concerne 651 exclusivement le niveau 2 à partir d'un échantillon qui exclut les restes fragmentés (47 652 retouchés et 822 non retouché, n = 869). Le silex est la matière première prédominante 653 (93,8% n=815), accompagné du cristal de roche (6,1% n=53) et un seul reste en radiolarite 654 (0,1%). Le silex du Flysch est majoritaire (54,9% n=477), avec les variétés identifiées de 655 Flysch de Kurtzia (n = 44) et de silex de Gaintxurizketa (n = 3); et celui de Monte 656 Picota, le deuxième le plus utilisé (8,6% n=75). En plus du silex d'Urbasa (1,2% n=10) et 657 celui de Treviño (0,8% n=7), un résidu de silex de Chalosse (0,1%) a été identifié. Le 658 type Urbasa est le seul, sauf dans le cas de la radiolarite, qui enregistre un rapport 659 retouché/non retouché (70%/30%) supérieur aux restes retouchés. Le reste du matériel 660 correspond à des silex indéterminés (27,7% n=241) et les altérés (0,5% n=4). 661 Grotte de Cobrante (Voto, Cantabrie) 662 Plusieurs niveaux ont été étudiés dans cette grotte. Au niveau 2 (Azilien), la révision 663 des restes lithiques retouchés (n = 359) montre une composition presque exclusive de 664 silex (99,7% n=358). L'étude de la provenance indique une exploitation similaire des 665 types Flysch et Monte Picota (respectivement 41,9% et 36,3%). Les autres matériaux 666 identifiés sont le silex d'Urbasa (2,5% n=9), dans un pourcentage significatif, et celui de 667 Treviño (0,3% n=1). Un seul reste a également été documenté en lidite (silex paléozoïque 668 ?) (0,3% n=1). Le reste du matériel correspond à des silex indéterminés (17,6% n=63) et 669 les altérés (1,1 % n=4). 670 Aux niveaux 3 et 4 (Solutréen), les informations fournies par les restes lithiques 671 retouchés (n = 38) indiquent que le silex est la matière première majoritaire (86,8% n=33) 672 et que le quartzite est également représenté (10,5% n=4) et le quartz, ce dernier avec un 673 seul reste (2,6%). L'étude de l'origine du silex place le type Flysch comme la ressource 674 la plus utilisée (45,5% n=15) et à un pourcentage très important au silex d'Urbasa (24,2% 675 n=8). Le silex de Monte Picota et celui de Treviño (9,1% n=3 et 3% n=1 respectivement) 676 sont également représentés. Le reste du matériel correspond à des silex indéterminés 677 (15,2% n=5) et les altérés (3% n=1). 678 Aux niveaux 5, 6 et 7 (Aurignacien), l'étude des restes lithiques retouchés (n = 44) 679 constate une variabilité dans l'utilisation des différentes matières premières, à savoir : la 680 lutite (50% n=22), le silex (29,5% n=13) et le grès (11,4% n=5), principalement; plus la 681 présence de calcaire (4,5% n=2), de quartzite et de quartz (2,3% n=1). L'étude de l'origine 682 du silex documente l'utilisation des types Flysch, Monte Picota et Treviño, avec deux 683 21 restes pour chacun d'eux (15,4% chacun); plus un reste en silex de Chalosse (7,7%). Le 684 reste du matériel correspond aux silex indéterminés et altérés (23,1% n=3 chacun). 685 Grotte d'Arenaza (Galdames, Bizkaia, Pays Basque) 686 Plusieurs niveaux ont été étudiés dans cette grotte. Au niveau V (Azilien), un 687 ensemble de produits lithiques en silex avec et sans retouches (n = 77) ont été étudiés. 688 L'étude de l'origine du silex place le type Flysch comme la ressource la plus utilisée 689 (66,23% n=51) et on note un important pourcentage de l'utilisation du silex de Monte 690 Picota (14,28% n=11), de celui de Treviño (10,39% n=8) et de celui d'Urbasa (9,1% n=7). 691 Au Magdalénien supérieur, trois ensembles de produits lithiques en silex avec et 692 sans retouches ont été étudiés (niveau VI : 189 ; niveau VII : 95 ; niveau VIII : 68). 693 L'étude de la provenance atteste la nette prédominance du type Flysch (n.VI : 61,38% 694 n=116 ; n.VII : 70,53% n=67 ; n.VIII : 79,41% n=54) et le silex de Treviño comme deuxième 695 matériau le plus utilisé (n.VI : 15,34% n=29 ; n.VII : 10,53% n=10 ; n.VIII : 8,82% n=6). Les 696 autres types représentés sont le silex de Monte Picota (n.VI : 10,58% n=20 ; n.VII : 4,21% 697 n=4 ; n.VIII : 5,88% n=4) et celui d'Urbasa (n.VI : 7,94% n=15 ; n.VII : 5,26% n=5 ; n.VIII : 698 4,41% n=3). Le reste du matériel correspond aux silex altérés indéterminés (n.VI : 4,76% 699 n=9 ; n.VII : 9,47% n=9 ; n.VIII : 1,47% n=1). 700 Au niveau IX (Magdalénien inférieur), un ensemble de produits lithiques en silex 701 avec et sans retouches (n = 95) ont été étudiés. L'étude de l'origine du silex place le type 702 Flysch comme la ressource la plus utilisée (55,79% n=53) et à un pourcentage très 703 important au silex de Monte Picota (25,26% n=24). Le silex de Treviño et celui d'Urbasa 704 (9,47% n=9 et 4,21% n=4 respectivement) sont également représentés. Le reste du matériel 705 correspond aux silex altérés indéterminés (5,26% n=5). 706 Au niveau X (Gravettien), seulement un ensemble de trois produits lithiques en silex 707 ont été étudiés, correspondant à deux restes retouchés en silex du Flysch et un reste sans 708 retouche en silex de Monte Picota. 709 Grotte de Baltzola (Dima, Bizkaia, Pays Basque) 710 Plusieurs niveaux ont été étudiés dans cette grotte. Au niveau 9 (Azilien), un 711 ensemble de produits lithiques en silex retouché et sans retouche (n = 479) ont été 712 étudiés. L'étude de la provenance indique qu'il existe un emploi majoritaire du type 713 Flysch (73,48% n=352) et un pourcentage important de l'utilisation du silex de Treviño 714 (11,06% n=53). D'autres types tels que celui d'Urbasa surtout (3,75% n=18) et de Loza, 715 anecdotique (0,62% n=3), ont également pu être identifiés. Le reste du matériel 716 correspond aux silex altérés indéterminés (5,85% n=28) et l'indéterminé douteux (5,21% 717 n=25). Parmi ceux qui ont pu être déterminés (163 produits retouchés et 263 non 718 retouchés, n = 426), se distingue le cas particulier du silex de Treviño, pour lequel le 719 rapport retouché/non retouché est légèrement plus élevé pour les restes retouchés 720 (6,57%/5,86%). 721 22 Au Magdalénien supérieur, deux ensembles de produits lithiques en silex retouchés 722 et sans retouche ont été étudiés (niveau 6 : 207 ; niveau 7 : 53). L'étude de la 723 provenance atteste la nette prédominance du type Flysch (n.6 : 85,02% n=176 ; n.7 : 724 84,90% n=45) et le silex de Treviño comme deuxième matériau le plus utilisé (n.6 : 725 6,76% n=14 ; n.7 : 7,54% n=4). En plus de ceux-ci, dans l'un des niveaux a également été 726 documenté les silex d'Urbasa (n.6 : 1,93% n=4) et celui de Loza, ce dernier avec un seul 727 reste (n.6 : 0,48%). Le reste du matériel correspond aux silex altérés indéterminés (n.6: 728 2,45% n=5 ; n.7: 7,54% n=4) et les indéterminés douteux (3,38% n=7). Au niveau 6 (41 729 produits retouchés et 166 non retouchés), le silex de Treviño est celui qui présente le 730 rapport retouché/non retouché le plus élevé pour les restes retouchés (4,34%/2,41%). 731 Grotte de Santimamiñe (Kortezubi, Bizkaia, Pays Basque) 732 Au niveau Arcp (Azilien), un total de 144 restes lithiques en silex ont été analysés, 733 parmi lesquels quatrevingt-quinze retouchés et quarante-neuf non retouchés ont été 734 documentés. L'étude de l'origine indique que le silex du Flysch est de loin le matériau 735 siliceux le plus utilisé (82,6% n=119). Les autres types minoritaires représentés sont le 736 silex d'Urbasa (4,2% n=6) et celui de Chalosse (2,8% n=4). Le reste du matériel 737 correspond aux silex indéterminés (8,3% n=12) et altérés (2,1% n=3). 738 Au niveau Csn-Camr (Magdalénien inférieur), un ensemble de 92 restes lithiques en 739 silex, constitué majoritairement de retouchés, a été analysé. L'étude de la provenance 740 montre une variabilité importante de la présence de différents types de silex, bien 741 qu'avec une représentation majoritaire du type Flysch (68,5% n=63). Les autres types 742 représentés sont le silex de Chalosse (9,8% n=9), celui d'Urbasa (5,4% n=5), celui de 743 Treviño (3,3 % n=3) et, finalement, celui de Tercis (2,2% n=2). Le reste du matériel 744 correspond à des silex indéterminés (9,8% n=9) et altérés (1% n=1). 745 Grotte d'Antoliñako koba (Gautegiz-Arteaga, Bizkaia, Pays Basque) 746 Plusieurs niveaux ont été étudiés dans cette grotte. Au niveau Lanc (Azilien), un 747 ensemble de produits en silex retouchés et sans retouche complets (n = 275) a été 748 étudié. L'étude de la provenance montre que le type Flysch est le type prédominant 749 (85,66% n=239) et que les deux autres types également identifiés, le silex de Treviño et 750 celui d'Urbasa, sont peu représentés (respectivement 2,90% n=8 et 1,81% n=5). Le reste 751 du matériel correspond à des silex indéterminés (4% n=11) et les indéterminés douteux 752 (4,36% n=12). 753 Au niveau Lgc sup. (Magdalénien supérieur), un ensemble de produits complets en 754 silex retouchés et sans retouche complets (n = 80) a été étudié. L'étude de provenance 755 établit que la matière première dominante est le silex du Flysch (85% n=68) et que les 756 types Treviño et Urbasa sont également représentés dans le même pourcentage (3,75% 757 n=3 chacun). Le reste du matériel correspond à des silex indéterminés douteux et 758 indéterminés altérés (3,75% n=3 chacun). 759 23 Au niveau Lgc inf. (Magdalénien inférieur), un total de 77 échantillons de silex 760 prélevés dans le cadre 1A ont été analysés, dont seize retouchés et soixante-et-un restes 761 de taille. L'étude de provenance indique que le silex du Flysch est la ressource 762 prédominante (79,2% n=61) et que les deux autres types identifiés, celui de Treviño et 763 celui d'Urbasa, ont des pourcentages de représentation importants (9,1% n=7 y 6,5% n=5 764 respectivement). Le reste du matériel correspond à des silex indéterminés (5,2% n=4). 765 Au niveau Lmc (Solutréen supérieur), 415 restes lithiques en silex ont été prélevés 766 dans le cadre 1A est analysés, parmi lesquels soixante-deux restes retouchés et 353 767 restes de taille. L'étude de son origine établit une variabilité exceptionnelle avec une 768 utilisation majoritaire du silex du Flysch (58,3% n=242), suivie par le silex de Treviño 769 (20,7% n=86). Le silex d'Urbasa a également une représentation importante (9,9 % n=41) et 770 la présence minoritaire du type Loza est vérifiée (2,9% n=12). Le reste du matériel 771 correspond à des silex indéterminés (7,5% n=31) et altérés (0,7% n=3). 772 Dans les niveaux Lab et Lmbk (Gravettien), 224 restes lithiques en silex ont été 773 étudies et analysés, prélevés dans le cadre 1A, parmi lesquels vingt-sept restes retouchés 774 et 197 restes de taille. L'étude de la provenance témoigne d'une prédominance dans 775 l'utilisation du silex du Flysch (75% n=168), quelques pourcentages exceptionnels des 776 types Urbasa (10,3% n=23) et Treviño (4,9% n=11), et une ressource minoritaire à celui de 777 Loza (1,8% n=4). Le reste du matériel correspond à des silex indéterminés (5,8% n=13) et 778 altérés (2,2% n=5). 779 Grotte de Bolinkoba (Abadiño, Bizkaia, Pays Basque) 780 Au niveau VI/F (Gravettien) des fouilles de T. de Aranzadi et J.M. de Barandiarán, 781 la quasi-totalité des restes lithiques étudiés (n = 2506) sont élaborés en silex (99,4% 782 n=2496). L'étude de l'origine d'un ensemble d'échantillons (n = 1714) qui exclue les 783 fragments mésiaux et distaux indique une utilisation dans des proportions similaires de 784 la variété Flysch de Kurtzia et du silex de Treviño (respectivement 38,1% et 36%). 785 L'étude signale aussi la présence possible d'un faible pourcentage de la variété Flysch de 786 Bidache et une grande diversité parmi les variétés définies du type Treviño, la plus 787 courante étant la micrite nodulaire. En plus des deux matières premières majeures, 788 l'utilisation des silex d'Urbasa et de Chalosse (respectivement 3,7% et 3,1%) se 789 confirme. Pour ce dernier, la présence probable des deux variétés principales issues des 790 affleurements de l'anticlinal Audignon-Montaut et du diapir Bastennes-Gaujacq est 791 citée. La variété de silex de Gaintxurizketa et le silex de Salies-de-Béarn ont été 792 identifiés de manière anecdotique (tous deux à 0,2%). Parmi les silex qui n'ont pas pu 793 être déterminés, représentant le reste du matériel, l'inclusion possible aussi de trois 794 restes de type Loza et trois autres de Tercis. 795 Grotte de Labeko koba (Arrasate/Mondragón, Gipuzkoa, Pays Basque) 796 Plusieurs niveaux ont été étudiés dans cette grotte. Au niveau VII (Aurignacien), 797 l'étude de l'origine des silex est appliquée à un ensemble récupéré des cadres C7 et E11 798 24 (123 restes retouchés et 1299 restes de taille, n = 1422). Le type le plus largement utilisé 799 est le silex d'Urbasa (62,2% n=885). Le silex de Treviño a également une représentation 800 importante (24,1% n=343). La détermination est complétée par la présence du silex du 801 Flysch (7% n=100). Le reste du matériel correspond aux silex indéterminés (4,9% n=69) et 802 altérés (1,8% n=25). Il est intéressant de noter que parmi les restes retouchés, le type 803 Treviño est majoritaire, se plaçant au-dessus de ceux réalisés dans le type d'Urbasa 804 (respectivement 32,5% et 27,6%). En deuxième position, alors que le silex d'Urbasa a 805 un rapport retouché/non retouché plus élevé dans les restes de taille (27,6%/65,5%), 806 dans les types Treviño et Flysch cette dynamique est inversée (respectivement 807 32,5%/23,3% et 16,3%/6,2%). 808 Au niveau VI (Aurignacien), l'étude de l'origine du silex est appliquée aux 809 échantillons récupérés des cadres D7 et E11 (un reste retouché et 94 restes de taille, n = 810 95). Une utilisation préférentielle du silex de Treviño est certifiée (42,1% n=40), 811 majoritaire, et du silex d'Urbasa (34,7% n=33). Le silex du Flysch est également 812 représenté (8,4% n=8). Le reste du matériel correspond aux silex indéterminés (10,5% 813 n=10) et altérés (4,2% n=4). 814 Au niveau V (Aurignacien), l'étude de l'origine du silex est appliquée aux 815 échantillons récupérés des cadres D7 et E11 (36 restes retouchés et 1322 restes de taille, 816 n = 1358). Le silex d'Urbasa est représenté dans un peu plus de la moitié des restes 817 (51,8% n=703), tandis que dans plus d'un tiers d'entre eux, le type Treviño a été utilisé 818 (36,5% n=495). Le silex du Flysch est également présent, bien que de façon nettement 819 minoritaire (1,5% n=21). Le reste du matériel correspond aux silex indéterminés (5,7% 820 n=77) et altérés (4,6% n=62). 821 Au niveau IV (Aurignacien), l'étude de l'origine du silex est appliquée aux 822 échantillons récupérés des cadres F13 et E11 (17 restes retouchés et 858 restes de taille, 823 n = 875). Le silex de Treviño est le type utilisé de préférence (43% n=376) et celui 824 d'Urbasa représente un tiers du total des restes (33,7% n=295). Le silex du Flysch a une 825 représentation minoritaire (1,8% n=16). Le reste du matériel correspond aux silex 826 indéterminés (5,4% n=47) et altérés (16,1% n=141). 827 Grotte d'Aizkoltxo (Mendaro, Gipuzkoa, Pays Basque) 828 Dans les cadres 7D et 7C (Magdalénien supérieur), un ensemble de produits en silex 829 retouchés et sans retouche (n = 2268) ont été étudiés. La matière première prédominante 830 est le silex du Flysch (79,28% n=1798). Le reste des types minoritaires identifiés, trois 831 dans ce cas, ont une représentation plus ou moins similaire : Urbasa (4,81% n=109), 832 Chalosse (4,10% n=93) et Treviño (3,48% n=79). Le reste du matériel correspond aux silex 833 indéterminés (5,73% n=130) et altérés (2,60% n=59). 834 Grotte de Praileaitz I (Deba, Gipuzkoa, Pays Basque) 835 25 Plusieurs niveaux ont été étudiés dans cette grotte. Au niveau III (Magdalénien 836 supérieur), 96 restes lithiques en silex ont été analysés, dont 14 retouchés et 82 produits 837 de taille. L'étude de la provenance établit que le silex du Flysch est la matière première 838 prédominante (87,5% n=84). Les autres types identifiés sont représentés par le silex de 839 Treviño (7,3 % n=7), en premier lieu, et celui de Chalosse (2,1% n=2), en second. Le reste 840 du matériel correspond aux silex indéterminés (3,1% n=3). Le rapport retouché/non 841 retouché est assez similaire à la fois pour le type Flysch (85,7%/87,8%) et le type 842 Treviño (7,1%/7,3%); cependant, les deux seuls restes identifiés en silex de Chalosse 843 représentent des produits de taille. 844 Au niveau IV (Magdalénien inférieur), 110 restes lithiques en silex ont été analysés, 845 dont 32 retouchés et 78 produits de taille. L'étude de la provenance indique une 846 préférence importante dans l'utilisation du silex du Flysch (79,1% n=87) et une variabilité 847 importante des types siliceux minoritaires : Chalosse (3,6% n=4), Urbasa (2,7% n=3), 848 Treviño (2,7% n=3) et Tercis (0,9% n=1). Le reste du matériel correspond aux silex 849 indéterminés (10,9% n=12). Le rapport retouché/non retouché établit que dans le type 850 Flysch les produits de taille sont plus nombreux (65,6%/84,4%) et que deux des trois 851 restes identifiés en silex d'Urbasa constituent également des restes intacts. La situation 852 inverse se produit avec le type Treviño pour lequel, sur les trois vestiges identifiés, deux 853 appartiennent au groupe des retouchés; et le seul reste documenté en silex de Tercis est, 854 de même, un retouché. 855 Au niveau V (Solutréen), 30 restes lithiques en silex ont été analysés, dont douze 856 retouchés et dix-huit produits de taille. Son étude montre que le silex du Flysch est le 857 type majoritaire (70% n=21) et que les autres silex identifiés ont une représentation 858 minoritaire, le silex de Treviño (6,6% n=2) et les types Urbasa, Chalosse et Salies-de-859 Béarn (3,3% chacun), avec un échantillon identifié. Le reste du matériel correspond aux 860 silex indéterminés (13,3% n=4). Le rapport retouché/non retouché établit un léger 861 avantage, dans le type Flysch, des produits de taille (66,7%/72,2%); ainsi que la seule 862 représentation dans ce groupe de restes du silex d'Urbasa et de Chalosse. Les deux 863 échantillon en silex de Treviño sont également répartis entre les deux groupes et le seul 864 reste identifié en silex de Salies-de-Béarn, est une retouche. 865 Grotte d'Urtiaga (Deba, Gipuzkoa, Pays Basque) 866 Au niveau F (Magdalénien inférieur) des fouilles de J.M. de Barandiarán et T. de 867 Aranzadi, l'étude des échantillons lithiques récupérées (n = 1551) indique que 88,8% 868 des restes (n = 1377) correspondent à des variétés siliceuses connues et décrites 869 précédemment. L'étude de la provenance établit que la matière première prédominante 870 est le silex du Flysch (42,8% n=665), dans lequel les variétés de silex de Gaintxurizketa 871 ont été identifiées (11,6% n=180) et Flysch de Bidache (2% n=31). Le silex d'Urbasa est 872 également utilisé dans un pourcentage vraiment élevé (20,3% n=315). Les types Treviño 873 et Chalosse sont représentés et utilisés de manière similaire (6,1% n=95; 5,9% n=91). 874 Grotte d'Amalda (Zestoa, Gipuzkoa, Pays Basque) 875 32 géoarchéologique des quartzites de ces conglomérats, des strates massives et des 1112 gisements secondaires au moyen de la caractérisation pétrographique et génétique des 1113 quartzites, constitue une dynamique de développement récent (Prieto et al., 2019). Cette 1114 méthodologie a été systématiquement appliquée à la vallée de Deva-Cares et à la partie 1115 initiale de la vallée de Güeña (Prieto et al., 2021b). Jusqu'à présent, les niveaux 1116 archéologiques analysés correspondent au Paléolithique moyen en raison de la plus 1117 grande importance quantitative des quartzites, et aussi de l'association géographique des 1118 dépôts moustériens avec des formations de conglomérat du Carbonifère (Prieto, 2018, 1119 Prieto et al., 2019, 2020, Prieto et al., 2021b). Pour cette raison dans ce travail, nous ne 1120 mentionnerons que la collecte de cette roche dans des perspectives plus larges et avec 1121 lesquelles peuvent s'intégrer les études partielles et macroscopiques menées jusqu'à 1122 présent. De plus, les travaux effectués à l'aide de la méthodologie mentionnée 1123 précédemment seront évalués et des données préliminaires seront fournies. 1124 1125 Fig. 3. Représentation schématique de l'étude géoarchéologique réalisée dans les vallées Deva-1126 Cares et Güeña. Partie supérieure. Les sept types pétrogénétiques de quartzite identifiés. 1127 Quartzites avec indices sédimentaires : clastic fabric with matrix or non-quartz cement quartz 1128 arenite (MA), clastic quartz arenite (CA), syntaxially overgrown orthoquartzite (OO), sutured 1129 33 grain orthoquartzite (SO); et quartzites présentant des signes de métamorphisme : bulging 1130 recrystallised quartzite (BQ), subgrain rotation recrystallised quartzite (RQ), grain boundary 1131 migration recrystallised quartzite (MQ). Partie centrale. Situation de la zone d'étude en tenant 1132 compte des grandes unités géologiques de la région cantabrique et des matières premières les 1133 plus pertinentes exploitées au cours du Paléolithique supérieur. Partie inférieure. Les trois 1134 scénarios potentiels pour la collecte des échantillons de quartzite : affleurements massifs, 1135 conglomérats et gisements secondaires. 1136 Schematic representation of the geo-archaeological study carried out in the Deva-Cares and 1137 Güeña valleys. Top: the seven petrogenetic types of quartzite identified. Quartzite with 1138 sedimentary evidence: clastic fabric with matrix or non-quartz cement quartz arenite (MA), 1139 clastic quartz arenite (CA), syntaxially overgrown orthoquartzite (OO), sutured grain 1140 orthoquartzite (SO); and quartzite with evidence of metamorphism: bulging recrystallised 1141 quartzite (BQ), subgrain rotation recrystallised quartzite (RQ), grain boundary migration 1142 recrystallised quartzite (MQ). Middle: location of the area of study within the main geological 1143 units in Cantabrian Spain and the most important raw materials used in the Upper Palaeolithic. 1144 Bottom: the three potential scenarios for the procurement of quartzite resources: massive 1145 outcrops, conglomerates and secondary deposits. 1146 Comme déjà indiqué, dans la plupart des sites dans lesquels des systèmes 1147 d'acquisition de quartzite ont été proposés au Paléolithique supérieur, celle-ci a été 1148 obtenu à partir d'affleurements rocheux secondaires, principalement sur des plages 1149 fluviales et à des distances inférieures à 5 km. Sont un exemple, les niveaux 1150 aurignaciens d'El Castillo (Cabrera et al., 2000), les niveaux supéropaléolithiques de 1151 Hornos de la Peña (Ríos-Garaizar et al., 2020), la séquence de La Riera (Straus et al., 1152 1986), le niveau gravettien du Cueto de la Mina, le niveau V de Llonín (Martínez, 2015, 1153 pp. 976-977, 1082) ou les niveaux magdalénien et solutréen de Las Caldas (Corchón et 1154 Ortega, 2017). Malgré cela, aux niveaux aurignacien et gravettien de La Viña, la 1155 collecte dans les conglomérats du Carbonifère (conglomérats oligomictiques de Mieres 1156 ou polymictiques d'Olloniego) semble également être attestée (Santamaría, 2012, pp. 1157 247-252, 760, 930, 1039, Martínez, 2015, pp. 442, 577, 688, 802-803), ainsi que celle 1158 du "quartzite du Crétacé", dans des conglomérats de cet âge (Duarte et al., 2016, Rasilla 1159 et al., 2020). Les distances parcourues pour l'acquisition de ces ressources sont réduites 1160 et, sauf dans le dernier cas de l'ordre de 10 km, elles ne dépassent les 5 km en ligne 1161 droite. L'analyse pétrographique récente de la quartzite, suivant des critères 1162 géoarchéologique basés sur la genèse et les modifications ultérieures des matériaux, 1163 fournit des données à plus haute résolution, bien que son application soit encore rare. 1164 Dans les contextes associés au Moustérien, les circuits de récolte de quartzite sont 1165 nettement supérieurs à ceux détectés aux périodes précédents. Ainsi, dans la vallée de 1166 Deva, l'acquisition de quartzite des formations géologiques Remoña, Valdeón et 1167 Maraña-Brañas dans les gisements d'El Arteu et d'El Habario est constatée, sur plus de 1168 20 km en ligne droite (30 Cost Units) (Prieto et al., 2021b). Ces mouvements permettent 1169 de comprendre une économie régionale qui articule vallées côtières, zones de reliefs 1170 escarpés, vallées intérieures ouvertes et plateaux de moyenne montagne, structurant les 1171 embouchures des vallées avec leurs sources et, peut-être, avec la zone méridionale du 1172 bassin versant. L'obtention de quartzite dans les plages fluviales et d'autres dépôts du 1173 34 Quaternaire est également attestée et reflète des schémas sélectifs de types spécifiques, 1174 gérés différemment par les populations du Paléolithique moyen (Prieto et al., 2020). 1175 Pour le Paléolithique supérieur, les deux restes de quartzite de type BQ trouvés avec 1176 les peintures de la grotte de La Covaciella révèlent leur collection sur les plages 1177 fluviales, en particulier dans la rivière Cares et révèlent d'importants processus de 1178 sélection (Perales et Prieto, 2015). Au niveau Co.B.6 de Coímbre, provisoirement, on 1179 observe également que le quartzite a été collecté principalement sur les plages fluviales 1180 de la rivière Cares, à quelques mètres du site. Il faut encore mentionner le haut degré de 1181 sélection de certains types pétrographiques et leur gestion différentielle. A ce même 1182 niveau du site, la présence, bien que rare, de six morceaux de types OO et SO de cortex 1183 provenant de conglomérats suggère la collection de quartzite dans ces contextes (Prieto, 1184 2018, pp. 457-501), les plus proches, de la Formation Remoña dans la vallée de Deva, 1185 est à 15 km (19 CU), bien qu'ils puissent aussi être trouvés dans les conglomérats des 1186 formations Valdeón et Maraña-Brañas à la tête de la Cares, à une distance de 20 km (33 1187 CU). En raison de l'absence de caractères plus déterminants dans le cortex et de la 1188 circonscription des recherches dans les vallées de la Cares, Deva et Güeña, l'obtention 1189 dans ces contextes ne peut être garantie. 1190 En plus de servir de support à la fabrication de différents outils lithiques, le quartzite 1191 a eu d'autres usages pendant le Paléolithique supérieur, parmi lesquels se distingue 1192 l'utilisation des galets comme frappeurs pour la taille de la pierre, et aussi pour la 1193 configuration des structures de combustion. Ces derniers ont tendance à apparaître 1194 altérés par la chaleur et fragmentés. Ils ont également été utilisés comme supports pour 1195 l'élaboration d'objets d'art mobilier, parmi lesquels se distinguent les galets peints 1196 caractéristiques de l'Azilien, documentés dans des sites tels que Los Azules, où ils sont 1197 abondants (Fernández-Tresguerres, 1994), et celui d'El Pindal, dans lequel l'objet trouvé 1198 a servi de percuteur (Álvarez-Fernández et al., 2015) (Fig. 4). 1199 35 1200 Fig. 4. El Pindal. Azilien. Galet peint montrant une bande rouge qui entoure le galet sur tout 1201 son périmètre et avec des impacts de percussion aux deux extrémités (Álvarez-Fernández et al. 1202 2015). 1203 El Pindal. Azilian. Decorated pebble on which a red band can be appreciated around the whole 1204 edge of the pebble, with percussion damage at both ends (Álvarez-Fernández et al., 2015). 1205 4. Ocre 1206 Les premières preuves de l'utilisation de l'ocre comme matière première sont 1207 documentées durant le Paléolithique moyen en Afrique du Sud (Marean, 2010, 1208 Henshilwood et al., 2009). 1209 Dans les niveaux archéologiques des zones d'habitat des cavités, il est courant de 1210 documenter des fragments d'ocre, certains d'entre eux avec des marques de 1211 manipulation anthropique destinées à l'obtention de poussière minérale. On en trouve un 1212 exemple dans l'un des niveaux magdaléniens de la grotte de La Garma A, d'où provient 1213 un "crayon d'ocre" en forme de larme, avec des rayures à la surface transformée en objet 1214 de parure (il a un trou fracturé) (Álvarez-Fernández, 2005a, 2006, p. 383). Dans les 1215 niveaux magdaléniens de la grotte de Lumentxa, des artefacts macrolithiques avec des 1216 restes de colorants destinés à leur processus ont été documentés. Des fragments de 1217 colorant ont également été trouvés, certains avec des rayures qui indiquent l'extraction 1218 de poussière par abrasion. En particulier, au niveau D de Lumentxa (Magdalénien 1219 supérieur) une plaque avec des égratignures a été documentée, gravée de représentations 1220 d'équidés (Arribas et al., 2021) (Fig. 5). Des restes abondants de colorants, également 1221 avec des traces de manipulation anthropique, ont été documentés à différents niveaux du 1222 Paléolithique supérieur de Coimbre B (García Madariaga et al., 2017). Des restes de ce 1223 36 minéral en poudre ont également été documentés dans les sédiments de différents sites, 1224 par exemple, au niveau 1 de l'Aire d'Habitat de Tito Bustillo (Magdalénien). D'où, en 1225 plus, des spécimens du gastéropode marin Patella vulgata avec d'abondants restes 1226 d'ocre en poudre à l'intérieur des coquilles, interprétés comme des récipients pour le 1227 dépôt de colorants (Álvarez-Fernández, 2013). L'ocre a été utilisées pour réaliser les 1228 peintures pariétales d'un grand nombre de grottes cantabriques. À certaines occasions, 1229 en plus de la documentation des peintures sur les murs, des preuves de traitements 1230 minéraux ont été trouvées pour réaliser ces représentations, comme c'est le cas du 1231 broyeur à pigment rouge trouvé dans l'Ensemble XI de Tito Bustillo (Navarro Gascón et 1232 Gómez González, 2003). Des informations sont également disponibles sur les 1233 techniques utilisées pour réaliser ces représentations. Ainsi, par exemple, à Altamira 1234 (partie droite de la Grande Galerie, Zone IV) ont été collectés trois aérographes 1235 fabriqués à partir d'os long d'oiseau entre des blocs tombés, destinés à souffler de la 1236 peinture sur les parois de la grotte (Álvarez-Fernández, 2001).1237 1238 Fig. 5. 1. La Garma A. Niveau K. Magdalénien. Objet de parure en hématite (Photo : L.C. 1239 Teira) (Álvarez-Fernández, 2005a, 2006, p. 383). 2. Lumentxa. Niveau D. Magdalénien 1240 supérieur. Plaquette d'hématite gravée et avec des marques de grattage, dans laquelle une 1241 représentation complète d'un équidé peut être reconnue (Photo : Arqueologi Museoa) (Arribas 1242 et al., 2021). 1243 1. La Garma A. Level K. Magdalenian. Pendant made of hematite (Photo: L.C. Teira) (Álvarez-1244 Fernández 2005a, 2006: p. 383). 2. Lumentxa. Level D. Upper Magdalenian. Engraved 1245 hematite plaque with evidence of scraping, on which a complete figure of an equid can be 1246 observed (Photo: Arqueologi Museoa) (Arribas et al., 2021). 1247 37 La localisation fréquente de vestiges d'ocres associée à des niveaux archéologiques à 1248 l'entrée des grottes, la documentation de représentations peintes à l'intérieur et la 1249 découverte d'affleurements minéraux dans les cavités et à proximité, suggéraient déjà 1250 dans les années 90 du siècle dernier (Balbín Behrmann et Alcolea González, 2009, pp. 1251 561-568), la nécessité de rechercher les lieux d'approvisionnement en minéraux et les 1252 zones de développement des phases opérationnelles de fabrication de pigments. 1253 Dans la région cantabrique, les études se sont principalement concentrées sur 1254 l'analyse des matériaux de composition des peintures pariétales elles-mêmes, laissant en 1255 arrière-plan l'analyse physico-chimique des restes d'ocres situés dans les unités 1256 stratigraphiques des sites ou la recherche des gisements d'origine des minéraux qui 1257 composent l'ocre. 1258 En ce qui concerne l'analyse des peintures pariétales, celles-ci ont été réalisées dans 1259 un total de treize cavités documentées, six des Asturies (Peña de Candamo, El Buxu, La 1260 Lloseta, Tito Bustillo, El Covarón et La Pruneda), cinq de Cantabrie (Altamira, El 1261 Castillo, El Pendo, Galerie Inférieure de La Garma et La Lastrilla) et deux du Pays 1262 Basque (Arenaza et Ekain) (Tableau 2, avec références bibliographiques). 1263 Sur un total de dix sites, des analyses des restes de pigmentaires des niveaux 1264 archéologiques ont été réalisées. Ils proviennent de niveaux datés ou attribués au 1265 Moustérien (El Castillo), à l'Aurignacien (El Castillo), au Solutréen (niveaux 2 et 3 d'El 1266 Buxu, niveau 2A de Los Canes, niveaux 2B et 2D d'El Covarón, et du niveau G de La 1267 Garma A), à la phase de "désolutréanisation" ou de "magdalénisation" d'après Rasilla 1268 (1989) (niveau 1 d'El Buxu) (Menéndez, 1992), au Magdalénien (phase inférieure : 1269 niveau 5D d'Arangas, niveau 2B de Los Canes, niveaux J et L de La Garma A, niveau 1270 17 du Vestibule Extérieur "Cabane" d'El Mirón, et aux niveaux 116, 119, 119.2, 120, 1271 501 et 504 du Vestibule Arrière "Corral" d'El Mirón; phase moyen : niveaux J et L de 1272 La Garma A; et phase supérieure : niveau 5C d'Arangas, niveaux 2C et 3A de Los 1273 Canes, et aux niveaux N et O de La Garma A), et à l'Azilien (niveaux 5A et 5B 1274 d'Arangas, et aux niveaux 3B, 3C et 4 de Los Canes) (Tableau 2, avec références 1275 bibliographiques). 1276 Dans le cas de la grotte de Tito Bustillo, des échantillons ont été prélevés dans des 1277 zones associées aux chaînes opératoires de fabrication des pigments, dont les auteurs 1278 (Balbín Behrmann et Alcolea González, 2009) se rapportent à des zones de peintures 1279 aurignaciennes et surtout magdaléniennes, établissant la similitude entre certains d'entre 1280 eux. Cependant, ne se situant pas à des niveaux précis, il est impossible de définir une 1281 affectation chrono-culturelle. Quelque chose de similaire se produit à Altamira, où les 1282 échantillons prélevés dans les zones de sol et analysés par divers auteurs (Cabrera 1283 Garrido, 1981, Gázquez et al., 2014, Rull et al., 2014), ne permettent pas de définir leur 1284 affectation chronologique. 1285 L'analyse du minéral natif, provenant d'affleurements dans ou à proximité de la 1286 même cavité, est encore un objectif minoritaire parmi les études réalisées jusqu'à 1287 38 présent. Ils sont mentionnés associés aux cavités de Tito Bustillo, Los Canes, Arangas 1288 et El Covarón, dans les Asturies ; Las Chimeneas et El Oso (dans le cadre du complexe 1289 de grottes de Monte Castillo), en Cantabrie ; et Arenaza et Ekain (Salle Azkenzaldei), au 1290 Pays Basque (Tableau 2, avec références bibliographiques). 1291 Gisement Échantillon Technique d'analyse Référence 1 2 3 Asturies Peña de Candamo X EDXRF, µRS in situ Olivares et al., 2009, 2013, 2014 El Buxu X SEM-EDX, µRS, EDX, IR, XRD, XPS Hernanz et al., 2012 X X µED - XRF García - Alonso, 2019 La Lloseta X SEM-EDX, XRD Navarro Gascón et Gómez González, 2003 Tito Bustillo X X X SEM-EDX, XRD, GC/MS, petrographic analysis Navarro Gascón, 2003 Navarro Gascón et Gómez González, 2003 X X X SEM-EDX, µRS, EDX, IR, XRD, XPS Hernanz et al., 2012 X SEM - EDX, XRD, ICP - MS Iriarte et al., 2009 Los Canes X SEM-EDX, XRD, FTIR, XRF, optical microscopy Catelli, 2018 Arangas X X SEM - EDX, XRD Catelli, 2018 El Covarón X X X SEM-EDX, µED-XRF, µRS, XRD, petrographic microscope García-Alonso, 2019 La Pruneda X µRS, IR Hernanz, 2017 Cantabrie Altamira X X XRD, Emission spectroscopy, optical microscopy Cabrera Garrido, 1981 X µRS Edwards, 2005 X SEM - EDX, µRS, XRD, FTIR Rull et al., 2014 X RS in situ Gázquez et al., 2014 El Castillo X Micro laser spectroscopy Múzquiz Pérez - Seoane, 1993 X EDXRF in situ, SEM-EDS, µRS, µXRD d'Errico et al., 2016 Grottes de Monte Castillo X XRD, SEM-EDX, ICP-MS, petrography microscope Iriarte et al., 2009 El Pendo X X SEM García Díez, 2001 X X SEM Montes et San guino, 1994 La Garma A X SEM - EDX, XRD Catelli, 2018 Galerie Inférieure de La Garma X X SEM - EDX, GC - MS Arias et al., 2011 X SEM - EDX, µXRF, µXANES Gay et al., 2015 X XRF Gay et al., 2016 El Mirón X X SEM-EDX, XRD, XRF, ICPMS, RS Seva Román et al., 2015 La Lastrilla X ESEM - EDS García Díez et al., 2007 Pays Basque Arenaza X X SEM - EDX Garate et al., 2004 Ekain X X SEM - EDX Chalmin et al., 2002 Tableau 2. Relation des analyses physico-chimiques d'ocre et pigment rouge réalisées dans les 1292 sites archéologiques de la région cantabrique. 1. Restes minéraux/ocres documentés au niveau 1293 archéologique et/ou utilisés dans les chaînes opératoires de traitement des pigments. 2. Analyse 1294 de pigment/ocre dans les représentations pariétales. 3. Analyse des minéraux/ocres des 1295 affleurements naturels existant dans la cavité elle-même et ses abords immédiats. Types 1296 39 d'analyses réalisées : SEM-EDX : Scanning electron microscopy combined with energy-1297 dispersive X-ray spectroscopy ; ESEM-EDS : Environmental scanning electron microscopy 1298 coupled with energy-dispersive detector ; µRS : Micro-Raman spectroscopy ; FTRS : Fourier 1299 Transform Raman spectroscopy ; XRD : X-ray diffraction ; µXRD : Micro X-ray diffraction ; IR 1300 : Infrared spectroscopy ; FTIR : Fourier transform IR ; XPS : X-ray photoelectron spectroscopy 1301 ; EDXRF : Energy dispersive X-ray Fluorescence ; µED-XRF : Micro energy dispersive X-ray 1302 Fluorescence ; GC-MS : Gas chromatography - mass spectrometry ; ICP-MS : Inductively 1303 coupled plasma mass spectrometry ; µ-XANES : Micro X-ray absorption near edge structure. 1304 List of the physical-chemical analyses of ochre and red pigment carried out at archaeological 1305 sites in Cantabrian Spain. 1. Remains of mineral/ochre documented in the archaeological levels 1306 and/or used in pigment processing operational chains. 2. Analyses of pigment/ochre in parietal 1307 representations. 3. Analyses of mineral/ochre from natural outcrops inside caves or in their 1308 proximity. Types of analyses performed: SEM-EDX: Scanning electron microscopy combined 1309 with energy-dispersive X-ray spectroscopy; ESEM-EDS: Environmental scanning electron 1310 microscopy coupled with energy-dispersive detector; µRS: Micro-Raman spectroscopy; FTRS: 1311 Fourier Transform Raman spectroscopy; XRD: X-ray diffraction; µXRD: Micro X-ray 1312 diffraction; IR: Infrared spectroscopy; FTIR: Fourier transform IR; XPS: X-ray photoelectron 1313 spectroscopy; EDXRF: Energy dispersive X-ray Fluorescence; µED-XRF: Micro energy 1314 dispersive X-ray Fluorescence; GC-MS: Gas chromatography - mass spectrometry; ICP-MS: 1315 Inductively coupled plasma mass spectrometry; µ-XANES: Micro X-ray absorption near edge 1316 structure. 1317 5. Roches organogènes: ambre et jais/lignite 1318 Au Cantabrique, l'ambre et le jais étaient des matières premières utilisées par les 1319 groupes humains déjà au Paléolithique supérieur (Álvarez-Fernández, 2004, Álvarez-1320 Fernández et al., 2005a). 1321 Les objets en ambre sont représentés par un fragment avec des traces de début de 1322 trou à Las Caldas et par trois objets de parure à Cova Rosa et à Antoliñako koba. Dans 1323 le Solutréen supérieur de Cova Rosa (couches 6a et 7a), deux perles en forme de disque 1324 avec un trou central ont été documentées. Leurs surfaces conservent des traces 1325 d'abrasion anthropique, pour faire le travail (Álvarez-Fernández, 2006, p. 272) (Fig. 6). 1326 La découverte d'un pièce hémisphérique à "deux perforations convergentes de plans 1327 différents" est citée du Solutréen supérieur d'Antoliñako koba (niveau Lmb) (Aguirre, 1328 1998/2000, p. 44). 1329 Au niveau III de la Salle II de Las Caldas, un fragment plat et allongé avec des 1330 surfaces de rupture nettes a été trouvé. L'une de ses extrémités présente une dépression 1331 circulaire et régulière produite par la pression d'une pointe lithique. Il existe de 1332 nombreuses incisions qui ont produit de petits éclats. Sur la face inférieure, et à la même 1333 hauteur, il y a une dépression similaire à celle de la face supérieure, ainsi que les cercles 1334 concentriques produits par la rotation d'une pointe lithique (Álvarez Fernández, 2006, p. 1335 380, Corchón et al., 2008, Peñalver et al., 2017). 1336 Au cours des deux dernières décennies, dans les Asturies, la Cantabrie et le Pays 1337 Basque, d'abondants gisements paléontologiques d'ambre ont été découverts, en partie 1338 40 grâce à des fouilles pour des travaux publics. D'ici, et à ce jour, l'existence d'une 1339 soixantaine de gisements est connue. Tout cet ambre et d'âge très similaire, environ 105 1340 millions d'années, c'est-à-dire du Crétacé inférieur (Albien). Les dépôts d'ambre du 1341 Bassin Basque-Cantabrique trouvent leur origine dans la résine transportée par les 1342 courants d'eau depuis les forêts productrices de résine jusqu'aux zones delta-estuaiennes 1343 des fleuves. Parmi les gisements les plus importants figurent Peñacerrada I and 1344 Peñacerrada II (respectivement Burgos et Pays Basque) et El Soplao (Cantabrie), 1345 connus dans le monde entier pour la préservation de nombreux insectes et arachnides 1346 (Alonso et al., 2000, Najarro et al., 2009). L'un des derniers d'ambre étudiés est celui de 1347 La Rodada, dans la région asturienne de La Manjoya (Peñalver et al., 2018). 1348 1349 Fig. 6. 1. Las Caldas. Salle II. Niveau III. Transition du Magdalénien moyen-supérieur. Objet 1350 de parure en ambre en cours de fabrication (Álvarez-Fernández, 2006, p. 380, Corchón et al., 1351 2008, Peñalver et al., 2017). 2 y 3. Cova Rosa. Couches 6ª et 7ª. Solutréen supérieur. Perles 1352 d'ambre (Álvarez-Fernández, 2006, p. 272). 4. Las Caldas. Salle II. Niveau IX. Magdalénien 1353 moyen. Fragment de jais avec marques d'abrasion et d'éraflure (Álvarez-Fernández, 2006, p. 1354 379). 5. y 6. Las Caldas. Salle I. Niveau 11. Solutréen supérieur. Perles de jais (Álvarez-1355 Fernández, 2006, p. 271). 1356 Las Caldas. Chamber II. Level III. Middle to Upper Magdalenian transition. Amber pendant in 1357 the course of being manufactured (Álvarez-Fernández 2006, p. 380, Corchón et al., 2008, 1358 Peñalver et al., 2017). 2 and 3. Cova Rosa. Layers 6ª and 7ª. Upper Solutrean. Amber beads 1359 (Álvarez-Fernández, 2006, p. 272). 4. Las Caldas. Chamber II. Level IX. Middle Magdalenian. 1360 Fragment of jet with traces of abrasion and scraping (Álvarez-Fernández, 2006, p. 379). 5 and 1361 6. Las Caldas. Chamber I. Level 11. Upper Solutrean. Jet beads (Álvarez-Fernández, 2006, p. 1362 271). 1363 41 Afin de déterminer si l'ambre documenté dans différents sites du Paléolithique 1364 supérieur était d'origine baltique (Eocène) ou locale (Crétacé), une spectroscopie 1365 infrarouge FTIR des échantillons présentant des traces de manipulation anthropique a 1366 été réalisées (une des deux perles du Solutréen supérieur de Cova Rosa et le fragment de 1367 matière première travaillé du Magdalénien moyen-supérieur de Las Caldas) ainsi que 1368 dans d'autres fragments d'ambre sans traces de manipulation situés dans des contextes 1369 aurignaciens (niveau 7 de Cueva Morín et niveau 7 d'El Pendo), gravettiens (niveau F 1370 de La Garma A) et du Magdalénien moyen (Galerie Inférieure de La Garma, Zone IV). 1371 Les résultats obtenus indiquent que l'origine de tous les échantillons analysés était 1372 l'ambre du Crétacé. Dans la région cantabrique, donc, l'ambre a été collecté au cours du 1373 Paléolithique supérieur dans les zones des glissements de terrain ou d'une forte érosion 1374 hydrique, y compris les zones côtières. Il est très probable que les sources 1375 d'approvisionnement étaient locales ou proches des sites archéologiques. Ainsi, par 1376 exemple, près de Cova Rosa se trouve le gisement d'ambre paléontologique de Corao, 1377 situé à un peu plus de 10 km au sud de la cavité. A quelques kilomètres à l'est et au nord 1378 de la grotte de Las Caldas se trouvent des gisements paléontologiques, comme celui de 1379 La Rodada (Álvarez-Fernández et al., 2005a, 2005b, Peñalver et al., 2007, 2017, 2018, 1380 Corchón et al., 2008). 1381 Il faut aussi noter qu'en plus d'être utilisé comme matière première pour l'élaboration 1382 d'objets de parure, l'ambre avait d'autres usages. Ainsi, des restes d'ambre ont été 1383 retrouvés dans des échantillons des peintures rouges du Plafond des Polychromes 1384 d'Altamira. Des études réalisées par microscopie optique, XRD et analyse semi-1385 quantitative par spectrographie d'émission, ont révélé que des pigments rouges étaient 1386 constitués d'hématites avec présence occasionnelle d'ambre en poudre (Cabrera Garrido, 1387 1981). 1388 Le jais a été également utilisé comme matière première pour l'élaboration d'objets de 1389 parure dans les grottes de Las Caldas et de Tito Bustillo. Deux sont cités dans le 1390 Solutréen supérieur de la Salle I de Las Caldas (niveau 11), d'où viennent trois perles 1391 discoïdales avec des traces de manipulation anthropique (abrasion, perforation et 1392 polissage ultérieur à l'usage) (Álvarez-Fernández, 2006, p. 271). En la Salle II de cette 1393 même grotte, mais aux niveaux du Magdalénien moyen, deux autres perles avec des 1394 modifications anthropiques similaires ont été trouvés, provenant, l'une du niveau 1395 IIIbase, et l'autre du niveaux VIIb-VIII. De plus, au niveau IXbase, un gros fragment de 1396 lignite brut a été documenté, dont la face supérieure apparaît éraflée ; sur cette surface 1397 modifiée on voit le début de deux perforations, réalisées par rotation (Álvarez-1398 Fernández, 2006, pp. 378-379, Corchón et al., 2008, Peñalver et al., 2017) (Fig. 6). Au 1399 niveau 1 de l'Aire d'Habitat de Tito Bustillo, trois objets ont été trouvés avec des 1400 modifications anthropiques sur leur surface (abrasion, perforation et polissage à 1401 l'usage). Deux perles proviennent du sous-niveau 1a : l'une de forme sphérique, l'autre 1402 de forme ovale et de section aplatie-ovale. Au sous-niveau 1c, une possible imitation 1403 48 5ª à 7ª et 8ª à 12ª de Cova Rosa). Cette ressource a été détectée dans neuf gisements 1557 différents répartis entre les Asturies et la Cantabrie. La radiolarite participe à un modèle 1558 de diffusion "régionale", c'est-à-dire qu'elle peut être transportée à une distance 1559 comprise entre 30 et 60km, et exceptionnellement jusqu'à 120km, de ses affleurements. 1560 Le silex Urgonien est principalement représenté dans deux des ensembles examinés. 1561 De même, leur présence est vérifiée dans seize autres, avec des pourcentages <10%, 1562 mettant en évidence trois cas dans lesquels leur utilisation est plus importante (niveau 1563 17 d'El Mirón et niveaux Vb(sup) et Vb d'Aitzbitarte III). Cette ressource a été détectée 1564 dans neuf gisements différents, dont deux situés en dehors de la Cantabrie (Aitzbitarte 1565 III et Mugarduia Sur). Le silex Urgonien participe à un modèle de diffusion "locale". 1566 Le silex du Flysch, sans affiliation spécifique à l'une de ses variétés décrites, est 1567 majoritairement représenté dans quarante et un des ensembles recensés, avec des 1568 pourcentages inférieurs à 90 %. De même, sa présence est confirmée dans vingt et un 1569 autres, avec des pourcentages <35%. Cette ressource a été détectée dans jusqu'à vingt-1570 six gisements différents situés dans toute la région cantabrique (cinq dans les Asturies, 1571 six en Cantabrie, douze au Pays Basque, trois en Navarre). 1572 Le silex du Flysch de Kurtzia est principalement représenté dans trois des ensembles 1573 examinés. De même, leur présence est vérifiée dans seize autres, avec des pourcentages 1574 <10%, mettant en évidence deux cas dans lesquels leur utilisation est plus importante 1575 (niveau VII de Las Caldas et niveau 6 d'El Juyo). Cette ressource a été détectée dans 1576 douze gisements différents situés dans toute la région cantabrique (quatre dans les 1577 Asturies, cinq en Cantabrie, deux au Pays Basque, un en Navarre). Le silex du Flysch de 1578 Kurtzia participe à un schéma de diffusion "traceur", ce qui signifie qu'il peut être 1579 transporté sur une distance de 120 à 250km depuis ses affleurements. 1580 Le silex de Gaintxurizketa est principalement représenté dans quatre des ensembles 1581 examinés. De même, sa présence est vérifiée dans dix-sept autres avec des pourcentages 1582 <5%, mettant en évidence cinq cas dans lesquels son utilisation est plus importante 1583 (niveau F d'Urtiaga, niveaux III, IV et Va d'Aitzbitarte III et niveau G de Berroberria). 1584 Cette ressource a été détectée dans neuf gisements différents, un seul situé en dehors du 1585 Pays Basque et de Navarre (El Horno). Le silex de Gaintxurizketa participe à un modèle 1586 de diffusion "régionale". 1587 Le silex du Flysch de Bidache est majoritairement représenté dans trois des 1588 ensembles recensés. De même, leur présence est vérifiée dans douze autres, avec des 1589 pourcentages <5%, mettant en évidence deux cas dans lesquels leur utilisation est plus 1590 importante (niveaux III+IV d'Usategi et Collection Est d'Ametzagaina). Cette ressource 1591 a été détectée dans dix gisements différents situés dans toute la région cantabrique (deux 1592 dans les Asturies, un en Cantabrie, cinq au Pays Basque, deux en Navarre). Le silex du 1593 Flysch de Bidache participe à un modèle de diffusion "traceur". 1594 49 Le silex de Chalosse n'est majoritairement représenté dans aucun des ensembles 1595 recensés. Cependant, leur présence est confirmée dans trente-quatre d'entre eux, avec 1596 des pourcentages <10%, mettant en évidence cinq cas dans lesquels leur utilisation est 1597 plus importante (Collection Obermaier Solutréen d'Altamira, niveaux III+IV d'Usategi, 1598 Collection Est d'Ametzagaina, niveau Va d'Aitzbitarte III et niveau 2 d'Alkerdi). Cette 1599 ressource a été détectée dans vingt gisements différents situés dans toute la région 1600 cantabrique (deux dans les Asturies, six en Cantabrie, dix au Pays Basque, deux en 1601 Navarre). Le silex de Chalosse participe à un schéma de diffusion "traceur". 1602 Le silex de Salies-de-Béarn n'est majoritairement représenté dans aucun des 1603 ensembles recensés. Cependant, leur présence est confirmée chez treize d'entre eux, 1604 avec des pourcentages <5 %, mettant en évidence deux cas où leur utilisation est plus 1605 importante (niveaux E et E inf. de Berroberria). Cette ressource a été détectée dans sept 1606 gisements différents répartis entre le Pays Basque (Bolinkoba, Praileaitz I, Amalda et 1607 Aitzbitarte III) et la Navarre (Mugarduia Sur, Alkerdi et Berroberria). Le silex de 1608 Salies-de-Béarn participe à un modèle de diffusion "régionale". 1609 Le silex de Tercis n'est majoritairement représenté dans aucun des ensembles 1610 étudiés. Cependant, leur présence est vérifiée dans six d'entre eux, avec des 1611 pourcentages <5%, mettant en évidence un seul cas dans lequel leur utilisation est plus 1612 importante (niveau G de Berroberria). Cette ressource a été détectée dans cinq 1613 gisements différents répartis entre le Pays Basque (Santimamiñe et Praileaitz I) et la 1614 Navarre (Mugarduia Sur, Alkerdi et Berroberria). Le silex de Tercis participe à un 1615 modèle de diffusion "régionale". 1616 Le silex de Grand-Pressigny et "Grain de mil" ne sont majoritairement représentés 1617 dans aucun des ensembles recensés. Cependant, sa présence est confirmée dans trois et 1618 deux d'entre eux, respectivement, avec des pourcentages de <1% pour les deux. Ces 1619 deux ressources ont été détectées dans un seul gisement situé en Navarre (Berroberria). 1620 Les sílex de Grand-Pressigny et "Grain de mil" participent à un modèle de diffusion 1621 "super traceur", c'est-à-dire qu'ils peuvent être transportés sur une distance de 250km 1622 depuis leurs affleurements respectifs. 1623 Le silex de Monte Picota est principalement représenté dans l'un des ensembles 1624 examinés. De même, leur présence est vérifiée dans vingt-quatre autres, avec des 1625 pourcentages <15%, mettant en évidence six cas dans lesquels leur utilisation est plus 1626 importante (niveau 3 d'El Linar, niveau E de Cualventi, niveau 504 d'El Mirón, niveaux 1627 2 et 5+6+7 de Cobrante et niveau IX d'Arenaza). Cette ressource a été détectée dans 1628 douze gisements différents, dont trois situés en dehors de la Cantabrie (El Cierro, 1629 Coímbre et Arenaza). Le silex de Monte Picota participe à un modèle de diffusion 1630 "régionale". 1631 Le silex d'Urbasa est principalement représenté dans huit des ensembles recensés. 1632 De même, sa présence est certifiée dans cinquante autres, avec des pourcentages <10%, 1633 mettant en évidence neuf cas dans lesquels son utilisation est plus importante 1634 50 (Collection Obermaier Magdalénien d'Altamira, niveaux 3+4 de Cobrante, niveaux 1635 Lab+Lmbk d'Antoliñako koba, niveaux VI et IV de Labeko koba, niveau F d'Urtiaga et 1636 niveaux III, IV et Va d'Aitzbitarte III). Cette ressource a été détectée dans trente sites 1637 différents dans toute la région cantabrique (quatre dans les Asturies, huit en Cantabrie, 1638 quatorze au Pays Basque et quatre en Navarre). Ce silex participe à un modèle de 1639 diffusion "traceur". 1640 Le silex de Loza n'est majoritairement représenté dans aucun des assemblages 1641 examinés. Cependant, sa présence est certifiée dans sept d'entre eux, avec des 1642 pourcentages <1%, mettant en évidencedeux cas dans lesquels son utilisation est plus 1643 importante (niveaux Lmc et Lab+Lmbk d'Antoliñako koba). Cette ressource a été 1644 détectée dans quatre sites différents répartis entre le Pays Basque (Baltzola et 1645 Antoliñako koba) et la Navarre (Portugain et Mugarduia Sur). Le silex de Loza participe 1646 à un modèle de diffusion "régionale". 1647 Le silex de Piloña est principalement représenté dans l'un des ensembles examinés. 1648 De même, leur présence est vérifiée dans quatorze autres, avec des pourcentages <20%, 1649 mettant en évidence un cas dans lequel leur emploi est plus important (couche 2ª de 1650 Cova Rosa). Cette ressource a été détectée dans huit gisements différents, dont deux 1651 situés en dehors des Asturies (El Linar et Las Aguas). Le silex de Piloña participe à un 1652 modèle de diffusion "régionale". 1653 Le silex de Piedramuelle est majoritairement représenté dans dix des ensembles 1654 recensés, avec des pourcentages <75%. De même, sa présence est confirmée dans un 1655 autre ensemble, avec un pourcentage <5%. Cette ressource a été détectée dans trois 1656 gisements différents situés exclusivement dans les Asturies (Las Caldas, La Viña et 1657 Cueto de la Mina). Le silex de Piedramuelle participe à un modèle de diffusion "locale", 1658 et peut-être aussi "régionale". 1659 Le silex de Treviño est principalement représenté dans deux des ensembles 1660 examinés. De même, sa présence est confirmée dans soixante et un autres, avec des 1661 pourcentages <10%, mettant en évidence onze cas dans lesquels leur utilisation est plus 1662 importante (niveau B de Las Aguas B, Collection Obermaier Magdalénien d'Altamira, 1663 niveaux 5+6+7 de Cobrante, niveaux V, VI et VII d'Arenaza, niveau 9 de Baltzola, 1664 niveau Lmc d'Antoliñako koba, niveau VI/F de Bolinkoba et niveaux V et VII de 1665 Labeko koba). Cette ressource a été détectée dans vingt-neuf sites différents dans toute 1666 la région cantabrique (cinq dans les Asturies, neuf en Cantabrie, douze au Pays Basque, 1667 trois en Navarre). Le silex de Treviño participe à un modèle de diffusion "traceur", et 1668 peut-être aussi "super traceur". 1669 Outre les silex, le quartzite est un autre des matériaux les plus utilisés dans la région 1670 cantabrique pour l'élaboration d'artefacts. Cependant, soit en raison de sa position de 1671 matériau secondaire sur le plan quantitatifs, soit en raison de la complexité 1672 méthodologique qui favorise une roche à longue histoire géologique, sa présence n'a été 1673 51 que partiellement et isolément traitée dans les discussions promues par l'étude 1674 géoarchéologique de la corniche cantabrique au cours des vingt dernières années. 1675 Les données publiées jusqu'à présent nous montrent que le quartzite est une 1676 ressource abiotique qui révèle une mobilité à courte ou moyenne distance, bien que 1677 l'application de méthodologies géoarchéologiques basées sur la pétrographie offre de 1678 nouvelles approches pour comprendre son acquisition et sa gestion. Celles-ci suggèrent 1679 l'exploitation des ressources abiotiques dans les affleurements de conglomérats, offrant 1680 de plus grandes amplitudes de mobilité, mais aussi la sélection et la gestion différenciée 1681 de certains types pétrogénétiques dans des contextes secondaires. 1682 La recherche géoarchéologique pour l'identification des strates massives, des 1683 affleurements de conglomérat et des contextes secondaires, ainsi que la caractérisation 1684 des artefacts aux niveaux archéologiques pour la détermination des zones sources de 1685 quartzite a été fait récemment sur la côte cantabrique (Prieto et al., 2021). La 1686 dinamisation de ces axes de travail, ainsi que le développement de nouvelles 1687 méthodologies pour la caractérisation de la quartzite, elle doit permettre de proposer de 1688 nouvelles réalités économiques et sociales complémentaires à celles proposées jusqu'à 1689 présent par le silex et autres matières premières lithiques. En ce sens, et pour de 1690 nombreux sites superopaléolithiques du centre de la côte cantabrique, il serà possible de 1691 révéler les comportements économiques et sociaux les plus quotidiens et particuliers, 1692 permettant ainsi de comprendre et élargir les rôles de cette matìère première dans la 1693 région (González Sainz, 1991, Straus, 1996, Prieto et al. 2021a.). 1694 L'un des matériaux sur lesquels il y a plus d'informations dans la région cantabrique 1695 est la matière colorante. Cependant, malheureusement, il n'y a pas de méthodologie 1696 commune dans toutes les études analytiques menées sur les ocres et autres pigments 1697 rouges à ce jour. La précision de la composition des pigments et la détermination des 1698 traces varient selon le type d'analyse utilisé. Le fait que certaines analyses soient 1699 destructives et le coût élevé de celles-ci, rend difficile la mise en œuvre de techniques 1700 analytiques complémentaires (Seva Román et al., 2015, Gay et al., 2015, 2016, Catelli, 1701 2018, García-Alonso, 2019). 1702 Les analyses les plus courantes sont soit de trouver une relation entre les pigments 1703 découverts sur le site et dans les peintures pariétales de la grotte, comme c'est le cas de 1704 la grotte d'Altamira (Cantabrie), dont les analyses semblent confirmer que le Plafond 1705 des Polychromes a été réalisé avec le pigment lui-même situé sur le site (Cabrera 1706 Garrido, 1981, Rull et al., 2014) ou interpréter les stratégies de récolte et de mélange 1707 des pigments, comme dans la grotte d'El Pendo (Cantabrie) (García Díez, 2001) et 1708 Arenaza (Pays Basque), où des mélanges intentionnels pour la création des différentes 1709 formes de la cavité ont pu être déterminés (Garate et al., 2004). Dans la Galerie 1710 Inférieure de La Garma, après les analyses exhaustives effectuées (Arias et al., 2011, 1711 Gay et al., 2015, 2016), il a été possible de conclure que certaines des peintures de la 1712 cavité correspondent à un mélange intentionnel des éléments pour construire la matière 1713 picturale la plus adaptée aux circonstances de réalisation. 1714 52 Dans les grottes de Los Canes et d'Arangas (Asturies), il n'a pas été possible 1715 d'établir une relation directe entre l'ocre trouvée à l'intérieur des grottes et les études 1716 géologiques à l'exteriur, il reste donc à ètablir la zone de collecte (Catelli, 2018, pp. 1717 299-302). D'autre part, dans la grotte d'El Covarón (Llanes), une relation possible a été 1718 établie entre les pigments situés dans la zone du foyer, dans l'une des figures de couleur 1719 plus foncée de la galerie, et le minéral extrait de la zone d'Arangas (Cabrales), à environ 1720 7 km de la cavité. Dans la même grotte, des similitudes sont observées entre les 1721 pigments de certaines figures et les oxydes de fer (hematites) des filons de la même 1722 cavité, suggérant d'éventuelles utilisations externes et internes, ce qui pourrait signifier 1723 une provision variable selon les circonstances (García-Alonso, 2019). 1724 Dans le cas des roches organogènes, les études réalisées dans l'ambre se démarquent 1725 par rapport à celles réalisées dans le jet. L'ambre, habituellement, a été considéré 1726 comme une matière très exotique et très rare dans le contexte de la péninsule ibérique. 1727 Cependant, depuis quelques décennies, on sait qu'il est abondant dans la region 1728 cantabrique. Tant l'abondance de l'ambre que sa qualité à être transformer en objets de 1729 parure sont très différentes selon les gisements géologiques. L'ambre se dégrade 1730 facilement lorsqu'il est exposé, particulièrement aux rayons UV (lumière) et de 1731 l'oxydation. Certains dépôts géologiques contiennent de l'ambre très dégradé en surface, 1732 donc opaque et très fragile. Quelques-uns ont fourni une grande quantité, sous la forme 1733 de grandes masses (décimétriques) dont les noyaux ne présentent pas d'altération ou de 1734 dégradation et sont de couleur rouge foncé, bien que transparents ou translucides 1735 lorsqu'ils sont découpés en feuilles minces. Ces différentes entre les gisements d'ambre 1736 suggèrent que, dans le Paléolithique, seuls quelques-uns de ceux qui ont été découverts, 1737 principalement dans les zones de glissements de terrain ou de forte érosion hydrique, 1738 compris les zones côtières, pouvaient potentiellement servir de sources de stock. Les 1739 analyses qui peuvent caractériser l'ambre sont peu coûteux et certains sont non 1740 destructifs. L'ambre n'est pas habituel dans les sites archéologiques du Paléolithique 1741 supérieur de la côte cantabrique, bien que cette région ait fourni les meilleurs exemples 1742 au niveau de la péninsule ibérique. Certaines parties des spectres infrarouges (IRTF) de 1743 l'ambre géologique et paléontologique peuvent être comparées, mais il est seulement 1744 possible de déterminer s'il est local (en l'occurrence Crétacé) ou d'origine lointaine. Par 1745 exemple, il n'est pas possible de mettre en relation un morceau d'ambre trouvé dans une 1746 grotte paléolithique avec un gisement d'ambre proche ou avec un ensemble de 1747 gisements relativement proches. Cette circonstance limite le détail des déductions qui 1748 peuvent être faites sur les zones de provision et les distances auxquelles elles se 1749 trouvaient. 1750 Étant donné que l'ambre dans les contextes archéologiques du Paléolithique 1751 supérieur n'he pas habituel, il est important d'analyser de manière non destructive le plus 1752 grand nombre d'exemplaires. Cette recherche a commencé il y a quelque temps 1753 (Álvarez-Fernández et al., 2005a). De nouveaux gisements d'ambre géologique ont été 1754 localisés dans la région depuis, donc l'augmentation du nombre et de la variété des 1755 échantillons analysés fournira sûrement des données intéressantes dans les années à 1756 53 venir. Les données actuelles suggèrent que l'ambre utilisé est d'origine locale (courte et 1757 moyenne distance), et que sa détection dans les zones d'érosion de la côte cantabrique à 1758 cette époque était relativement fréquente. L'ambre est trouvé toujour associé au lignite, 1759 une ressource relativament abondant dans la région, utilisé dans la cuisine et pour 1760 produire de la chaleur dans la maison. 1761 Dans le cas du lignite, on a fait remarquer qu'il est associé aux mêmes gisements 1762 dans lesquels se trouve l'ambre. Il s'agit donc d'une roche organogène collectée par des 1763 groupes préhistoriques près des grottes où ils vivent pour fabriquer des objets de parure, 1764 comme les restes trouvés à Las Caldas et Tito Bustillo. Des études analytiques 1765 pourraient préciser à l'avenir de quels gisements géologiques, notamment, il provient. 1766 On peut deviner que compte tenu de sa grande inflammabilité, ce matériau aurait pu être 1767 collecté comme combustible pour alimenter les feux des groupes solutréen et 1768 magdalénien qui peuplaient le centre de la région cantabrique. Cette hypothèse a été 1769 suggérée lors de l'interprétation des maisons moustériennes documentées à l'abri des 1770 Canalettes, dans le massif central français (Théry-Parisot et Meignen, 2000). 1771 Les informations dont nous disposons sur l'origine des autres matières premières du 1772 Paléolithique supérieur cantabrique sont très rares. Dans une grande partie des sites, 1773 seule la présence d'artefacts (outils taillés, polis, avec impacts de percussion, 1774 transformés en objets de parure) dans différentes roches métamorphiques, sédimentaires 1775 et ignées est signalée. Cependant, en de rares occasions, des analyses géologiques et 1776 chimiques ont été réalisées permettant de les caractériser correctement, comme dans le 1777 cas de les galets de lutite perforées de Praileaitz I. Une détermination correcte de ces 1778 matériaux permettra une approche de leur gestion et de la raison de leur sélection pour 1779 fabriquer certains types d'artefacts. 1780 Il en va de même pour les fossiles (coquilles de mollusques, dents de poisson, etc.), 1781 curiosités collectées pour leurs formes et leurs couleurs documentées dans différents 1782 contextes, et auxquelles on n'a pas accordé l'importance qu'elles pouvaient avoir (grande 1783 connotation symbolique). Ces preuves, qui sont généralement transformés en objets de 1784 parure, manquent d'études indiquant de quelles formations géologiques ils proviennent. 1785 L'exception est l'identification du gastéropode fossile Vitta picta transformé en objet de 1786 parure dans les sites de La Garma A et Aitzbitarte III. Sa détermination correcte a 1787 permis de mettre en évidence l'existence de contacts entre des groupes de chasseurs-1788 cueilleurs dans la partie orientale de la région cantabrique avec des gisements 1789 géologiques situés à les Landes (France), où ces coquillages auraient été collectés 1790 pendant le Gravettien. 1791 8. Conclusions 1792 Dans les sites archéologiques du Paléolithique supérieur cantabrique, une grande 1793 variété de matières premières destinées à la fabrication de différents artefacts a été 1794 documentée. Le silex, le quartzite et, dans une moindre mesure, les lutites, les ophites, 1795 les schistes et le gypse ont été modifiés selon différentes techniques (taille, abrasion, 1796 54 perforation, etc.) dans le but d'en faire des objets spécifiques destinés à l'exercice de 1797 diverses activités économiques et symboliques (chasse, préparation des peaux et des 1798 aliments, réalisation d'art mobilier et pariétal, etc.). 1799 Les études menées sur les silex archéologiques récupérés dans un grand nombre de 1800 gisements sont celles qui nous ont fourni le plus d'informations à ce jour. Sur la base de 1801 sa détermination pétrographique et de la caractérisation des bassins versants à partir 1802 desquels les groupes de chasseurs-cueilleurs se seraient potentiellement approvisionnés, 1803 on connaît au moins quatorze types différents de silex utilisés avec leurs variétés 1804 décrites (auxquelles il faut ajouter le groupe des "cherts noir"), collecté dans le milieu 1805 naturel pour un transport et une transformation ultérieurs. Dans les gisements situés 1806 dans le secteur central de la région cantabrique, tels que Las Caldas, Tito Bustillo, 1807 Coímbre B et Altamira, des vestiges ont été documentés et, dans certains cas, même de 1808 grands volumes de types de silex du secteur oriental de la région et du versant nord 1809 pyrénéen, tous classés comme ressources de diffusion "traceurs" en raison de leur 1810 grande mobilité enregistrée. Ces preuves confirment que le silex participait à des 1811 circuits actifs, établis dans toute la région cantabrique, également ici et le sud-ouest de 1812 la France, ainsi qu'entre son secteur oriental et, probablement, la côte atlantique 1813 continentale, ce qui a permis le contact entre des groupes de chasseurs-cueilleurs de 1814 différents territoires et, avec lui, l'échange de matières premières, de connaissances et 1815 d'idées. Contrairement au cas du silex, les travaux de caractérisation du quartzite dans 1816 les sites archéologiques et les contextes de captage potentiels sont rares, malgré le poids 1817 quantitatif et qualitatif de cette ressource, en particulier dans le secteur central de la 1818 région cantabrique. En général, cette ressource était captée dans des gisements fluviaux, 1819 éventuellement à proximité des gisements. Cependant, des études géoarchéologiques 1820 récentes autour du quartzite nous permettent d'observer d'importants mécanismes de 1821 sélection vers des types pétrogénétiques spécifiques au sein de ces contextes, ainsi que 1822 la confirmation de l'importance des conglomérats comme sources d'obtention de 1823 quartzite, établissant des circuits de mobilité qui transcendent les zones locales 1824 précédemment décrites. 1825 Dans la région cantabrique, les analyses appliquées à l'utilisation récurrente de 1826 colorants dans les sites du Paléolithique supérieur ont été liées, avant tout, au traitement 1827 de la matière première (broyage pour obtenir de la poudre à partir de fragments, 1828 utilisation de récipients en coquille pour une application ultérieure, etc.) et la réalisation 1829 de l'art pariétal. Les études sur l'origine de cette matière colorante semblent indiquer une 1830 origine locale, proche des sites archéologiques. Il est courant de trouver ces oxydes dans 1831 la nature, dans des affleurements, comme à l'intérieur de la grotte de Tito Bustillo, ou 1832 sous forme de fragments. Son utilisation est plus que documentée tout au long des 1833 différentes périodes au cours desquelles le Paléolithique supérieur cantabrique se divise. 1834 Cependant, le nombre d'échantillons analysés et l'hétérogénéité des techniques utilisées 1835 ne permettent pas, en principe, de tirer des conclusions irrévocables. Une situation 1836 similaire se produit avec l'ambre, une roche organogène bien documentée dans les 1837 gisements cantabriques. Les études menées à ce jour indiquent qu'il s'agit également 1838 55 d'un matériau d'origine locale, utilisé principalement pour fabriquer des objets de 1839 parure, comme l'ont montré, par exemple, les vestiges documentés à Las Caldas et Cova 1840 Rosa. 1841 Moins abondantes sont les études sur d'autres matières premières comme le jais, 1842 présent dans différents gisements solutréens et magdaléniens comme Las Caldas et Tito 1843 Bustillo. On suppose que cette matière première, destinée à la production d'objets de 1844 parure, a une origine locale, étant donné qu'il existe des affleurements à proximité des 1845 sites archéologiques. Cependant, aucune étude chimique n'a été réalisée pour déterminer 1846 l'origine de cette roche organogène. Il n'y a pas non plus eu beaucoup d'enquêtes sur 1847 l'origine des autres roches métamorphiques, sédimentaires et ignées récupérées dans les 1848 gisements, ou dans ce cas elles sont encore très préliminaires. Ce sont des matériaux, en 1849 principe, considérés comme locaux, mais avec des indications de leur sélection 1850 intentionnelle par les groupes, en raison de leur forme (par exemple, des galets roulés), 1851 de leur couleur (gris, dans le cas des schistes), etc., destinés à la réalisation de divers 1852 types d'objets aux fonctions spécifiques (perateurs, retoucheurs, objets de parure, etc.). 1853 Dans certains d'entre eux, la particularité d'avoir une origine plus éloignée des 1854 gisements dans lesquels ils ont été documentés a été confirmée, comme les marteaux de 1855 lutite de Praileaitz I et les polisseurs de pierre ponce de Santa Catalina. 1856 Enfin, les recherches menées sur l'origine des fossiles (coquilles de mollusques, 1857 dents de poissons, etc.) récupérés dans les gisements de la région cantabrique sont 1858 également rares. Les fossiles étaient collectés pour leurs formes et leurs couleurs, et 1859 servaient de support à l'élaboration d'objets de parure. Cependant, malgré sa mise en 1860 œuvre limitée, les études appliquées à l'origine de cette matière première ont livré des 1861 informations très précieuses sur ses zones de ocupation potentielles et, avec elle, sur la 1862 mobilité des groupes de chasseurs-cueilleurs dans toute la région depuis le Paléolithique 1863 supérieur, pratiquement à un niveau de détail qui n'était jusqu'alors offert que par les 1864 études de caractérisation des silex. C'est le cas des coquilles de mollusques fossiles de 1865 Vitta picta documentées à La Garma A et Aitzbitarte III, dont une origine lointaine est 1866 indiquée, dans des gisements géologiques situés dans le sud-ouest de la France. À ce 1867 courant d'étude peut s'ajouter la recherche de preuves de diverses caractéristiques 1868 documentées à différentes périodes du Paléolithique supérieur cantabrique, telles que 1869 des objets de parure en coquillages d'origine méditerranéenne (Álvarez-Fernández, 1870 2006 ; Álvarez-Fernández et al., 2019a, 2021). 1871 Remerciements 1872 S.M.-J. est chercheur prédoctoral pour la Junta de Castilla y León et le Fonds social 1873 européen, et participe aux projets PID2020-114462GB-100 (E.A.-F.) et PID2020-1874 118359GB-I00 (A.T.), tous deux financés par le programme d'État pour la promotion de 1875 la génération de connaissances et Renforcement Scientifique et Technologique, du 1876 Ministère de la Science et de l'Innovation (Espagne). A.P. est chercheur postdoctoral 1877 dans le programme María Zambrano de l'Université du Pays Basque (UPV/EHU), 1878 MAZAM 21/22, financé par des fonds Next Generation EU, et participe aux projets 1879 56 PID2021-126937NB-I00, financés par MCIN/AEI/10.13039/501100011033 et FEDER, 1880 Una manera de hacer Europa, ainsi que PID2019-103987GB-C33. Ce travail est une 1881 contribution aux projets CRE CGL2017-84419 AEI/FEDER, UE du Ministère de la 1882 Science, de l'Innovation et des Universités (Espagne), et celui promu par EL SOPLAO 1883 S.L. (accord de recherche #20963 avec l'Université de Barcelone et contrat de recherche 1884 Ref. VAPC 20225428 avec IGME-CSIC, tous deux pour la période 2022-2025), qui 1885 comprend l'étude de l'ambre du Crétacé en Espagne. 1886 Références 1887 Aguirre, M., 1998-2000. El yacimiento paleolítico de Antoliñako koba (Gautegiz-1888 Arteaga, Bizkaia): secuencia estratigráfica y dinámica industrial. Avance de las 1889 campañas de excavación 1995-2000. 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