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T. Theurillat - T. Saggini - S. Verdan (éds), ESAG - Rapport annuel - Jahresbericht 2025

Theurillat, Thierry; Verdan, Samuel; Saggini, Tamara

Abstract

Fieldwork report of the Swiss School of Archaeology in Greece in 2025. Underwater research in the ancient harbour of Eretria, survey at Amarynthos (Euboea), excavation and survey on Mount Oros (Aegina), underwater research on the shipwreck of Antikythera.

Full text

ÉCOLE SUISSE D’ARCHÉOLOGIE EN GRÈCE SCHWEIZERISCHE ARCHÄOLOGISCHE SCHULE IN GRIECHENLAND Actualités des recherches archéologiques suisses en Grèce Nachrichten aus Schweizer archäologischen Forschungen in Griechenland Impressum Édition : École suisse d’archéologie en Grèce (ESAG) Université de Lausanne, 1015 Lausanne, Suisse E-mail : [email protected] www.esag.swiss, www.facebook.com/esag.swiss, www.instagram.com/esag.swiss Conception et rédaction : Thierry Theurillat, Tamara Saggini et Samuel Verdan Traduction : Thierry Theurillat Impression : Saxoprint.ch Tirage : 1000 exemplaires sur papier recyclé Licence Creative-Commons : CC BY-SA 4.0 © 2025 École suisse d’archéologie en Grèce Herausgeber : Schweizerische Archäologische Schule in Griechenland (ESAG) Universität Lausanne, 1015 Lausanne, Schweiz E-mail : [email protected] www.esag.swiss, www.facebook.com/esag.swiss, www.instagram.com/esag.swiss Konzeption und Redaktion : Thierry Theurillat, Tamara Saggini und Samuel Verdan Übersetzung : Tobias Krapf Druck : Saxoprint.ch Auflage : 1000 Exemplare auf Recyclingpapier Licence Creative-Commons : CC BY-SA 4.0 © 2025 Schweizerische Archäologische Schule in Griechenland DOI 10.5281/zenodo.17342570 Crédits des illustrations – Abbildungsnachweis Photographies et dessins ESAG, sauf mention contraire. Fotos und Zeichnungen ESAG, wenn nichts anderes angegeben. J. André (17, 20, 27), P. Birchler Emery (18), Ch. Chezeaux (3, 12, 13, 14, 21, 27), N. Giannoulakis (19), A. Guinand (3, 10, 11), T. Krapf (3, 7, 16, 27), T. Saggini (3, 20, 27), T. Theurillat (8-9), L. Vokotopoulos (15). En couverture : Prospections et relevés dans le port d’Érétrie (photo Fabien Langenegger) Titelbild : Prospektionen und Vermessungen im Hafen von Eretria (Foto Fabien Langenegger) |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Sommaire | Inhaltsverzeichnis Introduction | Einleitung 4 Le mot du directeur, Eingangsworte des Direktors, S. Fachard Fouilles et recherches | Ausgrabungen und Forschungen 6 ESAG 1975–2025 , S. Fachard 8 Recherches sous-marines dans le port antique d’Érétrie, S. Fachard – E. Sp. Banou 12 Prospections entre Érétrie et Amarynthos, C. Chezeaux – S. Fachard – A. G. Simosi 15 Ägina, Hellanion Oros, T. Krapf – S. Chryssoulaki – L. Vokotopoulos – S.Michalopoulou – J. André 18 Anticythère : les recherches en 2025, A. G. Simosi – L. Baumer 20 L’École du terrain / Feldschule, T. Saggini 22 Langzeitforschungen : Porträts dreier Wissenschaftler:innen, A.Tanner – S. Zurbriggen – F. Pajor Organisation | Organisation 24 Conseil de la Fondation et Conseil consultatif Stiftungsrat und Beirat 24 Collaborateur·trice·s et membres scientifiques MitarbeiterInnen und Wissenschaftliche Mitglieder Actualités | Aktualitäten 2025 26 Publications et actualités Publikationen und Aktualitäten Programme | Programm 2026 27 Recherches dans le terrain et stages au musée en 2026 Feldforschungen und Museumspraktika in 2026 4 École suisse d’archéologie en Grèce – Rapport annuel 2025 ||||||| Introduction |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Les activités de l’École suisse d’archéologie en Grèce en 2025 L’année 2025 marque le 50e anniversaire de l’École suisse d’archéologie en Grèce. Ce jalon symbolique nous offre l’occasion de revenir sur l’histoire de l’institution (voir en pages6–7), de réaffirmer notre mission en Grèce et de définir les orientations futures. Àl’occasion de cet anniversaire, l’École a organisé une conférence publique le 19novembre à Lausanne, réunissant de nombreuses personnalités politiques, académiques et diplomatiques. Le lendemain, une journée académique a réuni des chercheuses et chercheurs à l’Université de Lausanne afin de mettre en valeur leurs récents travaux et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour la recherche archéologique suisse en Grèce. Cette année a été marquée par des visites de haut niveau, notamment celle du Premier ministre Kyriákos Mitsotákis , accompagné de la ministre de la Culture, Lina Mendoni, ainsi que celle du conseiller fédéral Beat Jans et du conseiller d’État vaudois Frédéric Borloz. Anticythère, Égine, Érétrie et Amarynthos Au cours de l’année écoulée, l’École a poursuivi ses activités de terrain et de recherche. À Anticythère, l’équipe dirigée par Lorenz Baumer et Angeliki G. Simosi a achevé la dernière campagne du programme quinquennal 2021–2025. En attendant la publication scientifique des résultats, l’exposition « Nouvelles d’Anticythère » à Genève, invite le public à découvrir les toutes dernières trouvailles et des éléments inédits qui font de ce navire un véritable laboratoire pour l’étude de la Méditerranée antique. À Égine, l’équipe gréco-suisse a poursuivi les fouilles au sommet de l’Hellanion Oros et exploré la région environnante, avec des découvertes spectaculaires qui nous encouragent à déposer un nouveau projet quinquennal, doté de moyens et d’équipes renforcés. En Eubée, la deuxième campagne d’étude des vestiges du port d’Érétrie, menée en collaboration avec l’Éphorie des Antiquités sous-marines et la Fondation Octopus, a permis de compléter le plan des installations portuaires. À Amarynthos, une dernière campagne de prospection est venue compléter l’étude systématique de toute la plaine érétrienne— un objectif qui paraissait encore hors de portée en 2020, compte tenu de la densification rapide des constructions dans la région. Les données récoltées ouvrent désormais la voie à l’élaboration d’une nouvelle histoire de l’occupation humaine entre Érétrie et Amarynthos sur la longue durée. Parallèlement, l’étude des vestiges du temple d’Artémis se poursuit avec une équipe internationale. Une journée d’étude organisée à Athènes a rassemblé plus de trente chercheurs pour faire le point sur les connaissances, en vue de la publication des résultats prévue pour2028. Enfin, la collection Eretria s’est enrichie en 2025 d’un nouveau volume (XXVII) consacré aux lamelles en plomb inscrites de Styra et signé par Francesca Dell’Oro. Le suivi des activités scientifiques et administratives est au centre des missions du Secrétaire scientifique. Après dix années à ce poste, Tobias Krapf passe le relais à Tamara Saggini. Chargé de cours à l’Université de Bâle après avoir enseigné le semestre de printemps à Lausanne, Tobias continuera de collaborer avec l’ESAG sur les recherches à Égine et Amarynthos. Nous le remercions chaleureusement pour son engagement et lui adressons nos meilleurs vœux pour la suite de sa carrière, de même qu’à Tamara pour son nouveau rôle de Secrétaire scientifique. Le nouveau siège de l’ESAG à Athènes Les travaux du nouveau siège de l’École, intégré dans le futur Centre suisse pour la culture, la science et la diplomatie, avancent selon le calendrier, avec une installation prévue avant l’été 2026. Le bâtiment accueillera également l’Ambassade de Suisse et la Fondation Flux, au cœur d’un complexe doté d’une salle d’exposition et de spectacle, ouverte sur un jardin urbain méditerranéen. Situé au pied de l’Acropole, à seulement trois minutes de l’Agora et de la Bibliothèque d’Hadrien, le nouveau siège offrira aux chercheurs un cadre stimulant pour la réflexion, la collaboration et les échanges, tout en renforçant la présence de l’ESAG dans le paysage de la diplomatie scientifique. Remerciements La place manquerait ici s’il fallait remercier toutes les institutions et personnes qui ont soutenu les activités de l’École. Il convient de mentionner tout particulièrement le Ministère hellénique de la Culture, la Confédération suisse (SEFRI), le Fonds national suisse (FNS), la Fondation pour l’Université de Lausanne, le Canton de Vaud, la Fondation Evangelos Pistiolis, la Fondation Stavros Niarchos et la Fondation philanthropique Famille Sandoz. Nous sommes également très reconnaissants à nos partenaires en Grèce pour les fructueuses collaborations liées sur le terrain et au musée, en particulier Angeliki G. Simosi, Stella Chryssoulaki et Eleni Sp. Banou. Le mot du directeur Eingangsworte des Direktors Sylvian Fachard Schweizerische Archäologische Schule in Griechenland – Jahresbericht 2025 5 ||||||| Einleitung |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Die Aktivitäten der Schweizerischen Archäologischen Schule in Griechenland 2025 Das Jahr 2025 markiert ein besonderes Jubiläum: Die Schweizerische Archäologische Schule in Griechenland feiert ihr 50-jähriges Bestehen. Dieses symbolische Ereignis bietet Gelegenheit, auf die Geschichte der Institution zurückzublicken (siehe Seiten 6–7). Aus diesem Anlass organisierte die Schule am 19. November in Lausanne eine öffentliche Konferenz, gefolgt von einem akademischen Workshop an der Universität, bei dem Forschende ihre aktuellen Arbeiten präsentierten und neue Perspektiven für die Archäologieforschung in Griechenland aufzeigten. Dieses Jahr war von hochrangigen Besuchen geprägt, darunter der des Premierministers Kyriakos Mitsotakis, begleitet von der Kulturministerin Lina Mendoni, sowie der des Bundesrats Beat Jans und des Waadtländer Staatsrats Frédéric Borloz. Antikythera, Ägina, Eretria und Amarynthos Auch im vergangenen Jahr setzte die Schule ihre Feldforschungen und wissenschaftlichen Aktivitäten fort. Bei Antikythera schloss das Team unter der Leitung von Lorenz Baumer und Angeliki G. Simosi die letzte Kampagne des fünfjährigen Programms 2021–2025 ab. Während die wissenschaftliche Publikation vorbereitet wird, lädt die Ausstellung „Neuigkeiten aus Antikythera“ in Genf die Öffentlichkeit dazu ein, die jüngsten Funde und spannende neue Erkenntnisse zu entdecken. Das Schiffswrack ist eine Fallstudie zur Erforschung des antiken Mittelmeers. Auf Ägina setzte das griechisch-schweizerische Team die Ausgrabungen auf dem Gipfel des Hellanion Oros fort und erforschte die Umgebung. Die spektakulären Funde motivieren zur Einreichung eines neuen, grösser angelegten Forschungsprojekts für die kommenden fünf Jahre. In Euböa ermöglichte die zweite Kampagne zur Untersuchung der Hafenanlagen von Eretria — in Zusammenarbeit mit der Ephorie für Unterwasserarchäologie und der Octopus-Stiftung — die vollständige Rekonstruktion des Hafens. In Amarynthos wurde mit der letzten Prospektionskampagne die systematische Untersuchung der gesamten Ebene von Eretria abgeschlossen. Diese Daten eröffnen neue Perspektiven für die Geschichte der menschlichen Besiedlung zwischen Eretria und Amarynthos über lange Zeiträume hinweg. Parallel dazu wird die Auswertung des Artemistempels mit einem internationalen Team fortgesetzt. Ein Studientag in Athen brachte über dreissig Forschende zusammen, um den aktuellen Stand der Erkenntnisse zu diskutieren, mit Blick auf die geplante Veröffentlichung im Jahr 2028. Zudem erscheint 2025 ein neuer Band (XXVII) der Eretria-Reihe, verfasst von Francesca Dell’Oro, der sich den beschrifteten Bleitäfelchen aus Styra widmet. Die wissenschaftliche und administrative Koordination liegt in den Händen des Wissenschaftlichen Sekretärs. Nach zehn Jahren in dieser Funktion übergibt Tobias Krapf die Aufgabe an Tamara Saggini. Tobias, der im Frühjahrssemester in Lausanne unterrichtete und nun einen Lehrauftrag in Basel hat, wird weiterhin an den Projekten in Ägina und Amarynthos mitwirken. Wir danken ihm herzlich für sein Engagement und wünschen ihm sowie Tamara in ihrer neuen Rolle alles Gute. Der neue Sitz der ESAG in Athen Die Arbeiten am neuen Sitz der Schule, der Teil des zukünftigen Schweizer Zentrums für Kultur, Wissenschaft und Diplomatie sein wird, verlaufen planmässig. Die Eröffnung soll noch vor dem Sommer 2026 stattfinden. Das Gebäude wird auch die Schweizer Botschaft und die Flux-Stiftung beherbergen und über einen Ausstellungsund Veranstaltungssaal sowie einen mediterranen Stadtgarten verfügen. Am Fusse der Akropolis gelegen, nur drei Minuten von der Agora und der Hadriansbibliothek entfernt, bietet der neue Sitz den Forschenden einen inspirierenden Ort für Austausch und Zusammen - arbeit — und stärkt die Präsenz der ESAG im Bereich der wissenschaftlichen Diplomatie. Dank Der Platz reicht nicht aus, um allen Institutionen und Personen zu danken, welche die Aktivitäten der Schule unterstützt haben. Besonders zu erwähnen sind das griechische Kulturministerium, die Schweizerische Eidgenossenschaft (SBFI), der Schweizerischer Nationalfonds (SNF), die Stiftung für die Universität Lausanne, der Kanton Waadt, die Evangelos Pistiolis Stiftung, die Stavros Niarchos Stiftung und die philanthropische Stiftung Familie Sandoz. Wir sind auch unseren griechischen Partnerinnen für die fruchtbare Zusammenarbeit zu grossem Dank verpflichtet, insbesondere Angeliki G. Simosi, Stella Chryssoulaki und Eleni Sp. Banou. Anticythère Antikythera Érétrie–Eretria Amarynthos Égine Ägina Remerciements – Dank Ministère grec de la Culture – Kulturministerium, Lina Mendoni Direction des Antiquités du Ministère grec de la Culture – Antikendirektion im Kulturministerium, Olympia Vikatou (Dir.) Dépt. des Écoles étrangères – Departement für ausländische archäologische Schulen, Konstantina Benissi (Dir.), Sophia Spyropoulou Éphorie des Antiquités d’Eubée – Ephorie für Altertümer von Euböa, Dimitrios Christodoulou (Dir.), Olga Kyriazi, Stavroula Parissi Éphorie du Pirée et des Îles – Ephorie von Piräus und Inseln, Anna Vasiliki Karapanagiotou Éphorie des Antiquités sous-marines – Ephorie für Unterwasser-Alter tümer, Dimitris Kourkoumelis (Dir.) Ambassade de Suisse en Grèce – Schweizerische Botschaft in Griechenland, S. E. Stefan Estermann Ambassade de Grèce en Suisse – Griechische Botschaft in der Schweiz, S. E. Ekaterini Simopoulou Mairie d’Érétrie – Gemeindeverwaltung von Eretria, Nikos Gournis Préfecture de Grèce centrale, district régional d’Eubée – Regionalverwaltung Zentralgriechenland, regionale Einheit Euböa, Giorgios Kelaïditis Amarynthos, association culturelle – Amarynthos, Kulturverein, Grigoris Foustalierakis Association Gerani – Verein Gerani, Kostas Frangoulopoulos Université de Lausanne – Universität Lausanne, direction, décanat de la Faculté des lettres, Juanita Béguin, Antonio Santangel, Dilek Güngör, Coralie Grossrieder, Patrizia Ponti, Antoinette Nadal Donateurs et mécènes – Donatoren und Mäzene Fonds national suisse de la recherche scientifique Schweizerischer Nationalfonds zur Förderung der wissenschaftlichen Forschung Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche – Departement für Wirtschaft, Bildung und Forschung Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation – Staatsekretariat für Bildung, Forschung und Innovation Université de Lausanne et autres universités de Suisse – Universität Lausanne und andere Universitäten der Schweiz Fondation philanthropique Famille Sandoz, Fondation Stavros S. Niarchos, Fondation Evangelos Pistiolis, Fonds d’utilité publique du Canton de Vaud, Fondation pour l’Université de Lausanne, Fondation KIKPE, Stiftung Isaac Dreyfus-Bernheim, Ceramica-Stiftung, Société Académique Vaudoise, Fondation Théodore Lagonico, Fondation Afenduli Le 26 novembre 1975, l’État grec attribuait le titre d’École archéologique à la mission suisse qui avait entrepris dès 1964 l’exploration du site antique d’Érétrie. Karl Schefold, qui assurait la direction dès l’origine, avait attendu la fin du régime des colonels pour en faire la demande. L’École suisse d’archéologie en Grèce demeure à ce jour la seule mission archéologique suisse permanente hors des frontières nationales. Pierre Ducrey et Karl Reber retracent ici les décennies durant lesquelles ils ont dirigé l’ESAG, avant que nous n’offrions un aperçu des projets en cours et des perspectives d’avenir en termes de recherche, de formation et de mise en valeur du patrimoine. 6 École suisse d’archéologie en Grèce – Rapport annuel 2025 ||||||| Fouilles et recherches ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| ESAG 1975–2025 Sylvian Fachard, avec les contributions de Pierre Ducrey et Karl Reber Pierre Ducrey (directeur de 1982 à 2006) 1964–1981 : après une période riche en découvertes (Quartier de l’Ouest et « Hérôon », sanctuaire d’Apollon, Maison aux mosaïques), le temps est venu de faire une pause et de créer des infrastructures indispensables à Athènes et à Érétrie. L’appartement de la Rue Skaramanga, siège de l’École, ouvre ses portes en 1987, la seconde salle du musée d’Érétrie, les locaux techniques et le laboratoire, enfin le pavillon de la Maison aux mosaïques sont inaugurés le 10 mai 1991. Durant cette décennie, les fouilles sont mises en pause. La Fondation de l’École suisse d’archéologie en Grèce est créée en 1983. Elle se lance dans la recherche des fonds indispensables, en plus de l’appui du Fonds national suisse. L’exploration systématique de la ville antique d’Érétrie se poursuit : les vestiges de l’acropole sont inventoriés, en attendant une autorisation de conduire des sondages qui seront couronnés par la découverte de couches préhistoriques et du sanctuaire d’Athéna. La fouille des habitations du Quartier de l’Ouest reprend, puis celle des couches profondes du sanctuaire d’Apollon. La connaissance de son passé géométrique (VIII e s. av.J.-C.) est renouvelée. Suit la découverte du Sébasteion, temple du culte impérial. L’entrée en lice de généreuses fondations privées (Fondation Philanthropique Famille Sandoz, Fondation Stavros S. Niarchos) permet l’engagement de collaborateurs scientifiques pour assurer le suivi des découvertes, leur étude et leur publication. Une activité nouvelle prend place : des équipes se lancent dans l’exploration de l’ensemble du territoire, avec pour aboutissement une meilleure compréhension du système politique, économique et défensif de la cité. L’ESAG quitte progressivement l’étude de la ville pour jeter son regard sur la périphérie. Le succès l’attend avec la découverte du sanctuaire d’Artémis Amarysia, qui donne un nouvel élan et une visibilité accrue aux activités des chercheurs suisses en Eubée. Pierre Ducrey devant le site de la Maison aux mosaïques, qu’il a découvert et mis en valeur. Pierre Ducrey vor dem Mosaikenhaus, das er entdeckt und erschlossen hat. ||||||| Ausgrabungen und Forschungen ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Depuis 2021, l’École a concentré ses activités de terrain sur Amarynthos, avec trois priorités : dégager le temple d’Artémis, fouiller le site préhistorique et prospecter entre le sanctuaire et Érétrie. Aujourd’hui, alors que les équipes préparent la publication des découvertes grâce au soutien renouvelé du FNS, nous maintenons, ailleurs en Grèce, des projets de terrain indispensables à notre mission de formation, comme l’illustre cette brochure. Cinquante ans de présence scientifique suisse témoignent de l’engagement durable de notre pays en Grèce et constituent un héritage précieux. Ils nous engagent également à tourner le regard vers l’avenir. 50 ans et après... ? Les découvertes réalisées par les archéologues suisses au cours des cinquante dernières années s’accompagnent d’une responsabilité majeure : préserver ce patrimoine et le rendre accessible au public, en Grèce comme en Suisse. Cela implique notamment l’agrandissement des réserves du musée d’Érétrie pour accueillir les milliers d’objets issus des fouilles d’Amarynthos, la conservation et la mise en valeur des sites archéologiques — en particulier les thermes et le gymnase d’Érétrie — ainsi que l’ouverture progressive du sanctuaire d’Artémis. À ces travaux s’ajoute un autre impératif : publier les anciennes fouilles, ce qui suppose de reprendre des dossiers scientifiques restés inédits, d’étudier un mobilier archéologique encore peu exploité et de valoriser des archives trop longtemps négligées. Une manière de faire du neuf avec du vieux, en tirant parti des avancées technologiques et scientifiques qui renouvellent sans cesse les questionnements archéologiques. La formation et la recherche demeurent au cœur de la mission de l’École, deux pôles indissociables qui s’enrichissent mutuellement. Offrir à des étudiant·e·s une expérience pratique complétant leur cursus académique, les initier au travail d’équipe et aux savoirs interdisciplinaires, soutenir les talents et encourager l’innovation, c’est investir dans les archéologues de demain. Dans un contexte scientifique toujours plus internationalisé, l’ESAG facilite la mise en réseau des universitaires suisses et met ses infrastructures et ses compétences au service de la formation et de la recherche. Partager le fruit de nos recherches est un impératif que les archéologues ne peuvent relever seuls. Grâce au soutien du FNS et de la Fondation Niarchos, l’ESAG a pu engager des spécialistes en médiation afin de montrer aux enseignant·e·s et aux élèves de Suisse et de Grèce combien l’Antiquité imprègne encore nos cultures. Grâce au documentaire retraçant la passionnante enquête qui permit la découverte de l’Artémision à Amarynthos, l’ESAG et ses travaux sont désormais connus d’un large public. S’ouvrir à de nouvelles formes de transmission et décloisonner nos savoirs est devenu indispensable. L’inauguration en 2026 du Centre suisse pour la culture, la diplomatie et la recherche à Athènes, où l’ESAG aura son siège, s’inscrit dans cette dynamique. Ce nouveau siège sera un lieu d’étude, de réflexion et de collaboration, signe d’un développement stratégique qui confirme notre engagement durable envers la Grèce. Schweizerische Archäologische Schule in Griechenland – Jahresbericht 2025 7 Karl Reber (Direktor von 2007 zum 2021) Die Jahre 2007–2021 waren geprägt durch verschiedene Grabungen innerhalb und ausserhalb der Stadt Eretria. In einem ersten grossen Grabungsprojekt legten wir die römischen Thermen frei, die uns neue Einsichten in die Besiedlung Eretrias in römischer Zeit gaben. Danach hatten wir die Gelegenheit, ein grosses Terrain östlich des Gymnasions zu untersuchen, wo wir eine zweite Palästra fanden. Neu unterstützte die ESAG auch Projekte, die in Zusammenarbeit mit den griechischen Behörden ausserhalb Eretrias durchgeführt wurden. Dazu gehören die Untersuchung der vom Meer überfluteten, bronzezeitlichen Siedlung bei Kiladha (Peloponnes), die Weiterführung der Unterwassergrabungen bei Antikythera und die Prospektion im attischen Mazi. Zwar noch auf Euböa, aber dennoch ausserhalb Eretrias, untersuchte ein Team der ESAG und der Ephorie für Alter tümer von Euböa die mysteriösen Drachenhäuser im Süden der Insel. In den Jahren 2010–2011 zeigten wir im Athener Nationalmuseum und im Antikenmuseum Basel eine grosse Eretria - Ausstellung. 2014 feierten wir das 50-jährige Jubiläum der Schweizer Grabungen in Eretria, die schon vor der Gründung der Schule begannen, mit grossen Anlässen in Athen und Lausanne. Die Stadt Eretria dankte uns unseren Einsatz, indem sie einen Platz im Zentrum mit dem Namen der ESAG versah. Das Projekt, das jedoch die grösste Aufmerksamkeit erfuhr, war die Entdeckung des Heiligtums der Artemis Amarysia in Amarynthos. Die Grabungen begannen 2007 und wurden dank Zuwendungen der Eidgenossenschaft und der Isaak Dreyfus-Bernheim Stiftung sowie ab 2017 durch vierjährige Forschungsprogramme des Schweizer Nationalfonds möglich. Bereits 2017 gelang die Identifizierung des Heiligtums anhand von verschiedenen Inschriften. Nach und nach kamen verschiedene Gebäude zum Vorschein: Hallenbauten im Osten und Norden, der Altar und schliesslich auch der Tempel, in dem sich ein reiches Depot an Votivfunden erhalten hat. Diese Entdeckung wurde durch die griechische Post mit einer Sonderbriefmarke geehrt. Karl Reber erhält die Briefmarke der Hellenischen Post, die der Entdeckung des Artemisions von Amarynthos gewidmet ist — Karl Reber reçoit le timbre de la poste hellénique célébrant la découverte de l’Artémision d’Amarynthos. 8 École suisse d’archéologie en Grèce – Rapport annuel 2025 ||||||| Fouilles et recherches ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Depuis 2024, les infrastructures portuaires de l’ancienne Érétrie font l’objet d’un programme de recherches systématiques, mené dans le cadre d’un projet triennal (Eretria Harbour Project), fruit d’une collaboration entre l’ESAG, l’Éphorie des Antiquités sous-marines et la Fondation Octopus. L’été 2025 a marqué une nouvelle étape pour l’équipe gréco-suisse d’archéologues et de plongeurs, qui s’était fixé plusieurs objectifs : mieux comprendre les aménagements d’un petit bassin attenant à la fortification maritime occidentale ; documenter les techniques de construction du grand môle de l’ouest et rechercher son pendant oriental, connu seulement par d’anciennes cartes ; achever le relevé bathymétrique du grand bassin portuaire avant de s’aventurer plus au large, à la recherche de vestiges archéologiques et de plages fossilisées (beachrocks) aujourd’hui immergés. Les données récoltées permettront de restituer plus précisément la morphologie antique du littoral et les aménagements portuaires réalisés par les Érétriens aux derniers siècles avant notre ère. La campagne a également revêtu une dimension pédagogique : cinq étudiants issus d’universités suisses et grecques ont pu s’initier aux méthodes de l’archéologie sous-marine, en participant aux plongées et aux relevés. Le littoral antique Les paysages, loin d’être immuables, ont considérablement évolué au fil du temps. C’est particulièrement vrai le long des côtes méditerranéennes, où le niveau de la mer s’est élevé de plusieurs mètres durant les derniers millénaires. L’apport de sédiments charriés par les rivières a aussi contribué à combler des baies, tandis que le battement des vagues sur le rivage a peu à peu cimenté les plages. Ces formations, que l’on appelle des beachrocks, sont ainsi de véritables archives : les matériaux qui les composent (coquillages et tessons de céramique en particulier) peuvent être datés et leur position permet de reconstituer les variations du littoral. Par ailleurs, des carottages profonds réalisés il y a une dizaine d’années dans la ville moderne ont également permis de reconstituer un environnement de lagunes et de marais au cours du 1 er millénaire avant notre ère, là où une anse pénétrait dans les terres jusqu’au pied de l’acropole, à l’époque préhistorique. Recherches sous-marines dans le port antique d’Érétrie Sylvian Fachard – Eleni Sp. Banou, avec la collaboration de Despina Koutsoumba – Fabien Langenegger – Julien Pfyffer – Claudio Pacheco Martins – Thierry Theurillat Carte du port d’Érétrie avec restitution du trait de côte antique et de la bathymétrie. Karte des Hafens von Eretria mit der Rekonstruktion der antiken Küstenlinie und der Bathymetrie. M13 M16 M11 2m 2m ? 2m 5m 10m 15m 20m 5m 2m 2m 5m 5m 10m 15m 0 100m nécropole agora port militaire? tour ouest darse rivage moderne Le grand bassin portuaire et ses brise-lames Les premiers habitants d’Érétrie se sont adaptés à cet écosystème en constante évolution, le façonnant au fil des siècles : dès le 7 e siècle av. J.-C, ils endiguent la rivière qui inonde le site, assainissant ainsi la plaine. Vers 400 av. J.-C., la cité est entourée d’un circuit fortifié long de plus4 km. C’est peutêtre à la même époque que les Érétriens pro - tègent la baie à l’aide de deux grands briselames, ou môles, construits sur des beachrocks qui affleuraient alors, le niveau de la mer étant environ 2 m plus bas qu’aujourd’hui. Ces môles ont frappé les voyageurs qui visitèrent le site au 19e siècle, tel Alexandre Rangabé qui, en 1852, s’émerveille devant « les jetées, qui existent encore sous les flots, à une distance assez considérable du rivage ». Si le môle occidental(M13), long de600 m, avait déjà été étudié, la campagne 2025 a permis de localiser les rares vestiges encore visibles du môle oriental(M16), aujourd’hui partiellement recouvert par les terrassements modernes autour de l’île de Pezonisi. Les deux ouvrages présentent des modes de construction et des plans identiques : ils sont constitués d’un empilement de moellons de tailles variées, reposant sur les semelles cimentées de beachrocks. Leurs extrémités, ou musoirs, forment des plateformes coudées vers l’intérieur de la baie, sur lesquelles devaient s’élever des structures, que la dégradation des vestiges rend désormais difficiles à appréhender. La zone portuaire ainsi abritée des vagues s’étendait sur plus de 70 ha. Elle offrait un refuge sûr pour les navires au mouillage, mais la houle poussée par les vents dominants rendait néanmoins l’amarrage à quai périlleux. C’est pourquoi deux bassins intérieurs au moins furent aménagés : ils permettaient à des embarcations d’un certain tonnage de venir à quai le temps du chargement ou du déchargement, ou d’être tirées au sec pour l’entretien. C’est justement pour mieux comprendre la topographie de la baie et la circulation des navires à l’époque antique que les fonds marins ont été cartographiés grâce à un sonar monté sur une embarcation télécommandée. Les eaux côtières s’avèrent généralement peu profondes, mais elles font place progressivement, au centre du bassin, à un chenal de 8 m de profondeur, situé dans l’axe de l’ancien port « militaire » aujourd’hui asséché. Des phénomènes d’envasement et des dragages modernes ont cependant contribué à remodeler la configuration des fonds marins depuis l’Antiquité, comme l’a révélé l’exploration du petit bassin occidental. La darse de la tour ouest et le port « militaire » oriental Repéré et documenté en 2024, un petit bassin, ou darse, adossé au rempart maritime occidental, a fait l’objet d’une étude approfondie. Un mur en grand appareil (M8) s’avance depuis la tour vers le large sur une vingtaine de mètres, avant de céder la place à une zone très perturbée, jonchée de grands blocs épars (M12). Plus loin, un second tronçon (M9), conservée sur deux assises de grands blocs posé en alternance, forme une solide jetée à une cinquantaine de mètre du rivage. À son extrémité, un ouvrage construit en petites pierres empilées sur un soubassement de grosses dalles dessine un talus large de 5 m et haut d’environ1 m. Ce môle s’étire Schweizerische Archäologische Schule in Griechenland – Jahresbericht 2025 9 ||||||| Ausgrabungen und Forschungen ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Restitution et profil de la darse occidentale. Rekonstruktion und Profil des westlichen Hafenbeckens. Relevé sous-marin — Unterwasseraufnahme (M9). 0 (+2m) -2 (0m) -6 (-4m) M11 M4 Nord Sud 3 (1m) 3 (1m) 4 (2m)5 (3m) 2 (0m) 2 (0m) 6 (4m) 0 50m M8 M7 M9 M12 M11 M4 Fe14 tour ouest profil rivage moderne ||||||| Fouilles et recherches |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| 16 École suisse d’archéologie en Grèce – Rapport annuel 2025 Ausblick Die diachrone Frequentierung des Gipfels von der Bronzezeit über die ganze Antike und das Mittelalter bis heute macht die Erforschung nicht einfach, doch ist es besonders spannend zu sehen, wie die Nutzung, abhängig von der generellen Situation auf Ägina und im Saronischen Golf, zwischen heiligem Ort und Zufluchtsstätte abwechselte. Der Survey des südlichsten Teils der Insel, etwa einem Achtel der gesamten Oberfläche, lässt mit den zahlreichen Funden nur erahnen, wieviel es auf der restlichen Insel noch zu entdecken gäbe. Ägina kann eindeutig nicht nur auf seinen Hauptort reduziert werden, sondern seine bewegte (Vor-) Geschichte schlug sich in der Siedlungstopografie der gesamten Insel nieder. Ägina, Hellanion Oros 2025 Das Projekt ist eine Zusammenarbeit der ESAG mit der Ephorie für Altertümer des Piräus und der Inseln unter der Direktion von S. Chryssoulaki und T. Krapf. Teil der Projektleitung sind ebenso L. Vokotopoulos, S. Michalopoulou und J. André, wissenschaftlich unterstützt von F. De Polignac. C. Pacheco Martins hat einen bedeutenden Teil der topografischen Arbeiten übernommen, sowie auch der Dokumentation. 2025 haben folgende Studierende am Projekt mitgearbeitet: A. Baiardi, Th. Broder, M. Delacruz, B. Fromentin, L. Hennault, A. Hoffmeyer, N. Jost, L. Martinis Pearl, L. Mura und N. Ruchti. Auf der Grabung haben A. Koulikourdis und M. Katsoulis mitgearbeitet. Ihnen sei allen ganz herzlich gedankt. Für die Unterstützung der Kampagne gebührt der Stiftung der ESAG unser grosser Dank. Résumé En 2025, l’équipe gréco-suisse a mené une campagne de fouille au sommet de l’Hellanion Oros, sur l’île d’Égine, accompagnée de deux semaines de prospection intensive dans ses environs. Ces recherches ont mis en lumière la fréquentation de la région du Néolithique Final à nos jours, avec une majorité de vestiges de la phase mycénienne. Deux nouvelles fortifications ont été identifiées sur des promontoires de la côte sud, et, juste sous le sommet de l’Hellanion, un complexe monumental inédit a été partiellement nettoyé et topographié. Un premier sondage y a confirmé sa datation à la période mycénienne. Prospektion südlich von Megali Koryphi vor einem Felshügel mit einer 2025 entdeckten prähistorischen Befestigung — Prospection au sud de Megali Koryphi, devant un promontoire avec une fortification préhistorique découverte en 2025. Prospektionsgebiet um den Hellanion Oros im Süden Äginas. Eingezeichnet sind die untersuchten Flächen, sowie eine Auswahl der identifizierten Strukturen — Zone de prospection autour de l’Hellanion Oros au sud d’Égine, avec les zones explorées et une sélection de structures identifiées. Oros Megali Koryphi Perdika Sphentouri Zeus Heiligtum Prospektionsgebiet Hangneigung > 30° Drakospito Souvales / Brunnen Kapellen Dreschplätze Turm antike Stätte Agia Triada Prospektionseinheiten Oroi Inschriften (Grenzen) Km 0 1 prähistorische Befestigungen Vlachides Südhang des Hellanion Oros mit dem monumentalen mykenischen Komplex — Pente sud de l’Hellanion Oros avec le complexe monumental mycénien. ↑ ||||||| Ausgrabungen und Forschungen ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Schweizerische Archäologische Schule in Griechenland – Jahresbericht 2025 17 Ägina Hellanion Oros La campagne 2025 La cinquième et dernière campagne de recherche sur l’épave d’Anticythère s’est déroulée du 15 mai au 12 juin 2025, avec une équipe d’archéologues et de plongeurs professionnels de l’unité des missions sous-marines des garde-côtes helléniques, sous la direction d’Alexandros Sotiriou. Des drones subaquatiques, pilotés par l’équipe Hublot Xplorations et les garde-côtes, ont été utilisés pendant les opérations de plongée. Le laboratoire scientifique a été dirigé par Isaac Ogloblin-Ramirez. Patrizia Birchler Emery a assuré la documentation du matériel archéologique et l’analyse typologique des céramiques, tandis que Timothy Pönitz s’est chargé du SIG et de la modélisation 3D. Récupération des éléments en bois L’équipe a relevé plusieurs défis, le plus crucial étant la récupération des éléments en bois découverts en 2024. Elle est parvenue à remonter entier un pan du navire mesurant 40 × 70 cm, fait de planches et de membrures encore solidaires. Plus fines que celles découvertes par Jacques-Yves Cousteau en 1976 (moins de 5 cm d’épaisseur), ces planches posent une question majeure : proviennent-elles de la partie supérieure du navire ou appartiennent-elles à une embarcation distincte, plus petite ? D’autres éléments en bois ont également été collectés en vue de leur étude par François Blondel, de l’Université de Genève. Ses analyses confirment la datation dendrochronologique autour de 235av.J.-C. ; les planches étaient en orme, les membrures en chêne et les chevilles en sapin. À proximité de la zone déjà explorée par l’équipe Cousteau, on a pu identifier divers fragments de bois, associés à des matériaux inorganiques (plomb, cuivre) et organiques (goudron). Une statue couverte d’incrustations Un autre rocher, estimé à 5 tonnes, a été déplacé à l’aide de parachutes de levage sous-marins pour accéder à des fragments de sculpture en marbre repérés en 2024. Il s’agit des jambes d’une statue masculine nue, brisée lors de l’impact du rocher. L’étendue et la dureté des incrustations maritimes sur la pièce ont rendu impossible la récupération complète des fragments : seul un pied avec une partie de la plinthe a pu être soulevé. Les autres éléments ont été laissés en place et recouverts après documentation. Une cargaison variée La découverte de plusieurs amphores chiotes révèle une diversité typologique plus grande que celle suggérée par les campagnes précédentes. Un mortier en terre cuite avec un bec verseur, utilisé pour broyer ou mélanger des aliments, a également été retrouvé, offrant un aperçu concret des pratiques culinaires à bord. Expositions au Pirée et à Genève Une sélection d’objets découverts au cours des cinq dernières années a été présentée, du 20 novembre 2024 au 30 mars 2025, lors de l’exposition « The Antikythera Shipwreck : 124 Years of Underwater Archaeological Research » à la Fondation Laskaridis au Pirée, accompagnée d’un catalogue. L’exposition « Nouvelles d’Anticythère. Cinq années de fouilles sur la plus célèbre épave de l’Antiquité », présentée du 20 octobre au 17 décembre 2025 à la Collection des moulages de l’Université de Genève, illustre les défis techniques et pratiques des fouilles sous-marines ainsi que les principaux résultats des recherches. 18 École suisse d’archéologie en Grèce – Rapport annuel 2025 ||||||| Fouilles et recherches |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Anticythère Les recherches en 2025 Angeliki G. Simosi – Lorenz E. Baumer Zusammenfassung Das Team aus Schweizer und griechischen Archäologen und Tauchern schloss im Mai/Juni die fünfte Unterwasserausgrabungskampagne zum Schiffswrack von Antikythera ab. Im Zentrum stand die Bergung eines 40 × 70 cm grossen Stücks des Schiffsrumpfs aus Planken und Spanten. Die Analyse der Hölzer ergab eine dendrochronologische Datierung um 235 v. Chr. sowie die Verwendung von Ulme, Eiche und Tanne. Das Heben eines weiteren Felsblocks gab Zugang zu den Fragmenten einer männlichen Marmorstatue, die wegen der sehr harten Ablagerungen nur teilweise gehoben werden konnten. Die Kampagne lieferte ausserdem mehrere Amphoren aus Chios, welche die Zusammensetzung der Schiffsladung ergänzen, dazu ein Mortarium aus Terrakotta, das zur Zubereitung von Speisen diente. Die Forschungsergebnisse der letzten Jahre sind ebenfalls das Thema von zwei Ausstellungen in Piräus und in Genf, die einen Überblick über die Entdeckungen bieten. Mortier en terre cuite. Terrakotta-Mörser. Pied sculpté en marbre — Fuss einer Marmorstatue. 10 cm 10 cm ||||||| Ausgrabungen und Forschungen ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Schweizerische Archäologische Schule in Griechenland – Jahresbericht 2025 19 Anticythère Le projet Le projet de recherche est codirigé par Angeliki G. Simosi, éphore émérite du Ministère de la Culture Hellénique, et Lorenz E. Baumer, professeur à l’Université de Genève. Les fouilles subaquatiques sont supervisées par l’Éphorie des Antiquités sous-marines et bénéficient du soutien de Lina Mendoni, Ministre de la Culture, ainsi que de la mairie de Cythère et d’Anticythère. Les principaux soutiens du programme de recherche sont la Fondation Aikaterini Laskaridi, la société horlogère suisse Hublot et la Fondation Nereus Research. Les systèmes de télécommunications de dernière génération sont fournis par Cosmote. Cette année, les recherches ont de nouveau bénéficié de visites de plusieurs experts. Judith Pin – Lorena Plesu – Marine Roux, stage en conservation–restauration Étudiantes en master de conservation-restauration à la Haute École Arc de Neuchâtel, nous avons passé cinq semaines au sein du laboratoire de conservation du Musée archéologique d’Érétrie. Notre mission : restaurer des vases en bronze et en céramique tout juste sortis de terre à Amarynthos. Une journée de travail au laboratoire, c’est : ☑ 8h, se caler face à son microscope, ☑ 9h, monter le son des écouteurs pour couvrir le bruit des micro-tours, ☑ 10h pile, choisir son thé ☑ 13h, dialimma ! pause au soleil et conversations (semi-)professionnelles, ☑ 15h45, fin du labeur… Ce stage a été l’occasion de mettre en pratique nos connaissances et d’acquérir des gestes essentiels dans un cadre international et pluri disciplinaire. Au-delà d’une expérience pratique, il nous a permis de contribuer, à notre échelle, à la sauvegarde et à l’étude d’un site d’exception, à travers une profession qui nous captive. Érétrie, 23.05 au 25.06 ||||||| Fouilles et recherches |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| L’école du terrain : récits de stage Feldschule : Praktikumserlebnisse Tamara Saggini, avec les contributions de — mit Beiträgen von Camilla Proto – Ioannis Lemonitsis – Sofia Pedrazzini – Judith Pin – Lorena Plesu – Marine Roux Sur le terrain comme au musée, les stages plongent les étudiant·e·s en archéologie au cœur du métier. Alliant pratique et découverte culturelle, ces expériences constituent un pilier de leur apprentissage. Les futur·e·s archéologues y mesurent concrètement les défis et les richesses du terrain, notamment sur les sites emblématiques d’Érétrie et d’Amarynthos. Grâce à un encadrement académique exigeant, les stagiaires, venus des universités suisses et internationales, se familiarisent avec toutes les étapes du travail archéologique : de la fouille au relevé stratigraphique, de l’enregistrement du matériel aux dessins, à la photographie et aux analyses postfouilles. Au rythme du chantier et du laboratoire, ils peuvent ainsi s’initier à la rigueur scientifique, au travail d’équipe et aux grands enjeux de la recherche archéologique actuelle. Auf dem Feld wie im Museum tauchen die Archäologie-PraktikantInnen direkt in den Berufsalltag ein. Praxis und kulturelle Entdeckung verbindend, bilden diese Erfahrungen einen zentralen Pfeiler ihrer Ausbildung. Auf den bedeutenden Fundstellen von Eretria und Amarynthos erleben sie die Herausforderungen und Reize des Feldes hautnah. Unter intensiver akademischer Betreuung lernen die aus Schweizer und internationalen Universitäten kommenden PraktikantInnen alle Arbeitsschritte kennen: von der Ausgrabung über stratigraphische Aufnahmen bis zur Dokumentation, Zeichnung, Fotografie und Nachbearbeitung der Funde. Im Rhythmus von Ausgrabung und Labor entwickeln sie so wissenschaftliche Genauigkeit, Teamgeist und ein Verständnis für die zentralen Fragen der heutigen archäologischen Forschung. Sofia Pedrazzini, Keramikpraktikum Diesen Winter habe ich am Praktikum für archaische Keramik teilgenommen. Ich studiere an der Universität Zürich und befinde mich im ersten Jahr meines Masterstudiums. Nach drei Ausgrabungskampagnen in Amarynthos und einem Praktikum zur Keramikklassifizierung war dies bereits mein fünftes Praktikum mit der ESAG. Das Ziel war das Zeichnen und die morphologische und ikonographische Beschreibung der schwarzfigurigen Gefässe aus dem Tempel von Artemis in Amarynthos. Wir arbeiteten im Museum von Eretria, gemeinsam mit dem Restaurierungsteam, was ich sehr bereichernd fand. Ein Praktikum wie dieses bietet die Möglichkeit, eine beschreibende Methodik zur Keramikanalyse zu erlernen und gleichzeitig das technische Zeichnen zu verbessern. An den Wochenenden nutzten wir die Gelegenheit, Griechenland zu erkunden— dabei entdeckten wir unter anderem Delphi und Theben. Eretria, 26.01. bis 14.02. 20 École suisse d’archéologie en Grèce – Rapport annuel 2025 Plus d’informations : Weitere Informationen : ||||||| Ausgrabungen und Forschungen |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Schweizerische Archäologische Schule in Griechenland – Jahresbericht 2025 21 Yiannis Lemonitsis, Survey Ich habe mein Studium am Fachbereich Geschichte und Archäologie der Universität Athen abgeschlossen und im Sommer 2025 zum ersten Mal am Survey der ESAG in Amarynthos teilgenommen. Tag für Tag erkundeten wir das Gebiet zwischen Amarynthos und Eretria und dokumentierten Funde, die auf menschliche Aktivitäten hinweisen. Eine Survey verlangt höchste Aufmerksamkeit — selbst das kleinste Fragment kann ein grosses Stück Geschichte erhellen. Tonscherben werden dabei fast zu treuen Weggefährten! Gleichzeitig lernt man den effektiven Umgang mit GIS und entwickelt ein Gespür für die Orientierung in einer unbekannten Landschaft. Jeder Schritt der Begehung führte uns zu neuen Erkenntnissen, während zusätzliche Kurse mit spezialisierten ArchäologInnen unser Wissen fortwährend vertieften. Amarynthos, 30.06.–25.07.2025 Camilla Proto, stage d’architecture Étudiante en master d’archéologie et d’histoire de l’art à l’Université de Lausanne, j’effectuais mon premier stage avec l’ESAG. Dumusée au site archéologique d’Érétrie, les journées étaient consacrées à dessiner, décrire et identifier des fragments architecturaux ; en soirée, l’expérience se prolongeait avec des cours de photogrammétrie, de dessin vectoriel et de vocabulaire technique. L’atelier de taille de pierre m’a particulièrement captivé : c’était l’occasion unique de tester de mes propres mains les outils qui avaient servi à créer les objets analysés au cours du stage. Cette expérience m’a permis de consolider mes connaissances et compétences, et mon intérêt pour l’architecture antique s’en est trouvé renforcé. Érétrie, 26/05 au 15/06 2025 22 École suisse d’archéologie en Grèce – Rapport annuel 2025 ||||||| Fouilles et recherches |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Die archäologische Forschung vereint eine ganze Reihe von Spezialist:innen, die sich den unterschiedlichsten Themen widmen und dabei Methoden und Techniken ihrer jeweiligen Disziplinen einsetzen. Ihr Beitrag eröffnet neue Einblicke in bislang wenig bekannte Facetten der antiken Stadt Eretria. Sie versuchen, eine Vergangenheit sichtbar zu machen, die sich heute oft nur noch in Steinsockeln oder wenigen Keramikscherben erhält. So geraten auch lange vernachlässigte Epochen wieder in den Blick — vom Niedergang der eretrischen Siedlung am Ende der römischen Zeit bis zur Neugründung der Stadt im 19. Jahrhundert. Ein Porträt von drei Forschenden, die sich diesem gefährdeten Kulturerbe widmen. Stoai im Wandel: Architektur von der archaischen bis zur römischen Zeit Seit einem Praktikum im Athenaion von Eretria ist Alexandra Tanner als Bauforscherin in Griechenland tätig, heute ist sie Professorin für Historische Bauforschung und Baudenkmalpflege, insbesondere Bauforschung antiker Konstruktionen an der Technischen Universität Berlin. Ihre Dissertation verfasste sie über tempelartige Kleinbauten in Aigeira auf der Peloponnes. In Ägina Kolonna ist sie zudem verantwortlich für die Konservierung und Restaurierung der bronzezeitlichen Ostvorstädte. Platzsäumende Stoai, die verschiedene Nutzungen beherbergen konnten, kommen in Eretria und Amarynthos in verschiedenen Varianten und über einen langen Zeitraum hinweg, von der archaischen bis in die römische Zeit, vor. Die Analyse dieser Stoai und des städtebaulichen Kontexts gibt Einblick in die damalige Entwurfspraxis und Bautechnik. Da sowohl in Eretria als auch im extraurbanen Heiligtum nur wenige Bauteile der aufgehenden Architektur überliefert sind, stellt der Grundriss eines Gebäudes, der teilweise nur noch in Fundamenten erhalten ist, die Hauptquelle der Forschung dar. Aufgrund von Bearbeitungsspuren und signifikanten Bauteilen lassen sich die darüberliegenden Steinlagen teilweise rekonstruieren. Während viele Bautypen über die gesamte Antike hinweg Bestand haben, kennzeichnen kleine Unterschiede im Entwurf und die Verwendung verschie - dener Baumaterialien die unterschiedlichen Epochen innerhalb der Antike. Vielfältige Forschungen : Porträts dreier Wissenschaftler:innen AlexandraTanner – Simone Zurbriggen – Ferdinand Pajor Alexandra Tanner bei der Bauaufnahme des Athenaions von Eretria — Alexandra Tanner au cours du relevé architectural de l’Athénaion d’Érétrie. Keramik der Thermen in Eretria (2.–3. Jh. n. Chr.). Céramiques des thermes à Érétrie (2e–3e siècle apr. J.-C.). ↑ Rekonstruktion der Oststoa des Artemisions von Amarynthos (dunkelgrau: erhaltene Teile). Restitution du portique oriental de l’Artémision d’Amarynthos (en gris foncé, vestiges conservés). ↑ 13.65 4.50 4.506175 5.18 5.18 5651 4.88 25 225 53 70 43 535 11.13 2.535 2.285 2.235 2.49 2.04 1.60 2.21 2.38 2.60 3.32 2.47 75 72 ||||||| Ausgrabungen und Forschungen ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Schweizerische Archäologische Schule in Griechenland – Jahresbericht 2025 23 Eretria in der Kaiserzeit: Keramik als Schlüssel zur Geschichte Die Menge an Keramik, die bei Ausgrabungen rund ums Mittelmeer zutage kommt, ist oft überwältigend. Umso wertvoller sind die vielfältigen Informationen, die sie liefert. Keramik kann Aufschluss über Handelsbeziehungen, Produktion, Ernährung und Alltagskultur der Bevölkerung geben und hilft uns dabei ein lebendigeres Bild der Vergangenheit zu zeichnen. In ihrem Dissertationsprojekt an der Universität Basel untersucht Simone Zurbriggen die kaiserzeitliche Keramik von Eretria. Ihre Mitarbeit an den Ausgrabungen der römischen Thermen im Stadtzentrum gab den Anstoss zur Auseinandersetzung mit diesem Thema. Verschiedene Grabungen und Materialstudien haben in den letzten Jahrzehnten neue Einblicke in die Geschichte der Stadt in der römischen Zeit eröffnet—daran knüpft sie mit ihrer Arbeit an. In den Museumsdepots durchforstet die Archäologin hunderte von Keramikkisten früherer Grabungen, bei denen in Eretria römische Befunde zutage kamen. Eines der Ziele der Untersuchung ist es, die städtische Entwicklung Eretrias in der römischen Kaiserzeit besser nachzuvollziehen. Neben typo-chronologischen Untersuchungen beschäftigt sie sich insbesondere mit der Einbindung Eretrias in die kaiserzeitlichen Handelsnetzwerke, die durch zahlreiche Importe belegt ist, sowie mit der lokalen und regionalen Keramikproduktion. Simone Zurbriggen untersucht die kaiserzeitliche Keramik von Eretria — Simone Zurbriggen étudie la céramique romaine d’Érétrie. Klassizistisches Eretria: Eine Zukunft für die Vergangenheit Die Ortschaft Eretria bietet neben der Erforschung der Antike die Möglichkeit, Überlagerungen und Zäsuren der jüngeren griechischen Geschichte — namentlich der städtebaulichen Renaissance im Zuge der 1827 errungenen Unabhängigkeit und der Kleinasiatischen Katastrophe von 1922 — zu fassen. Der in Wrocław (Breslau) gebürtige und an der Berliner Bauakademie ausgebildete Architekt Eduard Schaubert (1804–1860) hatte 1834, unter Miteinbezug antiker Strukturen eine klassizistische Stadtanlage entworfen und so im Sinne der Staatswerdung den ideellen Bezug zur Antike hergestellt. Neben dem Stadtplan Eretrias ermöglicht das vom Architekten niedergeschriebene „Memorandum“, die Genese der Planung Neu-Eretrias zu fassen. Neuerkenntnisse über sein Wirken als Archäologe und Bauforscher konnten mit der kritischen Edition seines Reisejournals „Ausflug auf das südliche Euboea und die nördlichen Sporaden“ (1847) gewonnen werden. Seine Tätigkeit in Griechenland lässt erkennen, dass er sich eingehend mit dem Ineinandergreifen von alt und neu auseinandereinsetzte. Eretria sollte den Vertriebenen der 1824 zerstörten Insel Psara eine neue Heimat geben; in Erinnerung an den Freiheitskampf lautete die Ortsbezeichnung 1849– 1961 Nea Psara. Einige wenige erhaltene Gebäude — darunter das Wohnhaus von Admiral K. Nikodimos (Grabungshaus der ESAG) oder die Sommerresidenz von Ministerpräsident K.Kanaris sind Zeugen dieser „Gründerzeit“. Mit der Kleinasiatischen Katastrophe entstanden an der Peripherie Flüchtlingsreihenhäuser, die trotz ihrer Schlichtheit klassizistische Formen wie auch Stilelemente vernakulärer Architektur aufweisen. Angesichts der Zerstörungen durch die Balkankriege sind sie Ausdruck der Suche nach einer eigenständigen kulturellen Identität, der „ελληνικότητα“. Ferdinand Pajor vor einem Flüchtlingshaus des 19. Jahrhunderts in Eretria — Ferdinand Pajor devant une « maison de réfugiés » du XIX e siècle à Érétrie . Das klassizistische Wohnhaus von Konstantin Kanaris in Eretria. La maison néoclassique de Konstantin Kanaris à Érétrie. [Richtplanstudie 1975/76, Paul Hofer] ↑ 24 École suisse d’archéologie en Grèce – Rapport annuel 2025 ||||||| Organisation ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Conseil de la Fondation — Stiftungsrat Pascal Broulis, Président — Präsident Martial Pasquier, Vice-président — Vizepräsident Sylvian Fachard, Directeur — Direktor Isabelle Chassot, Membre — Mitglied Eftychia Fischer, Membre — Mitglied Patrick Odier, Membre — Mitglied Karl Reber, Membre — Mitglied Florence Schnydrig Moser, Membre — Mitglied Peter Schöpf, Membre — Mitglied Jean Terrier, Membre — Mitglied Conseil consultatif — Beirat Lorenz E. Baumer, Représentant de l’Université de Genève — Vertreter der Universität Genf Christoph Bühler, Ad personam Véronique Dasen, Représentante de l’Université de Fribourg — Vertreterin der Universität Freiburg Hédi Dridi, Représentant de l’Université de Neuchâtel — Vertreter der Universität Neuenburg S. E. Stefan Estermann, Ambassadeur de Suisse en Grèce — Schweizer Botschafter in Griechenland Sylvian Fachard, Représentant de l’Université de Lausanne — Vertreter der Universität Lausanne Kristine Gex, Ad personam Martin Guggisberg, Représentant de l’Université de Bâle — Vertreter der Universität Basel Konstantinos Fotiou, Ad personam Evangelos Kaloussis, Représentant des industriels suissesen Grèce — Vertreter des Schweizerischen Industrie-Verbandes in Griechenland Denis Knoepfler, Ad personam Constantin Kokkinos, Représentant de la Nouvelle Société Helvétique, groupe athénien — Vertreter der Neuen Helvetischen Gesellschaft, Gruppe Athen Elena Mango, Représentante de l’Université de Berne — Vertreterin der Universität Bern Spyros Niarchos, Ad personam Anne de Pury-Gysel, Ad personam Corinna Reinhardt, Représentant de l’Université de Zurich — Vertreterin der Universität Zürich S. E. Ekaterini Simopoulou, Ambassadrice de Grèce en Suisse — Griechische Botschafterin in der Schweiz Collaborateur·trice·s — MitarbeiterInnen Thierry Theurillat, Secrétaire scientifique à Lausanne — Wissenschaftlicher Sekretär in Lausanne Tobias Krapf, Secrétaire scientifique à Athènes — Wissenschaftlicher Sekretär in Athen ( – 15.06.2025) Tamara Saggini, Secrétaire scientifique à Athènes — Wissenschaftlicher Sekretärin in Athen (16.06.2025 – ) Daphne Vlanti, Secrétaire administrative àAthènes — Leiterin Verwaltung Athen Lilamani de Soysa, Secrétaire administrative à Lausanne — Administrationsassistentin in Lausanne Sylvie Fournier, Responsable communication — Kommunikationsmanagerin Christina Pagoni, Médiation et gestion du mobilier archéologique — Kulturvermittlung und Fundbearbeitung Caterina Martini, Médiation — Kulturvermittlung Haris Giannoulopoulos, Responsable restauration — Verantwortlicher Restauration Galateia Konsoulidi, Restauratrice — Restauratorin Kostas Evangeliou, Intendance et comptabilité — Verwalter and Buchhalter Takis Petroyannis, Jardinier à Érétrie — Gärtner in Eretria Georgia Evangeliou, Employée de maison à Érétrie — Raumpflegerin in Eretria Artémis Vasileiou, Employée de maison à Athènes — Raumpflegerin in Athen ||||||| Organisation ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Schweizerische Archäologische Schule in Griechenland – Jahresbericht 2025 25 Membres scientifiques actifs Aktive wissenschaftliche Mitglieder Delphine Ackermann (Univ. de Poitiers) Épigraphie et prosopographie. ▸ [email protected] Guy Ackermann ( Univ. de Genève ) Céramique hellénistique et gymnase. ▸ [email protected] Jérôme André (Univ. de Lausanne–FNS) Architecture et f ouille à Érétrie, Amarynthos et Égine. ▸ [email protected] Laura Apostol (Univ. de Fribourg) Terres cuites d’Amarynthos. ▸ [email protected] Lorenz Baumer (Univ. de Genève) Recherches sous-marines à Anticythère. ▸ [email protected] Oliver Bruderer (ZHdK) Digitale 3D-Technologie. ▸ [email protected] Maria Elena Castiello (Univ. de Lausanne) Analyse spatiale du territoire érétrien. ▸ [email protected] Chloé Chezeaux (Univ. de Lausanne) Territoire et Amarynthos. ▸ Chloe.Chezea[email protected] Francesca Dell’Oro (Univ. de Bologne) Dialecte eubéen. ▸francesca.[email protected] Jean-Paul Descœudres (Univ. de Genève) Recherches sur la céramique archaïque. ▸ [email protected] Valentina Di Napoli (Univ. de Patras) Sébasteion d’Érétrie. ▸ [email protected] Brigitte Demierre Prikhodkine (ind.) Verre et époque paléochrétienne. ▸ [email protected] Sylvian Fachard (Univ. de Lausanne) Territoire et Amarynthos. ▸ [email protected] Claudia Gamma (Univ. Basel) Klassische Keramik. ▸ [email protected] Kristine Gex (Univ. de Lausanne) Klassische Keramik . ▸ [email protected] Daniela Greger (Univ. de Lausanne) Euböische Keramik im Mittelmeerraum. ▸[email protected] Sandrine Huber (Univ. de Lille) Athénaion d’Érétrie. ▸ [email protected] Denis Knoepfler (Collège de France) Études d’épigraphie et d’histoire. ▸ [email protected] Tobias Krapf (ESAG–FNS) Amarynthos und Ägina. Helladische Phasen von Eretria undAmarynthos. ▸ T[email protected] Pauline Maillard (ESAG–Univ. de Fribourg) Terres cuites d’Érétrie et Amarynthos. ▸ [email protected] Sylvie Müller (CNRS–Archéorient) Céramique préhistorique d’Érétrie. ▸ sylvie.muller-[email protected] Nina Nicole (Univ. de Genève) Céramique du 7e s. ▸ [email protected] Claudio Pacheco Martins (Univ. de Lausanne) Relevé du port d’Érétrie. ▸ [email protected] Ferdinand Pajor (GSK) Forschungen zu Eretria im 19. Jh. ▸ [email protected] Marek Palaczyk (Univ. Zürich) Amphoren. ▸ [email protected] Sofia Pedrazzini (Univ. Zürich) Archaische Keramik von Amarynthos. ▸ [email protected] Laureline Pop (EfA–ESAG) Sculpture à Érétrie et Amarynthos. ▸ [email protected] Karl Reber (Univ. de Lausanne) Amarynthos et Drakospita en Eubée. ▸ [email protected] Tamara Saggini (Univ. de Lausanne–FNS) Époque archaïque à Érétrie. Artémision d’Amarynthos. ▸ T[email protected] Julie Schaer (Univ. de Lausanne) Projet ADN (Érétrie – Amarynthos). ▸ [email protected] Stephan G. Schmid (Humboldt-Univ.) Sebasteion von Eretria. ▸ [email protected].de Marguerite Spoerri Butcher (Ashmolean) Münzen vonEretria und Amarynthos. ▸ [email protected] Tibor Talas (Univ. de Lausanne–FNS) Géomorphologie. ▸ Tibor.T[email protected] Alexandra Tanner (Univ. Zürich) Architekturstudien. ▸ alexandra.[email protected] Thierry Theurillat (ESAG) Artémision d’Amarynthos. ▸ Thierry.Theurilla[email protected] Samuel Verdan (ESAG–Univ. de Lausanne) Étude de l’Hérôon d’Érétrie. Artémision d’Amarynthos. ▸ Samuel.V[email protected] Simone Zurbriggen (Univ. Basel) Römische Keramik von Eretria. ▸ [email protected] Collaborateur·trice·s externes Externe Mitarbeiter Innen Lucas Anchieri ( Univ. de Lausanne ) Electra Apostola (Aegean Univ.) Holger Baitinger (LEIZA) Valentin Boissonnas (HES-ARC) Vanessa Boschloos (Gent Univ.) Xenia Charalambidou (VU Amsterdam) Bela Dimova (Padoue Univ. ) Matthieu Ghilardi (CNRS-CEREGE) Angelos Gkotsinas (ΕΑΙ) Myrsini Gkouma (Wiener Lab) Julien Gravier (Univ. de Bordeaux) Alexia Iliadou (ind.) Panagiotis Karkanas (Wiener Lab) Gudrun Klebinder-Gauss (Salzburg Univ.) Evangelia Kyriazi (BSA Fitch) Fabien Langenegger (Laténium) Stuart Lane (Univ. de Lausanne) Maria Liston (Waterloo Univ. ) Anna Sapfo Malaspinas (Univ. de Lausanne) Evi Margaritis (Cyprus Institute) Noémi Müller (BSA Fitch) Adamantia Panagopoulou (Demokritos) Paolo Persano (Scuola Normale Superiore) Julien Pfyffer (Octopus Foundation) Benoît Pittet ( Archeodunum ) Maria Roumpou (Harokopio Univ.) Dimitris Roussos (Wiener Lab) Philip Sapirstein (Toronto Univ.) Azzurra Scarci (LEIZA) Tatiana Theodoropoulou (CNRS–CEPAM) Gregorios Tsokas (Thessaloniki Univ. ) Marilou de Vals (Univ. de Sorbonne) Tommy Vettor (Univ. de Sorbonne) Personnel sur la fouille et au musée Grabungsund MuseumsmitarbeiterInnen Giannis Kikidis, Maria Vlata, Evangelia Dimakarakou