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L’intégration de la province de Gaule Belgique dans l'Empire romain [Póster]

Álvarez Melero, Anthony

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Le but de la démarche que nous avons entreprise consiste en une réfl exion sur l’importance de la province de Gaule Belgique dans l’Empire romain. Pour ce faire, ce travail comporte deux grandes parties : la première contient une étude prosopographique des agents du Prince en poste dans la province de Gaule Belgique, de rang sénatorial et équestre, puisqu’il s’agit avant tout d’élucider la place occupée par la région au niveau des individus et de leur carrière et d’observer les éventuelles évolutions du système administratif. L’objectif est ici de mettre à jour l’ouvrage de W. Meyers1, fort décrié et comportant de nombreuses erreurs. En outre, de récentes découvertes épigraphiques et scientifi ques incitent à une refonte complète de l’ouvrage précité. A titre d’exemple, nous présentons un tableau qui présente tous les fonctionnaires sénatoriaux en poste dans ces contrées. Qui plus est, inspirés en partie par l’ouvrage d’H.-G. Pfl aum intitulé « Fastes de Narbonnaise », dans un second temps, nous nous intéressons en sus aux élites civiles et ainsi qu’aux militaires qui furent originaires de Gaule Belgique. L’attention est donc portée ici tant sur les magistrats municipaux, les détenteurs de sacerdoces ainsi que sur les militaires, des simples soldats jusqu’aux offi ciers. Ce thème est pour ainsi dire neuf puisque rarement un même ouvrage n’a rassemblé des personnages aux profi ls et aux fonctions si diff érents. Par exemple, l’étude sur les militaires est centrée sur les simples gregales et les soldats jusqu’au grade de centurion qui, plus encore que les offi ciers (traités à part), ne peuvent être appréhendés que par l’épigraphie. L’angle d’approche réside sur l’origo des soldats plutôt que sur le lieu de découverte des inscriptions comme cela se fait le plus souvent lors de la constitution des corpora. Situés aux marges de ces groupes privilégiés par les sources et le statut social, nous joignons toute une série de personnages qui s’adonnaient au commerce en important ou exportant des marchandises dans la région comme dans le cas des salinatores. Nous comptons aussi recenser toutes les parentes des individus répertoriés dans nos listes, issus de toutes les catégories sociales, afi n d’élucider le rôle éventuel qu’elles ont pu jouer dans l’activité de leur mari ou de leurs proches parents. Limitations chronologiques : d’Auguste à la crise du IIIe siècle -D. C, Les Belges dans l’armée romaine à l’époque impériale, Mémoire de licence inédit, UCL, 2005. -A. H, L’administration de la province romaine de Gaule Belgique. D’Auguste à l’Empire gaulois. (27 av. J.-C. – 260 ap. J.-C.), Mémoire de licence inédit, ULB, 2005. -D. N, Recherches sur les Belges des cites occidentales hors de leur province sous le Haut-Empire, Mémoire de licence inédit, ULB, 1993. 1 W. M, L’administration de la province romaine de Belgique, Bruges, 1964. L’INTÉGRATION DE LA PROVINCE DE GAULE BELGIQUE DANS L’EMPIRE ROMAIN Anthony Alvarez Melero (ULB – Universidad de Sevilla) David Colling (UCL) Arnaud Hulstaert (ULB) Damienne Nicolaï (ULB) A droite : Mausolée de C. Iulius Alpinius Classicianus (Londres) http://www.britishmuseum.org/explore/highlights/highlight_image.aspx?image=ps324045.jpg&retpage=21286 Cet imposant monument funéraire a été érigé en mémoire du procurateur trévire C. Iulius C. f. Fab. Alpinius Classicianus (PIR² I 145 ; CJC 543 ; CP, p. 1050) décédé lorsqu’il était en fonction en Bretagne en 61 (cf. RIB 12). C’est son épouse, Iulia Pacata Indiana (?) (PIR² I 685), qui se charge de la construction de ce sépulcre. Elle devait être la fi lle du Trévire Iulius Indus (PIR² I 358 ; CJC 240 ; PME I 69), éventuellement de rang équestre, mis à la tête d’une unité irrégulière qui combattit contre Iulius Florus (en 21 de notre ère). Manifestement, Iulia Pacata Indiana (?) avait accompagné son mari lors de son déplacement en Bretagne, confi rmant ainsi une habitude prise par les proches parentes de hauts fonctionnaires équestres au cours du Ier siècle de notre ère. A gauche : Autel funéraire de Gaius Iulius Maximinus, vétéran de la VIIIe légion et bénéfi ciaire du procurateur (CIL XIII, 3983 = ILB² 84). Milieu IIIe siècle ap. J.-C. - Photo Institut Archéologique du Luxembourg). Milieu Ier siècle ap. J.-C. Photo Institut Archéologique du Luxembourg Forum Hadriani Noviomagus Atuatuca C.V.T. C.C.A.A. Bagacum Nemetacum Tarvanna Castellum M. Samarobriva Caesaromagus Augusta V. Augusta S. Durocortorum Augusta T. Divodurum Tullum Augustomagus 1. Aardenburg 2. Domburg 3. Colijnsplaat 4. Boulogne 5. Vermand 6. Titelberg 7. Dalheim 8. Wederath 9. Arlon 10. Grand 11. Soulosse 12. Naix 13. Champlieu 14. Blicquy 15. Nizy 16. Eu 17. Dompierre 18. Ribemont 19. Arlaines 20. Estrées 21. Marsal 22. Bitburg 23. Deneuvre 24. Kruishoutem Ca Ba Tu Cu Ub Me Ne At Mo Am Vi Re Su Si Be Tr Me Le Gaule Belgique et Germanie inférieure 1 23 4 5 67 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 23 22 24 © Marie-Th érèse Charlier-Raepsaet L           G B NOM FCT ENTRE LA PRÉTURE ET LE GOV. BELGICA FCT ENTRE LE GOV. BELGICA ET LE CONSULAT FCT APRÈS LE CONSULAT ANNÉE M. Aelius Gracilis legatus legionis - - 58 Q. Volusius Saturninus consulat - Leg. pr. pr. prov. Belgicae 61 D. Valerius Asiati cus ? ? cos. designatus 68-69 Anonyme d’Aix - ? leg. exercitus Germani inferioris Ier s. ? Q. Gliti us Agricola iuridicus Hispaniae citerioris leg. leg. VI Ferratae - leg. pr. pr. Pannoniae cos. II praef. Urbis 95?-97 Anonyme de Trajan (I) leg. leg. I Minerviae - parti cipati on aux guerres daciques 97-99 ? Anonyme de Trajan (II) missus a diup Nerva ad agros dividendos comes Triani ? ? 98/9-101/2 Ti. Claudius Saturninus ? - leg. Moesiae inferioris ?137/8-140/1 A. Iunius Pastor L. Caesennius Sospes leg. leg. XXII Primigenia - curator operum publicum ? leg. ad dilectus agendos ? curator rei publicae ? 159/60-161/62 M. Didius Severus Iulianus leg. proconsulis Achaiae leg. proconsulis Africae leg. leg. XXII Primigeniae - leg. pr. pr. Dalmati ae leg. pr. pr. Germanieae inferioris praefectus alimentorum leg. pr. pr. provinciae Ponti et Bithyniae procos. Africae imperator 170-174/5 Priscus leg. legionis - ? 138-180? C. Sabucius Maior Caecilianus curator viae Salariae et alimentorum iuridicus per Flaminiam et Umbriam iuridicus prov. Britanniae praef. aerari militaris procos. Achaiae ? 181/2-183/4 L. Marius Maximus Perpetuus Aurelianus curator viae Lati nae curator rei publicae Faventi norum leg. leg. I Italicae dux exercitus Mysiaci -leg. pr. pr. Germaniae inferioris leg. pr. pr. prov. Syriae Coelae 197-199 L. P. Postumus iuridicus per Apuliam Calabriam Lucaniam Brutti os ? ? leg. pr. pr. Daciae ? entre 202-209 C. Iunius Fausti nus Placidus Postumianus iuridicus per Aemiliam et Etruriam et Tusciam leg. legionis leg. pr. pr. Lusitaniae - leg. pr. pr. Moesiae inferioris comes Augusti praeses Hispaniae ? praeses Britanniae ? 200-203 (ou 240-250?) L. Iulius Apronius Maenius Pius Salamallianus - leg. leg. I Adiutricis leg. pr. pr. prov. Galati ae leg. pr. pr. prov. Numidiae et leg. III Augustae Severianae ?217-220 P. Petronius Polianus leg. leg. XIII Geminae - leg. pr. pr. prov. Cappadociae entre 238-244 Fausti nus ? - - 273-274 L. Calpurnius Proculus curator viarum ... leg. leg. I Minerviae procos. Achaiae ? procos. Asiae ? IIe s. Cassius leg. legionis - ? Ier-IIe s. L’examen des carrières des légats propréteurs montre que la plupart d’entre eux n’ont exercé aucune fonction entre le gouvernement de la Belgique et le consulat, exceptés C. Sabucius Maior Caecilianus et L. Iulius Apronius Maenius Pius Salamallianus. Le premier est un homo novus et semble avoir été apprécié pour ses qualités d’administrateur puisqu’il n’occupe aucune fonction militaire. Ces deux éléments expliquent qu’il exerce six postes prétoriens avant de parvenir au consulat. Le second présente une carrière accélérée sous les Sévères, ce qui pourrait expliquer son ralentissement sous Sévère Alexandre et ses successeurs, plus enclins à la modération et aux carrières « classiques », et n’exerce aucune légation de légion. Or, l’importance de l’expérience militaire pour un gouverneur est éclairante dans le cas de M. Didius Iulianus. Face à l’invasion des Chauques, le futur empereur lève en hâte des troupes dont il prend le commandement. Brèves au début de l’Empire, les carrières s’allongent à la fi n de la période antonine et surtout sous l’époque des Sévères. Le gouvernement de la Belgique propulse toujours vers le consulat mais les sénateurs exercent davantage de fonctions, surtout administratives, avant d’y parvenir. Source : A. H, L’administration de la province romaine de Gaule-Belgique. D’Auguste à l’Empire gaulois (27 av. J.-C. – 260 ap. J.-C.), Mémoire de licence inédit, Université Libre de Bruxelles, Bruxelles, 2005.