scieee AI-readable full text Open interactive document viewer

Nouvelles idèes sur la formation des fossilles

Gautron de Robien, Christophe Paul

Full text

V Ex.BiBLiOfiæÈiéS Il .A.de YLLOA (J 'yi^ ï. Privilège du Roù Chez David l’aîné, rue àla Plume d’Or. PREFACE. Les Ouvrages de Phifique font aujourd’hui fi bien accueillis du Public , qu’on eft toujours fur dè lui plaire lorfqu’on lui en préfente quelqu’un dont la matière eft choifie avec difcernement. C’eft ce qui m’a déterminé àlui donner ce petitTraité des Foffiles que je n’avois d’abord entrepris que pour ma propre îatisfaéHon 3mais que je ne pouvois ni ne devois lui dérober ?parce qu’il ades aDe la formation différentes cbmpirtaifdns qui produifent cette variété prëfque infinie que nous admirons dans les différent êtres qui compofent l’Univers. Ces combinaifons font vraifemblablement l’ouvrage du feu élémentaire qu’on peut regarder comme le principe de la vie ,du mouvement &de l’aéüvité des autres principes. L’eau fans lui perd fa fluidité j&ne peut contribuer-, en rien àla formation des corps; il eft fi fubtil &fi pénétrant 3 que les corps les plus durs & les plus compares ne fçaurôiqnt fe dérober àl’aétivité de fa force pénétrante. Ce feroit en donner une trop foible idée ,que de le comparer avec ce feu groffier qui fert ànos ufages. Il eft donc le premier &principal agent dans là formation de DES FOSSIILES. > tous les corps ,puifque c’efl lui qui communique aux autres principes le mouvement, Tac-; tivité ,la. fluidité &la pénétrabilité. Quoique les Philofophes : ayent tous accordé le premier, rang parmi les principes aftifs àl’élément du feu ,&qu’ils ayent regardé la maffe du foléil comme fon principal ré1 fervoir ,ils ont néanmoins varié fur le nombre &les fonctions des autres principes. Les anciens Philofophes chimiftes ont admis cinq principes dans tous les corps. i°. L’ef- . prit ou le mercure. 20.Le foufre ou l’huile. 30.Le fel. 40. L’eau, y0.La terre ,regardant les trois premiers comme actifs •&les deux autres comme paflifs. Aij 4De la formation Les nouveaux Chimiftis) ont cejette les eiprits dans les fubltances matérielles :ces efprits qui ne font que du fel ou du fou^ fre diffous dans l’eau ,font ou àeide tel que celui de nit-re ou dé vinaigre, ou alkaly volatiltel que celui d’urine ,&c. ou une huile atténuée, comme l’efprit de vin. D’autres excluent aulli lés fels&les fourres ,d’autant que par les diverfes analyfés les premiers fe réduifent en terre en eau. Le foufrèbfëicfefenge en eau ,en terre &en fel ;de faite que le foufre ne feroit qu’un mélange, fuivantM. Humêert, de feu ou matière inflamta'àblede fel acide &de terre j-'ainfi les feîs &foufres ne font que des principes fecondaires. Les premiers principes font donc , suivant les plus habiles Chimif- -DES .FqsSIIIFS. $ tes (a) 5ie feu ,le.au &la terre. Sthal admet l’air pour quatrième principe ,&je fuivrai volontiers fon fe miment, admettant., comme lui ,les quatre éicmens pour uniques principes de tout ce qui exifte dans la nature. ,-, Le feu, comme le premier -principe du mouvement, delà ^JepLsÿide:. la fluidité &de la pénétrabiiité de tous les corps -j; i’air.-srje,omme celui de la prcffi^Ajiïcde l’adhélion &de la répnipn de toutes, les parties l'eau r, iCommes le principe dei l.a^epconMe-êt:. deilartangements dqsj rentes parties ;&la terre yconnue celui de leur foli-fe leur ;fuifibiliüé &del leur' perceptibilité’. Les fels &L les fodires-, principes fécondai-;; -b^fflùnibértiGeffioyPBgchët Se Sthal^ -- 6De LA FORMATION .res des corps ,doivent leurs origines aux quatre premiers élémens. C’eft du mélange de tous ces: principes diverfement combinés que Dieu forma le premier monde. Lors de la création du monde ,Dieu créa d’abord la matière ,c’efl-à" dire les' élémens. In principio .U)élis creavit Césium terrain ;Au commencemént Dieu créa le Ciel &la Terré , ditlEcriture. Moyfe comprend ici fans doute fous le nom du Ciel le feu &l’air ,&fous celui de Terre l’eau &la terre , .qu’il dit enfuite avoir été d’abord, informe ,inadiv.e ,femblable àde la tetre morte (a) , (à) Terre morte en terme de Chimie, c’eft une terre dépourvue de tel, de (’oufre, &des autres principes de la végétation. DES POSSILLES. f incapable d’aucune produétion. Terra erat inanis &vacita. Il ajoute que Dieu ordonna aux eaux de fe raflerahier dans un feul &même lieu ,&àl’aride de paroître ;Dixit vero Deus , eongregentur aatus qu'a fïïb ccelo font in locum unitm , (qu'il appelle ailleurs abîme )&apparent ariâum. Il efr vraifemblable (-& c’eil àpeu près le fentiment du Dodîeur Burnet) que Dieufépara les parties terreftres de celles de beau-, A: qu’il forma '{ comme un potier forme un vafe fur fa roue )un globe creux ,dont la furface étoit d’une plus grande étendue que n’eft aujourd’hui celle de notre globe. La croûte de cette première terre avoit moins d’épaiffeur, &la cavité qui eft délignée par l’abîme ,étcit plus Aiv 9De la formation vaiïe &plus étendue. Ce fut ; là fans doute que fe raifemble- . rent les eaux inférieures^ Cette première terre avoit alors vraifemblablement (&c’eft tou-" jours le Même du Docteur Butnet) une furface égaler uniforme, continue ,fans montagnes, i ou fi fa furface avoit quelques inégalités ce n’étoient tout au plus que de petites collines , dont la pente étoit néceffaire pour faciliter le cours des ruif feàux &des rivières qui l’arrofoient. Le badin de larner (dar il yen avoit Une pour nourrir les poiffons &les coquillages que’ Dieu avoit créés, )étoit. bien différent pour la forme & la profondeur de celui d’au-' jourd’hui. Les autres eaux appellées par. l’Ecriture eaux fupérieures ,furent tellement ra- -DTS FgsSILLES, p 2efiées &divifées, qu’elles s’élevèrent dans l’air plus ou moins félon leurs différens degrés de légéreté ou de fublimation .* Dieu réunit l’élément du feu dans la maffe du Soleil. Les parties de feu qui étoient répandues plus au loin ,furent réunies dans les Etoiles fixes pour'éclairer, échauffer &donner>du mouvement aux parties lès plus éloignées du centre de l’Univers ,où il plaça cette maffe’ que nous appelions Soleil. Il réunit les parties de terre, &en forma le globe que nous habitons &les différentes Pîanettesi L’eau fut partagée dans ces différens globes ôt répandue en parties fubtiles dans l’air qui fut le milieu ,ou pour bien dire ,le fluide dans lequel nagent ou flottent tous les IO De LA FORMATION autres corps, fuivant les differentes étendues de leurs furfaces ,&les divers degrés de leur pefanteur. Cette réparation des Elémens 'ne 'fut pas il parfaite qu’il ne fe trouvée toujours quelque portion des Elémens confondue dans les autres; cette confufion étoit même néceffaire ,car fans ce' mélange chaque Elément primitif ne pourroit fubfifter. Le feu dépourvû d’alimens fe confumeroit k1;ne me é: s’évoporeroit ;l’air fans ibu ce?I - roit d’être fluide; leaLdénudî de feu &d’air acquércrolt la coniiftance de la glace ;la terre feule ne pourroit rien produire ,&fes parties deviendroient trop foiidcs &trop compactes pour être d’aucune utilité ;de même fans l’air tous EÆ$ FoSSlfcLES.'; II’ les corps cefferoient d’avoir de la folidité ,chaque partie fe détacherait de l’autre ,&‘tout fe réduiroit en une efpéce de pou£ fiére qui n’auroit aucune liaifon. Sans l’eau l’accroiffement des plantes &des animaux j& même ,fi l’on veut ,des minéraux cefferoit ;rien ne feroit plus circuler les différentes parties des autres Elémens ,&furtout des parties terrefîres qui leur donnent la folidité ,& qui par l’addition de molécules caufent l’accroiffement de toutes leurs parties. Sans l'Elément de la terre nul corps n’auroit de folidité }n’y ayant point de fubftance fi pure ,fi légère &fi fubtile qui ne nous donne toujours de la terre ,&l’on voit par les expériences chimiques ôë les opérations réitérées î'g De mFormation bondantM ,['elles doivent au(Il aux mêmes principes leur plus ou moins grande duélilké &ténacité. En effet ,la terre primitive ëtôi< gràffe &onctueufe ,celle de là lurracë afouffert une plus grande évaporation de cette mïtie31^afle quelles riaoufi§y "plus profondes ,au!li eftelle devenue plus friable &moins duêlile ?'âinli qu une terre àpotier qui eft très-du£tile avant la elle apaffé ,fe lie plus difficilement, d’où on peut concevoir que la terre primitive, luivant le degrede calcination • eft devenue ou plus blanche ou plus friable ,6c beaucoup moins duêlile. Les cendres des végétaux f)ES F0SSlUÉ$Lfurent lavées par les pluyes & les vapeurs qui ne pouvoient manquer de retomber fur la terre pendant la nuit ,n’étant plus foutenues par la préfence de l’aftre qui les avoit élevées pendant le jour ;leurs Tels transportés par les torrens ,les mifféaux jles égouts >allèrent fé confondre avec des terres plus bu moins calcinées ou vitrifiablés ;&là pénétrés par la chaleur du foleil ,par la réverbération des terres , '&peut-être même par les feux fouterrains qui ne pouvoient manquer d’être en grande abondance dans des régions fi brûlantes ,ils formèrent des fables diiTércns fuiVant le plus ou le moins de vitrificàtiori &de pureté ,des différentes terres auxquelles ils ïfélènt réunis ,tîe la" la variété Bij De la Formation des fables plus ou môins vitrifiés ;de là celle des premiers criftaux ou matières criffa.ifées en plus greffes ou plus petites maffe- ,l’uivant l’abondance, ÔC îa quantité des matières analogues qui s’y trouvèrent alprS réunies. Les habitans de ce premier monde oubliant les bienfait^ dut Créateur .fe crurent immo^gis àcaufe de la longueur de, leur vie &de la daj||,é.dont ils^omïfo ient. ,^gÿÊpg^r3l )e^3|)pgix3c^ leur ingratitude fit incliner Taxe de la terre, &forma la diverlité des faifons. Cette inclinaifon de Taxe ne fe put faire fans un ébranlement total de la maffe de la terre, les eaux fortiretit de leur iit ,la croûte ou voûte de la terre s’écroulant en plufieurs endroits. DES FoSSÎLLES» aï Et élever les eaux contenues dans Ton centre, &cette voûte s’affairant ,les1cavités quelle couvroit fe reffëtrérent de plus en plus ,&furent réduites àun moindre efpace ,qui fut bientôt rempli par les eaux de l’abîme &par celles qùi étoient répandues dans l'atmosphère. Cet ébranlement &là nouvelle façon dé fe mouvoir de la terre çaufcrent un mouvement plus grand àla’furface ;les eaux en péiVéfrérèrit toutes les parties» Cette furface auparavant mince fut diffoute en tout ou en partie ,ôt ne forma plus qu’un limon détrempé', qui ,Iors :de l'évaporation de l’humide, àla ceffâtion du déluge ,fe trouva dépoié par couches ,plus on moins detr es ,plus ou moins priées Afélon la' diyërfité des *1Ebi5nS àix/eflmq ne 32 De LA FoPvMAÏIÔM matières, qui fe trouvèrent aîot# .réunies dans chaque couche;' de là leur diverfité ;de là la variété des mélanges &des matières.; de là l’origine des diverfes terres &des autres fubftances foffilles. En effet jla ter* re dont Dieu forma le premier snonde n’avoit vraifemblabîe- : ment point toutes les variétés que nous découvrons dans les différentes terres.; les pierres, de ce premier monde ne diffé- . roient point tant entr’elles que . celles que nous voyons. La nature' dans fes principes purs fimple ,&la iàgeffe de, ion auteur napermis ces va-: rietés que pour remédier aux infirmités que la variété des faifbns ,caufée par cette nouvelle direffion dans le mouvement qq globe ,pouvoit çaufer aux- 'DES FoSSÏÎXËS. fiëromés que Dieu àVoit voulu punir fans vouloir pourtant eh détruire entièrement l’élpéce. Gette première terre devéit être vraifemblablement une argille (impie &blanche ;mais par le mélange de cette même îërre brûlée &calcinée, en roî/tL ou en partie vitrifiée ,en fables,, en câiiloux ,ou autres fûbifances plus ou moins fbiides formées ou altérées dans la zone torhide ,elle fe trouve aujourd’hui -prefque dénaturée. Les cendrés &les pouffîéres des végétaux détruits cauferent par leur mélange plus de friabilité aux terres ,auxquelles elles fe trouvèrent réunies ,ainfi que les parties de coquilles calcinées &puîvérifées qui s’y rencontrèrent. Les fübflances mi- 34 üe la Formation néraîles ôç métalliques n’eurerjt pas moins de part àces altérations ,&furent prefque toujours l’origine &le principe de la diverfité de leurs couleurs. Laterre blanche devint plus noire ou plus grife fuivantfon degré de mélange avec quelques fuies des volcans ?qui ne pouvoient manquer d’être abondans après la diifolution de la furface.de la terre ,qui après fon defféchement caufa dans les lieux où le hazard avoit réuni des fubftances lulphureufes. &ferrugineufes, des fermentations &des inflammations ,telles que l’on en voit des veftiges en une infinité d’endroits ,&c telles qu’il s’en remarque dans prefque toutes les plus hautes montagnes des différentes parlies du monde ,entr’autres fuç Ms Fossïlles. 2f lés Andes, ou Cordiiiers ,les plus hautes montagnes de l'Amérique méridionalle. M.-Bouguer &autres Académiciens ont remarqué ,prefque par-tout fous les neiges dont ces montagnes font toujours couvertes, une infinité de pierres ponces, brûlées &calcinées ,vefîiges inconteftables des incendies arrivés fur ces hautes montagtîâisb noi sçnqc , IIJ F<f De ce mélange, dis-je, des fuies du fuméés de ces volcans fe font formées les terres grifâtres ;de celui du fer diffous dans l’eau &imprégné de quelques ifels volatils ,urineux ,ou de la rouille même de ce métal, fe font formées les terres jaunes \les rougeâtres ont été colorées par quelque diffolu- .tjon ou teinture d’un fer diuous De la Formation ou exalté par ia chaleur ;îei verdâtres ont acquis leur couleur du mélange de quelques veriet naturel ou de quelque teinture vitrioüque ,martiale , acide ou alkaline ;les bleuâtres ont été colorées par quelque diffolution cuprée ,unie avec quelques fels volatils urineux ;enfin les brunâtres &les noires doivent leurs couleurs aux fouffres ,aux bitumes ou aux teintures vitrioliques ,fem* blables àcelles deTairamenmm des anciens ,ou au mélangé de quelque fuie minérale exaltés &fublimée par l’ardeur du fo*> leil ou par les feux fouterrains. Telle adû ême àmon avis s l’origine des différentes terres ; les argiiies tirent leur plus gran« de où moindre friabilité des diff férens mélanges 3ainû que leug bES FôSSILLES: 2. J plus grande ou moindre vifcofité ,&leur plus ou moins grande duélilité. Les terres (igillées ,fi diflferentes entr’elles par leurs coui leurs &leurs empreintes ,ne différent des argilles que par leur plus grande finefie ;ceft àproprement parler ,la partie' la plus fine de ces terres ^& elles deviennent comme elles par leurs mélanges &leurs degrés d’évaporation ,ou plus ou moins ténacès ou friables. Il en eff de même des terres bolaites qui étant compofées de parties' encore plus fines ,& ayant moins fouffert de dîffipation de la partie grâffe &onctueufe de fargille ,font par coniequent plus douces &plus graffes ,fe fondent prefque «pomme une efpece de graiffe $4 De la Formation res celles qui font les plus alté-j rées ,&ayant plus d’affinitq par leurs légèretés ,leurs friabilités &leurs ufages avec les chaux ,les crayes &les marnes qui compofent la fécondé* elaffè. Les premières de ces terres calcinables ou calcinées ,font î°. les différentes terres àchaux ; 20.celles àplâtre ;30.les craies; 4°. les marnes ,qui ne font ainlî que les crayes qu’une terre mélangée de coquilles la plûpart calcinées en blancheur &devenues par cette calcination & ce mélange friables au point de colorer tous les corps ,auxquels elles touchent ,&contre lesquels elles laiffent des traces des petites parties qui fe détachent en pouûicre de leurs mal- 'DES FOSSÎLLES: 'ff{ Je place dans la troifiéme elalfe générale les terres végéîables ,comme les plus cornpofées ,&participant en quelque forte de la plûpart des terres précédentes ,n’étant ,pour bien dire ,qu’un mélange de pouffiére des plantes ,des bois &des animaux auxquels ,par une révolution &une efpece de circulation continuelle ,elle fournit l’aliment. Ces dernières terres ont entr’elles quelques variétés ,tant par la confiftance, la ténacité ,la friabilité que par la diverfité des couleurs quelles empruntent la plûpart des différens mélanges des terres des marais ,des argilles ,des marnes jdes fables ,des cendres , des gouémons qui leur communiquent leur confiftance & leurs couleurs. ’s,6 De la Formation L’ordre des fables doit être àpeu près de même ,la plûpart des fables devant leur orieine àdes terres ou calcinées ou vitrifiées, ou demi vitrifiées, foit avant foit depuis la cataftrophe du déluge qui en aconfondu &mêlé les efpéces ,ou ce font des mica ou particules brillantes qui tiennent du talc, &en peuvent être le principe, ou des fragmens ou pouffiéres de coquilles ,d’oflemens d’animaux ,de plantes pierreufes ou autres fubftances étrangères àla terre ;dans le nombre des fables proprement dits ,je place d’abord les blancs les moins vitrifiés &les plus greffiers, terminant par les plus criflalins ,fuivant leurs couleurs &leurs degrés de criftalifation. Entre les mica ou fab1’^ brilL'?' «pr~. DES Fossjlles." 37 imers feront les plus opaques & les plus noirs ,enfuite les gris , les blancs &argentés ,&les derniers ceux de couleur d’or. Parmi les fragmens des parties de plantes &d’animaux, je place, i°. les pouiïiéres de coquilles calcinées ;20.celles de coquilles brifées &arrondies par le roulement des eaux; 30.celles qui font confoiidées en maffes ou efpéces de tuyaux vermiculaires ;40.celles qui ont acquis la conliftance de pierres dures &folides. Les pierres qui ne font qu’une terre deiïechée ,&qu'on réduit àleur origine en les pulvérifant ,ont un ordre àpeu près femblable. Les unes en groffes maffes ,telles que les bafes &les vrais noyaux de la plupart des montagnes ,font 58De la Formation des relies de l’ancien monde j &des débris fubfiftans de la croûte primitive de' notre globe ;les autres doivent leur origine au bouleverfement du déluge ,&font feulement des terres }des fables ,des taies , des parties minéralles fouvent mêlées de dépouilles de la mer confondues &endurcies par l’approche de leurs parties homogènes &l’évaporation de l’humide qui les avoir d’abord dépofées }liées &affemblées. De ce genre font entre les différentes pierres grolïiéres ,ou en groffes maffes 5parmi les terreufes &celles qui fe convertiifent le plus aifément en chaux ;i°. la plupart des ardoi-. fes (a) ou pierres ardoifines qui pe font qu’une argille limoneuse) Il en faut excepter certaines ardoif des Fossilles.’ 3$ fe plus ou moins pénétrée des vapeurs fulphureufes &vitrioliques dépofées par lames ou couches fucceffives plus ou moins épaiffes ;20.les offites ou pierres ferpentines qui ne font qu’un mélange de différentes glaifes colorées; 30.les albâtres que plufieurs prétendent avec quelque vraifemblance n’être que des gros ftalaffites dont les différentes couches forment la diverfité des veines &des nuances ;40.les marbres qui ne font que des argilles ou bols trèsfins diverfement colorés ,mêlés ,femés &traverfés de parties minéralles ,félénitairès ,Ipateufes &criftalines qui ont rempli les cavités ,les fentes ou gerfures qui s’étoient formées iors fès de Saxe ,qu’on affure qui fe vitrifient avec la derniere facilité. Çiv. %dDe la Formation du defféchement &de la coufolidation de toutes ces matières. fr' Dans le fécond rang des terreufes ,je mets celles qui femblent devoir leur origine aux. terres àchaux ,àplâtre ,aux crayes &aux marnes ,commençant par les plus friables. De ce nombre font d’abord, i°. la pierre de courçon ,qui n’effc qu’une craye en groffe malle s dont on fe fert utilement pour bâtir dans ce canton; 2°. les tuffeaux des bords de la Loire,, les moëlons de Paris; ?°. les tailbours ,les pierres de S. Leu; 4°. les pierres de liais &autres femblables qui tiennent toutes de la nature des crayes &des marnes ,dont elles ne font que des parties endurcies &liées pnfembie 3étant comme elles DES FOSSÏLLES: 41' pleines de coquillages calcinés ôc autres dépouilles de la mer. On peut mettre àla tête des pierres fabloneufes ,i°. toutes les différentes efpéces de pierres de grain 5tant fines que groffiéres ,qui ne font qu’un affemblage de fable plus ou moins iffi ou grofîier de parties félénitaires ,fpatreufes &talqueufes fouvent même criftalines ,puifque les criftaux d’Alençon fe trouvent ordinairement au milieu de lits de ces pierres ,qui y quoique fouvent très-dures ,ne paroiffent liées que par l’approche de leurs parties ,quelques fables ou parties d’argile extrêmement fines &déliées jqui uniffent ces différentes matières ,&en rempliffent les intervalles. Au fécond rang ,je place les pierres de meuliere ' 4*De la Formation ou moulage qui femblent foP niées d’un afl'emblage de cylex ou pierres àfufil, dont un® efpece de terre marneufe aembaraffé &interrompu la liaifon de toutes les parties ,&qui femble formée d’un affemblage de cailloux. 'Le troifiéme rang appartient aux pierres àfiltrer ,qui ne font compofées que d’un fable fin , dont les intervalles livrent un libre paffage àla filtration des eaux. Le quatrième rang eft dû aux différens grez, étant tous compofés d’un fable plus ou moins fin ,mais dont quelques uns approchent par la finefie de leurs grains ,du poli ,du brillant, &de la tranfparence de quelques pierres demi préçieufes. Je place enfirite dans la fe4 des Fossilles; 4? fconde claffe des pierres fabloneufes ,i°. les différentes efpéces de granités ,qui ne font qu’un amas de fable ou fragmens de cailloux liés j, .ôc intimement unis par un fable extrêmement fin ,rougeâtre , grifâtre 5ou autre couleur ; 2°. les différens porphirs qui , quoique plus fins &plus liés s ne font quun amas de grains de fable criftalin liés &réunis par un bol ou argile extrêmement fine ;30.les pierres lydiennes ou de touche ,qui ne font pas fuceptibles d’un fi beau poli ,étant compofées d’ün fa» ble coagulé ,plus groflier ,noirâtre ,femblable aux fables ferrugineux de St. Cay en Bretagne ,d’Efpagne ,d’Italie &autres lieux. La couleur de cette pierre ,la dureté de fes grains 3 5'o De là Formation' ment lors de la création âü monde ôc de la réparation des élémens; mais ces derniers ne Firent pas fi parfaitement réparés qu’il n’en reftât toujours quelques parties des uns confondues dans les propres parties des autres. Ce mélange qui peu àpeu fut augmenté par les vapeurs de l’atmofphére ,fut l’origine des principes moyens. Eneffet les parties infiniment fubtiles de terre &d’eau, répandues &foutenues dans l’air, continuellement pénétrées par les parties ignées qui s’échappent àchaque in lian tdu foleii, acquirent des directions aigues &anguîeüfes plus propres que toutes autres àfaire fentir l’action de cëTjéfénTièif- '^rpcipe s, c’eft de cette façon que Te forma vraifemblablement le fel a- des Fossilles; fi felde 5principe de tous les autres Tels ,cet acide ou fel principe qui étoit répandu dans l’air, &qui par fa circulation avec l’air dans les plantes &les animaux; en caufe FaccroifTement; àforce de circuler &de pénétrer des parties plus grofîieres &plus terreufes ,il fe fixa fur la terre &dans fa furface fous la forme &fous la nature des dirférens Tels. Mais après la catafi troplie &le bouleverfement de la voûte folide de notre premier globe ;ce fel principe 5 qui jufqu’alors s’étoit formé dans l’air où il étoit encore fufipendu ,fut en grande partie entraîné par les eaux fupérieures fur la terre ,&confondu avec la difïolution des différons corps terreux ,gras &bitumineux , minéraux ou métalliques :Alors f'z De la Formation il fe forma une bien plus grande variété de fels qui furent les principes &l'origine de tous ceux que nous connoiffons. 'C’eft donc de la différente cômbinaifon de toutes ces ma? tiéres que naît la variété des féls ,mais c!eft toujours au feu qu’ils doivent leur activité & leur principe ,puifquc la plûipart des fubftances dont on.tire les felsj ne donnent aucune marque de falâre par lanfujfiqn. fimple ni par la diffolution ,à moins que les matières, n’ajrpnt été préparées ,foit par le foieil, la fermentation ,ou par le feu artificiel de nos laboratoires. Ainli l'on peut bien dire que c’eft le feu ,foit naturel ,loit artificiel qui conftitue les fejs, tant acides qu’alkalis ,&qui leur donne leur qualité piquan- des FossiLles. 53 te &déchirante ,d’autant mieux que la chaux avant fa calcination n’a aucune vertu corrofive, &quelle ne l’acquiert qu’après quelle s’eft imprégnée des parties ignées; ainfi l’acide principe n’eft autre chofe qu’un feu modifié par quelques portions dos autres élémens auxquels tous les Tels doivent leur origine, & lotir variété ;lpurs différens éff^n^etrfehœaaûsKjqjjjàuxî.ïdi^frëtisJ : 'mélanges auxquels cet acide primitif eft réuni.-; ..... MàiS on eft. fort embarrafTé pour donner quelque .ordre aux fêlé y&pour les placer dai]S Je rang qui leur convient entreUx ;câr lequel préférer aux autrëâj puifque tous ont le même acide primitif pour principe ,&qu'ils ne différent que par la bafe àlaquelle cet acide bïikupjud Diij 24 Î)e la Formatiôn eft uni &diverfement combinai Sans égard àl’égalité de leur origine ,je commencerai par le fel marin ,comme le feul formé par la nature ,fansprefque le fecours de l’art ;ce fel, après la retraite des eaux du déluge. Te ferma en bien plus grande abondance ,puifque la matière argilleufe &limoneufe des marais étoit plus univerfellement répandue fur la terre que toute autre. Ce fel qui efl le même que le fel gemme dont on trouve dans la Pologne , l’Allemagne ,la Hongrie & l’Efpagne des carrières ou mines fi confidérables ,fut lors delà retraite des eaux ,entraîné avec elles dans les différentes cavités de la terre. Ces cavités doivent leur origine aux parties de la croûte des Fossillès; primitive ,qui n’ayant pas fouffert une diffolution entière ,fe trouvèrent renverfées &culbutées les unes fur les autres ,& laifferent entrelles des intervale.s d’où ces eaux chargées de fel s’évaporèrent &déposèrent ces maffes de fel que l’on trouve criflalifées dans les différentes mines. Tel eft ,je penfe, l’origine des différentes mines de fel gemme ,&en même tems de la Mure des eaux de la mer a où une grande partie de ce fel fut indubitablement entraînée» Ce fel gemme ou marin qui a le plus de rapport avec le fel principe, femblèroit être le principe des autres fels ;il fe crifialifè en cubes formés de TafTemblàge d’autres petits cubes criftalins compofés de plufieurs la* mes fuccefïiyes. $6 De la Formation Le nirre qui fe forme dans l’air ,les vieux murs &les terres imprégnées de fiante d’animaux, contieat'plusde parties volatiles, &dans fa crifialifation fournit quélqües variétés ,fes criftaux étant plus ou moins aigus, prismatiques 'à* trois ou fix angles, &c. L’alun qui eft formé de 1'unicri du même acide avec üne bafe crétacée ou argilleufe ,même fouvent pierreufe -fe dévclcpe par l’aôioe du feu dans la calcination des matières quile contiennent, &par l’évaporation de leurs lotiônsj, il fe criflalifê en priflnes triatjr gulaires ,dont les lommet.s fônt applatis ,dont les agglg-s; font tronqués de façon qu’ils enpréfententfix dont les côtés font irréguliers, fçavoir ,'trois ÎDES FosSÎLLES. ~ff grands &trois petits. Le borax ou tinkal des Perfes fe criftalife en quilles ovales applaties ?efpece de romboïdes ou poliedres allongés. Le feî ammoniac fe criftalife en aiguilles branchues. Les vitriols que l’on tire par Un mécanifme àpeu près femblable àcelui de l’alun ,varient auffi par leur bâze ,celle du verd qui fe criftalife en lames irrégulières ,quelque fois en cubes ,oude figure romboïdalé jeft ferrugineufe. Celle du bleu eft cuprée'ôt fe criftalife en forme romboïdalle ,àplu-, fieurs angles irréguliers. TL’arfenic fe criftalife en aiguilles ou piramides aigues. Llorpiment fe criftalife par lames éclatantes d’un beau jaune. Les autres matières graf- De la Formation fes &falines ,tels que les foufres &les bitumes s’èpaiffiffent )ce qui les fait plus participer des minéraux ;mais le rapport qu’ont les fels avec plufleurs efpeces de pierres ,tant félénitaires ,que criftalifées ou coagulées ,me les font placer à leur tête ,afin de mieux faire fentir le rapport &l’analogie de leur formation. Les fels principes fécondaires des formations tiennent5i°. du feu par leur acidité ,leur activité &par l’érofion ou déchirement qu’ils caufent jainfi que le feu même 5z°. de l’air par leur légèreté &c leur diaphanité ;30.de l’eau dans laquelle, &par laquelle leurs différentes parties &les divers arrangemens de leurs figures font formés ôc diverfement combinés. DES Fossilies. SP Ces fêls ,dis-je ,ont ürî tel rapport avec les gypfes criftalifées telles que les pierres fpéculaires ,les félénites ,le criftal d’Iflande, les talcs ,les amiantes ,les pierres même tranfparentes tant demi prétieufes que prétieufes ,tant coagulées que criftalifées ,qu’on ne peut entendre ni expliquer la formation lur-tout de ces dernieres,. fans emprunter le fecours de la formation ou criftalifation. des premiers ,ceft-à-dire des lels ;en effet la criftalifation des uns &des autres atant de rapport qu’on ne peut douter que les feîs ne contribuent en quelque forte àla formation des crift'aux. Il eft vrai que les pierres demi tranfparentes tels que îes dsdtes, les cornalines &autres pierres demi diaphanes, De la Formation noyau ,ne différent de ces defS nieres que parce quelles n’ont pas eu le tems pour la plupart de s’arranger par lames horizontales ,ainii qu’aux criftaux, mais que plus précipitées dans leur formation ,elles fe font épaiffies ,&que leurs parties fe font rangées confufément &fans trop d’ordre. Il arrive en effet que leurs parties, lorfqu’on les fé pare ,n’en obfervent guéres entre elles fi ce n’eft quelques efpeces de convexité ,comme autant de portions d’enveloppes féparées les unes des autres. Cette différence de la coagulation &de la criftalifation des mêmes fubftances fe remarque journellement dans nos offices &chez les Conftfeurs. Le fucre ,qui eft un fel enveloppé d’un muflillage doux &gluant bEs FossïlLes; bous fournit des criftaux exangulaires dans la formation du fucre candi ;il nous fournit des exemples des pierres coagulées dans celles des gelées ,des caramels ,&dans ce qu’on appelle fucre d’orge auxquels nos Officiers donnent des couleurs variées ,imitant celles des pierres précieufes. Les premiers fe forment avec lenteur dans le repos &le liquide ;les autres au contraire fe forment par l’agitation de la liqueur ,ainfi que les pierres coagulées & par l’aélivité du feu. Si l’on employoit dans ces comparaifons des matières analogues aux différentes efpéees de pierres ;qui lçait fi on ne les imiteroit pas ,ou fi l’on ne démontreroit pas du moins encore plus clairement la façon De la Formation dont la nature les aélaborées f Les talcs de (a) Montmartre ,ceux de (b) Pafli ,des mines de plomb de France, de celles d’étaim. d’Angleterre de .différentes formes &figures fe convertiffent en chaux par l’action du feu ;les félénites romboïdes &quarrées de Suiffe , d’Angleterre ,de France ,& d’Ifîande éprouvent la même calcination ;ne peut-on pas leur croire une même origine? Les fpars au contraire ,tant àfilets qu’en lames ,les fluors qui fervent de fondant, également que les fpars,aux mines dans lefquelles on les rencontre fous diférentes formes, figures &couleurs. (a) Le talc de Montmartre fe trouve en gâteau dans les intervales des couches de pierre àplâtre de cette montagne. (,b)Le talc de PafTy eft ordi nairement de forme allongée ,plate &rombo'idale* toEs Fossiles: ??$ Huent au feu &femblent s’y vi* trimer :Les véritables talcs ,les amiantes paroiffent inaltérables au feu ,cependant ils femblent tous formés des mêmes matières &avoir éprouvé une organifation femblable àcelle du procédé ci -devant décrit. Par les rapports des formes &des figures de la plûpart de ces productions avec les formes fous lefquelles les fels fe crifîalifent ,les uns en cubes comme le fel marin ou gemme , d’autres en filets comme l’alun de plume, d’autres àfommets applatis &àangles tronqués comme les criftaux d’alun , d’autres àfommets piramidaux &en quilles exangulaires comr me les criflaux de nitre &de tartre vitriolé ,d’autres en figures romboïdales comme ceiyç *70 De la Formation du vitriol de Chypre ,d’autrég en lames verticales 3inclinées, &irrégulières comme ceux du vitriol de Mars ,d’autres en piramides éguillées comme les criftaux d’arfenic, d’autres enfin par feuilles ou lames comme celles d’orpiment. Par ces raports, dis je, on voit que toutes ces criftalifations femblent relatives àcelles des différens fels dont la bafe paroît s’être réunie avec celles de ces différentes fubftances &avoir filtré dedans les couches oit elles fe font aufïi criftalifées ;mais les variations arrivées àla furface de notre globe ,les différentes diflolutions jrécriftalifations &les lo-< îions qu’elles ont éprouvées pendant le cours de tant de fiécles ont effacé en elles la plûpart les principes de leur formation. des Fossilles; *?Y tes parties falines qui rempliffoient originairement les intervalles de leurs lames en ont été enlevées, ce qui les afait fe rapprocher, ôc leur adonné plus de folidité. Ne pourroit-on pas dire aufli que c’eft àla place de ces parties falines que fe font introduites dans les différens fluors &autres pierres criflalifées ôc colorées ,les vapeurs colorantes des différens foufres des minéraux Ôc des métaux? Deux exemples vont donner ,finon une preuve convaincante ,du moins des conjeéfures affez fortes pour autorifer mes idées ;mais il faut d’abord convenir de ce principe ,fçavoir que toutes les criftalifations quelconques fe font formées dans l’eau ,ôc àpeu près de la maniéré dont j’ai dé-* £iv. 72 De la Formation crit celle des fels dans les laboratoires de nos Artiftes. Les laboratoires de la nature ,quoique plus vaftes &mieux ménagés ,nous font impénétrables; ce n’eft donc que par le rapport. c|es produétions des uns &des autres que l’on en peut juger. Cela pofé jqu’on fe figure après la cataftrophe du déluge une grande partie des différentes fubftances terreufes ,pierreufes 5falines ,bitumineufes &c. fufpendues dans le liquide qui avoit couvert la furface du globe. Lors de la retraite des eaux une partie fe trouva renfermée clans les couches &les fentes des cavernes qui furent la fuite de ce bouleverfement ;là éqhauffées foit par le feu central ,foit par les rayons du foleil }elles furent pénétrées cl© des Fossilles'; if ces diverfes petites colonnes , ou filets de matière ignée ,au tour defquels furent attirées les différentes matières analogues àla criftalifation ,lefquelles s'arrangèrent autour de ces axes de matière ignée en colonnes angulaires plus ou moins groffes5&en piramides formées fuivant les fels &les bafes des fels auxquels elles étoient unies. Lorfque la matière diffoute n’étoit qu’une efpéce de chaux ou de plâtre ,il s’en forma des gyps &des félénites ,qui diffous àleur tour ,produifirent des talcs qui devinrent euxmêmes des criftaux ,des pierres précieufes &même des diamans ,car on fçait que toutes les pierres précieufes ne différent du criftal de roche que par |a finefie &la plus grande pro- 74 De la Formation' ximité de leurs lames qui ètïfont la plus grande dureté ,& toute la folidité. Ces différens criftaux qui fe formèrent lentement &àmefure que les eaux s’écoulèrent ou s’évaporèrent, eurent l’intervalle de leurs lames d’abord rempli de fels , d’eau ôc de matière héterogene; mais par les différentes lotions &filtrations des eaux pluviales qui ont circulé dans les intervales de ces criftaux ,les fels , les matières hétérogènes ont été diffoutes &entraînées ,les eaux fe font évaporées ,&les lames fe font plus ou moins approchées ,fuivant la chaleur des climats ,ce qui fait que dans les climats chauds les pierres criftalifées font plus dures , plus compares &plus brillantes. Leurs diverfes couleurs ont; DES F0SSILLESr *ffSan autre principe ,c’efl: aux vapeurs minëralles &métalliques qu’elles doivent leur variété ; en effet ,refpéce d’arfenic naturel, que Pon connoît fous le nom d’orpiment ,&qui fe trouve abondamment dans les Royaumes d’Ava &du Pégu , renferme dans fon fein les rubis ,les faphirs ,les ametifles , les aiguemarines ,&les topazes orientales ;c’efl: du centre de ce minéral que les peuples de ce pays tirent ces pierres précieufes ,&ce font ces vapeurs différentes qui s’inffnuant entre leurs lames ,leur donnent les differentes couleurs ,de façon que la même pierre (ainfi qu’on le peut voir dans des cabinets )eft fouvent àla fois fajphir ,rubis &ametifte ,&c. !Une opération chimique renç| §2 De LA FoRMATÏONf des Perfes ou pierre précieufe du foleil ,les yeux de poiffons y les giralfols, Yoculus mundi,pierre qui change de couleur étant mife dans l’eau, &même les opales. Ces dernieres femblent tenir un milieu entre les pierres coagulées &les pierres criftalifées, n’étant la plûpart du tems ni tout-à-fait opaques ,ni toutà-fait tranfparentes. Elles fortent de la mine ou carrière comme les pierres coagulées en petite mafié &paroilfent avoir une criftalifation intérieure; formée dans une fubftance diaphane , de petites lames irrégulièrement pofées qui réfléchilfant diverfement les rayons de lumière 3 caufent cette variété de couleurs qui nous les font admirer. Les premières de toutes les pierres criftalifées ,ce font ©ES FôSSÏLLES.’ Bj. fans contredit les criftaux de roche dont le propre eft d’être formés par lames ou feuilles en colonnes ou quilles exangulaires terminées par des fommets piramidaux ;ii s’en trouve néanmoins en maffes plus ou moins grandes dans les couches & les fentes des rochers ,mais la mécanique de leur formation efl; toujours la même ,&on leur remarque toujours des la» mes &quelques traces ,tant intérieures qu’extérieures de leur première criftalifation. Quoique l’effence du criftal foit d’être blanc &tranfparent ,il s’en trouve néanmoins de plus ou moins opaques &de diverfement colorés ,mais iis ne font jamais fi chargés de couleurs que les fluors dont ils différent par leur réfiftance au feu ,ni $4 ‘De la Formation' que les pierres vraiment pré* cieufes }àla plupart defquelles ils cèdent pour la dureté. De cette claffe font entre les vertes ,les chrifolites ,les éméraudes ,les berils :entre les jaunes, les topafes :parmi les rouges ,font les jacintes , les grenats ,les rubis ,&les ametiftes :entre les bleus font les faphirs ,les aiguemarines , &c. &les plus parfaites de toutes font les diamans ,dont la dureté furpaiïe celle de toutes les autres pierres ,ainli que l’éclat &la tranfparence ,& dont la diverfité des couleurs (a) réunit dans fon feul genre toutes les autres efpéces de (a) L’on ne trouve pas feulement des diamans blancs &jaunes., mais encore de rofes, de violets jde verds, de bleus & même de noirs d’un éclat &d’une tranlpa-, rence admirable. DES FOSSILLEST ÏÏ'f pierres précieufes. Si les terres ,les fels &les pierres en général doivent la variété de leurs couleurs aux va-? peurs ,aux teintures ou parties jninéralles &métalliques ,les minéraux empruntent confiamentdes terres leur confiftance, fit doivent leurs différens dégrés de coagulation ou de çriftalifation àTunion des fels , &au même mécanifmé qui fè remarque lors de la confolidation de ces derniers,. En elfét les bitumes concrets, ,les. foufres ,plufieurs pyrites fem.blent tenir des pierres coagulées ;quelques -uns même des pierres criflalifées, par la tranfparence ,l’éclat ,le brillant, le poli de leurs caffures ,&même par leurs for-, mes ôc leurs divers arrange? Fiij De la Formation mens. Àuffi prefque tous les anciens Naturaliftes ont -ils mis au nombre des pierres même précieufes 3la plupart de ces productions minérales :entr’autres les ambres auxquels différens foufres colorés reffemblent fi parfaitement ,ÔC même àquelques efpéces de pierres précieufes que fans leur poids &leur fixité on les pourroit fouvent confondre,. Les jayets &les différens pyrites ont aufïi fouvent été rangés au nombre des pierres fous différentes dénominations relatives àleurs figures. Mais comme toutes ces fubfi tances tiennent conftament des terres 3des fels &même des pierres s&quelles ont pour bafe un foufre ou bitume ,on ne peut mieux placer la def? bES Fossilles. jcrîptïon des foufres &des bi tûmes qu’après la defcription des pierres ,&àla tête de celles des fubftances minéralles ôc métalliques ,puifqu on ne peut former des foufres fans le concours de cet acide primitif ,principe des différens fels &de la formation d’une infinité de pierres ,&fans le flogiftique ou partie bitumineufe ,fufible &inflammable des minéraux &des métaux. Les foufres principes fecon* 'daires des corps font donc un aflemblage de cet acide premier principe ,&d’une fubftance gralfe &onâueufe qui eft fort volatile dans les uns, fort inflammable dans les autres &très-facile àmettre en fufion dans les métaux où elle paroit moins volatile. %T? • FH -Sa De la Formation Ne pourroit-on pas dire qtù§ la partie '(a) grade &onêtueu-* fe de la terre primitive qui y abondoit avant que le foleil l’eut évaporée &defféchée par fa chaleur &élevée dans î’atmofphere ,yaété pénétrée par les fels qui s’y étoient formés ,&que par une réaction ,ou pour mieux dire, par une çoobbation réitérée elle s’y efl épaiflie ,&aacquis plus d’ondluofité &de. ténacité. De là femblent s’être formés les foufres aeriens &volatils, qui peu àpeu fixés dans les tërres 5les pierres ,les minéraux &les métaux, font portés dans les plantes par la tranfmiffion de l’air, 6c la pénétration du feu. (a) On tire de la terre par la diflillatiott une petite quantité d’huile fœtide. SES FOSSILLES: % rEn effet les parties les plus folatiles de ces foufres primitifs circulant dans les plantes , produifent la verdure ,la fraîcheur ,les couleurs de leurs fleurs &même l’odeur ;aufîï la plupart contiennent -elles beaucoup d’huile, de foufre, ou efprit volatil effentiel. Cette même circulation de ce foufre aerien &primitif fe manifefte encore plus dans les animaux ,dont les graiffes ne font autre chofe que 1epaiffiffement de ce principe gras & fulphureux caufé par le mélange des acides ,ainfi que font formées dans les plantes les gommes &les réfmes ;en effet tous les mufillages ne font épaiffis que par l’union des acides &de l’huile ,&les parties aigues des premiers rem- £0 De la Formation plifient les parties branchuès &cotoneufes des derniers ,de maniéré quelles leur donnent plus de confiftance ;c’eft ce qu’on éprouve dans la fabrique d’une infinité de fubftances favoneufes. Une expérience chh mique le prouve encore plus fenfiblement ;»car (a) fi vous »mettez de l’argent àdiffou- «dre dans de l’eau forte, que «vous couvriez la diffolution »d’une quantité d’huile d’oli- »ve pour en empêcher l’éva- «poration ,cette huile s’épaif- »lira en confiftance ,appro- »chante de celle du fuif ou de »la graifie ;«d’où l’on peut conclure que les vapeurs aci« des du nitre &du vitriol con-» tenues dans l’eau forte ne pou-» vant s’échapper àtravers dg 0) Mém, Ac. Sci. A, jDES Fossilles? $ï cette couche d’huile ,en ont pénétré &comme chevillé les parties ,&par là leur ont communiqué une plus grande folidité. Cette expérience nous conduit àcroire que toutes les fubftances grades &inflammables ,quelque bolides qu’elles puiffent être ,ont pour bafe une huile ou mufillage gras & onélueux ,plus ou moins pénétré des éguilles ou pointes de quelque fel analogue. Si cette vérité eft bien fenfible dans les végétaux &dans les animaux., elle ne l’eft pas moins dans les minéraux ,puifque la chimie nous fournit également les moyens d’imiter la nature dans la formation des foufres &des bitumes; «en effet ,[a) (a) Geoffroy Mat. Med.Tom. i8 j's De la Fôrmâtiôk fe qu’une gomme ou réfins végétale épaifile &pénétrée dô parties terreufes extrêmement déliées ,coagulée par l’acide d’un vitriol diffous ,filtrée ôc dépofée dans des couches de fable. Cette ccnje&ure paroi» tra d’autant plus vraifemblable que fi l’on examine l’ordre ôc l’arrangement des différentes couches qui fe rencontrent dans les mines ou carrières de ces efpeces de bitume ;l’on remarquera d’abord ,fuivant les obfervatioils de (à) Jaeob Hartmann }la terre végétalle }une couche de fable ,une d’argille ou glaife blanchâtre ,une autre d’un bois foffile àdemi détruit par la corrofion d’un vitriol contenu dans une autre cou» Ça) Suôini Pniffîci M. Philippo Jacob® Hartmann ïrancojorti 16.77* des Fossillès; fche d’un limon bleuâtre ,ou efl pece de pyrrite fleurie ferrugineufe. C’eft au travers de cette couche que fe font vraifemblablement filtrés les fucs gommeux &réfineux de ces arbres détruits ,ôc c’eft par l’union &le mélange de ces fubftances &des parties extrêmement fines de terre &de fable qu’elles fe font coagulées&épaifc fies dans une couche inférieure de fable >dans laquelle ori rencontre ce précieux minéral. En effet n’eft-il pas vraifemblable que l’ardeur du foleil , les feux fouterrains ,la fermentation même venant àagir fur ces divers végétaux huileux } réfineux &bitumineux dépofés dans les couches de la terre ,après la retraite des eaux du déluge ?ayent converti la Gij ioo De la Formation partie gralfe ôc onctueufe des uns en une efpéce de napthe ôc de pétreol; celle des autres en des fubftances moins liquides, dont les unes pénétrant les couches inférieures de vitriol , jfe font dépofées Ôc coagulées , ôc font devenues des fuecins blancs ,jaunes ou noirs ,fuivant les mélanges ,la dilfolution ôc la finelfe des terres. Lorfque ces terres ont été moins fines ôc moins diffoutes, ces :'ubftances ont formé j’afphalt des anciens ,les bitumes de Judée ,les jayets ou jaix que l’on trouve quelque fois fous la forme de fragmens de branches d’arbres ,les charbons de terre ,les afphalts plus girofliers Ôc plus denfes >tels que font ceux de Suifle ôc de Gaujac ,ou autres fubftances DES FoSSILLES. loi' bîtumineufes ,plus ou moins pures ,fuivant le mélange des terres. La formation des foufres na^ turels ,dont les uns font opaques ôt greffiers ,les autres iranfparens &diverfement cor lorés ,diffère fi peu de celle des bitumes., qu’ils femblent n’en devoir faire qu’une efpéce :en effet les uns &les au* très ont àpeu près les mêmes principes ,&leur baze eft une fubftance graffe ôt onétueufe , pénétrée par un acide vitriolique ;il eft vrai que dans les foufres cet acide yeft plus abondant ,ainfi que la partie terreftre ,puifque par fanalif© des foufres «on tire prefque »partie égale d’un, fel ou li~ «queur acide approchante de gl’efprit de vitriol., d’une au.- î02 De la Formation »tre biturnineufe peu différent «te des principes huileux ôc «bitumineux que l’on tire du régne végétal &animal >ôc «d’une terre fpongieufe^ folliée-, 55 légère &brillante. «Quelques-uns ont regardé cette terre comme la bafe de la félénite, des mica ,des talcs &autres productions femblables ;des félénites ,lorfque cette terre n’a pas été tout-à-fait fixe ;des mica ,îorfqu’elle l’a été d’avantage ;du talc enfin ,lorfquelle l’a été entièrement; les talcs félon eux étant une production néceffaire de toute décomposition d’un minéral où il fera entré du vitriol. Ce fiftême ad’autant plus de vraifemblance 3que dans l’analife du foufre ,il refte après l’opération une terre DES F0SSILT.ES; TÔ> foliée ,brillante &très -fixe 9 de même que dans l'orpiment qui n’eft qu’un foufre naturel feulement imprégné d’une petite partie de vapeur mercurielle ou arfenicalle qui fe manifefte àl’odeur d’ail qui s’en exhale au feu 5où il fond & brûle comme le foufre ;on le remarque ordinairement formé par lames ou feuilles brillantes femblables àcelles du talc. Ce qui porteroit àcroire que les félénites -, les fpars ,les amiantes ,les mica &les talcs ne feroient autres chofes que des lames de quelque efpece d’orpiment ,dont les parties falines ,fulphureufes ,arfenicales &volatiles fe font évaporées 9 &n’ont laide que cette terre foliée &brillante ,feulement imprégnée de la partie la plus, • ,co4 De la Formation fixe ôc la plus ténace des bitumes &des foufres. Les pirytes font compofés de vitriol puifque l’on en retire en Allemagne ,en Angleterre &ailleurs par la calcination jla lotion &la criftalifaîion ;de foufres dont l’odeur fe manifefte au feu; d’alun ôc de quelques particules métalliques qui font ordinairement de fer ou de cuivre ,quelque fois d’argent ou autres métaux. La variété de leur confiftance Sx de leurs figures vient du mélange des matières qui s’y font rencontrées lors de leur forma* don. Lorfqu’il(^) yaeu moins de particules métalliques ,& plus de parties fulphtireufes ,les (a) Lettre du SMars 1748 de M. Hilî s 'de ia Société Royale de Londres ,àM. de Jiegondat de l'Académie de Bordeaux; ,co4 De la Formation fixe ôc la plus ténace des bitumes &des foufres. Les pirytes font compofés de vitriol puifque l’on en retire en Allemagne ,en Angleterre &ailleurs par la calcination jla lotion &la criftalifaîion ;de foufres dont l’odeur fe manifefte au feu; d’alun ôc de quelques particules métalliques qui font ordinairement de fer ou de cuivre ,quelque fois d’argent ou autres métaux. La variété de leur confiftance Sx de leurs figures vient du mélange des matières qui s’y font rencontrées lors de leur forma* don. Lorfqu’il(^) yaeu moins de particules métalliques ,& plus de parties fulphtireufes ,les (a) Lettre du SMars 1748 de M. Hilî s 'de ia Société Royale de Londres ,àM. de Jiegondat de l'Académie de Bordeaux; des Fossilles: lof pyrites fe font formés en malles larges appellées mundtc ou marcafite ;lorfque les parties métalliques ont été un peu plus abondantes dans le mélange , ils fe font formés en nodules ronds ,ovales ,oblongs ,en grappes ,en feuilles ou lamelles ,en teft ou autres figures proprement dites pyrites ;lorfque les particules métalliques ont encore plus dominé dans le mélange ,ils font devenus plus denfes &plus compares, &fe font formés en petits corps anguleux de figures régulières, fui'vant la bafe &la nature des fels qui s’y font rencontrés , i’efpeôe &la combinaifon des particules des différens métaux &autres matières qui fe {ont trouvées réunies lors de la for* 'T f>.—3\' piation» %o6 Ds la Formation Lorfque les fels ont plus do» miné que les foufres &les métaux ,&qu’il s’y eft trouvé quelque partie de criftal ou de cailloux diflous ,ils fe font criftalifés dans le fluide ,&ont pris des formes régulières ,analogues &relatives àla nature des fels auxquels ils étoient unis ;lorfque la bafe du fei marin ou gemme ,combiné avec l’acide nitreux aaflez dominé dans le mélange ,& qu’il s’y eft trouvé réuni avec une fufli ante quantité de fer ou de vitriol martial (a). Le pyrite aété cubique ,tels que les pyrithes hexaedres ,les candas des Indes ,les pierres quarrées d’Efpagne ,d’Angleterre, (a) J’ai ün femblable vitriol tiré;d’une mine qui eft auprès du Lac de Zurich, criftalifé par Cheucher méine>en petits cubes guarrés jaunâtres. DES FOSSILLES. Slf «fè fàbeaucoup, de rapport par la figure àquelques cfpéces de la mine de plomb précédente, mais elle eft plus pelante ,c’eft une pierre métallique &ferra-* gineufe dont il yadeux efpéces ,Tune grife allez rare ,l’autre noire ôc commune ,elle donne au verre une couleur pourpre ôc aux pots' un vernis noir. Cette pierre contient du • fer ,ainfi que la pierre de Pé» rigeux :cette derniere eft plds noire,plus dure &plus pefante, -on la trouve dans les mines du Dauphiné &d’Angleterre ,& ies potiers l’employent également àvernir les pots. Cette J ûerre abien du rapport avec elapis jrniris ou la pierre d’émery commun qui nous vient de Gerzey,& qui eft comme les précédentes ,une pierre ii 4DelaFormation ferrugineufe que l’on trouvé :fen Angleterre ,ôc que nous employons pour la taille &le poli des pierres &des cailloux* celui des armes ôc des métaux. Il yadeux autres efpéces d’émery ,l’un très-rare & rougeâtre que l’on trouve dans les mines d’or du Pérou *ÔC qui eft chargé de ce précieux métal ;l’autre aufli rougeâtre ôc uni que l’on trouve dans quelques mines de cuivre ,il eft de peu d’ufage ;ce dernieï aquelque rapport avec la pietne hématite pour la couleur ÔC le poids ,maismullementjpour la forme intérieure ,cette dernière pierre ,qui eft aufli ferrugineufe ,dure ,pefante ÔC rouge, dite des émailleurs foret d’Efpagne ,àcaufe quelle ie trouve dans les mines de fer 'BES Fo'SSÎILËS'; ixf; oé ce Royaume ,eft formé© par aiguilles ou lames longues ou par angles ,ou par grains ronds qui lui ont fait donner le nom de botrytes hématites > ou dhématite en grappes de raifin ,de qui eh: plus ordinaire à celle d’Allemagne. On la trouve fouvent avec la pierre d’aiman avec laquelle elle a une grande affinité ,étant comme elle Une pierre ferrugineufe ;cette derniere aune fi grande affinité avec le fer ,qu’elle l’attire &s’y attache fortement; on pourroit même dire qu elle en1;eft une efpéce ,fe convertiffant au feu en ce métal ;elle efr de différentes groffeurs de différentes couleurs ,rougeâtres ,grifâtres ,bleuâtres oit 1 verdâtres ,mais le plus ordinairement d’une couleur d’un Hij 11'6 De La Formation brun noirâtre ,plus ou moins foncé. Sa vertu magnétique ôc fa direftion vers le Nord la rendent précieufe aux navigateurs; elle communique cette vertü magnétique au fer &aux ai- «milles qui yfont frottées. Quelques-uns rapportent àl’aimaii Une pierre blanche parfeméè de taches noires, appellée ;calamine blanche ou aimah charnel ,parce qu’ils croient qui! attire la chair ,s’attachant fortement àla langue ;ce n’eft qu’une efpéce de marne de rocher qu’on trouve dans les niH nés d’aiman. Je ne dois pas omettre ici le rufma ,efpéce de pierre brunâtre comme l’ainian ,qui eft une forte de marcafite ferrugineufe que l’on nous apporte du Levant ,ÔC dont les Turcs fe fervent •eh bis Fossiles:, iif epllatoire ,elle eft d’un brun noirâtre ,compacte &pelante* &reffemble au fory des Grecs,, Après les pierres ferrugineufes je place celles qui ont du rapport avec le cuivre ,on pourroit yraporter différentes efpéçes de lapis ,les pierres armé? niennes ,&fur-tout cette pierre bleuâtre femblable àun morceau d’indigo àdemi tranfparente comme le vitriol de Chipre avec lequel elle adu rap-r port par fa qualité brûlante. Elle nous vient du Pérou },on rappelle lapis Itpis ,quelquesuns la nomment le lapis erofius de Pline ,Galliçn adonné ce. nom àla cadmie métallique , ffpéce de mine de cuivre dont on retire un peu. de ce métal s ôc qui contient auffi un peu d’argent, <Çe|tg çadmie ,ainff ïYtÜÈ LÀFôRMATIOfl que les calcids que l’on trouve dans les mines de cuivre dé Chypre ,&qui refiemble ade l’airain friable traverië de veines brillantes, fernblable aufii au mi- -fÿ qui èft jaune &femé d'è paillettes brillantes ,&au (ory«, ^quoique plus groffier ,Tpon- -gieux &noirâtre ;n’eft qu’une efpéce de pyrite ou marcafite de cuivre, dont neanmoins on ne retire qu’une petite quantité de ce métal. Il n’en cft pas de même de la cadmiefo» fille ou pierre calaminaire ,qui quoique ferrugineufe fe convenir en laiton ,lorfqu’elle éïî fondue avec une partie égale de cuivre. Cette efpéce de cadmie contient beaucoup de terres &de parties volatiles qui s’élèvent dans la fulion ,en fleurs js efpéce de fuye jaunâ- ;DÈS FoSSILLFi» ÎÏT$Sj. hé différente de celle qui s’élève du cobalt jautre efpecede pierre métallique ?quelque fois brillante comme l’antimoine , quelque fois d’un gris bleuâtre ou noirâtre dont on tire l’arfenic tle zaffre &l’émail bleu. On en tire auffi fouvent (furtout aux mines de Goflaer )du plomb jdu zinc &une efpéce de cadmie. Dans la fufion le plomb fe fépare du zinc ;ce. dernier s’élève en fleurs ou fuie d’un gris blanchâtre qui s’attache contre les côtés ôc le haut des parois du fourneau en maffe très-dure ,mais en y. ajoûtant de la poudre de charbon, il découle de cette fuie un métal comme de l’etaim d’un oeil bleuâtre ,répandant une flamme blanche lorfqu’on l’agite avec une verge de fer :il le forme en fleurs ÏI'ô De la Formatîqm .. . filamenteufes. On tire aufïî peu de zinc de certaines pierres caiaminaires ,&du mica cjue Mrs. Fott &Margraff de VAcadémie de Berlin regardent comme une vraie mine de ce minéral. Il nous en vient des Indes une efpéce nommée Toutenague ,qu’on croit être une forte de mélangenaturel de fer &d’étain ou il entre un peu de mercure;ce métal eflfbrmé par petites lames où feuilles coupées àpeu près comme celles du bifmut ou étain de glace jappellées par quelqu’uns plumbum cinereum.La mine de ce dernier minéral approche ordinairement de celle du plomb, mais elle noircit les mains àpeu près comme le plomb de mer ;cependant elle eff plus 'pefante &plus compacte. Lef Dis Fôssïllës. 12f îïmiéraîiftes en distinguent de quatre fortes, i. celle couleur de gorge de pigeon ;2. la pointillé© ;3. la feuilletée ou par lits;; 4. la grife noire. Ce minéral efc caffant &formé par feuilles luifantes plus longues que celles du zinc ;il eft fuivant quelques Chimifles , compofé d’un fel minéral , d’un foufre greffier ,de mercure, d’un peu d’arfenic ôc de beaucoup de terre; fon régule aun œil rougeâtre ou d’iris. Une partie de bifmut ôc deux de fubiimé donnent par la dniiilation une efpéce de gomme ou heure approchant du heure d’antimoine. Ce dernier minéral avec lequel le bifmut a plufieurs raports ,n’eft pas àla vérité formé par lames ou feuilles ?mais par filets ou aiguilles 2ÜE r,A FdRMATfaM brillantes ,àpeu près fembîâ3* blés àcelles de fa mine. Lan* «moine 9ainfi que le bifmut,ÿ fe fond en régulé ,&paroît egalement compofé de fouf* Ire inflammable ,d’arfenic ôc de mercure ,avec lequelil n?a cependant pas une grande afr finitéo upobiufi no éïiaî al oh Le mercure où vif-argent , que plufieurs Chîmiftes ontiregardé comme le' principe :des métaux,même des plus parfaits, atant d’affinité avec eux qu’on ne peut mieux le placer qu’à leur tête. Il acomme eux le poids ,le briljant ,l’opacitéi & l’éclat ;mais il eft fi fluide ïôé fl volatile qu’il les pénétre tous en s’y amalgamant ,il s’évapore &fe diflipe en fumée à une médiocre chaleur; quelque torture qu’on lui donne * DES FoSSÎLLES; I2p Communique un goût aftringent qui prouve qu’il contient un fel vîtriolique ,&l’on peut dire en générai que le fer eft compofé d’une fubftance bitumineufe ou principe inflammable, d’un fel vitriolique &d’une terre vitrifiable ou efpéce d’ocre qui par la fermentation ou la calcination devient plus ou moins rouge. Quelques uns ont prétendu ,entéautres Bêcher ,qu’en mêlant quelque fubftance inflammable avec de l’argile qu’ils ont regardée comme une terre vitrifiable &vitriolique ,parce qu’elle fe rougit au feu ,l’on pourroit former du fer. Je crois plutôt que la rougeur que cette terre acquiert au feu procède des parties de fer dilfous &incorporé dans cette terre qui venant sjo De la Formation! àrencontrer un flogiftique réunit facilement ,&alors fe manifefte fous la forme de métal & c’eft alors qu’elle,. eft attirée par l’aiman ,ce qui ne pouvait lui arriver fous celle de rouille quelle avoit auparavant. Le cuivre ou airain eft plus mou que le fer ;il eft fonore> brillant, fufible &très-du£tile ; on le trouve quelque fois pur dans les mines en forme de lames ou de filets ,mais, le plus fouvent il eft caché dans des pyrites ou mines parriculieres. Son pyrite eft quelque foisj éclatant comme l’or ,mais ce n’eft qu’un foufre inflammable ;fa marcafite eft jaune, purpurine ou fauve ,bleue ou violette, verte ,quelque fois fpyeufe &criftaüfée ,quelque des Fossilles; 15 i fois écailleufe comme Fardoifêt mais toujours enveloppée d’une grande quantité de foufre Combuftible &mêlé de fer ÔC fouvent d’arfenic. On trouve en Hongrie des fources de cuivre1liquide &coulant quon appelle cément ,de vieux morceaux de fer plongés dans cette liqueur fe convertilfent eii cuivre. Ce métal s’altere àl’air ÔC dans les endroits humides, &fe convertit en rouille verte qu’011 appelle verdet. Sa diffolütion par les acides &les alkalis fixes eft verte ,mais par les fels urineux elle eft bleue ;il réfifte àun grand feu &fe calcine en chaux rougeâtre ,mais par l’addition de la poudre de charbon de bois ,il reprend fon premier état ,ce qui fait juger qu’il contient une grande iy2De la Formation quantité de foufre ,mais daft'Sf une moindre quantité que ls fer ,un fel vitriolique &une terre rouge vitrifiable. Il fe blanchit àla vapeur du mercure ôc de Farfenic ,&fondu avec la pierre calaminaire ,il acquiert une couleur jaune , &s’appelle alors laiton. L’argent eft après For le plus brillant &le plus précieux des métaux ;on le retire des mines fous diverfes formes &figures ,fouvent pur en lames , en cheveux ,en plumes ou filets ;quelque fois fa mine eft rouge ,&s’appelle roficlair* alors elle eft ordinairement infectée d’arfenic ;d’autre fois elle eft noire &s’appelle negrillos» Elle eft fouvent brune ,rouffe, cendrée ,ou de couleur de plomb ,métal avec lequel Far- DES FosSILLES: T3y gcnt eft le plus fouvent mêlé* &dont on le fépare par la coupelle. Cemétal eft plus dur mais moins pelant que l’or ôc moins duttilè *il n’eft pas fur jet àla rouillé ,mais il fe noircit aux exalaifons fulphureufes, il réfifte au feu le plus violent &fon flogiftique paroît très-intimement uni àfa terre métaL lique. L’or eft en quelque façon encore plus fixe que l’argent , il ne s’altere point àquelque torture qu’on le mette ,&à quelque mélange qu’on l’uniffe ;fon flogiftique paroît fi intimement uni àfa terre métallique ,qu’il n’en peut être féparéj c’eft le plus brillant;, le plus duêtile &le plus pefant des métaux. Il fe trouve pur .dans les mines &fentes de ro« Iiij i34 De la Formation chers }fouvent en lames ylî* ïets ,rameaux ?ou efpéces de végétations métalliques ;dans les rivières &ruidéaux ,en grains ;en paillettes ou pouf» iiéres jqui par le paffage des eaux àtravers des montagnes en ont été détachés &entraînés dans leurs lits &dans leurs fables. On le trouve auffi fouvent en pouffsere ou grains dans les terres au bas des montagnes 3tel que dans une terre rougeâtre qui conftitue le terrain des environs des rivières des banboux ,àdeux cens lieues du Sénégal ^&tel qu’on en trouve au Pérou dans une terre violette ou purpurine qui efb cachée fous une certaine épaiffeur de terre végétable au bas des montagnes du Pérou,, On trouve encore ce précieux ses Fossïlles: ïhétal mêlé &incorporé avec d’autres métaux dans des pynh tes ,de 1orpiment &autres matières étrangères 5fuivant les différens mêlartges &les différentes fübffances qui fe font rencontrées lors du dépôt & dé l’évaporation de l’humide à la cefiation du déluge. Toutes les matières minéralles ôc métalliques contenues dans la croûte de l’ancien monde 3étoient en maffes plus ou moins grofles ,mais après le bouleverfement &la rupture de cette croûte ,ces parties minéralles &métalliques furent difîbutes &divifées en parties extrêmement fines &déliées. Alors difperfées ,&flottantes avec tous les autres corps difi fous ,elles s’unirent &fe dépoferent confufément parmi liv s5<5" De la Formation les différentes matières qui foc* ment lçs couçhes de notre nouveau monde. Lorfqu’elles fe trouvèrent unies &amalgamées avec des fubftances greffes &flogittiques ,foit des végétaux ,des animaux ou des minéraux ,il fe forma des maffes plus ou moins abondantes, plus ou moins pures &pénétrées, Lorfque le flogiftique qui réunit alors ces maffes ne les eut pénétrées qu’im parfaitement , il fe forma des pyrites ou des marcafites ;lorfqu’il les pénétra un peu plus ,ce furent des minéraux; lorfqu’il les pénétra davantage &s’y incorpora ,ce furent alors des métaux; lorfqu’il fe fixa plus intimement, ce fut de l’argent ôt de l’or. Cette pénétration fe fit vrai? î> ES Fossilles; 13 7 femblablement dans le mêlange &la confufion des matières avant la retraite des eaux, &lorfqu’elles étoient toutes en. confufion. On voit en effet que dans leurs dépôts il ne s’y obferva ni ordre ni arrangement, ce qui fait que l’on trouve des matières métalliques ,fouvent même des métaux précieux dans des fentes de rochers. Ils femblent avoir végété fur les plus hautes montagnes , tandis qu’au bas de ces mêmes montagnes ,&fous des couches de terres végétables ,011 les voit femés &répandus en parties extrêmement fines dans des terres rougeâtres ,purpurines ou violettes &autres couleurs que les parties contenues de ce précieux métal yont communiquées. Dans d’autres De la Formation endroits -on les voit pofês ef| lames ,en cheveux, en efpéces de végétations métalliques. Les parties les plus pures acquirent des efpéces de criftalibations ou de végétations minéralles ou métalliques. Les relies de la croûte de l’ancien globe ,qui n’ayant pas éprouvé une entière diiToiution for» ment les noyaux des montagnes, reçurent les premiers dépôts des matières métalliques, comme étant plus près de la furface des eaux. Les particules ignées qu’elles eontenoient ,& qui n’en avoient point été réparées par la diiToiution ,Te réunifiant par la comunication de celles de l’air ,attirèrent alors les corps flottans dans le liquide ,qui s’en approchèrent. Alors les fubf-