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Les compléments qui expriment la circonstance: une analyse des valeurs syntaxiques et sémantiques dans la phrase

Jiménez Benítez, Angela María

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TABLE DE MATIÈRES : 1. Introduction .......................................................................................................... 1 2. Notions de base des circonstanciels ..................................................................... 2 2.1.Définition .......................................................................................................... 2 2.2. Limites des approches traditionnelles. Raisons et problèmes de classement … ............................................................................................................................ 3 2.3.Nature grammaticale ........................................................................................ 4 2.4. Critères d’identification et tests appliqués ...................................................... 4 2.5. Différences entre circonstants et actants du verbe ........................................... 6 3. Le complément circonstanciel .............................................................................. 8 3.1. Le complément circonstanciel obligatoire ....................................................... 8 3.1.1. Principales caractéristiques ................................................................ 8 3.1.2. Catégories sémantiques ..................................................................... 9 3.2. Le complément circonstanciel facultatif ........................................................ 10 3.2.1. Principales caractéristiques ............................................................... 10 3.2.2. Catégories sémantiques .................................................................... 11 4. Le groupe périphérique ou circonstant externe .................................................. 13 4.1.Définition et distinction avec le complément circonstanciel .......................... 13 4.2. Classement du groupe périphérique ............................................................... 15 4.2.1. Les circonstants externes situationnels ............................................. 16 4.2.2. Les circonstants externes logiques ................................................... 16 4.2.3. Les circonstants externes notionnels ................................................ 16 5. Conclusion .......................................................................................................... 18 6. Références bibliographiques ............................................................................... 19 1 1. Introduction Le complément circonstanciel est l’un des constituants les plus complexes de la grammaire française. Dans ce travail, nous allons aborder le problème existant par rapport aux circonstanciels en français, et plus précisément, les distinctions entre le complément circonstanciel obligatoire, le complément circonstanciel facultatif, et le complément circonstant externe, également nommé groupe périphérique. L’objectif de notre étude est de fournir une analyse du rôle et des fonctions spécifiques de chacun de ces éléments dans la phrase, afin de mieux comprendre leurs valeurs syntaxiques et sémantiques. Cette approche nous permet de délimiter la frontière entre le complément circonstanciel, essentiel au verbe, et le circonstant externe, considéré comme facultatif et plus libre au sein de la construction verbale. Nous avons choisi ce sujet parce qu’il pose une question syntaxique complexe en raison des minimes différences qui existent entre les compléments concernés et de la difficulté de les identifier à première vue, ce qui continue à susciter la polémique parmi les grammairiens. Ce travail est structuré selon le schéma suivant : premièrement, nous nous concentrerons sur les notions de base des compléments qui expriment la circonstance. Nous aborderons donc une définition en soulignant les limites des approches traditionnelles sur ce sujet. Nous prêterons également attention à la nature grammaticale et aux critères de classification qui nous permettront d’identifier les circonstants et les actants. Dans la deuxième partie, nous traiterons en détail le complément circonstanciel interne au syntagme verbal, en faisant la distinction entre le circonstanciel obligatoire et le circonstanciel facultatif. Nous verrons quelles sont les caractéristiques principales de chacun d’eux, ainsi que leurs différentes classes sémantiques. Finalement, dans la troisième partie, nous examinerons la définition de circonstant externe ou groupe périphérique et les aspects clés qui le concernent. Nous aborderons aussi le classement de ce complément externe. Concernant les sources consultées, nous prendrons en compte trois grands livres de grammaire : la Grammaire méthodique du français de Riegel, Pellat et Rioul (2007), 2 la Grammaire du français de Denis et Sancier-Château (2011) et pour la dernière partie, l’œuvre El adverbio francés y sus combinaciones de Hermoso (2022). Quant au corpus sur lequel s’appuient nos explications, il convient de mentionner que les exemples seront de notre création. 2. Notions de base des circonstanciels Pour introduire les notions de base, nous emploierons tout au long de ce chapitre le terme circonstanciel pour nommer tous les éléments qui expriment la circonstance qui entoure un procès verbal, suivant l’usage général donné par les auteurs à ce terme. Dans cette catégorie des circonstanciels, nous incluons tant les compléments internes au syntagme verbal que les circonstants adjoints à la phrase. 2.1 Définition Nous allons prendre en compte la notion de circonstance comme point de départ qui nous permettra de déterminer la nature et les caractéristiques des circonstanciels. Le mot circonstance vient du latin circumstantia qui signifie « action d’entourer, d’être autour » (CNRTL). La définition proposée par le dictionnaire du mot circonstance est la suivante : « Complément de circonstance servant à préciser des rapports de temps, de lieu, de manière, de cause, de condition, de conséquence, de moyen, de but » (Le Robert, 2022). Il convient donc d’établir une distinction entre les différentes classifications des compléments exprimant la circonstance, lesquelles se répartissent en deux catégories principales : le complément circonstanciel interne au syntagme verbal (§ 3.), subdivisé en deux types : le complément obligatoire et le complément facultatif ; et le complément circonstanciel adjoint à la phrase (§ 4.), appelé aussi circonstant externe. Il faudra également mettre en vigueur leurs spécificités syntaxiques et sémantiques afin d’éviter certaines confusions qui pourraient se donner entre eux. L’analyse détaillée de ces spécificités sera effectuée au cours de notre travail ce qui nous permettra de distinguer les compléments indispensables de ceux qui apportent des informations supplémentaires à l’ensemble de la phrase. 3 2.2. Limites des approches traditionnelles. Raisons et problèmes de classement. Les grammaires traditionnelles instaurent une classification en partie limitée de ces éléments dans la phrase. Ces approches traditionnelles considèrent la définition du complément circonstanciel sur une base strictement sémantique (Riegel, Pellat et Rioul, 2007 : 145). Voici une explication pertinente de ce fait extraite du livre Grammaire méthodique du français : […] chaque fois qu’un constituant de la phrase joue l’un des rôles sémantiques qui constituent le catalogue de circonstances où s’effectue un procès verbal (lieu, temps, instrument, but, etc.), ce constituant se trouve-t-il ipso facto étiqueté complément circonstanciel (Riegel, Pellat et Rioul, 2007 : 145) Par ailleurs, la grammaire traditionnelle ne fait pas la distinction entre les compléments circonstanciels obligatoires et les compléments circonstanciels adjoints ou facultatifs. Cette omission pourrait s’expliquer par certains facteurs tels que la neutralisation de la norme et le manque de développement de cette catégorie grammaticale. La grammaire traditionnelle ne prend pas en compte les nuances syntaxiques des compléments circonstanciels ; elle se concentre sur l’enseignement d’un usage codifié de la langue. D’ailleurs, cette approche évite les distinctions trop complexes au profit d’une classification générale et facile à comprendre. En effet, cette unité linguistique représente une évolution relativement récente dans la grammaire française, dont elle reste une catégorie complexe et mal définie par les linguistes, qui tendent à omettre ou à proposer une analyse simplifiée. Comme l’indique Melis (1983 : 13) « Il ne manqua pas d’études, tant anciennes que récentes, consacrées aux compléments circonstanciels et néanmoins la grammaire des circonstances reste largement inconnue ». Nous considérons que les grammairiens devraient faire une distinction entre les deux types des circonstanciels, le complément interne au syntagme verbal (SV) et le circonstant externe adjoint à la phrase, afin d’éviter les erreurs d’analyse syntaxique et de nous permettre ainsi de mieux comprendre leur rôle dans la phrase. Selon Riegel, Pellat et Rioul, les grammairiens devraient également analyser comme circonstanciels « les compléments d’objet sémantiquement locatifs des verbes et les compléments de nom 4 exprimant une valeur circonstancielle » (2007 : 145). Nous pouvons constater cette idée à l’aide des exemples donnés par ces auteurs : (A) contient des compléments d’objet locatifs et (B) des compléments de nom avec une valeur circonstancielle. A) Il retourne à Paris / Il quitte Paris/ Il s’en va de Paris B) Un voyage de deux jours (temps)/ le déjeuner sur l’herbe (lieu)/ les victimes de l’accident (cause) 2.3. Nature grammaticale Contrairement à d’autres éléments d’une phrase, le complément circonstanciel et le circonstant externe n’appartiennent pas à une catégorie concrète de mots. Ils peuvent être représentés par un nom, généralement accompagné d’une préposition (sur la table/l’après-midi), un pronom adverbial (y/en), ou un adverbe (dehors/demain/doucement). En ce qui concerne la forme syntaxique, il convient de souligner qu’à différence de nombreux grammairiens, qui persistent à l’idée que les circonstanciels sont uniquement représentés par un syntagme prépositionnel, nous avons constaté qu’ils peuvent aussi être actualisés par un syntagme adverbial ou un syntagme nominal. Nous illustrons ce fait à l’aide des phrases suivantes : a) Syntagme prépositionnel : Le garçon va à l’école / Les gens achètent des vêtements au marché b) Syntagme adverbial : Elle travaille beaucoup / Habituellement, elle joue au tennis c) Syntagme nominal : Ils arrivent le matin / La nuit, ils vont danser au club Ces composants syntaxiques sont considérés comme polyvalents et versatiles dans les phrases en raison de leurs différentes formes : groupe prépositionnel (a), groupe adverbial (b) ou groupe nominal (c). 2.4. Critères d’identification et tests appliqués Afin de bien comprendre la structure et le sens des circonstanciels dans la phrase et pour différencier la variété qui existe entre eux, nous nous appuierons sur des tests linguistiques, aussi désignés sous le nom de manipulations syntaxiques (Taous et David, 5 2022 : 14). Ces critères permettent d’identifier une classe ou une fonction grammaticale qui apparaît dans un environnement précis avec une place et un rôle dans la phrase. À la suite de Riegel, Pellat et Rioul (2007 : 111), nous allons classer ces critères d’identification en deux catégories (a) et (b), en mettant en lumière leur application concrète 1 . a) Le test d’effacement ou de suppression Cette manipulation syntaxique nous sert à montrer le caractère obligatoire ou facultatif d’un constituant de la phrase. Il consiste à supprimer un constituant vérifiant si cela influence ou modifie la structure et la grammaticalité de la phrase où il figure. (1) Je vais à Paris (1.a) *Je vais (2) Je travaille à Paris (2.a) Je travaille (3) Il fait beau à Paris (3.a) Il fait beau La suppression du complément à Paris dans les exemples ci-dessus nous révèle la différence entre les types de compléments qui expriment la circonstance. Dans la phrase (1), le complément présente un caractère obligatoire, puisque son absence rend la construction agrammaticale. Contrairement aux phrases (2) et (3) où le complément peut être omis sans affecter la bonne formation de la phrase, ce qui indique son caractère facultatif. b) Le test de déplacement Le test de déplacement nous montre la mobilité ou la fixité d’un constituant syntaxique. Il consiste à changer la place d’un complément de la phrase pour confirmer si elle reste compréhensible et grammaticalement correcte. (4) Je vais à Paris 1 Les phrases agrammaticales seront signalées par un astérisque (*), comme il est habituellement employé en linguistique. 6 (4.a) *À Paris, je vais (5) Je travaille à Paris (5.a) *À Paris je travaille (6) Il fait beau, à Paris (6.a) À Paris, il fait beau En observant les exemples du test précédent, nous constatons la différence entre les constituants syntaxiques qui expriment la circonstance. Dans les phrases (4) et (5), le complément à Paris n’a pas de mobilité, donc il est régi par le verbe, tandis que dans la phrase (6) l’élément souligné en italiques dispose d’autonomie syntaxique, et par conséquent, il est adjoint à l’ensemble de la phrase [sujet + prédicat]. 2.5. Différences entre circonstants et actants du verbe L’analyse d’une phrase se fonde sur la reconnaissance des différents éléments qu’elle comporte, notamment les compléments du verbe. Parmi ces éléments, il faut établir une distinction entre les actants et les circonstants, en raison de leur fonction spécifique dans la création du sens et de la structure grammaticale. C’est à Tesnière que l’on doit cette différence : « Le nœud verbal […], exprime tout un petit drame. Comme un drame en effet, il comporte obligatoirement un procès, et le plus souvent des acteurs et des circonstances » (1959 : 102). Cette distinction repose sur plusieurs critères, tels que le lien avec le verbe, le poids dans la phrase et le rôle syntaxique. La différence de ces constituants nous permet ainsi de renforcer les caractéristiques concrètes des deux types de compléments circonstanciels traités ici. Les actants sont les composants de la phrase, désignant des êtres ou des choses, qui ont une implication directe dans l’action exprimée par le verbe. Le verbe détermine les actants requis, parce qu’il fixe le nombre et la nature des actants permettant de formuler l’action d’une manière cohérente (Tesnière, 1959 : 105). Contrairement aux actants, les circonstants sont des éléments facultatifs qui apportent des informations complémentaires sur le contexte de l’action décrite par le verbe (Le Goffic, 1993 : 386). 7 Comme le remarque Melis (1983), le critère de distinction entre les actants et les circonstants est le critère de prévisibilité. Selon lui, la prévisibilité est définie comme « la relation qui existe du verbe à l’actant » (1983 : 27). Les actants sont prévisibles en fonction du verbe car certains verbes exigent un nombre d’actants alors que les circonstants sont optionnels étant donné que leur présence ne sert qu’à compléter des informations à la phrase. Le contraste qui sépare les actants des circonstants est sujet à discussion. Nous pouvons établir que le complément circonstanciel correspond à un actant un peu particulier et que le circonstant externe appartient à la catégorie des circonstants. Pour préciser cette notion, nous allons nous appuyer sur quelques exemples. (7) Marie fait ses devoirs à l’école (= endroit où Marie fait ses devoirs) (7.a) Marie fait ses devoirs. (8) On apprend beaucoup à l’école (= lorsque l’on va à l’école) (8.a) On apprend beaucoup (9) Marie va à l’école (9.a) *Marie va. La structure syntaxique de ces trois phrases est relativement différente. Dans les deux premières (7 et 8), le syntagme prépositionnel à l’école apporte une information facultative, c’est donc un circonstant, tandis que dans la troisième phrase (9), le verbe régit ce syntagme puisqu’il s’agit d’un actant particulier, raison par laquelle on ne peut pas le supprimer. Comme le montrent les paraphrases sous les phrases (7) et (8), la différence entre ces deux exemples serait sémantique : le cas (7) exprime une nuance de temps et le cas (8), une condition. 14 P GN GV GP 5 (C.E. Cause) SN SV SP 6 Dét 7 N 8 V 9 P 10 (loc. prép) SN Les routes ont été fermées en raison de Dét N la neige Comme nous l’avons exposé précédemment (§ 2.3), le circonstant externe n’appartient pas à une catégorie spécifique. Cette unité linguistique peut se manifester sous la forme d’un syntagme prépositionnel, même si elle peut également se présenter sous la forme d’un syntagme nominal ou adverbial. À la différence du complément circonstanciel, le groupe périphérique présente une grande autonomie syntaxique du fait qu’il peut se placer n’importe où dans la phrase (bien qu’il soit habituellement placé au début de la phrase), sans altérer ni la valeur ni le sens de la proposition en question (Hermoso, 2022 : 91). Les exemples proposés ci-dessous démontrent que, malgré la modification de la distribution des compléments, les structures restent grammaticalement correctes : (25) Il fait chaud en été, sur la plage (25.a) Sur la plage, il fait chaud en été (25.b) En été, il fait chaud sur la plage (25.c) Sur la plage, en été, il fait chaud Une autre propriété fondamentale du circonstant externe est la faculté de pouvoir être supprimé sans compromettre la grammaticalité de la phrase de la même manière que 5 GP = Groupe périphérique 6 SP = Syntagme prépositionnel 7 Dét = Déterminant 8 N = Nom 9 V = Verbe 10 P = Préposition (dans ce cas, il s’agit d’une locution prépositionnelle) 15 le complément circonstanciel facultatif (§ 3.2). En effet, la présence de cet élément n’est pas syntaxiquement obligatoire. Concernant d’autres critères d’identification de ce complément, nous observons l’emploi de la préposition libre. Cette caractéristique nous indique que la préposition peut varier en raison du contexte ou du type de verbe auquel elle est liée. Ainsi, nous constatons une distinction par rapport aux autres compléments puisqu’ils exigent une préposition fixe imposée par le verbe. (26) Il travaille dans son bureau/devant l’ordinateur/sur la terrasse Pour ajouter une précision supplémentaire à cette idée, Denis et Sancier-Château (2011 : 89) soulignent : S’il est construit au moyen d’une préposition, le choix de celle-ci n’est pas contraint par le verbe ; elle est ici, non un simple outil de construction, mais porteuse d’éléments de signification (indications de temps, de lieu, de cause, etc.). De ce fait, son choix est déterminant pour le sens de l’énoncé 4.2. Classement du groupe périphérique Premièrement, il faut rappeler que les circonstants externes occupent une position périphérique dans la phrase, c’est-à-dire, qu’ils sont détachés de l’ensemble et occupent une position en incise. Selon Hermoso, depuis cette place, ces membres syntaxiques offrent un certain nombre d’informations permettant de préciser le contenu de l’ensemble sujet-prédicat de la phrase (2022 : 91). Cette information nous permet d’identifier trois catégories principales : les circonstants externes situationnels (§ 4.2.1), les circonstants externes logiques (§ 4.2.2) et les circonstants externes notionnels (§ 4.2.3). Nous nous appuyons sur Hermoso (2022 : 91-92) pour expliquer les différentes classes de ces compléments. 16 4.2.1 Les circonstants externes situationnels Les circonstants externes situationnels servent à placer l’action exprimée dans un contexte spatial ou temporel, en précisant le lieu ou le moment où se déroule l’action. De cette manière, ces compléments mettent l’accent sur la contextualisation de l’énoncé. (27) Dans la rue, il fait froid la nuit (28) À la montagne, en hiver, il neige 4.2.2 Les circonstants externes logiques Ces circonstants établissent une relation logique entre le contenu de la phrase de base et celui de l’élément adjoint. Ces éléments peuvent ainsi exprimer la cause, le but, la concession, la condition ou l’hypothèse. Nous illustrons ces notions avec des exemples : la cause (29), le but (30), la concession (31) et la condition ou hypothèse (32). (29) En raison de l’absence du directeur, la réunion a été suspendue (30) Pour la protection du citoyen, le maire a installé des caméras de sécurité (31) Elle a terminé le projet malgré la fatigue (32) En cas de doute, consultez un médecin 4.2.3 Les circonstants externes notionnels Ces éléments désignent des domaines de connaissance ou des cadres notionnels ou conceptuels auxquels doit être limitée l’interprétation de l’énoncé. Dans la plupart des contextes, cette fonction est représentée par des adverbes présentant la terminaison -ment. (33) Syntaxiquement, la subordonnée est mal placée (34) Chronologiquement, l’ordre des événements est modifié 17 Avant de passer aux conclusions, pour faciliter la compréhension de cette étude, nous résumerons les principales propriétés de chacune des catégories des compléments que nous avons analysées. Les compléments qui expriment la circonstance Aspects clés Exemples Le complément circonstanciel obligatoire Il a une position fixe dans la phrase et dépend du verbe. De plus, il n’admet pas la suppression. Marie va à la plage *À la plage, Marie va *Marie va Le complément circonstanciel facultatif Il a une position fixe, mais il peut être effacé sans altérer la phrase. Paul est allé au cinéma avec sa sœur *Avec sa sœur, Paul est allé au cinéma Paul est allé au cinéma Le circonstant externe C’est le composant le plus libre de la phrase car il dispose d’une grande autonomie syntaxique, et peut être supprimé. Il ne peut pas jouer au football pour des raisons médicales Pour des raisons médicales, il ne peut pas jouer au football. Il ne peut pas jouer au football 18 5. Conclusion Dans ce travail, nous avons examiné de manière exhaustive un composant syntaxique tout particulier : les compléments qui expriment la circonstance. Cette analyse nous a permis de relever les aspects fondamentaux qu’ils présentent. Ainsi, nous avons constaté que le circonstanciel obligatoire n’admet ni la suppression ni le déplacement dans la phrase ; le circonstanciel facultatif a la possibilité d’être supprimé mais pas déplacé ; et le circonstant externe peut être supprimé et déplacé sans altérer la grammaticalité de la phrase. La réalisation de ce travail nous a permis de classer plus clairement les différentes catégories en ce qui concerne les compléments qui précisent la circonstance, une distinction complexe et décisive dans le cadre de la syntaxe. En effet, la plupart des grammairiens se limitent à classer ces compléments dans une seule catégorie sans effectuer les distinctions nécessaires. Grâce à notre corpus d’exemples, nous avons pu mieux comprendre le rôle de ces éléments dans une phrase ainsi que le sens qu’ils apportent. Comme nous l’avons vu dans le paragraphe précédent, les grammairiens ont l’habitude de regrouper ces membres syntaxiques dans une même catégorie : le complément circonstanciel. Cependant, cette généralisation est trop problématique parce que tous les compléments exprimant des circonstances n’ont ni la même fonction ni les mêmes caractéristiques. À partir d’une analyse détaillée des différentes classes, nous considérons plus approprié de les nommer « compléments de la circonstance ». Cette expression permet d’englober les diverses catégories qui exercent des fonctions liées à la circonstance dans la phrase. Pour conclure, nous constatons que ce travail représente un instrument particulièrement utile, tant pour les étudiants que pour les enseignants, dans la mesure où il offre un résumé clair des principales caractéristiques de ces composants de la grammaire. De plus, cette étude contribue à une meilleure compréhension du rôle syntaxique et sémantique que ces compléments apportent aux phrases. 19 6. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES CNRTL (2012) : Circonstance. [En ligne : https://www.cnrtl.fr/etymologie/circonstance ; 31/03/2025]. DENIS, Delphine et Anne SANCIER-CHATEAU (2011 [1994]) : Grammaire du français. Paris, Librairie Générale Française. HERMOSO Mellado-Damas, Adelaida (2022) : El adverbio francés y sus combinaciones. Berlín, Peter Lang. LE GOFFIC, Pierre (1993) : Grammaire de la phrase française. Paris, Hachette. LE ROBERT (2022) : Circonstance. [En ligne : https://dictionnaire.lerobert.com/en/definition/circonstance#google_vignette ; 21/05/2025]. MELIS, Ludo (1983) : Les circonstants et la phrase : étude sur la classification et la systématique des compléments circonstanciels en français moderne. Louvain, Leuven University Press. RIEGEL, Martin, Jean-Christophe PELLAT et René RIOUL (2007 [1994]) : Grammaire méthodique du français. Paris, Presses Universitaires de France. TAOUS, Tatiana et Jacques DAVID (2022) : « Questions vives autour du “nœud verbal”, des “actants” et des “circonstants” chez Lucien Tesnière et leur impact sur l’enseignement de la grammaire française » HAL open science. [En ligne : https://cyu.hal.science/hal03648375v1/document ; 17/04/2025]. TESNIERE, Lucien (1959) : Éléments de syntaxe structurale. Paris, Klincksieck.