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Les monuments et leurs abords, entre conservation et développement: l’exemple des villes de Bordeaux, Luxembourg, Mons et Valladolid

Salle, Jean de

Abstract

Producción Científica

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Les monuments et leurs abords, entre conservation et développement L'EXEMPLE DES VILLES DE BORDEAUX , LUXEMBOURG , MONS ET VALLADOLID ::1 1 Les monuments et leurs abords, entre conservation et développement L'exemple des villes de Bordeaux, Luxembourg, Mons et Valladolid Les monuments et leurs abords, entre conservation et développement L'EXEMPLE DES VILLES DE BORDEAUX , LUXEMBOURG , MONS ET VALLADOLID Table des matiiHes 9 Avant-propos 1 Jean de Salle 15 Le patrimoine et ses abords: une réflexion européenne 1 Gian Giuseppe Simeone 21 Le patrimoine et sa protection : noli me tangere ! 1 Yves Robert 33 Concepts méthodologiques spécifiques a l'action « Sauvegarde et développement des abords des monuments et sites protégés en Europe » 1 Cellu/e de coordination de /'action 39 Développement, patrimoine, contexte. Ouelques réflexions 1 Marc Gossé 47 Bordeaux 1 Agence d'Urbanisme Bordeaux métropole Aquitaine 83 Luxembourg 1 Service des Sites et Monuments nationaux, Grand-Duché de Luxembourg 111 Mons 1 Cooparch-R.U. 143 Valladolid 1 Instituto de Urbanistica, Universidad de Valladolid 171 Conclusions: connaitre, contempler et vivre aux abords du patrimoine 1 Yves Robert et Gian Giuseppe Simeone m Recommandations relatives a la sauvegarde et au développement des abords des monuments et sites protégés en Europe 185 Conclusions générales 1 Jean de Salle 189 Bibliographie, lconographie, Colophon LES MONUMENTS ET LEURS ABORDS , ENTRE CONSERVATION ET OÉVELOPPEMENT 5 Avant-propos Le patrimoine et ses abords : une réflexion européenne. Devenu un concept-clé dans les schémas culturels de la fin du xx · siecle, le patrimoine continue , en ce début de millénaire, a susciter un intéret passionné. Objet d' innombrables études, essais, colloques, il est également célébré a l'échel le internationale lors des Journées européennes qui lui sont consacrées chaque année. Le tourisme culture!, apanage d' une élite jusqu'il y a quelques décennies a peine, séduit un public grandissant, de plus en plus informé et exigeant. Mais celui-ci, s'il apprécie la visite de ces lieux pour leur caractere historique et leurs qualités artistiques, y recherche aussi bien souvent les couleurs d'une vie authentiquement locale, gage de continuité de la tradition et seul repaire centre le développement de certaines mises en scene volontairement pittoresques et invariablement « kitsch », ou centre la muséification d'un tissu ne tirant sa raison d'etre que de la fréquentation touristique. De nombreux exemples de vil les historiques , desti - nations touristiques parmi les plus appréciées et visitées au monde, nous le démontrent: une politique fondée principalement sur des mesures de protection coercitives peut contribuer certes a préserver une situat i on urbanistique en l'état, mais également a dévitaliser définitivement un cadre urba in tirant sa vitalité de la diversité et de la mixité des fonctions qui le caractérisent. D' autre part, on ne compte plus les ensembles urbains anciens éventrés par des opérations LES MONUMENTS ET LEURS ABO RO S, ENTR E CONSE RVAT I ON ET OÉVELO PP EMENT 15 immobilieres malheureuses ou les monuments patissant d'abords immédiats défigurés . lci, c'est le résultat inverse qu'on obtient: le développement incontrólé de fonctions nouvelles, souvent inadaptées a la nature du tissu préexistant , aboutit a la destruction du contexte historique des monuments, ravalant ceux-ci au rang de simples signaux urbains. Comment concilier , d'une part, la sauvegarde des édifices et sites historiques dans les meilleures conditions d'authenticité, et d'autre part, le maintien ou le retour a un cadre socioéconomique harmonieux, selon une politique de développement durable? C'est a cette vaste problématique que la présente étude souhaite contribuer, par le biais d'une analyse comparée de différentes dispositions légales et pratiques caractérisant l'établissement d'aires de protection autour d'édifices ou de sites protégés. Un concept en évolution En Europe, avec des nuances notoires suivant les différents pays, les politiques de sauvegarde des édifices et des sites historiques reposent sur la protection légale de ceux-ci, mais également sur une gestion appropriée de leurs abords. La nécessité de prendre en considération l' environnement des biens protégés s'est 16 L ES MON UM ENTS ET LEURS ABO RO S, ENTR E CONSE R VATI ON ET DÉV ELOP PEMENT progressivement imposée au cours du XXe siecle et est attestée dans de nombreux documents, conventions et chartes internationaux consacrés au patrimoine culture!. Elle a été également intégrée, avec plus ou moins de force selon les cas, dans la législations de la plupart des pays européens, en tant que disposition participant de la protection du patrimoine . Aujourd'hui il appara í' t de plus en plus nécessaire d'enrichir ce concept d' « abords » ou d'«environnement » du bien protégé. En effet, trop souvent il ne correspond qu'a une zone de « respect » délimitée autour d'un édifice ou site protégé , assortie de restrictions définies par la loi. Face aux catégories de plus en plus différenciées et nombreuses de biens protégés et a la patrimonialisation, dans certains cas, du tissu urbain luiméme, il s'agit d' élaborer de nouvelles stratégies de gestion des abords de ces biens. Celles-ci doivent promouvoir une appro - che plus dynamique, favorisant a la fois le respect des valeurs fondamentales dont les biens protégés sont porteurs, mais également l'embellissement de leur environnement , comme le développement de son potentiel culture! et socio-économique. Ce sont ces considérations qui ont servi de fil conducteur pour l' action-pilote transnationale intitulée « Sauvegarde et développement des abords des monuments et sites protégés en Europe », lancée a l'automne 2000 par un réseau de quatre partenaires issus de Belgique, France, Luxembourg et Espagne, ayant une importante expérience cumulée en ce domaine. Reposant sur l'étude critique des méthodologies en vigueur en Europe en matiere d'aires de protection autour des édifices et sites histori ques, la présente action a visé d'une part a dégager de nouvelles pratiques d'intervention et, d'autre part, a la sensibilisation du public concerné et a la diffusion de l'information concernant la protect ion ainsi que le développement et l'embellissement des abords des édifices et sites historiques. Elle devrait contribuer ainsi a favoriser l'intégration harmonieuse des principes propres a la sauvegarde du bati historique aux stratégies de développement des villes européennes. L' action, d'une durée d'un an (novembre 2000n ovembre 2001), a permis un échange d'expériences tres concret entre les organismes participants, notamment au cours de plusieurs visit es de terrain effectuées dans les villes de B ordeaux, Luxembourg, Mons et Valladolid, choisies comme cas d'études. Ses résultats se sont traduits également par la publication du présent ouvrage, intégrant entre autres une série de recommandations exprimant de maniere concise les concepts-clé, tant du point de vue éthique que méthodologique, qui sous - tendent la réflexion menée dans ce cadre. Enfin, un site Internet (www.heritage-development .net) a été créé. Consacré avant tout aux métho - dologies d'établissement et de gestion des abords du patrimoine architectural et naturel , cet outil d'information et de diffusion vise a couvrir également des problématiques plus lar - ges liées a la dialectique entre sauvegarde du patrimoine et développement durable, en milieu urbain comme rural. Ces réalisations ont été rendues possibles grace au soutien financier de I'Union européenne, octroyé au projet par le biais du programme « Culture 2000 ». Gian Giuseppe Simeone Historien d' art et archéologue, Expert en montage de projets culturels européens Le patrimoine et ses abords LE S MONUMEN TS ET LEURS ABO RO S, EN TRE CONS ERVATIO N ET OÉV EL OPP EMEN T 17 Le patrimoine et sa protection : Noli me tangere ! A propos du concept d'aire de protection du patrimoine A propos du concept d'aire de protection du patrimoine La question de la reconnaissance du patrimoine immédiats un écrin idéa/ au monument ? architectural est indissociable de celle de son A certaines époques, le patrimoine a été déseninscription sur son territoire, autrement dit de clavé des constructions qui le jouxtaient dans le l'identification du bien patrimonial par rapport a but de le rendre plus lisible dans la vil le 1• son entourage immédiat relevant a priori d'une Aujourd'hui, ce type d'intervention serait jugé nature non patrimoniale. Par conséquent, il s'ainadmissible par son caractere destructeur de git de la réflexion sur la nature des abords du l'authenticité historique du tissu urbain. Mais patrimoine. Le débat porte sur la qualité et l'autoute situation historique fait-elle nécessairethenticité de cette portian de territoire qui eneament sens ? Est-elle toujours porteuse de dre le patrimoine, a la maniere du cadre ceintuvaleurs ? Ne doit-on pas admettre qu'une rénorant et achevant un tableau. Faut-il que l'entouvation chirurgicale des abords des monuments rage d'un monument conserve son authenticité serait souvent souhaitable ? Historiquement, le historique a travers, par exemple, le respect du débat a surtout été porté en termes esthétiques. tissu urbain ancien et de la typologie des consMais la question des abords des monuments tructions avoisinantes ? Ou, au contraire, est-il conduit nécessairement a ouvrir la réflexion nécessaire de próner des opérations d'embellisvers des préoccupations sociales et éconosement des abords, afin de faire des env irons miques. La bonne préservation des monuments LE S M O N U M E N T S E T LE U A S A 8 O A O S. E N T A E C ON S E AV AT 1 O N E T O É V EL O P PE M E N T 21 ception de la ville et de ses monuments. Nous tage d'un monument 3 • Voila exprimé un des allons a la rencontre du patrimoine en traversant grands enjeux de la sauvegarde du patrimoine a son environnement. Nous découvrons le patritravers le concept d'aires de protection. moine a travers l'épaisseur de ses abords. Le patrimoine est indissociable de son contexte Un espace de vénération urbain pétri de réminiscences historiques et de Parmi les objets qui nous entourent, il en existe réponses aux usages contemporains. L'écrivain certaines catégories qui échappent aux exigences fran<;ais Fran<;ois Antaine Rauch témoigne a sa pratiques et qui par leur statut particulier, dédaimaniere de cette problématique , lorsqu'en gnant toute fonctionnalité habituelle, nous entrairomantique, il évoque en 1802 les différents nent a adopter des comportements singuliers, modes de perception du Panthéon dans le tissu souvent une forme de respect. Parmi ceuxci figuurbain de Paris. Mais que mes sens eussent été rent essentiellement les objets sacrés et anciens. autrement frappés, que mes sensations eussent Ces derniers, qu'il s'agisse de monument ou de été sublimes, cé/estes ... avec que/ saint respectje relique, commandent une organisation spécifique m'en serais approché, si, au lieu d'une vaste de l'espace qui les entoure, et notamment l'instaunudité qui l'entoure, je l'avais entrevu a travers ration d'une distance symbolique de protection a passe par la prise en compte de divers enjeux, un bois de cédres2 • ldéal romantique ? Certes !, l'intérieur de laquelle les impératifs fonctionnels dont celui du développement. A priori, toute mais qui pose le probleme des aménagements propres au reste du monde ne sont plus de mise. politique de réhabilitation urbaine devrait pou-des abords et de la visibilité du patrimoine. FautEn effet, la force symbolique de l'objet patrimovoir prendre appui sur les biens patrimoniaux. il aménager les abords du patrimoine de fa<;on a nial sacré, telles des reliques, ordonne la créaLeur présence dans un quartier devrait etre faciliter sa vision dans la ville ? Dans ses tion d'un espace particulier de protection autour considérée comme une opportunité de déveMémoires pré-posthumes (1836), l'écrivain de celui-ci : un espace de vénération que l'exloppement. Le patrimoine contient en germe un Robert Musil déplorait l'invisibilité de certains pression latine Noli me tangere illustre parfaitepotentiel socioéconomique qui de prime abord monuments insuffisamment signalés comme ment. Encore aujourd'hui, les dictionnaires comne semble pas incompatible avec le respect de tels. Les monuments devraient aujourd'hui se mentent cette locution en indiquant qu'elle est son authenticité. donner un peu plus de peine! N'importe qui peut utilisée, lorsque l'on parle d'une chose a laqueiPoser la question des abords du patrimoine, rester planté en bordure de chemin a s'exhiber: le une sorte de religion empeche de touche/. Le c'est aussi se pencher sur nos modes de per - nous avons le droit désormais d'attendre davanconcept de reliquaire traduit aussi la nécessité 22 L ES M O NUM ENTS ET LE UAS ABOAOS , ENTRE CONS ER VATI ON ET OÉ VE L OP PE M E NT Le patrimoine et sa protection d'une gangue de protection autour de l'objet protection. Conserver, se délecter, mais ne pas Un espace de contemplation culte, afin que les comportements de vénérautiliser ! Tel est l'axiome sur lequel repose la L' histoire des pratiques patrimoniales nous tion, dont il est l'objet, ne le détériorent pas. politique patrimoniale des biens mobiliers. ensei gne que les premieres mesures de préserQuant aux choses anciennes, lorsqu'elles sont En ce qui concerne l'architecture, lorsqu'elle est vation du patrimoine immobilier concernerent l'objet d'une prise de conscience patrimoniale, patrimonialisée, elle impose d'autres pratiques les monuments «morts», autrement dit les elles favorisent aussi traditionnellement que étant donné qu 'il est difficile de faire !'impasse innombrables vestiges de I'Antiquité romaine l'on prenne des mesures de protection. Dans sur la valeur d'usage de ces édifices ayant eu, présents en ltalie. C'est avant tout a partir de son sens premier et étymologique d'héritage du jouant, ou pouvant encere remplir un role fonc -1430, sous le pontificat d'Eugene IV, que les pere, le concept de patr i moine s'illustre parfaitetionnel important au sein de la société d'aujourhumanistes romains appelerent a la conservament par les célebres trésors familiaux, que d'hui. D'ailleurs, les théoriciens de la conservation des monuments antiques . Ainsi, le pape constituent les collections de manuscrits islation et de la restauration du patrimoine ont souEugene IV (1447-1455) restaure la toiture du miques des riches notables de Mauritanie. Ces vent distingué au sein de leur réflexion les cas Panthéon et fait dégager les abords de ce derniers, malgré leur mode de vie nomade, se des monuments morts et vivants. De telles monument. A la meme époque, le pont Saintdéplayaient avec leur bibliotheque patrimoniale nuances existent notamment dans la pensée de Ange est débarrassé des constructions parasiprécieusement mise a l'abr i dans des coffres Camilla Boito 5 , Gustavo Giovannoni 6 et Charles tes qui l'entourent. Ouant a Sixte IV (1471spécialement conyus a cet effet. Le savoir Buls 7 • En regle générale, face a un monument 1484), il fait dégager I'Arc de Titus, encere comme patrimoine imposait dans certains cas archéologique (par exemple l'arc de Titus dans enchassé dans les fortifications médiévales des de ne pas etre accessible a tous ... De tels coffres le forum a Reme), la société n'impose pas d'auFrangipan( Ainsi, se met en place une poli - peuvent etre considérés comme une forme pretres fonctions que celle de document historicotique patrimoniale basée sur la mise en valeur miere de musée. D'ailleurs, par ces dispositifs esthétique. Des lors, cette catégorie de monudes monuments antiques en les isolant du tissu muséographiques, le musée est souvent amené ments n'appelle pas le meme type de politique médiéval qui les abritait. La volonté qui préside a concevoir des aires de protection autour du patrimoniale, que celle que requier ent des édif iest celle de la création d'un espace de contempatrimoine qu'il expose. La vitrine d'une chasse ces patrimoniaux, dont on juge nécessaire plation du monument ant ique, élevé au rang de médiévale et le cordon affublé de l'étiquette «ne qu'ils conservent une valeur d'usage (par modele . Et les monuments, en tant que parapas toucher» ceinturant une sculpture romaine exemple, les magasins Waucquez de style Art digme de l'idéal des humanistes, ne pouvaient participent de cette rhétorique patrimoniale nouveau construits par Victor Horta en 1905pas se retrouver urbanistiquement melés a des visant a instaurer une distance répondant au 1906 et aujourd'hui transformés en Centre architectures moins «nobles» comme celles double impératif de la contemplation et de la national de la Bande dessinée). issues du passé médiéval. LE S M ONUM ENTS ET LEUR S A BOR OS , EN TR E CONS ER VA TI ON ET OE V EL OPPE M ENT 23 Concepts méthodologiques spécifiques a l'action Sauvegarde et développement des abords des monuments et sites protégés en Europe D'un point de vue pratique, il a été demandé a nistique mais aussi l'implantation. Ainsi, il peut chaque partenaire de cette action européenne s'agir d'un batiment a l'intérieur d'un llot, d'une de se charger d'un rapport critique sur la quesmaison entre mitoyens, d'un édifice sur un tion des aires de protection autour des monu - angle de rue, d'un monument au sommet d'une ments historiques, dans une vil le choisie. butte et visible des environs, ... ). L'objectif était de mener une analyse précise de 11 a aussi été fait attention aux criteres patrimocas concrets d'application des législations patriniaux. Des monuments peuvent avoir été idenmoniales. Chaque pays a établi a titre expéritifiés comme patrimoine pour des raisons dis - mental une dizaine d'aires de protection autour tinctes: une maison pour la qualité de son inté - de monuments en répondant notamment a rieur, un batiment pour la valeur de son extédivers criteres. Parmi ceux-ci figurent la typolo - rieur (fagade sculptée), un site pour sa valeur gie des monuments, des parametres visuels écologique, un monument se référant a la (perspectives, points de vue ... ) et des aspects mémoire « nationale » (palais de justice, mairie, propres a la gestion générale des villes. . .. ), un monument se référant a une mémoire En ce qui concerne le choix des monuments plus« locale »(cité ouvriere, ancien moulin, ... ). considérés, les parametres suivants ont été pris Enfin, certains monuments ont été choisis en en compte: la situation géographique et urbafonction du respect d'un critere de développeLE S MONUM ENTS ET LEUAS ABO AO S. ENTR E CONSEAVATION ET OÉ V EL OPP EMENT 33 ment social et économique comme, par exemvale.urs dont le monument protégé est porteur. ce site Internet. Cette situation indique qu'a l'inple, un batiment au centre d'une friche désafLe second critere (vision a moyenne distance) térieur de cette aire, des aménagements de fectée ou un monument situé dans un centre est celui du volume architectural (gabarit, grandes ampleurs peuvent avoir une incidence historique paupérisé. implantation, hauteur sous corniche, ... ). La sur la qualité de l'inscription du monument proprise en compte de ces préoccupations se tratégé au sein du paysage. Trois criteres d'approche duit par la délimitation d'une zone orange sur L'établissement des aires de prote .ction autour les cartes réalisées pour ce site Internet. Cette des mqnuments repose sur la distinction de position signifie qu'a l'intérieur de cette aire trois criteres. orange, il est considéré que toutes les modificaLe prernier critere est celui du détail architect1,1ral tions affectant le gabarit des constructions peu- (vision de pres). 11 a donné lieu a l'établissement vent a priori nuire aux valeurs dont le monud'une aire rouge de protection sur les cartes prément protégé est porteur. sentées s~;~r ce site Internet. Cette situation signiLe troisieme critere (vision de loin) se rapporte fie que n'importe quelle modification r.elevant di.J a la préservation éventuelle des perspectivas et détail architectural (changement de chassis, de échappées sur et ou depuis le monument procouleur de fayade, ... ) réalisée a l'intérieur de tégé. L'aire permettant ce type de relation a été cette zone peut a priori porter préjudice aux dessinée en jaune sur les cartes présentées sur 34 LES MONUMENTS ET LEURS ABOROS, ENTRE CONSERVATION ET OÉVELOPPEMENT A ces criteres d'ordre esthétique, il a été ajouté dans certains cas une aire dite de développement mettant l'accent sur la nécessité d'une intervention visant a la réhabilitation socio-économique de cette partie du territoire. Par développement, il faut comprendre non seulement, les équipements existants nécessaires a la vie quotidienne d'un quartier, mais aüssi, ceux nou'veaux, qu'il faud'ra réaliser dans des batiments a réaffecter ou a construire situés dans le tissu urbain formant les abords du patrimoine a protéger. Concepts méthodologiques spécifiques a l'action Afin d'éviter tout dérapage, c'est la capacité du 2 Le niveau des volumes architecturaux liés La cellule de coordination de l'action site a protéger et des batiments existants qui aux conséquences d'introduction, soit des Sauvegarde et déve/oppement des abords des donnent les limites et le sens au programme programmes de développement trop censémonuments et sites protégés en Europe. nouveau a insérer dans la zone. 11 en est de meme en ce qui concerne la politique de déplacement ou ce sont les caractéristiques des espaces publics qui sont a prendre en compte avant les impératifs techniques liés aux technologies de la mobilité, afín de préserver la qualité et l'échelle de l'espace vide (non construit). Le développement se décline des lors également en trois niveaux. Le niveau du détail lié aux conséquences d'implantation d'équipements publics ou privés (exemple, les enseignes, vitrines, aubettes de tram, mobilier urbain, parking des voitures, ... ) quent et destructeur des volumétries existantes (surélévation des immeubles, élargissement des immeubles, ... ), soit des équipements trap lourds liés a la mobilité (exemples nouveaux parkings, ... ) 3 Le niveau de l'urbanisme lié a des programmes d'équipements et de logements trop importants et qui sont issus d'une planologie inadaptée, de conception erronée en matiere de paysages urbains ou tout simplement a l'abse.nce de culture urbaine. LES MONUMENTS ET LEUR S ABOROS , ENTRE CONSERVATION ET DÉVELOPPEMENT 35 Développement, patrimoine, contexte auelques réflexions 1. Le développement aux rapports « impérialistes » imposés par Mais il nous faut accepter qu'il n'y a pas de l'ouest aux pays colonisés et pauvres. modele de développement unique, mais des Historique du concept de développement : du Dans les deux visions le sousdéveloppement systemes spécifiques -écosystemes ou « systesous-développement comme retard au déveétait considéré comme un « retard » d' ordre mes-mondes » - basés sur des contraintes et loppement durable essentiellement économique et toute une série des potentialités locales géographiques et Depuis 1947 (discours du Président Truman aux de théories du développement ont été propo - humaines variables. Nations Unies), le concept de développement sées autour de l'idée de « cercle vicieux », d' Parmi les contraintes, il faut citer en premier ou de sousdéveloppement a connu une longue « archa"isme », de « dualisme » entre sociétés lieu l'équilibre écologique, le renouvellement histoire. Dans le cadre de la « guerre froide » traditionnelles -en retardet sociétés modernes de ses ressources (du sol, du sous-sol et de la Truman voyait le sous-développement comme et intégrées a 1 'économie mondiale. bio~phere). un retard a rattraper sur le modele libéral capiC'est Samir Amine avec « Le développement 11 faut citer ensuite comme contraintes, le patritaliste, mais aussi tomme un moyen d'éviter inégal » qui va ouvrir la voie a une vision résomoine culture!, scientifique, technique et artisque les pays pauvres ne versent dans le modelument politique et culturelle du développetique , dans sa perspective historique. le communiste. A l'est, avant l'effon d' remenf du ment, considérant que les· conditions du déve-Les potentialités résident dans ~es contraintes M ur de Berlín, le sous-développement fut loppement sont différentes et inégales. elles-memes et dans la volonté de voir eri elles d'ailleurs également considéré comme un Aujourd'hui, le développement est un concept unides ressources matérielles et spirituelles a metretard sur le modele socia liste, seule alternative verse!, dont les effets affectent toutes les sociétés. tre en valeur. LE S MO NUM ENTS ET LEU RS ABORO S, EN TRE CO NS E RV A TION ET O ÉV ELOPPE MENT 39 A'UABA - Agence d'Urbanisme de Bordeaux métropole Aquitaine I Francis Cuil l ier . Jean-Bapt 1 ste Ri gaudy , Ca th enne le Ca l vé) l. présentation générale de l'agglomération bordelaise 1. Bordeaux et son histoire A. De 1' Antiquité a u M oyen Age Burdigala est apparue au lile siecle avant J.C., sur une courbe de la Garonne, au confluent de la Deveze et du Peugue, a l'abri des colares du fleuve. Ses origines sont liées au commerce, la ville ayant un róle d'étape sur la route entre la Méditerranée et les lles Castérides. Les premiers tracés volontaires sont réalisés sous l'occupation romaine, certains sont encore visibles, tels que le cardo (rue Sainte-Catherine) et le d écumanus (rues Porte Dijeaux et Saint-Rémi). Ju squ'au le siecle, elle n'est qu'une petite ville marchande, pour devenir une civitas au siecle suivant. Elle se développe encore sous les Séveres, avec la construction de grands monuments dont les Piliers de Tutelle, aujourd'hui Rapidement, le port s'étend en bordure du fleuve, malheureusement détruits, et le Palais Gallien les possibilités d'échanges avec les Anglais , dont les vestiges sont encore visibles. La ville puis avec d'autres pays du nord, offrant de nougarde également les traces du castrum édifié a velles perspectivas économiques a la ville, prin - la fin du llleme siecle, a l'emplacement schémacipalement au travers du commerce du vin . tique des cours d'Aisace et Lorraine, de La population s'accroit régulierement grace a la l'lntendance et du Chapeau Rouge, ainsi que prospérité de la cité, due notamment aux relades rues des Remparts et des Argentiers. tions avec l'arriere pays. De nouveaux fauSous les Mérovingiens, Bordeaux devenue bourgs se développent, surtout en périphérie capitale de I'Aquitaine, s'étend progressivedu castrum : le rempart est agrandi par deux ment extra muros. fois: en 1227 jusqu'a l'emplacement de l'actuel Au Xe siecle, principale ville du duché de cours Víctor Hugo, afín d'englober les fauGascogne, elle s'affirme en termes de pouvoir bourgs de la Rousselle et de Saint-Eioi, puis en politique et ecclésiastiques. En 1152, Aliénor 1327 pour contenir les faubourgs de Sainted'Aquitaine épouse Henri Plantagenet, qui Croix, Sainte-Eulalie et Saint-Michel. deviendra deux ans plus tard roí d'Angleterre. Au-dela des remparts se développe le bourg de lE S M O N U M E N T S E T lE U R S ABO RO S. E N T RE CONSERVA T 1 O N E T O E V El O P PE M E N T 47 Saint -Seurin, et apparalt au Nord, au bord de la riviere, le couvent des Chartrons. Durant cette période de nombreuses congrégations religieuses se sont installées a l'abri de la nouvelle enceinte. La cathédrale Saint - André, qui au XVe siecle se verra flanquée d'une haute tour, se développe dans une configuration proche de celle que nous connaissons aujourd'hui. Un peu plus tard commence la construction de la plus vaste église gothique de la ville, Saint - Michel, dont la fleche marquera durablement le paysage et l'identité bordelaise. Ainsi se construit un paysage urbain qui perdurera jusqu'au XVIIIe siecle. B. De la fin du Moyen Age au XVIIIe siecle La ville ne connait pas de changements fondamentaux au cours de ces quatre siecles. En 1453 cependant, Bordeaux est reprise par le roi de France au lendemain de la bataille de Castillon et acquiert définitivement son statut de grande capitale régionale. L'achevement des fortifications s'accompagne alors de la cons - truction de plusieurs chateaux forts aux extrémités des remparts : le fort Louis au sud, le fort du Ha a l'ouest, le chateau Trompette au nord. Apres plusieurs destructions, conséquences de révoltes de la population (faisant suite a l'activi - té de la Fronde et surtout a la révolte dite de I'Ormée) Louis XIV ordonne la reconstruction du chateau Trompette sur les plans de Vauban ; 11 deviendra l'une des plus grandes forteresses du royaume. En outre, cette nouvelle forteresse contribuera indirectement au développement du quartier des Chartrons, les navires étrangers étant contenus en aval de son artillerie. Mais c'est surtout grace au commerce du vin que Bordeaux devient un des premiers ports franyais. A partir du XVIe siecle, les marchands, dont de nombreux étrangers, édifient sur le large bourrelet alluvial qui borde la Garonne de nombreux chais et batiments pour l'exportation des produits du haut pays (blé, vin, pastel). Malgré cela et la construction de quelques belles batisses et hótels particuliers des le début du XVIIe siecle, Bordeaux reste une ville médiévale, désordonnée et mal aérée. C. De l'age classique jusqu'au début du XXe siecle. L'intendant Claude Boucher , qui va jouer un role tres important dans la transformation de Bordeaux, impose la premiere modification fondamentale de la vieille ville : la création de la place Louis XV (aujourd'hui Place de la Bourse), dessinée par Jacques Gabriel, dont la construc48 L ES MON U MEN TS ET LEU AS ABOAOS , EN T RE C ONSEAVAT I ON ET OÉVELOPP E MfN tion dure de 1729 a 1755. En 1743, son successeur Louis Urbain Aubert, Marquis de Tourny dote la ville de la grande fayade des quais et de trois portes monumentales : la porte Dauphine (Dijeaux), la porte d'Aquitaine (Victoire) et la porte de Bourgogne (Salinieres). 11 veut également faire de Bordeaux une ville " commode ". Pour ce faire, il réorganise le circuit urbain, en marge du cceur de la vieille ville et réalise le percement des grands cours ainsi que l'aménagement des places qui les jalonnent (aujourd'hui places Tourny , Gambetta et Victoire) et du jardin public . Progressivement les remparts disparaissent, les rues s'élargissent. De nombreux lotissements sont mis en chantier . Le chateau Trompette et le fort du Ha sont détruits. Le Maréchal de Richelieu fait appel a l'architecte Victor Louis, qui réaménage tout l'espace entre l'ancien Chateau Trompette et les remparts, offrant a la ville la plus grande place d'Europe (Esplanade des Ouinconces). Cette place s'accompagne d'un lotissement impor - tant qui assure le lien avec le quartier des Chartrons, la place Tourny et le cardo du castrum romain (rue Sainte-Catherine). C'est a cet endroit précis que Richelieu confie a Victor Louis la construction du Grand Théatre. Le Pont de Pierre, élément majeur de l'urbani - sation de la rive droite , est terminé en 1822. Le faubourg de la Bastide connaí't en conséquen - ces ses premiers développements le long de la route de Paris. Déja se profile sa future annexion au territoire bordelais . Entre la cathédrale et la Garonne, les vieux quartiers au tissu moyenageux sont restructurés, la cathédrale dégagée des batiments qui l'enceignaient. De nouveaux grands axes sont créés tels que le cours d'Aisace et Lorraine, le cours Pasteur, la rue Vital Caries. Parmi les édifices marquants de cette période figurent le Palais Rohan, qui abritera ensuite I'Hótel de Ville ; I'Hótel Dieu (actuel hópital Saint - André) ; le Palais de Justice; la Manufacture des Tabacs, place Rodesse) ; le magasin des vivres de la marine , qui subsiste encore quai de Bacalan ; les entrepóts Lainé, ancienne bourse maritime (actuel musée d'art contemporain) ainsi que de nombreux immeubles et hótels particuliers, fleurons de l'architecture néo-classique bordelaise Les boulevards de ceinture sont construits afin de délimiter le développement des constructions le long des radiales et de contenir l'urbanisation a l'intérieur de territoire communal. De nombreuses rues, comme la rue Juda'lque ou la rue Saint-Genes sont prolongées, afin de relier Bordeaux le centre aux nouveaux boulevards , accélérant l' urbanisation de la rive gauche sous forme de vastes quartiers « d' échoppes » (maisons de ville a rez-de-chaussée). Le chemin de fer franchit la Garonne en 1860, la construction de la gare Saint-Jean débute en 1895. D. De la ville a l'agglomération Des la fin du XIXe siecle, la ville a atteint ses dimensions actuelles, en occupant essentiellement la rive gauche. A partir de 1870, l'accroissement de population s' opere surtout au profit de la banlieue. Le paysage urbain change tres peu dans l'entre deux guerres. Des 1929, le « plan Marquet » tente de redynamiser la ville centre en édifiant quelques grands équipements comme le stade municipal , les abattoirs ou la bourse du travail sur des espaces vacants, sans toutefois modi - fier la structure urbaine existante. Au lendemain de la premiere guerre mondiale, la ville est comme figée , les constructions a usage d'habitation stagnent . Les années 50 voient enfin la ville se réveiller et l'on assiste a un nouvel essor de la construc - tion. Afin de répondre aux besoins de la popu - lation, on décide la création de nouvelles cités ; Claveau, Carreire, puis la Benauge, premier L ES MONUMEN TS ET LEURS ABOROS , EN TRE CONSERVA TI ON ET O ÉVELOPPEMENT 49 grand ensemble, et le Grand Pare. Dans le meme temps les banlieues ne cessent de croltre ; en 1946, l'agglomération regroupe 10 com - munes; en 1966, elle en compte 14. Au cours des années 60 , la population périphérique va dépasser celle de la ville de Bordeaux. La Communauté Urbaine est mise en place le 1er janvier 1968. Elle est, avec Lille, Lyon et Strasbourg, l'une des quatre Communautés Urbaines instituées par la loi du 31 décembre 1966. Durant cette meme période, Bordeaux acheve sa transformation et acquiert la physionomie qu 'on lui connaí't aujourd'hui. En 1968, un vaste quartier d'affaire et de loisir est créé autour d'un lac, sur d'anciennes zones marécageuses au nord de la ville . De grands travaux d'infrastructure sont achevés, tel que le pont Saint-Jean (1965) et le pont d'Aquitaine (1967). En 1980 enfin, le centre d'affaire Mériadeck est aménagé en marge de l'hyper-centre. 2. Le projet urbain de la ville centre a. L'aménagement des quais rive gauche Le projet urbain de Bordeaux se fonde sur l'histoiLe territoire concerné est limité au sud par la re et la géographie de la ville pour répondre a un passerelle ferrée SNCF et au nord par l'entrée double objectif : réduire le déséquilibre croissant des bassins a flot (sur un linéaire de 4 km). Le entre le cceur de l'agglomération et sa périphérie projet dessiné par Michel Corajoud, lauréat du et accompagner sa redynamisation par une mise concours d'architecte en 1999, se propase de en valeur de son patrimoine bati, qu'il soit public « jardiner les quais » autour de la thématique ou privé, emblématique ou plus "ordinaire". eaux ; ombre, lumiere. Si, a travers la reconlnitié en 1996 et en cours de réalisation aujour - quete de ce site longtemps « privatisé » par les d'hui, ce projet s'appuie sur deux éléments clés, activités portuaires, le but premier est de revala reconquete des rives du fleuve délaissées loriser le paysage et de constituer un lieu d'anidepuis la seconde moitié du XXe siecle, avec le mation et de loisir associé a u plan d'eau, l'enjeu départ des activités portuaires et la réalisation final est bien de favoriser la structuration du terdu tramway qui représente un enjeu majeur ritoire central autour du fleuve en valorisant de pour Bordeaux et la communauté urbaine. nouvelles pratiques de déplacement (promena - A. La reconquete des territoires en contact avec le fleuve L'ambition de recentrer la ville sur son fleuve s'exprime dans de nombreux projets et actions concernant non seulement les quais, rive droite et rive gauche, mais également les territoires en contact. Cette démarche s'inscrit dans le cadre plus large du Plan Garonne qui vise a construire une stratégie d'intervention globale a partir d'une vision d'ensemble et a long terme du devenir des territoires de la communauté urbaine situés le long du fleuve . des piétonnes et cyclables, etc.), en redéfinis - sant les échanges entre les deux rives et en améliorant les conditions d'accessibilité aux quartiers a l'arriere des quais. Par ailleurs , le statut du fleuve est destiné a évoluer vers un róle plus actif par la mise en place de transports collectifs (bateaux navette), le renforcement du tourisme fluvial ou le développement de pro - grammes d'attractivité régionale . Les projets opérationnels correspondent a un découpage linéaire par fonction, de la far;:ade batie du XVIIIe jusqu 'au plan d'eau, dans le souci de développer un mode d'organisation et 50 LES MONUMENTS ET LEURS ABOROS . ENTRE CONSERVAT I ON ET OÉVElOPPEMENT un vocabulaire unitaire sur !'ensemble du site. Quatre lanieres sont ainsi identifiées : - l'espace a vivre compasé d' un large parvis, des dispositifs de stationnement -desserte et des installations du tramway , l'objectif étant d' offrir aux riverains et aux activités commer - ciales un espace public plus confortable et convivial (terrasses de cafés, brasseries , .... ) ; - le Boulevard voué a la circulation automobile c onsidérablement réduit, en capacité et en emprise, par rapport aux emprises antérieures ; - le Plateau, espace privilégié du projet paysager avec une succession de pares a themes ou a vocation ludique et d'espaces réservés aux manifestations culturelles, marché, guinguettes etc .; - la Berge qui comprend un lieu de promenade piétons deux roues continu, reliant la partie sud et nord de la ville , et des dispositifs d'accostage et de pontons ; Les cinq séquences prévues devraient etre mises en ceuvre sur une durée de sept ans, la pr emiere tranche de travaux étant a ce jour achevée. b. La restructuratíon et la requalífícatíon de Bordeaux nord Bacalan et des quartíers ríve droíte Désireuse de rééquilibrer le développement de son territoire et d' encadrer la dynamique impul - sée par le futur réseau de tramway, la ville de Bordeaux a engagé des 1995 une réflexion sur plusieurs sites de projet présentant un fort enjeu de reconversion fonciere , de part et d'autre de la Garonne. Le plan guide élaboré pour Bordeaux nord vise a réduire l'isolement du quartier du Lac et du quartier Bacalan au nord de la grande friche portuaire des bassins a flots. Le périmetre du projet couvre plus de 3 000 hectares sur trois communes et integre, sur 1 000 hectares, le quartier du Lac, vaste opération d'urbanisme de la fin des années 1960. Le renouvellement urbain de ce site s'appuie d'une part sur la redéfinition du réseau viaire et sur un ensemble d'o - pérations d'urbanisme et de constructions. Les points forts de ce plan guide sont : - la réalisation d'un maillage vert comprenant le Pare des Jalles, vaste espace naturel au nord de l'agglomération , exutoire de la vallée des jalles (ruisseaux) et la création d'un pare urbain structuré autour d'un parcours ludique et spo rtif dans la continuité des quais rive gauche. - la poursuite de l'aménagement des sites d'activité et l'accueil de grands équipements d'agglomération desservis par le tramway en 2eme puis en 3eme phase. -la revitalisation du site des bassins a flot et la Bordeaux requalification du patrimoine po r tuaire . A quelques centaines de metres de l'hyper -centre, l'ancien póle industrie! de la Bastide offre a ce jour les plus grandes réserves foncieres du cceur de l'agglomération . Sur ce te rr itoire mor - celé par plusieurs barrieres physiques (boule - vards , voies SNCF) l'objectif est de recomposer l'espace et de diversifier les fonctions en gérant, sur le moyen et le long terme , la mise en ceuvre des projets . Les principes aujourd'hui retenus integre une nouvelle ossature viaire , permettant une organisation cohérente des llots , et la création d'une trame paysagere 11 irri - guant 11 !' ensemble du site en profondeur depuis les berges du fleuve. La réalisation du tramway, l'accueil d'un póle universitaire et l'implantation d' équipements privés et publics majeurs devraient impulser une énergie nou - velle. Le choix d'un nouveau franchissement de la Garonne en amont des bassins a flot favori - sera la reconquete de ces tissus . LE S M O N U M E N T S E LE U R S ABO RO S. E N T RE CONSERVA T 1 O N E T O É V EL O P PE M E N T 51 B. Le projet de tramway communautaire a. Une nouvelle ossature pour l'organisation du territoire Le projet du tramway , pierre angulaire du Plan de Déplacements Urbains de l' agglomération, en répondant a la nécessité de freiner la disper - sion de l'urbanisme et l'usage de l'automobile, en progression constante, constitue un levier majeur pour le projet urbain de Bordeaux . Economiser l'espace et optimise r la gestion des équipements existants est devenu une priorité pour la Communauté Urbaine . Cet objectif passe notamment par le renforcement et la dynamisation du centre de l' agglomération et par l' organisation de véritables póles structu - rants en périphérie . Ainsi le tramway représente a la fois une nouvelle ossature pour l' organi - sation du territoire et l' opportunité de repenser l'aménagement urbain en privilégiant les inves - tissements sur les territoires desservis . Le réseau comportera trois lignes et pres de 44 kilometres au terme des deux premieres phases de réalisation. En privilég i ant l' axe sud - ouest/no rdest , les deux premieres lignes reliront, en particulier , les grands póles d' équipe - ment (Campus universitaire , Centre Hospitalier Régional), le cent re de l' agglomération et les communes des Hauts de Garonne accueillant , sur la rive droite de la Garonne, le plus gros effectif de logements sociaux de l'aggloméra - tion , ainsi que le quartier de La Bastide qui recevra dans quelques années, outre un habitat et des activités économiques nouvelles, un grand póle universitaire de gestion . La 3eme ligne nord-sud partira du quartier de la gare Saint - Jean, empruntera les quais jusqu'au centre ville et poursuivra jusqu 'au Lac. Globalement , il s'agit de desservir 37 % de la population de l'agglomération, 50 % des emplois et 65 % de la population scolaire et universitaire . La 1ere phase couvr ir a 25 kilometres enviran a l'échéance 2003. La 2eme phase de réalisation devrait s' achever en 2007. Une 3eme phase est actuellement a l'étude pour complé - ter le dispositif sur le territoire communautaire. b. Un outil d'aménagement urbain Le tramway va profondément transformer les espaces qu'il traversera et ces bouleversements ne concernent pas uniquement les emprises strictement occupées par les futures lignes mais s' étendront également aux emprises contigues et aux lieux d'échanges avec les aut - res modes de transport . Au-dela de la contin - gence opérationnelle liée a la construction du réseau et a l' amélioration des fonctionnalités urbaines , c'est aujourd ' hui la question globale 52 l E S M O N U M E N T S E T l E U A S A B O A O S , E N T A C O N S E R V A T 1 O N E T O E V EL O P P E M E N de la reconquete des espaces publics qui est posée, apres des décennies d'aménagement fondé sur le « tout automobile ». Cette reconquete doit tout a la fois promouvoir un nouveau partage de la voirie , préconisé par le Plan de Déplacements et participer a la construction d' une identité, d' une image rénovée des espaces publics facilitan! l'appropriation des territoires par les habitants. Cet objectif , couvrant les 40 km de linéaire projeté, pourra a terme s'étendre et se généraliser a !'ensemble des espaces publics de l' agglomération. La production d'un guide d'aménagement a permis a la Communauté Urbaine de se doter d'un corps de regles commun pour l'aménage - ment des espaces occupés par les lignes de tramway : emprise de la ligne proprement dite, espaces restitués, aménagements concomi - tants, espaces particuliers ou póle d'échange. Le but est de définir un projet d'ensemble pour chacun des espaces concernés qui integre a la fois les propositions de traitement de l'espace public, l'amélioration des conditions d'exploita - tion du site et un véritable projet de mise en valeur du lieu. Parmi les nombreux aménagements spécifiques qui , en accompagnement du tramway , vont transformer la physionomie de l'agglomération, on peut citer entre autres : -le réaménagement de places hautement emblématiques comme les places PeyBerland, la Victoire, Gambetta ou des Quinconces. - Le requalification des rues empruntées par le tramway, c'est le cas en particulier des grands cours de l'hypercentre. - L'amélioration de la circulation et des échanges inter-quartiers, rive gauche-rive droite, Saint-Jean-Ouinconces ... C. La mise en valeur du site central La revitalisation du centre ville de Bordeaux est un enjeu fondateur du Projet Urbain de la ville, mais aussi du développement de l'agglomération. Cette mutation déja largement engagée est portée par un ensemble d'actions et de projets concourant a construire un espace de vie rénové et une nouvelle dynamique pour le site central. L'un des axes fondamentaux du projet urbain de Bordeaux est la reconquete de !'ensemble des espaces publics centraux, déja largement amorcée depuis 1995. Cette stratégie globale d'intervention s'exprime en terme d'organisa - tion fonctionnelle, mais aussi en terme d'em - bellissement et d'aménité. Ces interventions ont ainsi un double objectif: la revalorisation du patrimoine urbain grace a un traitement harmo - nieux cohérent et identitaire des voiries, places, dégagements (au travers des matériaux et mobi - liers employés) et le confort des usagers (partage des espaces, traitements sécuritaires, etc .). D'autres types d'actions, en cours d'élaboration ou de mise en oouvre, ont également pour objec - tif de valoriser directement le patrimoine architectural et urbain de la ville, dans un contexte propre de développement et de projets : - La mise en lumiere des édifices et l' adoption d'une véritable stratégie de mise en valeur nocturne du patrimoine, notamment par l'application des préconisations d' un schéma directeur d' aménagement lumiere, réalisé par M. Narboni. - Ce plan lumiere a déja permis de mettre en valeur nombre de monuments et sites majeurs comme la place de la Bourse, le Grand Théatre , la Grosse Cloche ou l'église Sainte - Marie rive droite, etc, mais il vise également a terme a révéler d'autres aspects du patrimoine, hótels particuliers, favades remar - quables , détails architecturaux, et a modeler une nouvelle perception de la ville nocturne en valorisant et hiérarchisant les tracés structurants (cours, boulevards, pénétrantes), les Bordeaux places, les es paces en lien avec le fleuve ... - La campagne de ravalement adoptée sur les quais et la politique de réhabilitation du patri - moine immobilier . -Les programmes de réhabilitation des Monuments Historiques : Cathédrale Saint - André , église Sainte - Eulalie , Saint - Michel , Saint - Seurin ..... - La restructuration et l' extension du secteur piétonnier , couplée a la réorganisation des espaces publics de la ville (rue Sainte - Catherine et charte d'aménagement des voies connexes de l'hypercentre , réalisée par J.M. Wilmotte) . - La réalisation progressive de « parcours patri - moniaux » qui visent a révéler les lieux et leur histoire singuliere (par le biais de messages imprimés sur des plaques murales et plaques au sol) et cherchent a promouvoir des condi - tions confortables de découverte du patrimoine par des aménagements ponctuels de l'espace public . LES MON UMEN T ET LE URS ABOROS . EN T RE CONSERVAT I ON ET D EVE OP PEMENT 53 11. Contexte juridique et réglementaire de la protection des abords des monuments historiques Les principaux outils de protection du patrimoine qu'il soit architectural, urbain ou paysager, sont présentés ci-apres dans l'ordre chronolo - gique de leur mise en place. Ces outils sont complémentaires du Plan Local d'Urbanisme (ancien Plan d'Occupation des Sois) qui fixe dans le cadre des orientations d'un Schéma de Cohérence Territorial les regles générales et les servitudes d'utilisation des sois. 1. Les monuments historiques et leurs abords A. Textes applicables - loi du 31 décembre 1913 -loi du 2 mai 1930, pour la modifications de la zone de protection - loi Solidarité et Renouvellement Urbains (S.R.U) du 13 décembre 2000 B. Nature et objectifs 11 s'agit de protéger les immeubles, ou parties d' immeubles présentant un intéret d'un point de vue historique ou artistique, ainsi que leurs abords et environnement. Les mesures de protection donnent lieu a des servitudes d'utilité publique annexées au Plan Local d'Urbanisme. C. Procédure Chaque mode possede sa propre procédure et, compte tenu de ses objectifs tres protecteurs , celle du classement en monument historique est plus lourde et plus formelle que celle de l' inscription. Dans les deux cas, l'initiative appartient au ministre de la culture ou a l'admi - nistration qui le représente localement (le préfet de département ou de région), le propriétaire de l'immeuble, ou encare a toute personne physique ou morale intéressée. a. Le classement Les modes de protection des monuments histo11 s'agit du systeme le plus protecteur et, par riques , qui correspondent chacun au degré de conséquent , il ne s' applique , aux termes de la nécessite ou d'urgence a préserver le batiment, loi de 1913, qu' « aux immeubles dont la sont : conservation présente , du point de vue de 1' his - a. le classement toire ou de l'art, un intéret public ». 11 est arreté b. l'inscription a l'inventaire supplémentaire par le ministre de la culture . 54 L ES MONUMENTS ET LEURS ABORDS , EN TRE CONSERVAT I ON ET DE VELOPPEMENT La demande est adressée au préfet de région et s' accompagne d'un descriptif de l'immeuble et de documents graphiques tels que des photos ou des plans. Le projet est par la suite transmis a la direction régionale des affaires culturelles sous la forme d'un modele type. Ce projet sera alors donné a l'architecte des batiments de France, l'architecte en chef des monuments historiques, au conservateur du patrimoine et a la commission régionale du patrimoine historique, archéologique et ethnologique (COREPHAE) la Culture ; s'il refuse elle sera alors arretée par le premier ministre, apres avis du Conseil d'Etat (il est d'ailleurs possible pour le propriétaire, dans ce cas de classement d'office , d'obtenir une indemnisation a la condition de justifier d'un préjudice direct, matériel et certain). La décision de classement n'a pasa etre motivée. A l'inverse, les immeubles protégés peuvent faire l'objet d'un déclassement. b. L'inscription a l'inventaire supplémentaire Elle concerne les immeubles ou parties d'im - p our avis. En fonction de ces avis, le préfet promeubles, publics ou privés, qui, sans justifier de posera le dossier au ministre de la culture, qui consultera la commission supérieure des monuments historiques . Enfin le propriétaire sera consulté. S'il accepte la décision de classement, elle sera prise par arreté du ministre chargé de classement immédiat , « présentent un intéret d'histoire ou d'art suffisant pour en rendre désirable la préservation ». La décision en est prise par le préfet de la région ou se situe l'immeuble . C'est une procédure autonome par rapport au Bordeaux classement. Elle concerne les immeubles a intéret moindre et a done des effets plus limités. La procédure se déroule a peu pres de la meme fa9on, sauf qu'il n'y a pas d' enquete publique et que le propriétaire n'est pas consulté. De plus, la décision finale revient au préfet de région et non pasa l' autorité centralisée, a moins que la COREPHAE ne le demande expressément, ou que les travaux doivent etre exécutés d'office. La décision d'inscription a l'inventaire supplémentaire n'a pasa etre motivée . D. Effets juridiques-gestion a. En termes de protection des immeub/es Le monument classé ne peut etre ni détruit, ni déplacé ou modifié (meme en partie), ni faire l'objet de travaux de réparation ou de rénovation, LE S M O N U M E N T S E T L E U R S A B O R O S. E N T R E C O N S E A V A T 1 O N E T D É V E L D P P E M E N T 55 2. Ouai de la Garonne rive gauche A. Dénomination et adresse du bien Ouai de la Garonne rive gauche entre les bassins a flot et la rue Domercq B. Mesures et justification de protection du bien -fac;ade entre la place de la Bourse et la rue des Allamandiers dite fac;ade Tourny classée Monument Historique (14.04.1951) -la partie comprise entre le cours Xavier Arnozan (Hotel Fenwick) et la porte de la Monnaie est en secteur sauvegardé. C. Historique et description du bien A partir de 1732 sont construits la place Roya le (devenue · place de la Bourse) et les batiments qui forment le décor de la mise en sc€me de la statue équestre de Louis XV. Remarques sur les points A, B, C Le traitement spectaculaire de la « fac;ade » n'altere en rien la richesse des quartiers situés a l'arriere de cet écran de pierre (St-Michel, St-Pierre, la Rousselle). Les ouverture sur la fac;ade, rues perpendiculaires et portes scandant le rythme répétitif des immeubles sont autant de point d'accroche de ces quartiers sur le fleuve. La disparition des installations portuaires (dépót des grilles du port dans les années 90 puis démoli - tion de hangars) a progressivement dévoilé l'immense et belle fac;ade de la ville sur le fleuve et la valeur patrimoniale de son ordonnancement. D. Zone de détail La longue fac;ade courbe, quise déploie sur pres de 4 kilometres , témoigne des liens intrinseques étaL'intendant Tourny y puisera la référence qu 'il imposera des 1750 pour sa grande fac;ade ordonnancée, de part et d'autre d'une place en demi-lune fermée par la majestueuse Porte de Bourgogne. Ces fac;ades se déployant sur pres de 1200 m s'ins - crivent dans la tradition de l' urbanisme classique en déclinant un parti architectural répétitif, conc;u comme un décor prestigieux sur la Garonne. L'extension de cette fac;ade vers le nord, rigoureu - sement composée, s'operera au XIXe siecle jusqu'en limite des bassins a flot. blis dans l'histoire entre la ville et son fleuve. L'objectif du projet d'aménagement des quais vise a mettre en valeur ce splendide patrimoine urbain en le servant par un espace publica sa mesure, et a revaloriser la vie urbaine en s'appuyant sur les caracteres identitaires des différentes séquences patrimoniales. Une charte qualitative a été établie pour l'occupation des rez-de-chaussée. Au-dela de cette charte, il parait particulierement opportun d'appréhender les incidences d'une redynamisation forte des activités sur la modénature et la 62 LES MONUMEN TS ET LEURS ABORDS , EN RE CDNSERVAT ON E DE VE L OPPEMENT Données top ographiqu es du F. T. N© IGN 1995 et CADASTRE 1999 en provenance du S.I.G 11APIC)) de la Communauté Urbaine de Bordeaux. Traitements a'urba. Bordeaux LES MONUMENTS ET LEU RS ABOROS , ENTRE CONSERVAT IO N ET OÉVELOPPEMEN T 63 sobriété de traitement de cette fac;ade ordonnancée. A ce titre, chaque projet sera important par rapport a la perception globale des quais. E. Zone d'ensemble Cette zone comprenden premier lieu les 'ilots a l'arriere des quais. Un encadrement strict des gabarits des immeubles doit permettre de préserver la silhouette de la fac;ade des quais qui, en raison de sa courbure, peut etre lue, sinon dans sa totalité du moins sur de tres longues séquences, aussi bien depuis la rive droite que depuis la rive gauche. 11 importe de protéger a u meme titre les profils des quelques monuments emblématiques (Grosse Cloche, fleche Saint - Michel. .. ) émergeant au-dessus de la ligne des toits et faisant partie intégrante de cette meme fac;ade. La covisibilité entre les deux rives, qui s'apparentent plutót a deux 11 rivages 11 opposés du fait de la largeur de la Garonne, impose par ailleurs un encadrement étroit des projets sur les vastes emprises encare disponibles cóté Bastide. La béance du fleuve, générant une multitude de perspectives singulieres, incite la encare a raisonner davantage sur une vision globale privilégiant l'effet de silhouette et de rythme que sur l'impact individue! des constructions d'une rive a l'autre. 64 LE S MONUMEN TS El LEU RS ABOROS , EN RE CONSERVAT ION ET OEVE: LOPPEME:NT F. Zone d'environnement La covisibilité entre rives, du fait de la topographie de Bordeaux, ne se limite pas aux seules fac;ades du fleuve. Les coteaux des 11 hauts de Garonne 11 jouent a ce titre un róle , majeur puisqu'ils sont vus depuis de tres nombreux points de la ville. Les quelques tours construites dans les années 60 au bord du coteau, heureusement noyées dans le verdure, se profilent tres souvent (et de maniere inattendue) en arriere plan des perspectives 11 classiques 11 • De fac;on réciproque, la vue sur la ville basse, et en particulier sur la fac;ade des quais, est particulierement somptueuse depuis les belvéderes de la rive droite. G. Perspectivas Le dialogue entre les deux rives est essentiel. 11 importe done de préserver toutes les perspectives majeures (depuis le cceur de la ville dense ou depuis les territoires de la rive droite) en travaillant sur le vélum et les principaux cónes de vue. H. Contexte et développement Le projet pour l'aménagement des quais (remporté par le paysagiste Michel Corajoud en 1999) concilie mise en valeur du patrimoine, développement denombreuses activités, loisirs, culture, commerce et réalisation d'espaces publics de qualité, en lien avec l'implantation du tramway. Remarques sur les points D, E, F, G, H Ce projet, en cours de réalisation, permet aux habi tants de renouer avec la tradition en ouvrant a nouveau la ville sur le fleuve et en jouant a la fois sur le patrimoine classique emblématique et les séquences plus ordinaires marquées par les activités portuaires du XXe siecle. Parallelement, le travail de réunification des deux rives est désormais en ceuvre. Au travers de cette démarche, le fleuveredevient un élément fédérateur de la dynamique urbaine en contribuant a la revalorisation de la vie riveraine et a l' amélioration de l' image et de l'attrait touristique de la métropole régionale. Bordeaux L E S M O N U M E N T S E T L E U A S A B O A O S , E N T A E C O N S E A V A T 1 O N E T O É V E LO P P E M E N T 65 3. Esplanade des Ouinconces A. Dénomination et adresse du bien Esplanade des Quinconces. B. Mesures et justification de protection du bien Couverte par le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur. C. Historique et description du bien En 1815, la démolition du chateau Trompette (érigé sous Charles VIl et Louis XI vers 1450-60), libere un vaste emplacement en bordure du fleuve. L'urbanisation de !'ensemble des glacis, structurée par de nouvelles avenues , donne jour a une immense esplanade plantée (12 ha), terminée en hémicycle et bordée par de vastes lotissements de maisons bourgeoises. L'esplanade est bornée a tielles d'ordre commercial ou culture!. met également une covisibilité tres large, entre la Enfin, l'esplanade constitue, avec les collatéraux (les place et la fac;:ade courbe des quais rendue possiquinconces nord et sud), le lien paysager majeur ble par la démolition récente des hangars portuaientre les quais rive gauche et le jardin public. D. Zone de détail res dans le cadre du projet de réaménagement de la rive gauche du fleuve . La zone de détail est constituée de la place et des G. Perspectives immeubles qui la bordent. La régularité et l'homogénéité des fac;:ades et toitures qui délimitent le La multitude de perspectives urbaines tres" cadrées ", depuis les rues rayonnantes débouchant sur l'hémivide urbain sont prépondérantes dans la percepcycle, contraste avec la perspective tres ample sur la tion globale de cet espace. Les plantations d'alignement protégés au titre des Espaces Boisés a Conserver du PSMV jouent également un role majeur en occupant une partie de cette immense espace libre. partie basse de la rive droite et sur les coteaux en arriere plan. La richesse de ce dialogue entre la place, la ville dense et le grand paysage doit etre préservée -et meme amplifié - au travers des aménagements a venir sur la rive droite. l'est par les colonnes rostrales dominant les quais E. Zone d'ensemble de la Garonne et a l'ouest par une« colonne fontaine » dédiée aux Girondins et a la République (fin XIXe). Remarques sur les points A, 8, C La vacuité de cette place, de proportions énormes, qui semble avoir généré un certain "malaise" urbain au XIXe siecle, a donné lieu a toute une série de projets de constructions, qui n'ont jamais eu de suite. La zone d'ensemble de cette place comprend de nombreux monuments qui génerent toute une série de zone de protection superposée. Les quais et la rive droite présentent une multitude de points de covisibilité avec l'esplanade. Dans ce contexte la morphologie des í'lots et le vélum doit etre appréhendée globalement a l'échelle du site élargi. F. Zone d'environnement Cet espace libre de dimension exceptionnelle en La courbe de la Garonne favorise un panorama creur de ville est occupé 200 jours paran pour des exceptionnel sur la rive opposée, du Pont de Pierre activités foraines et des manifestation événemenjusqu'au droit du cours de la Martinique Elle per66 LES MONUMENTS El EURS ABOROS . ENTRE CONSERVATION El OÉVELOPPEMEN l H. Contexte et développement La place des Quinconces est au creur des mutations, engagées ou a venir, inscrites au projet urbain de Bordeaux. La redéfinition de la vocation de cet espace est lié : -a la libération en 2004 du quinconce Nord (occupé par un parking), -a l'organisation d'un póle d'échange tramwaybus sur le quinconce Sud -au projet des quais rive gauche générateur de nouveaux usages, -a la nouvelle dynamique de développement du quartier limitrophe des Chartrons qui repose le probleme de sa relation au centre ville et a la réduction de l'effet de coupure de la place. Remarques sur les points D, E, F, G, H -un plan directeur d'aménagement de la place est en cours d'élaboration afin de mettre en cohé - rence dans une vision globale, !'ensemble des interventions qui s'échelonneront entre 2002 et 2006. A cette occasion, le rythme et la qualité or iginelle du couvert végétal sera restitué. - Le projet de réaménagement de la rive droite, face a l'esplanade des Ouinconces, aura des incidences tres importantes dans le dialogue qu'entretiennent les deux rives. Donn ées top og raphiqu es du F. T. N © IGN 1995 et CA DAS TRE 1999 en provenance du S. I.G lcAP I Cn de la Communauté Urbaine de Bordeaux. Tr ai tements a'urb a. Bordeaux L E S M O N U M E N T S E T LE U R S A 8 O R D S , E N T R E C O N S E A V A T 1 O N E T O E V El O P P E M E N T 67 4. Ouartier Saint Eloi A. Dénomination et adresse du bien Quartier Saint Eloi. B. Mesures et justification de protection du bien Couvert par la Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur. C. Historique et description du bien Le quartier Saint Eloi appartient au noyau le plus ancien de la vil le historique. Les rues aux tracés issus du Moyen-Age sont bordées d'immeubles du XVIIe D. Zone de détail Cette zone correspond au cceur du quartier autour des éléments emblématiques que sont la Grosse Cloche et l'église St-Eioi ainsi que les quelques exemples de bati remarquable . E. Zone d'ensemble Les llots compris dans le périmetre rue Ste Catherine, des Ayres, Bouquiere et la rive opposée du cours Victor Huguo doivent etre pris en compte par rapport a la perception du site St-Eioi. H. Contexte et développement Le renouvellement de quartiers anciens comme St Eloi, affectés par l'inconfort, l'insalubrité et la vacance reste une préoccupation majeure de la vil le. L'objecti.f est d'intervenir a la fois sur la requalification de la fraction obsolete du pare et l'amélioration du cadre de vie. L'implantation d'une ligne de tramway en limite du quartier devrait insuffler une dynamique supplémentaire. La revalorisation du cours Victor Hugo doit faire l'objet au XIXe siecle. L'une d'elles recele meme un exemple d'un concours en 2002. tres rare de maisons a pan de bois du XVIe siecle. Le F. Zone d'environnement quartier est dominé par la Grosse Cloche (érigée au XVe siecle) ancien beffroi de l'hótel de vil le (détruit a u Bien que tres encadrées par le reglement actuel, les réhabilitations ou la construction de batiments XIXe siecle). L'église Sainte Eloi, voisine de cette neufs doivent etre soigneusement envisagées au porte monumentale, est datée du XVe siecle, la fac;ade de style néo-gothique a été recomposée en 1828. Remarques sur les points A, B, C Le quartier témoigne des différents « styles » architecturaux qui caractérisent le centre de Bordeaux du XVIIe au XXe siecle (parking Victor Hugo) sur les tracés médiévaux. regard de leur impact sur le tissu ancien dominé par la présence de la Grosse Cloche. G. Perspectivas Les perspectives sur la Grosse Cloche depuis la rue du Mirail et la rue St-James sont essentielles. Toute transformation des gabarits ou des fac;ades des immeubles " cadrant " ces vues peut modifier sensiblement et durablement l'équilibre des perspectives actuelles 68 LES MONUMEN TS ET L EU RS ABOROS . ENTRE CONS ERVA TI ON ET OÉVELOPPfMENT Remarques sur les points D, E, F, G, H La démolition éventuelle du Palais des Sports qui occupe un vaste llot a l'ouest de la Grosse Cloche pourrait etre une opportunité majeure pour le quartier, a la fois en terme de recomposition et d'image. Données topographiques du F. T. N© IGN 1995 et CADASTRE 1999 en provenance du S.I.G «APICll de la Communauté Urbaine de Bordeaux. Traitements a'urba. Bordeaux L ES MO NU MENTS El LE URS ABOROS , ENTRE CONSERVAT ION El DÉ VEL OPPEM ENT 69 5. Gare et halle métallique de Bordeaux Saint -Jean A. Dénomination et adresse du bien Gare et halle métallique de Bordeaux SaintJean B. Mesures et justification de protection du bien lnscrite a l'inventaire des monuments historiques (28-12-1984) C. Historique et description du bien Construite a partir de 1895, la gare SaintJean est l'une des premieres du genre et la plus vaste a etre réalisée pour la compagnie du Midi. La gare voyageur proprement dite de traitement relativement sobre est constituée de deux ailes articulées sur un perron central. La véritable prouesse réside dans l'adjonction d'une halle métallique, de dimensions imposantes, destinée a couvrir 7 voies paralleles. Remarques sur les points A, B, C Hormis quelques aménagements intérieurs, la gare n'a pas subi jusqu'a présent de transformations majeures dans sa structure D. Zone de détail Cette zone recouvre les abords de la gare proprement dite, la halle métallique, ainsi que les immeubles en fac;ade des llots environnants. Le parvis reste le lieu privilégié de découverte des fac;ades dans leur ensemble. E. Zone d'ensemble A l'ouest, elle correspond aux llots en contact avec les batiments de la gare et le parvis. Levaste ensemble collectif St-Jean, en cours de réhabilitation, reste néanmoins particulierement prégnant et sensible dans le paysage de ce quartier. La partie est de cette zone, entre le pont du Guit et la rue des Terres de Borde, couverte par les faisceaux ferrés reste difficile a contróler de par la nature de son occupation, mais préserve les perspectives sur le halle métallique. F. Zone d'environnement Les activités qui se développent dans ce quartier de gare ne sont pas toujours propices a une mise en valeur du patrimoine. Une attention particuliere doit etre portée a l'insertion de ces activités dans le tissu ainsi qu'a leur développement sur l'espace public . G. Perspectives Les perspectives majeures depuis le cours de la Marne et la rue St-Vincent de Paul (sur la fac;ade de la gare) ainsi que depuis la ruede Tauzia (sur la verriere nord-est) doivent etre préservées et les gabarits des constructions neuves ou des surélévations contrólés. La découverte progressive de la gare par les vaya70 LE S M O N U M E N T S E l E U R S A 8 ORO S. E N T RE CON SE RVA T 1 O N E T O É V EL O P PE M E N geurs depuis la passerelle Eiffel sur la Garonne doit etre également prise en compte dans le cadre d'une éventuelle transformation du secteur compris entre le fleuve et la fac;ade nord de la gare et de la halle. H. Contexte et développement La création d'une ligne a grande vitesse pour la mise en service du TGV Aquitaine et l'implantation d'une ligne de tramway vont transformer en profondeur les fonctionnements actuels. Les répercussions sur la gare et son environnement proche devraient etre importantes. Remarques sur les points D, E, F, G, H Le développement d'un póle intermodal concerne en premier lieu les espaces publics associés a la gare (le parvis). Le parvis fera l'objet d'un concours d'architecture visant a intégrer les nouvelles fonctionnalités (tramway, réorganisation des espaces et des flux dans la gare, valorisation du site, adaptation des voies de circulation auto, trémis de parking ... ). Données topographiques du F. T. N © IGN 1995 et CADASTRE 1999 en provenance du S.I.G ((APIC)) de la Communauté Urbaine de Bordeaux. Traitements a'urba. Bordeaux / ., , • . . 1 1 lE S M O N U M E N T S f T LE U A S ABO RO S, E N T RE CONSERVA T 1 O N E T O É V El O P PE M E N T 71 9. les quartiers modernes Fruges et le Ouartier Monteil a Pessac A. Dénomination et adresse du bien Les quartiers modernes Fruges Ouartier Monteil a Pessac quartier de la dégradation physique en associ ant la large cóne de vision depuis la cité. population intéressée et en évitant la muséification Cette zone est soumise a des prescriptions particudes maisons. lieres notamment en ce qui concerne l'aspect des constructions et les espaces libres et plantations. B. Mesures et justification de protection du bien D. Zone de détail Classement en Zone de Protection du Patrimoine La zone de détail est constituée des parties consG. Perspectivas Architectural Urbain et Paysager en date du 15 -02tru ites existan t es des 53 maisons projetées par Le 11 n'existe pas de longue perspective sur la cité. Les 1996. (périmetre ind i qué en pointillés noirs sur le Corbusier et Pierre Jeanneret en 1925 et ayant une voies d'approche devraient néanmoins etre trai - document graphique) valeur de témoin. La restauration des maisons est tées en accord avec le traitement de la cité comme soumise au reglement de la ZPPAUP. C. Historique et description du bien Construite entre 1924 et 1927 pour !'industrie! E. Zone d'ensemble Fruges, la cité illustre de fa9on remarquable le travail de Le Corbusier et P. Jeanneret sur la question de l'habitat bon marché (travail sur la "cellule", le groupement de cellules, les équipements de la maison et le " prolongement du logis "). Elle est également un des premiers témoignages des recherches sur la maison standardisée. En ce sens, la cité Fruges apparaí't aujourd'hui comme une piece majeure du patrimoine de l'architecture et de l'urbanisme moderne. Remarques sur les points A, B, C Tres dégradée, la cité a commencé a sortir de l'ombre dans les années 1970 grace a quelques pro - priétaires conscients de l'intéret de leur quartier . Le classement d'une des maisons a arcade en 1980 a déclenché les études qui ont abouti a la ZPPAUP, l'objectif de cette démarché étant de sauver ce Cette zone correspond en partie au tracé urbain de !'ensemble du quartier réalisé en 1925 et comportant l'amorce de fondations de quelques maisons . La restauration de l'espace public de ce secteur doit etre conforme au plan d' origine et dans la continuité de la zone de détail. Cette zone comprend également les abords immédiats de la cité Fruges, au nord et a l'est. Ces secteurs sensibles sont en situation de covisibilité proche avec les maisons de Le Corbusier et ont un impact sur leur approche. F. Zone d'environnement L'environnement comprenda l'ouest une zone boisée inconst r uct ible, ainsi qu'un secteur caractérisé par de l'habitat de densité moyenne et , au sud de la voie ferrée, un ensemble collectif situé dans un 78 LE S M O N U M E N T S ET LE U R S A B O R D S , E N T R E C D N S E R V A T 1 D N E T D É V E L O P P E M E N T pour le secteur au nord dans la continuité de l'opé - ration Fruges. L'espace boisé a l'ouest des maisons a arcades offre un arriere plan tres riche a la cité. H. Contexte et développement L'environnement de la cité Fruges, tres hétérogene, compasé de résidentiel pavillonnaire et de grands collectifs en complete rupture d'échelle, ne connaí'- tra pas un développement important dans les années a venir. Reste toutefois la question de l'évolution a long terme des collectifs (Chataigneraie, Arago) directement en contact avec la cité de Le Corbusier, de l'autre coté de la voie ferrée. Remarques sur les points D, E, F, G, H La tenue de l'espace public et le traitement du végétal sont i mportants pour la mise en valeur des trois types de maisons présents sur le site (quincanees, arcade, gratte-ciel). Données topographiques du F. T. N© IGN 1995 et CADASTRE 1999 en provenance du S.I.G «APICn de la Communauté Urbaine de Bordeaux. Traitements a'urba. Bordeaux lE S M O N U M E N T S E T lE U A S A B O A O S, E N T A E C O N S E A V A T 1 O N E T O É V E L O p p E M E N T 79 Luxembourg Ene Gro rdan o, archrtecte , po ur le Serv rce de s S rtes et Monument s natronaux . Grand-Duche de Luxembo ur g l. remarques introductives et contexte géographique Situé entre la Belgique a I'Ouest et au Nord, de 450 m. Au Sud, le Gutland, dont la ville de habitants, dont 57,20 % d'étrangers d'environ I'AIIemagne a I'Est et la France au Sud, le Luxembourg fait partie, est compasé de terrains 130 nationalités différentes. Luxembourg mesure 57 km d'Ouest en Est et 82 sablonneux et calcaro-marneux, ainsi que d'une La répartition de la population par quartiers km du Nord au Sud. 11 couvre une superficie de bande de minerai de fer (a !'extreme Sud) d' une montre que le quartier du centre (Ville haute) , 2586 km 2, soit moins qu'une province beige ou altitude moyenne de 250 m. quartier principal concerné par les zones proté - espagnole et moins qu'un département franLa vil le de Luxembourg est une des vil les les gées est en perte nette d'habitants (pres de 30% vais. Sa population au 31 .12.1999 était de plus pittoresques et les plus riantes d'Europe. en 17 ans). Le constat est fait que ce quartier 435.700 habitants, soit la population d'une Elle se situe sur un éperon rocheux a une altitude riche en commerces s'appauvrit en population gr ande ville européenne hors agglomération. moyenne de 300 m entourée en contrebas par par le fait que les commerces occupent bien Au point de vue administratif, le territoire est diviles méandres de la Pétrusse et de I'Aizette. souvent les étages pour leurs activités . La com - sé en trois districts (Luxembourg, Diekirch, Elle couvre une superficie de 5.124 ha, soit pres mune a instauré une surtaxe communale qui Grevenmacher), douze cantons et 118 communes. de 2% du territoire . Un quart enviran de cette s'éleve a 50 % des droits d'enregistrement si La géographie du pays comprend deux régions superficie est recouvert de forets et de bois, l'immeuble nouvellement acquis n'est pas utilinaturelles. Au Nord, I'Oesling est couvert prin -pres d'un autre quart par des constructions, et sé a des fins d'habitation. La population totale cipalement de forets, soit un tiers du territoire pres de 10% par des rues et des places. des quartiers de la gare, de Hollerich , du et compasé de terrains schisteux, exempts de La circonférence de la ville est d' environ 50 Limpertsberg est plus ou moins en stagnation ch aux et de phosphore, d'une altitude moyenne km . La population a u 01.03.2001 est de 80.560 en nombre d'habitants , par contre , la population lES MONUME"NTS ET lEURS ABOROS , ENTRE CONSERVAT I ON ET OE VELOPPEMENT 83 des Luxembourgeois a diminué de pres de la 883 habitants actuellement (diminution de 17% ). En ce qui concerne l'éclairage urbain, le servimoitié dans ces quartiers. Un quartier comme En ce qui concerne les questions de mobilités, le ce de l' électricité de la ville assure l'illuminacelu i de la Gare, comprend aujourd'hui pres centre - ville, la rue de la Reine et une partie de la tion des sites et monuments de la ville. Les de 74% d'étrangers . En considérant les rues et rue du Maché - aux -Herbes, la rue Sainte Zithe, le monuments et sites protégés sont souvent illu - places qui englobent les secteurs protégés et en long des batiments de la clinique, et la place de minés par un éclairage de spots ou d'appliques adoptant un rapport appro xi matif de la popula -Paris, dans le quartier de la gare, ont été amédirigés vers le haut (a partir du soubassement tion d' une rue quand celle-ci est a cheval sur nagés en zone piétonnes . Certaines rues ont été de la construction ou sur les parties verticales deux secteurs différents , il peut etre déclaré que aménagées en piste cyclable. Ouant aux voitupleines des batiments). Néanmoins, certains le secteur de la vieille ville , qui comprenait 415 res, le mouvement total d'automobiles aux por - comme ceux qui sont situés le long des circuits habitants en 1984 en comprend de nos jours tes de la ville sur 24 heures montre en 1997 Wenzel ou Vauban (venant d'etre restaurés), ne 237 (diminution de 43 %). Ouant au secteur de 310.000 entrées et sorties de véhicules. sont pas toujours éclairés. la Ville haute , il comprenait 1691 habitants en Le flux de trafic et les zones de stationnement a La nuit l'éclairage des abords des monuments 1984 et n'en comprend que 1196 aujourd'hui l'intérieur des zones protégées peuvent générer et sites revet toute son importance quant a (diminution de 29 %). Enfin, le secteur du pare a l'exces une pollution optique et effective aux leur sécurité et a leur mise en valeur . com prenait 1069 habitants en 1984 et comprend abords des monuments et des sites . 11. cont exte historique lndissociable des grandes heures de la cons - Luxembourg aussi nommée la Gibraltar du germaniques. Au gré des guerres et des alliances tructi on européenne, la ville de Luxembourg Nord . 11 est vrai que la cité est implantée sur un politiques , la ville fondée par le comte Sigefroid conserve des témoignages r emarquables de promontoire entaillé par les vallées de I'Aizette (963) fut bourguignonne au xv• siecle, avant son passé florissant tout en profitant de sa et de la Pétrusse. Le développement médiéval d'échoir a Charles-Ouint et a Philippe 11. Plus r enommée enviée de c entre financier interna -de Luxembourg est inséparable de cet éperon tard, a la fin du XVII" siecle, la ville fut conquise tional. A coté de la vil le des banques, demeure rocheux du Bock, qui des le x• siecle connut des par les troupes fran9aises et Vauban y érigea un tis su urbain encare homogene attestant de fortifications qui ne cesserent de s'accroí'tre. de puissantes fortifications. Au cours du XVIII• belles architectures historicistes. Géographiquement, la ville occupe une posisiecle, Luxembourg fut essentiellement autri - Mais , la ville séduit su rtout par ses vestiges tion stratégique entre le Nord, le Sud et I'Est chienne en conséquence du traité d'Utrecht et militaires r appelant le role de place forte de de I'Europe aux confins des mondes latins et apres la Révolution frangaise, le duché de 84 LES MON U MEN S ET LEURS ABORD S. ENT RE CONSERV AT ION ET D ÉVE L OPP EMENT Luxembourg fut incorporé a la France sous l' appellation de département des Forets. Ce fut le 9 juin 1815 que le Grand-Duché de Luxembourg a été créé par le Congres de Vienne. Mais la tutelle hollandaise de Guillaume ler fut peu acceptée par les luxembourgeois, tant et si bien qu'apres la Révolution beige (1830), le pays a été administré par la nouvelle Belgique indépendante avant de connaltre luimeme son autonomie en 1839 sur base des frontieres qui sont encare les siennes aujourd'hui . Durant la seconde moitié du xx · siecle, la ville 111. contexte législatif Des le milieu du XIX • siecle , la ville de L uxembourg fut soumise a des considérations patrimoniales a travers la réflexion conduite par la Société pour la recherche et la Conservation des Monuments Historiques. La création en 1927 de la Commission des Sites et Monuments nationaux dota le Grand-Duché d'un college d'experts consulté pour toutes les mesures a prendre par le gouvernement et pouvant proposer des dispositions jugées nécessaires dans l' intéret du patrimoine . En 1937, les villes luxembourgeoises se voient régies par la Loi concernant l' aménagement de Luxembourg s'est étendue sur le plateau du Kirchberg accueillant le siege de nombreuses entreprises et institutions , dont la Cour euro - péenne de Justice . Plusieurs batiments y retiennent l'attention par la qualité de leur architectu - re contemporaine. Depuis quelques années, Luxembourg semble avoir voulu se doter d'une image culturelle forte : une volonté qui s'est concrétisée par une rénovation complete de ses musées qui n'ont plus rien a ehvier aux autres grands póles culturels européens . Parmi les monuments importants, célébrant des villes et autres agglomérations existantes , dont le chapitre XIII concerne l'esthétique des sites et des voies publiques. En 1977 fut créé le Service des Sites et Monuments nationaux du Ministere de la Culture. Ce dernier, ainsi que la Commission des Sites et Monuments natio - naux donnent leur avis sur les projets de construction situés dans les zones protégées. Depuis 1983, une loi concernant la conserva - tion des sites et monuments établit une liste d'immeubles, nus ou batis, classés par le gou - vernement en tant que monuments nationaux en totalité ou en partie. Cette meme loi définit Luxembourg le riche passé de la ville , figurent l'église Saint - Michel (1519), le Palais Grand-Ducal (de style Renaissance, 1572), le qua r tier pittoresque de la ville basse (le Grund) et la Maison natale de Robert Schuman. Mais, le fleuron patrimonial de la ville est certainement l'itinéraire Wenzel emprunté annuellement par 135.000 visiteurs découvrant le passé militaire de la ville au gré des casemates et des cryptes archéologiques : un si te exceptionnel inscrit depuis 1994 sur la liste du patrimoine mondial de I'UNESCO. également la création de secteurs sauvegardés (art. 34, 35 et 36) sur le modele fran¡;ais. D'autre part, une déclaration d' intention générale datant du 11 mars 1988, concernant la partie des plans d'aménagement ayant trait a la protection des sites et monuments , fixe les différents motifs se rapportant a la création de zones de protection architecturale. Enfin, en 1993, le conseil commu - nal de la ville de Luxembourg vote le Projet d' Aménagement général (PAG) et en 1996 des amendements a ce plan précisent des dispositions patrimoniales. En effet, le PAG prévoit sept cas de zones protégées : LES MONUMENTS E LEURS ABORDS . ENTRE CONSERVATION ET DÉVELOPPEMEN T 85 1) les monuments et sites, 2) le secteur protégé de la vieille ville (Plan d'urbanisme de détail -PUD -, ou Plan d'ensemble de construction - PEC) , 3) le secteur protégé de la ville haute (Plan d'urbanisme de détail -PUD -, ou Plan d'ensemble de constructionPEC) , 4) le secteur protégé du plateau du Bourbon et du quartier de la gare (Plan d'urbanisme de détailPUD -, IV. études de cas Les 10 monuments et sites choisis, répartis sur une grande partie du territoire communal de la Ville de Luxembourg, ont été représentés graphiquement sur le fonds numérisé topographique des Services du Géometre de I' Administration communale. Ce fonds daté de 1997 reflete encere la situation exacte du terrain, montrant les différents niveaux d'altitude, les talus, les plantations ainsi que la numérotation des maisons . Néanmoins, la situation exacte du parcellaire n'y est pas représentée. Dans le cadre d'une étude plus poussée, un recensement de toutes les parcelles concernées par les trois différentes aires de protection serait nécessaire afín d'en connaí'tre les propriétaires. En fonction de ces limites parcellaires, une redélimitation in fine de ces aires, serait nécessaire. ou Plan d'ensemble de construction -PEC), 5) le secteur protégé des vallées de la Pétrusse, de I'Aizette et du promontoire du Rham (Plan d'urbanisme de détail -PUD -, ou Plan d'en - semble de construction - PEC), 6) le secteur protégé du pare, et 7) les ensembles sensibles. 11 esta remarquer que le concept d'aire de protection autour du patrimoine classé (comme Les 10 monuments et sites ont des valeurs de protection différentes, aussi, faut-il considérer ; Comme sites protégés, le plateau du Rham, la rue Ermesinde et la place du Pare, Comme ensemble architectural en site protégé, !'ensemble du Palais grand-ducal (seul protégé) et la Chambre des Députés, Comme monument en site protégé, le batiment du Ministere des Affaires Etrangeres, le batiment 3, rue Plaetis, la maison Robert Schuman et la statue Amélie, Comme monument protégé, le batiment 4, place de París et le pont Adolphe. Les espaces extérieurs dépendant des limites verticales qui les compartimentent, définissent les trois aires di rectes, intermédiaire et limite de protection sans omettre de dire que le temps , le climat , peuvent modifier considérablement 86 LES MONUMENTS ET LE URS ABORDS , ENTRE CONSERVATION ET DÉVE L OPPEMEN T celui qui est propasé par la Région de Bruxelles-Capitale en Belgique) n'existe pas dans la législation luxembourgeoise qui aménage les abords immédiats du patrimoine classé a travers des outils juridiques de protection contrólant des territoires sur une échelle plus étendue comme les secteurs sauvegardés. les conditions de prise en compte du paysage (surtout pour les sites protégés comme celui du Plateau du Rham). La vitesse est également un élément qui peut faire varier les perceptions visuelles. Ainsi l'im - pression que nous pourrions avoir sur le monument ou le site protégé peut varier selon que l' on se déplace a pied, en voiture ou en bus. Les aires limites de protection de certains sites comme le plateau du Rham ou la rue Ermesinde de par leur importance n'ont pu etre représentées dans leur totalité afín de garder approxi - mativement la meme échelle de représentation que pour les autres monuments et sites étudiés. Les aires limites de protection des sites devraient etre représentées par une ligne poin - tillée car c'est bien souvent seulement l'étendue Luxembourg du cóne de visibilité qui la détermine. principalement l'espace des plans secondaires Dans le cas de monuments insérés dans un llot historique, ce sont les rues secondaires aux perspectives principales du monument qui limit ent principalement cette aire. Les batiments éloignés dans un cóne de visibilité avec la parcelle qui les rattache pourraient etre marqués comme aires supplémentaires, limites de protection, détachées de l'aire limite principale de protection. Ces aires limites de protection concernent principalement des mesures d'intégration paysagere d'ordre général (estom¡::¡age d'éléments disgracieux dans le paysage ou recherche poussée de formes et de couleurs dans le cadre de nouveaux grands projets). Les aires intermédiaires de protection touchent non visibles directement du monument ou du site protégé. Ces aires sont définies par des mesures touchant principalement aux gabarits et aux formes des éléments du paysage que constitue leur espace de second plan. Les aires directes de protection sont délimitées soit par l'emprise topographique du site, soit par les perspectives de premier plan. Ces aires définissent des mesures de protection touchant principalement aux matériaux, aux formes et aux plantations a utiliser dans leur espace de premier plan. LES MONUMENTS ET LEURS ABOROS , ENTRE CONSERVAT I ON ET O ÉVE L OPPEME NT 87 4. Palais grand-ducal et Chambre des députés A. Dénomination et adresse de !'ensemble en site protégé L'ensemble architectural du Palais grand-ducal et de la Chambre des députés se situe dans la Vieille Ville au cceur historique de la Ville de Luxembourg. Situé, rue du Marchéaux -Herbes, non loin de l' hó - tel de ville, il forme en partie l'í'lot de quartier, rue de la Boucherie, rue du Rost, rue de I'Eau et rue du Marché-aux-Herbes. B. Mesure et justification de protection de !'ensemble en site protégé L'ensemble architectural est protégé en tant qu'élément du secteur protégé de la vieille ville depuis la mise en vigueur de l'article C2 sur les zones proté - gées du reglement sur les batisses de la Ville en 1994. Un plan d'urbanisme de détail (P .U.D.) couvrant une partie du secteur protégé, fixe l'état des constructions et les travaux prioritaires a effectuer en cas de transformation ou rénovation. Des conditions spéciales sur les fa9ades, les toitures, les au milieu du XVI• siecle a l'époque de la domination espagnole, faisait fonction d'hótel de ville (1413-1795) puis d'hótel de gouvernement (1815). L'agrandissement arriere du Palais, cóté rue du Roost et rue de I'Eau ainsi que la Chambre des Députés (ingénieur Hartmann) furent réalisés avec des pierres issues des carrieres luxembourgeoises dans les années 1860. L'architecte de I'Etat, Charles Ar endt (1825-1910) construis it la partie intermédiaire de style néogothique entre le Palais et la Chambre des députés en 1881. De grands travaux de transformation et d' aménagement en résidence pour la Famille grand-ducale con9us par l'architecte Bordiau en 1890 donnerent la forme actuelle au Palais. L'ensemble architectural est constitué de 2 fa9ades aux styles différents (renaissance espagnole en fa9ade et 1860). Le Palais et son extension esta trois niveaux surmontés d'une toiture a forte pente. Le batiment de la Chambre des députés est a deux niveaux surmonté d'une toiture en métal patiné. ment les espaces définis par les percées existantes ou projetées telles que les angles de rue et les acces privatifs aux constructions arrieres des maisons sur rue. Ces espaces sont délimités verticalement par les murs - pignons des maisons et les fa9ades avant des constructions arrieres. E. Aire intermédiaire de protection L'aire intermédiaire de protection (dessinée en orange) de !'ensemble architectural concerne l'espace restant des propriétés des maisons sur rue, non intégré a l'aire directe et l'espace des propriétés voisines visibles des angles de rue. Ce der - nier espace est limité par le premier groupe de maisons situé aux abords de la rue et dont le style reste local. Une partie de la place Guillaume y est intégrée car une partie du palais est nettement visible dans le prolongement de la rue Reine. F. Aire limite de protection menuiseries, les enseignes, les stores, les antennes D. Aire directa de protection L'aire limite de protection (dessinée en jaune) de !'ensemble architectural concerne les rues et une partie de la place Guillaume qui menent a !'ensemble architectural. et les espaces libres sont édictées. Le Palais grand - L'aire directe de protection (dessinée en rouge) de ducal est répertorié comme monument protégé en 1994 par l'article C1 du reglement communal. C. Historique et description de !'ensemble en site protégé L'actuel Palais grand-ducal (depuis 1890) construit !'ensemble architectural concerne les fa9ades avant et arriere qui jouxtent !'ensemble, les chausG. Perspectivas sées de la rue du Marché-aux-Herbes (en partie), Les perspectives qui sont de réglementer ces aires de la rue de I'Eau (en partie), de la rue Reine et de de protection visent : la rue du Roost (en partie). Elle concerne égale1. a définir dans l'aire directe, les matériaux , les 94 LE S MONUMENTS ET LEURS AB OR OS. ENTRE CONSE R VAT ION ET OEVE L OPPEMEN T formes et les plantations a employer en cas de travaux de superstructures voire d'infrastructures. 2. a limiter dans !'aire intermédiaire, certains gabarits de hauteur, certains types de matériaux et certains ajouts architecturaux du type balcons en porte-a-faux ou mobilier urbain non conforme a !'aire di recte. 3. a prescrire dans !'aire limite, certaines recommandations d'intégration paysagere telles que le choix des couleurs comme traitement de fac;ade ou de toiture (estompage de l'effet toiture -terrasse ou de sur-hauteur de toiture). H. Contexte et développement Les articles C1 et C2 du reglement communal et ses conditions spéciales ainsi que le P.U.D fixent les regles le secteur protégé de la vieille ville sans tenir compte des effets de perspectives créés par les vides entre les constructions et des raccordements de construction aux angles de rue. L'article F1 qui définit les terrains réservés destinés a recevoir des équipements publics ou privés d'intéret général ne prescrit pas de limite de hauteur sur le territoire de la Ville ce qui peut entrainer des autorisations spéciales pouvant dénaturer la structure d'un quartier proche de !'ensemble architectural. Ainsi, la sauvegarde et le développement de !'ensemble architectural et de ses abords ne pourront se réaliser que par la création de ces aires de protection. Luxembourg N ~ o ______________________ ,oom Aires de protection 1. Aire directe (rouge) 2. Aire intermédiaire (orange) 3. Aire limite (jaune) ~~ Cóne étendu de visibilité o lmmeuble, ouvrage de grande hauteur . · ~ . . · ro : ~ Q) : '(1). ~!: ]- Q) . e :.:¡: : :.:¡: Perspective lmmeuble, ouvrage de grande hauteur (>25m) .. Espace aérien .. Espace souterrain COUPE SCHEMATIQUE · · - ~ · · ¡¡; :0 ·. 1!: ., ] ., ., <{ <{ l E S M O N U M E 111 T S ET l E U A S A B O A O S . E N T A E C O N S E R V A T 1 O N ET O É V El O P P E M E 111 T 95 5. Ministere des Affaires étrangeres A. Dénomination et adresse du monument en site gouvernement luxembourgeois a partir de 1868. protégé Le batiment s'éleve sur trois niveaux surmontés Le batiment du Ministere des Affaires Etrangeres d'une toiture en ardoises de forte pente a trois ranse situe dans le quartier de la Ville Haute pres du gées d'ouvertures. Les baies optent pour des fenetcrnur historique de la Vil le de Luxembourg. Accolé res a six croisillons avec de beaux encadrements de a la Cathédrale Notre-Dame, le biHiment donne sur pierre. Les angles du batiment sont harpés de pierla rue Notre-Dame et la place Clairefontaine. B. Mesure et justification de protection du monument en site protégé Le batiment du Ministere des Affaires Etrangeres est protégé en tant qu'élément du secteur protégé de la Ville Haute (article C3) depuis la mise en vigueur des articles sur les zones protégées du reglement sur les batisses de la Ville en 1994. Un plan d'urbanisme de détail (PUD) couvrant une partie du secteur protégé fixe l'état des constructions. Des conditions spéciales sur les favades, les toitures, les menuiseries, les enseignes, les stores, les antennes et les espaces libres du secteur de la Ville Haute sont édictées. Le batiment du Ministere des Affaires Etrangeres n'est pas classé. re de taille. L'intérieur est de style baroque tardif. D. Aire directe de protection L'aire directe de protection (dessinée en rouge) du batiment du Ministere des Affaires Etrangeres concerne les favades alentour, les chaussées de la rue Notre-Dame (en partie), de la rue de la Congrégation (en partie) de la place Clairefontaine. Elle concerne également les espaces définis par les percées existantes ou projetées, telles que les angles de rue et les acces privatifs aux constructions arrieres des maisons sur rue. Ces espaces sont délimités verticalement par les murs-pignons des maisons et les favades avant des constructions arrieres. La cathédrale marque la limite de l'aire car elle fait écran au champ de visibilité de la place Clairefontaine. nier espace est limité par le premier groupe de maisons situé aux abords de la rue et dont le style reste local. Une partie de la place Guillaume y est intégrée car dans le prolongement de la rue Reine d'ou une partie du palais est nettement visible. F. Aire limite de protection L'aire limite de protection (dessinée en jaune) de !'ensemble architectural concerne une partie du Boulevard Roosevelt qui marque une limite du terrain naturel donnant sur la vallée de la Pétrusse, une partie de la place Guillaume compris dans un rayan approximatif de 100m du batiment du Ministere des Affaires Etrangeres ainsi que les rues formant les limites des llots de quartier, proches du monument. G. Perspectives Les perspectives qui sont de réglementer ces aires de protection visent : 1. a définir dans l'aire directe, les matériaux, les formes et les plantations a employer en cas de travaux de superstructures voire d'infrastructures. 2. a limiter dans l'aire intermédiaire, certains gabarits C. Historique et description E. Aire intermédiaire de protection de hauteur, certains types de matériaux et certains du monument en site protégé Le batiment du Ministere des Affaires Etrangeres a été construit en 1751 et avait pour fonction initiale d'etre le refuge de l'abbaye St-Maximin de Treves sous I'Ancien Régime. 11 fut également le siege du L'aire intermédiaire de protection (dessinée en ajouts architecturaux du type balcons en porte-a-faux orange) de !'ensemble architectural concerne ou mobilier urbain non conformes a l'aire directe. l'espace restant des propriétés des maisons sur 3. a prescrire dans l'aire limite, certaines recomrue, non intégré a l'aire directe et l'espace des promandations d'intégration paysagere telles que le priétés voisines visibles des angles de rue. Ceder - choix des couleurs comme traitement de favade ou 96 LE S MON U MEN TS ET LEURS ABORDS , ENTRE CONSERVAT I ON ET O ÉV EL OPPEMENT de toiture (estompage de l'effet toiture-terrasse ou de sur-hauteur de toiture). H. Contexte et développement L'article C.3 du reglement communal et ses conditions spéciales fixe les regles sur le secteur protégé de la Ville Haute et les constructions qui y bordent. Néanmoins, de nombreux détails dans l'espace public concernant le monument ne concordent pas avec le caractere prestigieux du site. Ainsi, la sauvegarde et le développement de !'ensemble architectural et de ses abords ne pourront se réaliser que par la création de ces aires de protection. N lmmeuble , ouvrage de grande hauteur · ~ . : ~ 2l : '§ ] : . ~ Q) . E ~ . ~ Luxembourg 100m Aires de protection 1. Aire di recte (rouge) 2. Aire intermédiaire (orange) 3. Aire limite (jaune) Cone étendu de visibilité Perspective lmmeuble, ouvrage de grande hauteur (>25m) COUPE SCHEMATIQUE Espace souterrain LE S M O N U M E N T S E T lE U R S A 8 O R O S . f N T R E C O N S E R V A T 1 O N E T O É V E L O P P E M E N T 97 6. La Place de Paris, n°4 A. Dénomination et adresse du monument protégé Le batiment du 4, place de Paris, se situe dans le quartier du Plateau Bourbon du territoire Sud de la Ville, le long de l'avenue de la Liberté qui relie la ville historique au quartier de la Gare. 11 forme l'angle de la place de Paris avec l'avenue de la Liberté dans le prolongement de la rue F. Bourbon. B. Mesure et justification de protection du monument protégé Le batiment du 4, place de Paris, est protégé en tant qu'élément du secteur protégé du Plateau Bourbon et du quartier de la Gare (article C4) depuis la mise en vigueur du reglement sur les batisses de la Ville en 1994. Un plan d'urbanisme de détail (P.U.D.) couvrant une partie de ce secteur fixe l'état des constructions et les mesures a prendre en cas de trans - formation ou de rénovation. Des conditions spéciales sur les fa<;ades, les toitures, les menuiseries, les enseignes, les stores, les antennes et les espaces libres dans le secteur protégé du Plateau Bourbon et du quartier de la Gare sont édictées. Le batiment du 4, place de Paris, a été inscrita l'inventaire supplémentaire par arreté ministériel du 6 juillet 1978 afin d'éviter sa démolition programmée. C. Historique et description du monument protégé Le batiment du 4, place de Paris, a été construit entre 1909 et 1912 tout comme les autres batiments de l'avenue de la Liberté sous l'inspiration de modeles parisiens en vague au début du siecle. 11 reflete parfaitement le style historiciste de la Ville avec sa fa<;ade style Renaissance fran<;aise et ou le baroque se signale dans les encadrements des baies. lnitialement, il avait pour fonction l'hótelle - rie (hotel de Paris) mais désormais, il offre son espace a une agence bancaire. Son architecte était Nouveau Joseph. La construction est a quatre niveaux surmontés d'une toiture a la Mansard couverte d'ardoises et marquée par une double rangée d'ouvertures. Les murs du premier niveau destiné a un usage commercial sont appareillés en pierres de taille. D. Aire directa de protection L'aire directe de protection (dessinée en rouge) du batiment du 4, place de Paris, concerne la place de Paris et les fa<;ades qui l'encadrent ainsi qu'une partie des chaussées et des trottoirs de l'avenue de la Liberté, de la rue F. Bourbon et de la rue A. Duchscher. Elle concerne également les espaces définis par les cours arrieres du batiment. E. Aire intermédiaire de protection L'aire intermédiaire de protection (dessinée en orange) du batiment du 4, place de Paris, se limite aux zones, parties d'í'lot de quartier ou se situent les constructions de grande hauteur. 98 LES MONUMENTS ET LEUAS ABOAOS , ENTRE CONSERVAT I ON ET DÉVE L OPPEMEN F. Aire limite de protection L'aire limite de protection (dessinée en jaune) du batiment du 4, place de Paris, concerne la fermeture de ces llots de quartier, marquée principalement par l'emprise des rues qui les bordent mise a part l'avenue de la Gare qui a une structure commerciale bien plus prononcée contraire a l'harmonisation paysagere des abords du monument étudié. G. Perspectivas Les perspectives qui sont de réglementer ces aires de protection visent : 1. a définir dans l'aire directe, les matériaux, les formes et les plantations a employer en cas de travaux de superstructures voire d'infrastructures. 2. a limiter dans l'aire intermédiaire, certains gabarits de hauteur, certains types de matériaux et certains ajouts architecturaux du type balcons en porte-a-faux ou mobilier urbain non conforme a l'aire directe. 3. a prescrire dans l'aire limite, certaines recommandations d'intégration paysagere telles que le choix des couleurs comme traitement de fa<;ade ou de toiture (estompage de l'effet toiture-terrasse ou de sur-hauteur de toiture). H. Contexte et développement L'article C4 du reglement communal et ses conditions spéciales ainsi que le P.U.D. fixe les regles sur le secteur protégé du Plateau Bourbon. Néanmoins, de nombreux détails dans l'espace public concernant la place de Paris ne concordent pas avec le caractere prestigieux du batiment et de l'avenue de la Liberté. Ainsi, la sauvegarde et le développement des abords du batiment du 4, place de Paris ne pourront se réaliser que par la création de ces trois aires de protection . Luxembourg N 100m Aires de protection 1. Aire di recte {rouge) 2. Aire intermédiaire {orange) 3. Aire limite {jaune) ~~ Cóne étendu de visibilité lmmeuble , ouvrage de grande hauteur '''' é '. : ~ " ] ~ : . ~ ~ : e <( : <( Perspectiva lmmeuble, ouvrage de grande hauteur {>25m) COUPE SCHEMATIQUE ...... Espace aérie .n Espace souterrain LES MONUMENTS ET LEURS ABOROS , EN TRE CONSERVATI ON ET OÉVELOPPEMENT 99 7. La Rue Plaetis, n°3 A. Dénomination et adresse du monument en site protégé Le batiment du 3, rue Plaetis se situe dans les faubourgs du quartier Grund du territoire Est de la Ville. La rue Plaetis longe la riviere Alzette en contrebas de la rue Sosthene Wei s. B. Mesure et justification de protection du monument en site protégé Le batiment du·3, rue Plaetis est protégé dans le cadre du secteur protégé des vallées de la Pétrusse, de I'Aizette et du promonto i re du Rham depuis la mise en vigueur de l'article C5 et ses conditions spéciales du reglement sur les batisses de la Ville en 1994. Des conditions spéciales sur les fa~ades, les • toitures, les menuiseries, les enseignes, les stores, les antennes et les espaces libres dans le secteur protégé précité, sont édictées. Le monument est inscrita l'inventaire supplémentaire depuis 1989. C. Historique et description du monument en site protégé Le batiment du 3, rue Plaetis a été construit dans niveaux posés sur une cave a demi -enterrée et sur - montés d'une haute toiture d'ardoises a quatre pans et a triple rangée d'ouvertures. Les arrieres de la maison donnent directement sur la riviere Alzette. La rue Plaetia est petite rue étroite qui donne sur un cul-de-sac formant une place qui fait l'objet d'un projet communal d'aménagement. Les baies optent pour un bel encadrement de pierre avec un linteau en are surbaissé. Un escalier a une volée droite marque l'entrée de la maison. D. Aire directe de protection L'aire directe de protecti«>n (dessinée en rouge) du batiment du 3, rue Plaetis concerne la chaussée sans trottoirs de la rue Plaetis sur une distance de 50m environ de part et d'autre du monument, le haut mur de soutenement en béton avec ses ter - rasses engazonnées et les arrieres des propriétés qui jouxtent le monument en site protégé. E. Aire intermédiaire de protection L'aire intermédiaire de protection (dessinée en orange) du batiment du 3, rue Plaetis, se limite a une parles années 1750. C'est une maison d'habitation de tie de I'Aizette proprement dite et aux terrains et aux typologie de maison de ma 'i tre , inscrite de nos jours dans un ordre continu. En tant que maison de maltre, elle est une particularité dans les faubourgs du Grund mais reflete parfaitement le style local bourgeois de la Ville avec sa fa~ade sur rue a trois constructions qui bordent cette partie de la riviere. Une partie de la rue Sosthene Weis et les talus qui la surplombent limitent a I'Ouest l'aire intermédiaire. 100 LES MON UM ENTS ET LEU RS AB OR DS, ENTRE CD NS ERVAT I ON ET D ÉVELOPPEMENT F. Aire limite de protection L'aire limite de protection (dessinée en jaune) du batiment du 3, rue Plaetis concerne l''ilot formé par la rue Munster (dont le pont dit Munster) et la rue dite Montée du Grund. La limite Nord est marquée par les abords de la derniere construction de la rue Plaetis. G. Perspectivas Les perspectives qui sont de réglementer ces aires de protection visent : 1. a définir dans l'aire directe, les matériaux, les for - mes et les plantations a employer en cas de travaux de superstructures (y compris les murs de soutenement existants) voire d'infrastructures. 2. a limiter dans l'aire intermédiaire, certains gabarits de hauteur, types de matériaux, ajouts architecturaux du type balcons en porte-a-faux ou mob i lier urbain ou aménagements extérieurs non conformes a l'aire directe. 3. a prescrire dans l'aire limite, certaines recommandations d'intégration paysagere telles que le choix de certaines couleurs de matériaux ou de calpinage des trottoirs. H. Contexte et développement L'article C5 du reglement communa l et ses conditions spéciales fixent les regles sur le secteur pro - tégé des vallées de la Pétrusse, de I'Aizette et du promontoire du Rham. Néanmoins, de nombreux détails dans l'espace public concernant les abords du monument ne concordent pas avec le caractere historique des faubourgs du Grund. Ainsi, la sauvegarde et le développement des abords du batiment du 3, rue Plaetis ne pourront se réaliser que par la création de ces aires de protection. Luxembourg N ~ _o _____________________ 100m Aires de protection 1. Aire directe (rouge) 2. Aire intermédiaire (orange) 3. Aire limite (jaune) ~~ Cóne étendu de visibilité lmmeuble, ouvrage de grande hauteur . ·e ·· ·¡¡; : :e Q) : '§ f.~ Perspectiva lmmeuble, ouvrage de grande hauteur (>25m) COUPE SCHEMATIQUE Espace souterrain LES MONUMENTS E.T LEU RS ABO RD S, ENT RE CONSE R VA TI DN ET DÉ VE LO PPEMEN T 101 8. la Maison Robert Schuman A. Dénomination et adresse du monument en site protégé La maison natale ou vécut Robert Schuman (18861963) se situe dans la rue Jules Wilhelm en surnommait d'ailleurs du temps de R. Schuman, «Pare Mansfeld». La maison, qui est une maison de maltre a caractere isolé, était louée a la famille Schuman. Elle avait été construite en 1872-1873 plomb des maisons du faubourg de Clausen dans pour l'avocat Feyden qui la revendit au professeur le territoire Est de la Ville. Elle se situe en contreJules Wilhlem. La maison appartient désormais a bas du plateau du Kirchberg a proximité de la Tour I'Etat et abrite le « Centre d'études et de recherMalakoff et du Fort Thüngen (Trois glands). ches européennes Robert Schuman ». B. Mesure et justification de protection du monument en site protégé La maison dite Robert Schuman est protégée dans le cadre du secteur protégé des vallées de la Pétrusse, de I'Aizette et du promontoire du Rham depuis la mise en vigueur de l'article C5 et ses conditions spéciales du reglement sur les batisses de la Ville en 1994. Des conditions spéciales sur les far;:ades, les toitures, les menuiseries, les enseignes, les stores, les antennes et les espaces libres dans le secteur protégé précité, sont édictées. C. Historique et description du monument en site protégé La maison ou vécut Robert Schuman, se situe dans un ancien quartier de maralchers et de brasseurs de biere avec des vestiges de l'époque du Comte de Mansfeld (1517-1604), gouverneur du Duché de Luxembourg, qui y construisit son chateau aujourd'hui disparu. La rue Jules Wilhlem se D. Aire di recte de protection L'aire directe de protection (dessinée en rouge) de la maison dite Robert Schuman concerne une partie de la chaussée de la rue J. Wilhlem, les limites de propriété de la maison ainsi qu'une partie du mur de soutenement et ses talus boisés qui bor - dent la rue. Les far;:ades et les toitures des mai - sons, situées a proximité de la rue Malakoff, sont comprises dans l'aire. E. Aire intermédiaire de protection L'aire intermédiaire de protection (dessinée en orange) de la maison dite Robert Schuman concerne les premiers batiments visibles en contrebas du jardin de la maison ainsi que les premiers talus boisés qui la surplombent. F. Aire limite de protection L'aire limite de protection (dessinée en jaune) de la maison dite Robert Schuman concerne les abords 10 2 LES MONUMENTS ET LEURS ABOROS , ENTRE CONSERVATION ET OÉVELOPPEMENT de la rue J. Wilhelm qui mene au Fort Thüngen et les alentours de l'église de Clausen. G. Perspectivas Les perspectives qui sont de réglementer ces aires de protection visent : 1. a définir dans l'aire directe, les matériaux, les formes et les plantations a employer en cas de travaux de superstructures (y compris les murs de soutenement existants) voire d'infrastructures. 2. a limiter dans l'aire intermédiaire, certains gabarits de hauteur, types de matériaux, ajouts architecturaux ou aménagements extérieurs non conformes a l'aire directe 3. a prescrire dans l'aire limite, certaines recommandations d'intégration paysagere telles que le choix des plantations ou certains types de matériaux de construction ou de calpinage des trottoirs, principalement en toiture. Des prescriptions d'intégration peuvent etre dictées sur certains batiments lointains, inscrits dans les cónes de visibilité. H. Contexte et développement L'article C5 du reglement communal et ses conditions spéciales fixent les regles sur le secteur protégé des vallées de la Pétrusse, de I'Aizette et du promontoire du Rham. Néanmoins, de nombreux détails (signalisation, mobilier urbain, .... ) dans l'espace public concernant les abords du monument ne concordent pas avec le caractere historique du quartier Clausen. Ainsi, la sauvegarde et le développement des abords de la maison Robert Schuman ne pourront se réaliser que par la création de ces aires de protection. Luxembourg N 100m -------- lmmeuble , ouvrage de grande hauteur Aires de protection 1. Aire directe (rouge) 2. Aire intermédiaire (orange) 3. Aire limite (jaune) Cóne étendu de visibilité Perspective lmmeuble, ouvrage de grande hauteur (>25m) COUPE SCHEMATIQUE . Es pace .aéri. en .. Monum ent protégé Espace souterrain .:: o/ ~ / te 259,5 -Maison R. ScHuman • Eglise Ste C ~ nigonde o CLAUSEN LES MONUMENTS ET LEURS ABOROS , ENTRE CONSERVATION ET OEVELOPPEMENT 103 C oopar cn -R U (Jean de Sa ll e. Mar c Go s sé . lvan Prt en ¡ak. ve Robert . Gr an ru s epp e o meone l. Présentation générale de la ville de Mons Depuis le XIXe siecle, en tant que chef -lieu de la mise a l'écart de la ville de l'axe ferroviaire TGV Pr ovince du Hainaut, Mons est une ville qui ParisBruxelles, alors qu'anciennement, elle conserve un role important tant en termes représentait une gare importante sur cette liaiadministratifs, économiques que culturels . A ce son. Toutefois, implantée sur un axe routier titr e, elle offre des équipements d'envergure conduisant a Laon, Mons occupe encare une ré gionale , tels que le Conservatoire royal, les place stratégique sur le réseau autoroutier uni versités et le Palais de Justice. En outre, la européen, et représente un maillon attractif pr ésence du SHAPE, représentant une commudans le cadre du contournement de la région naut é d'environ 1100 personnes de 42 nationaparisienne. En ce qui concerne les voies lit és différentes, confere a la ville un ancrage hydrauliques, Mons sera prochainement une int ernational dans le systeme de défense euroétape sur un axe navigable EstOuest mis au péen. La position frontaliere de Mons, dans une gabarit européen, permettant le passage de zone de forte densité des agglomérations urbaibateaux d'un tonnage de 1350 tonnes. nes luí ouvre de plus l'acces a un réseau de Située aux portes du Borinage, région autrefois vi lles susceptibles de constituer le cadre régiofortement industrialisée mais aujourd'hui en nal transfrontalier d' une conurbation Mons - déclin, Mons forme avec celui-ci une conurbaBorinage. Ce bilan est néanmoins terni par la tion constituant une agglomération avoisinant LES MONU MENTS El LEURS ABORDS , ENTRE CDNSERVATION fT D ÉVE LOPPEMENT 111 les 200.000 habitants. Ce contexte, offrant a Mons et a sa région des réelles opportunités de développement a travers la reconversion d'anciennes friches industrielles (p.ex. l'ancien charbonnage du Crachet, transformé en Pare d'aventures scientifiques), imprime néanmoins a la ville une image encere chargée de connotations négatives. Ville d'art au sein d'un paysage post-industrie!, Mons possede de réelles potentialités touris11. contexte historique Occupé par une petite bourgade des l'époque romaine, le site de Mons ne vit surgir une véritable agglomération qu'a partir du Vlle siecle, suite a l'installation d'un monastere par sainte Waudru. Au IXe siecle, le comte de Mons, puis du Hainaut implanta un donjon et un chiheau au sommet de la butte qui domine aujourd'hui la ville. Celle-ci fut rapidement ceinturée par une premiere muraille au Xe ou Xle siecle. Mais ce n'est qu 'au Xlle siecle que l'on vit surgir une véritable enceinte , entourant un bourg qui, entre-temps, s'était considérablement étendu. Au cours des Xlle et Xllle siecles, la ville, s'étant organisée en commune, se développa progressivement autour des axes du plan radial qui, du tiques, encere insuffisamment exploitées. Outre plusieurs monuments de grande valeur (Collégiale Sainte-Waudru, Grand-Piace et Beffroi), la ville se caractérise par un centre historique au tissu patrimonial particulierement bien préservé. Celui-ci accueille également plusieurs événements culturels d'importance nationale, comme le Festival du Film d'Amour, et le cortege folklorique de la Ducasse. De plus, les bas de la colline , convergeaient vers un vaste replat a mi-hauteur. C'est ici que naquit le marché de la ville, aujourd'hui une remarquable grandplace ou se distinguent notamment l'architecture gothique de l'hótel de ville, ainsi que nombre d'édifices privés ou publics de grande valeur. Une nouvelle enceinte érigée a la fin du Xllle siecle, beaucoup plus vaste (quatre kilometres de développement), déterminera pendant longtemps le développement urbanistique de Mons . L'on accédait a la ville par six portes, dont deux contrólaient le passage de la Trouille . Par cet affluent de la Haine, Mons était reliée a I'Escaut, qui était une voie de communication d' une importance primordiale. Ce sont ses rives d'ailleurs, ainsi que les 112 LES MONUMENTS ET LEURS ABOROS , ENT RE CONS E RVATION ET OÉVELOPPEMENT environs de Mons offrent des sites touristiques et culturels ambitionnant a un róle international, tels que le musée des Arts Contemporains du Grand-Hornu, et le site archéologique de Spiennes, récemment inscrit sur la Liste du Patrimoine Mondial de I'Unesco et qui fera l'objet prochainement d'une mise en valeur muséale environs du marché, qui accueilleront la plu - part des activités économiques de la ville . Mons acquit une importance croissante, partageant rapidement le controle du Hainaut avec Valenciennes. Centre administratif et siege de la justice échevinale, elle devint également celui de la cour comtale et du conseil, ensuite de la Cour souveraine et des Etats-Généraux du Hainaut, inaugurant ainsi sa vocation juridique qui se poursuit encere aujourd'hui. Mais c'est avant tout sa fonction militaire qui marqua son développement au cours des siecles suivants . Place forte du comté, elle vit les ouvrages militaires se multiplier au cours des XVe, XVIe et XVIIe siecles sous les régimes bourguignon, espagnol et surtout pendant l'occupation fran~aise . - Ce role défensif freina pendant longtemps l'expansion démographique et économique de l'agglomération, qui resta cantonnée a l'intér ieur des remparts. C'est durant la premiere moitié du XVIIIe siecle que la ville de Mons acquit sa physionomie actuelle , notamment lors des travaux de reconstruction entrepris par Vauban apres les destructions occasionnées par le siege de Louis XIV en 1691. Aux XVIIIe et XIXe siecles, les travaux de fortifiAu cours du XIXe siecle, sans participer réellement a l'industrialisation croissante de la région, Mons se concentra avant tout sur des activités commerciales, administratives et judiciaires. Elle devint également un important póle culture!. Ce n'est qu'apres le démantelement définitif de toutes ses fortifications entre 1861 et 1864 que Mons pourra véritablement entamer l'urbanisation de ses faubourgs, avec la création de boulevards a la place des enceintes, et cation se poursuivirent sous le régime autriun meilleur accés au centre. chien et hollandais. Une nouvelle enceinte, Malgré de lourds dégats dus aux bombardeempiétant largement sur la campagne, fut ériments de la seconde guerre mondiale, Mons gée entre 1815 et 1820, rempla9ant l'ancienne prend un nouvel élan, entre autres avec la fonmuraille médiévale devenue obsolete. dation des Facultés universitaires en 1965. Mons Depuis 1971, les anciennes communes envirannantes telles Cuesmes, Nimy, Hyon, Obourg et Ghlin composent le « Grand Mons ». Aujourd'hui, Mons compte parmi les plus belles villes de Wallonie, ayant conservé un centre historique caractérisé par un patrimoine artistique et architectural de premier plan et d'une remar - quable densité. Ces qualités font de Mons une cité d'art a forte vocation touristique et ont justifié son choix comme cas d'étude. L ES MONUMENTS ET LEUAS ABOAOS , ENTRE CONSE RVATION ET DEVELOPPEMENT 113 111. contexte législatif En Région wallonne, la protection des édifices dre des travaux « sauf lorsqu'ils ne modifient ni et sites historiques est régie depuis 1984 par le l'aspect extérieur ou intérieur du bien, ni ses Code Wallon de I'Aménagement du Territoire et matériaux, ni les caractéristiques qui ont justifié de /'Urbanisme (CWATUP). Cet outil global de les mesures de protection ». Pour tous travaux se gestion du territoire régional intervient sur le rapportant a des biens immobiliers inscrits sur la territoire montois en complémentarité avec les liste de sauvegarde, inscrits au classement ou reglements communaux d'urbanisme , qui assu-encare situés dans une zone de protection, !'avis rent la gestion des questions urbanistiques au de la Commission royale des monuments, sites niveau local. et fouilles de la Région wallonne est sollicité préles mesures de protection dont ils font l'objet ». En matiere de patrimoine immobilier et de alablement a l'octroi du permis. Voici esquissé le cadre légal dans lequel peusites, le CWATUP prévoit deux mesures de provent -ce n'est pas une obligation -etre drestection : la liste de sauvegarde et le classement. L'établissement de zones de protection sées des aires de protection autour des biens La liste de sauvegarde est une mesure de proL'article 364 du CWATUP précise que « l'arreté classés en Région wallonne . 11 est intéressant tection censée intervenir a titre temporaire, afin inscrivant un bien immobilier sur la liste de sau-de se pencher sur la notion de « conservation de sauver un bien menacé, dans l' attente de sa vegarde ou l'arreté de classement d'un bien intégrée », pivot de cette disposition. Le CWAprotection définitive ou d'autres dispositions immobilier peut établir autour du bien concerné TUP en effet définit cette notion comme assurant sa sauvegarde. Les biens immobiliers une zone de protection dont il fixe les limites ». 1' « ensemble des mesures visant a assurer la sont inscrits sur la liste de sauvegarde pour une Par zone de protection, l'on doit entendre dans pérennité du patrimoine immobilier , son main - période de douze mois prenant cours a la date cecas (art. 345, 9°) « la zone établie autour d'un tien dans le cadre d'un environnement appro - de l'inscription . bien immobilier inscrit sur la liste de sauvegar -prié, bati ou naturel , son affectation et son La liste de sauvegarde assure au bien un niveau de ou classé et délimitée par un périmetre fixé adaptation aux besoins de la société » (art. 345, de protection équivalent a celui du classement, en fonction des exigences de mise en valeur et 8o ). Cette définition reflete l' approche dévelop - mesure qui , elle, protege durablement le bien de la conservation intégrée de ce bien ». pée au cou rs de cette étude européenne , historique. A l' article 365, enfin , le Code indique que vi sant a prendre en compte , dans un esprit d'éLe propriétaire d'un bien immobilier inscrit sur la « L'Exécutif arrete le graphisme , les dimensions traite complémentarité et non de conflit , les liste de sauvegarde ou classé est, d'une part, tenu et l'emplacement des sigles et des panneaux exigences de la sauvegarde du patrimoine et de le maintenir en bon état par des travaux de placés sur les biens immobiliers classés, ou aux celles du développement harmonieux du conservation. D'autre part, il ne peut y entreprenabords de ceux-ci, en vue d' attirer l'attention sur cadre urbain ou rural. 114 LES MONUMENTS El fURS ABORDS . ENTRE CO NSERVAT I ON El OÉVE L OPPEMEN T LEGENDE - - - 1. BEFFROI BAtiment classé Sita classé Zona de détail Zona d'ansambla Zone d'env i ronnamant Visions privilégiées 2. ENTREE dans la ville 1 3. ENTREE dans la ville 11 4. GRANO PLACE 5. PLACE DU PARC 6. COLLEGIALE STE - WAUDRU 7. REMPARTS B. NOEUDS DE LA VILLE a. Bitiments classés ¡\ l'encontre de 2 rues b. Bitiments classés formant le démarrage d'une rue courbe c. Bitimenls classés forman! angle rentrant d. Bitimenls classés au croisement de deux rues Mons LES M ON UM ENTS ET LEU RS AB OR OS, EN TR E CONSE R VA TI ON ET OÉVEL OPPEM E NT 115 IV. études de cas situés a l'extérieur de la ville 1. La ville historique A. Dénomination et adresse du bien Le centre historique de Mons B. Mesures et justification de protection du bien E. Zone d'ensemble La zone d'ensemble couvre grosso modo les faubourgs qui environnent le centre historique. Cette zone orange ceinture la plaine présente autour de Mons. Ce centre historique ne fait pas l'objet de mesure F. Zone d'environnement de protection de type «classement» en tant que La zone d'environnement a été conventionnellemonument historique. ment réduite a quelques perspectives parmi les C. Historique et description du bien La ville historique de Mons a été considérée comme une entité monumentale en soi. Centre ancien remarquable et tres homogene, la ville occupe un léger promontoire , situation donnant a Mons une place privilégiée dans le paysage. La silhouette urbaine de la ville demeure encare proche de celle de la cité médiévale. D. Zone de détail plus significatives sur Mons. Le relevé de la carte n'est pas exhaustif. D'autre part, la carte reprend (lignes vertes poin - tillées) la limite approximative de l'inscription du beffroi dans le paysage, monument symbolique de la ville. Est ainsi indiquée , la limite d'extension maximale de la zone d'environnement . G. Perspectives (voir zone d'environnement) La zone de détail (en rouge) est considérée sans H. Contexte et développement objet. Seule la superficie de la ville ancienne intra-Capitale culturelle de Wallonie, la ville de Mons muros a été conventionnellement considérée occupe une place privilégiée en tant que ville d'art, comme la zone rouge, étant donné qu'aux yeux de surtout par sa cohérence urbanistique générale et la législation de la Rég ion wallonne, ce centre ses monuments. ancien ne peut pas etre considéré comme un monument a part entiere. 1 16 LES MONUMENTS ET LEURS ABOROS , ENTRE CONSERVATION El OÉVELOPPEMENT • D - - LEGENDE Be ffro i U mite de la ville hi storique Zone de détail Zone de développement Zone d' environnement Umite approximative d 'i nscript i on de la ville de Mons dans le paysage Autoroute Chem in de ter Perspectiva significat i va 500 Mons 500 1000 1500 2000 2500 SOOOm .' 1 " LES MONUMENTS ET LEU RS ABOROS , ENTRE CONSERVATI ON ET O ÉVEL OPP E ME NT 117 2. Le Grand Large A. Dénomination et adresse du bien Le Grand Large B. Mesures et justification de protection du bien Ce site n'est pas classé. 11 ne fait l'objet d'aucune forme de protection. C. Historique et description du bien Ce site n'est pas classé. 11 atteste surtout de valeurs récréatives et dans une moindre mesure écologiques. 11 offre une tres belle vue sur la ville de Mons. Remarques sur les points A.B.C. Ce site a été choisi en fonction de la qualité des vues qu'il offre sur la vieille ville de Mons. D. Zone de détail La zone de détail (zone rouge) a été considérée sans objet. E. Zone d'ensemble La zone d'ensemble (zone orange) a été considérée sans objet étant donné la nature du site. Cependant, elle a été remplacée par une zone de développement étant donné le fort potentiel récréatif du site actuellement sous exploité. F. Zone d'environnement La zone d'environnement recouvre un couloir visuel calculé sur la largeur du Grand large en direction de la ville de Mons. Ce couloir se cloture conceptuellement sur la ligne de crete de la ville de Mons. G. Perspectives (voir zone d'environnement) H. Contexte et développement Zone récréative en bordure de la ville, le Grand Large représente un plan d'eau idéal pour les loisirs. De ce point de vue, le site est sousexploité et souffre d'un environnement immédiat parfois en friches, qui devrait faire l' objet de mesures d'embellissement et de développement. 11 8 LES MONUMENTS ET LEURS ABORDS . ENTRE CONSERVAT I DN ET OtVE L OPPEMEN T • LEGENDE Beffroi Plan d' eau Zone de développement Zone d'environnement Perspective vers la ville Silhouette de la ville Mons LES MONUMENTS ET LEURS ABOR OS, ENTRE CONSERVATION ET OÉVEL O PPEMENT 119 V. études de cas situés a l'intérieur de la villle 6. Le Beffroi. A. Dénomination et adresse du bien Le Beffroi B. Mesures et justification de protection du bien Les beffrois de Belgiquedont celui de Monsont été inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de I'UNESCO. C. Historique et description du bien Monument phare de la ville de Mons, le beffroi est le point culminant de la ville. 11 symbolise l'indépendance de la ville au sein d'une société tiraillée entre d'une part le féodalisme et d'autre part une nouvelle vie urbaine marchande qui joua un róle essentiel dans le développement de I'Europe a la fin du Moyen Age. D. Zone de détail La zone de détail (en rouge) marque le pourtour du beffroi en prenant en compte les habitations qui lui font face, la parcelle de l'auberge de jeunesse et les murs de soutenement. A l'arriere du beffroi, l'absence de zone rouge s' explique par le fait que la butte du chateau comtal est classée comme site (zone en vert sur la carte) et qu'il y a d'autres constructions non indiquées qui sont classées comme monument sur cette butte. E. Zone d'ensemble La zone d'ensemble (en orange) prolonge la zone rouge en suivant globalement l'axe des rues pro - ches du beffroi. F. Zone d'environnement Le beffroi est le monument de Mons le plus visible dans le paysage. Son emprise visuelle est énorme (voir carte de Mons, ville historique). 11 a done été décidé conventionnellement de ne pas considérer comme zone d' environnement la limite d'inscription maximale du beffroi dans le paysage, mais d'adopter une position plus «réaliste» en se concentrant seulement sur deux axes parmi les plus important culturellement pour la ville : axe beffroi -Sainte Waudru et axe beffroi -GrandPiace. La zone d'environnement (en jaune) couvre done l'aire de visibilité du beffroi depuis la GrandPiace et Sainte Waudru. G. perspectivas (voir zone d'environnement) H. Contexte et développement Le beffroi se retrouve aujourd'hui entouré de parcelles. Certaines font l'objet de transformations , comme celle, a I'Ouest, recevant depuis peu une auberge de jeunesse construite dans un «style» contemporain. 126 LES MONUMENTS ET LEURS ABOROS . ENTRE CONSERVATION ET OEVE L OPPEMEN T .. ---7 LEGENDE Batiment classé Site classé Zone de détail Zone d'ensemble Zone d' environnement Vi sions privilégiées Mons LES MONUMENTS ET LEURS ABORDS . ENTRE CONSERVATION ET DEV ELOPPEMENT 127 7. et 8. Deux entrées de ville A. Dénomination et adresse du bien Exemples de deux rues bordées de monuments classés et reliant les faubourgs a la Grand-Piace : avenue Victor Maistriau et ruede Nimy. B. Mesures et justification de protection du bien Ces deux rues ne possedent pas de statut particulier de protection. C. Historique et description du bien Arteres importantes du centre historique, ces deux rues ont été choisies pour leur valeur patrimoniale étant donné qu'elles sont bordées par de nombreux batiments classés (figurant en bleu sur les cartes) et qu'elles représentent deux cas intéressants de jonction entre le cceur historique (la Grand-Piace) et les faubourgs (au-dela des boulevards périphériques). En outre, d'un point de vue typologique, elles incitent a réfléchir sur le concept de rue comme ensemble patrimonial global. Remarques sur les points A.B.C. En ce qui concerne la définition des aires de protection des deux arteres étudiées, ce sont les rues, considérées comme monument en soi, qui fondent les zones de détail, d'ensemble et d'environnement. C'est a partir des. rues que les aires ont été délimitées. Par conséquent, les zones définies ne doivent pas etre confondues avec celles qui devraient assurer la protection de chacun des monuments bordant la rue. C'est pourquoi, par exemple, l'église de la ruede Nimy n'est pas ceinturée de rouge. D. Zone de détail La zone de détail ceinture les batiments classés. Étant donné la concentration de certains monuments (ruede Nimy), la zone de détail se développe de maniere globale en couvrant une vaste zone urbaine axée sur la rue, afin de contróler la qualité de la perception patrimoniale depuis différents endroits de la rue. E. Zone d'ensemble La zone d'ensemble (en orange sur la carte) considere une large épaisseur du tissu urbain en prenant en compte toute la profondeur des parcelles bordant de part et d'autre la rue, afin de contróler les éventuelles modifications de gabarit. F. Zone d'environnement La zone d'environnement (en jaune sur la carte) souligne les perspectives induites par les rues. Dans cecas, seule l'assise de la rue a été prise en compte pour contróler et garantir si nécessaire la qualité des vues. 128 L ES MONUMENTS ET LEURS ABORDS , EN T RE CO N SERVA TI ON ET DÉVElOPPEME NT G. perspectivas Considérées en tant que cheminement, ces deux rues offrent de nombreuses perspectives (lignes vertes sur les cartes.) Elles sont d'abord axiales, vers la Grand-Piace et le beffroi, mais aussi en sens inverse vers l'extérieur de la ville, puisque le promeneur peut apercevoir le paysage naturel environnant Mons. Ensuite, les deux rues se caractérisent par des perspectives latérales (induites par les croisements de rues) vers d'autres monuments de la ville. Enfin, ci et la des échappées permettent des vues pittoresques sur la ville. H. Contexte et développement Ces deux rues du centre historiques attestent d'une remarquable homogénéité architecturale. Certains tronvons sont piétonniers. Les rues conduisent au centre historique tres animé de la cité (commerce, service public, logement, lieu de culte, ... ). Des pistes cyclables ont été aménagées (ruede Nimy). 11 ne semble pas y avoir de probleme de développement particulier. LEGENDE Batiment classé - Zone de détail Zone d'ensemble Zone d'environnement ---¿ Visions privilégiées 1 Mons L ES MONUMENTS ET LEURS A 8 ORO S, E N T RE CO N SERVA T 1 O N E T O É V EL O P PE M E N T 129 9. La Grand-Piace A. Dénomination et adresse du bien Grand-Piace B. Mesures et justification de protection du bien Bien que la majorité des édifices bordant la Grand-Piace ait été classée individuellement comme monument, celle-ci ne bénéficie pas d'un classement d'ensemble. 11 est a remarquer que l'assise de la Grand-Piace n'est pas classée. C. Historique et description du bien Comptant parmi les plus belles places de la Belgique, la Grand-Piace de Mons est bordée par E. Zone d'ensemble La zone d'ensemble (en orange) prolonge les principales perspectives en prenant en compte toute la « corbeille » de la rue (limite faí'tiere, élévation des far;ades et assise de la rue). F. Zone d'environnement La zone d'environnement (en jaune) protége quelques perspectives éloignées significatives. Seule l'assise de la rue est prise en compte. En outre, un systeme de limites altimétriques de protection visuelle a été mis en place, afin de contróler l'empr ise visuelle de construction indé- < sirable sur l'horizon urbain, tel qu'il peut etre de nombreux batiments exceptionnels dont l'hótel de ville de style gothique. Remarques sur les points A.B.C. Seuls les batiments qui flanquent la Grand-Piace sont classés et l'assise meme de la place n'est pas protégée. D. Zone de détail La zone de détail (en rouge) recouvre la surface meme de la place (non protégée par le classement). Les dégagements proches, les plus significatifs par les vues qu'ils offrent sur la place, ont ·aussi été pris en compte. C'est la qualité de ces dégagements qui conditionne la perception de la Grand-Piace depuis les abords immédiats. appréhendé depuis la place. Ce systeme est calqué sur une méthode identique appliquée a Paris. Des perspectives remarquables entre la place et le beffroi ont été relevées. G. Perspectivas 11 faut souligner la présence de perspectives depuis la Grand-Piace vers le beffroi. H. Contexte et développement Centre de la vie montoise, la Grand-Piace est le lieu de convergence des touristes et des habitants attirés par les restaurants, le marché et les autres anima- ~ tions folkloriques (Doudou) se déroulant sur ce site. 130 LES MON U MENTS ET LEURS A B O RO S, ENT RE CONSE R VAT I ON ET OÉVELO PPEM E NT LEGENDE Batiment classé Zone de détail Zone d'ensemble Zone d' environnement Visi ons privilégiées Lim i te altimétr i que de protect i on vi sue ll e des vues depuis la Gr and Pl ace (alt i métrie théor i que) Mons LES MONUMENTS ET lE U RS AB OR OS, EN TR E CONSERVATI ON ET OÉVELOPPEMENT 131 10. La Place du Pare A. Dénomination et adresse du bien La place du Pare B. Me sur es et justifi ca tion de prot ec tion du bien La place du Pare est classée comme site par la Région wallonne depuis le 26/07/77. Le classement comprend les trottoirs jusqu'au pied des fagades ainsi que la rue des Fillettes. De nombreux édifices bordant la place sont, de plus, classés comme monuments. C. Historique et de scri ption du bien La place du Pare, de forme pentagonale, a été créée au début du XIXe siecle. Elle est entourée de belles demeures baties au XVIIIe et XIXe siecles, ainsi que d'édifices religieux tels que l'ancien couvent des Visitandines, compasé lui-meme d'une belle chapelle baroque batie au début du XVIIIe siecle. Remarques sur l es points A.B.C. Signalons la présence d'une fontaine classée au Sud de la place. D. Zone de détail Le príncipe régissant la délimitation de la zone de détail consiste a ceinturer la place par une aire de protection sur la profondeur d: une parcelle, lorsque les batiments attestent d'une qualité patrimoniale significative. La ou les batiments sont d'un intéret moindre, les bords de la place ont été pris en compte par la zone d'ensemble. E. Zone d'ensemble La zone d'ensemble ceinture la zone de détail en couvrant toute la profondeur des í'lots bordant la place. L'assise de certaines rues a été prise en compte par la zone d'ensemble. F. Zone d'environnement La zone d'environnement prenden compte les perspectives offertes depuis les rues conduisant a la place vers cette derniere. Dans certains cas, ont également été considérées les vues depuis la place, a travers les dégagements offerts par les rues, vers d'autres parties du tissu urbain historique. G. perspectivas (Voir zone d'environnement) H. Contexte et développement Malgré sa position légerement décentrée dans la vil le, la place du Pare continue de jouer son róle de principal espace vert, ainsi que de lieu de rencontre et de convivialité. Les édifices qui l'entourent sont affectés soit comme habitations, soit comme sieges d'institutions et d'entreprises. 1~2 LE S M O N U M E N T S E T E U A S A B O A O S E N T A E C O N S E A V A T 1 O N E T O E V E LO P P E M E N T .. LEGENDE Batiment classé Sí teclassé Espace vert cfassé Zone de détail Zone d'ensemble Zone d'environnement V is ions privilégiées Mons l E S M O N U M E N T S E T lE U R S A B O R O S , E N T R E C O N S E R V A T 1 O N E T O E V E l O P P E M E N T 133 11. La Collégiale Sainte-Waudru, Place du Chapitre a Mons A. Dénomination et adresse du bien Collégiale Sainte-Waudru, Place du Chapitre a Mons. B. Mesures et justification de protection du bien Monument classé depuis le 15-01-1936. Repris sur la liste du «Patrimoine exceptionnel» am3tée par le gouvernement wallon le 8-06-1993. Le classement se justifie par les valeurs artistiques, archéologiques et historiques de l'édifice. C. Historique et description du bien Édifice majeur du patrimoine de la Belgique (deux étoiles dans le guide Michelín Vert), la collégiale a été construite en style gothique brabangon entre 1450 et 1686 (architecte Mathieu de Layens). L'intérieur conserve les éléments d'un ancien jubé dans le style de la Renaissance réalisé par J. Du Brreucq. D. Zone de détail La zone de détail ceinture le monument afín de pouvoir contróler les abords immédiats et notamment les fagades des batiments environnant la collégiale. Le pare en contrebas de la collégiale fait partie de la zone. 11 forme une sorte de grand parvis et offre un dégagement «pittoresque» vers le monument. Ouelques dégagements ont également été pris en considération. E. Zone d'ensemble La zone d'ensemble (en orange) prolonge les axes de la zone de détail en suivant les rues concernées. Elle prend aussi en compte quelques dégagements. F. Zone d'environnement La zone d' environnement recouvre seulement quelques perspectives formées par certaines rues, afín de préserver les vues de loin les plus signifi - catives sur la collégiale depuis la ville. G. perspectivas (Voir zone d' environnement) H. Contexte et développement Monument «phare» de la ville de Mons, la collégiale est au centre de la vie religieuse de la ville. Elle est également liée a certaines processions et il abrite un petit musée. Ses abords accueillent quelques restaurants. 1 34 LES MONUMENTS ET LEURS ABOROS . ENTRE CONSERVATION El OÉVELOPPEMENT .. .. LEGENDE Batimen t cl assé Site cl assé Zone de détail Zone d' ensemb le Zone d' env i ronnement Mons LES MONUMEN TS ET LEURS ABOROS . ENTRE CONSERVAT I ON ET O EV EL OPPEMENT 135 Ins titu to Un1vers 1 tario de Ur bamst1ca , Unívers 1 dad de Valladolid ( Juan L ws de las Ri v as Sanz . Gr egon o Vazquez J uste !) Avec la collaboration de M. C ésar Mayor L opez l. lntroduction a Valladolid. Vue panoramique territoriale. 1. Valladolid, capitale régionale de Castille et Léon une superficie d'environ 94 .ooo Km 2• La densité tion supérieure a 10.000 habitants, ont dans Au cours des dernieres décades, Valladolid est moyenne dans cette région est done de 25 !'ensemble vu leur population augmenter. devenue le plus grand noyau régional , ce qui, hab./km 2, largement en-dessous de la moyenne La position stratégique de Valladolid au ajouté a son importance historique et asa posinationale qui est de 78,1 hab/km 2 Castille-León confluent de diverses voies naturelles l'a transtion qui offre de nombreux avantages, a fait de représente 6,6% de la population espagnole et formée en une ville étroitement liée aux flux cette ville la capitale de la Communauté 18,76% de son territoire. La récente évolution générés depuis les réseaux de transport, de Autonome de Castille-León, depuis 1983 apres de sa structure urbaine a été conditionnée par sorte que son expansion et sa caractérisation une période initiale ou rien n'était défini . Ainsi, un exode rural tres important qui s'est dirigé , économique ont toujours été, en grande partie, son importante base industrielle et son potenen grande partie, endehors de la région, ce qui en relation avec ceux -ci : que ce soit le Canal de tiel en tant que ville de services, associés a sa a eu pour conséquence une réduction en taille, Castille, le chemin de fer ou !'industrie automoposition géostratégique et a son importance si ce n'est pas la presque disparition, d'un bile, qui définissent simultanément la composidémographique , ont été renforcés par les bénéfigrand nombre de petites communes rurales. De tion et la configuration de ses espaces de pro - ces que lui confere son statut de capitale, faisant plus, l'exode a, simultanément , provoqué la duction . C'est la que l'on trouve !'origine du de Valladolid et de ses environs, une des régions perte de l'importance des municipalités interpotentiel économique local. Plus récemment, le les plus dynamiques de la Communauté. médiaires a caractere semiurbain , de 2_ 000 a développement progressif du secteur tertiaire , 11 ne faut pas oublier que Castille-León est une 10.000 habitants. Dans ce contexte, seules les renforcé par sa désignation en tant que capitale région de 2.405.852 habitants (1995) répartis sur municipalités a caractere urbain, d'une popularégionale, et la perspective métropolitaine LES MONUMENTS ET LEURS ABOROS , ENTRE CONSERVATION El OÉVELOPPEMENT 143 capable de générer tout un processus d'installation des activités, tant industrielles que tertiaires, aux abords immédiats de la ville, l'ont totalement transformée. Ainsi, tout d'abord, le precessus de développement du secteur tertiaire a per - mis de récupérer certains espaces intérieurs, aussi bien par le biais d'initiatives publiques que privées, augmentant ainsi la présence de ce type d'activités. On peut également constater un processus de plus en plus intense de décentralisation et de distribution des activités, notamment industrielles, mais aussi a caractene tertiaire, vers un environnement périurbain. L'apparition de phénomemes de congestion mesurés en termes de rareté ou de coüts élevés du sol a Valladolid, ainsi que des initiatives locales destinées a la création d'espaces disponibles dans les munici - palités des environs , et les dynamiques organisationnelles des entreprises visant a la segmentation et a la décentralisation des centres de production, entralnent la relocalisation des activités de production dans un certain nombre de muni - cipalités de la périphérie urbaine . 2. Valladolid et ses environs. ldentité historique et paysagere. Valladolid et ses environs se situent sur la partie centrale des plaines de la région; un petit espace de la Cuenca sédimentaire ou entrent en contact le Pisuerga et le Duero, mais aussi la Esgueva, 1' Adaja et le Cega. Nous nous trou - vons, done, face a un milieu physique et naturel peu varié, relativement simple au niveau de tous ses éléments et facteurs; tant les unités lithologiques que les structures tectoniques ou le climat dans cet espace en sont la preuve . Ce carrefour naturel de fleuves et de rivieres, également carrefour historique, offre un petit échantillon de la variété qui regne au sein de la prétendue monotonie des plaines du bassin sédimentaire de Castille, ou la topographie, le systeme hydrologique et les masses de végétation constituent les éléments les plus détermi - nants de la diversité du milieu naturel. On distingue divers éléments géomorphologiques qui peuvent etre considérés comme des unités de base du paysage: étendue déser - tique, cote, terrasse, fond de vallée et campa - gne. Les versants remplissent un role important étant donné qu'ils sont associés aux espaces de connexion entre les étendues déser - tiques, les terrasses et les lits des fleuves. 1 44 L ES MONUMENTS ET LEU AS ABOAOS , ENTRE CO NSEAVAT I ON ET DÉVEL OP PEME NT L'eau est une ressource abondante, en opposition avec d'autres zones voisines du centre de la région. L'abondance résulte de la confluence entre les fleuves et les eaux souterraines. Les ressources hydrologiques sont représentées par le dernier tronc;;on du fleuve Pisuerga ainsi que par le fleuve Duero, cours d'eau importants qui présentent divers affluents d'une certaine taille comme 1' Adaja, le Cega et I'Esgueva, out re d'autres cours d'eau moins significatifs, comme le Jaramiel ou le Hontanija . 3. Centre historique et ville. Le cas de Valladolid. A. Complexité fonctionnelle des espaces urbains traditionnels. 11 est important de préciser que dans nos villes, il existe un patrimoine infrastructurel qui a été stratifié au cours des siecles a partir de la forme premiere des rues et des places organisées autour du « centre », espace caractérisé par l'emplacement de l'activité administrative et de l'activité commerciale. Le grand dynamisme du centre historique se présente comme une unité dialectiquement cohérente avec les autres par - ties de la ville et qui, aujourd'hui, attend d'etre articulé plus efficacement par rapport a sa nou - velle dimension urbaine . Modele et lieu de la mémoire urbaine, espace résidentiel complexe , référence du patrimoine historique local, le centr e urbain est soumis a une remise en question c onstante de ses utilisations et de ses fonct i ons , liées en grande partie a l'activité commerciale . Revitaliser, redistribuer, restructurer ou rénover le patrimoine d'un centre historique exige une vi sion claire de l' identité du centre urbain. Et d emande également d'y situer des activités c ompatibles avec ses caractéristiques, qui s oient a la fois le moteur et la cause du dyna - m isme urbain. Un centre ville a caractere histo - rique dérive d'un espace urbain préexistant compasé de stratifications et de modifications qui ont eu lieu a des époques différentes . B. lmportance résidentielle du centre urbain et sa relation avec le commerce traditionne l. Si l'on analyse le centre urbain de Valladolid dans sa complexité, l'on constate qu 'il est caractérisé par le fait de : -posséder un éventail complet des utilisations d'un espace central régional, lequel présente, en plus, une grande densité du tissu bati et une considérable mix i té d'affectations en ce qui concerne les zones investies et les types de batiments ; - conserver une valeur fonciere élevée dans toutes ses parties, ce qui révele que la dégradation est physique et ponctuelle ; -etre constitué par un systeme de rues et de places ancien et inadapté a l' intensité d'utilisa - tions et a la densité du tissu bati. La destruction par remplacement et la densification ont été la cié a la fois de la vitalité du centre urbain et celle de son inefficacité fonctionnelle. Le centre de Valladolid a une valeur résidentielle et une valeur commerciale . Mais , en fait , au centre de la ville, notamment dans ce que nous appelons le centre du centre, il y a beaucoup de bureaux, parfois cachés dans des batiments résidentiels. C'est le CBD (Central Business District) le plus important de la région . Les bureaux, a partir d'une dimension déterminée , occasionnent des exigences incompatibles avec le commerce et le logement, génerent une grande densité de trafic et leurs horaires ne favorisent pas des séquences d' utilisation qui rentabilisent les infrastructures et les services disponibles. Nous envisageons que, pour la vitalité du centre urbain traditionnel , il faut garantir un seuil de résidence minimum, tout en augmentant les possibilités du commerce. Et pour cela, il faut établir des localisations alternatives et attractives pour les bureaux . Le développement Valladolid de la réhabilitation des batiments résidentiels doit etre pr ioritaire , donnant des garanties que ces batiments seront consacrés au logement. C. Les politiques de conservation, de réhabilitation et de mise en valeur a Valladolid. La complexité du tissu urbain de Valladolid - dans notre étude , nous la comparons a el Ensanche de Barcelone, pour vérifier l'insolvabilité fonctionnelle et l'inexistence d'un ratio cohérent entre la superficie du réseau routier et la densitéet sa vitalité fonctionnelle nous rapprochent d' une exigence radicale: etre prudents au niveau des actions a développer. Un tissu urbain dense est créateur de conges - tion . Que penser si dans le centre urbain de Valladolid , dans ses abords internes , nous aurions eu une densité de 300 log./ha, et un complexe de batiments institu t ionnels imperméables comprenant des cloitres, leurs jardins maralchers et des colleges privés avec des étudiants venant en grande partie de la périphérie . L'action est tout bonnement difficile, et elle l'est encare plus quand , pour se rendre d'est en ouest ou du nord au sud de la ville, il faut passer par le centre historique . Le centre historique de Valladolid n'a pas besoin d'une politique de revitalisation, mais L ES MO NUMENTS ET LEURS A BOR OS. ENTRE C ON S ER VAT IO N ET O EVEL OPPEMENT 14 5 bien d'un controle flexible, qui favorise les usages les plus importants -institutions, logement et commerce .. - et qui pénalise les autres. En prenant en considération uniquement les objectifs de la conservation du patrimoine ou de la supposée ville durable, l'on échouerait, car l'on ferait primer une vision idéale de la ville . 11 faut, au préalable, définir un profil formel, symbolique et fonctionnel du centre urbain traditionnel. A cela, l'on y intégrera les autres objectifs, dotés d'un sens concret. D. L'affrontement entre la culture conservatrice et l'horizon vital du centre historique. Dans les politiques urbaines découlant de la perspective liée a la conservation du patrimoine historique et les politiques découlant de la revitalisation économique des centres urbains, nous pouvons trouver de larges divergences, bien au-dela des objectifs partagés de mise en valeur et d'obtention de la meilleure qualité d'environnement possible. C'est ce quise passe lorsque dans le meme espace, cohabitent de maniere complexe le passé et le présent, lorsque comme dans le cas de Valladolid, peu de personnes reconnaissent que la vitalité du patrimoine, une destruction qui n'est pas volontaire en soi, mais bien la conséquence de la profonde rénovation des édifices existants dans les années 60, 70 et 80 du siecle dernier. La singularité du cas de Valladolid est l'absence presque totale d'améliorations urbanistiques. En effet, on a simplement remplacé ce qui était bati. Cela a donné lieu a une densification immense et a une surutilisation systématique des systemes publics préexistants, des places, des rues, des infrastructures, etc. Cette absence d'investissement dans la transformation de la physionomie du tissu urbain des rues et places a engendré une certaine perception ingrate de cet espace, un usage intensif de ce dernier, et une difficulté extraordinaire a corriger les dommages des lors que la conscience conservatrice était déja enracinée. S'il est vrai que les modifications n'ont pas introduit d'améliorations fonctionnelles, la conservation ne l'a pas fait davantage. Bien au contraire, elle semble s'extasier devant une image déja perdue et aspire a récupérer on ne sait pas quelle identité de Valladolid, projetée sans distinction sur tout ce qui est considéré comme centre historique . Valladolid, comme toute autre ville, est le résultat de son histoire. centre urbain, qui est un espace historique, est La mesquinerie de l'urbanisme récent a consisune conséquence directe de la destruction du té a ne pas avoir pris parti, a ne pas avoir fait 146 LES MONUME TS ET LEUAS ABOAOS . ENTRE CONSEAVAT I ON ET OEVE L OPPEMENT face au remplacement systématique tel qu'il était, et a ignorer l'accumulation d'impacts que la densification parcelle par parcelle entrainait. Cependant, tout le passé n'a pas disparu et l'ar - ret de la destruction deviendra bientót de la nostalgie. Valladolid irréel pour les uns et les autres, face a un Valladolid réel, vécu quoti - diennement par la population dans un tissu urbain impossible et vital, difficile et bruyant , espace unique de centralité urbaine et avec un impact régional. La priorité donnée au monument privilégie la perspective du visiteur, avec un développement de l'espace urbain au service de valeurs scéniques. La priorité dans l'économie locale s'enracine dans la vie quotidienne et privilégie l'efficacité fonctionnelle. Chaque « politique » est dirigée par des entités différentes et souvent les « défenseurs » de l'identité culturelle s'opposent a des améliorations fonction - nelles que les agents économiques locaux considerent « indispensables ». Nous sommes d'avis qu'une intégration d'actions a partir de leurs objectifs est possible. Mais pour la réaliser, un rapprochement plus important des particularités des espaces urbains dans chaque cas est nécessaire. Si l'on pense a Valladolid il est inconcevable facteurs -formels, fonctionnels et environnemend' assumer que la délimitation de !'ensemble tauxqui les rendent clairement homogemes; hi storique, faite par l'autor i té responsable du -la nécessité d'établir des objectifs prioritaires p atrimoine historique, signifie unité ou cohépour chacun de ces espaces en fonction de rence spatiale de ce qui est compris « a l'intéleurs caractéri stiques effectives et de leurs ri eur de » l'enceinte. Une partie de ce qui est potentialités a court terme ; dehors est aussi historique et ce qui reste a l'in - - ne pas perdre de vue que le centre urbain t érieur est absolument hétérogeme. exige un hor izon urbanistique articulé sur !'enPar conséquent, nous partons de trois príncipes: semble du systeme urbain. - la nécessité de procéder a une délimitation plus précise et cohérente des espaces urbains du centre de Valladolid , en détectant les Valladolid lES MONUMENTS ET LEU AS ABOAOS . ENTRE CONSEAVA TI ON ET OÉ VE L OPPEMENT 147 11. Approche juridique des environnements monumentaux dans le cas du centre historique de Valladolid. 1. lntroduction Nous centrons l'objet de notre étude sur les instruments législatifs en vigueur qui concernent de par leur portée le cas de Valladolid en tant qu ' exemple choisi pour la participation au projet «Sauvegarde et développement des abords des monuments et sites protégés en Europe», sans tenir compte d'autres approches comme celle de la tradition historique de la législation sur le patrimoine en Espagne ou les différentes lois urbanistiques qui se sont succédées et qui ont défini au fur et a mesure les concepts de monument, ensemble historique ou abords des monuments . Notre approche des instruments, appliquée au cas concret qui fait l' objet de notre analyse com - parative, implique d'accepter que la définition légale de certains concepts urbains et architecturaux, est, évidemment, avalisée par une évolution historique progressive de la législation, laquelle a contribué a éclaircir des concepts au sein du débat culture! contemporain par la création d'instruments et de mécanismes de réglementation juridique, de gestion et administrative . 2. Cadre juridique d' affectation A. Loi 16/1985 sur le Patrimoine historique espagnol La Législation du Patrimoine Historique en vigueur dans I'Etat (la Loi 16/1985 du 25 juin) est l'aménagement sectoriel qui est venu remplir un grand vide légal. Rappelons - nous qu'elle a actualisé la législation antérieure datant de l'an - née 1933, conformément aux droits formulés dans la Constitution Espagnole de 1978. 148 L ES MONUMENTS ET LEURS ABORDS . ENT RE. CONSERVAT I DN ET DÉVELOPPfMENT Celles-ci, dans ses articles 46 et 44, 149.1.1, et 149.2 stipule, en tant que devoirs et attributions essentiels de I' Administration de I'Etat, de garantir la conservation du Patrimoine Historique Espagnol, ainsi que de promouvoir l'enrichissement de ce dernier et de développer et de mettre sous tutelle l'acces de tous les citoyens aux biens composant le Patrimoine. Les articles de cette loi sur le Patrimoine espagnol qui concernent directement les ensembles historiques ainsi que les monuments et les abords délimités autour d'eux sont les articles du 14 au 21 y inclus. Tout au long de cette étude nous avons souligné les déterminations du texte légal qui concernent directement notre travail, c'est - a-dire, les batiments monumen - taux, les jardins et la zone archéologique compris dans !'Ensemble Historique du centre de Valladolid, déclaré B. l. C. (bien d'intéret culture!) par décret royal 1079/1978 du 15 juillet . Dans le cas du centre historique de Valladolid qui nous occupe, l'existence d'un Plan Spécial de Protection et de Réforme lntérieure pour son Ensemble Historique déclaré comme Bien d'lntéret Culture!, résoud, conformément au paragraphe précédent, la définition du cadre de r églementation, normatif et formel de la protection des biens et espaces inclus dans ledit cadre de planification . Ce Plan Spécial, conformément a la Loi du patrimoine, a été adopté par la Commission Territoriale du Patrimoine en 1996. Cette derniere , organisme dépendant du Conseil d'Education et de la Culture du Conseil de Castille-León, intervient dans la supervision et le controle des actions urbanistiques développées dans les Abords des Monuments protégés. 11 existe une ébauche d'un Projet de loi relatif au patrimoine historique de l'autonomie régionale de Castille et León qui définit les différents cas de figure des biens culturels et qui contient de nouvelles spécifications et des catégories inter - médiaires . Ce projet de loi pourrait offrir, en tant que nouvel instrument -cadre de réglementation sur le patrimoine, le cadre adéquat pour compléter les criteres d'établissement des abords des monuments et pour satisfaire quelques-unes des recommandations propo - sées dans cette étude. B. Loi 5/1999 sur I'Urbanisme de Castille et León. Les références aux monuments, aux ensembles historiques ou a leurs abords qui apparaissent dans cette législation se rapportent aux aspects qui concernent les droits de propriété -exploita - tions urbanistiquesen fonction du type d'espace urbain, ainsi que de certaines déterminations de bases et génériques pour la protection du patrimoine culture!, des Plans spéciaux de protection qui réglementeront en détail l'aménagement des ensembles historiques et, en dernier lieu, d'une série d'Aides Publiques pour le dévelop - pement de la Conservation et de la Réhabilitation. Ces articles sont en partie, le 17, le 37 relatif a la protection du patrimoine culture! , le 48 sur les Plans spéciaux et la Disposition additionnelle n°3 sur les Allocations publiques. Valladolid L ES MO NUMENTS ET LEUAS ABOAOS , ENTRE CONSE A VAT I ON ET OÉV EL OPPEMEN T 1 49 3. Aménagement urbain en vigueur a Le P.G.O.U., en plus de garder la délimitation de B. Le Plan Spécial de Protection et de Réforme Valladolid !'Ensemble Historique et d'accepter le P.E.C.H . lntérieure du Centre Historique de Valladolid, comme instrument de développement et de 1996. A. Le Plan Général d'Aménagement Urbain de la spécification, en lui octroyant une couverture Municipalité de Valladolid, 1997. normative quant a u cadre d'aménagement Le Plan Général d'Aménagement Urbain (cigénéral, établissait déja des mesures soucieuapres P.G.O.U., d'apres les sigles en espagnol) ses de la protecti~n des batiments historiques de 1997 suppose la révision du plan précédent et des espaces significatifs, tout en en propode 1984, lequel délimitait déja le cadre spatial sant un inventaire détaillé. d'un prochain Plan spécial de protection et de Le Plan Général propase un répertoire propre conservation pour !'ensemble historique artisdes édifices historiques et de leurs abords, qu'il tique déclaré. Cet espace historique considéré réglemente de maniere normative au moyen de comme bien culture! depuis le décret royal niveaux différents de protection. 1079/1978 du 15 juillet, correspond au cadre de La portée du classement que le P.G.O.U. propodélimitation repris par le P.E.C.H. de 96, qui fut se, accepté par le P.E.C.H., est définie par le Plan adopté définitivement et entra en vigueur avant général dans son article 63. le P.G.O.U. de 97. 150 LES MONUMENTS ET LEURS ABOROS , ENTRE CONSERVATIO ET OÉVELOPPEMENT Le P.E.C.H. applique strictement les dispositions du P.G.O .U. en matiere de réglementation des usages, des conditions d'édification et de pro - cédure pour son calcul et les qualifications des espaces libres, ainsi que dans tous les aspects normatifs non développés par le P.E .C. H. Le P.E.C.H. délimite : les dimensions exactes de !'Ensemble historique-artistique, les ensembles historiques-artistiques particuliers dans le cadre général de !'Ensemble, les monuments classés et leurs abords. Sont également délimi - tées, les zones de Protection du Patrimoine Archéologique, dont il est fait référence dans le document du Catalogue tel qu'élaboré actuellement par la mairie et des Normes Archéologiques. Le P.E .C. H. établit des cadres d'aménagement et des propositions indicatives d'action, visant, d' une part, pour les ensemb les urbains batis, a la transformation de constructions et/ou a des u tilisations réglementées par des zones de gestion et, d'autre part, pour les ensembles d'espaces libres qui présentent une importance urbaine et environnementale particuliere, a leur adaptation et leur qualification . Le P.E.C.H . dresse les instruments d'aménagement pour les différentes zones délimitées de protection histor i que-artistique et d' intéret archéologique. Parmi les aires de protection historique -artist ique, outre !' Ensemble monumental classé pou r son intéret historique et artistique et les ensembles historiques particularisés, figurent le college de S. Gregario , l'église cathédrale de Nuestra Sra. De la Asunción, l'église de la Vera Cruz, l'église de Sta. Mª de la Antigua, le Palais de Fabio Nelly et la Casa del Sol, en tant que monu - ments concernés par notre choix d'exemple. 11 convient de répéter l'absence juridique de la notion d' abords de monuments protégés pour une grande partie des monuments historiques ayant été protégés avant la derniere décennie , et de fac;:on générale pour tous les biens et les batiments choisis dans cette étude. Le P.E.C . H. établit pour les abords libres une réglementation qui accepte les conditions de construction et d' utilisation définies par le P.G.O.U., en classant explicitement et en protégeant spécialement quelques espaces publics importants, parmi lesquels le pare Campo Grande. Le Plan spécial lui -meme établit dans les nor - mes quelques dispositions génériques pour la conformité des espaces libres et de l'environne - ment urbain. 11 propase de meme des recommandations pour le traitement des abords des monuments et des espaces tels que le Paseo de Recoletos, la Plaza Mayor et l'environnement de 1' Antigua et la Cathédrale. Ces recommanda - tions portent sur les arbres, l' éclairage , le mobi - lier urbain, les revetements du sol, la signalisation et la publicité . Valladolid L ES MO NUMENTS ET lEURS ABOROS . ENTRE CONSERVATI ON ET OÉVE L OPPEMENT 151