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Problèmes de terminologie dans « Shipboard Oil Pollution Emergency Plan/ Plan d’urgence de bord contre la pollution par les hydrocarbures » sur la Méditerranée à partir d’une traduction de l’anglais vers le français

Micó Romero, Noelia

Abstract

[EN] In our work we try to describe how languages apprehend reality. We will address the problem of categorization of the Aristotelian language to cognitive linguistics. In our study, we analyze how the English, French and Spanish categorize reality from the text Shipboard Oil Pollution Emergency Plan, translated from English into French. First, we will address general questions about the characteristics of instructionnal texts in both English and French and Spanish, and secondly, we will comment, from cognitive semantics, differences in categorization between these three languages from examples from the text.

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XXVe Colloque AFUE València. Universitat Politècnica de València. Le 20, 21 et 22 avril 2016 DOI : http://dx.doi.org/10.4995/XXVColloqueAFUE.2016.3058 Ce travail est sous Licencia Creative Commons CC BY-NC-ND 4.0 EDITORIAL UNIVERSITAT POLITÈCNICA DE VALÈNCIA Problèmes de terminologie dans le Plan d’urgence de bord contre la pollution par les hydrocarbures sur la Méditerranée à partir d’une traduction de l’anglais/français/espagnol Micó Romero, Noelia Universitat de València, Iulma – Sirva Group, [email protected] Resumen En este trabajo pretendemos describir cómo las lenguas aprehenden la realidad. Abordaremos el problema de la categorización del lenguaje desde Aristóteles hasta la lingüística cognitiva. En nuestro estudio analizamos cómo el inglés, el francés y el español categorizan la realidad a partir del texto Shipboard oil pollution emergency plan traducido del inglés al francés. En una primera fase, presentaremos las cuestiones preliminares sobre las características de los textos instruccionales tanto en inglés como en francés y en español. En una segunda fase, comentaremos, desde el prisma de la semántica cognitiva, las diferencias de categorización entre las tres lenguas a partir de ejemplos del texto antes citado Palabras clave : traducción ; lingüística contrastiva ; lingüística cognitiva ; teoría de los prototipos. Résumé Dans notre travail nous nous proposons de décrire comment les langues appréhendent la réalité. Nous aborderons le problème de la catégorisation du langage d’Aristote à la linguistique cognitive. Dans notre étude, nous analyserons comment l’anglais, le français et l’espagnol catégorisent la réalité à partir du texte Plan d’urgence de bord contre la pollution par les hydrocarbures, traduit de l’anglais vers le français. Dans un premier temps, nous aborderons des questions générales sur les caractéristiques des textes instructionnels tant en anglais comme en français et espagnol. Dans un deuxième temps, nous commenterons, à partir de la sémantique cognitive, les différences de catégorisation entre l’anglais, le français et l’espagnol à partir d’exemples tirés de ce texte. Mots clés : traduction ; linguistique contrastive ; catégorisation ; linguistique cognitive ; théorie des prototypes. Abstract In our work we try to describe how languages apprehend reality. We will address the problem of categorization of the Aristotelian language to cognitive linguistics. In our study, we analyze how the English, French and Spanish categorize reality from the text Shipboard Oil Pollution Emergency Plan, translated from English into French. First, we will address general questions about the characteristics of instructionnal texts in both English and French and Spanish, and secondly, we will comment, from cognitive semantics, differences in categorization between these three languages from examples from the text. Keywords : translation ; contrastive linguistics ; congnitive linguistics ; prototype theory. 641 Problèmes de terminologie dans le « Plan d’urgence de bord contre la pollution par les hydrocarbures » sur la Méditerranée à partir d’une traduction de l’anglais/français/espagnol This work is licensed under a Creative Commons License CC BY-NC-ND 4.0 EDITORIAL UNIVERSITAT POLITÈCNICA DE VALÈNCIA Introduction Dans ce travail nous nous proposons de décrire comment les langues appréhendent la réalité. Pour ce faire nous nous appuierons sur la sémantique cognitive centrée sur l’individu, dépassant ainsi le modèle des conditions nécessaires et suffisantes (CNS) initié par Aristote. Comme il est bien connu, cette théorie est reprise par l’analyse sémique de Pottier (1964, analyse de traits distinctifs ou minimaux). Par contre, pour ce travail nous adopterons le point de vue de la sémantique cognitive (Rosch, 1973 ; Putnam, 1975) qui se base sur la « Embodied Cognition Thesis », « Thèse de la cognition incarnée » selon laquelle notre corps influe sur notre langage, notre pensée, nos concepts. En effet, dans cette optique on pourrait insérer d’une part, la théorie du prototype de Kleiber (1990) et d’autre part, la notion de « ressemblance de famille » de Wittgenstein (1953). Dans notre étude, nous analyserons comment l’anglais, le français et l’espagnol catégorisent la réalité à partir du texte Plan d’urgence de bord contre la pollution par les hydrocarbures, traduit de l’anglais. Dans un premier temps, nous aborderons des questions générales sur le problème de la catégorisation et sur les caractéristiques des textes instructionnels tant en anglais comme en français et dans un deuxième temps, nous rendrons compte, à partir de la sémantique cognitive, des différences de catégorisation dans ces trois langues à partir de divers exemples tirés de ce texte. 1. Questions préliminaires 1.1. Le problème de la catégorisation du langage : de Platon et Aristote à la linguistique cognitive 1.1.1. Le courant objectiviste ou le modèle des conditions nécessaires et suffisantes À la question que se posaient déjà les Classiques : Comment l’être humain organise-t-il toutes les informations qui lui arrivent à travers ses sens ? Comment catégorise-t-il le monde qui l’entoure ? Deux grands courants y ont répondu de manière très différente : le courant objectiviste et le courant expérientialiste, selon A. Olivares (1999, 2010 et 2016). Ainsi, les héritiers d’Aristote, représentants du courant objectiviste, répondaient que la catégorisation se faisait sur la base de propriétés communes, c’est-à-dire, sur les « conditions nécessaires et suffisantes » (CNS). En effet, la catégorisation du langage s’organise en classes homogènes où les limites sont nettes. Ceci a pour conséquence que tous les membres d’une même catégorie ont un statut équivalent. En outre, la méthode utilisée pour déterminer l’appartenance d’un exemplaire à une catégorie est analytique : on appartient ou on n’appartient pas à une catégorie ne prenant pas en considération les cas marginaux. De là découle que tous les membres d’une catégorie possèdent forcément un ensemble de caractéristiques communes à tous qui constituent les conditions nécessaires d’appartenance. De plus les propriétés choisies sont minimales, purement dénotatives et ont le même degré d’importance. 1.1.2. Le courant expérientialiste ou l’approche prototypique En ce qui concerne le courant expérentialiste, notamment l’approche prototypique ou Sémantique du prototype de G. Kleiber (1990 : 30-43), va à l’encontre du modèle des CNS en trois points principaux. Le premier est que le modèle des CNS stipule que les frontières entre les catégories sont bien définies. Mais ce n’est pas toujours le cas. Par exemple, si on définit « table » à l’aide des CNS (quatre pieds, en matériel rigide, où on peut manger), on devrait n’appeler « table » que les meubles qui ont ces propriétés ; or on peut appeler « table » un meuble auquel il manque une de ces propriétés. Le deuxième point est que ce modèle définit les catégories comme homogènes, or tous les membres d’une catégorie donnée ne sont pas équivalents. Il y a en effet une sorte de hiérarchie à l’intérieur d’une catégorie. Ainsi « moineau » illustre mieux la catégorie « oiseau » que « dinde » ou « pingouin ». Il s’agit d’une conception graduelle des catégories. Le troisième est que la recherche des CNS conduit à des définitions « analytiques », c’est-à-dire composées de propriétés toujours vraies. Mais, ces propriétés peuvent être considérées globalement, et certaines peuvent être considérées plus importantes que d’autres, il existe une gradation. Par exemple, pour « oiseau », bien que le fait de voler ne soit pas une propriété nécessaire pour la catégorie « oiseau » puisque certains oiseaux (comme l’autruche, la poule, le pingouin) ne volent pas, la caractéristique de voler est primordiale pour la reconnaissance de la catégorie. Comme nous venons de le voir, la sémantique des prototypes suppose une rupture radicale avec la conception classique des CNS. A partir de ces théories, on conçoit les catégories selon le modèle des prototypes. Ce bouleversement est dû aux 642 Micó Romero, Noelia Ce travail est sous Licencia Creative Commons CC BY-NC-ND 4.0 EDITORIAL UNIVERSITAT POLITÈCNICA DE VALÈNCIA travaux de E. Rosch (1973 ; 1975 ; 1978) sur la problématique de la catégorisation. E. Rosch est aussi à l’origine de la théorie des prototypes (1983 : 73-86) et a influencé dans leurs recherches son collègue G. Lakoff & M. Johnson (1985) et le biologiste et philosophe Francisco Varela (1991). Dans la même optique que Rosch, Kleiber applique les principes de la catégorisation à la linguistique dans La sémantique du prototype qui traite la catégorisation sous deux aspects (l’axe vertical et horizontal). Le premier, la dimension verticale (structuration entre catégories). À une structure interne des catégories correspond une hiérarchie verticale. Un objet peut être rangé dans des catégories différentes et être dénommé de différentes façons. Cette organisation verticale met en jeu les relations d’inclusion que les théories précédentes n’ignoraient pas (relations d’hypéronymie et d’hyponymie). E. Rosch (1978 : 27-48) distingue trois niveaux de catégorisation : le superordonné (« animal » ou « meuble »), le niveau de base (« chien » ou « chaise ») et le subordonné (« setter » ou « chaise pliante »). Le prototype s’applique au niveau de base. Il est, en effet, impossible de choisir un prototype pour le superordonné animal qui rassemble des catégories trop disparates. Le prototype représente le niveau de dénomination le plus utilisé. Par exemple, on ne dira pas « un animal se trouve dans la cour » ou « un Setter se trouve dans la cour » mais « un chien se trouve dans la cour ». Le prototype est le niveau saillant du point de vue cognitif (perception d’une similarité globale et identification rapide). Le deuxième aspect, la dimension horizontale de la catégorisation qui se base sur le fait que les caractéristiques des objets ou événements du monde dont nous faisons partie sont structurés et ont à voir les uns avec les autres. Dans la sémantique du prototype, la catégorisation interne aux catégories ne repose plus, comme dans les CNS, sur les propriétés partagées mais sur le degré de ressemblance avec le meilleur exemple ou meilleur représentant de la catégorie, appelé prototype. Exemple : « moineau » sera un meilleur exemple de la catégorie « oiseau » qu’« autruche » ou « poulet » ; « moineau » (le prototype) est l’entité centrale autour de laquelle s’organise la catégorie « autruche » ou « poulet » se situant à la périphérie de la catégorie. Par suite d’une évolution théorique, la représentation du prototype change un peu : le prototype perd son statut d’exemple concret pour être assimilé à une image mentale, abstraite condensant un ensemble de propriétés ou attributs (proto)- typiques de la catégorie. Exemple : le trait /voler/ est un attribut prototypique d’ « oiseau ». Les membres d’une même catégorie ne sont donc pas tenus de partager tous les mêmes propriétés (tous les oiseaux ne volent pas) ; ils sont liés par une ressemblance de famille, notion empruntée à Wittgenstein (1953, la ressemblance de famille n’exige pas que tous les membres d’une catégorie possèdent au moins un attribut commun). Comment sont établis les traits saillants/prototypiques ? Les traits prototypiques de la catégorie sont déterminés par des tests auprès des usagers de la langue et s’appuient sur la fréquence. La catégorisation est donc rapportée à des processus cognitifs en raison du « principe d’appariement » au prototype qui est à la base de l’opération de catégorisation. Le prototype est un concept de sémantique cognitive (autrement dit décrivant le fonctionnement et l’organisation de l’esprit humain). En mettant au premier plan les propriétés qui ne sont pas nécessaires mais qui sont typiques, la théorie du prototype offre ainsi un modèle de la catégorisation plus souple que celui des CNS. De plus, elle présente une vision positive du sens lexical ; car il ne s’agit plus d’indiquer les traits qui séparent une catégorie des autres (cas des définitions distinctives) mais d’énumérer les attributs positifs de la catégorie. Dans les deux dimensions, horizontale et verticale, le prototype fonctionne donc comme point de référence cognitif de la procédure de catégorisation. 1.2. Caractéristiques du discours instructionnel Selon la classification de Werlich (1979 [1975] : 44-71), il existe des textes descriptifs (qui présentent des arrangements dans l’espace), narratifs (qui présentent des faits dans le temps), expositifs (analyse et synthèse des représentations conceptuelles), argumentatifs (présentent une prise de position), instructifs (exhortatif ou prescriptif) qui incitent à l’action. En ce qui concerne la dénomination de « instructionnel », dans la plupart des typologies textuelles, le texte injonctif/instructionnel est décrit de façon brève par rapport aux autres types de textes comme l’argumentatif, le narratif ou l’explicatif. 643 Problèmes de terminologie dans le « Plan d’urgence de bord contre la pollution par les hydrocarbures » sur la Méditerranée à partir d’une traduction de l’anglais/français/espagnol This work is licensed under a Creative Commons License CC BY-NC-ND 4.0 EDITORIAL UNIVERSITAT POLITÈCNICA DE VALÈNCIA Rappelons brièvement les caractéristiques des textes procéduraux ou instructionnels. Premièrement, la finalité de ce type de texte est pratique. En effet, il est supposé aider à la réalisation de tâches, à la résolution de problèmes. Ils peuvent prendre la forme de genres textuels aussi divers que les modes d’emploi de différente nature, les recettes de cuisines, les notices de médicaments, les manuels d’utilisation (logiciels, électroménagers, etc.), les règles de jeux, les instructions d’urgence pour les conducteurs de trains, les consignes pour les opérateurs dans l’industrie etc. Nous considérons que la modélisation de ce type de textes est très intéressante car elle aurait des répercussions positives pour le traitement de la parole dans le domaine de l’intelligence artificielle ainsi que pour la génération ou traduction automatique de documents techniques. Nous reprenons la définition de genres de discours d’Adam (1992 : 84) : En fonction de leurs objectifs, intérêts et enjeux spécifiques, les formations sociales élaborent différentes sortes ou « familles » de textes qui présentent des caractéristiques assez stables pour qu’on les qualifie de « genres ». Deuxièmement, dans ce type de texte, l’auteur s’efface pour laisser place à l’objectivité. En conséquence, Il y a absence énonciative de l’auteur, et les phrases utilisées sont impersonnelles. Il n’y a donc pas de pronoms personnels et l’auteur se présente comme supérieur, et détenteur du pouvoir par rapport à son lecteur. Troisièmement, le plan du texte est clair. Toutes les instructions suivent une séquence d’exposition ritualisée : toutes les actions à faire sont présentées dans un ordre logique. Nous trouvons donc la présence d’organisateurs temporels qui assurent les différentes phases de l’instruction. Quatrièmement, les temps utilisés sont des infinitifs et des futurs à valeur injonctive, ainsi que des impératifs. Cinquièmement, il y a une présence massive de prédicats actionnels car l’intention de communication de l’auteur est de pousser à agir. Mais ces aspects font partie d’une étude complémentaire qui a pour titre « Un exemple de traduction spécialisée de l’anglais vers le français : Shipboard Oil Pollution Emergency Plan. Défis et stratégies de traduction ». Sixièmement, ce type de texte utilise un lexique spécialisé et se base sur l’univocité dénominative. Dans le texte que nous allons analyser, le lexique est celui de la marine. 2. Études de cas Suivant la théorie des prototypes, nous avons regroupé les termes qui nous ont paru les plus intéressants par champs sémantiques : celui de la fuite de liquide et celui du personnel de bord. Finalement, nous commenterons certains exemples qui nous ont paru utiles. 2.1. Etude des champs sémantiques 1. Champ sémantique de ship/bateau/barco. − Angle of heel and trim/angle d’assiette et de gîte/ángulo de escora y asiento. Cette unité lexicale fait référence à l’inclinaison que prend un navire sur un bord (un bateau qui donne de la bande ; qui penche d’un côté ; escorar, to heel over). Ici nous apprécions la différence entre les trois langues : pour un même phénomène, le français a besoin d’une proposition relative, l’espagnol, seulement d’un verbe et l’anglais du verbe et la préposition qui va lui donner tout son sens. En espagnol, escora est el puntal del buque varado, inclinación del buque L’étymologie de ce mot est néerlandaise : schoor (dictionnaire en ligne <http://etimologias.dechile.net/?escora>). Pour en revenir à l’assiette. Dans son premier sens ce mot signifie « la façon d’être assis ou placé ». Nous retrouvons la thèse de la cognition incarnée selon laquelle notre corps influe sur nos pensées. Le premier sens de ce terme fait référence au corps, le deuxième au récipient (qui est aussi proche de notre corps, nous en avons besoin pour nous nourrir, et finalement nous observons un usage métaphorique dans les trois langues : du siège ou position à un sens plus technique, dans la marine. Dans les domaines de l’aéronautique et de la marine, l’assiette est « l’équilibre de l’avion dans l’air ou du navire dans l’eau » selon le Trésor de la langue française informatisé1 ou la position la plus favorable pour la navigation 1 Le trésor de la langue française informatisé : < http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/visusel.exe?11;s=3425916840;r=1;nat=;sol=0;>. 644 Micó Romero, Noelia Ce travail est sous Licencia Creative Commons CC BY-NC-ND 4.0 EDITORIAL UNIVERSITAT POLITÈCNICA DE VALÈNCIA selon le Littré2. Au sens figuré, l’assiette signifie « l’état ou la disposition de l’esprit »3. Etymologiquement le mot assiette vient du latin situs qui signifie 1. « placé, posé » 2. « situé »4. Ce mot a dérivé en sentar qui en provençal, catalan, espagnol et portugais signifie « être assis »5. Comme nous venons de le voir dans les trois langues une extension de la théorie de la cognition incarnée selon laquelle toutes nos idées « citron », « chien », « année », « maman », « dieu », « liberté » ont une composante corporelle qui provient de notre système perceptif, émotionnel ou moteur. « Assiette » part du corps pour signifier « l’inclinaison » en marine. Suivant la conception graduelle du lexique de la sémantique cognitive, nous pouvons classer les différents types de bateaux de la façon suivante : l’élément prototypique serait ship que nous avons traduit par bateau/barco en tant que terme général qui désigne une construction flottante destinée à la navigation6. Ensuite, nous avons les termes boat/navire/bote, yacht/voilier ou yacht/velero o yate, salving vessel/navire de sauvetage/embarcación de rescate, salvage tug/remorqueur de sauvetage/remolcador, barge/péniche/barcaza et finalement cargo vessel/navire de marchandises/carguero. Au centre du schéma se trouve l’élément le plus prototypique et tous les termes s’organisent vers la périphérie du plus prototypique au moins représentatif. Fig. 1. Catégorie : le bateau 2. Champ sémantique des causes de la pollution par les hydrocarbures. − Spill/déversement/vertido. Les trois substantifs sont déverbaux et l’idée sous-jacente est que les fuites sont accidentelles. Spill vient du verbe, tandis que déversement vient du verbe+suffixe -ment (en français on a le résultat) et en espagnol, verter vient du verbe. Dans un premier sens on emploie ces verbes pour les liquides mais les 3 langues ont des sens métaphoriques différents : en anglais to spill is to move in great numbers (exemple : As soon as the bell rang, the children spilled into the playground)7. En français déverser est répandre en grandes quantités (exemple : Le tramway déverse une 2 Dictionnaire Littré : <http://littre.reverso.net/dictionnaire-francais/definition/assiette>. 3 Dictionnaire Le trésor de la langue française informatisé : <http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/visusel.exe?11;s=2690602920;r=1;nat=;sol=0;>. 4 Dictionnaire Gaffiot latin/français en ligne, pag. 1450 : <http://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php ?q=situs>. 5 Le Monde.fr : <http://dicocitations.lemonde.fr/definition_littre.php ?id_mot=34830&id_variante=110233>. 6 Définition issue de Le nouveau Petit Robert. Dictionnaire de la langue française. 1993 : 202. 7 Définition et exemple issus de Wordreference English Definition. Ship Boat Yacht Salving vessel Salvage tug 645 Problèmes de terminologie dans le « Plan d’urgence de bord contre la pollution par les hydrocarbures » sur la Méditerranée à partir d’une traduction de l’anglais/français/espagnol This work is licensed under a Creative Commons License CC BY-NC-ND 4.0 EDITORIAL UNIVERSITAT POLITÈCNICA DE VALÈNCIA cargaison d’hommes et de femmes)8. Il existe aussi d’autres sens métaphoriques : dévoiler un secret, faire couler le sang (anglais) ; amener un grand nombre de personnes ou de choses ou exprimer quelque chose sans frein et avec agressivité (français) ; en espagnol, vider un récipient de son contenu ou traduire. − Discharge of oil/fuite, rejet, déversement d’hydrocarbure/fuga, vertido de hidrocarburos. Selon le dictionnaire Collins Cobuild English Language Dictionary (pg. 398), « When there is a discharge of a substance, the substance is sent out or allowed to come out from inside somewhere, often accidentally ; a formal use ». Le verbe to discharge est plus polysémique en anglais car il peut s’utiliser tant pour les liquides que pour les solides (ballots/balas). On ne peut pas traduire discharge par déchargement/descarga qui ont des sens différents de l’anglais : ceux-ci sont utilisés dans le sens de vider de marchandises et de décharge d’électricité. − Oil spill/déversement de pétrole/vertido de petróleo. Comme synonymes nous trouvons : nappe de pétrole, marée noire/capa de petróleo, marea negra. Nappe de pétrole ou phréatique est une métaphore lexicalisée de même que manteau terrestre/manto terrestre o capa freática. − Hull leakage : fuite ou voie d’eau dans la coque/escape o vía de agua en el casco qui est plus spécifique : c’est une ouverture accidentelle par laquelle l’eau entre dans un navire. Si on cherche en anglais voie d’eau, on nous renvoie à leak.En revanche, en anglais nous trouvons leaky : qui fuit/qui a une fuite qui n’a pas d’équivalent ni en français ni en espagnol. Par conséquent la qualité de couler n’est pas codifiée ni en français ni en espagnol. En anglais nous avons les termes leakage/discharge/loss et en français fuite/rejet/déversement/perte ; en espagnol : escape/vertido/fuga/vertido. 3. Champ sémantique du personnel de bord/membres de la tripulation/miembros de la embarcación. − Master/capitaine/capitán : faux-ami car on pourrait croire que master équivaut à maître. Nous constatons que les langues romanes étant analytiques ont besoin d’intercaler la préposition entre deux noms tandis que l’anglais peut superposer deux noms sans besoin de préposition. − Chief engineer/ingénieur en chef/ingeniero en jefe. − Watch Engineer/ingénieur de garde/ingeniero de guardia. − All off-Duty Personnel /tout le personnel en fonction/todo el personal en funciones. − Duty deck/responsable du pont/responsable de cubierta. Il en va de même pour Chief Officer/officier en chef en français. Tandis qu’en espagnol nous le traduisons par un adjectif plus nom primer oficial. 2.2. Les anglicismes En ce qui concerne les anglicismes, comme c’est une traduction propre, nous avons tenté de ne pas en utiliser. Cependant, en relisant notre traduction, nous en avons trouvé un : trafic au lieu de circulation. 2.3. La métaphore Nous avons trouvé une métaphore ontologique de personnification : le pétrole et l’eau auraient un comportement. Dispersants. They are surface-active agents that modify the behavior of oil and water where their surfaces meet. 8 Définition et exemple issus de Le trésor de la langue française informatisé. 646 Micó Romero, Noelia Ce travail est sous Licencia Creative Commons CC BY-NC-ND 4.0 EDITORIAL UNIVERSITAT POLITÈCNICA DE VALÈNCIA Les dispersants9. Ce sont des agents de surface qui modifient le comportement du pétrole et de l’eau là où leurs surfaces se rencontrent. Los dispersantes. Son agentes de superficie que modifican el comportamiento del petróleo y del agua en el lugar donde sus superficies coinciden. Conclusion Cette étude nous a permis de faire le point sur une série de notions clé comme le sens et sa codification par l’être humain dans trois langues l’anglais, le français et l’espagnol sous le prisme de la sémantique cognitive. Ceci nous a conduits à l’observation des caractéristiques et particularités du texte instructionnel. Nous avons à la fois décelé quelques différences de codifications de la réalité dans les trois langues, comme par exemple l’existence de quelques gaps, c’est-à-dire des absences de terme dans les langues cibles (adjectif leaky). À notre avis l’intérêt du texte instructionnel réside dans le manque d’études réalisées sur ce genre de texte. Cet article constitue le premier volet d’une investigation plus approfondie qui traitera des aspects énonciatifs de cette typologie textuelle. Références bibliographiques ADAM, Jean.Michel. (1992). 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