Le roman et l’histoire du XXe siècle
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Le roman et l’histoire du XXe siècle Jean-claude Eslin École européenne, Paris [email protected] À Jiří Pechar Pour notre amour commun de la littérature NOVEL AND THE HISTORY OF THE 20TH CENTURY The subject of the present text is the complicated and ambiguous relationship between literature and history in the 20th century. The author has chosen to illustrate the complexity of this relationship by ashort reflexion on three remarkable literary works that reflect, each in its own way, the historical dramas of the last century: The Thibaults by Roger Martin du Gard, AFable by William Faulkner, and The Roots of Heaven by Romain Gary. KLÍČOVÁ SLOVA: Literatura— historie— válka— 20.století Literature— history— war— 20th century Le roman nous fait atteindre, en privilégiant le retentissement en nous, le cœur des choses qui se passent en ce monde, plus particulièrement celles qui se passent dans ce siècle et celui que nous venons de quitter, le XXe siècle. Ainsi Philip Roth s’est placé au cœur de la crise américaine des années 1970, de sa folie, en particulier sexuelle ; en la poussant àl’excès dans ses romans, en la moquant et en la ridiculisant, il la comprend et la relativise néanmoins dans la réalité. Mais peut-on oublier que le XXe siècle acommencé il yacent ans avec des dizaines de millions de morts, avec le détraquement de la «balance du pouvoir» des nations européennes, de leur traditionnelle relation d’équilibre? Sans qu’on en mesure vraiment les tenants et aboutissants, les conséquences en chaîne de la Première Guerre mondiale ont tracé la figure et la ligne du XXe siècle. Certes, les historiens de toute nation après avoir longtemps pratiquement menti ou refusé de voir clair les responsabilités de leur pays en viennent aujourd’hui àdes vues plus honnêtes. Mais aujourd’hui encore, on évite de s’attarder sur les événements qui ont conduit l’Europe àconnaître le déclassement et silencieusement la domination de l’influence américaine. La synthèse brillante de l’historien anglais Eric Hobsbawm, L’Âge des extrêmes, Histoire du Court Vingtième Siècle. 1914–1991, n’aété traduite en français que très tardivement, en 2000, comme si les Français particulièrement répugnaient àregarder en face les événements, comme s’il leur déplaisait de reconnaitre que ce siècle n’avait OPEN ACCESS
JEAN-cLAUdE ESLIN 85 été pour eux qu’une suite d’illusions. Quant àcet autre livre puissant, Le passé d’une illusion, essai sur l’idée communiste au XXe siècle, le dernier essai de l’historien François Furet, il n’apas entraîné un vrai examen de conscience. Un terrible désir d’oublier, de rester attaché àla même philosophie aveugle, un refus obstiné de tirer des leçons de sagesse reste le fond de tableau de l’attitude de nombre de nos propres amis. Le maléfice de la vie àplusieurs, une expression de Merleau-Ponty qu’Étienne Tassin adonné comme titre àl’un de ses livres, apris le dessus. Elle signifie qu’une sorte de sortilège corrompt nos communications les plus pures. Pour essayer d’entrer un peu plus loin dans les drames du siècle qui nous habitent encore, j’ai retenu trois grands romans. Deux évoquent la Première Guerre mondiale, le troisième anticipe la crise écologique. Je les ai lus récemment et sans le moindre essai de synthèse, je pense qu’ils éclairent, chacun àsa manière, les temps, les malaises et les illusions dont nous vivons encore. De l’illusion, un premier roman bien connu donne une illustration singulière. Les Thibault de Roger Martin du Gard, nous renvoient àla face ce que nous savons des événements qui ont précédé immédiatement la guerre de 1914-1918 et que nous voulons oublier. Le deuxième tome, L’Été 1914, étale l’illusion naïve que, la démocratie, commençant àcontrebalancer le poids des guerres, sera de force àfaire mieux que les époques précédentes. C’est l’inverse qui s’est produit: renforcée par les masses des peuples, la guerre apris au contraire des proportions inconnues, monstrueuses. Le destin parallèle de deux frères, issus du milieu de la bourgeoisie protestante ou catholique, s’inscrit dans le cadre de ces quelques journées. On voit Jacques, le cadet, àGenève avec ses amis révolutionnaires-internationalistes et l’immense attente, la quasi-certitude, que l’accord des socialistes allemands et français empêchera la déclaration de guerre. En fait ces meilleurs des hommes sont happés et roulés brutalement dans la poussière et la mécanique de la guerre, cinq jours avant la mobilisation. Les socialistes français et allemands votent les crédits militaires comme les autres parlementaires et prennent, sans protester, le chemin du front. La volonté des hommes est balayée, et en voici pour quatre ans de malheur. L’attachement national l’aemporté sur la volonté socialiste. De l’illusion démocratique ou socialiste de la «volonté», il reste aujourd’hui encore des blessures jamais cicatrisées. Les appels àla paix du pape Benoît XV furent également incompris et violemment rejetés par les opinions publiques tant en France qu’en Allemagne. Jacques est cependant un caractère puissant, il amis son absolu et son espoir dans l’internationalisme. La déclaration de guerre le mène au désespoir, àla désertion et presque aussitôt àune mort qu’on ne peut nommer accidentelle. Durant les mêmes journées de l’été 1914, l’aîné, Antoine, le médecin brillant, un caractère réaliste pour sa part, qui apour client et interlocuteur un des responsables du Quai d’Orsay, reçoit de tous autres échos du grand jeu de poker qui occupe les chancelleries. Dans ces échanges entre diplomates, un jeu, un mécanisme diabolique se met en place, qu’on ne parviendra pas àarrêter. L’expression calculée des intérêts de chaque nation enflamme la diplomatie. La guerre voulue brève deviendra la guerre interminable. Comme dans les disputes familiales, sans qu’on le veuille explicitement, tous sont embarqués pour quatre ans de sang et d’horreur. Gazé, Antoine mourra d’étouffement en 1918. Ce qui suivra l’absurde de la guerre, ce sera l’absurde de la paix, les rancœurs inoubliables. Une autre série de catastrophes suit. OPEN ACCESS
86 SVĚT LITERATURY 59 * En 1951, un autre roman, tout différent, non pas sur mais dans la Grande Guerre, AFable de Faulkner, pénètre au plus profond de ses entrailles intimes, en méditant le lourd jeu des grandes masses de simples soldats et de chefs anonymes, de proches, de foules, ramassés dans la chronique d’une semaine dans les Ardennes en 1917. Ces masses, comme on commence àdire, sont cependant douées de parole àl’occasion. Faulkner varie sans cesse les focales, les points de vue pour épuiser si c’est possible l’expérience de cette guerre par laquelle la moitié de l’Europe partit en guerre contre l’autre moitié et finit par entraîner avec elle la moitié de l’hémisphère occidental: un plan, un dessein d’une vaste portée, d’une conception grandiose, terrifiant de sous-entendus et d’espoir, pas même élaboré ici au grand quartier général par les trois vieux généraux et leurs savants experts et conseillers en conférence réglementaire, mais conçu de la rage et de la peur mutuelle des trois nations mêmes qui se partageaient l’océan, simultanément àWashington, àLondres et àParis, grâce àon ne savait quelle immaculée pollinisation semblable àla feuillaison simultanée de la terre, et venue àéclosion dans un conseil.» (p.336-337) Le système de la guerre est toujours présent. Plus que d’une description, il s’agit d’une évocation imaginaire, qui n’en est que plus puissante. Faulkner introduit une faille dans cette expérience complexe de la guerre. La mutinerie d’un caporal et de douze compagnons provoque pour quelques jours une suspension des armes des deux côtés du front, qui trouble et détraque le système de la guerre, une interruption dont chacun ne doit que rêver. L’équipée du caporal n’est pas la seule, d’autres échappées que l’on peut nommer pacifistes ont lieu, celle de l’estafette anglaise, celle du vieux nègre américain, qui amplifient le coup porté àla guerre, àsa logique systématique. Mais on ne doit ni on ne peut arrêter cette guerre. Par un hasard d’ivresse et de démence, une providence ou une ironie faulknérienne, au terme, une inversion se produit et àla fin le corps fusillé du caporal, le corps révolté, deviendra celui du soldat inconnu. Faulkner nous jette àla figure la charge de cette guerre européenne privée de sens pour ses acteurs. On n’est pas obligé de saisir l’analogie, voulue par Faulkner, du caporal et de ses compagnons avec le Christ et ses douze disciples. Rien n’est dit. Simplement, le Christ revenant, il sera logiquement de nouveau crucifié. Faulkner atteste fermement une révolte contre le système de la guerre, c’est l’ensemble d’incidents parfois minimes, qui est significatif. Du vieux maréchal àla sœur du condamné, ici tous sont brassés par la vague. L’hommage de Faulkner s’adresse précisément, semble-t-il, àtous les morts restés inconnus, sans nom, privés de reconnaissance publique par la plus anonyme des guerres. Mais en Europe et même en Amérique, les lecteurs n’ont pas su quoi faire de ce livre touffu et ardu, qui est resté peu connu. Nous comprenons qu’une vie entière ne suffit pas àvoir clair dans l’abîme de l’irrationnel qui s’étire depuis lors, quelque chose d’insolite s’est introduit dans notre civilisation, avec lequel nous ne cessons d’être confrontés et qui résiste ànos idées. Il semble que Faulkner ait voulu dire cela avant de mourir en 1958. OPEN ACCESS
JEAN-cLAUdE ESLIN 87 * Comme si ce n’était pas assez, versons dans le chaudron aux sortilèges une autre lave déconcertante, autre par l’époque et l’atmosphère. Un roman de Romain Gary, Les racines du ciel, prix Goncourt en 1956, est resté aux yeux du public le précurseur littéraire de la cause écologique, l’autre question, l’autre grand abîme du siècle. Le paysage change, c’est l’Afrique cette fois, mais cependant lié aux deux guerres mondiales. Gary impose de manière directe et insolite l’épopée de deux héros qui militent contre le massacre àgrande échelle des éléphants au Tchad, dans le contexte des dernières années de la colonisation, et veulent susciter le «respect» pour les éléphants. Comme chez Faulkner, le cadre du roman àla composition compliquée, laisse place àtous les dessous, tous les sous-entendus, tous les non-dits qu’implique un combat, même modeste, en faveur des éléphants, àtoutes les résonnances qu’apour l’auteur cette question dont il s’attache àmontrer qu’elle touche chacun dans ses raisons d’exister. Du début àla fin, le roman est enveloppé dans le récit nocturne qu’un vieil administrateur colonial fait àun jésuite paléontologue, Tassin, lui aussi âgé, (il évoque comme un double Teilhard de Chardin) venu se renseigner sur les événements récents, l’épopée des deux héros du livre, Morel, l’homme qui défend àtout prix les éléphants, et Minna, une entraîneuse séduite par son entreprise, qui décide de l’aider et de l’accompagner, avec quelques autres «originaux» de toute sorte et de toute origine. Religieux, administrateurs, militaires, journalistes, mais d’un autre côté chasseurs, colons, trafiquants, politiques, tout comme les Noirs, qu’ils soient militants nationalistes, étudiants, vieux sages ou hommes de main, sont eux aussi troublés et concernés par l’initiative insolite, séduits ou révulsés par le héros Morel et par la fille qui prend parti pour lui et le suit. Les éléphants, nécessairement ça se voit. Tout un univers africain, français, américain aussi, s’anime, on comprend que les intérêts de chacun, ses positions dans la vie, sont bouleversés par une suite d’événements violents qui met au jour et en cause les souterraines et profondes valeurs occidentales traditionnelles. Toutes proportions gardées comme pendant la guerre de 1914. Dès le début, face àMorel qui l’invite àsigner sa pétition en faveur des éléphants, un missionnaire franciscain qui consacre sa vie aux lépreux, homme de franc-parler, réplique en bougonnant: «N’ai-je pas assez avec les hommes? Qu’ai-je àfaire avec les éléphants?» Cependant troublé et mis en question, il s’attire cette réplique qui àla limite donne le sens du livre: Tu es curé. Missionnaire. Bon. Tu as toujours le nez en plein dedans. Je veux dire, tu vois toutes les plaies, et toutes les laideurs àlongueur de journée. Bon, d’accord. Tu vois toute sortes de saloperies — la misère humaine, quoi. Et alors, quand tu as bien vu tout ça, quand tu as bien torché le derrière de l’humanité, et-ce que t’as pas envie, après, de lever les yeux, de monter sur une colline, de regarder quelque chose d’autre? Quelque chose de beau, pour une fois, et de libre— une tout autre compagnie? Les tenants et aboutissants de l’aventure pour chacun animent les pages du roman, l’anthropocentrisme occidental commence àparaître étroit et comme déjà condamné àl’heure même où les indépendances africaines se profilent. Si le roman est une bonne manière d’évoquer les expériences du XXe siècle, il yaraison àremarquer qu’ici les personnages en reflètent un grand nombre et qu’en OPEN ACCESS
88 SVĚT LITERATURY 59 particulier les deux héros sont l’un et l’autre, l’homme et la femme, marqués par les drames de la Deuxième Guerre mondiale, les années de résistance et de camp de concentration pour Morel, le viol lors de la chute de Berlin en 1945 pour Minna. Au bout de ces expériences, de ces désespoirs, par quels biais, par quels chemins étranges voit-on surgir chez Morel une entreprise de protection et de respect des éléphants? La qualité des premières pages qui créent l’atmosphère tient, comme chez Faulkner, au rythme lent du récit, en détours et sinuosités, les personnages paraissant progressivement les uns après les autres. En ce roman, Gary jette tout ce qu’il aà dire. Les désespoirs et les espérances inter-réagissent curieusement. Minna explique àSaint-Denis ce qui l’avait poussé vers Morel: « C’était un homme qui avait beaucoup souffert et qui se sentait bien seul. Elle l’avait tout de suite compris parce qu’il n’y avait aucune différence entre le besoin qui l’avait poussé parmi les éléphants et celui qui l’étreignait elle-même lorsqu’elle se penchait de la terrasse vers la rive déserte et les milliers d’échassiers blancs… J’ai voulu l’aider, voilà. » (p.52) Saint-Denis et Tassin comprennent. Morel répète aussi: « C’est bien simple, les chiens, ça suffit plus. Les gens ont besoin de quelque chose de plus grand, de plus costaud, sur quoi s’appuyer. Les chiens ne suffisent plus, les hommes ont besoin des éléphants. Alors, je ne veux pas qu’on ytouche. » (p.18) La plupart des gens ici sont des solitaires, ils ont besoin de compagnie, ils sont des compagnons possibles. Dans ce roman il n’est pas question de liens d’amitié ou d’amour, c’est trop demander, rater une marche. En aucune circonstance, Minna n’en vient àdire qu’elle est amoureuse de Morel, ce que le juge et bien d’autres voudraient lui faire dire pour banaliser son destin, le ramener àquelque chose de connu. On évoque aussi souvent la solitude existentielle ou l’absence de Dieu. Question sans réponse qui obsède néanmoins le récit. Morel, sinon Gary lui-même, ne devrait-il pas se situer plutôt dans la ligne de Théodore Monod, citant lui-même un autre auteur? «Il n’y aplus de solitude pour celui qui aretrouvé les racines cachées qui joignent l’homme àla nature. Il n’y aplus de découragement pour celui qui sait voir la beauté du monde». (L’hippopotame et le philosophe, Actes Sud 1993.) Cependant Morel, parti du désespoir, ne désespère pas. Ce que connait Morel, n’est-ce pas, sinon la joie, au moins un contentement d’être dans un combat vrai? Les bêtes et leurs jeux aquatiques: voilà ce que savoure Morel de la compagnie des éléphants. Ce qu’il défendait, c’était une marge humaine, un monde, n’importe lequel, mais où il yaurait place même pour une aussi maladroite, une aussi encombrante liberté. Progression des terres cultivées, électrification, construction de routes… une œuvre colossale et puissante, mais qui devait rester assez humaine cependant pour qu’on ne pût exiger de ceux qui se lançaient ainsi en avant, qu’ils s’encombrent malgré tout de ces géants malhabiles pour lesquels il ne semblait plus yavoir de place dans le monde qui s’annonçait […]. Le règlement de comptes entre les hommes frustrés par une existence de plus en plus asservie, soumise et la dernière, la plus grande marge de liberté vivante qui existât encore sur terre, continuait àse jouer quotidiennement dans la forêt africaine. (p.181) OPEN ACCESS
JEAN-cLAUdE ESLIN 89 L’expérience d’un mode de vie nouveau vainement cherché depuis soixante-dix ans, trouvée là? Écologiste reconnu, Dominique Bourg aujourd’hui nous parle dans Une nouvelle Terre (Desclée de Brouwer, 2018) d’un registre nouveau de connaissance et d’amour auquel nous aspirons et qui demeure utopique, inaccessible. * J’ai rassemblé ici en 2018, de façon plutôt baroque, trois grandes fresques romanesques qui brassent de très nombreuses figures et retracent des moments importants du XXe siècle dans un chaudron aux passions brulantes et intenses. Que conclure? Les trois auteurs ne se ressemblent en rien, mais ils ont un certain nombre de choses en commun. C’est pourquoi je les ai choisis. Ils n’exhibent pas un mal subjectif— une liberté moderne— par différence avec beaucoup de romans contemporains. La liberté ici n’est pas de pouvoir raconter sa vie intime. Ces auteurs essaient plutôt de raconter des choses sur des drames politiques qu’ils ne peuvent pas maîtriser et que nous ne pouvons pas maîtriser. Leur œuvre est un acte de résistance. Nous piétinons encore dans le déterminisme et le mensonge. La conclusion, s’il doit yen avoir une, sera la plus évidente qui soit: nous sommes encombrés depuis exactement un siècle d’une série d’événements qui demeurent des abîmes d’irrationalité. Ils ont bouleversé et bouleversent toutes les idées et les façons de vivre classiques en Europe et ailleurs. Nous ne pouvons pas nous libérer des obsessions, ni des conséquences qu’ils ont engendrées. Nous subissons une accumulation de poids. Nous avons certainement pris collectivement une fausse piste, il yalongtemps déjà, il ne nous est pas possible de rebrousser chemin, nous pouvons cependant faire une pause, ce àquoi nous incite chacun des romanciers ici évoqués. Prenons seulement notre part du fardeau qui constitue notre héritage, sans l’éviter, sans yrester extérieur. BIBLIOGRAPHIE: Martin du Gard, Roger. Les Thibault. Paris: Gallimard, 2003. Faulkner, William. AFable. New York: Random House, 1954. Furet, François. Le passé d’une illusion, essai sur l’idée communiste au XXe siècle. Paris: Laffont— Calmann Lévy, 1995. Gary, Romain. Les Racines du ciel. Paris: Gallimard, 1956. Hobsbawm, Eric. L’Âge des extrêmes, Histoire du Court Vingtième Siècle. 1914–1991. Bruxelles : Complexe poche, 2003. Tassin, Étienne. Le maléfice de la vie àplusieurs. Montrouge : Bayard Culture, 2012. OPEN ACCESS