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Du patrimoine local aux classes européennes du patrimoine

Grappin, Serge

Abstract

Les "Classes Europees del Patrimoni" són una experiència pedagògica nascuda l'any 1982, inclosa com a projecte educatiu del Consell d'Europa, amb la idea de permetre als joves descobrir les riqueses del seu entorn, els testimonis històrics i artístics que s'hi han desenvolupat i la vida que l'anima en el present. El propòsit principal d'aquest projecte és l'educació en la tolerància, el civisme i la integració social de la joventut europea a partir del reconeixement i valoració del patrimoni comú europeu, fent especial ènfasi en el patrimoni d'àmbit local i defugint la generalitzada idea de patrimoni com exclusivament allò que és monumental.

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III Seminari Arqueologia i Ensenyament Barcelona, 16-18 de novembre, 2000 Treballs d'Arqueologia, 6 (2000): 6-13 6 DU PATRIMOINE LOCAL AUX CLASSES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE Serge GRAPPIN RESUM Les "Classes Europees del Patrimoni" són una experiència pedagògica nascuda l'any 1982, inclosa com a projecte educatiu del Consell d'Europa, amb la idea de permetre als joves descobrir les riqueses del seu entorn, els testimonis històrics i artístics que s'hi han desenvolupat i la vida que l'anima en el present. El propòsit principal d'aquest projecte és l'educació en la tolerància, el civisme i la integració social de la joventut europea a partir del reconeixement i valoració del patrimoni comú europeu, fent especial ènfasi en el patrimoni d'àmbit local i defugint la generalitzada idea de patrimoni com exclusivament allò que és monumental. RESUMEN: Las “Clases Europeas del Patrimonio” son una experiencia pedagógica nacida el año 1982, incluida como proyecto educativo del Consejo de Europa, con la idea de permitir a los jóvenes descubrir las riquezas de su entorno, los testimonios históricos y artísticos que se han desarrollado y la vida que lo anima en el presente. El prpósito principal de este proyecto es la educación en la tolerancia, el civismo y la integración social de la juventud europea a partir del reconocimiento del patrimonio común europeo poniéndo en especial énfasis en el patrimonio de ámbito local y alejándose de la idea de patrimonio como algo exclusivamente monumental. ABSTRACT The “Classes on European Heritage” are an educational experience initiated in 1982. Included as an educational project of the Council of Europe, they aim to make available to young people the richness of its immediate environment, their historical and artistical elements and their actual present life. Their main educational objective consists in promoting tolerance, civism and social integration within European youth by means of the recognition of a common European heritage, with a special emphasis on local heritage and avoiding to equate heritage only with monuments Remercier les personnes qui vous invitent constitue une des règles élémentaires de savoir-vivre mais les remerciements que je vous adresse dépasse la simple formule de politisse. C’est en effet en tant que représentant du groupe de spécialistes de la pédagogie du patrimoine constitué au sein du Conseil de l’Europe, que je tiens à vous exprimer ma gratitude et à féliciter l’Université Autonome de Barcelone et en particulier Madame Paloma González Marcén d’avoir organisé ce séminaire dont le contenu correspond si bien à nos préoccupations. III SEMINARI ARQUEOLOGIA I ENSENYAMENT 6 En effet, sans vauloir anticiper mais en parcourant simplement les thèmes de vos communications, j’ai pu me rendre compte que vos objectifs et méthodes relèvent du même objectif: pour vous, comme pour nous, l’Europe n’est pas une abstraction. La culture matérielle des civilisations passées constitue un outil privilégié d’éducation mettant en évidences les fondaments de l’unité et de la diversité de l’Europe. A travers ces simples traces, ces pièces à conviction pourrait-on dire, surgit l’Europe. Ce qui me surprend d’ailleurs ce n’est pas que l’on puisse parler de l’Europe en partant du patrimoine local, c’est plutôt que l’on puisse en parler sans s’y référer. C’est en approfondissant l’étude du patrimoine que l’on trouve l’Europe et cela a été dit et écrit dès le premier colloque sur les Classes Européennes du Patrimoine que j’avais organisé en 1989 à Cluny et qui rassemblait des représentants de 5 pays dont l’Espagne. Son représentant avait d’ailleurs été à l’origine d’un project impliquant précisément un lycée de Catalogne (Instituto de Batxillerat Montornès de Montornès del Vallès). Origine et definition Les Classes Européenne du Patrimoine trouvent leur origine dans une idée qui tire sa force de sa simplicité et qui a su évoluer en s’enrichissant des contributions de chacu : permettre aux jeunes de découvrir les richesses du site, son environnement, les témoins historiques et artistiques qui les marquent, la vie qui l’anime aujourd’hui. A l’origine, en 1982, une convention signée entre le Ministère de la Culture et celui de l’Education Nationale instituait, en France, les premières Clases du Patrimoine. Ces classes se déroulent durant le temps scolaire selon un programme spécifique élaboré par une équipe comprenant enseignants et intervenants culturels, dans le respect de quatre principes: transplantation, intégration à l’enseignement, pluridisciplinarité, mise en œuvre de pratiques culturelles créatrices. Le développement de ces principes, en particuliercelui de la transplantation, et l’attraction exercée par l’idée européenne, ont donné une nouvelle dimension à ces actions. En 1989, l’opération “Rhin sans frontières” constituait le lancement officiel des premières “Classes européennes du Patrimoine”. Marquant le 40éme anniversaire du Conseil de l’Europe et placée sous le patronage de son Secrétaire Général, cette opération a permis à 110 élèves allemands, français, hollandais et suisses, de découvrir la dimension européenne de l’espace rhénan, en se déplaçant par bateau de Rotterdam à Bâle. Pour répondre à l’intérêt croissant exprimé par les enseignants et les intervenants culturels, approfondir les démarches et faire connaître les actions, stages, missions et colloques européens ont été organisés parallèlement à un travail développe depuis 1990 par le groupe de spécialistes chargé au Conseil de l’Europe de la définition et de la mise DU PATRIMOINE LOCAL AUX CLASSES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE 7 en œuvre de l’activité “Classes Européennes du Patrimoine”. Un mémento1 et un bulletin de liaison font état des expériences qui se développent en se diversifiant notamment grâce à la participation des pays d’Europe centrale et orientale. Cette extension a eu pour conséquence la nécessité d’associer des élèves de plusieurs nationalités et le développement de pratiques pédagogiques interculturelles. Le souci du groupe de spécialistes a été de ne pas enfermer les projets dans la banalité et la systématisation. Une Classe Européenne du Patrimoine n’est pas du prêt a consommer. Il ne s’agit pas de voyage touristique pour consommateurs passifs. Après avoir évoqué l’historique et ce qui doit être et ne pas être une Classe Européenne du Patrimoine, voyons pratiquement les principes et méthodes mises en œuvre . Demarche a) Préparation Plusieurs facteurs se conjuguent pour donner naissance au projet: • la séduction d’un site, son intérêt esthétique et historique, la présence d’intervenants culturels capables de 1Groupe de spécialistes sur les classes européennes du patrimoine (1993), Mémento sur les classes du patrimoine, Comité du patrimoine culturel, Edition du Conseil de l ‘Europe : 8. mettre en évidence la dimension européenne à travers le patrimoine. • l’enthousiasme, le dynamisme de l’équipe pédagogique et culturelle. • la volonté de développer des liens et échanges entre les élèves à travers le plaisir d’une découverte commune Dans la mesure où il s’agit d’une classe se déroulant au moins une semaine,l’initiative revient généralement à l’enseignant. La préparation nécessite cependant une bonne coordination entre l’équipe éducative, les intervenants culturels, les responsables du centre d’accueil et les administrations concernées. Stages de formation et réunions de coordination permettent à ces divers partenaires de choisir thèmes, objectifs, méthodes, mode de restitution adaptés au programme et aux besoins de élèves, aux ressources du centre et aux compétences des intervenants. Le partenariat Culture-Education Nationale se traduit également par une aide financière pour d’une part rémunérer les intervenants et d’autre part aider l’enseignant dans son travail pédagogique. Etablissement scolaire, famille et conllectivités territoriales, parfois sponsors, participent au montage financier, le but étant d’ouvrir ces classes en priorité aux élèves qui ont peu accès à la culture en dehors de l’école. L’extension de la notion de patrimoine (non limité au patrimoine prestigieux et monumental), le lien avec des professionnels du patrimoine (architecture, archéologues, III SEMINARI ARQUEOLOGIA I ENSENYAMENT 8 ethnologues, artisans…), le développement des modes de communications et d’expression, permettent de mettre en œuvre des formules particulièrement créatives, en particulier, dans le cadre des restitutions qui doivent être envisagé dès le début des actions. b) Déroulement Approche sensible: Les Classes Européennes du Patrimoine s’inscrivent dans le cadre d’une pédagogie de la découverte. Cette démarche repose sur un principe très simple, exprime depuis fort longtemps: “Le savoir est fruit de l’émerveillement” disait Platon, “un enfant n’est pas un vase que l’on emplit, mais un feu que l’allume” ajoutait Montaigne et l’on pourrait conclure avec Gide: “Tout a été dit mais comme personne n’écoute, el faut tout recommencer”. En fait le problème n’est plus de dire mais de faire: comment susciter cet émerveillement, comment allumer ce feu? On parle souvent d’imprégnation dans les lieux, il convient donc que le site choisi soit suffisamment fort, “prégnant”, susceptible de provoquer une émotion, une réaction à partir de laquelle la démarche pédagogique pourra se développer. Mais il faut également développer la sensibilité, éduquer le regard des élèves. “Les œuvres d’art meurent quand la sensibilité cesse” (Goethe). Leur apprendre à observer, à s’interroger par exemple sur les traces de l’histoire dans un paysage, un village, un quartier. La lumière rasante sur un monument peut faire apparaître des inscriptions, les traces d’outils qui pourront contribuer à découvrir l’histoire de la construction. Apprendre à voir, c’est déjà respecter ce que l’on a devant soi, prendre le temps d’apprécier et d’aimer “on ne voit bien qu’avec le cœur” disait Saint-Exupery. La lecture de paysage, par exemple, constitue un exercice particulièrement adapté au développement de la sensibilité at aux échanges: observer mais aussi écouter, sentir et ressentir le milieu dans lequel ils se trouvent. On pourra alors leur demander de fermer les yeux et d’essayer de répondre à des questions très simples: combien y a t-il de grandes unités paysagères ? ; quel est le point le plus élevé ? … Les réponses montrent fréquemment les difficulté à observer de façon large et ordennée ce qui nous environne. Surpris mais conscient de ce problème, les élèves sont invités à renouveler personnellement cet exercice “observation-mémorisation les yex fermés”, puis à mettre en commun leurs impressions, réflexions et questions. La présence de nationalités différentes favorise l’expression de sensibilités différentes et incite à la tolérance, au respect des points de veu de chacun. L’intervention de spécialistes permettra de préciser les observations et de répondre aux interrogations. La restitution de cette lecture de paysage pourra se faire par graphismes exprimant les grandes unités paysagères. DU PATRIMOINE LOCAL AUX CLASSES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE 9 Le regard et l’esprit: Il ne suffit pas d’observer pour comprendre. Dans une deuxième phase l’élève “checheur” devra essayer de trouver le sens des traces. Pour illustrer cette étape de la démarche on peut prendre l’exemple de l’archéologie. A partir des observations (stratigraphie, structures, objects) sur le terrain, il s’agira de classer les données et de répondre aux questions (qui, quand, comment, pourquoi ?). Par la rigueur des méthodes de fouilles, accessibles à des élèves de l’enseignement primaire, par la nécessité de travailler en équipe en respectant la logique de chantier, enfin par la démarche interdisciplinaire, où les mathématiques ne sont pas oubliées, et par les démarches éducatives (observerfaire des hypothèses, vérifier), l’archéologie s’avère un outil pédagogique privilégié. Découvrir par soi-même des vestiges et les interpréter avec un spécialiste, est très motivant. Quant l’étude des objets découverts et en particulier l’analyse de leur répartition en Europe, font apparaître les grands courants de peuplement, d’influences économiques et culturelles qui ont marqué notre préhistoire et histoire commune, de passionnants thèmes et pistes de travail apparaissent. “Et si la civilisation naissait du mouvement? Et si la culture ne pouvait s’alimenter que d’espaces et de rencontres? Singulière leçon pour nos sociétés occidentales qui croient chercher dans leur hisoire l’alibi de leur immobilisme et de leur sentiment de supériorité !”2 ainsi s’exprimait l’Universitaire français Jacques Marseille préfaçant un atlas historique et concluant de cette belle formule “le plus grand mérite de cet atlas est peut-être de nous “expulser” de nostre village pour aller à la recontre de l’autre”. N’est-ce pas la force de l’archéologie de nous donner une belle et grande leçon de chose et à travers elle de découvrir l’histoire interculturelle de l’Europe. La richesse du site de SaintRomain en Bourgogne ou depuis 30 ans, je dirige un chantier d’archéologie me permets de vérifier chaque année l’intérêt croissant des jeunes pour cette pédagogie: sur 4m50 de hauteur, 16 occupations de la Préhistoire jusqu’à l’An Mil constituent les pages d’un livre d’histoire que je déchiffre avec les élèves en particulier des Classes Européennes du Patrimoine. Restitution a) Mise en œuvre de pratiques interculturelles créatrices Si l’étude du patrimoine permet à des élèves de prendre conscience de nos racines communes et de nos différences, elle permet aussi de mieux saisir le lien entre tradition et création. “La véritable tradition dans les grandes choses n’est point de refaire ce que les autres en d’autre temps…” 2 G. Barraclouch (1984), Le petit atlas de l’histoire mondiale, Albin Michel. III SEMINARI ARQUEOLOGIA I ENSENYAMENT 10 (Valery). Ainsi une présentation de l’architecture romane ou gothique mettant en rapport forme et fonction peut être une bonne introduction à l’architecture contemporaine. Il convient également de ne pas enfermer le patrimoine dans une vision passéiste, nostalgique, mais de montrer qu’il se développe, selon une dynamique où se conjuguent tradition et création. C’est aussi saisir l’ensemble des influences interculturelles, y compris extra-européenne, qui ont nourri ces créations. Par la découverte des multiples influences qui ont présidé à l’émergence des œuvres, les élèves prennent conscience d’une Europe ouverte et créatrice. Les apprentissages passent également par l’implication physique dans des ateliers et chantiers favorisant les communications et expressions en particulier artistiques. L’art, langage international, vient alors palier aux difficultés de communication en particulier pour les plus jeunes èlèves à qui s’adressent également ces classes. Ces modes d’expression contribuent à lutter contre l’échec scolaire et l’exclusion en mettant en valeur des dispositons souvent peu développées à l’école. Certaines classes à forte proportion d’élèves immigrés ont su exploiter avec succès l’étude du patrimoine de leur région pour favorises l’intégration en montrant les influences reçues et exercées mais aussi en développant des modes de restitution interculturelles fondées sur la danse, la musique, et les arts plastiques. L’intérêt et même l’enthousiasme des familles exprimés à l’occasion de ses manifestations constituent certaimement un des meilleurs encouragement pour les équipes éducatives et culturelles qui se sont lancées dans ces actions. b) Un passé pour le futur Dans le cadre des restitutions (dossiers, expositions, films, expressions d’arts plastiques et de musique) présentés aux parents, administrations et autres élèves de l’établissement scolaire on entend souvent les élèves exprimer des réflexions et des questions sur l’avenir du patrimoine (protection, conservation) mais aussi sur la création contemporaine, patrimoine de demain. Etudier par exemple l’évolution de l’architecture paysanne s’est aussi aujourd’hui s’interroger sur les fonctions et formes correspondant à l’habitat rural de demain et au-delà de réfléchir à l’aménagement du territoire; se poser ces questions c’est déjà se préparer à la citoynneté européenne. Evaluation Au-delà de l’acquisition de savoirs savants qui, en fait, constitue l’aboutissement heureux d’une pédagogie de la découverte bien conduite, les responsables de Classes Européennes du Patrimoine ont très souvent insisté sur l’importance du “savoir-faire” en particulier dans le cadre d’atelier mais aussi celle du “savoirêtre”. DU PATRIMOINE LOCAL AUX CLASSES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE 11 Ce “savoir-être”, c’est plutôt ce “savoir devenir adulte”, citoyen européen responsable, est difficile à évaluer. “L’essentiel de l’évaluation n’est pas évaluable”. Par cette formule GabrielMutte (inspecteur de l’Education Nationale-France) soulignait la difficulté d’évaluer scientifiquement l’émergence et le développement des valeurs telles que l’ouverture aux autres, l’esperit d’équipe et de tolérance à long terme apparaît indispensable pour une évaluation complète des projets, sans oublier les retombées “périphériques”. Certaines Classes Européennes du Patrimoine ont été l’objet de restitution qui se sont développés pendant plusieurs années après le séjour, provoquant de nombreux courriers, visites complémentaires et parfois nouveaux échanges. La demande de participation à des chantiers internationaux bénévoles (archéologie, restauration du patrimoine bâti) témoigne de la volonté de certains jeunes d’approfondir leur démarche. Perspectives Le développement des Classes Européenes du Patrimoine de colloque et séminaires3 consacré à ces actions, le 3 Principales manifestations: “Les classes européennes du patrimoine” à Maisons-Lafitte (France), colloque organisé en collaboration avec le Ministère français de la Culture du 7 au 9 octobre 1992, destinñe à sensibiliser un public de décideurs aux niveaux politique et administratif, ainsi que des responsables pédagogiques et culturels. nombre croissant de représentants au sein du qroupe de spécialistes du Conseil de l’Eirope traduir clairement l’intérêt porté à cette pédagogie. La mention pour la première fois en 1991, des Classes Européennes du Patrimoine, dans la conférence des Ministres de l’Education du Conseil de l’Europe constituait déjà un bon présage. Mais surtour, en 1998, l’adoption d’une recommandation par le Comité des Ministres aux états membres, marque une étape importante dans la « Le patrimoine culturel et sa pédagogie: un facteur de tolérance, de civisme et d’intégration sociale” à Bruxelles (Belgique), séminaire organisé conjointement avec le Ministère de la Région Bruxelles-Capitale, du 28 au 30 août 1995, comme contribution à la campagne européenne “Tous différents/tous égaux”. L’objectif de ce séminaire était de montrer comment des actions de pédagogie du patrimoine, en milieu scolaire et extra-scolaire, concourent à lutter contre toutes formes d’intolérance et participent a la construction d’une société européenne démocratique, tolérant et solidaire, sur la base de valeurs communes. “Les actions européennes de pédagogies du patrimoine: évolution, tendances et perspectives”, séminaire organisé à Dijon (France) conjointement avec l’Union Européenne (DGXXII), le Rectorat de Dijon et la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgonge, du 10 au 12 octobre 1996. En partant d’un bilan de ces actions européennes, le séminaire visait que des possibilités conrètes de collaboration dans ce domaine entre le Conseil de l’Europe et l’Union Européenne. De nombreux séminaires ont été organisés en particulier en Allemagne, Belgique, Espagne (Salamanque 01-04 Octobre 1994), France, Hongrie, Italie, Macédoine, Malte, Portugal, Suisse. III SEMINARI ARQUEOLOGIA I ENSENYAMENT 12 reconnaissance de l’importance de la pédagogie du patrimoine4. Ce texte constitue un précieux document auquel se sont référés les praticiens de la pédagogie du patrimoine, en particulier en Italie et en Hongrie. L’activité du groupe de spécialistes s’est étendue également à d’autres actions parmi lesquelles on peut citer le project pilote “La Ville sous la ville” (1995) qui a permis à des élèves de 26 pays de découvrir l’origine interculturelle de leur cité à partir du patrimoine archéologique découvert in situ ou dans les musées. Le séminaire organisé à Bruxelles en 1995 avait pour thème “le patrimoine cultural et sa pédagogie: un facteur de tolérance, de civisme et d’intégration sociale.” Ces deux exemples illustrent la volonté du Conseil de l’Europe de développer les actions interculturelles a travers la pédagogie du patrimoine. Deux projets sont en cours: • “D’une rue à l’Autre” ou comment découvrir l’autre à travers l’étude d’une rue. • “Patrimoine dis nous qui tu es, nous saurons qui nous sommes”, projet permettant aux élèves des Balkans de mieux se connaître et se reconnaître. 4 Recommandations nº R (98) 5 du Comité des Ministres aux Etats membres Relatives à la pédagogie du patrimoine (adoptée par le Comité des Ministres le 17 mars 1998, lors de la 623éme réunion des Délégués des Ministres). Une collaboration directe avec l’Union européenne se met en place pour créer un Comité de spécialistes conjoints entre les deux Institutions et des projets communs. Per ailleurs, suite aux graves événements qui ont éclaté dans les Balkans, une opération a été développée en Macédoine “Une école-un monument” reogrupant, chantier d’été (Kosovo, Pologne, Macédoine, France), Classe Européenne du Patrimoine (Macédoine, Italie, France, Bulgarie) et études du patrimoine local. Pour conclure j’évoquerai une peinture exposée à Madrid, au Muséo Nacional Reina Sofia. Elle s’intitule “Paysages” et a été peinte en 1935 par un artiste espagnol, Arturo Carbonell. Les racines sont coupées et saignent, aucune feuilles n’apparaît sur ses branches. Cette œuvre illustre de façon extraordinaire les relations étroites entre nos racines, mémoire du sol, et la sève de la création. Que ces racines trouvent dans la mémoire du sol les moyens d’épanouir en Europe les valeurs de la Culture et de l’Education. Bibliographie GROUPE DE SPECIALISTES SUR LES CLASSES EUROPEENNES DU PATRIMOINE (1993), Mémento sur les Classes Européennes, Edition du Conseil de l’Europe. GROUPE DE SPECIALISTES SUR LES CLASSES EUROPEENES DU PATRIMOINE (1994), Bulletin de DU PATRIMOINE LOCAL AUX CLASSES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE 13 Liaison, Comité du Patrimoine Culturel, Edition du Conseil de l’Europe. ACTES DU STAGE DE CLUNY. 25 – 28 Septembre 1990, Classes Européennes du Patrimoine. ACTES DU SEMINAIRE DE BRUXELLES. 28 – 30 Août 1995, Le patrimoine culturel et sa pédagogie: un facteur de tolérance, de civisme et d’intégration sociale. FILM VIDEO: Les Classes Europeennes du Patrimoine. Production: FrameCréation. Réalisation: Conseil de l’Europe - Alex Verween (Frame Création) Serge Grappin (Groupe de spécialistes sue les Classes Européennes du Patrimoine – Conseil de l’Europe)