Itališkas Ledesmos katekizmas „Dottrina Christiana“: Daukšos panaudoto lenkiško teksto šaltinis
Full text
ACTA LINGUISTICA LITHUANICA
XLIV (2001), 227–250
PUBLICATIONS
Publications sources
LE CATÉCHISME ITALIEN DE LEDESMA DOTTRINA CHRISTIANA: SOURCE DU TEXTE POLONAIS UTILISÉ PAR DAUKŠA
Comme on le sait, le texte polonais du catéchisme traduit par Daukša n’était pas une œuvre originale, mais une traduction de l’italien. Cela m’a incité à étudier les liens avec les sources italiennes, en commençant mes recherches par le jésuite espagnol Jacob Ledesma, à qui l’on attribue la paternité du livre lituanien. J’ai appris, grâce à un article documenté récemment publié par G. Aranci au sujet des catéchismes de Jacob Ledesma1, que cet auteur avait publié en italien deux catéchismes différents sous le titre commun de Dottrina Christiana (Doctrine chrétienne). L’un d’eux est le catéchisme « bref » (Dottrina Christiana Breve), dont le plus ancien exemplaire conservé jusqu’à nos jours, publié en 15692, est conservé à la bibliothèque de l’archidiocèse de Bologne; Aranci l’a étudié à partir d’un exemplaire publié à Rome en 15933, sans toutefois mentionner qu’il existe aussi d’autres exemplaires d’éditions du XVIe siècle (dont un à la bibliothèque Brera de Milan4, un autre à la Bibliothèque nationale de Florence5 et un autre encore à la bibliothèque du Vatican6). Le second ouvrage est une version légèrement augmentée du catéchisme « bref »; Aranci l’a étudié non pas à partir de l’unique exemplaire de l’édition de 1576 conservé à la bibliothèque Brera de Milan7, dont il ignorait l’existence, mais à partir d’une traduction en catalan publiée en 15968; il a toutefois remarqué que la bibliothèque Brera de Milan conserve un livre de 1596Dottrina Christiana. Stampata d’ordine, et commissione del Molto Illustr. Et Reverendiss. Monsig. Filippo
1 Plg. Aranci G. Le „Dottrine“ di Giacomo Ledesma S. J. (1524–1575), „Salesianum“ 53 (1991), 315–382.
2 Somma della Dottrina Christiana Breve, per insegnar in pochi giorni, per interrogatione, a modo di Dialogo, fra’l Maestro e Discepolo, Bologna, P. Bonardi.
3 Cf. Aranci, op. cit., p. 320, n. 29.
4 Somma della Dottrina Christiana. Con la sua Breve dichiarationea modo di dialogo fra’l Maestro, e discepolo, Gênes, A. Bellone, 1570 (cote: Zx 1 44).
5 Dottrina Cristiana breve per insegnare in pochi giorni, et per interrogazioni à modo di Dialogo, fra il Maestro e Discepolo, Florence, A. Padovani, 1587 (cote: Pal 15.E.8.171). L’ouvrage est imprimé en annexe du livre Scelta d’orazioni devotissime al Signore e alla Vergine.
6 Dottrina Cristiana breve per insegnare in pochi giorni, e per interrogazioni a modo di dialogo, fra il Maestro e Discepolo, Florence, F. Giunti, 1593 (cote: Capponi VI.48 (2)). L’ouvrage est imprimé en annexe du livre Scelta d’orazioni devotissime al Signore e alla Vergine.
7 Dottrina Christiana, a modo di dialogo del Maestro, et Discepolo, per insegnare alli Fanciulli, Milan, P. Pontio (cote: Musica B 39 (2)).
8 Doctrina Christiana a manera de dialogo entre lo Mestre, y lo Dexeble, Barcelone, J. Cendrat. Le livre est transcrit dans l’article précité d’Aranci (p. 341 et suiv.).
228 |
Archinto Vescovo di Como.... Per uso della sua Città, et Diocese9 correspond en de nombreux endroits à la traduction de 1596 mentionnée plus haut10. À en juger par le titre du livre de 1576 (Dottrina Christiana, a modo di dialogo del Maestro, et Discepolo, per insegnare alli Fanciulli) et par la liste des éditions des catéchismes de Ledesma donnée par Aranci11, on peut penser que la version développée parut pour la première fois (bien qu’aucun exemplaire n’en ait été conservé jusqu’à nos jours) à Rome en 1573, année où fut également publié l’ouvrage de Ledesma consacré à l’enseignement du catéchisme et au chant des cantiques catholiques12. Le fait que la version examinée soit postérieure au catéchisme « abrégé » permet de la considérer comme une réélaboration de celui-ci. Comme Ledesma vivait à Rome depuis 155713 et qu’il avait pu, en une décennie, apprendre assez bien l’italien, langue proche de sa langue maternelle, il est tout à fait possible qu’il ait rédigé les deux catéchismes non pas en espagnol, mais en italien; il n’est donc pas étonnant qu’on ne dispose d’aucune information sur des versions espagnoles de ces textes publiées au XVIe siècle, et le vaste ouvrage de 180 pages Catecismo, y declaracion breve de la Dottrina Christiana, por preguntas, y respuestas entre Maestro, y Discipulo14 est un livre différent du catéchisme développé, tandis que Dottrina Christiana Por interrogaciones à manera de Dialogo, entre el Maestro, y Discipulo15 ne correspond que partiellement au catéchisme « abrégé ».
Au XVIe siècle, le catéchisme « abrégé » fut traduit en albanais16 et en anglais17, tandis que la version développée servit, outre le texte catalan mentionné plus haut, à préparer une traduction en polonais, sur laquelle nous allons maintenant nous arrêter.
La traduction du catéchisme de Ledesma ne constitue que la première moitié du livre polonais (et de sa traduction lituanienne), car Krotki obyczay spowiedzi (> Trumpas Budas Pasisċkimo / arba įpažinimo Nūdėmiu) repose sur d’autres sources.
En comparant le Dottrina Christiana, a modo di dialogo del Maestro, et Discepolo, per insegnare alli Fanciulli publié en 1576 et la première moitié du livre polonais réimprimée dans l’édition scientifique du catéchisme de Daukša18, on constate aisément que, du chapitre O imieniu á znamięniu Chrześcijańskim/ y o imieniu Páná Chrystusowym y o jego nauce Chrześcijańskiej (p. 466) jusqu’à Trzy Boskie Cnoty (p. 528), le texte polonais s’écarte peu de sa source italienne. Quelques passages de l’original ont été omis: après la phrase A Chrystus kto jest? (p. 467, l. 20), avant le chapitre O Pozdrowieniu Pánny Máriey (p. 493, l. 18), avant la phrase A czemuż wzywa innych ceremony y zwierzchnych poczciwości (p. 517, l. 11–13), et avant la phrase Co jest grech (p. 519, l. 7) — mais une partie des lignes omises ici a été déplacée
9 Cote: Musica B 29 (1).
10 Cf. Aranci G. Min., ouvr. cit., p. 337, note 69. L’opinion d’Aranci n’est pas entièrement fondée, car le texte italien de 1596 diffère considérablement de l’édition de 1576, comme j’ai pu le constater en comparant ces deux livres.
11 Ibid., p. 339.
12 Modo per insegnar la Dottrina Christiana, Rome, A. Blado. Un exemplaire est conservé à la bibliothèque Brera de Milan (cote: Musica B 39 (1)).
13 Cf. Aranci G. Min., ouvr. cit., p. 316.
14 Un exemplaire de cet ouvrage, imprimé à Séville en 1611, est conservé à la Bibliothèque d’État de Munich (cote: Catech. 406).
15 Un exemplaire de cet ouvrage, imprimé à Valence en 1681, est conservé à la bibliothèque Brera de Milan (cote: R. Min. 23).
16 Le manuscrit conservé à la bibliothèque du Vatican (ainsi que sa transcription) a été réimprimé dans la monographie de M. Sciambra La “Dottrina Cristiana” di Luca Matranga, Rome, 1964, p. 1–199.
17 Le texte de 1597 The Christian Doctrine in manner of a Dialogue between the Master and the Disciple a été réimprimé dans l’ouvrage English recusant literature 1558–1640, Volume 2, Menston, 1969.
18 Le catéchisme de Mikalojus Daukša de 1595, Vilnius, 1995, p. 459–534.
| 229
aux p. 532 (l. 7–21) et 533 (l. 1–3). Le texte original n’est que rarement remanié: p. 472 (l. 9–20), p. 495 (l. 17–22), p. 496 (l. 6–16), p. 509 (l. 10–19), p. 520 (l. 8–13), p. 526 (l. 2–12). À un endroit, quelques lignes ont été ajoutées (p. 500, l. 20–24); ailleurs, de courts titres de section.
Le texte polonais s’écarte plus nettement dans les dernières pages (p. 528–534), où ont été insérés les paragraphes Piec Smy stów cielesnych et Cztery ostateczne rzeczy człowiecze, absents de l’original¹⁹. L’écart est encore plus marqué dans la préface du livre (p. 462–465), qui diffère du texte de la source italienne Ammonitione alli Padri, et Madri. En outre, le traducteur polonais a omis les deux derniers paragraphes du catéchisme, Li Misterij di nostro Signor Giesu Christo et Dell’Ave Maria (leurs équivalents étant imprimés dans la deuxième partie du livre²⁰), et s’est écarté de l’appendice rédigé en latin Per saper aiutare à servire alla Messa ainsi que des lignes imprimées après celui-ci au sujet de « Il modo che si ha da tenere quando si comincia la Dottrina Christina ».
Une partie des différences examinées peut être attribuée non au traducteur polonais, mais au fait qu’il a probablement utilisé une édition italienne qui nous est inconnue, ou une copie « améliorée » de l’édition de 1576, comme le montre la comparaison du livre polonais avec la traduction catalane de 1596 mentionnée plus haut: ce texte omet presque toutes les phrases absentes de la traduction polonaise (cf. après A Chrystus kto jest?, avant A czemuż żywa inych ceremoniy z zwierzchnych poczciwości, avant Co jest grech); les écarts marqués entre les dernières pages de la traduction polonaise et l’édition de 1576 ont ici des correspondances exactes, bien que les paragraphes Dels peccats contra Lesperit sanct ir Dels quatre peccats que demanen venjança davant Deu aient été déplacés après Le quatre darreries del home; quelques courts titres de section sont également caractéristiques du texte catalan (cf. par ex.: Wykład Pacierza²¹ ≈ Declaracio del Pater noster; Krotki wykład Sákrámentow²² ≈ Declaracio dels set Sagraments). Il existe toutefois aussi des cas où seul le texte polonais diffère de l’édition de 1576: cela apparaît particulièrement clairement à la fin du livre²³ et dans les passages qui peuvent être considérés comme des remaniements de l’original.
La comparaison du texte lituanien avec sa source polonaise et l’original italien de 1576 (ainsi qu’avec la traduction catalane) montre que Daukša a pu s’appuyer partout sur l’ouvrage polonais, à l’exception d’un seul cas où la traduction lituanienne s’écarte de la source polonaise et concorde avec le texte italien: le texte polonais ne contient pas l’équivalent de plusieurs phrases du livre de Daukša (cf. p. 95, l. 8–21, de Mo. Yra tikras Dievas ir tikras žmogus jusqu’à M. O Christis kaip išguldzės) et de l’original (cf. p. 5a). On peut toutefois ne pas accorder d’importance particulière à cette exception, si l’on suppose que le livre utilisé par Daukša (ou sa copie manuscrite) comportait les lignes omises, ajoutées par la suite.
On a relevé des dizaines de cas où des lignes de la traduction lituanienne n’ont d’équivalent ni dans la source polonaise ni dans l’original italien²⁴: cf. p. 91 (à partir de la l. 17), p. 93 (jusqu’à la l. 9), p. 97 (l. 8 et 13–14),
19 Ces paragraphes ne manquent pas dans le remaniement italien de 1596 mentionné plus haut, où ils sont imprimés à la fin du chapitre introductif (p. 15): Li sentimenti del corpo sono cinque 1 Vedere 2 Udire 3 Odorare 4 Gustare 5 Toccare … Le cose ultime dell’huomo sono quattro 1 La Morte 2 Il Giudicio 3 L’Inferno 4 Il Paradiso. Le dernier paragraphe a peut-être été ajouté en s’inspirant de la conclusion du Parvus catechismus catholicorum de Canisius (Quae hominis novissima dicuntur? Ea, quae homini ad extremum accidunt, ut Mors, Iudicium, infernus, et caelestis gloria …).
20 Cf. p. 592–594 et 597–598.
21 P. 488, l. 18.
22 P. 521, l. 11–12.
23 Il est certain que le traducteur polonais a omis les deux derniers paragraphes du catéchisme, Li Misterij di nostro Signor Giesu Christo et Dell’ Ave Maria, ainsi que l’appendice Per saper aiutare à servire alla Messa, qui est imprimé après le recueil de chants dans la traduction catalane.
24 Dėl aptariamų reiškinių plg. Lebedys J. Mikalojus Daukša, Vilnius, 1963, 207–209.
230 |
p. 99 (l. 1–10), p. 115 (l. 8–10), p. 125 (à partir de la l. 10), toute la p. 127, p. 129 (jusqu’à la l. 14), p. 131 (à partir de la l. 6), p. 133 (jusqu’à la l. 16), p. 135 (à partir de la l. 13), p. 137 (jusqu’à la l. 5), p. 139 (à partir de la l. 14), p. 141 (jusqu’à la l. 16), p. 145 (l. 12–19), p. 147 (l. 10–16), p. 149 (à partir de la l. 15), p. 151 (jusqu’à la l. 14), p. 163 (l. 13–16), p. 175 (l. 2–7 et à partir de la l. 16), p. 177 (jusqu’à la l. 7), p. 183 (à partir de la l. 10), p. 185 (jusqu’à la l. 15), p. 193 (l. 2–8 et à partir de la l. 13), p. 195 (jusqu’à la l. 7), p. 201 (l. 21), toute la p. 203, p. 223 (à partir de la l. 19), p. 225 (jusqu’à la l. 8), p. 229 (l. 5), p. 239 (l. 4–5 et 15–16), p. 243 (l. 2–3 et 14–16).
Les cas où des lignes polonaises ayant un équivalent (même approximatif) dans l’original italien ont été omises dans la traduction lituanienne sont beaucoup plus rares: cf. p. 494 (l. 9–10), p. 508 (l. 8–11 et 18), p. 516 (à partir de la l. 17), p. 517 (jusqu’à la l. 10), p. 518 (l. 1–8), p. 521 (l. 11–14), p. 526 (l. 1–12).
Les éléments examinés permettent d’affirmer que tant le traducteur polonais que le traducteur lituanien ont remanié en partie la source utilisée (l’original italien dans un cas, sa traduction polonaise dans l’autre): cela apparaît déjà dans le titre même (Dottrina Christiana, a modo di dialogo del Maestro, et Discepolo, per insegnare alli Fanciulli > Nauka Chrzescianska. Abo Kátechizmik dla dziatek > Kathekismas arba mokslas kiekwienam krikszczioniui priprivalus); cependant, les procédés de remaniement différaient, car seul Daukša a inséré des dizaines de nouvelles phrases. Sachant probablement que Ledesma lui-même avait remanié et étoffé son « petit » catéchisme, les traducteurs (et peut-être avant tout les commanditaires de leur travail) considéraient comme tout à fait naturel de poursuivre ce remaniement, afin que le livre soit aussi utile que possible à ses nouveaux lecteurs (les Français ont fait de même en remaniant leur traduction de 1613)25. Puisque les modifications apportées au texte traduit ne touchaient pas à l’essence ni aux caractéristiques générales de l’œuvre de Ledesma, rien n’empêchait de la présenter comme l’œuvre d’un jésuite espagnol. Il n’y a donc aucune raison de penser que les remaniements du traducteur polonais aient pu être dus à une édition inconnue de nous de l’original italien, ou que la source de la traduction de Daukša ait pu être une autre variante du texte polonais: seules de nouvelles données (qu’il est peu probable de voir apparaître) pourraient permettre d’adopter une telle opinion.
Pour approfondir la question des remaniements de Daukša, il faudrait vérifier, en comparant sa Postille à sa source polonaise, si l’on y rencontre également des phénomènes similaires; si tel était le cas, on pourrait en tirer des conclusions générales et affirmer que Daukša n’hésitait pas à compléter ses traductions. Le fait qu’il ait traduit la seconde moitié du catéchisme sans aucun ajout ne va pas à l’encontre de cette possibilité: le remaniement des prières est une tâche quelque peu plus difficile. On peut en dire autant des extraits des Évangiles dans la Postille.
Afin que le lecteur lituanien puisse embrasser toute la chaîne composée de Dottrina Christiana, a modo di dialogo del Maestro, et Discepolo, per insegnare alli Fanciulli > Nauka Chrzescianska. Abo Kátechizmik dla dziatek > Kathekismas arba mokslas kiekwienam krikszczioniui priprivalus, et puisse lui-même suivre les liens entre ces trois livres, le texte retranscrit de l’édition italienne de 1576 est présenté ici, avec l’indication du début de chaque page; l’orthographe actuelle est suivie dans la mesure du possible.
26 Dottrina Christiana, sous forme de dialogue entre le Maître et le Disciple, pour instruire les enfants. Composée par le docteur Giacomo Ledesma, de la Compagnie de Jésus. À Milan, chez Pacifico Pontio, imprimeur de la cour archiépiscopale. 1576
27 Sommaire d’une bulle de Sa Sainteté
25 Cf. Aranci G. Min., ouvrage cité, p. 320, n. 30.
26 P. 5b.
27 P. 2a.
| 231
{....................}.
Sommaire d’une bulle de notre Seigneur le pape Grégoire XIII
{....................}
28 {....................}
29 {....................}
30 Introduction à la Dottrina Christiana.
Une fois les enfants rassemblés, après que le Maître aura fait le signe de la Croix, avec tous les autres, deux enfants commenceront à chanter ce qui suit. Exhortation aux Pères et aux Mères. Ô chers chrétiens, je vous prie d’écouter et de comprendre l’obligation que vous avez, vous tous, pères et mères, d’enseigner à vos petits enfants, dès leur jeune âge, à savoir aimer, servir et honorer notre Seigneur et doux Rédempteur, qui disait: « Laissez venir à moi les petits enfants », car à cet âge ils pourront plus facilement apprendre et embrasser notre foi catholique, les commandements et les autres choses qui appartiennent aux bons chrétiens. Puisque vous, pères et compères, êtes négligents à les instruire, parce que vous ne pouvez pas, ou ne voulez pas, ou ne savez pas, envoyez-les aux églises et aux écoles, afin qu’ils puissent apprendre 31 le moyen d’obtenir la vie éternelle, promise par le Christ. Ne manquez pas de grâce, et que l’amour que vous leur portez se manifeste en cela. Amen. Jésus.
Du signe du chrétien.
Tout fidèle chrétien est très obligé d’avoir dévotion, de tout son cœur, envers la sainte Croix du Christ, notre lumière, puisque celui-ci a voulu mourir sur elle pour nous racheter de la grande servitude de nos péchés et du mauvais ennemi. C’est pourquoi nous devons nous habituer à faire le signe de la Croix en disant ainsi: Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen. Jésus.
Du nom et du signe du chrétien, et du nom du Christ, et de sa doctrine chrétienne.
M. Êtes-vous chrétien?
D. Oui, par la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ.
M. Pourquoi dites-vous: par la grâce de Jésus-Christ?
D. Parce que je ne suis chrétien ni par les mérites de mon père, ni de ma mère, ni même 32 d’aucune autre créature, mais par la bonté de Dieu et les mérites du Christ.
M. Qu’est-ce qu’un chrétien?
D. C’est un disciple du Christ, c’est-à-dire que, baptisé, il croit et professe sa loi.
M. Quelle dignité l’homme reçoit-il lorsqu’on le fait chrétien?
28 P. 2b.
29 P. 3a.
30 P. 4a.
31 P. 4b.
32 P. 5a.
232 |
N. Il devient fils de la Bénédiction, fils adoptif de Dieu et héritier du Ciel.
M. Et celui qui n’est pas chrétien, qu’est-il?
D. Il reste fils de la Malédiction, esclave du Démon et privé de l’héritage du Ciel.
M. Qui est Christ?
D. Il est vrai Dieu et vrai homme.
M. Comment est-il vrai Dieu?
D. Parce qu’il est le vrai et unique Fils de Dieu le Père tout-puissant.
M. Comment est-il vrai homme?
D. Parce qu’il est le vrai et unique fils de la glorieuse Vierge Marie.
M. Que veut dire C[hristo?]
Oint.
M. Pourquoi?
D. Parce qu’il a été oint de la plénitude 33 de la grâce du Saint-Esprit, comme le meilleur des rois, le prêtre au-dessus de tous les prêtres et le prophète au-dessus de tous les prophètes.
M. Que signifie Jésus?
D. Sauveur, parce qu’il nous a sauvés et rachetés par son précieux sang, et qu’il nous a enseigné le chemin du salut, c’est-à-dire du Paradis, par sa doctrine chrétienne.
M. Qu’est-ce que la doctrine chrétienne?
C’est ce que le Christ notre Seigneur nous a enseigné d’abord par ses actes, puis par ses paroles; et aussi ce que la sainte Mère Église catholique romaine nous a enseigné.
Exhortation.
Ainsi donc, prenez garde, mes enfants: vous êtes tenus de suivre le Christ notre Seigneur par vos actes, lui dont vous avez reçu le nom et qui vous a accordé tant de grâces.
Du signe de la sainte Croix.
M. Quel est le signe du chrétien?
D. Le signe de la sainte Croix.
M. Pourquoi?
34 D. Parce que c’est sur elle que Jésus-Christ nous a rachetés.
M. Comment fait-on le signe de croix?
D. On le fait en portant la main à la tête, puis au corps, ensuite à l’épaule gauche et à la droite, en disant: Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Jésus.
M. Pourquoi le fait-on de cette façon?
D. Per significare doi grandi misterij; l’uno della santissima Trinità, l’altro de l’Incarnatione del nostro Signore Giesù Christo.
M. Comment?
D. En nommant le Père à la tête, parce qu’il est le principe des autres personnes divines, le Fils sur le corps, parce qu’il procède du Père; le Saint-Esprit d’une épaule à l’autre, parce qu’il procède du Père et du Fils.
M. Pourquoi le fait-on en forme de croix?
D. Pour signifier le haut mystère: le Fils de Dieu, fait homme, nous a rachetés sur la croix, de
33
P. 5b.
34
P. 6a.
| 233
de sorte qu’on peut dire que le signe de la Croix que nous faisons est comme un abrégé de notre foi.
M. Quand devons-nous utiliser ce signe?
D. Toutes les fois que nous commençons quelque 35 œuvre, et lorsque nous nous trouvons dans quelque nécessité, et spécialement en se levant du lit, en sortant de la maison, en entrant dans l’église, ou en mangeant, ou en allant dormir.
M. Pourquoi si souvent?
D. Afin qu’en tout lieu et en tout temps Dieu nous garde de nos ennemis, et que toutes nos œuvres soient ordonnées et dirigées à l’honneur et à la gloire de Dieu.
Avis sur l’usage et l’antiquité du signe de la sainte Croix.
Le signe de la sainte Croix est en usage depuis les débuts de l’Église primitive jusqu’à nos jours, depuis le temps des Apôtres; comme l’attestent les saints Docteurs: saint Augustin, Sermon De temp. 181; saint Chrysostome, ad Philip. Homil. 13; saint Augustin, In Io. Euan. 118. Tract., et In Psal. 30. Concio. 2; saint Basile, livre De Spirito san. Chap. 27; Augustin, In Psal. 141; idem, de sanctis Sermon 19. De même, lors de la célébration du sacrement du baptême et de la confirmation. Tertullien, De corona militis.
Exhortation.
Qu’on leur recommande, lorsqu’ils feront le signe de la Croix, de le faire avec révérence et en méditant ces mystères, et 36 sans manquer de dévotion, comme beaucoup le font.
De la fin dernière et des choses nécessaires au chrétien.
M. Dans quelle fin l’homme a-t-il été créé?
D. Pour aimer et servir Dieu dans cette vie, puis le voir et jouir de lui dans l’autre; ce qui sera notre bonheur suprême.
M. Combien de choses sont nécessaires au chrétien pour atteindre sa fin et être sauvé?
D. Quatre: la foi, l’espérance, la charité et les bonnes œuvres.
M. Que croyez-vous par la foi?
D. Tout ce que tient et croit la sainte Mère Église catholique romaine, et principalement ce qui est contenu dans le Credo.
M. Dites le Credo.
D. 1 Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. 2 Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur. 3 Qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie. 4 A souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli. 5 Est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts. 6 Est monté aux cieux 37 Est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant. 7 De là il viendra juger les vivants et les morts. 8 Je crois au Saint-Esprit, à la sainte Église catholique. 9 À la communion des saints. 10 À la rémission des péchés. 11 À la résurrection de la chair. 12 À la vie éternelle. Amen. Jésus.
M. Dites-le en langue vulgaire.
D. Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. 2 Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur. 3 Qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie. 4 A souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli. 5 Est descendu aux enfers; le troisième jour, est ressuscité des morts. 6 Est monté au ciel, est assis à la droite de Dieu le Père
35 P. 6b.
36 P. 7a.
37 P. 7b.
234 |
Tout-Puissant. 7 De là il viendra juger les vivants et les morts. 8 Je crois en l’Esprit-Saint. La Sainte Église catholique. 9 La communion des saints. 10 La rémission des péchés. 11 La résurrection de la chair. 12 La vie éternelle. Amen. Jésus.
M. Qu’avons-nous dit?
D. Le Credo.
M. Qui a composé le Credo?
38D. Les douze Apôtres, lorsqu’ils voulaient aller prêcher le saint Évangile dans le monde entier.
M. Pourquoi l’ont-ils composé?
D. Pour nous instruire dans la foi.
M. Que contient le Credo?
D. Douze articles, c’est-à-dire les douze principales parties de la foi.
M. À qui appartiennent ces articles?
D. Le premier au Père, les six suivants au Fils, les cinq derniers au Saint-Esprit.
Exposition du Credo.
M. En qui croyez-vous?
D. Je crois en Dieu, qui est la très sainte Trinité.
M. Qu’entendez-vous par la très sainte Trinité?
D. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois personnes et un seul Dieu.
M. Le Père est-il Dieu?
D. Oui, Père.
M. Le Fils est-il Dieu?
D. Oui, Père.
M. Le Saint-Esprit est-il Dieu?
D. Oui, Père.
M. Sont-ils trois dieux?
D. Non, bien qu’ils soient trois personnes distinctes, il n’y a néanmoins qu’un seul Dieu.
M. Pourquoi l’appelle-t-on Dieu?
39 D. Parce qu’il voit et pourvoit à toute chose, en tant que Seigneur et Gouverneur de l’univers.
M. Quelle comparaison me donnerez-vous40 de la très sainte Trinité.
D. De même que nous, créés à son image et à sa ressemblance, avons une seule âme et trois puissances: la mémoire, l’intellect et la volonté.
M. Qui a créé le Ciel et la Terre à partir de rien?
D. Dieu le Père, avec le Fils et le Saint-Esprit.
M. Pourquoi l’appelle-t-on tout-puissant?
D. Parce que par sa seule volonté et son pouvoir infini, il peut faire et défaire toute chose.
M. Croyez-vous en Jésus-Christ?
D. Oui, Père.
M. Qui est Jésus-Christ?
D. Il est le Fils de Dieu le Père, aussi puissant, aussi sage et aussi bon que le Père, lequel
38 P. 8a.
39 P. 8b.
40Imprimé cette année.
| 235
Fils de Dieu, il s’est fait homme pour nous dans le sein de la glorieuse Vierge Marie.
M. Comment cela s’est-il fait?
D. Non par l’œuvre d’un homme, mais par l’œuvre du Saint-Esprit, elle demeurant Vierge avant, pendant et après l’enfantement; ainsi, au Ciel, elle n’a pas de 41 mère, et sur terre, elle n’a pas de père.
M. Pourquoi a-t-il été crucifié, est-il mort et a-t-il été enseveli?
D. Par amour pour nous, pour nous libérer de nos péchés, des mains de nos ennemis, de la mort et de l’Enfer; ainsi nous a-t-il rachetés par son précieux sang sur le bois de la Croix.
M. Nous étions donc esclaves, puisqu’il nous a rachetés?
D. Oui, de nos péchés et du Démon.
Exhortation.
On pourra expliquer le péché de notre premier père, ses conséquences et les misères survenues à cause du péché, ainsi que tout ce que nous devons au Christ, notre Rédempteur.
M. Qu’a fait le Christ notre Seigneur lorsqu’il est descendu aux Enfers?
D. Il en a tiré les âmes des saints Pères et les autres âmes saintes qui se trouvaient dans les Limbes, attendant son saint avènement.
M. Comment est-il ressuscité le troisième jour?
D. Il est ressuscité des morts à la vie, dans son corps et son âme glorieux, afin de ne plus jamais mourir.
M. Comment est-il monté au Ciel et s’est-il assis à la droite de Dieu le Père?
42 D. Après quarante jours, il est monté au-dessus de tous les Cieux et de tous les Anges par sa propre vertu et puissance, où il demeure dans sa grande gloire comme Fils de Dieu.
M. Comment viendra-t-il de là pour juger les vivants et les morts?
D. Le jour du jugement, qui sera la fin du monde, viendra du Ciel avec une grande Majesté et Puissance, accompagné des Anges et des Saints, pour juger tous les hommes et donner à chacun selon ses œuvres.
M. Crois-tu au Saint-Esprit?
D. Oui, il est le vrai Dieu, la troisième personne de la Très Sainte[ima] Trinité, qui donne la grâce et ses dons à la sainte Église catholique.
M. Qu’est-ce que la sainte Église catholique?
D. C’est toute la congrégation des fidèles chrétiens, qui ont et professent la foi en Jésus-Christ, dont le chef est 43 le Christ lui-même, et le pape son vicaire sur terre.
M. Et quel mal arrivera à celui qui n’obéit pas à l’Église?
D. Celui qui ne voudra pas avoir l’Église pour mère n’aura pas Dieu pour père.
M. Qu’entendez-vous par la communion des saints?
D. Que tous ceux qui sont dans cette 44 Église prennent part ensemble aux sacrifices, aux sacrements et aux bonnes œuvres qui s’y accomplissent, comme, dans le corps, un membre participe à la vertu de l’autre.
M. Comment se fait la rémission des péchés?
D. Elle s’obtient par le mérite de la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ, au moyen des saints sacrements, en faisant tout ce à quoi nous sommes tenus.
41 P. 9a.
42 P. 9b.
43 Imprimé e.
44 P. 10a.
236 |
M. Et qui ne pourrait pas recevoir les sacrements?
D. Il suffirait d’avoir le désir et la volonté de les recevoir, en faisant tout ce qu’on est tenu de faire.
M. Comment aura lieu la résurrection de la chair?
D. Le jour du Jugement, tous les morts ressusciteront dans leur corps et leur âme; les bons seront glorieux et beaux, et les méchants, au contraire, laids et misérables.
Avis.
On pourra expliquer la gloire de la résurrection, les corps glorieux, les dons de l’âme, etc.
M. Qu’est-ce que la vie éternelle?
D. C’est la gloire du Paradis: voir Dieu et jouir de lui pour toujours, posséder tout bien et aucun mal; les bons y iront, tandis que les méchants iront au feu, 45 et aux tourments éternels de l’Enfer.
M. Et qui va subir les peines du Purgatoire?
D. Les âmes de ceux qui meurent dans la grâce de Dieu et n’ont pas entièrement expié leurs péchés; après avoir acquitté les peines dues, elles iront au Paradis.
M. Que signifie Amen?
D. Qu’il en soit ainsi.
Exhortation.
Donc, ô enfants, efforcez-vous de servir beaucoup notre Seigneur Jésus-Christ, afin d’être parmi les bons et ses élus, et de ne pas aller en Enfer.
De la deuxième chose nécessaire au chrétien, c’est-à-dire l’Espérance.
M. Qu’espérez-vous obtenir par l’Espérance en Dieu?
D. La vie éternelle, qui s’acquiert principalement par la grâce divine, et ensuite par les mérites qui procèdent de nous avec elle.
M. Pour obtenir les choses que nous espérons, de quoi avons-nous besoin?
D. Entre autres choses, de la prière.
M. Quelle prière l’Église nous enseigne-t-elle?
46 D. Le Pater noster, l’Ave Maria, le Salve Regina, entre autres.
M. Dites le Pater nost[er].
D. Notre Père, qui es aux cieux, 1 que ton nom soit sanctifié; 2 que ton règne vienne. 3 Que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel. 4 Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien. 5 Et pardonne-nous nos dettes, comme nous pardonnons aussi à nos débiteurs. 6 Et ne nous soumets pas à la tentation. 7 Mais délivre-nous du mal. Amen. Jésus.
M. Dites-le en langue vulgaire.
D. Notre Père qui es aux cieux 1 Que ton nom soit sanctifié. 2 Que ton règne vienne. 3 Que ta volonté soit faite, ainsi sur la terre qu’au ciel: 4 Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien. 5 Et pardonne-nous nos dettes, comme nous pardonnons à nos débiteurs. 6 Et ne nous induis pas en tentation. 7 Mais délivre-nous du mal. Amen. Jésus.
Explication du Pater noster.
M. Quelle est la première demande?
D. C’est celle-ci: Notre Père qui es aux cieux. Que ton nom soit sanctifié.
La deuxième est: Que ton règne vienne.
45 P. 10b.
46 P. 11a.
| 237
47 La troisième. Que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel.
La quatrième. Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien.
La cinquième. Et pardonne-nous nos dettes, comme nous pardonnons à nos débiteurs.
La sixième. Et ne nous laisse pas entrer en tentation.
La septième. Mais délivre-nous du mal. Amen.
M. Qu’avons-nous dit?
D. Le Notre Père.
M. Qui a composé le Notre Père?
D. Notre Seigneur Jésus-Christ, qui l’a prononcé de sa très sainte bouche.
M. Pourquoi l’a-t-il composé?
D. Pour nous apprendre à prier.
M. À qui s’adresse-t-on dans cette prière?
D. À Dieu, notre Seigneur.
M. Existe-t-il une autre prière meilleure que celle-ci?
D. Mon Père, non: celle-ci est la plus excellente, parce que notre Seigneur Christ l’a composée et l’a donnée à ses disciples, et parce que nous y demandons à Dieu les choses principales que nous devons lui demander.
M. Que fait-on dans cette première partie: Pater noster qui es in coelis?
D. L’esprit s’élève vers Dieu avec humilité, 48 et espérance, avant de demander.
M. Pourquoi appelons-nous Dieu Père?
D. Parce qu’en l’appelant Père, nous nous rappelons le grand amour qu’il nous porte, et ainsi nous lui adressons nos demandes avec une plus grande confiance.
M. Pourquoi disons-nous « notre Père », et non « mon Père »?
D. Parce qu’il est le Père de tous et que nous sommes tous frères; nous devons donc nous aimer comme des frères et comme les enfants d’un si bon père.
M. Où est Dieu?
Et au ciel, et sur la terre, et en tout lieu.
M. Pourquoi disons-nous alors que tu es aux cieux?
D. Parce que c’est là que l’on voit la face de Dieu, là où se trouve notre patrie, et que sa puissance et sa majesté s’y manifestent davantage.
Avis.
Ici, on pourra parler de l’amour du ciel et de la gloire céleste, ainsi que du mépris des choses terrestres.
M. Que demandons-nous dans les sept demandes qui suivent?
D. Nous demandons d’abord l’honneur et la gloire de Dieu.
2. La béatitude, pour laquelle nous avons été créés.
49 3. Les moyens essentiels pour y parvenir.
M. Dans laquelle demande-t-on la gloire de Dieu?
D. Dans la première, en disant: que ton nom soit sanctifié.
M. Et notre béatitude?
D. Dans la deuxième, qui dit: que ton règne vienne, c’est-à-dire qu’il règne sur nous ici par la grâce, puis par la gloire.
47 P. 11b.
48 P. 12a.
49 P. 12b.
238 |
M. Si Dieu ne règne pas sur nous, qui régnera?
D. Nos ennemis, c’est-à-dire le Monde, la Chair et le Démon.
M. Et où demande-t-on les autres choses nécessaires?
D. Dans les cinq autres demandes.
M. Que demandons-nous donc dans la troisième, qui suit?
D. Que nous fassions la volonté de Dieu sur la terre, comme la font les Anges et les Bienheureux au Ciel.
M. Dans la quatrième?
D. Qu’il nous donne le pain et la nourriture corporels, ainsi que le pain spirituel, qui est le très saint Sacrement, et sa grâce avec ses autres dons.
Dans la cinquième?
Qu’il nous pardonne nos péchés et nos offenses, comme nous pardonnons aux autres, 50 et ainsi Dieu agira envers nous comme nous agirons envers eux.
Avis.
Ici, on peut exhorter au pardon des offenses.
M. Dans la sixième?
D. Qu’il ne nous laisse pas tomber dans les tentations, mais qu’il nous aide à les vaincre et à ne pas pécher.
M. Dans la septième?
D. Qu’il nous délivre de tout mal, c’est-à-dire de celui de l’âme et du corps, ainsi que du Démon, notre ennemi.
M. Quel est le plus grand de tous les maux?
D. Le péché.
M. Et lequel est le pire et le plus laid: le péché ou le Démon?
D. Le péché l’est bien davantage, car le Démon n’est devenu si laid qu’à cause du péché.
Exhortation.
Ici, on peut dire comment le Démon était beau par nature, etc.; ainsi, si nous sommes sans péchés, nous serons nous aussi beaux, à la ressemblance des Anges, etc., et l’on peut parler de la laideur du péché, etc.
M. Que signifie « Amen »?
D. Qu’il en soit ainsi.
51 Exhortation.
Espérons donc en Dieu, qui nous accordera tout par l’intermédiaire de son Fils, qui nous a enseigné cette prière.
M. Récitez l’Ave Maria.
D. Ave Maria, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre les femmes, et Jésus, le fruit de tes entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous, pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen. Jésus.
M. Dites-la en langue vulgaire.
D. Dieu te garde, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton ventre, Jésus, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous, pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen. Jésus.
M. Qu’avons-nous dit?
50 P. 13a.
51 P. 13b.
239
D. L’Ave Maria.
M. Qui a composé l’Ave Maria?
D. L’ange Gabriel, lorsqu’il vint saluer la Madone; on y ajoute quelques paroles de sainte Élisabeth et de l’Église.
M. À qui s’adresse-t-on dans l’Ave Maria?
D. À la Madone.
M. Qui est la Madone?
52 D. C’est la mère de Dieu, Vierge, pleine de grâce et de toute vertu, reine du Ciel et de la Terre, et notre avocate.
M. Où est la Madone?
D. Elle est au ciel.
M. Et celle qui est dans l’Église?
D. C’est l’image de celle qui est au ciel, pour nous rappeler son souvenir, et53 nous lui témoignons de la révérence en son honneur par son image.
M. Comme il y a beaucoup d’images de la Madone, y a-t-il donc aussi beaucoup de Madones?
D. Non, Père, mais une seule, qui est au ciel; elle est représentée par les images qui sont sur terre.
M. Pourquoi donc appelons-nous la Madone celle de la Piété, du Remède, de la Consolation, et[t] d’autres noms?
D. Elle est appelée de tant de noms en raison des nombreux et divers bienfaits qu’elle nous accorde comme mère de Dieu, mère de miséricorde, et parce qu’elle a tant de pouvoir auprès de lui.
M. Que dit-on dans l’Ave Maria?
D. Nous la saluons et la louons, en nous recommandant à elle.
Exhortation.
Efforcez-vous, mes enfants, d’être très dévots envers la Vierge Marie, car elle sera votre Avocate, etc.
54 M. Dites le Salve Regina.
D. Salut, Reine, Mère de miséricorde, vie, douceur et notre espérance, salut. Vers toi nous crions, exilés, fils d’Ève. Vers toi nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes. Ainsi donc, notre Avocate, tourne vers nous tes yeux miséricordieux. Et Jésus, le fruit béni de ton ventre, montre-le-nous après cet exil. Ô clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie, prie pour nous. Sainte Mère de Dieu, afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ. Amen. Jésus.
M. Dites-le en langue vernaculaire.
D. Dieu te garde, Reine, Mère de miséricorde, vie, douceur et notre espérance, Dieu te garde. Nous t’invoquons, nous, fils d’Ève bannis; vers toi nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes. Allons donc, notre Avocate, tourne vers nous ces yeux miséricordieux qui sont les tiens; et après cet exil, montre-nous Jésus, le fruit béni de ton ventre. Ô clémente, ô compatissante, ô douce Vierge Marie, prie pour nous, sainte Mère de Dieu, afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ. Amen. Jésus.
52 P. 14a.
53 Imprimé à.
54 P. 14b.
240 |
55 M. Qu'avons-nous dit?
D. Le Salve Regina.
M. Qui a enseigné le Salve Regina?
D. La sainte mère Église.
M. À qui parle-t-on?
D. À la même Vierge Marie.
M. Que56 dit-on dans cette prière?
D. D'autres louanges de la Vierge, en demandant aussi sa faveur et son aide. Des prières et invocations aux saints.
M. Après la Vierge Marie, avez-vous de la dévotion pour d'autres saints?
D. Oui, Père, envers tous, comme amis de Dieu et nos intercesseurs dans la gloire, et spécialement envers mon ange gardien, c'est-à-dire l'ange protecteur, ainsi qu'envers le saint dont je porte le nom.
M. Et à ses reliques?
D. Je leur rends aussi honneur, parce qu'elles ont été le temple du Saint-Esprit et qu'elles doivent être réunies aux âmes bienheureuses.
M. Quelle prière leur faites-vous?
D. Celles que l'Église nous enseigne; et, en leur honneur aussi, je récite le Pater noster et l'Ave Maria, afin qu'ils intercèdent pour moi.
57 M. Quelle prière avez-vous coutume de faire lorsque vous allez vous coucher?
D. Doi cose faccio, prima fattomi il segno della Croce, faccio l'essamine della conscienza. Secondo dico la Confessione generale, il Pater noster, et l'Ave Maria, et altre mie divotioni.
M. Comment faites-vous votre examen de conscience?
D. D’abord, je remercie Dieu des bienfaits reçus, puis je pense à mes péchés, en particulier à ceux de ce jour, m’en affligeant avec le propos de m’amender et de me confesser. Troisièmement, je demande à Dieu de m’en pardonner et prends la ferme résolution de ne plus pécher.
M. Et que faites-vous le matin?
D. Je remercie encore Dieu de m’avoir gardé cette nuit et des autres bienfaits, et je lui offre mon corps, mon âme et tout ce que je ferai à son saint service; je récite aussi d’autres de mes dévotions, mentales et vocales, c’est-à-dire avec l’esprit et avec la voix.
De la troisième chose nécessaire au chrétien, c’est-à-dire la charité.
M. Quelle est la troisième chose nécessaire 58 au chrétien?
D. La charité.
M. Qui devons-nous aimer par la charité?
D. Dieu par-dessus toute chose, et le prochain comme nous-mêmes, par amour de Dieu.
M. Comment l’aimer par-dessus toute chose?
D. Parce que nous devons plutôt mourir que l’offenser; nous devons aussi observer tous ses saints commandements, en l’estimant plus que toute autre chose.
M. Comment aimerez-vous le prochain comme vous-même?
D. En désirant pour lui et en lui faisant ce que nous voulons pour nous-mêmes, selon la raison et la loi de Dieu.
55 P. 15a.
56Che est imprimé deux fois.
57 P. 15b.
58 P. 16a.
| 241
M. Pourquoi dites-vous: selon la raison et la loi de Dieu?
D. Parce qu’autrement, ce ne serait pas vouloir leur bien, mais leur vouloir du mal comme à nous-mêmes.
Avis.
Ici, on pourra expliquer l’importance de l’amour et l’ordre de la charité.
De la quatrième chose nécessaire au chrétien, c’est-à-dire des bonnes œuvres.
M. Quelle est la quatrième chose nécessaire au chrétien?
59 D. Les bonnes œuvres; car, après être parvenu à l’âge du discernement, la foi sans les bonnes œuvres ne suffit pas.
M. Quelles sont les bonnes œuvres?
D. Celles qui se font selon la raison, ou selon la volonté de Dieu; et, pour être méritoires, il faut qu’elles procèdent de la charité.
M. Et celles qui se font sans la charité ne valent-elles rien?
D. Non pas pour mériter la grâce et la gloire; mais elles sont utiles, afin que notre Seigneur nous accorde par elles la santé et les biens temporels, et afin de nous conduire à la connaissance du péché et au repentir de celui-ci.
M. Quelles sont ces bonnes œuvres?
D. Celles qui nous sont prescrites dans les dix commandements de Dieu et dans les autres commandements de l’Église, avec les œuvres de miséricorde et celles des autres vertus.
M. Dites les dix commandements.
D. Les commandements de la loi de Dieu, confirmés par Jésus-Christ, sont au nombre de dix. 1. Le premier. Je suis le Seigneur ton Dieu; tu n’auras pas d’autre Dieu devant moi. 2. Le deuxième. Ne prends pas le nom de Dieu en vain. 3. Le troisième. Souviens-toi 60 de sanctifier les fêtes. 4. Le quatrième. Honore ton père et ta mère, afin que tu vives longtemps sur la terre. 5. Le cinquième. Ne tue pas. 6. Le sixième. Ne commets pas d’adultère. 7. Le septième. Ne vole pas. 8. Le huitième. Ne porte pas de faux témoignage. 9. Le neuvième. Ne désire pas la femme de ton prochain. 10. Le dixième. Ne désire aucune autre chose qui appartienne à ton prochain. Ces dix commandements découlent de tes préceptes de charité. Le premier: aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute son intelligence et de toutes ses forces. Le deuxième: aimer son prochain comme soi-même. Amen. Jésus.
Explication des dix commandements.
M. Où Dieu a-t-il énoncé ces dix commandements?
D. D’abord dans l’ancienne loi, puis le Christ notre Seigneur les a confirmés dans la nouvelle.
M. Comment se divisent-ils?
D. Les trois premiers appartiennent à l’honneur de Dieu, les sept autres à l’utilité du prochain.
61 M. Comment ces trois se rapportent-ils à l’honneur de Dieu?
D. Parce qu’il veut que nous le servions d’abord par le cœur, puis par la langue, troisièmement par les œuvres.
M. Comment observerons-nous le premier commandement?
D. En adorant un seul Dieu, en le craignant, en l’honorant et en le servant de tout notre cœur, et en attendant de lui tout remède et toute récompense, comme de l’Auteur de tout bien.
M. Qui pèche contre ce commandement?
59 P. 16b.
60 P. 17a.
61 P. 17b.
242 |
D. Ceux qui pratiquent spécialement l’idolâtrie, les superstitions62 et les incantations, qui sont contraires à l’honneur de Dieu.
M. Comment observerons-nous le deuxième?
D. En louant et en remerciant Dieu avec notre langue, et en demandant ce dont nous avons besoin.
M. Qui pèche contre ce commandement?
D. Premièrement, ceux qui blasphèment le nom de Dieu et de ses saints. Deuxièmement, ceux qui jurent des choses qui ne sont ni vraies, ni justes, ni nécessaires. Troisièmement, ceux qui ne tiennent pas les vœux qu’ils ont promis, ainsi que les autres qui ne témoignent pas au nom de Dieu le respect qui lui est dû.
M. Pourquoi dites-vous « vrai, juste et nécessaire »?
63 D. Parce que le serment doit être prononcé en vérité, au sujet d’une chose dont on a la certitude; avec justice, c’est-à-dire à propos d’une chose licite; avec nécessité, c’est-à-dire à propos d’une chose importante; autrement, on pèche. Il faut aussi témoigner du respect à celui par qui l’on jure.
M. Connaissez-vous quelque remède pour ne jamais faire de faux serment?
D. Monsieur, oui: ne jamais jurer.
M. Que direz-vous si vous voulez faire croire quelque chose?
Oui ou non, certainement, ou en vérité, car ce n’est pas jurer; et aller au-delà de cela n’est pas bien.
Exhortation contre les blasphèmes, les faux serments et les serments fréquents, et sur l’observance des vœux.
M. Comment observerons-nous le troisième commandement, qui est de sanctifier les fêtes?
D. En manifestant par nos œuvres extérieures la foi et l’amour que nous portons à notre Seigneur Dieu.
M. En quoi lui manifesterons-nous cet amour?
D. En ne travaillant pas ces jours-là, en assistant à la messe entière, comme l’ordonne l’Église, avec dévotion et attention, 64 et en faisant également entendre la messe aux siens.
M. Quoi d’autre?
D. Il faudrait aussi consacrer la journée à des choses qui seraient au service de Dieu, comme faire oraison, lire de bons livres et accomplir des œuvres de miséricorde.
Exhortation à observer les jours de fête et contre ceux qui les passent à faire de mauvaises actions et des choses vaines.
M. Comment observerons-nous le quatrième commandement, qui prescrit d’honorer le père et la mère?
D. Nous devons leur obéir, les révérer, les servir et les aider.
M. Et si votre père vous ordonnait de dire quelque mensonge ou de commettre quelque péché, devriez-vous lui obéir?
D. Non, père, car je ne suis pas tenu de lui obéir contre Dieu, mais bien dans les choses licites et honnêtes.
M. Combien de sortes de pères trouve-t-on?
D. Quatre: premièrement, les pères naturels, qui nous ont engendrés, ainsi que les grands-pères. Deuxièmement, les pères spirituels, comme les prêtres, les prélats et les maîtres. Troisièmement, les gouvernants de la République. Quatrièmement, les vieillards en raison de leur âge; et nous devons tous les honorer selon leur rang.
M. Comment les bons pères doivent-ils agir avec 65 leurs enfants?
62Imprimé superstition.
63 P. 18a.
64 P. 18b.
65 P. 19a.
243
D. Ils doivent les instruire et les gouverner, sans les punir excessivement ni les gâter excessivement, mais faire l’un et l’autre avec discernement.
M. Comment le serviteur, ou le sujet, doit-il se comporter envers son maître?
D. Comme un fils envers son père, en lui témoignant de la révérence à la place du Christ, notre Seigneur.
M. Et les maîtres envers leurs serviteurs?
D. Comme les pères envers leurs fils, ou comme des frères dans le Christ.
M. Comment observerons-nous le cinquième commandement?
D. En ne voulant ni en faisant aucun mal au prochain, par le cœur, par la langue ou par les actes, et en nous souvenant qu’il est fait à l’image de Dieu.
M. Comment observerons-nous le sixième?
D. De la même manière, en fuyant toute impudicité, non seulement dans les actes, mais aussi par la langue et le cœur, comme il est commandé dans le neuvième.
M. Quel remède emploierons-nous pour observer ce commandement?
D. Il existe de nombreux remèdes, mais parmi les autres, ces cinq-ci sont très efficaces. Premièrement, être modéré dans la nourriture et la boisson. Deuxièmement, fuir les mauvaises fréquentations. Troisièmement, ne pas lire de mauvais livres, ne pas dire de paroles ni de chansons impudiques, et ne pas les écouter autant que possible. Quatrièmement, fréquenter très assidûment les saints sacrements. Cinquièmement, demander la pureté à la très sainte Vierge Marie, afin qu’elle nous l’obtienne de Dieu.
M. Comment observerons-nous le septième?
D. En ne prenant ni ne gardant le bien d’autrui, et en ne lui causant aucun tort par la force ou par la tromperie, sans aider ni conseiller ni donner aucune occasion à quiconque de le faire. Exhortation à ne pas retenir le bien d’autrui ni le salaire du mercenaire. À ne pas être joueur, à ne pas faire de commerce illicite, de sorte qu’en gagnant des biens, on ne perde pas sa conscience; il faut aussi demander conseil dans les affaires douteuses et ne pas exécuter les testaments à l’aveuglette, car, si tu détiens le bien d’autrui, que le Démon ne prenne pas ton âme. Supporter la pauvreté avec patience, espérer en Dieu et le craindre: il te donnera tout ce dont tu auras besoin.
M. Comment observerons-nous le huitième?
D. En ne disant pas de faussetés contre le prochain. 67En ne médisant pas. En ne révélant pas les péchés secrets (à moins que ce ne soit pour y remédier, auprès de la personne concernée, ou pour quelque autre fin bonne et convenable), en ne portant pas de mauvais jugement sur le prochain et en ne disant pas de mensonges, mais plutôt en disant du bien, comme tu voudrais que les autres parlent de toi.
M. Comment observerons-nous le neuvième?
D. Ne pas désirer la femme d’autrui ni commettre d’autre déshonnêteté. C’est pourquoi il est bon de surveiller ses yeux et les autres occasions, afin de pouvoir garder son cœur, et de recourir à la prière pour chasser les tentations.
M. Comment observerons-nous le dixième?
D. En ne désirant pas les biens ni aucune autre chose du prochain par des moyens illicites, et en ne portant pas envie à ses biens.
M. En combien se résument ces dix commandements?
D. Nelli doi precetti della Carità, cioè amare Dio sopra ogni cosa, et il prossimo come se stesso per amore di Dio, tal che tutta la legge di Dio si contiene in questo soave precetto dall’a-
66P. 19b.
67P. 20a.
244 |
amour, que Notre Seigneur nous donne par son infinie bonté.
M. Énoncez les commandements de l’Église.
68 D. Les commandements de la sainte mère Église sont au nombre de cinq. 1. Le premier: entendre la messe aux fêtes d’obligation. 2. Le deuxième: jeûner pendant le carême et les autres jours prescrits, et s’abstenir de viande le vendredi et le samedi. 3. Le troisième: se confesser au moins une fois par an. 4. Le quatrième: communier au moins à Pâques. 5. Le cinquième: payer la dîme selon l’usage.
M. Pour quelle raison l’Église célèbre-t-elle les fêtes des saints?
D. Premièrement, pour glorifier Dieu dans ses saints. Deuxièmement, pour que nous connaissions la gloire qu’ils ont au ciel. Troisièmement, pour que nous les imitions en connaissant leur vie et leurs vertus. Quatrièmement, pour que nous les ayons ainsi pour intercesseurs. Cinquièmement, l’Église veut honorer ses saints enfants, comme eux ont honoré Dieu et cette Église.
M. Quels jours faut-il jeûner?
Tout le carême, à l’exception des dimanches. Les quatre temps de l’année, qui tombent aux quatre saisons, c’est-à-dire au printemps, en été, en automne et en hiver. Au printemps, après le premier dimanche de carême. En été, la première semaine après la Pentecôte.
En automne, après la fête de l’Exaltation de la Croix, en septembre. En hiver, après le troisième dimanche de l’Avent. La veille de Noël. De la Pentecôte. De l’Assomption de la Madone. De la Nativité de saint Jean-Baptiste. De tous les apôtres, excepté saint Jacques et Philippe, et saint Jean l’Évangéliste. De saint Laurent. De tous les saints.
M. De quelle manière faut-il jeûner?
D. Premièrement, s’abstenir de manger de la viande, des œufs et des produits laitiers. Quant à l’heure, manger vers midi; toutefois, la petite collation, tolérée par l’usage établi et non réprouvée par les supérieurs, est permise. Tous sont tenus de l’observer, sauf ceux qui ont un empêchement légitime.
M. Quelles sont les fêtes prescrites par la sainte Église?
D. Ce sont les suivantes: premièrement, la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Saint Étienne, protomartyr. Saint Jean l’Évangéliste. La Circoncision de Notre-Seigneur. L’Épiphanie. Pâques, avec les deux jours suivants. La Sainte-Croix de mai. L’Ascension de Notre-Seigneur. La Pentecôte, avec les deux jours suivants. La solennité70 du Corps du Christ. La Nativité, l’Annonciation, l’Assomption et la Purification de Notre-Dame. La Nativité de saint Jean-Baptiste. Les douze Apôtres. Saint Laurent. La dédicace de saint Michel, en septembre. La Toussaint. Les dimanches. Les fêtes observées par les évêques dans leurs évêchés et diocèses.
M. Pourquoi l’Église use-t-elle d’autres cérémonies et d’un culte extérieur?
D. Premièrement, pour une plus grande révérence et convenance du culte divin. Deuxièmement, pour inciter le peuple à la dévotion et lui enseigner, par ces choses extérieures, à comprendre les choses intérieures. Troisièmement, parce que nous avons reçu de Dieu un corps et une âme, et que nous devons ainsi le servir avec les deux.
Avis.
On pourra ici avertir que, dès qu’ils atteignent l’âge de raison, ils sont tenus de se confesser
68 P. 20b.
69 P. 21a.
70 P. 21b.
245
s’approcher de la communion, et après quelque temps, communier, au moins une fois par an, bien qu’il serait préférable de le faire plus souvent.
Des péchés capitaux, communément appelés mortels.
71 M. Nous avons parlé des bonnes œuvres; dites maintenant les sept péchés que nous appelons mortels.
D. Les péchés capitaux, communément appelés mortels, sont au nombre de sept. Le premier: l’orgueil. Le deuxième: l’avarice. Le troisième: la luxure. Le quatrième: la colère. Le cinquième: la gourmandise. Le sixième: l’envie. Le septième: la paresse.
Ils sont la cause et la source des autres; c’est pourquoi on les appelle capitaux, bien qu’ils puissent parfois être véniels.
Contre ces vices, il y a sept vertus. 1. L’humilité contre l’orgueil. 2. La libéralité contre l’avarice. 3. La chasteté contre la luxure. 5. La patience contre la colère. 5. La tempérance contre la gourmandise. 6. La charité contre l’envie. 7. La diligence contre la paresse.
Les péchés contre le Saint-Esprit sont au nombre de six. Le premier: la présomption de se sauver sans mérite. Le deuxième: le désespoir de la miséricorde de Dieu. Le troisième: combattre la vérité connue afin d’avoir plus de liberté pour pécher. Le quatrième: envier les biens spirituels que Dieu a accordés à notre prochain. 72 Le cinquième: l’obstination dans le péché. Le sixième: le dessein de mourir sans pénitence.
Les péchés qui appellent vengeance de la part de Dieu sont au nombre de quatre. Le premier: l’homicide volontaire. Le deuxième: le péché contre nature. Le troisième: l’oppression des pauvres. Le quatrième: priver les ouvriers de leur salaire.
M. Qu’est-ce que le péché?
D. C’est ce que l’on désire ou fait contre la loi et la volonté de Dieu.
M. Quel mal fait le péché mortel?
D. Il nous fait perdre Dieu, sa grâce et la gloire qui nous était promise; il nous rend redevables du châtiment éternel de l’enfer.
M. Pourquoi l’appelle-t-on mortel?
D. Parce qu’il tue l’âme en lui faisant perdre la vie de la grâce.
M. Que fait le péché véniel?
D. Il ne fait pas perdre la grâce et ne mérite pas l’enfer, mais il refroidit l’homme dans l’amour et le service de Dieu, mérite une peine temporelle et dispose aussi au péché mortel.
Aviso
On pourra ici parler de la gravité du péché, en exhortant à le fuir.
73 Des sept sacrements de la sainte Église.
M. Que devons-nous faire d’autre?
D. Nous devons connaître les sept sacrements et les recevoir en temps voulu, c’est-à-dire quand l’Église nous le commande et nous l’explique.
M. Dites les sacrements.
D. Les sacrements de la sainte Église sont au nombre de sept. Le premier: le baptême. Le deuxième: la confirmation. Le troisième: l’Eucharistie. Le quatrième: la pénitence. Le cinquième: l’extrême-onction. Le sixième: l’ordre. Le septième: le mariage.
71 P. 22a.
72 P. 22b.
73 P. 23a.
246
M. Qu’avons-nous dit? D. Les sept sacrements. M. Qui a institué ces sacrements? D. Jésus, notre Seigneur. M. Pourquoi? D. Pour nous pardonner nos péchés, nous communiquer sa grâce et les mérites de sa Passion; et dans chacun, il donne la grâce pour quelque chose de particulier, mais il faut les recevoir dignement. M. À quoi sert le sacrement du baptême? 74 D. À faire de l’homme un chrétien et un enfant de Dieu. M. Comment cela se fait-il? D. Parce que nous naissons dans le péché originel, que nous héritons de nos premiers pères et qui nous est enlevé, avec tous les autres péchés, par le baptême; la grâce et les autres vertus nous sont alors données; ainsi, nous devenons enfants et héritiers de la vie éternelle. M. À quoi sert le sacrement de la confirmation, ou de la chrismation? D. À recevoir la grâce et la force contre nos ennemis, afin de confesser la foi que nous avons reçue au baptême. M. À quoi sert le sacrement de la confession? D. Afin que Dieu notre Seigneur nous pardonne les péchés que nous avons commis après le baptême. M. Comment celui qui doit se confesser doit-il se préparer? D. Il fera trois choses. Premièrement, se rappeler avec diligence les péchés qu’il a commis. Deuxièmement, éprouver du chagrin et du repentir, avec la résolution de ne plus pécher. Troisièmement, les confesser tous entièrement, puis accomplir la pénitence imposée par le confesseur. M. À quoi sert le saint sacrement 75 de l’autel? D. Afin que notre âme soit nourrie et rassasiée de la grâce de Dieu, et unie à lui. Deuxièmement, afin de ne pas tomber facilement dans le péché. Troisièmement, pour atteindre toute perfection. M. Que trouve-t-on dans le saint sacrement de l’autel[?] D. Jésus-Christ notre Seigneur y est présent corps et âme, comme il est au ciel, aussi bien dans l’hostie que dans le calice après la consécration du prêtre. M. Le pain demeure-t-il dans l’hostie, ou le vin dans le calice, après la consécration du prêtre? D. Non, Père, car, par la vertu des paroles prononcées par le prêtre, le pain est changé en corps et le vin en sang de Jésus-Christ notre Seigneur, ce qui se fait à la messe. M. Qu’est-ce que la messe? D. C’est le souvenir et la représentation véritable de la vie, de la Passion et de la mort de notre Seigneur Jésus-Christ, et aussi un sacrifice, où le Christ lui-même est offert pour les vivants et pour les morts; il faut donc y assister avec beaucoup d’attention et de dévotion. M. Comment doit-on se préparer à recevoir dignement le très saint sacrement? 76 D. En s’approchant avec dévotion, sans avoir conscience d’un péché mortel, et en se confessant auparavant. Exhortation.
74 P. 23b.
75 P. 21b.
76 P. 22a.
247
On peut ici exhorter à fréquenter les sacrements de la confession et de la communion.
M. À quoi sert le sacrement de l’extrême-onction?
D. Pour recevoir la grâce du Saint-Esprit, effacer les péchés qui seraient restés, et réconforter l’âme en lui donnant l’espérance et la force de résister aux épreuves de la maladie et du démon.
M. Dans quel autre but?
D. Pour obtenir la santé du corps, si notre Seigneur juge que cela est préférable.
M. À quoi sert le sacrement de l’ordre?
D. À donner au prêtre le pouvoir et la grâce de consacrer le saint sacrement de l’autel et d’absoudre des péchés, ce que le prêtre seul peut faire.
M. À quoi sert le sacrement du mariage?
D. Afin que l’homme et la femme reçoivent la grâce de vivre ensemble et d’élever 77 des enfants à la gloire de Dieu, et de multiplier le peuple chrétien, afin qu’il y ait toujours quelqu’un pour servir Dieu.
M. Comment le mari et la femme doivent-ils se comporter l’un envers l’autre?
D. Le mari doit aimer et honorer son épouse comme une sœur dans le Christ, et l’épouse révérer et obéir à son mari comme au Christ; tous deux doivent préserver ensemble la paix, l’unité, la fidélité et la charité, comme le fait le Christ et l’Église.
Des vertus théologales et cardinales, des dons et des fruits du Saint-Esprit.
M. Les vertus théologales sont au nombre de trois: premièrement, la foi; deuxièmement, l’espérance; troisièmement, la charité.
Les vertus cardinales sont au nombre de quatre: premièrement, la prudence; deuxièmement, la justice; troisièmement, la force; quatrièmement, la tempérance.
Les dons du Saint-Esprit sont au nombre de sept. Le premier: le don de sagesse. Le deuxième: le don d’intelligence. Le troisième: le don de conseil. Le quatrième: le don de force. Le cinquième: le don de science. Le sixième: le don de piété. Le septième: le don de crainte de Dieu.
Les fruits du Saint-Esprit sont au nombre de douze. 78 Le premier, la charité. Le deuxième, la joie. Le troisième, la paix. Le quatrième, la patience. Le cinquième, la longanimité. Le sixième, la bonté. Le septième, la bienveillance. Le huitième, la douceur. Le neuvième, la foi. Le dixième, la modestie. Le onzième, la continence. Le douzième, la chasteté.
Les Béatitudes sont au nombre de huit. La première: Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux. La deuxième: Heureux les doux, car ils posséderont la terre. La troisième: Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. La quatrième: Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés. La cinquième: Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. La sixième: Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu. La septième: Heureux les pacifiques, car ils seront appelés fils de Dieu. La huitième: Heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, c’est-à-dire pour faire le bien, car le royaume des cieux est à eux.79
Les œuvres de miséricorde corporelles sont au nombre de sept. La première: donner à manger aux pauvres qui ont faim. La deuxième: 80 donner à boire aux pauvres qui ont soif. La troisième: vêtir ceux qui sont nus. La quatrième: loger les pèlerins. La cinquième: visiter les malades. La sixième: visiter les prisonniers. La septième: ensevelir les morts.
77 P. 25a.
78 P. 25b.
79 Imprimé Et.
80 P. 26a.
248 |
Les œuvres de miséricorde spirituelles sont au nombre de sept. La première: donner un bon conseil. La deuxième: instruire les ignorants. La troisième: avertir le pécheur. La quatrième: consoler les personnes affligées et accablées. La cinquième: pardonner les offenses et les injures reçues. La sixième: supporter patiemment les désagréments que nous causent les autres. La septième: prier Dieu pour les vivants et pour les morts.
Les principaux conseils de notre Seigneur Jésus-Christ sont au nombre de trois. Le premier: la pauvreté volontaire. Le deuxième: la chasteté perpétuelle. Le troisième: l’obéissance entière.
Les ennemis de l’homme sont au nombre de trois. Le premier: le Démon. Le deuxième: le monde. Le troisième: la chair.
Les mystères de notre Seigneur Jésus-Christ, à méditer et à réciter en disant le rosaire.81 De la Madone, sont au nombre de quinze: cinq joyeux, cinq douloureux et cinq glorieux.
Les cinq joyeux sont les suivants. Le premier: l’Annonciation, lorsque le Fils de Dieu fut conçu. Le deuxième: la Visitation de sainte Élisabeth. Le troisième: la Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ. Le quatrième: la Présentation de notre Seigneur au temple. Le cinquième: lorsqu’il fut retrouvé au temple parmi les docteurs.
Les cinq douloureux sont les suivants. Le premier: la prière de notre Seigneur au jardin. Le deuxième: la flagellation à la colonne. Le troisième: le couronnement de la couronne d’épines. Le quatrième: le port de la Croix jusqu’au mont Calvaire. Le cinquième: la crucifixion et la mort sur la Croix.
Les cinq glorieux sont les suivants. Le premier: la Résurrection de notre Seigneur. Le deuxième: son Ascension au ciel. Le troisième: la venue du Saint-Esprit. Le quatrième: l’Assomption de la Madone. Le cinquième: le couronnement au-dessus des anges et des bienheureux.
82 De l’Ave Maria.
Lorsque l’on récite l’Ave Maria, on gagne une indulgence en disant trois versets avec trois Ave Maria. À la première sonnerie: Angelus Domini Nuntiavit Mariae, Et concepit De spiritu sancto. Ave Maria.
À la deuxième sonnerie: Ecce ancilla domini Fiat mihi Secundum verbum tuum. Ave Maria. À la troisième sonnerie: Et verbum caro factum est, Et habitavit in nobis. Ave Maria.
Pour savoir aider à servir la messe.
Vers. Je m’avancerai vers l’autel de Dieu.
Resp. Vers Dieu qui réjouit ma jeunesse.
Vers. Juge-moi, ô Dieu, et défends ma cause contre une nation impie; délivre-moi de l’homme injuste et trompeur.
Réponse. Car tu es Dieu, ma force; pourquoi m’as-tu rejeté, et pourquoi suis-je triste en marchant, tandis que l’ennemi m’accable?
Verset. Envoie ta lumière et ta vérité; elles me guideront et me conduiront vers ta montagne sainte et vers tes tabernacles.
Resp. Et j’entrerai à l’autel de Dieu, vers Dieu 83 qui réjouit ma jeunesse.
Vers. Je te louerai sur la cithare, Dieu, mon Dieu: pourquoi es-tu triste, ô mon âme, et pourquoi me troubles-tu?
81 P. 26b.
82 P. 27a.
83 P. 28a.
249
Resp. Espère en Dieu, car je le louerai encore: il est le salut de mon visage et mon Dieu. Vers. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Resp. Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. Vers. J’entrerai à l’autel de Dieu. Resp. Vers Dieu qui réjouit ma jeunesse. Vers. Notre secours est au nom du Seigneur. Resp. Qui a fait le ciel et la terre. Vers. Je confesse, etc., comme ci-dessous. Resp. Que le Dieu tout-puissant ait pitié de toi et, tous tes péchés étant pardonnés, te conduise à la vie éternelle. Vers. Amen. Resp. Je confesse à Dieu tout-puissant, à la bienheureuse Marie toujours vierge, au bienheureux Michel Archange, au bienheureux Jean-Baptiste, aux saints Apôtres Pierre et Paul, à tous les Saints et à toi, Père, que j’ai beaucoup péché en pensée, en parole et en action, par ma faute, |84 par ma faute, par ma très grande faute. C’est pourquoi je prie la bienheureuse Marie toujours vierge, le bienheureux Michel Archange, le bienheureux Jean-Baptiste, les saints Apôtres Pierre et Paul, tous les saints et saintes de Dieu, ainsi que toi, Père, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu. Vers. Que le Dieu tout-puissant ait pitié de vous et, tous vos péchés étant pardonnés, que le Seigneur vous conduise à la vie éternelle. Resp. Amen. Que le Seigneur tout-puissant et miséricordieux nous accorde l’indulgence, l’absolution et la rémission de tous nos péchés. Resp. Amen. Vers. Dieu, en te retournant vers nous, tu nous rendras la vie. Resp. Et ton peuple se réjouira en toi. Vers. Montre-nous, Seigneur, ta miséricorde. Resp. Et donne-nous ton salut. Vers. Seigneur, exauce ma prière. Resp. Et que mon cri parvienne jusqu’à toi. Vers. 85 Le Seigneur soit avec vous. Resp. Et avec votre esprit. Vers. Seigneur, prends pitié. Resp. Seigneur, prends pitié. Vers. Seigneur, prends pitié. Resp. Christ, prends pitié. |86 Vers. Christ, prends pitié. Resp. Christ, prends pitié. Vers. Seigneur, prends pitié. Resp. Seigneur, prends pitié. Vers. Seigneur, prends pitié.
84 P. 28a.
85Imprimé Vesp.
86 P. 28b.
250 |
Après que le prêtre a dit: « Orate fratres », le clerc répond: « Suscipiat Dominus sacrificium de manibus tuis ad laudem, et gloriam nominis sui, ad utilitatem quoque nostram totiusque Ecclesiae tuae sanctae. Amen. » La manière de procéder lorsqu’on commence la Dottrina Christiana. Tout d’abord, le maître fait réciter le Pater noster et l’Ave Maria, puis dit l’oraison suivante: « Oremus. Omnipotens sempiterne Deus, qui iustitiam tuae legis in cordibus credentium digito tuo scribis, infunde quaesumus tuae nobis lumen sapientiae, ut te veraciter agnoscentes, et fideliter diligentes mereamus assequi quod promittis. Per Christum dominum nostrum. Resp. Amen. »
Guido Michelini Universita degli Studi di Parma Viale S. Michele 9/A, I-43100 Parma, Italia [email protected]
Reçu le 23 juin 1999