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La Préposition "eend-u" (chez-lui) : Prototype de Conversion -Emploi Et Symbiose-

Ilham ASSERRAJI; Ali FALLOUS

Abstract

Cette étude examine la préposition "eend-u" (chez-lui) en arabe marocain, considérée comme support à lien et forme converse de «xda » (recevoir). Par sa double fonction, "eend-u" montre que la conversion s’étend aux prépositions autant qu’aux verbes. L’analyse met en évidence la richesse des emplois du lien converse, illustrée par les formes « εṭa » (donner) et "eend-u", fréquemment utilisées dans les interactions verbales marocaines.

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Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) ISSN: 2958-8413 Vol. 3, No.05 October 2025 This is an open access article under the CC BY-NC-ND license. http://www.revue-irs.com 5566 La Préposition "end-u" (chez-lui) : Prototype de Conversion -Emploi Et SymbioseIlham ASSERRAJI11 orcid ; Pr. Ali FALLOUS 2orcid. 1 LLDS, Ilham ASSERRAJI, Doctorante, FLSH-UMIMeknès, Maroc 2 LLDS, Pr. Ali FALLOUS, Enseignant Chercheur, FLSH-UMI, Meknès, Maroc Résumé: Cette étude examine la préposition "end-u" (chez-lui) en arabe marocain, considérée comme support à lien et forme converse de «xda » (recevoir). Par sa double fonction, "end-u" montre que la conversion s’étend aux prépositions autant qu’aux verbes. L’analyse met en évidence la richesse des emplois du lien converse, illustrée par les formes « εṭa » (donner) et "end-u", fréquemment utilisées dans les interactions verbales marocaines. Abstract : This study examines the preposition "end-u" (“at his place”) in Moroccan Arabic, considered both as a relational support and as a converse form of “xda” (to receive). Through its dual function, "end-u" demonstrates that conversion applies to prepositions as well as to verbs. The analysis highlights the richness of converse link usages, illustrated by the forms “εṭa” (to give) and "eend-u", which are frequently employed in Moroccan verbal interactions. Mots-Clés : Support ; Conversion ; Préposition ; "end-u" ; Dialecte Marocain. Keywords: Support ; Conversion; Preposition ; "end-u" ; Moroccan Dialect. Digital Object Identifier (DOI): https://doi.org/10.5281/zenodo.17304194 1. Introduction La transformation dite conversion a élargi notre analyse; dans ce sens où le traitement des données de l’arabe marocain a permis d’avoir des prépositions susceptibles de remplir la même fonction autant qu’un verbe support et d’assumer ainsi les mêmes propriétés syntaxiques définissant l’emploi support. Le présent travail est voué à cet objectif ; l’emploi support de la préposition "end-u" (chez-lui) en A.M 1 implique forcément la fonction converse. A cette fin, il sera question de brosser les différentes constructions permettant d’assigner l’étiquette {support 1 A.M : Arabe Marocain. Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5567 converse} à ladite préposition, tout en traitant les propriétés définitoires afférentes à la relation converse qui reste notre point de repère. 2. Définition De La Relation Converse Les constructions converses (CC) désignent des éléments linguistiques ou logiques qui entraînent une inversion 2 ou une relation inverse entre des entités ou des actions. Elles étaient traitées dans des études linguistiques à travers des structures syntaxiques reposant sur des relations et des paires de relations converses en impliquant différentes parties du discours. En guise d’illustration, celles du français ont été décrites d’une manière minutieuse par (Gaston Gross, 1989:324) comme une opération formelle instaurant une équivalence qui paraphrase deux structures de base. Pour lui, ce lien est défini comme: « La permutation des arguments, sans qu’il y ait changement de prédicat ». Ces deux conditions sont nécessaires pour établir ce lien. (Paul donnera une gifle à Luc), (Luc recevra une gifle de (E + la part de) Paul.). Elle est ainsi (p.191) déterminée comme suit: une phrase à verbe support est la converse d’une autre (également à support) si: « Elle a le même substantif prédicatif; Les déterminants de substantif ont la même distribution; Les arguments de ce prédicat sont identiques et ont la même extension; ces arguments sont inversés ». Aussi pour G. Gross (Idem) « La construction converse est une propriété des substantifs prédicatifs et qu'il n'existe pas de règles sémantiques qui permettent de prédire de façon compacte les substantifs qui ont cette propriété ». Quant à (Mikołaj Nkollo, 2005: 6): « Les converses de relation sont définies de la façon suivante dans les ouvrages s’inspirant de la logique formelle (c’est à partir de ce domaine que la notion a pénétré dans les recherches linguistiques): [x R-1y si et seulement si y R x2] Jugée peu utile par certains chercheurs (APRESJAN, 2000: p 243) 3 , cette Définition révèle ce qui est essentiel dans la description des converses de relation. Premièrement, la notation R-1et R suggère que l’existence d’au moins deux termes est nécessaire. Cela veut dire qu’une seule expression n’est jamais, à elle seule, une converse de relation. Elle est toujours la converse de la relation désignée par un autre terme. Cette dernière forme, à son tour, une paire de converses de relation avec l’expression de départ. Or, la notion discutée ici a clairement un caractère Relationnel » 3. Etude Des Structures A Support « end-u » 3.1 "end-u"(Chez-Lui) Support De Nominalisation A l’instar du verbe « xda» (prendre) de l’arabe marocain, les mêmes propriétés se confirment pour la préposition "end-u" (chez-lui). Effectivement, cette dernière peut aussi remplir la fonction « support » telle la catégorie « verbe », puisqu’elle assume les mêmes propriétés syntaxiques permettant de rendre cet emploi assez particulier. La préposition "end-u" (chez) peut donc commuter avec le verbe « xda» (prendre) et assumer les mêmes propriétés. La forme "end" (chez) est une préposition qui peut jouer le rôle de support, selon (J. El IDRISSI, 1999:11) :« "end-u" est aussi un bon candidat support et peut être caractérisé par les mêmes propriétés syntaxiques définitoires de l’emploi en question ». Nous consacrons cette première section à l’étude de la préposition en question en arabe marocain "end-u" (chez-lui) tout en essayant de mettre en relief son emploi aussi bien support que converse. Voyons comme illustration: ḥmed taq f  li [1} Ahmed il croire dans Ali Ahmed Ali a confiance en =:  li  end-u t-tiqa f ḥmed [1’} Ali chez-lui-la confiance dans Ahmed Ali a la confiance en Ahmed - ḥmed xaf men li [2} 2 . Littré donne la définition suivante :« terme de logique. Proposition converse, proposition sur laquelle opère la conversion, c’est-à-dire dont on change l’attribut en sujet et le sujet en attribut, sans qu’elle cesse d’être vrai. « Nulle pierre n’est homme » devient ainsi « nul homme n’est pierre ».la première des deux propositions est la converse ». 3 Apresjan, J. 2000. Systematic lexicography. Oxford: Oxford University Press. 304 p. Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5568 Ahmed il (avoir peur) de Ali Ahmed a peur d’Ali =: ḥmed  end-u l-xuf men  li [2’} Ahmed chez-lui la-peur de Ali Ahmed a peur d’Ali Selon les exemples ci-dessus, une équivalence autant sémantique que syntaxique entre les constructions [1} et [1’} ; [2} est parfaitement claire. Les verbes en [1} possèdent les mêmes sujets ainsi que les mêmes compléments contenus dans (2) ; [2’}. Par conséquent, nous obtenons le schéma de la relation d’équivalence : [1} x v y [1’} =: x end-u V-n prép y où (1) et (1’) sont parallèles au niveau sémantique, et le verbe de (1) et lié morphologiquement au V-n de (1’). Il est important de signaler que l’appellation « support » est attribuée généralement aux verbes 4 en ce sens qu’ils sont, tout d’abord, dépourvus de sens, désignifiés, « désensés » et « vides sémantiquement », ils n'ont aucun rôle prédicatif (ce rôle est assumé par les substantifs auxquels ils sont associés), mais surtout parce qu’ils sont simplement des supports, des pylônes linguistiques, des piliers sur quoi on greffe les marques de temps et de personne de la phrase. Dépouillés de sens et du signifié ; et de ce fait le langage a été chosifié, (dé-linguistiqué), dénué de sa première fonction qui est celui de communiquer du sens en termes de synergie existant entre le signifié et le signifiant selon Saussure ; et s’est transformé ainsi d’un état à un autre par les locuteurs. Et par conséquent, un mot qui ne sert qu’en tant que support est un langage désuet, suranné ; et partant il n’est pas un langage ; il est un autre langage, une autre parole. 4. Les Variantes Correspondantes A « end-u» : Un Patchwork D’emploi Nous distinguons généralement, dans l’approche du lexique-grammaire, les verbes supports de base et les variantes ou extensions lexicales, ces variantes sont les substituts d’un V-sup standard donné dans son association avec un N-préd 5 précis. Selon (Giry-Schneider, 1987 : 20), il y a des variantes qui ont une « allure » de verbe support comme effectuer, accomplir (un travail) ; des variantes qui ont un sens plein comme écrire (une lettre) ; et des variantes qui forment avec un nom donné une combinaison très spécifique, comme disputer (un match). Et d’autres sous forme de préposition. La synonymie entre une phrase construite avec un verbe support de base et celle construite avec une variante est l’un des critères pour considérer un verbe donné ou une préposition comme variante d’un verbe support de base. La préposition «  end-u» (chez-lui) est une extension prototype qui se permet d’être employée à la place du support «xda» dans un emploi converse. En arabe marocain, nombreuses sont les extensions du support 6 « xda » (recevoir) 7 , nous pouvons citer à titre d'exemple : le triplet "xda","šed" "qbeṭ" (prendre) employé avec des noms de transport ; "nzzel…εla","hbeṭ…εla" (descendre sur) ; "kla" (manger) ;"ža-h" (venir-lui) ; "lqa" (trouver) ; "Šbe3" (se rassasier)... uri D. Apresjan - Principles of Systematic Lexicography.pdf 5 . Les substantifs sont dits prédicatifs quand ils ont des arguments, comme les verbes. La propriété essentielle des noms nommés prédicatifs est qu’ils sont dérivés de verbes (on parle alors de déverbaux : v-n) ou d’adjectifs comme dans : -Max a lu sa rédaction. -Max a fait la lecture de sa rédaction. La combinaison du verbe et du nom (faire la lecture) est égale formellement et sémantiquement au verbe apparenté ‘’lire’’. 6 . Les {supports} se démarquent ainsi nettement des verbes ordinaires qui sont le noyau prédicatif de la phrase et qui choisissent les arguments de la phrase. Dans la grammaire transformationnelle et générative anglo-saxonne, ces verbes supports sont appelés "light verbs", "transpa-rents verbes", ou verbes passe-partout. Ce qui souligne le fait que ces verbes n'ont plus une signification sémantique, mais l’ont perdu dans un autre contexte (qui est non seulement sémantiquement mais aussi syntaxiquement totalement autonome) en tant que verbes ordinaires. Ils jouent un rôle structurel et syntaxique plutôt que sémantique. 7 . « Recevoir » est dit support converse en langue française, il a été étudié en relation avec le verbe "donner" par Gaston Gross dans (1989). Et plusieurs autres couples ont été traités à titre d’exemples : faire /subir ; infliger –subir ; exercer-subir. Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5569 [εli] -- (εṭa / donne)--> [s-sir / le secret] --(à)--> [ḥmed] ↑ ↑ | | | | (Source / émetteur) (bénéficiaire / receveur) Variante converse : [ḥmed] --(εend-u / chez-lui)--> [s-sir / le secret] --(menεend)--> [εli] Dans ce qui suit, nous allons donc voir la nature et les conditions d’emploi de l’illustre variante «  end-u» (chez-lui) tout en mettant en évidence les couples « εṭa» / « end-u» ; «xda» / « end-u» ; «  end-u»/ «  end-u»» ; et  end-u avec [Npc] modifieur. 4.1 « end-u» Variante Converse Par Excellence De « xda» (Recevoir) En A.M, la préposition «  end-u» se traduit par « chez lui ». Elle exprime un procès au cours duquel existe une possession et ; implicitement c’est le transfert de quelque chose entre deux humains. La notion d'échange impliquée dans cette préposition peut être formalisée par un prédicat sémantique dit "transfert", au même titre que les verbes datifs qui le représentent par excellence. Figure1. Diagramme reflétant le lien de Transfert Par conséquent, il peut servir de fondement à la nominalisation ; processus linguistique qui transforme une phrase en une structure nominale comme c’est le cas du verbe « ta »(donner) ( cf. 1). Dans ce contexte, «  endu» peut exercer une fonction syntaxique qui va au-delà de son rôle prépositionnel, en exprimant autant que le verbe les marques de temps et de nombre ; et consiste à servir de support syntaxique au nom qui exprime un prédicat sémantique. Et facilitant ainsi le passage d’une construction à une autre et l'expression de relations ou d'états liés à un référent spécifique. 4.2. « εend-u » Support A Lien Converse L’arabe marocain permet de considérer le support "εend-u" (chez-lui) comme une variante des supports converses "xda, šed, qbeṭ" (prendre, tenir, obtenir); et ce quand il est mis en relation de nominalisation avec le verbe "εṭa" (donner). Pour J. El IDRISSI (1999), « ″  end-u″ est aussi un bon candidat support et peut être caractérisé par les mêmes propriétés syntaxiques définitoires de l’emploi en question ». - ḥmed εṭa l-ḥel l εli [3} Ahmed il donner la-solution à Ali Ahmed a donné la solution à Ali = : εli (xda+šed+qbeṭ+εend-u) l-ḥel menεend ḥmed [3’} Ali il (prendre + tenir +obtenir + chez-lui) le-solution de chez hmed. Ali a reçu la solution de la part d’Ahmed. Le support (εend-u) signifie que quelqu’un possède quelque chose, c’est-à-dire qu’il l’a déjà prise ou reçue, c’est l’équivalent du verbe « avoir » en français : Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5570 - εli εend-u ḍ-ḍar [4} Ali chez-lui la-maison Il possède une maison - εli εend-u z-zher mεa ḥ med. [5} Ali chez-lui le-fleur avec Ahmed Ali a la chance avec Ali Cela dit, nous remarquons que le support ″εend-u″ a une forte possibilité d’occurrence avec les substantifs réunis avec ″xda″ (prendre). - ḥmed (εend-u + xda) t-teεwiḍ. [6} Ahmed (chez lui + prendre) le-indemnité. Ahmed a eu ses indemnités. - ḥmed (εend-u +xda) l-εerbun. [7} Ahmed a eu les arrhes. A l’instar du verbe ″xda″ (prendre), la forme (εend-u) traduit un procès résultatif. Sauf pour certains substantifs. Essayons d’examiner l’exemple suivant : - ḥmed εend-u lažer. [8} Ahmed chez-lui le-récompense. Ahmed aura une récompense divine. L’expression ″εend-u lažeṛ″ (chez-lui le-récompense) dénote un mode de procès inaccompli : - b had l xir lli dar, ġa-ykun εend-u lažeṛ [9} Avec ce-le-fortune que-il-faire, inacc-il avoir le-récompense Pour son geste bienfaisant il mérite une récompense divine A propos de certains prédicatifs, ″εend-u″ ne peut pas se substituer au support ″xda″ (prendre) : - εli (xda +*εend-u) ṣadaqa menεend ḥmed. [10} Ali il (prendre+*chez lui) la-aumône de-chez Ahmed Ali a reçu l’aumône de la part d’Ahmed. - εli (xda+*εend-u) busa menεend ḥmed. [11} Ali il (prendre+* chez lui) la-bise de-chez Ahmed Ali a reçu une bise d’Ahmed Il est important de déduire que le verbe ″xda″ (prendre) peut être rangé avec des substantifs portant une signification ponctuelle, tandis que la forme ″εend-u″ (chez-lui) n’est variante de ″xda″ que dans le cas où elle se réunit avec des noms à interprétation ponctuelle. D’autre part, il existe en arabe marocain des prépositions variées qui permettent une relation converse avec les verbes supports datifs et non datifs. Citons par exemple ″εla″ (sur), ″fi-h″ (dans-lui) et ″teḥt″ (sous) dans leur relation avec le support ″dar″ 8 (faire) et ″εend-u″ (chezlui) avec ″εṭa″ (donner). Exemple du couple (εṭa / εend-u ): - ḥmed εṭa s-sir l εli [12} 8 - Le verbe ″dar″ (faire) est minutieusement analysé par J. EL IDRISSI (1999), il est considéré comme support et variante du verbe ″εṭa″ (donner). Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5571 Ahmed il donner le-secret à Ali. Ahmed a révélé le secret à Ali. =: εli εend-u s-sir menεend ḥmed. [12’} Ali chez-lui le-secret de-chez Ahmed. Ali a su le secret de la part d’Ahmed. 8.1/ Figure N° 2 : Diagramme Des Constructions Converses Avec Le Nom Prédicatif “S-Sir” (Le Secret) Exemple du couple (dar (faire) / ″εla″ (sur) ; ″fi-h″ (dans-lui) ; et ″teḥt″ (sous) - l-mrikan dar-t l-ḥerb εla l εiṛaq. [13} La-Amérique faire elle le-guerre sur le-Iraq L’Amérique a déclenché la guerre contre l’Irak. = : l-εiṛaq εli-h l-ḥerb men mirikan. [14} Le-Iraq sur-lui le-guerre de la-Amérique. L’Irak est en guerre avec l’Amérique. - εli dar ḥmed teḥt ṣ-ṣbaṭ. [15} Ali il faire Ahmed sous le-chaussure. Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5572 Ali domine Ahmed. =: ḥmed teḥt ṣ-ṣbaṭ d εli. [16} Ahmed sous le-chaussure de Ali. Ahmed est dominé par Ali. - had d-dwa dar l-ḥbub l ḥmed. [17} Cele médicament il faire les boutons à Ahmed Ce médicament a un effet défavorable. =: ḥmed fi-h lḥbub men had d-dwa. [18} Ahmed dans-lui les-boutons de ce le médicament. Ahmed a eu des boutons sur le visage à cause de ce médicament Il s’avère aussi que ces prépositions peuvent entrer en relation : - εiša teḥt l-ms’ulija d hmed [19} Aïcha sous la-responsabilité de Ahmed Aïcha est sous la responsabilité d’Ahmed = : ḥmed εli-h l-mes’uliya d εiša [20} Ahmed sur-lui la-responsabilité de Aïcha Ahmed assume la responsabilité d’Aïcha Il est à remarquer que ces deux phrases ne se soumettent pas à la condition permettant d’établir une relation de conversion à savoir le changement des prépositions. Effectivement, la préposition ″ d ″ (de) existe aussi bien dans la construction standard 9 que dans la converse. Il arrive aussi que ces prépositions entrent en relation et remplissent toutes les conditions du lien converse et surtout les paires "εend-u / εla" (chez-lui / sur). Exemple : - εli εend-u l-ḥkam εla wlad-u [21} Ali chez-lui le-pouvoir sur enfants-ses Ali a une autorité sur ses enfants. = : l-wlad εli-hum l-ḥkam men εli. [22} Les enfants sur-eux le-pouvoir de Ali. Les enfants d’Ali sont très dociles et obéissants. 4..2.1 N0 εend-Pro Dét N1 (Mal) 10 Loc Dét N2 (E + Prép) Pour cette structure, ce sont les noms de maladie ayant un complément locatif qui nous intéressent, ce complément contient la préposition locative « f » (dans), et parfois les prépositions « teḥt » (sous) ou « fuq » (sur) suivies d’un nom partie du corps coréférent à N0. - l-berd dar r-rumatiz l εli (E + f ḍehṛ-u). [30} Le froid il faire le-rhumatisme à Ali (E+dans dos-son). Le froid a donné du rhumatisme à Ali (E+au dos). == : εli εend-u r-rumatiz (E + f ḍehṛ-u). [31} 9 Construction de base. 10 Nom de maladie Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5573 Ali chez-lui le-rhumatisme (E + dans dos-son). Ali a un rhumatisme au dos. š-šemš dar-t š-šqiqa l εli (E + f ṛaṣ-u). [32} la-soleil faire elle la-migraine à Ali (E+dans tete-sa). Les rayons du soleil ont donné la migraine à Ali . == : εli εend-u š-šqiqa (E + f ras-u) b š-šemš. [33} Ali chez lui la-migraine (E+dans tête-sa) avec la-soleil. Ali a la migraine à cause des rayons de soleil. Nous remarquons que le complément locatif peut être facultatif dans ces phrases. Alors que dans certains exemples, il est obligatoire. - had š-ši dar l εli d-demmal (* E + f ḍehṛ-u). [34} Ceci il faire à Ali le-abcès (*dans dos-son). Ceci a fait un abcès au dos d’Ali. ==: εli εend-u d-demmal (* E + f ḍehr-u) (E + men had š-ši). [35} Ali chez-lui le-abcès (*E + dans dos-son). Ali a un abcès au dos (E + à cause de ceci). Les exemples suivants permettent d’observer que le nom prépositionnel "mn had š-ši" (de ceci) est facultatif. Nous avons aussi inséré dans cette structure les noms liés au vocabulaire des « blessures » [žerḥ] en raison de la position syntaxique qu’elle peut occuper comme N1 (N maladie), aussi parce que les noms, dont [žerḥ] est le nom classifieur 11 , admettent des compléments locatifs : N0 εend-u [žerḥ] = : {xebŝa, žerḥa, debḥa…} loc dét N2. Exemples : - had l-meš dar xebša f wžeh εli. [36} Ce le-chat il faire égratignure dans visage Ali. Ce chat a fait une égratignure sur le visage d’Ali. = : εli εend-u xebša f wežh-u b sbab l-meš. [37} Ali chez-lui égratignure dans visage-son avec cause le chat. Ali a une égratignure au visage à cause du chat. 4.3 ″εend-u / εend-u" (Chez-Lui-Chez Lui) Couple Converse L’arabe marocain offre un fait syntaxique très particulier ; c’est le cas où ″εend-u″ est une préposition support aussi bien pour la phrase standard que pour celle converse : - ḥmed εend-u t-tiqa f εli. [38} Ahmed chez-lui la-confiance dans Ali. Ahmed a confiance en Ali. = : εli εend-u t-tiqa d ḥmed. [38’} Ali chez-lui la-confiance de Ahmed. Ali a la confiance d’Ahmed. 11 Le nom classifieur est défini par les linguistes en grammaire en tant que mot de mesure ou un spécificatif est un mot ou un morphème utilisé dans certaines langues et dans certains contextes pour indiquer la classe d'un nom Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5574 - ḥmed εend-u 'amr l εli. [39} Ahmed chez-lui ordre à Ali Ahmed a un ordre à Ali =: εli εend-u 'amr men ḥmed [39’} Ali chez-lui ordre de Ahmed Ali a un ordre d’Ahmed Les phrases en infra peuvent être représentées de la manière suivante : [38} ; [38’} No εend-u dét N1 f N2 = : N2 εend-u dét N1 d No [39}; [39’} No εend-u dét N1 N2 =: N2 εend-u dét N1 men No A l’instar de G. GROSS, nous remarquons que le noyau prédicatif est maintenu dans les deux types de phrases à savoir : ❖ La permanence du nom prédicatif ; ❖ La permutation des arguments ; ❖ Le changement des prépositions. 5. Les constructions réciproques : L’étude de nos matériaux nous a permis de générer également les phrases en infra : -  li  end-u randivu 12 m  a ḥmed. [40} Ali chez-lui un-rendez-vous avec Ahmed. Ali a un rendez-vous avec Ahmed. -  li  end-u me  rifa m  a ḥmed. [41} Ali chez-lui une connaissance avec Ahmed. Ali et Ahmed sont des amis ; Avec lesquelles nous pouvons constituer les phrases réciproques suivantes : - ḥmed end-u randivu ma li. [42} Ahmed chez-lui un-rendez-vous avec Ali. Ahmed a un rendez-vous avec Ali. - ḥmed  end-u me  rifa m  a  li. [43} Ahmed chez-lui une connaissance avec Ali. Ahmed et Ali sont des amis. C’est donc l’ensemble constitué par l’emprunt 13 « randivu » (rendez-vous) et le substantif « merifa » (connaissance) qui permet ce genre de relation. Il est nécessaire de dire que le lien réciproque est mis en évidence grâce à la nature sémantique des V-n. Cette relation peut être présentée par la structure suivante : ➢ N0 end-u Dét N1 ma N2 12 - Ici le nom « randivu » (rendez-vous) est un emprunt de la langue française, ce substantif n’existe pas en dialecte marocain. 13 - « Au plus fort de l’ère du Protectorat et de l’influence de son administration, les champs notionnels qui étaient le fait de ce dernier ou qui venaient dans son sillage avaient pour la plupart une origine française (…) on trouve des emprunts qui tout en étant sélectifs, font partie de champs appartenant à la vie, courante et sont parfaitement intégrés et neutralisés morphologiquement ou en passe de le devenir. A titre d’exemple, on peut citer les domaines tels que ceux de la médecine, des sports, du syndicalisme et de la politique, l’administration, l’instruction, l’agriculture, les transports et les moyens de locomotion, les moyens culturels, l’habitat moderne, les nouvelles habitudes culinaires et ainsi de suite ». Abderhmane Lyoussi (1992 :314). Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5581 C’est une invitation à célébrer la diversité comme une richesse, où chaque élément, bien qu’individuel, participe à la création d’un tout harmonieux. Comme l’a signalé Édouard Glissant : « La langue est une mémoire vivante, une broderie mouvante, où chaque mot porte les traces de ceux qui l’ont parlé avant nous ». 8. Appendice : 8.1 Table N° 1 (récapitulatif ) : Emplois de la préposition «  end-u » (chez-lui) en arabe marocain Type de structure Standard (verbe/support) Variante avec «  end-u» Traduction / Interprétation Support / équivalence verbale ḥmed taq f  li (Ahmed croit en Ali)  li  end-u t-tiqa f ḥmed (Ali a la confiance d’Ahmed) Relation de confiance ↔ permutation des arguments ḥmed xaf men  li (Ahmed a peur d’Ali) ḥmed  end-u l-xuf men  li (Ahmed a la peur d’Ali) Relation de peur, même arguments, changement de préposition Converse avec « εṭa » (donner) ḥmed εṭa l-ḥel l-εli (Ahmed a donné la solution à Ali) εli  end-u l-ḥel menεend ḥmed (Ali a reçu la solution d’Ahmed) Transfert / possession Prépositions converses ḥmed εṭa s-sir l-εli (Ahmed a révélé le secret à Ali) εli  end-u s-sir menεend ḥmed (Ali a su le secret d’Ahmed) Secret ↔ connaissance l-mrikan dar-t l-ḥerb εla l-εiṛaq (Les USA ont fait la guerre à l’Irak) l-εiṛaq εli-h l-ḥerb men mirikan (L’Irak est en guerre avec les USA) Guerre ↔ victime εli dar ḥmed teḥt ṣ-ṣbaṭ (Ali domine Ahmed) ḥmed teḥt ṣ-ṣbaṭ d εli (Ahmed est dominé par Ali) Domination↔soumission Réciproques li  end-u randivu ma ḥmed (Ali a un rendez-vous avec Ahmed) ḥmed  end-u randivu ma li (Ahmed a un rendez-vous avec Ali) Relation réciproque ↔ équivalence li  end-u me  rifa ma ḥmed (Ali a une connaissance avec Ahmed) ḥmed  end-u me  rifa ma  li (Ahmed et Ali sont amis) Amitié ↔ relation mutuelle Procès nominalisé (action → qualité) ḥmed ka-yṣug b škel mezyan. (Ahmed conduit bien) ḥmed  end-u sugan b škel mezyan. (Ahmed conduit de façon excellente.) Passage d’une action dynamique à une propriété nominalisée Modifieur obligatoire (traits / corps) — qlil ṣ-ṣber ḥmed  end-u ṣ-ṣber qlil Ahmed est impatient — dḍ  if dakira ḥmed  end-u d-dakira ḍ  ifa Ahmed a une mémoire faible — kḥel l-  inin ḥmed  end-u l-  inin kuḥel Ahmed a les yeux noirs Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5582 8.3 Table N° : Sons Phonétiques - Voyelles brèves: a, ă, a, u, û, o, i, e. - Voyelles longues : ā, ä, , , , . - Le point souscrit indique l’emphase sauf pour ḥ. - La tension est notée par le redoublement des lettres 8.4 Notations Ces notations sont utilisées dans les travaux du Laboratoire Automatique des Langues: N = Nom No, N1, N2: l'indice numérique indique la position des arguments nominaux dans la phrase; No est toujours le sujet formel. N1= 1er complément, N2=second complément. Nnr. = non restreint N.hum = Nom humain N. hum = Nom non humain N abst. = Nom abstrait V = Verbe V-n = strictement; nom morphologiquement dérivé d'un verbe; plus généralement: nom morphologiquement apparenté à Un verbe. Ppv. = particule préverbale. u o i e Occlusives Fricatives ou spirantes Nasales Latérales Vibrantes Semiconsonnes Sourdes Sonores Sourdes Sonores Labiales Non emph. b f m w Emph. ḅ Dentales Non emph. t d n l r Emph. ṭ ḍ ṛ Sifflantes Non emph. s z Emph. ṣ ẓ Chuintantes š ž Palatales k g y Vélaires x ġ Uvulaires q Pharyngales ḥ ε Laryngales h − t − d Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 5583 Aux. = Auxiliaire. V. opér. = V opérateur. Dét. = Déterminant. Modif. = Modifieur. Prép. = Préposition. p Comp. = Permutation des compléments. Réd.v opér = Réduction du l'opérateur. Ø = Forme zéro Inac. = Inaccompli () = Quand elles entourent deux ou plusieurs éléments séparés par +, indiquent l'équivalence paradigmatique de cas éléments; quand elles entourent un seul élément, indiquent son caractère facultatif. = relation syntaxique de paraphrase; en morphologie, relation dérivationnelle orientée.  = Agrammaticale ? = Douteux 9. RÉFÉRENCES [1] Apresjan, J., “Systematic lexicography”, Oxford : Oxford University Press, 2000. 304 p. Lien [2] Asserraji, I, Fallous A, “Verbes Supports d’Activité de Parole & Lien Converse Au Sein du dialecte Marocain: Emploi et Synergie”, VOLUME 8, ISSUE 1, July-2025, DOI: https://doi.org/10.57109/315 ISSN: 2739-6797. Lien [4] Asserraj, R., Aboudi, Y., Asserraji I., (2024). “Faculty Perspectives on the Integration of Soft Skills in the Moroccan Higher Education Curriculum”, International Journal of Linguistics, Literature and Translation, 7(12), 131-143. Lien [3] El Idrissi, J., “Verbes opérateurs et nominalisation en arabe marocain (Parler de Fès)”, Thèse de Doctorat national, (1991), Paris VII. Lien [4]. Jacqueline Giry-Schneider. Les Prédicats nominaux en français. Les Phrases simples à verbe support. Geneva: Droz. 1987. Pp. 396. Canadian Journal of Linguistics/Revue: canadienne de linguistique. 1990;35(2):191-194. doi:10.1017/S0008413100013578. Lien [5] Giry-Schneider. J., "Les compléments nominaux des verbes de parole", Langages 115, (1994). pp. 103-125. Lien [6] Glissant, É, “Poétique de la relation”, Paris : Gallimard, (1990). Lien [7] Gross, G. “Les constructions converses du français”. (Coll. Langue & Cultures, n° 22). (1989). Genève: Librairie Droz. Lien [8] Guillet, A. & Leclère, Ch, “Restructuration du groupe nominal”, Langages 63, (1981). Paris: Larousse, 63, 5‑35. Lien [9] Harris, Z. S., “Notes du cours de syntaxe”, (trad. M. Gross). Paris: Éditions du Seuil (1976). [10] Nkollo, M., “Les converses de relation, les expressions symétriques et la flexion”, Écho des études romanes, (2005), 1(2), pp 1-15. Lien [11] Sabih, J., “De La Matrozité : Translangagisme et décentrement des pratiques plurilingues au Maroc”, (J.-M. Adam et M. Bonhomme: 108) (1997). Lien [12] Youssi A., Grammaire et lexique de l’Arabe Marocain”, Éd. Walada, (1992). December 2024