pg. 113 VOL. 9, NO.2, MAY, 2025: BEYOND BABEL: BU JOURNAL OF LANGUAGE, LITERATURE AND HUMANITIES Étude Stylistique des Proverbes dans les Romans Maeva et Les nuages du Passé de Fatou FannyCassé Olaosebikan T. Wende Department of Foreign Language Studies College of Humanities and Culture Osun State University Ikire Campus Osogbo [email protected] |+234 815 133 4725 & Oladeji O. Nureni French Department School of Secondary Education (Language Programmes) Federal College Of Education, (Special), Oyo
[email protected] +2348067327822 DOI : https://doi.org/10.5281/zenodo.17392121 Résumé Cette étude stylistique explore les romans Maeva et Les nuages du passé de Fatou Fanny-Cissé, en analysant les techniques à travers le cadre théorique du féminisme et du postcolonialisme. L'objectif est de démontrer comment l'écrivain utilise les proverbes pour répondre aux préoccupations stylistiques et révéler sa conscience artistique. Les romans de Fatou Fanny-Cissé sont des exemples rares de la littérature francophone contemporaine qui abordent des sujets actuels dans un contexte marqué par le manque d'originalité et l'influence de comportements ailleurs. Cette étude se concentre sur l’identification de la représentation des proverbes et des techniques narratives spécifiques, telles que le flux de conscience et la narration peu fiable, pour dévoiler les couches de sens imbriquées dans les textes. L'analyse nous révèle comment la langue, la structure et la voix narrative se conjuguent pour créer une expérience de lecture riche et stimulante. Cette étude contribue à la compréhension de la littérature francophone contemporaine et à mettre en évidence l'importance de l'analyse stylistique pour apprécier la vision artistique de cette écrivaine ivoirienne. En fin, cette étude met en lumière la prouesse artistique de Fatou Fanny-Cissé, explorant comment elle utilise les proverbes pour sensibiliser les jeunes et décourager les comportements indésirables dans les sociétés africaines, promouvant ainsi un avenir prometteur pour les jeunes Africains grâce à son approche stylistique distinctive. Mots-clés : Stylistique, proverbes, littérature francophone africaine, Fatou Fanny-Cissé, théorie postcoloniale
pg. 114 VOL. 9, NO.2, MAY, 2025: BEYOND BABEL: BU JOURNAL OF LANGUAGE, LITERATURE AND HUMANITIES 1. Introduction Les romans Maeva et Les Nuages du Passé de Fatou Fanny-Cissé s’inscrivent dans une tradition littéraire africaine où la narration puise sa force dans la richesse de l’oralité, notamment à travers l’usage stratégique des proverbes. Ces expressions de sagesse populaire, loin de n’être que des éléments ornementaux, constituent une matrice discursive fondamentale à la structuration narrative et à la densité thématique de ses œuvres. À l’instar de nombreux écrivains africains postcoloniaux, Fanny-Cissé mobilise les proverbes non seulement pour ancrer son récit dans un contexte culturel spécifique, celui de la Côte d’Ivoire mais également pour engager une réflexion critique sur les réalités sociopolitiques, les dynamiques de genre et les valeurs communautaires. Dans cette perspective, cette étude se propose d’analyser la fonction stylistique, narrative et symbolique des proverbes dans Maeva et Les Nuages du Passé, en mettant l’accent sur leur rôle dans le développement des personnages, la structuration de l’intrigue et la mise en valeur des thématiques majeures telles que la condition féminine, les rapports intergénérationnels, et les conflits entre la tradition la et modernité. À la lumière des travaux de Somana, Wende et Adebayo (2023), qui ont exploré les dimensions de l’humanisme culturel africain et son rôle dans le développement social, cette étude examinera comment Fanny-Cissé utilise le langage proverbial comme vecteur d’une conscience critique et d’un engagement envers la transformation sociétale. Par ailleurs, l’argument selon lequel les proverbes permettent une continuité entre le passé et le présent, soutenu par Coulibaly (2019 : 94), trouve un écho particulier dans la manière dont FannyCissé insère ces formes dans ses récits pour souligner la résilience des femmes africaines face aux défis sociaux contemporains. Les proverbes occupent une place centrale dans la tradition orale en Afrique particulièrement en Cote d’Ivoire, servant de vecteurs de sagesse et de leçons de vie. Ils sont souvent utilisés pour transmettre des valeurs culturelles, des normes sociales et des vérités universelles. Comme le souligne également Iloh (2020 : 36), les proverbes agissent comme des passerelles entre l'expérience individuelle et la mémoire collective, renforçant ainsi la portée universelle du message littéraire. Enfin, à travers une analyse comparative de Maeva et Les Nuages du Passé, cette recherche mettra en évidence les convergences et divergences dans l’usage des proverbes, tout en évaluant l’évolution de la pensée de l’auteure sur les notions de culture, d’identité et de pouvoir. 2. Méthodologie La méthode utilisée pour cette étude est l’analyse textuelle. Dans cette perspective, la présente étude se propose d’examiner de manière analytique des dix proverbes extraits de Maeva et Les nuages du Passé. En ce sens, l’écriture de Fanny-Cissé s’inscrit dans une esthétique de la résistance, où le langage proverbial, porteur d’un savoir ancestral, est mobilisé pour réinventer le récit africain contemporain, tout en contribuant à la transmission des valeurs culturelles fondamentales. Cette étude portera uniquement sur l’analyse littérale, c’est-à-dire l’interprétation au premier degré, de cinq proverbes tirés de chacun des deux romans de Fatou Fanny Cissé: ce que les mots disent directement, avec parfois une légère prise en compte de leurs sens culturel ou émotionnel. L’étude n’abordera pas les aspects dénotatifs (définition du dictionnaire) ou connotatifs (symbolique/culturel), mais se concentrera sur le sens littéral des proverbes dans le
pg. 115 VOL. 9, NO.2, MAY, 2025: BEYOND BABEL: BU JOURNAL OF LANGUAGE, LITERATURE AND HUMANITIES texte. Tous les proverbes sont centrés sur la jeunesse, un choix délibéré pour cibler et promouvoir la littérature jeunesse, en particulier dans l’œuvre de Fatou Fanny Cissé. 3. Cadre théorique Les deux théories de base sont le féminisme et le post-colonialisme. Le féminisme est un courant qui vise à promouvoir l’égalité entre les sexes et à dénoncer les injustices faites aux femmes. Il analyse la façon dont la société, la culture et la littérature reflètent ou perpétuent les inégalités de genre, et encourage l’émancipation et la valorisation des femmes, notamment à travers la représentation féminine dans les œuvres littéraires. Le post-colonialisme étudie les effets durables de la colonisation sur les sociétés anciennement colonisées. Il met l’accent sur la résistance culturelle, la réappropriation des identités et la critique des structures de domination héritées du colonialisme. Cette théorie analyse comment les peuples colonisés reconstruisent leur histoire, leur culture et leur identité dans un contexte postcolonial. Les proverbes choisis sont liés à ces deux théories: ils valorisent la jeunesse, la résistance culturelle (post-colonialisme) et la voix des jeunes femmes (féminisme) dans un contexte africain contemporain. 4. Études antérieures En s’inscrivant dans le prolongement des études récentes sur la stylistique, la syntaxe littéraire (Adebayo, Olayinka-Saliu & Nureni, 2023), et l’interaction entre la langue, la société et l’idéologie dans la littérature africaine, cette étude ambitionne de démontrer que les proverbes, chez FannyCissé, sont non seulement des témoins de l’héritage culturel africain, mais aussi des outils puissants de critique sociale et de recomposition identitaire. L'écrivaine et critique littéraire Bâ (1979 : 41) note également que : "Des proverbes permettent de transmettre des valeurs et d'encapsuler des vérités universelles, enrichissant ainsi la narration". Par ailleurs, le critique littéraire Diagne Diagne, (2018) affirme que l'art de Fanny-Cissé réside dans sa capacité à intégrer des éléments traditionnels dans une narration moderne. La perspective de Sow, (2017 : 32) qui affirme que "les proverbes sont des instruments de résistance et d'affirmation identitaire, enrichit notre compréhension de leur fonction dans les récits de FannyCissé. Enfin, selon Coulibaly (2019 : 53) : L’utilisation des proverbes dans les œuvres de Fanny-Cissé crée un dialogue entre le passé et le présent, stimulant ainsi une réflexion critique sur les réalités contemporaines Dans la littérature francophone africaine contemporaine, l’intégration de l’oralité, notamment à travers les proverbes, constitue une stratégie stylistique et idéologique majeure visant à réaffirmer les racines culturelles tout en engageant une critique sociale. Les œuvres de Fatou Fanny-Cissé, notamment Maeva et Les nuages du Passé, s’inscrivent pleinement dans cette tradition. Loin de se limiter à une fonction ornementale, les proverbes y assument une double fonction : d’une part, ils enrichissent le récit sur le plan esthétique et linguistique ; d’autre part, ils servent d’outils discursifs porteurs de valeurs, de normes et de résistances culturelles. Dans ce contexte, Coulibaly (2019 :
pg. 116 VOL. 9, NO.2, MAY, 2025: BEYOND BABEL: BU JOURNAL OF LANGUAGE, LITERATURE AND HUMANITIES 85) observe que l’usage du proverbe dans les écrits de Fanny-Cissé opère une médiation entre mémoire collective et contemporanéité, permettant d’aborder la condition féminine dans une perspective historique et identitaire. Les analyses littéraires récentes confirment la centralité du proverbe dans la signification des récits africains. Ainsi, Gnonlonfoun (2019 : 83) dans son étude sur La Mémoire amputée de Werewere Liking, montre comment le proverbe sert à transmettre les valeurs et à reconstruire une mémoire collective féminine. Ouedraogo (2020 : 41), à travers une lecture critique de Les Soleils des Indépendances et Allah n’est pas obligé d’Ahmadou Kourouma, souligne la fonction narrative et politique du proverbe comme commentaire social. Kouadio (2021 : 77), dans une approche stylistique de l’œuvre de Bernard Dadié, révèle le rôle du proverbe comme instrument d’enracinement culturel et de pédagogie populaire. Diallo (2022 : 51), dans son étude littéraire de L’Enfant noir de Camara Laye, met en lumière la force éducative du proverbe dans la transmission des normes sociales mandingues. Diop (2023 : 63), en analysant Le Ventre de l’Atlantique de Fatou Diome, démontre que le proverbe fonctionne comme un pont entre tradition et critique contemporaine. Enfin, Rodrigue (2024 : 11), dans son travail sur Voyageuse Eyitayo Imani et le bonheur de la liberté de Viviane Mbague, illustre comment les proverbes structurent les récits et véhiculent une sagesse populaire qui renforce l’oralité et éclaire les choix des personnages. Ces études convergent pour établir que le proverbe demeure un pilier esthétique, narratif et identitaire majeur dans la littérature francophone africaine. La stylistique est une discipline qui étudie les choix linguistiques et stylistiques d'un auteur dans un texte. Le style littéraire, c’est la manière unique dont un auteur écrit et s’exprime dans ses textes: choix des mots, tournures de phrases, rythme, images, etc. Il reflète la personnalité de l’auteur et donne une couleur particulière à ses œuvres. Quand un auteur utilise des proverbes, son style littéraire peut se voir dans la façon dont il les intègre au récit, les reformule ou les adapte à ses personnages et à l’ambiance du texte. Les proverbes ajoutent souvent une touche d’authenticité, de sagesse ou d’humour, et montrent l’attachement de l’auteur à la culture locale. Elle se concentre sur la manière dont les éléments de la langue, tels que la syntaxe, le vocabulaire et les figures de style, contribuent à l'effet esthétique et à la signification d'une œuvre. Selon Weber (2018 :73). « Le style s’intéresse à la façon dont les écrivains utilisent les ressources de la langue pour créer des effets de sens et de forme » Cette approche permet d'analyser non seulement la structure d'un texte, mais aussi son impact émotionnel et cognitif sur le lecteur. Les proverbes sont des expressions populaires qui transmettent des vérités générales ou des leçons de vie, souvent sous une forme concise et mémorable. Ils sont considérés comme des éléments de la sagesse collective d'une culture. Selon Rey, (2020 : 84) « Des proverbes sont des formules figées qui expriment une vérité ou un conseil, souvent issus de l'expérience collective ». De plus, Diagne (2022 :53) souligne que les proverbes jouent un rôle crucial dans la transmission des valeurs culturelles et morales au sein d'une société. Ces définitions mettent en lumière l'importance des proverbes dans la communication et la culture. Enfin, la stylistique et les proverbes sont des concepts essentiels dans l'analyse littéraire et linguistique. La stylistique permet d'explorer les choix linguistiques d'un auteur, tandis que les proverbes enrichissent le discours en intégrant des valeurs culturelles et des vérités universelles.
pg. 117 VOL. 9, NO.2, MAY, 2025: BEYOND BABEL: BU JOURNAL OF LANGUAGE, LITERATURE AND HUMANITIES Dans la culture ivoirienne, les proverbes ne sont pas seulement des expressions linguistiques ; ils incarnent des philosophies de vie et des réflexions sur la condition humaine. Fatou Fanny-Cissé utilise ces proverbes pour enrichir ses récits, leur conférant une profondeur significative. En les intégrant dans ses dialogues et ses descriptions, elle crée des ponts entre les générations, permettant aux lecteurs de se connecter à des sagesses ancestrales tout en abordant des questions contemporaines. Les proverbes, en tant qu'éléments de la tradition orale, renforcent également le caractère collectif des expériences humaines, soulignant l'importance de la communauté dans la formation de l'identité individuelle. Ainsi, l'analyse des proverbes dans les œuvres de Fanny-Cissé ne se limite pas à une simple observation stylistique ; elle permet d'explorer les enjeux socioculturels traversent ses récits, tout en mettant en lumière l'importance de la tradition orale dans la littérature africaine contemporaine. 5. Analyse et discussion des données 1. Si vous ne vous aventurez pas en terrain marécageux, vous n’aurez pas de boue sur les pieds. (p. 15) Ce premier proverbe utilisé dans Maeva par Fatou Fanny-Cissé, incarne une sagesse intemporelle qui s’applique particulièrement aux jeunes filles confrontées aux défis de la vie moderne. Cette expression souligne l'importance de la prudence et de la responsabilité, en insistant sur le fait que certaines décisions peuvent mener à des conséquences néfastes. Dans le contexte du roman, ce proverbe est prononcé dans une conversation où les aînées, représentées par Mme Boga, prodiguent des conseils aux jeunes filles sur l'importance de l'éducation et de l'abstinence sexuelle. Le terrain marécageux symbolise les dangers et les tentations qui entourent les jeunes femmes, notamment les grossesses précoces et les relations superficielles. En évitant ces "terrains" risqués, les jeunes filles peuvent se concentrer sur leurs études et leur avenir. L’instruction est présentée comme un refuge, une voie d'épanouissement et de succès. La sagesse populaire évoquée par ce proverbe rappelle que les choix que l'on fait à un jeune âge peuvent avoir des répercussions à long terme. En d'autres termes, en choisissant de ne pas s'engager dans des activités précoces ou des relations instables, les jeunes filles s'assurent de ne pas compromettre leur avenir académique et professionnel. Le conseil de Mme. Boga, qui exhorte les jeunes filles à prioriser leurs études, s'inscrit dans une volonté de leur donner les outils nécessaires pour naviguer dans un monde complexe. Les aînées, en partageant leur expérience, cherchent à protéger les nouvelles générations des erreurs qu'elles ont pu commettre elles-mêmes. Cette transmission de savoir est essentielle pour renforcer la solidarité entre les femmes et bâtir une communauté plus forte. En outre, ce proverbe souligne également la notion de responsabilité personnelle. Les jeunes filles doivent être conscientes des conséquences de leurs choix et agir avec discernement. En évitant les "terres marécageuses" de la précocité et des distractions, elles se donnent la possibilité de construire un avenir meilleur, tant sur le plan personnel que professionnel. 2. La femme est le berceau de la vie. (p 21) Le proverbe est profondément révélateur de la perception et du rôle de la femme dans la société, tout en soulignant la responsabilité qui lui incombe. Dans le contexte du roman Maeva de Fatou Fanny-Cissé, ce proverbe prend une signification particulière, surtout lorsqu'il est mis en relation avec les conseils des aînés aux jeunes filles sur l'importance de prendre leurs études au sérieux. La
pg. 118 VOL. 9, NO.2, MAY, 2025: BEYOND BABEL: BU JOURNAL OF LANGUAGE, LITERATURE AND HUMANITIES femme, en tant que "berceau de la vie", est non seulement celle qui porte et donne naissance, mais elle est également perçue comme le pilier de la famille et de la communauté. Ce rôle sacralise la féminité, mais il impose aussi une responsabilité. Les aînés, en conseillant les jeunes filles d’investir dans leurs études, leur rappellent que leur avenir et celui des générations à venir dépendent de leur éducation. Une femme instruite est mieux équipée pour élever ses enfants, les éduquer et leur transmettre des valeurs essentielles. La phrase souligne que l'éducation des jeunes filles est primordiale. En prenant études au sérieux, elles s'assurent non seulement un avenir meilleur pour elles-mêmes, mais elles deviennent également des mères éclairées, capables d'influencer positivement la vie de leurs enfants. Les conseils de Mme. Boga et d'autres aînés dans le roman mettent l'accent sur l’abstinence et le focus sur les études comme moyens de garantir un avenir prometteur. Cela met en lumière l'idée que les choix que les jeunes filles font aujourd'hui auront des répercussions sur leur capacité à remplir leur rôle de mère, et par extension, sur le bien-être de la société. Ce proverbe évoque aussi une notion de responsabilité collective. Les jeunes filles sont encouragées à réfléchir aux conséquences de leurs actions, tant sur leur propre vie que sur celle de leurs futurs enfants. Les aînés leur enseignent d’éviter les grossesses précoces et se concentrer sur l'éducation sont des gestes d'amour et de prévoyance. En effet, une mère éduquée peut mieux préparer ses enfants à affronter le monde, leur inculquant des valeurs et des connaissances qui les aideront à s'épanouir. En somme, le proverbe "La femme est le berceau de la vie" trouve un écho puissant dans les conseils des aînés aux jeunes filles sur l'importance de l'éducation. Ce lien souligne que la réussite personnelle et éducative des jeunes filles est intrinsèquement liée à leur capacité à assumer leur rôle de mère et à contribuer à une société plus éclairée. 3. Il faut apprendre à te contenter de ce que tu as. (p. 53) Dans Maeva, le proverbe 3 de tel équivalent en langue Yoruba ‘’itelorun ni baba iwa’’ résonne profondément avec les conseils que Maeva donne à son amie Carine, qui s'engage dans des relations amoureuses avec des hommes mariés en quête de richesse. Ce proverbe souligne l'importance de la satisfaction personnelle et de la valorisation de ce que l'on possède au lieu de rechercher des désirs matériels ou des validations extérieures. Maeva, en s'adressant à Carine, met en lumière les dangers de cette quête incessante de l'affection et du statut social par le biais de relations superficielles. Carine, fascinée par le glamour et les biens matériels que ces hommes peuvent lui offrir, semble oublier l'essentiel : ses études et son avenir. Maeva lui rappelle qu'il est crucial de se concentrer sur son développement personnel et académique, plutôt que de se laisser distraire par des relations qui, au final, peuvent nuire à son bien-être et à sa réputation. Le proverbe invite à une réflexion sur la valeur de l'éducation et sur la manière dont elle peut ouvrir des portes vers un meilleur avenir. Dans un monde où les jeunes filles peuvent être tentées de rechercher des solutions rapides à leurs désirs et à leurs besoins, Maeva les encourage à développer une mentalité de travail et de persévérance. Elle suggère que la véritable satisfaction et l'épanouissement personnel ne proviennent pas de l'accumulation de richesses ou de la dépendance à l'égard des autres, mais plutôt de la capacité à se réaliser soi-même à travers l'éducation et les efforts personnels.
pg. 119 VOL. 9, NO.2, MAY, 2025: BEYOND BABEL: BU JOURNAL OF LANGUAGE, LITERATURE AND HUMANITIES 4. On n’apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces.(p.102) Dans Maeva, le proverbe souligne l'idée que l'expérience et la sagesse sont souvent inestimables, en particulier pour les jeunes qui se laissent emporter par des choix impulsifs. Ce proverbe trouve une résonance particulière dans le contexte de la grossesse de Carine, dont la situation est découverte par sa grand-mère, Nanah. Nanah, en tant que figure maternelle et sage, incarne la voix de l'expérience. Elle exprime ses préoccupations face à la vie de sa petite-fille, qui, en s'engageant avec des hommes mariés, ne prend pas au sérieux les implications de ses choix. Cette dynamique met en lumière la tension entre la jeunesse, qui aspire à la liberté et à l'amour, et la sagesse des aînés, qui comprennent les dangers cachés derrière des décisions mal réfléchies. Lorsqu'elle découvre la grossesse de Carine, Nanah ne peut s'empêcher de ressentir un mélange d'inquiétude et de tristesse. Elle sait que la société a des attentes précises pour les jeunes filles, notamment en matière d'éducation et de mariage. En effet, pour une jeune femme, tomber enceinte hors mariage est souvent synonyme de stigmatisation sociale. La grand-mère est consciente que, en s'engageant avec des hommes mariés, Carine ne fait que s'attirer des complications qui pourraient nuire à son avenir. La sagesse de Nanah se manifeste lorsqu'elle tente d'expliquer à Carine que la vie est semée d'embûches, et que certaines expériences, bien que séduisantes sur le moment, peuvent avoir des conséquences à long terme. Cette idée est renforcée par le proverbe, qui indique que ceux qui ont déjà vécu des situations similaires peuvent souvent reconnaître les pièges que la jeunesse ignore. En d'autres termes, les erreurs du passé devraient servir de leçons pour les générations futures. En insistant sur la nécessité d'apprendre à se contenter de ce que l'on a et de ne pas se laisser séduire par des promesses illusoires, Nanah rappelle à Carine l'importance de se concentrer sur ses études et de bâtir un avenir solide. Elle souhaite que sa petite-fille réalise que l'amour ne doit pas être confondu avec des relations superficielles fondées sur l'argent ou le statut social, surtout lorsque ces relations impliquent des hommes mariés qui ne peuvent pas lui offrir la stabilité et le respect qu'elle mérite. Ainsi, le proverbe résonne comme un cri d'alarme pour Carine. Il souligne l'importance de l'expérience et de la sagesse des aînés dans la prise de décisions éclairées, surtout lorsque la vie d'une jeune fille est en jeu. 5. Les humains sont en fait les sculpteurs de leur propre avenir. (p : 151) L'analyse de proverbe 5 Les dans le contexte de la vie de Maeva, Carine et Oumou met en lumière la façon dont chaque personnage façonne son destin à travers ses choix et ses actions. Cette phrase souligne l'idée que, bien que les circonstances extérieures puissent influencer la vie d'une personne, c'est finalement l'individu qui détient le pouvoir de sculpter son avenir. Maeva incarne la détermination et l'ambition. Elle est consciente des défis liés à la jeunesse, en particulier les tentations qui pourraient l'éloigner de ses études. Son choix de se concentrer sur sa formation académique est un reflet de son désir de construire un avenir prometteur. Elle comprend que ses efforts actuels sont la clé pour réaliser ses rêves, notamment son aspiration à devenir médecin. Maeva représente l'idée que l'engagement dans l'éducation est un investissement dans son avenir, et elle s'efforce de détourner ses amis des distractions potentielles.
pg. 120 VOL. 9, NO.2, MAY, 2025: BEYOND BABEL: BU JOURNAL OF LANGUAGE, LITERATURE AND HUMANITIES Carine, en revanche, illustre les dangers de se laisser emporter par des relations superficielles et des désirs matériels. Son attirance pour les hommes mariés en quête de soutien financier la place sur une voie risquée. En choisissant de privilégier des relations basées sur l'argent plutôt que sur la sincérité, Carine sculpte un avenir incertain. Sa grossesse inattendue est le résultat direct de ces choix, soulignant que, même si elle a le potentiel de forger son destin, elle n'en prend pas toujours la bonne direction. Carine doit apprendre que ses décisions aujourd'hui façonneront les contours de sa vie future. Oumou représente une autre facette de cette sculpture de l'avenir. Face à des pressions familiales et sociales, elle décide de fuguer pour échapper à un mariage arrangé. Cette action, bien que motivée par un désir de liberté, est également une tentative de prendre le contrôle de son destin. Cependant, son évasion la met en danger, illustrant que la quête de liberté peut parfois mener à des conséquences imprévues. Oumou doit naviguer dans un monde complexe où ses choix peuvent avoir des répercussions majeures sur son avenir. Dans Maeva, chaque personnage incarne un aspect de la sculpture de son propre avenir. Maeva, Carine et Oumou font face à des choix cruciaux qui détermineront non seulement leur destin individuel, mais aussi la dynamique de leur amitié. 6. Il faut battre le fer quand il est chaud. (p :16) Le proverbe 6 évoque l'idée qu'il est crucial d'agir au moment opportun, lorsque les conditions sont favorables. Dans le contexte de Les nuages du Passé, ce proverbe prend tout son sens lorsque l'on considère les conseils d'Élodie, la sœur de Mian, qui l'encourage à prendre ses études au sérieux. Élodie comprend que la jeunesse de Mian est une période décisive, marquée par des choix qui façonneront son avenir. Elle lui rappelle que s'il veut réussir, il doit saisir les opportunités d'apprentissage qui se présentent à lui. Le moment pour étudier, pour se concentrer sur ses cours et pour se préparer aux examens est maintenant, avant qu'il ne soit trop tard. L'analogie du fer chaud est particulièrement pertinente dans le cadre éducatif. Tout comme un forgeron travaille le fer lorsqu'il est malléable, Mian doit exploiter son potentiel académique pendant sa jeunesse. Si Mian laisse passer cette période sans s'engager sérieusement dans ses études, il risque de se retrouver dans une situation où il ne pourra plus revenir en arrière, tout comme un fer refroidi devient difficile à modeler. Élodie, en mettant l'accent sur l'importance de l'éducation, agit comme une voix de raison dans la vie de Mian. Elle lui rappelle que l'effort qu'il investit aujourd'hui dans ses études sera la clé de son succès futur. Ce conseil s'inscrit dans une vision à long terme, où les choix présents influenceront les résultats futurs. 7. La fin justifier le moyen. (p :63) Le proverbe 7 apparaît dans Les Nuages du Passé dans un contexte où les personnages débattent de l'engagement dans des luttes sociales. Cette phrase, souvent utilisée pour justifier des actions controversées, soulève des questions éthiques sur la moralité des moyens employés pour atteindre un objectif. Dans le roman, ce proverbe est prononcé par André, un personnage qui incarne l'idéalisme révolutionnaire. Pour lui, les sacrifices et les actions parfois extrêmes, comme la perturbation des cours, sont considérés comme nécessaires pour obtenir des changements significatifs. André croit fermement que le combat pour une meilleure éducation et des conditions de vie équitables est juste, même si cela implique des actions qui peuvent sembler radicales ou violentes. Il agit sous l'idée que les injustices doivent être combattues, même si cela entraîne des conséquences négatives à court terme. Cependant, cette perspective pose des dilemmes moraux. La question se pose de savoir jusqu'où il est acceptable d'aller pour obtenir ce que l'on considère
pg. 121 VOL. 9, NO.2, MAY, 2025: BEYOND BABEL: BU JOURNAL OF LANGUAGE, LITERATURE AND HUMANITIES comme un "bien". L’idée que la fin justifie les moyens peut mener à des abus de pouvoir, où des actions immorales sont rationalisées au nom d’un objectif supérieur. Cela soulève également la question de la responsabilité personnelle : si l’on justifie des actes répréhensibles par un but noble, ne risque-t-on pas de perdre de vue les valeurs éthiques fondamentales ?Ainsi, la phrase devient une réflexion sur les priorités de la jeunesse et les défis de l'engagement social dans un monde où les conséquences des actions peuvent être graves. La fin justifie le moyen est un proverbe qui interpelle sur la nature de l'engagement et la moralité des actions entreprises pour atteindre un objectif. Dans Les nuages du Passé, il sert de point de départ pour des réflexions profondes sur l’éthique, la responsabilité et l’équilibre entre l’idéalisme et le pragmatisme 8. Le temps ainsi perdu ne pourrait pas être rattrapé.(p. 53) Le proverbe 8 souligne un concept essentiel : la valeur du temps et les dangers du gaspillage. Dans Les nuages du Passé, ce proverbe résonne particulièrement avec la trajectoire de Mian, un jeune homme dont les choix l’entraînent loin de ses études et de ses responsabilités. Le temps est souvent considéré comme une ressource précieuse, car, contrairement à d'autres ressources, il ne peut être récupéré une fois perdu. Mian, en s'engageant dans des activités syndicales et en négligeant ses études, incarne cette idée de gaspillage. Au début, il est enthousiaste et motivé, attiré par la promesse de changement et d'engagement social. Cependant, au fur et à mesure qu'il s'immerge dans ce monde, il commence à sacrifier ses heures d'étude et ses responsabilités académiques. Ce choix a des conséquences directes sur sa performance scolaire. Les absences répétées et le manque de concentration entraînent une chute drastique de ses notes. Cela illustre bien le fait que le temps passé à s'engager dans des activités qui ne contribuent pas à son avenir se traduit par une perte d'opportunités. Mian ne réalise pas immédiatement que chaque jour passé loin de ses études est un jour de moins pour construire son avenir. Le proverbe met également en lumière la notion de responsabilité personnelle. Les jeunes, comme Mian, sont souvent confrontés à des choix difficiles. Le désir de participer à des mouvements sociaux peut sembler noble, mais il est essentiel de peser les conséquences de ces choix. En se laissant emporter par l'enthousiasme du moment, Mian ne prend pas en compte l'impact de ses actions sur son avenir. Ce manque de réflexion peut être dangereux, car il peut entraîner des regrets irréversibles. De plus, la société moderne valorise souvent l'engagement civique, mais il est crucial de trouver un équilibre. Mian aurait pu s'impliquer tout en maintenant ses priorités académiques. Le proverbe sert donc d’avertissement : le temps est un bien limité, et il est vital de l'utiliser judicieusement. Le temps ainsi perdu ne pourrait pas être rattrapé est un appel à la vigilance et à la prise de conscience des choix que l'on fait. 9. On ne peut pas faire d'omelette sans casser des œufs (p : 63) L’expression 9 illustre parfaitement la réalité des luttes et des sacrifices nécessaires pour atteindre un objectif. Dans Les Nuages du Passé, André utilise cette métaphore pour sensibiliser Mian et ses camarades à la nécessité de s'engager dans la grève estudiantine. Son discours met en lumière les enjeux cruciaux auxquels les étudiants font face et la manière dont leurs actions peuvent influencer leur avenir. André explique que, malgré les inconvénients immédiats de la grève, tels que l'interruption des cours et les désagréments associés, l'objectif final justifie ces sacrifices. La grève vise à revendiquer de meilleures conditions d'études et d'apprentissage, ce qui est essentiel pour garantir un avenir prospère aux jeunes. Par cette approche, André cherche à encourager ses