Etude de la déformation du Glacier d'Argentière d'ici 2100
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PROJET DE MASTER ´ Etude de la d´ eformation du Glacier d’Argenti` ere d’ici 2100 DESSEAUX Enzo GOYBET Thomas GROSLEGIAT Maxime Groupe B1 Encadrants : Dr A. Miffre, Pr T. Niehaus Supervis´ e par : Dr A. Miffre 09/04/2025
TABLE DES MATI` ERES TABLE DES MATI` ERES Table des mati` eres 1 R´ esum´ e 4 2 Remerciements 4 3 Introduction 5 4 M´ ethodologie 6 4.1 Organisation d’´ equipe ............................ 6 4.2 Cr´ eation du mod` ele.............................. 6 5 Principes Fondamentaux 7 5.1 BasedeGlaciologie.............................. 7 5.1.1 Bilandemasse ............................ 7 5.1.2 Stratification de la glace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 5.1.3 R´ egime thermique des glaciers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 5.2 D´ efinitionduRF ............................... 8 5.3 ´ Equation de bilan de masse du glacier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 5.3.1 Terme Rn............................... 9 5.3.2 Terme H................................ 9 5.3.3 Terme LE ............................... 10 5.3.4 Termes Qget Lw........................... 10 5.4 Alb´ edodynamique .............................. 11 5.5 Pr´ ecipitationneige .............................. 11 5.6 Recong´ elation................................. 11 6 Mod` ele num´ erique 12 6.1 Pertedemasse ................................ 12 6.2 Mod` elePYGEM/OGGM ........................... 12 7 R´ esultats et discussion 13 7.1 R´ esultats.................................... 13 7.2 Discussion................................... 14 7.2.1 V´ erification du mod` ele........................ 14 7.2.2 Sensibilit´ e des param` etres...................... 14 7.2.3 Chaleur sensible et chaleur latente et flux turbulent . . . . . . . . 15 7.2.4 Courtes et longues longueurs d’onde . . . . . . . . . . . . . . . . 15 7.2.5 Ordresdegrandeur.......................... 16 7.2.6 Topographie.............................. 16 7.2.7 Saison et p´ eriode de fonte sur l’ann´ ee ............... 16 7.3 Am´ eliorations et limites du mod` ele..................... 16 7.3.1 Campagne de mesure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 2
TABLE DES MATI` ERES TABLE DES MATI` ERES 7.3.2 ´ Etude du forc¸age radiatif d’ici 2100 en altitude . . . . . . . . . . 17 7.3.3 ´ Etude sur le refreezing . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 7.3.4 Alb´ edo dynamique ` a am´ eliorer ................... 17 7.3.5 ´ Equilibre thermodynamique du firn . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 7.4 Limite du mod` ele............................... 18 8 Conclusion 19 9 Bibliographie 20 10 Annexes 23 10.1 Annexe 1 : D´ efinition des param` etres utilis´ es dans l’´ etude . . . . . . . . 23 10.2 Annexe 2 : Mod´ elisationPYGEM ...................... 26 10.3 Annexe 3 : V´ erification du mod` ele ..................... 27 10.4 Annexe 4 : Sensibilit´ e des param` etres.................... 28 10.5 Annexe 5 : Annexes obligatoires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 10.5.1TaskTimeTable............................ 29 10.5.2 Liste des difficult´ es.......................... 29 10.5.3 Code d´ etaill´ e ............................. 29 3
2 REMERCIEMENTS 1 R´ esum´ e Cette ´ etude analyse l’´ evolution de la d´ eformation du glacier d’Argenti` ere d’ici 2100, ` a l’aide d’un mod` ele bas´ e sur la perte de masse cumulative, int´ egrant les donn´ ees fournies par GLACIOCLIM. Notre mod` ele pr´ esente un ajustement de 98% avec les donn´ ees historiques. ` A partir de 2022, nous avons ´ elabor´ e des projections du glacier en fonction des divers sc´ enarios d’´ emissions du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’´ evolution du climat (GIEC). Selon notre mod` ele num´ erique, dans le sc´ enario le plus pessimiste, le glacier aurait disparu d’ici 2100 ` a une altitude de 2400 m. En revanche, sous la tendance actuelle, il disparaˆ ıtrait d’ici 2110, avec une ´ epaisseur r´ esiduelle de 41 m` etres en 2100, contre 300 m` etres initialement. Mots cl´ es : Glacier, Bilan de masse, Mod` ele, Sc´ enario RCP, Bilan radiatif, Argenti` ere 2 Remerciements Ce projet de Master a ´ et´ e possible grˆ ace au Master SOAC qui a mis en place la structure pour ce projet. Nous remercions les encadrants du projet, ` a savoir Pr T. Niehaus et Dr A. Miffre, pour leurs conseils et nos discussions. Nous adressons un remerciement particulier ` a notre superviseur Dr A. Miffre qui nous a accompagn´ e tout au long de ce projet en nous guidant sur la m´ ethode ` a adopter pour r´ ealiser ce projet. Nous remercions L´ eo Tixier, Responsable Infrastructures, Am´ enagement & Biodiversit´ e pour le domaine de Montagne Les Arcs / Peisey-Vallandry , avec qui nous avons ´ echang´ e les ´ etudes men´ ees au glacier du Varet et les possibles am´ enagement. Nous remercions ´ egalement l’IGE qui ont fait de nombreuses campagnes de mesure et qui ont compil´ e tous leurs r´ esultats dans la base de donn´ ee GLACIOCLIM. 4
3 INTRODUCTION 3 Introduction Le glacier de Sarrennes, situ´ e dans le massif des Grandes-Rousses dans l’Oisans, en France, a disparu au d´ ebut des ann´ ees 2020. C’est le premier grand glacier tr` es suivi des alpes franc¸aises ` a disparaˆ ıtre. Dans un contexte de changement climatique, les temp´ eratures en montagne sont de plus en plus ´ elev´ ees et la fonte des glaciers est av´ er´ ee depuis plusieurs d´ ecennies, comme le montre la figure 1 pour quelques glaciers franc¸ais. Ce ph´ enom` ene touche tous les glaciers du monde et fait l’objet de nombreuse recherches et surveillances (IPCC, 2023) [9]. Dans le cadre de la premi` ere ann´ ee du Master en Sciences des Oc´ eans, des Atmosph` eres et des Climats (SOAC) de l’Universit´ e Lyon 1 et de l’´ Ecole Centrale de Lyon, nous devons mener un projet qui donne lieu ` a un verrou scientifique et un verrou num´ erique. Dans ce contexte, nous avons d´ ecid´ e de s’int´ eresser au glacier d’Argenti` ere, situ´ e dans le massif du Mont-Blanc. Le glacier d’Argenti` ere est surveill´ e de pr` es par l’Institut des G´ eosciences de l’Environnement (IGE), qui publie ses r´ esultats de surveillance sur la base de donn´ ee GLACIOCLIM [1]. Nous nous sommes demand´ es comment allait ´ evoluer le glacier d’Argenti` ere en fonction des diff´ erents sc´ enarios du GIEC donn´ es jusqu’` a l’horizon 2100 et de la fonte actuelle du glacier connue de 1976 ` a 2022. Cela nous a amen´ e` a nous poser la question suivante : Au regard des variables m´ et´ eorologiques pass´ ees, comment le glacier de l’Argenti` ere va ´ evoluer d’ici 2100? Pour r´ epondre ` a cette question, nous avons mod´ elis´ e le bilan de masse du glacier d’Argenti` ere, ce qui permet d’estimer un premier ordre de grandeur de l’´ evolution de l’´ epaisseur du glacier jusqu’` a 2100. 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010 2020 Years 80 60 40 20 0 Cumulative Bilans (glacier wide), mètre d'eau Cumulative Data with Trend Lines Argentière - Cumulative Data (File 1) - Min: -32.09 Sorlin - Cumulative Data (File 2) - Min: -58.44 Mer de Glace - Cumulative Data (File 3) - Min: -35.40 Sarennes - Cumulative Data (File 4) - Min: -82.04 Gerboulaz - Cumulative Data (File 4) - Min: -21.71 FIGURE 1 – Bilan de masse en ´ equivalent m` etre d’eau des glaciers d’Argenti` ere (Bleu), Sorlin (Vert fonc´ e), Mer de Glace (Brun), Sarennes (Orange), Gerboulaz (Kaki). [1] 5
4 M´ ETHODOLOGIE 4 M´ ethodologie 4.1 Organisation d’´ equipe Pour le bon d´ eroulement du projet de Master, nous avons entretenu des r´ eunions hebdomadaires d’´ equipe, des discussions informelles, quelques r´ eunions d’avancement avec notre tuteur Dr A.Miffre et une pr´ esentation de mi-projet devant les encadrants de cette unit´ e d’enseignement et devant notre promotion. Concernant l’organisation dans l’´ equipe, nous avons pris en note chaque r´ eunion depuis le 15/01/2025 jusqu’au 09/04/2025, ce qui permet un bon suivi de l’avancement. Nous avons ´ egalement cr´ e´ e une Task Time Table (TTT) qui est disponible en annexe 10.5 de ce rapport. Selon les affinit´ es de chacun, nous nous sommes r´ epartis les tˆ aches selon nos comp´ etences. Les grands pˆ oles que nous occupions ´ etaient le pˆ ole num´ erique, physique et intellectuel sur la glaciologie. Cela a permis de bons ´ echanges entre nous parce que nous avons tous les 3 des connaissances dans chaque pˆ ole et des comp´ etences dans des pˆ oles sp´ ecifiques. 4.2 Cr´ eation du mod` ele D’abord, nous avons identifi´ e un glacier sur lequel travailler. Ce choix s’est bas´ e sur la quantit´ e de donn´ ee open source disponible. Nous avons trouv´ e la base de donn´ ee GLACIOCLIM [1] faite par l’Institut des G´ eosciences de l’Environnement (IGE) sur laquelle des donn´ ees m´ et´ eorologiques, de bilans de masse, de vitesse de front, positions du front, d’altitude sur profils et nivologiques sont disponible. Apr` es une analyse de ces donn´ ees, nous avons choisi d’´ etudier le glacier d’Argenti` ere. Ensuite, notre regard s’est port´ e sur l’identification d’une ´ equation efficace pour mod´ elisation un bilan de masse du glacier. Nous avons cod´ e ce bilan qui n´ ecessitait d’utiliser des outils num´ eriques sans quoi nous n’aurions pas pu mod´ eliser la fonte du glacier. Parall` element, nous avons investigu´ e les biblioth` eques PyGem et OGGM [12] pour visualiser la perte de masse du glacier sur une carte 2D et 3D. Faute de temps, cette piste a ´ et´ e laiss´ ee de cˆ ot´ e. Une repr´ esentation en 2D est tout de mˆ eme disponible dans ce rapport. Enfin, nous avons enrichi l’´ equation de diff´ erents termes, nous l’avons v´ erifi´ ee en le comparant aux donn´ ees disponibles sur GLACIOCLIM et l’avons prolong´ e pour la p´ eriode 2022-2100. La visualisation de ce mod` ele avec v´ erification des donn´ ees existantes et simulation des sc´ enarios du GIEC constitue le r´ esultat principal de cette projet de Master. 6
5 PRINCIPES FONDAMENTAUX 5 Principes Fondamentaux L’´ etude des glaciers repose sur une compr´ ehension approfondie des processus physiques qui r´ egissent leur formation, leur ´ evolution et leur dynamique. Cette partie vise ` a pr´ esenter les concepts fondamentaux de la glaciologie n´ ecessaires ` a l’analyse des ph´ enom` enes observ´ es dans notre ´ etude. 5.1 Base de Glaciologie 5.1.1 Bilan de masse Le bilan de masse est la diff´ erence entre l’accumulation (gain de masse) et l’ablation (perte de masse) d’un glacier sur une p´ eriode donn´ ee. la zone d’accumulation se produit principalement avec l’influence des pr´ ecipitations neigeuses et au regel de l’eau de fonte . (partie haute du glacier). La perte de masse par fonte, ´ evaporation/sublimation et vˆ elage (d´ etachement d’icebergs) se localise principalement dans la zone d’ablation, situ´ ee en basse altitude, o` u la temp´ erature est plus ´ elev´ ee. Le bilan de masse est donn´ e par : B=A−Ab(1) o` uBest le bilan de masse, Al’accumulation et Abl’ablation. Un bilan positif entraˆ ıne l’avanc´ ee du glacier, tandis qu’un bilan n´ egatif cause son retrait. FIGURE 2 – Sch´ ema d’un syst` eme glaciaire en coupe (Flowers 2024) La structure interne d’un glacier influence directement sa dynamique et sa d´ eformation. Elle est d´ etermin´ ee par la stratification de la glace et le r´ egime thermique, qui jouent un rˆ ole cl´ e dans l’´ ecoulement du glacier et l’apparition de fractures. 5.1.2 Stratification de la glace Un glacier est constitu´ e de plusieurs couches distinctes r´ esultant de la transformation progressive de la neige en glace sous l’effet de la pression : 7
5.2 D´ efinition du RF 5 PRINCIPES FONDAMENTAUX — Neige r´ ecente : situ´ ee en surface dans la zone d’accumulation, elle est peu dense et contient beaucoup d’air. — Firn : neige compact´ ee ˆ ag´ ee d’au moins un an, interm´ ediaire entre la neige et la glace glaciaire. — Glace glaciaire : glace dense et compacte form´ ee apr` es plusieurs ann´ ees de compaction du firn. — Glace basale : situ´ ee au fond du glacier, elle peut contenir des d´ ebris rocheux et interagir fortement avec le substrat. La stratification influence la mani` ere dont le glacier se d´ eforme : la glace profonde, plus dense, se d´ eforme plus facilement sous l’effet des contraintes. 5.1.3 R´ egime thermique des glaciers La temp´ erature interne d’un glacier joue un rˆ ole fondamental dans son ´ ecoulement et sa d´ eformation. On distingue trois grands types de glaciers en fonction de leur r´ egime thermique : — Glaciers temp´ er´ es : leur temp´ erature interne est proche de 0°C, ce qui permet la pr´ esence d’eau liquide facilitant le glissement basal (ex. glaciers alpins comme celui d’Argenti` ere). — Glaciers froids : leur temp´ erature est inf´ erieure ` a 0°C, ce qui rend la glace plus rigide et limite le glissement basal (ex. glaciers du Groenland et de l’Antarctique). — Glaciers polythermiques : pr´ esentent un m´ elange de glace froide et temp´ er´ ee, g´ en´ eralement dans les r´ egions polaires. Le glacier d’Argenti` ere ´ etant un glacier temp´ er´ e, il subit ` a la fois un fluage interne et un glissement basal important, influenc¸ant son ´ ecoulement et la formation de crevasses. 5.2 D´ efinition du RF Le forc¸age radiatif d´ esigne la quantit´ e d’´ energie exc´ edentaire ´ emise par la Terre en raison de l’´ emission de gaz ` a effet de serre, ph´ enom` ene qui amplifie le r´ echauffement climatique. Dans notre ´ etude, nous avons cherch´ e` a´ evaluer l’impact de la fonte du glacier d’Argenti` ere en fonction des quatre sc´ enarios d’´ emissions du GIEC, ` a savoir les sc´ enarios 2.6, 4.5, 6 et 8.5 W/m². Ces sc´ enarios correspondent ` a des forc¸ages radiatifs globaux, mais nous nous sommes interrog´ es sur l’impact sp´ ecifique du forc¸age radiatif dans les zones de haute montagne. Selon le chapitre 2 du GIEC [9], les r´ egions polaires et de haute montagne connaissent un r´ echauffement allant de 2 ` a 3 fois plus rapide que la moyenne mondiale. D’apr` es Correa et al. (2024) [3], le forc¸age radiatif dans les Alpes est actuellement de 7 W/m², avec des zones en haute altitude d´ epassant les 10 W/m². De plus, une tendance de r´ echauffement de 2.8 W/m² par d´ ecennie est observ´ ee. Nous avons donc fait l’hypoth` ese qu’actuellement, le forc¸age radiatif local est de 7 W/m², avec 10W/m² sur un sc´ enario 8
5 PRINCIPES FONDAMENTAUX 5.3 ´ Equation de bilan de masse du glacier 2.6 et qu’il augmenterait proportionnellement en fonction des sc´ enarios d’´ emissions du GIEC. Le tableau ci-dessous pr´ esente les valeurs de forc¸age radiatif mondial et local en fonction des sc´ enarios : Sc´ enario Forc¸age Radiatif Local (W/m²) 2.6 10 4.5 17.1 6 22.8 8.5 32.3 TABLE 1 – Valeurs du Forc¸age Radiatif selon diff´ erents sc´ enarios du GIEC 5.3 ´ Equation de bilan de masse du glacier Les diff´ erents quantit´ es sont r´ ecapitul´ ees et d´ efinies dans le tableau de l’annexe 10.1. Afin de mod´ eliser la perte de masse du glacier, nous allons utiliser l’´ equation mentionn´ e dans le livre Barry, Global Cryosphere 2022[2]. Nous allons utiliser l’´ equation 2. M=Qm ρeauL∆t(2) Le terme changeant de l’´ equation 2 est le terme de flux d’´ energie de la fonte Qm. Il s’exprime lui-mˆ eme comme un bilan d’´ energie donn´ e en ´ equation 3. −Qm=Rn+H+LE +Qg+LW(3) 5.3.1 Terme Rn Le terme Rnrepr´ esente le rayonnement net provenant du soleil. Il correspond au flux d’´ energie exprim´ e en W/m2et inclut uniquement les courtes longueurs d’onde. Il s’agit du flux d’´ energie initial actuel. Les valeurs utilis´ ees proviennent des donn´ ees de GLACIOCLIM, apr` es prise en compte du r´ efl´ echissement par l’alb´ edo. Nous avons consid´ er´ e un alb´ edo de 0.6, ce qui signifie que 40% du rayonnement incident est absorb´ e par la surface du glacier. Nous avons donc un Rninitial de 170W/m2. 5.3.2 Terme H La m´ ethode utilis´ e pour calculer le terme de chaleur sensible turbulente Hest celle de Bulk bas´ ee sur la th´ eorie de similarit´ e de Monin–Obukhov [10]. 9
7.3 Am´ eliorations et limites du mod` ele 7 R´ ESULTATS ET DISCUSSION ` a 0 °C, la fonte n’est pas n´ ecessairement active en l’absence de radiation, ce qui justifie notre choix de n´ egliger les longues longueurs d’onde. Il serait n´ eanmoins int´ eressant d’approfondir cette question. 7.2.5 Ordres de grandeur Il serait int´ eressant apr` es l’´ etude approfondie des diff´ erentes param` etres de voir la hauteur de fonte la plus probable. Les r´ esultats que nous avons sont dans des ordres de grandeur connus. En comparant la chaleur latente et la chaleur sensible avec celles de la litt´ erature (Litt all, 2017) [13] dans le cas d’un fort forc¸age radiatif, les valeurs que nous avons calcul´ e sont du mˆ eme ordre de grandeur. De mˆ eme, nous retrouvons que le glacier fond mais pas compl` etement en 2100 parce qu’une partie du glacier situ´ ee au dessus de 3000m ne devrait pas fondre, mais cela repr´ esente trop d’incertitude li´ e au futur. 7.2.6 Topographie Dans ce mod` ele, nous avons n´ eglig´ e la g´ eom´ etrie du glacier en le consid´ erant comme un cube de 1000 m de longueur et 300 m de hauteur. Cependant, il serait n´ ecessaire d’adapter le calcul de la fonte en fonction de la topographie, car l’´ epaisseur du glacier n’est pas uniforme. La fonte varie en effet selon l’´ epaisseur de la glace, et il est raisonnable de supposer que le glacier fondrait plus rapidement sur ses bords que sur son centre. Cette variation de la fonte pourrait ˆ etre prise en compte en modifiant le mod` ele pour refl´ eter ces diff´ erences topographiques. 7.2.7 Saison et p´ eriode de fonte sur l’ann´ ee Dans ce mod` ele, nous avons divis´ e le temps de fonte par 2 sur une ann´ ee, supposant ainsi une p´ eriode de 12 heures de fonte par jour. Cette approximation n´ eglige les variations saisonni` eres. En r´ ealit´ e, bien qu’il y ait 12 heures de jour et 12 heures de nuit sur l’ann´ ee, les saisons ne se compensent pas n´ ecessairement de mani` ere ´ equivalente. Pour une ´ etude plus approfondie et r´ ealiste, il serait pr´ ef´ erable de tenir compte des saisons et d’adapter le bilan de masse en fonction des mois de l’ann´ ee. Cela inclurait un gain de masse en hiver et une perte plus importante en ´ et´ e, afin de mieux refl´ eter les variations climatiques et les conditions de fonte r´ eelles. 7.3 Am´ eliorations et limites du mod` ele 7.3.1 Campagne de mesure Certains param` etres li´ es uniquement au glacier d’Argenti` ere pourrait ˆ etre mesur´ e sur place. La pression d’air et de vapeur d’eau, la temp´ erature de l’air et d glacier pourrait 16
7 R´ ESULTATS ET DISCUSSION 7.3 Am´ eliorations et limites du mod` ele ˆ etre mesur´ e sur place. ´ Egalement, nous pourrions faire une ´ etude de pr´ ecipitation sur le glacier. Nous pourrions mesurer l’accumulation de neige sur le glacier, notamment sur la zone d’accumulation. Nous pourrions ´ egalement ´ etudier et mesurer les pr´ ecipitations de pluie sur le glacier. Cela permettrait d’´ eclaircir le terme d’accumulation et de le rendre plus pertinent pour le glacier d’Argenti` ere. 7.3.2 ´ Etude du forc¸age radiatif d’ici 2100 en altitude Il serait n´ ecessaire de faire une ´ etude sur la quantification du forc¸age radiatif selon les diff´ erents sc´ enarios ` a l’´ echelle des Alpes. Aucune ´ etude ne quantifie le forcage radiatif suivant les diff´ erents sc´ enarios. Les ´ etudes montrent surtout une ´ etude de temp´ erature. Dans la mod´ elisation d’une perte de masse il est surtout plus judicieux de prendre en compte la quantit´ e d’´ energie. La temp´ erature influe sur la thermodynamique du glacier mais n’est pas assez pr´ ecise en comparaison d’un flux d’´ energie. Il pourrait aussi ˆ etre possible de modifier le mod` ele en prenant en compte a temp´ erature au lieu du flux d’´ energie. 7.3.3 ´ Etude sur le refreezing Le terme d’accumulation correspond ` a la somme de l’accumulation de neige sur le glacier et du regel, c’est-` a-dire la portion de glace fondue qui se resolidifie. Dans notre mod` ele, nous utilisons une valeur issue d’une ´ etude men´ ee au Svalbard. Toutefois, une ´ etude sp´ ecifique sur un glacier temp´ er´ e comme les Alpes, serait n´ ecessaire pour quantifier pr´ ecis´ ement le regel. Il conviendrait de d´ eterminer un moyen de le mesurer directement, ou de d´ evelopper une m´ ethode de calcul permettant de l’estimer. 7.3.4 Alb´ edo dynamique ` a am´ eliorer L’alb´ edo dynamique joue un rˆ ole important dans notre mod` ele, car il contribue ` a acc´ el´ erer la fonte du glacier. Il s’agit d’un exemple de boucle de r´ etroaction positive : plus la surface du glacier fond, plus elle devient sombre, ce qui diminue l’alb´ edo, augmente l’absorption de chaleur et acc´ el` ere encore la fonte. Il serait donc pertinent de mener de nouvelles ´ etudes sp´ ecifiques sur le glacier d’Argenti` ere afin d’affiner les estimations li´ ees ` a ce facteur. Mˆ eme s’il s’agit de pr´ edictions, une meilleure compr´ ehension de l’´ evolution de l’alb´ edo permettrait de rendre le mod` ele plus pr´ ecis et r´ ealiste. 7.3.5 ´ Equilibre thermodynamique du firn Nous avons totalement n´ eglig´ e les ´ echanges thermodynamiques du firn comme a ´ et´ e fait dans les travaux de Gilbert [14]. Les ´ echanges thermodynamiques entre la surface 17
7.4 Limite du mod` ele 7 R´ ESULTATS ET DISCUSSION de la glace et l’atmosph` ere sont importants. Les d´ efinitions des diff´ erentes quantit´ es des relations 9, 10 et 11 sont r´ ecapitul´ ees en annexe 10.1. Le bilan d’´ energie d’un glacier peut s’exprimer sous la forme suivante : R+H+LE +Qf irn =Qm(9) R=SWin −SWout +LWin −σT 4(10) Le terme Qrepr´ esente un flux de chaleur diffusif, qui peut ˆ etre exprim´ e` a l’aide de la loi de Fourier : Q=−kn∇Ts(z= 0) (11) Ce bilan ´ energ´ etique est fondamental pour mod´ eliser la fonte des glaciers, car il permet de relier les flux d’´ energie atmosph´ eriques aux variations de masse glaciaire. 7.4 Limite du mod` ele Une premi` ere limite de notre mod` ele r´ eside dans le fait qu’il calcule la perte de masse ` a une altitude unique. En effet, la perte de masse cumul´ ee en m` etres par an est estim´ ee uniquement ` a 2400 m` etres d’altitude, car ce sont les seules donn´ ees disponibles. Cela restreint l’analyse ` a un point local du glacier, sans pouvoir en d´ eduire directement un comportement global. Il serait envisageable d’appliquer le mod` ele ` a d’autres altitudes, ` a condition de disposer de donn´ ees suppl´ ementaires et d’int´ egrer des param` etres adapt´ es. Pour ´ elargir la port´ ee de l’´ etude, une approche plus repr´ esentative du glacier dans son ensemble pourrait consister ` a´ evaluer la perte de masse ou de volume ` a l’´ echelle globale du glacier. 18
8 CONCLUSION 8 Conclusion Afin de mod´ eliser l’´ evolution du glacier d’Argenti` ere d’ici 2100, nous avons cr´ e´ e un mod` ele physique que nous avons exploit´ e num´ eriquement. Nous avons v´ erifi´ e que ce mod` ele ´ etait proche des mesures de la base de donn´ ees GLACIOCLIM et l’avons extrapol´ e jusqu’` a 2100. Ainsi, selon ce mod` ele, l’´ epaisseur moyenne du glacier sera d’environ 41 m` etres en moyenne en 2100, ce qui correspond ´ egalement au sc´ enario RPC6.0 appliqu´ e` a ce mod` ele. Le sc´ enario RCP8.5 appliqu´ e` a ce mod` ele montre que le glacier aura compl` etement disparu un peu avant 2100. Bien que ce mod` ele repose sur de la litt´ erature scientifique, il repose tout de mˆ eme sur de nombreuses approximations et pourrait ˆ etre am´ elior´ e. Nous avons discut´ e de la sensibilit´ e des param` etres de l’´ equation et avons conclu que les termes Rn,LE et H´ etaient tr` es sensibles. ´ Egalement, nous avons discut´ e les termes non pris en compte dans l’´ equation, les ordres de grandeur, la topographie du milieu et la saisonnalit´ e. Nous avons dress´ e les am´ eliorations que nous pourrions apporter au mod` ele tel qu’une campagne de mesure pour fixer certains param` etres, une ´ etude du forc¸age radiatif en altitude, une ´ etude sur le ph´ enom` ene de refreezing, une ´ etude sur l’alb´ edo dynamique ainsi que l’´ equilibre thermodynamique du firn. Enfin, la limite principale de ce mod` ele est qu’il calcule la perte de masse du glacier ` a une seule altitude. Il faudrait donc l’´ etendre sur toutes les altitudes du glacier. Ce premier projet de Master nous a appris ` a g´ erer un projet tr` es large et ` a le simplifier pour qu’il respecte les contraintes de temps impos´ es par le cadre du Master SOAC. Nous avons chacun apport´ e nos connaissances et comp´ etences et les avons enrichies. Ce projet m´ eriterait d’ˆ etre poursuivi et compl´ et´ e par les ´ etudes cit´ ees pr´ ec´ edement. De plus, nous avons appris ` a nous organiser et travailler en ´ equipe en ayant inici´ e ce projet. 19
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10 ANNEXES 10 Annexes 10.1 Annexe 1 : D´ efinition des param` etres utilis´ es dans l’´ etude La plupart de ces quantit´ es ont ´ et´ e calcul´ ees num´ eriquement directement depuis le programme python joint ` a cette ´ etude. TABLE 2 – D´ efinition des param` etres utilis´ es dans l’´ etude (1/2) Param` etres D´ efinitions MVitesse de fonte QmFlux d’´ energie de la fonte Qf irn Flux d’´ energie du firn QFlux d’´ energie absorb´ e par le glacier LChaleur latente de fusion de l’eau RnRayonnement net pour les courtes longueurs d’onde HFlux de chaleur sensible turbulente LE Flux de chaleur latente turbulente QgConduction thermique ` a la surface du glacier LwRayonnement net pour les longues longueurs d’onde Kkat Coefficient d’´ echange de Bulk pour un vent catabatique CpCapacit´ e thermique massique de l’air ` a pression constante Cp,g Capacit´ e thermique massique de la glace ` a pression constante ρ0Masse volumique de l’air ρnMasse volumique du n´ ev´ e ρeau Masse volumique de l’eau liquide PPression ` a l’altitude consid´ er´ ee P0Pression au niveau de la mer TaTemp´ erature proche de la surface du glacier (2m au dessus) TsTemp´ erature du glacier proche de la surface (2m en dessous) TTemp´ erature de l’air Lv,s Chaleur latente de vaporisation, sublimation eaPression de vapeur d’eau au-dessus du glacier esPression de vapeur saturante ` a la surface du glacier RH Humidit´ e relative en surface du glacier 23
10.1 Annexe 1 : D´ efinition des param` etres utilis´ es dans l’´ etude 10 ANNEXES TABLE 3 – D´ efinition des param` etres utilis´ es dans l’´ etude (2/2) Param` etres D´ efinitions kConstante sans dimension k2Constante empirique de l’ordre de l’unit´ e knConductivit´ e thermique du n´ ev´ e CD´ eficit de temp´ erature ` a la surface du glacier gAcc´ el´ eration de la pesanteur γGradient de temp´ erature P r Nombre d’eddy Prandtl LWin Rayonnement d’onde longue incidente LWout Rayonnement d’onde longue r´ e´ emis SWin Rayonnement d’onde courte incidente SWout Rayonnement d’onde courte r´ efl´ echi ∆tTemps qui permet de prendre en compte la saisonnalit´ e 24
10 ANNEXES 10.1 Annexe 1 : D´ efinition des param` etres utilis´ es dans l’´ etude TABLE 4 – Valeurs et unit´ es des param` etres utilis´ es Param` etres Valeurs Unit´ es MSimulation num´ erique man−1 QmSimulation num´ erique W m−2 Qf irn Pas de valeur W m−2 QPas de valeur W m−2 L0,334 ×106J kg−1 Rn170 W m−2 H61,58 W m−2 LE -16,18 W m−2 Qg0W m−2 Lw0W m−2 Kkat 0,0048 ms−1 Cp1012 J K−1kg−1 Cp,g Pas de valeur J K−1kg−1 ρ01,293 kg m−3 ρnPas de valeur kg m−3 ρeau 1000 kg m−3 P74735 P a P0101325 P a Ta274,44 K Ts260,1 K T-13 ◦C Lv,s 2514000 et 2848000 J kg−1 ea182,43 P a es275,48 P a RH 66,22 % k0,0004 - k21 - knPas de valeur W m−2K−1 C-10 K g9,81 ms−2 γ0,005 K m−1 P r 5 - ∇Ts(z= 0) Pas de valeur K m−1 LWin Pas de valeur W m−2 LWout Pas de valeur W m−2 SWin Pas de valeur W m−2 SWout Pas de valeur W m−2 ∆tPas de valeur an 25