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L'état actuel de nos connaissances sur les vitamines: Leur application a l'hygiéne publique

Funk, Casimir

Abstract

This text was cited an old review on vitamins and infections by Robertson (1934) English translation from page 577: "That diet plays a role in some epidemics we had proof of this in the pneumonia epidemic which was observed in South Africa simultaneously with numerous cases of scurvy. As soon as through dietary measures scurvy was cured the pneumonia ended."

Full text

Tome XLIX.  N° 8.  Aout 1927. MEMOIRES ORIGINAUX L'ETAT ACTUEL DE NOS CONNAISSANCES SUR LES VITAMINES LEUR APPLICATION A L'HYGIENE PUBLIQUE' Par Cashn.ir FUNK. La connaissance des vitamines inlroduite it y a environ seize ans embrasse tine litterature d'environ 10.000 publications. II est done extremement difficiie de 1'exposer daps cleux legons. Je voux pourtant tacher de mon mieux de vous exposer les faits les plus saillants, et les plus nouveaux, et en meme temps ceux qui ont le plus d'importance pratique. Je diviserai le sujet en deux parties: 1 0 une description des vitamines aver leurs caracteres physiques et chimiques et lour r81e~ Bans l'organisme, et 2 0 1'application de nos connaissances sur les vitamines a la vie quotidienne en a.ppuyant specialement sur les probknaes en vue des recherches. Les travdux - modernes ont clairement dNmontre que les vitamines connues n'appartiennent pas toutes au meme groupe chimique. Ces substances lilies Tune a 1'autre au point de vue historique, et par le. fait qu'elles constituent avec les proteines et les sels mineraux les seules substances vraiment indispensables a la vie animale, different de ces dernieres par le Fait, qu'elles ne sont ndcessaires que daps les. proportions minimes. Les - vitamines connues jusqu'a present se laissent nettement divisor en de - ax groupes chimiques : des substances azoWes, extremement sonsibles a faction des alcalis,. des vitamines proprement dites, et Iles substances non azotees,, stables vis-a-vis des alcalis, assez therniostabiles, mais tres sensibles 1. J econ donnde au Cours international d'hygi6ne organise en 1927 & 1'Iastitut d'hygiene de la Faculty de N16decine de Paris. REV. D'H1G., n e 8, aout 192.  xGTx --- 36 subito e.V. licensed customer copy supplied for Helsinki University Main Library (SL103X00759E) 56?  CASIMIR FUNK h 1'aclion de Poxygene. Ce sont Iles substances auxquelles, pour des raisons qui seront exposees tout a 1'lreure, j'ai donne le nom de vitasterines. Voici ]a liste des vitamines et vilasteriuos dout ('existence est a present universellement reconnue : V ITAIII` ES Vitamine B, ou vitamine antin6vritique. Alitatuine C, ou vitamine aniiseorbutique. Vitamine D, ou vitarnine stimulant la croissance des micro-ornanisines. Vitamine P (?), ou la vitarnine antipellagreuse. YrrasTr rttxrs Vitast6rine A, ou vitasterol antixerophtalmique. Vitast6rine E, ou vitasterol antirachitique, Vitasterine F (?), ou vitasterol de la repro:luction, La vitamine 13, la plus importante de cette classe des substances dont j'ai prouve 1'existence en 1941 et qui depuis ce temps est devenue le but de recherches tres nornbreuses, n'esl pas une substance unique, mais represente un conipl.exe de corps clout 1'etude et la separation demandero.nt daps l'avenir beaucoup d'efforts. II est probable que cette nouvelle etude, deja commencee, mettra au point Bien des problenmes obscurs jusqu'a present et aura une importance pralique de premier ordre. Nous pouvohs affirmer trc 3 .s energiquement que les extraits et les preparations, appeles h present vitamine B, different dons lour composition et leur eflet pbysiologique selon la methode de preparation et leur provenance, Les preparations actuelles de la vitamine B guerisserrt le beriberi humain et le beriberi experimental des pigeons et des pouffes. Elles qfimulent 1'appetit et guerissent les troubles de nutrition Iles rats et d'autres nlammiferes, qui surviennent a In suite de la carence (le cette substance, ainsi que Parrot de la croissance chez les jeunes animaux provenant de la meme cause. Tons les aniniaux superieurs et inferieurs, etudies sur ce point, se sont montres sensibles au manque de vitarnine 13, a quelques exceptions pros. Ainsi le DP Predericia ((Ie Copenhague) a pu prouver que lorsqu'il y await une infection des inteslins c,hez ses rats de laboratoire ces animaux pou~ - aient vivre sans la vitamine B. Chose curieuse : ces animaux ont perdu le pouvoir d'utiliser une partie notable de Famidon do lour nourriture. Les excrernents formaient une masse volumineuse et blancbatre renfermant une proportion notable d'amidon non di-W. Il est presque certain que les observations sur les chevaux et autres animaux domestiques, qui no presentaient aucun signe ct'avitaminoso avec une nourriture composee uniquement de riz decorfique, s'expliquent par la presence de cortaines bacteries intestinales ayant le pouvoir cle synthAiser subito e.V, licensed customer copy supplied for Helsinki University Main Library (SL103X00759E) LES VITAMINES ET L'HYGIENE PUBLIQUE  5363 la vitamine 13 aux d6pens de substances chimiquoment lulus simples. Si noes zi'envisageons quo le besoin en vitamines des rats et des pigeons, nous devons arrives a la conclusion qu'ils on[ besoin de vilalnines difl'Grentes ou de complexes differents. Quels sont les besoins de Phomme sous ce rapport? L'ctude de cette question n'a pas donne de resultals decisil's. Uorganisnie humain se conaporte-t -if comme le rat, ou commc to pigeon, ou comme cos deuce classes d'animaux en mane temps, inontrant tout de menxe plus de ressemblanceavec )es pigeons? C'est cl'ailleurs la premiere foil dans 1'histoire des vitamines, que les clinicians japonais ont declare ate dernier Congres de « Far Eastern :Medical Association » , que le beriberi humain etait vraimont d%i a lit carence de la vitamine B dans la nourriture, et cette conclusion a pris corps dans la r&olution officielle de cc Congres. Prenons une preparation active do la vitamine Ii : elle montre simullanement les effets therapeu:liques suivants : guerisou: (11.1 beriberi humain et du beriberi experimental des poules et des pigeons, reprise de la croissance chez les jeunes rongeurs mis au r6gime prealable sans la vitamine I3, stimulation de l'appetit, elevation de la temperature du corps, guerison do la pcllagre bumaine ct de la pellagre elperimentale des animaux. 1Jne substance unique pourrait--elle produire touter ces actions? C'est tres improbable, et ce que nous designons sous le noon collectif de vitamine B no pourra We biers etudie avant que les substances qui composent ce melange ne soient separees en elements chimiquenjent puns. II parait certain qu'une des substances contenues dans le melange posaede une action Tres nette Bans I'Miange des matieres an~ yIacees et sucrres, car nous aeons demontre qu'un animal a besoin de la vitamin( , B proportionneltement h la richesse cto la dieto on hydrates de carbone. Et inversement, si la nourriture est plus riche on proteines, le besoin de lavitamine B diminue. Cotte derniZre conslalation est tres importance an point de vue pralique. Ainsi on poiirrait facilement se representer qu'un cas de beriberi survienne malgre que la, nourriture contienne une quantite satisfaisante de vitamine B, mais ime proportion trop elevee d'hydrates de carbone. Line autre constalation interessante chit faite au tours de ces recherches : c'est clue le sueve sangttin s'eleve si Panimal r.egoit une nourriture pauvre eii vitamine B, Avant la most du pigeon on trouve une vraie,hyperglv-- cemie, qui est due a la tolerance diniinuee envors les Hydrates de carbone ou a une degeneration du pancreas. Nous vorrons liar l:t subito e.V. licensed customer copy supplied for Helsinki University Main Library (SL103X00759E) 561  CASIMIR FUNK. suite que ee fait pourrait avoir de Fimportance pour t'etiologie de certaines formes du diabete. Ce que noun appelons a present la vitamine B est une substance assez resistants a la temperature, son action commengant de diminuer vers 1200. La vitamine B, par coutre, est vito delruite par les alcalis m@nne a une facble concentration et a la temperature ordi-- naire. 1t va sans Aire que ces faits sont d'une extreme importance pour juger 1'etfet de la caisson sup la teneur des matieres alimentaires en cette substance. La vitamine B, telte que nous la connaissons a present, nest pas detruite au contact de l'oxygene de fair et S(1 1 laisse tres bien conserver; on a trouve meme des echantillons de riz non decortique datant d'il y a cent ans qui contenaient la vitamine active en proportion usuelle. L'etude chimique de la vitamine B, comme nous 1'avons deja mentionne, n'a pas fait des progres sensibles depuis roes travaux de 4911 et ceux de mes contemporains par suite de dif6cultes experimentales. En 1911 jai iote en ,tat cristallise une des substances du complexe, celle qui guerit le beriberi des pigeons. Cette substance fut recristatlisee plusieurs fois et analyse, par la methode rnicrochiinique. Pour 1'etade chinnique de cette substance it ,fait important de trouver une methode rapide qui permit de separer les quantites minimes de la vitamine B du melange complique que presente 1'extrait de son, de riz ou de levure. Dernierement, j'ai reussi au moyen de precipitation avec les sels d'acide picrique a separer une. grande proportion de la vitamine B, d'environ 80 p. 400 de to teneu r initiate, en precipitant en meme temps tres peu de substances inactives. Cette nouvelle methode, j'espere, va simplifier notablement 1'etude de la vitamine B, ainsi que de la vitamine C, que nous allons etudier on second lieu. Avant de clone le chapitre de la vitamine B, it Taut encore mentionner la teneur relative de cette substance dans les produits atimentaires varies. La connaissance de ces faits permettra a l'hygieniste pratique de prevenir et de guerir le beriberi duns tous les cas oii se presentera, to danger dune carence. Pour to diagnostic exact de ce danger, it ne suffit pas h Phygieniste de posseder les connaissances pratiques de la dietelique moderne. Il doit conna'itre les manifestations cliniques de la carence en vitamine B, ce qui n'est pas toujours facile. Les manifestations typiques du beriberi sont decrites Bans tous les traites de m6decine interne et de. ► nedecine tropicalo, mais it s'agit souvent des sympt8ines atypiques, dont le subito e.V. licensed customer copy supplied for Helsinki University Main Library (SL103X00759E) LES VITAMINES ET L'HYGIENE PUBLIQUE  565 diagnostic n'est pas toujours facile. Une fois la constalation de la carence faite, it s'agit de trouver le remade efficace. Dans les mani'estations aigues du beriberi it y a lieu d'emplo3w la vitamine B, a l'etat concentre. Le seul produit qui s'irnpose dans ce cas, c'est la. levure de Mere, qui est le plus riche en vitamine B parmi ceux qu'on connait. La prevention du beriberi est tres facile, la vitamine B etant ricbement repandue dans to nature. Les produits alimentaires qui on sont depourvus sont excessivement cares. It faut des procedes industrials modernes pour priver quelques-uns de nos aliments de cette matiere. Mallieureusement, ces quelques aliments constituent daps certaines regions de la Jerre une grande proportion du regime total. Je pense ici au riz blane daps les pays exotiques et au pain blane daps nos climats temperas, totalement privas de la vitamine B. Les matieres premieres les plus riches en vitamine B sont le jaune d'cenf, les tissus glandulaires, particulierement le foie, to pancreas, to thymus, les plantes leguminotises, comme les petits pots, les haricots et les f6ves, le mats jaune et le son des careales. La vitamine antiscorbutique, ou la vitamine C. -- La vitamine C, moins importante biolog:queinent par cornparaison avec la vitamine B, presente plus d'inthk pratique dans nos regions geographiques. D'abord tout enfant nourri artifciellement est en danger constant de scorbul. Le Jait comme aliment exclusif est pauvre on vitamine C. Les pediatres modernes ont bien reconnu cc fait et donnent un antiscorbutique dc's les premieres semaines de la vie d'un nourrisson. Le danger est bien plus grave avec le regime des preparations farineuses, si en vogue. Mais noes aeons vu pendant la Grande Guerre que 1e danger du scorbut n'est pas limita aux enfants. Nous avons rencontrc le scorbut daps la population civile et dans l'armee un peu eloignee de leur base de ravitaillement. Ce danger s'explique tres bien par les caracteres chimiques et physiques de la vitamine C. D'abord la vitamine C est beaucoup moins repandue daps la nature qua la vitamine B. Cette derniere est une substance relativement stable "et qui se laisse conserver facilement. La vitamine C, par contre, se trouve par excellence daps les aliments succulents et frail. Cc mama aliment conserve ou desseche perd la vitamine C. La vitamine C est beaucoup moins thermostabile, mais it est difficile d'anoncer ici des regles ganarales puisque la stabilite varie avec la source, la reaction du mif ieu, etc. A.insi pour les legumes frais la tomparature de 50-60° est d6A souvent destructive. Une exception doi.t pourtant titre faite. subito e,V. licensed customer copy supplied for Helsinki University Main Library (SL103X00759E) 666  CASIMIR FUNK pour les fruits du genre Citrus, comme les oranges, citrons et aussi les tomates. La raison de cette stabitite n'est pas encore elucidee. It est possible que le milieu acide contribue a cette stabilite. La vitamine C est bautement sensible h faction des atealis, puffs a faction de 1'oxygene, c'est -a -dire aussi a faction des ferments oxydants. (_yes derniers, qui soot ubiquitaires, ont leur optimum d'acti.on dans un milieu a raaction 16gerement atcalin.e et sont presque inactifs dans le milieu acide. Ces derniers faits noes fournissent des indications pratiques pour la preparation des aliments afro de conserver le plus possible de la vitamine C..11 faut preparer les aliments A 1'abri de fair et Mover la lemperature rapidement pour detruire les ferments des 1'abord. .La viande est tres pauvre on vitamine C. Aussi, dans le cas d'alimentation carnee exclusive, est-il n6cessaire Ten consommer plusieurs kilogrammes par jour pour subsister. Par contre le foie contient une quantite notable de la vitamine C, et fil es Esquimaux mangent to foie Iles animaux fraichement tins, probablement pour se preserver contre le scorbut. Les animaux de laboratoire ne se sont pas tons montres sensibles au m'anque de la vitamine C. Parmi les exceptions on note (es pigeons, les poules et les rats. Chose curieuse ; en etudiant la teneur de ces animaux carences en vitamine C, on en trouve une quantite tres notable daps le foie. Ces animaux peuvent done syntbetiser cette vitamine par eux-memes ou par lour [lore bacterienne intestinale. Le foie est ainsi 1'organe qui emmagasine la vitamine C. L'animal employe principalement pour 1'etucle de cette vitamine est le cobaye, lequel est tres sensible h cet egard. 11 succombe apres qua.tre semaines du regime carence. Le regime employe ici se compose d'avoine avec une certaine proportion de lait sterilise pour preserver 1'animal contre une carence simultanee en vitasterine A, et les animaux de laboratoire different beaucoup dans lour besoin en vitamine G. Le singe, par exemple, se contente d'une quantite plus petite de vitamine C. En ce'qui concerne Phomme nous no connaissons pas ses besoins exacts en vitamine C. La cbimie (to lavitamine C est encore tres peu avancee. La substance etant tres instable, son etude presence de grandes difficultes. Le point de depart (le son etude a toujours ete le jus d'orange on de citron. Apres avoir elimine 1'acide citrique et apr6s une defecation prealable a facetale de plomb neutre, on peut precipiter la vitamine C par l'aeetate (le plomb basique. Dernierement nous aeons trouvz clans moii subito e.V. licensed customer copy supplied for Helsinki University Main Library (SL103X00759E) LES VITAMINES ET L'HYGIENE PUBLIQUE  56 . - 1 laboratoire que ce dernier precipite decompose donnait avec le picrate d'argent un precipite Bans une proportion minime qui enferme la totalitc on presque la totatite de. la vitamine C. 11 est possible que cetle nouvelle voie soit avantagense pour isoler cette substance, Commie moyen de prevention, l'emploi dune certaine quantite d'antiscorbutiques Bans la nourriture s'inapose rigoureusement. Ce sort an premier lieu les fruits, surtout les oranges of les citrons, on second lieu les legumes frais, les salaries, et en cas d'absenco de ces derniers les tomates on conserve. 11 est interessant de nientionner ici que, m6me (tans un manque complet d'antiscorbutiques, noes possedons tin moyen excellent, trouve par l'ecole d'Axel Holst, de Oslo. Ce moyen consiste a faire germer les graines de ble, rnais, pois otr fuves. Quoique ces matieres alimenlaires produisent le scorbut comme aliment exclusif, la germination y developpe la vitamine C. Ce moyen etait employe, faute de mieux, daps la guerre do 111e'sopolamie, 0 to transport d'aliment frais se faisait avec de grandes difficultes. Vilconine D, ou vitamine stimulant la c-roissance ties micro-organismes. — La vitamine D ne presente pas it present d'importance , pratique. Par contre elle presente un interet pour un bacteriologiste oti pour un protozoolobiste. It y a peu de batteries ou de protozoaires qui puissent subsister et se multiplier (tans un milieu nutritif compose exclusivement de sets miueraux et de substances organiques dune composition chimique deteraiink% La pinparl. des micro-orgauismes, m6me les levures, se multiplient pendant un temps court, ensuite la culture meurt, si on n'ajoute pas au milieu une inatiere conlenant la vitamine D. Certains savants on[ vouln rayer la, vitamine D du nombre de vitamines et reserver ce nom aux substances indispensables a la vie animale. Nous verrons tout de suite que cot axis n'est pas justifie : tout d'abord je comprends la question des vitamines d'un point de vue largement biologique, c'est -a -dire qu'il n'existe pas des raisons plausibles de dill'erencier iii les animaux , les plantes superieures et inferieures. D'ailleurs, au tours de znes travaux sur le rat, j'ai pu voir que la vilamine B seule ne lour suffisait pas et qu'il etait tres probable qu'ils avaient besoin aussi de vitamine D. Ce fait . gagne de Vimportance si nous envisageons le fait que tous les organes animaux contiennen ► , une forte proportion de la vitamine D. Il est probable que torte substance possede une action importante, puisqu'elle se trouve partout Mans lu monde vivant. La vitamine D accompagne partout la vitamine B. Ltle diffcre de subito e.V. licensed customer copy supplied for Helsinki University Main Library (SL103X00759E) 568  CASIMIR FUNK. -cette derniere par le fait qu'elle est moins facilement absorbee par la terre 5. Toulon et autres absorbants et qu'elle nest pas precipitee par 1'acide phosphotungstique. C'est une substance beaucoup plus stable qui represente au.point de vue chimique,la vitamine la plus simple et qui se laissera identifier le plus facilement. C'est la le dte hautement intOressant de cette vitamine. Pour etudi er et doser cette substance nous employons la croissance de la levure. Nous cultivons la levure sur un milieu connu au point de vue chimique, ce qui sert de controle, et nous y ajoutons 1'extrait ou les fractions a etudier. La croissance (le poids de la levure ou son volume).moins celui du contr8le nous fournit le resultat recherche. La vitamine P, ou la vitamine anlipellayreuse. — Comme vous le savez, la pellagre, --- maladie Iles pays oii on consomme le mais en grande quantite, —. etait un champ de controverses scientifiques depuis plus de cinquante ans. It n'y a pas une seule possibilite etiologique qui n'ait ete envisagee serieusement 4 un temps ou a un autre. Des 1912 je considerais la pellagre comme une aviiaminose, causee par marque daps la nourriture dune vitamine specilique, la vitalmine anti-pellagreuse. A1ais mon hypothese fut en somme rejetee par les specialistes jusqu'en 1923. Le W Goldberger, en Amerique, s'est mis h 1'etude de cetle question depuis 1915. Apres des recherches bien difficiles, it est arrive It la conclusion quo la pellagre etait causee par un manque d'un acide amine qui se trouve dans la viande et dans les produits d'origine animale. et qui faisait defaut dans le regime vegetarien. Des constatations semblables ont ete failes par les Commissions d'enquete sur la pellagre pendant la guerre, -constitutes par les autorites anglaises en Lgypte. Ici le manque de tryptophane etait envisage specialement comme cause de la pellagre. Les savants anglo-americains ont oublie le fait, qu'en introduisant la viande, le fait, les ceufs &ans le regime, ils y ajoutaient quelque chose d'autre encore que les proteines. La question de Ja pellagre sembla done reservee, jusqu'au moment ou le D'' Goldberger reprit 1'etude d'une maladie tres curieuse chez les chiens, que les medecins : v.Wrinaires ont appelee « Black 'Tongue » et qui a ete decrite pour la premiere fois par Chittenden et Underhill A New-haven, en 1916. , Cette maladie presente une grande resse.mblance avec la pellagre humaine. DerniErement Goldberger a constate que le rat pouvait presenter des lesions analogues et qu'il etait un excellent sujet d'experiences. Les resultats de ces etudes ont montre que la pellagre experimentale des animaux etait causee par le manque d'une vitasubito e.V. licensed customer copy supplied for Helsinki University Main Library (SL103X00759E) LES VITAMINES kT PHYGL. NE PUBLIQUE  569 mine, que Goldberger appelle la vitamine anti-pellagrease, et qui se trouve notamment dans la levure. A la suite de ces experiences it a essaye de guerir les pellagrous par la levure, cc qui a parfaitement reussi. 11 ne resle qu'a savoir maintenant si la vitamine antipellagreuse differe de la vitamine B ou est identique 1, cette derniere. Cette etctcle importante au point de vue theorique presentera des grandes difl'icultes, ma.is les hygienistes pratiques possedent en main Line nouvelle arme pour combaUre la pellagre. Cc triomphe ainsi que la ddtermination de 1'etiologie du rachitisme sont les deux grands susses moclernes de la nouvelle science des vitamines. LES VITASTnRINES. La vitaslerine A, oze le vilaslcrol antixe'rophlalmicque. — CeUe. substance appelee ordinairement vitamine A a ete decouverte simultanement par Osborne et Mendel et McCollum en Am6rique, et Rut appelee d'abord vitamine de croissance. Cette designation est inexacte, parse que si on remet clans la nourriture n'importe quelle substance importante qui faisait defaut, l'animal continue sa croissance. La seule substance cle croissance est celle qui dirige la croissance des cellules. Si clans la nourriture de jeunes rats it ne marque que de la vitasterine A, it se produit un arr6t de la croissance, des infections des voies respiratoires et dans la plupart des cas une maladie Iles yeux, qu'on a appelee xeroplltalmie, ou ophialinie.. Cette maladie survient quelquefois chez les enfants nourris au lait maigre. Des centaines de cas ont Wdecrits au Japon et pendant la guerre an Wnemark avec de nombreuses complications de (oche complete. La xeropbtalmie se laisse compl61ement guerir en quelques jours par 1'administration du beurre ou niieux de Thuile de foie de morue. C'est une infection bangle qui survient h, la suite de degeneration de toutes les glandes humectant les paupieres et le globe de 1'ceil, et resultant en une secheresse (xerose) des membranes. La xero-- phtalmie est un exemple de t'importance des vitamines dins certaines infections, (font noes parlerons clans notre seconde legon. Toes les travaux sur la vitasterine A qui ont ete faits avantla separation de la vitasterine antirachitique ont cc point faible commun, que les symptames decrils ont presente un complexe dii sorvent a la carence simultanee de ces deux substances. Les trava.ux modernes, par contre, Mclient d exclure cette source d'erreur en metlant les animaux sous 1'influence ties rayons ultra-violets, qui, colme noes subito e.V. licensed customer copy supplied for Helsinki University Main Library (SL103X00759E) 5 - A G  CASIMIR FUNK manque de la. vitastdrine E. Nous pouvons facilement nous representer le temps A le dentiste etiercera les fonctions purement prophylactiques par les mesures de la diele et de 1'hygiene. La reproduction et Pallaitement. — Nous aeons vu, avec la vitasterine F, qu'il existe daps la nourriture une substance speciale et meme peut-titre plusieurs substances qui assurent to fonctionnement normal -des glandes sexuelles. Ghez la femelle noes voyons d'abord des troubles d'ovulation et, en second lieu, des troubles de gestation. Les changements pathologiques provoques pat , une nourriture non balancee se laissent supprimer ci to changement de la diete est effectue avant que les lesions restent en permanence, sinon it resutte une sterilite complete. Chez le male la situation est tout a fait analogue, sans toutefois que la surete existe que les troubles pr3voqu6s ici sont dus au manque de la meme substance que chez la fernelle, L'allaitement est aussi gouverne ptir une substance, qui Arend son origine dazis la nourriture. La substance de Pallaitement presente beaucoup Wanalogue avec la substance de la reproduction, sans titre probablement identique a cette derniere, Sans la substance de Pallaitement la glande mammaire fonctionne mal ou pas dti tout of les jeuues animaux perissent faute de nourriture. Il est evident que Bans le cas de nourrisson humain nous pouvons recourir a la nourriture artificielle. illais d'abord un manque de fait chez la mere indique probablement duns la plupart des cas une grave faute de nutrition, qui devrait titre corrigee, et deuxiemement l'allaitement naturel est le seul moyen de nourrir 1'enfant avec, un aliment frais, non soumis A la caisson, sous contro'le constant de 1'etat nutritif de la mere. Les fautes de nutrition que nous avons presentees ici peuvent entrainer des changements dans le fonctionnement des organes et des glandes qui peuvent predisposer Porganisme a une infection ou I L une maladie cons titutionnelle. Nous ne possedons pas encore de recherches systematiques sur ces sujets, qui nous paraissent specia. lenient desirables. Nous possedons tout de meme un certain nombre de faits et d'observations isolds, que je veux discuter maintenant. Les vilamines et les in feclions. — Nous avons vu pendant la guerre qui reprdseute pour nous, dieticiens, une grande experience involontaire, que certaines maladies ont diminue sensiblement dans lour intensite, comme les maladies constitutionnelles qui ont leer origine clans la surcharge de 1'alimentation : la goutte, le diabete, le cancer, etc. D'au(re part, nous avons rencontre un groupe de maladies qui se son[ infensiliees. II s'agit.du groupe des maladies infectieuses. subito e.V. licensed customer copy supplied for Helsinki University Main Library (SL103X00759E) Y LES 'VITAMINES ET L'HYGIkNE PUBLIQUE  577 Nous avons va par exemple une infection .ordinairemcnt benigne, comme 1'influenza, causer une mortalite surprenante. 11 est peu probable quo le manque de mesures hygieniques ait etc soul responsable et comme les bacteriologistes n'ont pas pu prouver quo le micro-organisme ait subi une modification morphologique, nous sommes obliges de conclure.que 1'alimentation insuffisanfe etait une cause predisposante. Quo l'alimentation joue un role dins cerfaines epidemies nous en avons eu ]a preuve clans 1'epWruie de pneumonie qui a eta, observee da.ns 1'Afrique du Sud. simultanenlent avec de nombreux cas de scorbut. Aussifot quo par des mesures dik6tiques le scorbut a eta gueri la pneumonie a pris fin. Aux maladies infectieuses dont la relation avec la dicte est h 1'e1ude, appartiennent la lepre et la tubercutose. La lepre, dlont la localisation au bord de ]a mer a ete' remarquee cleja par Hutchinson, a autorise cette hypolhese, que celte maladie a des relations avec la consommation des poissons. Sur la tubercutose nous possedons les resultats de plusieurs recherches experimentales sur les animaux. NIalheureusement la tubercutose experimentale se diff6rencie tres sensiblement de la .forme humaine, Par exemple le rat presente une forme de tubercutose benigne, qui n'a aucun rapport avec to tuberculose huniaine. Les experiences faites jusqu'a present cilez les rats et les cobayes carences semblent appuyer notre hypothese que la nu(rition joue un role tres important dans le developpement de la toberculose. Que les vitamines jouent un role daps certaine.s infections, nous 1'avons montre en pa.rlant de la xerophlalinie. Les vitamines et les maladies de constitution. -- Jo suis depuis 1.912 l'initiateur de la theorie dieletique du cancer et (lu diabme. C'est-a-dire que j'admets que la nourriture normale. et variee contient des substances qui augmentent la croissance des tissus et aussi des substances qui on a ► .~retent la croissance. J'admets Tun autre cote qu'il exisle des substances qui augmentent le taux du sucre sanguin et aussi des substances qui sont en etat de le diminuer. Nous verrons par la suite quel appui experimental ces hypotheses peuvent recevoir de la science moderne. Le diabete. -- Nous avons dit Bans le ebapitre sur la vitamine B qu'un regime sans cette substance tendait h clever tres sensiblement le taux de sucre sanguin presque jusqu'a la limite de la glycosurie. Nous nous sommes convaincu que Fad ministration de preparations de vi( amine B fait baisser cette hyperglycemie. Nous savous maintenaut que cet effet peat otre attribue h une REV. D'HYG.  XLIS -- 37 subito e.V. licensed customer copy supplied for Helsinki University Main Library (SL103X00759E) 5 - 18  CASIMIR FUNK substance analogue a l'insutine et pas A la vitamine B.,Detaiierement j'ai reussi de divise-r 1'insulim du commerce en plusieurs substances cristallisees. Il s'agit ici de deux substances, que jai nomm-6 substances A et 13. A est line substance: qui fait diminuer le sucre du sang cliez les diabetiques et reste presque sans effet chez les personnes norrnales. La substance D Par contre agit per os et au'-wente le sucre du sang a cc point qu'il en resulte une veritable glycosurie. Ja ne sais pas si vous etes au courant de cette question et c'est pourquoi je dois vous rap.peter que l'insuline se trouve daps tons les organes de 1'orgarlisnne et non seulement Bans le pancreas, comme on pouvalt le su pp oser. It est nAme probable que Bette substance o« une a.utre tout h fait analogue se trouve aussi dans to rune vegetal. Je ve - Lil exprimer aver cette constatation l'idee que 1'ins1.11ine se trouve dams notre nourriture et, avee elle, la substance B, qui augrnente le sucre du sang peg , os. L'etat gtyeosurique pout done We provoque par des facteurs de l'alimentation. L'un est le inanque d - vitamine B et un surplus des hydrates de carbone Bans lm. dike, et Pautre est is presence dans la nourriture d'une, substance qui augmente constamznent notre sucre du saug. It me s(-amble que le diabete pout We provoque par le surmenage du pancreas qui doit fournir assez de la substance A de 1'insuline pour tenir cede augmentation constante en echec. Il me semble que ces nouvelles dohnees nou fourniront un nouveau point d'attaque daris la question du diabete. Les clinicians sont arrives a cctte conclusion empir-ique, que la diPte • carnee est nuisibte aux diabetiques et mon travail nous apporte des faits ezperimentaux ~ cet egard. Il reste a reebercher si nous pouvons etablir un regime complet, mais qui ne renfermerait pas le facteur P de Pinsuline. Par 1'adrninis1ration de la substance A nous pouvons pout-titre decouvrir la tendance h la glycosurie; avant qu'elle se manifesto, et par une diete adaptee eliminer la substance provocatrice. Les nouvelles recherches sur 1'insuline nous ouvrent done une voie prophylactique pour combattre le diabete. No - Lis verrons par la suite que .la fraction $ obtenue de Finsuline presence un intereNt tres Particulier h d'aulres points de vue. Le can.ce?% --- En 197.3 jai commence une serie d'ezperiences qui avaient pour but de demontrer Pimporta.nce des vitamines pour la croissance des tumeurs. La tunleur done je me suis servi le. plus etait to sarcome de Rous des poules. J'ai pro - LiN , e que si la quantite de la vitamine B est insuffisante ou si elle fait compl6ternent defaut, la croissance de la tumeur diminue et aussi le nombre des gretcs subito e.V. licensed customer copy supplied for Helsinki University Main Library (SL103X00759E) LES VITAMINES ET L'HYGIENE PUBLIQUE  5 ) re«ssies. La meme chose a ete trouvee pour les tumeurs des rats et des souris. Pour prouver 1'existence d'une substance s pecifique de. la croissance des tumeurs, ij'ai fait l'experience suivanle. Vous savez probabtement clue les tt meurs sont strietement speciliques aux especes clans le~;guelles efles ont ete trouvees. Par exemple une i u meur des souris no se transplants pas stir ti n rat, maIgre que les dOux espcces en question no soient pas ires e'loianees l'une cte 1'autre. Si on effecttie une transplantation de la souris au rat, to fragment grefle se resorbe au bout, dune semaine au plus tans, Quarid je nourrissais les rats avec la lumeu.r dos souris pendant dix ,jotirs avant la greffe, to greffe reussissa.it et je pouvais transplanter cette, tumeur sur de nouveaux rats, nourris dP 1a meme facon, pendant trois generations. Cettu , substance stimuiatrice des tumeurs, ressemblant aux vitanlines, fut appelce par Carrel, plusieurs annees plus tard, trephone. L'annee derniere un travail japonais, d'ailleurs pas encore publie inn detail, a fait sensation dans le monde scientifique. Los savants ja.pona.is ont su provoquer des tumeurs. experimentales chef les aniMaux dont la notirriture, manquait de la vii.asterine A. Je reste sceptique sur cette question, car it me semble gti'll est extremement dif icile d'admettre qu'un elfet posilif (tine croissance active) puisse tare provoqu6 par un facteur negatif (clefaut d'une vitamine).Mais j'ai plus confiance. daps la ligne des recherches de Nl'arburg (de Berlin; qui a constate quo les tumeurs , utilisent une quantite beaucoup plus ~ i , ande d'hvdrates de carbone, en comparaison avec les tissus norrnaux. Cette observation put €ire verifi6e par plusieurs auteurs Bans 1e sons de Warbv.rg. En se basant sur ces faits, j'ai fait quelques experiences, qui d.'ailleurs do:iven.t titre encore repWes, sur l'effet de la fraction B et de la substance A de l'insuline. Cornme la, fraction 13 an mente la formation dui sucre, on pouvat supposer quo si 1~'a.rburg <.i raison, 1-a croissance de la tumeur devrait Lt.re stimulee, ce qui d'ailletir5 samblail se produire duns noes experiences. lnverseme.nt, 1'effet de la substance A. devrait se developper clans to sons oppose, el c'est cc qui resultait de mes experiences. Si ces resultats sort exacts, noels ati6ons line explication extrenlemenl interessante de cc que 1'alimentation do guerre avec le manque tres marque de la viands ait pu diminuer to nombre des ca.nceretix dune facon si eolatante. Dans l'ordre de nos idees, si nous recapitulons, noes di.rons quo t'alimentation carnee predispose au diab6te et ata cancer, mail it noes rests a expliquer comment les animatix carnivores et comment subito e.V, licensed customer copy supplied for Helsinki University Main Library (SL103X00759E) 580  CASIMIR FUNK des races, commeles Esquimaux, savent se preserver de cos maladies. La seule explication qui nous parait possible a present est elite ces individus disposent d'un echange de matiere si intense qu'ils sont on eiat de detruire cette substance dangereuse. L'anemie. -- Cette maladie, a 1'etiologie mysterieuse, a $te le but des recherches de nombreux savants depuis le temps de Lunge. L'avis de Bunge etait que seuls les deriv6s de fer, qui renfermaient le noyau d'hemoglobine, etaient efficaces pour guerir 1'anemie. Pee a peu cc mythe a disparu, et depuis les travaux sur les vitamines des notnbreux savants americains ont demontre que la source de for est tout a fait sans importance, pourvu que le regime fit cornplet en ce qui concerne les vitamines. Le clinician Lollandais Elders va plus loin of regarde, 1'anemie pernicieuse et aussi ]a spree (tine m aladie ressemblant a la pellagre) comme une avitaminose pure et simple. Car une chose reste parfaitement etablie, que l'assimilation de for et la regeneration du sang ne se produisent pas en absence ou carence des vitamines. Au tours de mes recherches sur Pinsuline, je constatais aussi que la traction B, per os ou injectee, produit une aneniie experhnentale du plus haut degre. Elie vaa si loin clue le sang, au bout de quelques fours, ne contient plus que des traces de proteines du sang et une trace d'hemoglobine. Notre regime, comme sous le voyons, contient, a part les substances necessaires a la vie, des substances peut-etre Wiles en petites proportions, et peat-6tre me ' me necessaires, mais clue produisent tin effet desastreux si leur exces se trouve non detruit par l'organisme. Ainsi la science de ]a nutrition se complique et s'approfondit. Malgre seize ans de travail serieux et assidu par une arrnee de travailleurs, nous sommes seulement au debut de cette sciencp nouvelle. Mais le temps semble proclae oii, au lieu de 1'empirisme ou des traditions revues de nos ancetres, noes aurons une science exacte qui nous apprendra quelles sont les substances alimentaires propres a former des Alres d'elite et 'a les preserver des maladies. subito e.V. licensed customer copy supplied for Helsinki University Main Library (SL103X00759E)