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Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) ISSN: 2958-8413 Vol. 3, No. 6, Novembre 2025 This is an open access article under the CC BY-NC-ND license. http://www.revue-irs.com 6411 Adéquation entre la formation et l’offre d’emploi dans le secteur du tourisme : cas des universités sénégalaises Matching training and job opportunities in the tourism sector: the case of Senegalese universities Pape Mactar DIAW1 Docteur en sociologie du tourisme, Laboratoire de recherche en sciences économiques et sociales (LARSES), Université Assane Seck de Ziguinchor. Sadou BOCOUM 2 Docteur en Géographie – Tourisme Chercheur associé au laboratoire CEDETE (Centre d’études pour le développement des territoires et de l'environnement) – EA1210 – Université d'Orléans Résumé Cette étude analyse l’adéquation entre les formations universitaires en tourisme et les besoins du marché de l’emploi au Sénégal. Il s’agit dans ce cadre d’évaluer la pertinence des cursus universitaires en termes de professionnalisation et d’employabilité des diplômés. L’étude s’appuie sur deux approches, d’une part, quantitative avec un questionnaire qui a permis d’interroger 171 étudiants issus des universités publiques (Université Cheikh Anta Diop, Université Gaston Berger, Université de Thiès, Université Assane Seck, etc.), et d’autre part, qualitative avec des entretiens semi-directifs qui ont été menés auprès de cinq enseignantschercheurs. Cette approche mixte a permis de croiser les perceptions des étudiants et des acteurs académiques afin d’obtenir une vision globale des écarts entre formation et emploi. Les résultats révèlent un décalage important avec plus de 70 % des étudiants qui déclarent ne pas avoir trouvé d’emploi stable dans le secteur touristique, et près de la moitié qui n’ont jamais bénéficié de stage. Les formations, souvent centrées sur la théorie, apparaissent
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6412 insuffisamment arrimées aux compétences pratiques requises, telles que la maîtrise des langues étrangères, l’utilisation des outils numériques spécialisés ou encore la gestion opérationnelle. Le manque de dispositifs institutionnels d’accompagnement, de réseaux professionnels et de partenariats durables université-entreprises accentue ces difficultés. Mots clés : Formation, tourisme, offre d’emploi, universités sénégalaises. Abstrat This study analyzes the alignment between university tourism programs and the needs of the job market in Senegal. The aim is to assess the relevance of university programs in terms of professionalization and graduate employability. The study is based on two approaches: on the one hand, a quantitative approach using a questionnaire that surveyed 171 students from public universities (Cheikh Anta Diop University, Gaston Berger University, University of Thiès, Assane Seck University, etc.), and a qualitative approach with semi-structured interviews conducted with five teacher-researchers. This mixed approach made it possible to cross-reference the perceptions of students and academic stakeholders in order to obtain an overall view of the gaps between education and employment. The results reveal a significant gap, with more than 70% of students reporting that they have not found stable employment in the tourism sector, and nearly half having never benefited from an internship. Training programs, often focused on theory, appear to be insufficiently aligned with the practical skills required, such as foreign language proficiency, the use of specialized digital tools, and operational management. The lack of institutional support mechanisms, professional networks, and sustainable university-business partnerships exacerbates these difficulties. Keywords: study, tourism, job offer, Senegalese universities. Digital Object Identifier (DOI): https://doi.org/10.5281/zenodo.17579078
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6413 Introduction Dans un contexte où le tourisme reste un secteur dynamique, l'alignement de la formation aux exigences concrètes du marché de travail constitue un enjeu majeur. En réalité, cet élément suscite des interrogations essentielles, notamment l'efficacité des programmes de formation actuels dans la préparation des étudiants aux demandes précises du secteur touristique sénégalais. Le tourisme joue en effet un rôle crucial dans le développement économique du Sénégal. Selon le World Travel and Tourism Council (WTTC, 2023), ce secteur représente 9 % du produit intérieur brut (PIB) et emploie environ 300 000 personnes, autrement dit, 10 % de la population active. Pour accroître son attractivité touristique, le Sénégal s'appuie sur ses atouts naturels, culturels et patrimoniaux, en se focalisant sur des zones clés telles que Thiès, Dakar, l’île de Saint-Louis, le Sine-Saloum et la Casamance. Dans ce cadre favorable, l'interrogation sur la correspondance entre l'enseignement supérieur et l'employabilité dans l'industrie du tourisme se révèle particulièrement pertinente. Plusieurs établissements d'enseignement supérieur public au Sénégal, comme l'université Gaston Berger (UGB), l'université de Thiès, l'université Cheikh Anta Diop (UCAD), l’université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ), l’université Sine-Saloum El Hadj Ibrahima Niass de (USSEIN) ou encore l’université Iba Der Thiam (UIDT) offrent des cursus spécialisés en tourisme. Cependant, ces programmes restent le plus souvent théoriques et non professionnalisants. Dans ce cadre, des études comme celles de Diaby (2023), Tine (2020) ou Bernier, Michaud et Poulet (2017) mettent en évidence un décalage entre les programmes d'études et les vérités du marché du travail. On reproche fréquemment aux formations d'être trop axées sur la théorie, déconnectées des exigences spécifiques du marché de l’emploi, et peu centrées sur l'entrepreneuriat ou les compétences digitales par exemple, qui sont de plus en plus sollicitées. Il est crucial de mettre en place des programmes éducatifs souples, enracinés dans les contextes locaux tout en étant alignés aux normes. Il faut également noter que l'intégration professionnelle dans le domaine du tourisme dépend de la conjonction entre connaissances théoriques, aptitudes pratiques, « soft skills » et expérience de travail, généralement manquante dans les cursus universitaires traditionnels. Des recherches de Stacey, 2015 et de Réau et al., 2021 soulignent également que les recruteurs privilégient des candidats opérationnels, adaptables et possédant une expérience concrète. C'est un défi pour les universités qui ont du mal à incorporer des simulateurs, des laboratoires ou des projets concrets dans leurs méthodes d'enseignement.
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6414 Au Sénégal, plusieurs défis structurels se posent dans le domaine de l'enseignement : un manque de stages pratiques, une faible participation des professionnels à l'élaboration des programmes d'études, une rareté des espaces de collaboration entre les universités et les entreprises, ainsi qu'une certaine désuétude des matériaux pédagogiques (Badiane, 2024). Selon Boilevin (2013), les professeurs eux-mêmes admettent que les universités ont du mal à s'adapter aux changements rapides, surtout en ce qui concerne la durabilité, l'écotourisme ou encore la numérisation (Ndiaye, 2002). Cependant, ces collaborations sont fréquemment occasionnelles, non officielles et n'autorisent pas une véritable conversation institutionnalisée entre le milieu universitaire et les intervenants économiques. Dans ce contexte, il est crucial de questionner les points de vue des divers intervenants, étudiants, professeurs, spécialistes du tourisme pour saisir les divergences entre l'enseignement universitaire en matière de tourisme et les exigences du milieu professionnel. Nous nous sommes donc interrogés sur l'efficacité des programmes universitaires en tourisme proposés par les établissements publics sénégalais pour répondre aux véritables exigences du marché du travail dans le domaine touristique. Cette étude vise principalement à examiner s’il y a une véritable connexion entre les formations en tourisme offertes par les universités publiques du Sénégal et les exigences manifestées par les entreprises du domaine touristique. Plus particulièrement, il s'agit d'apprécier le point de vue des étudiants quant à la qualité et la pertinence de leur formation, de collecter les opinions des professeurs sur les contenus éducatifs et l'orientation des cours, de déterminer les compétences et profils souhaités par les employeurs dans le domaine du tourisme, et d'évaluer la différence perçue entre les aptitudes développées durant la formation et celles requises dans le milieu professionnel. Plus spécifiquement, il s’agit de comprendre : (i) dans quelle mesure les formations actuelles répondent aux compétences recherchées par les employeurs, (ii) quels obstacles freinent l’insertion professionnelle des étudiants, et (iii) quelles améliorations pourraient renforcer le rôle des universités dans le développement du secteur touristique. 1. Méthodologie L’approche méthodologique de cette étude combine des méthodes quantitatives (questionnaire) et qualitatives (entretiens semi-structurés), adoptant ainsi une démarche mixte ; conformément aux objectifs de l'étude (étudiants, professeurs et responsables d'entreprises touristiques). Le choix de cette triangulation est d'approfondir l'analyse et de mettre en confrontation les perspectives de divers intervenants. La répartition de l'échantillonnage est faite selon plusieurs
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6415 critères. D’abord la stratification des groupes cibles (étudiants en tourisme, enseignantschercheurs en tourisme et professionnels du tourisme). Ensuite, les étudiants doivent être inscrits en cycle de licence, master ou doctorat (optionnel même des données ont été collectées à ce niveau) dans des universités publiques telles que UCAD, UGB, IDT-Thiès, UASZ ou USSEIN. Les enseignants doivent être des permanents dans les filières en tourisme avec au moins 5 ans d’ancienneté et les acteurs doivent occuper des postes de ressources humaines (RH) d’hôtels, travailler dans des agences de voyages ou toute autre structure en lien avec le tourisme. Au final, nous avons obtenu 171 soumissions pour les étudiants, 5 entretiens semi-structurés avec les enseignants-chercheurs (dont un responsable de la formation tourisme, un ancien chef de département tourisme et coordinateur du master tourisme, particulièrement les universités de Ziguinchor, Thiès, Saint-Louis et de Sine-Saloum). La collecte de données s’est opérée en tenant compte de la complexité de l’échantillon. S’agissant des étudiants en tourisme, la méthode d'échantillonnage aléatoire stratifié nous a paru pertinente car elle favorise une représentation équilibrée des diverses universités publiques (UCAD, UGB, Thiès, UASZ, etc.), ainsi que des niveaux d'études (licence 1, licence 2, licence 3, master 1, master 2 et doctorat). Les données du tableau 1 issues des enquêtes du terrain montrent comment cette répartition est faite selon le niveau d’études et l’établissement d’origine dans les différentes universités publiques sénégalaises. Tableau 1 : répartition de l’échantillon par niveau d’études et universités. Valeur Fréquence Pourcentage Licence 3 72 42,11 Master 2 34 19,88 Licence 2 31 18,13 Licence 1 16 9,36 Master 1 15 8,77 Doctorant/docteur 3 1,75 Total 171 100 % Thiès 53 31 Uasz 49 28,65 Ussein 32 18,71 Ugb 15 8,77
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6416 Valeur Fréquence Pourcentage Licence 3 72 42,11 Master 2 34 19,88 Licence 2 31 18,13 Autres 14 8,19 Ucad 8 4,68 Total 171 100 % Source : auteurs, août 2025. En ce qui concerne l'échantillonnage à choix raisonné, il est mis en œuvre en raison du nombre restreint de professeurs dans le domaine du tourisme au Sénégal. Néanmoins, nous avons opté pour les profils éclairés et aguerris (enseignants titulaires, coordonnateurs de filière, responsables de programme). Cette méthode nous a facilité une sélection qualitative des participants, indispensable pour les entretiens structurés. Le choix tient compte de l'expérience dans l'enseignement du tourisme et de la disponibilité du professeur. La technique de la boule de neige est sollicitée pour les gestionnaires. L'introduction de quotas géographiques (Dakar, Saint-Louis, Saly, Casamance) a assuré une représentation régionale. Étant donné que l'accès aux dirigeants d'entreprises touristiques était généralement ardu sans recommandation, nous ne sommes pas parvenu à interroger cette cible. Concernant les enquêtes auprès des étudiants, les sujets traités incluent le programme d'études (correspondance avec les besoins du marché), l'expérience de stage ou d'immersion professionnelle, l'évaluation de leur employabilité et leurs projets futurs (travail). Le guide d'entretien destiné aux professeurs traite des sujets suivants : l'appréciation de la pertinence du programme, les réalités du marché, la collaboration avec le secteur privé et leurs exigences en termes de compétences. Les données ont été collectées à l'aide du l’outil KoboCollect puis traitées et analysées via Excel. Nous avons mis l'accent sur la statistique descriptive : fréquences, moyennes et effectué des regroupements par sexe, établissement, niveau d'études avant de procéder à des analyses multivariées (par exemple : corrélation entre stage et employabilité). Les données qualitatives ont été complètement transcrites et l'analyse de contenu a été effectuée en se basant sur les thèmes majeurs (attentes, perceptions, différences). 2. Résultats
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6417 Les données issues des enquêtes nous ont permis de mieux cerner le profil sociodémographique et académique des étudiants, des politiques mises en œuvre et les enjeux de la formation dans le secteur du tourisme au Sénégal. 2.1 Profil des des étudiants D'abord, ce qu’il faut retenir des données issues de l’enquête est que le principal groupe cible de cette étude est jeune car la moyenne d’âge est de 25,48 ans. Cette donnée nous semble cohérente avec la structure démographique des effectifs dans les universités sénégalaises. Elle met l’accent sur une population jeune en transition entre le monde académique et professionnel. Cette donnée montre une correspondance également d’une période cruciale de projection professionnelle et de l’engagement social de cette frange de la population en quête d’un monde meilleur. Ensuite, les femmes sont nettement plus nombreuses (54 %) que les hommes, qui représentent 46 % de l’échantillon. Cela peut s’expliquer par plusieurs raisons, comme celle démographique. Par exemple, les chiffres officiels du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) 2025 montrent que 59 % des candidats au bac sont des filles et donc une forme de féminisation progressive du système éducatif. Mais également, le facteur institutionnel du fait que les femmes sont de plus en plus encouragées à poursuivre leurs études dans les politiques publiques. Un autre facteur déterminant pourrait justifier cette tendance, celui socioculturel. En effet, le rôle grandissant des femmes dans la famille et la société de manière générale renforce leur motivation à poursuivre leurs études supérieures, surtout dans un contexte d’émancipation socio-économique. Il faut en outre noter que 53 des participants sont des étudiants de l’université Iba Der Thiam de Thiès, soit 31 % et 49 de l’université Assane Seck de Ziguinchor, représentant 28,65 % de l’échantillon. En troisième position vient l’université de Sine-Saloum El Hadj Ibrahima Niass avec 18 %. Ces établissements regroupent environ 77,65 % de l’échantillon, montrant leur rôle dans la dynamique étudiée. En revanche, L’université Gaston Berger de Saint-Louis est moins représentée avec 8,77 % et les 8,19 % viennent des autres établissements, témoignant ainsi de la diversité dans les résultats et conférant à cette étude une variété institutionnelle. Nous pouvons citer : ● l’ENFHT (École nationale de formation hôtelière et touristique) ; ● l’Isep de Thiès (institut supérieur d’enseignement professionnel) ;
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6418 ● l’UNCHK (université numérique Cheikh Hamidou Kane) ; ● l’African Business School ; ● l’ISDB (Institut Supérieur Dakar Banlieue) ; ● l’École supérieure des métiers du management et du tourisme ; ● l’ETSHOS-Imed (L’École Supérieure d’Interprétariat, de Techniques Administratives de Management et de Gestion Hôtelière) ; ● l’Centre de référence aux métiers du tourisme de Saint-Louis ; ● l’Ensup Afrique. L'étude met également en évidence une forte implication des étudiants en fin de cycle. En effet, cette catégorie d’apprenants est appelée à rejoindre le monde professionnel et à s'épanouir dans le travail. Ainsi, 72 des enquêtés, soit 42,11 % des étudiants, étaient en fin de cycle de licence, aussi appelé licence 3, et 34, soit 19,88 %, en master 2. Autrement dit, 62 % des répondants se trouvent dans un moment clé de leur carrière et sont par conséquent directement concernés par la problématique d’insertion et d’adaptation au marché du travail. Figure 1 : cartographie des répondants par sexes et par universités. Source : auteurs, août 2025. 2.2 Réalités entre formation et emploi touristique
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6419 L’adéquation entre la formation et l’emploi dans le secteur du tourisme est une problématique complexe. Elle nécessite une approche combinée (système LMD), impliquant des acteurs académiques, des professionnels du tourisme et plus encore l’alignement aux politiques publiques (en termes de contenu, la facilitation au stage, les partenariats…) aux standards (savoir-faire) et les besoins des étudiants en particulier. Dans cette étude, 53,22 % des étudiants affirment avoir déjà réalisé un stage dans le domaine du tourisme. Cela reflète d’une part l’implication notable sur le terrain, qui peut être perçue comme un désir de mettre en pratique les connaissances universitaires acquises. D'autre part, cela démontre que des possibilités de stage sont présentes. Toutefois, 45,61 % n'ont pas bénéficié de cette expérience. Un taux élevé considérant le rôle crucial du stage dans la professionnalisation des apprenants. Cela révèle des contraintes structurelles comme le manque d’opportunité de stages, les obstacles à l'accès aux entreprises du secteur touristique et encore un décalage entre l'offre académique et les exigences du domaine. C'est sans doute dans ce sens que O. Basse 1 , affirme « vu le nombre de diplômés dans le secteur du tourisme sans emploi, nous pouvons déduire que l’alignement des contenus sur la demande du marché fait défaut. » (Entretien, auteurs, août 2025). Ce qui pose donc sérieusement la question des opportunités et des compétences demandées. Il faut noter d’ailleurs que la majeure partie des apprenants trouvent un stage entre 3 et 6 mois et d’autres jusqu’à 2 ans après leur formation et la plupart des apprenants (55,55 %) ont pu évoluer à un moment donné (par un stage par exemple) dans les secteurs de l’hébergement, des agences de voyage et de la restauration. L’administration publique, les secteurs comme l’artisanat, les métiers du patrimoine sont moins accessibles, car nécessitant de vraies compétences. Les données révèlent en outre que ce sont des étudiants issus de Thiès qui trouvent le plus une opportunité de stage, sans doute grâce à leur proximité avec les centres d’affaires. En effet, les pôles Dakar et Thiès concentrent respectivement 31,96 % et 28,81 % des réceptifs touristiques sur les 1 586 selon le rapport de la Direction de la réglementation touristique (DRT, 2025). Ce nombre pléthorique de jeunes diplômés sans une garantie de l’emploi ne se limite pas seulement au fait que les entreprises ne proposent pas suffisamment d’opportunités, il reflète également un manque sérieux de compétences réelles demandées par les recruteurs. Nous notons à cet effet que 70,76 % des répondants, de toute catégorie confondue (de la licence 1 au doctorat), affirment ne pas avoir trouvé d'emploi stable dans le secteur du tourisme (d’autres sont soit en chômage, soit en reconversion). Pourtant ces jeunes ont été formés aux techniques 1 enseignant-chercheur au département de tourisme de l’UASZ, entretien, août 2025.
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6426 14Tine, B. (2020). « École et entreprise au Sénégal : quelles articulations entre deux secteurs en clair-obscur ? » Revue Internationale des Sciences Économiques et Sociales. N°1 décembre 2020. Pp. 37-60.