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Effets des transferts des migrants sur l'investissement productif au Sénégal

Marieme Coulibaly

Abstract

This article is a microeconomic analysis of the impact of migrant remittances on productive investment. Statistical analyses and econometric estimations demonstrate the existence of a positive relationship between migrant remittances and productive investment in Senegal. Keywords: Migration; Remittances; Investment; Households; Statistics;

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Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) ISSN: 2958-8413 Vol. 3, No. 6, Novembre 2025 This is an open access article under the CC BY-NC-ND license. http://www.revue-irs.com 6501 Effets des transferts des migrants sur l’investissement productif au Sénégal Marieme Coulibaly Laboratoire de recherches économiques et monétaires (LAREM) Abstract: This article is a microeconomic analysis of the impact of migrant remittances on productive investment. Statistical analyses and econometric estimations demonstrate the existence of a positive relationship between migrant remittances and productive investment in Senegal. Keywords: Migration; Remittances; Investment; Households; Statistics; Digital Object Identifier (DOI): https://doi.org/10.5281/zenodo.17641265 1Introduction Au Sénégal, l’Agence nationale de la Statistique et de la démographie recense cent soixante-quatre mille neuf cent un (164 901) migrants sénégalais (ANSD, 2014). Toutefois cela reste une estimation en raison du nombre élevé de migrants clandestins ou en situation irrégulière dans les pays d'accueil. En effet, aujourd’hui plus de trente (30) millions d'Africains vivent à l'étranger (Banque mondiale, 2011). La conjoncture économique sur le continent et le taux de chômage élevé seraient les principales raisons de cette migration massive. En effet, l'accès difficile à l'emploi est l'une des principales causes de ce phénomène. D'après le rapport de l'Organisation Internationale du Travail, le monde compte 75 millions de chômeurs dont 38 millions vivent en Afrique. (OIT, 2013). A cela s'ajoute la fragilité des emplois, 73% des emplois seraient précaires en Afrique. (PNUD, 2011). Concernant les pays d'accueil des migrants, l'Europe reste la principale destination des Sénégalais, suivie respectivement de l'Afrique de l'Ouest et de l'Afrique centrale. Les principaux pays de destination des Sénégalais en Europe étant la France et l’Italie accueillant respectivement 17,6 % et 13,8% des migrants suivis de l’Espagne qui accueille 9,5% des migrants. Hors du continent les destinations les moins prisées par les migrants étant l’Orient et l’Asie accueillant respectivement 0.8% et 0,2 % des Sénégalais. Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6502 Généralement, la migration au Sénégal est une migration de travail. En effet, selon les statistiques 73 % des Sénégalais migrent pour trouver un emploi, 12 % pour les études et 7 % pour des raisons familiales. Concernant les statistiques genres on dénote 82,9% d’hommes contre 17,1% de femmes chez les émigrants. (ANSD, 2014). 11 Graphique 1 : Motif de départ des migrants Sénégalais Source : ANSD, 2014 Au Sénégal, la migration constitue une source de revenu incontournable à causes des transferts qu’elle engendre. Diop (2009), dans une enquête réalisée en 1998 conclut que les montants transférés par les immigrés sénégalais en France représenteraient ainsi 13,5 % de leur salaire annuel moyen. Ces transferts pourraient soutenir la croissance économique s’ils sont utilisés pour financer des activités génératrices de revenus telles que l’agriculture, l’élevage, le commerce et l’industrie. Dans le monde, les transferts financiers des migrants sont une source de financement de près de 300 milliards de dollars (Bjuggren, Dzansi et Shukur, 2010) Les premiers transferts de fonds retracés des migrants Sénégalais vers leur pays d’origine datent de l’année 1974, d’après les données de la Banque Mondiale. Depuis cette date, ils connaissent une croissance exponentielle. En effet, les transferts des migrants Sénégalais passent de 9 millions de dollars en 1974 à 233 millions de dollars en 2000. Entre 2004 et 2005, les sommes transférées équivalent à l’Aide Publique au Développement (APD). A partir de l’année 2005, les transferts des migrants au Sénégal dépassent largement les IDE ainsi que l’Aide Publique au développement. En 2014, Ils représentent en valeur deux fois l’aide publique au développement et neuf fois l’Investissement directe étranger soit deux milliards soixante-seize millions de dollars US (2 076 000 000$). Les envois de fonds pour le Sénégal ont été relativement constants et évolutifs au cours des 40 dernières années. Cependant, on remarque une baisse de leur évolution à deux périodes précises. La première crise des transferts des migrants sénégalais a eu lieu entre 1994 et 1995. Cette période correspond à la dévaluation du francs CFA qui a eu lieu le 11 janvier 1994. A partir de cette date le franc CFA est dévalué de 50% par rapport au franc français. Ils chutent de 32 % par rapport à l’année précédente. La deuxième période de baisse des transferts au Sénégal a lieu entre les années 2008 et 2009. En effet les envois chutent de plus d’un 73% 12% 7% 3% 1% 4% Motif de départ des migrants Sénégalais RECHERCHE D'EMPLOI ETUDES-APPRENTISSAGE RAISONS FAMILIALES MARIAGE RAISONS DE SANTE NON DETERMINE Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6503 milliard de dollars pendant cette période. Cette baisse du niveau des transferts peut s’expliquer par la crise financière et bancaire de l’automne 2008 qui a secoué l’Europe et les Etats unis. En effet, on dénote durant cette période c’est à dire, entre fin 2007 et Septembre 2009, quinze millions de chômeur en plus dans les pays de l’OCDE, (OCDE, 2009). Pour l’année 2013, les transferts formels au Sénégal, sont évalués à 1652 millions de dollars soit près de 826 milliards de francs CFA ce qui représentait 11,4 % du PIB national. 12 Graphique 2 : Transfert des migrants au Sénégal comparés aux IDE et à L’Aide Publique au Développement Sources : (Word Bank, 2015) Majoritairement les transferts des migrants au Sénégal, proviennent du continent Européen avec 82 % des transferts ; l’Italie en tête avec près de 45% des envois suivie respectivement de la France et de l’Espagne, 20% et 12%. Près de 10% des transferts reçus proviennent du continent Africain et 7% du continent Américain principalement des Etats unis. 13 Graphique 3 : Provenance géographique des transferts des migrants au Sénégal Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6504 Sources : UEMOA, 2011 Depuis quelques années au Sénégal, de nombreuses politiques gouvernementales telles que le FAISE (Fonds d’Appui à l’Investissement des Sénégalais de l’Extérieur) encouragent et accompagnent l'investissement productif des migrants dans leurs pays d'origine. En effet, ces transferts représentent aujourd’hui une ressource financière capable de soutenir le développement du pays. 2Revue de littérature : Ces dernières années, de nombreux économistes ce sont penchés sur la migration et les transferts des migrants ainsi que sur l’effet de ces derniers sur les populations bénéficiaires. Lipton (1980) soutient que la migration interne entre milieux ruraux et urbain a tendance à accroitre les inégalités économiques entre les ménages et les localités. Cependant son point de vue diffère de celui de Jongwanich (2007). Il analyse l’impact des transferts des travailleurs migrants sur la croissance économique, la réduction de la pauvreté dans les pays en développement d’Asie et du Pacifique en utilisant un panel de données sur la période 19932003. Les résultats révèlent que les transferts ont un impact réel sur la réduction de la pauvreté car ils augmentent le revenu. De même, Gupta, Pattillo et Wagh (2007) après une analyse empirique portant sur 233 enquêtes dans 76 pays en développement, dont 24 pays d’Afrique subsaharienne obtiennent des résultats démontrent entre autre que les transferts privés et stables ont pour effet d’atténuer la pauvreté et peuvent promouvoir le développement. Selon Kireyev (2006) l’impact des transferts des migrants dépend des caractéristiques structurelles des pays qui reçoivent ces transferts, de leurs modèles de consommation, de leur mode d’investissement productif, et de leur capacité à gérer de grands flux financiers. Il évalue les implications macro-économiques des transferts entrant à grande échelle sur une petite économie ouverte. Dans ses travaux il démontre que l'impact macro-économique global des transferts des migrants reste ambigu. Europe 82% Amérique 7% Afrique 10% Asie et Australie 1% Autres pays 0% Pays de Provenance des transferts au Sénégal Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6505 En 2009, les chercheurs Ben Mim et Ben Ali analysent les canaux par les quels les transferts des migrants sont susceptibles d’influencer la croissance économique dans les Pays d’Afrique du Nord et du Moyen Orient. Avec des estimations sur des données de panel, les auteurs démontrent que la plus grande partie des transferts est affectée à la consommation et que ces transferts ne stimulent la croissance lorsqu’ils sont investis. Par ailleurs, les résultats empiriques suggèrent que les transferts des migrants peuvent améliorer la croissance économique à travers le canal de l’investissement productif. Selon le classement fait par Gupta, Pattillo et Wagh (2007), le Sénégal est le troisième pays d’Afrique subsaharienne à recevoir le plus de transferts d’argent en valeurs absolues, et le quatrième en pourcentage du PIB. Avec une approche différente, Lessault, Beauchemin et Sakho (2011) mènent une enquête en 2008 auprès de 1 141 ménages à Dakar, la capitale du Sénégal. Dans leurs travaux ils essaient de mesurer l’impact des transferts des migrants sur l’amélioration de la qualité de l’habitat. Les résultats révèlent que les migrants sénégalais participent aux dépenses courantes de leurs ménages d’origine mais n’aident pas ces derniers à améliorer leur habitat ou à devenir propriétaires. De nombreux travaux de recherche ont mis en exergue l’effet positif des transferts de fonds des migrants sur la croissance de leurs pays d’origine. Pour certains chercheurs les envois de fonds des migrants créent des liens de dépendance (Azam et Gubert 2002) et pousse les bénéficiaires à augmenter le temps accordé aux distractions au détriment du travail (Ratha 2007). Alors que pour d’autres ces transferts contribuent aux dépenses de consommation courante des ménages bénéficiaires, participent à l’accumulation du capital humain. Ils développent aussi l’esprit d’entreprise au sein des ménages et y augmentent ainsi la probabilité d’entreprendre. (Yang, 2008). 3Problématique : L’investissement productif peut être défini comme l’action de créer une entreprise avec pour ambition de créer de la richesse ou des emplois. Elle peut être effectuée par différents agents économiques à savoir : les entreprises, les investisseurs individuels. Dans notre analyse nous nous intéressons aux investisseurs individuels au sein du ménage. Dans la littérature, de nombreuses recherches ont été effectuées sur l’investissement productif des migrants de retour. En effet, Gugler et Hannigan (1976), évoquent la transformation économique et sociale réalisée par les migrants de retour en Afrique de l’Ouest. Auparavant, Foster (1967), décrit l’amélioration du niveau de vie des migrants mexicains de retour des Etats unis dans leurs villages d’origine. Selon lui, cela s’explique en partie par leur connaissance de la culture américaine et surtout par les revenus épargnés par ces derniers. Toutefois, dans la littérature, peu de données empiriques étudiant le lien entre les transferts des migrants et l’investissement productif sont disponibles. Cela explique, en partie l’intérêt que suscite sur cette présente étude. 4Méthodologie : Notre hypothèse de base est que le fait de percevoir des transferts provenant des migrants, stimule l’investissement productif au sein des ménages sénégalais. Dans le cadre de notre étude les tests seront basés sur des données qualitatives. Afin de spécifier la fonction Investissement productif au sein du ménage nous prendrons une fonction linéaire de type : P= Pr (y=1)[x] = F(x’β) Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6506 Avec P la probabilité d’avoir un entrepreneur individuel (ou plus) au sein du ménage. Үᵢ l’l’investissement productif au sein du ménage xᵢ les variables (liées à la migration) explicatives de l’investissement productif εᵢ le terme d’erreur L’investissement productif pris en compte dans cette étude est la probabilité d’entreprendre des individus au sein du ménage dans le commerce et les affaires se référant à la question 5.25 du questionnaire d’enquête : « Y a-t-il des membres du ménage qui ont développé une activité ou un commerce après qu’un des membres ai migré ? ». L’investissement productif regroupe l’ensemble des sommes investies dans le but d’augmenter le niveau de production d’une entreprise. L’individu qui investit est alors considéré comme entrepreneur au sein du ménage. Les variables explicatives choisies pour expliquer l’investissement productif des membres au sein du ménage sont les suivantes : 1. la taille du ménage 2. Le milieu de résidence du ménage (rural ou urbain) 3. la perception de transferts financiers de migrants 4. la réception de bien provenant des migrants 5. la présence de migrant international dans le ménage 6. le statut d’occupation du logement par le ménage 7. la valeur des transferts annuels perçus par le ménage 4-1 Sources de données Nous utilisons la base de données d’une enquête sur la migration réalisée en février 2011 par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie du Sénégal (ANSD). Notre base de données est composée de 1255 Ménages Sénégalais ayant chacun au moins un membre migrant (interne et/ou international). L’enquête est menée sur des ménages urbains et ruraux. 4-2 Statistiques descriptives 65% des ménages de l’échantillon sont localisés en milieu urbains et 35 % en milieu rural. Sur le total de l’échantillon 793 ménages, soit 63 %, perçoivent des transferts et 462, soit 37 %, n’en perçoivent pas. Concernant le type de migrants par ménage, 661 ménages (53%) ont au moins un migrant international et 594 ont exclusivement un ou plusieurs migrants internes (47%). L’analyse statistique révèle que dans l’échantillon 92% ménages ayant au sein d’eux un entrepreneur, reçoivent des transferts provenant des migrants. Seulement 8% de ces ménages ne reçoivent pas de transferts. On constate également que au sein de ces ménages ayant au sein d’eux des investisseurs, 70% ont au moins un migrant international et seulement 30 % de ces ménages ont un (ou plusieurs) migrant interne. Afin de vérifier la fiabilité de ces résultats statistiques nous allons effectuer une analyse économétrique par la méthode PROBIT. Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6507 4-3 Graphique 4 : taux d'investissement au sein des ménages en fonction des transferts Sources : Calculs de l’auteur 4-4 Graphique 5: taux d'investissement au sein des ménages en fonction du type de migration Sources : Calculs de l’auteur 4-5 Tableau 1 : Matrice de corrélation BIEN ENTREPRISE LOGEMENT MIGRATION MILIEU TAILLE TRANSF VALEUR BIEN 1.000000 0.086730 -0.080998 0.028940 -0.033134 0.068777 0.269216 0.139434 ENTREPRISE 0.086730 1.000000 -0.054759 0.137396 -0.003933 0.087651 0.239369 0.235160 LOGEMENT -0.080998 -0.054759 1.000000 0.008691 0.177391 -0.107428 -0.118831 -0.017408 MIGRATION 0.028940 0.137396 0.008691 1.000000 0.054151 0.085638 0.166548 0.301852 MILIEU -0.033134 -0.003933 0.177391 0.054151 1.000000 -0.155888 -0.075849 -0.015954 8 92 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 menages sans transferts des migrants menages avec transferts des migrants menages sans transferts des migrants menages avec transferts des migrants 30% 70% 0 10 20 30 40 50 60 70 80 migrant interne migrant international migrant interne migrant international Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6508 TAILLE 0.068777 0.087651 -0.107428 0.085638 -0.155888 1.000000 0.108891 0.113283 TRANSF 0.269216 0.239369 -0.118831 0.166548 -0.075849 0.108891 1.000000 0.434360 VALEUR 0.139434 0.235160 -0.017408 0.301852 -0.015954 0.113283 0.434360 1.000000 Sources : Calculs de l’auteur La matrice de corrélation fait apparaitre un lien positif entre transfert et investissement productif et aussi entre la présence de migrant international dans le ménage et l’investissement productif. 5Analyse économétrique : Estimation par la méthode PROBIT : Probit regression Number of obs = 1255 LR chi2(7) = 118.45 Prob > chi2 = 0 Log likelihood = -438.54685 Pseudo R2 = 0.119 entreprise Coef. Std. Err. z P>z [95% Conf. Interval] milieu .0786547 0.1018025 0.77 0.440 -.1208745 0.278184 migration .2466538 0.1034055 2.39 0.017 .0439827 0.4493249 logement -.2425006 0.188477 -1.29 0.198 -.6119088 0.1269075 taille .1592937 0.1070965 1.49 0.137 -.0506115 0.3691989 valeur .3711448 0.1084258 3.42 0.001 .1586341 0.5836555 bien .0690613 0.1120665 0.62 0.538 -.150585 0.2887075 transf .8281246 0.1419765 5.83 0.000 .5498558 1.106393 _cons -2.091943 0.152536 -13.71 0.000 -2.390908 -1.792978 Les estimations économétriques révèlent que trois (03) des six variables choisies sont significatives à savoir : la réception de transferts des migrants, le montant transféré par niveaux de transfert et la présence de migrant international dans le ménage. Dans le modèle PROBIT, la valeur numérique des coefficients n’est pas directement interprétable ; cependant le signe des paramètres indique si les variables associées influence la probabilité y=1 à la hausse ou la baisse. Pour mesurer la sensibilité de cette probabilité par rapport aux variables explicatives, on calculera l’effet marginal. 5-1 tableau 1 calcul de l’effet marginal : Average marginal effects Number of obs = 1255 Model VCE : OIM Expression : Pr (entreprise), predict() dy/dx w.r.t. : migration valeur transf . dy/dx Std. Err. z P>z [95% Conf. Interval] migration 0.0502947 0.0197979 2.54 0.011 0.0114914 0.0890979 valeur 0.0726572 0.0206238 3.52 0 0.0322353 0.1130792 transf 0.166623 0.0269148 6.19 0 0.1138709 0.2193751 Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6509 • L’analyse des effets marginaux démontre que la réception d’un transfert augmente de 16.67% la probabilité d’avoir un ou plusieurs investisseurs au sein du ménage. • De même avoir un migrant international dans le ménage augmente de 5 % la probabilité d’avoir un ou plusieurs investisseurs au sein du ménage ; • La valeur des montants transféré augmente de près de 7 % cette probabilité. Les envois de fonds semblent avoir un effet indirect sur l'investissement productif par le canal de l’épargne tout en augmentant le revenu pour la consommation du ménage, les transferts augmentent la probabilité d’entreprendre et l'esprit d'entreprise au sein du ménage. (Yang 2008). Nos résultats démontrent qu’ils ont un effet positif sur l’investissement productif et qu'ils accroissent la probabilité d'entreprendre des individus au sein des ménages. En effet, si l'effet de l'aléa moral des envois de fonds est démontré par certains auteurs dans la littérature, cette présente étude démontre le contraire pour le cas du Sénégal. 6CONCLUSION L’analyse économétrique révèle que les transferts des migrants au Sénégal ont un impact significatif sur l’investissement productif privé et pourrait servir de levier pour financer le développement notamment avec une baisse des coûts des transferts au Sénégal. En effet, selon la Banque mondiale les frais de transferts d’argent vers l’Afrique sont les plus élevés au monde avec un taux de 12,4% alors que la moyenne mondiale est de 8,96 %. Les migrants africains et leurs familles économiseraient 4 milliards de dollars par an si les coûts des transferts étaient fixés à 5%. (Banque mondiale 2013). Cependant la cherté des coûts des transferts réduit sensiblement l’effet de ces derniers. De plus ces coûts élevés ont pour inconvénients de favoriser les transactions informelles. Une baisse de ces coûts en Afrique et plus particulièrement au Sénégal pourrait permettre de capter plus de transferts et ainsi participer activement à la promotion de l’investissement productif privé. REFERENCES [1] Arellano, M., & Bond, S. (1991). Some tests of specification for panel data: Monte Carlo evidence and an application to employment equations. *Review of Economic Studies, 58*(2), 277–297. [2] Arestoff, F., Kuhn, M., & Mouhoud, E. M. (2012). Transferts de fonds des migrants en Afrique du Sud : Les conditions de départ du pays d'origine sont-elles déterminantes ? *Revue économique, 63*(3), 513–522. [3] Azam, J.-P., & Gubert, F. (2002). *Those in Kayes: The impact of remittances on their recipients in Africa* (Document de travail DT/2002/11). Paris : DIAL. [4] Charbit, Y., & Feld, S. (2008). 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