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Forêt communautaire, trésor historique pour le développement intégral, inclusif et durable du Secteur du Lac Ntomba du Territoire de Bikoro dans la province de l'Equateur : Etude socioéconomique

Lompoko Mpela Taylor; Fuku Sala Félix

Abstract

Cette recherche s’inscrit dans le contexte de l’histoire socioculturelle et économique des communautés locales, mettant l’accent sur l’appropriation et la maîtrise des contours historiques liés aux forêts communautaires. Devant les dangers qui menacent la biodiversité et les écosystèmes de la terre, les acteurs ne devraient plus se limiter aux discours et aux résolutions, mais des actions doivent être entreprises par tous et partout pour la conservation de la biodiversité et la réduction de la température. Les communautés locales et les peuples autochtones doivent participer à la gestion durable des ressources forestières pour contribuer à la réduction de la pauvreté. De 2022 à 2023, une enquête socioéconomique a eu lieu dans quatre Concessions Forestières de Communauté Locale (CFCL) du Secteur du Lac Ntomba, notamment à Ikoko Bonginda, Ngelo e Monzoi, Lokongo et Nkake, sur un échantillon de 825 chefs de ménages. Les réponses et opinions dégagées par les répondants ont fait l’objet d’analyses approfondies dont les résultats sont examinés dans ce travail. La méthode historique a été utilisée à cet effet. L’étude démontre que la valeur socioéconomique de la forêt comme mère nourricière de cette population pauvre se conjugue parfaitement avec sa valeur écologique comme « habitacle » ou demeure à sauvegarder. Mais, puisque des conflits existent entre les communautés pour la gestion de la forêt, la meilleure façon de les surmonter consiste en une parfaite connaissance par tous des forêts communautaires et de la situation socioéconomique. D’où la proposition du schéma « Famille-Ecole-Société » (FES) dans l’action éducative afin de promouvoir la connaissance de l’histoire des forêts communautaires au niveau de la famille, à l’école et même à l’université, pour le bien-être socioéconomique et culturel.

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Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) ISSN: 2958-8413 Vol. 3, No. 6, Novembre 2025 This is an open access article under the CC BY-NC-ND license. http://www.revue-irs.com 6660 Forêt communautaire, trésor historique pour le développement intégral, inclusif et durable du Secteur du Lac Ntomba du Territoire de Bikoro dans la province de l’Equateur : Etude socioéconomique Lompoko Mpela Taylor et Fuku Sala Félix Digital Object Identifier (DOI): https://doi.org/10.5281/zenodo.17687791 Résumé Cette recherche s’inscrit dans le contexte de l’histoire socioculturelle et économique des communautés locales, mettant l’accent sur l’appropriation et la maîtrise des contours historiques liés aux forêts communautaires. Devant les dangers qui menacent la biodiversité et les écosystèmes de la terre, les acteurs ne devraient plus se limiter aux discours et aux résolutions, mais des actions doivent être entreprises par tous et partout pour la conservation de la biodiversité et la réduction de la température. Les communautés locales et les peuples autochtones doivent participer à la gestion durable des ressources forestières pour contribuer à la réduction de la pauvreté. De 2022 à 2023, une enquête socioéconomique a eu lieu dans quatre Concessions Forestières de Communauté Locale (CFCL) du Secteur du Lac Ntomba, notamment à Ikoko Bonginda, Ngelo e Monzoi, Lokongo et Nkake, sur un échantillon de 825 chefs de ménages. Les réponses et opinions dégagées par les répondants ont fait l’objet d’analyses approfondies dont les résultats sont examinés dans ce travail. La méthode historique a été utilisée à cet effet. L’étude démontre que la valeur socioéconomique de la forêt comme mère nourricière de cette population pauvre se conjugue parfaitement avec sa valeur écologique comme « habitacle » ou demeure à sauvegarder. Mais, puisque des conflits existent entre les communautés pour la gestion de la forêt, la meilleure façon de les surmonter consiste en une parfaite connaissance par tous des forêts communautaires et de la situation socioéconomique. D’où la proposition du schéma « Famille-Ecole-Société » (FES) dans l’action éducative afin de promouvoir la connaissance de l’histoire des forêts communautaires au niveau de la famille, à l’école et même à l’université, pour le bien-être socioéconomique et culturel. Mots clés : Forêt communautaire, trésor historique, développement intégral, inclusif et durable, communautés locales et peuples autochtones. 6661 1. Contexte et justification de l’étude Sakata G., (2008) indique que la gestion durable et participative des ressources naturelles, peut contribuer à l’amélioration des conditions de vie des communautés locales et peuples autochtones, et, figure parmi les innovations introduites dans la nouvelle règlementation forestières en République Démocratique du Congo, laquelle tend à garantir la paix sociale et la jouissance paisible des leurs forêts concédées, en suivant les normes légales des opérations visant à définir les mesures d’ordre technique, économique, juridique, administratif de gestion des forêts en vue de les pérenniser et d’en tirer le maximum de profit. Dans cette optique, la bonne gestion des ressources nécessite la connaissance effective desdites ressources et leurs valeurs pour orienter une bonne planification. Cette gestion durable des ressources contribuera à l’amélioration des conditions de vie des communautés locales et des peuples autochtones (pygmées). Quant à ce, les études préalables exigées par la législation congolaise avant l’élaboration d’un plan simple de gestion consistent à la collecte et à l’analyse des données. Cette phase réfère à la collecte des informations nécessaires à la prise des décisions de gestion. Ces données proviennent entre autre de l’étude socio-économique. Les informations socio-économiques sont essentielles à la préparation du Plan d’Aménagement d’une concession forestière. L’étude socio-économique permet l’élaboration, l’organisation et la mise en œuvre des règles de bon voisinage entre plusieurs acteurs aux intérêts et aspirations différents, sur un même espace forestier. Les conditions et la nature de cette cohabitation sont déterminantes pour la durabilité écologique, économique et sociale de l’exploitation en particulier, ainsi que pour la protection de l’environnement en général. Dans cette optique, l’étude socioéconomique revêt des enjeux capitaux en vue de la réalisation des objectifs du volet social du Plan d’aménagement Forestier. En effet, pour faire participer les communautés locales et les peuples autochtones à la gestion durable des ressources forestières et de contribuer ainsi à la réduction de la pauvreté en milieu rural congolais, le Gouvernement a pris l’engagement de promouvoir le processus de foresterie communautaire en République Démocratique du Congo. A cet effet, un cadre juridique, réglementaire et institutionnel a été mis en place. Et de manière participative, une stratégie nationale relative à la foresterie communautaire a été élaborée, validée par toutes les 6662 parties prenantes et endossée par le Ministère de l’Environnement et Développement Durable. (Stratégie Nationale pour la Foresterie Communautaire, SNFC, 2016) La loi portant Code Forestier, spécialement en ses articles 22, 111, 112 et 113, le Décret n° 14/018/du 2/2014 fixant les modalités d’attribution des concessions forestières aux communautés locales et l’Arrêté Ministériel portant dispositions spécifiques relatives à la gestion et à l’exploitation de la concession forestière des communautés locales, contiennent des dispositions qui inspirent la stratégie nationale de la foresterie communautaire en République Démocratique du Congo qui s’inscrit dans un processus de décentralisation et de délégation de pouvoirs au niveau administratif local, y compris aux communautés locales et peuples autochtones.(SNFC, 2016). La promotion des forêts communautaires dans le territoire de Bikoro en particulier, dans la Cuvette centrale en générale est un enjeu majeur pour la conservation de la biodiversité, la lutte contre le changement climatique et le développement durable des communautés locales. La valorisation des trésors historiques au sein d'une forêt communautaire peut jouer un rôle crucial dans le développement territorial. De ce fait, nous-nous posons la question principale ci-dessous : - En quoi la forêt communautaire constitue-t-elle une richesse historique susceptible de booster le développement intégral, inclusif et durable en RD Congo en faveur des communautés locales et les peuples autochtones du secteur Ntomba du Territoire de Bikoro ? A partir de cette interrogation que nous sommes fixés comme objectif principal la rentabilisation des forêts communautaires des communautés locales de Nkake, IkokoBonginda, Ngelo-Monzoi et Lokongo, perçues comme richesse historique dans le contexte de développement intégral, inclusif et durable des Communautés locales et les peuples autochtones. Cette démarche scientifique nous a permis d’obtenir les résultats en termes des mécanismes de gestion et l’exploitation des ressources naturelles à base communautaire, une approche qui met les communautés locales comme actrices et bénéficiaires des actions pour la gestion durable des ressources forestières et l’amélioration des conditions de vies. Ce qui nous a permis d’affirmer notre hypothèse principale du départ : la revalorisation des forêts communautaires en tant que richesse historique, basée sur une gestion qui intègre les savoirs traditionnels et la promotion des valeurs de développement renforcent les capacités des communautés locales et des peuples autochtones. 6663 En République Démocratique du Congo, les autorités locales jouent un rôle essentiel dans la protection de l'environnement et des forêts. Elles sont responsables de la mise en œuvre des politiques environnementales au niveau local, de la gestion des ressources naturelles et de la sensibilisation des populations à la protection de l'environnement. Pour ce faire, la stratégie exige au préalable la réalisation d’une étude socioéconomique avant la mise en place du Plan Simple de Gestion de la concession forestière. Comme Observateur, c’est dans ce cadre que nous avions vécu l’étude socioéconomique souscrit dans la cadre de la mise en place de la foresterie communautaire dans le territoire de Bikoro. 2. Objectifs de l’étude Faire un état des lieux des pratiques sociales, des valeurs culturelles et des activités économiques dominantes dans les villages situés à l’intérieur et aux alentours des Concessions des Forêts des Commmunautés Locales (CFCL) Ngelo e Monzoi, Ikoko Bonginda , Nkake et celle de Lokongo en vue de permettre aux communautés locales d’élaborer leur Plan Simple de Gestion constitue l’objectif principal de l’étude initiée pour fournir entre autre, un certain nombre d’informations socio-économiques sur les concessions forestières des communautés locales de Bikoro. Elle permet entre autre de (d’) : - Identifier spécifiques des populations de la zone concernée par l’étude, et décrire leurs modes de vie, leurs activités économiques, leurs relations avec les autres populations ; - Identifier les processus habituels/traditionnels de décision et l’organisation au sein des villages ; Identifier les modalités d’accès à la terre et aux ressources naturelles pour les autochtones et les allochtones ; - Identifier les conflits anciens ou actuels dont les conflits de terre (limites entre différents territoires : limites de Groupements, limites de forêts) et les conflits de pouvoir (liés à l’exercice du droit coutumier). Pour chacun, identifier la nature et l’origine des conflits existants et potentiels au sein et/ou entre les villages, les Groupements ; Présenter les modes de résolution des conflits ; - Recueillir les informations sur les pratiques actuelles en agriculture permettant d’évaluer les besoins en terres agricoles : principales cultures et leurs importances, taille (surface annuellement défrichée) et nombre de champs, pratiques culturales 6664 (durée des jachères, gestion des cultures), mode de transformation et de commercialisation (y compris la part entre autoconsommation et commercialisation) ; - Recueillir les informations sur les activités d’élevage : cheptel (nature et quantité), pratiques de parcours, consommation et commercialisation des produits. 3. Méthodologie et déroulement de l’étude L’étude socio-économique organisée dans le cadre de la foresterie communautaire est une enquête ménage. Les données ont été collectées auprès des chefs de ménage ou de leurs représentants. L’étude a considéré comme ménage, ensemble de personnes vivant dans un même toit, partageant un même repas et reconnaissant l’autorité d’une même personne. Les données de l’enquête ménage ont été complétées par des données issues des groupes de discussions des leaders communautaires locales mais aussi des interviews spécifiques des chefs de groupements ou administrateurs du territoire. 4. Echantillon de l’étude Ceci est une sélection de la population, choisie pour représenter le mieux possible la population. Il est très important d’utiliser une taille correcte de l’échantillon. Car, s’il est trop grand, ça peut créer des coûts inutiles et des retards, s’il est trop petit, les résultats ne seront pas statistiquement significatifs et aucune conclusion fiable ne peut être tirée. Il existe différentes méthodes d’échantillonnage. Mais pour cette étude, le choix était porté sur l’échantillon probabiliste, car elle permet à ce que chaque individu de la population ait la même probabilité de figurer dans l’échantillon. L’étude a concerné quatre Communautés Locales, les données démographiques desdites communautés ont servi pour la détermination de l’échantillon de l’étude. L’unité de base étant le ménage, les nombres de ménages par CFCL ont été estimé ȧ partir de données démographiques de chaque CFCL et l’estimation moyenne de personnes par ménage (5,4). - Calcul de la taille d’échantillon Selon Royer I. et Zarlowski P., (2014), le concept échantillon y est défini comme un sous-ensemble d’éléments de la population étudiée dont l’analyse permet de tirer des conclusions généralisables à cette population. L’échantillon consiste à prélever un certain nombre d’éléments dans l’ensemble de la population. 6665 Pour calculer notre échantillon, les paramètres suivants ont été utilisés en tenant compte du temps, de la disposition du budget et de la structuration de la population sous étude : la population (le nombre total de ménages), la marge d’erreurs et le niveau de confiance. Ainsi à l’aide du logiciel « Sample Size Needed », l’échantillon a été calculé : - Population considérée (total de ménages dans les 4 CFCL) : 6 181 - La marge d’erreurs : 4% - Niveau de confiance : 98% • Echantillon : 825 ménages Cet échantillon représente 4 Concessions des Forêts des Communautés Locales (CFCL). L’indisponibilité des informations sur le nombre de ménages, nous a conduit à repartir équitablement l’échantillon entre les villages localisés dans une CFCL. Tableau 1. Répartition des enquêtés/Chefs de ménage par CFCL Source : Extrait du rapport de l’ONG Go Conscious Earth en sigle GCE N° Identification des CFCL Nombre d'habitant Nombre de ménages Echantillon I CFCL Ngelo 1 Village Ngelo 55 2 Village Holo 55 3 Village Bokonga 55 4 Village Ebaka 55 CFCL Ngelo 6579 1218 220 II CFCL Ikoko 1 Village Ikoko 55 2 Village Nkamba 55 3 Village Bokwango 55 CFCL Ikoko 7870 1457 165 III CFCL Nkake 1 Village Nkake 55 2 Village Nkake E 55 CFCL Nkake 6579 1218 110 IV CFCL Lokongo 1 Village Lokongo 55 2 Village Iyumbu 1 55 3 Village Iyumbu 2 55 4 Village Wetshi 55 5 Village Ilonga 55 6 Village Kazama 2 55 CFCL Lokongo 12350 2287 330 Total 33378 6181 825 6666 La répartition de l’échantillon par CFCL et par village est faite en considérant le poids démographique de chaque CFCL. C’est-à-dire, le nombre de ménage de chaque CFCL est déterminé en fonction de l’estimation du nombre de ces ménages. Ne sachant pas le poids démographique de chaque village, une répartition équitable de ménage entre de village de chaque CFCL a été faite. Néanmoins, quelques arrondissements ont été faite dans certain cas afin de ne pas perdre les parties décimales. 5. Procédure de collecte de données Les enquêteurs chargés de la collecte de données et les superviseurs ont été formés pendant trois jours par les formateurs. Les formateurs ont joué après la formation le rôle de coordonnateur de terrain et ils ont supervisé les enquêteurs et assurer le contrôle de qualité. 6. Considérations éthiques Etant donné que l’étude était basée sur l’être humain, mais aussi, par le fait que parmi la population de l’étude, il y a des sensibilités liées à l’appartenance ethnique, les considérations éthiques ont été respectées dans toutes les étapes de l’étude notamment : a) Le consentement éclairé des participants : Les répondants ȧ l’étude ont donné leur consentement après avoir été informé de leurs droits et devoir de participer à l’enquête. Ils ont été rassuré qu’ils ne sont pas obligés de participer ou d’arrêter l’entretien s’ils le souhaitent sans être iniquité. Ils ont aussi été rassuré qu’on ne liera pas leurs noms aux réponses qu’ils vont fournir et que seulement ceux qui vont analyser les données auront accès aux réponses ; b) L’assurance de la confidentialité des réponses : Durant l’étude, seules les personnes chargées de l’analyse de données ont eu accès aux données. Les informations personnelles des répondants ne seront pas lies leurs réponses. Les répondants ont été identifiés que par des codes. c) La neutralité des enquêteurs : Lors de la collecte de données, les enquêteurs vont éviter d’influencer les réponses des répondants. d) La non-discrimination : La manière de poser la question ont été identique peu importe les caractéristiques du répondant. 6667 7. Déroulement de l’étude 7.1. Atelier diagnostic En matière de participation communautaire, la vision de la RDC est de promouvoir l’inclusivité des membres des communautés autour du processus pour un développement durable. - Objectif global: Contribuer à harmoniser et à incorporer les compromis sur divers intérêts nécessaires à la gestion durable des CFCL et montrer que la gestion durable des ressources forestières et des eaux contribue à l’amélioration des conditions de vie des communautés locales pour le développement durable. L’atelier diagnostic et recherches-actions-participatives rappelons-le, a été initié par l’ASBL Go Conscious Earth en sigle GCE, se traduisant en français « Marchons Consciencieusement pour protéger nos terres/ forêts », a vu le jour en filiale nationale en 2013, s’engage dans un processus de foresterie communautaire avec principales missions : développement durable et amélioration des conditions des vies des populations locales dans le Secteur du Lac Ntomba, Territoire de Bikoro. Bayuba Moteke Idriss (2020). Ayant ciblé les Chefs coutumiers, les Leaders traditionnels et autres parties prenantes dans la gestion des ressources forestières et halieutiques, l’activité a favorisé la récolte des informations nécessaires. La méthodologie envisagée est participative, qui est fondée sur les étapes suivantes : A cette étape, la communauté elle-même a eu l’occasion d’évaluer sa propre situation et se basant sur l’identification des problèmes prioritaires (pêcherie, chasse, agriculture, carbonisation, sciage ou coupe de bois d’œuvre), leurs causes et conséquences et proposer des solutions qui seront traduites comme des résolutions des Petites Actions Faisables (PAF) en se basant sur les comportements, ressources propres et disponibles. Les discussions sont portées sur des problèmes majeurs connus de tous et les échanges sont libres et démocratiques, l’avis de chaque membre de la communauté est considéré Cette méthodologie est résumée sur trois AAA (Analyse des problèmes, Analyse des causes-effets et Agir ou Actions préconisées. 6668 - Défis et opportunités La mise en place de forêts communautaires peut être confrontée à des défis tels que les conflits fonciers, l’exploitation illégale des bois, le manque de connaissance des textes, faible capacités de gestion forestière et les difficultés d'accès aux marchés. Il est essentiel de mettre en place un cadre juridique clair et favorable à la foresterie communautaire, garantissant les droits des populations locales sur leurs forêts. Les communautés locales ont besoin d'un accompagnement technique et financier pour gérer durablement leurs forêts. La lutte contre la déforestation illégale et l'exploitation forestière non durable est cruciale pour préserver les forêts communautaires. La clarification des droits fonciers et la résolution des conflits liés à l'accès aux ressources forestières sont essentielles. L’atelier diagnostic organisé s’est attelé dans sa substance sur la conception, la l’élaboration, la formulation, les analyses, les échanges et la validation des conditions idéales en vue de la gestion des ressources disponibles tenant compte des us et coutumes afin de la prise en compte des éléments de base au moment de l’élaboration du plan simple de gestion en faveur des Concessions Forestières des Communautés Locales. 7.2. Focus Group En juin 2025, comme observateur nous avons saisi l’occasion de vivre une enquête socio-économique à l’initiative de l’ONG GCE, dont les experts y affectés ont eu à organiser les focus group auprès des différents leaders d’opinions au sein des communautés, en vue d’identifier des problèmes qui bloquent le développement du secteur du Lac Ntomba et pourtant situé en plein bassin forestier de la RDC plus précisément dans la Province de l’Equateur. Les ancêtres ont joué un rôle qui variait selon les cultures et les croyances, mais il existe des points communs. Concernant le culte des ancêtres, il existe encore jusqu’à ce jour des pratiques ci-dessous : - De nombreuses cultures considèrent les forêts comme des lieux sacrés, abritant des esprits et des ancêtres. - Des lieux spécifiques (tombes, autels familiaux) sont dédiés aux ancêtres. - La forêt est souvent intégrée aux traditions, aux pratiques culturelles et aux croyances des communautés. - Des cérémonies sont organisées pour honorer les ancêtres et leur faire des offrandes (nourriture, boissons, etc.). Il y a nécessité de valorisation des connaissances traditionnelles : 6675 Quant aux résultats fauniques et ornithologiques inventoriés, la Concession de la Forêt Communautaire Ikoko-Bonginda devance avec 77 espèces, suivie de Ngelo-Monzoi avec 61 espèces, Nkake 59 espèces et Lokongo 36 espèces mal conservées. Quelques aspects socioculturels clés de l'impact des forêts communautaires dans cette région : - Pour les communautés du Lac Ntomba, la forêt et le lac ne sont pas seulement des ressources économiques, mais des éléments fondamentaux de leur identité et de leur système de droits fonciers coutumiers. - La gestion communautaire des forêts permet de formaliser et de renforcer ces droits ancestraux sur les terres et les ressources. La transmission culturelle des connaissances écologiques traditionnelles est essentielle. - Les communautés locales, comme les Baoto de Ntomba et les Batwa, possèdent un savoir ancestral sur l'utilisation durable des ressources forestières et aquatiques, les plantes médicinales, les techniques de chasse et de pêche, etc. - Les forêts communautaires offrent un cadre pour préserver et valoriser lesdites connaissances, souvent menacées par les pressions extérieures. - La forêt est souvent le siège de lieux sacrés, de rituels et de pratiques spirituelles. La gestion communautaire permet de protéger ces espaces et de maintenir ces traditions vivantes. Les génies (bilima) sont considérés comme les propriétaires de la forêt et des eaux, et jouent un rôle crucial dans le contexte magico-religieux de la pêche et de la chasse pour les Ntomba. Grâce à l’accompagnement de l’ONG GCE, les communautés locales se réjouissent avec l’affectation des zones et règles de gestion. CFCL Ikoko-Bonginda et Lokongo ont chacune trois zones découpées : Zone de développement rural (ZDR), Zone de chasse (ZOC) et Zone de conservation communautaire (ZOCOCO). Tandis que les deux autres CFCL, Ngelo-Monzoi et Nkake n’ont que deux zones à savoir : Zone de développement rural (ZDR), zone de conservation communautaire (ZOCOCO). 11. Vérification des hypothèses de l’étude - De l’hypothèse principale La revalorisation des forêts communautaires en tant que richesse historique, basée sur une gestion qui intègre les savoirs traditionnels et la promotion des valeurs de développement renforceraient les capacités des communautés locales et des peuples autochtones à se les approprier et maitriser. Par ailleurs, les enquêtes ont révélé les réponses ci-dessous : - 95% n’ont pas de connaissance relative à l’histoire de leurs clans. 6676 - 79,41% ne connaissent pas l’histoire de leurs forêts. - 81,37% n’accordent aucune importance à l’histoire de leurs forêts. - 72% ne pensent pas que la connaissance de l’histoire de leurs forêts peut améliorer les différents conflits qui existent dans leur Secteur. Eu égard à ce qui précède, notre hypothèse est largement vérifiée. Elle confirme que les enquêtés identifiés dans les quatre Concessions des Forêts Communautaires n’ont pas des connaissances de leurs forêts communautaires comme trésor historique. - Des hypothèses secondaires Pour les enquêtés dans les 04 Concessions des Forêts Communautaires : Une meilleure connaissance des communautés sur la forêt communautaire (ses ressources, ses fonctions écologiques, ses règles de gestion et ses bénéfices) serait favorablement une opportunité pour développer une plus grande prise de conscience et une participation accrue à sa gestion efficace. L’acquisition et la maîtrise de forêts communautaires dépendraient du respect de l’application de la procédure mise en place par l’autorité de tutelle en harmonie avec les droits coutumiers et des savoirs traditionnels desdites communautés. La mise en place des stratégies d’amélioration axées sur l’information, la sensibilisation et les actions éducatives desdites communautés, permettrait une gestion intégrale, inclusive et durable de leurs ressources forestières sur le plan socioculturel, économique et écologique. En effet, l’économie de cette analyse à l’issue de notre recherche nous a permis de découvrir les avis ci-dessous : - 79% des enquêtés ne connaissent pas le rôle que jouer leurs ancêtres pour la protection de leurs forêts. - 69% des enquêtés ne s’y impliquent pas de la protection de leurs forêts. - 30,39% des enquêtés reconnaissent que leurs ancêtres utilisaient la forêt beaucoup plus pour des usages fauniques (chasseurs) contre 22,5% qui ont cité les produits forestiers non ligneux (ramassages, cueillettes). - 80,39% n’ont pas de connaissance sur l’existence des programmes du gouvernement relatif aux forets communautaires. - 85,29% d’eux n’ont pas d’informations relatives à l’existence des conflits forestiers depuis l’époque de leurs ancêtres. - 73,53% des enquêtés n’ont pas des solutions a préconisé quant à la réduction des conflits forestiers dans leur communauté. Toutefois, 10,78% proposent des formations ayant trait à la gestion de la forêt aux futures générations. 8,82% proposent de campagnes de 6677 sensibilisation contre 6,86% qui suggèrent la disponibilité des cartographies participatives. A l’issue de la vérification de ces hypothèses, nous sommes arrivés à démontrer que les étudiants originaires du Secteur du Lac Ntomba accusent un niveau faible de connaissance concernant l’histoire de leur foret. Avec l’analyse du coefficient de variation (<15%), nous avons constaté une très légère dispersion. Ce qui nous pousse a confirmé avec force ceux qui suivent : Ils accusent encore des lacunes quant au rôle qu’ils peuvent jouer pour une gestion rationnelle de leur foret ; Aussi, ils n’accordent aucune place à l’histoire pour la remédiation des conflits existants. 8. Analyse SWOT Dans le contexte de notre recherche, l’analyse SWOT nous permet de découvrir et d’examiner différents aspects de l’étude qui prévalent dans le champ d’enquêtes, puis à organiser vos découvertes dans un modèle simple de grille 2X2. Chaque quadrant de la grille correspond à une lettre de l'acronyme SWOT. Cet acronyme signifie forces (strengths), faiblesses (weaknesses), opportunités (opportunities) et menaces (threats). Tableau 2 : Analyse SWOT issue de l’évaluation des étudiants Facteurs positifs Facteurs négatifs Diagnostic Interne Forces (Strengths ) Faiblesses (Weaknesses) • Présence des forêts en vertu de coutume et des ressources ; • Les enquêtés connaissent partiellement des limites des certaines forêts communautaires ; • Présences du Lac Ntomba et des Cours d’eau ; • Présence des routes de dessertes ; • Présences des infrastructures sociales de base ; • Présence des agences de transferts d’argent ; • Présence des APA. • Certains enquêtés reconnaissent • Faible connaissance de l’importances des forêts ; • Utilisation non rationnelle des forêts ; • Des forêts non cartographiées ; • Insuffisance des moyens logistiques appropriés pour la navigation et transport en commun ; • Des routes de dessertes en état de délabrement avancé ; • Produits de récoltes bénéficiant d'une demande limitée ; • Les enquêtés connaissent faiblement l’histoire de leurs forêts ; • Les enquêtés n’accordent aucune importance à l’histoire de leur foret. • Certains étudiants ignorent l’existence des 6678 l’importance accordée par les ancêtres à leurs forêts ; • Certains enquêtés reconnaissent que leurs ancêtres utilisaient la forêt beaucoup plus pour des usages fauniques (chasseurs), des produits forestiers non ligneux (ramassages, cueillettes). programmes du gouvernement relatif aux forets communautaires ; • Les enquêtés qui ignorent le rôle que jouer leurs ancêtres pour la protection de leurs forêts ; • Insuffisances d’informations relatives à l’existence des conflits forestiers depuis l’époque de leurs ancêtres ; Diagnostic Externe Opportunités(Opportunities) Menaces (Threats) • Présence des forêts, source de revenu ; • Présence du code forestier ; • Existence des textes légaux ; • Présence des opérateurs économiques ; • Présence des personnes instruites ; • Présence des OSC et Organisations non gouvernementales nationales et internationales ; • Les enquêtés n’ayant aucun intérêt de connaitre l’histoire de leurs forêts pour éclairer la religion au moments des conflits qui ont élu domicile dans leur Secteur. • Exploitation abusive des forêts ; • Extinction des espèces et des essences ; • Destruction de l’environnement ; • Changement climatique ; • Profanation des Sites sacrés ; • Un concurrent en forte croissance qui gagne des parts de marché ; • Baisse du pouvoir d'achat des paysans ; • Tracasseries administratives et policières ; • Absence des programmes adaptés pour la promotion de l’histoire culturelle chez les peuples Ntomba. Au regard de l’analyse ci-dessus, comme les informations sont présentées dans une grille facile à lire, l’analyse SWOT est donc des évaluations rapides et simples. Et une fois que tout est organisé, il est plus facile à évaluer. C’est une opportunité pour ces quatre communautés d’explorer le marché carbone et des financements climatiques. 12. Apports de l’étude Comprendre l'importance de la forêt communautaire et promouvoir sa gestion durable nécessite une approche globale qui intègre la famille, l'école et la société. Voici un plan didactique détaillé pour y parvenir, en suivant ce schéma tripartite : 12.1. Axe "Famille" : Sensibilisation et engagement au quotidien Objectifs: 6679 - Inculquer les valeurs de respect de l'environnement et de la forêt dès le plus jeune âge. - Encourager les pratiques familiales durables liées à l'utilisation des ressources forestières. - Faire des parents des acteurs clés de la promotion de la forêt communautaire. Suggestions et recommandations - Etant donné que populations locales de quatre CFCL sous étude sont des agriculteurs, ils ont besoin d’être encadrer à pratiquer des techniques et des méthodes à grande production avec moins d’espace. Cela pourra leur éviter à vouloir étendre leur espace dans la forêt et couper beaucoup plus des arbres. - Encourager les populations locales à constituer des associations d’entraide, des coopératives agricoles, … - Initier et encourager les populations à l’élevage et à la pisciculture. - Sensibiliser les communautés sur l’importance de la conservation de la nature et la lutte contre le changement climatique. Références • Rapport annuel de l’Administration territorial de Bikoro 2023 ; • Rapport narratif de l’Organisation Non Gouvernementale Go Conscious Earth (GCE) 2023 • Royer I. et Zarlowski P., : Méthodes de recherche en management, Dunod, Paris, 2024. • Sakata G., : Droit Forestier en République Démocratique du Congo, FAO, Rome, 2008 • Stratégie Nationale pour la Foresterie Communautaire 2016