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Vol. 3, No. 6, Novembre 2025 Ceci est un article en accès libre sous la licence CC BY-NC-ND. 1569 Revue Internationale de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (Revue-IRSI) ISSN: 2960-2823 L’IMPLANTATION DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE DANS LA BÉNOUÉ (NORD-CAMEROUN) DE 1946 À 1990 A.A. DOBA Docteur Abraham Doctorant en Histoire, Laboratoire Économie et Société, Ngaoundéré-Cameroun Résumé: Les missions chrétiennes s’installent progressivement dans la partie Nord du Cameroun à partir des années 1920. La présence des missionnaires catholiques quant à elle, est constatée de façon permanente par l’arrivée des pères Oblats et Jésuites en 1946. Malgré les difficultés rencontrées par ces derniers dans leurs premiers contacts avec les groupes humains locaux, la présente étude a pour objectif d’aborder la question de l’implantation de l’Église Catholique dans la Bénoué (Nord-Cameroun) de 1946 à 1990. Pour mener à bien ce travail qui s’est inscrit dans une double approche (qualitative et quantitative), nous avons en plus de la documentation, effectué des entretiens et des enquêtes auprès des personnes ressources et de la population. Le résultat des efforts consentis par les missionnaires catholiques permettent de mentionner la construction des centres missionnaires qui voient l’adhésion massive des populations à Garoua, Ndoudja, Pitoa, Bibémi, Ngong et Lagdo. Mots-clés : missions, Église catholique, implantation, Bénoué. Digital Object Identifier (DOI): https://doi.org/10.5281/zenodo.17697342 1 Introduction La présence de l’Église catholique au Nord-Cameroun et plus précisément dans la Bénoué, est l’œuvre des missionnaires Oblats de Marie Immaculée (OMI) arrivés le 6 novembre 1946 [1]. Partis de la France en août de cette même année, ces derniers avaient pour mission d’annoncer l’Évangile au Nord-Cameroun et dans le MayoKébi (Tchad) dans un territoire où ils rencontrent des populations adeptes des Religions Traditionnelles, de l’Islam et du Protestantisme. Afin d’être bien reçus par celles-ci et de mieux s’installer au milieu d’elles, ils entreprirent plusieurs stratégies. Ainsi, la mise en pratique des œuvres sociales et sanitaires fut une stratégie plus remarquée et plus efficace pour ouvrir la voie à l’Évangile et y assurer la présence de l’Église catholique. En ce sens, l’ensemble des actions sociales et sanitaires entreprises par les premiers missionnaires catholiques et ayant perduré jusqu’ici oriente cette thématique sur : « L’implantation de l’Église catholique dans la Bénoué (Nord-Cameroun) de 1946 à 1990 ». Le choix de ces dates est d’un intérêt majeur en ce qu’elles permettent de révéler l’évolution de l’œuvre accomplie par l’Église catholique dans le processus de son implantation. Le 06 novembre 1946, arrive le groupe des premiers missionnaires Oblats (Pères Michel Le Berre, Maurice Pillon, et aidés par le Frère Moysan) à Yelwa -Garoua où sera construite plus tard la Cathédrale Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Ils sont chaleureusement accueillis sur cette nouvelle terre par le petit groupe des chrétiens et catéchumènes en place. Le travail missionnaire consentit permettra alors d’étendre le champ missionnaire par la construction des stations missionnaires jusqu’au début de l’année 1990.
Revue Internationale de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (Revue-IRSI) – ISSN : 2960-2823 http://www.revue-irsi.com 1570 En ce sens, la présente étude s’interroge sur le processus d’implantation de l’Église catholique dans la Bénoué de 1946 à 1990. Le présent travail abordera ainsi les mobiles de l’œuvre missionnaire de l’Église catholique, le processus de son implantation et les heurts rencontrés. 2 Méthodologie 2.1 Présentation de la zone d’étude La Bénoué est l’un des départements de la région du Nord ayant pour chef-lieu Garoua[2]. Elle compte neuf (09) arrondissements et douze (12) communes. Les arrondissements parcourus dans le cadre de cette étude sont alors ceux de Garoua I, II et III, Lagdo, Tcheboa, et Touroua. Le climat est du type soudano-sahélien, caractérisé par une longue saison sèche allant du mois d’octobre à celui d’avril, et d’une courte saison pluvieuse s’étendant de mai à septembre. La mauvaise répartition des pluies dans le temps et dans l’espace est à relever d’une année à une autre, voire d’un mois à un autre. Ceci entraine alors non seulement des perturbations sur le calendrier agricole qui impacte le rendement provoquant des crises de famines, mais aussi le changement constant de climat et des températures déterminant la propagation des pathologies sur la population et sur les missionnaires qui arrivent dans cette partie du pays. Le Département est arrosé principalement par l’affluant de la bénoué, les rivières et les mayo. Ces cours d’eau rendent souvent difficiles l’accès d’une localité à une autre en saison de pluie. Ceci n’a pas rendu la tâche facile aux missionnaires dans leurs multiples voyages. Carte n°1 : Localisation de la zone d’étude La Bénoué est constituée d’une population d’environ 851 955 habitants, et une densité moyenne de 62,6 hab. /Km2. Les hommes sont représentés à 49,7%, et les femmes à un chiffre de 50,3% [3]. Plusieurs ethnies s’y sont implantées. Il s’agit des Fali, Bata, Tchamba, Foulbé, Mbororo, Haoussa, Kanouri, Daoyo, et des Arabes Choa. Les peuples venus de l’Extrême-Nord sont entre autre les Toupouri, les Mousgoum, les Moundang, les Massa, les Mafa, les Kapsiki, les Matal etc. Les ethnies venues de l’Adamaoua sont les Dii, les Mboum et les Gbaya. À ces ethnies, l’on peut ajouter celles venues de la partie méridionale du Cameroun dont les Bamiléké, les Bamoun, les Béti etc. Tandis que, les Sara, les Laka, les Gambayes et les Lélé sont arrivés du Tchad. On y retrouve également des populations venues du Mali, du Sénégal et du Niger. Le fulfuldé est la principale langue véhiculaire dans ce département. Les migrations spontanées et incontrôlées causées par plusieurs facteurs (la dégradation des conditions climatiques, des conditions de vie difficiles, des problèmes d’insécurité etc.), ainsi que les migrations internes marquées par le fait des pasteurs transhumants de façon saisonnière, justifient la mosaïque ethnique du département de la Bénoué. Ces mouvements de population seraient également l’une des causes de la persistance et de la propagation des maladies dans la Bénoué. Dans le domaine religieux, les confessions religieuses sont entre l’Islam, le Protestantisme et les religions Africaines face auxquelles le Catholicisme s’est heurté.
Revue Internationale de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (Revue-IRSI) – ISSN : 2960-2823 http://www.revue-irsi.com 1571 Les activités économiques sont celles de l’agriculture (coton, sorgho, maïs, riz, arachide, soja, haricot, sésame, ognon, patate etc.), de l’élevage (bovin, ovin, caprins, avicole), de la pêche (poissons frais, séchés et fumés), du commerce, du transport, de la transformation industrielle, de l’artisanat et des ressources naturelles. Ces secteurs d’activités sont alors des pôles de rencontres, d’échanges et de rapports entre les groupes humains [4]; ce qui facilite bien souvent la propagation du message évangélique par les missionnaires catholiques. Ils profitent de ces attroupements pour atteindre la population et leur annoncer l’Évangile 2.2 Type d’étude et population d’enquête La présente étude est à la fois qualitative et quantitative. Ce choix se justifie par le besoin d’obtenir le maximum d’informations qui puisse nous permettre de mieux comprendre le sujet d’étude. Pour ce fait, nous avons identifié plusieurs catégories d’acteurs dont le clergé apostolique (prêtres) du diocèse de Garoua, les personnels de la Coordination Diocésaine de Santé à Garoua, les fidèles de l’Église catholique et les populations locales. À cet effet, les enquêtes de terrain effectuées se sont basées sur des guides d’entretien préalablement conçus en fonction du type d’information recherchée ainsi qu’en fonction des catégories d’informateurs cités précédemment. La recherche et la consultation des sources écrites diverses telles que les ouvrages généraux et spécialisés, les thèses et les mémoires ont été possibles dans les centres de documentations suivants : les Bibliothèques de l’Université de Ngaoundéré notamment la Bibliothèque Centrale, Ngaoundéré Anthropos et la Bibliothèque de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines (FALSH), le Centre Africain de Partage et de Savoir (CAPS) et l’Alliance Culturelle Française (à Garoua). En plus des documents écrits cités plus haut, des livres obtenus dans la Bibliothèque personnelle de l’Abbé Tchimtchoua Philippe ont été exploités. La collecte des données sur internet ayant permis de constituer les sources électroniques du présent travail n’est pas à ignorer 2.3 Mode d’échantillonnage La collecte des informations d’ordre quantitatif et qualitatif a été faite à partir des questionnaires auprès de soixante-une (61) personnes dans les villes de Garoua (1,2, 3), Pitoa, Ngong, Lagdo et Touroua. Ces questionnaires ont porté principalement sur l’histoire de l’implantation de l’Église catholique dans la Bénoué. Sur la base des critères d’âges, de niveau d’étude et social, de lieu de résidence, nous avons fait une sélection des personnes devant participer à l’étude. Les entretiens réalisés pour la plupart en français et également en Fulfuldé (langue locale parlée en majorité dans la Bénoué) ont été menés de façon privées et semi-privées. 2.4 Méthode de traitement des données collectées En ce qui concerne l’analyse des données, nous avons procédé par une confrontation et une critique afin de trouver le noyau dur, car il y avait certaines informations ambiguës. À la suite de cette analyse des informations, nous avons employé deux approches à savoir celle synchronique et diachronique. L’approche synchronique a consisté à regrouper les faits et éléments en des centres d’intérêts. Quant à celle diachronique, elle a permis de reconstituer les faits étudiés en fonction de leur évolution. 3 Résultats de l’étude L’analyse des données collectées a permis de présenter les résultats ci-dessous que nous allons introduire sous formes interrogatives 3.1 Quels sont les mobiles de l’œuvre missionnaire de l’Église Catholique dans la Bénoué ? L’implantation de l’Église Catholique dans la Bénoué est justifiée par plusieurs raisons. Il s’agit entre autre de l’évangélisation et de la mission civilisatrice promue. 3.1.1. L’évangélisation L’évangélisation, est la mission du chrétien d’annoncer à tous, en tout lieu et dans le monde, la libération de l’homme par l’amour de DIEU manifesté en JÉSUS-CHRIST. Cette mission a pour objectif de rendre l’Église encore plus apte à annoncer l’Évangile à l’humanité de génération en génération selon le Pape Paul VI [5]. En effet, c’est à cet ordre de mission que répondent les premiers missionnaires venus en Afrique dans la seconde moitié du XIXe siècle. C’est donc l’appel du CHRIST à l’Église à travers le besoin du salut des hommes, qui réunit les missionnaires catholiques. Ceux-ci sont invités à le suivre et à prendre part à sa mission par la parole et par l’acte qui sera traduite dans le développement des œuvres de charités au travers d’une assistance aux personnes pauvres ainsi qu’aux nécessiteux. Aussi, la région du Nord (Cameroun) en général et la Bénoué en particulier ne sont point
Revue Internationale de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (Revue-IRSI) – ISSN : 2960-2823 http://www.revue-irsi.com 1572 en reste de cette entreprise missionnaire qui se voit obligée de mettre en œuvre des stratégies efficaces pour atteindre facilement les populations de cette partie du pays. 3.1.2. La mission civilisatrice La mission civilisatrice renvoie aux présupposés éthiques de l’entreprise coloniale française en Afrique et dans d’autres pays pendant la troisième république. Elle stipule la supériorité de la civilisation française sur toutes les autres civilisations et assigne aux français la tâche, ou plutôt la « mission » d’amener ces civilisations inférieures au niveau de la civilisation française [6]. Les États européens animés par l’impérialisme avaient une volonté de domination non seulement sur les territoires et leurs ressources, mais aussi sur les hommes qui y vivent. Cette volonté est alors accompagnée aussi d’une conviction résumée en la diffusion des valeurs de leur civilisation et est traduite en dix déclarations pour justifier la colonisation : coloniser au nom de DIEU ; coloniser pour doper l’économie ; coloniser pour voler les richesses de l’autre ; coloniser au nom de la providence ; coloniser au nom de la paix ; coloniser au nom de la nature humaine ; coloniser au nom de la race blanche ; coloniser au nom de la soumission à l’univers ; coloniser pour asseoir sa prédominance politique ; coloniser pour se mettre en rapport avec l’autre ; coloniser : une affaire d’argent [7]. La France en particulier se mit activement à cette vision. De Gaulle s’exprimant à l’ouverture de la conférence de Brazzaville (Congo 1944) déclare en ces mots : « La France a toujours eu une « vocation civilisatrice » et son génie s’est employé à élever patiemment des peuples jadis très arriérés » [8]. Pour ce faire, les missions chrétiennes sont associées par l’administration coloniale afin d’atteindre cette volonté. Ainsi, à l’occasion des cérémonies solennelles de départ des missionnaires OMI tenues du 21 au 28 juillet 1946, l’intérêt profond et incommensurable que portait à la fois la France religieuse et politique à cette mission a été révélé. Les personnalités civiles présentes à la cérémonie d’adieu exacerbèrent le patriotisme des missionnaires. Trois discours furent ainsi prononcés par ces autorités dont celui du député Lepez, encourage les missionnaires dans la promotion de la France. Ses propos à l’endroit des missionnaires partants stipulent : « Religieux français témoins de votre foi vous serez aussi les témoins de la France (…). Vous êtes des meilleurs fils de France ; mais vous allez témoigner. Il faut que la « France continue » ! Partez donc et que le sacrifice de vos martyrs soit sur votre apostolat la grande bénédiction ! [9] ». Ces propos laissent croire que cette mobilisation de la France politique autour des missionnaires OMI accompagnée des allocutions prononcées est une interpellation de ces derniers à l’intérêt de l’expansion de la civilisation française. Un grand espoir est alors placé sur les missionnaires pour véhiculer la mission civilisatrice de l’administration. Si pour les autorités religieuses, la primauté de l’implantation de la mission constitue l’enjeu majeur, il n’en demeure pas moins que pour les personnalités civiles, c’est l’instrumentalisation de la religion au service de la civilisation qui est mise en exergue. Ainsi, selon eux, à travers les missionnaires OMI, c’est la France patrie, la France « civilisée » et « civilisatrice » qui est représentée et donc, le Christianisme fut considéré comme valeur de cette civilisation occidentale. En ce sens, faisant un lien entre la mission évangélisatrice et la mission civilisatrice, le Pape Léon XIII écrit : « Mais, outre le souci de protéger la liberté, un autre souci plus grave touche de plus en plus près à notre ministère apostolique, qui nous ordonnes de veiller à ce que la doctrine évangélique soit propagée dans les régions de l’Afrique, où elle illuminera des clartés de la vérité divine, pour qu’ils deviennent avec nous participant du royaume de DIEU, les habitants de cette terre assis dans les ténèbres, entourés qu’ils sont d’épaisses superstitions. À ce soin, nous nous donnons avec d’autant plus d’énergies qu’ayant une fois reçues cette lumière, ils secoueront aussi loin le joug de la servitude humaine. En effet, partout où les mœurs et les lois chrétiennes sont en vigueur, partout où la religion a enseigné aux hommes à observer la justice et à honorer la dignité humaine, partout où s’est largement manifesté l’esprit de la charité que JÉSUS-CHRIST nous a enseignés, il ne peut plus subsister ni servitude, ni cruauté, ni barbarie, et tout au contraire, on voit fleurir l’aménité des mœurs et la liberté chrétienne ornée des œuvres de civilisation »[10]. Les missionnaires arrivés dans la région du Nord (Cameroun) trouvent des groupes humains, qui ont un mode de vie dit à « l’état nature » [11]. Cela renvoie à un mode de vie qui voit les hommes renfermés, ignorants et manquant d’instruction à la vie sociale en divers aspects. L’éducation fut alors le moyen ultime recouru par les missionnaires pour entreprendre la mission civilisatrice auprès des populations. Cette éducation passe aussi par la fondation des écoles au sein desquelles, des enseignements furent dispensés pour l’instruction et l’éducation des populations. Les femmes et les jeunes filles n’étaient pas en reste par l’éducation ménagère. Les réalités de vie étaient différentes concernant les populations locales rencontrées par les missionnaires catholiques dans la Bénoué. Ceci leur a valu la mise en œuvre de plusieurs stratégies pour mieux s’installer. Les stratégies les plus déterminantes sont entre autres l’inculturation, la formation d’un clergé, et le développement des œuvres sociales.
Revue Internationale de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (Revue-IRSI) – ISSN : 2960-2823 http://www.revue-irsi.com 1573 3.2 Quel fut le processus d’installation de l’Église catholique dans la Bénoué ? La première mission Catholique au Cameroun date de 1880. Conduite par le Père Heinrich Vieter, la première équipe est constituée du Père Georg Walter, le séminariste Klosternecht, les Frères Mohr, Hofer, Hermann, Ulrich, et Hierl partie de Hambourg le 1er octobre. Ces missionnaires Pallotins arrivent à Douala (Kameroun Stadt) dans la nuit du 24 au 25 octobre de la même année. Il faudra attendre 1935 pour que le Père Sourie parcours le septentrion du Cameroun. L’année 1946 est plutôt l’arrivée d’un nouveau jour pour la mission Tchad-Cameroun confiée aux Pères Oblats et Jésuites. Au début de l’année 1946, des démarches sont entreprises, des pourparlers ont lieu entre la congrégation de la propagande et les missionnaires OMI. Les Oblats ont eu la grande charge de préparer une équipe de missionnaires pour l’annonce de l’Évangile sur une terre nouvelle. La lettre de mission contient alors ceci : Très Révérend Père, D’ordre de mon supérieur Eminentissime, je m’empresse de communiquer à votre Paternité Révérendissime ce qui suit. Ces jours-ci, parvint à la Propagande un rapport du T.R.P. PROUVOST, visiteur Apostolique des missions Françaises en Afrique, au sujet de la Mission du Tchad. Le Révérend Père PROUVOST susnommé, après avoir parlé aux ordinaires de Foumban, Berbérati et Bangui, a suggéré l’érection d’une ou de deux Missions nouvelles. Comme par ailleurs, votre bien méritoire Congrégation de missionnaires et la Compagnie de Jésus, elles aussi, sont disposées à envoyer là-bas un nouveau personnel, ce Sacré Dicastère préfère le projet qui envisage l’érection de deux Missions avec telles modalités qui auront été communément arrêtées entre les deux Instituts Religieux intéressés. La première Mission devrait comprendre le territoire civil du Tchad qui n’appartient pas actuellement au Vicariat Apostolique de Foumban, celle-là est maintenant confiée aux Jésuites. La deuxième embrasserait tout le territoire septentrional du Vicariat Apostolique de Foumban, depuis le 6e parallèle de latitude Nord jusqu’au fleuve Méké, et depuis ce fleuve jusqu’à ses sources et de là par une ligne droite qui va jusqu’à la rivière qui se jette dans le Mbam et qui touche les frontières de la Nigéria Anglaise au 7e parallèle. Cette Mission est maintenant confiée à vos Pères. La Propagande concède, en outre, au Supérieur que vous donnerez au groupe de missionnaires partants, la qualité de Supérieur Ecclésiastique de cette région avec les facultés de la formule mineure. Il est bien entendu que la Mission tout en n’étant pas encore canoniquement érigée, pour l’instant doit être considérée comme indépendante de la juridiction de Son Excellence le Vicaire Apostolique de Foumban. De semblables dispositions ont été transmises au T.R.P. Vicaire Général de la Compagnie de Jésus, pour le territoire confié à ses Pères. Sur place, les Missionnaires de l’un et de l’autre Institut détermineront exactement les limites définitives des futures Missions à ériger canoniquement afin de les soumettre ensuite à l’examen et au jugement de la Sacrée Congrégation. Assuré que vos Pères si zélés sauront travailler là-bas avec un saint enthousiasme, je profite volontiers de l’opportunité pour me dire, avec des sentiments de respectueux dévouement[12]. Le Père Hilaire Balmès qui dirige la Congrégation désigne alors quatorze jeunes missionnaires qui constituent l’équipe de la « Mission Tchad-Cameroun ». Cette équipe est ainsi constituée des Pères Yves Plumey, Honoré Jouneaux, Gabriel Renault, Albert Juillé, Léon Robert, Elie Bève, Michel Le Berre, Jean-Claude Zeltner, Georges-Hilaire Dupont, Yves Jocteur-Monrozier, François Batard, Maurice Pillon, les Frères Albert Moysan et Gustave Dumenil. Ils reçoivent leur ordre de Mission en mars 1946 et partent aussi tôt pour l’Afrique avant la fin de l’année. Cette équipe embarque de la France en août 1946 pour fouler la première fois leur territoire de mission le 27 octobre 1946 par Meiganga où leur première messe dans la partie septentrionale du Cameroun est célébrée. Malgré leur nombre très réduit pour ce vaste territoire, cette équipe de missionnaires OMI opte pour la stratégie de quadrillage du terrain à travers l’occupation systématique des grands centres d’influence au départ [13]. Lorsque les missionnaires OMI arrivent au Cameroun, ils foulent premièrement les terres de l’Adamaoua. Ils partiront alors pour la région du Nord (Cameroun) où ils sillonneront les terres de Garoua, de Ndoudja (Tinguelin), de Pitoa, de Ngong, de Lagdo et de Bibémi. 3.2.1. À Garoua-Ndoudja Le 06 novembre 1946, arrive le groupe des premiers missionnaires Oblats à Garoua. Chaleureusement accueillis sur cette nouvelle terre par le petit groupe des chrétiens et catéchumènes que le Père Lequeux avait déjà mis en place pendant ses tournées, ils s’installeront à Yelwa. L’organisation et la répartition de ces premiers
Revue Internationale de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (Revue-IRSI) – ISSN : 2960-2823 http://www.revue-irsi.com 1574 missionnaires maintiendront à Garoua les Pères Michel Le Berre et Maurice Pillon, aidés par le Frère Moysan en attendant progressivement les prochaines équipes des Prêtres et Frères qui viendront en renfort à la mission. L’organisation de la mission de Garoua est confiée au Père François Batard qui la fit avec énergie, savoir-faire et dévouement. Il faudra attendre la date du 1er février 1947 pour voir la mission ériger par le Saint-Siège en Préfecture Apostolique. Il œuvre pour le développement de cette mission sur tous les plans selon les directives de la Préfecture Apostolique de Garoua confiée au Père Yves Plumey, lesquelles directives se résumèrent en quatre priorités : le contact avec le pays et les populations, la formation des chrétiens, la création des écoles et des œuvres sociales, sans perdre de vue les bonnes relations entre les missionnaires. Dès lors à Garoua, l’école catholique s’agrandit et accueille un nombre important d’enfants, le nombre des catéchumènes augmente, un bâtiment de la procure voit le jour pour l’accueil et la résidence du préfet apostolique jusqu’à l’achèvement de la construction de l’Archevêché en 1960. La mission dans la ville de Garoua s’élargit et se projette déjà vers le massif du Tinguelin. En 1986, 14.600 fidèles et 1.130 catéchumènes sont enregistrés. La mission de Ndoudja devint une réalité avec l’arrivée du Père Paul Cuisy à la fin de l’année 1949 et nommé responsable de la mission. Mais il faudra attendre l’arrivée du Père Ballière en 1951 et du Père Jacques de Bernon en 1953. Ces derniers se mirent au travail pour prévoir l’ensemble d’une œuvre indispensable qui se résume en des soins apportés aux malades, l’instruction et l’éducation des enfants à l’école. Cette mission sera aussi une base de départ pour visiter les autres secteurs habités par les Falis. En 1956, l’on dénombre une centaine de catéchumènes. Les Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus de Saint-Jacut jouèrent un rôle déterminant dans l’implantation de la mission dans cette partie de la région. Engagées aux actions sociales d’éducations féminines et des soins de santé, elles n’ont cessé de travailler avec dévouement et sacrifice. 3.2.2. À Pitoa-Bibémi Sur la route de Maroua, de chaque côté de la route, s’étend le village de Pitoa à dix-huit kilomètres de Garoua. Comme tout ailleurs, le missionnaire de Ndoudja entrepris un enseignement religieux de la foi chrétienne qui sera poursuivi par le Père Lucien Le Calve. Sans s’écarter des efforts entrepris par les maîtres français du temps de la France au Cameroun, une contribution à l’éducation des jeunes de la localité fut une préoccupation majeure. En 1977, l’on comptait environ 605 fidèles et 913 catéchumènes. Les missionnaires sont accompagnés par la présence des Sœurs Africaines de Shishong consacrées à l’animation féminine, au catéchisme et aux divers soins de santé aux populations[14]. Située au sud de Guider à cinquante kilomètre de Garoua, Bibémi est visité en 1970 par le Père Jozef Leszczynski. Les chrétiens sont regroupés à Bouba-Ibi où, la messe est célébrée un dimanche sur deux. Il faudra attendre 1978 pour l’ouverture d’un espace de culte à Bibémi avec la permission du Lamido. La mission confiée aux Oblats polonais était alors sous la direction du Père Paul Michalak accompagné de Neuf missionnaires qui ont travaillé avec énergie et méthode pour assurer à ce vaste secteur un secteur pastoral. En 1986, l’on comptait 3.253 fidèles, 3.119 catéchumènes. Ces missionnaires sont accompagnés par les Sœurs Missionnaires de l’Immaculée de Milan qui se sont données aux diverses œuvres sociales ayant favorisé l’installation de la mission. 3.2.3. À Ngong-Lagdo La mission de Ngong commence chez les Batas habitant le village de Sanguéré sur la route de Ngaoundéré. Une messe regroupant un nombre important de catéchumènes est tenue chaque dimanche. À quarante kilomètre de Garoua dans la localité de Ngong, le Père Henri Moelle va œuvrer non seulement dans l’annonce de l’Évangile, mais aussi pour le développement des projets du gouvernement orientés dans la mise en valeur des populations locales, notamment dans le développement agricole, éducatif, sanitaire etc. La mission dans cette localité va connaître un développement rapide constituant en 1983, 1500 fidèles. Le Père Henri Moelle se chargea également du vaste territoire de Lagdo auquel il repend l’Évangile et engage des projets agricoles, de construction d’un dispensaire, ainsi ceux liés à l’éducation des jeunes. En 1983, l’on dénombrait 3.200 fidèles, et 1.390 catéchumènes. Le processus d’installation de la mission catholique dans la Bénoué se fit alors principalement dans les différentes localités de Garoua, Ndoudja, Pitoa, Bibémi, Ngong et Lagdo. Cette installation ne s’est point faites sans heurts, car certaines religions y existaient bien avant l’arrivée des Pères OMI. 3.3 Quels sont les heurts dans le processus d’implantation de l’Eglise catholique dans la Bénoué ? En effet, la rencontre des missionnaires avec les groupes humains dans la Bénoué ne fut point aisée, car ils y trouvent d’une part des populations qui pratiquent déjà une croyance qu’ils appellent « Animisme ». Ce qui a rendu difficile les premiers contacts avec les catéchumènes qui expriment à la fois le désir d’appartenir à la congrégation missionnaire et la pratique de leur religion traditionnelle dont la spiritualité est marquée par le fétichisme, le totémisme, le paganisme, le panthéisme, le polythéisme, le culte des ancêtres, le culte des esprits, la sorcellerie.
Revue Internationale de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (Revue-IRSI) – ISSN : 2960-2823 http://www.revue-irsi.com 1575 D’autre part, la rencontre avec les groupes humains pratiquant l’Islam conduit à des moments de tensions entre les missions et les chefs musulmans. S’ils ont accepté le développement des œuvres sociales (écoles et dispensaire), ils n’aiment pas l’évangélisation. Il n’en demeure pas moins des heurts environnementaux traduits par des conditions climatiques rudes, des morsures de serpents, des chemins pénibles suite auxquels d’autres succombaient, des problèmes de logement, d’électricité, d’alimentation, d’eau qu’ils ont su braver pour s’implanter dans cette partie du pays[15]. 4 Discussion L’histoire des missions chrétiennes en Afrique est indissociable des œuvres sociales traduites par les actions éducatives et médicales. C’est ce qui justifie la dotation de chaque station d’un dispensaire de même qu’elle se doit une institution scolaire. Ces œuvres constituent à ce titre, un moyen efficace d’évangélisation[16]. Face à la limite de l’État de garantir un bien-être social aux populations locales de la Bénoué, l’Église catholique y a investie en ce sens. Le souci de soulager la souffrance des défavorisés, la prise en charge des malheureux font incontestablement partie de l’enseignement social de l’Église catholique. Cependant, derrière ce sentiment de générosité et de charité, on peut lire la volonté d’étendre son influence dans les localités où elle s’installe particulièrement par l’installation des formations sanitaires et des écoles. En effet, les premiers missionnaires catholiques arrivent au Nord (Cameroun) et plus précisément dans la Bénoué, avec une motivation de conquérir les nouvelles terres par l’Évangile. L’œuvre missionnaire étant ainsi fondée sur l’évangélisation, la congrégation des prêtres diocésains a dû d’abord utiliser la stratégie des œuvres sociales au sein des populations comme moyen de prosélytisme pour asseoir son image sociale auprès de ces dernières. Ceci, afin de gagner leur confiance et faciliter leur conversion au catholicisme. Cela est d’autant plus remarquable lorsque ces derniers obtiennent des vastes parcelles de terre sur lesquelles ils s’installent en fondant une Église, un couvent près desquels sont très souvent adjointes leurs formations sanitaires et leurs écoles [17]. Au-delà de ce point de contact qu’offrent les œuvres sociales, ces structures sont des lieux de propagande de la foi chrétienne catholique, et de la valorisation des vertus du Christianisme. En effet, les missionnaires et les religieuses ont utilisé leur activité pour transmettre leur discours apostolique. Leur action reçoit généralement la faveur des populations et cela est dû à la qualité d’accueil et d’organisation, renforcées par une ambiance singulière, le succès des soins catholiques, et l’accompagnement psychologique qui poussent les populations à opter pour leurs structures [18]. Dans chacune des écoles et formations sanitaires, une séance de prière et de méditation des saintes écritures collective est tenue en début de semaine avec le personnel, ainsi qu’avec ceux qui s’y trouvent. Le Cardinal Lavigerie rappelait aux missionnaires ces propos : « Gardons-nous de nous faire appeler médecins. Nous ne sommes pas des médecins, mais des hommes de prière, des serviteurs de DIEU » [19]. Ce qui laisse croire que, la religion prend prétexte de la souffrance pour pénétrer le monde profane. Elle y trouve un incitatif à un missionnerait créatif. La gestion de la souffrance qui interpelle tant le religieux que les religions profitent alors de la maladie comme champ d'intervention. Autrefois, des pratiques populaires ont souvent été jugées incompatibles avec les valeurs religieuses chrétiennes. Ce qui conduisait à des attitudes de refus de certains missionnaires ou sœurs, de soigner des individus qui montraient par le port des amulettes leur attachement à des pratiques religieuses africaines vues comme du « fétichisme ». Cette propagande de la foi catholique se traduit aussi par la présence des statuettes de la « sainte vierge Marie » érigée au sein de leurs structures scolaires et sanitaires. Tout ceci justifie alors, la pleine volonté de l’Église catholique de s’imposer au plan religieux par le Catholicisme. C’est ce que Jean Pirotte révélait aussi en ces termes : « De plus en plus, les missions intégrèrent leurs objectifs d'évangélisation dans des tâches parfois très spécialisées, notamment l'éducation à l'hygiène, la création de dispensaires et d'hôpitaux. Parmi les méthodes d'approche des populations, l'attention portée aux problèmes de santé ne peut être négligée »[20]. Au lendemain de l’indépendance acquise en 1960, le rôle des autorités confessionnelles reste fondamental dans l’établissement d’une politique de soins effective et efficace. En effet, face aux déficiences de l’action médicale étatique, l’Église catholique continue de jouer un rôle supplétif. Ce qui lui permet progressivement de s’implanter où elle n’y est pas encore et de répandre la foi catholique par la mission et les œuvre sociales. 5 Conclusion La Bénoué garde le souvenir du courageux et très difficile travail missionnaire entrepris par les missionnaires OMI dans des conditions climatiques et d’intendance souvent très dures. Ceux-ci tracent les premiers chemins et ouvrent la voie à l’Église en ces territoires où elle n’était pas présente. Installée depuis 1946 dans cette partie du pays, l’Église catholique a dû entreprendre des actions sociales dans le domaine de l’éducation et de la santé comme une approche pour atteindre les populations locales. Il est sans ignorer que, les mobiles de leur implantation
Revue Internationale de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (Revue-IRSI) – ISSN : 2960-2823 http://www.revue-irsi.com 1576 justifiés par l’évangélisation et la promotion de la civilisation occidentale les poussent au-delà de la mise en œuvre des actions sociales, à l’adoption des stratégies telles que l’inculturation, la formation d’un clergé local pour gagner la confiance des populations. Le processus de leur implantation qui leur permet de fonder des stations de mission dans les localités de Garoua, Ndoudja, Pitoa, Bibémi, Ngong et Lagdo n’a pas été sans heurts. Car les missionnaires font face à une population ancrée à aux Religions Traditionnelles et à l’Islam, suscitant bien souvent des tensions. Bien plus, les conditions climatiques rudes, les multiples contraintes environnementales ne sont pas en reste dans ces heurts. Peu à peu, l’Église catholique finit par se répandre de la Bénoué jusqu’aux quatre coins de la région du Nord entière. REFERENCES [1] Y. Plumey, Mission Tchad-Cameroun : L’annonce de l’évangile au Nord-Cameroun et au Mayo-Kébbi, Trinita, Editions Oblates, 1990. [2] https://fr.wikipedia.org/w/index.Régions_du_Cameroun=166333400. [3] Annuaire statistique du Cameroun, « Institut National de la Statistique », Yaoundé-Cameroun, 2016, https://www.google.com/url?q=http://slmp-550-104. [4] R. Todou Avaika, , « L’identité ethnique et le vivre ensemble à Garoua entre 1924 et 2017 », Département d’Histoire Université de Ngaoundéré, Ngaoundéré, Cameroun, 2018. [5] https://fr.m.wikipedia.org/wiki/evangelisation. [6] R. Pernille et L. Marion, « L’Economie politique en France et les origines intellectuelles de la mission civilisatrice en Afrique », La Découverte, Vol 1, N°44, pp.1-35, Dec. 11, 2012. http://www.cairn.info/revue-dixhuitiemme-siecle-2012-1-p.htm. [7] S. Mbocké, , « Le rôle des missionnaires à l'époque coloniale ? », Africa Maat, Sept. 18, 2005. http://www.bonabéri.com/article.php?aid=1520. [8] L. Gbagbo, Réflexion sur la conférence de Brazzaville, Editons Clé, Yaoundé, 1978. [9] G. Deussom, Noubissié, « Catholicisme, forces politiques au Nord-Cameroun : instruments de transformation sociale de l’origine au XXe siècle », Thèse de Doctorat en Histoire, Université de Ngaoundéré, Ngaoundéré, Cameroun, 2005. [10] http://www.archives.org/détails/lettresapostoliq06cath. [11] Y. Plumey, Mission Tchad-Cameroun : L’annonce de l’évangile au Nord-Cameroun et au Mayo-Kébbi, Trinita, Editions Oblates, p.2, 1990. [12] Y. Plumey, Mission Tchad-Cameroun : L’annonce de l’évangile au Nord-Cameroun et au Mayo-Kébbi, Trinita, Editions Oblates, p.149, 1990. [13] Y. Plumey, Mission Tchad-Cameroun : L’annonce de l’évangile au Nord-Cameroun et au Mayo-Kébbi, Trinita, Editions Oblates, p.171, 1990. [14] Y. Plumey, Mission Tchad-Cameroun : L’annonce de l’évangile au Nord-Cameroun et au Mayo-Kébbi, Trinita, Editions Oblates, p.269, 1990. [15] Entretien avec ludwikiem Stryczkiem, Figuil, le 18 janvier 2023. [16] J. M. Ela, « Les ancêtres et la foi chrétienne : Une question africaine », Concilium, N°122, pp 47-64, 1977. [17] Elikia M’bokolo, L’éveil du nationalisme : l’Est africain au XIXe et au XXe siècle, ABC, Paris, 1978. [18] Entretien avec Oumarou Teri, Touroua, le 18 septembre 2020. [19] J. M. Bouron, « Le paradigme médical en milieu catholique : offre sanitaire missionnaire et demande de santé en Haute-Volta (actuel Burkina Faso) », Histoire et missions chrétiennes, Vol 1, n° 21, pp.103-136. 2012. [20] J. Pirotte, « Les stratégies missionnaires du XIXe au début du XXe siècle Une mise en perspective générale de l’intérêt pour les missions du grand nord canadien », Études d'histoire religieuse, Canada, Vol. 62, pp.9-29, 1996.