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Document cadre sur la réussite étudiante

Bolduc, Simon; Beaulieu, Maryse; Dubé, Esther

Abstract

Ce document-cadre propose une définition de la réussite étudiante visant à développer une compréhension commune des enjeux qui lui sont propres, à appuyer le développement d’axes de travail au SSF et à favoriser la mutualisation des initiatives institutionnelles pour en faire un projet collectif.

Full text

Document cadre sur la réussite étudiante Par Simon Bolduc, Maryse Beaulieu, Esther Dubé Conseiller et conseillères en pédagogie universitaire Service de soutien à la formation Université de Sherbrooke Bolduc, S., Beaulieu, M. et Dubé, E. (2025). Document cadre sur la réussite étudiante. Service de soutien à la formation, Université de Sherbrooke. Sous licence CC BY. 1 Bolduc, S., Beaulieu, M. et Dubé, E. (2023). Document cadre sur la réussite étudiante. Service de soutien à la formation, Université de Sherbrooke. Sous licence CC BY 4.0. Contributions Ce document est une production du Service de soutien à la formation, Université de Sherbrooke. Cette version a été révisée en août 2025. Recherche : Simon Bolduc Rédaction : Simon Bolduc, Maryse Beaulieu et Esther Dubé Conception graphique et mise en page : Maryse Beaulieu et Esther Dubé Illustration en couverture : Illustrateur Rochak Shukla, distribution Freepik Révision linguistique : Esther Dubé, Maryse Beaulieu Pour citer ce document : Bolduc, S., Beaulieu, M. et Dubé, E (2025). Document cadre sur la réussite étudiante. Service de soutien à la formation, Université de Sherbrooke. Sous licence CC BY Ce document est rendu disponible selon les termes de la Licence CC BY 4.0 Vous êtes autorisé à : • Partager – Copier, distribuer et communiquer le matériel par tous moyens et sous tous formats. • Adapter – Remixer, transformer et créer à partir du matériel. Selon les conditions suivantes : • Paternité – Vous devez citer le nom des auteurs originaux en toutes circonstances. 2 Bolduc, S., Beaulieu, M. et Dubé, E. (2023). Document cadre sur la réussite étudiante. Service de soutien à la formation, Université de Sherbrooke. Sous licence CC BY 4.0. TABLE DES MATIERES TABLE DES MATIERES ................................................................................................................................................ 2 LA RÉUSSITE ÉTUDIANTE : UN APPEL À LA COLLABORATION ................................................................................... 3 1. CINQ PRINCIPES D’ACTION ................................................................................................................................ 5 1.1. Neuf constats tirés de la littérature scientifique ......................................................................................6 1.2. Pertinence d’une pédagogie de la première année ..................................................................................7 2. INDICATEURS DE LA RÉUSSITE ÉTUDIANTE ....................................................................................................... 8 2.1. Indicateurs sur la transition inter-ordre....................................................................................................9 2.2. Indicateurs sur le soutien aux personnes étudiantes appartenant à un groupe minoritaire ................ 10 2.2.1. Provenance de l’international ou issue de l’immigration récente .................................................... 10 2.2.2. Responsabilités parentales ................................................................................................................ 10 2.2.3. Situation de handicap autodéclarée ou ayant des besoins particuliers ............................................ 11 2.3. Indicateurs sur les structures d’intégration sociale et académique ...................................................... 11 2.3.1. Cohérence institutionnelle ................................................................................................................ 11 2.3.2. Caractéristiques socio-environnementales ....................................................................................... 11 2.3.3. Intégration sociale ............................................................................................................................. 11 2.3.4. Réussite académique ......................................................................................................................... 12 2.4. Conditions de réussite en lien avec le personnel enseignant et l’institution ........................................ 12 2.4.1. Développement pédagogique du personnel enseignant .................................................................. 12 2.4.2. Intégration à une « communauté académique » .............................................................................. 13 2.4.3. Services facultaires ou institutionnels ............................................................................................... 13 3. RÉFÉRENCES..................................................................................................................................................... 14 3.1. Références dans ce document ............................................................................................................... 14 3.2. Autres références consultées................................................................................................................. 16 3 Bolduc, S., Beaulieu, M. et Dubé, E. (2023). Document cadre sur la réussite étudiante. Service de soutien à la formation, Université de Sherbrooke. Sous licence CC BY 4.0. Document cadre sur la réussite LA RÉUSSITE ÉTUDIANTE : UN APPEL À LA COLLABORATION Ce document présente un positionnement sur une stratégie en réussite étudiante avec l’objectif d’orienter les interventions du Service de soutien à la formation (SSF). Il s’agit d’un état des lieux non exhaustif indiquant les grandes lignes de ce que la recherche nous apprend à ce jour sur l’enjeu de la réussite étudiante en enseignement supérieur. Il contient deux sections. Une première section précise cinq principes d’action favorables à une réussite étudiante en enseignement supérieur. Ces principes d’action correspondent à des points de repère permettant d’embrasser les multiples composantes de l’enjeu de la réussite étudiante. Une deuxième section s’appuie sur la littérature scientifique et présente des dimensions qui permettent de documenter des aspects spécifiques de la réussite pour approfondir sa compréhension du phénomène. Ces différentes dimensions sont organisées en quatre axes. Ce document vise à développer une compréhension de l’enjeu de la réussite et, bien sûr, sert à appuyer le développement des axes de travail de l’équipe du Service de soutien à la formation (SSF). Sa rédaction répond à un désir de mutualisation pour faire de la réussite étudiante un projet collectif. Pour ce faire, ce document cadre répond à l’observation de Mikaël De Clercq de l’Université catholique de Louvain : « Il est frappant de constater que les différents acteurs de la réussite collaborent peu. Ce manque de communication engendre des redites, la répétition d’erreurs du passé et une baisse générale de l’efficacité dans nos interventions. Une meilleure mutualisation des connaissances permettrait d’arrêter de “réinventer la roue” et de profiter ensemble des compétences complémentaires de chacun des acteurs. » (De Clercq, M., 2019, p.3) Dans la mesure où toute la communauté UdeS travaille à la réussite étudiante, le partage des ressources et la mise en commun des initiatives qui se vivent sur nos campus seraient un premier pas pour soutenir encore mieux toute la communauté étudiante. Nous souhaitons que ce document cadre puisse contribuer à cette mutualisation des initiatives. 4 Bolduc, S., Beaulieu, M. et Dubé, E. (2023). Document cadre sur la réussite étudiante. Service de soutien à la formation, Université de Sherbrooke. Sous licence CC BY 4.0. Avant tout, définir la réussite étudiante La réussite étudiante 1 concerne l’engagement et la participation de la personne étudiante au sein d’une communauté d’apprentissage contributive au développement de compétences de haut niveau menant à la fois à l’accomplissement de son projet personnel d’études et à l’atteinte de son plein potentiel. 2 Cette définition met l’accent sur trois composantes qui sont centrales dans une stratégie institutionnelle qui valorise la réussite étudiante. Premièrement, la composante collective de la réussite où il est question d’assurer l’adaptation sociale et académique des personnes. En effet, même si on sait que les efforts individuels représentent une facette importante de la réussite, les facteurs familiaux, éducatifs et sociaux sont également déterminants (ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, 2017). Cette composante collective de la réussite d’une personne suppose qu’elle puisse participer activement à la communauté universitaire, sur les plans académique et social. D’ailleurs, dans leur révision du modèle de Tinto (1987) de la persévérance étudiante en enseignement supérieur, Qvortrup et Lykkegaard (2022) insistent sur l’importance de se centrer sur la conception des environnements d’apprentissage pour améliorer l’expérience institutionnelle des personnes étudiantes. Pour ce faire, les auteurs décrivent comment les pratiques pédagogiques peuvent faciliter autant l’intégration des personnes au sein de leur communauté disciplinaire (academic system) que l’intégration sociale (social system). Le but étant de développer chez la population étudiante un sentiment d’appartenance à la communauté universitaire pour favoriser l’adaptation au milieu. Deuxièmement, la composante développementale où les efforts investis, l’acquisition de connaissances, d’habiletés cognitives, métacognitives et socioaffectives (Vasseur, 2015) ainsi que le développement de compétences sont au service de l’atteinte du plein potentiel de la personne. Il n’est pas rare que la réussite scolaire véhicule l’idée principale de performance dans le but d’obtenir une certification (CAPRES, 2018). Sans évacuer cette finalité, la réussite peut être perçue bien plus largement comme un processus où « les étudiants réussissent chaque fois qu’ils franchissent avec succès un obstacle ou un seuil critique, qui jalonnent inéluctablement leur projet d’études, de l’étape de l’accès à l’université jusqu’à l’insertion socioprofessionnelle au terme des études » (CSÉ, 2010). De fait, la composante développementale souligne que la réussite est progressive et qu’elle se traduit en continu durant toute le parcours d’études. Troisièmement, la composante personnelle où nous avons au cœur du parcours étudiant un projet d’études unique à chaque personne. Le projet d’études se veut personnalisé et évolutif. En effet, en parallèle à l’enjeu d’adaptation à l’environnement universitaire, la personne étudiante fait aussi face à l’enjeu de construire un 1 Définition inédite inspirée de la définition de la réussite étudiante du Conseil supérieur de l’Éducation (2010, p. 61), à laquelle nous avons ajouté la dimension collective de la réussite. 2 Ici, le terme plein potentiel équivaut au concept de « développement sur les plans professionnel, artistique, scientifique, culturel, civique et personnel » qui est utilisé dans la définition du CSÉ (2010). 5 Bolduc, S., Beaulieu, M. et Dubé, E. (2023). Document cadre sur la réussite étudiante. Service de soutien à la formation, Université de Sherbrooke. Sous licence CC BY 4.0. projet professionnel clair qui soit en cohérence avec les autres sphères de sa vie (De Clercq et al., 2022). Que la personne étudiante poursuive une formation professionnalisante ou non, sa formation universitaire constitue une rampe de lancement vers sa vie future. Quel que soit le domaine choisi, la personne étudiante doit voir que sa formation la prépare aux défis qui l’attendent, qui seront certes professionnels, mais aussi scientifiques, culturels, civiques et personnels. L’environnement universitaire axé sur la réussite doit accompagner la personne étudiante à concilier ce double enjeu d’adaptation et d’orientation (De Clercq et al., 2022) en amenant la personne étudiante à clarifier et à communiquer ses attentes envers son projet d’études, et ce, en continu. Aussi, en intégrant des apprentissages expérientiels tôt dans tous les programmes pour favoriser l’autonomie de la personne étudiante, son engagement et le développement de compétences transversales nécessaires toute sa vie durant (UNESCO, 2017), comme la communication interpersonnelle, la réflexivité, la collaboration, se donner le droit à l’erreur, se connaitre et à se positionner. Finalement, cette définition a l’avantage de se centrer sur le projet d’études de chaque personne étudiante. Ce faisant, la réussite est considérée comme « un parcours progressif nécessitant un équilibre délicat entre les différents déterminants de la réussite » (De Clerq et al., 2018, p. 12). Ces déterminants de la réussite sont autant de conditions facilitatrices pour l’aboutissement de tous les projets d’études portés par l’ensemble de la population étudiante. 1. CINQ PRINCIPES D’ACTION La réussite étudiante est multidimensionnelle, ce qui explique que nous retrouvons dans la littérature scientifique de nombreuses listes d’indicateurs et de facteurs propices à la réussite du plus grand nombre. Bien que ces listes puissent être utiles, comme le démontre la deuxième section du document cadre, notamment, pour intervenir sur des enjeux ciblés, elles aident peu à établir des stratégies institutionnelles se voulant structurantes et contextualisées à la diversité des réalités facultaires et départementales. De manière à aborder stratégiquement la complexité de l’enjeu de la réussite étudiante et de mener des actions structurantes, cinq principes d’action ont été élaborés. Ces principes reposent sur une analyse des éléments clés qui ressortent d’une recension des écrits en réussite étudiante en enseignement supérieur. Cinq grands principes pour guider nos interventions : 1. Principe de prévention : Concentrer nos interventions principales vers des moments clés du parcours étudiant : cibler les moments de transition. En ce sens, la première année universitaire est charnière. 2. Principe d’intervention systémique : Tendre vers une approche systémique, limiter les actions périphériques et privilégier le développement d’une approche programme en réussite. 3. Principe d’engagement : Considérer les pratiques pédagogiques comme des vecteurs d’intégration disciplinaire et sociale : favoriser des pédagogies qui suscitent l’engagement des personnes étudiantes. 6 Bolduc, S., Beaulieu, M. et Dubé, E. (2023). Document cadre sur la réussite étudiante. Service de soutien à la formation, Université de Sherbrooke. Sous licence CC BY 4.0. 4. Principe d’appartenance : Susciter des interactions constructives entre les personnes enseignantes et les personnes étudiantes, ainsi qu’entre les personnes étudiantes entre elles. Créer des relations programmepersonnes étudiantes mutuellement significatives. Se fonder sur des rétroactions régulières afin de permettre autant aux personnes étudiantes qu’au personnel enseignant de s’ajuster. 5. Principe d’autodétermination : Favoriser une prise en charge du projet d’études par les personnes étudiantes. Consulter la version interactive Cinq principes d’action pour la réussite de Dubé, E (2023). 1.1. NEUF CONSTATS TIRÉS DE LA LITTÉRATURE SCIENTIFIQUE Les cinq principes d’actions reposent sur une analyse des principaux indicateurs de la réussite étudiante (deuxième section) et de neuf constats tirés de la littérature scientifique. Ainsi, en complémentarité aux indicateurs, qui précisent davantage ce qui nous permet d’étudier la réussite et de cibler des groupes minoritaires aux besoins particuliers, les neuf constats informent davantage sur les stratégies ou les conditions à mettre en place pour créer des environnements d’apprentissage favorables à la réussite étudiante. Voici les neuf constats tirés de notre recension des écrits : 1. Prendre en compte que les premières semaines ont un effet déterminant sur la réussite et la persévérance (Van Herpen, Meeuwisse, Hofman et Severiens, 2020 ; De Clerq, Michel, Remy et Galand, 2019). 2. Cibler de manière précoce les personnes étudiantes à risque (Dupont et al., 2015 ; Tinto, 2006 ; Vasseur, 2015). 3. Enquêter pour savoir pourquoi les personnes abandonnent (Manyanga et al. (2017), car l’élaboration de stratégies efficaces de prévention exigence un portrait clair des personnes qui abandonnent prématurément (Bean, 2005 ; Crosta, 2013 ; Dupont et al., 2015). Également, il est important de rester vigilant lorsque nous faisons référence aux taux d’abandon et d’échec. Certaines personnes étudiantes peuvent simplement se réorienter (Dupont et al., 2015, p. 127). 4. Tenir compte de la diversité de la population étudiante, car les besoins d’aujourd’hui sont différents de ceux des cohortes précédentes (Levine et Dean, 2012, cité par Manyanga et al., 2017). 5. Adopter une approche intégrée, en évitant de privilégier des actions périphériques (ex. formation hors programme sur les méthodes de travail). Considérer plutôt le rôle d’intégration que joue l’environnement d’apprentissage de proximité et d’engager pleinement le personnel enseignant et d’encadrement auprès de la communauté étudiante (Tinto, 2000). Miser aussi sur l’engagement social des personnes étudiantes pour soutenir leur intégration (Booth et al. 2014). 6. Considérer la diversité des acteurs : la réussite étudiante concerne autant les caractéristiques des personnes étudiantes que celles de l’institution, du personnel enseignant et d’encadrement, que des pratiques d’enseignement (Dupont et al., 2015). 7. Se fonder sur des rétroactions régulières bidirectionnelles pour permettre des ajustements en continu autant pour les personnes étudiantes qu’enseignantes (Tinto, 2000). 7 Bolduc, S., Beaulieu, M. et Dubé, E. (2023). Document cadre sur la réussite étudiante. Service de soutien à la formation, Université de Sherbrooke. Sous licence CC BY 4.0. 8. Créer des relations entre le programme et les personnes étudiantes mutuellement significatives (Bruning, 2002) et miser sur le développement d’un sentiment d’appartenance des personnes étudiantes [Pedler, Willis et Nieuwoudt, 2022 ; (Mahoney, Kumar et Sabsabi, 2022)]. 9. Encourager des pratiques pédagogiques qui assurent autant une intégration disciplinaire (academic system) qu’une intégration sociale (social system). 1.2. PERTINENCE D’UNE PÉDAGOGIE DE LA PREMIÈRE ANNÉE La pédagogie de la première année, telle qu’introduite par Vasseur (2015), recoupe plusieurs des constats et des principes d’action proposés. Or, comme le précise l’auteur, les interventions associées à la pédagogie de la première année ont généralement le désavantage d’être complémentaires aux programmes d’études (et non intégrées) et elles ciblent des lacunes plutôt que d’offrir un soutien au développement global des personnes étudiantes. D’ailleurs, il apparaît que les interventions de ce type sont mieux reçues si elles sont intégrées au programme sans apparaître comme une béquille de secours (Mouhib, 2018; Baudier, Wilmet et Bachy, 2022). Cela étant dit, la pédagogie de la première année propose des interventions pertinentes à prendre en compte. Ces interventions se justifient par les exigences associées à cette phase de transition, d’adaptation et de transformation qu’est la première année universitaire. Également, aux efforts consentis par les personnes étudiantes pour ajuster leurs méthodes d’apprentissage et leurs stratégies d’études. Finalement, par le taux d’abandon élevé lors de la première année. Vasseur (2015) précise sept interventions pour une pédagogie de la première année : 1. L’identification des personnes étudiantes à risque; 2. L’insertion intellectuelle et sociale des personnes étudiantes qui amorcent leur parcours d’études ; 3. La préparation des personnes étudiantes à poursuivre et à réussir des études postsecondaires (les conditions de réussite, p. 32); 4. L’apport des communautés d’apprentissage; 5. Le mentorat des nouvelles personnes étudiantes; 6. Le suivi et le soutien des personnes étudiantes en difficulté (système de suivi de la communauté étudiante); 7. Moments d’apprentissage hors cours offerts pour approfondir les bases disciplinaires. Bien que certaines personnes enseignantes renvoient la responsabilité de la réussite aux personnes étudiantes eux-mêmes et à leurs caractéristiques propres, il est essentiel, comme le valorise une pédagogie de la première année, de se rappeler de la responsabilité institutionnelle et pédagogique sur leur engagement (Baudier et al., 2022). En cela, advenant que la possibilité d’intervenir sur l’environnement institutionnel ou facultaire est limité et qu’une personne enseignante se demande comment contribuer à la réussite étudiante, trois facteurs de réussite sont à retenir (Fokkens-Bruinsma, Vermue, Deinum et van Rooij, 2021) : 8 Bolduc, S., Beaulieu, M. et Dubé, E. (2023). Document cadre sur la réussite étudiante. Service de soutien à la formation, Université de Sherbrooke. Sous licence CC BY 4.0. • Le développement d’un sentiment d’efficacité personnel : la croyance d’une personne en sa capacité d’accomplir avec succès des actions liées aux études universitaires, comme prendre des notes et rédiger un rapport ou un essai. • Un apprentissage autorégulé : capacité de la personne à formuler des objectifs, d’utiliser des stratégies d’apprentissage pour atteindre ces objectifs et en assurer un suivi. • Le développement d’un sentiment d’appartenance et d’engagement : le sentiment d'appartenance est favorisé lorsque les étudiants aiment venir sur le campus, aiment entretenir des amitiés avec d'autres étudiants (même au-delà du contexte académique) ; l’implication dans des clubs et des sociétés est un mécanisme important pour se sentir engagé. 2. INDICATEURS DE LA RÉUSSITE ÉTUDIANTE Cette deuxième section présente plusieurs indicateurs qui sont associées à la réussite étudiante. Ces derniers peuvent servir une diversité d’objectifs spécifiques, la réussite étant un phénomène vaste et complexe à comprendre. Par exemple, si l’Université de Sherbrooke souhaitait mieux documenter la réussite qui se joue pour sa population étudiante pour mieux comprendre ce phénomène et, éventuellement, poser des actions ciblées pour accroitre la réussite étudiante, elle devrait d’abord choisir un certain nombre d’indicateurs à documenter. Pour ce faire, quatre axes d’intervention pourraient être envisagés : 1. Veiller à une transition inter-ordre réussie par une considération des prédicteurs de la réussite. 2. Aider des groupes minoritaires aux prises avec des obstacles à la réussite en s’appuyant sur des indicateurs qui touchent directement leur réalité. 3. Évaluer les structures d’intégration sociale et académique favorisant l’engagement qui sont en œuvre dans les programmes et les mécanismes qui accroissent les liens entre programmes et population étudiantes. 4. Identifier certaines « conditions de réussite » reconnues et observer leur présence (ou absence) dans les environnements de formation. La notion de « conditions de réussite » signifie qu’il existe des conditions reconnues comme facilitantes pour la réussite. Cependant, leur seule présence ne peut servir à évaluer leur impact sur la réussite de la population étudiante, pas plus que leur absence ne garantira une réussite moindre. Pour assurer qu’une condition a un réel impact il est indispensable de s’intéresser aux dimensions qualitatives des mesures existantes. Prenons l’exemple du comité d’encadrement aux cycles supérieurs. Le comité d’encadrement est connu comme une condition de réussite. Cependant, sa présence nous dit peu sur l’impact réel de cette mesure. Pour savoir si la présence d’un comité joue un rôle sur la réussite, il faudra documenter des dimensions qualitatives de cette mesure, avant de conclure qu’il aura un impact certain sur la réussite. 15 Bolduc, S., Beaulieu, M. et Dubé, E. (2023). Document cadre sur la réussite étudiante. Service de soutien à la formation, Université de Sherbrooke. Sous licence CC BY 4.0. De Clercq, M, Roland, N. (2018, 28/08/2018 au 31/10/2018). Perceived similarity in achievement and integration process among first year at the university [Présentation orale avec comité de sélection]. Conférence « EARLI SIG 4, » Giessen. http://hdl.handle.net/2078.1/202541 De Clercq, M. (2019). L’étudiant sur les sentiers de l’enseignement supérieur : Vers une modélisation du processus de transition académique. Les Cahiers De Recherche du Girsef, (116). https://ojs.uclouvain.be/index.php/cahiersgirsef/article/view/54153 De Clercq, M. (2019). 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