scieee AI-readable full text Open interactive document viewer

LE LAPIS-LAZULI D'APRES LES SOURCES EGYPTIENNES. DE L'ANCIEN EMPIRE AU NOUVEL EMPIRE

Galazzo, Daniela

Full text

Un iversité de Paris - Sorb onne Paris IV LE LA PIS - LA ZUL I D’APRES L ES SO URCES EGYPTIENNES DE L’ANCI EN E MPI RE AU NO UVEL EMPIRE Mém oire de MAS TER 2 sous la direction de Mada m e le P ro f ess eu r Dom in i que V albe lle et Mon sieur P ierr e Tall et Prés enté p ar Dani ela Galazzo Premiè re parti e : Corpus Sept embre 2 008 Un iversité de Paris - Sorb onne Paris IV LE LA PIS - LA ZUL I D’APRES L ES SO URCES EGYPTIENNES DE L’ANCI EN E MPI RE AU NO UVEL EMPIRE Mém oire de MAS TER 2 sous la direction de Madame le P rof esseu r Domin ique V albe lle et Mon sieur P ierr e Tall et Présenté p ar Daniel a Galazzo Sec onde partie : Synthèse Sept embre 2 008 A ma gr and - mère, Ines, qu i n’a pa s pu voir ce tra vail ac hevé REMER CIEMENTS Je so uhait e rem ercie r be auco up de p ers onn es qu i m ’ont accomp agné e et aid ée au cours de ce travail, à partir du Musée du Louvre, où l’idée d e ce sujet est née. Un gr and merc i donc à Mme Genevi èv e Pier rat et M m e Mi chèle C asano va po ur les sug gest ions et l es discussions très enrich iss antes , ain si q ue à Mm e Eli sabet h David , Roberta Cortopassi et à toute l’équipe du Départe m ent des Antiquités égyptiennes qui m’ont encoura g ée pendant mes recherches. Un très vif rem erciem en t à l ’équi pe de l a Bi bli o thèq ue Ch ampol li on du Collège de France : à Mons ieur le Pro fes seur Nico las Gr imal , Mon sieu r Ol ivi er Pe rdu et Mme C atheri ne Ko czoro ws ki qui m’ont p ermis de tra vailler à la bibliothèque et un grand me rci à Mme Danièle Chartie r, et à Agnès Garci n. Un remer ci ement très fo r t a ux amis lecteurs et vacataires de la bi bliothèque, et à tous ceux qui la fréque ntent quoti diennement : Marie - Lys Arnette, Délphine Driaux, Emm anuel Jambon, Cédric Larch er, Do min ique L efèv re, El sa Ri ckal et Mari n e Yoyot te. Merci p our a voi r part agé av ec moi chaque m omen t de cett e ex périen ce. Merci à M me l e Pro fess eu r Dom ini que Val bell e et à Mon sieu r Pi erre T allet . Pou r concl ur e, ma pens é e est adr essée à tout e ma famil le en Italie et s urt ou t à ma m ère, un grand merci ! 1 INT RODUCT ION Notre intérêt personnel pour ce sujet est né dans le cadre d’un projet d’étude, actuel lemen t en cou rs, d es o bjet s en l apis - lazuli provenant du trésor de Tôd conservés au Musée du Louvre , coordonné par Mme Ge ne viève Pierrat, que je tiens à rem er cier vivement pour m’y avoir associé. L’analyse de s obj ets, allant de petits fragments de per les jusqu’à des sceaux cylindres inscrits, conduite sous la direction de Mme Michèle Casa nova, nous a conduit à nous interroger sur l a provena nce de ces objets, à savoi r la zo ne p roch e - ori ental e. Les é chang es et les co nt acts entr e l’ Egyp t e et le Pro che O rient pend ant l’ Ant iqu it é ont en effe t conduit la pénétration de motifs et d’ influences stylistiques typiquement mésopotamiens et levantins en Egypte, pa rallèlem ent à la diffusion du l apis - l azuli en c e pays dès l’époque Prédynastique. Il nous a ains i paru i nt éres sant de d évelo pper un e rech erche, dans le cadre du Master 2, sur les infor ma tions que les sources égyptiennes apportent sur cette pierre. En égyptien le mo t xsbD a été tradu it par « lapis - lazu li » à partir de la publication de C. R. Lepsius « Les métaux dans les inscriptions égyptiennes », où l’auteur présente un panorama des forme s gra phiques sous lesquelles le mot peut se pré senter 1 . Cet te ét ude n’a donc pas pour objec t if l’examen d’objets en lapis - lazuli d’un point de vue ar chéologique ou stylistique mais plut ôt des atte stations d u mo t xsbD , couramment traduit par « lapis - lazul i » dans les textes égyptiens. 1 C. R. L ep sius, op. cit ., p. 2 0 2 Le cadre chronologique que nous avons délimité com men ce avec l’ Ancie n Em pi re et s’achève avec la fin du Nouvel Empir e. Cependant, nous avons plusieurs fois eu recours à des sources postérieures afin d’expliquer cer tains phénomènes dans leur évolut ion. Les époques tardives sont pour cette raison évoq uées, surtout à propos de problématiques spécifiques, comme c ell e du contexte rituel, posées pa r S. H. Aufrère dans son étude, L’univers minéral dans la pensée ég yptienne, BdE 105, Le Caire, Institut Français d'Archéologie Orientale, 1991. Cet ouvr age est e n ef fet con sac ré p rinci palem ent à l’analyse de s sources tar dives, provenant des temples ptolémaïques et romains. Ce travail n’a pas pou r but d’être exhaustif dans le choix de sources mentionnant le lapis- lazu li, mais se présente plutôt c omme une ré flexion sur les diffé rents contextes dans lesque ls cette pie rre est citée à travers le s inscriptions, a insi que les sig nificatio ns et la valeu r qu’ ell e acq uiert d ans cha cun des dom ai nes ét udi és. C ett e ap pro che est p ré cédée d’une discussion lexicographique portant sur le mot xsbD . Notre étude traitera d ’abord les aspect historiques pour se concentrer ensuit e sur une approch e d avant age t hém at iqu e. L’Aperçu historique (c hap. I) se pr opos e de décrire les étape s principales d e la diffusion du lapis en Egypte, de l’ép oque prédynastique, pour laquelle on ne peut compt er que sur les témoignages archéologiques, jusqu’à l’Ancien Empire. Pendant cette pé riode on pourra observer des phases de r aréfaction voire de disparition dans l’utilisation de la pi erre, tant en Mésopotami e qu’en Egyp te. On essa yera d e tra cer les voies de diffusion de la pierre en Egypte sur la b ase des évidences matérielles fournies par 3 l’arch éol ogi e, com me l a présen ce d ’o bjet s en l a pi s - lazul i dan s le m obi li er fu n érair e des tombes. En ce qu i con cerne l e M oyen Empire nous avons choisi de présente r le cas du trésor de Tôd, qui repré sente l’ ensemble le plus consistant d’objets en c ette pierre trouvé dans un contexte vraisemblablement rituel. Le choix du t résor de Tôd n’a pas pour l’objectif de conduire une analyse stylistique et archéologique des objets mais plutôt d’introduire le débat conc ernant leu r pro v enanc e et l a valeu r d e c e dépô t. A cette approche chronologique succède une étude thématique dans le chapit re II. Ce choix est lié à distinction de deux domaines principaux auxque ls on peut rattacher les texte s mentionn ant le lapis - lazuli : un premier, plus pratique, concerne l’emploi de ce matéri au dan s l es éch an ges et l es r elati ons int ern ati onales tand is q ue le seco nd t ype d e text es se ca ract éri se pa r l ’emploi religieux du matériau. Le chapi tre II débu te av ec l’an al yse de l a dif fus io n du v erre en Egy pt e su ite au x campagne s conduites pa r Thoutmosis III au Pr oche - Orien t. C ela po se le pro blèm e de l’inter prétation d u mot x sbD dans les différents contextes dans l esqu els i l est attes té : en effe t, i l semble parfois désigner, à pa rtir du N ouvel Empire, outre le lapis - lazul i des matér iaux artificie ls tels le ver re, la faïe nc e et la f ritte bleue s. Cett e prob lémat iq ue est pr inci palem ent p osé e par l’ét ude de l a pr osopographi e concernant quelqu es titre s d ’artis ans, tel irw xsbD au Nouvel Empire, désignation qui peut se référer soit au tr av ail du la pis - l azuli v é ritable soit à la fabrication du lapis - lazuli artific iel. Les différe nt es sources cond uisent à affronter le pro b lème d es ateli ers arti sana ux d ans l e cad re 4 desqu els ces p erson n ages trav aill aient . L e Nou vel Emp ire es t auss i la péri ode p end ant laquelle la politique expansionniste conduite par les pharaons détermi ne l’affluence de produits exotiques et de pierr es pr écieuses en Egypte, sous forme de tributs ou de ca deaux des pays étra ng ers, comme on le peut observer dans les scènes de tributs et d’offrandes pein tes o u gravé es s ur le s p arois des t empl es et des tom bes. Il est déso rm ais certain qu e le lapis n’est pas un e pierre o ri gin aire d ’Eg yp te. Il sem ble q ue la s ourc e de l’approvisionnement antique soit située dans la région du Badakhshan, en Afghanistan actuel. Mais quelle or i gine les Egyptiens attribuaient -t- ils au la pis - lazuli ? Les t extes mentionnent, à partir du Moyen E mpire, une contré e nommée &frr , d écrit e com me p ays de provenance de la pi erre bleue, qui désigne plus vraisemblablement une étape de la voie comme rcia le qui apportait le lap is -lazuli en Egypt e. Nous entamerons notre réflexion consacrée à la sphèr e rel igi euse en ét u dian t la valeur du mot xsbD qui désigne parfois la couleur bleue. Dans c ette acception on peut observer l’emploi de la couleur bleue da ns l a pratique quotidi enne, selon une significa ti on symbolique , réelle e t d’imitation. Cette de rnière est li ée à la co uleu r bl eu e appl iqu ée à l’utilisa tion de p igments, d e verres colorés e t d’autres ma tériaux artificie ls dans les incru stations de la b ijout erie et des statue s, tandis que l’ utilisation s ymbo lique traduit su r un plan métaphorique l’e m ploi de la couleur dans l es repr ésent at ion s li ées à la reproduc tion de la réalité quotidi enne. Dans l e cont ex te r elig ieux (chap. IV) l e lapis - lazuli est d’abord utilisé pour décrire la divinité dont les cheveux, les sourcils et les ye ux sont souvent définis, da ns les t ext es 5 égypt iens , com me étan t en ce m at ériau : cel a d éterm ine, p ar co nséq uen ce, la nai ssan ce d’un cer t ain no mbre d ’ép i thèt es di vi nes en rel ati o n avec cett e pier re et l a c ou leur b leue. Les me ntions du lapis dans le contexte ritu el et magiqu e relè v en t, d’une part, de son utilisation dans les rituel s des temples, dans l es inscriptions de fondation et les offrandes faites par les souverains et les particuliers, et d’autre part, sur un plan m oins formel, son emploi dans les pratiques magiques de la vie quotidienne. Le lapi s - lazuli e st aussi a ttesté dans le s inventaire s des temple s et il est c ité parmi les mati ères pr éci eus es st oc kées d ans l e T rés or. A ce p ropo s, o n an alys er a des exemp les appartenant à des périodes différentes de l’histoire égyptienne, t el s les ar c hiv es du t empl e funérai re d e N éfé rirk arê - Kak aï et d e la mèr e royal e K hentk aous (V e dyn.), jusqu’ au Papyrus Harr is I datant du règne de Ramsès III (XX e dyn.). Pour mieux compr endre le r ôl e des minéraux da ns le domaine du temple, on aur a rec ours aux r éflexions de S. H. Aufr ère sur le rôle des minéraux à l’époque tardive, dont les évidences textuelles sont plus nombreuses. En guise de conclusion de la recherche concernant le domaine religieux, on observera le rôle du lapis - lazuli dans le contexte funéraire, s elon un double niveau d e lecture : d’une part, sa mention dans les conceptions religieuses, transmises par les Textes des P yrami des , les Text es d es Sa r coph ag es et l e L ivre des Morts ; d’autre part, l es inscriptions qui accomp agn ent, en tan t qu e l é gendes, les représentations du mobili er funér ai re sur les parois des tombes et sur les fri ses d’objets. Cette partie n’est donc pas conçue, encore une fois, comm e une étud e d es o bj ets en lapi s - lazuli faisant pa rtie de l’équipement f unéraire des tombes ma is plutôt com me l’ana lyse du mobilie r funé raire telle qu ’il est dé crit dans le s tombes, sur les parois ou sur les sar coph ages. On essayera de présenter la typologie des 12 association avec l’or, co mme il sera encore r emarqué pendant l’époque pharaonique. En général , le lap is - la zul i s e ret ro uve d ans des to mbes consi dér ées com me appa rt enant à l’éli te d omi nante, avec tou tefoi s des différ ences régi onales , et ca ract éri se un g roupe particulier d’individus. Comme L. Bavay le souli gne, aucun fragme nt de lapis - lazu li brut n’a été trouvé dans les tombes prédynastiques 16 . Il se ret rouv e parm i l es p ro dui ts échangés avec la Nub ie et p rov ena nt d e la sp hère n agad ienn e. Selon Payne, la d ispari ti on de l a pierr e dev rait rem ont er au roy aume d e Dj er, mai s le hia tus dans notre doc u mentation se mble plutôt êtr e circo nsc rit à la II e et III e dynasties 17 . On observe le même phénomène en Mésopotamie, pendant le Dyna st ique Archa ïque I (vers 2900 av. J .- C .). Le lapis - lazul i réapp araî t s eu lemen t avec l e Dyn ast iqu e Arch aïqu e II (2750 av. J. - C. environ) à Kish, Khafa dj eh ou Mari. Les plus anc iens objets en lapis trouvés en Mésopotamie se trouvent conc entrés dans le nord du b assin du T igre, tandis que la pi erre b leue app araî t en Bas se Més opo t amie a vec l a ph ase d e Uru k IV. Les p rem ières importations en Mésopotamie remontent à la période tardive de Ubaid. A partir de Gawra XIII un commerce de biens de lux e débute et, p endant cette période, on peut r emarquer l ’importation d’un grand nombre de pier res semi - préci euses parmi les que ll es se t rouve l e lapis - la zuli. La présence de perles de lapis en Palestine au même temps qu ’en Egypte, puis l’or ab ond ant à T ep e Gawr a, s ugg èren t qu e ces d erni ers étai ent rel i és à tr ave rs l a Palestine 18 . Si le lapis n’est pas très courant pendant Gawra XIII et XI, il devient plu s abondant penda nt Gaw ra X, pour diminuer ensuite avec Gawra V III C. Le lapis apparaît dans les sites du sud mé sopotamien pour la première fois ave c Gemdet Nasr, tandis qu’a u nord la quantité devient minimale . Il est re trouvé pr ès du Golfe Persa n à partir du 16 L. Bavay, op . ci t ., p. 83 17 J.C. P ay ne , op. cit. 18 S. E. Mark, op. cit. 13 Dynastique Arc haïque II (2700 a v. J. - C.). Selon G. Hermann 19 ce décalage chronologique tradu irait un m ono pole du comm erce d e l a ma ti ère ex ercé p ar T epe Gawr a (X I II - IX ) jusqu’à la prise en m ain du commerce par les sites du sud. Y. Majidzadeh 20 a plus réce m ment proposé une autre interprétation, selon laquelle la route du lapis passait plutôt par Tepe Ghabr i stan IV j usqu’à la disparition du lapis à Gawra. Avec la p h a se d’Uruk, l’approvisionnement en lapis est au centre d’un vaste réseau qui atteint au nord l’ Anatolie et qui arrive jusqu’à Suse. Le Tigre se mble avoir joué, pendant l’époque d’Uruk, le rôle de voie de comm unication principale vers le nord et, depuis la région de N inive, une route terrestre t raversait la Djéziré syrienne pour porter l e lapi s pres que j usqu ’à la Méd it erran ée. Les fo uil le s al leman des de T ell el - Fara ’in / Buto ont démo ntré d es cont acts di rects entre l a Sy rie du Nord et le Del ta occ id ental par v oi e maritime . Il faudrait do nc mieux éta blir le lien entre la présence du la pis dans les comptoir s mésopotamiens de Syrie et son appa riti on en Eg ypte. Les colonies uruké ennes de Syrie sont abandonnées à l a fin de Uruk IV, période contemporaine de N agada II C , et cel a nous invite à mettre en rapport la diminution du nombre d’objets en la pis obser vée en Egypte à la fin de Nagad a II, ave c la d isp ariti on d es étab lissem ent s de S yrie. Cependant , l a pierr e bleu e conn aît au P roch e - Orient une larg e diffusion pendant l’époque de Djemdet Nasr. Durant cett e péri ode el le sui t d es voi es com merci ales d iffér ent es : s ans do u te ce n’es t p as seule ment le Delta qui a joué un rôle important, mais a ussi la Mer Rouge e t le Désert Orient al 21 . En effet, selon Joseph Majer 22 , pendant N agad a II C - D et Nagad a III on p eut observer en Egypte une influence proche - orientale dans plusieurs dom aines. L’auteur 19 G . Herrmann, « Lapis La zuli : the ea rly Ph ases of its tra de », Iraq, 3 0, 1968, p. 21 - 57 20 Y. Majidzadeh , « Lap is - lazuli an d the Great Khorasan Road », Pal éorient , 8/1, 1982, p. 59 - 69 21 L. Bavay, op . ci t ., p. 95 s. 22 J. Majer, « The Eastern Desert and Egypti an P rehist ory », in R . Friedman, B. Adams (éd), The Fo llo wers of Hor us. Studie s Hof fman , Oxford , Oxbow B ooks, 1992, p. 227 - 234 e t 215 14 remarque que les sceaux cylindres éla mites, notamm ent ceux e n lapis, arrivent en Egypte depuis l’Elam à trave rs la péninsule arabique, gr âce à des voi es car avani ères , ou bien par voie ma ritime en utilisant la me r Rouge ( l’obsidienne au ssi arrive en Egypte à tr avers la mer Rouge). Pend ant Nag ada II C - D avec les premi ères im port atio ns méso potami ennes , appara i ssent en Egypt e des motifs de la S usiane. Les relations entre l’Egy pte et la Syrie du nord sont connues depuis la sec onde moiti é de Naga da II, qui corre spo nd à la transition entre Ur uk Mo y en et R écen t. Les objets en lapis apparaissent donc en Egypt e à l’époque de Nagada II C - D essen tiel lement des contextes funéraires et dans le sud du pays : les tombes n’ont cependant pas fourni un maté riel particulièreme nt riche. On assiste à une diminution de leur q uant ité p end ant N agad a II D et Nag ada II I et dur ant cett e de rnièr e ph ase on p eu t observe r la concentration, dans un nombre réduit de tombes, d’objets de dimensions plus imp ortan tes av ec d es fo rmes caract ér ist iqu es (p enden tif s en fo rm e de coq uil lage o u de mouche, vases miniatures, la têt e de massue piriforme d’Abousir el Meleq 23 ). Pendant cette se conde période le lapis devient donc l’indicateur du pouvoir d’une élite en cours de structuration, qui s’introduit dans les écha ng es interrégionaux. Il sem ble q ue le cont rôle de l ’acc ès au x resso ur ces , et en p art icu lier aux re ss ources minéra les, ait jo ué un r ôle trè s i mportant pour l’élite naga di enne et la r oya uté émergea nte. Au long du IV e milléna i re on peut suiv re à travers le mobilie r des tombes, l’é c art entr e 23 F. Guyot , « Structur ati on soc iale et dynamisme des émulati ons int erculture lle s. Quelq ues cons idéra tions sur les contacts entre l’Egypte et la Mésopotamie au I V mill én aire », Archéo - Nil, 14, 200 4, p. 81 - 97 15 ceux qui peuve nt se procurer des matériaux de pri x ou de prestige et les autres. C’est avec Nagada II C qu ’on as si st e à l’ém erg en ce de l a class e soci al e diri ge ante . A l a fin de l a période prédynastique, les produits d’origine étrangère sont réservés à une élite restreinte. Dès les pr emi ères dy nast ies se tro uve rait ai nsi la préro g ativ e ro yale s ur l’approvisionnement en pierres précieuses, qui se maintint pendant t oute l’époque historique comme affirmation du pouvoir du pharaon sur les ressources et les activités comm ercial es du P ays 24 . I.2.2 / L ES ROUTES COMM ERCIAL ES Les con tacts entre M és opo tamie/E lam et v allée du Nil à tra vers la péninsule arabique ont é t é rendus possibles grâc e aux Nagadiens de la vallée du Nil, aux nomades du désert orien tal o u bi en aux h abit ants de la M ésopot amie et de l’ Elam. L’échan ge en tre l a vall ée et le dés ert est bi e n attesté pendant Nagada II . La pénétration a eu lieu probablement par le Ouadi Hammamat ou bien le Ouadi Abbad. S elon G. Hermann 25 la pl upart du lapis- lazuli du IV e et III e millénaire av. J. C. a é t é fournie par le Badakhsh an. Trois routes comm ercial es au r aient permi s d’ach em iner cet t e pierre pré cieu se d an s t out l e bass in médi terran éen. La prem iè re, au nord , s erait part ie de Sar - i S an g en p assant p ar Tep e His sar, s ite b ien connu pour avoir été un centre de fabrication d’obj ets en lapis. 24 L. Bavay, « La pi er re et le pouvoir da n s l’Egypte p ré - ph araonique et des pre mières dynast ies », in C. Karlshausen, T. De Putter, Pierres ég yp tie nn es…Ch efs d ’œu vre s po ur l’ Et erni té , Mons, Faculté Polyt echnique, 2000, p. 66 25 G.Hermann , op. cit. 16 La seconde, la voie vers l e sud, aurait profité par c ontre du fleuve : le lapis deva it rejoindre Sharhr-i- Sokhta à tra ve rs Mundigak et Kandahar, pour arrive r ensuite en Mésopotamie à travers le G ol f Persique et rejoindre enfin la Syrie et l’Egypte. La tr oisième voie, marit ime, aur ait permis d’attei ndre direc t ement l’Egypte en contournant la péninsule Ara bique. M. Ohshiro 26 soutient que les trois voies cor respondraie nt à l’influence orientale sur la phase f ormat ive d e l a cul tu re égypt ien ne. Fig.1 - Les routes comme rciales du la pi s - lazuli ( d’apr ès O hshiro, Orie nt XXXV, 200 0) Pour résumer, l’influence mésopotamienne app araît à la fin du Gerzéen, avant l’unification de l’Egypte, pour di sparaître a u cours de la première dyna st ie. Le lapis est alors absent en E gypte pendant les II e et III e dynasties, tout comme en Mésopotamie, e n raison probableme nt de l’interruption du commerce avec l’Iran. 26 M. Ohs hiro, « A study of lapis lazuli in th e fo rm ative pe riod of Eg yptian c ulture : a n approa ch in ter ms of culture contact » , Ori ent , XXX V, 2000, p. 60 - 74 17 M. Ohshiro utilise donc cette pi erre précieuse pour expliquer la naissance de la cultur e égyptienne, laque lle se serait donc form ée apr ès l a coupu re d es cont acts avec l a Ter re de s deux fleuves. Roger S. Moorey 27 suppose que le lapis arrivait en Egypte à l’état brut pour y être travaillé selon le style ég yptien. Edith Porada 28 sout ient par contre, à propos d’une statuette provenant de Hierakonpolis en Haute Egypte, qu’elle devait avoir été p roduite près des sources de la pierre, m ême s’il semble aujourd’ hui plus probable qu’elle soit un p roduit local égyptien. La tê t e en effet est d’un la pi s plus pur que ce l ui utilisé pour réaliser le c orps. Selon la chercheus e, la statuette aurait été fabriquée en dehors de l’ Egypte, dans une région sous l’influence iranienne, probablement près du Golf Persique, pour rejoindre l’Egypte avant le III e millé naire, par la voie maritime. I.3 - L E M O YEN E M PI RE ET LE TRESOR DE T O D En 1934 F. Bisson de L a Roque commence le dé gagement du temple de Montou à Tôd, à une trentaine de k ilomètres au sud de Louxor. A l’ arrière des deux p remières salles, croyant r etrou ver l es v es tig es de l a parti e cen tral e du temp le d atant du M oyen Empire, il découv re un e égl ise ch rét ienn e, étab lie s ur un e pl ate - form e d e dall es en calcai r e, le s ol d’origine du temple ayant disparu 29 . Dans le sable de fondation de cette plate - forme i l trouve, en 1936, quatr e coffrets de br onz e inscrits au nom d’Amenemhat II , souverain de la XII e dynastie. Il s’agit d’un trésor consti tué essentiellement d’argent et de lapis - la zuli. 27 P. R. S . Moorey, « Blue Stones in the An cient Near East : t urquoi se and lapi s lazul i », in A. Caubet (éd.), Corn ali ne e t pi erres p réc ieu se s: la Mé d iterrané e, de l' antiquité à l' Islam , Actes du Colloqu e, Musée du Louvre/ 1995, Pa ris, Mus ée du Lou vre, 1999 28 E. Pora da, « A La pis Laz uli Figuri ne from Hi erakonpoli s in E gypt », Ira nica Anti qua , G ent, 15, 198 0, p. 175 - 180 29 F. B isson de l a Roque, T ôd , FI FAO XVII, 1937 18 L’arge nt se présente sous forme de lingots, de cha î nes, de quelques ti ges enroulées et surtout de vases, au nombre de cent cinquante- trois. Le trésor de Tôd est probablement un ca d eau offert au dieu Montou, pour sa valeur pondérale, et destiné à demeurer enfoui. Il s’agit, peut - être, d’un tr ésor ar ri vé de l ’ét rang er et offert p ar Amen em hat II dan s le t empl e édifi é p ar son père, Sés ost ris I. T out cela r este cepend ant à l’ét at d’h yp o thès es. I.3.1 / L ES ORIG INES MULTIP LES DU TRESOR Les ob jets en lapi s - laz ul i regro upent d es f rag men ts de s ceau x - cylindres non égyptiens, des débris de perles, des fragments d’incrustation et enfin des m orceaux de l api s à l’état brut lai ssés en grand e parti e dans le s m agasi ns du sit e de fouil le par l es archéol ogu es. Ces o bjet s on t été p artag és en tre P ari s et L e Cai re. Si l es cof fres s emb lent être de fa ctu re égyp tien n e, leur conten u, d ans s a m atière et ses fo rmes , es t cl airemen t d’origine étra ng ère. Parmi les hypothèses de provenance du trésor, G. Contenau 30 a proposé pour les sceaux - cylindres en l apis une origine mésopotamienne et ca pp adocienne, de la seconde moitié du I II e millénaire, tandis que F. Cha pouthier 31 a mis en évid ence la ress embl anc e des vases en a rgent avec la céra mi que fine minoenne. En 1937, J. V andier et R. Dussaud ont émis l’hypothèse d’ une origine levantine du trésor, en raison de sa situation géographique, qui lui permettait de diffuse r vers l’Egy pte le lapis impor té de Mésopotamie 30 F. B isson de l a Roque, G. Conte nau, F. Chapout ier, Le Trésor d e Tô d , DFIFAO XI, Le Caire, 1953 31 F. B isson de l a Roque, G. Conte nau, F. Chapout ier, op . cit. 19 et l’arge nt en provenant de l’Anatolie 32 . Le cas du trés or est donc t rès c omp lexe car il réunit plusieurs problématiques : le lieu d’origin e des ma tières pre mières, le lieu et le s dates de fab ricat ion de c haque él ément ou en s embl e d’élém ents , et en fin l a d ate de r éun ion et d’enfouisseme nt des objets. Voyons en détail la provenance de chaque groupe d’objets. I.3.2 / L’ ARGENTERIE Concernant l’argenterie, l’hypothèse d’une origine crétoise avait été m ise de côté en faveur d’une piste anatolienne présentée par E. Davis d’abord, e n 19 77, puis par R. Maxwel l -Hyslop 33 , en 1995. A la fin des ann ées 8 0, R . Laffi neu r 34 et J . Mar an 35 ont proposé un étroit parallèle entre un canthare en arge nt de Tôd et un canthare en or tr ou vé à Peri ste ria en M essén ie. Ce dernier pourrait date r du XVI e siècl e av. J . - C., so it trois siècles au moins plus tard que l a date d es coup es de Tô d . Cet te hy pot hèse a contr ibué à u ne remi se en caus e de la chronologie du trésor de Tôd, avec l’attributio n de cel ui - ci à un pha raon de la XVIII e dynastie. Dans cette optique, B. Kemp 36 propose le règne de Thoutmosis III. Cepe ndant, il est très probable que la raison pour laquelle ce tré sor aie été déposé est avant tout rituelle et par conséquent, le nom du roi qui fi gur e su r l es coffr es d evr ait co rres pon dre à l ’auteu r d e cette o ffr and e au dieu . L e r ègn e d ’Amenem h at II est d onc un e d at e te rmi nus an te qu em de tous les objets de c e dépôt. Des études postérieure s ont d’ailleurs mis en évidence que le canth are d e Pe risteria ne serait qu’un héritage de tradition d’orfèvreri e minoenne. P. 32 Vandier J., « A pro pos d’un d épôt de prove nance asi ati que trouvé à Tôd », Syria 18, Paris 1937, p. 174 - 182 33 R. Maxwell - Hys lop, “A Not e on the Anat olian C onnectio ns of the T ôd Treas ure”, Anat olian St udies XL V, Londres , 1995 34 R. Laffi neur, « R éflexions sur le trés or de Tôd », Aegeum 2, 1988 35 J. Maran, « Die Silbergefäss e von et - Tôd u nd die Schach tgräberzeit auf dem gr iechis ch en Festland », Pra ehi stori sche Zeit sc hrift , 62 - 2, Berlin, N ew - York, 1 987 36 B. J. Ke mp, R. S. Merrill es, Mi noan Potter y in Second Mill enium Egypt , Mayence , 198 0, p. 29 0 - 296 20 Warren et V. H ankey 37 , prenant la suite de F. Chap outhier, ont présenté de fa çon détaillée des vases du Minoen moyen, dont les fo rmes, les décors et l es couleurs constituent la version en cér amique fin e d’un grand nombre de vases de Tôd. Les ré sultats des analyses du LRMF, conduites par M. Menu, ont mis en é vi dence une p robable provenance de l’argent de s coupes d e la zone correspondant au monde égéen et anatolien, entre le Laurion et S i phnos pour la G rèce et la région de Troie et les monts Taurus du centre pour l a Turquie 38 . I.3.3 / L ES PIECES EN LAP IS - LAZULI ET LES SCEA UX - CYLINDRES Les pi èces de l apis - la zuli dans leur en semb le, on t ét é réalis és à part ir d ’u ne pierr e bleu pâle, de qua l ité m édio cre, et av ec be aucou p d e taches de calci te. B eaucou p d’ent r e elles p résentent l’a spe ct de ra tés d’ate lie r, elle s s ont de pe tite taille et n on triés, c omme si on comptait les tra vaill er plus finement par la su ite. Une sorte de lot d’é bauche confirm e la présen ce d’ une m ass e im port ante de l api s à l’ état b rut. Les sce aux - cylindres du trésor couvrent, selon E. P orada 39 , le III e millénaire e t l e début du II e . Leur origine couvre une vaste étendue géogr aphique : Jéricho, Ur, la Cappadoce, la Syrie du nor d et su rtout Ebla. Selon ce t auteur , le site de Mari es t celui qui présente le plus de p arallèles avec les objets en la pis du trésor. E. Por ada isole toutefois un groupe de trois sceaux ou amulettes qu’elle att ribue à une origine ira nienne orienta le (Bact r iane ), et co mme au cu n sce au n’ a jam ais ét é ret rouv é ni en M ésopo t am ie ni en S yrie, 37 P. Warren, V. Hanke y, Aegea n Bronze Age Chr onology , B rist ol, 1989 38 M. Menu, « Analyse du Trésor de Tôd », BSFE, 130, (jui n 1994), p. 29 - 45 39 E. Por ada, « Remarks on the Tôd Treasure in Eg ypt », in M. A. D andamayeu et al. (é ds.), Socie ties and Langua ges of the Ancie nt Near East. St udies in H onour of I. M. Di akonoff , Warmins ter, 1982, p. 285 - 303 21 il est probable, selon ce t auteur, qu’ils aient re joi nt l’Egypte par un che mi n différe nt, par voie maritime, en contournant la péninsule arabique. La totalit é du trésor n’au rait d on c p as été envoyée en Egypte d e puis le Proche-Or ient ma is plutôt ressemblée en Egypte. Les ob jets en lap is - l azuli , comm e les au tres p iè ces du t résor, mett ent en év iden ce le mélan ge d’i nflu en ces du es au x c ont acts co smo po lit es au s ein d es échang e s i n ternationaux entre p alais , don t t émoi gnent les text es de Mari et Ebl a. Les s ceaux - cylindres, dont quelques- uns sont gravés et inscrits en cunéiforme, ne représentent qu’un petit pourcentage des l apis - lazuli de Tô d. Des per les d e fo rmes di fférent es percées et non percées, dont certain es pr ésen tent une t ige d e métal cuiv reux co rrodé, en co re en pl ace d ans so n ori fice, s’ajo uten t à des élémen t s scu lpt és de fo rme ani mal ière (mo uches , sca r abées, es carg ot, grenouilles, oiseaux, babouins, li ons, taureaux, hippopotames) où géométrique, à des éléments d’incrusta tion et d’autres éléments en ronde- bosse, c omme des petites amule ttes. Les para l lèles de motifs égyptiens ou égyptisants ne sont pas postérieurs au Moyen Empire (par exemple la figurine d’Horus enfant ou la perle égyptisante aux trois cobras). Des f ragm ents d ’au tr es pi erres pré cieus es se tr ou vent mêlés au lapi s : on y rema rque surtout la cornaline, la tur quoise, des morceaux de faïence siliceuse sans glaçure et de l’amét hys te. C ett e derni ère es t un e car acté ri s tique de la bijouterie du Moyen Empire. Dans l ’ensem ble, les o bjet s en l apis - lazul i peu vent êt re att ribu és à la cu lture de l a Mésopotamie de la sec onde moiti é du III e millénaire : on peut ainsi faire de s rappro chem ents av ec l es perl es d es coll iers des t ombeaux royaux d’Ur. E . Porada, de son 28 troi sièm e corb eil le, avec des m orceaux bl eus plus volum ineux, est seulement conservée en parti e et com prend « 600 + […] dében e t […] kité (soit 54.60 kg + […]) de Me ncheperr ê lapis - lazuli » . Le mat érie l d e cette d erni ère corbe il le es t pro bablem ent l e même q ue celu i de la p remièr e, o ù l’ adjectif mAa « vérita ble » n ’ap paraî t pas . Co mm e le Me nchep err ê lapi s - lazul i est utili sé à la pla ce du véritable, on pe ut supposer qu’il s’agit du verre brut 51 . L a quat rième corb eill e es t c hargée de morc eaux v ert s irr éguli ers de « 93 d ében et 2 ki té (82,19 kg) de vér itable turquoise » et la cinquième de quatre lingots verts volumineux et ronds ainsi qu’ un autre p lus petit e t irrégulie r. I ls sont décr it comme « 913 débe n et 7 kité (83,72 kg) de Mencheperrê turquoise ». La dernière insc ription comprend le hiéro glyphe du bâton utilisé a ussi comme déterminatif pour les pays et les peuple s étranger s, comme la Syrie et la Palestine, d’où proviendrait le verre brut 52 . Dans les Annale s de Tho utmosis III, parmi les donations au dieu Amon, on retrou ve enco re d es r éci p ients déc rits co mme « Mencheperrê turquoise » et, étant donné que de tels récipients n’étaient jamais fabriqués en turquoise, i l s’agit sans doute d’un matér iau vitreux. S i « Menchepe rrê lapi s - lazuli » est à tradu ire com me verr e, « Mencheperrê turquoise » ser ait al ors u n ver re d e couleu r v erte, ra re au X V e siècl e av. J . - C., en opposition au ver re bleu lapis. S elon R. S. Bianchi 53 , le roi aurait é t é si impressionné par ce nouveau matériau au point de lui attribuer s on nom d’intronisation. L’auteur émet en out re l’hypothèse que l e bleu foncé du verre avait pour but la représe nt ation du lapis - lazuli. Si chacun des vingt - quat re blo cs de Mench ep errê l apis - lazuli de la p rem iè re co rbei lle p ès e environ 2,5 kg (c’ est l e poids moyen des lingots d e verre, connu de s c reu set s dat és au XIV e 51 B. Schlic k Nolte , R. Lier ke, « Fro m Silica to Glass » in R. S. Bianch i (et al.) (éd.), Refl ecti ons on Anci ent Gla ss from the Bo rowski Co ll ec tion , Mainz am R hein, P. vo n Zabern, 2 002, p. 1 9 sq. 52 B. Schlick Nolte, R. Lierk e, op .c it ., p. 20 53 R. S. Bianchi, « Ancient Gla ss. From t he Cultura l pers pective of Anci ent Egypt », in R. S. Bianc hi (et a l.) (éd.), Reflec tions on Ancie nt Glass f rom the Bor owski Collect ion, Mainz a m Rhein, P. von Zabe rn, 2002 29 et XIII e si ècle av. J. - C.) le poids total devrait atteindre 60 kg. Additi onnés a u bl ocs de la troisième corbeille, Thoutmosis III aurait donc donné 115 kg de verre bleu foncé au le dieu Amon contre 83,72 kg du verre vert ou bleu clair. L a couleu r bl eue d ans le v err e est en effe t obtenue en utilisant le cuivre or, un composé de cobalt, comme agent colorant. La tombe de Rekhmirê (TT 100), vizir sous Th outmosis III et Amenhotep II à Thèbes, montre sur le m ur ouest du hall, au deu xième registre supérieur, deux récipients « probablement en verre » selon N. de G. Davies 54 , parmi les tributs apportés par les Syriens du Réténou. I l semble cependant plus probable qu’il s’agisse de fac - similés en bois, représe ntant la pierre. La tombe d’Amenmose (TT 89) supposée êt re de l’époque d’Amenhotep III mais incluant une scène de Thoutmosi s III, montre, d’après P. T. Nicholso n, de probables lingots de verre bleu fon cé, supposés être du lapis et sans le préfixe « Me nch eper rê » . Il s sont similair es aux lin got s des Annales de Thoutmosi s III à Karna k 55 . Le prob lème d ans l ’iden tif icati on d es mat ériaux est d û à la diffi cult é que les s crib es ont rencontré pour distinguer le lapis du verr e bleu, les deux substances étant de même couleur. Le s récipients exotiques rep résent és dan s l es scènes de tr ibut s dan s les tom bes d e l’époque de T houtmosis III et par la suite, sont portés soit par des syriens soit par de s crétois. Les c ouleurs var ient du jaune (c’est -à- dire de l’or correspondant au matériau des obj ets) av ec des touches de bleu (argent ou lapis) sur du blanc (argent ou électrum). 54 N. de G. Davies, The Tomb of Rekh - mi - re at T hebes , New York ( N.Y. ), The Metr opolita n Mus eum of Art, 1943, p. 28, pl. XXI 55 P. T. N icholson, Bri lliant t hings f or Akhenate n : t he product ion of gl ass , vit reous mat erials and p otter y at Amar na Site O45.1 , L ondon, Egypt Explorat ion Soc iety, 2 007, p. 4 30 Dans la tombe de Amu nedjeh, un personnage porte une c orbeille avec des objets ronds décrit s com me xsbD , et le vase d u regi str e sup éri eur port e la mêm e des crip tio n 56 . S’il s’agit de verr e , comme il pa r aît pro bable, il ser ait donc décr it comme du lapis - la zuli. L’importation et la production de verre en Egypte serait alors à mettre en rapport avec l’appar ition des re présentations d’Egéens dans les tombes, à partir de l’époque de Thoutmosis III . Les objets larges et bleus peints dans la tombe d’Amenmose sera ient de s lin got s im port és de S yrie grâc e à la m éd iati on d es Egéen s su r l a rout e co mmerci ale en tr e l’Egypte, Chypre et Crê te 57 . II.1.4 / N ATURE DU VERRE EGYPTIEN Concernant l’hypothèse d’une importa tion du verr e brut du Proche - Orient, les analyses scientifiques conduites sur certains récipi ents en verre de l’époque de Thout mosis III, ont démontré que le cobalt est originaire des oasis égyptiennes occidentales. Le verre utilisé en Egypte ne provenait donc pas e n totalité du P roche- Orient 58 . La confu sio n ent re le ve rre et l es pi erres s emi - p réci eus es v ient aussi de la tech niqu e de travail à fr oi d de quatre récipients en verre de l’époque de Thoutmosis III, qui est très proche de cell e emp loyée pour la réalisation des vases en pierre. Selon A. Shortland, le verre de ces vases aurait était importé en Egypte comme tribut pour Thoutmosi s III et trava illé comme xsbD mAat, « vrai lapi s - lazu li » p ar les art isan s ég ypt ien s 59 . L’évi d ence d’une influence é trang èr e due à la prés en ce d ’art i sans étran gers qui t ravai l laien t en E gypt e est donc sans fonde ment. Le verr e était plus probabl ement, dans un premier t emps, produit 56 L. Pi nch Brock, « Art, I ndus try and t he Aegeans i n the Tom b of Amenmos e », Egypt and L evant, X, 2000, p. 134 57 L. Pi nch Brock, op. cit ., p. 137 58 A. Shor tla nd, op. cit. , p. 218 59 A. Shor tla nd, op. cit. , p. 220 31 à l’étra nger, puis travaillé en Egypte par des artisans égyptiens, qui auraient appris à l e travailler e n adoptant d’abord des techniques empruntées à d’autres matériaux. Le verre est encore ment ionné vers la fin du Nou vel Empire par le Papyrus Harris I qui contient une liste de donations faites aux temples pa r le pharaon Ramsès III. Ici on retrouve xs bD wDH dbn 73,3, « la pis - lazuli fondu 73,3 dében » (soit 6670,3 g.) ( fich e 166 ) et mfkA.t wDH.t dbn 34,3 , « turquoise fondue 34,3 dében » (soit 3121,3 g.) 60 . Pl us gén éralemen t aA.t wDH.t indi que, dans le P. Harr i s I, les « pierres p réci euses fond ues » 61 , tandis que le mot wDH est ass ocié av ec inr dans les listes de Thoutmosis III , à l’épo que d e s a V II e cam pag ne mi lit aire, l orsq ue l es roi s d es p ay s étr ang ers appo rtaien t les tributs des pays asiatiques : aA.t nb.t nt xAst Tn Hna jnr.w aSA.w n w DH (« tou tes l es pi er res d e construction de ces pays étrangers avec beaucoup de pierres fondues ») 62 . II.1.5 / D’ AUTRES FORM E D ’ IM ITATI ONS DU LAPIS - LAZULI Le terme κΰανος utilisé par Homère, surtout dans l’Iliade, d ans les descriptions des armur es et des mob ili er s, a ét é tradu it p arfois comm e cobal t, l apis - lazuli ou verre bl eu. Le κύανο ς est utilisé dans l’I liade soit c omme matériau vitr eux 63 soit comme pigment 64 . En effe t, Théophraste, dans son « De Lapidibus », désigne avec ce mot d’abord le lapis - la zuli et ens uit e son i mi tati on, la p âte de v erre b leu e et acc esso iremen t un ca rbo nate b leu de 60 P. Grandet, Le Pa pyrus Har ris I (BM 9999) , Bd E 109, 2 vol ., Le C aire, I nstitut français d' archéologie orient ale, 1994, n° 64 b, 8 et 6 4 b,9 61 P. Grandet, op. ci t ., n° 73,13 62 Urk IV, 694 - 695 63 Homère, I liade , XI, 6 27 - 628 (t r ad. De R. Flacelière, Gall imard, Paris, 1955) 64 Homère, O dyssé e , VII, 86 (tr ad. d e V. Bérar d, G allim ard , Paris, 195 5) 32 cuiv re, l’azu ri te 65 . Les tablettes en linéaire B de Pylos (Ta 642 e t Ta 714) tout comme les cinq ta blettes Oi de Mycènes , mention nent le s mots ku - wa -no et ku - wa - no- wo - ko -i, le second terme faisant allusion aux travailleurs ou fabricants de kyano 66 , et par conséquent, à mett re en rel atio n très prob ablem ent av ec l e ver re, com me en t émoi gne l a pâte d e verre bleue incrustée utilisée dans le gra nd M égaron à Tirynthe. Ce mat ériau bleu ét ait u t ili sé po ur le d éco r de m e ubl es de l uxe et s ervait à réali ser des incrustations, en forme de grif fons ou de palmettes qui, accompagné s d’or, décoraient le mo bil ier, à l a mani èr e d e ce qui s e f aisai t en Més opot ami e et en S yri e. Il sem ble d éjà utilis é à l’é poque minoenne sur des peintures murales de Cnossos (à par tir du III e milléna ire a v. J. -C.) comme pigment d’importation. Entre 1750 - 1500 av. J. - C. i l est rempl acé p ar d ’au tres pigm ent s pou r réa pp araîtr e ensuite, vers le 1500 av. J. - C., lorsque les é chang es av ec l e Pro ch e - Orient sont à nouveau très actifs, ce qui correspond au règne de Thoutmosis III. L’influence égyptienne est donc très prése nte pendant l’age du Bronze dans la civilisation grecque ancienne. En eff et, on retrouve da ns Théoph raste (« D e Lapidibus ») le cor respond ant grec du xsbD iryt « lapis - lazu li artif iciel » égyptien : κύανος σκευαστός, en opposit ion au κύα νος αυτοφυής, corre spondant au xsbD m Aa 67 . Il est i ntéres sant de rem a rquer q ue dans les t extes du P roche O rient Ancien l e lapi s - lazu li est pa rfois différenc ié des imitations a vec des termes spé cifi ques co mme « beau » (acc. damqu ) pour la vraie pi erre, ta ndi s que bašālu indique le lapis - lazuli produit par 65 R. S. Bia nch i, « Aegean Gl ass », in R. S. Bianchi (et al.)(éd.), Reflection s on A ncient Glass from the Bo rowski Colle ct io n , Mainz a m Rhein, P . von Zaber n, 2002 , p. 217 - 219 66 R. Halleux , « L apis - lazuli, azurite, ou pâte de verre ? A propos de k uwano et k uwanowoko dans les tablettes mycéniennes », Studi M icenei ed egeo - anat olici, 9, 1969, p. 47 - 66 67 R. Drew Griffit h , « Gods’ B lue Hai r in Home r and in Eighte enth-D ynasty E gypt », The Classic al Qua rterl y , vol. 55/2, 2005, p. 329 - 334 33 cuisson, et donc le verre. Cependant, une ta bl ette d’Uruk (YOS 6 168) datée au 550 av. J.- C., mentionne parmi des produit s importés de l’ou est, cinquante - c i nq mines de lapis - laz uli (sum. NA 4. ZA.GìN) qui sont évaluées 36 2/3 sicles d’argent. Le rapport entre le lapis et l’argent montre ici qu’ il s’agit très probablement d’imitation, en v erre ou en ble u égyptien 68 . La pr écios it é du lap is a p ort é ains i l es Egyp tien s a fair e une di ffér ence ent r e le xsbD mAa « vérita ble » et les imitations, n ir yt ou n wDH, désign ant res pecti vem ent des m atéri aux artif iciel s, f abri qués et co u lés. Le xsbD i ryt se retr ouve dans les Annales d e Thoutmosi s III , parmi les tributs apportés par le roi d e Babylone ( f ich e 114 ), tandis qu e le d euxième on l’a évoqué à pr op os du Papyrus Harris I. Les mentions du xsbD nfr nf r (dont l’exemple du papyrus G de Gurob, fich e158 ) et xsbD nfr ( fich e 193 ) pourrai ent rep rés ente r soit l’a zurite soit une f ritte de qua lité supérieure , d ’après J. R. Harris 69 , tandis que xsbD n Ss désign erait plus vr aisemblable ment la fr itte. Dans l’acception de pigment, le mot xsbD se rapport e prob ablem ent à l a f ri tte b leu co lorée avec des com pos iti ons de cuivre, car i l paraî t qu e l e lapi s en p oud re n’a jamai s été u ti lis é dans l’Egypte anc i enne 70 . Selon S. Birch quand l’adjectif mAa n’apparaît pas pour qualifier xsbD il s’agit d ’une imitation 71 . Pour résumer, en Mésopotamie et/ou en Egypte on retrouve t rois familles de matér iaux bleus a rtificiels : la p remi ère est cel le des v erres d’u n bl eu so m bre, t eint és par l’oxyde de cobalt, la s econde, de couleur plutôt t urquoise, est celle d es verres colorés par le 68 L. Oppen heim , op. cit. , p . 13 69 J. R. H arr is, Lexicogr aphical Studie s in Ancie nt E gyptia n Mine rals , Berlin, Ak adem ie - Ver lag, 1961, p . 149 70 L. Von R osen, Lapi s - lazul i in geologi cal cont exts and in A ncie nt Wr itten Sour ces , Partille, P. Aströ m, 1988 71 S. Bir ch , « Papyr us Harri s, by S. Bi rch », ZÄS , 11, p. 153 34 cuivre. La troisième, d’un bleu plus saturé, est c el le des pâtes de verr e tei nt ées par l e cuivre, que le s textes égypt iens qualifient probablement de « lap is - lazuli ar tificiel », xsbD iryt et qu e les t extes més op otam iens appel lent ukn û mer ku , « lapis - lazuli mou lé ». Parm i les recett es des t abl ettes de la bibl iothèque d’ Assourbanipal à Ninive il y a celle p our la fabri cat ion d ’ uknû mer ku , qui indique aussi son us age : la fabrica tion d’objets massifs par moulage, pour la composition de parures, pour faire des sceaux cylindres, des vases ou des petits animaux, et comme incrustation pour décorer les meubles 72 . C e t t e recette se b as e su r le mél ange d u tersitu (une fritte de cuivre bleu) et du sirsu (un verr e sodo- calciq ue inco lor e). Le l apis - lazu li n’était donc pa s utilisé comme pig ment soit à c ause de sa ra reté s oit parce que le broyage de cette pierre donnait une poudre gris - bleu dont le pouvoir colorant était très faible, en raison de la présence de grains blancs, gris ou dorés des minéraux associés dans la r oche. En ce qui concerne l’utilisation du pigment b leu , l’une des premières attestations de son utilisation se trouve sur l a stèle de Mery, provenant de Saq qar a (IV e dyn.) et conservée au Musée du Louvre (B 49), où les offrandes sont pein tes en cett e coul eur 73 . La qualité d e ce bleu synthétique laisse supposer une technique de fabr ication déjà bien établie, dont la m ise au point doit re monter a ux premières dynasties. Dans la tombe thébaine de Kherouef, inten dant de la reine Tiyi, épouse d’Aménophis III, ont é t é trouvées da ns un coffre sept galettes cylindriques de pigments jaune, rouge - o ran ge et bl eu. Leu r surfa ce po rte en core les tra ces de l a to ile d e lin qui les cont enait avant l a cuis son 74 . 72 R. J. Fo rb es, Studies in Ancie nt Technol ogy , V, Le iden, E. J. B rill, 1957, p. 139 - 140 73 C. Ziegle r, Stèles, peintures et reliefs ég yptiens de l’Ancien Empire et la Premi ère Périod e Intermédiaire, Pari s, É d. de la Ré unio n des mus ées nati onaux, 199 0, p. 108 74 S. A. Sal eh, Z. Iskander, A. A . El Masry, F. M. Helmi, « Some Anc ient Egypt ian Pigme nts » i n A. Bis hay (éd.), Rece nt advances in Sci ence and T echnology of materi als, 3, 1974, p. 1 41 - 155 35 II. 2 - PR OSOPOGRA PHI E : LES AR TISANS TRAVA ILLANT L E xs bD L’étude de la prosopographie des textes égyptiens montre com men t le mot xsbD a pu êtr e employé, du Moyen Em pire jusqu’à la Basse Ep oque, tant dans la formati on de titres de professions liées à une activité artisanale, que dans la composition d’anthroponymes. II. 2.1 / L ES TITRES DES ARTISANS Une st èle en f aïen ce du Royal Museum of Scotland à Edinburgh ( Fiche 1 47 ), qui date du Nouvel Empire , et plus précisément d u début de la XI X e dynastie (règne de Ramsès II), de probable provenance théba ine 75 , appartient à Rekhamon, un personnage porta nt le titre de jrw xsbD n Jmn , « fabricant ou t ravailleur de la glaçure bleue pour [le dieu] Amon » 76 . Rekh amon était donc sa ns dou te ratt ach é à u n ateli er trav ai llan t la f aï enc e, dans le tem ple d’Amo n à Thèb es. L’ int érêt rési de dan s le fai t q ue ce ti tre, rare, est p orté p ar un person nage dont le nom lui - même n’est pas courant. Il conf i rme aussi que le mot xsbD peut être ut il isé dan s l’ accept io n de « lapis - lazuli ar tificiel » et pl us p récisém ent « faïenc e/g laçur e bl eue » , m atériau dans lequ el la stèl e est ré al isée. Cett e st èl e a ét é dé finie impropr ement comme étant « en verre » p ar G. A. Gaballa 77 . Peu d e stèl es en faï ence o nt été retr ouvées en Egypte, et il se m ble s’agir d’une i nnovation de la XIX e dynastie, pér iode pendan t laq uell e l es pa rt icul iers co mmen çai ent à com mand er d es stè les de pet it e à 75 R. Friedman, G ifts of the Nile: an cient Egyp tian faien ce , London, Thames an d Hudson, 19 98, n. 16 6, p. 250 76 Il es t le se ul personnage conn u par H. Ranke port ant ce nom (P N I, 226,6 ). 77 G.A. Gaballa, « Fa lse - d oor Stelae of some Memphite perso n nel », SAK, 7, 1979 , p. 41 -52 36 moyenne tailles dans ce m atériau. Elles a vaient p our fonction de perpé tue r l’offrande qui maintenait en vie éternellement son bénéficiaire, dans une tombe ou dans un temple 78 . Un prem ie r p arall èle à l a s tèl e de R ekham on co nserv é dan s le m ême m us ée es t donn é par la s tèle en faï ence de K ar, contem po rai ne sel on des critèr es sty lis tiq ues. Le propriétaire , qui est en adoration face à Osiris, se proclame servit eur d’Amon 79 . Un deuxi ème par al lèle es t f ourn i par l a st èle de P as er, vi zir de R ams ès II (B erl i n N. 17276). Com me su r la st èle p récédent e, le di gni tai re est rep rés enté en prièr e dev an t un dieu, ici Amon . Le vêt ement et l ’attit ude de P aser, avec les main s lev ées, ne s ont pas san s rapp ele r ceux de Rekhamon. On peut donner d’autres exemples d’utilisation du m ot xsbD ave c cette acc ept ion de « faïenc e/g laçur e bl eue » : la stèle d’Aménophis III ( Fiche 09 9 ) provenant du temple funéra ire de Mérenptah à Thèbes, conservée au Musée du Caire (CG 34025) 80 . Cette stè le racont e l es étap es de l' ére cti on d u tro isi èm e pylône de Karnak pou r le dieu Amon et précise que des stèl es en xsbD sont érigées sur chaque côté du pylône. Dans cet exemple il faudrait donc interpré ter le mot x sbD comm e « faï ence/ gl açur e bleu e ». Un autre e x emple provient d’un fragment de carreau e n faïen ce bl eu e/v ert e d’un dépôt votif d’un temple à Memphis, datant de l’é poque ramesside ( Fich e 143 ), où ont été mis au jour des fours et du matérie l vitrifié 81 . La f aïen ce es t, dan s ce c as, d ésig née p ar le 78 A. Caubet, G. Pierrat - Bonne foi s, op. cit ., p. 89 79 R. Friedman, op. cit. , n. 167, p. 250 80 P. Lacau, Stèle s du Nouv el Empi re : Nos 34001 - 34189 , CG C 34025, Le Caire , Imp r. de l' Inst itut frança is d' archéol ogie orie ntale, 19 09 - 1957, p. 51, pl. XV, XVI 81 R. An th es, Mit Rai neh 1956 , Phi ladelphia (Penn.), The Unive rsity Mus eum, 1965, p. 75 - 76, p. 77 fig. 6a , face A 37 mot « mfkAt », « turquois e ». Il s ’agit en core, par c onséquent, d’un titre, co ncernant dans ce contexte un per s onnage nomm é Pakeb, déf ini comme Hry wdH mfk (A)t, « chef de la turquoise fondue/coulée ». F. D. Friedman a comparé, du point de vue du style, la stèle de Rekha m on à un e autre s tèl e en cal cair e c onservée au Musée de R ennes. Ce document date de la fin de la XVIII e dynastie (n ° inv. 11394), et est attribué à Amonrekh (inversion de Rekhamon), sculpteur de profession 82 . L’auteur propose ainsi d e voir en Amonrekh soit un membre de la fami ll e de Rek ham on (ce dernier serait son petit - fils), soit le même personnage que le propriétaire d e la stèle d’ Edinburgh. Un autre témoignage d’u n titre composé avec le mot xsbD est don né par l a stèl e de Hati ay, pro ven ant d e Saq qar a et conser vée au M u sée du Caire (JE 25641) ( fiche 1 35 ). Elle date du Nouvel Empire , probablement de la fin de la XVIII e ou du dé but de la XI X e dynastie. Le titre porté p ar ce personnage est Hry irw xsbd, « chef des f abr icant s de faïen ce / glaçure bleue » ; le mot xsbD pourrait à nouv eau dési gner la f aïen ce o u la gl açu re bl eue. Comme sur la stèle de Rekhamon, le personnage est en tr ain d’adorer Osiris. I l est intéressant d’observer que les inscriptions gravées de la scène du banquet, au registre inféri eur, con serv ent enco re d es tr aces de co ule ur bleue. Le nom de Hatiay est très commun au Nouvel Empire (PN I, 233,2) mais on ne peut p as en dire autant du titre mentionné. La traduc t ion « lapis - lazu li artif iciel sous forme d e fritte ou de glaç ure bleue » adopt ée pou r x sbD est en core à mett re en r el atio n avec la stèle d’Edinburgh et l’ensemble des documents que l’on vient d’ examiner. La pro venance de la stèle de Hatiay indique que 82 M. - C.B udischovs ky, N. G en ail le, « Les steles ég yptiennes du Mu sée de Rennes (suite) 3. Imen - Rekh », Annales de Bretagne et des pa ys de l’Ou est , 95, 1988, n .3, p. 225 - 246 44 des chef s des ar tis ans. L a p lup art des prêtres de Pt ah exerçai ent do nc la f on ctio n civ ile d e direct eur d es art isan s à p arti r de la IV e dynastie. Pt ahcheps e s I er a été probablement l’un des deux grands chefs des a rtisans qui ont dirigé le pol iss age et l a décorat ion de l a st èle du médeci n de S ahour ê, Ny -ankh- s ekh met, et l ’on sait que les artisans y ont travaillé en présence du roi lui - même. I l est intéres sant d’obse rv er que cet te st èle p résen t e d es in scrip tio ns p eint es en bl eu (« m xsbD ») ( fich e 016 ). Com me déj à cit é, xsbD accompagné du mot Mencheperrê, désignerait le verre et prouverait auss i un i ntér êt part icul ie r de l a par t de l a cou r po ur ce m até riau . II. 2.4 / U NE PARTICULARIT E DES PRE TRES ISI AQUES A LA B ASSE E POQ UE En se repor tant chronologiquement à la Ba sse Epoque , on peut observer l’existence de titre s relatifs à des prêtre s isiaques de l a région memp hite, titres me ntionna nt le la pis - lazu li. I l faut d’abord noter que, comme pour Ptahchepses I er , ces ti tres se sit uent en core en B ass e Egypte, dans la ré gi on memphit e, dans le milieu sace rdot al. Cette fois - ci cepen d ant, les exemples sont plus nombre ux et témoignent de la grande diffusion des cultes isiaqu es à l’époque tar dive. Un premier e x emple nous est fourni par la stèle du Musée du Louvre 365, dédiée par anx- Wnn -nfr. Elle est datée du règne d’Amasis et pr ovient du Sérapeum de Memphis ( fich e 198 ). Le p rêt re po rte le t i tre de it Hm - nTr (n) Ast x sdbt.t, « Père Divin et P rophète d'Isis - la - Bleu e (coul eur d e lap is - l azul i) » 102 . 102 Il faut observe r l’empl oi de la méta thès e pour le mot xsbD e n Epoque ta rdive. 45 Deux sarc oph ages de Basse Epoque témoignent encore qu ’une forme d’Isis, dénom mée l ’Isis à têt e (co uleur ) d e lapi s - lazuli ( xsbDt tp ), é tait l’ob jet d’un culte particulier da ns un sanct uaire d e la régio n mem ph it e. Le premier document est le sarcophage d’Ânkhh ep, fils de la dame Taamo n, provenant de Saqqara e t conservé au Musée du Caire (CG 28308) ( fiche 19 9 ). Ce personnage porte le titre de Hm-nTr n Ast xsdb - tp , « Prêtre d ' Isis à t êt e (c ouleur de) lapis- lazu li » 103 . Le deux ièm e do cum ent est l e s arcoph age d e Dj edher, fi ls d e Pét éhi ké, q ui es t auss i orig inai re de Saq qara et d ate de l a XXX e dynastie. Le per s onnage porte le même titre que Ânkhhep ( fiche 20 0 ). Ces appellations d’I sis, présentes dans les titres précé d ents, pourraient signifier, comme le souligne J. Yoyotte 104 , so it q ue la têt e de la s t atuet te de cul te ait ét é fabri qu ée en lapi s ou en faïence bleue som bre, soit que son iconographie traditionnelle lui donn ait un épiderme bleu ou noir . S. Au frère 105 d e son cô té, rem arque qu e la têt e pou rrait expr im er la part ie pour le tout et qu’elle for m e le seul éléme nt arrondi du corps humain susc eptibl e d’être comp aré à u n astr e do nt l e rayon n ement ou l ’abs e nce de rayon nem ent est d û à la ch evel ure, n aturel lem ent for m ée d e lapi s - lazul i. C ett e épi th ète fer ait donc al lu sio n à la dées se nocturne, invisible, parf ois di ssimulée par le mantea u de la nuit : la lune. Cett e form e d’ Isis aurait donc eu son p ropr e cle rg é ave c un e auton omi e r el ativ e. El le étai t p robablement vénérée dans un I seum de la région memphite dont le contexte fourni par les 103 Cf. sup ra 104 J. Y oyotte , « Etudes géographiques II. Les localit és mér idionales », Rd E, 15, 1963, p. 11 7 sq. 105 S. H. Aufrère, L’Univ ers mi néral dans l a pensé e égyptienne , II, Le Caire, Instit u t français d' arch éologie orient ale, 1991, p. 480 46 tit res ne p ermet pas d’i de nti fier av ec pr écisi on l ’em pl acement 106 . S . H. Aufrèr e propose de l’identifier avec l’Ise um de Saqqara nord, à proximité de l’Anubeïon 107 . Les t i tres de Basse Epoque que l’on vient d ’examiner ne concernent pas l’ aspect de la pro duct ion art is anale en rel atio n avec l e mil ieu relig ieux , comm e dans le cas de Ptahchepses, ni de la dire ction de la fabrication simple, comme dans les c as de Rekhamon, Pt ahm ès, Khéty ni du p ersonnage du Papyrus Vatican. Le mot xsbD , av ec s es si gni ficati ons liées à la fabr icati on du verre ou de la faï en ce à p arti r du No uvel E mpi re, dev ient dans l es tit res de l a Bas se Epo que, la dés ign ati on d’u ne form e parti cul ièr e de la dées se Isis, probablement liée à son aspec t nocturn e, encore une fois si bien symbolisé par le lapis- lazu li. II.2.5 / L E LAPIS - LAZULI A L ’ ETRANGER Pour l’E gypte, comme l’on vient de le voir , il est très d if ficile d’affirmer a v ec cer titude si les titre s en relation a vec le mot xsbD se réfèrent à une a ctivité de production ou de transfor mation et donc si le xsbD est un produit naturel ou artificiel : le même problème se prés en te d ans l e co nte xt e mycén ien po ur le kuwanowoko, – woko étant un suffixe ayant le sen s de « travailler », utilisé dans la formation des noms de prof essions . Si l’Egypte nous a tr ansmi s des attestations qui témoignent de la présence de fabric ant s de l apis - lazuli, ou pour mieux traduire , de glaçure bleue ou de verre ( irw xsbD ), il n’ex iste pas de t erme correspondant en Mésop otamie. Il est probable q ue le groupe d es 106 J. Y oyotte , op . c it ., p. 118 107 S. H. Aufrère, « De Dendara à Montserrat. Isis à l a tête de lapis - lazuli et l a Vierg e noire de la C atalogn e : points de conver gence (Aut our de l’Univ ers minér al VII) », Nilus , 6, 1997, p. 16 47 trava illeurs du verr e était limité à u n petit no mbre d ’artisans. Le fait que c eux - ci n’apparaissent pas dans les documents administrat ifs serait dû, selon L. Oppenheim, au fait qu’ils n e trav ail laien t pa s l es m atéri aux pr écieux et qu’i ls fo rmai ent une é qui pe rest rei nte. Sel on cet au teur i l n’ es t pas imp oss ibl e que l eur tâch e ai t été o rgani sé e en coopérat ion av ec les potiers pour l’utilisation des f ours, ou bien encore que le s potiers e ux- mêmes produisaient des imitations en verre des pierres précieuse s 108 . Nous avons des att estat io ns préci ses des art isan s d e la r égi on l evanti ne et d ’Ou garit en particulier , de leur rôle et des techniques dont ils dis posaient. Beaucoup de termes atteste nt des li ens exis tant ent re ces pr of essi ons et cell es des t aill eu rs de pi err e ou d e matériaux durs. On tr ouve ainsi des sculptures de pierres précieuses et semi - préci eus es. Plusieurs attestations par rappor t à ces der ni ères sont à situer dans le roy aume d’Oug ar it, bien qu’el les étai ent aus s i env oyées vers l e H atti , com me on l ’appr end des let tres et d es listes de tributs. La quatrième section de la lettre KTU 2.36+ = RS 17.435+, de la part d e la reine Puduhepa de Hatti au roi Niqmaddu III d’Ougarit 109 , contemporain de la XIX e dynasti e égyptienne, mentionn e trois types de spéc ialistes : le graveur ou le polisseur ( mly ), l e pe rceur ( sxl ) et l e trava illeur du lap is - lazuli ( qnuym ) 110 . Les artisans du Proche - O rient de toutes les branc hes de la production dépendaient, c om me en Egypte, du service central royal. Ils étaient désignés comme bnS mlk , c’est -à- dire d es hom mes d u roi. Ils recev ai ent d es r atio ns et , si né cessai re, des m até riaux b ruts à trai ter et ils travai ll aient dans l e cad re d e « co rvée d’obli gation ». Les textes nous renseignent 108 L. Oppen heim, op. cit. , p. 6 109 M. Dietr ich, O. Lor etz, J. Sanmartin , Die K eilalphabe tische n Texte aus Ugarit : Einsch liessliche der Kei lalphabeti scher T exte ausser halb Ugari ts, Neukirchen - V luyn, 1976 110 J. - P. Vita, « The Soci ety of Ugari t », in ed. W. G. E. W atson, N. Wyat t, Hand book of Ug ariti c Studies , Leide n, Bri ll, 199 9, p. 488 48 encore s ur l’organisation interne des groupe s professionnels et sur la présenc e d’un chef des art isan s ( rb HrSm ) 111 . Les d iffér ent es a ctiv ités étai ent t ransm ises de pè re en fil s. L’arch éol ogie p erm et de m ieux cer ner cert ains a sp ects d e ce s activités. A Ras Ibn Hani un atelier a fourni de grandes quantités de corindon util isé comme abra si f dans le polissage des pierres précieuses. Dans l’un des te xtes poétiques d’Ougarit, « La lég end e de Kéret », la pi err e sert à d écrir e la beau té de l a fe mme i déale « dont les prune l les sont des gemm es de l apis - lazuli » 112 . Beauco up de p ierr es et de mi néraux u ti lis és dan s le comm erce des o bjet s a pparai ssen t dans les l ett res et l es tex t es comm erciau x. T akuh li nu, am bass adeu r d’Ou g arit à C arch emis h, relate d ans ses lettre s au r oi d’Ou garit Ammitta mru II, que le roi de Carche mish (Ini - Tešub ) étai t enr agé d e recevoi r d es si mpl es pi erres ( kamma ) à la p la ce d u lapi s - lazuli deman dé ( uqnu ). Il implore donc son seigne ur de t rouver de s pierres véritables et de les lui en voyer de toute urgence de peur que l es habitants de la terre de Hatti ne devienne nt hostiles envers lui 113 . La traduc tion du terme employé pour dé signer la matière envoyée en substit ut au lapis- lazuli n’est pas aisé e. Il pourrait s’agir d’un minér al, d’une roc h e ou d’un matériau artificiel, proba bl ement d u verre ou du bleu égyptien. Les découvertes d’O ug arit témoignent de même de l’existenc e de quelques formes communes entre le répertoire des objets en lapis - laz uli et celui des objets e n matériaux vitreux. 111 J. - P. Vita, op. cit., p. 486 112 B. Marg alit, « T he Legend of Keret », in W. G. E. Wat son, and N . Wyatt (éd. ). Handbo o k of Uga ritic Studie s, Leiden, Brill , 1999 113 J. - P. Vita, op. cit ., p. 655 49 I I .3 - &fr r ET LA PROVENANCE DU LAPI S - LAZULI D ’ APRES LES TEXTES EGYPTI ENS II.3.1 / L ES HYPOTHESES DE L A PROVENANCE DU LAPIS - LAZULI La conc ept ion méso potam ien ne de la g éogr aph i e amène à si tuer l es so u rces des minéraux bruts et des m étaux près de « montagn es » spécifiques, parfois réelles, parfois mythiques, situées loin de la plaine, centre du m onde mésopotamien. On peut énumérer ains i la m ont agne du cèd re, cell e d e l’or , d e l’ar gent et cel le du lapi s - l azu li 114 . Dans les « Litanie s de Lipšur » 115 , on trouve la liste la plus complè te de s localités g éograph iques et mythologiques de la Mésopotamie ancie nn e. La « montagne du lapis - lazu li » est ici identifiée au Mont Da para, situé a u sud de la mer Caspienne . Une inscription du roi assyrien Esar haddon (681 - 669 av. J -C .) parle du Mont Bikni et u n rituel hittite mentionn e la mo ntag ne Takn iyara l iée au l apis - lazu li. Dar ius I er ci te, en rev anche, l a m ont agne B ahtar de laq uell e il au rait ap p orté cet te pi er re pré cieu se p our l a const ruct ion d e son palai s de Suse 116 . P. Montet a soutenu l’hypothèse que xsbD aurait transcrit, dans l’ordre inversé, le nom du pays d’où il prove nait : Bad[ a] Kh ach [an] 117 . C ependan t cett e i dée ne p eut demeurer qu’une hypothèse. Selon S. H. Aufrère, xsbD est un terme égyptien à l’ o rigine 114 L. Oppen heim, Gl ass and G lassm aking i n Ancient Me sopotam ia : An Edi tion of the C uneifor m Text s Whic h Contain Ins tructi ons for Glass makers Wi th a Catalogue of Surv iving Obje cts , New York, T he Corni ng Museum of G lass, 1970, p. 10 115 E. Reiner, « Litan ies d e Lipšur », JNE S, 15, 1956, p. 13 2 sq. 116 L. Oppen heim, op. ci t., p. 9 s q. 117 P. Mon tet, « Col liers roya ux tr ouvés da ns les tombes de T anis », in Fon dation E ugène Piot . Monume nts et Mém oire s publiés par l'Acadé mie des Ins cript ions et Be lle s - Lettre s , t. 41, Paris, Presses U niversitaires de Franc e, 19 46, p. 19 - 22 50 perdue, sinon l ’Egypt e aurait été l e seul pays à ut il iser u n term e fond é sur l e lieu d’extraction du lapis - lazuli, alors que tous les pays sémitiques situés sur la route de la pierre o nt em plo yé l e ter me i qnu / uqnu 118 . Les Egyptiens n’ont jam ais dû connaître la région du Badakhsh an, source du lapis- lazuli pour l’Antiquité, et quand ils voulaient spéc ifier l ’endroit d’où la pierre pr ovenait, ils se réf érai ent à l a p rin cip ale ét ap e du com me rce, Babyl one : xsbD n Bbr et xsbD nfr n Bbr , c’est à di re « le lapis - lazuli de Babyl one » et « le beau lap is - l azuli d e Bab yl one », ou bie n « xsbD n #tA » pour le lapis - lazuli d’Anatolie. Cepe ndant, si R. Lepsius 119 suggère que xsbD nfr n Bbr corr espond au lapis véritable, pr obablement en poudre ou bien traité à Babylone pendant son chemin pour rejoindre l ’Egypte, W. M. Müller 120 soutien qu’ i l n’y a pas de l api s - lazul i à B ab yl one et l’exp res si on do it s e référ er à l a fri tt e arti fi ciell e. II.3.2 / L E PRO BLEM E D E LA LO CALISATIO N DE &frr Dans l es tex tes an téri eur s au Nouv el Em pire, de la B asse Epoque et de l’époque ptolémaïque et romaine, on e mpl oie l’e xpression xsbD n &frr « le la pis - lazuli du pays de Tfrr », qui avec RSt , pays d’origine de la turquoise 121 , se situe dans un Or i ent quas i imagina ire 122 . 118 S. H. Aufrère, L'univ ers minéral dans la pe nsée égypt ienne, II, Le Caire, Institut français d'archéolog ie orient ale, 1991 p. 463 119 C. R. L ep sius, Les métaux dans l es insc riptions égyptie nnes , P aris, F. Vieweg, 1877 120 W.M. Müller , Asien un d Europa n ach alt ägyptische n Denk mälern, L eipzig, W . Engelma nn, 1893, p. 277 121 A. H. Gardiner, T. E. Peet, J. Černý (éd.), The I nscript ions of Sinai , II , Londo n, Egypt E xplorat ion Soci ety, 1952 et 1955, p. 3 122 Pour Tfrr dans l ’accepti on de « pays » voir H . Ga uthier, D icti onnaire des noms géogr aphiques contenus dans les textes hiér og lyphique s , VII, Le Cai re, Impr. de l' I .F.A.O, 1925 - 19 31 p. 57 51 Les no ms d es lo calit és Bbr et &frr indiqueraie nt, pa r conséque nt, deux stations de comm erce : Babylone et Ti flis (ou Tebris) situées sur la route du Badakhshan au sud de l a mer C aspi enne, q ui s ont ci tées p ar l es tex tes cu n éiform es com me pay s p rod uct eur de uqnû . P. Montet voit en & f r r l’é qui valent de Sippar, ville située sur l’E uphrat e, qui servait de relais sur l a rout e du l api s, entre l a Bact rian e à l’ Eg ypt e. &frr s erait alors une l ocali té su r la route entre l’Iran ancien et la Mésopotamie, un port ou un point d’arrivée des caravanes de Bactr iane. Un e autre hypothèse i dentifie Tfrr avec Dapar a (so it T apyres) , au su d de l a mer Caspienne 123 . Pour résumer, Tfrr désign erait une étap e s ur le s r outes entr e l’ Iran anc ien et la Mésopotamie 124 , pays d’origine du lapis-lazuli connu dès le Moyen Empire 125 . Le sar cop hag e de Nakhti provenant d’Assiout et datant du M oyen Empire ( fi che 046 ) présente l a formul e 594 des Textes de s Sarcophages , laquelle mentionne des offrand es à Osiri s : l’or des régions montagneuses, l a myrrhe du Pays -du- D ieu, les p ie rres précieu s es des H a ou- nebout , les perles de Lybie, le lapis - lazuli d e Tfrr, l e sh yt de Hbks , la turquoise du Sinaï, les pierres précieuses (?) de R a dy t, la corn ali ne d e Chay t 126 . La stèle de Akhthoy, ( fich e 066 ) per s onnage ayant vécu sous la XI e dynastie, décrit les ex pédi ti ons a ccomplies par ce dernier, chargé des transports pour le compte de son souverain, sans doute un Montouhotep. Après l’é numérations des pays traversés, il rentre 123 J. Tait, « The m ountai ns of la pis - lazuli », GM , 20, 1976, p. 50 - 52 124 S. H. Aufrère, op. ci t ., II, p. 4 6 4 125 T. G. Pinches, P . E. Newberry, « A Cyli nder - se al inscr ibed in Hierogl yphic and Cuneifor m in the Col lect ion of the Earl of Car narvon », JEA , 7, 1921, p. 199 126 P. Barguet, Les textes d es sarcophages égyptiens du Moyen Empire, P aris, Édi tions du C erf, 19 86 p. 63 52 au pal ais ave c les pr od uit s des pays ét range rs : des m étaux et des pi erres p réci euses . Chaqu e produit est suivi de la mention du pa ys de pr ovenan ce. Selon A. H. Ga rdiner, les local ités ment ion nées serai ent ci r conscr ite s d ans l a pénin sul e d u Si naï et l’approvisionnement aurait été fa it par échange 127 . La turquoise proviendrait, selon ce document, du pays de R o shat et l e lapi s - lazul i d e Tfrr , provenances également mentionnées dans le papyrus de l ’Institut d’Egyptologi e de l’Université de Copenhague, que l’on analy ser a ensui te. Tfrr est aussi mentionné dans un e inscription du S inaï, provenant de Serab it El - Khadim et datant du Moyen Empire ( fi che 0 80 ). Cette inscription témoigne d’une expédition en Asie menée par un roi dont on ignore le nom, afin de se procurer les produits du pays. En ce qui concerne l a mention du xsbD , il est défini comme provenant de Tfrrt. Ainsi que l’observe A. Nibbi 128 , si l a parti e de t ext e pr écéd ant l’ attes tati on d e Tfrrt est endom mag ée, le mot e n soi est intac t et il est suivi par le dé te rminatif des minéraux . Il serait alor s à int erpréter dan s ce con t exte co mme u n mat éria u e t non un pays, comme l’a suggé ré J. Černý 129 . Tfrr es t ut ili sé à l ’époqu e g réco - romaine pour dési gner une pierre précieuse bleue que l’ on peut identif i er comme éta nt le lapis - lazul i 130 . Or, dans ce p ass age cel a ne p eut pas 127 A. H. Gardine r, « The tomb o f a m uch - travelled Theban offi cial », JEA, 4, 1 91 7 , p. 36 128 A. Nibb i, « xs bD from the Sinaï », GM 19 (1976), p. 4 6 129 A. H. Gardiner, T. E. Peet, J. Černý (éd.), op. cit. , p. 208 130 P. Wilso n , A Ptolemaic Lexikon : a lexi cographi cal s tudy of t he texts in the te mple of Edf u , Leuve n, Uit geverij Pe eters en de parteme nt Ooste rse Studi es, 1997, p. 11 42 53 être vrai , c ar le m ot es t précéd é p ar xsbD . J. Černý le traduit alors comme « tfrrt -stone » 131 , croyant qu’il puisse s’a gir d’une variété de lapis- lazuli. D’après J. R. Harris, les Egyptiens pensaient que le lapis provena it de plusi eurs sources et ils ava ient a insi distingué xsbD de &frr : c e de rnier ne ser ait alors qu’un synonyme de xsbD, se r éférant au fait q ue le l apis prov enait de &frr 132 . A. Nibbi souli gn e que l es sou rces égy pti en nes pr ésent ent l e lapi s - lazuli comme étant apporté en Egypte e n qualité de tribut provenant de plusieurs pays 133 . Cela so us - entend qu’il n’y avait pas une source unique pour cette pierre dans l’Antiquité. Cependant, il n e faut pas confondre l e lieu d’origine du lapis et les pays où l a pierre tra nsitait, qui étaient de simples point s de stationne ment sur les r ou tes co mmerciales . Il est i ntéres sant de cons t ater qu e le m ot Tfrr va éga lement re couvrir la signif icatio n de « êt re b leu », employé comme verbe (WB V, 300, 4) 134 . Avec cet emploi, il devient synonyme de xsbD dans son acception de « couleur bleue ». Un des fra gm ents de la collec tion de papyrus de l’I nstitut d’Egyptologi e de l’Université de Copenhague ( fiche 206 ), qui fait partie d’un « onomasticon » hiératique d’époque romaine provenant de Tebtynis, présente une énumération de montagnes et de mines. I l cite trois montag nes av ec l a pier re qu i es t ex plo itée d ans ch acun e d ’elles : Roshat pour la turquoise, Hahe pour l’or et Tefrore pour le lapis- lazu li. 131 A. H. Gardiner, T. E. Peet, J. Černý (éd.), op. cit. , p. 208 132 J. R. H arr is, Lexicogr aphical s tudies in ancient Egy ptian m i neral s , Berlin, Akademie - Verl., 1961, p . 135 133 A. Nibb i, op. cit. , p. 46 134 J. R. H arr is, o p. c it. , p.125 et R. O. Faulkner, « The Pregnancy of Isis », J E A, 54, 1968, p. 42, n. 8, et D. Meeks, “Iwn -n- pt =Saua nmte= “ le l in”, RdE 24, 1972, p. 116, n. 6 60 d’un discours narr ant l’ exploitation de la turquoise au Sinaï et réc apitulant les produits recueil li s au cours d es ex pédi ti ons ef fect uées d ans d iffér ent s pays ét range rs 149 . C ertains de ces produits ne sont pas identifiables, à cause de leur provenance qui demeur e malheureuse ment incon nue. J. Černý pense que le pays d e Hrrwtt peut signi fier « the flowery land », à p artir du mot Hrrt « fl eur », souvent utili sé, comme l’on discuter a ensuite, en relat ion av ec l e lapi s - l azul i. C e top onym e ser ai t, selo n cet aut eu r, à m et tre aus si en l ien avec l’ acti vité minièr e 150 . Une stèle anonyme datant vraisemblablement du début de l a XVIII e dyn asti e et provenant de Saqqara (JE 28569) ( fich e 108 ) , se p résent e co mme charn iè re d’un e transformation du contexte narr atif : on passe des récits d’expéditions à la repré s e ntation des défilés des tributs et de s offrandes dans les tombes du Nouve l Empire. Ce document décrit le pro priét ai re d’u ne t om be évoq uant la pr éserv atio n de sa d em eur e étern elle, s elon la phraséologie typique des inscriptions des t ombes privées du Nouvel Empire et il provi ent probab lemen t d e la ch apell e fun érair e d ’un fonct ion naire d e ran g élevé. L e text e principal est construit autour de deux personnages, un dieu et un roi. La divinité, probablement le dieu Rê, apporte de s t ributs étrangers pour le roi égyptien, qui demeure inconnu. Parei llem ent au x repr ésen tati ons cons ervé es dans l es t ombes thébain es contemporaines a ppa rtenant à des bureauc r ates de haut niveau, qui au début de la XVIII e dynastie montrent un inté rêt pour les produits exotiques prove nant des expéditions à 149 D. Valb elle, C. Bon net, o p. c it . , p. 14 150 A. H. Gardiner, T. E. Peet, J. Černý (éd.), op. cit. , p. 1 - 21 61 l’étranger, les textes, sous forme de listes de tributs, indiquent des produits provena nt de Nubi e et d’A sie. Parmi les premiers on retrouve du miner ai de cuivre, de l’é bène, de l’ivoire, du jaspe rouge, du f eldspath vert et des peaux de l éop ard ; parmi les deuxièmes, de l’argent du désert, du lapis - lazuli v érit able, d e la tu rquo ise et d’aut res pi erres p réci eu ses ai nsi que du cuivre, du plomb, des chevaux avec des chars, des esclaves ; du vin, de l’e ncens, de l’huile de moringa , du bois de cèdr e, de la r ési ne et des herbes par fumées . L es p rodui ts én umérés dans cet te s tèle s ont bien attes tés p armi les p ro duit s ét rangers , en pa r ti culi er dans les inscriptions de l’époque thoutmoside. La liste que l’on vient d’examiner comprend aussi des produits moins courants, comme le jaspe rouge et le feldspath vert 151 . La tombe de Rekhmirê, vizir sous Touthmôsis III , r eprésente parmi les tributs apportés par les Crétois, une corbeille avec du lapis - l azuli ains i qu’ un vas e en cette p ie rre, décoré ave c des b an des et des anses en or ( fich e 126 ) ; par mi les tributs apporté s de Syrie (Rét énou) l ’on reco nn aît des v ases en m étau x précieux et quat re co rb eill es con tenan t respec tivement de l'or, de l'argent, de la turquoise et du lapis- lazuli ( fi che 1 2 7 ). On pourrait énumé rer une liste très riche de tombes de fonc tionnaires du Nouvel Empire conser vant l a r epr és entat i on des tri but s appo rtés par l es p rin ces d es pay s étrang ers . Un e autre tombe théba i ne très connue est ce lle de Houy, vice - roi de Nubie sous le règne de Toutân khamon ( fich e 1 33 ), dans l aquelle le propriétaire de la tombe est figuré en train d’offrir au Pharaon une c orbeille remplie de morc eaux bleus, probablement du lapis - lazuli, ainsi qu’un choix de vaisselle m HD nbw xsbd mf kt aA.t nb.t Sps.t, selon la formule typique de l’énumération des tributs au Nouvel Empire. 151 G. A. Gaballa, « Three acephalous stel ae », JEA , 63, 1977, p. 122 - 124 62 II.4.4 / L A DOCUMENTAT ION ROYALE : LE DEBUT DE LA XV III E DYNAS TIE Après avoir traité des récits d’expéditions et des représentations des tombes, si l’on se reporte chronologiquement à la Deuxièm e Pé riode Intermédiaire , le roi Kamosé nous a laissé des témoignages du c onflit l’opposant au dominate ur Hyksôs, pour la libération et la réunifica tion de l’Egypte . Le text e de l a deu xièm e s tèl e ( fich e 084 ) concernant le s opérations mili taire s de Kamos é cont r e le roi Hyksôs Aouserrê Apophis, décrit le roi égyptien en t rain de préparer une expédition nava le co ntre les possessions hyksôs, allant de la Moyenne Egypte jusqu’à la région d’Avaris 152 . Après avoir chassé le roi Apophis, Kamosé s e réjouit d'avoir détruit les habitations des asiatiques, coupé leurs arb res, et volé leurs chevaux. Il raconte ensuite avoir attaqué les navires ennemis et confisqué leur chargement, avec les pr oduits provenant du pays de Réténou: de l'or, du la pi s - lazuli, de l'arge nt , de la turq uoise, des hach es en bronze, de l 'huile de moringa , de l'ence ns, de la graisse, du miel et du bois de qualité (le bois itrn , le bois ssnDm et le boi s spny ). Au Nouvel Empire, dan s le domaine économique et artistique, l’ouverture sur l e Proche- Orient, déj à am orcée ave c la X II e dynastie, est poursuivie et maintenue. Cela provoque la re prise de l’importation des matières pre m ières et, par conséquent, de la production artistique 153 . D éj à Ahmo sis , su cces seu r de Kamos é, consa cre d ans l e t emple d’Amon- Rê à K arnak un e stèle (CGC 34001) commémorant son action et celle de s a mère, 152 N. Grim al, Hist oire de l ’Egyp te ancienne , P aris, F ayard, 19 88, p. 23 7 153 N. Grim al, op . cit. , p. 243 63 la rein e Ahho tep : l es produits précieux offerts à Amon - Rê cons is tent en des m ati ères qu i commencent à affluer en Egypte, provenant d’Asie, de Nubie et du Sinaï 154 . II.4.5 / H ATCHEP SOUT ET T HOUT MOS IS III : LE L APIS -L AZ ULI COMME BUTIN DE GUERRE La reine Hatchepsout a fait représenter son expédition au Pays de Pount sur les paroi s de son temp le fun érai re à Deir el - Bahari. Les princes de Pount, Ir em et Nemiou sont en trai n d’o ffri r à la rein e les tributs provenant de leurs pays. Ces produits, parmi lesquels on retrouve de l'argent, de l'or, du lapis - laz ul i et de la turquoise, sont ensuit e pesés et mesu rés à l’ aid e de b alan ces ( fich e 110 ). La politique expansionniste des souver ains du Nouvel Emp ire drain e dans l a Vall ée du Nil une grande quant ité de produits exotiques et de pierres pr écieuses, parallèlement à l’importation du verre e n Egypte, provenant des campagne s m ilitaires conduites au Proche- Orient et en Nubie . C es produits sont repr ése ntés sur le s reliefs c ommémoratifs des temples en tant que tributs/dons des chef s des p ays étrangers. Un exemple est donné par les Annales de Thoutmosis III, gravées sur les parois du Temple d’Amon - Rê à K arnak, à p roxi mit é du s an ctuai re de l a barq u e sacr ée, r elatan t des campag nes mi lit aires con dui tes p ar Ph arao n au Pr oche - O ri ent. L e b ut d e c es t extes es t à l a fois c ommémor atif et pratique : il s’agit d’un inventaire de faits, présentés selon les stéréotypes du ré cit royal traditionnel, accompagné d’ un récapitul atif, campag ne pa r campagne , du butin rapp orté par les armées égyptiennes et consacré à Amon- Rê. Ces documents nous renseignent sur la provenance d es produits qui affluent en Egypte grâc e aux campagnes de Touthmôsis II I, et en par t iculier sur ce l le du lap is - lazuli. 154 N. Grim al, op . cit. , p. 244 64 Ce souverain nar r e dans ses Annales le siège de la ville syrienne de Megiddo, d’une duré e de sept mois, jusqu'en f évrier de l’ an 23. Parmi les tributs des p rinces soum is on retrouve la men tio n de m étaux et de pi erres pr écieu s es tel les l’argen t, l’or, l e lapis - lazuli, e t la turquoise ( fiche 122 ) m ai s aus si l a st atue d’un p ri nce so umi s, en éb ène i n cru sté d ’or, av ec la têt e en lap is - lazuli ( fiche 123 ). La seconde campagne du roi, pendant l’anné e 24 du règne, nous appren d qu’un bloc de 20 dében et 9 kité de vérita ble lapis - laz uli a été livré par mi les inw du ch ef d’Assy rie ( fiche 111 ). Il faut savoir que un dében vaut environ 91 g. et un e kité le di xième d’un dében, soit 9,1 gr. L’année 29 est évoquée dans les inscriptions des Annales par le récit d e la prise de la ville syrienne de Tounip avec son butin de gue rre : parmi le s objets on retrouve du lapis- lazu li, de la m alachi te et d es vases en bron ze et cu ivre ( fich e 11 7 ). L es trib uts de la c amp agne d e l’an née 3 3 ( fiche 114 ) sont d’un intérêt remarquabl e g râce à l a mention du lapis - lazul i de B abyl one, à co té d e xsbd mAa et de xsbd iryt : la volonté de distingue r entre le lapis - lazuli v éritable e t le lapis ar tificiel est é vidente. Aux tribu ts proven ant d e l’As sy rie s u ccèden t, l ors d e la hu iti ème cam pagn e de l'anné e 33 ( fiche 1 12 ), une t ête de bél ie r de vé ri tabl e lapi s - lazu li et 15 k ité d e cette p i erre v érit able , avec d es v ase s différent s. La neuvième campagne de l’année 34 détaille, parmi les tributs prov enant de Chypre, 110 dében de l apis - laz uli ( fich e 1 15 ) e t u ne quan tit é ind éfini e de cet te pi erre provenant du Réténou ( f i che 11 9 ). Parmi les tributs de ce pays est aussi mentionnée une quantité de 30 débe n de lapis - lazuli pour la campagne de l’a nn ée 39 ( fich e 12 0 ). Il e s t int éressan t de r emarq u er co mmen t, parmi les tributs du R éténou de la c amp agne de l’année 40, on mentionne la fille d’un prince étra ng er, avec ses bijoux en or, et du lapis - lazuli originaire de son pa ys , ai nsi qu’une hache incrustée de lapis- lazuli ( fi che 1 21 ). 65 La campag n e de l’an né e 38 co nduit le souverain au district de Noukhashshe d’où il emporte par mi son butin, un collier en lapis- lazuli ( fiche 118 ). On retrouve dans les l istes de l’année 40 du règne l’énumération de tributs proven ant en co re d es c hefs de l ’Ass yri e ( fi ch e 113 ), bien que l’in sc ription soit tr ès lacunaire et qu’elle pose des problèmes par rapport au contexte chronologique des évènem ents 155 . Dans ce passage, qui est à mettre e n rapport avec celui de l ’année 33, on cite un bloc de lapis - lazuli véritable, qui fait 20 dében et 9 kité, deux autres de poids indéfini, et 30 dében de lapis - laz uli knkn ( en poudre ?). Trois blocs de lapi s - laz uli nfr de Baby lon e termi nent la li ste. Sur cet ad je cti f, on a déjà p récéd em ment dis cu té l es di fféren t es interprétations des é gyptol ogues. Un bloc de 3 3 k ité d e v éri tabl e lap is - l azuli e st aussi attesté parmi les tr i buts d'une ville asiatique, pendant la campagne de l’année 42, dont la lacune dans le texte nous fait seulement supposer qu’elle puisse être i dentifiée avec Chypre ( fich e 116 ). Selon D. B. Redford, les listes des les Annales de Thoutm osis III où le mot inw désigne les tributs présentés par les pa ys soumis, ne font pas partie du trésor privé du r oi mais du trésor de l’Eta t tout court. Le scribe aur ait s ouligné la destination diff érente de s produits et des otages pr ovenant des campagnes mili taires. Les dons seraient inclus dans les possessions privées du roi, les aliments au raient été transférés dans l es entrepôts des ports, le grain, d’a bord sous le contrôle des fonctionnaire s , aurait ensu ite ét é envo yé au palais. Enfin, les produits de luxe et manufacturés auraient été assignés au Trésor. Pendant certain es campag n es mi lit aires l’arm ée p ouvai t au ss i asp irer au b uti n 156 . 155 D. B. R edford, The War s in Syr ia and Pales tine of T hutmos e III , Lei den, Bril l, 2003, p. 51 156 D. B. R edford, op. c it. , p. 33 - 34 66 Les listes des Annales de Thoutmosis III nous ont ainsi permis d e locali s er l es pay s de provena n ce du lapis - lazuli, en tant que tribut des pays soumis par l’Egypte : l’ Assyrie , Babylone, la Syrie et Chypre. Une coupe en or, conservée au Mus ée du Louv re, inscrite au nom de Djéhouty, administrateur des ter rit oires conquis par Thoutmosis III en Pal estine et en Syrie ( fiche 128 ), fait peut - être par ti e de l' or de l a réco m pens e acco rdé p ar le roi à ses h auts fonctionnaires, à la suite de ses campagnes expansionnist es. Sur ce doc ument Djéhouty, déjà connu grâ c e à plusieurs objets préc i eux à son nom, est défini comme « le d irecteu r des terres ét rang ères » et « d irect eur de l 'arm ée », so n rôle étant celui de proche collaborateur du roi en matière militaire et économique dans les pays du Proche - Orient, où il é tait respo nsabl e de la ren t rée des tributs 157 . Il est in téress ant d e rema rquer s o n acti vit é de « celu i qui re mplit les entre pôts de la pis -lazuli, d'a rgent et d'or ». II.4.6 / L E L APIS -L AZULI DANS L E S ECHANGES D IPLOMATI QUES SOUS A M EN OPHI S III E T A KHE NAT ON Un corpus de le ttres trouvé es à El - Amarna et rédigées en c unéiform es, nous renseigne sur la politique étrangère p endant les règnes d’Aménophis III et IV , c ar il contient la corr espondance diplomatique de ce s souverains avec les rois du Proche - Orient. Les t hèmes abord és s e rap port ent à l a sti pul ati o n d’un e alli ance d e « frat ernité », qui forma it le lien politique fondamenta l parmi les r oi s. Les lien s d’ amitié so nt ainsi e xprimés par l’éch an ge de cad eau x 158 . Presque tout le vér itable lapis - lazuli ou l es objet s déco rés 157 J. Y oyotte , « Le géné ral Djé houty et l a perce ption des tribut s syri ens », BSFE, 92, 1981, p. 46 - 47 158 W. L. Moran, Les Let tres d ’E l - Amarna. C orres pondance di plomati que du phar aon , Pa ris , Les Édit ions du Cerf , 1987, p. 31 67 avec c ette p ierr e, mentionnés dans les lettres d’Amarna, sont envoyés en Egypte de Mésopotamie. Les lettres de s s ouverains du Proche - Orient indiquent toujours la nature du lapis - la zuli, preuve que dans l’Egypte de l’époque le problème de s imitations est bien connu. Tushratta, roi du Mitanni, envoie d e nombreux objets en lapis - l azul i véri tabl e en Egypte. Le phar aon Aménophis III reçoit du roi Tushra t ta « une coupe e n or avec des incrustations en lapis - lazuli authentique, un collier composé de vingt mo rceaux de lapis- lazul i aut hentique et dix - neuf morceaux d'or, dont le centre est un lapis - lazul i authentique, serti d'or ». (EA 19.80) ( f ich e 091 ). Dans une autr e lettre annonçant la fin des négociations de mariage, le roi du Mitanni envoie un collier maninnu en l apis - lazuli a uthen tique en hommage au Phara on ( EA 21 :36) ( fiche 0 93 ). Il con tin ue sa co rres p ondan ce av ec le successeur de Pharaon, Aménophis IV, en se plaignant que les intentions de ce lui - ci ne sont pas aussi bonnes que celles de son père. Cependant, en ré ponse à une dema nde d’envoi de statues en or faite par le roi égyptien, il affirme pouvoir expédier des statues en or et en l apis - lazu li ( fi che 0 94 ). Le roi du M itanni a donc accès aux sources de lapis - l azul i, tout comme le roi de Babylone. Ce de rnier, Kadashman - Enlil, e n voi e des cad eaux à Aménophis III suite à une réponse f avo rable à la demande du Phar aon d'épouser une princesse babylonienne : parmi les dons on r etrouve 60 sicles de lapis - l a zuli adress és à l a reine égyptienne (EA 2, 8) ( fiche 09 2 ). Nous sommes aussi infor més q ue le roi as syri en Assur - ub allit I er a envoyé à Aménophis IV un sceau en lapis - lazuli véritable ( EA 16 :11) ( fiche 0 90 ) et u n pend en tif en forme d e d atte, faç on né dans la m ême pi err e pré cieu se(E A 15 :13) ( fiche 0 89 ). L’u n e des pr em ières m iss ives d e la co rrespondance informe que le roi babylonien Burna - Buriash a offe rt à Aménophis IV quatre mines de lapis - lazul i, s e justifiant du peu de cadeaux envoyés à cause du manque d'eau, du tem ps chaud et du voyage diffic ile (EA 7,5 6) ( fiche 09 5 ). Dans une l ettre ultérieur e, l e roi babylonien envoie 68 seul ement une m ine de l api s - lazul i, s e plai gnan t de l 'agres sio n aux carav an es babyloniennes et réclamant un dédommagement ( fiche 096 ). Selon E. Porada 159 , l a mention du poids du lapis - lazuli e n mines indiquera it que le s p ierr e s n' étaien t pas travaillées. Tushratta en revanc h e, ne parlant jamais de mines, semble n’avoir envoyé que des bijoux. Dans une lettre de B urna - Buriash à Aménophis I V ou Tou tânkhamon (EA 9,36) ( fiche 09 7 ) l'expéditeur demande d'augmenter les quantités d'or e nvoyées et hésite à entret enir d es rappo rt s c omm erciaux av ec les A ss yriens . Il envoi e ains i en cad eau t rois mines de lapis -lazuli authentique ( zaginkurru ). En ce qu i con cern e l 'ad ject if « authentique », q ui apparaît plusieurs fois dans la corre spond an ce d ’El - Am arna, on re nvoie à la discussion sur le lapis - lazuli nat urel ( de montagne) opposé a u lapis artificiel (de four ou cuit). D’après Oppe nheim, lorsque la pierre est mentionnée sans qualification, elle désigne probablement de la substan ce artif icielle 160 . Dix blocs de véritable lapis - lazuli sont envoyés dans le c adre des négociations de mariag e entr e B urna - Bur iash et Aménophis I V ( EA 11, 24) ( fich e 088 ). La femme du roi égyptien, probableme nt à identifier soit à Néfer titi, première femme d'Aménophis IV s oit à Ankhsenpaaton, fille et dernière femme du Pharao n, reçoit ainsi vingt ornem ents en forme d’instruments musicaux, fabriqué s dans cette même pierre . Dans une lett re pré c édente, le roi babylonien avait déjà envoyé c omm e cadeau deux mines de lapis - la zuli et un col li er de « pierres - grillon » en lap i s, ce d erni er étan t adres sé à M ay atu, fill e d'Am énophi s IV (EA 159 W. L. Moran, op. c it. , p. 13 - 55 160 L. Oppen heim, Gl ass and G lassm aking i n Ancient Me sopotam ia : An Edi tion of the C uneifor m Text s Whic h Contain Ins tructi ons for Glass makers Wi th a Catalogue of Surv iving Obje cts , New Y ork, The C orning Muse um of Gla ss, 197 0, p. 10 - 13 69 10, 43) ( fich e 087 ). Les « grillons » désigneraie nt, selon Oppenheim, des instruments de musique 161 . D’autr es lett res, n e fai s an t pas parti e du co rpus d’El - Amarn a, l ’une adr e ssée à un roi d’Ug arit du XIII e siècl e par so n amb assad eur à l a cour hi tt ite, et un e autre à un ro i assyrien plusieurs siècles plus tard, témoignent de la difficulté de s’approvisionner en lapis - lazuli et de so n prix él evé 162 . II .4.7 / L ES TEMOIG NAGES RAMESSID ES : L E L AP IS - LAZ ULI COMME TRIBUT DE GUERRE ET PRESE NT DE MAR IAGE Parm i les ins cript ion s qu’à fait grav er R amsès II d ans l ’avant - cour du temple de Louxor, le défilé de s régi ons minières compte, parmi les personnifications de s loc alités, Dw n xtA, « la montagne de Hatti ». Elle témoigne, selon la for me d’une phraséologie très stéréo typ ée, qu e le l apis - lazuli ar rivait en E gypte aussi d e l’A natolie ( fiche 15 6 ). Dans le cadre de la politique de mariages conclus pour sceller des all iances av ec l es pays ét rang ers, Ram sès II épo use l ui - mêm e deux p rinces ses h itt it es, après l a si gnat ure du traité de paix avec le roi hittite Hattusili III . La traditio n a gardé l e souvenir de ces échang es am icaux en tr e l es deu x pays , évoq ués d ans le tex te d ’un e st èle a po cryphe d at ant de l’époque ptoléma ï que et connue comme stèle de « Bent resh » ou « B akhtan » ( fi che 203 ). Ce document re l ate l’envoi d’une s tatue guérisseuse du di eu Khonsou à la princ esse de Bak htan (Ba ctri ane) , s œur d e la pr emi ère ép o use d’origine hittite du r oi, mariée en l’an 34 de son règne 163 , stat ue dest in ée à exti rp er un es pr i t mau vais qui s’est empa ré de l a jeun e 161 L. Oppe nheim , op . cit. , p. 11 162 L. Oppen heim, op. cit. , p. 11 163 E. Bresciani, Letteratura e p oesia ne ll’Antic o Eg itto , Tori no, Ei naudi, 199 0, p. 63 3 76 On peut observer une utili sat ion de cell e - ci dan s l es rep rés entat io ns de l’ eau, de l’ai r et du ciel, éléments primordiaux à partir desquels un processus de tra ns fert de signification de la sphèr e mat ériel le à la s p hère sym bol iqu e s e met en p lac e. Le bl eu devi en t alo rs l a cou leu r du corps du dieu Amon, des plafonds des tombes royales du Nouvel Empire renvoyant au bleu du ciel, jusqu’à l’époque gréco - romai ne, qui li vre des exem pl es des an ci ennes couronnes royales blanc hes et rouges peintes en bl eu 176 . Parm i les métap hores d u lan gage égy pti en en outre « La Grand e Vert e » ( wAD wr ) indiquerait probableme nt l a Mer tandis que « Noir » ( Kmt ) est le nom de l’Egypte. III. 2 – LES UTI LISATIO NS V ARIEES DE L A COULEUR LAPI S - LAZU LI III.2.1 / L A SYMBOLIQUE DE L A COULEUR LAPIS - LAZULI Dans la plupart de s culture s les couleurs son t assoc iées à une multiplic ité d’activ ités et à une dimension symb olique particulière, surtout liée aux rites funéraires ou religieux. Il y a un échan ge ét roi t entre l e mon d e de l a nat ur e et celui d e la n atu re m étaph oriq ue où l a couleur définit une abstraction et un lien entre la r éalité et l’idéal du monde divi n. Une exemple de symbolique de couleurs mise en évidence par C. Spieser 177 est liée à la représenta t ion des noms des rois. Les lignes de contours de s cartouches et les hié roglyphes bleus sur fond ja une ou l’inverse sont a ssez coura nts . La bordure du cartou ch e corr espon d à l a repr ésent ati on de ce q ue le s olei l ent our e, el l e matér iali se la limite entre la cré ation et le Noun. L’association du jaune et du bleu symbolise donc l ’uni vers d e la créat ion q ui s e matéri ali se d ans l a lum ière so laire et auqu el l e roi déf unt es t 176 J. Bain es , op. cit. , p. 252 , et not e 23 177 C. Sp ieser , Les noms du Pharaon com me êtr es aut onomes au N ouvel Emp ire , OB O 174, 2 000, p. 5 8 77 assimilé. Ces couleurs o nt également pu signifier l’accueil du roi dans le m onde des dieux, comme l’a suggéré E. Hornung 178 . Témoignage de la fonc tion symbolique qui déte nait l e bleu égyptien dans le cont exte de l a Médi terra née an cienn e est son li en étro it av ec le rôl e jou é par le l apis - lazu li en l’Orient. Le bl eu égyptien se développe e n outre sur une longue dif fusion temporelle ca r il survit jusqu’au VIII e siècle de n otr e è re. Afin de saisir ce t univers complexe, une étude interdisciplinaire s’impose pour comprendre les technique s mises en œuvre pour reproduire les couleurs, qui deviennent les subs ti tut s de m inérau x et des m étaux em plo yés comm e r éféren ces ch ro mat iques. Les scien ces des maté riau x p ermet tent ains i de co mpr end re les p igm ents ou l es col orant s des multiples matériaux colorés. En e f fet les textes égypt iens offre nt peu d’informations s ur la natu re ex act e des mat ér iau x ent ran t dan s la com pos it ion d e leur p al ett e des coul eu rs, malgré la symbolique d ont ils sont porteurs. L es peintres distinguaient deux séries de pigments : ceux à l’état de poudre (les pigments rouges et jaunes), et ceux, plus durs, résultant d’un broya ge et pesés (les pigments ver t s et bleu s). III.2.2 / L A COULEUR LAPIS - LAZULI ET L ’ IMITATION DE LA PIERRE A côté de l’utilisation symbolique de la couleur on pe ut ainsi retrou ver une uti lis ati on li ée à la réal it é, r efl et de l a colo rat ion d es élém ents natu rel s, co m me l es pi erres précieu s es. Le s artisans réglaient alors la finesse d u broyage des pigments pour obtenir des 178 E. Horn ung, Tal der Könige , Augsbourg, 1995, p. 73 78 nuances plus claires, comme la turquoise du Sinaï, ou plus vives comme celles du lapis- lazu li. Cependant on n’assiste jamais au mélange des couleurs pour aboutir à des nuances p lus variées, comme nous le pratiquons aujourd’hui. Les égyptiens se bas ent au contraire sur des couleur s simples mais très connotés qui s’inspirent des couleurs minérales 179 . Les couleurs traditionnelles égyptiennes à connotation minérale se substituent ains i à d’aut res coul eurs p roch es de l’en viro nn emen t, af in de renfo rce r la ré al ité 180 . Les esp aces cél este et aquati que s e réf èren t d onc au lapi s - lazuli, porteur de la couleur sombre de la nui t, mit igé par des é clats de lumière, comme les fragments de pyrite do rée qu’ il contient. C’est ainsi que mfkAt , peut être lu soit comme « turquoise » soit comm e « bl eu clai r », tandis que xsbD représ ent erai t don c soi t l e « lapis - lazuli », s oit le « bleu foncé » 181 . Dans le domaine de la réalité il fa ut inclure a ussi le monde animal : les descr iptions des plumages ou des traits physi ques sont souvent empruntée a ux métaux et aux minéraux précieu x 182 , de mêm e que le mo nde vég étale, par exem ple av ec sa fleu r d e lot us, liée à l’élé ment liquide e t plus pré cisément au la pis - laz u li. Le s Egyptiens avaient à leur disposition plusieu rs sources de m inéraux bleus, les uns utilisé s en bijou terie, comme le l apis - lazuli importé d’Afghanistan, les autres dans la mati ère pi ctural e, comm e l ’azurit e, un min erai de cuiv re pr ésent sur l e te rri to ire é gyptien. L’azur i te est un carbonate basique de cuivre, dont les gisements sont expl oi tés sur le lieu même des mines de cuivre, car ils correspondent à une « oxydation naturelle », résultant de 179 S. H. Aufrère, « Les couleurs sacrées en Egypte ancie nne : vib ratio n d’ une lumièr e min érale », Techn è, 9- 10, 1999, p. 22 180 S. H. Aufrère, op. ci t ., p. 23 181 D. A. W arburton , op. cit ., p. 1925 182 S. Aufrère, op. cit ., p. 30 79 l’alt érati on de ce m étal à l’ai r. L’azu ri te ten d à se trans forme r en m alachi te par hydrat ati on, les deux carbonates pouvant être associés. Le pig ment n’a pas la vivacité du lapis, mais son usage s’est maintenu pour t rouver un substitut au la pi s - lazul i, pi erre ra re d esti née à un emploi plus noble. Les variations de proportion et le temps de cha uffage génère nt un e palette de couleur allant du bleu sombre au bleu pâle, en passant par l e turquoise. Le résul tat d e la cui sso n est une m asse co mpa cte b le ue qui renfe rme l a cupro ri vaït e, le s il icate crist all isé d e cuivr e et de calciu m qu i car acté rise l e bleu ég ypt ien. La natu re de la co uleu r est d onc s trict ement li ée au mat ériau q ui l a compos e et, inver sement, tout élé ment minéral a u ne couleur . L’utilisatio n du bleu comme remplissage des f ormule s rituelles des Textes d es Sa rcop ha ges , i nscri tes à l ’int éri e ur de l a cuv e de certains d’entre eux, conduit à une assimilation de ce produit d e synthèse à une pi erre d’incrustation 183 . Aussi beaucoup de stèles du M oyen et du Nouvel Empire conservent des traces d e co uleu r bl eue dans les cr eu x, m algré la polychromie soit souvent largement perdue. En gén éral , il est ass ez f réqu ent en tr e la P r emière P ério d e Inte rméd iai re et l e Moyen Empire et ensuite, à la Basse Epoque, que les hiéroglyphes soient uniquement peint en bl eu l apis - lazul i, rap p elant que les sig nes jad i s creus és , ét aien t, d ans l es m eill eurs d es cas remp lis de lap is - lazul i véritable ou fabr i qué 184 . Le bleu est donc, en tant que synonym e de lap is - lazuli, tr aité comme tel et trava illé en re lief comme élé me nt sculpté . Très éclairan t e à c e s uj et est la formule du chapitr e 165 du L ivre d es Mo rts 185 , récitant une formu le su r l ’im age d’un di eu ét rang e d éfini p ar s a mati èr e et sa forme : « A ré cit er su r un e imag e de di eu au bras l ev é, coiff é de l a dou bl e pl um e, l es jam bes é carté es, av ec un t ron c de 183 E. Delange, « Couleur V raie », in S. Coli nart, M. Menu ( éd.), La coule ur dans l a pe intu re et l ’émaill ag e de l’Egypte ancienne : actes de la table ronde, Ravello, 20 - 2 2 mars 1997, Bari, 1 998, p. 23 184 S. H. Aufrère, op. c it ., p. 2 9 185 E. Delange, op. cit ., p. 24, et J.L. de Cenival, Le Li vre po ur sortir l e jo ur, Le livre d es mort s de s An cien s Egypti ens , Borde aux, 1992 , p. 108 80 scarab ée, d ess iné av ec du lapi s - lazuli lié à la gomme, e t sur une ima ge de dieu à tête d’homme, bras ballants, avec une t ête de bélier sur l’épaule droite et une autre sur l’é paule gauche. A dessiner sur des ba ndelettes ; l es deu x im ages s eront placées su r la poitrine.». Cette f ormule assimile ainsi le « bleu é gypt ien » au lapis - lazuli et ell e reporte l’u ne des rare s mentions du liant. Pou r se pro curer les mat éri aux à écri re l es scr ibes semb lent en effet n e pas spéci fier les couleurs mais plutôt le nom du minera i ou bien les te rmes sti (WB I V , 334) pour « matéri au » et Drw (WB V, 601) pour « pigment /couleur » 186 . Pourtant, plusieurs listes de matériaux concernant la couleur sont pa rvenues jusqu’à nous (voir fiches 086, 136, 137, 138, 155, 163, 193 ). U n ostracon d’é poqu e ramesside, provenant de Karnak, ( fiche 13 6 ) comprend une lis te de m atéri aux des ti nés à des d éco rat eurs, av ec leur q uan ti té : on retrouve le pigment bleu, le vert, le jaune , l e rouge, la gomme shes ayt et cell e qem yt , l ’ocr e jau ne et c ell e rouge. La gomme shesa yt et cell e q emyt jouaie nt probablement le rôle de fixateur pou r l’encr e et l es cou leurs . Sel on J. R. H arris l e term e xsbD utilisé co mme pigme nt ne corre spondrait pas à du lapis- lazuli mais à des livraisons d’ azu rite et de f ritte ble ue 187 . Un aut re ost raco n d ’épo qu e ramess ide, en alb âtr e, p roven ant de la col lec ti on de l a BNU S de Strasbourg, décrit la comptabilité de produits donnés à un peintre - de ss inat eur ( sS -od ) avec leu r mesu re en dé ben ( fi che 1 37 ), tandis qu’un ostracon du r ègne de Rams ès II, provenant de la région thébaine, présente, sous forme de lettre envoyée par un ouvrier de Deir el -Medineh au vizir, une demande de matériaux destinés à la décoration d'une tombe. 186 S. Quirke, op. c it ., p . 189 187 J. R. H arr is, Lexicogr aphical Studie s in Ancie nt E gy ptian Minerals , Berli n, 1961, p. 1 48 - 14 9 81 Un texte littéraire hiératique d’époque ramesside donne une liste de fourn i tures nécess ai res aux sc rib es attac hés à un temple . Ainsi est pr écisée la compos ition : d’un e par t les cal am es (en jonc) et d’autre p art les pigments eux - mêm es ( fi ch e 142 ) . U n ost racon en cal cai r e provenant de Thèbes présente une l iste de pigme nts ( fi che 16 3 ), ainsi comme le s ostraca du Musée du Caire CG 25246 ( fich e 086 ) e t CG 25247 ( fich e 193 ) p résent ent d es indications de fournitures faites pour de s travaux. L’ostracon du Metropolitan Museum n° 90.6.3 ( fi che 1 38 ) montre, s ur le recto, une liste de pr oduits livrés, avec leur quantité, et sur le verso, un inventaire des produits employés, sans indication de quantité. En gén éral, l es pi gmen t s fais ant p arti e de la p a let te du décorat eur sont : le bleu ( xsbD ), le ver t ( w AD ), le ja une ( qni et stj ) et l e rouge ( Awt - ib et timHi ). Il est difficile cependan t de tirer des con clusions sur les prix des pigm ents au Nouvel Empire et sur le s quantités exactes du prod uit livré 188 . Il est i ntéres sant de r emarqu er l’ exis tence d e poi d s prov enant de Deir el Medi neh, d’époque ramesside, inscrits en hiératique à l’encre noir, avec la mentio n du lapis - laz uli ( fiches 145 -146-144 ). Le poids étaient ut i lisés non seuleme nt pour les mé t aux, mais aussi pour les pigments. Trois possibilités existaient pour évaluer une quantité de mat iè res p r emières , d'objets manufacturé s ou de denrées : les mesures de capac i té, de poids et le dénombrement des unités ; il est possible que ces moyens soient employés indiffé remment. Le Pap yrus Harris I per met d e se faire u ne id ée des m atièr es pou va nt faire l'objet de pesées. Les documents officiels enregistrent ces opérations à l'aide du verbe fAi 188 P. Tallet, « Quelques ostraca hiératiques découv erts à Kar nak », Cahiers de Karnak , XII, 2, 2007, p. 807 et J. Ja nsse n, Comm odity pri c es fr om the Rame ssid per iod : an eco nomic study of the v illage of Nec ropolis wo rkmen at Thebes, Leiden, E . J. B rill, 1975, 446 - 447 82 "peser"(WB I, 574). L’objet serait donc payé par un poids égal d’argent o u d’or. Un poids de ce type garde donc l a trace d’une opération reposant sur une pesée, il permet de la vérifi er et auss i de l a r ép éter 189 . III.2.3 / L ES PIGMENTS COLORES DANS LA DEC ORATI ON DES BIJ OUX Une tr oisième fonction des pig ments colorés, a p rès la symbolique et celle liée à la rée lle, est ce qu’on peut qualifier d’«imita tion » : dans la décoration des bijoux, la faïence et le v erre p renn ent la pl ace d es pi erres semi - p réci euses . On peut ainsi citer l’e x e mple du pectoral faisant par tie des bijoux trouvés sur la momie de Khâemo uaset , dé couv ert s par A . Mari ette d ans l e Sérap eum de Memphis actuelle ment conservé s au Musée du Louvre (E 2988). Le Labo rat oire d e Re che rches d es Mu s ées de Fra nce a eff ectué u ne s érie d ’an alys es sur ce b ijo u qui ont mis en évid en ce la p résen ce de pi err es pr écieu ses d on t on connai ss ait déjà l ’ex ist ence (turq u oi se, lapis - lazuli et cor naline), ma is égale m ent celle d’ inc rusta tions en matériaux différents, indiscernables à l’œil nu. La diffractométrie des rayons X a ainsi confirmé que des verres colorés par des oxydes métalliques pouvaient être sertis au milieu de s pierre s précieuses de même couleur. Deux alvéoles du pector al contenaient en outre du bleu égyptien. De la m ême façon les anal yses cris tall ograp hiq u es réali sées s ur le p ector al d e Ram sès II (Musée du Louvre , E 79) ont mis en évidenc e que ce qui semblait à premi ère vue êt re des 189 D. Valb elle, Catalo gue des poids à i nscri ptions hié rati ques de Dei r el - Médi neh : N os 5001 - 542 3 , DFIF AO 16, 1977, p. 5 83 pierres pré cieus es, ét ait en réali té des verr es bl eus o u verts , col orés au cuivre et/ ou au fer 190 . Notons toutefois que de mauvaises condition s de conservation ou bien des interventions humaines peuvent a bout ir à une altération de la c oul eur habituelle de la pierre. Cette remar que expli que, peut - être, le r eco urs d ans l es tex tes ég yp ti ens à l ’adject if mAa (véritable ) qualifiant des minéraux, pour souligner qu’il ne s’agit pas d’une imitation. L’utilisation fréquente des verr es ou des f aïence s e t de la f ritte émaillé e, imitant la te inte et la texture de la turquoise, du lapis - lazul i et des autres pier res pr écieus es s ’a jou taien t do nc à ce spec t re chromatique, en créant une illusion de la substit ution. Sel on S . Aufrèr e les ton al it és des couleu rs ser aie nt fourni es par l es mat éri aux, ratt achés à l’origine à des événeme nts primordiaux et const ituaient ainsi des garanties d’efficience. Par t ransfert , les coul eur s serai ent d onc ch argé e des m êmes v aleurs d’eff icacit é 191 : de ce fait, le s matière s réelle s et les matiè res imitées o nt la mê me va leur s ymbolique. III. 3 – L E CARACTERE PRO PRE DE LA CO ULEUR Pour revenir à l a signification symbolique des pierres précieuses il faut souligner l’étr oit lien entre le pouvoir revêtu pa r les amule ttes et les tal ismans é gypt iens qui ré si de à la foi s dan s la fo rme de ceu x - ci et p ar les mati ère s em pl oyées. En effet soi t les pierr es soi t les m étaux précieu x p art ici paien t, d ans l a ment alit é ancien ne, aux f orc es d e la vi e et d e la natu re gr âce à l eur g enès e géo log iqu e, métamorphique ou volcanique 192 . 190 A. B ouquillon, « Couleurs et pierres précieuses », Tech n é 4, 1 996 , pp. 46 - 56 191 S. H. Aufrère, op. c it ., p. 1 9 192 A. B ouquillon, op. cit ., p. 51 84 La litté rature é gyptienne rame sside surtout mon tr e une liaison p armi les d ieux, les pierres précie uses et l’énergie vitale, comme en témoi gnent les nombreux hymnes à Amon, gravés sur le s parois des tombes thébaines 193 ( fi che s 1 06, 139, 140, 148, 149, 161, 162, 165 ) ou encore sur le Papyrus de Leyde I, 350. Ce dernier décr it l’apparition d’Amon sur l e créé en terme d’opposition entre lumi ère et obscurité. Ce deux ét ats sont évoqués par des pierres pré cieus es, d onc comm e les éléme nts naturels : « Tous les cor ps s e recouvrent d’or quand s’ava nce sa lumière (du dieu Amon), le ciel est d’or, le Noun e s t en lapis - laz uli et la terre est frapp ée com me par des flèch es de t urquo i se, l orsq u’en eux il se lève […] » ( fi che 157 ). Cet exemp le n ous fait comprendre combien la couleur joue un rôle essentiel par rappor t à la p ierr e pré cieus e en ell e - même. En e ffe t, le scribe utilise des métonymies , figures de rhétorique par lesquelles un concept est dénommé à partir d’un m ot désignant un autre co nc e pt : c’est -à- di re que, da ns notre exemple, les corps deviennent jaunes/brillants, le Nou n bl eu et l a ter re a vec d es r eflet s ve rts . Les no ms d e min éraux p récieux serv ent cepen dant à enrich ir l a palet te des désignations des couleurs, et les repr oductions d ’êtres et d’ob j ets s e réf èrent s oit direct ement aux coul eurs s oit à une val eur su raj ou tée p ar le m at ériau 194 . Les cou leurs roug es et oran ges de l a corn ali ne et des mat ières art ifi ci ell es qui l’imitent, symbolisent le soleil levan t, la c hair, le cœur , le san g. Le lapi s - lazuli, bleu foncé avec des fragments dorés de pyrite, est idéal pour représ ent er la nu it, la mo rt , l a vie dan s l’ au - d elà et les fo rces ob s cures d ’o ù « le soleil d oit rena ître indéfinime nt » 195 . 193 J. Assm an n , Sonnenhymne n in T hebanische n Gräber n , Mai nz am Rhein, P. von Za bern, 1 983 194 S. H. Aufrère, « Evo lution d es idées concernant l’emplo i des couleur s dans le mobil ier et les scènes f unérai res e n Egypte j usq u’à l’é poque tardi ve (=Aut our de l ’Univers mi néral XII ) », in S. Colinart, M. Menu (éd.), La coule ur dans la pe in ture et l ’émaill age de l’Egypte ancienne : actes de la table ronde, Ravello, 20 - 22 mars 1 997, B ari, 1998, p. 32 85 La tur quoi se r appel le le vert de l ’eau et de la v é gétation. E lle est s ymbole de la purification, de la re - nai ssan ce, de renou v eau d e la v ie. El le évoq ue la dées se H atho r, maît ress e du « P ays de la turquoise ». Le blan c évoq ue en reva nch e la sacral it é et la p urifi cati on ri tuel le, l ié à la sph ère du temple , mais le « Mur Blanc » rappelle au ssi le prem ier p alais du P haraon et la h aute t iare Blanche du Sud. Le noir enfin est la couleur du monde funéraire et de la momification, mais aussi de la terr e fert ile d ’Egy pt e, Kemet . Parfo is cert aines coul eu rs so nt i nterch angeabl es en pei ntu re, mêm e si chaqu e couleur occ up e une position très précise da ns la symbolique égyptienne, comme on vient de l’o bserv er 196 . C’est le cas, par exemple du noir et du bleu : l es chev eu x et la b arbe des dieux, définis dans les t extes « en lapi s - lazu li » et gén éral em ent en bl eu , peuv ent êtr e parfois peints en noir. Le bl eu lapis - lazuli éclaire l e regard en sou lig nant au ssi les s ourci ls et les c ils : tout le s yst ème pi leux , car actéris ti qu e de la j eun ess e et de s an té, év oque l a renais sanc e. Ja m ais le défunt est représe nt é dans sa dégradation physique, étant une image du « soleil osir ianisé » q ui s e pr épar e à r enaî tre 197 . Un tr ait cosmétiqu e bleu lapis - laz uli a auss i été o bservé à l a place d’ un tr ait n oir s ur certai nes s tat ues ou s arcoph ages alor s qu’aucu n vas e à cos m éti que n’ a jus qu’à p résen t l i vré une t ell e mati èr e : il repr ésenterait le visage du défunt divinisé. Donc la valeur symbolique réunirait le bleue et le noir, couleurs de r égéné rati on et de re nai ssance 198 . La polychromie égyptienne utili s e l’al ternan ce du métal et du bois avec des incrustations colorées, qui génère un jeu de trois couleurs 195 A. B ouquil lon, op. cit ., p. 5 2 196 R. H . Wilki nson, Sy mbol & Magic in E gyptian A rt , London, T hames & Hudson, p. 111 197 S. H. Aufrère, « Les couleurs sacrées en Egypte ancie nne : vib ratio n d’ une lumièr e min érale », Techn è, 9- 10, 1999, p. 22 198 P. Walter , C. Z iegler , P. Mar tinetto , J. Tala bot, « Qua nd la coule ur souli gnait l’œi l dans l’E gypte ancienne », Technè, 9- 10, 1 999, p. 16 - 17 92 érotique, selon P. Derchain 216 . On peut ainsi observer que les chants d ’amour de la lit térat ure égyp ti enn e m ett ent ég alem ent en li ais on les ch ev eux avec la pierr e bl eue : un exemple nous est donné pa r le P. C hester Beatt y I, 4 ( fiche 10 2 ) où l’aim ée est décrit e selo n une p hras éol ogi e rel igi euse et ell e es t com par ée à Am on - Rê, possédant les qualités min érales d ’un co rp s di vin et la m ajest é d’un e s tatu e de cul te. Dans l e mon de g re c anci en l a cou leur b leu e e st au ssi adop tée pou r d écri r e le système pileux des divinités : Zeus et Héra ont les sourcils bleus, Dionysos l a chevelure bleue tout comme Poséidon e t Hadès 217 . Seul deux mortels ont la c hevelure ble ue dans la littéra ture é pique d’Homère : H ector ap rès sa mor t et Uly sse, caract éri sé p ar sa b arb e et sa cheve l ur e bleu es. Le ter me de b as e sur leq uel l es épit hètes son t fondée s es t l e mêm e κύανος qu’on a rencontré à propos de s imitations du lapis - lazuli. Dans le contexte égypti en, le lapis - lazuli est employé non seulement pour la chevel ur e des di eux m ais aus si p our la perruque des rois et des défunts. Par exem pl e, sur l e sarco ph age in térieu r de You y a, beau - pè re d’Aménophis III , les sourcils sont bleus. Le trône de Toutânkhamon présente le roi en comp agnie de la reine Ankhesenamon, tous deus coiffés de per ruques bleues. Enfin, la vignette du Livre d es morts du P apyrus Hounéfer du British Museum montre la momie et Anubi s avec une chevel ur e bleue 218 . 216 P. Derchain, « La perruque et le cristal », SAK, 2, 197 5, p. 5 5 - 74 217 R. Drew Griffit h , « Gods ’ blue ha ir in Home r and in Ei ghteent h - Dynasty E gypt », The Cla ssica l Qua rterl y, 55/2, 2005, p. 329 - 334 218 R. Drew Griffit h , op. cit ., p. 334 93 Les Gr ecs, en d eh ors d es text es d’ Hom ère, ne se mbl ent p as avo ir uti li sé la co uleu r bleue pour désigner la chevelure de s di eux, n éan m oin s ell e était cons idér ée com me si gne de vita lité. Ainsi que le souligne R. Drew Griffith, des croy ances et des objets égyptiens sont parvenus jusqu’à Mycènes pendant les époque s thoutmoside et ramesside. L’existenc e d’écha ng es réciproques e st d’ail leu rs att estée a r chéol ogi quem ent p ar la découv erte d e fragmen ts d e cér ami que d e manu fact ur e rhod i enne ou chypri ot e à Tell el - Am arn a. Cert aines tabl et tes en l inéai re B men tio nnent l’ Egy pte et l ’Ody ssée évo qu ant l a Th èbe s égyptienne. Les conventions artistiques ont probablement voy agé avec les artisans eux - mêmes : les p eint ures d e T ell el - Dab a a (Avaris) du d ébut de la XV IIIème dynastie, figurant le saut d’un taureau et des acrobates en sont un témoignage, probablement à attribuer à des artisa ns minoen s arrivés en Egypte 219 . R. Drew Griffith souligne encore à quel point ce m ouvement d’idées véhicule de s influences é gyptiennes aus si bien dans le vocabulaire é pique grec, où cepe ndant, la coul eur du κύανος est util isée plutôt pour décrire le d euil divin 220 . Cet échange d’influence s étrang ères rem ont e sans d oute à l a Més opot ami e anci enne. Dans l e Pap yrus B remn er - Rhind I les de ux prêtresses, qui personnifient le s déesses Isis et N epht hys res pecti v ement , r écit ent, pen dant l a cél ébr ati on des m yst ères d'Os iri s, des formu les d esti nées à r en dre d ieu à l a vie et réaf fi rm ent l e li en ent re la chev el ure et l e lapi s - lazul i ( fich e 201 ): 219 M. Bietak, N. Marinatos, C. Pal ivou, Taurea dor Scenes in Tel l el - Dab a a (Av aris ) and Knos sos , Wi en , Verlag der Österreichischen Akedemie der Wis senschaften, 2 007 220 R. Drew Griffit h , op . cit ., p. 3 34 94 Snw.k m xstb ns(y) xstb jsk xstb jw Hr Snw.k « (Mekti ) ta ch ev elur e est en lapis-lazuli , elle appartient au lapis- lazuli; alors, le lapis-lazuli est sur ta chevelure [...] » (vv. 15, 22- 15,23) Un autre papyrus, le P. Louvre I 3079, décrit dans les colonnes 110 à 112 le « Cérémonial de glorific ation d'Osiris dans l'Em pire des Morts » que l'on récitait lors des festivités du mois de Khoïak, du 23ème a u 25ème jour ( fiche 2 05 ). De mêm e que dan s le c a s précéd ent , l es prot agon i stes son t enco re Isis et Nep hthy s, cet te fois sans l’intermédiaire de prê t resses, qui déc rivent le deui l des êtres célest es et d es hom mes, ainsi que l e pou voi r régén érateu r d es rit es d’emb aumem ent. Un e l it anie d écrit l es parti es du corps d ivi n rass embl ées et trans formée s en mat ières i mpéri ssab les : Osiris porte la couronne wrrt et sa ch evelur e es t en l apis - lazuli vé ritable . Le Papyrus magique Harris rappelle, quant à lui, le mythe de la destruction de l’humanité, contenu dans le Livr e de la Vache du ci el . Il est narré le discours des huit grands dieux d’origine primordiale qui rendent hom mage à Amon « dont les os sont en argent, dont la chair est d'or et dont les cheveux sont en lapis- lazul i » ( fiche 159 ). Le dieu Amo n est en co re d écrit avec l es « cheveux en lapis - lazuli vé ritable » dans le Papyrus Boulaq VI ( fich e 141 ), qui concerne un ensemble de formules magiques contre le mal d e tête , la migraine e t le ve nin. 95 Le nom d’Amon est évoqué, dans ce document, grâce à plusieurs épithètes, parmi lesq uels « celui dont les cheveux sont en lapis - lazuli vérita ble ». Il est aussi mentionné comm e « celui qui e st issu d u Noun, l’enfant divin », dont l’image enfantine est en or. Le fait de pron once r ces épi thèt es perm et au m agi cien de t rans forme r les ins ult es des êtres maléfi ques en fo rmu les p ro tectr ic es. La valeu r r evêt ue par le lapi s - lazu li es t do n c la m ême q ue celle r en contrée dès son emploi dans l es par ures funé rai res de la r ein e Pu - ab i : un e connotation apotropaïque et magique. Un des fra gm ents de papyrus provenant du complexe funé raire de Khentkaous datant de l’Ancien Empire, le 27 H ( Fiche 007 ), d écrit des fig urin es fém in i nes qu i se rai ent probablement des statue s cultuelles de la reine, selon P . Posener - Krieger 221 . Les chev eu x, la dépouille de vautour, le s boucles ou les tresses de l a statue sont peints e n couleur lapis- lazul i. L a nAbt (boucles ou tresses) désigne probablement un élément de la coiffure, différen t des ch eveux S nj. Elle po urrai t se référ er à des bou cles o u des faus ses t ress es, dépassant de la dépouille de vautour, tandis que Snj dési gnerai t les chev eux nat urel s. I l est plus diff i cile d’établir à quoi p ourrait correspondre la nHbt, que l’ on retrouve dans plusieurs fragments de cet ensemble ( 27 I, 27 J) et qui e st peinte de la c ouleur du lapis- lazuli. P. P osener - K rieger propose qu’elle pourra i t se rapporter à un orne m ent de tête e n forme de bouton de lotu s qui, cependan t, s ’acco rd erait mal av ec une chev el u re ornée d ’un e dépouille de vautour. Cette dernièr e ( nrt ) est décr it e dans l e fragm ent 2 7 D comm e pein te en lap is - lazu li et ell e es t port ée pa r la r ein e dans les repr ésent ati ons d e s on t empl e, ain si que s ur une d es pl aqu ette s d e faïen ce r ecuei lli es a u cour s de l a fo uil le du sanct uaire 222 . 221 P. Posen er - Kr ieger, « Fragme nts de papy rus », in M. Verne r, Abusi r III : t he pyramid c omplex of Khent kaus , Pra ha, Uni versi tas Ca rolina Pra gensis A cademia, 199 5, p. 13 3 222 P. Posen er - Kr ieger, op. cit. , p . 140 96 Les st atu es étant nues , les t extes se rapp o rtent u niq uemen t à la t ête, pei nte d e couleur bleue : si les statues c ultuelles féminine s repré sent ent e ffectiveme nt la rein e Khe ntkaous, on peut alors affirmer qu’il s’agit d’une volonté bi en précise d’élever la reine au statut de divinité, gr âce aux éléments de la c oiffure, renvoyant à la c ouleur du lapis- lazu li. Un des fragments des archives de la reine Khe ntkaous (fr. 27 I, fi che 00 8 ) est remarquable pour la de s cription d’une autre par t ie du corps en lapis - lazuli : le s sourcils ( inHwj ). Sur ce document, les sourc il s sont vraisemblable m ent peints en b l eu lapis, tandis que sur d’autr es fragments du même corpus ils sont peut - être i ncrustés d’onyx ou d’agate, comm e les y eux 223 . Ainsi que le souligne P. Posener - K rieger, on ne retrouve guère de sourcils incrustés sur les st atues avant le Nouvel Empi re, mais nous ne possédons aucune statue cultuelle de l’Ancien Empire . Un paral lèl e t rè s célèbre du fragment 27 I provient du Papyrus Leningrad 1115, plus connu sous le nom de « Conte du N aufra gé » ( fich e 081 ). L’appari tion du serpent devant le nauf r agé sur l’île désertique est racontée avec de nombre ux détails : le reptile mesu re trent e co udé es e t s a barbe d épas se l es d eux ; son corps est reco uvert d’or et ses sourcils sont en lapis - lazuli véritable . S elon H. Goedicke 224 , cette description contribuera i t à donner a u s erpent des attributs humains pour la tête, et la description elle - mê me sera it stru cturée en d eux p arti es : une p remi ère relat iv e aux mesu res du serp en t et u ne second e concern ant ses co ul eurs . L’or et le lap is - l azu li n e s erai ent p as don c à co n sid érer co mme des m atériau x m ais com me d es cou leu rs. La b arb e n’est p as un attri but co urant pour un 223 P. Posen er - Kr ieger, op. cit. , p . 140 224 H. Goed icke, « The Sna ke in t he Story of the Shipwr ecked Sailor », GM, 39, 1980, p. 27 - 31 97 serpen t et ell e s embl e à as so cier plut ôt à l a s phèr e div ine, tou t comm e dans l a Méso potam ie anci enn e l e di eu En lil port ait la b arbe bl eu e dans l e poèm e « Lugal ou la guerre d es pierr es » 225 . S el on M. -Th. Der chai n Urt el 226 , l e serpent repr ésen te un e bip ol arité entre l’or et le lapis - lazuli qui se traduit en termes métaphorique s dans le contraste entre la lumière et l’obscu rité. Dans les aventures de Si nouhé (P. Berlin 3022), l e roi Sésostris I er invite S inouhé à rentrer en Egy pte, av ant que l a viei lles se ne l e r ejoi gne et afi n d e recev o ir un e s épul ture digne de lui dans son pro pre pays. Pharaon évoque ainsi les funéra il les avec un cerc u eil en or et à l a têt e en lapi s - lazuli ( Fiche 083 ). Ceci rappe l le la pratique de peindre les perruques des s arcoph ages a nthrop oïdes en bleu : le défunt devient, à l’aide de métaux et de minéraux un êt re allég o riqu e, à assi miler av ec Rê. Le Papyrus Westcar (P. Berlin 3033) ( fiche 085 ) narr e de la pro phét ie fai te p ar le magicien Djédi. Conduit devant le roi Khe ops par son fils Herdjedef, il annonce la nais sance des t roi s rois d e la V e dynastie, fruits d e l’union de Rê avec Redjdjédet, femme d’un prêtre d ’Héliopolis. Pou r sou lig ner le caract èr e divi n des troi s enf ants , leur naiss ance est décri te sel on l es stéréo typ es ass oci és aux divinités : 225 J. B ottéro, S . N. Kramer, L ors que les die ux faisai ent l’hom me - Mythol ogie mésop otamienne , NR F, Gall imard, 198 9, ve rs 10, p. 3 40 226 M. - Th. Derchain Urtel, « Die Schlange des Schiffbrüchigen », SAK , 1, 1974, p . 83 - 104 98 war.in Xrd pn tp a.wy.s(y) m Xrd n.(y) mH wa, rwD qs.w.f , nxbt a.w.t.f m nbw , afn.t.f m xzbd mAa (vv. 10,10-11 ; 18-19 ; 25-26 ) « Cet enfant glissa alors sur s es mains, un enfant d'un coudée (de longueur) et av ec ses os sol ides , ses membr es in cr ust ées d'or et ses ch eveu x en lapi s - lazuli véritab le ». La même description est en outre répétée trois fois, l ’une pour chacun des trois enfants, Ouserkaf, Sahourê e t Kékou. Les divinités appelées par Rê afin d’a s sister Redjdjédet dans son accouchement sont toutes en rapport avec la naissance, plus parti culi èrement av ec cel le d es roi s. Il s’ag it d ’Isi s, Nep hthy s, M eskh énet, H éqet et Khnoum. D’aprè s H. Go edicke 227 , l es cara ctéri sti qu es p hys iques des en fants s ervirai ent à expri mer l eur état d e sant é et la ch evelur e en l apis -lazuli véritable indiquera it qu’ils ne sont pas aff ectés p ar la bi lhar z ie (s chis tos omi ase) qu i serai t à l ’orig ine d es chev eu x rou ges. IV.1.1 / E PITH ETES DIVINES La croy ance d ans la com posit io n mi nérale d e la d iv ini té et de ses attributs que l’on vient d’examiner , a entra îné le grand nombre d’épithètes divines formées à partir de xsbd. S. H. Aufrère a é t abli une énumération exhausti ve d’épithètes e n l es classant en deux catégo ries : celles re lative s à de s divinités mas culi nes et au roi et cell es attr ibuées au x déesses célestes, Isis, Hathor et Nout, évoquant une activité nocturne de ces divinités 228 . 227 H. Goed icke, « Rudje t’s Delive ry », VA , 1, 1985, p. 22 228 S. H. Aufrère, op. ci t ., II, p. 4 7 9 - 481 99 C’est pou r cette r aiso n que j e ne répét erai s pas l’an alys e détai llée d es épi t hètes déjà t rait és mais je me limiterais ic i à des considé rations d’ordre général. La plup art des divinités mascu lines a ssimilées à Horus sont doté es de qualifica tif xsbD , tels Min e t Amon - Rê - Min, mais aussi de xstb mAa « le lapis - laz uli véritable » et, plus spécifiquement pour Min, xsbd tjw « celu i dont la couleur est celle du lapis - lazul i » ou N(j) xsbD « celui auqu el app ar ti ent l e lapi s - lazu li » 229 . Plusieurs épithètes sont for m ées en a joutant un élément anatomique a u mot xsbD , comm e xsbD-tp « à t ête d e lap is - l azuli », utilisé soit pour les divinit és masculines soit pour celles féminines. Pour les dieux, on note l a présence d’ Horus, d’Ho rus d’Edfou et d’Osiris, tandis que pour les déesses, la forme la plus connue est celle d’Isis ou Hathor. On a déjà évoqué dans l e chapitre consacré à la prosopogra phi e l ’ex ist ence d ’un clergé l ié à un e forme d ’Isi s à têt e de lap is - lazuli, dont le centre cultuel serait dans un Iséum de la région memphite. Une aut re ment ion d’ Isis à l a tête d e lapi s - lazuli provient d’ ailleurs de la tombe de Ptahhotep à Saqqara : il s’ a gi t d’un papyrus démotique comportant l’énumération de plusieur s divinités et de s formes dif férentes sous lesqu elles la divinité est adoré e ( fi che 195 ). L’é troite lia ison entre Isis/Hathor et le monde min éral, dont elle est la maître sse par anto nomas e est don c ici soulignée. Hathor est désignée alternativement comme ayant un « visage de turquoise » ( mfkAt Hr ) et une « t êt e de lap is - la zuli » ( xsbD tp ). S. Aufrère soutient qu’il s’agit d’une approche au mécanisme des lunaisons : l a tête de lap is - lazuli suggèr e de cette maniè re l’ invisibilité d e la lune, son côté cac hé. Isis est d’ ailleurs 229 S. H. Aufrère, op. ci t ., II, p. 4 7 9 - 481 100 égalem ent d éfini e par le ter me mHjt xstb « la V oile de la pis - lazu li », en tant que voûte célest e fixé e aux quat re co ins du ciel 230 . C ett e forme d ’Isis à l a tête d e lapi s - l azuli est aussi présente a u ni veau ar t ist ique, car on la retrouve sur des nombreuses a mulettes en verre , représ ent ant u ne va che à l a têt e bleue et au corps b lanc 231 . A ce propos, il faut rappeler l’interprétation donn ée par B. George 232 , selon l aquelle xsbD - tp repr ésenterait un synonym e de tp sStA / tp StA, « tête s écrèt e, c aché e ». L’importance de s yeux et de leur symbolique semble avoir déte rminé ainsi la créatio n de l’ épi thèt e xsbD j r.tj « aux yeux de lapis - lazul i », dont l ’o n aura occasion d’argumenter à pr opo s des text es funér aires 233 et en r apport avec la vision nocturn e d’Horus. Une aut re ép ith ète att ri buée aux d ivi nit és est cel ui de nb xsbD qui désigne soit le « possesseur de lapis - lazu li » comm e c’est la c as dans le Texte des Sarcophages (C T V, 385 a) ( fich e 043 ), soit l’ass imilation de la divinité à la matiè r e, co mme pour Isis ou Hathor déf inies parfois en tant que nbt xsbD . Dans les hymnes à Amon, gravés dans plusieu rs tombes thébaines du Nouvel Empire , la divinité ap pa raît c omme un dieu primor dial e t éter n el, responsable de toute créatio n. L es él ément s de l a natur e refl ètent sa p ui ssan ce : pt m nbw n nfrw Hr.k nnw m xsbd n wbn.k jm.f 230 S. H. Aufrère, op . cit. , II, p. 480 231 S. H. Aufrère, « De Dendara à Montserrat. Isis à l a tête de l apis - lazuli et l a Vierg e noire de la C atalogn e : points de conver gence (Aut our de l ’Univer s minéral VII ) », Nilus , 6, 1997, p. 17 232 B. George, « Geheime Kopf »- Kopf aus Lapis - lazuli, Med elha vsmuseet B ulletin, 16, 198 1, p. 15 - 38 233 PT 253 et CT V, 3 85 v, 376 f 101 « Le ciel est d'or pour la beauté de ton visage, le Noun est en lapis-lazuli, parce que tu te lèves en lui ». (TT 68, TT1 94, TT 364, fiches 162, 149, 148 ) D’autre part, le Papyrus Leiden I, 350, qui consist e en une série de c hants consacrés à la glorifica tion d'Amon , dieu de Thèbe s et de s a vill e sainte, exa lte sa suprématie e t son aspe ct de démiurge. A tr ave rs l’utilis atio n de métap hores , ch aque élém ent de l a natu re s e réjou it d e sa prés en ce. pt m nbw nwn m xsbd tA sty m mAfkt wbn.f im. st « Le ci el est d'or, le N ou n est de la pis - lazuli. La terre est frappée par des flèches de turquoise, lorsqu'il (= Amon) se lève en eux » ( Fiche 157 ). Dans les exemples présentés, le Noun, personnifi cation des eaux primordiales, est asso cié au lapi s - la zuli, en tant qu’élément liquide. Si Amon est défini par les théologien s théb ains comm e « le gra nd Noun qui crée toutes choses » 234 , alors il est à ident ifi er av ec le lapis - lazuli et ses m embres son t fait s de ce m atériau. Au ni ve au ico no graph ique, cel a pourr ait êt re ét ay é pa r l a colo rati on bl eu e de sa peau ains i qu e sa repr és entat io n sur l e deuxième pylône de Karnak, érigé à l’époque ptolémaïque, où il est figuré gisant dans le Noun et prenant pied sur la colline primordiale de Thèbes, d’où il a crée l’Ogdoade 235 . 234 J. P . Corteggi ani, op. cit. , p. 37 6 235 A .Barucq, F. Daumas, Hymnes et pr ières de l’Egypte ancienne , Pari s, Éditi ons du C erf, 1980, p. 183 108 Les monuments sont décrits avec l’énumération d es matériaux de construction avec une volonté de célébra t ion officielle des bâtiments aux yeux des dieux et de l’humanité. La phr aséo log ie est as se z stan da rdis ée, qu e so it su r cett e s tèle o u que ce s o it sur des text es comp arables , ap pa rtenan t à d’aut res so uv erain s, mêm e si l es t ermes e mp loy és dans la description peuvent ne pas avoir trouvé de confirmation dans la réalité 245 . Nous pouvons citer un passage 246 : Mnnw n nHH Dt m jnr HD nf r n rwDt bAk.tj m nbw r Aw.s swab sAtw.s m HD sbAw.s nbw m Dam swsx.tj saA.tj wrt smnx.tj Dt sHb.tj m mnw pn aA wrt saSA.tj m twtw n nb m mAt A bw aAt bjAt a At nbt Spst smnxw m kAt Dt oA.sn Hr wbn r pt stwt.sn m Hrw mj j tn psd.f tp dwAjt apr.tj m aHaw n nb bAk m nbw aAt aSAt smnw snwt xft Hr.s bAk m Dam stwt.tj r Axt jmj(t) pt ra Hr wbn jm.s …. « Une fo rter esse d ’ét erni t é, en f ine cal cair e bla nc , plaqué d’or sur toute sa l ongueur, son sol fut purifi é avec d e l’argent, tout es ses portes étant en électrum, étant élargi et agrandi fortement, embelli, rendu festif de par ce très grand monument, avec de nombreuses statues du seigneur (le roi) en granit d’Eléphantine, quartzi te et toutes sortes de pierres préci euses en t rava il d ’ét erni té ; leur hauteur s e lève jusqu’au ciel, leurs rayons (étant) dans le visage (de chacun), comme le di sque quand il point e à l’aube, étant pourvu de stèles du seigneur, pla qu é d’or et de no mbreu ses p ierr es pr écieus es ; (ses) m âts se dressent devant lui, plaqué d’électrum, fait à l’image de l’horizon qui est dans le ciel, Rê se leva nt en lui … ». 245 J. Bain es, Visua l and written cu lture in ancient E gypt , Oxf ord, Oxf ord Univers ity Pre ss, 2007, p. 269 246 J. Bain es, op. cit. , p. 269 109 La description est form ulée en termes hyperboliques et po étiques et évoque les pie rres utilisées plus spécifiquement pour la statuaire, dont le temple funéraire d’Aménophis III en stockait des quantités 247 . Un des termes les plus courants pour la de sc ription des pierres est aAt « pierre d u re, d’origine minérale » 248 et p arfois « pierr e pré cieu s e » (WB I, 165), souvent qualifiée par Spst (WB I V, 447) « nob le ». Ce mot est employé soit pour désigner les m atériaux utilisés pour f ab rique r les statues, les stèle s et cer t ains petits bâtime nts, soit pour les in crustations des statues, les yeux ou les sourcils. Au contraire jnr (WB I, 97) est le terme plus générique pour « pierr e », q ui co m prend t out es l es v ariét és de pi erres et s emb le i ncl ure aus si des subs tances arti fici el les 249 . Puisque les incrustations comprennent soit les pierres précieuses soit l es m atières artif iciel les co mme l a fa ïence et le verr e, p ar co nséq uence a At rec ouv re une plus ample signific ation. A ce suj et, l a stèl e Caire C G 340 25 ( fi che 099 ) apporte encore quelques informations de grand intér êt. En effet, dans le passage qui narre l'érection du troisi ème pylône à Kar n ak pour le dieu Amon, on apprend que « l’ombre /image divine est c omme un béli er, remp lie av ec du v rai lapi s - lazu li, orné avec de l 'or et beauco up de p ierres p réci euses [...] ». Le mot Swt (WB IV, 432) es t parei ll ement attesté sur un fra gm ent de papyrus pr ovenant du temple funéraire de l a M ère Royale Khentkaous à Abousir (n° 28 D) ( fiche 011 ). 247 J. Bain es, op. cit. , p. 271 248 S. H. Aufrère, op . cit. , I, p. 10 1 249 J. Bain es, op. cit. , p. 271 110 Dans ce c ontexte, on pr écise la na t ure du déc o r d’un naos, qui porte des silhouettes en lapis - la zuli et en électr um. Comme le sug gère P . P osen er - Kri ege r 250 , Sw t évoqu erait les repré sentations ornant des portes ou des ba rques, dont les attestations datent en majorité d u Nouvel Empire. La st èle cont inu e l a des cri pti on de l a « gr ande porte (érigée) devant Amon - Rê » aya nt l a chauss ée en arg ent et des stèl es en xsbD , l’u ne sur chaque côté. Ses tours jumelles rejoi gnen t le ci el 251 : la symbolique évoquée est bien évidente. Dans ce co ntex te, xsb D serait à int erpréter pro babl ement comm e d e la faï ence, et not ammen t si l’on pens e aux s tèl es d atant au N ouvel Emp ire att estées en ce mat ériau , comm e celle d e R ekham o n ( fich e 147 ). Toute pierre ou m atériau util isé pour la fabrication de statue s ou pour d’autres constructions est donc li ée à une sym bolique bien précise : la peinture e s t parf ois utilisée afin d’évoquer une pierre plus prestigieuse et moins éc onomique 252 . Une a utre utilisation pa rticuliè re du mot xsbD dans un conte xt e d’offrande à la divinité est donnée par une st èle du roi Taha rqa, datant de la XXV e dynastie e t provenant du temple de Kawa. Ce d ocument continue la liste d’offrandes faites à Amon - Rê par le roi , début ée sur d es st èl es pr écéd ent es ( fi che 19 7 ). Il s’ag it en core un e fo is d e l ’énum érat ion des matériaux employés pour l’ér e ction d’un temple. On retrouve ici l’expression xsbd n s S « l apis - lazuli pour peindre » s uivie de sa quantité en dében qui, selon J. R. Harr i s désignerait la fritte 253 . Il s’agirait donc, comme pour la stèl e 250 P. Posen er - Kr ieger, « Fragme nts de papy rus » in M. Verner, Abusir III : t he pyrami d comp lex of Khent kaus , Pra ha, Uni versi tas Caroli na Pragens is Acade mia, 1995, p. 139, n ote o 251 M. Lich theim , Anci ent Egypt ian lite rature : a b ook of readi ngs , II , T he New Ki ngdom, B erkeley, L os Angele s, London, U nivers ity of C aliforni a p ress , 1976, p. 46 252 J. Bain es, op. cit. , p. 273 253 J.R. H arr is, Lexicogr aphical studi es in anci ent Egypt ian mi nerals , B erlin, Akad emie - Verl., 1961, p. 14 9 111 fausse - po rte de Niânkhsekhmet ( fich e 016 ), de l’utilisation du pi gment bleu pour décorer les t extes . Une aut re s tèl e du ro i T aharq a pr ov enant du mê me t empl e d e Kaw a ( fic he 196 ), présente encore une liste d’offrandes et d’équipem ent pour le temple. Elle est d’un grand int érêt de p ar l a prés ence , p armi l es off ran des ci té es, d’ une fig urin e d e Ma ât en l apis - lazu li. Ma ât rep résent e en effe t l e concep t de l ’o rdre co smi que, de la v éri té et de l a jus ti ce, personnifiée par une déesse féminine agenouillée avec une plume d’autruche sur sa tête. Beauco up d ’amu let tes r e présen tant M aât en lap is - lazuli nous sont parvenues, datant surtout de l’époque tardive 254 . D’après S. H. Aufrère, la tra dition grecque a Réténou que le grand- prêtre p o rtait sur l a poi tri ne une fi guri ne d e M aât en « saphir », c’est - à- dire en lap is - lazul i 255 . Cette div inité est aussi é troiteme nt liée à la désignation d ’offrand es de to ut genre, car el le supporte l’idée que les o ffra ndes aux di eux sont conçues pour établir l’ordre cosmique et pour le préserver. Souvent, dans les représentations iconographiques des temples, le roi- prêtre est présenté en tra in d’offrir une statuette de Maât afin d e montrer qu’il ma îtrise le principe de justice, en tant que garant de l’ordre 256 . Comme on l’a observé, le s offrande s ont pour but principal d’empêcher l es forces négatives de prévaloir mais elles sont aussi un sy mbole de gratitude envers les dieux. C ela témoigne d’un échange de dons avec le divin qui contribue au main tien de l’ordre uni versel . C’es t ain si q u e ces o ffr andes ét aien t p résent ées d ans le cu lte q uot idi en et qu’elles étaie nt peintes ou gravées sur des supports durables, afi n de r epr ésent er le ri tuel 254 C. An dr ews, Amulet s of Anci ent Egypt , London, Bri tish Mu seum Pre ss , 1994, p. 2 1 - 22 255 S. H. Aufrère, o p. cit. , II, p. 488, n ote 235 256 P. J. Frandse n, « Trade and c ult », i n G. Engl und (éd. ), The Religi on of the Ancie nt Egypt ians : C ognitive Struc tures and P opular Ex pres sions , U ppsala, G usta vianum, 1989, p. 95 - 108 112 dans son intégrité et complétude. Les offrande s divi nes avaient é galem ent l a fonction de raf f ermir le sta tut divin du roi 257 et d’ap rès W. Barta 258 , dan s le con text e d es to m bes et d es temples elles avaie nt surtout une fonction sac ré e , afi n de co ntri buer à la p rés ervati on et à la réaffi rmat ion de la v ie. Après avoir analysé des exemples de dévotion religieuse de souverains vers la divinité, il est nécessaire d’évoquer d es exemples de pitié religieuse dans la sphère privée. La st atue d’ Am enemh at - So urer ( fi che 1 32 ), pers onnage de rang élevé ayant vécu sous le règne d’Aménophis III, dont on connaît l’activité auprès de la cour et le rôle d’administrateur da ns le temple d'Amon, narre ses actions dans le contexte du temple : smn mAat Im n m pr-Hsb H D nbw xsbd mfkt aAt nb.t « Consolider les offrandes à Amon dans la maison de l'inve nt aire (des entrées des temples) d’argent, d'or, du lapis-lazuli, de turquoise et de chaque pierre précieuse [...] » Le mot pr-Hsb serait un s ecteur d’ enr egis tremen t des ent rées des t em ples . Il est attes té au Moyen Emp ire po ur le s tock age d es c éréal es 259 . Selon S. Donadoni, il n ’y aurait pas d’attestations d’un pr-Hsb dest iné au x mat ièr es p réci eus es 260 . Parmi les produits énuméré s 257 G. Englu nd, « Offerin gs », in D . B. Redfo rd (éd.), The O xfor d Encyclopae dia of Anc ient E gypt , Oxfor d, 2001, p. 564 - 5 76 258 W. Bar ta, Die al tägyptis che Opfer list e von der Frühzei t bis z ur griec hisch - röm ischen Epoche , MÄS 3, Berl in, B. H ess ling, 1963, p . 140 259 S. Dona doni, « Un framme nto di stat u a egiziana a Messina », in A F rancesco Ga brieli. S tudi orien talistici offe rti nel sessant esimo compl eanno dai suoi coll eghi e di scepoli , Roma, G. B ardi, 196 4, p. 11 8 - 119, note b) 260 S. Dona doni, op. cit. , p. 11 8 - 119, note b) 113 on trouve aussi la qmyt , ingrédient pour la préparation des couleurs avec des pigments min éraux 261 . Le verbe s mn met en rel ief l ’aspect du ri tuel des off randes l ié au res pect des l oi s et d e la justice divine, tandis que mAa reco uvre l a v aleur d ’ « offrande due » 262 . La suite de l’inscription nous rense i gne sur l’auteur des off r andes, Amenemhat - Sourer. L e verbe employé pour décrire la p résentation des offrandes est xrp , utilisé so it pour indiquer les offrandes des fonctionnaires aux souverains, soit pour celles des souve rains aux dieux. Ce ter me indique aussi l’ acte de s uperviser les travaux de la part des fonctionnaires 263 . La stèle de Montouhotep ( fiche 074 ), fo ncti o nnai re et tréso ri er au s ervi ce de Sésostris I er , deuxième roi de la X II e dynastie, présente , sur l e recto, l’ordre royale d e constr uire une sépulture pour le personnage « p rès de l’escalier du gran d dieu, seigneur d’Abydos », suivi de la description, faite par Montouhotep, des travaux accomplis pour la tombe d’ Osiris. Il a di rigé l es tr avau x d ans le te mp le et ceu x de l a ba rq ue sac rée, il s’est auss i charg é de l ’org ani sat ion d es fêt es r elig ieus es décrét ées p ar l es pro ph ètes . Cett e prés entat ion est sui vi e par un pas sag e lacu nai re qui d écrit les o ffr an des pou r le dieu , un cho ix d e pier res p ré cieu ses, sous form e d e col li ers et d e b racel ets , et de métaux. Il affirm e en suit e avoi r accom pl i les rit es jo urnal iers en honn eu r de l a d iv ini té avec l a présentation des offra nde s 264 . Une autre M ontouhotep, chef des scribes, ayant vécu sous le règne de Sésostris I er , nous a transmis une statue fragmenta ir e qui l e r epr ésent e as sis en ta ill eur, t enant un 261 S. Dona doni, op. cit. , p. 11 9, not e d) 262 S. Dona doni, op. cit. , p. 11 8, note a ) 263 S. Dona doni, op. cit. , p. 11 9, note e ) 264 G. D are ssy, « Remarqu es et n otes », R ecTrav, 10, 1888, p. 144 - 148 114 papyrus ouvert sur les genoux ( fiche 072 ). L e te xt e ins crit sur l e p apyru s, très lacun air e, décrit le t ravaux q u’il a accomp lis sou s ce so uverain. P armi l’én uméra ti on d es tâch es exécutées, on retrouve la m ention de pierres précieuse s telles le lapis - la zuli, la turquoise ains i qu e des mét aux tel s le cui vr e ét rang er, l ’o r et l’ argent . La m ent ion d e la m ais on d e l’argent pe rmet de supposer une ac tivité de ce personnage liée aux offrandes dans ce cont exte. Cett e st atue ét ait d édiée par l e roi S éso stri s I er da n s le temple d’Amon à Karnak. La st èle du tr ésori er Ik hern ofr et ( fi ch e 073 ) n arre le v oy age à Abyd o s de c e personnage en compagnie de son adjoint Sa - Satet, afin d’ accomplir des tra vaux pour le dieu Osiris, à l’époque de la dernière campagne du roi Sésostris III en l’an 19. Ikhernofret raconte c ett e mission selon les termes d’une le ttre royale lui donnant des instructions 265 : on mentionne d’abord l’édifica t ion d’un mémorial dédié à Osiris. Ensuite, le fonction naire p rend la parol e et n arr e la con str uct ion d’une ch ap elle p o rtat ive en o r, en argent, en lapis - lazu li, en bois pr écieux et en b ois de cèd re. Il r éor gani se les ri tuel journaliers des prêtres e t les fêtes qui marquent le début des saisons, il dirige les travau x concern ant la b arqu e n es hemet . Ikhernofret conclue en affirmant avoir orné la poitrine du dieu d’Abydos avec du lapis-lazuli, de la turquoise, de l’or et d’autres pierres précie us es. Il s’agit donc d’une redéfinition complète du culte d’Osiris à Abydos témoignée par la biographie de ce per sonn age. Comme P. Tallet le souligne, l’effigie d’Osiris semble avoir été rest au rée av ec d es m atéri aux pr écieu x. Le t ext e ins is te, cep end ant, s ur la co n fectio n d’un matériel pouva nt servir à l’occasion des pr ocessions hors du temple principal et not ammen t une ch ap elle p ortat iv e et une b arq ue s acré e 266 . 265 P. Tallet, Sésostris III et la fin de la XII e dyna stie , Par is, Pygmalion, 2 005, p. 95 266 P. Tallet, op. cit. , p. 97 115 IV.2.2 / L E LAPIS - L AZULI DANS LA SPHERE M AGIQ UE Au delà de la sphère formelle du rituel des templ es, les particuliers ont eu souvent recour s, dans l eur quotidi en, à de s prati q ues rel igi euses co nsi d érées comm e « magiques ». La ma gie était employée e n particulie r pour affr onter des situatio n personnelles critiques, pour soigner des maladi es, pour faciliter les naissa nces et combattre les en nemi s, l es dém ons et les fo rces négatives. On a abordé le sujet à p ropos du P apyrus Ebers, qui contient des remèd es pour combattre les m aladi es des yeux e t où le l apis - laz uli faisait partie intégrante d es ingré dients. Les remèdes ét aient en g énér al ac comp agnés par des form ules st anda rd isées qui en facilitaie nt l’app lication. Il nous e st parvenu un papyrus du début du Nouvel Empire, contenant des « Formul es m agiqu es p ou r la mère et l’en fan t » (P. Berlin 3027), qui rassemblent les rituels du « magi cien d e la nu rs ery » cont re l es mal adies des enf ants port ées p ar l a possession de s esprits ( fiche 107 ). Le pass ag e qui no us i nt éress e es t t ir é du Li vre I déd ié à l a mal adi e nSw de l’enfant, qui demeure inc onnue. Son état est malheureusement lac unaire mais on comprend qu’une divinité f éminine p lace au cou de l’enfant une corde sur laquelle sont fixé es trois perles en qualité d’amulettes, fa briquées en turquoise, en jaspe et e n l apis - lazuli 267 . Suit une incan tati on à rép ét er su r les troi s per les. D’a illeurs le lapis - lazul i est souv ent as so cié à l’i d ée d e la nais sanc e, s i l ’on p ense au cont es du Papyrus Westca r, où les enfants royaux né s de Redjdjédet possèdent une cheve l ure en 267 A. Erman, Zaube rsprüc he für Mutt er und Ki nd : aus dem P apyrus 3027 des Be rli ner Mus eums , Berlin, Verl ag der Akade mie der W issens chaft en, 19 01, I, I - 4, p. 8 - 9 116 lapis - la zuli ( fiche 085 ), mais aussi à l’enfant div in Horus, et à l’époque t ardive à l’enfant Ihy, l es d eux ét ant l iés à l a s ymbo li que de l a nai ssan ce d u s olei l e t à c ell e d e la régénération, dont la pierre bleue est la métaphore dans un contexte prophylactique 268 . Dans l a M ésop otam ie an cienn e des inc ant ati ons p o ur la n ai ssan ce co mpa re nt l a femm e qu i va accoucher à un ba t eau venu de la mer lointaine, tandis que les pierres précieuses qu’elle port e représ ent ent l e sexe d e l’enfan t à ven ir : « Ell e est rempl ie de co rnali ne ou de lapi s - lazu li, mais je ne sais pas s’il (l’ enfant) est cornaline ou lapis - lazuli » 269 . Les no mbreu x sc arab ées en l api s - lazuli u tilisés comme a mulettes rappellen t l’idée de l a transformation et du devenir, comme le ve rbe égyptien xpr, est par ex ten sio n cell e de l’êtr e jeune. T rès tô t en effet on a d û rapp ro cher l e sc arab ée de l’ as pect des sut ures crânien n es du nouveau- né, ce qui au tori se l a pr és ence de s car abées s ur ou s ous l a têt e du défunt ou dessinés sur le sarcopha g e, à l’endroit d e la tête 270 . L’entretien de la santé comportait donc la plus commune application de la magie dans la vie quotidienne. De l a sim ple ap plica tion des a mulettes aux rituels comple xes, la méde cine employa it une ample v ariété de traitements magiq ues. L’utilisa tion de re mèdes à base d’ él ément s du r ègn e v égétal et m inér al ét ait très co ur ante 271 . Le papyrus magique d e Leyde I, 348 ( fiche 15 3 ) s e présen te comm e un r ecuei l de formu les m agiq ues cont re des malai ses et d es m aladi es (l es mau x de t ête, les m au x de ventre), ainsi que des for mules pour accélérer les naissances, libérer le cœ ur de quelqu’un 268 S. H. Aufrère, op . cit. , II, p. 467 269 B. A ndré Salvini , « L’idéol ogie des pi er res en Mésopotamie », in A. Caubet « Cornaline et pierres précieuses : la Méditerranée , d e l'antiqu ité à l 'Islam » , Actes du C olloque, M usée du Louvre/ 1 995, Par i s, Document ation françai se, Mu sée du Lou vre, 1999 p. 377 270 S. H. Aufrère, op. ci t ., II, p. 4 6 9 271 R. K. R itner, « Magic in Daily Life », in D. B . Redfor d (éd.), T he Oxford E ncyclope dia of Ancient Egy pt , II, New Y ork, Oxfo rd, Oxfor d Univer sity Pre ss , 2001 , p. 332 117 des at taqu es démo niaq u es et en fin d es énon cé s contre les incendies. Le papyrus en question était donc utilis é comme manue l d e magie à bu ts multiples. Le « Spell 12 » consiste en une énumération de s parties du corps, ch acune protégée ou asso ciée avec un d i eu, un e d éesse o u un e aut re en t it é divi ne. Le schéma suivi est, d’abord, la protection ( sAw ) d’un membre du corps soumi s à une divinité p réc ise, et ensu ite l’identif ication directe entre la partie du corps et la divinité. C’est ainsi que le rt. 5,7 cite : iw Dba.w .f(y) m xsbd.t- HfA msw Srqt « Ses doigts sont les serpent en lapis-lazuli, les enfants de Selqet » . La déification des partie du corps est typi que d’une part des textes funé raires visant la transfiguration du corps, et d’autre part des t extes destinés à protéger ou à guérir de l a malad i e 272 . Les doigts ici sont don c protégés par les en fants de Selqet. Cette divi nité est définie dans les t extes magi qu es co m me la « d ame d e la mo rs ure », ét ant d onné sa cap acit é à p rév enir et guérir les piqûre s et les morsures d'animaux ve ni meux 273 . Etant aussi la forme divine de l'un d'eux, elle peut mettre les serpe nts et les scorp ions hors d'état de nuire 274 . Les xsbDw ou « serp ent s de l apis - lazuli » formeraien t vraisembla blement les suivan ts d’Horus. Selon S. H. Auf rère le mot xsbD serait né par u ne sui te d ’ass im ilations graphique s à partir du verbe xsb , « s’opposer » (W B III, 333). 272 T. Duques ne, « La déific ati on des part ies du co rps. Corr esp ondances ma giques et i de ntification avec les dieux da ns l’Egy pte anci enne », in Y. K oenig (é d.), La magi e en Egypte : à la r echerche d’une déf inition , Acte s du colloque orga nisé pa r le Mus ée du Louv re les 29 e t 30 se pt. 2000 , Paris, Musée d u Louvre, La Documentation fr ançaise, 2 002, p. 237 - 2 71 273 J. P . Corteggi ani, « Selqet », i n L’Egypt e ancie nne et s es dieux , Pari s, A. Fa yard, 2007, p. 495 - 498 274 J. F . Borghouts , The M agical Text s of Papyrus Leiden I, 348 , O MRO , 51, 1970, p. 91, n. 154 124 P. Posener - Kri eger se d em ande s i les v as es Hs, en bois re couverts de feuille d’or et incru stés de p âte de ver r e bl eu - lapis, découverts par Borchardt lors de sa fouille dans l e temple, pourraie nt correspondre aux informations fournies par les textes 290 . Le f ragmen t 28 C ( fi che 0 17 ) semble mentionner un problème de brûlure d ’un naos, même si l a lect ure r este i nce rtai ne 291 , tout comme d’ autres te rmes liés à de s d étér ior ations 292 . Le mo t sDnt 293 pose problème. Il devait probablement désigner un matériau, dont l’inter prétation e st toutefois incer taine. Le term e snTt serait en r evanche probable m ent un naos qui devait être incrusté du lapis- lazul i d’ap rès la des cri pti on fai te d ans l e text e 294 . Le fra gm ent 29 D ( fiche 01 8 ), ég alemen t très lacu nai re, abo rd e le su jet d es man ques et des mesures de longueur et de largeur perdues, toujours en re lation avec des objets en lapis- lazu li. A sud de la pyra mide de Néférirkarê - Kakaï se trouve le complexe pyramidal de son épouse, la reine Khe ntka ous. Des fragments de papyrus nous renseignent sur les archives du temple de cette souveraine, comme on l’a montré dans le chapitre concernant la description des divinit és. Sur cinq de ces fr agmen ts ap pa raît l a r epr és entation de figur es féminines et sur d’autres on retrouve des descriptions avec la mention de la d épouille de vautour, à mettr e en rapport avec l a coiffu re d es rein es et d es déess es ( fich es 0 06 -01 3 ). I l est difficile de dire, étant donné l’état lacu nair e des textes, s’il s’agit toujours de représentations de la propriétaire du 290 P. Posen er - Kr ieger, Les archives d u temple funéraire de Néferi rkarê- Kakaï (l es papyrus d'Abousir ). I et II , traduc tion et com mentair e, BdE 65, Le Caire, I mpr. de l' Insti tut françai s d'a rchéol ogie orient ale, 197 6 p. 16 8 291 Cf. D 24 et D 25 : P. Pose ner - Krieger, o p. cit. , p. 2 07 292 Cf. D 26, D 3, D 10 : P. Pos ener - Krieger, op. cit. 293 Cf. A 22 : P. Pos ener - Kr i eg er, o p . cit ., p. 170 294 Cf. C 1 8 : op. cit ., p. 194 125 sanctuaire ou s’il s’agi t de divinités, décrites avec leurs caractéristiques physiques (cheve ux, sour cils, dépouill e de vautour etc.) 295 . Les text es d éc riven t pro b ablem ent d es stat ues cultu elles de Kh entk aous et d es nao s o u d es ch apell es qu i l es abrit aient 296 . L a description est souvent répé ti tive avec un vocabulaire limité. Il s’a git certaine m ent de débri s d’i nvent air e de nat ure semb labl e à ceu x du t em ple d e Né férirk ar ê -Kakaï. Les m enti ons de lapis - lazuli dans ce corpus de fragments concernent pour la plupart une peinture de couleur bleue, tandis que les représentations qui ornent le naos dans le fragmen t 28 D s embl ent ê tr e en lapi s vér itab l e et e n élect rum 297 . Une st èle de l a V III e dyn astie, provenant vraisemblablement de Coptos et conservée au Musée du Caire (JE 43290), constitue un exemple d’inventaire de culte, copié sur pierr e à partir d'un original sur papyrus ( fich e 027 ). Ell e ét ait p rob abl ement ins érée d an s la p aro is d’un temple, ér igé dan s c et emp lacemen t. Les t hèmes abordés dan s l es in scrip tio ns s ont liés au clergé l oc al et, en part icul ier, à un accord de n atu re lég ale ent re le d i eu Mi n et u n h aut d ign itai re, con cern an t les servi ces religie ux 298 . Le lapi s - lazu li es t m enti onné s ur cet te stèle soit sous forme de orHt (« m orceau » ) soit d’incrustation pour des colliers. Le mot orHt qui appara ît en relat ion avec le l ap is - lazuli, la tu rquoise et l’ électrum, n e semble pas indiquer dans ce c ontexte des récipients mais plutôt des morcea ux ou des 295 Pour u ne descri ption plus dét aill ée, cf. le chapitre s ur la des cript ion des di vinité s. 296 P. Posen er - Kr ieger, « Fragm ents de pa pyrus », i n M. Verner, Abusi r III : t he pyramid compl ex of Khent kaus , Praha, Universit as Carolina Pragensis Academia, 1995, p. 133 297 Cf. a vec les fr agme nts 28 C e t 28 D : P. Posen er - Krieger, L es archives du temple funéraire de Néferi rk arê - Kakaï (le s papyr us d'Abousi r). I et II, trad uction et comment aire , B dE 65, Le Caire, Impr . de l'I n sti tut fr ançai s d'a rchéol ogie ori entale, 1 976 298 H. Goed icke, « A Cult Inventory o f the Eig hth Dyna sty fro m Copt os (Cai ro JE 432 90) », MDAIK , 50, 1994, p. 73 126 fragmen ts 299 . En effet comme H. Goedicke l e souligne, il apparaît dans l’expression iA t orHwt (« kom de tessons ») 300 qui suggèrerait l’interprétation la plus cor recte. Il faut rema rqu er comme, dans le passage II,3 de c ette stèle JE 43290 (voir fiche 0 27 ), xsbD et mfkAt ont le même d éter minatif que le mot orHt. Bien que l’on ne connaisse pas les quantités précises, il est cependant surprenant de retrouver autant de lapis - lazuli dans un sanct uaire p ro vinci al d e l a VII I e dynastie . H. Goedicke pense, par conséquent, que xsbD pourrait indiquer, dans ce contexte, la calcite bleue, prése nt e dans le désert oriental. Dans le passage II,10 le signe de l’or nbw serait à inte rpré te r comme « collie r » dans u n sens pictographique et le lapis - lazuli ind iquerait un éléme nt d’incrustation 301 . Le dieu Min de Co pto s est d’ai lleu rs so uvent représ enté paré d e très ri ches co l lier s dans les repré sentations iconographiques. L’indication de la quantité serait alors à i nterpréte r, dans ce pass age, co mme q ua nti té de m orc eaux d e l ap is p résent s dans l e co ll ier en q ues ti on plutôt que comme quantité de colliers. Un gen re d ’i nvent aire tr ès p arti culi er est celui d es Annal es roy ales ( f ich es 0 01 - 002 ). Ces de rnières o nt é té co mpi lées g én éral eme nt sur l a bas e de mat éri el d’archi v e, so it de la rés iden ce ro yal e soi t du t empl e prin cipal . A la différence des listes royales, qui apparaissent être des inscriptions monumentales, dont un exemple nous est livré sur le s murs des temples de Ka rnak et Abydos, il s ’agit, dans ce cas, d e l ist es com pil ées d ans l e but d’ êt re d es arch ives . Les li st es des roi s étaien t, q uan t à elles, faites en gé néral pl utôt pour des raisons religieuses et politiques : pour honor er le culte des a nc être s et justifier la légitimité du souver ain régnant. 299 H. Goedicke, op. c it. , p. 76, c ol. I, 10 300 H. Goedicke, op. c it. , p . 77 301 H. Goedicke, op. c it. , p . 78 127 Les An nales ét aient do nc cen sé es se situer dans l e contexte du te mple, probablement comm e une part ie du cul t e des ancêt r es (comm e l a lis te ro yal e d e K arnak de Tho utm osi s III). Les l ist es des ritu els et des cérémon ies ét aien t consi dérés idéol ogi que men t néces saires pour la création et l a déd icace de nou vell es i mag e s de cult e, l a fon dati on d e t empl es et l es vis ites royal es à des cen tr es de cu lte i mpo rtant s 302 . Un fr agmen t des an nal es roy ales à asso cier av ec l a Pi erre d e P alerm e, le n . 4, a ét é découv ert à M emph is et il est d ésorm ai s con s ervé au Musée du Caire, sous le n ° d’inventaire JE 44860 ( fich e 001 ). Des événements de l’an IV de règne de Snéfrou y sont narrés. Il s’a git de données e n rel ation au domaine de Sné frou. Des palmiers - da t tiers sont évoqués et deu x mat ières p réci eu s es, l ’ar gent et le la pis -lazuli, sont mentionnés. Le contexte or i ginal de ce f ragment est manquant, mais il s’agissait p robablement de produits rapportés d’expéditions commerciales étrangère s. La fo rme d e xsbD est t ypique de l’Ancien Em pire, comme on p eut la trouver dans l es Text es des P yrami d es , al o rs qu e celle d e xsbd est pl us courante da ns l es textes du Nouvel Empire 303 . L’expre ssi on sp 2 Tnw t, « deux ième re c ensem ent » i ndique qu’il s’agit de la quat rième an n ée de r ègn e de S néfrou. Le but de ce texte, pour K. Se the 304 , est de fournir une table chronologique simplifiée par rapport aux règnes des première s dynasties ; la mesure des inondations annuelles du Nil donnait à la cour un instrument statistique à des fins fiscale s. 302 T. A. H. Wil k inson, Roy al Annals of Ancient Egypt. T he Pal ermo s tone and its associat ed fr agments , London, New Y ork (N. Y. ), K egan Pa ul Inte rnati onal, 200 0, p. 60 sq . 303 T. A. H. Wil k inson, op. cit., p . 233 304 K. H. Sethe, Beitr ag e zur ältesten Ges chichte Ägyptens , Lei pzig, J . C. Hi nrichs 'sc he Buchhandlu ng, 1905 128 Le r egis tre in féri eur du mêm e fr agmen t ( fic he 002 ) est très la cunaire et il est diffic ile d’affir mer du règne de quel souverain il s’agit, à savoir celui de Khéops ou de Djedefrê. L’in scrip tio n sui t l es sch ém as des an nales dat ant des IV e -V e dynasties tardi ves, avec une phrase d’introduc t ion précédant les détails des dona tions royales. Le lapis - la zuli est ainsi cité p armi les m atéri aux p résent és pa r le ro i m êm e si o n ne con naît pas l es bénéfi ciai res . T. A. H. Wilkinson suppose que le hiéroglyphe r eprésentant un oiseau, sur le fragment e n question, p uis se se l ire gm(t ) , « inventaire » 305 , afin de souligner la typologie à laquelle appartient le doc um ent. Si l’on se déplace chronologi quement jusqu’au Nouvel Empire, l’un des inventaires plus connus concernant le domaine du te m ple est le Papyrus Harris I ( fiche s 166-192 ). Il s’agirait du texte d’ un discours tenu par Ramsès III le 6 e jour du 3 e mois de Smw d e l a 32 e année de son règne, aux dieux et aux humains d’Egypte (le cler gé, l’armé et l’administration) pour les informer des « bienfaits » diver s accomplis par lui - mêm e, à son intention, sous son gouve rnement. A ce discours il est joint, sous forme de lis tes, une documentation annexe à valeur justificative, à l’exception de la p artie dédiée au « Di scou rs aux humains ». Le « Discours aux dieux » se divise e n quat re sect ions : l e dis cours de Ram sès III aux dieux de Thèbe s , d’Héliopolis, de Memphis e t e nfin aux autres villes d'Egypte (« Pe tits Templ es »). Chacune de c es se ctions comprend un discours roya l, des li stes économiques et une supplique de Ramsès III aux dieux. 305 T. A. H. Wil k inson, op. cit., p . 237 129 Deux thèmes y sont abordés principalement : les travaux de construction o u de restauration des temples ou des cha p elles et les dispositions prises pour y assurer ou y rétablir le culte (la fabr i cation ou la restauration de statues divines e t de naos po ur les abriter, l’organisation ou la ré organisation du service de l’offra nde divine, avec d on ou attribution régulière de produits, l’organisation d’a teliers, la fabr i cation du mobilier c ult uel et en généra l , les dispositions prises pour assure r ou ré tablir le bon fonctionneme nt administra tif et/ou économique des domaines divins) 306 . Les Listes comprennent l’énumération, avec to utes les indications de quantité ou de mesu res so uhait abl es , d es di vers m at ériau x et elles quant ifi ent l es bie ns aff ectés par Ramsès III, au cours de son règne, aux différents domaines divins d’Egypte, pour assurer la survie ou le développement économique des instituti ons crée s . Les passage s qui nous intéressent, mentionnant le lapis - la zuli, proviennent princ ipalement de s liste s C et E. Les pre m ières enregistrent et qua nt ifient le don, libre de toute périodicité précise et de quantification prévisionnelle, de divers biens offerts par Ramsès III a ux différent s domaines divins d’Egypte, au cours des trente et une années de son règne, afin de com pléter leurs revenus, ou de l eur fournir divers produits dont ils n’étai ent p as eux - m êmes producteurs. Les second es, enregistrent et quantifient les produits pour as sur er ou am éli or er la céléb rati on d es gra ndes cé rém oni es relig ieu ses , sp écif iques des pr inci pales loc ali tés d u pays , rem ises en vi gu eur à des d ates ch ois ies p ar l e sou ver ain. Une seu le att estat io n du xsbD provient de l’ « Eta t récap itulatif des Liste s », qui comptabilise l’ensemble des donné es économiques figurant dans le docume nt (67,1) ( fiche 186 ) et un e autr e de l a Li st e A2 de l ’Etat récap it ul ati f des Li st es (68 a,7) ( fi ch e 187 ). 306 P. Grandet, Le Pa pyrus Har ris I (BM 9999) , I, BdE 10 9, Le C aire, Ins titut fra nçais d' archéologi e orient ale, 1994, p. 62 130 Plusieur s attes tations du mot xsbD sont acco mpag nées pa r l’adj e ctif m Aa (13 a,1 ; 14 a,2 ; 26,5 ; 33 a,1 ; 33 a,12 ; 40 b,9 ; 46,7 ; 47,5 ; 52 a,4 ; 52 b,2 ; 52 b,3 ; 62 b,1 ; 62 b,12 ; 67,1 ; 68 a,7 ; 70 a,3 ; 70 a,9 ; 70 a,10 ; 73,13) alors qu’il n’apparaît qu’une seule fois sous la form e xsbD wDH « le lapis - laz uli fondu », une imitation de la pierre en verre ou en faïence (64 b,8 = fi che 1 66 ). Les at test atio ns s e r éfè rent au l apis - lazuli brut, au la pis - lazuli travaillé sous forme d’amulettes ou de scarabées, ces derniers étant simples ou sertis et en châssés d'or, ou encore au lapi s - lazuli serti d’or et attaché à un collie r. On retrouve é galement la pie rre bleue dans la production de statues dans l e Hwt-nbw, « le C hât eau de l ’or », revêt u es d’o r, d’arge nt, de lapis - l azuli et de turquoise (57,7) ( fich e 17 1 ), mais aussi da ns la production des statues du dieu Hapy (40 b,9) ( fiche 180 ). L’expre s sion « Chât e au de l’or » désigne le lieu où se déroulait, à l’A ncien Em pire, le rituel de l’ouverture d e la bouche. Il s’agirait d’une sort e de magasin où l’on stockait l es étoffes, les huiles e t les e ffets personnels du roi 307 . I l est intére ss ant de signale r la mentio n de Hrrw xsbdw « fl eurs Hrr bl eues » dans le papyrus Harris I (21 a,8) ( fi che 19 2 ). Cela souligne l’acception du sens de « bleu » au mot xsbD utilisé pa rfois comme référ ence chromatique pour les tissus et les p la ntes 308 . L’expre s sion, sous la forme pA xsbD, a des p arallè les dans la « C oll ecti on du Vas e de Deir el - Medi neh » ( O. DM 1266 + O. CGC 25218) 309 où, dans un chant amoureux, un frère souhaite de posséder quotidiennement sa sœur aimée, comparée aux éléments de l’univers végét al. 307 S. H. Aufrère, L'univ ers minéral dans la pe nsée égypt ienne , II, Le Caire, I n stitut français d'archéolog ie orient ale, 1991, p. 374 308 S. H. Aufrère, op . cit. , II, p. 464, n ote 22 309 B. Mathieu, La poés ie amo ureus e de l'Égypt e ancie nne. Re cherches sur un genr e litt éraire au Nouve l Emp ire , BdE 115, Le Caire, I nsti tut françai s d'a rchéol ogie or iental e, 1996, pl. 20, 23 et p. 101, not e 377 131 Un aut re pa rallèl e est fo u rni par un papyrus hiératique du Musée de Turin 310 , qui contient une lettre de Ra msès XI à son fils Pinhasi, capitaine des troupe s étrangères du Pharaon, expédi é par celui - ci dans le sud du pays. On peut y lire l es dispositions pr ises pour placer la st atue d ’une dée sse devant son étendard et pour apporte r des pierres précieuses et des fleurs au li eu de l ’empl acem ent de la s tatu e, a fi n de rém unér er les gard ien s des tom bes pour leur travail. Selon P. Grandet, Hrrw x sbdw pourrait indiquer les fleur s d’un indigot ier. L’ interpré t ation selon la quelle il ser ait ques tion d’é léments de c ollier en f orme de fle ur, en lapis - la zuli vérit able o u en faïen ce i m itan t cet te pi erre s erait à rej ete r 311 . A l’époque gr éco - romaine, on assiste à une profonde mut ation de la structure d u temple et de son fonc tionnement économique. L’analyse de c ette période sera évoquée ici brièvement, afin de mett re en relief la transformation intervenue au s ein du Trésor, concer n ant son rôle et son rapport avec les minéraux s tockés. Les at eliers jadi s dispersés à l’extérieur pour des raisons pratiques sont déplacés plus près du dieu et on assiste à la transition d’un espace économique à un espa c e religieux. Dans l’Egypte tar dive e n effe t , contrairement à aux époques précédent es, la notion de « Trésor » n’est plus liée à l a présence physique d’objets précieux ou de matières brutes, mais son rôle devient plutôt virtuel 312 . Le lapi s - lazuli e t la turquoise sont associé s dans le ritu el du culte div in journalier dès le Nouvel Empire ainsi que dans les textes d’offrande de la cour du Nouvel An à Dendér ah, où l’offrande du lapis - l azuli et de la t urq uoi se est sym ét riqu e à c ell e de l’or et 310 W. Ple yte , F. Rossi, Papyrus de Tur in , Leiden, E. J. Brill, 1869 - 1876 , pl. 67,12 et K RI VI, 734, 735 311 P. Grandet, op. ci t ., II, p. 99 , note 402 312 S. H. Au frère, « Les trés o rs dans les temp les égyptiens », in A. Caube t (éd. ), Corn al ine et pierre s précieuses : l a Médi terrané e d e l'an tiqu ité à l'Islam, Act es du C olloque, Mus ée du Lo uvre/ 1995 , Paris , 1999, p. 271 - 2 83 132 de l’arg en t. S i l es mét au x expri men t des con cep ts d e lum ière, ch ton ien ne et cél este, le s minéraux re prennent un sym bolisme de façon identique, sous forme liquid e. Le lapis et la turquoise figurent dans les mains des deuxième et troisième prophètes, au m oment de la procession du Nouvel An à Dendérah et Edfou. Ils constituent aussi des compléments indispensables, ainsi que le pay s de RSt et c elui de &frr, pour la turquoise et le lapis - lazul i respect ivem en t. Aux époques tar dives, le service liturgique des temples égyptiens implique la présence d’objets métalliques, de métaux plus ou moins rares et de pier res précieuses à l’état brut qui sont offertes aux divinités. Il s’agit de produits emmagasinés dans des salles spéci ales d u t emp le, l es « Trésors ». A Edfou et à Dendérah on peut observer, sur les soubassements de la salle du Trésor, des processions géographiques représentant d es pays ou des régions qui apporte nt leurs produits aux dieux : ce sont des s cènes d e proces sio n d’all égori es d e cont r ées min ières, spéci ali sé es da ns l ’appo rt d’u n e rich ess e min érale lo cal e et men ées p ar le roi 313 . Les allégorie s sont accompagnées par des textes qui expliquent la raiso n d’êt re d e ch aque m inér al et d e ch aque mét al et qui se com pl ètent av ec l a pr ésen ce de toponymes. Parmi les pays figurant sur la liste du trésor D’de Dendéra h, sur les parois du Trésor d’Edfou et de Philae, on peut en effet retrouver la m ention de &frr , comme pays qui produit le lap is - lazuli ou bien qui désigne le ma rch é où la pierre était pr ocurée. Le nom géographique #n ty -S , co mme synonyme de &frr, pa raît être employé pou r designer aussi bien des m ontag nes af ric ai nes qu e cel les du Leva nt (le Liban). 313 F. Daumas, « Les t extes géog raphiques du trés or D' du te mple de D endara », in E. Lipi nski (éd. ) , Sta te and templ e econom y in the Ancient Near Eas t, Proce edings of the i nternati onal conf erenc e organize d by the Kat holie ke Univer sitei t Leuve n from the 10th to t he 14t h of April 1978, Vol. II , Leuve n, Departement oriënt alist iek, 1979, p. 689 - 70 5 133 Il faut souligner que les pierres semi - précieuses comme le lapis n e sont plus considérées comme des produits de luxe à emmagasiner, mais elles possèdent des ve rtus qui les rendent indispensables à l a maison du dieu. Elles sont ainsi conserv ées à l’ état b rut et offer t es lors des cérémonies im portantes, comme c elles du Nouvel An. A part & frr , tous les autre s pays mentionnés à Dendéra h s ont à situer en Egypte, au Sinaï, en Nubie ou au Soudan 314 . On peut donc obs erver les directrices d’un co m merce ent re l’Egypte et les pays voi sins destiné à proc urer aux temples des matér i aux liturgiques de premi ère n éces sit é. Les fêtes du Nouvel An donnent lieu à une processi on destinée à solliciter l’apparition de la divinité, par la pré sentation d’objets liturgiques a ccompagnés d’une coupelle contenant un métal ou un minéral précieux. Après avoir choisi les objets dans le Trésor, la procession passe par la ou âbit et rejoint le toit où se déroule la cé r émonie de l’Union au Disque, pour redesc endr e ensui t e à l ’es t du sanct uaire. Les te xt es des fris es de Den dér ah résum ent la céré m onie et son but. Les quatre pr oph ètes du temple de Dendérah pré s entent des sistres et un choix de métaux et de m inér aux pr écieu x, as soci és à des asp ect s sp écifiq ues d ’Hat hor, po ur apai se r la divinité avant l’Union au Disque, rite qui consiste à pré s enter la statue d’Hathor au soleil, le Jour de l’An 315 . Les miné raux et le s métaux offer ts évoquent la divinité et ses caract éris tiq ues f avorab l es : le lapis, par exemple, est synonyme de m anifesta tion et transformation au sein de la nuit ou de l’océan prim ordiale et c’est le de uxième prophète qui le dé tient. 314 F. Daumas, op. cit. , p. 703 315 S. Aufrère, o p. cit. 140 défunt, dont il est dit « drf.n st ¡r.w m xsbD » (« Horus a les sour cil s fa çonn és en lap is - lazul i ») 344 . Les for mul es des T extes des Sarcophages mentionnent les xsbDw , à id enti fier av ec les s erpent s de l apis - lazuli 345 ( fich e 063 ). Ces divinités, que l’on a évoquées à propos de s textes magiques, correspondraient donc a ux suivants d’Horus, le dieu bleu par excellence ou « aux yeux de la pis - lazuli ». Elles sont mentionnée s dans une formule de transformation du défunt en Hor us de N ekhen 346 . Dans une autre formule de s Textes des Sarcophage s ( fiche 0 34 ) 347 le mot xsbDw apparaît dans une formule pour la nourric e d’ Osiris : il s’a git de la protec t ion contre ce s serpents de lapis- lazu li, dit « kA jm n.t ». La formule 467 de s Textes des Sarcophages ( fiche 0 41 ), rep ri se dan s le L ivr e des Mo rts 348 , est très complexe quant à son interprétation, qu i joue sur le rapproche ment entre xsf et xsb(d).w : les deux mots comme dans les textes magiques, recouvrent le même sens de « s’opposer » 349 . L’ass ociat ion en tr e le b leu et le rou ge est en cor e présent e co mm e cel le ent re l e lapis - lazuli et la co rnal i ne ( fi ch e 047 ) 350 . Il s’agit d’une formule « pour ne pas mourir à nouveau dans l’Empire des Morts » : le d éfunt affirme de vivre de l apis - lazul i et de cornaline. Ces minéraux, bien que opposés, s e complètent dans ce con texte, avec une 344 pBM 9900, Tb 172, 14 345 Spel l 1016, CT VII, 235 p 346 S. H. Aufrère, , II , p. 480 347 Spel l 251, CT II I, 347 e 348 pBM 9900, Tb 110, 552 349 S. H. Aufrère, L'univ ers minéral dans la pe nsée égypt ienne , I, Le Caire, Institut fra n çais d'archéologie orient ale, 1991, p. 479 350 Spel l 629, CT VI, 250 p 141 fonction de nourriture symbolique et de revitalisa tion. Le rouge représente le danger, mais il peut, si convié dans la bonne direction, procurer la plus puissante des protections 351 . Selon J. Baines, différen tes typologies de rouge commencent à proliférer dans la peinture pendant le Moyen Empire, probablement pour différencier les rouges posi tifs des rouges négat ifs 352 . J. R. Harris a supposé le rouge - orange de la cornaline d’être un rouge séthien , tandis que le rouge sa ng du jaspe n’aurait pas de connot ations négatives 353 . Un passage du Texte s d es Sarcophages ( fich e 03 9 ) mentionne le lapis - lazuli p armi le s offrandes présentées à H otep, seigneur du Champs des offrandes 354 . La valeu r d u l api s - lazuli apparaît aussi d ans la f ormule 54 du Livr e d es Mo rts , sel on l a version du papyrus de N u, comme une métaphore de la nourriture qui donne le souffle de vie au défunt da ns le règne des morts 355 . Les t extes funérai res co mpren nent p lus ieurs réfé rences, comm e on a eu l ’occasi on de l’observer, à l’assimilation du dé funt avec un t aureau, réputé pour sa force gé nési que, et avec la d ées se Si rius -Sothis 356 . Dans la formule 468 des Textes des Sarcophages ( fich e 043 ) 357 par exem pl e, le défunt est as sim ilé au ta ureau ng Aw, « aux yeux peints, maître du lapis - la zuli, ma ître des campag nes, t au reaux d es di eux ». C ette formule trouve un para l lèle dans le chapitre 110 du Li vre des M orts 358 . 351 G. Pi nch, « Red T hings : t he S ymbolism of C olour i n Magic », in W . V. Davies, (éd), C olour and Painti ng in Anci ent Egypt , London, Briti sh Museum P ress, 2001, p. 182 - 1 85 352 J. Bain es, « Color Termi nolo gy and Col or Cl assifi cation: Ancie nt Egypti an Color Ter minol ogy and Polyc hromy », Amer ican Ant hropologi st, 87. 2, 1985, p. 282 - 297 353 J. R. H arr is, Lexicogr aphical Studie s in Ancie nt E gyptia n M inerals , Berlin, Akad emie - Verl. , 1961, p. 2 25 354 Spel l 466, CT V, 3 58, XXVI 355 pBM EA 10477 , Tb 54 ,5 356 S. H. Aufrère, op . cit. , II, p. 471 357 Spel l 468, CT V, 3 85 a 358 P. Barguet , Le Livre des M o rts des anciens Egyptiens , Paris , Édit ions du C erf, 1967, p. 147 142 Selon S. H. Aufr ère, le « maîtr e du la pis - lazu li » serait à id entifie r à Osiris, sous son as pect d e Min - Orion 359 . Sothis rappe llerait, par contre, Isis sous ses tr aits de déesse prot ectric e. Le t aureau est aussi à identifie r avec l a nuit, dont la lune d’arge nt forme les cor nes, tandis que S oth is/ Si rius représe nt e la vach e au diad èm e d ’or, évo qué e pa r la b rill an ce d e l’ét oil e elle - m ême. La lune e t Sirius, étant leur conjon ction dans le ciel nocturne , forment un couple de bovidés e n l apis - lazuli. En fécondant Sothis, le taureau de lapis - lazu li, Min - Orion, est à l’origine de l’appa rit ion du soleil, annoncé par le lever héliaque de Sirius. On comprend a i nsi que Min, di eu lunaire, lié à l a pierre bl eue à trav ers d es épi thèt es, corre spond au seigneur d es minéraux. Les productions du règne végé t al sont aussi liées, dans le monde funéraire, à la pui ssance g én ératri ce du t aureau, fo rme anim ale d u d éfunt , qui fait fleu ri r l a natu re g râce à ses nombreuses copu la tions 360 , si l’on pense à Ouna s qui fait pousser le lap is - lazu li d ans les T extes des Pyr ami des . Par rapport à ce dernier passage, P. Barguet propose une interp rétation qui me t le lapis - laz uli en rapport avec le nord, en op position avec la plante twn de Hau te Egypte 361 . Dans cet te con cepti on, la po usse d es élém ent s végét aux es t alo rs liée à l a vig ueur d e c et an i mal. Hotep, divinité en relation avec la campagne, dont l’aspect est c elui d’un dieu procré ateu r et auq uel on p résent e des o ffran d es, e st auss i à met tre en l ien avec sa pu iss anc e sexuel le 362 . Une aut re fo rmul e des T extes des Sarcophage s 363 décrit le défunt qui arrive dan s niw.t Wr.t afin de faire propage r l’ abondance et prospérer la végétation. Il se présente 359 S. H. Aufrère, op . cit. , II, p. 471 360 S. H. Aufrère, op . cit. , II, p. 472 361 P. Barguet, « Les chapitres 31 3 - 321 des Textes des Pyramides et la n aissance de la lumièr e », RdE , 22 , 1970, p. 12 - 13 362 S. H. Aufrère, op. cit. , II , p. 473 143 comm e « jnk kA pw wa q A(.w) m xsbd » (« je suis ce Taureau unique, imposant, en lapis- lazul i »)( fi che 04 0 ). Comme le remarque S . H. Aufrère, un taureau peint couleur lapis - lazuli figu re sur la vignette qui orne le ch apitre 148 du Livre des Morts , en compagnie de sept vaches couchées, ayant la f on ct ion d ’ali ment er le dé fun t en lai t. L a formu le d’ a ccomp agnem en t aurait été tr ouvée à Hermopoli s, sur un bloc de quar tzite peint en lapis- lazuli vér itable 364 . L’aspec t érotique du l apis - lazuli se retrouve aussi , comme on l’a évoqué, dans les chant s d’am our d e la l it térat ure égypt ienn e d’ époq ue ram essi de. Parm i les épit hètes div ines en rapp ort avec l e lap is - lazuli, on retrouve l es expressions de kA - mwt.f « taure au d e sa mère » et mnmn - mwt.f « celu i qu i fécon de sa m ère ». Ils évoquent encore un e fois, selon S. H. Auf rère, l’asp ect de p rocré ati on et de ges tati on, lié à l ’étern elle jeunesse. Ce taur eau, décrit sous l’aspec t de Min ithyphallique, avec le phallus de lapis- lazul i, rep rés ente l e d eve nir co smi que 365 . Le dieu Min favorisait en outre l’épanouissement de la n ature et d es fleu rs b leues . L’épi thèt e de kA - mwt. f indique enfin le die u qui renaît de ses propre s œuvres , qui fait partie des die ux solaires is sus du flot primo rdial o u de la voûte cé leste assimilée au la pis. Dans l a tom be de Kh abe khnet si tuée à Dei r en M edi neh (T T 2), l a scèn e X II de la paroie sud montre Anubis embaumant l e poisson Abdou ou Abd et, qui re mplace la momie du défunt, assimilé à Os iris, sur le lit funèbre à pieds de lion ( fich e 160 ). La légende dit 363 Spel l 467, CT V, 3 70 f 364 P. Barguet, Le Livre des Mo rts des anciens Egyptiens , Pari s, Édi tions du Cer f, 19 67, p. 206 365 S. H. Aufrère, op. ci t ., II, p. 474 144 qu’Anubis s’approche pour opérer les passes magiques sur le poisson Abdou constitué de lapis -la zuli véritable. La tête d’Anubis, du poisson et du lit sont orientés vers l’ouest 366 . Le nom du poisson ra ppelle le terme Abt(y) /Abt (y) "oriental", tant que porteur des pot enti alit és de ren aiss an ce du s olei l à l'orient. I l jouait le rôle de protecte ur à l’a vant de la barque de R ê, en avertissant de la présence d’Apophis 367 . Plusieurs interprétations se sont succé dées p ar rapport au poisson Abdou et il ressort que cet ani mal étai t u ne d ivi nit é abyd énien n e, à l aqu elle s’e st substitué Osiris, lors que le cu lte de ce d erni er s ’est i mpo sé dan s cett e vil le 368 . Selon C. Desroches Noblecourt, le poisson Abdou dans le domaine funéra i re aurait constitué une des étapes de la renaissance du défunt, en contr ibuant à la transmigration du son corps et son â me 369 . De ce fai t, u n poi sson mom ifi é était probabl ement plac é dan s la cham bre fun érai re, co mme d ans l a tombe de Khabe khnet. Les Textes des Sarcophages comprenne nt, comme on l’a évoqué, des for mul es pour échapp er au fil et et pour échap p er à la captu re d es poi sso ns sau teurs . Dans cette scène, le défu nt est appelé à renaître au matin, sous la fo rme d’un poisson qui accomp agn e la barq u e sol aire. L e lapi s - lazuli possède, à travers la nuit qu'il évoque, les virt uali tés d e la renai ss ance matinale. Le poisson Abdou forme a insi un couple d’opposition avec le tilapia de turquoise, dont la te inte vive et claire anno nce l’aube 370 . La couleur bleue du lapis véritable est celle qu’on retrouve souvent associée à l'épiderme d'Osiris et qui recouvre a us si le crân e d e Pt ah. El l e rep résen t e la nu it p ro fo nde et app ell e à renaît re. 366 B. Bru y ère , Tombes thébaine s de De ir el - M édineh à déc oration monoc hrome , MIFAO 86, Le C aire, Impr. de l'Insti tut frança is d' archéologie orient ale, 1952 , p. 39 367 S. H. Aufrère, op . cit. , II, p. 470 368 S. H. Aufrère, op . cit. , II, p. 470 369 C. D esroches Noblec ourt, « P oiss ons tabous e t transfor mations du mort », Kêm i , 13, 1954 , p. 33 - 42 370 P. Ve rnus, J. Y oyotte , Bes ti aire des Pharaons , Paris, A. Viéno t, Lib rairie Pe rrin, 200 5 , p. 202 145 IV.4.2 – L E LA PI S - LAZULI DANS LES REPRES ENTATIONS ET LES INSCR IPTIONS DES TOMBES Dans la symbolique du contexte funéraire, la tombe revêt l’aspect d’une montagne où l’êt re ren aît , à l’i ma ge du sol eil qui, ap rès avoi r tr avers é l ’Occi de nt, réapp araît à l’Orient 371 . Métaux et minéraux p récieux garantissent une complète identification du mort avec le s dieux, composés d’éléments minéra ux. Les parois des tombes de s rois et des particul iers re présentent soit les posse ssions personnelles du déf unt , soit son équipement funéra ire, destiné à la survie d’un point de vue rituel et religieux. Ces pe intures sont l’étape final e d’une évolution commencée à partir du mobilier funéraire, placé dans les tombes de l ’époque Prédynastique 372 . La qualité de l’équipement funé raire devient de plus en plus riche pendant le Moyen et le Nouvel Empi re, et dur ant cet te d erni ère p ériod e o n assi st e aus si à l a rep rés entat ion , su r les p aro is des tombes, des tributs provenant de s pays étrangers. Les représentations picturales de l’équipement funé raire du défunt sont normalement a ccompagnées par des légendes, qui expliquent la nature des objets reproduits 373 . Notre at tent ion n e s ’adr esser a pas , dans ce con tex te, à l’ anal yse d e l a prés enc e d’objets en lapis - lazuli dans l e mob ili er fun éraire dépo sés dan s les chamb res fun érai res et dans l es m agasi ns at tena nt s, m ais en revan che, p o rtera su r cel le d es t émo i gnages fourn ies par les rep résent at ion s et l es i nscri pti ons qui l es accom pagnent. 371 S. H. Aufrère, « Evolut ion de s idées concernant l ’emploi de s coul eurs dans l e mobili er et l es sc ènes funérai res en E gypte jus qu’à l’é poque tardi ve (=Aut our de l ’Univers m inéra l XII ) » , i n S. C o linart, M. Menu (éd.), La coul eur dans la pei nture et l ’émaill age de l’E gypte ancienne : act es de la table ronde, Ravello, 20 - 22 mars 1 997, B ari, 1998, p. 35 372 P. A. Piccione, « Tomb f urnis hings », in K . A. Bard, Encyc lopedi a of the Ar chaeol ogy of t he Ancient Egypt , Lo ndon, Ne w York (N. Y.), R outledge, 1999, p. 83 8 - 84 1 373 G. Killen , « Fu rniture », in D. B. Re dford (éd.), T he Oxfor d Encycl opedia of Anc ient E gypt, I , New York, Oxford, Oxford Uni versi ty Press , 2001, p. 5 80 - 586 146 Le défun t est général em ent r eprése nt é devant la t able d’ offr ande, t el R ahot ep dans la chap el le de s on m ast a ba à Meï doum ( f iche 0 0 3 ). Les offrandes sont ici disposées, sur la même paroi, sur six registres. Les re gis tres inférieurs sont consacrés à l a d escrip tio n de l a natu re d es pier res uti lis ées po ur la r éali sati on de vas es spéci aux, des ti n és au t rés or du dom aine fu nérai re. El les s ont l a brèche r ouge, la qu artzit e blan ch e, le c alcai re ros e, l e lapis - la zuli, le gra nite d’Assouan e t le travertin. L e lapi s -lazuli est mentionné dans ce contexte pour la fabrication d’un grand récipient. La vaisselle funéraire comprend générale ment de s flasques, des vases, des bols pour les ongu ents et les parfum s. L a plu part d e ces récip ient s est en pi erre (alb âtr e, serp enti ne et parfois verre) mais dans le cas d’inhumations plus modestes, il peut s’agir d’une poter i e de terre cuit e ou d ’un t rav ail d e faïen ce 374 . L’ut ili sati on d e la pi erre bl eue dan s la vai ss ell e fu nérair e r epr ésen tée sur les paroi s d es tombes trouve ses parallèles dans la tombe de Hor hotep (TT 314) de Deir El - B ahari ( fi che 068 ), où deux paire s d e vases à libations en or e t en lapis et deux en or et en argent sont retrouvés sur la pa roi nord. Concernant la typologie des pr emiers, il s’agi t d’un vase Hs et d’une j arr e mnj. La vais sel le funé rai re d écri te ét ant en l api s - la zuli se ret rouve aus si rep rés en tée dan s les « frises d ’objet s » sur plusieurs sarcophages du Moyen Empire. Le sar cophage de Henen, prove n ant d’Assiout ( fich e 050 ), présente trois vases Hs p osés sur une s ell ette, le sarcopha ge de Nekhti, pr ovenant encore d’Assiout ( fich e 057 ) m ont re, par mi l es of frand es, deux vases Hs bleus, e n xsbD, et un v ase Hs jaune, e n or, tous t rois déposés s ur une sellette. Quatre v as es Hs sont déc rit s et rep rés entés s ur la frise d’objets du sarcophage de Djehuty- 374 J- L. Podvin, Compos iti on, p osi tion e t orient ation du mobili er funé raire dans les t ombes égyptiennes priv ées du Moye n Empire à l a Bass e époque , I, Villeneuve d' A scq, Presses universitaires du Septentrion , 2000, p. 16 147 Nekht ( fiche 04 9 ), dont le premier est dit m xsbD. Parmi les objets on retrouve aussi quatre jarres d e co uleu rs di ffér ent es dont l’une est dite aS nbw X.t.f i rt.t nbw xs bD, « jar re en o r dont le corps est fa it en o r et lapi s - lazul i ». Trois vase s Hs en o r et en lapi s - lazu li d éposés su r une s ellet te s e ret rouv en t aussi pei nts s ur le sarcophage du c ommandant de la flotte Idi, provenant d’Assiout ( fich e 05 1 ). Une aut re typ olo gie d e r écip ient est at test ée p ar une de s ins criptions du Sinaï : l e pass age est trè s lacunaire mais il se mble mentionne r, parmi les cadeaux apportés au Sinaï pour la déess e Hat hor, un vas e X paw m xs[bd]. On ne sait p as s’i l p eut êt re mi s en rappo rt ave c le vase du type Xpat (W B II I, 366,11) 375 . I l se peu t qu e dans l es d escri pt ions préc édemm e nt anal ysées , le m ot xs bD ne désigne pas toujours le lapis - lazuli mais aussi des vases en verre coloré ou bien peints en bleu, en imi tat ion d e cett e pierre préci eus e, t rès di ffi cil e à t ravail ler à caus e d e sa d uret é. On peut de telle façon observer l’association très fréquente du lapis ou de l a couleur bleue avec la typologie du vase Hs, liée à aux liba tions et à la pu rifica tion rituelle ; le lap is - l azuli est au ssi très l ié à l ’or, co mm e l’on aura o ccasi on d’en di scuter à propos de la bijouterie. Le mas taba d’ Akhet hete p ( fi che 00 5 ) représente un exemple du pr i ncipe de la réversi on des o ff ran des : le propriétaire a pu bénéficier en effet de la faveur d’un phar aon, dont l’identité reste inconnue, grâce à son fils Seânkhouptah, qui a dû oc cuper une place importante à la cour et qui a ainsi p ermis d’offrir au défunt une dotation funéraire très riche. 375 A. H. Gardiner, T. E. Peet, J. Černý (éd.), The I nscript ions of Sinai , II , Londo n, Egypt E xplorat ion Soci ety, 1952 et 1955, p. 113, note h) 148 On peut par c ons équent obs erver , parmi les dons mentionnés, la présence de bijoux et de pierres p récieus es : des co ll i ers ousekh et ch éno u , un contrepoids ânkh et et un pendentif izen en mal achit e et en la pi s - lazuli. Le mot xsbD se p résent e, dans le pas sage ci té, l a première fo is en métat hè se so us l a forme sxbD, tandis que la d euxième fois le matériau qui accompagne la ma lachi te est probab lem ent à l ir e xbs (WB III , 256 ) gr aphi e abr égée et avec l a mét at hèse d e xsbD , comme le propose C. Ziegle r 376 . Un aut re exemp le du prin cipe de l a révers ion des offran des est prés ent é par l a stèl e d’Âbkaou ( fiche 065 ), faisant partie d’une chap elle - cénotaphe sous la protection d’Osiris, où se déroulaie nt les céré monies annuelles évoquant la mort et la résur r ection du dieu. Parmi les offrandes du roi on mentionne un cercueil en sapin neuf et un e gaine de momie en or fin, orné e d’ authentiques lapis - l azul i. En effet, co mme l e mo ntr e le p assag e de Sinouhé où Pharaon lui promet des funérailles en t erre d’Egypte ( fich e 08 3 ), la poss ession d’un cercueil en sapin o u cèdre neuf, bois de g rande valeur import é du Liban, constituait un indispensable viatique, tout comme l’ensemble de l’équipement funéraire 377 . Les parois de la tombe d’Antéfoqer ( fic h e 075 et 076 ) li vrent , en rev an che, des scèn es concer n ant la présentation d’offrandes provenant de la proprié t é du défunt pour la fête du Nouvel An. Parmi les produits, attribués à Ptah - S okar, on retrouve de l’argent, de l’or, du lapis - lazuli, de la t urquo i se et d e la co rnal ine. 376 C. Ziegle r, Le mas taba d 'Akhet hetep : une c hapelle funérai re de l' Ancien Empir e , Paris , Éd. de l a Réuni on des mus ées nat ionaux, 19 93, p. 113, note l) Cf. a ussi E . Br ov ar ski, « Old K ingdom B eaded C ollars » in J. Phillips (éd. ), Ancient E gypt, the Aegea n, and the N ear East : Studies i n Honour of Martha Rh oads Bell , I, San A ntonio, Van Sicle n Boo ks, 1997, p. 139 377 C. B arbotin, L a voix des hi érogl yphes : pr omenade au dépar tement des antiquit és égypti ennes du m usée du Louvr e , Paris , Ed. Khé ops, Musée du Lo uvre, 20 05, p. 141 149 Com me précéd emmen t ob servé p our l a vais sell e funérai r e, le m obi lier n’est pas uniquement représenté sous forme de peinture ou de bas - re lief sur l es parois des tombes, mais il se retrouve a ussi peint sur les parois des sarcopha ges, d ans les « fris es d’o bjets ». En effe t , pour les Egyptiens, le sarc ophage est comm e une « ma ison dan s laque lle il (le défunt) va vivre une vie nouvelle, au mil ieu du mobilier et des objets qui lui appartienne nt » 378 . Les fri ses d ’obj ets s o nt par ticu lièrem ent car actéri sti ques de la P r emièr e Péri ode Intermédiaire et du Moyen Empire. Elles consistent à faire figurer sur les parois des sarcop hag es des rep rés entat ion s d ’objets appartenant normalement au mobilier funérai re 379 . Selon J. - L. Podvin, les Egyptiens ne représentaient peut - êtr e sur ces fri s es que l es obj ets qu’ils craignaient de voi r disparaître à c ause des vols, de la dégrada t ion de la situation économique ou de l’ incurie de la fa mille 380 . Les bi jou x et l es amu lettes sont très représen t és : on y retrouve presque toutes les typologies à l’exce ption des bagues, bouc l es d’ oreilles et pec toraux. En effet les deux premi ères n’ét ai ent pas à l a mode au Moy en Empir e, et l es dern iers ét aient plu tôt des attributs royaux à ce tt e époque 381 . La bijouterie évoque l’emploi d’un grand nombre d e pierres p réci euses et les co uleu rs de ces d ern iè res son t rapp elé es, com me l ’o n a vu d an s le chapitre dé di é à la couleur, par l es bordures polychromes des tombes et de s parois des sarcop hag es 382 . Ces bandes suivent les couleurs c onventionnelles : le jaune pour l’or, le 378 P. Barguet, Les textes des sarcopha ges égypt iens d u Moyen Em pire , P aris , 1986, Paris, É ditions du Cerf, 1986, p. 13 379 J- L. Podvin, op . cit. , II, p. 5 01 380 J-L . Podvin, op . cit. , II, p. 50 3 381 J- L. Podvin, op . cit. , II, p. 5 03 382 S. H. Aufrère, « Evolut ion de s idées concernant l ’emploi de s coul eurs dans l e mobili er et l es sc ènes funérai res en E gypte jus qu’à l’é poque tardi ve (=Aut our de l ’Univers m inéra l XII ) » , in S. Colinart, M. Menu (éd.), La coul eur dans la pei nture et l ’émaill age de l’E gypte ancienne : act es de la table ronde, Ravello, 20 - 22 mars 1 997, B ari, 1998, p. 36 -Petrie W . M. F., Brunton G., Sedment I , Lo ndon, British Sch ool of Arch aeolo gy in E gy p t, B. Qu aritch, 1924 , pl. 18 -PM 4:1, p. 116 Bibli ographie Textes (m)anxt m Sbn wsx n Sbn sriw n a.wy Hrst xsbD SA(S)A(y t ) wsx n wAD-S(ma) sriw n(w) rd.wy wAD-Sm(a) SASA(yt) wAD(w)-S (ma) m Sbn Translittération pend entif en ma tériaux dif fé rents collier e n maté riaux dif f érents périscelides pou r les bras en cornaline, en lapis-lazuli, petits colliers colliers en ma lachite (?) périscelides pou r les j a mb es en malach ite (?), petits colliers en malachite (?) et maté riaux dif f érent s Traduction 62 Bois Matériau Sedment Pr ovenance H. 75 cm ; L. 220 cm ; l. 70 cm Dime n sions Première période intermédiaire Datation Copenaghen, Ny Carlsberg Glyptothèque Conservation Acquisition La tom be 2127 est celle de Nakhtkao ui. Les côtés extérieurs et intérieurs sont re couverts de stuc et peints. La d écoration d e l'extérieur se com pose uniquement de deux yeux, surmon tés d'une lig n e d'inscription tout autou r du cercueil. Elle contient les formu les à Osiris et le no m du déf unt . L'intérieu r est recouvert de repré senta tions d'objets dont le dé f unt est censé dispo ser dans sa tom be : miroir, chevet, colliers, bracelet s, flèche s, arcs, b oucliers, vases à onguents et sanda les. Le couvercle du cercueil ex t érieur a dispa ru. Description Sarcopha ge de Nakhtkaoui 031 A.E.I.N. 1585 N° d'inv. 63 -Mogensen M., La glyptoth èque Ny Carlsberg : la collectio n égypt ienne , Copen hague, Levin & Munksgaard, 193 0, p. 66, A 493 -Petrie W .M . F. , Bru nton G., Se dment I , Lon don, British Scho ol of Archae ology in Egypt, B. Quaritch , 1924 , pl. XXIV -PM 4:1, p. 116 Bibli ographie Textes anxty n mAA-Hr wsx m xsbD manxt mnfr[t] a.wy w[bx] Translittération un miroir dan s son étu i, un collier en lapis-lazuli un penden tif, d es bracelets deux bracelets rayonnan ts Traduction 64 Bois Matériau Assiout Pr ovenance H. 62,5 cm ; l . 63 cm ; L. 21 4 cm Dime n sions Première pér iode intermédiaire, I Xe ou Xe dyn. Datation M usée du Caire Conservation Acquisition Ce passage témoigne de la réunion de la famille du déf unt dan s l'empire des morts. Le déf un t est caractérisé par la couleur bleue du lapis-lazuli. Description Spell 132 , CT II, 156 h - (Sa rcophage de Méséhet, S1C) 032 J 28118 N° d'inv. 65 -Barguet P., L es text es des sa rcopha ges égypt iens du Moyen Empire , Pa ris, Éd itions du Cerf, 1 986, p. 255 -Carrier C., Textes d es Sa rcophages d u Moyen Empire égyp tien , Mon aco, É ditions d u Ro cher, Jea n- Paul Bertran d, 2004, p. 312 -Faulkner R. O., The Ancien t Egyptian Coffin Texts , I, W armin ster, Aris an d Phillips, 1973 , p. 1 14 -Lacau, P., Sa rcopha ges antérieurs au No uvel Empire , II, CG 2 800 1-28126, Le Caire, Imp r. d e l'IFAO, 1904-190 6, p. 125 -PM 4:1, p. 265 Bibli ographie Textes xa.k(w) m xsbD nb wp.wt m Jwnw Translittération (Puisses-tu me regarde r, moi) qui suis a ppa ru en lapis-lazuli (et ) p ossesseur de cornes dan s Héliopolis ! Traduction 66 Bois Matériau Assiout Pr ovenance Dime n sions Première pér iode intermédiaire, I Xe ou Xe dyn. Datation M usée du Caire Conservation Acquisition Il s'agit de la de scription de la d ivinité qui sera générée pa r Isis, "bleu ( tfrr ) de form e". On dit que les plume s sur sa tête sont haute s e t magnif iques. Description Spell 148 , CT II, 215 a - ( S arcophage de Méséhet, S1Ca ) 033 JE 28118 N° d'inv. 67 -Barguet P., L es text es des sa rcopha ges égypt iens du Moyen Empire , Pa ris, Éd itions du Cerf, 1 986, p. 434 -Carrier C., Textes d es Sa rcophages d u Moyen Empire égyp tien , Mon aco, É ditions d u Ro cher, Jea n- Paul Bertran d, 2004, p. 350 -Faulkner, R. O., The Ancient Egyptia n C offin Texts , I , W a rminste r, Aris and Phillips, 1973, p. 125 -Gilula M., « Cof fin T exts Spell 148 », JEA , 57, 197 1, p. 17 -Lacau, P., Sa rcopha ges antérieurs au No uvel Empire , II, CG 2 800 1-28126, Le Caire, Imp r. d e l'IFAO, 1904-190 6, p. 125 - PM 4:1, p. 265 Bibli ographie Textes Hw.w Sw.ty xsbD Translittération [...] les de ux plumes de lap is-lazuli a gitées. Traduction 68 Bois Matériau Assiout Pr ovenance Dime n sions Première pér iode intermédiaire, I Xe ou Xe dyn. Datation M usée du Caire Conservation Acquisition Ce spell fait partie de la "Fo rmule pou r la nourrice d'Osiris". Le mo t x sbDw fa it ici réf érence au serpent en lap is-lazuli. C'est de lui que le déf unt atte nd une protect ion dans l'au -délà. Description Spell 251 , CT III, 347 e - (Sarcophage de M éséhe t, S1Cb ) 034 JE 28118 N° d'inv. 69 -Barguet P., L es text es des sa rcopha ges égypt iens du Moyen Empire , Pa ris, Éd itions du Cerf, 1 986, p. 554 -Carrier C., Textes d es Sa rcophages d u Moyen Empire égyp tien , Mon aco, É ditions d u Ro cher, Jea n- Paul Bertran d, 2004, p. 606 -Faulkner R. O., The Ancien t Egyptian Coffin Texts , II , W arm inster, Aris a nd Phillips, 19 77, p. 194 -Lacau, P., Sa rcopha ges antérieurs au No uvel Empire , II, CG 2 800 1-28126, Le Caire, Imp r. d e l'IFAO, 1904-190 6, p. 125 -PM 4:1, p. 265 Bibli ographie Textes xw(w) wi it.i m a xsbDw pn kA imn.t Translittération [...] c'est po ur que m on père me p rotège d e la main de ce serpent e n lap is-lazuli, Tau reau de l'Occident, [...] Traduction 70 Bois Matériau Assiout Pr ovenance Dime n sions Première pér iode intermédiaire, I Xe ou Xe dyn. Datation M usée du Caire Conservation Acquisition Il s'agit d 'une f ormule pour repou sser le serpe nt Rerek e t les crocodiles grâce à de s fo rmules magiques. "Celui qui brise les ka" est dit "au x yeux bleu s, q ui rem et les yeux à n euf": il s'a git d'une aut re allusion à la couleu r bleu des yeux. Description Spell 586 , CT VI, 206 m - (S arcophage de Méséhet, S1C) 035 JE 28118 N° d'inv. 71 -Barguet P., L es text es des sa rcopha ges égypt iens du Moyen Empire , Pa ris, Éd itions du Cerf, 1 986, p. 428 -Carrier C., Textes d es Sa rcophages d u Moyen Empire égyp tien , Mon aco, É ditions d u Ro cher, Jea n- Paul Bertran d, 2004, p. 684 -Faulkner R. O., The Ancien t Egyptian Coffin Texts , II, W arm inster, Aris a nd Phillips, 1977, 2, p. 219 Bibli ographie Textes iw tp.i sA.i m xsbD Translittération Ma tête (et) mo n dos sont e n lapis-lazuli. Traduction 78 Bois Matériau El Bersheh Pr ovenance Dime n sions M oyen Empire Datation M usée du Caire Conservation Acquisition Dans cette form ule on décrit la disposition du Champs de s o ff ran des. Le n umé ro XX VI désigne le lap is-lazuli. Description Spell 466, CT V, 358 , XXI -XXVII - (Sarcophage de Djéhouty hotep, B5C) 039 J 37566 N° d'inv. 79 -Barguet P., L es text es des sa rcopha ges égypt iens du Moyen Empire , Pa ris, Éd itions du Cerf, 1 986, p. 78 -Carrier C., Textes d es Sa rcophages d u Moyen Empire égyp tien , Mon aco, É ditions d u Ro cher, Jea n- Paul Bertran d, 2004, p. 1108 -Faulkner R. O., The Ancien t Egyptian Coffin Texts , II, W arm inster, Aris a nd Phillips, 1977, p. 94 Bibli ographie Textes xsDb(w) Translittération Lapis-lazuli Traduction 80 Bois Matériau El Bersheh Pr ovenance Dime n sions M oyen Empire Datation M usée du Caire Conservation Acquisition Cette f ormule f ait pa rtie d es fo rmules de "La Ville d e la G rande" . Le déf un t est ici ide ntif ié av e c le taureau qui assure le r e nou veau et l'a bond ance de la végétation. Description Spell 467, CT V, 370 f - (Sarcophage de Djéhouty hotep, B5C) 040 J 37566 N° d'inv. 81 -Barguet P., L es text es des sa rcopha ges égypt iens du Moyen Empire , Pa ris, Éd itions du Cerf, 1 986, p. 80 -Carrier C., T extes d es Sa rcophages d u Moye n Empire égyptien , Monaco, Éd itions du Rocher, Jean - Paul Bertran d, 2004, p. 1112 -Faulkner R. O., The Ancien t Egyptian Coffin Texts , II, W arm inster, Aris a nd Phillips, 1977, p. 95 Bibli ographie Textes ink kA pw wa qA(.w) m xsbd Translittération [...](car) je suis ce Taureau unique, imposan t, en lapis-lazuli [...] Traduction 82 Bois Matériau El Bersheh Pr ovenance Dime n sions M oyen Empire Datation M usée du Caire Conservation Acquisition A noter l'usage du mot x sbd.w : significat ion similaire au x sf . Le verb x sb signifie "chasser, opposer" . Description Spell 467, CT V, 376 c - (Sa rcophage de Dj éhouty hotep, B5C) 041 J 37566 N° d'inv. 83 -Barguet P., L es text es des sa rcopha ges égypt iens du Moyen Empire , Pa ris, Éd itions du Cerf, 1 986, p. 81 -Carrier C., Textes d es Sarco phages du Moye n Empire ég yptien , Mona co, Éditions du Rocher, Jean - Paul Bertran d, 2004, p. 1115 -Faulkner R. O., The Ancien t Egyptian Coffin Texts , II, W arm inster, Aris a nd Phillips, 1977, p. 96 Bibli ographie Textes xsf xsb(d).w Smsw.i Smsw Hr Translittération [Si je su is venu en to i,] c'est que l'oppo sant (et) le s retarda teurs à m e suivre (so nt l'oppos ant (et) les retardat eurs à) suiv re Horus ! Traduction 84 Bois Matériau El Bersheh Pr ovenance Dime n sions M oyen Empire Datation M usée du Caire Conservation Acquisition Cette f ormule f ait pa rtie d es fo rmules de "La vil le de Hesat" . Ici on utilise le mot x sbD pour désigner la coule ur bleu de s y e ux. Description Spell 467, CT V, 376 f - (Sarcophage de Djéhouty hotep, B5C) 042 J 37566 N° d'inv. 85 -Barguet P., L es text es des sa rcopha ges égypt iens du Moyen Empire , Pa ris, Éd itions du Cerf, 1 986, p. 81 -Carrier C., Textes d es Sa rcophages d u Moyen Empire égyp tien , Mon aco, É ditions d u Ro cher, Jea n- Paul Bertran d, 2004, p. 1115 -Faulkner R. O., The Ancien t Egyptian Coffin Texts , II, W arm inster, Aris a nd Phillips, 1977, p. 96 Bibli ographie Textes xsbD ir.ty ir(w) n ib.f Translittération (que je pu isse rattacher la tête d'Ho rus) aux yeux d e lapis-lazuli (=bleus) (e t) qui a agi selon son co eur ! Traduction 86 Bois Matériau El Bersheh Pr ovenance Dime n sions M oyen Empire Datation Londres, British M useum Conservation Acquisition Il fa it pa rtie de s textes gravés sur la pa rtie exterieure de l'a vant du sa rcophage (côté de la tête de la mom ie). Le déf un t est ici a ssimilé au taurea u-négaou aux yeu x p eints. Description Spell 468, CT V, 385 a - (Sarcophage de Seny , B3L) 043 BM 38042 N° d'inv. 87 -Barguet P., L es text es des sa rcopha ges égypt iens du Moyen Empire , Pa ris, Éd itions du Cerf, 1 986, p. 63 -Carrier C., Textes d es Sa rcophages d u Moyen Empire égyp tien , Mon aco, É ditions d u Ro cher, Jea n- Paul Bertran d, 2004, p. 1388 -Chassinat E., Pa lanque C., Une campagn e de f ouilles da ns la né cropole d'Assiou t , MIFAO 2 4, Le Caire, Impr. de l'IFAO, 1911, p. 109 -Faulkner R. O., The Ancien t Egyptian Coffin Texts , II , W arm inster, Aris a nd Phillips, 19 77, p. 192 -PM 4:1, p. 266 Bibli ographie Textes xsbD n(y) T frr.t Translittération Le lapis-lazuli du Pays de Tf rrt Traduction 94 Bois Matériau Assiout Pr ovenance Dime n sions M oyen Empire Datation M usée du Caire Conservation Acquisition Il s'agit de la destinée du m ort. Une série d'inte rrogations se suit et à la de mande "De quoi donc viv ras-tu? ". Description Spell 629, CT VI, 250 p - (Sarcophage de Iry , S10C) 047 JE 44980 N° d'inv. 95 -Barguet P., L es text es des sa rcopha ges égypt iens du Moyen Empire , Pa ris, Éd itions du Cerf, 1 986, p. 285 -Carrier C., Textes d es Sa rcophages d u Moyen Empire égyp tien , Mon aco, É ditions d u Ro cher, Jea n- Paul Bertran d, 2004 , p. 144 4 s. -Faulkner R. O., The Ancien t Egyptian Coffin Texts , II , W arm inster, Aris a nd Phillips, 19 77, p. 212 Bibli ographie Textes anx(w).i m xsbD Translittération Je viv rai de lap is-lazuli Traduction 96 Bois Matériau Bersheh Pr ovenance H. 89 cm ; l. 0,86 cm ; L . 265 cm Dime n sions M oyen Empire Datation M usée du Caire Conservation Acquisition Sur le grand cô té d u sarcoph age à droite de la m omie (face inte rne), au de uxième registre, une série d'objets est d éposée su r ne uf table s basses, p eintes a lterna tivement en jau ne veiné de n oir et e n rouge. Au-d essus, les élém ents du mob ilier fun éraire sont représentés dan s des cases séparée s. Parmi les d iff érents b ijoux, on trouve un bracelet avec cinq segmen ts en bleu , vert et rou ge, et u n bracelet pour chevilles ident ique au bracelet précéd ent. Description Sarcopha ge de A me nemhat (B9C) 048 CG28091 N° d'inv. 97 -Lacau P. , Sa rcopha ges antérieurs au No uvel Empire , II, Nos 2808 7-28126, Le Caire, Imp r. d e l'Institut frança is d 'archéo logie orien tale, 190 4-19 06, p. 4 3 -PM 4:1, p. 184 Bibli ographie Textes ir.t- a.wy m xsbd mAfkt Dam ir.t-rd.wy xsbd mfkA[t] Xkr n Xrt-nTr Translittération Bracelets (périscélides) pour bras en lapis-lazuli, turquoise et électrum Bracelets pour jambes en lapis-lazuli, turquoise, petit collier Traduction 98 Bois Matériau Bersheh Pr ovenance L. 115 ; l. 116 Dime n sions M oyen Empire Datation Boston, MFA Conservation Harvard Uni versity—Boston M useum of Fine Arts Expedi t ion, Fouill es de Reisner 1915 Acquisition Le côté droit du sa rcophage est divisé en deux parties : en b as o n retrouve les Te xtes des sarcoph ages ta ndis qu'en haut quat re lignes d'in scriptions so nt con sacrées aux te xtes fu néraires. En dessous on retrou ve la f rise d'objets com prenant un lit, des ap pui-tête, de la bijou terie, des arm es, du mat ériel pour écrire etc. Au m ême registre d e la frise d'o bjets sont à situer trois caisses : la troisièm e est en ivoire et éb ène et elle contien t, parmi les diff érents obje ts, un collier e t u n contrep oids. Le collier a d es ran gs verts sur un f ond rouge. Le contrep oids man xt consiste de pierres précieu ses, parmi le squelles le lap is-lazuli. A gauche d e la bijouterie il y a un group d'a rmes et bât ons. Les inscriptions sont gravées e t remplies avec du pigme nt bl eu, qui con sistait parf ois en bleu d'azurite en poudre mais plus souvent d’une fritte artif icielle avec du cuivre comme agent coloran t. Une a utre scèn e mo ntre une ta ble avec qua tre vases Hs. Le pre mier est d it "e n la pis-lazuli" et le deuxième en or. A côt é, o n p eut observer une au tre table avec quat re bracelets en co uleurs dif fé rents , de ux avec des e xtrémités en or et d eux en la pis (la co uleur ét ait bleu, m ais com me les autres pigmen ts bleu s elle a changé en vert). Quatre jarres en couleurs diff é ren ts se trouvent pa rmi les objet s: jaune pou r l'or, n oir p our le b asalte, bleu p our le lapis-lazuli. Description Sarcopha ge de Djéhouty nakht (B1Bo) 049 20.1822-27 N° d'inv. 99 -Terrace E., Eg yptian Paint ings of the Middle K ingdom : th e Tomb of Djehut y-Nekht , N ew-Y o rk (New- York), G. Brazil le r [196 7], pl. 16 -PM 4:1, p. 179 Bibli ographie Textes wsx xsbD Hs m xsbD nbw Xt.f irt .t nbw xsbD manxt xsbD Translittération Collier en lap is-lazuli Vase Hs en lapis-lazuli Vases Hs en or, ja rre dont le corps est fa it en or et lapis Pend entif en lapis-laz u li Traduction 100 Bois Matériau Assiout Pr ovenance L. 197 cm ; l . 50 cm ; H. 61 cm Dime n sions M oyen Empire Datation Paris, Musé e du Louvre Conservation Fouill es Chassinat -Palanque Acquisition Sur le grand cô té du sarco phage à gauche d e la mom ie (face interne ), au deuxième registre, un t exte de quatre co lonnes o ccupe le d ébut d u pan neau. Une f au sse porte et u ne série d'objets suivent, parmi le squels tro is vases Hs posés sur une sellet te, don t le p remier et le t roisième sont b leus et le second est ja une ; on t rouve é galement un collier en lapis-lazuli et u ne paire d e bracelet s pour les jamb es et deux penden tifs de collier en lapis-lazuli. Description Sarcopha ge de Hénen (S3P) 050 AF 9757 N° d'inv. 101 -Chassinat E., P alanque C., Un e campagne de fouilles de la n écropole d'Assiou t , M I FAO 24, Le Caire, Impr. de l'Institut fran çais d'archéolo gie o rientale, 19 11, p. 153-1 54, pl. X XVIII -PM 4:1, p. 266 Bibli ographie Textes Hsw [...] xsb[D...] nb.t m nbw [...] [.....]bd srw n rd.wy m xsbd Translittération Vases Hs en lapis-lazuli, [ ...?] chacu n en or [Collier] en lapis-lazuli Bracelets pour les jambe s en lapis-lazuli Traduction 102 Bois Matériau Assiout Pr ovenance H. 52 cm ; L. 200 cm ; l. 48 cm Dime n sions M oyen Empire Datation Tübingen, collection d e l'Université Conservation Fouill es clandestines; achété par Ernst von Si eg lin et donné en 1909 à l'Archäol. Inst. d. U niv. Tübingen Acquisition Il s'agit d u sarcophage du comm and ant de la flotte Idi. Sur la paroi o uest une lig n e de texte co nsacre l'of f rande à Osiri s, en f a veur du défun t. Au-des sous une f ausse porte est peinte à la ha uteur de la t ête d e Idi. La f iguration continue avec trois vases Hs sur un support, que la légende n ous décrit être en lapis-lazuli et en or. A côté, une table présente des o f frandes : du pain et d e la viande et ensuite u n lit avec plusieurs étof f es en lin pliées et deux colliers o usekh ; au-de ssus, le pagne du roi av ec une ceintu re colorée. L'image su ivante mo ntre un e tab le avec d es brace lets pou r les bras e t les chevilles, en ban des de couleu rs diff érents et deu x f ils pour les serr e r. Deux pe ndants pour le co u de co uleurs d iff érents sont ac comp agnés par un e inscription v e rticale et une horizontale. Une palette de scribe représen te l’avant derniè re : un e tab le avec trois co rbeilles et dans ch acune trois vases Hs . Au-de ssous, cinq récipients de f orm es diff érentes se trouvent sur d es suppo rts. Description Sarcopha ge de Idi 051 Nr. 6 N° d'inv. 103 -Lacau P. , Sa rcopha ges antérieurs au No uvel Empire. I , Nos 2 800 1-28086 , Le Ca ire, I mpr. de l'Institut f rançais d'archéologie orienta le, 1904 -1906 , p. 104 (16); 105 (36 et 42-43); pl. XIII -Maspero G., Trois a nnées de fouilles da ns les tombeau x de Th èbes et de Memphis , Paris, Erne st Lerou x, 1 885 , p . 231 Bibli ographie Textes wsx n Dam wsx n xsbd manxt nt xsbd mnyt nt xbsD (sic) Translittération Colliers ousekh e n électrum et en lapis-lazuli Pend entif en lapis-laz u li Colliers men it en lapis-lazuli Traduction 110 Bois Matériau Saqqara Pr ovenance H. 52 cm ; l. 62,5 cm ; L . 2,12 m Dime n sions M oyen Empire Datation M usée du Caire Conservation Acquisition Sur le côté droit, deuxième re gistre d e l’inté rieur d u sa rcoph age, sont f igurés d es o bjets sur six ta bles basses, altern ativement rouges e t blanche s, parmi le squels u n chevet, d es étof fes, des vêteme nts, des po ignards. On retro uve au ssi trois pe ndan ts , ble u, rouge, v ert, bleu, vert (au n°16 ), en lap is- lazuli, deu x colliers, l'un bleu , en lapis-lazuli et l'au tre vert, (au n°36), et e nf in sur le côté gauch e, deuxième registre, il y a deu x colliers identiques, à trois rangs, bleu, vert et bleu avec pen deloques bleue s (n°42- 43). Description Sarcopha ge de Khépe rkarê (Sq2c) 055 CG 28036 N° d'inv. 111 -Lacau P. , Sa rcopha ges antérieurs au No uvel Empire , I, Nos 2 8001 -28086, Le Caire, Imp r. de l'Institut f rançais d'archéologie orienta le, 1904-190 6, p. 124, n. 16, n. 36, n. 42-43 -Maspero G., Trois a nnées de fouilles da ns les tombeau x de Th èbes et de Memphis , Paris, Erne st Lerou x, 1 885 , p . 231 -PM 3:2, p. 673 Bibli ographie Textes wsx n Dam wsx n xsbd m anxt nt xsbd mnyt nt hbsD Translittération Collier wsx en électrum , collier w sx en lapis-lazuli Pend eloque en lapis-lazuli Deux colliers en la pis-lazuli Traduction 112 Bois Matériau Assiout Pr ovenance L. 204 cm ; l . 49 cm ; H. 51 cm Dime n sions M oyen Empire Datation M usée du Caire Conservation Fouill es Chassinat -Palanque Acquisition Le sarcop hage était end uit inté rieurement d'une couche ép aisse de stuc bla nc, qui, e n tom bant, a provoqué la d isparition d'u ne grande p artie d e la d écorat ion polychrome à laquelle elle se rvait de suppo rt. Sur le grand côté du sarco phage à gau che de la m om ie ( f a ce intern e) sont conse rvés des vestiges de dé coration a ssez n ets. A la ha uteur de la f igure du déf unt on tro uve une f au sse porte p olychrome avec les d eux yeux et e nsuite la représ entat io n de divers obj ets placés sur de s table s basses et disposé s en deux r egistres. Parmi les objets du deuxième registre f igurent deux pendent ifs de collier. Description Sarcopha ge de Nakhti (S16C) 056 JE 36318 (CG 28128) N° d'inv. 113 -Chassinat E., P alanque C., Un e campagne de fouilles de la n écropole d'Assiou t , M I FAO 24, Le Caire, Impr. de l'Institut français d'arché ologie o rienta le, 1911, p . 141 -PM 4:1, p. 266 Bibli ographie Textes [man]x[t] m xsb[D] Translittération Pend entif en lapis-laz u li Traduction 114 Bois Matériau Assiout Pr ovenance H. 85 cm ; L. 228 cm ; l. 74 cm Dime n sions M oyen Empire Datation Paris, Musé e du Louvre Conservation Fouill es Chassinat -Palanque Acquisition Sur le grand côt é du s arcopha ge à gauche de la m omie (fa ce intern e), au d euxième registre, o n retrouve un e série d 'of f rande s, a près la f au sse porte mon um ental e p olychrome avec les deu x yeux. Parmi le s o ff randes on peu t énum érer trois vases Hs placés su r un e sellette (deu x b leus et u n jaune ), un co llier et un pendent if en lapis. Description Sarcopha ge de Nakhti (S1P) 057 E 11981 N° d'inv. 115 -Chassinat E., P alanque C., Un e campagne de fouilles de la n écropole d'Assiou t, MIFAO 24, Le Caire, Impr. de l'Institut fran çais d'archéolo gie o rientale, 19 11, p. 76, pl. 20 -PM 4:1, p. 266 Bibli ographie Textes Hsyt n xsbd 20 Hsyt nt nbw 20 Hsyt nt xsbd 20 wsx n xsb[D] 20 manxt m xsbD m Xtt.(w) 20 Translittération Vase Hs en lapis-lazuli Vase Hs en or Vase Hs en lapis-lazuli Collier ousekh en lapis-lazuli 20 Pend entif en lap is-lazuli a vec l e corps 20 Traduction 116 Bois Matériau Assiout Pr ovenance H. 70 cm ; L. 214 cm ; l. 56 cm Dime n sions M oyen Empire Datation Paris, Musé e du Louvre Conservation Fouill es Chassinat -Palanque Acquisition Sur le grand cô té d u sarcoph age à gauche de la m omie (fa ce interne), au de uxième registre, on pe ut signaler u ne sé rie d'o ff randes . Parmi celles-ci on re trouve u ne paire de bracele ts semb lables et deux pend entif s de co llier. Description Sarcopha ge de Nakhti (S2P) 058 E 11936 N° d'inv. 117 -Chassinat E., P alanque C., Un e campagne de fouilles de la n écropole d'Assiou t , M I FAO 24, Le Caire, Impr. de l'Institut fran çais d'archéolo gie o rientale, 19 11, p. 109, p l. 16 -PM 4:1, p. 266 Bibli ographie Textes srw.w n rd.w y m xsbd manxt m xsbd Translittération Bracelets pour les jambe s en lapis-lazuli Pend entif en lapis-laz u li Traduction 118 Bois Matériau Bersheh Pr ovenance H. 104 cm ; l. 99 cm ; L. 265 cm Dime n sions M oyen Empire Datation M usée du Caire Conservation Nov em bre-décembre 1897 Acquisition Sur le grand côté externe du sarcopha ge à droite de l a mo mie, au deuxième registre, une série d'objets son t disposé s sur d ix ta bles ba sses, pe intes altern ativement en rouge et en jaun e veiné de noir. Les nom s sont écrits au-dessus en hiéroglyphes cursifs. Parmi les objets de bijout erie on retrouve un collier bleu avec des pendelo ques noir. Description Sarcopha ge de Neferi (B16C) 059 CG 28088 N° d'inv. 119 -Lacau P. , Sa rcopha ges antérieurs au No uvel Empire , I, Nos 2 8001 -28086, Le Caire, Imp r. de l'Institut frança is d 'archéo logie orien tale, 190 4-19 06, p. 1 78 -PM 4:1, p. 183 Bibli ographie Textes ir.(t)- a.wy m xsbD 2300 Translittération Deux bracelets en lapis-lazuli 2300 Traduction 126 Papy r us Matériau Inconnue Pr ovenance Dime n sions M oyen Empire Datation Londres, British M useum Conservation Acquisition Cette form ule fa it p artie des formu les p our "se transfo me r en Ho rus de Ne khen" . Selon P. Barguet, il s'a git d'une référen ce au x se rpent s de couleur bleu lapis-lazuli. Description Spell 101 6, CT VII, 2 35 p - (Papy rus Ga rdiner II) 063 BM 10676 N° d'inv. 127 -Barguet P., L es text es des sa rcopha ges égypt iens du Moyen Empire , Pa ris, Éd itions du Cerf, 1 986, p. 454 -Carrier C., Textes d es Sa rcophages d u Moyen Empire égyp tien , Mon aco, É ditions d u Ro cher, Jea n- Paul Bertran d, 2004, p. 2158 -Faulkner R. O., The Ancien t Egyptian Coffin Texts , II I, W a rminster, Aris and Phillips, 1 978, p. 1 16 Bibli ographie Textes TAbb(w).i Hna Ra r xsbD.w Translittération Je veux (..?) avec Rê contre "Ceux en lapis-lazuli". Traduction 128 Rocher Matériau Près de Ouadi Ra hma (Kalabsha ) Pr ovenance l. 85 cm ; H. 62 cm Dime n sions M oyen Empire, an 28 d'un règne inconnu Datation in situ Conservation Acquisition A quatre kilom ètres du ou adi Rahma sur le b ord gauche d e ce o uad i, il y a u n large ro cher qui se déta che de la partie plu s élevée de la rive gauche. Le rocher présent e huit fa ces inscrites (de A à J). L'inscription q ui nous intéresse ici est sur la surf ace A, devant la partie plus élevée du ouadi. Il y a six lignes verticales d'inscriptions don t certa ines parties sont très abîmées pa r des graff iti. Les pa rties supé rieures des lignes 1-4 correspon dent à la partie moins prof ond éme nt incisée avec des dessins d'an imau x, p armi lesquels on retrouve une large figure de taureau . Description Graffito 064 Field n. 34 R 37 A N° d'inv. 129 -Gratien B., « Pro sopograph ie des n ubiens et d es égyptiens e n Nubie a vant le Nou vel Emp ire », CRIPEL , suppl. 3, 1991, p. 140 -Žába Z., The rock inscript ions of Lower Nubia , Prague, Charles University, 197 4, p. 205-2 06, fig. 343 -344 Bibli ographie Textes [HAt-sp] 28 [smnty] n Wnw/ Wnt xsbd, ms n Htp-Tw mAa xrw nb imAx Translittération [Ann ée] 28 [le prospecte ur] du nom e de la Lièvr e Khesebed, né de Hotept jou, justif ié, possesse ur de v én ération Traduction 130 Calcai r e Matériau Aby dos Pr ovenance H. 112 cm ; L. 102,5 cm Dime n sions M oyen Empire, XIe dyn. Datation Paris, Musé e du Louvre Conservation Acquisition La stè le, d ont il ne reste nt que les dix de rnières lig n es, fai sait partie d'une chapelle-cé notaphe placé e sous la p rotection d 'Osiris, sur le parvis de laquelle se dérou laient des cérémo nies évoquant la mort et résurrection d 'Osiris. La possession d'un cercueil en co nif ère ou cèdre ne uf, importé du L iban, constitu ait un de s é léme nts indispen sables pour le défun t. La f orm ul e d'ap pel a ux vivants illustre le p rincipe de la red istribution de s of f rande s d ivines en faveur des dé f unts. Dans la partie inférieu re, on retrou ve une litanie et un bas-relief rep résent ant l e s mem bres de la fa mille, les serv iteu rs et l’ense mble des o ff ran des, disposées sur une ta ble. Le passage qui nous intéresse se trouve à la ligne X + 9 de la stèle. Description Stèle d'  bkaou 065 C 15 N° d'inv. 131 -Barbotin C., L a voix de s hiérog lyphes : p romenade a u d épa rtement des antiq uités é gyptien nes du musée du Lou vre , Paris, Ed. Khéops, Musée du Louvre, 200 5, n° 77, p. 140, (X +9) -Boreux C., Dé partement de s antiq uités égypt iennes : gu ide-catalo gue somm aire , I, Pa ris, Ed. des Musées Nation aux, 1932, pl. XVII -Gayet A., Musée du Lo uvre : stèles de la XIIe dynastie , Paris, F. Vieweg , E. Bouillon , 1886-18 89 -PM 5:1, p. 98, pl. LIV, l. 9 -Schenke l W . , Memphis, Herakleop olis, The ben : die e pigraph ischen Zeugnisse der 7.-11. Dyna stie Ägypt ens , ÄgAbh 12, W iesbad en, O. Harrassowitz, 1965, p. 29 6 Bibli ographie Textes di nsw orsw m aS wAD sS nxt m-HAt pr-nfr w i m nbw n sTn Xkr.(w) m xsbD mAa mi ir(y)t n Ax apr Translittération Veuille le roi accorder un cercueil de sap in neuf, inscrit et gravé d evant la dem eure parf ait e (avec) une gaine de m om ie en or fin, ornée d'a uthe ntiqu e la pis- lazuli, conform éme nt à l 'usage (en vi gue ur) pour u n déf un t nanti. Traduction 132 Calcai r e Matériau Thèbe Pr ovenance H. 37 cm Dime n sions M oyen Empire, XIe dyn. Datation M usée du Caire Conservation Découv ert e en 1913-14 pa r Lord Carnarvon Acquisition Sur la façade d e la tom be d'Akht hoy (n. 65, se lon Lord Carna rvon) trois stè les ont été re trouvées. Celle qui nous intéresse est la 65 .2, trouvée sur le sol devant le cou loir d'en trée : elle se situait à l’origine probablem ent sur l e côté gauche de la fa çade , à côté de la porte d’entrée, dans un e niche. Parmi les nom breuses fon ctions d'Akhthoy, déc rites sur la s tèle 6 5.3, il ét ait chargé des transp orts (A. H. Gardine r p arle d e " sea-cap tain"). Ses expédition s, ef f ectuée s p our son maître, sont décrites sur la stèle 65 .2. A. H. G ardiner pense que le "Pays m inier" du début du te xte pou rrait être le Sinaï, po ur la présen ce de la turquoise. A so n reto ur a u palais, A khtho y app orte avec lui des pierres p récieuse s et trois types de m éta ux d e dif fé rent s pa ys. Ce dernie rs sont pour la plus part mé connus, tandis q u e le lapis-lazuli est toujo urs associé à Tfrrt. Description Stèle d' A khthoy 066 JE 45053 N° d'inv. 133 -Gardiner A. H., « T he tomb of a much-travelled The ban off icial », JEA , 4,1917 , p. 35-36, pl. 9, l. 10 -PM 1:2, p. 617 -Schenke l W . , Memphis, He rakleopo lis, Theben : die epigraph ischen Zeugnisse der 7 .-11. Dyn astie Ägypt ens , ÄgAbh 12, W iesbad en, O. Harrassowitz, 1965, p. 28 3-4 Bibli ographie Textes ii.n.(i) m Htp.t r aH.f in.n.(i) n.f t p xAs.wt m Hmty mA(a) n BA .t Hmty psD n Ihwiw Hmty rwD n MnkAw m mfkAt ¡rrwtt xsbD n T frrt m S Ahrt tp(y).t Dw.w x.tawA m Dw n Hstyw R(A)-nTTx m BAwq dSr.t m mdw.w n(w) R(A)-SAAwt msDmt nt Kbhw Translittération Je suis retourné en pa ix v e rs son Pa lais, je lui ai apporté le m eilleu r d es p ays étrangers : d'un minera i nou veau de Bat, d'un minerai brillan t de Ihouiou, d'un minera i du r de Menka ou, de la turquoise de Héréro utet, du lap is-lazuli de T éf réret, du mine rai sah ret des m onta gnes , Khet-âoua de la mont agne de Hest you, Ro- netjet jeh de Ba'u q- du Pays Rouge, de s bâto ns de Ro-shaao ut et galène de Kehb ou. Traduction 134 Matériau Beni Hasan Pr ovenance Dime n sions M oyen Empire, XIe dyn. Datation in situ Conservation Acquisition La f açade de la to mbe est creu sée da ns une colline e t elle e st précé dée d'une co ur san s éléme nts d'architec ture. La t ombe est co nstitu ée d'une cha mb re rectangulaire, avec deu x colo nnes sur le côté est. Sur le m ur sud de la ch am bre, une ligne de t exte constitu ée de f ormules d’off randes aux divinités e t en f aveur du défunt se déploie sur une frise de khakerou. Sur le côt é gauch e un e rep résenta tion colossale de B aqt est p einte derrière un f aucon sans tête. L a prem ière lig n e de d écoration est constitu ée par la pro cession de la st atue de Ba qt d ans un naos traîné par sep t hom mes. Des f igures mascu lines et f éminines de da nseurs suivent. La proce ssion termine avec des p ersonn ages qui portent les of frandes f uné raires (vêtemen ts, orneme nts et c.) devant un scribe. Le d euxième et le troisième registres illust rent respe ctivement l'inventaire des bo vidés et des âne s, conduits dès f erm es et en registrés par les scribes. Les registres 4-8 sont coupés par la figure centrale de Ba qt en tro is sections qui représe ntent le travail des a rtisans (poterie et travail du m étal) et le travail des ch amp s, diri gés par la figure centra le de Ba qt. Enf in, la d ernière section illustre en core le travail des ch amp s, des jeux et des e xercices. A l'extrémité d roite du m ur on trou ve la de rnière figure d e Baqt, trè s abîmée, e n train d e surveiller le s jeux. Le prem ier registre, au-dessous de celui avec les fo rmules d'of fra nde s, représe nte une p rocession de porteu rs de bijoux, o ù l'on peut situer le passage qui nous intéresse. Description Tombe de Ba qt (Grand Chef du Nôme de l'Oryx) 067 Nr. 15 N° d'inv. 135 - Allen J. P., « Some Th eban Off icials of the Ea rly Midd le Kin gdom », in P. de r Manuelian (é d.), Stud ies in Honour of W. K. Simpson, I, Boston (Mass.), Museum of Fine Arts, 1996, p. 5 - Grajetzki W . , Die höch sten Beamten de r äg yptischen Zentralve rwaltung z ur Zeit des mittleren Reiches : Prosopograph ie, Titel u nd Titelreihen , Ache t A 2, Berlin, Achet-Verl, 2000 , p. 44 et 68 - PM I, p. 386-387 Bibli ographie Textes jmj-rA xsbD mfkA[t] Translittération Chef du lapis-lazuli et de la turquoise Traduction 142 Calcai r e Matériau Temple de Tôd de la XII e dy n. Pr ovenance Dime n sions M oyen Empire, XIIe dyn. (Sésostris Ier) Datation in situ Conservation Découv ert e en 1934 p ar F. Bisson de la Ro que Acquisition L’inscription se trouve sur la f a ce ouest du mu r du temple , au sud de l'entrée axiale. Elle com prend environ 66-70 c olonne s, endomm agé es par l’intervention p tolém aïque sur le mur mêm e du tem ple. Le texte débu te avec un conse il roy al, a uquel s’ensuivent un e éloge u niversaliste, un pa ssage concern ant la légitimité du roi, l'éta t du pays sous son règne, l'évocation des e nne mis tradition nels, du roi et des dieux et du roi et de ses prédécesse urs. Il s'agit d onc d'un texte de f onda tion ou déd icatoire, f ormé selon la ty p ologie de la « Königsnovelle ». Après la d escription du t emp le rav agé de la XIe dynastie, on t rouve la d escription de l'a ction d u roi dans le t emp le même : les colonnes 25 e t 2 6 constitu ent, dans ce ca dre, une e xtension du t hème avec le v oyage du roi à T ôd et l'exercice du cu lte. Le roi ap paraît dan s le tem ple, il acco mplit les rites de l'en cens sur la f lamme e t p ourvoit ensu ite le sanctu aire de m étau x et de pierres précie uses. La richesse d evait être su périeure à celle p rovenant du tribut des gens du désert et des prospe cteurs de minérau x, co mm e on le précise juste après. Description Inscription de Sésos tris Ier 071 N° d'inv. 143 - Barbotin C., Clère J.J, « L'inscription de Sésostris I à Tôd », BIFAO , 91, 1991 , p. 9, col. 25-26 -Helck W . , « Politische S pan nungen z u Begin des Mittleren Re iches », in Ä gypte n. Dauer u nd W andel : Symposium an lässlich des 75 jährige n Beste hens des Deu tschen Archäo logischen Institut s Kairo am 10. u nd 11. Okto ber 1982 , Mainz am Rhein, P. von Zabern, 1985 , p. 46-48 - Re df ord D. B. , « The Tod Inscript ion of Sewosret I a nd Early 1 2th dynasty involvement in Nubia and the Sou th », JSSEA , 17, 1/2, 1 987, p. 42-43 Bibli ographie Textes (Hm.f) m Xnw-mAa wDHw m HD nbw Hmty Hsmn bi(A).t m xsbD mfkAt maA t .t nb.t dt Translittération (Sa Maje sté) [s'arrêta ] da ns le sa nctua ire et [po urvut] les aute ls d'argent , d'or, de cuivre, de bronze et des m erveilles d es pa ys miniers so us f orme de lapis-lazuli, de turquoise et de tout es les pierres précieuses réunies. Traduction 144 Diorite po r phyrique Matériau Karnak Pr ovenance H. 72 cm ; L. 60 cm ; P r . 61,5 cm Dime n sions M oyen Empire, XIIe dyn. (Sésostris Ier) Datation Paris, Musé e du Louvre Conservation Inconnu. Coll. M aunier ? Acquisition La statu e était placée dans le sa nctua ire d'Amon à Karnak. Elle e st en état fragme ntaire : la tête man que, le pied droit et plusieu rs parties sont cassée s. La surf ace de la pierre, initialemen t polie, est soulevée en divers en droits. La statue repré sente Montuhotep assis en tailleur sur un socle , vêtu d'un pagne court, ten ant un papyrus ouvert sur les genoux, don t les extrémités sont enroulées dans chaque m ain. Le to rse mon tre l'ad iposité du personn age. Des inscription s son t gravées sur la poitrine , sur le pap yrus et sur la base, devant les jambe s. Le te xte inscrit sur le papyrus co ncerne les grands travaux menés sou s Sésost ris Ier et mentio nne un certains nom bre de p ierres précieuses, tandis que sur la base se trouve un appe l aux vivants. Description Statue de Montouhotep 072 A 122 /N 1 573/ AF 94 N° d'inv. 145 -Delange E., Cata logue des statu es égyptiennes du Moye n Empire : 2060-1 560 avant J.-C. , Paris, Éd. de la R éunio n des musées nation aux, 1987, p . 55-57 -PM 2:2, p. 109 Bibli ographie Textes [...] xsbD mfkAt aA.t nb.(t) Sps.t [...] [...] HD nbw xsbD antyw Translittération [...] lapis-lazuli, turquoise, et tou tes les pierres précieuses [...] [...] en argent, en or, en be au lapis-lazuli, myr rhe (?) [...] Traduction 146 Calcai r e Matériau Aby dos Pr ovenance H. 100 cm ; l. 65 cm ; ép. 20 cm Dime n sions M oyen Empire, XIIe dyn. (Sésostris Ier) Datation Berlin, Ägyptische M useum Conservation Acquisition Il s'agit d'une stèle cintrée en c alcaire, don t la b ordure est e n relief. Dan s le cint re, sous le d isque solaire ailé, se trouve la figure d'Osiris devant la titulatu re d e Sésostris III. A u-desso us, le te xte principal en 2 4 lignes. La pa rtie infé rieure est constituée pa r la f igure assise de I khern of ret , ch ef du T résor, sur la gauche, devant un e t able d'of f rand e e t les m emb res de la famille. Sur les m ont ants de la stèle on retrou ve les titulatu res d e Sésostris III et Ikh ernof ret. Description Stèle de Ikhernofret 073 1204 N° d'inv. 147 -Franke D., P ersone ndaten au s de m Mittle ren Reich (20 .-16. Jahrhun dert v. Chr.) , Äg Abh 41, W ies bade n, Otto Harrassowi tz, 198 4, Dossier n. 27 -Leproh on R. J., « T he P ersonn el of the Middle Kin gdom Fune rary Stelae », JARCE , 15, 1978, p. 33 -38 -Lichthe im M . , A ncient Egyp tian Autobiogra phies Chiefly of the Middle Kin gdo m : a St udy and an Anth ology , OB O 84, Freibu rg (Schweiz ), Universi tätsverlag, Göttingen, Va nden hoeck und Ruprech t p. 99 -Lichthe im M . , A ncient Egyp tian Lite rature : a Bo ok of Read ings , I, t he Old a nd Middle K ingdoms , Berkeley, Los Angeles, London , Univ ersity o f California press, 1973, p. 123-125 -PM 5:1, p. 97 -Schäf er H., Die Mysterien des Osiris in Ab ydos unte r König Seso stris III : nach de m Den kstein des Oberscha tz meisters I-Cher-Nofret im Be rliner Museum, Le ipzig , J. C. Hinrichs'sche Buchha ndlung, 1904, UGAÄ IV, p. 33-35, l. 12+15 -Simpson W .K. , Th e Terrace of th e Great God at A bydos : the Offe ring Chapels o f Dynasties 1 2 an d 13 , New Haven, Peabod y Museum o f Natu ral History o f Y a le Univ e rsity, Philadelphia, th e University Museum of the Univ e rsity of Philadelph ia, 1974, ANOC 1.1, pl. 1 Bibli ographie Textes ir.n.i n.f knjw w Ts-nfrw xnt(y)-Imnty.w m nbw HD xsbd Hsmn ssnDm mrw [...] iw sXkr.n.i Snbt nb AbDw m xsbd Hna mfkAt Dam aAt nbt m Xkrw nw Ha.w nTr Translittération J'ai f ait pour lui (Osiris Khe ntyimentyou) la chaise à p orteu rs "T ranspo rteur de la beau té de Khen tyimentyou" en or, argent, lap is-lazuli, bronze, bois ssnDm et bois mrw [...] J'ai décoré la poitrine du Seigneur d'Ab ydos avec du lapis-la zuli et de la turquoise, de l'or f in (éle ctrum ?) e t tou tes les pie rres précieuse s com me ornements po ur les mem bres du dieu. [...] Traduction 148 Calcai r e Matériau Aby dos Pr ovenance H. 1,81 cm ; l . 150 cm Dime n sions M oyen Empire, XIIe dyn. (Sésostris Ier) Datation M usée du Caire Conservation Fouill es de A. M ariett e à Abydos Acquisition La stèle est inscrite sur l e s deux côtés ma is le recto e st très abîmé. Le verso décrit les honne urs et les se rvices de Mont ouho tep, fon ctionna ir e et trésorier au se rvice de Sésost ris I, deuxième roi de la XIIe dynastie. Le recto dé crit l'ordre royal de construire une sépu lture po ur le person nage "près de l'escalier du grand dieu, seigneur d'Abydos" . Après u n élo ge de sa discrétion et de son ef f icacité au serv ic e de s on ma ître, Montouh otep prend la parole et dé crit les travaux acco mplis pou r la tom be d'Osiris: la conso lidation du temple, le travail de la barque sa crée, les rites jo urnaliers et le s of f randes. Parmi celles-ci se trouve un choix de bijouterie en pierres précieuse s e t en métal. Le passage cité est tiré de la lig n e 8 du recto de la stèle. Description Stèle de Montouhotep 074 CG 20539 N° d'inv. 149 --Daressy G. , « Rema rques et note s », RT 10, 1889-1904, p. 144- 148 -Lange H.O ., Schä fer H., Grab- und Denkste ine des m ittle ren Reichs im Museum von Kairo, No. 2000 1-20780 , II et IV, Berlin, Reichsdruckerei, 1925 , p. 155 , l. b8, pl. 42 -Mariette A., Ca talogue g énéral d es monuments d 'Abydos dé couverts p end ant les fou illes d e cette ville , III, Paris, Impr. Nationale, 1880 , n. 617 -PM 5:1, p. 45 -Schäf er H., Die Mysterien des Osiris in Ab ydos unte r König Seso stris III : nach de m Den kstein des Oberscha tz meisters I-Che r-Nofret im Berliner Museum , UGAÄ IV, L eipzig, J. C. Hinrichs'sche Buchh andlu ng, 1 904 , p . 41-42 Bibli ographie Textes iw di.n.i sb[...] rp[...] n[.sn(?)] w dHw m xsbd m Hsmn m Dam HD wr...(?) nn Dr.f Hsmn nn Dr- a.f wsxw mfkAt mA.t mnfrwt m [...] nb [...] m sTpw n x.t nb(t) Translittération J'ai f ait en so rte que (?) [... nobles (?)...] p our [eu x (?)] u ne t able d'o f frande (? )de lapis-lazuli, d'a mét hyste (?), d'électrum, d'argent, de. ...(?), de bronze (?)...san s limite, de s colliers ou sekh, de la tu rquoise, des flè ches (?), des b rassards, [ ...], le meilleu r de cha que chose. Traduction 150 Matériau Cheikh Abd el-Qur na Pr ovenance Dime n sions M oyen Empire, XIIe dyn. (Sésostris Ier) Datation in situ Conservation Acquisition Le th ème des re présen tations du m ur no rd est la pré senta tio n d 'of fra nde s vena nt de s dom aines du déf un t pour la f ête du Nouvel An. La v a riété des produ its est a ttribuée à Ptah-Soka r. "A to n ka, h uile d'ence ns que P tah a comp osé et que la da me de Po unt a transporté, et que le directeu r (?) de la nécropole a raff iné et Soka r mélangé avec ses do igts - argent, or, lapis-lazuli, turquoise, cornaline , (....?), et chaque pierre précieuse de la deme ure d'Osiris." Dans le pre mier registre les of f rande s inclue nt cinq jarres en p ierre du re pour les huiles, un e série de bracelet s pour les bras et les chevilles et de ux c olliers f ins avec des p erles, san s le con trepoid s. S ur une au tre table o n trou ve une é pée, un pagne avec perles color ées et deux colliers avec de s perles oblon gues v a riées. Un collier ou un bracelet est montré par un serviteur. Dans le deuxième registre il y a des colliers wsx et un pendentif man x.t. Derrière, des serviteurs porten t des caisses. L a fresque est m alhe ureuse men t abîmée. Description Tombe d'A ntéfoqer 075 TT 6 0 N° d'inv. 151 -Gardiner A. H., Pee t T. E., Černý J. (éd .), The In scriptions o f S inai , Lo ndon, Egy p t Exploration Society, 1952 et 1955, p. 107, pl. X L IV, E -PM 7:1, p. 349 -Valbelle D., Bonn et C., Le sanctu aire d’ Hatho r, maîtresse de la turqu oise. Sérabit el-Khad im au Moyen E mpire , Paris, Picard Éd., 1996, p. 27, 31, 37, 88, 120 Bibli ographie Textes [mry] Hw.t-Hr nb.t xsbd [mry] Hw.t-Hr nb.t mfAkt Translittération [aimé d'] Hathor, ma îtresse du lapis-lazuli [aimé d'] Hathor, maîtresse de la turquoise Traduction 158 Calcai r e Matériau Serabit El-Khadi m Pr ovenance H. 270 ; l. 63 cm Dime n sions M oyen Empire, XII e dy n. (an 30 d'Amenemhat III) Datation in situ Conservation Acquisition Il s'agit d 'une stèle cintrée qui se trouve actuelleme nt au nord-ouest de la cour des fê tes d’Hatho r. Elle nomme à la f ois le chance lier du roi de Ba sse Egypte Am ény et son f ils, le cha ncelier du dieu et camé rier Néhy. L e p rotocole royal est gravé sur la p artie su périeu re de s de ux f aces de la stèle ; les fo rmules d ’of f rande s à usage pe rsonnel occup ent la partie mé diane de la face orientale et le côté sud ; la liste des me mbre s de l’ex p édition est co nf inée au côté nord. Le passage qui nou s intéresse est tiré du dernie r registr e. Description Stèle 105 079 105 N° d'inv. 159 -Gardiner A. H., Pee t T. E., Černý J. (éd .), The In scriptions o f S inai , Lo ndon, Egy p t Exploration Society, 1952 et 1955, p . 108, pl. XX XIV -PM 7:1, p. 354 -Valbelle D., Bonn et C., Le sanctu aire d’ Hatho r, maîtresse de la turqu oise. Sérabit el-Khad im au Moyen E mpire , Paris, Picard Éd., 1996 , p. 18, 29, 40, 76, 91, 155, 158 Bibli ographie Textes xsbd mfkAt nfrw Translittération Lapis-lazuli et turquoise de bon ne qualité. Traduction 160 Calcai r e Matériau Serabit El-Khadi m Pr ovenance l. 65 cm ; H. 92 cm Dime n sions M oyen Empire, XIIe dyn. (f in du règne d' Amenemhat II I) Datation in situ Conservation Acquisition Il s'agit d e la partie inf érieure du côté est d'une stèle trouvée dan s la cour à portique d’Hathor. L'inscription conservée occupe les quatre de rnières lignes. Elle tém oigne d’une expédition d u roi en Asie p our se procure r les prod uits du pays. Elle p orte le nom de l'i nten dant Khét yséneb. Description Stèle 411 080 411 N° d'inv. 161 -Gardiner A. H., Pee t T. E., Černý J. (éd .), The In scriptions o f S inai , Lo ndon, Egy p t Exploration Society, 1952 et 1955, p . 208, pl. LXXX V I -PM 7:1, p. 360 -Valbelle D., Bonn et C., Le sanctu aire d’ Hatho r, maîtresse de la turqu oise. Sérabit el-Khad im au Moyen E mpire , Paris, Picard Éd., 1996, p. 14, 28 , 91 Bibli ographie Textes [...] w[D Hm.f] sb.t wDy.t [nb.t r] %T.t r in.t n.[f] mAa.w nb(.w) nfr(.w) n xAs.t tn m[f]kAt xsb[D] ( n) &f rr.t mnwr [...] Translittération [...] que [ Sa Majesté ] a o rd[onné] d'envoyer da ns tou te expédition vers l'Asie af in de [lui] rapp orter tou tes les b elles chose s précieus es de ce p ays étranger, turquoise, la pis-lazuli d e T frrt , encens mnw r [...] Traduction 162 Papy r us Matériau Inconnue Pr ovenance L. 380 cm Dime n sions M oyen Empire, X IIe-X III e dy n. Datation Leningrad, M usée de l'Herm itage Conservation Inconnu Acquisition Il s'agit d 'un passa ge du Conte du Naufragé . L'ap parition du serpe nt, après la de scription du nauf rage sur une île dé sertique, est d écrite da ns ses déta ils : le reptile a le corps en or e t les sou rcils en lapis- lazuli, caractéristiques d es divinités. Description Papy rus Leningrad 1 115 081 1115 N° d'inv. 163 -Blackman A. M., Midd le Egypt ian Stories , BiAeg 2 , Bruxelles, Fond ation égyptologiq ue Rein e Elisabet h, 1932 , p. 4 3, l. 65 -Lichthe im M . , A ncient Egyp tian Lite rature : a Bo ok of Read ings , I, the O ld and Middle K ingdo ms , Berkeley, Los Angeles, Lond on, University of California press, 1973, p. 212 Bibli ographie Textes gm.n.i Hf Aw pw jw.f m ii.t . n(y)-sw 30 mH xbsw .t.f, wr(.w) s(y) r 2 mH Haw.f sxr.w m nbw inH.wy.fy m xsbd mAa Translittération [...] je const atai que c'était un se rpent qui v enait. I l me surait 30 coud ées, sa barbe était longue de plus de de ux coud ées, ses m emb res étaient fa çon nés dans l'or, ses sourcils étaie nt en lapis-lazuli v éritable [... ]. Traduction 164 Matériau El L isht, Tombe 879 Pr ovenance Dime n sions M oyen Empire, XII Ie dyn. Datation Conservation Acquisition Il s'agit d u même titre que celui de Rekh amon (cf . st èle d'Ed inbu rgh A.1 956. 153) mais ici avec l'utilisation du mo t THnt pour faïence. Avec le Moyen Em pire, l'artisanat de la f aïence se dévelop pe toujou rs plus et cela explique la présen ce de ce t itre et , peut ê tre, d'un ate lier proch e, étant do nné la découverte d'un four conte nant des restes de faïence au nord de la tombe . Description Sarcopha ge de Débeni 082 N° d'inv. 165 - B ourriau J., « T he Dolphin Va se from Lisht », in P . Der Manue lian (éd. ), Studies in Honor of William Kelly Simpson , I, Boston (Mass.), Museum of Fine Arts, 1996 , p. 110 -Friedman F. D. (éd .), Gifts of the Nile : Ancie nt E gyptian Faience , Lon don, Thames and Hudson, 1998 , p. 5 8 Bibli ographie Textes imy-r(A) THntyw D bH.nj Translittération Le chef des fab ricants de la f aïence, Débéhén i Traduction 166 Papy r us Matériau Inconnue Pr ovenance Dime n sions M oyen Empire, XIIIe dyn. Datation Berlin, Ägyptische M useum Conservation Coll ection G. d'Athanasi, vend ue à Londres en juin 1 843 Acquisition Ce p assage est tiré du co nte de Sinouhé. L'action se situe au moment où le roi envoie à Sino uhé l'ordonn ance royale l'invitant à revenir en Egypte. Le roi i nvite Sinouhé à rent rer en Egypte, avant que la vieillesse le rejoint, po ur y recevoir un e sépu lture digne de lui dan s son pays n atal. Sont en suite évoqués se s f uné railles: un cortè ge f unè bre, un cercue il en o r do nt la tê te est en lapis-lazuli, les chant eurs, la d anse f unè br e et les sacrif ices devant la stèle fa usse porte. Sinouhé est viv em ent touch é par la clémence du roi, m algré sa fuite en Syrie. Description Papy rus de Berlin 30 22 083 B 3022 N° d'inv. 167 -Daressy G., Ostrac a : Nos 2 5001 -2538 5 , Le Caire, Imp r. de l'In stitut f rançais d'archéo logie orien tale, 1901 , p. 6 4 Bibli ographie Textes xsbd.t n sS Translittération Pigment bleu p our peind re Traduction 174 Tablette terre cu ite Matériau El-Amarna Pr ovenance Dime n sions Nouv el Empire Datation Conservation Acquisition Il s'agit d 'une lettre de Burna-Bu riash à Améno phis IV. L'expédite ur deman de de l'or et de l'iv oire travaillé, da ns le cadre des négociations po ur un mariage. Il envoie com me ca deau d eux mines de la pis-lazuli et un co llier de " pierres-grillon" d e lapis-lazuli au nom bre de 1048. Ce dernier est adressé à M ayatou, f ille d 'Amé noph is IV. Description Lettre d'El-A mar na 10, 43 087 EA 10 N° d'inv. 175 -Moran W . L., L es lettres d'E l-Am arna : co rrespond ance diplomatique du p ha raon , LAPO 13, Pa ris, Édition s du Cerf , 198 7, p. 83 Bibli ographie Textes Translittération 2 Mines de lapis-lazuli [.. .] u n co llier d e "pie rres-gri llon" de lap is-lazuli au no mbre de 1048. Traduction 176 Tablette terre cu ite Matériau El-Amarna Pr ovenance Dime n sions Nouv el Empire Datation Conservation Acquisition Il s'agit d 'une lettre de Burna-Bu riash à Améno phis IV. L'expédite ur continue la l iste des cadeau x d ans le cadre des négociations pou r le mariage. La ma îtresse de la m aison serait ici à id entif ier soit à Néfertiti, p remière femme d'Amé nop hi s IV, so it à Ankhse npa aton , f ille et d ernière fem me d u Pharaon. Description Lettre d'El-A mar na 11, 24 088 EA 11 N° d'inv. 177 -Moran W . L., L es lettres d'E l-Am arna : co rrespond ance diplomatique du p ha raon , LAPO 13, Pa ris, Édition s du Cerf , 198 7, p. 86 Bibli ographie Textes Translittération 10 morcea ux de lap is-lazuli auth entique, comme cade au en ton ho mm age et à la maîtresse de ma ison, [j'envoie] 20 grillons en lapis-lazuli a uthen tique [...] Traduction 178 Tablette terre cu ite Matériau El-Amarna Pr ovenance Dime n sions Nouv el Empire Datation Conservation Acquisition Il s'agit d 'une lettre de Assur-Uballit à Pharaon . L'expédite ur repren d la correspond ance et ses relations avec l'Egy p te et il envoie un f on ctionna ir e à ce propos, qui a ppo rte en cadeau une datte e n lapis-lazuli authentique. Le mot « da tte » désigne dans ce contexte une perle en form e de datte. Description Lettre d'El-A mar na 15, 13 089 EA 15 N° d'inv. 179 -Moran W . L., L es lettres d'E l-Am arna : co rrespond ance diplomatique du p ha raon , LAPO 13, Pa ris, Édition s du Cerf , 198 7, p. 105 Bibli ographie Textes Translittération Une datte en la pis-lazuli a uthe ntique. Traduction 180 Tablette terre cu ite Matériau El-Amarna Pr ovenance Dime n sions Nouv el Empire Datation Conservation Acquisition Il s'agit d 'une lettre de Assur-Uballit à Amén ophis IV. L'expédite ur, ap rès la répo nse é gyptienne f a vorable par rappo rt à la possibilité d'ef f ectuer des échan ges, envoie de l'or et propo se un échan ge plus rap ide et abon dant . Il envoie en cadeau un sceau en lapis-lazuli a uthe ntique. Description Lettre d'El-A mar na 16, 11 090 EA 16 N° d'inv. 181 -Moran W . L., L es lettres d'E l-Am arna : co rrespond ance diplomatique du p ha raon , LAPO 13, Pa ris, Édition s du Cerf , 198 7, p. 107 Bibli ographie Textes Translittération Un sceau en lapis-lazuli authentique. Traduction 182 Tablette terre cu ite Matériau El-Amarna Pr ovenance Dime n sions Nouv el Empire Datation Conservation Acquisition Il s'agit d 'une lettre de Tush ratta du Mitanni à Aménop his III. L'expédite ur a nnon ce l'envoi de grande s quantités d'or so it p our la co nstruction d'un m auso lée soit comm e contre-dot pour la f u ture épouse. Parmi les ca deau x a u roi : une coupe en or avec l’ anse incrust ée en lapis-lazuli authen tique , vingt morcea ux d e lapis-lazuli aut hent ique et dix -n euf m orceau x d'or, son cent re étant en lap is-lazuli auth entique, serti d'or. Description Lettre d'El-A mar na 19, 80 091 EA 19 N° d'inv. 183 -Moran W . L., L es lettres d'E l-Am arna : co rrespond ance diplomatique du p ha raon , LAPO 13, Pa ris, Édition s du Cerf , 198 7, p. 187 Bibli ographie Textes Translittération Une massu e (?) en lapis-laz u li authent ique. Traduction 190 Tablette terre cu ite Matériau El-Amarna Pr ovenance Dime n sions Nouv el Empire Datation Conservation Acquisition Il s'agit d 'une lettre envoyée par Burna-Bu riash à Améno phis IV. Le sou verain explique qu'à cause du m anque d'eau, du te mps chaud et du voyage d iff icile , il n'e nvoie pas beau coup de cadeau x e n homm age. Il n'en voie q u e quatre mine s de lapis-lazuli ( uqnu ). Description Lettre d'El-A mar na 7,5 6 095 EA 7 N° d'inv. 191 -Moran W . L., L es lettres d'E l-Am arna : co rrespond ance diplomatique du p ha raon , LAPO 13, Pa ris, Édition s du Cerf, 1987, p. 75 et note 16 Bibli ographie Textes Translittération 4 Mines d e lap is-lazuli Traduction 192 Tablette terre cu ite Matériau El-Amarna Pr ovenance Dime n sions Nouv el Empire Datation Conservation Acquisition Il s'agit e ncore d'un e lettre de Burna-Buriash à Amé noph is IV. Dans ce passa ge l'expéditeur se plaint de l'agression subie p ar les caravanes bab yloniennes et il réclame un d édom ma gemen t. Il e nvoie en cadeau u ne mine d e lapis-lazuli. Description Lettre d'El-A mar na 8,4 3 096 EA 8 N° d'inv. 193 -Moran W . L., L es lettres d'E l-Am arna : co rrespond ance diplomatique du p ha raon , LAPO 13, Pa ris, Édition s du Cerf , 198 7, p. 79 Bibli ographie Textes Translittération 1 Mines d e lap is-lazuli Traduction 194 Tablette terre cu ite Matériau El-Amarna Pr ovenance Dime n sions Nouv el Empire Datation Conservation Acquisition Il s'agit d'une lettre de Burna-Bu riash à A mé noph is I V ou Tou tânkh am on. L'expédite ur dem ande d'augme nter les quantités d'or envoyées et se méfie des relations comm erciales à entreten ir av e c les Assyriens. Il envoie en cad eau trois min es de lapis-lazuli auth entique ( z ag inkurru ). Description Lettre d'El-A mar na 9,3 6 097 EA 9 N° d'inv. 195 -Moran W . L., L es lettres d'E l-Am arna : co rrespond ance diplomatique du p ha raon , LAPO 13, Pa ris, Édition s du Cerf , 198 7, p. 81 Bibli ographie Textes Translittération 3 mines de lapis-lazuli authent ique Traduction 196 Calcai r e Matériau M em phis Pr ovenance l. 64 cm ; H. 92,5 cm Dime n sions Nouv el Empire Datation M unich, Antiquarium Conservation Coll ection M ichel Acquisition Il s'agit d 'une stèle cintrée et inscrite sur la partie somm itale. Le pro priétaire de cet te stèle, Ou si, po rte le titre du porte-é tend ar d du n avire « HAt-nfrw » e t chef des soldat s du seigneur des deux Terres. La scène principale représente les off rande s du déf un t et d e sa fe mm e à P tah-So kar et O siris. La pa rtie inf érieu re de la stèle mon tre le déf unt et sa f emme assis sur le côté droit a vec leurs f illes en fa ce, portant des fleurs et des on guents. L'une des filles porte le nom de Nbw -Hr-xsbt . Description Stèle d' Ousi 098 D 18 N° d'inv. 197 -Ranke H., Die Äg yptischen P ersone nnamen , I, Glückstadt, J.J. Augustin, 1935-19 77, p. 191, n. 21 -Spiegelberg W . , Äg yptische Gra bsteine und Den ksteine a us sü ddeu tschen Samm lun gen , I I, Münche n, Strassbu rg , Sch lesier und Schweikhardt, 190 4, n. 23, pl. XV -Spiegelberg W . , Rechnungen aus de r Zeit Setis I (circa 1350 v. Ch r.) : mi t ande ren Rechnun gen des neue n Reiches , S trassburg, K. J. Trübne r, 1896, p. 86 Bibli ographie Textes Nbw-Hr-xsbt Translittération Or et lap is-lazuli Traduction 198 Granite gris Matériau Thèbes, Temple f unéraire de M ér enptah Pr ovenance H. 3,18 m.; l . 1,63 m. Dime n sions Nouv el Empire Datation M usée du Caire Conservation Acquisition Cette stè le d'Amén ophis I II décrit, dan s le passage e n question, l'érect ion du troisième p ylône du tem ple d'Amon à Karnak. Dans le cintre on trouve le disque ailé m uni de deux uraeu s, a uxquels un signe anx est accroché . Au prem ier registre, deux scèn es parallèles s’y déroule nt, sépa rées l’une de l’au tre par un trait vertical. L a scène d e dro ite représen te le dieu Am on qui reço it l’of f rand e du ro i et du dieu Khonsou. Symétriqueme nt, à gauche, le dieu Amon reçoit l’off rand e du roi et de la déesse Mout. Le texte au-dessous décrit l’i m age imma térielle du dieu Amon co nçue comme u ne omb re. Il m ent ionne au ssi deux stèles m x sbD , proba blement e n f aïence, érigées su r cha cun des côt és du pylône. Description Stèle d' A ménophis II I 099 CG 34025 N° d'inv. 199 -Mathieu B. , La po ésie amoureuse d e l'Egyp te a ncienne : recherches sur un genre litté raire au Nouvel E mpire , Bd E , 115, I, Le Caire, Institut frança is d'archéologie orienta le, 1996, p. 26, note 34 Bibli ographie Textes xsbdt mAa Snw.s Translittération Ses ch eveux sont de lap is-lazuli v érita ble Traduction 206 Papy r us Matériau Probablement des magasins du Ramesseu m Pr ovenance L. 20,23 m ; l . 30 cm Dime n sions Nouv el Empire Datation Leipz ig , Bibliothèque Univ er sitaire Conservation Acheté par Edw in Smith en 1862 à Louxo r et ensuite par Georg Ebers Acquisition Ce passage fa it partie du groupe concerna nt les maladie s des y e ux. Il s'agit d'un remè de pour ch asser la mo ntée de s se crétions d ans les yeux et à appliquer su r les paup ières. Avec l'expression « montée des secrétions dans les y eu x » les Egy pt iens se réf éraient à l'opacif ication du cristallin. G. Le fe bvr e note que c'est toujours la même allusion au liq u ide que l'on retrouvera pour désigner la malad ie chez les Grecs (upo xusis), che z les Lat ins (suff usio) et chez nous (cataracte). Quatre recettes lui so nt consacrée s dont trois sont de nature emp irique. Description Papy rus Ebers (Eb. 37 8) 103 N° d'inv. 207 - B ardinet T ., Les p apyrus médicaux de l'E gypte p haraon ique : traduction inté grale e t comm e ntaire , Paris, Fayard, 1995, p. 308 - W reszins ki W ., Der Pa pyrus Ebers : Umschrift, Übersetz un g und Komm enta r , I, L eipzig , J.C. Hinrichs, 1913, p. 106 Bibli ographie Textes kt nt dr axt nt mw m ir.t y xsbd mAa 1 wAD 1 snn 1 irtt 1 msdmt 1 tA-msH 1 mnww n Sbt 1 ir m xt wat di r sA n ir.ty Translittération Autre (remè de), pour chasse r la m ont ée des sécrétio ns dans les yeux : lapis-lazuli véritable 1, malach ite 1, suc de baum ier 1, lait 1, galène 1, excr é me nts de crocod ile 1, ... (?) de m elon 1. (Ce) se ra pré paré en un e mas se hom ogène et appliqué sur les paupières. Traduction 208 Papy r us Matériau Probablement des magasins du Ramesséu m Pr ovenance L. 20,23 m ; l . 30 cm Dime n sions Nouv el Empire Datation Leipz ig , Bibliothèque Univ er sitaire Conservation Acheté par Edw in Smith en 1862 à Louxo r et ensuite par Georg Ebers Acquisition Le papyrus Ebers est l'un de s plus anciens traités méd icaux qui nous soit parvenu. Il d écrit de n omb reuses maladies relevant de plusieu rs bran ches de la m édecine (ophta lmologie, gastro-enté rologie, gy né cologie...) ainsi que les prescriptions correspond ante s. Le texte qui n ous in téresse f ait partie du groupe qui concerne les maladie s des y e ux. Inutile de so uligner l'importa nce qui avait p our les Egy p tien s le traitem ent des mala dies oculaires, si fréque ntes dan s le pays à toutes les époque s. Le pa pyrus Ebers donne une centaine de r e cette s à ce sujet et un assez grand nomb re de term es désignent les dif f érent es malad ies d es yeux. Description Papy rus Ebers (Eb. 39 0) 104 N° d'inv. 209 -Bardinet T ., Le s pap yrus m é dicaux de l'Egypte p harao nique : traduction inté grale et commentaire , Paris, Fayard, 1995, p. 309 -W reszinsk i W ., Der Pap yrus Ebe rs : Umschrift, Überset z ung u nd Komm e ntar , I, Leip zig , J.C. Hinrichs, 1913, p. 109 Bibli ographie Textes k.t msdmt wAD xsbd bit sty wart r wart ir m iwSS sTAt di r sA n ir.ty Translittération Autre (remède): galène, mala chite, lap is-lazuli, miel, ocre en q u antité s égales. (Ce) sera préparé sous la form e d'une pâte étirée et app liquée sur le s paupières. Traduction 210 Papy r us Matériau Probablement des magasins du Ramesséu m Pr ovenance L. 20,23 m ; l . 30 cm Dime n sions Nouv el Empire Datation Leipz ig , Bibliothèque Univ er sitaire Conservation Acheté par Edw in Smith en 1862 à Louxo r et ensuite par Georg Ebers Acquisition Ce passage fa it partie du groupe concerna nt les maladie s des y e ux. Il s'agit d'un fard à placer dans les y e ux. Le mo t msdmt avait été trad uit longtem ps comme a ntimo ine. Les an alyses ch imiques du contenu retrouvé dan s de s vases à collyres a mon tré que le produit le p lus souvent ren contré était la galène, donc le sulfure de plomb. La galène ét ait soit ind igène soit d'imp ortation et outre ses pro priétés thé rapeu tiques , elle é tait emp loyée co mm e fard à pau pières. Description Papy rus Ebers (Eb. 40 0) 105 N° d'inv. 211 - B ardinet T ., Les p apyrus médicaux de l'E gypte p haraon ique : traduction inté grale e t comm e ntaire , Paris, Fayard, 1995, p. 310 - W reszins ki W ., Der Pa pyrus Ebers : Umschrift, Übersetz un g und Komm enta r , I, L eipzig , J.C. Hinrichs, 1913, p. 111 Bibli ographie Textes Ky sdmw msdmt 2 bit 4 wAD 1/4 sti 1/4 xsbd mAa nD di m irti .wj Translittération Autre fard: Galène : 2, miel : 4, malachite : 1/4 Ocre : 1/4, lapis-lazuli v éritab le. (Ce) sera broyé e t placé da ns les yeux. Traduction 212 Matériau Cheikh Abd el Gourna Pr ovenance Dime n sions Nouv el Empire, XVIII e dy n. Datation in situ Conservation Acquisition La tom be de Nebamon a été usurpée par Iniseba. Il s'agit d 'un h ymne à Amon -Rê. Le passa ge suivant décrit la déesse Nout avec l'épithète x sbD, en rapp ort avec la manif est ati on d'Am on. Description Tombe de Ne bamon 106 TT 6 5 N° d'inv. 213 -Assmann J., Son nenh ymn en in Theba nischen Gräbern , THEBEN I, Main z a m Rhe in, P. von Zab ern, 1983 , tex te 88, l. 7, p. 124 -Piehl K ., Inscription s hiérog lyphiques recueillies en Europe et en E gypte , Le ipzig , Hinrichs, 18 86 -1903 , I, CXL Bibli ographie Textes Nwt xsbD <ti> r-gs.k Translittération [...] Nout de la couleur de lap is-lazuli b rille auprès de toi Traduction 214 Papy r us Matériau Inconnue Pr ovenance L. 217 cm ; H . 15,17 cm Dime n sions Nouv el Empire, XVIII e dy n. Datation Berlin, Ägyptische M useum Conservation Acheté par C. R. Le psius en 1843 de la collection d'Athanasi Acquisition Il s'agit d'un papyrus médico-m agical. La f ormule présentée se réfère à une incanta tion à recite r po ur soigner les m alad ies des en fa nts, portée s par la possessio n des esprits. Description Papy rus Berlin 3 027 107 3027 N° d'inv. 215 Papy rus Matériau M emphis Pr ovenance L. 360 cm ; l. 18 cm Dime nsions Nouv el E mpire, XIX e dy n. Datation Leyde , Musée d'Antiquités Conservation Achat en 1826 à J. d'Anastasi Acquisition Le P. Leiden I, 348 comprend un en semble de textes ma giq ues. Ce passa ge fait partie du "Sp ell 12" qui co nsiste en un e énum ération des parties du co rps hu main, chacu ne protégée ou asso ciée à un dieu, une déesse ou un e autre en tité div ine. Dè s le r°. 6,2 il y a un e association avec l'ap plication des amu lettes au corps du patient et par trois fois Atoum appa raît comme protecteu r. Description Papy rus Leiden I, 348 153 I, 348 N° d'inv. 307 -Borghouts J . F., The Magical Texts of Papyrus Leiden I 348 , OMRO , 51, 1970, p. 20, n. 154, r°5,7 Bibli ographie Textes iw Dba.w .f(y) m xsbd.t- HfA msw S rqt Translittération Ses doigts sont les serpent de la pis-lazuli, les enf ants de Selqet. Traduction 308 Calcai re Matériau Aby dos Pr ovenance Dime nsions Nouv el E mpire, XIX e dyn. (Séti Ier) Datation in situ Conservation Fouill es EEF 1913 Acquisition La premiè re cour du po rtique du tem ple de Sét i I à Ab ydos est divisée en deu x cours (A et B) p ar un mur, appelé « deuxième pylône » par A. Mariette . Les de ux cours so nt mises e n comm unicat i ons par les passages α et β. Le mur est précédé d'une plate-forme sur l aquelle se dre ssait une ran gée de do uze piliers carrés, aujou rd'hui en f ort mauvais état. Deux procession s, dont le po int de dép art se situe sur les paro is nord e t sud, just e en fa ce de la rangée de piliers, se dé roulent en grand e partie su r le m ur du f ond du portique et viennent a boutir l'une et l'autre à la porte centrale α, qui met en commun ication les cours A et B. La procession de gauch e est comp osé e de princes, f ils royaux, celle de d roite de princesse s, filles du roi. Les princesses sont vingt-neuf , pro bablement comme le s princes. Elles portent une longue rob e, évasée à la partie in férieu re, transparen te . De la ceintu re tombent deux pans, l’un rouge et l’autre vert. Une ch evelure ondulée couvre les é paules et u n band eau enserre leur tête , duquel sorten t deux longues plum es jaune s rejeté es en arrière et une fleur à la large corolle q ui leu r cache en partie le fron t. Des bracelets et des colliers orne nt leur cou et leu rs bras, d’une main elles tie nnent un sistre et une f leur et de l’autre un collier mnit. Entre la niche d et le montant sud de la pet ite porte β on retrouve cinq prince sses dont Khese bdj (n. XVI de la cou r B ). Description Temple de Sé ti Ier 154 N° d'inv. 309 -Gauth ier H., Le livre des rois d'E gypte : recueil de t itres et p rotocoles royau x, noms propre s de rois, reines, princes et princesses, no m s de pyramides et de temples solaires, suivi d'un index alpha bétique, III, de la XIXe à la XXIVe dynast i e , Le Caire, Impr. de l'Inst itut f rançais d'archéologie orienta le, 1914, p. 111, n. 36 - Lef ebvre G., « Fo uilles à Abydos, I. Déblaiem ent de la prem ière cour du temple de Seti I », ASAE ,13, 1913, p. 201 -Ranke H., Die Ägyptische n Persone nnamen , I, Glückstad t, J.J. Augustin, 193 5-1977 , p. 274, n. 11 Bibli ographie Textes ¢sbdj Translittération Khesebed j Traduction 310 Calcai re Matériau Thèbes Pr ovenance H. 54 cm ; l. 28 cm Dime nsions Nouv el E mpire, XIX e dy n. ( Rams è s II) Datation Toronto Museum Conservation Acquisition Il s'agit d 'un mod èle de lettre adressée par un ou vr ier de Deir e l-Medineh au vi zir Kha y (contem porai n de Ram sès II) pou r dem ander du m atériel destiné à la déco ration d'une tom be. Pa rmi les m atériaux on retrouve une o cre de couleur jaune ( sty ), la gom me qemyt, le pigment jaune ( qnj ), le pigmen t rouge ( Awt-jb ), le pigment tmHy (une ocre brun-rouge) et la substan ce Ssyt . Description Ostracon 155 A11 N° d'inv. 311 -Gardiner A . H., T hom ps on H., Milne J. C., The ban Ostraca, ed . from the Originals, n ow mainly in the Royal Ont ario Museum of Archae ology , Toronto, an d the Bod leian Library, Oxfo rd , Toronto, University of Toro nto Library, 1913, A11, Lette r III, 11, p. 16 l Bibli ographie Textes xsbd Translittération Pigment bleu Traduction 312 Matériau Louxo r, cour du temple de Ramsès II Pr ovenance Dime nsions Nouv el E mpire, XIX e dy n. ( Ramsès II) Datation in situ Conservation Acquisition Cette inscription prov ient de l'avant-cour du temp le de Louxor. Le pays de Hatti f igure dan s la p rocession de s régions m inières et il a pporte comme tribu t d u lap is- lazuli. Description Temple de Louxor 156 N° d'inv. 313 -K RI II, 620,13 -PM II, p. 307-308 Bibli ographie Textes Dd mdw n Dw n ¢tA n nsw-bity Wsr-mAa-Ra- %tp-n-Ra: ii.n.(i), in.n(.i) n.k xsbd mAa aA.t nb.(t) m Snw HHw Hfnw Translittération Paroles dite s par le Mon t de Hatti a u roi d e la Hau te et B asse Egypte Ouserm aâtrê-Sé tepenr ê: "Je suis venu , je t'ai a pporté du vrai lapis-lazuli e t toutes les pierres précieuse s en q uantit é inno mbrab l e, par m illions et ce ntaines de milliers". Traduction 314 Papy rus Matériau Inconnue Pr ovenance L. 89 cm ; l. 38 cm Dime nsions Nouv el E mpire, XIX e dy n. (f in du règne de Ramses II) Datation Leyde , Musée d'Antiquités Conservation Acheté par l e Mu sée d'Antiquités de Leyde à J. d'Anastasy en 1829 Acquisition Il s'agit d'une sé rie de chants consacré s à la glori fica tion d'Amo n, dieu de Th èbes et de sa vil le sainte. Le texte est divi sé en « chapitres », constitu ant chacun un hymne cen tré sur un thèm e théolo giq ue. L'aut eur exalte la suprématie d'Amon et son rôle de démiurge. Dans le passa ge cité l'Enné ade se ressem ble devant le grand dieu et to ut le cr ée réjouit de sa présen ce. Description Papy rus Leiden I, 350 157 I, 350 N° d'inv. 315 -Bruyère B., Tombes thébaines de Deir el-Médine h à décoration monochrome , MIFAO 86, Le Ca ire, Imp rimerie de l'Institut f rançais d'archéo logie o rientale, 195 2, p. 47, pl. XII Bibli ographie Textes Dd mdw in Inpw imy-wt ii.n.(i) wnn m sAw.k n Dt i Abt pw n xsbD mAat Translittération Paroles d ites p ar An ubis l'em baum eur : "je su is venu pou r ass urer ta protect ion éterne llement , ô ce poisson Abdo u en v rai lapis-lazuli". Traduction 322 Matériau Deir el M edineh Pr ovenance Dime nsions Nouv el Empire, XIX e dyn. et XXe dyn. (Ra msès II et Ramsès III ) Datation in situ Conservation Fouill es Bruyè re Acquisition La scène XII d e la pa roi sud de la tom be m ontre le poisson Abdo u/Abdet de la pis véritable s ubstitué à la momie du déf unt assimilé à Osiris. Sur le chambranle méridional de la porte de com munica ti on en tre les deu x salles de la ch apelle sud, dans le cadre d’un te xte d'ado ration au so leil levant ad ressé par Kho nsou, frè re de Khabe khnet, on retrouve la mention suiv a nte du lapis véritable, en cadré par deux lacunes. Cette f ois la couleur bleue est celle du jeune Horus du matin, se conde vie d'Osiris. C'est la t einte divine attribuée à de nombre ux membres du pan théon céleste. Le noir, le vert e t le bleu so nt, com me l'or, des signes d'indest ructibilité et d'éternité propres aux dieux et aux élus. Description Tombe de Khabekhe net 161 TT 2 N° d'inv. 323 -Assmann J., Sonne nhymne n in Theb anischen Gräbern , THEBEN I, Mainz am Rhe in, P. von Zabern, 1983 , texte 6, l . 5, p. 5 -Bruyère B., Tombes Thébaines d e Deir e l Méd ineh à décorat ion m on ochrome , MIFA O 86, Le Caire, Imp rimerie de l'Institut f rançais d'archéologie orienta le, 1 952, p. 48 Bibli ographie Textes Hwn nfr n xsbt mAat Translittération Le bel enf ant en lapis-lazuli véritable Traduction 324 Matériau Cheikh Abd el Gourna Pr ovenance Dime nsions Nouv el Empire, X Xe dyn . Datation in situ Conservation Acquisition Il s'agit d'un hymne à Amo n-Rê qui trou ve des parallèles d ans les tom bes théba ines TT 194 et TT 364 (cf . f iches). Les élém ents de la na ture son t décrit comme é tant des m étaux et des p ierres précie uses, grâce à l’influe nce du d ieu Amo n. Description Tombe de Perenkhém énou 162 TT 68 N° d'inv. 325 -Assmann J., Sonne nhymne n in Theb anischen Gräbern , THEBEN I, Mainz am Rhe in, P. von Zabern, 1983 , texte 93, l. 16, p. 132 -Assmann J., Ägypt ische Hym nen un d Gebete , Fri bourg, Suisse , Univ. Press, Göt tingen, Vand enho eck u nd Ruprecht, 1999 , n . 9 9 -Seyfried K. J., Das Grab des Pa enkhemenu (TT68) un d die An lage TT 227, T HEBEN 6 , Mainz am Rhein, 199 1, Beilage III, text. 48 Bibli ographie Textes pt m nbw n nfrw Hr .k Nnw m xsbd n wbn.k im.f Translittération Le ciel est d'or pour la beaut é de ton v isage, le Noun est en lapis-lazuli, parce que tu te lèves en lui. Traduction 326 Calcai re Matériau Thèbes, vallée des Rois Pr ovenance H.14,5 cm ; l. 8 cm Dime nsions Nouv el Empire, X Xe dyn . (an 30 de Ramsès I I) Datation M usée du Caire Conservation Fouill es Th. Davi s, 1907-1908 Acquisition Il s'agit d'une liste d e pigments. Parmi les matériau x ils sont énum érés : le pigmen t vert ( w AD ), le pigment rou ge ( Awt-jb ), le pigme nt jau ne ( qnj ), une oc re de couleur jaune ( sty ), le pigment tmHy (une ocre brun-rouge), la substan ce Ssyt . Description Ostracon 163 CG 25594 N° d'inv. 327 -Černý J., Ostraca hiératique s ( CG 2550 1-2583 2) , Le Caire, Impr. de l'IFAO, 193 5, p. 33, pl. 49 Bibli ographie Textes xsbd.t dbn [...] Translittération Pigment bleu debe n [ ...] Traduction 328 Matériau M edinet H abou, temple funéraire de Ramsès I II Pr ovenance Dime nsions Nouv el Empire, XXe dyn. (Ramsès III) Datation in situ Conservation Acquisition L’inscription se trouve sur la moitié sud du mur postérieur du tem ple. Il s'agit d es scènes d e gue rre de Ra msès III contre la Nubie, o ù le roi p résente le s prisonn iers et les tributs à Amon et Mout. Après le retour d e sa Majesté d e la gue rre contre Ko ush, les ch efs de s pays soum is présentent leurs tributs à Pharao n, consista nt en électrum, lapis-laz uli et turquoise e t toute pierre précieuse . Description Temple funéraire de R amsè s III 164 N° d'inv. 329 -K RI V, 9, 4 Bibli ographie Textes inw.sn Xry-HA.t Hm.f m Dam xsbd mfk(A)t aA.t nb.(t) Sps.(t) Translittération leur tribut (de s chefs de s Pays étran gers) étant devant sa Maje sté, consista nt en électrum , lapis-lazuli, t urquoise et chaque noble pie rre précieuse [...] Traduction 330 Matériau Deir el M edineh Pr ovenance Dime nsions Nouv el Empire, XXe dyn. (Ramsès III) Datation in situ Conservation Fouill es Bruyè re 1930 Acquisition La voûte du p remier ca veau de la tombe de Anherkhao ui , chef d e trav aux so us R amsè s III, est divisée en huit caisso ns décorés de mo tifs géomét riques et f lorau x séparés par de s band es de texte, actue llement très mut ilées, qui co ntiennent t rois invocatio ns au die u Rê sous le s f ormes de A mon- Rê, de Rê-Horakhty et de Rê-Harmakh is. Le passage cité provient de la bande centrale. Nout est ici qualifiée av ec l'épithète x sbD (cf. T T 218 et T T 65). Description Tombe d'Inherkhâou 165 TT 359 N° d'inv. 331 -Erichsen W ., Papyrus Harris I : hieroglyp hische Transkription , BiAeg V , Bruxelles, Ed. d e la Fonda tion égyptologique Reine Elisabeth, 193 3, p.19 -Grandet P ., Le papyru s Harris I : (BM 9 999) , I , BdE 109 , Le Ca ire, Institut f rança i s d 'archéologie orienta le, 1994, p. 243 , (15 b, 4), II, pl. 15, l.4 Bibli ographie Textes xsbd xprr 62 Translittération Lapis-lazuli : 62 scarabée s Traduction 338 Papy rus Matériau Thèbes (M édinet Habou ?) Pr ovenance H. 42 cm ; L. 420 cm Dime nsions Nouv el Empire, XXe dyn. (Ramsès III) Datation Londres, British M useum Conservation Achat à L ouxor par A. C. Harris (1855) et acquisition par le British M useum en 1872 Acquisition Le passage est tiré de la Liste C des " Discours aux dieux de Héliopolis". Le lapis-lazuli est ici associé à la turquoise da ns la confe ction de tren te-six grand s scarabées. Description Papy rus Harris I 169 BM 9999 N° d'inv. 339 - Erichsen W . , Papyrus Harris I : hieroglyp hische Transkription , BiAeg V , Bruxelles, Ed . de la Fonda tion égyptologique Reine Elisabeth, 1933, p.3 8 -Grandet P ., Le papyru s Harris I : (BM 9 999) , I , BdE 109 , Le Ca ire, Institut f rança i s d 'archéologie orienta le, 1994, p. 269 , (33 a, 13), II, pl. 33, l. 13 Bibli ographie Textes xsbd mafk xprj aA 36 Translittération Lapis-lazuli et turquoise : 36 grands scarab ées Traduction 340 Papy rus Matériau Thèbes (M édinet Habou ?) Pr ovenance H. 42 cm ; L. 420 cm Dime nsions Nouv el Empire, XXe dyn. (Ramsès III) Datation Londres, British M useum Conservation Achat à L ouxor par A. C. Harris (1855) et acquisition par le British M useum en 1872 Acquisition Le passage est t iré de la Liste C des "Discours aux dieu x d e Memphis". Des grands scarabées en la pis-lazuli so nt ici men tionné s. Description Papy rus Harris I 170 BM 9999 N° d'inv. 341 -Erichsen W . , P apyrus Harris I : hieroglyph ische Transkription , BiAe g V, B ruxelles, E d. de la Fonda tion égyptologique R eine Elisabeth, p. 59 -Grandet P ., Le papyru s Harris I : (BM 9 999) , I , BdE 109 , Le Ca ire, Institut f rança i s d 'archéologie orienta le, 1994, p. 295 , (52 b,7), II, pl. 52, l. 7 Bibli ographie Textes xsbd xprr aA 46 Translittération Lapis-lazuli : 46 grands scarabées Traduction 342 Papy rus Matériau Thèbes (M édinet Habou ?) Pr ovenance H. 42 cm ; L. 420 cm Dime nsions Nouv el Empire, XXe dyn. (Ramsès III) Datation Londres, British M useum Conservation Achat à L ouxor par A. C. Harris (1855) et acquisition par le British M useum en 1872 Acquisition Le passage est tiré de s « D iscours aux dieux se ction d es Petits Tem ples ». Le phara on décrit les travaux accom plis dans ce cad re : il af f irme av oir rest auré les temp les q u i étaient tom bés en ruine dep uis l ongtem ps, avoir institué de s of f rande s divines et dressé l'inventa ire des trésors. Description Papy rus Harris I 171 BM 9999 N° d'inv. 343 -Erichsen W . , P apyrus Harris I : hieroglyph ische Transkription , BiAe g V, B ruxelles, E d. de la Fonda tion égyptologique R eine Elisabeth, p. 66 -Grandet P ., Le papyru s Harris I : (BM 9 999) , I , BdE 109 , Le Ca ire, Institut f rança i s d 'archéologie orienta le, 1994, p. 304 , (57,7), II, pl. 58, l. 7 Bibli ographie Textes bAk.j n.tn m Hwt-nbw m nbw HD xsbd mfk(At) Translittération J'ai f ait votre (=de vos statu es) revêtem ent da ns l es châte aux de l'or, au moyen d'or, d'argent, d e lapis-lazuli e t de turquoise. Traduction 344 Papy rus Matériau Thèbes (M édinet Habou ?) Pr ovenance H. 42 cm ; L. 420 cm Dime nsions Nouv el Empire, XXe dyn. (Ramsès III) Datation Londres, British M useum Conservation Achat à L ouxor par A. C. Harris (1855) et acquisition par le British M useum en 1872 Acquisition Le passage est tiré de la Liste C des « Discours aux dieux de Mem phis ». Il consiste d'une én umé ration de biens que l e roi a donné au domaine de Ptah. Description Papy rus Harris I 172 BM 9999 N° d'inv. 345 -Erichsen W . , P apyrus Harris I : hieroglyph ische Transkription , BiAe g V, B ruxelles, E d. de la Fonda tion égyptologique R eine Elisabeth, p. 59 -Grandet P ., Le papyru s Harris I : (BM 9 999) , I , BdE 109 , Le Ca ire, Institut f rança i s d 'archéologie orienta le, 1994, p. 294 , (52 a,4), II, pl. 57, l. 7 Bibli ographie Textes Nbw HD nbw xs bd mAa Translittération L'or et l'argent, le lapis-lazuli v éritab le [...] Traduction 346 Papy rus Matériau Thèbes (M édinet Habou ?) Pr ovenance H. 42 cm ; L. 420 cm Dime nsions Nouv el Empire, XXe dyn. (Ramsès III) Datation Londres, British M useum Conservation Achat à L ouxor par A. C. Harris (1855) et acquisition par le British M useum en 1872 Acquisition Le passage est tiré de la Liste C des « Discours aux dieux de Mem phis ». Il consiste d'une én umé ration de biens que l e roi a donné au domaine de Ptah. Le lapis-lazuli est ici employé pour conf ection ner des amulette s. Description Papy rus Harris I 173 BM 9999 N° d'inv. 347 -Erichsen W . , P apyrus Harris I : hieroglyph ische Transkription , BiAe g V, B ruxelles, E d. de la Fonda tion égyptologique R eine Elisabeth, p. 16 -Grandet P ., Le papyru s Harris I : (BM 9 999) , I , BdE 109 , Le Ca ire, Institut f rança i s d 'archéologie orienta le, 1994, p. 239 , (13 a,1), II, pl. 13, l. 1 Bibli ographie Textes Nbw HD xsbd mAa.t Translittération L'or et l'argent, le lapis-lazuli v éritab le [...] Traduction 354 Papy rus Matériau Thèbes (M édinet Habou ?) Pr ovenance H. 42 cm ; L. 420 cm Dime nsions Nouv el Empire, XXe dyn. (Ramsès III) Datation Londres, British M useum Conservation Achat à L ouxor par A. C. Harris (1855) et acquisition par le British M useum en 1872 Acquisition Le passage est tiré de la Liste C des « Discou rs aux dieux de Thè bes ». Il s’agit de la ment ion d’une livraison de de ux blocs de lapis-lazuli. Description Papy rus Harris I 177 BM 9999 N° d'inv. 355 -Erichsen W . , P apyrus Harris I : hieroglyph ische Transkription , BiAe g V, B ruxelles, E d. de la Fonda tion égyptologique R eine Elisabeth, p. 17 -Grandet P ., Le papyru s Harris I : (BM 9 999) , I , BdE 109 , Le Ca ire, Institut f rança i s d 'archéologie orienta le, 1994, p. 241 , (14 a,2), II, pl. 14, l. 2 Bibli ographie Textes xsbd mAat inr 2 ir.n dbn 14 1/2 Translittération Lapis-lazuli véritable : 2 blo cs ce qui fa it : 14 1/2 deben Traduction 356 Papy rus Matériau Thèbes (M édinet Habou ?) Pr ovenance H. 42 cm ; L. 420 cm Dime nsions Nouv el Empire, XXe dyn. (Ramsès III) Datation Londres, British M useum Conservation Achat à L ouxor par A. C. Harris (1855) et acquisition par le British M useum en 1872 Acquisition Le passage est tiré des « Discours a ux dieux d'Héliopo lis » : o n trouve la descriptio n des bienf aits de Ramsè s III en leur fa veur. Description Papy rus Harris I 178 BM 9999 N° d'inv. 357 -Erichsen W . , P apyrus Harris I : hieroglyph ische Transkription , BiAe g V, B ruxelles, E d. de la Fonda tion égyptologique R eine Elisabeth, p. 30 -Grandet P ., Le papyru s Harris I : (BM 9 999) , I , BdE 109 , Le Ca ire, Institut f rança i s d 'archéologie orienta le, 1994, p. 259 , (26, 5), II, pl. 2 6, l. 5 Bibli ographie Textes Iry.i n.k wDAw Spsy (w) n nbw nfr mH m xsbd mAa mfk(A t) mAa Translittération J'ai fait pou r toi des am ulettes august e(s) d'o r parf ait, incrustée s de lapis-lazuli véritable et de turquoise véritable. Traduction 358 Papy rus Matériau Thèbes (M édinet Habou ?) Pr ovenance H. 42 cm ; L. 420 cm Dime nsions Nouv el Empire, XXe dyn. (Ramsès III) Datation Londres, British M useum Conservation Achat à L ouxor par A. C. Harris (1855) et acquisition par le British M useum en 1872 Acquisition Le passage est tiré de la Liste C d es « Discours a ux dieux d 'Héliopo lis ». Parmi les m atériaux of fe r ts aux divinités on retrouve de l’or, de l’argent , du lapis-lazuli et de la turquoise véritable. Description Papy rus Harris I 179 BM 9999 N° d'inv. 359 -Erichsen W . , P apyrus Harris I : hieroglyph ische Transkription , BiAe g V, B ruxelles, E d. de la Fonda tion égyptologique R eine Elisabeth, p. 38 -Grandet P ., Le papyru s Harris I : (BM 9 999) , I , BdE 109 , Le Ca ire, Institut f rança i s d 'archéologie orienta le, 1994, p. 268 , (33 a,1), II, pl. 33, l. 1 Bibli ographie Textes nbw HD xsbd mAa mfk(At) mA a Translittération L'or et l'argent, le lapis-laz uli véritable, la turquoise v érita ble [...] Traduction 360 Papy rus Matériau Thèbes (M édinet Habou ?) Pr ovenance H. 42 cm ; L. 420 cm Dime nsions Nouv el Empire, XXe dyn. (Ramsès III) Datation Londres, British M useum Conservation Achat à L ouxor par A. C. Harris (1855) et acquisition par le British M useum en 1872 Acquisition Le passage est tiré de la Liste E.2 qui détaille les produits pou r l es of frand es au Nil. On y comp te l’utilisation du lapis-lazuli véritable p our conf ectionner des statues de Hapy et un d’un éléme nt non ident ifié. Description Papy rus Harris I 180 BM 9999 N° d'inv. 361 -Erichsen W . , P apyrus Harris I : hieroglyph ische Transkription , BiAe g V, B ruxelles, E d. de la Fonda tion égyptologique R eine Elisabeth, p. 45 -Grandet, P., Le pap yrus Harris I : (BM 9 999) , I, B dE 109, L e Caire, I nstitut f rançais d'archéo logie orienta le, 1994, p. 277 , (40 b,9), II, pl. 40, l. 9 Bibli ographie Textes xsbd mAa twt n ¡apy nws 13568 Translittération Lapis-lazuli véritable (pour les) statue (s) de Hâpy (et ?) nws : 1356 8 Traduction 362 Papy rus Matériau Thèbes (M édinet Habou ?) Pr ovenance H. 42 cm ; L. 420 cm Dime nsions Nouv el Empire, XXe dyn. (Ramsès III) Datation Londres, British M useum Conservation Achat à L ouxor par A. C. Harris (1855) et acquisition par le British M useum en 1872 Acquisition Le passage est tiré de la Liste C du « Discours au x d ieux d'Héliopolis ». Parmi les prod uits of fe r ts aux divinités on y retrou v e u n bloc de lapis-lazuli avec sa quantité en deben. Description Papy rus Harris I 181 BM 9999 N° d'inv. 363 -Erichsen W . , P apyrus Harris I : hieroglyph ische Transkription , BiAe g V, B ruxelles, E d. de la Fonda tion égyptologique R eine Elisabeth, p. 74 -Grandet P ., Le papyru s Harris I : (BM 9 999) , I , BdE 109 , Le Ca ire, Institut f rança i s d 'archéologie orienta le, 1994, p. 312 , (62 b, 1), II, pl. 63, l.1 Bibli ographie Textes Nbw HD xsbd mAa.t mfk(At) mAa.t [...] Translittération L'or et l'argent, le lapis-laz uli véritable, la turquoise v érita ble [...] Traduction 370 Papy rus Matériau Thèbes (M édinet Habou ?) Pr ovenance H. 42 cm ; L. 420 cm Dime nsions Nouv el Empire, XXe dyn. (Ramsès III) Datation Londres, British M useum Conservation Achat à L ouxor par A. C. Harris (1855) et acquisition par le British M useum en 1872 Acquisition Le passage est tiré des Listes C/E d es « Discours aux dieu x des P etits Te mples ». On y d étaille une quantité de lapis-lazuli v éritable. Description Papy rus Harris I 185 BM 9999 N° d'inv. 371 -Erichsen W . , P apyrus Harris I : hieroglyph ische Transkription , BiAe g V, B ruxelles, E d. de la Fonda tion égyptologique R eine Elisabeth, p. 74 -Grandet P ., Le papyru s Harris I : (BM 9 999) , I , BdE 109 , Le Ca ire, Institut f rança i s d 'archéologie orienta le, 1994, p. 313 , (62 b, 12), II, pl. 63, l. 12 Bibli ographie Textes xsbd mAa.t dbn 10,6 Translittération Lapis-lazuli v é ritable : 10, 6 deben Traduction 372 Papy rus Matériau Thèbes (M édinet Habou ?) Pr ovenance H. 42 cm ; L. 420 cm Dime nsions Nouv el Empire, XXe dyn. (Ramsès III) Datation Londres, British M useum Conservation Achat à L ouxor par A. C. Harris (1855) et acquisition par le British M useum en 1872 Acquisition Le passage est tiré de l'« Etat ré capitulatif d es listes » : le te xte de la rubrique en question e mprunte des élém ents au texte des rubriques des L istes A, C, E des précéd entes sectio ns. Il s’agit d’une liste de statues en o r, en argent, en lapis-lazuli et e n turquoise véritable e t en d’autres pierres précieuse s. Description Papy rus Harris I 186 BM 9999 N° d'inv. 373 -Erichsen W . , P apyrus Harris I : hieroglyph ische Transkription , BiAe g V, B ruxelles, E d. de la Fonda tion égyptologique R eine Elisabeth, p. 80 -Grandet P ., Le papyru s Harris I : (BM 9 999) , I , BdE 109 , Le Ca ire, Institut f rança i s d 'archéologie orienta le, 1994, p. 323, (67,1), II, pl. 68, l.1 Bibli ographie Textes sHwy nn n nA nTrw rmT nbw HD xs bd mAa.t mfk(A t) mAa.t aA.t nb.(t) mAa.t Translittération Liste de ce s (statu es de) dieux, des personne s, de l'or e t d e l'argent, d u lapis- lazuli véritable , d e la turquoise véritable et des pierres précie uses véritables de toute sorte [ ...] Traduction 374 Papy rus Matériau Thèbes (M édinet Habou ?) Pr ovenance H. 42 cm ; L. 420 cm Dime nsions Nouv el Empire, XXe dyn. (Ramsès III) Datation Londres, British M useum Conservation Achat à L ouxor par A. C. Harris (1855) et acquisition par le British M useum en 1872 Acquisition Le passa ge est tiré de l' « Etat réca pitulatif d es liste s », de la Liste A. 2, correspo ndant à la L iste F de Thè bes et comprend l'én umérat ion des matériaux pour la f abrication des sta tues. Il s’agit d’une livraison de lapis-lazuli avec l’indication d e la quantité. Description Papy rus Harris I 187 BM 9999 N° d'inv. 375 -Erichsen W . , P apyrus Harris I : hieroglyph ische Transkription , BiAe g V, B ruxelles, E d. de la Fonda tion égyptologique R eine Elisabeth, p. 81 -Grandet P ., Le papyru s Harris I : (BM 9 999) , I , BdE 109 , Le Ca ire, Institut f rança i s d 'archéologie orienta le, 1994, p. 324 , (68 a,7), II, pl. 69, l. 7 Bibli ographie Textes xsbd mAa.t dbn 47,6 Translittération Lapis-lazuli v é ritable : 47, 6 deben Traduction 376 Papy rus Matériau Thèbes (M édinet Habou ?) Pr ovenance H. 42 cm ; L. 420 cm Dime nsions Nouv el Empire, XXe dyn. (Ramsès III) Datation Londres, British M useum Conservation Achat à L ouxor par A. C. Harris (1855) et acquisition par le British M useum en 1872 Acquisition Le p assage est tiré d es L istes récapitu latives des bien s figurant d ans les L istes C et E des précéd entes sect ions du docu ment. Il s’agit de prod uits d'of f rande s et a ussi de pro duits pou r les of frandes au Nil. Co mme dans la section des « Petits T em ple s », on com ptabilise, sous u ne seu le rubrique, des produits enregistrés ailleurs dans deux ou trois listes distinctes. Description Papy rus Harris I 188 BM 9999 N° d'inv. 377 -Erichsen W . , P apyrus Harris I : hieroglyph ische Transkription , BiAe g V, B ruxelles, E d. de la Fonda tion égyptologique R eine Elisabeth, p. 83 -Grandet P ., Le papyru s Harris I : (BM 9 999) , I , BdE 109 , Le Ca ire, Institut f rança i s d 'archéologie orienta le, 1994, p. 326 , (70 a,3), II, pl. 71, l. 3 Bibli ographie Textes nbw HD xsbd mAa.t mfk(At) mAa.t aA.t nb mA a.t Translittération L'or et l'argent , le lapis-lazuli véritable, l a turquoise véritable et les pierres précieuse s v é ritables de toute sorte [...] Traduction 378 Papy rus Matériau Thèbes (M édinet Habou ?) Pr ovenance H. 42 cm ; L. 420 cm Dime nsions Nouv el Empire, XXe dyn. (Ramsès III) Datation Londres, British M useum Conservation Achat à L ouxor par A. C. Harris (1855) et acquisition par le British M useum en 1872 Acquisition Le p assage est tiré d es L istes récapitu latives des bien s figurant d ans les L istes C et E des précéd entes sect ions du docu ment. Il s’agit de prod uits d'of f rande s et a ussi de pro duits pou r les of frandes au Nil. Co mme dans la section des « Petits T em ple s », on com ptabilise, sous u ne seu le rubrique, des produits enregistrés ailleurs dans deux ou trois listes distinctes. Il s’agit ici d e livraisons de lapis-lazuli, turquoise et f eldspath v e rt avec le détail de la quantité . Description Papy rus Harris I 189 BM 9999 N° d'inv. 379 -Erichsen W . , P apyrus Harris I : hieroglyph ische Transkription , BiAe g V, B ruxelles, E d. de la Fonda tion égyptologique R eine Elisabeth, p. 25 -Grandet P ., Le papyru s Harris I : (BM 9 999) , I , BdE 109 , Le Ca ire, Institut f rança i s d 'archéologie orienta le, 1994, p. 251 , (21 a,8), II, pl. 21, l. 8 Bibli ographie Textes Hrrw xsbdw : HsA 12400 Translittération Fleurs Hrr bleue s : 124 00 guirlandes HsA Traduction 386 Calcai re Matériau Thèbes, vallée des Rois Pr ovenance H. 27 cm ; l. 24 cm Dime nsions Nouv el Empire, f in de l ' an IV d'un roi (Ramsès IV ?) Datation M usée du Caire Conservation Acquisition Il s'agit de l'ann otation de quantité s de co uleur bleue et ocre jaun e, g omme et au tres p roduits pour peintu re. Description Ostracon 193 CG 25247 N° d'inv. 387 -Daressy G., Ostraca : Nos 2500 1-2538 5 , Le Caire, Imp r. de l'Institut f rança i s d 'archéologie orientale, 1901 , CGC, p. 64, pl. LII Bibli ographie Textes xsbd.t nn 90 xsb[...] xsbd.t 36 xsbd.t nn dbn xsbd.t nfr 5 xsbd.t n s Sw 5 [...] dbn 7 Translittération 90 de pigment bleu 36 de pigment bleu pigment bleu : de ben [...] Fritte 5, pigment bleu pou r peindre : 5 [...] deben 7 Traduction 388 Calcai re blanc Matériau M emphis Pr ovenance l. 53 ; H. 162 cm Dime nsions Troisième pé riode intérm ediai re, XXI e dy n. ( Siamon) Datation M usée du Caire Conservation Fouill es Univ er sity M useum, Phila delphia (1915-1923) Acquisition La partie droite de ce linteau est bien conservée alors que sa partie gauche est fragmenta ire. A droite, un personnage orien té vers la gauche et d ont la tête est rasée, s'ad resse en ado ration à un serekh et à un cartouch e a u nom du roi Siamon . La figure symétrique sur le co té gauche du linte au, don t il est préservé se ulement le genou plié et une pa rtie du pa gne, est représe ntée en tra in d'adorer elle au ssi le nom du roi. L es d eux cartou ches sont sur le signe d e l'or, chacun d'e ntre eux éta nt surmonté par un disque sola ire avec do uble plume. Sur le sere kh conservé, on o bserve le f aucon Horus portant la dou ble couronne. Dans l'espace derrière lui on ret rouve un disque solaire avec un u raeus qui serre un signe anx. L'ado rant de droite porte u n large co llier auto ur de so n cou et tien t une plume d'au truche avec sa main gauche et avec la droite il rend hom mage aux no ms royaux. Au-des sus de sa têt e et de rrière lui, un texte hiéroglyphique d e onze colonnes accom pagne les images. Il se trouvait prob ablement la même ch ose de rrière le pe rsonnage de gauche. Shed souné fert oum porte n otam men t les titres d e prêtre d e Ptah e t prêtre d'A mon « <seigneur> d u lapis-lazuli véritable ». Description Linteau de porte au nom de Shedsounéfertoum 194 JE 45569 N° d'inv. 389 - Pa mmin ger P., « Das Sche dsunef erte m-problem », CdE , LXIX , 1994, fasc. 137, p. 32-34 - Sch ulman A. R., « T wo Unrecognized m onum ent s of Sh edsun eferte m », JNE S , 39, 1980, p. 303 -311 Bibli ographie Textes Imn <nb> xsbd mA a Translittération Amo n, <Seigneu r> d u lapis-lazuli v é ritable Traduction 390 Papy rus Matériau Tombe de Ptahhotep à Saqq ara (n° non précisé) Pr ovenance L. 55 cm ; l. 34 cm Dime nsions Basse épo que Datation M usée du Caire Conservation Acquisition L'éta t du papyrus est très fra gmentaire. Il s'agit d'une li ste de dieux avec la sp écificat ion , p our cha cun, des dif fé rente s f orm es de cultes sou s lesquelles il est adoré. Le texte prése nté se trouve sur le r° 1 0,15. Description Papy rus démotique 195 CG 31169 N° d'inv. 391 -Spiegelberg W . , Die Demotischen Den km äler (CG 3 0601 -31270 , 50001-50 165) , I I, Die Demotischen Papyrus , Strassbu rg, B uchdrucke rei M. Du mont Sch aube rg, p . 277, pl. 110 Bibli ographie Textes Ast xsdb-tp Translittération Isis à la tête (couleur de) lapis-lazuli. Traduction 392 Granite gris Matériau Kaw a, Temple T, p remière cour Pr ovenance H. 131 cm ; l. 71 cm ; ép. 29 cm Dime nsions Basse époq ue, X XVe d yn. (T aharqa) Datation Copenhagen, Ny Carlsberg Glyptothèque Conservation Oxford Ex cavatio ns in Nubi a 1930 -1931 ( F. Li. Griff ith) Acquisition La stèle est inscrite sur un s eul côté avec 25 co lonnes de texte. Le cin tre est dé coré avec le hiéroglyphe du ciel, pt, et au-de ssous, par des a iles de faucon ou vertes, accom pagnées d’Horus de Behd et. Sur le côté gauch e on trouve An oukis assise, qui t ient un signe a nx et Oua djet qui of fre un signe Sn au roi. Sur le cô té droit, la p lace d’Anou kis est occupée pa r Amon-Rê de G ematen à tête de bélier. Ce docu ment énum ère les of frandes faites par Ta harqa aux tem ple de G ematen du d euxième au huitièm e année d e son règne. Description Stèle du roi Taharqa n° 3 (années 2-8) 196 N° d'inv. 393 -Macadam M., The temples of Kawa , I, London, Ox f ord university press, 1 949, p. 5, pl. 5, 6, co l. 3 et 9 Bibli ographie Textes xsbd rp(w)t M(A)at xsbd dbn 10 5 qdt Translittération Figure en lap is-laz uli de Maât Lapis-lazuli : 10 debe n, 5 kité Traduction 394 Granite gris Matériau Kaw a, Temple T, p remière cour Pr ovenance H. 182 cm ; l. 85 cm ; ép. 30 cm Dime nsions Basse époq ue, X XVe d yn. (T aharqa) Datation M usée de Mé roé Conservation Oxford Ex cavatio ns in Nubi a 1930 -1931 ( F. Li. Griff ith) Acquisition La stèle présen te une seule face inscrite avec un cintre orné de deux scènes fragmen taires. Elle f ait partie d es comp ositions de la XXVe d ynastie ko ushite, oe uvres de propa gande rédigées avec souci d'érudition. La stèle con tinue la liste d'of f rande s à Am on-Rê faite par T ah arqa, comm encée sur de s stèle s précéd entes. Description Stèle du roi Taharqa n° 6 (années 8-10) 197 n. 53 N° d'inv. 395 -My sliw iec K. ,« La renaissance solaire du mort » , Bulletin du cen tenaire , Le Caire, Institu t fran çais d'archéo logie o rientale, 198 1, p. 92, n.VII -Yoy otte J., « É tudes géographiques II. Le s localités méridio nales de la région m em phit e et «le peho u d'Héracléo polis» », R dE , 15, 1963, p . 117-118 Bibli ographie Textes Hm-nTr (n) Ast xsdb-tp Translittération Prophè te d'Isis (couleu r de) lapis-lazuli Traduction 402 Papy rus Matériau Inconnue Pr ovenance Dime nsions XXX e dyn.- époque ptolémaïque ( IV siècle av. J.-C.) Datation Londres, British M useum Conservation Acquisition Le dernier posses seur du p apyrus est le prêtre Nesm in, vécu d ans la rég ion théb aine. Le pap yr us semb le provenir de la tombe de celui-ci. Il co ntient qua tre comp ositions de nature rituelle. Celle qui nous intéresse concerne les «Lam enta tio ns d’Isis et Nep htys », des hymne s chantés par de ux prêtresses qui représentent les déesse s Isis et Nephtys penda nt la célébration des m y stères d'Osiris. Description Papy rus Bremner-Rhind 201 BM 10188 N° d'inv. 403 -Faulkner R. O., « The Bremn er-Rhind Papyrus I», JEA , 22, 1936, p. 121- 140 -Faulkner R. O., The Pap yrus Bremner-Rhind (British Museum no. 10188) , BiAeg 3, Bruxelles, Fonda tion Égyptologiq ue Reine Élisabe th, 1933 , p . 29, vv . 15.2 2, 15.23 Bibli ographie Textes Snw.k m xstb ns(y) xstb jsk xstb iw Hr Snw .k Translittération (Mekti) ta chevelure est en lapis-lazuli, elle appartie nt au lapis-lazuli ; alors, le lapis-lazuli est sur ta chevelure [. ..] Traduction 404 Matériau Dendara Pr ovenance Dime nsions Epoque ptolémaï q ue Datation in situ Conservation Acquisition Il s'agit d e la paroi est, deuxième registre, troisièm e tableau de la O uâbe t. La scène mo ntre les premiè res étapes du rituel journa lier. Celu i-ci rep rend sur la p aroi est et se poursu it sur la paroi ouest, du deuxième au troisième registre. Sur cett e pa roi Hath or reçoit d es paru res com me of f rande s m ais l'oiseau-ba const itue le plus significatif des bijoux r emis à Hathor. Description Ouâbet de Dendara 202 N° d'inv. 405 -Chassinat E., L e te m ple de De ndara , IV, Le Caire, Institut fra nçais d'archéo logie orient ale, 193 5, 243, 11 Bibli ographie Textes ¢j n xsd[b] n mAa.t Translittération l'enf ant xj de lap is-lazuli v é ritable Traduction 406 Grès Matériau Karnak, petit temple d isparu de Khonsou (hors encei nt e d'Amon) Pr ovenance H. 227 cm ; L. 106 cm ; ép. 14 cm Dime nsions Epoque ptolémaique Datation Paris, Musé e du Louvre Conservation Acquisition Cette stèle est une fa lsification d 'époque tardive opérée par les p rêtres du temple de Khonsou . Le but est l'exaltation de la puissance du dieu com me divinité guérisseuse. On y raconte comment le roi Ramsès I I, qui com ptait pa rmi ses épou ses une princesse de Ba khtan, dut un jou r envoyer dan s ce pays la statue du d ieu « Khon sou-qui-réalise-ses-de sseins-dans-T hèb es , le gr and dieu qui chasse les dém ons errants » pour que sa belle-sœur guérisse d'un esprit mauvais. L'esprit s'en alla e nsuite, a paisé, par ordre du dieu, et le prince de B akhtan se réjouit be aucoup avec tous les habita nts de Bakhta n. Il décida ensuite d e garder le dieu re sté à Ba khtan jusq u'à au jour où il le vit s'élever dans le cie l sous l'aspe ct d'un f aucon d'or en d irection de l'Egypte et il com prit qu'il devait le renvoyer en Egypte avec beaucou p de cadeaux. Le passa ge cité est tiré de la p rocession des tributs des pays étrangers apportés e n ho mma g e à Pharao n. Description Stèle de Bentresh (de Bakhtan) 203 C 284 N° d'inv. 407 - K RI II, 1, 28 5,2 Bibli ographie Textes wrw n xAst nb iw m ksw m Htpw n bAw n Hm.f SAa pHww inw.sn nb w HD xsbD mfkAt xAw nb nw tA-nTr Hr psD.sn Translittération Les gouverneurs de chaque Pays ét ranger v enaie nt en soumission et en paix, comme l'autorité de sa Majesté a rriv ait jusqu'à l'extrêmité sep tentriona l e. Leu rs tributs en argent, en or, en lapis-lazuli et en turquoise et cha que plante aroma tique du Pays du dieu étaient sur leurs épaule s. Traduction 408 Papy rus Matériau Origine memphite ? ( selon des critères internes) Pr ovenance Dime nsions Epoque ptolémaï q ue Datation Londres, British M useum Conservation Don de A. Gardiner Acquisition Le te xte, très ab îmé, correspo nd au Livre d'Heu res de So karis. Il p résente des in v ocatio ns à plusieu rs divinités et il est div isé en sectio ns qui doivent être récitées à des mo ment s précis de la journée. Les invocations son t adressées non seu lement à Osiris et a ux autre s divinités, mais aussi à chaque entité q u i peut exercer une influen ce sur l 'Egypte et ses habitants. Il s'agit d'une sorte de litanie osirienne, qui de vait être récitée e n présence d'une statue m omif ié e d u dieu, et qui éta it div isé e en do uze heures, correspo ndant a ux diverses é tapes du ritue l quotidien (de ces douze heures, la dernière est totale ment perdue). Le vers 6 ,23 fait pa rtie de la récitation de la troisièm e heu re, très brève, en 21 vers, tandis que le vers 18,3 est tir é de la six ièm e heure, l' une des plus longues, avec neuf colonn es de texte. Description Papy rus BM 1056 9 204 BM 10569 N° d'inv. 409 -Faulkner R.O ., A n Ancient Egyptian Book of Hours ( Pap. B rit. Mus. 1056 9) , Oxford , Printe d fo r the Griff ith Institu te at the U niversity Pres s, 1958 , p. 28* et 9*, vv . 18,3 et vv . 6,23 Bibli ographie Textes Ast xstb-tp Wsir xsdb-tp Translittération Isis à la tête (couleur de) lap is-laz uli Osiris à la tête (couleur de) lapis-lazuli Traduction 410 Papy rus Matériau Inconnue Pr ovenance M onté sur 30 f euil lets de 45,5 cm de h. Dime nsions Epoque ptolémaï que (f in II Ie - début IIe siècle a v. J.-C.) Datation Paris, Musé e du Louvre Conservation Acquis entre 1852 et 1857 Acquisition Les colonn es 110 à 112 du Papyrus du Louvre I. 3079 con tiennent le « Cérémonial de glorif ication d'Osiris da ns l'Emp ire des Morts » que l'on récita it lors de s fe stivi tés du m ois de K hoïak, du 2 3ème au 25èm e j our. Le texte est rédigé dans une fine écriture h iératique d'époque tardive et il appartenait à un m emb r e du clergé, nomm é Dd-Hr. La langue présente des pa rticularités du néo-égyptien. Les cent-neuf pre mières colonnes con tiennent un exempla ire du Ritue l f unéraire ou Livre d es Mo rts presque comp let, qui représe nte la portion la plus connue du ma nuscrit. Dans le Cérém onial, Isis et Nephtys décrivent le deuil de s êt res célestes et des hom mes, puis elles ont recou rs à la magie incantato ir e pou r aff irmer que le ur époux et f rère Osiris peut rev ivre, ayant reçu les soins de la mom ification. Le texte se poursuit par un e l itanie dé criv a nt les parties du c orps divin, rassem blées et transf ormées en matières impé rissables. Le passage cho isi e st tiré de cette dernière pa rtie. Description Papy rus Louv r e I 30 79 205 I. 3079 N° d'inv. 411