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L'Industrie financière 4.0 au Maroc : opportunités, défis et perspectives

Mimoun AOURAGH; Bouchra SETTA

Abstract

Ce papier vise à enrichir la littérature existante sur l’industrie financière en examinant dans quelle mesure les Fintechs impactent l’inclusion financière au Maroc. L’approche retenue a nécessité de prime abord, l’étude des facteurs clés de succès de l’industrie financière 4.0 qui conditionnent le renforcement du rôle des fintechs dans l’inclusion financière. Les facteurs ainsi déterminés, nous les avons assujettis à l’appréciation des experts marocains dans le domaine de la finance pour leur contextualisation au terrain marocain. Enfin, notre étude s’est intéressée à mesurer la contribution de ces facteurs dans l’inclusion financière en recourant à une analyse via les équations structurelles. Ces études ont été réalisées grâce à une étude exploratoire via des entretiens non directifs et une enquête par le biais d’un questionnaire que nous avons administré auprès de 93 employés du secteur financier. Les résultats obtenus mettent en lumière le rôle de la sécurité, de la collaboration et de la réglementation dans l'inclusion financière en passant par une base solide de l’éducation financière. Cependant, cette étude présente des limites qui pourraient conduire à des recherches futures en termes de choix des échelles de mesure des variables retenues.

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International Journal of Strategic Management and Economic Studies (IJSMES) ISSN: 2791-299X http://www.ijsmes.com 1385 L’Industrie financière 4.0 au Maroc : opportunités, défis et perspectives Mimoun AOURAGH1, Bouchra SETTA2 1 Doctorant à la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales, Université Mohammed premierOujda-Maroc Laboratoire : Mangement et Développement des Entreprises et des Organisations (MADEO)-UMPOujda-Maroc 2 Professeur à l’Ecole Nationale des Sciences Appliquées Université Mohammed Premier -Oujda-Maroc Laboratoire : Mangement et Développement des Entreprises et des Organisations (MADEO)-UMPOujda -Maroc Résumé : Ce papier vise à enrichir la littérature existante sur l’industrie financière en examinant dans quelle mesure les Fintechs impactent l’inclusion financière au Maroc. L’approche retenue a nécessité de prime abord, l’étude des facteurs clés de succès de l’industrie financière 4.0 qui conditionnent le renforcement du rôle des fintechs dans l’inclusion financière. Les facteurs ainsi déterminés, nous les avons assujettis à l’appréciation des experts marocains dans le domaine de la finance pour leur contextualisation au terrain marocain. Enfin, notre étude s’est intéressée à mesurer la contribution de ces facteurs dans l’inclusion financière en recourant à une analyse via les équations structurelles. Ces études ont été réalisées grâce à une étude exploratoire via des entretiens non directifs et une enquête par le biais d’un questionnaire que nous avons administré auprès de 93 employés du secteur financier. Les résultats obtenus mettent en lumière le rôle de la sécurité, de la collaboration et de la réglementation dans l'inclusion financière en passant par une base solide de l’éducation financière. Cependant, cette étude présente des limites qui pourraient conduire à des recherches futures en termes de choix des échelles de mesure des variables retenues. Mots-clés: Fintechs; Industrie financière 4.0; Innovation; Inclusion financière. International Journal of Strategic Management and Economic Studies (IJSMES) – ISSN: 2791-299X http://www.ijsmes.com 1386 Digital Object Identifier (DOI): https://doi.org/10.5281/zenodo.17787796 Published in: Volume 4 Issue 6 This work is licensed under a Creative Commons Attribution-NonCommercial-NoDerivatives 4.0 International License. 1. Introduction Au cours des dernières décennies, le paysage financier mondial a subi une transformation majeure grâce à l'émergence rapide des technologies financières, communément appelées « Fintechs ». Ces entreprises novatrices qui fusionnent la finance avec la technologie ont perturbé les modèles financiers traditionnels en offrant des solutions plus agiles, accessibles et personnalisées. La croissance exponentielle de ces startups financières et leur adoption rapide par les consommateurs, les entreprises et les institutions financières suscitent des questions cruciales quant à leur rôle dans l'évolution des secteurs financiers des pays. Le marché des fintechs dans le monde devrait être multiplié par 4, de 138,44 milliards $ en 2022 pour atteindre 556,58 milliards $ d'ici 2030 (Ayadi & Bidan, 2024). Toutefois, ce secteur est défavorisé sur de nombreux marchés potentiels comptant une importante population qui restent largement inexploités, comme le Maroc. Le Maroc, à l’instar des autres économies émergentes, cherche à renforcer son positionnement sur la scène internationale en favorisant l'innovation et la compétitivité. Dans ce contexte, les fintechs ont émergé comme un catalyseur potentiel de développement, apportant des solutions novatrices et des opportunités pour accroître l'inclusion financière et stimuler la croissance économique. Notre travail vise à identifier, à l’aune de la théorie de l’avantage concurrentiel de Porter (1985) et la théorie de l’innovation de Shumpeter (1935), les facteurs qui déterminent l’accessibilité à ces nouveaux services et leur choix par les individus dans le contexte Marocain. Par conséquent, en intégrant les avancées technologiques et en adoptant des modèles commerciaux novateurs, les fintechs peuvent aider à surmonter les obstacles traditionnels à l'inclusion financière et à stimuler le développement économique et social dans le pays. En ce sens, il parait judicieux de poser la question suivante : dans quelle mesure les fintechs impactentelles l’inclusion financière au Maroc ? Dans l’objectif d’évaluer cet impact, notre étude s’intéresse à recueillir les avis des parties prenantes impliquées dans l'écosystème fintech travaillant dans le secteur bancaire (des analystes financiers, des gestionnaires de portefeuille, des conseillers financiers, des courtiers en valeurs mobilières, des traders, des gestionnaires de risques, des comptables, etc.). Le choix de cet échantillon se justifie par le fait que cette cible est bien adaptée pour fournir des informations riches et approfondies sur l'inclusion financière au Maroc, en exploitant l'expertise et les perspectives variées des banquiers. Cette étude comporte trois parties. La première présente la revue de la littérature qui nous a permis de mettre en lumière les éléments qui se prêtent hypothétiquement à une modélisation de la relation fintechs /inclusion financière. La deuxième décrit la méthodologie de la recherche, les variables retenues et les sources de données. La troisième examine les résultats empiriques issus du traitement des données collectées auprès de 93 employés du secteur financier marocain. 2. Revue de littérature et élaboration des hypothèses International Journal of Strategic Management and Economic Studies (IJSMES) – ISSN: 2791-299X http://www.ijsmes.com 1387 Dans cette partie, nous commencerons par présenter la revue de littérature qui nous a permis d’examiner les dynamiques complexes entre les avancées technologiques et l'accessibilité aux services financiers, puis nous développerons les hypothèses qui guideront notre analyse. 2.1 Innovation technologique et inclusion financière : revue de littérature Divers experts et institutions financières interprètent l'inclusion financière de différentes manières. Selon la Banque mondiale, ce concept englobe l'utilisation économique des moyens traditionnels et numériques pour toucher les exclus financièrement et les groupes généralement mal desservis. De même, d'autres experts considèrent l'inclusion financière comme l'accessibilité et la disponibilité des services financiers formels pour l'ensemble des acteurs économiques. En effet, le concept d'inclusion vise à rendre accessibles à tous, individus et entreprises, des produits et services financiers adaptés à leurs besoins, comme les transactions, les paiements, l'épargne, le crédit et l'assurance, de manière responsable et durable (Youcef & Billel, 2021). Les initiatives dans ce domaine visent à garantir que chacun, indépendamment de sa situation financière, puisse accéder aux services financiers adéquats pour améliorer sa qualité de vie et les utiliser efficacement. Le principe de l'inclusion, quant à lui, cherche à favoriser la pleine participation des individus et des groupes dans tous les aspects de la vie sociale, économique et culturelle (Lahrour & Horr, 2023). Dans le cadre de l'exploration du rôle des fintechs dans l'inclusion financière au Maroc, une analyse du comportement des producteurs de moyens financiers vis-à-vis des solutions proposées par ces entreprises innovantes s'avère cruciale. Cette recherche révèle une attention croissante portée aux avancées de l'industrie financière 4.0 et identifie divers facteurs incitant les consommateurs à les adopter. Néanmoins, les résultats sont mitigés quant aux variables influençant la préférence des producteurs pour ces solutions par rapport aux pratiques financières traditionnelles, en raison du contexte et des méthodologies spécifiques à chaque étude. Notre revue de littérature nous a permis de révéler plusieurs facteurs influençant l'adoption et l’accès aux services bancaires en ligne et mobiles dans divers pays (tableau1). Table 1. Les facteurs influençant le rôle des fintechs dans l’inclusion financière. Auteurs Apports Haron, Ahmad & Planisek (1994) Ont examiné les facteurs influençant l'adoption des services bancaires en ligne et ont trouvé que la sécurité et la confidentialité étaient des préoccupations majeures des consommateurs. Metawa & Almossawi (1998) Ont étudié la perception des consommateurs envers les services bancaires en ligne et ont constaté que la commodité et l'accessibilité étaient des facteurs clés (Ooi et al., 2024). Naser, Jamal & Al‐Khatib (1994) Ont exploré la confiance dans les banques en ligne et ont identifié la confiance comme un facteur essentiel. International Journal of Strategic Management and Economic Studies (IJSMES) – ISSN: 2791-299X http://www.ijsmes.com 1388 Damoune & Alliouche Laradi (2021) Ont examiné la préférence des consommateurs pour les services bancaires en ligne en Turquie et ont mis en avant l'importance de la facilité d'utilisation. Cheikho (2015) A analysé les facteurs influençant l'adoption des services bancaires mobiles en Inde et a mis en évidence la perception de la valeur et la facilité d'utilisation. Haloui & Alj (2023) Montrent que les services financiers peuvent être accessibles soit par le biais des agences physiques des institutions financières, soit via des canaux numériques comme le téléphone. Nouaiti & Mezouari (2023) Ajoutent aux facteurs indiqués par Sanderson et al. (2018) (tels que l'âge, le niveau d'éducation, la compétence financière, le revenu et l'accès à Internet), deux autres facteurs défavorables pour l’inclusion financière, à savoir : les formalités administratives et l'éloignement des services financiers. Talmenssour (2022) Souligne que le modèle de Porter aide les entreprises à analyser leur environnement concurrentiel et à prendre des décisions stratégiques pour maintenir leur compétitivité à long terme, ce qui peut améliorer la fourniture des solutions inclusives. Source : élaborée par nos soins La synthèse des études existantes suggèrent une corrélation entre certaines variables telles que la sécurité, la collaboration, la réglementation, ainsi que l'éducation financière et l'inclusion financière. Cette corrélation repose sur des fondements théoriques robustes. Toutefois, notre recherche se distingue par son exploration de l'éducation financière en tant que facteur central et médiateur dans ce processus. Nous soutenons que sans une éducation financière de qualité, les autres variables ne peuvent pas exercer pleinement leur effet inclusif. Lharti & Charef (2023) soulignent des lacunes dans les connaissances existantes sur l'innovation technologique, mettant en évidence le besoin pour les entreprises d'adopter des approches agiles et de prendre des risques mesurés pour répondre à l'incertitude. Cette perspective théorique met en lumière la nécessité pour les entreprises d'innover dans un environnement numérique en constante évolution. De leur coté, Kezazy & Nafzaoui (2023) mettent en avant les défis que pose la digitalisation en matière de contrôle de gestion, notamment en ce qui concerne la sécurité des données et la conformité réglementaire. Ils soulignent également les investissements nécessaires tant sur le plan technologique que dans la formation du personnel pour mettre en place des systèmes numériques performants. Cette formation continue doit s’inscrire dans le cadre du levier de l’éducation financière. En combinant les travaux de Porter (1990) et de Schumpeter (1935) sur l'avantage concurrentiel et l’innovation, notre analyse met en lumière le rôle crucial des fintechs dans l’inclusion financière, notamment au Maroc. Nous soulignons que ces entreprises doivent non seulement comprendre leur environnement concurrentiel, mais aussi adopter des stratégies appropriées pour rester compétitives et contribuer efficacement à l'inclusion financière dans le pays. Ce faisant, nous mettons en relief l'importance de l'éducation financière comme un élément clé dans le succès de ces stratégies, soulignant International Journal of Strategic Management and Economic Studies (IJSMES) – ISSN: 2791-299X http://www.ijsmes.com 1389 ainsi la nécessité pour les fintechs de s'engager activement dans la promotion de cette éducation pour maximiser leur impact. 2.2 Développement des hypothèses Les services financiers numériques sont essentiels pour étendre l'accès aux services financiers et promouvoir l'inclusion économique malgré des défis persistants. Pour y parvenir, une approche holistique combinant la promotion de la culture numérique et l'amélioration des réglementations est nécessaire (Terfas & Lezghed, 2023). Plusieurs études montrent que la sécurité est le facteur principal qui pousse l’individu à l’usage des services fintechs (Abou-Youssef, Kortam, Abou-Aish & Randall, 2014 ; Haron, Ahmad & Planisek, 1994 ; Obeid & Kaabachi, 2016). Néanmoins, l’éducation financière, la collaboration entre les différentes parties prenantes et la réglementation présentent aussi des facteurs déterminants du choix de la fintech par les individus. Notre revue de littérature analysant le comportement des consommateurs à l’égard des services fintechs et les résultats de notre étude exploratoire auprès des responsables financiers dans le contexte marocain, montrent que les individus cherchent la sécurité et la protection de la vie privée lors de l’utilisation de ces fintechs et leur adéquation avec les dimensions économiques et éthiques. De même, Thierry Balzacq (2016) souligne l'importance de la légitimité dans la sécurité, notant pour que les pratiques sécuritaires fonctionnent, il est essentiel que les mesures de sécurité soient perçues comme légitimes par les parties concernées (Walschot, 2017). Cela souligne l'importance de la légitimité pour garantir le succès et l'acceptation des actions de sécurité, ce qui nécessite une éducation financière efficace, d’où l’hypothèse numéro 1 : H1 - L’éducation financière soutient le rôle de la sécurité dans l’inclusion financière. La banque traditionnelle fait face à la concurrence des fintechs et à une réglementation plus stricte. Pour rester compétitives et promouvoir l'inclusion financière, les institutions financières, les fintechs et les opérateurs de téléphonie coopèrent, notamment à travers l'Open Banking, pour comprendre les attentes et la valeur perçue par ces acteurs (Agbidinoukoun, 2021). Ce concept de collaboration entre différentes institutions dans l’écosystème financier suppose des interactions maîtrisées et bien établies. En effet, l'éducation financière joue un rôle crucial dans la manière dont cette collaboration est structurée et régulée. Une meilleure éducation financière permet aux différentes parties prenantes de comprendre les services financiers, y compris les fintechs, favorisant ainsi la collaboration avec d'autres personnes et institutions financières par le partage d'informations, l'adhésion à des programmes de soutien, ou la participation à des initiatives communautaires, où l’hypothèse : H2 - L’éducation financière renforce le rôle de la collaboration dans l’inclusion financière. Sans doute, l'innovation dans le domaine des fintechs perturbe les services financiers traditionnels grâce à de nouvelles idées et technologies. L'émergence des fintechs, résultant de l'intersection entre les avancées technologiques et les besoins changeants du secteur financier, met en lumière l’importance accrue de la réglementation. Les fintechs offrent des opportunités d'innovation mais comportent également des risques. Les États cherchent donc à réguler ces acteurs pour protéger les déposants et maintenir la stabilité financière. Bennis & Anguer (2023) se concentrent sur la réglementation des fintechs au Maroc, soulignant leur rôle crucial dans l'innovation technologique financière et les questions liées à la réglementation. International Journal of Strategic Management and Economic Studies (IJSMES) – ISSN: 2791-299X http://www.ijsmes.com 1390 La réglementation encourage l'innovation et la confiance dans les services fintechs en offrant un cadre sûr. Si certains utilisateurs optent pour des services simples et abordables, même sans une compréhension totale de leur fonctionnement, il en existe d'autres qui refusent de les utiliser tant qu'ils n'ont pas une connaissance complète de ces services. Dans ce contexte, il est possible de souligner l'importance de l'éducation financière dans la réglementation pour promouvoir l'inclusion financière. Cela nous conduit à énoncer la troisième hypothèse : H3L’éducation financière consolide le rôle de la réglementation dans l’inclusion financière. Alors que la théorie du choix rationnel, largement utilisée en économie, se concentre sur la maximisation des bénéfices et la minimisation des coûts pour les individus (Magni-Berton, 2014), elle omet souvent les biais cognitifs, les émotions et les contraintes réelles. Cette lacune limite sa capacité à saisir avec précision les décisions humaines. Or, si le « coût » demeure un facteur crucial dans la prise des décisions des individus, qui recherchent des solutions financièrement abordables et concurrentielles, comment remédier aux autres facteurs, notamment les biais cognitifs pour favoriser une inclusion durable et responsable ? Plusieurs organisations internationales et le gouvernement marocain se concentrent sur l'éducation financière pour favoriser l'inclusion financière. Au Maroc, la Fondation Marocaine pour l'Éducation Financière, en collaboration avec des partenaires locaux, ainsi que l'alliance pour l'inclusion financière, ont été établies. Une étude menée par Slaoui et al. (2020) a évalué le niveau d'éducation financière des Marocains et l'efficacité des programmes de formation, en particulier ceux de la fondation Mohammed VI de soutien à la microfinance solidaire. Bien que les résultats ne soient pas optimaux, ils révèlent un potentiel d'amélioration avec le soutien des institutions financières. A ce niveau d’analyse, il est désormais possible de formuler une nouvelle hypothèse : H4 -La sécurité, la collaboration et la réglementation accompagnées d’une éducation financière adéquate favorise l’inclusion financière. Figure 1. Modèle conceptuel de la recherche. Source : élaborée par nos soins 3. Méthodologie et collecte de donnés Pour répondre à notre problématique nous avons choisi d’adopter un positionnement épistémologique positiviste en privilégiant une démarche hypothético-déductive. Ce choix se justifie par la nature de la question de recherche elle-même qui porte sur l’impact des fintechs sur l’inclusion financière. Une approche axée sur la formulation d'hypothèses vérifiables et leur test rigoureux permet d'apporter des International Journal of Strategic Management and Economic Studies (IJSMES) – ISSN: 2791-299X http://www.ijsmes.com 1391 réponses précises et empiriquement étayées à notre problématique. Ensuite, cette méthodologie offre également une structure claire et méthodique pour mener la recherche. Le cadre théorique développé avec des variables clairement définies, ainsi qu'un plan de recherche basé sur des hypothèses spécifiques, permettent d'orienter efficacement la collecte et l'analyse des données, facilitant ainsi l'interprétation des résultats et la formulation de conclusions pertinentes. Cette deuxième partie se concentre sur trois aspects essentiels : la conception du questionnaire, la détermination de la population cible et l'échantillonnage, ainsi que sur les procédures de collecte des données. Ces étapes méthodologiques ont été rigoureusement appliquées pour assurer la crédibilité et la pertinence des résultats présentés dans la suite de cette recherche. 3.1 Nature et mesures des variables Notre modèle conceptuel met en relation cinq variables latentes : l'inclusion financière, la sécurité, la collaboration, la réglementation et l'éducation financière. A l’exception du dernier construit « l’éducation financière », tous les autres construits sont envisagés comme des construits réflexifs. Ces variables ont été opérationnalisées sous forme d'un questionnaire. Table 2. Variables et indicateurs de mesure Construits Indicateurs de mesure Sécurité : construit réflexif Q3. Robustesse des mesures de sécurité Q12. Délai moyen de rétablissement après une violation de sécurité Q18. Niveau protection de vie privée Inclusion financière : construit réflexif Q2. Points de service par population cible Q5. Accessibilité (personnes handicapées, âgées et sous représentées) Q13. Microfinance au milieu rural Q14. Disponibilité services cash (mobile money) / Monde rural Q15. Appréciation coût des comptes grands public Collaboration : construit réflexif Q7. Degré d'intégration de nouvelles technologies (AI, blockchain et automatisation des processus) Q8. Rapport adoption des API / intégration avec d'autres acteurs du marché Q16. Asymétrie d'information & exclusion financière Q17. Collaboration locale et régionale Réglementation : construit réflexif Q9. Respect des réglementations (protection des consommateurs et de confidentialité des données) Q11. Efficacité des contrôles internes (Risques financiers, opérationnels, de conformité et de réputation) Q19. Flexibilité adaptation des lois aux innovations International Journal of Strategic Management and Economic Studies (IJSMES) – ISSN: 2791-299X http://www.ijsmes.com 1392 Education financière : construit formatif1 Q4. Niveau de connaissances financières de la population Q6. Capacité personnalisation des produits et services Q10. Rapport coûts investis dans les programmes d'éducation financière / bénéfices obtenus (gains de connaissances, changement de comportement et d'impact financier global) Source : élaborée par nos soins Le questionnaire établi reflète les échelles de mesures issues de divers travaux mentionnés dans notre revue de littérature, ainsi que les lacunes et insuffisances relevées dans les résultats déjà obtenus par ces auteurs. Il se base également sur des facteurs inspirés de nos entretiens non directifs avec des experts de la finance dans le contexte marocain. 3.2 Echantillon et sources de donnés Pour comprendre réellement les liens théoriques en jeu et obtenir des réponses fiables au questionnaire, il était essentiel que les participants aient une bonne maîtrise du sujet et soient en mesure de fournir des informations pertinentes. C’est dans cette logique que nous avons choisi les employés du secteur bancaire comme population cible. Figure 2. Graphe des profils répondant au questionnaire Source : élaborée par nos soins Le recours à un échantillon spécialisé et diversifié de profils provenant du secteur bancaire marocain, représentant l'ensemble des acteurs bancaires et financiers du pays, confère fiabilité à nos sources et crédibilité à notre étude. Conformément aux objectifs de l’étude, 82.8% des répondants sont des banquiers (responsables, analystes financiers, et différentes spécialités bancaires), ce qui soutient la fiabilité de nos sources de donnés. 1 Il convient de noter que les tests de validité de construit ou de trait sont spécifiquement destinées à être utilisées dans le cas des construits réflexifs. Selon Rossiter (2002), à cause de la nature « multidimensionnelle » des variables latentes formatives, les tests de validité ne s’appliquent pas. L’auteur estime que pour étudier la validité d’une variable latente formative, seules les validités de contenu, faciale et nomologique restent à vérifier. Rossiter (2005), considère tout simplement que la seule méthode pour sélectionner les items et s’assurer de la validité d’un construit formatif, repose sur le jugement du chercheur. International Journal of Strategic Management and Economic Studies (IJSMES) – ISSN: 2791-299X http://www.ijsmes.com 1393 4. Résultats et discussions Dans cette étape, nous examinons les résultats de notre étude et entamons une discussion sur leur signification. Nous débutons par une analyse de la qualité des échelles de mesure utilisées, en mettant particulièrement l'accent sur leurs fiabilités et leurs validités, ce qui nous permet d'évaluer la robustesse des données collectées. Ensuite, nous nous penchons sur le modèle structurel élaboré pour cette recherche, en explorant ses qualités interne et externe et en discutant de leurs implications pour notre compréhension du phénomène étudié. 4.1 Etude de la fiabilité et de la validité de l’instrument de mesure Pour cette étape, nous avons d’abord évalué la fiabilité des échelles de mesure des construits réflexifs à l’aide du coefficient de Cronbach, puis vérifié leur validité convergente grâce à une analyse factorielle. Avant de présenter les résultats, il est important de préciser que l’ensemble des traitements statistiques a été effectué avec le logiciel SPSS. L'Alpha de Cronbach est une mesure de la fiabilité ou de la cohérence interne d'une échelle de mesure. Des valeurs plus élevées indiquent une meilleure cohérence entre les éléments mesurés. Les résultats obtenus (tableau 3) montrent des scores de l’Alpha de Cronbach modérément suffisants pour accepter les lots des items élaborés. En outre, ces résultats représentent une analyse de la précision de l'échantillonnage basée sur le test de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO), le test de sphéricité de Bartlett et le test de qualité des représentations des items. L'indice KMO est une mesure de la qualité de l'échantillonnage. Il compare les amplitudes des coefficients de corrélation observés aux amplitudes des coefficients de corrélation partiels. Son interprétation va comme suit : KMO<0,5, inacceptable ; 0,5<KMO<0,59, médiocre ; 0,60<KMO<0,69, moyen ; 0,70<KMO<0,79, bien ; 0,8 <KMO<0,89, méritoire ; KMO>0,90, excellent. Malhotra (2006) indique qu’il est approprié lorsque les valeurs sont comprises entre 0,5 et 1. Dans notre cas, l’indice KMO enregistre les valeurs acceptables. A l’exception du construit « sécurité » qui affiche une valeur de 0,5, toutes les valeurs de l'indice KMO sont supérieures à 0,6. Le test de sphéricité de Bartlett est utilisé pour déterminer si les variables observées sont corrélées les unes avec les autres ou non. Un résultat significatif (p < 0,05) indique que la matrice de corrélation n'est pas une matrice identité, c'est-à-dire que les variables sont corrélées. Dans ce cas, le test de Bartlett donne un résultat significatif avec une valeur de p de 0,000, indiquant que les variables sont corrélées. Le test de qualité des représentations des items qui mesurent la part de variance de chaque item restitué par l’ensemble des facteurs retenus, correspond aux seuils communément admis : « Lorsque la variance expliquée par les axes principaux dépasse 0,80, cela signifie que les items sont très bien représentés. Une valeur comprise entre 0,65 et 0,80 indique une bonne représentation, tandis qu’une variance située entre 0,40 et 0,65 traduit une représentation moyenne. En dessous de 0,40, la qualité de représentation devient insuffisante et les items concernés devraient être retirés. » (Roussel ,2005). L’analyse de la qualité de la représentation en observant le pourcentage de la variance expliquée dans les dimensions extraites démontre que la représentation des items est satisfaisante, toutes les valeurs dépassent 0, 5.