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ANALYSE DU SYSTEME BIO-MONITORING : PERSPECTIVE POUR UNE GOUVERNANCE ET UNE DURABILITÉ DE LA BIODIVERSITÉ D'IRANGI-BUSHEMA

Hamulonge Chikuru Jacques; Umba di M'balu Joachim; Pazo Dumbo Wabika; Balezi Zihalirwa; Mubalama Kakira Léonard; Buhendwa Alain; Mwanga Mwanga Milinganyo; Léjoly Jean; Kiswele Kaleme Prince; Lukombo Lukeba J.C.

Abstract

La présente étude porte sur le recensement et la classification des espèces animales et végétales de la Réserve d’Irangi-Bushema (forêts communautaires de Bushemma). Pour les espèces animales, l’échantillonnage a été fait par la méthode d’observation indirecte et l’interview. Au total 32 espèces ont été inventoriées soit 23 pour les petits mammifères et 19 pour les grands. Et pour la botanique, cinq transects tracés et 30 relevés effectués à Buhaire (Irangi-Bushema) ont permis d’inventorier 165 espèces de plantes vasculaires. Dans cette phytocènose, les arbres sont les plus dominants (40,49%), suivis des herbes vivaces (23,93%), suivies des Arbustes (14,11%), les lianes (10,43%) et les sous-arbustes (7,36%) sont les moins abondants. Les espèces de forêt primaire dominent avec 64,42%, suivies des espèces de forêt secondaire (26,99%), espèces rudérales qui (3,68%) et espèces cultivées (2,45%). Les espèces de galerie forestière et celles jachère sont les moins représentées avec 1,23% chacune. La dominance des espèces de forêt primaire montre que la forêt d’Irangi-Bushema est une phytocènose qui reflète un aspect naturel, bien que la présence des espèces cultivées montre un certain degré d’anthropisation de l’écosystème. De même, elle porte sur l’analyse d’occupation du sol entre 2020 et 2024, dont la superficie déboisée et dégradée était d’environ 15,68 % Il a été révélé qu’un taux annuel de 3,98 % du couvert forestier initial a été déboisé/dégradé, tandis qu’une moyenne de la forêt a été régénérée.

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Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) ISSN: 2958-8413 Vol. 3, No. 6, Décembre 2025 This is an open access article under the CC BY-NC-ND license. http://www.revue-irs.com 6980 ANALYSE DU SYSTEME BIO-MONITORING : PERSPECTIVE POUR UNE GOUVERNANCE ET UNE DURABILITÉ DE LA BIODIVERSITÉ D’IRANGI-BUSHEMA Hamulonge Chikuru Jacques1,2,6, Umba di M’balu Joachim1, Pazo Dumbo Wabika3, Balezi Zihalirwa4, Mubalama Kakira Léonard7, Buhendwa Alain3, Mwanga Mwanga Milinganyo3, Léjoly Jean1,5, Kiswele Kaleme Prince3, Lukombo Lukeba J.C.* 1 Université Pédagogique Nationale (UPN), B.P. 8815, Kinshasa-Ngaliema, avenue de la Libération 2 Institut Supérieur Pédagogique et Technique de Kinshasa (ISPT/Kinshasa), B.P. 3287 Kinshasa/Gombe, avenue de la Science n°5, Gombe 3 Centre de Recherche en Sciences Naturelles (CRSN-Lwiro), Katana, Lwiro, Sud Kivu. 4 Université Officielle de Bukavu (UOB), B.P. 570, Bukavu-Sud Kivu, avenue Karhale, commune de Kadutu 5 Université Libre des Bruxelles (ULB), B-1050, 50 Avenue Franklin Roosevelt, Belgique 6 Jeunesse pour la Protection de l’Environnement (JPE), avenue du gouvernorat, Quartier Ky, commune de Goma. 7 Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu (ISDR/Bukavu), B.P. 2849, Bukavu-Sud Kivu, avenue Bugabo 1, commune de Kadutu *A titre posthume Résumé La présente étude porte sur le recensement et la classification des espèces animales et végétales de la Réserve d’Irangi-Bushema (forêts communautaires de Bushemma). Pour les espèces animales, l’échantillonnage a été fait par la méthode d’observation indirecte et l’interview. Au total 32 espèces ont été inventoriées soit 23 pour les petits mammifères et 19 pour les grands. Et pour la botanique, cinq transects tracés et 30 relevés effectués à Buhaire (Irangi-Bushema) ont permis d’inventorier 165 espèces de plantes vasculaires. Dans cette phytocènose, les arbres sont les plus dominants (40,49%), suivis des herbes vivaces (23,93%), suivies des Arbustes (14,11%), les lianes (10,43%) et les sousarbustes (7,36%) sont les moins abondants. Les espèces de forêt primaire dominent avec 64,42%, suivies des espèces de forêt secondaire (26,99%), espèces rudérales qui (3,68%) et espèces cultivées (2,45%). Les espèces de galerie forestière et celles jachère sont les moins représentées avec 1,23% chacune. La dominance des espèces de forêt primaire montre que la forêt d’Irangi-Bushema est une phytocènose qui reflète un aspect naturel, bien que la présence des espèces cultivées montre un certain degré d’anthropisation de l’écosystème. De même, elle porte sur l’analyse d’occupation du sol entre 2020 et 2024, dont la superficie déboisée et dégradée était d’environ 15,68 % Il a été révélé qu’un taux annuel de 3,98 % du couvert forestier initial a été déboisé/dégradé, tandis qu’une moyenne de la forêt a été régénérée. Mots clés : Stratégie, durabilité, Conservation, forêt, Bio-monitoring, gouvernance, biodiversité et Bushema. Abstract This study focuses on the inventory and classification of animal and plant species in the Irangi-Bushema Reserve (Bushemma community forests). Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6981 For animal species, sampling was carried out using indirect observation and interviews. A total of 32 species were inventoried: 23 small mammals and 19 large mammals. For botany, five transects were established and 30 surveys were conducted in Buhaire (Irangi-Bushema), allowing for the inventory of 165 species of vascular plants. In this plant community, trees are the most dominant (40.49%), followed by perennial herbs (23.93%), shrubs (14.11%), lianas (10.43%), and subshrubs (7.36%) are the least abundant. Primary forest species dominate at 64.42%, followed by secondary forest species (26.99%), ruderal species (3.68%), and cultivated species (2.45%). Gallery forest and fallow species are the least represented, at 1.23% each. The dominance of primary forest species indicates that the Irangi-Bushema forest is a phytocoenosis reflecting a natural state, although the presence of cultivated species demonstrates a degree of human impact on the ecosystem. Similarly, the analysis of land use between 2020 and 2024 revealed that approximately 15.68% of the area was deforested and degraded. It was found that an annual rate of 3.98% of the initial forest cover was deforested/degraded, while an average of the forest was regenerated. Keywords: Strategy, sustainability, conservation, forest, biomonitoring, governance, biodiversity, and Bushema. Digital Object Identifier (DOI): https://doi.org/10.5281/zenodo.17814534 1 Introduction A partir de l‟année 1990, l‟Est de la République Démocratique du Congo a connu une série de conflits armés et d‟incertitudes politiques qui ont eu un impact négatif sur la gestion des ressources naturelles à l‟intérieur comme à l‟extérieur des aires protégées (Kalpers et Mushenzi, 2006; Crawford et Bernstein, 2008). Ce qui rappelle des questions de gouvernance et d‟utilisation des ressources naturelles dans les zones de conflit (Akama et al, 1996; Auty, 2004) ; pour lesquelles la plupart des ressources ont été dégradées ou surexploitées, entraînant leurs rareté et déplétion (Buug et Gates, 2002 ; Languy, 2006). Aujourd’hui, les conflits fonciers et environnementaux dans le monde sont à l‟origine de la dégradation de la biodiversité et affectent la gestion des ressources naturelles (forêts, eaux, énergies fossiles, terre, biodiversité, etc.) et suscitent des questions profondes liées à la gouvernance des ressources naturelles. En protégeant les écosystèmes, les habitats naturels et les services écosystémiques qu'ils fournissent, les APC agissent comme des solutions fondées sur la nature. Elles aident les gens à faire face aux impacts du changement climatique, aux risques pour la santé et aux catastrophes. Elles rentrent dans la logique du cadre mondial pour la biodiversité et mettent l'accent sur l'équité, la gouvernance. Ce qui renforce le rôle de l'État et des utilisateurs pour atteindre cet objectif d'ici 2030. En effet, L‟économie politique (EP) de l‟Est de la République Démocratique du Congo présente un secteur foncier rongé par des conflits dans le contexte d‟un pluralisme légal, du dualisme du système de pouvoir, des violences armées et d‟un système étatique faible. Le secteur étale une diversité des conflits entre les centres et les sources de pouvoir, d‟autorité et de ressources dont la balance ne peut qu‟engendrer plus des conflits et de disfonctionnement de l‟administration et politiques foncières. Lors de la guerre offensive qui était menée par la force patriotique rwandaise (FPR) ayant permis de libérer le Rwanda en juillet 1994, plusieurs milliers des personnes se sont réfugiées en République Démocratique du Congo en empruntant les sentiers et les pistes des Virunga, de Kahuzi-Biega et de la Maiko. Ces déplecements massifs du Rwanda vers l‟est de la RD Congo allaient être à l‟origine de l‟une des crises humanitaires les plus importantes du siècle et avoir un impact environnemental important sur les parcs nationaux des Virunga et de Kahuzi-Biega y compris les forêts adjacentes (Hamulonge, 2023). Baker et al. (2003) et Hamulonge, (2023) ont rapporté que depuis les années 1957, les conflits des terres, de pouvoir et de bonne gouvernance intercommunautaires, sont visibles en République Démocratique du Congo. De leur côté, Kalpers et Mushenzi, (2006) et Crawford et Bernstein, (2008), depuis le début des années 1990, l‟Est de la République Démocratique du Congo a connu une série de conflits armés et d‟incertitudes politiques qui ont impacté négativement la gestion des ressources naturelles à l‟intérieur comme à l‟extérieur des aires protégées. Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6982 Balagizi et al, (2011), affirment que les conséquences de la vulnérabilité alimentaire sont actuellement manifestées dans les ménages des zones forestières et font parties des causes des conflits sur les aires protégées. Cette controverse est renforcée par des facteurs politiques et socioéconomiques tels les conflits armés, la démographie croissante, la pauvreté et la faim, les inégalités sociales. Et, ces facteurs poussent les communautés riveraines à surexploiter les ressources et à aliéner les terres protégées (Gleditsch, 1998) et (Auty, 2004). D‟après OIBT (1990), la gestion durable des forêts (GDF) et l‟aménagement durable des forêts (ADF) consistent à trouver un équilibre entre les différentes utilisations de la forêt tout en assurant la continuité et l‟avenir du fonctionnement écologique et ceux de la fourniture des avantages et des fonctions; les ingrédients considérés comme essentiels sont les connaissances, leur application aux actes de la gestion forestière et le bilan continu des pratiques qui permettent d‟évaluer les résultats par rapport aux attentes (Juergen Blaser et CesarSabogal, 2011). Namara A. (2006) souligne que les Communautés locales et la gestion des aires protégées sont les deux choses qui doivent aller de pair. La participation des communautés à la GRN en Afrique de l‟Est a souvent été bien promue par les initiatives de gestion des aires protégées (APs). L‟écosystème de Bushema est en dégradation suite à une pression humaine qui menace sa biodiversité. Quelques espèces animales, surtout les animaux phares comme les éléphants et les gorilles, sont devenus rares. La déforestation entame 15 % de sa superficie. Les forêts de Bushema jouit d‟une partie de la réserve intégrale « Irangi ». N‟étant pas sous un régime assuré de sauvegarde, la forêt sert d‟extension de champs par la technique de la culture sur brûlis. En effet, Cette réserve comprend des forêts de basse altitude et celles de haute altitude, ce qui en ferait un lieu de brassage entre la faune de deux zones écologiques. Elle regorge d‟une biodiversité riche tant sur le plan de la faune que de l‟avifaune et de la flore. Signalons que Bushema est une partie du paysage MaikoTaynaKahuziBiega et où l‟homme exploite les ressources naturelles. Les forêts de Bushema sont constituées des forêts contiguës de la Maiko, Tayna et KahuziBiega. Elles ont été identifiées au cours des années 1947 et 1957 par le Centre de Recherche en Sciences Naturelles (ONG JPE, 2008). Les espèces animales et végétales sont en voie de disparition, pourtant elles demeurent riches et uniques en Afrique (Robert, 2009). Depuis les années 1996 à nos jours, les ressources naturelles de cette macro-zone sont exploitées illégalement par les communautés locales dont des archivesétaient pillées avaient disparues. Le mode de gestion initié par l‟Organisation Jeunesse pour la Protection de l‟Environnement (JPE) et ses partenaires Fond Mondial pour la Nature (WWF), CARPE-USAID, UNOPS, Conservation Internationale (CI), etc. est buté aux conflits fonciers orchestrés par les Rwandais migrés dans lesdites forêts. Bushenyula, et al, (2021), soulignent que pour comprendre la gestion des ressources naturelles dans un contexte de guerre à l‟Est de la RD. Congo, il faut avoir une brève compréhension des aires protégées, dont le PNKB, situé à l‟Est de la RD. Congo en l‟occurrence, et la manière dont les groupes armés ont participé à la dégradation des ressources naturelles dans ce parc. Dans les zones périurbaines, l‟exploitation des forêts est devenue une affaire de beaucoup de personnes qui perçoivent en l‟arbre une source des revenus au lieu d‟un support de vie, sans s‟apercevoir des dangers représentés par son exploitation irrationnelle (Balume et al, 2015). L‟article 45 du code forestier dispose que le domaine forestier est protégé contre toute forme de dégradation ou de destruction du fait notamment de l‟exploitation illicite, de la surexploitation, du surpâturage, des incendies et brulis ainsi que des défrichements et des déboisements abusifs… En effet, la dégradation et la réduction des forêts ont des conséquences énormes sur la faune, la flore et les communautés locales dépendant des forêts en République Démocratique du Congo. Par cette étude, nous avons mis un accent sur la spatialisation des sites à conflits, les facteurs et la sociogenèse des conflits que leurs conséquences économiques, écologiques, climatiques, sociales, et ceux pour la gouvernance des ZCB, les communautés victimes des mouvements armés et démographiques dans les forêts dans les cibles dudit projet de recherche. Existe-il des stratégies à entreprendre pour la durabilité des ZCB et des zones tampons dans le contexte du changement climatique ? Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6983 2 Matériels et méthodés 2.1 Milieu d’étude La figure 1 précise le milieu d’étude. Cependant, les forêts des communautés d’Irangi-Bushema sont gérées par les communautés de Tshiriba, Irangi, Kando, Bunyakiri, Lay lay. Walowa Lwanda. Ses coordonnées se trouvent entre 28°28’Est et 28°56’ E de longitude et 1°44’S et 2°4’S de latitude à l’Est de la République Démocratique du Congo, entre la collectivité de Buhavu, groupement de MUBUGU et ZIRALO (territoire de Kalehe, Province du Sud-Kivu et le groupement de Waloa-Luanda, territoire de Walikale, province du Nord-Kivu). C’est dans l’écorégion du Rift Albértin. Elle est traversée par les rivières Luhoho, Luka, Lowa et Lutungulu dans le Bassin du Congo. Figure 1. La carte de la Zone d’Irangi-Bushema Les activités de chasse et de piégeage sont menées, en plus des populations vivant à l‟intérieur, par des habitants des villages même éloignés. Par exemple, les pygmées qui viennent des villages Bushugushu et Busisa en Groupement de Ziralo vont chasser et piéger dans les forêts de Chinono. Il y en a parmi eux qui passent plusieurs jours dans la zone giboyeuse entre les rivières Lufufu et Katungulu Groupements Mubuku et Walowaluanda. Bushema est notre milieu d‟étude. Elle est localisée sur la longitude et latitude de 01° 53‟ S et 27° 28‟ E où se faisaient plusieurs recherches de mammifères, des Muridens des Kivugebietes (Congo), et Anophèles. (Rapport scientifique IRSAC, Rahm et Vermylen M, 1966). Le climat est du type tropical humide, avec une température moyenne de 19.5o C, la pluviométrie dépasse 1500 mm par an et permet de distinguer deux saisons dont une courte et sèche (Juin-Août) et une plus longue et humide (Septembre-Mai) avec une période de faible pluviométrie entre janvier et février (Kizungu, 2001). Bushema est une combinaison de la réserve d‟Irangi gérée par le Centre de Recherche en Sciences Naturelles de Lwiro (CRSN/Lwiro) anciennement appelée IRSAC/ Lwiro et les réserves communautaires de Bushema gérées par les coutumiers (communautés locales). 2.2 Matériels Pour bien mener cette étude, plusieurs matériels ont été utilises. Il s’agit de : - Piège à clapettes; - Filets japonais; - Pitfalls; - GPS; - Machettes; - Petits seaux ; Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6984 - Maitre ruban - Questionnaires d’enquêtes - Un pied à coulisse - Les logiciels QGIS 3.22.13 et ArcGIS version 2020 - SMARt - Le SCP - Google Earth Pro - Microsoft Excel 2016 - Ordinateur portable 2.3 Méthodes Cette étude repose sur la méthode documentaire, la méthode exploratoire et des interviews. Les techniques de collecte des données, d’inventaire et de la morphométrie sont utilisées. A l’aide de QGIS 3.22.13, la circonscription du secteur d’étude ou decoupage des images, correction géométrique des images ainsi que une analyse des données SIG et mise en page cartographique a été fait. Le SCP a aidé au téléchargement, à la visualisation, à la composition colorée en fausse couleur, et à la clasiification supervisée des images Landsat et criblage des classifications. La photo interprétation a été facilitée par le logiciel Google Earth Pro. La création des bases de données, les analyses statistiques et la représentation graphique des résultats d’évolution des surfaces de chasses d’occupation du sol sont réalisées à l’aide du logiciel Microsoft Excel 2016. La télémétrie est un ensemble des techniques qui permettent de collecter les informations sous forme des données statistiques et de les transmettre aux systèmes informatiques à distances. Nous avons, pour notre cas, télémétré les données climatiques à partir du Satellite NOAA. Les données de ce satellite sont disponibles sur le site GIOVANNI à partir du lien https://giovanni.gsfc.nasa.gov/giovanni/, consulté le 29 mars 2023. 3 Résultats 3.1 Forêts et biodiversité d’Irangi-Bushema Figure 2. Biologie du Bushema Source: Enquêtes sur terrain WWF/PCKB En 2009, les images satellitaires récentes montrent que la forêt de BushemaLutungulu est constituée de forêts primaires à 41 % et de forêts secondaires à 23 % (ONG JPE, 2009). La déforestation a déjà dégradé 15 % des forêts et les établissements humains (champs, jachères et maisons) occupent 21 % (WWF, 2009). La caractéristique Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6985 de cette forêt est qu’elle contient un certain nombre d‟espèces endémiques de l‟Est de la RD. Congo, comme par exemple Gorilla beringei graueri et Cercopithecus hamlyni (Mühlenberg et al, 1995) 3.2 Inventaire végétal et animal du Bushema En s’appuyant sur les résultats de nos prédecesseurs du point de vue botanique, 41 espèces supplémentaires sont trouvées. Les inventaires réalisés à Irangi et les périphériques de Bushema en décembre 2013 avaient renseigné 165 espèces de plantes sont vasculaires. Figure 3. Inventaire des taxas dans la forêt communautaire d’Irangi-Bushema Source: Enquêtes sur terrain Il ressort de cette figure que 41 espèces supplémentaires sont identifies dont Anchomanes sp. Calamus deertatus, Eremospatha haullevilleana, Costus afer, Ranealmia congolana, Dissotis autraniana, Beirnaertia yagambiensis, Oxyanthus formosus, Sabicea johnstonii, Sabicea dewevrei (Christiaensen, R., 1957) et Cissus diffusioflora. Acarologia (P. H. Vercammen-Grandjean, 1943), (Inventaires des plantes vasculaires de Bushema), (Wabika et al, 2013), et aujourd‟hui deux nouveaux Striga africains (Scrophulariaceae) sont identifiées à Irangi_Bushema (Raynal.A, 2022). Les arbres sont les plus dominants (40,49 %) ; ils sont suivis des herbes vivaces qui occupent 23,93 %, suivies des arbustes qui occupent 14,11 % ensuite viennent les lianes avec 10,43 %, suivies des sousarbustes avec 7,36 % dans cette phytocénose. 66 espèces de plantes mellifères appartenant à 55 genres et 18 familles. Les familles les plus représentées montrent que les Asteracea sont les plus dominants suivis des Fabaceae et puis les Lamiaceae. Le type morphologique ne montre aucune différence des plantes ligneuses sur les plantes herbacées, alors que les espèces de forêt secondaire et de jachère sont prédominantes. (Balezi, et al, 2013). Les tableaux suivants donnent les résultats des inventaires sur la faune, la flore et sur la surface terrière. Tableau 1. Grands mammifères de Bushema-Irangi N° Nom commun en français Nom scientifique Nom vernaculaire Evidence 01 Babouin doguera Papio anubus Nyani, Abula (Sw) Shooho (Tb) Vue peau au village Buhaire 02 Cercopithèque de Hamlun ou à tête de hibou Crecopithecus hamlyni Makaku (Sw) Nkima (Tb) Chasseur (Vue) 03 Cercopithèque de l’Hoest Crecopithecus l’hoesti Makaku (Sw) Mungembe (Tb) Chasseur (Vue) Cris Entendu Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6986 04 Cercopithèque tantale Crecopithecus (aethops) tantalus Tumbili (Sw) Ngendere (Tb) Chasseur (Vue) 05 Potto de Bosman Perodicticus potto ibeanus Kami (Sw) Chimbumbi (Tb) Chasseur (Vue) 06 Galago mignon sombre Galago matschiei Komba Miwani (Sw) Chasseur (Vue) 07 Poecilogale à nuque blanche Poecilogale albinucha Chororo (Sw) Mutoni (Tb) Chasseur (Vue) 08 Hyène tachetée Crocuta crocuta Nyangao ou Fisi (Sw) Ndende (Tb) Chasseur (Vue) 09 Loutre Aonyx sp Fisi maji (Sw) Nzibi (Tb) Chasseur (Vue) 10 Mangouste rouge Herpestes sanguinea Nguchiro (Sw) Kapekepeke (Tb) Chasseur (Vue) 11 Genette Genetta sp Kanu (Sw) Kabungulu (Tb) Chasseur (Vue) 12 Chat ganté Felis sylvestris Paka mwitu (Sw) Mbala (Tb) Chasseur (Vue) 13 Pangolin commun Phataginus tricuspis Kakakuona ya miti (Sw) Kamoho (Tb) Capturé vivant 14 Pangolin géant Smutsia gigantea Kakakuona kubwa (Sw) Kamoho (Tb) Chasseur (Vue) 15 Daman d’arbre Dendrohyrax arboreus Perere (Sw) Mubinga (Tb) Cris les soirs entendus 16 Potamochère Potamochoerus larvatus Nguruwe (Sw) Ngulube (Tb) Traces vues prés de Buhaire 17 Hylochère Hylochoerus meinertzhageni Senge, Nguruwe nyeusi (Sw) Chasseur (Vue) 18 Céphalophe Cephalophus sp Mbuluku (Sw) Ntentemera (Tb) Crottes vues prés de Buhaire 19 Sitatunga Tragelaphus spekei Nzohe (Sw) Fumbiri, Mubale (Tb) Chasseur (Vue) Légende : Sw=Swahili, Tb=Tembo, UICN=Union Internationale pour la Conservation de la Nature et en gras mammifères endémiques du Rift Albertin. Il ressort du tableau 1 que parmi les 19 espèces inventoriées dans le site de Bushema-Irangi, certains sont important pour la conservation. C’est le cas de ceux qui ont comme statut UICN Vulnérable et en danger d’extinction. Tableau 2. Petits mammifères de Bushema-Irangi N° Nom scientifique Nom vernaculaire Evidence 01 Praomys jacksoni Panya (Sw) Mukangala (Tb) Capturé 02 Hybomys lunaris Panya (Sw) T. Mukangala (Tb) Capturé 03 Hybomys sp Panya (Sw) Mukangala (Tb) Capturé 04 Hylomyscus sp Panya (Sw) Mulindi (Tb) Capturé 05 Oenomys hypoxanthus Panya (Sw) Mukangala (Tb) Capturé 06 Thamnomyss Panya (Sw) Mukangala (Tb) Capturé 07 Lophuromys aquilus Panya (Sw) Mukangala (Tb) Capturé 08 Cricetomys sp Panya (Sw) Mukeyi (Tb) Capturé par la population Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6987 09 Mus munisculoides Kaloto (Tb) Capturé 10 Mus triton Kaloto (Tb) Capturé 11 Rabdomys pumilio Panya (Sw) Mukangala (Tb) Capturé 12 Rattus Panya (Sw) Mulindi (Tb) Capturé 13 Rattus sp Panya (Sw) Mulindi (Tb) Capturé 14 Colomys goslingi Panya (Sw) Mukangala (Tb) Vue 15 Graphiurus murinus Panya (Sw) Vue 16 Athereruus africanus Njiko (Sw) Mukumbi (Tb) Vue 17 Anomalurus debrianus Muhare (Tb) Vue : Chasseur et Population 14 Paraxerus alexandri Kisindi (Tb) Vue 15 Funisciurus sp Kisindi (Tb) Vue 16 Crocidura olivieri Muhuhu (Tb) Vue 17 Crocidura sp Muhuhu (Tb) Vue 18 Thryonomys swinderianus Kikula matete (Sw) Nzibi (Tb) Chasseur (Vue) 18 Plerote anchietae Mukonde (Tb) Capturé vivant 19 Hippocideros cyclops Kautuutu (Tb) Capturé vivant 20 Casinycteris arginnis Mukonde (Tb) Capturé vivant 21 Stenonycteris lanosus Mukonde (Tb) Capturé vivant 22 Rousettus aegyptiacus Mukonde (Tb) Capturé vivant 23 Hypsignathus monstrosus Mutulama (Tb) Chasseur (Vue) Légende : Sw=Swahili, Tb=Tembo Le tableau 2 nous signale la présence de 23 espèces de petits mammifères dans notre aire d’étude. Beaucoup sont peu connues en ce qui concerne leur statut UICN. Tableau 3. Liste floristique des espèces récoltées FAMILLES Noms Scientifiques TM TH Acanthaceae Mimulopsis arboreus C.B.Clarke Arb FS Thomandersia laurifolia Baill. S-arb FP Amaranthaceae Achyranthes aspera L. Ha Rud Serichostachys scandes Gilg. et Lopr. L FS Anacardiaceae Pseudospondias microcarpa (A. Rich) Engl. A FP Sorindea multifoliata Van Der Veken A FP Annonaceae Annonidium mannii (Oliv) Engl. A FP Enneastemon schweinfurthii (Engl et Diels) Robyns et Ghesp. var. seretii (De Wild) Robyns et Ghesp. A FP Enneastemon seretii (Dewild)Robyns et Chesq A FP Friesodielsia enghiana (Diels) Verdcourt Arb FP Apiaceae Polyscias fulva (Hiern.)Harms A FS Polyscias kivuensis P. Bamps A FS Apocynaceae Alstonia boonei De Wild. A FS Landolfia owariensis P. Beauv. L FP Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6988 FAMILLES Noms Scientifiques TM TH Pleiocarpa pycnatha K. Schum. Arb FP Rawolfia vomitoria Arb FS Strophanthus preussii Engl. et Pax var. preussii L FP Tabernaemonta johnstoni (Stapf.)Pichon A FS Araceae Amorphophallus abyssinica Hv GF Amorphophallus sp. Hv GF Anubias Hv FP Culcasia sp Hv FS Araliaceae Schefflera goetzeni Harms L FP Arecaceae Elaeis guineensis Hv Cult Eremospatha sp Hv FP Mangobo Hv FP Rhapia sp Hv FP Asparagaceae Dracaena steudneri Engl Hv FP Dracaena laxissima Engl Hv Cult Aspleniaceae Asplenium unilaterale Lam. Hv FS Asteraceae Ageratum conyzoides L. Hv Jach Botriocline longipes Hv FS Emilia sp Ha Rud Mikania cordata Hv Jach Mikaniopsis scandens (L.) De Wild Arb FS Vernonia conferta Benth. Hv FP Balanophoraceae Thonningia sanguinea Vahl Ha Rud Baselaceae Impatiens congolana Ha FP Impatiensis burtoni Hooker f. Hv FP Begoniaceae Begonia ampla Hv FS Begonia meyeri-johanis Engl Hv FP Burseraceae Dacryodes edulis (G. Don) H.J. Lam Hv FS Celastraceae Maytenus arguta L FP Salacia bangalensis Vermoensen exR. Wilczek A FP Cercropiadaceae Musanga cercropioides R.Br A FP Chrysobalanaceae Parinari escelsa Sabine A FS Clusiaceae Garcinia kola Heckel A FP Garcinia ovalifolia Oliv A FP Garcinia polyantha Oliv. A FP Garcinia punctata Oliv A FP Lebrunia bushaie Staner. A FP Symphonia globulifera Lindl. A FP Harungana madascariensis A FP Combretaceae Combretum paniculatum Vent. A FS Commelinaceae Aneilema spekei C.B. Clarke Hv FP Palisota ambigua L FP Palisota hirsuta Hv FP Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6995 Nous avons inventorié 166 espèces de plantes reparties en 142 genres et 58 familles. Deux familles (Fabaceae et Euphorbiaceae) dominent avec 13 espèces chacune, suivies de la famille Rubiaceae (11 espèces), de la famille de Moraceae et de Meliaceae ( 8 espèces chacune). ). Le genre Garcinia domine avec quatre espèces, suivi du genre Alchornea et Trichilia qui a 3 espèces chacun. Le dicotylédones dominent, suivies de monocoylédones et enfin les Pterydophytes. La dégradation de la forêt de Bushema est visible. Figure 5. Evolution de l’occupation du sol entre 2000 et 2021dans la forêt communautaire d’Irangi-Bushema Source: Enquêtes sur terrain La forêt secondaire occupe de plus en plus de la surface au détriment de la forêt primaire. Les analyses renseignent que la forêt secondaire a avancé de 142,44 Km2 en 6 ans soit 23,74 Km2 par an. Tableau 6. Critique de l’occupation du sol de Bushema en 2024 Classes Superficies Pourcentage Forêt primaire 1060,4 81,96 Forêt secondaire 208,1 16,08 Agriculture 14,3 1,11 Nuages 7,8 0,60 Constructions 3,0 0,24 Eau 0,2 0,01 Total 1293,9 100 Partant de constat, on considère que la déforestation est un problème relevant de la responsabilité de la communauté internationale puisque les produits qui en sont à l’origine dans un lieu précis sont vendus et consommés dans le monde entier. Le recul de la forêt est manifeste. Au vu des cartes de végétation de la forêt BushemaLutungulu dressées sur base d’images satellites, les aménagements humains montrent une importante pression humaine sur la forêt. Le massif forestier est observable dans la partie de l’ancienne réserve d’Irangi et commence à devenir un couloir restreint dans la forêt de Chinono, vers les hauts plateaux de Kalehe. Le bois est à la fois une commodité commercialisée dans le pays et exportée, la majorité des essences feuillues tropicales d’Afrique centrale étant actuellement extraite des forêts naturelles et des concessions forestières (Nasi, Billand, et al, 2012) et (Wasseige et al., 2014). 5 Conclusion Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6996 Pour cette étude, les deux parties (haute et basse altitudes) de Bushema sont reliées par une zone de transition encore fonctionnelle (selon les dires des chefs coutumiers du milieu), car les animaux en provenance de la haute altitude du PNKB se brassent au niveau de la forêt de Chinono. Un tel lieu fonctionnel constitue un milieu vital pour éviter la consanguinité dans les espèces ; il est rare d’en trouver en Afrique subsaharienne (ICCN, 2000). Le Programme de travail (PdT) sur les aires protégées, qui englobe les activités sur la gouvernance, la participation, l’équité et le partage des bénéfices. Bref, après une analyse rationnelle des données de l’enquête menée sur Bushema, les résultats de celle-ci démontrent en suffisance la position affichée par la population riveraine de Bushema vis-à-vis du projet de conserver et de transformer la forêt de Bushema en forêt communautaire pour qu’elle soit objet de la conservation. Les résultats susmentionnés sont les fruits d’un bref inventaire relatif aux grands et petits mammifères dans une partie de la Réserve Communautaire de Bushema-Irangi. Après avoir analysé ces données, nous pouvons déclarer sans crainte d’être contrédit que la région de Bushema-Irangi est un écosystème très riche en biodiversité surtout terrestre mais aussi aquatique. C’est ainsi que d’autres aspects comme le gradient altitudinal ainsi que certains endroits aux environs de notre zone de prospection dans les basses altitudes nécessitent plusieurs expéditions biologiques et dans toutes les saisons. Nous recommandons a) Que les prochains inventaires se s’effectuent dans ce milieu pendant les deux saisons. b) Il s’avère très important d’exécuter les études génétiques se fassent dans le but de confirmer l’identification actuelle ou de décrire de nouvelles espèces jusque-là inconnu. c) D’accentuer les séances d’éducation environnementale en vue d’informer les populations locales sur les bienfaits de la conservation durable et l’exploitation rationnelles des ressources naturelles. 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