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Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) ISSN: 2958-8413 Vol. 3, No. 6, Décembre 2025 This is an open access article under the CC BY-NC-ND license. http://www.revue-irs.com 6873 Evaluation des méthodes de peuplement des ruches utilisées par les apiculteurs de l’axe routier Manterne – Lemba autour de Luki au Kongo Central en République Démocratique du Congo Muanda Solo E.1,3, Chikez Akon J.1, Ibanda Kasongo B.2,3 1 Université Loyola du Congo (ULC), 7 avenue Père Boka, B.P. 3724/Kinshasa-Gombe 2 Université Pédagogique Nationale (UPN), B.P. 8815/Kinshasa-Ngaliema 3 Association Congolaise d’Agroforesterie (ACAF), 40 Avenue Liberté, Quartier Salongo, Commune de Limete, Kinshasa/RD Congo Résumé L’apiculture est l’une des formes d’agriculture durable, car elle participe au maintien d’un bon équilibre de la biodiversité. Comme le témoigne les apiculteurs, grâce à cette activité, ils ont un revenu significatif qui contribue à la survie de leurs ménages. Cette activité est aussi très compatible avec les alternatives de protection de l’environnement. La zone de l’axe Manterne - Lemba étant une anthropisée, connait une destruction de la Réserve de Biosphère de Luki. L’apiculture est bien indiquée et son intérêt est croissant de la part des communautés riveraines de cette réserve. Ainsi, une enquête a été réalisée auprès de 20 exploitants apicoles sur l’axe Manterne – Lemba. Les résultats obtenus attestent que l’apiculture est bien adoptée par ces exploitants même si les femmes sont moins attirées par cette activité. Il ressort de ces résultats que plusieurs techniques de peuplement des ruches sont utilisées par les apiculteurs de la zone. Mais la technique de piégeage est la plus adoptée par les apiculteurs de ce coin. Les solutions ont été proposées, dont l’amélioration des substances attractives et du recours à l’élevage des reines pour la production des essaims afin d’aider à vite peupler les ruches. Mots clés : Méthodes de peuplement des ruches, ruche la grande, Manterne – Lemba et Kongo central Abstract Beekeeping is a form of sustainable agriculture because it contributes to maintaining a healthy balance of biodiversity. As beekeepers attest, this activity provides them with a significant income that contributes to their household survival. This activity is also highly compatible with environmental protection alternatives. The Manterne-Lemba area, being heavily impacted by human activity, is experiencing the destruction of the Luki Biosphere Reserve. Beekeeping is a well-suited solution, and its appeal is growing among the communities living near this reserve. Therefore, a survey was conducted with 20 beekeepers along the Manterne-Lemba axis. The results show that beekeeping is widely adopted by these beekeepers, although women are less drawn to this activity. These results indicate that several hive stocking techniques are used by beekeepers in the area. But trapping is the most widely used technique among beekeepers in this area. Solutions have been proposed, including improving attractants and using queen rearing to produce swarms in order to help quickly populate hives. Keywords: Hive populating methods, large hive, Manterne – Lemba and Kongo Central Digital Object Identifier (DOI): https://doi.org/10.5281/zenodo.18015280
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6874 1 Introduction L’apiculture est l’une des formes d’agriculture durable qui participe au maintien d’un bon équilibre de la biodiversité. Par ailleurs, elle est aussi une des raisons économiques de préservation des milieux naturels (Paterson, 2006 cité par Muanda, 2014). Plusieurs personnes commencent à s’intéresser à l’élevage des abeilles à la suite des témoignages de ceux qui les pratiquent, mais aussi parce qu’il y a certaines organisations tant locales qu’internationales qui ont mis l’accent sur la vulgarisation et l’accompagnement. C’est le cas de la République Démocratique du Congo et particulièrement dans la province du Kongo central et celle du Lualaba. Beaucoup d’ONG ont inscrit l’apiculture sur la liste des activités appuyées et accompagnées dans les communautés autour de la réserve de biosphère de Luki, c’est le cas de WWF et d’ULB-Coopération. Certains apiculteurs sont formés par leurs pairs apiculteurs ayant plus de la maîtrise. Ils jouent le rôle d’apiculteurs relais pour soutenir les autres. Ces apiculteurs semi-modernes pratiquent généralement l’apiculture avec d’autres activités connexes dont l’agriculture, l’artisanat, et d’autres spéculations d’élevage. Le miel produit est aussi de type multifloral (Vunzi, 2018). Comme le témoigne les pratiquants, grâce à cette activité, ils ont un revenu significatif qui contribue à la survie de leurs ménages. Cette activité est aussi très compatible avec les alternatives de protection de l’environnement. La zone de l’axe Manterne – Lemba, étant une des zones anthropique, qui détruit la Réserve de Biosphère de Luki, l’apiculture est bien indiquée et son intérêt est croissant de la part des communautés riveraines de cette réserve. Voilà pourquoi elle est comptée comme une activité alternative aux problèmes qui détruisent l’environnement. Les apiculteurs réunis en association paysanne sont renforcés en capacité de structuration et de production. Il y a d’autres qui travaillent individuellement. Cependant, cette activité fait face à des défis majeurs liés à la rareté des colonies, notamment par la désertion des colonies, les difficultés d’obtention des essaims au moment d’installation des nouveaux ruchers. Ces faits compromettent la rentabilité des exploitations et la pérennité de l’activité apicole. Plusieurs initiatives ont été mises en place pour améliorer la gestion des ruches, notamment à travers des projets de ruchers concentrés qui permettent une meilleure sécurisation des colonies et un apprentissage collectif (Diyazola, 2020). Mubanga (2021) signale une recrudescence des cas de désertion et des faiblesses des colonies observées par les apiculteurs en défaveur du développement de l’apiculture dans la zone de Mbanza Ngungu. Les mêmes observations sont faites par les apiculteurs installés dans l’axe de Manterne – Lemba, autour de la Réserve de Biosphère de Luki. Dans d’autres pays où l’industrie apicole est développée dans toute sa chaîne de valeur, on recourt à plusieurs techniques modernes pour rendre l’activité apicole plus rentable et plus compétitive au-delà des défis climatiques. C’est le cas de la Zambie, du Rwanda et d’autres pays qui ont développé l’élevage des reines pour la multiplication des colonies. Dans les pratiques apicoles, les apiculteurs du Kongo Central en général et de l’axe Manterne - Lemba en particulier, sont obligés de fournir des efforts de peupler leurs ruches. Pour ce faire, ils recourent à plusieurs méthodes de peuplement pour avoir des abeilles dans leurs ruches et au moment indiqué. Il est donc essentiel d’évaluer les performances de ces différentes méthodes utilisées par ces apiculteurs afin d’identifier les meilleures pratiques dans la vision de la durabilité afin de proposer des améliorations et des alternatives possibles pour cette région du Kongo Central. 2 Matériel et Méthode 2.1 Milieu d’étude La zone d’étude est localisée à cheval entre deux territoires, à savoir le territoire de Muanda et le territoire de Lukula, en périphérie de la réserve de biosphère de Luki (figure 1).
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6875 Figure 1. Localisation de la zone d'étude sur la carte administrative du Kongo Central Source : https://gifex.com/fr/wp-content/uploads/2390/Carte-des-subdivisions-du-Kongo-Central.png consulté le 19 août 2025 à 12h40 Les enquêtes de la présente étude se sont déroulées en République Démocratique du Congo, dans la province du Kongo Central, autour de la Réserve de Biosphère de Luki, précisément sur l’axe Manterne et Lemba, reliant les deux territoires : Muanda et Lukula. La Réserve de la Biosphère de Luki dans le Kongo Central bénéficie d’un climat tropical humide du type AW3 de la classification de Köppen. Située à une altitude variant entre 150 à 500 mètre au-dessus de la mer, la Réserve de Biosphère de Luki est formée de collines, de vallées et des hautes ou basses terres qu’arpentent des cours d’eau : Ntosi, Monzi, Lukunga (Diyazola, 2020). 2.2 Matériels utilisés Pour réaliser cette étude, il y a eu recourt à plusieurs outils parmi lesquels : - Stylos ; - Un bloc-notes ; - Les questionnaires d’enquêtes ; - Une rame des papiers ; - Un ordinateur. 2.3 Méthodologie La réalisation de cette étude s’est appuyée sur la méthode inductive. Cette dernière a aidé à décrire les phénomènes, notamment le milieu, en puisant les données dans les documents écrits au travers de l’application de la technique documentaire et de la technique de l’interview. 2.3.1 Population visée et échantillon Le tableau ci-dessous présente la population cible.
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6876 Tableau 1. Population visée et échantillonnage Sites Effectifs % Kayikualunga 1 5,0 Kayikualunga 1 1 5,0 Kinkudu 1 5,0 Kinsundi Lemba 3 15 Km 28 1 5,0 Madiadia 2 10 Mangala 4 20 Manterne 2 10 Mikondo 1 5 Minkondo 2 1 5 Tsumba Kituti 3 15 Total 20 100 Le travail de collecte des données a eu lieu du 15 juin au 16 juillet 2025 dans la province du Kongo Central. L’échantillon est constitué des apiculteurs dont la majorité appartienne aux différentes associations apicoles se trouvant sur l’axe Manterne - Lemba. 2.3.2 Analyse des données L’observation directe a permis de se faire un jugement propre sur certaines réalités des apiculteurs de l’axe Manterne – Lemba afin de mieux verifier certaines affirmations émises par les paysans au cours de l’enquête. Le dépouillement du questionnaire et la presentation des données sous forme de tanleaux se sont faits à l’aide des logiciels Word et Excel de Microsoft Office 2013. Le traitement et l’analyse statistiques des données se sont faits avec les logiciels SPSS Statistics 20 et Excel. Des calculs de Khi carré de Pearson ont été effectués entre certains paramètres et des analyses de correlation ont été faites entre le nombre des ruches et la production du miel. 3 Présentation des résultats 3.1 Résultats des analyses uni-variées 3.1.1 Données socio-professionnelles Sur le 100% des répondants, les hommes représentent 85% et les femmes 15%. 45% des enquêtés ont l’âge compris entre 61-80 ans, 30% ont 30 à 45 ans et 25% ont entre 45 à 60 ans. Du point instruction, 60% ont le niveau secondaire ; 30% n’ont fait que les études primaires et seuls 10% ont fait des études universitaires. 90% des apiculteurs ayant répondu à cette enquête sont membres des associations apicoles contre 10% qui sont des apicoles indépendants. Il est important de noter que le nombre de ruches utilisées dépend de chaque apiculteur et varie entre 6, le nombre le plus bas et 83, le nombre le plus élevé. Tous les répondants utilisent la ruche de type La grande.
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6877 Légende : Anciennet = Ancienneté dans l’apiculture Figure 2. Histogramme sur l’ancienneté dans le métier d'apiculteur Il est consigné dans l’histogramme ci-haut que la moyenne de l’ancienneté dans le travail de l’apiculture est de 8,95 ans. Et l’ancienneté varie entre 2 ans à 25 ans. 3.1.2 Données économico-techniques Dans la figure ci-après est représenté les techniques de peuplement des ruches que les apiculteurs utilisent. Figure 3. Techniques de peuplement des ruches utilisées S’agissant des différentes techniques de peuplement des ruches, il ressort de la figure ci-haut que nos répondants connaissent 4 techniques mais seulement 3 sont utilisées. Il s’agit de : 12 11 18 0 89 2 20 0 5 10 15 20 25 Piegeage Capture colonie Transfert colonies Achat essaim Fréquence Techniques de peuplement des ruches utilisées Oui Non
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6878 - Le piégeage ; - La capture de colonies ; - Le transfert de colonies. Dans la figure ci-après est représenté les différentes motivations sur l’adoption des différentes techniques de peuplement de ruches adoptées par les apiculteurs enquêtés. Figure 4. Motivations de choix de différentes techniques par les enquêtés La figure 4 donne les différentes motivations ayant poussé aux différents choix de différentes techniques. Il s’agit de : - Facilité d’accès ; - Taux de réussite élevé ; - Coût réduit - Conseils d’un formateur et - Conseil des apiculteurs. Les résultats sur le taux de réussite de peuplement sont représentés dans le tableau 2 suivant. Tableau 2. Différents taux de réussite de peuplement Taux réussite Effectifs Pourcentage valide Pourcentage cumulé 0-30 1 5,0 5,0 30-60 4 20,0 25,0 60-70 3 15,0 40,0 60-90 6 30,0 70,0 90-100 6 30,0 100,0 Total 20 100,0 Il ressort du tableau 2 que les taux de réussite de 60 à 90 et 90 à 100 ont le pourcentage le plus élevé, soit 30% chacun. Le pourcentage le moins élevé est celui du taux de 0 à 30 avec 5%. Après peuplement, les apiculteurs connaissent une certaine perte de colonie. Les causes de cette perte sont représentées dans la figure 5 suivante. 0 5 10 15 20 Facilité d'accès Taux de réussite élevé Coût réduit Conseils d'un formateur Conseil des Apiculteurs Fréquence Différents choix Motivations du choix de différentes techniques Oui Non
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6879 Figure 5. Causes de pertes fréquentes après peuplement des ruches Il ressort de cette figure que les causes des pertes de peuplement sont : - Attaque de prédateurs avec la plus grande probabilité ; - Manque de floraison ; - Mauvaises manipulations ; - Perturbation de saison de récolte. Les résultats sur les techniques de peuplement les plus productives sont consignées dans la figure 6 : Figure 6. Technique de peuplement la plus productive Il ressort de cette figure que les apiculteurs utilisent en priorité la technique de piégeage pour peupler leurs ruches. Néanmoins, d’autres utilisent de moins en moins la technique de capture pour afin de procéder au transfert après capture. Enfin, une infirme partie des apiculteurs recourt aux divisions des colonies ou l’essaimage artificiel. Les quantités de miel produit pour une saison par les enquêtés sont reprises dans l’histogramme suivant. 13 3 1 3 7 17 19 17 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 Attaque Prédateurs Manque de Floraison Mauvaises manipulations Perturbation de saison récolte Fréquence Causes Causes des pertes fréquentes après peuplement Oui Non 0 10 20 Piégeage des colonies Transfert colonies Division des colonies Fréquence Technique des peuplements Technique de peuplement la plus productive Oui Non
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6880 Figure 7. Histogramme sur la production du miel par les enquêtés Il ressort de la figure 7 que la quantité du miel produit varie entre 50 à 200 litres. La plus grande partie des enquêtés produisent 50 litres de miel par saison. La production moyenne de miel est de 82,05 litres par saison. Concernant les prix de vente de miel, l’histogramme suivant donne les différents prix de vente de miel. Figure 8. Histogramme sur le prix de la vente de 1 litre de miel par les enquêtés Tous les enquêtés vendent le miel qu’ils produisent dont le prix le plus bas est de 15000Fc le litre. Et le prix le plus élevé est de 25000Fc. Le prix moyen est 17475Fc le litre.
Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) - ISSN : 2958-8413 http://www.revue-irs.com 6881 Le tableau ci-après représente le taux d’affectation des revenus apicoles dans la vie du ménage. Tableau 3. Répartition des enquêtés selon le taux d'affectation de leur revenu apicole % de revenu Effectifs Pourcentage Valide 25-50 9 45,0 25-75 1 5,0 50-75 4 20,0 75-90 6 30,0 Total 20 100,0 Il ressort de ce tableau que la plus grande affectation des revenus apicoles est de l’ordre de 25 à 50% (45%) suivie de 75 à 90% (30%). Et ensuite vient celle de 50 à 75% (25%). Les apiculteurs reconnaissent quelques activités qui ne sont pas favorables à l’environnement et moins encore de nature à favoriser le développement et la productivité de l’apiculture. La figure suivante présente ces activités énumérées par les enquêtés. Figure 9. Techniques de peuplement nuisibles à l'environnement Parmi les activités nuisibles de l’environnement figure au premier plan l’abattage des arbres suivi de la coupe des arbres et enfin le déplacement provoqué ou sabotage des colonies par les inconnus. La figure suivante donne les avis des apiculteurs sur quelques améliorations attendues pour optimiser le peuplement. Figure 10. Améliorations et recommandations pour optimiser le peuplement 3 12 1 17 8 19 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 Coupe des arbres Abattage des arbres Déplacement des colonies Fréquence Techniques Techniques de peuplement nuisibles à l'environnement Oui Non 0 5 10 15 20 Formation Technique Meilleure Gestion des Floraisons Reboisement Appui matériel 12 3 3 1 8 17 17 19 Fréquence Améliorations et recommandations Améliorations et recommandations pour optimiser le peuplement Oui Non