scieee AI-readable full text Open interactive document viewer

Mammifères

d'Orbigny, Alcide; Gervais, Paul

Abstract

(Uploaded by Plazi for the Bat Literature Project) No abstract provided.

Full text

VOYAGE DANS L’AMÉRIQUE MÉRIDIONALE (UE BRÉSIL., UA RÉPUBLIQUE ORIENTALE DE L’URUGUAY, LA RÉPUBLIQUE ARGENTINE, LA PATAGONIE, LA RÉPUBLIQUE DU CHILI, LA RÉPUBLIQUE DE BOLIVIA, LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU), EXÉCUTÉ PENDANT LES ANNÉES 1826, 1827, 1828, 1829, 1830, 1831, 1832 ET 1833, PAR Œ>»®mæa®inr» DOCTEUR ES SCIENCES NATURELLES DE LA FACULTE DE PARIS ;CHEVALIER DE l’ûRDRE ROYAL DE LA LEGION d’hONNEUR , DE L’ORDRE DE S. WLADIMIR DE RUSSIE, DE LA COURONNE DE FER D’AUTRICHE; OFFICIER DE LA LEGION D’HONNEUR bolivienne; membre des sociétés philomathique, de géologie, de géographie et d’ethnologie de paris; membre HONORAIRE DE LA SOCIÉTÉ GÉOLOGIQUE DE LONDRES; MEMBRE DES ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES DE TURIN, DE MADRID, DE MOSCOU, DE PHILADELPHIE, DE RATISBONNE ,DE MONTEVIDEO, DE BORDEAUX, DE NORMANDIE, DE LA ROCHELLE, DE SAINTES ,DE BLOIS ,ETC. ;AUTEUR DE LA PALÉONTOLOGIE FRANÇAISE ,ETC. et publié sous le© au0piee0 be M. le Minx&tve be PJrafruetion publique (commencé sous le ministère de M. Guizot). TOME QUATRIÈME. 2:Partie ;MAMMIFÈRES. PARIS, CHEZ P. BERTRAND, ÉDITEUR, liibraire de la Société géologique de France , RUE SAINTANDRÉ -DES-ARCS ,65. STRASBOURG, CHEZ V.eLEVRAULT, RUE DES JUIFS ,33. M. ALCIDE DORBIGNY, ET M. PAUL GERYAIS, PROFESSEUR DE ZOOLOGIE ALA FACULTÉ DES SCIENCES DE MONTPELLIER, 1847. NOTA Les planches 1,1Í et II tó des Mammifères, ayant rapport aux races américaines, ont été citées dans le tome IV, 1." partie, intitulée L’Homme américain. Les planches Vil et XIX n’ont pas été publiées et ne doivent pas l’être. AVERTISSEMENT. Durant mon voyage en Amérique (de 1826 à1835) j’ai recueilli de nombreuses observations sur les mammifères de toutes les régions que j’ai successivement visitées, dans le but de donner une suite de considérations relatives aux limites d’habitation, en latitude et en élévation sur les montagnes, de chaque espèce en particulier, et d’arriver ainsi àdes lois générales. J’ai de plus réuni une foule de documens sur les mœurs, sur les habitudes de chacun de ces animaux, de manière àdéfinir quelle est l’influence de la configuration orographique et de la composition phytographique et zoologique de toutes les zones d’habitation, sur leur répartition àla surface de l’Amérique méridionale. Depuis mon retour (de 1834 à1846) ,obligé de faire marcher de front , presque seul ,les diverses parties dont se compose ma vaste publication ,les mammifères se sont trouvés par hasard réservés en dernier. J’avais l’intention de leur donner le développement convenable, en rapport avec leur importance réelle; mais comme je me trouve aujourd’hui forcé de changer de cadre et de rester en des limites très -restreintes, je n’ai plus de place pour les traiter suivant mes désirs. Je me résigne donc, aidé du savant concours de M. Paul Gervais, si versé dans l’étude mammologique, àindiquer seulement une petite partie des espèces que j’ai déposées au Muséum d’histoire naturelle de Paris, et sur lesquelles jai des notes bien plus etendues. J’espère que ces matériaux, obtenus au prix de tant de fatigues, ne seront pas perdus pour la science, et qu’ils feront, quelque jour, l’objet d’un travail plus complet. Paris, ce 10 janvier 1847. ALCIDE D’ORBIGNY. Grâce aux recherches aussi actives qu’éclairées des nombreux naturalistes voyageurs qui ont parcouru l’Amérique méridionale dans ces dernières années, ou qui ont visité les principaux points de son littoral, les productions de cette vaste région sont aujourd’hui bien mieux connues. Les differens musées de l’Europe ont pu se les procurer; les mammalogistes les yont étudiées avec soin et comparativement, et des publications spéciales leur ont également été consacrées soit dans les récits des voyageurs, soit dans les recueils des académies savantes ou dans les principaux journaux zoologiques. Cette abon- dance de récoltes et les publications aussi nombreuses qu’intéressantes qui en ont été le résultat ,ont contribué d’une manière remarquable aux progrès de la mammalogie. Nous nous en félicitons avec tous les naturalistes, bien qu’elles réduisent de beaucoup la part des découvertes qui nous était réservée, et qu’il ne nous reste plus qu’à glaner là où nous aurions pu moissonner aisément. En effet, la plupart des mammifères d’espèces entièrement nouvelles, que M. d’Orbigny avait recueillies avec peine et envoyées ou rapportées en Europe depuis \826 jusqu’en \855 ', ont été depuis lors découvertes et décrites par d’autres observateurs. Beaucoup d’entre elles, celles surtout de l’ordre des Rongeurs, sont actuellement vulgaires dans les collections et même dans le commerce. Bennett, MM. Isid. Geoffroy, J. E. Gray, Waterhouse, Wagner, Tschudi et plusieurs autres savans mammalogistes, ont trop bien fait connaître les mammifères de l’Amérique méridionale pour que nous regrettions le retard que des circonstances indépendantes de notre volonté ont apporté dans cette partie de la présente publication. Après la faune australasienne et presque autant qu’elle, la faune mammalogique de l’Amérique méridionale est le meilleur exemple que l’on puisse citer àl’appui des grandes lois que le génie de Buffon aentrevues dans la répartition géographique des animaux, lois que les découvertes récentes des zoologistes et celles des paléontologistes ont si heureusement formulées. Nonseulement elle nous montre un ensemble d’espèces qu’on ne retrouve point ailleurs, mais aussi des genres et même des familles qui lui sont tout-à-fait propres. Ce qu’une étude plus analytique et plus difficile peut seule montrer dans les diverses faunes de l’ancien monde et de l’Amérique septentrionale réunis, un premier coup d’œil peut le faire voir ici. Ajoutons que dans l’Amérique méridionale comme dans l’Australasie et même dans l’ancien monde la faune paléontologique relève elle-même des mêmes lois que la faune actuelle. Ce sont des espèces particulières qu’elle nous montre, mais ces espèces appartiennent pour la plupart aux mêmes genres et aux mêmes familles qui caractérisent aujourd’hui l’Amérique méridionale. Ce fait, non moins important que le premier, résulte clairement des travaux de Cuvier et de ceux de MM. de Blainville, Lund, Owen, Claussen, etc. Décembre 1846. PAUL GERYAïS. î. Quelques-unes ont été indiquées dans le Rapport fait àl’Académie en 1834 et imprimé dans le tome IV des Nouvelles Annales du Muséum de Paris. .-- % VOYAGE DANS L’AMÉRIQUE MÉRIDIONALE. vVVVVVVVVVVVm/lV^UVVaVVXVVl^VXVVVVVV^VWU^m/V^VVVVVVVlAt/VWVVViWU^VWVat/lAA/m'm/l^VtVVtVVWVVVVA^l^VVWm^VWlVVlVVlAA/VVVVX^VXVVXVUVVVVVA'VVXV MAMMIFÈRES. ORDRE DES QUADRUMANES. Le nombre des quadrumanes américains s’est beaucoup accru dans ces Mammiderniers temps; mais, quoique ces animaux forment plusieurs genres trèsleres ' bien caractérisés, tous sont de la même famille, et cette famille peut être aisément distinguée de celle des singes de l’ancien monde ou des lémuriens. Nous renverrons pour son histoire aux travaux des mammalogistes et en partictdier àceux de Spix et de MM. Etienne et Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, nous contentant de parler ici de quelques espèces seulement. STENTOR STRAMINEUS. Simia straminea ,Humb. ,Recueil d’obsere. ,t. I, p. 355; Stentor stramineus, Et. Geoffr., Ann. du Mus. d’hist. nat. de Paris, t. XIX, p. 108; Mycetes stramineus, Desmarest , Mammalogie, p. 78; Spix, Sim. brasil., p. 45, pl. 31. Hab. Tout le centre du continent méridional, principalement dans les provinces de Santa-Cruz, de Chiquitos et de Moxos, en Rolivia. CERES FULVUS, var. PI. III. Cebus flavus? Et. Geoffr. ,Ann. du Mus. d’hist. nat. de Paris, t. XIX, p. 112; J. B. Fischer, Syn. mamm., p. 49; Cebus fulvus, Desm., Mammalogie , p. 83. Nous avons rencontré cette variété dans les grandes forêts qui avoisinent la ville de Santa-Cruz de la Sierra, république de Bolivia. AV* Mamm. 2 (10 ) Mammifères. SAIMIRIS ENTOMOPHAGUS. PI. IV. Sous le nom de Callitkrix entomophagus d’Orb., 1836. Callithrix boliviensis, Nom. Ann. du Mus. d’hist. nat. de Paris , t. III, p. 89; Saitniris entotnophagus, Is. Geoffr. Saint-Hilaire, Voyage de la Vénus, Mamm. , p. 99; Chrysothrix entomophagus , André Wagner, Ann. and Mag. of nat. hist., t. XII, p. 42. Espèce voisine du Saïmiri (Cebus sciureus des auteurs) ,mais néanmoins très-facile à en distinguer. Elle est en général fauve, avec des teintes verdâtres sur le dos, la gorge blanchâtre, les lèvres, la calotte et le bout de la queue noirs. Ses formes sont grêles et gracieuses, comme celles du Saïmiri, mais sa queue est un peu plus longue; les poils sont annelés de fauve et de noirâtre sur une grande partie du corps; les avant-bras, les mains et les pieds sont fauve doré. Cette espèce habite toutes les grandes forêts chaudes et humides du centre de l’Amérique méi’idionale. Nous l’avons en effet rencontrée successivement dans les provinces de Chiquitos ,de Moxos et de Sanla-Cruz de la Sierra (république de Bolivia). Elle voyage en grandes troupes, et se nourrit principalement d’insectes orthoptères et d’araignées. CALLITHRIX DONACOPHILUS. PL Y. Sous le nom de Callithrix donacophilus , d’Orb., 1836. Isid. Geoffroy SaintHilaire, Voyage de la Vénus ,Mamm., p. 99. La face est nue, noirâtre, tout le corps gris-roux, plus foncé sur la tête et le ventre. La queue est gris-brun. Le poil du corps est annelé de noir, de blanc et de roux, celui de la queue est d’une seule teinte. Nous avons rencontré cette espèce dans les bois et parmi les roseaux qui bordent les rivières de la province de Moxos, dans la république de Bolivia. Elle est très-craintive et vit ordinairement par paires. ORPHE DES CHEIROPTERES» Les Chéiroptères sont nombreux dans l’Amérique, ainsi que dans les autres parties du monde. Beaucoup de leurs espèces sud-américaines se rapportent à des genres qu’on ne retrouve point ailleurs et qui sont, comme les Sapajous, caractéristiques de cette grande région zoologique. Tels sont les Phyllostomes, les Stenodermes , tels que les définit M. de Blainville, les Desmodes ,les Glossophages et les Noctilions. Les autres appartiennent aux deux grandes familles des Molosses et des Vespertilions , familles qui paraissent être cosmopolites. On remarque parmi les Vespertilions des Nycticées du sous-genre Lasiure et des espèces de presque tous les autres groupes connus dans l’ancien monde. L’Amérique, même dans ses parties méridionales, n’a fourni aucune espèce de la famille des Roussettes, ni de celle des Rhinolophes. (H) LOPHOSTOMA SYLV1COLUM. PI. YI. Sous le nom de Lopkostoma sylvicolum , d’Orb., 1836. Animal du même groupe que les Phyllostomes proprement dits, c’est-à-dire voisin par son système dentaire insectivore des Phyllostoma spectrum et vampirus , et différent au contraire des Stenodermes, Blainv., dont les molaires sont plus frugivores. Le crâne est suballongé, ainsi que les mâchoires, et celles-ci ont cinq paires de molaires supérieurement et six inférieurement, les deux antérieures les plus petites. Le nez est surmonté d’une feuille simple hastiforme. Les oreilles sont grandes, en cornet élevé et garnies intérieurement d’un oreillon échancré àsa base interne. La queue est beaucoup plus courte que la membrane interfémorale qui est au contraire ample et descend au niveau des ongles ;sa dernière vertèbre est libre àla face supérieure de la membrane; les éperons qui soutiennent la membrane sont assez forts, mais de peu d’étendue. Le corps est couvert de poils doux et assez longs ,surtout en dessus. Leur couleur est gris de souris brun en dessus et sur la tête, cendrée en dessous avec la région du cou un peu plus claire. Les poils de la face sont courts et bruns. Voici les dimensions de ce cheiroptère : Corps et tête 0,090. Éperons 0,017. Queue seule 0,013. Avant-bras 0,055. Membrane interfémorale 0,040. Envergure 0,350. Le groupe des Lopkostoma ,d’Orb., proposé pour cette seule espèce devra être placé parmi les Phyllostomes proprement dits (genres Sturnira et Vampirus , J. E. Gray). L’espèce type est des grandes forêts qui bordent le pied oriental de la Cordillère bolivienne, au pays des sauvages Yuracarès. Elle attaque souvent les personnes endormies en plein air. DESMODUS RUFUS. PI. VIII. Sous le nom de Edostoma cinerea, d’Orb., 1836. Desmodus rufus, Maximilien, Beitràge, II, p. 233. J. B. Fischer, Synopsis mammalium , p. 140. De Blainville, Ostèographie ,Fascicule des Chéiroptères , p. 16, etc.; pl. 7, ele. Cette singulière espèce de chauve-souris n’était que fort incomplètement connue, lorsque la figure en aété publiée dans cet ouvrage ;depuis lors son histoire aété beaucoup éclaircie par les travaux de M. de Blainville et de quelques autres mammalogistes, et il ne nous reste rien àajouter àce qu’ils ont dit, si ce n’est quelques détails sur ses mœurs. Nos exemplaires sont de Santo-Corazon, province de Chiquitos en Bolivia. L’espèce vit autour des habitations et mord souvent les enfans endormis. STENODERMA PERSPICILLATUM. PI. IX, fig. 7-9. Vespertilio perspicillatus , Linn., Mus. Adolph. Frid., p. 7. Phyllostoma perspicillatum , Ét. Geoffr. ,Ann. du Mus. de Paris, t. X, p. 176. P. Gerv. in Lasagra, Hist. nat. et Mammifères. Mammifères. (18 ) d’un individu du même lieu qui aété rapporté au Muséum de Paris par M. d’Orbigny indique aussi une espèce différente de YO. jubata ou tout au moins une variété fort distincte. Serait-ce VOtaria Ulloœ de M. Tschudi, le Phoca porcina de Molina ou quelque autre des espèces également mal connues que l’on asignalées ?C’est un point que l’état actuel de nos connaissances sur les Otaries ne permet pas de décider, mais sur lequel nous devions appeler l’attention des naturalistes. Comme il n’y a bien certainement qu’une seule espèce d’Otarie sur toute la côte du Chili et du Pérou ,il paraît certain que l’espèce signalée par Molina ,ainsi que YO. Ulloœ de M. Tschudi ,et le crâne que nous avons rapporté, appartiennent àcette même espèce. ORDRE DES CARNIVORES. Les Carnivores de l’Amérique méridionale ne sont pas nombreux :ce sont une, ou, d’après MM. Pxoulin et Tschudi, deux espèces à’ Ours, quelques Plantigrades , voisins des Ours, tels que le Kinkajou, le Coati et le Raton , des Musléliens ,àpart les deux espèces du genre Galictis, des Mephitis, diverses espèces de Loutres, des Canis et des Felis,mais aucune espèce des genres Mangusta et Viverra, dont les nombreux représentai sont tous de l’ancien monde. Le genre Bassaris, qui vit au Mexique, est le seul carnassier d’Amérique qui ait de l’analogie avec les Viverriens. URSUS ORNATUS. Ursus ornatus, F. Cuv. ,Hist. nat. des mamm., avec fig.; Rlainv., Ostéogr., genreUrsus , p. 25, pl. 4, etc. Cette espèce, connue en Rolivia sous le nom d'Ujumari, habite surtout le sommet des montagnes boisées et tempérées élevées seulement de 3500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Elle se trouve dans les provinces de Yungas, de Sicasica, de Cochabamba et de Chuquisaca ,où elle est très-rare. CERCOLEPTES CAUD1YOLVULUS. Cercoleptes caudivolvulus , Illiger. J. R. Fischer, Synopsis mamm., p. 150. Elle est rare, et nous ne l’avons trouvée qu’au sein des forêts chaudes et humides du pied oriental des Andes boliviennes au pays des Yuracares. NASUA. On adans quelques ouvrages admis l’existence de plusieurs espèces de Coatis, mais il a été jusqu’ici impossible de trouver dans les caractères organiques de ces animaux la preuve de cette opinion. Aussi M. de Rlainville [Ostèographie , genre Subursus , p. 20) n’admet-il qu’une seule espèce de Coatis. Cependant nous avons été àportée de voir souvent des Coatis, et nous pouvons affir- $ (19 ) mer qu’il existe des espèces distinctes ,qui se séparent en troupes particulières et ne vivent pas dans les mêmes lieux. Par exemple le Nasua rufa ne sort pas des régions tropicales dont il habite les forêts les plus chaudes, tandis que le Nasua fusca, tout en habitant les régions chaudes, s’avance vers le sud jusqu’au 30.edegré de latitude, et s’élève également bien plus haut sur les montagnes. Jamais les deux espèces ne se mêlent, à l’état sauvage, dans toutes les parties américaines que nous avons parcourues. PROCYON CANCR1YORUS. Raton crabier, Buffon, Hist, nat., suppi., t. VI, p. 236, pl. 32; Agouara popé ,d’Azara, Hist. nat. mainm. Paraguay, t. 1, p. 327; Procyon cañeríaorus , Desmarest, Mammal., p. 169. Celte espèce habite la zone torride et s’étend vers le sud jusqu’au 30.edegré de latitude. Nous l’avons rencontrée àCorrientes (république Argentine) et àChiquitos (république de Bolivia), où partout elle est très-rare. MEPHITIS CASTANEUS, Nob. PI. XII et PI. XIII, fig. 2, sous le nom de Mephitis Humboldtii. Conepalus Humboldtii? J. E. Gray, Loudon’s Magaz. of nat. hist., 9.esérie, l. I, p. 581, 1837; Mephitis Humboldtii ,Blainville, Ostéographie ,genre Mustela, p. 41, pl. 13. M. de Blainville qui aparlé dans son Ostéographie des dents de l’une des Moufettes de cette espèce, la considère comme étant la même que celle indiquée peu de temps avant par J. E. Gray sous le nom de Mephitis Humboldtii. Plusieurs animaux, semblables àcelui que M. de Blainville nomme ainsi, ont été déposés dans les Galeries du Muséum. Leur taille est plus petite que celle des Moufettes des Etats-Unis et des parties chaudes de l’Amérique méridionale. Leur nez est assez proéminent dans sa partie dénudée, mais leur tête est large, leurs oreilles sont courtes, velues et assez largement ouvertes; ils ont les ongles antérieurs bien plus longs que les postérieurs et leurs pattes sont presque aussi velues que l’avant-bras et la jambe; toutefois la paume est en partie nue, ainsi que le dessous des doigts antérieurement et en arrière la moitié de la plante et le dessous des doigts sont dans le même cas. La fourrure du corps et de la queue est abondante, assez longue, accompagnée àla base d’une bourre laineuse et généralement de couleur brun-marron. Le blanc forme une double ligne qui commence àla base du cou ou sur le dessus de la tête entre les oreilles, mais pas sur la ligne médiane, se rapproche sans se réunir vers les épaules et s’écarte plus en arrière pour finir vers la région lombaire; certains individus ont le manteau, c’est-à-dire la région comprise entre les lignes blanches d’une teinte plus claire. Les poils de la queue sont longs, touffus et plus durs que ceux du dos ;la plus grande portion de leur partie cachée est de couleur blanchâtre :leur dernier tiers ou àpeu près est au contraire de la couleur marron du dos , mais un peu plus foncée. La couleur marron de la tête est également un peu plus foncée que celle du reste du corps; le dessous de la gorge, la poitrine et le ventre sont au Mammifères. Mammifères. (20 ) contraire plus pâles et plus ternes. Toutefois le lustre des poils, ainsi que la teinte foncée reparaissent àla région anale et àla face interne des membres. Ces petites Moufettes ont la même forme du crâne que les autres ou àpeu près, mais elles diffèrent par leur système dentaire de la majorité des espèces de ce genre. Leur mâchoire supérieure n’a que trois paires de molaires. Longueur du corps et de la tête 0,24. —de la queue seule 0,15. M. Gray adonné son Conepatus Humboldtii comme étant le Mephitis Conepall, Desm. (sans doute la Moufette Conepalt d’Hernandez), qui est des régions équatoriales de l’Amérique, tandis que nos Moufettes viennent des parties australes de ce continent. Ce fait et quelques différences existant entre les caractères indiqués par M. Gray et ceux des individus que nous décrivons nous fait supposer que notre espèce est probablement différente. Aussi lui donnerons-nous jusqu’à preuve du contraire le nouveau nom de Mephitis castaneus. LUTRA PLATENSIS. PL XV. Lutra platensis, Waterhouse in Darwin, Voyage du Beagle ,Mamrn. Les caractères de cette espèce ont été décrits par M, Waterhouse. Nous avons reproduit la figure qu’il apubliée de son crâne. Elle habite tout le cours du Rio Parana depuis Rueños -Ayres jusqu’au-dessus de Corrientes. Elle est surtout commune dans cette dernière province. MUSTELA (PUTOR1US) BRAS1L1ENSIS. PL XIII, fig. 3. Mustela brasiliensis ?Sevastianoff, Mém. de VAcad, de Saint-Pétersbourg, t. IV, p. 56, pi. 4; J. B. Fischer, Synopsis mammalium, p. 222. Nous avons fait figurer le crâne de cette espèce pour montrer que son système dentaire la rapporte au genre des Putois. Son crâne est long de 0,075. MUSTELA (LYNCODON) PATAGONICA. PI. XIII, fig. 4. Putois du Chili, Blainv., Ostéogr., genre Mustela, p. 42, ou Putois du Paraguay, id., ibid., p. 81, pi. 13 (sous le nom de M. patagónica). Sous-genre Lyncodon , P. Gervais, Diet. unia, didst, nat. de Ch. d’Orbigny, t. IV, p. 685 (article Dents). Le crâne figuré est la seule partie que nous connaissions de l’animal dont il est ici question; il indique une espèce plus petite que le Putois (Mustela putorius) et plus grande que l’hermine (Mustela erminea), mais distincte de toutes celles du genre Putorius par son système dentaire. Elle n’a en effet au lieu de |molaires que |molaires, c’est-àdire trois paires àchaque mâchoire. Cette disposition remarquable rappelle le système dentaire des Lynx, et c’est ce que nous avons voulu indiquer par le nom de Lyncodon. (21 ) Ce crâne est long de 0,050. Nous avons rencontré cette espèce près du Rio Negro en Patagonie, où elle est très-rare. FELIS ONÇA. Yaguareté ,Azara, Mamm. du Paraguay, édit, fr., t. 1, p. 114. Felis onca, Linn.; J. B. Fischer, Synopsis mammalium, p. 198. F. Cuv., Hist. nat. des mamm. Cette espèce, si connue, ne s’avance vers le sud que jusqu’au 40.edegré de latitude, et dépasse rarement, dans les Pampas, les environs de la chaîne du Tandil. Les individus qui atteignent ces régions australes sont ordinairement d’un jaune presque blanc. FELIS CONCOLOR. Couguar ,Buffon, Hist, nat., t. IX, pl. 19. Felis concolor, Linn., etc. J. B. Fischer, Synops. mamm., p. 197. Gouazouara , D’Azara ,Mamm. du Taraguay, édit. fr. ,t. L, p. 333. Le Cougouar s’avance beaucoup plus vers le sud que le Jaguar, et les Indiens patagons nous ont assuré qu’il habite jusqu’au détroit de Magellan. Nous le croyons d’autant plus volontiers qu’il vit également sur les montagnes de Bolivia ,où le Jaguar n’arrive jamais. FELIS GEOFFROYI. PI. XIV et PI. XIII, fig. 1. Felis Geoffroyi , AL d’Orb. et P. Gervais, Bull, de la soc. philom. de Paris , 1844, p. 40 (6 Mai) et Journ. l’Institut, même année. Cette espèce est voisine par ses caractères principaux de l’Ocelot, du Chati et du Marguay ;elle est de taille un peu supérieure àce dernier, de proportions moins trapues que tous trois et distincte des uns et des autres par les taches nombreuses ponctiformes et. noirâtres qu’elle présente sur tout le corps, ycompris les épaules et sur une grande partie des cuisses. Sous ce rapport notre Felis Geoffroy! aune analogie réelle avec le Felis Guigna de Molina, qui est ainsi caractérisée: Fulva, maculis rotundis ,diametri circa 5lin. ,nigris, dorsum ad caudam usque occupantibus ;magnitudo et figura Cati. Mais qu’est-ce que le Felis Guigna PLes renseignemens trop peu significatifs de Molina ne permettent pas de le dire et les notes publiées depuis lui par M. Pœppig 1n’ont pas éclairci la synonymie de cette espèce. Les auteurs de la Mammalogie du Chili publiée dans l’Histoire physique et politique du pays n’ont pas obtenu un résultat plus satisfaisant. Les taches de notre Felis Geoffroyi sont pleines, petites, disposées en séries obliques et semblent prêtes, dans certains endroits, àse continuer linéairement, ce qui toutefois napas lieu. Elles ne forment pas d’encadremens comme celles des espèces citées. Sur la tête et derrière le cou, elles sont remplacées par des lignes; celles-ci sont mieux forMammiferes. 1. Bull. univ. de Féruss., t. XIX, p. 99, et Froriep’s Notizen, 1829, n.° 529. (22 ) Mammimées au cou qu’à la tête. Il yadeux barres génales, dont la première ou l’inférieure ftres ‘se termine àla hauteur de la première bande transversale du devant du cou. Cette bande ou collier est plus forte et plus écartée que les quatre autres bandes transversales qui sont au-dessous d’elle, également sur la partie antérieure du cou. Deux bandes noirâtres existent àla face interne de l’avant-bras; le dessous du corps présente quelques bandes moins foncées que celles des autres parties. La queue est annelée par la transformation en anneaux de mieux en mieux définis des taches dorsales. Les deux ou trois premiers de ses anneaux sont encore formés de taches poncliformes ,disposées assez irrégulièrement; les onze suivans sont mieux arrêtés, mais ils sont incomplets en dessous; six d’entre eux, les six postérieurs, sont seuls bien réguliers; le dernier de tous est àpeu près terminal. Le fond du pelage est gris-fauve en dessus, gris-blanchâtre en dessous; le blanc et le fauve ysont moins tranchés que dans l’Ocelot, le Chati et le Marguay, auquel M. Pœppig rapporte, bien que dubitativement, le Felis Guigna. L’oreille de notre espèce aune grande tache blanche àsa face postérieure, près du bord externe; le menton est blanchâtre, le sourcil jaune-clair et la face postérieure des carpes et des tarses brunâtre. Longueur du corps et de la tête 0,55. —de la queue 0,32. —de la partie basilaire du crâne 0,098. Le crâne abeaucoup de ressemblance avec celui de l’Ocelot. Cette espèce, dont trois exemplaires sont déposés au Muséum de Paris, aété prise sur les bords du Rio Negro. Elle habile les Pampas de Buenos-Ayres jusqu’au 44.edegré de latitude sud. Elle est surtout commune sur les bords du Rio Negro en Patagonie, où elle se tient dans les joncs. Elle fait la chasse aux différentes espèces de Tinamous et àl’Eudromie. FEL1S PACEROS. Chat Pampa , d’Azara ,Mammif. du Paraguay, édit. fr. ,t. I, p. 129. Felis pageros ,Desm., Mammal.,]). 231. Waterhouse, in Darwin, Voyage du Beagle, Mamm. P. Gervais, in Eydoux et Souleyet, Voyage de la Bonite, Zool., 1. 1,p. 34, pl. 7, fig. 1, 2. D’Orbigny, et P. Gervais, in Guerin, Mag. zool., cl. I, pi. 20, 1844. On trouve cette espèce du 35.eau 45.edegré de latitude sud, dans les petits bois des régions désertes de la Patagonie. Elle est surtout commune près des rives du Rio Negro. CANIS JUBATUS. 1 Aguara guazu , d’Azara, Mamm. du Paraguay, t. I,p. 307. Canis jubatus ,Desmarest, 1. Les Canis de l’Amérique méridionale sont encore assez imparfaitement connus et leur diagnostique paraît assez difficile. Plusieurs auteurs anglais, MM. J. E. Gray, Waterhouse, Hamilton Smith, s’en sont déjà occupés, et l’on est sur la voie d’une caractéristique complète de ces animaux. Assez récemment M. de Blainville (Ostéographie, genre Canis )asignalé sous le nom de (23 ) Mammalogie , p. 198. Canis campestris, Maxim., Beitràge, II, p. 334. Blainville, MammiOstéographie , genre Canis. feres ' Nous l’avons rencontrée dans toutes les régions chaudes de l’Amérique méridionale et vers le sud jusqu’au 41.edegré de latitude sud. Elle n’est commune nulle part. CANIS AZARÆ. Aguarachay, d’ Azara, Manan, du Paraguay, t. I, p. 317. Canis Azaree, Maximilien, Beitràge, II, p. 338. Waterhouse in Darwin, Voyage du Beagle, Mamm. D’après les recherches des naturalistes anglais, il est admis aujourd’hui que l’on a confondu sous ce nom plusieurs espèces répandues dans les différentes parties de l’Amérique méridionale, depuis la Nouvelle-Grenade et la Guyane jusqu’au Chili et aux Malouines. Voir àcet égard les publications de MM. Waterhouse, Gray, Hamilton Smith ,etc. CANIS CANCRÏVORUS. Chien des bois ,Buffon, Hist, nat., Suppl., t. VII, p. 146, pl. 38. Canis cancrivorus, Desm., Mamm., p. 199. 11 est rare dans la province de Chiquitos en Bolivia. ORDRE DES MARSUPIAUX ou MDELPHES. La tribu des Sarigues est exclusivement propre àl’Amérique ;la Monographie qu’en afaite M. Waterhouse, dans son ouvrage sur les Marsupiaux, dans le Naturalist’slibrary et dans son History of mammals, nous dispense d’entrer àleur égard dans des détails descriptifs. ORDRE DES RONGEURS. Les Rongeurs ,nombreux partout ,le sont principalement dans l’Amérique méridionale; leurs espèces sont toutes distinctes de celles des autres régions et souvent même elles constituent des genres ou même de petites familles qu’on ne retrouve point ailleurs. Les derniers travaux des mammalogistes , ceux de F. Cuvier, de M. Is. Geoffroy Saint -Hilaire et de quelques autres zoologistes en France, ceux de M. Waterhouse en Angleterre, et d’autres encore, ont beaucoup avancé nos connaissances zoologiques sur les Rongeurs. Nous ne parlerons ici que d’un petit nombre d’espèces; notre travail au contraire en aurait fait connaître un bien plus grand nombre, s’il avait pu paraître il yaquelques années. Canis brachyteles une espèce dont le crâne et la peau ont été rapportés au Muséum de Paris par M. Aug. de SaintHilaire, sous le nom de Guaracha ou Guarachaim. Cet animal méritait déjà d’être signalé d’une manière toute spéciale aux recherches des naturalistes. Mammifères. (24 ) SCIURUS IGNIVENTRIS. 1 Sciurus ignwentris ,Nalterer in Andr. Wagner, Ann. and Mag. of nat. hist., t. XII, p. 44. Cette espèce est voisine par son crâne du Sc. stramineus ,P. Gervais, in Eydoux et Souleyet, Voyage de la Bonite, Zool., t. I, p. 37, et doit entrer dans la même section. Nous lavons observée dans la province de Chiquitos (Bolivia), c’est-à-dire dans les regions chaudes du centre du continent. Elle est très-rare. ELIGMODONTIA TYPUS. Eligmodontia typus, F. Cuvier, Ann. des sc. nat., 2.° série, t. II (d’après un exemplaire recueilli par M. d’Orbigny). Nous avons rencontré cette espèce dans la province de Corrientes, où elle est peu commune. OCTODON GLIROIDES. PI. XVI. Octodon gliroides , P. Gervais et d’Orbigny, Bull, de la soc. philorn. de Paris, 1844, p. 22 (9 Mars) et Journal FInstitut, même année. La nature et la couleur des poils de cette espèce, rappellent àla fois par leurs caractères ceux du Loir (Myoxus glis)et du Chinchilla. Les poils sont doux au toucher, gris-cendré en dessus, blancs en dessous; la queue est brun-noirâtre en dessous, complètement terminée de la même couleur et un peu en balai; le dessus des pattes est blanc. Ces couleurs suffisent pour faire distinguer tout d’abord XOctodon gliroides de 1espèce du Chili plus anciennement connue et que l’on anommée Octodon degus ou Cuiningu (.Mus degus, Molina) dont il offre àpeu près la taille et les proportions. 11 sen distingue aussi par la forme de ses molaires qui sont un peu moins allongées, surtout celles de la quatrième paire ou les postérieures; celles-ci ont leurs replis moins obliques. Les molaires supérieures sont plus triangulaires que dans YO. degus ;les inférieures au contraire sont plus régulièrement en forme d’un huit arabe, sauf la postérieure, dont la paitie éburnée est virguliforme et àéchancrure externe et non interne comme dans 1O. degus. Dans ce dernier, la même paire de dents molaires, soit àla mâchoire supéileure ,soit a1inférieure ,diffère moins des précédentes que dans notre Octodon gliroides , aussi bien par sa forme que par son volume. Longueur du corps et de la tête 0,16. —de la queue 0,12. LOctodon gliroides aété recueilli près de la Paz dans les Andes boliviennes. 11 vit au milieu des Cactus, dans les baies des jardins de la ville, au niveau de 3700 mètres au-dessus de l’Océan. ‘Le genre Ecureuil est loin d’être aussi commun dans l’Amérique méridionale que dans l’Améiique septentrionale et dans l’Inde. Toutefois il aété constaté àla Nouvelle -Grenade, dans plusieuis parties du Brésil, au Pérou, àChiquitos en Bolivie. (25 ) OCTODON DEGUS. Mus degus , Molina, Hist, du Chili. Octodon Cumingii , Bennett, Proceed, zool. soc. London, 1832, p. 46. Idem ,Trans, zool. soc. London, t. II, p. 81, pl. 16. Denclrobius degus , Meyen, Nova acta nat. curios.,t. XVII, avec planches. Espèce très-commune dans la campagne aux environs de Santiago au Chili. CTENOMYS BRASILIENSIS. Pl. XVII. Ctenomys brasiliensis , Blainv., Bull, de la soc. phïlom.de Paris, 1826, p. 62. Idem , Ann. des sc. nat., 1. re série, t. IX, p. 97. Cette espèce habite les régions chaudes de l’Amérique méridionale. Nous l’avons successivement recueillie dans la province de Corrientes (république Argentine) et près de Santa-Cruz de la Sierra (Bolivia). CTENOMYS MAC ELLA MCA. Ctenomys magellanica , Bennett, Proceed, zool. soc. London, 1835, p. 190. Idem, Trans. zool. soc. London, t. Il, p. 84, pl. 17. Cette espèce diffère du Ctenomys brasiliensis par quelques particularités assez faciles àsaisir par la petitesse de ses molaires et surtout par une forme un peu différente de l’enveloppe de l’émail. Elle est répandue sur tous les terrains sablonneux arides et secs de la Patagonie septentrionale, où elle laboure le sol de manière àrendre très-dangereux les voyages à cheval. DASYPROCTA NIGRICANS. Dasyprocta nigricans, Natterer in Andr. AVagner, Ann. and mag. of nat. hist., t. XII, p. 45. On rencontre cet agouti dans les régions chaudes de l’Amérique méridionale. Il vit également dans les plaines et sur les montagnes, où partout il est redouté du cultivateur. DOLICHOTIS PATAGONICA. Lièvres du port Désiré, J. Narborough, Voyages to the streights of Magellan, p. 33. Lièvre Pampa, d’Azara, Mamm. du Paraguay, trad, fr., t. II, p. 51. Cavia patagónica, Shaw, Gen. zool., t. II, p. 266, pl. 165. Dasyprocta (Dolichotis) patagónica, Desmarest, Mammalogie , p. 358. Mara magellanica, Lesson, Centurie de zoologie . p. 113, pl. 42. La dentition de cette espèce aété figurée dans XIconographie du règne animal,éditée par Crochard, Mammif., d’après un des crânes rapportés par M. d’Orbigny. Les molaires ont une analogie presque complète avec celles des Kerodons ,genre établi parmi les Cavia par Fréd. Cuvier. On le trouve sur toutes les plaines orientales sèches et arides de la Patagonie septen4 Mammifères. IV. Mamm. Mamilii fères. (26 ) trionale, surtout près des rives du Rio Negro. On le rencontre encore àce qu’il paraît jusqu’aux environs de Cordova (république Argentine). CAVIA. AUSTRALIS. PI. XVIII, fig. 1-4. Cavia australis ,Is. Geoffroy et d’Orbigny in Guerin, Mag. de zoologie, 1833, pl. 12. P. Gervais, Diet. unia, d’hist. nat. de Ch. d’Orbigny, t. IV, p. 40. Poils médiocrement longs, doux au toucher, annelés de gris, de jaune paille et de noirâtre sur la tête, le cou, le dos et le croupion, qui paraissent olivâtre cendré; les flancs brun -grisâtre ,le devant du cou et une partie du dessous gris-cendré; gorge blanchâtre, ainsi que plusieurs parties de la région pectorale et ventrale; pattes grises, àongles noirs assez aigus, au nombre de quatre en avant et de trois en arrière; moustaches noirâtres. Les jeunes ont le pelage plus moelleux, un peu plus long et plus uniformément gris. Longueur du corps et de la tête environ 0,18. Linspection des caracteres ostéologiques de ce Cobaye confirme parfaitement sa distinction spécifique. Ils présentent même une certaine analogie avec ceux des Kérodons. Le crâne est plus court que celui de XAperea du Rrésil, sa région antémolaire est plus étroite, son trou sous-orbitaire est plus régulièrement triangulaire et les caisses auditives sont bien plus renflées. Le volume de ce crâne, comparé àcelui de XAperea, est aussi dun tiers moindre. Ses incisives sont blanches en avant et ses molaires sont en doubles cœurs aussi réguliers que ceux qui caractérisent les Kérodons. Nous l’avons recueilli aux environs de Rio Negro en Patagonie. CAVIA FLAVIDENS. PI. XVIII, fig. 6-7. Cavia jlavidens ,Rrandt, Mèm. de VAcad, imper, de Saint-Pétersbourg pour 1834 et 1835, p. 436. P. Gervais, D/ct. unie, d’hist. nat. de Ch. d’Orbigny, t. IV, p. 40. Un peu plus petit que le Kerodon moco ,àdents incisives de couleur fauve en avant; àdos brun jaunâtre assez luisant, mêlé de brun pâle; dessus de la tête et une bande au-dessous des yeux et des oreilles plus foncée, noirâtre; gorge et parties inférieures du corps blanc-jaunâtre un peu sale; devant du cou cendré; pieds brun -jaunâtre comme les flancs. Le système dentaire molaire, comparé àceux de l’aperea et du cochon d’Inde domestique, présente quelques légères différences dans la disposition des replis confirmant la distinction qui aété faite de cette espèce par M. Rrandt, d’après la considération seule de ses caractères extérieurs. La taille est un peu supérieure àcelle de XAperea. La longueur du corps égale environ 0,23. Nous lavons rencontré sur toutes les montagnes de la Rolivia, comprises entre Cochabamba, Chuquisaca et la ville de la Paz. ¡Elle se tient dans les limites de 3000 à4500 mètres au-dessus du niveau de l’Océan. (27 ) ORDRE DES RUMINANS. Famille des CERFS. Le grand genre Cervus de Linné est représenté dans l’Amérique méridionale par un nombre d’espèces plus considérable qu’on ne l’avait cru jusque dans ces derniers temps. Outre les cerfs décrits par d’Azara et dont nous allons parler (Cervus paludosus,campestris et simplicicornis ou rufus et nemorivagus), cette vaste partie du nouveau monde nourrit encore le Cervus antisensis, d’Orb. ,et plusieurs autres ,dont voici les noms :Cervus virginianus, Gmel. (une variété de cette espèce aété rapportée de Colombie par M. Roulin). —Cervus Goudotiiy Gerv., des hautes régions de la Colombie. —Cervus chilensis , Gay et Gerv., voisin de YAntisensis; peut-être XEquus bisulcus de Molina. —Cervus spinosus,Gerv. ,de la Guyane. —Cervus pudu, Gerv., ou le Capra pudu de Molina, et le Cervus humilis de Bennett CERVUS PALUDOSUS. Guazu pucu , d’ Azara, Essai sur les quadrupèdes du Paraguay, t. I, p. 70 de ledit, fr. Cervus paludosus ,Desmarest, Mammalogie , p. 443. Il se tient seulement dans les marais du centre du continent; nous l’avons rencontré dans la province de Corrientes (république Argentine) et àChiquitos (Bolivia). CERVUS SIMPLICICORNIS. Cariacou , Buffon, Hist, nat., t. IX, p. 90. Petite biche de Surinam, idem, ibid., t. XII, p. 311. Guazu-pîta , d’Azara, Essai sur l’kist. nat. des quadr. du Paraguay, trad, fr., t. I, p. 82 ;le Cervus rufus ,Fr. Cuvier, Diet, des sc. nat., t. VII ,p. 485. Guazu-bira, d’ Azara, loco cit. , t. I, p. 86 (le Cervus nemorivagus ,Fr. Cuvier, loco cit., p. 485). Cervus simplicicornis , Illiger. Ces petits cerfs se trouvent dans une grande partie de l’Amérique méridionale, mais il n’est pas encore certain s’ils forment une seule espèce ou deux comme le pensait d’Azara. Il aété mis hors de doute, dans ces derniers temps, que les petits cerfs du Chili qui ressemblent au Guazu-bira et au Guazu -pita ,forment une espèce bien distincte de l’un et de l’autre. 1 Les jeunes cariacous ont une livrée, et les parties roussâtres de leur pelage sont plus vives que chez les adultes. On le trouve dans toutes les régions chaudes et boisées du centre de l’Amérique méridionale. Il ne s’avance jamais au-delà du 28.edegré de latitude sud. 1. Voir leur description dans les Annales des sciences naturelles , Février 1846, par MM. Gay et Gervais. Mammifères. i/ \mmi//:/{/<: s. MA MMIFEKES . PI Wer/ier>pincel CALI IRIX entomophagus d' Orb Jr mpr. e/ de/ Zarwlois . Z'rarcçors sculp Zevraztfc Edileur. .V l r'JCBS MAMM/F/:h,M& . Pt /o Werner et diOrbLjny vz/wy/7Levraull Editeur François sculp .2 NOCTI MO affinis ,d'Orí.. 0-0 MOLOSSI 1Sru erosus,d'Orb , ’’ de L.analot 'J Werner et d'Orbigrvy pinay^ Levraudt Editeur. 1-4. MOLOSSUS moxensis, dOri 5'. 6.VESPERTILIO Impr l£ de Langlois. ruler, MAMMIFÈRES . -A .Lurnenil scidp . PI. JJ. M.1MWIFMUSS. PL X. FELIS 5.MUSTELA fp.uor,^j Geoffroyi .2. brasiliensis . MEPJI ITT Sïïuiul) oldtii . 4MUSTELA (zyneocbnj pat agonie a. . Imp f®7des ïtedarue/ . MAMMIFERES . RL li . MAJLVIF1SJÍE& . MAMMIFÈRES Pi. 20 •ptnæ. iCEROLS antisensis J?‘Ort 2C. campestris FU* iè„u; ûerard co/ . ^/Jprfeerst// e¿frfe//r DELPti EX UScmCIO ei? ,(/u/ry e/ fea/s/uzrcl 5.DELI* II .PerónXL tjEaccpéde' . //ftp /¿fe'/PeZartur , te /V. .J! . Horner efe/. Jferner del MAMMIFERES .JM. ‘J 2. d'Orb d}-jBerórand, ed¿l<jar INIA boIi vi cnsis , lmp u‘dc /Jalarium . . . *4 i/iH‘i »m