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ISSN: 2658-8455 Volume 7, Issue 01 (2026), pp. 1-26. © Authors: CC BY-NC-ND 1 www.ijafame.org Les facteurs déterminants de l’intention d’usage des chatbots dans le secteur bancaire au Maroc : contribution d’un modèle UTAUT enrichi Determinants of chatbot usage intention in the banking sector in Morocco: contribution of an enriched UTAUT model Loubna EL HATTAB, (Doctorante) Laboratoire de Modélisation Appliquée à l'Economie et la Gestion (MAEGE) Faculté des sciences économiques juridiques et sociales AIN SBAA Université Hassan II de Casablanca, Maroc Tarek ZARI, (Enseignant-Chercheur) Laboratoire de Modélisation Appliquée à l'Economie et la Gestion (MAEGE) Faculté des sciences économiques juridiques et sociales AIN SBAA Université Hassan II de Casablanca, Maroc Adresse de correspondance : Facult des sciences Juridiques, Economiques et Sociales Ain Sebaa Universit Hassan II de CasablancaMaroc Tlphone : 0522766984 Maroc (Casablanca) Déclaration de divulgation : Les auteurs n'ont pas connaissance de quelconque financement qui pourrait affecter l'objectivité de cette étude et ils sont responsables de tout plagiat dans cet article. Conflit d’intérêts : Les auteurs ne signalent aucun conflit d'intérêts. Citer cet article EL HATTAB, L., & ZARI, T. (2025). Les facteurs déterminants de l’intention d’usage des chatbots dans le secteur bancaire au Maroc : contribution d’un modèle UTAUT enrichi. International Journal of Accounting, Finance, Auditing, Management and Economics, 7(1), 1–26. https://doi.org/10.5281/zenodo.18031571 Licence Cet article est publié en open Access sous licence CC BY-NC-ND Received: 04/11/2025 Accepted: 24/12/2025 International Journal of Accounting, Finance, Auditing, Management and Economics - IJAFAME ISSN: 2658-8455 Volume 7, Issue 01 (2026)
Loubna EL HATTAB & Tarek ZARI. Les facteurs déterminants de l’intention d’usage des chatbots dans le secteur bancaire au Maroc : contribution d’un modèle UTAUT enrichi 2 www.ijafame.org Les facteurs déterminants de l’intention d’usage des chatbots dans le secteur bancaire au Maroc : contribution d’un modèle UTAUT enrichi Résumé La généralisation des chatbots fonds sur l’intelligence artificielle redfinit progressivement les modalits de l’interaction client dans le secteur bancaire, tout en posant des enjeux cruciaux lis à la confiance et à l’acceptation des technologies automatisées. Cette étude examine les facteurs dterminants de l’intention d’usage des chatbots bancaires dans le contexte marocain, en s’appuyant sur un modèle UTAUT enrichi intgrant des dimensions fonctionnelles, sécuritaires, relationnelles et émotionnelles. L’analyse empirique repose sur une enquête quantitative mene auprès de 384 usagers des services bancaires digitaux au Maroc, dont les rponses ont t traites à l’aide de la modlisation par quations structurelles selon l’approche des moindres carrs partiels (PLS-SEM). Les rsultats mettent en vidence le rôle central de la confiance dans le processus d’adoption des chatbots bancaires. Celle-ci se construit principalement à partir de perceptions lies à l’intgrit, à la scurit, à la confidentialité et à la réputation de l’institution bancaire, tandis que le risque perçu agit comme un frein majeur. Les attributs fonctionnels du chatbot, tels que la compétence et la fiabilité, contribuent à instaurer un socle minimal de crédibilité sans constituer des facteurs fortement diffrenciants. L’utilit perçue apparaît comme le principal moteur de l’intention d’usage et joue un rôle mdiateur dterminant entre la confiance et l’adoption effective. Par ailleurs, l’inconfort technologique rduit la propension à utiliser les chatbots en altérant la perception de leur utilité, alors que l’anthropomorphisme n’exerce pas d’influence significative dans le contexte bancaire tudi. L’adoption des chatbots bancaires repose sur une architecture multidimensionnelle runissant facteurs techniques, sécuritaires, relationnels, cognitifs et émotionnels. Ces résultats invitent les banques à renforcer la transparence, la cohérence conversationnelle et l’accompagnement digital pour soutenir une adoption durable auprès de leurs clients. Mots-clés : Chatbots, Confiance, IA, UTAUT, SmartPLS, Modélisation Classification JEL: M41 Paper type : Recherche empirique Abstract The widespread adoption of artificial intelligence–based chatbots is progressively reshaping the modalities of customer interaction in the banking sector, while simultaneously raising critical challenges related to trust and the acceptance of automated technologies. This study examines the key determinants of banking chatbot usage intention in the Moroccan context, drawing on an enriched UTAUT model that incorporates functional, securityrelated, relational, and emotional dimensions. The empirical analysis is based on a quantitative survey conducted among 384 users of digital banking services in Morocco. The collected data were analyzed using partial least squares structural equation modeling (PLS-SEM). The findings highlight the central role of trust in the adoption process of banking chatbots. Trust is primarily built upon perceptions of integrity, security, confidentiality, and institutional reputation, whereas perceived risk acts as a major barrier. Functional attributes of chatbots, such as competence and reliability, contribute to establishing a baseline level of credibility but do not constitute strongly differentiating factors. Perceived usefulness emerges as the main driver of usage intention and plays a decisive mediating role between trust and actual adoption. Furthermore, technological discomfort reduces users’ willingness to adopt chatbots by undermining perceived usefulness, while anthropomorphism does not exert a significant influence in the banking context examined. The adoption of banking chatbots relies on a multidimensional architecture combining technical, security-related, relational, cognitive, and emotional factors. These findings encourage banks to strengthen transparency, conversational consistency, and digital support in order to foster sustainable customer adoption. Keywords : Chatbots, Trust, Artificial Intelligence, UTAUT, SmartPLS, Modeling JEL Classification : M41 Paper Type : Empirical Research
ISSN: 2658-8455 Volume 7, Issue 01 (2026), pp. 1-26. © Authors: CC BY-NC-ND 3 www.ijafame.org 1. Introduction En l’espace de ces dernières dcennies, l’mergence rcent de l’intelligence artificielle (AI) a profondément transformé la manière dont les entreprises conçoivent et délivrent leurs services(Chandra et al., 2023). Les avancées en traitement automatique du langage, en apprentissage profond et en modlisation conversationnelle ont dbouch sur l’apparition d’agents capables d’interagir avec les utilisateurs de manière plus naturelle, plus rapide et plus flexible qu’auparavant(Ahmed et al., 2024). Les chatbots, qui taient à l’origine de simples systèmes scripts, se sont progressivement imposs comme de vritables interfaces d’assistance grâce aux progrès de l’IA conversationnelle(Adamopoulou & Moussiades, 2020). Cette volution s’inscrit dans un mouvement global où les entreprises cherchent à adapter leur relation client à des usages numériques en forte expansion et à automatiser une partie des interactions afin de répondre à la demande croissante en disponibilité et en réactivité(Adam et al., 2021). Dans ce contexte, les services financiers ont été parmi les premiers secteurs à intégrer ces technologies, en raison de la frquence leve des demandes courantes, du besoin d’assistance continue et de l’importance stratgique de l’exprience client (Govindaraj et al., 2023). Les banques utilisent dsormais des chatbots pour fournir des informations, orienter l’utilisateur dans ses démarches, et offrir un premier niveau de réponse qui complète les services humains. Cette intégration accompagne la transition numérique du secteur et rpond aux attentes d’une clientèle de plus en plus habituée aux applications mobiles, aux services en ligne et aux interactions automatisées (Davoudi et al., 2023). Les modèles d’acceptation technologique montrent depuis longtemps que l’adoption d’une technologie dpend de l’valuation que l’utilisateur fait de sa pertinence et de sa facilit d’utilisation (Venkatesh et al., 2012).Dans le cas des agents conversationnels alimentés par l’IA, ces dimensions deviennent particulièrement importantes, car l’utilisateur juge non seulement la fonctionnalité du service, mais aussi la qualité de la communication, la rapidité des réponses et la capacité du système à comprendre les demandes de manière adéquate Dans le domaine bancaire, la confiance dépend également de la sécurité et de la confidentialité perçues, en raison de la sensibilité des données traitées (Culnan & Armstrong, 1999) . Les études consacrées aux chatbots montrent que la qualité du langage, la clarté des réponses et certains indices anthropomorphiques influencent fortement la perception de crédibilité (Chaves & Gerosa, 2021). Malgré ces apports, la recherche portant spécifiquement sur les chatbots bancaires demeure limitée. Les travaux existants proviennent en grande majorité de contextes européens ou asiatiques où les utilisateurs sont déjà très familiarisés avec les services automatisés (Marak et al., 2025a). Au Maroc, les travaux réalisés à ce titre restent largement peu développés de la littérature, alors même que les banques marocaines ont intégré ces outils dans leurs applications. La compréhension de la confiance dans ce contexte est donc encore incomplète. Plusieurs divergences apparaissent dans les recherches existantes. Certaines tudes concluent qu’un chatbot humanis renforce la confiance, tandis que d’autres montrent qu’un anthropomorphisme trop marqu peut crer un sentiment d’inconfort(Epley et al., 2007a). De même, la force des effets liés à la sécurité et à la confidentialité varie selon les contextes, ce qui montre que les relations entre ces facteurs et la confiance ne sont pas uniformes. Enfin, la plupart des travaux supposent que les utilisateurs abordent la technologie avec un niveau de confort relativement stable, ce qui ne reflète pas les réalités des pays où les compétences numériques sont inégalement réparties. Bien que la littérature ait largement exploré les facteurs soutenant la confiance dans les technologies numériques, les recherches portant spécifiquement sur les chatbots bancaires au Maroc demeurent limites, tant sur le plan thorique qu’empirique. La majorité des travaux existants s’appuie sur des contextes où l’usage du numrique est djà bien ancr, laissant de
Loubna EL HATTAB & Tarek ZARI. Les facteurs déterminants de l’intention d’usage des chatbots dans le secteur bancaire au Maroc : contribution d’un modèle UTAUT enrichi 4 www.ijafame.org côt les environnements où la relation humaine et l’interaction directe avec le conseiller bancaire conservent une place centrale dans la perception de la fiabilité et de la crédibilité du service. Ce constat rejoint les observations d’Acosta-Prado et al. (2024), qui soulignent que la recherche académique sur la banque numérique se concentre principalement sur les économies déjà digitalisées, au détriment des marchés émergents(Acosta-Prado et al., 2024). De même, Kaur et al. (2021) montrent que dans ces contextes, la présence humaine en agence demeure un facteur dterminant pour instaurer la confiance et encourager l’adoption progressive des services bancaires numériques(Kaur et al., 2021). Par ailleurs, les recherches consacrées aux agents conversationnels se concentrent surtout sur des dimensions cognitives telles que la comptence, la fiabilit ou la qualit de l’interaction. Elles accordent moins d’attention aux facteurs sociaux, affectifs susceptibles d’influencer la manière dont l’utilisateur interprète ces lments, même lorsque le chatbot obtient une évaluation favorable sur le plan fonctionnel. (Parasuraman & Colby, 2015).Certaines attitudes liées au rapport personnel au numérique, notamment les formes de gêne, de malaise ou d’apprhension, sont encore rarement prises en compte dans l’tude de la confiance envers ces systèmes(Nordheim et al., 2019b). Dans cette perspective, la notion de l’inconfort technologique, pourtant présente dans les travaux portant sur la relation des individus aux technologies, n’a pas encore t mobilise pour analyser la confiance envers les chatbots bancaires. Cette absence laisse ouverte la question de son rôle potentiel dans la façon dont les perceptions positives d’un chatbot se transforment en intention d’usage. Cette recherche propose d’analyser les dterminants de la confiance envers les chatbots bancaires dans le contexte marocain, tout en examinant le rôle modrateur du l’inconfort technologique Elle mobilise les apports de la littrature sur l’acceptation technologique(Venkatesh et al., 2003) , la confiance numérique (D. H. McKnight et al., 2002) et les agents conversationnels (Araujo, 2018). L’article est structur en cinq sections. La première propose une revue critique des recherches sur les chatbots bancaires et met en évidence le gap théorique motivant notre modèle enrichi. La deuxième développe le cadre conceptuel et formule les hypothèses. La troisième décrit la méthodologie et le protocole empirique. La quatrième présente les résultats issus du modèle PLS-SEM. La cinquième discute les implications théoriques et managériales et suggère des pistes pour des travaux futurs. 2. Revue de littérature L’introduction des agents conversationnels dans les services bancaires constitue aujourd’hui un jalon majeur dans la restructuration numrique de l’industrie financière. Mobiliss pour assurer une disponibilité permanente, automatiser les demandes récurrentes et soutenir l’intgration de parcours omnicanaux, les chatbots s’inscrivent dans une logique d’optimisation simultane des performances oprationnelles et de l’exprience client. Plusieurs travaux montrent qu’ils améliorent la fluidité des interactions lorsqu’ils sont capables de produire des rponses pertinentes, cohérentes et adaptées aux besoins des utilisateurs (Brandtzaeg & Følstad, 2018). Toutefois, malgr l’enthousiasme institutionnel, leur appropriation effective demeure disparate, suggérant que les mécanismes psychologiques et relationnels qui sous-tendent leur adoption ne sont pas pleinement assimilés. Les modèles traditionnels d’acceptation technologique ont longtemps constitu le socle de l’analyse des comportements d’adoption. Le Technology Acceptance Model, propos par Davis en 1989, tablit que l’intention d’usage repose principalement sur l’utilit perçue et la facilité d’utilisation perçue. Plusieurs tudes menes dans les services financiers confirment la pertinence de ces dterminants pour expliquer l’usage des chatbots, notamment en ce qui concerne la perception de gain de temps et d’efficacit. De manière complémentaire, le Unified Theory of Acceptance and Use of Technology de Venkatesh et al. (2003) intègre des facteurs
ISSN: 2658-8455 Volume 7, Issue 01 (2026), pp. 1-26. © Authors: CC BY-NC-ND 5 www.ijafame.org tels que les attentes de performance, les attentes d’effort, l’influence sociale et les conditions facilitatrices (Venkatesh et al., 2003). Ces modèles conservent une valeur explicative solide lorsqu’ils sont appliqus à des technologies fonctionnelles classiques, mais ils s’avèrent conceptuellement insuffisants pour saisir la spécificité interactionnelle et discursive des chatbots. En effet, l’une des limites majeures de ces approches rside dans leur rduction de l’interaction homme–machine à un processus essentiellement utilitaire. Le chatbot n’est pas un simple outil technique : il constitue un agent conversationnel mobilisant un registre relationnel, social et parfois émotionnel. Plusieurs travaux soulignent que des dimensions telles que la présence sociale, l’humanit perçue ou encore la chaleur interactionnelle jouent un rôle dterminant dans la formation de l’intention d’adopter ce type d’interface (Go & Sundar, 2019). L’incapacit des modèles traditionnels à intégrer ces dimensions socio-relationnelles constitue une première limite fondamentale. La spécificité du secteur bancaire impose également de prendre en compte la centralité de la confiance, dimension centrale dans la littérature sur les technologies financières. Les contributions de McKnight et Chervany (2002), prolongées par celles de Pavlou (2003), ont montré que la confiance dans les systèmes numériques est un construit multidimensionnel comprenant la comptence perçue, la fiabilit, l’intgrit et la bienveillance(D. H. McKnight et al., 2002). Dans les environnements bancaires, cette conceptualisation a été enrichie par les perceptions de sécurité et de confidentialité, ainsi que par la réputation institutionnelle. Les recherches récentes sur les chatbots bancaires confirment que la volonté des utilisateurs de communiquer des informations personnelles dépend non seulement de leur confiance dans la technologie, mais également de leur perception de la capacité de la banque à protéger ces données(Lappeman et al., 2022). Cependant, malgré cette reconnaissance théorique, la majorité des travaux empiriques continuent de traiter la confiance comme un construit global, sans distinguer de manière systématique ses composantes. Cette absence de granularité limite la capacité des modèles actuels à identifier les mécanismes précis qui structurent la confiance dans les environnements bancaires digitalisés. Cette insuffisance ouvre un premier gap théorique justifiant la nécessité de décomposer la confiance en plusieurs dimensions distinctes, compétence, fiabilité, intégrité, sécurité perçue, confidentialité et réputation. En parallèle, la littrature s’est intresse au rôle de l’anthropomorphisme et de la qualit conversationnelle dans l’acceptation des agents conversationnels. Les travaux d’Araujo (2018) montrent que l’attribution de caractristiques humaines aux chatbots peut accroître la crédibilité perçue et renforcer l’engagement, bien que cet effet soit ambivalent : un anthropomorphisme excessif peut susciter confusion, malaise ou attentes irréalistes(Araujo, 2018). Par ailleurs, la qualit du langage, la cohrence des rponses et l’expressivit verbale influencent de manière décisive la perception de la valeur des chatbots, notamment dans les services financiers où la précision et la transparence des informations sont essentielles (Jiménez-Barreto et al., 2023). Malgré leur importance, ces variables relationnelles demeurent sous-explorées dans les modèles explicatifs actuels, constituant ainsi une deuxième lacune significative. L’inconfort technologique, pourtant identifi dans la littrature sur la readiness digitale comme un dterminant critique de l’adoption, apparaît de manière marginale dans les recherches ddies aux chatbots bancaires. Les manifestations de nervosit, d’appréhension ou de réticence face aux technologies automatisées peuvent constituer un frein majeur, surtout dans les contextes où les compétences numériques sont inégalement réparties. Son absence dans les modèles conceptuels actuels constitue un troisième gap, qui appelle à une intégration explicite de cette dimension(Tennakoon, 2024). Ces limites révèlent que la littérature existante ne parvient pas encore à articuler de manière cohrente l’ensemble des facteurs cognitifs, interactionnels, relationnels et motionnels qui
Loubna EL HATTAB & Tarek ZARI. Les facteurs déterminants de l’intention d’usage des chatbots dans le secteur bancaire au Maroc : contribution d’un modèle UTAUT enrichi 6 www.ijafame.org dfinissent l’usage des chatbots dans le secteur bancaire. Elles justifient l’introduction d’un modèle conceptuel renouvelé intégrant : une décomposition fine de la confiance, l’anthropomorphisme, la qualit conversationnelle et l’inconfort technologique. Leur combinaison permet de dpasser les approches traditionnelles et d’apprhender plus rigoureusement les dynamiques d’acceptation des chatbots dans un environnement où la gestion du risque, la sensibilité informationnelle et la relation de confiance occupent une place centrale. 2.1. Développement des hypothèses 2.1.1. La relation entre la compétence perçue et la Confiance Dans les environnements sociotechniques contemporains, et en particulier dans les systèmes bancaires digitaliss fonds sur l’intelligence artificielle, la confiance repose sur la perception que ces systèmes possèdent les capacités nécessaires pour exécuter correctement les tâches attendues, tant sur le plan fonctionnel que social. Des travaux récents montrent que la confiance envers les systèmes d’IA est un construit multidimensionnel intgrant des jugements sur la compétence perçue, la fiabilité et la transparence de l’agent artificiel, et qu’elle joue un rôle dterminant dans l’acceptation et l’usage des technologies automatises ; ainsi, les utilisateurs valuent l’IA non seulement sur sa performance technique, mais aussi sur la cohérence de ses interactions et sa capacit à rduire l’incertitude dans des contextes à risque lev comme la banque (Novozhilova et al., 2024; Sun et al., 2025) H1 : La compétence perçue du chatbot influence positivement la confiance envers celui-ci. 2.1.2. La relation entre la Fiabilité perçue et la Confiance La fiabilit perçue, dfinie comme la capacit d’un système à offrir des performances constantes et cohérentes dans le temps, constitue une dimension essentielle de la confiance numérique. Des tudes rcentes ont montr que la fiabilit reprsente l’un des prédicteurs majeurs de la confiance dans les interactions avec des systèmes numériques automatisés, car elle réduit l’incertitude associe à l’utilisation de technologies d’intelligence artificielle, en particulier dans des contextes à fort enjeu informationnel comme les services bancaires digitaux (Abdulsalam & Tajudeen, 2024). Dans le domaine bancaire, cette exigence est particulièrement forte : la stabilit du discours, la cohrence des rponses et la constance du comportement d’un agent conversationnel contribuent directement à la perception de fiabilité. Des études récentes confirment cette idée. Nordheim et al., (2019) soulignent que les chatbots perçus comme incohérents ou peu constants dans leurs réponses diminuent la confiance des utilisateurs, même lorsque les informations fournies sont exactes (Nordheim et al., 2019). De plus, Luo et al. (2019) montrent que, dans le contexte des services financiers numériques, la fiabilité perçue d’un système d’intelligence artificielle influence directement la satisfaction et la fidlit des clients (Luo et al., 2019). Ainsi, la fiabilité perçue ne se limite pas à une évaluation technique de performance ; elle constitue un indicateur central de crédibilité et de confiance dans les interactions homme–machine. H2 : La fiabilité perçue du chatbot influence positivement la confiance envers celui, ci. 2.1.3. La relation entre l’Intégrité perçue et la Confiance L’intgrit perçue renvoie à la perception selon laquelle un système ou un agent agit de manière honnête, transparente et conforme à des principes éthiques. Elle constitue une dimension essentielle de la confiance numrique, car elle garantit à l’utilisateur que la technologie agit dans son intrêt, sans manipulation de l’information ni conflit d’intrêts. Dans le domaine bancaire, cette exigence est particulièrement forte : les clients attendent des plateformes et des chatbots qu’ils fassent preuve de transparence, de conformité réglementaire et de sécurité dans la gestion de leurs données et transactions.
ISSN: 2658-8455 Volume 7, Issue 01 (2026), pp. 1-26. © Authors: CC BY-NC-ND 7 www.ijafame.org Des recherches rcentes confirment que l’intgrit perçue constitue une composante fondamentale de la confiance envers les systèmes numériques et sociotechniques. Dans les environnements en ligne et fonds sur l’intelligence artificielle, l’intgrit renvoie à la perception selon laquelle le système agit de manière honnête, transparente et conforme aux attentes thiques des utilisateurs. Plusieurs tudes empiriques montrent que la perception d’une intégrité élevée, associée à la transparence des processus et à l’absence de comportements opportunistes, renforce significativement la confiance des utilisateurs et favorise l’acceptation des technologies numériques, en particulier dans des contextes sensibles tels que les services financiers digitalisés (Abdul Karim Shaikh et al., 2023a; Lankton et al., 2014; H. McKnight et al., 2009). Plus rcemment, Kimiagari & Asadi Malafe, 2021 ont confirm que l’intgrit perçue et la fiabilité des systèmes bancaires numériques renforcent directement la confiance et la fidélité des utilisateurs.(Kimiagari & Asadi Malafe, 2021). Ainsi, dans le contexte des chatbots bancaires, l’intgrit perçue apparaît non seulement comme un principe moral, mais aussi comme un levier stratégique de crédibilité et de confiance envers la technologie. H3 : L’intégrité perçue influence positivement la confiance envers le chatbot bancaire. 2.1.4. La relation entre la Sécurité perçue et la Confiance Les recherches sur l’adoption des services numriques montrent que la scurit perçue constitue un déterminant essentiel de la confiance, en particulier dans les contextes où les transactions impliquent des données sensibles. Featherman & Pavlou (2003) souligne que la perception d’un système comme scuris rduit la crainte d’opportunisme et favorise son utilisation(Featherman & Pavlou, 2003). Des travaux plus récents montrent que la sécurité perçue ne se limite pas à une caractéristique technique du système, mais constitue également un signal psychologique majeur qui renforce la légitimité, la crédibilité et la fiabilité perçue des technologies numériques. Dans les environnements fonds sur l’intelligence artificielle, et plus particulièrement dans les services bancaires digitalisés, la perception de dispositifs de scurit robustes contribue à rduire l’incertitude et à instaurer la confiance des utilisateurs envers les systèmes automatisés (Lowry et al., 2015 ; Shaikh et al., 2023). (Abdul Karim Shaikh et al., 2023; Cahill et al., 2003).Dans le domaine des chatbots bancaires, cette relation entre sécurité perçue et confiance est particulièrement marquée. Les utilisateurs se montrent plus enclins à interagir avec un agent conversationnel lorsqu’ils estiment que leurs échanges et données personnelles sont protégés contre toute intrusion ou piratage. De plus, des études récentes confirment que la sécurité perçue influence positivement la confiance et l’intention d’utilisation des chatbots bancaires, en rduisant les perceptions de risque et en renforçant le sentiment de fiabilité (Alkadi & Abed, 2025). H4 : La sécurité perçue influence positivement la confiance envers le chatbot bancaire. 2.1.5. La relation entre la confidentialité perçue et la Confiance La confidentialit perçue renvoie à la capacit d’un système numrique à protger les donnes sensibles contre toute utilisation abusive ou non autorisée. Des recherches récentes montrent que lorsque les utilisateurs estiment que leurs informations personnelles sont collectées, traitées et stockées de manière responsable, transparente et conforme aux normes de protection des données, leur niveau de confiance envers la technologie augmente significativement. Cette relation est particulièrement marquée dans les services bancaires digitalisés, où la sensibilité des donnes amplifie l’importance accorde aux garanties de (Lappeman et al., 2023 ; Martin et al., 2017). Dans les services financiers, la confidentialité constitue un enjeu encore plus central, car elle conditionne la perception du risque associ à la divulgation d’informations sensibles. Lwin et al (2016) confirment que la confidentialité perçue influence la confiance, surtout dans les services automatisés(Lwin et al., 2016). D’après Lappeman et al. (2023), les utilisateurs de services bancaires numériques accordent leur confiance lorsque le traitement
Loubna EL HATTAB & Tarek ZARI. Les facteurs déterminants de l’intention d’usage des chatbots dans le secteur bancaire au Maroc : contribution d’un modèle UTAUT enrichi 8 www.ijafame.org automatisé respecte strictement les règles de discrétion et de non, dissémination des données (Lappeman et al., 2023). H5 : La confidentialité perçue influence positivement la confiance envers le chatbot bancaire. 2.1.6. La relation entre le Risque perçue et la Confiance Le risque perçu constitue un frein majeur dans les interactions numériques, en particulier lorsque les technologies mobilisées impliquent des processus automatisés et le traitement de données sensibles. Des recherches récentes montrent que les individus tendent à réduire leur intention d’adopter une technologie lorsqu’ils anticipent des risques potentiels, tels qu’une perte financière, un dysfonctionnement du système ou une mauvaise interprétation des demandes, ces perceptions alimentant l’incertitude et l’anxit lies à l’usage. Dans les environnements bancaires digitalisés, le risque perçu apparaît ainsi comme un déterminant négatif central de la confiance et de l’intention d’usage des technologies fondes sur l’intelligence artificielle (Marak et al., 2025). H6 : Le risque perçu influence négativement la confiance envers le chatbot bancaire. 2.1.7. La relation entre l’Anthropomorphisme et la Confiance Dans le cadre des chatbots, Araujo (2018) montre que l’humanisation de la communication, par exemple l’utilisation d’un ton empathique ou d’un style conversationnel fluide, renforce la crédibilité perçue(Araujo, 2018).Hussain & Wegmann (2021) rappellent toutefois que cet effet n’est pas linaire : un anthropomorphisme trop marqu peut susciter un sentiment d’inconfort(Hussain & Wegmann, 2021). H7 : L’anthropomorphisme perçu influence positivement la confiance envers le chatbot bancaire. 2.1.8. La relation entre la Confiance et l’Intention d’usage Dans la majorit des modèles d’adoption technologique, la confiance apparaît comme un dterminant de l’intention d’usage. Gefen et al (2003) montrent que la confiance compense les incertitudes et rduit les efforts cognitifs lis à l’utilisation de la technologie(Gefen et al., 2003). Pavlou (2003) confirme son rôle décisif dans les transactions en ligne. Dans les études consacrées aux chatbots bancaires, Alt et al., 2021 démontre que la confiance constitue la variable pivot de l’acceptation, bien plus que l’utilit perçue ou la facilit d’usage(Alt et al., 2021). H8 : La confiance envers le chatbot influence positivement l’intention d’usage. 2.1.9. La relation entre la confiance envers le chatbot et Utilité perçue La confiance envers le chatbot constitue un antcdent cl de l’utilit perçue dans le cadre de l’adoption des chatbots bancaires. En effet, lorsque les utilisateurs estiment que le chatbot est fiable, sécurisé et capable de fournir des réponses pertinentes, ils ont tendance à percevoir ses fonctionnalités comme réellement utiles et bénéfiques à leurs interactions bancaires. Par exemple, l’tude de (Shaikh, Khan & Faisal, 2023) montre que la sécurité perçue et la fiabilité du chatbot influencent positivement la perception d’utilit, notamment via la qualit de l’interface et la clart des informations fournies(Abdul Karim Shaikh et al., 2023). De même, les résultats de (Govindaraj & Krishnan, 2023) confirment que la confiance dans le système et la protection des donnes personnelles renforcent la perception d’utilit, en augmentant le sentiment de sécurité et la satisfaction client(Govindaraj et al., 2023). Enfin, la recherche de Misra, Malik et Singh (2025) met en évidence que la confiance perçue agit comme un médiateur essentiel entre les attentes de performance et la satisfaction, ce qui se traduit par une perception accrue de l’utilit du chatbot (Misra et al., 2025). H9 : La confiance envers le chatbot influence positivement l’intention d’usage.
ISSN: 2658-8455 Volume 7, Issue 01 (2026), pp. 1-26. © Authors: CC BY-NC-ND 9 www.ijafame.org 2.1.10. La relation entre l’Utilité perçue et l’Intention d’usage Depuis Davis (1989), l’utilit perçue demeure l’un des dterminants les plus robustes de l’intention d’adopter une technologie. Les prolongements proposs par Venkatesh et al. (2003) dans l’UTAUT confirment cette relation(Venkatesh et al., 2003). Dans le cadre des chatbots bancaires, Alt et al. (2021) et Marak et al. (2025) montrent que les utilisateurs adoptent ces dispositifs lorsqu’ils perçoivent un bnfice concret, notamment une rduction du temps d’attente, une simplification des oprations et une autonomie accrue(Marak et al., 2025b)(Alt et al., 2021). Ainsi, l’utilit perçue constitue un moteur de l’usage effectif. H10 : L’utilité perçue influence positivement l’intention d’usage du chatbot bancaire. 2.1.11. La relation entre la réputation de la banque et la Confiance La rputation de l’institution constitue un signal de crdibilit dterminant dans les services financiers digitalisés, en particulier lorsque les utilisateurs font face à des asymétries d’information et à une incertitude leve quant au fonctionnement des technologies automatisées. Des recherches récentes montrent que la réputation organisationnelle agit comme une garantie implicite, permettant de réduire la perception de risque et de renforcer la confiance accorde aux technologies dployes par l’institution. Lappeman et al. (2023) montrent que les utilisateurs projettent leur perception de la banque sur ses outils numériques, construisant ainsi un lien direct entre réputation institutionnelle et confiance(Lappeman et al., 2023). H11 : La réputation de la banque influence positivement la confiance envers le chatbot bancaire. 2.1.12. La relation entre l’inconfort technologique et l’utilité perçue La relation entre l’inconfort technologique et l’utilit perçue s’avère inversement proportionnelle : plus les utilisateurs ressentent de l’anxit ou un manque d’aisance face à la technologie, moins ils perçoivent la solution comme utile pour accomplir leurs tâches. En effet, selon l’tude d’Elkhatibi et Guelzim (2024), les clients bancaires percevant une complexité dans l’usage des chatbots tendent à valuer leur utilit comme faible, ce qui diminue leur intention d’adoption malgr la reconnaissance de bnéfices potentiels(Elkhatibi et al., 2024) . De même, les travaux de Dhanya et Ramya (2025) montrent que l’anxit technologique agit ngativement sur la perception d’utilit, mais que cette relation peut être attnue par un niveau lev de littratie numrique ou d’exprience pralable avec des outils similaires(Dhanya & Ramya, 2025). Enfin, dans les marchés émergents, la technophobie et le faible confort technologique réduisent la perception de performance des chatbots, ce qui compromet leur utilité perçue et, par conséquent, leur adoption effective (Mogaji et al., 2021). H12 : L’inconfort technologique influence négativement l’utilité perçue 2.1.13. La relation entre l’inconfort technologique et l’intention d’usage L’inconfort technologique, souvent exprim sous forme d’anxit ou d’apprhension face aux nouvelles technologies, exerce un effet ngatif direct sur l’intention d’usage des chatbots bancaires. En effet, lorsque les utilisateurs perçoivent une technologie comme complexe, intimidante ou peu intuitive, leur volont de l’adopter diminue sensiblement. Selon Dhanya et Ramya (2025), la technologie anxiété réduit la motivation à interagir avec les chatbots, freinant ainsi l’intention comportementale, surtout chez les utilisateurs à faible littératie numérique(Dhanya & Ramya, 2025). De même, l’tude de Elkhatibi et Guelzim (2024) montre que lorsque les utilisateurs perçoivent les chatbots comme exigeant un effort cognitif élevé, leur intention de les utiliser diminue, malgré la reconnaissance de leur potentiel d’efficacit(Elkhatibi et al., 2024). Enfin, dans les marchés émergents, (Mogaji et al., 2021) soulignent que la technophobie et le faible confort numérique constituent des obstacles majeurs
Loubna EL HATTAB & Tarek ZARI. Les facteurs déterminants de l’intention d’usage des chatbots dans le secteur bancaire au Maroc : contribution d’un modèle UTAUT enrichi 16 www.ijafame.org 4. Résultats Le tableau 4 prsente les caractristiques sociodmographiques de l’chantillon compos de 412 rpondants. La variable « sexe » indique une rpartition de 55,6 % d’hommes et 44,4 % de femmes. Pour l’âge, les participants se rpartissent en quatre catgories : 14,8 % ont entre 18 et 24 ans, 38,3 % entre 25 et 34 ans, 29,4 % entre 35 et 44 ans, et 17,5 % ont 45 ans et plus. Le niveau d’tudes montre que 16,3 % des rpondants ont un niveau secondaire, 22,6 % un diplôme Bac+2 ou technicien, 34,2 % un niveau licence/Bac+3, et 26,9 % un diplôme de master ou plus. Concernant le statut professionnel, 37,1 % des participants sont salariés du secteur privé, 22,3 % appartiennent à la fonction publique, 18 % sont étudiants, 13,6 % entrepreneurs ou autoentrepreneurs, et 9 % sans emploi ou dans d’autres catégories. Pour la banque principale utilise, l’chantillon inclut 35,9 % de clients d’Attijariwafa Bank, 28,9 % de la Banque Populaire, 14,8 % de CIH Bank, 12,6 % de BMCE/Bank of Africa, et 7,8 % d’autres banques. L’exprience dclare avec les services digitaux se rpartit comme suit : 14,1 % ont moins d’un an d’exprience, 35,2 % entre un et trois ans, 31,3 % entre trois et cinq ans, et 19,4 % plus de cinq ans. Enfin, la frquence d’utilisation du chatbot bancaire montre que 30,6 % des rpondants l’utilisent rarement, 41 % occasionnellement, et 28,4 % rgulièrement. Tableau 4 : Caractéristiques générales de l’échantillon(N=384) Variable Catégories Fréquence (n) Pourcentage (%) Sexe Homme 229 55.6 Femme 183 44.4 Âge 18–24 ans 61 14.8 25–34 ans 158 38.3 35–44 ans 121 29.4 45 ans et plus 72 17.5 Niveau d’tudes Secondaire 67 16.3 Bac +2 / Technicien 93 22.6 Licence / Bac +3 141 34.2 Master et plus 111 26.9 Statut professionnel Salari (priv) 153 37.1 Fonction publique 92 22.3 Étudiant 74 18.0 Entrepreneur / Autoentrepreneur 56 13.6 Sans emploi / Autres 37 9.0 Banque utilise Attijariwafa Bank 148 35.9 Banque Populaire 119 28.9 CIH Bank 61 14.8 BMCE / Bank of Africa 52 12.6 Autres (SGMB, CDM, etc.) 32 7.8 Exprience avec les services digitaux < 1 an 58 14.1 1–3 ans 145 35.2 3–5 ans 129 31.3 > 5 ans 80 19.4 Frquence d’usage du chatbot bancaire Rarement 126 30.6 Occasionnellement 169 41.0 Rgulièrement 117 28.4 Source : Données de l’étude 4.1. Le modèle structurel Le Tableau 5 présente les coefficients structurels obtenus, accompagnés des valeurs de t et des niveaux de signification issus du bootstrapping (5 000 rééchantillonnages). Les coefficients standardiss β varient entre –0,27 et 0,49, ce qui indique des effets structurels d’intensit faible à modre. L’ensemble des relations testes, à l’exception d’une seule, atteint un seuil de
ISSN: 2658-8455 Volume 7, Issue 01 (2026), pp. 1-26. © Authors: CC BY-NC-ND 17 www.ijafame.org significativité statistique inférieur à p < .05, conformément aux standards de présentation recommands par l’American Psychological Association (APA, 2020). Les relations portant sur les déterminants de la confiance envers le chatbot présentent des coefficients significatifs : β = 0.19, t = 3.02, p = .003 ; β = 0.15, t = 2.48, p = .013 ; β = 0.28, t = 4.87, p < .001 ; β = 0.24, t = 4.09, p < .001 ; β = 0.22, t = 3.66, p < .001 ; et β = –0.27, t = 5.12, p < .001. Une relation non significative affiche un coefficient de β = 0.08, associ à une valeur de t insuffisante (t = 1.89, p = .059), ce qui ne permet pas de retenir l’effet au seuil conventionnel de .05. Le rôle de la rputation bancaire affiche un coefficient significatif de β = 0.31, avec t = 5.21, p < .001. Concernant les relations postérieures à la confiance dans le modèle structurel, les coefficients sont galement statistiquement significatifs : β = 0.37, t = 6.48, p < .001 ; β = 0.49, t = 8.02, p < .001 ; et β = 0.26, t = 4.55, p < .001. Enfin, les relations lies à l’inconfort technologique montrent des effets significatifs, avec β = –0.18, t = 3.01, p = .003, et β = –0.12, t = 2.14, p = .033. Tableau 5 Résultats des tests d’hypothèses du modèle structurel (PLS-SEM) Relationship β (Coefficient) t-value pvalue Supported Comptence perçue → Confiance envers le chatbot 0.19 3.02 0.003 Yes Fiabilit perçue → Confiance envers le chatbot 0.15 2.48 0.013 Yes Intgrit perçue → Confiance envers le chatbot 0.28 4.87 <0.001 Yes Scurit perçue → Confiance envers le chatbot 0.24 4.09 <0.001 Yes Confidentialit perçue → Confiance envers le chatbot 0.22 3.66 <0.001 Yes Risque perçu → Confiance envers le chatbot –0.27 5.12 <0.001 Yes Anthropomorphisme → Confiance envers le chatbot 0.08 1.89 0.059 No Confiance envers le chatbot → Intention d’usage 0.26 4.55 <0.001 Yes Confiance envers le chatbot → Utilit perçue 0.37 6.48 <0.001 Yes Rputation de la banque → Confiance envers le chatbot 0.31 5.21 <0.001 Yes Utilit perçue → Intention d’usage 0.49 8.02 <0.001 Yes Inconfort technologique → Intention d’usage –0.18 3.01 0.003 Yes Inconfort technologique → Utilit perçue –0.12 2.14 0.033 Yes Source :Données de l’étude Le Tableau 6 présente les effets indirects issus du procédé de bootstrapping (5 000 rchantillonnages), accompagn des coefficients standardiss β, des valeurs de t et des niveaux de signification. Les coefficients indirects varient de –0,070 à 0,181, ce qui reflète des intensités d’effets faibles à modres dans l’ensemble des relations testes. Les chemins médiés par la confiance envers le chatbot présentent des coefficients indirects significatifs, notamment pour la comptence perçue (β = 0.049, t(n) = 2.84, p = .005), la fiabilit perçue (β = 0.039, t(n) = 2.41, p = .016), l’intgrit perçue (β = 0.073, t(n) = 3.91, p < .001), la scurit perçue (β = 0.062, t(n) = 3.44, p = .001), ainsi que la confidentialit perçue (β = 0.057, t(n) = 3.22, p = .001). L’effet indirect du risque perçu est significatif et ngatif (β = –0.070, t(n) = 4.26, p < .001). L’hypothèse associe à l’anthropomorphisme ne dpasse pas le seuil de significativit conventionnel (β = 0.021, t(n) = 1.62, p = .105). Le rôle médiateur de la confiance est également confirmé dans la relation avec la réputation de la banque, avec un coefficient indirect de β = 0.081, t(n) = 4.15, p < .001. Par ailleurs, le chemin mdi compos de la confiance puis de l’utilit perçue vers l’intention d’usage prsente l’effet indirect le plus lev du tableau (β = 0.181, t(n) = 6.98, p < .001), tandis que l’inconfort technologique exerce un effet mdi significatif ngatif via l’utilit perçue (β = –0.059, t(n) = 2.67, p = .008).
Loubna EL HATTAB & Tarek ZARI. Les facteurs déterminants de l’intention d’usage des chatbots dans le secteur bancaire au Maroc : contribution d’un modèle UTAUT enrichi 18 www.ijafame.org Tableau 6 : Effet Indirects avec Bootstrapping Indirect Path (Mediation) β (Indirect Effect) t-value pvalue Médiation Supported ? Comptence perçue → Confiance → Intention d’usage 0.049 2.84 0.005 Yes Fiabilit perçue → Confiance → Intention d’usage 0.039 2.41 0.016 Yes Intgrit perçue → Confiance → Intention d’usage 0.073 3.91 <0.001 Yes Scurit perçue → Confiance → Intention d’usage 0.062 3.44 0.001 Yes Confidentialit perçue → Confiance → Intention d’usage 0.057 3.22 0.001 Yes Risque perçu → Confiance → Intention d’usage –0.070 4.26 <0.001 Yes Anthropomorphisme → Confiance → Intention d’usage 0.021 1.62 0.105 No Rputation de la banque → Confiance → Intention d’usage 0.081 4.15 <0.001 Yes Confiance → Utilit perçue → Intention d’usage 0.181 6.98 <0.001 Yes Inconfort technologique → Utilit perçue → Intention d’usage –0.059 2.67 0.008 Yes Source :Données de l’étude • La taille de l’effet (f²) Au-delà de la significativit statistique des coefficients structurels, l’valuation de la taille de l’effet (f²) met en vidence l’importance relative de chaque relation causale dans l’explication de la variance des construits endogènes. Les rsultats montrent que l’utilit perçue exerce l’effet le plus substantiel sur l’intention d’usage, avec une taille d’effet forte (f² = 0,38), confirmant son rôle central dans les modèles d’acceptation technologique appliqus aux chatbots bancaires. La confiance envers le chatbot prsente un effet modr sur l’utilit perçue (f² = 0,21), tandis que son effet direct sur l’intention d’usage demeure de magnitude plus limite (f² = 0,12), suggrant que l’influence de la confiance s’opère principalement de manière indirecte, via l’utilit perçue. S’agissant des dterminants de la confiance, la rputation de la banque (f² = 0,18), le risque perçu (f² = 0,16) et l’intgrit perçue (f² = 0,14) apparaissent comme les contributeurs les plus influents, traduisant leur rôle structurant dans la formation de la confiance envers les chatbots bancaires. À l’inverse, la comptence, la fiabilit, la scurit et la confidentialit perçues prsentent des tailles d’effet faibles, indiquant qu’elles agissent davantage comme des conditions nécessaires que comme des leviers différenciants. L’anthropomorphisme affiche une taille d’effet ngligeable (f² = 0,01). • La pertinence prédictive du modèle (Q²) Par ailleurs, l’valuation de la pertinence prdictive du modèle à l’aide de l’indicateur Q², obtenue par la procdure de blindfolding, confirme la robustesse prdictive de l’architecture proposée. Les valeurs de Q² sont strictement positives pour l’ensemble des construits endogènes, attestant d’une capacit prdictive satisfaisante. Plus prcisment, la confiance envers le chatbot (Q² = 0,29) et l’utilit perçue (Q² = 0,31) présentent une pertinence prédictive modre, tandis que l’intention d’usage affiche une valeur élevée (Q² = 0,42), indiquant que le modèle est particulièrement performant pour anticiper le comportement d’adoption des chatbots bancaires. Ces rsultats confirment que la chaîne explicative confiance → utilit perçue →
ISSN: 2658-8455 Volume 7, Issue 01 (2026), pp. 1-26. © Authors: CC BY-NC-ND 19 www.ijafame.org intention d’usage ne se limite pas à une validit explicative interne, mais constitue galement un mécanisme prédictif robuste, renforçant ainsi la solidité méthodologique et la portée empirique du modèle dans le contexte bancaire marocain. 5. Discussion L’usage des chatbots connaît galement une progression notable dans le secteur bancaire au Maroc, en particulier dans les services digitaux offerts par les grandes institutions financières. A cet gard, la prsente recherche vise donc à enrichir les recherches empiriques si limites sur la confiance envers les technologies d’IA en construisant un cadre intgratif mobilisant les dimensions de fiabilit, de comptence, d’intgrit, de scurit et de confidentialit, complt par les apports de l’UTAUT. L’objectif est d’examiner les antcdents susceptibles d’influencer la confiance des clients envers les chatbots bancaires. L’essor de l’usage des chatbots dans les services bancaires digitaux a conduit notre tude à proposer un modèle conceptuel combinant des dimensions de confiance classiques (comptence, fiabilit, intgrit, scurit, confidentialit, risque, rputation) avec les dterminants de l’acceptation technologique. Le modèle a pour objectif d’identifier les antcdents susceptibles de gagner la confiance des clients envers les chatbots bancaires et, en aval, leur intention d’usage. Les rsultats de notre tude, montrant que la comptence perçue (β = 0,19, p = .003), la fiabilit perçue (β = 0,15, p = .013), l’intgrit perçue (β = 0,28, p < .001), la scurit perçue (β = 0,24, p < .001) et la confidentialit perçue (β = 0,22, p < .001) influencent positivement et significativement la confiance envers le chatbot, sont solidement tays par la littrature rcente sur la confiance dans les systèmes conversationnels intelligents. Tout d’abord, plusieurs travaux montrent que la comptence ou expertise perçue d’un chatbot — c’est-à-dire sa capacit à fournir des rponses pertinentes et utiles — augmente significativement le niveau de confiance des utilisateurs dans ces systèmes, car elle rduit l’incertitude perçue lie aux rponses fournies par l’agent conversationnel. Par exemple, une tude rcente identifie la perceived expertise comme l’un des facteurs majeurs influençant la confiance via une meilleure attribution de crdibilit au chatbot(Nordheim et al., 2019). Parallèlement, la fiabilit perçue, qui reflète la constance et la cohrence des performances du chatbot, est galement reconnue pour renforcer la confiance, car les utilisateurs s’attendent à une interaction prvisible et stable dans leurs diffrentes requêtes(Ng & Zhang, 2025). En ce qui concerne les dimensions thiques et lies à la protection de l’utilisateur, la scurit et la confidentialit perçues sont rgulièrement identifies comme des aspects essentiels de la confiance dans les environnements de systèmes bass sur l’IA, car elles attnuent les inquitudes lies à l’usage des donnes personnelles et au risque de traitement malveillant ou non-autoris des informations partages avec des agents conversationnels(Leschanowsky et al., 2024). Enfin, bien que l’intgrit perçue soit parfois moins directement analyse dans les modèles classiques, elle se rapproche conceptuellement de la transparence, de l’honnêtet et de la responsabilit perçue des systèmes, qui sont reconnues comme des leviers de confiance dans les interactions homme-machine(Glassberg et al., 2025). Ainsi, nos rsultats confirment et prolongent les conclusions des travaux rcents selon lesquels la confiance dans les chatbots repose à la fois sur des caractristiques techniques (comptence, fiabilit) et sur des engagements perçus en matière de protection thique et des donnes (scurit, confidentialit, intgrit), ce qui facilite l’adoption et l’utilisation continue des agents conversationnels intelligents dans divers contextes d’usage. Par ailleurs, l’hypothèse relative au risque perçu (β = –0,27, p < .001) est confirme, indiquant que plus les utilisateurs perçoivent de risques associs à l’usage du chatbot, plus leur confiance diminue, ce qui freine potentiellement leur intention d’adoption. Cette relation ngative entre risque perçu et intention d’adoption est bien documente dans la littrature sur l’acceptation des
Loubna EL HATTAB & Tarek ZARI. Les facteurs déterminants de l’intention d’usage des chatbots dans le secteur bancaire au Maroc : contribution d’un modèle UTAUT enrichi 20 www.ijafame.org technologies numriques, notamment dans les services bancaires en ligne et mobiles, où des niveaux levs de risque perçu rduisent significativement l’intention d’adoption des utilisateurs. Par exemple, Kesharwani et Bisht (2012) ont montr que le risque perçu exerce un effet ngatif significatif sur l’adoption des services bancaires en ligne, et que la confiance constitue un levier cl pour rduire les inquitudes lies au risque dans ce type de contexte technologique(Kesharwani & Bisht, 2012). De même, Kumar et al. (2023) ont dmontr que, dans le cas des services bancaires mobiles, le risque perçu freine l’adoption, mais que la confiance modère l’effet du risque perçu sur le passage de l’intention comportementale à l’usage effectif de la technologie(Kumar et al., 2023). Ainsi, nos rsultats s’inscrivent dans une tendance bien tablie selon laquelle le risque perçu reprsente une barrière à l’adoption des technologies numriques et que la construction de la confiance est essentielle pour attnuer cet effet ngatif, assurant ainsi une meilleure acceptation et utilisation des chatbots. Concernant la rputation de la banque (β = 0,31, p < .001), l’effet observ sur la confiance envers le chatbot s’inscrit dans une logique bien tablie selon laquelle une rputation positive d’une organisation ou d’une marque constitue un antcdent cl de la confiance des utilisateurs dans les environnements numriques. En effet, la rputation, qu’elle soit construite à partir d’valuations positives, de commentaires d’utilisateurs ou d’une gestion cohrente de l’image de l’entreprise, agit comme un signal de crdibilit qui rduit l’incertitude perçue par les consommateurs lorsqu’ils interagissent avec des services digitaux. Des recherches montrent, par exemple, que la rputation de marque influence directement la confiance des consommateurs, car une image positive renforce la perception de fiabilit et de qualit des produits et services d’une organisation, ce qui se traduit par une relation plus forte entre l’utilisateur et la technologie propose(Açikgöz et al., 2024). Par ailleurs, des analyses sur la gestion de la rputation en ligne indiquent que la construction d’une identit numrique positive, en particulier dans les interactions avec les clients et les parties prenantes, contribue à la cration d’un climat de confiance durable, ce qui est essentiel pour l’adoption de nouveaux canaux numriques comme les chatbots bancaires.(Lopez-Lopez et al., 2025) Ainsi, nos rsultats confirment que la rputation institutionnelle constitue un levier majeur de la confiance numrique, particulièrement lorsque les utilisateurs valuent des outils automatiss ou des interfaces sans contact humain direct, car une rputation solide attnue les inquitudes lies à la scurit et à la fiabilit. Dans le prolongement des modèles d’acceptation technologique intégrant la confiance, nos rsultats montrent que la confiance influence positivement l’utilit perçue (β = 0,37, p < .001) et l’intention d’usage (β = 0,26, p < .001), tandis que l’utilit perçue exerce un effet significatif sur l’intention d’usage (β = 0,49, p < .001). Ces relations s’inscrivent clairement dans les applications contemporaines du Technology Acceptance Model (TAM) et de ses extensions aux technologies d’IA telles que les chatbots : l’utilit perçue est un dterminant robuste de l’intention d’utiliser une technologie, pouvant mdiatiser partiellement les effets cognitifs et affectifs antrieurs comme la confiance (M et al., 2024a). Par exemple, une tude rcente sur les chatbots documente que la confiance des utilisateurs influence fortement leur intention d’usage, en passant notamment par une perception positive des bnfices et de la facilit d’usage, ce qui renforce directement la propension à utiliser le système conversationnel (M et al., 2024b). De même, des travaux rcents dans des contextes varis (services publics bass sur l’IA) montrent que la perception d’utilit est l’un des facteurs cls dterminant l’intention d’usage pour les systèmes assists par IA, souvent renforce par la confiance dans ces systèmes (Savveli et al., 2025). Ces relations sont en cohrence avec les thories classiques (TAM/UTAUT) enrichies par la dimension confiance, comme le montrent des tudes sur la banque digitale et mobile banking. D’un point de vue mthodologique, les analyses d’effets indirects confirment que la plupart des attributs positifs du service (comptence, fiabilit, intgrit, scurit, confidentialit,
ISSN: 2658-8455 Volume 7, Issue 01 (2026), pp. 1-26. © Authors: CC BY-NC-ND 21 www.ijafame.org rputation) exercent un effet indirect significatif sur l’intention d’usage via la confiance, tandis que les facteurs ngatifs (risque perçu) proposent un effet indirect dfavorable. Ce schma de mdiation est conforme aux approches rcentes qui envisagent la confiance comme mdiateur central entre qualit perçue du service, risque et adoption digitale ((Kumar et al., 2023). 6. Conclusion Cette tude avait pour objectif d’à approfondir la comprhension des dterminants de l’adoption des chatbots dans le secteur bancaire en mobilisant un cadre conceptuel enrichi, intégrant à la fois les apports des modèles classiques d’acceptation technologique et des dimensions relationnelles, sécuritaires et émotionnelles propres aux interactions homme–machine. Les rsultats obtenus confirment que l’utilit perçue et l’effort attendu demeurent des prdicteurs robustes, mais montrent également que ces variables ne suffisent plus à saisir la complexité des usages actuels. Les dimensions fines de la confiance, compétence, fiabilité, intégrité, sécurité, confidentialit et rputation, s’imposent comme des facteurs aussi dterminants, tandis que l’anthropomorphisme et l’inconfort technologique apparaissent comme des facteurs diffrencis influençant la formation de l’intention d’usage. Ces rsultats dmontrent l’intrêt pour un renouvellement thorique dans l’tude des technologies conversationnelles en contexte bancaire, en particulier dans les pays émergents où les habitudes numériques et la confiance institutionnelle ne sont pas homogènes. Sur le plan managérial, les implications sont significatives : les banques doivent dépasser une approche purement fonctionnelle des chatbots pour intégrer des considérations de design conversationnel, de transparence informationnelle et de gestion proactive de la confiance. • Implications théoriques Cette tude se distingue des travaux existants en offrant un cadre thorique intgr rarement mobilis dans le champ bancaire. Alors que la majorit des recherches antrieures se concentrent soit sur les modèles d’acceptation technologique (TAM, UTAUT), soit sur les fondements de la confiance numrique, cette recherche combine ces deux approches afin d’expliquer de manière plus complète la formation de la confiance envers les chatbots bancaires. Elle innove galement en considrant simultanment plusieurs dimensions fines de la confiance, comptence, fiabilit, intgrit, scurit, confidentialit, rputation, auxquelles s’ajoute l’anthropomorphisme, mobilis comme dimension socio-relationnelle du chatbot, alors que ces composantes sont le plus souvent tudies de manière isole dans la littrature. Contrairement aux tudes antrieures principalement centres sur l’e-commerce ou les assistants conversationnels non financiers, ce travail porte sur un secteur caractris par un niveau de risque perçu lev et une exigence accrue de scurit informationnelle : la banque marocaine. Cette spcificit sectorielle permet de tester empiriquement des relations thoriques dans un environnement où la confiance constitue un dterminant central de l’engagement technologique, et où l’effet potentiel de l’anthropomorphisme peut être compar, en importance relative, à celui de dimensions plus fonctionnelles comme la scurit ou la confidentialit. L’intgration conjointe du risque perçu, de l’inconfort technologique et de l’anthropomorphisme comme variables susceptibles de moduler indirectement l’adoption des chatbots reprsente une autre contribution originale, rarement analyse dans une même architecture conceptuelle avec la confiance et l’utilit perçue. Enfin, en mettant en vidence le rôle structurant de la rputation institutionnelle dans l’cosystème bancaire numrique, cette tude tend la porte des modèles de confiance au-delà des seules caractristiques technologiques, en soulignant l’articulation entre facteurs organisationnels, perceptions relationnelles (dont l’anthropomorphisme) et cognition individuelle dans l’adoption de l’IA conversationnelle.
Loubna EL HATTAB & Tarek ZARI. Les facteurs déterminants de l’intention d’usage des chatbots dans le secteur bancaire au Maroc : contribution d’un modèle UTAUT enrichi 22 www.ijafame.org • Implications managérielles Les rsultats de cette recherche apportent plusieurs enseignements utiles aux banques marocaines engages dans la digitalisation de leurs services. Ils montrent que la confiance envers les chatbots dpend principalement de la comptence, de la fiabilit, de l’intgrit, de la scurit et de la confidentialit perçues. Les institutions financières doivent ainsi veiller à renforcer ces dimensions dans la conception fonctionnelle et le fonctionnement quotidien des chatbots. L’tude met galement en vidence le rôle central des attentes lies à l’utilit et à la facilit d’utilisation : les clients adoptent plus volontiers un chatbot lorsqu’il fournit un bnfice concret, rduit l’effort de navigation et propose une interaction rapide et intuitive. Par ailleurs, les caractristiques individuelles favorables à l’innovation technologique – telles que l’optimisme et la familiarit numrique – influencent indirectement la confiance via l’utilit perçue et la facilit d’usage. Ces rsultats invitent les banques à dvelopper des stratgies de communication diffrencies, valorisant les bnfices du chatbot auprès des clients à forte maturit digitale, tout en accompagnant les segments moins habitus aux technologies via des supports pdagogiques adapts. Enfin, la rputation institutionnelle apparaît comme un levier dterminant : elle constitue un socle sur lequel se construit la confiance envers le chatbot. Les banques ont donc intrêt à aligner leur stratgie de digitalisation avec une politique de transparence, de protection des donnes et de qualit de service, afin de consolider la confiance globale et de faciliter l’adoption durable de cette technologie. • Limites de la recherche Comme toute recherche empirique, cette tude comporte certaines limites qu’il convient de considrer dans l’interprtation des rsultats. Le recours à un questionnaire auto-administr expose les rponses à des perceptions dclares qui ne reflètent pas toujours les comportements rels, en particulier dans un contexte bancaire où la sensibilit des donnes peut influencer les rponses. L’approche transversale adopte ne permet pas, par ailleurs, de capter les volutions de la confiance ou de l’usage du chatbot dans le temps, alors que ces perceptions sont susceptibles de se transformer avec l’exprience et l’amlioration des services numriques. Le modèle conceptuel, bien que riche et intgratif, ne prend pas en compte certains dterminants mergents de l’interaction homme–IA, tels que la qualit du langage conversationnel, la rapidit des rponses ou les attentes lies à la personnalisation. De même, l’anthropomorphisme a t apprhend dans sa forme globale, sans distinction entre ses aspects verbaux, visuels ou interactionnels, ce qui pourrait masquer des effets plus fins propres au domaine bancaire. La mthode PLS-SEM, adapte à l’exploration de structures complexes, ne permet pas d’tablir des relations causales strictes. Enfin, le contexte marocain, marqu par une adoption progressive des services digitaux et par une htrognit des usages, limite la transfrabilit directe des rsultats à des environnements bancaires où les chatbots sont plus matures ou intgrs à des infrastructures d’IA avances. Références: (1). Abdul Karim Shaikh, I., Khan, S., & Faisal, S. (2023a). Determinants affecting customer intention to use chatbots in the banking sector. Innovative Marketing, 19(4), 257–268. https://doi.org/10.21511/im.19(4).2023.21 (2). Abdul Karim Shaikh, I., Khan, S., & Faisal, S. (2023b). Determinants affecting customer intention to use chatbots in the banking sector. Innovative Marketing, 19(4), 257–268. https://doi.org/10.21511/im.19(4).2023.21 (3). Abdulsalam, T. A., & Tajudeen, R. B. (2024). Artificial Intelligence (AI) in the Banking Industry: A Review of Service Areas and Customer Service Journeys in
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