L'Agriculture et maison rustique...
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...»
L’ AGRIC VLTVRE ET
MAISON RVSTI
QV E DE M CHARLES
ESTIENNE .DOCTEVR
EN MEDECINE.
En laquelle efl contenu tout ce que peut eftre requis pour bafhr mai fort
champefhe y preuoir les changement & diucrftez. des temps , me dcci-
rîer le s laboureur s malade s, nourrir & medeciner beflatl & volaille de
toutes fortes ydreiferiardtn tant potaçer y medtcinal,que parterre ,gou-
uemer les moufches à miel faire Con (crue s, confire les fruttts fieurs,r
a
cmes & efcorcesfreparerle miel y &la cire, planter, enter & medeci-
ner toutes Jortes d'arbres fruittters faire les hutles y dijh//erles eaux, a*
uec plu fieur s pourtraitts d' alambics pour la dtfttlation di icelle s entre-
tenir les prcsyviuiers & ejlangs, labourer les tenes d grain s, façonner
les vignes, planter boys de haute fiiftaye & taillis Jbafhr la Garenne la
Haironmerc,& le parc pour les bejles fduuages .
Plus vn bref recueil des chafTesduCcrf, du Sanglier > du Lic-
ure , du Regnard , duBlercau , du Counin , & du Loup : Et de
la Fauconnerie.
<A trfshault & peJj>uiÇdnt S e teneur, Jtâeflire
Jïntboint'de CrufoLp'ttCd'V^-
Cilfl£4 Ca.'nuwÎAO Atio^y Gw—
Ou«ï (k-JÎoflLx- aini
• .A PARIS, N 4
*
Chez laques Du-Puys, Libraire iurc.demourant en la rue
fain6tIeandeLatran,àl’enfcignedcla Samaritaine. \
M. D. LXX.
AVEC PRIVILEGE DV ROY.
i
s .
SOMMAIRE DV PRIVILEGE
A R lettres patentes du Roy nottreSire, données i
1. Paris, le vingticfmc lourde luillet, i lignées de
Vabres icllecscn queue du grand l'eau de cire iaulne.
Il cil pernm à laques Du- Puis , marchand <3c l ibraire
iure dcnoltrc Vniucrlitcdc Paris, d'imprimer, ou faire
imprimer, tant de fois que bonluy fcmblcra, vn Liurc
intitule?, La Maifon Rulbquc de Ma litre Charles Elti-
cnnc , en fon viuant docteur en Médecine , augmentée
tant au texte , que de plulicurs belles figures, lcruantes
aux dilblîauons , par M. Iean Liebaut , aulli docteur en
médecine : aucc vn traicte de la Charte du Loup , faut
par Iean de Clamorgant , Seigneur de Saanc, premier
Capitaine de la marine de Ponant : par Jclpacc dcfcpc
ans
,
a compter du jour que leditt (upphanr aura tivdla
première imprcllion : Se dcfcnlcs à tous Libraires Se au-
tres , de non imprimer, ou faire imprimer Ictiict liurc, ny
Epitome d’iccluv,duranc Icdict temps, fur les peines con-
^ TRES-H^AVT ET fVlSS^CHT
%
J F J G N F V H N T H O J N F VF C R V S S O L,
Vue tf ZJzes, Comte de Crujfol & de T onnerre, Che
ualier de t ordre du Roy &* d'honneur de U Roy ne,
Concilier au conjèil priué, & Capitaine de cinquante
hommes d arme s des Ordonnances de fa Jtfaieflé.
Onfeigneur , comme entre tou.
tes les fciences qui Te peuucnt
contempler & exercer des ho ni
mes,nulles eft, qui plus elueille
refprit humain, qui rauifle plus
lesfens, qui donne plus de plai-
fir, qui Toit plus neceffairc &: profitable a la vie
_ des hommes, que l’ Agriculture : aufsi n’y en a il
' J * O / %
. vV poin^, qui fefelentc d vne antiquité plus efloin-
gnee, q\ii'jdc
ï ftouure«Tnkux la grandeur des ocu^.
ures de Dieu, n’y en laquelle reluifent plus naît
uement les marques & rayons d’vne admirable
diuinité, que l’Agriculture : car eftants prefque
tous les autres arts inuentez long temps apres que
1 homme fut créé de Dieu,ôc depuis augmentez
par l’induftrie de plufieurs , la feule Agriculture
donnoit défia affez ample tefmoignage de foy,
ôc de l'incomprehenfible puiflance de Dieu, lors
* * •
a i)
B Y 1 S T R B DEDICATOIRB.
* m * # #
lent en vous : outre 1 entière cognoidancc Je plu-'
iieurs arts Se fcicnccs, le plailir lmgulicr,que pre-
nez à Jifcourir & ouyr parler de chofes graucs
£c hautes. Je façon que vodre table & compa-
gnie cd la vraye clchole J*vn dudieux & curieux
philofophc : outre la bonne aftedion que portez
aux hommes vertueux, & qui font protefsion
des icicnces* encor* auez vous vne gcneroiitc 5c
addreûcaux armes fi admivable,vncm.n*nan:nii-
O
te en tous voz gedes heroyqucs.tant bien accom
pogncc Je bon confcil & prudence, vn heur tant
Jiuin en toutes voz enrreprilcs, que voz odes
vertueux, en Jefpir Je la mort t'ont reuiure voz
anccdres en vous : 5c tant que la poderitc durera
telmoigncront les Seigneursde Crudol n’auo/r
cfpargné ne leurs biens, ne leurs vies pour lac-
croifl'cment du Royaume des François, & ferm-
ée de leur Roy.
S il plaid donc à vodre grandeur, Monfei.
gneur, le démettre iufqu ala.de receuoirde bon-
nè part ôc volonté ce mien petit labeur, & le met
tre en quelque coing de la librairie fomptueufe
qu’auezerigee en vodre maifon royale de Ton-
nerre, mefme de le faire feruir d exemplaire a la
culture des parterres 5c iardins magnifiques que '
faides accoudrer par tous voz chadcaux 5c lieu x
de plaifiince, augmenterez l’intentiô & deuotion
de celuy qui fc voue du tout a vous faire fcruicc
toute fa vie. Dieu vous maintienne & conferue
longuement en fanté & profperité. De Paris,
au moys de Nouembre, mille cinq cens foixante.
& hx.
\ • * * ^ •
*
Voftre plus que très humble & très obeif-
faut ieruiteur.
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Iean Liébault Médecin.
LE SEICNEUXDE Ctf^iTELLVS
à Mafire / tan Liébault Do fleur en Medine,
. i
C bar les Ellienne fut le Premier fondât eur
Qui Je prit à bafiir celle Maifi n champellret
Mais ce noble dejjeinaccomplt ne peultejlre
? ourla Joudaine mort de fin Orchite fleur,
yd toy } Liébault fin gendre ^heureux imitateur
De l tllufire fauoir d'Ejhenne ton ancefire,
Efi deu l honneur dauoir apres luy fait renaiflrc
Le prof table fruifl de fin riche labeur
,
Par luy celle Mai fin a ejlé commencée,
"Par t oy, Liébault , elle a elle tant auancee
,
Qu ell tient de toy Jeul fa réputation.
^illienne
y employa fion premier artifice
,
T oy>L tebault , as donné à ce bel édifie e
L a louang ee&l honneur de la perfeïïion*
AV LECTEVR S.
A MyLeûetir, parce que les Prouincrs ne refcmblent les r-
nes aux autres, & ne (ont fou(>« vn mcfinc climat, ic ne
doute point qu'il n'y ayr plufieurs façons de labour,& mots J A
-
griculturc qui (ont en vfage, plus en vue région qu'en l'autre; ic
te prie, fi tu rromies quelque chofc de ta patrie omifeen ce pre-
fent cruure, nous en vouloir aduertir, Afin ddy adioufter, te
promenât mettre en nofbcautre imprerjion auoir reccu ce bien
de toy. Aufsi amy,cequi m'a tant retarde A te bailler celte prefen
teedition fi bien augmentée, a efte pucequ'vn certain fbrfanr,
foy difantefire Libraire de Lyon , nommcL.C^ en les liurci
Jean Maittn,m\iyant flic ce tort que d’aiioirimpr mccc liurcen
petite marge, & fort mal bafti , len'eftois dcbbcrcdc le r'impri-
met, fins la priere des parents du defunct Eftienne, qui m'ont
folicitc i ce faire, me baillant la copie augmcntcedcplusdemoi
tic:&: ce d'autant qu'ertois fafché du tort qu’aiiois reccu du lui-
dicL qui m'auor ainfi defrobbemon l.ibeur , lans Ce lôulcicr au-
tr ment du Priuilege du Roy. Vrav elt qu'il ell couftumicr de ce
faire, aufsi bien à nies compagnons Libraires comme à moy:mais
s'il ne fe deportede telles maniérés de faire , il fe doit tenir pour
a Heure, qu’en aduertiray les gens du Roy, en telle forte qu’ils luy
feront cnrendrc,qiMl faut remr autre compte des commandement
du Roy. Tels compaignons,qui ainfi fuppolent & falsifient leurj
noms , font louuentcsfois porter la folle enchère à beaucoup de
bons marchands, qui ne lotit en rien coulpables. D eu nous face
lagrace de ne procurer chofc àautruy , qucnc vouldrions nous
cftrefui&c. À Dieu*
)
table,
<1
v.
I
I
PREMIER LIVRE DE
LA MAISON RVSTIQVE.
^ »
Quelle forme et Agriculture fèr4 trai~
Bee cy apres.
Chapitre t
> 1
O V T ainfiquc la façon de baftfr que Diuerfîtd «fa
nous auonsauiourd’huy pour la couuer- labour de la
tare Sc reposdes hommes , ne te troûue terr
.
c > Mo la
pareille àeelledes anciens : aufsi voyons var ‘ ct ^ des
nous le labour des terres pour l'aliment pai$ ‘
& nourriture d’iceux,grandement varier
félon les contrées-, le folaige , le fonds,&
. ^ _ _afsiette des lieux , efquels elles font fitu-
ees:& neft pas le langage,le veftement,riy les outils &mftrumens
mechaniques, qui ne changent félon les régions , qui toutesfois,
n empefehe en rien,que nous n’en fbyôs aufsi bien,ou mieux ac-
*omodés,que nos predecelïburs.Par celanouspouuôs veoirno-
ftre Agriculture moderne rapporter & reuenirau mefmepoinâ;
de celle des anciens,quieftdeviuredu frui<a de & terre par nous
cultiuee. Parquoy m’a femblé hors propos s’arrefler du tout à
jla différence du labour des anciens, félon les régions habitées de
» pluheurs peuples d’iceux, chacun delquels aurait façon de viure*^
parti cul iere:o utre ce,quepour aifément s’accommoder auec les
perlonnes , Ion a toujours eu couftume Ce renger àla mode des
^nss-aff^ionner, ° U f ar ,c £ tLire dcs anciens li u res,ou par Trop grade-
P § ran «e cunoiÎEe^ruine 8c deftruâion des bons cfpric$>à tant curiofité,Mtf
.
e now uelles maniérés de baftir , cultiuer , parler ou efèrire : car ne des bo>Sj
|>ar tels moyens ÿv en cuidant refermer les chofes, fans les parfai- d ^ nît ’
«•a . -
t;c.
LIVRE I.
QucMe for- ,fV*ment eognoiftre , Ion eft bien (btiuent eaa de In perdit , &
««* J Ajju- 4n citir.P.»riiuov ne vont cltncriifiDc*,fi lebaftimet &' labour de
‘ J IJ " y** noftrenuifon Franfoilc ne relcmblc du tour à ccltiydes anciens.
a?«cV ‘ Car noArc intention cü(fuyuant le proucrbc.qu'il tant appredre
Tfoueibc. les meurs antiques , A: Faire comme Je p relent ) vous addrclUr
Le nom de m0 ycns de tellement afleoir , A; entretenir vne ferme mer ai*
iv ii ion tuft» r i e> o« héritage aux champs ( nommez -le comme il vous plaira)
ri-
6
m'etVi- Q puiltènOHrrir.aucc quelque profht & furcrotA.vn l»ô md-
tieou hérita nager, 6c toute la (amillc.dô: cil eeque Ica Champenois l'appel -
ge *u ehâ?«. |jnt auiourd'luiv gaignage ;cat il n'y a choie qui apporte plus
t.iigpa-e, j c C4 j n x fon ma Arc , que la terre bien cultiuee,6c railonnablc-
mot tfirepar h . 1
les Champe entretenue.
nois.qttili.
gnific mctii L e proiect de ce ejut Jcr 4 dejcrit cy 4
près.
Çh^pitre x.
•
O V R mémoire, & comme forme d’ordonnance
de noftrc Agriculture Françoi le , nous vouspro-
pofcrôsvn lieu clnmpeftrc afsis en tel endroit qui
le pourra trouuer, non pas choifir:& là dreilerôs,
fans dcfpcns extraordinaires , vne mailon aucc les
appartenances telles, ou à peu prcs.pournoftretcmps.quclcbon
Caton Acri- Caton a figure pour tclicn, en fon Agriculture Romainc.auquel
ciiUeur. . endroit nous traiterons Je l’eftat de ofhcc du Fermier, de la fciu~
Sôniaire du me,dc fes gcns,du bcfiail,dcs voIai!lcs,dc autres telles choies,
premier U- ^ p vn d cs collez de celle mai fon , iuftementà l’endroit où
^Sommaire donne le Soleil leuât,nous mettrons d’vncpart le lard fri du mef-
dui.liure. nage, qui au delà de fa haye vifiie , comprendra les treilles àver-
Iardin du lus } <1UCC les herb igcs necclTàires à la mailon. Et encor pour le
"^Trefnês à P ro ^ t5 * e S a ff rat, ’l c Chardon à bonnetier, laGauIdc>laGarancc,
rerius. & les FillalTes , fi meilleur ne femblc rclcrucr celle culture en
plein champs,auec les mars. De l’autre part,no us afièrrons le Iar-
Iardinà din à fleurs &odeurs , aucc fes ornemens 6c parterres. Au delà
de la haye, nous mettrôs les potages, comme Pois, Fcbues, & au-
tres fortes de légumes : aufsi les Melons , Citrouilles, Concom-
bres,Articluux,& lemblab les : ïuquellieu nous traiterons des
Mou Ce hc s à niou fiches à miel.
SSmaire du Apres! es iardins,nous cultiverons le clos ou verger à fmits,
a4iu/c.
rC U ^ ^ poferons la pepimei c pour les lâuungcaux , la baftardierc
pour entcr.Puis lcquarrc desarbres parcrcuz,&: tranfplantcz.
Verger i S uiuant le verger près du petit rui(lèau,nous fitucrons le pré
pour le pafturage , aucc l'ozerayc , l'ormayc, l'aunaye , de la làuf-
fleurs.
fruits.
J
DE LA MAISON RVSTIOVE. x
fayeaucircuit:& au de là nous mettrons l’eftang , ou le viuier:
puis les grands prez,pour la proiüiion & reucnu du feigneur. . Pépinière,
Entre le Midy&le Septentrion, nous aflerrons les terres à B -*(lardicie.
grain,& traiterôs de leur façon Sc labourage:& au deflus, moitié du quauièf 6
en pente ,& moitié fur la butte ou colline, à l’endroit qui plus nie lime,
prendra du Midy,nous planterons la vigne, Redirons la culture Eftang.
d’icelle. Viuier.,
Entre le Septentrion & l’Occident,, nous mettrons la garen j^^™* 1 **
ne en autre collme,ou coftau :& au deflus le taillis 8c bois de fu me liure.
"
ftayeiauqtiel lieu nous n’oublierons rien de ce qui appartiêtàla Terres à
façon & gouuernement des bois. Ferons aufsi mention du Parc grain
pour les beftes iauuagcSjde leur chafle, mais en peu de propos: yi& ne " ,
car n’eft befoin qu’vn bon mefnager samufeàla chaffe delahe- fixiemeUMe
ronniere. Finalement deferirons en brief,la façon & maniéré de Garenne,
prendre les oi féaux. Taillis Se
Parce moyen,refteront peu de chofesà déduire touchant la ^°' s ^ u **
beauté & proffit d’vne métairie champeftre, telle que doit defircr p^’jes bef
celuy qui veut curieufementdc auecraifon,viure du labeur de tes fauuages
fil terre. , Herôniere.
Chaffc aux
* • , » « -• .» '
Quelles ch o fis font rejuijes tuant auebajlb oxfeaux *
U métairie. Chaÿ. 3 . ,
V A N T à la x proprieté de Pheritage doht plu* *
/leurs autheurs Grecs & Latins ont /i curieu£emê£
traite^ie ne m’en empefehç autrement > prefuppo -
/ant ou queeefte maifon ruftique , & la terreaolle
1 Ubie âje^yo u s foi t ven uede /uccefsiô, & que vous
h vueilliez accommoder à voftreaiTan ce, ou que iî vous l’aueza-
chetee,vous l’ayez bien nettoyee premier que Ja baftir, &appro^-
prierrcar ainfi que Ion disque le premier baftiment d’vne bonne
maifon doit eftre la euifine, eeftàdïre^e reuenu, &le fonds,
pour l’cntretenir.-aufsi fepremier poinû d vn pere de famille , a- Sim ? dW
uant que baftir & dreflèr fa maifon, eft d’auifer bié diligemment bonne mai-
qu elle Idit du tout ficnne,& quiln’ait plus affaireà mineurs,cre ^°°*
diteurs, rentiers, ou fuperieurs , qui le diftrayent de fes négoces. Maifoa
Qu il ait fourny atous frais,èk folennitez de iuftice,& nommé. Decrets, feu
mentaux licitations & decrets,qui font les plus foures vo-yes d’à resvoyes d’a*
cheter.pour leiourd’huy : earon trouue plus grand nombre de cKeter.
fots acheteurs * que de lots vendeurs- Que Lan Sc. iour foit parte*,
qu liait e feh ange, i ni c/té Ôc efmeu nouuelles debtes,pourefeIar ye^eurs.
5 *^
ciï Ion .héritage,#,' n’v employé la valeur d’va. denier.,, qu’il n’ait % 5cur aej
a 4
Acheter
paix.
Terre amc-
Côtefltemet
> -i.
LIVRET.
entièrement cheûy, borné , ôc arpentéauec fes voifin*, ÔC acheté
paix des plus hargneux. Somme, qu’il foie hors de toute court &
procezidc que s’il luy demeure quelque cas à parfaire (cômelon
dit que terre ameineguerre ) que ce foit pluftoft à luy à deman-
der qu’à défendre ; i’enten touchant fes droits feigneuriaux ÔC
Rien n’eft* à eenfîues, defquels il ne doit non-plus laiffer déchoir le moindre
négliger au denier, chapon, ou quoy que ce foit,que vne tuille de fa cou uer-
pere de fa- ture,qui à traiét de temps non reparee ôc remife , en fait cheoir
m ^ e d’au très, & porte grand dommage au logis.
r * -•* • » *
. i j % i ‘ J* * • - '* - * .
'* - •' - . • * * . *
^Afiiettede U Maifonruflique^ auec fis ap-
partenances. Cbap. 4 .
V O Y qu’en toutes chofes chacun demande fes
cômoditez,& s’efforce approcher le plus près de
Iaperfeétion qui luy eft pofsible, toutesfois le,
bien appris demodefte pere de famille fe eôtente
^ de ce qui luy vient de la main & grâce de Dieu,
& prend en gré de fa munificence ôc IargefTe,tel gueret, tel fonds,
Sc afsiette qui luy efehet* eftant certain que le choifir, ny la per-
pétuelle iouiflanee n’en eft à luy ,non plus que les empires &
royaumes aux Princes. Parquoy fi le lieu de fa naiilànce , de fuc-
Labour & ce f s i on ou acqueft, n’eft naturellement fi propre Ôc cômode qu’.il
art neceffai- j e p 0urro i t biëfouhaiter,il le doit tellement accomoder par fon
farnillc
16 C artifice, & tafeher par fbn labour,à fi Ibngneufemét 1 amender ôc
ameliorer,qu’il s’en puifïè côtenter, pour la nourriture de luy ôc
Proucrbe des fiés, dedrefler vne maifon. Car plus ne (çauroit-il defirer(fi le
ancien prouerbe eft véritable) qu’en cent ans ciuiere,en cent ans bâniere.
Nulle lîtua- youloir en ceft endroit prefuppofer la fituatiô d’ vne maifon
fotTruftîque rüfti que, telle & fi parfaite, que rien n’ypeut mâquer,ce mefem-
parfaitc. bleroit chofe loin de toute raifon. Bien eftvray que fi tel en-
droit fe pouuoit trouuer,que l’air, l’eau, & la terre , y donnaient
entière faueur,ccla feroit fort à propos : mais ny les Empereurs
ny lesRoys,ne fefçauroyent contenter que de l’affiettede leurs
regions,les vnes plus chaudes, plus froides, plus fubie&esàpu-
trcfa<ftion,Ies autres moins vtiles à la production des fruiéts , ôc
quelques vnes de moyéncfaçon,& rencontre. Toutesfois encore
que le lieu ne foit du tout tant fertile que Ion voudrait bien , ny
tant commode que le defire le grâd Agriculteur Cato: ce neant-
moinsfaut furtout qu’ilyait quelque faueurde bon air;carnul
homme de bô fêns ne fera aucun frais à labourer vn lieu peftilant
ôc d’air corrompu, comblé qu’il foit fertile ôc de terre grade. Car
où
DE LA MAISON RVSTIQJ{E. j
où Ion eft en continuel péril de mort, non feulement la cueillette
des fruits, mais auftî la vie des laboureurs eft toufioursen dou-
te;ou pour mieux dire, U mort y eft plus certaine que le profit.
Vray eft qu’outre ce, quelanecefsi te engendre l’artifice, il ne fe Necefsité
trou ue incômodité, qu’il n y ait quelque autre commodité pour
rccompenfe : comme en lieux chauds viennent les bons vins , 8c i nc0 mm 0 di
fruits de garde: en lieux froids,force eaux douces, & quelques- fe'recompc-
fois marines , qui leur apporte grand proffit : en d’autres le plus fee par com
fouuent, quand la terre n’eft frudtueu le au ddïus,elle left au def- mo dité.
(cuis, comme en pierrieres,minieres, 8c autres telles chofes , donc
Ion fait elchange en meilleures.
Par-ainfi,nous-nousc6tcnteronsdulieuquenoftrenai(lan c 0 ntérer f c
ce ou demeure pourra porter: &s’il n’eft tel que le fouhait d’vn f au tde ce <f
curieux, ou fort à côtenter,pourroit biérequerir,nous-nousef- Diea & na-
forcerons l’amender parles moyens qui feront recitez ci apres. turc donne.
Bien peu demaifons ruftiquesfetrouuent affifesen lieu qu’il
rfy ait quelque cas à redire,comme faute d’eau en lieux pleins 8c £ Cât3CC
cileués jtds que font la Beauce & la Champagne, encores que les châpaigne,
terres y font fortes, ou bien tir lieux efleués 8c montagneux,trop Sauoye.
grande abondance d’eaux en longues vallees, 8c. delcentes , telles Dauphiné,
quelontrouue en quelques endroits de la Sauoye, Daulphiné,
Àuuergne, 8c Gafcongne,aufquelslieuxya plus depafturages, Eft a mpf s
nCa
que de labour: autres quartiers font naturellement lablonneux: S.Mathurin
comme vers Eftampes & fainâ Mathurin de 1 archant, & encor de l’archât.
en la Solongne,& pays de Landes, qui toutesfois ne taillent eftre Solongne.
aqueux, & humides:& autres croyeux 8c argiileux, comme vers
Reims, T roye,& Chaalôs en Champagne:autrespierreux,com- chaalons.
meversfaind:LeudeSerans,Tonnoirre^ Vezelay en Dauphiné, Sain&Las
où fe trouue le marbre,& autres endroits de pierriercs, quelques de Serans.
vns font caillouëus plus propres à vignobles.Qu.oy qu’en foit, le Tonnoirrc*
baftiment ne fçauroit eftre en fi eftrange lieu , que Ion nepuifle lieux cail-
choifir le meilleur regard du Soleil,pourlafanté& falubntédes loueuxpro-
habitanSj&raccommoder àfon aifance: mais le principal eft du P rcs à vigne*
J
fonds de la terre, à laquellelebaftirnent de necefsiteelt fubieël, Î?L CS ;
,
& pour laquelle il eft principalement dreflë. ' Sate ' 1 upa}r *
Sidonqueslelieu hant&:plat,comme vne Beauce, ouhautep , &
France,afauted’eau,il faut faire des mares par endroits en vos pj at#
aU
cours,& vne cifterne en vos urdins, 8c tellemét rayonner les ter- Mares.
res, qu il y ait des fèilionspar voye, qui retiennent longtemps Ciftcrnes.
1 humidité : 8cühs terres fe trouuent fortes * il ne les faut lî fou- ^ errcs or *
tes.
uent marner ny amender, 8c ne les taifier en îachere que de qua-
tteans l vn. Si vous y faites lepuits, il faut qu’il fort à roué s 8cG
a i ij
Puitsl rouï.
Terre à
amaigrir.
Arbres à
planter.
LIVRE L
4 \ • 1
large qu’à chacun traiél vous puiisiez amener d’eau demy muy
pour le moins,que vous ferez ietter en auges particuliers , & re-
feruer pour la commodité de vozgens,& du beftarhfur tout faut
tau du ciel foigner de bien recueillir & garder l’eau du ciel, foiten cifterne
3
^Cifterne ' ou autremenr *La cifterne fera pofee en telendroit, qu’elle reçoiue
faire, lespluyes detouteslescouuertures&toidts du logis: doit eftre
foingneufement pauee d’argille &de bô ciment,enduite en toute
part j & par toutesfes fentes &ereuaceseftoupee auec mixtion
faite de poix elere,fuif& chaux vifue , le tout bien mefle enfem-
ble 8c réduit en confîftence de ciment : la geule fera telle que.
celle du puits. Aucüs iettent dâsles eifternes anguilles 8c autres
poiftons deriuiere pour y paiftreôc eftre nourriz, à fin que par
• leur niouuement l’eau acquière plus grande legereté, & enfuyue
aucunement le naturel de l’eau courante,.
Au.furplus, pour l’incommodité du bois ferez amaigrir la
terre en quelques endroits proches de voftre logis auec du fable,
de la croy e,& de la cendre du foyer, puis y femerez ou planterez
telles eipeces d’arbres que parferez vous pou uok féru ir, com-
bien que deuant que ce faire. il l'eroit bon eiprouuer quelles for-
tes y viennent le mieux.;
Si voftre heu s’eftend iufques au fleuue, vozprez n’en feront
pas fi loin que voftre maifon , qui narrrop s’auoifîner des riuie-
- resjferoit iubiedteà catarres & dechets du logis . vray qu’il eft
bon dene s’en dilcofter,pour la commodité d’enuoyer lerccueil
des champs à la ville , maisjllàut choifir l’endroit le plus efleué
pour fon afsiette.,
î.laifîr des Ielaiflèle plaifir. des Princes & grans Seigneurs , qui pour
Princes. leur délégation habitait l’efté és lieux aquatiques excellente-
ï,c court ofte ment cu ^ ll,ez ’ ornez d’eaux , 8c parezde toutes delices •' auisi ne
Jcgoult, faut-ilquele couft denoftre pere de famille luyfaceen rien ex—
• céder legouft : car les Princes ont de quoy changer logis, félon
les fiilons de 1 annee,& faire fouuent à leur appétit du quarré le
Pa/sfec, xondjdc au contraire,.
Beauec.thî*. En lieu fec,comme Beaueeron,Châpenoisi & pays dë monta-
f a gnes,entcdez a fi biê allëoir voftre baftimét,q.u’il prenne l’Orient
x . equinoélial,dt retienne du Soleil leuant de Mars 8c d’Oclobre.
kaftii
ne ^ our '
. S ^jta Colime,b.ifti(Iëzen croppe vers l’Orient, 8c toutef,
fois n oubliez Ia.pariiedu Midy,ny aufsi du Septentrion, à l’en
-
roit duquelferezJa.touc.he.de bois pour, la marque 8c defenlc
Vi^neou de voftre lieu».
don dire Choififlèz bien les endroits dé vos terres les plu 9 propres
Iftucc,. p our les fruus,grains,& pour la.praine,& adreilez voftre vigne.-
àfar-
Pays voifin
de fleuues
DE LA MAISON RVSTICLVE. 4
â Pafpett du Mi3y,& pour plaifir femez ou platez quelque fecon
<le touche de bois du cofté de Septentrion, pour la defenfe con-
tre lefroid- Vous ferez aulsiquelques croifeesgarniesde leurs Commodi-
| contre feneftres, à l'endroit du Midy, pour les ouurir en temps ^ ^ es ^ cnc *
de bife.Tels lieux fe trotiuent en pays de montaignes,qui fort de- ^ rcs#
firent rOrientrmai s auec ce toutesfois veulent moyenner le My-
dy, pour la chaleur qui leur eft neceflaire.
Les puits y font recommandés, & pour trouuerfendroit 'où les Puits oi\ Ce
. conuiendra faire , faut choifirleLeuanten cômencement de de- doiuft faire*
feente vers le Septentrion, non l’Occident : encore mieux vers le
Midy , ou apres auoir du loir defcouuert la terre en diuers lieux»
de trois pieds de large, & cinq de profondeur : depuis y eftre re-
tourné du matin, à Soleil leuant,fautefcouter comment il fonne
foubs le bafton de houz garny par bas de quelque rouelle de fer»
ouleton,ainiîquele basdVile houlette fans croc : Ôc là fous le
iugemét de l’oreille entendre côme le dellous reforme , foit ainfi
<ju’vn mortier , ou terre glaize, argille ou autre bien dure, ainfi Iagcmcnt
qu ’vn verre à demy cafsé,ou autrement en façon d’vn creux bien d’eau
profond,qui fent facarrierer&eftleplus fcuriugement.Aucuns
pour en faire plus foudaine experience,mettët en fofles profon-
des de quatre pieds,efpoges ou toifons de laine biëfeiche ôc net-
te, qu’ils couurent de bràches d’arbres, ou fueilles d’herbes, puis
quelque temps apres les retirent de terre, lefquclles s’ils trouuent
moittes 3c humeâ:ees,iugët de l’abôdance d’eau félon la quanti-
té de la moiteur:fi-au côtraire feiches,en colligent le defaut. Les
autres prënent indiced’affluenee d’eau parles petites nuees &va-
peurs qu’i Isvoyents’efleuer de terre en l’air en tëps fee &ferain.
, Quoy qu’il en foit , il ne le faut du toutarrefter aux herbes qui
„ croilfent par ddïus, allant que faire la première attainte : car foys
le Gobelet ou le pas d’alhe, plantain, chrendcr,quintefueille, trè-
fle, mille- fueille, l’eau n’eft pas loin : mais elle ne vaut rien :.fi
Ion ne creufe bien plus au profond.Cômeà Baignolet, Bell-ville Baignolet.
fiir fablô,ou es endroits de Linry.Sous laVeruaine quelquesfois Belle-ville
fe trouue bonne eau & profonde, félon la nature de la terre, & la fur fjblon "
^fource eft prouuenantedu fonds à bouillô, foit de fable rouge,ou Veruein
jde roche grife,non pas de coftez qui tantoft fe tarilfent.S ur tout Puksqüi ne
pour auoir puits qui netarilîèntiamais,faut choifir terre fablon tariffent ia«
neufe,ou noirejouglaireufejou pleincde cailloux, rouge, argil- maiî *
•• leufeiiamais Iacroyeule,ny boueufè, ny limôncu fè, ny celle où le
fauXjle roleaUjles canes Sc autres telles plates, qui font engëdrees
d humeur aquatique,croiftent:.car encor q tels lieux foyét abon
«ans en eau,toutesfois l’eau n’en vaut rien } Ôc eft facile à tarir.
a liij
Fontaines.
Trouuer
four ces de
fontaines.
Il v R e i;
Les font unes femblablement en tels lieux font de requefte
tant pour la commodité de l’eau qui en eft beaucoup meilleure
& plus plaifante que celle de puits , qu aufsi pour la beaute de la
maifon ruftique:& pour trouuer leur fource,faut vferdefembla- )
blés moyens qu’auos deferit pour les puits,fînon qu il faut choi-
fir vers le Septentrion bas des montaignes hautes & groiïès a-
yans concauitez > & enuironnees de plaines, car en telles plaines
l’eau s’amafle & s’efgoutte par la terre i faut aufsi aduifer que tel-
les montaignes foyent plaines de chiendent > plantain, queue de
regnard , pouliot fauuage , fauge d’outremer, qui eft appelée a-
dianthos^illefueillejchameleon, Sc généralement d’autres her-
bes^ plantes , qui prouicnnent fans eftre plantées, & par nature
font verdoyantes, bien ramees,bien efpefïes,& bien flories.
Temps de Le temps plus commode en toute l’annee pour trouuer les>
trouuer les fources des puits & fontaines font les mois d’Aouft ou Septem-
fources. bre,car lors on cognoift bien les forces delà fource,quand la tet
re par les grandes chaleurs de l’efté n’a plus de l’humidite de la
pluye:& fe faut afleurer que telles fources ne tariront ïamais.
Canaux ou S’il aduient que la fource de la fontaine foit quelquepeu loin
tuyaux de delameftairie, Ion y pourra faire venir leau par petits ruiHèaux,
fontaines a ou plus commodément par canaux 6c conduits de plomb 5 ou de
auc *' bois,ou de poterierles meilleurs font de bois d’aulne, ou de lapin.
©u de pin duquel fort la poix refîne , parce que tels bois ont vn
humeur fort oleux,& chaud,quirefîfie facilement aux iniu res de
l’eau : apres eux , ceux de poterie , qui doiuent eftre efpez de deux
doigts , 6c aigus dVn cofté de demy pied pour entrer i vn en 1 au-
tre : les pires font de plomb , par ce que l’eau qui y eft portée ac-
quiert vue mauuaife qualité de plomb,, d’où vient qu'elle caufo
fouuentesfois dyfenteries>& autres femblables maladies,c.omme
tiennent les médecins .‘ faudra bien enduire & fouder les canaux
auec mixtion faite de chaulx vifue & greffe de porc , ou de poix
refîne & blâcs d’œuf ? ou de chaulx,blâc d’œufs, huyle,éSc limure.
de fer , par ce que tout cela relîfte à la corruption 6c pourriture
venant de Tau : îî quelque montaigne empefchela conduiéte des,
tuyaux, faudra y donner palïàge : il quelque val ee, faudra efleuer i
des arches,© u planter pieux & marrein à iupporter les conduits \
. 5 - de l’eau., ^
Or ce n’eft aÏÏe 2 >d’auoir trouué fources de puits & fontai-
nes , encor faut il aduifer à la bonté Ôc falubritéde Leau : car puis ,
quenoftre vie confîfte principalement en l’vfagede l’eau, il eft.
bien raifonnable que le maiftredela maifon ruftique foufou
gueux d auoir bonne eau > veu que le principal hruuage de fe&
ferai
/
I
[ --
*
de la maison rvstiqve. ç
feruiteurs eft d’eau . Orlamcillcure&plus faine eau de toutes, Queltés
cft celle de pluye qui tombe, principalement quand il tônebien caues font
fort : apres eft feau de fontaine qui delcend des montaignes , &c ^ mc dlcu^
tombe par dedans des pierres& rochers:apres eft l’eau des puits,
ou celle qui lourd au pendant de la montaigne,ou celle qui naift
au fond de la vallee.Lapl us mauuaüe eft celle dVn imrais:& en-
cor celle qui ne court point eft pire,& peftilente.E t quâd à l’eau
des puits & fontaines, laquelle n’eft toufiours & en tous lieux
trouuee bonne,on iugera de la bonté,li elle eft de nulle fureur &
odeur,lï elle eft claire & nette, tiede en hyuer, ffoideen efté , fa-
cile à elchauffer, ôc fubite à fe refroidir: en laquelle les pois, feb-
ues,& autres fembiableschofes^cuifent faciiemét, laquelle ayac
repaie quelque téps envn vaifleau d’airain ou d’argêt, ne delail-
fè aucune tennéture au vaiftèau > ôc qui auec les autres marques
eft bien legere.
Tels lieux produifent aufsi communément les pierres, ce qui Lieux l pra
fe cognoift par le maniment de la terre rude Ôc aipre, &c du caii- duirc pier-
lou au deflus d’icelle, qui autrefois y pourroit eftre cheut,& ieu rcs *
té:de façô que quelquefois Ion trouue lur le friche le pou rtraict
des fruits,& des grains aflèmbfez ôc congelez en pierre : ce que
Ion voit près Montmiral en Brye , ou le bois eft congelé en pier-
re;outre ce,quc le fouyer en fait bien prompte ôc foudaine ex- r
periéce,cela vous pourra feruirà vos cloftures,tant deparc,que
de vignes, &au très cômoditez , ia ns leprofît qu’en pourrez fai-
re â la vente du moellon & pierre d’appareil . Mais gardez-vous
des Carriers , & de leur tromperie, quifouuentnous preftent Carriers
leurpeineàintereft. trompeurs
Sur iour efprouuez ou par voftre cxperiéce, ou bien par Peft-
quefte qu’en pourrez faire à vas voifins , quel fruit, quel grain
qu’elle forte d’arbres y vient le mieux. Tel endroit enla France, p
[
od “ irc
& en la franche B eau ce, ne porte que le feigle, qui eft contre le
naturel de fon gueret. la franche.
Touteterre a ion naturelpour produire fruits: autre n’ayme Beauce.
quelepurfrouraent;laSolo]gneaïmeIesmars j & quelque fois ~
le metaii.-k Touraine, raeriteinent appel leeiardin deFrance, fe iarTunïc^
trouue fecôde en iardinages& arbres fruitiers: comme celle qui France,
eu appellee ^Brye j, ou Braye ( pource qu’elle eft ûtuee entre ies
fleuues de Marne & de Seine produit fruits & grains à foiloir fctoftiiedi*
& celle qui eft entre k Marne & la riuiere d’Aube , rapporte vne LTlïe
îiihnite de foins ttoutesfois la diligence dupere cle fàmille,peut Labeur dé
omterpar fon induftrie l’imbecilbté d’vne ten?e*ainfï que tou- l’hôme agts
tes p e uuent appn'uoilerpar le labeur des hommes. noüc tou ®*
b-
- 1 1 V H E T.
'Endroits Alix endroits aquatiques 8c marefcageux , il eft ncceflairc
aquatiques s’aider delà commodité de* eaux, lefquelles fouuent diuertirex
* mai-efca- exclûtes, decanaux au profite & amendement de vos paftura-
S CUI - gës,viuier$,ou eftagsià l’entour defquels plus commodes rayon- '
ncrcztds art) res, 8c telles plantes proffitables , que feaurez cftre
Tons de la aymez des eaux. Et faut bien fur tout obièruer la diuerfite du
terre aqua- fonds de terre, qui en lieux aquatiques fetrouue Ibuuentdtfte-
tique. rcnt ^ eftrange, félon la nature duquel lera bon approprier lef-
ditcsplantes,
mettes de Voftre maifon en tellearsiette fera plus fortes plus plaifan-
ïlandres. t een efté , mais déplus grand entretien en tous temps , fi vous la
voulez enuironner d’eau en façon d’Ifiette , ainfi qu en piufîeurs
lieux de FIâdres,aufquels eft familière cefte commodité, de pou-
uoir en temps propre recouurer le poiflon , lafauuagincdoi-
feaux, les arbres tantfruitiers que de chantage 8c baftimés, fans
l’aifanee de leurs excellens pafturages : mais la fante de vous &
des voftres y eft offenfee , enhyuer principalement» Parquoy le
Baftir en meilleur eft baftir en heurt, & laifter les eaux au bas pour la re-
heurt. creatiô de voftre veuë,fi vous n’auez le moyë d’enclorre le tout
en ce parc pour voftre haraz,& autre beftail,qui en ce lieu prof-
fite afl'ezjhors mislabefte à laine.
Defcrts,lan Si ta métairie confîfte de la j?l us grand’ part en de erts&: lan-
des &iôcs. des,tu feras des terres à labour, &: les mettras en nature,!eshouat
diligemment & befehant fouuctrcar le ionc,la fougere, & autres
tels herbages meurent facilement , quand la terre eft fouuentla-
bouree : & fi plus toft as défi r de les ofter & plus feurement , tu
fumeras la terre les deux années premières , oc y femeras des lu-
pins ou des febucs, à fin qu’en medecinant le vice de ton champ,
tuypuiftès prendre quelque proffit 8c reuenu.
Terres pier Les Terres pierreufes fe peuuent nettoyer en oftant les pier-
icufes. res:& s’il y en a grande quantité, il en faudra faire des monceaux
en certainesparu.es de la terre, 8c par ce moyen l’autre partie en
fera vuidee 8c deliureemu mieux, quâd les iournees des manœu-
ures feront à bon marché , il faudra labourer la terre fort creux.
¥terrerlespierresbienauant,puislesrecouurir deterre. I
Terre* neu Si ta métairie eonfifte de la plus grand’ part en forefts & bo-\
ualcs. cages,tu en feras des terres nouales , en arrachant du tout les ar-
bres auec leurs racinesrou s’il n’y en a gueres, il fuffirales eoup-
per & brufler,puis labourer. Et telle terre a couftume pour les
premières années rapporter beaucoup , par ce q s’eftant engraif-
fee& meliorcedesfueilles& herbes de piufîeurs années, le i quel-
les de fon naturel elle produifoit auant qu’elle fuft defrichee, par
apres
;
de LA MAISON RVSTIQVE. 6
apres fuffiti nourrirai: rapporter grand’abondance defrui&s:
aufsi dcfticuec de lès premiers alimens, s'amaigrit auec le temps,
& par ce ne demeure tant fertile qu'au commencement. fabift-
Les lieux fablonneux fcpeuuét amender de liens 6c de marne» ncu *«
qui toutcsfois lans cela, au moyen de quelque eau fubterranee,
en aucunes contrées ne [aillent à rendre proffii à leurmaühe;
mais elles demandent repos 6c variété de ièmeucc, comme de lé-
gume apres le feigle , la maniéré de les cognouire ett commune.
Quand le labié eit gras 6c laune , alors il le trouue bon pour le CognifTan-
grain:& quâd il eft blanc 6c iec>bon pour les bois 6c fruicts iau ce de U
uages. Or le faut il accommoder au naturel de ion terroir, (Scie- turc du la y
Ion iceluy (emer&* planter par endroits choies àluy propres,6c a ^ U °
qui luy viennét àgré»commeleguines,milIer,panu,ri 2 ,iencilies, eit *
yeiTes,&r choies qui ne requièrent gueres grand* graille.
La terre argilleufe&fbrte, comme laiireile, oc en plufieurs t
lieux du Partois, veut plus grans & profous rayons au laboura- j c ^ e
ge,& par tout ailleurs, pour felgout des eaux, quinaiurellemci Brcffc.
y font entremefiees , 6c par la vilcolîté de la terre nefepeuuenc fi Partou.
aifémételgouter.Ce lieu n'eftfî propre pour les arbres, ne pour
lavigne,finô pour quelques arbres fruitiers, bic culnuezocen-
tretemis;baftilïèz~y en heurt aflèz presdufleuue,&prenezmoi- «
* ' • ' p ' /t e \ i Battu- co
ticd Orient oc moitié de r>eptçntnon,par ce que cclieu eitiub- hurt.
iedt à putrcfaétion,8c allez mal iain.
Plus fain eft le terroir de Croye 8c d’Ardoifç , combien qu’il Xerroir <îr
foit plus mfertile:mais le faut bien amender de obéir fur tout à Cro/t &
ce qu’il aime : car le principal du mefnager eft de bié cognoiftrc doifc.
le naturel de la "erre , 8c ne ie contraindre à porter ce qui luy eit Natureî
x
contraire, quelque amendement qu’on luy face;auisi n’a Ion non la * c ®'
plus de proffit de la terre par contrainte, que des beftes par vio- nX? Si-
lence. Car fi elles vous leruent de force, il vous en couited’auan tramtc b$*
tage par blelFures, maladies & autrement, 8c fi ne durent gueres
en bon eftat.Aufsi du l’ancien P rouerbe , que le bon Pere de fa- « ,
mille doit plus entendre au proffit & io< gue duree de ce qui luy S,
eft fubie^qu'àibn plailîrdc finguliere vnlité.
Tout pays de bon vignoble, eft pierreux & grauelleux., ou B •
ailloueux, & fe trouue meilleur en coftau de Midy, ou vers la £ lc Ê •
delcente au fleuue rxeft endroiét n’eft fi bon» jour le grain ; fur ic
p us plat d iceluy,il le faut chaftier 8c fumer. Faites là voftre ba-
itimenr en pente, au regard > moiticd’Onent &de Midy , ou ne
vous retirez loin du fleuue, pour ce que deftus a efté dit-
a meilleure terre , eftlamoirc , 8c friable ou meuble, c’eft à Bonae
tellement tfdmiç.cptrcles imjdns*& que Ion fentle^iç-
b t
l i v ^ ê t:
té, douce & grâce au manier, telle qu’on entrouue aux pays de
Touraine,du Maine,& Anjou, qui font propres à toute fertilité»
Pays ferti» 6c abôdance de biens, riches en collines, vallces.pafturages, bla-
les en Fran- yeries, vignobles, & toutes fortes de fruits :mais par raifon ils ce
ce. dentàlaProuence,partiedeLanguedoc,Guyennc, & meilleurs
"Fertilité endroits de l’Aquitaine, qui pour la chaleur du Soleil meridio-
d’Aquitai- na l } rapportent nô feulement en plus grand’ abondance,mais les
nc * fruits de toutes fortes beaucoup meilleurs, &de plus grand’ for-
ce.C’cftlepaysdepTotnifsion en noftre Gaule , & n’a que celte
Tncommo- incommodité du vent Méridional, qui fans la Biiéluy engendre
dite du vêt p re fque annuellement malheureule calamité pour les perfonnes,
de Midy. & p Qur j e Parquoy faut en ce pays efleuer le baftiment i
mont,& du tout luy clorre 6c boucher l’air de Midy,finon quâd
en grand’ hyucr il en fera de beioin.
En general on cognoiftra la fertilité & bonté de la terre par
ces moyens;!! elle ne fe diflbut point quâd elle eft mal eultiuee:
6c fi clic ne deuient point fangeufe pour l’impetuolite & abon-
dance des pluyes qui ferôt cheutes, mais imbibe toute l’eau qui
tombera:!! en temps d’hyuer ne deuient point dure en fa fuper-
ficie:fi elle produit arbres de haute fuftaye, droits,eipez , bran-
chus&abondans en leurs fruits : fi deftrempee en Peau ellere-
prefen te au gouft vne faueurdouce:fi tiree d vne.foflè , 6c rei mCe
en la foflê elle s’enfle 6c furpafle:fi arroufeede pluye,elle iedte vn
odeur plaifant.A u contraire toute terre doit eftre iugee de nulle
valeur qui n’a toutes ces marques de bonté, 6c principalement
qui a vn gouft falé ounmer,qui produit arbres ou herbes ameres,
\ froides, <k fpineufes, comme buis, fougiere, bruyères abfînthe,
genéure,lauande,genefte,brufe>& autres {èmblables: comme au
contraire les ioncs, les rofeaux, le menu herbage, le tréfilé, hie-
bles, ronces, piuuiers fauuages, ou pruneliers , & autres telles
chofcs demonftrent la bonté 6c fertilité de laterre:car les chofes
deflufdites ne fe trouuent ôc noumflènt gueres qu ’csveines dou
ces de la terre.
)
Lt baJUment & f>our
fris de ht Jtfaijon
rujîique Çhaf>'<$.
C H E T E paix , 6c mai Ion fai te , dit le bon Perè
de famille : & l’auteur des Georgiques Latines
prifetresbien 1 es grandes maifons,&de beaucoup
d’appartenancesrmaisil conlêilledecultiuer 6c la
bourcr cepeu que l’homme fçait faire. Car com-
' inc
(I
A
DE LA MAISON îmTIQVE 7
ifeelesgrandes cages ne font pas les meilleurs oifeaux : .uifsi n’eft Les grade*
ce pas du tout leplus feurd’auoir il beau biftimét aux champs, ca S Ci
> ne de (î grand* quantité de terres , ny de vouloir podèder g-ides
& fuperbes métairies , qui n’a la puiflance de cultiucr fa podêi- féaux,
fion, fi d’auenture l’on ne le veut mettre à la milcricorde de mef- T erre trop
fieurs les metayers.qui pour faire leur proffit.amfi que les niau- “ luai,1
. c
,
c
liais charticrs, trauaillcnt tant les terres tans amender, qu elles peu en
durent peu ou rien en valeur. Lon dit au fsi que Pœil du maiftre valeur,
engrelle le chcual:& quri n’eft ri bon mefnager que foy-mefme. Fermiers iit
Car il fe trouue peu de laboureurs ou à tafehe , ou à ferme, qu i
aiment autant le profrit de leur maiftre, que le letir,& qui ne met- ^ 1
< f^ re
U
cn ,
tent touriours quelque cas en arriéré. grellc lèche
Mieux vaut donc le peut baltnnent de bonnes eftoffes, peu ual.
fomptueux , bien afsis , & bien accommodé (mais qu’il y ait de Mefnager
toutvn peu)qu’vn lieu ri fomptueux & ipacieux,quifaceenitie boque
aux plus grans , ou qui à lalongue , contraigne fon maiftre d’en
reuendre ; car le bon agriculteur Romain du , que le maiftre de llt ^ f our .
famille doit tant faire du petit par ion labeur, qu’il ait plus à m vaut
reuendre qu’à acheter, Ôc que toufiours il foit plus fort Ôc plus mieux <f le
paillant que fon champ : car veu quri faut que le feigneur luicte f on jP tucu *
ôc combatc contre luy. s il cit le pius tort , le feigneur fera inte- office d’vn
relie. Doitauisieftreielieuauchampsfouuentviritc& réparé, bon maiftre
parce que la decheutede quelque partie ou de quelque chofe de famille,
qui ferue en icel uy,delaiflee ôc négligés vn an feulement , coufte ^ ut
trois fois plus a retaire,qu vn mois ou quinze îours apres .* & ne j cchoir
font rien en ceft endroit les propos de ceux qui difent, que terre pour peu
cheuauchee eft à demy mangee , Ôc que terre loin de foy , n’ap- que ce foit.
porte que flafeons ôc bouteilles. Car l’enten que le maiftre y foit Tcrr 5 c ^ c f
plus ordmairemët qu’à la ville, & qu’il en faceeftat pour fanour
riture &.efpargne:autremcnt il aura vne maifbn ôc métairie plus g CC /
pour fes feruiteurs que pour foy-merinc, Ôc de plus grand couft
que de rapport. Au demeurant, qu’en ruftiquant il préne fes ef-
bats à phiiofopher & entendre au gouuernemét du rien, fans s’a-
muter à la challè, aux banquets, grandes cornpagmes,à yuron-
i gner& traitter les furuenan$,& s’addonner outre mefure àfes
esbats &.recreation d’elprit. ^ ^ ^
L’afsiette du baftiment fera en croppe d’vne petite colline liment.*
bu dequelque heurt, fi le pays eft boflu &: montueux, afin qu’il Pays boflu
ne loit morfondu en hyuer des gelees , ny en efté trop efehauffé, Scwocucux*
& que les eaux &c raumes qui coulent en deicendant du haut de
la montaigne,ne minent ou endômagent les fondemens, mefrne
qu’il ne loit par trop iubieét aux vés ou pluyes de toute Tannée:
b uj
V
. r
(
Mares,
liens.
£ uiu«
LIVRE I.
prendra iès principales veues vers le Soleil lcuant d'n mois dé
Mars ou de Septembre, car les vens qui tirent de ce cofté font
fort fains >>& la chaleur du Soleil qui viét entrer le matin dans la
maifon amoindrit & deirompt lagrofteur 8c obfcurité de l’air:
loin&aufsiquetantplus ton baftimét fera tourné vers IcdnStO-
rient,tantplus facilement il pourra receuoir en efté le vent,& en
hyuer fera moins baru des orages 8c geleesdes greniers ferôlau
couchant, les eftables au Midy,& le refte au Septentrion.
Raifoni Et encores que chacun baftifle à ion appétit, iîcft-ce qus
preferer par la raifon doiteftre toujours prefcree : & leroit eftimc l’homme
t0
Lcs veurs demauuaisiugement,s’il auoit place & cômodité, qu’ii nes’ao
du baftimét coni q>odaft en forte , quede l’vn des coftez de fa chambre il euft:
veue fur fa court, & première entree de laferme:& de l’autre fur
iês îardins & terres principales. Parquoy à fin de plus aifcmi nt
dreflèrvn baftiment connue de neuf,ou bien le reparer à la fau-
tafie, faudra faire en la manière qui s’en fuit..
ta forme Figurez vnecourt grade & ipacieufe,qui fou blé quatree m
du baftimét tous iën$,au milieu de laquelle faites creulèr deux mares pour le
A/larpc. • |, | A . i
moins : 1 vne pourles oyes,canars,dc autre beftail : l’autre pour
rouir ou fréper 8c ramollir les lupins, ofiers, verges, & autres tel-
les chofesnnefmepour la pourriture de vos fiens:& plus au deli
-vn puitsrauec deux ou trois grades auges de pierre de taille,pour
abreuuer le beftail & les volailles , fi vous n’auez la commodité
de la fôtaine.Faites aufsi deux fumiersil’vn pour retirer 8c pour-
rir le fiés nouueau,& le garder pour l’annee iuyuâtd’autre, pouf
d’iceluy prendre le fiens vieil 8c pourri , & le porter dehors au
champs. Ces deux fumiers doiuent eftre en lieu vn peu pendant»,
parfond, de paué au fond , de peur que la terre ne borne l’humi-
dncicaril faut que le fumier l'oit en continu lie humidité, àfi.l
que fi d’auenture parmy l’eftrain , fourre ou paille, qu’on y ap-
porte^ auoit de la grain e de quelque herbc,ou d’e/pines, meflee».
elle fe p'ourrifte , & nepuiflé germer n’engendrer mefehanteÿ
herbes, quand lefitnsfera efpandu par les terres. Et pource les
fçauans laboureurs couurent de clayes les euraiiles qu’ils ont îe-
£tc hors des eftables, afin que le vent ne les dcileichc, ou quelé
Soleil ne les brufle.. • . /
Murailles Celle court côtenantvn arpent en qiurré.fcrafcrnieedemir-
Jela court, raillesde iS.po,,lees d'clpe® ur.&de lo.pieds de hauteur, depui*
Je rez dr chauftce, pour appuyer vos baftimës par dedâs:& pour
obuier au dager des larrôs,y aura des chaines par voycs,& bônes
en coig ne tires, félon la-commodité de voftrelieu , & des eftoffec..
Au milieu de Jamuraille de deuant, qui aura fon regard vers
lcSote&
Eumicrj.
)
V' v
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DE LA MAISON ftVSTIQVE* 8
le Soleil couchant, vous ferez voftre porte auvefon portail au
defl’us, pour fc mettre à couuert quand il pleut. Et fera la porte Porte <îu
) autant haute & fi large , qu’vne charrette de foin ou de gerbesy baftiment.
puifiè entrer à l’aife.
A la rencontre du portail, vers le chemin palïant, ferez vn Champirt,
champart de cinq ou fix arpens , bien fofibyé à l’entour, pour la
paillon de vos belles lafiès ou malades , qui ne pourront aller en
compagnie des autres, dcaufsi pour les laiflèr repofèr <S c ruminer
au ierain au temps des grandes chaleurs.
Lelogis pour voftre fermier ferabien bafty,à colle du portail L°g is d*
à main feneftre : 8c prendra iour fur la rue vers l’Occident, non- f crmier -
obftant que fes croifees feront fur la court au Leuant , fa cuifine
fera haut exhaullee & grande , a fin q uc le folier ou plancher de
deffus ne foie en péril de feu, 8c q tous les familiers 8c feruiteurs
puilîent en tout temps facilement s’y retirer: fon four aura faillie Four du fer-
hors le baftiment , & refortiraja gueule dans la falctte , près du «lier,
foyer, & aura la blutterie au deffus.
A feneftre de l’entree de laditte fidette y aura vn bouge pour Bouge pour
leslai£tagesdelafermerie,&pour la referue de fes viures : Sc au la fermière,
deifous, la petite caue, la montée de laquelle fera pour trape à
pied droit , a 1 entree de la falectc, & le potager dans le bouge
delTuiclhft. _
De l’autre colle delafalette, fera la chambre à coucher le La chambre
fermier, & vne autre ioignant icelle pour les en fa ns 8c feruan- du fermier.
tes:Au tenant defquelles deux chambres, en côtinuerezvneau-
tre allez grande,l entree de laquelle fera furlacourtpai dehors,
pour loger fon chauffage , lêsinftrumens de labour, & autres
chofes necellaires. Et le deftiis de ce corps d’hoftel feruira de r
greniers pour les fruits , legumes , graines, herbes & racines que Grenièr *’
Ion voudra garder, *
A main droitte du portail, en entrant , feront les eftables aux Eftables
cheuaux,auec la referue d’vne allez grand’ chambre balle tenant aUT chc *
Jegrandportaibpour coucher le charrier, & autres feruiteurs,& “ a
, u *- ,
allls
î P°» r ^irer les colliers, felettes, traits, manfelles, & autres
;
OUtilspour les chenaux. Eten continuant les eftables aufdits S
c euaux , ferez aufsi les eftables aux bœufs 8c aux vaches , & le aux bœufs.
chenil auprès. Et au dellus d’icelles eftables les greniers pour le Gh " il
!
foin 8c fourrage des belles. 6 1 c’eft la loge
A r i - . aux chiens.
reA v 1 0 PP°^ te< ^ u portail de voftre ferme, re/pôdradi- Entree de U
cment entree de voftre logis , qui par vïi perron de huit de- ma,s ° du pe ,
vP^ us> con duiraau premier eftage dlceluv: & dreflè 5 e ^ aml V
aroïc auaitperro voftre cuifine,& retraite pour deux Guifîne.
«
v
à yin &
cidres.
livre i;
ou trois feruiteurs peur voftre perfonne. Puis continuerez vos
Preffoirs & preftoirs&fouleries. Et de l’autre part feront les celiers à vins
fouleries. 4 cidres, auec vos caues au deff'ous. Vous entrerez en voftreà
Celiers chambre, bouge ôc garde-robbe,par le cofté droitr&lairrez au-/
tant de logis à l’autre cofté pour les ainis ôc furuenans. Et ferez
Caues vos principales veucs & croifees au Leuant, ôc ne releraerez que
Veué's prin- demies croifees fur la court,pc»ur auoir veuë fur vos gens, &fça-
cipales au uo j r ^ U1 va & v jg t à voftre logis:& au bout de chacun bouge fe-
Priuez^ rcz vn pnué, pour la necefsité de chacu defdits deux corps d’ho
ftels, & les fieges par bas defdits pritiez feruirot pour le f ermier
ôc fes gens.Comme aufsi le comble, & le dedus de vos chambres-
feront pour les greniers,d’vn cofté pour te feigie ôc fioument,&
del’autre pour les mars , qui auront petites fêneftresdu coftede
la bifercar celle partie du ciel eft la plus froide ôc moins humide:,
lelqucllcs deux chofes valent beaucoup d longuement garder Ôc
Poulailîier. conferuer les froumens. Au bout des celiers allèrrcz voftre
Volerie & poulaillier,&: tedts à autre volaille. Et femblablement au bout
cou om ier j a f ou j ene vous aflêrrez la voliere ou coulombier à pied,
e mier * L e gelinier fera bafti,de façon que le par-bas d’iceluy fèruina
pour les volailles d’eau-, comme pour les oyes, les cannes à part,
Ôc le dedus pour la- volaille de cou ml, auec leurs iiieheoirs &'pa-
niers à pondre:& faudra faire au défions du gelinier, quelque fc-
Poules 3c paration pour les poules ©u cocpd’inde, fous le plancher def-
coq? d’Inde, quelles logerez les faifans en vn enclos de lattes. Quât auxpaÔK,
laifans.: vous leur lairrez la liberté de iucher par tout.,
Bergeries & Appuyez vos bergeries & porcheries cotre le Midy: defor-
porcheries. te qu’elles n’a-yent veuë que fur la court,& à la principale berge-
Loge des a- rie ferez vne feparation d’afiëz hautes clayes , pour retirer les a-
gneaux d’auee les meres, & les boucs pareillement & ioignant
la porcherie leuerez deux cloifons de muraille bien enduite de
toutes pars, l’vne pour les truyes, l’autre pour les verras.. Au cas
pareil ferez des eheures & cheureaux vne autre eftable à part:
& le dell'us leruiradegrenierspour le fourrage & nourriture du
beftaik
A l’oppofite des bergeries vous ferez la grange auec fa grand
porte de largeur de la trauee du milieu, pour dôneriour aux bat*
leurs, & fur le portail par-defl us pour mettre les volailles à cou?-
îiert, quand il pleut,oti quand il fait trop grand ioleil.
L’vn des coftez de la grange fous- trois trauees de long, feras
pour loger voftre feigie & froument :& l’autre cofte' de mefins
meiurepour les mars. Le aiilieUjde lalargeur du portail auec fa*
cotiuerte par-defius».
It ewisSr
gneaux
Loge des
boucs*.
Loge des
truyes.
Loge des
chcurcs.
IL
^ DE LA MAISON RVSTIQVE:
grande abondance fans vent, eft incontinent imbibée de (a ter-
re : fi l'eau des palus & eftangs fans aucune chaleur du Soleil eft
tfehauffee plus que de couftumc : fi les poules auec leurs petis
poufsins au commencement delà pluye fe retirent incontinent
en leur poullaillc : ou fi du matin viennent tardiuement & quafi
par contrainte à lapaftpreifi l’arc du ciel nommé autremet Iris,
fe renge deuers le m idi, ou fi au ciel il apparoift double, triple,
ou quadruple,
Preuoiraletenlpsde neige enhyuer, s'il voit que les nuees Prefirgedc
d'obfcures deuiennent corne blanchaftres, principalement quâd ncï S e#
le vent de Bifefouffle : fi à l’en tour du Soleil ou de la Lune font
veus plufieurs cercles pâlies ou rouges à demy:fi durât les gran-
des froidures l’air deuient efpez:fi auec plufieurs lignes de pluye
Ion cognoift le froit eftre proche.
Donnera femblable iugement de la grefle,fi au renouueau ou Greflc.
Automne il void que les nuees de.noires &c obfcures deuicnnéc
blanchaftres, ou fi enuiron le mois d’Aurilauec plufieurs lignes
de pluye furyient vn meflâge de nuees obfcurcs & blâchaftres.
Prendra garde aux prefages des vens futurs qui font tels : Si Prefoge des
le Soleil àfô coucher eft rouge:fi le Soleil fe couche entre nuees rcns *
rougeaftresrfi le Soleil tout le long du iour,ou long temps auâc
fon coucher a eu couleur de pourpre , & fe couchant apparoift
plus grand que de couftume. Si la Lune a vne face rubiconde, fi
les nuees en temps beau & ferain font efleuces en haut : files
nuees appareillent au ciel, amaffees en forme d’vn troupeau de
brebis:lï les forefts & fommitez des hautes montaignes rendent
quelque bruitrfi les eftoiles du ciel courent de tous coftez : fi les
eftoiles femblent eftre plus greffes, & déplus grande lueur que
de couftume : s’il tonne au matin, ou en hyuer : (î en efté il ton-
ne plus fort & plus fouuent qu’il n’efclaire :fi le fon des cloches
maintenant eft facilement ouy, maintenant ne peut eftre enten
du : files pafferenux gazouillent ôultre mefure , files chiens fc
veautrent parmfla terre , fi les toiles & petis filets desaraignes
volent par l’air, fi les canes eftendent fouuét &long temps leurs
; âilesrfi le héron crie fur le foir en volant, fi la flamme du feu iet-
tè plufieurs petite s eftincell es.
Prédira l’euenement de quelque tonnerre , foudre, efcJair Sc ^ rc f
a g c dit
tempefte,quand il verra qu'au matin & au loir, en efté ou au cô-
mëcement d’Automne le Soleil rend plus grand’ chaleur que de c i air & t cm .
couftume,& qu'en l’air apparoifle vne nuee fort efpefle& pro- peftè.
fonde: fi le vent Typhô,qui a couftume d’exciter les tourbillons
fiuffle violçntcment,& quefair foit plein de plufieurs nuees ef* v
v * • r
i
* L I V R E‘ I.
pcfles & obfcures:fi les iours d’Efté,ou d’Automnc font plus fer
uens & plus chauds que la conftitution de l'année ne porte , &
que quelques fois à Soleil couchant vne Iris fe mon lire deuers
l’Occidcntîfi parmi l’air voltigent plufieurs imprclsions celeftes j|
& flambeaux ardens. y
T^efag^e du Sera afleuré du beau temps quand il s apperceura que le o-
V«au temps. j e jj à f on leuer fe montrera net,ou à fon coucher clair &luifanc
ayât à Térour de foy plufieurs petites nuees feparces les vnes des
autres,rougeaftre$ & delices.Qiiad I e S oleil en temps de pluye
fe couchera ayant la face ignee &rougcaftre :quand la Lune le
troifieroeou le quatrième iour apres qu'elle cft nouuclle,fe ma
ftreradeliee ôc nette:fi quand elle eft pleine on la void claire,
&
que la partie du ciel que Ion nome le chemin faillit laques app i
roiÜra claire ôc luifati te: (i fur (a forne fans aucu tônerre <Scnue-
es fed:ôt plufieurs elclairs : fî au loir ou au matin en quelque par-
tie de Tannee que ce ioit la roufec deicéd en grade abôdancedi
le vét de Bife fouffle à grand* force: fi le hibou apres Soleil cou-
chant fe mon(tre,& chante toute la nuiét fans cefïe:fi les petites
mouches auant foleil couché s’ama(rent,& le iouent aux rayons
* du S oleil: files corbeaux s’aflemblër par troupeaux &ciiétaplei
ne voix: fi la corneille crie au matin : fi les chapueslouns à Soleil
couchât for te nt hors de leurs cauernt s, & volent par 1 air au fe-»
raimfiles grues volent bien haut,& ne retournét fi roft a bas:fi
les oifeaux de riuiere s’efloignent quelque peu du bord de i eau.
Prefàge des combien que les parties de fannee ayent leur commence-
entrées uif- ment & £ n par certain temps>cornme le Printemps a fon corn-
es teps mencçmcnc enu j roll j e dixfeptiemc de Fe.urier,fâ fin enuiron le
dixfeptiemede May , ôc les autres confequemment : toutesiois
le bon laboureur outre cela aura quelques fignes pour preuoir
les entrées &ifïues des parties de Tannee; Comme s’il cognoift
que les oifeaux de riuiere delaiflent les eaux, ou que le rofsignol
doineftique,principalementIernafIe, chante par defTus tous les
aurres;fi les grues samafient enfemble,& retourner au lieu d oà
elles font venuesifilcs oyespouvleutpaflurefe combat ent auec
grande clangueur, ou; que le paffereau outre fa couftumecrie
au matin, dira que l’hyuerfera proche. Aufsi s*il void que le vent
de Fauonius commence à foufflet*,& le froidàs’adoucinfi les a-
rôdelles reuif-nnem par troupeauxrfi les canars ont la pniârine
blanche fur la fin de rhyuer > iuçera que lç printeps fera bié tort.
Preiage de Si en hyuer ;’u côineneementdesgeleesil sappçrçoitque h»
tr»i oifeaux des eft.ins feretir nr aux fieuues&nuteresqui i.ef'nc
fatilcs à congeler, ou queles neiges tombantes du cielfoyene
menues
(
J
DE LA MAISON RVSTIQ^VE. ï 5
menuesSc fubtilles : fi les efloiles apparoiflènt au ciel plus lui-
fantesque de couftumerlîaiicommencement des gel ces il chet
^ de U grelle menue, ronde & blanche: fi les petis oilèauxleca-
chent dedas les blutions, &: ccrchent leurs pafturesp res des vil-
les ou villages:fi le feu materiel rend vne flamme plus reluifantc,
& fait le charbon plus ardent:fi les draps de laine & linges trem
pez en eau,fontincontinent congelez: lî les extremitez des par-
ties du corps fubitementdeuiénent froides: fi en hyuer les cho-
fes qui ont coullumed'eftre humides & moi£lcs,font veucsplus
feiches:files gouttes d'eau venans des toiéls des maifons tom-
bent lentement, tiendra pour certain que le froid ell proche , ou
que celuy qui eft prefent fera violant & de longue duree.
Prononcera la longueur de l'hyuer qqand il verra que les Longueur
cheines feront abondans en fruits, ou que le canard à la fin de d>h 7 ucr -
Thyuer aura la poiéhine rougeaftre , ou que les frelons auant la
fin d Octobre apparoiflènt, ou que les belles qui paillent par
troupeaux fouillentlaterre.
Iugera grande chaleur d'elle, s'il void que les beliers vieil- chaleur dV
k s brebis s accouplent fouuent durant le printemps. ité.
Combien que de la côllitution d'vne partie de l'annee pourra
facilemenc.iuger de celle de l'autre : car coullumierementfi vne
partie de 1 annee efl claire, feraine & i eiche,faut que la prochai-
ne foit pluuieufê.comme fi 1 Autône eft beau ôc fec,l'hyuer pro-
che doiteflrepluuieux.-aufsi fi l’hyuer eftpluuieux, leprintéps
fera fec:&ainfi confequemmentles au très parties de l'an fe por-
tent en chaleur,froidure,humiditc,& feichereflç. Annee tar
Serafoigneux de prendre gardefil'annee fera tardiue ou a- diucou aul
uancee.fi apres vendanges il pleut > principalement auant lafin cee ‘
du mois d O dtobre, l'annee leraauancee : s'il pleut enuiron la fin
u mois d Octobre, l'annee fera moyenne:s'il commence à pieu-
noir bien toû en Nouembre,l'annee fera tardiue:& alors faudra
que e on ermier femeen plus grand' quantité , par ce que fur
Je milieu du tempsaucun s des grains fe corrompent & gallent
*
en la terre.
Etcefoitdit fms deroguer à la bonne prouidence de Dieu,
/<jui ne s a raint a 1 ordre qu’il a ordonné en naturennais le châ-
ge, voire elo ion bon plaifir, comme créateur de toutes choies,
a qui le ul appartient tout honneur.
Les e uures que doit faire le laboureur par
chacun mois de l an, Çhap* 9* -
Lmucc.
Ecuricr.
LIVRE I. à
V furplus,àfin que Tes gens ne demeurent oififi,
& ne perdent pas vne petite minute de temps, fans
l’appliquer à quelque befongne, limitera fes ou-
urages par certain temps, & fçaura fur le doigt ce
qu’il faudra faire chacun mois 6c téps de l’annee.
/^jfmoisde Ianuier,prihcipalemcnt fur la fin, coupera le bois
qu’il voudra dedier à baftimét on autre befongne, quand la Lu-
ne eftdelTous la terre; carlaclarté de la Lune rend le boisplus
tendre, & le bois qui fera coupé en ce temps durera longueméc
(ans eftrecorropu.Fuinerai.es arbres qui portent fruits, fans que
les tiens touchent aux racines. Entera tous arbres ou arbnfleaux
quiflorillent de boneheure,comme rofiers, pruniers de damas,
auantpefehers, amandiers 8c cerifiers .T aillera la vigne par beau
temps 8c ferain.Labourera les terres feithesdegeres 8c blanches,
deliees,fablonneuf s , pleines déracinés & grandes herbes , qui
n’auront point efté labourees en Octobre: donnera le fécond la-
bour à la terre falee , 8c refpandra par deflus paille de febueS'OU
de froument 8c d’orge.Coupera perches de fàulxpour les treilles
& hayes: racouftrera ou fera de nouueau lès chars , charrettes,
charrues, & autres inftrumensneceftàires à fon labour. Surtout
ne fera aucune femence,par ce que la terre alors eft encores par
trop rare,pelante, pleine de vapeur,& fémblablc a la laine qui eft
malcardee.
EnFeurier tranfplanteraau çroiftant de la Lune, les vignes
dedeux ou trois ans, qui auront defiapris racine, 8c ne touche
ra à celles d’vn an,lefquelles ne veulét point eftre remuées pour
le peu de vigueur qu’elles ont encor. Portera les tiens aux chaps,
vignes, prez & iardins.Fera les foliés pour planter vigne nouuel-
le:taillera les racines des vignes , 8c les mu nira d’efchalats. Em-
branchera 8c emondera les arbrcs‘de toutes fuperfl uitez. P repa-
rera la terre des iardins pour y lémer Ôc planter toute forte d’her
bes. Donnera la féconde façon à la terre pour receuoir febues,
orge,auoine,chanure,miIIet &: autrefemblable fémécede Mars.
Vifitera fes vins , principalement ceux qu’il fçaura eftre foibles
& délicats. Accouftrerales hayes de lès iardins ; baftirade fien le:
couches de fes iardins. Plantera les bois pour haute fuftaye&
forefts,Ies faulfayes,ormayes,oferayes,& autres arbres tantfrui-
tiers que fauuages. Nettoyera le colombier , gelinicr ôc la re-
traite des paons 8c oyes : par ce que ees belles fur la fin de ce
mois commencent à s’efchaufFer 8c à couuer. Vifitera la garëne
pour la repeupler 8c y raccouftrer les terriers. Achètera mouf.
çhes à miel, nettoyer a foignculémcnt leurs ruches , ôc tueraleurs
rois.
DE LA MAISON RVSTI QV E. 14
rois. Achètera faucous , cfpreuiers & autres aifeaux de proyc:
lcfquels fur la fin de ce mois il mettra en mue.
En Mars il femera fes auoincs,orge, mil,panic,chaure,& au-
trcsfemblables mars.Dôneravne fecôde façon aux gucrctsqu U
préparé pour la femoiffon. Sarclera les bleds. Prendra les greffes
pour enter alors que les arbres font en feue, 8c au at que le bour- \
geon forte. Accouftrera tous fes iardins tat potagers que parter-
res^ y femera les feméccs ncccflaires.Dechauflera les vignes &
arbres fruitici s,à fin qu’ils portent plus de fruits: mettra du fien
aux racines des arbres: amaffera du farment pour fon chauffage.
En Aunl plantera cimiers, grenadiers, citronniers, & meurtes, un
&les nettoyera foigneufement. Entera le figuier, chaftaignier.,
cenficr 8c orangier. Taillera la vigne nouuelle:car en ce temps
elle endure la taille plus legicremcnt. Sera foigneux de donner a
manger aux pigeons , parce qu en ce temps ils trouuent peu aux
champs. Accouplera les chcuaux, afnes, moutons, auec leurs fe-
mclîes.Ncttoycra les ruches des moufehesa miel,& tuera les pa
pillons qui abondent quand les maulues floriflent.
En May atroufera les arbres plantez nouuellement : tondra May.
les brcbisrremplira fes vins:amaflera grande quantité de beurre,
& fera force formages;chaftrera les veaux: fardera les vignes &c
froumens.
En Iuin il préparera laire, & la fera tresbicn nettoyer de
tout foarre, fien, & poudre: fauchera les prcz:moiffonnera Tor-
ge: & bourgeônera la vigne:battradu blé pour femer au temps
desfemences.
En Iuillet il moiflbnnera les froumens & grains potagiers : il Iuillet.
fera les antes que Ion appelle à l’emplaftre : cueillera des pômiers
& poiriers les pommes & poires vicieufes,& celles qui chargent
trop farbreîfouyra les vignes pour la fecôde fois,& extirpera de
icelles le gramen:efgalera& vnira la terrequifèra defrompuc, a
fin que le Soleil ne brufle bien auant la vigne : coupcralc bois
pour fon chauffage de toute l’annee.
En Aouft cueillera le lin & le chanure : cueillera les fruits de Àoufh
defïus les arbres pour en faire referueioftcra les fueilles à Tétour
des railîns qui (ont tardifs,à fin qu’ils reçoivent plus grande cha
leur du Soleikfera fon vcrius:fouyra la terre pour faite puits>ou
trouuer fource de fontaine s’il en a befoin : penfera de préparer
fês tonneaux, 8c autres chofes neceffaires pour fes vendanges.
En Septembre donnera la derniere façon à fes guerets : le- Scptembie^
niera fes froumens, mefteils,fergles, & autres femblablcsgrains:
fera fes vendanges ; abbatra les noix * fauchera les prez qui font
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; ^ 1 * - à
1
Oftobre.
Noucmbre.
Décembre.
io.
LIVRE I.
tardifsramafTera les chaum es pour la couuerturc de le* eftablcs^
& pour le chauffage du four toute l’annee.
En O&obrefera fes vins,& les entonnera. Retirera fes oren
giers, citronniers & poncillcs en quelque lieu couuerr, pour le
danger des froidures prochain esifera fon miel & fa cire,& chaf.
fera les vieilles moufehes.
En Noucmbre mettra les vins en la cauc : amaflera du gland
pour nourrir fes porceaux,fcra les huiles, fera rufehes aux mouf-
ehes à miel, paniers, cabats, 8c corbeilles d’ofier: coupera fauîx
pour les treilles ÔC lier les vignes, tirera fes efchalats des vignes.
En Décembre vificera ibuucntefois fes champs, à fin de faire
efcouler l’eau qui fe fera amaflee par les grandes pluyes:fera pro-
uifiôdu fien pour fumer fes guerets: couurira de fien les racines
des arbres, & hcibcs qu’ri voudra garder iufqucs au printemps.
L'ejlxt de la fermiere. Chaf.
E NE trouuel’eftat de la fermiere de moindre
foin 8c diligence que l’office de fon mary,attëdu
que par noftre couftume de France , les femmes
ruftiques entendent au mefnage des vaches ôc
des porceaux,tant pour la nourriture de l’vn &
de l’autre , comme par la traitte du lai<5t , façon des beurres 8c
fourmages, & referue du lard pour le viure des ouuriers. En-
cor’ ont elles le crédit du four & de la caue, 8c leur laiffons la fa-
çon deschanures ,1e foin d’amader des toilles , faire tondre les
brebis , garder leurs toifons : filer & pigner la laine pour faire
draps pour veftir fa famillc,& la culture du iardin à potages mef-
mement de gouuerner la volaille & lecoulobier, & la referue
des fruitages,herbages,racines & graines, ôc encore d’entendre
aux ruches à mielevray eft que l’achet& vête du beftial appartint
a 1 home, corne aufsi le maniement du denier , auec le louage 8c
pajremet des feruiteursimais le furplus , qui cocerne les menues
affaii es, comme du linge, vertement de famille, & tous vtenfiles
de mefnag e ,cela véritablement appartient à la femme. l’entens
au si qu elle fijit obciflànte a Dieu 8c à fon homme.mefnagiere
La fermière ,
cirantc » «Mgcnte >paifible , aimant à ne bouger dé la maifon,
doit tenir °ucc aux liens quand il faut » 8c feue re où il appartient, non
pied à boule qucrclleufe,hîrgneufe,bauardc,langagere,ny fairarde . Qu’elle
difpofe en certain ordre & lieux les vtenfiles ôc ancres chofes
ne ce daires à 1 vfàgedelamaifon,à fin que quand ilfcra befoin
Premier * f W*” tr °uuer. Qu’elic ait toufiours l’œil fur fes feruan-
tcS)ôc fo,t h Première en befongne , & la dermere qui en parte:
,v\
!
(
DE LA MAISON RVSTIQVE. i y
Upremiçie leuee,& la dernière couchée : quelle ne lailfe perdre dernîere en
ny trainer vnc buchette:nc gronde Limais pour le lcruice du Pe be,on g nc -.
\e de famille : car vnc iftiettc déniée, ou donnée à regret à fon ^àtucr^ 01
maiftre,ou aux liens, luy en peut coufter vn pain puis apres : ne
o ? amufe au rapport des perfonnes, s’il ne luy porte confequence,
& en communique bien à point à fon homme. Face volontiers
plaifir à fes voifins, ne leur loultraye leurs feruiteurs,ny feruan-
tes & ne les hante finon quand elle leur pourra feruir ou aider,
ou, qu’il feface noces &aiTemblees compagnables. Nelaifle Fillesàteair
trotter fes filles en iour de repos , finon auec fcurc compa- dc coutt ‘
gnie , ou quelle mefinc y foit prefente. Chalfc fes fils les pre-
miers en befongne : & leur remonftre l’exemple du perc , pour
donner crainte aux leruiteurs. N’endure dire ou prononcer vne Pateds im -
parole impudique, ou de iuremçnt & blafpherae en famaifon:& fbnt a dire*'
face taire les rapporteurs, qui s’cmpelchent des affaires d’autruy. R a pp r -
Qu’eüe conduife bien les chaumes & les larmens pour le chau- teuis ne. ont
fage du four:5c ne laiffe périr les cofTats de febues, pois, vdTes,& a ol, y. r -
encordes chardons, & herbes inutiles, pour en faire bien bone o ^.
l
|
>
ç
a ’
; f ne
cendre. Rende bon copte à lâdame,ou à fon feigneur,dcs œuls & cèn-
& des petits, tant de volaille comme d’autres belles. Sçache la dres.
medecine naturelle , pour les liens , & autres, quand mal leur Cognoi/Tan
viendra:mefmcs pour les vaches, pourceaux, & volaillesrcar d’a ce de mecl< \
«oir le médecin à toutes heures, fans vrgente necefsité, ce n’eft k" neceffll
pasleproffit delamaifon. Entretienne tous fes fubiets en ami- re’àlaler
tié, & n’endure qu’ils ayent rancune l’vn à l’autre. Gouucrnefi miere.
bien lepain,que l’on n’en vfe quede rafsis : & en temps de cher- Pai " “ rsis
^.
té, face de ladefpenfe pour le boire du comun,&quele vin fer- «ourkboi!
ue pour fon homme, & pour les furuenans. Or les remedes na- ic.
turels defqucls elle s’aidera à fecourir fes gens en leurs mala-
dies, pourront eftre tels ou lemblables à ceux quemettraypat
efcrit,en forme de receptaire ruftique.laiflant les autres plus ex-
quis remedes aux médecins des villes.
JLti remedes que doitfauoir la fermier e pour les
maladies de fes gens. Cbap. u. .
REMIEREMENT pour la fleure continue
que I on appelle autrement chaud-mal, elle appli
quera fur chacun poux des deux bras > deux gér-
âmes d’œufs fraiz, & par de/Tus fuye prife cotre le Fieure coü-
c h em inec , bien battue & incorpo- c * nuc *
vnli^ 0
.
C ^^ ort vinaigre > letouclié à Ten tour du bras auec
n ge . ou bien au liçu de ce >oftera le cœur dVn oignon , ôc
• • •
d uj
v
' LIVRE ni.
fempIiradeMithridat, & l’appliquera fort bien Iiéfurle potnr
du brarçsdroi&.Plufieurs pour c’eft effcét pilent de la petire oadl
le,& en font breuuage pour prédre durât la plus g: an le ardeur*
mefme en font cataplafme pour appliquer fur les poignets du
malade.Les autres font tréper eh eau la femcnce entiei e de l’her
be aux puces l’efpace d’vne nuid , Ôc donnent à boire de celle
i eau auec vn peu de fuccre au fébricitant.
fcieure Pour la fleure quarte ou quotidienne, prenez fange menue*
quarte, ou en fon defaut de l'autre, hyfTope,aluyne,pei fil, méthe,armoi
fê,treffle marqué deblâcrpilez letoutenlébleauecl . plus groflc
fuye que trouuerez attachée contre la cheminee,& du plus fort
. vinaigre qui fe pourra trouuer, deflrempcz le tout ensemble, ôc
fai r es petis cataplafints pour appliquer fur les poux des bras.
Pour mefme effeét faites tréper là mie de deux pains blâcs venas
du four, de la valeur d’vn liard pièce, en vne quarte de Vinaigre,
puisdiftilez le tout par l’i!âbic,&en baillez à boire enuirô deux
petits doigts au febricitât,enuiron deux heures auant fa fieure.
tieure ticr- Pour fieure tierce, faites tremper en vin blanc de la racine de
ce ‘ parelle concaflee, l’efpace de trois ou quatre heures,puis paffez
le tout par vn linge, 8c en referuez enuirô deux ou trois doigts
pour donner à boire au fébricitant, vne ou deux heures auant le
accez de la fleure tierce : ou bien faites le femblable auec raci-
nes de plantain macereesen cfgale quantité de vin ôc d’eau :ou
prenez enuiron trois ou quatre doigts du îus de plantain, ou de
pourpier, ou de pimperntlle,& les beuuez bien peu deuant l’ac-
cez. Le plus fouuerain remede que quelques vns y trouuent, eft
de boire àieun , cinq heures deuant l’accez , deux onces de ius
de grenade, & incontinent apres lier fur les poigntts,remples,&
plantes des pieds , petites piliulcs de la groflèur d’vn pois , faites
d’Vne oftee d’onguent populeon & deux drachmes de toile d’a-
ïagnes,& les laiffer fur les lieux iüfques à tât que l’heure ôc craiir
te Je 1 accez foit pafTee. Aucuns approuuent beaucoup vn line»
ment cômpofe devers de terre cuits auec fein d’oye 5 pour frot-
terle front ôc les temples du malade auant l’acCez.
fieure qu®* Pour fieure quotidienne il eft bon de boire , qüelquetemp
tîdiènne. auant 1 accez, du ius tiré de bethoinc &de plâtainrou boire tous
les matins trois ou quatre doigts d’vne decoélion fairede racine
d ache, perfil, raues, afperges, fueillcsdebethoine ôc de feolo»
pendre, pois ciches rouges , Sc efcorce moyenne de fuzeau : ou
faire tremper en vin blanc racines d’hyebles, ôc en boire enuirô
deux doigts Vne heure auant l’accezjniais apres il fe faut donner
x garde de dormir.
Contre
DE LA MAISON RVSTIQVE.
Contre ficurc quarte, Ion tient pour fîngulier reinededuius Fiente
de bouillon blanc tiré auec vin blanc, & beu peu de temps auant < l uartc '
\xccez : mcfniceffeA ont leius de pas d’afne,U dceo&ion de*
fueilles & racines de veruaine, bouillies en vin blanc, ladeco-
ftion de calament , pouliot, origan, buglofe.bourroche, langue
de bœuf,efcoree de la racine de tamarix, frefne , bethoine, tbin,
aarimoine,racine d’afperges,te tout cuit en vin blanc : le ius de
abfinte Sc de rue dépuré & beuauant Paccez : le ius de plantain
beu auec hydromel. Outre celaleliniment fait auec huile d’ef-
corpion fur Pefpine du dos,plantes des pied-, paumes de la main,
front, temples, quelque peu de temps auant l’accez.La mefme ver
tu a l'huile laurin meflee auec eau de vie.
Pour pacifier douleur de tefte accompagnée de grand’ cha- Douleur de
leur, telle qu’eft celle qui a luientaux moilïônneursdurâtl’efté, tefte venant
faut mettre fur le front linge trempé en eau rofe ou ius de plan- P ai c llcuc
tain, morelle,lai£kue, pourpier, & vinaigre : ou battre deux au-
bi ns d’œufs auec eau rofe, & aueceftouppeen faire frontail ; ou
1 auerla tefte d’eau tiede , en laquelle ayant efté cuittes Cueilles de
vigne,& de fange, fleur de nénuphar &dc rofes,& de l’eau mefme
s'en laùerles pieds & iambes. ^
§1 la tefte fait mal apres auoir bie bcu.lon pourra faire vn frô D ° uIeur dc
tail auec la fumee & vapeur d’vne deco&iô de choux, ou des que
la tefte cômencera à faire mal, faut manger vne ou deux pommes re Yin .
de courtpédu,ou quelques atnédes ameres:ou fi tu vois que ton
eftomac ne fê porte point mal, tu pourras prendre du poil de U
befte qui t’aura fait mal,& boire vn bon verre devin.
Pour guérir de phrenefie qui procédé de chaud-mal, faut ap~ Phrcncfie.
pliquerfurlateftedu patient le poulmon, ou la frefl’ure entière
d’vn mouton frefehement tué,ou quelque poulet ou pigeon ou-
uert parle milieu du dos,& appliqué au lieu mefme.
Pour refueiller ceux qui font par trop endormis , eft bon de EudormiiTc
fai refront ail de farriette,cuitte en vinaigrerou faireparfum aux mc nt.
narilles du patiét auec plumes de perdrix, ou de vieilles fauates,
ou de cornes d'afiie,ou de poil humain, ou bien appliquer fur le
bras droit la tefte d’vne chauue-foury.
Pourfaircdormirceuxqui ne peuucnt iommeiller, eft bien Vrillée
bon faire frontail auec lemcnce de pauot,de h.innebane,de l’ai- F ar tro P*
éhie,& ius de moreile,ou laictde femme nourriffant vne filleiou
auec fueille* de lierre terreftre pilees auec le blanc d’vn œuf.
' Pour le preferuer d’epilepfie , autrement dit le mal S.Icna i Epilepfa,
(combien que les fai n£ts n’ayent ny donent aucun mal ) c’eft vn hau
iôuuerain remede de boircl’elpaeedeneuf iour$ enuiron çfeu*
i
; 'LIVRE I.
doigts de îus d’herbe de par al y fie, ou de coriandre : ou vfer tous
les matins I’efpace de cinq ou fix ioursd’vne poudre faite df
graine de puioine,&guydechefnc:mefme pendre à fon col de
guy de chcfne,ou quelque fragment de l’os d’vn teft humain, ou,
quelque graine de piuoine,ou vnepierre que 16 trouue aux nids
desarondelltsi •
Rougeur de Pour ofter les rougeurs du vilage , efi: bon delauer la fnee a-
Vlfj ê c - uec decodioirde paille d’orge 8c auoyne, puis la fomenter auec
ius de citron.
Efcxouellcs p our efcrouellesj prenez porreaux auec fueilles 8c racines de
parellcrtirez-enenuiron vneliure de ius, auquel diflbudrez vne
once de piretrepuluerizé,& vn fcrupule de verd de gris : meflez
le tout fort bien cnlêmble , de de ce bafsinerez tous les îour lef-
- dides efcrouelles.
Veue débile p OU r la veuë débité, prenez fenoil, verbene, efclere, rue, eu-
phrafe , 8c rofes, de chacun elgaleinent, 8c laites diftilier le tout
par alambic , & de celle eaudiftillee en mettez trois ou quatre
gouttes en vos yeux, foir & matin. Au fsi efi fort bonne l’eau de
petis piaux , diftîllee en chappelle : pareillement eau de pommes,
pourries, en mettant dans l’œil deux ou trois gouttes.Pour mcf.
me mal efi bon de receuoir la fumee d’vne decodion de fenouil*
rue 8c euphrafe.
Mal d'œil. Pour la douleur des yeux efi bon faire decodion de camo-
mille, melilot,& femencede fenoil,en eau 8c vin blanc,& y trem
per vn linge en quatre doubles,lequel bien exprimé fouuent foit
appliqué fur l’œil tou bien mettre deftüs laid de femme auec vn
au Ibin d’œuf fort battu.
Rougeur La rougeur des yeux efi temperee par vne applicatiô de linge
d’oefi. ou efiouppes mouilles en aulbins d’œufs bien agitez auec eau
rofe ou de plantain.
©eilnoir. Pour empefeher que lœil nedemeure noir ou rouge, apres
anoir receu quelque coup, fautincontinëtdiftiller dans l’œil du
fang de l’aile d’vn pingeon, ou d’vne tourterelle.
Macdlcs Pour ofter taches roues ou macules de l’œil , cft bon vftr de
d’œil. femblable remede,ou bien appliquer Air l’œil vn cataplafiue fait 1 '
d’aluinerecente,pilee auec laid de femme & eau rofe.
Rourgeur Pour rougeur inueteree de l’œil, prenez gros comme vne peti-
, d’œil. te noix de couperofe blanche, & vn fcrupule d’iris de Florence,.
autant d’alun déglacé tfoit faite poudre, que meflerez auec vne
ehopinc d’eau de fontaine tou bien faites bouillir le tout en fem.-
ble,tant que l’eau deuienne claire, 8c de l’vnc ou autre eau diftil—
les trois ou quatre goutets dedans fœiL
- Pou»
DE LA MAISON HVSTIQVE • , 7
•— Pour l’inflammation d’œil eft vn reincdc fîngulier que d’ap- Inflâ m »tioh
* ^ pliquer defliis le poulmon tout frais d’vn mouton ou d’vue bre- d'œil,
bis, ou y taire vn petit cat.iplafme de chair de pomme douce cui-
te fous les cèdres, milice auec tarine d’orge, laièt de temme eau
roie , & blanc d’œuf: l’eau deloucy y eft aufsi fouuerainement
bonne. L œil de loup, ou les pierres que Ion trouue au Ventre des
arondelleSjOnt mefme vertu pendues au col.
Pour reftraindre larmes & cous autres humeurs defcendans Ocilnlou-
aux yeux , eft bon de faire deco&ion defueillcs de betoine, ra- rant.
cinede fenoi!,& bié peu d’encens fin,& en faire collyre: mefme
L» lier fouucnt les yeux plourans auec dccodion de ceifueil, ou y
diftdicr quelque fois du ius de rue meflee auec miel diipumc.
Pour raye des yeux prenez vn ou plu fleurs œufs frais pon- Tayc d’œil,
dus le jour mefme d’vne poule noire, ou au defaut de poule
noire d’autres poules : faites les cuire durs entre les cèdres chau-
des , puis coupez-les en quartiers cigaux, & oftez leur le iaunc,
au lieu duquel mettez autant de fuccre candi puluerizé, le plus
blanc que pourrez trouucr:cxprimez le tout enfembleen vn lin-
ge fort net, double, le plus que pourrezd’eau ou la liqueur qui en
iortira eft fort bône pourdiftiller goût te à goutte dâs l’œil ma-
lade le foir quand Ion fe va coucher, ou à toutes heures du iour. Il
y a vne autre eau fort bône pour le mefme ma!, qui fe fait de cou •
perofe blanche, fuccre candy , eau ro fe auecaubins d’œufs qui
foyentdursile tout paffé dans vnlinge:de laquelle on doit met-
ne en l’œi apres d.fner & leioir au coucher. Aucuns vfenc auec
ncureule îiiue d vne autre eau 5 <jui eft: telle.
Prcnez Tuue préparée vne once^maci.s demy. once, faites in-
rbon n
tOUt
i"r j C - n er,U l ° fe & vin bIan c, de chacune vne
ÎZfirT CfP r7 d
,
C tr ° iS ^ m3ines ’ ded5s ™e bouteille qui
“ f0l£I qUand 11 luira > & oftee du fole.1 quand il
ne iuua point, ou que la nuit viendra. ' 1
P™ 52 ,!’" 11 ' '»ût . & vn peu de vin. Douleur f.
c i^^s,sîsr" e ' p “ is r *
^uSrd ,
e™^?î" c
d ’S m
e ' 1 5™ « oreilles
d’eau de vie. P ’ d amen des ameres, auec bien peu reiI i e -
ou de coleuœpiri^ ^ Ut d ^ lber aux oreillesdu ius d’oignon, Surdité.
i^WdÏÏ? ^ ^ mid » OU de l’huile ôù auront cuit le]
huile rofa? d, leS> OUduiusderefc or^ de rauesmefléauec
• ».
puanteur denczeflbon d’infpirer parle nezdV~Nex puante
\
LIVRE î.
Flur de (àng
p ai le nez..
Douleur de
dents.
Dents qui'
tremblent..
nedeco&ion faite en vin blanc de mariolaine, calamér, girofle^
gingetnbre,,& noix mufcade,ou bien du vinaigre fquillitiquc.
Pour efhnchcr flux de fang par le ncz,faut lier les cxxrcwncjf
le plus cftroiârement que pourrez, & mettez dedans le nez vne
tente d’orties gricfches,& tenir en fa main fueilles & racine de
therbe agrimoinerou bien tenir en fa bouche de l’eau de ofter-
ne fort froide, Si lafouuét renouueler.Lon approuuc beaucoup
lafleur de faule ,lu moufle de coing & des autres, fruits lanugi-
neux mife dedansle nez:& mettre à l’cntour du col, principale-
ment contre les vaine lugulaires, herbes réfrigérantes , comme
morelle > plantain,Iaiâ:ucs,& autres.
Contre douleur de dents faut faire bouillir en vinaigre &
eau rofe racine de hannebanne , Sc tenir celle ^ecoétion en la
bouchc:autremct prenez vne gofle d’aux & la.fait.es vn peu cui-
re fous les cendres chaudesipuis foit pilee., âc mife dcfliis la dent;
le plus chaud que l’on pourra: pareillement en fera mis dedans
l’oreille du collé de la, douleur. Autrement, prenez deux drachp
mes de racine de pirctre c6caflce,.fueilles de fauge,rofmarin, de
chacun demy poigneeitrois figues gra(Tes,&fercz le. tout Bouil-
lir en vn demy feptier de vin, iufques à la confomption de tout
le vinrpuis prendrez portion d’icelles figues,& l’appliquerez fur
la dent dolente le plus chaud qu’il fera polsible. Il eft bon aulsi
pour la douleur de dept, mettre du.ius d aux,ou dela rue,matri -
caire,ou quelque huile chaude-
Pour les dents qui tremblent ell bon, de fomenter les dents-
auec dccoélion deaivrofê &d’alun,ou bien des racines de quin
tefueille Sc d’alun.
Dets noires. Pour blanchir lesdents faut brufler. & faire cendre de parie-
taire,racines de bettes,croufte de pain d’orge , coquille d’œuf,,
coquille d’huiftres, coural rouge uuenferas facilement cendre
fi tu mets le tout en vn potde terre dedansle four,dc celle cen*
dre.tu en frotteras tes dents.
Bouche Pour ollcr puanteur de bouchecft bon de lauer là bouche
puante. aucc v j n bouilli aniz &girofte,ou mafeher de laracine de
glaïeul. .
|
Déts puâtes. Pour puanteur de dents, çflbon aufsi de les frotter aucc fucil- ^
les de fauge.
Toux. Pour la toux prenez hylïope 3c pas . d’afne , de chacune vne r
poignée, figues de Marfeille,raifins de Damas, & reglifle,decha
cun-vne once,faitcs le tout bouillir en eau,.tât que la tierce par-
tie en foie cotifumce. Vfezde celle décoélion deux fois leiour»
au.i matin de.ux. heures auant difncr,, au foir vne heure auant:
•
' fougpeft.
DE LA MAISON R VS TI QV EJ is
foupper.il cft bon aufsi de prendre des choux rouges>& les fâirc-
S^ouillir vn bouillon ou deux aucc vne poignée de pas d’aine > &
vn brin ou deux d’y Tope, & vfe de ce bouillô deux fois lciour.
Pour lafquinancie faut prendre le nid entier dcl’arondclle & Squinaucic.
aucc huile de camomille 3c d’amendes douces en faire cataplaf-
rac pour appliquer fur le gofier.
Contre plcurefie prenez trois onces d’eau de chardon benc- Plcurdic.
diâ^vne cucillcree de vin blanc, & fix germes d’œufs bié frais, le
tout biê méfié enfemble foie baillé ticic le pluftoft qu’on pourra.
0 j bien faites cendre de nerf, autrement dit vit de bœuf, 8c en
dônez vne drachme auec vin blanc fî la fleure eft petite, ou auec
eau de chardon benedi£fc,ou eau d'orge fi la fleure eft grandc,&
croyez que tel rcmede eftfingulicr fi Ton en vfeauant les trois
ioarsda maniéré de faire telle cendre eit de couper le vit de bœu f
par morceaux, & le mettre fur vn foyer bien vni, 8c vn pot neuf
par dcflus,puis mettre brafier ou cendres chaudes à l’en tour du
pot lesquelles faudra renouueler fouuenr,iufques à tant qfte Ion
cognoifTe que la poudre foit faite:& ne faut penfer qu elle puifTe
eftre faite auant vn iour entier.
Pour crachement de fâng cft bon de boire eau en de coélion Crachcmct *
deconfoulde, ou de plantain, ou de queue de cheual,ou de cen- defano-,
tinode,ou aualer vn petit morceau de maftic. ô
Pour battement de cœur ,eft trcfïîngul/er de pedre au col auf Battement
fi gros qu vn pois de camohre.’ou boire deuxou trois onces des de cœur,
eaux de buglofc 8c mchfïè.Lon rient pour vn fouucrain remede
1 eau difiilee qui s enfuit: Prenez deux cœurs de porceaux, trois
cœurs de cerf ou de bœuf, noix mufeades, doux de girofle,fe-
mence debafilïc, de chacun trois drachmes , fleurs defoucy, de :
bourroche, buglofc & rofmarin, de chacun demi poignee-.faites
le tout treper eu vin de njaluoificou d’hypocras l’efpace dvnc
nuidt.puis dilullez par alambic,&referuez l’eau pour I’vfa£e,qui
' p de lr °l 5 ou ( l uat f onces, quand la necefsité fe prefentera.
Pour faire auoir force laid aux nourrices , faut qu elles vient n r i
.
** * "
ic bout d« mamm Jll
,C ^ femmes , faut appliquer fut Abondance
pileet • oii f • f ^ r ‘15 1,1 cs celidoinc grande , cuittes & de laict.
Lete ü , o |
f ' Urefo
1
m
r ent f 1 °/ Ur ,eS Amollis auec oxycrat fort
faues nL^ C ^ Uinc febues , ou emplaftre de rue,
de camomille* 1 U ^ nC ’ ^ eno ^> ^ on cuiâ: & incorporé aueç huile
~ Ur ^u&uation ou rouét qui vient par la bouche, cft bon de Roufts.
• • "**’ "" i
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Hoquet.
VomilTe-
Jinent.
-, L ri V R E I.
* » / * i
prendre à icun dragée taire d’aniz, fenoil, coriandre : ou bien de
boire au matin deux ou trois fois de vin , auquel aitboully grai-
ne de laurier, aniz,coriadre Sc fenoil, & par dehors appliqua fur if
l’eftomac ficher plein derue,aIuyne,mariolaine Sc menthe.
Pour le hoquet eft bon tenir fouucnt Sc longuement fon ha-
leine, fe faire efternuer,fort rrauaillcr, endurer (oif: au(si eft bon
ietter eau froide contre la face de celuy qui a le hoquet ,luy faire
paour, donner crainte.
Contre le vomiifement on peut prendre vne roftie de pain, &
la tremper en tus de menthe, & efpandrepar deffus poudre de
nuftic, puis chaude appliquée furl’eftomac , en la renouuel'ant
de trois heures en rroisheuresiautrement prenez deux poignées
de menthe , Sc vne poignee de rofes,. faites bouillir en vin, puis
prenez deux onces de pain rofh, lequel foie trempé en vin, &a-
pres incorporé auec poudre de maftic,& ladite menthe Sc rofes:
foit fait empliftre pour appliquer fur 1 eflomacauant lepaft. Il
eftvrayquefr le vomiiTemenc eft auec heure, fera bon défaire
bouillit la menthe Sc rofes, Sc tremper laroflie en vinaigre. Pa-
reillement menthe broyce Sc meftee auec huile rofar, appliquée
fur 1 ’eftomac eft fort bonne à tout vomiftemenr»
Douleur d’e Pour douleur d’eftomac prenez vne efêueiîe pleine de cèdres-
Aoiuac. chaudes , qui foyent artoufees de vin.& par deftus mis vn linge
quienueloppe toute ladite efcuelle,laqUclfe fera mife fur la dou-
leur. Ou bien prenez mie de pain bien efpefïc,qui foit trépee aui-
ft chaude comme eft le pain quand il eft tiré du four, en huile de
camoruille:& enueloppee d’vn linge foit mife fur la douleur.
Pour la chaleur du foye rien n’eft meilleur que d’vfer de lai-
<ftues,vinette pourpier, houblon en potage, & aucunesfois boi-
re eaux defdites herbes àieun,ou de l’eau d’endiue, pour rafraif-
chir le foye.
Contre la iaunifte prenez guy d’aubepin,cueilli auant le foleil;
leuant, enuiron vne poignee, deux ou trois racines de perfib
broyez le tout cnfemble auec vin blancipaftez par vn linge ou e-
ftamine,& beuuez de ce brcuuage foir Sc matin enuirô deux ou.
troisdoits.ceremede eft fîngulier fur cous les autres, duquel tou,
tesfois ne faut vfer en femmes groftes , mars au lieu de luy fau-
droit appliquer fur les poignets Sc plantes des pieds fueillesd,e
guy de chcfne,fuei les de celidoine grande, & marrubien,le tous
bien broyé auec peu de vin,& fait en forme de carapIafme.Lotï
prouue beaucoup contre la iaunifte de prendre lombrics de ter-
re, & les lauer en vin blanc, puis les faire fccher, en faire poudre
pour en donner vue petite cuilleree auec vin blanc»
•
~ ' '' ’ - ' " " Pous
Chaleur de
foye.
îauniffe.
DE LA MAIS ON - RVSTIQVE i 9
, Pourl’hidropifie eft bon défaire potion auec fcmencc dege- Hjdropific-*
nefte pilce & broyee en vin b!anc:ou faire bruuagc^du lus de la
racine de glaycul,ou de cabaret, aucc vin blanc.
Pour la douleur ou pefantcur de ratte, eft bon de boire vin où Douleur Je
ait bouilli lcolopëdre,afperge$,& houblon:ou bien prendre fou rattc -
uent à ieun du brouët de choux rouges à demi cuits.
Pour la colique patsion rien n’eft plus fouuerain, que de boi- Colique,
re de l'eau de camomille , ou de la decoCHon de la femence de
cheneuis , ou du vin où aura trempé par fcfpacededix ou douze
heures la racine concaflfee de campane. Quant aux remedes exte
rieurs, Ion approuue grandemët de prendre la peau toute reeen-
te, ou la coiffe des boyaux d’vn mouton fraifchement tue, Sc
l’appliquer fur le ventre, ou bien faire fecher de mil , fon de fro-
ment, & fel fricaffé pour mettre fur le ventre : cataplafme fait de
fiers te de loup, eft aufsi fort vtile à la colique.
Pour flux de ventre humoral, eft bon de boire Iaicft où fbit e- plu* de yen-
fteincftlingot d acier,ou de fer, vler de ris torréfié 5 prendre vne trc.
dracme de mairie pufucrize auec le iaune d’œuf: il cft côuenable
de faire vn cataplafme pour mettre à Tentour du nombril, auec
farine de fromét,deftrempee en vin vermeil, puis cuitte au four. '
Pour reftraindre flux de fang , eft bon de boire enuiron trois Fluxdcfimg
ou quatre doigts du ius de decoëtion d’ortie morte , autrement
oite ortie blanche : faire clyfterc auec ius deplantin, vfer de
bouillons de choux cuits à perfection , de ius de grenade > ou de
grenade mefme,defalades de plantain & d ’ozeille.
Pour rendre le ventre lafehe , faut manger cerifes douces , ou Dureté de
pefehes, ou figues, ou meures a ienn : humer les premiers bouil- neutre.
Ions de choux ,o u de bettes , ou de mauues , ou de laiCtues, fans
{^appliquer fur le petit ventre cataplafme faite auec miel, fiel de
taureau & racine depaindcporceau , ou fueilles depommes de
colloq U inthe:receuoir fuppoficoire fait delardon de lard,ou eau
Je de mauue,ou de bettes.
Pour faire mourir les vers des petis enfans,eft bonde boire vers. ‘
JUS de mente ou de bahlic , ou de pourp.er , ou de rue : mefmc
app iqucr ur Je nombril cataplafme fait d’aluyne^enailîc, & a-
merde bœuf. J
extrêmes, Douleur de
/ . ,
imentauec huile rofat laué en eau de violez, beurre hemorroi*
rais, ui edefemcncede lin, le iaunedVn œuf,& vn peu de ci- ^ çs *
;
,e h faut faire vn peut cataplafme auec mie de pain blanc,.
accrç en lai6t de vache^en adiouftant deux iaunes d’œufs x &
; * .38
~
•
.
LIVRE I.
bien peu de fafran. Lon pourra aufsi préparer vn petit Uniment
auec beurre frais & poudre de liege brutlc.
Flui d’he- Pour réprimer le flux cxcefsif des hémorroïdes , c’eft vnre-
morroides. met i e fingulier de boire vne drachme de coral rouge,ou defcu-
mc de fer auec eau de plantain : mefmefaire fomentation d'vne
deco&ion de bouillon blanc , ou de hannebane : Sc au lieu de ce
cataplafmc fait de poudre de papier briiflé, ou rature de plomb,
ou de bol armene,ou blanc dœuf.
Pour le calcul des reins faut boire fouuent ea^r de gcnefte,ou
de gramen , ou d'argentine , ou foit diflbute poudre de coquille
d’eeuf bruflee,ou de noyau de neffle,ou d’œil de perdrix, ou de
cerueau de pie,ou de membrane intérieure de giflé de poule, ou
de chappon. Et quant à l’exterieur, eft bon d’appliquer cataplaf-
me fur les reins , fait de pariétaire , ou de racines de fouchct , Sc
fueilles de campancs cuitte en vin. Le meilleur Sc iouuerain de
tous eft , de préparer vn bain où ayent bouilli fueilles de berle,
maulues,guimaulues,violiers de Mars, pariétaire, fleurs degene-
fte Sc camomille, & dedans le bain fur les reins vn fachet plein de
fon Sc de berle.
Pour difficulté d’vriner , eftbon de faire decoéhon en vin
blanc de la racine de raues,ou de patelle, ou de chardon nomme
cent-teftes,ou de campane,ou d’aubepin, ou d’afperges, ou de
gramen, ou d’arrefte-bœuf , Sc en boireimetme appliquer fur la
verge ou à l’entour des parties honteufes cataplafme ou Iinimet
fait de puces que lon trouue au liét,auec huile d’amandes ame-
rcs,ou graiflede connil.
Calcnlcn la Pour le calcul de la vefsie , eftvnechofe finguliere de boire
vc lc ’ ius de limon auec vin blâc,ou faire poudre de noyaux de neffle
' lauee premièrement en vin blaoc,puis defeichee, de fcmence de
genefte»pimptnclle,afperges,giumaulue$, faxifrage, melon, p5-
pon, citrouilles, de graine de l'herbe aux perles ,& en vfer auec
vin blac.Il y a vne herbe qui croift à Vrlleneufue le Guyard nô-
Creipinettc. mee Crefpmette par les habitans, de laquelle noble Damoifelle
madamoiielle de Vilîeneufue, fœur de feu moniteur le Cardinal
du Bellay, faitdiftiler en chappelle de l’eau , qui eft finguliere
pour la difficulté d , vrinev,& calcul de la vefsie:ee que i’ay expé-
rimenté parplufieurs fois-Lon tient aufsi pour vn fingulier re-
mede de taire poudre de la coquille d’vne noix, ou de la gomme
de cerifier,& en prendre auec vin blanc.
PiiTcr auli>ft. Pour toutes perfonnes qui piflent au li£t en dormant , Sc ne
peuuent retenir leur vrine,n’eft lien meilleur que manger tou-
uent poulmon de ehcurcau rofti : ou boire auec vin poudre de
' ~" f * ' r çerueau
Calculées
treins. .
Difficulté
dViincr.
i DE LA MAISON RVSTIQVE 10
cerueau de Heure, de velsie de porceau , ou de brebis, ou chc-
tireau.
Pour ardeur d’vrine cftbon d’vfcr fouuent dcdeco&ion des Ardeur dV-
quatre femenccs froid ts,mefmes quand on veut vriner détenir rmc *
le membre viril dans laid clair , aufsi de boire quelquesfoisdu
mclguc de laid de ch-eure.
Pour retenir le flux excefsif menftrual des femmes, faut boire Flux meti-
auec ius de plantain , poudre dos de feichcs , ou d’os de pied de
mouton brullc, ou des quoquilles que les pèlerins apportent de
faind laques , ou décorai, ou de corne de lerf, ou de coquille*
d’œufs bruflces,ou de douze grains rouges de la femence de pi-
uoine : ou auallcr auec le iaune d’vn œuf,, poudre de chardon à
carder, oud’efeume de fer premièrement trempec en vinaigre,
puis fubtilement puluerifee. Et quant àl’cxterieur, cftbon de
faire cataplafme de fuye , ou racleurc du fond d vn chauderon
méfié auec aub n d’œuf ou ius d’ortie moite, ou de bouillon
blanc,& l’appliquer fur le rable,& bas du ventre. Lon fait grand
cas de la gomme de cerifïer trempee en ius de plantain, 5c iettcc
dans les lieux auec petites fyringucs: ou appliquer fur les mam*
melles fpeillcs d’efclairc*
Pour les fleurs blanches des femmes, apres que le corps cft F |eurs bîan^
purgé, cft bon de boire auec ius de plantain, ou eau de pourpier, c cs *
poudre faited’efpoge bruflee en vn por,& coquille de me r bruf
lec premièrement, pais lauee en vin.Et quât au dehors faut faire
lexiue auec cendre de bois de chefne,oudc figuier,ou d’ofier en
laquelle on face bouillir cfcorce de grenade, noix de gaHe,piecc
de liege,fueillt$ & racine de biftorte & de pcrucnchc, bicn peu
d’alun &de fcl,& de ce faire vne fomentation,ou vn demy bain.
Pour faire auoir les mois aux femmes, faut boire tous les ma- Retentfott
tins deux once* d’eau d’àrmoife, ou de la decodion de gramen, des men ^
pois ciches/emence de nèfles, racmcsd’ache , candie 5c fafran, ftiucs *
racines de raues , chardon à carder ,,en laquelle ou pourra dif—
foudre aufsi grosqu’vne feue demirrhe. Le ius de chardon à
bonnetiers*mcflé auecques vin blanc,.eft fingulier pour eda :1e
bain aufsi y eft fbuuerain » qui pourra effare préparé auec eau de
riuiere , ou auront boulli armoife, maulue ,guimaulue,.camo*»
mille, melilot, & autres femblables herbes» & dans le bain frot^
ter les hanches &cut(Tes,en tirant cotre bas auec vn fâcher plein
d^armoifc,efclaJre»ceifueiI,ache, bethoinc, femence de nefle 3c
autres femblables*.
*
Pour fuflo cation de matrice on doit frotter bras & iambes, Suffbamo*
lia* douloureusement* mettre yçntoufcs aux. cuiflcs : 3c de matrices
/
Matrice
cheute.
LIVRE i.
frotter l’eftomac entitant en bas depuis la follette iufques au
nombril. Outre faut taire fentir choies puantes, corne plumes de
perdrix bruflces,oufauattesbruIlees,& par bas appliquer chofes
bien odorantes, comme girofle, mariolaine, ambre, thirqlauande,
caiamenr,poliot,armoilê, ciuette, lueillcs de bouillon blanequi
a la tige haut ellcuee. Faut aulsi baillera boire aulsi gros qu’vne
fe ue de muhriditdiflout en eau d’aluyne, ou quinze grains rou
ges ou noirs depiuoine battus, dill'ous auec vin. Lefcul remede
pour cela, s’il auient que la patiente foir groflè , eit que fou ma-
ri habite auec e letcar les remedes delîuldidls font dangereux
pour femmes groftes.
Pour la matrice cheute, on doit frire vomir la malade, frot-
ter les bras, 8c les lier doulourcufement , mettre vciitoufes aux
manvmelles , faire fentir chofes odorantes, 8c par bas appliquer
chofes puantes : fout bailler à boire poudre de corne de cerf
ou de fueillesfeiches de laurier auec vin vermeil fort afpre. Sem-
blablement cataplafme fait d’aux pilez 8c dilTous en eau,ou d’or-
tic recente broyee, appliqué fur le ventre , fait retourner la ma-
trice en fon lieu : guimauues cuittes auec huile 8c graifle de cail-
le mife en forme d’emplaftre fur le ventre font fort vnles. Cen-
dres faites de la coquille d’œuf , de laquelle eft forti vn petit
p oufsin, méfiées auec poix,& appliquées fur le ventre, remettét
en fon lieu la matrice.
ïnflîmation Pour l'inflammation de la matrice eft bon d’y faire inie&ion
de matrice. auec ius de plantin ou de moreIIe,ou de iombarbe, ou appliquer
cataplafme faiél de farine d’orge , efcorce de grenade , 8c ius de
plantin, ou de iombarbe,ou de morelle.
Inflamation Pour l’inflammation du membre viril, le mefme cataplafme
de membre „ f
ei . a f 0 uuerain,friony veut aioufter quelque quantité de rofes
vinL rouges feiches.
Accoucher Si la femme grofle a couftume d’aller auant terme, eflbon
auât terme, qu’elle vfe fouuent de poudre de vit de bœuf, préparée félon la
mode qu auons defent en la cure delà pleurefîc , ou qu’elle por-
te afsiduellcment à quelques vns de fes doigts vn diamantrcar le
diamant à vertu de retenir l’enfant au ventre de la mere. Londit
aufsiqueladefpouilled’vn ferpentdefeichee, mife en poudre, &
baillee auec petites miettes de pain , eft fouueraine pour etnpef-
cher l’auortement.
Difficulté Pour faire accoucher la femme qui eft en trauail d’enfanr,
«î’accouche- fout donner breuuage fait de decoétion d’armoife, rue ,bethoi-
ment. ne & camomille : ou du ius de perfil tiré auec bien peu de vinai-
gre, ou de vin blanc, ou d’hypocras, auquel foit diftout poudre
• ' d’cfcorcc
DË LA MAISON RVSTIQVË. lt -
d ’efcorce de caffe , de canellc, de noyau de dattes* de racine de
foiichet, de fleurs de camomille* de racine de la farracine ronde.
Et quand la femme en trauail d’enfantpert tous fes cfFors,eft bon
luy donner pain trempé en hypocras,ou vnecueillcreed’vneeau
nommeeeau clerette , qui fe doit préparer en telle forte : Met te* Eau clcrcttc
tremper en vue chopine de bonne eau de vie enuiron troison-
ces de canelle , par l’efpace de trois iours , au bout defqucls paf-
iez ladite eau par vn linge bien net , & y diflbudrez vne once de
fuccrefin, puisadioufterez enuiron la tierce partie d’eau rofe
vieille, & laiflèrez le tout repoler en vne bouteille de voirre bien
eftouppee pour en v'fer quand il fera be/oim Cefteeau fur tout
eft fonueraine pour toutes les maladies de la matrice, mefme
pour défaillance, ûnbeciljitéd’eftomac, difficulté de reipirer,
d’vriner,& pl ufieurs autres* c , ,
Pour fure fortir Parriere faix, lesremedes delïufdits iont Arriéré faix
fort vtiles, fur tout eft bon de boire auec vin blanc ou hippo-
craspoudre de borax , ou de carabe , ou d’vfer d’eau diftillee ou
deco&ion de febues, ou de fleurs de fafran.
Pour les trenchees qui viennent apres la deliurance aux fem- Trcnchees,
nies accouchees,£uit faire cataplafinepour appliquer fur le ven-»
tre auec iaune d’œuft cuits durs, cumin puluerifé,& huile de lis
ôc d aneth : ou bien auec poudres de fleurs de camomille, de ie-
mence de lin, & cumin, farine de febues , beurre frais & huile de
rue&d'aneth.
Si 1 amarri apres l’accouchement eft desbauché , eft bon ap- Amarri def»
pliquer fur le ventre cataplaftnefait de fiéte de vache,ou de bre- bauc hc'-
'
bis , ou de cheure > y adiouftant iemences de cumin , du fenoi],
d ams & de perfil, auec vne quantité de fort bon vin:& au defaut
de ce cataplafme, Ion pourra couurir tout le ventre de la coiffe
toute recente de mouton » de brebis, ou de cheure : mefme a-
uoirvnee cuelle de plane, ou vn godet deterre, &apresauoir
lenombril
° rdS ê ° det a “ CC la tefte d ’ vn ail > l’-appliqucr fur
^ ai ^” eaut ^
e, } ient ditegreueure , eft bon d’appliquer Hargne on
ur le lieu cataplafme fut de farine de febues & lie de vin blanc: boyauaualle
ou cataplafme fait de racine de grande & petite confoulde,& de
LT "f ale » au 5fbien peu de maftic. Eft bon aufsi le boire par
feinrfç ? ncu f ] onrs breuuage préparé de ius de racines de
iSlv ' & fot, g fere Amélie, fueilles de bugle & de fa- '
pA ce a la quantité de deux doitgs.
plafnief^°| Ute ^ C j
in< î l
î
e f;lut appliquer fur le lieu dolent cata- Goutte feia*
aU ime depain bourgeoiSjtemperec ou cuitte en laîét 1 ’9 U *>
f
LIVRE I. .
De laid caill c ôc efpefsi fans prefure, clic fera les petis forma.
lonchees. ges, que Ion appelle à Paris, ionchecs. - ,
' ' J?
Les Normans font bouillir du laid auec aux ôc oignons , & \é
Laid aigre, referuer en vaiflèaux pour leur viage , & l’appellent laid aigre
oufcrac. ouferat. S
t x
Mefgue. Le mefgue pourra feruir pour la nourriture de fes pourceaux
® ' & chiens, mefmes en temps de cherté, pour fuftenter fa famille, fi
el c le faid bouillir quelque peu.
Beurre. Pour faire le beurre , elle referuera le plus recent ôc gras laid
qu’elle aura, duquel elle ne tirera aucune crefme, ôc le battra lô-
guement en vailfeaux à ce propres, principalement durant les
grandes chaleurs, lefquelles empefchét beaucoup lacoagulatio
du beurre. Si elle veut faire eftat d’en vendre, elle le falera, & le
mettra en pots de terre , tels que voyons eftre apportez à Paris
Bont^ de de Bretaigne, Normandie,&Flandres.Lebeurrede couleur iau-
beurre. ne e fti e me ,iJ e ur,le pire eft de couleur blanche.
Faço de for- Qu.ant à la façon des formages , elle doit choifir du plus gros
«âges. & g ras l a i£t,pur Ôc frais tiré, pour faire formages qui fe puiflènt
garder long temps , duquel ne tirera ne crefmeny beurre; mais
tel qu’il viendra de la vache, tel ièra mis en vaiflèaux pour le cail-
Caillcrle 1er de faire prendre. La maniéré de le cailler, eft de mefler par-
laid. my prefure, ou tournure d’aigneau , ou de cheureau , ou de lie-
ure,ou fleur de chardon fauuage, ou graine de chardon beneift»
ou ius de figuier quifort de l’arbre quâd on inciiè l’efcorce ver-
te, ou les fueilles ôc les poils qui croiflent aux petits bouts de l’ar
ti chaut, o u gingembre, ou la peau de gelïne domeftique qui re-
çoit la fiente dans le petit ventre, ou œufs de brochets, auec leC
Formages à fl ue ^ s on f‘ ut les formages de carefme,que Ion appelle à la char-
la chardon- dônette. Le pot où eftle laid ne doit eltre fans quelque chaleurs
nette. pour le tenir tiedcttoutesfbis ne le fiut approcher du feu,ny auf
fi l’en tenir loin. Et quand il eft prins,on le doit mettre foudairt
dedans* les efeliflès ou formes : car il cft vtile q u e le mefgue s>ef-
coule , ôc fe fepare du laid qui fora prins. S ur tout faut que les
c ambrieres qui vacquent a la façon des formages foyét nettes,
Auuergnats- propres , ôc loin de leurs mois. Aufsiles A uuergnats qui font
grad eftat de leurs formages, choiflflent des ieunes enfans, aage*
de quatorze ans,propres,nets & bien polis,n’ayans les mains ga-
leules, ny farcineufes , ny mefme de chaleur intemperee: carils
pen ente eper uadent, que telles ordures de mains empefchét
1 en tière coagulation des formages, &: les rendent œilletez.
Si elle les. veut endurcir Ôc garder longtemps, fera foigneufe-
nient e cou er le raeiguç& laid clair, puis les arrengerafur des
; .•[ ‘ * clayes
Formages
duj;s.
DE LA MAISON RVSTlOyE: :
clayës propres à cela,en quelque lieu obfctir & froid,puis îctte-
Ta quelque peu de Tel pile par dc(ïùs:& fi pour les auoir tropgar
dez ils deuiennét durs & amers, elle les enterrera en grauoiSjOU
mettra dedans farine d’orge , ou dedans pois ciches, ou les cou-
urira de fueilles de iêrpen taire Jefquelles empefchent ftmblable-
ment qu’ils ne foyent mangez de mittes, ou deuiennent pourris.
Elle îugera le bon formage s’il eft gras & pefant>quclque peu ® ot( ^ du for-
iaunaftre,doux augoufter ? pbifantaufentir J 6c nullement pour- ma S c *
ri,ny plein de mittes ou de vers.
Les foules. Çbav. 14.
» • i
VANT au gounernement des poules, qui eft le
principal eftatdela fermiere, elle doit eftrefoi-
gnejife,que le gelinier foit tous les iours nettoyé, Gelinier te*
fi toft que la volaille en fera hors , & la fiente mile uunet.
a part pour l’amendement des prez. Les panniers
à pondre fouuët raffaifchis de paille nette,& denyeux,& les iu- Paniers i
choirs &montoirs defcrottez toutes les femaines.Le taid fermé P on dre ;
tous les foirs à Soleil couchât,& ouuerttous les matins à Soleil
leuât.Les abbreuoirs nettoyez tous les iours deux fois en hyuer Soucz! **
& trois fois en elle. Qu. e toufiours leur eau foit claireiqu’elle fa Abreuoirs .
ce femer fouuant paille frefche près du fumier , ôc au droi tde la nets *
grange, où la volai/legratte , &par endroits y mettre du fable, P £ ille frc£ "
poufsier,ou des cèdres pour leur donner le plaifïr de s’efpoulTer Erpôufle.
au Soleil, &fe nettoyer les plumes : qu’elle face ofter le mare ment de
du vin & autres fruits de l’endroit où elles antent , car cela les poules.
garde de pondre. Et faut encore qu’elle ait ce foin devoir par Em P e fcl>e»
tout le geünier,qu’il n’y ait ny latte ropue,ny endroit efcaiîlé de- Telnx fe
hors ou dedas,ou quelque lame de 1èr blàc enleuee,pour obuier l es à ofter?
au danger des chats, renards,bellettes, putois, foaynes, &àutres Beftes à
belles, qui lanuit peuuent grauhynefmes àl’efcoufHe,au milan, crain .
dre
au chat-huant, qui quelquefois entrent iufque&dans Le poulail-f}^ CS
lier pour rauir les petis* -* * unes.
Et pour nelesperdre, Ion doit, à celles qui fouuent volent fur
i»!
31 cs ’ ron § n ^ r ^ es g r andes plumes de l’vne des ailes, & ne
S
tv /T e ? ri
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er vne J ols a ux iardiiis,car elles en feroyét coull li-
tre
5
<-pn.
Ce
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e ^£ arde ùe pondre:& pour plus feure defence,ou- Ailes des
Z. i>^ ,
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,-
1C e 5 car aux coqs & chapons n’eft pas bon de ron- coc î s ou
le^i!ni-
e
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UC
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at ^ aC ^ eri ^ alr ^§ erdes ^gotsd’efpines au delfus^PPO"*®*
des murailles d iceux tardins & d’ailleurs. * «et?
^° U lier fera litué au coftédela-metairieitotirné h l’O- Poulaillies,.
$> C »
x i < . -livre i.
rient d’hyuer,pres du four ou de la cuilinc s’il eft pofsihle ,àfi n
• que lafutnee q eft fort Hune â la poulaille, vienne u.fques U.Au-J
ra petite féneftre droite à l’Onét,par laquelle la pou l.ui | c pour/'
ra fortir en la courau matin, & y rctrer au foir,que 16 termerade
nui&,àfin qu’elle niche plus.afleurément hors du danger des be-
ftes qui ont couftume luy Faire la guerre : par dehors àc du codé
• ' delacourily aura de petites efchelles, par lelquelles les poules
monteront iuFques à la FenefFre & dans leur poulaillier pour ni-
cher & ferepofer de nuid : fout que le poulaillier Toit bienen-
duit & poli par dedans & par dehors, afin que les chats &
fouynes & couIeuures& autres bdtes dangereufes ne puiflbnt
approcher des poules. Il n’eft bon qu’elles dorment fur le plan-
cher , à ce que leur ordure ôc fine ne s’attache a leurs pieds : car
cela leur caufe Les gouttes, & les fait podagres. A celle caufe faut
ficher le long du poulaillier vn pied au deflu^ du plancher, &i
deux pieds près l’vne de bautre des perches en quarre n6 rondes,
pourec que fi elles eftoyent rondes, la poulaille ne le pourroit
bien allèurerdelïus. 1 '
Vn coq pour A chacune douzaine de poules c’eft aiïèz d’vn bon coq,
douze pou- quoy que les anciens en dorment vnà cinq:& nefaut point qui!
l es -, loit blanc nigris,mais ou roux,ou tané,ou noir,le corps bien en-
bon' coq
5 ^ ta ^> Ia crefte bien droitte, chiquetee & rouge , les ouyes gran-
C des & fort blanches, le bec court & crochu, l’œil noir en cercle,
roux ou iaune,ou azuré', la barbe à couleur de rôle, tirât de blâc
en rouge, le plumage du col bienlong, doré & changeant , les
iambesbien efcaillees, grofles& courtes, l’ongle court & ferme,
l’ergot roide & pointu, la queue droite grofl’e & efpeflé. La
Si nés de P ou ^ c tanec ou roufle eft aufsi la meilleure , Sc qui a le penna-
bône poule. g e des ailes noir, fi elle n’eft toute noire; car gnlèou blanche ne
vautgueres. La taille delà poule doit eftre moyenne, la poi-
ftnne large , le corps entafle , car les plus grandes ne font pas u
naturelles à pondre: & fi elles ont cinq ongles comme les coqs.
Poule ergot elles en font plus aggreftes & moins priuees. La poule ergot*
Poule frian- KC C1 ^ C ^ es œl, b > & lie couue fi ordinairement , & quelques
fois les mange. La poule qui eft affriandee à manger grappes
de raifins, ce qui la garde de pondre,iêra retirée d’en manger , fi
on lu y baille a manger grains de vigne fâuuagc : car cela luy ap-
porte telle afpreté, qu’à ceux qui ont mangé fruits aufteres. La
trop gradé ou qui ale flux de vétre,fâit l’œuf hardré, la trop ieu-
tlP J u.n.. A . m . ..nu ^ 1 1 I VP «SAI1 MUC R I, AllT
Poule chan-
tant comme
le coq*
î n’entend rien à couuer ny conduire poufins. Parquoy faut
grailler Pergottec& celle qui chante, & gratte, Ôc appelle co-
rne le coq, en luy arrachant premièrement les groflès plumes
des ailes.
I.
tien
en
DE LA MAISON R V S T I Q.V E 2.5
des ailes, & luy baillant à manger force millet, orge, &paftc
encheeVar morceaux, ou nue de pain de froment deftrempee
. i eau de farine d’orge , & la tenir en lieu clos & en repos, àc
hiv plumer la telle, les cuifles , & le cropion , & la manger en
FeunerXa trop grallè fera amaigrie en luy mettant delà doye ^uic trop
parmi l'on eau, 6e de la poudre de brique deftrempee parmi Ion »
man ger,8c s’il luy vient par cours deventre , luy faut prefenter
pour première mangeaillevn blanc d’œuf rofty ,3c pilé auecle
double de raifins bouillis-Et à l’enragee qui callè fes œufs, & pouk enM _-
les mange, faut verier du plaftrc clair liir le iaune d’vn œuf , tant
.
qu’il durci(Te,& que cela luy ferue comme d’efcaille,& luy met-
tre aulieudu n yen: on biêformer vn œufdeplaftreoudecroye,
& le mettre au nid,& ne luy laiflèr'qu’vn œuf feul apres qu’elle
aura pondu. A la trop ieune, quand elle glouflèra, luy faut tra- p oü i e trop
uerlerjes nazeaux d'vne de les petites plumes : car il n’eft que jeune gloui
ieune poule à pondre, & vieille à couuer. Nos fermieres trop fant,
feueres les mouillent en l’eau pour leur rafrefehir leur ardeur, ou ne
les font ieufner quatre iours prïfonnïers fous vne cage à pouf- pgdrcvieil-
11ns.Etlîonnelagardedecouuer,fauttoutaulsitoft, ou deux i e à couuer.
iours apres qu’elle aura efclos,Ia remettre en la compagnie des (
Pourofter
coqs, pour luy faire oublier tes petis , de recommencer àpon- f’ enuie
, a ’t J , j, , , 1 „ couuer aux
dre-.ëc frotter le ventre efplunre d vn grand oe gros chappon & p 0U i eS< -
ieune,auec de orties griefches,& luy bailler puis apres les pecis V Chappon
âefchauffer& conduire. pour ef ch au
Lapouleeft fubiecfeàlatayedes yeux,quand elle vieillit, au fer &côdui-
catarre de diftillauon par les nazeaux par eitre moi fondué,es: a- j ies *
uoir beu eau gelee,ou trop froide,& faute de trouuer le gelinicr j cs poules.
ouuert de foir,auoir couché au ferain fur les arbres, ou par ha- -vieilles*
uoir peu trouuer le couuert ou le tedt en temps de pluye. Aux
flux de ventre quand leur mangeaille eft trop d’eftrempee , ou
qu’elles ont mangé quelques herbes laxatiues,ou que le gelinicr
aeftélaiflé ouuert la nuidt.A la pepie de la langue, pour n’auoir . -
beu, ou auoir beu eau trouble de orde. c
^ s
cS
Aux poux & vermine quad elle couue,& n’a dequoy fe veau- *
trer& nettoyer, ou quePordure croupiftiôg temps au gelinier; Poux &ver»
& à la morfure des belles venimeufes,qui hâtent le fumier,& les mi ” c aux
vieilles murailles, comme le feo rp ion,i e rp en t , ar ai gne, de inufa- P Me7eciHcs
raigne,clofporte,& efcreuiflès de fumier. pour les pou
A larongne& inflâmationdes yeux,il les faut bafsiner d’eau les*
de pourpier, ou de laiét de femme ; ôcàlataye leur faut frotter
1 œil auecdu fel ammoniac, cumin de miel broyez enfemble,au-
tant de Pvn que de Tautre^ fïnô que vous ayezTmduftr ie de leur
s V
LIVRE I. ;
leucr ou faire leucr bien legereinét & douccmét auec l’aiguille^
Au cataire Au cataire faut trauerfer vneplume aux nazeaux,&leurat-
des poules, tiédir l’eau, & quel quesfois leur chaufer les pieds, principale- *'
métaux petis poulets, que pour cela lô enueloppe quelque teps
dans la panne , ou dans la plume , Ôc les met-on dans vn pot au
four tiede ou près du feu,en quelque endroit propre.Et fi le ca-
tarreell arrefté,comme fous les yeux & vers le bec, il leur faut
doucement inciferl’appoftume,& fure iortir ce qui y eft con.-
tenu,& leur mettre vn peu de fel broyé.
Àu flux de Au flux de ventre , on leur fait appaft de pilules d’orge, de-
venue des ftrempee en vin,& liee auec la cire, ôc meile-lon parmileur eau
poules. de ladecoétion de grenade, ou de coings.
A b duretd ^^ eventree ^ re ^ err c, principalement aux petis, on leur
du vécre des ouure auec vn f e ftu,& leur pl ume-lon le cropion,& le dedâs des
poules. cuiflesrà ce que la fiente ne foit leans longuement retenue , qui
leur puifle eftouper le côduit.E t aux poules on leur met du miel
pur dans leur eau à part. •
Pouroftcrla A la pepie on leur lauele bec d’huile, oùaitrrempé vnecof-
pepie aux f e d’ail, & leur fait- on manger de la ftaphilàgre parmy leur vian
pou es. de:& pour en garentir les petis , on les met fur vn crible qui a
ferui à la vefl’e,o,u à l’yurayc,& les perfume-lon de pouliot,ori-
gane, hyfloppe, &lin : ôc Ion tient fur la fumee la telle du
, poulet,lebecouuert : ôc àl’extreme,pourîeurofter dutout,on
leur ouure le bec,&leur tire-ion la langue bien doucementrpuis
auec longlelon lieue tout doucement par haut en tirant à bas,
ce blanc que Ion voit furmonter par deflus:& apres qu’il eft le-
ué ôc defracine' fans efcorcher , Ion leur frotte la langue auec la
faliue ou vn peu de vinaigre : ou Ion la touche d’ail broyé. Les
chats nefont aucun mal aux poules, fi vous leurpendez fous les
' ailes de la rue làuuage.
Contre le* Aux poux ou vermine , il les faut lauer de vin où ait cuit le
poux & ver- cumin ôc la ftaphifagre, ou bien d’eau où ayent cuit des lupins
mine. fauuages.
Contre la morfure delà belle venimeulê, il leur faut oindre
Contrela j a p art j c d’huile de fcorpiô,& mettre fus du methr idacôc en co-
bcîle veni-
C re i etter vn p eu theriaque dans leur auget,& leur faire boire,
meufe. Pour le danger des belles qui la nuiét viennent au gelinier
Cotre les be manger les poulets,& les œufs , les anciens concilient mettre à
g5t les p*ou” ^ >entree d’iceluy,& y lemer dedans dés bouquets de rue , ôc méf-
iés. mes y en mettr e quelques brins fous les ailes de la volaille , ou
bié enduire les parois du gelinier ôc l’entour delà feneftre auec
du fiel de chat,ou derenard.
^ Pour
DE LA MAISON R VSTIQVE. i 7
Pour garder les poules d’eftre mangees des renards, eftbon
inefler quelquesfois parmy leur mangeaille chair de renard,
cuite & diuii'ee en petis morceauxîcar Ion dit que leur chair re-
tient quelque odeur, quieftcaufe que les renards n’ofent ap-
procher d’elles.
Les poules cômencent à pondre en Feurier &Mars, 8c des le- Ponte des
premier an quelques vnes.La ponte d’vn an 8c demi , 8c de deux P oU e, ‘
ans,cftla meilleure.Et alors il leur faut bailler nourriture abon
dâte,&aucunefoisdeI’auoine&:dufënugrec pour lesefchauf-
fer.Et fi vous voulez qu’elles facent gros œufs (car cômunement
les trop grajlës n’en font que des petis ) meflez ôc deftrempezde
la croye parmi leur mangeaille, ou mettez delà brique broyee
dans du fon,& la deflayez auec vn peu de vin & d’eau, & leur en
Elites ordinaire:ou leur baillez tout leur l'aoul d’orge à demi cui
te auec de la veffè & du millet.
Elles cellènt de pondre enuiron le troifiefine de Nouembre, Pin de ponte
ouieft,quandlafroidurecomméce:maisfipar eèiriofité lon en „ P ou ^ s "
veut referuer a part quelques vnes des pr belles pour auoir des <j es œu f s i c
œufs le long de l’hyuer,il les faut nourrir de pain rofti, &c trem- long de l’hy
pé du foir au lendemain, & leur prefenter à defieuner : & au re- u«.
pas fur iour,& de foir,leur ïetter quelque peu d’auoine ou d’or-
ge. Ne les faut fi toft laifier couuer apres la première ponte , &
quand elles ont paiîc trois ans, il les faut manger, aufsi faut-il
fe deffaire des brehaignes,& à celles qui ponnét beaucoup,fou-
uent changer de nyeu,& bien marquer leurs œufs, pour les leur
bailler à couuer,fi pofsible eft. Quâd elles font en meuc,il ne les
.faut laifier fortir hors du lieu où vous les auez enfermees, finon
pour fe foulager quand il fera bien beau, 8c fe garder que l’Ai-
gle, le Milan, ou TEfcoufle n’y defeende.
Lon met la poule couuer le deuxiefme an de là ponte, & iuf- Temps pour
*ques au trois 8c quatriefme,& fi nlet-on plufieurs poules en vn faire couuer
mefme téps,&fous leur paille quelque morceau de fer, de peur Morce^de '
du tonnerre, ou bien des fueilles de laurier,ou des telles d’ail, ou fer contre le
de l’herbe vertexar on dit que cela fert cotre la pepie& le fruit tonnerre,
monftrueux. Lon les y met en croifiântde Lune, depuis le deu- Secrets de
xiefrne delà nouuellc,iufques au quatorziefine,ditFlorentin.Et Florentin.
Columelle dit, depuis le dixiefine iufques au jç.à fin que les pou Columelle.
lets efcloent en autre lune nouuelle, car il ne leur faut que Temps pour
vingt &vniour : &doit-on façonner le nid defidiftes poules à efcl ° rc les
fonds de cuue,tellement qu’en lortant elles ne facét rienchcoir ^ ou eCî ‘
ne rouler. A ucuns perfument la paille ; du couuoir deuant qu’y
mettre les œufs, auec du fouffr e,pour garder la poule d’auorter:
Chois
d’oeufs à
couuer*
Nobre im-
ges a couuer
comment
LIVRE ï.\
5«r leur baillez les œufs q vous aurez marquez, 5c les plus beaux,'
& les plus frais, & s’il eft pofsible des leurs méfaits. Et nottez
qu’ils (oyêt-pondus depuis le fêptiefme Feuricr iufques au vingt
detixiefme Septembre: car d’autre temps Devaient rien non plus
que les premiers pondus: ôc faut toufiodrs qu’ils foyët en nom-
; bre impar,à içauoircnlanuier quinze, enMarsdixneuf, &de-
par "és” œufs p ius Auril, vingt Ôc vn.La plus grâde du laudunois n’en embraf-
àcouuer. lë que vingt 5c trois. Depuis le fécond d Oëtobreelles ne cou-
Tours à cou uen tpl US) nedoyuent couuer, fi ce n’eft en fours, à la manière
uer des œufs ceux j e Malte, & d’aucuns beaucerons, mais les poulets font
trop mal aiiezàtfleuer furl’hyuer. Encor* tient la cômune opi-
nion , que depuis la myluin les poulets ne valent guercs, de ne
peuuent croiftre fi adroit.
Oeufs ëftrî Si vous voulez par curiofité bailler aux poules à couuer au-
tres œufs que les leurs, comme d’oye, paon , poule d’Inde ou de
«loyuent c- canne, mettez les y fept ou neuf iours deuant, & puis y en ad-
{Ire mis. iouftez des leurs, en nombre impar,ainfi que dit eft. Mais fi ce
font œufs de fàifans,il ne faut douter à les mettre quant & ceux
de la poule, car ils ne demandent non plus de temps pourefclo-
Oeufs pour re; & fl v ous voulez que ce lôyët toutes femeles, prenez des plus
auoir remet c a J 0 - c . J- 1
les ou maf- Ions ^ mou Aus , car leslongs ôc poinctus iont communément
les. tous malles.
Ceremonie Aucuns obferuent celle ceremonie de ne les mettre l’vn a-
a mcttrc l es près l’autre dâs le nid,mais les arrangée dans vn plateau de bois,
ceu s cou- les y laillènt couler tout doucement : defaut garder que les
coqs ni autres poules puiflènt entrer au co’uuoir Ôc mettre tous
Le boire & les jours deux fois le boire de le manger de la poule fi près d’elle,
mâger delà qu’elle mait occafion de lë leuerpour ferepaillre : carfielle fc
desbauche vnefois,à bien grand’ peine yvtütelle retourner, fi
elle n’eft franche ôc naturelle.
Si la poule cft négligente à retournera fes œufs , pour les •
couuer egalement,il fera bon quelquesfois les renuerfer douce-
ment quand elles en feront hors.
Impatience II yades femmes qui n’ont lapatience d’attendre la fin delà
es emmes COU uee,& dés le quatrième iour que la poule aeftéfurfesœufs,
elles les lieuent tous l’vn apres l’autre, Ôc les regardent à la clar-
té du loleil: ôc fi elles n’y voyent des filets fanglans au dedans,
elles les iettent , Ôc en remettent d’autres. Et inefmes fi apres le
vingtvmefmeiour elles voyent qu’il en demeure à efclorre,elles
en font leuer Iapoule.Maisles bônes couuerefi’cs ne veulétplus
retournera leur couuoir apres queîon yatouché. Aulsiditla
bonne fermiere,'que aux œufs qui font fous la poule ne faut tou
-, > ‘ cher
'uer.
couuoire.
dés
quanti la
couuee des
poulets.
de la maison rvstiqve; * 8
cher nifques à ce qu’ils i'oytnt efclos.Aufsi les faut-il bien choi-
fir& nreienter au foleil entre les deux mains, déliant que les y
mettre.Celles qui ont doute que tous les œufs ne lbyentbons,&
ne pu ill en t les petis iortir pour la dureté de la coque, ne taillent La manière
enuiron ledixhuiéhelme lourde les baigner en vn plat creux, & <f«ycrim€-
en eau tiederde ceux qui nageront au delliis les ofter, & remettre
les autres fous la poule : mais il ne faut contraindre la poulcà le ? coulier .
leuer pour ce taire.
Vous ferez grand bien au poulet, quand il cômenceàpioler, Remède à U
& ne peut forcir pour la dureté de C\ cocquc,de luy aider à larô cocquc trop
pre:côbiéque c’eft l’office de la poule bic naturelle,^ vous fuite < * LUC#
ra au vifage,fi vous en approchez apres qu’elle les a ouyspioler.
Les petis poulets nouuellcment efclos , doyuenteftre mis iitr Pour preler
vn crible, ôc parfumez de rofmarin a la legere 6c petite fumee, uer les pou-
pour les garder de la pepie:& ne leur faut de deux iours donner * ets nouucL-
i manger, mais les mettre fous quelque poule qui n’enagueres:
ôc qu’elle ne loit griefche ny reuefche,pour les tenir chaudemét, p C pie,
pendant que les autres elclorront. Combien que la mere natu- Mangcaillc
relie les retient allez fagement ious les ailes fans les ofFenfer. Et P our l es P ou
les deux iours padez* il leur faut efmier du paintédre,& du for-
mage mol, ou bien de la farine d’orge auec du credo n alenois
deftrempé en vin & eau, auec vn peu de fueilles de porreaux ha-
chées bien menu, & quelque peu bouiliies; cela leur fert contre
les catarres &la pepie.Et depuis ce tép s iufques à quinze iours,
il les faut tenir fous la cage auec la mere.Puis au bout de quinze >
iours, laidéz lestrotter auec la mere, & leur dônez mefme nour-
riture. Et fi vousauez plüfieurscouueredés,quiayent efclos en Poulets no*
mefme temps, baillez les petis des vnes aux autres plus vieilles & uc h ci nenc
vfîtees aies mener, ou au chappon, côme didt eft, & faites retour- a colt
ner les plus îeunes au coq : mais n’en baillez plus haut de 25. ou
30 . à conduire à la pou le, car elle n’en pourra embrader nyef-
chauffer d’auantage. E ncor faut bien regarder que la poule qui
les conduit ne (bit iaffre & brutiue , qu’elle neles blcflb en grat—
tanb& que ibuuent elle les efehauffe :6c ne vole ou grimpe lou-
uent : ne voife en lieu ou les petis ne la puident fuyure. Parquoy
fera bon ne les laidèr aller fi toft au courtil. qu’ils ne parçent de
quarante iours ducouuoir.
Faudra au fsi garder que les ferpens ne les puident anhcler, 8c
fiffler fur eux : car cell odeur leur eft tant peftiiente , qu’il les tue
généralement tous. Le remede eft , brader fouuent près de leur
cage, de la corne de cerf ou du galbanum, ou des cheueux de
feinitxes:çar la fuhune de tout cela les chade.
i
LIVRE. I
Efclorrcdes 'Ccft cutte/îté de vouloir efclorredes œufs fans la chaleur
«ufs , fans «fte la poule : & combien que cela le puifl’e Elire, il n’eft toute-
ch * l
. cur ® c fois fi leur ne 11 commode. Lon les arrange le bout pointu par P
* * delfus , dans le foür chaud moyennement , fur du fiens de pou-
le. Et met-lon des fachets déplumé fus & fous, & les remué lon
par fois. Puis le iS. iour lon les baigne :8c le 21 , on leur aideL
- rompre la cocque.
Lon peut faire encore autrement. Le iour mefme que lon met
des poules eouuer , à fin qu’il en fouuienne, fi l’on ne veut mar-
quer les i ours,aufsi bien que les œufs, lon prend autant d’œufs,
que lon leur a baillé, &c les met-on fur des fachets pleins defiéte
de poule bien paflée& criblee, 8c biéentouree de duuet en for-
me de nid. Et encor fiiit-on vnliétd’iceluy duuet furies fachets,
fur lequel lon plante les œufs comme diét eft : 8c. les couure lon
d’autre duuet , 8c fachets par deflus, qu’il n’y ait endroit qui ne
s’en fente.Et apres trois ou quatre iours lô les retourne vue fois
tous les iours, fi doucement qu’ils ne heurtent l’vn l’autre. Etle
vingtiefme,queles pou'fins commençât à picquer la cocque, lon
leur aide à fortir , puis les baillelon aux poules qui en ont peu..
Il n’eft que Mais il n’eft: que le naturel en toutes chofes,
le naturel en La poule couuera-lc long de l’hyuer autant bien qu’en efté,
fi on fait mangeaille de fon méfié auec fueilles 8c femence d’or- -
tiedefèichee.
Oeufs cnm- La fermiere qui fait eftat de vendre des œufs , les doit gar-
mentfegar- der.enhyuer chaudement fur la paille, & bien çouuers,& en efté
dent en hy- f r efchemét das le fon,felon l’aduis des anciens , mais ie croyrois
uer & en c- p QJJS corre< 5tion tout le cotrairercar la paille eft frefche,& le fon
chaud:ioinéf que les œufs gardez dedâs le fon en efté, en caftent
plus toft.Ceux qui les couurent &poudrent de fel, ou lestrem-
pent en faumure,ilsles diminuent, & ne les lai flent pleins & en»
tieneequipourroitempefeher de les acheter : & ne faut dou-
ter que l’œuf n’en prenne quelque mauuais goût. La caue leuc
eft bonne en efté 8c en hyuer. v , ,
Chappon- Quant au chapponner des eftoudeaux , lon le doit faire bien
aer hettou-toftapres que la mere leur a baillé côgé, 8c qu’ils ne piolent plus-
deaux.. apres elle, & commencent à chanter , & amouracher les poulet-
tes:car s’ils ont vn an& demi pafle,il n’y a plu s d’ordre: 8c faut
prendre les plus durs & de la plus belle venue, non toutesfbis dé:
EngraiiTer fi naturel plumage quele coq: car apres auoir referué pour la cb
Cthappons. annnprnpnaof /lûn -^..1 i • f 11 ^ ^ 1 I...—
toutes cho-
fes.
Chappons & g°uuernemêt des poules ceux qui femblerôt les plus
du mans & propres# hardis,]] faut chapponner le relie pour engraiftèr, ou
Bmaignc., en mue, ou au pailler. Aucuns, comme au Maris 8c enBretaigne,,
leu a
de LA' MAISON RVSTICIVE. 19
ë tir creucnt les yeux comme aux oyionsA leur baillct appaft de
grain demi cuit Ade pafte bic menuifee & par morceaux, défont
engraiilez en quarante iours pour le plus : mais il les faut bien
garder de vermine, en leur oftant toute la plume de la tefte.
. ^
En paflant ie ne veux oublier à toucher quelque fingularicc
delà poule,de l’œuf, & des remedes que le laboureur en peut ri-
rerpour iafanté.
La poule engendrera poufsins de diuerles couleurs, ficlle p ou f s j ns de
couue des œufs remplis de diuerfe peinture. diuerfes cou
Les poules feront de gros œufs, fî vous pilez fubtilement de leurs.
labrique,&rincorporez'aueclon & vin.'le tout bien broyéidon ro $ ccu Sm
nez à manger auxpoules;ou bié faites poudre i ubtile de brique,
niellez làauec fon d'orge , &leur en donnez â manger. Aucuns
* pour mefme effedt deftrempent croy rouge, & la niellent panny
la mangcaille des poules.
Si par Tefpace de quatre iours, ou fept tout au plus,tu fais tre Pour atren-
peren vinaigre bien fort vn œuf>tu expérimenteras que facoc- drir oeuf,
quefera tellement attendri e,que facilementl'œuffepourrama-
nier, pader par toute forte d'anneau que Ion porte aux doigts,&
entrer en telle phiole que tu le voudras mettre : aufsi tu luy ren-
dras fa forme fi tu le trempes en eau frefehe. Pareillement l'œuf
trempé par quelque eipace de temps en eau de vie, lèconfume
du tout. v
Si tu veux garder long temps les œufs fans fe caiTer, arrenge- p ollr g ar fa
les en paniers de telle façon qu'ils foyent droits, ôeque leur bout oeufs,
plus aigu ioit le plus haut efleué , par ce moyen ils porteront tel
fardeau que tu leurimpoferas fans le caflèr. Aufsi c’eft vue chofe
véritable & bien experimétee , quel'œufà vne telle fermeté,que
nul homme tant foit fort & robufte, nelepourroit cafler entre
les paumes des mains,eftant pris ôc eftandu de fa longueur.
Lon obierue de long temps,que les œufs pôd us apres la nou- 0 eufs ir.
uelle Lune du mois d’A ouft,ou au defaut de la Lune du mois de garde.
Non ebre,ceux pareillement qui font pondus le io u r deNoël,ou
• le tour de 1 Afcenhon,font de garde, & ne fe corrompent facile-
ment- pequoy Ion nepeut excogiter autre raifon , finon q u’aux
vns le froid red la cocque dure ôc inperfpirable,aux autres la . -
hemente chaleur fut exhaler fubitemét ce qui eft facile à fe cor-
rompre dedans l’œuf.
n ;
n n lent P our
,
alTeure , qu’au defaut de feu, l’œuf fe peut Caire œuf
ree an ttourneôcagité long téps ôc fubitementd’vne fonde, fans feu.
ded œU r P renc * rate ^ c forme d’eferiture que vous voudrez par
- ans *“ vous clcriuez iqr la cocque auce encre faite de galles»
faite de galles, Qeufelcfiï.
J
LIVRE V
alun & vinaigre , & apres que l’efcriture fera feicheèau foleü,
mettez l’œufen faumure bien forte , puis le faites euire,& en o«
ftez la cocque,& trouuerez Tefcriturc.
Oeuf e lieue La cocque de l’œuf vuidee du tout , & remplie de rolèe de
en l’air. May, puis expofeeau foleil de Midy,eft facilement efleuee en l’air
fans aide d’autruy.
L’œuf enuironné de filet , 6c mis au milieu d’ vn feu ardent,
empelche que le filet ne foit aucunement brullé.
Application Lapoulediuifee&toutechaude, appliquée furies morfurc^
de poule des ferpens, attire dehors le venift : ou bien toute viuante ayant
i^venin
irer le cul plumé appliquée fur les parties ôffeniees de morfure de fer
Membrane pent,faitle femblable.
du gifie de La membrane intérieure du £ifié de poules ou chappons
poule cotre defeichee &mife en poudre , eftfouueraine pour le flux de ven-
1C e^&"iauél tre 3 ^- lagrauelle.
cre giau Le brouet auquel aura bouilli la pouIe,eft bon pour lafeher
Bouillon deleventre, 6c encore duuantage fi loti farcit la poule de mercu-
poule , bon riale, petit ehefne,& autres herbes femblables.
pour lafeher ^es te ftj cu i cs de chappons nourris de mangeaille trempee en
Teftiodes laid font fouueiains pour reftaurer fubitemét ceux quipar lon-
de chappôs. gueur de maladie, font du tout exténués.
Graifle de La graille de poule laueeen eau rofe, fert aux Allures dele-
poule. ures, ôc à celles qui par la froidure de l’hyuer viennët aux mains.
Fiel de pou- Le fiel de poule ou de chappon inftillé dans l’œil , guarit la
1 e * taye des yeux.
Tien de pou Lefien depoule applique fur les yeux dépliés, faitreuemr
le. le poil.
Oeuf cuit L’œuf cuit dur , 3c mengé auec vinaigre , appaife le flux de
/
dur. - ventre.
Iaune & Cataplafme fait du iaune , 6c blanc de l’œuf bien battu, ap-
blanc d’œuf, pliqué fur lesbrufleuresdesefteint.
Blanc d’œuf. Le blanc d’œ uf battu auec poudre d’encens,& appliqué fur
le front, reftraint le flux de fang par le nez
Iaune d’œuf. Le iaune d’œuf aualé tout feul appaife la toux ,& autre di-
ftillation qui le fait fur les poulinons.
Iauned’œuf. Le iaune d’œuf pondu en pleine Lune, nettoye toute forte
de taches qui apparoiflènt au vifage.
Membrane La petite membrane qui eft fous la cocque de l’œuf, gua-
de l’œuf. rift les filfures des leures.
Cocoue La cocque d’œuf redrgee en cendre, beuë auec vin, re-
al’ œuf. ftraintle crachement de fang, de eft bonne pour blanchir & net-
toyer les dents.
Leblanc
de IA MAISON RVSTIQVE. 30
le blanc d’œuf meflé auec chaud viue, agglutine les frag • BlancdW.
mens & pièces du voirre rompu. Oeufelban.
L’œufefpandu fur du bois bu quelque vertement , empefehe v™ CI P an -
labrufleure de feu.
w
Les oyes.
S A maifon ruftiqne qui n’a grande ai fin ce d’eau,
n*eft;propre à la nourriture de loye,finô que pour
fa commodité onluyfaccvne mareouvniier au
propre:car ceftoifeau, ainfi que le canard ayme à
îager, & à le refrai fehir, plonger, detoufiours
bourbeter,<5c 11 e chauche gueres ailleurs que dans l’eau. Ileftdc Oyes aimft
grand proffit, & de grand dommage : deproffir,pource qu’il ne àbourbeter.
luyfiut fl grand foin à le nourrir, qu’il eit de bonne guette, voi- 9^’
re meilleure que le chié , déclaré l’hyuer prochepar là clâgueur g t> ® & Kr ani
afsidue,rend des œufs &c des petis,& de la plume deux fois l’an- dommage.
nee,pour les licts , &‘pourelcrire& empenner des fleiches , <Sc
fe prend au renouueau & à barrière fliifon. De dommage,pour-
ce qu’in uy fau t conduite, fins laquelle il broutte les lcions des
arbres, les herbes des iardins , les lettons des vignes : & fut tort
aux bleds, quâd ils cômencent à entrer en tuyau , tant du ronger
que de là fiente : De lorte qu’au pays où les oyes làn uages (qui Oyes fauu**
font oilèaux de partage aufsi bien que les grues) fontleur prin- ges.
cipal repaire,comme versHolande,Hainaut,Artois,& ailleurs,
outrotiuequelquesfbis vnegradepiecede bled toute deftruitte
à moins de demi iour : & moins ne font de danger les domefti_
ques,qui les lairafaire:car ilsdefracinétle bleddu tout, fans ce
que la ou elles ont fiente, il n’y vient rien de long temps apres.
L’oye marte & femelle eft meilleure de couleur blanche, &c
grife.& entremeflee de deux couleurs, elleeftaulsi de moyenne p on8e dîî
onte. La femelle fait trois pontes l’annee , fi on l’emneiche de r>ves.
Gourmadi
te d’oye.
J LIVRÉ l ^
marquez au propre. Et n’en couuent que fept ou neuf pouf lé
moins 8c quinze pour le plus» Et qui met fous la paille du cou-
uoir quelque racine d’ortic,cela garde que les petis, quâdilsfôt
efclos,n’en font fi toft ofFenlez. Les vnes au bon temps& doux
efcloënt en vingt cinq iours,qui eft le plus. Et près de la couue-
relie mettez orge trempé à telle quatite qu’elle en pourra pren-
dre, auec force eau, à fin qu’elle ne feleue gueres pour repaiftre.
E t du furplus obferuez ce qui a efte dit de la poule.
Gouuerne- Les petisdoyuentdemeurerdix ioursenfermez auec la mè-
nent des pe re : ôdeanseftre nourris de farine d’orge deftrempee auec du
tis d’oycs. miel, du fon,& de l’eau : & parfois de laidtues tendres &noiu
u elles: puis du niillet,& froumentdeftrempe. Etau bout decc
temps les accouftumer au pré auec la mere,mais qu ils foyet re-
pus deuant qu’y aller : carceftebefte eft iî gourmande, que
d afpretc, en fa grand faim, elle tire l’herbe & les fcions des ar-
bres défi grand’ roideur, qu’elle ie rompt le col. Il les faut gar-
> der des orties 8c des efpines:au tect , des loups , & des renards,
Oifon à en- chats & belettes.
grailler. A quatre mois on choifit l’oifbn pour engrainer, &prend on
Jesplus beaux &c les plus gratis, & les met-on en mue, où ils de-
meurët,lesplus ieunes trente iours,<Sc les plus aagez, deux mois,
Lon leur baille trois fois le iour de la farine d’orge , & de frou-
nient deftrempé en eau & mielrcar l’orge fait la chair blanche, 8c
le froument engraiflè,&: fait grand foye. Aucuns leur fbntapaft
de ligues nouuelles ou feiches auec du leuain, 8c leur donnent a
boire à foifon,& bourbeter du Ion tout leur laouh Autres eur
plument le ventre 8c la tefte,& leur oftent lesgroues plumesdes
ailesrmefmes leur c retient les yeuxpoui les engrainer.
p r , Lapafturedes communes eft, toute forte de legume deftrem-
oyes. pee en Ion 8c eau tiede.Beaucoup ne leur baillent que du Ion vn
peu gras, 8c des laiélues , de la chicorée, & du crellon allenois
pour les mettre en appétit : 8c leur prelèntent cefte nourriture
au matin & au loir, & encor furlemidy : 8c lereftedti iour les
Hâncbane, enuoyent auxprez 8c àfeftan , auec la conduite d’vn petit va-
la mort aux let , qui les garde d’entrèr 8c voler es lieux défendus , 8c des or-
°y es * ties & ronces,mefmes démanger de lahannebane que lon nom-
" me la mort aux oifons , 8c de la ci^ue, qui les endort tant qu’ils
oyes. en meurent.
Plume cPoye Les anciens ne baiiloyent que trois oyes à chacun iars , mais
niortc>n’eft nous ] eLir en baillons bien fix , &leurfaifon$ ofter le duuet&
celle
1
dTla**
6 * cs § ro ^ s plumes à eferire en Mars 8c en Septembrcrcar la plu-
viue nie dé l’oye morte n’eft fi naturelle à tout vfage, npn plus que la
' — ~ J ’ toifoa
Ciguë mor
telle aux
DÉ LA MAISON RVSTIQVE S t
t OI
Ton de'moutons tuez, ou morts d’eux-mefmes. Et ne met Ion Toiïon des
gueres moins de trente oy fons en chacun teft , combien que les “°“ tôs
anciens n’y en miflênt que vingt : car les grans battent les plus n . eft fi bg
*
ieunes,& les blelïènt , Sc à celte caule lesf.uit mettre en paie q ue ce n e
dans l’eftable,& fenarer’de clayes,ainfi que les moutons , Sc leur des vifs,
faut fouuen t paille frefehe, nette Sc deliee : car le tedt doit tout- j> 0 y
iours eftre (èc,& iouuétnettoye,de peur de vermine. Etau lut- metcrccn _
plus, font fubiets à mefmes maux & dangers que iont les gel mes.
parquoy leur faut aulsi femblables coiiunodiccz.Cc qui uevous Les maladî—
grc liera recercher cy dellus. esdesoyes.
La graillé d’oye fur tout eft recommandable:par ce que ntef-
leeaueciusd’oignon,&: inftilleeen l’oreille, elle appailè la dou-
leur, & en tire l’eau. La langue d’oye deflèichee & ntife en pou-
dre,eft bonne contre rétention d’vrine.
Les fane s t & autres oi
féaux de ri -
uïere. Chat i. i<>.
A foiïeou mare que nous auons drefte au milieu
denoftre court & paillé, peut feruir pour les Ca
i nars & autres oifeaux d’eau,&aupres d’icelle ma
re Ion leur dreftè vn te<ft bas, & vn peu couuert, Loge aux
pourferetirer lanuiâ: &leiour quand il leur C ânar **
pîaiftrcar de fi grande diligenceautour cefte volaille il n’en eft ia
befoin,fînon de la garder des chats &belettes,du Milan, de l’Ai ^
•
gle,& du Vautour.Au dcmeuratjfaut leur ictter quelque grain, £ a ^ t
legume,& cnbleure es ruifteaux de la mare, & dans icelle, pourg ar( i er } es
bourbeter,& leur laiiîèr la liberté de l’eftan , du viuier , &dela Canes.
riuiere prochaine^ fsi bien qu’aux oyes.Mais il n’y faut point Pa(liuc des
tant de garde :car ils n’aiment gueres lesiardins , Sc eux-mef- ^ ancs *
mes font leur md à pondre & à couuer, & n’y a que ce foin d’en Q cu f S( j e *
içauoir le repaire, principalement desfauuages, vers l’eftan , & Canes, cou-'
en prendre les œufs, & les bailler couuer à la poule , pour les ucsdela
affranchirrcar la volaille qui en viendra, fera meilleure que celle P oule »
de paillé, & qui ne bougera de la court ou des ruiflèaux de la T 11 ? 11 * quc
ruéaeancter. , : ,
jdeieur me-
Pourauoir des iauuages devoftre eftan à appriuoifer , il Canes fau-
aut ietter de la lie de vin,ou du vin vermeil
,
, melmes à l’endroit nages cny-
u ruifléau ou vous leur aurez fouuent îetté apaft de vin, .grain-
auecleuain & farine,deftrempez enfenible>& les prendrez quâd
les verrez enyurecs.
Cefte volaille s’engraiffe ainfi que les oyfons , c’eft adiré, de Engraiffee
aic mc nourriture^ refte qufon leur donne outre cela de la ine-;- les Canes*
h iij
'••Mi
LIVRE i:
nuife de poi(Ton:& fi on ne les met point en muë &aux cômunJj,
le plus que Ion les laide courir, eft le meilleur.
Quand ceft oifeau nettoyc les plumes auec le bec, il donne
San» de Ca P re ^ a S e vent *
nes f Lon tient que fonfiing endurcy & beu auec vin,eftbon con-
tre toute forte de venin.
Canard gua Le Canard vif applique fur leventreeft fouuerain remede
nit la coh- p 0ur .i es trenchees & coliques: & dit on qu’en guariflant le mal
^ uc ‘ d’autruy il prend le rnefme mal, duquel il meurt.
Sarcelles. Les Sarcelles, hallcbrans, poules d’eau & canettes d’eftan , ne
Poules s appriuoilentiamais , mais bien les pouuez prendre plus alaife
d’eau. quelesoyes fauuages. Autant en dirons-nous, des beca(Tes&
Canettes courlis, & autres oilèaux d’eau,<Scderiuiere,qui viuétneatmoins
d’eau. f ur i a terre: dont ils furent appeliez parles anciens , oifeaux de
Beccafles., i i . • 11 1
Courlis. double vie, ou nourriture.
Oileaux de Les Cygnes.ne hantent & ne s’aiment qu’en d’aucuns en-
double vie. droits particuliers, comme és lieux aquatiques, vers Tours 6c
Cygnes. Saumeur en France, & aufsi en Fladrcs,& vers.Valéciennes, que
val des^Cj- ^ on ^'auoir e dé pour cela appellee val de Cygnes,& le peuuent
gnes. appriuoifer & mettre en eftan ou en mare, mais il le defttuic
bien 6c ruine, en poiiïôn,& quelquesfbis ferue fur le bled verd,
Côbien faut ainfî que l’oifon 6c oyefâuuage , & y fait grand degaft cédai-
de Cygnes, fez de deux pour plai fi r en voftre eftan, ou de quatre s’il eftbien
Qiilemble. grand, 6c d’vn feulen la mai e , &luy faut au courtil lontecf à-
part,peu couuert, & en liberté, fouuent nettoyé & rafrefehi,.
car il ordift fort. Au demeurant s’il n’a nourriture fuffifante, i ét-
iez luy du pain mouillé ou desbrouailles, 6c quelques menuiles
de poid'ons. Ced; oifeau eûgour.mâd,& coude beaucoup à nour
tir, frit 16 nid tout léul,&ne couuequ’vne fois l’an, 6c trois œufs
pour le plus à la fois; mais îleft de grande beauté & plaidr.
Les grues ne font beaucoup didèmblables des cygnes, ©i-
lèaux padàgers,qui le deleéfent es lieux aquatiques, côbien que
leur nourriture Ibit pl uftoft de ce que produit la terre , que non
- i F as 1 eau :car elles fe nourridènt de grain comme lesoyes iauua-
Ponte de la ^ eS ' ^ e ^ aut: ^ re g ran d eftat de la grue : car^encores qu’elle ne
: demeurante auec vousiînon pour vn temps, elle ne pond ea
toute lanneeq eux dœufs. Parquoy fi la voulez nourrir 5 fiiire le
pourrez pluftoô pour en auoirleplaifîrdelaveué qdelengean-
ce. Quand la verrez voler haut en Pair auec fiknce,attendez le
beau tépsifi la voyez repofer fur terre, foyez allèucé de la pin ye*.
Si vôlf re fenne-eit proche des marefeagesde lieux,ou ferpeh%
- lézards, couleuures 6c autres beûes femblables abondeut,ponr-
v. • H i W
ne TA maison RVSTtQVr
Icraent, nylesauoirauec vosPeftcpaflè
s’en retournent en autre pays.Et ce perda it n’aye l OU Ci de leur
nid, ponte , couuee ci: nourriture : car ce fout 01 féaux îbigncux:
d > eux-mefme$,& qui n’ont belbin d'aide d'autruy.
Les fatfnns ù' Celmotes . 0 ;J
f'
^E S Tgrand’ curioficé de nourrir des fo: fns, que p ou , . »
^ L ColumeUc nomme poules deNumidie: mais qui Namidie,
le peut faire,il en a plaillr de proffit.de haut vnejpcr
bnne qui nefàcegueres autre chofe. Carceùoi-
l'eau coufte beaucoup à entretenir.-veut auoirfcn
tedt à part, haut efleué & adolîè contre la clofture de la court, &
enlôg,que lesaugets loyét en l’air,& ou le foleil donne. Et faut
à chacun oifeau lelien, & qu’il n’y ait qu’vnhuis a leur gelinier
pour la commodité de les nettoyer,& leur donner a manger. Le
furplus fera toutàiourpar deuant,& fermé de lattes bien drues,
ôc d’ais de fente , enuiron la hauteur d’vne toile par bas, & bien
couuert par défi hs<
Les Faifans& G>-linoi.es font mal a ! iez aappnuoifer, s’ils font r • r .
prins déplus d’vn an hors la forcit: car les vieux lé defplaifent, Iinoîes.maî
P 01
" 1 ^” 2 ne C0IJ uer : ôc les jeunes ne lé neuuentlî aifczàappri
toft ny facilement accommodera Pair c ou rraint cc moins à ce uo,r - r -
luy qui n’eft pareil à la région d’ôù Us furent pn ns. Il faut "à d eu x ,
“ ! S T rt •
L r fon ÛknCfm ^ uVne P™* * comme-n . J , ZU 8<
ce n Mars,& fait m.ques a vingt œufs par ordr e:& pu/j les cou
ue tous enfemble, ou quinze des ficus, & quelque autres eftran-
fi
,
v .
ous lu y en donnez,& couue trétciours-Lau coutr t
telle diligence qu’il a efte dit i Ursule L C
Ton tedt.Les petis eklos iéront ap^aftdiz à- farine A'I'l Î ' '
te 6c refroidie,puis de farine de fiS Cui * Cwtwfnf.
b'notes^oùrk-^ flt-^ wSEÏ ' Z * ,c *
W
f " l,ÿc (ic ' Ifttt ..tf
fi
«
Engeance i
^teneur, Scnonuatpou* €n Aiso/r de Itfriifinilc
ke&duvî* ç eurr onri ^y- ri t les premier* jour* de le au m/d - Gflill96fft
û ort,pour kur faire oublier leur J icu naturel * j>uia<
llVfcË I.
de U farirtc d’orge deftrempee en eau , de febues moulues , &
del’orge monde, du millet entier, de la nauette, & graine de lin
cuitte,& feichee,mellee auec de la farine d’orge. Etpour lesef-
chaufter& purger les coles,leur bailloyent du fenegré par cinq
iours, & les tenoyen t ainfi en mue foixante iours. C’eft ce que
quelques rondeurs de Paris & riches viuandiers fçauent tref-
Columelle bien faire : & leur faut dit Columelle, donner à manger leur
fiure8.de re fioul, à fin de les engraidér pour les banquets : car peu de ces
cuft.cap.xi. geiinotesfauuagess’addonnentàpondreen feruitude.
LesTaons. Çbap. 18 .
«
E Paon eft de grand’ nourriture, ôc mange beau-
coup^ eft de difficile entretien, mais il ne donne
grâd fbing depuis qu’il a laide la mere,finon qu’il
^ gafte les iardins,& endommage les bleds , aufsi fa
_ _ ^ beauté refiouitnôfeulemét le feigneur,mais auisi
les cftrangers.il ed: fort à edeuer en d’aucuns endroits de noltre
France, car il aime l’air chaud & temperé. Ceftoi (eau fur tout
autre pais denoftre France, abonde vers Lifieux en Normandie,
d’où il en vient grande quantité à Paris , pour les noces & ban-
quets exquis.'on le y engraifte demarcdeeitre& depere.
Les anciens faifoyent des idettes au derrière de leurs iar-
dins propres pour les Paons, ôc dred'oyent vne petite cafêtte,
pour leur repaire: &vne autre pour celuyquiles nourridoit.
Mais nous qui n’en faifons fi grand eftat,nous contentons de les
loger au defl’us des poules, & au plus haut lieu du poulaillier,car
ils aimentl’air libre,couchâs le (
'plus fouuét fur les arbres,& leur
Maladie des faifons quelque lieu parbas,où ils fepuident retirer par iour.Cc
Paons. Heu doit eftre bien nettoyé ôc curé diligemment ainfi que le ge-
Ünier car cefte volaille eft luieéte à mefmes inconueniens ôc au-
aonne c . j a< qi es q ue pcmle, &luy faut pareils i* e m C des. Audemeurant,
faut que le lieu où elle hante foitfemé de paille, ouherbever-
de, adéz haud, car laPaonnedene pond guercs accroupie, & le
plus fouuent Ion trouue les œufs tombés par bas , ôc fous le iu-
choir.Ces oifeaux engendrent tresbiê apres qu’ils ont trois ans:
auparauantils font fteriles,ou de petite fécondité,
fonte des La Paonned’efait trois pontes i’annee: mais qui la met cou-
Paonncfl.cs . uer e |
]
e n > en f cl i t qu’ V ne , ôc confume le reftedu temps à efclorre
ôc conduireifes pet: s. Elle commence fa première ponte à la mi-
Feurier, & en fait cinq œuf de rang, à l’autre quatre ou trois, Si
àla tierce.trois ou deux»
S’il
Loge des
Paons.
de la maison rvsttqve; 33
S’il aduietît que le malle & femelle ne puiflent entrer en ch a.
leur, les y faudra mettre auec viandes & mangeaille qui lescU
chaufte, comme auec febues rofties en cendre chaude. Et Ion t o
gnoiftra que le Paon entre en chaleur * quand Ion void qu’il fc
nu re Ôc fe couure tout des plumes de la queue A' lors nous di-
fons qu’il fait la roue
.
Qu.andlaPaonneflecouue> elle fe retire & cache du malle en
lieu le plus fecret qu’elle peut : car il ne cclfcde la cerchcr:& s il
latrouue il la bat,&ea(Te fes œufs. Quant elle couuc> ii on la
veut cou urir dvn drap blanc , elle engendrera des poufinS tous
blancs,non de couleur gemmee.Pour mefme effedt on les peut
enfermer en des cages ou tedts enduits & polis de quelques
draps ou peintures blanches, en forte que tout ce quelle regar
deraen couuant 3 foit de couleur blâche. Au bout de tréteiours
que les petis font elclos,&: la mere nourrie diligemment en fou
couuoir (afnli qu’auons die de lapoule) Ion la met ious la cage
en lieu où fe Paon ne puîiïè venir: car il hait & tait mal cà fes pe- Le Pao hait
tisjiufques a ce qn’ils ayent fut la crefte:& lors qu’ils la font, ii fes pecis iuf-
les faut tenir bien chaudement, car ils font fort malades,& en c l u
,
çs * cc
meurent ieplusfouuent. qu’ils ayent
„ 11 faut nournr Ies pe«s > les premiers iours,auec de la farine Noum'tuî'e
d orge detfrempee en vin , en forme de potage efpez ; & pour ie des pecis
elpeisir l’on y adioufte du formage moi bien pdtri,preflë & e f- Paons,
purc.xar leiaidt clair leur nuitgradeinent. Quelque fois 1 <3 leur Laid clair
Jette des lau tereaux,a qui on a ode les pieds, oc des charentons, nuit auxPa-
oes araignes,oe des moulches pour.leur curercarils ebadentna ons -
turellement ala vermfne,& là où ils hantent, ne s’en trouue yuc l L< 7 P ‘ , °? s
« S .S,x moisapreslô leur baillei’orgeboufflie, eommeà la me. ±£j * U
olu^'cm! Un,” Ir0 ? tr:i?u,S 11
,
lcs 'éUtgatdcrdu tro,d&de la Froid ron-
encepavs o.fiU f Cr ‘ nne ‘ lC 1 3i1g !
n
corinen t,prmci palemét traue aux
Iuin-car auand ,-A
*
'
(lcuer •. *«? »c lom efclos i la nu- »— *•
ruin.cai quand i Autone les accueille bien ieunes,iamais n’en -
durent l’hyuer.
Qui veut quelapaonneiTeface les -i L T
1er â couueraHv nnnLc 5 ’ ^oispotçs ? il en faut bail- Poite dd;
PaonncfTc.
nourriture des poüles dà fenr ^ ; h -
-elle le pmn.er l«ar,&5nrfteS * ? W ‘
ml tous enfcmb?^amfi- cnT ^ W' ? U ^V\ ls cfcior
'-mue ,a0<? ainn en ferez a pluûeurs-poules çn yn
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1
* ' •* d » j i
paon,
t
Chair de
paon dur.
’ LIVRE V.
y *• ,
méfmetemps.Etpource que l’œufdelaÎLtonneflè, pour fagrof
fcur,ne peut eftrc aifément remué de la poule , vous le remuerez
doucement quand la poule fortira pour repaiftrer&marquez a--
ucc del’encrc l’endroit de fon dclfus, à fin que quand vous y vou
drez continuer, vous voyez fi elle l’aura remué 8c retourné : au-
trement vous y perdriez temps. Et quand tout eft efclos, bail-
lez tous les poulets à vne feule poule, 8c les paonneaux à vne au-
tre: & gardez que celle qui meineles poufsin,ne voye ou han-
te auec l’autre qui meineles paonneaux: car elle lairroitincon-
Ialoufie de tinentles fiens , du defdain& ialouziedela grandeur & beauté
°b eau<
1
' des autres. ,
b es Paons font fort malades quand ils muët,& alors il les faut
Combien il efchaufFerauecdumiel>froument,auoine,&febuesgrollees .Ils
faut de fe- font en grande chaleur aux iours caniculaires, 8c lors ne les faut
melles au laitier fans eau frefche:& faut à chacu paon cinq ou fix femelles
pour rechanger , carilgrcue celles qui ont l’œuf preftà fiire,
quand elles le refufent,& ne faut l’œuf à fe cadèr.
La chair dePaon eft tnelancolique 8c de dificjle digeftion,
mais pour l’attendriril faut tuerie Paonvn Jour auant que le
m anger en eft é , 8c quatre fours en hyuer, dépendre quelque
cholèdc pefantà fes cuiflès : ou bien le pendreà quelque bafton
de figuier, par ce que le bois de figuier a vertu d’attendrir les
chairs dures.
‘ îientede La fiente de Paon eft fbuueraine contre les affe<5h’ons des
paon. yeux, filon en pouuoittrouuer : mais le Paoncft tantenuieux
î du bien de l’homme , que luy mcfme mange fa fiente de crainte
que Ion en trouue.
/ . i r '
.
T .. . n \
' • ‘Poules d'Inde. ... Çhdp. 19 .
E L V Y qui nous apporta ceft oiièau en Fran-
ce, foitquenousl’appelions coq, ou paon d’Inde
nousa pluftoftenfichi de gueule, quedeproffit:
car c’eft vn droit coffre à auoine, vn gouffre de
x l mangeailleoù Ion ne peut prendre autre plaifir
dure dige- que de bruit&t fureur, quant aux grans:ou d’vn continuel piol-
Chair de b ment > c l uant ‘' lUX P etls * Vray que la chair en eft délicate, mais
Taon meil- fade 8c de dure digeftion: c’eft pourquoy Ion la fait faupoudrer,
leureque de 8c fort larder 8c aromatizer. Il y a trop plus de plaifir 8c de bon-
la poule té de chair au paon.
^Nourriture ba nourriture de cefte volaille fe fait en pareil fàicl: que les
deï° poules g eIines > & de mefme viande, & auec autât de diligéce,refte qu’il
d’Inde. leur en faut d’auantage:& peut bien dire le fermier q u’autant de
Paons
poules d’Ia-
dc > coffre à
attoinc.
Chair de
poule d'In-
de, fade &de
DE LA MAISON RVSTIQVE 37
cela leur bailler vfurei proportion y âctel qu’il feradebefoin:
qu’il ne les lailfe partir en temps trop chaud , ny trop froid , ny
trop humiderqiùl ne les abbreuue fi tort apres le grand tr x auail>
qiùl leur nettoye& rafrefchiffe louuentle pafturon,&:ne le laif-
fe gercer, n’efclattcr : mais à ceft effed: qu’il face tous les ans re-
parer lepaué de fon eftable,qui feruira aufsipour ladefencedes
beftes Ôc vermines qui nuifent à fes bœufs «
Qu’il les lepare allez loin hvn de l’autre, de crainte qu’ils ne
s’entrebattent. Quand ils ne travailleront point, qu’il lesabreu-
ue deux fois le iour en efté & vne fois en hyuer , en eau clere 5 ôc
nette & froide, -
Qu'il regarde bien au retour des champs s’ils ont quelque efi-
pine aux pieds, s’ils font defgouftez,fi le collier ou leiougleur a
fait mal au frôr,ou ailleurs, & s’^ffont efeorehez fur le col , s’ils
ont efté trop piquez de l’e/guillon du chartier,ou des hannetôs
• &frollons,& félon ce^u’il leur face medecineconuenable.
Le bœuf chaftré eft meilleur pour la nourriture & pour le la- Bœuf cha-
bour que le taureau qui a la chair plus coriace , & eft plus faf- « rc
J
,1 us co*
cheux à conduire.Parquoy,de cét veaux que le bouuier aura,ü bou/quelc
n’en retiendra que deux pour faillir les vaches : les autres , il les Taureau,
chaftrera tous enuiron Paagede deux ans:car apres ce temps, il Temps de
nelepourroitfairecommodcment.Le faudra foire en Automne chaftrer lef
& en decours, & mettre fur la playe delà cendre de farmét mef- *
Ieeauecdelalitarge: & trois iours apres de lapoix fondue, &
mefleeauec ladite cendre. _ v
Le iour qu’il fera chaftré ne le faut laifTêr boire , & luy don- Façon de
ner peu à manger. La maniéré de le chaftrer eft de prendre a- chaftrer le
uec deux eftroites reigles de bois, comme auec des tenailles ou bœuf,
pincettes, les nerfs des couillôs,puis foudain ouurir la bourfe,&
coupperles couillons , de forte que Ion y lai ftè le bout & extré-
mité qui eft attachée aufdits nerfs. Car par cela le veau ne fera
intereflé de trop grande effufion de fang , & ne fera du tout effé-
miné, en ne luy oftant toute fa virilités en le laiflant toufîours
enformedemafle.
v
Si vous achetez vos bœufs de labour , prenez les du quartier Acheté
où eft voftre ferme . car ils ne s accouftument pas fi aifément à bœufs.
1 air effranger, que les eheuaux. Au demeurant choififlez-les de F orce <j c
trois ans ou enuiron, carpluftoftne les pouuez dompter au la- bœufs à co-
bour.Vous cognoiftrez leur force en leur vifitantlabouchercar gnoiftre.
dans fix mois du premier an,ils muent les dents de deuant:& fix cognoiT-
mois apres, les prochaines:& au bout de trois ans, ils les muent fet
toutes : & quand ils font en eftat, ils les ont egalles, blanches, & bœufs,
" ' k
livre I.
longues. Ht quand elles vieilliflent, elles leurracourlî.Tcnt &
dcuicnncnt inégalés & noires. 3
Boeuf de U- Ne faut que les bœufs de labour foyent trop gras , ne troh
Defcription ma ’S res: * CPUX qui mangent doucement & à loiifr, s’entretien-
de bô bœuf. nent n,,eux e " lcur force - Le bon bœuf doit dire de moyenne
taille , ville au piquer , ôc qui remue promptement, pourlere-
gard de là nature- bien merabru & carré de corps, ferme & roi-
île : de mufcle efleué, les aureilles grandes , le front large &
crelpu, l'œil gros Ôc noir, 6c la corne forte, viue , ôc de moyen-
ne grandeur ; le muflegros 6c camus , la tefte courte ôc entaflée,
larges ei pailles <Sc ponftrine., grand fanon & ventre ; longue
queue , 6c touffue par le bout : le dos droiét ôc plein , les coïtez
eftendus,les reins larges , les cuifles fermes ôc nerueufes , l'ongle
court 6c large, le poil elpez&dfu, doux au manier. De couleur
noire de rouge, c’eft le meilleur: ôc apres bay, piart, &mou-
chetté : le blanc eft le pire de tous : le gris «Scie fàuueaueftde
moyenne valeur
Aage de
bœuf.
Complexiô
de bœuf à
cognoiftrc.
fautes du
bœuf à cha-
fticr.
Apparier
bœufs.
Dompter le
bœuf.
Le bœuf de cefte fiçon vous ièruira au labour iufques à dix
ans.-puisencor’lepourrez-vous engraiiïer, ôc le véd t e, car il vit
iufquesàquatorze&feizeans. Et vous pourrez aufsi aider au
harn.iSjde au labour, des vaches brehaignes ôc chaftrees. Maidi
vousachetez les bœufs tous duits&drdlez au harnasderout-
ture ou de charrue , ou que vous en vouliez faire de vollre trou-
peau voftreboumer en doit prendre la peine, ôc don pourlc
»lus ailé cognoiftre la nature, &( h l'ofe dire) la côplexion de ce-
uy qu’il veut'dompter,s'il eft feftard,&s’il fe couchefouuent:s’i
eit trop prompt, furieux & impétueux , ôc leger àleuer& donnei
du pied, ou de la corne.-s’il eft dur àl’efguilion, paoureux, reftif,
ou craignant entrer en l’eau. .Defquelles foutes il faut le chaftier
premier que l’accouftumer à porter teftiere : pluftoft ne s’y em-
pefeher aucunement. Et notez que pour ce faire, il eft trop toft
dans trois ans,& trop tard apres cinq ans.La diette,& le flatter,
fait ôc accouftume mieux le bœuf au ioug,quela crainte.Etn’y
a moye plus expediét,que d’en accoupler vn ieune ôc encor nou
ueau,auec vn exercité & bien feur, toutesfois de meirne taille&
roi eur.car c eft le principal q de les bien apparier en grandeur,
orce nature.Etiî le bœuf eft de difficile côduitte,toutesfois
eau c a voftre iugement propre au harnas, mettez-le envn
grand loug au milieu de deux autres de fa taille,qui foyent doux
& bien fans au Iabour,& en trois iours il fe dreflèra.
(
Et h vous e voulez dompterfeiiljaccouftumez-Iuypeuàpcu
aendurer le lie ôc, la ferrure aux corne$;& apres quelques iours»
liez-
I
e
£E Z A MAISON RVSTIQVE 38
liex-lc à vu pau bien ferme , & le laiflez là quelque temps icul-
ner. S’ileft fafeheux , fa colère paflèe , futes-luy fleurer voftre Ieufnc aux
main plufieurs fois pour vous accouftuiner, & le maniez entre œ “ *'
les ciuflès & par tout en le flattant.Puis faites-luy tirer vne briie ^
ou deux lié au loug: de par fois attachez-le à la charrette vuide, a cft(f lo ^ g
de le faites tirer quelque peu loin , puis mettez dans la charrette temps fa us
quelque charge, pour efprouucr làfbrce,& auisi l’accouftumer labourer,
au cry, à la parolle & à la verge.
Si v 011s aiiez acheté bœuf tout fait au harnas , ôc que ne co~
gnoidéz la complexion,il le faut approuuer quand il cil accou-
plé, veoir s'il eft reftifipaoureux,fürieux ? ou s'il le couche au ray- Cor région
on : Ôc de Tes fautes ne l'en corriger ne par fouet , n’à coups de le <j cs fautes
efguillon,car l'vn le rend furieux, l'autre l'endurcitrmais parluy j^ n ^ U
^ ux
lier les ïambes , ôc le laifler îeufner quelque temps, car ce vice ne bœufs,
aduient gueres qu'à ceux qui font trop gras. A u fs 1 y a-il moyen Nourriture
de les nourrir: Ôc n'eft moindre faute pourl'aifance dulabour, moyenne,
que le bœuf foit trop gras, que trop maigre.
La nourriture du bœuf nedoiteftreà fi grand foifonenhy- Mangcaille
uer , quand il ne trauail le point : il aime les coftàts des legumes, aux
comme veftès , pois ôc feues. Lon l'engraifie d'orge bouillie, &
de feues brifees ôc cailles, ôc luy baille-lon volontiers du foin,
nonpas tantqu'à vn cheual, mais tout fonfàoui,quâd il trauail-
le. Les bourgeons tendres le recreent enefiê,ôcluy en baille-
lon volontiers du foir vn faifièau à brouttçr : il aime iur tout le
bourgeon de la vigne Ôc de l'orme , aufsi fait-il le marc du vin.
Les gerbes de froument ôc de ieigleluy font bonnes, &queW
quesfbis le fon entremeficdecnbleures , mais il l'enfleplus qu'il
11e le rend fort. Le gland le fait rongneux s'il n'eft aouiilé, ôc s'il
n'en mange tout ion faoul. Les choux bouillis auec le fon luy
font bon ventre , ôc nournilènt quelque peu , aufsi fait la paille
d'orge mefle auec le ion.
Lon pourra parmi leur fourrage mefler du marc qu’on aura
pire ou vin de ladefpenle oubuuetre, mais qu’il ait eitélaué de
ieiche. Encores fans doute il vaut mieux leur bailler le marc tel
qu’il eft , auant quele lauer j car ainfi il leur feruira de vin de de
viande,de les fera beaux, délibérés de puilTans.Rien n’eft meilleur
pour les bien engraiiler , q ue de les nourrir de l’herbe qui vient
aux prez en automne,apres qu’ils ont efté fauchez.
Il elt luiedtà moins de maladie que le cheual. Et pour le pre- Pour prefer
eruei des plus communes, les anciens le purgeoyeut fur la fin de uer
«lacune des quatre (allons de l’annec ôc trois lours çnfuiuans. ma * â< b c5
vns Jjfeï lupins 3 & de la graine de ciprez broyés enfèm«
k H
J
LIVRE I.
ble, autant d’vn que d’autre , 8c trempés vnc nuid àl’air envne
pinte ou trois chopines d’eau communerles autres auec d’autres
drogues, félon la couftimie 8c diuerfité des pays.
Bœuf mala- On cognoift qu’il eft malade ou maladif s’il ne mange point,
1 • encores qu’il ait deuantluy quantité defourrage: laquellecol
gnoidance les Autunnois appellent euerer. <
L°"ppJnt 5 P
,
ol ! r '"y donner app«it.qiui,d il eft degoufté par trop gtan-
Ir de lalciuete ou efchauftaiion , Ion luy frotte la langue & le pa-
Iais,auec du fel &c du vinaigre.
té°& vainc- S’il eft vain & lafche, on luy donne tous les mois delà veffe pi.
lee 8c dcftrempee dans l’eau de fon boire.
Pour lafsi- Pour le garder de toft lèladèr, frottez-luy les cornes detere-
tL1 ^ c - bentine ddtrcpcc en huile, Mais gardez- b iê que ne luy en frot-
perdre^a^ tiez le mude,ou les nazeaux,car l’huile leur fait perdre le veuë.
v€uc au Contre le bondidemét de cueur, ou de vouloir vomir, lô luy
bœuf. frotte le mufle auec des aulx,ou des porreaux broyez , & luy en
B on -H (Te- fait-on aualler, ou ainfî,ou auec vne pinte de vin,principalemét
cœur C ^ ^ 1 co ^fl lie >^ au bruit de ventrerce que loncognoift quâd il fe
Colique des pl al nt,fe couche &: leue fouuent,& ne peut durer en place. Au-
bœufs. cuns y adiouftent de l’huile de noix,& les autres luy baillent des
oignôs cuits en vin vermeil :& autres du i>iyrrhe,auec de lagrai-
ne de laurier deftrempee en vin , 8c luy font picquer la chair de
l’entour des ong1es,ou de la queuë,iufques au fang.
L’encueur du bœuf, autrement appelé maillet ou marteau, fe
cognoift quand la befte eft heridee par tout lecorps,moinsgaye
que de couftume, ayant les yeux ftupides 8c hébétés , le col pan-
ché,la bouche faliueufe,Ie pas pareflcux,l’efpine 8c tout le train
du dos roide,du tout de/goufté, 8c ne ruminantguercs. Ce mal
feguarit du commencement , mais enraciné refufe tout autre
remede. Aquoy prens fquille, ou oignon fauuage, trois on-
ces, menu decouppee, racines de melons battues , autant : méf-
ié le tout auec trois poignées de fel gros , 8c deftrempe en trois
chopines de fort vin, & chacun four tu en feras prendre vn de-
myfeptier a la befte. 1
fre aubœuf ,»
de ven
[
re ’ c l UI quelquefois vient iufques au fang, SC
lt: orr > Ion legardedeboircquatreoucioq iours,&Iuy
ai e on des pépins deraifïns, deftrempez en vin vermeil, ou
des noix de galle 8c à u cyprès , auec du formage vieil deflayees
en vin gros dc efpais. Et pour extreme remede on le cauterize au
Pour entre- Milieu du front* - • y
tenir fam le Sojtquelc vouliez engraifTerou nourrir au labour, Iauez-luy
œu * 59H? es Quelle auec fon vrinç , 8c vous en tirerez
- - force
t
de lamaison rvstiqve
• ^ ^ I / • . ^ . \
J
quand l’œil luy pleure, & qu’il eftdefgoufté,de qu’il peche 1 au-
reille, faites-luy laucr'la bouche auec du thim pile en vin blanc,
ou la frottez auec de l’ail de du fel menu, puis lauez de vin.
Aucuns nettoyent ce plegme auec des fueilles de laurier , pilecs
auec de l’efcorce de grenade:autres luy mettent dâs les nazeaux
du vin & du myrrhe. :
Contre le catarrede les yeux enflés, Ion le faigne fous la lan- Catarre
‘Aie, ou luy fait-on prendre lus deporreaux,rue,acre,defauinie, aux bœufs.
bien puriflé.
A la maille en l’œil on luy fait vn collyre de fel ammoniac, de- La maille
ftrépé en mieb&aufsi oingt-on l’œil tout autour auec de la poix en l’œil,
bien deflfaitte en l’huile, pour le danger des mouches, qui à cau-
fe du miel luy feroyent touüours enuiron.
S’il a les barbes, qui eft vne carnofîcé qui luy vient fous la Le* barbe*
langue , il la faut couper, puis frotter l’endroit auec du fel de de aux ^ œu s '
l’ail broyés enlemble:puis Ion luy laue la bouche auec du vin ,dc
faut doucement leuerauec les pincettes les vers qui s’engen-
drent fous icelle langue.Pour bien nettoyer les parties interieu
res de la beftemalade , il n’y a rien plus fouuerain queprendre
du marc d’oli ues, apres que l’huile en eft hors, «Sien faire fouuent
vfer h la befte.
A la fleure qui luy vient du trop grâd trauail en temps chaud, Fieure aux
auec pefanteur de tefte,enfleure d’yeux, & chaleur extraordinai bœu * s *
re que Ion fentau toucher du cuir. Ion le faigne delà veine du
front, ou de celle de l’aureille :de iuy baille-lon viandes frefohes,
laidtues, de autres, de luy bafsine-lon le corps auec duvin blâc,
de luy fait-on boire eau fs oïde.
Si le palais eftant enfle" de aucunement tuméfié f utdefappe- Palais enflé
ilit de defgouft à la befte, de luy rend foufpirs trop fouuêt,ii fera
bon le faigner de la veine dudit palais : de lors apres la feigne ne
luy bailleras à manger que des aulx bien macerez, pilez de efeor-
chez,auec de la fueillee ou autre verdure , ou foin bien mollet,
iufqü’à ce qu’il ïè trouue mieux.
A là toux Ion luy fait boire de la decodtion de l’hyffope.de ma Toux aux
ger des racines de porreaux pilees auec du pur froumentrautres bacufs '
leur font boire par feptiours delà décoction d’armoife.
Si en beuuant il auale vne fanfue, de elle tient encores le Sanfueaua-
Jongdugofier, Ion luy faitto*mber,en luy verfant de l’huile tie- h e par le
de dans la bouche : fi elle eft dedans l’eftomac, Ion luy enconne
du vinaigre. “ Z ~ r " " V" t •
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A
i
Contre la
(L I V R E i:
S’ilaefté morsd’vn ferpent, fcorpion, mufaraignè, ouchief*
jriorlure du enrage, Ion luy frotte la playe de l’huile de fcorpion,ou de fuion
c ” ” trempé en vinaigre, & lelaue-londe decodtion de glotterons
ou de vieille faumure. Et contre la morfuredu frellon, lonlc
frotte de cerufedeftrempeeen eau , & arroulê Ion les endroits
où le bœuf patturcra > de deco&ion de graine de laurier , pour
en faire fuir & effranger les tahons, ou bien Ion le frotte d icelle
deco&on:& s’ileftpicqué, l’on mouille l’endroit aueclai'ali-
ue dudit bœuf.
Pour la ron A la rongne. Ion le frotte d’ail broyé, de farrietteauec le fou-
lour les xl- fre & le vlnai ë re > de no!x de galle P llce en ms d’herbe à chat , ou
ceres. marrubium auec de la iuye.E t aux vlceres lô les frotte de maul-
Pour doux ues pilees en vin blanc. Aux doux de apoftumes il les faut faire
& apoftu. nieurir auec leuain , oignon de lis ou de feuille de vinaigre : Se
mes \ puis les creuer, &lesnettoyer en ion vrine chaudement, Se y
mettre des tentes trépees en poix liquide, de finalement du char-
pi trempé en i’uifde cheure ou de bœuf.
Mal d’yeux. Au mal des yeux s’ils iont enflés de tuméfiés. Ion y fait collyre
de fârinede fromentpeftrie auec hydromel.
Tayc, S’il y a taye ou ongle , on prent fel ammoniac , de en fait-on
onguent auec miel.
Oeil pieu- A i’œil du bœuf qui fans ceflè larmoye,& fâlit toutes les loués
îant V de l’humeur y difliliant,prens de la bouillie de farine de froumét
de en fais cataplafme fur l’œil. Le pauot fauuage , tige de racine,
pilé auec le miel,f ert de collyre en ceft effedt.
Pour le mal Au mal des flans qui iouuent tourmente les bœufs, finit faire
des flans. cataplafme de trois poignées de femence de choux, auec vn pof-
fon d’amidon, bien pilés enfemble& délayés en eau froide, puis
appliquer iur les parties dont ils fc deulent. Le plusfinguher
que Ion y pourroit trouuer,c’df prendre des fueilles de cyprez,
fans le rameau, trois poignées, de en faire comme deffus,en y ad-
iouftant du fort vinaigre au peftrir Ôe diflbudre.
desseins™ 3
.
niai des rclns ^ Ult t,rer du làng des veines du train de der-
rière, ou bien de la veine appelée matrice, quiiétrouuelelong
des flans approchans des rans. Pour breuuage fay luy boire du
Pour la gai- 1U5 1>èau tiede ’ ou mein * s de fotl vrine.
le. ,
‘a galk il lefauefrotter de fon vrine auec du viel beurre fr-
Pour les e ’ ou oindre de poix raifine fondue en vin blâc. Aux poux fait
poux. la décoction doiiuieriauuage, auecdufel,& luy fautofter les
pol»! f '> f°u, la langue* Au «I de,, ou. , J„ .Tonlu/to
Ion dan ît d n P ?! :reaUi auec dU Vln blanc doux;* luy met-
on dans i aureille delà racine de couldre^ ~~
j s ' i S’il
de LA MAISON R VSTI (VVE 40 >
S’il a vncefpaule retraitte, il le faut faignerdu pied de derric- Efpaulc re*
re du cofté oppofite. Si toutes les deux,aufsi le faut faigner des ttJltce *
deux ïambes.
S’il a le col froide, 8c le chefnon pendant & cnflc 3 il le faut lai- Le col froif
gnerde l’vnedes aureilles ; 8c fictif au milieu, de toutes les
deux :8c mettre fur le mal vneemplaftrc faite auccla moelle de
bœuf & fuif debouc,fondus par égalé portion en huile 8c poix
liquide ou fondue. Si la peau luy tient au os , il la faut bafsiner Peau tenant
aueedu vin, ou ieul,ou meilcauec derhuile. S’il cloche pour a*
uoir enduré froid au pied, il le fuit lauer auec ion vrine vieille ôc c k aBtt
tiederfi c’eft par abondance de fan g qui le retire au pafturon , 8c
furie pied , il le faut refondre en frottant bien fortiSc fearifiant.
S’il ne veut partir par ce moyen, 8c s’il eft défia defeendu, faudra
fendre l'ongle par le bout nuques au vif > & l’en fifre ibrtir y 8c
enuelopperle pafturond’vne bourfe de cuir que l’eau ne luy fa-
ce tort, îu fiqms à ce qu’il foit guari.
S’il cloche à caufc du nerf refoulé, il luy faut bafsiner les iam
bes d’huile & de fel. Si c’eft pour enflure du genoil,il le faut baf-
lîner de vinaigre chaud, ou de deco&ion de millet 8c graine de
lin. En tous euenemés faut cauterifer l’endroit du mal, 8c y met-
tre fus du beurre frais , laué en eau 8c vinaigre : puis à la fin fiire
ynguc t de beurre falé, auec de la graille de cheure. Si c’eft d’vne
elcharde ou d’vn heurt cotre quelque pierre ou eftoc,il faut baf-
•finer l’endroit auec vrine chaude , 8c mettre deflus du vieil oingt
fondu en huile 8c poix liquide.E t n’y a rien qui les garde plus de
clocher que de leur lauer les pieds d’eau froide, fi toft qu’ils font
defcoupez,puis les frotter de vieil oingt.
Si la corne fe fend ou eiclate > 1 la faut premièrement eftuuer Corne fen-
de vinaigre, fel & huile meflceniemblerpuis y mettre fus du vieil duc.
oingt fondu en poix neuf ue. Bufles,ou
Lesbufles ou bœufs fauuages font meilleurs aux harnas de bœufs fau-
voiture,qu au labour:car ils ne font iamais fi francs ne fi roides. ua g es *
Et n’eft bon le labour du taureau, par ce qu’il eft farouche, 8c ne Labour a *
s accôinodeaux boeufs chaftrez. Et encor’ ne vaut gueres celuy n*eft
C
bon.
de la vache chaftree; mais il faut garder 8c engraifler le taureau a Tcps de fai
part, pour les vaches, leiquelles on fera couurir enuiron le mois re couurir
deMayJuin & Iuillet.Et fufHt vn taureau à foixante vaches. ^
Les bœufs que l’on voudranourrirpourengraifler&pourvé y n taureau
dre,nc tirerôt que quelque fois de la fepmaine,& en beau téps& à foixante
bonne faifon,& terre douce:& ne porteront que petis faix pour Taches,
les exerciter : 8c ne mangeront que de l’orge, du foin, & des ger- en ~
bees ; & quelquesfois des bourgeons de vignes , 8c autres qu’ils | our yédtc.
LIVRE i:
aiment. Et le bœuf qui aura tiré le matin fe repoferale foin
Bœuf vieil. ' Apres que le fermier cognoiftra que le bœuf qu’il auraad-
donné aulabour,ne pourraplus tirer, il le nourrira quelque téps
fans rien faire, puis le tuera, 8c le falera par pièces pour la nour-
riture annuelle de fa famille : & par me fine moyen refcruera de
la moëlle & du fiel de bœuf, pour s’en aider quand il fera de be-
^ Mo elle de p 0 j n< Car la moëlle de bœuf fert beaucoup pour diriger &a-
ïieldebœuf mollir les tumeurs dures 8c fcirrheufes.Le fiel de bœuf, encores
mieux celuy de taureau, guarit total lernent les vlceres du fiege,
meflé auec ius de porreau , 8c inftillé en l’aureille appaife le fif-
flement d’oreille: frotté à l’entour du nombril desenfùns, fiit
mourir leurs vers : meflé auec miel eft fouuerain pour l’angine:
attiré par le nez , meflé auec ius de bettes, appaife l’aceez d’epi-
lepfie : vtile fur touteautre chofe à donnerteintureou couleur
iaunaftre aux cuirs 8c à l’erain:elpandu deinlperfé fur les fèmen-
ces, fait que les moifîbns ne foyent mangees de fouris.
îierre trou bon trouue quelque fois dans le fiel de bœuf vne pierre de
uceau fiel la groflèur d’vu œuf, de couleuriaunerlaquelfedonneeen breu*
de bœuf, uage eft ibuueraine contre lapierre,& contre la iauniflèiappli-
quee aux nezeau , rend la veuë plus nette , 8c empefehe les de-
fluxions quife font fur les yeux. Semblablement les laboureurs
Tientc de P euuenc receuoir grande aide de la fiente de bœuf 8c de vaches,
bœuf. par ce qu’elle guarit la morfure des mouches à miel , refout les
enfleures 8c toute forte de tumeues, appaife lagoutte feiatique,
8c diminue de beaucoup les efcrouelles meflee auec vinaigre.
\ Le porcher.
Pourceau
plus gour-
mand que
toutes be-
ttes de nour
liture.
— «V uvuiiuuivj le* ^VJULlI/clII
de 5 laplus fale, &la plus dommageable 3 àfça«
uoir le porc, nous eft en finguliere recommanda-
tion, pour la fuauité de fa chair , quand il eft de
- dcencor’ieune,&pourlafaleure, le lard,k
cuir , 8c la foye. Defàgloutnonieen tefmoige la truye que tua
Six féaux * e Roy François àlachafï'erdâs le ventre de laquelle furent trou-
ai 6 ra ‘f ns uez fi x féaux de raifins. De fon ordure il en appertrde fon veau-
d’yue truye ^ man 8 cr >& dommage qu’il fait, allez en relpondroyent
le iapper au pieds des murailles , Ôc le fouiller qu’il fait autour
es ar res 8c lieux enfemencez. A celle caule en vne ferme de
grand rapport, telle que nous figurons en ceft endroit , il fuit
vn homme exprès pour les gouuerner, 8c mener aux chdps : qui
Çaç e penfer 8c curer lès troupeaux d’heure, de nettement met-
DE LA MAISON RVSTIQVE. 41
trc les cochons deflaittésà part, & les truyes aucc leurs petis
marqués, aufsi en te&feparé. Les verrats au tendes cochons
deflaittés,& encor* les malades en lieu particulier.La paille tref-
che&fouuentrenouueleeles engraine autant que fait le man- c c "
ger:& faut foigncr que leur augel'oit toujours ncc,&que quâd
le temps fera diuers, le porcher aye toufiours en referue force Man^eaille
gland , fruitage pourri , ou quelques legumes: & à bute de ce, des pour-
de forge deftrempeeauec du fon & des choux ounaueaux , ou ceaux*
greffes raues pour leur prefenter,& que leur mangeaille ne foie
froide, ne trop deftrempee,de peur du flux de ventre. Que faire
"ou paué de leur eftable foit tous les mois renouuelé de grauier
ou de fable pour retenir leur vrine:car ce beftail , combien qu’il P ourccaur '
doit fale & fangeux, toutesfois il profite mieux en teét bien net
& bien entretenu. ^
Les pourceaux que voudrez engraiffer ne fortiront d’vn teéfc £
à part,& n auront veuë que de la porte, quâd on y entrera pour m ët de poul-
ies penfer. Et n’y a fi grand loin qu’aux autres, finon de les net- ccaux,
toyer & entédre à leur faire bon appaftfiufques à ce qu’ils ayét
prias graiffeiear depuis ce temps, il leur demeure toufiours via-
de de relie, & ne bougeront d’vne place, comme fans aucun fen
timét &puiflance de fe mouuoir,de forte que les fouris quelque Souris ni-
fois leur nichée fur le dos, que fouuents’eft trouuévn pourceau ^ ieriur l e
ayant du lard vn pied & demy d’efpez. * ceLrT™
Ne referuez que dix verrats pour cent truyes ainlî à pro- Dix verrats
portion , le relie tant malles que femelles faites lesehallrer a- P our cent
presvn an ou fix mois pour le moins, combien que le plus cer- tru ï es ‘
tain ell quand ils cômencent à entrer en chaleur:ne laiflez nour
rir aux truyes. plusde dixhuiél cochons d’ordinaire, & védez le n . , .
refte de huit ou dix iours : & vn an apres , feurez & chaftrez les choasïüom
autres, & les enuoyez paflurer : gardez du tout les plus courts, rir à vne
gi os,carrcz,bie entafles,de couleur noire ou blâche,& fort foy- tru ye-
eux fur le dos, pour faire des verrats: & les plus longs , à ventre
pendant, larges fefles,& coftes eftendues, aufsi de couleur toute
blacne,a telle petite, & iambes courtes, pour vôstruyestdes au-
tres faites en nourriture.
Ne faites fouer la truye qu elle n’ait vn an palK:& que le ver- Temps*,
‘Oit e trois ou quatre ans , car apres cinq ans il le faut cha- fouer la
rer,pour engraifler.Le temps de la fouer , foit pour porter ou tru I c# i
pour engraiffer, efl: au premier quartier de la Lune &iufqu a la
p einc,cai aeuant iln clt pas bon non plus qu’en decours:&(era
e puis e comencement de Feurier iufques à la my-Mars ou peu
* es * a n quen luin, Iuxile^Sc Aaultjvos petis commencent
'LIVRE i;
V
a prendre force, & foyent durs en Semptembre:car les cochons
d’hyuer font forts à efleuer,&:moin$ naturels que les autres:pat
ce que ce beftail eft des plus fnllcux, qui eft caufe qu’en beau.
' coup d'endroits on leur drelfe eftable auec la bauge, encor’ qu'il
y ait commodité de pierre, chaux, fable ôc plaftre : gardez aufsi
que le verrat ne hante les truyes pleines , car il les mordroit , &
les feroit auorter.
le porc eft Ce beftail eft gourmand & impatient de la faim, prindpa-
impatiët de lemerrtles truyes, qui en celle necefsiié ont quelque fois mangé
faiin. leurs petis , & ceux des autres , mefmes les enfans au bers , qui
Truyes man , n r . . • c r i
1
ns j eurs n elt petit inconuenientiparquoy faut loigncr que leur auge ne
petis. foit limais vuidc.
Truyes man On les chaftre en decours au renouueau,ou à I’arriere faifon,
geans le$j)c &cognoift-on li leporceau eft malade, quad il penche fort l’au-
auxbers.
1
S
reille,& qu’il eft plus lent &pefant que de couftume,ou qu’il fe
Téps à cha- trouue defgoufté. Pour en cftre plus certain, s’il n’apparoift au-
ftrer pour- cun de ces lignes, arrachez- luy à côtrepoilvne poignee de foye
Maladie du f ur ^ dos:fi elle eft nette&blâcheàla racine, il fe porte bien:
pourceau, à ^ e ^ e ft n gl an te>ou autrement rachce,il eft malade,
coçnoiftre. Or eft-il fubiecft principal.ment à la lepre,pour fa gloutonnic,
Lepre des & fale manger, c’cft pourquoy on le langaye , & qu’on le vifite
pourceaux, derrière les aureilles,quand on l’expofe en vente aux marchez &
des ooru>
C aux f°* res des bones villes. Ec croy encor’ que c’a efté la raifon
ceaux. pour laquelle nos peres n’en faifoyent ordinaire.
Guarifon de Cefte maladie à grande peine reçoit-elle guarilon:toutesfois
la lepre des il en fera aucunemétguaranti,fifon eftable eft tous les iours net-
pourceaux. toyee,fi on luy permet de fepourmencr&aller parmi les châps
en plein airifionlefait fouuent baigner ou veautreren eau ma-
rine ou falce : fi on mefle parmi fa mangeaille graine de lauriet
battue:!! on luy donne à manger naarc de vin méfié auec fon &
lepre
8 des
k
uain ’ Or font trois fignes certains pour cognoiftre la lepre du
pourceaux. P orc: ^ on trouue fous fa langue petites pullules noiraftres : s’il
ne le peut porter fur les pieds de derrière : fi la foye arrachée de
defliis le dos apparoift fanglantc en fa racine. Aufsi par ce que le
Brufler les P°. rc a ra ^~° n ^ on ordure le plus fouuent a quelque vice entre
pourceaux, & c haii, tant fain (oit-il , il eft bon apres qu’on l’a tué, luy
pluftoft que brufler la foye auec paille, pluftoft que de le peler en eau chaude:
^Pourceau j” C eu
.
attire k eaucou P pl us facilement dehors, que l’cauchau
fubict à h de cequi peuteftrc entre cuir & chair.
perte & en- ^ nc01 *1 Hibiet a ladouleur & enfleure de ratte,&à lape-
fleure de par l’infelicité du temps s’attache pluftoft à vn corps ord,
ln ‘ c & & de mefehante nourriture,
Audefgou
ratte. — .c
de IA MAISON RVSTIQVE. 4 t
Au deieouftement on le fait iufner vn iour & vne nuid bien Defgouftc-
énfermé,&en lieu obfcur,pour confommer les humeurs fuper-
fines, & le remettre en appétit. dcspoui>
Alafieureonlefaigne de laqueuc. Et au catarre,& enflure ceaux.
des glandes du cohou encor’ à la fuipicion de lcpre,on le iaigne Fieurc.^
fous la langue. ^ . -
A la douleur & enfleure qui luy vient au téps des fruits, quand Enfleure.
il y en a quantité, & qu’il en mange de pourris fon làoul,on luy
fait manger de vieilles câpres bié deflalees parmi le (on & 1 eau
&encor force choux, tant rouges que d autres, & luy fait-on v-
ne mangeoire de thamaris.
A la galle & enfleure des glandes du col, on le frotte defel Galle,
battu auec la farine de pur froment.
S’il a mangé de la hanncbannc,que les anciens n ornent febue Mangcaille
de porc, ou delafeguc,on luy fait boire de la decotSfcion ducon de hanne-
cotnbrefauuagc bien fort tiede,pour le faire vomir. feeuè^nuit
Sur tout il le faut bien abbreuuer aux iours caniculaires & ai f
X p OUr .
autres bien chauds, & le laifter touiller Scvcautrcr à ion plaifir: ceaux.
carlafoif le fait dcfincr. S°ih
Au furplus,le bon mefnager , outre la nourriture de luy & de
fa famille, qu’il tirera du porc mis en pièces & bien ialc dans vn
lardier , encore amarra- il de la grailfc d’iceluy pour les efsieux Graiffe de
de les chariots,charrettes & charrues.Etla bonne mefnagere en P orc »
fera fon profit pour les maladies de fes gensrpar ce qu’il cft fou-
uerain pour faire aboutir toutes fortes d’apoftumçs , mefmes
pour guatir les mules aux talons, fionymefle pouldre de noix
de galle, & cendre de farne d’orge.
Refte à parler comme il faut faJer la chair de pourceau.Tout Saller chair
beitail, principalement le pourceau, ne doit boire le iour de de- de pourceau
uant qu’il fera tué,à fin que la chair foit plus fciche ; car s il boit,
la falure en aura plus d’humidité. Or donc quand tu l’auras ainfî
tue ayant foif, le plus d’os que tu pourras ofler fera pour le
mieuxrcar cela fait plus longuement durer la lalure, & mieux la
prefetuerde corruption, Pu(s taille la chair en pièces, 5c les mets
danslclaloir, faifant autant de liâs de fel gvoffement broyé,
que de chair, les vns fur les autres * Et quand le faloir fera quafî
plein, tu rempliras le refte defel, & preiferasle tout auec des
poids allez pefans.
LeTerger. [baf. M-
en vient.
LIVRE i:
I la meilleure part du proffit de la métairie depéd
de la nourriture du beflail , qui fe fait partie des
fur crois, ue le mefnager efpargne en les fourra
r es,cribleures,&autreschofes qui necouftctquc
|
,a peine de les recueillir & referrer ; ie puis affer-
mer, la meilleure & plus fru&ueufe nourriture de lamaifon
Soin des be- ruftique,eftre des belles à Iainervray efl qu’il y faui du foin pour
& eS
rolit
UC
i
^ es P lc ^ eruer du froid,du tac, de la galle, du fang,& autres incon
pio it qui uemens q L1 j t 5 |- 0 (t prennent d’vue belle à l’auue,& auoir la pei
nede les garder aux châps & à la creichermais aufsi qu’efl-cede
la tat finguliere & vtile dtapperie qui fe fait par route l’Europe»
qu’eft-ce du formage de Betune & d’autres endrois,& delatât
délicate chair des moutons FrançoisJncfetrouuera donc dira
ge,fi nousenfeignonsau pere de famille, que fur tout il entéde
&loit foigneux de là bergerie, pl 9 qued’autre bcftail,& face de
forte, que fon ted aux ouailles foit bien equippé, & couuert en
Le berger hyuer,& fon berger de bonne nature, bien côptab!e,& adroità
turc°
nnCna P^ curs c h°f es honneftes: car peu s’en trouue auiourd’huy de
• ceft eftat(principalement près des villes)qui par leur delîdécedc
log repos, ne s’adônent à quelque malice , plufto fl: qu’au bié ou
proffit de leurs maiftresien forte q d’iceux,mal moriginés, iour-
ncllement voyôs venir plulîeurs larcins,pilleiies, voleries,& au-
' ^ très maux infinis.Au-côtraire, les premiers bergers d’Egypte&
teun^d’aftro ^ >a ^ eurs ^ urent inuenteurs de l’aftrologie,art de medecine,mu
logie,&c. fiq ue,8e plufieurs autres Icieces libcrales:iene fça y fi i ’ y doisad-
Mcurs des ioufter l’art militaire, les principautez &gouuernemés des Roy
bergers an- aumes.-par ce que bien long téps ilsparquoyent aux chaps,& vi
C11S ‘ uoyent fous la cabane plufieurs années, obferuans parloifîr les
cours des adresses difpofitions des faifons,& par long viàge Sc
expérience marquans les felicirez &infelicitez du temps,en for
te que des anciens palpeurs font venus les gens de fçauoir,en tef
moignage des Hieroglyphiques.il faut donc en fomme vn <uâd
loin Sc aduis à choifir vn bon berger. b
Or i’enten que le bon mefnager pour auoir vn beau trou-
peau de brebis, acheté des brebis non tondues, qui n’ayét la lai-
ne grue ou rachee de couleurs diuerfes, pour l’incertitude de la
Sirrnes de ™ uRutRelettcra >comme fteriles, celles qui auront les dets de
bôScbî lll
S de
,
tr01
; f nncc
,
s :
,
cho t a ce,les de dcux » ayans grand
corps, le col long, la laine longue, non rude, le vécregrâd &cou
Signes de I ? lnc,& non def
™ uuert ne petit, grans yeux,iâbcs lon-
beau beher. gucs,& longue queue. Eftimera beaucoup le belier qui aura le
corps haut & longue ventre grand &couuert de laine, la queue
longue,
DE LA MAISON RVSÏQVE. 45
longue, & de toifon efpefle,le front large , les coudions gros , le
dos large, les aurcilles couuertes de laine,d vnc cou leur, non de
diuctfcs en aucune partie de Ton corps, bie cornu , Sc neâcmoins
de petites cornes tortues &courbees,pluftoft que droites &ou-
uertes.Combien que le belier cornu a celle incômodite,que fe Belier cornu
fentant arme par nature, il ne demande qu’a cobatre , tk eft plus
ardant apres les brebis, les trop importunant.Mais ccluy quiert
fans cornes fe cognoidant defarmc,n’eft fi prompt au côbat , <Sr Belier fans
eft moins en chaleur. Auffiles paftçurs ont couftume de corri- cornes,
ger la chaleur & furie d’vn bouc ou belier importun, luy liant v- Furie de bc-
ne forte tablette couuerte de poin&es de fer tournées contre le iei#
front : car cela les engarde de heurter l’vn l’autre, pat* ce qu’en
donnant de la tefte ils fe bleflent cux-mefmes. Aucuns percent
Içur cornes près des aureilles.
La bergerie, ainfi que la porcherie , ferapauee de pierre de Figure de
grezjou de liais,enpédant fur la court, vers la folle au fumier, ou bergerie,
rofmarin de Bcauce,pour l’efgouft des vrines,& a{fife(côme cy
deffus a eflé dit)vers le Midy: car ce beftail , quoy qu’il foit bien
couuert,eftimpatiétdelafroidure,aufsiefl:-'il des chaleurs d’e- i Q ^ff
s
eS
£lé:parquoy luy faut faire logue eftahîe,bien baffe & aflez large.
L’afsiette des mangeoires fera enuirô pied & demi auddïus
de l’aire , & y aura des perches hautes, droittes. & aiïez drues,
liées contre lefdiôfes mangeoires, pour empefeher que le beftail
nepaftè au delà defes rafteliers.
Le bergier tiendra les rafteliers, & clayes nettes,lefquelles il L'office d*
afleurera fi bien qu’elles nepuifîent cheoir,& que les behers ne berger.
puiiïent paffer aux meres, ny les agneaux traueifer aux beftes
malades.
Aur^ le foin de faire couurir fes brebis depuis l’aagedcdeux Br e bfs^ C ^ e
ans iufques a cinq apres:car la feptiemé annee paftee, elles com-
mencent a défaillir, comme l’aage du bélier pour couurir les fe-
melles eft de trois ans iufqu a huid: : vn belier fuffira pour faire
cinquante brebis nourrices. Le temps plus propre pour les faire
couplet &ioindre enfembleeft enuirô le foltice d’hyuer,quieft
aumoisdeNouembre, à fin que la brebis qui porte fa ventree
cinq mois,face fes petis au reno.uueau. S’il veut auoir olufieurs
béliers & mafles,fera bon, félon le confeil d’Anftote,d’obferuer auo [L
& efpier le temps pour les faire coupler, comme en temps fec, Hers^ 15
quand labifefouffle,faire paiftre le troupeau en- citant droit co-
tre edit vent :& en. cefte forte faire faillir les brebis. Et s’il veut
aumr des brebis & femelles, il les faut tourner au vent de Midy,
pc les faire ainfi couurir.
- i «j
Trauait de
brebis à a-
gncler.
LIVRE i:
Quand la brebis trauaillera pour aigneler , fera foigneux, s'il
eftbeïoin,de luy ayder, tirant hors de la matrice le frunft entier
s’il vient de trauers,ou ne peut fortir. Car ce beftail trauaillc ea
amnclant,aufsi bien que les femmes en enfantât:& fouuét,d’au-
tant qu’il eft ignorant de raifon, il trauaillc d’auantage à mettre
hors fon agneau. L’agneau dehors , le faut leuer & tenir droit:
Trai&eméc p U j s l’approcher des tettes de la brebis, pour l’accouftumer à tet
d’aignelct. tcr f ame re,non toutesfois auat quelle ïbitvn peu trai&e de fon
premier laid, qui pourroit nuire à l’agneau ‘.Sera enclos auecfa
mere les deux premiers iours apres qu’il eft nay, à fin qu’elle l’en
tretienne en chaleur, & qu’il apprenne à la cognoiftre : puis iuf-
ques à ce qu il commence à folaftrer, le tenir en vn ted chauld
ik obfcur, duquel fera lafehé au matin & au foir pour eftre alai-
dé de fa mere à l’allec, & au retour des champs.Et apres qu’il fe-
ra vn peu plus fort , onluy donnera dedans fon eftablc du fon,
pour l’empefeher pendant que les meresfont aux champs.
Agnelets Le fage berger ne retiendra pour remplir fon troupeau , que
pourlaire l cs plus forts agneaux , & qui lupporteront facilement l’hyucr,
troupeau. ^ enuoyera le refte à la ville pour vendreien retiédra toujours
vn affez bon nombre pour fupporter & reparer le' defaut qui en
pourroit aduenir des morts ou des malades :&aduifera que le
Nôbre îm- nombre du troupeau foit toufiours en nôbre imper, parce qu’il
per profite a vnc vertu naturelle pour la fantc & longue duree des brebis.
Sur l’hyuer il les affourragera des meilleures gerbes de la gra-
ge,& en raftelera fouuent les eflais, qui puis apres pourront ler-
uir de lidiere aux vaches, & aux cheuaux.
ïourrao-c de Au defaut des gerbes, il les pourra aftourrager de frondes ou
brebis. fueilles d’ormeaux, ou de freine qu’on aura âraafle cala faifon:
oudefoin d’Autonne, qu’on appelle regaing. Le Cytifus leur
eft bon,aufsi eft la vefle:toutesfois les pailles des potages ou le-
gumesleur feront neccftaires , quand ils ne pourront auoirau-
tre chofe,& que tout le furplus leur fera failly.
Temps de Quant eft du temps pour les mener paiftre , en hyucr & au
mener P ai- printemps les tiendra clos au matin>& ne les conduira aux châps
bis
CS IC ^ U ^1 U< ' S a cc 9 UC I e i°ur ait ofte la gelee de deifus les terres:car en
ce temps l’hetbegclec leur engendre vnc diftillation SepefarM
teui de tcfte,& lafehe le verre. En efte au poindfc duiour menc-
ra fon troupeau a la frefcheur,&au matin nouueau,que l’herbe
tendreeft couuerre delà rofee : & fur lemidyparles chaleurs
cerchera les vaux, ou vn vieil cbefne eftendant fes rameaux, ou
les forefts qui faccnt ombrage. Sera foigneux en efte durant les
grandes chaleurs, d obfcrucr quand les iours caniculaires corn-*
mcuccBî
en vn trou-
peau
DE LA MAISON RVSTIQVE 44
• 1
mencement,à fin que deuant midy ileonduife Ion troupeau en
allant vers Occident, & apres midy vers Orient. Car c'eil chofe
de grande importance, que la telle des brebis qui pai fient, foie
tournée au contraire du Soleil, qui nuit forment à tel beftail lors
que la canicule commence à fe monflrer.
En temps froit 8c humide, corne en hyuer &au prin-temps, Abbreuet
les abbtcuuera feulement vne fois le iour:en efté deux fois, à fça c
uoir quatre heures apres Soleil leuant , & au foir que la chaleur
eft ceflec & appaifee.
Les gouuernera auec vne grande douceur, comme il eft com Berger
mandé à tous payeurs de quelque beftail que ce foit , qui doy- oux *
Hcntpluftoft eftre&fe monftrercondufteurs&guidedcleur
beftail, que feigneurs. Et pour les faire aller, ou pour les appel-
ler , il doit crier 8c fiffler apres , en les menaçant de fa houlette:
mais ne leur doit rien ietter, ne s’elloigncr loin, 8c n’eftre cou-*
chén’afsis. S’il ne chemine, il doit eftre debout, à fin qu’il foit
comme vne haute guette fur fon beftail, & qu’il ne laifte feparer
des autres les plus tatdiues, & les pleines ou empreintes, quand
elles ne fe haftent:3c les legieres &celîes qui ont agnelé lors que
elles courent, & qu'vn larron ou quelque belle deçoyue 8c fur-
prenne le pafteur qui s’amulè.
Ne les conduira qu’és terres labourées 8c guerets, ou bien
es prez qui ne font humides 8c moitiés : iamais és marais ny és
forefts, ny és lieux où font efpines,gletterons 8c chardons: car
cela les fait grateleulês,& gafle leur laine. Encores n’eft-il fi bô-
ne pafture ne fi bon partis, que par long téps, 8c en vfant conti-
nuellement, le beftail ne s’en falchc 8c ennuye, fi le pafteur pru-
dent n’y donne remedc,cn méfiant du fel parmy leur pafture, ou
l’arroufant en vne aire auec faumure ou lie d’huile , qui leur fër-
uira de iauffe & d’appetit.
En grand efté il fe parquera au milieu des iachercs,& fera fes Parc du ber-
feparations de dayes a la façon de 1 eftable » hors mis la couuer- ger en efté.
ture, & aux quatre coings de fon parc afierra fes chiens pour
guet,& fe logera au milieu d’iceluy pare , dans la cabane de bois
qu’il roulera çà & là,à mefmc qu’il changera de champ.
Ne curera fa bergerie qu vne fois I’annee , qui ftra inconti- Cure de la
nent apres I’Aouft,ou bien en Iuiller,quadles trouppeaux font Bergerie.
p.uquez.Iamais en Automne ne fur I’hyuer, car la fiétc leur fsrt
de chdeur.Tout aufsi tort le fermier fera porter ce fien aux plus
maigres endroits de fes terres, & le lairra efiùycr le relie de l’efté
ju quesen Oélobre,qu’il le fera efpandre en champ , ou le mêl-
era auec la marne. Et aura celle diferetion de n’en mettre en
t
LIVRE I.
va mefme endroit que de quatre à cinq ans.
» Sera bon apres que la bergerie fera nettoyee, delà perfum^
aueccheueux de femmes, ou corne de cerfiou ongle de cheure
pour chaffer les ferpens & autres belles qui porter fouuétesfois
dommage à ce beflail.
Saifon de Le fermier fera tondre fes troupeaux à la première Canicu-
tondre. le du Printéps,fi c’ell en lieu chaleureux ÔC auûral, en l’eu froid
& moins efthaufFé,enuiron la fin de Iuillet,iamais en eflé ny en
hyuer:& n y fera entendre que depuis les hui£l heures du matin
iniques au midy.Puis aux tondues , leur fera palier fur la peau à
main feiche de l’huile 8c du vin mefiez enfemblbpour les recon-
forcec , 3c s’il y a cfcorcheure,y faut adioulter ed la cire fondue
auec du fein doux,cela les guarit 3c preferue de la rongne,& fait
que lalaineen renient plus douce & plus longue.
Maladies La brebis efl fuiette au mal de larongne , de la toux, defang,
des brebis, qui efl vne extreme mal de telle, 3c la pefle. Ces trois dernières
maladies font incurables 8c contagieufes, en forte que l’vne d’eî
Iesinfedlee del’vn de ces maux, fait mourir les autres. Et alors
faudra leur fairechanger d’air 3c d’eflable,& cependant curer la
leur,& la rafrefehir de paille bié haute 8c neuue,&r parfumer l’e
fiable par plufieurs iours auecthim,pouliot,manolaine,baume )
Ron^nc de coc 3’k a fiiic,&: autres herbes odorantes,
la brebis. Pour la rôgne de la brebisfiut faire onguent de poudre de
foufre,de racine de fouebet autant d’vn que d’autre,incorpor®
auec le blanc rafis., camfre, 8c de la cire pour en faire onguent
puis apres en auoirfiotté par trois foirs ladite brebis, la faut Ia-
uer auec delalefsiue, d’eau de mer,oufaumure,& pour la der-
Brebis pouil niere fois auec eau commune. Le mcfme remede ferc à la brebis
^ u ^
e
'l
pouilleufe.
des brebis. A la toux, fi elle dure , faut leur faire boire du matin auec le
cornetjde 1 huiie d amande douce,& quelque peu de vin blanc,
le tout nede,& leur bailler paille frefche,& leur faire mager du
pas a ne.car c eft volôriersen lafâifon du temps nouueau, que
ce ma eur prêt :3c fi c efl en autre temps,on leur pourra offrir
q ue que peu de feniigrec,concaflé auec du cumin, & de la dra-
gée aux chenaux.
L’herbe dite renouee & cetinodia efl fort mauuaife à la bre-
f, 1 !f «"c 118 ' r -° llt ,e ventre la y cnRc > efeumant vne hu
j
_
i _ h e & f ° rt P uat e.Ii faut foudain la feigner fo 9 la queue.
„ ' f eft <&**& ne fera moins bône
Courte ita. la le, ne de la vente ou, cl) en la Sabine & lenre de delTns.
a courre ha laine ,, luy faut fendre les nazeaux ainft
qu’aux
kine.
%
CE LA MAISON RVSTïQVE.’ 4Ç
qu’aux cheiiâiix>ou bié leur couper 1 aurcillc l vne apres 1 autre.
Aux brebis qui ont la fieure^l cft befoin de tirer du fang du Ficure Je
taIon,ou entre les deux cornes du pied , ou les faire faigner des l>rtbis.
aureilles.Le plus fouuerain remede pour les guarir de la ficure 3
corne aulsi de plufïeurs autres maladies, eft de faire cuire en eau
& en vin leftomac d’vn beher a & leur doner à boire du brouet.
La morue de la brebis,comme celle du eheual,tiet tellemen t La morue,
dans les poulmons,que ny par feignee ny par potions elle ne fe
peut abbatre. Le fingulier remede eft d’eftoufter la befte , fi le
mal continue deux tours feulement;car les autres tâtmafles que Contagion
femelles, font friandes de ce qu’elles lai fient furie bord du rafte à euiter.
lier,& bien toft apres en prennent le mal. Quelques amuletiers
pluftoft que muletiers,di fient qu’il leur faut pédre au col vn cra
paud de vigne encor viuat,& en clos das va fachet de toile neuf-
ue,& luy lailïèr l’dpace de neuf iours:autres,qu’$l le fuit remet-
tre aux herbes,ft ç’eft vn cheual:& vne brebis, en pafturage par-
ticulierrrien n y foit,finon qu’elles meurent altérées des poul -
mons,& auec la toux de brebis, phthifiques. Autres remedes à
ce mal ne fe trouue que la voirie.
Les doux qui tourmentent les brcbis,font guaris auec alun, doux do
foufre ôc vinaigre méfiés enfemble, ou auec pomme de grenade brebis,
tendre, auant quelle commence à grener , broyce auec alun ôc
blé peu de yinaigre;ou auec noix de galle bruilee ôc raclee auec
gros vin, & mile de (Tus* (j
'
Le feu S.Antoine,que les bergers appellent feu voulant, eft FeuS.Antoi
difficile à guarir,par ce qu’il n’y a medecine ne ferremét qui le ne de brebis
puifle guarir. On n y peut foire autre chofe que le fomenter de
laid de cheure:& le meilleur eft,defieparer du troupeau la pre-
mière brebis où ce mal prenr»
Le fang cft vn eft ourdi flement, qui les prend vers la graii- Pour le fang
de canicule, de forte qu’elles tournent , bronchent , ôc fautent des brebis»
fins nulle caiife : &fi vous leur touchez le front & les pieds*
vous les trouuèrez en chaleur extrême. A cela fant prompte-
met, auec le cornet aiguifé,leur incifer la veinequi eft fur le nez, < \ ,
r Juftenicntau milieu d’iceluy,le plus haut que foire fe pourra. « ; >
o ii d a in la befte se fuanouyt, & tantoft apres renient ou à bien
ou amal,plus toutesfois au dernier qu’au premier. Aucuns ber . „
gei's ont eiprouue la feignee de la temple àpetite quantité, Ôc
s en font quelquesfois bien trouucs,côme ceux qui à la toux &
moi fondurejleur on fait auoler vue cueilleree d’eau de vie auec n .
aumethridat. Pour h pe~
* ^ n y a non plus de remede aux beftes qu’aux per fou-
m
•' te
tWRE t:
ftéëiêc croy que ce beftail, ainfî que le pourceau, pour la gràndé
' puiteür de fonordureiy eft plus lubieétquenul autrermais pouf
précaution & contregarde , aefté aduife dcfouuent parfume
leur creiche auec des herbes odorantes fufdites , comme le pou-
liot , le baume (auuage,la rue, auec des grains de geneure:6c fou-
uent leur faire manger parmi leur mangeai lie du melilot com-
mun, audieu de franc melilot & de m ontaigne , que Ion nomme
cythifus,& du pouliot fumageiencor* eft bd l’origan oubaume
fauuage, tant à cela qu’à la toux.
Sanfue en- S i labrebis a englouti vne fan (lie, faut 1 uy mettre dans la gueu
gloutie. le fort vinaigre qui foit chaud,ou huile. . ... ,
Apoftamc. S i elle a quelque apoftumeen la fuperneie de la chair , onia
doit ouiirir , de mettre en la playe fel pilé menu de de brufle,auec
poix fondue. ; - r
, . r
Rrebk Dlei- Quand la brebis eft pleine, iî elle a la langue noire, e eft ligne
Hc qu’elle fera des agneaux noirs:fî elle eft blâche, les agneaux ferot
blancsdtde diuerfes couleurs,l’agneau fera de diuerfe couleur.
Loup. Le loup ne fera aucun tort aux brebis Ci vous liez au col vn ail
fumage à celle qui va la première. :
Maladies Aufsieft bon fecourir les agneaux , foit qu’ilsayent la heure,
dçs agneaux ou quelque autre maladie : s’ils font malades, les faut feparerde
leur meré, de leur donner à boire du laiét de leur mere , auec au-
tant d’eau du ciel, s’ils ont la heure.
Gratelle du Souuent leur adulent vne rongne& gratelleau menton a-
mentoni ores auoir mangé des herbes couuertes de rouiee. Le remede
eft, prendre de l’hylïbpe, de autant de fol broyés enlemble, de en
frotter le palais, la langue, de tout lemuièau, puis lauer les vice-
res de vinaigre, de apres les oindre de poix liquide auec graillé
de pourceau.
le ne veux omettre d’enfeigner la fermiere, en quoy elle fs
pourra feruir de la brebis pour la ftinté de fes gens.
P rufure d'x- La prefure de l’agneau beuë eft bonne contre toute forte de
gneau. venins.
Freflure de LafrelTureoupoulmon du mouton recentement tué, appli-
quée fur U tefte , eftlouuerainepour les phrenetiques , de ceux
qui font alTommez du tout,ayans grand douleur de tefte.
Poulmon. Le poulmon de brebis de léché mis en poudre, guaritle*
mules qui viennent aux talons.
Lapeaudu mouton recentement tué , appliquée furies pa r '
ties du corps froidees ou battues, ou marquées de fcions de ver-
ges, ou fbule.s.eft foudam dcfinguher remede, moyennant q« e
elle n ait receu la dent du loup. •••—-; .! - j
La la«n e
Peau de
mouton.
DE LA MAISON RVSTIQVE. 4 <ï
•'La laine du mouton ou de brebis appaifcles douleurs &tu- Laine
meurs des parties aufquclles elle cft appliquée, moyennant que bouton,
elle n’ait efté blellee ou touchée des dets du loupicaraulicu do
fter les douleurs, elle les augmenteroit & exciteroit d’auantagc,
? ' . , . M • î : ’
« 1
%
f ' ' 4 •
LeÇbeurieK C" a t
E A VC O VPyade pays en noftre Europe, &
particulièrement en quelques endrois denollrc
France> qui rfont commodité ny abondacc de be-
ftail plus grande que de la cheurç, de laquelle ils
^ ^recueillent laiélage$,& ce que s'enfuit, fans Ja cp-
modité delapeau,&dupoil,mefiiie dont Ion fait le camelot; en ^ajnelot de
Turquie, & encor fans la vente des petis en leur faifon, qu’ils c- J*™-
*
quipollent au^ meilleures, viandes, qui lors ne fepourroyéttrou cheureaux
uer. Car c’eft le temps que les ; oifeaux s’apparient, & les grofles* bié eftimez.
belles Ibnt e$ rut, où de bien peu de temps en fortent des petis, <
qui ne fed.oy.uent comparer à l’agnelet de celle mefme failon:
entefmoignagedes praticiens rôti fleurs , qui fubtilement en- Tromperie
tent la queuédVn cheurreau an quartier de l'agnelet , qui autre- j?
cs
ment fe troüueauoir la chair cpriace ôç fade? iansauçupe delica.^ 1 ^
? « • • » cheu reaux»
telle que dù laidl. ^
La cheure le nourrit qualî de rien : elle broutte,& fepaift de Nourriture
plus fblidevnrideque ! l;it)i;ebis,& monte en pays plus efleué, & delà ckeure
où le fbleil a plus grâd’ forcer-elle eft de plus grâd trauail & ex ci*
cice,&deplus forte &robufte îjaturc.C’eft poutquoy les ancics
en ont fait cas, corne, encor ’ Ion ; £ii,t au pays de môtagnes ï nous, La cheuie
fi peu que nous en auons,leur donnons eftables & gouuerncurs'^ S ran *
communs aux ouailles , ôç met^ns le. bqu ? à nart corne le belier.'â®-^, 0 ™ 1 ' 0
Son eftable doit eftre pauee de pierres , ou naturelles ou miles, pays de mon
par artihçe:car on ne fait point de libtiere à ce bcftail. sagnesi
Et pource que nous foraines diftfuis & fçp ares du Lâeuedoc, '
:
;
del’Auuergne, & des montàgaeaiix deSauoye,. âufquels eefte .
' /
nourritur^pour la çbmmpdité d.u pays>eft de plus grande recà \ :
man; ation,nousenférgsde(çription,plLis courte, tjkpour leur
gouuçrnemcti que bous fa,ifqn$ pareil, ù^eluy de la befte àlaine*
corne parfcb que ces deuxbeft^uxhabJtêt. fous vh rnefnie tbî&;‘
ctçïc c,& °nt nourriturcicniblableiScqnafifonttraiïteesde.
toejme façon, ^ conduites enmefmetro u peaa,; ^
ag foi!ffnv
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lll | COt ' netto y era wu Ù es iôttwleur eftable, & office M
i’v ficed >
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1 demevwedu âeni e.uidel’humidité , ou.qbü cheurier,
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ûela knge, qui font toutes cho fes contraires aux; che-v
4 - * f « %
m i|
s
N
LIVRE I.
Sailleurc Ne permettra que les iumens foyent flaillies des cftalons quVn-
des iumens. u j r0 n la mi Mars, à fin qu’en tnefmc < ai I on que les lumens aurot
eûé couuertcs & pleines, elles puifTent facilement nourrir leurs
poulains, ayans les herbes tendres Sc belles ap^esles meftuies,
car au bout des douze mois elles poulinent.
Eftalô pour L’eitallon plus ieune de trois ans n’eft bon pour faillir , mais
faillir. p Cllt ftruir à ce îuiques à vingt ans. La iument porte bien a deux.
ans, à fin que quand elle aura rrois ans, elle puiilê bien nourrir
fon poulain :apres dix ans ellen’y vaut pl us rien :car d’vue vieille
iument les cheuaux font lafehes Sc pefans.L’eftalon au tëps qu’il
doit faillir, doit eflre bien nourri, & quand le temps approche, le
faut engraillèr d’orge Sc d’orobe,à ce qu’il puiffe, mieux fournir
à leu r cLefirrcarpi us il fera fort de délibéré à faillir, d’autât fera- il
de plusforts poulains.
S’il n’eft délibéré, ou s’il eft fbibîe , il faut frotter la nature de
laiunient auec vne elponge,&ia mettre aux nareanx del’eftalom
fi la iument ne veut fou fin r le malle, faut broyer vu oignon ma-
rin, & luy en frotter la nature, car cela l’efchauffera.
lumet pour La iument de laquelle on defire auoir de bonne race, doite-
Ailür • ftre bien faite de corps,grande à l’aduenant, ayant beau regard,
les flans Sc la crouppe large , bien nourrie , Sc qui n’aye de long
temps trauaillé, ne doit porter que de deux ans en deux ans,
à
fin qu’elle puifléroieux nourrir fon poulain, Quâd elle fera plei-
ne, faudra la bien nourrir , ne la faire trauailier ne courir , ne la
lailï’er à la froidure.
Trauail de
jument.
Signes d'rn
bon poulain
àc autsx che
«ai.
Silaiumenttrauailleàpouîiner, ou qu’eUeanorte, il foudra
broyer du poîypodium,&: le nieller en eau tiede,&: luy faire auaj
lerparvne corne. Sielleabien pouliné, il ne faut toucher de la
main au poulain tcar en le touchant tant /bit peu on le bleflè.
Apres que le poulain fera hors du ventre , on le lairra auec fa
mereen \n lieu chaud Sc fpaeieux, afin quelefroit ne luy nuife»
ou que la mere le bleflè en lieu eftroit:& quand il fera plus fort,
on le lairra aller paiftre auec fa mere, à fin qu’elle ne le fàfche de
ne voir ion poulain ; car commun cernent les. iumens deuiennent
malades d’amour de leurs petis,fi elles ne les voyent.
Qpiant il aura dixhu t mois, on commencera àl’appriuoifèr»
luy mettant vn licol , & pendant vne bride à la mangeoire, à fit
qu il s accouftumc a latouchçr,& qu’apres il n’aye point paour
du bruit qu’elle fait. Qu dd il aura trois ans il le faudra dompter,
& accommodera tel labeur qu'on voudra.
On donnera bon Jugement du poulain» comme auïsi du che^
u qui a petite tcue ? les yeux noirs ^ narines ouuertes, aureiH^
DE LA MAISON RVSTIQVE ^ ^
courtes 6c eftroittcs,lc chefnon du col large 6c doux, & no long
les crins efbcz 6c pendons du cofte droi6k , poi&rmc large, ou-
verte 6c fort nuifculcufc, les efpaules grandes &droidtesJes co-
fiez ronds, Pefchine double, ventre ferré,les coudions pareils 6c
petis,les reins larges & au allez, la queue lôguc,groffc &c creipuev ,
les iambesefgales, hautes & droites, legenouil rond Sc petit,6c
non tourné dedans, les felïcs rondes, les cuifiés greffes <$c fortes,
la corne dure & haute, creufeSc ronde, &lacourône bien petite
par deffus,qiu eft 10 yeux, Soudain, 6c doux: car ceux de telle na-
ture obeifl'ent facilement,& endurent patiemment lelabeur . >
Le çhartier pareillement doitauoir cognoiilance de l’aaga Aigedcs
de fes cheuaux , afin de les employer au labeur félon leur force, c ^ euaux a
L’aage des cheuaux le cognoiit par les pieds, ongles, ccprincipa^ j c c ^ c
Icment les dents. Qjaand le chcual a deux ans 6c demi, les dents uaux:
du miiïeu de deffus 6c de defibustôbent. Quand il a quatre an$* ces de l’aa-
les dents que nous difous canines, ou dents de chien, tombent, g e *
& y en reuient d'autres. Auant la fixiemeannee , les groilès dents
mafchelieres du deffus tombent , 8c la fixieme annee les premiè-
res tombées retournentda feptieme tout eft rempli , 6c font ca~
uees toutes:6c depuis ce temps-la on ne peut bônement cognoi-
ftre combien ils ont d'annees; la dix idine annee, les temples fe
commencent à abaiilèr & caiier,6cquelqiiesfois les fourcils gri-
fonnent, 6c les dents croiffent.
C'eft aufsi Teftat d’vn çhartier fur tout d'eftre foigneux de U Cheuaux
fantéde fes cheuaux, parquoy quad il les void iains, 6c ce néant- -malades à
moins maigres, il leur baillera du froment roiti, ou de forge pilé traatcr *
double meluredes frottera tous les fours par tout le corps, eftant
aflèuré quepius leurproffited'eftre louuent maniez 6c frottez,
que leur bailler beaucoup à manger. S'ils ne peuuent vriner, Difficulté
leur fera boire vn potage tait d Vue peinte de vin, d'ails pilez , 6c d'vriner.
de dix blancs dœufs:ou bien de ius de choux rouges, meflé auec
du vin blanc. Ce pendant leur faut ofterdu tout fauoine 6c for-
ge, 6c ne les fuftenter que de fourrage 6c verdure propre , s'il s'en
recouure félon la fanon. 1
Sera bon au/si leur mettre dans le fourreau par où paflelVrinc
vn collire de miel cuidfc auec du fel,ou bien vne punaife ou mouf
che viue,ou des poux vifs,ou vn petit morceau d’cncensrmefuies
eur appliquer fur les reins Sf flancs defhuile, mellee auec du
vin. es remedes font bons quand IVrine a bruflé les parties ee*
Vitales, ou quand il alachaude-piffe, , /
d
j t
i
Cftc & /‘ l ë e ,
du cheual,fe guarit par vfagefre- Mal de te-
* . “ j&C deforceioii,iias lequel auras menuifé des fucil- rte.
- - n ij
N
, , .LIVRE I.
îcs de l.i' ; ctues > & p Aille d’orge frefchement cueillies: fais-le li-
gner du cerueau ou des temples, ou de tous deux, & l’eftablee»
lieu bien obicur,bas 8c tenebreux.
Tu cognoiflras s’il aura douleur detefle , par l’eau qui en de-
goutte, par les aureilles fleftrics 8c pendantes , le col 8c la telle
pefarite& pendante en bas.
Ponr la tay : Contre la fuffufion & taye de l’ceil,eft vn fîngulier remede, vit
en l’œil. collyre fait du ius de l’herbe terreftre , pilee dans vn mortier de
bois ,ou bien du ius de la graine de lierre, ou des Cueilles battues
Sc pilees dans vn mortier, en eau*froide,ou pluftoft en vin:& con
tintiez ce remede par plulîeurs iours,foir 8c matin. Ou foufftez
dans l’œil par vn canal ou tuyau,os de feche pilé, ou de lagrainc
de roquette toute entière, 8c la laiiî'ez là , iufques à ce qu’elle ait
par Ta vertu diminué 8c nettoyé les tayes.
O'tlclia- L’œil chafsieux feguarit parvn col lyre fait auec encens, fttyr-
ficiu. rhe, amidon, 8c miel fin.
Cicatrice Les cicatrices des yeux feguariiïentcn les frottant de faliue à
des yeux iettn auec d u fel , ou d’vn os de feche broyé 8c méfié auec du fel
fondant, ou delà graine de paftenadesfauuages pilee, 8c dedans
vn linge efprainte fur les yeux.
Les auiucs. Toute douleur des yeuxiègiiaritenles oignât de ius de plan,
tin auec miel.
Efcrouelles. Le cheual fbrt-beu,ou trop toft,apresle grâd trauail fatiseftre
pourmené 8c delaflé, engendre les aumes, qui ne different gueres
des efcrouelles , parce quêtant aux belles qu’aux per formes l’ef-
crouelle procédé de la trop grande froideur de l’eau le goufif
eftant efchauffé.Faut premièrement faire fomentations chaudes,
8c de chofes propres fur la partie, pour efmouuoir l’humeur,
puis appliquer cataplafme compoie de farine d’orge, & troison
ces de refine, le tout cuit à perfe£tion,en vin vermeil, bô & puii*
fantr&r quand lamatiere feraaflémblee dcprôpteà fuppu ration,
il faut donner le coup de lancette, pour la faire fortir, puis en II
cauité mettre tentes 8c plumaceaux, trempez en eau, huile, & fd«
La fquinancie,autrement Je mal de gofier,&enfleure de lan-
gue, demande premièrement fomentation de toute la botiche&
la langue, auec 1 eau chaude, puis Iinimêt du fiel ou amer de tau-
reau. Et quant au breuuage, four prendre huile vieille deux li*
lires, vin vieil vn poflon, dàs le tout tu méfieras neuffigues g ri ‘'
les, auec neuf telles de pourreauxrdeftrempe bien le tout enfenv*
e, puis en fins deccélion , àlafin delaquellcdeuantla colatti'
î><ïuinancic
a: Tu adioufleras du nitre bien broyé ce que verras eflre necci*
faire . du tout bien paflé tu en feras vn breuuage, d
breuuage, duquel enton-
H lieras
de la MAISON RVSTIQVE çt
neras en U bouche du chciulauecla corne, deux foix le jour,
foir & «mtin.vn demy fextier pour fois.P.ourfon «nager fois l«y
prendre de l’orge,ou vellè en verd : ou finon, de Infirme d orge,
dans laquelle tu méfieras du nitre.Si tu luy tires du fang,fera du
palais en necelsitc. . -
On chaffe les mouches arriéré des vlceres auec de la poix oc éluder
de l’huyle ou graiffe méfiez 8c fondus delhis, le relie feguanraa- naoulchos.
uec farine d’orobe. .
I e mal des aenciues 8c des dents aduient fouuent au poulain. Mal de gen-
quandil dentit, 8c alors deftremperas delà croye la meilleure de
que pourras recouurer, fort- elle de Reims, en bien fort vinaigre*
& de ce luy en frotteras les mafehoires par dehors, & plus à l’en-
droit où il le relient. ,
Lecheual poufsif,c’cft adiré, qui n’a point fon vent à Faite, chenal
& combié qu’il foit picqué,tiré & fouette, toutesfois il ne veut pàuflrt.
marcher, mais halette bien fort , & îette foufpirs en abondance,
mefines en mangeant ilneceflèdetoinlér, à grad’ peine peut ha-
rnais receuoir guarifon : vray que lemaleftant recent, comme
cauié de poufsiere ou vent poudreux, ou bien d’auoir mange
quelque ordure dans la prouende , je remede pourroit ertre, luy
tirer (angdes harts,& l’en chargera chaud, par lepoiétralde iur
le dos, ledit fang eftant méfié auec du vin & de l’huile d'oliue:a-
pres auoir continué cela cinq iours, lefdïdts cinq iours iuyuans
luy faire tirer par les nazeaux de la le siiie , ou il y ait de l’huile
inixtionnee:puis luy bailler ce breuu ige,ieneué bien frit,fourtre
vif, femence de paradis, autant d’vn que d’autre, fais en poudre,
de laquelle tu feras decoéfro en hydromel, ou bien en feras com-
porte bien efpe(Ié,de laquelle ru luy feras prendre tous les matins '
lagroiiéur d’vne grortè noix de jauge, auec du gros vin vermeü>
mais bon & genereux.
Autre remede bien fouuerain, eft de luy bailler breuuage fait
d’agaric & de fenugrec,deftrempé en vin vermeihou luy faire a-
ualeriangde peut chien,qui n’ait parte encores lex. lourde ion
aage;ou predre racine de gentiane,racinede concôbre iauuagc,
noix ameres,les piler auec hydromel, de luy en faire breuuage,
Latoux recognoit en foy plufieurs caules,toutesfoiscellequi Pourlatoux
prouient du coffre, comme des poulmons àc parues circonuoi- du cheual
fines, ou bien des autres internes de inferieures, nobles toutes, de
degrand office, n’a point déplus fouuerain remede que de fen-
dre les nazeaux a la befte, & fi apres cela le mai n’en reçoit au-
*re amendement , faire aualler auec la corne vue bonne ch opi né
du breuuage fequçt;Prenfénugreç*dc femence de lin, de chacun
n fij
LIVRE I.
vn potion gomme de dragât,oli ban, myrrhe,de chacun vne on-
ce, fucre gruyau d’ers, de chacun vne once, le tout bien pilé 5c
pâlie parle fachet, feras infufer toute vne nuid en eau chaude,
6c le iour fuyuant en bailleras à la belle, corne diét eft:6c ce con-
tinueras , en y adiouftant vn gobelet d’huile rofit, iufques à fin
deguarifon. Au furplus iamais ne faut tirer fang à la beftede
quelque endroit que ce foit, mais il fera bon luy bailler & con-
tinuer de la gomme de dragant,auec de l’huile douce.
Pour là fie- Lafieure du eheual reçoit guarifon par la faignee de la veine
ure 4u che- qui fe trouue au milieu delà cuiflTe, quatre doigts, ou enmrô,au
ual. deiïous du fiegerfînon 6c au def mt d’icelle, de la veine du col vers
legarrot : fi tu voy qu’il aitmeftier dcbreuuage, tu efpraindras
vne poignee de pourpier,5c méfieras le ius auec la gô me de dra-*
gant,& del’encens fin, 6c vn peu de rôles de prouins : le tout luy
feras prendre auec de l’hydromel en petite quantité.
On cognotft qu’il a la fieure,entre autres marques, s’il a fup-
prefsion d’vrine,6e que fes aureillesdeuiennentfroides.
Contre les Contreles défaillances 5c mal de cœur,eft bon tenir le eheual
dérailla ces fortchaudcment,5c luy bailler ce breuuage,myrrhe deux onces,
cœui. g 0mme Je dragant quatre onces , faflftan quatre dragmes , me-
lilot en poudre vne o il ce, mercuriale vneliurej encens fin ce qui
conuiendra en proportionne tout uieilé enfcmble 6c réduit en
poudre refêruerasàpartpourl’vfàge, qui fera de deux bonnes
cueillcrecs pour prinfc,auec vne chopine d’eau, deux cueillerees
de miel,6c deux gobelets d’huile rofat.Cefte portion féru ira par
plufieurs îours iufques à ce que le eheual fe trouue mieux. Et
Cheual cr- noteque ce bruuage eft encor propre aux errenez, 6c qui ont les
rene. membres trop roides.
Pour le che Au eheual trop efehauffé, tu luy feras aualer auec la corne,
chauffe* Cn h y uer trois onces d’huile auec vne chopine de vin vermeil,
3U C ' & en eft é deux onces d’huile feulement , auec la quantité de via
telle que de (Tus* *
jo doul£ “ rs d'jentrt, qu’on non, me les ventrecs, tu prar-
«ïu" i f
T' dC r deiar dins,& la pileras bien fort
OC auec du vin chaud luy en feras bruuage.
Difficulté' Pour difficulté d’vrine, c’eft chofe approuuee de pre'dre cinq
d vnner. ou neufeantandes entières , 6c les enuelopper dans vn linge , le-
quel t„ appliqueras contre la coiffe du cheual :6c comme que ce
ioit,l U y feras tenir quelque temps : celaprouoque IVrine • mais
garde toy bien de luy en faire prendre en poudre, ny en clyftere,
wamndëS' 1 ^ b ° n aUfS1 luyfr ° tter les articules auf de-
«o^ion de crcflpn,pa«etaire,5c racine de porreaux. A l’fcor-
de LA MAISON RVSTICLVE çi
A l’efcorcheure du dos recente, pren deux gros oignons, & Pourl*cfcoi
en fais decoétion en eau bouiHanterpuis tout ch*utd, tant que le j o ^
urc
cheual le pourra endurer, tu les appliqueras fur le mal, toute
renflure fe partira en vnenuiét Autrement, pretis du lel en pou-
dre ,& le deftrempe auec du fort vinaigre, en y adiouftantvn
moyeu d’œuf, & de ce tout enfemble tu en flotteras la partie, ÔC
tu en verras Inexpérience.
Laiauniflêapourfiugulier remede le bruuage qui s’enfuit, Iauniffc*
Prensfemence de panais, &dache, dechacun vne liure, fois le
tout bouillir auec des lupins ôc du bon miel:&du tout bien par-
coulé, fois luy prendre chopine huidt îours füyuans.
La durté du ventre fe guérit par bruuage & clyftere. Le bru- D urc tc du
liage fera tel,baillez-luy ordinairement de la poudre de rue fou ventre*
liage auec la lêmence d’icelle deftrempee en bon vin vermeil : ou
bien prens racine de flambe iaune, auec femence d’anis &opo-
panax:& de ce tout enfemblepiléfort menu, en foras trois prin-
fes,auec trois onces de bon vin vermeil, ôc autât d’huile d’oliue,
l’efpace de trois iours, En clyftere tu luy mettras ius de flambes
deflayé en trois liures de decodkion de mauues,& poiree,& dan s
Je tout adioufteras nitre ôc fiente de pigeon,de chacun vne once,
huile de laurier ôc de rue, de chacun trois onces. Apres qu’il au-
ra receu Je clyftere, il le fout longuement & doucement pour-
mener. Quelques vétérinaires ont expérimenté ce mal , la fiente
delieüre,auec neuf cueillerees de miel,& quinze grains de poy-
ure rond,detout ce en foire bruuage, quilerapris auec la déco-
ition de pois ciches ou choux rouges.
Pour la hargne & rupture , on tien t qu’il n’y a rien fîfouue- p our
rain que prendre fept onces cendre de forment, ou d’orme, auec g»e.
trois onces d’huile d’oliue,efchalottes broyees fept en nombre,
miel trois onces, beurre frais, Ôc fui f de cheureau de chacun vne
once,ius de plantain trois onces auec du vin blanc vieil,ou de la
décoction de poids ciches, cela feruirapour trois prinfes à iours
fuyuans.
Pour garder que lesgrans cheuaux es grandes chaleurs ne
foyent moJeftez de la morfuredes mouches 9 leur fout frotter le
poil auec ius de fueilles de courges.
Pour la galle,faut tirer du fang desparties conuenables, fo- Fourlagal^
Ion 1 endroit où le mal eft : pour purge conuenable ôc fuffifon te le
fera bon d’vftr de la pou dre de racine de concombre fouuage,
meflee auec du nitre , Ôc baillé à la corne , auec du vin blanc : le
medicamefn f° u uent prefenté, purge les humeurs mauuaifes:
pour remede extérieur, prens fouffre vif, poix grafle 7 bitume de
t I V R E I.
i '
ludee nome afphaltum,mcfle le t 0 ut,6cle diflous en beurre frais
falé:de ceft onguent tu feras frotter la befte par touc le corps, au
plus chaud du Soleil, & à plutieurs perfonnes,6e longuement.Si
mieux tu n’aimes fart vinaigre demi iëxtier, poix raifine quatre
onces, poix de cedrc ou de gomme, d’iceluy quatre onces, mefle
le tout bien enfemble en onguent, aucc de l’vrine d’home & eau
tiede, y adiouftant fein doux, & huile vieil de chacun trois on-
ces, fais- en liniment ou cerome,s’il ne te femble meilleur le lauer
p ir tout, ou bien fomenter auec l’vrine 6e l’eau tiede, puis paflèr
ton Uniment par defliis l’herbe appelée rhododaphne cuitte en
huile, i’entens les fueillcs feulemét , eft va' remede bien exquis
à ce mal, en y adtoüftant de la poix grade, du vinaigre, &de la ci-
rc& aye ibuucnance en toute^friCtion ou bien onction que tu
feras, de frotter toufiours la befte à contrepoil.
C’eft aufsi vn fouuerain remede de l’eftriller premièrement au
• lieu galeux iufqueau ftng, puis le lauer auec lexiuè faite d’vne
partie de chaux , deux de tanne de fl bues , 6e trois de cendre de
frefne,letout non cuit, mais trempe feulemét en la lexiue, Apres
le lauement fait faudra oindre la place auec onguent tait de vif
argent, hellebore, foufre,alun, pas d’afne,6e graille de porc.
& Quand le cheual fe lent mal d’auoir mangé mauuais foin ou
aucune , tu luy feras ce breuuage : prendras la taye du dedans de
iufier de trois poulets, & les feras bien feicherau four, puis les
pulueriferas auec demie once de poyure,6e quatre cueillerees de
miel, 6c vne on ce de poudre d’encens fin: fais luy prendre ce re-
mede auec chopine de vin tiede.
Coli u du Contre la colique, cabaret, fueille& racine, perfil, fenoil, de
cheuaf 6 ° chacun vneonce,poyure noir deux onces,marrubiumvne once,
garderobe demie once, miel fin vn pollon, cuy bien & e feu me te
tout enfemble, 6c en fây trochifques en groflêur de noix auelai-
nes , 6c auec vn demi-fextier de bon vin tu en feras prendre à la
befte en fhçou de breuuage , 6c le iour que la col ique le tient , tu
pileras trois ou quatre cueillerees 6c demie femence de fenoil, &
luy feras aualler promptement auec le vin : 6c le couurir as fort,
pour le faire fuer.
Chenal en- Si le cheual eft encloué,luy faut ofter le clou,bien nettoyer le
clou<f. ]icu vlccre, 6e inftiller dedans foutre fondu,ou l’emplir d’vn on-
guent fut de terebethine, cire, huile 6cmiel.Ou bié (qui eft chofe
experimétee ) mettre fur le lieu blefl'é par dedans l’ongle du che-
ual fueillcs de bouillon blanc femelle pilees entre deux pierres.
Cheual clc- Pour le cheual qui cloche à eau fe des nerfs refoulez, p rf ‘ l
chant. fuit de bouc vneliure , mohbdene demie liure, refine vne hure,
* — — • - couperofe
de la maison rvstiqve: n
couperofe demi Hure, fais-en onguent. , .
Et pourlc genoil enfle pren chopinede fort vinaigre, dans Gcaoilcaili
lequel tu deflremperas vn peu de Te! , cuyure bruflé demie hure,
fvnople ce qui fera propre 8c ncceflaire.
Aux tumeurs dures & inueterees fais ce cerome.galbane Tumeurs
deux onces , refîne vne liurc , ammoniac demie liure, poix noire mue tercc*.
autant, cire vneliure, huile autant qu’il faudra pour incorporer
le tout en bonne façon.
Contre les vers &lumbrics Fais cendres deboisdoluiier, Contre Ici
on poudre d’aluyne feiche auec la graine, &delupiuscruds, & vers *luin-
deccntaiircc,autant dvn que d’autre , auec deux onces de femen- bacs,
ce deraphanc , corne de cerf vne once , & auec vin blanc, feruira.
à prendre à trois fois : le iour fuyuant les trois que deflus , tu luy
feras clvftere de deco&ion d’aluyne & de rue , y mettât au paflbr
deux amers de bœufs, & vne once d’aloé.
Contre le flux de ventre que Ion nomme la courance, fert Contre la
beaucoup lebruuagcfaitdepoudrede galles, auec vin vermeil coarancc.
& farine d’amydô deftrempés enfemble : ou bien fi le flux ad uient
par morfondure, baillez des foupes trepees en vin vermeil doux,
& eau rofe : & luy frottez les reins & le ventre auec du vin ver-
*neil, de l’huile rofat,& quelque peu de fel.
Pour le flux defang par le fourreau, fais tiresdufangàlabe- Flaxdcfan^
fte,dela veine des hars,puisfaisdecoétion de froumentaueefein
doux, & poudre defeoree de grenade fêiche, & letout pafleras
pour en faire breuuage, & luy donneras tous les matins , fans le
faire aucunement trauaiiler: pareillement feras.cataplafmc fur le
dos 3e fur les reins auec de la centinode , du bol d armenie, & d u
fang de la befte, méfiés enfëmble auec du fort vin aigre, ou gro svin
vermeiljqui peut encor’ fertnr & proffiter aux errenés & eflacés.
Le cheual quelque fois,fîenmagcât fon foin, a deuoré quel- Cotre le rc~
que befte venimeufe, comme fcorpion,araigne,efcargot,que Ion n * n deuorc* l
nome buprefte , lors il le faut faire courir iulques à fuer,puisha-
ftiuemenduy tirer du fang du palais, lequel aufsi toft qu’il fera
tiré, luy feras aualler tout chaud à mefure qu’il fcrtira;pourvian
de, tu luy feras prendre porreaux & froument cuits enfemble.
Pourlainorfuredevipere, vautbeaucoup vn coq tout vif, Contre mot
oiiuert par le milieu du corps, & chaudement appliqué fur la ^ urc *
playe, puis tout foudain,vn bruuage de poudre de racine de flam f crc '
be iaune , auec du fort vin & du fel : ou bien la racine , fueille &
fruit de Licouleureemifèen cendre &: beuë auec le bon vin. ç 5 tre mor*
Lamorfureduchien enragé a pour fingulier remede auant
les neuf iouts la fleur de faintt foin brufiee & ineflec auec du fnrage'.
i
, livre i. . : v
vieil oin et, appliquée fur la pteycs,ou bien le piler auec le vin.blàc
vieil & te kiyteire boire. Aufsi 1a racine d’efgtetier mifeen pou*
dre fur te playe,ou luy faire auatler auec bon vin vieil . Item grai-
ne de fuzeati,ou ius de fueilles d iceluy.
La fiente de poule aualee par fortune ap iortc des trenchees,
au chenal, à quoy prens ache vicl, & en fclchc deux onces , de les
luv fay boire auec du vin & du miel : puis lepourmene tulqucs a
ce que le ventre luy brouiflè,& qu’il face la première egeftion.
Il aduiét aucunefois que les lûmes font molefteesd’vneeipe-
ce de rage , c’eft à fçauoir quand elles voyent leur image dedans
l’eau, elles font furprinfesd’amoun&par ceelles oublier le boire
& manger , & défrichent d’ardeur. Les lignes de ceftefohe font,
ouâd elles courent par les paftis , côme fi on les piquoit : fouuent
ixvardans autour d’elles , comme fi elles cerchoyent & defiroyet
quelque chofe. On les guaritde ceftefolie en les ramenant a
l'eau : car quand elles verront là dedans comme elles lont laides,
elles oublieront leur première image quelles ont veu.
Vétérinaire Plus ample trait té ôc curatiô des maladies des cheuaux,pour-
îe P. Vege- ras trouuer en la Vétérinaire de P. V egecc , que l’ay traduit , ou
;e traduicte p[ u ft 0 ft paraphraféde Latin eu François.
Àjhe. 4 î*
O M B I E N quel’Afne foit vn beftail vil ôc cô-
temptible, toute sfois il eft tref-neceflaire en toute
maifon châpeftre,par ce qu’il trauaille&fait delà
befongne necefiàire,plusqu’il n’eft grâd &c corpu
lëticomme à tourner la meule , Ôc moudre le bled,
pmterïebïed au moulin , & plufieurs vtenfilcs à 1a ville , ôc rap-
porter fur fondos , labourer 1a terte legere ôc non gueres forte a
labourer, tirer des chariots qui ne font trop chargcsifans 1a com
modité du laitt d’Afnefle , qui eft vn fouuerain remede pour les
tabules, & autres maladies femblablesrcôme aufsi pour rédre net
Laift d’Af- Sc poli le teinft aux femmes, côme nous liions qPoppea lafem-
icir- fingu- m edéNefon>en fai foi t des bains pour auoirle teinri plus beau,
iabides*
1
* & & te charnure plus polie & plus blâchotfans faire mention que la
'ourle ’ chair d’AfnelFe a eftéde grande requefte quelque temps à Rome,
comme aufsi de noftre temps beaucoup eftimee par vn grand fei-
gneur de France,qui faifoit nourrir foigneufemen t vn troupeau
d’afneflës.Parquoylebon pere de familleluy doit dôner vngou-
uerneur , lequel toutesfois ne pourrait auoir beaucoup de peine
aie fraitter , car il eftaifé ôc facile à entretenir nlfè contente de
peu de pafture,& telle que Ion veut;on lenourrit de fueilles d’ef-
pines
:heur de ce
iure.
reinft des
emmes.
DE LA MASION RVSTIQVE; ^ f4
pfncs,de chardôs,on PengraifTe de pailles & fcurres,que 16 trou-
Ue comunémentprcfqu en tous pays.’iln’empire point pour eftre
mal penfc&.traittédeccUiyqiuTaura en garde :J1 endure aifc-
ment les coups & la faim,& n’cft facile à rôber malade:toutesfois
l’afnier fera foigneux de faire faillir rafnefTe en temps opportun,
àfçauoir,à la mi- Ium,&nô allant trois ans iufquesadix,&: alors
doit foulagerTafneffepour le regard defon fruidt: au contraire
ne laifler aucunement le rnafie fans trauail,par ce que trop grand R e p og ren< j
repos le rend parefleux. Fera nourrir le petit afnon du lai£fcde fa p a fne paref-
mere iufques à deux ans,ou bien du lai<ft de iument, afin que ce feux.
foit quelque chofe de meilleur : ne fera trauaillerrafnon auant
Fange de troisans.Bref,feraeurieuxdeles guarirquâd ils feront Maladies de
malades(iaçoit que comme il a eftédir,ce beftail n’eft pas beau- 1 a nc#
coup fubiedt à maladie*) 8c vfèra de femblables remedes qu’aux
chenaux malades.
e muletier. Chat;. î
N bon pere de famille ne doit eftre defgarni des
chofes neceffaires à fa tpaifon,tat pour fa nourritu
re,que pour ion aife.Parquoy,cncor’qu’avn be-
* foin il fepuiffè palier de mulets, ayant côinodité de
| cheuaux pour fe faire porter à la ville & autres
lieux ou Ces affaires 1 appelerôt:toutesfois les muletsluy font au-
cunement neceffaires pour fon aile, foit qu’il ne vueille vfer de
cheuaux,mais de mulets, pour aller plus doucemenr,foit que par Le proffit du
vieilleflêoumalelanté de fon corps, il ne puiffè endurer le tra-
uail du eheual, mais foit contraint de fe foire porter en lnftiere.
l’adioufteray defurcroift,qu , enaucüspays J cômeen Auuergne,
pour la rarité de cheuaux & bœufs, les mulets font en grad prix, MuIet * d’Au
& Ion vfe d’iceux pour labourer la terre, trauailler & foire autres uersne *
chofes neceffaires a la commodité Sc entretcnenient de la maifon
ruftique.
Le gouvernement &. charge des mulets , eft pareille à celle des
cheuaux, tatpour leur noumture,pafture;harnas, que guarilbn
des maladies aufquelles ils font fubie<fts, a infi en ferôs plus cour-
te delcnptio,& bifferons l’entiere cognoiffànce de la nourriture
& traitteinet de ce beftail aux Auuergna ? ,aufquds pour la com-
mo îte u pays il eft de plus grande recômandation.Toutesfois
pour en parler fommairemenc, le muletier ne doit point feule-
ment eftre foigneux de la bonne nourriture de les mulets mais
au si de tirer du proffit d’eux, tant pour le feruice de fon maiftre,.
* Uc pour 1 augmentation de fon bien. Le proffit que Ion peut ti-
o ij
livre r.
rer d’eux côfîfte principalement en beaux haras: parq#oy lcmu-
leti°rdoit eerchcr & choifir vn bon & beau malle, & pareillemét
vneVemelle pour en portenear s’ils ne font tous deux bié difpos,
eequi en viendra ne fera rien qui vaille. & combien que les mules
8c mulets foyët engendrés d’afne en iumét,ou de chenal en afnef-
Diuetfité de fe,tou 5 esfois les meilleurs fôt ceux de 1 afne en la iumèt.car ceux
la gencratiô ^ font dVn c h eua l & d’vne a(netIe,iaçoiï qu’ils portent le nôde
des mulesfic eîC > eft à:lça U oir mulets cheualins,toutesfois relTemblent
mUktS ‘ du tout à leurs mer.es. Parquoy le meilleur eft, pour auoir des
Eftalon. beaux mulets/aire vn afne eftalon,qui fort beau A de bone race
Beauté d’e- & bien experimentc.Il le fout choifir ,grad de corpulence, le eol
ftalon. puiiïantjles coftes fortes 6c larges, la ponftrine ouuerte & mufeu
îeu fe,les cuiflës charnues,les iâbcs trouflèes , noir de couleur ou
moucheté-'car cômunément les afnesibnt de poil de founSj.rnais
ce poil n’eft plaifant en vne mule.La iument doit eftre au deflbus,
de dix ans, grade 6c belle, &bien membrue,à fin qu’elle reçojue &
porte facilement la fetnencedifeordante à fon ventre, 6c d’autre
efpece qu’elle n’eft : 8c qu’elle donne à fon fniict , non feulement
les donsdu corps,mais aufsi l’efprit Lie petit demeure au ventre
de la mere douze mois, lequcliorti doit eftre traitte a la façon
des petis poulains.
Maladies Le muleteft fubiet.àmefmes maladies que le 'cheual, comme
d#s mules & di£eft:toutesfoisie ne vueil oublier quelques maladies parti-
mulets. culjeres àcebeftail,defquelles s’enfuyuent les remedes : Au mu-
let qui a la fieure,faut bailler des choux c, ruds.Quand.il. foufpire
fouuent & a l’haleine courte,lefaut f»igner,puisluy faire aualler
trois demy- fextiers de vin , auec demie once d’huile & d’encens,
Sc du lus de marrube enuiron trois poflbns. S’il a les mules &
gales aux pafturons, il faudra mettre deflusdeJa farine d'orge,
x & ouurir l’apoftume fi aucuney en a.On luy ofte la maigreur#
langueur par bruuages frequens d’vne demie once de fou fifre
Colique. battu,vn œufcrud,<Sc le poids d’vne dragme demyrrhe aucc du
lafsitude & vimee mefme remede eft bon àla douleur du ventre , & à la toux,
«fehauffai- s*;] e Q laflë.&ei chauffé, on luy. iette.de la graifîèdaos lagorgÇj
-* 00 ’ Si du .vin. . f'
' "V ‘
Pieure.
Pifficultc
d’alenie.
Cales aux.
pafturons.
» > . *
t '
< r
: iJ . ! t Second
V - A
ff
Second Liure de la Maifon
. *
R V S T I Q. V E-
les iardins.;
i
ablette & pourpns des tar dws t t ant
totdger que parterre.
ÇHUflTRE /.
A IN TENANT eft befoin qu’entédiôs
à la deferipuonde la culture & labour de la
terre, apres auoir difeouru ce qu appartient
au baflimët &pourpris de la ferme^office du
l pere de famille, du fermier &c de fes gens , &
généralement de ce qui côcerne le profite du
_ beftail. Nous commencerons donc luyuant
Tordre cy deuant propofe,adefcrirelesiardins. En premier lieu
le iardin potager, lequel a elle diuife &c dreflea colle du parter-
re, feparéd’auec iceluy , par le moyen dvne grand aîlee de trois
toifes de large , ayant le puis , ou les. conduis de la fontaine au
milieu (fi vous n auez la commodité de faire vn puis particulier „
au milieu de chacun iardin)& encor dVnehaye vifue bienefpei- Ha 7 e Ylf oc "
fe,qui pourra auoir trois entrees>rvne vers le ballimentji’autrea
Tendroit.du puis ou de la fontaine;& l’autre cotre la clofture du
verger. Et fer&plantee de coudrcs , grolcliers blancs & rouges,
poyuriers,framboifiers,efglantiers > ronce$,cheurefueil , viornes^
houfleauxjiuzeaCix entremeflezpar voyedaubeipins, pommiers
£uiuages,& de paradis, cormiers >.neffliers & troefnes : car il faut
4 qu’elle foit plus efpefTe & dejplus grade defenfe que l’autre, pour
le danger du beftail efchappc^ qui peut plus faire de dommage
au proffit qu’au piaifir de fon maiftre,
Laiiruation desiardins defTuldus doit eftre , comme auons Pente des
dit cy deuant , ptes de la maifon , mais loin de Taire , à fin que 141
ks herbes ne foyent endommagées , .par les petites pailles Ôc bû-
chettes qui font apportées des aires aux jardins par le vent. Sena*
!
‘ ' ' 1 ^ o in
V
1
LIVRE II.
blablement pour la commodité de leur labour, doiV'eftre V n
peu à pente pour la cheute & defeente des eaux ducieh&cjy j U3 ,
du fumier qui toujours coulera en bas le long des allées par les
pluyeSj& amendera le gueret : 8c à cofté de chacun d’iceux jar-
dins > dans lepourpris du baftiment 8c clofture , fi faire fe peut,
tiendront deux autres iardins feparés par autres hayes , t & grand'
Chemins & c h e min entre deux. Sçauoireftdu coftéduiardin potager, vn
ardins, jardin particulier aux chanuresjtn/afïran, parte], 8c autres cho-
fes demefnage 8c proffit, qui acquiert la particulière culture: &
du cofté du parterre vn autre iardin aux legumes, comme pois,
féues,vefles>ris,panis,millet,qui feruent grandement à la nourri-
ture de la famille.
La clofture des iardins doit eftre telle que la commodité&
necefsitédu lieu le requiert, à fçauoir de murailles fî le reuenu
de la maifon le permet :ou de haye vifue , s’il y a defaut d e carrie-
re,ou de grand reuenu. Toutesfois à moindre couft 8c de plus
grand proffitlon pourroit faire la clofture de haye vifue , que de
murailles.’caria haye vifuedure plus long teps, 8c n’eft de fi grads
frais que la muraille.'telle eft celle qui fe fait auec ronces 8c cfni-
neSjOU auec plantes de fuzeau entrelaftêes de ronces, corne nous
voyons en
* f A
' . * ' ' * - % ... ? .» ... . : j *.
A terre du iardin doit eftre amendée vnan anant
qu’eftre befchee,pour y femer,& apres eftrebef-
chee& fumeederechefjou marnee,illafautlaif-
ier rafleoir , 8c prendre ion fien , 8c fa marne : 8c
quant à la nature&bonted icellejellcnevautrié'
lit 4Ï 17 1 ^ I "X I /> m iTv T 1 * . A /W
•• ~ — icciicjcucnevautne
arguleule , croyeufe, ny fablonneufe,mais doit eftre gratte au
manier , noire en couleur, & qui s’efmie aifémenten la frayant,
& remuant aux doigts , où legazon & la motte fe caflè facilemet
arpnp
S
-
° L
'n
’ ^ c ^ eu '5 n
K
fie “ ieriUe ai1 labourer comme menue
arene. Qu elle produifea foifon l’herbe verte : qu’elle foit me-
n’elt [ n 11Cnt € ‘| r le l^ufecnyceluy qui eft aquatique
j
. ,
n P° Ur ^ <ure 13 rdinages.iToutes fois* ’il adu iâne quele ter*
j- ( ' — naitcefte commodité de gueret pour.les.iar-
jrf fC amcnder le qu’d ferapofsible.:Leslieux ar-
t * a 0eUX '?° joyeux, fe doyuent amender de fiens.’&
le î^rne, oc demandent labour profond de trois pieds. Leheu
aquatique
DE LA MAISON RVSTIOVE.' y
aquatique fera rendu meilleur fi on y rnefle quelque terre fà-
blonneufe , & fait-on à l'entour des foflez pour elcouler l’eau &
humidité qui nuit ali iardin.Et ainfi faudra-il que le bon labou-
reur mette peine d’amender & rendre aucunement fécondé fa
terre.
C _ .
La forme des bayes des tardins , & de la fa -
con de les planter & entretenir
;
Cbap. }• -
! A haye vifue lêparant le potager d’auec Te parter-
re, veut eftreplâtee & dreflee des plantes fufdites
au mois de Nouembre, & au commencement
«v - , v d’Odi:obre,fort bechee’& amédee en pied, coupee
,-** pa r la racine,& efmôdeetous les ans pour l’arrô-
dir,&efpefsir;&faut IafiTergrofsir & monter amont les arbres
par voye pour feruir de pieux , & de perches à treille : & le plus
d’ormeaux que pourrez mettre en voftre'haye, & aux autres qui
fepareront lemefnager,& les legumes, fera le meilleur, pour fa -
gottage tous, les ans, à fin de les faire grofsir, & àu'fsi pour le
marrain de vos charrues & autres harnas.
Au furplus,fi tu veux fçauoir quelle doit eftre la culture to-
tale des arbres & arbrifleaux dont feront faites les hayes des iar-
dins,tu le trouueras au troifieme& fixiefmeliure.
• r i *
otager . Cbap . 4 .
rparS-p O V T ainfi que le parterre fera circuit de ber»
w *1 ceaux couuerts de ioiïemin,feau noltre-dame,ro
les mufquees, & autres fingularitez : aufsi fera le
iardin potager entouré de treilles,de ieune bour-
veri.ic -.- de ' JISOU <iu meilleur corn plant du pays, pour le
venus de laprouifion deproffit du mefnage. * V
3 des treilles fera en forme d’auuent ( caries ber- ' Façon
c l »,
CO j' a entretenir ) a fin de dreflér quelques cou- tre dl cs *
de !îïr fl
°r
US 1 ° U ^ ucl< 3 ue P ianchc d’herbes, qui ne deman-
de Lu * °,,S C > en y laiflànt toutesfois vne alee de trois pieds
les meill d ,luCre P°ur le labour de la treille , & faudra mettre
- urs * gros çomplans à la veué du Midy : & ne lec
tl UE II. '
tailler fi long, que le bois nepuifli groffir .car il n'eft rn.de'
pied & uros pour Eure bon fruiftrne dort eftrela.re.lk «dure
L efpene : & lafaut monter de neuf toutes les emq annees,& ra-
frefehir & relier tous les ans fur la fin du inojs de Ianuier.du bois
de voftre fauilayc & ozeraye , oudu geneure de voftre garenne,
côbien quel! vous faites les perches de bois de geneure, naurei
befoin d'y mettre lamain dedix ou douze ans , pr.nc, paiement
fi vous appuyez les perches fur pilott.s de chefne a dem. btude.
, Neliezeuroft les perches de la treille, ny les feps mefmescon-
perd.es Z «e vos arbres delà baye qui feruirop. de pieu jr,c*r : le d. en entre.
U treille, roit dans l’efcorce quand ils grofsiroyent , & leur tort. Et
n’oubliez à fumer & defehautfer vos feps enhyuer , & marque-
ter leieunebois , pour en fairedu eomplanta reuendre , & pour
toufiours la mieux peupler : ne cueillez les grappes trop meu
. , . res ne trou vertes, ne quand il pleut. Au demourant, le labour
iS'pïeîdelatreillleft pareil à œluy de la vigne & feroit chofe fuper-
àcelu/dela flue d’en traitter plus longuement en cefleqdroit. Parquoy tau-
vigne. dra auo j r recours au gouuernement de la vigne qui fera cy apres
declairé. * r
.
; C • 4 * . r • 4 .
Le labour du iariin potager. Cbap. i
y A N T au labour du iardin potager,ou de mef-
nage : par ce qu’il y a deux faifons pour femer les
herbages , aufsi y a-il deux temps pour mettre en
ordre &c labour les iardins, à fçauoir Automne
Sc le prin- temps : faut auoir celle confidera-
tîon de donner la première façon enuiron le commencement
deNouembre à la terre en laquelle on veut femer au temps nou-
ueau : &debefcberaumoisdeMay celle en laquelle on voudra
femer en Automne, à fin que par les froidures de l’hyuer , ou par
les chaleurs d’efté les mottes foyent mifes en poudre, de les raci-
nes des herbes meurent. Mais cependant au ant celle première fa-
çon, fera bon que la terre , vn an ou demi deuant , ait eflc fumee,
Toute terre & bien engrai(Tee:car il n’y a fi bonne terre qui ne s’amaigrifle,o£
par longue deeheeen longue iachere. Parquoy faut que le friche qu’aurez
jachère s’a- dédié à vos iardins fbit premièrement elpierré, puis beichc en
maigrit. v jp
f
onSj &lesmefchantes herbes extirpées iufqucs au boutées
racines , defquelles la bonne mefnagere pourrafaire bonne cen-
dres.-puis amendé de menu fiens de vache & de cheual bien mel-
lé^bièn pourri, & longuement repofé, ou celuy d’aine qui c c
mpi»lcUO
DE IA MAISON RVSTIQVE. 57
meilleur, parce qu’il n’engendre gueres d’herbes.Pour la Tecon-
de façon fera labouré à la houë>de bout a autre, 8c en labourant
meflerez tresbien leficns ou la marne parmy la terre. Pour la
tierce façon fera efinotte > fiitvni, &raftc!c en platte- forme,
& du dos du rafteau en partant , ferez le dert'ein de vos planches,
ôc des chemins entre icelles , fi longs ôe fï larges quefaiie pour-
rez, félon lepourpris 8c capacité de voftre lieu. Et fiiit ob ci lier
que vous puifsiez aiatnber 8c eftendre vos bras de codé à autre
de la 1 argeur de vos planches , à fin que ceux qui iront arracher
les herbes 8c les farder, puiflent par les allées toucher de la’
mainiu r ques au milieu defdits quarreaux ,8c ne marchent du
pied fur ce qui fera femc. Parquoy quand vos chemins d’entre
icelles auront deux pieds de largeur, fera bien artèz, car de plus
n’eft que terre perdue.
La dijbofîtion des planches du Lrdin
Qhap.
6 .
QVS difpo ferez vos planches au milieu de vo-
ftre iardin , en forte que celle des naueaux aye le Naucauy.,
plus d’efpace, 8c apres celle des choux : ioignant Chaux,
lefquelles en ferez deux, Pvne pour les deuxlortes
_ de raues : apres lefquelles planches, ferez vn che- Raues,
min de trois pieds de largeur, apres lequel vous dreflèrez autres
planches parciculieres,pourles efpinars,poirees, arroches, ro- Efpinars,
quette,pcrfil 8c ozeille.
Puis ferez encor vn chemin large d’autres trois pieds : 8c au-
delà. d’iceluyefquarnrezvncplâche pour lesporreaux,&ciuots: Porreaux
& ioignant icelle, deux autres pour les oignons & ciboules , 8c & ciuots.
pour les ails,cfchalottes,& panais. Au delà de ces planches dref 0 i S nons &
ferez vn grand chemin dctroispicds <3c demi:& apres iceluy fc- p boulc ‘:
rez plufîeurs planches de bouttures, tant pour la relerue du iar
din d'odeurs, commepour vos ayes : &encor > pourles potages
d'hyuen Et fera bon dreflfer à ccftc fin vne planche de fauge , ôc $ âuge Sc
vne autre d hy flopc, aufsi vne de thym, & vne de mariolaine^au* hyffope,
tre de lauande>& autre de rofmarîn,aurone & menu cyprez, en- *
co%vne de farriette*&jhylïoppe,de coft 5 de bafîlic>afpic 3 baüme ?
pouhot, & V ne de camomille pour faire les fieges ôc labyrin- Labyrimkts
thés, que Ion nomme Daedalus. - ouDçdalfcf*
Sera bon aufsi pour lesnecefsitez,(carIafermicredoit enten
^plufieurs rcmedes pour las maladies, ôc ne faut douter que
n ayons appris beaucoup de remedes par les femmes) efquams
£
i
Herbes mé-
dicinales»
Graine 3c
Uiftuc.
ElcéUon 3e
graines.
Herbes fi-
nes.
Graines <Jif.
ficiles à fai-
ne venir.
CocSbres &
citrouilles.
LIVRE Ii:
fur le b as du iardin potager, près la muraille du clos fruitier, au
cunes planches pour les herbes médicinales, comme valériane,
mille-fueil, efpargoutte, armoife, cabaret, lombard^ patience,
mercuriale, paritoire,& autres femblables,defquelles ferons vue
briefuedefcriptioncy apres.
L apiette des chofis du Urdin potager
Chttp. 7 .
L’endroit où dône le foleil de midy, vous drefle-
rez vos couches moyenneméthautes,bien entre-
meflees de terre 8c defiens de cheual,6c les lairrez
repofer quelque temps auant que d’y rien femer.
En l’vne defquelles plâches vo 9 femerez au croif
fantdelalunede Mat'svoftre graine de lai<ftue, & le pourpier
( car elles viennent aufsi toftde Mars que deFeurier) pour les
replanter en leurs planches , quand elles feront hautes dedemy
doigt. En cefte mefnie couche vous pourrez mettre graine de
pimprenelle, corne de cerf, &trippe- madame, auec ozeilledc
Angleterre , autres fortes pour le9 falades , le touteipez &
pefle-mefle , pour les mettre feparéinent , 8c au large , quand el-
les feront leuees. .
Entendez tresbien à vos graines, qu’elles ne foyent trop vieil-
les, efuentees, mouillées, moitiés ou enfichées : 8c aux bords de
cefte couche, à la largeur de deux palmes, femerez l’artichaud.
Vous ferez aufsi vne planche pour les herbes fines, qui en hy-
uer feruent feiches aux potages, & de bouttures pour le iardini
fleursjcôme font le baume franc, le bafilic,le coft,le thym,l’hyf-
fope,la iariette,la mariolaine & la fauge.
Encor’ fera bon d’en faire vne pour femer les graines de ci-
trons,orenges, limons, poncilles, grenades, lauricrs,myrtes, dat-
tes: 6c puis qu’ils font difficiles à faire venir en cefte part,par ce
que l’air n y eft marin ne fi propre , faut bien aduifer en les plan-
tant ou femant, que Ion mette le plus petit bout à mont , 8c que
Ion ne les afieye de plat:& quâd les citrons 8c les femblables fe-
mences feront venus 8c leués,il les faut tranfplanter en calles qui
fe puifiènt rouler çà 8c là, pour les defendre de trop grand chaud
&froid,& les couunr 8c mignarder félon les faifons,comme fe-
ra dit cy apres.
En vne autre couche, qui fera bien longue , 8c ver? les haye*
vifues,& Jcs treilles, vous y femerez des concombres, citrouille*
ôc courgeslongues 8c rondes. EnJa
DE LA MAISON RVSTIQVE ç8
£n la quarte, longue Sc eftroitte comme la prececfentefpar ceMclonn
\u'i\ les faut fouucnt arroufer Sc mettre de l’eau en pied ) é femez
y des melons de plufieurs fortes.
Et pour le danger des volailles Sc oifeaux ,iettez des efpine*
aflez drues fur vos couches, & fi elles font femees en croifiant de
la lune de Feurier, pour les hafter, voire encor’ que ce foiten
Mars r elpandez furies efpines,de la paille allez claire, Sc la faites
plus druë pour le danger des gelees, lefquelles fi vous fentez e-
ftre fort es, comme il adulent quelques années, mettez au lieu de
paille, des vieilles nattes ou des gluits entiers, de forte qu’ils ne
poifent fur la terre, & népuiflèntgreuer ce qui leuera.Ec ce que
voudrez qui demeure fur vos couches,côine le concombre, me-
lon, & autres frui£f:s,feparez-le moyennement, (Scfarroufez fou-
uent d’eau tiede au foleil,& tiree de long temps deuant,& repo-
fee en fange ou tonneau qui eft près du puisrtoutesfois que tou
tes herbes Sc fruiefts de potages que Ion met fur couches , amen-
dent fort au replanterrce que Ion faitaufsi pour les affranchir, de
rendre leur faueur meilleure.
L e temps de jèmer le potager. Chap. g.
O V T E S graines defquelles le iardin potager Vertu <3i
eft fourni, fé doiuent femer en croifiant, depuisle croilîant di
premier iouriufques au fixiefme:eelles qmfôt fe^ ^ uue *
mees en decours,ou elles font tardiues,ou elles ne
valent rien fans ce qu’encor’ que vous femezen
croulant, il aduientquelquesfois, que combien que Vos. graines
foyet gra(Ies,groftès,& qui lacent farine blanche, & ne foyét au-
cunement corrompues dcendômagees,t©utesfois quelque mau-
uaiie confteIlauon(que les jardiniers nommét cours du ciel)em .
pefche qu’elles ne proffitent &puifTent croiftre, iaçoit que l’agri
culteurPalladius die que la terre, quialafàueur d’vn air doux
& clément, & qui eft arroufee d’vne fontaine courante, foit du
tout franche, & n ait befoin d’aucune difeipline de femer.
Es lieux humides & qui font abbreués de quelque ruifïéau, c
vaut mieux femer au teps nouueau.xar la bénignité & douceur aeTau'F*
de annee qui commence, reçoit bien les femences qui fartent, nouuatC
& lafecherefTedelefte ne leur peut nuire, à caufe del’éau qui y
eit.Mais quand par l’afsiette naturelle du lieu iin y a pomrd’eau,
viue , ou qu il eft fort difficile d'y en apporter ou faire vefiir, il
riyaautie remede que des pluyes de i’hyuer ; parquôy en téls
leux e Je plus fèur de femer en Automnertoutesfois on y pour-
yott îen femer aurenouueau , moyennant qu’on befehe Litenç-
F %
L I V R E I.
trois pieds de profond. . r
Semer grai- Si Ion veut feiner graines en eltc,faut que ce ioit for le croit
nés en cité. f an t de Iuillet, &d’Aouft:&en Automne, furie moisde Se-
ptembre &d’0&obre : comme aufsi au renouueau en Feurier 5c
„ en Mars.
En quel teps £ s lieux naturellement froids 5 ou qui nereçoyuetpasbeau-
fj'
cux coup de fiueur des rayôs du fbleil.la femécc du printemps doit
froid* ou cftre tardiue,& celle d’ Automne quelque peu auancee. Au con-
chaud*. traire , la femence du temps nouueaués lieux chauds doit eflre
auancee, & celle de l’Automne tardiue.
Les femcnces profitent mieux quand elles font femeesaux
jours tiedes , & qui ne font ny chauds ny froids , qu’aux iours
froidsjou chauds, ou lecs.
Les graines que Ion veut femerne doiucnt eftredeplus d’v-
craines. * nc annee : autrement fi elles font trop vieilles, elles ne pourront
croiftre ny aucunement profhterrcombieh que tant plus récen-
tes font les graines des pourreaux, concombres & courges, tant
pluftoft viennent elles,côme aulsi tant plus vieilles font les grai-
nes de perfil, bettes, origan, crelTon& coriandre, tant plus for-
tement elles fe monftrent fur terre, moyennant qu’elles ne foyée
corrompues.
Les choux ôc efpinars de toutes fortes , la chicorée blanche,
les aulx, porreaux, ôc oignons, le fement en A utomne , ôc endu-
rent l’hyuer.
Les ehoux>roquette,creflon, coriandre, ccrfueil,naueaux, ra-
ues,refforts,paftenades,carottes,perfil, fenoil, & autres herbes,
dont la racine eft bonne aux potages , fe fement en Automne ôc
au printemps : toutesfois elles viennent mieux femees en Iuillet
és pays chauds, & en Aouft es pays médiocres , & en Septembre
és pays froids.
La lai<Sfoe,ozeille, pourpier , concombre, courges, lariette,
Herbes ten- cor nc de cerf,trippe-madaine,poiree ou bette , ôc autres herbes
dres. têdres,ôc encor lesartichauds,fe{èmenten printemps, Ôc le plus
fouuentaufsi toft viennent celles de Mars Ôc d’Aunl,que deFc-
uricr,fclon la diuerlîté du temps.
Sur tout les femences Ôc graines que Ion veut lêmcr, doyuent
eftre bien meures, pleines, pelantes, corpulentes , grolïês, ayans
bonne couleur,rendans firme blanche au rompre, uon poudreu
fes;car la poudre qui chet des graines eftans rompues, demofo c
qu’elles font corrompues ôc de nulle valeur,
'
En coi»
DE LA MAISON RVSTIQVE*
Pour bien nettoyervn pot tout encroufté, auquel Ion a cou- Efcurerlcs
ft ume de faire cuire chair & bouillir eau, comme chaudron, pot valllcaux ’
de fer, pot de cuiure,& autres femblables, que toutesfois Ion ne
peut fu ffifamment efeurer, r iê n’cft meilleur que de faire bouil-
lir dedans des choux.
La laiBue. Çba}> H
A Laiftuc Te feme dru & efpez, comme le chou,
mais en Mars principalcment:car elle ne peut t ât
endurer de froid, ny de chaud.T outesfois que fe
mee en Septébre elle s’éduxciroit, pour l'hyuer,
^ & peut durer quelque temps replant ee:il la fout
arroufer de deux ou trois iours l’vn,fi le temps n'eft moite &: plu
uietix.Ec en la femant la faut arroufer, pour doute que la chaleur
du liens ne iette la femence hors. Eftant venue fur la couche, de
la hauteur de quatre ou cinq fueilles, il Ja faut replanter enterre
grafiè,& loin lVne de l'autre, &les arroufer en pied,mais qu'il ne
gele point, & ne focetrop grand' chaleur.
Lon ne replante point la petite laidtuc,ny la commune, mais Eai&ue çref
la grotte que Ion veut eftrc crefpelue,& pommee,ou que Ion P e l ue &.P°~
nomme Romaine, qui a la femence blanche, & plus grotte: car Lai&nc ro-
par la replanter, elle en deuient plus belle &plusgroflè,& de fo- maine.
ueurplus douce, principalemét fi on luyofte fa première tigea-
pres au oirefté replantée, par ce que la première tige ayant trop
de laîdfc, deuient facilement amere par la chaleur du folei!.
Si vous la voulez belle &blanche,liez^en la cime deux iours
au-parauant que la tirer de la couche , ou la replanter de lieu à
autre,& la poudrez en iablon pardefTus.
Lalaiftuepommee&fueiliue, &crefpue, & qui ne vient Eai&uc po*
h aute,fe fait en la defehau fiant en pied , apres qu'elle eft replan- mec *
tee,pent auoir lahauteur d'vne palme , & luy mettez du liens de
vache bien frais a la racine , puis la réchauffez & arroufez,& fi
toft qu elle iera en force,fendez luy le germe , & la couurez d.'vti
pot de terre , qui foit neuf,en iorte que la cime foit rabatuc, &
par ce moyen elle viendra touffue,pommee, & blanche : ou bien
fi vous voulez auoir de belles laichies , deux iours au-parauant
que les arracher,il leur fou t lier la cime, carainfi elles deuien-
uront blanches & belles. Pareillement le foblon iette pardefïiis
les fait deuemr blanches.
Pour la faire de bonne odeur , fanez -la auec la graine de ci- Boue Gcleut
tions,ou par trois iours faites tremper la graine en eau ou de cU L ' s
nus ou de parfum. ‘ - . V
S H
livre pi.
f Pour b faire meiler aucc autres herbes de fidade , comme o-
zeille,roquette,& fèmblables,toutes prouenâs d’vne mefme ra-
cine, mettez toutes les graines diuerfes dâs vne crotte de brebis
bien creufee au propre, puis la plantez bien profond, ou enuiron
dixhuit doigts en terre,& arroufez fouuét & peu à peu, & y pre-
nez grand foin quand elle fortira de terre.
Les autres rompent & efmient trois ou quatre crottes de chc
ures ou de brebis, & mettent les graines parmy , 6c lescouurent
de linge bien délié en forme de nouër , 6c les plantent corne def-
fus.auec la diligence quand elles fortent.
Aucuns arrachent les fueilles de la laidue qui font proches do
la racine, & au lieu des fueilles arrachées mettent vn grain de fe-
mence de roquette, cre(Ion,ozeille,& autres femblables , par ce
moyen fortent plufieurs 6c diuerfes tiges.
Singularités La laiduen’eft fans bons remedes , caria femen ce trempcc
delà laidue en eau où fera efteind l'acier , auec bien peu d’iuoirepuluerifé,
Fleurs blan- fouueraine contre les Heurs blanches des femmes.
C CS ’ Lafemenccdelalaiduecuitte&humeeen brouet, faitdor-
mir,elle mefme puluerifee 6c mefleeauec laid de femme qui ait
porté fille, & aulbin d’œuf, fert pour faire frontail à ce mefme ef-
fed. La decodion des fueilles de laidue cuittes en eau d’orge
beu ë, apporte quantité de laid aux nourrices, fi par apres Ion
frotte aucc la main les mammelles.
Dormir.
Lendiue.
L ’Endiue,autrement nommée fcarioleou laidue aigre, fert»
plus en médecines qu’autrement,&nefecultiue aux îar-
dins,par ce qu’elle eft toufiours aniere, combien qu’elle foit des
efpeces de laidues. V ray eft qu’à fou uent la replanter 6c trans-
porter de lieu à autre,ellepeut changer de nature, 6c fans grand’
peine du iardinier elle vient.
baceron [h<tp. \6.
L Aceron anciennement eftoit de requefte pour les falades,
iruis maintenant Ion n en tient comte, & eft feulement en
vfiigc pour les cônins &c Heures, aufôi il ne fe cultiue auxianiin*
par ce qu’il vient copieux es vignes*
Chicorée. Chap.i 7 .
L A chicorée eftde la nature de l’endiue,& fins Inculture SC
bon trmdcment,retient touiîours fon amertume.Elleam*
le li«
de la maison rvstiqve. <r 5
lé lieu humide , Et la terre bien labourée. Quand elle a qu atre
fueilles, la faut tranfplanter entcrrebien fumée , & à fin qu elle
ait des fueilles belles, larges & bien efpandues.des qu elle com-
mencera à auoir quelque accroil!ement,au milieu de les fueilles
faut mettre vne petite tuile: car par ce moyen elle elpandra les
fueilles, & les aura plus touffues. Par ce bon traitement elle perd
fon amertume, & alors l’vlage en eft és faladcs d’hyucr,& on ap
pelle chicorée blanche, & pour ce faiét, onia replante a la fin de Chicorée
Aouft:puis au cômencement de Septembre, que lés fueilles font anc c.
grandes, Ion la defplante fins rien froiflèr,& auec vn petit brin
de foarre Ion lie fes fueilles enfemble tout doucement fans con-
trainte,puis Ion lacoucheen terrebien fumee, les fueilles plon-
gées & couuertes,& la racine contremont,& au deiïus y fait Ion
quelque coutierture en maniéré de loge,ou Ion y îette de la p ail
lepour la garder de lageleedc du mauuais vcntiautâten fait- on
de l’endiue que Ion trou ue blanche quand on la retire, & eft au
manger aflez délicate.
Aucuns pour ce mefme faidlquand la chicorée aefpandu fes
fueilles,lient toutes fes fueilles enfemble auec vn petit filet, puis
lacouurent d’vn pot de terre, afin qu’elletire toufîours par fa
racine aliment de la terre. Parce moyen elle acquiert vne blan-
cheur & tendreté, & perd vnegrande partie de fon amertume.
Chacun fçait combien la decoéhon delà chicorée beué en Singularités
forme d’apozeme,cft vtile àceux quiontlaiaunifté, ou chaleur de la chico-
de roye.
Le ius de chicorée beu de deux iourslvn à îeun, appaife le n ,
crachement de iang. <j c f an g #
La chicorée pilee& mifefoubs le tetin gauche, guérit la dou-
leur du cœur.
L’on dit que la deeo<Stion de la chicorée des champs beue
fouuent,rend le tein£t des femmes plus net ôc plus gay.
x^mcbaud Çbaj? iS*
A plante de l’artichaud eft autre que de l’endiuc
ou chicorée, car aux artichauds pour les plâter
en Automne,qui eft enuiron le mois d’Octobre,
tant font ils féconds & fertiles, on ne prend que
les plus grandes fueilles auec leurs branches,&
autant de groffes tiges du milieu,qui ne feruent plus de rien a-
pres que les œillets en font tirés 6c replantés:aufsi bien on a cou
ftumeietter parvoye lefdites tiges , & les plonge Ion en terre
q iij
chaud fur
couche*.
livre ii;
bien fumee, la fueilfe amont , 8c la tige couchee & bien cou-
uerte, & les garde Ion ainfi en les arrouiant quelque fois , fi le
temps n’cft allez moite, pour enhyuerou autre temps faire des
Cardes, cardes : & rcpicque Ion les œillets en terre fumee, bien proui-
gnez,& couuerts en hyuer,pour l’annec d’apres produire frui£l
nouneau. '
Semer arti- Au demeurant l’arti chaud le ieme au croiilant dclaLunede
Mars fur couches bien fumees & amendées, & ne fuit atten-
dre fruiefc qui foit entier&parfiit que d vn an apres.Et fi voulez
quclafemence proffite , faites des follettes fur voftre couche à
vn grand pied loin l’vne de l’autre, profondes & larges de demy-
picd,& les emplilïèz de vieil fien& bien menu , 8c de terre noire
bien delice enfemble , 8c là defïus piquez y voftre graine d’arti-
chaud deux doigts auant dans terre la poinéfe en haut , 8c la re-
couurez doucement fans trop piler ne fouler.Etfi toft que l’arti
chaud aura frit lès fueilles affez grandes , il le faut àrroufer, &
côtinuer ccft arroufement en lieu fort fcc, à fin qu’il porte fruid
tendre 8c bien gros.
Surtout fefautdonner de garde , que lafernence ne foit pi-
quée la pointe contre bas, car elle produiroit artichauds tortus,
debiles 8c fort menus.
Si l’on veut que Partichaud vienne /ans efpfne , faut frotter
contre vue pierre, Sc rompre le bout de la graine, qui eft poin-
tu 1011 mettre la graine , en maniéré d’ente, dans la racine de la
laicbue qui foit fans efcorce,& mife par petites pièces , en forte
qu’en chacune pièce foit entee vne graine d î artichaud 3 & la plan-
ter ainlï.
Arti chaud Vous aurez artichaud de bonne fenteur,(7 vous mettez trem-
,c Ur
° ne fcn P cr . la graine auant que la femer l’efpace de trois iou rs en ius de
roics ou de lis, ou huile de laurier, ou quelque autre ius odorat,
Artichaud P 11 ’ s lafcidhez & femezainfi.
d’odeur de Vous aurez artichaud de l’odeur de laurier fi fendez oufài
1 ""“- vn
,
trou
J “ ™ ë ra,11 delaurier, auquel mettiez laenine'de
1 artichaud, & les plantez ainfi. • 5
doux.‘
C “ I : CS artIch ‘ lu fs feront doux, fi auant que fe mer leur graine.
Taupes & vous la trempez en hittou miel,puisladcfteichez& femez
,
D^rlortes de bcftcs (bm la guerre aux racines de l'arti-
1 ““ c
,
h T ’ r >mS
, KT UpCS ' U fien llc pourceau, on les ccJres
OC figuier efpandues a 1 entour des racines de Partichaud chaf-
eut les foumMutantcn aduiendra-,1 filon enueloppe fesrad-
se ans de la lame. Quintaux taupes.nousparleronscyaprcs
tic la manière de les chafter, ' - 1 * 1
4
1 a racine
DE IA MAISON ÜVSTIQVE: *4
La racine dfcRutichaudcuitte en vin &beué, eft fouueraîne Verras d\ir-
pour là difficulté d’vrine, pour puanteurdes aifell«,Ôc «M’vrinc ncluuds.
mefine pour chaude pille tant de vcrol le que u autre eau fe.
Ozeilie & ‘Pimprenelle, Chap 19 .
2, E I L L E & pimprenelle, en cores que fuis cul-
ture elles viennent en grade abondance aux prez*
toutesfois elles fe lement fur du liens au printep
X* & demandent àeftredu commencement fortar
'roufees , & qui en veut auoir la graine , il les fâu
repi anter,& les laifler croiftre à perfection , & feicher. Elles ne
craignent le froicLny la gelee,ny l’abondance des caux:& deman-
dent ( principalement i’ozeille ) pour deuenir belles , deftre ton-
dues trois ou quatre fois fan.
La fueille de l’ozeille cuitte entre les‘cend r es chaudes, avne Vçrfuç ^ c
vertu finguliere pour refoudre ou faire apoftumer les tumeurs p 02( eilie.
des yeux.
Cataplafme fait de fueilles d’ozeilleauec deux fois autant de
vieil oingt, le tout bien battu & méfié enfemble,puis mis das vnc
fueille de choux fous les cendres chaudes, eftfôuuerain pour
joutes apoftumes froides.
Lafemenced , ozeilIepalucnfee& beuëauec eau ou vin, ap- Dvfencerie
paife les dyfenteries.
L’ozedle trempee au vinaigre, & mangee au matin à ieun, eft
prefëruatiue de pefte.
Les fueilles de lozeille bien battues appliquées fur le poignet
adouci lient l’ardeur delà fieu re.
La pimprenelle des iardms,qu i eft celle que Ion met aux fak- y crtus de
des , de laquelle nous auons icy parlé, prifë en breuuageeft fou- pimpienelle
uerainepour reftraindre le flux menftrual des femmes, & toute
autre forte de flux de ventre : meftne pour defPeicher les playes
& vlceres , fi Ion l'applique en forme de cataplafme. Lon en Elit Peftc
grand cas en temps de pelle , & dit-on que le frequent vfige de
pimprenelle eft fouueiain preferuatif contre les maladies dan-
gereufes.
- i
Çorne de Cerf & Trippe-madame. Cbap 10 *
ORNE de cerf Oc trippe- madame n’ont befoin Corne de
de grande culture : car toutes deux viennent en cerf. -
telle terre que lon veut, foitlabouree ounô.Vray Po “ r *“ oir
i.eft que fi tu veux auoirxorne de cerfqui foit bel- belle.
le & touffue, tu la dois fouuent tôdre, trainer par
T rippe- ma-
dame.
Vertus de
corne de
cerf.
Vertus de
tnppe-ma^
dame.
Griftc-ma-
rine.
il.
Cofiture de
ctiite-mari»
ne.
îauniffe.
Calcul.
livre il;
de .Tu s vn rouleau , ou marcher auec les pieds : car elle Te delefte
de tel traitement, ne voulant croiftre que contre terre. La trip.
pe-madame ne craint aucunement le froid , & vient principale-
ment en terre pierreufe & cailloueufe. Ces deux herbes font mi-
fes aux ialades de l’efté , encores que toutes les deux n’ayentny
faneur ny odeur à ce conuenablc. '
La corne de cerfcft bonnepour reftraindrele flux de ventre.
La trippe- madame pilee auec lombarde ou lai&ue, .appliquée
fur les poux,tempere l’ardeur de la fleure.
Terceperre ou (^rifle-manne. . C^ a P'
ERCEPIERRE, autrement nommée cri-
fte-marine,fe ferrie en heu bien fec&fàblonneux,
& demande du commencement eftre fbrtarrou-
fee. Qui en veut auoir la graine, faut laiflèr croi-
_ _ lire l’herbe à perfè6lion,puis faire ièicher fa grai-
ne a la forte d-u grain de blé.,
Lonlapeut confire en vinaigre Sc fiel en me fine forte que Ion
confit le pourpier, & telle eft fouueraine pour la difficulté d’vri-
ne, pour la iauniflé, pour rompre le calcul,&pour exciter Tappe-
tit fi on en vfe au commencement du repas. Au defaut de celle
qui fera confite en vinaigre,lon peut faire décoction de la fueil-
le,de la racine , ou de la démence , en vin , pour en vfer en melîne
maladie»
Soucy.
Soucy . 22 .
Soucy
fu.
roui
E foucy n’a befoin degrande culture,car il vien
en telle terre que Ion veut, Sc ne demâde d’eftn
icme tous les ansipar ce qu’vnefois femé reuien
de iby-mefine,&porte fleurs aux calédes detou;
les mois de lan,tanteneftequ’enhyuer:defàii
qu a grand’ peine Ion en peut deliurer le lieu où il aura eflépre-
nuercment femc.S ileft /ouuentesfois tondu,il portera des fleurs
plus belles déplus amples , toutesfbis plus en Automne qu’au
printemps. *
Vertu* Je „- I
le
.
, "» dc fle " r * dc <°>'ey Heu à ieun, a grande vertu pourex-
t
menftri1 -' 1 des femm's.Le mel, lle iusmefle fuïe bitnt.
Do» tu. itt.pe,, devin ou vin.ngre t.ede, eft fouueram pour appairerrextre.
1
'"' douleur de* dent, ,lî lo„ en vfe eu forme d e Uniment.
Mlle.. teins desfleursde foucy beu à U quantité de deux onces au
commencemeat de. la .Heure gcftilentiale, .guérit de la pelle
moyen»
£>E IA MA ÏS ON R VSTIQ^VE. <?f
moyennant que le patient , apres auoir ben de ce fus > fe couche
incontinent^ fe face Tuer bien couuert dans le lift.
Xa confèrue de fleurs de foucy eft vn préparatif contre la
pefte. ; -
Boire demye heure auantl’accez de la fleure quarte enui r
ron trois onces de vin blanc où foyent deftrampez fept grains de quarte,
foucy , & itérer quelque temps ce bruuage au «latin , eft vn fou-
uerainremede contre la fleure quarte. '
Ficure
'Bettes & poiree, Cbap. i 3
O IREE,que Ion nome autrement, Bette &. lotte
és Romans, le feme en tout temps, Ipecialemet de- Bette,
puis Décembre îufqu’enMars, &en Aouft, pour lotte,
auoir feméce qui dure bône trois ans.Et pour ceft
_ effe£bla faut replâter de cinq fueille,& mettre aux
racines vn peu de fien nouueau,puis la cerfouer,& bien nettoyer
d’herbe : ellecroift allez, & reuient , ençores qu’elle fbit coupee,
fi elle eft mife en terre grade & bié fumee. Elle a en foy cefte par- Particulari-
ticularité quafi admirable , qu’elle n’acquiert fon entiereperfe- té de la poi-
ttion que le troifieme an de la fe moi fon: à raifon dequoy ie con- rcc *
feillerois auiardinier ne recueillir femence delabette pourfe-
mer,finon celle que rapportera la bette au troifieme an , car de
cefte le mence viennent belles bettes.
Si vous voulez auoir des bettes qui foyer fort grandes ôc blan Gr , ,
ches , il faut couurir les racines de fien de bœuf recent , & leur te
™ n
fendre le germe, comme Ion fait au porreau, & mettre par deflii s
vne pierre large, ou vn quarreau.
Si voulez auoir des bettes rouges, arroufèz-les aueclie de vin R
rouge , ou les mettez en vn lieu où elles ayent grand’ chaleur de “ c * r °“‘
foleil. .Jo gcs.
Les bettes mangées en potage lafehent le ventre : le iusdes Vf . r r„c a. u
bettes hume par le nez,purge le ceaueau : le mefme ius frotté fur poirce.
ate e, ait mourit les poux & les lentes. Les racines de bettes
cuittes, entre les cendres & mangées , oftent la mauuaife odeur p onx v } en „
de 1 ail mange.La racine de bette pi.ee & iettee en vin, trois heu- tes.
res apres le conuertit en vinaigre. Pourfaire
^Arrocbes,
Vinaigre.
A Çbap . 14.
RROCHES viénët naturelle net fur terre famé; de fiés N
d “ t ‘ icua bcc en lieu où autrefois y ait eu poiree ; & deuien- Arrothes,
i
. r tt VRE tt?
Sent f Ottgéî, ainfî que la poiree,en lieu trop gras & fumé. Sinon,
Ion les fetneen Feurier , Mars 8c Auril : 8c veulent eftrefouuent
arroufees. Aueunslcs fetnent en Décembre pour en cueillir Thy-
uer. Ne veulent cftre tranfplantees aucunement, pluftoft fouucnt
Tardées, arroufees , fumees debon fien , fouuent tondues & ef-
• - mondées auec vn infiniment de fer , à fin qu’elles ne conuertif-
ient toute leurfubftance en fuetlles.Sur tout dés que leur femen-
ce eft efpandue fur terre, les faut incontinent couurir de terre,
&les femerle plus clairement que Ion pourra, à fin qu’elles en
viennent plus belle^r. i
% Jettes ou ! "B lijlr es , ou folree rouge. C bap. i y .
* j 1 - » •-
Blettes. L E T T E S fe fement en Mars , 8c ne font long
temps à fortir de terre. S 1 on les iême en terre bié
labouree , elles viendront aux années fuyuantes
fans eftre femees, de forte qu’à grand’ peine Ion en
^ peut deliurer la terre, & ne demandent d’eftre fit-*
•» i
cleesintemondees.
Vertus des Les blettes lafehent le ventre, leur décoction où auront bon»
blettes. Ji racines &fucilles , fait mourir les lentes 8c poux ; leur fiieilles
-«s, cuirtes entre les cendres ou bo uillies,guairillènt les brufiures.
Efp
mars Cbap. x6.
ESPINARS ouEfpinocheSjlê fement en Septem-
bre 8c Octobre, pou le Carefine : 8c en Décembre,
Ianuier,& Feurier pourl’efté : elles endurent allez
Tinipetuofité du temps, comme gelees;, froidures,
neiges: viennent en toute terre , moyennant qu’elle
foie bié labouree 8c quelque peu humide:ne demâdent d’eftre far-
clces:toutesfois onlestond louuent, 8c en viennent plus belles.
Et qui les veut faire longnemét durer & proffiter,il leur faut tail
1er à vne fois la moitiéde la tige,à l’autre fois l’autre moitié.
Mefmc qui veut quelles rapportent quelque temps, fans e*’
ftre femees tous les ans , faut les iemerl’annee première de graine
bien nournexar les années fuyuantes elles reuiendront fans eftre
femees, combien qucla graine qu’elles produiront aux fécondés
annecs,lëra quclquepeu debile.
Les P arifiens fçauent allez combien font vtiles les eipinars
pour la nourriture en temps de carefme , lefquels en font diuers
appareils pour leurs banquets : maintenant les fricailênt auec
• beurre
de LA MAISON RVSTIQVE. 66
beurré &verjus:maintenant les confident a petit feu auec beurre
en pots de terre. , * r . ,
L’vfaged’efpinars eft bon à ceux qui ont la voixoularefpira Vertus des
tion empefchcc,&qui touflent fouuét,principalemét fi au matin eipmars.
Ion hunicvn bouillon d’elpinars cuits auec beurre frais, ou hui-
le d’amendes douces.
»- ,
2 ? our roche fBuglofe Langue de chien
Chat>. 17 .
OVRROC HE,buglofc,&lâguede'chié,feruét Bourroehc.
en potage,quad leurs fueilles font cèdres: & leurs Langue de
fleurs duifent en ialade.Lô les femc en Aouft>&en c hi cn#
S eptembre,pour rhy,uer,&pour l’efté en Aunl:&
les peut-on tranlplanter en tout temp$>& en cucil
le-lô la fenièce demy meure^à ce qu’elle ne faille hors delà cotte.
Labuglofe apporte g tyetéaux perfônes qui en vfent fouuét. Vertu de bu
Le bouillon où aura bouilli la buglofelafchele ventre.La racine glofe.
debuglofe qui aura porté trois tiges > pileeauec fafeinence,&:
bouillieen vin, fert beaucoup contre les fleures tierces. Levin
où aura trempé la fueille de bugiofe, ofte toute trifteflè. lus de
buglofopourreaux &perfll meflez auec vin ou huile d’amendes
douce s , eft vn fouuerain remede pour faire auoir l’arriéré faix
aux femmes accouchées.
;
;
'
• • . • ; i; . .
• •
(
Pom4UX ) [tboules ) Çiuots.
Çhap, 1 8 .
O R R E A V X,CibouIes,& Ciuots ne demâdct PorreJrax
terre fi riche ny amendée q les herbes cy deilus nô Ciboule?!
mees.&les peut lô femeren tout temps, finô que Ciuots.
pour en auoir la graine, fl les faut femer en Dece-
bre,Ianuier } &Feurier,pourla cueillir apres les
nlois-dc Mars,& n) y Aouft. Et fi drés qu’ils auront eftéfemez,
marchez fur les rayôs 5 & neles arroufez que quatre Jours apres.
Lon les plante il toft qu ils ibnt creus de iemençe., ou par
rayons,8c lors onneleurofte rien que les cimesiou dans vn trou
auec le bafton,& adonc on leur emondc & eichargotte les raci-
nes 8c les fueilles,en méfiant du iable auec de Ja terre: ou les plan
* erez pour faire d^uenir gros,mefmes en y mettât vn carreau fur
«tefle^pres que les aurez plâtcz.Ce fera en Aunl,May,& tout
X 11
e
s
ê
y
' i't I V R E TT.
au long de Iuîn,pouren auoir ene^é,en Aoufl,Septébre,&0.
â:obre,pour en auoir en hyuer:fur tout les faut farder & f Ume r
forment, principalement les pourrcaux tcftus. Au demeurât, pour
• les grofsir bien fort, mettez graine de concombre ou de naueainc
dedans vne canne ou cafïe percee,& incerez celle canne dansla
telle du porreau en le replan tant:ou bie fi voulez auoir des gratis
8c gros porreaux,faut mettre de leur graine, rat que trois doigts
en pourront prendre, en vn vieil linge 8c fale,& finferer dans ter-
re, puis le eouurir de fiés,& l’arroufer incôtinent: car tout le niô.
ceau de la graine afiemble 8c vny, fait vn grand 8c gros porreau.
Vertus du Si vous mangez du cumin auantque manger des porreaux,
Porreau, voftre haleine ne fentira par apres l’odeur des porreaux.
* - Le porreau pilé & applique en forme decataplafme fur la
Venin: tào.rfure de belle venim.eufe,eft fouueram remede.
lus de porreau méfié auec vinaigre,frotté fur le front, appai-
^l ux f
e , le fl ux de fang par le nez.
. , La femence de porreau pilee&beueauec vin blanc, guarift
d'vrinef la difficulté d’vrine.
A couche- lus de porreau beu auec vin blanc,aide à accoucher les fem-
mes qui travaillent.
ment.
Crachemct Semence de porreau, pilee auec myrrhe, &: fus de plantain, eft
de fang. fouuerain pour appaifer crachemen t de iang,& flux de fangpar
le nez, • •;
. . . • fi ; L ’
Semence de porreaux iettee dedans vn va i fléau de vin , em-
pefchequele vin ne s'aigrifle,& s’il eft aigre le fait ^retournerai
fa bonté.
Pourceline.
Tour ce fine ou'Pourp'ier. Çhaù.
1
* ' A * J + \
' * T H '
A P ourceline aime eftre fèmee en Feurier , Mars,
AuriljMay Sc luin^non en autre tempsrcar elle ne
peut endurer le froid, Elle vient en grande fccon-
/vwi ^ A*** couches battues de vieil fien, ou en terre
«cd'Aort gradé parfoy,ourrudlee entre choux,oignôs,
n: porreaux:& depuis qu’elle aura prinsl’amourdefaterre,ne
faudra tous lesansàreuenir finslabountoutesfoiselle demade
d eftre fouüent arrouféera fin qu’elle ne face point de (bûche, elle
oit eftçe hiife eS ombires des arbres>& en mottes pleines d’hcr*
Vertu du >cs > non C ^pefles,ciucremehtelle ne fe pourrait bien dilater.
Le pourpier mangé guairift lafpcntéde dents, &empefche!c
ic. crachemét ac fing:appliqué fur le front, appaife les douleurs de
poorpicr
D/lenteric
tefte; mis fur le riombrïl ftict mourir les vers des çnfan$>La déco
élion
de la MAISON RVSTIQVE. <SJ
«aion de ics fueilles,ou de fa femence.ou l’eau qui en eft diftillcc, vert, foi if.fie
eft louucrain remede contre la dyfenterie,& les vers des cnfans. g
r
^* r
a
e
r, K tcs>
Vne fueillede pourpier mile fur la langue, appaifc la foif Caca- lçu ^* c
plafme fait de pourpier] 8c de farine d’orge applique lur le fbye
&les flâcsjfaitvn œuure miraculeux contre les Heures ardantes.
Liniment fait auec miel & pouldre de la racine de pourpier de-
feicheejguairiftles Allures des lettres 8c des mains.
Oignons. Cahp 30.
I G N O N S, de la plus grand’ part vculéteflrc lé
niez en Iâuier,Feurier,&Mars,en terre gra(Te,bic
fumée, moite & amendée: Re demandent élire re-
plantez en Auriljloingà loing,bien larclez&fou
tient labourez pour les faire grofsir,& défendus --
du vent de galerne.Ceux que loa veut referucr pour auoir de la
graine, quand ils feront leur tige, & commenceront à monter,
faudra mettre entre deux de petites perches pour les tenir droits,
8c empefeher que les vents n’abattent leur tige. Lon les cueille
en decours en temps ferain 8c fec,quand les fueilles commencent
à fe feicher, & la femêce commence à fe noircir,car alors faut ar-
racher les tiges entieres,& les feicher au foleil : & dit' on, qui les
femeâc plante quand la lune eft foubs terre, ils en Tentent plus
fort 8c en font plus menusrau furplus lô les laboure ainfi que les
porreaux. Mais il faut noter qu’ils aiment la terre rouge , 8c que
pour les faire venir grands il leur faut en les plantant ofter les ci-
mes,&defnuer les telles :& vingt iour auant que les replanter,
fouir la terre, & lalaifler feicher , quelle n’ait aucune humidité. JJ
oar g ardcT
Et pour faire que les oignons nel'e pourriront point , il les faut fl ofonon,
plôger en eau chaude,& les faire feicher au foleil, & apres qu’ils
léront feesdes mettre dellus dè la paille d’orge, en forte qu’ils ne
touchent point l’vn à l’autre. Vertus de
L oignon eft meilleur pour envier que pour en goufter : car l’oignon.
qui mangera tous les fours oignons fort tëdres auec miel à ièun,
il en viura plus fainement; - Poil.
^ Le fos d’oignon fut reuenir le poil, nettoye les oreilles for-
diaes & purulentes , ofte les taches blanches tant de la face que Hydrop.fic.
e tout e re e du corps : auec Mis de fènoil guairit l’hydropitïe
5 l V COm ^ n ce.wittirc par le nez, purge le cerueaurmefléauec graif Mules aux
r f ^? U n 5 ^ e ^ clc ^ e l es mules aux talons : appliquéauec linge taIoas '
furies brufluresdes appaife. n 4
°lguon cuiclen la braife y &c mangé, giiairitlatoux : pilé Toux*
"J
c
4 LIVRE iï :
Hcmoriboi auec beurre frais, appaiiè les douleurs d’hemorrhoides,pilé auec
<!«• miel & fel,eft remede fouuerain pour les morfuresde chien en-
chicn^cn-
C ra 8^ ^ aulres belles Semblables: niellé auec graiflèdepoulle,ofte
rage. les taches rouges & liuidcs de la face : cuit en vin ou en cau,puis
pile Sc fricaflc en huile commun & appliquéen forme decata*
Trenchce*. plafmelbubsle nombril , appaife les trenchees des femmes ac.
couchees.-cmét à la braile & meflé auec leuain 8c huile de lis, fait
Apoftumcs. apollumcrles tumeurs.
^4 ils. }t
Ails.' ILS voulént dire plantez en mefme temps que
les oignons, non de leur telle entière, mais des pe
utes daulïês & parties efquelles Ion aura diuifé&
départi leur telle:lèront plâtez loingà loingfur
^ couches diuifeespar feillôs lêmblab les aux rayés
des terresdupaysde Beaufl’e, afin queles eaux d’hyuer ne les
puillènt gafter.Car celle plante demande terre feiche & peu hu-
mide, très blanche, &: non beaucoup fumee ny beaucoup gra(Tc.
Quand ils aurôt ietté trois fueilles,les faudra farder le plus fou
lient que Ion pourra, car ils deuiendront plus beaux , 8c leur fe-
mence en fera plus grolïè. Qui leur veut faire auoir grolTe telle,
auât qu’ils iettent leur tige, leur faut olter les cimes, ouïes fouler
aux pieds,par ce rnoyé le fuc retournera aux efpics.Si vous les fe
tnezau decours delune, & les arraehez aufsi quand la luneeft
Ail* doulx. foubs terre, vous aurez des ails qui ne fentirôtfifort.Pareillemét
ils aurôt vnc laueur douce,fi,quâd vous les lemez , vous plantez
parmy eux noyaux d’oliues.Letêps cômode& propre à les cuei
,, .. br eft en decours, en tépsferain & fec,quand leur tige ne fe peut
Car e ai s plusfouftenir.Ils ie gardent bien nuds fur lapaille, ou pcncusà
la fumee en lachenunee, ou trempez quelque peu en eau falef.
Vray eu que pour les femer par apres, ne faut ny les mettre à la
Vertu de * UI ”^ e n y es tremper en eau iàlee,car telle garde les rend ficriles.
l’ail. L ; ulen viande apporte vne odeur alïbz mal plaifanteà la bon-
c ie, pour s en guarantir, faut manger incontinent apres vne
Couft d’ails. febue cr ue,ou vne coite de poiree bruilee és cédres,ou du perfil
rn rL'?“ :OU p0 %\“V c
.
ux ' fltu te deledes au gouit de l’ail fans
nirmauuaj e halaine , vfede vinaigre dans lequel ilait
trcmDC,OU hlfn m < « ^ *
Pcfle.)
7T> ou frotter auec ail, p,aT s „„T„ 3£* «
u*)”. e ’P arc ^ m ®y en tu enauraslegouftàla bouche, 8c iî ton
Marne n en fentiraaucunemem mauuais.
— a ^un cfi huhcriaque des gens rijfhques en temps
~ * •" dépens
~ DH la maison RvsTiayff. a
4e perte, & Autres maladies dangereufes, mefmes contre toute
forte de venin.
L’ail appliqué en forme de cataplasme fur moriure de fèrpent, Morfure de
ou de chien enragé, eft fouuerain remede. Létc^pour
"
Liniment fait d’ail , fel & vinaigre , fait mourir les lentes Sc Toui ’;
poux,
Contre toux inueteree& de calife froide, fert beaucoup de
frotter la plante des pieds ,1’efpine du doz , & lez poignets,d’vn
vnguent ou Uniment préparé de trois ails bien pilez & battus en
fein de pore.
Contre douleurs de dents de caufefroide, rien n’eft meilleur Douleurs de
que de teniren la bouche vinaigre ou décoction d’ail , ou appli- dents,
quer fur la dent dolente trois d.iuflès d’ail pilees en vinaigre.
Pour taire mourir les vers des petis enfans eft bon de leur fai- Vers,
re manger des ails aucc beurre frais, ou bien leur en faire cata-
plafme lur l’eftomach.
Ceux qui ont difficuItéd’vriner,ou qui font fubie&s au calcul. Difficulté
recoiuent grand allégement à manger des ail z. d' vrine.
Pour garder que les oytêaux ne focent tort aux fruits nou- O y féaux,
ueaux des arbres , faut pendre aux rameaux des arbres quelque
quantité d’ail.
Ejcbaîlottes ou ^ppetîs. Chat> ?
SCHALLOTTES ou Appctîs vicnet mieux Efchallot-
d’eftre plantez que femezrcarquâd ils font femez, tcs *
il n’en faut efperer grande beauté auât la fécondé
annee. on les peut planter depuis le premier iour
- deNouembre iufques au mois de Feurier, pouf
en auoirle fruit au printemps prochain, & tè plantent comme les
ails: mai s ce Pendant les faut cueillir auât que la violette de Mars
.fleurifle, car fi on atted qu’elle ait fleury, on les trouuera bié fort
diminuez & chetifs.Lon pourra cognoiftre quâd ils ferÔt meurs,
fi Ion voit que leurs fueilles fe defcichent parbas : pour leur foire
auoir grandes & grottes telles fondra mettre à l’entour de leurs
racinees des carreaux, comme auons dit des pourreaux.
Qu,a a v age des e cha!lottes,if n’enfautefperer grand aide Vertu desE-
nyp r ° r^inon pour ceux qui font plus addonnez à leurs volu- fchallottes*
p ezqua eurfantércarl efchallotte ne fert à autre chofe qu’à in-
citer les perfonnes aux a&esvencriens. — '
i
livre ii.
Perfil;
Terjîl. Chap 33
E Per fil ne requiert pas grâd labour, &ainîe terre
pierreufe 8c fablonneufe. Ne demande aufsi grâd
folage:parquoy fera bon le femer fous les treilles:
_ - fur tout il demande fort eftre arroufc.& qu’ ainfi
près de quelque
fontaine ou ruiftèau,il croift fort beau 8c en grade quantité. Et fi
quelqu’vn en veut auoir qui ait les fueilles t larges,faut qu’il mette
dans vn linge clair tant de graine qu’il en pourra prendre auec
trois doigts , 8c la mette ainfi dedans les carreaux : ou bien faut
mettre dans vne crotte de cheure quâtité de graine de perfil, & le
planter ou femer ainfi : 8c qui le voudra crefpu , il faudra piler la
graine d’vn pilon defaulx, tant qu’elle fe delcouure& delpouil-
le,puis l’enuelopper en linges , 8c la mettre en terre. Autrement,
fans auoir celle peine,on le peut faire crefpu en quelq forte qu’il
foitfemé,fi on roule vn cylindre ou pierre rondepar deftus, aulît
toll qu’il cômence à croillreiil fait bô le femer depuis la my May
iulques au folllice,car il demande aucunement la chaleur.
Tant plus vieille eft fa l'emence, tant mieux vaut, 8c en dure
plus long temps fans eftre femé-, en forte qu’il ne fera befoin en
i'emer ou planter de cinq ans , encore qu’eftant femé il ne forte
pluftoft hors de terre qu’au foixantiefme îour Toutesfois pour
le faire auancer 8c croiftre bien toft,fmt que la graine trempe en
vinaigre quelque temps, puis foit femee en terre bien labourée
8c remplie à moitié de cendre de coflâts de febues : 8c dés qu’elle
fera iemee,l’arroulèr fouuent 8c legierement auec bien peu d’eau
de vie, 8c incontinent apres Parroufement , la couurir par delîus
de quelque piece de drap, à fin que fa chaleur ne s’exhale. Par ce
moyen en bien peu d’heure elle commencera à fortir , & alors la
r* i 4 < • « « _ -
Vertu à\i
perfil.
y 1 s ^
faudra defcouurir de la piece de drap,& l’arroufer Ibuuêt, par ce
qu’elle iettera vne tige haute & grande à merueille.
Cataplafme fait defueilles de perfil auec mie de pain blanc
airit les dartres, refout les tumeurs des mamelles, & fait perdre
g u
.
le inidt aux femmes accouchées.
Accouche- Leius de perfil tiré auec vinaigre, & méfié auec bien peu de
meut. ici. Aide à Accoucher aux femmes cjui font en tfAUAil.
Halcincpu- L’vfage frequent du perfil ofte la puanteur d’haleine,pnrquoy
ante. ceux qui veulenthanter les grades compagnies, &quiontmau-
uaiie haleine, doiuent eftre munis des fueilles récentes deperfil»
pour nuicher ou tenir en la bouche.
V
La déco-
de la maison rvstiqve: g 9
L.t deco&ion de racines ou fueilles de per/îl fèrt à faire vri- Vriner, eoli
ner,à iettergrauois retenu aux conduits de Pvrine , & à appaifer ^^ u,cur
la colique & douleur de reins > vfurpee en forme de fomentation ins ‘
fur les parties dolentes.
Les fueilles récentes de perfil cfpandues fur l’eau des cftangs Poiflonj.
& pifcines:recreent & refiouillènt les poiflbns malades.
Roquette . 34'
O QVETTE, herbe frequéte aux ftlades * bonne Roquette,
pour tépererla froideur de laJhu£hje,j(e peut femer
& planter, tant en hyuer qu’en efté: car elle ne
craint le froid , ny autre importunité d’air : ne re-
_ __ quiertgrâd labour, aime toutesfois d’eftre farclee
& fumee en terre iablonneufe.
La roquette ne fe doit manger feule 8c àpartjpourlexcefltuc Vertu de la
chaleur qu elle apporte à ceux qui en vfe;nt : auf/i on luy donne r0C l uccî;c *
pour compagnie la lai élue quand Ion en veut manger enfalade,
car fvne tenïpere l’autre. Elle eft bonne neantmoins jpour faire ;
vriner . appliquée en forme de cataplafme fur le penil : &c dit on
que trois f ueilles de roquette cueillies de la main gauche ,8c pi-
lees en hydromel , prifes en bruuage, font fouüeraines contre la lunifle , du-
iauni/Iè & dureté de rate. — T reté de rate.
‘ U f : .i :-'i ; i o ' '>
3 f 1
S U E doit eftrc fcmçc en terre bien labo uree& près Ache.
fruits dvne muraille : car elle aune l’ombre, Sç vient blé en
^ tout terroir. Exprès qu’on l’aura vne fois femee, fi
^ on nel arrache du tout, en y laiilànt vne tige d’an en
On la peut femer depuis le mois de Feuner iufques au premier
deSenremhr^elIeavemifemblableauperfîl. 1 “ •
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Cerfueil aimed eftreièmé fur terre bien fumee Cerfueil.
en Feurier,Mars ôc Aufil,auc,iuiefoi 5 en Aouft,&
Septembre 5 pour en auoir Thyuer , 8c veut eftre
fouuentarroufé.
U cerfueife^ite l’appetit, & eftfouuerain V«tt»fc'
1 r ” u e vriner & purger le iang. " tcrfiwB.
LIVRÉ II,
37 '
Coq 8£ fane
monde.
Afperge.
O QjSc San emonde, herbes fort plaiiàntes pour
donner quelque gouft d’efpiceaux potages &fa -
lades. Elles veulent eftre femees en Auril &en
May,& tranfplantees en Nouembre.
Toutesdeuxongouftdepoyure & de doux
de gyrofle, parquoy elles font bonnes à conforter i’eftomach. Au
euns pour exciter l’apjietit en font iàulfe verte auec ozeillepour
manger auçpfâivian de,
<SÎj]?erge. Cbab. 3 s.
SPE R G Ê vient au printemps en terre plaine £<
vnie, & ne demande cftrcarroufc fînon quelque
peu en Automne. Lon le ieme en foiTes profondes
de trois do|gts,& deux ou trois graines en chacu-
folle diftante de I autre enuiron de neufdotgts,
& quarante ïours âpres les graines s’amaffëht ôç fe ioingnenten-
mbl e,& fefont vn.-lon le doit larder fouuét,&nelefout remuer
la première annee > & n’eiï bon à manger que de trois àfix ans
' tranlplan té , Sc fouuent farcie.
L’annee d’apres qu’elle fera plantée , on luy pourra bien oflçr
quelques vnes de lès tiges,& en tailler d’autres pour grainer.
Les tiges qu’on oftera lèront couppces,nô arrachées, de crain-
te défaire tort à la racine.
Moyen d’a-
^
Pourauoir belles afperges éc en quantité, femez aux rayons
noir quâtitc c ù vousles replanterez, poudre de cornes de moutons, où de be-
3 pergc# * bers fauuages,ou autres:& puis les arrouferez.C’eftpour ce que
aux prez ils viennent naturellement.
Afpeige Autres difent (bhofetoutesfois admirable ) qu’il nefiutquc -,
? U co°rnc
re P 61 *" lefditcs comçs,&‘ les enfouir e‘n terre bonne, elles produi- *
de mouton *<pergcs.Et pour fifre que fouUe't les afperges produ.fent,
ou de bélier. " faut iertouer& farder les racines en cueillant l c fruift ; caria
plante eftantainlî traittee portera fruid autres fois.
Vertus de L’afperge fait vriner , opure les obftruâions des reins & du
a perge. foyc. Sa racine appliquée for lès dents dolentes }V appaife la dou-
ieur.-mile en decoctiq & beuè fouuentjdiflbut la pierre & calcul.
T argon.
’ r
J , RG O N, que les îardiniers nomment eftargon » ièftit
X de graine de lin > picquec cin pluficurs endroits de iâtcûc
1 • • ’ ' dVn
• <i r
l’I
D E LA MAISON RVSTIQVE: 7 d
dVn oignon rouge , qui Toit le plus fort que Ion pourra trouuer,
& mis en terre bien fumee : Sc apres qu’il aura germé la hauteur
d’vn pied ou enuiron, il en faut prendre la boutture,& la replan-
ter en mefme terre,& l’arroufer fouuent.
Letargon afemblablevertu quelaroquette:& ne fedoit mâ
ger à part Sc feu!, mais auec laiétues & herbes femblabies.
4
A .
> V
[ reJ
] on ,& Ber le . [ haf
. 40.
R E S S O N de cailler &alenois,&aufsiIa Berle,
aiment les lieux humides, &les riuagesdes fontai
n es & petits rmlïèauxiparquoy ne demandent au
tre labour es iardins,finô d’eftre toufiours arrou
fez,& qu’elles ayent toufiours l’eau au pied.
Tous Tes deux ont grande vertu contre la pierre Sc difficulté
d’vrine:& outre-ce le crefl’on de iardin miSen cataplaime refiout Vertus du
les carboucles,Ies gouttes fciatiques,les furuncles,& toutcautre cre( f° n & de
forte d’apoftumes, principalement s’il cft méfié auée leuain. “«rie.
Le ius de crcflbn inftillé dans l’oreillejguairift la douleur des
dents venant de caule froide. dents
CUr
Contre paralyfie de la langue,la graine de crefion mafehee & Paralyfie.
tenue en la bouche,eft bonne. Contre paralyfie des autres mem- Colique.
bres,fautappliquerfur leldits membres fachets pleinsdegraine
de creflbn,qui ayent bouilli en vin;ce mefme remede cft bô pour
colique.
Sdfjydtté Chapé 41 1
*. 1' \
, V . • - ' .
" • « >
^ANT au Saffran,comme fora dit cy apres, il ai SafFran '
me terre moyenne,& toutesfois bic aëree:& vient
bien es lieux oû Ion aura plantéibignon. Il n’ai-
me l’eau, craint la fouris & la taupe : & vient mi-
eux planté d’oignon que de femence.Lon le plan-
. AuriJ^ou May:& les laifle-lon pretuiercmët meu
rir les oignons amonceliez enuiron huit iours à l’ombre du fo-
leil,& les plante-lon auec la racineen terre bien fouye , & loing
1 vn de l’autre enuiron demy paulme,, Sc trois doigts en profond.
Aucuns les plantent pour le mieux,depuis la my Aouft, iufques
a my Septébre,& les laifienc en terre deux ou trois ans:& cha-
cune anneeen Auril Sc May,lon lie l’herbe qui lira fâche, & lare
£U eaux pieds enu.rô deux doigts en fon$,làns offenfer l’oignô:
après auoir bien nettoyé les herbes .quand la fleur fera meure,
T \ { *j
fafran.
1 1 VRE II.
comme en Aouft,& vers l’Automne , Ion la cueillira au matin à
foleil Ieuant,& Ltreferuera-on en lieu clos,& feiehement.
Bonté de Au furplus on cognoiftra le bon fafFran s’il teinét les mains de
fa couleur,& s’il a vn odeur quelque peu acre & poignant , qui
neft pas beaucoup fragile.
Le fafFran pnns en bien petite quantité eft bon pour foiblelfe
d’eftomach & faillancc de cœur,preferue de s’cnyurer,& guairift
de moriure de ferpent Ôc d’araignees.
s
Naucts.
Cueillette
& garde de
naucaux.
Naueaux & Nattets. Çkap. 4a;
V -
A V E A V X & Nauets fe fement d’vne mefme
façon en terre bien befehee , ôc amendée, ou que
Ion veut desfrichenou en eftoules qui auront efté
nouuellement bienlabourees,ou entre le mil & le
m panic, ôc méfié -Ion la fcmenceparmy la terre en
{
)oudre menue, pour la femer plus clair, & ne doit eftre plus vieil
e de trois ans : car quand elle^paflè trois ans, elle produit des
choux. Et s’il s viennent trop dru. Ion en ofte vne partie pour
tranfplanter ailleurs.Illes faut bien farder ôc befeher , ôc garder
les plus beaux ôc plus grands,pour en auoir de la femence ; Ion
les femc en Aouft.
Pour les femer on doibt attendre que la terre ait efté nou-
ucllement arroufee de pluie : car ils en viennent mieux. Et fur
tout ne faut qu’on lesfeme en terre ombrageufe : car les om-
bres leur font du tout contraires, encores que la terre foit bon-
' ne ôc fertile.
O nies cueille en Nouembre, ôc les garde on’en hyuerfur
du fableéscaues pour les manger durant l’hyuer dcletemps de
carefme : ie m’en rapporte à ceux de Maifon ôc Vau-Girard près
Paris , lefquels en font cueillettes ôc amas tous les ans pour les
vendre àParis. '* ‘ - "
Ram» Chaf 45 .
Raues.
Faues nour
rit«re dei Li
ouiiîns 8c Sa
A V E S ne font beaucoup difFerétes des naueattx
nauctSjfinôen groflcur & en fàueur.Car les ra-
ues font de beaucoup p l us groffès , ôc d’vn gouft
p l us pl ai fant que les naueaux-Ie me rapporte au t
— - nnoiîns &Sauoi/îé s , qui n’ont viâde plus exqui-
uoiücas. .. J cs wucsr&pour ce regard font fur tout foingneux de leur
- DE LA MAISON RVSTIQVE.^ 7 t
culture corne d’vn rapport de la terre qui leur eft autâtr, voire pl*
cher & plus neceflaire que le froümenc. Carils nourriftent eux
& leur beftail des fuetlles, tiges, caulicules , fommitez 8c racines
de raues :de forte qu’ils crient à la faim quâd en leurs pays les ra-
ues font gelecs,ou ont receu quelque iniurc du ciel.
La façon de les cultiuer eft quafi femblableà celle des na-
ueaux. Vray eft qu’elles demandent eftre femees pluftoft en Se-
ptembre qu’en autre temps,en terre moi<fte,bien fumee & foin-
gneufement amendée : par ce qu’elles fe refiouiflènt & deuien-
nét plus belles 8c de meilleur gouft par le'froid.neiges 8c brouil-
lars, qu’en temps ferain : qui eft la feule caufe qu’au pays de Sa-
uoye& Limoges elles y croiflent douces,tendres, belles 8c grof-
fes,à raifon des brouillars , neiges , & froidures qui y font fré-
quentes. Quand on les feme au renouueau,fautfe donner garde
que leurs fueilles ne foyent rongees d’araignees 8c autre vermi-
ne : &pourlesdeliurerdece malheur fera bon vn iour auant
qu’on les vueillc femer , de mefler parmy leur graine de la poul-
dre qu’on trouue fur le plancher , ou bien de la fuye du four ou
cheminee,puis les arroufer d’eau, à fin qu’elle en prenne quelque
humidité:& quand elle fera ainfi deftrempee la femer le iour en- r • >
fuiuant. Ceftvnmiracleennaturequcd vnctant petite graine raueseftfort
croift vn fruit fi gros , lequel aucunesfois poife iufoues à trente petite,
ou quaranteliures.Fautfurtoutfe dôner garde que leur femen
cenefoit plus de trois ans : car autrement au lieuderaues elle
produiroitdes choux.Pour Iesauoir belles &grofl’es,dés qu’el-® e ^ CJ taucs.
les feront aufs i grandes que le doigt,les faut tranfplanter loing à
loing,puis les couurit de terre 8c fouler bien fort : car le fuc qui
fe fuft conuerti en fueilles ôc tige,fe conuertira à l’augmentation
de la racine.
La cueillette s’en doit faire en Nouembre, & pour les garder Gâr< k ‘* c Iâ
le long de l’hyuer, faut les enterrer en folTes , ou les couurirde
fucilleSjOu de iemence demouftarde,
L’vfage des raues ifeft pas fort’ bon pour la fanté , toutef- vertus des
f
oda
e
res
dCCOdl ° n f ° UUerainc P our ferles pieds des Jucs.
i*
* S
V
V Raiforts. Çbaf. 44
A I F O R T S font proprement ce que l’on appelle àRaïfort*.
Raues, delquelles on vfe auec les viâdes en forme
’appetit,Ils vienée mieux d’eftre
f “J
*«r tra
1
L I VR E _ II.
Singularités pour les Concombres, Citrouilles,
Courges,. Melons >& fruifts fc
Çhap. î 1
I
*N
lia planche du melon n’eft Ci grade, 8c moins fu-
mée que celle du côcombre,ou de la courge, &fi
on nel’arroufe point fi toft qu’il eftné,d en vient
plus ferme, pl 9 Amoureux, &en eft pluftoft meur.
Pour faire pompons , concombres 8c courges
co
P u°rgT& ’ tremper voftre graine en huile de fefame trois
concombres loll rs deuant quelaiemer.
fans graine. p our au oir concôbres de telle fbrme&figure que Ion vou-
dra, quand ils font encores péris , les faut mettre auec leur tige
dans vaifi'eaux ou bouteilles qui ayent par dedans quelque hgu-
re>& les lier à Pentour : car ils rempliront les portraits & chara-
deres. Aufsi pour les faire Iongs,faut mettre leurs fleurs dedans
vne canne bien curée 8c vuidee de la moelle : car ie concombre
veroiftra tout du long. Ou bien mettreprez eux quelque vaif-
feau plein d’eau di fiant de demy pied : car comme auons dit , les
concombres ayment tant l’humiditc,quele voifinage de l’eau les.
feracroiftre 8c allongiriautant en eft-il de la courge.
Pourles auancerdecroiftre , U' les faut femeren cafl’es on
mannequinSjOit autres grands vaiflèaux qui fepuiflènt porter&
rouller ou traîner de lieu à autre au Soleil, mettre à l’abry 8c*
couuert,hors du danger du mauuaisvent &desgelees.Et quand
ils commenceront à croiftre,rongnez leur les bouts.
Pour les guarentir de la vermine 8c des puflbns,femez de l’ori
gan à l’en tour, ou en picques des branches entre les plantes.
Concombre p our f a j re q UC lecôcombre ou melon n’aura point d’eau, rem-
ans eau. ^ m0 itjé de paille ou de farmét bië menu la folfette qu’au-
rez faite pour femer vos graines , & y mettez la terre par dellus,
puis vos graines:& ne les arroufezpoint,ou bien fort peu.]
Pompon* Pour faire melons ou concombres laxatifs, arroufëz les cinq
ou melons leurs durant, & cinq fois le iour d’eau où ait trempé la racine du
laxatifs. cocombre fauuage,l’elpace de trois iours.Autrementdechau(Iez
les fi toft qu’ils auront fait germe, 8c les fumez en pied d’enui-
ron deux onces d’ellebore ou veratre noir deftrempé en eau ‘puis
les recouurez. Autrement, faites tremper la graine auant que 1*
femer, par trois iours en vne infuficn defeammonee.
Pompon* Pour faire pompons odorans 8c qui fleurent bon, mettez leur
odorans. graine parmy les rofes feiches» ôc lesfeinez enfembleinent,ou
bien
/.ttincemët
dccroifttc.
•/ *
de la maison rvstiqve: 7 f
bien mettez tremper leur graine,auant quel a fc mer en eau de d.i
nus ou de perfum.
Pour faire Pompons oit concombres fucrins, faites tremper la Pompons
graine en eau bien fucree,ou en miel.&pourles faire doux, en du lucrias *
laiit>& ainiiles iemez.
Pour faire qu’ils fe garderont long temps fànseftre gaftez ou Pompons
corrompus, il les faut arroufer de ius de lombarde, que Ion nom de garde.
me autrement, toubarbe. •
__ Fcme en fes
. La femme eftant en fes mois, fepourmenant parles plaches de raoij) f ait(ei
pompons, courges, & concombres, les fait feicher&: mourir : le c | ier & mou
fruit qui en refehappe, fera amer. rirlespom-
Les concombres demeurent frais long temps, s’ils font mis en pons.
lie douce de vin,ou bien en faumure, ou s’ils pendent en vn vaif- Cocombre s
fcau où il y aura vn peu de vinaigre, " > frais.
tern ^ S
Les pompons auront l’odeur de rofes , fî leur graine eft meflee Pompons
auec rofes feiches,puis femeetout enfemble,& alors font fort v- ayans odeur
tiles pour eftancher la foifen fleure ardente. derofes.
i.
Fraifes . Çb*P» I
R A I S E S n’ont befoin de grade culture, moyen Fraifes?
nant qu’on les plante en quelque lieu vmbrageux:
par ce qu’elles fe del citent grandement de l’ombre
des autres plantcs,aufsi on les void croiftre parmy _
^ les bois de haute fuftaye fans aucune cuIrure.Faut j”” fraifes
marquer vne innocence, voire quafï chofe miraculeufe,aux frai-
fes, tefquelles encores qu’elles rampen t contre terre, & qu’elles
foyent afsiduellement fbulees des ferpens, lézards & couleuures
& autres belles venimeufes, toutesfois elles n’en font infeitees,
ny acquièrent aucune faneur veneneufe, qui eft vn figne qu’elles
n’ont auc une aflîn îté auec le venin.
Entre autres commoditez qu’elles apportent, le ius ou vin Vertus des
que lô exprime des fraifes,eft Ibuuerain pourofterléS; rougeurs ta ^ cs *
6c petites gratelles qui viennent au vifagede chaleur de foye,mef
me pour appaifèrles rougeürs des yeux , & effacer les taches ôc
boutons de ladrerie. Semblablement la decoilion de la racine
Sc fueilles de fraifes fiite en vin, eft finguliere pour la iauniftè, fl
on en boit quelque temps au matin.
* ^ « «»
t
I I V R E II.
"Bnfdifcùurs des herbes medecinales pre*
mierement des Maulues Çutmaul-
Chap. î j •
Planches
pour les hcr
bcs medect-
«ales.
Maulues,
ues
O V S auons cy deuant dediéaucunes plachesfur
le bas du iardin potager , près la muraille du clos
frui£lier,pour les herbes médicinales , defquellcs
nous voulons que la fermiere ait la cognoifl'ancc
pour donner rcmede aux maladies de les gens. Et
poûrce regard ne fera crouuéeftrangefi nous touchôs quelque
mot de la culture d aucunes plus vifîtees 8c familières aux fcines,
laiflas la plus ample 8c plus exaéfe deferiptiô d’icelles à ceux qui
en font profetëiôrcar l’intention de mô but eft d’éfeigner au fer-
mier^ fermiere de noftre maifon ruftiq ce qui peut eftre neceflai
ve pour l’entretenemét de fa maifon 8c de fa famille. Or nous cô-
mencerôs aux MauluesjCÔme à celles qui font les plus ffequétes.
Maulues,encores quelles viennentpartout, toutesfois lion
les veut femcr,f.ure on le pourra plus commodément en Autom
ne qu’en autre temps , à fin que leurcroillàncc en longueur foit
repnmee parla vertu del’hyuer : car tant plus la maulue eft pe-
tite,d’autat en eft meilleurc.Elles aiment terre gradé 8c humide,
8c demandent eftre tranlplantees dés qu’elles aurôt ietté quatre
ou cinq fucillesrcôbien que feroit bien le meilleur de ne les point
tranfplanter,car leur faueur en eft meilleure:ains à fin qu’elles ne
facent hautes 8c grandes tiges,dés qu elles feront lorries hors de
terre faut mettre quelque petite tuilleau milieu de leurs fueilles,
Veulent eftre fouuent larclees,& quand on les transplante, fi on
lie leurs fueilles parle bour,elles produiront vne racine touffue.
Guimaulucs Les guimaulues demandent femblable culture que lesmaul-
ues,par ce qu elles iontjde leur cfpece:& entoures les deux, prin-
cipalement en la maulue faut remarquer , comme choie miracu-
lé ufe , que les fueilles 8c fleurs s’efpanniflcntàla venue du foleif
Vernis de & fe fermcr,t au coucher, comme fait le foucy.
jnaulues & f toutes deux ont grande vertu d’amollinaufsi elles féru en t a
uimaulucs wfther le ventre, (principalement les maulues)à appaifer les dou
leurs des reins, apifl’er.Le ius mefle auec huile guerift les piqueu*
res de gucfpcs. Le ius meflé auec vin, aide aux femmes qui tra-
uai lient en couche.Leurs fueilles pilees auec fueilles de faulem-
pefehent les inflammations. Cataplafme fait de leurs fueillesofte
les durctez delà m a tnce,& d’autres parties , principalement des
maulues, h on y mefle de l’huile rofitt. ' ‘
' CWfA*'*'
/
DE LA MAISON RVSTICiyE. 7 (
T t
Qampane. Çhap. *4
AMP A N E , autremét dite Aulnee, ne doit eftre Campane,
{emee, par ce que U lefnence n’a puiflance de pro-
duire, pluftoft plantcepar œilletons tirez douce-
ment de fa racine, en terre fort auant Iabouree 8c
fumee. Il fait boa la planter au commencement
de Feurier de trois pieds en trois pieds : car elle iette grans fueil-
lages,& fes racines s’eftendent beaucoup.
Le vin où la racine a trempe l’elpace de vingtquatre heures Vertus de
eftfinguiierpourla colique paffion , comme auons dit au pre- campaue.
mierliure.
Sa racine vient principalement en vfàge,& fert en décoction à
prouoquer l’vrine & les mois des femmes, & à faire cracher.
fajferage. n
ASSERAGE doit eftre planté auant le premier Paffcrage.
de Mars,couppé & tondu comme les porreaux fe-
<ftils,mais non fi louuent.-car apres le premier iour
de Nouembre il ne doit eftre couppé , de peur qu’il
ne meure par les froidures. Il durera deux ans,
pourueu qu’il /oit diligemment lardé & fumé.
La racine de paftêrage pilee auec graille de pourceau, ou a- Vertus de
uec la racine de campane , 8c appliquée en forme de cataplaftne paffcrage.
fil r la goutte Viatique, la guairift du tout.
/ Ef clerc 'grande Cbap.
S C L E R E grande vient en toute terre , moyen- E fclere/
nmfnn’li -n i r- Af* 1 „ A.. _ A ^
nant qu’il y ait de lombre , 6c veut eftre fernee en
* Feurier , &c peut durer deux années , moyennant
1
4
UC ^ es 4 U e ^‘ c Aura ietté la famence , on trenche
la tige à quatre doigts près de Ta racine.
JJ X ViV Art l tlLlilv*
Le ius de fes fleurs mellé auec nuel,ofte Ja taye des yeux,&de- Vertus d’ef-
fciche les viceres. clere.
Cabaret- Chap.
C Abaret demande terre maigre & feiche > & où il y ait grand Cabaret,
ombrage , §4 veut eftre pluftoft planté que femé
.
1 t V R E 1 1;
Vertus de La racine de cabaret dcfeichce 6c mifècn poudre, eft bon-
cabaret. ne à prendre le poids dVn efcu,auec vin blanc, pour guainr delà
fleure quarte.
ZJaleriane.
* •
Çkdp.
Valériane. AL ER I
A
N E vient fort bien en terrebumide,
& bien fumee, Sc demande d’eftre fouuét arroufee,
à fin qu’elle iette vne tige fort haute. Les bonnes
femmes ont accouftumé d’appliquer fur les poi-
gnets és fleures ardentes des fueilles de valériane,
mais*! ans raifon : car la valériane augmente pluftoft la fleure par
fa chaleur : que ne la diminue. Il vaut mieux en vfer es douleurs
de cofté,& pour prouoquer l’vrine,& les mois des femmes.
ue.
Angélique.
Vertus d’an
gelique.
P cite.
N G E L I QV E veut eftre femee en terre bien la
bouree, fouuét farclee, 6c mediocremét arroufee.
Sa racine eft fbuueraine contre la pefte & tou-
te forte de poifbn. Quiconque en tiendra vn pe-
tit morceau en fa bouche , ou qui boira au matin
feulement deux doigts de vin où elle aura trempé, il ne pourra e-
ftre infetté de mauuais air toute la iournee. Les fueilles d’ange-
lique pilees auec autres fueilles de rue 6c miel,appliquees en for-
, medecataplafme,guairifléntlesmorfuresdechien enragé, & les
piqueures deferpentrmifes fur la tefte du fèbri citât attirent à foy
toute la chaleur de lafieure.
Ç bar don benijl.
m
Chap , 6 c.
Chardon b?
mit.
Vertus de
H A R D O N benift demâde femblable culture que
l’an gelique: vray eft qu’il veut eftre femé au croyant
delà lune^non plus auant en terre que trois doigts.il
^ . JL a ^ rne la compagnie du froument.
v ciiuj chardon benift n’a moindre vertu contre la pefte, & toute
chardon be- forte de poifon que l’angclique, foit pris par dedans ou appliqué
ml *‘ par dehors. Ceux qui ont la fleure quarte ou autres heures dei-
quelles 1 accès ie commence par froid y ils fontgairis en prenant
au matin trois onces de Peau de chardon benift 3 ou de la déco-
ttion s ou le poids d vn efeu de la icmencc puluerifee. Le mefin e
rcmede eft bon pour les plcurefîcs, & les petits enfansepilepti-
1 ques.
DE LA MAïSON;;RV}SfTl QVE. 77
quës: Si 011 la cuit en vin , fa decoétion cft bonne peur-appai-,
fer les douleurs de reins ôc colu-jues,pour faire mourir les ver s,&
pour faire fuer.
Chardon benift, tant fec que vert , prins par dedans, ou appli-
qué par dëhors,guairiftles vlceres malins : au ffi les médecins co-
mandent qu’on le nielle aux décoctions Ôc bruuages des verolez.
Scolopendre ou Langue de cerf. Çhap; 61 »
COLOPENDRE veut eftre plantée en ter- Scolopfdre-
re pierreufe , ou graueleufe , qui foithumeCteede
quelque ruilTeau courât , ôc en cedefaut doit eftre
fouuét arroufee. Il ne faut iamais arracher la raci
_ ne,mais coupper feulement fes fueilles: car elle ne
peut eftre femee, d’autant qu’elle ne produit point de femence.
Sa decoétion faite en vin blanc fert beaucoup à ceux qui ont Vertusdt
dureté de rate, & qui font fubieéts à 1a heure quarte. fcolopendre.
Bethoine , (T2*
B E T H OINE fêdele&e d eftre femee en terre humide & Betàoint,
froide, & près quelque muraille pour en auoir Pombre, car
cllen aime beaucoup les rayons du foleil.
La decoxftion de bethoine faille en vin blanc, appaife les dou- Vertus de la
leur de reins, rompt le calcul, &rguairift la iauniilb. Ses fueilles Bethoine.
pilees & appliquées en forme de cataplafme , agglutinent fubite.
mét les playes delà tefte.Cataplafme fait de fes fueilles auec groif
fe de porc, fait fuppurerles furuncles,&rrouteautrefortedapo-.
(lûmes. S es fueilles piîees auec bien peu de fel, guairiflent les vl-
ceres eaües& chancrcufes.
r
BHgle > Conjyre>& Sankle. *3
VG LE veut eftre planté en terre pierreufe &fei- Bughr.
che,& ne demande grande culture..
. . Ées racines (ont fouueraines pour co-
Iblider les playesrauffi Ion dit communément que,
jQw a du hugle & dtt f
avide y .
.. , H fait au chirurgien la nicque.
Confyre ou; Can jfoulde grande,vient en lieu humide, & a fem- Confym'
bbble vertu que le bugle , à fçnuoir de confolider les playes, qui
cft fi grande entous dèux,qüellori metdedans vn pot où cuidt la
chair dubugle ou de la grande confoulde 9 les picces de chair di-
Saniclc*
r livre n: *.
uifas s’vniront énfemblc. L.ir.icinede confonde dcfcichee &
lÀifeett poudre,eft bônc pour mettre à la bou dite des enfans qui
ont le boyau auaU&mcfme pour appaifer leflux de ventre. Cata-
ulafme fait de racines de confouldc grande auec farine de febues,
appliqué fur le lieu od defeend le boyau aux petits enfans,y eft vn
S article fe demande en terre grade , & ou le foleil ne batte pas
beaucoup, vient de fa femence & de fa racine, & a femblable vertu
aue le bugle & eonfyre, principalement a reftraindre les crache-
mensde lng,& à confolider les playes intérieures du corps . ou
Ion ne peut mettre tentes ny onguent, fi on fart bruuage exprime
du iris de fa racine 8c de Tes fueilles.
S 1 i - .
*
: . " .
ÇerWdnârte <£ eau. Çhaf. ^ 4 -
iHRMANDREE d’eau, ou chamaraz , c’eft ce
î g uc les Latins appellent Scovdiu ^^^ nt allez faci-
ïlement,& fans grandfoinde culture, moyennant
w \ V m\ v j j$lq ll ’il foit planté par petits œilletôs pris defon ra-
^^^^^^^meau & mis en terre humidercar fur tout pour bie
croiftre il demande d’eftre planté en lieu humide, & eftre fouuent
Vertus de arroufé. Il a femblable vertu que la germandree d eau, contre la
gcrmâdrce. p 0 f{bn &c la pefte :8c outre cela fa decoCtion prife en bruuagepar
certains iours guarift les fieures tierces, deliure les opilations de
la rate,& fait vriner.
Scordium.
’fas d'ajhe. Chap.
Pat d’afne.
Moufles de
Pas d’aine.
' • • ' c- .
A S d’afne doit eftre plante en lieu fort humide,
&
veut eftre fouuent arroufé.
Il croift à Pentour de fa racine vne mouffe blan
chaftre, laquelle fi tu amafles 8c nettoyés diligetn-
*<* 3 rass»»w®&'*' ment >P uls l’enueloppes dans vn linge auec bie per*
deKftreJsTla fais ainfi quelque peu cuire en lexiue,&par apres
la mets fecher au foleil,tu auras vne mefehe excellente pour faire
du feu auec caillou ôcfufihcar elle eft tarit facile a conceuoir eu»
qu’au premier coup de ton fufil elle s’allumera.
Entre autres vertus, elle eft finguliere pour conforter les pou
nions & parties pectorales , foit que Ion en vfè en decoCtion, ^
iirop,ou autrementtprincipaletnent fi on y mefle quelques r
d’hydbpc & de figues,
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