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Memoires pour servir a l'histoire des insectes

Reamur, René-Antoine Ferchault de, 1683-1757

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1 • : :.T , ^ %Æ i kHPiâF % ' i — • -»*. 4«V i J - . 'lïséfiFI tef 'j. .-Je i . :>" . ÿ- <-’V*ï .'-î^., • ... ' ' >•'. " .'*4 r- Ex lilBLlOTECÂ^ !) Yeloa (, POUR SERVIR # A L'HISTOIRE DE S I N T E Par JVI. DE Peau MUR, de r Académie Royale des Sciences, de celle de Petershourg, èf de V Académie de l Injlitut de Bologne , Commandeur éf Intendant de 1 Ordre royal if militaire , de Saint Louis. TOME QU AT R I E M E. Hijioire des Gallinje^tes, des Pro^eillinjèctes, ét des Mouches à deux ailes. D E A P A R r S, ^ L’ I M P R I M E R I E R O Y A L E; M. D G C X X X V 1 I I. K" ü ^ A V wtwtwtwt P R F F A CF, Où l’on donne une idée générale des Mémoires contenus dans ce Volume, ic quelques remarques fur la fuite de l’ouvrage. N OUS avons fini le troifiéme V olume par l’hiftoirc de ces excroiflànces des jîlantcs & des arbres qu’on a nommées des Galles , & dont la produéfion eft due à des Infeéles de différens genres & de différentes claffes , qui fe nourriflent <Sc crpilTent dans leur intérieur ; nous commençons ce volume par l’iiiftoire des infeéles, qui ont été pris eux-mêmes par d’habiles Naturaliffes, pour des galles de plantes <Sc d’arbres , pour des portions d’é- corce ou de bois. Nous leur avons donné Je nom de Gallïnfeâes , propre à faire entendre que, quoiqu’ils ref- femblent à des plies, ils font réellement des infeéles. Ce font de petits animaux qui nous doivent paroître bien étranges , en ce que plus leur accroiffement avance, plus ils font près de leur état de perfeélion , & plus ils perdent la figure animale, moins ils paroiffent animés. Quand ils ne viennent que de naître, & quelques jours après leur nailfance, tant qu’ils font d’une telle pctiteffè •que les yeux ont peine à lès appercevoir, ils ne le cèdent en aélivité& en agilité â aucun autre infcéle, ils courent to les tiges, fur les branches , & fur les feuilles des plantes & des arbres ; ils ont alors quelqu’air de petites cloportes ; rnais bientôt ils fe fixent , ils fe tiennent immobiles : il vient meme un temps, & ce temps dure plufieurs mois, pendant lequel il n eft plus en leur pouvoir de changer . a ij / X PR E'F ACE. bornes, ce qu’elle nous repréfente confufenient , Jevienî infini pour elle: le nombre des étoiles qu un beau ciel offre à la fimple vue de quelqu un qui n a jamais cherche à s’ioftruire de leur arrangement , paroît infini. De vouloir compter ces eîoiies , lui paroitroit une entreprife folle,, cependant en les rangeant par confteilations, on efl parvenu à fçavoir que non-feulement elles peuvent être comptées, rnais.que le nombre de celles qui peuvent etre appeiçues fans lunettes , ne va qu a environ deux mille. Le nom- bre des plantes paroît immenfe, & apres avoir ramaffe avec de grands foins 6c de laborieufes recherches, celles qu’on a pû découvrir dans les différens climats, on a bien de la peine à s’affûrer qu’on en connoiffe douze a treize mille efpeces différentes. Les méthodes fèmblent refïerrer Jes bornes de la Nature; elles réduifent à un nombre d’objets bnis, des fuites d’objets que nous croyions voir infinies. Je ne veux pas dire pour cela que l’infini ne fe trouve point dans la Nature, mais il n’eft pas dans le nombre des objets qui font à la portée de nosfens ; autrement l’étendue de notre terre feroit infinie. D’ailleurs, les diffributions en claffes, en genres 6c en efpeces, mettent notre imagination à l’aife, en lui préfentant des tableaux où de très -grandes fuites d’êtres différens font peintes en raccourci 6c très en petit, mais très-diftinéfement. Nous ne nous arrêterons point aéluellement à rapporter les caraéféres des quatre claffes principales fous lefquelies nous avons rangé les mouches, foit à deux, foit à quatre ailes, les caraéféres des claffes fubordonnées à celles-ci, 6c les caraéféres des genres de ces différentes claffes; ç’en eff bien affés d’avoir à Lire lire une fois , dans le troifiéme Mémoire, ces détails fecs par eux- mêmes; quoique nous y donnions les cara- éféres des mouches , foit à quatre, foit à deux aîlcs, ce vo- lume ne traitera que des mouches à deux ailes. PREFACE. x; Ce nue nous avons fait dans le troifiémc Mémoire, par rapport aux mouches, netoit ni moins ncccflaiie,!» moins difficile à faire, par rapport aux vers fous la forme dclqucls les mouches de différens genres ont pris leur accroiffcmcnt. Nous tâchons de mettre ces vers en ordre dans le quatrième Mémoire; nous y donnons les caraiflcrcs de leurs claffcs, de leurs genres & rie leurs eljieces. Les foimes des têtes nous aident beaucoup à en déterminer les claffcs, & nous offrent d’abord une divifion. Nous trouvons quantité de genres de vers qui ont non -feulement des têtes molles, mais qui ont des têtes qui fe gonflent & qui fe contraéfent, qui s’allongent ôc qui fe raccourciffent , en un mot, des têtes dont les figures font très-variables , & varient conti- nuellement ; d’autres vers ont , comme tous les autres animaux, des têtes d’une figure confiante. On trouvera dans le quatrième Mémoire, d’autres caraéléres marqués, que nous avons employés , foit pour établir fept claffcs générales de vers, foit pour divifer ces claffes en genres. La ftrudure des organes par le moyen defquels les . mouches prennent leurs alimens , nous ont fourni , dans le troifiéme Mémoire, les caraéléres dont nous nous fommes fervi pour difiinguer les quatre claffes générales des mou- ches. Les unes ont une trompe fans dents, d’autres ont iin,e bouche fans dents, d autres ont une bouche armée de dents, & d autres ont une trompe & des dents. Entre les trompes, les unes font toujours allongées , 6c d’autres fe raccourciffent. Les trompes des infeéles font des infirumens ou plûtôt des machines bien dignes de notre attention ; ce font des machines analogues à nos pompes, elles font aeltinees a puifer le fang dans les vaiffeaux des grands ani- maux, ou à puifer des liqueurs mielleufès dans les vaiffeaux des Heurs,ou dans les vaiffeaux des autres parties des plantes; mais ce font des pompes plus compliquées que les nôtres b ij ) X y xij PREFACE. puifqu’eiles doivent ouvrir les canaux dans lefqiieis elle& doivent puifer. Leurs pillons , outre leur office de pillon , doivent faire celui d’inlfrumens qui percent;toutes cestrom- pes font des machines très-compolees, quoiqu’elles foient des machines auffi limples qu’elles le piiiflent être. Il y a de grandes variétés dans la ftruélurc des trompes accordées auxdifférens infeéîes, même aux mouches de différentes claffes & de différens genres. La trompe qui , comme celle du taon , doit percer le cuir dur & épais d’un bœuf, deman- doit non-fèulement à être plus forte & plus folide que la trompe qui n’eft deÜinée qu’à percer notre peau, elle de- niandoit même à être autrement conftruite. Si on vouloit raffembler dans un feul ouvrage toutes les variétés de ffiu- dlure que nous offrent les trompes des infeéles, 6c en don- ner des développemens , on entreprendroit un ouvrage qui demanderoit plus de planches qu’on n’en trouve dans les Ramelli, les Léopolds , Scc. & dans tous les Auteurs qui ont traité de l’élévation des eaux. Enfin, les différentes machines hydrauliques, imaginées par nos Méchaniciens, ne fçauroient nous faire voir des compofitions auffi admi- rables & auffi variées que celles que peuvent nous montrer les trompes données aux infeéfes pour conduire différens fucs dans leur corps. Dans le cinquième Mémoire , nous nous contentons de faire connoître la compofition de ces trompes qui font terminées par des levres charnues. Ce font les trompes qu’ont le plus ordinairement les mouches à deux ailes & à corps court. Nous y donnons quelques exem- ples des différences qui lé trouvent dans la flruélure de ces fortes de trompes , en expliquant la flruélure de la trompe des groffes mouches bleues de la viande, la flruélure de la trompe des mouches à deux ailes & à forme d’abeilles, & la flruélure de la trompe des taons. Nous parlerons dans d’autres Mémoires, de mouches qui nous donneront PRE'FACE, xii; occafion^de faire coniioître des trompes faites fur des modèles très-difi'érens de ceux des j)réccdentes; telles font, par exemple, les trompes des confins. On n’a qu’à étendre un peu de firop fur quelqu’cndroit des parois tranfparcntcs du poudrier de verre, 6c renfermer enfuite une grolTe mouche bleue dans ce |x)udrier, pour être en état de voir comment elle fait agir là trompe, 6c l’admirer. Dans le fixiénîe Mémoire nous parcourons les parties extérieures des mouches à deux ailes ; nous nous y arrêtons d’abord aux yeux àrezeau, à ces yeux taillés à tant de milliers de facettes, 6c qui font d’un volume fi confidé- rable, qu’ils couvrent foiivent la plus grande partie delà tête. Nousfaifons remarquer que quelques Mouches ont quatre de ces yeux à rezeau , dont deux s’élèvent beaucoup, 6c font faits comme des turbans. Chaque œil à rezeau cft un alïèmblage d un nombre prodigieux de petits yeux, cependant plufieurs genres de mouches, 6c le plus grand nombre des genres , outre les yeux a rezeau, ont encore des yeux, ordinairement trois, dont les cornées font lilfes. Nous faifons connoître les fligmates , ou les bouches de la relpiration des mouches : nous en trouvons quatre au corcelet de chacune, 6c un j>lus grand nombre aux an- neaux de leurs corps. Les mouches qui n’ont que deux ailes, pour fuppléer à celles qui leur manquent, ont de chaque côté deux pièces, dont l’une relTemble à une double aile, 6c très courte, 6c l’autre à un balancier. Les anneaux qui couvrent le corps, font écailleux; iisneferoient pasen état de fe gonfler 6c defe contracter, de s’arrondir & de s applatrr aulfi promptement qu’il eft fouvent nécei; teire, fi chaque anneau étoit fait d’une feule piece. La nature a auffi fait entrer dans chaque anneau , au moins . “femblées par des membranes, qui le phlfent ou setendent fiiivant le befoin.. Nous b ii] \ xiv PRE' FAC JE. donnons des idées générales des variétés c|iîc la Mture 3 eniplôyées dans la iîrudure des anneaux de différentes mouches , pour <|u ils pufîent avoir un jeu convenable. Enfin dans le meme Alemoire , apres nous etre un peu ar- rêté à confidérer les jambes des mouches , & fur-tout leurs pieds, cjui font munis d elpeces de biofies, ou de peloties de polis, nous palîons a examiner les paities intérieures. Celles que nous pouvons voir afles difiinéiement , ne fçauroient manquer de nous faire naître des regrets fur beaucoup d’autres de ces mêmes parties, qui nous échap- pent par leur petiteffe, <& leur peu de confifiance. Mais au moins pouvons -nous fiiivre tout le canal des alimens. Nous trouvons dans leur intérieur deux pouimons, ou deux facs poulmonaires, qui font d’un volume qui les rend aifés à connoître, 6c qui par leur blancheur, 6c l’ar- rangement de leurs fibres, ne fçauroient manquer de fixer nos regards. Le corps de quelques mouches eft en certains endroits, d’une tranfparence qui approche de celle du verre, 6c qui permet de voir ce qui fe pafTe dans leur intérieur. On a le plaifir d’y voir un véritable cœur fe dilater, 6c fe contrader alternativement, verfer ou feringuer de la liqueur dans un gros vaiffeau qui en part. On eft bien étonné enfuite de voir la même liqueur retournervers le cœur par le même canal par lequel elles’cn étoit éloignée. Mais un fpedacle plus fingulier , eft celui de couches de nuages, pofées les unes au-deffus, 6c à quel- que diftance des autres; ces nuages partent de la jondion du corps avec le corcelet , 6c marchent toujours parallèles à eux-mêmes, jufqu’à ce qu’ils foient par de-là le cœur, où iis difparoilTent; on tâche d’expliquer la caufe de ce phénomène, en finiffant le fixiéme Mémoire. L’hiftoiredes infedes fi remplie de faits finguliers, n’a rien de plus furprenant à nous offrir, que ces formes fi PR E'FA CE. XV différentes, fous Icfqucllcs elle nous montre le meme ani- mal dans différens temj)s du cours de fa vie. Toute che- nille doit avoir etc j)a])iilon, toute mouche doit avoir été ver. Nous avons vu dans le premier volume comment rinfeéle que nous appel! ions une chenille, parvient à nous paroître un paj)iilon. Nous voyons dans le Icpticme Mémoire de ce volume-ci , comment rinicélc que nous appellions un ver, parvient à être pour nous , une mouche à deux ailes , de celles qui ont le corps court. I.a. chenille, pour devenir papillon, paffepar l’état de crilàlide; tous les vers à tête de figure variable, & plufieurs de ceux à tête de figure confiante, ont à fubir une métamorphofè de plus; l’état de nymphe efl pour ces derniers infcéles, ce que l’état de crifalide efl pour les autres ; mais ils paffent par un état moyen entre celui de ver <& celui de nym- phe, ce qui na point encore été obfèrvé, que je fçachc, par les naturaliftes. J’ai nommé cet état celui de boule allongée, parce que c’ett la ligure qu'il donne à l’infede. Le paffage de l’état de boule allongée à celui de nym- jphe, n a point été non plus fuivi par les naturaliftes , & méritoit bien de 1 être ; il fe fait tout autrement que celui de letat de chenille à celui de crifalide. Dans un inftant une chenille efl transformée en crifalide; l’infetfle quitte fa peau de chenille, & fur le champ il eft crifalide, lur e champ on peut lui trouver toutes les parties dû papil on ; au lieu que ce n’eft que peu à peu que les par- ties de la mouche fe développent & fe montrent, ce n’eft ^nV'7 T” L allongée eft changée en celle de nymphe. Nous avons admiré ailleurs itirt avec lequel des chenilles de différentes efpeees içavent fe conftruire chacune une coque, lorfque le temps de leur metamorphofe approche. Cette coque eft un logement IIS eque infeéle doit être commodément ôc en fûreté. PR E'FA C E. pendant qu’il fera crifaiide; la plupart de ces coques font de foye, & la foye entre, même pour beaucoup, dans la compofition de celles ou d autres matières font employées. Nos vers ne fçavent point fe faire d’aufli jolies coques, mais ils s en font qui ne font, ni moins folides,ni moins finsTuliéres. La peau même du ver qui fe transforme, lui fournit fa coque. Le ver pour devenir boule allongée, quitte fa peau , mais il la quitte fans en fortir , il en détaché toutes les parties, & les laifTe fous cette peau , a laquelle il .fait prendre la figure d’un œuf. Il femble que la peau du ver ne foit pour lui, que ce qu’efl pour nous une robe de chambre. Après avoir tire nos, deux bras dune robe de chambre , nous pourrions nous en couvrir la tete , & tout le refte du corps: la peau du ver couvre de meme l’inleéle changé en boule allongée. Mais cette peau pour le couvrir mieux , efl devenue plus folide & plus épaiffe ; au lieu qu’auparavant elle étoit molle &. flexible, elle efl alors dure & roide ; elle forme une boîte bien clofe de toutes parts , qui a la figure d’une coque d’œuf, figure propre à recevoir un infede,qui n’a que celle d’une boule oblongue. A un des bouts de cette efpece de boule, à un des bouts de l’infeéle, on peut remarquer un enfoncement. C’efl de-là que fortent fucceffivement toutes les parties de la mouche qui doivent fe montrer , pour que la boule allongée foit changée en nymphe. Quand l’infe(fle efl en boule, il reffemble à un fœtus qui auroit été rendu monf- trueux , parce qu’on auroit fait entrer fa tête , fes bras & fon col dans la capacité du ventre. En faifant fortir peu à peu ces mêmes parties du fœtus de cette cavité , on rendroit peu à peu au monfire la figure humaine. C’cfl ainfi que lorfque les jambes, les ailes, la tête, qui étoient enfoncés dans la capacité du ventre de l’infeéle, viennent à en fortir peu à peu , à fe montrer en dehors , & à PREFACE. xvi; & a s’étendre l'ur le corps, (jiie l’inléele qui ne fcnibloit qu’une longue boule charnue, devient une nyinjibc à laquelle on trouve toutes les parties d’une mouche. Quandles parties de la nymphe le font alicrmics, l’in- fecle ell arrivé au temps où il doit paroître & vivre fous la forme de mouche, il eft arrivé au temps où il doit fortir de fa coque. Plus cette coque ctoit lolide, mieux elle le défendoit lorfqu’il ctoit dans l’impuilfancc de fc mouvoir, & plus il doit paroître difficile à l’infctfle d’y faire l’ouverture qui lui devient nécelTaire lorfqu’il veut en Ibrtir. Nous expliquons dans le huitième Mémoire com- ment la mouche j)arvient à ouvrir la coque dans laquelle elle fe trouve renfermée; c’eft par un des bouts, par l’anlc- rieur, qu’ellè en doit fortir: la nature a eu foin auffi de préparer. ce bout, de manière qu’il n’oppolât pas aux efforts de la mouche, une réfiftance égale à celle que leur oppoferoient les autres endroits de la coque; il cil telle- ment conllruit, qu’il peut être fendu affés facilement en deux parties égales, & qui font aifées à détacher du relie de la coque. Alors la mouche a une grande porte ouverte : Ja réfiftance qu’elle a eu à vaincre pour s’ouvrir cette porte, a pourtant encore de quoi paroître confidérable, quand on cherche quelle peut être celle de lès parties , que la mouché a pû employer pour furmonter cette réfiftance. On n imagineroit pas quel eft l’inftrument au moyen duquel elle en vient à bout, & comment elle le fait agir. La tete des mouches, comme celle de la plupart des ani- maux, a une figure confiante; fon crâne eft cartilagineux, & cornme écailleux; mais la nature a accordé à la mouche prête à naître, de pouvoir gonffer & contraéler alternative- ment fa tête, & de plus, d’en faire fortir un mufeau d’une grandeur démefurée, capable de prendre différentes for- mes, & fouvent celle d’une velfie. Ceft en gonflant fa tête . c N. ^ s mufeau , que la mouche agit à diverfes reprifes contre Je bout de la coque qui la tient renfermee , qu elle force ce bout à s entrouvrir, & quelle force a tombei les deux demi-calottes, ou au moins une des deux dcmi-ca- lottes dont il eft compofé , Le corps de la moue e qui vient de naître, eft befucoup plus r‘nf r autres mouches de fon efpece ; fes ailes d ailleurs font fi pliflees & fl raccourcies , qu on les prendroit pour des ai es Portées ; mais bientôt le corps acquiert du volume, & les ailes s’étendent & fe développent. Il eft probable que ces effets font dûs à l’air que la mouche refpire , puilque nous avons vu quelquefois l’air entrer dans laîie dune mou- che naiflante, & toute mince qu’eft ceue aile, la dédou- bler pour ainfi dire, & en faire une veftie. , , , , Le neuvième Mémoire donne i hiftoîre a regee e plufieurs efpeces de mouches a deux ailes <Sc a corps court, on y voit que quoique la plupart de ces efpeces de mou- ches aiment les liqueurs mlelleufes ou fucrees , & le fucre même , que les efpeces de vers fous la forme defquels elles ont pris leur accroiffemeilt , differoient entr elles en goût , qu’entre ces efpeces de vers , les unes n aimoient que les matières végétales^ que les autres ne fe nouiiifloientque de chair ; 6c que les autres ne trouvoient un aliment con- venable que dans des matières qui avoient déjà été digér rées par de plus grands animaux. Au refte , entre les vers qui aiment es plantes , les uns aiment des plantes ou des parties de plantes dont les autres ne voudroient pas goû- ter. Entre les vers carnaciers , les uns ne veulent que h chair des animaux ^fivans , 6c les autres que celle des ani- maux morts , quelques-uns la veulent corrompue jufqu a un certain point. Différens excrémens d’animaux nour- riffent différentes efpeces de vers. Nous avons déjà fait admirer bien des fois la prévoyance qui conduit les meresr PREFACE. xix mouches à faire naître leurs petits fur des matières qui leur olîriront un aliment convenable des qu’ils lèront nés; ce Mémoire nous fournit encore plulicurs nouveaux exemples de cette prévoyance; il nous apprenti que les mouches ne font pas Iculemcnt attentives au choix de la matière, elles le font à l’état de cette matière; lesgrolfes mouches bleues en donnent un exemple bien remarqua- ble : leurs vers doivent être nourris d’une chair molle é>c qui puifle le corrompre* fi on offre aux meres-mouches de la chair defféchée, ou, ce qui eft plus fingulier, fi on laifle à leur dilpofition de la chair fraîche, oans des en- droits où elle doit fe deffécher vîte fans fe corrompre, les mouches ne feront pas leurs œufs delfus. Nous fai Ions obferver dans le même Mémoire, quelques-unes des va- riétés qui fe trouvent entre les œufs de différentes mou- ches, plufieurs de ces œufs ont des formes qui nous doi- vent paroître bien recherchées, & qui leur ont été don- nées pour des fins qu’il nous eft quelquefois permis de connoître. Nous faifons voir comment ces œufs font ar- rangés dans le corps de la mere; nous difons quelque chofe de la manière dont ils font fécondés par le mâle ; & nous rapportons des obfervations qui prouvent que dans l’accouplement de certaines mouches , la fémelle femble faire ce que font les mâles dans l’accouplement de tous les autres animaux , que c’ell la partie poftérieure de la femelle qui s’introduit dans le corps du mâle. Toutes les efpeces de quadrupèdes font vivipares, toutes les elpeces doifeaux font ovipares, & parmi les inleéles , comme parmi les poifîons ; il y a- des eljjeces ovipares âc des efpeces vivipares. Le dixiéme Mémoire nous fait connoître quelques elpeces de mouches à deux ailes, qui font vivipares, qui mettent au jour des vers vi- vans. Il ,doit paroître fingulier qu’entre des mouches affés • • c ij ( XX P R E F A C £. femblabîes , qu’entre des mouches de même genre & d’ef- pece peu différente , les unes fifïent des ceufs , pendant que les petits fortent vivans du corps des autres. La prodi- gicufe fécondité que la nature a accordée a quelques-unes des efpeces de mouches vivipares, a bien plus de quoi furore'ndre; il y a telle de ces dernières mouches, dont le corps renferme à la fois plus de vingt mille vers. On verra dans ce Mémoire comment tant de vers font arrangés dans le corps de leur mere, & comment iis parviennent à en fbrtir. Ceux rrltme qui ont donné le moins d’attention aux infeéles, connoiffent les abeilles, les guêpes, les frelons & les bourdons. Des mouches de ces différens genres fe présentent h fbuvent à nos yeux, qu’il feroit difficile de trouver quelqu’un qui n’eût pas une idée, au moins grof- hère, de leur figure, 6c qui n’eut pas eu occafion d ap- prendre le nom qui a été donné à chacune de ces fortes de mouches. Elles ont quatre ailes; leur hiftoire eft re/èrvée pour le Volume fuivant, celui-ci ayant été accordé aux mouches à deux ailes. Parmi ces dernières, il y en a qui reffemblent fi fort aux abeilles, d’autres qui reffemblent fi fort aux guêpes, d’autres qui reffemblent fi fort aux frelons, 6c d’autres qui reffemblent fi fort aux bourdons, que lorf que l’on s’en rapporte au premier coup d’œil, on les prend pour quelqu’une de ces mouches. Le onzième Mémoire donne l’hiftoire des mouches à deux ailes qui ont l’air d’abeilles, 6c de celles qui ont l’air, fbit de guêpes, foit de frelons; 6c le douzième Mémoire ne traite que des mou- ches à deux ailes qui ont l’air de bourdons. Les infeéles qui, après leur dernière transformation, font des mouches à forme d’abeilles, ont été d’abord des vers-de la fécondé claffe , des vers à tête de figure variable , mais qui font pourvus de jambes. La plupart de ces vers font caraélérifés PREFACE. XX j par une queue longue &. raie , ce qui nous a détermine à leur donner le nom de vers wr. Les naturalilles qui ont le plus parlé de ces vers , ont ignore l’iilagc & les fingularités de cette queue. Quoiqu'on trouve de ces vers liir terre en certains temps, ce font des vers aquatiques, dès l’inftant de leur naifliince, ils Ibnt dans 1 eau , ou tians des matières excelTivement abbreuvccs d’eau , & c’eft tlans l’eau qu’ils prennent leur accroilTement : mais quoiqu’ils doivent vivre dans l’eau, ils ont belbin de refpircr l’air, & leur queuë eft l’organe avec lequel ils vont le chercher au deflus de la fuiface de l’eau. La queuë y peut atteindre, quoique le corps en Toit fort éloigné; elle peut s’allonger confidérablement, devenir longue de plus de quatre à cinq pouces. On a le plaifir de voir même à l’œil , les gros vailTeaux à air dans l’intérieur de l’infeële, la tranfparence de Ton corps le permet ; on y voit comment ces vaifleaux fe plient & replient , comment ils s’allongent & fe déplient , îelon que la queuë s’accourcit ou s’allonge. Ces inledles, après avoir palTé dans l’eau la première partie de leur vie, après y avoir pris tout leur accroilTement, ont à pafler la fécondé partie de leur vie fous terre, Sc enfin à en palTer la dernière partie dans l’air. Quand ils n’ont plus à croître , ils quittent l’eau , ils marchent fur la terre julqu’à ce qu’ils en ayent trouvé qui les invite à s’y enfoncer. Ils ne relient pas long- temps fous terre fans y perdre leur première forme ; ils fe font une coque de leur propre peau , comme nous avons vû les vers de la viande s’en faire une de la leur ; mais la coque de nos vers à queuë n’ell pas aulfi fimple que celle de ces autres vers ; bientôt on voit fur fa partie antérieure & fupérieure , quatre cornes roides , dont les deux plus grandes poulTent & s’élèvent, après que la coque ell formée. Les coques de plufieurs autres vers , comme les coques de nos vers à queuë de rat, ont des cornes, &, • • • c IIJ • xxl; PREFACE. celles-ci nous donnent occafion de faire connoître de quel ulàge font ces cornes à I’inlè<5le renferme dans la coque. Nous prouvons qu elles font quatre tuyaux , au moyen def- quels il relpirefair. Mais comment ces cornes parviennent-» elles à s’élever au delTus d’une coque roide & dure i comment la percent-elles î où étoient-elles. contenues dans l’infede, lorfqu’il avoit la forme de ver! Ce font de petits myftéres qui dévoient paroître difficiles à développer, & fuppofer. bien de laméchanique; auffi n’euffai-je paselperé que tout ce qui les regarde , eût pû être expofé à mes yeux auffi diffindement qu’il l’a été. Une autre très-grande fingulariié dans la dernière transformation de ces inlèdes , dans celle qui les fait paroître mouches, c’eft que la mouche, pour Ibrtir de là coque , eft obligée de s’y retourner bout par bout. C’eft du côté où étoit la tête , que la coque doit s’ouvrir, qu’une piece en doit être détachée. La nature n’a pas mis la tête de ces mouches en état d’agir , comme agilfent celles de plufieurs autres mouches, de fe gonfler 6c de fe contrader; mais elle a donné à leur derrière, la force 6c l’adivité qu’elle a accordées à la tête des autres, pour forcer leur prilbn dans l’endroit où elle peut être forcée. La mouche eft donc obligée de fe retourner dans fa coque, de faire pafler fon derrière à la place où la tête avoit toujours été, 6c de faire prendre à celle-ci, l’an- cienne place de celui-là. Les rnouches à deux ailes qui ont l’air de bourdons, font celles dont il s’agit dans le douzième Mémoire, 6c il n’en eft point de plus propres à nous faire admirer les differens moyens que l’Auteur de tous les êtres s’eft plû à employer pour multiplier 6c conlèrver les el'peces d’in- fedes , pour fa'ire admirer cet inftind qui conduit ffire- ment les meres-mouches à faire naître leurs petits dans les feuls endroits où ils -peuvent trouver des alimens, 6c, une PR E' F A C E. xxii; température de chaleur convenable. Entre ces mouches à forme de bourdons , il y ci> a dont les vers ne peuvent croître que fous terre, & ce Mémoire nous donne l'hiftoire d’une de ces mouches qui ne confie les oeufs qii a des oignons de narcilTe, parce que fes vers ne peuvent vivre que de cette efpece d’oignon. Mais nous devons être bien plus furprisde l’inflincl qui conduit les meres d’un autre genre de ces mouches, à aller dépolèr leurs œufs dans l’anus d’un cheval , parce que les vers qui en éclolênt , doivent vivre, jufqu’à ce qu’ils foient près de fc transformer, dans les inteftins de cct animal. Pouvons-nous apprendre fans admiration que des mouches d’un autre genre ont été inflruites à aller percer le cuir des animaux qui l’ont le plus épais, celui des cerfs & des biches, celui des bœufs ôc des vaches; qu’elles ont été pourvues d’inflrumens propres à le percer ; que dans chaque trou qu’elles ont fait d.ins l’épaifle peau de ces animaux, éc dans leur chair même, elles dépo/ent un œuf; qu’une mouche feme, pour ainfi dire, fes œufs dans la chair d’un bœuf ou d’un cerf vivant. Chaque ver, après être éclos, fe trouve entouré d’un aliment convenable; il groffit, & en même -temps il fait croître fa cellule ; l’endroit où il eft , eft marqué par une tumeur groffe quelquefois comme la moitiéd’un petit œuf. Le ver qui a befoin de refpirer l’air, en reçoit continuelle- ment, par une ouverture qu’il fçait conferver à la tumeur dont il occupe la cavité. La même ouverture donne un écoulement au pus qui pourroit s amafîer en trop grande quantité dans la playe que ce ver entretient. Enfin , quand c^e ver a pris tout'lon accroiflement , il lui convient d’être dans un lieu plus fec, & d’une chaleur plus modérée; il fçait aggrandir l’ouverture de la tumeur, il fort , & va fe cacher quelque part fous une pierre ou ailleurs, pour fe tranf- former. Les vers des inteffins des chevaux fortent auffi. xxivr PREFACE. & vont fe cacher fous terre, & s’y métamorphofent. Un ini'lind:, au moins auffi Tingulier que celui des mouches précédentes , conduit une autre mouche a aller faire les œufs dans le propre nez d un mouton , d’une chevre, d un, cerf; c’eft dans les fînus frontaux de ces grands animaux, que les vers qui fortent des œufs doivent aller chercher une matière vifqueufe , qui eft le feul aliment qui leur a été affigné. La mouche qui place h finguliéreraent fes œufs , n’eft point de celles qui ont 1 air de bourdon , rnais fans nfêtre arrêté à fa figure, j ai cru la devoir mettre a la fuite des mouches remarquables par les endroits qu elles choififfent pour y faire leurs œufs. Communément on ne connoit les infeéles que par ce qu’ils ont de haiffable , & il faut avouer que la haine qu on a pour ceux de certaines éfpeces, n efl; que trop fondée. Les uns font d’étranges dégâts des feuilles, des fleurs & des fruits de nos campagnes & de nos jardins, de d autres s’attaquent à nous -mêmes, Sc nous perfecutent jour & nuit. Les confins font de ceux dont nous avons le plus à nous plaindre, ce font pourtant ceux que nous voulons faire admirer dans le treiziéme & dernier Mémoire. Nous ne croyons pas auffi qu’on puifle refufér fon admiration à la trompe même avec laquelle ils nous picquent, qu’on puiffe voir fans furprife avec combien d’appareil elle efl conftruite, Sc qu’on puiffe apprendre fans plaifir com- ment le coufin la fait agir, Sc même fans fentir quelque defir de la voir dans l’aélion, quoiqu’il nous en puiffe coûter de la douleur. Le coufin a pris fon accroiffement dans l’eau , fous la forme d’un ver qui pourtant vient fou vent à fa furface pour refpirer l’air par un tuyau qu’il a au derrière. C’efl dans l’eau même que le ver fe méta- morphofe en une nymphe agile comme il l’étoit lui-mê- me, de qui comme le ver a befoin de refpirer l’air; mais au lieu PREFACE. nr au lieu que le ver le refjïiroit par la queue , la nymj)he le refpire par deux tuyaux faits en oreille d’âne, qu’elle a l'ur le corcelet. Ce corcelet fe fend lorfque le coulin eft en état de paroître avec fes ailes. C’eft à la furface de l’eaû que le coufin doit fbrtir de fh dépouille, & il en doit for- tir fans fe mouiller; l’eau qui lui étoit néceflàirc aupara- vant, eft pour lui ce qu’il y a de plus redoutable dès qu’il commence à paroître à l’air. La manière dont il fe Ibû- tient & s’élève fur fa dépouille au deffus de la furfacc de l’eau, eft un tour d’équilibre & de force très -difficile. Après avoir vécu dans l'air, après avoir fuccé notre fang ou le fuc des plantes , c’eft fur l’eau que les fémelles des coufins viennent faire des œufs. Chaque œuf a la figure d’une quille; de trois cens de ces petites quilles & plus, chaque mere fait un petit bateau qu’elle met à flot fur l’eau. Au boutfl’un jour ou deux un ver fort de chaque œuf par le bout qui touche l’eau. L’art au moyen duquel le coufin parvient à conftruire le petit bateau d’œufs , ne doit pas , paroître aifé à deviner, il doit paroître fuppofer bien de l’induftrie; car comment le coufin peut-il réuffir à pofer chaque œuf perpendiculairement à la furface de l’eau ! âc ce qui fèmble encore plus difficile, comment maintient -il dans cette pofition , le premier œuf, ou un affemblage de peu d œufs! On verra dans le Mémoire, comment tout r moyen de la diredion dans laquelle 1 œuf fort du derrière du coufin, & de l’ufage adroit que le coufin fçait faire de fes deux dernières & longues jambes. Les coufins font des mouches à corps long, & il y a mouches avec lequel ils ont beaucoup de re emblance , que nous avons déjà nommées Tipules ; ces mouches & d’autres qui paroifTent au printemps , appel- ées mouches de Saint Marc , en un mot quelques obfor- vations qu il nous refte encore à donner fur les mouches . d P R E' F A C E. fdLx aîles, n’ont pû trouver jrlace dans ce volume, dont la groffeur même a été portée trop loin; ces obser- vations, dis-je, font donc renvoyées au commencement du cinquième volume. Ce cinquième volume eft fur-tout deftiné à Thiftoire des mouches a quatre ailes. ^ elHa partie de l’hiftoire des infedes , la plus propre a mtereffer ceux qui font principalement touchés du genie & de in- duftrie de ces petits animaux. ' ^ Quatre volumes qui paroiffent déjà fur les infedes, demandent que nousralfûrions ceux qui défirent que 1 ou- vrage que nous avons entrepris , Soit rendu complet, contre la crainte qu’ils peuvent avoir que cet ouvrage , pour etre rendu tel, n’exige une trop grande fuite de volumes, une fuite que nous ne fçaurions iuffire à donner, & qu on re- douteroit d’avoir à lire, fi elle étoit donnée. Nousne pou- vons mieux diffiper cette crainte , qu en indiquant les prin cipales matières dont il nous relie à parler : nous y fo>^“ mes même engagés par une autre conlîderation , le goût de faire des colledions d’infedes gagne journellement;, on aime à voir ralfemblés dans un cabinet, tous les infe- des que des yeux curieux & attentifs ne parviennent à trouver dans les campagnes qu’en les y cherchant en dif- férentes faifons, & même en différentes années. Ces fortes de colledions forment d’amufans Ijîedacles, propres à nous montrer les richefles & la féconde diverfiîé des pro- dudions de la nature. Nous donnerons ailleurs dans un Mé- moire féparé , les moyens qui nous ont le mieux réulfi pour conlerver pendant une longue fuite d années, avec un air de vie, des inledes morts; mais je dois répondre d avance a une quellion qui m’a été faite par des fçavans qui ont mencé ces fortes de colledions. Ils m ont demande que eft l’ordre dans lequel je croyois qu’il convînt d’arranger les iufedes dans des cabinets. Comme je penfe que c eft celui / P R E' F A C E, xxvij dans lequel ils le trouveront dans nos volumes, pour faire connoître cet ordre, il ne me relie qu’à apprendre quel fera celui dans lequel je parlerai des inlèdes qui doivent fe trouver dans les volumes qui n’ont pas encore vû le jour. Nous commencerons le cinquième volume par ce qu’il nous relie à dire lur les mouches a deux ailes, mais ia plus grande & très-grande partie de ce volume, fera remplie par les mouches a quatre ailes. Les fourmis pa* roîtroiu à la fuite des mouches à quatre ailes, parce que dans toutes les fourmilliéres on trouve en certains temps de l’année, des fourmis ailées qui font de véritables mou- ches à quatre ailes; les fourmis ordinaires font parmi les mouches, ce que font parmi les papillons ceux qui n’ont point d’ailes. Les mouches & les papillons ont leurs ailes à découvert , mais il y a des infectes dont les .ailes font ca- chées fous des fourreaux, & ce feront ceux qui viendront après les fourmis. Les uns ont des fourreaux fimplement membraneux, des fourreaax flexibles, & qui ont fouvent quelque tranfparence; ce feront ceux dont nous traiterons d’abord. Les làuterelles, les grillons, les grillons-taupes, lespunaifes de jardin, &c. ont de ces fourreaux membra- neux. D’autres infeéles ont leurs ailes cachées & pliées fous des fourreaux roides <Sc opaques, fous des fourreaux écailleux ou crullacées; tels font tous les infeéles de la nombreufe clalTe des fearabés , parmi lefquels font les charençons fi redoutables à nos greniers. Nous ne manque- rons pas de rapporter ce que nous avons tenté contre ceux- ci. Les perce-oreilles, les ftaphilins ont aulîi des fourreaux qui, pour être très-courts, n’en couvrent pas moins bien leurs ailes. C’ell une réglé générale que tous les infeéles ailés ont paffe par plufieurs états avant que d’avoir des ailes; mais il y a des inleéles dans la clafle delquels on nen connoît point d’ailés, & qui cependant ont des I xxvh ; P R E' F A C E. transformations à fubir; ie nombre n en eft pas grand, î kif toire des puces nous donnera un exernple de ces fortes d’infedtes. Je finirai par les infe(fles qui n ont point à pafler par des formes différentes, qui, a la grandeui près, font, dès qif lis naifïent , ce qu ils feront pendant toute leur vie. Telles font les araignées , les cloportes , les mutes, les poux de plu fleurs efpeces d’animaux, les vers de terre, les fàng- fues, &c. Voilà en gros les infeéles fur lefquels il nous refie, à donner des Mémoires. Quoique le nombre de ces infedes foit grand , fi on le compare avec le nombre de ceux dont nous avons traité ,, & fi on fait attention que les détails où nous avons été obligés d’entrer à l’occafion des infeéfes qui ont paru les premiers, nous en épargne- ront par rapport à ceux qui viendront enfuite , notre tâche doit paroître avancée; & on peut croire quon la verra remplie en peu d’années, lorfquon fçaura quon com- mence l’impreffion dù cinquième volume. L’effentiel pour un ouvrage de la nature de celui-ci, cft d 'avoir les matériaux qui doivent y entrer, 6l il faut s’y être pris de loin pour les raffembler. Il n’en eft point de ceux qu’il me falloir, comme de ceux qu’un laborieux compi ateurpeut s’affûrer de trouver avec un travail aftida dans les bibliothèques; c’eft dans les livres de la nature qu’on doit lire, quand on veut travailler fur l’hiftoire natu- relle, & on ne peut pas y lire quand on veut: il faut des lieux, des faifons,& des circonftanees favorables pour faire les obfervations néceffaires. Quelquefois à la vérité on peut aider à faire naître des circonftanees heureiifes, mais plus fouvent il faut que le hazard nous ferve. Au refte,je refpeèfe trop le public, pour avoir pris avec lui des engagemens, avant que de me fentir en état de les remplir; & faurois mal répondu àfon attente, f . pour fatisfaire à ces engagemens , je me fufîc trop pr^ué TABLE des MEMOIRES CONTENUS DANS CE VOLUME. P R ÉF ACE, oit Von donne une idée générale des Mémoires contenus dans ce Volume, & quelques remarques fur la fuite de l’Ouvrage. Page ii| Premier Mémoire. J I. I/loire des Gaïïmfeâes. '' Page i Second Mémoire. Des Progallinfeâes de la Coche- nille, & de la graine d’ Ecarlate de Pologne. 8 1 Troisième Mémoire. De la diftribution générale des Mouches, en clajfes , en genres & en efpeces. 122 Quatrième Mémoire. Des clajfes & des genres des Vers qui fe métamorphofent en Mouches, fait à deux ailes fit à quatre ailes. i ^ i, Cinquième Mémoire. Des Trompes à levres greffes- & charnues des Mouches à deux ailes.. 199 Sixième Mémoire. Des parties extérieures & des parties intérieures des Mouches, ér principalement de cel- les des Mouches à deux ailes 0 “ à corps court. - 2. 2 o s E P T I É M E M É jvi O I R E. ‘première & de h fécondé Aiétamorphofe des Vers pui fe font une coque dè leur propre peau. - .H UITIÉME Mémoire. De la derniere Metamorphoje des Infeéles qui foïtent des coques faites de la peau du Ver, fous Informe de Mouches à deux ailes. 331 Neuvième Mémoire., Hifioire abrégée de divers genres de diverfes efpeces de Mouches a deux ailes, de la première claffe, & qui viennent des Vers de la pre- mière claffe. Des matières dont elles fe JBnt nourries fous ' la forme de Ver. De leur accouplement, de leur ponte, t de la figure de leurs œufs. 35Î Dixiéme Mémoire. Des Mouches vivipares a deux ailes. Comment les petits Vers vivans font places df ar- rangés dans le corps de la mere. 4^3 O NZIÉME Mémoire. Des Mouches a deux ailes qui ont d air d’ Abeilles, & de celles qui ont l’air de Cuêpcs d^ de Frelons. 439 Douzi ÉME Mémoire. Des Mouches à deux ailes qui ont l ’ air de Bourdons ; d^ de la Mouche du Ver du ne^, des Moutons. 497 Tr EiziÉME Mémoire. Hifioire des Confins. 573 Xj a Vignette qui ell à la tête du premier Mémoire , repréfente une de ces magni- fiques Serres qui ont été conftruites au Jardin du Roi, depuis que l’intendance de ce Jardin a été donnée à M. du Fay. Sur le terrcin qui ell en devant de cette ferre, on a placé d’un côté des caiffes, dont chacune contient un de petits chênes fur lefquels le Kermès croît; & dans chacune des caifles qui 1^^^ de l’autre côté, effc un pied d’Opuntia, un pied d’une plante du genre de celles fur lefcjuelles la Cochenille fe nourrit. MEMOIRES POUR SERVIR A L’ H I S T O I I?E DES INSECTES. N PREMIER MEMOIRE, HISTOIRE DES GALLINSECTES. . EST une clafTe d’animaux bien étranges que la clafle de ceux que nous allons examiner dans ce Mémoire; ils palTent une partie con- fidérable de leur vie, plufieurs mois de fuite, & ceux ou ils croilïêrit le plus, appliqués ^ntre es tiges ou des branches de plantes , d’arbrifleaux arbres, fans fe donner aucun mouvement fenfible. I * immobiles que la portion de la tige à aque e ils font attachés ; ils femblent faire corps avec JL orne IV, A 2 MEMOIRES POUR L^HlSTOIRE eiie. Leur forme extérieure eft extrêmement fimple, ^ eiie feft à un point qui eft une grande fingularité. Tout i extérieur de i’infeéle ne montre rien qui le fafle foupçon- PI. i.fig- lier celui d’un infeéle *. Plus 1 inleéle elT: grand, plus il eft f 2' . & moins il a l’air d’avoir vie. Dans letempsmême 3! où il eft devenu en état de fe multiplier, dans le temps où il ell occupé à pondre des milliers d’œufs, il ne paroît qu’une galle, qu une excroilïance femblable a celles des arbres, dont nous avons parle dans leMemoire xii. tome III. qui doivent leur origine à des piquûres d’infedes, & dans lefquelles des infeéles s’élèvent. Ce ne font pas feulement des yeux ordinaires qui jugent ces petits ani- maux de fimj)ies galles d’arbres, ils ont paru tels aux yeux ics plus aco^Êtumés à obferver. M. le Comte de Maifilli après avoir étudié ceux d’une efpece, les a toujours mécon- nus pour des infeéles , &. eft relié convaincu qu’ils 11 etoient que des galles. Des infeéles qui relTemblent fi fort à des galles, quoi- qu’ils n’ayent de commun avec elles que la relTemblance extérieure, m’ont paru ne pouvoir porter un nom plus convenable que celui de Gallinfedes. Ce fera le nom commun à toute la claire,qui en manquoit; & je dillin- guerai les efpeces par le nom de la plante fur laquelle elIfS croilTent, ou par d’autres particularités. Les gallinlèéles ne fçauroient être placées plus convenablement, ce mefem- ble , qu’à la fuite de l’hiltoire des Galles , par laquelle finit le troifiéme volume de nos Mémoires ; ceux qui voudront oblèrver les galles, doivent être mis en état de ne les pas con- fondre avec des infeéles qui leur relTemblent, de dosnet a ces derniers une attention dont ils font très-dignes. C ell fur les arbres, fur les arbrilTeaux, & ordinairement fur des plantes qui palTent l’hiver, que croilTent les galün; Icéles. Il faut a toutes celles que je connois , une plante dT' c. PI. fig. des Insectes. 7 . Aîcin, 5 Jesnourrin'c pendant j)rcs d’un an , terme auquel ed fixée la durée de leur vie. Je ne Içais s’il eft dcs.efpeces d arbres ou darbriffeaux fur lelquels il ne s’en élevé pas, -mais il n’efl gueres d’elpeces d’arbres ou d arbriffeaux dans ce j)ays- ti , où je n’en aye trouvé , & fouvent de plufieurs elpetcs dilFérentes. u- r n. Les figures & les couleurs des gallinfectes peuvent nous mettre en état d’en caraélérifer aifément plufieurs efpeces. Elles reftent toutes dafies petits animaux; api es avoir pris tout leur accroifiement, les unes fembient de petites boules attacliées contre une branche par une affés petite partie de leur circonférence; il y en a de >^2, 3. g, celles-ci qui n’ont jamais plus de la grolfeur d’un grain de poivre, & d’autres qui deviennent plus grolfes que les plus gros pois*. D’autres font des elpeces de Ipheres dont * t'i. s un fegnient * a été emporté, âc qui font attachées à pi. 2.fig. i’arbre par la partie plane de la léélion; d’autres font des 6&7. ipheres allongées, <Sc dont le grand axe s’élève au-delfus de la branche; d’autres un peu plus applaties *, font plus pj, ^ pointues par un bout que par celui qui y eft oppofe. 6,p. Quelques-unes ont la figure d’un rein *, & c’eft par la * Pi- 6. fi». partie la plus enfoncée du rein qu’elles font apj)liquécs contre une petite branche, & qu’elles y tiennent. D’autres enfin, de celles-ci fburnilTent un genre compofé de bien des efpeces, font des moitiés d’un fpheroïde allongé, coupé lèlon Ibn grand axe *, ou elles ont quelque relfem- fclance avec un bateau renverfé *. Leurs couleurs n’ont rien de bien frappant , aflfés com- munément elles en ont une qui approche de celle de mar- ron, tantôt plus & tantôt 'moins foncé. Il y en a déplus rougeâtres ; il y en a qui tirent fur le violet ; il y en a d’un affes beau noir; il y en a dont le fond eft jaune avec des ondes brunés*; j’eu ai trouvé de brunes veinées de blanc, Aij I . r ôe * PI. i.fig. I & 9.g,g. * Fig- 3« *PF.3.fig. j.if. 1 »PI. 5- H- i * PL I . fig. 2 . * PI. 2, fig. ^ & 8 . 4 MEMOIRES POUR l’HISTOIRE comme le font quelquefois ces graines appellées 7 <îr;:«^j Joô dont on fait des chapelets. Des efpeces de tubérofités qui n’ont rien de propre; Ibit par leur figure, foit par leur couleur, à s’attirer de l’at- tention , auroient pu être long-temps ignorées, fi elles ne fe multiplioient pas quelquefois à un point cxcelTif fur nos arbres, & fur-tout fur les arbres fruitiers. Les pêchers en font quelquefois tout couverts, tant d’une efpece en forme de bateau renverlé *, que d’une en petits grains* qui approchent de la figure fphérique; leurs branches en font délagréables à voir, elles paroifiTent toutes galeiifes. Les jardiniers attentifs ont foin de les nettoyer de cesgal- linfeéfes , ils croyent qu’elles font fbuffrir l’arbre , du moins efi-il fur qu’elles vivent & croiffent à fes dépens. Les feuilles & les fruits qui font au-delfous des branches trop peuplées de gallinfeéfes, font quelquefois falis & noircis par l’eau qui, après avoir lavé les gailinfeéles, tombe fur ces fruits & fur ces feuilles. Les orangers font une des efpeces d’arbres qu’on foigne le plus dans ce pays ; ils ont des gallinfeéles de celles qui font faites en bateau ren- verlé, & ce font de tous les arbres ceux à qui on eftpius attentif à les ôter. Leurs gallinfecles font aulfi les premières fur lefquelles nous ayons eu une fuite d’obfervations pref- que complette, & jrropre à nous les faire bien connoître. Elles ont été faites de concert par deux habiles obferva- teurs, de la Hire & Sedileau , qui les ont publiées dan^ les Mémoires de l’Académie de 1692. Là ils don- nent a ces inlecfles le nom depunailes des orangers, nom qui leur a ete aulfi donné par des jardiniers, quoicju’ih n ayent rien de commun avec aucune des elpeces de punaifes connues. Si des efpeces de gallinfeéles font quelque mal à nos arbres, nous en fommes alfûrément plus que dédommagés DES Insectes, I. Afcm. j • par les ulagcs que nous fçavons faire de quelques autres clpeces d’inl'edes du même genre; clics tiennent une place parmi les animaux qui nous Ibnt utiles. Il y a des gallinledcs * dont les paylhns de certains cantons du Koyaume & de quelques pays étrangers font tous les ans *’ une récolte; fans avoir eu la peine de Icmcr &dc labourer, ils vont détacher dedeffus certains arbriffeaux une moiffoii de petits grains, fouvent très-aboncfifnte; je veux parler de la récolte qui lé fiit chaque année en Provence & en Languedoc de ce qu’on appelle le kermès, la graine d’écar- late, le vermillon, & que les Latins ont déhgné par le nom de coccus bapliica,6<. que Pline nomme fimplement coccum. C’eft avec ce kermès, cette graine d’écarlate qu’on fait le firop de kermès. Quand les avantages que la Médecine iire.de cette drogue paroîtroient douteux à ceux qui font un peu Pyrrhoniens par rapport à la plûparrtles remedes, au moins ne fçauroit-on douter del’emp oi utile que l’art de la teinturerie en Içait faire pour teindre la Ibye & la laine dans un beau rouge - cramoifi. Il fuit avouer pourtant que depuis que la cochenille a été découverte, le kermès a celTé d’être une drogue aulTi importante qu’il l’étoit au- trefois; peut-être auflineii tirons-nous pas aujourd’hui tout le parti qu’on en peut tirer. Quoiqu’on fçaehe faire ufage du kermès depuis long- temps, quoique depuis long- temps on le recueille avec foin, cen’elï que depuis peu d’années qu’il a été bien connu pour ce qu il elt par quelques Içavans. Outre fa propre forme, diverfes circonftances léréunilTcnt pour ledéguifer fi bien qu II ny a guéres que ceux qui l’ont obfervé avec atten- tion pendant le cours d’une année entière , qui ayent pu le convaincre qu’il ell réellement un animal; il n’ell pas pris encore aéluellement pour tel par tous les fçavans des pays memes où il croît; c’eft de quoi l’Académie a eu A iij 6 MEMOIRES POUR L’HiSTOIRE des preuves dans une diiïertation fur le kermès, qui kj fut envoyée il y a peu d’années. Au relie, la ])lûpart des autres efpeces de gallinfecles ne font pas des animaux moins bien déguifés que le kermès; dès quon Içaura Thilloire d une de ces efpeces, il n’y aura plus rien qui puifle faire de la peine par rapport au fond de celle de toutes les autres. Nous nous fixerons donc à donner en détail l’iiilloire d’un^des gallinfedes des plus communes, *•'?!. I. fig. & par conféquent des plus aifées à obferver , de celle * en I&5. forme de bateau renverfé qui croît fur les pêchers : nous n’aurons plus qu’à faire une application de ce que celle-ci nous aura appris, aux autres efpeces, & qu’à faire remat' quer les particularités que ces dernières peuvent offrir. Enfin, nous reviendrons au kermès qui mérite unedilliih élion particulière , & nous rapporterons les obfervations qui démontrent qu’il ell réellement une gailinfeéle du même genre que celles que nous trouvons fur tant d’arbres, foit fruitiers, foit autres. La plupart des gallinfeéles font parvenues à leur der- nier terme d’accroiffement vers la mi-May , ou au plu- tard vers le commencement de Juin. Qu’on obforve alors les pêchers , & fur-tout ceux qui font mal tenus , fouvent fans avoir befoin de chercher beaucoup , on trouvera qu’ils en ont des deux genres dont nous avons parlé; les * PI. 2. fig. unes * font de petits grains prelque ronds de la grolTeur d’un grain de poivre, tantôt cle couleur rougeâtre , tantôt d’un rouge très-brun , & tantôt noirs & luilàns. Les au- très font de celles * qui ont très en petit la figure d’un bateau renverlé. Ce font ces dernières que nous allons fuivre d’abord. Leur plus grand diamètre efl alfez fouvent dans la direélion de la longueur de la branche, au moins n eft-ii prefque jamais placé perpendiculairement à cette direélion. Leur peau, leur enveio])pe extérieure, qui 4. & 5 *PI. t. fi J &.i. DES Insectes. I. Afem’. j tout ce qu oii eu appcrçoit alors , tft allez fimhlablc à l’é- corcc Hue & lifle tie quelques arbres, knil)lablc à celle ou (létaebc de deHiis le cerificr. Sa couleur efl à |)cu- OU ou- A* )C- les ^11 wii « J, près feuille morte , quelquefois elle tire fur le caffé Hurle marron clair, mais ordinairement elle eff plus n geâtre. Les tiges, les branches , les pouffes d’un an du cher font Ibuvent fi cliargccsde ces gallinlêèles, qu’e s y touchent de tous côtés; quelquefois elles font tlif- polëcs à la file les unes des autres comme des grains de chapelet *, mais quelquefois elles y font écartées les unes des autres. Toutes celles qu’on voit en même temps fur le pêclicr, & dont l’extérieur efl affés fcmblable , ôc qui toutes font également immobiles , ne l'ont pas pourtant dans le même état; les unes font des infèéles très-vivans, & les autres font des infeéles morts & defTéchés dès l’année ou les années précédentes , & qui font reftés dans les places memes ou ils ont péri, /ans que leur extérieur en ait été fenfiblement altéré. Une partie de celles qui font fiir les plus vieilles tiges, fur les plus vieilles branches, font des gallinfeéles defféchées, & toutes celles qui font atta- chées contre des jets d un an , font des gallinlééles très- vivantes-, les vivantes ont pourtant une couleur plus * fraîche , plus vive que celle des mortes. Il efl encore aifé de diftinguer ces dernières des autres, par un moyen fim- pfe. Si on pouffe les mortes avec le doigt, même affez legerement, on les détache, elles tombent à terre- les autres plus adhérentes réfiflent d’avantage , & fi on v va wdement, on les écrafè fans les faire gliffer. Quand^on ecrafe de celles qui font vivantes, on en fait fortir une elpece de liqueur épaiffe, une forte de bouillie, en un mot , des matières à peu près pareilles à celles qu’on fait loriir du corps dp tout infeéle en l’écrafant. Cette feule n. 2 , % s MEMOIRES POUR l’HiSTOIRE circonftance apprend que les dernieres ne doivent pas être confondues avec les vrayes galles des arbres. Les autres gaiiinfedles, celles qui font peries depuis long temps, ne paroilTent qu’une coque, ou qu’une demi-coque cafîàntc & friable , dans laquelle une poudre blanche ell coH'; tenue. La gallinfede vivante eft fi adhérente à l’arbre, qu’il eft difficile de la détacher dans la faifon que nous venons de choifir pour la faire conhdérer , fans l’écrafer ou fans lableffer, fi on ne fe fertquede fes doigts; mais on par- vient à l’enlever bien faine & bien entière, au moyen de la pointe d’un canif, ou de celle d’un couteau, qu’on glilTe entr’elle & l’écorce de l’arbre. La place d’où elle a *PI. i.%. été retirée, paroît tapilTée d’une matière cotonneufe^ ®‘ ‘ Dès que nous voulons qu’on regarde la gallinfeéle com- me un véritable infecle, & dès qu’on fe prêtera comme nous le demandons à cette idée , on n’héfitera pas à re- ^ Fig. 3. garder le côté extérieur*, celuy qui eft toujours en vûë, » Fig. 5. comme le dos de l’animal ; c’efl fon ventre * & tout le delTotis de fon corps qui ell appliqué contre le lit de coton dont nous venons de parler. Le ventre ell auffi ^ renflé, auffi plein qu’il ellpolTible qu’il le foit pour tou- cher de toutes parts la furface fur laquelle il ell flxé ; fi on luy ôte le coton qu’il entraîne fouvent , il paroît rou- geâtre , & d’un rougeâtre qui difpofe à le regarder comme une fubllance charnuë. La feule couche cotonneufe que nous venons de faire remarc uer , auroit dû fuffire pour empêcher de confondre les gallinfecfles avec les excroilTances des arbres , les vrayes galles ;^ces galles font réellement recouvertes par l’écorce, e les n en font jamais féparées par une efpece de lit de coton. Les gallinfedes confidérées un peu plus tard que nous ne DES Insectes. I. Alem. 9 ne venons de le faire , c’ell-à-<liic , peu avant la fin de May, ont cneore de quoy nous dérouter; alors il efi encore plus ditlicilc de les reconnoître pour <lcs animaux. Si environ quinze jours aj)rès quelles Ibnt devenues aiilii gonilées quelles le peuvent devenir, on les détache -tic leur place, elles ne paroiirent plus que comme une de ces gallinlcdles mortes & dcfiechccs, dont nous avons j)arlé ci-delfiis; on ny trouve plus rien de ce qu’on y avoit vû de charnu ; chacune d’elles ell devenue l'emblahle à une petite écaille de tortue ou autre, d’où l’animal auroit été tiré; elle n’eft plus qu’une fimple coque, qui eontient , & recouvre une infinité de grains * un peu rougeâtres, * El. i âc moins adhérons les uns aux autres que des grains de fable. Ils tiennent fi peu les uns aux autres, qu’ils tom- bent par terre avant que la gallinfcélc ait été détachée, fi on n’a attention de commencer à la détacher par là partie fupéricure. Mais pour mieux voir ces grains en place, on n’a qu’à couper tranfverlàlement la gallinfeéle * avec un canif, & PI. 3 enlever fa partie lùpérieure; on fait tomber tous les grair^s qui etoient contenus dans cette partie, mais ceux qui étoient logés dans la partie inférieure y relient , & on voit la petite epailTeur des parois de la cavité qui les renferme, êc comment ils y font empilés. Dès qu on confidére ces petits grains avec un micro- copeou avec une forte loupe, leur ligure oblongue <Sc arrondie ne permet pas de les prendre pour autre chofe que pour des œufs. La gallinlède que nous avions vûë c arnue ci-devant, ne femble donc alors qu’une coque, ou, comme des naturalilles font dit, qu’une efiDece de goulfe remplie d’une infinité d’œufs. C’eû aufïi ce qui a l^erluade a quelques fçavans, qui n’avoient pas oblèrvé il faut les oblerver , ' • B • 3 10 MEMOIRES POUR L’HISTOIRE pour les bien connoître , qu’elles n etoient autre chofç que des coques leniblables a celles dans iefquelles divers • infedles renferment leurs œufs ; que ces prétendues galles avoient été conflruites , & peut-etre filées par quelqu’in. feéle qui avoit fongé à y mettre fes œufs en furetc. Enfin fi on détache la gailinfeéle , ou fi on fouvre " encore un peu piûtard, & quon obferve la cavité, lin. térieur de l’elpece de coque, la loupe y fait voir des mil. liers de j)etits infeéfes mêlés avec des efpeces de grains de pouffiére. Ce font les infeéles qui fontfortis des petits œufs; les enveloppes des œufs d’où ils fe font tirés for- ment partie de l’elpece de pouffiére au milieu de laquelle ils font; on ne trouve plus alors d’œufs entiers. Quelques oblérvations vrayes, & qui ont demandé de l’attention dans ceux qui les ont faites pour la première fois , ont encore concouru à faire prendre de fauffes idées des gallinlc(5lcs & des petits animaux fortis des œufs. On a très-bien remarqué que la peau de quelques gallinfeéîes étoit percée quelquefois d’un feul , quelquefois de trois à quatre trous ronds, placés tantôt dans un endroit, & tantôt dans un autre. Les véritables galles defquelles font fortis les moucherons qui fe font élevés dans leur intérieur, ^ font percées de même; ôc comme s’il ne devoit rien man- quer à la reffemblance parfaite entre les vrayes galles & te gallinfeéîes , on a vii aufli de très-petits moucherons fortit de ces dernières , Sc qui avoient crû dans leur intérieur fous la forme de vers. Mais il ne falloir qu’obferver une gallinfèéle dans une circonflance favorable, dans un temj)s moyen entre ceux dont nous venons tie parler , pour lui affûrer bien fonétat, pour reconnoître celui de toutes hs autres, &pourvoirl^ dénouement de toutes les difficultés qui en ont impofé I^ous avons çonfidéré la galliiifeéle renflée & diflendué, DES Insectes. I. A [cm. 1 1 &qui paroiflbit diarmic * nous l’avons confldcrt c cnfuitc ddlcchée devenue uncdpccc de coque très-remplic J’fgufs" (i on lailit un temps moyen cntic les deux piece- dens, ce qui l'eraaileàqurne mettra pas un intervalle d’un trop grand nombre de jours entre lès oblervations , on détachera une gallinfeèle qui ne fera pas émincée au point de ne paroître qu’une membrane, & qui ne lcra pas aulli gonflée que celle que nous avons conlidérée d’abord; il reliera entre fon ventre <Sc l’arbre une cavité, mais conli- dérablement moins grande que celle qui y eût été. Il la gallinfeéte eût été détachée plûtard; il y aura dans cette cavité de ces petits grains que nous avons dit être des œufs .mais il n’y en aura que pour remplir la petite cavité, moins qu’il n’y en eût eu dans la fuite. 11 ell bien ailé alors de le convaincre , fur-tout furies gallinfeéles en forme de bateau renverfé, telles que celles des pêchers, que la gallinlèéle ell un véritable animal, puifqu’on peut s’alfûrer qu’elle ell alors occupée à faire des œufs , qu’on l’a dé- tachée pendant qu’elle étoit en pleine ponte , & on la verra continuer de pondre. La première fois que j’oblervai dans cette circonflance favorable, &avec une forte loupe, une gallinfeéîe que je venois de détacher , je vis dillinflement près d’un de fes bouts, près de celui que nous pouvons aduellement appelJer le poftérieur, je vis , dis-je, un petit œuf* qui n’étoit encore forti qu’en partie, & qui étoit encore logé en partie dans le trou deftiné à leur donner ilTuë a tous. Mais pour ne m’en pas fier à cette feule ob- feryation , je frottai doucement le Ventre de la gallinfeéîe, & je foufîîai delTus pour emporter les œufs qui pourroient y etre retenus par quelques inégalités ; après quoy je pofai la gallinfeéîe le ventre en haut fur du fable dont- j avois rempli un petit vaie. Quoiqu’elle fût làaffés mal a fbn aife, elle ne laiffa pas de continuer fbn opération; Bij PI. I . fîg. * PI. I . %. y 9^ é t • * 5 h h h ^ PI. î . fï^(. MEMOIRES POUR l’HISTOIRE en moins d’une heure elle fit lorlir trois œufs de fon corps par l’ouverture qui eft auprès du deineie M. cela Hire & Sedileau ont de même vu , & avant moy , des gallinfedes des orangers faire t^cs œmfs , d on parvien- dra toûiours à en voir faire à celles qui ont lafiguiednn bateau renverfé, lorfqu’on les faifira dans le temps que nous venons de déterminer. ^ ^ - i La fuite de l’hiftoire de nos galimfedes nous les mon- trera pendant plufieurs mois conlêcutifs avec des formes affés femblables à celles de divers autres iniedes, mais a mefiire qu’elles groffifient , leur extérieur fe defaçonne; elles ne groffifient , elles ne croiflent confideraLlement que quand les milliers d’œufs renfermés dans leur corps croif- fent. Quand ces œufs font près de fortir du corps de 1 in- fede, le ventre efl fi diflendu , que les filions qui féparent naturellement les anneaux, ne s’y trouvent prefqueplus; mais lorfque l’infede a avancé fa ponte, lorfque fon ventre s’efl un peu vuidé , il redevient connoiflable pour un infede, fi on l’obferve du côté quiétoit appliqué contre l’arbre ; alors les anneaux dont le ventre eft comjDofé , font aifés à diftinguer à qui les confidére avec une loupe; on en compte facilement cinq *, dans le dernier dcfquels eft l’ouverture qui donne fonic aux œufs. L’infede a lîx jambes dont il n’a pas fait iifage depuis long-temps; il les tient alors appliquées contre ion corps; yen a quatid qu’on diftingue plus aifément que les autres. La der- nière paire de celles-ci eft immédiatement au-deffiis du premier des cinq anneaux dont nous venons de parler. On peut encore, en obfervant avec attention, appcrce- voir aii-deffiis de la j)rcmiére paire des jambes une efpece ^ t» de petit mammelon * que nous examinerons dans laluitCi ôt qui eft la partie par le moyen de laquelle l’infede fe nourrit. m des Insectes. /. Afem . 1 3 Si on conficicre lür la branche la place * d’où on a PI. i. détache une de nos gallinlcdcs qui n’a pas encore coin- “ mcncc là ponte , on y voit , comme nous l’avons déjà dit, une cl'pcce de lit d’un duvet cotonneux; ce duvet Icul pourrait donner quciqu’idcc de la ligure <& de l’arrange- ment des parties qui font du coté du ventre; on y retrouve leur mou c, on y didinguc fur-tout ceux des cinq anneaux & de quatre des jambes. N’hélitons donc plus à regarder nos gallinfcéîes comme de véritables animaux, mais admirons la manière dont la nature les a inftruites à conferver leurs oeufs & les j)etils qui en éclofent; quantité d’autres infeéles fçavcnt filer des coques dans lefqueilcs ils renferment leurs œufs avec bien de l’art, c’eft fon jnopre corps que la gallinfcdtc em- ployé pour couvrir les liens ; Ion corps leur tient lieu d’une coque bien clofe; elle ne les lailîe pas un i n liant cxpolés aux impreflions de l’air, elle les met jxarfaitement à l’abri, elle les couve, pour ainfi dire, dès l’inftant où elle vient de les pondre. Les petits qui fortent des œufs fc trouvent encore couvés, ou couverts au moins dès l’inftant de leur naiflànce & pendant plulieurs jours par leur nxre, ou au moins^ar fon cadavre ; de forte que la gallinfcèle , meme après etre périe, eft utile foit à fes œufs , foit à fes petits , elle les couvre encore alors avec fon corps, qui fe delTcchê fans tomber en pourriture. Mais pour mieux voir la manière linguliére que la nature a choifie pour perpétuer les différentes eljjeces de gallinleéles , retournons encore à confidérer une de celles du pecher en forme de bateau, qui eft prête à commencer a ponte *. Le contour ovale de Ion corps *, cette ligne * pi. i qui peut être regardée comme le terme de féparation ^ de la partie convexe ou du dos, & de la partie prefque P ane ou du yentre, eft exadlement appliquée contre une B iij h- -y*' c, c, c, c, c. y portion de l , , P , ^ coton fur lequel * PI. I . fig. eureronÏrnt^re& de duvet; ced-ià où elle conduira entre ion y ^ la file du premier elle les pond fans leur permettre , pour amf, dtre, srùa oître au joHr. A mefure que le ventre fe vmde <1 une cerfaine quantité d’œufs, il laiffe la place neceffatre pour ^ !es loger entre fon enveloppe extérieure , fa peau , & lit de coton ; ainfi fucceffivement les œufs fortent du corps, & fucceffivement ils font conduits entre la peau du ventre & le lit de duvet. La peau du ventre cede pour leur laifier ia place néceffaire, elle s’approche du dos, & s en approche de plus en plus. Le volume qu avoit le ventie ayant la ponte, étoitprefque tout dû aux œufs dont il etoit farci; quand la ponte eft finie, la peau du ventre fi difienduë ci-devant , efl pouffee par les œufs qui ont paffe en dchois Si fous elle jufqu’à toucher, ou à toucher prefque le dos; elle n’en efl féparée que jiar des parties afles minces, comme les inteflins & les ovaires ; ceux-ci qui m font vuidés, ne tiennent pas alors grande place, ils font deve- nus flafques. Le côté de la gallinfede qui efl tourné vers l’arbre , efl donc devenu concave , il efl fait alors en coquille ou en cuilleron ; & cette efpece de coquille ap'pliquéc contre l’arbre , forme une coque qui recouvre d’autant mieux les œufs, que fa membrane extérieure, celle de la partie convexe , eft forte , ferrée , Si femble ana- logue aux matières cruflacées. refie que les iogiie aux matières cruflacees. Après que la gallinfeéle a fini fa ponte , elle ne pas long-temps en vie ; c eft une loi affés générale q / <r des Insectes. 7. Mcm. 1 5 infc(flcs pcriflcnt (juaiid ils ont fait tout cc (jui ctoit nc- cefTaircà la multiplication de leur efpece; elle périt donc, & dans la meme jdace où clic s ctoit fixée depuis lông- temjjs ; Ion corps achevé de lé tlefîéchcr , & cela fans rien perdre de là forme extérieure, de celle de Ibn côté con- vexe, parce que, comme nous venons de le dire, celui- ci a une enveloppe qui ell comme cruflacée. Voilà donc notre galle qui lemhle transformée dans une cfpccc tic coque qui couvre les œufs , & qui paroît fi bien en être une, qu’il n’ell: pas étonnant que des obfervatcurs atten- tifs ayent cru qu’elle n’étoit que cela, qu’ils n’aycnt ni penïé qu’elle avoit été animal , ni qu’elle n’étoit qu’un animal delTéché; car rien ne peut conduire à prcjidre une idée véritable de là nature, quand on ne l’a pas fuivic dans fès différens états , & fur - tout dans l’opération de la ponte. On ne fçauroit voir comment la gallinfedfe, malgré fon immobilité, conduit jufqu’auprès de fa partie anté- rieure les œufs qu’elle fait Ibrtir de fa partie pollérieurc. Quoique tout le corps ne change point de place pendant qu’elle pond , il y a làns doute alors des mouvemens in- térieurs , les anneaux , mobiles du côté du ventre , peuvent aider par leur comprelfion la fortie des œufs; mais j’ima- gine que des mouvemens fucceffifsde ces mêmes anneaux, conduilènt le^œufs vers la partie antérieure : le dernier, le cinquième anneau pouffé l’œuf qui vient de lortir, à i’anneau qui le précédé, au quatrième; celui-ci le fait avancer jufquau troiliéme,& ainfi d’anneau en anneau « elt conduit jufqu’au premier. Dès que les œufs fe trou- veront empilés vers les premiers anneaux, les mouve- . mens des anneaux fur les œufs nouvellement fbrtis, fê communiqueront aux œufs entaffés, & les poufferont plus oin que les anneaux. Je crois avoir vû faite des mouve- lé MEMOIRES POUR lHiSTOIR^ ^ mens femblables à ceux qui font neceffaircs a cette opera- tion aux galünfedes que je tenois dans le fable, renveifees Une gallinfede d’un genre different du genie de celles mie nous examinons aduellement & dont .1 fera parle dans la fuite , étant retournée fur le dos , a fait palier, devant PI. 6.Bg. moi des œufs arrangés comme les grains d un c lape et , julqu’auprès de fa telle. • ^ Mes obfervations ne m ont appris rien de bien précis fur le nombre de jours au bout duquel les petites galliii- feélcs fortent des œufs , mais il m’a paru qu elles en font au moins dix à douze à éclorre. Il m’a paru encore que plufieurs jours après leur nailfance, elles relient tianquilles fous la coque formée par le cadavre de leur mere, & au milieu des fragmens des coques d œufs d ou elles fe font tirées; elles y relient apparemment jufqu’à ce que leurs parties fe Ibient affermies. Enfin , elles deviennent en état d’aller jouir du grand jour, <Se elles en ont befoin. Onima- gine alTés quelles doivent être alors d’une extrême pctitelTe, ce n’ell qu’avec une loupe forte qu’on les peut bien voir; mais on n’imagineroit peut-être pas combien ces infecles nouveaux-nés relfemblent peu , au moins par leur aef ivité, à celui à qui ils doivent la nailfance, & à celui qu’ils doivent être un jour. Ils marchent, & marchent extrêmement vite. *pi. 2 . fig. Leur forme n’a rien de fingulier *, leur corps cft très- ^ 'fig. 9 ^pplati, fon contour ell à peu-près ovale, aulTi fcmhle-t-il ° - une petite plaque ovale. Ces gallinfeéles portent devant elles deux antennes; elles ont lix jambes qu’on apperçoit lorfqii’on les cherche avec un peu d’attention; aflésloU' vent elles font cachées par la partie fupérieure au-dellous de laquelle elles font attachées. Ce qui me détermine à croire que les petites galü*^' feélcs ne prcmicnt l’clfor que plufieurs jours ai)rcs qu’elif* font & 10 . DES Insectes. I. Mcm. 1 7 font nées, c’eft qu'une gallinlc<5le-nicrc &clen'ccliée, (jui ne fort plus que de coque , peut être oblcrvéc à la loupe pendant j)lurieurs jours, làns qu’on voyc autour d’elle aucun petit vivant ; mais fi on la dctaclie , & fi on cherche à voir à la loupe ce qui eft dans la cavité, tout y paroît fourmiller des petits animaux qui y lônt nés; on les a déterminé à fo mettre en mouvement, ils s’éparpillent de tous côtés, ils fo dilperlcnt , ét cela avec vîtelTe ; il y en a des milliers ; on en peut juger par le nom- bre dés oeufs. Quelques auteurs ont compté plus de deux mille œufs fous une feule gallinfoéle de certaine cfpecc,<Sc d’autresen ont comjrté plus de quatre mille Ibus des gallin- foéles d’une autre eipece. Quand on voit tant de milliers d’infoétes dans un tas de poudre blanche, & que celui qui leur a donné nailfance paroît réduit à être une fimple peau , on feroit tenté de les croire coupables d’une grande bar- barie, on feroit tenté de croire qu’ils ont dévoré toute la _ fubliancedu corpsde leurmere. M. Ceftoni, qui d’ailleurs afait de très-bonnes obforvations fur les gallinfe<fles, & qui acompte avec foin le nombre des œufs , l’a penféainfi ; il a cru que les œufs ecloifbient dans le corps de la mere, & que les petits le dechiroient pour fortir ; les apparences font très-propres à induire dans cette erreur. En y tombant, M. Ceftoni a bien prouvé au moins qu’il n’avoiteu aucune connoiflànce des AÎenioires de M.''* de la Hire <Sc Sedileau , ifyauroit vû que les gallinfeéles font des œufs, & que les œuft font hors du corps de la mere lorfque les petits naiffent. Enfin fi on confidére les gallinfedes - meres & deffé- chees un certain nombre de jours après que leur ponte cit nnie , on voit autour d’elles les petites qui font nou- vellement nées, & on en voit qui à chaque inftant fortent de deffous le cadavre deffeché qui leur formoit une coq^. La nature leur a préparé une porte qu’elles ne font lo7ne IV. J. MEMOIRES POUR ii plûtôt quelles ne le perdent. M." de la H.re & Sedtleau penlë que les gallinfeaes des Archer les gallinledes dont il parle que deux ou trois ours. Ces fçavans les ont vû fe f xer peu de temps apres leur naiffance , & ils ont cru qu’elles s etoient hxees pour DaS d’apprendre jufqu’à quel âge elles font ou peuvent faire ufage de leurs jambes, j ai porte dans mon Linet , foit des feuilles , foit de jeunes jets de pecher con- tre lefquels elles étoient plaquées , penc^an^ fuite, à commencer depuis celui de Juillet jufques au mois de Décembre inclufivemenU Dès que les feui les & lesre- jettons ont commencé à fe deffecher, les gallinfeéjes iCs ont quittés, & par conféquent tantôt plûtôt , & tantôt plû- tard, tantôt au bout de quelques heures , tantôt au bout d’un jour, félon que l’air étoit j^lus chaud. Maigre 1 immo- bilité apparente des jeunes gallinfe<5les, il n’étoit pas vrai- femblable qu’elles fulTent incapables de mouvement d’auffi bonne heure qu’on l’a cru ; les infecfles font tous bien in- flruits par la nature pour leur confervation , les nôtres le fèroient mal bayant befoin de fe nourrir & de croître pen- dant une année prefqu’entiére , ils alloient fe fixer pour toûjours fur des feuilles qui doivent tomber avant la fin de l’automne. Nos gallinfeéîes tombent au Ifi vers la Touffaint avec les feuilles fur lefquelles elles fe font apj)liquées , mais on ne doit pas être embarraffé de ce qu’elles deviennent; bientôt elles abandonnent ces feuilles, comme jelcuravois vû abandonner celles que j’avois portées dans mon cabinet» elles regagnent l’arbre, & s’y attachent. Quoiqu’il n’y eût pas lieu de douter que nos gallinfeéle^ n’en ufafTent ainfi, j’ai pourtant marqué plufieurs feuillet que les premiers frpids avoient fait tomber, ôl qui ctoiei’t entiérentett^ I des Insectes. 7. A / ern . 2^ entièrement couvertes de jeunes galliidcdlcs ; de jour en jour le nombre de celles que j’y avois vues me Icmbloic diminuer: les endroits de la feuille qui paroill'oicnt les plus deflechés étoient ceux où il en refloit moins ; cnfùi après trois à quatre jours il n’y en reftoit plus du tout ; ou pouvoit obferver dans le meme tenips , que les jeunes rejettons des arbres le peuploicnf de gallinlcdlcs. Je ne me fuis point trouvé à portée dans les mois de Janvier & de Février , d’oblerver fi elles étoient encore en état de marcher ; c’efl au relie un fait de leur hilloire que je n’ai pas cru bien important; mais des oblérvations pareilles à celles que j’ai rapportées, m’ont appris que dans le mois de Mars elles ne peuvent plus quitter les tiges, les branches ou les rejettons des arbres contre lelquels elles font appliquées. Quand alors j’ai tranlporté chez moi des branehes qui en étoient chargées , les infeétes ont péri delTus fans faire un pas en avant ou en arriére. Leur accroiûement eû très-lent pendant les mois de Juin, Juillet, Aoull, Septembre & Oélobre; elles font pour- tant fonhblement plus grandes vers le commencement de Novembre, mais elles ne femblent de rien plusépaifo fes; elles ne paroilTent encore que comme des membranes ovales plaquées fur les feuilles. Alors elles font toutes a peu près de meme couleur , elles font toutes roufleâ- tres, ilny en a plus de blanches, de blancheâtres ni de jaunâtres , &c ; quand elles marchent elles ne paroifo font plus fi applaties . elles s’élèvent un peu fur leurs jam- bes , elles portent devant elles deux antennes extrême- ment fines. ^ Vers les premiers jours de Mars nos gailinfoéles du pecher commencent à devenir plus renflées, tout du long e leur dos elles prennent un peu de convéxité; leur dos VU a la loupe paroît alors chagriné, on y apperçoit uit lome IV. ' n % ,6 MEMOIRES POUR lHISTOIRE Ini nombre de petits tubercules; on cpperçott anffi flors fept à huit longs fils * ou poils qui purtentclt divers Xés , & dilFéremment diriges. Il y a de ces fus qu. vont s'attacher au bois affés loin du petit anima . Vers les premiers jours d'Avril , non-feulement les gsl- linfeaes paroiffent encore plus renflecs, Tu'alors elles ne foient plus en état ou en dirpofit.on tfc changer de place, elles font des mouvemens qui prouvent , bien qu’ellel fontanimées. J’en ai vû dans le commence, ment d’Avril , de celles du pêcher & de celles du noi eiicr, fe défaire de leur vieille peau; leur manœuvre «oit afe femblableàcelledes autres infeéles en pareil cas. Quelque- fois elles recourboient leur corps , elles 1 élev oient ne -içon qu’elles nerefloient appliquées contre la petite buncic que par la tête 6i par le derrière; on pouvoit appercevoir le viiide qui étoit entre leur ventre Sc la furface de i arbre; elles s’app atifToient bientôt apres. Dans d autres momeiis j’ai vù des gallinfedtes qui élevoient peu a peu leur tete & toute la partie antérieure de leur corps, leur derrière étoit leur feul point d’appui; enfuite elles le laifToient re- tomber peu à peu. J’en ai vû d’autres qui avoient le corps contourné de manière qu’il n’étoit appuyé contre 1 ar- bre que par le milieu du ventre. Tons ces mouvcniens ôc toutes ces contorfions tendoient à forcer la dcpoiiÜ» • qu’elles voiiloient quitter, à fe fendre & à fc brifer; je à fe brifer, parce que je n’ai pointvéi de gallinfceleslor|*‘ par la fente qui s’étoit faite à la dépouille , comm^ chenilles forcent par celle qui s’eft faite à la leur. Nosg-y linfecfles la font tomber par lambeaux qui font blaii'^’ minces êc très-tranfparens. Il y en a à la vérité de trf^' grands , il y en a qui eouvroient le quart de ia furface I des Insectes. 7. Mem. 27 î,.,r corps- il va tel morceau dont elles ne parvicnnenc à l'e délire qu’après avoir répète pendant une ot, deiix heures les manœuvres que nous venons de lappoi ter , aufu leurs mouvemens font-ils très-lents. ^ Il y a même des gallinfedcs qui ne parviennent pas a fe défaire de la partie l'upérieure de leur peau . on la rc- connoit quelquefois fur les plus groffes de ce genre , i femble que ce foit une petite gallinlcéle qui le loit atta- chée fur une très-grande. Quoique je n’aïe vu nos gallinfeéles changer de peau qiie dans le mois d’Avril , elles en changent peut - être encore auparavant; mais ceft après le changement dont je viens de parler qu elles croilTent vite , 6c qu elles pren- nent iavraye figurede galles : elles ne font plus reconnoil- làbles au bout de fept à huit jours ; ce n’eft jjourtant gueres que vers le commencement de May qu’elles font par- venuës à leur dernier terme de grandeur. Si on les écrafo dans ces derniers temps, on fait fortir de leur corps une grande quantité d’une elpece de bouillie compolée de matières de différentes couleurs, parmi lefquelles la loupe fait voir une infinité de petits grains blancheâtres, qui ne font autre chofe que les œufs dont l’accroiffement efl; fort avancé. Enfin vers le i y. May elles font en état de pondre; elles fe délivrent peu à peu de leurs œufs , 6c à mefurc qu’elles les font fortir , leur ventre s’applatit, il s’approche du dos, comme nous l’avons expliqué ci-devant. La ponte finie, la gallinfedle périt 6c fon cadavre ne paroît plus qu une coque , de deffous laquelle les petites fortent en- luite pour croître 6c devenir à leur tour auffi fécondes que leur inere l’a été. Mais comment ces gallinfèéles font -elles fécondéest M. Ceftoni croit quelles font toutes mâles 6c femelles ea 28 MEMOIRES POUR l’Histoire même temps , quelles font des hermaphrodites du genre e plus fiugmlien Les deux lïxes iont réunis dans c.iaqiie individu de quelques genres d'infeaes très- connus, comme les limaçons & les vers de terre; ma.s chaque limaçon , chaque ver de terre ne devient fécond que quand il s’ell accouplé avec un aiitie limaçon, avec un autre ver de terre; les deux infedlcs joints eniem'' e fe fécondent réciproquement. M. Ceftoni croit eue les c-aliinfcéles font des hermaphrodites encore plus lingu- liers, que chaque gallinfedle fe fuffit à elle-même, qu elle Il a pas befoin de s unir avec une autre pour être en état de produire des oeufs defquelsdes petits naiffciit. de la Hire & Sedileau ont penfé au contraire que parmi les gallinfeéles des orangers il y a des mâles & des fémelles, & que la fingularité qu’ils nous offrent par rapport à leur manière de fe multiplier, fè réduit a eequ elles s accouplent les unes avec les autres de très-bonne heure, prelque dès qu’elles font nées , pendant ces deux à trois jours ou on les voit courir fur les branches. M. de la Hire n’avoit pas pu reculer leur accouplement plus loin , parce qu’il penfoit qu’après ces premiers jours elles fe fixoient pour toujours; mais dès que nous avons prouvé qu’elles font en état de marcher pendant l’hiver, il ne feroit pas nécclTaire qu’elles s’accouplalTent de fi bonne heure. Si les gallinfcéfes des orangers s’accouploient , l’analogie demanderoit que les autres efpeces de gallinfedfes s’accouplaffent , mais ces M". n’ont point dit qu’ils eulTent vû l’accouplement des premières , s’ils l’ont admis ce n’elt que parce qu’ils l’ont jugé d’une néceffité indifpenfable. J’ai eu beau obferver des gallinfcéfes de quantité d’ef- peces différentes, je fuis refté incertain pendant plufieur* années fi je devois croire avec M. Cclfoni, qu’elles lè multiplient fans s’accoupler, ou fi je deyois pcpfçr des Insectes. I. Ment, 29 AI.” delaHirc&Salilcau qu’elles s’accouplent, quoique peut-être dans un temps plus éloigné de leur naiirancc que celui où ces Içavans ont jugé que l’accouplement le devoit faire. Enlin une obfervation heureufe me mit fur la vo)’c de décider; ce font des gallinfcélcs du pécher, de celles qui deviennent des grains plus qu’hémilphériques qui me la fournirent *. Pendant que j’examinois vers la lin d A- vril , des branches de cet arbre qui en étoient toutes cou- vertes, j’apperçus plufieurs petites mouches * , qui mar- choient fur ces gallinfeéles; elles étoient afles jolies pour s’attirer mon attention. La tête, le coips, le corcelct, les fix jambes des mouches dont il s’agit , font d’un rouge- foncé; elles n’ont que deux ailes, mais grandes propor- tionncüernent à la grandeur du corps, elles font près du double plus longues qu’il ne l’eft. Dans leur état ordinaire ces ailes font parallèles au plan de pofition * , & croifées lùr le corps de manière que la fupèrieure cache l’inférieure preiqu’en entier. Elles Ibnt moins tranlparentes que celles des mouches ordinaires; elles font blanches, d’un blanc- fale, excepté leur côté extérieur qui eft bordé d’une bande qui eft pour elles un grand ornement, cette bande eft d’un rouge qui apj)roche de celui du carmin. Ce qui caraélérife bien encore les petites mouches de cette elpece, ce font deux filets bknes * qui partent de leur derrière, & qui font à peu près du double plus longs que les ailes; ils font «cartes 1 un de l’autre, & plus écartés vers leur extrémité qu’à leur origine. Entre ces deux filets il y a encore une partie lemarquabie , c eft une forte de queue * faite en ma- nière d’aiguillon , qui a une longueur égale à celle du tiers ou du quart d’un des filets blancs. Cette efpece d’aiguillon plus gros, comme tous les aiguillons, à fa bafe qu’àfon ex- tiemite , le recourbe un peu en defïous. Les antennes * de .cette mouche font grainées à longs grains chargés de Diij PI. :»• fig. 7 & 8. * PI. 4. 7- * Fiç. 8 & * Fi£, 9, 1 1 «“O M M E M U 1 n. jl:- ‘J A ^ ^ ^ , J * |l„quc Côté de poils qui paroiffeniplus gros vers le bout IVnflroit de leur infertion. ^ Je rcgartlsi d’abord cette efpece de mouche comme une de celles qui viennent des vers qu, cro.ffent dans le corps des gailiiiiedes , & qui les font périr apres avoir W ou rongé leurs parties intérieures Je penfai que celles que je voyois, cherchoient à piquer des gallinledcs pour dépoier des œufs dans leur corps, pour y faire eclorre leurs petits. La queue ou l’efpece de gros aigui on que la mou- che a au derrière , favorifoit cette idee , elle fail oit juger la mouched’un genre analogue à celui desichneumons. J eus bientôt après un foupçon fort différent, qui fut que ces mouches étoient peut-être deftinées à féconder les gailin- fedes, qu elles en étoient les mâles. Ni les ailes, ni les autres parties qui leur donnent une forme li diff érente de celle des galiinfedes , ni ladifproportion confideiablequi efl entre la grandeur de ces mouches & celle des gallin- fedes, ne me firent point abandonner cette conjedure. La nature m’avoit déjà offert plus d’une fois des difîé- • rences auffi frappantes entre les mâles Sl les fémelles des infedes de certains genres. Dans l’hilloire des fcarabés j’aurai occafion d’en faire connoître un qui efl: fi petit par rapport à la femelle à laquelle il fe joint , que l’affortiment de l’un avec l’autre doit paroître auffi fingulier qu’il le feroit de voir un taureau auffi petit qu’un mouton ou même qu’un lièvre s’accoupler avec la plus grande vache. Ce très-petit fcarabé a des ailes & des fourreaux d’aîles écailleux, fa groffe fémelle n’a aucuns vertiges d’aîles & de fourreaux d’aîles; le deffiis de fon corps efl membra- neux <Sc à découvert. Je crus même trouver divers traits de reffemblance entre les mouches en queflion Si les gab linfedes; la couleur, l’odeur Sl la nature de la chair des Wnes ÔL des autres me parurent être à peu près les mêmes* 01 R ES POUR l’ Histoire DES Insectes. I% 3 ^ Les mouches ccral'écs liir mes manchettes les teignirent en rouge, & en un rouge un |)eu plus beau que celui que les gallinleaes y auroient laillc. , ^ _ Après avoir oWerve ces mouclies & les avoir vues en très-grand nombre l'urles gallinfedes, je tournai mes re- carcis fur des branches de pcchers * auxquelles j ayoïs donné attention les derniers jours de Mars & Icspremieis jours d’Avril. J avois admiré alors combien elles ctoicnt couvertes de petites gallinfecles ; non-feulement elles s y toiichoient prefque toutes, elles y ctoicnt en divers endroits en recouvrement les unes fur les autics. Elles ctoicnt pour la plupart encore très~petitcs, elles avoient beaucoup à croître pour parvenir au terme de grandeur oïdinaiiea celles de leur efpece; cependant elles etoient déjà dans un âge où elles ne marchent plus, ou elles ne changent plus de place: c’étoit là qif elles dévoient achever de croître, j’avois été embarraffé de fçavoir comment elles pourroient s'arranger après avoir pris tout leur accroilfe- mentjdans un efpace qui déjà avoit peine à leur fiiffirc. Je jettai, dis-je, mes regards à la fin d' Avril fur ces mêmes branches de pêchers fur iefqueiles j’avois vû au commen- cement du meme mois tant de 2 *allinrc(fles, qui m'avoient donné quek[u inquiéende pour leur fort. De ce grand nombre il n’en étoit refté que qui euflentpris de i’accroiflement*. M:us j’cblc ovai une quantité prodigieufe de dépouilles *; ce n’éfoitnt pas des lambeaux de peau , tels que font les dépou'll'.s .qi. ‘ iaiîTent ordinairement les &c. galiinfeéles , c’étoientdes tlcpc -.: .es très-complettes dont chacune avoit bien la foïir.e d’ •'ie galiinfe<5lc , dont clia- .cune n’étoit qu’une membrane inince qui renfermoitun elpace vuide. Qu’étoientdeveii.;£s les galiinfeéles Ibrties de tant de dépouilles! Avoient- elles été en état d’aller fherçliçj’ dçs lieux où elles fepuffent placer plus à leur aifel * P 2. fig. ” E'g- g. &c. 7 / 7 , 7 / 7 , 7 / 7 , 5 , MEMOIRES POÜR l’HiSTOIRÊ - Ces dépouilles mieux étudiées m’appiRcnt qu elks n e- avoit (ervi denveloppe ^ dans laquelk quelle avoit ete pour a n nymphe, 'iufqu a ce quelle elle avoit vécu tous la fo. “ „^mpltes » dont *pl. 4 .fi£. enfûtfottieavec esai r n’étoit pas encore i&i- letemnsdela dernietetranstormation iicro j arrivé' dans uluf.eurs coques de cette efpece, Falloitul c oireque ces nymphes& ces mouches étoientchacune ve- mès d’un ver qui avoit mangé l’intérieur de la galhn ede. qui n en avoit laifle que la peau fous laquelle il s etoii me- tamorphoféî ou falloit-il penfer que chaque mouche avoit été réellement une gallinléde qui s étoit transformée ious fa propre peau . comme fe transforment fous la leur tant d’efpeces de vers qui deviennent des mouches a deux ailes. Bien des faits parlèrent pour ce dernier lentiment : i.* Dans les premiers jours d’ Avril j avois écrale quantité de gallinfeéles , fi les mouches venolent dun ver qui s elevc dans le corps de chaque gallinfeéle, j ’euffe fait fortir lever du corps de quelqu’une, puifque le nombre de celles qui en auroient eu eût furpaffé prodigieufement , dans ce cas, le nombre de celles qui n’en auroient pas eu. 2 .° Les mou- ches qui viennent de vers mangeurs dinfedes, 6c nom* mément celles qui viennent de vers mangeurs de gallin* fedes, percent la ])eau del’infede, elles lui font un trou rond par lequel elles fortent. Ce n eft pas ainfi que nos petites mouches à ailes blanches bordées de rouge fortent, ia peau de la gallinfede leur fait une vraye coque, qu| femble compofée de deux pièces, l’une de la peau qut couvroit le ventre, 6c l’autre de la peau qui couvroii c deffus du corps. Quand la mouche eft près de lortir» <juand elle fait effort pour y parvenir , ces deux piee« ^écartent l’une de l’autre , la fupérieure eft foulevée des Insectes. /. Alem. 3 ^ Je/Tus du derrière de 1.1 gallinfecde ; là fe fait une porte par laouelle Ibrtent d’abord les bouts ties aîlcs * , après <|uoy PI. 4- «e* paroifTent les bouts des filets blancs ^fui font au clcrricrc de la mouche. La partie pollèricure de la moiicbc fort 6. enfuite, & la mouche le tire peu à peu, & ailement de - cette coque, qui fe referme dès qu’elle en cft dehors. Nous ferons remarquer en palfant, qu’il cil particulier a celte mouche.de faire fortir là partie pollcneurc la première, les autres font lortir dabord leur partie antciieurc, mais la nature paroît avoir tout dilpofe de manieie que la peau que l’infede a quittée lorfqu’il ell devenu nyniphe , qui lui a fervi d’enveloppe loriqu’il etoit en cet et.-t , jiiit le plier aifément près du bout poltérieur , & fe fendre là fur les côtés, lorlque l’infede feroit devenu mouche. ^.° Enfin j’examinai des coques vuides, de celles dont les mouches étoient forties , & j’en examinai de celles où des mouches étoient en nymphes; ni dans les unes ni dans les autres je ne trouvai aucun excrément, aucun débris, aucun rede de lagallinfede , comme il auroit dû y en avoir li la nymphe & la mouche fulfent veniiës d’un ver qui eût mangé ce petit animal. Dans les coques d’où les mouches étoient forties j’ai vû feulement de petits relies de dépouilles , j’ai cru aulfien voir au bout du derrière des nymphes. Toutes ces remarques concourent à établir qu’entre les gallinfedes il y en a qui relient petites, & qui fe transforment véritable- ment en mouches, pendant que d’autres qui deviennent plus grolTes pondent leurs œufs fans fe transformer; d’où I analogie des autres infeèles veut qu’on conclue que les pe- tites mouches à ailes blanches font les mâlesdes gallinlèélesi ne font pourtant encore là que des vrayfemblan- ces , mais de très-grandes vrayfemblances. Pour avoir quel- que chofe déplus, muni d’une forte loupe, j’oblervai ces petites mouches pendant quelles étoient fur les branches Tome IK . E MEMOIRES POUR L’Histoire 34 à fjirp ulaffe ÿpéZ. elles ne cherchent Sèurcorps, .il eft P-r «n j’oUe^-vcis une mouche qui étoit en mouvement Qjana ) mi’an leu ce porter fon Liiinrcae ie voyois qu’au lieu ce porter fon fur une gailirieeic, , H , Hp fnn PI. 4. elpece de Vécu oé a’aiguillon dans la dircaion de ion X . elle'l atchnoit entbas, & * lon étok dhigé de manière à pouvoir ctre pouffe contre keorps de if gallinleae, comme fila mouche eutvonlji en piquer la gallinfedle. Mais étoit-ce pour lui faire quel- que Huûre fatale , où n’étoit-ce point plutôt pour in to- duire dans une partie deftinée à la recevoir, pour in ro- diiire dans la partie qui caradérife le lexe de la femelle. Cinq à fix obfervations confëcutives ne me permirent pas de relier incertain fur ce qu’il en falloit penfer. Je vis cin^ à fix mouches introduire leur aiguillon dans les corps 6 cinq à fix gallinfedes différentes ; toutes l’introduilirent dans cette fente qui efl à la partie poflérieure delagallin- fedle *, dans cette fente que les petits infecfles nouvellement nés fçavent bien trouver pour fortir de deffous le corps déffeché de leur mere. Quelques-unes tinrent leur aigw* Ion enfoncé dans cette fente pendant plus de trois à quatre minutes. Enfin je n’ai obfervé aucune mouche de cette efpece qui ait enfoncé fon aiguillon dans le dos , ou dans quelqu’autre endroit de la gallinfedle. Pour quoypeut-ot' prendre une partie qu’un infeéle infère conflamment une fente qui efl auprès du derrière de la fémellc,^^^ pour celle qui efl deflinée à féconder cette fémellc. ” ne peut donc s’empêcher de reconnoître nos petites moU çhes pour les mâles des gallinfeéles. iSi on ne trouvpit pas encore toutes ces preuves ail K.- > . •J » ji' I: ft- . t DES Insectes, I. Mem. % $ aémonftmtives, fi on vouloit pcrfifter à croire que la mou- che que nous donnons pour ce le qiu cherche a sun.r de l’union la plus tendre à la gall.nledc, eft au contraire une de les plus cruelles ennemies, que fi elle choifit la fente qui ell auprès du derrière de la ^ inlèrer fa partie poftérieure , cell que la na ui appris l’endroit où il lui feroit plus facile de la piquer, & d’introduire dans fon corps les œufs qu elle y veut lair.e éclorre; quelques obfervations qu’il nous relte a rapporter, forceroient de reconnoître que cette derniere nn n c las celle qui les fait agir. En elfet, fi elles étoient des mouches prêtes à faire leurs œufs ou leurs petits vivans , les corps de celles qui cherchent à piquer les gallinfetfles feroient remplis des uns ou des autres: or j ai fait fortir du corps de piufieurs mouches galünfeèles tout ce qui y etoit con- tenu , loit en les prelTant , foit en les écrafant ; & j ai eu beau- obferver avec les plus fortes loupes ce que j en avois fait fortir, je nai pû y appercevoir ni œufs ni embryons : beaucoup d’autres mouches auffi petites, & plus petites, telles que celles de certains pucerons , nous ont appris qu’en pareil cas j’eulfe dû voir les uns ou les autres. Une preuve à mon fens encore plus décifive,efl; prife du temps auquel ces mouches fo joignent aux gallinfcdles , ou , fi on veut , du temps où elles les piquent. Ce n’eft que l’année fuivante que- ces mouches doivent paroître, on n’en voit point'fortir en été du corps des galiinfedîes qui ont fait leurs œufs. Si les œufs des mouches dont il s’agit, étoient dépofés dans les corps des gallinfetfles , il n’y auroit qu’une manière dont les petits qui en devroient eclorre pulfent parvenir à prendre leur accroilfement , ce feroit fi chacun d’eux étoit introduit dans un œufdegal- linfoéle. Mais que deviendroit alors l’embryon de gailin- feéle 1 il périroit avant que de naître , il ne pourroit pas 36 MEMOIRES POU R l’Histoire fournir à l’embryon tle la mouche de quoy vivre. Les galiinlcdes m’ont elles-mêmes appris que loin que les petites mouches fuITent pour elles redoutables, elles atlendoient 6c aimoient leur approche. De tous les êtres animés elles font ceux qui le fcmblent le moins, & les ri'.oins propres à montrer leurs fentimens, elles les mon- troient cependant a leur maniéré. Celles fur le corps def- qiieües des mouches marchoient, fur - tout celles aux- queiies les mouches étoient prêtes ale joindie, ou/roient plus que les autres cette fente qu elles ont à leur partie * PI. 4. fig. jioftérieure * ; j’ai vû même alors le former à cette partie & 14, K. s’élever des bords qui n y font pas en d autres teuips. Les parties charnues qui font aux environs de fanus, ou 1 anus même , entroient apparemment alors dans cette fente^, & s’élev'oient au-delTus de les bords ordinaires. Il m a meme été aile de voir que l’anus ou quelqu autre ouverture cha^ nuëétoit alors dans cette fente, car il m efl: arrive devoir quelquefois une goutte de liqueur le montrer peu apeii,& grollir ; elle fortoit de l’ouverture que la loupe mefaiioit découvrir. J’ai comparé les fentes des gallinlédes dont les mouches venoient de feféparer, dont l’accouplement ve- noit d’être fini, avec les fentes de diverfes autres gallinfe- des , 6c les fentes des premières m’ont toujours paru fenu- blement plus ouvertes que celles des autres. , Si nos gallinfeéles ne nous offrent point la finguhnte de fe féconder chacune elles-mêmes , que M.*" Ceftoin leur a cru, fi elles ne nous offrent pas celle des’accoup prefqu’en naiffint , comme M." de la Hire 6c Sedileau ont penfé, qu’elles faifoient , elles nous offrent au celle d’avoir des mâles d’une forme bien différente de w leur , 6c d’une grandeur bien difproportionnée. Il efl fànt que le mâle marche, fe promène fur le corps de ^ fémdis à laquelle il veut fe joindre. On voit fouyent le des Insectes. 7 . Mcm. 37 ïiicmc mâle aller lucctnivtnKiU fiir j)lu(lturs femelles , les parcourir chacune il’un bout à l’autre, tl’un côte à l’autre, tenant toujours la partie en forme d’aiguillon in- clinée vers leur corps; il s’arrête, il fc fixe, il introduit eette partie quand il s’cll place fur la fente d’une fémelie j)rétc à la recevoir. Les arbres qui, au commencement du printemps, ont paru leplus chargésde petites gallinicdcs, n’ont fouvent en été , qu’un nombre aflés médiocre de groffes gallinlcdcs; c’eft qu’il en eftdes gallinlcdes comme de quelques autres genres d’infedes dont les femelles font extrêmement fé- condes , où le nombre des mâles l'urpafTe de beaucoup celui des fémelies; c’eft ce que nous font voir les républiques ' des guêpes , & fur-tout celles des aneillcs. Quoique je n’aye encore obfervé que les mouches qui font les mâles d’une efpece de gallinfedcs , il n’y a pas lieu de douter que d’autres efpeccs de gallinfedes n ’ayent tle» mâles analogues, & qu’on reconnoîtra lorfqu’on cher-, chera à les voir dans une fàilbn convenable. M." Se- dileau âc de la Hire avoient déjà remarqué qu’il n’v a qu’une partie des gallinfedcs des orangers qui pondent des œufs, les autres font apparemment celles qui tranf- forment en mouches. Parmi les mouches qui Portent du kermès la plus noble des gallinfèdes , il y en a une dont les ailes font blanches, & qui a tant d’autres rapports avec nos mouches blanches des gallinfedcs des pêchers , qu’on n’héfitera pas à la prendre pour un fécond exemple des mouches qui fervent à féconder des gallinfedes. L’effentiel de ce que nous venons de voir fur la fécon- dation des gallinfedes , avoit déjà été comme prédit ; on a annoncé en quelque forte dans les Ades de Pliyfique & de Médecine des Curieux de la nature, vol. 3. année I1733. page 57, de i’appendix, que l’on découvriroii que Eiii ^8 MEMOIRES POUR l’KîSTOIRE les gailinfecfces ont pour mâiesde petites mouches, &on y paroît déjà convaincu que cela eft. Les efprits les plus philofophes airnercientlesprédi(flions, ils y adjoüteroient foy fi toutes étoient aulTï-bien fondées que 1 etoit celle- ci. M." Brennius a donné l’hiftoire du 'Coccus Polonicus, ou de la graine crécari'’^ede Pologne, nous en parlerons d’après lui dans le Mémcite Liivant fous le nom d’une pv -galiinfeâe. Cette hiftoire a été imprimée à Dantzic en 1731. elle a été réimprimée en 1733- dans i’appendix du volume des Ades que nous venons de citer, écelley paroît avec un fuppl huent. Lorfque M.*^ Brennius la mit au jour pour la première fois , il plaça , mais à ce qu’il aflfûre , avec quelque répugnance , la graine d’écarlate de Pologne au nombre des infedes qui fe fuffifent à eux-mê- mes , qui font mâles & fémelles , & cela entraîné par le fentiment de M.*" Ceftoni fur les gallinfedes , & Ibr ce qu’il n’avoit trouvé aucunes différences de fexe entre ceux qu’on appelle graine d’écarlate de Pologne. Mais comme il convient à tout galant homme & à tout vrai fçavant, il s’efl; fait un plaifir de donner unfupplémentà cette Differtation dans lequel il avoué fon erreur. Il l’y avoué d’une manière qui lui eft doublement glorieufe, car il nous app-end en même temps qu’il a découvert les mâles de ces infedt; qui jufques-là avoicnt été méconnus; reconnu pour tehdes mouches à corps rouge, à ailes blan- ches bordées de rouge, en un mot des mouches parfai- tement femblables à celles de nos gallinfedes du pêcher. Dans fa première Differtation il les avoit prifes pour des mouches venant de vers qui avoient mangé les graines d’écarlate, ôi. depuis il a vû que les petites graines d’écarlate fe transforment en ces mouches; il a vû ces mouches monter fur les fémelles ou graines, Joindre leur derrière leur ; 6c il lui a paru indubitable, comme il nous le des Insectes. 7 . Man . 3 9 mie c’étoit pour féconder les oeufs des fénielles. ' Mais pour revenir aux mouches de nos pllinic<51cs du pêcher , lêmblabics à celles de la graine d écarlate, il ne pourroit relier qu’une dilllcultc qui fît peine , qui empê- chât qu’il ne parût prouvé dcmonllrativement qu’elles font les mâles des gallinfetfles; leur ruçuë a l’air d un ai- guillon analogue à celui des mouches ichneumons, à celui des mouches des galles , en un mot il femble anaioguc à celui de plufieurs autres mouches qui ont befoin d’être munies d’un inllrument propre à percer les corps élans iefquels elles veulent introduire leurs œufs. La figure de cette queue des mouches des gallinfctfles , pourroit donc lailïer de la dilpofition à penlèr qu’elle ell un inftiu- ment propre à faire des blenures aux gallinlé<fles. Mais fi i’on veut examiner cette partie comme je l’;û fait , on fera convaincu que ce n’eft point là fon ufage, qu’elle n’cft nullement capable de percer, & qu’elle n’eft que le fourreau de la partie du mâle. Après avoir faifi une mouche de gallinfeéle entre le pouce & l’index, près «iu derrière, en iaifîànt la queue en dehors de mes doigts, j’ai prefTé le ventre de cette mouche que j’obfervois avec une très-forte îoupe ; alors j’ai vû fortir par le bout de la queuë un filet cylindrique *, très -blanc, d’une confiflance mé- *PI. diocre & mojns ferme que celle des chairs ordinaires. Il " ’ cfl devenu de plus long en plus long, à mefure que j’ai prefTé davantage, jufqu’à être égal à la moitié de la lon- gueur de la queuë. Si la mouche avoit un aiguillon ou un inllrument analogue , ce corps le feroit; mais au lieu que les aiguillons qu’on fait fortir de leurs étuis font d’une lubflance dure , femblable à la corne, Sc ordinairement bruns, le corps forti de la queuë de notre mouche étoit blanc & dune fubflance molle ; en un mot il étoit bien éloi- gne de reuembler a un aiguillon. On ne peut donc prendrf PI. 4. fi, 16. & 18. Fig. 1 6. jy. A. A. * Fig. I #> e. S- (X 40 MEMOIRES POUR l'HîSTOIRE cette partie que pour celle qui caradériie e ^ Notre petite mouche à deux ailes eft d une clalp tres- particuliére; j’ai eu heaume fervir des plus^ oupes, je n’ai pû lui appercevoir en deffous de la tete * r.en qui pût être comparé aux trompes des mouches a deux ailes, lii rien qui reffembiatà des dents: ou les dents devro.ent être, fi elle en avoit, je n’ai vû autre chofe que deux grains lîémifphériques , ou plus qu hemiipheriques , i^^irs luifans , &. qui reiTemblent tout à-fait à deux yeux. Si ç en font réellement, iis font bien finguliérement places; ces grainsfont tout-à-fait femblables à deux autres petits corps litiiés en-deffiis de la tête , aiTés procae de origine es antennes , & qui ne peuvent etre reeilement pris e ue pour •des yeux. Il femble donc que cette mouche a es yeux à la place de la trompe & des dents , & qu elle elt privée des organes propres à prendre des alimens. Mais les papi ions noélurnes mâles & fémelles , nous Çtnp^^herment e regarder ce dernier fait comme un prodige dans 1 rlil oire naturelle; nous avons vû que plufieurs elpeces de ces pa- pillons nailTent avec affés de force & de vigueur pour s’accoupler, les uns pour féconder les œufs , Sl les autres pour les pondre , fans qu’ils ayent befoin de prendre üQ nourriture pour réparer la difïipation qui fe fait alors ches eux; ils n’ont paru que pour perpétuer leui; efpece , ils Y travaillent dès qu’ils ont pris des ailes, & périffent quand ce grand ouvrage efl fini. Il en eft probablement de meme de nos mouches des gallinfeéles , qui dès qu’elles font fbrties de leur coque , cherchent à féconder les fémelles» Si qui ne doivent guéres furvivre à cette ojiéiation. Nous avons déjà fait remarquer qu’il eft particulier aux mouches de ce genre de fortir de leur coque le derrière le premier, car toutes les autres mouches que j’ai obfervees» Si dont nous parlerons dans la fuite, fortent delà leur w des Insectes. I. Alcm. 41 tête la première. Si nous ne pouvons Içavoir les raifbns qui demandent qu’il y ait des mouclies qui ouvrent leur coque par le bout oppolë à celui par lequel les autres ouvrent le bout dç la leur, nous voyons au moins que tout a été dif- pofé pour que la Ibrtie de la mouche de la gallinlcéle fè pût faire commodément par leboutpoftérieur. Dans les nym- phes des autres mouches toutes les jambes font ])olccs fur îe corps, & vont fbuvent julqu’au derrière, au lieu que j’ai obfervé conftamment que chacune des jambes de la j)rc- mière paire remonte en haut,& entoure un des cotés de la tête de la nymphe de la gallinfeèîe *. Jepenfai d’abord que cette pofition des deux premières jambes venoit t!u cerangement que j’avois lait lorlque j’avois tiré la nym])he de la coque ; mais les ayant toujours trouvées dans cette fituation quelque foin que j’aye pris pour mettre la nym- phe a découvert , & quoique ç’ait été avec des précautions qui m affuroient que je n’avois pû déplacer aucune des parties, j ai reconnu que cette dilpofition des deux pre- mières jambes, toute extraordinaire qu’elle eft, leur étoit naturelle. Ce neft ni làns delTein ni làns railon qu’elle leur a été donnée. Quand on a obfervé que la mouche fort par la partie poftérieure de fon fourreau , on voit que les deux premières jambes , placées comme deux bras autour deiatete, doivent fervir à cette mouche pour fe pouffer en arriéré. Enfin, au lieu, comme nous le verrons dans la luite , que les coques des autres mouches peuvent fe fen- dre aifement a leur partie antérieure qui doit donner iffuë a la mouche il y a une portion * de la partie poftérieure meni gallinfecles qui peut aifé- ment fe relever en haut. ^ mouches des gallinfedles font aufi long-temps à fortir de leurs coques , que l’ont été' . F * PI. 4. I k IH, * PI. 4. %; 4 > 5 ^ 6 , r P U r MEMOIRES POUR l’HiSTOIRE placées fur mon bureau. Celles-cy n en ont été ordinai- rement dehors, que plus de dix a douze heures après que j’ai commencé à voir fortir du bout pofterieurune petite portion de chaque aîle, & même une portion des deux ionffs filets. Je n’ai pas bien vû comment ces derniers filets font placés fur la nymphe, je ne fuis pas parvenu a les y diftinguer; mais des parties d’un fi petit animal échappent aiféraent lorfqu’elles font dans rinadion , & de plus collees contre d’autres, comme le font fans doute celles-ci. La plûpart des gallinfedes en forme de bateau renverfe, fe relTemblent à un point qui peut faire douter fi celles qui croiffent fur des arbres fort différens , font d’efpeces difie- rentes; fi celles du pêcher, celles de la vigne, celles^ de l’abricotier, celles du figuier, celles de l’oranger, &c. ne font point toutes des individus de la même efpece , qui peuvent vivre fur ces différens arbres. C eftce que j ai négligé d e- prouver, &qui peut être éclairci par des expériences ues- fiîiiplcs; iUciis on doit cflre accoutume a voir (jii une infi- nité d’expériences très-faciles , Sl propres cependant à nous infini ire, refient à-faire, pendant qu’on employé beaucoup de peine ôl de foin pour en tenter d’autres; les difficultés nous déterminent fouvent a agir. Apres s etie bien affu^’c dans la faifon où les gallinfedes font le plus aifées à voir, qu’il n’y en a aucune fur un pied de vigne, qu’on attache à ce pied de vigne une gallinfeéfe de l’oranger, Sl adhé- rente à un peu d’écorce d’oranger , avec tous Ip œufs qu’elle a pondus, & qui font fous elle; qu’on ne l’y porte même que lorfque les petits font nés, on verra s’ils vivront & s’ils croîtront fur le pied de vigne. On portera a\;ec les mêmes précautions une gallinfede détachée d’un pied de vigne fur un oranger bien net; en moins d un an on fçn^ _ fi les gallinfedes de la vigne vivent fur l’oranger , & réci- proquement fi celles de i oranger vivent fur la vigne, et DES Insectes. /. Mem. 49 végétales, piulquc les gallinltdcs & les œufs Jes gallin- iècles nourris île la lève tlu cheiic font tic 1 encre avec le vitriol. U- r n Touteeque nous avons dit ci-devant des galimrcc'tcs en général, lui iroit pour prouver que de A^laililii n avoit pas été aufli heureux dans l’idée qu’il avoit pnlede la nature du kermès. Nous n’avons garde cependant de nous dif- penfer de rapporter les oblervaiions qui ont été faites im- médiatement, & très- bien fur cette elpece de gallinlcélcs; nous les devons encore en partie à M. Garidcl que nous avons cité ci-defTus. Il les a fait imprimer dans fon hiftoire • des Plantes des environs d’Aix, qui a paru en 17 1 5. M. Garidel étoit Correfpondant del’Académi^e, & avoit été excité, comme il nous l’apprend * , par M. de Tournefort, * P^^s- à bien étudier le kermès. Pour le faire avec plusdefuccès, il s’alTociaM.Emeric Médecin d’Aix; ce dernier fe chargea du foin de fe faire apporter de la campagne tous les jours, ou tous les deux ou trois jours, des branches du petit chêne peuplées de kermès : il lesobfervoit ainfi régulièrement, & il faifoit vérifier fes obfervations par M. Garidel. Ce fut encore M. Emeric qui fe chargea de les écrire , & M. Garidel les a publiées; nous allons en donner le réfultat. Le kermès qui a pris toute fa grofïèur, paroît comme une petite coque fjjfiérique * attachée contre l’arbriffeau, ou, pour parler comme M. Emeric, comme me goujje dont la peau ejl ajfés forte , luifante & de couleur de prune, & couverte comme ce jr un d’une poujfiére blanche qu’on appelle lajleur. M. NifTolle dit que fa couleur elt un muge-brun , mele de blanc-cendré. La comparai fon deM. £meric donne une plus jufte idee de la vraye couleur dq kermès, fur tout fi on y adjoûte qu’elle refTemble à celle de diverfes prunes qui font prefque noires, telles que quelques efpeces de damas , que nos prunes de Monfieur. Tome IV. G y' -O MEMOIRES POUR L’HiSTOIRE & que tes petites prunelles lauvages des hayes. Ceux qui n’ont vû le kermès que dans des boutiques de rnarchands Si chés les ouvriers , le croyent rouge , d’un alTes mauvais rôuge-brun , mais ce n’eft pas la la couleur naturelle de la bonne efpece de kermès , on lui a fait prendre cette couleur en l’arrofant de vinaigre, comme nous le dirons bientôt. Celui que j’ai reçû fur des branches , 6l qui n’avoit point' été mouillé de vinaigre, n’étoit nullement rougeâtre, il àvoit la couleur des prunelles de buiffon. Les habitans du pays où fe fait la récolte du kermès, le fconfidérent dans trois temps difîérens &. très - marqués, ou dans trois différens états d’accroilfement , & M. Emeric a fuivi leur diyifion. Le premier temps eft vers le com- mencement du mois de Mars. En langage Provençal on appelle le kermès /ou vermeoii, & on dit que dans ce temps lou vermeoii groiie , c’ell-à-dire, que le ver couve; alors il eft plus petit qu’un grain de millet. M. Emeric penfe que c’eft alors qu’il commence à le fixer , apres avoir couru la campagne pendant tout l’hiver. L’hiver n’cft guéres le temps où les inlèéles courent ; il y a toute appa- rence que celui-ci n’abandonne que très-rarement, lepetit chêne fur lequel il naît , mais que c’eft à la fin de l’hiver qu’il commence à devenir d’une grofteur fenfible , & qu il a peut-être comme nos gallinfeéles des pêchers, quitté les feuilles pour venir s’attacher contre les tiges. Confidere dans ce temps au microfeope, il paroît d’un très -beau rouge , ayant defliis fon ventre & tout autour du ventre une efpece de coton qui lui fert de nid. Il a aufti fur fon dos de petits floccons de coton. Il ejl alors convexe coimne la moitié d’une prune ^ c’eft-à-dire , (îu’il reftemble encore alors aux gallinfèéles en forme de bateau renverfé , com- me nous avons dit que les gallinfecftes qui doivent devenir les plus arrondies , leur reffemblent pendant quelles fon^ des Insectes. /. Afem . j i irès-jeiines. Dans les endroits du deflbus du corps du kermès qui ne font point couverts de coton, le micro- feope fait voir quantité de points qui ont le brillant de l’or. Le fécond temps de la divifion que fuit M. Emeric, cft dans le mois d’Avril; alors les gens du pays difent que /ûurenneûueJj)e/is^ccR-à-dire,qu il commence d’écloiTC. M. Emeric remarque très-bieii que leur façon de s’ex- primer n’eft rien moins qu’exacfle, à moins qu’ils n’en- tendent par le ver éclos le ver qui a pris tout fon accroif- fement , & la forme à laquelle il doit parvenir; car c’cll alors qu’il a acquis toutes fes dimenfîons , qu’il eft devenu rond &. gros comme un pois. Il eft pourtant plus ou moins gros fdon que la fàifon <Sc le terroir lui ont été favorables. Sa peau eft devenue plus ferme , & le coton qui dans le premier temps étoit deflus par intervalles 6c par petits floccons, y eft par-tout étendu en forme de poudre.' il ne paraît plus qu’une coque, ou encore lèlon 1 expreffion de Aî. Emeric , qu une goufle remplie d’une liqueur rougeâtre femblable à un fang pâle. Enfin le troifieme temps tombe vers le milieu ou ver<î la fin de May, & c’eft celui où on trouve dLTcètte efpece de coque, & comme dit très -bien M. Emeric fous le ventre de l’infede, 1 800. ou 2000. petits grains ronds qu on appelle dans le pays /cni/mTa. Ce font des ceufs venant enfuiteà éclorre , donnent autant d’ani- maux femblabies a celui d’où ils font fortis. Ces œufs na- roifTent aux yeux une fois plus petits que la graine de pavof pâle; vûs au mi- bArcotleurtor” très-bien comment fa peau du tu ermes fe retire vers le dos à mefure que le<- G ii <r2 MEMOIRES POUR l’HiSTOIRE œufs forcent , & que par-là les œufs trouvent une p ace en dehors du corps; en un mot, tout ce que nous avons rap- porté d’elTentiel fur la ponte des autres gallinl cites, il la obfervé fur celle du kermès. Il nous en caraélérife de deux efpeces; celui de a pre- mière eft celui même dont nous venons de parler , qui leloa fou exprelfion , a une couleur de prune , «Sc qui pond des œufs rouges. Celui delà fécondé efpece eftblancheatre; je ne fçais s'^il ne l’appelle point blancheâtre par compa- raifon à la couleur foncée de l’autre , car j ai lieu de cioire que cette fécondé efpece en eft une qui m a été encore envoyée fur des branches du petit cliene verd, 6c qui eit rougeâtre. Quoi qu’il en foit, M. Emeric adjoûte que le kermès de la fécondé efpece eft , comme le premier , cou- vert d’une poudre legere; il croit dans les memes tenip 6c de la même manière; fes œufs font blancs. Les petik qui forcent des œufs rouges , 6c ceux qui fortent des œufs blancs , ont des figures afles femblables , qu’il compare a celle des cloportes, avec laquelle les jeunes gallinlèaes de toutes efpeces ont quelque reflemblance. Celui qui fort des œufs rouges eft rouge. Le contour de fon corps eft un oval un peu plus pointu du côté du derriérç que du côte de la tête. Son dos eft convexe 6c en voûte affés ronde; des points brillent defrus,qui font couleur d’or; il eft raye par defllis, 6c il a par deftbus diverfes lignes tranfverfales. Il a fix jambes; il a deux antennes prefque auffi longues que fon corps : ce qui ne lui eft pas commun avec les petits de la plupart des autres efpeces de gallinfecftes , c’eft qu’au derrière il a une queue fourchue formée par deux efpeces de cornes prefque auffi longues que les antennes que porte la tête. M. Emeric donne à celle-ci deux yeux noirs. Les petits qui fortent des œufs blancs, font d’un blanc -falei leur dos eft plus applati que celui des autres ; les points DES Insectes. /. Aient. 5 5’ qui brilicnt l'ur leur corps, vûsati niicrofcopc, font cou- leur d’ar^'ciU , & 1 ’oval du contour du corps n cft pas plus ouvert du côté de la tête que du côte du derrière. H y a beaucoup moins de ces Iccrmes blancs , que des rouges» Les gens du pays, qui ne doivent pas être bons natura- lifles, les appellent la maire don vermeoii, c’clt-à-duc, la mere des kermès. Enfin M. Emeric nous décrit deux cfjjeccs de nymphes qu’on trouve dans certains grains de kermès, qui le tranf- fbrment en deux petites mouches de dificrentes elj)ece<:-, qui toutes deux ont de commun de fauter comme des puces ou comme des fauterelles-puces. Lune de ces efpeces de mouches eft d’un noir de jayet, & l’autre d’un blanc-lhie. Nous ne rapporterons point la defeription détaillée qu’a donnée M. Emeric de l’une & de l’autre. Une de ces mou- ches a les ailes blanches comme celles des mouches galliii- lecles plus quehémifphériques des pêchers, & eft làns doute le kermès mâle; c’eft cette mouche ôc quelques autres qui ont fait croire que le kermès étoit une véritable galle. Il y a long-temps néantmoins que Pierre de Quiqueran de Beau- jeu, Evêque de Senez, dans fon ouvrage /<W/7v/j Provin- ciœ a donné le fond de l’hiftoire du kermès; il ne s’agilfoit Lhrt z.-pa-^ .que de vérifier & de voir avec plus de détail ce qu’il en à dit. L’endroit où il en a parlé mérite d’être rapporté ici en entier , le voici. Vere medio rorati mbribus fruüces , coccim hoc modo ordhmtur. ..... Ubi mus feirpus Je in duo brachia partitur , in horum medio injlarfocanci palmiiis , in~ etefeit rotundum quiddam magnitudine ér colore pifi; bwe matrem vocam, qnod ex eo ecetera grana producuniur. Alatres porto habet ut plurimum quinque qualibet cefpitum familia , quee ineunte cejlate , cejluque minuiijjiinorum vermicùlorum^ut tantum vïfum non effugiant, catervam profundunt , fatifemt- qpie mfumnütate. In animalia prorepit nova foboles calots G * \ » “1 ^4 MEMOIRES POUR l’HisTOIRE taiîdïda , profequiturque in fublinte . ubicunque vertnicuïi , \'el gcnninantis Jiirculi acellis occu^ferint, dcjîdëîit , èf incre- mentis audi niilii inngnitudine fiunt . Inde liberius adolejcen- tibus albus color in cinenciutn tvanjît j jatnque non animal ,jed pi filin Tuvjiis appâtent. Tuncquc ea gfana matutitatem adepta colligiintuf / jant colotatis vetmiculis Jieta. Rien n cft plus précis que ce pafTage, les principaux faits de l’hiftoiredu kermès s’y trouvent. L ’effentiel de cette hiftoire étoit donc bien fçû lorlque Quiqiieran écrivoit , mais il n’étoit pas prouvé , & il avoit befoin de l’être par des obfervations fuivies & détaillées , qui empêchalTent d’a- dopter les idées que quelques apparences <Sc même des ob- fervations pouvoient faire prendre de cet infeéle. Dans ces fragmens des obfervations de Jungius, qui ont été fauvés des flammes, i’hifloire du kermès ell encore rapportée à peu près comme par Quiqiieran. Vemtiscocci, infeâiini cocci, & heee bejliola p lares metamorpJiofes fubit. J Vere in axillis cocci fera ilicis crefeit pilida piji magnitu- dine , qiia mater cocci dicitur. Ea ajlate fatifeens profundil minuiifjîmonim animalium catervam; taies matres quinque funt in qualibet planta. 2 .” Vermiculi ijîi candidi primumfur‘ fiim repunt, dr fruticis axillis adharefeunt & mutantur in. pilulis pi (tmagnitudine. Il paroît pourtant que cette obfer- vation n’eft pas de celles que Jungius avoit faites lui- même , puifqu’il fixe comme Quiqueran au nombre de cinq celui des meres de chaque arbufte. Aux faits curieux que M. Emeric a oblèrvés avec foin & avec attention , il a adjoûté quelques corijeélures qu® nous ne croyons pas devoir adopter , par exemple celle • par laquelle il tâche d’expliquer la produélion des mou- cherons qui fortent du kermès, foit de ceux que nous regardons comme les mâles du kermès, foit des autres. îl lüppofe que les moucherons s’accouplent , qu’ils font des Insectes. I . Afcm . ^ ^ des œufs; mais il fait prendre à leurs œufs une route trop longue Sc trop difficile pour arriver où ils doivent éclorre. Il imagine qu’ils peuvent ctre entraînés dans les racines de l’arbre par le liic qui s y rend, enfiler les canaux, <St être déterminés pariafuélion du kermès à le rendre fous lui. Les moiiclicrons qui viennent de vers mangeurs du kermès, conrioifTent fans doute une voyeplus courte pour Élire arriver leurs œufs dans l’intérieur meme du kermès, fans doute qu’ils le piquent , 6c qu’ils dépofent leurs œufs dans les piquûres qu’ils lui ont faites. Une autre eonjeèfuredeM. Emeric, dont nous avons dé/a parlé , & à laquelle nous n’avons pas cru nous devoir prêter, ,c eft que le kermes parcourt la campagne pendant 1 hiver; dans cette faifbn il a vû courir de très-petits vers rouges qu’il croit être les petits kermès. Malgré ce qu’il dit de leurs lix jambes , je fuis très-dilpofe à penfer que les in- feéles qu il a vus alors font une efpece de ces mites écar- lates dont nous parlerons ailleurs; on en trouve en hiver d’une extrême petitefTe fur les plantes 6c fur les arbres ^ Selon que l’hiver eft plus ou moins doux, la récolte du kermes eft plus ou moins abondante; on efpére qu elle fera bonne lorfque le printemps fe pafTe fans gelée & fans rouillards.^ A a fuite de celte remarque M, Emeric ad/oute quon obferve que les arbriffeaux les plus vieux, '"’SoiJreux, & qui font les moins- tiers que c eft parce que le kermès s’eft établi depuis dIus long-temps furies arbriffeaux , les plus vieux, qu’ih’y mul- fccwTf Le terroir conVribuë à i; ï coufe^ 5 ' g'-os & d’une féaux ouf T qui vient fur des arbrif?- leaux qui . en Eopt éloignés. . . Mémoires pour^l’Histôire ^ Les inftruniens les plus nécefTaircs pour faire la recolle du kermès, font de longs ongles; des femmes s y occu-, pent dans la iailon , dès le' matin avant que la rolèe aie été enlevée par le ioieil. Les feuilles de 1 arbufte font alors moins roides, & les piquans dont elles font armées en font moins à craindre. Outre l’adrefle à détacher les grain plus : livres par jour. Belon , dans Tes obfervations des fingularités liv. i. pag. 1 9. raconte comment on Lit la récolte du kermès en Candie, voici les termes. revenu de la graine //- cariai e nommée Coccus B AP HIC A efl moult grand en' O eie ; & pour ce que la cueillir ejl l’ouvrage des pajîeurs & petites marmailles , les plus grands ne s’y veulent amufer; on la trouve au mois de Juin dejfus un petit arbrijfeau ef- pcce de chêne verd qui porte du gland , &c. Et pour ce qut les feuilles font poignantes comme celles du houx , les bergers ont une petite fourchette à la main gauche pour les cliner à coté , & une petite faux à la droite dont ils coupent les pe- tites branches , defquelles ils ôtent ces petites vejfies ou ex- crémens que fai ci-devant appellés graine d’écarlate ,&c. • Le prix auquel on le vend, varie comme celui de toutes les marchandifes , ôl peut-être beaucoup plus. Depuis que la récolte efl: commencée jufqua ce qu elle flnilk» le prix en haiifTe tous les jours. La livre qui dansleconv mencement ne vaut que 8 à 9 lois en vaut à la lin juf qu’à 60, parce qu’à la fin le kermès efl très-leger, c’eu' à-dire , qu’il y a alors moins d’œufs & de petits mêlés avec les cadavres des kermès-meres. M. Emeric dit qu’il en a YÛ vendre la livre jufqu’à fix francs- Les marchands qui viennent acheter le kermès pop'* k teinture de la foye & de la laine , ont .foin de l’arrolcf à les , il faut fçavoir trouver les endroits où il y en a le il y a des femmes qui en ramalfent jufqu’à deux. des Insectes. /. Mem. 57 & les œufs qui s’cn icj)arcnt avec du vinaigre ; ils l’cx- polènt cnl'uite au Ibicil ou à une chaleur équivalente, pour faire périr tous les petits animaux cclos ou en état d c*" clorre , lansquoy il y auroit par l^Juitc une grande dimi- nution dans le poids de leur marchandil'e. Le vinaigre altère la couleur du kermes» il la rend lougc.itrc , Sc de-là il efl arrivé que ceux qui ont détermine la couleur du kermès Tur ce le qu il a dans les boutiques , ne lut ont pas donné celle qui lui eft naturelle. ^ Il n eft pas rare d’avoir dans une année deux récoltes de kermès ; la féconde efl très-propre à confirmer la ref- fémblance que nous avons foupçonnée entre les gallin- fedes du pêcher & celles de cocciféra, ])ar rapport aux endroits où elles Te nourrifTent dans leur âge le j)lus tendre. Les kermès de la fécondé récolte , au rajjport même de M. Emeric , font prefque tous attachés contre les feuilles. Ceux de cette féconde récolte ne font jamais li gros que ceux delà première, ni propres à donner tant de teinture. Une faifbn favorable fait croître avant l’hiver ceux qui euffent paffé l’hiver avant qiie de prendre leur accroiffement , s’ils fuffent nés plus tard ou fi l’air eût été moins chaud. Tout ce que nous avons dit ailleurs * des * rame 11. crifalides & des papillons, a affés appris qu’il peut y avoir -f» dans telle année deux générations d’une efpece d’infeéte, dont il n’y aura qu’une génération dans d’autres années. Les pigeons aiment le kermès, quoiqu’il fbit pour eux une affes mauvaifé nourriture ; leurs petits à qui i s le por- tent, ont peine à le foûtenir; la plupart en périffent, ce qui n’efl que trop connu de ceux qui ont des colombiers à portée des endroits ou croît le kermès. Les vieux pigeons en font quittes pour un cours de ventre; alors leurs excré- mens teignent en rouge les murs du colombier. - Nous avons affés vû que les gallinfecles de 'Yîlex cocci Tome IV. .H ^8 MEMOIRES POUR L’HISTOIRE ^landifera , qui ont été nommées kermès , font des infec- tes utiles pour les teintures, & que la médecine en corn- pofe la confeéîion d’Alkermes, qu’elle regarde comme un bon remede. Les ^ilinfeéles de ces petits chênes l'ont- elles les feules qui peuvent être employées à ces deuxufages- utiles! Sionfaifoit des expériences fur la teinture que don- nent celles de toutes efpeces , peut-être en découvri- roit-on quelqu’une qui ne feroit pas inférieure au kermès,^ ou qui mêmeJui feroit préférable. Il y a au moins tout lieu de croire que par rapport à i’ufage qu’en fait la médecine,. quelqu’efpece,<& peut-être plufieurs efpeces de gallinfec- tes pourroient être l'ubflituées au kermès. Si on employoit à la confeéîion d’alkermes les gallinfeéles des pêchers, des orangers , &c. on en retireroit un avantage certain, ces arbres en feroient bien mieux nétoyés de ces infeéles par les jardiniers, qu’ils ne le Ibnt. On peut penler que l’arbre qui fournit de la nourriture à l’infeéle , entre pour quel- que chofe dans les vertus du petit animal, mais au moins- y a-t-il apparence que la fève des grands chênes donneroil aux infeéles qui en vivent, des propriétés médicinales fem- blables à celles que la fève des petits chênes donne au ker- mès. Sur le petit chêne on trouve des gallinfeéles rougeâ- tres qui ne font pas propres à la teinture , & qu’on regarde comme aulîi bonnes pour la confeéîion d’alkermes que celles qui font d’une couleur foncée. On trouve aulîl furde grands chênes des gallinfeéles rouges , qui ne font pas fen- fiblement différentes de celles de même couleur du petit chêne. Il ell vray que les gallinfeéles qui croiffent fur de très-grands arbres doivent être négligées , par la feule difficulté qu’il y auroit d’en faire la récolte dès qu’elles, n’y feront pas en très-grande quantité. Celles qui vien- nent fur \ilex cocci glandiferaïc. placent bien pour nous; «Iles y font à portée d’être vûës & d’être détachées des Insectes. I. Mem. 59 c-ommôdémcnt ; cependant fi on parvcnoit à fçavoir faire ulage de quelques - unes de celles de nos grands arbres, peut-être trouveroit-on enfuite des moyens de les y faire multiplier à un point tel qu’on y- en pourroit recueillir beaucoup en peu de temps. Je (uppole qu on eut recon- nu que celles du pêcher, Ibit en boule Ibit en bateau ren* verle, méritent d’être ramalTées; alors on pourroit avoir une certaine quantité de pêchers en plein vent, qui /croient moins deftinés à donner des pêches, qu’à élever des gal- bnfeéles , & on parviendroit à avoir chaque année de ces arbres dont toutes les jeunes pou/Tcs & les autres branches en feroient couvertes. On fémeroit dc/Tiis des gallin- feéles pour ainfi dire ; on couperoit dans la /àifon conve- nable de petites branches où /croient attachées des gallin- feéJes qui auroient fait leurs œufs, & dede/Ious lefquclles les petits ne /broient pas encore fortis, &on attacheroit les petites branches contre de jeunes jets de l’arbre /ùr lequel on voudroit faire multiplier les gallinfeéles. J’en ai tran/jjorté ain/î d’un arbre à un autre arbre de même efpece,quiy ont très -bien réu/Ti. Avec un pareil loin le même arbre en pourroit donner une quantité fiirpre- nante. Qu’on ne juge pas de celle qui s’y éleveroit par celle qui s’élève fur nos pêchers en efpaliers ; nos jar- diniers fans le /çavoir, ôtent chaque année à ces arbres une bonne partie des gallin/ecfles qui les devroient fuccer. La taille des pêchers fe fait ordinairement dans le temps ou elles /e fbnt fixées , êc fe Ibnt fixées pour le relie de leur vie; alors il y en a beaucoup d’attachées contre les jeunes jets , & elles font attachées en beaucoup plus grande quantité contre la partie la plus élevée du jet, que contre fa partie inférieure. Il n’y en a fouvent fur. cette dernière que quelques-unes femées par-ci par-là, pendant quel autre partie du jet en e/t toute couverte. Hij * PI. Ô.fig. I •‘Jâ- PI. 5.%. MEMOIRES POUR L’HISTOIRE Le jardinier coupe fouvent un jet qui a deux ou trois: pieds de longueur, à trois ou quatre pouces de fon origine. En retranchant cette longue partie du jet , il ôte au pê- cher toutes les gallinfedes qui y croiflToient , & les fait toutes périr. La chaleur ])aroît leur être favorable, ainfr toutes chofes d’ailleurs égales, elles doivent fe multiplier davantage fur les arbres en efpalier , que fur ceux qui font en plein vent. La gallinfeéle qui en été Si. en automne, pendant qu’elle' eft jeune , fe fixe fur des feuilles ou fur les plus ten- dres rejettons , après l’hiver s’attache fouvent à de vieilles tiges. J’ai déjà parlé d’une gallinfeéle du chêne en forme . de rein *, c’efl par fa partie la plus échancrée qu’elle tient à l’arbre , & elle y paroît tenir par uneefpece de pédicule qui n’efl autre chofe que fon fucçoir ou fa trompe. Ces galiinfeéles font affés fouvent attachées contre les nou- velles pouffes , mais on en trouve en quantité fur les plus vieilles branches, les tiges même des plus gros chê- nes en font quelquefois garnies. Mais j’ai ©blervé que ces dernières n’étoient pas obligées de percerune écorce extrêmement dure , elles font pofées dans des crevalTes de la vieille écorce, où une peau plus tendre efl à décou- vert. La furface du corps de ces gallinlééles a affés fou- vent des ondes blancheâtres fiites d’une poudre très-fine. On rend ces coques brunes, liffes Sc polies comme de l’ecaille, fi on les frotte un peu avec le doigt mouillé; uit frottement même affés leger emporte la poudre blanche. On trouve auffi fur différentes parties de nos chênes des galiinfeéles de figure prefque fphérique, greffes coni' . me de très-petits pois * , qui y tiennent par une bafe cir- culaire qui a peu de diamètre. Elles font tr ès-f'emblables par leur figure Sl leur groffeur au kermès , Sl leur couleur cft i>eu diâérentç de celle du kermès pâle. DES Insectes. /. Mem. 6 1 J’ai vùplus rarement lia- le chêne une gallinfc(flc pref- fliie Ibhériqiie groflTe comme une petite ccrilb dont la cliapelets. Si on la regarde a la loupe fon poli paroit encore plus grand . & tel que celui d une glace. Le fond de fa couleur eft un blanc jaunâtre, fur Icquc font trois rayes noires; des points noirs font diftribues dans les in- tervalles qui Ibnt entre les rayes; les fourmis aiment cette elbece comme les autres , & me 1 ont fait découvrir. .Le duvet qui forme uneefpece de mince matelas entre le ventre des gallinleiflcs & 1 ecorce de 1 arbie , celui qui borde le contour de leur corps , le léger duvet qui blanchit ledeflus de celui de quelques-unes, & enfin les longs poils, mais en jietit nombre, qui partent de divers en- droits de leur corps dans certains temps , tous ces fils, & ces cotons paroilTent, dis je , être produits comme la ma- tière cotonneufe des pucerons , ou comme celle d une efpece fingiiJiére de vers qui les mangent * ; apparemment qu’ils s’échappent par tous les pores de la peau , ou par des endroits de la peau où il y a des organes dilpoics pour la fécretion de la matière dont ils font faits. Toutes les gallinfetfles dont nous avons parlé jufqu’ici, finilTent leur ponte fans qu’on s’apperçoive qu’elles l’ont faite; après qu’elles ont fait fortir de leur corps des milliers d’œufs , on ne voit rien de plus qu’auparavant, & cela parce que leur corps même couvre les œufs , & les cache tous parfaitement; mais il y a plufieurs efpeces de gallin- leèles qui peuvent être rangées dans un genre particulier , parce qu’elles ne couvrent qu’en partie leur nichée d’œufs avec leur corps. Leurs œufs n’ont pas befoin de cette efpece de couverture, ils font logés dans une maffe de fils de foye ou de coton très-blanc ; ils femblent être dans une coque de foye blanche *. Dans quelques circonftances Hiij PI. 5. Cg, 3 (5t 4. * Tome III. JVltm. X . pl. Si.fg. 20, 2Jf ÔCC. PL 6. 5 , 9 & II* 62 MEMOIRES POUR l’HiSTOIRE oii preiidfoit cette nichée d’œufs de gallinfedîe pour une niellée d’œufs d’araignée. La nichée d’œufs avec tous les fils foyeux qui f enveloppent extérieurement , & avec tous les fils foyeux qui dans l’intérieur féparent beaucoup d’œufs des autres , a un volume bien plus confidérable que n’a jamais été celui de la gallinfeéle de laquelle elle PI. 6.fig. efi fortie. La gallinfeéle defîéchée * ou prête à fe delfé- Vg O appliquée fur ce paquet blanc qu’elle ne recou- ** vre que d’un côté , encore ne l’y recouvre- 1- elle fouvent qu’en partie. Quelquefois la gallinfeéle féclie tombe de deffus le paquet , & c’efl alors que la nichée femble le plus en être une d’œufs d’araignée. L’épine, la charmille, le chêne & la vigne m’ont fait voir de ces gallinfeéles dont les œufs paroiffent être dans une coque de fbye, Sl l’efpece que j’ai trouvée fur chacun de ces arbres ou de ces arbuftes, éloit différente de celles que j’ai trouvées fur les autres. Je n’en ai vû nulle part autant que fur certains pieds de vigne en efpalier. Tout le jeune bois * & celui de l’année précédente étoient couverts de fîoccons ou petites maffes qui fembloient être de coton blanc ; la vigne n’en efl pas alors plus agréable à voir, elle l’efl même moins pour qui n’aime pas les infeéles , elle a un air mal-propre. Un particulier de Paris fut étonné il y a quelques années , de trouver tous les pieds de vigne de fon jardin ainfi blanchis; cette fingularité lui déplût, il confulta plufieurs de fès amis pour en fçavoir la caufe, Si par cafeades on s’adreffi à moy ; on m’apporta des ?^Ejgs. branches * chargées de maffes de coton, ou plutôt de nids d’œufs de gallinfedes. Les fioccons blancs ayant continué l’année fuivante à paroître fur les pieds de vi- gne de ce jardin , au moins en auffi grande quantité que dans l’afinée qui avoit précédé, le peu que le maître avoil appris de leur origine ne le réconcilia pas avec eux , il Fig- 5 des Insectes. 1 . JWem. 65 le parti (le faire couper tous les pieds de vigne. J’ai vûà Tours dans la cour de l’auberge de Sainte-Marthe un haut & vieux pied de midcat bien fourni de brandies, qui clia- que année eft tout blanciii par ces nids; j’en ai eu, niais en moindre quantité , dans mon jardin de Paris. Les gallinfedes qui lé multiplient fi fort fur certains pieds de vigne , ne lé perpétuent qu’avec peine fur d’au- tres; j’ai inutilement attaché deux années de liiite des brandies chargées de nids contre d’autres branches de mufeat & de chalfelas dans mon jardin de Cbareiiton , où je n’aurois pas été fâché d’établir ces infeéles; ils ne m’y auroient pas déplû comme ils avoient déplu à ce particulier qui en haine pour eux, fit couper tous lés pieds de vigne, mais mes tentatives n’ont pas été heurcules; je n’ai pas vû une feule de ces gallinléides y venir à bien , quoi(jue celles de diverfes autres efpeces y \ienncntplus que je ne voudrois. Les circonftances nécelfaires pour qu’un pied de vigne leur convienne, pour qu’elles y puif- fent vivre & croître, me font encore inconnues ; peut-être que 1 elTentiel eÛ que les pieds ne foient pas dans des en- droits où les ennemis de ces gallinfeéles fe foient trop mul- tipliés. L’expofition peut aulTi y entrer pour beaucoup. Je femai dans mon jardin de Paris quantité de ces gallin- jéaesnai flan tes, fur des pieds de vigne qui font au levant; lanneefuivante je n y pûs trouver aucune grolTe gallin- ' lede de cette efpece, & j’en trouvai plufieurs fur d’autres pieds de vigne fitues a l’autre bout du jardin , & par coa- lequent exjKifes au couchant; les jeunes gallinfecfles avoient c ercher des lieux qui leur convenoient mieux que ceux que je leur avois choifis. " La figure de- ces nichées d’œufs n a rien de confiant afles ordinairement la maflé efi arrondie par défiés , mais pour peu quon la touche , on la dérange, l’enveloppe ^4 MEMOIRES POUR l’HISTOIRE blanche s’attache aux doigts dès qu ils s’appliquent deffus. Si l’on veut enluite en éloigner les doigts , une infi- nité, de fils qui leur font adhérans , les fuiyent. Ces fils, à peu près parallèles les uns aux autres , feinblent venir de la maffe , comme s’ils y étdient en peloton ou en écheveau qu’ils fe devidaflént ; on peut les conduire de la forte à plufieurs pieds de diftancé, mais dès qu on a ainfi étendu un, paquet de plufieurs i^iilliers de fils en bO^ne droite à quelques pouces du nid, on entraîne en même temps des œufs. Ces 'œufs font oblongs , luifans îk rougeâtres comme ils le feroient s ils étoient de cor- naline. C’efl au centre de la maffe foyeufe ou coton- iieiife qu’efl lé grand amas d’œufs. . La facilité que ces fils ont a s attacher fur les corps qui touchent le nid, faip que les pieds de vigne font tou- jours plus blanchis par les nids qu ils ne fembleroient k *PI. 6. fig. devoir être Qu’ une feuille du une branche pouffée par 5' le vent vienne toucher un nid , elle ne s en retourne pas */./• fans emporter des milliers de fils *. De-là il arrive fouvent que les branches de vigne femblént couvertes de cette matière blanche & legere qu’on voit voler en grande quantité dans les beaux jours dii „mois d’Odobre, qu’on a nommée des fils de la Vierge, éc qu’on fçait à prefent n’être compofée que de fils d’araignées , que le vent a en- levés & raffemblés. • > Quelques efpeces d’araignées renferment leurs cenfs dans une maffe de fils de foye tellement difpofés, quand on tire la maffe en même temps en deux feus con- traires , on oblige un très-grand nombre de fils à s’éten- dre & à fe ])lacer parallèlement des uns aux autres. Ces fils de nids d’araignées ,• quoique fins , ne le font pas autant que ceux des nids de nos gallinfeéîes . Si ne paroiflei^^ jamais fi longs. Mais nos gallinfèétes fi lourdes, immobile 2 % DÉS Insectes. I. Afem. à iin'po^u qui a fait croire quelles Ibnt fans vie, feroient-fellcs tics fileures aulïi adroites que les araignées.' Comment s’y prennent-elles pour recouvrir leurs oeufs de toutes parts, d’une fi grande quantité de fils fi finsT J’avois été d’autant plus curieux de fçavoir coriimcht elles peuvent- venir à' bout d’un pareil ouvrage, que je ; nWois pû découvrir, aucune filière à leur partie, jio- • jflérieure ni ailleurs.- Ç’efi dans le temps de leur ponte ' qu’il fallait parvenir à les ob/erver.' Le, 12 Juin j’en- voyai chercher deux branches de vigne dans le jardin dont j’ai parlé ci-delfiis, .& il q^'t temps de m’y prendre; ! ces deux branches étoient (^vertes de quantité de gal- iinleéles , dont la'plApart avpient déjà pondu ; mais il en yéftbit encore quelques-unes qui ne l’avoient -pas fait, Entre celles-ci, j’en remarquai, une dont la partie pofié- . rieure etoit elçyéèquTdelTus de la branche, âc en était, réparée par un cordon. . blanc * qui débordbit peu le ’ corps de l’infeéle; J’erî; conclus que fa ponte étoitcom- ^ mencée , mais peu avancée encore, que- cette gallinfeéîe était précifémen't dans l’état . où, je. la devois'-fpûliaiter. Je la fuivis aulfij pendant quelque temps, mais elle nie, - parut au/Ti immobile quelles le font toutes. Quand je' révhîs à l’obleryer; au bout de quelques heures, fa partie, pouerieure était plus foûleyée ; plus éloignée de la branche; il me fembla que le cordon blanc . étoit deve- nu plus épÿs, & qu’il débordoit plus, le corps ; mais çela s etoif -fait avec unejenteur peut-être égale à celle' delà marche de, l’aiguille d’un cadran, 6c d’ailleurs tout , sexecm^t dans Éobfcurité entre lé bois 6c le corps e in eéle, tout étoit caché à mes yeux. -. Je me déter- minai donc a troubler la gallinfeéîe dans fôn^ opération pour voir ou elle eh étoit, &. pour tâcher de parvenir /K ' opération confdloit, Gonnoiffaht le % * PI , 6 . £^0 . k. e <56 MEMOIRES POUR lHISTOIRE rircjue qu’il y avoit de blelTer la gallinlecfle, & de la fairg ^érir fi je la prenois elle-même , j enlevai avec un couteau a pièce d écorce à laquelle elle tenoit , & par petites feuilles j’emportai peu à peu cette ecorce; je parvins à l’enlever toute , & à mettre à découvert le deffous de la gallinfede fans lui avoir fait de blelTure. Je vis alors que , comme je l avois penfe , la gallinleéle avoit coin» mencé fa ponte; je jugeai même par la quantité d’œufs qui parut à découvert, qu’elle en avoit fait le tiers ou la moitié. Ces œufs n’étoient point encore féparés les uns des autres par des filets foyeux ; i^e touchoient tous, le ventre de la gallinfede les couvroiFl>ar deffus , mais par deffous 6e tout autour ils étoient enveloppés de matière loyeu- fe; ils y étoient comme dans une efpece^ de nid. Cell le contour de ce nid qui foûlevoit le derrière de la galliu> fede, 6e qui le débordoit quand elle étoit dans la fitua* tion naturelle d’où je l’avois tirée. Cette dilpofition de la matière foyeulè me fit foup- çonner que la gallinfede n’avoit pas befoin , pour enve- lopper fes œufs, de fçavoir l’art de filer que les araignées fçavent fi bien, qu’elle executoit des ouvrages fembla- blés aux leurs fans fe donner prefque de que fans s’en appercevoir , pourainfi dire, elle fourniffoit les fils qui dévoient couvrir fes œufs; que tout avoit ^ difpolé chés elle par la nature de façon que lesfibwf' toient néceffairement dans le temps où les œufs en avoienj befoin. En un mot , je penl'ai que la matière qut devoit faire une efpece de coque, étoit de la nature celle qui s’échappe, quoiqu’en moindre quantité, des de quantité d’eljvcces de pucerons, de ceux vers mangeurs de pucerons, 6c même de ceux acsp fedes, 6c qui fournit la couche de duvet qui corps de celles-ci 6c l’écorce à laquelle elles font attac e ’ DES Insectes. I. Mem. 6j mais que certaines eipeces de gallinlctflcs fournifToicm de cette matière en beaucoup plus grande aI)oiuIance que Jes autres. Pour lavoir fi je devois m’en tenir à cette idée . ou l’abandonner , j’ôtai tous les œufs qui étoient lôus le corps de la gallififcdle , & toute la matière blanche & cotonneulè qui les y retenoit, & qui les cnveloppoit en partie ; enlin je iiètoyai bien tout le ventre , je le mis bien à dècomert , je ne lailbii deflus aucun duvet blanc. Alors il parut rougeâtre, & encore alTès rcnllé pour me faire juger -qu’il contenoit beaucoup d’œufs. Après avoir ainli tourmenté la gallinfeèle, je lalaifîài en repos, je la mis dans une petite boëte de bois, pofècfur fon venue. Au bout de cinq a hx heures je la retournai fur le dos * , & je vis que le ventre que j’avois laiffè rou- * PI. 6. Cg. geatre,etoit poudré de blanc, comme s’il l’eût été d’une poudre cotonneufe; mais la couche de poudre coton- neufe etoit plus épaifTe tout autour du corps * que par o oc. tout ailleurs. Cette matière ne fembloit donc avoir rien de commun avec des fils de foye fortis d’une feule filière elle fembloit avoir été fournie par toute la furface du’ ^ ^ fembloit avoir tranfpiré prefque par-tout ; ^ais les endroits propres a en fournir davantage, les ou- vertures propres à la aiffer échapper plus aifément,paroif- tre ÆS- '' fois fur fon ven- iefaU® ^ ‘'“'"é « fonr repos b aircieTT P™ foffiLi^eni avoir ûit d«S f «“mnieucé fa ponte, elle chapelet toimtl iTffl' ?"™' “ 8”'“ '‘’™ touLit’par un de fe boms'celui ou'lfe*’ I^fonautrehoutceluI aratirvIrrSU MEMOIRES POUR L’HiSTOIRE La Figure 8 fait voir la pliinfede delà figure yLeaa-' coup groffie. p, eft la partie pofiérieure de cette gallin- fecle.Æ fa partie antérieure. La Fif^ure 9 repréfente une branche de pêcher fur îaquelle des galiinfedes du genre 6c de l ’efpece de celles de la figure 6, fe trouvent en très-grand nombre ; toutes n’ont pas encore pris leur parfait accroiffement , ni même leur dernière forme, plufieurs font plus allongées quelles ne le doivent être par la fuite. On y en diftingue de deux groffeurs , les plus brunes, 6c les plus grolfes^^g^g, ont encore à groflir. Les plus blancheatres 6c les plus petites, dont quelques-unes font marquées tn, m, m, n ont plus à croître , elles font prêtes a le transformer en des mou- ches ailées , qui font les males des gallinfeéles g, g, g Planche III. La Figure 1 eft celle d’une petite branche de tilleul qui a des gallinfeéîes du genre de celles qui tiennent de la figure Ipliérique. k h; g, g, plufieurs de ces gallinfedes. La Figure 2 nous montre une coupe tranfverfale de la galle k h, de la figure précédente, Lite par kh. La figure 3 eft celle de la figure 2 tres-grolfie. Cette coupe eft celle d’une gallinfeéle qui avoit fait tons fe œufs, p, la partie pofiérieure de l’animal , celle où elt la fente ; la partie antérieure ar été emportée. Tout l’efpace- uc edec eft rempli par des œufs ; a\mnt la ponte cet efpace étoit rempli par le ventre de 1 infeéle qui tou choit l’écorce de l’arore en u; 1 infeéle n a conferve<ju le peu de folidité qu’on voit en e d e, car ê c, e c, font minces comme un papier. & de ^ le e\i dra de même par la fuite. .r ^ La Figure 4 eft celle d’une petite branche de nonei fur laquelle font des gallinfeéles. ér^eneftunetrès-gt^ des Insectes. /. Mem. 75 «n comparaifon de celles qui doivent probablement relier petites & donner des mâles ailes. Quoique la gallin- fede G,üt aduellement la forme de celles en bateau ren- verlë, elle ell pourtant du genre de celles qui tiennent de la ligure fphérique ; elle a à croître , & doit s’arrondir. La Figure 5 fait voir une gallinlcde du noiletier qui a pris tout Ion accroiflement. G, cette gallinfedc. La Figure 6 reprélènte la gallinlède précédente grof- fie, & vûë par delfus. p, ell l’appendice où ell la fente. Cette gallinfeéle ell alTés joliment colorée; le jaune jiref- que citron, ell fa couleur dominante, fur laquelle Ibnt des taches ondées, & rougeâtres. La Figure n fait voir une gallinlèéle du -noifetier cou- chée, & dont iedelTous ell en vûë; ellefemble une pe- tite boîte remplie de très-petits grains, parce qu’elle cil pleine des œufs qu’elle va pondre. La Figure 8 fait voir plufieurs œufs de la gallinlèéle précédente, un peu grolTis. La Figure 9 e/l celle d'une gallinlèéle du neifetier, nouvellement née; elle ell plus groflie dans la figure 10. a, a, fes antennes. deux petites pointes qu’elle après du derrière ; cette gallinfeéle ell alors rougeâtre. La Figure 1 1 appartient à la mouche des figures 7, 8 & 9. de la pl. 4. Elle reprélènte la partie pollérieure de cette mouche vûë au microfeope, & du côté du ventre. e,e,deux éminences charnues, les deux filets blancs qui font une très-longue queuë à la mouche, a, la vé- ritable queuë , ou plus exaélement la partie propre au male, f,, filet de matière blanche que j’ai fait fortir du bout de cette partie., lorlque j’ai prelTé le derrière de la mouche. Kij 1 yô MEMOIRES POUR l’Histoire Planche IV. La Figure i repréfente une de ces gallinfedes du pê- clier , cjui font marcjuees &c. pl. 2 figure p, une de celles qui doivent ie métaniorphofer en mouches. Ici elle efl extrêmement grofTie*, la peau de cette gallinfeêle fait aéliiellenient la coque dans laquelle efl la mouche fous la forme de nymphe. On peut remarquer fur cette figure & les luivantes , diverfes petites taches, qui font tout autant de petits docconsde coton, a, la partie anté- rieure de la gailinfecfle , ou de la coque./?^ la partie pofle- rieure. yT) efpcce d entaille qui fait que la piece y p y , peut être foûlevée quand la mouche tend à fortir de la coque. La Figure 2 efl celle d’une nymphe tiree d une coque, j telle que celle de la figure i, groffie au microfcoie, éc vue du côté du ventre, i k^ ik, les deux jambes de la pre- mière paire qui viennent fe rencontrer en k k^ en devant delà tête, ailes pliées, les quatre derniè- res jambes, p, queue. ' La Figure 3 fait voir la nymphe de la figure 2 dit côté du dos. 44 l^s ailes, p, la queue. La Figure 4 montre une coque dont la pièce a été foûlevée, & qui commence à permettre à la mou- che de fortir. l, le bout des ailes de la mouche forti de la coque. Dans la Figure 5 une mouche efl plus avancée à for- tir de fa coque que dans la figure 4,^ dans la figure o la mouche efl encore plus fortie que dans la figure 5- la piece qui peut être &; qui efl aéluellement foûlevée. 4 les ailes. /i f, les deux filets qui font une longue queuë à la mouche. La Figure 7 efl celle de la mouche qui efl le mâle des gallinfeéles , dans fa grandeur naturelle. des Insectes. I . Alem. 77 La Figure 8 fait voir la mcmc mcxtclic pardcfliis.très- grolTic, (& ayant le port d’aîles qui lui cfl: ordinaire. La Figure 9 repréfente la meme mouche ayant fes ailes écartées du corps. //> les deux filets qui forment la longue queuë. q, la grolTe & courte queue, celle qui cft la partie qui caraélerife le mille. La Figure 10 eft encore celle de la mouche des figu- res précédentes, mais vûë du côté du ventre. La Figure 1 1 nous montre une antenne de la mou- che, telle quelle paroît dans un microlcope qui groflit beaucoup. La Figure 1 2 eft celle d’une gallinfcclc femelle du pêcher, de celles qui deviennent prefque fjihcriques, qui a la forme éc la grofleur qui leur eft ordinaire dans le temps de l’accouplement. • La Figure 13 repréfente la gallinfeéfe delà figure 12 groffie. U, l’endroit où eft la fente dans laquelle la partie du mâle s’introduit. La Figure 14 fait voir une gallinfeifle femelle plus en delfus , & dans le temps où cette gailinfeéte femble fe pré- parer à recevoir le mâle ; alors le bord de la partie anté- rieure de la fente eft relevé. Dans la Figure i 5 une mouche m, le mâle de la gal- linfeéle introduit le bout de fa queuë dans la fente de la femelle. La Figure 16 repréfente la partie antérieure de la mouche des figures précédentes , vûë par- defius &. à un microfeope qui grolfit beaucoup. les jambes de la première paire. Â,Â,deux petits corps ronds &luifans,qu’on prendroit pour deux yeux , fi on avoit coutume de trou- ver les yeux d un infeéte où devroit être une bouche dont on n’apperçoit aucun veftige. a, a, les antennes cou- pées en a, a. Kii| MEMOIRES POUR L’HiSTOIRE ^ La Figure 17 efl encore celle de la partie antérieure de la mouche, autant groffic que dans la figure 16, mais vûë par-defTus. i, h les deux pi-emieres jambes. ^,0 les yeux.^2^^^ refte des antennes. ^ , La Figure 1 8 fait encore voir la meme partie ante- rieure, mais de côté, a, a, les antennes coupées.^, les yeux placés comme ceux des autres infedes. k, les deux globes qui femblent d’autres yeux, v, les premières jambes. Planche V. La Fiirure i repréfente une branche du petit chêne, appelle par les Botanifles ilex cocci glandifera , chargée de quantité de ces gallinfedes , auxquelles on a donné le nom c c Iccrmès# La Figure 2 efl: celle d’une petite branche d’un chêne ordinaire , à laquelle tient une gallinfede g, plus groffe que le kermès, éc qui efl prefque fpherique. La Figure 3 efl encore celle d’une petite branche de chêne ordinaire , à laquelle eft attachée une gallinfede d’une efpece differente de celle de la figure 2, & une des plus fpheriques éc des plus greffes. La Figure 4 efl celle de la gallinfede de la figure 3, qui a été détachée, p, montre l’endroit par lequel elle étoit adhérente à la branche. La Figure 5 efl celle d’une branche d’orme, fur la- quelle font des gallinfedes en coquille , de grandeur na- turelle, marquées c, c, c. La Figure 6 montre un bout de branche grofri,fur lequel efl une gallinfede en coquille, groffie dans la mê- me proportion, a, c, la gallinfede. une gallinfede nou- vellement née. La Figure 7 fait voir la gallinfede a, c, de la figure précédente , renverfée , dans un temps où elle a fait fes I DES Insectes. I. Aîem. 79 <£ufs;oii en voit quelques-uns dans la cavité defon Corps. Planche VI. La Figure i eft celle d’une petite branche de chêne , à laquelle Ibnt attachées plufieurs g.allinlc(flcs en forme de rein, r, plufieurs de ces gallinfedes qui fe touchent. une de ces gallinfeéles feule. La Figure 2 fait voir une gallinfcéle en forme de rein, groffie à la loupe; on la voit de côté. En t, eft un tuber- cule qui pourroit être une dépouille laiftTée par la gal- linfeéle pendant qu’elle étoit très-petite. La Figure 3 montre la gallinfeéle de la figure 2 re- tournée, & par le côté qui étoit appliqué contre la bran- che. h, partie par laquelle cette gallinfcéîe tenoit à la branche. La figure 4 repréfente la gallinfeéle des figures 2 & 3 dont une portion a été emportée pour mettre à dé- couvert les œufsûûû,dont elle eft remplie, lorfque fit ponte eft faite. La Figure 5 eft celle d’une branche de vigne chargée de ces gallinfeéles,dont les œufsfe trouvent dans deseE peces de nids de coton , qu’elles ne recouvrent qu’en • partie, g, une de ces gallinfeéles qui a fini fa ponte, c, nid cotonneux dans lequel les œufs font enveloppés. f,f, paquets de fils de coton tirés du nid c, de la gallinlèéle d, par la branche h , à qui il eft arrivé de toucher ce nid.. 'h h gallinlèétes qui n’ont point fait d’œufs. La Figure 6 repréfente une gallinfeéle de la figure pré- cédente, telle que la gallinfeéle é, qui n’avoit encore que commence fa ponte lorfqu’elle a été renverfée fiir le dos , & qu’on lui a ôté tout fon coton , & les œufs qu’il cnveloppoit. g, la partie antérieure de cette gallinfëéle. la partie poftérieure c, bourlets formés par le coton 8o MEMOIRES P«UR L HISTOIRE nui a tianfpii'é depuis que la gallinledle a ete renverfee & netoyée. e, x. n, œufs collés les uns au bout des au- tres, de maniéré qu’ils forment une efpece de chapelet. La Figure 7 ell celle d’un des œufs de la figure 6. %4 I I T Les Figures 8 & o’montrent cliacune une branche de chene , fur îaquelle eü une gallinfeae /dont ies œufs font dans un nid de coton qu elle recouvre. Dans la figure 8 la gallinfede g, eft bien en vûe, mais on ne voit que le bord du nid, O c. Dans la figure 9 on voit moins lagallin- fede, & on voit mieux le nid c c, qui eft gaudronne. La figure 1 o repréfente une gallinfede venue d un des œufs du nid des figures 9 & 10. Cette gallinfede a ete delfinée pendant qu’elle étoit encore tres-jeune , aulli e elle ici très-grolTie à la loupe. „• r n ' ' • j La Figure 1 1 fait voir une efpece de gallinfedte a md cotonneux , differente des efpeces précédentes , & groflie à la loupe. Cette efpece croît fur l’aiibepine. g, la gallin- feéle. n w^fon nid. , i> i • Figure I Z montre une bmncnc ci ciiiDcpine cjui â plufieursVlJ‘«^e( 5 les telles que celle qui eft groffie dans la figure 1 1 ; toutes ont fait leur ponte , & recouvrent plus ou moins leurnid.^,^.^, ces gallinfedes. SECOND. ./ «/r l'Uûrt . */r*r Totn tTX lUWiT \fcnljf- PI i>0. r CL.JjU£<M‘tJ' cul^. CI L U MS PL O. jfcuj • S O. Jlfem l cU TUùt des Bisectes Tom . ^ DES Insectes. II, Alem. 8 1 SECOND MEMOIRE, DES PROGALLINSECTES. DE LA COCHENILLE, Et de la graine d Ecarlate de Pologne. O N a donné, & nous donnerons dans la fuite le nom de Prolcarabé à un inledle qui a une forte de rcf- femblance avec les Scarabès , quoiqu’il ne foit pas de leur clafle ; nous croyons aulïï devoir appeller Progallinfeâes de petits animaux qui ont beaucoup des. caradleres des gallinlecfles , mais qui en ont qui leur font particuliers. Nous eulTions pû les appeller des faufles gallinfccfles; mais de deux noms très-longs nous avons choifi celui qui l eft le moins, & qui nous a paru le moins rude à prononcer. Les progallin/eéles patient une grande partie de leur vie attachées contre l’écorce des arbres, fans changer de pla- ce, & fansfe donner de mouvements fenfibles. Quelques- unes , comme les gallinfeéles , couvrent , même après leur mon , leurs petits de leur propre corps ; mais les pro- gallinfeéles font differentes des autres , en ce que dans tous les temps de leur vie on les reconnoît aiiément pour des animaux, au moins fi on les regarde avec une loupe; on diffingue toujours les anneaux dont leur corps eft compofé, au lieu que les anneaux dilparoifiTent de def- lus la partie fupérieure des gallinfedes, lorfqu’elles font près d etre à leur dernier terme d’accroiffement. Si les gallinfedes ont de quoi nous intéreflcr par les utilités que nous retirons d’une de leurs elpeces, du kermès, les prc^a linfeéles font pour nous bien plus importantes , s’il Corne IV, T PL 7. fig. 2. h, é^ fig. 9-S- * Fig. 2. 'g>S>g- Fig. r. S>g>S' »Fig.3&4, S2 MEMOIRES POUR l’Histoire ell vrai , comme j’ai lieu de le croire , que la cochenille leur appartient. 1 • /' ,» Il y en a une efpeçe qui k tient volontiers fur 1 oime, & c eft celle dont nous allons donner une hiftoire, qui ap- prendra mieux quels doivent etre les caraifleres que nous demandons aux infedes pour les placer dans la claffe des progallinfedes. Je connois encore peu delpeces qui en dépendent, & elle pourroit en avoir beaucoup qui refteroientlong“temps inconnues, fur-tout des efpeces qui feroient aiilTi petites & aiilTi peu allantes que 1 efpece qui fe tient fur forme. D’ailleurs fi les autres efpeces , comme cette derniere, font peu du goût des fourmis, nous n avons point de guides pour les trouver, comme nous en avons pour trouver les gallinfedes & les pucerons. Les^ fourmis qui cherchent les uns Sc les autres , ne m ont gueres paru fe foncier des progallinfodes de l orme. Les mittes en récompenfo aiment fort ces dernieres ; j en ai fouvent vu un grand nombre autour d une foule ' mais les mittes font fi petites, qu’il faudroit quelles fe raflemblalTent en- core en beaucoup plus grand nombre qu’elles ne font au- tour des progallinfedes , pour nous aider a les trouver. Les mittes qui les aiment font néantmoins alfez groffes pour des mittes , elles font d’une couleur brune qui tire fur le marron. C’eft principalement dans les bifurcations * des jieti- tes branches de forme , & des petites branches qui n’ont qu’un an ou deux, qu’il faut chercher les progallinfeéles ; on en trouve cependant d’attachées contre les branches mêmes, * <& contre de petites tiges , * mais cela eft rare. C’eft dans le mois de Juin &. dans celui de Juillet qu’elles font parvenuës à leur dernier terme de gr^" deur; cependant on n’apperçoit alors a la vûë fimple» qu’une petite niafîe ovale ôi convexe , * d’un affez mauv^** des Insectes. IL Ahm . 8^ row<^e-brun , entourée d’un cordon blanc & cotonneux La niafTe rouge, dont le contour cft ovale, cft le dcfliis du corps de l’inlcae;ce qui en paroît a environ une li- <^ne dans le fens où il cft le plus long: fi on a recours à & loupe, on diftingue les anneaux dans lefqucls cette par- tie de corps eft divifée. Voilà pourtant tout ce tjur rndi^ que que ce qu’on voit eft un animal, car du reftc^il elt dans une immobilité parfaite , & il ne montre ni tête ni jambes : tout cela eft caché par le bourlet cotonneux, qui ne laiflè à découvert que la partie fupérieine du corps. Nous ne donnons pas aftez d’idée de famas de la ma- tière blanche & cotonneufe, quand nous ne l’appelions qu’un bourlet ; cette matière fait une efpece de nid en- forme de corbeille ovale * , & comme' garnhonnée, dans lequel l’infèéle eft logé en grande partie. Son ventre qui |K)fe fur le fond de ce nid , fe trouve féparé de l’arbre ])ar une couche' de coton. An refte les fils' du coton qui le compofent, font forts,. même aftèzgros;vûs avec' une' loupe d’un court foyer ils paroiflent des brins de laine. Ce nid n’eft pas uniquement deftiné à mettre le corps de l’infeéle plus à raife,.ce n’eft' pas même là la principa- le deftination. L’infecfle * s’en palfe pendant la plusgran- = de partie de fa vie, pendant qu’il eft plus jeune, &,ee femble,plife foible; Ce nid eft deftiné à recevoir les petits- qui doivent naître, car ils nailTent vers la fin de Juin' ou. dans le mois de JuilleC.^ Si on retire alors laprogallinfeéte de: fon nid,, on; trouve dans le fond de ce nid & dans les inégalités des côtés ,- un; grand nombre de' petits vi- '^ns'*:. Ils font d’un blanc-jaunâtre qui rire fur la cou- * leur de k gomme copal. Ils portent devant eux, deux petites antennes *..La forme du contour de leur corps eft * aflez lèmblable à celle du corps des gallinfeéles nouvel-" lement née& Leur partie poftérieure eft plus' pointue que Lij * PI. 7. fig. J. 4Sc 4-. aede* * Fig- s» Fig, 7 & 8, a, J MEMOIRES POUR L’HiSTOIRE i antérieure. Ils marchent vite fur fix jambes aflez courtes Mais en quelque temps qu’on ôte la progallinfeéte- mere de fon nid, jamais on ne découvre d’œufs dans le nid; nos progallinlèéles font au nombre des animaux vi- vipares. J ai détaché des meres , je les ai renverfées fur le dos dans le temps où elles étoient dans le travail de l’ac- couchement : deux d’entr elles ont aufli accouché fous mes yeux. Quoique je fulfe muni d’une forte loupe, je n’ai pourtant pû m’alTûrer alfez à mon gré quelle étoit la partie du corps de l’infeéle naiffant qui fortoit la premiè- re. Il m’a paru que c’étoitfa tête; & en cas que cela foit, il fort dans une pohtion oppofée à celle dans laquelle le puceron fort du ventre de fa mere. Quand on écrafe le corps des meres vers le commen- cernent de Juin, on met au jour une grande quantité de ])etits corps oblongs , auxquels on ne diftingue aucu- ne partie : on feroit difpolë à prendre ces petits corps pour des œufs ; mais il efl plus naturel de les croire des embryons , dont les parties, qui feront même peu fenfibles dans 1 infeéle naifïànt , ne fe laifîent pas encore dillin- guer. D ailleurs ceux qu on a fait fbrtir par violence du corps de la mere, font baignes de liqueur rougeâtre. Je les ai bien laves, & tout ce que j’ai pû appercevoir, quand ils ont ete nets & blancs , ç’a été deux points noirs qui pouvoient être les yeux. Jamais le nid n’eft auffi rempli de petits qu’il femble- roit le devoir être , à en juger par la quantité de ceux dont le ventre de la mere eft farci; le temps de l’accouche- ment de chacune d’elles dure plufieurs jours, peut-être plus de huit a dix jours , & il y a apparence qiuun jour ou deux apres fa naifïànce chaque petit infeéle s’échappe du nid. ^ ^ Si on ob/èrye avec une forte loupe des branches d onne DES Insectes. II. Afem. 8 5 dans les temps dont nous parions, on découvre bien- tôt de petites progallinleéles <]ui marchent vite dcfîus, ou plutôt qui y courent. Mais ce n’cft que pendant quel- ques jours quelles courent ainfi ; elles ne lont pas long- temps fans fe fixer ; celles qui clioififlent leurs places dans les bifui'cations des branches , y ont le corps recour- bé Une fois fixées, elles ne changent pas, ou changent rarement de place; mais elles ne deviennent dans l'im- puiffance, ou ne perdent la volonté de fe mouvoir, que vers la fin d’Avril. Alors elles periffent fur les branches qu’on a coupées : quoique ces branches fe^deffcchent, elles ne fongent pas à en aller chercher d’autres. Leur accroiflement, comme celui des gallinfc(5les,n’eft confiderable qu’après l’hyver. Avant la fin d’Avril il y en a qui font près d’avoir acquis toute la grandeur à la- quelle elles peuvent parvenir. Dans le commencement du même mois , & dès celui de Mars , leur corps eft un peu rougeâtre; mais il le paroît moins qu’il ne i’eft, parce que chaque anneau eft bordé de poils gris & courts *, aftez gros par rapport à leur longueur. On ne retrouve plus ces poils aux progallinfeéles qui font dans un iiid de co- ton; elles les ont apparemment quittés en changeant de peau , & elles en ont pris une qui laiflTe tranfjMrer la matière cotonneu/è. En tout temps le deffous de leur ventre eft plus rougeâtre que le deflus du corps , parce qu’il n’a jamais de poils. Les jambes font petites & dé- liées par rapport au volume de l’infeéle ; il en a fix *. On a peine à trouver fa trompe ou fon fueçoir , qui m’a pourtant paru femblable à celui des gallinfecics, êc fem- blablement placé j’ai cru même bien diftinguer la poin- te qui le termine, & qui eft propre à picquer l’écorce de iWbre. Des le mois d’ Avril on voit quelquefois entre l’écorce L iij / PI. 7. fîg. 2. h, 6c fig* * Fig. lOm * Figure 6* > h h h h i- * Fig- 6.j; / PI. 7. fi 5. S6 MEMOIRES POUR l’HISTOIRE de Tarbre, âc ie ventre de quelques-uns de nos infe^ dles, une couche de duvet blanc Sc cotonneux, qui eft apparemment une matière qui s’eft échappée par Tinrent ble tranfpiration. Par la fuite cette couche cotonneuTe s’épaiffit; les côtes du petit animal fourniflent aulQ une femblable matière ; peu à peu cette matière s’ac- cumule, Sc forme le nid mollet dans lequel Tinfeèîe mettra au jour fes petits. Nous avons dit que ce nid a la g. figure d’une j>etite corbeille gaudronnée *. Les gaudrons y font produits par les convexités Sc les creux ou cannelu- : es des filions. Si les parties qui font en relief, Sc celles qui font en creux ^ ou qui forment le fond des filions, laifient tranfpirer une égale quantité de matière, la cou- che cotonneule fera également épailfe par-tout, Sc par conféquent elle fera néceflairement gaudronnée. Ainfi fe fait une efpece de nid très-bien arrangé Sc façonné, fans que Tadreffe de Tinfecfle y contribue en rien. A mefure que le nid fe fait, Tinfecfle groffit, & iTde^ vient de plus rouge en plus rouge, mais d’un rouge-fon- cé, qui pourtant m’a laiffé efperer que je pourrois tirer quelque bonne teinture de cet infeéle; mais celle qu’il m’a donnée a démenti Tefpérance que j’en avois conçue. Enfin Tinfeéle met fes petits au jour; ils fortent par. Tanus, ou par une ouverture qui en eft proche; ilspaf- fent fous le corps de la mere,qui s’applatit à mefure qu’il fè vuide. Quand elle a mis au jour tous fes petits, elle périt, elle fe defféche , Sc par la fuite elle tombe du nid- Quoique j’aye fuivi les progallinfecfles de forme dc" puis leur naifiance jufqu’au temps. où elles mettent leurs petits au jour, je ne fuis point parvenu à les voir s accou- pler. Mais fi elles ont des mâles auffi petits que ceux deS' gallinfeétcs , Sc ailés de même, comme il y a grande ap- pa enee , ces mâles ont pu. très-aifément m’échapper ^ & Ï>ES ÎNSECfES. II. Mem. 9Î' m les laiflbit alors expofés aux injures dcjl’air, il en pé- riroit trop, il n’en relleroit peut-être pasalTezen vie pour donner de bonnes récoltés dans l’année lui vante. Par cette raifon avant que la fâcheufe faifon arrive, les Indiens cou- pent des feuilles de nopals fur lefquelles Ibnt de petites cochenilles qui n’ont pas encore pris tout leur accroifle- nient : ils les portent dans leurs habitations; les inlec- tes dont les feuilles y font chargées , font à l’abri de la pluye. Ces feuilles de nopals , comme celles de quan- tité de plantes gralTes des pays chauds, peuvent relier long-temps hors de terre làns le delfeclier , ôc meme y relier très-fucculentes. Elles fournilfent donc une nourri- ture fulSfante aux petites cochenilles qui s’y font atta- chées.' Ces cochenilles groirilfent & croilTent à un tel point , que quand la faifon des pluyes eft palTée , elles font près de faire leurs petits; car, comme nous l’avons tlé- ja dit , les cochenilles font vivipares. Celles qui ont été confervées à couvert, font cel- ies qui doivent être femées pour fournir les récolté# dans la belle làifon. Pour les mettre en état de mul- tiplier d’une maniéré dont on puilTe profiter , les In- diens font des eljîeces de nids lemblables à ceux des oifeaux,mais beaucoup plus petits, foit avec de la moulTe pareille à celle de nos arbres, foit avec un foin fin ou une paille fine, foit avec ces filamens bourreux qui en- veloppent les noix de cocos. Dans chacun de ces nids on met douze ou quatorze cochenilles; on porte ces nids dans les plantations d’opuntia qu’on a eu foin de frire & de préparer; on les place entre les feuilles, ou, félon le terme des Indiens , les pencas. Les épines qui s’y trou- vent , donnent la facilité d’y affujettir fuffifamment CCS petits nids. La quantité de ces nids doit être confi- dérable, puifque les cochenilles mêmes qu’on a mifes M iij I MEMOIRES POUR L’HiSTOIRE dedans , deviennent feules i objet d’une récolté qu’ou n’efl: pas long-temps à faire. On dit dans une des dépo- fitions , qu’à chaque origine jde feuille on place deux à trois de ces nids. Les cochenilles ne font pas plus de trois a quatre jours dans les nids fans y faire leurs petits. C’eft un fait fur lequel toutes les informations parlent affez uniformé- ment , d’où il fuit que les Indiens connoiffent bien le temps où elles font près d’accoucher. D’ailleurs l’air extérieur auquel elles font expofées,peutlesy aider. Cha- cune d’elles fait des milliers de petits, qui, pour nous fer- vir des termes de quelques-unes des dépofitions, ne font pas plus gros que des pointes d’épingles , ou qui , félon les termes de quelques-autres, font gros comme de petites mittes , ou comme des lentes , ou comme de petites puces. Les cochenilles nouvellement nées quittent bientôt le nid, elles vont fur les feuilles de nopal, elles s’y difper- fent , Sc elles y marchent apparemment comme nos jeu* gies gallinfeéles , ou comme les progallinfetfles ; Sc de mê- me elles ne font pas long-temps l’ans fe fixer. Elles ne rongent aucunement la plante, elles fe contentent de la picquer Sc de tirer le fuc de l’endroit où elles fe font ar- rêtées pour y refier jufqu’à ce qu’elles ayent pris tout leur accroiflement , & qu’elles foient elles - mêmes en état de mettre chacune au jour un très-grand nombre de petits. Les cochenilles par préférence s’attachent aux endroits de la plante les plus verds comme les plus fucculents , 6c aufli à ceux qui font le plus à l’abri du vent. Dans les pays les plus froids de ceux où on éleve la cochenille, on couvre avec des nattes les nids 6c les feuilles fur lef- quelles les jeunes infeéfes doivent grimper : ces nattes les défendent contre le froid 6c contre lapluye,qui en pont: roient faire périr beaucoup. DÈS I N S E C T É S. II. Mefrt. 9 $ On ne doit pas s'attendre à trouver des defcriptions bien exa<fles de la figure de ces petits animaux , dans des dépofitions qui n’ont été faites que pour certifier qu’ils font réellement des animaux, & dans des dépofitions faites par des perlbnnes , qui , quoiqu elles euflent cultive ou vû cultiver la cochenille, ne lavoierit pas oblervee en naturaliftes. C’eft beaucoup qu on y parle des pattes ou jambes de ces infe(fles,de leurs griffes, de leurs yeux, Hpline efjjece de bec ; on y apprend que la figure du corps de l’animal eft ovale, & qu’il parvient à avoir la groffeur d’un petit pois. On adjoûte quelque chofe de plus précis, lorfqu’on dit qu’il refferable à l’infecfle qui s’attache volontiers aux chiens, & fur-tout à leurs oreil- les, aux bœufs, & à d’autres animaux, & qu’on appelle en latin ricîms, & en françois riccin ou tique. M. Geof- froy a aufli comparé la cochenille à cet infe<fle;&. le Pere Plumier l’a comparée aux punaifes domeftiques. Les infèdles de ces deux genres , quoiquè très - différens de celui de la cochenille , font de ceux avec lefqucfs elle a le plus de reffemblance. Les fourmis aiment les cochenilles comme elles ai- ment nos pucerons & nos gallinfeéles , & il y a lieu dé croire quelles ne leur font aucun mal ; mais quantité d’autres efpeces d’infedles les cherchent pour les dévo- rer. Les Indiens apportent tous leurs foins pour dé- fendre les cochenilles contre ces infeéles redoutables ; ils nétoyent les nopals de certains fils ou certaines toiles femblables à celles des araignées , filées par des infeéles qui mangent apparemment les cochenilles. Sur quoi les dépofitions nous inflruifent le mieux, c’efl^ fiir la maniéré dont fe fait la récolté de la cochenille. Oiï en a plufieurs dans une année, dont la première efl celle de ces mêmes meres qu’on a,,portées dans les petits nids- I ^6 MEMOIRES POUR lUisTOIRË fur tes nopals : elles ne quittent pas ces nids; après s y être délivrées de tous leurs })etits , elles y periflent. On ri’a donc qu’à aller ôter les nids de deflus les nopals , & en retirer les meres qu’on y avoit miles. Au bout de trdis à quatre mois , tantôt plutôt , tantôt plûtard, félon que la faifon a été plus ou moins favora- ble, on fait la fécondé récolté; alors les cochenilles, qui avoient été lemées lur les nopals , pour ainfi^dire, ont pris tout leur accroilfement ; quelques-unes mêmes ont déj||^ commencé à faire des petits. Les Indiens ramafïent ces cochenilles, ils les détachent de deffus les plantes, en les frottant avec une efpece de petit pinceau fait de poils attachés à un des bouts d’un petit rofeau ou d un petit bâton qui fert de manche. Dans cette fécondé j-ecolte on ,n!enleve pas toutes les cochenilles de deffus les nopals , on y en laiffe , & peut- être quelques-unes des groffes, à deffein de les y faire mul- tiplier; mais on y en laiiTe toujours beaucoup de nouvel- lement nées , de celles qui étoient déjà forties du corps des meres qu’on a détachées. Les jeunes cochenilles qu’on a laiffées, donnent une troifiéme récolté au bout de trois à quatre mois. Quand on fait cette troifiéme ré- colté,, le temps des pluyes approche,, & xe font les jeu- nes cochenilles venues de celles qui ont été l’objet de la troifiéme récolté, que les Indiens confervent pendant la làifon des pluyes , dans leurs habitations fur des feuilles de nopal; & qui doivent fournir dans l’année fuivante à des récoltés femblables à celles qui ont été faites dans l’année qui a précédé. La cochenille de cette derniere récolté n’efl pas aiim nette que celle de la récolté précédente. 11 y a alors fur les nopals quantité de petites cochenilles , plus qu’on n’en veut confer ver à couvert pendant la failôn des pluyes. Pour <D E s I N S E T E S. IL Aient. 97 Pour ne rien perdre , les Indiens ratiflent les feuilles, aria d’en détacher ces petites coclienilles; il leur faudroit trop de temps pour les foire tomber avec Je pinceau; les ra- clures de la plante lé mêlent avec la cochenille , & Ibnt caule (jue la drogue eft moins nette. D ailleurs les couche* nilles-meres, ou prêtes à être meres, le trouvent mclées avec beaucoup de jeunes & petites cochenilles. Lorlejuc Je tout eft deeflehé, on a un mêlante de gros & de pe- tits grains ; aufti cette forte de cochenille eft nommee granilla par les Efpagnols. Après que les Indiens ont ramalTé les cochenilles, ils les,fontp' rir, fons quoi ils pourroient perdi^une partie de leur récolté. Les meres, quoique détachées des plan- tes, peuvent vivre pendant quelques, jours & foire leurs petits: les petits nouvellement nés font vifs, ils aiment à courir ; ils le difperferpient bientôt , 6c ce feroit autant de déduit fur le poids de la cochenille qui avoit été ramaf- fée. Il y a différentes pratiques ufitées pour faire périr, ces inlçéles. Quelques Indiens les mettent .dans une corbeille^ ils les plongent enfuite dans l’eau chaude ;& après les en avoir retirés, ils les expofent au folcil pour les faire fécher. D’autres ont de petits fours conftruits exprès , qu’on échauffé au degré de chaleur convenable pour foire mou- rir les cochenilles qu’on met dedans fur une , natte. Ils appellent ces fours des temafcales. Les femmes des In- diens, font cuire leurs pains ou gâteaux de maiz fur des plaques fous lefquell.es elles allument du feu; on fait en- core périr les cochenilles fur ces mêmes plaques apjîcl- lees des comales. C’eft de ces differentes maniérés de foire mourir les cochenilles , que dépendent princimlement les ditterentes couleurs de celles qu’on nous apporte. Les cochenilles vivantes, comme la plûpart de nos-gallinfecr tes,. font couvertes d’une poudre blanche; celles qu’oti Tome IV. ^ MEMOIRES POUR l'Histoire fait périr dans l’eau chaude , y perdent partie de cette poudre , elles paroiflent enfuite d un brun roux : on ap- pelle cette cochenille renegrida. Celles qu’on fait périr dans les fours ou temafcales , ne perdent pas leur poudre blanche > elles relient d un gris cendre & jaljie , parce que le blanc fe trouve fur un fond rougeâtre, & c’eft dé- jà que vient cette cochenille qu’on appelle jafpée, jafpea-^ 'da. Celles qu’on fait périr fur les plaques ou comales , courent plus de rilque d’être trop chauffées ; elles de- viennent noirâtres , comme fi elles y eulfent été trop gril- lées, & cette cochenille ell appellée fiegra. Les mores mortes qui ont été tirées des nids pofes- furies nopals, perdent plus de leur poids en féchant,quc n’en perdent les cochenilles qui ont été prifes vivantes & pleines de petits. En failant lécher quatre livres des pre- mières on les réduit à une livre, & trois livres des autres donnent cette même livre après avoir été féchées. On nous dit que la cochenille filvellre croît fur une ef- pece d’opuntia qu’on ne prend pas foin de cultiver, & dont les feuilles font chargées de plus de piquans,que ne le font les feuilles de l’opuntia fur lequel on éieve la belle cochenille. Nous fçavons donc très-bien que la cochenille elt un infeéle; comment on l’éleve & la foigne pour la faire multiplier, comment on la fait périr; <& que Kxte- lieur de cette importante drogue ell un peu différem- ment coloré , félon la façon dont on s’y ell pris pom faire mourir lès petits infcéles. Nous devons ces inj- | truélions complettes aux foins que s’cll donnés M- o® Ruulfcher ; mais comme, il le remarque lui-même , po^r fe convaincre que la cochenille ell un petit animal , i n’étoitpas nécelfaire défaire venir du Mexique des obler- fations fi authentiques. Il fuffifoit de s’y prendre DÈS T K S £ C T E S. //. Mem, 9^ i'ont fait M/* Harfockcr, etc la Hire , Geoffroy ,<& coin- me M. de Ruuflcher l’a f^jt lui-meme. H liiffilbii de met- tre tremper dans l’eau ou dans le vinaigre <}uantitc de grains, de les y laifler renfler, & de les obferver enlüite avec une bonne loupe; car alors un oblèrvatcur jieiH: aifément reconnoître que chaque petit grain eft le ca- davre d’un inlbdle. Les grains les plus informes, ceux qui ont été les plus maltraités , montrent au moins les differens anneaux dont le corps eft compole *. Mais ^l’on parcoure avec la loupe un certain nombre de grains, ' & on ne manquera pas d’en rencontrer plufieursqui four- • niront des preuves qui ne fçauroient permettre de refter dans le doute; on trouvera aux uns, comme /’ai trouvé, des fragmens de jambes qui font refté attachés au corps; on trouvera aux autres quelques jambes entières; on s’af- Rirera aifément que i’inlèéle a fix jambes * , & qu’il n’en a pas davantage. J’en ai vû à qui une paire de jambes étoit reftée bien faine & bien entière; à quelques-uns ç’étoit h première paire , & à d’autres la troifiéme. Enfin quand on a vu les jambes de. differentes paires fur differentes co-, chenilles, au moins diftingue-t-on très-bien les places où ont été les jambes des cochenilles à qui elles manquent. Tout cela eft fi vifible , même à ceux qui font les moins accoûtumés à obferver , qu’on ne Içauroit aflèz s’éton- ner que Leeuwenhoek , à qui l’ufagedu microfeope étoit n familier , qui, avec le lècours de cet inftrument, nous a donné tant de belles figures de quantité de corps d’une petitefle inexprimable , on ne fçauroit , dis-je , aflTez s’éton- ner que Leeuwenhoekait fi mal vû la cochenille. M.Boylc s informa de lui par le canal de M. Heinfius qui réfidoit alors à Londres , de ce qu’il penlbit de la nature de la co- chenille. Leeuwenhoek répondit à M. Heinfius , qu’à fi çpnûdération & a celle de M. JSoyle, il avoit répété des ^ Continuel^ iio Epiftold’- mm ad re- ' giam Soeïeta^ Uni} p. I jp. I OO M EM O I R E s POUR L’H I S T G I R E obfervâtions qu’il avoit déjà faites piufieurs, années aupj. rayant, 6c qu’il lui paroilfoit eonftaiTunent que la coehe- nille ne devoit être autre ehole e ue le fruit d un arbre, & un fruit: alFez fembiable à ces bayes que les botaniftes -appellent raifin d’ours , uva utJî. Mais M. Henlius ayant îîiarqué à- Leeuwenlioelc, dans la lettre de reniercienient qu’il lui écrivit, qu’un gouverneur de la Jamaïque avoit alTûré M Bovle, que la cochenille étoit un ver qui naif- foit.fur je frlit du figuier d’Inde, 6cc. Leeuwenhoelç avoua de bonne foi* qu’après un nouvel examen, il s’é- toit détrompé de- fon ancienne erreur, 6c qu’il avoit rcr connu que chaque petit grain de cochenille etoit en efièi la partie poftérieure de quelque petit animal, dont la têr te , les pattes , la coque , 6c la partie antérieure du corps nvoient été emportées. Il femble que Leeuwenhork içavoit bien mieux voir les objets dune petiteffe prodir gieufe, que ceux d’une grandeur fenfible ; les petits objets étoient plus. de;, ion domaine j ceft de quoi jepourrois rapporter -beaucoup*. de preuves, '6c>dont une nous efl Jbiirnie par fes dernieres obferyations fur la cochenille; car il a encore mal' vit la. cochenille, quand il. a, cru voir que chaque grain étoit le corps d un.animal, a qui la te- te, la coque 6e, la i>artie antérieure manquoient;:.ordjnai' xement rien de tout cela ne lui manque.., Quelques autres auteurs , qui ont bien reconnu la co^ chenille pour un petit animal, fe font preffés de la naî- tre dans une clafie d’infedes , avant que d’avoir allez étudié fa forme. Les. uns veulent , comme Hernandez, qu’elle ne foit , qu’une efpece de ver ; d’autres la placeM parmi les araignées ; la plûpart en ont fait une efpece de Icarabé. Petiver eft de ces derniers, il a cru même avoir des figures de la cochenille dans les dilférens états par lefquçls il. avoit imaginé quelle palToit, dans i> E s Insectes. IL Mem. i o i à f« pieds, dans celui de nymphe. & enfin dans celui de fearabé. Il eft cependant certain jîar les informations venues du Mexique, que cet infeCle ne fubit aucune niétamorjdiofe. Plufieurs de ces différens auteurs ont apparemment cru avccLeeu\vcnhock,que chaque grain de cochenille n ctoit qu’une petite portion dueorps de | in{e(fle,& de Icui grâce dslui ont accordé les parties qui lui manquoient pour être l’infeéîe qu’ils penfoient qu’elle devoit être. Mais quel- qu’un qui fera bien au fait des caraélércs des infedes , s’afiurera aifément que celui-ci n’appartient à aucune des clalTes auxquelles ces auteurs l’ont donné. Dès qu’il l’aura oblervé avec foin, il reconnoîtra qu’il nous arrive plus entier qu’ils ne l’ont penfé , qu’il n’a guércs per? du que fes jambes,-. ou queiques-uncs de fes jambes, Sc peut-être des antennes. Sur les cochenilles renflées dans l’eau ou dans le vinaigre , il diftir.gucra- la petite tête *; il verra de chaque côté un tubercule , qui peut être un relie d’antenne ou un œil, car ceLa n’ell pas aifé à décir der. La prenuere paire * des jambes eft alTez proche de la tête de cet iufeéle , & elle eft pofée de même dansies gallinfedes & ks progallinfedes.,. Entre cette première paire de jambes & la têtéon diftingue un petit corps lon- guet*, placé encore comnieleft la trompe des galiinlèc- jtes ,.&i celle de divers autres infeéles , & qui doit être la iroinpe de là cochenille. C’eft peut-être cette partie que quelques-unes des atteftations envoyées à,M. de Ruufi- fcher,>appei|en£..un: bec. -L’endroit. où eftd’anus,eft facile à' reçonnoître. Enfin dès . que l’infeéle a,fa tête, on eft en état de décider qu’iLn’eft point un fearabé ,car il neft plus permis de fuppofer que les fourreaux écailleux* des ailes membraneufesr, &. ces.àîles elles-mêmes ont été emporr tèes jparep qqe .les.infe(fl;es ailés qui ont de ces fourreaux^ Nii| * PI. 7. flg. I 6. * Ct e» i^u (52 MEMdIRES POUR L’HlSf OIRE ont un corcelet écailfeiix ou cruftacée , place entre (a * PI. 7. %. tête Sc le corps ; Sc la cochenille * n a point ce corce* - iet. Il n’eft pas moins facile de voir. Toit par la forme du corps , foit par le nombre de fes jambes, qu elle n ’ap. i^artient point à la clafîe des araignées. ^ Mais fi on fe rappelle ce qii on fçait fûrement de fa manière de vivre , qu elle palTe une partie de fa vie immo* bile ôc fixée fur les plantes; fi on fe rappelle lendroii où fa trompe efi: fituée, on fera difpofé à la prendre pour une gallinfede, ou pour une progàllinfede : Sc c ’eft dans la clalTe des progallinlèdes qudn fe déterminera à la pla- cer, quand on aura fait attention qu elle a des anneaux depuis la tête julquau derrière; que quelque gonflée qu'elle foit , fes anneaux font fenfibles fur la partie fupé* rieure du corps ; au lieu qu’il vient un temps où ceux des véritables gai infeéles cefTent d’être vifibles, où tout le defiiis de leur corps devient lifie 6c luifant , comme s’il étoit écailleux ou cruftacée ; tel efi: même le deflus du corps des gallinfeéles les plus vieilles 6c les plus féclies, comme le kermès le fait affés voir. Mais le deffus du corps des cochenilles féches efi: ridé; 6c le defifusdu même corps ra^ molli 6c gonflé , conferve des veftiges des rides ; 6cil a alors un air membraneux 6c charnu. Dès qu’on a ignoré pendant fi long-temps en Europe comment les gallinfeélcs font fécondées, on a bienpû ne pas fçavoir au Mexique comment les cochenilles le font ; là affûrémcnt les obfervateurs ne font pas aiiffi com- muns qu’ici. Cependant comme fi les pièces publiées par M.'de Ru uffeher, dévoient nous donner une hiftoirecom-* plette de la cochenille , nous y trouvons encore des lumiè- res fur la fécondation de la cochenille. Ce qu’on y eo rapporte, n’eft néantmoins que fur un oui dire, maisiur un oui dire qui a du poids depuis que les mâles de* DES ÎW SECTES. IL Menu lOJ galiinfecî^cs nous font connus. Dans le certificat du Gor- regidor * , nous trouvons que Jà Seigneurie a du avoir oui dire par tous ceux qui en font métier ( d’élever la coche- nille) que dans le temps que la cochenille devient grojfè , il marche jur elle un petit papillon qui naît fur les mimes no- pals , & par lequel on dit que la cochenille conçoit. Les mouches qui font les mâles de nos gallinlèéles , poiir- roient être prifès pour des papillons , même dans notre pays , par ceux qui ne font pas plus au fait de l’hiftoire naturelle que les Indiens qui cultivent la cochenille. Une mouche , à ailes colorées & moins tranfparentes que cel- les des mouches ordinaires, leroit fouvent appelléc ici un papillon. H y a donc grande apparence que les papil- lons dont il eft parlé dans le certificat, ne font que des mouches; & que ces mouches qui fe promènent, qui marchent fur la cochenille,comme d’autres petites mou- ches marchent fur les gallinfeéles , y marchent pour la même fin. Il eft donc très - vraifemblable que les mâles des cochenilles, comme ceux des gallinlèéles , font de très-petites mouches^ Si parmi les grains de cochenilles qu’ôn a mis tremper dans l eau, on choifit ceux qui s’y font le plus renflés, & qu’on les prefle jufqu’à un certain point, on oblige ce qui eft renfermé fous les enveloppes extérieures , à fortir par l’anus ou par quelque crevalTe qui fe fait aux envi- rons, ou fur l’un des côtés. Qu’on examine avec une' forte loupe ce qu’on a fait fortir , on trouvera fouvent que c eft un amas de petits grains rouges ou rougeâtres , & de quelques autres prefque noirs, dont chacun * a la fi- gure d’un œuf oblong. Je m’en ferois tenu aulfi à pren- dre ces petits corps pour les œufs dont étoit remplie fa cochenille de laquelle je les avois fait fortir, fi je n ayois pas fçû que la cochenille eft vivipare. Dès que *Pag i/ J^Q * 7 * * PI. 7. fig. 1 8. ^Fig. 19. ï 04 MrË M O ï R E S P O UR l’ H IIs T C I R"E ce dernier fait eft certain , chaque, petit grain doit' être un fœtus. Je me fuis fervi auffi d’une loupe d’un très^ court foyer, pour tâcher de découvrira ces .petits corps, quelques parties propres aux fœtus. Je leur ai vu à pref.,. que tous des anneaiix aifés marqués * ; mais j’ai cru voir quelque choie de plus à plufieurs grains. Un de leurs côtés, f celui où doit être le ventre du fœtus , m’a paru aifés fem- blable au même côté des nymphes,, ou des crifalides; j’ai cru voir de petits filets blancs , qui ne pouvoient être i,îikj<;l,l autre. chofe que les jambes qui étoient étendues & difpofées fur le petit embryon , comme les jambes le font fur plufieurs nymphes. Les petits animaux delféchés.qui compofent la cochenille que -nous nommons filvellre, différent beauGoup plus en grandeur entr’eux., que ceux de la cochenille fine. Quand on fait la récolté des pre- miers, on n’a aucun ménagement , on ramalfe ceux .de tout âge : parmi ces infeéles delféchés j’en ai rencontre de très-gros, plus gros que ceux de là cochenille melle- que ; les plus gros ont, été ceux que j’ai fait tremper dans l’eau par préférence. Lorfqu’ils en .ont été imbibés , j.’ai forcé par la preffion les petits grains qui étoient dans leur corps à en fortir. J’en ai fait .paroître au jour des mil- liers ; chacun de ces grains étoit fernblable à ceux que la cochenille 'mçficque m’avoit fait voir en pareil cas. Au refie , non-feulement il y a du choix.à faire dans lespetits grains pour difiinguer ces filets qui m’ont femblé être les. jambes, il y .a encore. à faifir un infiant favorable. Dans le moment où le grain vient de fortir du corps, il dt tropgonlié; quelques momens plus tard il efi trop ride: c’efi dans un temps court pris entre les deux derniers , que l’on voit tout plus nettement, & ce temps efi aiféàfaiuj» oarce qu’il arrive pendant qu’on tient le grain au foyer de ia loupe. . „ DES Insectes, il. Mem. 105 A/Tés de pays nous fournifl'ent l’argent <&. l’or, mais ie Mexique bien partagé de ces précieux métaux, a féul ppiyil^gç nous donner la coclieniile, on iy cultive dans plulieursde lés provinces , dans celles de Tlaicalla, de Guaxaca.deGualimaia, de Honduras, &c. Le produit de la recôlte qu’on fait de la cochenille dans ces difiércntes pro- vinces , eh: plus lur pour leurs habitans que le produit ( es mines d’argent du meme royaume; il ne les expole pas a d’aulfi grands & d’aulfi dangereux travaux, & il elt très-con- hdérable. Pour donner quelqu’idée de ce que la cochenille vaut au Mexique, je n’ai qu’à tranferire ce que je trouve, hir cet article dans une fçavante Diflertation liir la coche- nille, envoyée d’Amherdam à M. du Fay par M. <Ie Neufville * en Janvier *736. & lûë peu de temps après à l’Académie. Dans cette diflertation M. de Neufville conlidére la cochenille dans deux points de vûë différens, dans celui qui intérefle les Phyficiens , & dans celui qui touche le plus les négocians. Pour fatisfaire les Phyfi- ciens, M. de- Neufville n’a rien obmis de ce que peut ap- prendre la leéfure des Auteurs qui ont parlé de la co- chenille; & c’efl quand il la confidére comme l’objet d’un grand commerce, qu’il examine la quantité de cette importante drogue qui vient chaque année en Europe. On penfe bien que cette quantité ne doit pas être toû- jours précifément la même; mais les plus grands négo- cians d’Amflerdam qu’il a confultés , lui ont dit que la flotte d’Efpagne aj)porte à chacun de Tes retours en Eu- rope, deux à trois mille furons de cochenille; lefuron efl un ballot fait d’une peau de bœuf fraîche, dont le poil efl: en declans; il pelé depuis 130 jufqu’à 200 livres. Les * Il eft bien connu du public par la beïïj Vie de M. Leifmifz qu’il a mife a la tete de la Théodicée de ce célébré Auteur, & i ar Ton projet d’un Di- cllonnaire de Médecine# Tome VL , O lo6 MEMOIRES POUR L’HiSTOIRE azogues ou vaiffeaux qui précèdent ia dotte , font char- gés depuis yoo. jufqu’à i<^oo furons. La Compagnie Angloife de l'Affiente en apporte auffi une quantité q^ui n’efl: ni fixe ni connue; on ignore aufll ce qu’il vient de cochenille par divers autres vaiffeaux que ceux de la flotte , des azogues & de 1 ’Affiente. Mais on peut j fuppofer , comme le fait M. de Neufville , qui! vient par an 4400 furons de cochenille fine ou mefteque; &. en fuppofant chaque furon du poids de 200 livres^ pour fuppléer ce qui peut manquer a leur nombre^ c’efl huit cens quatre-vingt mille livres pefant de co- chenille qu’il arrive tous les ans en Europe. Il les ré- duit à fept cens mille livres de cochenille mefteque , par- ce qu’il n’y a gueres plus des deux tiers de celle-ci dans- le total , & un peu moins du tiers en cochenille filveftre. Il évalue comme à un prix moyen chaque livre de co- chenille mefteque à 10 florins 4 fols d’Hollande ^ ou à environ 2 1 livres de France ; ainfi, à fon calcul , il arrive chaque année pour fept millions cent quarante mille florins de cette cochenille argent de Hollande , & pour quatorze millions neuf cens foixante & dix- neuf mille vingt livres argent de France. Refte encore à ajouter 180000 livres pefant de cochen il le filveftre, dont la livre n’étant évaluée qu’à 30. fols de Hollande, font enfemble 270000 florins ou 571678 livres d’argent de France. Ain fl le total dé ia vente de la cochenille eft par aiinee commune d’environ fept millions quatre cens dix mille florins de Hollande , ou de quinze millions cinquante mille fix cens quatre-vingt-dix livres d’argent de France. On ne peut s’empêcher d’admirer que les cadavres a une efpece de très-petits infeHes, foient un fi grand objet 0^ commerce; c’eft un objet digne d’être envié au Mexique par les plus puifîlins E'tats de l’Europe ; il eft même étoU' des Insectes. IL Mem. 107 liant qu’ils n’ayent pas fait encore toutes Its tentatives poflibles, pour parvenir à partager avec ce pays l’avantage xie faire un pareil commerce. Les jiu.iflances qui ont des •colonies en Amérique , ont airûrément des climats où pourroient croître les mêmes elpeces de nopals qui croif- fent dans le Mexique, & iur lelquelles probablement les icochenillcs pourroient vivre <&. fe multiplier. Ces coclie- îiilles qu’on garde dans les maifbns pendant l’hyver, qui n’ypérifTent pas, pourroient apparemment être tranlpor- tées dans la même failbn ou dans d’autres, fur des vaif^ féaux fans y périr. C’^eft une vûë que j’ai eu autrefois i’honneur de communiquer à un Prince très-éclairé , & très-capable de goûter les grands projets, à feu M. le Duc d’Orléans; auffi cette vûë lui plût-elle beaucoup. .Ce que le P. Plumier prétend avoir obfcrvé d’une efpece de cochenille qui croît à Saint- Domingue , doit nous jendre attentifs à voir ce qu’on en peut tirer. M. Duhamel Doéleur en Médecine, qui réfide ac- tuellement à Saint-Domingue, où il efl pour l’Académie ;Un excellent correfjîondant , a obfervé dans cette iiïe tine efpece de cochenille qu’il croit être la même que celle du P. Plumier; il a même ramaffé de cette coche- nille qui s’étoit nourrie fur des pieds d’opuntia ; & en a envoyé à M. du Fay & à M”. de%uffieu. Elle a tout i’extérieiir de la cochenille qui nous vient du Mexique; niais il ell à craindre qu’elle ne foit , par rapport à la vé- fitable cochenille, que ce que font les gallinfeéles des pê- chers, des tilleuls,. de la vigne, <&.c. par rapport au ker- JTîès. Si on laifle infufer de la vraye cochenille dans l’eau, bientôt elle donne à l’eau une forte teinture d’un bon touge,- au lieu que la même quantité de la cochenille envoyée pîtr M. Duhamel, n’a fait prendre à l’eau dans laquelle je 1 ai mife , qu’une foible teinture d’un affez O ij Voyctgi JJles de merîqite» me I V» qp» if vantes* lux 'A- To- ao-e fin~ 108 MEMOIRES POUR lHiSTOIRE mauvais rougeâtre. M. du Fay a même tente inutilement d’en tirer une bonne teinture , au moyen de procedesfem- blables à ceux qu’on employé pour exalter la cou eur de la vraye cochenille. L’efpece de celle-c, qu on eleve auMexv. quLourroit bien être à Saint-Domingue , quoiqu elle n y ait pas encore été découverte, au moins y poiirroit-eUe etre tranfportée ; & il ell probable quelle y vivra, loifquoa lui donnera les nopals qu’elle aime; & que le y fournira à des recolles , lorfqu’on prendra pour 1 elever les foins qu’elle demande & quelle mérite. Peut-etre meme qiie ft on tente de faire vivre l’efpece de cochenille qui fe trouve déjà à Saint-Domingue fur differentes efpeces d’opuntia, entre les efpeces de cette plante, on en de^ couvrira quelqu’une qui nourrira mieux que les autres cet inrcéle,& qui le mettra en état de donner une belle teinture , & J’en donner fuffiramment. i -ii , Il ne tiendroit déj?. nous de cultiver la cochenile, & nous aurions de grands reproches à faire auxdiabitans de nos iiles de l’ Amérique, de leur négligence a nous h procurer, h- tout ce que le Pere Labat en rappoite , étoit bien certain. Il prétend que la cochenille eft corn- mune dans ces illes , & qu il ly a elevee deux fois. V heureufement les circonftances dont fon récit ell orne, trouvent que les inÊéles qu’il appelle des cochenilles, ne 'ont nullement les cochenilles du Mexique. On craint qu’il n’ait voulu que renchérir fur ce que le Pere rlu- niier avoit dit avant lui de la cochenille de Saint- Doitnn gue , de que dans l’endroit même ou il loue ce fçavant Botanille , il n’ait cherché à déprimer fes obfervations^ comme il l’a frit-, mais plus ouvertement tant fois. Au rede il feroit aifé de vérifier s’il y a dans nos i un infeéle très-commun , qui fubit des métafnorpho > qui devient ailé , & qui fe trouve , ainfi que le veut le D E s I N s E C T E s. II. Menu 109 Labat, Tur les acajoux , les goyaves, les cerificrs , les oran- gers, les avocats , &c. mais, qui tranfplanté lur les figuiers 3’Inde ou raquettes y relie; s’attache l'eulement au fruit de cette plante, fe nourrit de Ton fuc, qui lui fliit pren- dre une couleur rouge , & le met en état de donner une forte de carmin. Si tout cela etoit vrai, nous au- rions dans nos ifles une efpece d’infeéles, qui, quoique d’un genre différent de celui de la cochenille, mériteroit comme elle detre cultivée. Dailleuis ne fut-on pas dif- , pofé à avoir une grande confiance dans le récit du Pere Labat , c’efl affûrément une recherche à tenter que celle des différentes efpeces d’infedes qui peuvent vivre fur les opuntia, & cela dans la vue d’examiner s’il n’y en aura pas quelqu’une qui prendra une belle teinture rouge en fe nourriffant de plantes , dont les fruits donnent à nos urines la couleur du fang. Il y a au relie toute apparence que le Mexique ne ref-^ tera pas toûjours feul en poffeffion de cette précieufi drogue, & qu’il arrivera à la cochenille ce qui efl ar- rivé à des plantes utiles, aux cannes de fucre, aux caffiers &c. de fe naturalifer dans d’autres pays que celui où elle a toujours été jufqu’à préfent. Enfin pour pren- dre parmi les infedes mêmes un grand exemple, pour- quoi les cochenilles ne pourroient-elles pas être tranlpor- tées de leur pays natal , dans tous ceux où les nopals qui leur conviennent , peuvent croître, comme les vers à fo}^ l’ont été des Indes, dans les pays qui peuvent leur four- nir des feuilles de meurier f Pour compofer les huit à neuf cens mille livres pefànt de cochenille qu’on nous apporte peut-être chaque an- née en Europe , combien faut - il ramaffer de ces petits infedes! Le calcul en efl aiféà faire ; qu’on pefe unde-- mi^gros de cochenille , & on trouyera dans ce demi-gros O iijî lîO MEMOIRES POUR L^HlSTOlRE environ 2^^ infeéles , clans le gros 5 ^ dans l’once; par conlëquent dans une livre cle leize on- ces il y en a 652.80. H ne 1 elle plus cju a multiplier huit OiU neuf cens mille par 65280, &on aura le nombre des in- fecles fecs qui font apportés chaque année en Europe. M. de Neufville n’a pas oublié dans fa dilfertation.de une propriété de la cochenille, qui doit pj- roître finguliére aux Phyficiens, 6c qui eft bien impor- tante aux négocians, c’ed que la cochenille, pendant quelque temps qu’elle foit gardée , ne fe corrompt pas ; que quelque vieille qu’elle foit , elle eft tout aufli bonne pour la teinture, que la plus récente. Il en a envoyé à M. du Fay, qui n’étoit aucunement altérée , 6c qu’on lui avoit alTiiré être redée dans des magafins depuis plus de cent trente ans. Un fait duquel on peut moins douter, 6c propre à j)roiiver que le précédent n’a rien d’impolfible; c’eft que M. Marchand m’a fait voir de la cochenille qui avoit été ^laife dans un poudrier par feu M. fon pere il y a plus de foixante ans , à. qui étoit aiiffi faine que quand elle y avoit été renfermée. Ceux qui aiment les infeéîes ,6c qui fe font un plaifir de lesconferver lécs, ne fçavent que trop com- bien il eft diflicile .d’y parvenir: des infeéfes vivansdeplu- fteurs elpeces s’introduifcnt dans les endroits ou Ion a renfermé les morts ; ils aiment à s’en nourrir , iis les ha- chent 6c les dépiécent; ils n’en épargnent aucune efpece, û ce n’eft peut-être la cochenille. Une preuve que ees infeéles ne l’aiment point, c’eft que parmi les grains de cochenille de M. Marchand, je trouvai la dépouille d un infeéle mangeur de cadavres d’infecfles , 6c cependant tous les grains étoient reliés entiers. Eft-ce que la coche- nille feroit par la nature un mets dégoûtant pour ces m feélesî ou ne feroit -ce point parce qu’en la fiilant lir, on la dcfléche plus qu’on ne delféche les inl.ecl^* des Insectes. II. Alem. 1 1 1 qu’on veut conferver fecsî Cependant à la longue la cochenille doit être un peu ramollie par ITiumiditc ; elle eft naturellement charnue ; fes chairs ne redeviennent- elles pas moins dures que ne le font les parties carti- lagineufes des infedles delTéchés, lefquclles parties ne font pourtant pas capables de tenir contre les dents des infedles mangeurs. Je nefçais fi le kermès n’a pas aulfi la propriété de fe conlèrver; j’en ai dans des poudriers où il eft depuis bien des années, & il y eft dans le même état où il étoit lorfqu’on l’y a mis. Au lieu que la cochenille aime les pays chaudsTil nous refte à parler d’un infeéle qui fembîe aimer les climats froids, qui les préféré même aux tempérés, & qu’on em- ployoit autrefois pour teindre en rouge. Il a été, ])our ainft dire, la cochenille du Nord; on y en faifoitdes ré- coltés: mais ces récoltés moins abondantes, plus difficiles à faire que celles de la véritable cochenille, ôc qui don- noient une drogue moins bonne, ou au moins qui n’é- toit pas meilleure que la cochenille, ont été abandon- nées. Cette drogue a été connue jufques ici fous le nom de coccus tmâorius Polonkus , ou graine d’écarlate dePo- lo^e , parce que c’eft principalement dans ce Royaume qu’on prenoit le foin de la ramalTer. La Pologne n’eïl pourtant pas le feul des pays du Nord où elle croiffie , & peut-etre y en a-t-il dans des pays très-tempérés; mais elle pourroit être affiez commune en quelques endroits , & y refter inconnue, parce qu’elle eft bien cachée, & qu’il n y a que des Iialàrds qui la puifïent faire découvrir mê- me à ceux qui la cherchent. C’eft fur les racines d’une plante qu’on trouve le Polonicus, la graine d’écarlate, ou fi l’on veut, le ker- mès de Pologne. La plante fur laquelle on rencontre cette graine decarlate, au moins le plus fréquemment, eft le îi8 MEMOIRES POUR l’HiSTOIRE métamorphofe , non parce qu’il s’eft fait peu à peu , mais parce que i’infecle devenu Iphérique, a toutes espaiiies qu’il avoit quand il étoit plus applati, & qu i! ne montre point de nouvelles parties qui lè foient développées ; or dans les métamorphofes l’infede doit perdre des parties & en faire paroître de nouvelles. Tout ce que je con- çois donc , c’eft qu’en croiffant , la progallinfede s’eft arrondie , quelle a pris la figure d’un grain , 6c qu’alors fa tête 6c fês jambes fe trouvent cachées fous fon ven- tre , comme le font celles des gallinfedes en boule. Voila à quoi fe réduit peut-être la première métamorphofe. A l’égard de la fécondé, peut-être n’eft-elle qu’un fimple changement de peau; peut-être que lorfque la progallinfede eft parvenuë à une figure arrondie, elle eft prête à quitter fa dernière dépouille. C’efl après ce dernier changement de peau , qu elle paroît plus allongée , comme quelques chenilles même le paroif- fent alors. Bientôt après elle efl; en état de fouffrir 1 ac- couplement 6c de faire des œufs. Le calice dans lequel eft logée la progallinfede , avant que de quitter fa dé- pouille, eft probablement fait de la matière cotonneufe qu’une partie du corps a laiffé tranfpirer. Je compare ce calice au nid de nos progallinfedes de l’orme. Si le calice eft graveleux, c’eft que placé où il eft, il n’eft guéres poffible qu’il ne fè charge de petits grains de fable 6c de terre. Mais il y a toujours une circonftance par laquelle ia progallinfede des racines diffère des gallinfedes en forme de boule, 6c des progallinfedes’ de l’orme, c’efi qu’après avoir été ronde pendant quelque temps, elle redevient oblongue. Du refte , tout ce que je viens de dire ne doit être pris que pour des conjedures, de w vérité ou de la fauffeté defquelles nous ne pouvons etre éclaircis que par des obfervateurs qui font dans ks p^ys -des I N s E C T E s. II. Afem. 1 1 9 où croiflent les progaiiiii/edes des racines ; & c’ed de M. Breynius principalement , que nous pouvons clperer une connoiflance pariaiie deTiiifloire d’un infe< 5 te fingu- lier, par rapport auquel il nous a déjà donné tant de eu- rieuies oblervations. La differtation de M. Breynius eft accompagnée de figures faites avec ibin , & que j’ai lieu de croire exades , mais je n’ai pas cru les devoir fiiire paroître ici , parce que les figures perdent toujours à être copiées ; il vaut mieux que ceux qui feront curieux de les voir, conful- tent celles qui font de la première main, que celles qu’une fécondé main pourroit avoir altérées. EXPLICATION DES FIGURES DU SECOND MEMOIRE. Planche VII. I ‘ A Figure première efi celle d’une petite branche _j d’orme fur laquelle font attachées des progallin- fedes, dont chacune eft dans un nid cotonneux. marquent des endroits où font ces progallinfedes. ^ ' La Figure 2 repréfente une petite branche d’orme fourchuë,& bien peuplée de progallinfedes,g,g;g^ un peu plus groftes que celles de la figure précédente, h, une pro- gallinfede qui eft pofée dans la bifurcation de la branche. La Figure 3 fait voir une progallinfede groftie par le ïnicrofeope , telle que celle qui eft marquée /?, fig. 2 ; ou line progallinfede quia été tirée d’une bifurcation, //.a le nid cotonneux dans lequel eft la progallinfede ; ce nid ne laiflTeà découvert que la partie fupérieuredu corps du petit animal, qui paroît ici en hrun. La Figure 4 eft encore celle d’unej)rogallinfede vùë 120 MEMOIRES POUR L’HisTOIRE au niicrofcope, mais d’une de celles marquée fig. f Sc 2 , OU qui font hors des bifurcations. Le nid coton- neux de cette progallinfeéle efl: encore marque par les lettres a c e d a. La Figure 5 eft celle d’un nid cotonneux , duquel la progallinftde a été tirée, c’efl un nid ymàt.p.p, mar- quent deux progallinfedes nouvellement nées, qui font reliées dans e nid. Quelquefois ie nid a un affez grand nombre de ces inleéles nouvellement nés. La Figure 6 repréfente la progallinfeéle tiree de Ion nid , vûë au rnicrofcope , & du cote du ventre, i, î, î, i,id> les lix jambes, qui font courtes & deliees par rapport au volume du corps. le fucçoir. Les anneaux du deflous du corps, font très-aifés à dillinguer les uns des autres. La Figure 7 & la fig. 8, montrent une jeune progal- linfede groffie au rnicrofcope, & vûë par-dç flous , fig. 7, ÔL par-deflTus , fig. 8, Alors es jambes font plus grandes proportionellement a la grandeur du corps , que dans la progai linleéle de la fig. 6. prête a faire fes petits. 0,(^1 les antennes. La Figure 9 efl celle d’une progallinfeéle groffie au rnicrofcope, qui s’efl fixée dans une bifurcation, & (jui n’efl pas encore dans l’âge où elles ont un nid coton- neux ; mais alors fon corps efl chargé de poils courts, tres- prelTés , & bien arrangés les uns auprès des autres. On ne trouve plus de ces poils aux progallinfeéles qui ont des nids , fig. 3 & 4. La Figure 10 repréfente une progallinfeéle, telle celle de la figure 9. qui a été détachée de l’arbre, comme celle de la figure précédente, efl couverte de poils courts. T- des Insectes. IL Mem. 1 2 1 La Figure 1 1 eft celle d’un grain de cochenille ordi- naire, vu au microfcope par-deflüs, ou du côté convexe, du côté du dos. Communément les grains ont une figu- re moins régulière <jue celle-ci ; le contour n eft pas fi arrondi. eft la partie antérieure du petit animal defléché. a, fa partie poftérieure, où il y a prefque toujours l’en- foncement , la concavité qui eft ici. La Figure 1 2 fait voir dans fii grandeur naturelle le grain qui eft grofli dans la figure 1 1 , & le fait voir du même côté. La Figure 13 eft celle d’un fiagment de grain de cochenille, vûdu côté du ventre; on la defliné, parce que l’anus a y étoit très-diftinél. La Figure iq. montre du côté du ventre la même, cochenille féche,qui eft vûë du côté du dos, fig. 1 1,& de.mêmegroffie au microfcope. La Figure i y repréfente une cochenille qui a été ren- flée par l’eau dans laquelle elle a trempé , vûë du côté du dos. e, deux petits grains qui peuvent être des reftes d’antennes , ou les yeux du petit animal. La Figure 1 6 fait voir par - deflbus & groffie au mi- crofcope, la cochenille qui eft vûë du côté du dos dans la figure precedente. On lui a donné les trois paires de jambes, ii,kk, U, quoiqu il ne me foit jamais arrivé de les trouver toutes trois entières à la même cochenille. J’ai vu a quelques-unes la première ii, à d’autres latroifiéme/4 «ad autres feulement une des jambes kk. e, e, les petits grains qui peuvent être des yeux, ou des reftes d’anten- nes.y, la trompe ou le fucçoir. *7 eft celle d’un petit embryon grofli au j22 MEMOIRES POUR l’HISTOIRE niicrofcope , (ju’on a fait fortir d une cochenille filvellre, gonflée par l’eau. La Figure 1 8 , & la figure 1 9 repréfentent cet em- hryon encore plus groffi. Dans la figure 1 8 il eft vu (J^ côté du dos ; entre ^ ôc ^ on diftinguoit des anneaux. Dans la figure 1 9 il eft vu du côté du ventre , & j’ai cru y appercevoir des jambes , ii, kk, II; il m’a paru qu’il avoit de ce côté - là une figure affés femblable à celle d’une mynphe > ou d une crifalide. des Insectes. III. Aient, 12^ TROISIE'ME MEMOIRE. DE LA DISTRIBUTION GENERALE des mouches en classes.en genres, ET EN ESPECES; D ans le cours de cet ouvrage nous avons déjà parle de bien des genres , & de bien des elpeces de mou- ches , làns avoir encore établi les premiers principes de l’hiftoirede ces infeéles. Nous nous fommes trouvé dans un cas femblable à celui d’un hiftorien qui ayant eu à faire connoître un grand empire, n’auroit pûfe difpenfer de donner quelqu’idée des difiérens peuples qui y ont des relations, quoiqu’ils ne foient pas fous fa dépen- dance. Quelqu’un qui décriroit l’état aéliiel de l’empire Ottoman , ferait obligé de parler des différentes nations de l’Europe qui ont des Ambaffadeurs à la Porte , des Allemands , des Mofcovites , 6c des Perfans avec lefquels les Turcs font fouvent en guerre ; il feroit mention des Caravannes qui vont tous les ans à la Mecque , 6c des Arabes qui les pillent. C’efl ainfi que l’hiftoire générale des chenilles nous a conduit à faire connoître plufieurs efjjeces de mouches qui font leurs mortelles ennemies : que l’art avec lequel des chenilles affés petites appellées teignes, fçaventfe vêtir, ôc que la manière dont des chenilles encore plus petites le logent dans l’épaiffeur des feuilles, nous ont engagé à faire connoître des infeéles qui fe trans- forment en mouches. Mais à préfent c’eft l’hiftoire gé- nérale des mouches que nous allons entreprendre, ou dont nous allons, au moins raffembler les principaux Q jj * PI. 10. fig. ^ PI. 8. fig. 4*. * Tome h Alan, /f î^4 MEMOIRES POUR l’HiSTOIRE matériaux. Elle efl une grande branche de l’hiftoire géné- rale des infeéles. Le nombre des elpeces de mouches furpafle peut-être beaucoup celui des efj^eces de papil- lons; mais communément jes efpeces de mouches font plus petites : il y en a pourtant de très-grandes efpeces, entr’autres quelques-unes de celles de ces mouches ap- pelles demoifelles * , dont le corps eft confidérabie- ment plus long que celui des plus gros papillons. Les cigales * appartiennent à la clalTe des mouches , & il y en a "dont le corps furpalTe en grolTeur celui de très -grands papillons. Mais la plûpart des efpeces de mouches ont à peine la grandeur des papillons de la claffe moyenne; & l’on en voit une infinité d’efpeces que leur petiteffe ne nous permettra jamais de bien connoître, ni de bien dHlinguer les unes des autres. Nous avons rendu raifon ailleurs * de l’ordre que nous avons fuivi en traitant des papillons & des chenilles, de ce qui nous avoit déterminé à remonter des chenilles aux papillons; nous avons averti dès lors que quand nous en ièrions aux mouches , nous fuivrions un ordre contraire, que nous defcendrions des mouches aux infeéfes , fous la forme defquels elles font nées & ont crû. La plupart des chenilles fe tiennent à portée de nos yeux, &.nous invitent , pour ainfi dire , à les examiner ; elles excitent notre curiofité pour le papillon qui eft fi bien caché fous leurs enveloppes : au lieu que la plûpart des infeéles , fous la forme defquels les mouches prennent leur accroiffe- ment , fe tiennent dans des endroits où on ne peut par- venir à les voir que quand on les y cherche. Les uns font fous terre, d’autres dans les eaux, d’autres font cach^ dans différentes matières fouvent très-dégoûtantes. Lorf- que ces infeéles viennent fe préfcnterà nous, ilsontpafte a 1 état de mouches. Ces mouches fouvent fingulict^^ / des Insectes. ///. Mem. 125 par leur figure , par la ftrudure de leurs i)arties , ou par leur induftrie , nous rendent curieux de l'çavoir ce quelles ont été dans leurs premiers temps. ' Il en eft, au relie, des mouches cornme des papillons, dès qu’elles paroiflent mouches elles n’ont plus a croître. Cette réglé eft générale pour les infeéles qui fe transfor- ment; je n’y fçais encore qu’une exception , qui n’cft pas même fournie j)ar des animaux ailes, elle 1 eft par les gie nouilles. Après avoir rejetté les dépouilles qui les faifoient paroître des têtards , il peut leur relier encore à croître.^ Si J infifte fur ce que les mouches font aulfi grandes qu’el- les le peuvent devenir dès qu’elles paroilTent mouches , c’eft que j’ai connu bien des gens , des fçavans même , mais en d’autres genres qu’en hiftoire naturelle, qui croyoient que les petites mouches qu’ils voyoient au prin- temps , dévoient être de grandes mouches en été. Le caraélére des mouches le plus aifé pour les faire diftinguer de quantité d’elpeces d’infedes ailés, eft d’avoir des allés franfparentes qui femblent être de gaze, & fur iefquelles il n’y a point de ces jolies poulfiéres que lailfent les ailes des papillons fur les doigts qui les ont touchés ; & enfin d’avoir des ailes qui ne font cachées fous aucune enveloppe. On ne confondra point les mouches avec les papillons, dès qu’on fçaura que tout inlede qui n’a point de poufliére fur les ailes , n’eft pas un papillon ; & on ne prendra pas des fearabès, des lauterelles, & quantité d’autres infedes allés pour des mouches, quand on fe fouviendra que les infedes qui ont leurs véritables ailes cachées fous des fourreaux , ne font point des mouches ; que les ailes des mouches n’ont point de couverture par- ticulière , & qu’elles peuvent feulement s’en fervir quel- quefois les unes aux autres. Les mouches ont une tête, un corcelet * & un corps *, Qiij * PI. 8. %, I & 2. C. Z/, 126 MEMOIRES POUR l’HiSTOIRE Je continue de nommer corcelet la partie analogue à celle des papillons à laquelle j’ai donné le même nom à celle qui eft placée comme notre poitrine. Mais j ai évité de lui donner le nom de poitrine, par lequel divers Auteurs l’ont défignée, parce qu’il porteroit à faire entendre que c’ed là que font les poulmons, & que les trachées y font raf femblées, au lieu que ces dernieres font diftribuées par tout le corps. 'C’ell au corcelet que les ailes font attachées. J’ai » PI 8 déterminé poür le corps * cette partie dans laquelle 3 .«/ ‘ font contenus les inteftins, l’eftomach, les parties de la génération , le plus grand nombre des trachées. La tête des mouches tient ordinairement au corcelet par un col alfés court, Sc fur lequel elle peut fouvent tour* ner comme fur un pivot. Il y a des mouches qui ont ^Pl. ir. fig. comme deux corcelets * fepares lun de 1 autre, le pre- . mier * eft le plus petit , & c’eft au fécond que les ailes ^ tiennent. Le corcelet eft la partie la plus arrondie, toû- jours la plus forte , & fouvent la plus épaifle , quoiqu elle foit quelquefois moins large que le corps. Les formi- ca-leo ÔL quelques teignes aquatiques fe transforment en des mouches qui ont, pour ainft dire, un doube cor, celet, ou un corcelet divife en deux.^ , .r j > Les mouches n’ont point encore ete mifes en on n’a pas encore cherche a nous donner des cara eres commodes pour les diftribuer en claflfes, en genies en cfpeces; ce n’eft qu’après les avoir bien étudiées pouvoit y réiilTir ; après meme les avoir etudiees, on pu être effrayé par les variétés quelles offrent, & encor plus par les reffemblances qui fe trouvent entre des nio ches qui différent non feulement en efjiece , mais qa^ qiiefois en genre & en claffe. Souvent notre imagm tion nous fert mal , lorfqu’elle nous préfente beaucoup d’objets à la fois ; elle nous étonne , elle nous fait croire DES Insectes. III, Mem. 1 27 tni’il y a une forte d’immenfité dans un nombre d’objets ou elle ne l'uffit qu’à nous rcpréfcnter confufément. Mais vient-on à confidérer par parties tout qu’on avoit mal vû ce tout celTe de paroître inépuilable, & on 1 cpuifc. Ouelque prodigieux que femble au premier coup d œil le nombre des efpeces des mouches, des quon hxera fon attention à examiner les particularités propres leuie- ment à un nombre de/j^eces, on remarquera des caraac- fes communs, les uns à plus, les autres a moins delpe- ces;enun mot on trouvera des caraéléres propres à di- /tinguer les claflès , les genres , & les elpeces les unes des autres. ^ Ce qui fe préfente de plus fenfible & de plus aife a làifir dans les différentes mouches qu on oblerve,c eft que les unes n’ont que deux ailes, & que les autres en ont quatre ; de-là naît un partage fi fimple & fi commode, qu’on doit être furpris que la plûpart des naturaliftes qui nous ont parlé des mouches , comme Aldrovande , n’y ayent point eu d’égard; qu’ils ayent mis pêle-mêle des mouches à quatre ailes , & des mouches à deux ailes ; & qu’ils ayent fouvent négligé de nous avertir du nombre des ailes de la mouche qu’ils vouloient faire connoître. Kay eft pour- tant bien éloigné de mériter ce reproche. Nous devons donc commencer par divifer les mouches en deux clalTes générales, dont l’une feracompofée des mouches à deux ailes , & l’autre le fera des mouches à quatre ailes. Nous devons pafler enfui te aux caraéléres propres à faire diftinguer les differentes clafles , les différens genres , & les differentes efpeces de mouches à deux ailes, & de même les caraéléres propres à faire diftinguer les unes des autres les mouches à quatre ailes. Mais comme entre ces caraéléres plufieurs de ceux qui peuvent être em- ployés pour les mouches à dcwx ailes, le peuvent être » PI. 8. fi & Z. t. Fig.S./i • Fig. ,,8 MEMOIRES POUR L’Histoire pour les mouches à quatre ailes , & que réciproquement plufieurs de ceux <jui conviennent aux mouches a quatre aîlcs conviennent à celles qui n en ont que deux; nous donnerons en général les caradéres qui peuvent fervir pour ranger les mouches en clafles , en genres & en efpe- ces Le même caradére pouvant quelquefois fervir à dé- terminer une clalTe de mouches à deux ailes, &: une de mouches à quatre ailes, il fera alors employé pour déter- miner deux clalfes à la fois , une de chacune de ces fortes de mouches. Quand un caradére ne fe trouvera que dans ks mouches à deux ailes , ou que dans les mouches à quatre ailes , il ne fervira que pour les unes ou pour les autres de ces mouches. rr r m Ordinairement un examen alfes grolfier lulht pouï Lire reconnoitre le nombre des ailes ; fi on vient en- fuite à confidérer les mouches avec quelque attention ; fi on obferve l’organe au moyen duquel elles prennent des alimens , on remarquera que les unes peuvent poi-, ter le bout de cet organe a une alfes gran e i anc de leur tête *; que cet organe qui eft ou rfcourci, ou contourné, ou couché , lorfqu il eft dans ma lo , fe déplie, s’allonge, fc redrelfe, ou seleve lorfque la mouche en veut faire ufage; cet organe eft ce que i oj appelions une trompe. Il y a d autres rnouc les les on ne trouvera point de trompe , elles n on q ouverture entourée de levres * Sc de quelques P . ties; une ouverture que fa pofition, le peu que P,, s’éloigner de la tête , 6c fes efpeces de evres no terminent à appeller une bouche. Il y ^ ^ ches autour defquelles , 6c dans lelque es on perçoit aucun corps dur analogue Ltpnts. d’autres mouches ont , comme les cheni es , ( es des mâchoires , pu ferres mobiles placées en c lo DES Insectes. III. Mem. 129 <Ie la bouche * , avec lefquelles elles hachent les feuilles , * PI. 8. fig. les fruits, les chairs, pour les réduire à un volume pro- 8- d,d. portionné à celui de la cavité où elles doivent entrer. Enfin on remarquera encore des ferres femblables aux précédentes, qui ont elle accordées a des mouches a trompe & qui font placées au-delTus de la trompe. Leur ufage, comme celui des ferres des mouches à bou* * F'g- 7 * che, efl bien de hacher des feuilles & différens corps ; mais c eft pour une fin différente , ce n efl pas ordinaire- ment pour rendre les parcelles de ces corps propres à paflèr dans la trompe. Ces obfervations nous fourniflent des caraéléres bien marqués de quatre clafles de mouches,fubordonnées aux deux générales. La première clafle comprendra les mou- ches qui ont une trompe, & qui n’ont point de dents ou de ferres *. * Fig. i , 3 & La fécondé clafle fera compofée des mouches qui 4- ont une bouche * fans dents fènfibles. * Fig. j & d. La troifiéme clafle raflemblera les mouches qui ont une bouche * munie de dents *. * Enfin nous rangerons dans la quatrième claffe les mouches qui ont une trompe * & des dents *. * 7- Entre les mouches qui ont une bouche & des dents , ' il y en a qui n’ont pas feulement des dents en dehors de la bouche ; elles en ont même en dedans. Ces mouches pourroient être placées dans une cinquième claffe; mais ce Æroit prefque tirer des caraétéres des parties intérieures, & il ne convient pas d’y avoir recours , lorfque les par- ties extérieures nous en fourniffent fuffifamment. ' Car ces mouches qui ont des dents dans la bouche, ont affés de quoi fe faire diflinguer des autres par leur extérieur. ^ Tous les genres de mouches à deux ailes que j’ai obfer-: ve^jufqi^ia j ^i obfervé beaucoup) appartiennent 130 MEMOIRES POUR L'HiSTOIRe à 1.1 première ou à la fécondé des deux claffes que je viens de déterminer ; je n’en ai encore trouvé aucun genre qui eût les caractères des deux autres claflès. Les grolTes mouches bieuës des vers de la viande , par exem- ple, toutes ces petites mouches qui nous inquiètent dans nos appartemens, Sc les coufins ont des trompes fans avoir de dents , & font de la première clalTe. Cer- taines mouches qui paroilfent des premières au prin- temps dans nos jardins , qu’on appelle des mouches g fij,. de Saint Marc, Sc dont nous parlerons ailleurs plus au long , ont une bouche * fans dents. On trouve de même une bouche *, Sc point de dents à d’autres mou* ches * alfès femblables par leur forme aux coufins, mais fouvent beaucoup plus grandes. Ces dernières mou- ches font donc de la fécondé clalTe de celles à deux aîles. Cependant , quoique je n ’aye point encore vû de mouches à deux aîles qui ayent foit une bouche, foit une trompe accompagnée de dents, je me haterois alTu- rément trop, fi j’en concluois qu’il n’y a point de telles mouches dans la nature ; fi on en découvre qui ayent l’un ou l’autre de ces caraéléres , on fçaura où elles doivent être placées. Les mouches à quatre aîles nous foiirnilTent au con' traire beaucoup de genres pour remplir les deux clanes que les mouches à deux aîles lailfent vuides. Pour nous borner à un petit nombre d’exemples , toutes les efpecçs J d’abeilles ont une trompe Sc deux dents au-delfus de h trompe. * Toutes les efpeces de guêpes ont une bouche * 8. Sc .deux dents * en dehors. 11 y a aulîi beaucoup degenr^ de mouches à quatre aîles qui dépendent de la fecon e clalTe, telles font toutes les mouches papillonnacees qu viennent de differentes cl])eces de teignes aquatiques» . dont nous avons parle dans le troilieme volume » ^ des Insectes. IIL Mem. 1 3 1 n’ont qii une bouche fans dents; ce n’eft que quand on prefle bien fort la tête <le ces mouches qu on fait forti» de leur bouche un petit corps fi court, que ccft impro- prement que nous l’avons appelle ailleurs une elpece de Enfin nous avons déjà parlé dans le troifieme volume de plufieurs genres de très-petites mouches a quatre ailes, qui font de la première clalfe. Tous les pucerons allés & les faux pucerons ailés * ont des trompes & n’ont point de dents. Cette clalfe n’eft pourtant pas bornée à n’avoir que des mouches d’une extrême petitefte, puifqueles cigales * lui appartiennent. Nous pouvons faire une cinquième clalfe qui aifluelle- ment ne fera pas nombreufe, car je ne connois encore que deux genres de mouches qui puiflent y être placés : je l’appellerai la clalfe des mouches à tête en trompe ; j’en ferai une femblable beaucoup mieux fournie , pour les fearabés. Je nomme des têtes en trompe des têtes extrêmement allongées qui, comme celles des oileaux, ont une forte de' long bec , mais un bec qui ne s’ouvre que par fon bout ; je veux dire que dans l’endroit où les têtes des autres infedes finilfent, celles de quelques-uns ontun prolongement qui a la figure d’une trompe*, mais quieftroide, qui ne peut changer de figure, & qui même ne peut changer depofi- tion fans que la tête en change. C’eftau bout de cette partie allongée que font les dents ou les inftrumens , au moyen defquelsle petit animal prend de la nourriture. Le premier exemple de ces têtes en trompe nous eft fourni par une mouche appellée mouche feorpion * , à caufe que le mâle tient ordinairement fon derrière* relevé & recourbé vers le dos, comme i’eft celui d’un feorpion qui veut picquer. La mouche feorpion ne fçait pourtant ce que c’eft que de picquer, quoiqu’elle femble le vouloir. Une fort jolie Rij * To7Jte llh X, ^ PI, 8.fig« 4. * Figure gi» Sr * Fig. 14. 132 MEMOIRES POUR L’HiSTOIRE * Pî. g.fig. mouche * qui voltige volontiers fur les fleurs , nous donne un fécond exemple d’une tête en trompe. Le prolonge- ^ ^ ^ ^ ment de la tête qui imite une trompe, eft fendu par le ' ' bout * , & s’ouvre comme un bec d’oifeau *. Nous nous fommes déterminé pour les caraéléres que nous venons d’établir , comme pour les plus fixes & les plus invariables, 'quoiqu’ils nefoient pas les plus frap- pans. Le nombre des ailes même , fur lequel la pre- mière divifion efl très -bien fondée , ne fe fait pas aiilTi- tüt remarquer que certaines différences qui dépendent de l’enfcmblc des parties, du total de la forme. La première imprefîion qu’une mouche fait fur nous, avant que nous ayons eu le temps de nous affûrer fi elle a une trompe ou une bouche, avant que nous ayons pû reconnoître fi elle n’a que deux ailes, ou fi elle en a quatre, vient delà i)roportion qu’a cette partie à laquelle nous avons donné le nom de corps , avec le corcelet , la tête <& les ailes. Auffi croyons-nous devoir faire des claffes fubordonnees aux précédentes, des claffes d’un fécond ordre, dont les caraéléres nous feront fournis par ce qui fe préfente à nos yeux fans fe Lire chercher, par la forme du corps. Entre les mouches, les unes ont le corps court, & dont le contour efl oval; il a la forme d’un ellipfoïde , ou d’un ellipfoïde tronqué , 6c plus ou moins applati. Telle efl la forme du corpus des greffes mouches bleues de a viande * ; telle efl celle du corps des abeilles , & telle Fig. I » F 13 • ,, efl la forme du corps de cent ôc cent genres de mou- " ches, foit à deux ailes *, foit à epuatre ailes =*', doiitle P[. s.fig. corps a plus de diamètre, ou au moins autant d un cote à 1 autre que de deffus en deffous. . Entre ces mouches à corpus cllipifbïde, le contour ec de quelques unes efl plus arrondi, plus approchant te ' figure circulaire, éc le contour de celui de quelques auties e \ des Insectes. III. Mem. 133 nlus allongé. Les unes ont le corps plus épais proportion- Mllcmenfàfa longueur, lesai.trcsrontplusmincc.lcdeirus du corps y cil plus ou moins éloigne du deflous du yemre. Nous pouvonstrès-bien reconnoitre les mouches qui wen- nent de vers mangeurs de pucerons ». par cela eul que leur corpsell beaucoup plus plat que celui de pluheurs autres ,, mouches de la même clalTe; elles font quelquefois fi mm- ces, qu’il femble que le defFous de leur ventre eft applique contre le dos. D’autres ont le bout poftérieur recourbé en deflous , il forme une efpece de crochet. Tel eft ie derrière de quelques efpeces de mouches qui vivent fur diverfes fortes d’excrémens; & tel eft celui d’une petite mouche grifâtre dont le devant de la tête femble avoir ^ P]- un mafque blanc, Sc qui fucce les fleurs du poirier, dès qu’elles commencent à fe développer. Mais d’autres mouches ont le corps plus allongé & plus arrondi, que he l’eft celui des mouches de la der- nière clalTe , & demandent à être mifes dans une clalTe particulière. Telles font ces longues mouches à quatre ailes, appellées des demoifelles, * dont la plûpart ont le *Pi. lo.fîg. corps en baguette, pour ainfi dire. D’autres mouches ont le corps moins long , mais elles l’ont arrondi en forme de cylindre. Tel eft le corps des confins. D’autres ont le corps conique. Tel eft celui d’une mouche * qui reflemble fort à la mouche feorpion par le port & la couleur de fes ailes, qu’on trouve près des bleds dans le temps de la moif- fon,& qui a une trompe fans dents. Enfin le coips de quel- ques autres eft fait en manière de fufeau *; il eft allongé , mais plus renflé qu’ailleurs quelque part entre les deux bouts ; en quelqu’endroit qu’on l’imagine coupé entre fes deux bouts ,les coupes font à peu près circulaires. Toutes ces mouches peuvent être mifes dans une clafle particulière qui fera celle des mouches à corps long , c’eft- à-dire à Riii PI. 10. %. & 6 . PI. 8 . %. * P!, r 0. fig. 9- Fig. IJ. * Fîg. r 3 &. 24. *Fig. 14. * TomelII. Afein. XII. j>l. .Jigt 6. èf 7. 134 MEMOIRES POUR L’HisTOIRe corps long par rapport à Ton épailTeiir & à fa largeur Des mouches qui ont le corps allongé, & fait Ibuvent en forme de fufeau, peuvent pourtant être tirées de la cialTe précédente, & en faire une à part , à caufe dW circonftance particulière ; au lieu que tout le bout anté rieur du corps des autres mouches, eft immédiatement appliqué contre le bout pofiérieur du corcelet, qu’ils femhlent unis l’un à l’autre dans toute leur furface & qu’au moins ils s’y touchent, il eft vifible quelecorpsdç quelques autres mouches n’eft joint au corcelet que par une clpece de fil ; c’eft ce qu’on peut remarquer dans les frelons *, <& dans les autres efpeces de guêpes. Ce filet eft plus court dans certaines efpeces de mouches, & plus long dans les autres *. Il y en a dans lefquelles il eft très- long. Il y en a où ce filet , après être refté délié dans une aftes grande longueur , groftit infenfiblement jufques au- près du derrière; c’eft ainfi qu’eft fait le corps de plü- fieurs mouches iehneumons *. Le coips de quelques au- tres ichneumons a la figure d’un fufeau *, & il eft attaché au corcelet par 1 efj^ece de fil dont nous parlons. D’autres mouches de la même claffe ont un corps court, mais qui difterc des corps courts dont nous avons parlé ci-deflus, en ce qu’il eft plus épais que large. Tel eft le corps de la plupart des mouehes des galles du chêne, & autres*, qui ne tient au corcelet que par un filet délié & court. Au-defTous des cinq premières claftes caraclérifées foit par la tromjie, fbitpar la bouche, dénuées de dents, ou accompagnées de dents , 6 : par la figure de la tête en trompe, nous avons donc trois clalfes fuhordonnees, dont les caradércs font pris de la forme du corps, fç^' voir I La claftc des mouches à corps court , ét pl^* large qu’épais. 2.° La clafte des mouches à corps long. 3 .° La claffe des mouches à corj)s foit long Ibit court». DES Insectes. III. Mm. 13 s ji eft joint au corcclct par un fimple hl viU- mais qui eft joint ble. Maintenant pour avoir des caracflcres des genres qui doivent être rangés Tous chacune de ces dalles , nous ferons attention aux variétés conftantes qui peuvent être fournies foit par les ports d ailes , Ibit par les figures des antennes , foit par les ports des trompes, pour ainli dire, loit par d'autres parties extérieures du coips, de fur* tout par les poftérieures. Nous allons parcourir les prin- cipales de ces variétés ^ & en donner des exemples. Les mouches de dilférens genres, pendant quelles font en repos , ou |îendant qu’elles ne font qiîe marcher , peuvent nous faire voir autant de ports d’ailes dilférens que les papillons nous en montrent. Il y a pourtant plus de mouches qui portent leurs ailes parallèles au plan de pofition , qu’il n’y en a qui les tiennent dans des di- reélions qui y foient inclinées. Entre celles qui portent leurs ailes parallèlement à ce plan , les unes les tiennent pofées comme des elpeces d’avirons *, leur direélion eft * perpendiculaire à la longueur du corps qu’elles ne cou- vrent aucunement. C’eft le port des quatre ailes de jjIu- fîeurs efpeces de demoifelles, & celui des deux ailes de quelques efpeces de tipules,&c. 2.° D’autres mouches }X)rtent leurs ailes de façon, qu’elles couvrent le corps en partie fans fe couvrir l’une l’autre , fi la mouche n’a que deux ailes ; ou fi elle en a quatre , fans qu’une des fupérieures empiète fenfiblement fur l’autre aile fupérieure. Parmi les mouches à deux ailes , les mouches bleues * de la viande, & les mouches de nos appariemens , nous donnent un exemple de ce port Cl HliCS» 3.° Les ailes de plufieurs autres mouches fe croifent fur le corps * , & le plus & le moins dont elles fe croi- ïent, fournira encore des différences aifées à remarquer, I. * PI. 8. Sg, * PI. I O. I. t. Fig. 142 MEMOIRES POUR L’HisTOIRe tons donc à un autre temps, à expliquer mieux t5lures des différentes trompes , à décrire ce que quelqu”' nnes ne nous font voir que quand nous avons reçois? des verres qui augmentent confidérablement les objets Mais fans microfcope &fans loupe, on peut voir dans les mouches de différens genres, trois manières diffé, rentes de porter leurs trompes , dans les temps où elb 8 fi. point ufage; Plufieurs efpeces de mouches ont "• une trompe quelles raccourciffent .quand elles ne veu- lent pas s en fervir ; elles la tiennent en devant de leur tete dans une cavité * deftinée à la recovoir. Dans quel- ques efpeces de mouches cette cavité n eft qu’un limpla enfoncement de la partie antérieure de la tête , mais dans d’autres mouches ;cette cavité efl mieux façonnée; le * Mem. V. bout ant.eneur de la tete s allonge pour lui former une *• D’autres mouches ont des trompes* Pig. j.t. ’ pendant 1 inaiflion , font contournées, un peu rou- lées de haut en bas; c eft ainfi que font dilpofees alors les -trompes des abeilles <& celles des bourdons. Enfin d’au- ^ mouches en ont une * contenue en entier dans un I. S.fig. droite; elles ne la contournent ni ne h plient , mais elles peuvent l’incliner différemment par rapport au plan fur lequel leurs jambes font pofées ; elles peuvent la rendre perpendiculaire à ce plan , & l’y ren- dre parallèle, lorfqu’elles la couchent contre le deflbus -de leur corcelet , & enfin elles peuvent la mettre dans toutes les pofitions moyennes entre les deux précédentes. Telles font les trompes non accompagnées de dents, des confins, des cigales, &c. Les formes <Sc les proportions de la plupart des parties extérieures des mouches, nous fourniront encore de quoi nous mettre en état de diftinguerles uns des autres, des genres de ces infedles ailés. La figure de la tête de DES Insectes. III. Mem. 145 toutes les demoifelles , par exemple, ncft pas la même: * p, ^ . les unes ont une tête prefque ronde & les antres ont ' Une tête plus large que longue * , qui a^moins^ de diame- * pi. 1 1 . fig. tre du devant au derrière , que d’un coté à l’autre. 6. Nous avons déjà parlé de certaines mouches qui ont un double corcelet. Ce n eft pas feulement )ar les an- tennes que la mouche du formicaleo * différé c e celles des Figures, lions des pucerons. La première a deux corcelets , une paire dé jambes * eft attachée au premier, ôc ce premier eft capable de quelques mouvemens fur l’autre ; le cor- celet des mouches que nous venons d’oppofer à celle-ci , eft fimple. Le corcelet de quelques mouches s’élève beaucoup plus que celui des autres , & s’élève fouvent à un tel point qu’il femble obliger la tête à fe recourber en bas , & ren- dre l’infeéle boflu. Les confins & les tipules * ont ordi- * Figure 7, nairement de ces corcelets relevés. Toutes les mouches n’ont que fix jambes, mais les proportions de ces fambes à la grandeur du corps, ne font pas toujours les mêmes ; les unes en ont de très- longues, & les autres de courtes. Les coufins & les tipii- les dont nous venons de parler , femblent montés fur des échâffes. Mais ce qui mérite encore plus d’être remar- qué , c’eft que quoique les jambes foient pour l’ordinaire attachées au corcelet, il y a des efpeces de mouches qui ont une de leurs paires de jambes attachée à un des an- neaux du corps. * *P!.ix. fîg. • Entre les mouches que la forme du corps fait jdacer dans la même clalfe , on en trouvera dans chaque clalfe qui ont entr elles des différences même par rapport à la forme du corps, qui demanderont qu’elles foient mifes ans des genres différens. Nous avons déjà fait remar- quer que parmi les mouches à corps court ou cllipfoïde; * PI. r I • %• O 144 MEMOIRES POUR L’HiSTOIRE iJ y en a dont ie corps eft très -mince, très-applati , tel eft celui des mouches des vers mangeurs de pucerons; & que d’autres ont le "bout du derrière recourbé en crochet Le bout du corps cil communément moins gros que ce qui le j)récede; cependant on. trouve dans les nids des hi- rondelles une mouche, déj:a finguliéré * par la forme defes ailes, dont le corps eft plus gros' à fon bout que par-tout ailleurs, & qui efl écbancré en cœur. Il y a des tifféren- ces analogues à celles que 'nous.venons d’indiquer, entre les mouches de la claiïe caradérifée par le filet fenfible qui fait la Jondion'du corps au corcelet; mais ilferoit long <& affés inutile de parcourir toutes les variétés de -cette nature , que les- mouches de ces deux dernières clalfes peuvent nous offrir. La feule ])artiç pofiérieure peut nous aider à diftinguer les uns des autres bien des genres de mouches. Les mou- ches qui font armées de ces aiguillons dont nous redoutons les picquûrcs, n’ont que trop de quoi fe faire connoître. D’autres j>ortent au derrière des infirumens que nous ferons d’autant plus' djfpofés à admirer, que nous n’a- vons rien à en craindre. Ce ne font , à la vérité , que les fe- melles qui les ont ': mais pour bien connoître un- genre de mouches , il en faut connoître les femelles & les mâles.' Quelques-uns de ces infirumens font des efpeces de tarrie* res logées dans un étui. Cef infirument forme quelque- fois une longue queue à l’infede; il liii fert à percer, & ^ entailler les corps dans Icfquels-il.veut dépofer les œufs. Plufieurs femelles ichneumons ont cette longue queue. Il y a des infedes, comme la cigale, qui ont une forK ék. grande tarriere,f[iii cependant ne leur fait pas une lon- gue queue; elle ell logée en jiartie fous leur ventie,oU dans leur ventre meme. Ainfi certaines mouches doivent etre appellées des mouches à aiguillon, & d’autres des mouches à tanière. des Insectes. III. Mem. 14^ Novis en devons appeller d’autres des mouches à Icie, & il y a beaucoup d’eipeccs qui méritent ce nom , à caul'e d’un inftrument fingulier dont elles l'ont pourvues, & qu’elles ne nous montrent gueres que quand on les y force en leur preflant le corps ; on fait fortir alors line feie dont la llruélure l’emporte beaucoup lur la flrudlurc de celles que nous Içavons faire; Sc que la mouche met en aélion par le moyen de relTorts qu’on né Içauroit allés admirer. D’autres mouches ])ortent au derrière de longs filets* * PI. n.fg. qui par leur forme & par leur.' ftruélure, ont quelque relTemblance avec les antennes , & dont l’ufage ne nous _eft pas mieux connu que celui des antennes. Ils n’en font pas moins propres à nous faire diftinguer ces fortes de mouches. Parmi les mouches à quatre ailes les épheme- res ont de ces filets, & parmi les mouches à deux ailes nous en avons déjà vû à celles * qui font les mâles des gallinfeéles. ' . * Communément les mouches font ovipares, mais il y en a des elpeces qui font vivipares. Celles qui mettent au jour des petits vivans , ne doivent pas être laiflTées dans le genre des mouches, qui d’ailleurs leur font femblables , mais dont elles différent par la manière defe perpétuer. Enfin quand nous décrirons les indufiries des diverfos eqieces de mouches, nous trouverons des mouches qui dif- ferent de plufieurs autres dont elles ont affés l’extérieur, par des endroits plus propres à nous intéreffer,que ne font les gures de certaines parties , par des procédés ingénieux qu on aime à apprendre, & qui relient bien mieux dans notre louvenir que les particularités de toute autre nature. Ces mouches qui fçavent vivre en fociété , comme diver- les elpeces d’abeilles, de bourdons & de guêpes, ne doi- yent pas refter confondues avec celles qui vivent folitai- Jûmâ /K T ' * Mem. I* pl. 4. t.^6 MEMOIRES POUR L’HiSTOIRE res. Mais plufieurs efpecesde mouches foiitaires, piufieurs efpveces d’abeilles, de bourdons & de guêpes, pourront être cara(ftérilêes par des procédés qui ne nous paroi- tront pas moins admirables que ceux des mouches répu- blicaines. Les parties extérieures des mouches nous fourniront encore beaucoup de caraéléres dont nous n’avons rien dit, quoiqu’ils puilTent donner des genres; mais ce font des caracftéres dont nous avons cru devoir différer de parier , jufqu’à ce que nous falTions connoître les mou- ches à qui ils font propres : alors nous en donnerons aifé- ment des idées claires, & pour donner à préfent ces idées,, il nous faudroit remonter trop haut. Voilà de quoi diftinguer bien des genres de mouches,. aulTi y en a- 1- il tant que le grand nombre de marques diflinchves que nous avons indiquées, fuffira a peine a mettre en état de ne les pas confondre les unes avec les autres. Les cfpeces* de chaque genre ne doivent avoir entr’elics que des différences plus légères, moins effen- tielles ({UC celles qui font entre les genres; telles feront auffi pour les efpeces des différences de grandeur. On trouve, par exemple, des mouches bleues l3eaucoup plus petites que celles que nous voyons fouventfiir lavianoc, 6 c qui ont les memes caraéféres , elles font auffi nue efpece du même genre. De meme, des difîérencespri es des couleurs, & de quelques variétés peu efTentieilcs dans la forme des parties, ferviront à diftinguer les efpeces. PI. S.fig. Certaines efpeces de mouches * font aufti velues que es IZ&. 13. chenilles qui le font le plus : d autres ne font que en velues; d’autres font prefque rafes &. luifant^, ^ n’ont que le corps ou le corcelct de velu. On | ’ par exemple , des efjicces de bourdons entièrement ^e dont tous les anneaux font cachés par les poils, on des Insectes. III. Mem. 147 trouve d’autres dont tous les anneaux Ibnt à dccouvcrt. Au refte nous nous Ibmmcs contentes tl iiuliquer les caradéres qui peuvent aiderè ddtribuer les moiulKs en claires, en genres & en elpeces; nous n ayons pas cru devoir nous arrêter à faire paroîtrc toutes les nunichcs en ordre; ee l'eroit un long ouvrage, meme en le bor- nant à celles des environs de Paris. Ce leioit meme un ouvrage dont on auroit railon de ne pas tenir gian compte, malgré ce qu’il auroit coûté. Nous ne nous fommes pas même embarralTés de mettre les genies en ordre jufqu’à un certain point, je veux tlire que nous avons placé les premiers des genres, auxquels d autres n’auroient peut-être accordé que les lécondes ou les troi- ûémes places. Ce que nous nous Ibmmcs ])ropole, &; ce que nous avons cru nous. devoir propolcr unique- ment , c’eft que maigre la coiTfufion , & le calios où Ibnt reliées jufqu’ici toutes les mouches, on puilTe, lorrquon en trouvera dans la campagne, Içavoir fur le cbamj 3 a quelle clalie elles appartiennent ; & par quels caraéféres leur genre doit être diftingué des autres genres de la même clalTe ; & qu’on foit même en état de ne pas con- fondre leur elpece avec les autres elpecés de même genre. Montrons par quelques exemples, l’ufage qu’on peut faire de tout ce que nous avons dit jufqu’ici. Ma curiofité me détermine à prendre une mouche que je vois pofée fur une fleur; dès que je la tiens, je reconnois bientôt fl elle a quatre ailes, ou fi elle n’en a que deux, 6c par conféquent dans laquelle des deux clafles générales elle doit être placée. Suppofons qu’elle appartienne à celle des mouches à deux ailes : la forme de fon corps m’a frappé, même avant que' je me fuffe afliiré du nombre des ailes ; elle m’apprend dans laquelle des trois clafles fecondaires 6c déterminées par la figure Tij 148 MEMOIRES POUR L’HiSTOIRE du corps, la mouche doit être mife. Je vois quelle efl de la première des clafles fecondaires, fi le corps eft court Si. ellipfoïde, iemblable à celui des mouches de la viande Je r examine de plus près, je cherche à reconnoîire fi elle a une bouche ou une trompe, & enfuite fi elle a des dents ou fi elle n’en a pas. Je lui trouve une tronipe, mais point de dents ou de ferres ; dès lors je fçais que ma mouche à deux ailes eîl de la première des qua* tre clafTes générales de ces mouches , de la claffe des mouches à trompe fans dents, Si de la première desclaf- fes fubordonnées à celle-ci , dans laquelle font les mou* elles à corps court. Pour reconnoître fon genre , je me rappelle comment elle portoit fes aîles quand je l’ai prife; je me fouviens, par exemple, qu’elle les tenoit parallèles au plan depofition. Je confidere enfuite fes antennes, fi je les lui trouve à palettes en pnfme,& que je ne lui apperçoive rien d’ailleurs de particulier, je fçais qu’elle eft du même genre que les groffes mouches bleues delà viande ; mais c[u’elle efl d’une cfpece qui diffère de celle de ces dernières mouches, foit par la grandeur, foitpar la couleur , foit par le velu, 6:c. Si malgré toutes les autres refTcmblanccs je rcmarcpie que les antennes ne font pas a palettes en priline, je donne cette mouchea un geniedi- fèrent de celui des mouches de la viande. Si j ai va que la mouche portoit fes aîles croifèes fur fon corps, je ^ placerai dans un genre caraèlèrifè par cette forte e croifement. Si la mouche à deux aîles que j ai prife, a long qui apj)roche de la forme d’un bâton , je fçais qu e appartient à la fécondé des clafTes fecondaires. e trouve une trompe Si point de fcircs; Sc de-la F encore qu’elle cfl de la première claffe généra e mouches à deux aîles. Je l’euffe mile dans la fecoritc des Insectes. IIL Mem. 149 fi ip lui euffe trouvé une bouche lans dents. î!:w:^e'fat“mpe..l-àui dans lequel elle ell, les Ues , la longueur de ^ jan^- - dc.enn.n. Sites petites variétés m’aideront a en deternnner I ef- peee Des caradércs affes femblables à ceux des couf.ns ^ ^ trouvés à une mouche » à deux ailes , qui a une bouche farferes , m’apprendront qu’elle efl du genre des ttpules. Si la mouche que j’ai prile, a quatre ailes & un corps court , dont le gros bout efl appliqué contre le corcc- iet, je la place fur le champ dans la première (les clalles fecondaires dés mouches à quatre ailes. Après l’avoir exa- minée je lui trouve une trompe & des dents; je Içais donc qu’elle appartient à la quatrième des quatre clalies gene- rales. Un aiguillon avec lequel elle a tente de me ])ic- quer , m’apprend de plus qu elle eft d un genie d abeilles , ou d’un genre de bourdons; parce que les guêpes qui ont pcareillement un aiguillon , n’ont point de trompe. Enfin les caraélércs qui feront établis ailleurs , m appren- nent fi elle eft un bourdon ou une abeille ; & de petites variétés me mettent en état de fixer de quelle efpecc elle eft du genre auquel j’ai jugé qu’elle étoit dûë. Au refte, on trouvera dans la même clafTe, des genres qui s’éloignent plus, ou qui fe rapprochent plus de divers autres genres. Par exemple on y trouvera des genres qui différeront entr’eux par les antennes, par le port des ailes, & par du plus ou du moins dans la forme du corps. On y verra d’autres genres qui différeront par les antennes <Sc le pcH’t des ailes feulement; d’autres qui ne différeront ou que par les antennes , ou que par le port des ailes , ou que par la forme du corps, ou celle de quelques autres parties. On employera d’une manière femblable toutes les Tiij Il.tiS , MEMOIRES POUR L’HiSTOIRE vaiiétcs que nous avons indiquées, & qui font prifesfoit cics parties extérieures, foit de i’adrefie & du génie des mouches, pour fixer les genres & les elpeccs, de manière à ne pas courir rifque de les confondre les unes avec les autres j & c eft le principal objet que nous avons eu dans ce Mémoire. EXPL ICATION DES FIGURES DU TROISIEME MEMOIRE. Planche VIII. L A Figure première efl celle d’une grofTe mouche bleuë de la viande repréfentée de grandeur naturelle, ayant fà trompe t allongée. Cette trompe efl de celles à levres charnues. On ne l’a pas fliit voir ici en grand & féparé- ment , j)arce qu’on n’a qu’à confulter les planches 1 6 & 17 })our s’inflruirc de la figure < 5 c de la flruélure des trompes de cc genre. La Figure 2 montre en grand & de côté la tête d’une mouche à trompe à levres , dont la trompe efl aéluelle- ment raccourcie, & rentrée dans la cavité deflinéeàh contenir, c d c , les bords de la cavité. /, les levres de la trompe. La Figure 3 repréfente de grandeur naturelle une moiiclic Jaunâtre du genre de celle que Moufet a fait graver , & qu’il nomme mouche loup ; fà trompe eft à levres, clic la tient toujours au moins autant allongée qu’elle l’cfl ici. La flruélure de cette trompe efl fenj- l)lal)le à celle des trompes des taôns, ôc efl développer tlans la }.)lanche 18. Deux barbes charnues lui forment une efpcce d’étui. La Figure ^ fait voir une ci ventre ; cc qu’on s’cfl propofe gale femelle du côté du principalement c efl des Insect es. III. Alem. I ^ I mettre fa trompe rà découvert. Elle cft ici tirée hors du fourreau ^,dans lequel elle eft logée ordinairement. Cette fiffure 4, &les figures i & 3 donnent des cxenijdes des n?ouches qui ont des trompes & qui n ont point de dents. Les Figures 5 & 6 font deftinées à montrer des exem- ples des mouches qui ont une bouche éc qui n’ont point de dents. La figure j eft celle de la tetc d une petite mouche, dont il fera parlé dans la fuite, appellée mou- che de Saint Marc; & la figure 6 eft celle de la tête d’une de ces mouches appellées tipules. L’une & l’autre tête font vues par-delTous, & extrêmement groffîes. l J l , les levres ,..qui ne font jamais portées plus loin qu’elles le font ici. a , a , fig. 6,& <7^ a, e,e , fig. 5, bar- bes qui font autour de la bouche. En c eft le col ou la jonélion de la tête avec le corcelet. La partie f eft écail- leufe , & n’eft qu’un prolongement de la tête. Les levres l, l font charnues. La Figure 7 eft celle d’une tête de mouche qui a une trompe & des dents: elle eftprile d’après celle d’une tête d’abeille, & vue par-deflbus, & beaucoup grolTie. les deux dents, t, la trompe qui eft roulée, en c eft le col GU la jonélion du corps avec le corcelet. La Figure 8 fait voir la tête d’une mouche qui a une bouche, & des dents en ddiors de la bouche. C’eft une tête de guêpe reprefentée très en grand & par-delfous, d,d, les deux, dents, a, a, quatre barbillons qui font autour de la bouche, b , la îevre qui conduit les alimens dans la cavité ou bouche e. La Figure 9 eft celle d’une mouche feorpion de gran- deur naturelle, t, le prolongement écailleux de la tête qui a 1 air d une trompe , & qui nous a fait nommer ces fortes de teîes des tetes en trompe, La tête de la figure 6 pour- îoit êire ^ppellée tête en demi- trompe par une raifon: JC2 MEMOIRES POUR l’Histoire fcmblable. /; la partie de cette mouche par laquelle elle imite le fcorpion. Je ne connois pas encore l’origine de cette mouche. La Figure i o repréfente ' en grand la tête de la mouche de la figure 9. le prolongement écailleux de la tête, qui a l’air d’une trompe. quatre barbih Ions qui font autour de la bouche, autour du bout du prolongement écailleux. Les Figures 1 1, 12 & 13 font voir la même mouche qui eft de grandeur naturelle dans les figures 12 ^ 13,- Ôc groffie dans la figure 1 1 . Celle-ci , & la figure 1 2 la montrent du côté du ventre , & la figure 1 3 la montre du côté du dos. Cette mouche voltige volontiers fur les fleurs; elle eft extrêmement velue; les poils des côtés font blancs , & ils lui font un bordé blanc ; une bonne partie de ceux du deftlis du corps font noirs, elle en a aulfi de jau- nes. Elle peut être mife parmi les mouches à tête en trompe, parce que la partie r qui a i’aii; d’une trompe, eft écailleufe, Sc a toujours la même longueur, elle ne femble qu’un prolongement de la tête: La Figure 14 eft celle du bout du prolongement écailleux / , fig. 1 1 , ouvert ; il forme une efpece de bec : fa partie /i a dans l’intérieur des efpeces de filions affés femblablcs à ceux d’un palais; ils font tous parallèles les uns aux autres, & perpendiculaires a la longueur du bec. Les filions paroiffent hérifles de petits grains qui leur donnent une parfaite reftemblance avec ceux d une lime. PLANCHE IX. Toutes les Figures de cette planche , excepté une feule» font groftics au moins à la loupe, Sc font deftineesa donner une idée générale de celles des antennes des mouches. < des Insectes. III. Mem. La Figure première repréfente une antenne grainéc à petits grains, qui diminue de groflèur depuis Ibn ori- gine iulqu a Ibn extrémité. La Figure 2 repréfente encore une antenne graince , niais à plus gros grains, un peu applatis & faits en coeur. Elle eft prife d’après, l’antenne d’une tipule jaune femelle, dont il fera parlé ailleurs. La Figure 5 efl celle d’une antenne en mafluë , telles que font celles de la mouche du formica-leo. La Figure 4 nous montre pardevant la tête de la tipule mâle, jaune comme une guêpe, de la fémelle de la- quelle une antenne eft vûe dans la figure 2. b, la bouche de cette tipule. a, a, les antennes qui fbnt à barbes, & dont les barbes fontfouvent lacées finguliérement comme elles le font ici. La Figure 5 eft celle d’une des antennnes de la figure 4, dont les barbes ne font pas lacées. On peut remarquer dans l’une & dans l’autre figure les poils dont les barbes font garnies. . La Figure 6 fait voir dans fa grandeur naturelle une mouche dont les antennes fbnt fourchues; dont chaque antenne eft compofée de deux branches. La Figure 7 repréfente plus en grand fa mouche de la figure 6 . a^b/ a, é,les deux branches dont chaque an- tenne eft compofée. •La Figure 8 eft celle d’une antenne dont les barbes fines imitent celles des plumes. Elle a été deffinée fur une antenne d une très-petite efjîece de tipule aquatique. La Figure 9 eft encore cefle d’une antenne à barbes tres-fines, mais difpofées autrement fur leur tige, que les barbes de l’antenne précédente; leur fuite eft inter- rompue affes près du bout, en b\ après quoi elle eft con^uée par des barbes plus courtes , dont Fantenne fe Tome IV. jcjL MEMOIRES POUR lHI^TOIR^E trouve garnie iufqu a fon extrémité. C eft ain& que b barbes font arrangées fur les antennes de plufieurs cou* fins mâles. ^ tt La Figure i o repréfente une antenne en ra^. Une tipule mâle qui vient d’un ver qui fe nouyit de 1 agw ÔL dont on donnera l’hiftoire ailleurs , en a de femblables i Les Figures il & i i font celles de deux antennes à palettes, vûes de côtés différens. Chaque palette porte un grand poil p, qui eft en petit une antenne a barbe. divers poils pluseourts qui partent du fupport de la palette, La Figure 1 3 montre une antenne à palette prif matique d une grolfe mouche bleuë de la viande; cette antenne eft vue par un do fes angles curvilignes, par le funérieur. pj le poil à barbes. , , r r La Figure 14 donne la coupe de la figure 13 prile en c. On voit par cette coupe que le contour de l ai^ tenne eft formé par trois furfaces curvilignes. Ces lor- tes d’antennes font propres à beaucoup d efpeces (ifi mouehes. . La Figure 1 5 repréfente une antenne de celles que j’appelle à palette lenticulaire, la palette, p^ gtan pJ qui n’a pas de barbes fenfibles. La Figure 1 6 eft celle d’une antenne à palette en La Figure 17 eft celle d’une antenne â palette tr«' allongée, &; du bout de laquelle part un poil. ^ pa _ p, le poil. La mouche rejiréfentée pl. 8 , fig. 3 > ^ tenues de cette efpece. , jj La Figure 18 fait voir une antenne compolee grains aftes cylindriques , articulés enfemble , & ïiier defquels part un .poil p. La mouche reprelent 10 , fig. 5 & 6 ^'des ^intennes de cette efpece. DES I N S Ê C t Ê S. ///. Afetn. I J J La Figure 19 repréfènte une efpece d’antennes que îufqu’ici J ai trouvée à toutes les elpetcs de taons. Elle s îiuelaue choie d’une main dont on ne voit que le doigt ItJex & un pouce très- court, c, la partie qui rcfltmble au puce. Je long doigt, lür lequel on voit des trait» comme ceux des articulations, mais plus foibles . a, le pied ou fupport de 1 antenne. Planche X. La Figure première eft celle d’une mouche grifatre à deux ailes, qui eft vue par-deflbus & groftie au micro- feope. La même mouche eft repréfentée de grandeur na- turelle , & vue par-defllis dans les figures 2 & 3 . Elle eft une des premières qui paroiflent au printemps; on la voit fuccer les fleurs des poiriers avec fa trompe. On recon- noît aifément dans la figure , que cette mouche n’a point de dents ; mais il faut faire remarquer que fa trompe , écailleule en grande partie, peut fè plier en deux, & qu’elle ne peut pas fe raccourcir fènfiblemerrt. Son corM & fbn corcelet font d’un gris rouffeâtre ; le devant & le deflbus de fa tête font tout blancs ; elle fèmble avoir un mâfque blanc. On l’a principalement fait repréfenter pour donner un exemple des mouches dont le corps fe re- courbe vers le deflbus du ventre, r, endroit où le corps fe recourbe, le bout poftérieur. La Figure 2 montre la mouche précédente prefque dans fa grandeur naturelle & de côté, pour faire voir la courbûre du corps. La Figure 3 fait voir encore la mouche des deux pre- tniéres figures, mais dans là vraye grandeur & par defîus; ies taches de fes ailes & leur arrangement paroHTent mîetnt dans cette pofition , que dans celle de la figure 2» La Figure ^ eft celle d’une de ces mouches appeliées Vi/ j^6 MEMOIRES POUR l’HiSTOIRE demoifelles , d’une des grandes efpeces , mais non d’inie des plus grandes. Elle donne un exemple des mouches qui ont le corps en baguette. Les Figures j & 6 reprélentent la meme mouche à deux ailes , marquées à peu près comme celles de la mou- che fcorpion. Cette mouche eft de celles qui ont le Gor|)s médiocrement allongé. La Figure 7 fait voir par-defTiis une petite mouche du genre de celles dont les fémelles ont des fcies au der- rière. Celle-ci vient dune fauffe-chenille de l’ofier.dont il fera parlé ailleurs. On ne Ta placée ici que pour un exemple des mouches dont les ailes s’arrondiffent fur le corps. La Figure 8 eft en grand celle de la mouche de la figure 7 repréfentée du côté du ventre. Cette polition^ui permet de voir les ailes par-defrous,& qui en met prin- cipalement en vûë la partie qui excede le bout du corps^ ell plus propre que la pofition de la figure precedente à montrer comment les ailes fe courbent. On peut df ftinguer en qu elles font une efpece de goutiére. La Figure 9 repréfente un frelon vû par-delFus , ayant les ailes étendues Si dépliées. On y voit,& on a eu fur - tout intention d’y faire voir l’efpece de filet qui fait la jonélion du corps avec le corcelet ; il eft pont la jonélion de ces deux parties ce qu’efi le col pour la jonélbn de la tête avec le corcelet. Ce filet eft fenhhle dans le genre des guêpes , & ne l’eft pas dans les genres de la plupart des autres mouches. La Figure 10 eft celle d’une des grandes ailes ^ de la figure 9, qui eft plus étroite ici, parce qu’elle eft p^® en deux comme la mouche la tient pliée ordinairement- La Figure 1 1 eft encore celle de l’aile de la 10, mais qui a été renverfée de haut en bas, & • des Insectes. III } 57 Jeflbus a été retourné en deffus pour mettre en vue La Fiimre 1 2 repréfente une mouche ichneiimon , dont la forme du corps peut fe rapporter a let par une efpL de filet/, plus long que celui qui cft employé à la même fin dans le frelon. La Figure 1 3 montre une mouche ichneumqn , dont le filet qui part du bout poftérieur du corcelet , fe groffit infenfiblement pour former le corps ; c ’eft-à-dire que le long corps de cet ichneumori va toujours en gromlTant depuis Ion origine jufqu a fbn extrémité. La Figure 14 repréfente un peu plus grande que na- ture , une mouche ichneumon , dont le corps eft fait comme celui de la mouche precedente. Mais elle eft finguliére par la manière dont elle porte Ton corps lorf- quelle vole; elle le tient élevé au deftus de fes ailes, quelquefois prefque perpendiculaire à leur plan. La pre- mière fois que je vis une de ces mouches en l’air , je ne pouvois deviner quel étoit l’infedle que je voyois , tant fa forme me paroiflbit bizarre & différente de celles de tous les infeeftes qu'on voit voler, p, efpece de queue com:- pofée de trois filets qui partent du derrière. La Figure 1 5 eft en grand celle de la mouche ])récé- dente, à qui on a ôté la tête, les premières jambes & les ailes, c c, le corcelet. i, i, les reftes des jambes qui ont été coupées. Ce qu’on a voulu faire voir, c’eft l’origine finguliere du corps./ l’endroit d’oû le corps part. Ici le corcelet femble fe prolonger affez confiderablement par- delà l’endroit où le corps lui eft attaché, au lieu que dans les autres mouches le corps part du bout du corce- let. m, le prolongement du corce et par-delà l’origine du corps, rf. k, k, les jambes poftérieures de cet ichneiimoa Viij j^S Mémoires pôUR l’Histoire t>nt une figure différente de celle des mouches des figiiréj 9, 12,13, &c. p, q, qj les filets dont la queue eft compo» fée; ce nefl pas ici le lieu d’examiner ce que font ces filets. On ne les a pas repréfèniés dans toute leur lon- gueur. Planche XL La Figure première repréfente une petite mouche à deux ailes , de la première claffe , ou à tromj)e fans dents, d’un genre qui diffère par bien des caraéléres , de ceux des autres mouches. C’efl dans des nids d’hirondelles que je l’ai trouvée. Je ne fçais fi on n’en trouveroit pas dans ceux de quelques autres oifèaux. Lés nids où j’en ai trouvé, étoient remplis de puces, & de vers de puces, ou de puces fous leur première forme; un fèul nid m’a quelquefois donné plus d’une trentaine de ces niouches. Communément leur corps Sc leurcorcelet font d un vert fonce. Les ailes font très -étroites, elles laiffent tout le milieu du corps à découvert , mais elles en couvrent les bords. Je n’ai jamais vû cette mouche fe forvir de les ailes; avant que de l’avoir afîes examinée pour reconnoitre fes ailes on la prendroit pour une araignée, & pn peut bien la nommer mouche araignée. La Figure 2 eft celle de la mouche de la figure pré- cedente , gj-offie au microfcope, Sc vue par-deffus. a, a, fes ailes, b, b ies antennes. ^•, deux pièces écailleufes qui forment letui de la trompe. la partie iioftérieure du corps qui eft cchancrée en cœur, Sc qui d’ailleurs eft plu* large que l’antérieure. ‘ I Figure 3 fait voir par-deffous , Sc encore en grand, îa mouche qui eft vûe par deffus dans la figure eux pièces qui forment l’étui delà trompe, écartéeslVj* trompe allongée. C eft en preffant le corcela de la pps Insectes, j ji, ^ 5 9 che quon U forcç d’allppgçr ^infi fa trompe, i, b, les MKunes. p, I«nie qu'on trouvo »u ifmiK de quelques, unes de ces moncbes.S qui ctt pent.«tfe celle qm cira* âéïiik li2 e , . , La Figure 4 met plus en vue lu punie ««^quee P dans U figure précédente. Ofl y pc» voif qu die cfl com- poféc de deuil pièces, entre lefqgclles uiw troifieme cfl renfermée, r. le iiowt de i» pièce renfermée entre 1» pre- cèccicn tes» La Figure 5 eft en grand celle d’une des jambes de la mouche, c, c, fix crochets par lefquels le pied eft terminé. La Figure 6 repréfente une de ces petites demoifelles qui portent leurs ailes fur leur corps , perpendiculaires au plan de pofition. Leur tête a plus de diamètre d’un côté à l’autre que du devant au derrière. Elle n’eft pas aufli arrondie que celle de la demotfelle de Ja pl. i o. fig. q.. La Figure 7 eft celle d’une tipule m^ç , d’une efpece très-commune dans les prairies. La Figure 8 repréfente la demoiiêlJe dans laquelle le formica-leo fe transforme. Ses ailes font un toit qui cou- vre le corps. Cette mouche a comme ^deux corcelets, ou un corcelet divifé. ij i, la première paire de jambes qui part du premier corcelet, ou de la partie antérieure du corcelet. Les Figures 9 & lO repréfentent la même mouche; l’une la fait voir par-deflus,& l’autre la fait voir par-def- fous ; elle a quatre ailes , dont les deux fupérieures ont une teinte de brun; une de celles-ci couvre prefqu’entié- rement l’autre , & a en deftiis un peu de convexité. La mouchea auderriéredeuxfilets,7^ /i faits comme les an- tennes à filets graines ; ils s’écartent l’un de l’autre , à me A fure qu’ils s’éloignent de leur origine. Une' particularité encore, qui feule fufîiroit pour caradérifer un genre ,c’eft' j6o MEMOIRES POUR L’HISTOIRE que les jambes de la dernière paire lO, font atta- chées au corps. Cette mouche paroît des le mois d Avril; je la crois aquatique, & je crois meme qu elle vient d une teigne aquatique. Il m’en eft né deux ou trois du meme genre, mais d’une elpece plus petite, dans une cloche plei- 2)g d’eau en partie <Sc couverte , ou je n avois mis que des teignes de différentes efpeces. Son corps eft d’abord d’im vert jaunâtre, il brunit par la fuite j le corcelet eft bruiii ÛUATRI^^^ DES Insectes. TV. Menû 163 parties de fon corps en changent , il y en a aulTi un grand nombre d’efpeces dont les têtes * d une confiftance plus * folide, confêrvent conftamment la même figure; ce qui ^ nous fournit la première & la plus générale divifion des vers qui fe transforment en mouches, en deux claflcs, fça- voir en celle des vers à tête de figure variable , & en celle des vers à tête de figure confiante. Si nous faifons enfuite attention au nombre, à l’arran- gement, à là difpofition , à la nature, à la firuéture des differentes parties des vers de ces deux clalTes générales, nous trouverons de quoi en faire des fous-divifions en plufieurs autres claffes qui feront fubordonnées aux pre- mières, mais qui ne lailTeront pas d’être fort étendues. Nous trouverons des vers qui n’ont point du tout de jambes; nous en trouverons d’autres qui' en ont, mais qui les ont toutes fimplement membraneufes ; d’autres qui n’en ont que d’écailleufes , ou d’une ftruélure femblable à celle des écailleufes; & d’autres qui, comme les chenilles^ font pourvûs de jambes écailleufes & de jambes mem- braneufes , mais qui ont plus de 'cesdernieres que les che- nilles. Nous trouverons auffî des différences dans la con- formation des têtes à figure variable, & dans la confor- mation de celles à figure confiante. Nous obferverons des^ formes de corps fort differentes ; certains vers font maîtres de faire changer celle- du leur quand ils veulent, ils l’allongent, ils le raccourciflent , ils en renflent certai- nes parties , ils en contraélent ou applatiffent d’autres Le corps de quelques autres vers eft prefqu’incapable d’être allongé ou raccourci , d’être renflé ou applati , if n’eft ca- pable que de flexions en des fens différens. L’enveloppe destins eft une membrane très - délicate , celle des autres cft écailleufe ou cruftac^. Enfin les differentes efpe- Pes de vers nous offriront bien des variétés finguliéres X ij PI. 15. fig. 10 , 12 . ^ 9 ; (Scc. î» ^^4 MEMOIRES EÔUR L'HiSTOIRE dans la pofition , le nombre & la figure des organes ; au moyen defquels iis refpirent i’air. Nous allons expli- quer mieux ce que ces variétés ont de plus remarquable, en même temps que nous nous en fervirons pour cara- dlérifer les différentes claffes de nos vers. Nous mettons dans la première claffe, des vers à tête «i» PI. i2.fig. de figure variable *, & qui ont fur leur derriérelesprin- 1 , 2 , 3 , 4 , cipaux organes de la refpiration , les ftigmates * les plus fen- 12, i 5 &i( 5 . • jPont point de jambes écailleufes , ni même de membraneufes bien formées; ils ont au plus fous le ven- tre quelques mammelons charnus , dont chacun ne femble être qu une portion d un anneau qui fe gonfle en certains temps. Ces caradéres font communs à un très -grand ïiornbre de genres &; d’efpeces de vers qui fe transforment tous en des mouches à deux ailes , mais je ne connois aucune efpece des vers qui fe transforment en des mou- ches à quatre ailes , qui les ait. La réglé n eft pourtant pas réciproque , je veux dire qu’il n eft pas vrai que îouks les mouches à deux ailes ayent été des vers de cette claile. Mais pour donner des idées un peu moins vagues es vers qui lui appartiennent, que celles qu’on en peutpreih dre fur le fimple énoncé de leurs caradéres efrenuels.& pour en donner qui puiffent fervir à en faire diflinguer fes genres Sc les efpeces, nous croyons devoir commen- cer par en fiiire bien connoitre une efpece ; il fera aii^ enfuite de faire entendre ce qui leur eft commun a tou- tes, & en quoi différent celles de difiérens genres i vers les plus dégoûtans pour nous , & qui n ont peu pas peu contribué à l’averfion que nous avons po r a'autres , ces vers trop connus ^ns les Ag, qu’ils naiffent flir la viande, d œufs qui y oi ^ar de grolTes mouehes '«"‘“r'arct , que nous allons prendre pour exemple, parce des Insectes. IV. Mem. 165 font les plus aifés à avoir ; d’ailleurs les imaginations L plus d?lical« ne doivent pas être blelTées lorfqu’elles n’auront qu’à craindre les repréfentations des figures qui le trouvent dans nos planches. Ces vers font charnus & blancs; leur corps compofo de différens anneaux , peut prendre fuccemvemeni dine- rentes figures * ; il eft tantôt plus, tantôt moins allonge, 6c par confécjuent tantôt plus ou tantôt moins gonnc. que dépourvûs de jambes, ils marchent, & meme afles vite , & c’eft dans leurs premiers efforts pour faire un pas , qu ils s'allongent le plus : dans ce premier inflant , & dans diverfes autres circonftances ils prennent une figure qui tient de la conique , dont le bout pointu * eft 1 ante- rieur. L’anneau qui forme ce bout, n’eftféjraré de celui qui le luit , par aucune incifion plus marquée que celles qui font les réparations des autres , cependant ce premier anneau eft la tête. En quelques circonftances on voit for- tir du bout de fa partie fupérieure , deux cornes moufles *. Mais ce qu’on remarque plus aifément & plus volon- tiers, ce font deux crochets bruns & écailleux *; ils font quelquefois entièrement cachés *; ils ont chacun dans l’intérieur du corps , une efpece d’étui particulier dans lequel ils peuvent rentrer. La tranfparence des chairs permet de les voir dans leurs loges iorfqu’ils y font; 6c lorfqu’ils en font fortis, on croit entrevoir les parties * qui peuvent fervir à les y ramener. L’ouverture par la- quelle ils fortent , eft en delTous , environ à la moitié de la longueur de l’anneau. Quand l’infeéle fait entièrement fortir fes deux crochets , il peut les porter par - delà fe bout de la tête. *. Iis font recourbés en arc , dont la concavité eft tournée vers le plan fur lequel le ver eft pofé. Depuis leur origine jufqu’à leur extrémité ils dimi- nuent de grofleur pour fe terminer par une pointe fine * PI. 1 2. fig; I . * Fîg. -2. * FiV. t; « * Fig. 5 & e, e. * Fîg. 3 6c ^ • CjC» ^ Fig. Z & 4- Fig. 6- Fig.5ï Terni III. Aîcm. /. ï66 MEMOIRES POUR L’HiSTOIRE quoique roidc. Ce qiion doit fur - tout remarquer^ c ed que la pofition relpedive de ces crochets, eft dire^ (flement contraire à la pofition des dents ou des ferres des chenilles, & à celle des ferres de divers infedes. Les deux crochets font parallèles l’un à l’autre , ils ne vien- nent jamais fe rencontrer l’un l’autre; ils ne font ni i’office de dents qui agiffent l’une contre l’autre, ni même l’office de cifeaux. Je veux dire qu’ils ne font pas des in- flrumens qui doivent agir l’un contre l’autre pour broyer & pour couper; ils fervent pourtant tous deux à déta- cher , à rompre en petites parcelles les fibres charnues dont lever fe nourrit, mais c’efi en ratiffantjCn piochant, pour ainfi dire, qu’ils dépiécent la viande. Nous avons expli- qué ailleurs * comment des vers mineurs des feuilles de la jufquiame, piochent dans le parenchyme de ces feuilles avec deux crochets femblahles. Outre les deux crochets , ce ver a une efpece de dard* qui n’a pas plus du tiers' de leur longueur; il efi placé entr’eux, à diftance égale de l’un & de l’autre; comme eux il efi brun , & de même de nature écailleufe; mais il efl: tout droit, éc fe termine par une pointe fine: fa figure & fl confifiance femblent apprendre qu’il efi: fait pour divifer par des coups redoublés , les petits fragmens que les crochets détachent. Les crochets ont vers les bafes comme deux épines * écailleufes. Immédiatement au defibus des deux endroits |>erces ^ pour laiffer fortir les crochets, efi la bouche *; car on ne peut prendre pour autre chofe une petite ouverture, cju’on ne découvre que quand par la preffion , on for^ le ver à la montrer. La preffion bien menagee fait au i paroître au milieu de cette bouche, une petite partie en forme de mammelon , qu’on peut , malgré fa figum, nom mer la langue, ou, fi l’on veut , le fueçoir. Çes w DES Insectes. /K Alenï. 1 67 ne fe nourriflent pas fimplemeiit du fuc qu’ils ont ex- primé de la viande, ils font palfer de petits grains de viande, pour ainfi dire, dans leur intérieur; cela ne fçauroit être apperçûdans le ver qui mange, maison voit que cela eft dans le ver qui a beaucoup mangé. Ceux qui ne font pas raflafiés, qui ont befoin de prendre des alimens , font blancs , & ceux qui ont beaucoup mangé font rougeâtres; on reconnoît que cette couleur rou- geâtre vient de l’intérieur , qu’elle eft due à la fùbftance qui remplit l’eftomacli & les inteftins. Les crochets qui tiennent lieu de dents aux vers de ce genre , leur tiennent auffi lieu de jambes. Quand ils veu^ lent marcher, ils allongent au moins leur partie anté- rieure ; pendant qu’elle eft allongée ils font fortir leurs deux crochets , ils les cramponnent dans la viande , ou dans les inégalités d’un terrein plus ferme , s’ils fe trou- vent defliis. C’eft fur ces deux crochets que tombe en- fuite le principal effort du ver qui raccourcit fon corps pour le porter en avant. Affésfouvent néantmoins il s’aide de fon derrière , il s’en fert pour pouffer le refte de fon corps vers la tête : les anneaux même facilitent fa marche ; ils ont chacun une ceinture étroite depicquans ou de grains roides , fi petits qu ils ne peuvent être vus qu’avec une loupe tres-forte; ils n en font que plus propres à s’engrai- ner dans les inégalités des corps qui nous paroiffent les plus polis. Ces grains durs font placés dans l’endroit où un anneau eft en recouvrement fur celui qui le précédé. Le veire meme donne prife aux crochets de ces vers & a leurs autres ijetites inégalités. Il y a des temps où ils Içavent fe donner encore plus de prife fur une matière U polie, il y a des temps où ils jettent une liqueur gluante par leur bouche, & ils font enfuite paffer cette liqueur tout du long du deffous de leur corps. ,68 MEMOIRES POUR L’HISTOIRÊ Ces vers grofliffent , quand ils veulent , leur partie an- térieure , ils font rentrer le premier anneau dans le fé- cond , ëi le fécond rempli du premier dans le troifiéme. Cependant leur partie poflérieure eft, comme nous l’a- vons dit , plus groffe que l’antérieure ; elle n’a pas de for- me bien confiante; quelquefois fon bout , quoiqu’un peu t pi. gaudronné, efi prefque circulaire * comme celui d’un 3- cylindre; mais dans l’état le plus ordinaire , & qu’on peut Fig. 4 & 8. appeller le naturel , ce bout forme un plan incliné + , une ’ efpccc d’onglet; le dos s’abbaifle, & s’abbaifle de plus en plus, à mefure qu’il devient plus proche de 1 extreinile du ventre; près de l’endroit ou le dos commence a sab- baifier, près de l’endroit ou commence le plan incline, * Fig. 3 & font placés les plus remarquables des organes * de larefpi- iSc’f'f’ ration du ver. Deux petites taches brunes, à peu près rondes , y peuvent être apperçûes d autant plus aifement que tout ce qui les environne efi blanc. Si on donne a fes yeux le fecours d’une loupe , chaque tache paroit être une petite lentille, une plaque circulaire de cou- leur feuille-morte, un peu relevée au-deffus des chairs. * Fi.. 8./,/ Sur chacune de ces plaques * on voit trois «F"* ® & fig- 9 * boutonnières * de figure d’oval allonge , toutes trois p • Wes, dont lalongueur eft à peu de chofe près culaire à celle du corps. Ces efpeces de font tout autant de ftigmates, autant do“'’ertu‘-e nées à donner pafTage à l’air nécelTaire pour entre n, Ha vie de l’infeae. Il a donc fix ftigmates fur fa P ftérieure , dont trois font pofés près les uns des autre fur une même plaque. i^rtn^^rcevoû La tranfparence du corps permet * Fig. 3. Llfeau blanc * : la route de chacun * féaux eft aiféc à fuivre, toitout vers la parue poli « des Insectes. /K Mem , 169 & on voit aifément que chacun d’eux va aboutir à la pla- que des ftigmates , qui eft de Ibn cote ; en un mot on reconnoît fans peine, qu’ils font les deux principales tra- chées. Mais quand on dilféque le ver, on trouve de cha- que côté , au moins près de la partie pofterieure , deux trachées prefqu’également grolTes ; j ai meme cru voir tout près du bout de cette partie, trois trachées , dont cha- cune alloit joindre à un des ftigmates. Nous avons fait regarder la partie fur laquelle font les plaques des ftigmates , comme plane , & ayant un contour qui approche de la figure circulaire.Cette image peu exadîe fuffifoit pour faire entendre ce que nous avions d’abord à en dire; mais pour en donner une plus vraye, nous' devons adjoûter que le contour de cette partie a des mam- melons , des efpeces de rayons charnus * qui font- tantôt * PI. ü. Egi plus longs, &. tantôt plus courts. L’infeéle les raccourcit en certains temps au point de les faire entièrement dif- paroître; dans d’autres temps j’en ai compté jufqu’à onze à la fois. Le bord inférieur & celui des côtés en font plus fournis que le bord fupérieur. Au refte, nôn feulement cette partie n’a pas toûjours la figure plane fous laquelle' nous l’avons confidérée ; fouvent elle eft très - concave , très-creufe. Pour fe faire une idée du point auquel elle le- devient , de la forme qu’elle prend quelquefois , & pour- quoi elle la prend, il faut fçavoir que les vers qui fe nourrilfent de viande, fe trouvent prelque continuellé- ment dans l’eau , ou dans une liqueur giaireufo qui vient de la chair qui fe corrompt & fe diflbud.. Si cette li- queur couloit'ifur les ftigmates, fi elle s’y attachoit, elle boucheroit les paffages à l’air. Les vers font en état d’em- pecher que cela n’arrive ,. ils rendent creufe là partie où les ftigmates font placés , ils en relevent les bords , & les rapprochent au point de fe toucher; de forte que , quand IJO MEMOIRES POUR L’HISTOIRE il en eft belbin , les ftigmates font renfermes dans le fond d’une efpece de bourfe de chair. D autres vers de la viande, dont nous parlerons ailleurs, ont une bourfe bien mieux formée. Nous aurons aufli occafion de voir plus d’une fois, <jue la nature a donne un femblable moyen de mettre leurs ftigmates a labri de leau, a plu» fleurs autres vers qui, quoiqu’ils ne foient pas des vers squatiques , doivent croître dans certaines terres ordi* nairement humedées par i’eau,& que l’eau délaye trop en beaucoup de circonftances» Les naturaliftes modernes ont connu les ftigmatespo- ftérieurs des vers de la viande, ou les ftigmates analogues de quelques autres vers de la même claffe; mais ce font 3eut-être les feuls qu’ils ayent connus, ou du moins font-ce * Tortii IIl. es feuls dont iis ayent parle. Nous avons déjà dit ailleurs , Mm. I. que des vers de cette clalfe ont deux ftigmates anterieurs. Pour les trouver, on n’a qu’à fuivre la principale tra- PI. 12. fig. chée * d’un des côtés & qui y paroît au travers des chairs; quoique l’une <& l’autre de ces trachées diminuent de diamètre à mefure qu’elles s’approchent de latete,oa voit fort diftindement où elles vont fe terminer : en pre- nant la tête pour un anneau , c’eft à la jondion du econ anneau avec le troifiéme. Je foupçonnai qui fj., avoir là un (ligmate de chaque côté, & des que j foupçonné.je reconnus bientôt que cela etoi . Fig 3 & fimple m’y fit appercevoir un petit point qui ’ d’être obfervé avec une loupe d’un court foyer. Au ^ de ce fecouns , le petit point devint un '|'™ fible, & dont la figure me parut digne d eti Il a celle d’un entonnoir * dont une moitié a ete P tée, & dont les bords font joliment denteles, & ^™/ay depuis trouvé les deux ftigmates anterieurs a i?« * 2'fdu 5.1/ Fig. 7. «DES Insectes. IF. Mem. iyï fes erpeces de vers qui en ont de poftérieurs placés comme ceux des vers de la viande. Mais j’ai inutilement cherché à nos vers de la viande, des ftigmates fur les côtés , dans des endroits femblables à ceux où font les ftigmates des che- nilles; je n’ai pû parvenir à y en découvrir, quoique des raifons très -fortes dilpolàflent a croire quil y en doit avoir; car les mouches dans leftjuelles ces vers (è meta- morpholènt, ont, comme nous le dirons dans la fuite, deux ftigmates de chaque côté de leur corcelet, & elles en ont furplufieurs d» anneaux de leur corps. Il y auroit donc dans la mouche non feulement de nouveaux fti- gmates, mais auffi de nouvelles trachées, ou des trachées qui fe fèroient développées. J’ai quelquefois vu avec plai- firdans les trachées principales des vers, des mouvemens d’ondulation femblables à ceux qu’on fait faire à une corde tendue. Les ramifications des principales trachées peuvent être très-bien vûes avec la loupe , & ne peuvent être vîtes fans plaifir. On admire la quantité prodigieufè de branches que ces trachées jettent , les divifions de ces branches , leurs fous-divifions , leur entrelacement avec d’autres ; tout cela forme un fpeélacle que j’ofe dire grand. Le côté du ventre * le donne plus beau que celui du dos * , il eft plus fourni de ces vaifleaux à air : mais dans la difpofition des branches des trachées, je n’ai rien vu qui prouvât qu’if y eut fur les côtés des ftigmates qui m’échappaffent. C eft inutilement auffi que j’ai cherché aux vers de cette efpece.tout du long du dos, un vaiffeau fèmblable à celui que les chenilles y ont , femblable à celui que M. Malpighi a regardé comme une fuite de cœurs, & que nous nous fommes contentés d’ajjpeller la principale artère. Si nos vers avoient ce vaiffeau, il y feroit très-aifé à apperce- yoïr, au moins s’il avoit des contraélions & des dilatations Yij * PI. 12. fîg, 3 - * Fig.. 4,. lyz MEMOIRES POUR L’HiSTOIRE alternatives , aufîi confidérables que font celles de lagroffe artere des chenilles. Mais je crois avoir bien vu à ces vers, nn véritable cœur que je n’ai pû obferver dans les che- nilles. Quelquefois j’ai apperçû vers le quatrième anneau une partie charnuë qui avoit des battemens alternatifs; j’ai fait de longues playes à plufieurs de ces vers, en leur emportant d’un feul coup de cizeau fur un des côtés, une portion du quatrième, du troifiéme & du fécond anneau : entre les parties qui font forties furie champ par la playe, î’en ai vû quelquefois une qui avoit des mouvemens de contraction & de dilatation pendant plufieurs minutes, & qui par là fëmbloit être un cœur. Tout fe dérange fi fort dans des parties fi molles , pour peu qu’on les lou- che , que je ne puis être parfaitement certain que celle que je voypis alors fût la meme , comme il y a grande apparence, que j’avois vû battre dans le corps ,& la meme que j’ai vû tranquille en divers autres temps, & de la- quelle femble partir un très-grand nombre de petits cor- dages qui ne font fans doute que des vaiffeauxfoit a lang, foit à air. Parmi les parties qui fprtoient du corps apres la grande bleffure dont je viens de parler, etoit une ve le col très -long , lequel va s’attacher auprès de la bouch^ du ver. Cette veffie eft enflee, mais _ qu’on la picque aveç une épingle , ce qui J, quand elle eft gonflée , elle l’eft par i’air. Elle eft pro ment un poulmon du ver, & ce que nous diron la fuite, des poulmons des mouches, difpofe acroi q le ver en a deux pareils. , Tous les vers de la première clafle n ont . gmates poftérieurs difpofes <Sc faits Ç^mme , frent les ftigmates, nous mettront en Aylieil divers genres de ces vers à tete de figure variable. A Fig. des Insectes. IV . Mem . 173 me les deux plaques polecs lur le derrière des vers de la ™nde, qui fe iransforment en mouches bleues, ont cha- cune t ois boutonnières * , qui font autant de fltgmates ; . H. ta. «s- Z le bout poftérieur de pluf.eurs autres vers ». on ne , ^ voit que deux plaques bien circula, res. fur chacune def- Soutonniéres. D’autres vers ont leurs ftigmates au bout de tuyaux cylindriques placés fur leur derrière comme des cornes. Quelques vers n ont que deux de ces tuyaux, & d’autres en ont trois Les deux tuyaux des ftigmates * F de quelques-uns, font écartés l’un de l’autre; ceux quelques autres vers font accolés l’un à 1 autre. ques vers tiennent ces tuyaux couchés fur le corps, d au- tres vers les portent relevés. Si l’on veut voir des exemples de ces dernières variétés , on n’a qu a confulter le onzième Mémoire du troifiéme V olume, page 3 Enfin les par- ties qui environnent les ftigmates , & qui peuvent fervir à les couvrir dans le belbin, donneront encore des caraéleres propres à faire diftinguer des genres de ces vers. Le nombre, la difpofition & la figure des crochets qui fervent de dents à ces vers, & même de jambes, nous fourniront encore des caraéléres.de divers genres. Nos vers de la viande nous montrent deux crochets* *Fig. ^.c,ei égaux & femblables , pofés à côté l’un de l’autre , & paral- lèlement l’un à l’autre , entre lefquels eft un dard *. D’au- * Fig. 6. d, très vers qui ont deux pareils crochets , n’ont point de dard. Nous trouverons des vers qui ont deux crochets de grandeur inégale, dont l’un eft au-deflus de l’autre, ôc qui font tous deux dans le même plan vertical. * Nous en trou- verons d’autres qui n’ont qu’un feul crochet * , mais plus '' fort. Et d’autres enfin qui n’ont point de crochets, ou ^*’*^*' qu’on ne peut au moins obliger d’en montrer. La forme du corps de plufieurs autres vers de la même *V ••• J iq * Fig. 10< PI. 12 . 12, a. Fig. IJ Fig. rn^ m, * Fig. M, T.. t'ig. I f74 MEMOIRES POUR L'HiSTOIRE clalTe , peut encore offrir des variétés aifées à faifir, f j fig. partie poflérieure de quelques-uns eft coupée court elle reffemble à un bout de cylindre. Il y en a de beau- coup plus raccourcis que d’autres ; il y en a dont le bout antérieur efl: prefqu’auffi gros que le poflérieur. Les uns font plus applatis , & les autres plus arrondis. Enfin dès qu’on voudra être attentif aux différences qui fe trou- vent entre des vers qui, regardés groffiérement , feroient affés femblables , on remarquera entr’eux des différences fuffifantes pour les ranger dans des genres fépatés. Quoiqu’à proprement parler , ces vers n’ayent point de jambes , ceux de plufieurs efpeces fçavent gonfler, faire fortir des portions du deffous de leurs anneaux, de manière qu’elles paroiffent des jambes * membraneufes , & qu’elles en font les fonélions : on trouvera même des variétés dans la difpofition de ces mammelons pafTagers, dans des vers de différentes efpeces. On en voit aux uns de pofés par paire en deffous de chaque anneau , comme ^ font les jambes * ; à d’autres on en voit un rang tout du long du milieu du ventre *. Quelquefois chacun de ces mammelons fe divife en deux, il forme une bifurca- tion. D’autres ont le deffous du corps, à la jondfion,ou près de la joncflion des anneaux , garni d’efpeces de cro- chets très -courts * <&: très -fins, ordinairement roux, qui leur aident encore à faifir les corps fur Icfquels ils veulent fe tirer, ou contre lefquels ils veulent fe pouffer. Les différences de grandeur , de couleur ferviront a faire diflinguer des efpeces de ces vers. Elles pourront en- core être caradérifées par les qualités de la peau ; celle des uns efl mince <& tranfparente ; celle des autr« elt plus épaiffe & plus opaque; quelques-uns font bue & luifante; d’autres font chagrinée; il y en a de plus& moins fillonnées. Ou verra dans la meme clafife des vers 17 DES Insectes. IV. Memi 17 j à corps très-court ,& hérifle de picquans on en trou- * Pl.!i3*fig* vera de chargés de poils longs de durs . ^ ^ Fig*!* * Nous nous fommes beaucoup plus arrêtes aux vers de cette première claffe, que nous ne nous arrêterons. à ceux des autres, parce que c’eft celle qui fournit le plus d efpe- ces de mouches à deux ailes ; les mouches qu’on trouve prefque par-tout , de les feules prefque qui foient con- nues de ceux qui n’ont pas étudié ces infedes ailés, ont été des vers de la première clafle. Nous compoferons la fécondé claffe des vers qui , com- 2*. Classe.^ me ceux de la précédente, ont une tête de figure variable, de par conféquent membraneufe , comme l’eft tout le refte de leur corps; mais qui différent des autres vers, parce qu’ils font pourvus de jambes. Les leurs font charnues, de quelques-unes au moins font armées de crochets analogues à ceux des jambes des chenilles. La tête de ces vers , malgré les changemens de figures dont elle eft fufceptible , eft très-aifée à reconnoître, parce que la bou- che & fès accompagneniens font vifîbles. Entre les vers * * Pl. 13. %. de cette claffe, ceux dont on trouve plus d’efpeces, font très-aifés à caradérifer de à défigner par une autre particu- larité; ils ont tous une queue charnue , qu’ils peuvent ren- dre plus ou moins longue, mais qui l’eft toujours beau- coup. Cette queue rafe comme l’eft le refte du corps du ver, fe raccourcit de fe gonfle ; elle a alors quelqu’air d’une queue de rat, ce qui m’a déterminé à donner à tous ces vers , le nom de vers à queue de rat. Cette même queue eft le principal organe de la refpiration de ces vers ; fon bout eft ouvert ; il leur tient lieu des ftigmates que les vers de la première claffe ont à leur partie poftérieure; je leur en crois auffi d’autres à leur partie antérieure. Mais nous remettons à faire mieux connoître les vers de cette ^ c > dans un des Mémoires fuivans où on aura leur / Classe< r ,76 MEMOIRES POUR L’HISTOIRE hiftoire , & celle des mouches dans lefquelles ils fe trans- forment : toutes celles qu’ils m’ont données font des mouches à deux ailes. ^ Dans la troifiéme claffe nous ne trouverons enfin que des vers qui ont des têtes telles que les autres animaux PI. n-fig. les ont, des têtes d’une figure confiante*; mais qui n’ont 5, 10 , iz, point de dents ou ferres; ou, plus exadlement, qui n’ont pas deux efpeces de mâchoires mobiles , difpofées com* me celles des chenilles en dehors de la bouche , 6c toujours à découvert. Quand ils ont des efpeces de dents ou de cro- chets , ils les peuvent cacher dans l’intérieur de la bouche ou dans une autre cavité. Les têtes de la plupart des vers de cette claffe , font oblongues ; elles fe terminent en pointe, ou par une pointe coupée. Nous adjouterons en- core , pour achever de fixer cette claffe , qu aucun e ces vers n’a des jambes écailleufes. Elle fera fort éten- due, elle comprendra beaucoup de genres, tant de vers terrefires,quede vers aquatiques , qui pourtant donïieron tous des mouches à deux aîles, au moins tous ceux que je connois, en donnent-ils. tr^ripme claffe, nous mettrons les vers écailleux ou comme ert * r- T 9 îeux * les vers dont les anneaux ont au moins 1 3 , 7- ’ des anneaux d’écaille , & qui font Lur leur donner un nom plus court , des feip fortes de vers fe trouvent ordinaimnent dansb tcn^- » PI. la.fig. le terreau, & dans le fumier. J en 3. grandes efpeces, qui étoit arrive ici de. Canada, n ^ DES Insectes. IV. Mem. 177 dans la terre envoyée pour conferver des plantes : il me fut donné par xM. de Juilieu. Il n avoit de brun que la par- tie poftérieure , la tête & trois taches oblongues d’un caffé-clair fur le premier anneau ; le refie du corps étoit blanc. Sa tête * prefque conique comme celle rie beau- *PL 13. fig. coup de vers de la même clalTe, avoit par-deffous une ouverture * oblongue qui étoit celle de la bouche. En *Fig.i4.y: certain temps il en faifbit fbrtir & jouer alternativement, & avec vîteffe, deux crochets * pofés parallèlement l’un * Fig. ij. à l’autre, comme le font ceux des vers de la première clalTe. Chaque crochet avoit une particularité propre à faire diftinguer cette elpece de ver, il étoit dou- * ble , il avoit deux crocs. Le deffus de la partie poflé- rieure du corps, feterminoit par un plan oblique fur le- quel étoient les deux principaux organes de la refpira- tion * ; au travers du tranfparent des anneaux on apperce- * Fig. 12. voit très-diftinélement deux trachées *, dont une le ter--^-f ,minoit à un des fligmates poftérieurs, & l’autre à l’autre; * chacune partoit auffi apparemment d’un fligmate anté- rieur que je n’ai ni vu ni cherché à voir, parce que je ne fçavois pas alors que le ver en dût avoir. Après avoir paffé l’hyver chez moi & une partie du printemps, il périt fans fe métamorphofer. Un ver du même genre que le précédent , mais d’une autre elpece plus petite *, dont le corps étoit blanc , & qui * Eig. 17. n avoit que la tête de brune, s’eftmétamorphoféchés moi - dans une petite mouche brune à deux ailes , & il fut le feul de plufieurs vers lemblables que j’avois pris dans du ter- reau , & que j’y avois laiffés , qui parvînt à fe transformer. E^u relie ces derniers vers font armés de crochets, ou meme d’un inllrument plus aigu que je n’ai pû voir, mais qu’ils m’ont très-bien fait lèntir. Un d’eux, dont je tenois la tête entre mes doigts, fans en rien craindre; Tome IV. .Z 178 MEMOIRES POUR L’HISTOIRE nie fit une picquûre très - douloureufe , mais qui ne fut fuivie d’aucune inflammation. -* PI. 13. fig- vers * qui vivent ordinairement dans des eaux qui 6* croupiflent , nous donneront un exemple de ceux qui peu- vent compofer un fécond genre de la troifiéme claffe. Ils n ont qu’une enveloppe membraneiife; leur lêteeftoblon- gue. Il y en a de bien des efpeces, entre lefquelles quelques- unes font plus courtes que les autres proportionnellement à leur grofleur, quoiqu’elles ayent toutes une figure très- allongée. La partie poflérieure du ver fe termine par une p, efpece de tuyau *, dont le bout eft ouvert pour donner entrée à l’air ; là efl leur principal organe de la refpiration. Dans la fuite nous ferons mieux connoître ces vers, qui fc transforment en des mouches à deux aîles que j ap- pelle à corcelet armé , parce que du bout pofterieur de : eur corcelet partent deux efpeces d’épines dirigées vers le derrière. ^ Au lieu que les corps des vers des genres précedens font ronds ou prefque ronds, d’autres vers qui ont une tête faite à peu près fur le modèle de celle des premiers, ont le corps applati , <Sc doivent par cette raifon etre mis dans un troifiéme genre. J’ai trouvé deux efpeces des vers *PI. 15. fig. que je veux faire connoître, lune * dans ces 19 & ao. ^ ^ P^^^re * dans des agarics du ficomore de Ea • Ceux de la dernière efpece font grifâtres , <& ont un ail bon nombre de grands poils, fur- tout fin tout du long du milieu du dos. Ceux du ont moins de poils; leur couleur dominante e ils ont pourtant des taches jaunâtres. J ai^ vu a Fig. 5. ce. bouzes de vache , deux crochets paralle P q fortir de leur bouche, comme tant d autres elpec vers qui deviennent des mouches a deux ai e , fortir de femblables de la leur. =' PI. 14.. fig. 6 & 7. des Insectes. IV. Mem. 179 C’eft par leur partie poftérieure que fe fait leur relpi- ration; le bout de leur derrière s’entr ouvre en certains * PI. 14.% temps’: on croiroit que la fente qu’il lailTe voir alors, eft celle qui doit donner ilfue aux exciemens , mais il cil aile de reconnoître enfuite quelle n’eft faite que pour donner palTage à l’air. C’ed deffous le corps qu’on trouve le vé- ritable anus Nous ferons connoître les mouches dans * Fig. 3.tf lelquelles ces vers le transforment, dans le Mémoire ou nous expliquerons comment les mouches a deux ailes de plulîeurs genres , parviennent a fe tirer de 1 elpece de coque dans laquelle leurs parties le font développées & fortifiées. Nous revenons aux vers dont la forme du corps elî: longue & arrondie , & nous mettrons dans le quatrième genre , des vers membraneux qui feroient cylindriques en certains temps , fi alors leur partie antérieure & leur partie poftérieure n’étoient fouvent plus menues que le relie. Nous nommons ces vers des vers de tipules *, parce qu’ils fe transforment en des mouches à deux ailes , appellées tipules, qui font alTés femblables à des confins. Comme nous donnerons l’hiftoire de ces vers 6c de leurs mouches, nous nous contenterons à préfent de dire que la tête des tipules * eft écailleufe, 6c plus petite propor- tionnellement à la grolTeur du corps , que celle des vers du fécond genre. Mais les tipules ont leurs deux principaux ftigmates pofés fur leur partie poftérieure, 6c entourés d’appendices charnus. Entre les tipules il y en a d’aqua- tiques * aftes femblables aux terreftres. Certains vers ''' aquatiques qui fe transforment encore en des mouches tipules, doivent cependant être placés^ dans un cinquième genre, 6c peut-être qu’on trouvera qu’ils mériteroient à eux feuls une clafle. La plupart des crpeces de ces vers font entièrement rouges, 6c d’un Z ij *Fîg. 9, * t. * Fîg. 9. * Fig. 1 1 • * ri. T 4. (i 1 2. p,p* * r, r. * Fi^. r 5 O J ^ Fig. ï 4 = Fig. 8 sr. 6c 180 MEMOIRES POUR L’HiSTOIRE airés beau rouge. Ils ont près de la tête comme deux jambes courtes qui relTemblent à deux moignons de bras.. Mais ce qui caraélérifc le plus ces vers, c’eft qu’auprès de leur partie poftérieure , en deffous du corps , ils ont quatre cordons * charnus&alTés longs, qui ayant quelque relTemblance avec les cordons du poiffon appellé polyjie, lèmblcnt nous devoir déterminer à donner à ces vers le nom de vers polypes. Ils ont encore a leur partie pofté- rieure deux efpeces de tuyaux prefque cylindriques qui ont bien l’air d’être les organes de. la refpiration. Leçon- tour du bout de chacune de ces dernières parties eft bordé de poils. Les vers aquatiques * qui fe metamorphoient en cou- fins, doivent encore être mis dans un nouveau genre qui fera le fixiémc. Nous les décrirons ailleurs plus au long, nous avons beaucoup à en dire ; mais il fufht de faire re- marquer aéluellcment , que s’ils ont de commun avec b vers du fécond genre, de refpircr 1 air ” lore endelTous du corps , un fécond tuyau deftne a ner iffiie aux excrémens, que les vers du fecoi g "’dcs ïei'f* longs comme les verstipules,quicomme«^ Ucsvcis Cg oui vivent en terre & lia» *pC deSernWance avec les L. Ils cliflereut ^ leur tr" tion des organes de I|;rricre, entourés <le divw point deux ftigmates fi <Cai||eiirs déterminer 0 » apircndiccs ftig'M'es ; lorfque j’ai fut m font leurs priiicipM»^ uiq des Insectes. /K Mem, 1 8 1 obfervations fur ces vers il y a plufieurs années , je ne pen- foispas affés combien la détenranation des fl.gmates cîo.t néceffaire à celle des claffes & des genres. Il y a pinlieurs êfneces de ces vers qui fe métamoiphofent en autant d'efpeces de mouches à deux ailes, qui n ont point de trompe, & que nous avons nommées avec le peuple du Poitou, des mouches de Saint Marc. ^ Je crois que nous devons faire un huitième genre de vers longs * , blancs , liffes fans être écailleux , tels que ceux qui fe trouvent dans plufieurs efpeces de champi- gnons , qui n’ont point de ftigmates fur la partie poite- rieure., mais à qui on en trouve fur chaque anneau *, ils y font placés comme ceux des chenilles. Je parlerai ail- leurs des mouches à deux ailes , du genre des tipules , que ces vers m’ont données. Tous ks genres que nous venons de déterminer pour cette troifiéme claffe.font dénaturé à pouvoir êtrefous- divifés en plufieurs autres ; & ce ne font peut-être pas les leuls genres premiers que nous eulfions pu lui donner ; nous en trouverions apparemment a lui adjoûter , û les efpeces des petits infedes quelle embrafle , nous étoient plus connues, ou même fi les différences qui font entre celles que nous connoiffons , nous étoient plus préfentes. Nous pafferons à préfent à caradérifer la quatrième claffe des vers des mouches , Sc la première dé ceux qui donnent des mouches à quatre ailes. Nous la compofbns de vers * dont la tête * a une figure confiante, d qui a deux dents ''' mobiles ou mâchoires qui font toûjours à découvert , & qui fe rencontrent l’une l’autre vers le mi- lieu de l’ouverture de la bouche, & d’infedes qui font dépourvûs au moins de jambes écailleufes. C’efi fur les côtés de ceux-ci qu’on trouve les fiigmates, quand les leurs fout affés grands pour être vifibles ; ils n’en ont point fur le * PL 1 3 . fîg. 7 > 9 - * Fig. 10. LfJ>àrc. 4.® Classe. * Pî. 14. fîg. * Fig. I 6. * [Document text truncated for crawler view.]