Oeuvres de Tite-Live (Histoire romaine) ; Tome second
Full text
RIRES
:
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Hi
Ha
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#2
7
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RÉ
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An
nie
ml
ea
ET
Le
HRRA
ES
pans
Sert
her.
ee
;
D
rs
COLLECTION
DES
AUTEURS
LATINS
AVEC
LA
TRADUCTION
EN
FRANÇAIS,
PUBLIÉS
SOUS
LA
DIRECTION
DE
M.
NISARD,
MAÎTRE
DE
CONFÉRENCES
À
L'ÉCOLE
NORMALE,
TITE-LIVE.
HISTOIRE
ROMAINE.
SRE
faces
prodiges
multipliés
qu’on
annonce,
on
publie
qu'un
bœuf
appartenant
au
consul
Cn.
Domitius
a
prononcé
distinctement
ces
mots
:
«
Rome,
prends
garde
à
toi.
»
—
Préparatifs
de
guerre
vontre
Antiochus.
—
Nabis,
tyran
de
Lacédé-
mone,
à
l’instigation
des
Étoliens,
qui
eux-mé-
mes
excitaient
Antiochus
et
Philippe
à
prendre
les
armes,
quitte
le
parti
des
Romains,
et,
dans
la
guerre
contre
Philopæmen,
préteur
de
la
li-
gue
achéenne,
est
tué
par
Alexamen,
chef
des
Éto-
liens.
—
Ceux-ci
renoncent
aussi
à
l'amitié
du
peuple
romain,
—
Antiochus,
roi
de
Syrie,
de-
venu
leur
allié,
porte
ses
armes
dans
la
Grèce
et
s'empare
de
plusieurs
villes,
entre
autres
de
Chal-
cis
et
de
toute
l'Eubée.
—
Expéditions
de
Ligu-
rie.
—
Préparatifs
de
guerre
d’Antiochus.
..
...
Livre
XXXVI.
—
Le
consul
Manius
Acilius
Gla-
brion
,
secondé
par
Philippe,
défait
Antiochus
aux
Thermopyles,
le
chasse
de
la
Grèce,
et
réduit
les
Étoliens.
—
Le
consul
Publius
Scipion
Nasica
fait
la
dédicace
du
temple
de
la
mère
des
dieux,
qu’il
avait
lui-même
transporté
sur
le
mont
Pala-
tin,
après
avoir
été
jugé
par
le
sénat
le
citoyen
le
plus
vertueux
de la
république.
Il
défait
les
Boïens
en
bataille
ranvée,
recoit
leur
soumission,
et
triomphe
d'eux.
—
Divers
avantages
obtenus
par
les
forces
navales
des
Romains
sur
les
lieute-
Dants
d'ANTIOCRUS,
2
eu...
Livre
XXXVII.
—
Les
consuls
Lucius
Bo
che
Scipion
et
G.
Lælius
se
disputent
le
département
de
la
Grèce
et
de
l'Asie.
—
Le
crédit
de
Lælius
dans
le
sénat
est
sur
le
point
de
faire
pencher
la
balance
en
sa
faveur
;
mais
le
premier
l'emporte,
grâce
à
son
frère
Scipion
l’Africain,
qui
propose
de
lui
servir
de
lieutenant,
si
on
lui
donne
la
conduite
de
la
guerre
contre
Antiochus
;
ainsi
L.
Cornélius
Scipion
est
le
premier
des
géné-
raux
romains
qui
passe
en
Asie.
—
Æmilius
Ré-
gillus,
secondé
par
les
Rhodiens,
bat
la
flotte
d'Antiochus
près
de
Myonnèse.
—
Antiochus
fait
prisonnier
le
fils
de
Scipion
l’Africain
et
le
ren-
voie
à
son
père.
—
Manius
Acilius
Glabrion
triomphe
des
Étoliens
et
de
ce
prince
qu'il
avait
chassé
de
la
Grèce.
—
Antiochus
est
vaincu
par
L.
Scipion
avec
le
secours
du
roi
Eumène,
fils
d'Attale
de
Pergame
;
il
obtient
la
paix
à
condi-
tion
d'abandonner
toutes
les
provinces
en
deçà
du
mont
Taurus.
—
On
agrandit
les
états
d'Eu-
mène
en
reconnaissance
de
Ja
part
qu'il
a
prise
à
la
victoire.
—
Les
Rhodiens
reçoivent
aussi
quelques
villes
pour
récompenses
des
secours
qu'ils
ont
donnés
dans
cette
guerre.
—
Colonie
conduite
à
Bologne.
—
Æmilius
Révillus
est
ho-
norédu
triomphe
naval
pour
avoir
vaincu
sur
mer
les
lieutenants
d’Antiochus.
—
L.
Gornélius
Sci-
pion,
qui
avait
terminé
la
guerre
contre
Antio-
chus,
reçoit
le
surnom
d’Asiatique,
comme
la
défaite
d’Annibal
avait
valu
à
Publ.
Scipion,
son
frère,
le
surnom
d’Africain...........
Livre
XXXVIIL.
—
Le
consul
L
Ti.
.
Ambracie,
en
Épire,
et
la
reçoit
à
composition
;
il
soumet
l’île
de
Céphalonie,
achève
la
conquête
ae
TABLE
Pages.
529
567
401
Cr
de
l’Étolie,
et
donne
la
paix
aux
Étoliens.
—
Cn.
Manlius,
son
collègue,
défait
les
Gallo-Grecs,
les
Tolistoboïens,
les
Tectosages
et
les
Troncmiens
qui
étaient
passés
en
Asie,
sous
la
conduite
de
Brennus,
et
qui,
de
tous
les
peuples
en
déçà
du
mont
Taurus,
étaient
les
seuls
qui
ne
reconnus-
sent
pas
la
domination
des
Romains,
—
Leur
origine
et
leur
établissement
en
Asie.
—
Trait
de
courage
et
de
chasteté
d’une
dame
gauloise,
femme
d'Ortiagon,
roi
des
Gallo-Grecs.
Prisonnière
des
Romains,
elle
tue
le
centurion
qui
la
gardait
et
qui
l’avait
déshonorée.
—
Les
censeurs
font
la
clôture
du
lustre
;
le
dénombrement
donne
pour
résultat
deux
cent
cinquante-huit
mille
trois
cent
vingt-huit
citoyens
romains.
—
Traité
d'alliance
avec
Ariarathe
,
roi
de
Cappadoce.,
—
Cn.
Man-
lius
plaide
sa
cause
devant
le
sénat
,
et
obtient
les
honneurs
du
triomphe
,
malgré
l'opposition
des
dix
commissaires,
de
l'avis
desquels
il
avait
con-
clu
la
paix
avec
Antiochus.
—
Scipion
l’Africain
est
mis
en
cause
par
le
tribun
Q.
Pétilius,
et,
se-
lon
d’autres,
par
le
tribun
Névius,
qui
l’accuse
d'avoir
détourné
à
son
profit
une
partie
du
butin
tait
sur
Antiochus.
Le
jour
de
l’assignation,
ap-
pelé
à
la
tribune,
il
s’écrie:
«
Romains,
c’est
à
pareil
jour
que
j'ai
vaincu
Carthage
»
eten
des-
cend
pour
marcher
au
Capitole,
où
le
peuple
le
suit
en
foule.
De
là,
pour
n’être
plus
en
butte
aux
poursuites
des
tribuns,
il
se
retire
à
Literne,
où
il
passe
le
reste
de
ses
jours
dans
un
exil
volon-
taire.
On
ne
sait
cependant
s’il
ne
mourut
pas
à
Rome
;
car
on
voit
son
tombeau
dans
les
deux
endroits.
—Scipion
l’Asiatique,
accusé
de
péculat,
comme
san
frère,
et
condamné,
est
sur
le
point
d'être
conduit
en
prison,
lorsque
le
tribun
Tibé-
rius
Gracchus
,
ennemi
de
Scipion,
l'arrache
aux
licteurs
;
la
main
de
la
fille
de
Scipion
l’Afri-
cain
est
la
récompense
de
ce
service.
—
Les
questeurs,
chargés
de
saisir
les
biens
de
L.
Sci-
pion
pour
indemniser
le
trésor
public,
non-seu-
lement
ne
trouvent
aucune
trace
de
l’argent
du
roi,
mais
ne
peuvent
même
tirer
de
la
vente
de
set
effets
l’amende
à
laquelle
il
était
condamné.
Ses
parents
et
ses
amis
lui
offrent
à
frais
communs
une
somme
considérable
;
il
la
refuse
et
se
con-
tente
de
faire
racheter
ce
qui
lui
est
nécessaire
pour
vivre.
ss
ventes.
eee
se
LIVRE
XXXIX.
—
Le
Coral
Émilius
réduit
les
Li-
guriens,
conduit
le
grand
chemin
de
Plaisance
jus-
qu’à
Rimini,
et
le
joint
à
la
voie
Flaminia.
—
L'armée
victorieuse
de
l’Asie
introduit
le
luxe
à
Rome.
—
Toute
la
partie
de
la
Ligurie
située
en
decà
de
l’Apennin
reconnaît
la
domination
ro-
maine.
—
Les
Bacchanales,
solennités
nocturnes
empruntées
des
Grecs,
deviennent
le
rendez-vous
de
tous
les
forfaits,
et
dépénèrent
en
une
associa-
tion
criminelle
et
menaçante.—
Le
consul,
après
une
enquête
rigoureuse,
arrête
le
mal
par
la
pu-
nition
d’un
grand
nombre
de
coupables.
—
Les
censeurs
L.
Valérius
Flaccus
et
M.
Porcius
Ca-
ton,
recommandables
comme
guerriers
etcomme
citoyens,
excluent
du
sénat
L..
Quinctius
Flami-
Pages,
418
uinus,
frère
de
T.
Quinctius.
Son
crime
était
d’avoir,
lors
de
son
commandement
consulaire
>
selon
les
uns,
tué
de
sa
propre
main
un
Gauloisau
milieu
d'un
repas,
à
la
prière
d’une
jeune
débau-
chée
qu'il
aimait;
et,
selon
les
autres
,
tranché
la
tête
à
un
homme
condamné
à
mort,
pour
faire
plaisir
à
une
courtisane
dont
il
était
amoureux.
—
Le
discours
que
Caton
prononce
à
cette
occa-
sion
s’est
conservé
jusqu'à
nos
jours.
—
Mort
de
Scipion
à
Literne.—Par
un
jeu
bizarre
de
la
for-
tune,
qui
semble
avoir
voulu
placer
à
la
même
époque
la
fin
des
deux
plus
grands
capitaines,
An-
nibal
S’empoisonne
pour
ne
pas
tomber
au
pou-
voir
des
Romains,
à
qui
Prusias,
roi
de
Bithynie,
était
sur
le
point
de
le
livrer,
à
la
sollicitation
de
T.
Quinctius,
envoyé
pour
demander
qu’on
le
remît
entre
ses
mains
—
Philopæmen
,
chef
des
Achéens,
est
fait
prisonnier,
et
emprisonné
par
les
Messéniens.
—
Colonies
établies
à
Pollentia
5
à
Pisaure,
à
Modène
et
à
Parme.
—
Expédition
heureuse
contre
les
Celtibériens.
—
Causes
et
principes
de
la
guerre
de
Macédoine;
le
principal
grief
de
Philippe
est
son
dépit
contre
les
Romains
qui
resserrent
chaque
jour
l'étendue
de
ses
do-
maines’et
l’oblisent
d'évacuer
la
Thrace
et
d'au-
tres
contrées...
Livre
XL.
—
Philippe
donne
ordre
de
rechercher
et
de
mettre
à
mort
les
enfants
des
nobles
qu'il
avait
fait
jeter
dans
les
fers.
—
Théoxène,
crai-
gnant
pour
les
siens,
et
pour
ceux
de
sa
sœur,
en-
core
en
bas
âge
,
l’infâme
lubricité
de
ce
prince,
leur
présente
le
fer
ct
Je
poison,
et
leur
persuade
d'éviter,
par
une
mort
volontaire,
les
outrages
qui
les
menacent,
etse
précipité
après
eux
dans
la
mer
avec-son
époux.
—
Haineet
débats
violents
de
Persée
et
de
Démétrius,
fils
de
Philippe,
roi
de
Macédoine,
—
Démétrius,
faussement
accusé
par
son
frère
d'avoir
attenté
à
la
vie
de
son
père
,
et
de
vouloir
le
détrôner,
est
empoisonné
comme
ami
des
Romains,
et
sa
mort
assure
à
Persée
la
succession
de
Philippe.
—
Heureux
succès
des
ar-
mes
romaines
en
Ligurie,
en
Espagne
et
contre
les
Ceitibériens.
—
Des
laboureurs
trouvent
dans
le
champ
du
greffier
L.
Pétilius,
au
bas
du
Janicule,
les
livres
grecs
et
latins
de
Numa
Pompilius,
en-
sModeons
are
rimerereleress
ste
ete
ee
ss...
fermés
dans
un
coffre
de
pierre.
Comme
ils
con-
tenaient
des
choses
qui
pouvaient
nuire
aux
prati-
ques
relisieuses,
le
préteur,
entre
les
mains
du-
quel
ils
avaient
été
remis,
jure
au
sénat
qu’on
ne
peut,
sans
danger
pour
l’état,
les
lire
ou
lesgar-
der.
Sur
sa
déclaration
,
en
vertu
d'un
sénatus-
consulte,
ils
sont
brûlés
dans
la
place
des
comi-
ces.—
Colonie
conduite
à
Aquilée.
—
Douleur
de
Philippe,
qui
reconnaît
l'innocence
de
Démé-
trius
;
il
forme
le
projet
de
punir
le
calomniateur
et
de
laisser,
à
l'exclusion
de
Persée
;
Antisone,
son
ami,
héritier
de
sa
couronne
;
mais,
con-
sumé
de
chagrins,
il
est
prévenu
par
la
mort,
et
Persée
monte
sur
le
trône.
...,.......
Livre
XLI.
—
Extinction
du
feu
sacré
dans
le
temple
de
Vesta.
—
Les
Celtibériens
sont
vaincus
étsoumis
par
Tib.
Sempronius
Gracchus.
Ge
gé=
Pages.
497
DES
MATIÈRES.
néral
fonde
en
Espagne
la
ville
de
Gracchuris
comme
un
monurnent
de
ses
victoires.
—
De
son
côté
le
proconsul
Albinus
réduit
les
Vaccéens
ct
les
Lusitaniens.
Tous
deux
obtiennent
à
leur
tour
les
honneurs
du
triomphe,
—
Antiochus,
fils
d'An-
tiochus-le-Grand,
que
son
père
avait
donné
en
otage
aux
Romains,
est
renvoyé
de
Rome
en
Syrie
pour
y
régner
à
la
place
de
son
frère
Séleucus,
mort
après
avoir
succédé
à
son
père.
—
Ce
prince
élève
aux
dieux
des
temples
magnifiques,
entre
autres
celui
de
Jupiter
Olympien
,
à
Athènes.
et
de
Jupiter
Capitolinus,
à
Antiochie
;
mais
il
avilit
d’ailleurs
la
majesté
du
rang
suprême
par
sa
con-
duite.
—
Clôture
du
lustre;
les
censeurs
y
trou-
vent
deux
cent
soixante-treize
mille
deux
cents
quarante-quatre
chefs
de
famille,
—
Loi
portée
sur
Ja
proposition
du
tribun
du
peuple
Q.
Voco-
nius
Saxa
,
laquelle
défend
d'instituer
une
femme
pour
héritière.
—
M.
Caton
l’appuie
par
une
ha-
rangue
conservée
jusqu'à
nos
jours.
-—
Avantages
remportés
par
divers
généraux
sur
les
Liouriens,
les
Istriens,
les
Sardes
et
les
Celtibériens.
—
Commencement
de
la
guerre
de
Macédoine.
—
Intrigues
de
Persée
,
fils
de
Philippe
;
il
envoie
à
Carthage
uneambassade,
qui
obtient
une
audience
nocturne,
et
tente
en
même
temps
de
soulever
plusreursvilles
de
lGrèce
72.72
Livre
XLII.
—
Le
censeur
Q.
Fulvius
Flaccus
dé-
pouille
le
temple
de
Junon
Lacinia
du
toit
de
mar-
bre
qui
le
couvrait
pouren
revêtir
celui
dont
ilavait
fait
la
dédicace.
Un
sénatus-cunsulte
l’oblige
de
le
rétablir.
—
Eumène,
roi
d'Asie,
vient
au
sénat
se
plaindre
de
Persée,
roi
de
Macédoine.
Sur
l’ex-
posé
des
outrages
que
ce
prince
a
faits
au
peuple
romain,
on
lui
déclare
la
ouerre.
Le
consul
P.
Licinius
Crassus,
chargé
de
la
conduire,
passe
en
Macédoine
,
tente
quelques
entreprises
peu
im-
portantes
,
et
livre
de
légers
combats
de
cavalerie,
où
Pertée
a
l'avantage.
—
Le
sénat
donne
un
jour
à
Masinissa
et
aux
Carthapinois,
afin
de
terminer
leur
démêlé,
au
sujet
d’un
territoire
en
litige.
—
Des
ambassades
sont
envoyées
aux
rois
et
aux
villes
alliées
pour
les
engager
à
rester
fidèles.
—
Les
Rhodiens
sont
incertains.
—
Clôture
du
lu-
stre.
—
Les
censeurs
y
trouvent
deux
cent
cin-
quante-sept
mille
deux
cent
trente
etun
citoyens.
—
Avantages
remportés
sur
les,
Corses
et
les
Li-
GUDIENS
se
Livre
XLIII.
—
Condamnation
de
préteurs
coupa-
bles
d'avanies
et
de
cruauté.
—
Le
proconsul
P.
Licinius
Crassus
se
rend
maître
de
plusieurs
villes
de
Grèce,
et
y
fait
un
horrible
pillage.
—
Décret
dn
sénat
,
qui
remet
en
liberté
les
captifs
que
ce
pé-
néral
avait
fait
vendre
à
l’encan.—Violences
exer-
cées
contre
les
alliés
par
les
commandants
des
flottes
romaines.
—
Avantases
de
Persée
en
Thrace;
vainqueur
des
Dardaniens,
il
fait
des
conquêtes
en
Illyrie
sur
le
roi
Gentius.
—
La
mort
d'Olonicus
apaise
les
troubles
qu'il
avait
excités
en
Espagne.
—
Les
censeurs
nomment
M.
Æmilius
Lépidus
prince
du
sénat.
.........
Livre
XLIV.
—
Q.
Marcius
Fhilippus
pénètre
en
XI
Pages,
586
647
667
XII
‘«
Macédoine
par
des
défilés
presque
impraticables,
et
s’y
rend
maître
de
plusieurs
villes,
—
Ambas-
gade
des
Rhodiens,
qui
menacent
de
se
déclarer
en
faveur
de
Persée,
si
le
peuple
romain
refuse
de
faire
la
paix
avec
lui
:
cette
démarche
excite
la
plus
vive
indignation.—
L'année
suivante
la
con-
duite
de
cette
guerre
est
confiée
à
Paul
Émile,
consul
pour
la
seconde
fois.
Ce
général
prie
les
dieux,
en
pleine
assemblée,
de
faire
retomber
sur
sa
maison
tous
les
malheurs
dont
l’état
est
menacé.
Xl
part
pour
la
Macédoine,
remporte
sur
Persée
une
victoire
éclatante,
et
soumet
tous
Ses
états.—
Avant
la
bataille
le
tribun
C.
Sulpicius
Gallus
prévient
les
soldats
d’une
éclipse
de
lune
qui
doit
arriver
la
nuit
suivante,
afin
qu'elle
ne
leur
cause
aucun
effroi.
—
Hostilités
de
Gentius,
roi
d'Illy-
rie.
Battu
par
le
préteur
Anicius
,
il
se
livre
avec
sa
femme,
ses
enfants
et
ses
proches,
entre
les
mains
de
ce
général
qui
l'envoie
à
Rome.
—
Am-
bassade
des
rois
Ptolémée
et
Cléopâtre,
pour
se
plaindre
de
la
guerre
que
leur
fait
Antiochus,
roi
de
Syrie.
—
Persée
tente
d'engager
dans
son
parti
Eumène,
roi
de
Pergame,
et
Gentius,
roi
d'Il-
Puges:
lyrie
;
mais
son
avarice
le
prive
de
secours
qu'il
.
:
Jui
faudrait
acheter
par
des
subsides.
.........
Livre
XLV.—
Émilius
fait
Persée
prisonnier
dans
l’île
de
Samothrace.—
Antiochus
assiége
Alexan-
drie,
où
sont
renfermés
Ptolémée
et
Cléopâtre,
rois
d'Égypte.—Des
ambassadeurs
romains
vien-
nent,
au
nom
du
sénat,
lui
intimer
l’ordre
de
687
TABLE
DES
MATIÈRES.
lever
le
siége.
Antiochus
répond
qu'il
en
délibé-
rera
avec
son
conseil.Alors
Popillius,
l’un
des
am-
bassadeurs,
trace
un
cercle
autour
du
roi,
avec
la
baguette
qu'il
tenait
à
la
main,
et
lui
défend
d’en
sortir
avant
d’avoir
fait
une
réponse
positive.
Ce
langage
impose
au
prince,
qui
cesse
toutes
les
hostilités.
—
Le
sénat
reçoit
les
députations
des
peuples
et
des
rois
qui
viennent
le
féliciter,
mais
refuse
de
donner
audience
aux
ambassadeurs
de
Rhodes,
qui,
dans
cette
guerre,
s'étaient
déclarés
contre
le
peuple
romain.
—
Le
jour
suivant
on
propose
de
faire
la
guerre
à
cette
république
;
les
envoyés
sont
admis
à
plaider
sa
cause
et
con-
gédiés
sans
savoir
si
on
les
regarde
comme
en-
nemis
ou
comme
alliés.
—
La
Macédoine
est
ré-
duite
en
province
romaine.—Émilius
Paullus
ob-
tient
les
honneurs
du
triomphe,
en
dépit
de
ses
soldats,
irrités
d’avoir
eu
trop
peu
de
part
au
bu-
tin,
et
malgré
l'opposition
de
Servius
Sulpicius
Galba.
—
Persée
et
ses
trois
fils
marchent
devant
son
char.
Mais
la
joie
du
vainqueur
est
troublée
par
la
mort
de
deux
de
ses
fils,
dont
le
premier
meurt
avant
et
le
second
après
le
triomphe
de
son
père.—
Clôture
du
lustre.
Les
censeurs
trou-
vent
trois
cent
douze
millequatre-vingts
citoyens.
—Prusias,
roi
de
Bithynie,
vient
à
Rome
féliciter
le
sénat
de
la
victoire
remportée
sur
Persée,
et
lui
recommande
son
fils
Nicomède.
—
Basse
adula-
tion
de
ce
prince,
qui
se
dit
l’affranchi
du
peu-
ple
romain.:...........:
Dos
ssves
sp
res
ce
se
Pages,
COOCO0S000000900000909090080809682S00000005559088
HISTOIRE
LIVRE
VINGT-SEPTIÈME.
SOMMAIRE.
—
Le
proconsul
Gn.
Fulvius
un
avantage
contre
celui-ci
auprès
de
N
ROMAINE.
.
AUX
72e
est
défait
par
Annibal
près
d'Herdonée.
—
Le
consul
Marcellus
obtient
umistron
d'où
il
se
retire
à
la
faveur
de
la
nuit.
—
Marcellus
le
poursuit
dans
sa
retraite
et
le
force
à
se
battre.
—
Vaincu
dans
la
première
action,
il
est
vainqueur
dans
les
dernières.
__
Fabius
Maximus
reprend,
dans
sen
Co
En
Espagne,
Scipion
combat
Asdrubal,
les
prisonniers
se
trouve
un
]
présents.
—
Les
consu
tombent
dans
une
embuscade
qu’Anniba
proconsul
L.
Sulpicius
contre
Philippe
et
les
Achéens.
des
citoyens
monte
à
cent
trente
sept-mi
de
combats
malheureux
avaient
coûtées
à
la
po
pour
faire
sa
jonction
avec
À
et
Claud.
Néron.
—
La
batai
avait
quitté
son
camp
sans
que
l
pour
se
réunir
à
son
collègue,
assure
Ja
défaite
d’
I.
Telle
était
la
situation
des
affaires
en
Espa-
gne.
En
Italie,
le
consul
Marcellus
reprit
Salapie
par
trahison,
et
enleva
de
force
aux
Samnites
Ma-
ronée
et
Mélès.
Il
y
surpritles
trois
mille
hommes
qu'Annibal
y
avait
laissés
en
garnison.
Le
butin,
assez
considérable,
fut
abandonné
au
soldat.
On
trouva
de
plus
deux
cent
quarante
mille
bois-
seaux
de
froment
et
cent
dix
mille
d'orge.
Au
reste,
la
joie
d'un
tel
succès
ne
balança
pas
le
dés-
astre
éprouvé
peu
de
jours
après
non
loin
d'Her-
donée.
Le
proconsul
Cn.
Fulvius
avait
résolu
de
reprendre
cette
place
qui
avait
abandonné
le
parti
des
Romains
après
la
journée
de
Cannes;
il
LIBER
VICESIMUS
SEPTIMUS.
I.
Hic
status
rerum
Hispaniæ
erat.
{In
Italia
consul
Marcellus,
Salapia
per
proditionem
recepta,
Maroneam
et
Meles
de
Samnitibus
vi
cepit.
Ad
tria
millia
militum
ibi
Annibalis,
quæ
præsidii
causa
relicta
erant,
oppressa.
Præda
(et
aliquantum
ejus
fuit)
militi
concessa.
Tritici
quoque
ducenta
quadraginta
millia
modium,
et
centum
decem
millia
hordei
inyenta.
Ceterum
nequaquam
inde
-tantum
gaudium
fuit,
quanta
clades
intra
paucos
dies
ac-
Ho
usulat
,
Tarente
au
moyen
des
intelligences
qu’il
avait
dans
la
place.
—
fils
d'Hamilcar,
auprès
de
Bécula,
et
remporte
la
victoire.
—
Parmi
jeune
prince
d’une
rare
beauté,
neveu
de
Masinissa.
—
Scipion
le
renvoie
comblé
de
ls
CL.
Marcellus
et
T.
Quintius
Crispinus,
sortis
de
leur
camp
pour
faire
une
reconnaissance,
]
leur
a
dressée.
—
Marcellus
y
périt,
Crispinus
échappe.
—
Exploits
du
Les
censeurs
font
la
clôture
du
lustre,
et
le
dénombremient
lle
cent
huit
chefs
de
famille.—Ce
résultat
fait
connaître
les
pertes
que
tant
pulation
de
Rome.—Asdrubal
passe
les
Alpes
avec
une
armée
nouvelle
nnibal;
il
est
défait
et
tué
avec
cinquante-six
mille
hommes
par
les
consuls
M.
Livius
lle
se
livre
sous
les
auspices
de
Livius,
mais
G.
Néron
qui,
ayant
Annibal
en
tête,
ennemi
se
fût
aperçu
de
ce
mouvement,
ef
était
venu
avec
l'élite
de
son
armée
Asdrubal
et
a
la
plus
grande
part
de
la
gloire
de
cette
journée.
campait
aux
environs
,
mais
dans
une
position
peu
sûre
et
mal
gardée.
Son
incurie
naturelle
s'aug-
mentait
de
la
confiance
que
lui
donnaient
les
dis-
po
itions
des
habitants
à
l'égard
des
Carthaginois,
dispositions
devenues
douteuses
depuis
qu’on
sa-
vait
qu'Annibal,
après
la
perte
de
Salapie
,
était
passé
de
ces
contrées
dans
le
Brutium.
Des
émis-
saires,
partis
secrètement
d'Herdonée,
averti-
rent
Annibal;
il
songea
à
conserver
une
ville
al-
liée,
et
se
flatta
de
surprendré
un
imprudent
en-
nemi.
Il
partit
sans
bagages;
afin
de
prévenir
même
le
bruit
de
sa
marche,
et
s'avança
à
grandes
jour-
nées
vers
Herdonée;
pour
inspirer
plus
de
crainte
cepta
est,
haud
procul
ab
Herdonea
urbe.
Castra
ibi
Cn.
Fulvius
proconsul
habebat,
spe
recipiendæ
Herdo-
neæ
,
quæ
post
Cannensem
cladem
ab
Romanis
defecerat,
nec
loco
satis
tuto
posita,
nec
præsidiis
firmata.
Negli-
gentiam
insitam
ingenio
ducis
augebat
spes
ea,
quod
labare
iis
adversus
Pœnum
fidem
senserat,
postquam,
Salapia
amissa,
excessisse
his
locis
in
Bruttios
Anniba-
lem
auditum
est.
Ea
omnia
,
ab
Herdonea
per
occullos
nuntios
delata
Annibali,
simul
curam
sociæ
retinendæ
ur-
bis,
et
spem
fecere
incautum
hostem
aggrediendi.
Exer
1
2
a
TITE-
à
l'ennemi,
il
se
présenta
en
ordre
de
bataille.
Le
général
romain
ne
manqua
point
de
courage,
mais
il
était
moins
habile
et
avait
moins
de
forces;
il
sortit
en
toute
hâte
à
la
têle
de
ses
troupes
et
accepta
le
combat
:
la
cinquième
légion
et
Ja
ea-
valerie
de
la
gauche
commencèrent
vigoureuse-
ment
l'attaque.
Annibal
enjoignit
à
ses
cavaliers
de
profiter
du
momentoù
l'infanterie
serait tout
entière
engagée
au
fort
de
la
mêlée,
pour
tourner
Varmée
romaine
et
fondre,
les
uns
sur
le
camp,
les
autres
sur
les
derrières
des
combattants.
Puis,
rappelant
l'avantage
obtenu,
deuxans
auparavant,
sur
le
préteur
Cn.
Fulvius,
de
l'identité
du
nom
il
concluait
à
celle
du
succès.
Gelte
espérance
ne
fut
point
déçue.
Les
Romains,
malgré
la
perte
considérable
qu'ils
avaient
faite
dans
cette
mêlée
d'infanterie,
n’avaient
pas
encore
quitté
leurs
rangs
ni
leurs
enseignes;
mais
le
bruit
de
la
ca-
valerie
qui
arrivait
par
derrière
et
les
cris
que
poussaient
les
ennemis
du
côté
du
camp
jetèrent
le
trouble
parmi
eux.
La
sixième
légion,
qui
for-
mait
la
seconde
ligne,
fut
enfoncée
la
première
par
les
Numides
;
elle
entraîna
bientôt
,
dans
sa
déroute,
la
cinquième
légion
et
toute
Ja
première
ligne.
Les
uns
purent
fuir,
Îles
au-
tres
furent
tués
sur
place
;
parmi
les
morts
se
trouvaient
le
proconsul
lui-même
et
onze
tribuns
militaires.
11
serait
difficile
d'évaluer
avec
certi-
tude
la
perte
des
Romains
et
des
alliés:
les
uns
Ja
font
monter
à
treize
mille
hommes,
les
autres
n'en
comptent
pas
plus
de
sept
mille.
Le
camp
et
le
butin
tombèrent
au
pouvoir
des
vainqueurs.
Annibal,
nc
doutant
pas
qu'Herdonée
se
füt
don-
cilu
expedito,
ita
ut
famam
prope
præveniret,
magnis
itineribus
ad
Herdoneam
contendit,
et,
quo
plus
terroris
hosti
objiceret,
acie
instructa
accessit.
Par
audacia
Ro-
manus,
consilio
et
viribus
impar,
copiis
raptim
educlis
,
conflixit.
Quinta
legio
et
sinistra
ala
acriter
pugnam
in-
ierunt.
Ceterum
Annibal,
signoequiiibus
dato,
ut,
quum
pedestres
acies
occupassent
præsenti
certamine
oculos
animosque,
cireumyecti,
pars
castra
hostium,
pars
terga
trepidantium
invaderent,
ipsein
Fulvi
similitudinem
no:
minis,
quod
Cn.
Fulvium
prætorem
biennio
ante
in
iis-
dem
devicerat
locis,
increpans,
similem
eventum
pugnæ
fore
affirmabat.
Neque
ea
spes
vana
fuit.
Nam,
quum
Co-
minus
acie
et
peditum
certamine
multi
cecidissent
Roma-
norum,
starent
tamen
ordines
signaque,
equestris
a
fergo
tumultus,
simul
a
castris
clamor
hostilis
auditus
,
sextæm
ante
lepionem,
quæ,
in
secunda
acie
posita,
prior
ab
Nurmidis
turbata
est,
quintam
deinde
atque
eos,
qui
ad
prima
signa
erant,
avertit.
Pars
in
fogam
effusi,
pars
in
medio
eæsi
:
ubi
et
ipse
Cn.
Fulvius
cum
undecim
tri-
bunis
militum
cecidit.
Romanorum
sociorumque
quoi
cæsa
in
eo
prælio
millia
sint,
quis
pro
certo
affirmet
?
quum
tredecim
millia
alibi,
alibi
haud
plus,
quam
se-
ptem,
inveniam,
Castris
prædaque
victor
potitur.
Her-
dongam
quia
ct
defecturam
fuisse
ad
Romanos
comperit,
=
LIVE.
née
aux
Romains,
en
transporta
les
habitanés
à
Métaponte
et
à
Thurium,
et
la
brüls.
11
ft
mourir
les
principaux
citoyens
dont
les
intelligences
sc-
crètes
avec
Fulvius
furent
prouvées.
Ceux
des
Romains
qui
échappèrent
à
un
si
grand
désastre
s’enfuirent
à
demi
désarmés
par
diverses
routes,
et
allèrent
rejoindre
le
consul
Marcellus
dans
le
Samnium.
:
11.
Marcellus
ne
parut
point
effrayé
de
ce
re-_
vers;
il
annonça,
dans
une
lettre
au
sénat,
la
perte
du
proconsul
ct
de
son
armée
exterminée
à
Herdonée
:
«
Quant
à
lui,
ajoutait-il,
qui
avait
su
rabattre
l'orgueil
d’Annibal
après
sa
victoire
de
Cannes,
il
marchait
contre
ce
général,
et
il
mettrait
un
terme
aux
transports
de
sa
joie.»
À
Rome,
cependant,
les
souvenirs
douloureux
du
passé
redoublaient
les
craintes
pour
l'avenir.
Le
consul
passa
du
Samnium
en
Lucanie,
et
alla
camper
en
face
d’Annibal,
dans
la
plaine
de
Nu-
mistron,
que
dominait
une
hauteur
occupée
par
le
Carthaginois.
Pour
montrer
une
confiance
plus
erande
en
lui-même,
ils’avança
le
premier
en
or-
dre
de
bataille.
Annibal
ne
recula
pas
à
la
vue
des
enseignes
qui
sortaient
du
camp.
Voici
quelle
était
la
disposition
des
armées
:
les
Carthaginoïs
avaient
leur
droite
échelonnée
sur
la
colline;
la
gauche
des
Romains
s'appuyaitsur
la
ville.
Onse
battit
depuis
la
troisième
heure
du
jour
jusqu’à
la
nuit.
Les
pre-
mières
lignes
étaient
harassées
:
c’étaient,
du
côté
des
Romains,
la
première
légion
et
la
cavalerie
de
la
droite;
du
côté
d’Annibat,
les
troupes
espa-
gnoles,
les
frondeursbaléaresetleséléphants
qu'on
avait
fait
avancer
au
milieu
de
l’action.
La
victoire
nec
mansuram
in
fide,
si
inde
abscessisset,
multitudine
omni
Metapontum
ac
Thurios
traducta
,
incendit
:
occidif
principes,
qui
cum
Fulvio
colloquia
occulta
habuisse
comperti
sunt.
Romani,
qui
ex
tanta
clade
evaserant,
diversis
itineribus
semiermes
ad
Marcellum
consulemin
Samnium
perfugerunt,
II.
Marcellus,
nihil
admoëum
tanta
clade
territus,
li-
teras
Romam
ad
senatum
de
duce
et
exercitu
ad
Herdo-
neam
amisso
scribit.
«
Ceterum,
eumdem
se,
qui
posé
Canuensem
pugnam
ferocem
victoria
Annibalem
contu=
disset,
ire
adversus
eum,
brevem
illi
lætitiam
,
qua
ex-
sultet,
facturum.
»
Et
Romæ
quidem
quum
luctus
ingens
ex
præterito,
tum
timor
in
futurum
erat.
Consul
ex
Sa-
mnio
in
Lucanos
transgressus,
ad
Numistronem
in
con-
spectu
Annibalis
loco
plano
,
quum
Pœnus
collem
teneret,
posuit
castra.
Addidit
et
aliam
fidenlis
speciem,
quod
prior
in
aciem
eduxit.
Nec
detrectavit
Annibal,
ut
signa
portis
efferri
vidit.
Ita
tamen
aciem
instruxerunt,
ué
Pœnus
dextrum
cornu
in
collem
erigeret,
Romani
sini-
strum
ad
oppidum
applicarent.
Ab
hora
tertia
quum
ad
noctem
pugnam
extendissent,
fessæque
pugnando
primæ
acies
essent,
ab
Romanis
prima
legio
et
dextra
ala,
ab
*
Annibale
hispani
milites
et
funditor
baliaris,
elephanti
quoque
,
COMMISSO
jam
certamine,
in
prælium
acti.
Dia
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXVIT.
5
fut
longtemps
incertaine.
Alors
la
première
légion
fut
remplacée
par
la
troisième,
et
la
cavalerie
de
la
droite
par
celle
de
la
gauche;
l'ennemi
aussi
fit
relever
par des
soldats
nouveaux
sa
ligne
épuisée.
Le
combat,
qui
commençait
à
languir,
se
ranima
tout
à
coup
avec
acharnement:
c'était
l’ardeur
et
l'énergie
de
troupes
fraîches
;
maison
se
sépara
à
Ja
nuit
sans
que
la
victoire
fut
décidée.
Le
lende-
main,
les
Romains
se
tinrent
sous
les
armes
de-
puis
le
lever
du
soleil
jusque
bien
avant
dans
la
journée.
Comme
aucun
ennemi
ne
se
montrait,
ils
recueillirent
à
loisir
le
butin,
entassèrent
tous
leurs
morts
en
un
même
endroit
et
les
brülèrent.
La
nuit
suivante,
Annibal
fit
retraite
en
silence
ct
se
dirigea
vers
l’Apulie.
Au
point
du
jour,
Mar-
cellus,
voyant
que
les
énnemis
fuyaient,
laissa
ses
blessés
à
Numistron,
sous
la
garde
d’un
faible
dé-
tachement,
aux
ordres
de
L.
Furius
Purpuréo,
tribun
des
soldats,
et
se
mit
à
la
poursuite
d’An-
nibal.
Il
l’attergnit
à
Venouse:
là,
quelques
jours
se
passèrent
en
escarmouches
d'ayant-postes,
où
se
confondaient
cavalerie
et
infanterie,
avec
beau-
coup
de
bruit
el
peu
de
résultats,
mais
presque
toujours
à
l'avantage
des
Romains.
Les
deux
ar-
mées
parcoururent
ensuite
l’Apulie
sans
aucune
action
mémorable
;
Annibal
levait
son
camp
la
nuit,
méditant
toujours
quelque
surprise;
Mar-
vellus
ne
le
suivait
qu’en
plein
jour
et
après
avoir
exploré
la
roule.
=
III.
Cependant,
à
Capoue,
Flaccus
s’occupait
de
vendre
les
biens
des
premiers
de
la
ville
et
d’affermer
les
terres
confisquées
:
il
les
afferma
toutes,
moyennant
une
redevance
en
blé.
Pour
pugna
neutro
inclinata
stetit,
Primæ
legioni
tertia,
dex-
træ
alæ
sinistra
subit,
et
apud
hostes
integri
a
fessis
pugnam
accepere.
Novunr
aique
atrox
prϾlium
ex
tam
segni
repente
exarsit,
recentibus
animis
corporibusque
;
sed
nox
incerta
victoria
diremit
pugnantes.
Postero
die
Romani
ab
sole
orto
in
multum
diei
stetere
in
acie
:
ubi
nemo
hostium
adversus
prodiit,
spolia
per
otium
legere,
et
congestos
in
unum
Jocum
eremayere
suos.
Nocte
in-
sequenti
Annibal
silentio
movit
castra,
ef
in
Apuliam
abiit
:
Marcellus,
uhi
lux
fugam
hostium
aperuit,
sauciis
eum
præsidio
modico
Numistrone
relictis
,
præpositoque
his
L.
Furio
Purpureone
tribuno
militum,
vestigiis
in-
-stitit
sequi.
Ad
Venusiam
adeptus
eum
est.
Ibi
per
dies
aliquot
quum
ab
stationibus
procursaretur,
mixta
equi-
tum
peditumque
tumultuosa
magis
prælia,
quam
magna,
et
ferme
omnia
Romanis
secunda
fuerunt.
Inde
per
Apu-
liam
ducti
exercitus
sine
ullo
memorando
certamine:;
quum
Annibal
nocte
signa
moveret
,
locum
insidiis
quæ-
rens,
Marcellus,
nisi
certa
luce,
et
explorato
anfe,
non
sequeretur.
IIT.
Capuæ
interim
Flaccus
dum
bonis
principum
ven-
dendis
,
agro,
qui
publicatus
fuerat,
locando
(locavit
au-
tem
omnem
frumento)
tempus
terit:
ne
deesset
materia
in
Campauos
sæviendi,
noyum
in
occulto
gliscens
per
in-
justifier
de
nouvelles
rigueurs
contre
les
Campa-
niens,
il
se
fit
mettre
sur
la
trace
d’un
nouveau
complot,
tramé
dans
l'ombre.
Il
avait
défendu
à
ses
soldats
de
se
loger
dans
la
ville,
afin
de
pou-
voir
affermer
les
maisons
aussi
bien
que
les
terres,
et
d'éviter
que
les
délices
de
cette
voluptueuse
cité
n’énervassent
son
armée
comme
celle
d'An-
nibal
;
il
les
avait
forcés
à
construire
eux-mêmes
des
cabanes
militaires
près
des
portes
et
des
mu-
railles.
La
plupart
étaient
de
claies
ou
de
plan-
ches,
quelques-unes
de
roseaux
entrelacés
;
toutes
élaient
couvertes
de
chaume,
et
comme
fuites
ex-
près
pour
brûler.
Cent
soixante-dix
Campaniens
étaient
entrés
dans
un
complot,
formé
par
les
frères
Blosius,
pour
les
incendier
toutes
la
nuit,
à
la
même
heure.
La
conjuration
fut
dénoncée
par
des
gens
de
la
maison
des
Blosius
;
aussitôt
le
proconsul
fit
fermer
les
portes
et
ordonna
à
ses
soldats
de
prendre
les
armes;
on
arrêta
les
coupa-
bles;
on
poussa
l'affaire
avec
vigueur
et
ils
furent.
tous
condamnés
et
exécutés.
Les
dénonciateurs
reçurent
la
liberté
et
dix
mille
sesterces
par
tête.
Les
habitants
de
Nucérie
et
d’Acerre
se
plaignaient
d'être
sans
demeures,
depuis
qu'un
incendie
avait
presque
entièrement
détruit
Acerre,
et
que
Nucérie
était
ruinée.
Fulvius
les
renyoya
au
sé-
nat.
On
permit
aux
Acerrans
de
relever
les
édifices
brülés
;
les
Nucériens
furent
transportés
à
Atella,
suivant
leurs
désirs,
et
la
population
de
cette
ville
eut
ordre
d’émigrer
à
Calatie.
Au
milieu
de
cette
foule
d'événements
heureux
ou
malheureux
qui
préoccupaient
tous
les
esprits,
on
n’oublia
point
la
citadelle
de
Tarente.
M.
Ogulnius
et
dicium
protractum
est
facinus.
Milites
ædificiis
emotos,
simul
ut
cum
agro
tecta
urbis
fruenda
locarentur,
simul
metuens,ne
suum
quoque
exercitum,
sicut
Annibalis,
pimia
urbis
amϾnitas
emolliret,
in
portis
murisque
sibi-
mef
ipsos
tecta
militariter
coegerat
ædificare,
Erant
au-
tem
pleraque
ex
cratibus
aut
tabulis
facta,
alia
arundine
texta,
stramento
intecta
omnia,
velut
de
industria,
ali-
mentis
ignis.
Hæc
noctis
una
hora
ut
omnia
inceuderent,
centum
septuaginta
Campani,
principibus
fratribus
B'o-
siis,
conjuraverant.
Indicio
ejus
rei
ex
familia
Blosiorum
facto
,
portis
repente
jussu
proconsulis
clausis,
quum
ad
arma
signo
dato
milites
concurrissent
;
comprehensi
omnes,
qui
in
noxa
erant,
et,
quæstione
acriter
habita,
dampati
necatique
:
indicibus
libertas,
et
æris
dena
mil-
Hia
data.
Nucerinos
et
Acerranos
quærenies,
ubi ha-
bitarent,
non
esse,
Acerris
ex
parte
incensis,
Nuceria
deleta,
Romam
Eulvius
ad
senatum
mi.it.
Acerranis
per-
missum,
ut
ædificarent,
quæ
incensa
erant
:
Nucerini
Atel-
lam
,
quiaid
maluerant,
Atellanis
Galatiam
migrare
jussis,.
traducü.
Inter
multas
magnasque
res,
quæ,
nunc
se-
cundæ,
nunc
adyersæ
,
occupabant
cogitationes
hominum,
ne
Tarentinæ
quidem
arcis
excidit
memoria.
M.
Ogul-
nius
et
P.
Aquillius
in
Etruriam
legati
ad
frumentum
coemendum,,qued
Tarentum
portaretur,
profecti
;
et
5
Â
TITE-LIVE.
P.
Aquillius,
quéon
avait
envoyés
en
Étrurie
pour
acheter
le
blé
destiné
à
cette
citadelle,
partirent
de
Rome
;.on
détacha
en
même
temps
mille
sol-
dats
de
l'armée
de
la
ville,
tant
Romains
qu'alliés,
pour
aller
tenir
garnison
à
Tarente.
1Y.
Déjà
la
campagne
touchait
à
sa
fin,
et
les
comices
consulaires
approchaient;
mais,
dans
ses
lettres,
Marcellus
affirmant
qu'il
ne
pouvait,
sans
danger
pour
la
chose
publique,
suspendre
son
ar-
dente
poursuite
ni
abandonner
la
trace
d’Annibal
toujours
fuyant
,
toujours
refusant
le
combat,
le
sénat
se
trouvait
dans
la
fâcheuse
alternative
où
d'enlever
à
la
guerre
un
consul
dont
les
OpÉra-
tions
étaient
si
brillantes,
ou
de
ne
point
nommer
de
consuls
pour
l’année
suivante.
On
aima
mieux
rappeler
de
Sicile
le
consul
Valérius,
quoiqu'il
fût
hors
de
l'Italie.
L.
Manlius,
préteur
de
la
ville,
lui
écrivit
par
ordre
du
sénat,
et
lui
fit
passer
en
même
temps
la
lettre
du
consul
M.
Marcellus,
pour
lui
apprendre
les
motifs
qui
déterminaient
les
séna-
teurs
à
le
rappeler
plutôt
que
son
collègue.
Vers
la
même
époque,
des
ambassadeurs
du
roi
Syphax
apportèrent
à
Rome
la
nouvelle
des
succès
de
ce
prince
contre
les
Carthaginois
:
«
Leur
maitre,
disaient-ils,
regardait
Carthage
comme
sa
plus
grande
ennemie,
Rome
comme
sa
plus
chère
al-
liée,
Il
avait
déjà,
auparavant,
envoyé
une
dépu-
tation
en
Éspagne,
auprès
des
généraux
romains,
Cn.
et
P.
Cornélius;
et
maintenant
il
allait
cher-
cher,
en
quelque
sorte,
à
sa
source
même
l'amitié
des
Romains.
»
Le
sénat
leur
fit
une
réponse
bien-
veillante,
etenvoya
même
une
ambassadeavec
des
présents
à
Syphax;
elle
se
composait
de
L.Génu-
cius,
P.
Pétélius,
P.
Popilius.
Ils
étaient
chargés
de
mille
milites
de
exercitu
urbano,
par
numerus
Romauo-
rum
sociorumque
,
eodem
in
præsidium
cum
frumento
missi
sunt.
1V.
Jam
æstas
in
exitu
erat,
comitiorumque
consula-
rium
instabat
tempus.
Sed
literæ
Marcelli,
negantis
€
republica
esse,
vestigium
abscedi
ab
Annibale,
cui
ce-
denti
certamenque
abnuenti
gravis
ipse
instaret,
curam
injecerant,
ne
aut
consulem,
{um
maxime
res
agentem,
a
bello
avocarent.
aut
in
annum
consules
deessent.
Opti-
ui
Visum
est
quanquarn
ex{ra
Italiamesset,
Valerium
potius
consulem
ex
Sicilia
revocari.
Ad
eum
literæ
jussu
senatus
ab
L.
Manlio
prætore
urbis
missæ,
cum
literis
consulis
M,
Marcelli
:
ut
ex
iis
nosceret,
quæ
Causa
Pa-
tribus
eum
potius,
quam
collegam,
revocandi
ex
pro-
vincia
esset.
Eo
fere
tempore
legati
ab
rege
Syphace
Romam
venerunt,
quæ
is
prospera
prœlia
cum
Cartha-
giniensibus
fecisset,
memorantes.
«
Regem
nec
inimicio-
rem
ulli
populo,
quam
carthaginiensi,
nec
ariciorem,
quam
romano
affirmabant
esse.
Misisse
eum
antea
lega-
ios
in
Hispaniam
ad
Cn.
et
P.
Cornelios,
imperatores
romanos
:
nunc
ab
ipso
velut
fonte
petere
romanam
amicitiam
voluisse.
»
Senatus
non
legatis
modo
benigue
respondit,
sed
et
ipse
legatos
cum
donis
ad
regem
misit
lui
donner
une
loge
et
une
tunique
de
pourpre,
une
chaise
curule
et
une
coupe
d’or
du
poxis
de
cinq
livres.
Ils
devaient
se
présenter
ensuite
à
la
cour
des
autres
petits
rois
de
l'Afrique,
et
ernpor-
taient,
pour
leur
en
faire
don,
des
robes
prétextes
et
des
coupes
d’or
du
poids
de
trois
livres.
M.
Ati-
lius
et
M.
Acilius
,
députés
à
Ptolémée
et
à
Cléopâtre
,
qui
régnaient
dans
Alexandrie
,
pour
renouveler
et
confirmer
l'alliance
conclue
avec
eux,
devaient
offrir
au
roi
une
toge
et
une
tuni-
que
de
pourpre
avec
une
chaise
curule
;
à
la
reine,
un
manteau
brodé
et
une
robe
de
pourpre.
Pen-
dant
l'été
qui
vit
s’accomplir
ces
événements,
on
annonça
plusieurs
prodiges
arrivés
dans
Îles
villes
et
dans
les
campagnes
voisines.
À
Tusculum
,
un
agneau
était
né
avec
une
mamelle
pleine
de
lait;
le
temple
de
Jupiter
avait
été
frappé
de
la
foudre
et
dépouillé
de
presque
toute
sa
toiture.
À
la
même
époque
environ,
On
avait
vu
la
foudre
tom-
ber
devant
la
porte
d’Anagnie,
et
la
terre
brüler
un
jour
ef
une
nuit
sans
que
rien
alimentât
le
feu
;
au
compitum
d’Anagnie,
des
oiseaux
avaient
abandonné
leurs
nids
sur
des
arbres
du
bois
sa-
eré
de
Diane;
à
Terracine,
dans
la
mer,
non
loin
du
port,
des
serpents
d’une
grandeur
monstrueuse
avaient
bondi
sur
les
eaux
comme
des
poissons
qui
s’ébattent
;
à
Tarquinies,
un
porc
était
né
avec
une
tête
humaine;
et,
sur
le
territoire
de
Ga-
pène,
près
du
bois
sacré
de
Féronie,
quatre
sta-
tues
avaient
été,
pendant
un
jour
et
une
nuit,
bai-
gnées
d’une
sueur
de
sang.
Pour
expier
ces
pro-
diges,
les
pontifes
décrétèrent
limmolation
des
grandes
victimes;
ils
ordonnèrent
un
jour
de
sup-
plications
à
Rome,
devant
tous
les
autels
,
et
un
LE
Genucium,
P.
Pœtelium,
P.
Popilium.
Dona
tulere,
togam
et
tunicam
purpuream,,,
Sellam
eburneam,
pate-
ram
ex
quinque
pondo
auri
factam.
Protinus
et
alios
Africæ
regulos-jussi
adire.
is
quoque
quæ
darentur,
por-
tata,
togæ
prætextæ,
et
terna
pondo
pateræ
aureæ.
Et
Alexandriam
ad
Ptolemæum
Cleopatramque
reges
M.
Ati-
lius
et
M.
Acilius
legati,
ad
commemorandam
renovan-
damque
amicitiam
missi,
dona
tulere,
regi
togam
ef
tu-
nicam
purpuream.
cum
sella
eburnea
;
reginæ
pallam
pictam
cum
amiculo
purpureo.
Multa
ea
æstaie,
qua
hæc
facta
sunt,
ex
propinquis
urbibus
agrisque
nuntiata
sunt
prodigia:
Tusculi
agnum
cum
ubere
lactenti
natum
:
Jovis
ædis
culmen
fulmine
ictum,
ac
prope
omni
tecto
nu-
datum
:
iisdem
ferme
diebus,
Anagniæ
terram
ante
por-
tam
ictam,
diem
ac
noctem
sine
ullo
ignis
alimento
ar-
sisse
:
etaves,
ad
compitum
Anagninum
,
in
[uco
Dianæ
nidos
in
arboribus
reliquisse
:
Tarracinæ
in
mari
haud
procul
portu
angues
magnitudinis
miræ
lascivientium
pi-
scium
modo
exsultasse
:
Tarquiniis
porcum
cum
Ore
bu
mano
genitum
:
et
in
agro
capenate,
ad
lucum
Feroniæ,
quaiuor
signa
sanguine
multo
diem
ac
nociem
sudasse.
Hæc
prodigia
hoslis
majoribus
procurata
decreto
ponti-
ficum
:
etsupplicatio
diem
unum
Romæad
omnia
pulvina-
HISTOIRE
ROMAINE,
—
LIV.
XXVIT.
ù
autre
jour,
sur
le
territoire
de
Capène,
au
bois
|
viste
sur
le
territoire
d’Utique,
y
porta
au
loin
le
sacré
de
Féronie.
Ÿ.
Le
consul
M.
Valérius,
rappelé
par
les
let-
tres
qu'il
avait
reçues,
remit
le
commandement
de
la
province
et
de
l’armée
au
préteur
Cincius,
envoya
M.
Valérius
Messala,
commandant
de
la
flotte,
ravager
les
côtes
d'Afrique
avec
une
partie
des
vaisseaux,
et
surveiller
les
mouvements
et
les
préparatifs
des
Carthaginoiïs,
puis,
avec
dix
galères,
il
partit
pour
Rome,
où
il
arriva
heu-
reusement.
Il
réunit
aussitôt
le
sénat,
et
rendit
compte
de
sa
conduite
:
«Il
avait
réduit
la
Sicile,
où,
depuis
soixante
ans
environ,
on
faisait
une
guerre
souvent
marquée
par
de
grands
désastres
sur
terre
et
sur
mer.
Pas
un
Carthaginoïis
neres-
tait
dans
cette
province;
pas
un
des
Siciliens
que
la
terreur
avait
fait
fuir,
n’éfait
absent
mainte-
nant;
tous
de
retour
dans
leurs
villes
et
dans
leurs
champs,
labouraient,
ensemençaient
leurs
terres
;
ce
sol
désolé
retrouvait
enfin
cette
fé-
condité
qui
faisait
la
richesse
de
ses
habitants,
et
qui
était
la
ressource
la
plus
certaine
de
Rome
en
temps
de
paix
et
de
guerre.
»
On
introduisit
ensuite
au
sénat
Mutine
et
tous
ceux
qui
avaient
bien
mérité
du
peuple
romain;
on
leur
fit
un
accueil
honorable
pour
remplir
les
engagements
du
consul.
Mutine
même
fut
fait
citoyen
romain,
sur
la
proposition
qu'un
tribun
du
peuple
en
fit
aux
plébéiens,
avec
l'agrément
des
sénateurs.
Tandis
que
ces
faits
se
passaient
à
Rome,
M.
Va-
lérius
Messala
abordait
en
Afrique
avant
le
jour,
avec
cinquante
vaisseaux.
Il
descendit
à
Pimpro-
ria,
alterum,
incapenate
azro,
ad
Feroniæ
lucum,
indicta.
V.
M.
Valerius
consul
liferis
excitus,
provincia
exer-
cituque
mandato
Cincio
prætori,
M.
Valerio
Messala
præfecto
classis
cum
parte
nayium
in
Africam
prædatum
simul
speculatumque,
quæ
populus
Carthaginiensis
age-
ret
pararetque,
misso,
ipse
decem
navibus
Romam
pro-
fectus
quum
prospere
pervenisset
,
senatum
extemplo
ha-
buit.
Ibi
de
suis
rebus
gestis
commemoravit.
«
Quum
annos
prope
sexaginta
in
Sicilia
terra
marique
sæpe
magnis
cladibus
bellatum
esset,
se
eam
provinciam
con-
fecisse.
Neminem
Carthaginiensem
in
Siciiia
esse
;
nemi-
nem
Siculum,
qui
metu
inde
fugali
abfuerint,
non
esse
;
omnes
in
urbes,
in
agros
suos
reductos,
arare,
serere;
desertam
recoli
tandem
terram,
frugiferam
ipsis
culto-
ribus,
populoque
romano
pace
ac
bello
fidissimum
an-
nonæ
subsidium.»
Exin
Mutine,
et
si
quorum
aliorum
|
merita
erga
populum
romanum
erant,
in
senuatum
intro-
]
ductis,
honores
omnibus,
ad
exsolvendam
fidem
a
con-
|
sule,
habiti.
Mutines
etiam
civis
romanus
factus,
roga-
tione
ab
tribuno
plebis,
ex
auctoritate
Patrum,
ad
ple-
bem
lata.
Dum
hæc
Romæ
geruntur
,
M.
Valerius
Messala
quinquaginta
navibus
quum
ante
lucem
ad
Africam
ac-
cessisset,
improyiso
in
agrum
Uticensem
exscensionem
fecit
;
eumque
late
depopulatus,
multis
mortalibus
cum.
alia
omnis
generis
præda
captis,
ad
naves
rediit,
atque
ravage
,
enleva
un
grand
nombre
de
prisonniers
et
beaucoup
de
butin,
puis
Se
rembarqua
et
fit
voile
pour
la
Sicile;
te
treizième
jour
après
son
départ,
il
était
de
retour
à
Lilybée.
Il
interrogea
ses
prisonniers,
et
en
tira
des
renseignements
qu’il
fit
parvenir
au
consul
Lévinus,
pour
linfor-|
mer
de
l’état
des
choses
en
Afrique
:
«
Cinq
mille
Numides
étaient
à
Carthage,
sous
la
conduite
del
Masinissa,
fils
de
Gala,
jeune
prince
plein
d'ar-
deur;
d’autres
levées
s’effectuaient
dans
toute
l'Afrique,
et
devaient
aller
retrouver
Asdrubal
en
Espagne.
Ce
général
passerait
au
plus
tôt
en
Italie
avec
le
plus
de
troupes
possible,
et
ferait
sa.
jonction
avec
Annibal;
de
là
dépendait
la
victoire
aux
yeux
des
Carthaginoïis.
On
équipait
en
outre
une
flotte
considérable
pour
reconquérir
la
Sicile;
Valérius
la
croyait
sur
le
point
d’appareiller.
»
La
lecture
de
cette
lettre
causa
une
telle
émotion
dans
le
sénat
qu'il
fut
décidé
que
le
consul
n'at-
tendrait
pas
les
comices;
qu'il
nommerait
un
dictateur
pour
y
présider,
et
retournerait
aussitôt
dans
sa
province.
Alors
survint
une
contestation
:
le
consul
disait
qu'arrivé
en
Sicile,
il
proclame-
rait
dictateur
M.
Valérius
Messala,
commandant
de
la
flotte.
Les
sénateurs
soutenaient
qu'on
ne
pouvait
proclamer
un
dictateur
hors
du
terri-
toire
romain,
dont
les
limites
se
confondaient
avec
celles
del'Italie.
Le
tribun
du
peuple,
M.
Lucré-
tius,
ayant
recueilli
les
avis,
le
sénat
décréta
que
«le
consul,
avant
de
quitter
Rome,
consulterait
le
peuple
sur
le
choix
d’un
dictateur
et
proclamerait
in
Siciliam
transmisit
:
tertio.
decimo
die,
quam
profec-
tus
inde
erat,
Lilybæum
revectus.
Ex
caplivis,
quæstione
habita,
hæc
comperta,
consulique
Lævino
Omnia
ordine
perscripta,
ut
sciret,
quo
in
statu
res
Africæ
essent.
«
Quinque
millia
Numidarum
cum
Masinissa
,
Galæ
filio,
acerrimo
juvene,
Carthagine
esse;
et
alios
per
totam
Africam
milites
mercede
conduci,
qui
in
Hispaniam
ad
Asdrubalem
trajicerentur
:
utis,
quam
maximoO
exercilu
primo
quoque
tempore
in
Italiam
transgressus,
jungeret
se
Annibali.
In
eo
positam
victoriam
credere
Garthagi-
nienses.
Classem
præterea
ingentem
apparari
ad
Sici-
liamrepetendam
;
eamque
se
credere
brevi
trajecturam.
»
Hsc
recitata
a
consule
ita
movere
senatum,
uf
non
ex-
spectanda
comilia
consuli
censerent,
sed
dictatorem
co-
mitiorum
hebendorum
causa
diei,
et
extemplo
in
pro-
vinciam
redeundum.
Illa
disceptatio
tenebat,
quod
con-
sui
in
Sicilia
se
M.
Valerium
Messalam,
qui
tum
classi
præesset,
dictaierem
dicturum
esse
aiebat
;
Patres
extra
romanum
agrum
(eum
autem
Italia
terminari)
negabant
dictatorem
dici
posse.
M.
Lucretius
tribunus.
plebis
quum
de
ea
re
consuleret,
ila
decrevit
senatus
:
«
Ut
consul
prius,
quam
ab
urbe
discederet,
populum
rogaret,
quem
dictatorem
dici
placeret;
eumque,
quem
populus
jussis-
set,
diceret
dictatorem.
Si
consul
noluisset,
prætor
po-
pulum
rogaret
:
si
ne
is
quidem
vellet,
tum
tribuni
ad
6
TITE-LIVE.
son
élu.
Si
le
consul
refusait,
le
préteur
s’adres-
serait
au
peuple
:au
refus
du
préteur,
les
tribuns
en
référeraient
aux
plébéiens.»
Le
consul
refusa
d'abandonner
au
peuple
une
élection
qui
était
sa
prérogative
,
et
défendit
au
préteur
de
le
faire,
les
tribuns
en
référèrent
aux
plébéiens,
.et
un
plébiscite
déclara
que
G.
Fulvius,
alors
devant
Ca-
poue,
serait
proclamé.
Mais,
Ja
veille
de
l'assem-
blée,
le
consul
partit
secrètement
pendant
la
nuit
pour
la
Sicile,
et
le
sénat,
déconcerté,
résolut
d'envoyer
un
message
à
M.
Claudius,
pour
le
prier
de
venir
au
secours
de
la
république
délaissée
par
son
collègue,
et
de
proclamer
l'élu
du
peu-
ple.
Ainsi
le
consul
M.
Claudius
proclama
dicta-
teur
Q.
Fulvius;
en
vertu
du
même
plébiscite,
Fulvius
prit
pour
maître
de
la
cavalerie
le
grand
pontife
P.
Licinius
Grassus.
VI.
Le
dictateur,
à
peine
arrivé
à
Rome,
en-
voya
à
l'armée
d'Étrurie
Cn.
Sempronius
Blésus,
qui
avait
étéson
lieutenant
à
Capoue;
c'était
pour
remplacer
le
préteur
C.
Calpurnius,
qu'il
appela
au
commandement
de
son
armée
et
de
la
place
de
Capoue.
Il
annonça
les
comices
pour
le
jour
le
plus
proche
possible
;
mais
le
conflit
élevé
entre
les
tribuns
et
le
dictateur
en
empêcha
la
réunion.
La
tribu
Galéria,
de
la
section
des
jeunes
gens,
dé-
signée
par
le
sort
pour
voter
la
première,
avait
nommé
consuls
Q.
Fulvius
et
Q.
Fabius;
les
au-
tres
tribus
de
la
même
section
penchaient
vers
ce
choix;
mais
les
tribuns
du
peuple
C.
et
L.
Aren-
nius
interposèrent
leur
velo
:
«
Ge
n'élait
pas
agir
en
bons
citoyens,
disaient-ils,
que
de
maintenir
en
charge
un
magistrat;
et
ce
serait
donner
un
plebem
ferrent.»
Quum
consul
se
populum
rogaturum
negasset,
quod
suæ
potestatis
esset,
prætoremque
vetuis-
set
rogare,
tribuni
plebis
rogarunt,
plebesque
scivit,
ut
Q.
Fulvius,
qui
tum
ad
Capuam
erat,
dictator
diceretur.
Sed,
quo
die
id
plebis
conc:lium
futurum
erat,
consul
elam
nocte
in
Siciliam
abiit
:
destitutique
Patres
literas
ad
M.
Claudium
mittendas
censuerunt,
ut
desertæ
ab
collega
reipublicæ
subveniret,
diceretque
,
quem
populus
jussisset,
dictatorem.
Ita
a
M.
Claudio
consule
Q.
Fulvius
dictator
dictus,
et
ex
eodem
plebiscito
et
ab
Q.
Fulvio
dictatore
P.
Licinius
Grassus
pontifex
maximus
magister
equitum
dictus.
VI.
Dictator
postquam
Romam
venit,
Gn.
Sempronium
Blæsum
légatum,
quem
ad
Capuam
habuerat,
in
Etru-
riam
provinciam
ad
exercitum
misit,
in
locum
C:.
Cal-
parni
prætoris
;
quem,
ut
Capuæ
exercituique
suo
præ-
esset
,
literis
excivit.
Ipse
comitia,,
in
quem
diem
primum
potuit
,
edixit
:
quæ,
certamine
inter
tribunos
dictatorem-
que
injecto,
perfici
non
potuerunt.
Galeria
juniorum,
quæ
sorte.
prærogativa
crat,
Q.
Fulvium
et
Q.
Fabium
consules
dixerat,
eodemque
jure
vocatæ
inclinassent
,
ni
{ribuni
plebis
G.
et
L.
Arennü
se
interposuissent
;
qui,
«
neque
magistratum
continuari
satis
civile
esse
,
aieban!;
et
multo
ICONS
exempli,,
cum
pour
creari,
qui
comi-
plus
dangereux
exemple
encore
que
de
nommer
le
président
même
des
comices.
Si
le
dictateur
se
laissait
porter
pour
candidat,
ils
suspendraient
l'assemblée;
s'il
était
question
de
tout
autre
que
de
lui,
ils
n'y
mettraient.aucune
opposition.
»
Le
dictateur
inyoquait
à
l'appui
de
la
cause
des
co-
mices
l'autorité
du
sénat,
un
plébiscite,
des
précédents
:
«
Ainsi,
disait-il,
sous
le
consulat
de
Cn.
Servilius,
après
la
mort
de
son
collègue
C.
Flaminius,
à
Trasimène
,
on
avait
consulté
les
plébéiens
par
décision
du
sénat,
ef
ilavait
été
ré-
glé
par
un
plébiscite
que,
tant
que
l'Italie
serait
le
théâtre
de
la
guerre,
le
peuple
pourrait
réélire
les
consuls
qu'il
voudrait,
et
autant
de
fois
qu'il
le
jugerait
à
propos.
À
ce
sujet,
il
avait
un
ancien
exemple
à
citer
:
c'était
L.
Postumius
Mégellus,
créé
consul
avec
C.
Junius
Bubulcus
dans
les
co-
mices
qu’il
présidait
comme
interroi;
et,
plus
ré-
cemment
,
Q.
Fabius,
qui
avait
été
continué
dans
le
consulat,
et
qui
ne
l’eût
point
souffert
assu-
rément,
si
l'intérêt
public
ne
l'avait
comman-
dé.
»
Après
de
longs
débats,
le
dictateur
et
les
tribuns
convinrent
enfin
de
s’en
tenir
à
l'avis
du
sénat.
Les
Pères
jugerent
que,
dans
les
circon-
stances
présentes,
c'élait
aux
vieux
et
habiles
gé-
néraux,
qui
awaient
fait
leurs
preuves
dans
la
guerre,
à
diriger
la
chose
publique
;
qu'il
ne
fal-
lait
done
pas
entraver
les
comices.
Les
tribuns
cé-
dèrent,
et
l’assemblée
eut
lieu;
on
nomma
con-
suls
Q.
Fabius
Maximus
pour
la
cinquième
fois,
et
Q.
Fulvius
Flaccus
pour
la
quatrième;
on
créa
ensuite
préteurs
L.
Véturius
Philo,
T.
Quinctius
Crispinus,
C.
Hostilius
Tubulus,
C.
Auruncu-
tia
haberet.
Itaque,
si
suum
nomen
dictator
acciperet,
se
comitiis
intercessuros
:
si
aliorum,
præterquam
jipsius,
ratio
haberetur,
comitis
se
moram
non
facere.
»
Dicta-
tor
causam
comitiorum
auctoritate
senatus,
plebiscito
,
exemplis
tutabatur.
«
Namque,
Cn.
Servilio
consule
,
quum
GC.
Flaminius
alter
consul
ad
Trasimenum
ceci-
disset,
ex
auctoritate
Patrum
ad
plebem
latum,
plebem-
que
scivisse
,
ut,
quoad
bellum
in
Italia
esset,
ex
fs,
qui
consules
fuissent,
quos
et
quoties
velet,
reficiendi
con-
sules,
populo
jus
esset;
exemplumque
eam
in
rem
se
ha-
bere
veius
L.
Postumii
Megelli,
qui
interrex
iis
comitis,
quæ
ipse
habuisset,
consul
enm
GC.
Junio
Bubulco
crea-
tus
esset
;
recens
Q.
Fabïi,
qui
sibi
continuari
consula-
tum,
nisi
id
bono
publico
fieret,
profecto
nunquam
sis-
set.
»
flis
orationibus
quum
diu
certatum
esset,
postremo
ifa
inter
dictatorem
ac
tribunos
convenit,
ut
eo,
quod
censuissef
seuatus,
staretur.
Patribus
id
tempus
reipu-
blicæ
visum
est,
ut
per
veteres,
et
expertos,
bellique
peritos
imperatores
respublica
gereretur.
tique
moram
fieri
comitiis
non
placere.
Concedentibus
tribunis,
comi:
tia
habita.
Declarati
consules
Q.
Fabius
Maximus
quin-
tum,
Q.
Fulvius
Flaccus
quartum.
Prætores
inde
creati,
L.
Veturius
Philo,
T.
Quinctius
Crispinus,
C.
Hostilius
‘Fubulus
,
G,
Aurunculeius,
Magistratibus
in
annum
crea=
HISTOIRE ROMAINE.
—
LIV.
XXVIT.
|
7
léins.
Les
magistrats
de
l'année
élus,
Q.
Fulvius
abdiqua
la
dictature.
Vers
la
fin
de
cette
campa-
gne,
uue
flotte
carthaginoise
de
quarante
Vais-
seaux
passa
en
Sardaigne,
sous
la
conduite
d
Ha-
milcar,
et
se
jeta
d’abord
sur
le
territoire
d'Olbia;
mais
quand
parutle
préteur
P.
Manlius
Vuiso,
avec
son
armée,
elle
tourna
l'île
et
ravagea
,
Sur
la
côte
opposée,
les
campagnes
de
Caralis;
puis
elle
retourna
en
Afrique
chargée
de
butin.
Quel-
ques
prêtres
romains
moururent
cette
année
et
fu-
rent
remplacés.
C.
Servilius
fut
élu
pontife
au
lieu
de
T.
Otacilius
Crassus;
Ti.
Sempronius
Longus,
fils
de
Titus,
futnomméaugure
à
la
placedeT.
Ota-
cilius
Crassus
:
le
décemvir
des
sacrifices
T1.
Sem-
pronius
Longus,
fils
de
Caïus,
eut
pour
suc-
cesseur
Ti.
Sempronius
Longus,
fils
de
Titus.
M.
Marcius,
roi
des
sacrifices,
mourut,
ainsi
que
M.
Émilius
Papus,
grand
curion
:
on
ne
leur
donna
point
de
successeurs.
Les
censeurs
de
cette
année
furent
L.
Véturius
Philo
et
P.
Licinius
‘Crassus,
grand
pontife.
Crassus
Licinius
n'avait
été
ni
consul
ni
préteur
avant
d'être
élevé
à
la
censure
;
il
passa
de
l’édilité
à
cette
charge.
Ges
magistrats
ne
remplirent
point
les
places
vacantes
dans
le
sénat
et
ne
firent
aucun
acte
public;
la
mort
de
L.
Vélurius
nécessita
l’abdication
de
son
col-
lègue.
Les
édiles
curules
,
L.
Véturius
et
P.
Licinius
Varus
,
donnèrent
des
jeux
romains
pendant
un
jour
;
les
édiles
plébéiens
Q.
Catius
et
L.
Porcius
Licinus
firent
placer,
avec
le
produit
des
amen-
des,
des
statues
de
bronze
dans
le
temple
de
Gérès,
et
donnèrent
des
jeux
magnifiques
pour
Fépoque.
tis,
Q.
Fulvius
dictatura
se
abdicavit.
Extremo
æstatis
hujus
classis
punica
navium
quadraginta,
cum
præfecto
Hamilcare
in
Sardiniam
trajecta
,
Olbiensem
primo,
deta,
postquam
ibi
P.
Manlius
Vulso
prætor
cum
exercitu
ap-
paruit,
Circumacta
inde
ad
alterum
insulæ
latus,
Carali-
tanum
agrum
vastavit,
et
cum
præda
omnis
generis
in
Africam
rediit.
Sacerdotes
romani
eo
anno
mortui
ali-
quot
suffectique.
C.
Servilius
pontifex
factus
in
loc
T.
Otacilii
Crassi.
Ti.
Sempronius
Ti.
F.
Longus
augur
fac-
tus
in
locum
T.
Otacilii
Crassi.
Decemvir
item
sacris
fa-
ciundis
in
locum
Ti.
Sempronit
CG.
F.
Longi
Ti.
Sem-
pronius
Ti.
F.
Longus
suffectus.
M.
Marcius,
rex
sacro-
rum,
mortuus
est,
et
M.
Æmilius
Papus
maximus
curio;
neque
in
eorum
locum
sacerdotes
e0
anno
suffecti.
Et
censores
hic
aunus
habuit
L.
Veturium
Philonem
et
P.
Licinium
Crassum,
maximum
pontificem.
Crassus
Lici-
-
nius
nec
consul,
nec
prætor
ante
fuerat,
quam
censor
est
factus
:
ex
ædilitate
gradum
ad
censuram
fecit.
Sed
hi
censores
nèque
senatum
legerunt,
nec
quicquam
publicæ
rei
egerunt;
mors
diremit
L.
Veturii.
Inde
et
Licinius
censura
se
abdicavit.
Ædiles
curules
L.
Veturius
et
P.
Licinius
Varus
ludos
romanos
diem
unum
instaurarunt.
Ædiles
plebis
Q.
Gatius
et
L.
Porcius
Licinus.ex
multa-
titio
argenta
signa
ænea
ad
Cereris
dedere:
et
ludos,
yro
temporis
ejus
copia,
magnifici
apparatus
fecerunt.
VIL.
Vers
la
fin
de
l’année,
trente-quatre
jours
après
son
départ
de
Tarragone,
C.
Lélius,
lieu-
tenant
de
Scipion,
arriva
à
Rome.
La
foule
des
captifs,
qu'il
traînait
à
sa
suite
en
entrant
dans
la
ville,
attira
un
immense
concours.
Le
lende-
moin,
il
se
présenta
au
sénat,
et
raconta
qu'on
avait
emporté
en
un
jour
Carthagène,
capitale
de
l'Espagne,
repris
plusieurs
villes
révoltées,
et
gagné
plusieurs
autres
à
l'alliance
de
Rome.
Le
rapport
des
prisonniers
confirma
à
peu
près
les
nouvelles
transmises
par
M.
Valcrius
Messala.
Les
sénateurs
furent
surtout
alarmés
du
passage
d’As-
drubal
en
Italie,
où
l’on
tenait
à
peine
tête
à
An-
nibal
et
à
son
armée.
Devant
l'assemblée
du
peu-
ple,
Lélius
fit
la
même
déclaration.
Pour
honorer
les
brillants
succès
de
Scipion,
le
sénat
décréta
un
jour
de
supplications,
et
ordonna
à
C.
Lélius-
de
retourner
au
plus
lôten
Espagne,
avec
les
vais-
seaux
qui
l'avaient
amené.
J'ai
placé
la
prise
de
Carthagène
en
cette
année,
d'après
de
nombreuses.
autorités
;
je
sais
que
quelques
historiens
la
rejet-
tent
à
l’année
suivante
:
mais
il
me
semble
in-
vraisemblable
que
Scipion
ait
passé
en
Espagne
une
année
entière
dans
l'inaction.
Q.
Fabius
Maximus,
consul
pour
la
cinquième
fois,
et
Q.
Flaccus,
pour
la
quatrième,
reçurent
{ous
deux
le
département
de
l'Italie,
le
jour
de
leur
entrée
en
charge,
aux
ides
de
mars;
mais
on
les
envoya
commander
sur
des
points
différents:
Fabius
de-
vait
opérer
à
Tarente,
Fulvius
en
Lucanie
et
dans
le
Brutium.
M.
Claudius
fut
prorogé
pour
un
an
dans
son
commandement.
Les
préteurs
lirèrent
VII.
Exitu
anni
hujus,
die
quarto
et
tricesimo,
quam
ab
Tarracone
profectus
erat,
C.
Lælius
legatus
Scipionis
Romam
venit
:
isque,
cum
agmine
captivorum
ingressus
urbem,
magnum
concursum
Bominum
fecit.
Postero
die
in
senatum
introductus
,
captam
Carthaginem
,
caput
Hispauiæ,
uno
die,
receptasque
aliqdot
urbes,
quæ
defe-
cissent,
novasque
in
societatem
ascitas,
exposuit.
Ex
Cap-
tivis
comperta
his
fere
congruentia,
quæ
jn
literis
fue-
rant
M.
Valerii
Messalæ.
Maxime
movit
Patres
Asdruba-
lis
transitus
in
Italiam,
vix
Annibali
atque
ejus
armis
sub-
sistentem.
Productus
et
in
concionem
Lælius
eadem
edis-
seruit.
Senatus
ob
res
feliciter
a
P.
Scipione
gestas
sup-
plicationem
in
unum
diem
decrevit.
C.
Lælium
primo
quoque
tempore,
cum
quibus
venerat
nayibus,
redire
in
Hispaniam
jussit.
Carthaginis
expugnationem
in
Hune
annum
contuli,
multis
auctoribus
;
baud
nescius
,
GUOS-
dam
esse,
qui
ann0
insequenti
captam
tradiderint
:
quod
mihi
minus
simile
veri
visum
est,
annum
integrum
Sci-
pionem
nibil
gerundo
in
Hispania
consumpsisse.
Q.
Fa-
bio
Maximo
quintum,
Q.
Fulvio
Flacco
quartum
consu=,
libus,
idibu$
martiis,
quo
die
magistratum
inierunt,
Italia
ambobus
proyincia
decreta
;
regionibus
{amen
par-
titum
imperium
:
Fabius
ad
Tarentum,
Fulvius
in
Lu-
canis
ac
Bruitiis
rem
gereret.
M.
Claudio
prorogatum
in
anoum
imperium.
Prætores
sortili
provyincias
:
G.
Hosti-
8
TITE-LIVE.
leurs
provinces
au
sort
:
C.
Hostilius
Tubulus
eut
la
juridiction
de
la
ville;
L.
Véturius
Philo,
celle
des
étrangers
avec
la
Gaule
;
Gapoue
échut
à
T.
Quinctius
Crispinus,
et
la
Sardaigne
à
G.
Au-
runculéius.
Voici
comment
eut
lieu
la
répartition
des
armées
:
Fulvius
reçut
les
deux
légions
que
M.
Valérius
Lévinus
commandait
en
Sicile;
Q.
Fa-
bius,
celles
d'Étrurie
qui
obéissaient
à
G.
Cal-
purnius.
L'armée
de
la
ville
devait
les
remplacer
en
Étrurie;
C.
Calpurnius
en
serait
le
général
et
conserverait
celte
province;
Capoue
et
l’armée
de
Q.
Fulvius
étaient
données
à
T.
Quinctius
;
le
propréteur
G.
Létorius
devait
remettre
à
L.
Vé-
turius
le
commandement
de
la
province
et
des
forces
réunies
déjà
dans
Ariminium.
On
laissa
à
M.
Marcellus
les
légions
auxquelles
il
devait
les
succès
de
son
consulat
:
M.
Valérius
et
L.
Cin-
cius,
prorogés
aussi
dans
leur
commandement
en
Sicile,
eurent
les
légions
de
Cannes,
qu'ils
du-
rent
compléter
avec
les
débris
des
troupes
de
Cn.
Fulvius.
Les
consuls
s’occupèrent
de
réunir
ces
débris
et
de
les
envoyer
en
Sicile;
on
Îes
frappa
de
la
même
flétrissure
qu'on
avait
IMpO-
sée
aux
soldats
de
Cannes
et
à
ceux
du
préteur
Cn.
Fulvius,
que
le
sénat,
en
punition
d’une
là-
cheté
pareille,
avait
aussi
relégués
dans
cette
ile.
C.
Aurunculéius
fut
mis
à
la
tête
des
légions
de
Sardaigne,
qui
avaient
été
jusque-là
sous
les
or-
dres
de
P.
Manlius
Vulso.
P.
Sulpicius
resta
en
Macédoine
avec
la
même
légion
et
la
même
flotte;
on
le
prorogea
pour
un
an
dans
son
commande-
ment.
Trente
quinquérèmes
reçurent
l’ordre
de
4
passer
de
Sicile
à
lius
Fubulus
urbanam,
EL.
Veturius
Philo
peregrinam
cum
Gallia,
T.
Quinctius
Crispinus
Capuam,
G.
Aurun-
culeius
Sardiniam.
Exercitus
ita
per
provincias
divisi.
Fulvio
duæ
legiones,
quas
in
Sicitia
M.
Valerius
Lævi-
pus
haberet
:
Q.
Fabio,
quibus
in
Etruria
C.
Calpurnius
præfuisset,
decretæ.
Exercitus
urbanus
ut
in
Efruriam
succederet
:
C.
Calpurnius
eïdem
præesset
provinciæ
exer-
cituique
:
Capuam
exercitumque,
quem
Q.
Fulvius
ba-
buisset,
T.
Quinctius
obtineret.
L.
Veturius
ab
C.
Læto-
rio
proprætore
provinciam
exercitumque,
qui
tum
jam
Arimini
erat,
acciperet.
M.
Marcello,
quibus
consul
bene
rem
gesserat,
legiones
decretæ.
M.
Valerio
cum
L.
Cin-
cio
(his
quoque
est
enim
prorogatum
in
Sicilia
impe-
rium)
Cannensis
exercitus
datus
:
eumque
supplere
ex
eye
res
eadem
militiæ
ignominia,
sub
qua
Gannenses
militabant,
quique
ex
prætoris
Cn.
Fulvi
exercitu,
ob
similis
iram
fugæ
,
missi
eo
ab
senalu
fuerant.
C.
Aurunculeio
eædem
in
Sardinia
legiones,
quibus
P.
Manlius
Vulso
eam
pro-
vinciam
obtinuerat,
decretæ.
P.
Sulpicio,
eadem
legione
eademque
classe
Macedoniam
obtinere
jusso,
proroga-
tum
in
annum
imperium.
Friginta
quinqueremes
ex
Si-
cilia
Tarentum
ad
Q.
Fabium
consulem
mitti
jussæ
:
ce-
Tarente,
auprès
du
consul
Q.
Fabius,
avec
le
reste
de
la
flotte
;
M.
Valérius
Lévinus
irait
en
personne
ravager
l’Afrique,
ou
bien
y
enverrait
soit
L.
Gineius,
soit
M.
Valérius
Messala.
En
Espagne,
le
seul
changement
qui
eut
lieu
fut
la
continuation
des
pouvoirs
accordée
à
Scipion
et
à
Silanus,
non
pour
un
an,
mais
jus-
qu'au
moment
où
le
sénat
les
rappellerait.
Ainsi
furent
réparties
cette
année
les
provinces
et
les
armées.
VII.
Au
milieu
de
soins
plus
importants,
l’élec-
tion
d’un
grand
curion
à
la
place
de
M.
Émilius
réveilla
une
vieille
querelle.
Les
patriciens
reje-
taient
la
candidature
de
G.
Mamilius
Vitulus,
le
seul
qui
fût
sur
les
rangs,
mais
qui
était
plébéien
;
ils
le
repoussaient,
parce
que
ce
sacerdoce
avait
été
jusque-là
le
privilége
de
leur
ordre.
On
fitap-
pel
aux
tribuns,
qui
en
déférèrent
au
sénat:
le
sé-
nat
abandonna
la
décision
de
l'affaire
au
peuple.
Ce
fut
ainsi
que
C.
Mamilius
Vitulus
fut
le
pre-
mier
grand
curion
choisi
parmi
les
plébéiens.
Le
grand
pontife
P.
Licinius
obligea
C.
Valérius
Flac-
eus
à
se
faire,
malgré
lui,
consacrer
flamine
de
Jupiter.
La
charge
de
décemvir
des
sacrifices
fut,
après
la
mort
de
Q.
Mucius
Scévola,
donnée
à
C.
Létorius.
Quant
à
cetle
consécration
forcée
d'un
flamine,
j'en
aurais
tu
les
motifs,
si
d'un
homme
dépravé
elle
n’eüt
fait
un
honnête
homme.
La
jeunesse
oisive
et
débauchée
de
C.
Flaccus,
ses
vices,
quilerendaient
odieux
à
L.
Flaccus
son
frère
et
à
toute
sa
famille,
avaient
déterminé
le
grand
pontife
P.
Licinius
à
le
choisir
comme
flamine.
|
Dès
que
Flaccus
se
fut
pris
de
zèle
pour
les
choses
sacrées
et
les
cérémonies
religieuses,
il
abjura
tera
classe
prædatum
in
Africam
aut
ipsum
M.
Valerium
Lævinum
trajicere;
aut
mittere,
seu
L,
Cincium,
seu
M.
Valerium
Messalam.
Nec
de
Hispania
quicquam
mu-
tatum,
nisi
quod
non
in
annum
Scipioni
Silanoque,
sed
donec
revocati
ab
senatu
forent,
prorogatum
imperium
est,
Ita
provinciæ
exercituumque
in
eum
annum
partita
imperia.
VIII,
Inter
majorum
rerum
curas
comitia
maximi
CU-
rionis,
quum
in
locum
M.
Æmilii
sacerdos
crearetur
;
vetus
excitaverunt
certamen;
patriciis
negantibus
G.
Ma:
milii
Vituli,
qui
unus
ex
plebe
petebat,
habendam
ra-
tionem
esse,
quia
nemo
ante
eum,
nisi
ex
Patribus,
id
sacerdotium
habuisset.
Tribuni
appellati
ad
senatum
re-
jecerunt.
Senatus
populi
potestatem
fecit.
Ita
primus
ex
plebe
creatus
maximus
curio
C.
Mamilius
Vitulus.
Et
flaminem
Dialem
invitum
inaugurari
coegit
P.
Licinius
pontifex
maximus
G.
Valerium
Flaccum.
Decemvir
sacris
faciundis
creatus
in
locum
Q.
Mucü
Scævolæ
demortui
C.
Lætorius.
Causam
inaugurari
coacti
flaminis
libens
reticuissem
,
ni
ex
mala
fama
in
bonam
vertisset.
Ob
ado-
lescentiam
negligentem
luxuriosamque
C.
Flaccus
flamen
captus
a
P.
Licinio
pontifice
maximo
eraf,
L.Flacco
fra-
-
tri
germano
cognatisque
aliis
ob
eadem
vitia
invisus.
Is
:
ut
animum
ejus
cura
sacrorum
et
cærimoniarum
cepit
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXVIL.
tout
à
coup
ses
anciennes
habitudes,
au
point
que,
dans
toute
la
jeunesse
romaine,
nul
ne
fut
plus
considéré,
plus
estimé
des
premiers
du
sénat,
de
sa
famille
et
de
ses
concitoyens.
Cette
approbation
universelle
lui
donna
une
juste
confiance
en
lui-
même,
et
lui
permit
de
réclamer
un
droit
dont
l’in-
dignité
de
ses
prédécesseurs
avait
suspendu
l'exer-
cice,
celui
d'entrer
au
sénat.
ILS’y
présenta
en
ef-
fet:
mais
écarté
par
le
préteur
Licinius,
il
en
appela
aux
tribuns
du
peuple.
Il
revendiquait
un
privi-
lége
fort
ancien,
inséparable
de
la
robe
prétexte,
de
la
chaise
curule
et
du
rang
de
flamine.
Se-
lon
le
préteur,
ce
n'étaient
pas
des
exemples
perdus
dans
de
vieilles
annales
qui
constituaient
un
droit;
éétaient
les
coutumes,
les
usages
ré-
cents.
Nos
pères,
nos
aïeux
même
ne
se
SOUVE-
naient
pas
qu'aucun
flamine
de
Jupiter
eût
joui
de
cette
prérogative.
Les
tribuns
déclarèrent
que
Fin-
curie
des
précédents
flamines
n’avait
pu
faire
tort
qu’à
eux-mêmes
et
non
au
sacerdoce;
le
pré-
teur
se
désista
de
son
opposition;
les
patriciens
et
les
plébéiens
approuvèrent
la
décision,
et
Flac-
cus
fut
admis
au
sénat.
C’élait,
pensait-on,
à
la
pureté
de
sa
conduite
plus
qu’à
son
titre
de
prêtre
qu'il
devait
le
succès
de
ses
prétentions.
Les
con-
suls,
avant
de
se
rendre
dans
leurs
provinces,
le-
vèrent
deux
légions
par
la
ville,
et
des
recrues
pour
les
besoins
des
autres
armées.
Le
consul
Fulvius
chargea
le
lieutenant
G.
Fulvius
Flaccus
(le
frère
du
consul)
de
conduire
en
Étrurie
lan-
cienne
armée
urbaine,
et
de
ramener
à
Rome
les
légions
d'Étrurie.
Le
consul
Fabius,
ayant
réuni
les
débris
de
l'armée
de
Fulvius,
au
nombre
ita
repente
exuit
antiquos
mores,
ut
nemo
tota
juventute
haberelur
prior,
nec
probatior
primoribus
Patrum
,
suis
pariter
alienisque,
esset.
Hujus
famæ
Consensu
elatus
ad
justam
fiduciam
sui,
rem
intermissam
per
multos
annos
ob
indignitatem
flaminum
priorum
repetivit,
ut
in
sena-
tum
introiret.
Ingressum
eum
Curiam
quum
L.
Licinius
prætor
inde
eduxisset,
tribunos
plebis
appellavit
flamen.
Vetustum
jus
sacerdotii
repetebat
:
datum
id
cum
toga
prætexta
et
sella
curuli
flaminio
esse.
Prætor,
non
exo-
letis
vetustate
annalium
exemplis
stare
jus,
sed
recentis-
simæ
cujusque
consuetudinis
usu,
volebat
:
nec
patrum,
nec
avorum
memoria
Dialem
quemquam
id
jus
usurpasse.
Tribuni,
rem
inertia
flamipum
obliteratam
ipsis,
non
sacerdotio,
damno
fuisse,
quum
æquum
censuissent,
ne
ipso
quidem
contra
tendente
prælore,
magno
assensu
Patrum
plebisque
,
flaminem
in
senatum
introduxerunt
;
omnibus
ita
existimantibus,
magis
sanctitate
vitæ,
quam
sacerdotii
jure,
rem
eam
flaminem
obtinuisse.
Consules
prius
,
Quam
in
provincias
irent,
duas
urbanas
legiones,
in
supplementum,
quantum
opus
eraf
ceteris
exercitibus
Militum,
scripserunt.
Urbanum
veterem
exercitum
Ful-
vius
consul
GC.
Fulvio
Flacco
legato
(frater
hic
consulis
erat)
in
Etruriam
dedit
ducendum
,
et
legiones
,
quæ
in
Etruria
erant
,
Romam
deducendas,
Et
Fabius
consul
re-
ee
———————
à
d'environ
trois
mille
trois
cent
trente-six
hom-
mes,
chargea
son
fils
Q.
Maximus
de
les
conduire
en
Sicile
au
proconsul
M.
Valérius,
et
de
lui
rede-
mander
deux
légions
et
trente
quinquérèmes.
Le
rappel
de
ces
troupes
ne
diminua
ni
en
réalité
ni
en
apparence
les
forces
de
la
province
:
car,
outre
deux
vieilles
légions
complétées
par
d'excellentes
recrues,
de
nombreux
transfiges
numides,
tant
cavaliers
que
fantassins,
et
des
Siciliens,
qui
avaient
servi
sous
Épicyde
et
dans
les
rangs
des
Carthaginoïs,
et
qui
étaient
de
bons
soldats,
fu-
rent
enrôlés
par
le
proconsul.
En
incorporant
ces
auxiliaires
étrangers
à
chaque
légion
romaine,
il
conserva
les
cadres
de
deux
armées
:
l’une,
sous
L.
Cincius,
fut
chargée
de
garder
les
anciens
élats
d'Hiéron
;
ayec
l’autre,
il
défendit
en
personne
le
reste
de
l'ile,
jadis
partagé
entre
deux
puissances,
Rome
et
Carthage.
Il
répartit
aussi
sa
flotte
de
soixante-dix
vaisseaux,
de
manière
à
protéger
les
côtes
sur
tous
les
points
du
contour
de
l'ile.
Pour
Jui,
à
la
tête
de
la
cavalerie
de
Mutine,
il
parcou-
rait
la
province,
visitait
les
campagnes,
remar-
quait
les
terres
cultivées
et
celles
qui
étaient
en
friche,
et
distribuait
aux
propriétaires
l'éloge
ou
le
blâme.
Cette
surveillance
produisit
une
récolte
si
abondante,
qu'il
put
faire
passer
des
blés
à
Rome,
et
en
transporter
à
Catane
pour
l'approvi-
sionnement
de
l’armée
qui
devait
camper
l’été
de-
yant
Tarente.
IX.
Cependant
l’envoi
qu'on
avait
fait
en
Sicile
de
soldats
presque
tous
Latins
ou
alliés,
faillit
exci-
ter
un
soulèvement
terrible
:
taut
il
est
vrai
que
de
petites
causes
engendrent
souvent
de
grands
liquias
exercitus
Fulviani
conquisitas
(fuere
autem
ad
tria
millia
trecenti
triginta
sex)
Q.
Maximum
filium
ducere
in
Siciliam
ad
M.
Valerium
procousulem
jussit
:
atque
ab
eo
duas
legiones
et
triginta
quinqueremes
accipere.
Ni-
hil
hæ
eductæ
ex
insula
legiones
minuerunt
nec
viribus
nec
specie
ejus
provinciæ
præsidium.
Nam
quum,
præter
egregie
suppletas
duas
veteres
legiones,
transfugarum
etiam
Numidarum
equitum
peditumque
magnam
vim
ba-
beret,
Siculos
quoque,
qui
in
exercitu
Epicydis
aut
Pæ-
norum
fuerant,
belli
peritos
viros,
milites
scripsit.
Ea
‘externa
auxilia
quum
singulis
romanis
legionibus
adjun-
xisset,
duorum
speciem
exercituum
servavit
:
altero
L.
Cincium
partem
insulæ,
qua
regnum
Hieronis
fuerat,
tueri
jussit
;
altero
ipse
ceteram
insulam
tuebatur
,
divi-
sam
quondam
Romani
Punicique
imperii
finibus
;
classe
quoque
navium
septuaginta
partita
,
ut
omni
ambifu
lito-
rum
præsidia
oræ
maritimæ
essent.
Ipse
cum
Mutinis
equitatu
provinciam
peragrabat,
ut
viseret
agros,
culta-
que
ab
incultis
notaret,
el
periode
dominos
laudaret
cas-
tigareique,
Ita
tantum
ea
cura
frumenti
provenit,
ut
et
Romam
mitteret,
et
Catanam
conveheret
,
unde
exercitui
qui
ad
Tarentum
æstiva
aciurus
esset
posset
præberi.
IX.
Ceterum
transportati
milites
in
Siciliam
(et
erant
major
pars
latini
nominis
sociorumque)
prope
magni
10
effets!
Latins
et
alliés,
tous
murmuraïent
dans
leurs
assemblées
:
«
11
y
avait
dix
ans
que
des
le-
vées
d'hommes
et
le
service
militaire
les
épui-
saient
:
chaque
campagne
était
marquée
par
une
défaite
sanglante
;
les
uns
tombaient
sur
les
champs
de
bataille,
les
autres
étaient
emportés
par
les
maladies.
Un
homme
s’appartenait
moins
sous
les
drapeaux
de
Romé
que
dans
les
prisons
de
Car-
thage
:
l'ennemi
le
renvoyait
sans
rançon
dans
sa
patrie
;
les
Romains
le
reléguaient
loin
de
l'Italie,
pour
y
trouver
moins
la
guerre
que
l'exil.
Depuis
huit
ans
déjà
les
soldats
de
Cannes
y
languissaient
;
ils
mourraient
avant
que
l'ennemi,
plus
puissant
que
jamais,
eût
quitté
l'Italie.
Si
les
vétérans
n’élaient
pas
rendus
à
leur
patrie,
si
l'on
conti-
tinuait
les
levées,
il
ne
resterait
bientôt
plus
per-
sonne.
Ce
refus
de
service,
que
nécessiterait
bien-
tôt
la
force
des
choses,
il
fallait
le
faire
au
peuple
romain,
sans
attendre
que
le
Latium
fût
réduit
au
dernter
degré
de
dépopulation
et
de
misère.
Si
Rome
voyait
ses
alliés
unis
dans
cette
pensée,
elle
songerait
bientôt
à
faire
la
paix
avec
Carthage:
autrement,
tant
que
vivrait
Annibal,
l'Italie
ne
serait
jamais
sans
guerre.
»
Voilà
ce
qui
se
disait
dans
les
réunions.
Sur
trente
colonies
que
Rome
comptait
alors,
toutes
ayant
des
députés
en
ce
moment
dans
la
métropole,
douze
déclarèrent
aux
consuls
ne
pouvoir
fournir
ni
soldats
ni
argent.
C'étaient
Ardée,
Népète,
Sutrium,
Albe,
Carséo-
les,
Cora,
Suessa,
Circéies,
Sélie,
Calès,
Narnie,
Intéramne.
La
nouveauté
de
ce
refus
surprit
les
consuls
:
pour
changer
une
résolution
si
coupable,
ils
crurent
que
les
châtiments
et
les
reproches
se-
motus
causa
fuere
:
adeo
ex
parvis
sæpe
magnarum
mo-
menfa
rerum
pendent.
Fremitus
enim
inter
Latinos
so-
ciosque
in
concihis
ortus
:
«
Decimum
annum
delectibus,
stipendiis
exhaustos
esse
:
quotannis
ferme
clade
Magna
pugnare.
Alios
in
acie
occidi,
alios
morbo
absumi
:
ma-
gis
perire
sibi
civem,
qui
ab
romano
miles
lectus
sit,
quam
qui
à
Pœno
captus.
Quippe
ab
boste
gratis
remitti
in
patriam
;
ab
Romanis
extra
Italiamin
exsilium
verius,
quam
in
militiam
,
ablegari.
Octayum
jam
ibi
annum
se-
nesCere
Cannensem
militem,
moriturum
ante
;
quam
Lialia
hostis
(quippe
nunc
quum
maxime
florens
viribus
)
excedat,
Si
veteres
milites
non
redeant
in
patriam
,
uovi
legantur,
brevi
neminem
superfutorum.
Itaque,
quod
propedièm
res
ipsa
negatura
sit,
priusquam
ad
ultimam
Soliludinem
atque
egestatem
perveniant,
negandum
po-
pulo
romano
esse.
Si
consentientes
in
hoc
socios
videant
Romani,
proferto
de
pace
cum
Carthaginiensibus
jue-
genda
cogitaturos
:
aliter
uunquam,
vivo
Annibale,
sine
bello
Ttaliam
fore.
»
Hæe
acta
in
conciliis.
Triginta
tum
coloniæ
populi
romani
erant.
Ex
üis
duodecim,
quum
omnium
legationes
Romæ
éssent,
negaverunt
consulibus
esse,
unde
milites
pecuniamque
darent.
Eæ
fuere
Ardea,
Nepete,
Suirium,
Alba,
Carseoli,
Cora
;
Suessa,
Cir-
cou,
Selia,
Gales,
Narnis,
Intérampa.
Nova
re
consu-
TITE-LIVE,
raient
plus
efficaces
que
la
douceur
:
«
Vous
avez
osé,
disaient-ils,
tenir
aux
consuls
un
langage
qu'eux-mêmes
ne
se
décideraient
jamais
à
répéter
au
sénat.
Ge
n’est
point,
en
effet,
un
refus
de
ser-
vice,
c'est
une
défection
ouverte
à
l’égard
du
peu-
ple
romain.
Retournez
donc
à
la
hâte
dans
vos
co-
Jonies
;
et,
comme
s’il
n’y
avait
rien
de
fait,
comme
si
vous
aviez
plutôt
parlé
de
cet
horrible
attentat
qu'entrepris
de
le
mettre
à
exécution,
entendez-
vous
avec
vos
concitoyens.
Rappelez-leur
qu’ils
ne
sont
ni
Campaniens
ni
Tarentins,
mais
bien
Ro-
mains;
que
Rome
est
leur
mère,
que
c’est
Rome
qui
les
envoie
dans
les
colonies,
qui
les
établit
sur
les
terres
conquises
pour
y
augmenter
sa
popula-
tion.
L'amour
que
Les
enfants
doivent
aux
auteurs
de
leurs
jours,
Vous
le
devez
aux
Romains,
si
Vous
avez
quelque
sentiment
de
piété,
quelque
attachement
pour
votre
ancienne
patrie.
Consul-
tez-vous
de
nouveau,
car
la
résolution
hasardée
que
vous
avez
prise
est
une
véritable
trahison
en-
vers
la
république,
et
doit
assurer
la
victoire
à
Annibal.
»
A
ces
raisons
longtemps
débattues
en-
tre
eux
et
les
consuls,
les
députés
répondirent
avec
fermeté
:
«
qu'ils
n'avaient
point
de
message
à
reporter
à
leurs
concitoyens,
ni
leur
sénat
de
nouvelle
délibération
à
ouvrir,
puisqu'ils
n’a-
vaient
plus
un
soldat
à
donner
aux
armées,
plus
d'argent
à
verser
au
trésor.
»
Les
consuls,
voyant
leur
obstination,
saisirent
le
sénat
de
l’affaire
:
la
consternation
qui
s’empara
de
tous
les
cœurs
fut
si
grande,
que
le
plus
grand
nombre
des
sénateurs
s'écrièrent
que
«
c'enétait
fait
de
l'empire;
que
les
autres
colonies
imitcraient
cefte
conduite
et
qu'il
lesicti,
quum
absterrere
eos
a
tam
detestabili
consilio
vellent,
castigando
increpandoque
plus,
quam
leniter
agendo,
profecturos
rati,
«
eos
ausos
esse
consulibus
di-
cere
,
aiebant,
quod
consules,
in
senatu
ut
pronuntiarenf,
in
animum
inducere
non
possent.
Non
enim
detrectatio-
nem
eam
munerum
militiæ,
sed
apertam
defectionem
a
populo
romano
esse.
Redirent
itaque
propere'in
colonias
et,
lanquam
integra
re,
locuti
magis,
quam
ausi,
tan-
tum
nefas,
cum
suis
consulerent.:
admonerent,
non
Cant-
panos,
neque
Tarentinos
eos
esse,
sed
Romanos:
inde
oriundos
,
inde
in
colonias
atque
in
agrum
bello
captum
stirpis
augendæ
causa
missos;
quæ
liberi
parentibus
de-
berent
,
ea
illos
Romanis
debere,
si
ulla
pietas,
si
memo-
ria
antiquæ
pairiæ
esset.
Consulerent
igitur
de
integro;
pnam,
{um
quidem
quæ
temere
agitassent,
ea
prodendi
imperii
romani,
tradendæ
Annibali
victoriæ
esse.
»
Guum
-alternis
hæc
consules
diu
jactassent,
nihil
moti
legati,
«
neque
se,
quod
domum
renuntiarent,
habere,
dixe-
runt,
neque
senafum
suum,
quid
novi
consuleret,
ubi
nec
miles,
qui
legeretur
,
nec
pecunia,
quæ
daretur
in
stipendium
,
esset.
»
Quum
obsfinatos
eos
viderent
con-
sules
,
rem
ad
senatum
detulerunt
;
ubi
tantus
payor
ani
mis
omnium
est
injectus,
ut
magna
pars,
«
actum
de
imperio
diceret.
Idem
alias
colonias
facturas;
idem
socios
sm
LA
HISTOIRE
ROMAINE.—EIV.
XXVII.
y
avait
accord
entre
tous
les
alliés
pour
livrer
la
république
à
Annibal.
»
:
X.
Les
consuls
rassurèrent
et
consolèrent
le
sé-
nat
:
«
les
autres
colonies,
dirent-ils;
seraient
fi-
dèles
à
leur
devoir;
quant
à
celles
qui
avaient
trahi,
il
suffisait
d'y
envoyer
des
députés
pour
les
châtier
et
non
pour
leur
faire
des
remontrances,
et
l’on
obtiendrait
leur
soumission.
»
Le
sénat
leur
donna
pleine
liberté
d'agir
dans
l'intérêt
de
la
république.
Après
avoir
sondé
les
intentions
des
autres
colonies,
ils
réunirent
les
députés,
et
leur
demandèrent
si,
d'après
la
teneur
des
trai-
tés,
leurs
troupes
étaient
prêtes.
M.
Sextilius
Fré-
gellanus
répondit
au
nom
des
dix-huit
colonies
que
«leurs
troupes
étaient
prêtes
;
que
s’ilen
était
besoin,
le
nombre
en
serait
augmenté;
qu'ils
satis-
feraient
avec
empressement
à
toute
autre
demande
ou
exigence
du
peuple
romain;
que
leurs
res-
sources
étaient
grandes,
leur
fidélité
plus
grande
encore.»
Les
consuls
répondirent
que
leurs
éloges
seuls
ne
pouvaient
récompenser
un
tel
dévoue-
ment,
qu'il
fallait
que
le
corps
entier
des
sénateurs
les
remerciât
en
pleine
assemblée;
puis
ils
les
firent
entrer
avec
eux
dans
la
curie.
Le
sénat
leur
témoigna
sa
reconnaissance
par
un
décret
conçu
dans
les
termes
les
plus
honorables
;
il
chargea
ensuite
les
consuls
de
présenter
les
députés
au
peu-
ple,
et
de
citer
parmi
les
nombreux
et
éclatants
services
qu'eux
et
leurs
ancêtres
en
avaient
re-
çus,
ce
dernier
trait
de
dévouement
à
la
républi-
que.
Aujourd’hui
encore,
après
tant
desiecles,
je
ne
tairai
point
leurs
noms,
et
je
ne
les
frustrerai
consensisse
omnes,
ad
prodendam
Annibali
urbem
roma-
nam.
»
X.
Gonsules
horteri
et
consolari
senatum,
et
dicere
:
«
Alias
colonias
in
fide
atque
officio
pristino
fore;
eas
quoque
ipsas,
quæ
officio
decessissent,
si
legati
circa
eas
colonias
mittaniur,
qui
castigent,
non
qui
precentur,
verecundiam
imperii
habituras
esse.
»
Permissum
ab
se.
natu
iis
quum
esset,
agerent,
facerentque,
ut
e
repu-
blica
ducerent;
pertentatis
prius
aliarum
coloniarum
ani-
mis,
citayverunt
legatos,
quæsiveruntque
ab
iis,
«
ecquid
mihtes
ex
formula
paratos
haberent
?
»
Pro
duodeviginti
colouiis
M.
Sextilius
Fregellanus
respondit
:
«et
milites
ex
formula
paralos-esse
:
et,
si
pluribus
opus
ésset
,
plu-
res
daturos
:
et,
quicquid
aliud
imperaret
velletqne
po-
pulus
romanus
,
enixe
facturos.
Ad
id
sibi
neque
opes
deesse,
animum
etiam
superesse.
»
Consules,
sibi
parum
Yideri,
præfati,
pro
merito
eornm,
sua
voce
collaudari
eos,
nisi
universi
Patres
iis
in
Curia
gratias
egissent,
se-
qui
in
senafum
jusserunt.
Senatus,
quam
poterat
honora-
tissimo
decreto
allocutus
eos
,
mandat
consulibus,
ut
ad
POpulum
quoque
eos
producerent,
et
inter
multa
alia
præclara,
quæ
ipsis
majoribusque
suis
præstitissent
,
re-
cens
etiam.
merifum
eorum
in
rempublicam
commemo-
rarent,
Ne
nunc
quidem
post
tot
sæcula
sileantur,
frau-
denturve
laude
sua.
Siguini
fuere
,
et
Norbani,
Saticula-
11
point
de
ieur
gloire
:
ces
colonies
étaient
Siguia,
Norba
,
Saticulum,
Brindes,
Frégelles,
Lucérie,
Vénouse,
Adria,
Firmiam,
Ariminum;
sur
la
côte
opposée,
Pontia,
Pestum
et.Cosa;
au
milieu
des
terres,
Bénévent,
Ésernie,
Spolète,
Plaisance
et
Crémone.
Le
secours
de
ces
colonies
sauva
la
puissance
romaine.
Des
actions
de
grâces
leur
fu-
rent
rendues
dans
le
sénat
et
devant
le
peuple.
Quant
aux
douze
colonies
rebelles,
le
sénat
défen-
dit
d'en
parler
:
les
consuls
ne
durent
ni
Les
ren-
voyer,
ni
les
retenir,
ni
prononcer
leur
nom.
Cet
oubli
fut
jugé
le
châtiment
le
plus
conforme
à
la
dignité
du
peuple
romain.
Cependant
les
consuls
firent
leurs
préparatifs
de
guerre;
on
crut
devoir
user
de
l'or
vicésimaire,
qui
formait
dans
le
tré-
sor
public
une
réserve
sacrée
pour
les
circonsian-
ces
critiques;
et
l'on
prit
environ
quatre
mille
livres
pesant
d'or.
On
en
remit
cinq
cents
aux
consuls
et
aux
proconsuls
M.
Marcellus
et
P.
Sul-
picius,
ainsi
qu'au
préteur
L.
Véturius,
à
qui
le
sort
avait
assigné
la
Gaule.
Le
consul
Fabius
recut
de
plus
cent
livres
destinées
à
être
portées
dans
la
citadelle
de
Tarente.
Le
reste
servit
à
payer
comptant
les
fournitures
d'équipements
faites
pour
l'armée
dont
le
chef
et
les
soldats
se
couvraient
de
gloire
en
Espagne.
On
songea
aussi
avant
le
dé-
part
des
consuls
à
l'expiation
des
prodiges.
XI.
La
foudre
était
tombée
au
mont
Albain,
sur
la
statue
de
Jupiter
et
sur
un
arbre
voisin
du
temple;
sur
le
lac
d’Ostie,
sur
les
murs
de
Ca-
poue,
sur
le
temple
de
la
Fortune,
sur
la
muraille
el
la
porte
de
Sinuessa.
Voilà
les
points
qu'avait
nique,
et
Brundisini,
et
Fregellani,
et
Lucerini,
et
Ve-
nusini,
et
Hadriani,
et
Firmani,
et
Ariminenses;
et
ab
altero
mari,
Pontiani
,
et
Pæstani,
et
Cosani
:
el
medi-
térranei,
Beneventani,
et
Æsernini,
et
Spoletini,
et
Placentini,
et
Cremonenses.
Harum
coloniarum
subsidio
tum
imperium
populi
romani
stetit
:
iisque
gratiæ
et
in
senaiu,
et
ad
populum
actæ.
Duodecim
aliarum
colonia-
ram,
quæ
detrectaverunt
imperium,
mentionem
fieri
Patres
vetuerunt,
neque
illos
dimitti,
neque
retineri,
neque
appellari
a
consulibus.
Ea
tacita
castigatio
maxime
ex
dignitate
populi
romani
visa
est.
Cetera
expedienti-
bus,
quæ
ad
bellum
opus
erant,
consulibus
,
aurum
vi-
cesimarium
,
quod
in
sanctiore
ærario
ad
ultimos
casus
servabatur
,
promi
placuit.
Prompla
ad
quatuor
millia
pondo
auri.
Inde
quingena.
pondo:
data
consulibus
,
et
M.
Marcello,
et
P.
Sulpicio
proconsulibus
,
et
L.
Veturio
prætori,
qui
Galliam
proyinciam
sorlitus
erat
;
additum-
que
Fabio
consuli
centum
pondo
auri
præcipuum,
quod
in
arcem
Tarentinam
portaretur.
Cetero
usi
sunt
ad
ves-
timenta
præsenti
pecunia
locanda
exercitui,
qui
in
His-
pania
bellum
secunda
sua
fama
ducisque
gerebat.
XI.
Prodigia
quoque,
priusquam
ab
urbe
consules
pro-
ficiscerentur,
procurari
placuit.
In
Albano
monte
tacfa
de
cœlo
erant
signum
Jovis,
arlorque
templo
propinqua,
et
Ostiæ
lacus,
et
Capuæ
murus,
Fortunæque
ædes,
ef
42
frappés
le
feu
du
ciel.
On
avait
vu,
disait-on,
Veau
de
la
fontaine
d’Albe
couler
sanglante;
à
Rome,
dans
le
sanctuaire
de
la
Fortune
Forte,
une
petite
figure
placée
dans
la
Couronne
de
la
déesse
était
tombée
d'elle-même
de
sa
tête
dans
ses
mains
:
il
avait
été
constaté
qu'à
Priverne
un
bœuf
avait
parlé
et
qu'un
vautour
s'était
en
plein
forum
abattu
dans
une
boutique
:
Sinuesse
avail
vu
naître
un
enfant
de
sexe
douteux,
un
Andro-
gyne,
comme
les
appelle
la
multitude,
profitant
de
la
grande
facilité
qu'offre
le
grec
pour
former
des
composés
:
on
parlait
encore
d’une
pluie
de
lait
et
de
la
naissance
d'un
enfant
avec
une
tête
d'éléphant.
On
immola
les
grandes
victimes
pour
expier
ces
prodiges,
et
l'on
déeréta
un
jour
de
supplications
et
d’obsécrations
à
tous
les
autels.
Le
préteur
G.
Hostilius
fut
chargé
de
vouer
des
jeux
à
Apollon
,
et
de
les
célébrer
,
comme
on
les
avait
voués
et
célébrés
les
années
précédentes.
Ce
fut
pendant
les
mêmes
jours
que
le
consul
Q.
Fal-
vius
tint
les
comices
pour
la
nomination
des
cen-
seurs.
On
choisit
deux
citoyens
qui
n'avaient
pas
encore
été
consuls,
M.
Cornélius
Céthégus
et
P.
Sempronius
Tuditanus.
Ces
magistrats
affermè-
rent
le
territoire
de
Capoue
en
vertu
d’une
loi
portée
devant
les
plébéiens,
avec
l’autorisation
du
sénat,
et
sanctionnée
par
un
plébiscite.
Les
no-
minations
de
sénateurs
furent
retardées
par
le
débat
qu'excita
entre
les
censeurs
le
choix
du
prince
du
sénat.
Ce
choix
était
dans
les
droits
de
Sempronius;
mais
Cornélius
demandait
l'observa-
tion
d'une
coutume
traditionnelle
qui
donnait
ce
titre
au
plus
ancien
des
censeurs
encore
en
vie.
Sinuessæ
murus
portaque.
Hæc
de
cœlo
tacta.
Cruentam
eliam
fluxisse
aquam
Albanum,
quidam
auctores
erant
:
et
Romæ
intus
cellam
ædis
Fortis
Fortunæ
de
capite
si-
gum,
quod
in
corona
erat,
in
manus
sponte
sua
pro-
lapsum.
Et
Priverni
satis
constabat
boyem
Jocutum
,
vul-
turiumque
frequenti
foro
in
tabernam
devolasse,
et
Si-
nuessæ
natum
ambiguointer
marem
ac
feminam
sexu
in-
fantem
:
quos
androgynos
vulgus
(ut
pleraque,
faciliore
ad
duplicanda
verba
Græco
sermone)
appellat
:
et
lacte
pluisse,
et
cum
elephanti
capite
puerum
natum.
Ea
pro-
digia
hostiis
majoribus
procurata,
et
supplicatio
circa
omnia
pulvinaria,
et
obsecratio
in
unum
diem
indicta
:
et
decretum,
ut
CG.
Hostilius
prætor
ludos
Apollini
,
sicut
his
annis
voti
factique
erant
,
voyeret
faceretque.
Per
eos
dies
et
censoribus
creandis
Q.
Fulvius
consul
comitia
ha-
buit.
Creati
censores,
ambo
qui
nondum
consules
fue-
rant,
M:
Cornelius
Cethegus,
P.
Sempronius
Tuditanus.
Hi
censores
utagrum
Campanum
fruendum
locarent,
ex
,
auctoritate
Patrum
Jatum
in
plebem
est,
plebesque
scivit.
Senatus
lectionem
contentio
inter
censores
de
principe
legendo
fenuit.
Sempronii
lectio
erat
:
ceterum
Gorne-
lius
«morem
traditum
a
patribus
sequendum
aiebat,
ut,
qui
primus
censor
ex
iis,
qui
viverent,
fuisset,
eum
prin-
cipem
legerent.
»
1s
T.
Manlius
Torquatus
erat.
Sempro-
TITE-
LIVE.
:
C'était
T,
Manlius
Torquatus.
Sempronius
répon-
dait
qu’en
lui
attribuant
l'élection
par
la
voie
du
sort,
les
dieux
lui
avaient
donné
l'indépendance
du
choix
:
qu’il
ne
suivraït
d'autre
règle
que
sa
volonté,
et
qu’il
désignerait
Q.
Fabius
Maximus
le
premier
citoyen
de
Rome
,
ce
que
confirmerait
au
besoin
le
suffrage
même
d’Annibal.
Après
de
longs
débats,
Cornélius
céda,
et
Sempronius
salua
prince
du
sénat
le
consul
Q.
Fabius
Maximus
:
ensuite
une
nouvelle
liste
du
sénat
fut
dressée,
et
huit
noms
y
furent
omis
;
de
ce
nombre
était
celui
de
L.
Cécilius
Mctellus,
qui
avait
osé
proposer
d’a-
bandonner
l'Italie
après
la
défaite
de
Gannes.
Dans
la
revue
des
chevaliers,
on
suivit
la
même
règle:
mais
très-peu
furent
ainsi
notés
d'infamie.
On
priva
de
leurs
chevaux
tous
ceux
des
légions
de
Cannes
qui
étaient
alors
en
Sicile;
et
il
yen
avait
beaucoup.
À
cette
rigueur
on
ajoufa
une
prolon-
gation
de
service
:
on
ne
leur
compta
pas
les
campagnes
faites
avec
les
chevaux
de
l'état,
et
ils
en
eurent
dix
à
faire
montés
à
leurs
frais.
Le
re-
censement
révéla
en
outre
un
grand
nombre
de
citoyens
qui
devaient
servir
à
cheval
:
el
dans
le
nombre,
tous
ceux
qui,
au
commencement
de
cette
guerre,
avaient
dix-sept
ans,
el
n'avaient
pas
servi,
furent
imposés,
On
mit
ensuite
en
ad-
judication
le
rétablissement
des
édifices
du
forum
que
l'incendie
avait
dévorés
:
c’étaient
sept
bou-
tiques,
un
marché
et
le
palais
de
Numa.
XI.
Après
avoir
tout
terminé
à
Rome,
les
con-
suls
partirent
pour
la
guerre.
Eulvius
le
premier
se
rendit
à
Capoue
:
peu
de
jours
après
Fabius
le
rejoignit,
conjura
son
collègue
de
vive
voix
el
nius,
«
cui
di
sortem
legendi
dedissent,
ei
jus
liberum
eosdem
dedisse
deos.
Se
id
suo
arbitrio
facturum
:
lectu-
rumque
Q.
Fabium
Maximum,
quem
tum
principem
ro-
manæ
civitatis
esse,
vel
Annibale
judice,
victurus
essel.»
Quum
diu
certatum
verbis
esse,
concedente
collega
,
lec-
tus
a
Sempronio
princeps
in
senatu
Q.
Fabius
Maximus
consul
:
inde
alius
lectus
senatus,
octo
præteritis,
inter
quos
L.
Cæcilius
Metellus
erat,
infamis
auctor
deserendæ
Italiæ
post
Cannensem
cladem.
In
equestribus
quoque
notis
eadem
servata
causa
:
sed
erant
perpauci,
quos
€
infamia
attingeret.
Illis
omnibus
(et
multi
erant)
adempti
equi,
qui
Cannensium
legionum
equites
in
Sicilia
erant.
Addiderunt
acerbitati
etiam
tempus,
ne
præterita
stipen-
dia
procederent
ïis,
quæ
equo
publico
emeruerant
,
sed
dena
stipendia
equis
privatis
facerent.
Magnum
præte-
rea
numerum
eorum
conquisiverunt,
qui
equo
merereé
deberent
:
atqueexiis,
qui
principio
ejus
belli
septen-
decim
annos
nati
fuerant,
neque
militayerant,
omnes
ærarios
fecerunt.
Locaverunt
inde
reficienda
,
quæ
circa
forum
incendio
consumpta
erant,
septem
tabernas
,
Ma”
cellum
,
atrium
regium.
XII.
Transactis
omnibus,
quæ
Romæ
agenda
erant,
consules
ad
bellum
profecti.
Prior
Fulvius
prægressus
Capuam.
Post
paucos
dies
conseculus
Fabius;
qui
et
col
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXVII.
45
Marcellus
par
lettres
d’occuper
Annibal
,
et
de
ne
pas
lui
laisser
de
repos
pendant
qu'il
irait
lui-
même
assiéger
Tarente.
Une
fois
cette
place
per-
due,
l'ennemi
se
voyant
repoussé
sur
tous
les
points,
n'ayant
plus
d'asile
où
se
réfugier,
ne
pouvant
plus
compter
sur
personne,
aurait
plus
de
motif
de
rester
en
Italie.
Fabius
envoya
aussi
un
messager
au
commandant
de
la
garnison
que
le
consul
Lévinus
avait
laissée
à
Rhégium
pour
contenir
les
Bruttiens.
Elle
était
de
huit
mille
hommes
,
la
plupart,
comme
nous
lPavons
déjà
dit,
tirés
d’Agathyrne
en
Sicile,
gens
habi-
tués
à
une
vie
de
brigandage
;
on
y
avait
ajouté
des
transfuges
bruttiens
ayant
même
audace
et
même
besoin
de
tout
oser.
Fabius
enjoignit
à
ce
commandant
de
ravager
d’abord
le
territoire
brut-
tien,
et
d’assiéger
ensuite
Gaulonie.
Get
ordre
fut
exécuté,
non-seulement
avec
ardeur,
mais
avec
avidité
:
on
pilla
et
l’on
dispersa
les
habitants
de
la
campagne;
puis
on
pressa
vivement
la
place.
Marcellus,
qu'enflammaient
et
les
lettres
du
con-
sul
et
la
conviction
que
seul
des
généraux
romeins
il
pouvait
tenir
tête
à
Annibal,
quitta
ses
quar-
tiers
d'hiver
dès
que
la
campagne
lui
fournit
du
fourrage,
et
rencontra
les
Carthaginoïs
près
de
Canouse.
Leur
général
sollicitait
cette
ville
de
se
donner
à
lui
:
mais
au
premier
bruit
de
l’ap-
proche
de
Marcellus,
il
décampa.
Le
pays
étant
dé-
couvert,
On
ne
pouvait
y
cacher
une
embuscade;
il
chercha
à
gagner
des
lieux
boisés.
Marcellus
s’attacha
à
ses
pas;
il
établissait
son
camp
devant
le
camp
d’Annibal,
et,
à
peine
retranché,
il
ran-
geait
ses
légions
en
bataille.
Annibal
se
contentait
de
faire
engager
de
légères
escarmouches
par
sa
legam
coram
obtestatus,
et
per
liferas
Marcellum,
ut
quam
acerrimo
bello
detinerent
Annibalem,
dum
ipse
Tarentum
oppugraret
:
ea
urbe
adempta,
hosti
jam
andi-
que
pulso,
nec
ubi
consisteret,
nec
quid
fidum
respiceret
habenti,
ne
remorandi
quidem
causam
in
Italia
fore.
Rhegium
etiam
nuntium
mittit
ad
præfectum
præsidii,
quod
ab
Lævino
consule
adyersus
Bruttios
ibi
locatum
erat,
octo
millia
hominum
:
pars
maxima
ab
Agathyrna,
sicut
antea
dictum
est,
ex
Sicilia
traducta,
rapto
vivere
hominum
assuetcrum.
Additi
erant
Bruttiorum
indidem
perfugæ
,
et
audacia
et
audendi
omnia
necessitatibus
pares.
Hanc
manum
ad
Bruttium
primum
agrum
depopu-
landum
duci
jussit,
inde
ad
Cauloniam
urbem
oppugnan-
dum.
Imperata
non
impigre
solum
,
sed
etiam
avide,
ex-
secuti,
direptis
fugatisque
cultoribus
agri,
summa
vi
ur-
bem
oppugnabant.
Marcellus,
et
consulis
literis
excitus,
et
quia
ita
in
animum
induxerat,
neminem
ducem
rom:-
num
tam
parem
Annibali,
quamse
,
esse,
ubi
primum
in
agris
pabuli
copia
fuit,
ex
hibernis
profectus,
ad
Canu-
sium
Annibali
occurrit.
Sollicitabat
ad
defectionem
Ca-
nusinos
Pœnus;
ceterum,
ut
appropinquare
Marcellum
audivit,
castra
inde
movit.
Aperta
erat
regio,
sine
ullis
ad
insidias
latebris;
itaque
in
loca
saltuosa
cedere
inde
cavalerie
ét
les
frondeurs
de
son
infanterie:
il
ne
jugeait
pas
nécessaire
de
risquer
une
action
géné-
rale.
Il
y
fut
pourtant
amené
malgré
ses
efforts.
Il
avait
pris
les
devants
pendant
la
nuit;
mais
Marcellus
l’atteignit
au
milieu
d’une
plaine
spa-
cieuse,
fondit
de
toutes
parts
surses
travailleurs,
et
Fempècha
d’asseoir
son
camp.
Alors
on
en
vint
aux
mains,
et
la
bataille
devint
générale
:
la
nuit
approchant,
les
deux
armées
se
séparèrent
avec
un
avantage
égal.
Elles
dressèrent
leurs
camps
à
très-peu
d'intervalle,
et
les
fortifièrent
à
la
hâte
avant
la
nuit.
Le
lendemain,
dès
l'aurore,
Marcellus
sortit
en
bataille.
Annibal
accepta
le
combat
et
adressa
une
longue
exhortation
à
ses
guerriers
:
«
Ils
n'avaient
qu'à
se
rappeler
Trasi-
mène
et
Cannes,
pour
rabattre
la
fierté
de
l’en-
nemi
:
toujours
poursuivis
et
pressés,
harcelés
dans
leurs
marches,
interrompus
dans
leurs
cam-
pements,
ils
n'avaient
pas
le
temps
de
respirer,
de
risquer
un
regard
autour
d'eux.
Chaque
jour
avec
le
soleil
levant,
il
leur
fallait
voir
les
Ro-
mains
en
bataille
dans
la
plaine
:
un
seul
com-
bat,
où
le
sang
des
ennemis
coulerait,
suffirait
pour
modérer
leur
fougue
et
leur
ardeur.»
Ce
discours
les
enflamma;
fatigués
d’ailleurs
de
l’insolence
d’un
ennemi
qui
chaque
jour
les
pres-
sait
et
les
harcelait,
ils
commencèrent
vigoureu-
sement
l'attaque.
On
combattit
plus
de
deux
-
heures.
Du
côté
des
Romains
on
vit
plier
la
cava-
lerie
de
la
droite
et
l'élite
des
alliés
:
Marcel-
lus
fit
aussitôt
avancer
au
premier
rang
la
dix-
huitième
légion.
La
confusion
de
ceux
qui
là-
chaient
pied,
la
lenteur
de
ceux
qui
venaient
les
remplacer,
rompirent
toute
la
ligne;
bientôt
Ja
cœpit.
Marcellus
vestigiis
instabat,
castraque
casiris
con-
ferebat
:
et,
opere
perfecto,
extemplo
in
aciem
legiones
educebat.
Annibal,
turmatim
per
equites
peditumque
ja-
culatores
leyia
certamina
serens,
casum
universæ
pugpæ
non
necessarium
ducebat
:
tractus
est
tamen
ad
id,
qued
vitabat,
certamen.
Nocte
prægressum
assequitur
locis
planis
ac
patentibus
Marcellus
:
castra
inde
ponentem,
pugnando
undique
in
munitores,
operibus
prohibet.
Ita
signa
collata,
pugnatumque
totis
copiis
:
et,
quum
jam
nox
instaret,
Marte
æquo
discessum
est.
Castra,
exiguo
distantia
spatio,
raptim
ante
noctem
permunita.
Postero
die
luce
prima
Marcellus
in
aciem
copias
eduxit.
Nec
An-
nibal
detrectavit
certamen,
multis verbis
adhortatus
mi-
lites,
«
ut
memores
Trasimeni
Cannarumque,
contunde-
rent
ferociam
hostis:
urgere
atque
instare
eum
:
noniter
quietos
facere,
non
astra
ponere
pa!i,
non
respirare
aut
circumspicere
:
quotidie
simul
orientem
solem
et
roma-
nam
aciem
in
campis
videndam
esse.
Si
uno
prælio
haud
incruentus
abeat,
quietius
deinde
tranquilliusque
eum
bellaturum.
»
His
irritati
adhortationibus
,
siulque
tæ-
dio
ferociæ
hostium
quotidie
instantium
lacessentiumque,
acriter
prælium
ineunt.
Pugnatum
amplius
duabus
horis
est.
Cedere
inde
ab
Romanis
dextra
ala
et
extraordinarii
Aa.
déroute
fut
complète.
La
frayeur
était
plus
forte
que
la
honte,
et
les
Romains
fuyaient
de
toutes
parts.
Ce
combat
et
celle
déroute
leur
coûtèrent
environ
deux
mille
sept
cents
hommes,
citoyens
ou
alliés
:
de
ce
nombre
étaient
quatre
centurions
et
deux
tribuns
militaires
M.
Licinius
et
M.
Hel-
vius.
Quatre
enseignes
furent
perdues
par
l'aile
qui
avait
commencé
la
fuite,
et
deux
par
la
lé-
gion
qui
avait
remplacé
les
alliés.
XIII.
Marcellus,
rentré
dans
son
camp,
haran-
gua
ses
soldats
avec
tant
de
dureté
et
d'aigreur
que
les
fatigues
d'un
combat
malheureux
pendant
l’espace
d'un
jour
entier
leur
parurent
plus
sup-
portables
que
le
langage
de
leur
général
:
«
Dans
notre
honte,
dit-il,
je
bénis
encore
et
je
remercie
les
dieux
immortels
de
ce
qu'ils
n’ont
pas
permis
que
les
vainqueurs,
profitant
de
l’effroi
qui
vous
précipitait
dans
vos
retranchements,
vinssent
at-
taquer
le
camp.
Vous
lauriez
abandonné
sans
doute
avec
la
même
frayeur
qui
vous
a
fait
dé-
serter
le
champ
de
bataille.
Et
pourquoi
cette
ter-
reur
et
cette
épouvante?
Pourquoi
cet
oubli
subit
de
ce
que
vous
êtes,
Romains,
de
ce
que
sont
vos
ennemis?
Ces
ennemis,
ce
sont
bien
ceux
que
vous
avez
vaincus
et
poursuivis
toute
la
campagne
der-
nière,
ceux
dont
naguère
encore
Vous
pressiez
nuit
et
jour
la
fuite,
ceux
que
harcelaient
vos
es-
*
carmouches,
ceux
à
qui
vous
rendiez
hier
même
Ï
4
toute
marche
,
tout
campement
impossibles.
Mais
-
je
passe
sur
ces
titres
de
gloire
:
c'est
votre
honte,
c'est
votre
faute
que
je
vous
veux
montrer.
Hier
layantage
était
égal
au
sortir
du
combat.
Quel
changement
en
une
nuit,
en
un
jour!
Quelques
cœpere.
Quod
ubi
Marcellus
vidit,
duodevicesimam
le-
gionem
in
primam
aciem
inducit,
Dum
ali
trepidi
ce-
dunt
,
ali
segniter
subeunt
,
turbata
tota
acies
est,
dein
prorsus
fusa;
et,
vincente
pudorem
metu,
terga
dabant.
Cecidere
in
pugna
fugaque
ad
duo
millia
et
septingenti
civium
sociorumque
:
in
his
quatuor
Romani
centuriones,
duo
tribuni
militum,
M.
Licinius
et
M.
Helvius.
Signa
militaria
quatuor
de
ala,
prima
quæ
fugit;
duo
de
le-
gione
,
quæ
cedentibus
sociis
successerat,
amissa.
XIII.
Marcellus,
postquam
in
castra
reditum
est;
con
cionem
adeo
sævam
atque
acerbam
apud
milites
habuit,
-utprælio,
per
diem
totum
infeliciter
tolerato,
tristior
is
irati
ducis
oratio
esset.
«
Diis
immortalibus,
uê
in
fali
re,
landes
gratesque,
inquit,
290,
quod
victor
hostis,
cum
lanio
pavore
incidentibus
vobis
in
vallum
portasque,
non
ipsa
castra
est
aggressus.
Deseruissetis
profecio
eo-
dem
terrore
castra,
quo
omisistis
pugnam.
Qui
pavor
hic,
qui
terror,
quæ
repente,
qui,
et
Cum
quibus
pu-
gnarelis
;
oblivio
animos
cepit
?
Nempe
idem
sunt
hi
hos-
tes,
quos
vincendo
et
victos
sequendo
priorem
æsietem
absumpsislis
;
quibus
diés
noctesque
fugientibus
per
hos
dies
institislis;
quos
levibus
præliis
fatigastis;
quos
hes-
‘terno
die
nec
iter
facere,
nec
castra
ponere
passi
eslis.
Omitto
ea,
quibus
gloriari
potestis
:
cujus
et
ipsius
pu-
TITE-LIVE.
heures
ont-elles
diminué
vos
forces
et
doublé
les
leurs?
Non,
ce
n’est
pas
à
mon
armée
que
je
parle;
vous
n'êtes
pas
des
Romains
:
vous
n'en
avez
que
l'extérieur
et
les
armes.
Ah!
si
vous
en
aviez
eu
aussi
le
courage,
l'ennemi
vous
au-
rait-il
wu
tourner
le
dos?
aurait-il
emporté
les
enseignes
d'une
compagnie
ou
d'une
cohorte?
Jusqu'ici
il
avait
pu
tailler
en
pièces
des
lé-
sions
romaines
:
Jà
se
bornait
sa
gloire
:
à
vous
aujourd'hui,
à
vous
les
premiers,
il
a
dû
celle
d'avoir
mis
en
fuite
une
armée.
»
Un
cri
se
fit
entendre
:
on
demandait
grâce
pour
cette
jour-
née
;
quand
le
consul
voudrait,
il
pourrait
mettre
à
l'épreuve
le
courage
de
ses
soldats.
«
Eh
bien!
oui,
reprit-il,
je
vous
mettrai
à
l'épreuve,
soldats
;
demain
je
vous
conduirai
au
combat
:
que
la
Vic-
toire
vous
obtienne
un
pardon
que
vainemené
vous
sollicitez
vaincus.
»
Les
cohortes
qui
avaient
perdu
leurs
enseignes
reçurent
du
pain
d'orge
par
ses
ordres
:
les
centurions
des
compagnies
Coupa-
bles
de
la
même
faute
furent
condamnés
à
porter
l’épée
nue
sans
baudrier,
et
le
lendemain,
cava-
lerie
et
infanterie,
tout
le
monde
devait
être
sous
les
armes.
Le
consul
congédia
alors
ses
soldats
qui
convenaient
de
la
justice
de
ses
reproches,
et
pro=
clamaient
qu’en
ce
jour
l'armée
romaine
n’avaif
eu
qu’un
seui
homme
de
cœur,
son
général;
qu’ils
expieraient
leurs
torts
en
mourant
ou
en
gagnant
une
éclatante
victoire.
Le
lendemain
ilsétaient
tous
sous
les
armes
et
à
leurs
rangs,
suivant
L'ordre
de
Marcellus.
Le
général
les
félicita,
et
déclara
que
ceux
qui,
la
veille,
avaient
commencé
la
fuite,
ainsi
que
les
cohortes
qui
avaient
perdu
leurs
ensei-
dere
ac
pϾnitere
vos
oportet,
referam.
Nempe,
æquis
manibus
hesterno
die
diremistis
pugnam.
Quid
hæc
DOX;
quid
hic
dies
attulit?
Vestræ
his
copiæ
imminutæ
sunt,
an
illorum
auctæ
?
Non
equidem
mihi
cum
exercitu
me0
loqui
videor,
nec
cum
romanis
militibus
:
Corpora
tan-
tum
atque
arma
eadem
sunt.
An,
si
eosdem
animos
ha-
buissetis,
terga
vestra
vidisset
hostis?
signa
alicui
mani-
pulo
aut
cohorti
abstulisset?
Adhuc
cæsis
romanis
legio-
nibus
gloriabatur.
Vos
illi
hodierno
die
primum
fugati
exercitus
dedistis
decus.
»
Clamorinde
ortus,
ut
veniam
ejus
diei
daret:
ubi
vellet,
deinde
experiretur
militum
suorum
animos.
«
Ego
vero
experiar
,
inquit,
milites
:
et
vos
crastino
die
in
aciem
educam,
ut
victores
potius,
quam
victi,
veniam
impetretis,
quam
pelitis.
»
Cohortibus,
quæ
signa
amiserant,
hordeum
dari
jussit
:
centuriones:
que
manipulorum,
quorum
signa
amissa
fuerant,
destric-
tis
gladiis
discinctos
destituit;
et,
ut
postero
die
omness
equites,
pedites,
armati
adessent,
edixit.
Ita
conci0
di-
missa
fatentium,
jure
ac
merito
sese
increpitos
;
neque
illo
die
virum
quemquam
in
acie
romana
fuisse,
præler
unum
ducem
;
cui
aut
morte
satisfaciendum,
auf
egregia
victoria
esset.
Postero
die
ornati
armatique
ad
edictuni
aderant.
Imperator
eos
collaudat,
pronuntiatque
;
à
qui-
bus
orta
pridie
fuga
esset,
cohortesque,
quæ
signa
ami
ï
à
:
;
dc
Sn
ES
NS
à
dd
LOS
ed
à
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXVIL.
45
gnes,
seraient
placés
en
première
ligne.
Il
leur
an-
noncait
qu'ils
devaient
(ous
combattre
el
vaincre;
que
tous
et
chacun
en
particulier
devaient
faire
les
derniers
efforts
pour
empêcher
la
nouvelle
de
leur
défaite
de
parvenir
à
Rome
avant
celle
de
leur
victoire.
Il
leur
ordonna
ensuite
de
prendre
leur
repas,
afin
que
si
la
bataille
se
prolongeait,
leurs
forces
pussent
y
suffire.
Quand
il
eut
tout
dit,
tout
fait
pour
exciter
l’ardeur
des
troupes,
on
marcha
à
l’enuemi.
XIV.
À
cette
nouvelle,
Annibal
s’écria
:
«
J'ai
affaire
à
un
adversaire
qui
ne
sait
se
contenir
ni
dans
la
bonne
ni
dans
la
mauvaise
fortune.
Vain-
queur,
il
s'attache
fièrement
à
la
poursuite
des
vaincus.
Vaincu,
il
renouvelle
le
combat
avec
les
vainqueurs.
»
Aussitôt
il
fit
sonner
la
charge
et
sortit
de
son
camp.
Des
deux
côtés
on
se
batlit
avec
plus
d’acharnement
que
la
veille,
les
Cartha-
ginois
cherchant
à
conserver
la
gloire
de
leur
succès,
les
Romains
à
laver
la
honte
de
leur
dé-
faite.
La
gauche
des
Romains
avait
en
première
ligue
la
cavalerie
et
les
cohortes
qui
avaient
perdu
leurs
enseignes
:
à
droite
était
la
vingtième
légion
:
les
lieutenants
L.
Cornélius
Lentulus
et
€.
Clau-
dius
Néron
commandaient
aux
deux
ailes
;
au
cen-
tre
était
Marcellus
instigateur
et
témoin
de
leur
Vaillance,
Annibal
avait
ris
en
tête
ses
Espagnols,
qui
faisaient
toute
la
force
de
son
armée.
Comme
la
victoire
flottait
indécise
depuis
longtemps,
le
Carthaginois
fit
avancer
ses
éléphants
en
première
ligne
dans
l'espoir
de
jeter
le
désordre
et
lépou-
vante.
Et
d’abord
ils
mirent
le
trouble
dans
les
rangs;
foulant
aux
pieds
ou
dispersant
par
la
sissent,
sein
primam
aciem
inducturum.
Edicere
jam
sese,
Omnibus
pugnandum
ac
vincendum
esse
:
et
anni-
tendum
singulis
universisque
,
ne
prius
hesternæ
fugæ,
quam
hodiernæ
victoriæ
,
fama
Romam
perveniat.
»
Inde
cibo
corpora
firmare
jussi,
ut,
si
longior
pugna
esset,
viribus
sufficerent.
Ubi
omnia
dicta
factaque
sunt,
qui-
bus
excitarentur
animi
militum,
in
aciem
procedunt.
XIV.
Quod
ubi
Annibali
nuntiatum
est
:
«
Cum
eo
ni-
mirum,
inquit,
hoste
res
est,
qui
nec
bonam,
nec
ma-
Jam
ferre
fortunam
potest.
Seu
vicit,
ferociter
instat
vic-
tis;
seu
victus
est,
instaurat
cum
victoribus
certamen.
»,
Signa
inde
cauere
jussit;
copias
educit.
Pugnatum
utrim-
que
aliquanto,
quam
pridie,
acrius
est
:
Pœnis
ad
obti-
nendum
besternum
decus
annitentibus,
Romanis
ad
de-
Mendam
ignominiam.
Sinistra
ala
ab
Romanis
et
cohortes,
quæ
amiserant
signa
,
in
prima
acie
pugnabant
,
et
legio
Yicesima
ab
dextro
cornu
instructa.
L.
Cornelius
Lentu-
lus
et
C.
Claudius
Nero
legati
cornibus
præerant,
Mar-
cellus
mediam
aciem,
hortator
testisquepræsens,
firmabat.
AB
Annibale
Hispani
primam
obtinebant
frontem
,etid
roboris
in
Omni
exercitu
erat.
Quum
anceps
diu
pugna
esset,
Annibal
elephantos
in
primam
aciem
induci
jussit,
si
quem
injicere
ea
res
tumultum
ac
pavorem
posset.
Et
Primo
turbarunt
signa
ordinesque,
et
partim
occulcatis,
terreur
les
plus
rapprochés.
Hs
mirent
à
décou-
vert
un
des
flancs
de
l’armée
romaine.
La
déroute
allait
s'étendre,
sans
le
tribun
G.
DécimiusFlavus,
lequel
saisissant
l'enseigne
du
premier
manipule
des
hastats,
entraîna
ce
manipule
à
sa
suite,
les
conduisit
au
fort
de
la
mélée
pour
arréter
la
con-
fusion
causée
par
le
gros
d’éléphants,
et
com-
manda
une
décharge
dejavelots.
Pas
un
trait
ne
fut
perdu,
étant
tiré
desi
prèssur
ces
masses
énormes
formées
en
troupe
serrée
;
mais
si
tous
les
élé-
phants
ne
furent
point
blessés;
ceux
sur
le
dos
desquels
s'étaient
arrêtés
les
javelots
prirent
la
fuite,
(ces
animaux
étant
des
auxiliaires
fort
chanceux)
et
entraînèrent
avec
eux
ceux
qui
n'avaient
reçu
aucune
atteinte.
Alors
ce
ne
fut
plus
une
compagnie
seulement,
mais
chaque
sol-
dat
qui,
arrivé
à
portée
du
trait,
tirait
à
l'envi
sur
les
éléphants
en
fuite.
Ceux-ci
se
précipitaient
furieux
sur
les
Carthaginoiïs,
auxquels
ilsfaisaient
plus
de
mal
qu'aux
Romains;
car,
sous
l'inspira-
tion
de
la
peur,
l'éléphant
a
plus
de
fougue
que
quand
il
obéit
au
conducteur
qu’il
porte.
L’en-
nemi
une
fois
rompu
par
la
course
désordonnée
de
ces
animaux,
l’infanterie
romaine
fondit
sur
lui,
le
dissipa
et
le
mit
en
fuite
sans
beaucoup
d'efforts.
Puis
Marcellus
lança
sur
les
fuyards
sa
cavalerie,
qui
ne
s'arrêta
qu'après
les
avoir
re-
foulés
jusque
dans
leur
camp
pleins
d’effroi
;
car,
pour
surcroît
d'épouvante
et
de
désordre,
deux
éléphants
s'étaient
abattus
devant
la
porte
et
for-
Gaient
le
soldat
à
franchir
le
fossé
et
le
retranche-
ment.
Là
eut
lieu
le
plus
grand
carnage;
les
Car-
thaginoïs
y
perdirent
environ
huit
mille
hommes
partim
dissipatis
terrore,
qui
circa
erant,
nudaverant
una
parte
aciem
:
latiusque
fuga
manasset,
ni
C.
Deci-
mius
Flavus
tribunus
militum
,
signo
arrepto
primi
has-
tati,
manipulum
ejus
signi
se
sequi
jussisset.
Duxit,
ubi
maxime
tumultum
conglobatæ
belluæ
faciebant,
pilaque
in
eas
conjici
jussit.
Hæsere
omnia
tela
haud
difficili
ex
propinquo
in
tanta
corpora
ictu
,
et
tam
conferta
turba.
Sed
ut
non
omnes
vulnerati
sunt,
ita,
in
quorum
tergis
infisa
stetere
pila
(ut
est
genus
anceps)
in
fugam
versi
etiam
integros
avertere.
Tum
jam
non
unus
manipulus,
sed
pro
se
quisque
miles
,
qui
modo
assequi
agmen
fugien-
tium
elephantorum
poterat,
pila
conjicere.
Eo
magis
rue-
re
in
suos
belluæ;
tantoque
majorem
stragem
edere,
quam
inter
hostes
ediderant
,
quanto
acrius
pavor
consternatam
agit,
quam
insidentis
magistri
imperio
regitur.
In
per-
turbatam
transcursu
belluarum
aciem
signa
inferunt
ro-
mani
pedites
:
et
haud
magno
certamine
dissipatos
tre-
pidantesque
avertunt.
Tum
in
fugientes
equitatum
im-
mittit
Marcellus,
nec
ante
finis
sequendi
est
factus,
quam
in
castra
paventes
compulsi
sunt.
Nam
super
alia
,
quæ
terrorem
trepidationemque
facerent,
elephanti
quoque
duo
in
ipsa
porta
corruerant,
coactique
erant
milites
per
fossam
vallumque
ruere
ia
castra.
Ibi
maxima
hostium
cædes
facta
:
cæsa
ad'octo
millia
hominum
,
quinque
ele-
16
TITE
et
cinq
éléphants.
La
victoire
fut
sanglante
aussi
pour
les
Romains
:
elle
leur
coûta
près
de
dix-
sept
cents
légionnaires,
et
plus
de
treize
cents
al-
liés,
sans
compter
la
foule
des
blessés,
tant
ci-
toyens
qu’alliés.
Annibal
décampa
la
nuit
sui-
vante
:
Marcellus
voulait
le
poursuivre
,
mais
le
grand
nombre
de
ses
blessés
Ven
empêcha.
XV.
Les
éclaireurs,
envoyés
à
la
suite
de
l’en-
newi,
annoncèrent
le
lendemain
qu'il
se
dirigeait
vers
le
Bruttium.
Presque
en
même
temps
le
con-
sul
Q.
Fulvius
reçut
la
soumission
des
Hirpins
,
des
Lucaniens
et
des
Volcentes,
qui
lui
livrèrent
les
garnisons
carthaginoises
deleurs
villes.
Le
con-
sul
les
traita
avec
clémence,
se
bornant
à
quel-
ques
reproches
sur
leur
défection.
On
fit
espérer
aux
Bruttiens
aussi
leur
pardon
,
lorsque
les
frè-
res
Vibius
et
Pactius,
les
principaux
de
la
nation,
vinrent
offrir
de
se
soumettre
aux
mêmes
condi-
tions
qu’avaient
obtenues
les
Lucaniens.
Le
consul
Q.
Fabius
emporta
Mandurie
chez
les
Salentins,
fit
près
de
quatre
mille
prisonniers
ef
un
butin
considérable
;
puis
il
marcha
sur
Tarente
el
campa
à
l'entrée
même
du
port.
Il
employa
les
vaisseaux
dont
Livius
s'était
servi
pour
protéger
ses
convois,
et
les
chargea,
soit
de
machines
et
d'instruments
propres
à
forcer
les
murailles,
soif
de
balises,
avec
des
pierres
et
des
projectiles
de
toute
espèce
;
il
en
fit
autant
de
tous
les
bâtiments
de
transport,
y
compris
ceux
qui
allaient
à
rames.
Il
pouvait
ainsi
faire
avancer
les
machines
etles
échelles
jus-
qu'au
pied
des
murs,
et
atteindre
de
loin
Îles
dé-
fenseurs
de
la
ville
sur
les
remparts.
Ces
navires
étaient
équipés
et
disposés
de
manière
à
attaquer
phanti.
Nec
Romanis
incruenta
victoria
fuit
:
mille
ferme
et
septinginti
de
duabus
legionibus,
et
sociorum
supra
mille
et
trecentos
occisi;
vulnerati
permulti
civium
socio-
ramque.
Annibal
nocte
proxima
castra
movit.
CGupientem
insequi
Marcellum
prohibuit
muliitudo
sauciorum.
XV.
Speculatores,
qui
prosequerentur
agmen,
missi,
postero
die
retulerunt,
Bruttios
Annibalem
petere.
Tis-
dem
fere
diebus
et
ad
Q.
Fulvium
consulem
Hirpini,
ef
Lacani,
et
Volcentes,
traditis
præsidiis
Annibalis,
quæ
in
urbibus
hsbebant,
dediderunt
sese,
clementerque
a
consule,
cum
verborum
tantum
castigatione
ob
errorem
præteritum,
accepti
sunt;
et
Bruitiis
similis
spes
veniæ
facta
est
:
quum
ab
iis
Vibius
et
Pactius
fratres,
longe
no-
bilissimi
gentis
ejus,
eandem,
quæ
data
Lucanis
erat,
conditionem
deditionis
petentes
venissent.
Q.
Fabius
con-
sul
oppidum
in
Sallentinis
Manduriam
vi
cepit.
Ibi
ad
quatuor
millia
hominum
cap!a,
et
ceteræ
prædæ
aliquan-
tum.
Inde
Tarentum
profectus,
in
ipsis
faucibus
portus
posuit
castra.
Naves,
quas
Livius
tutandis
commeatibus
habuerat,
partim
machinationibus
onerat
apparatuque
mœnium
Oppugnandorum
,
partim
tormenlis
et
saxis
om-
nique
missilium
telorum
genere
instruit,
onerarias
quo-
que,
non
eas
solum,
quæ
remis
agerentur
;
ut
ali
ma-
chinas
scalasque
ad
muros
ferrent,
alii
procul
ex
navibus
LIVE,
la
place
de
la
haute
mer.
Le
golfe
de
Tarente
était
libre
;
la
flotte
carthaginoïise
se
tenait
à
Corcyre
pour
seconder
Philippe
dans
sa
guerre
contre
les
Étoliens.
Cependant,
à
l’arrivée
d'Annibal
dans
le
Bruttium
,
ceux
qui
assiégeaient
Caulonie,
Crai-
gnant
d’être
écrasés,
se
retirèrent
sur
une
hau-
teur,
à
l'abri
d’un
coup
de
main.
Fabius,
qui
as-
siégeait
Tarente,
dut
à
la
circonstance
la
plus
indifférente
en
apparence
le
succès
de
son
impor-
tante
entreprise.
Les
Tarentins
avaient
reçu
d’An-
nibal
un
renfort
de
soldats
bruttiens
;
le
comman-
dant
de
ce
renfort
aimait
éperdument
une
jeune
femme
,
dont
le
frère
servait
sous
le
consul.
in-
struit
par
cette
femme
de
sa
récente
liaison
avec
l'étranger,
qui
était
un
homme
riche
et
considéré
parmi
les
siens,
le
Romain
se
flatia
de
pouvoir,
par
sa
sœur,
obtenir
ce
qu'il
voudrait
de
l'amou-
reux
officier
:
il
alla
communiquer
ses
espérances
au
consul.
Fabius
l’approuva
et
lui
commanda
de
se
présenter
comme
transfuge
à
Tarente
;
là,
il
se
mit
en
rapport
avec
l'officier
à
l’aide
de
sa
sœur,
sonda
en
secret
ses
dispositions,
et
lorsqu'il
se
fut
assuré
de
sa
légèreté,
il
obtint
par
les
séductions.
dontil
l'entoura,
que
le
Bruttien
livrerait
le
poste
dont
la
garde
lui
était
confiée.
Les
moyens
d’exé-
cution
convenus,
et
le
moment
fixé,
une
nuit,
le
Romain
s’échappa
furtivement
de
la
ville,
en-
tre
deux
postes,
et
vint
rendre
compte
au
con-
sul
de
sa
conduite
et
des
mesures
qui
avaient
été
concertées.
À
la
première
veille,
Fabius
donna
le
signal
aux
soldats
de
la
citadelle
ef
à
ceux
qui
gar-
daient
le
port;
puis,
tournant
lui-même
le
port,
il
alla
secrètement
prendre
position
à
l'orient
de
vulnerarent
mœnium
propugnalores.
Eæ
naves,
ab
aperto
mari
ut
urbem
aggrederentur,
instructæ
paratæ»
que
sunt.
Et
erat
liberum
mare,
classe
Punica,
quum
Philippus
oppugnare
Æltolos
pararet,
Corcyram
trans-
missa.
In
Bruttiis
interim
Gauloniæ
oppugnatores,
sub
adventum
Annibalis,
ne
oppriverentur,
in
tumulum
à
præsenti
impetu
tutum
,
se
recepere.
Fabium,
Tarentum
obsidentem,
leve
dictu
momentum
ad
rem
ingenfem
po-
fiundam
adjuvit.
Præsidium
Bruttiorum
datum
ab
Aoni-
bale
Tarentini
habebant.
Ejus
præsidii
præfectus
depe-
ribat
amore
mulierculæ,
cujus
frater
in
exercitu
Fabi
consulis
erat.
Is,
certior
literis
soro:is
factus
de
nova
consuetudine
advenæ
locupletis,
atque
inter
populares
tam
honorati,
spem
nactus
per
sororem
quolibet
impelli
amantem
posse
,
quid
speraret
,
ad
consulem
detulit.
Quæ
quum
baud
vana
cogitatio
visa
esset,
pro
perfuga
jussus
Tarentum
transire,
ac
per
sororem
præfecto
conciliatus,
primo
occulte
animum
ejus
tentando,
dein
satis
explorala
levitate,
blanditiis
muliebribus
perpulit
eum
ad
proditio-
nem
custodiæ
loci,
cui
præpositus
erat.
Ubi
et
ratio
agendæ
rei,
et
tempus
convenit,
miles,
nocte
per
inter-
valla
stationum
clam
ex
urbe
emissus,
ea,
quæ
actaeranf,
quæque
ut
agerentur,
convenerat,
ad
consulem
refert.
Fabius
vigilia
prima,
dato
signo
jis
qui
in
arce
erauf,
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XX
VII.
de
tous
les
ordres
de
l’état.
Dans
ses
accusations,
le
tribun
enveloppa
Marcellus
et
la
noblesse
en-
tière
:
«
leur
mauvaise
foi,
leurs
hésitations,
de-
puis
dix
ans,
faisaient
de
l'Italie
comme
la
pro-
vince
d’Annibal;
il
y
avait
passé
plus
de
temps
qu’à
Carthage.
Le
peuple
était
bien
récompensé
d'avoir
prorogé
Marcellus
dans
son
commande-
ment!
Son
armée,
deux
fois
battue,
passait
l’élé
dans
les
cantonnements
de
Vénouse.»
Marcellus
écrasa
tellement
son
adversaire
par
l’énuméra-
tion
de
ses
exploits,
que
toutes
les
centuries,
non
contentes
de
rejeter
la
loi
qui
avait
pour
but
de
le
destituer,
l’élevèrent
le
lendemain
au
consulat
d’une
voix
unanime
;
on
lui
donna
pour
collègue
T.
Quicntius
Crispinus,
alors
préteur.
Le
jour
sui-
vant
on
créa
préteurs
P.
Licinius
Crassus
Dives,
grand
pontife;
P.
Licinius
Varus,
Sex.
Julius
César,
Q.
Claudius
Flamen.
Pendant
les
comices
mêmes,
le
bruit
d'une
révolte
en
Étrurie
inquiéta
Rome.
Le
signal
était
parti
d’Arrétium,
selon
la
dépêche
de
G.
Calpurnius,
propréteur
de
cette
province.
On
y
envoya
le
consul
désigné,
Mar-
cellus,
avec
l’ordre
d'examiner
l'affaire,
et,
si
la
circonstance
l’exigeait,
de
rappeler
l’armée
d’Apulie,
et
de
porter
le
théâtre
de
la
guerre
en
Étrurie.
Cette
crainte
comprima
les
Étrusques
qui
ne
remuèrent
pas.
Les
Tarentins
avaient
en-
voyé
demander
la
paix
et
la
liberté
de
vivre
d'a-
près
leurs
propres
lois
:
le
sénat
remit
sa
réponse
à
l’époque
du
retour
du
consul
Fabius.
Les
jeux
romains
et
les
jeux
plébéiens
furent
célébrés
cette
année
les
uns
et
les
autres
pendant
un
jour.
Les
ingenti
concursu
plebisque
et
omnium
ordinum,
Accusa-
vitque
tribunus
plebis,
non
Marcellum
modo,
sed
omnem
nobilitatem.
«
Fraude
eorum
et
cunctatione
fieri,
ut
An-
nibal
decimum
jam
annum
Italiam
provinciam
habeat
;
diutius
ibi,
quam
Carthagine,
vixerit.
Habere
fructum
imperii
prorogati
Marcelio
populum
romanum
;
bis
cæ-
sum
exercitum
ejus
æstiva
Venusiæ
sub
tectis
agere.
»
Hanc
tribuni
orationen
ita
obruit
Marcellas
commemora-
tione
rerum
suarum,
ut
non
rogatio
solum
de
imperio
ejus
abrogando
antiquaretur,
sed
postero
die
consulem
eum
ingenti
consensu
centuriæ
omnes
cre:rent.
Additur
collega
T.
Quinctius
Crispinus,
qui
tum
prætor
erat.
Pos-
lero
die
prætores
creati
P.
Licinius
Crassus
Dives,
pon-
tifex
maximus,
P.
Licinius
Varus,
Sex.
Julius
Cæsar,
Q.
Claudius
Flamen.
Comitiorum
ipsorum
diebus
solli-
vita
civitas
de
Etruriæ
defectione
fuit.
Principium
ejus
rei
ab
Arretinis
fieri,
C.
Calpurnius
scripserat,
qui
eam
proyinciam
pro
prætore
obtinebat.
Itaque
confestim
eo
Mmissus
Marcellus,
consul
designatus
,;
Qui
rem
inspicerét,
a€,
si
digna
videretur,
exercitu
accito,
bellum
ex
Apulia
in
Etruriam
transferret.
Eo
metu
compressi
Etrusci
quie-
Yerunt.
Tarentinorum
legatis
pacem
petentibus
cum
li-
bertate
ac
legibus
suis
responsum
ab
senatu
est,
ut
redi-
rent,
quum
Fabius
consul
Romam
venisset,
Ludi
et
ro-
23
édiles
curules
furent
L.
Cornélius
Caudinus
ct
Ser.
Sulpicius
Galba
:
les
édiles
plébéiens,
C.
Ser-
vilius
et
Q.
Cécilius
Métellus.
On
avait
contesté
à
Serviliusle
droit
d’être
tribun
du
peuple:
on
luicon-
testait
celui
d’être
édile,
par
la
raison
que
son
père,
ancien
{riumvir
agraire,
qu’on
avait
cru
pendant
dix
ans
assassiné
par
les
Boiens
aux
environs
de
Mutiue,
vivait
encore,
et
qu'on
avait
la
certitude
qu’il
était
au
pouvoir
des
ennemis.
XXIT,
La
onzième
année
de
la
guerre
punique,
M.
Marcellus
et
T.
Quinctius
Crispinus
entrèrent
en
Charge.
C'était
le
cinquième
consulat
de
Mar-
cellus,
si
Pon
compte
celui
qu'une
irrégularité
l'empêcha
d'exercer.
Les
deux
consuls
eurent
FI
talie
pour
province
avec
deux
des
armées
consu-
laires
de
l'année
précédente
;
car
il
y
en
avait
alors
une
troisième
à
Vénouse
:
c'était
celle
qu’a-
vait
commandée
Marcellus.
Sur
les
trois,
ils
pu-
rent
choisir
les
deux
qu'ils
voudraient
:
la
troi-
sième
était
pour
celui
à
qui
le
sort
assignerait
Ta-
rente
et
le
pays
des
Salentins.On
partagea
ensuite
les
autres
provinces
aux
préteurs
:
P.
Licinius
Va-
rus
eut
la
juridiction
de
la
ville;
P..
Licinius
Crassus,
grand
pontife,
celle
des
étrangers
avec
ordre
de
se
rendre
où
le
sénat
voudrait
;
la
Sicile:
échut
à
Sex.
Julius
César,
et
Tarente
à
Q.
Clau-
dius
Flamen.
On
prorogea
pour
un
an
dans
son
commandement
Q.
Fulvius
Flaccus,
qui
devait.
occuper
avec
une
légion
la
province
de
Capoue,
en
remplacement
de
T.Quinctius.
Pareille
faveur
fut
accordée
à
G.
Hostilius
Tubulus,
avec
le
titre
de
propréteur
en
Étrurie
,
etles
deux
légions
de.
mani
et
plebeïi
eo
anno
in
singulos
dies
instaurati.
Ædi-
les
curules
fuere
L.
Cornelius
Caudinus
et
Ser.
Sulp:-
cius-@ralba
;
plebeïi
C.
Servilius
et
Q.
Cæcilius
Metellus.
Servilium
negabant
jure
aut
tribunum
plebis
fuisse,
aut
ædilem
esse;
quod
patrem
ejus,
quem
triumvirum
agra-
rium
occisum
a
Boïis circa
Mutinam
esse
opinio
per
de-
cem
annos
fuerat,
vivere,
atque
in
hostium
potestate
esse,
satis
constabat.
XXII.
Undecimo
anno
puniei
belli
consulatum
inie-
runt
M.
Marcellus
quintum
(ut
numeretur
consulatus,
quem
vitio
creatus
non
gessit)
et
T.
Quinctius
Crispinus.
Utrisque
consulibus
Italia
decreta
provincia
est,
et
duo
consulares
prioris
anni
exercitus
(tertius
tum
erat
Venu-
siæ,
cui
M.
Marcellus
præfuerat)
;
ita
ut
ex
tribus
elige-
rent
duo,
quos
vellent;
tertius
ei
traderetur
,
cui
Taren-
tum
et
Sallentiui
provincia
evenisset.
Ceteræ
provinciæ
ita
divisæ
prætoribus
:
P.
Licinio
Varo
urbana,
P.
Lici-
nio
Crasso,
pontifici
maximo,
peregrina,
et
quo
senatus
censuisset;
Sex.
Julio
Cæsari
Sicilia,
Q.
Claudio
Fla-
mini
Tarentum.
Prorogatum
imperium
in
annum
est
Q.
Fulyio
Flacco,
ut
provintiam
Capuam,
quæ
T,
Quin-
cti-prætoris
fuerat,
cum
una
legione
obtineret;
proroga-
tum
et
G.
Hostilio
Tubulo
est,
ut
pro
prætore
in
Etru-
riam
ad
déas
legiones
succedercet
C.
Calpurnio;
proro-
2
C.
Calpurnius
;
à
L.
Véturius
Philo,
avec
le
même
titre,
en
Gaule,
et
les
deux
mêmes
légions
qu'il
y
avait
commandées
pendant
sa
préture.
Gomme
L.
Véturius,
C.
Aurunculéius
obtint,
par
un
dé-
crct
du
sénat
que
confirma
le
peuple,
la
proroga-
tion
de
sa
préture
et
du
commandement
des
deux
légions
qu'il
avait
sous
ses
ordres
en
Sardaigne
:
on
y
ajouta,
pour
Ja
défense
de
la
province,
cin-
quanté
vaisseaux
que
P.
Scipion
devait
envoyer
d'Espagne.
P.
Scipion
et
M.
Silanus
conservèrent
leurs
Espagnes
et
leurs
armées.
Des
quatre-vingts
vaisseaux
que
Scipion
avait
amenés
d'Italie
ou
pris
à
Carthagène,
il
eut
ordre
d’en
faire
passer
cin-
quante
en
Sardaigne
;
car
il
n'était
bruit
que
de
l'armement
considérable
qui
se
faisait
cette
année
à
Carthage
,
et
de
deux
cents
vaisseaux
carthagi-
nois
qui
devaient
courir
toutes
les
côtes
d'Italie,
de
Sicile
et
de
Sardaigne.
Quant
à
la
Sicile,
voici
com-
ment
on
la
partagea:
Sex.
César
reçut
l'armée
de
Cannes
;
M.
Valérius
Lévinus,
prorogé
aussi
dans
son
commandement,
devait
prendre
les
soixante-
dix
vaisseaux
destinés
à
cette
province,
et
y
join-
dre
trente
bâtiments
qui,
l’année
précédente,
se
trouvaient
à
Tarente.
Avec
celte
flotte
de
cent
voiles,
il
était
libre,
s'il
le
jugeait
convenable,
d'aller
ravager
les
côtes
d'Afrique.
P.
Sulpicius
conserva
sa
flolte
et
le
département
de
la
Macé-
doine
et
de
la
Grèce,
pour
une
année
encore.
Quant
aux
deux
légions
qui
étaient
près
de
Rome,
on
ne
changea
point
leur
destination.
On
permit
aux
consuls
de
faire
des
levées,
afin
de
pourvoir
aux
besoins.
Ainsi
vingt
et
une
légions
concouru-
rent
celte
année
à
la
défense
de
l'empire
romain.
gatum
et
L.
Veturio
Philoni
est,
ut
pro
prætore
Galliam
eamdem
provinciam
cum
iisdem
duabus
legionibus
obti-
ueret,
quibus
prætor
obtinuisset.
Quod
in
L.
Veturio
,
idem
in
C.
Aurunculeio
decretum
ab
senatu,
latumque
de
prorogando
imperio
ad
populum
est,
qui
præ:or
Ser-
dipiam
provinciam
cum
duabus
legionibus
obtinuerat.
Additæ
ei
ad-præsidium
provinciæ
quinquaginta
naves,
quas
P.
Scipio
ex
Hispania
misisset.
Et
P.
Scipioni,
et
M.
Silano
suæ
Hispaniæ,
suique
exercitus
in
annum
de-
ereti:
Scipio
ex
octoginta
navibus,
quas
aut
secum
ex
Elalia
adductas
aut
captas
Carthagine
babebat,
quinqua:
ginta
in
Sardiniam
transmittere
jussus
;
quia
fama
erat,
magnum
navalem
apparatum
eo
anno
GCarthagine
esse
;
ducentis
navibus
omnem
oram
Îtaliæ,
Siciliæque
ac
Sar-
diniæ
impleturos.
Et
in
Sicilia
ita
divisa
res
est.
Sex.
Cæ-
sari
exercitus
Cannensis
est
datus.
M.
Valerius
Lævinus
(ei
quôque
enim
prorogatum
imperium
est)
classem,
quæ
ad
Siciliam
erat,
navium
septuaginta
obtineret.
Ad-
deret
eo
friginta
naves,
quæ
ad
Farentum
priore
anno
fuerant;
Cum
ea
centum
navium
classe,
si
videretur
ei,
prædatum
in
Africam
trajiceret.
Et
P.
Sulpicio,
ut
ea-
dem
classe
Macedoniam
Græciamque
provinciam
babe-
xet,
prorogatum
in
annum
imperium
est.
De
duabus,
quæ
ad
urbem
Romam
fuerant,
legionibus
nihil
muta-
TITE-
LIVE.
On
chargea
le
préteur
de
la
ville
P.
Licinius
Varus
de
faire
radouber
trente
vieilles
galères,
alors
réunies
dans
le
port
d’Ostie,
et
d’en
armer
vingt
nouvelles,
afin
qu'une
flotte
de
cinquante
vais-
seaux
couyriît
la
côte
voisine
de
Rome.
On
dé-
fendit
à
C.
Calpurnius
de
s'éloigner
d’Arrétium
avec
ses
troupes
avant
l’arrivée
de
son
succes-
seur;
on
lui
recommanda,
comme
à
Tubulus,
de
prévenir,
surtout
de
ce
côté,
toute
tentative
de
soulèvement.
XXII.
Les
préteurs
partirent
pour
leurs
pro-
vinces
:
des
scrupules
religieux
retenaient
les
con-
suls.
On
parlait
de
quelques
prodiges
dont
l'ex-
piation
paraissait
difficile.
En
Campanie,
disait-
on,
dans
la
ville
de
Capoue,
le
temple
de
la
Fortune
et
celui
de
Mars,
ainsi
que
plusieurs
tombeaux,
avaient
été
frappés
de
la
foudre;
à
Cumes
|
tant
il
est
vrai
que,
dans
les
moindres
choses
,
la
superstition
fait
intervenir
les
dieux!)
des
rats
avaient
rengé
lesornements
d’or
du
tem-
ple
de
Jupiter.
À
Casinum,
un
essaim
considéra-
ble
d'abeïlles
s'était
abattu
dansle
forum
;
à
Ostie,
le
mur
et
une
porte
avaient
été
frappés
du
feu
du
ciel;
à
Céré,
un
vautour
avait
volé
dans
le
tem-
ple
de
Jupiter
;
à
Velsinies,
les
eaux
du
lac
s’é-
(aient
teintes
de
sang.
Pour
expier
ces
prodigesil
y
eut
un
jour
de
supplications;
pendant
plusieurs
autres
jours,
on
immola
les
grandes
victimes,
mais
sans
effet,
et
la
colère
des
dieux
fut
longtemps
inexorable.
Les
conséquences
funestes
de
ces
pro-
diges
retombèrent
sur
la
tête
des
consuls,
lesquels
payèrent
pour
la
république.
Sous
le
consulat
de
Q.
Fulvius
et
d'Ap.
Claudius,
P.
Cornélius
Sylla,
tum.
Supplementum,
quo
opus
esset,
scriberent
consu-
les,
permissum.
Una
et
viginti
legionibus
eo
anno
defen-
sum
imperium
romanum
est.
Et
P.
Licinio
Varo
præ-
tori
urbis
negotiom
datum,
«ut
naves
longas
triginta
veleres
reficeret,
quæ
Osliæerant,
et
viginti
novas
naves
sociis
nayalibus
impleret
;
ut
quinquaginta
navium
classe
oram
maris
vicinam
urbi
romanæ
tueri
posset.
»
G.
Gal-
purnius
vetitus
ab
Arretio
moyere
exercitum,
nisi
quum
successor
venisset.
Idem
et
Tubulo
imperatum
,
ut
inde
præcipue
caveret,
ne
qua
nova
consilia
caperentur.
XXII.
Prætores
in
provincias
profecti.
Cousules
reli-
gio
tenebat,
quod
,
prodigiis
aliquot
nuntiatis
non
facile
lifabant.
Et
ex
Campania
nuntiata
erant
:
Gapuæ
duas
ædes,
Fortunæ
et
Martis,
et
sepulcra
aliquot
de
cœlo
tacta.
Cumis
(adeo
minimis
etiam
rebus
prava
religio
in-
serit
deos)
mures
in
æde
Jovis
aurum
rosisse.
Casini
exa-
men
apium
ingens
in
foro
consedisse,
Et
Ostiæ
murunm
portamque
de
cælo
taciam.
Cære
vulturium
volasse
in
ædem
Jovis.
Volsiniis
sanguioelacum
manasse.
Horum
prodigiorum
causa
diem
unum
supplicatio
fuit.
Per
dies
aliquot
hostiæ
majores
sine
litalione
cæsæ,
diuque
non
impetrata
pax
deum.
En
capila
consulum,
republica
inco-
lumi
,
exitiabilis
prodigiorum
eventus
vertit.
Eudi
Apol-
linares,
Q.
Fulvio,
Ap.
Claudio
consulibus,
a
P.
Corne
L
1
HISTOIRE
ROMAINE,
—
LIV.
XXVII.
préteur
de
la
ville,
avait,
pour
la
première
fois,
célébré
les
jeux
Apollinaires.
Depuis,
les
préteurs
de
la
ville
avaient
imité
son
exemple;
mais
ils
vouaient
ces
jeux
pour
l’année
courante,
sans
fixer
le
jour
de
leur
célébration.
Cette
année,
une
épidémie
terrible
éclata
dans
Rome
et
dans
les
campagnes;
toutefois
elle
causa
peu
de
ravage
en
proportion
de
sa
durée.
Pour
arrêter
les
effets
du
fléau,
on
fitdes
supplications
à
tous
les
carrefours
de
la
ville,
et
P.
Licinius
Varus,
préteur
de
Rome
,
eut
ordre
de
proposer
au
peuple
une
loi
où
l’on
ferait
yœu
de
célébrer
ces
jeux
à
perpé-
tuité
et
à
jour
préfix.
Ce
fut
lui
qui,
le
premier,
les
voua
selon
cette
loi,
et
qui
les
célébra
le
trois
du
mois
de
juin,
jour
consacré
depuis
à
celte
solennité.
:
XXIV.
La
révolte
d’Arrétium
devenait
de
jour
en
jour
plus
certaine
et
plus
alarmante
pour
le
sénat.
Ou
écrivit
à
C.
Hostilius
de
demander
sans
délai
des
otages
aux
Arrélins,
et
l'on
envoya
C.
Térentius
Varro
avec
pouvoir
de
recevoir
ces
otages
et
de
les
amener
à
Rome.
À
son
arrivée,
Hostilius
ordonna
à
une
légion,
qui
campait
de-
vant
la
ville,
d'y
entrer
enseignes
déployées,
éta-
blit
des
postes
sur
tous
les
points
convenables,
convoqua
les
sénateurs
au
forum
et
exigea
d'eux
des
otages.
Le
sénat
demandait
deux
jours
pour
délibérer
:
«Des
otages
sur-le-champ,
s'éeria-t-il,
ou
demain
j'enlèverai
tous
vos
enfants.»
Il
en-
_joignit
alors
aux
tribuns
militaires,
aux
comman-
dants
des
alliés
et
aux
centurions
de
garder
les
portes
pour
empêcher
toute
évasion
nocturne:
La
lenteur
et la
négligence
avec
lesquelles
cet
or-
lio
Sulla
prætore
urbis
primum
facti
erant.
Inde
omnes
deinceps
prætores
urbani
fecerant
;
sed
in
unum
annum
voyebaut
,
dieque
incerta
faciebant.
Eo
anno
pestilentia
gravis
incidit
in
urbem
agrosque;
quæ
tamen
magis
in
longos
morbos,
quam
in
perniciales,
evasit.
Ejus
pesti-
lentiæ
causa
et
supplicatum
per
compita
tota
urbe
est,
et
P.
Licinius
Varus
prætor
urbis
legem
ferre
ad
populum
jussus,
ut
hi
ludi
in
perpetuum
in
sfatam
diem
yovere2-
tur.
Ipse
primus
ita
movit,
fecitque
ante
diem
tertium
Nonas
Quintiles.
Is
dies
deinde
solennis
seryatus.
XXIV.
De
Arretinis
et
fama
in
dies
gravior,
et
cura
crescere
Patribus.
Itaque
C.
Hostilio
scriptum
,,
ne
dif-
ferret
obsides
ab
Arretinis
accipere
;
et,
cui
traderet
Ro-
ma
deducendos,
G.
Terentius
Varro
cum
imperio
mis-
sus.
Qui
ut
advenit,
extemplo
Hostilius
legionem
unam,
quæ
ante
urbem
castra
habebat,
signa
in
urbem
ferre
jussit,
præsidiaque
locis
idoneiïs
disposuit;
tum
in
foro
citatis
senaforibus
obsides
imperavit.
Quum
senatus
bi-
duum
ad
considerandum
peteret
tempus,
aut
ipsos
extem-
plo
dare,
aut
se
postero
die
senatorum
omnes
liberos
sumpfurum,
edixit.
Inde
portas
custodire
jussi
tribuni
Militum,
præfectique
socium,
et
centuriones,
ne
quis
nocte
urbe
exiret.
Ed
segnius
negligentiusque
factum.
Se-
25
dre
fut
exécuté
permirent
à
sept
des
principaux
sénateurs
de
s'échapper
le
soir
avec
leurs
en-
fants,
avant
que
les
sentinelles
fussent
placées
aux
portes.
Le
lendemain
,
dès
la
pointe
du
jour,
le
sénat
avant
été
réuni
au
forum,
on
s’aperçut
de
leur
fuite
,
et
leurs
biens
furent
confisqués.
Les
autres
sénateurs
livrèrent
cent
vingt
otages,
.
leurs
propres
eufants,
qui
furent
remis
à
C.
Té-
rentius
pour
être
amenés
à
Rome.
Le
rapport
que
cet
officier
fit
au
sénat
ne
servait
qu’à
augmenter
les
craintes.
On
se
crut
menacé
d'un
soulèvement
général
de
l'Étrurie;
on
envoya
Térentius,
à
la
tête
d’une
des
légions
de
la
ville,
pour
aller
tenir
garnison
dans
Arrétium.
C.
Hostilius,
avec
l’autre
armée,
devait
parcourir
toute
la
province
et
pré-
venir
toute
occasion
de
tentative
séditieuse.
C.
Té-
rentius,
en
arrivant
avec
sa
légion,
demanda
aux
magistrats
les
clefs
de
leurs
portes
:
on
lui
répon-
dit
qu'on
ne
les
trouvait
pas;
mais,
persuadé
qu’il
y
avait
dans
cette
disparition
plus
de
mau-
vaise
foi
que
de
négligence,
il
en
fit
faire
de
nou-
velles
pour
chaque
porte,
et
prit
toutes
les
me-
sures
nécessaires
pour
être
maître
absolu
dans
la
place.
Dans
un
avis
à
Hostilius
,
il
insista
sur
un
point
,
c’est
qu'il
n'y
avait
de
tranquillité
à
espé-
rer
de
la
part
des
Étrusques
qu'autant
que
la
vigilance
d'Hostilius
empêcherait
tout
mouve-
ment.
ess
XXV.
L'affaire
des
Tarentins
donna
lieu
ensuite
aux
débats
les
plus
vifs
dans
le
sénat,
en
présence
de
Fabius,
qui
défendit
alors
ceux
qu’il
avait
ré-
duits
par
la
force
de
ses
armes;
les
autres
séna-
teurs
étaient
irrités
et
assimilaient
leur
faute
à
ptem
prinsipes
senatus,
priusquam
custodiæ
in
portis
locarentur,
ante
noctem
cum
liberis
evaserunt.
Postero
die,
luce
prima,
quum
senatus
in
forum
citari
cæptus
es-
set,
desiderati,
bonaque
eorum
venierunt.
À
ceteris
se-
natoribus
centum
viginti
obsides
,
liberi
ipsorum,
accepti,
traditique
CG.
Terentio
Romam
deducendi.
Is
omnia
sus-
pectiora,
quam
aute
fuerant,
in
senatu
fecit.
Itaque,
tan-
quam
imminente
etrusco
tumultu
,
legionem
alteram
ex
urpanis
Arretium
ducere
jussus
ipse
G.
Terentius.
eam-
que
habere
in
præsidio
urbis.
G.
Hostilium
cum
cetero
exercitu
placet
tolam
provinciam
peragrare,
et
cavere,
ne
qua
occasio
novare
Cupientibus
res
daretur.
C.
Teren-
tius,
ut
Arretium
cum
legione
venit,
clayes
portarum
quum
magistratus
poposcisset,
neganiibus
iis
Comparere,
fraude
amotas
magis
ratus,
quam
negligentia
intercidisse,
ipse
alias
claves
omnibus
portis
imposuit
;
cavitque
cu
cura,
ut
omnia
in
potestate
sua
essent.
Hostilium
inten-
tius
monuif,
ut
in
e0
speim,
non
moturos
quicquam
Etrus-
cos
,
poneret,
si,
ne
quid
mOoveri
posset
,
cavisset.
XXV.
De
Tarentinisiade
magna
couotentione
in
senatu
actum
coram
Fabio,
defendente
ipso,
quos
ceperat
ar
mis,
aliis
infensis,
et
plerisque
æquantibus
evs
Campa-
noruin
HOXE
pœnæqUe.
Senatusconsullum
in
senieniian
26
celle
des
Campaniens,
appelant
sur
eux
le
même
châtiment.
Un
sénatus-consulte,
rédigé
d’après
l'avis
de
Manius
Acilius,
porta
que
la
ville
serait
toujours
occupée
par une
garnison
romaine,
que
les
Tarenlins
ne
pourraient
sortir
de
leurs
murs,
et
que
l’on
ferait
un
nouveau
rapport
sur
toute
l'affaire
lorsque
l'Italie
serait
dans
une
situation
plus
calme.
Quant
à
M.
Livius,
commandant
de
Ja
citadelle
de
Parente,
sa
cause
fut
débattue
avec
non
moins
de
chaleur
:
selon
les
uns,
c'était
un
Jâche
que
devait
flétrir
le
sénatus-consulte
pour
avoir
livré
Tarente
à
l'ennemi;
les
autres
votaient
des
récompenses
au
guerrier
qui
avait
tenu
cinq
ans
dans
la
citadelle,
et
qui,
plus
que
tout
autre,
avait
contribué
à
la
reprise
de
Tarente.
D'autres
prenaient
un
terme
moyen,
soutenant
que
c’é-
lait
aux
censeurs
et
non
au
sénat
à
connaître
celte
affaire;
ce
fut
l’avis
de
Fabius.
Il
ajouta
ce-
pendant
que
«
lui
aussi
croyait
qu'on
devait
à
Livius
la
reprise
de
Tarente,
comme
ses
amis
n’a-
vaient
cessé
dele
répéter
au
sénat
;
car
on
n'aurait
pas
eu
à
la
reprendre
s'il
ne
l'avait
perdue.
»
Le
consul
T.Quinctius
Crispinus
partit
avec
des
re-
crues
pour
l’armée
de
Lucanie,
qu'avait
comman-
dée
Q.
Fulvius
Flaccus.
Marcellus
était
tourmenté
de
mille
serupules
religieux
qui
le
retenaient
à
Rome:
ainsi,
pendant
la
guerre
de
la
Gisalpine,
à
la
journée
de
Clastidium,
il
avait
voué
un
temple
à
l'Honneur
el
à
la
Valeur,
et
les
prêtres
n’en
per-
mettaient
pas
la
dédicace:
ils
prétendaient
qu'un
même
sanctuaire
ne
pouvait
être
régulièrement
consacré
à
deux
divinités
;
si
la
foudre
y
tombait,
ou
qu'un
prodige
quelconque
s’y
accomplit,
il
M:
Acilii
factum
est
,
ut
oppidum
præsidio
custodiretur
5
Trentinique
omnes
intra
mœnia
continerentur
,
res
in-
tegra
postea
referretur,
quum
tranquillior
status
Italiæ
esset.
Et
de
M.
Livio,
præfecto
arcis
tarentinæ,
haud
minore
certamine
actum
est,
aliis
senstuscopsulto
notan-
tanfibus
præfectum,
quod
ejus
socordia
Tarentum
pro-
diturm
hosti
esset;
aliis
præmia
decernentibus,
quod
per
quinquennium
arcem
tutatus
esset,
maximeque
unius
ejus
Opera.
receptum
Tarentum
foret:
mediis
ad
censores
,
non
ad
senatum,
notionem
de
eo
pertinere
dicentibus
:
cujus
sententiæ
et
Fabius
fuit.
Adjecit
tamen
:
«
fateri
se,
opera
Livii
Tarentum
recepitum,
quod
amici
ejus
vulgo
11
senatu
jaclassent;
neque
enim
recipiendum
fuisse,
nisi
amissum
foret.
»
Consulum
alter
T.
Quinctius
Crispinus
ad
exercitum,
quem
Q.Fulvius
Flaccus
habuerat,
cum
sup-
plemento
in
Lucanos
est
profectus.
Marcelium
aliæ
atque
aliæ
objectæ
animo
religiones
tenebant.
In
quibus,
quod,
quum
bello
gallico
ad
Clastidium
ædem
Honori
et
Vir-
tuil
vovisset,
dedicatio
ejus
a
pontificibus
impediebatur;
quod
negabant,
unam
cellam
duobus
recte
dedicari
;
quia
,
si
de
cœlo
tacta,
aut
prodigi;
aliquid
in
ea
factum
esset,
difficiis
procuratio
foret;
quod
,
utri
deo
res
di-
vina
fieret,
sciri
non
posset,
Neque
enim
duobus,
nisi
TITE-LIVE,
serait
difficile
de
faire
les
expiations,
parce
qu’on
ne
saurait
à
quel
dieu
adresser
le
sacrifice.
On
ne
pouvait,
en
effet,
suivant
les
rites,
immoler
une
seule
et
même
victime
à
deux
divinités,
excepté
dans
certains
cas.
On
éleva
donc
à
la
hâte
un
se-
cond
temple,
dédié
à
la
Valeur;
mais
Marcellus
n'en
fit
point
la
dédicace
:
il
fut
forcé
d'aller
re-
joindre
avec
ses
recrues
l’armée
qu'il
avait
laissée
l’année
précédente
à
Vénouse.
Crispinus
entreprit
d’assiéger
Locres
dans
le
Brutlium;
préoccupé
qu’il
était
de
la
gloire
dont
la
reprise
de
Tarente
avait
couvert
Fabius,
il
avait
fait
venir
de
Sicile
des
machines
de
toute
espèce,
et
même
des
vais-
seaux
pour
attaquer
la
ville
du
côté
de
la
mer.
Il
leva
le
siége
à
la
nouvelle
qu'Annibal
s’appro-
chait
de
Lacinie
avec
toutes
ses
forces,
et
que
son
collègue
,
avec
qui
1l
voulait
faire
sa
jonction,
était
déjà
sorti
de
Vénouse.
Il
retourna
donc
du
Bruttium
dans
l’Apulie,
et
les
deux
consuls
éta-
blirent
leurs
camps
entre
Vénouse
et
Bantia,
à
trois
mille
pas
environ
l’un
de
l’autre.
Annibal
les
suivit
dans
cette
province,
après
avoir
détourné
le
coup
qui
menaçait
Locres.
Presque
chaque
jour
les
consuls
venaient,
dans
leur
bouillante
ar-
deur,
lui
présenter
la
bataille
:
ils
se
croyaient
sûrs
de
vaincre,
si
l'ennemi
osait
se
risquer
con-
tre
les
deux
armées
consulaires
réunies.
XXVI.
Annibal
qui,
l’année
précédente,
s'était
mesuré
deux
fois
avec
Marcellus,
et
qui
avait
été
vainqueur
et
vaineu
tour
à
tour,
sentait
que,
dans
un
nouveau
combatavec
le
consul,
il
avait
autant
de
chances
d'espoir
que
de
crainte
;
mais
contre
deux
consuls,
la
lutte
n'était
pas
égale.
Aussi,
tout
certis,
deis
rite
una
hostia
fieri.
Ita
addita
Virtutis
ædes
approperato
opere;
neque
tamen
ab
ipso
ædes
eæ
dedi-
catæ
sunt.
Tum
demum
ad
exercitum,
quem
priore
anno
Venusiæ
reliquerat,
cum
supplemento
proficisci-
tur.
Locros
in
Bruttiis
Crispinus
opougnare
conatus,
quia
magnam
famam
attulisse
Fabio
Tarentum
rebatur,
omne
genus
tormentorum
machinarumque-ex
Sicilia
ar-
cessierat;
et
naves
indidem
accitæ
erant,
quæ
vergen-
tem
ad
mare
partem
wrbis
oppugnarent.
Ea
omissa
O0p-
pugnatio
est,
quia
Lacinium
Annibal
admoverat
copias
;
et
collegam
eduxisse
jam
ab
Venusia
exercitum
famaerat,
cui
copjungi
volebat.
Itaque
in
Apuliam
ex
Bruttñs
redi-
tum
,
et
inter
Venusiam
Bantiamque,
minus
trium
mil-
lium
passuum
intervallo,
consules
binis
castris
consede-
rant.
In
eamdem
regionem
et
Annibal
rediit,
averso
ab
Locris
bello.
Ibi
ambo
consules
,
ingenio
feroces,
prope
quotidie
in
aciem
exire
;
haud
dubia
spe,
si
duobus
exer-
cilibus
consularibus
junctis
commisisset
sese
hoslis,
de-
bellari
posse.
XX
VI.
Annibal
quia
cum
Marcello
bis
prioreanno
Con-
gressus
vicerat
victusque
erat,
ut,
cum
eodem
si
dimi-
-candum
foret,
nec
spem,
nec
metum
ex
vano
haberel;
ita
duobus
consulibus
haudquaquam
sese
parem
futurum
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXVIL
entier
à
la
ruse,
son
arme
favorite,
il
ne
cher-
chait
que
l’occasion
d'une
embuscade.
Cependant
de
légères
escarmouches
se
livraient
entre
les
deux
camps
et
le
succès
était
balancé.
Les
consuls,
persuadés
que
la
campagne
pouvait
s'écouler
ainsi
et
qu’il
n’était
pas
impossible
de
reprendre
en
même
temps
le
siése
de
Locres,
écrivirent
à
L.
Cincius
de
passer
de
la
Sicile
à
Locres
avec
sa
flotte;
et,
pour
presser
aussi
la
place
par
terre,
ils
dirigèrent
vers
ce
point
une
partie
de
l’armée
qui
tenait
garnison
à
Tarente.
Annibal,
instruit
de
ces
projets
par
quelques
habitants
du
Fhu-
rium
,
envoya
des
troupes
pour
couper
la
route
de
Tarente.
Trois
mille
cavaliers
et
deux
mille
fantassins
s’'embusquèrent,
à
Pétélie,
au
pied
d’une
colline.
Les
Romains,
qui
s’avançaient
sans
avoir
exploré
la
route,
tombèrent
dans
le
piége
et
lais-
sèrent
deux
mille
morts
et
environ
quinze
cents
prisonniers.
Les
autres
s’enfuirent
,
se
dispersè-
rent
dans
les
forêts
et
les
champs,
et
rega-
gnèrent
Tarente.
Il
y
avait
entre
le
camp
des
Carthaginoïis
et
celui
des
Romains
une
hauteur
couverte
de
bois,
qu'aucune
des
deux
armées
n'avait
d’abord
occupée
:
les
Romains,
parce
que
la
côte
qui
faisait
face
à
l'ennemi
leur
était
in-
connue;
Annibal,
parce
qu'il
la
jugeait
moins
convenable
pour
un
campement
que
pour
une
embuscade.
Pendant
la
nuit,
il
y
fit
passer
quel-
ques
escadrons
numides,
les
cacha
au
centre
du
bois,
avec
défense
de
quitter
leur
poste
pendant
le
jour,
de
peur
que
l'éclat
de
leurs
armes
ne
les
trahit
au
loin.
Dans
le
camp
romain
,
ce
n’était
qu'un
cri
:
il
fallait
s'emparer
de
cette
colline
et
credebat.
Itaque,
totus
in
suas
artes
versus,
insidiis
lo
-
cum
quærebat.
Levia
tamen
prælia
inter
bina
castra
va-
rio
eventu
fiebant;
quibus
quum
extrahi
æstatem
posse
consules
crederent,
nihilo
minus
oppugnari
Locros
posse
rati,
L.
Cincio,
ut
ex
Sicilia
Locros
cum
classe
trajice-
ret,
scribunt.
Et,
ut
ab
terra
quoque
oppugnari
mϾnia
possent,
ab
Tarento
partem
exercitus,
qui
in
præsidio
erat,
duci
eo
jusserunt.
Ea
ita
futura
per
quosdam
Thu-
rinos
compertum
Annibali
quum
esset,
mittit
ad
insiden-
dam
ab
Tarento
viam.
{bi
sub
tumulo
Peteliæ
tria
millia
equitum,
peditum
duo
in
occulto
locata;
in
quæ
inexplo-
rato
euntes
Romani
quum
incidissent
,
ad
duo
millia
ar-
atorum
cæsa,
mille
et
quingenti
ferme
vivi
capli;
alii
dissipati
fuga
per
agros
saltusque
Tarentum
rediere.
Tu-
mulus
erat
silvesiris
inter
punica
et
romana
castra,
ab
veutris
primo
occupatus
:
quia
Romani,
qualis
pars
ejus,
quæ
vergeret
ad
hostium
castra,
esset,
ignorabant
;
An-
nibal
insidiis,
quam
castris,
aptiorem
eum
crediderat.
laque
nocte
ad
id
missas
aliquot
Numidarum
turmas
medio
in
saltu
condiderat,
quorum
interdiu
nemo
ab
sta-
tione
movebatur,
ne
aut
arma,
aut
ipsi
procul
conspice-
rentur.
Fremebant
vulgo
in
castris
romanis,
occupan-
dum
eum
tumulum
esse,
et
castello
firmandumi
;
ne,
si
27
s’y
fortifier
:
si
Annibal
venait
à
l'occuper,
ils
au-
raient
l'ennemi
au-dessus
de
leurs
têtes.
Cette
circonstance
fit
impression
sur
Marcellus
:
«
Eh
bien
,
dit-il
à
son
collègue,
allons
nous-mêmes
reconnaître
ces
lieux
avec
quelques
cavaliers.
En
voyant
par
nos
propres
Yeux,
nous
prendrons
une
décision
plus
sûre.
»
Crispinus
y
consentit,
et
ils
partirent
à
la
tête
de
deux
cent
vingteavaliers,
dont
quarante
de
Frégelles,
les
autres
tous
Étruriens.
Avec
eux
étaient
M.
Marcellus,
fils
du
consul,
et
À.
Manlius,
tous
deux
tribuns
militaires,
ainsi
que
les
deux
commandants
des
alliés,
L.
Arennius
et
Manius
Aulius.
On
a
dit
que
ce
jour-là
Marcellus
offrit
un
sacrifice,
et
que
la
première
victime
présenta
un
foie
sans
tête;
dans
la
seconde,
rien
ne
manquait
aux
entrailles,
et
même
une
excrois-
sance
se
montrait
à
la
tête
du
foie
:
l’aruspice
n'avait
pas
vu
sans
crainte
un
signe
trop
heureux
succéder
ainsi
à
un
premier
présage
si
vicieux
et
si
funeste.
:
XXVII.
Au
reste,
Marcellus
avait
un
tel
désir
d'en
venir
aux
mains
avec
Annibal,
qu'il
ne
eroyait
jamais
son
camp
assez
près
du
camp
ennemi.
Ce
jour-là
même,
en
sortant
du
retranchement,
il
donna
l'ordre
aux
soldats
de
se
tenir
prêts
à
plier
bagage
et
à
le
suivre,
si
la
hauteur
qu’il
allait
ob-
server
offrait
une
position
avantageuse.
La
plaine
avait
peu
détendue
en
face
du
camp,
et,
jus-
qu’à
la
colline,
la
route
était
nue
et
entièrement
découverte.
Un
Numide
y
avait
été
placé
en
ob-
servation,
non
qu'Annibal
eût
compté
sur
une
oc-
casion
si
belle,
mais
pour
qu’on
püt
surprendre
les
Romains
isolés
qui
s’éloigneraient
trop
du
camp
|
occupatus
ab
Annibale
foret,
velut
in
cervicibus
haberent
hostem.
Movit
ea
res
Marcellum,
et
collegæ
:
«Quinimus,
inquit,
ipsi
cum
equitibus
paucis
explorafum
?
Subjecta
res
oculis
nostris
certius
dabit
consilium.
»
Consentiente
Crispiao,
cum
equitibus
ducentis
et
viginti,
ex
quibus
quadraginta
Fregellani,
ceteri
Etrusci
erant,
proficis-
cuntur.
Secuti
M.
Marcellus
consulis
filius,
et
A.
Manlius,
tribuni
militum;
simul
et
duo
præfecti
socium,
L.
Aren-
pius,
et
M’.
Aulius.
Immolasse
eo
die
quidam
memoriæ
prodidere
consulem
Marcellum
,
et,
prima
bostia
cæsa,
jecur
sine
capite
inventum
;
in
secunda
Omnia
COmpa-
ruisse
,
quæ
assolent.
Auctum
etiam
visum
in
capile
;
nec
id
sane
haruspici
placuisse,
quod,
secundum
truncea
et
turpia
exta
,
nimis
læta
apparuissent.
XXVII
Ceterum
consulem
Marcellum
tanta
cupiditas
tenebat
dimicandi
cum
Annibale,
ut
nunquam
satis
cas-
tra
castris collata
crederet.
Tum
quoque
vallo
egrediens
signum
dedit,
ut
ad
locum
miles
esset
paratus
:
ut,
si
collis,
in
quem
speculatum
irent,
placuisset,
vasa
colli-
gerent
,acsequerentur.
Exiguum
campi
ante
castra
erat;
inde
in
collem
aperta
undique
et
conspecta
ferebat
via.
Numidis
speculator,
nequaquam
in
spem
tan(æ
rei
posi-
tus
,
sed
si
quos
vagos,
pabuli
aut
lignorum
causa
longius
28
en
allant
au
bois
ou
au
fourrage.
Il
fit
signe
à
ses
compagnons
de
déboucher
tous
ensemble
de
leur
retraite.
Cependant
ceux
qui
devaient
surgir
du
haut
de
la
colline,
pour
faire
tête
aux
Romains,
ne
se
montrèrent
qu'après
avoir
donné
aux
au-
tres
Numides
le
temps
de
tourner
l'ennemi
et
de
lui
couper
la
retraite
par
derrière.
Tous
alors
ap-
parurent
à
la
fois
et
tombèrent
à
grands
cris
sur
les
Romains.
Les
consuls
se
virent
donc
surpris
au
milieu
de
la
vallée,
sans
pouvoir
ni
gagner
la
hauteur
occupée
par
l'ennemi,
ni
revenir
sur
leurs
pas
à
travers
les
escadrons
qui
les
envelop-
paient
par
derrière.
Toutefois
le
combat
aurait
pu
durer
plus
longtemps,
si
la
fuite
des
Étrus-
ques
n’eût
jeté
l'épouvante
parmi
les
autres.
Mal-
gré
cette
désertion,
les
Frégellans
ne
quittèrent
pas
le
champ
de
bataille
tant
que
les
consuls,
qui
n'avaient
pas
de
blessures,
soutinrent
leur
courage
par
des
exhortations
et
par
l'exemple
de
leur
propre
valeur.
Mais,
quand
ils
les
virent
frappés
tous
deux,
et
que
Marcellus,
atteint
d’un
coup
de
lance,
tomba
mourant
de
son
cheval,
le
peu
qui
en
restait
s'enfuit
avec
le
consul
Cris-
pinus,
percé
de
deux
javelots,
et le
jeune
Mar-
cellus,
également
blessé.
À.
Manlius,
tribun
mi-
litaire,
fut
tué,
ainsi
que
Manius
Aulius,
l’un
des
deux
chefs
des
alliés;
l’autre,
L.
Arennius,
fut
fait
prisonnier.
Cinq
licteurs
des
consuls
tombè-
rent
vivants
aux
mains
de
l'ennemi;
le
reste
fut
massacré
ou
s'enfuit
avec
le
consul
:
quarante-
trois
chevaliers
périrent
tant
dans
l’action
que
dans
la
fuite,
dix-huit
furent
faits
prisonniers.
On
s’agitait
déjà
dans
le
camp,
on
allait
voler
au
se-
a
casiris
progressos,
possent
excipere,
signum
dat,
ut
|
pariter
ab
suis
quisque
latebris
exorirentur.
Non
ante
ap-
paruere,
quibus
obviis
ab
jugo
ipso
consurgendum
erat,
quam
circumiere,
qui
a
tergo
includerent
viam.
Tum
uudique
omnes
exorti,
et
clamore
sublato
impetum
fece-
_
re.
Quum
in
ea
valle
consules
essent,
ut
neque
evadere
possent
in
jugum
occupaium
ab
boste,
nec
receptwm
ab
tergo
circumventi
haberent;
extrahi
tamen
diutius
certa-
men
potuisset,
ni
cæœpta
ab
Etruscis
fuga
ravorem
cete-
ris
injecisset.
Non
tamen
omisere
pugnam
deserti
ab
Étruscis
Fregellani,
donec
integri
consules
hortando,
ipsique
ex
parte
pugnando
rem
sustinebant.
Sed,
post-
quam
yulneratos
ambo
consules,
Marcellum
etiam
trans-
fixum
lancea
prolabentem
ex
equo
moribundum
videre,
tum
et
ipsi
(perpauci
autem
supererant)
cum
Crispino
consule
duobus
jaculis
icto,
et
Marcello
adolescente,
sau-
ce
et
ipso,
effugerunt.
Interfectus
A.
Manlius
tribunus
miütum,
et
ex
duobus
præfectis
socium
M’.
Aulius
occi-
sus,
L.
Avennius
captus.
Et
lictores
consulum
quinque
vivi
in
hostium
potestatem
venerunt
:
ceteri
autinterfecti,
ani
cum
Consule
effugerunt.
Equites
tres
et
quadraginta,
aut
in
præho,
aut
in
fuga,
ceciderunt,
duodeviginti
vivi
capti.
Fumultuatum
et
in
castris
fuerat,
ut
consulibus
TITE-LIVE.
cours
des
consuls,
lorsqu'on
vit
arriver
Crispinus
et
le
fils
de
son
collègue
,
tous
deux
blessés,
avec
les
faibles
débris
d’une
expédition
si
désastreuse.
La
mort
de
Marcellus,
d'ailleurs
si
déplorable,
le
fut
surlout
à
cause
de
cette
imprévoyance
qui,
à
son
âge,
à
plus
de
soixante
ans,
lui
avait
fait
oublier
toute
l'expérience
d’un
vieux
capitaine
el
l'avait
entraîné
dans
ce
piége
fatal,
lui,
son
collègue
et
la
république
presque
tout
entière.
Ce
serait
se
condamner
à
de
longues
digres-
sions
que
de
vouloir
exposer
les
récits
divers
des
historiens
sur
la
mort
de
Marcellus.
Je
ne
parle-
rai
que
de
L.
Gélius;
il
donne
trois
versions
dif-
férentes,
fondées,
l’une
sur
la
tradition,
Pautre
sur
l'éloge
funèbre
prononcé
par
le
jeune
Mar-
cellus,
qui
avait
assisté
au
combat,
la
troisième
sur
ses
propres
recherches
qu’il
donne
pour
très-exactes.
Au
reste,
dans
cette
diversité
d'o-
pinions,
la
plupart
disent
qu’il
était sorti
de
son
camp
pour
aller
à
la
découverte;
tous,
qu'il
tomba
dans
une
embuscade.
XXVIHIL.
Annibal,
pensant
que
la
mort
de
l'un
des
deux
consuls
et
la
blessure
de
l’autre
avaient
jeté
l’épouvante
parmi
les
ennemis,
voulut
profiter
de
l’occasion,
et
transporta
aussitôt
son
camp
sur
la
hauteur
où
l'on
avait
combattu.
Il
y
trouva
le
corps
de
Marcellus,
qu'il
fit
ensevelir.
Grispinus
;;
effrayé
de
la
mort
de
son
collègue
et
de
sa
propre
blessure,
partit
à
la
faveur
de
la
nuit
suivante;
gagna
les
montagnes
les
plus
voisines,
et
assit
son
camp
sur
la
cime
la
plus
élevée
et
la
plus
sûre.
Alors
s’engagea
entre
les
deux
généraux
unellulte
de
finesse,
d'une
part
pour
dresser
des
piéges,
de
irent
subsidio;
quum
consulem
et
filium
alterius
consulis
saucios,
exiguasque
infelicis
expeditionis
reliquias,
ad
castra
venientes
cernunt.
Mors
Marcelli
quum
alioqui
mi-
serabilis
fuit,
tum
quod
nec
pro
ætate
(major
jam
enim
sexaginta
annis
erat),
neque
pro
veteris
prudentia
ducis,
tam
improvide
se,
collegamque,
et
prope
totam
rempu
blicam
,
in
præceps
dederat.
Multos
circa
unam
rem
am
bitus
fecerim,
si,
quæ
de
Marcelli
morte
variantauctores,
omnia
exsequi
velim.
Ut
omittam
alios,
L.
Cœlius
tripli-
cem
rei
gestæ
ordinem
edit
:
unam
traditam
fama;
al-
teram
scriptam
laudatione
filii
,
qui
rei
gestæ
interfuerit;
tertiam,
quam
ipse
pro
inquisita
ac
sibi
comperta
affert.
Ceterum
ita
fama
variat,
ut
tamen
plerique
loci
specu
landi
causa
castris
egressum;
omnes
insidiis
Circumven-
tum
tradant.
XXVIEL.
Annibal,
magnum
terrorem
hostibus,
morte
consulis
unius
,
vulnere
alterius
,
injectum
esse
ratus
,
né
cui
deesset
occasioni,
castra
in
tumuium
,
in
quo
pugnè
tum
erat,
extemplo
transfert.
Ibi
inventum
Marcelli
cor:
pus
sepelit.
Crispinus,
et
morte
collegæ,
et
suo
vulneré
territus,
silentio
insequentis
noctis
profectus,
quos
proxt
mos
nactus
est
montes,
in
iis
loco
alto
et
tuto
undiqué
castra
posuit.
Ibi
duo
duces
sagaciter
moti
sunt,
alter
ad
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXVIT.
-
l’autre
pour
les
déjouer.
Avecle
corps
de
Marce!-
lus,
son
anneau
étaif
tombé
au
pouvoir
d’Annibal:
Crispinus
craignit
que
le
général
carthaginoïs
ne
s'en
fit
un
instrument
de
tromperie
et
de
ruses,
et
il
envoya
des
courriers
dans
toutes
les
villes
voisines
pour
leur
annoncer
que
son
collègue
était
mort,
que
l'ennemi
s'était
emparé
de
son
anneau,
et
quil
fallait
se
défier
de
toute
lettre
écrite
au
nom
de
Marcellus.
Le
messager
du
con
Sul
venait
de
se
présenter
à
Salapie,
lorsqu'on
apporta
une
lettre
d’Annibal,
écrite
au
nom
de
Marcellus
:
«
La
nuit
suivante,
disait-il,
il
arrive-
rait
à
Salapie.
I]
fallait
que
la
garnison
se
tint
.
prête,
si
l’on
avait
besoin
de
ses
services.
»
Les
habitants
ne
donnèrent
pas
dans
le
piége;
ils
comprirent
qu'Annibal,
également
furieux
de
leur
défection
et
de
la
perte
de
ses
cavaliers,
ne
cherchait
qu'une
occasion
de
vengeance.
Ils
con-
gédièrent
le
transfuge
romain
qui
avait
servi
de
messager,
afin
que
la
garnison
püût
prendre
sans
témoins
toutes
les
disposition
convenahles.
Les
ha-
bitants
furent
établis
sur
les
murs
et
dans
les
en-
droits
qu'il
était
bon
de
garder.
Les
sentinelles
et
les
postes
furent
renforcés
pour
cette
nuit-là
avec
une
attention
toute
particulière.
La
porte
où
l’on
attendait
l’ennemi
fut
confiée
à
l'élite
de
la
garni-
son.
Annibal
arriva
vers
la
quatrième
veille.
Son
avant-garde
se
Composait
de
transfuges
romains,
armés
à
la
romaine.
Parvenus
à
la
porte,
ilss’adres-
sèrent
en
latin
aux
gardes,
les
appelèrent
et
leur
commandèrent
d'ouvrir
:
«
C'était
le
consul
»,
di-
saient-ils.
Les
gardes,
qui
feignirent
de
s'éveiller
à
leurs
cris,
se
pressèrent
en
désordre
,
S'agitè-
inferendam.,
alter
ad
cavendam
fraudem.
Annulo
Mar-
celli
simul
cum
corpore
Aunibal-potitus
erat.
Ejus
signi
errore
ne
cui
dolus
necteretur
a
Pœno,
metuens
Crispi-
nus,
ciFca
civitates
proximas
miserat
nuntios
:
occisum
collegam
esse,
annuloque
ejus
hostem
potitum
:
ne
qui-
bus
literis.
crederent
nomine
Marcelli
compositis.
Paullo
anie
hic
nuniius
consulis
Salapiam
venerat,
quun
literæ
ab
Annibale
allatæ
sunt,
Marcelli
nomine
compositæ
:
«
Se
nocte,
quæ
diem
illum
seculura
esset,
Salapiam
venturum
:
paraii
milites
essent,
qui
in
præsidio
erant,
si
quo
opera
eorum
opus
esset.
»
Sensere
Salapitani
frau-
dem
:
etabira,
non
defectionis
modo,
sed
etiam
equi-
tum
interfectorum,
rati
occasionem
supplicii
peti,
remisso
retro
nuntio
(perfuga
autem
romanus
erat
),
ut
sine
ar-
bitro
milites,
quæ
vellent,
agerent,
oppidanos
per
mu-
ros
urbisque
opportuna
loca
in
stationibus
disponunt
;
custodias
vigiliasque
in
eam
noctem
intentius
instruunt.
Girca
portam,
qua
venturum
hostem
rebantur,
quoi
ro-
boris
in
præsidio
erat,
opponunt.
Annibal
quarta
vigilia
ferme
ad
urbem
accessit,
Primi
agminis
erant
perfugæ
Romamorum,
et
arma
romana
habebant.
li
,
ubi
ad
por-
tam
est
Yentum
,
latine
omnes
loquentes
excitant
vigiles,
aperirique
portam
jubent
:
consulem
adesse.
Vigiles,
ve-
29
rent,
ébranlèrent
la
porte.
La
herse
était
abattue
et
fermée
:
ils
la
soulevèrent
avec
des
leviers
et
des
cordes
,
et
la
suspendirent
à
une
hauteur
suf-
fisante
pour
qu'un
homme
pût
passer
debout.
À
peine
l'entrée
était-elle
libre
que
les
transfuges
s'y
précipitèrent
à
l’envi.
Déjà
six
cents
d’entre
eux
environ
étaient
dans
la
ville,
quand
tout
à
coup
on
lâcha
la
corde,
et
la
herse
qu’elle
soutenait
tomba
avec
grand
bruit.
Une
partie
des
habitants
fit
main
basse
sur
ces
transfuges,
qui,
comme
des
gens
en
marche
arrivant
chez
des
amis,
lais-
saient
pendre
leurs
armes
derrière
leur
dos;
d’au-
tres,
du
haut
des
murs
et
de
la
tour
qui
dominait
la
porte,
repoussèrent
l'ennemi
à
l’aide
de
pierres,
de
bâtons
et
de
javelots.
Annibal,
se
voyant
pris
dans
ses
propres
piéges,
se
relira
et
prit
la
route
de
Locres
pour
en
faire
lever
le
siége,
que
Cincius
pressait
vigoureusement
avec
le
matériel
et
les.
machines
de
tout
genre
apportés
deSicile.
Magon
désespérait
déjà
de
défendre
et
de
conserver
la
place,
lorsque
la
mort
de
Marcellus
fit
brillerà
ses
yeux
une
lueur
d’espérance.
Bientôt
il
apprit
par
un
courrier
qu'Annibal,
précédé
de
sa
Cava-
lerie
numide,
s’avançait
en
personne,
avec
toute
la
diligence
possible,
à
la
tête
de
son
infanterie.
Aux
premiers
signaux
qui
lui
annoncèrent
l'ap-
proche
des
Numides,
Magon
fit
ouvrir
tout
à
coup
les
portes
et
chargea
brusquement
l'ennemi.
Et,
d'abord,
la
soudaineté
de
sona
ttaque,
plutôt
que
l'égalité
de
ses
forces
avec
celles
des
Romains,
rendit
le
combat
douteux.
Mais,
à
l’arrivée
des
Numides,
l'épouvante
se
répandit
parmi
les
Ro-
mains
;
ils
s'enfuirent
en
désordre
vers
la
mer
et
lut
ad
vocem
eorum
excitati,
tumultuari
,
trepidare,
mo-
liri
portam.
Cataracta
dejecta
clausa
erat.
Eam
partim
vectibus
levant
:
partim
funibus
subducunt
in
tantum
al-
titudinis,
ut
subire
recti
possent.
Vixdum
satis
patebat
iter
,
quum
perfugæ
certatim
ruunt
per
portam
:
et
quum
sexcenti
ferme
intrassent,
remisso
fune,
quo
suspensa
erat,
cataracta
magno
sonitu
cecidit.
Salapitani,,
alii
pec-
fugas
negligenter
ex
ilinere
suspensa
humeris,
ut
inter
pacatos,
gerentes
arma,,
invadunt
:
alii
e
turri
ejus
portæ
murisque
saxis,
sudibus,
pilis,
absterrent
hostem.
Jia
inde
Annibal
suametipse
fraude
captus
abiit
:
profectusque
ad
Locrorum
solvendam
obsidionem,
quam
Cincius
sum-
ra
vi,
Operibus
tormentorumque
omni
genere
ex
Sicilia
advecto,
oppugnabat.
Magoni,
jam
baud
ferme
fidenti,
retenturum
defensurumque
se
urbem,
prima
spes,
morte
nuntiata
Marcelli,
affulsit.
Secutus
inde
nuntius
,
Anni-
balem,
Numidarum
equitatu
præmisso,
ipsum;
quan-
tum
accelerare
posset,
cum
peditum
agmine
sequi.
Itaque
ubi
primum
Numidas
edito
e
speculis
signo
adventare
sensit,
et
ipse,
patefacta
repente
porta,
ferox
in
hostes
erumpit.
Et
primo,
magis
quia
improviso
id
fecerat,
quam
quod
par
viribus
esset,
anceps
certamen
eraf;
dein-
de
,
ut
supervencre
Numidæ
,
tantus
pavor
Romanis
est
80
se
rembarquèrent,
abandonnant
les
instruments
et
les
machines
qui
servaient
à
battre
les
murs.
Cest
ainsi
que
l'arrivée
d’Annibal
fit
lever
le
siége
de
Locres.
XXIX.
Lorsque
Crispinus
sut
qu'Annibal
était
parti
pour
le
Bruttium
,
il
chargea
M.
Marcellus,
tribun
militaire,
de
conduire
à
Vénouse
l’armée
qu'avait
commandée
son
collègue.
Pour
lui
,
il
se
dirigea
vers
Capoue
avec
ses
légions,
ayant
peine
à
supporter
le
mouvement
de
sa
litière,
tant
ses
blessures
étaient
douloureuses.
Il
écrivit
à
Rome
pour
faire
connaître
la
mort
de
son
collègue
et
son
propre
danger
:
«
Il
ne
pouvait,
disait-il
,
se
rendre
à
Rome
pour
les
comices;
il
ne
se
sentait
pas
en
état
de
soutenir
la
fatigue
du
voyage
;
d’ailleurs
il
était
inquiet
de
Tarente;
il
craignait
que
du
Bruttium
Annibal
ne
vint
fondre
sur
cette
ville.
11
était
nécessaire
qu’on
lui
envoyät
pour
lieutenants
des
hommes
expérimentés,
avec
lesquels
il
pût
se
concerter
sur
les
besoins
de
la
république.
»
La
lecture
de
cette
lettre
inspira
de
vifs
regrets
pour
le
consul
qu’on
avait
perdu,
et
-des
craintes
sérieuses
pour
l’autre.
On
fit
donc
partir
Q.
Fabius,
le
fils,
pour
l’armée
de
Vénouse,
et
trois
lieutenants
se
rendirent
auprès
du
consul
:
c'étaient
Sext.
Julius
César,
L.
Licinius
Pollio
et
L.
Cincius
Alimentus
qui,
depuis
quelques
jours
seulement,
était
revenu
de
Sicile.
Ils
étaient
chargés
de
dire
au
consul
que,
s'il
ne
pouvait
se
rendre
lui-même
à
Rome
pour
les
comices,
il
eût
à
nommer,
sur
le
territoire
romain,
un
dictateur
pour
présider
l'assemblée.
Dans
le
cas
où
le
consul
serait
déjà
parti
pour
Tarente,
on
décidait
que
injectus,
ut
passim
ad
mare
ac
naves
fugerent;
relictis
operibus
machinisque,
quibus
muros
quatiebant.
Ita
ad-
ventu
Annibalis
soluta
Locrorum
obsidio
est.
XXIX.
Crispious,
postquam
in
Bruttios
profectum
Annibalem
sensit
,
exercitum,
cui
coliega
præfuerat,
M.
Marcellum
tribunum
militum
Venusiam
abducere
jus-
sit,
Ipse,
cum
legionibus
suis
Capuam
profectus,
vix
lecticæ
agitationem
præ
gravitate
vulnerum
patiens
,
Romam
literas
de
morte
collegæ
scripsit,
quantoque
ipse
in
discrimine
esset.
«
Se
comitiorum
causa
non
posse
Romam
venire
:
quia
nec
viæ
laborem
passurus
videre-
tur,
et
de
Farento
sollicitus
esset,
ne
ex
Bruttiis
Anni-
bal
eo
converteret
agmen.
Legatos
opus
esse
ad
se
mitti,
viros
prudentes
;
cum
quibus,
quæ
vellet,
de
republica
loqueretur.»
Hæ
literæ
recitatæ
magnum
et
luctum
morte
alterius
consulis
,
et
metum
de
altero
fecerunt.
Itaque
et
Q:
Fabium
filium
ad
exercitum
Venusiam
miserunt
:
et
ad
consulem
tres
legati
missi,
Sext.
Julius
Cæsar
,
L.
Li-
cinius
Pollio,
L.
Gincius
Alimentus,
quum
paucis
ante
diebus
ex
Sicilia
redisset.
Hi
nuntiare
consuli
jussi,
ut,
si
ad
comitia
ipse
Romam
venire
non
posset
,
dictatorem
in
agro
rowano
diceret
comitiorum
causa.
Si
consul
T'a-
rentum
profectus
esset,
Q:
Claudium
prætorem
placere
TITE-LIVE.
le
préteur
Q.
Claudius
emmènerait
ses
légions
dans
la
contrée
où
il
y
aurait
le
plus
de
villes
al-
liées
à
défendre.
Ce
fut
pendant
cette
campagre
que
M.
Valérius
passa
de
Sicile
en
Afrique,
à
la
tête
d’une
flotte
de
cent
voiles,
fit
une
descente
près
de
Clypéa,
et
étendit
au
loin
la
dévastation,
rencontrant
à
peine
quelques
détachements.
Puis
ses
soldatsse
rembarquèrent
précipitamment
à
la
nouvelle
inattendue
de
approche
d’une
flotte
car-
{haginoïse
,
forte
de
quatre-vingt-trois
vaisseaux.
L’amiral
romain
livra
bataille
à
la
hauteur
de
Clypéa
et
fut
vainqueur;
il
prit
aux
ennemis
dix-huit
navires,
dispersa
les
autres,
et
rentra
dans
le
port
de
Lilygbée
avec
un
immense
butin,
fruit
de
sa
descente
en
Afrique
et
de
sa
victoire
navale.
Ce
fut
aussi
pendant
cetle
campagne
que
Philippe,
sollicité
par
les
Achéens,
leur
fournit
des
secours
contre
Machanidas,
tyran
de
Sparte,
qui
mettait
leurs
frontières
à
feu
et
à
sang,
et
contre
les
Etoliens,
dont
les
troupes
avaient
traversé
le
détroit
qui
sépare
Naupacte
de
Patras
{
dans
le
pays
on
l'appelle
Rhion
),
et
ravageaient
également
l’Achaïe.
On
disait
aussi
qu'Attale,
roi
d'Asie,
à
qui
les
Étoliens,
dans
leur
dernière
assemblée,
avaient
déféré
la
souveraine
magistra-
ture
de
leur
ligue,
allait
passer
en
Europe.
XXX.
Philippe
descendit
donc
en
Grèce;
près
de
Lamia,
il
rencontra
les
Étoliens
sous
la
con-
duite
de
Pyrrhias,
élu
stratége
pour
cette
année
avec
Altale,
qui
était
absent.
Mais
ce
prince
leur
avait
envoyé
des
auxiliaires,
etils
avaient
aussi
dans
leurs
rangs
environ
mille
soldats
de
la
flotte
romaine,
que
P.
Sulpicius
leur
avait
fournis.
Py-
jn
eam
regionem
inde
abducere
legiones
;
in
qua
pluri-
mas
sociorum
urbes
tueri
posset.
Eadem
æstate
M.
Va-
lerius
cum
classe
centum
navium
ex
Sicilia
in
Africam
transmisit
:
et,
ad
Clupeamn
urbem
exscensione
facta,
agrum
late,
nullo
ferme
obvio
armato,
vastabat.
inde
#d
naves
raptim
prædatores
recepti,
quia
repente
fama
ac-
cidit,
classem
punicam
adventare.
Octoginta
erant
et
tres
naves.
Cum
iis
haud
procul
Clupea
prospere
pugnat
Ro-
rnanus.
Decem
et
octo
navibus
captis,
fugatis
aliis,
Cum
magna
terrestri
navalique
præda
,
Lilybæum
rediit.
Ea-
dem
æstate
et
Philippus
implorantibus
Achæis
auxilium
tulit
:
quos
et
Machanidas
tyrannus
Lacædemoniorum
finitimo
bello
urebat;
et
Æioli,
navibus
per
fretum,
quod
Naupactum
et
Patras
interfluit
(Rhion
incolæ
vocant);
exercitu
trajecto,
depopulati
erant.
Attalum
quoque
re:
gem
Asiæ,
quia
Æloli
summum
gentis
suæ
magistratun
ad'eum
proximo
concitio
detulerant
,
fama
erat
in
Euro-
pan
trojecturum.
XXX.
Ob
bæc
Philippo
in
Græciam
descendenti
ad
Lamiam
urbem
Ætoli,
duce
Pyrrhia,
qui
prætor
in
eum
annum
cum
absente
Attalo
creatus
erat,
occurreruné.
Ha
bebant
et
ab
Attalo
auxilia
secum
:
et
mille
ferme
€x
F0
mana
classe,
a
P.
Sulpicio
missos.
Adyersus
hunc
ducenl
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXVII.
rhias
et
son
armée
furent
vaincus
deux
fois
par
Philippe
;
les
deux
rencontres
leur
coûtèrent
près
de
mille
hommes.
Les
Étoliens
cédèrent
alors
à
la
crainte
et
se
renfermèrent
dans
les
murs
de
Lamia;
Philippe
ramena
ses
troupes
à
Phalara.
C'est
une
ville
située
sur
le
golfe
Maliaque;
elle
renfermait
autrefois
une
population
nombreuse
à
cause
de
l'excellence
de
son
port,
de
la
sûreté
des
rades
avoisinantes,
et
de
tout
ce
qu’elle
offrait
d'avantages
du
côté
de
la
terre
et
du
côté
de
la
mer.
Là
se
rendirent
les
ambassadeurs
du
roi
d'Égypte,
de
Ptolémée,
de
Rhodes,
d'Athènes
et
de
Chio,
qui
avaient
mission
de
mettre
fin
aux
dé-
mélés
de
Philippe
et
des
Étoliens.
Ces
derniers
prirent
pour
médiateur,
parmi
les
princes
voisins,
Amynandre,
roi
des
Athamanes.
Si
tant
de
peu-
ples
s’inquiétaient
,
ce
n’était
pas
en
faveur
des
Étoliens
,
dont
la
fierté
s'accordait
mal
avec
l’es-
prit
des
peuples
de
la
Grèce,
mais
en
haine
de
Philippe
et
de
sa
puissance,
que
l’on
considérait
comme
(rès-menaçante
pour
la
liberté,
s’il
s'im-
misçait
dans
les
affaires
de
la
Grèce.
La
discussion
de
Ja
paix
fut
ajournée
à
l'assemblée
des
Achéens;
on
prit
jour
et
lieu
pour
cette
assemblée
:
on
ob-
tint
jusque-là
une
suspension
d'armes
de
trente
jours.
Philippe
traversa
ensuite
la
Thessalie
et
la
Béotie,
etserendità
Chalcis,
en
Eubée,
pour
fermer
l'entrée
des
ports
et
l’accès
des
côtes
à
Attale,
qui
faisait
voile,
disait-on,
vers
cette
île.
11
y
laissa
des
forces
suflisantes
pour
repousser
ce
prince,
si
par
hasard
il
se
présentait
en
son
absence,
et,
suivi
de
quelques
cavaliers
et
de
ses
troupes
lé-
gères,
il
partit
pour
Argos.
La
présidence
des
atque
has
copias
Philippus
bis
prospero
eventu
pugnavit
;
mille
admodum
hostium
utraque
pugna
occidit.
Inde
quum
Æloli
metu
compulsi
Lamiæ
urbis
mœnibus
tene-
rent
sese,
Philippus
ad
Phalara
exercitum
reduxit.
In
Maliaco
sinu
is
locus
est,
quondam
frequenter
habitatus
propter
egregium
portum,
tutasque
circa
stationes,
et
aliam
opportunitatem
maritimam
terrestremque.
Eo
le-
gali
ab
rege
Ægypti
Ptolemæo,
Rhodisque,
et
Athe-
niensibus,
et
Chiis
venerunt,
ad
dirimenduminter
Phi-
lippum
atque
Ætolos
béllum.
Adhibitus
ab
Ætolis
et
ex
finitimis
pacificator
Amynander,
rex
Athamanum.
Om-
nium
autem
non
tanta
pro
Ætolis
cura
erat,
ferocioribus
quam
pro
ingeniis
Græcorum
genlis,
quam
ne
Philippus
régaumque
ejus,
grave
libertati
futurum,
rebus
Græciæ
imuisceretur.
De
pace
dilata
consultatio
est
in
concilium
Achæorum
;
concilioque
ei
et
locus
et
dies
certa
indicta.
Interim
triginta
dierum
indutiæ
impetratæ.
Profectus
inde
rex
per
Thessaliam
Bœotiamque
,
Chalcidem
EubϾ
venit,
ut
Attalum,
quem
classe
Eubœam
petiturum
au-
dierat
portubus
et
litorum
appulsu
arceret.
Inde,
præ-
sidio
relicto
adversus
Aitalum,
si
forte
interim
trajecis-
set,
profectus
ipse
cum
paucis
equitum
levisque
armatu-
Tæ,
Argos
venit.
Ibi
curatione
Heræorum
Nemeorumque
54
jeux
Héréens
et
Néméens
lui
avait
été
donnée
par
les
suffrages
unanimes
du
peuple,
en
vertu
de
la
prétention
qu'ont
les
rois
de
Macédoine
d'être
originaires
d’Argos.
Après
la
célébration
des
jeux
Héréens,
à
l'issue
même
de
la
fête,
il
partit
pour
Égium,
où
depuis
longtemps
était
con-
voquée
l'assemblée
des
alliés.
On
y
parla
de
met-
tre
un
terne
à
la
guerre
d’Étolie,
afin
de
ne
point
fournir
aux
Romains
ou
à
Attale
un
prétexte
pour
entrer
en
Grèce.
Mais,
avant
l’expiration
même
de
la
trève,
les
Étoliens
dérangèrent
tous
ces
plans,
du
moment
où
ils
apprirent
qu'Attale
était
arrivé
à
Égine
et
que
la
flotte
romaine
mouillait
à
Naupacte.
Introduits
dans
l'assemblée
des
Achéens,
où
se
trouvaient
les
mêmes
députations
qui
avaient
traité
de
la
paix
à
Phalara,
ils
se
plai-
gnirent
d’abord
de
quelques
légères
infractions
à
la
foi
du
traité
commises
pendant
la
trève;
puis
ils
déclarèrent
que
pour
finir
la
guerre
il
fallait
que
les
Achéens
rendissent
Pylos
aux
Messéniens,
qu'on
restituât
lAtintanie
aux
Romains,
et
le
pays
des
Ardyéens
aux
rois
Scerdilédus
et
Pleu-
ratus.
Mais
Philippe,
indigné
que
des
vaincus
vou-
lussent
faire
la
lôi
au
vainqueur,
répondit
que
«s’il
avait
écouté
des
propositions
de
paix,
s’il
avait
consenti
à
une
trève,
ce
n’était
pas
dans
l'espoir
que
les
Étoliens
resteraient
en
repos,
il
avait
voulu
prouver
aux
alliés
qu'il
désirait
la
paix,
et
qu'eux,
ils
ne
cherchaient
que
des
pré-
textes
de
guerre.
»
Il
congédia
donc
l'assemblée
sans
qu’on
eût
conclu
aucun
arrangement,
laissa
quatre
mille
hommes
aux
Achéens
pour
leur
dé-
fense
et
reçut
d’eux
cinq
vaisseaux
longs.
Il
vou-
suffragiis
populi
ad
eum
delata,
quia
se
Macedonum
re-
ges
ex
ea
civitate
oriundos
referunt,
Heræis
peractis,
ab
ipso
ludicro
extemplo
Ægium
profectus
est,
ad
indictum
multo
ante
sociorum
concilium.
Ibi
de
Ætolico
finiendo
bello
actum
,
ne
causa
aut
Romanis
,
aut
Attalo
intrandi
Græciam
esset.
Sed
ea
omnia
,
vixdum
indutiarum
tem-
pore
circumacto,
Æitoli
turbavere,
postquam
et
Attalum
Æginam
venisse
,
et
romanam
classem
stare
ad
Naupac-
tum
audivere.
Vocati
enim
in
concilium
Achæorum
,
in
quo
eædem
legationes
erant,
quæ
ad
Phalara
egerant
de
pace,
primum
quesli
sunt
quædam
parva
contra
fidem
conventionis
tempore
indutiarum
facta
:
postremo
nega-
runt
dirimi
bellum
posse,
nisi
Messeniis
Achæi
Pylum
redderent,
Romanis
restitueretur
Atintania,
Scerdilædo
et
Pleurato
Ardyæi.
Enimvero
indignum
ratus
Pbilippus,
victos
victori
sibi
ultro
conditiones
ferre
:
«
Ne
antea
quidem
se
aut
de
pace
audisse,
aut
indutias
pepigisse
,
dixit,
spem
ullam
habentem
quieturos
Ætolos:
sed
ut
omnes
socios
testes
haberet,
se
pacis,
illos
belli
causam
quæsisse.
»
Ita
infecta
pace
concilium
dimisit,
quatuor
millibus
armatorum
relictis
ad
præsidium
Achæorum,
et
quinque
longis
navibus
acceptis.
Quas
si
adjecisset
missæ
nuper
ad
se
classi
Carthaginiensium,
et
ex
Bithynia
ab
92
lait
les
joindre
à
la
flotte
carthaginoïse
et
aux
na-
vires
que
lui
envoyait
Prusias
,
roi
de
Bithynie,
et
livrer
bataille
à
la
flotte
romaine,
depuis
long-
temps
maîtresse
de
la
mer
dans
les
parages
de
la
Grèce.
En
attendant,
il
retourna
à
Argos
:
les
jeux
Néméens
approchaïent,
et
il
tenait
ace
quon
ne
les
célébrât
pas
sans
lui.
XXXI.
Le
roi
était
tout
entier
à
la
solennité
des
jeux,
et
il
consacrail
ces
jours
à
la
mollesse
et
à
des
excès
dangereux
dans
un
temps
de
guerre,
lorsque
P.
Sulpicius,
s’éloignant
de
Naupacte,
jeta
l’ancre
entre
Sicyone
el
Corinthe
et
livra
à
la
dévastation
ce
territoire
renommé
pour
sa
fertilité.
Cette
nouvelle
rappela
Philippe
à
lui-
même
:
il
partit
à
la
hâte
avec
sa
cavalerie,
ordonna
à
son
infanterie
de
le
suivre,
fondit
à
limproviste
sur
les
Romains
épars
ça
et
là
dans
la
la
campagne
et
chargés
de
butin,
et
les
refoula
jusque
dans
leurs
vaisseaux.
La
flotte
romaine
retourna
à
Naupacte
avec
de
faibles
débris
de
ses
prises.
Philippe
acheva
alors
les
jeux
,
au
milieu
d'une
grande
affluence
de
spectateurs
qu'avait
augmenté
le
bruit
de
cet
avantage
peu
important,
il
est
vrai,
mais
obtenu
sur
les
Romains;
et
ce
fut
avec
un
enthousiasme
vraiment
universel
qu'on
célébra
les
fêtes.
La
joie
fut
d'autant
plus
vive
que,
pour
se
rendre
populaire,
le
roi,
dépouil-
fant
le
diadème,
la
pourpre
et
toutes
les
autres
marques
de
la
royauté,
se
meltait
au
niveau
des
simples
citoyens
,
spectacle
si
séduisant
pour
des
cités
libres.
Par
cette
conduite,
il
eût
fait
espérer
le
rétablissement
de
leur
liberté,
si
ses
odieuses
débauches
n’eussent
répandu
partout
le
déshon-
rege
Prusia
venientibus
navibus
,
statuerat
navali
prϾ-
lio
lacessere
Romanos,
jam
diu
in
ea
regione
potentes
maris.
lpse
ab
eo
concilio
Argos
regressus
;
jam
enim
Nemeorum
appetebat
tempus,
quæ
celebrari
volebat
præsentia
sua.
XXXI.
Occupato
rege
apparatu
ludorum,
ef
per
dies
festos
licentius,
quam
inter
belli
tempora,
remittente
animum
,
P.
Sulpicius,
ab
Naupacto
profectus
,
classem
appulit
inter
Sicyonem
et
Gorinthum,
agrumque
nobi-
lissimæ
fertilitatis
effuse
vastavit.
Fama
ejus
rer
Philip-
_pumab
ludis
excivit
:
raptimque
cum
equitatu
profectus,
jussis
subsequi
peditibus,
palatos
passim
per
agros
gra-
vesque
præda
,
ut
qui
nihil
tale
metuerent,
adortus
Ro-
manos
;
compulit
in
naves.
Classis
romana,
haudquaquam
læta
præda,
Näupactum
rediit.
Philippo
quoque
ludorum,
‘qui
reliqui
erant,
celebritatem
quantæcunque
,
de
Ro-
manis
tamen,
victoriæ
partæ
fama
auxerat;
lætitiaque
ingenti
Celebrati
festi
dies
:
eo
magis
etiam,
quod
popu-
Jariter
dempto
capitis
insigni,
purpuraque,
atque
alio
regio
habit,
æquaverat
ceteris
se
in
speciem
;
quo
nihil
gratius
est
civitatibus
liberis.
Præbuissetque
haud
dubiam
eo
facto
spem
libertatis,
nisi
omnia
intoleranda
libidine
fϾda
ac
deformia
effecisset.
Vagabatur
enim
eum
uno
TITE
-LIVE.
neur
et
le
deuil.
On
le
voyait,
en
effet,
courir
nuit
et
jour
avec
un
ou
deux
compagnons
de
plaisirs,
pénétrer
dans
les
maisons
pour
outrager
les
maris,
et,
affectant
de
descendre
à
la
con-
dilion
d'homme
privé,
se
livrer
à
une
dissolu-
tion
d'autant
plus
grande,
qu'il
était
moins
en
vue.
Ainsi
celte
liberté
dont
il
leurrait
les
au-
tres,
il
la
faisait
tourner
au
profit
de
sa
li-
cence
;
car
il
n’employait
pas
toujours
l'or
etes
caresses
;
il
usait
de
violence
pour
satisfaire
ses
brutales
passions.
Malheur
aux
époux
et
aux
pères
dont
la
surveillance
importune
mettait
obstacle
aux
caprices
du
monarque
!
Un
des
principaux
Achéens,
Aratus,
se
vit
enlever
sa
femme,
Poly-
cratie
:
séduite
par
l'espoir
de
partager
la
cou
ch
du
roi
,
elle
se
laissa
entraîner
au
fond
de
la
Ma-
cédoine.
Ce
fut
au
milieu
de
ces
turpitudes
que.se
passa
la
solennité
des
jeux
Néméens
.
Quelques
jours
après,
Philippe
partit
pour
Dymes,
afin
de
chasser
la
garnison
étolienne
que
les
Éléens
avaient
appelée
et
reçue
dans
cette
ville.
Cycliadas,
pre-
mier
magistrat
des
Achéens,
vint
avec
eux
à
la
rencontre
du
roi,
près
de
Dymes;
ils
ne
pardon-
naient
pas
aux
Éléens
de
s'être
séparés
de
leur
ligue,
et
ils
haïssaient
les
Étoliens,
qu'ils
accusaient
d'avoir
appelé
sur
eux
les
armes
romaines.
Les
deux
armées
réunies
partirent
de
Dymes
et
traver-
sèrent
le
Larisus,
qui
sépare
le
territoire
de
cette
ville
de
celui
des
Éléens.
XXXII.
Le
premier
jour
où
les
confédérés
mi-
rent
le
pied
sur
les
terres
ennemies
fut
employé
à
dévaster
le
pays;
le
lendemain,
ils
s’approchè-
rent
de
la
ville
en
ordre
de
bataille,
et
précédés
aut
allero
comite
per
maritas
domos
dies
noctesque
;
et,
summittendo
se
in
privatum
fastigium,
quo
minus
cOn-
spectus,
eo
solutior
erat
:
et
libertatem
quum
aliis
va-
nam
ostendisset,
totam
in
suam
licentiam
verterat.
Ne-
que
enim
omnia
emebat
aut
eblandiebatur
,
sed
vim
eliam
flagitiis
adhibebat
:
periculosumque
et
viris
et
parentibus
erat,
moram
incommoda
severitate
libidini
regiæ
fecisse.
Uni
etiam
principi
Achæorum
Arato
adempta
uxor
n0°
mine
Polycratia,
ac
spe
regiarum
nuptiarum
in
Macedo-
niam
asportata
fuerat.
Per
hæc
flagitia
sollenni
Nemeo-
rum
peracto,
paucisque
additis
diebus,
Dymas
est
pro-
fectus,
ad
præsidium
Ætolorum
,
quod
ab
Eleis
accitum
acceptumque
in
urbem
erat,
ejiciendum.
Cycliadas
(pe-
nes
eum
summa
imperii
erat)
Achæique
ad
Dymas
regi
occurrere
:
et
Eleorum
accensi
odio,
quod
a
ceteris
Achæis
dissentirent:
et
infensi
Ætolis,
quos
romanum
quoque
adversus
se
movisse
bellum
credebant.
Profecti
ab
Dymis,
conjuncto
exercitu
transeunt
Larisum
amnem,
qui
Lleum
agrum
ab
Dym&æo
dirimit.
XXXII.
Primum
diem,
quo
fines
hostium
ingressi
sunt,
populando
absumpserunt.
Postero
die
acie
instruola
ad
urbem
accesserunt,
præmissis
equitibus
;
qui,
obequi-
tando
portis,
promptum
ad
excursiones
genus
lacessernet
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXVIL.
de
leur
cavalerie
dont
les
manœuvres
devaient
attirer
hors
des
murs
les
Éloliens,
toujours
dis-
posés
à
faire
des
sorties.
Ils
ignoraient
que
Sulpicius
était
passé
de
Naupacte
à
Cyllène
avec
quinze
vaisseaux,
y
avait
débarqué
quatre
mille
hommes,
et,
profitant
de
l'obscurité
de
la
nuit
pour
dérober
sa
marche
aux
regards,
était
entré
dans
Élis.
Aussi
furent-ils
saisis
d’épouvante
lors-
qu'au
milieu
des
Étoliens
et
des
Éléens,
ils
recon-
nurent
tout
à
coup
les
enseignes
et
les
armes
ro-
maines.
Et
d'abord
le
roi
voulait
rappeler
ses:
troupes;
mais
déjà
le
cembat
était
engagé
entre
les
Étoliens
et
les
Tralles,
peuplade
illyrienne.
Voyant
que
les
siens
étaient
serrés
de
près,
il
fondit
avec
sa
cavalerie
sur
une
cohorte
romaine;
dans
la
mêlée
son
cheval
fut
alteint
d'un
javelot,
S'abattit
et
lança
le
roi
par-dessus
sa
tête.
Alors
l'action
se
ralluma
avec
un
acharnement
furieux
;
les
Romains
se
précipitaient
sur
le
roi,
et
les
Ma-
cédoniens
le
couvraient
de
leurs
corps.
Philippe
signala
sa
valeur;
il
était
réduit
à
combattre
à
pied
au
milieu
des
gens
à
cheval.
Mais
déja
la
lutte
n'était
plus
égale:
il
voyait
tomber
autour
de
lui
grand
nombre
de
morts
et
de
blessés
;
on
l’en-
traina,
on
le
fit
monter
sur
un
autre
cheval
et
il
s'enfuit.
Le
même
jour,
il
alla
camper
à
cinq
milles
d’Élis.
Le
lendemain,
il
conduisit
ses
trou-
pes
contre
un
fort
nommé
Pyrgos,
où
il
savait
que
les
habitants
de
la
campagne
s'étaient
jetés
en
foule
avec
leurs
troupeaux
pour
échapper
au
pillage.
Getle
multitude
confuse
et
désarmée
se
rendit
au
premier
bruit
de
son
approche,
et
la
prise
de
ce
fort
compensa
la
honte
de
sa
défaite
sous
lesmurs
Ætolorum.
Ignorabant
Sulpicium
cum
quindecim
navi-
bus
ab
Naupacio
Cyllenen
trajecisse,
et
expositis
in
ter-
ram
quatuor
millibus
armatorum
,
silentio
noctis,
ne
con-
spici
agmen
posset,
intrasse
Eliim.
Itaque
improvisa
res
ingentem
injecit
terrorem,
postquam
inter
Ætolos
Elcos-
que
romana
signa
atque
arma
cognovere.
Et
primo
reci-
pere
suos
voluerat
rex
:
dein,
contracto
jam
inter
Ætolos
et
Trallos
{
Illyriorum
id
est
genus)
certamine,
quum
urgeri
videret
suos,
etipse
rex
Cum
equitatu
in
cohor-
tem
romanam
iscurrit.
Ebi
equus
pilo
trajectus
quum
pro-
lapsum
per
caput
regem
effudisset,
atrox
pugna
utrim-
que
accensa
est,
et
ab
Romanis
impetu
in
regem
facto,
et
protegentibus
regiis.
Insignis
et
ipsius
pugna
fuit,
quum
pedes
inter
equites
coactus
esset
prælium
inire.
Dein,
quum
jam
impar
certamen
esset,
caderentque
cir-
ca
eum
multi,
et
vulnerarentur,
raptus
ab
suis,
atque
alteri
equo
injectus,
fugit.
Eo
die
castra
quinque
millia
passuum
ab
urbe
Elcorum
posuit.
Posiero
ad
castellum
(Pyrgum
votant)
copias
omnes
eduxit
:
quo
agrestium
multitudinem
cum
pecoribus
metu
populationum
com-
pulsam
audierat.
Eam
inconditam
inermemque
multitu-
dinem
primo
statim
terrore
adveniens
cepit
:
compensa-
veratque
ea
præda,
quod
ignomin'æ
ad
Elim
acceptum
IT,
35
d'Élis.
Quatre
mille
hommes
et
vingt
mille
têtes
de
bétail
étaient
tombés
en
son
pouvoir.
Il
s’occupait
de
partager
ce
butin
et
ces
prisonniers
à
ses
sol-
dats,
lorsqu'un
messager
arriva
de
Macédoine.
On
lui
mandait
qu'un
certain
Éropus
avait
cor-
rompu
le
commandaut
de
la
citadelle
et
de
la
gar-
nison
de
Lychnide,
s'était
emparé
de
cette
place
et
de
quelques
villages
de
la
Dassarétie
,
et
cher-
chaït
à
soulever
les
Dardaniens.
Il
lui
fallut
alors
renoncer
à
la
guerre
d’Achaïe
:
toutefois
il
laissa
deux
mille
cinq
cents
soldats
de
toutes
armes
sous
les
ordres
de
Ménippe
et
de
Polyphante,
pour
la
défense
des
alliés;
puis
il
partit
de
Dymes,
tra-
versa
l’Achaïe,
la
Béotie
et
l'Eubée,
et
en
dix
jours
parvint
à
Démétriade,
en
Thessalie.
XXXILIL.
Là,
il
reçut
d'autres
nouvelles
bien
plus
alarmantes
:
les
Dardaniens
s'étaient
répan-
dus
dans
la
Macédoine;
maîtres
de
l’Orestide
,
ils
étaient
descendus
déjà
dans
les
plaines
d’Ar-
geste,
et
il
n’était
bruit
parmi
ces
barbares
que
de
la
mort
de
Philippe.
Dans
la
bataille
qu'il
avait
livrée
près
de
Sicyone,
pour
arrêter
les
dévasta-
tions
des
Romains,
son
cheval
lavait
porté
si
violemment
contre
un
arbre,
qu’une
branche
sail-
lante
avait
brisé
l'une
des
deux
cornes
de
son
casque.
Un
Étolien
ramassa
ce
fragment
etle
porta
en
Étolie
au
roi
Scerdilédus
qui
connaissait
cet
ornement
du
casque
royal
:
ce
fut
là
ce
qui
donna
lieu
au
bruit
de
la
mort
de
Philippe.
Quand
ce
prince
eut
quitté
l’Achaïe,
Sulpicius
passa
avec
sa
flotte
à
Égine
et
fit
sa
jonciion
avec
Attale.
Les
Achéens
attaquèrent
les
Étoliens
et
les
Éléens
non
loin
de
Messène,
et
furent
vainqueurs.
Attale
et
fuerat.
Dividenti
prædam
captivôsque
(fuerant
autem
quatuor
millia
hominum,
pecoris
omnis
generis
ad
millia
viginti)
nuntius
ex
Macedonia
venit,
Eropum
quemdam,
corruptoarcis
præsidiique
præfecto
,
Lychnidum
cepisse:;
tenere
et
Dassaretiorum
quosdam
vicos,
et
Dardanos
etiam
concire.
Omisso
igitur
Achaico
bello,
relictis
ta-
men
duobus
millibns
et
quingentis
omnis
géneris
arma-
torum
cum
Menippo
et
Polyphanta
ducibus
ad
præsi-
dium
sociorum,
profectus
ab
Dymis,
per
Achaïiam
BϾo-
tiamque
et
Eubœam,
decimis
Castris
Demetriadem
in
Thessaliam
pervenit.
XXXIIL.
bi
alii,
majorem
afferentes
tumultum,
nun-
ti
occurrunt:;
Dardanos,
in
Macedoniam
effusos,
Ores-
tidem
jam
tenere,
ac
descendisse
in
Argestæum
campum;
famamque
inter
barbaros
celebrem
esse,
Philippum
ce-
cisum.
Expeditione
ea,
qua
cum
populatoribus
agri
ad
Sicyonem
pugnavit,
in
arborem
illatus
impetu
equi,
ad
eminentem
ramum
cornu
alterum
galeæ
præfregit.
Idin-
ventum
ab
Ætolo
quodam,,
perlatumque
in
Ætoliam
ad
Scerdilædum,
cui
notum
erat
insigne
galeæ,
famam
in-
terfecti
regis
vulgayit.
Post
profectionem
ex
Achaïa
regis,
Sulpicius,
Æginam
classe
profectus,
cum
Aïtalo
sese
|
conjunxit.
Acbæi
cum
Ætolis
Eleisque
haud
procul
Mes-
LA
9
54
Sulpicius
prirent
leurs
quartiers
d’hiver
à
Égine.
A
la
fin
de
cette
année,
le
consul
T.Quinctius
Crispinus
mourut
de
sa
blessure,
à
Tarente,
se-
Jon
lesuns,
en
Campanie,
selon
les
autres,
après
avoir
nommé
T.
Manlius
Torquatus
dictateur,
pour
présider
les
jeux
et
les
comices.
Jamais,
dans
aucune
guerre,
on
n'avait
Vu
les
deux
consuls
périr
sans
combat
mémorable
et
laisser
la
répu-
blique
dans
une
espèce
de
veuvage.
Manlius
prit
pour
maître
de
la
cavalerie
C.
Servilius,
alors
édile
curule.
Le
sénat,
dans
sa
première
séance,
ordonna
au
dictateur
de
célébrer
tes
grands
jeux
x
que
M.
Émilius,
préteur
de
la
ville,
avait
fait
re-
présenter
sous
le
consulat
de
C.
Flaminius
et
de
Cn.
Servilius,
et
qu’il
avait
voués
pour
cinq
ans.
Le
dictateur
les
célébra
et
réitéra
le
même
vœu
pour
le
lustre
suivant.
Au
reste,
comme
les
deux
armées
consulaires
se
trouvaient
sans
chefs
si
près
de
l'ennemi,
on
négligea
toute
autre
affaire
;
une
seule
pensée
préoccupa
le
sénat
et
le
peuple,
c'é-
tait
de
nommer
au
plus
tôt
des
consuls,
et
de
les
choisir
tels
que
leur
valeur
püût
être
en
garde
con-
tre
les
ruses
des
Carthaginois.
«Toute
cette
guerre,
disait-on,
n'avait
été
qu'une
suite
de
désastres
dus
à
la
précipitation
et
à
l'ardeur
bouillante
des
gé-
néraux
,
et
voilà
que
cette
année
les
deux
consuls,
aveuglés
par
le
désir
de
combattre
l'ennemi,
s'é-
taientjetés
dans
un
piége
qu’ils
n'avaient
pas
même
soupçonné.
Mais
les
dieux
immortels
avaient
eu
pitié
du
nom
romain,
et
sauvé
les
armées
inno-
centes
de
cette
faute
;
les
consuls
avaient
seuls
payé
de
leur
tête
leur
témérité
toute
personnelle.
sene
prosperam
pugnam
fecerunt.
Attalus
rex
et
P.
Sul-
picius
Æginæ
hibernarunt.
Exitu
hujus
anni
T.
Quin-
_cüus
Crispinus
consul,
dictatore
comitiorum
ludorumque
faciendorum
causa
dicto
T.
Manlio
T'orquato,
ex
vulnere
moritur,
Ali
Tarenti,
alii
in
Campania
mortuum
tra-
dunt.
Ld
quod
nullo
ante
bello
acciderat,
duo
consules,
sine
memorardo
prælio
interfecti,
velut
orbam
rempu-
blicam
reliquerant.
Dictator
Manlius
magistrum
equitum
G.
Servilium
(tum
ædiliscurulis
erat)
dixit.
Senatus,
quo
die
primum
est
habitus,
ludos
magnos
fac
re
dictat:rem
jussit,
quos
M.
Æmilius
prætor
urbis,
GC.
Flaminio,
Cn.
Servilio
consulibus,
fecerat,
et
in
quinguennium
voverat.
Tum
dictator
et
ludos
fecit,
et
in
insequens
lus-
trum
vovit.
Ceterum,
quum
duo
consulares
exercitus
tam
prope
hostem
sine
ducibus
essent,
omnibus
alis
omissis,
una
præcipua
Cura
Patres
populumque
incessit,
consules
primo
quoque
tempore
creandi;
et
ut
eos
potis-
simum
crearent,
quorum
virtus
satis
Luta
a
fraude
punica
essei;
«
quum
toto
eo
bello
damnosa,
præpropera
ac
fer-
vida
iugen
a
imperatorum
fuissent,
tum
ipso
eoanno
con-
sules,
nimia
Cupidit.te
conserendi
cum
hoste
manu,
in
pecopinatam
frattemlapsos
esse.
Ceterum
deosimmorta-
les,
miseritos
nominis
romani,
pepercisse
innoxiis
exerciti-
bus
;
tesneritatem
consulum
ipsorum
capitibus
damnasse.
»
TITE-LIVE.
XXXIV.
Les
sénateurs
se
aemandaient
sur
qui
tomberait
leur
choix
;
il
y
avait
parmi
les
candi-
dats
un
homme
qui
fixait
tous
les
regards,
G.
Claudius
Néron.
On
lui
cherchait
un
collègue.
On
reconnaissait
les
talents
supérieurs
de
Néron;
mais
on
le
trouvait
trop
fougueux
et
trop
en-
treprenant
pour
une
guerre
comme
celle
qu'on
faisait
alors
et
pour
un
adversaire
tel
qu’An-
nibal.
On
jugeait
nécessaire
de
modérer
son
ardeur
en
lui
adjoignant
un
collègue
qui
unit
le
calme
à
Ja
prudence.
M.
Livius
était
cet
homme.
Plusieurs
années
auparavant,
au
sortir
du
consu-
lat,
il
s'était
vu
condamner
par
un
jugement
du
peuple.
Cet
affront
l'avait
aigri,
au
point
quil
s'élait
retiré
à
la
campagne,
et
avait
longtemps
vécu
loin
dela
ville
etdes
hommes.
Huit
ans
envi-:
ron
après
sa
condamnation,
les
consuls
M.
Claudius
Marcellus
et
M.
Valérius
Lévinus
l'avaient
décidé
à
rentrer
dans
Rome
;
mais
le
désordre
de
ses
vête-
ments,
la
longueur
de
sa
barbe
et
desa
chevelure,
tout
dans
sa
personne
et
dans
son
extérieur
accusait
le
ressentiment
profond
qu’il
avait
conservé
de
sa
flétrissure.
Les
censeurs,
L.
Véturius
et
P.
Lici-.
nius,
l'obligèrent
à
se
raser,
à
quitter
ses
habits
de
deuil,
à
se
présenter
au
sénat
et
à
remplir
ses
autres
fonctions
publiques.
Mais
alors
même
il
donnait
son
avis
en
un
mot,
ou
bien
il
votait
sans
parler.
À
la
fin
pourtant,
dans
une
affaire
où
il
s'agissait
de
l'honneur
d’un
de
ses
parents,
M.
Li-
vius
Macatus,
il
se
leva
et
prit
la
parole
en
plein
sénat.
Ce
discours,
qu'il
prononçait
après
tant
d'années
de
silence,
attira
sur
lui
(ous
les
re-
XXXIV.
Cum
circumspicerent
Patres,
quosnam
con-
sules
facerent,
longe
ante
alios
eminebat
C.
Claudius
Nero.
Ei
collega
quærebatur
;
et
virum
quidem
eum
egre-
gium
ducebant,
sed
promptiorem
acrioremque,
quam
tempora
belli
postularent,
aut
hostis
Annibal
;
tempe-
randum
acre
ejus
ingeuium
moderato
et
prudenti
viro
adjuncto
collega
censebant.
M.
Livius
erat,
multis
antean-
nis
ex
consulatu
populi
judicio
damnatus.
Quam
ignomi-
niam
adeo
ægre
tulerat,
ut
et
rus
migraret,
et
per
mul-
tos
annos
ef
urbe
et
omni
cœtu
careret
hominum.
Octavo
ferme
post
damnationem
anno
M.
Claudius
Marcellus
et
M.
Valerius
Lævinus
consules
reduxerant
eum
in
urbem;
sed
erat
veste
obsoleta,
capilloque
et
barba
promissa,
præ-
ferens
in
vultu
habituque
insignem
memoriam
ignomi-
niæ
acceptæ.
L.
Veturius
et
P.
Licinius
censores
eum
tonderi,
et
squalorem
deponere
,
et
in
senatum
venire,
fungique
aliüis
publicis
muneribus
coegerunt.
Sed
tum
quoque
aut
verbo
assentiebatur,
aut
pedibus
in
senten-
tiam
ibat,
donec
cognati
hominis
eum
causa
M.
Livi
Macati,
quum
fama
ejus
ageretur,
stantem
coegit
in
se-
natu
sententiam
dicere.
Tum
ex
tanto
intervallo
auditus
convertit
ora
homiaum
in
se,
causamque
sermonibus
præbuit,
«indigno
injuriam
a
populo
factam,
magnoque
id
damno
fuisse,
quod
tam
cravi
hella
nec
overa
.
Be£
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXII.
gards,
et
donna
lieu
à
de
nombreuses
réflexions
:
«
Le
peuple,
disait-on,
s'était
montré
imjuste
à
son
égard
,
et
les
intérêts
de
la
république
avaient
beaucoup
souffert
de
ce
qu’on
eût
été
privé
dans
une
guerre
si
terrible
des
services
et
des
conseils
d’un
tel
personnage.
C.
Néron
ne
pouvait
avoir
pour
collègue,
ni
Q.
Fabius,
ni
M.
Valérius
Lévi-
nus:
Pélection
de
deux
patriciens
serait
illégale.
La
même
difficulté
existait
pour
T.
Manlius;
d'ail-
leurs,
il
avait
refusé,
il
refuserait
encore;
au
lieu
qu'on
aurait
en
Livius
eten
Néron
deux
collègues
parfaitement
assortis.
»
Le
peuple
ne
rejeta
point
cette
proposition
dont
le
sénat
avait
eu
l'initiative.
Seul,
dans
toute
la
ville,
celui
sur
qui
tombait
cet
honneur
le
repoussait
loin
de
lui,
accusant
les
Romains
d’inconstance
:
«Ils
n'avaient
pas
eu
pitié
de
lui,
lorsque,
accusé
par
eux,
il
s'était
vêtu
de
deuil,
et
maintenant
ils
lui
offraient,
malgré
lui,
la
toge
blanche
du
candidat,
accumulant
sur
la
même
tête
les
honneurs
et
la
flétrissure.
S'il
était
homme
de
bien
à
leurs
yeux,
pourquoi
l'avoir
con-
damné
comme
mauvais
citoyen,
comme
un
homme
coupable
?
s'il
était
coupable,
pourquoi,
après
une
première
épreuve
si
déplorable,
lui
confier
un
se-
cond
consulat?
»
À
ces
reproches,
à
ces
plaintes,
le
sénat
opposait
de
vives
représentations
:
«
Ca-
mille
ausst,
disait-on,
revenu
de
l'exil,
avait
ra-
menéles
Romains
dans
les
murs
de
Rome,
dont
ils
avaient
été
chassés.
La
colère
de
la
patrie
était
comme
celle
d'un
père:
on
la
désarmait
par
la
pa-
lience
et
la
soumission.
»
Livius
céda
enfin
à
tant
d’instances,
et
fut
nommé
consul
avec
C.
Glaudius.
XXXV.
Trois
jours
après
eurent
lieu
les
comices
consilio
talis
viri
usa
respublica
esset.
G.
Neroni
neque
Q.
Fabium,
neque
M.
Valerium
Lævinum
dari
collegas
posse,
quia
duos
patricios
creari
non
liceret.
Eamdem
causam
in
T.
Manlio
esse,
præterquam
quod
recusasset
delatam
consulatum
,
recusaturusque
esset.
Egregium
par
consulum
fore,
si
M.
Livium
GC.
Claudio
collegam
adjunxissent.
»
Nec
populus
mentionem
ejus
rei
ortam
a
Patribus
est
aspernatus.
Unus
eam
rem
in
civitateis,
cui
deferebatur
honos,
abnuebat,
levitatem
civitatis
ac-
cusans.
«
Sordidati
rei
non
mis-ritos,
candidam
togam
invito
offerre
;
eodem
honvres
pénasque
congeri.
Si
bo-
num
virum
ducerent,
quid
ita
pro
malo
ac
noxio
dam-
nassent
?
Sinoxium
comperissent,
quid
ita,
male
credito
priore
consulatu,
alterum
crederent?
»
Hæc
taliaque
arguentem
et
querentem
castigabant
Patres
,
«
et
M.
Fu-
rium
,
memorantes
,
revocatum
de
exsilio,
patriam
pul-
sam
sede
sua
restituisse.
Ut
parentum
sævitiam,
sic
pa-
triæ,
patiendo
ac
ferendo
leniendam
esse.
»
Annisi
om-
res
,cum
GC.
Claudio
M.
Livium
consulem
fecerunt,
XXXV.
Post
diem
terlium
ejus
diei
prætorum
comitia
Rabita.
Prætores
creati
L.
Porcius
Licinus,
C.
Mamilius,
à.
ct
G,
Hos:ilii
Catones.
Comitiis
perfectis,
ludisque
55
prétoriens.
On
élut
préteurs
L.
Porcius
Licinus,
C.Mamilius
et
les
deux
Hostilius
Caton,
Auluset
Caius.
Les
comices
achevés
et
les
jeux
célébrés,
le
dictateur
et
le
maître
de
la
cavalerie
abdiquèrent.
C.
Térentius
Varro
fut
envoyé
comme
propréteur
en
Étrurie,
et
G.
Hostilius
quitta
cette
province
pour
aller
prendre,
à
Tarente,
le
commandement
de
l'armée
qui
avaït
été sous
les
ordres
du
consul
T.Quinctius.
L.
Manlius
devait
passer
la
mer
avec
le
titre
de
lieutenant,
etsurveiller
les
événements.
Comme
on
allait
célébrer
les
jeux
d'Olympie,
qui
attiraient
un
grand
concours
des
peuples
de
la
Grèce,
Manlius
devait
encore,
s’il
pouvait
traver-
ser
en
sürelé
les
lignes
ennemies,
se
rendre
à
cette
solennité
et
y
avertir
les
Siciliens
chassés
par
la
|
guerre,
ainsi
que
les
Tarentins
exilés
par
Annibal,
qu'ils
pouvaient
rentrer
dans
leurs
foyers,
etque,
tout
ce
que
la
guerre
leur
avait
enlevé,
le
peuple
romain
le
leur
rendait.
On
s'attendait
à
une
cam-
pagne
très-laborieuse,
et
l’on
n'avait
point
de
consuls
en
charge:
aussi
tous
les
regards
se
{our-
naient-ils
vers
les
consuls
désignés;
on
désirait
les
voir
se
partager
au
plus
tôt
les
provinces
par
la
voie
du
sort,
afin
que
chacun
d'eux
connût
d’a-
vance
et
son
département
et
l'ennemi
qu’il
aurait
à
combattre.
Il
fut
même
question,
dans
le
sénat,
de
les
réconcilier,
sur
la
proposition
de
Q.
Fa-
bius
Maximus.
L'inimilié
qui
régnait
entre
eux
était
publique;
la
disgrâce
avait
aigri
et
envenimé
la
haine
de
Livius,
à
qui
son
malheur
faisait
voir
le
mépris
partout.
Aussi
était-il
impla-
cable
:
«Une
réconciliation
était
inutile,
sui-
vant
lui.
La
vigilance
et
l’activité
de
chacun
d'eux
factis,
dictator
et
magister
equitum
magistratu
abierunt.
C.
Terentius
Varro
in
Etruriam
proprætor
missus
,
ul
ex
ea
proviacia
C.
Hostilius
Tarentum
ad
eum
exercitum
lret,
quem
T.
Quinctius
consul
habuerat.
Et
L.
Manlius
trans
mare
legatus
iret,
visereïque,
quæ
res
ibi
gere-
rentur
:
simul,
quod
Olympiæ
ludicrum
ea
æstate
futu-
rum
erat,
quod
maximo
cœtu
Græciæ
celebraretur
,
ut,
si
tuto
per
hostem
posset,
adiret
id
concilium
;
ut,
qui
Siculi
bello
ibi
profugi,
aut
Tarentini
cives
relegati
ab
.
Annibaie
essent,
domos
redirent,
Scirentque,
sua
om-
nia,
quæ
ante
bellum
habuissent,
reddere
populum
ro-
manum.
Quia
periculosissimus
annus
immincre
vide-
batur,
neque
consules
in
republica
erant,
in
consules
designatos
omnes
versi,
quam
primum
eos
sortiri
pro-
incias,
et
præsciscere,
quam
quisque
eorum
provinciam,
quem-hostem
haberet,
volebant.
Dereconcilistione
etiam
gratiæ
eorum
in
senatu
actum
est,
principio
facto
a
Q.
Fabio
Maximo.
Inimicitiæ
autem
nobiles
inter
eoserant,
et
acerbiores
eas
indignioresque
Livio
sua
calamitas
fecerat,
quod
spretum
se
in
ea
fortuna
credebat.
Itaque
is
magis
implacabilis
-erat;
et,
«
nihil
opus
esse
reconciliatione,
uie-
bat
:
acrius
et
intentius
omnia
gesturos,
timentes
ne
cres-
-
GA
56
seraient
en
toute
circonstance
aiguillonnées
par
la
crainte
de
laisser
un
rival
grandir
à
ses
dé-
pens.
»
Cependant
l'autorité
du
sénat
l'emporta
;
ils
sacrifièrent
leurs
ressentiments
privés
et
concertèrent
leurs
plans
et
leurs
mesures
pour
le
gouvernement
de
la
république.
Les
provinces
ne
furent
point
confondues
comme
les
années
précé-
dentes:;
mais
où
envoya
les
consuls
dans
des
con-
trées
opposées,
aux
deux
extrémités
de
l'Italie,
l’un
contre
Annibal,
dans
le
Bruttium;
l’autre
en
Gaule,
contre
Asdrubal,
qui
déjà,
disait-on,
ap-
prochait
des
Alpes.
L'armée
de
Gaule
ou
celle
d'Étrurie,
au
choix,
renforcée
des
légions
de
la
ville,
fut
assignée
à
celui
qui
aurait
la
Gaule.
Le
consul
à
qui
le
sort
donnerait
le
Bruttium
de-
vait
enrôler
de
nouvelles
légions
urbaines
et
y
joindre
celle
des
deux
armées
consulaires
de
l’année
précédente
qu'il
préférerait.
L'autre
armée
servirait
sous
les
ordres
du
proconsul
Q.
Fulvius,
qui
était
prorogé
pour
un
an,
C.
Hos-
tilius,
qui
était
passé
d'Étrurie
à
Tarente,
passa
de
Tarente
à
Capoue;
on
lui
donna
la
légion
que
Fulvius
avait
commandée
l'année
précédente.
XXXVI.
L'arrivée
d’Asdrubal
en
Italie
inspi-
rait
des
inquiétudes
de
jour
en
jour
plus
vives.
D'abord
des
députés
de
Marseille
avaient
an-
noncé
son
entrée
en
Gaule
:
il
avait
été
accueilli
avec
transport
par
les
Gaulois,
parce
qu'il
ap-
portait,
disait-on
,
de
grosses
sommes
d'or
pour
soudoyer
des
auxiliaires.
On
fit
partir
avec
ces
députés
Sex.
Antistius
et
M.
Récius,
qu'on
chargea
de
vérifier
les
faits.
Leur
rapport
fit
connaître
que
des
émissaires
romains,
guidés
cendi
ex
se
inimico
collegæ
potestas
fieret.»
Vicit
tamen
auctoritas
senatus,
ut,
positis
simultatibus,
communi
animo
consilioque
administrarent
rempublicam.
Provin-
ciæ
lis
non
permixtæ
regionibus,
sicut
superioribus
apnis,
sed
diversæ
extremis
Italiæ
finibus
,
alteri
adversus
Au-
nibalem
Bruttii
Lucani
;
alleri
Gallia
adversus
Asdruba-
lem,
quem
jam
Alpibus
appropinquare
fama
erat,
decreta.
Exercitum
ex
duobus,
qui
in
Gallia,
quique
in
Etruria
essent,
addito
urbano,
eligeret,
quem
mallet,
qui
Gal-
liam
esset
sortitus.
Cui
Bruttii
provincia
evenisset,
novis
legionibus
urbanis
scriptis,
utrius
mallet
consulum
prioris
anni,
exercitum
sumeret.
Relictum
a
consule
exercitum
Q:
Fulyius
proconsul
acciperet;
eique
in
annum
impe-
rium
esset.
Et
C.
Hostilio,
cui
pro
Etruria
T'srentum
inu-
taverant
provinciam,
pro
Tarento
Capuam
mutaverunt.
Legio
una
data,
cui
Fulvius
proximo
anno
præfuerat.
XXXVI.
De
Asdrubalis
adventu
in
Italiam
cura
in
dies
crescebat.
Massiliensium
primum
legati
nuntiaverant,
eum
in
Galliam
transgressum
;
erectosque
adventu
ejus,
qua
Maguum
pondus
auri
attulisse
diceretur
ad
mercede
auxilia
conducenda,
Gallorum
animos.
Missi
deinde
cum
is
legati
ab
Roma
Sex,
Aniistius
et
M.
Ræcius
ad
rem
inspiciendam
retulerant,
misisse
se
cum
massiliensibus
|
|
|
TITL-LIVE.
par
les
Marseillais,
avaient
pénétré
chez
les
prin-
cipaux
Gaulois,
unis
aux
Marseillais
par
les
liens
de
l'hospitalité,
et
s'étaient
assurés
de
tout
par
eux-mêmes.
Î]s
savaient
qu'Asdrubal
avait
déjà
réuni
une
nombreuse
armée
;
que,
dès
les
premiers
jours
du
printemps,
il
franchirait
les
Alpes;
ce
qui
l'arrêtait
en
ce
moment,
c'est
que
les
passages
.
étaient
fermés
par
l'hiver.
M.
Marcellus
fut
rem-
placé
comme
augure
par
Élius
P.
Pétus,
qui
fut
nommé
avec
toutes
les
cérémonies
de
l’inaugura-
tion.
Cn.
Cornélius
Dolabella
fut
aussi
inauguré
roi
des
sacrifices,
en
remplacement
de
M.
Mar-
cius,
qui
était
mort
depuis
deux
ans.
Cette
même
anne,
les
censeurs
P.
Sempronius
Tudi-
tanus
et
M.
Cornélius
Céthégus
fermèrent
le
lus-
tre;
le
cens
donna
cent
trente-septmille
cent
huit
citoyens,
nombre
inférieur
à
celui
qu’on
avait
constaté
avant
la
guerre.
Ce
fut
encore
dans
cette
année
que
fut
achevée,
dit-on,
la
couverture
de
l'emplacement
des
comices,
commencée
à
l’épo-
que
de
l'entrée
d’Annibal
en
Italie.
Les
jeux
ro-
mains
furent
célébrés
pendant
deux
jours
par
les.
édiles
curules
Q.
Métellus
et
G.
Servilius,
et
les
jeux
plébéiens,
pendant
trois
jours,
par
les
édiles
plébéiens
Q.
Mamilius
et
M.
Cécilius
-Métellus.
Ces
magistrats
consacrèrent
trois
statues
dans
le
temple
de
Gérès
;
à
l’occasion
des
jeux,
un
repas
public
eut
lieu
en
l'honneur
de
Jupiter.
G.
Clau-
dius
Néron
et
M.
Livius
prirent
ensuite
posses-
sion
du
consulat
:
Livius
était
consul
pour
la
se-
conde
fois.
Comme
ils
avaient
tiré
au
sort
leurs
provinces
après
avoir
été
désignés,
ils.
ordonnè-
rent
aux
préteurs
d'en
faire
autant.
C.
Hostilius
ducibus,
qui
per
hospites
eorum,
principes
Gallorum,
omania
explorata
referrent.
Pro
comperto
habere,
Asdru-
balem
ingenti
jam
coacto
exercitu
proximo
vere
Alpes
tra-
jecturum
:
nec
tum
eum
quicquam
aliud
morari,
nisi
quod
clausæ
hieme
Alpes
essent.
In
locum
M.
Marcelli
P.
Ælius
Pætus
augur
creatus
inauguratusque
;
et
Cn.
Cornelius
Dolabella
rex
sacrorum
inauguratus
est
in
lo-
cum
M.
Marcii,
qui
biennio
ante
mortuus
erat.
Hoc
eo-
dem
anno
et
lustrum
conditum
est
a
censoribus
P.
Sem-
pronio
Tuditano
et
M.
Cornelio
Cethego.
Censa
civium
capita
centum
triginta
seplem
millia,
centum
et
octo:
Minor
et
aliquanto
numerus,
quam
qui
ante
bellum
fue-
rat.
Eo
auno
primum,
ex
quo
Annibal
in
Italiam
venis-
set,
comitium
tectum
esse,
memoriæ
proditum
est,
ef
ludos
romanos
semel
instauratos
ab
ædilibus
curulibus
Q.
Metello
et
C.
Servilio.
Et
plebeïis
ludis
biduum
in-
stauratum
ab
Q.
Mamilio
et
M.
Cæcilio
Metello
ædilibus
plebis.
Et
tria
signa
ad
Cereris
iidem
dederunt
;
et
Jovis
épulum
fuit
ludorum
causa,
Consulatum
inde
ineunt
C.
Glaudius
Nero
et-M.
Livius
iterum
:
qui,
quia
jam
de-
signati
provincias
sortiti
erant,
prætores
sortiri
jusse-
runt.
G.
Hostilio
urbana
evenit
:
addita
et
peregriua,
ut
tres
in
provincias
exire
possent.
A.
Hostilio
Sardinia,
:
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXVIL
eut
la
juridiction
de
la
ville
:
on
y
joignit
celle
des
étrangers,
afin
d'envoyer
les
trois
autres
préteurs
dans
les
provinces.
A.
Hoslilius
reçut
la
Sardai-
gue;
C.
Mamilius,
la
Sicile,
et
L.
Porcius
la
Gaule.
Voici
quelle
fut
la
répartition
des
vingt-trois
légions
:
deux
à
chaque
consul
;
quatre
en
Espagne;
deux
à
chacun
des
trois
préteurs
,
en
Sicile,
en
Sardaigne
et
en
Gaule
;
deux
à
C.
Térentius,
en
Étrurie:
deux
à
Q.
Fulvius,
dans
le
Bruttium;
deux
à
Q.
Claudius,
aux
environs
de
Tarente
et
chez
les
Sallentins;
uneà
C.
Hostilius
Fubulus
à
Gapoue;
deux
enfin
pour
la
ville.
Les
quatre
premières
légions
eurent
des
tribuns
nommés
par
le
peuple;
les
consuls
nommèrent
ceux
de
toutes
les
autres.
XXXVIH.
Avant
le
départ
des
consuls
on
offrit
un
sacrifice
novendial,
parce
qu'à
Véies
il
élait
tombé
une
pluie
de
pierres.
La
nouvelle
de
ce
pro-
dige
fut,
comme
il
arrive
toujours,
suivie
d’une
foule
d’autres.
À
Minturnes,
le
temple
de
Jupiter
et
le
bois
sacré
de
la
déesse
Marica,
à
Atella,
le
mur
et
une
des
portes
avaient
été
frappés
de
la
fou-
dre.
Ceux
de
Minturnes
avaient
été
témoins
d’un
phénomène
bien
plus
effroyable;
un
ruisseau
de
sang
avait
coulé
près
de
la
porte
de
la
ville.
À
Capoue,
un
loup
s'était
introduit
dans
la
ville
pendant
la
nuit,
et
avait
dévoré
le
gardien
de
la
porte.
Pour
l'expiation
de
ces
prodiges,
on
im-
mola
les
grandes
victimes,
et
un
jour
de
suppli-
cations
fut
ordonné
par
les
pontifes.
On
fit
un
se-
cond
sacrifice
novendial
à
l’occasion
d’une
pluie
de
pierres
qu’on
avait cru
voir
tomber
sur
l’Ar-
milustre.
Les
esprits
étaient
à
peine
délivrées
de
leurs
serupules
religieux
,
lorsqu'ils
furent
trou-
blés
encore
par
la
nouvelle
qu'à
Frusinone
il
y
G.
Mamilio
Sicilia,
L.
Porcio
Gallia
evenit.
Summa
legic-
aum
trium
et
viginti
ita
per
previncias
divisa,
ut
binæ
consulum
essent
;
quatuor
Hispania
haberet
;
tres
præto-
res
binas,
in
Sicilia
,
in
Sardinia,
ct
Gallia:
duas
C.
Te-
rentius
in
Etruria;
duas
Q.
Fulvius
in
Bruttiis:
duas
Q.
Claudius
circa
Tarentum
et
Sallentinos:
unam
C.
Hos-
tilius
Tubulus
Capuæ
:
duæ
urbanæ
ut
seriberentur.
Pri-
mis
quatuor
legionibus
populus
tribunos
creavit
;
in
cete-
ras
consules
miserunt.
XXX
VII.
Priusquam
consules
proficiscerentur
,
roven-
diale
sacrum
fuit,
quia
Veiis
de
cœlo
lapidaverat.
Sub
unius
prodigit,
ut
fit,
mentionem
alia
quoque
nuntiata
:
Minturnis
ædem
Jovis
ec
lucum
Maricæ:
item
Atellæ
murum
ef
portam
de
cœlo
tacta.
Minturnenses
,
terribi-
lius
quod
esset,
adjiciebant,
sanguinis
rivum
in
porta
fluxisse,
Et
Gapuæ
lupus,
nocte
portam
ingressus
,
vigi-
lem
laniaverat.
Hæc
procurata
hostiis
majoribus
prodigia
et
supplicatio
diem
unum
fuit
ex
decreto
pontificum.
Inde
iterum
novendiale
instauratum
,
quod
in
Armilustro
la
pi-
dibus
visum
pluere.
Liberatas
religione
mentes
turbavit
FUrSUS
duntiatum,
Frusinone
infantew
natum
esse
qua-
drimo
parem
;
nec
magnitudine
tam
mirandum,
quam
97
avait
un
nouveau-né
de
la
(aille
d’un
enfant
de
quatre
ans;
c'élait
moins
sa
faille
qui
paraissait
surprenante
que
l'incertitude
de
son
sexe
;
comme
l'enfant
né
à
Sinuessa
deux
ans
auparavant,
on ne
pouvait
dire
s’il
était
homme
ou
femme.
Des
arus-
pices,
mandés
d’Étrurie
à
Rome,
déclarèrent
que
ce
prodige
élait
sinistre
et
de
mauvais
augure
:
il
fallait
rejeter
l'enfant
hors
du
territoire
romam,
ne
lui
laisser
aucun
contact
avec
la
terre,
et
le
noyer
dans
la
mer.
On
l’enferma
donc
vivant
dans
un
coffre,
on
le
porta
en
pleine
mer
et
on
l'y
sub-
mergea.
Par
un
autre
décret
des
pontifes,
trois
chœurs
de
neuf
jeunes
filles
chacun
durent
par-
courir
la
ville
en
chantant
un
hymne
aux
dieux.
Tandis
que,
réunies
dans
le
temple
de
Jupiter
Sta-
tor,
elles
apprenaient
cet
hymne
que
le
poëte
Li-
vius
avait
composé,
la
foudre
tomba
au
mot
Aventin
sur
le
temple
de
Junon
Reine.
Les
Arus-
pices
déclarèrent
que
ce
prodige
regardait
les
da-
mesromaines,
et
qu'elles
eussent
à
apaiser
la
déesse
par
un
présent.
Les
édiles
curules
convoquèrent
au
Capitole
toutes
celles
qui
habitaient
à
Rome
ou
à
dix
milles
aux
environs.
Elles
désiguèrent
vingt-cinq
d’entre
elles
pour
recevoir
une
somme
prélevée
par
chacune
d’elles
sur
sa
dot.
Avec
ces
dons
on
fit
un
bassin
d'or
qui
fut
porté
au
mont
Aventin,
eties
dames
romaines
offrirent
un
pur
et
chaste
sacrifice.
Aussitôt
après
les
décemvirs
fixèrent
le
jour
d'une
autre
cérémonie
en
l'hon-
aeur
de
la
même
déesse.
Voici
quelle
en
fut
l'or-
äonnance
:
deux
génisses
blanches
partirent
du
temple
d’Apollon
et
entrèrent
dans
la
ville
par
la
porte
Carmentale.
Derrière
elles
on
portait
deux
stalues
de
Junon
Reine,
en
bois
de
cyprès;
puis
quod
is
quaque,
ut
Sinuessæ
biennio
ane,
interius,
mas
en
femina
esset,
nafus
erat.
Id
vero
aruspices,
ex
Etru-
ria
acciti,
fædum
ac
turpe
prodigium
dicere
;
extorrem
agro
romano
,
procul
terræ
contactu,
alto
mergendum.
Vivum
in
arcam
condidere,
provectumque
in
mare
pro-
jecerunt.
Decrevere
item
pontifices,
ut
virgines
ter
no-
venæ,
per
urbem
euntes,
carmen
canerent.
Id
quum
in
Jovis
Statoris
æde
discerent,
conditum
ab
Livio
poeta,
carmen,
tacta
de
cœlo
ædes
in
Aventino
Junonis
Reginæ,
prodigiumque
id
ad
matronas
pertinere,
aruspices
quum
respondissent,
donoque
diam
placandam
esse
;
ædilium
curulium
edicto
in
Gapitolium
convocatæ,
quibus
in
urbe
romava,
intraque
decimum
lapidem
ab
urbe
,
domicilia
essent,
ipsæ
interse
quinqueet
viginti
delegerunt,
ad
quas
ex
dotibus
stipem
conferrent.
Inde
donum
pelvis
aurea
facta
,
lataque
in
Axentinum,
pureque
et
casie
a
matronis
sacrificatum.
Confestim
ad
aliud
sacrificium
eidem
divæ
ab
decemyiris
edicta
dies,
cujus
ordo
talis
fuit.
Ab
æde
Apol-
linis
boves
feminæ
albæ
duæ
porta
Carmentali
ia
urbem
ductæ
;
post
eas
duo
signa
cupressea
Junonis
Reginæ
por-
tabantur
;
fum
septem
et
viginti
virgines
,
longam
indutæ
vesten,
carmen
in
Junonem
Reginam
canentes
ibants.
38
venaient
vingt-sept
jeunes
filles
parées
de
robes
traînantes,
et
chantant
en
l'honneur
de
la
déesse
un
hymne,
qui
avait
peut-être
quelque
charme
pour
les
esprits
grossiers
de
cette
époque,
mais
qui
nous
paraîtrait
aujourd’hui
une
ébauche
in-
forme
et
sans
goût.
À
la
suite
du
chœur
des
vierges
marchaient
les
décemvirs,
couronnés
de
laurier
et
vêtus
de
Ja
prétexte.
De
la
porte
Carmen-
tale
le
cortége
passa
par
la
voie
Jugaire
et
se
ren-
dit
au
forum,
où
il
s'arrêta.
Là,
les
jeunes
filles,
s’enlaçant
les
mains,
exécutèrent
une
danse
où
les
mouvements,
de
leurs
pieds
étaient
cadencés
par
les
modulations
de
leurs
voix.
On
traversa
ensuite
la
voie
Étrusque,
le
Vélabre,
le
marchéaux
bœufs,
on
monta
la
voie
Publicia,
et
on
arriva
au
temple
de
Junon
Reine.
Les
déeemnvirs
immolèrent
les
deux
victimes
et
placèrent
dans
le
sanctuaire
les
deux
statues
de
cyprès.
XXXVIIT.
Les
dieux
étant
apaisés
selon
le
rite
prescrit,
les
consuls
procédèrent
aux
enrôle-
ments
avec
une
activité
el
une
rigueur
sans
exem-
ple
dans
les
années
précédentes.
Les
craintes
de
ka
guerre
étaient
redoublées
par
larrivée
d'un
nouvel
ennemi
en
Italie;
et
les
rangs
éclaireis
de
Ja
jeunesse
fournissaient
moins
de
soldats.
On
de-
manda
des
hommes
aux
colonies
maritimes,
mal-
gré
l'exemption
sacrée
(c’est
le
terme
d'usage)
dont
elles
jouissaient.
Sur
leur
refus,
on
leur
as-
signa
à
comparaître
à
jour
fixe
devant
le
sénat
afin
d’y
présenter
leurs
titres
d’exemption.
Ce
jour-là,
le
sénat
reçut
les
députés
d'Ostie,
d’Al-
sie,
d'Antium,
d'Anxur,
de
Minturnes,
de
Sinuesse
et
de
Séna,
située
sur
la
mer
Supérieure.
Chaque
la
tempestate
forsitan
laudabile
rudibus
ingenïis,
nunc
;
abhorrens
et
inconditum,
si
referaitur.
Virgioum
ordi-
nem
sequebantur
decemviri
coronati
laurea,
prætexta-
tique.
A
porta
Jugario
vico
in
forum
venere
:
in
foro
pom-
pa
copstilit;
et,
per
manus
reste
data,
virgines
sonum
Yocis
pulsu
pedum
modulantes
incesserunt.
Inde
vico
Tusco.
Velaibroque,
per
Boarium
forum
,
in
clivum
Publi-
_Gium
afque
ædem
Junonis
Reginæ
perrectum.
Ibi
duæ
hostiæ
ab
decemviris
immolatæ
,
et
simulacra
cupressea
in
ædem
illata.
XXXVIIL.
Diis
rite
placatis,
delectum
consules
habe-
bant
acrius
intentiusque
,
quam
prioribus
aunis
quisquam
weminerat
habitum.
Nam
et
belli
terror
duplicatus
novi
hostis
in
Ttaliam
adventu
;
et
minus
juventutis
erat,
unde
scriberent
milites.
Itaque
colonos
etiam
maritimos
,
qui
SaCrOsanctam
vacationem
dicebantur
habere
,
dare
mili-
tes
Cogebant.
Quibus
recusantibus
;
edixere
in
diem
cer-
am,
uf,
quo
quisque
jure
vacationem
haberet
,
ad
sena-
tum
deferret.
Ea
die
hi
populi
ad
senatum
venerunt,
SE
À
!
is.
Quum
vacatio-
nes
Suas
Quisque
populus
recitaret;
nullius,
quum
in
Jta-
lia
hostis
esset,
præter
Anliatem
Ostiensemque
,
vacatio
DT
Su
TITE-
LIVE.
peuple
fit
lecture
de
ses
titres;
toutefois,
vu
la
présence
de
l'ennemi
en
Italie,
on
n'eut
égard
qu'à
ceux
d'Antium
et
d'Ostie
;
encore
obligea-t-on
les
jeunes
gens
de
ces
deux
colonies
à
prêter
le
serment
de
ne
pas
passer
plus
de
trente
nuits
hors
de
leur
colonie
tant
qu’Annibal
serait
en
Italie.
Le
vœu
général
était
que
les
consuls
se
rendissent
sans
retard
à
leur
poste.
Il
fallait
arrêter
Asdrubal
à
sa
descente
des
Alpes,
el-l'empêcher
de
soulever
la
Gaule
cisalpine
ou
l'Étrurie,
qui
se
flattaient
de
l'espoir
d'un
changement.
Il
fallait
aussi
donner
assez
d'occupation
à
Annibal,
dans
le
Bruttium,
pour
le
mettre
dans
l'impuissance
de
quitter
celte
province
et
de
voler
à
la
rencontre
de
son
frère.
Cependant
Livius
hésitait;
il
comptait
peu
sur
les
armées,
tandis
que
son
collègue
,
disait-il,
pou-
vait
choisir
entre
trois
armées
excellentes
les
deux
armées
consulaires
et
celle
que
Q.
Claudius
avait
commandée
à
Tarente.
Il
avait
donc
pro-
posé
de
rappeler
sous
les
drapeaux
les
volontaires
licenciés.
Le
sénat
donna
fout
pouvoir
aux
con-
suls
de
se
recruter
où
ils
voudraient,
de
choisir
entre
toutes
les
armées,
de
permuter
entre
eux,
et
même
de
changer
les
légions
de
province,
s'ils
le
jugeaient
utile
aux
intéréts
de
la
république.
Le
plus
grand
accord
régna
entre
les
consuls
dans
l'exécution
de
ces
mesures.
Les
volontaires
furent
-enrôlés
dans
la
dix-neuvième
et
la
vingtième
Ié-
sions.
Suivant
quelques
historiens,
P.
Scipion
fit
aussi
passer
d’Espagne
à
M.
Livius
de
puissants
renforts
pour
cette
guerre.
C’étaïent
huit
mille
hommes,
Espagnois
et
Gaulois,
deux
mille
lé-
gionnoires
et
mille
cavaliers
tant
Numides
qu'Es-
.
bbservata
est,
et
earum
coloniarum
juniores
jurejurando
adacti,
supra
dies
triginta
non
pernoctaturos
se
esse
ex=
tra
mœnia
coloniæ
suæ,
donec
hostis
in
Italia
esset.
Quum
omnes
censerent
,
primo
quoque
tempore
consulibus
eundum
ad
bellum
(nam
et
Asdrubali
occurrendum
esse
descendenti
ab
Alpibus,
ne
Gallos
Cisalpinos,
neve
Etru-
-riam
,
erectam
in
spem
rerum
novarum
,
sollicitaret
;
€*
:
Annibalem
suo
proprio
occupandum
bello,
ne
emergere
ex
Bruttiis
atque
obviam
fratri
ire
posset)
,
Livius
cunc-
:
fabatur
,
parum
fidens
suarum
provinciarum
exercitibus;
collegam
ex
duobus
consularibus
egregiis
exercitibus
,
et
tertio,
cui
Q.
Claudius
Tarenti
præesset,
electionem
habere
:
infuleratque
mentionem
de
volonibus
revocandis
ad
signa.
Senatus
liberam
potestatem
consulibus
fecit,
el
supplendi
,
unde
vellent,
et
eligendi
de
omnibus
exerciti-
bus,
quos
vellent,
permutandique,
etex
provinciis,
quos
e
republica
censerent
esse,
traducendi.
Ea
omnia
Cum
summa
concordia
consulum
acta.
Volones
in
undevicesi-
mam
et
vicesimam
legiones
scripti.
Magni
roboris
auxilia
ex
Hispania
quoque
a
P.
Scipione
M.
Livio
missa
quidam
ad
id
bellum
auctores
sunt
:
oeto
millia
Hispanorum
Gal-
lorumque,
et
duo
millia
de
legione
militum,
equitu
mille,
mixtos
Numidas
Hispanosque;
M.
Lucrelium
has
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXVIT.
50)
pagnols,
que
M.
Lucrétius
amena
par
mer.
Enfin,
C.
Manilius
envoya
de
Sicile
environ
quatre
mille
archers
et
frondeurs.
re
XXXIX.
À
Rome,
la
frayeur
s'accrut
à
l'arrivée
d’une
lettre
de
L.
Porcius,
préteur
de
la
Gaule
:
«
Asdrubal,
écrivait=il,
avait
quitté
ses
quartiers
d'hiver
et
s'était
engagé
dans
les
Alpes.
Huit
mille
Liguriens,
enrôlés
et
armés,
devaient
le
joindre
à
son
entrée
en
ltalie,
si
des
forces
envoyées
en
Li-
gurie
ne
leur
donnaient
une
occupation
sérieuse.
Pour
lui,
malgré
la
faiblesse
de
son
armée,
il
al-
lait,
autant
que
la
prudence
le
lui
permettrait
,
se
porter
en
avaut.
»
Cette
lettre
força
les
con-
suls
de
terminer
à
la
hâte
les
levées
et
de
partir
pour
leurs
provinces
plus
tôt
qu’ils
ne
l’avaient
décidé
;
ils
voulaient
y
contenir
chacun
leur
ad-
versaire
,
ét
ne
pas
permettre
Ja
réunion
des
deux
frères
et
la
jonction
des
deux
armées.
Ce
qui
les
aida
le
plus
dans
leur
projet,
ce
fut
l'erreur
d'An-
nibal
:
il
pensait
bien
que
son
frère
pénétrerait
en
Italie
durant
celte
campagne;
mais
ayant
lui-
même
franchi
le
Rhône,
puis
les
Alpes,
il
se
sou-
venait
de
cette
lutte
qu'il
avait
soutenue
cinq
mois
eutiers
contre
Les
hommes
et
la
nature,
et
ne
s
at-
teudait
pas
à
un
passage
si
facile
et
si
rapideC'est
ce
qui
le
retint
trop
longtemps
dans
ses
quartiers
d'hiver.
Au
reste,
Asdrubal
marcha
avee
une
ai-
sance
et
une
céléritéégalement
inespérées
pour
les
autres
comme
pour
lui.
Les
.Arvernes
d’abord,
puis
les
peuples
dela
Gaule
et
des
Alpes
ne
se
con-
tentèrent
pas
de
l’accueillir,
ils
le
suivirent
même
à
la
guerre.
Quant
au
passage,
son
frère
ui
avait
copias
navibus
adduxisse
;
et
sagiltarirum
funditorum-
que
ad
quatuor
millia
ex
Sicilia
G.
Mamilium
misisse.
XXXIX.
Auxerunt
Romæ
tumultum
literæ
ex
Gallia
allatæ
ab
L.
Porcio
prætore
:
«
Asdrubalem
movisse
ex
hibernis,
et
jam
Alpes
transire
:
octo
millia
Ligurum
conscripta
armataque,
conjunctura
se
transgresso
in
Ita-
liam
esse,
nisi
mitteretur
in
Ligures,
qui
eos
bello
occu-
paret.
Se
cum
invalido
exercitu,
quoad
tutum
putaret,
progressurum.r
Hæ
literæ
consules
,
raptim
confecto
de-
lectu,
maturius,
quam
constituerant
,
exire
in
provincias
coegerunt
,
ea
mente,
ut
uterque
hostem
in
sua
provin-
cia
contineret,
neque
conjungi,
aut
conferre
in
unum
vires
pateretur.
Plurimum
in
eam
rem
adjuvit
opinio
An-
nibalis
:
quod
,
etsi
ea
æstate
transiturum
in
Italiam
fra-
trem
crediderat,
recordando
,
quæ
ipse
in
transitu
nunc
Rhodani,
nunc
Alpium,
cum
hominibus
locisque
pugnando
per
quinque
menses
exhausisset,
haudquaquam
tam
faci-
lem
maturumque
transitum
exspectabat.
Ea
fardius
mo-
vendi
ex
hibernis
causa
fuit.
Ceterum
Asdrubali
et
sua
et
aliorum
spe
omnia
celeriora
atque
expeditiora
fuere.
Non
enim
receperunt
modo
Arverni
eum,
deincepsque
aliæ
Gallicæ
atque
Alpinæ
gentes;
sed
etiam
secutæ
sunt
ad
bellum.
Et
quum
per
munita
pleraque
trasitu
fratris,
quæ
antea
invia
fuerant,
ducebat
;
tum
etiam,
duodecim
frayé
une
route
sur
ces
cimes
naguère
impratica-
bles,
et
douze
ans
de
communications
habituelles,
en
aplanissant
les
montagnes,
avaient
adouci
les
sauvages
esprits
de
leurs
habitants.
Inconnus
au-
paravant
aux
autres
peuples,
n'ayant
jamais
vu
l'étranger
s'arrêter
chez
eux,
ils
n'avaient
eu
au-
cune
relation
sociale
avec
le
reste
des
hommes.
Et
d'abord
ignorant
le
but
où
tendait
Annibal,
ils
avaient
cru
qu’on
en
voulait
à
leurs
rochers,
à
leurs
forteresses,
à
leurs
troupeaux,
à
leurs
per-
sonnes
mêmes.
Mais
depuis
douze
ans
que
la
guerre
punique
embrasait
l'Italie,
la
renommée
leur
avait
appris
que
les
Alpes
n’étaient
qu'un
passage,
el
que
deux
puissantes
républiques,
séparées
par
un
intervalle
immense
de
terres
et
demers,
se
dispu-
taieut
la
prééminence
et
l'empire.
Telles
étaient
les
causes
qui
avaient
ouvert
les
Alpes
devant
As-
drubal.
Mais
le
fruit
de
cette
heureuse
célérité,
il
le
perdit
sous
les
murs
de
Plaisance,
dans
les
len-
teurs
inutiles
d’un
blocus,
Jà
où
il
fallait
un
coup
de
main.
Il
s'était
imaginé
qu'une
place
située
en
plaine
serait
facilement
emportée;
c'était
d'ail-
leurs
une
colonie
très-florissante,
dont
laruine
in-
spirerait
sans
doute
un
grand
effroi
à
toutes
les
autres
villes.
Non-seulement
ce
siége
l'arrêta,
mais
il
retint
aussi
Annibal,
qui,
à
la
nouvelle
de
ce
passage
si
rapide
et
si
inattendu
pour
lui,
s'apprétait
à
sortir
de
ses
quartiers
d'hiver.
Il
son-
gea
aux
longueurs
ordinaires
d’un
siége
et
aux
at-
laques
infructueuses
qu’il
avait
lui-même
dirigées
contre
cette
colonie
après
sa
victoire
de
la
Trébie.
XL.
Le
départ
des
consuis
par
deux
routes
annorum
assuetudine
perviis
Alpibus
factis,
inter
mitiora
jam
hominum
transibat
ingenia.
Invisitati
namque
antea
alienigenis,
nec
videre
ipsi
advenam
in
sua
terra
assueti,
omni
generi
humano
insociabiles
erant.
Et
primo
ignari,
quo
Pœnus
pergeret,
suas
rupes
suaque
castella
,
et
pe-
corum
hominumque
prædam
peti
crediderant
:
fama
deinde
punici
belli,
quo
duodecimum
annum
Italia
ure-
bâtur
,
satis
edocuerat,
viam
tantum
Alpes
esse;
duas
prævalidas
urbes,
magno
inter
se
maris
terrarumque
spalio
discretas
,
de
imperio
et
opibus
certare.
Hæ
causæ
aperuerant
Alpes
Asdrubali.
Geterum
quod
celeritate
iti-
neris
profectum
erat,
id
mora
ad
Placentiam
,
dum
frus-
tra
obsidet
magis,
quam
oppugnat
,
corrupit.
Crediderat
campestris
oppidi
facilem
expugnationem
esse;
et
pobilitas
coloniæ
induxerat
eum,
magnum
se
excidio
ejus
urbis
terrorem
ceteris
ratum
injecturum.
Non
ipsum
solum
ea
oppugnatio
impediit,
sed
Annibalem
post
famam
trans-
itus
ejus,
tanto
spe
sua
celeriorem,
jam
moventem
ex hi-
bernis,
continuerat
:
quippe
reputantem,
non
solum
quam
lenta
urbium
oppugnatio
esset,
sed
etiam
quarm
ipse
frustra
eamdem
illam
coloniam,
ab
Trebia
victor
regréssus,
tentasset.
XL.
Consules,
diversis
itineribus
profecti
ab
urben
velut
in
duo
pariter
bel'a
distenderant
curas
hominum
40
opposées
avait
divisé,
pour
ainsi
dire,
l'inquiétude
du
peuple
en
la
portant
sur
deux
guerres
à
la
fois.
On
se
souvenait
des
désastres
qu'avait
apportés
à
l'Italie
l’arrivée
d'Annibal
:
et
au
milieu
de
cette
anxiété,
on
se
demandait
«
quels
dieux
protége-
raient
assez
Rome
et-la
république
pour
leur
ac-
corder
en
même
temps
la
victoire
sur
deux
enne-
mis?
Jusqu'alors
les
succès
avaient
compensé
les
revers,
et la
puissance
romaine
avait
pu
se
soute-
nir.
Si,
en
Italie,
Trasimène
et
Cannes
avaient
précipité
Rome
dans
l’abîme,
les
triomphes
de
ses
armées
en
Espagne
l'avaient
arrêtée
dans
sa
chute
et
l'avaient
relevée.
Lorsqu’au
contraire
les
revers
avaient
succédé
aux
revers
en
Espagne,
que
deux
illustres
généraux
avaient
péri,
que
deux
armées
avaient
été
presque
anéanties,
alors
en
Italie
eten
Sicile,
une
suite
de
prospérités
avaient
rétabli
la
république
de
ces
violentes
secousses
;
la
distance
même
des
lieux,
l'éloignement
de
cette.
guerre
d'Espagne,
qui
se
faisait
à
l’une
des
extrémités
de
Ja
terre,
lui
avaient
donné
le
temps
de
reprendre
haleine.
Mainlenant,
deux
guerres
étaient
allu-
mées
au
sein
de
l'Italie;
Rome
était
prise
entre
les
armées
de
deux
généraux
fameux;
c'était
sur
un
seul
point
que
venaient
fondre
1ous
les
dan-
gers,
que
pesait
tout
le
fardeau
de
la
guerre.
Le
premier
qui
serait
vainqueur
aurait
bientôt
fait
sa
jonction
avec
l’autre.
»
On
s'effrayait
encore
de
cette
lugubre
année
que
venait
de
marquer
la
mort
des
deux
consuls.
Voilà
quels
sinistres
pres-
sentimen(s
accompagnèrent
les
consuls
quand
ils
se
séparèrent
pour
prendre
leurs
provinces.
On
dit
que
M.
Livius,
à
son
départ,
encore
plein
simul
recordanfium,
quas
primus
adventus
Annibalis
in-
tulisset
Italiæ
clades;
simul,
quum
illa
angeret
cura,
ec
quos
tam
propitios
urbi
atque
imperio
fore
deos,
ut
eodem
tempore
utrobique
respublica
prospere
gereretur
?
adhuc
adversa
secundis
pensando
rem
ad
id
tempus
ex-
tractam
esse.
Quum
in
Italia
ad
Trasimenum
et
Cannas
præcipitasset
romana
res,
prospera
bella
in
Hispania
prolapsam
eam
erexisse.
Postea,
quum
in
Hispania
alia
super
aliam
clades,
duobus
egregiis
ducibusamissis,
duos
exercitus
ex
parte
delesset,
multa
secunda
in
Italia
Sici-
Hiaque
gesta
quassatam
rempublicam
excepisse
:
et
ipsum
intervallum
loi,
quod
in
ultimis
terrarum
oris
alterum
bellum
gereretur,
spatium
dedisse
ad
respirandum.
Nunc
duobella
in
Italiam
accepta
,
duo
celeberrimi
nominis
du-
ces
circumstare
urbem
romanam,
et
unum
in
locum
totam
periculimolem,
omne
onus
incubuisse.
Quieorum
prior
vicisset,
intra
paucos
dies
castra
cum
altero
junctu-
rum:
»
Berrebat
et
proximus
anaus
lugubris
duorum
consulum
faneribus.
His
ani
curis
homines
digredientes
in
proviucias
consules
prosecuti
sunt.
Memoriæ
prodi-
turn
est,
plenum
adhuc
iræ
in
cives
M.
Livium,
ad
bel-
um
proficiscentem,
monenti
Q.
Fabio,
«ne
priusquam
genus
hostium
Cognoscerct,
temere
manum
consereret,
TITE-LIVE.
de
ressentiment
contre
ses
concitoyens,
répon-
dit
à
Q.
Fabius,
qui
l’engageait
à
ne
point
risquer
une
bataille
avant
d’avoir
étudié
la
lactique
de
l'ennemi:
—
«
Je
l'attaquerai
aus-
sitôt
que
j'apercevrai
ses
premières
lignes.
—
Et
pourquoi
tant
de
précipitation?
lui
demanda
Fabius.
—
C'est
que
j'aurai,
dit-il,
ou
la
gloire
de
vaincre
l'ennemi,
ou
la
satisfaction,
sinon
très-honorable,
du
moins
bien
légitime,
d'a-
voir
fait
battre
mes
concitoyens.
»
Le
consul
Clau-
dius
n’était
pas
encore
arrivé
dans
sa
province,
que
l’armée
d’Annibal,
traversant
à
son
extré-
mité
le
territoire
des
Larinates
pour
entrer
chez
les
Salentins,
se
vitatiaquée
par
les
troupes
lé-
gères
de
C.
Hostilius
Tubulus
:
le
désordre
de
la
marche
rendit
la
confusion
plus
terrible
;
on
tua
près
de
quatre
mille
hommes
aux
Carthaginois
et
On
leur
prit
neuf
enseignes.
Au
bruit
de
la
mar-
che
d’Annibal,
Q.
Claudius
avait
quitté
ses
quar-
üiers
d'hiver,
établis
dans
les
villes
des
Salentins.
Annibal,
pour
éviter
d'avoir
deux
armées
à
com-
battre,
décampa
la
nuit
et
passa
du
territoire
de
Farente
dans
le
Bruttium.
Claudius
retourna
chez
les
Salentins
;
Hostilius
se
dirigea
sur
Ca-
poue,.et
rencontra
près
de
Vénousele
consul
Clau-
dius.
Là
,
Claudins
choisit
dans
les
deux
armées
quarante
mille
fantassirs
et
deux
mille
cinq
cents
chevaux
pour
agir
contre
Annihal.
Hostilius
eut
ordre
de
conduire
à
Capoue
le
reste
des
troupes
et
de
les
remeitre
au
proconsul
Q.
Fulvius.
XLI.
Anhibal,
après
avoir
réuni
tous
ses
sol-
dats
cantonnés
soit
dans
leurs
quartiers
d'hiver,
soit
dans
les
places
du
Bruttium
où
ils
tenaient
respondisse
:
«ubi
primum
hostium
agmen
conspexisset,
pugnafurum.
»
Quum
quæreretur,
quæ
causa
festinandi
esset?
«
Aut
ex
hoste
egregiam
gloriam,
inquit,
autex
civibus
victis
gaudium,
meritum
certe,
etsi
non
hone-
stum,
capiam.
»
Priusquam
Claudius
consul
in
provin-
ciam
perveniret,
per
extremum
finem
agri
Larinetis
ducentem
in
Sallentinos
exercitum
Annibalem
cum
expe-
ditis
cohortibus
adortus,
GC.
Hostilius
Tubulus
incompo-
sito
agmini
terribilem
tumultum
intulit.
Ad
quatuor
millia
hominum
occidit,
novem
signa
militaria
cepit.
Moverat
ex
hibernis
ad
famam
hostis
Q.
Claudius,
qui
per
urbes
agri
Sallentini
casfra
disposita
babebat.
Itaque,
ne
cum
duobus
exercitibus
simul
confligeret,
Annibal
nocte
castra
ex
agro
{arentino
movit,
atque
in
Bruttios
concessit.
Claudius
in
Sallentinos
agmen
convertit.
Ho:
stilius,
Capuam
peteus,
obyius
ad
Venusiam
fit
consuli
Claudio.
Ibi
ex
utroque
exercitu
electa
peditum
quadra-
ginta
millia,
duo
millia
et
quingenti
equites,
quibus
con-
sul
adyersus
Annibalem
rem
gereret
:
reliquas
copias
Hostilius
Capuam
ducere
jussus
,
ut
Q.
Fulvio
proconsuli
traderet.
:
XLT.
Anmbal,
undique
contraclo
exercitu,
quem
1n.
hibernis
,
aut
in
præsidis
agri
Bruftiihabuerat,
in
Luca-
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXVIL.
41
garnison,
marcha
sur
Grumente
en
Lucanie,
dans
l'espoir
de
reprendre
les
villes
que
la
crainte
avait
jetées
dans
le
parti
des
Romains.
Le
consul
partit
de
Vénouse,
après
ayoir
bien
éclairé
sa
route,
prit
le
même
chemin
et
alla
camper
à
quinze
cents
pas
de
l'ennemi.
Les
retranchements
d'Annibal
sem-
blaient
s'appuyer
aux
murs
de
Grumente;
ils
en
étaient
cependant
à
cinq
cents
pas.
Entre
les
deux
camps
s’étendait
une
plaine,
des
collines
décou-
vertes
dominaient
la
gauche
des
Carthaginois
et
la
droite
des
Romains;
ils
ne
s'en
défiaient
ni
les
uns
ni
les
autres,
car
on
n’y
trouvait
ni
bois
ni
retraite
propre
à
cacher
une
embuscade.
Au
mi-
lieu
de
la
plaine,
les
avant-postes
faisaient
quel-
ques
courses,
engageaient
quelques
escarmouches
saus
importance
:.
on
voyait
bien
que
le
général
romain
ne
voulait
qu'empêcher
l'ennemi
de
parür.
Annibal,
qui
cherchait
à
s'éloigner,
descendait
en
ordre
de
bataille
avec
toutes
ses
troupes.
Le
con-
sul
aftaqua
alors
l'ennemi
avec
ses
propres
armes:
comme
Ja
nudité
de
ces
collines
écartait
tout
soupcon
d'embuscade,
il
ordonna
à
cinq
cohortes
et
à
cinq
manipules
de
les
franchir
pendant
la
nuit
et
de
se
poster
dans
le
vallon
opposé.
Le
mo-
ment
de
sortir
de
l’'embuscade
et
de
fondre
sur
l'ennemi
fut
indiqué
à
Ti.
Claudius
Asellus,
tribun
des
soldats,
et
à
P.
Claudius,
commandant
des
alliés,
qui
conduisaient
le
détachement.
Quant
au
consul,
dès
le
point
du
jour,
il
mit
en
batailletoutes
ses
(roupes,
cavalerie
et
infanlerie.
Bientôt
après,
Annibal
donna
de
son
côté
le
signal
du
combat}
et
ses
soldats
coururent
aux
armes
en
poussant
des
cris.
Puis,
{ous
à
l’euvi,
cavaliers
et
fantassins,
nos
ad
Grumentum
venit,
spe
recipiendi
oppida,
quæ
|
per
metum
ad
Romanos
defecissent.
Eodem
a
Venusia
consul
romanus
exploratis
itineribus
contendit,
et
mille
fere
et
quingentos
passus
castra
ab
hoste
locat.
Grumenti
mϾnibus
prope
injunctum
videbatur
Pœnorum
vallum
:
quingenti
passus
intererant.
Castra-punica
ac
romapa
interjacebat
campus
;
colles
imminebant
nudi
sinistro
la-
teri
Carthaginiensium
,
dextro
Rotuanorum,
neutris
su-
specli,
quod
nihil
siiræ
neque
ad
insidits
latebrarum
ba-
bebant.
In
medio
campo
ab
stationibus
procursantes
certimina,
haud
sotis
digna
dictu,
serebant.
Id
modo
Romanum
quærere
apparebat,
ne
abire
hostem
pate-
retur.
Annibal,
inde
evadere
cupiens,
fotis
viribus
in
aciem
descendebat.
Tum
consul
,
ingenio
hostis
usus,
quo
minus
iu
tam
apertis
collibus
{imeri
insidiæ
poterant,
quinque
cohortes,
addilis
qaninque
manipulis,
nocte
ju-
gum
superare,
et
in
aversis
vallibus
considere
jubet.
Tempus
exsurgendi
ex
insidiis,
et
aggrediendi
hostem,
Ti.
Claudium
Asellum
tribunum
militum
et
P.
Claudium
Præfectum
socium
edocct,
quos
cum
üis
mittebat.
Ipse
luce
prima
copias
omnes
peditum
equitumque
in
atiem
eduxif.
Paullo
post
et
ab
Annibale
signum
pugnæ
propo-
Situm
est,
clamorque
in
castris
ad
arma
discurrentium
s’élancèrent
hors
du
camp,
se
répandirent
dans
la
plaine
et
chargèrent
les
Romains.
Le
consul,
voyant
leur
désordre,
enjoignit
à
C.
Auruncu-
léius,
tribun
de
la
troisième
légion,
de
lancer
à
toute
bride
sa
cavalerie
sur
l'ennemi
:
éparpillés
comme
ils
l’étaient
dans
toute
la
plaine,
à
la
ma-
nière
d’un
troupeau,
ils
devaient
être
culbutés
et
écrasés
avant
d’avoir
pu
se
rallier.
:
XLII.
Annibal
était
encore
dans
son
camp
lors-
qu'il
entendit
les
cris
des
combattants.
Il
sortit
à
ce
bruit
et
marcha
en
toute
hâte
à
l'ennemi.
Déjà
les
premiers
rangs
avaient
cédé
à
l’effroi
qu’inspirait
la
cavalerie
romaine
;
l'infanterie
de
la
première
légion
et
la
cavalerie
de
la
droite
pre-
naient
part
à
l'action.
Les
Carthaginoïs,
toujours
en
désordre,
faisaient
face
à
ennemi,
fantassin
ou
cavalier,
que
le
hasard
leur
présentait.
Bientôt
les
renforts
agrandirent
le
cercle
de
la
bataille;
la
mêlée
s'accrut
de
tous
les
corps
qui
arrivaient
suc-
cessivement,
et
l'onaurait
eu
peut-être
un
specta-
cle
que
peut
seule
offrir
une
vieille
armée
sous
les
ordres
d’un
vicux
capitaine,
celui
d’Annibal,
au
mi-
Jieu
du
tumulte
et
de
l’effroi
du
combat
,
formant
ses
troupes
en
bataille,
si
les
cohortes
et
les
mani-
pules
qui
descendirent
des
collines
en
poussant
de
grands
cris
derrière
les
Carthaginoïis
ne
lui
eus-
sent
fait
craindre
de
se
voir
couper
le
chemin
de
son
camp.
Ce
fut
le
signal
d'une
panique,
puis
d'une
déroute
générale.
Le
carnage
ne
fut
pas
trop
grand,
la
proximité
du
camp
abrégeant
pour
les
fuyards
la
distance
qu'ils
avaient
à
par-
courir.
La
cavalerie
s’était
attachée
à
leur
pour-
suite,
et
les
cohortes
qui
les
avaient
pris
en
flane
est
sublatus.
Inde
eques
pedesque
certatim
portis
ruere,
ac
palati
per
campum
properare
ad
hostes.
Quos
ubi
ef-
fasos
consul
videt,
tribuno
militum
tertiæ
legionis
G.
Au-
runculeio
imperat,
ut
equites
legionis,
quanto
maximo
impetu
possit,
in
hostem
emittat
:
ita
pecorum
modo
in-
compositos
toto
passim
campo
se
fudisse,
ut
sterni
obte-
rique
,
priusquam
instruantur,
possint.
XLIT.
Nondum
Annibal
e
castris
exierat,
quum
pu-
gaantium
clamorem
audivit.
Itaque,
excitus
tumultu,
raptim
ad
hostem
copias
agit.
Jam
primos
occupayerai
equester
terror.
Peditum
etiam
prima
legio
et
dextra
ala
prælium
inibant.
Incompositi
bostes,
ut
quemque
aut
pediti,
aut
equiti
casus
obtulit,
ita
conserunt
manus.
Crescit
pugna
subsidiis,
et
procurrentium
ad
certamen
numero
augetur
:
pugnantesque
(quod
nisi
in
vetere
exercitu,
et
duci
veteri
haud
facile
est)
inter
tumultum
acterrorem
instruxisset
Annibal,
ni
cohortium
ac
mani-
pulorum
decurrentium
per
colles
clamor,
ab
tergo
au-
ditus,
metum,
ne
intercluderentur
a
castris
injecisset.
Inde
paror
incussus,
et
fuga
passim
fieri
cæpta
est
:
mi-
norque
cædes
fuit,
quia
propinquitas
castrorum
brevio-
rein
fugam
perculsis
fecit.
Equites
enim
tergn
inbære-
bant
:
in
transversa
latera
invaserant
cohortes,
secundis
48
payé
de
leurs
personnes,
épuisés
par
la
route
et
les
veilles,
et
incapables
d’ailleurs
d’endurer
la
fatigue,
avaient
à
peine
la
force
de
porter
leurs
armes.
On
étaitalors
au
milieu
du
jour;
el
ces
malheureux,
accablés
de
soif
et
de
chaleur,
[a
bouche
béante,
se
laissaient
égorger
en
masse
ou
faire
prisonniers.
XLIX.
Il
y
eut
plus
d’éléphants
tués
par
leurs
conducteurs
que
par
l'ennemi.
Ces
conducteurs
étaient
armés
d’un
ciseau
et
d’un
maillet
:
lors-
qu'ils
voyaient
ces
animaux
entrer
en
fureur
et
se
précipiter
au
milieu
des
rangs
carthaginois,
ils
introduisaient
leur
ciseau
entre
les
oreilles,
à
l'articulation
qui
joint
la
tête
au
cou,
et
l'y
enfonçaient
de
toutes
leurs
forces.
C'était
le
moyen
le
plus
prompt
qu'on
eût
trouvé
d’en
finir
avec
ces
masses
énormes,
quand
On
ne
pouvait
plus
les
maîtriser.
Asdrubal
en
avait
eu
le
premier
l'idée.
Déjà
célèbre
par
tant
d'ex-
ploits,
ce
général
mit
le
comble
à
sa
gloire
dans
cette
bataille.
Il
soutint
les
combattants
par
ses
exhortations
et
par
son
intrépidité
à
affronter
les
dangers.
Lorsque
ses
soldats,
épuisés
de
fatigue
et
découragés,
refusaient
de
continuer
le
combat,
il
les
ranima
soit
par
ses
prières,
soit
par
ses
reproches;
ils
les
rallia
dans
leur
fuite,
et
on
le
vit
sur
plusieurs
points
rétablir
le
combat.
Enfin,
quard
la
fortune
se
fut
déclarée
pourles
Romains,
il
ne
voulut
pas
survivre
à
cette
brillante
armée
que
son
nom
seul
avait
entraînée
:
poussant
son
cheval
au
milieu
d’une
cohorte
romaine,
il
mou-
rut
en
combattant,
comme
il
convenait
à
un
fils
d'Hamilcar
et
à
un
frère
d’Annibal.
Jamais,
dans
le
cours
de
cette
guerre,
journée
ne
fut
plus:san-
rantissima
laboris
corpora,
vix
arma
humeris
gestabant.
Et
jam
diei
medium
erat,
sitisque
et
calor
hiantes
cæden-
dos
capiendosque
affatim
præbebat.
XLIX.
Elephanti
plures
ab
ipsis
rectoribus,
quam
ab
hoste,
interfecti.
Fabrile
scalprum
eum
malleohabebant;
id,
ubi
sævire
belluæ
ac
ruere
in
suos
cœperant,
magis-
ter
inter
aures
positum,
ipso
in
articulo,
quo
jungitur
capiti
cervix,
quanto
maximo
poterat
ictu
,
adigebat.
Ea
celerrima
via
mortis
in
tantæ
molis
bellua
inventa
erat
,
ubi
regendi
spem
vicissent
:
primusque
id
Asdrubal
in-
slituerat,
dux
quum
sæpe
alias
memorabilis,
tum
illa
præcipue
pugna.
Ille
pugnantes
hortando
,
pariterque
obeundo
pericula
,
sustinuit
:
ille
fessos
abnuentesque
tædio
et
labore,
nunc
precando
,
nune
castigando,
accen-
dit
:ille
fugientes
revocavit,
omissamque
pugnam
aliquot
locis
restituit.
Postremo
,
quum
haud
dubie
fortuna
hos-
tium
esset,
ne
superesset
tanto
exercitui
suum
nomen
secuto
,
concitato
equo
se
in
cohortem
romanam
immisif.
Tbi,
ut
patre
Hamilcare
et
Annibale
fratre
dignum
erat,
pugnans
cecidit,
Nünquam
eo
bello
una
acie
tantum
hos-
tium
interfectum
est,
redditaque
æqua
Cannensi
clades,
vel
ducis,
vel
exercitus
interitu,
videbatur.
Quinqua-
TITE-LIVE.
glante
pour
l'ennemi
;
on
put
la
considérer
comme
les
représailles
de
Cannes,
soit
par
la
mort
du
gé-
néral,
soit
par
la
destruction
de
l’armée.
Cin-
quante-six
mille
Carthaginois
furent
tués,
cinq
mille
quatre
cents
faits
prisonniers,
un
immense
butin
de
toute
sorte,
mais
surtout
en
or
el
en
ar-
gent,
resta
au
vainqueur.
On
reprit
plus
de
trois
mille
citoyens
romains
qui
étaient
au
pouvoir
de
l'ennemi.
Ce
fut
une
compensation
des
pertes
qu’on
avait
éprouvées
dans
cette
affaire;
car
la
victoire
avait
coûté
cher
:
huit
mille
hommes
en-
viron,
Romains
ou
alliés,
avaient
péri.
Les
vain-
queurs
étaient
si
rassasiés
de
sang
et
de
carnage,
que
le
lendemain,
lorsqu'on
annonça
au
consul
Livius
qu'un
corps
de
Gaulois
cisalpins
et
de
Ligu-
riens
,
qui
n'avaient
pas
assisté
au
combat,
ou
qui
avaient
échappé
au
massacre,
fuyaient
en
masse,
sans
chef,
sans
enseignes,
sans
ordre
et
sans
dis-
cipline,
et
qu'un
escadron
suffirait
pour
les
dé-
truire
tous
: «
Qu'ils
vivent,
dit-il,
afin
qu'il
Y
ait
des
témoins
pour
publier
leur
défaite
et
notre
gloire
!
»
L.
Néron
partit
la
nuit
même
qui
suivit
le
com-
bat,
et,
par
une
marche
encore
plus
rapide
que
la
première,
il
arriva
en
six
jours
dans
son
camp,
en
présence
d’Annibal.
Les
populations
ne
se
pressèrent
pas
en
foule
sur
son
passage,
aucun
courrier
ne
l'ayant
précédé;
mais
la
joie
que
causa
son
retour
éclaia
en
transports
qui
allaient
jus=
qu’au
délire.
On
ne
saurait
rendre
ni
exprimer
ces
deux
situations
si
différentes
dans
lesquelles
:
se
trouva
Rome,
soit
lorsque
l'attente
de
l'événe-
ment
tenait
les
esprits
en
suspens,
soit
lorsqu'elle
reçut
la
nouvelle
du
succès.
Du
jour
où
lon
avait
ginta
sex
millia
hostium
occisa
:
capfa
quinque
millia
el
quadringenti
:
præda
alia
magna
tum
omnis
generis
,
{um
auri
etiam
argentique.
Civium
etiam
romanorum,
qui
capti
apud
hostes
erant,
supra
tria
millia
capitum
re-
cepta.
Id
solatii
fuit
pro
amissis
eo
prœlio
militibus.
Nam
haudquaquam
incruenta
victoria
fuit
:
octo
ferme
millia
Romanorum
sociorumque
occisa.
Adeoque
etiam
victures
sanguinis
cædisque
ceperat
satietas,
ut
postero
die,
quum
esset
auntiatum
Livio
consuli,
Gallos
Ciselpinos
Ligu-
resque,
qui
aut
prœlio
non
affuissent,
aut
inter
cædem
eflugissent,
uno
agmine
abire
sine
certo
duce,
sine
signis
,
sineordine
ullo,
aut
imperio
,
posse,
si
una
equi-
tum
ala
mittatur,
omnes
deleri
:
«
Supersint,
inquit,
ali
qui
ountii,
et
hostium
cladis,
et
nostræ
virtutis.
»
L.
Nero
ea
nocte,
quæ
secuta
est
pugnam,
citatiore,
quam
inde
venerat,
agmine
,
die
sexto
ad
stativa
sua,
at-
que
ad
hostem
pervenit.
Iter
ejus
frequentia
minore
;
quia
nemo
præcesserat
nuntius,
lætitia
vero
fanta,
vix
ui
compotes
mentium
præ
gaudio
essent,
celebratum
est.
Nam
Romæ
neuter
animi
habitus
salis
dici
enarrarique
potest;
nec
quo
incerta
exspectatione
eventus
civitas
fue-
rat,
nec
quo
victoriæ
famam
accepit.
Nunquam
per
OM
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXVIL
&ppriske
départ
du
consul
Néron,
jamais
les
séna-
teurs
n'avaient
quitté
la
curie
où
ilsentouraient
les
magistrats,
jamais
le
peuplenes’était
éloigné
du
fo-
rum
un
seul
jour,
depuislelever
jusqu'au
coucher
du
soleil.
Les
dames
romaines,
dans
l'impuissance
de
rendre
d’autres
services,
avaient
recours
aux
supplications
;
elles
se
répandaient
dans
tous
les
temples,
et
fatiguaient
le
ciel
de
leurs
vœux
et
de
leurs
prières.
La
ville
flottait
ainsi
entre
la
crainte
et
l'espérance
lorsqu'une
vague
rumeur
se
répandit
que
deux
cavaliers
de
Narnie,
arri-
vés
du
champ
de
bataille
au
camp
qui
défendait
les
gorges
de
l’'Ombrie,
avaient
annoncé
la
défaite
de
l’ennemi.
Et
d'abord
ce
bruit
avait
frappé
les
oreilles
sans
trouver
créance
dans
les
esprits.
C'était
une
nouvelle
trop
importante
et
trop
heu-
rcuse
pour
qu'on
püt
en
concevoir
l'idée
et
qu'on
osât
y
ajouter
foi.
La
rapidité
même
avec
la-
quelle
elle
était
parvenue
la
rendait
suspecte
:
deux
jours
seulement,
disait-on,
s'étaient
écoulés
depuis
le
combat.
Mais
bientôt
une
lettre
de
L.
Manlius
7
49
fut
au
sénat
d'abord,
puis
dans
l'assemblée
du
peuple
que
se
fit
la
lecture
des
dépêches;
et,
sui-
vant
la
diversité
des
caractères,
les
uns
ne
dou-
taient
pas
du
succès,
les
autres
ne
voulaient
y
croire
que
lorsqu'ils
auraient
entendu
confirmer
par
les
envoyés
ou
un
message
des
consuls.
LI.
À
Ja
nouvelle
que
ces
envoyés
appro-
chaient,
tous
les
citoyens,
quel
que
fût
leur
âge,
coururent
à
leur
rencontre
:
c'était
à
qui
les
ver-
rait
le
premier,
à
qui
entendrait
de
leur
bouche
le
récit
d'un
si
éclatant
succès.
La
foule
se
portait
eu
une
seule
file
serrée
jusqu’au
pont
Mulvius
;
et
ce
fut
au
milieu
de
ce
cortége
de
citoyens
que
ces
personnages
(c'étaient
L.
Véturius
Philo,
P.
l'icinius
Varus
et
Q.
Cécilius
Métellus
)
;
arri-
vèrent
au
forum
,
barcelés
de
questions
ainsi
que
les
gens
de
leur
suite,
sur
les
circonstances
de
la
bataille.
Et
chacun,
à
mesure
qu’il
appre-
nait
que
l'armée
carthaginoise
était
anéantie,
son
général
tué,
les
légions
romaines
saines
et
Sauves,
les
consuls
en
vie,
s’empressait
de
faire
Acidinus,
envoyée
du
camp
de
l'Ombrie,
confirma
|
part
aux
autres
de
sa
joie.
On
arriva
ainsi
avec
l’arrivée
des
cavaliers
de
Narnie.
On
porta
ces
dé-
|
peine
au
sénat;
on
eut
plus
de
peine
encore
à
pêches
à
travers
le
forum
jusqu'au
tribunal
du
préteur
:
aussitôt
les
sénateurs
se
précipitèrent
hors
de
la
curie,
et
le
peuple
accourut
avec
tant
d’empressement
et
de
confusion
aux
portes
de
ce
palais,
que
le
courrier
ne
put
y
pénétrer.
On
l'entraîna
en
le
pressant
de
questions
;
on
deman-
dait
à
grands
cris
que
la
lettre
fût
lue
aux
ros-
tres
avant
de
l'être
au
sénat.
Enfin
les
magistrats
par
vinrent
à
écarter
et
à
contenir
la
multitude,
et
l'on
put
satisfaire
l’impatience
publique
par
la
communication
de
cette
heureuse
nouvelle.
Ce
nes
dies,
ex
quo
Claudium
consulem
profectum
fama
at-
tulit,
ab
orto
sole
ad
occidentem
,
aut
senator
quisquam
a
curia
atque
ab
magistratibus
abscessit,
aut
populus
e
foro.
Matronæ
,
quia
nihil
in
ipsis
opis
erat,
in
preces
obtestationesque
versæ
,
per
omnia
delubra
vagæ
suppli-
cüs
votisque
fatigare
deos.
Tam
sollicitæ
ac
suspensæ
ci-
Vitati
fama
incerta
primo
accidit,
duos
Narnienses
equi-
tes
in
castra,
quæ
in
faucibus
Umbriæ
opposita
erant,
venisse
ex
prælio,
nuntiantes
cæsos
hostes.
Et
primo
Magis
auribus,
quam
animis,
id
acceptum
erat,
ut
ma-
jus
lætiusque
,
quam
quod
mente
capere,
aut
satis
cre-
dere
possent
:
et
ipsa
celeritas
fidem
impediebat,
quod
biduo
ante
pugnatum
dicebatur.
Literæ deinde
ab
L.
Man-
lio
Acidino
missæ
ex
castris
afferuntur
de
Narniensium
equitum
adventu.
Eæ
literæ,
per
forum
ad
tribunal
præ-
toris
latæ,
senatum
Curia
exciverunt
:
tantoque
certamine
ac
tumultu
populi
ad
fores
Curiæ
concursum
est,
ut
ad-
ire
nuntius
non
posset
,
trahereturque
a
percunclantibus
Vüciferantibusque,
ut
in
rostris
prius
,
quam
in
senatu,
literæ
recitarentur.
Tandem
summoti
et
coerciti
a
ina-
gistratibus
:
dispensarique
lætitia
inter
impotentes
ejus
auimos
potuit.
In
senatu
primum,
deinde
in
concione,
I
écarter
la
foule
qui
se
mêélait
aux
sénateurs.
Après
la
lecture
de
la
lettre,
les
envoyés
furent
présentés
à
l'assemblée
du
peuple.
L.
Véturius
y
Jut
la
dépêche,
puis
il
entra
dans
des
détails
plus
précis
sur
toutes
les
circonstances;
ses
paroles
fu-
rent
couvertes
d’applaudissements
unanimes
et
accueillies
par
toute
l'assemblée
avec
les
trans-
ports
de
la
joie
la
plus
vive.
Les
uns
coururent
ensuite
au
temple
remercier
les
dieux
,
les
autres
rentrèrent
chez
eux
pour
annoncer
à
leurs
femmes
et
à
leurs
enfants
cette
heureuse
nouvelle.
Le
sé-
literæ
recitatæ
sunt
:
et,
pro
cujusque
ingenio
,
aliis
Jam
certum
gaudium,
aliis
nulla
ante
futura
fides
erat,
quani
legatos
consulumve
literas
audissent.
LT.
Ipsos
deinde
appropinquare
legatos
allatum
est.
Tum
enimvero
omnis
æfas
currere
obvü,
primus
quis-
que
oculis
auribusque
haurire
tantum
gaudium
cupien-
tes.
Ad
Mulvium
usque
pontem
continens
agmen
perve-
nit.
Legati
(erant
L.
Veturius
Philo,
P.
Licinius
Varus,
Q.
Gæcilius
Metellus)
circumfusiemnis
generis
hominum
frequentia
in
forum
pervenerunt;
quum
alii
ipsos,
ali
comites
corum,
quæ
acfa
essent,
percunctarentur
,
et
ut
quisque
audierat,
exercitum
hostium
imperaltoremque
occisum,
legiones
romanas
incolumes,
salvos
consules
esse,
extemplo
aliis
porro
impertiebant
gaudium
suum.
Quum
ægre
in
Guriam
perventum
esset,
multo
ægrius
summota
turba
,
ne
Patribus
misceretur,
literæ
in
senatu
recitatæ
sunt.
Inde
producli
in
concionem
legati.
L.
Ve-
turius,
literis
recitatis,
ipse
planius
omnia,
quæ
acta
erant,
exposuit
cum
ingenti
assensu,
postremo
etiam
cla-
more
universæ
Concionis,
quum
vix
gaudium
animis
ca-
perent.
Discursum
inde
ab
aliis
circa
templa
deum,
ut
grates
agcrent;
ab
aliis
domos,
ut
conjugibus
liberisque
4
90
paf,
pour
témoigner
sa
reconnaissance
de
ce
que
les
consuls
M.
Livius
et
G.
Claudius
avaient,
sans
sacrifier
leurs
légions,
anéanti
l'armée
en-
nemie
et
tué
son
général,
décréta
trois
jours
de
supplications.
Cette
cérémonie
fut
annoncée
dans
l'assemblée
par
le
préteur
G.
Hostilius
;
elleattira
un
grand
concours
d'hommes
et
de
femmes.
Pen-
dant
les
trois
jours,
tous
les
temples
ne
cessèrent
d'être
remplis.
Les
dames
romaines,
parées
de
robes
traînantes
et
suivies
de
leurs
enfants,
ren-
dirent
grâces
aux
dieux
immortels,
comme
si
la
guerre
était
terminée,
et
qu'elles
fussent
délivrées
de
toute
crainte
pour
l'avenir.
La
situation
de
Rome
se
ressentit
de
l'influence
de
cette
victoire
:
dès
lors,
comme
en
pleine
paix,
les
affaires
re-
prirent
leur
cours;
ventes,
achats,
emprunts,
dé-
pôts,
tout
se
fit
avec
confiance.
Le
consul
Clau-
tam
lætum
nuntium
impertirent.
Senatus,
quod
M.
Li-
vius
et
CG.
Claudius
consules,
incolumi
exercitu,
ducem
hostium
legionesque
occidissent,
supplicationem
in
tri-
duum
decrevit.
Eam
supplicationem
C.
Hostilius
prætor
pro
concione
edixit,
celebrataque
a
viris
feminisque
est.
Ormmnia
templa
per
totum
triduum
æqualem
turbam
ba-
buere
:
quum
matronæ
amplissima
veste
cum
liberis,
perinde
ac
si
debellatum
foret,
omni
solutæ
metu,
deis
immortalibus
grates
agerent.
Statum
quoque
civitatis
ea
victoria
movit;
ut
jam
inde,
haud
secus
quam
in
pace,
res
inter
se
contrahere,
vendendo,
emendo,
mutuum
dando,
argentum
creditum
solvendo,
auderent.
C.
Clau-
TITE-LIVE.
dius,
de
retour
dans
son
camp,
fit
jeter
devant
les
retranchements
ennemis
la
tête
d’Asdrubal,
qu'il
avait
eu
soin
de
conserver
et
de
rapporter
avec
lui,
exposa
aux
regards
des
Carthaginois
les
prisonniers
africains
chargés
de
fers,
et
rendit
même
la
liberté
à
deux
d’entre
eux,
en
les
char-
geant
d'aller
trouver
Annibal
et
de
lui
raconter
tout
ce
qui
avait
eu
lieu.
Annibal,
attéré
par
ce
coup
qui
frappait
et
l’état
et
sa
famille,
s’écria,
dit-
on,
«
qu’il
reconnaissait
la
fortune
de
Carthage.
»
Puis
il
décampa
et
voulut
concentrer
dans
le
Brut-
tium,
aux
extrémités
de
l'Italie,
toutes
ses
trou-
pes
auxiliaires,
qu’il
ne
pouvait
plus
sans
danger
tenir
disséminées
;
il
enjoignit
à
tous
les
citoyens
de
Métaponte
de
quitter
leurs
foyers
et
d'aller
s'établir
dans
le
Bruttium,
ainsi
que
ceux
des
Lucaniens
qui
obéissaient
à
Carthage.
dius
consul,
quum
in
castra
redisset,
caput
Asdrubalis
,
quod
servatum
cum
cura
attulerat,
projici
ante
hostium
statioues
,
captivosque
Afros
vinctos,
ut
erant,
ostendi,
duos
etiam
ex
iis
solutos
ire
ad
Annibalem,
etexpromere,
quæ
acta
essent,
jussit.
Annibal,
tanto
simul
publico
fa-
iniliarique
ictus
luctu
,
«
agnoscere
se
fortunam
Cartha-
ginis
»
fertur
dixisse
:
castrisque
inde
motis,
ut
omnia
auxilia,
quæ
diffusa
latius
tueri
non
poterat,
in
extre-
muwmn
Îtaliæ
angulum
Bruttios
contraheret,
et
Metayon-
tinos,
civitatem
universam,
excitos
sedibus
suis,
et
Lu-
canorum
qui
suæ
ditionis
erant,
in
Bruttium
agrum
{ra-
duxit.
s
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXVIIT,
51
COODOSOOCSOOSO0SOOCCOCSSCOCOSSCSCSOS0C00808000929
LIVRE
VINGT-HUITIÈME.
SOMMAIRE.
—
Succès
obtenus
sur
les
Carthaginoïs
par
Silanus
,
lieutenant
de
Scipion,
et
par
L.
Scipion,
frère
de
Gornélius.
—
Victoires
du
proconsul
Sulpicius
et
d’Attale,
roi
d'Asie,
allié
des
Etoliens,
sur
Philippe,
roïde
Macédoine.
—
Triomphe
décerné
aux
consuls
M.
Livius
et
Claudius
Néron
;
Livius
y
paraît
porté
sur
un
quadrige,
parce
que
la
bataille
avait
été
gagnée
dans
sa
province;
Néron,
qui
avait
quitté
la,
sienne
pour
se
joindre
à
son
collègue,
le
suit
à
cheval,
et
cet
appareil
modeste
tourne
à
sa
gloire
et
lui
attire
plus
de
respect,
car
il
avait
contribué
plus
que
son
collègue
à
l’heureuse
issue
du
combat.
—
Le
feu
sacré
s'éteint
dans
le
temple
de
Vesta
par
la
négligence
d’une
vestale
qui
est
punie
du
fouet.
—
P.
Scipion
chasse
de
l'Espagne
les
Cartha-
ginois,
la
quatorzième
année
de
la
seconde
guerre
punique,
cinq
ans
après
son
arrivée
dans
ce
pays.
Après
cette
expulsion
qui
termine
la
guerre,
il
fait
rentrer
l'Espagne
sous
la
domination
de
Rome:
puis
il
s’embarque
à
Tarragone,
vient
en
Afrique
avec
deux
vaisseaux
et
fait
alliance
avec
Syphax,
roi
de
Numidie.—
Il
trouve
à
cette
cour
Asdrubal,
fils
de
Gisgon,
et
s’assied
à
table
sur
le
même
lit
que
l’Africain.—Il
donne
à
Carthagène,
en
l'hon-
neur
de
son
père,
le
spectacle
d’un
combat
où
sont
admis,
au
lieu
de
gladiateurs,
des
antagonistes
distingnés
qui
_se
présentent,
soit
pour
lui
rendre
hommage,
soit
pour
porter
ou
recevoir
des
défis
;
deux
princes
s’y
disputent
l'épée
à
la
main
le
rovaume
de
leurs
pères.
—
Siége
d’Astapa;
les
habitants
égorgent
sur
un
bûcher
leurs
enfants
etleurs
femmes,
et
s'y
précipitent
eux-mêmes.
—
Scipion
tombe
dangereusement
malade:
une
sédition
s’éève
dans
une
partie
de
son
armée
;
Le
général
se
rétablit,
apaïise
la
révolte
et
soumet
les
peuples
rebelles
de
l'Espagne.
—
1
lie
amitié
avec
Masinissa
qui
lui
promet
des
secours
s'il
veut
se
rendre
en
Afrique;
il
fait
un
traité
avec
les
habitants
de
Cadix
après
le
départ
de
Magon
qui
reçoit
de
Carthage
l’ordre
de
marcher
contre
l'Italie.
—
De
re=
tour
à
Rome,
il
est
nommé
consul,
demande
Afrique
pour
département,
et,
malgré
l'opposition
de
Q.
Fabius
Maximus,
obtient
la*Sicile
avec
l'autorisation
de
passer
en
Afrique,
s’il
juge
que
l'intérêt
de
l'état
l’exige.—Magon,
fils
d'Hamilcar,
quitte
les
quartiers
d’hiver
de
l'ile
de
Minorque,
et
se
dirige
sur
l'Italie.
I.
Le
passage
d’Asdrubal
en
Italie,
en
faisant
|
avaiten
peu
de
temps
mis
sur
pied
des
forces
con-
peser
sur
cette
province
tout
le
poids
des
hostili-
tés,
semblait
avoir
soulagé
les
Espagnes,
lorsque
tout
à
coup
se
ralluma
une
guerre
aussi
terrible
que
la
précédente.
Les
Espagnes
étaient
alors
par-
tagées
entre
les
Romains
et
les
Carthaginoïs
de
la
manière
suivante
:
Asdrubal,
fils
de
Gisgon
,
s'é-
tait
retiré
au
fond
du
pays,
vers
l'Océan
et
Gadès.
La
côte
de
notre
mer
et
presque
toute
l'Espagne
orientale
obéissaient
à
Scipion
et
aux
Romains.
Un
nouveau
général,
Hannon,
désigné
pour
rem-
placer
Asdrubal
Barca,
était
arrivé
d'Afrique
avec
une
nouvelle
armée,
s'était
joint
à
Magon,
et
LIBER
VIGESIMUS
OCTAVUS.
I.
Quumtransitu
Asdrubalis,
quantum
in
Italiam
decli-
naverat
belli,
tantum
levatæ
Hispaniæ
viderentur
;
rena-
tum
ibi
subito
par
priori
bellum
est.
Hispanias
ea
tem-
pestate
sic
habebant
Romani
PϾnique.
Asdrubal,
Gisgonis
filius,
ad
Oceanum
penitus
Gadesque
concesserat.
Nostri
maris
Ora
omnisque
ferme
Hispania,
qua
in
orientem
vergit,
Scipionis
ac
romanæ
ditionis
erat,
Novus
impe-
sidérables
dans
la
Celtibérie,
à
égale
distance
des
deux
mers.
Scipion
détacha
contre
lui
M.
Silanus
avec
un
Corps
d'environ
mille
hommes
et
cinq
cents
cavaliers.
Silanus
força
la
marche
autant
que
le
permettaient
et la
difficulté
des
routes
et
le
grand
nombre
de
défilés,
fermés
d’épais
taillis,
qu’on
rencontre
presque
partout
en
Espagne,
de-
vança
les
courriers
du
pays
et
jusqu'au
bruit
de
son
arrivée,
et
prenant
pour
guides
quelques
transfuges
celtibériens,
parvint
en
présence
de
l'ennemi.
Le
rapport
de
ces
guides
lui
apprit,
lorsqu'il
n’était
plus
qu'à
dix
milles
environ
de
rator
Hanno,
in
locum
Barcini
Asdrubalis
novo
cum
exer-
citu
ex
Africa
iransgressus
,
Magonique
junctus,
quum
in
Celtiberia,
quæ
media
inter
duo
maria
est,
brevi
map-
num
hominum
numerum
armasset
;
Scipio
adversus
euni
M.
Silanum
cum
decem
haud
plus
millibus
militum,
equi-
tibus
quingentis,
misit.
Silanus,
quantis
maximis
poiuit
itineribus
(impediebant
autem
et
asperitates
viarwm
,
et
angustiæ
saltibus
crebris,
ut
pleraque
Hispaniæ
sunt,
in-
clusæ),
tamen
non
solum
nuntios,
sed
etiam
famam
ad-
ventus
sui
prægressus,
ducibus
indidem
ex
Celtiberia
4,
D2
l'ennemi,
que
deux
camps
se
trouvaient
près
de
la
route
qu'il
suivait
:
à
gauche,
celui
des
Celtibé-
riens,
renfermant
plus
de
neuf
mille
hommes
de
troupes
nouvelles;
à
droite,
celui
des
Carthagi-
nois.
Ceux-ci
avaient
des
postes
avancés,
des
sen-
tinelles;
en
un
mot,
ils
avaient
pris
toutes
les
pré-
cautions
militaires
d'usage
pour
leur
süreté
et
leur
défense.
Les
Celtibériens
montraient
toute
la
sécurité
et
toute
la
négligence
de
barbares
et
de
recrues
qui
ne
redoutent
rien,
parce
qu’ils
sont
dans
leur
pays.
Ce
fut
par
eux
que
Silanus
résolut
de
commencer
l'attaque;
il
enjoignit
aux
siens
d'appuyer
le
plus
qu’ils
pourraient
vers
la
gauche,
de
manière
à
n'être
pas
aperçus
des
postes
car-
thaginois;
et,
précédé
de
ses
éclaireurs,
il
marcha
rapidement
à
l'ennemi.
II.
I
n’en
était
plus
qu’à
trois
milles,
et
pas
un
barbare
n'avait
encore
pris
l'éveil.
Le
pays
était
rocailleux,
hérissé
de
broussailles
,
entrecoupé
de
collines.
Il
arréta
ses
troupes
dans
une
vallée
as-
sez
profonde
où
il
ne
pouvait
être
vu,
et
leur
fit
prendre
de
la
nourriture.
Pendant
ce
temps,
ses
éclaireurs
arrivèrent
et
confirmèrent
le
rapport
des
transfuges.
Alors
les
Romains,
plaçant
leurs
bagages
au
milieu
de
la
vallée,
prirent
les
armes
et
s'avancèrent
en
bon
ordre
au
combat.
À
mille
pas
de
distance,
l'ennemi
les
aperçut
el
commença
à
s’agiter
tumultueusement.
Magon,
quittant
aus-
sitôt
son
camp,
accourut
à
toute
bride
aux
pre-
miers
cris,
à
la
première
alerte.
Dans
les
rangs
des
Celtihériens
se
trouvaient
quatre
mille
hom-
mes
armés
de
boucliers
et
deux
cents
chevaux;
c'était
une
légion
en
règle
et
l'élite
de
l’armée:
il
fransfugis,
ad
hostem
pervenit.
lisdem
auctoribus
com-
pertum
est,
quum
decem'
circiter
millia
ab
hoste
abes-
sent,
bina
castra
circa
viam,
qua
irent,
esse
:
læva
Cel-
tiberos,
noyum
exercitum,
supra
novem
millia
homi-
num;
dextra
punica
tenere
castra.
Hæc
stationibus
,
vi-
gilüs,
omni
justa
militari
custodia
tuta
et
firma
esse
:
illa
altera
soluta
neglectaque
,
ut
barbarorum
et
tironum,
ef
miuus
timentium
,
quod
in
sua
terra
essent.
Ea
prius
ag-
gredienda
ratus
Silanus,
signa
quam
maxime
ad
lævam
jubebat
ferri
,
necunde
ab
stationibus
Punicis
conspicere-
tur.
Ipse,
præmissis
speculatoribus,
citato
agmine
ad
hostem
pergit.
I.
Tria
millia
ferme
aberat
,
quum
hauddum
quisquam
hostium
senserat.
Confragosa
loca
et
obsiti
virgultis
te-
_
gebant
colles.
Itii
in
cava
valle,
afque
ob
id
occulta,
con-
sidere
militem,
et
cibum
capere
jubet.
Interim
specula-
tores,
transfugarum
dicta
affirmantes,
venerunt.
Tum,
sarcinis
in
medium
conjectis,
arma
Romani
capiunt,
avieque
justa
in
pugnamvadunt.
Mille
passuum
aberant,
quum
ab
hoste-conspecti
sunt,
trepidarique
repente
cœ-
ptum.
Et
Mago
ex
castris
citato
equo
ad
primum
clamo-
rem
et
tumultum
adyehitur.
Erant
autem
in
Geltibero
exercitu
quatuor
milia
scufatorum
et
ducenti
equiles
;
TITE-LIVE.
les
mit
en
première
ligne;
le
reste
se
composait
de
troupes
lésères
:
il
en
fit
sa
réserve.
Il
sortait
du-camp
dans
cet
ordre
de
bataille,
lorsqu'à
peine
hors
des
retranchements
il
fut
assailli
d’une
grêle
de
javelots.
Les
barbares
se
baissèrent
pour
échap-
per
aux
traits
lancés
par
les
Romains,
puis
se
re-
levèrent
afin
de
faire
à
leur
tour
une
décharge.
Les
Romains
qui,
suivant
leur
coutume,
serraient
leurs
rangs,
la
reçurent
sur
leurs
boucliers
pres-
sés
les
uns
contre
les
autres;
puis
on
s’aborda
à
l'épée
et
l'on
commença
une
lutte
corps
à
corps.
Mais
les
aspérités
du
terrain
génaient
les
manœur-
vres
des
Celtibériens
,
qui
courent
ordinairement.
d’un
lieu
à
l’autre,
et
rendaient
leur
agilité
iu-
utile,
tandis
qu'elles
n'étaient
pas
sans
avañtage
pour
les
Romains,
habitués
à
combatire
de
pied
ferme;
seulement
les
anfractuosités
et
les
buis-
sons
disséminés
sur
le
sol
rompaient
leurs
rangs
et
les
forçaient
de
combattre
un
à
un ou
deux
à
deux,
comme
s'ils
se
fussent
appariés.
Les
obsta-
cles
qui
empêchaient
l'ennemi
de
fuir
semblaient
le
livrer
enchaîné
aux
coups
des
Romains.
Aussi
déjà
le
corps
celtibérien,
qui
portait
des
bou-
cliers,
était
presque
totalement
détruit
;
les
trou-
pes
légères
et
les
Carthaginois,
qui
de
l’autre
camp”
étaient
venus
à
leur
secours,
perdirent
courage
et
se
laissèrent
tuer.
Deux
mille
fantassins
au
plus
et
toute
la
cavalerie
s'enfuirent
dès
la
première
charge
avec
Magon.
Hannon,
le
second
général,
et
tous
ceux
qui
étaient
arrivés
les
derniers,
aprés
la
défaite
consommée,
furent
faits
prisonniers:
La
cavalerie
presque
tout
entière
qui
suivit
Ma-
gon
dans
sa
fuite,
avec
ce
qui
restait
de
vieille
in-
hanc
iustam
legionem
(et
id
fermeroboris
erat)
in
prima
acie
locat
:
ceteros,
levem
armaturam,
in
subsidiis
posuit.
Quum
ita
instructos
educeret
castris
,
vixdum
in
egressos
vallo
Romani
pila
conjecerunt.
Subsidunf
Hispani
ad-
versus
emissa
tela
ab
hoste.,
inde
ad
mittendaipsi
CCnsur-
gunt;
quæ
quum
Romani
conferti,
ut
solent,
densatis
excepissent
seutis,
tum
pes
cum
pede
collatus,
ei
gladiis
geri
res
cœpta
est.
Ceterum
asperitas
locorum
et
Celti-
beris,
quibus
in
prœlio
concursare
mos
est,
velocitatem
inutilem
faciebat;
et
haud
iniqua
eadem
erat
Romanis
stabiti
pugnæ
assuetis;
nisi
quod
angustiæ
et
internata
virgulta
ordines
dirimebant,
et
singuli
binique,
velut
cum
paribus,
conserere
pugnam
cogebantur.
Quod
ad
fugam
impedimento
hostibus
erat,
id
ad
cæden
€08;
velut
vinctos,
præbebat.
Et
jam,
ferme
omnibus
soutatis
Celtiberorum
interfectis,
levis
armatura
et
Carthagi-
nienses,
qui
ex
alteris
castris
subsidio
veneranf,
perculsi
cædebantur.
Duo
haud
amplius
millia
peditum
et
equi-
tatus
omnis,
vix
inito
prælio,
eum
Magone
effugerunf-
Hanno
,
alter
imperator,
cum
iis,
qui
postremi
,
jam
Pr0
fligato
prælio,
advenerant,
vivus
capitur.
Magonem
fu
gientem
equitatus
ferme
omnis,
etquod
veterum
peditum
erat,
secuti,
decimo
die
in
Gaditanain
proyincian
ad
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXVIIL
fertile
où
l'on
exploite
même
des
mines
d'argent
:
“fanterie,
parvint,
après
dix
jours
de
marche,
dans
la
province
de
Gadès,
où
l’on
rejoignit
As-
drubal
;
les
recrues,
composées
de
Celtibériens,
se
dispersèrent
dans
les
forêts
voisines,
et
de
là
regagnèrent
leurs
foyers.
Cette
victoire
vint
bien
à
propos
étoulfer,
je
ne
dirai
pas
une
guerre
déjà
tout
allumée,
maïs
un
germe
de
guerre,
qui
était
menaçant
pour
l'avenir,
si
Carthage
eût
pu,
après
le
soulèvement
des
Celtibériens,
appeler
aux
ar-
mes
les
autres
peuplades
de
l'Espagne.
Scipron
combla
d’éloges
Silanus,
puis,
voulant
ne
pas
perdre
par
ses
lenteurs
l’espoir
qu'il
avait
d'en
finir,
il
marcha
contre
Asdrubal,
qui
entretenait
les
restes
de
la
guerre
au
fond
de
l'Espagne.
Le
Cartbaginois,
qui
s'était
établi
dans
la
Bétique
pour
s'assurer
la
fidélité
de
ses
alliés,
décampa
tout
à
coup,
et
par
une
marche
rapide,
qui
res-
semblait
plutôt
à
une
fuite
qu'à
une
retraite,
il
gagna
l'Océan
et
Gadès.
Mais,
convaincu
que,
s'il
conservait
ses
troupes
en
corps
d'armée,
il
serait
toujours
en
butte
aux
attaques
de
l'ennemi,
il
les
cantonna
dans
différentes
villes,
afin
qu’elles
y
fussent
en
sûreté
derrière
les
murailles,
qu’elles
se
chargeraient
à
leur
tour
de
défendre.
IT.
Scipion
voyant
que
la
guerre
s'était
épar-
pillée,
et
que
la
nécessité
de
promener
ses
armes
d'une
ville
à
l’autre
lui
coûterait
plus
de
temps
que
de
peine,
retourna
sur
ses
pas.
Toutefois,
pour
ne
point
faire
à
l'ennemi
l'abandon
de
cette
contrée
,
il
envoya
son
frère
L.
Scipion,
avec
dix
mille
hommes
de
pied
et
mille
chevaux,
assiéger
Ja
plus
puissante
ville
du
pays
;
les
barbares
l'ap-
pellent
Oringis.
Elle
est
située
sur
les
frontières
des
Mélesses,
nation
espagnole,
dans
un
territoire
Asdrubalem
pervenerunt.
Celtiberi,
novus
miles,
in
proximas
dilapsi
silvas,
inde
domos
diffugerunt.
Perop-
portuna
victoria
nequaquam
tantum
jam
conflatum
bel-
lum,
quanta
futuri
materia
belli
{si
licuisset
iis,
Celti-
berorum
gente
excita,
ef
alios
ad
arma
sollicitare
populos),
Oppressa
erat.
Ifaque
collaudato
benigne
S'lano,
Scipio
spem
debellandi,
si
nihil
eam
ipse
cunctando
moratus
esset,
nactus,
ad
id,
quod
reliquuin
belli
erat,
in
ultimam
Hispaniam
adversus
Asdrubalem
pergit.
Pœnus,
quum
Casira
tum
forte
ad
suciorum
animos
in
Bætica
continen-
dos
in
fide
haberet,
signis
repente
sublatis,
fugæ
magis,
quam
ilineris
modo
,
penitus
ad
Oceanum
et
Gades
ducit.
Ceterum,
quoad
continuisset
exercitum,
propositum
bello
se
fore
ratus,
antequam
freto
Gades
trajiceret,
exercitum
omnem
passim
in
civitates
divisit,
ut
et
muris
se
1ps1,
el
armis
Muros
tutarentur.
IT.
Scipio
ubi
animadvertit,
dissipatum
passim
bel-
lum
,
et
circumferre
ad
singulas
urbes
arma
diutini
magis,
quam
magni,
esse
operis,
retro
vertit
iter.
Ne
tamen
hostibus
eam
relinqueret
regionem,
L.
Scipionem
fra-
frem
cuin
decem
millibus
peditum,
et
mille
equitum
ad
53
c'était
la
place
d'armes
d’Asdrubal,
et
son
point
de
départ
pour
ses
excursions
dans
l’intérieur
des
terres.
Scipion
vint
camper
sous
les
murs;
mais
avant
d'en
former
le
siége,
il
envoya
aux
portes
des
agents
pour
sonder
les
esprits
dans
une
confé-
rence
et
persuader
aux
habitants
d’essayer
de
l’al-
liance
des
Romains
plutôt
que
d’éprouver
leur
puissance.
Ces
ouvertures
étant
rejetées,
il
traça
autour
de
la
ville
un
fossé
et
un
double
retranche-
ment,
et
partagea
son
armée-en
trois
corps,
dont
l'un
devait
pousser
le
siége
sans
interruption,
pen-
dant
que
les
deux
autres
se
reposeraient.
Lorsque
le
premier
corps
commenca
l'attaque,
1l
ÿ
eut
un
engagement
terrible
et
dont
l'issue
fut
douteuse.
I
était
difficile
d'aborder
les
murs
et
d’y
appli-
quer
des
échelles
sous
la
grêle
de
traits
dont
on
était
assaïlli
;
ceux
qui
avaient
dressé
leurs
échel-
les
se
voyaient
ou
renversés
à
l'aide
de
fourches
destinées
à
cet
usage,
ou
saisis
d'en
haut
par
des
mains
de
fer,
qui
menaçaient
de
les
enlever
et
de
les
tirer
sur
les
murs.
Scipion
comprit
que
le
trop
petit
nombre
des
siens
rendait
la
lutte
inégale,
et
que
l'ennemi
avait
en
outrel'a-
vantage
de
combattre
du
haut
des
remparts
;
il
fit
avancer
les
deux
autres
corps
à
la
fois,
après
avoir
retiré
le
premier,
et
recommença
l'attaque.
Ce
mouvement
inspira
tant
d'effroi
aux
assiégés,
déjà
fatigués
du
premier
assaut,
que
les
habitants
désertèrent
tout
à
coup
leurs
murailles,
et
que
la
garnison
Carthaginoise,
craignant
une
trahison,
abandonna
ses
postes
et
se
concentra
sur
un
seul
point.
Bientôt
les
habitants
s'épouvantèrent
en
songeant
que
si
l'ennemi
entrait
dans
la
viile
il
gin
barbari
appellabant),
mittit.
Sita
in
Melessum
finibus
est
hispanæ
gentis.
Ager
frugifr
:
argentum
eliam
in-
colæ
fodiunt.
Ea
arx
fuit
Asdrubali
ad
excursiones
circa
in
mediterraneos.populos
faciendas.
Scipio,
castris
prope
urbem
positis,
priusquam
circumvyallaret
urbem,
misit
ad
portas,
qui
ex
propinquo
alloquio
animos
tentarent,
suaderentque
,
ut
amic'fiam
polius,
quam
vim,
experi-
rentur
Romanorum.
Ubi
nihil
pacati
respondebatur,
fossa
duplicique
vallo
circumdata
urbe,
in
tres
partes
exerci-
tum
dividit
,
ut
una
semper
pars,
quietis
interim
duabus
oppugnaret.
Prima
pars
quum
adorta
oppugnare
est,
atrox
sane
et
anceps
prælium
fuit
:
non
subire,
non
sca-
las
ferre
ad
muros
præ
incidentibus
telis
facile
erat.
Et
jam,
qui
erexerant
ad
murum
scCalas,
alii
furcis
ad
id
ipsum
factis
detrudebantur,
in
alios
{upi
superne
ferrei
injecti,
ut
in
periculo
essent,
ne
suspensi
in
mürum
ex-
traherentur.
Quod
ubi
animadvertit
Scipio
,
nimia
pau-
citate
suorum
exæquatum
certamen
esse,
ef
Jam
€0
su-.
perare
hostem,
quod
ex
muro
pugnaret;
duabus
simul
partibus,
prima
recepta
,
urbem
est
aggressus.
Quæ
res
tantum
pavoris
injecit
fessis
jam
cum
primis
pugnando,
uf
9ppuguandam
Opulentissimam
in
is
locis
urbem
{
Orin-
|
et
oppidani
mœnia
repentina
fuga
desererent
,
et
punieum
d4
contrerait,
Carthaginois
ou
Espagnols.
Ils
cou-
rurent
donc
ouvrir
la
porte,
et
se
précipitèrent
en
foule
hors
des
murs,
se
couvrant
de
leurs
bou-
cliers
pour
parer
les
traits
lancés
de
loin,
et
allon-
geant
le
bras
droit
nu
pour
faire
voir
qu'ils
étaient
sans
armes.
La
distance
empêcha-t-elle
les
Ro-
mains
de
distinguer
cette
attitude,
ou
bien
craigni-
rent-ils
quelque
ruse,
c’est
ce
qu'on
ne
saurait
décider;
mais
ils
fondirent
impétueusement
sur
ces
transfuges,
et
les
massacrèrent
comme
des
en-
nemis.
La
même
porte
livra
entrée
aux
vain-
queurs
,
jandis
que
les
autres
tombaient
sous
les
coups
de
la
hache
et
de
la
cognée.
Chaque
cava-
lier,
à
mesure
qu’il
entrait,
courait
à
toute
bride
vers
le
forum
pour
s'en
emparer,
suivant
les
in-
structions
du
général
;
dans
ce
but,
un
corps
de
triaires
soutenait
la
cavalerie.
Les
légions
se
ré-
pandirent
dans
les
autres
parties
de
la
ville,
sans
piller,
sans
massacrer
ceux
qu'elles
rencontraient,
à
moins
qu'ils
n’eussent
des
armes
pour
se
dé-
fendre.
On
mit
aux
fers
tous
les
Carthaginois
et
près
de
trois
cents
habitants
:
c’étaienf
ceux
qui
avaient
fermé
les
portes.
On
laissa
les
autres
en
possession
de
la
ville,
et
on
leur
rendit
leurs
biens.
L’ennemi
perdit
environ
deux
mille
hom-
mes
à
ce
siége
:
les
Romains
n’eurent
pes
plus
de
quatre-viugt-dix
morts.
IV.
Ge
fut
un
grand
sujet
de
joie
que
la
prise
de
celte
ville
pour
ceux
qui
y
avaient
coopéré
,
comme
pour
le
général
et
pour
le
reste
de
l’armée.
La
pompe
de
leur
retour
fut
relevée
par
la
foule
im-
Præsidium
metu,
ne
prodita
urbs
esset,
relicéis
stationibus
in
unum
se
colligeret,
Timor
inde
Oppidanos
incessit,
ne,
sihostisurbem
intrasset,
sine
discrimine,
Pænusan
Hispa-
nus
esset,
obvii
passim
cæderentur.
Jtaque,
patefacta
re-
pente
poria,
frequentes
ex
Oppido
sese
ejecerunt,
seuta
præ
se
lenentes,
ne
tela
procul
conjicerentur
;
dextras
nndas
dslentan’es,
uf
gladios
abjccisse
appareret.
Id
utrum
pa-
rum
ex
interyvallo
sit
conspectum,
an
dolus
aliquis
su-
spec:us
fuerit,
incompertum
est.
Im
petus
hostilis
in
trans-
fugas
factus
:
nec
secus,
quam
adversa
acies,
cæsi.
Eademque
porta
signa
infesta
in
urbem
illata
:
et
aliis
partibus
securibus
dolabrisque
cædebantur
et
refringe-
bantur
porlæ,
ef,
ut
quisque
infraverat
eques,
ad
forum
SCCupandum
(ita
enim
præceplum
erat)
citato
equo
per-
gcbat.
Additum
erat
et
triariorum
equi:i
græsidium.
Le-
gionarii
_celeras
partes
pervadunt
=
direptione
et
cæde
oByiorum,
nisi
qui
armis
se
fuebantur,,
abstinuerunt.
Car-
thaginienses
Omnes
in
custodiam
dati
sunt
:
oppidanorum
quoque
trecenti
ferme,
qui
clauserant
portas.
Ce‘eris
traditum
OPpidum,
suæ
redditæ
res.
Cecidere
in
urbis
JUS
Oppugnatione
hostium
duo
millia
ferme
:
Romano-
rum
haud
amplius
nonaginta.
IV.
Læta
et
ipsis
+
Qui
rem
gessere,
urbis
ejus
oppu-
goalio
fuit,
et
jinperatori
ceter0que
excrcitui,
et
spe-
|
TITE-LIVE,
inmolerait
sans
distinction
{ous
ceux
qu'il
ren-
mense
de
captifs
qu'ils
chassaient
devant
eux.
Sci-
pion
combla
d'éloges
son
frère
,
et
vanta
dans
les
termes
les
plus
honorables
la
prise
d'Oringis,
qu'il
égalait
à
sa
conquête
de
Carthagène
;
mais
comme
l'approche
de
l'hiver
ne
lui
permettait,
ni
de
ris-
quer
une
tentative
sur
Gadès,
ni
de
poursuivre
l’armée
d’Asdrubal,
disséminée
sur
tous
les
points
de
la
province,
il
ramena
toutes
ses
troupes
dans
l'Espagne
citérieure,
envoya
ses
légions
dans
leurs
quartiers
d'hiver,
fit
partir
pour
Rome
son
frère
L.
Scipion,
avec
le
général
des
ennemis
Hannon
et
les
autres
prisonniers
de
distinction,
etse
retira
lui-même
à
Tarragone.
Cette
année,
la
flotte
ro-
naine,
qui
avait
passé
de
Sicile
en
Afrique,
sous
les
ordres
du
proconsul
M.
Valérius
Lévinus,
com-
mit
de
nombreuses
dévastations
sur
les
terres
de
Carthage
et
d'Utique.
Le
pillage
s’étendit
jus-
qu'aux
frontières
du
territoire
carthaginoiïs,
sous
les
murs
mêmes
d'Utique.
En
regagnant
la
Sicile,
les
Romains
rencontrèrent
la
flotte
ennemie
forte
de
soixante-dix
vaisseaux
longs.
Ils
en
prirent
dix-
sept
et
en
coulèrent
à
fond
quatre;
le
reste
fut
dispersé
etmisen
fuite.
Vainqueur
sur
terreet
sur
mer,
le
proconsul
rentra
à
Lilybée
avec
un
riche
butin
de
toute
espèce.
Cette
dispersion
de
la
flotte
ennemie
permit
de
faire
passer
à
Rome
de
nom-
breux
convois
de
blé,
V:
Au
commencement
de
la
campagne
où
s'ac-
complirent
ces
événements,
le
proconsul
P.
Sul:
picius
et
le
roi
Altale,
qui
avaienthiverné
à
Egine,
comme
ou
l’a
dit
plus
haut,
firent
voile
vers
Lem-
nos
avec
leurs
flottes
réunies
:
le
proconsul
avait
ciosum
sdventum
suum,
ingentem
turbam
captivorum
præ
se
agentes,
fecerunt.
Scipio,
collaudato
fratre,
quum,
quauto
poterat
verborum
honore,
Carthagini
ab
se
captæ
caplam
ab
eo
Oringin
æquasset,
quia
et
hiems
instabat,
ut
nec
tentare
Gades,
nec
disjectum
passim
per
provinciam
exercitum
Asdrubalis
consectari
posset,
In
citeriorem
Hispaniam
omnes
suas
copias
reduxit
:
di-
missisque
in
hiberna
legionibus,
L.
Scipione
fratre
Ro:
mam
misso,
et
Hannone
hostium
imperatore,
ceterisque
nobilibus
captivis,
ipse
Tarraconem
concessit.
Eodem
anno
classis
Romana
,
cum
M.
Valerio
Lævino
proconz
sule
ex
Sicilia
in
Africam
transmissa,
in
Uticensi
Cartha:
giniensique
agro
Jate
populationes
fecit.
Extremis
finibus
Carthaginiensinm
circa
ipsa
mœnia
Uticæ
prædæ
ace
sunt.
Repetentibus
Siciliam
classis
Punica
(septuaginta
erant
longæ
naves)
occurrit.
Decem
et
septem
nayes
Cx
is
captæ
sunt,
quatuor
in
alto
mersæ
:
cetera
fusa
ac
fu
ga!a
classis.
Terra
marique
victor
Romanus
cum
ThoEDE
omnis
generis
præda
Lilybeum
repetit.
Toto
inde
non
pulsis
hostium
navibus
,
magni
commeatus
frumenti
RO-
mam
subvecti.
=
V.
Principio
æstatis
ejus,
qua
hæc
sunt
gesta,
P.
Sul-
picius
proconsul
et
Attalus
rex
quum
Æginæ,
sicut
ante
dictum
est,
hibernassent,
Lemaum
inde,
classe
juncfa:
Pere
ER
era
hr
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXVIIL.
53
vingt-cinq
quinquérèmes,
et
le
roi
trente-cinq.
De
son
côté,
Philippe,
qui
voulait
être
en
état
de
faire
face
à
l'ennemi
sur
terre
et
sur
mer,
des-
cendit
à
Démétriade
sur
les
bords
de
la
mer;
il
donna
rendez-vous
à
son
armée
de
terre
près
de
Larissa.
À
la
nouvelle
de
son
arrivée,
les
ambas-
sadeurs
des
alliés
se
réunirent
de
toutes
parts
à
Démétriade.
Les
Étoliens
avaient
levé
la
tête,
forts
de
l'alliance
romaine
et
de
la
présence
d’At-
tale;
et
ils
ravageaient
les
territoires
voisins.
Les
Acarnaniens,
les
Béoliens
et
les
habitants
de
l'Eu-
bée
,
n'étaient
pas
seuls
frappés
d’épouvante,
les
Achéens
aussi
voyaient,
aux
embarras
de
la
guerre
d'Étolie,
s’ajouter
les
craintes
que
leur
inspirait
Machanidas,
tyran
de
Lacédémone,
campé
sur
la
frontière
des
Argiens.
Tous
énuméraient
les
dan-
gers
qui
menaçaient
leur
patrie
sur
terre
et
sur
mer,
et
imploraïent
les
secours
du
roi.
Cependant
il
recevait
de
son
royaume
des
nouvelles
non
moins
fâcheuses.
Scerdilédus
et
Pleuratus
s'é-
laient
mis
en
campagne
,
et
parmi
les
peuples
de
Thrace,
les
Mèdes
devaient,
aux
pren:ières
hosti-
lités
qui
retiendraient
au
loin
le
roi,
se
jeter
sur
les
frontières
de
la
Macédoine.
Les
Béoliens
et
les
peuples
de
la
Grèce
centrale
annonçaient
que
les
Étoliens
s'étaient
postés
au
défilé
des
Thermopy-
les,
à
l’endroit
où
la
gorge
en
se
resserrant
livre
à
peine
passage,
et
qu'ils
l'avaient
fermé
par
un
fossé
et
un
retranchement
pour
empêcher
Phi-
lippe
de
porter
secours
aux
villes
alliées.
Le
capi-
taine
le
moins
actif
ne
pouvait
s'endormir
en
voyant
tant
d’embarras
naïître
autour
de
lui.
romanæ
quinque
et
vigenti
quinqueremes,
regiæ
quin-
que
et
triginta,
transmiserunt.
Et
Philippus,
ut,
seu
terra
seu
mari
obyiam
eundum
hosti
foret,
paratus
ad
ones
conatus
esset,
ipse
Demetriadem
ad
mare
descen-
dit
:
Larissam
diem
ad
conveniendum
exercitui
edixit.
Undique
ab
sociis
legationes
Demefriadem
ad
faman
regis
convenerunt.
Sustulerant
enim
animos
Æ{oli,
quum
ab
romana
societate,
tum
post
Attali
adventum,
finiti-
mosque
depopulabantur.
Nec
Acarnanes
solum
BϾotique,
et
qui
Eubœam
incolunt,
in
magno
metu
erant
:
sed
Achæi
quoque
,
quos
super
Ætolicum
bellum
Machanidas
etiamn,
lacedæmonius
tyrannus,
haud
procul
Argivorum
fine
positis
casiris,
terrebaf.
Hi
omnes
suis
quisque
urbibus,
quæ
pericula
terra
marique
portendebantur,
memorantes,
auxilia
regem
orabant.
Ne
ex
regno
quidem
ipsius
tran-
quillæ
nuntiabantur
res
:
et
Scerdilædum
Pleuratumque
motos
esse,
et
Tracum
maxime
Mædos,
si
quod
longin-
quum
bellum
regem
occupasset,
proxima
Macedoniæ
in-
cursuros.
Bœoti
quidem
et
interiores
Græciæ
populi,
Thermopylarum
saltum,
ubi
angustæ
fauces
coarctant
iter,
fossa
valloque
intercludi
ab
Ætolis,
nuntiabant
,
ne
transitum
ad
sociorum
urbes
tuendas
Philippo
darent.
Vel
segnem
ducem
tot
excitare
tumultus
cireumfusi
po-
terant.
Legationes
dimitlit,
pollicitus,
prout
tempus
ac
Philippe
congédia
ces
députations
avecla
promesse
que,
selon
le
temps
et
la
circonstance,
il
porterait
secours
à
tous
ses
alliés.
Il
pourvut
à
l'affaire
la
plus
urgente
en
ce
moment
et
envoya
une
garni-
son
à
Péparèthe.
On
disait
qu'Attale
s’y
était
rendu
de
Lemnos
avec
sa
flotte,
et
en
ravageait
le
territoire.
Polyphante
passa
avec
un
détachement
dans
la
Béotie
;
Ménippe,
un
des
officiers
du
roi,
fut
dirigé
par
Chalcis
avec
mille
peltastes,
espèce
de
boucliers
semblables
à
la
cétra.
On
leur
ad-
joignit
cinq
cents
Agrianes,
afin
qu'ils
pussent
protéger
l’île
tout
entière.
Le
roi
se
rendit
à
Sco-
tussa,
et
il
y
fit
venir
l'armée
macédonienne,
qui
était
à
Larisse.
Là
,
il
apprit
qu’une
assemblée
des
Étoliens
devait
se
réunir
à
Héraclée
et
que
le
roi
Attale
s’y
rendrait
pour
concerter
les
opérations
de
la
campagne.
Il
résolut
de
troubler
la
diète
par
sa
brusque
apparition,
et
s’avança
à
marches
for-
cées
sur
Héraclée
;
mais
l'assemblée
était
dissoute
lorsqu'il
arriva.
Toutefois,
il
détruisit
la
moisson
qui
touchait
à
sa
maturité,
surtout
près
du
golfe
des
Énianes,
et
retourna
à
Scotussa.
Il
y
laissa
toute
son
armée,
moins
une
cohorte
de
sa
garde,
avec
laquelle
il
se
rendit
à
Démétriade;
puis,
pour
être
prêt
au
moindre
mouvement
de
l'ennemi,
il
envoya
dans
la
Phocide,
dans
l'Eubée
,
à
Péparè-
the
des
hommes
sûrs,
avec
ordre
de
se
jeter
sur
les
hauteurs
pour
y
allumer
des
feux.
Il
plaça
lui-
même,
sur
la
cime
fort
élevée
du
mont
Tisée,
une
vigie
chargée
de
recevoir
les
signaux
lointains,
et
de
l’avertir
instantanément
de
toutes
les
disposi-.
tions
que
prendrait
l'ennemi.
Le
général
romain
G
res
se
daret
,
omnibus
lafurum
se
auxilium.
In
præsentia,
quæ
maxime
urgebat
res,
Peparethum
præsidium
urbi
mittit;
unde
allatum
erat,
Attalum,
ab
Lemno
classe
transmissa,
Omnem
circa
urbem
agrum
depopulatum.
Polyphantam
cum
modiea
manu
in
Bœotiam,
Menippum
item
quemdam
ex
regiis
ducibus
cum
mille
peltastis
(pelta
cætræ
baud
dissimilis
est)
Chalcidem
mittit.
Additi
quin-
genti
Agrianum,
ut
omnes
insulæ
partes
fueri
possent.
1pse
Scotussam
est
profectus
:
eodemque
ab
Larissa
Ma-
cedonum
copias
traduci
jussit.
E0
nuntiatum
est,
conci-
BHum
Ætolis
Heracleamindictum,
regemque
Aitalum,
ad
consultandum
de
summa
belli,
venturum.
Hunc
conven-
tum
ut
turbaret
subito
adventu,
magnis
itineribus
He-
racleam
duxit.
Et
consilio
quidem
dimisso
jam
venit
:
segetibus
tamen,
quæ
prope
maturitatem
erant,
maxime
:
in
siou
Ænianum
vastatis,
SCotussam
copias
reducit.
Ibi
exerCitu
omni
relicto,
cum
cohorte
regia
Demetriadem
sese
recipit.
Inde
ut
ad
omnes
hostium
mofns
posset
oc-
currere,
in
Phocidem,
atque
Eubœam,
et
Peparethum
mittit,
qui
loca
alta
eligerent
,
unde
editi
ignes
appare-
rent.
Ipse
in
Tisæo
(mons
est
in
allitudinem
ingentem
cacuminis
editi)
speculam
posuit
:
ut
ignibus
procul
sub-
latis
signum
,
ubi
quid
molirentur
hostes,
momente
temporis
acciperet.
Romanus
imperator
et
Attalus
rex
a
06
TITE-LIVE.
-et
le
roi
Attale
passèrent
de
Péparthe
à
Nicée,
puis
firent
voile
vers
l'Eubée
pour
assiéger
la
ville
d’Orée,
la
première
qu’on
apercçoive
à
gauche
en
partant
du
golfe
de
Démétriade
et
se
dirigeant
vers
Chalcis
et
l'Euripe.
Attale
et
Sulpicius
convinrent
que
les
Romains
attaqueraient
du
côté
de
la
mer,
et
les
troupes
du
roi
par
terre.
VI.
Ce
fut
seulement
quatre
jours
après
l’arri-
vée
de
la
flotte
qu'ils
commencèrent
leurs
opéra-
tions
:
ils
avaient
employé
ce
temps
en
conféren-
ces
secrètes
avec
Plator,
qui
commandait
dans
Orée
au
nom
de
Philippe.
Deux
citadelles
défen-
dent
cette
place
:
l’une
domine
la
mer,
l’autre
est
au
centre
de
la
ville.
De
ce
point
on
communique
au
rivage
par
un
souterrain
que
ferme,
du
côté
de
la
mér,
une
tour
à
cinq
étages,
d’une
défense
ex-
cellente.
Ce
fut
à
que
se
concentrèrent
d’abord
tous
les
efforts
;
la
tour
était
abondamment
pour
vue
de
traits,
et
les
vaisseaux
avaient
débarqué
toutes
les
machines
propres
à
la
battre
en
brèche.
Tandis
que
cette
lutte
acharnée
attirait
(ous
les
regards
et
préoceupait
tous
les
esprits,
Plator
in-
troduisit
les
Romains
par
la
porte
du-fort
quidon-
pait
sur
la
mer,
et
en
un
instant
la
citadelle
fut
prise.
Les
habitants,
repoussés
au
centre
de
la
ville,
se
replièrent
sur
l'autre
fort;
mais
là
ils
trouvèrent
des
gens
apostés
qui
leur
fermèrent
les
portes;
pressés
entre
deux
ennemis,
ils
fu-
rent
massacrés
ou
faits
prisonniers.
La
garnison
macédonienne
se
forma
en
masse
serrée
au
pied
de
la
citadelle,
et
s’y
maintint
sans
fuir
en
désor-
dre,
mais
aussi
sans
combattre
avec
vigueur.
Pla-
tor
obtint
de
Sulpicius
qu'on
l’épargnât,
la
fit
em-
Peparetho
Kitæam
trajecerunt.
Inde
classem
in
Eubœam
adurbem
Oreum
iransmittunt
:
quæ
ab
Demetriaco
sinu
Chalcidem
et
Euripum
petenti
ad
lævam
prima
urbium
EubϾ
posita
est.
Ia
inter
Attalum
ac
Sulpicium
con-
venit,
ut
Romani
a
mari,
regii
a
terra
oppugnarent.
VI.
Quatriduo
post,
quam
appulsa
classis
est,
urbem
‘aggressi
sunt.
Id
lempus
occultis
cum
Platore,
qui
a
Philippo
præpositus
urbierat,
colloquiis
absumptum
est.
Duas
arces
urbs
habet,
unam
imminentem
mari,
altera
urbis
media
est.
Cuniculo
inde
via
ad
mare
ducit,
quam
mari
furris
quinque
tabulatorum
,
egregium
propugna-
culum,
claudebat.
Ibi
primo
atrocissimum
Contracium
est
certamen,
et
turre
instructa
omni
gentre
telorum,
et
tormentis
machinisque
ad
oppugnandam
eam
ex
na-
vibus
exposifis,
Quum
omnium
animos
oculosque
id
cer-
tamen
averlisset,
porta
mariimæ
arcis
Plator
Romanos
accepit,
momentoque
arx
occupata
est.
Oppidani,
pulsi
inde
in
meédiam
urbem,
ad
alferam
tendere
arcem.
Et
ibi
posili
erant,
qui
fores
portæ
objicerent.
Ita
exclusi
in
medio
cæduutur
capiunturque.
Micedonum
præsidium
conglobalum
sub
arcis
muro
stetit;
nec
fuga
effuse
pe-
tita,
nec
perbnacilér
prælio
inito.
Eos
Plator,
venia
a
Sulpicio
impetrata,
in
nayes
impositos
ad
Demetrium
barquer
et
conduire
à
Démétrie
,
en
Phthiotide
;
pour
lui,
il
se
retira
auprès
d’Attale.
Sulpicius,
fier
d’un
succès
si
facile,
dirigea
aussitôt
sur
Chal-
cis
sa
flotte
viclorieuse
;
mais
l'événement
fut
loin
de
répondre
à
son
attente.
Ouverte
au-dessus
et
au-dessous,
la
mer
se
resserre
à
Chalcis
en
un
étroit
canal,
et
présente
au
premier
aspect
comme
deux
ports
qui
ont
chacun
leur
entrée
;
toute-
fois
on
trouverait
difficilement
un
mouillage
plus
dangereux;
car
du
haut
des
roches
élevées
qui
bordent
le
rivage
des
deux
côtés
arrivent
des
coups
de
vent
soudains
et
orageux,
et
l'Euripe,
sans
éprouver
sept
fois
par
jour,
comme
on
l'a
dit,
un
flux
et
un
reflux
régulier,
devient
le
jouet
des
vents
qui
poussent
la
mer
dans
un
sens
ou
dans
l’autre
,
et
semble
un
torrent
qui
roule
d'un
mont
escarpé.
Ainsi,
les
navires
n’ont
de
repos
ni
nuit
ni
jour-
La
difficulté
d’un
pareil
mouillage,
la
force
de
la
ville,
fermée
d'un
côté
par
la
mer,
et
du
côté
de
la
terre
entourée
d'excellentes
fortifica-
tions,
la
nombreuse
garnison
qui
la
défendait,
et
surtout
la
fidélité
des
chefs
et
des
principaux
ci-
toyens
qui
n'imitèrent
point
l’inconstance
et la
perfidie
de
ceux
d'Orée,
tout
rendait
la
place
inexpugnable.
Aussi
Sulpicius
se
montra-t-il
pru-
dent
au
milieu
de
son
imprudence
même.
A
la
vue
de
tant
de
difficultés,
et
dans
la
crainte
de
per-
dre
un
temps
précieux,
il
renonça
aussitôt
à
son
entreprise
et
cingla
vers
Cynus,
comptoir
des
Lo-
crieus
d'Opunte,
situé
à
mille
pas
de
la
mer.
VI.
Les
feux
allumés
sur
les
hauteurs
d'Orée
avaient
averti
Philippe,
mais
par
la
trabison
de
Plator,
le
signal
était
venu
trop
tard;
l'infériorité
Phthiotidis
exposuit
:
ipse
ad
Attalum
se
recepit.
Sulpi-
cius,
fèm
facili
ad
Oreum
successu
elatus,
Chalcidem
inde
protinus
victrici
classe
petit
:
ubi
haudquaquam
ad
spem
eventus
respondit.
Ex
patenti
utrimque
coactum
in
angustias
mare
speciem
intuenti
primo
gemini
portus
in
ora
duo
versi
præbuerit
:
sed
haud
facile
alia
infestior
classi
statio
est.
Nam
et
venti
ab
utriusque
terræ
præaltis
montibus
subiti
ac
procellosi
se
dejiciunt,
et
fretum
ip=
sum
Euripi
non
septies
die
,
sicut
fama
fert,
temporibus
satis
reciprocat
:
sed
temere
in
modum
venti,
nunc
huc,
nuuc
illuc
verso
mari,
velut
monte
præcipiti
devolutus
jorrens
rapitur.
Ita
nec
nocte,
nec
die
quies
nayibus
da-
tur.
Quum
classem
tam
infesta
statio
accepit,
tum
et
op-
pidum
,
alia
parte
clausum
mari,
alia
ab
terra
egrepie
munitum,
præsidioque
valido
firmatum,
et
præcipue
fide
præfectorum
principumque
,
quæ
fluxa
et
vana
apud
Oreum
fuerat,
stabile
atque
inespugnabile
fuit.
Id
pru-
denter,
ut
in
femere
suscepta
re,
Romanus
fecit,
quod,
cireumspectis
difficultatibus,
ne
frusira
tempus
tereret,
celeriter
abstilit
iucepto
,
classemque
inde
ad
Gynum
Lo>
cridis
(emporium
id
est
urbis
Opuntiorum
mille
passuutn
a
mari
sitæ)
trajecit.
ViL.
Philippum
et
ignes
ab
Oreo
editi
monueraut,
s°d
HISTOIRE
ROMAINE.—
LIV.
XXVHI.
de
ses
forces
navales
ne
lui
permettait
guère
d'ail-
leurs
d'aborder
dans
l'île;
les
retards
ruinèrent
done
son
projet.
Mais
pour
Ghalcis,
il
put,
au
premier
signal,
voler
à
son
secours
:
Chalcis,
en
effet,
bien
que
située
aussi
dans
l'Eubée,
est
sé-
parée
du
continent
par
un
détroit
si
peu
large,
qu’un
pont
Punit
à
la
terre
ferme
et
la
rend
plus
accessible
par
terre
que
par
mer.
Philippe,
qui
s'était
rendu
de
Démétriade
à
Scotusse,
quitta
cette
dernière
ville
à
la
troisième
veille,
débusqua
la
garnison
étolienne
postée
aux
Thermopyles,
et
la
mit
en
déroute;
puis,
refoulant
l'ennemi
épouvanté
jusque
sous
Héraclée,
il
arriva
le
même
jour
à
Élatée,
en
Phocide,
après
une
marche
de
plus
de
soixante
milles.
Ce
jour-là
le
roi
Attale
prenait
la
ville
d’Opunte
et
la
livrait
au
pillage
:
Sulpicius
lui
en
avait
abandonné
le
butin,
parce
que
les
Romains
avaient,
peu
de
jours
aupara-
vant,
pillé
Orée,
sans
que
les
soldats
du
roi
eussent
pris
part
à
ce
sac.
La
flotte
romaine
était
encore
mouillée
devant
cette
ville,
et
Attale,
igno-
rant
l'approche
de
Philippe,
ne
s’occupait
que
de
mettre
à
contribulion
les
principaux
citoyens
d'Opunte.
L'attaque
de
Philippe
futsisoudaine,
que
saus
une
poignée
de
Crétois
qui
étaient
allés
au
fourrage
assez
loin
de
la
ville
et
qui
aperçurent
l’en-
nemi,
Attale
eût
pu
être
écrasé.
H
s'enfuit
préci-
pitamment
vers
la
mer,
sans
armes
et
en
désordre
et
s'embarqua;
on
levait
l'ancre
quand
Philippe
survint,
et
son
apparition
sur
la
côte
répandit
l'effroi
parmi
les
équipages.
De
là,
il
revint
à
Opunte,
accusant
les
dieux
et
les
hommes
de
lui
avoir
enlevé
et
arraché
presque
sous
les
yeux
uue
serius
Platoris
fraude
e
specula
elati
:
et
impari
maritimis
viribus
haud
facilis
erat
in
insulam
classi
accessus.
Ita
res
per
cunctationem
omissa.
Ad
Chalcidis
auxititm,
ubi
signum
accepit,
impigre
est
motus.
Nam
et
ipsa
Chalcis,
quanquam
ejusdem
insulæ
urbs
est,
tamien
adeo
arcto
in-
terscinditur
freto,
ut
ponte
continenti
jungatur,
terra-
que
aditum
faciliorem,
quam
mari,
babeat.
Igitur
Phi-
lippus,
déjecto
præsidio,
fusisque
Æitolis,
qui
saltum
Thermopylarum
insidebant,
quum
ab
Demetriade
Sco-
tussam
,
inde
de
tertia
vigilia
profectus,
trepidos
hostes
Heracleam
compulisset,
ipse
uno
die
Phocidis
Elatiam
millia
amplius
sexaginta
contendit.
Eodem
ferme
die
ab
Attalo
rege
Opuntiorum
urbs
cap:a
diripiebatur.
Conces-
serat
eam
prædam
regi
Sulpicius,-quia
Oreum
paucos
ante
dies
ab
Romano
milite,
expertibus
regtis,
direp{um
fuerat.
Quum
Romana
classis
eo
se
recepisset,
Attalus,
gnarus
adventus
Philippi,
pecuniis
a
principibus
exi-
gendis
terebat
tempus.
Adeoque
improvisa
res
fuit,
ut,
nisi
Cretensium
quidam,
forte
pabulatum
ab
urbe
longius
progressi,
agmen
hostium
procul
conspexissent,
opprimi
potuerit.
Altalus
inermis
atque
incompositus
cursu
effuso
mare
ac
naves
petit
:
et
molientibus
ab
terra
uaves
Philippus
supervenit,
tumultumque
etiam
ex
terra
pauicis
præbuit.
Inde
Opuntem
reditt,
deos
homines-
57
si
belle
proie.
Les
Opuntiens
eurent
aussi
leur
part
de
sa
colère
;
il
leur
reprocha
de
n'avoir
pas
fraîné
le
siége
en
longueur,
comme
ils
auraient
pu,
mais
de
s'être,
pour
ainsi
dire,
rendus
yolon-
tairement
à
la
première
vue
de
l'ennemi.
Après
avoir
réglé
les
affaires
d'Opunte,
il
partit
pour
Torone.
Attalese
retira
d'abord
à
Orée;
mais
à
la
nouvelle
que
Prusias
,
roi
de
Bythinie,
avait
en-
vahi
ses
états
,
il
oublia
tout,
abandonna
la
guerre
d'Étolie
et
repassa
en
Asie.
Sulpicius
reconduisif
sa
flotte
à
Égine,
d’où
il
était
parti
au
commence-
ment
du
printemps.
La-prise
de
Torone
ne
coûta
guère
plus
de
peine
à
Philippe,
que
n’en
avait
coûté
celle
d'Opunte
à
Attale.
Torone
était
habitée
par
des
fugitifs
de
Thèbes
en
Phthiotide;
après
la
prise
de
leur
ville
par
Philippe,
ils
s'étaient
mis
sousla
protection
des
Étoliens,
qui
leur
avaient
cédé
la
possession
de
Torone,
ravagéeet
abandonnée
par
ce
prince
danssa
campagne
précédente.
De
Torone,
dont
il
s’empara
comme
nous
venons
de
le
dire,
il
se
porta
sur
Tritonon
et
sur
Drymes,
petites
places
obscures
et
peu
importantes
de
la
Doride
:
il
les
prit.
Puis
il
se
rendit
à
Élatée,
où
avaient
ordre
de
l'attendre
les
ambassadeurs
de
Ptolémée
et
des
Rhodiens.
Comme
on
traitait
des
moyens
de
mettre
fin
à
la
guerre
d'Étolie
(car
les
députés
avaient
éga-
lement
assisté
dans
Héraclée
à
la
dernière
assern-
blée
des
Romains
et
des
Étoliens),
on
apprit
que
Machanidas
avait
résolu
d'attaquer
les
Éléens
au
milieu
de
leurs
préparatifs
pour
la
solennité
des
jeux
olympiques.
Philippe
voulut
prévenir
cette
attaque
;
il
congédia
les
députés
avec
une
réponse
bienveillante
:
«
il
n'avait
pas
été
l’auteur
de
la
que
accusans,
quod
{antæ
rei
fortunam
ex
oculis
prope
raptam
amisisset.
Opuntii
quoque
ab
eadem
ira
increpiti,
quod
,
quum
trahere
obsidionem
in
adventum
suum
po-
tuissent,
viso
statim
hoste,
prope
in
voluntariæm
deditio-
nem
concessissent.
Compositis
circa
Opuntem
rebus,
Toronem
est
profectus.
Et
Attalus
primo
Oreum
se
re-
cedit.
Inde,
quum
fama
accidisset,
Prusiam
Bithyniæ
regem
in
fines
regni
sui
fransgressum,
Omissis
rebus
atque
Ætolico
bello
,
in
Asiam
trajecit.
El
Sulpicius
gi-
n:m
classem
recepit,
unde
initio
veris
profectus
eraf.
Haud
majore
certamine,
quam
Opuntem
Attalus
ceperat,
Philippus
Toronem
cepit.
Incolebant
urbem
eam
pro-
fugi
ab
Thebis
Phthioticis.
Urbe
sua
capta
a
Philippo,
quum
io
fidem
Ætolorum
perfugissent,
sedem
jis
Ætoli
cam
dederant,
urbis
vastatæ
ac
desertæ
priore
ejusdem
Philippi
bello.
Tum
ab
Torone,
sicnt
paulo
ante
dictum
est,
recepta
profectus
;
Tritonon
et
Drymas,
Doridis
:
parva
atque
ignobilia
oppida
,
cepit.
Inde
Elatiam,
jussis
ibi
se
opperiri
Plolemæi
Rhodiorumque
legatis,
venit.!
Ubi
quum
de
finiendo
Ætolico
bello
ageretur
(adfuerant
enim
Jegati
nuper
Heracleæ
concilio
Romanorum
Æo-
lorumque),
nuntius
affertur,
Machanidam
Olympiorum
solleune
ludricum
parantes
Elcos
aggredi
statuisse.
Præ-
verlendum
id
ratus,
legatis
cum
benigno
responso
di-
58
guerre
d'Étolie,
et
jamais
il
ne
ferait
obstacle
à
la
paix,
si
toutefois
on
lui
offrait
des
conditions
justes
et
honorables.
»
Il
partit
ensuite
à
la
fête
de
troupes
légères,
traversa
la
Béotie,
descendit
à
Mégare,
puis
à
Corinthe,
où
il
prit
des
vivres,
et
passa
à
Phliunte
et
à
Phéné.
Comme
il
était
à
Hé-
rée,
apprenant
que
Machanidas
,
effrayé
du
bruit
de
sa
marche,
avait
fait
retraite
sur
Lacédémone
,
il
se
rendit
à
Égium
pour
assister
à
l'assemblée
des
Achéens
;
il
espérait
aussi
y
trouver
la
flotte
carthaginoise
qu'il
avait
demandée,
pour
avoir
à
sa
disposition
une
marine
assez
imposante.
Peu
de
jours
auparavant,
les
Carthaginois
avaient
paru
sur
les
côtes
de
la
Phocide,
d’où
ils
avaient
gagné
les
ports
des
Acarnaniens,
à
la
nouvelle
qu’Attale
et
les
Romains
étaient
partis
d'Orée:
car
ils
craignaient
qu’on
ne
s’avançât
contre
eux,
et
qu’on
ne
les
surpriît
à
Rhium,
à
l’endroit
où
se
resserre
le
golfe
de
Corinthe.
VII.
Philippe
était
triste
et
préoccupé
de
n’a-
voir
pu,
malgré
la
rapidité
de
toutes
ses
marches,
-
arriver
à
temps
pour
aucune
de
ses
entreprises
et
de
voir
que
la
fortune
semblait
lui
tout
enlever
sous
ses
yeux
et
se
jouer
de
sa
célérité.
Il
dissi-
mula
cependant
ses
chagrins
dans
l'assemblée,
el
il
y
exprima
de
nobles
sentiments;
il
prit
à
témoin
les
dieux
et
les
hommes,
«
qu'on
ne
l'avait
pas,
en
temps
ni
lieu,
trouvé
en
défaut;
que
partout
où
le
bruit
des
armes
ennemies
avait
retenti,
il
s’y
était
porté
avec
toute
la
rapidité
possible.
Mais
il
était
difficile
de
décider
s’il
avait
montré
plus
d’audace
à
chercher
le
combat
que
l'ennemi
n'avait
mis
d'empressement
à
éviter
une
ren-
missis
,
«
se
neque
causam
ejus
belli
fuisse,
nec
moram
(si
modo
æqua
et
honesta
conditione
liceat)
paci
factu-
rum
,
»
Cum
expedito
agmine
profectus
per
BϾotiam,
Megara,
atque
inde
Corinthum
descendit.
Unde,
com-
ueatibus
sumptis,
Phliunta
Pheneumque
petit.
Et
jam,
quum
Heræam
venisset,
audito,
Machanidam,,
fania
ad-
ventus
sui
territum,
refugisse
Lacedæmonem,
Ægium
se
ad
concilium
Achæorum
recepi£
:
simul
classem
pu-
nicam
,
ut
mari
quoque
aliquid
posset,
accitam,
ibi
ratus.
se
inventurum.
Paucis
ante
diebus
inde
Oxeas
trajece-
rant
Pœni
:
inde
portus
Acarnanum
petierant,
quum
ab
Oreo
profectum
Attalum
Romanosque
audissent,
veriti
ne
ad
seiretur,
et
intra
Rhium
(fauces
eæ
sunt
Corinthii
sinus)
opprimerentur.
VAT,
Philippus
mœrebat
quidem
et
angebatur,
quum
ad
Omnia
ipse
raptim
isset,
nuili
tamen
se
reiin
tempore
Occurrisse,
et
rapientem
omnia
ex
oCulis
elusisse
celeri-
‘atem
suam
fortunam,
In
concilio
autem,
dissimulans
ægritudinem,,
elato
animo
disseruit
:
testatus
deos
homi-
nesques
se
nullo
loco
,
nec
tempore
defuisse,
quin,
ubi
hostium
arma
Concrepuissent,
eo,
quanta
maxima
pos-
set
celeritate,
tenderet
:
sed
vix
rationem
iniri
posse,
utrum
ab.
se
audacius,
an
fugacius
ab
hostibus
geratur
bellum.
Sic
ab
Opunte
Aïtalum,
sic
Sulpicium
à
Ghal-
TITE-LIVE.
contre.
Ainsi
Attale
à
Opunte,
Sulpicius
à
Chalcis,
et
tout
récemment
Machanidas,
s'étaient
échap-
pés
de
ses
mains.
Mais
on
ne
réussissait
pas
tou-
jours
en
fuyant;
il
ne
fallait
pas
considérer
comme
difficile
une
guerre
où
l'on
était
sûr
de
vaincre,
pour
peu
que
l’on
pût
joiudre
l'ennemi.
Il
avait
gagné
un
premier
point,
c’est
que
l'ennemi
avouait
son
infériorité.
Bientôt
il
aurait
pour
lui
une
victoire
qui
n’était
pas
douteuse,
et
sur
le
champ
de
bataille
l'événement
réaliserait
les
craintes
de
l'ennemi.
»
Les
alliés
entendirent
ces
paroles
avec
plaisir
:
Philippe
rendit
ensuite
Héree
et
la
Triphylie
aux
Achéens,
et
Aliphère
aux
Mégalopolitains
qui
prouvaient
que
cette
place
avait
toujours
fait
partie
de
leur
territoire.
Puis,
avec
les
trois
quadrirèmes
et
les
trois
birèmes
que
lui
fournirent
les
Achéens,
il
passa
à
Anticyre.
I
partit
de
là
avec
sept
quinquérèmes
et
plus
de
vingt
barques,
qu'il
avait
envoyés
dans
le
golfe
de
Corinthe
rejoindre
la
flotte
carthaginoïse,
et
fi
une
descente
à
Érythres,
ville
d’Étolie,
voisine
d'Eupalium.
Les
Étoliens
s’y
attendaient
;
les
ha-
bitants
des
campagnes
et
des
forts
voisins
de
Po-
tidanie
et
d’Apollonie
s'étaient
réfugiés
tous
dans
les
forêts
et
dans
les
montagnes.
Il
s'empara
des
troupeaux
que,
dans
leur
précipitation,
les
habi-.
tants
w’avaient
pu
emmener,
et
les
transporta
sur
ses
vaisseaux.
Il
les
fit
conduire,
ainsi
que
toutle
butin,
à
Égium,
par
Nicias,
préteur
des
Achéens,
tandis
qu'il
allait
à
Corinthe,
d’où
il
ordonna
à
son
infanterie
de
se
rendre
par
terre
en
Béotie.
Pour
lui,
il
sembarqua
à
Cenchrée,
côtoya
l’Attique
doubla
le
cap
Sunium,
et
parvint
à
Chalcis,
cide,
sic
üis
ipsis
diebus
Machanidam
e
manibus
suis
elapsum.
Sed
non
semper
felicem
esse
fugam
:
nec
pro
diffici
id
bellum
habendum,
in
quo,
si
modo
congres
sus
cum
hostibus
sis,
viceris.
Quod
primum
esset,
con
fessionem
se
hostium
habere,
nequaquam
pares
esse
sibi;
brevi
et
victoriam
haud
dubiam
habiiturum,
nec
meliore
eventu
eos
secum
,
quam
spe,
pugnaturos.»
Læti
regem
socii
audierunt.
Reddidit
inde
Achæis
Heræam
et
Tripby
liam,
Alipheram
autem
Megalopolitis,
quod
suorum
fuisst
finium
satis
probabant
,
restituit.
Inde,
navibus
acceptis
ab
Achæis
(erant
autem
tres
quadriremes
et
biremes
totidem),
Anticyram
trajecit.
Inde
quinqueremibus
sep-
tem,
et
lembis
viginti
amplins,
quos
,
utadjungeret
Gar-
thaginiensium
classi,
miserat
in
Corinthium
sinum,
pro=
fectus
ad
Erythras
Ætolorum,
quæ
prope
Eupalium
sun,
exscensionem
fecit.
Haud
fefellit
Ætolos;
nam,hominum
quod
aut
in
agris,
autin
propinquis
castellis
Potidaniæ
atque
Apolloniæ
fuit
,
in
silvas
montesque
refugit.
Peco-
ra,
quæ
inter
festinationem
abigi
nequierant,
sunt
di-
repla
et
in
naves
compulsa.
Cum
his
ceteraque
præ&da,
Nicia
prætore
Achæorum
Ægium
misso,
quum
Gorin-
‘hum
petisset,
pedestres
inde
copias
per
Bœotiam
terra
duci
jussit.
Ipse,
ab
Cenchreis
præter
terram
Atticanl
super
Sunium
nayigans
,
inter
medias
prope
hoslium
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XX
VII.
presque
à
travers
les
flottes
ennemies.
Il
loua
la
fidélité
et
la
valeur
des
habitants,
que
ni
la
crainte,
ni
l'espoir
n'avaient
pu
ébranler,
et
les
exhorta
à
persévérer
dans
la
ligue
avec
la
même
constance,
s'ils
préféraient
leur
sort
à
celui
des
Oritains
et
des
Opuntiens
;
puis
il
fit
voile
pour
Orée,
confia
le
souverain
pouvoir
et
la
garde
de
celte
place
à
ceux
des
principaux
citoyens
qui,
après
la
prise
de
la
ville,
avaient
mieux
aimé
fuir
que
de
se
soumettre
aux
Romains
,
et
retourna
de
l'Eubée
à
Démétriade,
d’où
il
était
parti
d’abord
pour
voler
au
secours
de
ses
alliés.
Bientôt
après
il
fit
commencer,
à
Cassandrée,
la
construction
de
cent
vaisseaux
longs,
rassembla,
à
cet
effet,
un
grand
nombre
de
charpentiers
de
marine,
et,
comme
Ja
Grèce
était
paisible,
grâce
au
départ
d’Attale
et
aux
secours
qu'il
avait
si
à
propos
fournis
à
ses
alliés,
il
retourna
dans
son
royaume
pour
faire
Ja
guerre
aux
Dardaniens.
IX.
À
la
fin
de
la
campagne
qui
vit
ces
événe-
mentss’accomplir
en
Grèce,
Q.
Fabius,
fils
deMaxi-
mus,
lieutenant
de
M.
Livius,
vint
dire
au
sénat
quelle
consul
était
d'avis
que
c’élaÿt
assez
de
L.
Por-
ciuset
de
ses
légions
pour
défendre
la
Gaule:
que,
quant
à
lui,
il
croyait
pouvoir
quitter
cette
pro-
vinceet
en
retirer
l’armée
consulaire.
Le
sénat
rap-
pela
non-seulement
M.
Livius,
mais
aussi
son
collè-
gue
C.
Claudius.
La
seule
différence
que
mit
entre
eux
le
décret
ce
fut
de
faire
revenir
l'armée
de
M.
Livius,
tandis
que
les
légions
de
Néron,
qui
te-
naient
tête
à
Annibal
,
devaient
rester
dans
leur
province.
Les
consuls
s'écrivirent
et
convinrent
que,
comme
ils
avaient
été
animés
dans
la
ges-
classes,
Chalcidem
pervenit.
Inde,
collaudata
fide
ac
vir-
tute,
quod
neque
timor,
neque
spes
flexissent
eorum
ani-
mos;
hortatusque
in
posterum,
ut
eadem
constantia
per-
manerent
in
societate,
si
suam
,
quam
Oritanorum
atque
Opuntiorum,
fortunam
mallent;
ab
Chalcide
Oreuim
na-
vigat,
principumque
iis,
qui
fugere
capta
urbe,
quam
se
Romanis
tradere
,
maluerant,
summa
rerum
et
cus-
todia
urbis
permissa,
ipse
Demetriadem
ab
Eubœa,
unde
primo
ad
opem
ferendam
sociis
profectus
erat,
trajecit.
Cassandreæ
deinde
centum
navium
longarum
carinis
po-
-silis,
con{ractaque
ad
effectum
ejus
operis
multitudine
fabrorum
nayalium,
quia
res
in
Græcia
tranguillas
et
profectio
Attali
fecerat,
et
in
tempore
laborantibus
sociis
latum
ab
se
auxilium,
retroin
regnum
Concessif,
ut
Dar-
danis
bellum
iuferret.
IX.
Extremo
æstatis
ejus,
qua
hæc
in
Græcia
gesta
sunt,
quum
Q.
Fabius
Maximi
filius
legatus
ab
M.
Livio
consule
Romam
ad
senatum
nuntiasset,
consulem
satis
præsidii
Galliæ
provinciæ
credere
L.
Porcium
cum
suis
legionibus
esse
:
decedere
se
inde,
ac
deduci
exercitum
consularem
posse
;
Patres
non
M.
Livium
tantum
redire
ad
urbem,
sed
collegam
quoque
ejus
C.
Claudium
jus-
serunt,
Id
modo
in
decreto
interfuit,
quod
M.
Livii
exer-
29
tion
des
affaires
des
mêmes
sentiments,
de
même
aussi,
bien
que
partant
de
points
opposés,
ils
en-
treraient
à
Rome
au
même
moment
:
le
premier
arrivé
à
Préneste
devait
attendre
son
collègue.
Le
hasard
voulut
que
tous
deux
s’y
trouvassent
le
même
jour.
De
là
ils
envoyèrent
un
décret
qui
convoquait
pour
le
troisième
jour
une
assemblée
du
sénat
au
temple
de
Bellone;
puis
,
au
milieu
de
la
foule
qui
se
pressait
à
leur
rencontre,
ils
s'avancèrent
vers
Rome.
On
ne
se
boruait
pas
à
les
saluer
en
se
pressant
autour
d'eux,
chacun
était
avide
de
toucher
leurs
mains
victorieuses
;
on
les
félicitait,
on
les
remerciait
d’avoir
sauve
la
patrie.
Lorsqu'ils
eurent,
suivant
l'usage
ob
servé
par
tous
les
généraux,
rendu
compte
de
leurs
opérations
au
sénat,
ils
demandèrent
«qu’en
Considération
des
heureux
succès
dus
à
leur
cou
rage
on
rendit
aux
dieux
immortels
des
actions
de
grâces,
et
qu’on
leur
permit
à
eux-mêmes
d'en
trer
en
triomphe
dans
Rome.
«
Le
sénat
accéda
à
leur
demande,
«
par
reconnaissance,
dit-il,
en-
vers
les
dieux
d’abord,
et,
après
les
dieux,
en-
vers
les
consuls.
»
On
ordonna
des
prières
publi-
ques
en
leur
nom,
et
on
décerna
le
triomphe
à
chacun
d'eux.
Mais,
comme
ils
avaient
agi
de
concert
dans
leurs
opérations,
ils
ne
voulurent
pas
séparer
leur
triomphe
;
ils
convinrent
«
que,
puisque
la
victoire
avait
été
remportée
dans
la
province
de
M.
Livius
et
que
le
jour
de
la
bataille
s'était
trouvé
celui
où
Livius devait
prendre
les
auspices,
puisque
son
armée
avait
été
rappelée
à
Rome,
et
que
celle
de
Néron
n'avait
pu
quitter
sa
province
,
M.
Livius
entrerait
dans
Rome
sur
citum
reduci,
Neronis
legiones
Annibali
oppositas
ma:
nere
in
provincia
jusserunt.
Inter
consules
ita
per
literas
convenit,
ut,
quemadmodum
uno
arimo
rempublicarn
gessissent,
ita,
quanquam
ex
diversis
regionihus
conve-
nirent,
uno
tempore
ad
urbem
accederent.
Præneste
qui
prior
venisset,
collegam
ibi
opperiri
jussus.
Forte
ita
evenit,
ut
eodem
die
ambo
Præneste
venirent.
Inde
præ-
misso
edicto,
ut
triduo
post
frequens
senatus
ad
ædem
Bellonæ
adesset,
omni
multitudine
obviam
effusa,
ad
urbem
accessere.
Non
salutabant
modo
universi
circum-
fusi,
sed,
contingere
pro
se
quisque
victrices
dextras
consulum
cupientes
,
alii
gratulabantur
,
alii
gratias
age-
bant,
quod
eorum
opera
incolumis
respublica
esset.
In
senatu
quum
more
Omnium
imperatorum,
expositis
re-
bus
ab
se
gestis,
postulassent,
«
ut,
pro
republica
forti-
ter
feliciterque
administrata,
et
diis
immortalibus
habe.
retur
honos,
et
ipsis
triumphantibus
urbem
inire
liceret;
se
vero
ea,
quæ
postularent,
decernere,
Patres,
merito
deorum
primum,
dein
,
secundum
deos,
Consulum,
»
res-
|
ponderunt,
et
supplicatione
amborurn
nomine,
et
triurm-
pho
utrique
decreto,
inter
ipsos,
ne,
quum
bellum
com-
muni
apimo
gessissent,
triumphuin
separerent,
ita
con-
veail
:
«ut,
Quoniam
ct
iu
proviiçia
M.
Livi
res
gesta
60
un
char
à
quatre
chevaux
et
suivi
de
ses
soldats;
C.
Claudius
serait
à
cheval
et
sans
suite.»
Cette
association
de
triomphe
rehaussa
la
gloire
des
deux
généraux
,
mais
surtout
de
celui
qui
avait
eu
la
plus
grande
part
à
la
victoire,
et
cédait
dans
le
triomphe
la
plus
belle
à
son
collègue
:
«
Get
homme
à
cheval,
disait-on,
c'était
celui
qui,
en
six
jours,
avait
traversé
l'Italie
dans
toute
sa
lon-
gueur
et
livré
bataille
à
Asdrubal
dans
la
Gisal-
pine,
alors
même
qu’Annibal
le
croyait
en
Apulie,
campé
en
sa
présence.
Ainsi
le
même
consul
avait,
aux
deux
extrémités
de
l'Italie,
tenu
en
échec
deux
chefs
ennemis,
deuxillustres
généraux
,
op-
posant
à
l’un
sa
politique,
à
l’autre
sa
personne.
I
avait
suffi
du
nom
de
Néron
pour
retenir
An-
nibal
dans
son
camp
:
pour
Asdrubal,
était-ce
au-
ire
chose
que
l'expédition
du
consul
qui
avait
causé
sa
ruine
et
sa
mort?
L’autre
consul
pou-
vait
donc
se
montrer
pompeusement
élevé
sur
un
char
avecunattelage
aussi
nombreux
qu’il
lui
plai-
rait;
un
seul
cheval
promenait
dans
Rome
le
vé-
ritable
triomphateur;
et
Néron,-marchât-il
à
pied,
brillerait
toujours
de
la
double
gloire
d’une
bataille
gagnée
et
d’un
triomphe
dédaigné.
»
Tels
étaient
les
discours
des
spectateurs
qui
accompa-
gnèrent
Néron
jusqu’au
Capitole.
Les
sommes
portées
au
trésor
montèrent
à
trois
nullions
de
sesterces
et
à
quatre-vingt
mille
livres
pesant
d’airain.
Les
soldats
de
M.
Livius
avaient
reçu
chacun
cinquante-six
as;
C.
Claudius
promit
de
donner
aux
siens
la
même
somme,
quand
il
au-
rait
rejoint
son
armée.
On
remarqua
que
ce
jour-
esset,
et
eo
die,
quo
pugnatum
foret,
ejus
forte
auspi-
cium
fuisset,
et
exercitus
Livianus
deductus
Romam
ve-
nisset,
Neronis
deduei
non#potuisset
de
provincia,
ut
M.
Livium,
quadrigis
urbem
ineuntem,
milites
seque-
rentur;
G.
Claudius
equo
sine
militibus
inveheretur.
»
Ita
consociatus
triumphus,
quum
utrique
,
{um
magis
ei,
qui,
quantum
merito
anfeibat,
fantum
honore
collegæ
cesserat,
gloriam
auxit
:
«
illum
equitem,
aiebant,
sex
dierum
spatio
transcurrisse
longitudinem
Italiæ
:
et
ec
die
cum
Asdrubale
in
Gallia
signis
collatis
pugnasse,
quo
eum
castra
adversus
sese
jy
Apulia
posita
habere
Annibal
credidisset.
Ita
unum
consulem
pro
utraque
parte
Italiæ
adversos
duos
duces,
duos
imperatores,
hinc
consilium
suum,
hinc
corpus
opposuisse.
Nomen
Neronis
satis
fuisse
“ad
continenduim
castris
Annibalem
:
Asdrubalem
vero,
qua
alia
re,
quam
adventu
ejus,
Obrutum
atque
exstinc-
tum
esse
?
Jtaque
iret
alter
consul
sublimis
curru
multiju-
gis,
si
vellét,
equis.
Uno
equo
per
urbem
verum
trium-
phum
vehi
:
Neronemque,
eliam
si
pedes
incedat,
vel
parta
eo
bello,
vel
spre.a
eo
triumpho
gloria,
memora-
bilem
fore.
»
Hi
sermones
spectantium
Neronem
usque
in
Capitolium
prosecuti
sunt.
Pecuniam
in
ærarium
tule-
rurit
sestertium
tricies,
octoginta
millia
æris.
Mililibus
M.
Livius
quinquagenos
senos
asses
divisit.
Tantumdem
C.
Claudius
absentibus
militibus
suis
est
pollicitus,
quum,
TITE-LIVE,
1à,
dans
leurs
chansons
etleurs
couples,
lessoldats
célébrèrent
plutôt
G.
Claudius
que
leur
général;
que
les
chevaliers
exaltèrent
Je
mérite
des
lieute-
pants
L.
Véturius
et
Q.
Cécilius,
et
engagèrent
le
peuple
à
les
nommer
consuls
pour
l'année
sui-
vante
;
et
que
le
lendemain
les
consuls
appuye-
rent
la
proposition
des
chevaliers
en
rappelant
de-
yant
le
peuple
assemblé
tout
ce
qu'ils
devaient
au
courage
et
à
la
fidélité
des
deux
lieutenants.
X.
Comme
le
temps
des
comices
approchait
et
qu’on
voulait
un
dictateur
pour
les
présider,
le
consul
C.
Claudius
investit
de
cette
dignité
son
collègue
M.
Livius,
qui
choisit
Q.
Cécilius
pour
maître
de
la
cavalerie.
Le
dictateur
créa
consuls
L.
Véturius
et
ce
même
Q.
Gécilius,
qu’il
avait
pris
pour
maître
de
la
cavalerie.
On
tint
ensuite
les
comices
prétoriens,
et
l'on
nomma
C.
Servi:
lius,
M.
Cécilius
Métellus
,
Tib.
Claudius
Asellus.
et
Q.
Mamilius
Turinus,
alors
édile
plébéien.
‘Après
les
comices,
le
dictateur
abdiqua,
licenca
l'armée
et
partit
pour
l’Étrurie
en
vertu
d'un
sénatus-consulte,
pour
faire
une
enquête
et
sa-
voir
quels
étaient
ceux
des
Étrusques
et
des
Om-
briens
qui,
à
l'ârrivée
d’Asdrubal,
avaient
con:
seillé
d'abandonner
le
parti
des
Romains,
et
ceux:
qui
Jui
avaient
fourni
des
renforts,
des
provisions
ou
tout
autre
secours.
Ce
furent
là
tous
les
événe
ments
civils
et
militaires
de
l’année.
Les
jeux
ro:
mains
furent
célébrés
trois
fois
avec
toute
la
pompe
d'usage
par
les
édiles
curules
Cn.
Servilius
Gépion,
Ser.
Cornélius
Lentulus.
Les
jeux
plébéiens
furent
aussi
représentés
en
entier,
mais
une
seule
fois,
ad
exercitum
redisset.
Notatum,
eo
die
plura
carmina
militaribus
locis
in
G.
Claudium,
quam
in
consulem
suum
jactata.
Equites
L.
Veturium
et
Q.
Cæcilium
legatos
_magnis
tulisse
laudibus
,
hortatosque
esse
plebem,
ut
60S
consules
in
proximum
annum
crearent;
adjecisse
equi-
fum
prærogativæ
auctoritatem
consules,
postero
die
in
concione,
quam
forti
fidelique
duorum
præcipue
legalo-
rum
opera
usi
essent
,
commemorantes.
X.
Quum
comitiorum
tempus
appeteret,
et
per
dicta-
torem
comitia
haberi
placuisset,
GC.
Claudius
consul
M.
Livium
collegam
dictatorem
dixit
:
Livius
Q.
Gæci-
lium
magistrum
equitum.
À
M.
Livio
dictatore
creall
consules
L.
Veturius,
Q.
Cæcilius,
isipse,
qui
tum
rat
magister
equitum.
Inde
prætorum
comitia
habita.
Creali
C.
Servilius
,
M.
Cæcilius
Metellus,
Ti.
Claudius
Asellus,
Q.
Mamilius
Turinus,
qui
tum
ædilis
plebis
erat.
Com
tiis
perfectis,
dictator,
magistratu
abdicato,
dimissoque
exercitu,
in
Etruriam
proyinciam
ex
senatusconsulto
est
profectus
ad
quæstiones
habendas
:
qui
Etruscorum
Unr
brorumve
populi
defectionis
ab
Romanis
ad
Asdrubalem
sub
adventum
ejus
consilia
agitassent,
quique
eum
au.
lis,
aut
commeatu,
aut
ope
aliqua
juvissent.
Hæc
e0
al
no
domi
militiæque
gesta.
Ludi
romani
ter
toti
instaurèli
ab
ædilibus
curulibus,
Gn.
Servilio
Cæpione,
ser,
ie
neïo
Lentulo.
Hem
ludi
plebeï
semel
toti
instaurali
ab
3
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXVIIL
par
les
édiles
du
peuple
M.
Pomponius
Matho
et
Q.
Mamilius
Turinus.
La
treizième
année
de
la
guerre
punique,
les
consuls
L,
VéturiusPhilo
et
Q.
Cécilius
Métellus
eurent
tous
deux
le
Bruttium
pour
département,
avec
la
conduite
de
la
guerre
contre
Annibal.
Les
préteurs
tirèrent
ensuite
au
sort
leurs
provinces
:
M.
Cécilius
Métellus
obtint
la
juridiction
de
la
ville
;
Q.
Mamilius,
celle
des
étrangers;
C.
Servilius
eut
la
Sicile;
Ti.
Claudius
là
Sardaigne.
Voici
quel
fut
le
partage
des
armées
:
l’un
des
deux
consuls
reçut
l’armée
de
G.
Clau-
dius,
consul
sortant
;
l’autre,
celle
du
propréteur
Q.
Claudius,
composée
de
deux
légions
;
en
Étru-
rie,
les
deux
légions
de
volontaires,
commandées
par
le
propréteur
C.
Terentius,
passèrent
aux
or-
dres
du
proconsul
M:Livius,
prorogé
pour
un
an
dans
le
commandement.
Q.
Mamilius,
cé-
dant
la
juridiction
des
étrangers
à
un
de
ses
col-
Jègues,
devait
occuper
la
Gaule
avec
l’armée
du
propréteur
L.
Porcius
:
il
avait
ordre
de
ravager
les
terres
des
Gaulois
qui
s'étaient
donnés
aux
Carthaginois,
à
l’arrivée
d’Asdrubal.
C.Servilius,
avec
les
deux
légions
de
€annes,
succédait
à
C.
Mamilius
dans
la
province
de
Sicile.
On
rappela
de
Sardaigne
la
vieille
armée
qu’y
avait
comman-
dée
À.
Hostilius
,
et
les
consuls
levèrent
une
nou-
velle
légion
que
Ti.
Claudius
devait
y
emmener
avec
lui.
On
prorogea
pour
un
an
Q.
Claudius
dans
le
commandement
de
Tarente,
et
C.
Hostilius
Tubulus
dans
celui
de
Capoue.
Le
proconsul
M.
Valérius,
qui
avait
été
chargé
de
défendre
les
côtes
de
Sicile,
eut
ordre
de
remettre
trente
ædilibus
plebis,
M.
Pomponio
Mathone
,
et
Q.
Mamilio
Turino.
Tertio
decimo
anno
punici
belli,
L.
Veturio
Phi-
lone
et
Q.
Cæcilio
Metello
consulibus,
Bruttii
ambobus,
ut
cum
Annibale
bellum
gererent,
provincia
decreta.
Prætores
exinde
sortiti
sunt
;
M.
Cæcilius
Metellus
urba-
nam
,
Q.
Mamilius
peregrinam,
C.
Servilius
Siciliam,
Ti.
Claudius
Sardiniam.
Exercitus
ita
divisi;
consulum
alteri,
quem
C.
Claudius
prioris
anni
consul,
alteri,
quem
Q.
Claudius
proprætor
(eæ
binæ
legiones
erant
}
habuis-
sent
exercitum
:
in
Etruria
duas
volonum
legiones
a
C.
Terentio
proprætore
M.
Livius
proconsul,
cui
proroga-
tum
in
annum
imperium
erat,
acciperet.
Et
Q.
Mamilio,
ut,
collegæ
jurisdictione
tradita,
Galliam
cum
exercitu,
cui
L.
Porcius
prætor
præfuerat,
obtineret,
decretum
est
:
jussusque
populari
agros
Gallorum
,
qui
ad
Pœnos
sub
adventum
Asdrubalis
defecissent.
C.
Servilio
cum
Cannensibus
duabus
legionibus,
sicut
CG.
Mamilius
tenue-
rat,
Sicilia
tuenda
data.
Ex
Sardinia
vetus
exercitus,
cui
A.
Hostilius
præfuerat,
deportatus;
novam
legionem,
quam
Ti.
Claudius
trajiceret
secum
,
consules
conscripse-
runt.
Q.
Claudio
,
ut
Tarentum
,
C.
Hostilio
Tubulo,
ut
Capuam
provinciam
haberet,
prorogatum
in
annum
im-
perium
est.
M.
Valerius
proconsul
,
qui
tuendæ
cirea
Si-
ciliam
maritimæ
oræ
præfuerat,
triginta
nayibus
C.
Ser-
61
vaisseaux
à
C.
Servilius
et
de
ramener
le
reste
de
sa
flotte
à
Rome.
ee
XI.
Au
milieu
des
hasards
et
des
inquiétudes
que
causait
une
guerre
si
redoutable,
Rome,
ac-
coutumée
à
rapporter
aux
dieux
tous
ses
succès
et
tous
ses
revers,
recevait
la
nouvelle
d’un
grand
nombre
de
prodiges.
À
Terracine,
le
temple
de
Jupiter,
à
Satricum,
celui
de
la
déesse
Matuta
,
avaient
été
frappés
de
la
foudre.
On
n'était
pas
moins
effrayé
à
Satricum
de
l'apparition
de
deux
serpents
dans
le
temple
de
Jupiter,
où
ils
s'é-
taient
introduits
par
la
porte
même.
À
Antium,
disait-on,
des
moissonneurs
avaient
trouvé
des
épées
couvertes
de
sang.
À
Géré,
un
porc
était
né
avec
deux
têtes;
on
parlait
aussi
d’un
agneau
réuvissant
les
deux
sexes
à
la
fois.
À
Albe,
on
avait
vu
deux
soleils;
Frégella
avait
été,
pendant
la
nuit,
illuminée
d’une
clarté
soudaine
;
un
bœuf
avait
parlé
dans
la
campagne
de
Rome
;
l'autel
de
Neptune,
situé
au
milieu
du
cirque
de
Flami-
nius,
avait
été
inondé
de
sueur;
les
temples
de
Cérès,
de
la
déesse
Salut,
et
de
Quirinus,
avaient
été
frappés
de
la
foudre.
Les
consuls
furent
char-
gés
d'expier
ces
prodiges
en
immolant
les
grandes
victimes
et
en
faisant
un
jour
de
supplications
:
ces
mesures
furent
réglées
par
un
sénatus-con-
sulte.
Mais
un
prodige
plus
alarmant
que
tous
ceux
qu’on
avait
annoncés
du
dehors
ou
vus
dans
la
ville
même,
ce
fut
l’extinctiou
du
feu
sacré
dans
le
temple
de
Vesta.
La
vestale
qui
était
de
garde
cette
nuit-là
fut
battue
de
verges
par
ordre
du
pontife
P.
Licinius.
Get
événement
n’élait
pas
un.
vilio
præbitis,
cum
cetera
omni
classe
redire
ad
urbem
jussus.
XI.
In
civitate
tanto
discrimine
belli
sollicita,
quum
omnium
secundorum
adversorumque
causas
in
deos
ver-
terent,
multa
prodigia
nuntiabantur
;
Tarracinæ
Jovis
ædem,
Satrici
Matris
Matutæ
de
cœlo
tactam.
Satricanos
haud
minus
terrebant
in
ædem
Jovis
foribus
ipsis
duo
perlapsi
angues.
Ab
Antio
nuntiatum
est,
cruentas
spicas
metentibus
visas
esse.
Cære,
porcus
biceps,
etagnus
mas
idemque
femina
natus
erat.
£t
Albæ
duo
soles
yisos
refe-
rebant
:
et
nocte
Fregellis
lucem
obortam.
Et
bos
in
agro
romano
locutus,
et
ara
Neptuni
multo
sudore
ma-
nasse
in
circo
Flaminio
dicebatur
;
et
ædes
Cereris;
Sa-
lutis,
Quirini
de
cœlo
tactæ.
Prodigia
consules
hostiis
majoribus
procurare
jussi,
et
supplicationem
unum
diem
habere.
Ea
ex
senatusconsulto
facta.
Plus
omnibus
aut
nuntiatis
peregre,
aut
visis
domi
prodigiis,
terruit
ani-
mos
hominum
ignis
in
æde
Vestæ
exstinctus
:
cæsaque
flagro
est
Vestalis,
cujus
Custodia
noctis
ejus
fuerat,
jussu
P.
Licinü
pontificis.
Id
quanquam,
nihil
porten-
dentibus
deis,
ceterum
negligentia
humana
acciderat,
tamen
et
hostiis
majoribus
procurari,
et
supplicationem
ad
Vestæ
haberi
placuit.
Priusquam
proficiscerentur
consules
ad
bellum,
moniti
ab
seuatu
sunt,
«
ut
in
62
avis
donné
par
les
dieux,
mais
un
effet
de
la
né-
gligence
humaine
;
on
crut
devoir
néanmoins
im-
moler
en
expiation
les
grandes
victimes
et
faire
une
supplication
au
temple
de
Vesta.
Avant
leur
départ
pour
la
guerre
,
les
consuls
furent
invités
par
le
sénat
«
à
s’occuper
de
rappeler
les
cul-
tivateurs
dans
les
campagnes.
La
protection
des
dieux
avait
porté
la
guerre
loin
de
Rome
et
du
Latium;
on
pouvait
sans
crainte
retourner
aux
champs.
Il
serait
étrange
qu'on
attachât
plus
d'importance
à
cultiver
la
Sicilequel’Italie!»
Mais
ce
n’était
pas
chose
facile
au
peuple
:
la
guerre
avaitemporté
les
cultivateurslibres,
et
les
esclaves
manquaient
;
les
troupeaux
avaient
été
pillés,
les
fermes
détruites
ou
incendiées.
Cependant
,
à
la
persuasion
des
consuls
,
une
grande
partie
des
laboureurs
retournèrent
dans
leurs
campagnes.
Ce
qui
appela
l'attention
sur
cette
affaire
ce
furent
les
plaintes
des
députés
de
Plaisance
et
de
Cré-
mone.
Leurs
terres,
disaient-ils,
étaientcourueset
dévastées
par
les
Gaulois,
leurs
voisins;
la
plupart
de
leurs
cultivateurs
dispersés,
leurs
villes
dépeu-
plées,
leurs
campagnes
désertes
et
solitaires.
On
chargea
le
préteur
Mamilius
de
veiller
à
la
süreté
des
colonies.
Les
consuls
ordonnèrent,
en
vertu
d’un
sénatus-consulte,
que
tout
citoyen
de
Cré-
mone
et
de
Plaisance,
avant
un
jour
qui
fut
fixé,
rentrât
dans
sa
patrie,
Ils
partirent
ensuite
pour
la
guerre
au
commencement
du
printemps.
Q.
Céci-
lius
prit
l’armée
de
C.
Néron,
L.
Véturius,
celle
du
propréteur
Q.
Claudius,
qu’il
compléta
avec
ses
nouvelles
levées.
Les
consuls
conduisirent
leurs
troupes
sur
le
territoire
de
Consentia
et
le
ravagè-
rent
en
toussens.
L'armée
revenait
chargée
de
dé-
agros
reducendæ
plebis
curam
habereni,
Deum
beni-
guitate
sammotum
bellum
ab
urbe
romana
et
Latio
esse,
et
posse
sine
metu
in
agris
habitari.
Minime
convenire
,
Siciliæ,
quam
Italiæ,
colendæ
majorem
curam
esse.
»
Sed
res
haudquaquam
erat
populo
facilis,
et
liberis
cul-
toribus
bello
absumptis,
et
inopia
servitiorum
,
et
pecore
direpto,
villisque
dirutis
aut
incensis.
Magna
tamen
pars
auctoritate
consulum
compulsa
in
agros
remigravit.
Mo-
verant
autem
hujusce
rei
mentionem
Placentinorum
et
Cremonensium
legati,
querentes,
agrum
suum
ab
ac-
colis
Gallis
incursari
ac
vastari,
magnamque
partem
co-
lonorum
suorum
dilapsam
esse,
et
infrequentes
se
urbes,
agrum
vastum
ac
desertum
habere,
Mamilio
prætori
mandatum,
ut
colonias
ab
hoste
tueretur.
Consules
ex
senatusconsulto
edixerunt
,
ut,
qui
cives
Cremonenses
atque
Placentini
essent
,
ante
certam
diem
in
colonias
re-
verterentur.
Principio
deinde
veris
et
ipsi
ad
bellum
profecti
sunt,
Q.
Gæcilius
consul
exercitum
ab
C.
Nerone,
L.
Veturius
ab
G.
Claudio
proprætore
accepit,
novisque
militibus
;
quos
ipse
conscripserat,
supplevit.
In
Consen-
tinum
agrum
consules
exercitum
duxerunt,
passimque
depopulali,
quum
agmen
jam
grave
præda
esset,
in
sel-
TITE-LIVE.
pouilles
,
lorsqu'elle
fut
surprise
dans
un
étroit
défilé
par
les
Bruttiens
et
les
frondeurs
numides,
Dans
le
désordre
de
l'attaque
les
soldats
faillirent
perdre
non-seulement
leur
butin,
mais
la
vie.
Toutefois
ce
fut
plus
une
alarme
qu’un
combat.
Les
légions
envoyèrent
le
butin
en
avant,
et
par-
vinrent
sans
être
entamées
en
lieu
de
sûreté.
Dela,
elles
marchèrent
sur
la
Lucanie;
la
population
tout
entière
de
cette
contrée
rentra,
sans
coup
férir,
sous
la
domination
de
Rome.
XII.
Il
n’y
eut
cette
année
aucun
engagement
avec
Annibal.
Encore
sous
le
poids
du
coup
qui
venait
de
frapper
sa
patrie
et
sa
famille,
il
ne
vint
point
chercher
les
Romains,
et
les
Romains
ne
le
troublèrent
pas
dans
son
repos
:
tant
ils
le
croyaient
encore
puissant
par
son
seul
génie,
alors
même
que
tout
tombait
autour
de
lui!
Je
ne
sais,
en
effet,
s’il
ne
fut
pas
plus
admirable
dans
ses
revers
qu'au
milieu
de
ses
succès.
Campé
sur
une
terre
ennemie
pendant
treize
ans,
si
loin
de
son
pays,
malgré
toutes
les
vicissitudes
que
présentait
la
guerre,
à
la
téte
d’une
armée
composée
non
de
concitoyens,
mais
d’urframas
confus
d'hommes
de
toutes
nations,
qui
n’avaient
ni
les
mêmes
lois,
ni
les
mêmes
mœurs,
ni
le
même
langage;
dont
l'ex-
rieur,
les
vêtements,
les
armes,
le
culte,
la
reli-
gion
et
presque
les
dieux
étaient
différents,
il
sut
les
unir
par
des
liens
si
indissolubles,
que
jamais
on
ne
les
avait
vus
ni
divisés
entre
eux,
ni
sou-
levés
contre
leur
général.
Cependant
la
paie
et
les
vivres
leur
manquaient
souvent
sur
le
territoire
ennemi,
double
pénurie
qui
avait,
dans
la
pre-
mière
guerre
punique,
suscité
tant
de
conflits
dé-
plorables
entre
les
généraux
ef
les
soldats.
Et
lors-
tu
angusto
a
Bruttiis
jaculatoribusque
Numidis
turbali
sunt;
ita
ut
non
præda
,
sed
armati
quoque
in
periculo
fuerint.
Major
tamen
tumultus,
quam
pugna,
fuit;
et
præmissa
præda,
incolumes
et
legiones
in
loca
tula
evaz
sere.
Inde
in
Lucanos
profecti.
Ea
sine
certamine
tofa
gens
in
ditionem
populi
romani
redit.
:
XIL.
Cum
Annibale
nihil
eo
anno
rei
gestum
est.
Nam
neque
ipse
se
obtulit
in
tam
recenti
vulnere
publico
pri-
vatoque,
neque
lacessierunt
quietum
Romani.
Tantan
inesse
vim,
etsi
omnia
alia
circa
eum
ruerent,
in
uno
ill0
duce
censebant.
Ac
nescio
,
an
mirabilior
adyersis,
quam
secundis
rebus,
fuerit
:
quippe
qui,
quum
et
in
hostium
terra
per
annos
tredecim,
tam
procul
ab
domo,
yaria
fortuna
bellum
gereret
exercitu
non
suo
civili,
sed
mixto
ex
colluvione
omnium
gentium,
quibus
non
lex,
non
mos
,
non
lingua
communis
;
alius
habitus,
alia
vestis,
alla
arma,
alii
ritus,
alia
sacra,
alii
prope
dei
essent;
ita
quodam
uno
vinculo
copulaverit
eos,
ut
nulla
nec
In-
ter
ipsos,
nec
adversus
ducem
seditio
exstiterit;
quum
et
pecunia
Sæpe
in
sfipendium,
et
commeatus
in
hostium
agro
deessent
:
quorum
inopia
priore
punico
bello
mulla
infanda
inter
duces
militesque
commissa
fuerant.
POS
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXVIIL.
que
,
après
la
ruine
de
l’armée
d’Asdrubal
et
la
mort
de
ce
chef,
sur
qui
reposait
tout
l’espoir
du
succès,
il
s'élait
retiré
au
fond
du
Bruttium
et
avait
abandonné
le
reste
de
l'Italie,
n'était-ce
pas
un
véritable
prodige
que
de
ne
voir
aucun
mou-
vement
éclater
dans
son
camp?
Car
à
tant
d’au-
tres
misères
s'était
jointe
la
nécessité
de
tirer
sa
subsistance
du
seul
Brutlium
qui,
cultivé
même
dans
son
entier,
n’eût
pu
suffire
aux
besoins
d'une
armée
aussi
nombreuse.
Et
puis
la
plupart
des
jeunes
Bruttiens
avaient
été
arrachés
aux
travaux
des
champs
par
le
besoin
de
combattre
et
par
la
mauvaise
habitude
qu'ont
ces
peuples
de
faire
de
la
guerre
un
brigandage.
Carthage
ne
lui
envoyait
d'ailleurs
aucun
secours
et
semblait
ne
s'inquiéter
que
de
sauver
l'Espagne,
comme
si
tout
allait
bien
pour
elle
en
Italie.
En
Espagne,
la
fortune
qui,
à
certains
égards,
était
la
même
qu'en
Italie,
sous
d’autres
rapports
était
bien
différente
:
elle
était
la
même
en
ce
que
les
Carthaginois,
vaincus
dans
une
bataille,
avaient
été
acculés
aux
extrémités
de
la
province
jusque
sur
les
rivages
de
l'Océan
;
différente,
en
ce
que
l'Espagne,
plus
que
l'Italie,
plus
que
toute
autre
contrée
du
monde,
offrait
par
la
nature
deson
sol
etle
caractère
de
ses
habitants
des
ressources
pour
rallumer
la
guerre.
C'est
ce
qui
explique
qu'après
avoirété
la
première
des
provinces
du
continent
où
Rome
pénétra,
elle
est
la
dernière
qui
ait
été
entiè-
rement
soumise,
ce
qui
n’a
eu
lieu
que
de
nosjours,
sous
les
ordres
et
les
auspices
de
César
Auguste.
Alors
Asdrubal,
fils
de
Gisgon,
le
plus
grand
et
le
plus
illustre,
après
les
Barca,
de
tous
les
généraux
>
Asdrubalis
vero
exercitum
cum
duce
,
in
quibus
spes
om-
uis
reposita
victoriæ
fuerat,
deletum,
cedendoque
in
an-
gulum
Bruttium
cetera
Italia
concessum
,
cui
non
videa-
tur
mirabile,
nullum
motum
in
castris
factum
?
Nam
ad
cetera
id
quoque
accesserat
,
ut
ne
alendi
quidem
exerci-
tus,
nisi
ex
Bruttio
agro,
spes
esset;
qui,
ut
omnis-cole-
retur
,
exiguus
tamen
tanto
alendo
exercitui
erat
;
{um
Mmagnam
partem
juventutis
abstractam
a
cultu
agrorum
bellum
occupaverat,
et
mos
vitio
etiam
insitus
genti
per
latrocinia
militiam
exercendi.
Nec
ab
domo
quicquam
mittebatur,
de
Hispania
retinenda
sollicitis,
tanquam
omnia
prospera
in
Italia
essent.
In
Hispania
res
quadam
ex
parte
eamdem
fortunam
,
quadam
longe
disparem
habebant
;
eamdem,
quod
prælio
victi
Carthaginienses,
duce
amisso,
in
ultimam
Hispaniæ
oram
usque
ad
Ocea-
num
compulsi
erant
;
disparem
autem,
quod
Hispania,
non
quam
Italia
modo,
sed
quain
ulla
pars
terrarum,
bello
reparando
aptior
erat,
locorum
hominumque
inge-
nis.
Ilaque
ergo
prima
Romanis
inita
provinciarum,
quæ
quidem
continentis
sint,
postrema
omnium,
nostra
demum
ætate,
ductu
auspicioque
Augusti
Cæsaris,
per-
domita
est.
Ibi
tum
Asdrubal
Gisgonis,
maximus
claris-
simusque
eo
bello
secundum
Barcinos
dux
,
regressus
ab
65
qui
figurèrent
dans
cette
guerre,
venait
de
quit-
ter
Gadès
et
de
rentrer
dans
l'Espagne
ultérieure,
où,
secondé
dans
ses
tentatives
de
soulèvement
par
Magon,
fils
d'Hamilcar,
il
fit
des
levées
et
mit
sur
pied
cinquante
mille
hommes
d'infanterie
et
quatre
mille
cinq
cents
chevaux.
Pour
la
cava-
lerie,
presque
tous
les
auteurs
sont
d'accord;
mais
des
historiens
ont
écrit
qu’il
amena
sous
les
murs
de
Silpia
soixante-dix
mille
fantassins.
Les
deux
généraux
carthaginois,
résolus
à
ne
point
refuser
le
combat,
établirent
leur
camp
à
l'entrée
d'une
vaste
plaine.
XIII.
À
la
nouvelle
de
ce
formidable
arme-
ment,
Scipion
pensa
qu'avec
les
légions
romaines
il
ne
pourrait
tenir
tête
à
tant
de
troupes,
et
qu’au
moins
pour
la
forme,
il
devait
leur
opposer
des
barbares
auxiliaires,
sans
toutefois
se
fier
assez
à
eux
pour
que
leur
inconstance,
déjà
cause
du
dé-
sastre
de
son
père
et
de
son
oncle,
fût
d’un
grand
poids
dans
la
balance.
Il
députa
done
Silanus
à
Colchas,
qui
règnait
sur
vingt-huit
villes,
et
fit
demander
à
ce
prince
la
cavalerie
et
l'infanterie
qu'il
avait
fait
enrôler
pendant
l’hiver.
Il
quitta
lui-même
Tarragone,
leva
quelques
troupes
auxi-
liaires
chez
les
alliés
en
traversant
leurs
terres,
et
se
rendit
à
Castulon.
Ce
fut
là
que
Silanus
lui
amena
comme
renfort
trois
mille
fantas:
sins
et
cinq
cents
chevaux.
Il
s’avança
jusqu'à
Bécula
avec
toute
son
armée,
forte
de
qua-
rante-cinq
mille
hommes
d'infanterie
et
de
ca-
valerie,
tant
alliés
que
Romains.
Comme
ils
éta-
blissaient
leur
camp,
Magon
et
Massinissa
les
attaquèrent
avec
leur
cavalerie,
et
ils
auraient
Gadibus,
rebellandi
spem
adjuvante
Magone
Hamilcaris
filio,
delectibus
per
ulteriorem
Hispaniam
habitis,
ad
quinquaginta
millia
peditum
et
quatuor
millia
et
quingen-
tos
equites
armayit.
De
equestribus
copiis
ferme
inter
auctores
convenit
:
peditum
septuaginta
millia
quidam
adducta
ad
Silpiam
urbem
scribunt.
Ibi
super
campos
patentes
duo
duces
Pœni
ea
mente,
ne
detrectarent
cer-
tamen,
consederunt.
XIII.
Scipio,
quum
ad
eum
fama
tanti
comparati
exer-
citus
perlata
esset,
neque
romanis
legionibus
tantæ
se
parem
fore
multitudini
ratus,
ut
non
in
speciem
saltem
opponerentur
barbarorum
auxilia,
neque
in
iis
tamen
virium
ponendum,
ut
mutando
fidem,
quæ
cladis
causa
tantum
fuisset
patri
patruoque,
magnum
momentum
fa-
cerent,
præmisso
Silano
ad
Colcham,
duodetriginta
oppi-
dis
regnantem
,
ut
equites
peditesque
ab
eo,
quos
se
per
hiemem
conscripturum
pollicitus
erat,
acciperet,
ipse
ab
Tarracone
profectus,
protinus
ab
sociüs,
qui
accolunt
yiam,
modica
contrahendo
auxilia,
Castulonem
pervenit.
Eo
adducta
ab
Silauo
auxilia
,
tria
millia
peditum
et
quin
genti
equites.
Inde
ad
Bæculam
urbem
progressus
omni
exercitu
Civium,
sociorum,
peditum
equitumque
quinque
et
quadraginta
millibus.
Castra
ponentes
eos
Mago
et
Ma-
64
culbuté
les
travailleurs,
si
des
cavaliers,
cachés
par
-
Scipion
derrière
une
éminence
qui
s'élevait
là
fort
à
propos,
n’eussent
fondu
tout
à
coup
sur
les
as-
saillants
en
désordre.
Les
plus
ardents,
ceux
que
Jeur
fougue
avait
emportés
jusqu’au
pied
des
re-
tranchements
et
près
des
travailleurs,
se
disper-
sèrent
au
premier
choc
;
mais
ceux
qui
marchaient
sous
leurs
enseignes
et
en
bon
ordre
soutinrent
plus
longtemps
le
combat,
sans
qu’on
püt
en
pré-
voir
l'issue.
Enfin
les
cohortes
s'étant
débarrassées
de
leurs
bagages
accoururent
du
camp;
elles
fu-
rent
suivies
des
soldats
qu'on
arrachait
aux
tra-
vaux
pour
leur
faire
prendre
les
armes,
puis
de
troupes
fraiches
plus
nombreuses
destinées
à
rem-
placer
les
combattants
fatigués,
et
bientôt
une
grande
partie
de
l’armée
s’élança
sur
le
champ
de
bataille.
Alors
les
Carthaginois
et
les
Numides
n’hésitèrent
plus
à
fuir.
Et
d’abord
ils
se
retiraient
par
pelotons,
sans
que
la”
peur
ou
la
précipitation
troublassent
leurs
rangs.
Mais
les
Romains
chargè-
rentsi
vigoureusement
leur
arrière-garde,
que,
ne
pouvant
soutenir
ce
choc,
ils
n'observèrent
plus
de
rangs
et
s’enfuirent
tous
de
divers
côtés
par
le
chemin
le
plus
court.
Ce
combat,
en
relevant
la
confiance
des
Romains,
avait
découragé
les
Car-
thaginois;
toutefois,
pendant
quelques
jours
en-
core,
la
cavalerie
et
les
troupes
légères
continuè-
rent
à
escarmoucher.
XIV.
Quand
on
se
fut
assez
éprouvé
dans
ces
légères
rencontres
,
Asdrubal
parut
le
premier
avec
ses
troupes
rangées
en
bataille;
les
Romains
sortirent
à
leur
tour.
Mais
les
deux
armées
se
tin-
rent
immobiles
devant
leurs
retranchements;
per-
sinissa
Cum
omni
equitatu
aggressi
sunt
«
{urbassentque
munientes,
ni
abditi
post
tumultum,
opportune
ad
id
positum,
ab
Scipione
equites
improviso
in
effusos
incur-
rissent.
Hi
promptissimum
quemque
,
et
proxime
vallum,
atque
in
ipsos
munitores
primum
invectum,
vixduin
prælio
inito,
fuderunt
:
cum
ceteris,
qui
sub
signis
atque
ordine
agminis
incesserant,
lopgior
et
diu
ambigua
pugna
fuit.
Sed
quum
ab
stationibus
primum
expeditæ
cohortes,
deinde
ex
opere
deducti
milites
,
atque
arma
capere
jussi
plures'et
integri
fessis
subirent,
magaumque
jam
agmen
armatorum
a
Castris
in
prœlium
rueret,
terga
haud
dubie
vertunt
Pœni
Numidæque.
Et
primo
turmatim
abibant,
nibhil
propter
pavorem
festinationemve
confusis
ordini-
bus”:
dein,
postquam
acrius
ultimis
incidebat
Romanus,
nequesustineri
impetus
poterat,
nihil
jam
ordinum
me-
mores,
passim,
qua
cuique
proximum
fuit,
in
fugam
effunduntur.
Et
quanquam
eo
prœlio
aliquantum
et
Ro-
manis
aucti
ef
deminuti
hostibus
animi
erant,
tamen
nunquam
aliquot
insequentes
dies
ab
excursionibus
equi-
tum
levisque
armaturæ
cessatum
est.
XIV.
Ubi
satis
tentatæ
per
hæc
levia
certamina
vires
suni
,
prior
Asdrubal
in
aciem
copias
eduxit
:
deinde
et
Romani
Processere.
Sed
utraque
acies
pro
vallo
stetit
TITE-LIVE.
sonne
n’engagea
le
combat,
el
déjà
le
jour
tirait
à
sa
fin,
lorsque
les
Carthaginois
d’abord,
puis
les
Romains
rentrèrent
dans
leur
camp.
Cette
ma-
nœuvre
se
répéla
les
jours
suivants.
Asdrubal
était
toujours
le
premier
en
bataille
;
le
premier
aussi
il
donnait
le
signal
de
la
retraite
à
ses
sol-
dats,
fatigués
de
rester
sous
les
armes
:
de
part
et
d'autre
nul
se
mettait
en
mouvement,
nul
ne
lançait
un
trait,
nul
ne
poussait
un
cri.
On
voyait
au
centre,
d’un
côté
les
Romains,
de
l'autre
les
.
Carthaginois
mêlés
aux
Africains;
les
ailes
étaient
occupées
par
les
alliés,
et
dans
les
deux
armées
c'étaient
des
Espagnols.
Devant
le
front
des
Car-
thaginois
,
les
éléphants
apparaissaient
de
loin
comme
autant
de
tours.
Déjà,
dans
les
deux
camps,
on
répétait
que
cetordre
serait
celui
de
la
bataille
:
aux
centres,
les
Romains
contre
les
Gar-
thaginois
;
ia
querelle
étant
entre
eux,
ils
appor-
teraient
donc
même
courage
et
mêmes
efforts
au
combat.
Scipion
,
voyant
cette
opinion
fortement
établie,
changea
à
dessein
ses
plans
pour
le
jour.
où
il
se
proposait
d’en
venir
aux
mains.
La
veille,
au
soir,
il
donna
ordre
qu'avant
le
jour,
hom-
mes
et
chevaux,
tous
fussent
prêts
et
alimen-
tés
:
le
cavalier
sous
les
armes
devait
tenir
son
cheval
sellé
et
bridé.
Au
petit
jour
il
lança
toute
sa
cavalerie
et
ses
troupes
légères
contre
Jes
avant-postes
ennemis,
et,
aussitôt
après,
il
sas
vança
lui-même
à
la
tête
de
l’infanterie
légion:
naire,
après
avoir,
contre
l'opinion
générale
des
siens
et
des
ennemis,
formé
les
ailes
avec
des
troupes
romaines,
et
placé
les
alliés
au
centre.
Asdrubal
,
éveillé
par
le
bruit
de
sa
cavalerie,
se
Li
instructa
:
et
quum
ab
neutris
pugna
cœpta
esset,
jam
die
ad
occasum
inclinante
,
a
Pœno
prius,
deinde
ab
Ro-
mano
in
Castra
copiæ
reductæ.
Hoc
idem
per
dies
aliquot
factum.
Prior
semper
Pœnus
copias
castris
educebal:
prior
fessis
stando
signum
receptui
dabat.
Ab
neulra
parte
procursum,
telumye
missum,
auf
VOx
ulla
orta.
Mediam
aciem
hine
Romani,
illine
Carthaginienses
mixil
Afris,
cornua
socii
tenebant
:
erant
autem
utrimque
Hi-
spani
pro
cornibus.
Ante
punicam
aciem
elephanti
castel-
lorum
procul
speciem
præbebant.
Jam
hoc
in
utrisque
castris
sermonis
erat,
ita,
ut
instructistetissent,
pugnä-
turos.
Medias
acies
Romanum
Pœnumque,
quos
inter
belli
causa
esset,
pari
robore
animorum
armorumque
concursuros.
Scipio
ubi
hæc
obstinate
credita
animad-
vertit,
omnia
de
industria
in
eum
diem,
quo
pugnaturus
erat,
mutavit.
Tesseram
yesperi
per
Castra
dedit,
ut
ante
lucem
viri
equique
curati
et
pransi
essent
:
armalus
eques
frenatos
instratosque
teneret
equos.
Vixdum
sais
cerla
luce,
equitatum
omnem
cuml'evi
armatura
in
star
fiones
punicas
immisit
:
inde
confestim
ipse
cum
grav
agmine
legionum
procedit,
præter
opinionem
destina-
tam
suorum
hostiumque,
romano
milite
cornibus
fir-
matis,
soriis
in
mediam
acceptis.
Asdrubal,
clamore
En
HISTOIRE
ROMAINE.
—
LIV.
XXVYIL.
précipita
hors
de
sa
tente
.
il
vit
Falerte
excitée
devant
son
camp,
la
confusion
des
siens,
les
en-
seignes
des
légions
qui
brillaient
au
loin
,
et
Loute
Ja
plaine
couverte
d’ennemis,
et
il
lança
aussitôt
toute
sa
cavalerie
contre
la
cavalerie
romaine,
Puis
il
sortit
du
camp
avec
son
infanterie,
sans
rien
changer
à
son
ordre
de
bataille
accoutumé.
Les
cavaliérs
étaient
depuis
longtemps
aux
prises
sans résultat,
et
cette
mêlée
ne
pouvait
se
décider
par
elle-même
;
car,
repoussés
à
peu
près
chacun
à
leur
tour,
les
deux
partis
se
repliaient
en
toute
sûreté
sur
leur
infanterie.
Maïs,
lorsque
les
deux
armées
ne
furent
plus
qu'à
cinq
cents
pas
l’une
de
l'autre,
Scipion
fit
sonner
Ja
retraite,
ouvrit
ses
rangs,
y
reçut
la
cavalerie
et
les
troupes
lé-
gères,
et
les
divisa
en
deux
corps,
qu'il
placa
comme
réserves
derrière
les
ailes.
Puis,
quand
le
moment
fut
venu
de
commencer
l'attaque,
il
or-
donna
aux
Espagnols,
qui
étaient
au
centre,
de
marcher
au
petit
pas;
et,
de
l’aile
droite
où
il
com-
mandait,
il
envoya
à
Silanus
et
à
Marcius
l’ordre
d'étendre
l'aile
sur
la
gauche,
en
répétant
la
ma-
nœuvre
qu'ils
lui
verraient
faire
sur
la
droite,
et
d'engager
leurs
troupes
légères,
infanterie
et
ca-
Valerie,
contre
l'ennemi
avant
que
les
centres
pussent
s
atieindre.
Les
ailes,
ainsi
développées,
marchèrent
chacune
avec
trois
cohortes
d’infan-
terie,
trois
escadrons
de
cavalerie,
outre
les
vé-
lites;
et
elles
coururent
à
l'ennemi,
suivies
des
autres
qui
s'avançaiént
obliquement.
La
ligne
rentrait
vers
le
centre,
par
un
effet
de
la
marche
lente
des
Espagnols.
Déjà
on
se
battait
sur
les
ailes
tum
excifatus,
ut
ex
tabernaculo
prosiluit,
tumul{um-
que
ante
Vallum
et
trepidationem
suorum,
et
procul
signa
legionum
fulgentia
,
plenosque
hostium
campos
vidit,
equitatum
omnem
extemplo
in
equites
emittit.
Ipse
cum
peditum
agmine
castris
egreditur
:
nec
ex
or-
dine
solito
quicquam
acie
instruenda
mutat.
Equitum
jam
diu
anceps
pugna
erat
:
nec
ipsa
per
se
decerni
poterat,
quia
pulsis
{
quod
prope
in
vicem
fiebat)
in
aciem
Peditum
tutus
receptus
erat.
Sed
ubi
jam
haud
plus
quin-
gentos
passus
acies
inter
sese
aberant,
signo
receptui
dato,
Scipio,
patefactisque
ordinibus,
equitatum
omnem
levemque
armaturam
,
in
medium
acceptam
divisamque
in
partes
duas,
in
subsidiis
post
cornua
locat.
Inde,
ubi
incipiendæ
jam
pugnæ
tempus
crat,
Hispanos
(ea
media
acies
fuit)
presso
gradu
incedere
jubet.
Ipse
e
dextro
Cornu
(ibi
namque
præerat)
nuntium
ad
Silanum
et
Marcium
mittit,
ut
cornu
extenderent
in
sinistra
parle,
Guemadmodum
se
tendentem
a
dextra
vidissent
:
et
cum
expeditis
peditum
equitumque
prius
pugnam
consererent
Cum
hoste,
quam
coire
inter
se
mediæ
acies
possent.
Ita
diductis
cornibus
cum
ternis
peditum
cohortibus,
ternis-
que
equitum
furmis,
ad
hoc
velitibus,
citato
gradu
in
hostem
ducebant,
sequentibus
in
obliquum
aliis.
Sinusin
Medio
erat,
-quia
segnius
Hispanorum
signa
incedcbant
:
65
que
l'élite
de
l'armée
ennemie,
les
vétérans
car.
thaginois
et
africains,
n'étaient
pas
encore
à
por-
tée
de
trait
et
n’osaient,
pour
secourir
leurs
com-
battants,
se
diriger
versles
ailes,
de
peur
d'ouvrir
le
centre
devant
les
Romains
qui
s’avançaient
en
face.
Leurs
ailes
avaient
une
double
lutte
à
sou-
tenir
:
Ja
cavalerie,
les
troupes
légères
et
les
vé.
lites
les
avaient
tournées
pour
les
prendre
en
flanc,
et
les
cohortes
les
attaquaient
de
front
et
Cherchaïent
à
les
séparer
du
reste
de
l’armée.
XV.
Deux
raisons
avaient
déjà
fait
que,
sur
tous
les
points,
lecombat
n’était
plus
égal;
d’une
part,
les
frondeurs
baléares
etlesrecrues
espagnoles
avaient
alfaire
aux
Romains
et
aux
Lalins:
et,
d'autre
part,
le
jour
en
s'avançant
épuisait
les
forces
des
soldats
d’Asdrubal,
qui,
surpris
par
l’attaque
soudaine
du
matin,
avaient
été
forcés
de
sortir
à
la
hâte,
sans
avoir
pris
de
nourriture.
C'était
dans
cette
pensée
que
Scipion
avail
prolongé
le
combat
de
manière
à
gagner
lesoir.
À
la
seplième
heure
seulement
l'infanterie
avait
engagé
l'action
sur
les
ailes.
Le
centre
ne
s’y
méla
que
beaucoup
plus
tard;
de
sorte
que
lardeur
du
soleil
de
midi,
la
fatigue
qu'ils
éprouyaient
à
rester
debout
sous
les
armes,
la
faim,
la
soif,
avaient
accablé
les
Carthaginois
avant
qu'ils
en
fussent
venus
aux
mains
:
aussi
se
tenaient-ils
appuyés
sur
leurs
boucliers.
De
plus,
les
éléphants,
que
la
charge
tumultueuse
de
la
cavalerie,
des
vélites
et
des
troupes
légères
avaient
cffarouchés,
s'étaient
reportés
des
ailes
sur
le
cen-
tre.
Alors,
épuisés
de
fatigue
et
découragés,
les
ennomis
s'ébrarlèrent,
sans
quitter
leurs
rangs
ei
jam
conflixerant
cornua,
quum
qued
roboris
in
acie
hostium
erat,
Pœni
veterani
Afrique
nondum
ad
teli
con-
jectum
venissent,
neque
in
cornua,
ut
adjuvarent
pu-
guantes,
discurrere
auderent,
ne
apcrirent
mediam
aciem
venienti
ex
adverso
hosti,
Cornua
ansipili
prælio
urgebantur
:
eques,
levisque
armatura,
velites,
circum-
ductis
alis
in
latera
incurrebant;
cohortes
a
fronte
ur-
gebant,
ut
abrumperent
cornua
a
ceteraacie.
XV.
Etquum
ab
omni
parte
baudquaquam
Par
pugna
erat,
tum
quod
turba
Baliarium
tironumque
hispanorum
romaio
latinoque
militi
objecta
erat,
et
procegenie
jam
die,
vires
etiam
deficere
Asdrubalis
exercitum
Cæperant,
oppressos
maiutino
tumultu
coactosque,
priusquam
cibo
corpora
firmarent,
raptim
in
aciem
exire.
Ad
id
sedulo
diem
extraxerat
Scipio,
ut
sera
pugna
esset.
Nam
ab
se-
plima
demum
hora
peditum
signa
cornibus
incucurre-
runf.-Ad
medias
acies
aliquanto
serius
pervenit
Pugna
:
ita
ut
prius
æstus
a
meridiano
sole,
laborque
standi
sub
armis,
et
simul
fames
sitisque
corpora
afficerent,
quam
manus
cum
hoste
consererent.
Itaque
steterunt
seutis
in2
nisi.
Nam
super
cetera
elephanti
etiam,
tumultuoso
ge-
nere
pugnæ
equitum
velitumque
et
levis
armaturæ
con-
sternati,
e
cornibus
in
mediam
aciem
sese
intulerant,
Fessi
igi:ur
corporibus
animisque
retulere
pedem,
or-
d
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