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La folle journée ou Le mariage de Figaro : comédie en cinq actes, en prose

Beaumarchais, Pierre Augustin Caron de, 1732-1799

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mi a. 'r-, h ^4B^'J^L &&&-y ’Jf*\ '•«4fc- *rfj¡r .í?t-'»*--<^ i /^"„. vr^t» ;. _-«» WwfW«Hj '**-v^SíSicsrWvaB K'-xm nH J3|S <!¡r t.trknv /' /• 'oL Ju (CjC\A /10ÍWIUP U' HtMíCKj $. ,JíautuldlJ Mttft CiÁ’iL tá'CúlMIMt'MMA* AufatoMtfc* / <Y ti. i[41¿HbfyHt/- ou LE MARIA GE / DE TIGA M. O, 11 COMEDIE *^0f‘ ENCINO ACTES ET EN PROSE, ''*-0 Far M. DE BEAUMARCHA1S Repréfcntée pour la prcmicre fots aParís *par les Comeditas truncáis ordinaires du Roi ?le 27 Avril 17^4* ^*í: ’r'i En faveur do badinage , Faites grace ála raifon. Vaud. de ¡a Píece « ’ALY O N, D'aprés la Copie envoyée par l'Auteu gfiTi ====-: M. DCC, LXXXV. AVIS DE L’ÉDITEUR. Ar un abus puniüable ,on acnvoyé aAmfterdani un prétendu manufcrit de cette Piece ,tiré de mémoirc 8c défiguré jpleine de lacunes ,de contre-fens 8c d’abíurdités. On Pa imprimé 8c vendu en ymettant le nom de M. de Beaumarchais. Des Comédiens de Province íe font permis de donner 8c repréfenter cette produótion comme Pouvrage de l’Auteur. Il n’a manqué átous ces gens de bien que d’étre loués cUns quelques Feuilles pclipdiques. PRÉFACE. ^1. Nécrivant cette Préface ,mon but n’eft pasde re* chercher oiíéufement íí j’ai mis au Théátre une Piece bonne ou mauvaife ;il n’eft plus temps pour moi ;mais d’examiner fcrupuleufement ,&je le dois toujours ,íi j’ai fait une ceuvre blámable. Perfonne n’étant tenu de faire une comedie qui reffemble aux autres ;íi je me fuis écarté d’un chemin trop battu ,pour des raifons qui m’ont paru folides >ira-t-on rae juger ,comme Pont fait MM. tels ,Tur des regles qui ne font pas les miennes ?imprimer puérilement que je reporte l’art áfon enfance ,parce que j’entreprensde frayer un nouveau fentier ácet art dont la loi premiere ,&peut- ¿tre la feule ,eft d’amufer en inftruifant ?Mais ce n’eft |>as de cela qu’il s’agit. Il yafouvent trés-loin du mal que Pon dit d’un ouvrage ácelui qu’on en penfe. Le trait qui nous pourfuit le mot qui importune refte enfeveli dans le coeur ,pendant que la bouche fe venge en blámant prefque tout le refte. De forte qu’on peut regarder comme un point établi au Théátre ,qu’en fait de reproche ál’Auteur ,ce qui nous affeéfce le plus eft ce dont on parle le moins. Il eft peut-étre utile de dévoiler aux yeux de tous ,ce double afpeót des comedies ,&j’aurai fait encor uti bon ufage de la mienne ,íi je parviens en la ferutant 5áfixer Popinion publique fur ce qu’on doit entendre par ces mots :Qu’eft-ce que la décence theatrale ? Aforcé de nous montrer délicats ,fins connaifleurs ,S¿ d’afFeéter ,comme j’ai dit autre part ,l’hypocriíie de la décence auprés du reláehement des moeurs ,nous devenons des étres nuls ,incapables de s’amufer &de juger de ce qui leur convient :faut-il le dire ?des bégueules rafíaíiées qui ne íavent plus ce qu’elles veulent ,ni ce qu’elles doivent aimer ou rejeter. Déja ces mots íi ¡rabattus ,bon ton ,bonne compagme- ,toujours ajuftés au niyeau de A^ 4preface. chaqué infípide cotterie ,&dont la Utitude eft Agrande qu'on ne fait oü ils commencent &finiííent ,ont détruit la franche &vraie gaité qui diftinguaic de tout autre ,le comique de notre nación* Ajoutez-y le pédantefque abus de ces auties grands ítiocs décence Sz bonnes mocurs ^qui donnent un aii fi important,li íupérieur 5que nos jugeurs de comedies íeraient déloiés de íFavoir pas ales prononcer Tur toutes les pieces de Théátre 5Sz vous cónnaitrez apeu-pres ce qui garote le genie ^intimide tous les Auteurs ,&z porte un coup mortel ála vigueur de ^intrigue ,íans laquelle il iTy apourtant que du bel efprit ala glace >Se des comedies de quatre jours. Enfin ,, pour dernier mal ,tous les etats de la íociete font parvenus áfe fouftraire ála cenfure dramatique :on ne pourrait mettre au Théátre les Flaideurs de Hacine y íans entendre aujourd'hui les Dandins Se les Brid oifons 9 méme des gens plus éclairés 5s’écrier qu il n’y aplus ni mccurs 3ni refpeét pour les Magiftrats. On ne ferait point le Turcaret ,íans avoir áPinftant íur les bras ,Fermes ,Sous-Fermes 5Traites Se Gabelles , Droits-réunis ,TailleSj Taillons, le Trop-plem 3le Trop* bu 5tous les Impoíiteurs royaux. Il eft vrai qu’aujourd'hui Turcaret na plus de modeles. On l’oífrirait idus d'aurres rraits 3Éobftacle refterait'le méme. On ne jouerait point les Fácheux ,Ies Mavquis 3les Emprunteurs de Moliere ,íans révolter ála fois la haute 3 ía moyenne ,la moderne &l’antique Noblefte. Ses Femmesfavaníes irriteraient nos féminins bureaux d’efprit; mais quel calculateur peutévaluer la forcé &la longueur du levier quTl faudrait ,de nos jours ,pour élever jufqu'au Théátre Foeuvre foblime du Tartuffc ?Audi PAuteur qui íe compíomet avec le Public pour l’amufer you pour tinstruiré 3au líeu cPintriguer áfon choixfon ouvrage ,eft-il oblígé de tourniller dans des incidens impoffibles ,de períífler au lien de rire ,&de prendre fes modeles hors de la iociété ,crainte de fe trouver rnille ennemis, dont il ne connaiííait aucun en compofant Ion trille Drame. Jaaí done réñéchi que li quelque homme courageux ne íaouaispas toute ceue pwfee, bientotl'ennui des Pieces FRÉFJt CE. '5 francaiíés porterait la nation au frivole opéra-comique , ge plusloin encor, aux Boulevards ?áce ramasinfeéfc de rréceaux eleves anotre honte ,oü la decente liberté bannie duThéátre franjáis ,íe change en une licence effrénée ;ou la jeuneíTe va íe nourrir des groffíeres inepties , ge perdre ,avec fes moeurs ,le goüt de la décence 8c dfcs chefs-d’ceuvre de nos maítres. Jai tenté d’étre cet homme , &íi je n’ai pas mis plus de talent ámes ouvragés ,au moins mon intentions’eft-elle manifeftée dans tous. JJai penle ,je penfe encor ,qu’on n’obtient ni grand pathétique jni profonde moralité ,ni bon &vrai comique au Théátre ,íans des íituations fortes ,&qui naiifent toujours d’uiie difconvenance fociale ,dans le fujet qu’on veut traiter. I/Auteur tragique ,hardi dans fes moyens , ofe admettre le crime atroce ;les conrpirations ,l’ufurpationdu troné, lemeurtre, l’empoifonnement, l’incefte dans GEdipt 8c Phedre le fratricide dans Vendóme ;le parricide dans Mahomet ;le régicide dans Machbet ,&c. &c. Lacomédie ,moins audacieufe ,n'excede pas les diíconvenances ,parce que fes tableaux font tires de nos moeurs ,fes fujets ,de la fociété. Mais comment frapper fur 1avarice ,amoins de mettre en feene un méprifable avare ?démafquer lhypocriíie ,fans montrer ,córame Orgon dans le Tartuffe ,un abominable hypocrite , époufant fafilie &convoitarttfafemme ?un homme á bonnes fortunes, íans le faire parcourir un cercle entier de femmes galantes; un joueur effréné ,fans l’envelopper de fripons ,s’il ne l’eft pas déja lui-meme ? Tous ces gens-la font loin d’étre vertueux ;l’Auteur ne les donne pas pour tels :il n’eft le patrón d’aucun d’eux ; il eft le peintre de leursvices. Et parce que le íion eft feroce ,le loup vorace 8c glouton ,le renard rufé ,cauteleux ,la fable eft-elle fans moralité ?quand l’Auteur la dirige contre un fot que la louange enivre ,il fait cboir du bec du corbeau le fromage dans la gueuie du renard, ía moralité eft remplie: s’il la tournait contre le ^as^at:!:eur >il finirait fon apologue ainíi :le renard s’en fidfit, le devgre ;mais le fromage étart empoifonné. La fable eft une comédie légere ,8c toute comedie n’eft <JUun long apologue :leur diíférence eft ,que dans la uPRÉFACE. foule d’abus qui déíolent la Société. Mais comme ce n’ell pas la ce qui gáte un ouvrage aux yeux du Cenleur eclairé itous ,en 1approuvant »1ont reclame pour le Théátre. lia done fallu l’y foutfrir alors íes Grands du monde ont vu jouer avec fcandale. Certe Piece ovi Pon peint un infolent valet Diiputant fans pudeur fon époufe áfon maítre. M. Gudiiu Oh ique j’ai de regret de n’avoir pas fait de ce íujet moral ,une Tragédie bien íanguinaire !Mettant un poignard ala main de l’époux outragé ,que je n’aurais pas nommé Fígaro; dans ía jaloufe fureur je lui aurais fait noblement poignarder le PuilTant vicieux ; Be comme il aurait vengé fon honneur dans des veri quarrés, bien ronflans, &que mon jaloux, tout au moms General d’armée ,aurait eu pour rival quelque tyran bien horrible &régnant au plus mal fur un peuple défolé ; tout cela trés-loin de nos moeurs ,n3aurait je ciois bleíle períonne ;on eüt crié bravo ;ouvrage bien moral, Nous étions fauvés ,moi 8c mon Fígaro íauvage. Mais ne voulant qu3amuíer nos Francais 8c non faire ruiífeler les larmes de leurs époufes ;de mon coupable Amant j 3ai fait un jeune Seigneur de ce tems-lá ,prodigue ,alfez galant ,méme un peu libertin ,á-peu-prés comme les autres Seigneurs de ce tems-lá. Mais qu3oferaiton dire au Théátre d’un Seigneur ,íans les oftenfer tous , íinon de lui reprocher Ion trop de galanterie !N’eft-ce paslá le défaut le moins contefté par eux-mémes ?J’en vois beaucoup 3d’icí ,rougir modeftement (&c3eft un noble effort )en convenant que j’ai raifon. Voulant done faire le mien coupable }j’ai eu le refpedt généreux de ne lui préter aucun des vices du peuple. I3irez-vous que je ne le pouvais pas ,que c’eut été blefíer toutes les vraifemblances ?Concluez done en faveur de ma Piece ,puiíqu/eníin je ne Tai pas fait. Le défaut méme dont je l’accufe n’aurait produit aucun mouvement coraique ,fj je ne lui avais gaiment oppofé l’homme ?le plus dégourdi de fa nation 3le ?REF A CE. it, v¿ihable Fígaro ,qui tout en défendant Sudarme ,ía propriété ,fe moque des projets de fon maitre ,&s'indigue trés-plaifamment quJ il oíe joüter de rufe avec lui , maítre pafle dans ce genre deícrime. Ainíi/ d’une lurte aflez vive entre l'abus de la puiffance ,roubli des principes ,la prodigalité ,Poccafion , tout ce que la féduétion ade plus entrainant ;&le feu ,l'efprit ,les reitources que 1’infériorité piquee au jeu >peut oppofer acette attaque >íl nait dans ma Piéce un jeu plaiíant dintrigue »ou 1epoux fiiborneur , contrarié ,laíTé 3harrafíe ,toujours arrété dans fes vues > eft obligé trois fois dans cette journée de tomber aux pieds de fa femme ,qui bonne ,indulgente ,&fenlible finit par lui pardonner :c^eft ce qu’elles font toujours. Qu a done cette moralité de blámable ,Mellieurs ? La trouvez-vous un peu badine pour le ton grave que jeprens? accueillez-en une plusfévére qui bleífevos yeux dans Pouvrage ,quoique vous ne Py cherchiez pas : c’eft qu’un Seigneur aíTez vicieux pour vouloir proftituer a fes caprices tout ce qui lui eft fubordonné ,pour fe jouer dans fes domaines ,de la pudicité de toutes fes jeunes vafíales ,doit finir córame celui-ci ,par étre la rifée de fes vaiets. Et c’eft ce que l’Auteur atrés-fortement prononcé , lorfqu’en fureur au cinquiéme Aéte ,Almaviva ,croyant confondre une femme infidéle, montre áfon jardinier un cabinet, en lui criant :Entres -y toi ,Antonio ,conduis devant fon juge ,l'infdme qui myadeshonoré ;&C que celui-ci lui répond :Hy a,parguenne une bonne Providence !Vous en ave\ tantfait dans le pays ,qu'ilfaut bien au£i qu'a votre tour l... . Cette profonde moralité fe fait fentir dans tout Pouvrage ;&s’il convenait áPAuteur de démontrer aux adverfaires qu’á travers fa forte le$on il aporté la confidération pour la dignité du coupable ,plus loin qu'on ne devait Pattendre de la fermeté de fon pinceau ;je leur ferais remarquer que ,croifé dans tous fes projets ,le Comte Almaviva fe voit toujours humilié >íans étre jamais aviii. En eífet ,Íí la ComteíTe ufait de rufe pour aveugler ía jalouíie dans le deifein de le traliir ,devenue coupable i4 PRE FACE. elle-méme ,elle ne pourrait mectre áfes pieds fon épo’ux, fans le dégrader ános yeux. La vicíenle intention de Pépoufe ,brifant un lien refpeété ;Ton reprocherait juf, tement a1Auteur d'avoir tracé des moeurs blámables :car nos jugemens Tur, les moeurs íe rapportent toujours aux femmes ;on n'eftime pas aílez les hommes pour tant exiger deux Tur ce point délicat. Mais ,loin qu’elle ait ce vil projet ,ce qu’il yade mieux établi dans Pouvrage ,eft que nul ne^ veut faire une tromperie au Compte ,mais íeulement 1empecher d'en faire atout le monde. C'eít la purete des motifs qui fauve ici les moyens ,du reproche; &de cela feul ,que la ComtelTe ne veut que ramener ion mari ;toutes Ies confufioas quhl éprouve íont certai- «emenc tresmorales ;aucune nJeít avihííante. Pour que cette vérité vous frappe davantage, l’Auteur oppofe ace mari peu délicat ?la plus vertueuíe des femmes par gout &par principes Abandonnée d'un époux trop aimé ;quand l’expofe-ton avos régards ?dans le moment critique ou la bienvei anee pour un aimable enfant ,fon filleul ,peut devenir un gout dangereux ,íi elle permet au reífentiment qui apuie ,de prendre trop d'empire fur elle. C’eít pour taire mieux fortir 1amour vrai du devoir ,que 1* Auteur la met un moment aux prifes avec un gout naiflant qui le combar. Oh !combien on s’eft érayé de ce léger mouvement dramatique ,pour nous accufer dmdécence! On accorde ála tragédie ,que toutes les Reines, les Prin- , es aient des pafíions bien allumé'es qu’elles combattent Pus ou moins ;&l’on ne fouffre pas que ,dans la comedie ,une femme ordinaire puiíle lutter contre la moindre faibleífe ?Ogrande infiuence de l’Affiche ' jugement sur &conféquent’ avec la dífférence du gente ‘ on blame ici ,ce qu on approuvait lá. Et cependant en rXCrSC?ft tOUJ’OUrS Ie méme PrinciPeipoint de .vertu lans íacrifice. J’ofe en appeller avous jeunes infortunées ,que votre mheur attache ádes Almaviva !Diftingueriez -vous imn°rr rS V°tr5VertU de sTOS chagrins >quelqu’intérét cXalVZ*™ ^7 ^dlíriper> ne VOUS avertiíTait nnn T» 11 eft tems &eombattre pour elle »Le chagrín / '?RE PAC X: is cíe perore un man ,n'eft pas ici ce qui nous toucfie ;un j-egret aulli perfonnel eft trop trop loin d’étre une yerta » Ce quí nousplaít dans la Comteífe ,cJeft de la voir lurter franchement contreun gout naiílant quelle bláme, 8c des relfenrimens legitimes. Les eíforts quelle fait alors pour ramener fon infidele époux ,mettant dans le plus heuieux jour les deux facrifices pénibles de fon gout &de ía colere on ifa nul befoin dJ ypenfer pour applaudir áion triomphe ;elle eft un modele de vertu ;l'exemple de fon fexe 8c Pamour du nótre. Si cette métaphyíique de l’honnété des Scénes ;f¡ Ce principe avoué, de toute décence théatrale ,n’a poinc frappé nos juges ála repréfentation ;c’eft vainement que j'en étendrais ici le développement ,les coníequences ;un tribunal d’iniquité n'écoute point les défenfes de l’accuíe qu’il eft chargé de perdre ;8c ma ComteíTe n’eft poinc traduite au Parlement de la nation :c’eft une Comiífion qui la juge. On avu la légere efquifte de fon aimable caraétere „ dans la charmante Piece d’Heureufement. Le gout naiílant que la jeune femme éprouve pour fon petit couíin l’Oííicier ,n’y parut blámable áperfonne ,quoique la tournure des ¿cenes püt laifter ápenfer que la foirée eüt fini dautre maniere ,íl 1époux ne füt pas rentré ,comme dit PAuteur heurcufement. Heureufement auffi Pon navait pas le projet de calomnier cet Auteur :chacun fe livra de bonne-foi á ce doux intérét qumfpire une jeune femme honnéte 8c lenfible ,qui reprime fes premiers goúts, ¬ez que ans cette Piece ,l'époux ne paran qu’un pea fot ,dans merme deft infideles ma Comtefle aplus de mérite inlrp dans Sue ¡= dífens ,le plus volcable mémeefpm.^" 11f“r“ComKire !Le tefc eft dans le r¡eu P re UrqU0 11 5“r^T la camariíle 'Ipiritaelle ,adrolte & Zl' r'elle dr°¡t de n°US C'eft ouatffitudrait pour vamcre une filie de fon é'at ele nliefire pas Jconfe les ¡memions d„Com°n^ la maSe & f* „ b¡e"f“r'' e¡ll«&conduite ; íaplus long de la Piece ,11 a'y apas une phrafe » !<? ?REFACE. un mot ,quí lie refpire la íagefle Se l’attachement \fe devoirs :la feulerufe qu’elle fe permette ,eft en faveur de ía maitreíle ,áqui fon dévoument eft cher ,Se dont tous les vceux font honnétes. Pourquoi ,dans fes libertes Tur fon maitre ,Figuro m’amufe-t-il ,au lieu de m’indigner ?C’eft que ,l’oppofé des valets ,il n’eft pas ,Se vous le íavez ,le malhonnéte houi me de la Pice :en le voyant forcé par fon état ,de repoufler l’infulte avec adreífe !on luí pardonne tout, des qu’on lait qu il ne rule avec fon Seigneur ,que pour garantir ce qu’il aime ,Se íauver ía propriété. ..Done ,hors le Comte Se fes agens ,chacun fait dans la Piece á-peu-prés ce qu’il doit. Si vous les croyez malhonnétes, parce qu’ils difent du mal les uns des autres ;c’eft une regle trés-fautive. Voyez nos honnétes gens du íiecle ;on paífe la vie áne faire autre chofe ! II eft méme tellement recu de déchircr íans pitié les ab* fens ,que moi ,qui les défens toujours ,j’entens murmurer trés-fouvent :quel diable d’homme ,Se qu’il eft contrariant !il dit du bien, de tout le monde ! Eft-ce mon Page ,enfin ,qui vous fcandalife ,& 1immoralité qu’on reproche au fond de l’ouvrage ,íerait* elle dans l’acceíloire ?Oceníeurs délicats !beaux eíprits íans fatigue !inquiíiteurs pour la inórale ,qui condamnez en un clin-d’oeil les réflexions de cinq années ;íoyez juftes une fois ,íans tirer aconíequence. Un enfánt de treize ans ,aux premiers battemens du coeur ;cherchant tout , íans rien demeler ;idolatre ,ainíi qu’on Peft á. cet age heureux ,d’un objet célefte pour lui ,dont le hafard fit ía maraine ,eft-il un fujet de ícandale ?Aimé de tout le monde au chateau ;vif ,efpiegle Se brülant ,comme tous les enfans ípirituels jpar fon agitation extréme ,il derange dix fois, íans le vouloir ,les coupables projets du Comte. Jeune adepte de la nature !tout ce qu’il voit adroit de lagiter :peut-étre il n’eft plus un enfant; mais neft pas encor un homme :Se c’eft le moment que j’aí choiíi ,pour qu il obtint de l’intérét ,íans forcer perfonne arougir. Ce qu’il éprouve innocemment ,il l’infpire par-tout de méme. Direz-vous qu’on l’aime d’amour? eníeurs !ce neft pas la le mot :vous étes trop éclairés PREFAC<E. iy pour ígnorer que Tamour ,méme le plus pur ,aun motif íntéreíle :on ne Taime done pas encor ;on fent qu’uii iour on l’afmera4Et c’eít ce que TAuteur amis avec gaité dans la bouche de Sufanne ,quand elle dit ácet enfant i Oh !dans trois oaquatre ans ,je prédis que vous ferei Is plus grand petit vaurien !... . Pour lui imprimer plus fortement le caradere de Ten* failce ,nous le fefons exprés tutoyer par Fígaro, Suppoíezlui deux ans de plus ,quel valet dans le cháteau prendraic ces libeltés ?Voyez-Ie ála fin de fon role ,ápeine ati¡ un habit d’Oíficier ,qu’il porte la main á1epée aux premieres railieries du Comte ,Tur le quipfoquo d'un foufflet. Ii lera íier ,notre étourdi !maisdeft mi enfant ,fien de plus, Nai-je pas vu nos dames dans les ioges airner mon Page á la folie ?Que lui voulaient-elles ?helas !ríen :c’était de Tintérét auíli ;mais ,comme celui de la Comteíle ,un puf &nai'f intérét :un intérét ».4.¡*íans intérét. Mais eft-ce 1a, perfonne du Page ou la confcience du Seigneur quifait le tourment du dernier 5touteslesfoisque TAuteur les condamne á(e reconrrer dans la Piece ?Fixez ce léger appercu ,il peut vous mettre fur fa voie ;ou plutdf apprenez de lui ,que cet enfant neft amené que pour ajouter ála moralité de l’ouvrage ,en vous montrant que Thomme le plus abfolu chez lui ,des qu’il fuit un projeC Coupable ,peut-écre misau défefpoir parTétre lemeinsimportant, par celui qui redoute le plus de fe rencontrer fur íaroute. Quand üloll Page aura dix-hu.it ans ,avec 'é cafadere VÍf &bouiilant que je lui ai donné ,je íeraj coupable á mon tour ,(i je le montre fur la Scene. Mais átreize ans qu’infpire-t-il ?quelque chofe de feniible Se dmk ,qui neftamitié ni amour ,Se qui tient un peu de touS deux .Jaurais de la peine afaire c: roíre aTiuno-Cence de ces nnpremons jíi nous vivions dans un fícele moins chaile , dans un de des ílécles de calcul, oii ,voulant tout prématuré ,comme les fruits de leurs ierres chandes *íes Giands mariaient les enfans ádouze ans! Se fefaient píier la nature ,la décence Se le goüt aux plus fordides convenances ,en fe hátant fur-tout darracher de ces erres non otmés ,des enfans encor moins formables, dont le bonc PREFACE. heur n’occupait perfonne ,8c qui n’étaient que le pretexté d’un certain trafic d’avamages,qui navait nul rapport áeux mais uniquement üleur nom. Heureuíement nous en Tomines bien loin :&le caraétérc de mon Page ,fans conféquence pour lui-méme ,en aune relative au Comte ,que le Moralifte appercoit ,mais quí iTa pas encore frappé le grand commun de nos jugeurs. Ainíi ,dans cet ouvrage ,chaqué role important aquelque but moral. Le feul qui femble ydéroger ,eíl le role de Marceline. Coupable d’un ancien égarement ,dont Ton Fígaro fut le fruit »elle devrait ,difon ,fe voir au moins punie par la confulion de Ta faute }lorfqu’elle reconnait Ton fils. L'Auteur eüt pu méme en tirer une moralité plus profonde : dans les mceurs qu’il veut coríiger ,la faute dJune jeune filie Téduite ,eft celle des hommes ,8c non la Tienne. Peurquoi done ne Ta-t-il pas fait ? II Ta fait ;Cenfeurs raiTonnables! étudiez la Scénefuiyalite ,qui fefait le nerf du troiíieme Aéte ,8c que les Comédiens m’ont prié de retrancher ,craignant qu’un tnorceau íi févére n’obfcurcit la gaité de Taétion. Quand Moliere abien humiiié la Coquette ,ou Coquine du Mifanthrope ,par •la leéture publique de íes lettres á tous Tes amans ,il la laiíle avilie Tous les coups qu'il lui a portes •, il araifon ;qu’en fcrait-il ?vicieufe par goüt & par choix ;veuve aguérie ;femme de Cour :fans aucune excufe d’erreur ,8c fléau d'un fort honnéte homrae ;il Ta* Jbandonne anos mépris, 8c telle eft ia moralité. Quant á tnoi ,faififíant Taveu naif de Marceline au mornent de la íeconnaiflance ,je montrais cette femme humiliée, 8c Bartholo qui la refufe ,8c Fígaro leur fils commun dirigeant Tattenrion publique Tur les vrais fauteurs du défordre ou Ton entraíne ians pitié toutes les jeunes filies du peuple , douées d’une jolie figure. •O Telle eíl la marche de la Scéne. BRId' OISON. (Parlant de Fígaro qui vient de reeonnaitre fa mere en Marceline. C’eít clair ;Í-i! ne l’épouíera pas. PEFACE. BARTHOLO Ni moi non plus. MARCELINE. Ni vous! &votrefils? Vous m’aviez juré... 1BARTHOLO. J’écais fou. Si pareils fouvenirs engageaient ,on feráit %£nu d’époufer touc le monde. BRID’ OISON. E-Et íi Ion yregardait de íi prés ,peerfonne n’épouLerait perfonne. BARTHOLO. Des fautes íi connues! une jeuneíTe deplorable ! MARCELINE, s’échauffant par degrés. Oui ,deplorable ,8c plus qu’on ne croit !Jen’entens pas nier mes fauces ;ce jour les atrop bien prouvees !mais qu'il eft dur de les expier aprés trente an d’une vie modefte !J’étaisnée, moi ,pour étre fage ,&je la Luis devenue íi-tót qu’on m’a permisd’ufer de ma raifon. Mais dans l’áge des illuíions ,de l’inexpérience 8c des beíoins , ou les fédudteurs nous aííiegent ,pendant que la mifere , nous poignarde ;que peut oppofer une enfant ,atañe d’ennemis raflemblés ?Tel nous juge ici feverement ,qui peut-étre en ía vie aperdu dix infortunées. FIGARO. Les plus coupables fonc les moins généreux jc’eft la regle. MARCELINE, vivement. Hommes plus qu’ingrats ,qui flétriflez par le mépris , les jouets de vos pailions ,vos victimes !c’eft vous qu’il faut punir des erreurs de notre jeuneíle :vous ,8c vos Magiftrats íi vains du dtoit de nous juger ,qui nous laillent enlever ,par leur coupable négligence ,tout honnéte moyen de fubíifter. Eft-il un feul état pour les malheureufes filies ?ellcs avaient un droit naturel átoute la parure des/emmes ;on ylaifíe former mille ouvrier de 1autre íexe. FIGARO. lis font broder jufqu’aux foldats! MARCELINE, exaltée. Dans les rangs ,méme plus eleves ,les femmes n’ob Ci A pREFACE, ticnnent de yous qu’une confidération de'rifoire. Leurées de refpeds apparens ,dansune fervitude réclle jtraitéesen xnincures pour nos bicns >punies en majeures pour nos fautes; ahí (chis tous les alpeds, votre conduite aveq jnous ,fait horreur ou pitié, FIGARO. Elle araifon. .LE COMTE, apan. Que trop raifen. BRID'OISON. Elle a,mon-on Dieu !raiíon. MARGELINE. ^lais que nous font mon fils ,les refus d’un homme injufte ?ne regarde pas dou tu viens, vois ou tu vas ; cela feul importe áchacun, Dans quelques mois ta fiancée ne dépendra plus que dJelle-méme ;elle dacceptera » j’en répons :vis entre une époufe »une mere tendres » qui te chérirontá qui mieux mieux. Sois indulgent pour elles, heureux pour toi ,mon fils 5gai ,libre 8c bon pour tout le monde ,il ne manquera rien áta mere. FIGARO. Tu parles d’or ,maman ,&je me tiens aton avis! Qu’on eft fot en eftet *' il yades mille mille ans que le jponde roule j-& dans cet océan de durée ,ou jai par Jiaíard attrapé quelques chétifs trente ans qui ne reviendrontplus, j'irais me tourmenter pour favoir áqui je les dpis'. tant pis pour qui s’en inquiete. Pafler ainfí la vie áchamajller »c5eft pefer fur le collier íans reláche ,comíjie les malheureus: chevaux de la remonte des fleuves , miine repofent pas ,méme quand ils s’arretent ,8c qui tírent toujours ?qqoiqu ils ceílent de marcher. Nous atiendrons. "T**!'"*'''''*.'*—1-ni Jai bien regretté ce morceau ,&maintenanr que la Piece eft cpnnue ,fi les Comédiens avaient le eoura^e de Je reítituer áma priere ,je penfe que !e Public leur míjaurait beaucoup de gré. Ils nauraient plus méme á f¿pondré» coiíipae je fus toreé de le faire ácertains cen-? fpm4ubeau monde» qui me reprochaient ála ledu- *¿2 les imiúki pour une femme de maraes 1VREFACE, n tnoeurs. —Non ,Mellieurs ,je n’en parle pas pour excufer fes moeurS ,mais pour vous faire rougir des vótres furle point le plus deftruéteur de toqte honnéteté publique; la corruption des jeun.cs perfonnes ;&j’avais raifon de le dire que vous trouvez ma Piece trop gaie ,parce quelle eft fouvent trop fevere. Il n’y aque facón de s’entendre. —Mais votre Fígaro eft un foleil tournant ,qui brule ,en jailliííant ,les manchettes de tout le monde. ~* Tout le monde eft exageré. Qtfon me fache gré du moins sil ne brille pas auííi les doigts de ceux qui croient sJyreconnaítre :au tems qui court on abeau jeu fur cette matiere au Théátre. M'eft-il permis de compofer en Auteur qui fort du college ,de toujours faire rire des enfans ,fans jamais rien dire ádes hommes > Et ne devez-vous pas me paífer un peu de morale ,en fiveur de ma gaité ;comme on palle aux Franjáis un peu de folie ,en faveur de leur raifon. Si je n’ai veríe fur nos fotifes qu'un peu de critique badine ,ce nJéft pas que je ne fache en former de plus féveres :quiconque adit tout ce qu’il fait ,dans fon ouvrage ,yamis plus que moi dans le mien. Mais je garde une foule d'idéas qui me preífent ,pour un des fujets les plus moraux du Théátre ,aujourd'hui fur raon chantier : la Mere coupable ;Se íi le dégoüt dont on m’abreuve me permet jamais de fachever ;mon projet étant d5y faire verfer des larmes átoutes les femmes fenfibles ,j'éleverai mon langage ála hauteur de mes fituations ;j’y prodiguerai les traits de la plus auftere morale ,&je tonnerai fortement fur les vices que j’ai trop ménagés. Appretez-vous done bien ,Meííieurs ,áme tourmenter de nouveau ;ma poitrine adéja grondé ;j’ai noirci beaucoup de papier au fervice de votre cere . Et vous honnétes mdiíférens, qui jouiftezde tout fans prendre parti fur rien :jeunes perfonnes modeftes Se timides ,qui vous plaiíez áma Folie Journée 3(Se je nentreprens ía défenfe que pour uftifier votre goüt : ) loríque vous verrez dans le monde ,un de ces hómWes tranchans ,critiquer vaguement la Piece ,tout blá- &?£ fans rien déíigner ,fur-tout ia. uouver indecente ; a? PRÉFACE. dans les occaíions difficiles ,Fígaro pouvait ^galement oppofer áfa íituation tout état qui exige une obéiííance implicite ;&le cénobite zélé ,dont le devoir eft de tout croire íans jamais rien examiner ;comme le gucrrier valeureux ,dont la gloireeft de tout aflronter lur des ordres non motives ,de tucr &fe faire tuer pour des intérets qu‘il ignore. Le mot de Fígaro ne dit done rien ,linón quhin homme libre de fes aétions ,doit agir fur d’autres principes que ceux dont le devoir d'obéir aveuglément. Qu’aurait-ce été ,bon Dieu !li j"'a vais fait uíáge d'un mot qu’on attribue au Grand-Condé,8c que j’entens louera Olí trance ,par ces memes logiciens qui déraifonnent fur ma phrafg. Ales croire ,le Graríd-Condé montra la plus noble préfence d'elprit ,lorfqu’arrétant Lotus XIV prét á PPufer ion cheval dans le Rhin ,il dit áce Monir que :Sire ,ave{-vous befoin du bátan de Maréchal ? Heureufement on ne prouve nulle part que ce grand homme aitditcecte grande íottiíe, C'eüt été dire au Roi devant toute fon Armée: Vous moquez-vous done ,Sire , de vous expofer dans un fleuve ?Pour courir de pareils dangers ,jl faut avoir befoin d’avancement ou de fortune !.^ Ainíi fhomme le plus vaillant ,le plus grand General du íiecle aurait compté pour rien l’honneur ,le patriofilme Se la gloire !un miférable caícul d’incérét eut été 5 felón lili ,le feul principe de la bravoure !il eüt dit la un aífreux mot !Se (i j’en avais pris le íens pour l’enferr mer dans quelque trait ,je mériterais le reproche qu’on fait sratuitementáu mien. Lají]pns done les cerveaux fumeux louer ou blámer p,u hafard ,íans fe rendre compte de rien ;s’extafier fur une fottife, qui na pu jamais étre dite ,&proferiré un mot jufte Se limpie ,qui ne montre que du hon lens, ’r Un autre reproche aífez forc ,mais dont je n’ai pu me laver ,eft d’avoir aíligné pour retraite ála Comteífe un cerrain epuvent d’lIrfulines. Urfulines !adit un jeigneur joigpant les mains avecéclar, Urfulines !adit une dam? en íe fenvepíant de furprife fur un jeune Anglais ds ík bpt Urfulms ishMyiprcl i¡¡ Ygus cw?odies i'pRÉFACE. *9 le francais!..Je fens,je fens beaucoup,Madame,dit le jenne tmmé en rougi&nt. -Ceft qu’on na,amais mis au Théatre aucime femme aux Urfuline, !Abbe ,parlez-nom done! L’Abbé ,(toujouts appuyée fur lAngl.m )commenc tromez-vous Vrfilhes ,Fort mdecenc repond l’Abbé ,íaiis ceder de lorgner Su\annc\ &c tout le beau monde arépété ,Urfuhnes ejl fort in.lecen.t^ 1auvre Airteur !on te croit jugé ,quand chacun fonge afon aftain.. Envain j’eíTayais d’établir que ,dans 1evenement de la Scene ,moins la ComteíTe adeíTein de fe cloitrer ,plus elle d®it le feindre &faite croire áfon epoux que fa retraite eft bien choiíie: iísont proferirmes UurfuLines Dans le plus fort de la rumeur ,moi bonhomme . iavais été jufqu'a prier une des Aftrices,qui font le charme de ma Piece ,de demanderaux mécontens ,aquel autíe couvent de filies ¡ls eftimaienc qu’il fót dkent que Ton fit entrer la Comteíle. Amoi ,ceia metait egal , je l’aurais mife ou fon aurait voulu ;aux Augujhnes , aux Célejlines ,aux Clairettes ,aux Vifitandmtí:meme aux Petitcs Cordelicres ,tant je tiens peu aux Urfuhnes !Mais on agit íi durement J Enfin ,le bruit croiílant toujours ;pour arranger iai*- faire avec douceur 3j’ai laiííe le mot Urf aliñes ala pLace ou je l’avais mis :chacun alors content de foi 3de tout leíprit qu'il avait montré 3sJeft appaifé fur Urftilines 3Se Ton aparlé d’autre chofe , Je ne fuis point ,contrae Ton voit 3Tennemi de mes ennemis. En diíant bien du mal* de moi iis nen ont point fait áma Piece &s’iís fencaient feulement autant JilL ni ü-AUCÜUp ÍUdlglli) LlúpUla iC Jccufons done l’effet de leur colere, Ades moralités d’enfemble &de detall ,repandue ans les fíqtsd’une inalterable gaité ;kun dialogue aflez íi ,dont la facilité nous cache le travail ,li l’Auteur a 'int une intrigue afément filée ,ou 1art fe dérobe íous í> qui fe n<?qe &fe dénoue faiis ceíB aacfave;s «tne *V ’'• Iv I so PREFACE. toule de lituations comiques, de tableaux piquans 8c varíes qui foutiennent ,fans la fatiguer ,l’attention du Public pendant les trois heures 8c demie que dure le meme ípe&acle ;(eílai que nul homme de lettres n'avait encore oíe temer !)que reftait -il áfaire áde pauvres méchaos, que tout cela irrite ?attaquer, pourfuivreFAuteur par des injures verbales, pianufcrits, imprimées :c’eftce qu on afait fans relache. lis ontméme épuifé jufqu'á la Qilomnie ,pour tácher de me perdre dans Peípric de tout cequi influe en France Tur le repos dJun citoycn. Heureulement que mon ouvrage eft fous les yeux de la na* tion ,, qui depuis dix grands mois ,le voit ,le juge & iapprecie. Le laiííer jouer tant qu’il fera píaiíir ,eft la cu e\engance que je me fois permife: Je nJécris point ceci pour les ledeurs a&uels ;le récit d’un mal trop connu ,touche peu ;mais dans quatre-vingts ans il pori.era on Les Auteurs de ce tems-lá ,compareront ejr ort au notre ;8c nos enfans lauroflt áquels prix on pouvait amuíer leurs peres. Allons au fait ;ce n’eft pas tout cela qui bleíTe. Le iraí mon qui íe cache, 8c qui dans les replis du ccrur pro uit tous íes atieres reproches 3eft renfermé dans ce ^uatram : Pourquoi ce Fígaro qu’on va tant écouter , £ít-il avec fureur déchiré par les fots l Recevo/r ,prendre &demander $ roua le feereten trois mots. -n effet ,Fígaro parlant du métier de courtifans ,J dehmt dans ces termes féveres. Je ne puis le nier ,je \\ dit. Mais reviendraxje fur ce point ?Si ceft un mal ereme eeraitpire :il faudrait poíer méthodiquemei: ce que je nai fait qu mdiquer ;revenir ámontrer quJ nya point de fynonyme en frangís, entre l’homme d !, °r r\.0mmc / (íe Co' dr y&le Courtifan par metía nfaudrait repeter qu homme de la Cour peint fe ule i: t/ nUn noDie etar: s’entend de l’homme de qua bte vxvant avec la noblefle &l’éclat que fon rang lui im lll :11 “í h°m™. *f* Cour aime le bien pa g>ans ínteiet ,ii ,lom ele ¡anuís nuire áperfonne ,i PRE FACE. 3* fe faír eftimcr de íes maítres ,aimer de íes dgaux ,8c reípefter des autres ;alors cette acception recoitun neuveau luftre ,8c j’en eonnais plus d’un que je nommerais avec plaiíir ,s’il en était queftion. Il faudrait montrer qu’homme de Cour ,en bon fraileáis, eft moins l'énoncé d’un état, que le réíumé d’un caraófcere adroit ,liant ,mais réfervé ;preflant la main de tout le monde en gliífant chemin átravers ;menant íinement fon intrigue avec l’air de toujours fervir ;ne fe fefant point dennemis ,mais donnant prés d'un foíFé , dans l’occaíion ,de l’épaule au meilleur ami ,pour aflurer fa chute &le remplacer Tur la créte ;laiílant ápart tout préjuge qui pourrait ralentir fa marche ;fouriant á ce qui lui déplait ,&: critiquant ce qu’il approuve, felón les hommes qui Técoutent :dans les liaiíons útiles de ía femme, ou de ía maitreíle ,ne voyant que ce quJil doit voir :enfin. ... \• Prenant tout ,pour le faire court , En véritable^a/7z/72£ de Cour La Fontaine. . Cette acception n’eft pas auffi défavorable que celle dn Courtifan par métier ,&c’eft fhomme dont parle Fígaro. Mais quand j'étendrais la définition de ce dernier; quand ,parcourant tous les poílibles ,je le montreraisavec ion mamtien equivoque ,haut &bas ála fois ,rampant avec orgueil ;ayant toutes les prétentions fans en juftifier une ;íe donnant 1air du protégement pour fe faire chef de pa™. dé™grant tous les concurrens qui balanceraient fon ere ít ;eant un metier lucratif de ce qui ne devrait qu’hoorer ,vendant íesmaitreíles afon maitre ,lui fefant payer es pai irs,, &c. &c. &quatre pages d’&c. il faudrait toujours revenir au diftiquede Fígaro ;recevolr ,prendre & demanden rolla le fecret en trois mots. on f Ur C< i^ XC -rrl enrnconníúsp°int ;il yen eut, ditpafrf, ^ ous dautres Ruis encor mais ceft les viciV %1Vl ' 3r i en ’<luant amoi jíeluis d’avis que cent , dU Í ieC eCn f °nt COmme ks .Saints »qu’il ¿ut _1S P°ur les caponifer. Mais puifque j’ai promis la critique de ma Piéce, il faut enfin que je la donne. Va PREFACE. En general fon grand défaut eft que je ne [ai pointj’aitt en obfcrvant le monde - yqu’elle ne peint ríen de ce qui exifle ,&nc rappclle jumáis l'imagc de la focieté ou l’on vú;que J}s murs bdjjes &corrompues ,n’ont pus mime k mérite Acetre vraies. Et c’eft ce qu'on liíait derniérement dans un beau difcours imprimé, compoíe par un iiomme de bien ,auquel il iva manqué qu un peu d’efprit pour etre un écrivain mediocre. Mais ,mediocre ou non ,moi qui ne fis jamáis ufage de cette abure oblique Se tolde avec laquelle un Sbire ,qui n’a pasl’air de vous regarder ,vous donne du ftiiet au flanc ,je luis de 1avis de celuici. Je conviens qu’á la vérité la génération paílée reíTemblait beaucoup áma Piéce ;que la generación future lui reííemblera beaucoup auffi ;mais que pour la génération préfente ,elle ne lui reílémble aucunement ;que je n’ai jamais rencontré ni mari fuborneur, ni feigneur lioertin, ni courtiían avide ,ni juge ignorant ou palüoné ,ni avoca! injuriant ,ni gens médiocres avancés ,ni tradudteur balfement jaloux. Et que íi des ames purés ,qui ne syreconnaiíTentpoint du tout }s’irritent contre ma Piece &la dechirent fans reláche ,c’eft uniquement par refpeét pout leurs grarids-peres ,&feníibilité pour leurs petits-enfans, j’efpére, aprés cette déclaration qu’on me lailíera bien tranquille jet j’aj finí. caracteres CARACTERES ET HABILLEMENS LDELA PIE CE. EComte AlmavivAdoit-étre joué trés-noblem*ent , mais avec grace 3c liberté. La corrupción du cceur ne doit rien óter au bon ton de fes manieres. Dans les moeurs de ce tems -la lesGrands traitaient en badinant toute entreprife Tur lesfemmes. Ce role eft d’áutant plus pénible á bien rendre que le perfonnage eft toujóurs iácrifié. Mais joué paruncom édien excelíent (_M. Molé ),il afas tre* íbrtirtous les roles ,Se adiaré !c íuccés de la Piece. Son vétement du premier 3c lecond Aótes eft un habic de challe avec des bortines ¿a mijambe ,de Panden coftume efpagnol. Du troilleme Aéle jufquii la fin ,un habic fuperbe de ce coftume. La Comtesse agitée de denx fentimens contraires, ne doit montrer qu’une fenfibilité réprimee, ou une colere tros-modérée 5rien fur-tout qui degrade aux yeux du fpectateur ,fon caraétere aimable 3c vertueux. Ce role ,un des plus diíficiles de la Piece ,afait infiniment d’honneur au grand talent de Mlle. Saint-Vul , cadette. Son vétement du premier ,fecond 3c quatrieme Ades , eft une lévite commode ,&nul ornement Tur la tete : elle eft chez elle &cenfée incommodée. Au cinquiéme Aéte elle a1itabillement 3c la haute coéfture de Sw3 ¡annc m .Ficaro;L'on ne peut trop recommander ál’Adeüf qui Jouera ce role ,de bien fe pénétrer de fon efprit córame Pa fait M. Da{incourt. Sil yvoyait autre chofe que de la raifon al ai onnéc de gaité 8c de íaillies >fur tout sil ymettait la momdrt charge 3rl avilirait un role que le premier Comique du Thcatte ,M. Preville ,ajuge devoir honorer le talent de tout comedien qui fauraít en Íaiíir les numees mu.tiphées, &pourraits’élever afon cutiere conceptioh. .Son vetement commedans/c Barbier de Sevills E»#'d *, CARACTERES 4SuZanne. Jeune perfonneadroite, fpmtuelle &neu e nais non de cette gaité prefqu’efFrontée de nos foubretes corruptrices :fon joli caradére eft deffine dansla Preface , &c’eft-lá que 1’ A¿trice ,qui n’a point vu Mlle. fontal , doit rétudier pour le bien rendre. .n Son vétement des quatre premiers Ades ,eft un juite blanc abafquines ,tres élégant ,la jupe de mane ,avec une toque ,appellée depuis par nos marchandes ,aei u %annc. Dans laféte du quatrieme a¿te ,le Comte luí pote íur la tete une toque álong voile ,ahautes plumes ,Se rubans blancs. Elle porte au cinquieme A¿te la lévite de la maítreíle >Se nul órnement fur la tete. Marceline eft une femme d’efprit ,née un peu vive , mais dontles fautes Se l’expérience ont reformé le caradere. Si l’ Adrice qui le joues eleve avec une fierté bien placee , ala hauteur trés-morale qui fuit la reconnaiííance du troifieme A£te ;elle ajoutera beaucoup a1mtérét de fouvrage. Son vétement eft celui des duégnes efpagnoles ,d’une couleur modefte-, un bonnetnoir fur la tete. Antonio ne doit montrer qu’une demi-ivreííe ,qui fe dilTipe par degrés ;de forte qu au cinquieme Ade on n’en apper^oive prefque plus. ^ Son vétement eft celui d’un payfan efpagnol ,ou les manches pendent par derriere jun chapeau Se des fouliers blancs. •I Fanchettf. eft une enfant de douze an.s ,trés-naíve. Son petit habit eft un jufte brun avec des gances Se des boutons d’argent ,la jupe de couleur tranchante. Se une toque noive áplumes fur la tete, ll fera celui des autres payfannes de la noce. ChÉrubin. Ce role ne peut étre joué ,córame ill’a été, que par une tresjeune Se jolie femme; ncus n'avons point ¡ nos Théátres de trés-jeune homme aííez formé pour en bien fentir les tineffes. Timide al’excés devantla Comteífe ,ail leurs un charmant poliífon ;un defir inquiet Se vagu* cftlefondde fou carattere. Üs'élance ála puberté ,n»1¡ \i I .í-> I et habillemkns. 35 r,ns projet ,fans corniailTances ,&«out enner achare vénement; enfin il eft ce que tome mete au fond 3„ cccur ,voudrait peut-étre que lut fon fils ,quoiou'elle dát beaucoup en fouffrir. ^Son riche vétement au premier 8c fecend Actes ,eft celui d’un Page de Cour efpagnol ,blanc 8c brode darcent ;le léger mantean bien fur l’épaule &un chapean chargé de plumes. Au quatneme Ade lia le corfet ,la iupe 8c la toque des jeunes payfannes qui 1amenent. An cinquieme Ade ,un habit uniforme d'Oíficier ,une cocarde 8c une épee. Bartholo. Le caraderc 8c l’habit comme dans le Barbier de Séviile :il n’eft ici qu’un role fecondaire. Bazile. Caradere 8c vétement comme danste Barbier de Séviílc :il n’eft aufti qu’un role fecondaire. Brid’oison doit avoir cette bonne &franche aflu- 'ranee des Bétes ,qui n’ont plus leur timidité. Son begaiment n’eft qu’une gtace de plus ,qui doit étre apeine fentie ;8c l’Adeur fe tromperait lourdement 8c jouerait k contre-fens ,s’il ycherchait le plaifant de -fon role. íí eft tout entier dans l’oppoíition de la gravite de ion état au ridicule du caradere ;8c moins 1Adeur le chargera ,plus il montrera de vrai talent. Son habit eft une robe de juge efpagnol ,moins ampie que celle de nos Procureurs ,preíque une foutane ; une grofte perruque ;une gonille ,ou rabat efpagnol au cou ,8c une longue baguette blanche ála main. Doüble-main. Vétu comme le. juge imais la baguette blanche plus conree^ i/Httissier ou AlguazilHabit ,manteau ,épee de Crifpin ,mais portée áfon cóté íans ceinture de cuir. Point de bottiiles ,une chauífure noire ,une perruque Llanche naiflante &longue ámille boucles ,une cource fcaguette bl&iche» 54 CARACTERES ET HABlLLÉMENS. Grippe-Soleil. Habit de payían, les manches pen-í dances ,verte de couleur tranchée ,chapeau blanc. Une jeune Bergere. Sonvétement comme celui de Fanchette Pédrille. En vefte ,gilet, ceinture ,fouet &bottes de porte ,une récille í'ur la tete ,chapeau de courier. Personnages muets ,les uns en habits de juges , d’autres en habits de payfansr, les autres en habits de ivrée. Placement Des Acteurs. Poar faciliter les jeux du Théátre ,on aeu Pattention d'écrire au commencement de chaqué Scene ,le nom des perfonnages dans 1ordre ou le ípeófcateurle voit* S'ils font quelque mouvement grave dans la Scene ,il eft déíigne par un nouvel ordre de noms ,écrit en marge a1inftant qu il arrive. il eft important de coníerver les bonnes pofitions théatrales ;le reláchement dans la traditon donnee par les premiers A¿teurs ,en produit bientot un total dans les jeux des Pieces ,qui finit par aflimiler les troupes negligentes aux plus faibles comédiejrs ce Société. Lu 6* approuvé yle ay Janvier 178/. Brit; Vu VApprobation ,permis fimprimer, ce 31Janvíef J7»1 • . LENOIR» i LE MARIAGE SIGA 1\ / » Tí >• ,•-<• -* I M fss La folie Journée , rmUamta SCENEIV. MARCILINE, BARTHOLO. CBAR7’ HOLOle regarde aller. Kdróle eft toujours le méme !Se ámoins qu’on ne l’écorche vif, je prédis qu’il mourra dans la peau du plus fier infolent .i MARCELINE le retourne• Enfin vous vn¡lá done ,éternel Dofteur 1toujours fi grave Se compairé ,qu’on pourrait mourir en attendant vos fecours ,córame on s’eft marié jadis ,malgré vos prccautions. BARTHO LO. Toujours amere 8e provoquante !Hé bien, qui rend done ma préfence au cháteau II néceíTaire ?Monfíeur le Comte a-t-il eu quelque accident ? MARCELINE. Non ,Dofleur. BARTHOLO. La Rofine ,fa trompeufe ComteíTe ,eft-elle incommodée ¿ dieu-merci ?MARCELINE. Elle languit. BARTHOLO. Et de quoi ?MARCELINE. Son mari la néglige. BARTHOLO ayte joie. Ah ,Je digne époux qui me venge 1 MARCELINE, On ne fait comment definir le Comte ;il eft jaloux ,Se íibertin. BARTHOLO. Libertin par ennui ,jaloux par vanité ;cela va fans dire. MARCELINE. Aujourd’hui ,par exemple ,il marie notre Suzanne áfon Fígaro qu’il comble en faveur de cette unión ... BARTHOLO. Que fon Excellence aréndue néceíTaire. MARC EL INE. Pas tout-á-fait; mais dont fon Excellence voudrait égayeren fecret l’évenement avec l’époufée ... BARTHOLO. De monfíeur Figaro 1e’eft un marché qu’on peut conclure nvec lui. MARCELINE, Bazíle afllire que non. CU le Maríage de Fígaro i45 BARTHOL0. .,éT ,, Cet autíe maraut loge ici ?C’eft une cáveme .He qu y fait'li ?MARCELI.N E. Tout le mal dont il eft capablc. Mais le pis que j’y trouvc , cfl cstte ennuyeufe paIlion qu’il apour moi, depuis li longIems*bartholo. Te me ferais débarraflee vingt fois de fa pourfuite. marceline. De quelle maniere? bartholo. En l’époufant. ,„ MARCELINE. Railleur fade &cruel ,que ne vous débarrafíez -vous de la mienne áce prix? ne le devez-vous pas ?ou eft le íbuvenir de vos engagemens? qu’eft devenu celui de notre petit Emanuel ,ce fruit d'un amour oublié ,qui devait nous conduire ádes noces ? BARTHOLO ótant fon chapeau. Eft-ce pour écouter ces fornettes ,que vous m’avez fait venir de Séville ?&cet accés d’hymen qui vous reprend fi vif . . .MARCELINE. Eli bien! n’en parlons plus. Mais íi ríen n’a pu vous porter ála juítice de m’époufer ,aidez-moi done du moins a en épouler un autreBARTHOLO. Ah !volontiers ;parlons. Mais quel mortel abandonné du ciel 8t des femmmes ?... MARCELINE. Eh !qui pourrait-ce étre >Dofteur ,fínon le beau ,le i,l’aimable Fígaro ? gai Ce frippon-lá ? BARTHOLO. MARCELINE. Jamais fáché ,toujours en belle hurpeur ;donnant le préfent ála joie ,8t s’inquiérant de Pavenir tout aulli peu que du palTé •, fémillant ,généreux !généreux .. . wua .généreux BARTHOLO. Comme un voleur. MARCELINE. Comme un Seigneur. Charmant enfin ;mais c’^ft le plus grand monftre ! Et fa Suzanne ? BARTHOLO. MARCELINE. Elle ne l’aurait pas la rufée ,fi vous vouliez m’aider ,mon petit DoQeur ,ñfiiire valoir un engagement que j’ai dé lui. ..BARTHOLO. Le jour dé fon mariage \ 46 la folie Journée , MARCELINE. I On en rompt de plus avancés ;8c fi je ne Craignai d’évea. ter un petit fecret des femmes ! BARTHOLO. En ont-elles pour le médecin du corps ? MARCELIN E. I Ah ,vous favez que je n’en ai pas pour vous !Mon fext eíl ardent ,irnis timide :un certain charme abeau nou¡ attirer vers le plaifir ,la femme la plus avanturée fent en elle une voix qui lui dit :Sois belle íi tu peux ,fage fi tu veux ;mais Ibis coníidérée, il le faut. Or, puifqu’il faut étrc au moins coníidcrée ;que toute femme en fent l’importance; effrayons d’abord la Suzanne fur la divulgation des odres qu on lui fait. BARTHOLO. Ou cela menera-t-il ? MARCELIN E. r'Que la honte la prenant au collet ,elle continuera de refufer le Comte ,lequel pour fe venger ,appuiera l’op. pofition que j’ai faite áfon mariage ;alors le mien devient certain. BARTHOLO. Elle araifon. Parbleu ,c’eíl: un bon tour que de faire cpoufer ma vieille gouvernante ,au coquin qui fit enlever ma jeune maitreíTe. MARCELINE, vite. Et qui croit ajouter áfes plaiíirs ,en trompant mes efpéranees. BARTHOLO, vite. Et qui m’a volé dans le tems ,cent écus que j’ai fur le coeur. MARCELINE.. ¡ Ah quelle volupté !...I BARTHOLO. De punir un fcélérat .... | M\RC ELINE. | De l’époufer ,Dofteur ,de l’époufer ! r7g-sa-sij. SCENEV. MARCELINE, BARTHOLO, SUZANNE* SUZANNE, un bonnet de femme avec un large ruban dans la main ,une robe de femme fur le bras. r J_jÉpoufer !Pépoufer !qui done Imon Fígaro l MARCELINE, aigrement Pourquoi non ?Vous l’époufez bien ! BARTHOLO, riant Le bon argument de femme en colere !nous parlions ,bells Suzon ,du boulieur qu’il aura de vous podeder. ! ou le Mariage de Figarai 47 MARCtLINE. cnns compter Monfeigneur dont on ne parle pas. SUZANNE, une révérence. Votre fervante ,Madame jil yatoujours quelque choft d’amer dans vos propos. MARCELINE, une réverence• Bien la vótre ,Madame ;oii eíl done l’amertume ln’eftil pas jufte qu’un liberal Seigneur partage un peu la joie ou’il procure áfes gens 1 HSUZANN5 ~ Ou’il procure? MARCELINE.. Oui ,Madame. » .SUZANNE. Heureufement la jaloufíe de Madame eíl auííi connue ,que fes droits fur Fígaro font légers. v, MARCELINE. On eút pu les rendre plus forts ,en les cimentant ála facón de Madame. SUZANNE. V-í Oh cette fagon ,Madame ,efl celle des Dames favantes. MARCELINE. Et l’enfant nc l’eít pas du tout !Innocente comme un vieux juge ! BARTHOLO, attirant Marceline. Adieu ,jolie fiancée de notre Figaro. MARCELINE, une révérence« L’accordée íecrete de Monfeigneur. SUZANNE, une révérence. Qui vous eílime beaucoup ,Madame. * MARCELINE-, une révérence . Me fera -t-elle auííil-’honneur de me chérir un peu, Madame ?SUZANNE, une révérence, Acet égard ,Madame n’a rien ádefirer. MARCELINE, une révérence^ C’eít une íi jolie perfonne que Madame ! .SUZANNE, une révérence, Eh mais aflez pour défoler Madame. MARCELINE, une révérence. $ur-tout bien refpe&able ! r,, i SUZANNE, une révérence. Ceft aux duegnes al’étre. ,. MARCELINE, outrée. Aux duegnes !aux duegnes! ..r->. Marceline ! BARTH0L0 ^rrétant. 0MARCELINE. °'yti“toi! paSl Bo"iour ’ La folie Journée » 4a ;e SCEN EVI. A;iS07.ÍNNE ftulc. Illez ,Madame !allez ,pédante !je crains auífi peu vos eftbrts , que je méprife vos outrages. —Voyez cette yieilie Sybille !parce qu’elle afait quelques études ,8c tourmenté la jeuncITe de Madame ,elle veut tout dominer au cháteau! (Elle jetee la robe quelle tient ,Jur une chaife. )Je ne fais plus ce que je veyais prendre. SCENE VII. .SUZANNE, CHÉRUBIN. ACHÉRUBIN accourant. H,Suzon !depuis deux heures j’épie le moment de te trouver feule. Helas !tu te maries ,&t moi je vais partir. SUZANNE. Comment mon mariage éloigne-t-il du cháteau le premia page de Monfeigneur ? CHÉRUBIN piteufement. Suzanne ,il me renvoie. SUZANNE le contrefait. Chérubin ,quelque fottife !I CHÉRUBIN. 11 m’a trouvé hier au fiair chez ta coufine Fanchette ,i qui je faiíais répéter fon petit role d’innocente ,pour la féte de ce foir :il s’eít mis dans une fureur ,en me voyant !- Soitei >m’a-t-il dit ,petit... Je n’ofe pas prononcer devant une temme le gros mot qu’il adit :fortei ;&demain vow ne coucherei pas au cháteau. Si madame li ma belle mat raine ne parvient pas ál’appailer, c’eft fait, Suzon, je fuisi jamais privé du bonheur de te voir. SUZANNE. 7**• De me voir !moi ?c’eft mon tour !Ce n’eft done plus* pour ma maítrelTe que vous foupirez en fecret ? ,CHÉRUBIN. Ah !Suzon ,qu’elle eft noble Se belle !mais qu’elle eí impofanteí í SUZANNE. C’eft-á-dire que je ne le fuis pas , Se qu’on peut o® avec moi ... I CHÉRUBIN. | Tu fais trop bien ,mechante ,que je n’ofe pas ofer. Mai¡ que tu es heureufe !átous momens la voir ,lui parler ,l’habiller le matin 8c la déshabiller le ^foir ,cpingle áépingle.'! ah ,Suzon !je donnerais qu’eft -ce que tu tien done lá 3I íSUZANNE)I ou le Mariage de Fígaro*4<J SUZANNEraillant. Helas !Pheureux bonnet 8c le fortuné ruban qui renferment la nuit les cheveux de cette belle marraine... CHÉRUBIN vivermnt Son ruban de nuit !donne-le-moi ,mon cceur. SUZ ANNEle retirant ! F,h que non pas. —«Son Civur !'omme il eft familier done !fi ce n’étoit pas un morveux fans conléquence ... , (Chérubin arrache le ruban , ) Ah ,le ruban ! CHÉRUB1Ntourne autour du grand fauteutl. Tu diras qull eft égaré ,gáté ,qu'il eft perdu. iudiras tout ce que tu voudras. SUZANNEtourne aprés luí. O!dans trois ou quatre ans ,je prédis que vous ferez le plus grand petit vaurien !...ftendez-vous le ruban ?(elle vcut le reprendre ) CHÉRUBIN tire une romance de fa pocle - Laifle ,ah, lailTe-le-moi ,Suzon ;je te donnerai ma romance ,&pendaut que le fouvenir de ta beile maítreffe attriftera tous-mes momens ,le tien yverfera le foul rayón de joie qui puiíTe encor amufer mon cceur. SUZANNKarrache la romance. Amufer votre cceur ,petit ícé,érat !vous cr jyez parler i votre Fanchette ;on vous furprend chez elle ;8c vous foupirez pour Madame ;8c vous m’en contez ámoi ,pardeíTus le marche !’r CHÉRUBIN exalté • Cela eft vrai ,d’honneur !je ne fais plus ce que je fuis • ma.s depuis quelque temps je (éns ma poitrine agitée ;mon c^ur palpite au feui afpeft d’une femme ;les mots amouf *volupte le fon ttrefíaillir 8c le troublent. irfin le befóla de dire aquelqu un je vous a,me ,eft devenu pour moi fí F®* )C Jedis *“< •«coman d«°Te Parc . ata maitreffe atoi auv qr.s^e SSLT p“ro,es "r SUZANVvinn t Ah ,ah ,ah ,ah ! ’ D„.CHERUBIN. me fe* ’mé 12 '¿f ¡ZTr‘r e“í une «««I térefiansí qíontdoux! qu’iis font útil devient fou ¡ SUZANNE. Fanchette eft douce” ^eHe^mVr31N‘ pus ,toi i ’eemecoute aú tnoins ;tu ne Tes A. eft bien dommage i artacherle ruban. ) UZ A NNE. écoutez done Monfieur !(Elle vgul G 5oLa folie Journ/e , CHERUBIN tourne en fuyant» Ah !ouiche !011 ne I’aura ,vois -tu ,qu avec ma yie, Mais ,fi tu n’es pas contente du prlx ,j’y joindrai millij baifers. .,_,.. (II lui donne chafe afon toar. ) SUZANNEtourne en fuyant. Mille foufflets ,fi vous approchez. Je vais m’en plaindre i ma maitrefle ;Se ,loin de tupplier pour vous ,je dirai moi. méme $Monfeigneur :C’eft bien fait, Monfeigneur; chafleznous ce petit voleur ;renvoyez áíes parens un petit mauvais fujet qui fe donne les airs d’aimer Madame ,¡k qui veut toujoúrs m’embrafier par contre-coup. CHEllUB IN vote le Comte entrer ;il fe jette dernen le fauteuil avec effro'u Je fuis perdu. SUZANNE. Quelle frayeur \ SCENE VIII. SUZANNE ,LE COMTE ;CHERUBIN caché. ASUZANNEappercort le Comte. H!(Elle s'approche du fauteuil pour mafquet Chérubin* ) LECOMTE savance Tu es émue fSuzon /tu paríais íeule ,Se ton petit coeur parait dans une agitation... bien pardonnable ,au refte ,uu jour comme celui-ci. SUZANNE, troublee. Monfeigneur ,que me voulez-vous \Si Fon vous trouvaít avec moi... LE COMTE Je ferais défolé qu’on m’y furprit ;mais tu fais tout Fintérét que je prens átoi. Bazile ne t’a pas lalífé ignorer moa ^mour. Je n’ai qu’un inílant pour t’expliquer mes vues j¿coute» (11 s'ajfíed dans le fauteuiL ) SUZANNEvivement* Je n’écoute ríen. LECOMTElui prend la main• Un feul mot. Tu fais que le Roi m’a ncmmé fon ambaf ládeur áLondres. J’emmene avec moi Figaro :je lui donne un excellent poíte ;&comme le devoir d’une femrne eít tle fuiyre fon mari .... SUZANN E. Ah ,fi j’ofais parler ! LE COMTEla rapproche de lui. Parle ,parle ,ma diere ;ufe aujourd’hui d’un droit que tu prens fur moi pour la vie. ou le Maríage de Fígaro» 5* SUZANN£iefrayée je n’en veux point ,Monfeigacur ,je n’cn vcux poinf Quittez-moi ,¡o venís prie. qmt£. „a¡s di. NNE,„cohn. »' ne fais plus «que j. B Sur le devoir des femmes. ISUZANNE. Eh bien !lorfque Monfeigneur enleva la fienne de che* le DoSeur ,8t qu’il l’époufa par amour Iorfqu íl abolit pour elle un certain affreux droit du Seigneur..... LE COMTE,gaiement. Oui faiíait bien de la peine aux filies !ah Suzette ,ce droit charmant !Si tu venáis en jafer fur la bruñe au jar-, din je mettrais un tel prix ácette légere faveur... BAZILE parle en dehors. II n’eíl pas chez lui ,Monfeigneur. LE COMTEfe leve. Ouelle eíl cette voix 1 iSlIZANNÍ. One je fuis malheureufe ! LECOMTE. Sors ,pour qu’on n’entre pas. SUZANNE,troublée. Que je vous laifíe ici 1 BAZILEcrie en dehors. Monfeigneur était chez Madame ,il en eíl forti :je vals voir. LE COMTE. Et pas un lieu pour fe cacher! ah /derriere ce fauteuil.... aflez mal ,mais renvoie-le bien vite. SÜZANNE lui barre le chemin ,il la pouffe douctrnene ,elle recule ,&fe met ainfi entre lui &le petit Page ;mais pendant que le Comte s'abaijfe &prend fa place ,Cherubin tourne &fe jette effrayé fur le fauteuil agenoux ,&s’y blottit. Sudarme prend la robe qu'elle apportait, en couvre le Page ,&fe met devant le fautemí. SCENE IX. LE COMTE 8c CHERUBIN cachés. SÜZANNE, BAZILE. Wj ’BAZILE. X™ ’auriez-vous pas vu Monfeigneur ,Mademoifelle ? *SUZANNE,brufquement. He pourquoi l’aurais-je vu fLaiffez-moi. 5* La folie Joumée , BAZII. Ks'approche. Si vous éticz píus raifonnable il n'y aurnit lien d’éton. nant áma queftion. C’eíl Fígaro qui le cherche. SULANNF. II cherche done l’homme qui lui veut le plus de mal aprés yous ? ..LE COMTE, apan. Voyons un peu comme il me fert. HAZILE. Deíirer du bien áune femme ,eft-ce vouloir du mal á fon rnari ? SUZANNE. Kon ,dans vos affreux principes ,agent de corruption. BAZ1IF. Que vous demande t-cn ici que vous n’alliez prodiguer á un autre 'grace ála douce céréinonie ,ce qu’on vous défenduit h’.er ,on vous le preicrira demain. SüZANNE. Indigne !BAZILE. De ron tes les ckofes PérieuPes ,le mariage étant la plus bouffonne ,j’avais penPé... SUZANNFoutrée. Des horreurs. Qui vous permet d’entrer ici ? BAZI LF. La ,la ,mauvaife ;Dieu vous appaife !il n’en Pera que ce que -vous voulez :mais ne croyez pas non plus que je Cegarde moníieur Fígaro comme l’obítacle qui nuit áMonfeigneur ;&Pans le petit Page.» $UZANNE,timidement. Don Chérubin? BA-Z ILEla contrefait • Cherubino di amore ,qui tourne autour de vous Pans cefle , St quice matin encor, rodait ici pour yentrer ,quand je yOus ai quittée ;dites que cela n’eft pas vrai I SUZAMNE. Quelle impofture !allez-vous-en ,méchant homme ! BAZILE. ,bun m^chant homme ,parce qu’on yvoit clair. *ce Pas pour vous auííi cette romance dont il fait piyftere ? _SUZANNE,en colere. Ah. oui ,pour moi!... V' •BAZILE. Amoms qu’il ne l’ait compoPée pour Madame !en effet, quand il Pert átable on dit qu’il la regarde avec des yeux!... íü“ls„p-, ’qi—ne syí°ue Pas »MonPeigneur eít brutal ult 1arucie. SUZANNE,outrée. Et vous bien Pcélérat ,d’ajler Pemant de pareils bruits, 5» uJLpwd2m“atowwu* ísfeflí íombé dans la difgrag§ oe ion maitre, ou le Mar¡age de Fígaro . 55 BAZ1LE. L-ai.je inventé ?Je le dis ,parce que tout le monde e# Parle‘LECOMTE fe leve. Comment ,tout le monde en parle 1 SUZANNE, Ali ciel ?BAZILE, Ha ,ha !LE COMTE Courez ,Bazile ,Se qu’on le chafíe. B.AZ1LE. Ah ,que je luis fáché d’étre entré ! SUZANNE, troublée Mon dieu !Mon dieu / LE COMTE, hBalite. Elle eíl faifíe. AíTéyons-la dans ce fauteuil. SUZANNE le repou£e vivement. Je ne veux pas m'alTeoir. Entrer ainli librement ,c’eíf indigne /LE COMTE. Nous fommes deux avec toi ,ma chere. 11 n’y aplus le moindre danger. BAZILE. Moi je fuis défolé de m’étre égayé fur le Page ,puifque vous l’entendiez ;je n’en ufáis ainfi ,que pour pénétrer fes fentimens }car au fond... LECOMTE, Cinquante pillóles ,un cheval ,Se qu’on le renvoie áfes parens. BAZILE. Monfeigneur ,pour un badinage ? LE COMTE. Un petit libertin, que j’ai furpris encor hier avec la filie du jardinier. BAZILE Avec Fanchette ILE COMTE. Et dans fa chambre. SUZANNE, outrée. OízMonléigneur avait fans doute aftaire auíll / LE COMTE, gaiement . J’en aime aíTa* la remarque. BAZILE, Elle eíl d’un bon augure. LECOMTE, gaiement. Mais non ;j’allais chercher ton onde Antonio ,mon ivrogne de jardinier ,pour lui doruier des ordres. Je frappe , oq eíl Jong-temps ám’ouvrir ,ta couíime aPair empétre, pren§ 1411 íoup9on ,je lui parle ,Se ,tout eu caufant , Chérubin dans le fau teuil , he Conato Stizarme. Bazile* sX la folie Journie. 3FIGARO. Pourquoi cela ,Monfeigneur ?il viendra pafler fes hivcrs. Baife-moi done aufli ,Capitaine !(il Vembrajfe.)Adieu , mon petit Chérubin. Tu vas mener un tram de vie bien ditterent ,mon enfant :dame !tu ne roderas plus tout le jour au quartier des femmes :plus d’éehaudés ,de goútés ála creme ; plus de main chaude ,ou de colin maillard. De bons loldats, morbleu !bafanés ,mal vetus ;un grand fuíil bien lourd ; tourne ádroite ,tourne ágauche ,en avant ,marche ála gloire i8c ne va pas broncher en chemin ,ámoins qu un bon coup de feu... SUZANNE. Fi done ,l’horreur ! LA COMTESSE. Quel pronofti* 1LE COMTE. Olí done eft Marceline Kil eft bien fingulier qu’elle ne foit pas des vótres ! FANCHETTE. Monfeigneur ,elle apris le chemin du Bourg ,par le petit fentier de la Ferme. LE COMTE. Et elle en reviendra, BAZILE. Quand il plaira áDieu. FIGARO. S’il lui plaifait qu’il ne luí plíit jamais. FANCHETTE. Monfieur le Doñeur lui donnait le bras. LE COMTE, vivement. Le Doñear eft ici ? BAZILE. Elle s’en eft d’abord emparée.... LE COMTE, hpart, II ne pouvait venir plus ápropos. FANCH ETTE. Elle avait l’air bien échauffée ,elle parlait tout haut en marchant ,puis elle s’arrétait ,&fefait comme 9a ,de grands bras... &monfieur le Doñenr lui fefait comme 9a de la main , en l’appaiíant :elle parailfait fi couroucée !elle nommait mon coufin Figaro. LE COMTE, lui prend le mentón• Coufin... futur. FANCHETTE, montrant Chérubin. Monfeigneur, nous avez-vous pardonnez d’hier 1... .LE COMTE, interrompt. lion jour ,bon jour ,petite. 'FIGARO, tíotre féte” Chie“dam0ur qui la berce ;elJe a«rait troublé 59 ou le Maríage rde Fígaro. LE COMTE,aparí. Elle la troublera, je t’en répc-nds. (hauf. )Alloas ,Mada*. me, entrons. Bazile ,vous paiferez chez moi. SUZANNE, aFígaro. Tu me réjoindras ,mon fils ? íIGARO,bas aSuranne, Eft-il bien enfilé ? SUZANNE, bas. Charmant garlón í i(Us fortent tous. ) SCENE XI. CHÉRUBIN, FIGARO vBAZILE. Fendant qu'on fon ,Fígaro les arréte tous deux ,&les ramene. Alt IGARO. H?a, vous autres !la cérémonie adoptée ,ma féte de ce foir en eít la fuite ,il faut bravement nous recorder :ne fefoas point comme ces Adeurs ,qui ne jouent jamais fi mal que Je jour oú la critique eft le plus éveillée. Nous n’avons point de lendemain qni nous excufe ,nous. Sachons bien nos roles aujourd’buL BAZILE ,malignementLe míen eíl plus difficile que tu ne crois. FIGARO ,fifant ,fans quil le voie ,le ge/le de le rojfer. Tu es loin auffi de favoir tout le íiiccés qu’il te vaudra. CHÉRUBIN. Mon ami, tu oubües que je pprs. FIGARO. Et toi ,tu voudrais bien refter ? CHÉRUBIN. Ah !fi je le voudrais ! FIGARO. II faut rufer. Point de murmure áton départ. Le mantean de voyage ál’épaule ;arrange ouvertement ta trouífe ,5c qu’on voie toncheval ála grille ;un tems de galop jufqu’á la Ferme; reviens ápieds par les derrieres ;Moníeigneur te croira partí ;tiens-toi feulement hors de fa vue jje me charge de l’appaifer aprés la féte. CHÉRUBIN. Mais Fanchette qui ne fait pas fon role / BAZILE. Que diable lui apprenez vous done ,depuis huit jours ,que vousne laquittezpas 1FIGARO. Tu n’as ríen afaire aujgurd’luii ,dgang-lui par gracq une *Hi f 6n La folie Journée , w13 AXILF Preñez tru-dc icune homme ,preñez garde /le pere nclf Preñez gai ue ,ru foufflett¿« ;elle n’étudie pas avec pas fatistait ;la hile arprpi ríes chaíírins* vous :Chérubin !Chérubin !vous luí caufeiea des cnag s. tant va la cruche al'eau ¡-^ ^RQ Ah !voilá notre imbécille ,avec fes vieux P''ovc^es !J*é bien ,pédant !que dit la ftgeffe des nations ttant Jala cru. che al'eau ,qua la finBAZILE. Elle s’emplit. ,, FIGARO, en s'en allanta Pas íi bete ,pourtant ,pas fi béte ! Fin du premier Aele. Ir» * 4GTE iiLe Théátre represente une chambre acoucher fuperbe ,un grand lit en alcove ,une ejlrade au devant•La porte pour entrer s'ouvre &fe firme ala troifieme coutifie adroite , cclle dun cabina ,ala prendere coultfie agauc/te. Une perte dans le fond va che\ les Jemines. Une Jetu .re souvre de Vautvc colé. :cg0j^3%(£i?jBaSsg$2Sa $ SCENF PREMIE RE. SUZANNE, LA COMTESSE, entrent par la porte droite. LA COMTESSE, fe jette fur une bergere. . Frme la porte, Suzanne ,8t conte-moi tout dans le plus grand détail. SUZANNE. Je n’ai rien caché aMadame. LA COMTESSE. Quoi ,Suzon ,il vouiait te íeduire? SUZ ANNE. Oh que non. Monfeigneur n’y metpas tant de fagon avec fa fervante :il vouiait m'acheter. LA C OMTESS E. Et le petit Page était préfent l *UZANNE. - C’eft-á-dire, caché derriere le grand fauteuil. II Venait me prier .de vous demandar fa grace. LA COMTESSE. .Hé pourquoi ne pas s’adreííer ámoi-méme ;eít-ce que Je l’aurais refufé ,Suzon ? _/_ SUZANNF. Ceít ce que j’ai dit: roais íes regrets de partir ,fur-tout ou le Mariage de Fígaro ,6 1 de quitter Madame lAh Su\on ,qu'elle e/i noble &belle ! mais áu’elle eft impofante. mHL A COMTESSE. •«*’ Eñ-ce que j’ai cet air-Iá ,Suzon ?moi qui l’ai toujours proicgd. SUZANNE. Pilis il avu votre ruban de nuit que je teñáis ,il s’eft jeté deílus... ,_ ,•LA CO MT ES SE ,fouriant> Mon ruban ?... quelle enfance ! SUZANNE. J’ai voulu le lui óter ;Madame, c’étaít un lion ;fes yeux brillaient... Tu ne Lauras qu’avec ma vie ,difait-il ,en íbr^ant lii petite voixdouceSt gréle. LA CO MTESSE, révant» Eh bien ,Suzon lSUZANNE. Eh bien ,Madame, eft-ce qu’on peut faire finir ce petít démon-lá 1ma marraine par-ci ;je voudrais bien par l’autre ; &parce qu’il n’oferait feulement baifer la robe de Madame ,il voudrait toujours m’embrafler moi. LA CÓMTESSE, révant. LaiíTons... laiiíons ces folies... Enfin ,ma pauvre Suzanne , mon époux áfini par te dire ? SUZANNE. Que li je ne voulais pas 1’entendre ,il allait proteger Matv celine. LA COMTESSE, fe leve &fe promene ,en fe fervant fortement de Véventaíl. II ne m’aime plus du tout. SUZANNE. Pourquoi tant de jaloufie ? LA COMTESSE. Comme tous les maris ,ma chere !uniquement par orgueil. Ah! je l’ai trop aimé !je l’ai lalfé de mes tendrefles ,fatigué de mon amour ;voila mon feul tort avec lui :mais je n’entends pas que cet honnére aven te nuife ,Se tu épouferas Fígaro. Lui feul peut nous aider :viendra.-t-il ? -SUzANNfc. Des qu’il verra partir la chaffe. LA COMTESSE, fe fervant de VévantaiL Ouvre un peu la croifée fur le jardín, il fait une chaleur ici ¡ SUZANNE. C’eft que Madame parle Se marche avec aftion. (Elle va ouvrir iacroifée du fond. ) LACOMTfc SSE,révant long-tems. Sans cette conítance ame fuir... les hoinmes font bien coupables / 6* la folie Journée i•I SUZANNE,me /a fenétre. Ah /voilü Monfeigneur qui traverle ácheval le grand po, tañer ,fuivi de Pédrille ,avec deux ,trois ,quatre leviers. LACOMTESSE. Nousavons du tems devane nous. (Elle s'affied.) Onfrappe) Suzon í SUZANNE,court ouvrir en chantante Ah ,c’eíl mon Fígaro !ah ,c’eíl mon Fígaro ! •* ii|iiai<.linWWW« SCEN E FIGARO ,SUZANNE ,LA COMTESSE ,ajjife. |^¡ SUZANNE. trence 1 On cher ami /viens done. Madame eíl dans une impi. FIGARO. Et toi ,ma petite Suzanne 1—•Madame n’en doit prendre aucune. Au fait ,de quoi s’agit-il ?d’nne mifere. Monfieur le Comtetrouve notre jeune femme aimable, il voudrait en taire íámaitrefle, &c c’eíl bien naturel. SUZANNE. Naturel IFIGARO. Pilis il m’a nommé courrier de dépéches ,Se Suzon confeif. ler d’ambafláde. II n’y apas lá d’étourderie. SUZANNE. Tu finirás ! FIGARO. E.t parce que Suzanne ma fiancée n’acceptepas le dipíóme; Uva íavorifer Ies vues de Marceline ;quoi de plus limpie encor! le vengar de ceux qui nous nuifent ános projets en renveríant les ieurs ;c’eíl ce que ehacun fait; ce que nous allons fairc nous-mémes. Hé bien ,voilá tout pourtant. LACOMTESSE. Pouvez-vous ,Fígaro ,traiter íi légerement un deílgin qui nous coüte átous le bonheur l FIGARO. Qui dit cela ,Madame ? SUZANNE. Au íieu de t’aííliger de nos chagrins... FIGARO. Neíl-ce pas aífez que je m’en occupe ?Or ,pour agir auíli méthodiquement que lui ,tempérons d’abord fon ardeur de noi poíTeffions ,en Pinquiétant fur les fiennes. ‘ ..LACOMTESSE. Ccíl bien dit ;mais comment 1 ,.FIGARO. C’eli deja tait ,Madame ;un faux avis dotiné fur volts-*» TAfñIVí TI? CCE»'*' Sur moi, ^tete yqus íourne 4 ** *tr’ eu hMaríaee de Figaroi '5l *FIGARO. ’oh* c’eft álui qu’elle doit tourner. LACOMTESSE. ‘un homme auífi jaloux f... FIGARO. Tant mieux :pour tirer partí des gens de ce canaitere ,il ne faut qu’un peu leur fouetter le fang; c’eft ce que les fetn- »mes entendent íí bien !Puis les dent-on fáchés tout rouge ? avec un brin d’intrigue on les meneoü l’on veut, par le nez*, dans le Guadalquivir. Je vous ai fait rendre áBaziíe un billet inconnu, lequel avertit Monfeigncur, qu’un galant doit chercher ¿i vous voir aujoürd'hui pendant le bal. LA COMTESSE. Et vous vous jouez ainfi de la vérité fur le compte d’une femme d’honneur... FIGARO. II yen apeu ,Madame ,avec qui je l’euffe ofé ,crainte de rencontrer juíte. LACOMTESSE. II faudra que je l’en remercie ! F-I GARO. Mais dites-moi s’il n’eft pas charmant de lui avoir taillé fe¡» morceaux de la journée ,de f'afon qu’il palle ároder ,ájurer aprés la Dame ,le tems qu’ii deftinait áfe complaire avec 1® nótre III elt deja tout dérouté ;galoppera-t-il celle-ci YfurVeillera-t-il celle-la lDans fon trouble d’eíprit ,tenez ,tenez, le voilá qui court la plaine ,8c torce un lievre qui n’ea peut mais. L’heure du mariage arrive en poíte ;il n’aura pas pris de partí centre ;8c jamais il n’ofera s’y oppofer devani Madame. SUZANNE. Non ;mais Marceline ,le bel efprit ,ofera le faire ,elle. FIGARO. Brrrr. Cela m’inquiete bien ,ma foi 1Tu feras dire áMonfeigneur ,que tu te rendras fur la bruñe au jardín. SUZANNE. Tu comptes fur celui-lá ? FIGARO. Odame !écoutez done ,les gens qui ne veulent ríen faire de ríen ,n’avancent rien ,Se ne font bons áríen. Voilá mon mot. II eft joli 1 SÜZANNE. LA COMTESSE. Comme fon idée :vous confentiriez qu’elle s’y rendit l FIGARO. Point du tout. Je fais endofler un habit de Suzanne áquelquun :furpris par nous au rendez-vous ,le Comte pourra-t*il «en dédire J / » Í4 Aqui mes habits ? Chérubin. II eít partí. La folie Journét » SüZANNL FIGARO. LA CO MTESSE. FIGARO. Non pas pour moi :veut-on me laiíler faire ? SUZANNE. _ I On peut s’en fier aluí pour mener une intrigue. FIGARO. Deux ,trois ,quatre ála fois ,bien embrouillée ,qti¡ f { croifent. J’étais né pour étre courtiían. SUZANNE. On dit que c’eft un métier fi difficile * FIGARO. Recevoir ,prendre ,Se demander ;voilá le fecret en trois mots. LA C O MTESSE. 11 atant d’afilirance ,qu’il finit par m’en infpirer. FIGARO. C’efl mon deíTein. SUZANNE. Tu difais done ?FIGARO. Que penclant i’abfence de Monfeigneur ,je vais vous envoyer le Chérubin ;coéfíez-ie ,habilJez-le ;je le renferme 5c Tendoftrine ;5c puis daníez ,Monfeigneun (i/fort.) W•i SCENEIII. SOI ANNE,LA CO MTESSE aglft. MLACQMTESSEtenant fa boíte amouc/ies. on dieu ,Suzon, comme je luis faite !ce jeune homme qui va venir /.... SÜZANNE. Madame ne veut done pas qu’il en réchappe I LA CO MTESSF. reve devatit fapetite place. Moi ?... tu verras comme je vais le gronder. SCZANNL 3 Faifons -luí chanter íá romance. (Elle la met fur ít Comtejfe. )LA COMTESSE. Mais ,c’eíl qu’en verité mes cheveux font dans un défordre... SUZ A NNEriant. Je n’ai qu’á reprendre ces deux boucles ,Madame le groadera bien m:eux. LA COMTESSE revenant aelle. Qu’eít-ce que vous dites done ,Madcmoií'elle I SCENÍ 63 ou le Mariage de Fígaro í scENE IV, CHERt'BIN, l'air honteux , SUZ ANNE, LA COMTESSE affife. ESUZANNE. ntreZ ,ntonfieiir l’Officier ;on eíl vifible. CH tRUBI Navance en tremblant. Ah ,que ce nom m’afflige ,Madame !il m’appretld qu’il faut quitter des lieux une marraine fi ,,.„ bonne !..« . SUZANNE. Et fí belle ! CHERUBIN avec un foupir. Ah !oui. §UZ A NNEle contrefait. Ah /oui. Le bon jeune homme !avec fes longues paup res hypocrites. Allons ,bel oifeau bleu ,chantez la romance á Madame. LA COMTESSE la déplk. De qui.,.. dir-on qu’elle eft ? SUZANNE, Voyez la rougeur du coupable :en a-1-il un pied fur le? joues íCHERUBIN, Eft ce qu’il eft défendu.... de chérir... SUZANN£luí met le poing fous le ner* Je diraí rout ,vaurien ! LA COMTESSE. Lá,... chante-t-il ?CHERUBIN. ©!Madame, je Luis fi tremblant ! SUZANNE en riánl • Et gnian ,gnian ,gnian ,gnian ,guian ,gnian ,gniaií g des que Madame le veut ,modeíte auteur íJe vais l’accompagner. LA COMTESSE. Prens nía guittare. (La~ Comeefe affife ,tiene le papiet pour fuivre. Suianne eft derriere fon fauteuil ,6' prilude en regardant la muíique pardeffius fam.aítreffie le petit Fags eft devane, elle, ,les yeux baiffiéa. Ce tablean eft jufte la belle eftampe d'apres Vanloo ,appellée La Con VE11 sA"l' IO¿V hSPAGNOZ E. ROMANCE. Air iMalbroug sen vat en guerre. PREMIER COUPLET. Molí courfíer hors d’hateine , (Que mon coeur ,mon cceur a de peine ! ) rubín, la ComteíTé* I "66 ta folie Journée , J’errais de píame en plaine , Au eré du deítrier. II. COUPLET. Au gré du deítrier ; ' Sans Valet ,n’E'cuyer j («) fá,prés d’une fontaine , (Que mon cceur ,mon coeur ade peine Songeant áma Marraine Sentáis mes pleurs couler. III. COUPLET. ] Sentáis mes pleurs couler , Prét á me déíolcr ;j Je graváis Tur un frene ,_I (Que mon cceur ,mon cceur ade peine !}j Sa lettre fans la mienne ; #•.*«. Le Roí vint apaflér. IV. COUPLET. Le Roí vint ápaffer : Ses Barons ,fon Ciergier. Beau í’age ,dit la Reine ,j (Que mon cceur', mon cceur ade peine !) ‘ Qui vous met ala géne 1j Qui vous fait taiit pleurer ?\ V. COUPLET. \ Qui vous fait tant pleurer I1 Nous faut le declaren Madame ¡k Souveraine, (Que mon cceur ,mon cceur ade peine !) J’avais une Marraine , Que toujours adorai. (b). VI. COUPLET. Que toujours adorai ;• Je fens que j’en mourrau Beau Page ,dit la Reine, (Que mon cceur ,mon coeur ade peine !)1 N’eít-il qu’une Marraine I Je vous en fervirai, VII. COUPLET. Je vous en fervirai ; Mon Page vous ferai ;; Puis áma jeune Hélene , (Que mon cceur ,mon cceur ade peine! ) Filie d’un Capitaine , Un jour vous marierai. () Au Speftacle on acommencé la romance áce vers ,en difant: Auprés d’une Fontaíre. () Ici la Comteíle arréte le Page eji fermaut le papier. Le refla «e fe chante pas au Théátre, , ‘1'' iT'inuiis u/n* /ALtrau?<i ? <juc hu/jourj adora*- K’jk/ fFLe 71/¿me /¡¿- usF VS•' JLliznne en F?rJ¿ aAa SaAAe Fe IbmFiie > Fui </ Ai Fúñame Scene ./* //.* ’JeAe Ju J/iu-iuec FeFru /re- \ «» la folie Journít i LECOMTE. 1 Pour votre camarifte ,je ne íais ;ma¡s pour du troublj j[ aflurément. _ ,,LA 60MTESSE., I Aflurcment ,Monfietir ,cette filie vous trouble ,Se vom occupe beaucoup plus que moi. LE COMTEí/i co/ere. Elle m’occupe átel point ,Madame ,que je veux la voir ¿ i'inftant. LA CO MTESSE. Je crois en effet ,que vous le voulez íouvent ;maís voilá bien les Toup^ons les moins fondés .... SCENEXIII. LE COMTE,LACOMTESSE, SUZ A NNE entre avec des hardes &poujfe la porte dufond. LE éOMTE. TT Ls en feront plus aifés ádétruire. (II parle au cabinet. )-> iSortez ,Suzon ;je vous l’ordonne. { (Su\anne s'arréte aupres de l'alcove dans le fond.)1 ,LA COMTESSE. Elle eft prefque nue, Monfieur :vient-on troubler ainíi des femmes dans leur retraite ?Elle eíTayait des hardes que je lui donne en la mariant •, elle s’eft enfuie »quand elle vous aen* tendu. LECOMTE. Si elle craint tant de fe montrer ,ají moins elle peut parlen f (II fe tourne vers la porte du cabinet. )Répondez-moi ,Suzanne ;étes-vons dans ce cabinet 1 (Sudarme ,reflée au fond ,fe jette dans l'alcove &í’| cache.) >I LA COMTESSE vivement ,parlant au cabinet. ¡ Suzon ,je vous défens de répondre. (Au Comte.)On n’a jamais poufl'é fi loin la tyrannie í LE COMÍ Es'avance au cabinet. Qh bien ,puiíqu’elle ne parle pas ,vétue ou non ,je la verrai. , LA COMTESSE fe met au devant. Par-tout ailleursje ne puis l’empécher ;mais j’efpére aullique chez moi .... LECOMTE. Et moi j’efpére favoir dans un moment quelle eft cette Su- ¡ zanne myftérieufe. Vous demander la cié ,ferait ,je le vois, inutile !mais il eft un moyen íur de jetter. en dedans cette lé- , gére porte. Hola quelqu’un * LA COMTESSE. ttirer vos gens ,&faire un fcandale public d’urt foupíon qui Arendrait la fable du cháteau i .bu Te Maríage de Fígaro.7i |,.LECOMTÉ. .. Forrbien ,Madume ;en effet j’y fuffirai ;je vais áJ'infíam prendre chez rnc-i ce qu il faut »•.(1/ more/te pour Jortir & reviene.)'Víais pour que tont refie au aróme ¿tar ,voudrezvousbien m’accompagner fians fcandale &láns bruit ,puilqu’il vous dép'ait tant r. . .une chofe auíli limpie, apparemir.eut ríe me lera pas refufée ! ¡i .LA COMTESÉ trúublé'é. Eh !Monfieur qúi fonge ¿1 vous contrarier ? LhCO:V1TE, .,. ,Ah! j’oubliais la porte qui va chez vos femrnes ;il faut queje íaferme auffi, pour que vousl’oyez pleinement juíliñéc. (>¿ v¿ fermer la pone du fond ,6»en ¿te la cié ) LACOMI tS5Eapart. Ociel !étourderie funeíte ! LECOMTErevenánt delle. Maintefiant que cette chambre eít cióle ,acceptez rrión bras { je vous prie ,1il éleve la volx )8cquant ala Suzanne du cahinet ,il faudra qu’eile ait la bonté de m’attendre ,St le moindre mal qui puille luí arriver ámon retour .... LA CüM1ESSE. ...«r •» En vérité ,Monfieur ,voilá bien la plus odieufe aventure (Le Comte l'emmene &ferme la porte ala cié-) SCENE XiV. SUZANN EjCHSRÜBI \T. SUt A NNEfon de Valcove ,accourt au cabina: &parí* ala ferrare. Ouivrez ,Chérubin, óuvrez vite c’eft Suzanne ,ouvrez Se forte 7 CHERUBIN jort. Ah ,Suzbn ,quelle horrible ícéne ! SU7,ANNE. Sortez vous n’avez pas une minute. CBfc RUBI N effrayé. , Eh par oii fórtir? SUZANN E. je n’en (ais ríen ,mais fot tez. , CHERUBIN. S’il n’y apas d’ifliie ?. SU zANNF. Aprés la rcncontre de taotót ,il vous éciaferait !Se nous ferions perdues. —<Courez comer áFígaro ... CHERUBIN. Lafenétre du jardín n’eft peut-étre pas bienhaute. (ílcourt jtegardet. ) t t’heruUüíL SuzanrieV' 74 la folie Jourhéei SUZANNEavec ejfroi. ^ Un grand étage !impofiible !Ah ma pauvre maitrefie !Se mdti mariagé ,ócid ! "CHÉR U BINren'ent. Elle donne ílif la melonniére :quitte ágatee une conche ou deux. SUZANNErevteñí &s'écrie : II va fe tucr !CHERUBIN exalté. Dans un gouffre allumé ,Suzon! oui, je m’y jetterais plutót que de lui mure ..« . Et ce baifer va me porter bonheur. (// l'embrajje &court fe jetter pas par la fenétre. ) r: SC ENE XV. SUZ A NNEfeule ,un cri de frayeur• !....( Elle tombe affife un mornent. Elle va péniblement regarder ala fenétre &revient. )11 eft déjá bien loin. 0 le peth garnement !auffi leíte que joli !fi celui-lá manque de femmesi. •••Prenons fa place au plutót. (En entrant dans U cabinet•)Vous pouvez hpréfent ,monííeur le Comte ,rompre la cloifon ,fi cela vous amule ;au diantre qui répondun mor.- (Elle s'y enferme. ) »•« :5S SCENEXVI. LE COMTE, L'A COMTESSE rentrent dans la chambre . LE COMTE, une pince ala main ,qu'il jette fur le fauteuil. T* JÍL out eft bien comme je l’ai laiííe ,Madame ,en m’expofant ábrifer cette porte ,réfléchilfez auxfuites ;encore une fois voa. lez-vous l’ouvrir ?LA COMTESSE. Eh ,Monfieur ,quelle horrible humeur peut alterar ainfilcs égards entre deux époux ?Si l’amour vous dominait au point de vous infpirer ces fureurs ;malgré leur déraifon ,je les exciiferais ;j’oublierais ,peut-étre, en faveur du motif, ce qu’ellfls ont d’olienfant pour moi. Mais la feule vanité peut-elle jetee dans cet excés un galant homme ? LE COMTE. .Amour ou vanité ,vous ouvrirez la porte ;ou je vais al’inftant .... LA COMTESSEaií devant. Arrétez ,Monfieur ¡je vous prie. Me croyez-vous capable de snanquer áce que je me dois i fcu le Mariage de Fígaro >7S L. ECOMTE. Tout ce qu’il vous plaira ,Madame ;mais je verrai qui eft dans ce cabmet^ ^cOMTESSE efrayée. Hé bien ,Monfieur ,vous le verrez. Ecoutez-moi .... tranqmllcment. lECOMTE, Ce n’eft done pas Suzanne 1 LA COMTESSE, timidement. Au moins n’eft-ce pas non plus une perfonne .... dont vous deviez ríen redouter ...Nous difpofions une plaifanterie .... bien innocente en véritc ,pour ce foir .... Se je vous jure. . . LE COMTE. Et vous me jurez ? LACOMTESSE. Que nous n’avions pas plus de deflein de vous offenfer ,l’un que l’autre. 1LE COMTE vite, L’un que l’autre 1c’elt un homme. LA COMTESSE, Un enfant ,Monfieur. LE COMTE. Hé qui done ?LA COMTESSE. Apeine ofai-je le nommer ! LE COMTE, furieux. Je le tuerai. LACOMTES S E, Grands Dieux ! LECOMTE, Parlez done. LACOMTESSE. Ce jeune. . . .Chérubin .... LE COMTE. Chérubin !Pinfolent 1voilá mes íoup^ons ,8c Je billet ex' pliqué. LA COMTESSE, joignant les mams. Ah !Monfieur ;gardez de peníer .... LE COMTE frappant du pied. (Apan. )Je trouverai par-tout ce maudit Pagel _ kaut.) Alíons ,Madame ,ouvrez; je íais tout mamtenanr» ¡bus n’auriez pas été fi émue ,en le congcdiant ce matm ;u erait parti quand je l’ai ordonné; vous n’auriez pas mis tant de íhufieté dans votre conte de Suzanne; il ne fe ferait pas íi fot* gueufement caché ,sil n’y avait rien de criminel. LACOMTESSE. II acraint de vous irriter en fe montrant. LE COMTE, hors de luí ,crie au cábinet, Sors done ,petit malheurem?.1 i\ La folie Jovraée , COMTESSE le preni abras le corps ,en r¿k¡m gna t. Ah !Monfieur, Monfieur, votre colére me fait trembler pour lui. N’en croyez pas un injufte íoup.fon ,de grace ;&. que je déí'ordre qíi vous l’allez trouver. .,. Lt. LOMTE, Du déí'ordre ! :!v;LACOMTESSE. í^ Helas oui;prét as’habiller en femme ,une coéffure ámoi fij r ía tere ,en vefte 6c íans manteau ,le col ouvcrt ,les bras ñus ; il aliait eílayer . . LE GODITE, Et vous vouliez garder votre chambre /Indigne époufe !ah ! yous la garderez ...long-tems ;mais il faur avanr ,que Chalie un infolent ,de maniere áne plus le rencomrer nulle part. LACOiMT SK,fe jetee agenour ,les bras eleves . Monííeur le •omte ,épargnez un eníant ¿je ne me confolerais pas davoir caufé .... '; 'LE COMTEj Vos frayeurs aggravent fon crime. LACOMI rSS£. II n’eít pas coupable ,i! parair :c’eff moi qui Pai fait appeller. LE COMTv. ,furieux. Leyez-vous. Otez-vous.c.Tu es bien audacieufe d’ofer m$ parlef pour un autre« : ; í; la comtess v9 fhbjen /je m’óterai ,Monfieur ,je me leverai ;je vous reniv^ttrai méme la cié du cabinet :mais ,mais au nom de votre amour.o. LE COMTE. De morí amour !Perfide /•’ LA COMTESS E,fe leve &luí préfente la cié. Prometrez-moi que vous laifiérez aller cet enfánt ,fans lui faire aucun mal ;Se puiffe aprés ,tout votre courroux tomfaer fur moi ,fí je ne vous convainc pas.., LE COMTB, prenant la cié. Jen’ecoute plus rien. fi ACOMTEKSE fe jette fur une bergere ,un mouchoir fue les yeux: 1' O!ciel Jil va périr. r,J' F°?MTE’°uvre laP°tte ,&recule. C’cít Suzaiine! ‘<•••: scENEXVI I. '' L-r COMTESSE, LFCQMTE, SUZANNE» »• pr ... ,SUZANNE ifort en riant. * jg€|?lf {f *ueH? ,ce méc||ap| 5.S1 iU/ 1 ou le Martage de Fígaro* LECOMTE,aparí* 77 Ah (melle école !(regardant la Comteffé qui eft refie'e ,flur4 'i f-t vous auíli, vous jouez rétonnement i.,, Mais pcutmfCittC' )_^fv. *-" %!c elle n’V cít pas leule. (11 entre•) ase SCENE XVIII. LACOMTESSE, affife .SUZANNE. SUZANNE,accourt afa MaítreJJe. “i Emettez-vous ,Madame, il eíi bien loin, il afait un ' faUt'" LA COMTESSE, Ah ,Suzon ,je fuis morte. •w Le Comte* SCENE XI X. L.4 COMTF.SSE ,aS¡ft ,SU7.ANNE ,LE COM I'E. LE COMTE ,fon du cabinet d'un air confus.Apres un Ícourt (i!ence* Ln’y aperfonne, &pour lecoup j’aitort. Madame..* yo us jouez fcrt bien Ja comedie, "SUZANNE,gaiement. Et moi ,Monfeigneur ? LA COMTESSE, Con mouchoir Cur fa bouche pour fe remettre ,/?e la Corat eíre. LECOMrE,s'appro che* *3fe. Quoi ,Madame ,vous plaifantiez i LA COMTESSE ,fe remettant un peu. Eh pourquoi non ,Monficur ? LE COMTF. Quel aírreux badinage !&: par quel motif ,je vous prie ?•.. LA COMTESSE, Tos folies méritent-elles de la pitié 1 LE COMTE. Nommer folies ce qui touche ál’honneur ! LA COMEENSE, afflirant fon ton par degres» Me fuis-je unie ávous pour étre eternellement dévouée á l’abandon ¿c ála jaloufie ,que vous feul ofez concilíer! LECOMTE, Ah !Madame ,c’eíl fans ménagement. 3UZANNK Madame n’avait qu’á vous laiffer appeller les gens. 'LE COMFE. Tu as raifon ,Se c’eíl amoi de m’humiiier... Pardon, je luis d’une confufion !. . SUZANN E. Avouez ,Monfeigneur, que vous la méritez un peu. LKCOMTE. Pourquoi done ne fortais-tu pas ,lorfque je traspelláis ! JKauvaife » '1 7® la folie Journée ¡,1 SüZANNE. 1 , Je “er’¿ab í 1,ais de .mon mieux, ágrand renfort d'é„- gles ,&Madame qui me le défendaír ,avait bien fcs ions pour le faire. r4 LE CQMTE, Au lieu de rappeller mes torts ,aide-moi plutót ñi>, paifer. r1aPla comtes se. Non ,Monfíeui un pareil outrage ne fe couvre point r Kilís ^retIfer 3UX Urfulines >&íevois trop qu’il en ’ LE COMTE. Le pourriez-vous fans quelques regrets 1 sUzANNE. Je luis íure ,moi ,que le jour du départ ferait la veill, des larmes. ~“1! LA COMTESSE. Eh! qaand cela ferait ,Sijzon ,j’aime mieux le regretter íénfie aV°lr aba^eíie de Jui pardonner; il m’a trop ¿ Ko%1¡ ,LECOMTE. LA COMTESSE. Je ne 3a^ fuis plus ,cette Roíine que vous avez ftant pour. ,e iU!s ía P3uvre íomteíTe Almaviva, la trille femme délaidee ,que vous n’aimez plus. „.SÜZANNE. Madame*.. Par pitié. “CQMTE ,f uPPl¡m,. ,, . . EA COMTESSE. ‘ Vous nen aviez aucune pour moi. .LEcOmie. Mais aulfi ce biliet... TI m’a tourné le fhng! LAOOMTESSE. Je navais pas confenti qu on l’écrivit. Tr .,.LECOMTE. Vous le faviez ? „,LA COMTESSE, Ceít cet etourdi de Fígaro... TI ,.,LECO MTE. II en etait ?La COMTESSE, Qui laremjs áBazile. n•.,.LE' COMTE HmVa”!»3dlt et , en’rdun Pay(an-0perfide enchanteur ! monde tranchans •c’eft toi qui paiera pour tout 1? Vot a La COMTESSE. Vis demandez pour yous un pardon quf vous refufez aux 4•*'" óu le Maríage de Figura'. 7n #titr¿s :voili bien les hommes !Ah 1fi jamaís je confentaís anardonner eu fáveur de l’erraur oii vous ajeté ce biilet , ivvíeerais que 1’atnmílie fút générale. JeMg LE COMTE. Hé bien ,de tout mon coeur ,Comtefíe. Mais comment téparf>r une faiite auffi humillante ? rcr LA COMTESS Etfe leve. File l’était pour tous deux* LE COMTE. » Ah !dites pour moi lcul. Mais je filis encor iconcevoir comment les femmes prennent fi rite 8c fi juíte ,l’air &. le ton des circonilances. Vous rougiffiez ,vous pleuriez ,votre viíage était déíáit... D’honneur ,il l’eft encor. LACOMTESSE, sefforpant de Jourire. Je rougiiTais... du reflentiment de vos íonp^ons. Alais les hommes font-ils aiTez délicats pour diltinguer lindignation d’une ame honnéte outragée ,d’avec la confulion qui naít d’une acculation méritée i LE CÜMTE,fouriatii. Et ce Pageen défordre ,ea vefle ,8c prefque nu... LA COMTESSE, motitrant Sitiarme* Vous le voyez devant vous. N’aimez-vous pus mieux í’avoir trímvé que l’autre 1en général, vous ne haiíiéz pas de rea-? contrer celui-ci, LE COMTE, riant plus fortEi ces prieres ces larmes fcintes... LA COMTESSE. Vous me faites rire ,Se j’en ai peu d’envie. LEGO MTE. Nous croyons valoir quelque chofe en politique ,8c nous né fommes que des enfans. G’cíi vous ,c’eít vous ,Aladame ,que le Roi deyrait envoyer en ambaflade áLondres !II faut que votre fexe ait fait une étude bien réfléchie de l’art de fe compofer, pour réuffirá ce pointl LA COMTESSE. C’eft toujours vous qui nous yforcez. SUZANNE. LaiíTez-nous prifonniers fur parole ,8c vous verrez li nous fommes gens d’honneur. LA COMTESSE Brifons-lá ,monfieur le Comte. J’ai peut-étre été trop loin mais mon indulgence en un cas auíli grave ,doit au monis ®i’obtenir la votre. LE COMTE Mais vous répéterez que vous me pardonnez. LA COMTESSE. Eíl-ce que je l’ai dit ,Suzonl SUZANNE. Je ne l’ai pas entendu ,Madame. LEGO MT E. Eh bien ,que ce mot vows éfiwppe. > 1 » 8o La folie Journéc. 'LA CÜMT£SS’ E. Le tnéritez-vous done ,ingrat ? LE COMTE Oui ,par mon repentir. SUZANN E. 1 Sotipíonner un liomme dans Je cabinet de Madame J LE COMTE. Elle m’en afi févércment puni¡ SUZANN Ei Ne pas s’en fier áelle ,quánd elle dit que c’eft fa cj. marifte !LE COMT E. Rofine ,étes-vous done implacable ? LA COMTESSE. Ah !Suzon !que je filis faible !quel exemple je te donne; (Tendant la main au Comíe.)On ne éroira plus ála colere des íémmes. SUZA NNE. Bon !Madame ,avec eux ,ne faut -il pas toujours en venir ia 1 LE COMTE baij'e ardemment la main de ja femme. SCENE XX. SUZANNE, FIGARO, LA COMTESSE; LE COMT F. FIGARO arrivant tout e[[bufié. "Ndifair Madame iacommodée. Je luis vite accouru....... je Vois avec joie qu’il n’en eft ríen. LE COMTEféchement. j. Yous étes fort attentif ! FIGARO. Et c’cft mon devoir. Mais puifqu’il n’en eft ríen ,Monfeigneur .tous vos jeünes vafiáux des deux fexes lont en bas avec les Violons &les cornemufes ,attendant ,pour m’accompagner ,l’inftant oi'i vous permettrez que je mene ma fiancée.... LE COMTE. Et qui furveillera la Comtefle au cháteau ? FIGARO. La veiller !elle n’eft pas malade. LE COMTE. Non ;mais ctt homme ablent qui doir l’entretemr 1 ,FIGARO. Quel homme abfent ? ,LECOMTE. L’homme du billet que vctis avez remis áEaziléV FIGARO. Qüi dit celtr | ou le Mañane de Fígaro. LE COMTE, Sr -*—a-l * Qiiand jé ne le faurais pas d’aiUeurs ,frippon !ta phyfionomie cjui t’accufe ,me prouverait déja que tu menrs. 1IGARO. S’il eft ainfi ,ce n’eft pas moi qui mcns ,c’eft ma phyfionomie. SUZANNE. Va, mon pauvre Fígaro! n’ufe pas ton éloquence en défaites ;nous avons tout dit. FIGARO» Et quoi dit ?Vous me traitez comme un Bazile ! SUZANME. Que tu avais écrit le billet de tantót pour faire accroire á JWonfeigneur ,quand il entrerait ,que le petit Page était dans ce cabinet ,oú je me fuis enfermée. LE COMTE. Qu’as-tu árepondré! LA COMTESSE. II n’y aplus ríen ácacher ,Fígaro ;le badinage eft confommé. FIGARO cherchant adeviner. Le badinage... eft confommé ? . "’LE CO MTE. Oui ,confommé. Que dis-tu lá ddfus I FÍGARO. Moi !je dis... que je voudrais bien qu’on en pút dire autant de mon maríage ;&íi vous l’ordonnez.... LE COMTE. Tu convierts done enfin du billet f FIGARO, Puifque Madame lé veut ,que Suzanne le veut ,que vous le voulez vous-méme ,il faut bien que je le veuille auíli :mais avotre place ,en vérité ,Monfeigneur ,je ne croirais pas un mot de tout ce que nous vous difons. LE COM ÍE. Toujours mentir contre révidence !&la fin ,cela m’irrite. LA COMTESSE en riant . Eh, ce pauvve garqon! pourquoi voulez-vous ,Monfieúr, qu’il dife une ibis la Vérité 1 FIGARO bas hSuzanne. Jefavertis de fon danger ;c’eft tout ce qu’un honnéte iiomme peut faire. SU ZAN NEbas. As-tu vu le petit Pag* ? FIGARO bas. Encor tout froifle.SUZA NNElas. Ah ,péca'ire ! L / 88 la folie Journhi Zon ,zon ,zon , 'ion ,zon ,zon. Auflí fa gentilleífe Eli maitrcire De ma railon ; Zon ,zon ,zon , Zon ,zon ,zon , Zon ,zon ,zon * Zon ,zon ,zon. (Le bruit s'éloigne ,on rícntend pas le refe. ) 6+* ¿£JÉ JÉ JrJCXV. SÜZANNE ,LA COMTESSE. VI. ACOMTESS Edans Ja bergere• Ousvoyez ,Suzanne, la jolie lcéne que votre étourdi nj’a valu avec fon billet. SUZANNE. Ah ,Madame ,quand je fuis rentrée du cabmet ,fi vousavisj vu votre viiage !il s’eít terni tout ácoup :mais ce n’a été qu’iu nuage i&c par dégrés ,vous cíes devenue rouge ,rouge ,rouge! LACOMTESSE. II adone fauté par la fenétre I* SUZANNE. > Satis héfiter ,le charmant en&nt !léger ...... comme une abeille. • ' LA COMTESS E. Ah! ce fatal jardinier! Tout cela m’a remuée au point que je ne pouvais raflembler deux idées. SUZANN Ii. Ah !Madame ,au contraire ;&c’eit lá que j’ai vu combien l’ufage du grand monde donne d’aifance aux Dames comme il faur ,pour mentir fans qu’il yparadle. LAGO MfE5SE. Crois-tu que le Comte eii foit la dupe l&. s’il trouvaitcít enfant au cháteau ! SUZANNE. Je vais recommander de le cacher fi bien .... •LA COMTESSE. II faut qu’il parte. Aprés ce qui vient d’arriver ,vous croyet bien que je ne luis pas tentée de l’envoyer au jardin avotre place. . SUZANNE. II eft ccrtain que je nirai pas non plus. Voilá done mon mariage encore une ibis .... LA COMTESSE fe leve. Attends ... . Au lieu d’un autre ,ou de toi ,fi j’y aliáis mo¡* méme \SUZANNE. Vous ,Madame \LA «9 ou le •Mariage deFigaro , LA COMrE>Sh. tj p’y aurait perfonne d’expofé .... le Comte alors ne pour- ;tnier •••Aroir puní fa jaloufíc ,Se luí prouver fon infidé- ¿ice¡a ferait .... Allons :le bonheur d’un premier hufard n’enhardit átemer le fecond Eais-lui iaveir promptement que fe readras au jardín, .víais fur-tout que perfonne .. . . tu SU7, ANNE. Ah! Fígaro. ' '. LA COMTESSE j^0n,non. TI voudrait mettre ici du fien .... Mon mafqueda velours ,8c ¡na carme :que j’ailley rever fur la terraíle. )Silbanne entre dans le cabinet de toilette ) sCJé jtr jé je jsr y. ÍLACOMTESS F. feu/'e. Left afiez eíFronté mon petit projet ‘.-lie fe rctourne.} Ah le ruban ímon joli ruban !je t’oubliais !(elle le prend ,ur ./> *i **t fa bergere &le roule. fune me quineras plus ... tu me rap. pelletas la fcénüoíi ce malheureux enfant .- .Ah Vtoufieur le Comte !qu’avez-votis fait? ... &moi 1que fais-je en ce mojnent ? tfh •miii mwrnwi ii> »m •liimmjuxuiKiL I11»*»» ¿ÚJÉ2TJÉ JK’JTF’X LA COMTESS E,SUZANNE. LA COMTESSE tjiet furtivement le ruban dans fon fein• YSUZA-N NE. Oicila canne Se votre loup. LA CO MIESSE Souviens -toi que je t’ai défendu d’en dire un mot áHgaro* SUZANNE,avec joie. Madame, il eft charmant votre projet eviens d’y réflééhir. II approche tout *termine tout ,embrace tout ;Se quelque chofe qui arrive ,mon rnariage eft maintenant certain» (Elle baife la main de fa maítrcjfe.) CHiles Jortent-) Fin du fecond Acle Peiidant Fentr’a&e ,des valets arrangent la falte danchen cc :on apporte les deux banquetees adcjfier des Avocáis que lon place aux deux cbtés du théatre oefacón que le Vage fo tlibre par derriereOn poje une ejir <Je adeux marches dans le milieu du théatre vers hfono, fur -oque* le on place hfauteuil du Comee*On met la table du G>e(,er &fon tabouret de cote fur le devant ,&des fiegts pour diofon &dnutres Juges >des deux cotes de lejirade dx Comte. íM la folie Journée ACTE -i*- Je Théatre repréfente unefalle du Cháteau ,appellée Salle du Tróne &fervant de falle d’audience ,ayant fur le c6i¿ une impértale en dais ,&dejfous ,le portrait du Roí. X SCENE PRE MI ERE. !; *0 LE COMTE, PÉDRILLE, en vejle &botté tenaiu un paquet cachete. ML E COMTE,vite. ’As-tu bien entendu 1 PEDRILLE. Excellence ,oui. (II fort.) PEdrille l SCENE II. LE COMTE, feul ,criant. wm •/ •* • SCENE III. LE COMTE, PEDRILLE, revient. PÉDRILLE. / LE COMTE. PÉDRILLE. Xcellence 1 On ne t’a pas vu ? Ame qui vive. LE COMTE. Preñez le cheval barbe. PÉDRILLE. II ell ála grille du potager ,tout fellé. LE COMTE. Ferme ,d’un trait ,jufqu’á Séville. PEDRILLE. II n’y aque trois lieues ,elles font borníes. LE COMTE. En deícendant ,fachez fi le Page eíl arrivé; PEDRILLE. Dans l'hótel lLE COMTE. Cui ; fur-tout dcpnis quei tenis. tu le Mariagt de Fígaro. PEDR1LLE. j'entends. LEcOMTF. n-mets-lui fon brevet ,&reviens vite. KPEDRILL E. Et s’il n’y était pas ?LF. COMTE. Revenez plus vite ,St m’en rendez compte :allez. SCENEIV. -r¡ LECOMTE, feul ,marche en révant. $’Aifait une gaucherie en éloignant Bazile !... la colere n’eít bonae álien. -Ce billet remis par lui ,qui m’avertit d’une enrreprife fur la ComteíTe. La camarilte enfermée quand j’arrive. La maitreíTe afTeüée d’une terreur laude ou vraie. Un homme qui faute par la fenétre ,&l’autre aprés qui avoue... ou qui prétend que c’cft lui... Le fil m’échappe. II yala dedans une obfcurité... Des libertés chez mes VaíTaux ,qu’importe ágens de cettc étoffe ?mais la ComteíTe !fi quelque infolent attentait .. ou m’égarai-je ?En vérité quand la tete fe monte, l’imagination la mieux réglee devient folie comine un réve !-Elle s’amufait ;ces ris étouftes ,cette ]oie mal «teinte !Elle 1'e refpeííe ¿St mon honneur... ou diable on l’a place !De l’autre part oü fuis-je tcette friponne de Suzanne a-t-elle trahi mon fecret 1comme il n’eíl pas encore le fien !... Qui done m’enchaine ácette faníaifie ljai voulu vingt fois yrenoncer... Etrange eífet de rirrefolution !íi je la voulais fans débat ,je la defirerais mille fois moins. Ce Fígaro fe fait bien attendre !il faut le fonder adroitement, (Fígaro parait dans le fond :il s’arréte.)&tácher ,dans la converfation que je vais avoir avec lui ,de déméler d’une mameie détournée ,s’il eft inílruit ou non de mon amour pour Suzanne. SCENEV. LE COMTE, FIGARO. NFIGARO,ápart. Ous yvoilá. LE COMTE. f... S’il en fait par elle un feul mot... FIGARO, apart• Je m’cn fuis douté. |LECOMTE. .... Je lui fais époufer la vieille. IFIGARO, apart. Les anours de Monüeur Bazile ? oft la folie Journle , LE 00MTE. .... Et voyons ce que nous ferons de la jeunc. F1GARO,aparí. Ah !ma femme ,s’il vous plair. LKOOMIKfe reiourne• Hcui ?quoi ?qu’cíl-ce que c’eít ? FIGARO savance. JVloi ,quí me rends ávos ordres. LE COMT E. Et pourquoí ces mots ? FIGARO. Je n’ai rien dit. LE CO MTE, répete. Ma femme ,sil vous vlait I ] FIGARO. O’eft... la fin d’une réponíe que je faifais :alle\ le dire í ma femme ,s'il vous p’ait. i. E«,OMTE,fe promeneSa femme ... ie voudrais bien favoir quelle aftaire peut arréter .onfieur ,quand je le fais appeller. FIGARO, feignant d’cjfurer fon habiUement. Je m’étais fali fur ces couches e,; tombant ;je me changeais. LE COMT E. Faut-il une heure fFIGARO. 11 faut le tenis. Les domeftiques maítres ! LE COMTE. ici... font plus longs FIGARO. ás’habiller que les C’eft qu’íís n’ont point de valets pour les yaider. LE COM1E. .... Je n’ai pas trop compris ce qui vous avait forcé tautót de courir un danger inutile ,en vous ¡etant... FIGARO. Un danger !on dirait que je me fuis engouftré tout vivant... LE COMTE. Efíayez de me donner le change en feignant de le prcndre, iníidieux valet !vous entendez fort bien que ce n’eft pas le dauger qui m’inquiete ,mais le motif. FIGARO. Sur un faux avis ,vous arrivez furieux .renverfant tout, comme le torrent de la Morena ;vous cherchez un homme ,ii vous le faut ,ou vous allez brií'er les portes ,enfoiicer les dpi* fons !je me trouve l’á par hafard ;qui laií ,dan? votre ero* portement, fi... LE COMTE,interrompmt. Vous pouvíes fuir par l’efcalier. FIGARO. Et vous ,me prendre au córridor. 93 LE GOMTE. on le Mariage de Figura. LEGOMTE,en eolere• corridor !(Aparí. )Je m’emporte ,&ñute áce que •typpv íavoir. JevU FIGARO, ¿/Jar/. Vovons le venir ,&jouons ferré. '0} LF. COMTE, radouci. Ce n’eíl pas ce que je veníais dire jlailfons cela. J’avais-.. i’avais quelqu’envie de t’emmetier áLondres ,courícr de .mais tomes réflexions faites... dePeCl1 "FIGARO. Monfetenciuachangé d’avis ? LE COMTE. Premiérement ,til ne íais pas Tangíais. FIGAR Ó. Jefais God-dam. Je tfentends pas. FÍGARO. . Je dis queje fais God-dam. LE COMT E. Hé bien \ •FIGARO. Diable !c’eíl une belle la ngue que Tangíais ;il en fautpeu pour aller loin. Avec God-dam en Angleterre, on ne manque de rieíi nulle part —<Voulez vous táter d’un bon potnet gras Yentrez dans une taverne ,Se faites feulement ce gefte au garlón. [II tourne la broche.)God-dam \on vousappoite un pied de boeuf Talé fans pain. C’eft admirable iAimezvoris áboire un coup dexcelient Bourg gne ou de Clairetl lien que celui-ci. (II débouche une bouteille.)God-dam !011 vous íert un pot de biére en bel étain ,la mouífe aux bords. Quelle íatisfadion! Rencontrez-vousunede ces jolies perfonnes, qui vont trottant menú ,Ies yeux baifíes ,coudes en arriero , &tortillant un peu des hánches ?mettez mignardement tous les doigts unis fur la bouche. Ah !God-dam elle vous íanglc Un foufQet de crochéteur. Preuve qiTelle entend. Les Anglais ,ála vérité ,ajoutent par-ci ,par-la quelques antros roots en converfant ;mais il eft bien aifé de voir que God-dam eft le fond de la langue ;Se íi Monfeigneur n’a pas d’auuo aotifde me lailfer en Eípagne .... LECÓMTE,apart. Ii veut venir áLondres ;elle iTa pas parlé. IFIGARO,apart. II croit que je ne Tais ríen ;travaillons-Ie un peu ,dans fon genre. LE COM TE. Qhel motif avait la Comtefie ,pour me jouer un pareil tour í iVÍ FIGARO. Ma íoi ,Monfeigneur 5vous le l^vez mieux que mol. f 94 Za folie Journée , LE COMTE. Je la préviens fur tout ,8c la comble de préfens. FIGARO. Vous lui donnez ,mais vous étes infidele. Sait-on gr¿ ¡j fuperfla ,áqui nous príve du nécelTaire l11 LE COMTE. ..... Autrefois tu me difais-tout. FIGARO. Et maintenant je ne vous cache ríen. LE COMTE. .Comblen la ComteíTe t’a-t-elle donné pour cettc belle aift ciation ?^1 FIGARO. Combien me donnátes-vous ,pour la tirer des mains du Doíteur ?Tenez, M-nfeigneur ,n’humilions pas Thommg qui nous fert bien ,crainte d’en faire un mauvais valet. LE COMTE. Pourquoi faut-il qu’ii yait toujours du louche en ce que tu fais? FIGARO. C’eft qu’on en voit par-tout ,quand on cherche des torts LE COMTE. Une reputación déteítable ! FIGARO. j Et fi je vaux mieux qu’elie \ya-t-il beaucoup de Seignetm qui puiflent en dire autanrí LE COMTE. Cent fois je t’ai vu marcher ála fortune ,5c jamais aller droit. FIGARO. .Comment voulez-vous ?la foule eít lá :chacun veut counr ,on fe prefle ,on pouíle ,on coudoie ,on renverfe , arnve qui peut; le reíle eft écrafé. Auíli c’eft fait, pourmoi )yrenonce. LE COMTE. Ala fortune ?(¿pare.)Voici du neuf. FIGARO. (a part.) Amon tour maintenant. (haut. )Votre Excellence m’a gratifié de la conciergerie du chateau ;c’ell un fort joli Fort :ála vérité, je ne ferai pas le courier ctrenné des nouvelles intéreflantes :mais en revanche, heureux avecina femme au fond de l’Andalouíie .. LECOMTE. Qui t’empécherait de l’emmener áLondres l FIGARO. 11 faudrait la quitter II fouvent, que j’aurais bientót de manage pardeflus la tete. LE COMTE. Avec du cara&ere 8c de l’efprit ,tu pourrais un jour t’a* vancer dans les bureaüx. ou le Mariage de jFigaro.l 95 FIGARO. 4• j’efprit poíir s’avancer ?Monfeigncur fe rit du mien. «Sfncre Se rampant ,8c l’on arrive átout. Wédl0Cl LE COMTE. ti ne faudrait qu’étudier un peu ,fous moi la po- #»»• litique'FIGARO. Je la fais. Je LE COMTE. rnmme Tangíais ,le fond de la langue / cFIGARO. Oui s’il yavait ici de quoi fe vanter. Mais ,feindre d’ignorer ce qu’on ^it »de ftvoir t0llt ce qu’on ignore ;d’entendre ce ou’oÜ ne comprend pas, de ne point ouir ce qu’on entend ; fur-tout de pouvoir au delá de fes forces :avoir fouvent pour grand fecret ,de cacher qu’il n’y en apoint ;s’enfermer pour tailler des plumes ,8c paraítre profond ,quand on n’eft , comme on dit ,que vuide 8c creux ;jouer bien ou mal un perfonnage ;répandre des efpions ,Se penfionner de traítres ; amollir des cachéis ;intercepter des lettres 8c tácher d’ennoblir la pauvreté des moyens ;par Timportance des objets., Voilá toute la politique ,ou je meure ! LE COMTE. Eh/ c’eft Tintrigue que tu definís ! FIGARO. La politique ,Tintrigue ,volontiers ;mais ,comme je Ies crois un peu germaines ,en fafle qui voudra. Taime mieu¡c no. mit ou gué,comme dit la chanfon du bon Roi. LE COMTE, aparí. _ II veut refíer. J’eutens... Suzanne m’a trahi. FIGARO, apan. Je Tenfile 8c le paie en fa monnoie. tófe /LE COMTE. Ainfi tu efperes gagner ton procés contre Marceliee I FIGARO. Me feriez-vous un crime de refufer une vieille filie ,quanrv Totre Excellence fe permet de nous fouñler toutes les jeunesí LE COMTE, raillant. Au tribunal ,le Magiílrat s’oublie ,8c ne voit plus que Tordonnance. FIGARO. Indulgente aux grands ,dure aux petits... LE COMTE. Crois-tu done que je plaifante ? FIGARO. Eh !quilefait, Monfeigneur 1Tempo egalant'oumo ,dit Htalien ,il dit touiours la vérité :c'eft lui qui m’apprendra qui me veut du mal ,ou du bien. LE COMTE ápan. Je yois qu’on luí atout dit iil époufew la duegne. tA ’La fblft Journée , FIGARO ápare 1 II ajoué au fin avec moi ;qu’a-t-il appris * am •fimmmmmm •m9lt imammñ SCENEVI. LE COMTE, UNLAQUAIS, FIGARO. DLE LAQUAIS annoncant. onGufmaii Brid’oifon. LE COMTEBrid’oifon ?. fígaro; Eh /fans dome. C’eít Je Juge ordinaire ,le Lieutenant ^ Siege ,votre Prud’homme. LE COMTK. Qu’il attende. (te laquais fort.) SCENE VI I. LE COMTE, 'FIGARO. FIGARO rejie un moment aregarderUCoime. qui vive. st-ce la ce que Monfeigneur voulait ? LECOMTE revenant hlui. Moi? je diíáis d’arranger ce íaiíon p-our Paudience puJblique. FIGARO. He, qu’eíFce qu’il manque? ie granel íauteuil pour vous, di borníes chalíes aux Prud’hommes ,le tabouret cíu Greflier deux banquettes a.ux Avocats *le plnncher pour le beau monde 8c la canaille derriere. Je vais renvoyer les frotteurs. •(II fort. ) SCENEVIII. LLECOMTEJtut. Emaraut m’embarraffait !En difputam ,il prend fon avatttage ,il vous /erre ,vous envelopp?.... Ah ,friuponne &frip* pon !vous vous entendez pour me jouer ?foyez amis ,foya amans, foyez ce qu’il vous plaira ,j’y confens; mais, parbleiii pour époux... SCENE IX. sUZAN N E,LE COMTE, SUZANNEeJToujlée onseigneur pardon ,Monfeigneur. ,COMTE avec humeur. Qu eft-ce qu’il ya,MademoifelJe SUZANNE- cu leMar¡age de Fígaro•Ai ..SUZANNE. fons étes en colere ! LE COMTE. Vous voulez quelque chofe apparemment ? SUZANNE timidemenu C’eft que ma maítrefie afes vapeurs. j’accourais vous príer de nous préter votre flacón d'éther. Je l’aurais rapporté dans l’lnftant. LE COMTE le luí donne, Non ,non ,gardez-le pour vous méme ;i] ne tardera pas á vous étre utile. SUZANNE. Eft-ce que Ies femmes de mon état ont des vapeufs ; done !c’eft un mal de conditiou ,qu’on ne prend que duna les boudoirs. LE COMTE. Une fiancée bien éprife ,&qui perd fon futür.,.. ..SU ZANNE. En payant Marceline avec la dot que vóus m’dVcz pro* mife LECOMTE. Que je vous ai promife ,moi ? SUZANNE baiffant les yeux* Monfeigneur ,j’avais cru Fentendre. LEGO MTE. Oui ,fi vous confentiez ám’entendre vous-méme. .SUZANNEles yeux haijfésEt n’eft-ce pas mon devoir d’écouter fon Exceller.ce ? L K COM1K. Pourquoi done, cruejle filie! ne me Pavoir pas dit plutotl ISUZANNK. Eft-il jamais trop tard pour dire la vérité i 1LECOM T E. Tu te rendrais fur la bruñe au jardín 1 $UZANNE. Eft-ce que je ne m’y promene pas tous Ies foirs l .LECOMTE. Tu m’as traité ce matin fi durement ! ISUZANNE. Ce matin ?—&le Page derriere le fauteuil ? LE COMTE. Elle araifon ,je í’oubliais. Mais pourquoi ce refus obftiné quand Eazile ,de ma part? SUZANNE. Quelle néceílité qu’un Bazile ?... •I LE COMTE. Elle atoujoiirs raifon. Cependant il yaun certain Fígaro á qui je crains bien que vous n’ayez tout dit ! SUZANNE. Dame! oui ,je luí dis tout hojs ce qu’il faut luí taire, IN U/l ??ií ce i7t¿c cécf-. J* fon/ c/i¿ f,e¿/mc/iYc aJ'. JS/unete &í2l>rj¿ a/aJa//s</¿ ¿cmááe . * £ri¿-crisma S;ea¿ Je Líudra-* au oesíc¿e JuJJie'Use J'Jt*' ' c eu le Maríage de FrgaP&t *®3 DOU BLE-MAIN. Citence done ,Meffieurs. SlJ L’HUISSIER, glapifant. Sjíence. BARTHOLO, lit. »foujjigné recomíais avoir recu de Demoifelle »&c... Marceline de Verte-allure ,dans le chdteau d'Aguas-Freícas, I[omine de deux mil/e piajires fortes cordonnées ;¡aqueíle lime je luirendrai afa réquifition ,dans ce chdteau j&je Nvouferai ,par forme de reconnaijfance ,&c. Signé ,Fígaro, tout court. iVies conclufions font au paiement du billet ,&c a iWcution de la promefle ,avec dépens. (II plaide. )Mef- (ieurs... jamáis caufe plus intéreflante ne fut foumife au juge- ¡nent de la Cour ;&depuis Alexandre le Grand ,qui promic mariage ála belle Thaleftris... LE COMTE, interrompanu Avant d’aller plus loin ,Avocat, convient-on de la validité du titre \BRID’ OISON,• aFígaro . Ou’oppo... qu’oppofez-vous ácette le&ure í FIGARO. Qu’il ya» Meffieurs ,malice, erreur, ou diftraftion dans la maniere dont on alu la piece ;car il n’eft pas dit dans l’écrit: laquelle fomme je luí rendrai ET je fépouferai ;mais , kquelte fomme je luí rendrai ,OU je V¿pouferai\ ce qui eít bien diñ'érent. .. ,LE COMTE. ya-t-il ET ,dans l’afte ,ou bien OU ! BARTHOLO. II yaET. 'FIGARO. II yaOU. BRID’OISON. Dou-ouble-main ,llfez vous-méme. DOUBLÉ-MAÍN ,prenant le papíef • Ét c’eft le plus iur; car fouvent les Parties déguifent en lifant; [U lit.) K. e. e. Damoifelle e, e. e. de Verte allure e. e. e. Haj lacualle fomme je luí rendrai afa réquijitioti ,dans ce chairan... ET... OU... ET... OU... Le mot eít li mal écrit.,.. il yaun páté. BRID’OISON. Un pá-áté Ije Tais ce quejfeft. BARTHOLO, plaidant. Je foutiens ,moi ,que c’eft la conjonítion ¿opulative ET qui lie les membres co-relatifs de la phrafe ;je paierai la demoifelle ,ET je l’épouferai. FIGARO plaidant. Je foutiens ,moi ,que c’eft la conjonítion alternative OU , qui féparc lefdits membres $je paierai la donzelle ,OU je lo4 la folie Jouinee. l’épouferai :ápedant ,pedant 8tdemi ;qu’íl s’avife de p™ latín ,j’y luis grec ;je l’extermine. {f LE COMTE. Comment juger pareille queftion ? BARTHOLO. Pour la trancher ,Melfieurs ,&ne plus chicaner fur un nw nous pafl'ons qu’il yait OU. u • FIGARO* J’en demande ade. BARTHOLO. Et nous yadhérons. Un li mauvais refugene fauvera pj¡ . coupnble :examinons le titre en ce fens. ^(Illit.)Laque¡le J'omrne Je luí rendrai dans ce cháteau ou je fépouferai- (J’eítjUqu’on dirait, Mellieurs :vous vous fere\ faigner dans ce /¿ 0¡. vous refere^ ckaudement :c’eíl dans lequel. II prendra dtur gros de rhubarbe oíi vous melerei un peu de tamariti :cians Je:', quels on melera. Ainíi cháteau oii je V¿pouferai ,Meílieiirs c'ejl cháteau dans lequel ... ’ FIGARO. Point du tout :la phrafe eft dans le fens de celle-ci :ou/^ maladie vous tuera ,ou ce fera le Médecin ;ou bien le Midi- (in ¡ceft incontéftable. Autre exemple :ou vous rlécrire\ rim qui plai fe ,ou les fots vous dénigreront ;ou bien les fots •¡e fens eft clair ;car ,audit cas ,fots ou méchants ,font le líibf. tantft qui gouverne. Maitre Bartholo croit-il done que j’aie oub!¡¿ rna íyntaxe 1ainíi, je la paierai dans ce cháteau ,virgule ;ou je 1epouferai .... BARTHOLO vite. < Sans virgule. FIGARO vite. Elle yeft. C’eft, virgule ,Mefíieurs ,ou bien je l’épouferaí. BARFHOLOregardant le papier :vite. Saos virgule ,Melfieurs. .HG ARO vite. eyetait, Melfieurs. u’ailjeiirs ,l’liomme qui époufe elf-il tenu de rembourfer lr BARTHOLO, vite. UU1inous aous marions féparés de biens. rFIGARO vite. f* n°u,\ de C0Í‘P S’. dés <Iue rnariage n’eft pas quittance. (La juges fe levent d’ opinent tout bes. ) bartholo. Plaifant acquittement ! CI .^OOUBLE-MAIN. Silence ,Meílíeurs. Siíence LHUISSIERglapijfant. fe*r.BARTHOLO. Un pareil írippon appelle cela payer fes dettes ' r„FIGARO. Eít-ce votre caufe ,Avocat ,que vous plaidez ? BARTHOLO- ou le Mariage de Fígaro.105 BARTHQLO. Tí défens cette Demoifcllc. JFIGARO. Continucz adcraifonner ;mais ceífez d’injurier. Lorfque , crjignant l’emportement des piaideurs ,les Tribunaux oirr toleré au’oii appeilát des tiers ;ils n'oiit pas entendu que ces défenLrs moderes ,devicndraient impunément des infolens privilé- ?¡¿s. C’cft dígrader le plus noble inftitut. "(les juges continúan d'opiner bas. ) ANTONIO# Marceline ,monttant les juges. Qu’ont-ils tant ábalbucifier ? •MARCF.LINE. On acorrompí! le grand juge ,il corrompí l’autre ,&jeperds jnon procés. BARTHOLO bas ,d'un ton fornbre. J’en ai peur. FIGARO gaiement. Courage ,Marceline ! DOUBLE-MAINfe leve ,aMarceline. Ah, c’efttrop fort !je vous dénonce ,&pour l'honneur du Tribunal ,je demande qu’avant ñire droit íur l’autre afFaire ,il loitprononcé fur cebe-ci. LE GOMTE s'ajp.ed. Non, Greffier ,je tle prononcerai point íur mon injure perfonnelle :un juge efpagnol n’aura point árougir d’un excés digne au plus des tribuníiux afiatiques :c’eft aíi'ez des autres abus ¡J’en vais corriger unTecond en vous motivant mon arrét :tout juge qui s’y refiife, eíí un 'grand ennemi des loix. Que peut requerir la demanderefie ?mariage ádefaut de paiement ;les deux en- /emble impliqueraient. D O UBLE-M AIN. Sílence, Meífieurs. L’HUISSIER glapifant. Silence. LECOMTF. Que nous répond le défendeur 1qu’il veut garder fa nerfonne áluí permis. FIGARO avec joie. •J’ai gagné. LE C'O MTE. Mais comme le texle dit: laquelíe fomme je paierai ala prefiere requijitton ,ou bien jépouferal ,&cLa oour condamne le défendeur ápayer deux mille piaílres fortes ,ala demanderefle ;ou bien ál’époufer dans le jour. (IIJe leve. ) FIGARO ftupéfait . J’ai perdu. ANTONIO avec joie. Superbe arrét. „FIGARO. En quoi fuperbe $O tOÓ la folie fournée * ANTONIO. En ce que tu n’es plus mon neveu. Grand merci ,Monfeigtw L’HU lSSIER glapiJTant. Paflez ,Meffieurs. (Le peuplefort . ) ANTONIO Je m'cn vas tout conter áma niéce. (IIfort. ) 15»: ^r=^==::S¡^::========= SCE.NE XVI. LE COMTE, allane de cote' &d'autre ; MARGELINE, BARTHOLO, FIGARo BRID’OIS ON AMARCELINE, s'ajfied. H!je rcfpire. FIGARO. Et moi, j’étouffeLECOMTE aparí . Au moins je fuis vengé ,cela foulage. FIGARO ápan. Et ce Bazile qui devait s’cppoferau mariage de Marceline; voyez comme il revient! —(Au Comee qui fon. ) Monfei. .gneur ,vous nous quittez ? LE COMTE. lout eft jugé. FIGAROáBrid'oifon• C’eft ce gros enflé de Confeiller BKID’OISON. Moi ,gro-os enflé !FIGARO. Sans doute. Et je ne l’épouferai pas :je fuis Gentilhomme uní ibis. (Le Comee s'arréte. ) BARTHOLO. Vous l’épouferez. FIGARO. .Satis I’aveu de mes nobles parens f BARTHOLO. Nommez-les ,montrez-les. FIGARO. Qu’on me donne un peu de tems ;je fuis bien prés de la revoir ,il yaquinze ans que je les cherche. BARTHOLO, Le fat 1c’eíí quelqu’enfant trouvé 1 FIGARO. Enfant perdu ,Dofteur ,ou plutót enfant volé. LE COMTE reviene. Volé ,perdu ,la preuve? il crierait qu’on luí fait injure ! FIGARO. Monfeigneur ,quand les langes ádentelles ,tapis brodésS /oyaux d’or trouvésfur moi par les brigans ,a’indiqueraicntf# ou le Mariage de Figuro.107 haiite naiflance ;la précaution qu’on avait prife de me faire Tmarques diftinftive» ,témoignerait afl'ez combien j’étais un íf nrécieux :&cet hiéroglyphe ámon bras... (11 veut fe ¡houilltr Ubras droiu ) 1"’MARCELINE, fe levant vivemenu Une Ipatule á ton bras droit ? FIGARO, n’oii favez-vous que je dois l’avoir * MARCELINE. Dieux! c’eít lui /FIGARO. Oui, c’eftmoi. BARTHOLO, aMarceline. ít qui 1lui ! MARCELINE, vivement. C’eft Emmanuel. BARTHOLO, aFígaro - Tufas enlevé par des Bohémiens! FIGARO, exalté. Tout prés d’un cháteau. Bon dofteur ,íi vou3 me rendez Jraa noble íamille ,mettcz un prix áce fervice; des monceaux d’or n’arréteront pas mes illuftres parens. BARTHOLO, montrant Marceline. Toilá ta mere. FIGARO. .... Nourrice ?BARTHOLO. Ta propre mere. LE COMTE. Sa mere ! FIGARO. Expliquez-vous. MARCELINE, montrant Tlartholo. Voilá ton pere. FIGARO, défolé. 0ooh /aye de moi. MARCELINE. Ift-ce que la nature ne te l’a pas dit mille fois * FIGARO. Jamáis. LE COMTE, ¿part. Sa mere !BRID’OISON. C’eft clair ,i-il ne l’épouferas pas. ©3* BARTHOLO. Ni moi non plus. Ce quifuit, enfermé par ces dxÍndex *été retranclis par lsJ' Maédieu} Francais aux jepréfentat or.s de París. -’Oz Ic8 •la folie Journét , MAKO-hLIN E. Ni vous !Se votre fils \vous m’avicz urc... BARTHOLO. J’étais fon. Si pareils fouvenirs engagcaient ,onfcrait tc^ d’cpoufer tour Je monde. BRID’ OISON. E-et fi Fon, yregardait de íi pres ,per-eríonne n’époufera^ perfonne. BARTH O LO. Bes fautes fi connucs !une ieiinetíe déplorabl i—***#lwU efi: dur de les expier aprés trente ans d’une vie modeíie!j’¿ tais née ,moi ,pour étre fage ,Se je la fuis devenue (jt¿t qu’on m’a permis d’uíer de ma raifon. Mais dans l'áge de \\\^ íions ,de Finexpérience <k des befoins ,oú ies féduñeursnoiij aíTiégent, pendant que la mifere nous poignarde ,que peut op. poferun enfant átant d'ennernis raffembiés \Tei nous juge ici féverement, qui, peut-étre, en fa vie aperdía dix infortunces !FIGARO. Les plnscoupables font le moins généreux ,c’eíi la regle. MA R CEí. INE,vívement. Hommes plus qu’ingrats ,qui flétrifiez par le mépris le? jouets de vos paífions ,vos victimes ic’efi: vous qifil faut pu. nir des erreurs de notre jeuneíle ;vous &vos magiftrats ,(i vains du droit de nous juger ,Se qui nous laiíTent enl'ver ,par leur coupable négligence, touthonnete rnoyen de íufcíiíler. HE il un íeul état pour les malheureuíes filies \Files avaient un droit naturel átoute la parurc des femines :on ylaiife former mille ouvriers de l’autre fexe. FIGARO, en colere* lis font broder jufqu’aux foldats ! MARCELINE, exaltée. Bans les rangs méme les plus é!evés ,Jes femmes n’obtiennent de vous qu’une coníidération dérifoire ;leurées de refpeds apparens ,dans une fervitude réelic ;traitées en mineures pour nos biens ,punies en majeure pour nos fautes !Ah, fous tous les afpecis ,votre conduite avec nous fait horreur ou pitié ! FIGAR O. Elle araifon ! LE COM TE,hpan. Que trop raifon !BRID’OÍSO N. Elle a,men-on Dieu ,raifon. MARCE LI\TF. Aiais que nous font, mon fiis ,les refus d’un homtne injufte* ne regarde pas d’ofi tu viens ,veis ou tu vas :cela íeul importe achacun. Dans quelqaes mois ta fiancce ne dépendra io9 ou le Mar/age de Fígaro ,^ ic d’dte-tnfime; elle t’acceptera ,j’en réponds :vis capí115 qíép0Uft ,une mere tendre qui te chérironr áqui mieuxN'C ^^rt.iti »nAiit* ni Iac kAnrAl IV fHI 111011 ttti-^ois indulgent pour elles ,heureux pour toi •-«|t/ j} ^441 Oi" •Jai libre 6c bon pour tout le monde :il nc manquera 'FT(1 ARO. tuparles d’or ,maman ,&je me ticns áton avis. Qu’on (ifot en effet! il yades mille mille ans que le monde rou- ,se dans cet océan de durée oü j’ai ,par hafard ,attrapé £ ’laues chétifs trente ans qui ne reviendront plus ,j’irai me ^'innenter pour íavoir áqui je les dois /tant pis pour qui P en inquiete. Paller ainli la vie áchamailler ,c’eft pefer liir Lcollier fans reluche comme les malheureux chevaux de la remonte des fleuves ,qui ne repofent pas ,méme quand ils s’jrrétent ,8c qui tirent toujours ,quoiqu’ils ceflent de marchen Nous attendrous. LECOMTE. Sotévénement qui me dérange ! BRID’OISON.á Fígaro £t la noblelle 8c le eháteau ?vous impo-olsz ala juílice í FIGAROElle allait me faire faire une belle fotife ,la juílice !aprés qUe ¡'ai manqué ,pour ces maudits cent écus ,d’ailbmmer vingt ibis ¡Vlonfieur ,qui !é trouve aujourd’hui mon pere ! jlais ,puifque le ciel aíauvé ma vertu de ces dangers ;mon pere, agréez mes excufes... Et vous, ma mere ,embraiíezmoi... le plus maternellement que vous pourrez. i(Marceline luí ¡'ante au ccu- ) ¡*íf*5*«y«* mrL*. SCENE XVII. BARTHOLO, FIGARO, MARCELINE ,BRID’OISON , SUZANNE ,ANTONIO, LE COMTE. SUZANNE,accourant ,une bourfe ala mam• Mi Onfeigneur ,arrétez ;qu’on ne les marie pas :je viens payer Múdame avec la dot que ma maitreíTe me donne. LECOMTE,aparí. Au diable la niaitrcíTe !II íemble que tout conípire... (II fon.) s?:i SCE”N EXVIII. BARTHOLO, ANTONIO, SUZANNE, FIGARO, MAR. CHAÑE ,BRIO’OISON. ANTONIO ,voyant Fígaro embrajfer fa mere ,dit a ASu^anne• H,oui payer !Tiens ,tiens. SU ZA NNE, fe retoumc» J’en vois affez :fortons ,mon cade* lio la folie Journée ,' FIGARO, l'arrltant . Non ,s’ÍI vous plaít. Que vois-tu done I SUZANNE. Ma bétife 8t ta. lácheté. FIGARO. Pas plus de Pune que de I’autre. SUZANNF. ,en colére. Et que tu l’époufes ágré puifque tu la carcdes. FIGARO, gaiment. Je la careífe ;mais je ne l’époufe pas. CSuianne veut fortir ,Fígaro la retiene.) SUZANNE, luí donne un foujflet. Vous étes bien infolent d’ofer me reteñir ! FIGARO, ala compagnie. C’eíí-ií 9a de Pamour 1Avant de nous qnitter ,je t’en ftm pite ,euvifage bien cette chere femme-lá. SUZANNE. Je la regarde. FIGARO. Et tu la trouves ?SUZANNE. AíFreuie. FIGARO. Et vive la jaloufíe !elle ne vous marchande pas. MAKCELINE, les bras cuverts. Embraílé ta mere ,ma jolie Suzanette. Le méchant cmi *. tourmente eít mon fils. SUZANNE, court delle . Vous fa mere !(Files refient dans les bras Pune de inutre* ) .,ANTONIO. Veít done de tout ál’heure I -.FIGARO. .... Que je le lais. MARCELINE, exaltée. _r¡rn’,, m£íncoeur eiltraíné vers lui ,ne fe trompait que de mottíj cétait le fang qui me parlait. _FIGARO. b°nrfrnS ’ma merc ’9ui me fepvait d’taftinft SSÍnf refufais ;Car J ’étais loin dc vous haír »témoin II eíl W/ RCEL1NEylui remet un papier . üeitatoi: reprendí ton billet, c’eft ta dor. p,SUZANNE, lui jette la bourfe. encore celle-ci. J r..FIGARO, tjtánd-merci. ~J* ARCE LIK?., exaltée. desiíífr ^•her^Uí e\ÍalÍais dsvenirl aplus miférable ie,nmes ,&je flus la plus fortunée des meres ífirabrafles- cu le Mariage de Fígaro•U*' mes detix enfans ;j’unis dans voiis toiites mes tendreíTes» .f1 ’fe autant que je puis l’étre, ah, mes enfans ,combien fvais aimer / íeFIGARO, attendri :avec vivacité. irríte done ,chcre mere !arréte done /voudrais-tu voir fe fndreeneau mes yeux noyés des premieres larmes que je nailfe? elles font de joie ,au moins. Mais quelle ftupiditél f;°¡ manqué d’en étre honteux :je les Tentáis couler entre mes doigi* >regarde ;(// montre fes doigts ecartes. )&je les etenais bétement !vas te promener la honte ¡je veux rire &c n]eiii'eren roérne tems ;on ne fent pas deux fois ce que j’énrouve. (Hembrajjefa mere d’un cóté ,Su^anne de lnutre. ) pMARCELINE. 0mon ami fSUZANNE. Moncherami! BRID’OISON ,s'effuyant les yeux d'un mouchoir• £h bien! moi !je fuis done bé-éte aulli» FIGARO, exalté. Chagrín, c’eft maintenant que je puis te défier: attein»- moi fi tu l’ofes ,entre ces deux femmes chéries. ANTONIO, hFígaro. Pas tant de cajoleries ,s’il vous plait. En fait de mariage dans les familles ,celui des parens va devant ,favez. Les vóires Te baillent-ils la main ? BARTHOLO. Ma main puifie-t-elle Te deffécher ¡k tomber ,li jamais je la donne ála mere d’un tel dróle ! ANTONIO, aBartholo. Vous. n’étes done qu’un pere maratre }(dFígaro, )En ce tas, not’galant, plus de parole. suzanne. A , mon onde... ANTONIO. Irai-je donner l’enfant de not’Tceur áíti qui n’eft l’enfant de perfonne ?BRID’OISON. Eft-ce que cela-a Te peut ,imbécille ?on-on eít toujours l’enfant de quelqu’un. ANTONIO. Tarare !... il ne I'aura jamais. (TI fort. ) Bartholo» Antonio. Suzanne. Fígaro. Marceline» Brid’oiíbn. ¿i :-¿su-. .ases SCE NEXIX. BARTHOLO, SUZANNE, FIGARO, MARCELINE, BRID’OISON. EBARTHOLO ¿Fígaro. Tcherche ápréfent qui t’adopte. (II ytut fortír. ) nS Zú folie journée JI en cadenette* II lui met jur la tete le chapean d'ordonnan I &dit :Eh parguenne, vMá notre officicr. aC( \\ LA COMTESSE recule . Ah ciel ’ SUZANNE. Ce fripponneau !ANTONIO. Quand je difais la haut que c’était lui /! LE COMTE en colere »* Hé bien ,Madame ? LACOMTESSE. Hé bien ,Monfíeur /vous me voyez plus furprife que y0lls &,pour le moins ,auíli fáchée. LE COMTE. Oui ;mais tantót ,ce matin I LACOMTESS E. Je ferais coupable en effet ,íi je difíimulais encor. I| ^ deícendu choz moi. Nous entamions le badinage que ces énfanj viennent d’achever ;vous nous avez furprifes Thabillant :voirj premier mouvement eft íi vif! il s’eít fauvé ,je me fuis tro¿ blée ,I’eftroi general afait le refte. * LECOMTE,avec dépit aChérubín* Pourquoi n’éres-vous pas partí \ CHERUBIN, ótant fon chapean brufquemetit. Monfeigneur... LECOMTE. Je punirai ta défobéiflance. FANCHETTE, étourdiment. Ah ,Monfeigneur ,entendez-moi. Toutes les fois que va» venez m’embralTer ,vous favez bien que vous dites toujoun; Sí tu veux níaimer ,petite Fanchette ,je te dontierai a¡¡m tu voudras.LE COMTE, rougijfant. Moi! j’ai dit cela ? FANCHF TT E. Oui, Monfeigneur. Au lieu de punir Chérubin ,dona ez-lc moi en mariage ,8c je vous aimerai ála folie. LE COMTE, dparu Etre enforcelé par un Page ! LA COMTESSE. He bien !Monfíeur ,ávotre tour ;l’aveu de cette enfant, aiilli naif que le mien ,attefte enfin deux vérités ;que c’eft toujours fans le vouloir ,íi je vous caufe des inquietudes; pendant que vous épuifez tout ,pour augmenter 8c juílite les miennes. ANTONIO. Vous auíli ,Monfeigneur ?Dame !je vous la redreflerai comme feu fa mere ,qui eft morte... Ce n’eíl pas pour Ú conféquence ;mais c’eít que Madame fait bien que les petitf filies ,quand elles font grandes,.. ou le Mariage de Fígaro•n? 'lí COMTE, déconcerté ,apart. yaunmauvais génie ,qui tourne tout íci contre ^_i SCENE VI. Mines Filies ,CHERUBIN ,ANTONIO, FIGARO, lCS LÜ COMTE ,LA .COMTESSE ,SUZANNE. FIGARO. Onfeigneur ,fi vous retenez nos filies ,on ne pourra imrnencer ni la féte ,ni la danfe. conl LE COMTE. Voirs ,danfer !vous n’y penfez pas. Aprés votre chúte de ce „.t¡n, qui vous afoulé le pied droit. FIGARO, remuant la jámbete fouífrc encore un peu ce n’eft rien. (Aux jeunesfilies. ) ¿i] mis mes belles ,allons. ALE COMTE, le retourneyotIS avez été fort heureux que ces couches ne fuffent que juterreau bien doux ! FIGARO. Xres-heureux ,fans doute ;au tremente. ANTONIO, le retourne • Pilis il s’eft pelotoné en tombant jufqu’en bas. FIGARO. Un plus adroit, n’eft-ce pas, ferait reflé en l’air !{Aux imes filies- )Venez-vous ,Mefdemoifelles ? ANTONIO, le retourne - Et pendímt ce tems ,le petit Page galopait fur fon cheval iSéville IFIGARO. Galopait ,ou marchait au pas !.,. LE COMTE, le retourne. Et vous aviez ion brevet dans la poche f FIGARO, un peu étonné. Afliirément ;mais quelle enquéte f(Aux jeunes filies. ) Aítefts-donc ,jeunes filies ! ANTONIO ,attirant Chérubin par le bras. En voici une qui prétend que mon néveu futur n’eíl qu’un jnsnteur. FIGARO, furprisChérubin !... (ápart. )Pefte du petit fat ! ANTONIO. Yes-tu maintenant \ FIGARO, cherchant. J’y fuis,.. j’y fuis... Hé qü’eft-ce qu’il chante ? LE COMTE, féchementII ne chante pas \il dit que c’eít luí qui afauté fur I«s gi- 12»La fblle Journie » FIGARO ,révant. Ah s’il le dit... cela fe pcut !je ne dilpute pas de t* j’ignore. C‘N LE COMTE. , Ainfi vous 8c luí ?... F'IGAR O. Pourquoi non ?la rage de fautor petit gagner :voyez i moutons de Panurge !8c quand vous étes en colóre ,il n’y an^ fonne qui n’aime mieux rilquer '' Cr' LECOMTE. Comment ,deux ála ibis !... . FIGARO. On aurait fauté deux douzaines ;8c qu’eft-ce que cela ft;. Nlonfeigneur ,des qu’il n’y aperfonne de bielde ?(Aux j¿J’ filies. )Ah 5a ,voulez-vous venir ,ou non l 'ts LE COMTEoHtré. Jouons-nous une comedie 1(On entend un prélude de fm fare• ) FIGARO. Voilá le fignal de la marche. Avos pofles ,les belles ,iVo, poíles. Allons ,Suzanne, donne-moi labras. (Tous s'enfuum Chérubin rejle feul la tete baijfée. ) ’ =3?*«» SCENEVII. CHERUBIN, LE CO PÍTE, LA COMTESSE LE COMTEregardant alien Fígaro. voit-en de plus audacieux ?(Au Page.)Pour vous monneur le fournois ,qui faites le honteux ;allez vous r’habillet bien vite ,8c que je ne vous rencontre nulle parí de la fbirce LA COMTESSE. 11 va bien s’ennuyer. CHERUBIN étourditnent. Mennuyer !jemporte amon front du bonheur pour plus de cent annees de prifon, (II rnetfon chapeau &s'enfuit. ) SCENE VIII. LE COMTE, LA COMTESSE. LACOMTESSE s'¿vente fortementfans parlen. Ole comte. U’A-T-IL au front de fí heureux I ,LA COMTESSE avec embarras. Son .... premier chapeau d’Officier ,lans doute ;aux eflfants tout fert de hochet. (Elle veut Cortil: ) LE COMTE. Vous ue' aous reftez pas, CornteíTel •f Je /é/u/ c/iez T. /ci/ZC /¡fa ujV Fhe/uie esliere/: ahS<zÁ> <& / a •* k * i" i< J?m í¿u JD¿¿¿ Jbetiey? y? JMuMzrilz¿ /t’ ¿fe _FuZ(Zr¿? ou le Mariage de Fígaro* itf .LACOMTESSE, Voiis faVeZ que je ne me porte pas bien. LE COMTE ‘ Un inftant pour votre prorégée ,ou je vous croirais en coíereJ LE CQMTE. Voici Ies deux noces ,afíeyons-nous done pour les recevoir* LE COMTE, apan. La noce !il faut fouftrir ce qu’on ne peut empécher. le Comte &la Comujje sajfeyent vers un des cotes de la 5CENE IX. LE COMTE fLA COMTESSE ,ajJis ;Con jone les fo « lits (TEfpagne d'un ,mourement de marche.(Symphonig notée. ) :Marche. ) tis Garbes-Chasse ,fufú fur V¿paute. L’Alguasil. Les Prud’hommes ,Brid’oison* Les Paysans et Paysañnes ,en habits de féte. Deux jeunes Tilles ,portant la toque virginale apturne$ Manches* Deux autres *le voik blanc* Deux autres ,les gants &le bouquet de cote . Antonio donne la maina Suzanñe ,camine étant celui qué la marie aFígaro. D’autres jeunes FillEs portent une autre toque ,un autre voile ,un autre bouquet blanc ,jemblables aux premiers 9 pour Marceline. Fígaro donne la main áMarceliñf. ,dominé celui qui dolí, la remettre au Docteur ,lequel fermé la marche ,un. gros bouquet au cote.Les jeunes filies, en paffant devant le Comte ,remettent afies valets toas les ajufíemens defiinésck SüZANNE &d MARCELINE. Les Paysans et Paysannes s'étant ra'ngésfur deux coléunes achaqué c6ié du fallón ,on danfie une reprife du fendan-* go ,(air noté )avec des caflagnettes ;puis on jone la ritournelle du Dúo ,pendant laquelle Antonio conduit SuSanne au Comte ;elle fe met agenoux devant lui. Lendant que le Comte lui pofie la toque ,le voile ,&lui don4 ne le bouquet ,deux jeunes filies chantent le Duofuivañt $ (Air noté. )**r•/ ->.;.4'<* •V•i Jeuiie Fpotife ,chantez Ies bienfaits &la gloirc i)’un Maitre qui renonce aux droits qifil eut fur vous o Préférant au plaifir la plus noble viftoire r 11 vous rend challe Se puré aux mains de votre époux* Svx'anne ejí agmouXy&ipendant les demiers vers d*á Q / 'til La folie Journie , Dúo ,elle tíre le Comte par fon mantean ,&luí montr* le billet qu'elle tient :puis elle porte la maih qiCdk adu cote des Speclateurs ,áfa téte ,ou le Comte alair d'ajuj\ 'ter fa toque ,elle luí donnele billet• Le Comte le met furtivement dans fon fein ;on acheve de chanter le Dúo ;la Fianeéefe releve >&luí fait u¡u grande reverence* Fígaro vient la recevoir des mains du Comte ,&fe retira avee elle dVautre cote du fallón-, pres de Marceline, (On danfe une autre reprífe du fendango ,pendant ce ttms,) Le Comte preffé de lire ce qu'il arecu ,¿avance au bord du théátre ,&tire le papier de fon fein $mais en le fortune il fait le gefte fun homme qui s'efl cruellement piqué ¡c dúigt ;il le feeoue rle prcjfe ,le fuce %&3regardant [$ papier cachete d'une épingle ,il dit : LE COMTE, (Fendant quil parle ,ainji que Fígaro ,Vorcheflre joUd Dpianijfmo.)'r Iantre foit des femmes ,qui fourent des épingles partout !(I¿ la jette áterre ,puis il ht le billet &le baife.) FIGARO, qui atout vu ,dit áfa mere &aSu^annc: G’eft un billet dome, qu’une filletre aura gliile dans fa main en paflant. II était cachete d’une épingle ,qui l’a outrageq. i^ment piqué. Ladanfe reprendí le Comte qui alu le billet le retourne ,il yvoit Vinvitation de renvoyer le cachet pour réponfe.11 cherche aterre-, &retrouve enfin Vépingle *qu'il attacfo, afa manche. FIGARO, aSu^anne &Marceline • D’un objet aimé tout eít cher. Le voili qui ramafle 1’épifo. gle. Ah ,c’eft une dróíe de téte ! Pendan ce ums ,Su\antie ades fignes dlintelligence ave$ la Comtejfe.La danfe finit la ritournelle du Dúo ncommence. FIGARO, ccnduit Marceline au Comte ,ainji qiioti a conduit Suzanne; aVinftant oh le Comte prend la toque ^ Ce ou Pon va chanter le Dúo ,on efi interrompu par Ut cris fuivans : L’HUISSIBR, criant ala porte. ,Arretez done, Meílieurs !vous ne pouvez entrer toijs..., llci les gardes ,les gardas. (Les gardes vont vite dcettt porte.)LE COMTE, fe levant. Qu’eíl-ce qu’il ya?' L’HUISSIER. Monfeigneur ,c’eft mofieur Bazile entouré á’un village ea« tier ,parce qu’il chante en marchante .LE COMTE. -.fíu’il entre feul. , nj ou le Mariage deFigaro , LA COMTE ¿SE. ©rdonnez-moi de me retirer. LE COMTE. je n’ouííiie pas votrc complaífance. |,.LA COMTESSE. Suzanne ?.** elle reviendra. (Apare aSu^anne- )Allons changer d’habits. (Elle fort avec Sudarme*) *MARCELINE. II n’arrive jamais que pour nuire. .FIGARO. Ah !je m’en vais vous le faire déchanter. a .-y sV \j S-CENE X. Tous les A&eurs Précédens excepté la Comtejfe &Suianne ; BAZILE tenant fa guittare ;GRIPPE-SOLEIL. BAZILE ,entre en ch.anta.ntfur Vair du Vaudeville (le la fin* (Air noté. }J mCEurs feníibles ,coeurs fidelles , »Qui blámez l’amour léger ; »Cefléz ves plaintes cruelles : ' »Eft-ce un crime de changer l nSi l’Amour porte des ailes ,- »N’eft-ce pas pour voltiger ? *N’eft-ce pas pour voltiger l »N’eft-ce pas pour voltiger f» FIGARO, s’avance a. luí. Cui ,c’eft pour cela juftement qu’il ades ailes au dos. Noto ami ,qu’entendez-vous par cette muíique ? IBAZILE, montrant Grippe-Soleil. Qu’aprés avoir prouvé mon obéiflance á Monfeigneur ,en amufant Moníieur ,qui eft de fa compagnie ;je pourrai ,ák mon tour ,réclamer fa jufticc. GRIPPE-SOLEIL. Bah !Monfigneu !il ne m’a pas amulé du tout: avec leux guenilles d’ariettes... LE COMfE. ‘•Enfin-,' que demandez-vous ,Bazilc ? BAZILE Ce qui m’appartient ,Monfeigneur ,la main de Marcelinc ; &je vie-ns m’oppofer... .' i FIGARO, s'approche- 'Ya-t-il long-t’ems que Moníieur n’a vu la figure d’un fou f BAZILE. t Moníieur ,en ce momsnt ménte. FIGARO. Puifque mes yeux vous fervent fi bien de miroir ,étudiez-y i'effét de ma prédi&ion. Si vous faites mine feulement d’appt Proximer Madame... Q* st'4 la folie Journée , BARTHOLO, en riant. Eh pourquoi 1laiíTe-le parler. BRIO’ OISON,j’avance entre deux • Fau-aut-il que deux amis * “Nous ami ! Quelle erreur ! FIGARO. BAZILE. FIGARO, vite. “ Parce qu’il fait de plats aírs de chapelle í B A ZILE,vite. Et lui des vers comme tía Journal ? FIGARO, vite. LTnmuficien de guinguette ! BAZ I L E , vite. Un poftillon de gazette * FIGARO, vite. Cuiílre d’oratorfo !BAZILE,vite. Jockey diplomatique í ,LE COMTE,affn. Infolens tous les deux ! BAZILE. jl me manque en tome occafíon, FIGARO. C’eíl bien dit ,íi cela fe pouvait ! BAZILE. Difantpar-tout que je ne fuis qu’un fot. IIGARO. Vous me preñez ¡dome pour un echo ? V* '•BAZI LE. , .Tandis quhl n’eft pas un chanteur que mon talent n’aitfaír bfiljer, . FIGARO. Erailler. , :’iB;AZIL E. II le répete ! FIGARO.- Etpour quoí non, fí cela eft vrai ? Es-tu un prince pour qu on te flagorne ?Souffre la vérité ,coquin !puifque tu n’as pas dé quoi gratifíer un menteur ;ou fi tu la crains de notre pai t,pourquoi viens-tu troubler nos noces í .BAZILE,kMarceline, ,,.aviez-vous promis ,oui ou non ,íi dans quatre ans vous ®Pficz pas pourvue ,de me donner Ja préférence ? MARCELINE, ~- Aquede condition Pai-je promis I ''BAÍ5I LE. ,v Oye yvous trouvie? «o ccmin füs perdu ,je l’adoptsraíi Wcompkifmm» ri < íi jl eft trouvc. ou le Mariage de F'ignp». Tous enfemble. BAZILE. Ou’á cela ¡le tienne. Tous enfemble ,montrant Fígaro. jt le voici. BA7. ILEreculant de frayeur . j’ai vu le diable ¡-> BRID’OISON.á Baiile. jl vou-ous renoncez áfa chere mere í BAZILE. Qu’y aunait-il de plus fácheux que d’étre cru le pere d’uií «rnement ? -FIGARO. D’en erre cru le fils ;tu te moques de moi ! B A ZII. Emontrant ‘Fígaro. Des que Monfieur eft de quelque chofe_ ici ,je déclare ,noi ,que je n’y fuis plus dé rien. (Ufon.). lMN S.CEN-E XI. Les A&eurs Précédens ,excepte' Bayle. BARTHOLO, riant. H!ah !ah !ali ! FIGARO, fautant de joíe. Done ála fin j’aurai roa femme ! LE COMTE,apare. Moi ,ma maítrefle. {Jl fe leve. ) BRID’OlSON,¿ MarceUne. Et tou-out le monde eft fatisfait. LE COÍV1TE. Qu’on dreffe les deüx contrats ;j’y íigncraw Tous enfemble. Vivat !(Ilt fortent. ) LE COMTE, J’ai befoin d’une heure de retraite. (Jl vtut fortir avec.les nutres.) . .\r. «kfa B*V> MOTMMI SCfiNE XII. GR IPPF.-S OL EIL, FI GARO, MARCELINF, •LE COMTEL * GRIPPE-SOLEIL,¿ Fígaro: '1 ETmoi je vafaider hranger le feu d’artifíce (bus les grands maronniers ,comme on Va dit. LE COMTE,revienten counvvt* > Qusl fot aáonm «a freí ?~( la folie Journée » «asa: l :í^av SCENE V. FIGARO, LA COMTESSE ,SUZANNE. MSUZANNE,haut. Adame tremble /eft-ce qu’elle aurait froid ? LACOMTtSSK, haut. La foirée eíl humide ,je vais me retirer. SUZANNE, haut. Si Madame n’avait pas befoin de moi ,je prendrais ra¡r moinent fous ces arbres. »u* LA COMTESSE, háiit. C’eíl le lercin que tu prendí as. SUZANNE, haut* J’y fuis toute faite. FIGA R Oápart. Ah oui ,le ferem / (Sudarme fe retire pres de la couliffe ,du cote oppofé < Fígaro.) a SCENEV/. FIGARO, CHÉRUBIN, LE COMTE ,LA COMTESSE SUZANNE. Fígaro Se Suzanne retirés de chaqué cóté fur le devant. L CHÉRUBIN ,en habit ¿fcfficier, arrive en chantant gak ment la reprife de Vair de la romance. A, la, la, &c. J’avais une maraine. Que toujours adorai. _1>A COMTESSE,^ part. L« petit Page ! CHÉRUBINs'arrete. cnie promene íci ;gagnons vite mon afyle ,oii la petiti Fanchette... C’eft une femme ! P .. „COMTESSE, ¿coate. Aa grands Dieux ! RUE¡ IN,febaijft en regardant de loiti . loin'AwSPaiS;,e J raftte .,co¿'ffure en plumes qui fe deffineaí íom d«os le crepufcule ,il me femble que c’eft Suzou. Sii.r LA COMTESSE, dpan. :Je Comte arrivait... rHFRTtrtE°f TÍ ’paraít dans le fond. "*supproche &prendía main de la Conv :r.,-? te Jf e’qui fe défind. nnnrrnic , charman Jte filie qu’on nomine Suzanne: á cetit frpmi mcPrcn^re ¿douceur de cette main ;á« petit tiemblgmcnt qiu la faiíie; íür-tout au battement * [cu le Maríage de Fígaro . 135 0cosUr ! (II veut yappuyer le dos de la main de la Comf„tr telle la retire. ) “* LA COMTESSE, bas. fAllez-vous-en. ' I•CHE RUBIN. !5¡ la compalfíon t’avait conduite exprés dans ceí endroit 11, pare ,011 je luis caché depuis tantót 1 LaCOMTESSE. fígaro va venir. LE COMTE,s’avancant ,dit ápare, tf’eft-ce pas Suzanne que j’apper^ois 1/ CHEKUBIN,á/fl ComteJTe• je ne crains point du tout Figaro ;car ce n’eft pas Iui qqe luattends. o, •~* LACOMTESSE. Qui done !LE COMTE, hpan . Elle eft avec quelquTm, '« CHÉRUBIN. C’eft Monfeigneur ,fripponne, qui t’a demandé ce rendez^ jous, ce matin ,quand j’étois derriere le fauteuil. LE COMTE, hparí avec fureur. C’eft encore le Page infernal ! ,FIGARO, ¿part. On dit qu’il ne faut pas écouter ! SUZANNE, kpan. jPetitbavard ! 1LA COMTESSE, au Page. Obligez-moi de vous retirer. CHER U BIN. iCe ne lera pas au moins fans aVoir re<;u le prix de moa ¡eiéilTance. [LACOMTESSE, efrayee. Vous prétendez ?... CHÉRUBIN, avec feu. D’abord vingt baifers pour ton compte ,Se puis cent pour hbelle maitreffe. - LA COMTESSE, Vous oferiez ?,. CHERUBIN. Oh que oui ,j’oferais ;tu preríds fa place auprés de Mon- ^igneur ,moi celle du Lomte auprés de toi ;le plus attrapé, c’eft Figaro. .FIGARQ‘ apart. • Ce brigandeau !SUZANNE, hpart. Hardi commc un Page. CHERUBIN, veut embraffer la romtejje. LE COMTE, fe met entre deux ,&recoit le baifer. LA COMTESSE, fe reúrant, $h ciel » a36T*a folie Tourfiée , FIGARO, apart ,enttndant le baiferi J’époufais une jolie mignogne ! i(II écoute. ) CHERUBIN, tdtant les habits du Comte. (A part. )C’eft Monfeigneur. (// s'enfuit dans le paviu font entrées Fanchette &Marceline.)0,l SCENE Vil. FIGARO, LE COMTE, LACOMTESSí SUZAN NE. . 11 JFIGARO,s'approche. Evais... LE COMTE, croyant parler au Pagt. Puifque vou« ne redoublez pas le baifer... (II croit lui donner un foufflet. ) FIGARO, qui ejl aportée ,le recoit. Ah ! LE COMTE. .... Voilá toujours le premier payé. FIGAR O ,¿part ,s'éloigne en fe frottant la jout, 1out n’eíl pas gain non plus en écoutant. SUZANNE,riant tout haut ,de l'autre cote. Ah ,ah ,ah ,ah / LE COMTE ,ala Comtejfe qu'il prend pour Su\annt . Entenat-on quelque chofe áce Page !il re^oit le plus rufa íbufilet, 8c s’enfuit en éclatant de rire. FIGARO ,dpart: S’il s’affligeait de celui-ci !... LE COMTE. ,ne pourL rai fairs un Pas CAla Coa. teffe.) Mais laiíTons cette bizarrerie ,elle empoil’onnerait le riai. lir que jai de te trouver dans cette falle. T^ACOMfESSEimitant le parler de Sudarme. Lefperiez-vous } .,^COMTE. trembles I™ ingenieux billet ! (11 Iui Prend la main.)Tu LA COMTESSE. J’ai eu peur. LE COMTE. ’ “Pr‘,er d“ baiícr >1“ ™pris. (Hll Des libertes! LAC0“TESsE. Coqiime ! f‘GARDipar,. Chamante ! S“UN!,Utari. I f / óu te Mar¡age de Fígaro. lif LECOMTE prertd la mata de fa ferame. Maisquelle peau fine 8c douce I8c qu’il s’en fautqueía Cora*» elle ait la main auffi belle ! LA COMTESSEáparu Oh !la prévention ! LE COMTE. A-t-elle ce bras ferme 8c rondelet? ces jolis doígts píeins d& «race 8c d’efpiéglerie ? LA COMTESSE¿í/s voix de Suianne. Aiiifí l’amour ?*../ LE COMTE. L’amour ... n’eft que le román du cceur ic’eft le plaiíir qui etj eft l’hiftoire ;il m’amene átes genoux. LA COMTESSE. Vous ne l’aimez plus ? LE COMTE. Je Taime beaucoup ;mais trois ans d’union rendent l’íiymeaírefpeflable ! LA COMTESSE. Que vouliez-vous en elle 1 LECOMTE la carejfant<* Ce que je trouve en toi Jma beauté ... LA COMTESSE. Mais dites done. LE COMTE. .... Je he tais ;moins d’uniformité peut-étre; plus de piquani ¿ans Ies manieres ;un je ne Tais quoi, qui fait le citarme ;quelquefois un refus ,que fais-je íNos femrnes croient tout accomplir en nous aimanr :cela dit une fots ,elle nous aíment ,nous aimer.t !fquand elles nous aiment ;)8c font íi complaifanres ¿ kíi conftamment obligeantes ,8c toujours ,8c fans relache » qu’on eft tout furpris un beau foir ,de trouver la fatiété eü Tort reherchait le bonheur. La COMTESSE dparí. Ah !quelle le?on ! LE COMI E. ^ En vérité ,buzón ,j’ai penfé mille fois que íi nous pourfuivons ailleurs ce plaiíir qui nous fuit chez elles ;c’eft qu’elles n’étudient pas affez I’art de foutenir notre goút ,de fe renouveiler ál’amour ,de ranimer, pour ainli dire ,le charme de leur poffeffion ,par celui de la variété. LACOMTES SE,piquee. Done elles doivent tout ?... . LE COMTE, riant. Et I’homme rien \<hangerons-nous la marche de la nature ? Notre tache ánous ,fut de les obtenir :la leur .... LA COMTESSE. La leur lLE COMTE Eft de nous reteñir :on Toublie trop. j£g Ta folie Journíe J LA COMTESSÉ.1 »f Ce ne fera pas moi. LECÓMTE. Ni moi. FIGARO aparí • Ni moi. SUZANNE apart. Ni moi. LE COMTEprend la main de fa femme. II ya de Pécho ici, parlons plus bas. Tu n’as nul befoin d’v fonger ,toi que l’amour afaite 8c íi vive 8c ii jolie !avee J ¿rain de caprice, tu Peras la plus agasante maitrelTe. (i¡¡ baife au front )Ma Suzanne ,un Caftillan n’a que fa parole Voici tout l’or promis pour le rachat du droit que je n’ai plus % Je délicieux moment que tu m’accordes. Mais comme la grace que tu daignesy mettre ,eft fans prix ij’y joindrai ce brillant ,que tu porteras pour l’amour de moi. 1 LACOMTES S Eune reveranee. Suzanne accepte tout FIGARO ¿pan. On n’eft pas plus coquine que cela. SUZANNEa parí. Voilá du bon bien quinous arrive. LE COMIEapare. Elle eft intérefíee ;tant mieux. LA GOMT£SS£regarde au fond. Je vois des flambeaux. LE COMTE. .Ce Pont les appréts de tá noce ;entrons-nous un moment dans Pun de ces pavillons ,pour les laififer pafler ? LA COMTESSE. Sans lumiére ? LE COMTE l’entraine doucement. Aquoi bon ?nous n’avons lien álire. FIGAROS parí. Elle yva ,ma foi !je m’en doutais. ,(11 s*avance.) _.®C9MTEgrojfit fa voix en fe retournant. Qui paííe ici ! vFIGAROencolere. PalFer !on vient exprés. LE COMTE, bas ala Comtejfe. C’eíl Fígaro!... (Us'enfuit* ) LA COMTESSE. Je votis ¿lis. £€nWe cans ' le pavillon afa droite ,pendant <¡ue le Comee fe perd dans le bvis ,au fond> ) cu le Mariage de Fígaro • 139 SCENEVIII. FIGARO ,SUZANNF. ,dans Vobfcurité. flGARO,cherche avoir °u vont le Comte &la Comteffe , Jquil prend pour Sudarme. En’entends plus ríen ;ils font entrés ;rn’y voilá. (&urt ton ahéré. )Vous autres ,époux mal-adroits ,qui tenez des efpions ágages ,8t tournez des mois enticrs atitour d’un foupgon ,fans l’afleoir ;que ne m’imitez-vous ?des le premier jour je filis ma femme ,8t je l’écoute ;en un tour de maiií on eft au fait :c’eft charmant ,plus de doutes ;on fait áquoi s’en tenir. (Marchant vivement )Heureuíément que je ne m’en foucie guere ,8c que fa trahifon ne me fait plus ríen du tout. Je les tiens done enfin. SUZANNF, qui s’efi avancée doucement dans Vobfcurité. (Apart. )Tu vas payer tes beaux foup$ons. (Du ton de voix de la ComteJTe. )Qui va lá ? FIGAKO,¡ extravagant. Qui va la x -Celui qui voudrait de bon cceur que la pefte eúí étoufle en naiflant... SUZANNE, du ton de la ComteJTe. Eh 1mais ,c’eft Figuro ! FIGARO ,regarde &dit vivement. Madame la Comiede ! SUZANNE. Parlez bas. FIGARO, vite. Ah !Madame ,que le ciel vous amene ápropos tOít croyezvous qu’eft Monfeigneur ? SUZANNF. Que m’importe un ingrat iDis-moi ?... FIGARO, plus vite* Et Suzanne mon époufée ,oii croyez-vous qu’elle foit? SUZANNE’*. Mais parlez bas. FIGARO, tres-vite. Cette Suzon qu’on croyait fí vertueuíe ,qui fefait de la réfervée/ lis fon tenfermes lá-dedans. Je vais appeller. SUZANNE luí fermant la bouche avec fa mam ,oublie de déguiferfa voix. N’appellez pas. m FIGARO, apan. Eh c’eft Suzon! God-dam ! SUZANNF, du ton de la ComteJTe . Vous paraiífez inquiet. FIGARO, apart. Traitreífe !qui veut me furprendre ! SUZANNE. ' XI fiiut nous venger ,Fígaro. S* i4®La folie Journée i F* IGARO. En fentez-Vóus le vif cieíir ? SUZANNE. .Je ne ferais done pas de mon léxe !Mais les hommes cntcent moyens. ’ FIGARO, confidcmment* Madame ,i{ n’y aperfonne ici de trop. Celiji des femmes Jes vaut tous, “f SUZANNE ,hpartí Comme je le fouííletterais ! FIGARO, apart. II ferait bien gai qu’avant la noce / SUZANNE. Mais qu’eft-ce qu’une telle vengeance ,qu’un peu' d’amour fi’aflaifonne pas ?FIGARO. Par-tout o\i vous n’en voyez point ,croyez que le refieft diflímule, 7 SUZANNE, piquee• a filis fi vous le penfez de bonne foi \mais vous nle áites pas de bonne grace. FIGARO, avec une chaleur comique ,agenoux. Ah \Madame, je vous adore. Fxaminez le tems ,le lieu, |es circonftances ;Se que le dépit íuppiée en vous ,aux gra? C£s qui manquent áma priere. SUZANNE, apart* La main me brúle. HG ARO, ¿pare. Ee coeur me bat. SUZANNE. Mais Monfieur, avez-vous fongé?... fígaro. Oui ,Madame ,pui ,j’ai fongé. Sli zANNE; Que pour la colere &ramour?.* FIGARO. eiv?}iS*L ce , qui fe differe efl perdu. Votre main ,Madame ? *Laroilf 'V°lX naturelle 5&lui donnant un f&uffleu ,, .FIGARO, Ah Demonio !quel foufflet ! _.rS^7> ANNF,lui en donne un ftcond. Quel foufflet !&celui-ci ! FIGARO. Exqufs-k-quo !de par ie diable! eft-ce ici la journée des tapes $ ®V%ANNF. ,le bat achaqué phrafe. .?»; quesrfl-quq tSuzanne ;Se voilá pour tes foupeons Vuijq pour te? vengeqnces %pour tes trahifons ,tes expédiens Ks injures &tes projefs, 0cjs i’amopr? di? dOIW eomm ft 1* ou le Mar¡age de Fígaro,141 FIGARO, rit en Je relevante tanta Barbara !oui ,c’eft de l’amour. Oh bonheur !oh riices !Ócent ibis heureux Fígaro !Frappe ,ma bien aimée , .ste lafler. Mais quand tu m’auras diapré tout le corps de iiieurtriffnres, regarde avec bonté, Suzon ,Phomme le plus ;rmné ,qui fut jamais battu par une femme. 'SUZANNE, le plus fortuné !bon frippon ,vous n’en féduifiez pas moinss laConiteiFe ,avec un li trompeur babil, que m’oubüant moi- ,en vérité ,c’était pour elle que je cédais. FíGARO. ¿i-je pu me méprendre ,au fon de ta jolie voix ? SUZANNE, en riant. Tu m’as reconnue? Ah, comme je m’en vengerai ! FIGARO. Bien roffer garder rancune ,eít auíli par trop féminin! jlais dis-moi done par qnel bonheur je te vois la ,quand je te ¿royáis avec luí ;conjment cet habit qui m’abufait, te uiontre enfin innocente... SUZANN E. Eli c’eft toi qui es un innocent ,de venir te prendre au piége apprété pour im áutre i¡-b ft-ce notre faute ánous, fí foulant mufeler un renard, nous en attrapons deux* FIGAR O. Qui done prend l’autre \ SUZANNE, Sa femme. Sa femme ? Sa femme. FIGARO, jbllement Ah Fígaro, pends-toi ;tu n’a pas devine celui-la !—Sn femme IOdouze ou quinze mille ibis fpirituelles femelles /— Ainfi les baifers de cette falle I SUZANN E. Ont été donnés áMadame. FIGARO. Et celui du Page ? SUZANNE, riant. AMonfieur. FIGARO. Et tantót derriere le fauteuil? SUlANNE, Aperfonne. •kFIGARO. En étes-vous ñire ? .?SUZANNE, rianu í! píeut fouftíei yFígarpf FIGAR O. SUZAN N E 14iLa folie Journée•.*] FIGARO, lui baife la mala * Ce font des bijoux que les tiens. Mais ce lui du Comte était de bonne guerre. ’ SUZANNE. Allons, fuperbe! humilie-toi. FIGARO,fait tout ce qu'il annonce. Cela eft jufte ;ágenoux ,bien courbé ,profterné ,ventre iterre. ,, SUZANNE, en rianu Ah ce pauvre Comte !quelle peine il s’eft donné... FIGARO, fe releve ¡fur fes genoux. .... Pour faire la conquere de la femme ! SCENEIX. •;"*V,tlUuTTrti. LE COMTE, entre par le fond du thédtre ,& droit au paviUon afa droite.FIGARO ,SUZANNE. JLECOMTE, hlui-méme. Ela cherche en vain dans Je bois ,elle eft peut^étre en, trée ici. SUZANNE, aFígaro ,parlant bas . C’eft lui. LE COMTE, ouvrant le pavillon . Suzon es-tu lá-dedan$I FIGARO, bas. Illa cherche ,Se moi je croyais... SUZANNE, bas. II ne l’a pas reconnue. FIGARO. Achevons-le ,veux-tu *(II lui baife la maitu ) LE COMI Eje retourne. Un homme aux pieds de la Comtefle /Ah !je fuis fans armes. (II ¿avance* ) IIGAROí'e releve tout-h-fait en déguifant fa voix* Pardon ,Madarne ,fi je n’ai pas réflechi que ce rendez-voiis ordinaire ,était deftiné pour la noce. LECOMTE. C?eft Phomme du cabinet de ce matin. (Ilfefrappe lefront.) ^IGAROcontinué• Mais il ne fera pas dit qu’un obftacle auili fot ,aura retardé nos plaiíirs. LE COMTE ¿pan. Maffacre ,mort ,enfer ! FIGARO/^ conduifant au cabinet. (Bas.)II jure. (Haut» )Preflons -nous done ,Madame * &réparons le tort qu’on nous afait tantót ,quand i’ai fauté pac Ja fenétre. ^ ... comte ¿pan. Ah !tout fe decouvre enfiru ou le Mariage ie Tigaró'. 143 'SU7ANNEpres du pavillon áfa gauche . ftvant d’entrer ,voyez fi perfonne n’a fuivi. (II la baife ait fT°nt'^LE COMTE,s'écrie. ' Vengeance! gmanhe s’enfuit dans le pavillon ou font entres Fanchette , ¡\íarceline &Chérubin. SCENEX. LE COMTE, FIGARO. LE COMTE faifit le Iras de Fígaro• CFIGAROjouant la fraycar excejfive• »£st mon maítre ! LE COMTE le reconnait. Ah fcélérat ,c’eíl toi !Hola quelqu’un ,quelqu un ? es I SCENEXI. PEDRILLE, LE COMTE, FIGARO. MPÉDRILLE botté. Onseic-neur ,je vous trouve enfin. LE COMTE. Eon c’eft Pédrille. Es-tu tout feul ; PÉDRILLE. Arrivant de Séville ,áétriple cheval. LE COMTE. Approche-toi de moi ,Se crie bien fort. PEDRILLE criant atue tete. Fas plus de Page que fur ma mam. Voilá le paquete LE COMTE /e repoujfe. Ih l’animal! PEDRILLE. Monfeigneur me dit de crier. LE COMTE tenant toujours Fígaro. Pour appeller. -« Hola quelqu’un ;fi Ton m’entcnd ,accourea tousl * PÉDRILLE. Fígaro &mol ,nous voilá deux ;que peut-il done vous arriver \ £CJÉ JsT JÉ JCX X tes Afleurs précédens .BRID’OISON ,BARTHÓLO, BAZILE, ANTONIO ,GRIPPE-SOLEIL, tome io. noce accourt avec des flambeaux. BARTH0L04 Figuro. xUvois qu’á ton premier (igual ....