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Sabine LEFEBVRE (Ed.), Identités et dynamiques provinciales du II e siècle avant notre ère à l’époque julio-claudienne. Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2013. 1 vol. [Reseña]

Álvarez Melero, Anthony

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550 COMPTES RENDUS rend bien compte du rôle de ces « grands sanctuaires » dans le paysage des Gaules romaines. – Nous sommes très heureux de disposer de ce recueil d’études toutes de grande qualité et novatrices, mais notre satisfaction serait bien plus grande encore si c’était là le bilan d’un début de carrière prometteur. Que les félicitations que nous lui adressons à titre posthume conservent sa mémoire dans nos travaux. Marie-Thérèse RAEPSAET-CHARLIER Sabine LEFEBVRE (Ed.), Identités et dynamiques provinciales du IIe siècle avant notre ère à l’époque julio-claudienne. Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2013. 1 vol. 15 x 23 cm, 143 p., 1 tabl., 34 fig. Prix : 18 €. ISBN 978-2-36441-050-3. Prenant la suite, dans une certaine mesure, des actes du colloque de Séville sur les identités provinciales qu’elle a édités conjointement avec A. Caballos Rufino et dont nous avons rendu compte dans un précédent volume (AC 82 [2013], p. 600-603), Sabine Lefebvre se propose d’approfondir les réflexions issues des conclusions de la rencontre sévillane, mais en s’intéressant cette fois à l’époque républicaine et au début de l’Empire. Il s’agit de voir si les populations conquises, et en particulier leurs élites, ont créé ou bien se sont approprié un nouveau référent identitaire, celui de la province, cadre inconnu avant l’arrivée de Rome. Pour ce faire, quatre contributions en français et une en espagnol, sont ici réunies afin de juger de la pertinence de l’hypothèse. En premier lieu, E. García Riaza s’intéresse aux alliances conclues entre populations indigènes des Gaules dans les trois derniers siècles de la République, afin d’établir si celles-ci ont contribué ou furent la conséquence de l’émergence d’une identité collective (p. 13-27). Si de telles ententes aux motivations variées se mettent effectivement en place à l’initiative des chefs de tribus, elles ne sont pas nécessairement fondées sur des affinités ethniques, familiales ou culturelles, ce qui permet à chaque peuplade de conserver sa spécificité. Pour sa part, S. Lefebvre réfléchit sur les réunions de notables de Citérieure et d’Ultérieure à l’époque de la guerre civile qui opposa César à Pompée, puis à ses partisans dans la Péninsule ibérique (p. 29-59). Selon elle, ces assemblées, convoquées à l’instigation du Dictateur, semblent suggérer l’existence d’une organisation provinciale, sans pour autant qu’elles soient le creuset d’une prise de conscience d’appartenance à la province. Nous menant en Bithynie et en Asie, régions aux fortes identités civiques, en passant par Éphèse, H.-L. Fernoux s’interroge sur l’éventuelle apparition d’un sentiment identitaire lié aux structures administratives que sont la province ou aux κοινά, datant des dernières décennies avant notre ère (p. 61-86). En réalité, tant dans le cas de la Bithynie que de sa voisine anatolienne, on ne relève pas le surgissement de nouveaux référents durant le HautEmpire, car la vieille πόλις demeure, sur cette question, le seul point d’ancrage identitaire. Un constat similaire peut être posé pour les provinces maurétaniennes, qui font l’objet de la contribution de G. Bernard (87-106). En effet, initialement, les cités romaines de la région dépendaient administrativement d’autres provinces, mais elles ne furent pas davantage le socle d’une identité provinciale, même après la création des Maurétanies Césarienne et Tingitane par Claude. Toutefois, celle-ci finira par émerger, grâce à la figure du gouverneur, au culte impérial, aux garnisons cantonnées sur le Limes, comme en témoigne l’ère provinciale, dont l’usage subsistera par COMPTES RENDUS 551 endroits jusqu’au VIIe s. Enfin, C. Vernou examine la problématique du volume par l’étude de l’iconographie à thématique religieuse des Santons (p. 107-119) ; il y décèle le maintien, dans les premiers temps de l’Empire, d’une tradition celtique vouée à disparaître, pour l’analyse de laquelle nous regrettons l’absence d’une perspective qui tienne compte des panthéons des cités, dans le fil des travaux de W. van Andringa (cf. AC 72 [2003], p. 474-476), par exemple. En conclusion, on peut affirmer que l’ouvrage, en dépit de quelques lapsus calami, contribue à nourrir la réflexion sur la genèse et le développement des identités provinciales, issues de structures administratives décidées par Rome, dont l’examen est complexe parce qu’une réponse univoque est impossible. Anthony ÁLVAREZ MELERO Emily HEMELRIJK & Greg WOOLF (Ed.) Women and the Roman City in the Latin West. Leyde-Boston, Brill, 2013. 1 vol. 16 x 24 cm, XXII-408 p., 40 fig. (MNEMOSYNE. Supplements, 360). Prix : 151 €. ISBN 978-9-0042-5594-4. Le volume édité par Emily Hemelrijk et Greg Woolf constitue les actes d’un colloque tenu à l’Université d’Amsterdam en 2011 et consacré à la vie urbaine à Rome, en Italie et dans les provinces occidentales, examinée du point de vue des « gender studies ». Quelle était la place des femmes dans ces activités urbaines, qu’elles soient politiques, économiques, évergétiques ou de représentation ? Un colloque sur le même thème avait fait l’objet d’un ouvrage très intéressant publié à Faenza en 2005 : Donna e vita cittadina nella documentazione epigrafica. Les sujets précis examinés alors comprenaient des problématiques proches insuffisamment mises à profit ici, comme d’ailleurs, souvent, la recherche continentale. Après une courte introduction, cinq parties divisent la matière. Dans la première section, cinq articles traitent des rôles civiques, ce qui correspond essentiellement aux questions de patronage et d’évergétisme. F. Cenerini s’intéresse aux cas de femmes « matres » de leur cité, A. Cooley et E. Hemelrijk envisagent plusieurs aspects des activités de bienfaisance publique, la première dans la perspective d’une imitation par les provinciales des pratiques italiennes et impériales, la seconde dans l’essai de tracer un tableau, d’une part des catégories sociales impliquées dans l’évergétisme, et d’autre part des types de dons offerts. E. Hemelrijk offre une bonne synthèse des connaissances, quoique moins originale qu’il n’y paraîtrait étant donné la bibliographie lacunaire. Une plus fine définition de chacune des couches de population et une mise en parallèle plus étroite des donations auraient permis des conclusions plus nuancées, en ce qui concerne notamment les distributions et les banquets. W. Eck étudie l’image de la femme dans l’épigraphie en distinguant les types d’inscriptions (funéraires, privées, publiques) et les ordres sociaux et constate que les femmes sont plus rarement mentionnées que les hommes dans l’épigraphie publique, où elles ne figurent seules que dans une faible proportion de cas. L’épigraphie ne donne qu’un reflet amoindri de la place de la femme dans la société, une conclusion que la perception générale des dames romaines donnait à prévoir. Un cas précis illustre le questionnement : Chr. Witschel décrit la représentation féminine publique à Cuicul et à Timgad et parvient à des constatations très proches. Le deuxième thème est celui de la religion. On touche là immédiatement à un débat important qui divise les chercheurs : la participation ou