Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques, grecs et latins, tant sacrés que profanes : contenant la gégraphie, l'histoire, la fable, et les antiquités... ; T. XVI
Full text
DICTIONNAIRE
POUR
L'INTELLIGENCE
DES
AUTEURS
CLASSIQUES,
GRECS
ET
LATINS,
TANT
SACRÉS
QUE
PROFANES.
TOME
SEIZIÈME
See
DICTIONNAIRE
;
POUR
L'INTELLIGENCE
DES
AUTEURS
=
era
GRECS
EF
LATINS,
.
TANT
SACRÉS
QUE
PROFANES,
CONTENANT
LA
GÉOGRAPHIE,
L'HISTOIRE,
LA
FABLE,
a
LES.
ANTIQUITÉS.
3
DÉDIÉ
a
|
“A
MONSELGNEUR
LE
JD
UC
JD
CHOISEUL,
Par
M.
SABBATHIER
,
Profe
TE
à
ai
Collere
de
Chälons-
ur-Marne
3
Secrétaire
ne
de
l’Académie
de
la
même
Ville.
=
KE
|
R4
2
Te
AS
€
ARR
|
AP
À
R
LS
=
Chez
DELALAIN,
Libraire
rue
de
la
Comédie
Françoife,
M
DEEE
-LYXTI
Avec
Approbation
&
Privilege
du
Roi,
AU-ER-ES
OU
Y
KA
GES
PS
DU
MÊME
AUTEUR,
Où
fe
trouvent
chez
le
même
Libraire.
£
1.0
Efai
Hiorate
Critique
far
l'Origine
de
la
Puiflance
temporelle
des
Papes;
Ouvrage
qui
a
“remporté
le
Prix
de
J'Académie
Royale
de
Pruffe.
Nouvelle
édition.
2.
Le
Manel
des
Fugue.
ou
les
Ne
4
Vies
des:
:
Hommes
Jilufires
de
Plutarque.
re
Pol.
ira.
Vi
C1
.°.
Recueil
de
Difertations
far
divers
fujets.
de-l'Hiftoire
de
nc
ra
ol.
NET
Rd
Rens
4.9
Ees
Mœurs,
Coûtumes
&
Ufges
des.
anciens.
Double
;
PEune
fervir
à
l'Éducation
de
la
Jeuneñe.
3
AE
i-12.
À
For.
Fil,
n-4.
LE
-
F-128
1100
:
+.
©
Les
Exercices
du:
Corps.
chez
les
Anciens
;
auf
pour.
frvir
à
l'Éducation
de
la
Jeunfes
2.
Vol.
in-12.
&
2.
Vo.
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+
TT
8
dre
de
Planches
pÜus
cé
Didtionire.
1
2
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Eivraifons.
Le
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éme
DICTIONNAIRE
POUR
L'INTELLIGENCE
DES
AUTÉURS
CLASSIQUES,
|
GRECS-ET
LATINS.
TANT
SACRÉS
QUE
PROFANES,
|
CONTENANT
LA
GÉOGRAPHIE,
L'HIS
TOIRE,
LA
FABLE
=
ET
LES
ANTIQUITÉS.
RP
PICERDE
,
Epicerdes,
PROS)
E'rixepd
ue,
(a)
Cyré-
néen.
Cet
homme,
qui
fe
trouva
à
Sy-
F
—
racufé
dans
le
tems
de
la
déroute
des
Athéniens,
touché
de
compaflion
envers
Ces
malhetreux
prifonniers
dif-
perfés
dans
la
Sicile
,
qu’il
VOYoit
près
de
mourir
de
faim,
leur
diffribua
cent
mines
,
C’eit-
à
-dire
,
Athènes
l’adopta
au
nombre
dé
fes
citoyens
,
&
lui
äecorda
cinq
mille
livres.:
SE
SR
E-P
toutes
fortes
d’immunités,
Peu
de
tems
après,
dans
la
güerre
qu'elle
fit
aux
trente
T'yrans,
le
même
Epicerde
donna
à
certe
ville
un
talént,
C’étoit
dans
Pune
&
l’aitre
occafon
peu
de
chofe
par
rapport
à
la
gran=
deur
&
à
la
puiflance
d’Arhè=
nés;
mais,
elle
étoit
infiniment
fenfible
au
bon
cœur
d’un
étran=
ger
;
qui,
fans
aucune
vue
d’in=
térêt,
dans
un
téms
de
calami-
té,
S'épuifoit
en
quelque
forté
pour
foulager
des
perfonnes
(3)
Demofth,
Orat.
in
Lept.
p.
sa7:
Roll,
Hit,
Anc,
Ti
I,
p,
69.
Tom.
XV1,
=
À
8.
.
EP
Doiteux,
il
vécut
toujours
pau-
vre.
Néanmoins,
l'élévation
de
fon
génie
,
la
fublimité
de
fes
maximes
,
&
le
ton
perfuafif
dont
il
les
débitoit,
lui
firent
une
haute
réputation,
&
lui
at-
tirerentune
foule
d’admirateurs
&
de
fectateurs,
Au
fortir
de
Rome,
il
alla
s'établir
a
Nicopolis,
ville
con-
fidérable
d'Epire,
où
il
paña
plufieurs
années,
toujours
dans
une
grande
pauvreté,
mais
tou-
jours
fort
honoré
&
fort
refpec-
té.
[1
revint
enfuite
à
Rome,
fous
le
règne
d’Adtien,
de
qui
il
fut
fort
confidéré.
On
ne
marque
ni
le
tems
ni
le
lieu,
ni
aucune
circonftance
de
fa
mort;
il
mourut
dans
une
aflez
grande
vieilleffe.
F
réduifoit
route
fa
Philofo-
phie
à
fouffrir
les
maux
patiem-
ment,
&
à
fe
modérer
dans
les
plaïfirs,
ce
qu'il
exprimoir
par
ces
deux
mors
Grecs
dréyov
gai
œaéxov,
fuffine
&
abfline.
Celfe,
qui
a
écrit
contre
les
Chrétiens,
dir
que
fon
maître
lui
ferrant
la
jambe
avec
beau-
coup
de
violence,
il
lui
dit
fans
s'émouvoir,
&
comme:en
riant
:
Mais
vous
m'allez
cafler
la
jambe.
Et
comme
cela
fut
arrivé,
il
fui
dit
du
même
ton:
Ne
vous
l'avois-je
pas
bien
dit
-que
vous
me
la
cafferiez
?
Lucien
fe
moque
d’un
hom-
me
qui
avoit
acheté
très-cher
Ta
lampe
d’Epictere
,
quoiqu’el-
le
ne
fût
que
de
terre;
comme
s’il
fe
für
imaginé
qu’en
s’en
fervant,
il,
deviendroit
auf
FE
Ë
Æ
E
P
habile
que
cet
admirable
&
vénérable
vieillard.
Epictete
avoit
compofé
plu-
fieurs
écrits,
dont
il
ne
nous
refte
que
fon
Enchiridion
ou
Manuel,
Maïs,
Arrien,
fon
difciple,
a
fait
un
grand
ou-
vrage,
quil
prétend
n'être
com-
pofé
que
des
chofes
qu'il
lui
avoit
oui
dire;
&
qu'il
avoit
recueillies,
autant
qu'il
avoit
pu,
dans
les
mêmes
rermes.
Des
huit
livres
qui
formoient
cêt
ouvrage,
nous
n'en
avons
que
quatre.
Stobée
nous
a
confervé
quel-
ques
fentences
de
ce
Philofo-
phé,
qui
étoient
échappées
à
la
diligence
de
fon
difciple.
Nous:
en
citerons
ici
deux
ou
trois.
«
[1
ne
dépend
pas
de
toi
»
d’être
riche,
mais
il
dépend
>
de
toi
d’être
heureux.
Les
»
richefles
même
ne
font
pas
»
toujours
un
bien,
&
certai-
>
nement
elles
font
toujours
»
de
peu
de
durée;
mais,
le
D
bonheur,
qui
vient
de
la
[ae
»
gefle,
dure
toujours.
>
Quand
tu
vois
une
vipere
»
OUun
ferpent
dans
une
boëte
»
d'or
,
l'en
éftimes-tu
davan-
»,.tage?
&
n'as-tu
pas
toujours
pour
elle
13
même
horreur,
»
à
Caufe
de-fa
nature
.
mal-
5»
faifante
&
venimeufe
?
fais
de
»
même
à
l'égard
du
méchant,
»
quand
tu
le
vois
environné
»
d'éclat
&
de
richefles.
.
»
Le
Soleil
n'attend
point
»
qu'on
le
prie
pour
faire
part
»
de
fa
lumière
&
de
fa
cha-
»
leur.
À-
fon
exemple,
fais
»
tout
le
bien
qui
dépend
de
E
P
»
101,
fans
attendre
qu'on
te
»
le
demande.
»
Voici
la
priere
qu'Epictete
fouhaitoit
de
faire
en
mourant;
élle
eft
tirée
d’Arrien.
«
Sei-
»
geur,
ai-je
violé
vos
com-
»
mandemens
?
ai-je
abufé
des
»
préfens
que
vous
m'avez
faits
?
»
ne
vous
ai-je
pas
foumis
mes
»
fens,
mes
vœux,
mes
opi-
»
nions?
me
fuis-je
jamais
plaint
»
de
vous?
ai-je
accufé
votre
»
providence?
Jai
été
malade,
:
»
parce
que
vous
l’avez
vou-
»
lu;
&
je
l'ai
voulu
de
même.
»
Jai
été
pauvre
,
parce
que
»
vous
l'avez
voulu
;
&
j'ai été
»
content
de
ma
pauvreté.
J’ai
»_.été
dans
la
baflefle,
parce
»
que
vous
l'avez
voulu;
&
je
_»
n'ai
jamais
défiré
d’en
fortir.
»
M'avez-vous
jamais
vu
trifte
»
de
mon
état
?
M’avez-vous
»
füurpris
dans
l'abattement
&
»
dans
le
murmure;
Je
fuis
en-
»
core
tout
prêt
à
fubir
tout
5
ce
qu'il
vous
plaira
ordon-
»
ner
de
moi.
Le
moindre
fi-
»
gnal
de
votre
part
eft
pour
»
moiunordreinviolable.,
Vous
»
voulez
qüe
je
forte
de
ce
»
fpectacle magnifique,j’enfors,
>»
&
je
vous
rends
mille
très-
>»
humbles
actions
de
graces
de
»
Ce
que
vous
avez
daigné
m'y
»
admettre,
pour
me
faire
voir
»
tous
Vos
ouvrages,
&
pour
»
étaler
à
mes
yeux
l'ordre
ad-
»
mirableaveclequel
vous
gou-
‘7
Vernez
cet
univers.
»
Quoi-
qu'il
foit
aifé
de
remarquer
ici
des
traits
empruntés
du
Chrif-
tianifme
,
qui
alors
commençoit
à
jetter
une
grande
lumière,
on
E
P
fent
néanmoins
un
homme
bien
content
de
lui-même
,
&
qui,
par
fes
fréquentes
interroga-
tions
,
femble
défier
la
divinité
même
de
trouvér
en
lui
aucun
défaut.
Sentiment
&
prière
vé-
fitablèment
dignes
d'un
Stoi-
cien,
tout
fier
de
fa
prétendue
vertu
!
Saint
Paul,
fi
rempli
de
bonnes
œuvres,
ne
parloit
pas
ainfi.-Je
n’ofe
pas
me
juger
moi-
méme,
difoit-il
;
car
,
encore
que
ma
Confcience
ne
me
reproche
riens
Je
ne
fuis
pas
juflifié
pour
celz,
mais
celui
quime
juge,
c'eft
le
Seigneur.
Epictete
étoit
à
Rome
dans.
le
tems
que
faïint
Paul
y
faifoit
:
tant
de
converfions
,
&
que
le
Chriftiañifme
naiffant
brilloir
avec
tant
d'éclat
par
la
conftan-
ce
inouie
des
fideles.
Mais,
loin
de
profiter
d'une
fi
vive
lu=
mière
;
il
blafphémoit
contre
la
foi
des
premiers
Chrétiens
&
contre
ce
courage
héroïque
des
Martyrs.
Dans
le
IV.
cha=
itre
du
VIL.*
livre
d’Arrien,
Este
après
avoit
montré
qu'un
homme
qui
fent
fa
liber-
té,
&
qui
eft
perfuadé
que
rien
ne
Jui
peutnuire,
parce
qu'il
à
Dieu
pour
libérateur
,
necraint
:
ni
les
Satellites
ni
les
épées
des
Tyrans,
ajoûte:
La
folie
&
le
coëtume
ont
pu
porter
quelques-
uns
à
les
méprifer,
comme
elles
y
portent
les
Galiléens
;
&:la
rar-
fon
&
la
démonftration
ne
pour-
ront
le
faire
?:
Il
n’y
avoit
rien
de
plus
oppofé
à
la
doctrine
évangélique
,
que
l'orgueil
Stoiï-
cien.
EPICURE
,
Epicurus
;
Emi
10
EP
xoupocs
(4)
l’un
des
plus
grands
philofophes
de
fon
fiecle,
&
on
peut
ajoûter
de
l’Antiquité
,
étoit
Athénien,
du
bourg
de
Gargettium,
dans
la
tribu
d'É-
gée.
Son
pere
s’appelloit
Néo-
clès,
&
fa
mere
Chéreftrata
;
leurs
ancêtres
n’avoient
pasété
fans
diftintion
;
mais,
l’indi-
gence
avoit
avili
leurs
defcen-
dans.
Néoclès
n'ayant
pour
tout
bien
qu'un
petit
champ,
qui
ne
fournifloit
pas
à
fa
fubfiftance,
fe
fit
maître
d'école
;
la
bonne
vieille
Chéreftrata,
tenant
fon
fils
par
la
main,
alloit
dans
les
maiïlons
faire
des
luftrations
,
chafler
les
fpectres,
lever
les
incantations
;
c’étoit
Epicure
qui
lui
avoit
enfeigné’les
for-
mules
d'expiations,
&
toutes
les
fottifes
de
cette
efpèce
de
fuperflition.
picure
naquit
le
fept,
ou,
felon
d’autres
,
le
vingt
du
mois
de-Gamélion,
la
troifième
an-
née
de
la
109.
Olympiade.
El
eut
trois
freres
,
Néoclès
,
Cha-
rideme
&
Ariftobule,
Plutar-
que
les
cite
comme
des
mode-
les
de
la
tendrefle
la
plus
rare.
On
dit
que
fon
pere
&
fa
mere
furent
du
nombre
des
habitans
de
l’Attique
que
les
Athéniens
envoyerent
dans
l'ile
de
Sa-
mos
;
c’eft
ce
qui
fit
qu'Epicure
pafla
dans
cette
îfle
les
années
de
fon
enfance.
ça)
Diog.
Laërt.
pag.
706.
&*
eq:
Suid,
T.
I.
p.
904,
995.
Strab,
p.
589,
638.
Athen.
pag.
280,
354,
546:
588.
Plut.
Tom.
1.
p,
395,
521,
739
3
9OS.
Plin.
Tom.
IL.
p.
162,
679
;
708.
Cicer.
de
Finib,
Bon,
&
Mal,
L.,
II,
c,
22,
de
E
P
Îl
ne
revint
à
Athènes
qu'à
Pâge
de
dix-huit
ans,
avec
la
‘petite
provifion
de
connoiffan-
ces
qu'il
avoit
faites
dans
l’é-
cole
de
fon
pere
;
mais,
fon
féjour
n’y
fut
pas
long.
Alexan-
dre
meurt:
Perdiccas
défole
PAtrique,
&
Epicure
eft
con-
traint
d’errer
d'Athènes
à
Colo-
phon,
à
Mitylene,
&
à
Lamp=
faque.
Les
troubles
populaires
interrompirentfes
études;
mais,
elles
n’empêcherent
point
fes,
progrès.
Les
hommes
de
génie,
tels
qu'Epicure
,
perdent
peu
de
tems;
leur
activité
fe
jette
fur
tout
;
ils
obfervent
&s’inf-
truifent
fans
qu'ils
s’en
ap-
perçoivent
;
&
ces#lumières,
acquifes
prefque
fans
effort,
font
d’autant
plus
eftimables
,
qu'elles
font
relatives
à
des
objets
plus
généraux.
Epicufe
avoit
trente
fix
à
trente-fept
ans
,
lorfqu'il
repa-
rut
dans
Athènes.
Il
fut
difciple
du
Platonicien
Pamphile
,
dont
il
méprifa
fouverainement
les
:
vifions;
il
ne
put
fouffrir
les
fophifmes
perpétuels
de
Pyr-
rhon
:
il
fortit
de
l’école
du
Pythagoricien
Naufiphanès,
mé-
content
des
nombres
&
de
la
métempfycofe.
Il
connoïfloit
trop
bien
la
nature
de
l’homme
&
fa
force,
pour
s'accommoder
de
la
févérité
du
ftoicifme.
Il
s’occupa
à
feuilleter
les
ouvra=
Tufcul,
Quæft.
L.
III,
ce
49.
E.
5.
c,
832
&e
Natur.
Deor,
L.
I:
c.
125
,
116.
Roll.
Hift,
Anc.
T.
VI.
p,
11,
476.
d'
fuiu.
Mém,.
de
l’Acad.
des
Infcript.
&
Belke
Lett.
Tom,
XIV,
page
@
d'
faite
EP
ges
d’Anaxagore
,
d'Archélaüs,
de
Métrodote
,-&
de
Démo-
crite
;
il
s’attacha
particulière-
ment
à
la
Philofophie
de
ce
dernier,
&
il
en
fit
les
fonde-
mens
de
la
fienne.
Hermippus
,
cité
par
Diogène
Laërce,
dit
qu’Epicure
enfeigna
la
Gram-
maire,
avant
que
la
lecture
des
livres
de
Démocrite
l’engageit
à
l’étude
de
la
philofophie.
Les
Plaroniciens
occupoient
l’Académie
,
les
Péripatéticiens
le
Lycée
,
les
Cyniques
le
Cy-
nofarge,
les
Stoïciens
le
por-
tique
;
Epicure
établit
fon
éco-
le
dans
un
jardin
délicieux,
dont
il
achera
le
terrein,
&
qu'il
fit
planter
pour
cet
ufage.
Ce
fur
[ui
qui
apprit
aux
Athé-
miens
à
tranfporter
dans
leur
‘ville
le
fpectacle
de
la
campa-
gne.
Îl
étoit
âgé
de
quarante-
ee
ans
lorfqu’Athènes,
af-
iègée
par
Démétrius
,
fut
dé-
folée
par
la
famine.
Epicure,
réfolu
de
vivre
ou
de
mourir
avec
fes
amis
,
leur
diftribuoit
tous
les
jours
des
feves,
qu'il
Partageoïit
au
compte
avec
eux.
On
fe
rendoit
dans
fes
jardins
de
toutes
les
contrées
de
la
Grece,
de
l'Égypte,
de
l’Afie
;
on
y
étoit
attiré
par
fes
lumiè-
res
&
fes
vertus,
mais
fur-tout
par
la
conformité
de
fes
prin-
£ipes
avec
les
fentimens
de
la
nature.
Tous
les
Philofophes
de
fon
tems
fembloientavoir
conf-
piré
contre
les
plaïfirs
des
fens
&
contre
la
volupté;Epicure
en
prit
la
défenfe
;
&
la
jeunefle
Athéniene,
trompée
par
le
mot
de
volupté,
gcçourut
pour
E
P
IE
l'entendre.
Il
ménagea
la
foi-
blefle
de
fes
auditeurs
;
il
mit
autant
d’art
à
les
retenir
qu'il
en
avoit
employé
à
les
attirer;
il
ne
leur
développa
fes
princi-
pes
que
peu
à
peu.
Les
leçons
fe
donnoient
atable
ouàlapro-
menade
;
c'étoit
ou
à
l'ombre
des
bois,
ou
fur
14
mollefle
des
lits,
qu'il
leur
infpiroit
l'en-
thoufiafme
de
la
vertu
,
la
tem-
pérance,
la
frugalité,
l'amour
.
du
bien
public,
la
fermeté
de
Pame
,le
goût
raifonnable
du
plaifir
,
&
le
mépris
de
la
vie.
Son
école,
obfcure
dans
les
commencemens
,
finit
par
être
uné
des
plus
éclatantes
&
des
plus
nombreufes.
Epicure
vécut
dans
le
céli-
bat
;
les
inquiétudes
qui
fuivenr
le
mariage
,
lui
parurent
in-
compatibles
aux
exercices
af-
fidus
de
la
Philofophie
;
il
vou-
loit
d’ailleurs
que
la
femme
du
Philofophe
fût
fage,
riche
&
belle.
Il
s’occupa
à
étudier
,
à
écrire
&
à
enfeigner
;
il
avoir
compofé
plus
de
trois
cens
traités
différens
;
il
ne
nous
en
refte
aucun.
Il
ne
faifoit
pas
aflez
de
cas
de
cette
élégance
à
laquelle
les
Athéniensétoient
fi
fenfibles
;
il
fe
contentoit
d'é-
tre
vrai,
clair
&
profond.
ÎE
fut
chéri
des
grands,
admiré
de
fes
rivaux
,
&
adoré
de
tous
fes
difciples.
Il
reçut
dans
fes
jardins
plufieurs
femmes
céle-
bres,
Léontium
,
maïtrefle
de
Métrodore
;
Thémifte,
femme
de
Léontius
;
Philénide
,
une
des
plus
honnêtes
femmes
d’A-
thènes
;
Nécidie,
Erotie,
Hé-
y2
E
P
|
die,
Marmarie,
Bodie,
Phédrie,
&cc.
Ses
concitoyens
,
les
hom-
mes
du
monde
les
plus
enclins
Zla
médifance
,&
de
la
fuperf-
tition
la
plus
ombrageufe,
ne
Font
accufé
ni
de
débauche
ni
d'impiété.
_——
Les
Sroïciens
féroces
l’acca-
blerent
d’injures
;
il
leur
aban-
donna
fa
perfonne
,
défendit
fes
dogmes
avec
force,
-s’occupa
à
démontrer
la
vanité
de
leur
fyftême.
Il
ruina
fa
fante
à
for-
ce
de
travailler.
Dans
les
der-
niers
tems
de
fa
vie
,il
ne
pou-
voit
ni
fupporter
un
vêtement,
ni
defcendre
de
fonlit,
nifouf-
frir
la
lumière
,
ni
voir
du
feu.
Iurinoit
le
fang;
fa
veflie
fe
fermoit
peu
à
peu
par
les
ac-.
croïiflemens
d’une
pierre
;
ce—
pendant,
il
écrivoit
à
un
de.
fes
amis
que
le
fpectacle
de
fa:
vie
paflée
fufpendoit
fes
dou-
leurs.
Lorfqu’il
fentit
approcher
fa’
fin,
il
fit
appeller
fes-difciples;.
il
leur
légua
fes
jardins,
ik
af-
fura
l’état
de
plufieurs
enfans
fans
fortune
;
dontils’étoitren-
du
rureur
;
ä}
affranchit
fes
ef
claves
;
ilordonna
fes
funérail-
les,
&
mourut
âgé
de
foixante-
douze
ans,
la
feconde
“année.
de
la
cent
vingt-feprième
Olym-
piade.
Il
fut
univerfellementre-
gretté;
la:
République-lui
or-
donna
un
monument
;
&
un.
certain
Théotime
,
convaincu
d’avoir
compofé
fous
fon
nom
des
lettres
infames
‘adreflées
à
quelques-unes
des
femmes
qui
fréquentoienc
fes
Jardins,
fut
ÉP
condamné
à
perdre
la
vie.
Ex
Philofophie
Épicurienne
:
fut
profeflée
fans
interruption,
depuis
fon
inititution
jufqu’au
tems
d'Auguite
;
elle
fit
dans
Rome
les
plus
grands
progrès.La
fecte
y.
fut
compofée
de
la
plû=
.
part
des
gens
de
lettres
&
des
hommes
d'État
;
Lucrece
chan-:
ta
l’épicuréifme
,
Gelfe
Le
pro-
feifa
fous
Adrien,
Pline
le
na-
turalifte
fous
Tibere.
Les
noms
de
Lucien
&
de
Diogène
Laër-
ce
font
encore
célebres
parmi
les
Épicurienss
2.
.
Epicure
fait
confifter
le
fou-
vérain
bien
dans
le
plaïfir,
&
par
une
conféquence
nécefaire,
le
fouveraïin
mal
dans
la
dou=
leur.
C’eft
la
nature
elle-même,
dit-il,
qui
nous
enfeigne
cette
vérité,
&
qui
nous
apprend;
dès
notre
naïflance
,
à
recher-
cher
comme
fouverain
bien
tout
ce
qui
peut
nous
faire
plai-
fir
,
&
à
éviter
comme
fou-
vérain
mal
tout
ce
qui
peut
nous-faire
dela
peine.
On
n’a
pas
befoin
d’argumens
bien
re+
cherchés
pour
établir
cette
vé=
rité,
non
plus
que
pour
prou=
ver
que
le
feu
eft
chaud,
la
neïîge
blanche,
le
miel
doux;
tout
cela
fe
fent.
Qu'on
fup-
pofe
d’un
côté
un
homme
jouif-
fant,
&
pour
l’efprit
&
pour
le:
corps,
des
plus
grands
plaifirs,
fans
crainte
qu'ils
foient
inter-
ae
rompuss
&
de
d'autre
un
hom-:
me
livré
aux
plus
vives
dou-
leurs
,
fans
aucune
efpérance
de
foulagement;
eft-1l
doux
teux
de
quel
côté
on
doit
plas
E
P
cer
le
fouverain
bien,
&
le
fou-
Verain
mal?
Comme
il
ne
dépend
pas
de
-
lhomme
de
s’exempter
des
dou-
leürs,
Epicure
oppole
à
cet
inconvénient
un
remede
fondé
fur
un
raifonnément
qu’il
croit
fort
perfuafñf,
Si
la
douleur
eft
grande,
dit-il
,
elle
fera
courte,
f
elle
eft
longue.
elle
fera
lépere.
Comme
s’il
n’arrivoit
pas
fou
Vent
qu'une
maladie
fût
en
mé-
me
tems
&
longue
&
doulou-
reufe,
&
comme
fi
un
ra2ifonne-
ment
pouvoir
quelque
chofe
contte
le
fentiment.
=:
H
faut
avouer
qu'on
trouve
dans
Epicure
des
maximes
,
&
même
des
actions
,
qui
ont
quel-
que
chofe
de
furprenant
&
d’éblouiffant
,
&
qui
donnent
de
fa
perfonne
&
de
fa
doctrine
une
idée
toute
oppofée
à
celle
qu'on
s’en
forme
ordinairement.
C'eft
pourquoi,plufieurs
fçavans
fort
célebres
ont
pris
fa
défenfe,
&
fait
fon
apologie.
DÉS
_
[déclare
hautement
,
dit
Ci-
<éron,
qu'on
ne
peut
vivre
agréablement
,
à
moins
qu’on
ne
vive
avec
fagefle,
honnèteté
&
juitice;
&
qu'on
ne
peut
vi-
vre
de
la
forte,fans
vivre
agréa-
blémént.Que
ne
renferme.point
un
te
piecipel
_
Sur
les
autres
matières
de
morale,
&
fur
les
règles
des
devoirs,
il
étalée
des
maximes
qui
n’ont
pas
moins
de
noblefle
de
fÉvérites
Séneque
rapporte
plufieurs
de
fes
paroles,
qui
font
certaine-
ment
fort
louables.
Je
n'ai
ja-
mais
fongé,
dit-il,
à
plaire
au
EP
8
peuple;-car,
ce
que
IL
Jçaïs
,
Le
peiple
ne
Papprouve
point
;
&
ce
que
le'
peuple
approuve
,
je
ne
Le
Çais
pas,
À
la
place
du
peuple,
Epi-
cure
fubffitue
quelque
homme
de
bien
d'une
grande
vériu
&
dune
grande
réputation,
qu'il
veut-que
nous
ayons
toujours
devanc.lés
yeux
comme
ungar-
dien-&
un
furveillant
,
de
forte
que
nousfaflions
toutes
nosac=
tions-comme
s'il
en
étoit
fpeëta=
teur
&
juge.
En-effet,
c’eftre
trancher
la
plus
grande
partie
des
fautes,
que
de
ieur
donner
un
témoin
qu'on
refpecte,
dont
Pautorité
&
la
penfée
feules
rè-
glent&
purifient
nos
actions
les
plus
fecretes,
:
Si
vous
voulez
,
difoit
Epi-
cure,
rendre
Pithocles
vérita-:
lement
riche,
il
ne
faut
rien
ajoûter
à
fes
biens,
mais
feule-
ment
retrañcher
de
fes
défirs
&
de
fes
cupidités.
On
ne
finiroit
point,
fi
on
Youloit
rapporter
beaucoup
d’autres
maximes
d'une
morale
auf
exaéte.
Socrate,
parle-t-il
mieux
qu'Epicure?
Er
l’on
pré-
tend
que
fa
conduite
répondoit
à
fa
morale.
=
….
Quoique
Les
jardins
d'Épicu-
re
euffent
pour
infcription,
icé
la
volupté
efl
le
fouverain
bien,
le
maître
dulogis,
gracieux
d’ail-
leurs
&
fort
honnête
,
recevoir
fes
hôtes
avec
dit
pain
&
de
Peau
+
;
:
Lui-même,
ce
docteur
de
la
yolupté,
avoit
certains
jours,
Où
1l
raflafioit
fa
faim
bien
fo
brement.
11
marque
dans
une
14
E
P
|
lettre,
qu’il
ne
dépenfoit
pas
un
as
entier
pour
fon
repas,
c’eft-à-dire,
un
fou
;
&
que
Mé-
trodore,
fon
compagnon
,
qui
n'étoit
pas
encore
fi
avancé,
dépenfoit
l’as
entier.
-
Que
répondre
à
ces
faits
&
à
beaucoup
d’autres
pareils
?
car,
on
en
rapporte
plufieuts.
Que
répondre
aufhi
d’un
autre
côté
à
des
faits
tout
contraires,
&
en
grand
nombre,
&
aux
re-
proches
qu’on
lui
faifoit
de
s’a-
bandonner
à
la
crapule
&
aux
débauches
les
plus
honteufes,
comme
on
le
voit
dans
Diogene
Laërce.
Mais
,
Cicéron
tranche
la
queftion
en
un
mot,
&
la
réduit
à
un
feul
point,
»
Croyez-vous,
lui
difoit-on,
qu'Epicure
foit
tel
qu’on
le
veut
faire
paffer,
&
que
fon
deflein
foit
de
por-
ter
au
déréglemens
&
à
la
dé-
bauche?
Je
ne
le
crois
pas,
répond
Cicéron
;
car
je
vois
que
d’ailleurs
il
avance
de
fort
belles
maximes,
&
d’une
morale
très-févère.
Mais,
il
ne
s’agit
pasici
de
fes
mœurs,
ni
de
fa
conduite
;
il
s’agit
de
fes
dogmes
&
de
fes
fen-
2
3
2
2
2
ce
qu'il
entend
par
le
plaifir
&
la
volupté
,
d'une
manière
qui
n’eft
pas
obfcure.J’entends
»
par
ce
mot,
dit
Epicure,
es
»
plaifirs
du
goût,
les
plaifirs
de
la
chair,
la
vue
des
objets
qui
flattent
agréablement
les
yeux,
les
divertiffemens
,
la
mufique.
Ajoûtai-je
quelque
chofe
à
|
fes
paroles?
Ajoûtai-je
quel-
que
chofe
de
faux?
Si
cela
2
2
timens.
Or,
il
s'explique
fur-
Î
EP
eft,
qu'on
nie
réfute
;
car
je
ne
cherche
qu’à
éclaircir
la
:
vérité.
«
Le
même
Ebpicure
déclare
qu'il
ne
peut
pas
même
concevoir
qu'il
y
ait
un
autre
bien
que
celui
qui
confifle
dans
le
boire,
dans
lé
manger;
dans
l’harmonie
des
[ons
qui
flatte
l’oreille,
&
dans
les
vo=
luptés
obfcenes.
Ne
font-ce
pas
là
fes
propres
termes,
dit
Ci-
céron?
An
h@c
ab
eo
non
dicun-
tur
?
2
En
fuppofant
qu’il
foutenoit
un
tel
dogme,
devoit-on
comp-
ter
pour
quelque
chofe
les
plus
beaux
difcours
qu’il
tenoit
d’ail-
leurs
fur
la
vertu
&
fur
l’hon-
nêteté?
On
en
jugeoit
comme
des
livres
qu'il
avoit
écrits
fur
la
divinité.
On
étoit
perfuadé
que
dans
le
fond
il
ne
croyoit
point
de
dieux.
Cependant,
il
parloit
dans
ces
livres
du
ref
pect
qu’on
leur
doit
en
termes
magnifiques
,
pour
mettrefes
véritables
fentimens
&
fa
per
fonne
à
couvert
,
&
pour
ne
point
s’attirer
d’affaires
de
la
part
des
Athéniens.
Il
avoit
le
même
intérêt
à
couvrir
un
dog=
me
aufi
révoltant
que
celui
qui
fait
confifter
le
fouyerain
bien
dans
la
volupté.
:
Torquatus
faifoit
valoir
ex-
trêmement
en
faveur
d'Epicure,
dont
il
défendoit
la
doctrine,
lendroit
où
ce
Philofophe
di-
foit
que
l’on
ne
peut
pas
mener
une
vie
agréable,
fi
elle
n’eft
fage
,
honnète
&
juite.
Cicéron
ne
fe
laifle
point
éblouir
par
un
vain
éclat
de
paroles,
dont
Epicure
s’eflorçoit
de
couvrir
3»
»
22
EP
|
a
turpitude
de
fes
dogmes.
Il
prouve
fort
au
long
que
la
fa-
gefle,
l'honnêteté,
la
juftice
ne
peuvent
point
s’allier
avec
le
plaifir
dans
le
fens
qu'Épicure
Jui
donne
,
qui
fait
honte
à
la
Philofophie
,
&
qui
déshonore
la
nature
même.
Îl
demande
à
Torquatus
,
fi
,
lorfqu'il
fera
nommé
conful,
ce
qui
devoit
bientôt
arriver
,
il
ofera
,
dans
fa
harangue
devant
le
peuple
ou
dans
le
Sénat,
déclarer
qu’il
entre
en
charge
bien
réfolu
de
-
fe
propofer
la
volupté
pour
fin
&
pour
but
dans
toutes
fes
ac-
tions
?
Pourquoi
ne
l’ofera-t-il
pas,
finon
parce
qu’il
fent
bien
qu'un
tel
langage
eft
infame?
Épicure
divifoit
la
philofo-
phie
en
canonique,
ou
dialecti-
que,
en
phyfique,
&
en
mora-
le;
&
au
rapport
de
Diogene
Laërce,
il
a
plus
écrit
que
pas
un
autre
philofophe
,
&
que
Chryfippe
même
,
qui
fut
nom-
ié
fon
parafite
,
parce
qu’il
tà-
choit
de
l’égaler
dans
fes
com-
pofitions,
ne
difant
bien
fou-
vent
que
les
mêmes
chofesqu'E-
picure
avoit
déjà
traitées.
À
l'égard
de
l’ame,
Epicure
fou-
tenoit
qu'elle
étoit
compofée
d'atomes
&
mortelle.
EPICURE
,
Æpicurus,
(a)
E’rixvupos,
l’un
des
accufateurs
de
Phocion.
Aprèslamort
de
ce
grand
homme,
Epicure
&un
de
fes
compagnons
furent
rencon-
trés
par
fon
fils,
qui
en
fit
la
ven-
geance
telle
qu’ils
méritoient.
À
‘
Ce)
Plu,
T,
p.759
EP
TS
EPICURIENS
,
Epicurei,
(b)
E‘rmoupeis,
nom
d’une
fecte
cé-
lebre
de
Philofophes,
Les
Epi-
curiens
furent
ain{i
nommés
dE
picure
leur
fondateur,
On
diftingue
deux
fortes
d’E-
picuriens,
les
rigides
&
les
re-
lâchés.
La
différence
qu’il
avoit
entr
eux
étoirgrande.
Ces
derniers
expliquoient
fort
mal
les
fentimens
d'Epicure
,
&
fai-
foient
un
très
-
mauvais
ufage
de
la
doctrine
de
ce
philofo-
phe;
car,
fous
prétexte
qu'E-
picure
faifoit
confifter
le
fou-
verain
bien
dans
la
volupté,
ces
faux
Epicuriens,
au
lieu
de
prendre
la
volupté
dans
le
fens
de
leur
maître
,
pour
le
plaifir
que
donne
Îa
pratique
de
1a
vertu
&
de
l'honnêteté,
ils
la
prenoient
au
contraire
pour
les
infames
plaifirs
de
la
débauche.
Les
véritables
Epicuriens
ap
pelloient
ces
indignes
fecta-
teurs,
les
Sophiftes
de
leur
doc-
trine.
Parmi
ces
Sophiftes,
Ca-
tius,
dont
parlent
Cicéron,
Ho-'
race
&
Quintilien,
tient
le
pre-
mier
rang.
Dans
le
fyftème
des
Epicu-
riens,
ces
deux
mots,
monde
&
univers,
aVoient
une
fignifica-
tion
différente.
Par
le
monde
;
ils
entendoient
les
cieux
&
la
terre
avec
tout
ce
qui
y
eftren-
fermé.
Par
l'univers,
ils
enten-
doient,nonfeulement
les
cieux
êt
la
terre
avec
tout
ce
qui
y
eit
renfermé
,
mais
encore
le
vuide
infini
qu’ils
fuppofoient
()
Plin,
T.
Ip.
s.
Roll,
Hif.
Anc.
TL,
VE
pe
559
16
aie
au-delà
du
monde.
Car
,
ils
croyoient
le
monde
plein
&
Himité;
mais
au-delà
ils
fuppo-
Soient
des
efpaces
infinis
;
&
abfolument
vuides.
Auff
ils
par-
tageoient
toute
la
nature,
tout
l'univers
,
en
deux
parties,
les
corps
&
le
vuide.
Omnis
ut
et
igitur
per
fe
natura
duabus
Confiffit
rebus
,
quæ
corpora
funt
inane.
Cette
diftinttion
eft
nécefTai-
re
pour
entendre
le
fyftême
des
Epicuriens.
Car
,
ils
fuppo-
foient
comme
un
principe
cer-
tain
,
que
fans
le
vuide
il
ne
pouvoit
ÿ
avoir
aucun
mouve-
ment
dans
le
monde,
ni
même
aucune
production.
Quæ,
ft
non
effet
inane
,
Non
tam
follicito
motu
privata
carerent
»
Quam
genita
omnino
nulla
ratione
|
fente
Undique
materies
quoniam
flipata
file
Sélon-lés
Epicuriens,
c’eft
le
concours
fortuit
des
atomes
qui
a
forméle
monde,
EPICYDE
,
Epicydes,
(4)
E’xsmuduc,
Athénien.,
fils
d'Eu-
phémide.
Comme
toute
l’Afie
étoir
près
de
fondre
fur
laGre-
ce
,
on
s’aflembla
à
Athènes
pour
nommer
un
général,
Ja-
mais
il
n'avoit.été
plus
nécef-
(ay
Tit,
Liv.
L.
XXIV.
c.
8.
Plut,
T.
#.
p.
114.
Roll,
Hift,
Anc,
Tom,
IL,
p,
498,
199.
(e)
Fi,
Liv.
L,
XXIV,
c,
6,
d
feq.
Er
faire
d'en
choifir
un
quipât
dignement
remplir
cette
place
que
dans
la
conjoncture
préfenz
.
te.
Les
plus
expérimentés
ê&cles
plus
habiles,
effrayés
de
la
grandeur
dü
danger
,
avoient
pris
le
parti
de
ne
pointfe
pré:
fenter.
Epicyde
avoit
quelqué
talent
pour
la
parole
,;.
mais
d’ailleurs
homme
fans
mérite,
décrié
pour
fon
peu
de
coura+
ge,
&
encore
plus
pour
fon
avarice.
Cependant,
onappré-
hendoit
que
dans
l'affemblée
les
!
fuffrages
ne
lui
fuflent
favorai
bles.
Thémittocle,
qui
fçavoir
que
dans
un
grand
calme
prefa
que
tour
marinier
eft
propre
à
conduire
un
vaifleau;
mais
que
dans
un
rems
d'orage
&
de
tem-
pète,
les
pilotes
les
plus
habi+
les
ne
le:
font
pas
encoreaflez,
comprit
que
la
Républiqueétoit
perdue
,
fi
l’én
nommoit
pour
général
Epicyde
,
dont
l'ame
vénale
donnoit
tout
lieu
dé
craindre
qu'il
ne
fût
poinr
à
_
l'épreuve
de
l’or
des
Perfes.
Ce
grand
homme
qui
fentoit
bien
que
dans
l'état
où
étaient
les
affaires
,
il
étoit
le
feul
capable
de
Commander,
ne
fit
point
dif-
ficulté
d’écarter
fon
compéris
teur
à
force
de
préfens
&
de
libéralités,
&
ayantainfitrouvé
moyen
de
dédommmager
l’amé
bition
d’Epicyde,
en
fatisfaifant
fon
avarice,
il
fe
fit
élire
en
fa
place.
EPICYDE,
Æpicydes
;-(b
}
L.
XXV.
c,
27,
28.
L,
XXVI,
c.
40.
Roll.
Hif,
Anc.T,
III,
p.
297.
&
frire
Hift,
Rom,
Tom,
HE,
p,
329.
@.
fire
2
LAPS
E
rinvd
us,
E
P
E’rwvduc,
frere
d'Hippocrate.
Hs
étoient
nés
à
Carthage,
&
d’une
mere
Carthaginoïife,
mais
originaire
de
Syracufe,
d’où
leur
ayeul
avoit
été
exilé.
Ayant
été
envoyés
par
Anni-
bal,
l'an
215
avant
l'Ére
Chré-
tienne,
vers
Hiéronyme
,
tyran
de
Syracufe
,üls
conclurent
un
traité
avec
ce
Prince,
&
relte-
rent
enfuite
auprès
de
lui,
du
confentement
dé
celui
qui
les
avoit
députés.
Mais,
Hiéro-
nyme
furtué
quelque
tems
après,
&
Hippocrate
&
Epicyde
fe
:
virent
aufli-tôt
abandonnés
des
-foldats
qu'ils.
commandéient
;
cependant,
pour
n'être
point
fufpects.de
vouloir
exciter
quel-
ques
troubles,
&
introduire
.
quelqué
nouveauté,
ils
s’a-
dreflerent
premièrement
aux
Préteurs,
qui
les
préfenterent
enfuite
au
Sénat.
[Ils
repré-
fenterent
dans
l'affemblée
,
que
c'étoit
Annibal
qui
les
avoit
envoyés
vers
Hiéronyme,
fon
ami
&
fon
allié;
que
depuis
qu'ils
étoient
arrivés
en
Sicile,
ils
navoient
pu
fe
difpenfer
d’obéir
aux
ordres
d'un
Prin-.
ce
à
qui
leur
Général
les
avoit
foumis;
que
leur
deflein
étoit
de
retourner
auprès
d'Annibal;
mais
que
Les
chemins
n'étant
pas
libres,
à
caufe
des
trou-
pes
des
Romains
répandues
dans
toutes
les
parties
de
l'ifle,
ils
prioientle
Sénat
de
leur
don-
ner
une
efcorte,
afin
qu'ils
puffent
pafler
fûrement
à
Lo-
cres
en
Italie;
que
par
ce
pe-
tit
fervice
,
ils
feroient
un
grand
plaifr
à
Annibal,
&
qu’il
Zen,
XVI,
te
17
lèur
en
auroit
une
extrême
obligations
On
ne
fit
aucune
difficulté
de
leur
accorder
cé.
qu’ils
demandoïent.
On
étoit
ravi
de
voir
éloigner
deux
ca-
pitaines
expérimentés,
dépour-
vus
de
biens,
&
par
cette
rai-
fon
même,
hardis
&
entrepre-
nans.
Mais,
quoique
Le
deffein
de
Iles
congédier
fût
approuvé
dé
tout
lé
monde,
ils
ne
l’exé-
cutérent
cependant
pas
auf
-
Promptementqu'ils
auroient
dû.
Pendant
qu’on
différoit
de
jour
à
autre
de
les
faire
partir,
ces
deux
jeunes
guerriers,
accou-
tumés
à
vivre
parmi
les
foldats,
s’attacherenit
à
décrier
le
Sé:
nat
&
les
Magittrets,
par
des
acçcufations
&
des
caloïnnies
qu’ils
répandoient,
tantôt
par
mi
les
troupes,
tantôt
parmi
les
déferteurs
,
dont
la
plûpart
étoient
des
foldats
ou
des
ma-
telots
de
la
flotte
Romaine,
&
quelquefois
même
parmi
le
pe=
tit
peuple.
Quelque
tems
après,
il
fur
queftion
d’élire
de
nouveaux
Préreurs.
Le
jour
marqué
pour
cette
élection
étant
venu,
un
inconnu,
du
bout
de
l’affem-
blée
s'avifa,
contre
l'attente
de
tout
lé
monde,
de
propofer
Épicyde.
Un
fecond
propofa
Hippocrate.
Une
infinité
de
voix
çonfufes
répétérent
en-
fuite’ces
deux
roms:
&il
pa-
roifloit
que
la
multitude
les
écoutoit
avec
plaifir.
Il
eft
à
rémarquer
que
l’affemblée
étoit
compolée
non
feulement
du
peuple
,
mais
encore
d’une
fou-
le
de
foldats
Fe
plüpart
24.
EP
fervir
deretraite
aux
uns
&
aux
autres;
de
forte
que
du
tems
de
_
Paufanias
les
malades
avoient
da
liberté
de
mourir
en
ce
lieu,
&
les
femmes
celle
d'y
accou-
cher,
Le
bois
d'Efculape
étoit
fermé
par
deux
montagnes
,
dont
Vune
fe
nommoit
le
mont
Tit-
thion,
l’autre
le
mont
Cynor-
tion,
au
haût
duquel
il
y
avoit
un
temple
d’Apollon
Maléare
:
c’étoit
le
feul
ancien
édifice
qui
s’y
fütconfervé;
car,
&
la
fon-
taine
que
l’on
voyoit
alors,
&
la
citerne
même
où
tomboient
les
eaux
du
ciel,
c’étoient
des
Ouvrages
modernes
qu_Antonin
avoit
fait
conftruire,
Voici
mainténant
ce
que
la
ville
d'Epidaure
contenoit
de
plus
remarquable
;
première-
ment,
un
temple
d'Efculape,
où
l’on
voyoit
deux
belles
{ta-
tues
de
marbre
de
Pâros,
l'une
du
dieu,
l’autre
d'Epioné
qu'ils
difoient
avoirété
fa
femme:
ces
flarues
étoient
dans
un
lieu
dé-
couvert.
Plus
avant
dans
la
ville
il
y
avoit
un
temple
de
Bac.
chus»,
&
un
bois
confacré
à
Diane,
où
la
déefle
étoit
re-
préfentée
en
chaflérefle.
On
trouvoit
aufli
un
temple
de
Vé-
nus;
Car,
pour
celui
qui
étoit
du
côté
du
port,
&
fur
le
haut
d'un
promontoire
quiregardoit
läméèr,
on
dit
que
c’étoir
à
Ju-
non
qu'il
étoit
confacré,
Dans
la
citadelle
il
y
avoit
une
très-
belle
ftatue
de
Minerve
en
bois
,
c'eft
ce
qu’ils
appel-
(a)
Strab.
pag,
368,
Prolem,
L,
UT,
c,
16,
Pauf,
pag.
204,
208,
Plin,
Tom...
-PAB:
194
loïent
la
Minerve
Cifléa.
On
ne
convient
pas
du
nom
moderne
de
la
ville
d'Epidau-
re.
Niger
croit
que
c'eft
Pigia-
da,
&
Sophien
veut
que
ce
foit
Cheronifi.
[ls
font
d'accord
,
parce
que
Pigiada
&
Chero-
nifi
font
la
même
chofe,
felon
.
quelques-uns.
EPIDAURE,
Epidaurus,
(a)
E‘rid'æupoc,
autre
ville
du
Pélo-
ponnèle,
qui
étoir
fituée
fur
le
golfe
ArgoliquedanslaLaconie,
felon
Ptolémée,
ou
dans
le
païs
des
Eleuthérolacons,
c’eft-à-
dire,
des
Lacoriens
libres,
fe-
lon
Paufanias.
C’eft
celle-là
qui
:
Étoit
furnommée
Liméra,
au
-
rapport
dé
Pline,
&
de
Strabon:
qui
cite
Artémidore.
Strabon
ajoûte
qu
Apollodore
fait
cetre
villé
voifine
de
Cythere,
&
quil
prétend
qu’à
caufe
de
la
commodité
de
fon
port,
appel-
lé
en
Grec
Limen,
elle
prit
le
furnom
de
Liménéra
,
qu'on
prononça
dans
la
fuite
Liméra
par
abréviation.
D’autres
l’ont
expliqué
aro
rob
xslur,
parce
quelle
avoit
beaucoup
de
prai-
ries.
Étienne
de
Byzance
dit
que
quelques
uns
la
nommoient
A'ruvpæ.
Peut-être
,
dit
Ortélius,
étoit-ce
par
corfuption
d’une
lettre
én
uné
autre,
l'A
des
Grecs
&
leur
L
ayant
peu
dé
différénce
À
À
;
mais,
il
femble
confondre
les
deux
Epidaures
de
la
Laconie,
attribuant
à
une
même
ville
le
furnom
de
Liméra,
+
:
E
P
le
culte
d'Efculape,
&
le
fur-
nom
d'Épitaurus
,
que
Strabon
&
Pline
diftinguent
,
&
parta-
gent
entre
deux
villes
de
même
nom.
Il
y
aapparence
qu'Étien-
ne
de
Byzance
avoit
fait
deux
articles
différens,
qu'Hermo-
laüs
a
mis
en
un.
La
conjectu-
re
d'Ortélius
fur
le
change-
ment
de
4
en
À
,
&
de
Eiméra
en
Æmera,
n’eft
pasapprouvée
de
Berkelius,
qui
juge
qne
ce
dernier
nom
étoit
pris
du
fang
“qui
couloit
perpétuellement
fur
les
autelsd'Efculape.
Quoi
quil
en
foit,
cet
article
d'Étienne
de
Byzance
eft
prefque
copié
par
Euftathe
fur
le
fecond
livre
de
lfliade.
On
y
trouve,
aufli-
bien
que
dans
Étienne
de
Byzance
,
qu'outre
les
fur-
noms
de
Liméra
&
d'Ærméra,
elle
avoit
aufli
celui
de
MilifGa.
Ella
eft
auffi
nommée
Epidauria
“par
Strabon,
au
fentiment
d'Or-
télius
;
mais,
on
croit
que
Stra-
bon
nomme
ainfi
le
territoire
de
cette
ville.
7
Quoi
qu'il
en
foit,
les
habi-
tans
d'Epidaure
fe
difoient
une
colonie,
non
des
Lacédémo-
niens
,
mas
des
Epidauriens
-du
païs
d'Argos,
&
ils
racon-
toient
que
les
députés
envoyés
par
ces
peuples
vers
Efculape
dans
l’ifle
de
Cos,
ayant
abordé
en
cette
contrée
de
la
Laco-
nie,
avoient
été
aveftis
en
fonge
de
s’y
établir
;
que
même
un
ferpent
qu’ils
menoientavec
eux,
fortit
du
vaifleau
&
alla
fe
cacher
dans
une
caverne
fur
le
bord
de
la
mer
;
prodige
qui,
joint
aux
apparitions
qu'ils
“>
E
P
#<
“avoient
eves
en
fonge,
les
dé-
termina
à
bâtir
(à
une
ville
à
la-
quelle
ils
donnerent
auf
le
nom
d'Epidaure
;
&
à
l’endroit
où
le
ferpent
fe
cacha,
ils
ele-
verent
à
Ffculape
deuxautels,
qui
dutems
de
Paufanias
étoient
couverts
d’oliviers
fauvages
que
la
terre
avoit
produits
à
l’entour.
Deux
ftades
plusloin,
fur
la
droite,;onvoyoit
ce
qu'ils
appelloient
le
marais
d’ino;
c'étoit
un
marais
de
peu
d'é-
tendue
,
mais
fort
profond.
Tous
les
ans
à
la
fête
d’[no,
ils
jettoientdans
ce
marais
des
mor-
ceaux
de
pâte
;
fi
cette
pate
/al-
loit
au
fond,
ils
en
tiroient-un
bon
augure,
&
un
mauvais,
fi
elle
revenoit
fur
l’eau.
Sur
le
chemin
qui
conduifoit
de
Boée
à
Epidaure,
&
dans
le
territoire
même
des
Epidau-
riens,
ontrouvoit
un
temple
de
Diane
furnommée
Limnatis,
La
ville
d'Epidaure
étoit
bâtie
fur
une
hauteur
&
fort
peu
éloignée
de
la
mer.
Tout
ce
quon
y
voyoit
de
beau,
c'étoitun
tem-
pie
de
Vénus,
un
temple
d'Ef-
culape
où.
Le
dieu
étoit
en
maf-
bre
&
debout,
&
dans
la
cita-
delle
un
temple
de
Minerve.
Vers
le
portil
y
avoit
un
tem-'
ple
de
Jupiter
fauveur,
&
au
bas
de
la
ville
un
promontoire
qui
avançoit
dans
la
mer,
&quils
nommoient
Minoa.
Le
bafñn,
auquel
il
fervoit
d’abri,
n'avoit
rien
dé
particulier
&
n’éroit
pas
différent
des
autres
qüi
1e
voyoient,
le
long.
des
côtes
de
la
Laconie.
Onremarquoit
feu-
‘lement
que
le
rivage
de
certe
26.
Pr
rade
étoit
plein
de
petits
caïl-
Ïoux
d’une
beauté
fingulière
,
foit
pour
la
figure,
foit
pour
les
couleurs.
Platon,
Grégoras
&
Cédrè-
ne,
aufli-bien
que
les
Grecs
du
moyen
âge,
nomment
cette
Epi-
daure
Monobafa
,
ou
Monom-
bafia.
Le
nom
moderne
eft
Mal-
vafa.
EPIDAURIENS,
Epidaurii,
E’rid'aÿpor
,
étoient
les
habitans
des
villes
du
nom
d’Epidaure.
Foyez
Epidaure.
ÉPIDAURIES,
Epidauria
,
Eridoupie,
(a)
étoient
des
fêtes
que
l'on
célébroit
à
Athènes,
‘félon
Philoftrate.
IL
en
eff
auf
parlé
dans
Paufanias.
Mais,
on
ne
trouve
aucun
veltige
de
ces
.
fêtes
dans
les
Auteurs
plus
an-
ciens.
C'eft
pourquoi
,
Meurfius
n'en
fait
aucune
mention
dans
-
fon
traité
intitulé
Grecia
Fe-
Flata.
.
EPIDAURUS,
Epidaurus
,
E
rid'aupoc
,
héros
qui
donna
fon
nom
à
la
ville
&
au
païs
d'E-
pidaure.
Voyez
Epidaure
,
ville
de
l’Argolide.
ee
-
EPIDELIUM,
Epidelium
,
Er
lier,
(&)
lieu
maritime
de
Îa
Laconie,
felon
Paufanias.
C’Étoit
un
village
cConfacré
à
Apollon,
aux
frontières
du
ter-
ritoire
de
la
ville
de
Boée,
Son
nom
venait
d’une
petite
ftatue,
qui
avoit,
dit-on,
été
la
pre-
mière
dédiée.
à
Délos.
Méno-
phanes,
ayant
faccagé
Délos,
Caÿ
Panf.
P-
133.
Antiq.
explig
par
D
Bern.
de
Montf.
Tom,
LH,
p.216,
(5)
Pauf.
p.207.
(c)
Myth.
par.
M,
l’Abb,
Ban,
Tom,
@
[eq
EP
“un
incrédule
jetta
dans
la
met
cette
ftatue,
qui
fut
portée
par
les
fots
fur
le
rivage
en
cet
en-
droit.
Paufanias
n'oublie
pas
de
marquer
la
punition
de
l’impie,
Ce
lieu
étoit
à
deux
cens
fta-
des
d’Epidaure
,
furnommée
Liméra.
.
EPIDELIUS,
ÆEpidelius,
(c)
furnom
d'Apollon.Apollon
Epi-
délius
étoithonoré
à
Epidélium.
Voyez
Epidélium.
EPIDÉMIURGES
,
ÆEpide-
miurg
,
E‘ridmurovpyet,
(d)
ma-
giftrats,
que
les
Corinthiens
envoyoient
chaque
année
à
Po-
tidée
,
pour
gouverner
certe
-ville:-
EPIDICAZOMENOS
,
(e)
Epidicazomenos
,
E
ridmatoueroc
»
titre
d'une
pièce
Grecque.
Nous
allons
jouer
,
dit
Térence
dans
le
prologue
du
Phormion,
une
pièce
nouvelle
que
les
Grecs
appellent
Epidicazoménos,
&
que
nous
appellons
Phormion,
parce
qu'un
parafite
ainfi
nom-
mé
y
joue
le
principal
rôle,
&
que
c'eit
fur
lui
que
roule
toute
l'intrigue.
Donat,
ou
plutôt
celui
qui
l'a
abrégé,
accufe
Térence
de
s'être
trompé,
&
il
aflure
qu'il
devoit
écrire
Epidicayomenen,
arce
,
dit-il,
que
lafifle
pour
laquelle
on
plaide
eft
appellée
ÆEpidicazomene.
Mais,
outre
qu'il
eit
ridicule
d’accufer
Térence,
Scipion
&
Lélius
de
n’ayoir
pas
fçu
le
titre
de
la
pièce
Grecaue
IV,
p.204.
..(d)
Fhucyd.
p.37,
28.
Ce)
Terent,
Phorim,
Prolog.
y,
fe
.
“qu'ils
traduifoient,
ce
bon
doc-
teur
s’eft
trompé
lui-même
fort
‘groffièrement,
quand
il
a
cru
que
les
Grecs
appelloïent
Epi-
dicazomenon,
la
fille
pour
la-
quelle
on
plaidoit;
car
,iln’y
a
tien
de
moins
vrai.Ceux
quiont
quelque
ufage
de
la
langue
Grecque.
fçavent
fortbien
que
émdimaestær
c
EmidinaComers
»
ne
font
jamais
dits
que
du
Juge
‘
qui
prononce,
où
de
la
partie
qui
plaide,
&
qui
demande,
&
que
la
fille
pour
laquelle
on
plaidoit,
&
qui
étroit
le
fujec
‘du
procès
,
n'étoit
nullementap-
pellée
Epidicazomené,mais
Epi-
dicos
&
Epicleros
&
Epicleri-
tis.
Epidicazomenos
eft
donc
Ja
véritable
leçon,
&
c’eft
com-
me
nous
dirions
e
demandeur
en
Juflice.
C’eft
Phormiôn
qui
fait
afligner
Antiphon
pour.
le
faire
condamner
à
époufer
Phanium,
comme
fon
plus
proche
parent.
EPIDIUS
[C:},
C.
Epidius,
(a)
rhéteur,
qui
fit
nn
ouvrage,
‘où
il
rapportoit
dés
prodiges
extraordinaires
&
incroyables.
Quelques-uns
le
confondent
avec
ce
Cornélius
Epicadus,
affranchi
de
Sylla,
dont
Suéto-
ne
fait
mention.
I
eft
fûr
qu'il
y
avoit
à
Rome
une
famille
de
ce
nom,
qui
a
produit
plufieurs
célebres
perfonnages,
tel
que
‘cét
Epidius
Marcellus,que
Sué-
tone
allegue
dans
la
vie
de
Cé-
far,
&
qui
éroit
tribun
du
peu-
ple
;
un
Epidius,
Pan
de
I.
C.
211.
Quelques
Hiftoriens
en
CD
EPhhe
Pepe
7
(&)
Antiq.
expl.
par
D.
Bern.
de
Montf,
Tom,
IT,
p.
1204
|
ee
L
7.
nomment
d’autres,
comme
Plu-
tarque,
Appien
;,
Dion
Cafius,
line:
:
EPIDORPIS,
Epidorpis,
(P)
E’ridopris,
nom
que
les
Grecs
donnoient
quelquefois
à
leur
fouper.
<
EPIDOTE
,
Epidotes.,
Eri-
d'érné
furnomde
Jupiter.
Woyez
Jupiter
Epidote.
e
11
y
avoit
un
génie
du
nom
d'Epidote
révéré
par
les
Lacé-
143
-démoniens.
EPIÈS,
Epies,
divinité
Égyp-
tienne
;
que
l’on
croit
être
la
même
chofe
qu'Ofiris.
EPIGÉE.
Voyez
Ebon.
FPIGÉUS
,
E£pigeus,
(c}
E’reryec
,
capitaine
Grec
qui
partit
pour
le
fiege
de
Troye.
Les
Troyens
bleflerent
ce
capi-
taine
qui
étoit
un
des
plus
fa-
-meux
qu'euffentles
Theflaliens,
-&
qui
ayant
malheureufement
tué
fon
coufin-germain
,
avoit
été-obligé
de
quitterla
ville
de
Budie
,
où
il
règnoit
avec
beau-
‘coup
de
gloire,
&
de
fe
retirer
en
qualité
de
fuppliant
auprès
de
Pélée
&
de
Théris.
Ceux-cicon-
noiflant
fes
grandes
qualités
s
lavoient
donné
à
Achille
pour
l'accompagner
à
cette
guerre,
&
pour
combattre
avec
lui
contre
les
Troyens.
Epigéus
s’étoit
déjà
faifi
du
corps
de
Sarpédon
,
lorfqu'Hettor
Jui
jetta
une
grofle
pierre
qui
lui
fendit
la
tête
dans
fon
caïque.
Epigéus
tomba
fur
le
corpsqu'il
çc)
Homer,
Iliad,
L.
XV
v.
570.
&*
fegs
28
EP
entrainoit,
&
les
ténebres
de
la
mort
l’envelopperent.
EPIGIES,
Episü,
Era,
(z)
nom
que
l'on
donnoit
à
une
efpèce
de
nymphes.C'étoientles
nymphes
terreftres
que
l’on
ap-
pelloit
ainfi
,
comme
le
défigne
le
nom
lui-même.
EPIGONES
,
Epigoni,
(4)
E’rryéror,
terme
qui
veut
dire.
defcendans
,
fucceffleurs.
Les
Grecs
ont
donné
ce
nom
aux
enfans
de
ces
feptbraves
capi-
taines
qui
affiégerent
vainement
la
ville
de
Thcbes.
Ces
jeunes
Princes,
dix
ans
après
certe
première
&
malheureufe
expé-
dition,
vengerent
la
mort
&
le
déshonneur
de
leurs
parens
,
fous
la
conduite
d’Alcméon,
fils
d'Amphiaraus
&
d'Eryphyle.
Ils
frent
un
grand
butin,
emme-
nerent
l’aveugle
Tiréfias,
&en-
voyerent
fa
fille
Manto
à
Del-
phes,
pour
y
fervir
dans
le
tem-
ple
d’Apollon.
EPIGONES
,
Epigoni
,
{c)
E’xryivo,
nom
qui
fut
donné
à
un
Corps
de
troupes,
du
tems
d'Alexandre
le
Grand.
Pendant
que
ce
Prince
étoit
à
Sufe.,
il
y
vint
trente
mille
jeunes
hom-
MES
Perfans
,
&
prefque
tous
de
même
Âge
;
&
on
les
nomma
Epigones
comme
venant
rele-
ver
les
vieux
foldats
de
leurs
factions
&
de
leurs
longues
fa-
tigues.
On
les
avoit
tous
choifis
les
plus
forts
&
les
mieux
faits
qu'on
eût
pu
trouver
dans
la
(4)
Antiq.
_Monif.
Tom.
I,
p,
385.
(4)
Paut:
Sicul.
pag.
186,
187.
Strab.
pag.
325,
EP
Petfe
,
&
on
les
avoit
mis
entre
les
mains
des
Gouvérneurs
des
…
villes
qu'Aléxandre
avoit
nous
vellement
bâties,
ou
de
celles
qu'il
avoit
conquifes.
Ils
les
avoient
dreflés
aux
exercices
militaires,
leur
enfeignant
tout
ce
qui
étoit
du
métier
de
la
guerre
;
&
ils
étoient
tous
pro
prement
vêtus,
&
armés
à
la
Macédonienne.
[ls
vinrentplan-
ter
leur
camp
devant
la
ville,
où
s'étant
mis
en
bataille,
ils
paflerent
en
revue
&
firent
l’e-
xercice
devant
le
Roi,
qui
en
fut
très-farisfait,
&
leur
fit
de
grands
biens
dans
la
fuite.Mais,
cene
fut
pas
fans
donner
une
grande
jaloufie
aux
Macédo-
niens.
En
effet,
Alexandre,
Voyant
qu'ils
étoient
las
&
en-
nuyés.
de
la
longueur
de
la
guerre,
&
quil
leur
arrivoit
fouvent
aux
aflemblées
de
s’em-
porter
en
plaintes
&
en
murmu-
res,
voulut
former
ces
nouvel-
les
troupes
pour
les
oppofer
aux
vicilles,
&
réprimer
leur
licence.
a
…
Juftinrapporte
cetévènement
avec
des
circonftances
bien
di£
férentes.
Alexandre,
dit-il,
permit
à
fes
foldäts
d'époufer
les
prifonnières
qu'ils*
entrete-
noient.
Îl
s'imagina
que
s’ils
avoient
dans
le
camp
une
efpè-
ce
de
foyers
&
de
dieux
domef-
tiques
,
ils
foupireroient
moins
après
leur
patrie,
&
que
les
plaifirs
d’un
ménage
règlé
leur
expl.
par
D.
Bern.
de!
{or
412.
Ce)
Juft.
L.
XIL.
c.
4.
Roll.
Hif..Ancs
Pa8,
556,
579,
627.
Diod,|T,
III,
P:
784e
E
P
adouciroient
les
fatigues
de
la
guerre,
[1
crut
même
que
défor-
mais
il
n’épuiferoit
plus
tant
la
Macédoine
par
de
nouvelles
recrues,
fi
les
vieux
foldats
cé-
doiïent
leur
place
à
leurs
enfans,
qui
combartroient
fous
les
mè-
mes
drapeaux
à
l'ombre
def-
quels
ils
auroient
reçu
le
jour,
&
qui
feroient
d'autant
plus
propres
au
métier
de
la
guerre,
qu'ils
en
auroient
fait
l’appren-
tiflage
dès
le
berceau.
Une
fi
fage
coûtume
pafla
d'Alexandre
à
fes
fuccefleurs.
On
deftinoit
donc
de
certains
fonds
à
l’en-
tretien
de
ces
enfans;
on
leur
fournifloit
des
armes
&des
che-
vaux
dès
qu’ils
ayoient
atteint
l’âge
de
s’en
fervir,
&
on
me-
furoit
les
récompenfes
des
pe-
res
au
nombre
de
leurs
fils.
Quand
ceux-là
venoient
à
mou-
rir
,
ceux-ci,
tout
pupilles
qu’ils
étoient,
en
recevoient
la
folde
comme
un
falaire
dû
à
leur
en-
fance
guerrière.
Ainfi,
ces
jeu-
nes
gens
,
accoûtumés
dès
leur
bas-âge
au
péril
&
au
travail,
formoient
un
corps
d'armée
in-
Vincible.
[ls
regardoient
leur
camp
comme
leur
patrie,
&
al-
loïent
au
combat
fûrs
de
la
vic-
toire.
On
les
appella
Epigones,
ajoûte
Juftin.
EPIGONUS,
Epigonus,
l'un
des
Auriges
du
Cirque.
Voyez
Auriges
du
Cirque.
EPILÉNIE,
danfe
pantomi-
me
des
Grecs
,
dans
laquelle
ils
imitoient
ce
qui
fe
pafle
dans
l’action
de
fouler
des
raifins.
EPILOGUE
,
Epilogus
,
E’xl-
nov:
,
deemlaiirs
{ur}
OC
67e
»
E
P
27
dico,
je
dis:
C’eft,
dans
Pare
oratoire,
la
conclufion
ou
der-
nière
partie
d'un
difcours
ou
d'un
traité,
laquelle
contient
ordinairement
da
récapitula-
tion
des
principaux
points
ré-
pandus
&
expofés
dansle
corps
du
difcours
ou
de
l'ouvrage.
Ce
mot,
dans
la
poëfie
dra-
matique,
fignifioit
chez
les
An-
ciens
ce
qu’un
des
principaux
acteurs
adrefloit
aux
fpecta-
teurs,
lorfque
la
pièce
étoit
finie
,
&
qui
contenoit
ordinai-
rement
quelques
réflexions
re-
latives
à
cette
même
pièce,
&
au
rôle
qu'y
avoit
joué
cet
ac-
teur,
Parmi
les
Modernes
ce
nom
&
ce
rôle
font
inconnus;
mais,
à
l’'Epilogue des
Anciens
ilsont
fubftirué
l’ufage
des
petites
piè-
ces
ou
comédies
qu’on
fait
fuc-
céder
auxpièces
férieufes,
afin,
dit-on,
de
calmer
les
pañfions,
&
de
diffiper
les
idées
triftes
que
la
tragédie
auroit
pu
exciter.
‘Il
eft
douteux
que
cette
prati-
que
foit
bonne
&
mérite
des
éloges
;
un
Auteur
ingénieux
la
compare
à
une
gigue
qu'on
joueroit
fur
une
orgue
aprèsun
fermon
touchant,
afin
de
ren-
voyer
l’audiroire
dans
le
même
état
où
il
étoit
venu.
Mais,
quoique
l’Epilogue
,
confidéré
fous
ce
rapport,
foit
affez
in-
conféquent,
il
eft
appuyé
fur
la
pratique
des
Anciens
,
dont
l’e-
xode,
c’eft-à-dire
,
la
fin,
la
fortie
des
pièces,
exodium,
étoit
une
farce
pour
efluyer
les
lar-
mes
qu'on
avoit
verfées
pen=
dant
la
repréfentation
de
la.
30:
EP
tragédie.
Ut
quidquid
lacryma=
ruih
ac
triflitiæ
cepiffent
ex
tragi-
cis
affe&ibus,
hujus
fpettaculr
ri-
fus
detergeret,
dit
le
Scholiafte
de
Juvénal.
-
L’Epilogue
n’a
pas
même
toujours
été
d'ufage
fur
le.
théa-
tre
des
Anciens,
ni
à
beaucoup
près
fi
ancien
que
le
prologue.
L]
eft
vrarque
plufieurs
Auteurs
ont
confondu
dans
le
drame
Grec
l'Épilogue
avec
ce
qu’on
nommoit
exode,
trompés
par=.
ce
qu'Ariltote
à
défini
celui-ci
une
partie
qu'on
récite
lorfque
le
chœur
à
chanté
pour
la
dernière
fois
;:
mais,
ces
deux
chofes
étoient
en
effet
aufli
différentes
que
le
font
nos
grandes
&
nos
petites
pièces,
l'exode
étant
une
des
parties
de
la
tragédie,
c’'eft—
à-dire,
la
quatrième
&
dernière,
.
qui
renfermoit
la
cataftrophe
ou
fe
dénouement
de
l'intrigue,
&
répondoit
à
notre
cinquième
acte
;
au
lieu
que
l’Épilogue
étoit
un
hors-d’œuvre
,
qui
n’a-
voit
tout
au
plus
que
des
rap-
ports
arbitraires
&
fort
éloignés
avec
la
tragédie,
EPILYCUS,
Epilycus
,
(a)
Exlavxos,
fut
pere
d’Ifandre,
de
qui
naquit
une
fille
qui
fur
matiée
à
Xanthippe,
fils
aîné
de
Péticlès.
EPIMENE
,
Æpimenes
,
(b)
Jun
des
gardes
du
corps
d’A-
lexandre
le
Grand,
entra
dans
la
conjuration
d'Hermolaüs.Le
jour
marqué
pour
l'exécution
du
complot,
le
Roï
pouffx
la
débauche
jufqu'au
lendemain,
(a)
Plat,
T.
I,
p:
171,
EE
&
fit
beaucoup
plus
de
carefles’
qu'à
l'ordinaire
aux
conjurés…
qui
avoient
fait
la
garde
pen-
dant
la
plus
grande
partie
de
la
nuit.
Epimene
,
foit
que
cest
carefles
l’euffent
changé
tout-à-
coup
,
ou
qu'il
crût
que
les
dieux.
s’oppofoient
à
leur
deffein,
dé-:
couvrir
la
conjuration
à
fon:
frere
Euryloque,
à
qui
il
n'a-
voit
pas
voulu
qu’on
lacommus!
niquât
auparavant,
&
Euryloque
fur
le
champ
arrêra
fon
frere,
&
le
mena
au
palais,
où
ayant
éveillé
les
gardes,
il
leur
dit
qu'il
s'agifloit
d’une
affaire
qui
concernoit
la
vie
du
Roi.
L'heure
indue
à
laquelle
ils
venoient,
leur
mine
effrayée,
&
la
grande
triftefle
de
lun
des
deux
donnerent
l’allarme
à
Ptolémée
&
à
Eéonatus
,
qui
étoient
de
garde
à
la
porte
de
la
chambre
;
deforte
qu’ils
les
firent
entrer
promptement,
&
éveillerent
le
Roi
encore
tout
-afloupi
de
la
débauche.
Mais,
comme
il
eut
peu-à-peu
repris
fes
efprits,
il
leur
demanda
ce
qu'il
yavoir,
&c
aufh-tôtEurylo:
que
commença
à
dire
que
les
dieux
n'avoient
pas
tout-à-fait
abandonné
leur
famille,
pui
que
fon
frere
ayant
projetré
le
plus
grand
de
tous
les
crimes
;
ils
lui
avoient
fait
la
grace
de
s’en
repentir
,
&
qu'il
venoit
révéler
lui-même
au
Roi
la
confpirationfaite
contre
fa
per-
fonne
;
&
qui
avoit
manqué
d’être
exécutée
la-nuit
de
de-
Vant;
qu'au
refte
il
ne
s’imagis
I:
(6)
Q:Curt,
LE,
VHS
ç,
6,
}
neroït
jamais
les
Auteurs
d’un
deflein
fi
exécrable.
Et
alors
Epimene
déduifit
tout
l’ordre
de
la
conjuration,
&c.
déclara
tous
les
complices.
EPIMÉNIDE
,
Æpimenides
,
E’ruerldnc,
(a)
célebre
Philofo-
phé,
qui
paffe
pour
le
feprième
fage
de
la
Grece,
dans
l'efprit
de
ceux
qui
ne
mettent
pas
Pé-
‘riandre
de
ce
nombre.
Îl
étoit
Crérois
,
de
la
ville
de
Gnofie,
ou
de
Phefte
felon
d’autres.
Son
pere
fe
nommoit
Dofiade,
ou,
felon
certains
,
Agéfarque,
&
fa
mere
Blafta.
-
On
raconte
qu'il
fur
envoyé
un
jour
à
la
campagne
par fon
pere,pour
y
porter
une
brebis,&
qu’en
plein
midi
s'étant
détourné
du
chemin
,
il
entra
dans
un
antre,
où
il
s’endormit.
Ce
fommeil
ajoûte-t-on,
dura
cin-
quante-fept
ans;
d’autres
le
font
moins
long
prefque
de
moitié.
Quoi
qu’il
en
foit,
quand
il
fe
fut
éveillé,
il
fe
mità
chercher
fa
brebis,
croyant
qu’il
avoit
dormi
que
quelque
tems.
Mais,
ne
l'ayant
pas
trouvée,
il
re-
-
tourna
au
champ;
&
voyant
que
la
face
des
chofes
y
étoit
en-
fièrement
changée,
&
que
le
champ
même
avoit
paflé
au
pou-
Voir
d’un
autre,
étonné
&
in-
Certain
il
revint
à
la
ville.
Comme
il
voulut
rentrer
chez
lui,
on.lui
demanda
quiilétoit;
&
s'étant
fait
connoître
quoi-
qu'avec
peine
à
un
de
fes
fre-
E
P
37
res,
il
apprit
de
lui
la
vérité
de
ce
qui
éroit
arrivé.
Le
lec-
teur
n’ajoûtera
pas
plus
de
foi
à
ce
conte,
qua
tant
d'autres
que
nous
font
les
Anciens
,
&
ui
ne
méritent
pas
plus
de
créance.
Il
peut
y
avoir
quel-
que
chofe
de
vrai
dans
celui-
ci;
mais,
il
yade
l’exagération
dans
le
nombre
des
années.
Epiménide
avoit
la
réputa-
tion
d’être
fort
aimé
des
dieux
&
profondément
fçavant
dans
les
chofes
divines,
fur-touten
ce
qui
regarde
l'infpiration
&
les
cérémonies
les
plus
myfté-
rieufes
&
les
plus
cachées.
C’eft
pourquoi,
onl’appelloit
de
fon
tems
le
nouveau
Curete.
Ce
nom
lui
avoit
été
donné
par
les.
peuples
de
Crete.
Ils
vouloient
dire
par-là
qu’il
étoit
auffi
fage
&
auf
habile
que
les
Curetes
,
les
prêtres
qui
avoient
gardé.
Jupiter
enfant.
On
l’appelloir
auf
le
fils
de
la
nymphe
Balté.
On
nefçait
point
qui
étoit
cette
nymphe;
mais,
Diogène
Laërce
écrit
qu'Epiménide
étoit
fi
aimé
des
nymphes,
qu’elles
lui
don-
nerent
une
drogue,
qu'il
con-
fervoit
dans
la
corne
d’un
bœuf,
&
dont
une
feule
goutte
le
te-
noit
long
-
tems
vigoureux
&
fain,
&
l'exemptoit
de
la
né-
ceflité
de
prendre
aucune
autre
forte
de
nourriture.
Toute
la
ville
d'Athènes.
fe
trouvanttroublée
par
des
crain-
tes
fuperititieufes
.
&
par
des
(a)
Lucian.
Tom.
I.
p.
6r
,
62.
Suid.|c.
34.
Strab.
p:
479.
Mém.
de
lAcad.
T,l.-p.
1000.
Diog.
Laërt,
p.77.
&
feg.
|
des
Infcripr,
&
Bell.
Lert,
Tom.
VI,
p.
Plut,
Tom.l,p.
84.
Paul.
p.
26,
122,
164.
T,
VAL,
p.31,
32,
123
181,
183.
Cicer,
de
Divinat,
L.
1,
/
32
EP
fpedres
&
des
phantomes
,:on
réfolut
de
faire
venir
de
Crete
Epiménide.
Quand
il
fut
arrivé
à
Athènes
,il
fit
amitié
parti-
culièré
avec
Solon,
&
lui
fraya
Je
chemin
pour
publier
fes
loix,
pour
les
faire
récevoir
au
peu-
ple;
car
il
accoütuma
les
Âthé-
niens
à
faire
moins
de
dépenfe
pour
toutes
les
chofes
qui
re-
gardoient
la
religion
,
&
à
être
plus
modérés
dans
leur
deuil,
en
mêlant
d’abord
à
leurs
obfe-
ques
certains
facrifices
qu'il
fubftitua
à
la
place
des
coûtu-
mes
dures
&
barbares
qui
rè-
gnoient
auparavant,
&
auxquel-
les
la
plûpart
des
femmes
étoient
particulièrement
atta-
chées
;
mais,
ce
qui
eft
plus
con-
fidérable,
par
des
propitiations,
par
des
expiations
&
par
des
fondations
de
temples
&
de
chapelles,
il
purifia
&
fanctifia
fi
bien
la
ville,
qu’il
la
rendit:
foumife
&
obéiffante
à
tout
ce
qui
étoit
jufte,
&
beaucoup
plus
fouple
,
plus
docile
&
plus
por-
tée
à
vivre
déformais
en
bonne
intelligence
&
avec
union.
Ces
propitiations
d'Epiméni-
de
ont
quelques
traits
de
reflem-
blance
avec
l’expiation
des
Hé-
breux,
comme
elle
ef
décrite
dans
le
feizième
chapitre
du
Eévitique
;
car,
on
écrit
qu’il
prit
des
brebis
toutes
blanches,
&
d’autres
toutes
noires,
qu’il
les
mena
dans
le
lieu
de
l’Aréo-
page;
&
qu’en
les
laiffantaller,
il
ordonna
à
ceux
qui
les
fui-
voient,
que
par-tout
ou
elles
fe
coucheroient
,
ils
les
immolaf-
fent
fur
le
lieu
même
au
Dieu
qui
y
préfidoir
;
ce
qui
fut
exé-
cuté,
&
à
chaque
endroit
on
élèvoitun
autel,
d’où
vient
que
dans
les
bourgs
4e
PAtrique
on
trouvoit
béaucoup
d’autels
fans
nom,
anciens
monumens
de
cette
cérémonie.
I
fit
bâtir
aufli
plufieurs
chappelles
&
plu-
fleurs
temples;
&
entre
autres,
Contumeliz
fanum
6
Impuden-
tie.
On
conte
auffi
d’Epiménide,
que
voyant
le
port
de
Muny-
chia,
après
lavoir
confidéré
Jong-tems
;
il
dir
à
ceux
qui
l’accompagnoient:
Que
les
hom-
mes
font
aveugles
dr
ignorans
dans
l'avenir}
Si
les
Arheéniens
[ça-
voient
tous
les
maux
que
ce
liex
caufera
à
leur
ville,
1ls
le
mange-
roient
,
pour
aïnft
dire,
a
belles
dents.
L'effet
dé
cette
prédic-
tion
arriva,
la
114.°
Olympia-
de,
c’elt-à-dire,
près
de
270
ans
après
qu'elle
eut
été
faite.
Car
;
Antipater
contraignie
alors
les
Athéniens
de
recevoir
une
garnifon
dans
la
forterefle
de
Munychia.
Les
Athéniens,
ravis
d’admi-
ration
pour
la
vertu
&
pour
la
fageile
d'Epiménide,
voulurent
le
combler
de
préfens
A
neurs;
mais
>
il
les
refufa,
ne
voulut
qu’une
feule
boue
de
l’olivier
facré
qu'il
emporta
dans
fon
païs.
Dans
Platon,
on
rend
ce
té=
moignage
à
ce
Philofsphé,
qu’il
eut
“plus
d’efprit
que
tous
les
autres
hommes,
&
qu'il
prédit
‘a:
guerre
des
Perfes
plufieurs
années
avant
qu'on
penfât
à
en
faire
les
préparatifs,
Il
avoit
fait
|
EP
Fait
un
traité
de
cinq
mille
vers
de
la
génération
des
Curetes
&
des
Corybantes
;
fix
mille
vers
fur
Pexpédition
de
Jafon;
un
traité
en
profe
du
gouverne-
ment
&
des
facrifices
de
ceux
de
Crete
;
quatre
mille
vers
fur
Minos
&
fur
Rhadamante
:
un
traité
en
vers
fur
lesexpiations.
Il
arriva
à
Athènes
vers
l'O-
lympiade
46,
Les
Athéniens
lui
avoient
envoyé
Nicias,
pour
l'obliger
à
faire
ce
voyage.
Ïl
eft
à
remarquer
que
l'ufage
.
dés
ouvrages
en
profe
com-
-mençoit
à
être
commun
dans
la
+
Grece
du
tems
d’'Epiménide
,
puilqu'il
avoit
compofé
lui-mé-
me
,
ainfi
qu'on
Vient
de
le
dire,
un
traité
en
profe;
&
ce
traité
toit
dans
lPancienne
dialecte
des
Crétois
;
car,
cette
dialec-
te
étoit
une
dés
marques
à
quoi
Von
diffinguoit
les
véritables
ouvrages
d’Epiménide
de
ceux
qui
lui
éroient
fupbofés,
EPIMÉTHÉE,
Epimetheus
,
Erunteuc,
(a)
frere
de
Pro-
mêthée,
étroit
fils
de
Japet
&
de
Clymène.
Les
Poëres
ont
feint
que
Prométhée
avoir
for=.
mé
les
hommes
prudens
&
in-.
génieux
,.&
qu'Epiméthée
avoit
fait
lés
imprudens
&
les
ftupi-
des,
Les
Mythologues
difent
que
Prométhée
ef
l'efprit
qui,
prévoit
l'avenir;
&
qu'Epimé-
thée
fignifie
Pefprit
qui
re
juge
des
chofes
qu'après
l'évè-
nement.
[rouvreus
en
Grec
fi-
gnifie
prévoyant
;
&
Ep
-
(a)
Ovid,
Metam.
L.
I,
ç.
12,
Myth.
par
M,
l'Abb,
Ban,
Tom.
LL,
p.
462:
dr
fie.
.
Ton.
XVI,
EP
33
tive
;
qui
confulte
trop
tard.
Vulcain,
par
l’ordre
de
Ju-
piter,
ayant
formé
üne
femme
douée
de
routes
fortes
de
perfec-
tions
,
ce
qui
la
fit
appeller
Pan-
dore,
les
dieux
là
comblerent
de
préfens,
&
l’envoyerent
à
Prométhée
,
avec
une
boëte
remplie
de
tous
les
maux.
Ce
Prince
s’en
étant
défié,
ne
Vou-
lut
point
la
recevoir
pour
fa
compagne;
mais,
Epiméthée,
à
qui
elle
fe
préfenta,
en
fut
fi
charmé,
quil
l’époufa,
&
en
eut
Pyrrha,
femme
de
Deuca-
calion.
I]
voulut
auff
voir
ce
qui
étoit
dans
la
boëte
fatale,
&
fur
le
champ
il
en
fortit
ce
déluge
de
maux
qui
ont
depuis
ce
tems-là
inondé
toute
la
ter-
re.
[I
la
referma
promptement
;
mais
,
il
n'y
eut
que
l’'efpérance
qui
n’eut
pas
le
rèms
de
s'é-
vader
,
&
c’eft
le
feul
bien
qui
refte
aux
hommes
malheureux.
-
Quant
à
la
métamorphofe
d’Epithémée
changé
en
finge,
cet,
felon
Lucien,
que
ce
Prince,
étoit
comme
fon
frere,
un
habile
flatuaire,
&
imitoit
en
perfection
la
nature.
M.
le
Clere
prétend
qu'Epimérhée
eft
Je
même
que
Gog,
dontie
nom
vêur
dire
brûlant:
ce
qui
con
vient,
felon
lui,
à
ce
Prince,
dont
on
à
voulu
marquer
la
pailion
pour
les
femmes,
par
l'hifioire
de
Pandore.
EPINICIES,
Epinicia,
fêtes
que
l’on
célébroit
en
action
de
graces
d’une
victoire.
Voyez
I.
pag.
199
[@
40
E
P
Cérauniens
,
juiqu'au
fleuve
Achéloüs,
étoit
de
1700
ftades:
&
fa
largeur,
depuis
l’extrêmi-
té
de
Leucade
jufqu'au
mont
Pindus,
de
625
flades;
c’eft-à-
dire,
que
fa
longuenr
étoit
de
212
mille
$00
pas
Romains,
&
fa
largeur
de
foixante-dix-huit
mille
de
ces
mêmes
pas.
Mais,
c'eft
en
y
Comprenant
l’Acar-
name,
l'Amphilochie,
l’Atha-
manie
,
la
Dolopie,
que
d’autres
Géographes
retranchent
de
L'E-
ire.
;
L’Epire
a
été
plus
grande
où
-plus
petite
,
felon
que
fes
Rois
heureux
ou
malheureux
ont
augmenté
leur
État,
ou
perdu
de
leurs
conquêtes
:
elle
ne
confiftoit
d'abord
qu'en
ces
trois
parties,
la
Chaonie
,
la
Thefprotie,
&
la
Moloffide.
Quelques-uns
y
ajoûrentla
Caf-
Topiè;
puis
la
Ceftrine,
&
le
Pinde.
Ptolémée
lui
donne
plus
.d'étendue,
&
y.joint
l'Acarna-
nié,
l'Amphilochie,
l'Athama-
nie
&
la
Dolopie.
Euftathe
dit,
äprès
Arrien,
que
l'Epire
étoit
abondante
en
-
beftiaux
&
en
pâturages,
prin-
Cipalèment
fur
les
montagnes
ui
font
entre
la
Macédoine
&
da
Teflalie
,
aufommet
defquel-
les
il
y
a
des
plaines
aflez
gran
des
arrofées
d'eaux
qui
coulent
fans
cefle.
On
vantoit
auf
beaucoup
les
chiens
de
la
Chao-
nie
,
nommés
Molofles
dans
-
Athénée
,
&
que
l’on
prétendoir
£tre
de
la
race
du
chien
que
Vulcain
anima,
&
dontles
Poë-
+€s
Ont
feint
que
rien
ne
lui
pouvoiréchapper,
E
P
IT.
Les
Epirotes
étoient
braz
ves
&
guerriers.
Les
Romains
éprouverent
&
admirerent
plus
d’une
fois
le
courage
de
cette
nation.
Leurs
Rois
fe
difoient
defcendus
d'Eacus,
roi
de
l'ifle
d'Egine.
Le
premier
dont
la
mémoire
fe
foit
confervée,
étoit
Néoptoleme
,
fils
d'Achille.
On
le
connoît
auffi
fous
le
nom
de
Pyrrhus.
Ce
Prince,
après
la
prile
de
Troye,
fans
fe
mettre
en
peine
de
fon
propre
royau-
me,
la
lheffalie,
2borda
en
Epire,
&
y
fixa
fa
demeure,
fuivant
le
confeil
ou
plutôt
l'infpiration
d'Hélénus.
Comme
Hermione
ne
ui
avoit
point
donné
d’enfans
,
il
époufa
An
dromaque
,
dont
il
eut
trois
fils,
Moloffus,
Piélus
,
&
Per-
gamus
le
dernièr
des
trois.
An-
dromaque
,
après
la
mort
de
Pyrrhus,
qui
fuc
tué
à
Delphes,
fe
remaria
avec
Hélénus
;
qui
eut
d'elle
un
fils
nommé
Cettri
nus;
mais,
Hélénus,
en
mourant,
ayant
difpofé
du
royaume
en
faveur
de
Moloflus,
fils
de
Pyr-
rhus
;
Ceftrinus,
aidé
d’une
troupe
d'Epirotes
de
bonne
vo-
lonté
,
s'émpara
de
la
contrée
-qui
étoit
au-
deflus
du
fleuve
Thyamis.
Pergamus
alla
cher-
chér
fortune
en
Afe.
A
l'écard
de
Piélus,
il
demeura
en
Epire,
&
c'eit
à
lui
plurôr
qu'à
Mo=
*loffus
que
Pyrrhus,
fils
d'Eaci-
-
das,
&
fes
ancêtres
rapportent
leur
origine.
res
Après
les
premiers
Rois
de
cette
branche,
qui
fonr
Piélus
&
les
prédécefleurs,
ceux
qui
Îles
fuivirentimmédiarement
au
E
P
nombre
de
treize
où
quatorze,
devinrent
fi
barbares,
&
leur
puiflance
&
leurs
vies
tombe-
rent
dans
une
telle
6obfcurité,
qu'on
n’en
trouve
aucun
vefti-
ge
dans
l'Hiftoire.
Le
premier
dont
elle
fait
mention,
c’eit
Tarrutas,
qui
ayant
le
premier
orné
fes
villes
de
mœurs
Grec-
ques,
fit
refleurir
les
lettres
&
lesarts,
établit
des
loix
pleines
d'humanité
&
de
juftice
,
&
fe
rendit
celebre.
Tel
eft
le
récit
de
Plurarque;
mais,
Juflin
at-
tribue
cela,
non
à
Tarrutas)
mais
à
Arrybas
fon
petit
fils,
qui
étoit
fils
d'Alcétas
!
,
&
qui
fut
envoyé
à
Athènes
pour
y
être
inftruit,
&
dont
il
dirque,
quanto
doëtior*
majoribus
[uis
,
tanto
€
gratior
populo
fuit,
Pri-
nus
itaque
lepes
6
Senatum
an-
auofqne
magiftratus,
6
reipublice
formam
compofuir
;
&
uta
Pyrrho
fedes,
fic
vita
cultior
populo
ab
Arryba
flatuta.
On
trouvera
furprenant
que
la
couronne
d’Epire
fe
foit
maintenue
dans
la
même
famille,
fi
on
confidere
les
révolutions
auxquelles
furent
expofés
tous
lès
États
voifins.
Le
peu
d’é-
tendue
du
pouvoir
fouverain
en
fut
la
caufe
,
fuivant
la
ré-
flexion
d’Afiftote.
La
royauté
en
Epire
comme
à
Sparte,
étoit
reflerrée
dans
des
bornes
fort
étroites
;
les
rois
&
les
peuples
fe
Hoient
pat
des
fermens
mu-
tuels,.
à
Paflaron.
C'étoit
le
lieu
où
fe
tenoit
l’afflemblée
des
Epirotes.
Les
uns
promet-
toient
de
gouverner
felon
les
loix
,
&
les
autres
de
mainte-
ERP
‘AY
nir
&
de
défendre
laurorité
royale
felon
les
mêmes
loix.
L’Epire
avoit
donc
toujours
été
gouvernée
par
un
feul
Roï
jufqu’au
tems
d’Alcétas
[.
Mais,
la
divifion
s'étant
mifeentre
fes
deux
fils,
Néoptoleme
&
Arym-
bas,
ils
ne
purent
s’accorder
qu'en
partageant
également
le
royaume.
Quelque
tems
après,
Alexandre,
fils
de
Néoproleme,
étant
mort
dans
la
Lucanie,,
Olympias,
qui
craignoit
Antipa-
ter,
fut
obligée
de
venir
en
Epire
,
où
Eacidas
,
fils
d'Arym-
bas
lui
rendit
toute
forte
de
bons
offices
,
jufqu
à
l'aider
de
fes
troupes
pour
faire
la
guerre
à
Aridée
&
aux
Macédoniens
,
en
dépit
même
des
Epirotes
qui
refuferent
de
marcher
fous
tés
enfeignes.
Cependant,
Olym-
pias
remporta
la
victoire
;
maïs,
elle
fe
montra
fi
cruelle
&
fi
fan
guinaire,
non
feulement
en
fai-
fant
mourir
Afidée
,
mais
en
perfécutant
à
outrance
les
Ma:
cédoniens
,
qu’il
n'eft
pas
éton-
nant
fi
Caflandre
peu
après
lui
fit
payer
la
peine
de
fes
cruau-
tés.
Îl
eff
certain
que
la
haîne
des
Epirotes
pour
cette
Prin-
cefle
les
empêcha
de
fe
fou-
mettre
d'abord
à
Eacidas:
ils
ne
faifoient
même
que
s’adoucif
en
fa
faveur,
lorfau'il
fut
en-
core
renverfé
par
Caflandre
;
de
forte
qu’il
fe
vit
obligé
d’en
venir
aux
mains
avec
Philippe,
frere
de
ce
Prince.
Le
combat
fe
donna
auprès
d'Œnsade
;
Eacidas
y
fur
bleffé
&
mourut
de
fes
bleflures
quelques
jours
après.
Alors
,
les
Epirotes
re-
0
42
HP.
:
connurent
Alcétas
Il,
qui
étoit
auf
fis
d'Arymbas
,
&
frere
aîné
d'Eacidas
,mais
d’unehu-
.
meur
fi
violente,
que
fon
pere
me
Favoit
jamais
pu
fouffrir.
Dès
le
commencement
de
fon
règne,
il
exerÇa
tant.de
cruau-
tés
contre
fes
fujets,
qu’enfin,
pouflés
à
bour,ils
inveftirent
fon
palais,
&
Ie
maflacrerent
lui
&
fes
enfans.
-
Les
Epirotes
mirent
en
fa
place
Pyrchus
Il,
fils
d'Eaci-
das,
qui,;tout
jeune
encore,
fans
Expérience
&
mal
affermi
fur
le
trône
,
eut
la
guerre
à
foute-
Hir
contre
Caflandre.
Pyrrhus,,
Voyant
donc
que
les
Macédo-
fiens
fe
préparoient
à
venir
envahir
fes
États,
alla
chercher
du
fecours
en
Égypte
auprès
de
Prolémée,
fils
de
Lagus.
Ce
Prince
lui
fit
époufer
Antigo-.
ne,
fille
de
Bérénice,
&
fœur
de
plulieurs
autres
enfans
que
Bérénice
avoit
eus
de
fon
pre-
mir
mari;
enfuite,
il
lui
don-
aa
une
flotte
&
de
bonnes
trou-
pes
pour
l’établir
dans
fes
États.
Pyrrhus
s'étant
ainfi
fortifié
de
alliance
de
Ptolémée
;
tomba
d'abord
fur
les
Corcyréens
;
il
voyoit
que
leur
ifle
fituée
vis-à-
vis
de
l'Epire,
pouvoir
fervir
de
place
d’armesà
fes
ennemis.
Voulant
donc
leur
ôter
cette
facilité
de
lui
faire
laguerre,
il
affiégea
Gorcyre
&
la
prir.
Il
pafle
pour
confiant
que
nul
Prince
de
la
Grece
avant
Iut,n’avoit
porté
la
guerre
chez
les
Romains;
car
,
il
n'eft
pas
mémévrai
que
Diomede
ni
les
Atgiens-qui
lavoient
fuivi,
EP
aïent
jamais
attaqué
Énée.
Leg
Athéniens
auroient
bien
voulu
conquérir
la
Sicile
&
encore
plus
lTtalie,
maïs,
ils
en
furent
empêchés
par
l'échec
qu'ils
re-
çurent
à
Syracufe.
Pour
Ale-
xandre,
fils
de
Néoptoleme,
&
de
la
même
race
que
Pyr-
thus,
mais
plus
ancien
que
lui,
il
mourut
,
comme
nous
l’avons
déjà
dit,
dans
la
Lucanie,
avant
que
de
pouvoir
mefurer
fes
for-
cés
avec
celles
des
Romains.
Pyrrhus
eft
donc
le
premier
des
Grecs
qui
ait
ofé
embarquer
des
troupes,
&
pañler
la
mer
Jonienne
pour
venir
attaquer
les
Romains
;
il
y
avoit
été
in-:
vité
par
les
Tarentins.
Il
eut
plutôt
mis
à
Ia
voile
que
les
Romains
ne
feurent
fon
deflein;
&
après
fon
débarquement,ilsne
le
crurent
arrivé,
que
lorf-
qu'au
milieu
ducombat,
&
au.
fort
de
la
mêlée,
il
vint
avec.
des
troupes
toutes
fraîches
fon-
dre
tout-a-coup
fur
eux,
&
les
mit
en
défordre
,
comme
gens
quine
s'y
attendoient
point
;
en-
core
avoit-il
fait
provifon
d’éléphans
pour
les
lâcher
con-
tr'eux,
&
pour
réparer
par-la
Pinégalité
qu'il
y
avoitentre
fon
infanterie
&
la
leur.
=
Malgré
tant
de
préparatifs
;
Pyrrhus
fe
vit
obligé
de
pañler
en
Sicile.
Les
Carthaginois
qui
Y
avoient
fait
une
defcente
;
faccageoient
toutes
les
villes
Grecques,
&
affiégeoient
alors
Syracufe,la
feule
quitint
encore
contr'eux.
Pyrrhus,
donc,
in-
formé
de
l’étar
de
cette
ifle
;
par
des
députés
de
Syracufe
7
DS
-même,
s’y
rendit
en
diligence
&
ne
fongea
plus
à
TFarente,
mi
à
toute
cette
côte
d'Italie.
Ï'ne
fut
pas
plutôt
arrivé
de-
vant
Syracufe,
qu'il
en
fit
lever
le
fiege
;
&
enflé
de
ce
fuccès,
quoique
les
Carthaginois
fuf-
fent
de
tous
les
Barbates
ceux
Qui
entendoient
le
mieux
{a
ma-
rine
,
comme
étant
Phéniciens
&
originaires
de
Tyr,
il
réfo-
lüt
de
les
combattre
fur
leur.
propre
élément
avec
les
feules
forces
de
l'Épire.
C’étoità
lui
une
extrême
hardiefle;
car,
long-tems
même
après
la
prife
de
Troye,
les
Épirotes
ne
con=
noifloient
pas
la
navigation,
&-n'avoient
pas
même
l’ufage
du
fel;
Homère
nous
le
témoi-
gne
quand-1l
dit
en
parlant
d'eux
:
ns
C'eft
un
peuple
fauvage,
Jiignore
du
fel
le
falutaire
ufage
,
EY
jamais
de
la
mer
n
a
couru
les
=
hazards.
Auf
Pyrrhus
battu
fut-il
trop
heureux
de
regagner
Tarente
avec
le
peu
de
vaiffleaux
qui
ävoient
pu
échapper
à
l’ennemi.
Revenu:en
Italie
;
il
eut
enco-
tea
fortune
contraire,
de
forte
que
prenant
confeil
de
Pétat
de
fes
affaires,
il
ne
fon-
gea
plus
qu'à
dérober
fa
fuite
aux
Romains,
qu'ilfçavoit
bien
n’être
pas
d'humeur
à
fe’con-
tenter
d’une
demi-vittoire.
*
Après
qu'ilfefât
un
peu
re-
is
defes
pertes,
il
déclara
la
guerre
à
Antigonus,
fous
pré-
texte
de-plufieurs-mécontente-
+
EP
43
mens,
mais
fur-tout
parce
qu'il
avoit
manqué
de
lefecourir
du=
rant
fes
guerres
d'Italie.
Dès
le
premier
combat
,
il
tailla
en
pièce
l’armée
de
ce
Prince,
&
non
feulement
fes
troupes,
mais
un
corps
de
Gaulois
qu'ilavoit
à
fa
folde
,
&
il
pourfuivit
An-
tigonus
jufque
dans
les
places
qu'il
tenoit
le
long
de
la
mer.
Cette
victoire
valut
à
Pyrrhus
la
haute
Macédoife
,
&
route
la
Theffalie.
Peu
s’en
fallut
mê-
mé
qu’il
ne
conquît
la
Macé-
doïne
entière
;
mais,
quoiqu'il
fût
plus
capable
qu'un
autre
de
profiter
des
occafions
,
cepen-
dant
Cléonyme
lui-en
fr
man-
querüne
belle,
en
lui
perfua-
dant
de
tourner
fes
armes
du
côté
du
Péloponnèfe.
Pendant
qu'il
étroit
occupé
contre
les
Lacédémoniens
,
fur
.
lefquels
il
avoit
déjà
remporté
une
victoire,
Antigonus
,
après
avoir
repris
la
plûpart
des
vil-
lés
de
Macédoine,
vint
camper
avec
fon
armée
au
milieu
du
Péloponnèfe
;
il
fe
doutoit
bien
que
Pyrrhus,
après
s'être
ren-
du
maître
de
Sparte
&
d’une
partie
du
païs
,
au
lieu
de
re-
tourner
en
Épire,
ne
manque-
roit
pas
de
fondre
fur
1a
Macé-
doine’,;
&
il
vouloit
faire
di-
vérfion.
Maïs
,:
au
moment
qu'Antigonus
fortit
d’Argos
pour
s'approcher
de
Lacédémoa-
ne,
il
vit
Pyrrhus
qui
venoit
à
lui,
de
forte
qu’ils
ne
furent
pas
long-tems
fans
fe
joindre.
Il
y
eut
là
ün
grand
Combat
entre
ces
deux
Princes;
Pyrrhus
eut
Pavantage
&
pourfuivit
les
f
4
EC
uyards
jufques
dans
Argos
;
mais
,
fes
troupes
s’érant
dé-
_Bandées,
comme
il
arrive
ences
_
@ccafions
,
pendant
que
les
ha-
bitans
combattent
pour
leurs
dieux
&
pour
leurs
foyers
,
Pyrrhus
abandonné
des
fiens
,
fut'bleflé
mortellement
à
la
té
te
;
on
dit
que
ce
fut
d’une
tuile
qu'une
femme
lui
avoit
pre
du
haut
de
fa
maifon.
Voilà
quel
fut
le
:etme
de
la
puiffance
des
Épirotes.
*
Depuis
cette
époque,
il
ne
font
guère
connus
que
dans
Phiftoire
dés
guerres
des
Ro-
mains.
L'an
101
avant
l'Ére
Chrétienne,
ils
envoyerent
des
députés
au
conful
M.
Acilius
Glabrion,
On
étoit
bien
afluré,
dit
Fire-Live,
que
leur
fidélité
à
l'égard
des
Romains
,
n'avoit
pas
êté
bien
fincère
;
car,
quoi-
qu'ils
n’euflent
point
donné
de
troupes
à
Antiochus,
onles
ac-
cufoit
de
lui
avoir
fourni
de
Pargent
;
&
ils
ne
nioient
pas
eux-mêmes
qu'ils
ne
lui
euflent
envoyé
des
ambafladeurs.Ainf,
quand
ils
demanderent
au
con-
ful
qu'il
leur
fût
permis
de
ref-
ter
dans
l'alliance
&
dans
l'a-
mitié
des
Romains
,
ce
Géné-
ral
leur
répondit
qu'il
ne
ça
voit
pas
encore
s’il
devoit
les
méttre
au
rang
des
énnemis
ou
des
alliés
du
peuple
Romain
;
que
ce
feroit
au
Sénat
à
en
dé-
cider;
qu'illeur
accordoit
une
treve
de
trois
mois,pout
aller
à
Rome
lui
rendre
compte
de
Jeur
conduite.
Leurs
ambaña-
deurs,
étant
arrivés
à
Rome,
s’attacherent
plutôt
à
repré-
Er
fenter
les
hoftilités
qu’ils
n’a
voient
pas
commifes
,
qu'à
ré-
pondre
aux
griefs
qu'on
leur
objectoit.
Aufli,
le
Sénat
leur
ré-
pondit-il
comme
à
des
gens
dont
1]
n’aprouvoit
pas
l'apologie.
Six
ans
après,
comme
le
Préteur
L.
Anicius
étoit
campé
aflez
près
de
Paffaron
,
L.
Emi-
lius
Paulns
lui
manda
que
le
Sénat
accordoit
à
l’armée
le
pillage
des
villes
d'Epire
qui
avoient
été
dans
leparti
de
Perfée,
afin
qu'il
fe
pré
à
ce
deffein,
qu'il
eûr
pu
trou-
bier
s’il.
l'eût
ignoré.
Après
cette
précaution,
ilenvoya
des
Centurions
dans
toutes
ces
vil-
les,
pour
dire
aux
habitans
qu’ils
venoient
en
retirer
les
garnifons
,afin.que
les
Epirotes
fuflent
libres,
auffi
bien
que
les.
Macédoniens
;
&
en
même
tems
il
appella
auprès
de
lui
dix
des
principaux
citoyens
de
chaque.
ville,
&
les
renvoya
avec
or=
dre
de
faire
porter
dans
le
tré-
for
public
tout
l'or
&
l'argent
des
citoyéns.
Alors,
il
envoya
fes
cohortes
dans
ces
villes
;
faifant
partir
celles
qui
alloient
dans
les
plus
éloignées
;
les:
premières
,
afin
qu'au
même
tems
;.
elles
arrivaflent
toutes
dans
celles
qui
leur
avoientété
deftinées,
Les
Tribuns
&
les
Centurions
étoient
inftruits
de
ce
qu'ils
dévoient
faire.
Dèsle
matin,
tout
l’or
&
tout
l'argent
furent
mis
à
part;
&
à
dix
heu=
rés
on
donna.
aux
foldats
le
fignal
du
pillage.
Le
butin
fut
fi
confidérable.,
que
de
l’argene
qu'on
tira
.de
fa
vente,
&
de
/
EP
celle
de
cent
cinquante
mille
prifonniers
de
toute
efpèce,
on
en
donna
à
chaque
cavalier
quatre
cens
deniers,
&
deux
cens
à
chaque
fantaflin,
Après
que
ces
villes,
au
nombre
de
foixanre-dix
,
eurent
été
pillées,
On
abattit
leurs
murailles.
IH.
Lorfque
les
Grecs
s’é-
tablirent
dans
l’'Épire,
ils
don-
merent
lieu
à
une
divifion,
par
laquelle
ils
la
confidéroient
corime
Grecque
ou
Barbare.
[ls
appellerent
Épire
Grecque
,
la
partie
de
l’Epire
où
ils
habi-
toient,
où
ils
avoient
des
co-
lonies,
&
où
ils
étosent
appel-
és
comme
alliés
&
troupes
au
xiliaires.
Îls
nommerent
Epire
Barbare,
la
partie
qu'ils
n’a-
Voient
pu
entamer,
&
que
les
anciens
habitans
avoient
con-
Tervée.
On
fçait
qu’une
pareille
diftinétion
fut
faite
par
les
Ro-
mains
dans
la
grande
-
Breta-
gne.
|
L'Épire
Barbare
comprenoit
la
Chaonie
,
la
Thefprotie,
la
Caffiopie
&
l’Almene,
L'Épire
Grecque
renfermoit
PACarnanie
,
l'Amphilochie,,
PAthamanie,
la
Dolopie,
&
la
Moloffide.
L'Épire
fait
aujourd’hui
par-
tie
de
la
Turquie
d'Europe.
Elle
eft
divifée
en
deux,
la
Chimère
ou
la
Canina
au
nord,
&PArta
au
midi.
:
Les
Chroniqueurs
ou
Hifto-
tiens
du
moyen
âge,
confon-
dent
fouvent
les
noms
d’Alba-
(a)
Juft,
L.
XXVI.
c,
1.
nie
&
d'Epire
,
comprenant
fouvent
l’une
dans
l’autre
:
&
ce
qui
eft
remarquable,
c'eft.
que
les
Caftriots
étant
bornés
à
l’Albanie,
Scanderberg
pre-
noitle
titre
de
prince
d’Évpire.
EPIRI.
(2)
Dans
un
paface
de
Juftin,
nous
lifons
Eprrornm
guogue
urbs
;
mais,
le
texte
eff
indubitablement
corrompu.
Ii
faut
lire
Eliorum
urbs.
Juitin
avoit
apparemment
écrit
Æpio—
rum
urbs,
felon
la
judicieufe
conjecture
de
M.
Lefevre,
qui
aflure
après
le
témoignage
d’Ho.
mère
&
de
Denys
d'Halicar-
nafle
,
que
les
peuples
du
terri-
toire
d'Élide,
&
les
habitans
même
de
la
ville,
avoient
été
autrefois
appellés
Epios
où
Epeos;
EPIRNUTIUS
,
Æpirnurius;
furnom
que
Les
Crétois
donz
noient
à
Jupiter.
=-EPIROTES,
Eprrote,
Hre-
poræt,
les
habitans
de
l’Epire.
Voyz
Epire.
EPISCAPHIES
,
Epifcaphia,
(b}
fêtes
que
l’on
célébroit
à
Rhodes;
mais
,on
ne
fçait
en
Phonneur
de
quellé
divinité.
Ce
moreft
tiré
de
êr1,
in,
(ur,
&
de
cxdqu,
Jcapha,
une
bar-
ue,
EPISCÉNIES,
Epifcenia,
(c)
étoient
la
fête
des
téntes
à
Sparte.
Ce
mot
eft
formé
de
xx,
in,
fous,
SC
oXure,
téntorium,
une
tente.
EPISCOPIA',
Epifcopia,
lieu
de
Thrace,
fitué
près
de
la
{ce}
Antiq.
expl,
par
D,
Bern,
de
(&)
Antiq.
expl.
par
D.
Bern,
dei
Montf,
Tom,
Il,
pag,216,
“Montf.
Tom,
II,
pag,
216
46
EP
ville
d'Aryre
,
felon
Procope,
qui
en
parle
ainfi:
»
Au-delà
»
d’Atyre
,
eft
un
lieu
nommé
.»
Epifcopia
par
les
habitans,
5
qui
n’avoit
aucune
fortifica-
»
tion,
&
étoit
tout-à-fait
ex-
»
poié
aux
courfes
des
enne-
»
mis.
Juflinien
le
fit
fortifier
»
d’une
manière
toute
nouvel-
»
le.
Le
bâtiment
s’avance
hors
»
de
l’enceinte
de
la
muraille
;
»
&
étant
fort
étroit
au
com-
»
mencement,
il
devient
fort
»
large,
&
eft
revêtu
par
les
»
deux
bouts
de
deux
tours,
ce
>»
qui
empêche
les
ennemis
de
»
pouvoir
approcher
des
mu-
»
railles.
Les.
portes
ne
font
»
pas
àl'ordinaire
au
milieu
des
»
Courtines
,
entre
deux
tours;
»
matsà
cÔté,dans
des
enfonce-
»
mens
qui
les
dérobent
à
la
vue
»
des
ennemis.
«
EPISCYTHISON,,
Epifcy-
thijon,
E’ricuvticor,
(a)
c’eit-à-
dire,
faites
commeun
Scythe,
comme
nous
dirions
en
Fran-
çois
Scyrhifez
,
où
plutôt
Scy-
-
thifons.
C’étoitune
forte
de
pro-
verbe
én
ufage
parmi
ceux
.de
Sparte.
Is
s’en
fervoient
quand
ils
vouloient
boire-fans
mefure.
C'éroit
Cléomene
qui
avoit
in-
troduit
ce
proverbe
parmi
eux,
depuis
qu'il
avoit
appris
des
Scythes
à
boire
avec
excès:
Le
EPISTATE
,
Epiflates,
(b)
Érisaive,
nom
d'un
Sénateur
d'Athènes
,
qui
étoit
en
femai-
ne
de
-préfider:
Ce:
mot:
vient
de?ri,
in,
fur,
&
de
;crwy
fume,
(a)
Herod,
L,
VI.
c.
Ba
EP
je
fuis;
ainfi
Epiftare
défigne
celui
qui
préfidoir
fur
les
au-
tres,
Les
dix
tribus
d'Athènes
for-
mées.
par
Clifthènes,
élifoient
par
an,
chacune
au
fort,
cin-
quante
citoyens
ou
Sénateurs
qui
entroient
en
fonction
pour
Fannée
;
&
compofoient
le
Sé-
nat
des
Cinq
cens.
Les
autres
attendoient
pour
fuppléer,
ou
pour
étre
appellés
à
l'exercice
actuel
par
l'élection
de
l’année
fuivante.
Chaque
tribu
avoit
tour-à-tour
la
préféance,
&
la
cédoit
fucceflivement
aux
au-
tres.
:
Les
cinquante
Sénateurs
en
.
fonction:
fe
nommoient
Pryta-
nes.
Le
lieu
particulier
où
ils
s’aflembloient,
s’appelloit
Pry-
tance;
&
le
tems
de
leur
exer-
cice,
ou
de
la
Prytanie,
duroir
trente-cinq
ou
trente-fix
jours,
fuivant
que
ce
terme-convenoit
pour
remplir
le
nombre
des
jours
de
l’année
lunaire.
:
Pendant
les
trente-cing
ou
trente-fix
jours
de
Pryranie,
dix-des
cinquante
Prytanes
rè-
gnoient:
par
-femaine
fous
le
nom
de…Proëdres
;
&
celui
des
Proëdres
qui
dans
le
cours.de
la
femaine
étoit
en
jour
de
pré-
fider,
s’appelloit
Epittate.
Des
dix
Proëdres
de
chaque
femai-
ne,
il
en
reftoit,
toujours
trois
que
le
fort
n'appelloit
point
à
place
d'Ébiflate,
parce
que
la
femaine
n'eft
que-de
fept
jours.
Celui,
qui
uné
foisavoit.
été
(&)
Mém,
de
l'Acad.
des
Infcript,.
&
;
Bell.
Lett,
Tom
MU,
pag.
62,
dr
fuite
EP
Epiftate,
ne
pouvoit
jamais
ef:
pérer
de
l’être
une
feconde
fois
dans
le
refte
de
fa
vie,
quand
même
il
auroit
été
appellé
diffé-
rentes
fois
à
être
Prytane.
La
raifon
de
cette
exclufion
étoit
qu'il
auroit
pu
fe
laifler
tenter
de
fatisfaire
fa
cupidité,
&s’ar-
ranger
pour
devenir
le
maître
des
grands
biens
dont
il
s’étoit
vu
dépofitaire..
Le
jour
de
fa
fonction
,
il
avoit
la
clef
du
tréfor,
des
titres
&
des
archi-
ves
de
l'État,
&
du
fceau
de
l
République,
;
Les
particuliers
qui
avoient
quelque
affaire
à
pourfuivre
au
tribunal
des
Prytanes,
s’adref-
_
foient
à
un
des
officiers
de
leur
tribu,
pour
obtenir
audience
par-
devant
celle
qui
étoit
en
fonction.
Se
Si
quelque
affaire
importan-
te
furvenoit,
l’Epiftate
de
jour
indiquoit
l’affemblée,
&-le
mo-
tif,
afin
que
chacun
pût
s’'inf-
truire,
&
fe
préparer
à
appor-
ter
un
fuffrage
raifonné.
Après
la
difcuffion
des
fuffrages,
l'E-
piltate
drefloit
&
prononçoit
à
haute
&
diftincte
voix
la
loi
formée
fur
la
pluralité
des
fuffrages
;
enfuite,
chacun
fe
retiroit,
&
les
Prytanes
fe
rendoïient
au
Prytanée
,
avec
ceux
qui
avoient
droit
d'y
man-
ger
aux
dépens
de
la
républi-
que.
ee
Voyez
Prytane,
Prytanée,
Proëdre
;
car,
tous
ces
mots
for=
ment
un
Enchaînement
dont
la
|
(2).Xenoph,
p,:322,
(è)-Kenoph,
p.
270
E
P
L
connoiffance
eft
néceflaire
.
entendre
les
auteurs
qui
nous
parlent
du
gouvernement
d’A-
thènes.
EPISTHENE,
Æpiflhenes,
(2)
E
riobérus
,natifde
la
ville
d’Arm.
phipolis,
pañloit
pour
un
ha
bile
capitaine.
Îl
vivoit
du
tems
de
Xénophon,
&
fut
un
des
chefs
des
dix
mille
Grecs.
Il
y
en
a
qui,
au
lieu
d'E-
Pifthène,
aimeroient
mieux
lire
Cliftene
dans
le
texte
de
X£-
nophon.
EPISTHENE,
Epifthènes,
E'œotéme,
(b)
Capitaine
,
qui
étoit
de
Mégalopolis,
ou,
com-
me
lifent
d’autres,
dAmphipo=
lis.
Aïnf,il
pourroit
bien
être
le:
même
que
le
précédent.
D'ailleurs
;
il
éft
compté
au
nombre
des
chefs
des
dix
mille
Grecs
EPISTHENE,
Epifihenes,
E‘riolérye
:
(c)
capitaine
Olyn-
thien,
que
l’on
compte
auffi
au
nombre
des
chefs
des
dix
mille
Grecs.
L'Hiftoire
nous
a
confervé
un
fait
fingulier
de
cet
Epifthe-
ne.
Îlaimoit
beaucoup
les
jeu-
nes
gens.
Un
jour,
en
voyant.
un
d’une
beauté
charmante
fur
le
point
d’être
mis
à
mort
par
le
roi
Seuthès,
il
-va
trouver
en
diligence
Xénophon,
&
le
<onjure
inftamment
d'apporter
du
fecours
à
ce
beau
jeune
hom-
me.
Xénophon
fe
rend
fur
le
champ
auprès
de
Seuthès,
&
le
prie
de
fauvéer
la
vie
au
jeu
|
(ce)
Xenoph,-p.
409
$
EP
ee
I
lui
fait
connoître
en
même
tems
le
caractère
d’E-
pifthene,
&
lui
raconte
comment
il
avoit
levé
autrefois
une
com-
pagnie
de
foldats
,n'ayantégard
qu'à
la
beauté
de
ceux
qu'il
choilifloit.
Seuthès,
adreflant
là
parole
à
Epifthene
P’oudriez=
vous,
lui
dit-il,
wourir
pour
ce
Jeune
homme.
Epifthene,
pré
fentantaufh-rôt
le
cou:
Frappez,
répondit-il,
f£
ce
Jeune
homme
le
veut,
&
doit
obtenir
fa
grace.
_Seuthès
demanda
à
celui-ci,
s'il
vouloit
qu'Epifthene
fût
mis
à
mort
en
fa
place.
Le
jeune
homme
n’y
confentit
point;
mais
;
il
fupplia
le
Roi
de
leur
faire
grace
à
l’un
&
à
l'autre.
À
ces
mots,
Epifthene
fe
jertant
au
cou
du
jeune
homme:
7/
ef£
terms,
dit-il
à
Seuthès,
que
vous
entriey
en
lice
avec
moi,
à
qui
l'aura,
car
je
ne
le
quitterai
pas,
Seuthès
fouriant
laiffa
Là
cette
affaire.
EPISTTUS,
Epifius,
(a)
c’elt-àa-dire,
le
domeftique,
étoit
un
des
furnoms
de
Jupiter.
.-
EPISTOMIUM
,
Epiflomium,
{b}
nom
que
les
Anciens
don-
doient
aux
clefs
des
fontaines.
EPISTOR.,,
Epifior,
E'oicleæn,
(c)
capitaine
Troyen,
qui
périt
ar
le
bras
de
Patrocle.
EPISTROPHAUS,
Epiffrophus,
E
&irTp0opoc
»
{d)
fils
d'fphitus
&c
petit-fils
de
Naubolus
,
partit
(ay
Antiqg.
expl.
par
D,
Bern.
de
Montf.
Tom.
fp,s
3
(#)
Antiq.
expl.-par
D.
Bern.
de
-
Moutf.
Tom,
IIL
pag,
131.
ce)
Homer,
Iliad,
L.
XVI,
v,
69$°e
(3)
Homer.
Iljad.
L,
IL,
v,
24,
d
eg.
Montf.
Tom,
V,.
E
P
pour
le
fiege
de
Froye
à
la
crête.
des
peuples
‘de
14
Phocide.
Schédius,
fonfrere,
partageoit
avec
lui
l'autorité
du
comman-
dément.
:
EPISTROPHUS,
£Epiftrophus,
Ealorpogoc,
(e)
l’un
des
Prin-.
ces
qui
marcherent
au
fecours
des
Troyens,
contre
les
Grecs.
Îl
commandoit
avec
Dius
les
Halizoniens,
qui
venoient
de
l'extrémité
du
Pont-Euxin.
:
EPISTROPHUS,
Epiftrophus,
E‘œlorpopes
,
(f}
fils
d'Evénus,
&
petit-fils
du
roi
Sélépius,
fut
tué
par
Achille.
|
EPISTULA
,
(p)terme
qui
fe
trouve
fréquemment
pour
epiflo-
la
dans
les
infcriptions.
fl
y:
avoit
un
fecrétaire
ab
epiflulis
Latinis,
c’eft-à-dire,
pour
les
lettres
Latines;
&
un
autre
4h
epiflulis
Græcis,
C'eft-à-dire,
pour
les
lettres
Grecques.
EPISTYLE,
Epiftyitum,
c'eft
ainfi
que
les
Grecs
nommoient
ce
qu’on
appelle
maintenant
architrave
;
c’eft-à-dire,
la
pierre
ou
la
piece
de
bois
qui
pofe
fur
chapiteau
des
colom-:
nes.
Ce
mot
vient
de
E‘ol,
22,
fur,
&
de
orge,
colomna
5.
CO=
lomne,
parce
que
l’Epiftyle,
où
l'architrave
eft
au-defflus
de
la
colomne.
EPITALIUM
,
ÆEpitalium,
(2}
E'ciréner,
ville
du
Péloponnèfe
Ce
Homer.
Hiad:
EL.
IT,
v.
363,
264
(f}
Homer.
Iliad,
L.
IL
v.
190,
400.
(g)
Antiq,
expl,
par
D.
Bern.
pe
Pr
54
»
55e
(2)
Strab,
p.
349.
Kenoph,
p.
492.
dans
E
P
dans
l'Elide,
Elle
étoït
fituée
au
paflage
de
PAlphée,
c’eft-
à-dire,
près
d'un
endroit
ou
l’on
peut
pañler
ce
fleuve
à
pied.
Strabon
dit
qu’elle
eft
nommée
par
Homère
T
hryœffa
&
Thruon
du
Thryon,&il
explique
Thryon
par
de
l'Apue,
qui
eft
la
Gen
fication
de
ce
mot
Gréc:
il
ob-
ferve
que
tout
ce
païs
en
abon-
de,
fur-tout
les
rivieres,
par-
ticulièrement
aux
endroits
où
<lles
font
guéables.
Peut-être
auf,
pouriuit
ce
Géographe,
qu'Homère
a
entendu
nommer
le
gué
par
lemot
Thryon,
&
que
par
le
mor
Æpi,
qui
veut
dire
haut,
élevé,
il
a
voulu
faire
en-
tendre
{a
fituation
d'Epitalium,
de
même
qu'il
appelle
dans
un
autre
endroit
Thryæfla
une
hau-
te
Colline.
Etienne
de
Byzance
mecce
lieu
dans
la
Triphylie;
&
Héfychius,
dans
l’Arcadie.
Niger
prétend
que
c’eft
au-
Jourd’hui
Zunchio
;
Mot
qui
ex-
primé
la
fisnification
de
l'an-
Cien
nom.
Polybe
fairplufieuts
fois
men-
tion
d'Epitaliüm
dans
fon
qua-
trième
livre;
mais,
il
l’a
oubliée
dans
la
lifte
des
villes
de
la
Triphylie,
ce
que
Cafaubon
attribue
à
la
négligence
des
Copiftes,
Xénophon
fait
auf
Mention
de
cette
ville.
EPITAPHE,
Epitaphium,
(a)
Eœrrégrer,
infcription
gravée,
Où
fuppofée
devoir
l'être
fur
.
Untombeau,
à
la
mémoire
d’une
perfonne
défunte.
Ce
mot
et
formes
du
Grec
|
EP
E'als
in,
&
delire.
r
à
j'enfevelis,
Ü
y
aun
ftyle
par-
ticulier
pour
les
Épitaphes
{ur-tout
pour
celles
qui
font
conçues
en
Latin,
qu'on
nomme
ftyle
lapidaire.
On
donnoïit
anciennement
le
nom
d’Epitaphe
aux
vers
que
l’on
chantoit
en
l'honneur
des
morts
le
jour
de
leurs
obféques,
&
que
l'on
répétoit
tous
les
ans
à
pareil
jour,
Il
seit
pris
de=
Puis.
pour
l'infcriprion
que
l’on
met
fur
les
tombeaux,
tantôt
en
profe,
tantôt
en
vers,
pour
conferver
la
mémoire
des
dé
funs,
&
drefler
un
monument
à
leur
gloire.
Les
Grecs
met-
toient
fimplement
le
nom
de
Ce«
Jui
qui
étoit
mort
avec
ces
Épi=
thetes,
bon-hotnme
,
ou
bonne=
ferme,
bon-jour
:
ce
qui
donna
Occalion
à
cette
manière
de
Parler
%phoror
œcer,
faire
bon,
pour
dire
faire
mourir,
Paufanias
remarque
que
les
Sicyoniens
avoient
coutume
de
ne
mettre
fur
les
tombeaux
que
le
nom
des
perfonnes,
avec
le
mot
de
falutation
KATPE,
On
voit
par
les
Épitäphes,
x
que
les
autres
Grecs
n'y
fai=
foient
pas
plus
de
façon,
fi
cé
neit
qu'ils
ajoûtoient
Île
mot
-XPHETOZ,
&
auf
celui
de
HPOZY,
quoique
tous
ceux
pour
qui
ils
le
mettoient,
ne
fuflent
pas
des
héros,
Comme
ce
mot
le
fignifie.
Les
Athéniens
mer:
toient
fimplement
le
nom
du
mort,
Celui
de
fon
pere,
avec
celui
de
fa
tribu.
Les
Romains
:
C4)
Ang.
expl.
par
D.
Bern,
de
Montf,
T,
V,
p.
37,
&
friv.
Tom.
A.
2
+0
E
P
es
Poëtes,
n’a
pu
trouver
en-
core
parmi
tant
de
fiécles
un
feul
Apologifte
?
Bien
différent
de
cet
Écri-
-vain,
Théocrite
n’ofre
à
l’ef-
prit
que
des
images
agréables:
il
ne
repréfente
que
des
objets
gracieux,
&
avec
des
idées
&
des
expreflions
enchanrerefles.
Tel
eft
fon
Épithalame
d’Hé-
lene,
chef-d'œuvre
en
ce
gen-
re
quon
ne
fçauroit
trop
louer.
Après
avoir
donné
des
couron-
nes
d'hyacinthe
auxfilles
de
La-
cédémone
qui
chantent
l'Hymé-
née,
Théocrite
leur
fait
rele-
ver
en
ces
termes
le
bonheur
de
Ménélaüs,
«Vous
êtes
ar-
»_tivé
à
Sparte
fous
des
autpi-
»
ces
bien
favorables;
feul
en-.
»
tre
les
demi-dieux,
vous
de-
»
venez
lé
gendre
de
Jupiter,
»
vous
époufez
Hélene!
les
»
Graces
l'accompagnent,
les
»
Amours
font
dans
fes
yeux;
».
elle
étoit
l’ornement
de
Spar-
n
te,comme
le
cyprès
eff
l'hon-
_»
neur
des
jardins.»
Puis
ve-
vant
à
Hélene
même
:
«
Uni-
»
quement
occupées
de
vous,
»-
nous
allons,
difent
-
elles,
:
»
Vous
cueillir
une
guirlande
»
de
lotos;
nous
la
fufpendrons
»
à
un
plane,
&
en
votre
hon-
»
neut
nous
y
répandrons
des
»
parfums.
Sur
l'écorce
du
pla-
:»
né;
on
gravera
ces
mots
:
»
Honorex
moi,
je
fuis
l'arbre
»
d'Hélène.»
S'adreflantenfuite
aux
deux
époux
;
«
Puiffe
Vé-
»
nus,
ajoütent-elles,
vous
inf-
»
pirer
une
ardeur
mutuelle
&
(43
Diod,
Sicul.,.
p,
203.
E
P
-
»
dufable!
Puifle
Latone
vous
»
accorder
une
heureufe
poité-
»
rité,
&
Jupiter
vous
donner
»
des
richefles
que
vous
tranf-
»
mettiez
à
vos
defcendans.
»
Ce
poëme,
au
refte,
a
deux
parties
qui
font
bien
marquées,
&
qui
paroïflent
eflentielles
à
tout
Épithalame
;
Fune
qui
com-
prend
les
louanges
des
nou-
veaux
époux,
l’autre
qui
ren-
ferme
des
vœux
pour
leur
profpérité.
La
première
partie
exige
tout
l’art
du
Poëte;
car,
il
en
faut
infiniment
pour
donner
des
louanges,
qui
foient
tout
en-
femble
ingénieufes,
naturelles,
&
convenables;
&
voilà
fans
doute
pourquoi
l’on
dit
fi
fou-
vent
que
l’Épithalame
eft
l’é-
cueil
des
Poëtes.
Les
louanges
feront
ingénieufes,
fi
elles
for-
tent,
pour
ainfi
dire,
du
fond
même
de
la
fition;
naturelles,
fi
elles
ne
bleffent
pas
la
vrai-
femblance
poëtique
;
convena-
bles,
fi
elles
font
accommodées
felon
les
règles
de
cette
vrai-
femblance
au
fexe,
à
la
naif-
fance,
à
la
dignité,
au
mérite
perfonnel.
_
Î
en
eft
de
même,
à
pro-
portion,
des
vœux?
ils
doivent
être
naturels,
ou
fe
renfermer
dans
la
vraifémblance
poëti-
que
;
&
convenables,
ou
ne
pas
excéder
la
vraifemblance
re-
lative,
fi
Von
peut
s'exprimer
ainfi
avec
M.
l'Abbé
Souchay.
EPITHERSIDE,
Epiherfides,
Eribepaid'
us,
(a)
héros,
dont
il
_€ft
parlé
dans
Diodore
de
Si-
cile.
C'étoit
un
des
amis
de
Péntathle.
EPITHETE,
Epithetum,
ter=
me
de
Grammaire
&
de
Rhé-
torique,
du
Greé
rœiteroc,
ad-
Jeélitius,
accefforius,
impofiritius,
dont
le
neutre
eft
rer.
On
fous-entend
*»1e,n0men;
ainfi,
cè
mot
ÆEpirhete,
pris
fubftanri-
Vement,
veut
dire
nom
ajoûté.
Nos
peres,
plus
voifins
de
la
fource,
faifoient
ce
mot
mafcu-
lin;
mais
enfin
les
femmes
&
les
perfonnes
fans
études,
voyant
ce
mot
terminé
par
un
e
muet,
Pont
fait
du
genre
féminin,
&
cet
ufage
a
prévalu.
Le
peuple
abufe
en
plufieurs
mots
de
ce
que
le
muet
eft
fouvent
le
figne
du
genre
féminin,
fur-tout
dans
les
adje@tifs
,
fzint,
fainte
;
époux,
époufe
;
ouvrier,
ouvriè=
rc
>
M.
Pabbé
Girard
n’a
point
fait
d’obfervation
fur
la
diffé
rence
qu'il
y
a
entre
Épithete
&
adjectif.
[1
femble
que
l’ad-
jectif
foit
deftiné
à
marquer
les
propriètés
phyfiques
&
commu
nes
des
objets,
&
que
l'Épi-
thete
défigne
ce:qu'il
y
a
de
particulier
&
de
diftinctif
dans
les
perfonnes
&
dans
les
cho-
fes,
foit
en
bien,
foit
en
mal:
Louïs
le
Beoue,
Phuilippele
Har-
di,
Louis
le
Grand,
&c.
C’eften
partiede
la
Hberté
quenos
pères
prenoïent
de
donner
des
Épi-
thètes
aux
perfonnes
;
qu'eit
venu
Flufage
des
noms
propres
dé
famille.
-
_.
Quand
le
fimple
adjectif,
2
A
La
ES
aJOUtÉ
à
un:nom
commun
ou
ÉE
en
appellatif,
le
fait
devenir
nom
propre,
alors
cet
adjectif
eft
une
Épithere;
zrbs,
ville,
eft
un
nom
commun;
mais,
quand.
on
difoit
magna
urbs,
on
enten-
!
doit
la
ville
de
Rome.
Fous
les
adjectifs,
qui
font
pris
en
un
fens
figuté,
font
des
Épitheres
;
la
pale
mort,
une
verte
vieilleffe,
&c.
Les
adjectifs
patronymiques,
c'eft-à-dire,
tirés
du
nom
du
pere
ou
de
quelqu’ündesayeux,
font-des
Épithetes;
Telamonius
:
Ajax,
Ajax
fils
de
Télamon.
ÎE
en
eft
de
même
des
adjectits
tirés
du
nom
de
la
patrie;
c’eit
ainfi
que
Pindare
eft
fouvent
appellé
le
poëte
Thébain,
poetz
Thebanus
;
Dion
Syracufanus,
Dion
de
Syracufe
,
&c.
Souvent
les
noms
patronymiques
font
employés
fubftantivement:
par
antonomafe
,
»wæra
efoywr,
per
excellentiam.
C’eft
ainfi
que
par
le
philofophe-on
entend
Arifto-
te,
&
par
le
poëte,
on
défigne
omère;
mais,
alors
PArlofophe
&
Poëte
n'étant
point
joints
à
des
noms
propres,
font
pris
fübftantivement,
&
par
confé-
quent
ne
font
point
des
Épi-
thetes.
A
On
doit
ufer
avec
art
des
Épithetes
ou
adjeétifs
;
onne
doit
jamais
ajoûter
au
fubftan-
tif
une
idée
accefloire,
dépla-
cée,
vaine,
qui
ne
dir
rien
de
marqué.
Les
Épithetes
doivent
rendre:
le
difcours
plus
ener-
.gique.
M.
de
Fénélonne
fe
con-
tenté
pas
de
dire
que
l'Orateur,
come
le
Poëte,
doit
employer
des
figures,
des-1mages
&
des
traits;
_s$
EP
\
il
dit
qui}
doit
employer
des
ft-
gures
ornées,
des
images
vives,
.
6
des
traits
hardis,
fiyet
le
demande.
=
Les
Épitheres
quine
fe
pré-
fentent
pas
naturellement,
&
qui
font
tirées
de
loin,
rendent
le
difcours
froid
&
ennuyeux.
On
ne
doit
jamais
fe
fervir
d'Épithetes
par
ofléntation,
on
men
doit
faire
ufage
que
pour
appuyer
fur
les
objets,
fur
lef-
quels
on
veut
arrêter
l’atten-
tion.
EPITHRICADIES;,
Epithri-
cadia,
(a)
étoient
des
fêtes
en
Phonneur
d’Apollon,
felon
Hé-
fychius.
7
EPITIME
,
Æpitimus
,
(b)
Exfrimos,
grand
ami
de
Démof-
thène,
comme
en
fait
foi
une
lettre
de
cet
Orateur.
I
l'é-
crivit
à
Héracléodore
en
fa-
veur
de
fon
ami.
EPITIMIUS,
Epitimius,
(c)
Eœirimoc,
natif
de
Pharfale
;
fon
cheval
ayant
été
tué
par
mégarde
aux
jeux
publics,
d'un
coup
de
javelot
lancé
par
un
athlete,
Périclès
paffa
toute
nne
journée
avec
Protagoras,
à
examiner
qui
étroit,
felon
la
droite
raifon,
le
véritable
au-
teur
de
ce
meurtre,
Gu
le
ja-
velot,ouceluiquil'avoitlance,
où
les
agonothetes,
c’eit-à-dire,
les
préfidens
de
ces
jeux.
EPITOGE
;
c’étoit
une
efpè-.
ce
de
manteau,
queles
Romains
mettoient
fur
la
toge,
qui
étoit
leur
habillement
diftinctif.
lorfque
le
(2)
Antiq.
expl.
par
D,
Bern,
de
Montf,
Tom.
Il,
p.
216,
EP
-EPITOME,,
Epitome,
abrégé
ou
réduction
des
principales
matières
d’un
grand
ouvrage,
reflerrées
dans
un
beaucoup
moindre
volume.
On
reproche
fouvent
aux
auteurs
d'Épirome,
que
leur
travail
occafionné
la
perte
des
originaux.
Ainfi,
on
attribue
à
l’Épirome
de
Juitin,
la
perte
de
l'hiftoire
univerfeille
de
Tro=
gue
Pompée;
&
à
l’abrégé
de
Florus,
celle
d'une
grande
par=
tie
des
décades
de
Tite-Live.
EPITRITE,
terme
de
poëfñe
Latine.
C'eft
un
pied
compoié.
de
quatre
fyllabes,
trois
lon-
gues
&.une
breve.
Les
Grammairiens
comptent
quatre
fortes
d’Épitrites;
le
_premiereft
compofé
d’un
jambe
&
d’un
fpondée,
comme
/4/2-
täntés;
le
fecond
d’un
trochée
&
d’un
fpondée,
comme
côn-
citaäti;
le
troifième
d’un
fpon-
dée
&
d’uniambe
,comme
côm-
münicans
;
&
le
quatrième
d’un
:
fpondée
&
d’un
trochée,
com-
me
incäntaré.
Épitrite
étoit
chez
les
Grecs
le
nom
d'un
rapport,
appellé
autrement
raifon
fefquitièrce
,
&
qui
eft
celui
de
3
à
4,
ou
de
la
quarte.
C’étoit
auffi
le
nom
d’un
des
rhythmes
de
leur
mufique,
du-
quél
les
deux
tems
étoient
en
tr'eux
dans
ce
mêmerapport.
EPITROPE,
figure
de
Rhé-
torique,
appellée
par
les
La-
tins
conceffio,
par
laquelle
l'O
(6)
Demofth.
p.
202.
(a)
Plu,
T.
I,
p:
1720
|
EP
_rateur
accorde
quelque
chofe
qu'il
poutroit
nier,
afin
que
par
cette
marque
d’
impartial.
té
il
puifle
obtenir
à
fon
tour
qu'on
lui
accorde
ce
qu'il
de-
mande.
+
Aïnfi,
M.
Défpréaux
a
dit
de
Chapeläin
par
Épitrope
:
de
07
vante
en
lui
la
foi,
l'hon-
-
neur,
la
probité;
or
on
prile
fa
candeur,
€
fa
civilité
x
Qu'il
foit
doux
,complaifant,
off
CIeUX,
f
ncere
;
Or
le
veut,
jy
Jouferis,
&
fuis
-prét
Le
me
Éaires
Mais,
que
pourur
modele
on
porire
es
écrits,
Qu'il
foit
le
mieux
renté
de
tous
les
beaux
efprits
;
Comme
roi
des
Auteurs,
qu'on
léleve
à
l'empire,
Ma
bile
alors
s'échauffe
6
je
brile
d'écrire.
:
EPITYCHES,
Epiryches,
(a)
nom
que
Denys
d'Halicarnaffe
femble
donner
à
un
promon-
toire
voifin
de
Prochita,
dans
la
mer
Thyrrene.
Ortélius
foupconne
ce
paflage
d’être
cor-
rompu,
&
croit
qu'il
faut
lire
Pithecufe.
EPITYCHES,
ÆEpityches
-
pere
de
l’atlilete
Eurychimus.
EPIUM,
Æpium,
ou
EPIUM,
Foie,
nom
dune
ville,
Voyez
Epéüm.
(a)
Dionyf.Halicarn-L.l,
@°1rr.
Le
Lucian.
T,
I,
p.751.
rE
so.
EPIURUS,
Epiurus,
(b)
E’æloupoc,
aimoit
une
courtifanr
ne,
nommée
Myrtale.
EPIUS’,
Æpius
,
athlete,
dont
Plutarque
biâme
‘la
vanité,
&
découvre
la
foibleffe.
EPIXYÉS,
Epixyes,
(c)
E’œgvus,
feigneur
de
Perte,
fatrape-de
la
Phrygie
fapéreu-
re,
drefla
un
jour
des
embûches
À
he
Il
apoita
quel-
ques
foldats
Pifidiens
pour
le
tuer
;
quand
il
feroitarrivé
dans
la
ville
appellée
Léontocépha-
le,
c’eft-à-dire,
tête
de
Lion;
mais,
avant
quil
yarrivat,
com
me
“
dormoit
un
jour
dans
fon
logis
fur
l'heure
de
midi,
on
dit
que
la
mere
des
dieux
lui
apparut
en
fonge
,
&
lui
dit:
Thémiflocle,
éloigne-toi
de
La
tête
de
Lion,
p@ur
ne
pas
tomber
en-
tre
les
griffes
du
lion
;
6
pour
prix
de
l’avis
que
Je
te
donne,
je
te
demande
pour
mon
efclave
ta
fille
Mnéfiptoleme.
Thémiftocle,
s’éveillant
en
furfaut,
&
troublé
de
ce
fon-
ge,
fit
fes
prieres
à
la
déefle,
quitta
le
grand
chemin,
prit
un
détour;
&
après
avoir
pañlé
le
lieu
qui
lui
avoit
été
mar-
qué
,
la
nuit
étant
venue,
il
fe
logea.
Par
hazard
un
des
fom-
miers
qui
portoient
fa-tente,
tomba
dans
l’eau,
les
efclaves
étendirent
les
rapillèries
pour
les
faire
fécher.
Les
Pifidiens,
quiétoient
aux
aguets,
ne
dif-
tinguant
pas
bien
au
clair
de
Ja
Tüne,
que
c'éroient
des
ta-
(°)
Plut,
1
gs
à
P+
127
;
69
-
EP
Pifleries
qui
féchoient,
&
les
P'enant
pour
le
pavillon
de
Thémiftocle,
accoururent
Pé-
pée
à
la
main,
efpérant
qu'ils
le
trouvercient
dans
fa
tente:
tout
endormi;
mais,
dès
qu'ils
1e
furent
approchés,
&
qu’ils
Voulurent
lever
un
coin
de
la
tapiflerie,
les
gens
de
Thémit-
tocle
les
chargerent
vigoureu-
fement
&
les
prirent.
Ayant
donc
échappé
ce
danger
de
cette
manière,
&
ne
pouvant
aflez
admirer
l’âpparition
de
la
déefle,
il
lui
bâtit
dans
la
ville
de
Magnéfie
un
temple,
qu’il
appella
Ze
temple
de
Dindymene,
&
lui
confacra
fa
fille
Mnéfip-
“tolème,
qu'il
fit
grande
prê-
trefle,
EPIZÉLUS,
Epixelus
,
(a)
E
&œi(moc,
fils
de
Guphagoras,
Étoit
d'Athènes.
Il
ini
arriva
une
chofe
fingulière
à
la
ba-
taille
de
Marathon.
Comme
il
combattoirvaillammént,
&
qu'il.
faifoitle
devoir
d’un
homme
de
Cœur,
il
perdit
la
vue
fans
avoir
reçu
aucune
bleflure
,
fans
avoir
même
été
frappé,
&
demeura
avengle
tout
le
refte
de
fa
vie.
Hérodote
dit
lui
avoir
entendu
dire,
en
parlant
de
fon
aven-
ture
,
qu’il
lui
fembla
voir
un
Stand
homme
armé
qui
fe
pré-
fenta
devant
lui,
&
dont
la
bar-
‘be
étoit
fi
longue
qu’elle
cou-
vroit
fon
bouclier:
que
néan-
soins
il
pafla
ce
fantôme,
&
qu'il
alla
tuer
fon
écuyer.
EPODE,
Epode
,
(b)
efpèce
C2)
Herod.
L.
VI,
c.
117.
(3)
Mém,
de
l'Acad,
des
Infcript,
E
P
de
poëfie
des
Grecs
&
des
La-
tins.
Ce
mot
ce
prend
en
plus
d’une
fignification.
1.9
On
appelloit
Epode
chez
les
Grecs
un
affemblage
de
vers
lyriques
,
ou
la
dernière
tance
qui
dans'les
odes,
fe
chantoientimmédiatementaprès
deux
autres
ftances,
nommées
ftrophe
&
antiftrophe.
Cestrois
fortes
de
ftances
fe
répétoient
ordinairement
plufieurs
fois
fui-
Vant
ce
même
ordre,
dans
le
cours
d’une
feule
ode,
&
le
nombre
de
ces
répétitions
rem-
plifloit
l'étendue
de
ce
poëme.
La
ffrophe
&
l'antiftrophe
con-
tenoient
toujours
autantde
vers
l'une
que
Pautre,
&
pouvoient
par
conféquent
fe
chanter
fur
le
même
air.
L’Épode,
tantôt
plus
longue,
tantôt
plus
courte,
leur
étoit
rarement
égale;
elle
devoit
donc,
pour
l'ordinaire,
fe
chanter
fur
un
air
différent;
elle
terminoit
le
chant
dé
ce
que
les
Grecs
nommoient
pé-
riode,
&
de
ce
que
nous
pour-
rions
appeller
vx
couplet
de
trois
flances,
&
elle
en
faifoit
com-
me
la
clôture;
c'’eit
aufli
de
cette
circonftance
que
lui
ve-
noït
fon
nom,
dérivé
du
verbe
Ewoiv,
chanter
par
deffus
,
chanter
&
la
fin.
Après
avoir
chanté
le
premier
couplet
de
Pode,
compofé
de
ces
trois
ftances,
on
chantoit
le
fecond,
puis
le
troifième
,
&
ainf
des
autres.
Prefque
toutes
les
odes
de
Pindare
fourniflent
des
preux
Bell,
Lett.
Tom,
X,
pag.
46,
@
five
&
245.
d
fui.
+
%
.
E
P
ves
de
ce
que
lon
vient
d’a-
Vancer,
2.9
On
donnoit
le
nom
d'É-
pode
à
un
petit
poème
lyrique,
compofé
de
plufieurs
diftiques,
dont
les
premiers
vers
éroienr
autant
d’iambes-trimetres,
ou
de
fix
pieds,
&
les
derniers
étoient
plus
courts,
&
feule-
ment
des
iambes-dimetres
on
‘de
quatre
pieds.
De
ce
genre
éroient
les
Épodes
d’Archilo-
que,
c’eft-à-dire,
ces
pieces
dans
lefquelles
ce
Poëte
faryri-
que
déchiroit
impitoyablement
Lycambe,
Nécbulé
fa
fille,
&
plufieurs
de
fes
parens
diftin-
gués
par
leur
naiflance
ou
par
leurs
emplois.
S'il
en
faut
croire
Vitorinus
le
Grammairien,
c’éroit
pro-
prement
lé
petit
vers
qui
s’ap-
pelloit
Épode,
parce
qu’il
ter-
minoit
le
fens
du
diftique,
de
même
que
l'Épodé
dés
odes
en
finiffoit
le
chant.
Ce
Grammai-
rien
ajoûte
que
chaque
vers
trimetre
ne
doit
point
fe
faire
entendre
fans
être
fuivi
du
petit
vers
dimetre,
qui
en
fait
com-
me
la
clôture
&
le
complément.
3.2
Le
Grammairien-
poëte
Térentianus
attribue
le
nomd'É-
pode
à
un
demi-vers
élégiaque,
&
Viétorinus
[ui-même
va
juf-
qu'à
prodiguer
cetré
dénomi-
nation
au
perit
vers
adonien,
mis
après
trois
vers
faphiques,
&t
de
plus
à
un
petir
poëme
_compofé
de
plufieurs
vers
ado-
miens
rangés
de
fuite.
(a)
Juven,
Satyr,
8,
v.
s7.
Antiq.
P28»:
409
;
0:
67.
4%
Enfin
on
a
étendu
la
fi-
gnification
du
mot
Epode,
jui-
qu'à
défigner
par-là
tout
petit
vers,
mis
à
la
fuite
d’un
ou
de
plufieurs
grands;
en
ce
fens
le
pentametre
eft
le
vers
Épode,
après
l’exametre
qui
eff
Le
pro-
odique.
Si
Pon
demandoît
à
préfene.
ce
que
fignifient
ces
mots
liker
Epodon,
titre
que
vorte
le
l-
vre
V.
des
odes
d’Horace:
on
pourroit
répondre
que
ce
livre
a
pris
ce
nom
de
l'inégalité
des
vers,
rangés
de
manière
que
chaque
grand
vers
eft
fuivi
d’un
petit,
qui
en
eft
le
complément
ou
la
clôture.
Aïinfi,
quand
le
livre
V.
des
odes
d'Horace
ett
intitulé
Ziber
Erodon,
livre
des
Épodes,
cela
fignifie
Jiber
ver=
fuum
Epodon
,
livre
de
vers
Epodes,
livre
où
chaque
grand
vers
de
l’ode
eft
fuivi
d’un
pe-
tit
vers
qui
termine
le
fens,
il
faut
cependant
obferver
que
les
huit
dernières
odes
de
ce
livre
ne
font
point
du
caractère
Épo-
dique
des
dix
premières.
EPOMÉE,
Épomeus,
colline
ou
montagne,
appellée
par
d’au-
tres
Epopée.
Voyez
Epopée,
EPOMXES,
Epomis,
terme
Grec,
que
lon
à
traduit
en
Latin
par
fuperhumerale,
&
qui
répond
à
l
Hébreu
Ephod.
“EPONE,
Epona
,
(a)
la
mc
me
qu’'Hippone
déefle
des
che-
vaux
&
des
écuries.
Voyez
Hippone.
On
a
découvert
dans
la
Ca-
expl,
par
D,
Bern,
de
Montf,
Tom,
II,
62
E
P
riathie
une
inicription,
qui
eft
ua
vœu
à
Hercule
&
à
Epone;
cette
Epone
fe
trouve
encore
avec
une
autre
déefle
dans
une
infcription
trouvée
à
Pinobers
près
du
Danube.
EPONYMES,
Eponymi,
(a)
E’œorvuo.
On
appelloit
ainfi
à
fAithènes
ceux
qui
avoient
don-
né
leur
nom
aux
tribus
de
nou-
veille
création.
Quand
on
vou-
Toit
faire
pafler
quelque
nou-
velle
loi,
on
l'afhchoit
devant
les
ftatues
des
Eponymes,
afin
que
chacun
eût
la
liberté
de
Pexaminer
&
d’en
dire
fon
fen-
timent;
cétoit
un
des
régle-
mens
de
Solon,
comme
nous
Papprend
Démofthène
dans
fon
oraifon
contre
Leptine.
Les
villes
de
la
province
d’A-
fie,
dès
la
plus
haute
antiquité,
marquoient
la
fuite
des
années
par
les
noms
des
Éponymes,
qu'elles
infcrivoient
dans
leurs
faites,
fur
les
monumens,
&
dans
les
actes
publics.
Ces
Épo-
nymes,
qui
donnoient
le
nom
à
l’année,
étoient
différens
en
différentes
villes
;
dans
les
unes,
c’étoient
les
miniftres
de
la
re-
ligion,
prêtres,
pontifes,
&
quelquefois
les
prêrrefes
;
dans
les
autres,
c’étoient
les
magif-
trats
civils,
les
ffrateges,
les
_archontes,
&tc.,
qui
donnoient
_
le
nom
à
l’année.
Toutes
ces
dignités
où
magiftratures
Épo-
nymes
étoient
annuelles:
&
pour
évicer
la
confufion
dans
l’ordre
dés
années,
on
avoit
foin
de
(4)
Pauf.
p.
8,9:
Plut,
T,
I.
p.
318.
Mém,
de
l'Acad.
des
Infcripr.
&
Bel,
Leu,
Ty
AVUI,
pres
153:
EP
marquer
dans
les
faites,
qué
tel
occupoit
la
dignité
ou
la
magrifirature,
pour
la
feconde;
pour
la
troifième
fois,
&c.
Les
Éponymes
de
la
ville
de
Sardes
n’ont
pas
toujours
été
les
mêmesofficiers;
ilparoîtque
fous
les
règnes
de
Tibere
&
de
TFrajan,
le
proconful
gouver<
neur
de
la
province
étroit
Épo-
nyme
;
fous
prefque
tous
les.
règnes
fuivans
jufqu'à
Gallien,
les
années
étoient
marquées
par
la
fuite
des
archonres
ou
des
ftrateges.
On
trouve
fur
les
médailles
de
cette
villelestitres.
de
pontife
ou
d’afarque,
lorf-
que
le
magiftrat
Éponyme
étoit.
élevé
à
la
dignité
de
pontife
ou
d’'aftarque
:
“EI.
AA
KA
AMAR
AE
NOV
APSCTIE,
MEÉTEHI-CTPA-ROP:OYET:
THNIANOY.
ACI
APXS
AE
OM
-LOTHOT:
ACTAPX.
KR
MIOY.
TT.
ACT
APX.
A.
Maïs,
ces
dignités
nétoient
point
Éponymes
à
Sardes
;
onies
marquoit
fur
les
inonnmens
pour
honorer
le
ma-
giftrat
qui
en
étoit
décoré.
EPOEÉE,
Epopœus,
(b)
où
Eropos,
colline
ou
montagne,
qui
étoit
fituée
au
milieu
de
l’ifle
de
Pichécufe.
Ceux
qui
babiterent
autrefois
cette
ifle,
furent
contraints
de
l’'abandon=
net,
à
caufe
d'un
grand
trem-
Blement
de
terre
&
d’un
incen-
die,
que’cauferent
des
torrens
de
flammes
qui
fortirent
rout
à
coup
de
cette
montagne,
On
(b)
Strab,
pag,
247
248,
Plin,
T.
pag.
114
LE
én
vit
encore
fortir
de
nou-
veaux,
fous
lé
confulat
de
Lu-
cius
Martins
&
Sextus
Julius,
ainfi
que
fous
l’empire
d'Au-
gufte,
&
fous
ceux
de
Tite
&
de
Domitien
fon
frere.
L’an
de
Jefus-Chrift
1300,
il
s'yft
un
dernier
embrafement,
qui
oblisea
ceux
qui
en
échappe-
rent
de
fe
retirer
les
uns
à
Bayes,
&
les
autres
dans
l'ifle
de
Sainte-Marie.
Cette
monta-
gne
eft
appellée
aujourd’hui
le
mont
Saint
Julien.
-
Strabon
‘dit
que
ces
irrup-
tions
de
feux
ont
donné
lieu
à
la
fable
d'imaginer
que
Typhon_
eft
renverfé
fous
cette
ifle.
Pindare
en
parle
dans
ce
fens
à.
Strabon
ajoûte
que
fes
eaux
minérales
font
bonnes
pour
ceux
qui
font
travaillés
de
la
gra-
velle.
EPOPÉE,
£popeus,
(a)
E‘romevc,
Nautonnier,
eft
mis
par
Ovide
au
nombre
de
ceux
qui
prirent
un
jour
Bacchus.
EPOPÉE,
ÆEpopeus,
(b)
E’moweic,
fils
d'Aloëus,
&
pe-
tit-fils
du
Soleil,
obtint
le
gou-
vernement
de
l’Ephyrée,
après
la
mort
de
Bunus.
EPOPÉE,
Zpopeus,
(c)
E'owœevc,
vint
de
Theflalie
à
Sicyone;
&
après
la
mort
de
Corax,
roi
des
Sicyoniens,
ïl
‘s'empara
du
royaume.
Ce
fut,
dit-on,
fous
fon
règne
qu’une
armée
ennemie
entra
pour
la
“première
fois
dans
ce
païs,
qui
juiques-1à
n’ayoir
jamais
été
Ça)
Ovid,
Metam,
EL,
IE,
c,
10.
()
Paul.
p.85,gx,
EP
65
troublé
par
aucune
guerre;
voici
quel
fut
le
fujet
de
cel-
le-ci.
Antiope,
fille
de
Nyctée,
étoit
alors
célebre
dans
toute
dla
Grece
pour
fa
rare
beauté;
même
on
la
difoit
fille,
non
de
Nyétée,
mais
du
fleuve
Afope
qui
arrofoit
lesterres
des
Pla-
téens
&
des
Thébaïins.
Soit
qu'Epopée
l’eür
demandée
en
mariage,
Où
quamoureux
de
cette
princefle
il
voulût
fatis-
faire
fa
paflion
à
quelque
prix
que
ce
fût,
le
fait
eft
qu’il
l’en-
leva..
Les
Thébains,
bien
ré-
folus
de
venger
cet
affront,
marcherent
aufli-tôt
contre
lui;
le
combat
fut
fanglant.
Nyctée
y
reçut
une
bleflure
mortelle.
Epopée
remporta
la
viétoire,
mais
il
fut
bleflé
auf.
Nyctée,
s'étant
fait
reporter
à
Thebes,
&
fentant
fa
fin
approcher,
laiffa
Padminifiration
du
royau-
me
à
fon
frere
Lycus,
en
le
conjurant
de
venger
fa
mort,
de
combattre
Epopée
avec
de
plus
grandes
forces,
&
de
pu-
nir
Antiope,
fi
elle
tomboiït
en-
tre
fes
mains.
Cependant,
Epo-
pée
ne
fongeoit
qu'à
rendre
des
attions
de
graces
aux
dieux
pour
le
fuccès
de
fes
armes,
ët
à
bâtir
un
temple
à
Miner-
ve.
Quand
le
temple
futachevé,
il-pria
la
déefle
de
lui
faire
connoître
par
quelque
figne
fi
la
confécration
lui
en
avoit
été
agréable,
&
l’on
dit
qu'in-
continent
après
fa
priere
on
vit
le
(c)
Pauf,
pag.
95,104.
Myth,
par
M,
Abb,
Ban,
F,
VI,-p.137:
1380
64
EP
unolivier
devant
la
por
te
du
temple;
mais,
peu
de
jours
après,
Epopée
ne
laiffa
pas
de
mourir
de
fa
bieflure,
qu'il
avoit
négligée.
Sa
mort
mit
fin
à
la
guerre;
car,
La-
médon-
qui
lui
fuccéda
;
remit
Antiope
entre
les
mains
de
Lycus.
On
voyoit
à
Sicyone,
près
de
la/porre
que
les
Sicyoniens
appelloient
la
porte
facrée,
ce
temple
de
Minerve
qui
fut
con-
facré
par
Epopée,
&
qui,
foit
pour
la
grandeur,
foit
pour
la
magnificence,
l’emportoit
de
beaucoup
furtous
les
édifices
de
ce
fiecle-là
;
mais,
le
tems
n’a-
voit
épargné
que
fa
réputation
au
fiecle
de
Paufanias,
car
ce
temple
avoit
été
brûlé
par
le
feu
du
ciel,
&
il
nyavoitplus
qu'un
feul
autel
que
la
foudre
n'eût
pas
endommagé,
&
qui
fubfiftât
dans
le
même
état
qu'il
‘étoit
du
tems
d'Épopée.
De-
vant
cet
autel
étoit
la
fépul-
ture
du
héros;
auprès
de
fon
tombeau
l’on
avoit
rangé
les
ftatues
de
ces
dieux
que
l’on
nommoit
préfervateurs
,
aux
quels
les
Sicyoniens
faifoient
des
facrifices
avec
les
mêmes
cé-
rémonies
que
les
Grecs
avoient
accoutumé
de
pratiquer
pour
détourner
d'eux
les
maux
qu’ils
:
appréhendoïent.
[l
y
avoit
en-
core
dans
le
même
lieu,
un
au-
tre
temple,
que
l’on
difoitavoir
été
bâti
auffi
par
Epopée
en
l’honneur
de
Diane
&
d'Apol-
lon.
EP
EPOPÉE,
ÆEnopeus.,
(a
E’œuatvs,
roi
de
lifle
de
Lef-
bos,
fut.pere
de
Nyctimene,
que
lon
dit
avoir
été
changée
.
en
hibou.
EPOPÉE,
Epos;,
Ewac:
cet
limitation,
en
récit,
d'une
ac-
tion
intereflanté
&
mémorable,
Ainf.,
l'Épopée
differe
de
l’hif-
toire,
qui
raconte
fans
imiter;
du
poëme
dramatique,
qui
peint
en
ation;
du
poëme
didati-.
que
,
qui
eff
un
tiflu
de
précep=
tes;
des
faites
en
vers,
de
l’a-
pologue,
du
poëme
paftoral,
en-un
mot
de
tout
cé
qui
man-
que
d’unité,
d'intérêt,
ou
de
nébleife.
Nous
allons
placer
ici
les
réflexions
d'un:
habile
homme
fur
ce
que
les
regles
qu'on
a
prefcrires
à
l’Épopée,
ont
d’ef
fentielou
d’arbitraire.
Lesunes
regardent-le
choix
du
fujet,
les
autres
la
compofition.
:
1
Du
choix
du
fujet.
Le
P.
le
Boflu
veut
que
le
fijet
du
poëme
Épique
foit
une
vérité
morale,
préfentée
fous
le
voile
de
l'allésorie;
enforte
qu'on
n’invente
la
fable
qu’a-
près
avoir
choïfi
la
moralité,
&
quon
ne
choïfifle
les
perfon-
ages
qu'après
avoir
inventé
la
fable.
Certe
idée
creufe,
pré-
fentée
comme
une
regle
géné
rale,
ne
mérite
pas
même
d’ê-
tre
comoattue.
L'abbé
Terraflon
veut
que
fans
avoir
égard
à
la
moralité,
Ca)
Myth,
par
M,
l'Abb,
Ban.
Tom,
T,
VII,
p.66,
on
Ep
on
prenne
pour
fujet
de
l'É-
popée
l'exécution
d’un
grand
deflein,&
en
conféquenceil
con-
damne
le
fujet
de
l'Hiade,
qu'il
appelle
une
inaction.
Mais,
la
colère
d'Achille
ne
produit-
elle
pas
fon
effet,
&
l'effet
le
plus
terrible
,
par
l'inaction
même
de
ce
héros?
ce
net
pas
la
prémiére
fois
qu’on
à
confondu,
en
poëfie,
l’action
avec
le
mouvement.
IL
n’y
a
point
de
regle
ex-
clufive
fur
le
choix
du
fujet.
Un
voyage
,
une
conquête
;
une
guerre
civile,
un
devoir,
un
projet,
une
paflion,
rien
de
tout
cela
ne
fe
reflemble
,
&
tous
ces
fujers
ont
produit
de
beaux
poëmes,
Pourquoi?
Parce
qu’ils
réuniflent
les
deux
grands
points
qu’exige
Horace:
Fimportance
&
l’inrérêr,
Pagrément
&
l’u-
tilité.
L'action
d’un
poëme
eft
une,
lorfque
du
commencement
à
la
fin,
de
l'entreprife
à
Péve-
2èment,
c’eit
toujours
la
même
caufe
qui
tend
au
même
effet,
L2
colére
d'Achille
fatale
aux
Grecs,
Ithaque
délivrée
par
le
retour
d'Ulyfe,
Pétabliflémenc
des
Troyens
dans
VAufonie
,
la
liberté
Romaine
défendue
par
Pompée
&
fuccombant
avec
lui,
toutes
ces
actions
ont
le
caractère
d'unité
qui
convient
à
l'Épopée
;
&
files
Poëtes
Pont
altéré
dans
la
compoñition
>Celb
le
vice
de
l'art,
non
du
fujet.
Ces
exemples
ont
fait
re-
Sardèr
l'unité
d’adtion
comme
une
regle
invariable
;
cepen-
ant,
on
a
pris
quelquefois
Tom,
XF
EP
és
pour
fujet
d’un
poëme
Épique
tout
le
cours
de
la
vie
d’un
hom=
me,
Comme
dans
l’Achilléïde
;
lHéracléïde,
la
Théféïde,
&e.
M:
de
la
Motre
prétend
même
que
Punité
de
perfonnage
fuit
à
l'Épopée,
par
la
räifon,
dit-il,
quelle
fuffit
à
l'intérêt
;
mais
c'eit-là
ce
quirefte
à
examiner.
Quoi
qu'il
en
foit,
l'unité
de
lation
n'en
détermine
ni
la
durée
ni
l'étendue.
Ceux
;
qui
ont
voulu
[ui
prefcrire
un
tems,
n'ont
pas
fait
attention
qu'on
peut
franchir
des
années
en
un
feul
vers
|
&
que
les
évenemens
de
quelques
jours
peuvent
remplirun
long
poëme.
Quant
au
nombre
des
incidens,
on
peut
lesmultiplier
fans
crain:
te,
ils
formeront
un
tout
régu=
lier,
pourvu
qu'ils
naiffent
les
uns
des
autres,
&
qu’ils
s’en-
chaînent
mutuellement.
Aïnf,
quoique
Homère,
pour
éviter
l2
confufion,
n'ait
pris
pour
fujer
de
l'Iliade
que
lincident
de
la
colere
d'Achille
;
l’enle=
vement
d'Hélene
vengé
par
Ja
ruine
de
Troye
n’en
feroit
pas
moins
une
action
unique
,
&
telle
que
l’admer
P'Épopée
dans
fa
plus
grande
fimplicité.
Une
action
vaite
à
l’avantas
ge
de
la
fécondité,
d’où
réful-
te
celui
du
choix;
elle
laifle
à
l’homme
de
goût
&
de
génie
la
liberté
de
reculer
dans
len-
foncement
du
tableau
ce
qui
n’a
tien
d’intéreflant
>
&
de
préfenter
fur
les
premiers
plans
les
objets
capables
d’émouvoir
lame.
Si
Homère
avoit
em
braflé
dans
l’Hiade
Penléve.
72
Dr
l'expreflion
fe
fond
avec
la
penfée,
&
ne
faifant
plus
qu'un
même
corps
avec
elle,
ne
laifle
2
la
réflexion
que
dés
traits
à
rechercher
&
des
contours
à
atrondir.
Rien
n’eft
plus
vif
ni
plus
élégant
que
les
feenés
paf-
-fionnées
de
racine;
c'eft
ainf
qu'il
les
atravaillées.
C’eft
ainf
_fans
doute
qu’avoit
commencé
:
elui
qui
eft
mort
à
vingt-feprt
ans,
&
nous
a
laiflé
la
Phar-
fale.
L'harmonie
&
le
coloris
diffinguent
fur-tout
le
ftyle
de
TÉpopée.
Il
y
à
deux
fortes
=
d'harmonie
dans
le
ftyle,
l’har-
mMonie
contrainte,
&
l'harmonie
Hbre
;
l'harmonie
contrainte
,
qui
eft
celle
des
vers,
réfulte
d’une
divifion
Symmétrique
&
d’une
mefure
régulière
dans
les
fons.
On
fçait
que
l’exametre
des
Anciens
étoit
compofé
de
fix
mefures
à
quatre
tems
;
c’eft
d’après
ce
modele
que
fuppofant
longues
ou
de
deux
tems
toutes
“les
fyllabes
de
notre
langue
,
on
en
à
donné
douze
à
notre
yets
alexandrin,
Mais,
comme
notre
langue,
quoique
moins
dactilique
que
le
Grec
&le
La-
tin,
ne
laifle
pas
d'être
mêlée
de
longues
&
de
breves,
&
que
le-choix
en
eff
arbitraire
dans
les
vers,
ilarrive
qu’un
vers
a
deux,
trois
,quatre,
&
jufqu'à
buit
tems
de
plus
qu’un
autte
vers
de
la
même
mefure
en
ap-
parence.
Jé
né
vêux
qie
L&
voir;
[éupirèr
Ët
MOUTIr.
EP
|
Traçit
&
pas
tärdifs
ün
pénible
filon.
Ainfi,le
mêlange
des
fyllabes
breves
&
longues
détruit
dans
nos
vers
la
régularité
de
fame-
fure;
or,
point
de
vers
harmo-
nieux
fans
ce
mêlange
;
d’où
il
fuit
que
l'harmonie
&t
la
mefure
font
incompatibles
dans
nos
vers.
Le
choix
des
fons
y
eft
arbitraire;
ce
n’eft
donc pas.
encore
ce
choix
qui
rend
nos
vérs
préferables
à-
la
profe.
Enfin,
la
rime
,
qui
peut
caufer
un
moment
le
plaifir
de
la
fur-
prife
,
ennuye
&
fatigue
à
la
longue.
Qu'eft
ce
donc
qui
peut
nôus
attacher
à
une
forme
de
versqui
n’a
ni
rhythme
nimefu-
re,
&
dont
l'irrégulière
fymmé=
trié
prive
la
penfée,lefentiment
&
l’expreflion
des
graces
nobles
de
la
liberté
2
La
profe
a
fon
harmonie:
&
celle-ci,
que
nous
appellons
li-
bre
,
fe
forme
,
non
de
telou
de
tel
mêlange
de
fons
régulière-
ment
divifés,
maïs
d’un
mêlan-
ge
varié
de
fyllabes
faciles,
pleines
&
fonores
,tour-à-tour
lentes
&
rapides,
au
gré
de
l'oreille,
&
dont
les
fufpenfions
&
les
repos
ne
lui
laiflent
rien
à
fouhaiter.
Là
tous
les
nombres
que
l’oreille
s’eft
choïfis
par
prédilettion,
dadtyle,
fpon-
dée,
iambe,
&c.,
fe
fuccedenr
&
s’allient
avec
une
variété
qui
:
Fenchante
&
ne
la
fatigue
ja=
mais;
la
mefure
précipitée
ou
foutenue,
interrompue
ou
rem=
plie,
fuivantles
mouvemens
de
Pame,
laiffe
au
fentiment,
d'in.
EP
telligence
avec
l'oreille
,
choi-
fir
&
marquer
lesdivifions
;
c’eit
la
que
le
trimetre,
le
tétrame-
tre,
le
pentametre.trouvent
na-
turellèement
leur
place
;
car
c'eft
une
affectation
puérile
que
d’é-
Viter
dans
la
profe
,
la
mefure
d’unvers
harmonieux,
fi
cen’eft
peut-être
celle
du
vers
héroï-
que,
dont
le
retour
continu
eft
trop
familier
à
notre
oreille,
pour
qu’elle
ne
foit
pas
éton-
,-née
de
trouver
ce
vers
ifolé
au
milieu
des
divifionsirrégulières
‘de
la
pfofe.
Le
coloris
du
ftyle
eft
une
fuite
du
coloris
de
lPimagina-
tion
;
&
comme
il
en
eft
infépa-
rable
,
nous
avons
cru
devoir
les
réunir
fous
un
même
point
de
vue,
Le
fiyle
de
la
tragédie
eft
Commun
à
toute
la
partie
dra-
matique
de
PÉpopée.
*:
Mais,
la
partie
Epique
per-
met,
exige
même
des
peintures
:
plus
fréquentes
&
plus
vives
;
Où
ces
peintures
Pobier
fous
fes
proprestraits,
&
on
les
appelle
defcriptions
;
où
elles
le
préfentent
revêtu
de
Couleurs
étrangeres,
&
on
les
appelle
images.
Les
defcriptions
exigent
non
feulement
une
imagination
vi-
ve,
forte
&
étendue,
pour
fai-
firà
la
fois
l'enfemble
&
les
détails
d’un
tableau
vafte,
mais
æncore
un
goût
délicat
&
für
pour
choifir,
&
les
tableaux
,
&
les
parties
de
chaque
tableau
-qui
font
dignes
du
poëme
Hé-
roïique.
Le
chaleur
des
defcrip-
tions
eft
la
partie
brillante
&
réfentent
E
P
573
eut-être
inimitable
d'Homère;
eft
par-là
qu'on
a
comparé
fon
génie
à
l’effien
d’un
char
qui
s’embrafe
par
fa
rapidité,
.
. . .
Cefeu,
dit-on,
n°a
qu'a
paroïtre
dans
les
endroits
où
manque
tout
le
refte,
6
fit-il
environné
d’ab-
furdités,
on
ne
le
verra
plus.
C’eît
par-là
qu
Homère
a
fait
tantde
fanatiques
parmi
les
Sçavans,
&
tant
d’enthoufialtes
parmi
les
hommes
de
génie;
c’eft
par-
là
quon
l’a
regardé
tantôt
comme
une
fource
intariflable
où
s’abreuvoient
les
Poëtes
,
»
D,
À
quo
ceu
fonte
perenni
-
Vatum
pieriis
ora
rigantur
aquis.
Tantôt
comme
l'avoit
repré-
fenté
le
peintre
Galathon,
cujus
vornitim
alii
poetæ
adftantes
abfor-
bent.
.
Mais,
ce
n’eft
point
affez
de
bien
peindre
,
il
faut
bien
choi-
fir
ce
qu’on
peint;
toute
pein-
ture
vraie
à
fa
beauté;
mais,
chaque
beauté
à
fa
place.
Tout
ce
quieft
bas,
commun,
inca-
pable
d’exciter
la
furprife
,
l'admiration,
ou
la
curiofité
d'un
lecteur
judicieux,
eft
dé-
placé
dans
l'Épopée.
2
Il
faut,
dit-on,
des
peintu=
res
fimples
&
familières
pour
préparer
l'imagination
à
fe
prê-
tèr-au
merveilleux;
oui,
fans
doute.
Maïs
,
le
fimple
&
le
fa
milier
ont
leur’intérêt
&
leur
nobleffe.
Le
repas
d'Henri
IV,
chez
le
folitaire
de
Gerfai,n’eft
pas
moins
naturel
que
le
repas
d'Énée
für
la
côte
d'Afrique
;
cependant,
l’un
eftintéreflanr
ët
Pautre
ne
l’eftpas.
Pourquoi?
2
EP
7e.
que
l’un
renferme
les
‘idées
accefloires
d’une
vie
tran-
quille
&
pure,
&
l’autre
ne
préfente
que
lPidée
toute
nue
d'un
repas
de
voyageurs.
I
refte
à
examiner
la
partie
des
images;
furquoi
on
peut
confulter
Price
d'image.
EPOPS,,
Epops,
(a)
nom
que
Fes
Grecs
donnoient
à
cet
oi-
feau
que
nous
appellons
Hupe.
Férée,
felon
Ovide,
futchangé
en
cet
Rs
-
EPOPTES
,
Epoptæ,
E
mon-
ai,
(b)
Pour
de
entendre
ce
mot
,
il
faut
fe
rappeller
qu'il
y
avoit
à
Athènes
les
grands
&
les
petits
myftères.
Ceux
qui
avoient
l'ambition
d’y
être
ad-
mis,
commençoient
par
les
pe-
tits;
&
quand
ils
étoient
reçus,
ls
étoientappe
ellés
myites,
c’eft-
à-dire,
initiés
;
&
ils
ne
pou-
voient
entrer
que
dans
le
vefti-
bule
du
temple,
il
leur
falloit
au
moins
un
an
pour
être
admis
enfuite
aux
grands
myftères
;
alors
ils
entroient
dans
le
tem-
pile,
on
leur
montroit
toutes
les
chofes
Saintes
,.
hors
quel-
ques-unes
qui
étoient
réfervées
pour
les
Prêtres
feuls,
&
alors
1}
étoient
appellés
Æpoptes,
c'eit-à-dire
,
Jufpeteurs.
Ilétoit
défendu
de
conférer
en
même
tems
ces
deux
qualités.
Ü
n'y
eut
que
Démétrius,
qui
pañla
par-deflus
les
loix,
&
qui
dans
le
même
jour
fut
fait
initié
6c
confrere,
Mais,
la
débauche
(a)
Ovid.
Meram.
L.
VI,
c.
144
(b}-Plut,
T.1.
p.202,
(c)
Plwc,
T.
I.
pag.
goo.
EP
d’Alcibiade
avoit
déjà
prévenu
Démétrius,
en
faifant
voir
que
l’infpection
des
chofes
Saintes
pouvoir
fuivre
de
près
linitia-
tion.
EPOPTIQUE
;
Epoptica
»
Excrrixæ,
(€)
nom
que
l’on
donnoit
à
Athènes
aux
grands
myftères,aux
myftères
les.
plus
intimes.
Woyez
l'article
précé=
dent.
EPORÉDIE,
ÆEporedia,
(d)
E‘roped
la
,
ile
d'Italie,
fituée
en-deçà
du
PÔô
par
rapport
à
nous.
Ptolémée
la
met
dans
le
païs
des
Salaffiens.
Pline
dit
que
le
pere
Romain
bâtit
la
ville
d’Eporédie,
par
l'ordre
des
ora-
cles
Sibyllins
;
&
il
ajoûte
que
les
Gaulois
nomment
Eporédies
les
bons
dompteursde
chevaux.
Strabon
ne
cette
ville
Eporaïdie,
&
en
fait
une
colo-
nie
Ro
Cette
colonie
fut
fondée,
ditil,
pour
fervir
de
boulevard
conte
les
Salafiens
;
mais,
elle
ne
fit
pas
beaucoup
de
réfiftance,
jufqu'a
ce
que
cette
nation
eut
été
détruite.
Les
Notices
de
l’Empire
nomment
cette
ville
Eporizium.
C’eft
aujourd’hui
ivrée,
fur
la
rivière
de
Donia,
en
Piémont,
dans
le
Canavez.
EPORÉDORIX-
,
ÆEvoredo-
rix
;
(e)
jeune
Seigneur
Éduéen,
de
grande
naiflance
&
de
grand
crédit,
Î
pere
au
fervice
de
Céfar
avec
la
cavalerie
de
fon
pais.
Te
-
;
où
Viridu-
L.
c.
70.
Prolem.
L.
HE,
ce
1.
Strab,
pe
205.
Vell:
Paterc.
EL.
T1,
c:
15.
.
(e)
Cæf.
de
Bell,
Gall.
F.
VIE,
p.
308
;
(2)
Plin,
T,
{.p.
174.
Tacit,
Hift,
L,
|
&
feg.
EL
mârus,
qui
l'égaloïit
en
autorité,
mais
non
pas
en
noblefle,
y
palia
auf
avec
lui.
Céfar
fut
bien
aile
de
les
avoir
tous
deux
auprès
de
lui,
parce
qu'il
y
avoit
de
grandes
jaloufes
entr'eux,
Cependant,
il
fe
ré-
pand
un
faux
bruit
que
ces
deux
sT
A
«
1
;
iilufires
Seigneurs
ont
été
maf-
focrés
par
les
Romains
fous
prétexte
de
trahifon,
fans
avoir
feulement
été
ouis
en
leur
dé-
fenfe.
Les
Auteurs
de
ce
faux
Bruit
fe
propofoient
de
porter
par-là
les
Éduens
à
la
révolte.
/
Maïs,
Eporédorix,
averti
dece
qui
fe
pafloit,
vient
prompte-
ment
le
découvrir
à
Céfar,
&
le
prie
d'y
donner
ordre,
lui
Teprélentant
entre
autres
cho-
des,
qu'il
craignoir
que
fonpaïs
ne
quität
l'alliance
Romaine
fur
cette
faufle
accufation.
A
cette
nouvelle,
Céfar,
fans
tarder
plus
long-tems,
parravec
quatre
légions
&
toute
fa
cava-
lérie.
[1
avoit
à
péine
fait
un
peu
plus
de
fix
lieues,
qu'il
dé-
Couvre
l’armée
des
Eduens,
&
la
fait
inveftir
par
fa
cavalerie
Pour
rerarder
fa
marche,
avec
défenfe
de
tuer:
perfonne.
En-
füite
il
commande
à
Eporédo-
fix
&
à
Viridumarus
de
fe
mon-
Ter
aux
premiers
rangs
&
d’ap-
-peller
ceux
deleur
connoiffan-
Ce,
La
fourberie
étant
décou-
verte,
toutlesfoldats
tendirent
“les
mains
à
Céfar,
&
jetterent
bas
leurs
armes.
;
Maïs,
Eporédorix
&
Viridu-
marus
ne
furent
pas
conftam-
-ment
attachés
au
parti
de
Cé-
far.
Quelque
tems
après
;
Us
vintent
le
trouver
pour
obre-
nir
leur
congé,
fous
prétexte
de
prévenir
Litavicus,
&
de
_raflurer
leur
païs,
où
il
étoit
allé
avec
toute
la
cavalerie
de
lennemi,
pour
l'émouvoir.
Cé-
far,
pour
ne
témoigner
aucune
appréhenfion,
ni
donner
fujet
aux
Eduens
de
fe
plaindre
,ne
les
voulut
point
arrêter,
quoi-
qu'il
vit
bien
que
leur
départ
hâteroit
même
la
révolte,
qui
ne
lui
étoit
que
trop
con-
nue.
En
effet,
comme
Eporédo-
rix
&
Viridumarus
paffoient
à
Noviodunum,
où
Céfar
avoit
enfermé
les
ôtages
de
toute
la
Gaule,
avec
une
grande
partie
de
fon
bagage
&
de
celui
de
l’armée,
tous
les
deniers
pu-
blics;les
provilions
de
bled,
&
les
chevaux
qu’il
avoit
en
Efpagne
&
en
Italie,
pour
fer-
vir
en
cette
guerre;
ils
appri=
rent
que
Litavicus
avoit
été
bien
reçu
dans
Bibracte.
Ils
crurent
donc
qu'ils
ne
devoient
pas
laiffer
échapper
l’occafion
qui
fe
préfentoit;
&
aprèsavoir
fait
main-bafle
fur
la
garnifon
de
Noviodunum,
&
fur
les
marchands
Romains
qui
étoient
dans
la
ville,
ils
fe
faifirent
de
Ja-place.
Enfuite
,
ils
partagent
entr'euxleschevaux&
largent,
envoyent
les
ôtages
fous
bon-
ne
efcorte
à
Autun,pour
les
pré-
fenter
au
Magiftrat
,
enlevenr
fur
des
batteaux
tout
le
bled
qu’ils
peuvent,
&
jettent
le
reite
dans
la
rivière;
&
parce
que
la
place
étoit
trop
foible
pour
la
garder,
ils
y
mettent
le
feu
à
leur
départ.
Aprèscela,
:
76
ÆE
P
ils
font
de
nouvelles
levées,
difpofent
des
troupes
lelongdu
Heuve
;
&
répandent
par-tout
leur
cavalerie
pour
couper
les
vivres
aux
Romains
,
&
les
obli-
ger
à
fe
retirer.
Voilà
comme
Eporédorix
&
Viridumarus
fu-
rent
les
premiers
à
lever
l’é-
tendard
de
la
révolte.
Les
fuites
n’en
furent
pas
ab-
folument
heureufes
pour
Epo-
rédorix.
Îl
fut
fait
prifonnier
dans
un
combat
&
emmené
à
Cé-
far.
H
eft
vrai
que
les
commen-
tateurs
croyent
que
cet
Eporé-
dorix
eft
différent
de
l’autre.
Quoi
qu'il
en
foit
,
‘il
eft
dit
de
celui
qui
tomba
entre
les
mains
des
Romains,
en
qualité
de
prifonnier
de
guerre,
qu'ilavoit
Été
général
de
l'armée
des
Eduens
contre
les
Séquanois
avant
l’arrivée
de
Céfar
dans
les
Gaules.
J'obferverai
encore
que
depuis
qu’il
a
été
pris,
on
trouve
un
autre
Eporédorix
en-
tre
les
quatre
chefs
qui
font
chargés
de
la
conduite
de
l’ar-
mée
générale
des
Gaulois
,
ar-
mée
qui
fut
envoyée
au
fecours
d’Aléfie.
Toutes
ces
difficultés
difparoîtront
peut-être
,
fi
l'on
fait
attention.
qu'Eporédorix
avoit
un
frere,
Je
ne
ferois
pas
éloigné
de
penfer
que
ce
fut
ce
frere,
qui
fans
doute
s'appel-
loit
auffi
Eporédorix
,
quel’on
prit
&
emmena
au
général
Ro-
main,
EPOSSOGNATUS
,
(2)
ÆEpoffognatus,
petit
roi
de
Ga-
E
P
latie.
C'étoit
le
feul
de
tous
les
petits
Rois
du
païs
,
qui
fût
de=
meuré
uniavec
Eumene,
&
qui
eut
refufé
de
fecourir
Antio-
chus.
Le
conful
Cn.
Manlius
étant
arrivé
fur
les
frontières
des
Toliftoboïens
,
peuple
Ga
late
,
envoya
des
ambaffadeurs
à
Epoflognatus.
Les
Ambaffa-
deurs
ne
tarderent
pas
à
venir
le
retrouver,
&
ils
étoient
ac-
compagnés
des
députés
de
ce-
petit
Prince,
qui
venoient
le
prier
de
fa
part
de
ne
point
attaquer
les
Toliftoboïens;
qu'il
iroit
lui-mêmetrouver
les
chefs
de-ce
peuple,
&
leur
perfuade-
roit
de
fe
foumettre.
Le
conful
y
confentitr,
&
quelque
tems
après
;
les
députés
d'Epoffogna-
tus
revinrent
apprendre
à
Cn.
Manlius
que
leur
maître
étoit
allé
trouver
les
commandans
des
Gaulois,
mais
que
fes
re-
montrances
avoientétéinutiless
qu’ils
abandonnoiïent
les
bourgs
fitués
dans
les
plaines,
pour
fe
retirer
avec
leurs
femmes
&
leurs
enfans
fur
le
mont
Olym-
pe,
avec
tout
ce
qu'ils
pou-
voient
emporter
avec
eux,
_
dansledeffein
d’oppofer
à
l’en-
nemi
la
difficulté
des
lieux,
leur
courage
&
leurs
armes.
EPOTIDES,
Eporides,
(by
Emwrides,
Outre
l’éperon
que
Pon
mettoità
la
proue,
on
met-
toit
auffi
aux
vaifleaux
de
guer-
re,
ce
que
les
Grecs
appelloient
les
Epotides.
Par
le
moyen
des
Epotides,
dit
Suidas
,
on‘atmoit
Ce)
Tir,
Liv,
L,
XXX
VIII,
€,
18.
|
()
Antiq.
expl.
par
D,
Bern,
de
-
ÎM
ontf,
Tom,
IV+
p.250.
EP
Æn
guerre
les
vaifleaux
de
char-
ge.
On
croit
que
ce
font
les
Corinthiens
qui
ont
inventé
ces
Epotides
;
les
Syracufains
les
imiterent
enfuite
ponr
donner
_
bataille
aux
Arhéniens
;
voici
comme
‘Thucydide
en
parle,
»
Les
Sroitains
mirent
leur
»
floite
en
état,
&
râchetent
»
deremédier
aux
défauts
de
»
leurs
vaifleaux,
qu'ilsavoient
»
reconnus
dans
le
combat
_»
précédent,
efpérant
de
com-
»
bartre
enfuite
avec
plus
d’a-
»
Vantage.
Îl
raccourcirenr
les
»
proues
de
leurs
vaifleaux
,
&
»
les
firent
plus
fortes
;
ils
ajoù-
»
terent
aux
proues
des
Epo-
»
tides,
&
les
aflurerenten
de-
»
hors
avec
des
folives,
qui:
»
S’avançoient
fur
les
côtés
du
»
navire
l’efpace
d'environ
fix
»
coudées
pourlesafermirainfi
»
davantage
;
&
tout
cela
enla
»
même
manière
que
les
Co-
»
rinthiens
avoient
fait,
lorf-
»
qu'ils
voulurent
attaquer
les
»
Vaifleaux
qui
étoient
à
Nau-
».
pacte.
«
fl
paroît
par
ces
pa-
roles
de
Thucydide
que
les
Epotidesétoient
des
poutres
ou
de
grofles
pièces
de
bois,
qui
s'ayvançoient
aux
deux
côtés
de
la
proue
,
pour
empêcher
les
coups
violens
des
éperons.
L'É-
tymologique
s’eft
trompé,
lorf-
qu'il
a
dit
que
les
Epotides
étoient
fur
la
pouppe.
On
ne
trouve
point
chez
les
Latinsde
mot
qui
réponde
à
ces
Époti-
des
des
Grecs
;
&
on
ne
feait
pas
s'ils
en
ont
jamais
eu;
à
Cs
Juven,
Satyr,
6.
v:
82:
&
Jea
EP
ia
moins
qu'on
ne
veuille
prendre
pour
Épotides
ces
poutres
ter-
minées
par
une
tête
de
bélier,
que
l’on
remarque
dans
un
com-
“bat
naval
que
donne
D.
Ber-
nard
de
Montfaucon.
ÉPOUVENTE
,
Timor,
Doboc.
fille
de
Mars
&
de
Vénus.
C'eft
la
même
que
la
Peur.
Voyez
Peur.
EPPIA
,
Eppia,
(a
)
dame
Romaine;
dont
parle
Juvénal.
D’autres
éditions
portent
Hip-
pia.
Cette
dame
,
femme
d’un
Sénateur
Romain,
fuivit
un
vil
athlete
jufqu’à
l’ifle
de
Pharos
&
juiqu'au
Nil,
c’eft-à-dire,
jufqu'à
Alexandrie
en
Egypte.
Eppia,
ne
fe
fouciant
plus
de
fa
maïfon,
ni
de
fon
mari,ni
de
fa
fœur,
n’eut
aucun
égard
à
fon
païs,
&
par
une
horrible
cruauté
;
elle
abandonna
fes
propres
enfans,
fans
être
tou-
chée
de
leurs
larmes.
Mais,
ce
qu’il
y
a
de
plus
étonnant,
c'eit
qu’elle
eut
la
force
de
renon-
cer
à
la
comédie
&
au
comé-
dien
Pâris.
Cependant,
quoi-
qu'elle
eût
été
éleyée
dans
l’a-
bondance
&
les
délices,
&que
durant
fon
enfance,
elle
eut
couché
dans
un
berceau
enri-
chi
d’or,
elle
méprifa
les
in-
commodités
de
la
mer;
auf
avoit-elle
méprifé
de
perdre
fa
réputation
,
dont
la
perte
eff
peu
fenfible
aux
dames
qui
n’ai-
ment
que
leurs
plaifirs.
Au
ref-
te,
les
flots
impétueux
de
la
mer
Tyrrhène.
*Lés
vagues
bruyantes”
de
l’Ionienne
;,
ni
78
EP
même
les
fréquens
trajets
de
plufieurs
mers
ne
l’efrayerent
jamais.
EPPIUS
[M.],
M.
Eppius,
(a)
capitaine
Romain,
quipor-
ta
les
armes
contre
Céfar.Ayant
rencontré
un
jour
ce
Général
fur
le
chemin
d'Adrumete
à
Ürique,
il
lui
demanda
par-
don,
&
Céfar
le
lui
accorda.
EPPONINE,
£Epponina,
femme
de
Julius
Sabinus.
Voyez
Sabinus
|
Julius.
|
EPULÆ
SACRIFICALES.
(4)
Le
facrifice,
chez
les
Ro-
mains,
étoit
fuivi
d’un
feftin,
qu'on
nommoit
Epule
Sacrifica-
les.
Ce
feftin
étoir
public
&or-
donné
par
les
Sepremvirs
ap-
peillés
Epulons,
fi
le
fäcrifice
étroit
au
nom
du
public;
mais,
s’il
étoit
fait
par
un
particulier,
le
feftin
étroit
auffi
particulier
,
&
ceux
qui
faifoient
ce
facri-
fice,mangeoient
avec
leurs
amis
la
partie
des
victimes
qu'ils
avoientpartagée
avecles
dieux.
EPULON
,
Æpulo,
(c})
roi
des
Ifiriens,
fe
perça
de
fon
épée,
pour
ne
pas
tomber
vi-
vant
au
pouvoir
des
Romains.
Voyez
Nefaium,
ou
Nefar-
tiUM.
:
EPULON,,
Epulo,
(d)
capi-
taine
Latin,
qui
reçut
un
coup
mortel
d'Achate
,
le
fidele
com-
pagnond’Enée.
EPULONS
,
Epulones
,(e)
forte
de
Prêtres
parmi
les
Ro-
Ca)
Hire.
Panf.
de
Bell.
Afric.
p.
820.
(b)
Coûùr.
des
Rom,
par
M.
Nicup.
p:
226:
(ce):
Tit.
Liv.
L.
XET.
C.
17.
(4)
Virg.
Æneid,
L,
XI,
459,
E
P
mains.
Les
Pontifes
ne
pouvant
vaquer
à
tous
les
facrifices
qui
fe
faifoient
à
Rome,
pour
le
nombre
infini
de
dieux
qui
Y
étoient
honorés,
inftituerent
trois
miniftres
qu’ils
appellerent
Epulons,
Triumviri
Epulonum
;
parce
que
leur
fonction
conff-
toit
à
préparer
les
feftins
facrés
dans
les
jeux
folemnels,
com-
me
nous
l’apprenons
de
Feftus,
&
à
drefler
les
lits
fur
lefquels
onfe
plaçoit
pour
manger.
Leur
office
étroit
aufli
de
publier
&
de
marquer
le
jour
où
ces
re-
pas
devoient
fe
faire
en
lhon-
neur
des
Dieux,
de
Jupiter
&
autres;
d’avoir
foin
que
rien
n’y
manquât
,
de
recueillir
les
legs
que
des.
particuliers
fai-
foient
par
dévotion
pour
ces
repas
facrés,
&
d’obligerles
hé-
ritiers
à
y
fatisfaire
,
même
par
faifie
de
biens.
Les
Epulons
avoient
Le
pri
vilese
de
porter
la
robe
bor«
dée
de
pourpre
,commelesPon-
tifes,
ainfi
que
le
dit
Tite-Live,
Le
nombre
de
ces
miniflres
fut
augmenté
d'abord
‘de
deux,
f.
puis
encore
de
deux
autres,
&enfinjufqu'à
dix
dans
le
temis
que
Jules-Céfar
étroit
Pontife..
Voilà
les
Triumviri,
les
Quin-
tumviri,
les
Sepremviri,
&
les
Decemviri
Epulonum.:
dont
il
eft
parlé
dans
l'hiftoire
Ro-
maine.
Parmi
les
autres
privileges
(e)
Myth.
par
M,
l'Abb.
Ban.
Tom.
Top.
six,
de.faiu.
Antiq,
expliq.
par
D,
Bern,
de
Montf.
Æom,
II.
pag,
44
239.
LT.
1.
p.297
ri
accordés
aux
Epulons,
le
plus
confidérable
étoit
de
n'être
point
obligés
de
donner
leurs
filles
pour
être
veltales,
&
ils
avoient
cela
de
commun
avec
d'autres
miniftres
,
ainfi
que
nous
l’apprenons
d'Aulu-Gelle.
Cet
Auteur,
parlant
des
filles
Romaines
qui
pouvoient
s’e-
xempter
d'être
Veftales,
dit
:
Sed
am
,
cujus
foror
ad
id
[acri-
ficium
lefla
fit
|
excufationem
mereri
aiunt,
lremcujus
pater
fla-
,
men,
aut
augur,
aut
Quindecim-
wir
facris
faciendis,
aut
qui
Sep-
ternvir
Epulonum
,
&c.
On
connoïit
par
Tite-Live
la
date
de
la
première
inftitution
‘
des
Epulons;
elle
arriva
l’an
558
de
la
fondation
de
Rome,
fous
le
confular
de
Lucius
Fu-
rius
Purpuréo,
&
de
M.
Clau-
dius
Marcellus;
enforte
qu’on
eft
juftement
furpris
que
Pom-
ponius
Lætus
dife
qu’onne
peut
pas
découvtir
l’'Epoque
de
cette
première
inftitution.
EPULUM,
Epulum,
terme,
qui,
chez
les
Anciens,
figni-
foit
un
banquet,
une
fête
fa-
crée
préparée
pour
les
dieux.
-On
mettoit
les
ftatues
des.
dieux
fur
des
coufins
pofés
fur
des
lits
richemens
décorés,
&
on
leur
fervoit
un
feflin
comme
fi
elles
euflent
voulu
manger.
Toutes
les
viandes
qu'on
leur
offroit
tournoient
,
au
profit
des
miniftres
des:
facrifices,
qu'on
appelloit
pour
cette
raifon
Epu-
lons.
Er
79
EPY;,
Æpy,.
Air,
(2}-nom
d’une
ville
de
Grece,
dont
51
eft
fait
mention
dans
Homère.
Elle
étroit
fituée
dans
l’Elide,
province
du
Péloponnèfe.
$es
habitans
allerent
au
fiege
de
Troye
fous
la
conduite
de
Nef
tor.
Homère
donne
à
certe
vil-
le
une
épichete
qui
fignifie
biea
bârie.
:
Du
tems
de
Strabon,
on
dou-
toit
s’il
falloit
prendre
le
no:
d'Epy;,
qui
veutdire
haut,
pour
un
nom
propre,
où
pour
un
nom
adjectif.
Il
y
en
avoit
qui
€royoient
qu’on
ponvoit
enten-
dre
par
Epy
un
lieu
d’Amphi-
polis,
appellé
Margales
;
mais,
ce
lieu
neft
pas
naturellement
fortifié,
dit
Strabon.
[
y
ena
de
cette
efpèce,
ajoûte-t-il,
dans
la
Maciftie.
Quiconque
adopte
ce
fentiment,
continue
Strabon,
prend
Epy
pour
un
nom
de-ville,
lequel
nom
ef
tiré
de
la
nature
du
lieu.
EPYANAXA,
ou
Epvaxa,
Epyanaxa,
Epyaxa,
E'rvoratas
E’rudta,
(b)
femme
de
Syen-
nélis,
roi
de
Cilicie,
vint
un
jour
trouver
Cyrus,
&
lui
ap
porta
une
srofle
fomme
d’ar-
gent,
dont
ce
Prince
fe
fervit
fort
utilement
pour
payer
fon
armée.
EPYTIDE,
Æpyiis,
(c)
canton.
du
Péloponnèfe
dans
PArcadie.
Le
fléeuvs
Carnion
yavoit-fafource.
Pauimier
ist
Egytide
,
au
lieu
d'Epytide,
&
il
en
donne
de
fort
bonnes
ça)
Homer,
Iliad,
L,
If,
v,
99,
Strab.
|
(4)
Xenph.
P:
247:
P:
349°
(c)
Fauf.
p,
510:
£a
E
P
:
failons,
tirées
de
la
fituation
des
lieux.
EPYTIDES,
Æpytide,
(a)
A'iovridæ,
nom'que
prirent
les
defcendans
d'Epytus,
roi
des
Mefléniens.
EPYTIDES,
Epytides,(b)nom
que
Virgile
donne
à
Périphas,
parce
qu'il
étoit
fils
d'Epytus.
EPYTUS,
Æpyrus,
(c)
A'rrurec,
fils
de
Chrefphonte
roi
des
Mefléniens.
Les
grands
du
royaume
ayant
pris
Chref-
phonte
en
averfion,
parce
qu'il
favorifoit
trop
le
peuple,
le
tuerent
lui
&
fes
enfans
:
le
jeune
Epytus
qui
étoit
élevé
chez
Cypfélus
fon
ayeul
ma-
ternel
fut
le
feul
qui
échappa
à
leur
rage.
Lorfqu'il
fut
en
Âge
de
règner,
les
Arcadiens
le
menerent
en
Meflénie,
où
fecondé
par
les
autres
rois
des
Doriens,
c’eft-à-dire,
parles
fils
d'Ariftodeme,
&
par
Cifus,
fils
de
Téménus
,
il
remonta
fur
le
trône.
Il
ne
fe
vir
pas
plu-
tôt
le
maître
que
pour
venger
la
mort
de
fon
pere
&
de
fes
freres,
il
en
punit
les
auteurs,
&
trous
ceux
qui
y
ayoient
eu
quelque
part.
Enfuite,
careffant
les
grands,
libéral
envers
le
peuple,
affable
à
tout
le
monde,
il
s’acquit
l’amour
&
l’eftime
univerfelle
de
fes
fujets,
&fe
rendit
fi
illuftre
que
fes
defcen-
dans
firent
gloire
de
quitter
le
nom
d'Héraclides
pour
prendre
celui
d'Epytides.
ee
fils
Glau-
(4)
Pauf,
p.
æar.
@)
Virg.
Æneid,
L,
V,v,s47,
570.
(c)
Pauf.
p,
220.
de
feg.
Myth.
M
PAbb,
Ban,
Tom.
VII,
pag,
93,
EP
cus
Ini
fuccéda;
imftateur
des.
vertus
de
fon
pere
envers
lé
publie
&
les
particuliers,
il
le
furpaffa
de
beaucoup
en
piété.
EPYTUS,
Æpytus,
À
ruTo6
,
(d}
l'aîné
des
fils
d'Élatus
,
fuc-
céda
au
royaume
d’Ârcadie,
‘à
Clitor
fon
oncle
qui
étoit
mort
fans
enfans.
Un
jour
qu’il
étoit
à
la
chaîñle,
où
il
fembloit
n’a-
voir
à
craindre
que
des
bêtes
féroces,
il
fut
piqué
d’un
fer-
pent,
&
en
mourur.
On
croit
que
cela
atriva
au
mont
Sépia,
&
qu'Epytus
fut
enterré
là
pare
ce
que
Fon
ne
put
tranfporter
fon
corps
plus
loin.
I
eut
pour
fucceffeur
Aléus
fils
d’Aphidas.
«
Comme
je
fçavois,
dit
»
Paufanias,
qu'Homère
en
par-
»
lant
des
Arcadiens
a
fait
»
mention
du
tombeau
d'Epy-
»
tus,
jele
confidératavec
foin:
»
c’eft
un
petit
tertre
envi-
»
ronné
d’une
baluftrade
de
»
pierres
quitourne
tout
à
l’en-
»
tour.
Je
crois
qu'Homère
ne
»
l’a
vanté
que
parce
qu'il
»
n'en
aVoit
point
vu
de
plus
»
beau;
de
même
qu’il
compa-
7
re
les
danfes
gravées
par
»
Vulcain
fur
le
bouclier
d’A-
»
chille
à
celles
que
Dédale
‘»
avoit
inventées
pour
Ariad-
»
né,
parce
qu'ilne
connoifloir
»
rien
de
plus
parfait
en
ce
ss)
genre.
»
EPYTUS,
Æpytus,
Airurecs
(e)
fils
d’Hippothoüs,
fuccé-
da
à
fon
pere
au
royaume
d’Ar
(d)
Paul,
p.482,
Myth.
par
M,
l'Abb,
Ban,
Tom,
VI,
p.
343350
:
2
(e)
Pauf,
p,
462:
çadie,
E
|
cadie.
Ce
fur
de
fon
tems
qu’O-
reite
,
fils
d’Agamemnon,
aver-
ti
par
l’oracie
de
Delphes,
quitta
Mycenes
pour
fe
tranf-
planter
en
Arcadie.
Epytus
ayant
eu
la
témérité
d’entrer
dans
le
temple
de
Neptune
à
antinée,
contre
la
défenfe
qui
fubfiftoit
encore
du
tems
de:
Paufanias
[car
les
hommes
ny
entroient
point,
|
il
fut
privé
de
la
vue,
&
peu
de
tèems
après
il
mourut,
laiflant
le
royaume
à
fon
fils
Cypfélus.
PRYFUS?
Æpytus,
Nirurocs
(2)
fut
pere
de
Périphas,
qui
exerça
la
profeflion
de
héraut
avec
beaucoup
de
réputation;
c'eit
ce
que
nous
apprend
Ho-
mère.
Euftarhe
conjecture
de-
R,
qu'Epytus
étoit
auf
lui
mê-
me
héraut,
&
que
fon
fils
Pé-
riphas
avoit
fuivi
la
même
pro-
feflion,
felon
la
coûtume
de
ce
tems-là,
car
anciennement
les
enfans
faifoient
le:
même
métier
que
leurs
peres,
ce
qui
n’étoit
peut-être
pas
trop
mauvais
pour
les
Etats.
EPYTUS,
Æoyius,
A'imvroc
;
(5)
fils
de
Nilée,
ou
Nélée
;
Athénien,
étoit
un
des
chefs
d’une
colonie
qui
entra
dans
Priene.
Le
texte
de
Paufanias,
dit
Egyptus,
mais
il
faut
lire
Epytus,
comme
dans
Strabon.
E
Q
-
EQUATEUR,
que
l’on
ap-
pelle
auff
Equinoxial
,
ou
la
ligne,
eft
un
grand
cercle
de
la_fphere,
dont
le
diametre
EQ
gr
coupe
à
angles
droits
l'axe
du
monde,
&
dont
la
circonféren-
ce,
également
diftante
du
pole
artique
&
de
pole
antarétique
,
détermine
fur
l’orizon
les
deux
points
du
vrai
orient
&
du
vrai
occident.
sers
1:
On
l'appelle
Equateur,
parce
qu'il
coupe
le
globe
ter
reftre
en
deux
parties
égales:
2.°
On
lui
donne
le
nom
d’'Ea
quinoxial,
parce
que
le
foleil
fait
l'équinoxe,
forfqu'il
y
pale;
c’elt-à-dire,
qu'il
égale
le
jour
&
la
nuit
dans
toutes
les
par-
ties
du
monde,
3°
[l
reçoit
encore
par
ex=
cellence
le
nom
de
ligne,
com
me
étant
le
premier
&
le
prin-
cipal
de
tous
les
cercles
que
lon
décrit
fur
le
globe
ter-
reftre.
Ufage
de
l'Equateur.
1.9
I]
divife
le
globe
terref.
tre
en
deux
parties
écales,
&
ces
deux
parties
font
appel=
lées
hémifpheres,
dont
lun
fe
nomme
féptentrional,
&
l’autre
meridional
&
auftral.
-
2.9
Î]
marque
à
toutes
les
ré
gions
du
globe
le
véritable
orient
&
le
véritable
occident,
c'elt-à-dire,
ceux
des
équino=
XeS.
3-°"H
fert
de
fondement
&
de
bafe,
pour
trouver
&
comp=
ter
les
latitudes
de
tout
ce
qui
eft
fur
la
furface
du
globe
ter-
reître,
étant
le
premier
&
prin-
cipal
parallele
des
latitudes
:
ces
latitudes
font
la
diffance
--(a)
Homer.
Iliad.
L.
XVIL,
v.
324.
XI
(#)
Pauf.
p,
400,
Strab.
F
633
Tom.
XVI,
88
E
Q
-s’engagea
mal-à-propos
dans
un
défilé,
dont
il
ne
lui
étoit
plus
pofhble
de
fe
retirer.
Get-
te
nouvelle,
portée
à
Rome,
y
caufa
une
allarme
univerfelle.
L'état
cricique
où
l'on
fe
trou-
Voit,
parut
demander
un
Dic-
tateur.
Le
choix
tomba
fur
Quintins
Cincinnatus.
Ce
gé-
néral-&
fon-maître
de
la
ca-
-vValérie
partirent
à
la
tête
l’un
des
piétons
&
l’autre
des
ca-
valiers,
chacun
réglant
la
mar-
che
de
fa
troupe,
de
façon
qu'elle
fûr
en
état
de
combar-
tte,
dès
que
l’occafion
fe
pré-
fenteroir.
[ls
arriverent
de
nuit
fur
le
mont
Algide,
&
s’arré-
terent
dès
qu'ils
s’apperçurent
qu'ils
étoient
près
de
l'ennemi.
Le
Didateur,
à
cheval,
ft
auffi-tôt
le
tour
du
camp
des
Eques
;
&c
après
avoir
examiné.
quelle
étroit
fa
forme
&
fon
étendue,
autant
que
les
téne-
Pres
de
la
nuit
pouvoient
le
Jui
permettre,
il
fit
ordonner
aux
foldats,
par
leurstribuns,
de
mettre
leurs
bagages
en
un
tas
,
&
d'aller
avec
leurs
armes
&
leurs
pièux
reprendre
leurs
rangs,
Chacun
dans
fa
compa-
gnié.
Alors,
il
étendit
toutes
fes
troupes
autour
du
camp
en-
nemi,
dans
le
même
otdre
qu’elles
avoient
gardé
pendant
leur
marche,
&
leur
comman-
da
de
poufler
en
même
tems
de
grands
cris,
quand
il
leur
en
-donneroït
le
fignal
;
&
à
chaque
foldat
de
creufer
la
terre
devant
lui
&-d'y
enfon-
-cerfes
pieux.
Le
tour
fut
exé-
cuté-ponctuellement,
Les
cris
des
Romaïns
percerent
du
camp
des
Eques
dans
celui
du
Con-
ful,&
cauferent
autant
d’effroi
dans
l’un,
que
de
joie
dans
l’au-
tre;
car
les
foldats
du
Conful
ne
doutant
point
qu'il
ne
leur
fût
venu
du
fecours,
fortirent
en
foule
de
leurs
poftes,
&
commencerent
à
menacer
cet
ennemi
qu’ils
craignoient
fi
fort
un
moment
auparavant.
L.
Mi-
nucius,
fecondant
leur
ardeur,
leur
dit
qu’il
étoit
tems
d'agir,
&
que
ces
cris
annonçoient
non
feulement
que
les
leurs
étoient
arrivés,
mais
qu'ils
en
étoient
déjà
aux
mains
avec
les
Eques;
&
qu'il
étroit
perfuadé
que
leur
camp
étoit
déjà
attaqué
par
de-
hors.
Aïnfi,
il
leur
ordonna
de
prendre
fur
le
champ
leurs
ar-
mes
&
de
le
fuivre.
Ils
com-
mencerent
le
combat
de
nuit,
&
par
des
cris,
tels
qu’on
en
‘jette
dans
l’action,
firent
con-
noître
aux
légions
du
Diétateur
qu'ils
étoient
aux
prifes.
Déjà
les
Eques
s’étoient
mis
en
de-
voir
d'empêcher
les
ouvrages
“que
le
Didateur
faifoit
faire
pour
les
enfermer,
lorfque
lPattaque
des
ennemis
intérieurs
les
força
d'abandonner
les
tra-
vailleurs,
pour
fe
tourner
du
côté
du
Conful,
&
empêcher
qu’il
ne
s'ouvrît
un
paflage
au
travers
de
leur
camp;
&
par-là
les
affiégeans
eurent
la
liberté,
pendant
tout
lerefte
de
la
nuit,
d'achever
leurs
travaux
,
car
Pennemifutoccupéjufqu'aujour
avec
les
troupes
du
Conful.
Dès
que
la
lumière
parut,
les
Eques
reconnurent
qu’ils
étoient
E
Q
inveftis
par
le
Didtateur.
Le
Conful
,
avec
fes
feules
troupes,
étoit
fuffifant
pour
les
accabler,
lorfque
celles
de
Quintius
Cin-
cinnatus,
ayant
achevé
leurs
ouvrages,
commencerent
à
leur
tomber
encore
fur
les
bras,
&
à
attaquer
leurs
lignes.
Alors,
incapables
de
réfifter
à
deux
ennemis
en
même
tems,
&
ef-
pérant
trouver
dans
les
prieres
un
fecours
que
leurs
courages
me
pouvoient
plus
leur
pro-
curer,
ils
fupplioient
tantôt
le
iCtateur,
tantôt
le
Conful
de
ne
pas
pouiler
leur
victoire
juf-
qu'à
l'extinétion
entière
de
leur
nation,
&
de
leur
permettre
de
fe
retirer
fans
armes
dans
leurs
maifons.
L.
Minucius
les
Tenvoya
au
Diétateur
,
qui,
dans
fa
jufte
indignation,
les
Condamna
à
racheter
leur
vie
par
la
perte
de
leur
honneur.
rl
commença
par
fe
faire
ame
ner
chargés
de
chaînesles
chefs,
&
leur
déclara
qu’il
n’étoitpoint
altéré
du
fang
des
Eques,
mais
que
pour
leur
faire
avouer
par
Une
punition,
dontils
ne
puñlent
perdre
le
fouvenir,
qu'ils
fe
_tenoient
pour
vaincus
&
domp-
tés,
1ls
pafleroient
fous
le
joug,
avant
que
de
retourner
dans
leur
païs.'
Deux
piques
plan-
ttes
en
terre,
&
traverfées
par
le
haut
d’une
troifième,
formerent
le
joug
fous
lequel
il
les
fit
pafler;
après
quoi
il
leur
permit
de
s’en
aller.
_Les
Êques
ne
fe
tinrent
pas
néanmoins
pour
domptés,
&
ils
ne
tarderent
pas
à
lé
faire
con-
noître
aux
Romains
;
car
sais
E
89
reprirent
les
_
dès
l’année
fuivante.
Quelques
trente
ans
après,
ils
envoyerent
des
am-
baffadeurs
à
Rome,
pouroffrir
au
Sénat,au
nom
de
leur
nation,
une
foumiflion
entière,
moyen-
nant
laquelle
on
les
recevroitau
nombre
des
alliés
du
peuple
Romain.
On
fit
avec
eux
un
traité
par
lequel
on
leur
ac-
corda
une
treve
de
huit
ans.
Cette
treve
expirée.,
les
Eques
recommencerent
léhrs
hoftili-
tés.
Ces
peuples,
dit
Tite-Live,
fous
l'an
de
Rome
449,
renfer-
mant
leur
infidélité
dans
le
fond
de
leur
cœur,
étoient
vérita-
blement
demeurés
en
repos
pendant
quelques
années;
mais,
avant
la
défaite
des
Herniques,
ils
avoient
fouvent,
de
con-
cert
avec
eux,
envoyé
fous
main
du
fecours
aux
Samnites
:
&
même
après
la
réduction
en-
tière
des
Herniques,
fans
plus
garder
de
ménagement,
toute
Ja
nation
avoit
levé
le
mafque,
&t
s'étoit
déclarée
contre
la
République.
Enfin,
les
Romains,
après
leur
accomodement
avec
les
Samnites,
leur
ayant
envoyé
les
Féciaux
,
pour
leur
deman-
-
der
fatisfation:»
Les
Romains
»
Veulent
nous
éprouver,
di-
»
rent-ils,
&
voir
fi
la
crainte
»
de
les
avoir
pour
ennemis,
»
ne
nous
portera
point
à
fouf-
»
frir
qu'ils
nous
admettent
au
»
nombre
de
leurs
citoyens.
»
Maïs
,
l'exemple
des
Herni-
»
ques
nous
apprend
ce
que
»
nous
devons'faire
;
car,
ceux
»
d’entr'eux
quiont
eu
la
li-
»
berté
de
choifir;
n'ont
pas
ee)
»
balancé
à
préférer
leurs
loix
»
à
la
qualité
de
citoyens
de
>
Rome:
au
lieu
que
ceux
à
>
qui
onn’a
pas
permis
de
fui-
>»
vre
leur
inclination
,
trou-
>
Veront
leur
peiné
dans
une
»
qualité
qu'on
les
à
forcés
»
d'accepter.
«
Le
peuple
Romain,
informé
-de
ces-difcours,
qu’on
tenoit
Ouvertement
dans
l’affemblée
dés
Eques
,
ordonna
qu'on
fit
la
guerre
à
cés
peuples.
Les
deux
Confuls
,
s'étant
aufli-tôt
mis
en
campagne,
vinrent
camper
à
quatre
milles
des
ennemis.
L'ar-
mée
des
Eques
,
qui.
depuis
plufieurs
années
n’avoientpoint
eu
de
guerre
enleur
nom,
com-
pofée
de
foldars
fans
expérien-
ce
&
fans
difcipline,
&
com-
mandée
par
des
Chefs
auffi
no-
vices
&
aufli
irréfolus
que
les
foldats
mêmes,
fe
trouva
bien
embarraflée
du
parti
qu’elle
avoit
à
prendre.
Les
uns
veu-
Tént
qu'on
donne
bataille
;
d’au-
tres
,
que
l’on
fe
renferme
dans
le
camp.
La
plûpart
craignent
le
ravage
de
leurs
terres
,
ou
Ja
prife
de
leurs
villes,
dans
lefquelles
ils
n’ont
laiffé
que
de
foibles
garnifons.
Enñn,
après
plufieurs
projets
auffi-tôt
aban-
donnés
que
propofés,
préférant
leur
intérêt
particulier
au
bien
général
de
la
nation,
ils
con-
clurent,
d'une
commune
voix,
qu'à
la
première
veille
dela
nuit,
tous
abändonneroient
le
camp;
que
chacun
s’en
iroitde
fon
côté
;
&
qu'ayanttranfporté
leurs
effets
dans
les
villes,
ils.
$
y
rénfermeroient
eux-mêmes
,
&
oppoferoient
leurs
murailles
aux
ennemis,
Pendant
que
les
Eques
étoient
difperfés
dans
la
campagne,
les
Romains,
auffi-tôe
que
le
jour
parut,
fortirent
de
leur
camp,
&
fe.
rangerent
en
bataille.
Mais
,
voyant
que
perfonne
ne
NO
que
Pp
:
venoit
à
leur
rencontre
,
ils
allerent
de
pied
ferme
an
camp
des
ennemis.
Comme
ils
n'ap-
perçurent
ni
corps
de
garde
devant
les
portes,
ni
fentinel-
les
autour
des
rétranchemens,
&
qu’ils
n’entendirent
point
le
bruit
&
le
fracas
qui
fe
font
or-
dinairement
dans
un
camp,
frap-
pés
d’un
filence
fi
extraordinai-
re
,
ils
s’arrêterent,
de
peur
de
tomber
dans
quelque
embufca-
de.
Devenus
plus
hardis,
ils
pafferent
les
foflés
;
&
trouvant
le
camp
abandonné
,
ils
fe
mi-
rent
à
fuivre
les
ennemis
à
la
pifte.
Mais,
d’abord
les
traces
que
les
ques
avoient
laifées
après
eux,
en
fe
retirant
dans
leur
païs
par
différens
chemins,
jettoient
les
Confuls
dans
l'in-
certitude.
Enfin
,
ayant
dé-
couvert.
par
leurs
efpions
les
defleins
des
ennemis
,
ils
pri-
rent
le
parti
d’artaquer
leurs
villes
l’une
après
l'autre.
Ils
en
prirent
quarant-une
d’aflaut
dans
l’efpacede
cinquante
jours,
en
raferent
où
en
brûlerent
la
plus
grande
partie,
&
extermi-
nerent
prefque
«entièrement
toute
Ja
nation
des
Eques.
Ges
peuples
reprirent
enco-
re
les
armes
deux
ans
après
Ne
voyant
qu'avec
une
peine
infinie
une
colonie
nouvelles
EOQ
-
ment
établie
fur
leurs
terres,
comme:une
forterefle
pour
les
tenir
en
bride
,
ils
alierent
l’at-
taquer
avec
toutes
leurs
forces,
mais
ils
furent
repouffés
par
les
feuls
habitans
de
la
colonie.
Cependant
,
ce
foulévement
Caufa
tant
de
terreur
aux
Ro-
Mains,
qui
ne
pouvoient
feper-
fuader
que
les
Eques,
après
les
défaites
qu'ils
avoient
efluyées,
euflent
repris
les
armes,
fans
l’efpérance
de
quelque
fecours
confidérable
,
qu'ils
nommerent
C.
Junius
Bubulcus
Ditateur,
&
le
chargerent
d’appaifer
ces
Mmouvemens.
Ce
Général
étant
AITIVÉ
dans
le
païs
avec
M.
Fitinnius,
maître
de
la
cava-
lerie,
dompta
les
rebelles
dans
Un
premier
combat.
Depuis
ce
tems-là,
les
Eques
ne
confer-
vérent
de
leur
ancienne
fortu-
Dé
qu'une
fierté
deftituée
de
for-
ce
&
de
valeur.
Le
Lecteur
fera
peut-être
étonné
d’où
ces
peuples
,
tant
de
fois
vaincus
,
ont
pu
tirer
des
foldats
pour
remettre
fi
fouvent
fur
pied
de
nouvelles
armées,
Mais,
comme
les
An-
ciens
n'en
ont
rien
dit,
quelle
Taifon
peut-on:
en
apporter,
non
de
fimples
conjectures
,
telles
que
chacun
a
la
liberté
den
former
fuivant
fa
façon
de
penfer?
Ce
qu'il
y
a
de
plus
vraifemblable
,
c’eit
qu'ils
nérecommençoient
fans
doute
laguerreque
quand
le
paisavoit
eu
le
temsde
fe
repeupler
d’une
nouvelle
feunefle
;
ou
qu'ils
ne
tiroient
pas
toujours
leurs
trou-
pes
des
mêmes
cantons,
quoi-
2
EC
98
que
ce
fût
toujours
la
même
nation
qui
fit
la
guerre,
ou
qu’il
y
avoit
alors
une
mulritu-
de
infinie
d'hommes
libres
dans
ces
heux,
qui,
à
unpetit
ñnom-
bre
de
foldats
près,
que
les
Ro-
mains.
y
entretenoient
du
tems
de
Tite-Live,
auroient
été
en.
ce
tems-là
abfolument
déferts
.
fans
les
efclaves
qu’on
y
en-
voyoit
pour
cultiver
la
terre.
Virgile
nous
repréfente
les
Eques
comme
des
gens
accoû-
tumés
à
la
chafle,
qui
culti-
voient
la
terre
tout
armés,
€
qui
navoient
point
de
plus
grand
plaifir
que
de
faire
du
butin
&
de
vivre
de
‘rapines.
Cela
ne
s'accorde
guère
avec
lidée
d'équité
que
d’autres
Auteurs
en
donnent.
On
pour-
roit
pourtant
les
concilier
,
en
difant
qu'ils
ne
pilloient
que
leurs
ennemis
après
une
juite
déclaration
de
guerre.
Leur
païs
eft
encore
plein
de
monra-
gnes
&
de
forêts.
[lshabitoienr
le
long
du
Teverone,
qui
f-
paroit
leur
païs
en
deux
parties,
Leurs
villes
&
bourgs,
à
la
droite
du
Téverone,
‘étoient
Cliternium:,
Carféoli,
Valeria
ou
Varia,
Colles,
Treba.
À
1a
gauche
de
cette
même
rivière
étoient
Bola
,Bolæ
,
ou
Volæ,
Vitellia',-Corbio
,
ad
Pidas,
Alvidum,
villa
Neronis.
Corneille,
fur
l'autorité
du
P.
Lubin,
dit
que
leurs
villes
étoient
-
celles.
qu’on
-
appelle
Albano
,
Paleftrine
&
Tivoli.
Il
y
ajoûre
celle
de
Corbion,
fur
l’autorité
d’Étienne
de
By-
zance,
&
c’eit
la
feule
qui
leur
o2
E
Q
.
ait
appaftenu
d’entre
ces
qua-
très
;
cat,
Paleftrine,
Prenefle,”
&
Tivoli,
Tibur,
appartenoient
aux
Latins,
&
non
pas
aux
ques.
Albano
étoit
auf
aux
Latins.
C'éroit
au
refte
du
païs
es
Eques,
que
Rome
s’en
étant
rendu
maiîtrefle
,
fit
con-
duire
des
eaux
par
unaquéduc,
nommé
Aqua
Claudia,
qui
al-
.Joit
du
lac
Simbrivius
jufqu'à
Rome,
&
par
un
autre,
nommé
Aqua
Marcia.
lis
fe
réunifloient
au
nord-oueft
du
mont
Aflia-
nus.
EQUESTRE,
Ægueltris
,
(4)
l’un
des
furnoms
que
l’on
don-
noit
à
Junon.
C'étoient
les
Éléens
qui
honoroient
Junon
Equeftre.
EQUESTRE:-
FF
lPOrdre
|,
Equefler
Ordo,
fignifioit
chez
les
Romains
l'Ordre
des
Che-
valiers.
Voyez
Chevaliers
Ro-
mains.
EQUICOLES
,
Æquicole.
Voyez
ques.
EQUICULANES,
Æaquicu-
dant,
À'mobueror.
Voyez
ques.
EQUICULES
,
Æquiculi.
Voyez
ques.
EQUIMÉLIE,
Æquimelium,
(5)
nom
d’un
lieu
de
Rome.
C’eft
comme
qui
diroitla
place
où
étoit
autrefois
la
maifon
de
Mélius.
Voyez
Mélius.
EQUIRIES
,
Eguiria,
(c)
étoient
à
Rome
des
fêtes
ainfi
appellées
de
la
courfe
des
che-
vaux,
qui
fe
faifoit
ce
jour-là
‘au
champ
de
E
.
Elles
fu=
rent
inftituées
par
Romulus
,
&
fe
célébroient
le
vingt-fix
de
fevrier.
EQUITATION,
ÆEguitatio,
l'art
de
monter
à
cheval.
Voyez
Cheval.
«
EQUITÉ
,
Æaquitass
(d)
fut
perfonnifiée
chez
les
Ro
mains
;
mais,
on
n’eft
pas
bien
für
fi
elle
a
jamais
été
déïfiée
chezies
Anciens.
Nous
latrou-
vons
fouvent
fur
les
médailles
&
les
pierres
gravées,
fous
la
forme
d’une
femme
qui
tient
une
balance.
Une
pierre
gra-
vée
la
repréfente
tenant
dune
main
une
pique,
&
de
l’autre
une
balance.
La
balance
feule
:
eft
un
fymbole
de
lÉquité,
qui
fait
tout
avec
poids
&
mefute
-&
rend
à
chacun
ce
qui
lui
ap-
partient.
Dans
Vefpañen
elle
tient
la
balance
&
un
petit
bä-
ton
,
au
lieu
de
la
pique.
Dans
Sévère
,
au
lieu
du
bâton,
elle
a
une
corne
d'abondance.
L’É-
quité
revient
fouvent
dans
d’au-
tres
médaïlles
en
quelqu’une
de
ces
formes,
Il
y'en
a
qui
confondent
quelquefois
l'Équité
avec
Af-
trée
&
avec
là
Juftice;
quel-
quefois
ils
l’en
diftinguent.
Pindare
donne
trois
filles
à
l'Équité
,
la
Paix,
Eunomie,
&
Dicé.
D’autres
la
confondent
encoreavec
cette
dernière,
au
fujet
de
laquelle
nous
avons
un
hymne
fous
le
nom
d’'Orphée,
.
Ca)
Antiq.
expl.
par
D.
Bern.
dej
Montf.
Tom.
II.
p.
230.
Montf,
Tom,
I.
p.
60.
(6)
Fit,
Liv.
L:
IV,
c
16.
(d)
Antiq.
expl,
par.
D.
Bern.
de
Montf.
Tom,
I.
p.
350.
Myth.
par
M:
-
€)
Antig.
expl,
par
D,
Bern,
de;
l’Abb,
Ban,
T.
V.
p.
238
E
Q
&
dans
lequel
l’auteur,
quel
qu’il
foit
,
lui
deftine
l’encens.
EQUITES
SINGULERES.
(z)
On
voit
fur
les
monumens
la
figure
d’un
cheval
qui
fer-
voit
à
ceux
qu'on
appelloit
Equites
fingulares
,
dont
la
felle
defcendoit
d’un
côté
&
d’aurre,
prefque
jufqu'à
rerre.
Ces
ca-
valiers
qu'on
appelloit
Sirgu-
ares,
fe
tenoient
à
la
gauche
de
l'Empereur
dans
les
com-
bats,
&
les
Prétoriens
à
fa
droite.
Ils
avoient
leur
porte-
enfeigne
particulier.
On
voit
dans
le
Journal
que
D.
Ber-
nard
de
Montfaucon
à
donné
de
Pltalie
,
l’épitaphe
d’un
des
cornetes
de
ces
cavaliers,
ÆEquitibus
Singularibus
fignifer.
EQUITIUS
[
L.},
L.
Equi-
fus
,
(b)
fe
donnant
pour
fils
de
Tib.
Gracchus,
fe
préfenta
aux
Cenfeurs
pour
être
inf
_crit
en
cette
qualité
fur
lerôle
des
citoyens
Romains.
Le
cen-
feur
Métellus
Numidicus
fitré-
fiftance,
aflurant
que
Tib.
Grac-
chus
n’avoit
eu
que
trois
fils,
qui
tous
trois
étoient
morts,
l'un
en
Sardaigne,
dans
le
fer-
vice,
l’aurre
à
Prénefte,
le
dernier
à
Rome,
&
qu'il
ne
fouffriroit
pas
que
l'éclat
d’une
fi
illuftre
famille
fût
terni
par
un
mitérable
impofteur.
Le
peu-
ple
idolâtre
du
nom
des
Grac-
ques
,
&
flatté
de
l’efpérance
de
le
voir
renaître,
s'emporta
avec
violence
:
les
pierres
vo-
lerent;
le
Cenfeur
fut
en
dan-
Ca)
Antiq.
expl.
par
D,
Bern,
de
Monif.
Tom,
IV,
pag.
75.
EE
Q
93
ger
;
mais
,
il
demeura
=
rebuter
le
faux
Gracchus.
Un
tribun
,
dont
Valere
Maxime
nous
a
laiflé
ignorer
le
nom
,
foutenoit
L.
Equitius
;
&
il
en-
treprit
de
le
faire
reconnoître
par
Sempronia,
fœurdesGrac-
ques.
Îl
ft
venir
cette
dame
au
milieu
de
l’affemblée,la
ftmon-
ter
dans
la
tribune
aux
haran-
gues,
&
là,
en
la
préfence
de
ce
peuple
mutiné
,
il
la
fomma
de
reconnoître
fon
neveu,
&
de
lui
donner
le
baïfer
en
figne
de
parenté.
Sempronia
ft
pa-
roître
en
cette
occafon
une
fermeté
digne
de
fon
nom
&
de
fon
rang
,
&
malgré
les
cla-
meurs
de
la
multitude,
elle
ne
témoigna
que
du
mépris
pour
celui
qui
vouloit
faufflement
s’introduire
dans
fa
famille,
On
‘ne
fçait
pas
comment
cette
af-
faire
finit.
Il
eft
aflez
vraifeme
biable
que
le
Coliegue
de
Mé-
tellus
Numidicus
,
qui
étoit
en
même
tems
foncoufin-germain,
mais
qui
ne
lui
reflembloit
pas
pour
la
conitance
,
permit
à
L.
Equitius
de
prendre
[a
qua-
lité
qu’il
prétendoit
fur
les
rô4
les
publics.
Quoi
qu'il
en
foit,
l’an
de
Rome
652,
&
100
ans
avant
l'Ére
Chrétienne,
L,
Equitius
fe
mit
fur
les
rangs
pour
de-
mander
le
tribunat.
Marius
dans
cette
circonflancé
agit
en
Conful.
I
ordonna
à
L.
Equi-
tius
de
fe
défiiter
de
fa
deman-
de
,
&
fur
fon
refus
il
le
fit
(ë)
Valer.
Max.
pag.
127,
170.
Roll,
Hi,
Roi,
T,
V.
pag,
4424
&
fuiv,
94
ER
mettre
en
prifon.
Maïs,
lepeu-
ple
paflionné
pour
le
nom
que
ce
miférable
ufurpoit,
força
la
prifon,
l'en
arracha,
&
le
nom-
ma
Tribun
avec
Saturnin.
1l
ne
jouit
pas
long-tems
de
cette
charge
;
3
Cat;
il
fut
maffac:
ré
le
jour
même
qu'il
en
avoit
pris
pofleflion
;
circonftance
qui
nous
donne
la
date
précife
de
cet
évènement
,
parce
que
les
ribuns
entroient
en
exercice
le
dix
de
Décembre.
ER
ERANARQUE
,
Eranarcha,
éroit
chez
les
Grecs
un
officier
public,
dont
la
charge
confif-
toit
à
avoir
l’infpection
des
aumônes
&,
des
provifions
fai-
tes
pour
les
pauvres.
L’Eranarque
étoit
propre-
ment
l’adminiftrateur
ou
l’inren-
dant
des
pauvres.
Lorfque
quelqu'un
étoit
réduit
à
la
pau-
vreté,
où
fait
prifonnier,
où
qu’il
avoit
une
fille
à
marier,
êtne
la
pouvoit
pourvoir,
faute
d'argent;
L'Eranarque
aflem-
bloit
les
amis
&
les
voifins
de
cette
perfonne
,
&
taxoit
chacun
pour
contribuer
;
felon
fes
moyens
&
fon
état.
Cer
officier
s
’appelloit
Era-
nätque
du
mot
Grec
£p&o
,
aumône,
contribution;
&
#rx7,
commandement,
intendance.
ERARIUM
,
Ærarium,
étroit
je
tréfor
de
l'État
fous
les
Em-
pereurs
Romains.
Le
remple
de
Saturñe
,
à
Rome,
où
fe
gardoit
ce
tréfor
,
ER
$'appelloit
pour
cette
raïfon
Ærarium
,
du
mot
œs
@TIS
?
-cui-
vre
;
parce
qu'il
ny
avoit
pas
eu
d’autre
monnoie
à
Rome
que
de
ce
métal,
avantl'an
485
de
fa
fondation.
Ge
fut
Augufte
qui
commen-
ça
l'Erarium,
&
il
fut
entretenu
de
ce
que
chacun
y
contribua
volontairement
;
mais,
ces
contributions
ne
fufnfant
pas
pour
les
befoins
de
Eee
,
le
Vingtième
des
legs
&
des
fuc-
ee
fut
affigné
à
ce
tréfor
,
:
pourvu
néanmoins
que
les
hé=
ritiers
ou
les
légataires
ne
fuf-
fent
pas
des
proches
parens,
ou
des
pauvres.
Ontira
de
la
cohorte
préto=
rienne
trois
ofliciers
,
à
qui
on
en
confia
la
garde
avec
la
qua-
lité
de
Prafeti
ærarii.
ERAS
,
ras,
H°
PÈC
(a)
l’un
des
phiiofophes
Cyniques
,
que
l'empereur
Vefpafien
chafla
de
Rome.
Mais
,
il
y
rentra
furti-
vement
avec
un
de
fes
compa-
gnons
,
nommé
Diogene.
Celui-
ci
vint
dans
le
Théatre
,
&
in
vectiva
outragenfement
contre
Tite,
à
l’occafion
de
fes
amours
avec
Bérénice.
On
arréra
ce
téméraire,
&
on
le
battit
de
verges.
Eras
crut
enêtre
quitte
ee
la
même
peine,
êcilimita
linfolénce
de
Dioscse
OÙ
même
ia
furpañla.
[
fut
trom-
pé
dans
fon
attente.
On
le
ju-
gea
plus
criminel
que
fon
ca-
marade
,
de
Vexemple
duquel
il
n'avoit
point
profité,
&
il
eut
la
têre
tranchée.
(3)
Dio,
Call.
p.
752.
Crév.
Hift,
des
Emp,
Tom.
IL,
pag:
3545
255e
E
R
-
ERASICLES
,
Eraficles,
(2)
E'paclunie
,
capitaine
Athénien,
dont
parle
Démofthène
dans
fa
harangue
contre
Lacrirus.
ERASINIDE
,
Ærafinides
,
E’caciwld
ue,
(b)
capitaine
Athé-
nien.
Xénophon
le
mer
au
nom-
bre
des
dix
Généraux
que
l’on
fubititua
à
Alcibiade.
Il
fut
en-
fuite
un
des
fix
qui
remporte-
tent
la
viétoire
contre
Calli-
_cratidas
près
des
Arginufes.
On
fçait
que
les
Athéniens
con-
damnerent"
à
mort
ces
fix
Gé-
néraux
pour
n’avoir
pas
enlevé
lès
corps
de
ceux
qui
étoient
morts
dans
le
combat.
ERASINUS
,
Erafinus
,
(c)
E’pusivos
,
fleuve
du
Péloponnèfe
dans
PArgolide.
On
l'appelloit
auffi
Arfinus,
felon
Strabon.
On
dit
que
ce
fleuve
avoit
fa
four-
ce
au
marais
de
Stymphale
en
Arcadie,
qu’il
s’abforboit
dans
üngouffre,
&
qu'il
fe
remon-
troit
enfuite
dans
l’Argolide.
Paufaniasaflure
que
l’on
voyoit
fortir
de
terre
les
eaux
du
fleu-
ve
Erafinus
au
pied
du
mont
Chaon,
qui
étoit
planté
d’ar-
bres
fruitiers.
Il
ajoûte
que
les
eaux
de
ce
fleuve
venoient
du
marais,
ou,
comme
il
l’appelle,
du
fleuve
Stymphale
,
de
la
Même
manière
que
ces
canaux,
formés
par
les
eaux
du
golfe
de
Chalcis,
pañloient
auprès
d'E-
leufis
,
&
alloient.fe
décharger
dans
la
mer,
qui
baignoient
ce
canton-là,
À
cette
chûte
d’eau
que
formoit
l’Erafinus,
on
ho-
:
(a)
Demofth.
Orat.
in
Lacrit,
p.
951.
5
noroïit
Bacchus
&
le
dieu
Pan
par
des
facrifices
,
&
même
on
célébroit
en
l’honneur
de
Bac-
chus
une
fête
qu'on
nommoit
Tyrbé.
Un
jour
,
Cléomène
de
Sparte
ayant
confulté
l’oracle
,
au:
fujet
d'Argos,
il
lui
futrépondu
qu'il
préndroit
cefte
ville.
Sur
le
champ
ïl
fit
pafler
fes
trou-
pes
fur
le
bord
de
l’Erafinus,
&
lit
un
facrifice
à
ce
fleuve.
Mais,
lorfqu’il
vit
que
les
entrailles
ide
la
victime
ne
lui
promettoienr
point
de
bons
fuccès
du
trajer
de
ce
fleuve,
il
dit
qu'ilen
fça-
voit
bon
gré
à
Erafinus
,
qui
ne
vouloit
pas
trahir
les
fiens,
mais
que
pourtant
les
Argiens
n'auroient
pas
fujet
de
fe
ré-
jouir.
Aufli-tôt,11
leva
fon
camp,
&
il
vinten
Thyrée,
où
ayant
immolé
un
taureau
à
la
mer,
il
fit
pafler
fes
troupes
fur
des
vailleaux
dans
le
païs
de
Ti-
rynthe
&
de
Nauplie.
Les
Ar
-giens,
ayant
reçu
cette
nou-
velle,
allerent
jufqu'à
la
mer.
au-devant
d'eux,
pour
les
em-
pêcher
d'approcher
,
&
quand.
ils
furent
auprès
de
Tirynthe,
en
un
lieu
nommé
Sipie
,
ils
camperent
vis-à-vis
des
Lacédé-
moniens,
&
aflez
proche
de
ieur
armée.
Ils
he
craignoient
pas
den
vénir
à
une
bataille
,
&-de
combattre
ouvertement
,
mais
ils
appréhendoient
la
furprite
&
les
firatagêmes,
parce
que
la
réponfe
que
la
Pythie
avoir
rendue
,
leur
donnoit
cette
ap-
CC)
Strab.
pag..275
,
27r
,
2380.
Pau,
(ë]
Xenoph.
p.
442.
Roll.
Hif,
Anc,
[p.129
254;,
155:;
488.
Herod.
L.
VI,
Te I,
p.513,
©
fuiv,
Ce
764
dr
feg.
Plin,
T,1,p.119,
194,
6
ER
Se
C’eft
pourquoi,
ils
réfolurent
d'écouter
la
trompet-
te
des
ennemis,
&
de
faire
eux-
mêmes
toutes
les
chofes
dont
elle
donneroit
le
fignal
parmi
les
Lacédémoniens.
Cléomène,
ayant
remarqué
cela,
commanda
aux
fiens
qu’aulieu
de
fe
mettre
à
table
quand
la
trompette
fon-
neroit
,
1ls
priflent
les
armes,
&
{e
tinflent
prêts
pour
marcher
contre
les
Argiens.
Les
Lacé-
démoniens
ayant
obéi,
fe
jet-
terent
fur
les
Argiens
qui
di-
noient,
parce
que
la
trompette
avoit
fonné
le
dîner,
en
tuerent
fur
le
champ
une
grande
par-
tie,
&
un
plus
grand
nombre
encore
dans
la
forêt
d'Aroos,
où
ils
s'étoient
retirés
comme
en
unafyle.
C’eft
de
l'Erafinus
qu'il
faut
entendre
Ovide
,
lorfqu'il
dit:
Sic
modo
combibitur,
tacito
modo
gurgite
lapfus,
Redditur
Arsolicis
ingens
Erafi-
NUS
in
aTvis.
Ce
dernier
vers
n’elt
pas
de
Sénèque,
comme
Ortélius
fem-
ble
le
dire.
Sénèque
ne
faitque
l’emprunter
d'Ovide.
L'’Erafinus
prend
aujourd’hui
le
nom
d’Erafino
;
qui
coule
dans
la
Morée.
(a)
I
y
avoit
dans
l'Arcadie
un
autre
fleuve
du
nom
d’Era-
finus
près
du
rivage
de
Bura.
Ty
en
avoitencore
deuxautres
du
même
nom,
dont
l’un
eft
fur-
Ca)
Strab.
p.
371.
{by
Xenoph.
p.
461.
(c)
Valer.
Max.
pag.
299,
300,
Plut.
|
Tom,
VI.
p.
583,
T.
1.
p.go7.
Plin.
T1,
717,
Tom,
M,
nommé
Eretricus
par
Strabon,
&
l'autre
étoit
dans
l’Atrique
vers
Brauron.
ERASISTRATE,Erafiftratus,
(b)
E’paciorparoc,
l’un
des
tren-
te
tyrans
que
ceux
de
Lacédé-
_mone
donnerent
aux
Athé-
niens.
ERASISTRATE,
Ærafifira-
tus,
E’paciorparos,
(c)
célebre
médecin,
petit-fils
d'Ariftote,
fe
fit
fur-rout
connoître
êr
efti-
mer
par
la
manière
adroite
dont
il
découvrit
la
caufé
de
la
ma-
ladie
d’Antiochus
Soter,
fils
de
Séleucus,roide
Syrie.
Plus
attentif
&
plus
habile
que
tous
les
autres
médecins
,
il
examina
&
fuivit
de
près
tous
les
fymptômes
de
la
lan
ueur
,
où
étoit
tombé
le
jeune
Prince
;
&
après
avoir
tout
re-
marqué
,
il
crut
enfin
être
ve-
nu
à
bout
d'en
trouver
la
vraie
fource.
Il
jugea
que
fon
mal
n’étoit
qu’un
effet
de
l’amour
;'
&
il
ne
fe
trompoit
pas.
Mais,
il
n'étoit
pas
fi
aifé
de
décou-
vrir
l’objet
qui
caufoit
une
paf-
fion
d'autant
plus
violente
,
qu'elle
demeuroitfecrete.
Vou+
lant
donc
s'en
aflurer,
il
paf-
foit
les
journées
entières
dans
la
chambre
du
malade,
&
quand
il
y
entroit
quelque
dame,
il
obfervoit
attentivement
ce
qui
fe
pafloit
fur
le
vifage
du
Prin<
S,
ce.
Ïl
remarqua
que,
par
rap=
.
port
à
toutesles
autres,
il
étoit
toujours
dans
une
fituationéga=
pag.
202,
218,
278
;
270,
404:
Roit
Hift.
Anc.
Tom.
1V,
pag,
192,
©
f#ive
le;
ER
le;
mais,toutes
les
fois
que
Stra-
tonice
entroit,ou
feule,
où
avec
le
Roi
fon
mari,
le
jeune
Prin-
cene
manquoit
pas
de
tomber
dans
tous
les
accidens
qué
dé-
erit
Sa»pho
;
dit
Plutarque
;
&
qui
défignent
une
paflion
vio-
lente
;
extinétion
de
Voix,
rou-
.
Seur
enflammée
,
nuage
confus
répandu
fur
les
veux,
fueur
froide
,
prande
inégaliré
&
dé-
Tordre
fenfible
dans
le
poulx
,
&
d’autres
fymptômes
pareils.
Quand
le
médecin
fe
trouva
feul
avec
fon
malade,
il
fçut.,
pardes
interrogations
adroiïtes,
tourner
fi
bien
fon
efprir,
qu'il
tira
de
lui
fon
fecret.
Antio=
chus
avoua
qu'il
aimoit
la
reine
Stratonice
fa
belle
mere
;
qu'il
avoit
fait
tous
fes
efforts
pour
Vaincre
fa
paflion,
mais
tou-
jours
inutilement
:
qu'il
s'étoit
dit
cent
fois
tout
ce
qu'on
pou-
Voit
lui
repréfenter
dans
une
#elle
conjon@ure
,
le
refpect
Pour
un
pere
&
un
Roi
dont
.
&l
étoir
tendrement
aimé
ser
honte
d’une
pañion
illicite
&
_(Centraire
à
toures-les
règles
de
1a
bienféance
&
de
l'honnêteté,
la
folie
d’un
deffein
Pouvoir
&
ne
devoit
jamais
Vouloir
fatisfaires
mais
que
fa
raifon
égarée
,
&
occupée
d'un
feul
objet,
n’écoutoit
rien;
que
Pour
fé
punir
d’un
défir
invo-
lontaite
en
un
feñs,
mais
tou-
jours
criminel
,
il
avoit
réfolu
de
fe
laiffer
mourir
peu
à
peu,
€n
négligeant
le
foin
de
fon
COfPS,
&
en
S’abflenant
de
prendre
de
la
nourriture,
Cétoit
beaucoup
que
d'avoir
don.
XVI,
quil
ne.
ER
pénétré
jufqu'à
la
fource
du
mal;
maïs,
le
plus
difficile
ref
toit
à
faire
,
qui
étoit
d'y
ap=
porter
le
reméde.
Comment
faire
une
telle
propoñition
à
un
pere
&
à
un
Roi?
La
premiere
fois
que
Séjeucus
demanda
cor
1hent
fe
portoit
{on
fils,
Era=
filtrate
lui
répondit
que
fon
mal
Étoit
fans
remede,
parce
qu’il
naifloit
d’une
paffon
fecrete
qui
n’en
avoit
Point,
aimant
uné
femme
qu'il
ne
pouvoit
avoir.
Le
pere,
furpris
&
afigé
de
cette
réponfe,
demanda
pour
quoi
il
ne
pouvoit
avoir
la
ferme
me
quil
aimoit.
Puce
que,
dit
le
tiédecin,
c'ejt
La
mienne
:
Ë>
que
je
ne
la
lui
donnérai
PaSe
Vous
ne
la
céderez
pas,
repartit
lePrince,
pour
fauver
la
vie
à
un
fils
que
j'aime
f£
tendrement
À
Efl=ce
la
l'amitié
qne
vous
avez
Pour
moi
P
Seigneur,
reprit
lé
médecin,
merte-vous
Pour
nr
mOrRent
&
ma
place.
Lui
Céderiez=
Vous
Stratonice
?
Er
fr
VOUS,
Qué
êtes
pere,
ne
Confentiriez
pas
à
lé
faire
pour
un
fils
qui
vous
eft
f
Cher
;
comment
Pouvez
=
yous
croire
qu'ün
autre
Île
fafle
?
Ah;
plit
aux
Dieux,
s'écria
Sélen=<
CUS,
que
la
guérifon
de
mon
fils
né
dépendit
que
de
mon
confentements
Je
lui
céderois
de
font
mon
cœtf,
&
Stratonice,
€
Permpire
inême,
ÆEhbien
dit
Erafifiräte
;
Le
remede
fl
entre
vos
mains
>
Cefl
Strato=
nice
gw'il
aime.
Le
père
n'héfita
Pa$
un
moment,
&
obtint
fans
peine
le
confentement
de
fon
époufe,
Si
l’on
en
croit
Pline
,
Cetfa
.
Ute
-merveilleufe,
qui
rendit
_F04
ER
=
As,
Cécrops
qui
lui
fuccéda
S
Pandore,
&
Métion
;
&
quatre
filles
,Procris,
Créufe
;
Chtho-
nie
&t
Orithye.
Boréas
Thracien
enleva
fa
fille
Orithye,
trois
ans
avant
qu'Eumolpe
inflituât
les
cérémonies
de
la
déefle
Cérès,
dans
Ja
ville
d'Eleufs.
Ses
autres
filles
demeurerent
vierges.
IIrègna
cinquante
ans.
Cérès
étant
venue
à
Athènes
=
la
quinzième
année
du
règne
de
ce
Prince,
montra
aux
Athé-
hiens
à
femer
le
bled
,
que
Triptolème
,
fils
de
Céiée
&
de
Néérée,
fema
dans
lechamp
de
Rharie,
proche
d’Eleufis,
-C'eft
aufli
fous
le
règne
de
ce
Prince,
que
les
marbres
d'Aron-
del
placent
l'enlèvement
de
Pro-
ferpine
,
&
l'inftitution
des
rmyitères
Eleufiniens.
.…
Les
Égyptiens
fourenoient
qu'Erechthée
,
roi
d'Athènes,
Étoit
Égyprien
d'origine
;:
&
voici,
feion
Diodoréde
Sicile,
ce
qu'ils
en
racontoient.
lls-di-
Joient
qu'une
grande
famine
déflolant
toute
la
térre,excepté
l'Egypte,
qui,
du
confentement
de
tout
le
monde,
en
futexémp-
te
par
Ja
bonté
de
fon
terfoir,
-Erechthée
qui
avoit
déjà
quel-
que
alliance
avécles
Athéniens,
eur
poria
des
bleds,
&
queles
Athéniens-le
firent
roi,
en
re-
connoïflance
de
ce
bienfair.
Ayant
accepté
ce
titre,
il
leur
enfeigna
les
facrifices
de
Cé.…
rès
,
&
établit
à
Eleufis
les
myftères
de
cetre
déefe,
tels
qu’ils
fe
pratiquoient
en
Égyp-
1
te.
Ceft
ce
qui
avoit
donné
lieu
de
dire
que
Cérès
étoit
VE-
7
ER
nue
elle-même
à
Athènes,
&
de
placer
en
ce
tems-là
la
dé-
converte
des
bleds,
qui
leur
furent
feulement
apportés
d'ail-
leurs
fous
le
nom
&
fous
les
aufpices
de
cette
déefe.
Les
Athéniens
convenoient
eux-
-
mêmes
du
règne
d’Erechthée;de
cette
famine
,
de
la
venue
de
Cérès
&
du
préfent
qu’elle
leur
fit;
mais
,
de
plus,
ils
avouoient
que
les
facrifices,
les
myftères
&
toutes
les
cérémonies
d
Eleu-
lis
étoient
parfaitement
imités
de
ce
quis’obfervoiten
Égypte.
Erechthée
éft
compté
pour
le
fixième
Prince
qui
aitoccupé
le
trône
d'Athènes,
dontil
s’ém-
‘Pata
au
préjudice
de
Butès
fon
frere.
On
lui
attribue
une
di-
vifion
de
fes
fujets
en
quatre
clafles
,
les
guerriers,
les
arti=
fans
,
les
laboureursiêr
les
pâs
tres,
Ce
Prince
;
après
fa
mort;
fut
placé
au
rang
des
dieux;
&
on
lui
érigeaà
Athènes
un
beau
témple,
dont
on
peut
voir
la
déféription
fous
l’article
de
“cerre
ville.
La
fable,
comme
PHiftoire,
donne
quatre
filles
à
Erechthée:
mais,
élle
ajoûte
que
fes
filles,
par
une
fingulière
bizarrerie
,
-S'engagerent
par
ferment
à
ne
pas
lurvivre
les
unes
aux
au-
tes
;
&
que-fi
l'une
venoit
à
mourir,
les
autres
s'ôteroient
la
vie.
Sur
ces
entrefaites,
Eu
molpe
déclara
la
guerre
aux
Athéniens,
prétendant
que
l’At-
tique
appartenoit
à
fon
pere
;
mais
,
il
fut
vaincu
dans
le
combat
qui
fe
donna
à
cette
occalion.
Neptune
fon
peré->
7
4
ER
Pour
ôter
à
Erechthée
tout
fu-
Jet
de
joie
pour
cette
victoire,
demanda
qu
Othonée,
la
fille
de
ce
Prince
lui
fût
immolée
k
ce
quifutexécuré.
Ses
fœurs
fe
donnerent
la
mort,
&
Erech-
thée
futtué
d’un
coup
de
fou-
dre
que
lui
lança
Jupiter,
à
la
Priere
du
même
Neptune,
ERECHTHÉE,
Erechrhens
:
Epeyledc
,
chafleur
que
Miner-
Ve
prit
foin
d'élever,
&
qu’elle
Htproclamer
roi
des
Atiféniens.
Idonna
fon
nom
àia
ville
d’A-
thènes,
Or
dit
qu'il
fçavoit
ti-
rer
de
l'arc
avectant
d’adrefe,
qu'Alcon
fon
fils
étant
entouré
d’ün
dragon,
il
perça
le
monf-
ire
d'un
coup
de
flethe
fans
blefler
fon
fils.
ERECETHÉE
,
Erechthèus
;
Ereyberc,
nom
que
quelques-
Un$
donnent
à.
Erickthonius
,
#01
d'Athènes:
Voyez
Erichtho=
nius.
ERECHTHÉIDE,
Erechtheis,
Epey0vic
(a)
nom
d’unetribu
de
PAttique.Démoithène
fait
men-
üon
de
cette
tribu
dans
fa
ha=
fangue
contre
Midias,
e
ERECHTHIDES
,
Erechihi-
de;
nom
donné
aux
defcendans
:
d'Erechthée,
roi-d’Athènes.
.—
EREMBES
,
Erembr,
E’reuGor,
(4)
peuples
dont
parle
Ho-
mère.
Ce
fontles
Arabes
Tro-
Blodytes,
fur
les
bords
de
la
mer
rouge,
voilins
de
l'Égypte.
h
avoit
même
corrigé
le
vers
d'Homère
,
GT
au
lieu
de
za!
E
psubous,
dnavoitlu
À
pabas
tes
a)
Demofth.
Orat.
in
Midi.
p,
614.
:
@)
Homer,
Odyf,
L,
1V,
v.
84:
Strab,
E
R
10$
maïs,
il
n’eft
nullement
nécef-
faire
de
corriger
letexte
,
&
de
changer
une
lecon
qui
eft
fort
.
ancienne
€
la
feule
vérirable.
-
Strabon
l’a
fort
bien
vu
;
mais,
il
n’a
pas
feu
la
véritable
origi-
ne
du
nom,
que
Bochart
a
très-
bien
expliquée
dans
fon
livre
admirable
de
la
géographie
facrée.
Car,
il
a
fait
voir
que
lArabie
à
été
ainfi
nommée
du
mot
Hébreu
Arab,
noir;
qu’au
lieu
d'Æran
on
dit
Ereb,
&
que
du
mot
Æreb,
en
Fe
un
m,
On
a
fait
Erembi,
Les
Erem-
bes
font
les
mêmes
queles
Ara-
bes
;
qui
font
bafannés.
Au
ref-
te,
quand
Ménélaüs
dir
qu’il
avoit
été
chez
les
Ethiopiens
&
chez
les
Arabes,
ce
n’eft
pas
pour
dire
qu’il
avoit
tiré
de-ià
de
grandes
richeffes:
car,
avant
la
guerre
de
Troye,
ces
peu
ples étoient
très-pauvres;
c’eft
feulement
pour
fe
vanter
qw'il
avoit
été
fort
loin.
ERES
,
Ere,
E'pal.
(c)
ville
de
PÂfie
mineure
dans
l'Ionie.
Elle
reconnoifloit
les
Teiens
pour.
fes
fondateurs
ou
pour
fes
maîtres.
Elle
étroit
maritime
&
fortifiée.
Il
eft
fait
mention
de
cette
ville
dans
Thucydide,
de
qui
nous
apprenons
qu’elle
fe
laifla
entraîner
dans
une
révol-
te
parles
häbitans
de
Chio.
Le
texte
de
Strabon
lit
Geres,
&
n’en
fait
qu’une
petite
ville.
Le
traducteur
Latin
a
-lu
Eres,
Ere.
ERESE
,
ou
ERESSE,
£refus,
12
23»
47
;
42.
Ce)
Thuoyd,
p,
s6g,
Strab:
p.
644
Yo6
ER
Ereflus;
E'pesoc,
F'prosoc
,
(a)
ville
de
l'ifle
de
Lesbos,
felon
-
plufieurs
anciens
Auteurs.
Elle
étoit
fituée
fur
une
colline
vers
Le
rivage
de
la
mer,à
dix-huit
#Hades
du
promontoire
de
Si-
grium.
Cette
ville
donna
la
naïflance
à
Théophraîfle
&
à
Phanias,
deux
philofophes
Pé-
ripatéticiens,
difciples
d’A-
riftote.
Memnon,
général
de
Darius,
étant
venu
à
Lesbos,
sy
rendit
maître
de
plufieurs
villes,
&
entr'autres
de
celle:
d'Erefle.
Niger
dit
que
-c'eft
aujourd'hui
Fidonia
;
mais
,
le
P.
Hardouin
veut
que
ce
foit
Gérémia.
ERESE,
Erefus,
E’pecoc,
ville
de
l’ifle
d’Ebufe,
felon
_Diodore
de
Sicile.
Voyez
Ebufe.
ERÉSICHTHON
,
Erefich-
thon,
le
même
qu'Erifichthon.
Voyez
Erifichthon.
ERESIES,
Erefie
,
E’rpeclonr
()nom
d’un
lieu
dont
il
eft
-
parlé
dans
l'hymne
pour
Apol-
Jon
,
qu'on
“attribue
à
Ho-
mère.
ERESSE,
Ereffus..
Voyez
Erefe.
=
ERETMÉE,
Erermeus,
(c}
E’perutuc,
jeune
Phéacien,
crès-
“bien
fait
&
erès
difpos
,
fe
pré-
fenta
pour
un
combat
de
courfe
ue
donna
le
roi
Alcinoüs.
“ERÉTRIAQUES,
Eretrici,
(d)
ça)
Strab,
p.
618.
Plin.
T:1.
p.288,
‘Freinsh.
Suppl.
in
Q:Curt.
LIT.
c.
12.
Thucyd,
p.
183,
192»
570,
5714
(b)
Homer,
Hyimn.ïin
Apoll,
(c)
Homer:
Odyff
Le
VIIT,
v:
112,
(4)
Strab,
p,
393.
Cicer
de
Orat,
L,
TS,
36,
Mém.
de
PAcad,
des
In{ctipt,
&-Bell,
Leur,
Tom,
IV,
p;
10,
:
ER
Eretriaci,
E’perpianol,
nom
d'une
fete
de
Philofophes
,
dont
on
attribue
la
fondation
à
Méné-
deme.
On
appella
cette
feéte
la
fete
Erétriaque
;
“parce
qu’elle
prit
naiffance
à
Erétrie.
Les
Érétriaques
,
ain
se
les
Mégariques
fondés
par
Eu-
clide
;-s’éloignoient
peu
du
fy£
tême
de
Socrate
&
de
Platon.
Euclide.
foutenoit
que
le
bien
capable
de
faire
des
heureux,
éroitun
bien
unique,
uniforme,
toujours
le
même,
toujours
af-
furé.
Ménédeme
plaçoit
toutle
bien
de
l’homme
dans
l'efprit,
&
dans
cette
partie
de
l’efprit
qui
a
la
vérité
pour
objet.
On
trouva
trop
de
fubtilité
dans
ce
bien
unique,
&
trop
de
fpi-
ritualité
dans
ce
plaifir
indé-
pendant
des
fens.
Peut-être
aufli
que
cette
droctrine
parut
furan-
née.
La
fecte
Mégarique
fut
du
moins
plus
connue
par
fon
amour
pour
la
difpute
,
que
par
fes
dogmes
fur
La
morale,
&
la
fete
de
Ménédeme
s’éteignit
infenfiblement.
ERETRIE
,
Ererria,
(ce)
E’pérpiæ
,
ville
confidérable
de
l'ifle
d'Eubée,
fituée
fur
PEuri-
_pé,
à
l’oppofite
du
port
de
PAtrique,
appellé
Delphinium,
qui
n'en
éroit
éloigné
que
de
quarante
ftades.
Cette
ville
étoit
la
plus
grande
de
l’ifle
Ce
Strab.
p.
293:
403»
446.
&
fege
Plin.
FL.
I.
p.211.
Pauf.
p.415.
Pomp.
Mel.
p.
145.
Prolém.
L.
HE
c,
15.
Tite
:
Liv,
E.
XXXII
©.
16,
Corn::
Nep.
in
Miltiad.
©.
4
in
Pauf,c.2.
Plut.
T.T.
pag.
746,
747.
Vell.
Paterc.
L,
I.
c,
4-
Roll.
Hift.
Anc,
Tom,
Il,
p.149
»
1629
163
55
Serbe
RE
/
ER
après
celle
de
Chalcis.
On
la
nomma
d’abord
Mélanéis
&
Arotrie.
Elle
fut
fondée
par
les-Athéniens
avant
la
guerre
de
Troye;
&
après
cette
guer-
te,
ils
y
envoyerent
une
nou-
velle
colonie
fous
la
conduite
d'Eclus.
——
Cette
ville,
s'étant
depuis
fort
accrue,
fe
trouva
elle
mé-
me
en
état
d'envoyer
d'illuftres
colonies
dans
la
Macédoine.
Ges
colonies
fonderent
des
villes
aux
environs
du
premon-
toire
de
Pallene
&
du
mont
Athos.
Erétrie
avoit
dans
fa
dépendance
une
ville
nommée
Tamynes
&
un
temple
d’Apol-
Jon,
bâti,
dit-on,
par
Admete,
près
du
détroit.
Elle
avoit
auf
un
village
appellé
Amarynthus,
qui
n’en
étoit
éloigné
que
de
fept
ftades.
L'ancienne
ville
fut
tuinée
par
les
Perfes,
lorfque
cès
barbares
;
comme
dit
Héro-
dote,
en
envelopperent
les
ha-
bitans
par
leur
multitude,
comme
avec
un
filet.
Du
rems
de
Strabon,
on
en
montroiten-
core
les
fondemens
,
&
on
ap-
pelloit
ces
ruines
l’ancienne
Erétrie.
À
Rien
me
prouve
mieux
quell
fur
autrefois
la
puiflance
des
Erétriens,qu’une
colomne
qu'ils
avoient
confacrée
dans
le
tem-
plé
de
Diane
Amarynthie.
L’inf
tription
portoit
qu'ils
avoient
Conduit
en
pompe
trois
mille
hommes
pefamment
armés,ayvec
fix
cens
cavaliers
&
60
chars.
ls
commandoient
aux
habitans
des
ifles
d'Andros
,
de
Ténédos,
de
Cée
&
de
plufieurs
autres.
=
ER
107
Leur
fréquentufage
de
la
lettre
r,
non
feulementà
la
fin
,
mais
au
milieu
des
mots
,
les
expofa
plus
d’une
fois
aux”railleries
des
comiques.
L’eftime
qu’on
avoit
cependant
conçue
pour
leur
ville,
foit
en
rems
depaïx,
foit
en
tems
de
guerre,
étoit
telle,
que
plufieurs
Philofophes
voulurent
y
établir
leur
féjour,
témoin
Ménédeme
qui
y
fonda
une
école,
dont
les
difciples
en
furent
appellés
Philofophes
Erétriaques.
L'an
490
avant
l'Ére
Chré-
tienne,
Darius
fit
partir
pour
Ja
Grece
Dais
&
Artapherne,
avec
ordre
de
mettre
au
pilla-
ge
la
ville
d'Erétrié,
d’en
brû-
ler
toutes
les
maïifons
&
tous
les
temples
,
d’en
faire
prifon-
niers
tous
les
habitans
,
&
de
les
lui
envoyer;
€
pour
cet
effet,
ilsc
s'étoient
munis
d’un
grand
nombre
de
chaînes.
Îls
mirent
à
la
voile
avecune
flot.
te
de
cinq
ou
fix
cens
vaifleaux,
&
une
armée
de
cinq
cens
mille
hommes.
Après
s'être
rendus
maîtres
fans
peine
desifles
de
la
mer
Égée,
ils
firent
route
vers
Erétrie,qu'ilsemporterent,après
un
fièce
de
fept
jours,
par
la
trahifon
de
quelques-uns
des
principaux
habitans
,
la
rédui-
firent
en
cendres,
mirent
aux
fers
tous
ceux
qu'ils
y
trouve-
tent,
&
les
envoyerent
en
Perfe.
Darius,
contre
leur
ar-
tente,
les
traita
avec
bonté,
&
leur
donna
pour
habitation
un
village
du
pais
de
Cifhie
,
qui
n’étoit
qu’à
une
journée
de
Su-
fe
;où
Apollon
de
Fyane
trou-
108
ER.
Va
encore
de
leurs
defcendans
fix
cens
ans
après.
Dans
le
tems
que
Philippe
de
Macédoine
regardoit
l'Eu-
bée
comme
fort
propre
par
fa
fituation
à
favorifer
le
deffein
qu’il
méditoit
contre
la
Grece,
Plutarque,
maître
d'Erétrie,
VPune
des
principales
villes
de
cette
ifle,
demanda
du
fecours
aux
Athéniens
;
mais,
l'ayant
obtenu
,
il
paya
fesbienfaiteurs
d'ingratitude
;
il
fe
déclara
pour
leurs
ennemis,
&
confpira
ou-
vertement
contre
ceux
-qu'il
avoit
appellés.
Phocion
com-
mandoit
l’armée
auxiliaire
d’A-
thènes.
La
perfidie
imprévue
ne
le
déconcérta
point.
[1
pour-
fuivit
fon
entreprife
,
gagna
une
bataille
contre
Philippe,
&
chafla
Plutaraue
d’Erétrie,
D'un
aurre
côté,
les
Erétriens
furent
chaflés
de
Porthmus,
au-
tre
place
de
l’Éubée
,
par
Phi-
Hppe,_
dont
ils
avoient
pris
le
parti
comme
de
leur
allié.
Erétrie
fut
afiégée
l'an
198
avant
l’Ére
Chrétienne
,
par
trois
flottes
à
la
fois
,
dont
l’u-
ne
étoit
commandée
par
le
roi
Attale
,
une
autre
par
le
Rho-
dien
Agéfimbrote
,
&
la
troiliè-
me,
celle
des
Romains,
par
L..
Quintins.
Ces
trois
flottes
attaquoient
Erétrie
de
toutes
leurs
forces
;
car,
elles
avoient
apporté
avec
elles
toutes
lés
machines
dont
on
fe
fert
pour
battre
les
murailles
d’une
ville:
&
le
païs
leur
fournifloit
du
bois
en
abondance
pour
les
nouveaux
ouvrages
qu'il
leur
faudroït
faire.
Les
habirans
fe
ER
défendirent
d’abord
avec
beats
coup
de
courage;
mais,
voyant
la
plûpart
des
leurs
accablés
de
fatigue
&
couverts
de
bleffu=
res,
&
une
partie
des
murail-
les
abattue
,
ils
étoient
affez
portés
d’eux
mêmes
à
fe
ren-
dre.
Mais,
ils
avoient
chez
eux
une
garnifon
de
Macédo-
niens
qu'ils
n’appréhendoïent
guère
moins
que
les
Romains
3
&
d'ailleurs,
Philoclès,
Lieu-
tenant
de
Philippe,
leur
man
doit
de
Chalcis,qu'ils
n’avoient
qu'à
tenir
bon,
&
qu’il
vien-
droit
à
leur
fecours
affez-
tôt
pour
fauver
la
ville.
Certe
efpérance
qui
foutenoit
leur
crainte,
les
ohliseade
prolon:
ger
le
fisge
plus
que
leur
in=
tention
&
leurs
forces
neleleur
permettoient.
Maïs,
quand
ils
virent
qe
Philoclès
avoit
été
repouflé,
&
s’étoit
retiré
en
défordre
à
Chalcis,
d’oùilétoir
parti,
ils
envoyerent
aufli-tôt
des
Ambafladeurs
à
Attale,pour
le
prier
de
leur
pardonner,
&
d’intercéder
pour
eux
auprès
du
général
Romain.
Après
cette
démarche,
pendant
qu'ils
fe.
défendent
plus
mollement
dans
l'efpérance
de
la
paix,
&
que
négligant
les
autres
parties
de
la
ville,
ils
n’oppofent
leurs
troupes
qu'à
l'endroit
du
mur
où
l'on
faithreche,
L.
Quintins
la
prit
par
efcalade,
en
l’at=
taquant
pendant
la
nuit,
par
le
côté
qu'on
avoit
laïffé
fans
défénfe.
T'ous
les
habitans,avec
leurs
fémmes
&
leurs
enfans,
fe
réfugierent
dans
la
citadel«
le,
&
peu
dé
tems
après,
fe
ER
teñdirent.
Les
vainqueurs
n’y
trouverent
pas
beaucoup
d’or
ni
d'argent
,
mais
des
ftatues
&
des
tableaux
d’un
travail
an-
tique,
&
d’autres
ornemens,
beaucoup
plus
qu'ils
ne
l’ef-
péroïient
par
proportion
aux
au-
tres
effets,
&
à
la
grandeurde
la
place.
On
prétend
que
cette
ville
qui
fubfifte
encore
aujourd’hui,
fe
nomme
à
préfent
Rocho.
ÆRÉTRIE,
Ærerria
,
(a)
E’pér
pret
;
Ville
de
Grece
dans
LR
Theffilie,
&
pour
parler
pas
jufte,
dans
la
Phthiotide.
tolémée
lit
Erétriesen
pluriel.
Cette
ville
fut
détruite:
par
Philippe
de
Macédoine,
lan
198
avant
J.
C.
ERÉTRIENS,
Eretrienfes
,
E
perpleec,
(2)
les
habitans
d'É-
-
rétrie
d'Eubée,
Hérodote
dit
quils
étoient
Toniens.
Foyez
Érétrie.
:
ERÉTRIENS,
Eretrienfes
,
Eperpiesé
,
colonie
de
l'ifle
d'Eubée,
établie
dans
la
Baby-
lonie.
Philoftrate,
dans
la
vie
d'Apollonius
de
Tyanes,
dit
que
ce
fur
Darius
qui
y
mena
cette
colonie.
Il
femble
à
Or-
télius
que
ce
peuple
étoit
aux
£nvirons
d'Ecbatane.
ERÉTUM,
Ererum,
(c)
Homrvè,
ville
des
Sabins
dans.
Ombrie,
felon
Strabon,
Tite-
Live,
Étienne
de
Byzance
&
irgile.
Le
premier
dit
que
ce
lieu
reffembloit
plus
à
un
vil-
Ca)
Strab.
p.424.
Prolem.
EL,
IF
c.
a3:
Tir.
Liv.
L,
KXXII.
ce.
13
b)
Herod,
L.
VIIL.
c.
46:
£)
Strab,
P:
2884
Tit
Liv:
E:
Ill,
C»
Cé
|
ER
10
lage
qu'à
une
ville.
Elle
étoit.
a
107
ftades
de
la
ville
de
Ro-
me,felon
Denys
d'Halicarnafles
&
Antonin
la
mer
à
dix-huit
milles.
C’eft
préfenrement
Mon<
te
Rotondo
dans
la
Sabine.
L'an
2t1
avanc
l’Ére
Chré-
tienne
,
on
publia
plufieurs
pro-
diges,
&
celui-ci
entre
autres
;.
qu'il
avoit
plu
des
pierres
à
Érétum,
Pour
expier
ces
pro-
diges,
on
immola
les
grandes
victimes,
&
on
ordonna
une
procefflion
d’un
jour
pour
tout
le
peuple,
&
des
prieres
publi-
ques
pendant
neuf
jours.
EREUTHALION
,
Ereu-
thalion
,
E'peutanlor
,
(d)
écuyer
d’Areithoüs
,
roi
d’Arcadie,
Prince
qui
n’avoit
pour
toutes
armes
,
qu'une
maflue
armée
de
fer.
Ce
Prince,
dans
fa
vieï-
lefle,
en
fit
préfent
à
Eréutha-
Bon,
qui,
devenu
plus
fier
&
plus
audacieux
par
fes
riches
dépouilles,
défioittous
les
plus
vaillans
;
&
les
plus
vaillans
fai-
fis
de
crainte
,
n’ofoient
parot-
tre
devant
lui.
Un
jour,
Neftor,
honteux
&
las
de
fes
infultes,
fe
préfenta
pour
le
combat,
quoïque
bien
jeune
alors.
Aufh,
Ereuthalion
méprifa-til
fa
jeu-
nefle.
Mais,
Neltor
ne
laïfla
pas
de
l’attaquer
avec
tant
d’auda-
ce,
qu'enfin
Minerve
fecondant
fes
efforts
,
il
abattit
à
fes
pieds:
ce
redoutable
ennemi
qui
étoit
d’une
taille
prodigieufe
,
&
d'üne
force
proportionnée
à
fa
29,
L.
XXVI,
c.
17
,
23.
Virg,
Æneid,
EL.
VI.
v.wr11.
(d)
Homer.
Iliad.
L.
IV,
v.
319.
E,
VII,
Ve
136
110
ER
taille.
À
la
vue
de
ce
vaite
corps
étendu
fur
la
terre,
on
étoit
encore
faifi
de
frayeur.
EREUTHE,
Æreuthe
,
dont
il
eft
fait
mention
dans
l’hymne
à
Apollon,
qu'on
attribue
à
Homère.
ee
ERGANÉ,
Ergane,
Epyc
ns
furnom
de
Minerve.
Voyez
Mi-
nerve
Ergané.
ERGATIES,
ÆErgatia,
(a)
fêtes
que
l'on
célébroit
à
Spar-
te
en
l'honneur
d'Hercule
&
en
mémoire
de
fes
travaux.
ERGAVICE
,
Ergavica,
(b)
E’pyacvixæ
,
ville
des
Celribe-
riens
dans
l’Efpagne
Tarrago-
noife.
On
a,
outre
l'autorité
de
Prolémée,
qui
en
parle,
plu-
fieurs
médailles,
entre
autres,
une
d'Augufte
avec
ces
mots
:
MUN.
ERGAVICA
,;
&
une
autre
de
Tibere
avec
ce
mot:
-
ER
GAVICA.
Une
ancienne
infcription
dans
le
recueil
de
:
Gruter
porte
auf
ce
nom.
M.
CALP.
M.
LUPO
FLAM.
P.
H.
C.
EX
CONVEN.
CÆSAR.
ERCAVIC,
C'eft-à-dire,
Marco
Calpurnio,
Marci
Filio,
Lupo
Flamini
Pro-
vincie
Hifpanie
Citerioris
ex
Conventu
Cafarauguflano
,
Er-
cavicenfi.
Dans
ce
dernier
mot,
le
C
eft
pour
le
G.
Pline
a
rangé
dans
l’affem-
(ay
Antiq.
expl.
par
D.
Bern.
de
Montf.
Tom.
Il,
p.
216,
=
*
(8)
Prolem,
L.
I,
c.
6.
Tit,
Liv.
L.
XE,c,
49.
Plin.
T.
I.
p.
142.
(ec)
Prolem,
L,
IL.
c,
6.
-
:
EEK
blée
de
Sarragoce
[
ir
Caæfar:
augufiano
Conventu,
]
un
pet-
ple
qu'il
nomme
Ergavicenfes.
Îl
ny
a
pas
de
doute
que
dans
le
paflage
du
quarantième
li=
vre
de
Tite-Tive
,
il
ne
faille
;
lire
Ergavica,
au
Leu
d'Erga=
via
,
qui
y
eft
qualifiée
noble
&
puiflante
cité;
ce
qui
con=
vient
mieux
à
Ergavice
qu'à
la
petite
ville
d'Ergavie.
C’eit
le
fentiment
du
fçavant
Sigonius,
&
de
Cellarius.
Les
Efpagnols
riennnent
que
c’eft
préfentement
Alcanniza,
à
fept
lieues
de
TFortofe.
Mo-
ralès
l'approche
davantage
de
Tolede
,
&
croit
que
c’eft
le
lieu
nommé
à
préfent
Penna
Efcritta
ou
Santaver.
ERGAVIE
,
Ergavia,
{c}
E’pyœoutæ
,
ville
de
l’Efpagne
Tarragonoife
,
felon
Prolémée.
C'eft,
felon
quelques
moder-
nes
,
Ygualada
,
en
Catalogne.
Îl-ne
faut
pas
confondre
cette
ville
avec
celle
dont
il
eft
arlé
dans
l’article
précédent.
ERGENNA,
Ergenna,
(d}
nom
d’un
harufpice
,
dont
il
eft
fait
mention
dans
une
fatyre
de
Perfe.
ERGINUS,
Erginus
;
(ce).
E’pyivoc,
fils
de
Cilyménus,
roi
d’Orchomene.
Ce
Prince
ayant
été
tué
pafles
Thébains,
avec
qui
il
avoit
pris
querelle
pour
un
fort
léger
fujet,
Erginus
l’aîné
de
fes
fils,
lui
fuccéda
;
(d)
Perf.
Satyr.
2.
v.
26.
te)
Diod.
Sicul,
pag.
152,
Pauf.
page
567,
598»
599.
Mém,
de
l’Acad.
des
Infcript,
&
Bell.
Lett.
T,
IV,
p.
506
TL,
X,
pe
347.
Ô
Juive
ER
|
‘&
voulant
venger
la
mort
de
fon
pere,
il
leva
une
armée
avec
fes
freres,
vint
attaquer
les
Thébains,
les
tailla
en
piè-
ces,
&
ne
mit
les
armes
bas,
qu'à
condition
qu'ils
lui
paie-
roienttous
les
ans
un
tribut
par
manière
de
farisfaction.
Ce
Prince
envoyoit
donc
chaque
La
A
/\
.
+
année
à
Thèbes
des
commiflai-
res
pour
exiger
ce
tribut;
ce
qu'ils
faifoient
en
outrageant
les
habitans.
Hercule
réfolut
de
délivrer
les
Thébains
de
cette
fervitude.
En
effet,
ceux
d’entre
les
Orchoméniens
qui
venoient
de-
mander
le
tribut,
étant
arrivés
à
Thebes
pendant
que
ce
Hé-
ros
y
éroit,
&
ayant
fait
tou-
tes
fortes
d’injures
aux
ci-
toyens,
il
les
mit
hors
de
la
ville,
après
{eur
avoir
coupé
Jes
extrémités
du
corps.
Ergi-
nus
demanda
le
coupable
;
&
Créon,
roi
de
Thebes
,
crai-
gnant
fa
puiflänce,
étoit
près
de
le
livrer.
Mais,
Hercule
ayant
perfuadé
à
de
jeunes
gens
de
fon
âge
de
délivrer
leur
pa-
trie
,.
leur
donna
les
armes
qui
étoient
fufpendues
dans
les
temples
,
&
qui
faifoient
partie
des
dépouilles
des
ennemis
que
leurs
ancêtres
avoient
confa-
Crées
aux
Dieux
;
car,
il
étoit
impoffible
de
trouver
dans
tou-
te
la
ville
dés
armes
qui
ne
fuf-
fenr
pas
confacrées;
d’autant
que
les
Orchoméniens
avoient
enlevé
aux
Thébains
toutes
les
autres,
afin
de
leur
ôter
toute
fee
de
révolte.
Hercule
Jane
appris
qu'Érginus
s'ap-
ER
TIT
prochoiït
avec
fes
troupes,
l’ar-
tendit
dans
un
pañlage
étroit,
&
rendant
par-là
leur
grand
nombre
inutile,
il
tua
Erginus
même
,
&
fit
périr
prefque
tou-
te
fon
armée
avec
lui.
Telle
eft
latradition
qu'a
fuivie
Diodore
de
Sicile.
“3
:
Selon
Paufanias,
Erginus
ne
fut
point
tué
par
Hercule
:
mais
,
voyant
fes
fujets
réduits
à
la
dernière
extrêmité
,
il
ft
la
paix
avec
Hercule.
Enfuite
|
uniquement
occupé
du
foin
de
rétablir
fes
affaires
&
de
re-
couvrerfonancienne
opulence,
ilfe
trouva
vieux
fans
avoir
encore
fongé
à
fe
marier.
En-
fin,
après
avoir
amaflé
de
grandes
richefles
,
il
voulur
avoir
des
enfans,
&
dans
ce
dé-
fix
,
il
alla
confulter
loracle
de
Delphes.
La
Pythie
lui
répon-
dit
en
termes
énigmatiques,
qu’il
s’en
avifoit
bien
tard,
mais
que
cependant
il
pouvoit
beau
coup
efpérer
d’une
jeune
fem
me.
Conformément
à
cet
ora-
cle,
il
époufa
une
jeune
per-
fonne,
&
il
en
eut
deuxfils,
Trophonius
&
Agamede.
Quel-
ques-uns
néanmoins
ont
cru
que
Trophonius
étoit
fils
d’A-
pollon.
Pindare
fait
un
éloge
magni-.
fique
d’Erginus
dans
une
defes
odes.
»
Les
épreuves,
dit
ce
»
Poëte,
changerent
autrefois
»
en
admirationle
méprisé&les
»
railleries
que
les
femmes
de
»
Lemnos
faifoient
du
fils
de
»
Clyménus
fur
fes
cheveux
»
blancs.
Vainqueur
dans
la
»
Carrière
où
l’on
çourt
armé
Yi
ER
»
detoutespièces,
vous
Voyez,
»
dit-il
à
Hypfpyle,
en
s’a-
»
vançantpour
recevoir
la
cou-
»
tonne
de
fes
mains,
vous
»
voyez
quel
homme
je
fuis
>
dansla
courfe
;
la
force
de
»
mon
bras
&
mon
courage
»
égalent
l'agilité
de
mes
pieds.
»
Ne
jugez
“plus
par
les
che-.
»
veux
blancs,
qui
viennent
»
fouvent
avant
le
tems
aux
»
plus
jeunes
&
aux
plus
ro-
»
buftes.
«
Cette
circonftance
des
che:
veux
blancs,
qui
étoient
ve-
nus
à
Erginus
dans
le
tems
qu’il
jouifloit
encore
de
toute
la
vi-
guéur
de
l’âge
,
donna
lieu
à
ce
proverbe
:
d'Erginus
,
pour
dite
des
che-
veux
blancs
qui
cachent
beau-
coup
de
force
&
de
courage.
ERGINUS
,
Erginus,
(a
a)
E’pyiv06
»
célcbre
Argonaute,
qui
partagea
la
fonction
de
pilote
avec
Liphys.
[1
n’a
pañlé
fans
doute
pour
être
fils
de
Neptune,
que
parce
qu
’ilétoit
habile
dans
la
navigation:
Pendant
le
voya-
ge
de
la
Golchide,
il
fignala
fon
courage
en
plufieurs
ren-
contres.
Îl
difputa
dans
l'ifle
de
Lemnos
,
le
prix
de
la
courfe,
&
le
remporta
fur
les
fils
même
de
Borée.
IF
yen.
a
beaucoup
qui
croient
que
cet
Erginus
eft
le
même
que
celui
dont
il
eft
parlé
dans
l’article
précédent.
ERGINUS
,
Erginus
,
(b)
E
pyiv0s
x
ni
de
Corinthe,
Ca)
Myth.
par
M.
l’'Abb,
Ban.
Tom,
pe
247.
VI:
p.286.
Mém,
de
Acad,
Re
dc
Bell,
Letr.
T,
I1K,
pag.
85.
T
Les
cheveux
blancs.
ER
:
miais
Syrien
de
nation
,
ayoït
trois
freres,
dont
l’un
nomnié
Diociès
,
étoirfoldat
de
la
gara
nifon
de
la
ville.
Erginus
ayant
volé
avec
fes
deux
autres
fre
res,
del’
argent
qui
appartenoit
au
roi
de
Macédoine
,
ils
fe
retirerent
enfemble
à
Sicyone,
&
mirent
une
partie
de
cetar=.
gent
entre
les
mains
d'un
bans
quier
qui
fe
nommoïr
Egiasi
Cela
produifit
une
forte
de
fa
miliarité
entre
Erginus
&
ce
barquièr:
Celui-cr1
avoir
de
grandes
relations
avec
Aratuss
qui
en
ce
tems-là
cherchoitune.
occafon
de
s'emparer
de
la
€Ë
tadelle
de
Corinthes
Un
jour
qu'Égias
s’entrétenoit
avec
Era
sinus,
il
ft
tomber
la
conver-
on
un
cette
citadelle
ée
la
garnifon
qui
y
étoit.
Erginus
lui
dit
que
comme
il
alloit
fouvent
pour
voir
fon
frere,
il
avoit
remarqué
dans
le
côté
le
plus
efcarpé,
un
petit
fenrier
taillé
entravers
dans'le
roc,
&
qui
conduifoit
à
|
droit
où
Ja
muraille
du
château
éroit
très:
bafle.
À
ces
MOIS
;
Egias
fe
pre-
nant
à
rire
&
à
badiner,
Jui
dit:
_
quUO1,
MON
ami,
pour
Ce
peu
d'arcent
vous
allez
déranger
toutes
les
affaires
du
Roï,
lorfque
vous
pourrie?
vendre
une
feule
heure
de
votre
tems
des
Jommes
immenfes
?
Sivous
étiez
pris,
n6
vous
-feroir-on
pas
mourir
pour
ce
petit
wol
,
comme
fr
vous
aviez
lie
-vré
la
citadelle.
Alors,
Erginus
riant
aufh
à
fontour
,
lui
PSS
a
fiv.
(b)
Plut.
T.
I.
p,
1035.
d°
feq:
Rolf
ii
Anc,
T,
IV.
283.
@'
fuiv,
Le
de
fonder
fur
cela
fon
frere
Dioclès,
&
lui
dit
qu’il
ne
fe
foit
pas
beaucoup
à
fes
autres
freres.
Peu
de
jours
après
il
revinr,
&
fe
chargea
de
conduire
Ara-
tus
à
l'endroit
où
la
muraille
n'avoit
pas
plus
de
quinze
pieds
de
hauteur,
&
de
lui
aider
à
exécuter
le
refte
de
fon
entre-
prife
avec
fon
frere
Dioclès.
Aratus,
de
fon
côté,
promit
de
leur
donner
foixante
talens
Al
l'affaire
réuffifloit
;
f
elle
man-
quoit,
&
qu’ils
revinflent
lui
.
&
eux
fains
&
faufs
,
il
leur
€ngagea
fa
foi
&
fa
parole,
qu'il
leur
donneroit
à
chacun
une
maïfon
&
un
talent.
Mais
:
comme
il
falloit
que
ces
foixan-
te
talens
fuflent
dépofés
chez
le
banquier
pour
la
fûrere
d’Er-
ginus
&
de
fon
frere,
&
qu'A-
Tatus
ne
Îles
avoit
pas,
&
ne
Vouloïit
pas
les
emprunter,
de
peur
de
donner
du
foupçon
&
d'éventer
fon:
entreprile,
il
prit
la
plus
erande
partie
de
fa
Vaiflelle
d’or
&
d'argent
&
les
joyaux
de
fa
femme,
&
les
mit
€n
gage
chez
Egias
pour
toute
la
fomme.
.
L'entreprife
,
qui
étoitfi
dan-
gereufe
par
elle-même
,
devint
Encore
plus
dangereufe
par
une
aute
quePon
commitpar
igno-
Tance
dès
le
commencement.
Technon
,
efclave
d'Aratus,
fut
ENVOYÉ
pour
réconnoître
la
mu-
raille
avec
Dioclès
qu’il
devoir
Joindre.
[Il
né
connoïfloit
pas
fon
vifage,maisil
croyoitavoir
fa
figure
&
fes
traits
fufifam-
Mentempreints
dans
fon
efprit,
dom.
XL
E
R
113
fur
la
peinture
qu’Erginus
lui
én
avoit
faite
,
en
lui
difant
qu'il
étoit
brun,
qu'il
avoit
les
cheveux
frifés
,
&
qu’il
n’avoit
point
de
barbe.
Étant
donc
ar-
Tivé
au
lieu
où
on
lui
avoit
or
donné
de
fe
rendre,
äl
s'affr
devantles
portes
de
la
ville,
en:
un
endroit
appellé
Ornis,
&
là
il
attendoit
Erginus
,
qui
de=.
voit
venir
avec
{on
frere
[io
clès.
Par
hazard,
dans
ce
moment
pañle
par-là
un
autre
frere
d’Erginus
&
de
Dioclès
,
qui
avoit
nom
Denys,
quine
fça-
voit
rien
du
complot,
avec
le-
quel
ils
n’avoient
aucune
intel-
ligence
,
&
qui
refembloitpar-
fairement
à
Dioclès.
Technon
ne
l’eut
pas
plutôt
apperçu,
que
frappé
de
cette
reflemblan-
ce,
fur
les
enfeignes
qu’on
lui
avoit
données,
il
laborda,&
lui
demanda
s’il
ne
connoifioit
pas
Erginus
|,
&
s’il
navoit
pas
avec
lui
quelque
commerce,
Denys
répondit
qu’il
étoit
fon
frere.
Sur
ce
mot
de
frere
:
Technon
ne
douta
point
qu’il
ne
parlât
à
Dioclès
:
&
fans
lui
demander
fon
nom
,
&
fans
at-
tendre
d’autre
indice
fur
lequel
ilpôts’aflurer,
il
lui
parla
de.
la
trame
avec
Erginus,
&
lui
fit
fur
céla
beaucoup
de
quef-
tions.
Denys
profita
finemenr
de
fon
erreur,
répondit
en
avouant
tout
,
comme
s’il
étoit
du
complot;
&
reprenant
le
chemin
de
la
ville
,il
y
condui-
foit
doucement
Technon
en.
s’éntreétenant
avec.
lui,
fans
lui
donner
le
moindre
ombrage.
H
Y20
ER
:
Théfée
tua
le
fameux
bandit
Polypémon
,
furnommé
Pro-
cruite.
ERINÉE
,
Erineus
,
Epweoc,
(2)
fleuve
de
Sicile,
au
rap-
port
de
Thucydide.
Ptolémée
l'appelle
Orinus.
ERINNE,
Erinna,
dame
Grecque
,
qui
faïfoit
fort
bien
des
vers,
vécut
du
tems
de
Sa-
pho.
ERINNYENS
,
Erinnyi,
(b)
E’oiwvo:
,
nom
qu'Hérodote
fem-
ble
donner
à
un
peuple,
chez
qui
il
met
un
oracle.
Ce
fut
fur
la
réponfe
de
cet
oracle,
que
Pon
bâtit
un
templeà
Laius
&à
Œdipe.
ERINNYS,
ÆErinnys,,
(c)
E‘rwoç,
furnom
donné
à
Cérès.
On
voyoïit
près
de
la
ville
de
Thelpufe
en
Arcadie,
un
tem-
ple
de
Cérès
Erinnys
;
felon
Paufanias
;
&
cet
Auteur,
pour
preuve
de
fon
fentiment,
cite
un
vers
du
poëte
Antimaque,;où
Cérès
eft
appellée
Erinnys.
Voici
pourquoi
elle
fut
ainfi
fur-
nommée.
Dans
le
tems
qu’elle
cher-
choit
fa
fille
par
le
monde,
Neéptune,épris
de
fabeauté,vou-
lut
avoir
fes
bonnes
graces.
La
déeffe,
pour
éviter
les
pourfui-
tes
du
Dieu,
fe
métamorpnofa
en
jument,
&
pañla
quelque
tems
parmi
les
cavales
d’On-
cus.
Neptune
fe
voyanttrompé,
trompa
la
déefle
à
fon
tour;
il
ER
|
prit
la
figure
d’un
cheval
,
&
parVint
à
ce
qu'il
fouhaitoit.
Cérès,
au
commencement,
fe
mit
.
fort
en
colère,
mais
enfuite
elle
s’appaifa,
&
l'on
dit
qu’el-
le
prenoit
plaifir
à
s’aller
baï-
gner
dans
la
rivière
de
Ladon.
Cette
aventure
lui
fit
donner
les
furnoms
d'Erinnys
&
de
Lu-
fia
;
de
premier
à
caufe
du
mot
Grec,qui,
dans
le
langage
des
Arcadiens,
fignifioit
être
en
fureur
;
le
fecond,
parce
qu’el-
le
s’étoit
baignée
dans
le
La-
don.
Les
deux
flatues
qui
re-
préfentoient
Cérès
fous
ces
déux
noms,
étoientde
bois,
à
la
réferve
du
vifage,
des
mains
@&
des
pieds,
qui
étoient
de
marbre
de
Paros.
Cérès
Erin-
nys_
tenoit
un
flambeau
de
la
main
droite,
&
une
corbeille
de
la
gauche
;
c’étoit
une
ffa-
tue
de
neuf
pieds
de
haut,
celle
de
Cérès
Lufia
n’en
avoit
pas
plus
de
fix.
Le
mot
Ærinnys
vient
du
verbe
E'hwvyer,
furere,
être
en
fureur,
être
hors
de
foi.
D’au-
tres
le
tirent
de
Epic
vou,
dif-
cordia
mentis.
:
ERINNYS
,
Ærinnys,
(d)
Epwwc,
nom
d'une
Furie
,
où
plutôt
nom
commun
aux
trois
Furies.
C’étoient
les
Grecs
qui
leur
donnoïent
ce
nom.
El
y
avoit
à
Athènes,
felon
Paufa-
nias,
un
temple
de
ces
déefles
que
les
Athéniens
qualifioient
(a)
Thucyd.
pe
552>
554.
Ptolem.
L.|V.
pag.
46,
47.
T,
VIE.
p.
294:
AIT.
c.
4.
(b)
Herod.
L;
IV$:c:
149.
(d)
Pauf.
p.
ç2.
Virg.
Æneid.
L.
IF.
Vs
337
3
573:
L.
VII.
v,
447,
570,
Ovid.
Kc)
Pauf,
pag.
404,
405.
Mém,
de
|
Metam.
L,
I,
c.
0,
L,
IV,
c6,
PAcad,
des
Infcript.
&
Bell,
Lett,
Tom.
ER
féveres
,
&
qu'Héfiode
,
dans
fa
théogonie
,
appelle
du
nom
d'Erinnys.
Efchyle
eît
le
pre-
mier,;
ajoûte
Paufanias,
qui
a
eint
qu’elles
avoient
les
che-
veux
entrelacés
de
ferpens.
Cette
peinture
a
été
imitée
par
les
autres
Poëtes.
Voyez
Fu-
ries.
:
:
ERIOCH
»
Erioch
;
Efnoy
:
(a)
roi
des
Eliciens,
felon
la
Vulgate,
ou
Arioch,
roi
des
Elyméens,
felon
le
Syriaque.
On
trouve
dans
la
Génèfe
un
Arioch,
roi
d'Ellafar,
On
ne
connoît
pasle
païs
des
Eliciens,
mais
celui
des
Elyméens
ou
des
Elamites
,
qui
eff
celui
des
an-
ciens
Perfes.
L'Écriture
nous
dir
que
le
combat
entre
Arphaxad
roi
des
Medes,
&
Nabuchodo-
nofor
»
toi
d’Affyrie,
fe
donna
.
à
Ragau
,
près
de
l'Euphrate
&
du
Tigre
,
dans
lacampagne
d'Erioch,
roi
des
Eliciens.
ERIOPIS
,
Eriopis,
E’nwrrir,
(2)
femme
d’Oilée
,
felon
Ho-
mère.
ERIPHYLE
,
Æriphyle,
(c)
E’rrpvau,
fille
de
Talaüs
&
de
Ylimaque
,
ou
Lyfianafte,
fur
mariée
à
Amphiaraüs.
Celui-ci,
ayant
prévu
par
l’art
de
la
di-
Vination,qu'il
périroir
à
la
guer-
re
de
l'hebes,,
refufoir
de
s’en-
gager
dans
cette
entreprife,&
fe
ténoit
caché.
Les
chefs
de
l’ar-
mée
qu'on
préparoit
pour
cette
expédition,
qui
croyoient
avoir
C2)
Judith:
c.:r,
v.
6,
(ë)
Homer.
Iliad,
L,
XIE,
v.
697.
()
Diod.
Sicul,
p,
186,
187.
Pauf,
P:
64,87,
320:
492,
607.
Virg.
Æneid.
LVL
v.
445.
Myth,
par
M.
lPAbb.
ER
Y27
befoïn
de
lui,
firent
tous
leurs
efforts
pour
découvrir
le
lieu
où
il
s’étoit
retiré
;
mais,
ilsne
purent
y
réuflir;
&
Adrafte,
fçachant
qu'Eriphyle
fafœur
&
femme
d’'Amphiaraüs,
étoit
la
feule
qui
en
fût
informée,
lui
donna
un
collier
&
un
voile
d’un
grand
prix.
Cette
Princef-
fe,
gagnée
par
un
fi
beau
pré-
fent,
trahit
fon
époux;
&
Am-
phiaraüs
étant
découvert,
&
ne
pouvant
fe
difpenfer
d’aller
à
l’expédition
de
Thebes,
or-
donna
à
fon
fils
de
tuer
famere
Eriphyle,
après
qu’il
auroit
ap-
pris
la
nouvelle
de
fa
mort.
I
périt
en
effet
peu
de
temsaprès,
foit
que
la
terre
fe
fût
entrou-
‘verte
pour
l’engloutir,
comme
le
difent
Stace
&
Strabon,
foi
que
pendant
qu'il
s’amufoit
à
confidérer
le
vol
des
oifeaux,
pour
en
tirer
des
augures,
il
fût
tombé
dans
un
précipice
avec
fon
chariot,
où
il
perditla
vie.
Alcméon,
informé
du
mal-
heur
de
fon
pere,
exécutal’or-
dre
cruel
qu’il
en
avoit
reçu,
&
Ôtala
vie
à
fa
mere.
Apité
par
les
furies
qui
le
pourfui-
voient
fans
cefle,
c’eft-à-dire
,
par
les
remords
de
fa
confcien-
ce,
dont
il
ne
pouvoit
fe
dék-
vrer
,
il
erra
dans
différens
païs,
&
fe
retira
enfin
dans
la
Pfophide
,
où
Phégée
fit
la
céré-
monieide
fon
expiation,
&
lui
Ban.
Tom.:Vi.
p.98.
T.
VIL.
p..106,
206.
dr
fuiv.
Mém.
de
lPAcad.
dés
Infcripr,
&
Bell,
Lert,
Tom,
VII.
page
215,
@'
f#iv,
FR
fit
époufer
Alphéfibée
fa
fille,
à
laquelle
Alcméon
donna
le
collier
de
fa
mere;
mais,
Fayant
tépudiée
dans
la
fuite,
pour
époufer
Callirhoé,
fille
d'A-
chéloüs,
il
voulut
aller
rede-
mander
ce
collier,
pour
le
don-
ner
à
fa
nouvelle
époufe
;
&
fes
beaux
freres
lui
ayant
dreflé
des
embüches,
le
tuerenten
chemin.
Ce
fatal
collier
fut
remis
entre
les
mains
d'Aché-
Jos,
qui,
pour
faire
finir
tous
les
malheurs
qu'il
caufoit,
or-
donna
qu'il
fût
confacré
à
Del-
phes
dans
le
temple
d’Apollon.
Pourle
voile,on
n’en
fcaitautre
chofe,
finon
ce
qu'en
dit
Pau-
fanias
;
qu’il
étoit
dans
le
rem-
pie
de
Gabales.
Selonie
même
Paufanias,
les
habitans
d’Amathonte
,
ville
de
FPifle
de
Chypre,
fe
vantoient
de
pofléder
le
collier
d'Eriphy-
Je,
&
afluroient
qu'il
étoitdans
le
temple
de
Vénus
&
d'Adonis,
mais
cet
Auteur
détruit
cette
tradition.
Fa
Aurefte,
Paufanias
dit
que
_ce
collier
fut
donné
à
Eriphyle
par
Adrafte
fon
frere;
Apollo-
dore
affure
que
cefutPolynice,
.
gendre
d'Adraîte,
&
neveu
de
cette
Princefle,
qui
lui
donna
&
le
collier
&le
voile
;
&
dans
la
fuite,
car
les
compilateurs
ne
fe
fouviennent
pas
toujours
de
ce
qu’ils
ont
avancé,
il
dit
que
ce
fut
Therfandre
,
#ls
du
même
Polynice,
qui
les
lui
avoit
donnés.
(a)
Lucian.
FT.
p.866:
ER
Dans
la
defcription
que
Pau-
fanias
nous
donne
du
coffre
des
Cypfélides
,
on
lit
entre
autres
chofes
ce
qui
fuit:
»
Devant
»
la
porte
du
palais,
vous
dif-
»
tinguez
Eriphyle
avec
fon
»
collier
;
elle
eft
debout,
»
ayant
à
côté
d'elle
fes
filles,
»
Eurydice
&
Démonafle
avec
»
le
petit
Alcméon,
qui
eftre-
_»
préfenté
nu.
On
à
oublié,
»
Alcmene,
s’il
eft
vraicomme
»
le
poëte
Afins
le
dit,
qu’elle
»
fût
fille
d'Amphiaraüs
&
»
d’Eriphyle.
Barton,
lécuyer
»
d'Amphiaraüs
,
tient
les
rè-
»
nes
de
fes
chevaux
d’une
»
main,
&
une
lance
de
l’autre.
»
Amphiaraüs
a
déjà
un
pied
»
fur
fon
char;
il
tient
fon
»
épée
nue,
&
tourné
vers
fa
»
femme
,on
voit
quil
s’em-
»
porte
contre
elle,
&
que
»
peu
s’en
faut
qu'ilne
laper-
ce.
«
ERAIS,
Eris,
Epe,
(a)
déeffe,
qui,
felon
les
Poëtes
;
pour
n'avoir
pas
été
invitée
aux
noces
de
Pélée,
jetta
au
milieu
du
feftin
,
une
pomme
qui
donna
lieu
à
une
fi
grande
uerre
à
Troye.
ERIS
,
Eris
;
TER
déefle
3
que
l'on
appelle
aufi
la
Difcor-
de.
Voyez
Difcorde.
:
ERISICHTHON,
ÆErifich=
thon,
(b)
Theffalien,
fils
de
TFriopas,
étoit
un
impie,
qui
avoit
toujours
méprifé
les
Dieux,
&
qui
ne
leur
avoit
jamais
donné
d'encens.
On
dit
fea.
Myth.
par
M,
PAbb:
Ban,
Tom:
(6)
Ovid,
Metam.
L.
VIT,
c,
28,
&
VIT,
p
74575
ER
même
qu'il
coupa
un
bois
qui
étoit
confacré
à
Cérès,
&
à
qui
l’antiquité
avoit
toujours
potté
du
refpet.
Il
yavoit
dans
cette
forêt
un
vieux
chêne
qui
faifoit
tout
feul
une
autre
forêt,
8
qui
étoit
toujours
chargé
de
bouquets,
de
devifes,
de
ru-
bans
,:&
de
quantité
d’autres
chofes,
qui:
donnoient
aflez
à
Connoître
qu’on
y
venoit
faire
des
vœux,
comme
en
un
lieu
faint
&
religieux.
Quelquefois
les
Dryades
venoient
danfer
fous
fon
ombre
:
&bienfouvent
elles
en
mefuroient
la
groffeur
en
étendant
les
bras
à
l’entour,
_&cfe
tenant
par
la
main
lesunes
les
autres.
Ce:
chêne
avoit
en-
Viron
fept
toifes
de
tour;
&ïül
ÿ
avoit
plus
d'herbe
fous
fon
tendue,
que
dans
le
refte
de
la
forêt.
Néanmoins,
Erifich-
thon
ne
le
refpecta
pas
plus
que
les
autres.
Il
commanda
à
fes
gens
d'abattre
cet
arbre
fa-
cré
;
&
voyant
qu'ils
appréhen-
doient
de
lui
obéir,
&
qu'ils
n'ofoient
toucher
à
ce
chêne,
11
prit
lui-même
la
cognée
de
Pun
de
fes
ferviteurs,
en
pro-
‘nOnçant
ces
paroles
impies
:
Que
cet
arbre,
dit-il,
foit
chéri
de
Cérès,
ou
que
ce
foi
Céres
elle-même,
il
ne
m'importe
;
La
té-
te
de
l’un
ow
de
l’autre
touchera
bientôt
la
terre,
En
même
tems
qu'il
eut
parlé,
&
qu'il
eut
le-
VÉ
la
cognée,
cet
arbre
trembla,
&
comme
s’il
eût
appréhendé
le
Coup
qui
devoitle
faire
tomber,
il
en
fortit
une
efpèce
de
gé-
miffement,
&
fes.
feuilles,
fes
Slands
&
fes
branches
en
pâ-
ER
lirent
comme
de
crainte.
Quelqu'un
ayant
eu la
har-
diefle
de
retenir
le
bras
d'Eri-
fichthon
,
pour
l'empêcher
d'a-
chever
fon
crime,
il
fe
retour-
na
en
furie
vers
celui
qui
le
123
retenoit,
&
quittant
l'arbre
pour
cét
homme,
reçois,
dit-il,
la
récompenfe
de
ta
piété.
Er
en
même
tems
il
lui
abattitla
tère
d’un
coup
de
cognée,
&
puis
il
retourna
à
ce
chêne;
&
par
une
infinité
de
coups,
&
par
le
fecours
des
cordes
quil
fit
attacher
au
haut
de
ce
chêne,
enfin
il
abattit
ce
grand
arbre
quientraîna
avec
lui
une
par-
tie
de
la
forêt.
Les
Dryades
afigées
allerent
trouver
Cérès,
pour
lui
demander
la
vengean-
ce
de
l’impiété
d'Erifichthon.
Cette
déefle
,
touchée
de
leur
douleur
&
deleurs
prieres,leur
aëécorda
ce
qu’elles
étoient
ve-
nues
demander.
Elle
chercha
donc
auflitôt
un
fupplice
qui
fût
aflez
rigoureux
pour
chä-
tier
cetimpie,
s’il
eff
vraiqu'il
y
en
ait
d'aflez
rigoureux
pour
la
punition
de
ceux
qui
mépri-
fent
la
divinité.
Ainfi,
elle
ré-
folut
de
le
faire
mourir
de
faim,
&
elle
commande
fur
le
champ
à
cette
dernière
déefle
,
d’aller
fe
cacher
dans
les
entrailles
de
ce
facrilege,
&
de
s'y
rendre
fi
forte
,
que
rien
ne
la
puille
vaincre
,
ni
la
chafler
de
fon:
Corps.
:
Quoique
la
faim
foit
naturel-
Jement
ennemie
de
Cérès,
elle
obéirnéanmoins
à
fes
volontés,
&
Le
laifla
emporter
par
le
vent
dans
la
maifon
où
elie
avoit
Y24
ER
Ordre
d’aller
exercer
fa
puif-
fance.
Elle
n’y
fut
pas
plutôt
entrée,
qu’elle
fe
jetta
dansle
Et
de
ce
facrilege
;
&
l'ayant
trouvé
endormi,
çar
il
étoit
Auit
quand
elle
arriva,
elle
embraña
ce
miférable,
elle
fe
Sliffa
dans.
fon
fein,
elle
s’inf-
pira
dans
lui-même
;
&
après
avoir
fatisfait
aux
commande-
mens
de
la
déefle,
elle
quitta
<e
païs
fertile,
&
feretira
dans
fes
déferts.
Cependant,
Erifich-
thon
qui
étoit
encore
endormi,
fonge
qu'il
à
faim,
demande
à
manger,
remue
la
bouche,
com-
me
fi
véritablement
il
eût
man-
gé,
exerce
fon
appétitavec
des
Viandes
imaginaires,
&
avale
&
dévore
l’air,
en
penfant
man-
ger
quelque
chofe.
Mais,
quand
3l
fut
réveillé,
fon
appétit
ne
fut
pas
moindre.
Il
trouva
que
Je
fonge
qu'il
avoit
eu,
étoit
un
fonge
véritable;
une
furieufe
envie
de
manger
lui
brûle
&
lui
dévore
les
entrailles.
En
même
tems
,
il
fait
venir
tout
ce
que
Pair,
la
mer,
&
la
terre
peu-
vent
fournir
pour
degrands
re-
pas,
&
au
milieu
même
des
vian-
des
,
il
fe
plaint
toujours
qu’il
a
faim.
Quoique
fa
table
en
foit
couverte,
il
ne
laïffe
pas
d’en
demander,
&
ce
qui
fufhroit
pour
une
ville,
&
même
pour
un
royaume,
ne
fufht
pas
pour
un
feul
homme.
Plus
fon
efto-
mac
reçoit
de
viande,
plus
il
:
en
veut,
plus
il
en
délire,
com-
me
la
méèr
engloutit
tous
les
fleuves
de
la
terre
,
fans
tou-
teéfois
s’aflouvir
de
tant
d'eaux
qu'elle
reçoir.
Comme
.le
feu
m'a
jamais
aflez
de
nourriture
;
&
qu’il
devient
plus
dévorant
par
l'abondance
de
ce
qu'on
lui
donne
,
ainfi
la
bouche
du
pro-
phane
Erifichthon
prend
la
viande
,
&
en
demande
en
mê=
me
tems.
fout
ce
qu’il
mange,
ne
produit
point
d’antre
effet
_en
lui
qu’une
nouvelle
envie
de
manger,
&
fon
eftomac
toujours
vuide,
eft
comme
un
gouffre
fans
fond
,
que
l’on
ne
fçauroit
remplir.
Non
feulement,
il
di-
minua
les
biens
qu'il
avoit
eus
de
fon
pere,
mais
il
les
confu-
ma
entièrement,
fans
pouvoir
appaifer
fa
faim;
c’eft
une
ra-
ge
infatiable
,
qui
lui
demande
toujours,
&
qu'il
ne
fçauroit
contenter.
Enfin,
après
avoir
tout
dévoré,
il
ne
lui
reftoit
plus
que
fa
fille,
digne
fans
doute
d’un
autre
pere;
&
Le
mi-
férable
Erifichthonfutcontraint
même
de
la
vendre
,pour
avoir
de
quoi
manger.
,
_
Comme
cette
fille
avoitété
aimée
de
Neptune,
elle
obtint
de
ce
Dieula
vertu
de
fe
rranf-
former
en
diverfes
figures.
C’eft
pourquoi,
Erifichthon
la
ven-
dit
plufieurs
fois
&
à
plufeurs
maîtres,
de
qui
elle
s’échappoit
toujours,
en
fe
changeant
tan-.
tôt
en
jument,
tantôt
en
oifeau,
tantôt
en
bœuf,
tantôt
en
cerf;
&
par
cetre
rufe
elle
nourrif-
foit
fon
pere
,
non
pas
toutefois
felon
fa
faim
&
fon
appétit.
Mais,
lorfque
la
force
d’unfi
grand
mal
eut
épuifé
tous
les
artifices
qui
lui
fournifloient
de
la
nourriture
,
&
qu’on
eût
en-
fin
reconnu
les
louables
trom=
ER
peries
d’une
fille
fi
pieufe
;
le
Mmiférable
Erifichthon
fut
con-
traint
d’être
lui-même
fon
ali-
ment,
fe
mangea
membre
à
membre,
&
nourrit
fon
corps
enfe
dévorant,
Explication
de
cette
Fable.
[y
a
apparence
qu'Erifich-
thon
fut
un
homme
prodigue,
un
fameux
goulu,
qui
fe
ruina
par
des
dépenfes
exceflives,
&
qui
enfin
pour
tout
bien
n'ayant
plus
qu’une
feule
fille,
la
prof-
titua
plufieurs
fois
pour
avoir
quelque
chofe
pour
vivre.Mais,
comme
elle
étroit
fage
&
honnèê-
te,
l’on
défigne
par
ces
divers
changemens,
l’adrefle
qu’elle
avoit
à
conferver
fa
chafteté
parmi
la
débauche
&
la
diflolu-
tion
de
fon
pere;
de
forte
que
l’on
pourroit
dire
que
linten-
tion
de
cette
fable
eft
de
mon-
tret
entre
autres
chofes,
qu’une
fille
peut
demeurer
fage
parmi
.
Ja
honte
&
l'infamie
de
fa
mai-
fon,
&
que
c’eft
aflez
pour
la
garder,que
la
volonté
de
bien
vivre.
De
plus
,
on
doit
apprendre
par
le
malheur
d’Erifichthon,
qu'il
n’y
a
point
de
richefles
que
le
luxe
&
la
bonne
chere
ne
dévorent
,
&
qu'après
s'être
ruiné
par
le
vice,
on
eft
quel-
quefois
contraint,pour
fubfiter,
d'avoir
recours
au
vice
même
&
à
toutes
fortes
de
honteux
moyens.
Mais,
puifqu'il
fe
trouve
aujourd’hui
un
fi
grand
nombre
d’Erifichthons,
laiflons-
là
le
fabuleux,
®ardons.les
Véritables,
pour
reconnoître
ER
125
qu'il
ef
vrai
qu'il
n’y
a
point
de
fi.grands
biens
que
la
dé-
bauche
&
les
profafions
ne
puif
fent
bientôt
difiper.
Car,
on
fe
corrige
quelquefois
mieux
en
regardant
le
vice
d'autrui,
que
par
de
longues
inftruétions.
Aünfi,
dans
Paufanias,
un
ex:
cellent
mufcien
obligeoit
fes
écoliers
d'aller
écouter
un
mau-
vais
joueur
d'inftrumens,
parce
qu’en
l’entendant
jouer,
ils
con-
cevoient
de
l’averfion
pour
les
mauvaifes
mefures,
&
les
évi-
toiént
par
ce
moyen.
Montagne
dit
là-deffus
qu’un
bon
ÉCuyEr
ne
fe
redrefle
pas
fi
bien
qu'un
Procureur
on
un
Vénitien
à
cheval.
.
L'on
dit
auffi
que
par
cette
faim
d’'Erifichthon
,
l’on
entend
parler
d’une
maladie
quon
ap-
pelle
faim
canine,
que
l’on
ne
{çauroit
aflouvir,
&
que
par
les
divers
changemens
de
certe
fille
,
l’on
figure
certe
grande
diverfité
de
viandes
qu’il
dévo-
roït
inutilement,
puifqu’il
ne.
pouvoit
fe
rafafier.
Mais,
la
fable
a
un
but
plus
noble
que
de
nous
parler
d’une
maladie
‘du
corps,
dont
elle
ne
peut
donner
le
remede
;
car,
quand
elle
m'aura
appris
qu'il
y
a
une
maladie
appellée
faim
canine,
en
ferai-je
plus
utile
aux
au-
tres,
&
plus
utile
à
moi-même,
fi
jen’y
puis
remédier
?
Non,
non,
ce.n'efl
pas-la
le
deffein
de
la
fable,
Qui
veut
mêler
l’urile
avec
Le
_délettable.
Les
Anciens
ont
donc
voulu
726
E
KR
füire
voir
par
cette
fable
que
ceux
qui
méprifent
Dieu
&
La
religion,
ne
peuvent
éviter
de
tomber
dans
des
infortunes
do-
meftiques,
car
Erifichthoneft
Fimage
d'un
impie;
que
leur
maifon
s'ouvre
au
déshonneur
&
à
l'infamie
,
en
même
tems
qu’elle
s'ouvre
à
l’impiété
;
que
la
plûpart
des
impies
n'ont
point
d'autre
Dieu
que
leur
ventre,
qu'ils
ne
fçauroient
con-
tenter
;
qu'ils
fe
dévorenteux-
mêmes
comme
fit
Ben
;
parceque
c’eft
fe
tuer
foi-même
que
de
méconnoître
Dieu;
c’eft
pourquor
les
Égyptiens,
pour
figurerun
impie,
repréfentoient
un
aveugle
qui
fe
tuoit;
que
quoiqu’ils.
foient.
par
-
tout
odieux
,
&
qu'on
les
détefte
par-
tout,
leurs
actions,
qu’on
peut
appeller
leurs
enfans,
&
à
quoi
ils
donnent
diverfes
fa-
ces,
les
font
quelque
tems
fub-
fifter,
&
qu'après
tout,
ils
meu-
rent
de
faim,
comme
le
malheu-
reux
Erifichthon
;
c'eft-à-dire,
ce
femble,
que
comme
ils
nattendent
point
d'autre
vie
que
la
préfente,
ils
en
font
tou-
jours
affamés
,
&
en
meurent
encore
affamés.
Enfin,
‘comme
limpiété
.eft
le
plus
grand
de
tous
les
crimes,
l'on
à
feint
u’Erifichthon
2
été
puni
du
plus
grand
de
tous
les
fuppli-
ces;
Car
iln’ya
point
dé
gen-
re
de
mort
plus
efroyable
&
plus
cruel
que
de
mourir
de
faim.
:
te)
Cæf.
de
Bell:
Civil.
L,
HIT,
»,
641.
(b)
Tir.
Liv.
L,
C.
14.
(c)
Antiq.
expl.
de
ER
ERTEHUS
,
£rihus,
F'pito
s
dont
il
eft
parlé
dans
l'hymne
à
Apollon,
dont
pluñeurs
is
Homère
auteur.
ERITIUS,
£ritius,
(a)
nom
que
l’on
Lonae
à
une
machine
de
guerre.
On
lit
dans
le
troi-
fième
livre
des
Commentaires
de
Céfar
fur
la
guerre
civile:
Erat
obje&lus
portis
Eritius.
On
croit
que
cette
machine
dé
guerre
étoit
un
tronc
d'arbre,
chargé
de
branches
,dontcha-
cune
fe
terminoit
en
pointe;
quand
il
n
y
en
avoit
point
de
naturelles,
on
y
en
inféroit
d’autres,
7.
que
PEritius
fût
hériflé
de
pointes
de
toutes
parts.
fl
paroît
que
l’on
étroit
dans
l’ufage
de
placer
cette
ma-
chine
à
quelque
diftance
devant.
les
portes
du
camp.
Les
Grecs
l'appelloient
Echinus
,
vivo;
terme
qui
fignifie
hériflon.
L'E-
ritius
reflembloit
en
effet
à
cet
animal,
qui
eft
tout
couvert
d’épines.
ERIZE
,
Eriza,
@
ville
lAfie
propre.
Tire-Live
en
mention,
&il
paroît
qu'elle
éroit
fur
les
confins
de
la
grande
Phrygie,
de
la
Pifidie
&
de
la
Galatie,
à
quelque
diflance
du
fleuve
Chaüs.
Certe
ville
fur
prife
d’afflaut
par
les
Romains:
;
Pan
189
avant
J.
C.
ERMAIS
,
Ermaïs
,
(c)
avoit
époufé
Hylas.
Nous
avons
un
monuméntoù
l'onlit:
Aux
dieux
Manes
G
à
la.
mémoire
éternelle.
ÆErmaïs
a
fait
anettre
cette
épita=
par
D.
Bern,
de
optf,
Tom,
V.
pag:
107:
108
ER
phe
à
Jon
très-cher
époux
Hylas,
qui
combattoit
avec
deux
epées
en
courant
dans
unchariot.
Il
a
com-
battu
fept
fois,
&
à
reçu
une
fois
le
prèfent
de
la
baguette,comme
une
marque
d'honneur,
Sa
même
époufe
*
a
dédié
ce
monument
fous
la
mar-
que
de
la
hache.
Cette
hache
fe
voit
repréfentée
entre
les
der-
nières
paroles
de
l’épitaphe.
ERMANDICA
,
ou
ERMAN-
TICÀA
,
ox
FHELMANTICA
,
ou
HERMANDICA
;
(a)
car
cenom
varie,
felon
les
diférensexem-
pläires
outraduétions
de
Poly-
be,
ou
dans
Tite-Live,
quia
copié
cet
Auteur.
Plufieurs
fça-
vans
prétendent
que
c'eft
la
même
chofe
que
Salmantica,
aujourd'hui
Salamanque.
Cella-
rius
n'eft
pas
de
ce
fentiment.
1
prétend
que
la
ville
de
la-
quelle
Polybe
a
voulu
parler,
étoir
une
ville
des
Vaccéens,
où
étoit
auf
Arbucala,
que
Polybe
joint
dans
le
même
paf-
fage
,
dont
Tite-Live
a
fait
Ar-
bacala,
&
Ptolémée
Abucela,
ou
Albocela;
au
lieu
que,
fe-
lon
le
même
Ptolémée,
Sal-
Mantica
étoit
dans
le
territoire
des
Vettons.
:
:
ERMENSUL,
où
IRMENSU-
LE,
Ermenful,
Irmenful,
(b)
ieu
des
anciens
Saxons
dans
la
Weftphalie
;
il
avoit
untem-
ple
mapnifique
fur
la
montagne
d'Eresbourg,
maintenanr
Sradt-
berg.
La
plûpart
croient
que
_Cétoit
l'idole
de
Mars,
que
ces
(a)
Tit,
Liv,
EL,
XXI.
C,
Se
()-Antiq.
expl.
par
D,
Bern.
de
Montf,
Tom,
11.
P«
410.
E
R
127
peuples
belliqueux
adoroient,
comme
le
protetteur
de
leur
nation
;
d'où
eft
venu
le
nom
de
Mersberg
ou
mont
de
Mars,
que
J’on
a
autrefois
donné
à
la
ville
de
Stadtberg.
D'autres
aps
pellent
ce
faux
dieu
Hermenfut,
&.difent
que
ce
nom
fignife
ftatue
de
Hermès,
ou
de
Mer-
cure.
Charlemagne
ayant
vain-
cu
les
Saxons
,
abartit
cette
idole,
&
fit
confacrer
ce
tem-
ple
au
culte
du
vrai
Dieu,
lan
772:
EROCHUS,
Zrochus,
(c)
E'poxes,
ville
de
Grece
dans
la
Phocide,
felon
Paufanias.Hé-
rodote
la
met
quelque
part
vers
le
Céphife.
Cette
ville,
comme
bien
d'autres,
fur
brûlée
par
les
troupes
de
Xerxès;
mais,
elle
fut
rétablie
depuis.
Eïle
fe
reflentit
auf
beaucoup
des
malheurs
de
la
guerrefacréeou
Phocique.
Elle
fut
dérruite
de
fond
en
comble,
&
n'eut
tour
au
plus
que
la
figure
de
village.
EROCONOPES
,
Zroconoe-
pes,
À’epsxowrwres,
(d)
peuple
imaginaire
,
dont
parle
Lucien.
Cet
Auteur
lesrepréfentemon-
tés
fur
de
grands
moucherons,
&
tous
archers.
Leur
nom
fi-
-gnifie
des
moucherons
Aëriens.
EROCORDACES,
Ærocor-
daces,
A'epoxopd
axec,
(e)
autre
peuple
imaginaire,
dont
parle
aufh
Lucien.
Les
Erocordaces
ne
combattoient
qu’à
coups
de
trait,
&
étoient
fort
vaillans,
33:
(4)
Lucian.
T.
1,-p.#19.
Ce)
Lucian.
Tom,
1,
p:
719
»
7204
|
(c)
Pauf,
pag.
613.
Herod,
EL.
VIII,
C:
128
E
R
&
de
grand
fervice
,
quoiïqu'ils
:
ne
lançaffent
que
des
raves;
mais
,
elles
étoient
grandes
&
fortes
,
&
rrempées
dans
dujus
de
mauve
;
qui
étoit.-
parmi
eux
“un
poifon
mortel,
&
qui
engen-
droit
aufh
de
la
puanteur
dans
la
bleffure.
Le
mot
Ærocorda-
ces
veut
dire
fautant
en
Pair.
EROMANTIE,
Æromantia,
Voyez
Aëromanrie.
EROPE
;
Ærope,
A'epemy.
Voyez
Ærope.
EROPE
,
Æropus,
(a)
pere
“d’un
capitaine
nommé
Alexan-
dre,
&
qui
vivoit
du
tems
d’A-
lexandre
le
Grand.
=
EROPE
,
Æropus,
(b)
mon-
tagne
de
Macédoine
,;
felon
Tite-Live.
Entre
cette
monta-
gne
&
le
mont
Afnaus,
il
y
avoit
une
vallée
où
couloit
le
fleuve
Aoùûs.
Philippe,
roi
de
Macédoine
,
alla
fe
camper
fur
le
mont
Erope,
l’an
199
avant
Jefus-Chrift.
Ce
Prince
ne
pla-
ça
qu’un
petit
nombre
de
foldats
-
aux
endfoits
déjà
défendus
par
les
rochers
efcarpés
qui
les
bor-
doient,
&fit
creufer
des
foflés,
&
élever
des
paliffades
ou
des
tours
à
ceux
qui
étoient
moins
inacceflibles.
EROPUS,
Æropus,
À’époroc,
{c)
Pun
des
fils
de
Téménus.
I
s’enfuit
d’Argos
avec
fes
freres
chez
lesIliyriens
;
d’où
ils
paf-
ferent
dans
la
Macédoine
fupé-
rieure.
Ils
s’engagerent
à
fer-
vir
le
Roi
du
païs
dans
des
tra-
{ay
Freinsh,
Suppl,
in
Q.
Curt,
L.
I.
c.
13:
&
Tit. Liv:
L,
XXXIL,
c.
Ce)
Herod,
L,
VIII,
c
137.
ER
vaux
mercénaires.
De
trois
fre=
res
qu’ils
étoient
,
l’un
fe
char-
géa
de
mener
paiître
les
che-
vaux;
un
autre,
les
bœufs;
&
le
plus
jeune
le
menu
bétail.
EROPUS
>
Eropus,
À
én07m0€
9:
fils
d'Erope
&
du
dieu
Mars.
Voyez;
Æropus.
EROPUS
,
Eropus
,
’époros
roide
Macédoine.
Voyez
Euro-
us.
EROPUS
,
Æropus,
A’tporocs
(d)
officier
de
Pyrrhus,
roi
d'Épire.
On
dit
que
ce
Prince
fut
fort
afligé
de
la
mort
d’Ero-
pus
,
qui
lui
avoit
rendu
de
grands
fervices.
Ce
n'étoit
pas
fa
mort
qui
l’afligeoit,
car
il
difoit
qu’il
avoit
payé
le
tribut
à
la
nature;
mais
il
fe
repro-
choit
&
fe
blâmoit
d'avoir
trop
différé
à
lui
marquer
fa
recon-
noïflance
,
&
d'avoir
,
par
ces
délais,
perdu
l’occafion
de
lui
rendre
les
plaifirs
qu’il
en
avoit
reçus.
Car
il
n’en
eft
pas
des
plaifirs
comme
des
detres
;
les
dettes
peuventtoujours
fe
payer
aux
héritiers
des
créanciers,
mais
les
plaifirs,fionneles
rend
à
leurs
Auteurs
pendant
qu'ils
font
en
vie,
chagrinent
&
affli-
gent
dans
la
fuite
celui
qui
les
doit,
s’il
eft
honnête
homme,
&
qu'il
ait
de
la
juftice
&
de
la
énérofité.
EROPUS,,
Eropus
;
A'épom06
à
(e)
certain
capitaine,
qui,
fous
l'an
208
avant
Jefus
-
Chrilt
,
“s’étoit
emparé
de
la
ville
de
(d)
Pluts
T,
I./5;
307.
(e)
Tit,
Liv.
L,
XXVII,
ç.
22
Le
XXIX,
c,
12,
Lychnidum,
ER
Lychnidum,
par
la
trahifon
du
Commandant
de
la
citadelle
&
‘de
la
garnifon,
qu'il
avoit
cor-
rompu.
Il.
s’étoit
auffi
rendu
maître
de
plufieurs
bourgs
&
Villages
de
la
Daflarétie,
&il
tâchoit
de
foulever
les
Darda-
niens.
Cet
Eropus
eft
fans
dou-
te
le
même
que
Tite-Live
met
ailleurs
au
nombre
des
Préteurs
des
Epirotes,
avec
lefquels
Philippe
,
roi
de
Macédoine
à
S’abôucha
à
Phœnice,
ville
dÉ-
pire.
|
EROS,
£ros,
E'tw:,
eft
le
même
que
Cupidon.
Voyez
Cu=
pidon.
|
EROS
,
Eros,
Efpoc,
(a)
ef-
clave
de
M.
Antoine.
Celui=ci,
für
de
fa
fidéliré
,
lui
avoit
fair
Promettre
qu’il
le
tueroit,
dès
qu’il
lui
en
donneroit
l’ordre:
Après
la
bataille
d’Atium
>;
M
Antoine
s'étant
retiré
à
Ale-
xandrie,
appella
Eros,
&
lui
demanda
lPaccompliflement
de
fa
promefle
;
Eros
tira
fon
épée,
la
leva
comme
pour
le
frap-
PET
;
mais,
tout
d’un
coup,
dé-
fournant
la
vue,
il
fe
la
pañla
Au
travers
du
corps,
&
tomba
Mort
aux
pieds
de
fon
maître.
‘
Antoine,
admirant
ce
grand
Courage
,;
s'écria::
Généreux
Eros,
quelle
louange
ne
mérites-
tu
point?
Ce
que
tu
n'as
pas
eu
la
force
de
faire
fur
moi,
tu
Pas
fait
fur
toi!
même
>
POur
me
montrer
Mon
devoir,
&
Pour
me-donner
l'exemple.
En
même
tems,
il
fe
plongea
l'épée
dans
le
ventre
)
Ca)
Plut.
T.
1.
p.
CIS
(#)
Cicer,
Orar.
pro
Q.
Rofc.
c.
18,
(e)
Cicer.
ad
Artic.
L.
XII,
Epiit,
21.
Zom.
XPL,
26:
E
R
:
129
&
fe
laiffa
tomber
à
la
renverfe
fur
un
petit
lit
qui
étroit
rout|
auprès;
mais,
la
plaie
ne
fut
Das.
aflez
grande
pour
lui
caufer
une
prompte
mort,
&
le
fang.
s'étant
arrêté
quand
il
fur
cou
ché,
il
revint
un
peu
à
lui;
i4
Pria
ceux
qui
étoient
préfens
de
l’achever;
mais,
ils
fortirent
tous
de
la
chambre,
&
le
laif-
ferent
crier
&
fe
débattre
juf=
qu'à
ce
que
Cléopître
lui
en-
voya
fon
fecrétaire
Diomede,
avec
ordre
de
le
faire
porter
dans
le
rombeau
où
elle
étoir.
Ï
y
mourut
peu
de
tems
après,
Pan
30
avant
J.
C.
EROS,
£ros,
E'hæs
,
(6)
Co-
médien
,
qui
fut
difciple
de
(SE
Rofcius,
pour
lequel
Cicéron
fit
un
difcours.
C’eft
peut-être
le
même
qui
fuit.
EROS
,
Eros,
É
joue,
(c)
dont
parle
Cicéron
dans
plufieurs
de
fes
lettres
à
T.
Pomponius
Atticus.
EROS
>
Eros,
E
pos,
{a)
fur
nommé
Vurius,
étoit
un
afran-
chi
de
Q.
Turius.
Après
la
mort
de
fon
patron,
ildétourna
plufieurs
effets
de
{a
fucceffion,
au
préjudice
des
héritiers.
Ci-
céron,
dans
une
de
fes
lettres
à
Cornificius,
lui
recommande
fur-toutde
ne
pas
fouffrir
qu'E-
ros
Turius.détourne
plus
rien
de
cette
fucceffion.
EROS,
Eros,
Eu,
l’un
des
Auriges
du
Cirque.
Voyez
Au-
riges
du
Cirque.
L.
XV,
Epift,
17e
(d)
Cicer,
ad,
Amic,
L,
XI,
Æpif,
I
50.
ER
.
ron,
fils
&
fuccefleur
de
Séfof
tris.
Ce
Prince,
étant
devenu
aveugle,
apprit
par
un
oracle
de
la
ville
de
Bute,
qu'il
re-
couvréroitlavue,
enfelavant
les
yeux
de
l’urine
d’une
fem-
me
qui
n’eût
jamais
connu
d’au-
tre
homme
que
fon
mari.
Il
voulut
prémièrement
éprouver
fi
l'urine
de
fa
femme
lui
fervi-
roit
de
rémede;
&
voyant
qu'il
n'en
tiroit
point
de
fecours,
il
fe
fervit
de
celle
des
autres,
&
€nfin
il
récouvra
la
vue.
Après
cela,
il
fit
aflembler
dans
une
des
villes
de
fon
obéiffance
toutes
les
femmes
dont
il
avoir
éprouvé
l’urine
,
excepté
celle
qui
avoit
guéri;
&
quand
el-
les
furent
toutes
enfemble
,
il
les
fit
brûler
dans
cette
ville
5
avec
la
ville
même,
&
époufa
celle
dont
il
avoit
reçu
la
gué-
rifon.
Les
mots
Ærythré
Bolos
,
Veulent
dire
motte
de
terre
rouge.
:
ERYTHRÉE
[
la
Mer.
],
Erythræum
Mare,
(a)
Ejulpa
@drarre,
C’elt
la
même
chofe
que
la
mer
Rouge.
On
dir
que
cette
mer
fut
ainfi
appellée
d’E-
rythras,
fils
de
Perfée
&d'An-
dromede,
‘qui
règna
dans
ce
païs.
Strabon
en
allegue
une
autre
railon
;
il
rapporte
qu'un
certain
Perfe,
.
thras,
étant
pañlé
dans
une
ifle
de
la
mer
Rouge,
&
voyant
(a)
Srrab,
p,
779.
Q.
Curt.
L.
VII.
LI
ES
ETES
(3)
Strab.
pag.
633
>
644
,
645,
Pauf.
P.
372,
401«
@
fege
Plin.
T.
I.
p.
270.
rod.
L,
I,
c,
18,
142,
Ti,
Liv,
L,
nommé
Ory-
|
si
qu’on
pouvoit
l’habiter
commos
dément,
revint
dans
fon
pais,
&
qu'ayant
envoyé
des
colo:
nies
dans
cette
ifle
&
dans
les
autres
de
la
mer
,
auffi-bien
que
fur
les
côtes
maritimes
,
il
donna
fon
nom
à
cette
mer.
Voyez;
Mer
Rouge.
ERYTHRÉE,
ox
Ery-
THRÉENNE,
ÆErythrea,
Îur-
nom
d’une
Sibylle.
La
Sibylle
Erythréenne
étoir
ainfi
appel-
lée
de
la
ville
d’Erythres
en
Ionie.
Voyez
Erythres.
ERYTHRÉENS,
Erythrei,
E
sutpaor,
étoient
les
habitans
des
villes
du
nom
d’Erythres.
Voyez
Erythres.
ERYTHRES,
Erythre,
(b)
Eputpul,
ville
de
l’Âfie
mineu=.
ré,
dans
l'Ionie,
étoit
firuée
fur
le
bord
de
13
mer,
au
fond.
de
la
prefqu’ifle
de
Clazomene,
à
l'Orient
&
à
loppofñre
de
l'ifle
de
Chio.
Les
habitans,
luivant
leur
tradition,
vinrent
autrefois
de
Crete
avec
Ery-
thrus,
fils
de
Rhadamanthe,
le-
quel
Erythrus
donna
fon
nomà
la
ville,
Mais
,
avec
le
tems,
il
fe
mêla
parmi
eux
dés
Lyciens,
-
des
Cariens,
&
des
Pamphy=.
liens;
des
Lyciens
,à
caufe-de
leur
ancienne
confanguinité
avec
les
Crétois,
car
ils
étroient
Originaires-de
Crete,
&
def-
cendoient
de
ces
anciens
Cré-
tois
qui
quitterenr
le
païs
avec
Sarpédon;
des
Cariens,
comme
XXXVT.
c.
43.
L.
XXXVIL.
©.
vr,
27.
L,
XXXVIIL.
-c.
30.
L.
XLIV.
c,
28.
Thucyd
p,
sé
;
566,
Tacit.
Annal.
L,
VI,
c,
12,
ER
ayant
été
autrefois
liés
d’amitié
avec
Minos
;
des
Pamphyliens
enhn,
comme
fortis
aulli
de
race
Grecque,
c'eft-à-dire,
de
ces
Grecs
qui,
après
la
prife
de
Troye,
furent
long-tems
errans
avec
Calchas.
À
ces
peuples
fe
J019niIt
encoré
un
certain
nom-
bre
d'hommes,
que
Cnopus,
fils
de
Codrus
,
tira
de
chaque
Ville
d'Iorie,
&
qu'il
fitentrer
dans
Erythres.
C’eft
ce
qui
a
donrié
lieu
à
Strabon
de
faire
Cnopus
fondateur
de
cette
ville,
&
à
Étienne
de
Byzance
d’appeller
Erythres
Cnopupo-
lise
-
y
avoit
à
Erythres
untem-
ple
d'Hercule
,
qui
faifoit,
dit
Paufanias,
beaucoup
de
plaifir
Par
fon
antiquité.
La
ftatue
du
dieu
n’étoit
ni
dans
le
goût
de.
celles
d'Égine,
ni
même
dans
le
goût
de
l’ancienne
école
d’A-
thènes.
Si
elle
refflembloit
à
quelque
chofe
,
c'étoit
aux
fta-
tues
Égyptiennes,
travaillées
avec
art.
Le
dieu
étoit
fur
une
efpèce
de
radeau,
&
les
Ery-
thréens
difoient
qu'il
fut
ap-
porté
ainfi
de
Tyren
Phénicie
Par
mer.
[ls
ajoûtoient
que
le
Tadéau
entré
dans
la
mer
lo-
MEnne,
s'arrêta
au
promontoi-
re
de
Junon,
autrement
dit
le
cap
Meflate
,
parce
qu’en
allant
d’Érythres
à
Chio,
on
le
trou-
VOit
à
moitié
chemin.
D’auff
loin
que
ceux
d’Erythres
&
de
Chio
apperçurent
la
ftatue
du
dieu
5
tous
voulurent
avoir
l'honneur
de
la
tirer
à
bord
;
&
Sy
employerent
de
toutes
leurs
.
Erythréen
nom-
ER
137
mé
Phormion,
pêcheur
de
fon
métier,
&
qui
avoit
perdu
la
vue
par
une
maladie,
furaverti
en
fonge
que
fi
les
femmes
d’E-
rythres
vouloient
couper
leurs
cheveux,
&
que
lon
en
fit.
une
corde,
on
ameneroit
le
radeau
fans
peine.
Pas
une
Erythréenne
ne
fe
mettant
en
devoir
de
déférer
à
ce
fonce,
des
femmes
de
Thrace
qui,
quoique
nées
libres,
fervoient
à
Erythres
,
facrifierent
leur
chevelure;
par
ce
moyen,
les
Erythréens
eurent
la
ftatue
du
Dieu
en
leur
pofieffion
;
&pour
récompenfer
le
zele
de
ces
Thraciennes
,
ils
ordonnerent
qu’elles
féroient
les
feules
fem-
mes
qui
auroient
la
liberté
d'en
trer
dans
le
temple
d'Hercule.
Ils
montroient
encore
du
tems
de
Paufanias
cette
corde
faite
de
cheveux,
&
la
confervoient
foigneufement.
A
l'égard
du
pê-
cheur
,
ils
afluroient
qu'il
re-
couvra
la
vue
&
qu'il
jouit
de
ce
bienfait
le
refte
de
fes
jours.
Il
y
avoit
auffi
à
Ery-
thres
un
temple
de
Minerve
Poliade.
Sa
ftatue
étoit
de
bois,
d'une
grandeur
extraordinaire,
aflife
fur
une
efpèce
de
trône,
&œ
tenant
une
quenouille
des
deux
mains;
la
déefie
avoit
fur
la
tête
une
couronne
fur-
montée
de
l'étoile
polaire.
Je
.crois
cette
ftatue
d’'Endœus,
dit
Paufanias
;
j'en
juge
par
plu-
fieurs
indices,
mais
fur-tout
par
la
manière
dont
tout
Pou-
vrage_eft
façonné,
&
encore
plus
par
les
Heures
&les
Graces
de
marbre
blanc,
qui
étoient
138
ER
expolées
à
Pair
peu
avant
que
Farrivafle
à
Erythres.
Les
Erythréens
étoient
divi-
.
fés
en
pluñeurs
tribus,
puifque
Paufanias
dir
qu'ils
avoient
le
bourg
Chalcitis,
qui
avoit
donné
fon
nom
à
leur
troifième
tribu.
Ils
étoient
de
trous
les
Grecs
ceux
qui
revendiquoient
avec
le
plus
de
chaleur
Héro-
phile
,
cette
fameufe
Sibylle
,.
qui
en
prit
le
nom
de
Sibylle
Érythrée.
Elle
vivoit
,
dit-on,
du
tems
de
la
guerre
de
Troye,
êt
elle
prédit
aux
Grecs
la
def-
trution
de
cette
ville.
Lac-
tance,
qui
cite
Feneftella,
rap-
porte
que
le
Sénat
Romain
en-
Voya
des
députés
à
Erythres,
Four
recueillirles
vers
de
cette
Sibylle,
&
qu'ils
en
rapporte-
rent
plufieurs
qui
condamnoient
la
multiplicité
des
dieux,
&
qui
difoient
qu'il
n'y
en
avoit
qu'un,
créateur
du
ciel
&
de
la
terre.
Eufebe
de
Céfarée
cire
27
Vers
de
cette
même
Sibylle
Erythrée,
qui
parloient
de
Ja
Fremière
venue
du
fils
de
Dieu
,
pour
s’unir
à
notre
na-
ture,
&
de
la
feconde
pour
juger
le
monde.
Ces
vers
font
des.
Acroîtiches
fur
ces
mots,
Jefus
Chriflus,
dei
filius
,
Serva-
ior,
Crux.
C'eft
felon
la
ver-
fion
Latine
que
Jean
Portes
a
faite
de
la
vie
de
Conftantin,
écrite
pas
Eufebe
de
Céfarée.
La
ville
d'Erythres
à
eu
le
droit
de
frapper
des
médail-
les,
&
on
en
a
entre
attres
5
Ca)
Tir.
Liv.
L,
XXVIIT,
c.
8.
(&)
Strab.
pag:
404
;
409,
432.
Pauf.
PF:
356,
Plin.
Tom,
I,
p.198.
Thucyd,
ER
une
frappée
au
coin
de
Valé-
rien.
Pline
dit
qu'Alexandre
le
Grand
ordonna
que
l’on
ouvrit
un
canal
de
fept
mille
cinqcens
pas
de
longueur,
pour
ifoler
le
mont
Mimas
&
Erythres.
Strabonmetà
Erythres
un
port,
devant
lequel
étoient
quatre
ifles,
nommées
Æippi,
c'eit-à-
dire,
les
chevaux,
Le
P.
Har-
douin
obferve
que
les
relations
des
nouveaux
voyageurs
nom-
ment
ce
lieu
Gefmé,
&
que
c'eft
aujourd'hui
un
village:
ERYTITHRES
,
Ærythre,
E’pubpal,
(a)
ville
de
Grece
dans
l’Etolie,
felon
Tite-Live.
C’eft
la
même
ville
qu'Etienne
de
Byzance
donne
à
la
Locri-
de.
Tite-Live
dit
qu'elle
étoit
près
d’'Eupalium.
Elle
éroit
auf
voifine
de
Naupacte,
qui
appartint
premièrement
à
un
peuple
nommé
par
les
Latins
Locri
Ozolæ,
&
pafla
enfuite
au
pouvoir
des
Etoliens.
Etien-
ne
de
Byzance
dit
toujours
Erythra
au
fingulier.
Ïl
y
a
eu
quelques
autres
vil-
les
du
même
nom,
(/)
une
dans
Ja
Béotie,
une
autre
dans
la
Theflalie,
une
autre
dans
la
Locride,
une
autre
dans
la
Li-
bye.
Strabon
prétend
que
la
ville
d’Erythres
d'Ionie
étoit
une
colonie
de
celle
d'Erythres
de
Béotie.
;
ERYTHRÉUS.,
Erythreus
,
(c)
c'eft-à-dire
,
le
rouge,
étoit
le
nom
d'un
cheval
du
Soleil,
(e)
Antiq.
expl.
par
D,
Bern.
de
Montf,
Tom,
I.
p.
119,
E
R
Ce
nom
d'Erythtéus
fe
prend
du
lever
du
Soleil,
où
les
rayons
font
rougeätres;
&
de-
là
vient
qu'Homère
appelle
l’Aurore
pod'od'atrunoc
,
qui
a
les
doigts
de
couleur
derofe.
Les
doigts
doivent
être
pris
pour
les
rayons.
:
.
ERYTARUS,
Erythrus,
(a)
E
‘pufpoc,
fils
de
Rhadamanthe,
obtint
de
fon
pere
le
royaume
des
Erythréens
,
qui
furent
ain-
fi
appellés
de
fon
nom.
Il
donna
auf
fon
nom
à
la
ville
d’Ery-
thres
en
Ionie.
Voyez
l’Article
de
cette
ville.
ERYTHRUS,
Erythrus,
(b)
Bvtocc,
héros,
qui
étoit
fils
de
Leucon
&
petit-fils
d’Atha-
mas;
il
donna
fon
nom
à
‘la
Ville
d'Erythres
en
Béotie,
dont
ilne
reftoit
plus
que
des
rui-
nes
du
tems
de
Paufanias.
ERYX,
Eryxs
pur,
(cc)
ville
de
Sicile,
fituée
fur
une
montagne
de
même
nom.
Elle
étoit
fameufe
par
un
temple
de
énus,
qui
prit
de-là
le
fur-
nom
d'Érycine,
que
les
poëtes
Latins
lui
ont
donné.
Solin
dit:
»
[l
y
a
en
Sicile
deux
haures
»
montagnes,
lEtna
&
l'Eryx;
»
la
première
eft
confacrée
à
»
Vulcain,
&
lautre
à
Vé-
»
nus.»
Polybe
place
Eryx
entre
Drepanum
&
Palerme;
la
Ville
étoit
au
fommet,
&
on
y
abordoit
difficilement.
Elle
£toit
déjà
bien
déchue,
aufli-
bien
que
fon
temple,
du
tems
(a)
Diod.
Sicul.
p:
238:
(8)
Pau£.
p.
386,
pe
S45-
(c)
Strab,
pag.
272.273.
S0lin.
pag.
:
80.
Pomp,
Mel,
pag.
+51,
Diod.
Suid.|
.
ER
‘139
de
Strabon.
Cependant,
ce
temple,
ainfi
qu'on
l’a
dit
ci-
deffus
dans
l’article
d'Erycine,
avoit
été
anciennement
en
gran-
de
vénération.
Il
étroit
rempli
de
femmes
que
l'on
confacroit
au
culte
de
la
déefie
;
&
ce
n'étoient
pas
feulement
les
ha-
bitans
du
païs
qui
vouoient
ainfi
leurs
femmes,
c’étoient
aufi
les
étrangers.
On
ne
fe-
ra
pas
furpris
après
cela
qu’un
temple
de
cette
efpèce
ne
le
cédât
pas
en
richefles
au
tem-
ple
de
Vénus
qui
étoit
à
Pa-
phos
;
c'eft
ce
qu'aflure
Pau-
fanias.
Il
y
en
a
qui
font
hon-
neur
à
Énée
de
la
fondation
du
temple
de
Vénus
Erycine
;
mais,
d'autres
l’attribuent
à
Eryx,
roi
de
Sicile,
qui
bâtir
&
la
ville
&
le
temple.
La
ville
d'Eryx
a
fouvent
été
expofée
aux
malheurs
qu'en-
traine
la
guerre.
La
trahifon
d’un
de
fes
concitoyens
fut
cau-
fe
qu’elle
tomba
au
pouvoir
d’Imilcon,
l’an
396
avant
Jefus-
Chrift.
Elle
fut
prife
depuis
par
lesRomains,
fousla
con-
duite
de
L.
Junius;
&
Amil-
car
l'ayant
enfuite
afhiégée,
la
reprit,
&
la
défenditavec
beau-
coup
de
valeur,
lorfque
les
ennemis
tenterent
de
la
[ui
en-
lever
de
nouveau.
Lorfque
Pyrrhus
aborda
en
Sicile,
Eryx
pañloit
pour
la
plus
forte
place
que
les
Car
thaginois
euffent
dans
l'ifle.
Ce
p.
196,
422,
426.
Paul:
p.
492:
Corn.
Nep:
in
Amile,
c.
1.
Tacit,
Annal.
L.
LV,
c
43,
Plat,
Te
I,
pe
3975
392
3
428.
1io
ER
Prince
réfolut
de
la
forcer.
Quand
fon
armée
fut
prête
à
donner
l'affaut,
il
s’arma
de
toutes
pièces;
&
s’avançant
vers
les
murailles,
il
ft
un
vœu
à
Hercule,
&
lui
promit
un
facrifice
&
des
jeux
pu-
blics,
pour
honorer
la
valeur,
ff
dans
certe
journée,
par
dé
grandes
aétions,
ilfe
montroit
aux
Grecs
de
Sicile
digne
de
fes
ancêtres
&
de
l’armée
qu'il
commandoit.
En
même
tems,
fait
donner
le
fignal
par
les
trompettes,
fait
écarter
les
bar-
bares
de
la
muraille
à
coups
de
trait
,
&
les
échelles
étant
plantées
,
il
monte
le
premier.
Là
ileft
affailli
par
une
foule
d’ennemis;
mais,
il
chafle
les
uns
de
Fa
muraille,
ou
les
pré-
cipite
en
bas,
&
à
grands
coups
d'épée,
il
fait
mordre
la
pout-
fiere
aux
autres,
&
fe
fait
au-
tour
de
lui
unrempart
de
morts.
Dans
ce
grand
péril,
il
ne
réçut
pourtant
pas
la
moindre
bleflure
;
car,
il
paroifloir
fi
terrible
aux
Barbares,
qu'ils
n’ofoïent
foutenir
fa
vue;
&
en
cette
occafion,
il
pronva
par
fes
grands
exploits
quHomère
a
bien
jugé
de
la
valeur,
&
qu'il
en
a
parlé
avec
grande
<onnoifance,
quand
il
a
fait
voir
que
c’eit
la
feule
de
tou-
tes
les
Vértus
qui
a
des
mou-
vemens,
des
tranfports
divi-
nement
infpirés,
des
faïllies
de
fureur,
qui,
élevent
l’homme
au-deflus
de
lui-même.
_
_
LR
La
ville
étant
prife,
Pyrrhus
accomplit
fon
vœu;
il
fit
un
magnifique
facrifice
à
Hercule,
&
donna
le
fpectacle
de
toutes
fortes
de
jeux
&
de
combats.
T1
fortoit
du
mont
Eryx
un
fleuve
qui
s'appelloit
auffi
de
ce
nom.
Cette
montagne
eft
aujourd'hui
nommée
Monte
S.
Juliano,
où
Monte
di
Trapani;
&
la
ville,
Trapani
del
Morte,
pour
la
diftinguer
de
Frapant
qui
eft
fur
le
rivage
de
la
mer.
H
ne
faut
pas
confondre
la
ville
d'Eryx
avec
celle
d'Ery-
ce,
de
laquelle
parle
Etienne
de
Byzance,
&
qu’il
met
auf
dans
la
Sicile.
Éryx
étoit
au
couchant
de
Pifle,
au
lieu
qu'E<
ryce
étoit
au
midi
oriental
du
lac
des
Paliques,
à
la
fource
dé
la
riviere
Eryces,
dont
l'em=
bouchure
étroit
entre
le
Symæ=
thus
&
le
Térias.
ERYX,
Æryx
,
E'ouÿ,
(a)
fils
de
Vénus
&
de
Butès
roi
d'un
canton
de
la
Sicile.
La
naifflance
d'Eryx
fut
caufe
qu'une
partie
des
Siciliens
le
choïfirent
pour
Roï.
Il
bârit
fur
une
hauteur
une
ville
con-
dérable
,
à
laquelle
il
donna
fon
nom;
&
au
milieu
de
la
citadelle,
un
temple
qu'il
dédia
à
fa
mere,
&
qu'il
enrichit
d’un
grand
nombre
de
préfens
magnifiques.
Les
honneurs
que
Vénus
recut
de
fon
fils,
&
la
vénération
que
les
peuples
avoient
pour
elle,
lui
plûrent
fi
fort,
qu’elle
aima
cetre
ville
Ca)
Diod.
Sicul.
p.
160,
196.
Virg.
|l'Abb.
Ban.
T.-
VII.
pag.
56.
Mém.
de
“Æneid.
L,
1.
v.
574
L.
V,
c.
24,
302.
|
l’Acad,
des
Infcript.
&
Bell,
Lerr,
Tom.
&
fer.
Pauf,
p.
191,285,
Myth,
par
M,
IL,
Pe
25%
T,IX,
P:
186
ER
Tür
toutes
les
autres,
&
qu’elle
Voulut
même
porter
le
furnom
d'Erycine.
Selon
la
vérité
hiftorique
,
Éryx
n'étoit
pas
fils
de
Vénus,
mais
d’une
Sicilienne
nom-
mée
Lycafte,
à
qui
fa
beauté
mérita
le
nom
de
Vénus,
ainfi
qu'à
plufieurs
autres
femmes
dont
parlent
les
Auteurs
an-
ciens.
Eryx
s’étoit
fait
une
grande
réputation
dans
le
pugilat.
Fier
de
fa
force
prodigieule,
il
dé-
fioit
au
combat
tous
ceux
qui
paloient
chez
lui.
Il
en
tua
même
plufieurs
de
la
forte.
Mais,
ayant
ofé
fe
mefurer
avec
Hercule
même,
il
périt
par
là
main
de
ce
héros.
Voici
comme
on
raconte
la
chofe.
Quand
Hercule
fut
entré
dans
les
terres
de
la
domination
d’E-
1ÿx,
ce
Prince
l’envoya
pro-
Yoquer
au
combat.
Les
prix
qu'ils
fe
propoferent
l’un
à
l’au-
tre,
furent
le
fujer
d’une
dif-
pute,
Car,.Eryx
ayant
offert
fon
royaume
pour
prix
de
la
victoire,
Hercule
lui
propofa
fes
vaches.
Eryx
fe
fâcha-d’a-
bord
de
la
comparaifon
qu'Her-
cule
faifoir
de
fes
vaches
avec
un
royaume.
Mais,
Hercule
lui
ayant
appris
que
s’il
les
perdoit,
il
perdroit
l’efpérance
de
l’immorralité,
Eryx
accepta
le
parti;
cependant,
il
fut
vain-
cu
à
la
lutte,
&
fes
États
de-
meurerent
à
Hercule,
qui
les
remit
entre
les
mains
des
habi-
fans,
&
leur
permit
d'en
re-
(4)
Pauf,
p.40r,
roi
dé
Sicanie.
ER
TAT
cueillir
les--fruits,
jufqu’2
ce
que
quelqu'un
de
fes
defcen-
dans
vint
les
redemander.
Ce.
la
arriva
dans
la
fuite;
car,
Doriée
le
Lacédémonien
éranx
venu
en
Sicile
long-tems
après
Hercule
,
on
luirendit
ce
païs,
&
ily
bâur
la
ville
d'Héraciée,
ERMXS
Eryxs
Sirre,
(a)
Ce
Prince;
voyant
{a
fille
Pfophis
grofle,
&
ne
pouvant
la
fouftrir
dans
fx
maifon,
l’envoya
chez
fon
hôte
&
fon
ami
Lycortas,
à
Phévée,
ville
qui
avant
le
rè-
gne
de
Phégéus
fé
nommoir
Erymanthe.
Là
Pfophis,
grofte
du
fait
d'Hercule,
fe
délivra
de
deux
enfans,
Echénhron
&
Promachus,
qui
dans
la
fuite
donnerent
à
la
ville
de
Phégée
le
nom
de
Pfophis
leur
mere.
ERYX,
Fryx,
E'huë,
(4?
Pun-de
ceux-que
Perfée
chan
gea
en
rocher,
en
leur
préfen-
tant
la
tête
de
Médufe;
moyen
que
ce
héros
ne
mit
en
ufäge,
que‘
quand
il
fe
vit
près
de
fuccomber
fous
fesennemis,dans
Ja
querelle
qui
lui
fur
fufcitée
au
fujet
de
fon
mariage
avée
Andromèdes
Eryx,
voyant
fes
compagnons
qui
avoienc
déjà
fubi
le
fort
qui
lui
étoit
réfer-
vé,
dans
une
poflure
de
com-
battans,
fans
cependant
avancer
ni
feulement
remuer
les
bras,
commença
à
les
blâmer,
&°a
leur.
reprocher
leur:
lâcheté.
«
Non;-non,
ieur
dit-il,
ce
»
n’eft
point
la
force
de
{a
tête
»
de
Médufe
qui
vous.
rend
1
()
Ovid.
Metam,
L.
V.
C6:
142
TR
»
immobiles
comme
je
vois,
»
c’eit
votre
crainte,
c’elt
vo-
»
tre
lâcheté.
Suivez-moi
feu-
»
lement
avec
votre
courage
»
ordinaire,
&
nous
triomphe-
»
tons
fans
peine
de
ce
jeune
»
prélomptueux,
qui
ne
com-
.
»
bat
contre
nous
qu'avec
des
»
armes
enchantées.»
Comme
il
voulut
s’avancer
;
vous
euf-
fiez
dit
que
la
terre
l’avoit
re-
tenu
par
les
pieds;
c'étoit
une
-
pierre
immobile,
&
la
ftarue
d'un
homme
armé.
ERYX;
Eryx,
É'ovr,
(a)
fut,
felon
Velleius
Paterculus,
le
dernier
des
Archontés
d’A-
thènes
,
qui
gouvernerent
la
République
pendant
dix
ans.
ERYX,
FEryx,
£'pue,
(8)
général
Indien.
Comme
Ale-
xandre
le
grand
s’avançoit
vers
Ecbolime,
il
fut
informé
qu’E-
ryx,
avec
Vingt
mille
hommes
de
guerre,
s’étoit
faifi
d'un
dé-
troit
qui
étoit
fur
fa
route
;
c’eit
pour
quoi,
il
laïfla
Le
gros
de
fon
armée
à
Cœnus,
pour
le
conduire
à
petites
journées
;
&
s'étant
mis
devant
avec
fes
frondeurs
&
fes
gens
de
trait,
il
donna
la
chafle
aux
ennemis,
&
ouvrit
le
paflage
à
fes
trou-
Se
qui
venoient
après.
Les
ndiens,
foit
pour
gagner
les
bonnes
graces
du
vainqueur,
ou
qu'Eryx
leur
fût
odieux,
le
tuerent
comme
il
fuyoir,
&
porterent
fa
tête
&
fes
armes
à
Alexandre
:
qui
ne
voulut
ni
_
punir
ni
récompenfer
cette
(a)
Vell.
Paterc.
L.
I,
c.
8.
{2}.
Q.
Curt.
L,
VII,
ç,
12e
fé)
Joluc,
15,
ve
52
action,
pour
ne
point
autorifer
un
fi
dangereux
exemple.
|
ES
ÆESAAN,
Efsan,
(c)
ville
de
la
Paleftine
,
qui
éroit
fituée
dans
la
tribu
de
Juda.
ESACUS,
Æfacus,
Nico,
(d)
f1$
de
Priam
&
de
la
nymphe
Alyxothoé,
avoit
de
l’averfion
pour
les
villes
&
pour
le
grand
monde
;
la
cour
n’avoit
point
pour
lui
de
délices
;
il
aimoit
plusles
champs
&
les
folitudes
que
lepalais
de
fon
pere;
enfin,
il
ne
manquoit
ni
d’efprit,
ni
de
politefle,
&
fon
cœur
né:
toit
point
infenfible
à
l'amour.
Un
jour,
en
fe
promenanr,
il
vit
la
belle
Hefpérie
qui
féchoit
fes
cheveux
au
foleil,
fur
le
rivage
du
fleuve
Cébreéné
fon
pere
;
1]
ne
Veut
pas
plutôt
vue,
qu'ilen
devint
amoureux:
Mais,
d'un
autre
côté,
la
nym-
/
phe
ne
l'eut
pas
plutôt
apper-
çu,
qu’elle
prit
la
fuite
devant
lui.
Néanmoins,
ce
jeune
Troyen
ne
laifla
pas
de
la
pour-
fuivre
,
aufli
léger
par
fon
amour,
qu'Hefpérie
l’étoit
par
fa
crainte.
Mais,
comme
elle
fuyoit
aveuglément
,
&
fans
prendre
garde
où
elle
pañloir,
lle
marcha
fur
un
ferpent
qui
étoit
caché
fous
Pherbe;
&
ce
ferpent
qu'elle
prefla,
la
mor-
dit
auflitôt
au
pied,
&
répan-
dit
fon
venin
par
tout
le
corps
de
cette
nymphe.
-Aïinfi,
en
un
même
inftant,
elle
ceffa
(d)
Ovid.
Metam.
L.
If.
c.
10.
Myth.
par
M.
lPAbb.
Ban.
Tom,
VII
p,
284
T,
VI,
p,
75,
&
fin,
|
ES
de
Fe
&
de
vivre;
&
Efa-
cus
qui
la
vit
tomber,
la
trou-
Va
morte
aufhitôt
qu'il
fut
au-
près
d'elle.
Il
l’embrafle,
il
fe
défefpere
,
il
fe
repent
de
l’a-
voir
fuivie.
«
Mais,
dit-il,
je
>
nappréhendois
pas
ce
mal-
_»heur,
&
je
n’avois
pas
en-
»
vie
de
vaincre
à
des
con-
>
ditions
fi
cruelles.
Nous
fom-
»
mes
deux
qui
t’ayvons
tuée,
»
le
ferpent
ta
donné
le
coup,
»
&
j'en
ai
donné
l’occafion;
»
j'avoue
toutefois
que
je
fuis
»
le
plus
criminel.
Mais,
fi
»
jai
été
ton
meurtrier,
je
»
ferai
aufi
ton
vengeur
;
ma
>
inort
ira
te
porter
les
con-
»
folations
de
la
tienne.
»
Il
n'eut
pas
plutôt
parlé,
qu'il
monta
fur
une
roche
que
l’eau
avoit
ronpée
par
deflous,
&
de-là
il
fe
précipita
dans
la
mer.
Mais,
Théris
qui
en
eut
Pitié,
le
reçut
tout
doucement,
le
revêtit
de
plumes
,
tandis
qu'il
flottoit
encore
fur
l’eau,
&
ne
lui
permit
pas
de
mou-
tir;
c'eft-à-dire
,
qu’elle
le
changea
en
plongeon.
Îl
ne
fert
de
rien
de
quitter
la
cour
&
de
chercher
les
fo-
litüdes
pour
fe
dépouiller
des
pañions,
fi
l’on
ne
fe
dépouil-
le
de
foi-même.
Nous
ferons
dans
les
déferts
ce
que
nous
4
+
.
Ü
étions
parmi
le
monde,
fi
nous
Y
portons
nos
anciennes
incli-
nations.
Ce
n’eft
pas
le
lieu
qui
nous
change
,
c’eft
feule-
ment
la
raifon,
quand
nous
fa-
Vons
]a
mettre
en
ufage.
Au-
trement,
nos
tyrans
nous
fui-
VIOnt
par-tout,
je
veux
dire
PS
1
nos
paflions,
&
le
moindre
cb-
.jet
les
réveillera
&
leur
don-
néra
de
la
force.
Voilà,
ce
femble,
ce
que
nous
apprend
la
fable
d'Efacus,
qui
préféroit
le
féjour
de
la
campagne
à
ce-
ui
de
Ja
cour
&
de
la
ville,
&
qui
néanmoins,
comme
Ovi-
de
le
témoigne,
avoit
de
lin
clination
à
l'amour.
Fn-effer,
il
n'eut
pas
plutôr
vu
Hefpéris,
quil
en
devint
amoureux,
&
que
cet
amour
le
perdit.
On
feint,
au
refte,
qu'en
le
fuyant
Hefpérie
fur
piquée
par
un
ferpent,
&
qu’elle
mou-
rut
de
cetté
piquure.
Qu’ap-
prendrons
nous
de
cette
mort,
&
quel
bien
tirerons
nous
du
.
malheur
de
cette
nymphe?
ÿ
en
a
qui
penfent
qu'on
vent
apprendre
par
cette
aventure
aux
filles
&
aux
femmes
à
ne
point
fe
laïfler
cajoller
par
Les
Grands
;
que
leurs
carefles
one
toujours
dangereufes,
que
quoi-
qu'on
les
fuie,
on
ne
laiffe
pas
de
réveiller
la
médifance,
qui
eit
figurée
par
le
ferpent
qui
mord
Hefpérie;
car-fi
la
mé-
difance
ne
laïfle-pas
de
parler
quand
elle
n’a
point
d'occafon,
que
ne
féra-t-elle
pas
quand
on
l’ifrite,
c'eft-à-dire,
quand
on
lui
donne
fujet
de
parler»
Elle
ne
regarde
pas
fi
une
fille
prend
la
fuite,
elle
regarde
feulement
celti
qui
pourfuit
;
&
comme
elle
donne
un
mauvais
fens
à
toutes
chofes
,
elle
fair
pafler
une
vertueufe
fuite
pour
une
feinte
vicieufe.
Elle
fera
croire
que
cette
fuite
fe
fair
d'intelligence
avec
celui
qui
\
T44
ES
pourfuit;
elle
perfuadera
cent
autres
chofes
qui
font
aifément
juger
que
la
médifance
eft
un
ferpent
,
dont
les
moindres
piquures
font
mortelles
à
l’hon-
neur
des
filles
&
des
fémmes.
Enfin,
Efacus
même
périr
dans
la
pourfuite
de
fon
amour,
pour
montrer
que
de
femblables
paflions
font
ordinairement
fu-
néites
aux
Princes
,
&
que
fi
elles
ne
touchent
à
leur
vie,
elles
bleflent
toujours
leur
loire.
Apollodore
dit
qu'Efacus
*
étoit
fils
de
Priam
&
d’Arisbe,
fille
de
Mérops,
fa
première
femme;
que
fon
pere
Jui
fit
époufer
Stérope;
que
cetre
Princefle
étant
morte
fort
jeu-
ne,
il
en
fut
fi
afhigé,
qu'ii
fe
précipita
dans
la
mer.
Cet
Au-
teur
ajoûte
que
Priam
ayant
répudié.
Ârisbe
,
pour
époufer
Hécube,
fille
de
Cifléus,
Efa-
cus,
Voyant
fa
belle-meregroffe
de
fon
fecond
fils,
avoit
prédit
à
fon
pere
que
cet
enfant
feroit
un
jour
la
caufe
d’une
guerre
fanglante
,
qui
cauferoit
la
rui-
ne
de
Troye,
&
que
fur
cette
prédiction,
l'enfant
fut
expofé
fur
le
mont
[da.
Fzetzès
ajoûre
qu'Efacus
avoit
dit
à
fon
pere
qu'il
falloit
faire
mourir
la
mere
&
l'enfant
qui
venoit
de
naître
ce
jour-là;
&
que
Priam,
informé
que
Cilla,
femme
de
Thimoëtes,
étoit
ce
même
jour
accouchée
d’un
fils,
il
la
ft
mourir
avec
fon
enfant,
croÿant
_par-là
pouvoir
éviter
l'effet
de
Ca)
Homer.
Hymn,
in
Apoll,
ES
la
prédiction.
Servius,
fr
l'autorité
d'Euphotion,
conte
la
chofe-de
la
même
manière:
mais
un
ancien
Poëre,
cité
par
Cicéron,
au
premier
livre
de
la
divination,
dit
que
ce
fut
l’oracle
de
Zélia,
petite
ville
au
pied
du
mont
Îda,
quiren<
dit
cette
réponfe,
en
inter-
prétation
du
fonge
d'Hécube
Paufanias,
dans
fes
Phociques,
prétend
que
c'étoit
la
Sibylle
Hérophile
qui
avoit
interprété
ce
fonge,
&
plufieurs
autres
Auteurs
en
donnent
la
gloire
à.
Cafflandre.
Quoi
qu'ilen
foir,
Apollodore
nous
apprend
en-
core
qu'Efacus
avoit
appris
à
prédire
l'avenir,
de
fon
grand:
pere
Mérops.
I!
en
laiifa
ap-
paremment
les
principes
dans
fa
famille,
puifque
nous
voyons
que
Caffandre
&
Hélénus
l’exer-
cerent
dans
la
fuite.
ESAGÉE
y
Æjagea,
A'ideyie,
(4)
nom
d’une
montagne,
dont
il
eft
parlé
dans
l'hymne
pour
Apollon,
qu’on
attribue
à
Ho-
mère.
.
ESAR,
Æfar,
on
Esarus,
Æfarus,
(b)
Heuve
d'{ralie,
au
païs
des
Bruttiens.
Il
eft
fair
mention
de
ce
fleuve
dans
Ovi-
de..
C'eft
aujourd’hui
l'Efaro;,
au
royaume
de
Naples,
dans
la
Calabre
ultérieure.
Il
fort
de
l'Apennin,
&
fe
perd
dans
la
mer
Tonienne,
auprès
de
Crotone.
-
ESARUS,
Æforus,
Foy
Eïar.
C1.
3
{b)
Ovid,
Metam,
É;
XV:
ESAU,
ES.
.
ESAU,
Efai,
Eva,
(a)
fjs
d'Ifaac
&
de
Rebecca,
naquit
lan
du
monde
2168,
&
1832
avant
Jefus-Chrift.
Lorfque
le
tems
des
couches
de
Rébecca
fut
arrivé,
elle
fe
trouva
grofle
de
deux
jumeaux;
&
celui
qui
fortit
le
premier,
étoit
velu
comme
une
peau
;
ce
qui
lui
fit
donner
le
nom
d'Efaü
,-com-
me
qui
diroit
un
homme
fait,
un
homme
parfait.
Quelques-
uns
dérivent
le
nom
d’'Efaü,
de
l'Arabe
Gefcha
ou
Geftheva
|
qui
fignifie
un
cilice.
Lorf-
Qu'Efaü
fur
devenu
grand,
il
S'exerça
au
labourage
&
à
la
chafle;
&
Ifaac
fon
pere
avoit
pour
lui
une
tendrefle
particu-
lière
,
parce
qu'il
lui
faifoir
manger
de
fa
chaffe.
Lorfqu’é-
:
“tant
Encore
jeune
il
revenoit
un
jour
de
la
chaffe
abattu
de
travail
&
preffé
d’une
grande
faim,
il
trouva
que
fon
frere
faifoir
cuire
des
lentilles
pour
fon
dîner.
Elles
lui
parurent
fi
rouges
&
fi
bonnes,
que
l'exrré-
-me
Envie
qu'il
eut
d’en
manger,
ft
qu'il
le
pria
de
les
lui
don-
ner.
Mais
Jacob,
qui
vitavec
quelle
ardeur
il
les
défiroit
,
lui
dit
qu'il
ne
les
Ini
donne
toit
qu'à
condition
qu’il
Jui
téderoit.
fon-
droit
d’aîneffe.
Efaü
en
demeura
d'acord,
&
le
lui
promit
avec
ferment.
De
Jeunes
gens
de
leur
Âge
fe
moc-
Querent
de
la
fimplicité
d'Efaü;
&
à
caufe
de
cette
couleur
<
:
ES
»
r4s-
rougé
des
lentilles,
ils
lui
don:
nerent
le
nom
d’Édom,
qui
en
Hébreu
fignifie
roux,
&le
païs
où
il
s'établit
depuis,
confer-
va
ce
nom.
Mais,
comme
les
:
Grecs
adouciflent
Les
noms,
pour
les
rendre
plus
agréables,
ils
l’ont
nommé
Idumée,
Efaï,
âgé
de
quarante
ans,
époufa
deux
femmes
Chana=
néennes
;
l’une
nommée
Judith,
fille
de
Béérile
Héthéen,
&
l’autre,
Bafemath,
fille
d'Elon
;
du
même
païs.
Îl
ne
demanda
point
la
permiffion
à
fon
pere,
&
il
ne
la
lui
auroit
jamais
accordée,
parce
qu'il
-n'ap=
prouvoit
pas
qu’il
s’ailiât
avec.
des
étrangers.
Néanmoins
,
comme-il
ne
vouloit
point.
f4-
cher
fon
fils
en
lui
comman-
dant
de
renvoyer
fes
deux
fem
mes,
il
le
fouffrit
fans
lui
en
parler.
Cet
homme
fi
jufte,
qui
étoit
alors
accablé
de
vieilléffe
;
&
-qui
avoit
même
perdu
la
vue,
fit
venir
Efau,
&
lui
dit
que
ne
-Pouvant
plus
voir
la
clarté
du
jour
,
ni
fervir
Dieu
auf
exac-
tement
qu'il
avoit
-accoûtumé,
“ilvouloit,
avant
que
de
mourir,
lui
donner
fa
bénédidtion:
qu'il
s’en
allât
à
la
chañe,
qu’il
Jui
apportât
ce
qu'il
prendroit,
‘pour
en-manger,
&
qu'enfuite
31}
prieroit
ieu-de-
vouloir
toujours
être
fon
protecteur,
puifqu’il
ne
pouvoit
mieuxem-
ployer
le
peù-de
tems
qui
lui
(2)
Gene.
c,
25.
v.
24,
dr
frg.
c.
26.
1
Judaïc.
p.
26.
Sr
feg.
Mém,
de
P'Acad.
V:
34,
39.
0
av,
y,
1,
leg:
c.
32.
V.
3.
|
des
Infcript,
&
Bell.
Let,
T,
I,
Pe
129
ARIANE
LE
Tom.
XYL
Ve
Le
®
feg,
©,
35.
v.
7
Se
36
V,
2
D
feque
Jofeph,
de
Antiq.
è
€
fuir,
Ti
VIII,
P«
120.
K
248
ET
tems
de
notre
Monarchie
?
ETÉOCLE
,
Eteocles
;
(a)
Ersoxc
,
naquit
de
l’incefte
d'Œdipe
avec
Jocafte
fa
mere,
qu'il
avoit
époufée
fans
la
con-
noître
,
felon
Diodore
de
Si-
cile.
Du
même
incefte
naquit
encore
Polynice,
avec
deux
fil-
des,
Antigone
&lfmene,
-
Après
la
mort,
ou,
fi
l’on
vent,
après
la
retraite
d'Œdi-
pe,
fes
deux
fils
Etéocle
&
Po-
‘lynice,
convinrent
de
règner
tour
à
tour.
Diodore
de
Sicile
dit
que
ces
deux
jeunes
Prin-
ces
;
devenus
grands,
ayant
appris
l’opprobre
de
leur
mai-
fon
,enfermerentleur
pere
dans
{on
palais
:
après
quoi,
s'étant
rendus
maîtres
du
royaume,
ils
:
Convinrent
enfemble
qu’ils
rè-
gneroient
tour
à
tour
chacun
une
année
;
convention
qui
fut
la
fource
de
leur
haîne
&
de
la
guerre
qui,
felon
Paufanias,
fut
une
des
plus
confidérables
qu'il
y
ait
eu
parmi
les
Grecs,
pendant
les
tems
héroïques.
Elle
ft
connue
fous
le
nom
de
guer-
-re
de
Thebes.
-
Les
deuxfreres
étant
donc
con-
venus
derègnerPunaprès
l’autre,
Etéocle
>
Qui
étoit
l’aîné
,
monfa
fur
Le
trône
le
premier
;
mais,
Pannée
étant
expirée,
il
trouva
tant
d’appas
à
être
le
maître,
qu'il
ne
voulut
point
céder
fa
place
à
fon
frere,
Polynice
in-
digné
fe
retira
à
Argos
chez
le
roi
Adrafte,
qui
lui
fit
épou-
fer
fa
fille
Argie,
On
dit
même
:
(a)
Diod,
Sicul,
p.
1865
,
186.
Pauf.
192:
pag,
324,551.
Myth,
par
M.
PAbb.
Ban,
Tom,
V.
ÿ.
206.
T,
VIL
p.
EE
qu'Adrafle,
pour
lui
marquef
fon
eftime,
lui
promit
de
le
fai
re
rentrer
dans
fa
patrie,
&
de
le
rétablir
dans
tous
fes
droits,
Dans
ce
deflein,
il
envoya
Ty-
dée
en
embaflade
chez
Etéocle,
pour
lui
parler
du
retour
dé.
fon
frere.
On
raconte
que
Tydée
,
tombé
dans
une
em-
bufcade
de
cinquante
hommes,
qu'Etéocle
,
averti
du
fujet
qui
l’amenoit,
avoit
pofée
fur
fon
chemin,
les
tua
tous,
&
revint
à
Argos.
Adrafte,
apprenant
cette
trahifon
,
fe
prépara
à
une
expédition
militaire
,
&
en-
gagea
dans
fon
parti
plufieurs
célebres
capitaines
de
ce
rems-
à.
Mais,
cette
expédition
fut
très-malheureufe.
Etéocle
&
Polynice
fe
tuerent
l’un
l’autre
dans
un
combat
fingulier.
Tous
les
autres
périrent
aufi
de
dif
férentes
manières.
Adrafte
feul
:
eut
le
bonheur
de
fauver
fa
vie.
Etéocle
eut
pour
fuccefleur.
fon
fils
de
Laodamas,
qui,
jeu-
ne
encore,
fut
mis
fous
la
tute=
le
de
Créon
de
Ménœcée.
Le
récit
que
fait
Euripide
dans
fes
Phéniciennes,
de
la
mort
d'Eréocle
&
de
Polynice,
eit
un
des
morceaux
les
plus
travaillés
des
tragédies
de
ce
Poëte,
puifqu'il
y
peint
le
com-
bat
des
deux
freres
avec
les
couleurs
les
plus
vives
&
les
plus
vraies
,
&
qu'il
en
met
toutes
les
circonttances
fous
les
yeux
du
fpectateur
,
avec
une
netteté
&
une
précifion
ad-
>
fuiv.
Mém.
de
l'Acad,
des
Infcript,
&
Bell.
Lerr.
Tom,
IL.
P:
413
187310
fuiv.
Te
V,
p.
119.
d
Jfuiv.
-
?
»
9
9
3
5»
»
3
D)
»
Er
mirables,
En
voici
un
abrégé.
»
Ftéocle
&
Polynice,
dit
Euripide
,
fe
battirent
d’abord
avec
la
lance.
Chacun
d’eux
examine
attentivement
les
mouvemens
de
fon
ennemi,
pour
rendre
fes
efforts
inuti-
les,
&
fe
couvre
avec
foin
de
fon
bouclier.
Etéocle
heur-
te
contre
une
pierre,
qui
l’o-
blige
de
faire
un
pas
en
avant
&
de
fe
découvrir
en
partie.
Polynice
faifit
l'occafion
de
fe
préfente
de
le
blefler,
ni
perce
la
cuifle
avec
fa
Jance.
Dans
le
rems
même
qu’il
le
frappe,
il
fe
décou-
.vre
l’épaule
;
Etéocle
profite
du
moment,
&
lui
enfonce
fa
lance
dans
Ja
poitrine.
Pour
fe
tirer
del’embarras
où
le
met
cer
accident,
il
fait
hn
pas
en
arrière
,
&
prend
une
pierre
avec
laquelle
il
rompt
là
lance
de
Polynice
par
le
milieu
;
ainfi,
comme
ils
n’ont
plus
de
lance
ni
Pun
ni
Pautre
.
Je
combat
rede-
vient
égal
entr’eux.
Alors,
ils
mettent
Pépée
à
la
main,
&
fondent
l’un
fur
l’autre.
Leurs
boucliers
fe
touchent,
le
combat
s’échauffe,
&ils
fe
chargent
avec
la
plus
grande
fureur.
Enfin
,
Etéocle
s’avi-
fe
d’une
rufe
qui
étoit
en
ufage
parmi
les
Theffaliens,
&
qui
lui
étoit
connue
par
le
commerce
qu
l
avoit
avec
ces
peuples.
Ïl
change
fon
attaque
,
ül
porte
fon
pied
Sgaucheenarrière,
,
ayant
tou-
D
»
»
»
3)
»
»
»
3
3)
9
»
Le]
br]
»
»
5
2
”
D
»
3»
3»)
»
»
»
1
ET:
249
jours
foin
de
fe
tenir
bien
couvert;
&avançant
fon
pied
droit,
L
pafle
fon
épée
dans
le
corps
de
fon
frere,
&
le
traverfe
depuis
le
Sombre
jufqu’à
l’'épine
du
dos.
Poly-
nice
en
recevant
le
coup
penche
fon
corps
en
avant,
&
tombe
fur
la
pouflière,
qu'il
teint
de
fon
fang.
Etéocle,
qui
fe
croit
afluré
de
la
vic-
toire
,
jette
fon
épée
par
ter-
re
,
&
court
fur
fon
frere
pour
le
dépouiller;
ilnes’oc-
cupe
que
de
ce
foin,
&
ne
prend
aucune
précaution.
C’eft
ce
qui
caufe
fa
perte.
Polynice,
qui
refpiroit
enco-
re
,
qui
dans
fa
chûte
n’a-
voit
point
quitté
fon
épée,
la
lève,
quoique
d’une
main
foible
,
+
plonge
dans
Île
corps
d’Etéocle
,
&
lui
perce
le
ie.
On
les
voit
étendus
tous
deux
à
côté
VPun
de
l’au-
tre
,
fans
que
la
victoire
fe
foit
déclarée
pour
lun
des
deux.
«
ETÉOCLE
,
Eteocles,
(a)
E‘reouas
,
Argien
qui
futun
des
chefs
de
la
guerre
de
Thebes.
Euripide
en
fait
le
portrait
fui
vant,
»
Cet
autre,
dit
ce
Poëte,
A
7
po]
>
2
T5
p»
D
32
eft
Etéocle
,
jeune
héros,
peu
favorifé
des
biens
de
la
for-
tune,
mais
comblé
d’honneuts
dans
lPArsolide:
tellement
défintéreflé
dans
les
fervices
qu'il
rendoit
à
fa
patrie
,
que
jamais
il
ne
put
fe
ré-
‘foudre
à
recevoir
rien
de
fes
amis
même,
dans
la
crainçe
(a)
Mych.
par
M.
PAbb,
Ban.
Tom,
VIL,
p.
220.
2ç0
“ET
:
-
»
de
corrompre
tant
foit
peu
fon
integre
équité,
&
de
fe
voir
lié
par
les
préfens,
I
haïfloit
les
méchans
,
&
non
PÉrat;
&
il
diftinguoit
la
ré-
publique
de
ceux
qui
la
»
rendoient
odieufe
en
lagou-
vernant
mal.
«
ETÉOCLE
,
Æreocles,
(a)
F'recxdñc
,
Étoit
fils
d’une
fille
de
Eeucon,
&
d'Andréus
qui
vint
le
premier
s'établir
dans
le
païs
d
Orchomene
en
Béotie.
Mais,
felon
les
Béotiens
,
il
pafloit
pour
être
fils
du
fleuve
Céphifle
;
&
de-
là
vient
que
quelques
Poëtes
lui
ont
donné
cette
qualité.
Etéocle,
ayant
fuccédé
à
fon
pere,
foufrit
que
le
païs
retint
fon
premier
nom
;
il
établit
feulement
deux
téibus,
dont
il
nomma
l’une
la
Céphifliade
,
&
l’autre
l’Etéo-
clée.
El
donna
à
Halmus,
fils
de
Sifyphe,
un
petit
canton,
où
celui-ci
bâtit
quelques
villages
qui
furent
nommés
les
Hal-
inons;
mais
,
dans
la
fuite,
ce
nomrefta
à
un
feul
village.
Les
Béotiens
difoient
qu_E-
téocle
eft
le
premier
qui
fe
foit
avilé
de
facrifier
aux
Gra-
ces;
ils
prétendoient
qu'il
en
reconnoifloit
trois
;
mais,
ils
ignoroient
les
noms
qu'il
lui
lut
de
leur
impofer.
ETÉOCLE,
Ereocles,
(b)
Bien,
Lacédémonien.
Com-
me
Lyfandre
ne
tuoit.pas
feu-
Jement
pour
fes
reflentimens
particuliers,
mais
qu'il
fervoit
ÿ
(a)
Pauf.
p.
sos.
Mém,
de
l'Acad.
des
Jofcript.
&
Bell.
Lett.
Tom.
HI.
p.xr.
Co
friv.
T.IV,p.
5052
506:
5077,
|
+
encore
l'inimitié
,
la
haine
@&
&
l’avarice
des
amis
qu'il
avoit
dans
toutes
les
villes,
&
leur
aidoit
à
les
aflouvir
par
lamort
de
leurs
ennemis:
on
vanta
fort
un
mot
que
dit
Etéocle
à
ce
fajet;
fçavoir,
que
la
Grece
ne
pourroit
fupporter
deux
Lyfandres.
Théophraîfte
écrit
que
ce
même
mot
avoit
déjà
été
dit
d’Alci-
biade
par
Archiftrate;
mais,
il
ne
lui
convenoit
pas
fi
bien;
car,
dans
Alcibiade
,
ce
qui
déplaifoit
le
plus;
c’étoit
une
grande
infolence
avec
beau-
coup
de
luxe
&
de
vanité;
au
lieu
que
dans
Lyfandre
la
ru-
defle
de
fes
mœurs
&
la
cruauté
rendoient
fa
puiflance
terrible
&
infupportable.
ETÉOCLE
,
Ereocles
,
(c)
E’rsonnÿs,
Ephore
de
Lacédé-
mone
,
quirefufa
à
Antipater,
gouverneur
de
Macédoine
,
cinquante
enfans
de
la
ville;
qu’il
lui
demandoit
pour
Ôtages,
‘après
la
défaite
d’Agis,
roi
de
Sparte
,
latroifième
année
de
la
112.2
Olympiade
,
330
ans
avant
Jefus
Chrift.
Il
lui
allé-
gua
pour
raifon
de
ce
refus
»
que
c’étoient
de
jeunes
arbres
qui
devoient
être
bien
cultivés,
&
qui
ne
profiteroient
point,
_s’ils
étoienttranfportés
ailleurs.
Néanmoins,
il
lui
offrit
des
vieillards
,
ou
des
femmes,
au
double;
mais,
ÂAntipater,
n€
les
voulant
pas
accepter,
s’em-
porta
à
des
menaces
qui
né-
tonnerent
point
Etéocle.
Il
ré-
(&)
Plut.
F.
1.
p.442:
444
E(e)Plut:-
TL:
p.
235
EL
:
pondit
courageufement,
que
fi
Antipater
demandoit
aux
La-
cédémoniens
des
chofes
plus
difficiles
que
la
mort,
il
leur
feroit
plus
aifé
de
mourir
que
de
donner
ce
qu’il
prétendoit.
ETÉOCRETES,
£teocretes,
E’réckpures,
(a)
nom
que
Dio-
dore
de
Sicile
donne
aux
pre-
.
miers
habitans
de
l’ifle
de
Cre-
te.
Ce
mot
fignifie
de
véritables
Crétois,
des
Crétois
indige-
nes,
Autochthones,
c’eft-à-
dire,
originaires
du
pais,
pés
dans
le
païs.
Le
nom
d’Etéo-
cretes
fut
reftreint
dans
la
fuite
à
un
peuple
particulier,
dont
1l
eft
fait
mention
dans
Homère.
:
Strabon
place
ce
peuple
dans
la
partie
méridionale
de
l'ifle,
&
lui
donne
la
petite
ville
de
Prafos,où
étoit
un
temple
de
Ju-
piter.
EÉTÉONE,,
Ereonus
,
(b):
E’reuroc,
ville
de
Grece
dans
la
Béotie,felon
Homère.
Ce
Poëte
la
qualifie
montagneufe,
fans
doute
parce
qu'elle
étoit
fituée
dans
les
montagnes.
Ses
habi-
_tans
partirent
pour
Île
fiege
de
Troye
»
ce
qui
prouve
l’anti-
quité
de
cette
ville.
Sitrabon
dit
qu'elle
fut
enfuite
appellée
Scarphe,
&
qu’elle
étoit
fituée
dans
le
territoire
des
Parafo-
piens
;
ilajoûte
cependant
que
d’autres
la
mettoient
dans
celui
des
Piatéens.
Étienne
de
Byzance
en
fait
une
ville
d'Eubée;
mais,
on
(a)
Diod.
Sicul.
pag.
230.
Homer.
Odyf.
L.
XIX.
p,
176,
Strab.
pag.221
»
475:
(ë)
Homer,
Iliad.
L,
II,
v.
4.
Strab.
ÊE
5SE
foupconne
avec
bien
dela
vrai-
femblance
,
que
c’eft
une
faute,
&
qu'il
faut
lire
la
Béotie,
au
lieu
de
l’'Eubée.
D'ailleurs,
Étienne
de
Byzance
aflure
,
comme
Strabon
,
que
cette
ville
fe
nommoit
Scarphe
de
fon
tems.
ETÉONÉE
,
Eteoneus,
(c)
E’reovevs
,
un
des
principaux
officiers
de
Ménélaüs,
rai
de
Lacédémone,
étoit
fils
de
Boë-
thus.
Télémaque
&
Pififtrate
étant
venus
à
Lacédémone
,
&
étant
entrés
,
montés
fur
leurs
chars,
dans
la
cour
du
palais
de
Ménélaüs,
Ftéonée
va
an-
noncer
leur
arrivée
au
Prince;
&
s’approchant,
illui
dit:»
Di-
»
vin
Ménélaüs,
deux
étran-
»
gers
viennent
d'entrer
dans
»
la
cour;
on
les
prendroit.ai-
»
fément
tous
deux
pour
les
»
fils
du
grand
Jupiter.
Or-
»
donnez
fi
nous
irons
dételer
»
leurs
chars,
ou
fi
nous
les
»
prierons
d'aller
chercher
aïl-
»
leurs
des
hôtes
qui
foient
en
»
état
de
les
recevoir.
«
Ménélaus
,
offenfé
de
ce
dif
cours,
lui
répondit:
»
Fils
de
»
Boëthus,
jufques-iéi
vous
ne
»
m'aviez
pas
paru
dépourvu
»
de
fens
;
mais
aujourd’hui
je
»
vous
trouve
très-infenfé
de
»
me
venir
faire
une
telle
de-
»
mande.
En
vérité,
jai
eu,
»
grand
befoin
moi-même
de
»
trouver
de
l'hofpitalité
dans
»
tous
les
païs
que
j'ai
traverfés
298;
408
;
409.
(c)
Homer,
Odyff,
L.
IV,
ve
22.
&
eg:
=
2S2
ET
>
pourrevenir
dans
mes
États:
»
veuille
le
grand
Jupiter
que
»
je
ne
fois
plus
réduit
à
lé-
»
prouver,
&
que
mes
peines
»
foient
finies.
Allez
donc
2
promptement
recevoir
ces
»
étrangers,
&
les
amenez
à
»
ma
table.
«
:
Sur
le
champ,
Eréonée
part
fans
répliquer
,
&
il
ordonne
aux
autres
efclaves
de
le
fui-
vre.
{ls
détellenr
les
chevaux,
qui
étoient
tout
couverts
de
fueur,
les
font
entrer
dans
de
fuperbes
écuries,
&
leur
pro-
diguent
le
froment
mêlé
avec
la
plus
belle
orge.
Ils
mettent
les
chars
dans
une
remife
dont
l'éclat
éblouiffoit
les
yeux;
&
enfuite
ils
conduifent
les
deux
Princes
dans
les
appartemens
,
ouils
furent
très-bien
traités.
ÉTERNITÉ,
Ærernitas
,
(a)
fut
adorée
comme
une
déefle
dans
l’antiquité.On
la
voit
fou-
vent
figurée
fur
des
médailles,
mais
en
des,
manières
tres-dif-
férentes.
Dans
une
médaille
de
Tite,
l'Éternité
eft
repréfentée
en
femme
qui
tient
la
tête
du
Soleilrayonnant,
&
celle
de
la
Lune.
Il
n’eft
rien
qui
repré-
fente
mieux
l’Éternité
que
le
Soleil,
dont
le
cours
ne
de-
voit
jamais
cefler
,
felon
l’opi-
nion
de
la
plüpart
des
Payens.
Dans
une
autre
d’Adrien,
la
emme
tient
d’une
main
la
tête
du
Soleil,
&
de
l’autre
celle
de
la
Lune.
Comme
cette
image
eft
affez
commune,
je
croirois
ET
volontiers,
dit
D.
Bernaxd
de
Montfaucon
;
que
c’étoit
en
cette
manière
qu'on
repréfen=
toit
ordinairement
la
déefle
Éternité
,
&
que
lesautres
figu=
res
qui
portent
le
nom
d’Érer-
nité
fur
les
médailles,
n’en
font
que
des
fymboles.
Ce
qui
me
confirme
dans
cette
opinions
pourfuit
-il,
eft
que
Rome
Éternelle,
dans
une
médaille
du
même
Adrien,
tient
aufh
la
tête
du
Soleil
rayonnant.
Une
autre
médaille
de
Tite,
donne
une
image
de
l’Érernité,
fort
différente
de
la
précédente.
Un
Maïs
Gradivus,
c'eft-à-di-
re,
dans
l'attitude
d’un
homme
qui
marche,
porte
de
fa
main
gauche
un
trophée,
&
de
la
droite
une
pique
,
pour
mar=
quer
que
les
victoires
&
les
trophées
de
Tite
étoient
confa-
crés
à
l'Éternité.
Outre
les
figures
de
femmes
qui
portent
à
la
main
une
tête
du
Soleil
rayonnant
avec
l'inf-
cription
Ærernitas,
on
en
voit
deux
dans
les
médailles
de
Fauftine
Mere
,
avec
la
même
infcription,
qui
ont
à
la
main
droite
un
globe
,
furlequel
eft
un
oifeau
rayonnant,
quon
croit
être
le
phénix,
mis
pouf
fymbole
de
l’'Éternité,
à
caufe
qu'il
fe
renouvelle
toujours,
&
arrive
par
ce
moyent
à
l’im-
mortalité,
Son
hiftoire
paie
pour
fabuleufe
;
ce
qui
n’empé-
choït
pas
que
les
Payens
,
qui
la
regardoient
comme
vérita-
(a)
Antiq.
expl.
par
D,
Bern.
de
par
M.
P'Abb.
Ban,
Tom.
V,
p.
3153
Montf.
Tom,
1.
pag.
3312:
332.
Myth.
l216,
ail
ln
déni
di
cn
AE
di:
-dhitet
God
le
ds de
dif
ET
ble,
n’en
fifént
un
fymbole
de
l'Éternité:Dansune
médaille
de
Carin,
outre
le
phénix
qui
eft
fur
la
main
de
la
femme
,
il
y
en
a
un
autre
à
fes
pieds
;
ils
font
tous
deux
fur
un
globe.
Sur
les
médailles
de
l’impé-
fatrice
Fauftine
,
elle
eft
repré-
fentée,
tanrôt
renant
une
main
étendue
,
&
un
bâton
ou
fcep-
tre
dé
l’autre;
tantôt
tenant
un
globe
d’une
main,
&
une
pique
de
l’autre;
quelquefois
avec
üne
torche
,
d'autrefois
elle
tient
le
globe
d’une
main,
&
de
Pautre
elle
fe
couvre
la
tête
d’un
voile;
ou
elle
tient
le
globe
dé
la
gauche,
&
étend
la
droite.
Cette
infcription
Æternitas
{e
mettoit
ordinaire-
ment
après
que
l'Empereur
ou
lPimpératrice
étoient
morts,
pour
la
confécration
ou
l’apo-
théofe
;
car,
lés
Romains
déi-
fioient
aufh
leurs
Empereurs
dés
funts.
On
voit
Fauftine
Mere
dans
un
revers,
aflife
fur
un
globe
couvert
d'étoiles;
&
dans
un
autre
,
montée
fur
un
char
tiré
par
deux
éléphans,
avec
-Pinfcription
Æfernitas;
dans.
une
autre
,
montée
fur
un
char
tiré
par
deux
lions,
elle
a
comme
Cybele
une
couronne
mürale
ou
tourelée.
Dans
une
de
Fauftine
la
Fille,
l'impéra-
trice
monte
au
ciel,
&
une
femme
aîlée
tient
une
torche.
On
trouve
encore
Fauftine
la
Fille
fur
un
globe
,
entre
deux.
femmes
quife
couvrent
d’un
Cay
Myth:
par
M.
PAbb.
Ban.
Tom.
ET
253
voile,
avec
l’infcription
Æterni-
Las:
:
L'Éternité
eft
auffi
défionéé
dans
une
médaille
de-l'Empe-,
reur
Philippe,
par
un
éléphanr,
fur
lequel
eft
monté
un
petit
garçon
qui
tient
des
fleches.
On
dit
que
l'éléphant
eft
pris
pour
fymbole
de
lÉrernité
à:
caufe
de
fa
longue
vie.
Dans
Pofthume
,
l'Empereur.
eft
couronné
par
Hercule,
&
cela-pour
marquer
la
durée
fu-
ture
de
fon
empire.
L’infcrip-
tion
eit
Æfernitas
Aup.
ETERNUMENT
,
Sternu-
tementum,
Sternutatio.
(a)
L’an-
cienneré
&
l'étendue
de
la
coûtume
de
faire
des
fouhaits
en
faveur
de
ceux
qui
Érer--
nuent
,
ont
engagé
les
littéra=
teurs
à
rechercher
curieufe-
ment,
d’après
l'exemple
d’A-
riftote,
fi
cet
ufage
tiroit
fon
origine
de
la
religion,
de
la
fuperftition,
des
raifons
demo-
rale
ou
de
phyfique.
Mais
,
toutes
les
recherches
qu’on
a
faites
à
ce
fujet,
ne
laiflent
à
défirer
que
la
vérité
où
la
vraifemblance.
Il
faudroit
êtré
aujourdhui
bien
habile
pour
deviner
fi
dans
les
com-
mencemens
l’on
a
regardé
les
Éternumens
comme
dangereux,
ou
comme
amis
de
la
nature
;
chaque
peuple
a
pu
s’en
for-.
mer
des
idées
différentes,
puif-
que
les
anciens
médecins
mé-
mes
ont
été
partagés;
cepen-
dant,
ançcun
d'eux
n'a
adopté
Mém.
de
l'Acad.
des
Infcript,
&
Bell,
1.
p.
r4s
,
146.
Antiq.
explig.
par
D,/{Lertt,
Tom,
IV,
pag.
325.
&:
fuiv.
Bern,
de
Montf,
Tom,
If,
pag,
26$,
f
/
{
254
ET
le
fyffême
de
Saint
Clément
d'Alexandrie
,
qui
ne
confidé-
roit
les
Sternutations
que
com-
me
une
marque
d’intempérance
&
de
molilefle
;
c’eft
un
fyftème
à
lui
tout
feul.
…
Laiflant
donc
à
part
la
caufe
inconnue
qui
a
pu
porter
les
divers
peuples
à
faluer
un
mouvement
convulfif
de
la
refpiration,
qui
n’arien
de
plus
fingulier
que
la
toux
&
le
ho-
‘quêét,
il
fufhira
de
faire
quel-
-
ques
obfervations
fur
cetufage.
On
fçait
d’abord
que
les
Grecs
avoient
différentes
for-
mules
de
complimens
pour
fa-
luer
ceux
qui
éternuoient.
La
plus
fimple
&
la
plus
commuue
étoit
celle
de
{li,
vivez
,
com-
me
nous
en
affure
Olympiodo-
re
dans
fon
commentaire
fur
le
Phédon
de
Platon.
C'eft
préci-
fément
la
même
dont
les
Juifs
fe
fervent
de
tout
tems
dans
les
mêmes
occafions
,
&
le
falve
des
Latins
;
ils
employoient
auffi.celle
de
Zeu
oo
,
Jupi-
ter
vous
conferve.
I
paroît
même
d’après
quelques
monumens,
qu’ils
ne
fe
contentoient
pas,
comme
nous,
de
former
ces
fouhaïits
pour
les
autres
,
ou
de
les
recevoir,
mais
qu'ils
s’en
faifoient
eux-mêmes
Papplica-
tion,
apparemment
quand
ils
étoient
feuls.
Ces
honnèêtetés
faifoient
auffi
chez
les
Romains
un
des
de-
voirs
de
la
vie
civile,
Srernu-
tamentis
falutemur
;
ce
font
les
paroles
de
Pline,
&
il
ajoûte
comme
une
chofe
fingulière
,
que
l’empereur
Tibere,
avec
ET
toute
fa
gravité,
ne
laifloit
pas
d'exiger
cette
marque
d’atten-
tion
&
de
refpect
de
ceux
de:
fa
fuite,
même
en
voyage
&
dans
fa
litière
;
ce
.qui
femble
fuppofer
que
la
vie
libre
de
la
campagne
,
ou
les
embarras
du
voyage
les
difpenfoient
ordi-
nairement,
de
certaines
forma-
lités
attachées
à
la
vie
citadi-
ne.
Dans
Pétrone,
Giton,
qui
s’étoit
caché
fous
un
lit
,
s'étant
découvert
lui-même
par
un
Éternument
,
Eumolpus
lui
adreffe
aufli-tôtfon
compliment,
falvere
Gitona
Jubert
;
&t
dans
Apulée
femblable
contre.-tems
étant
arrivé
plufeurs
fois
au
galant
d’une
femme
qui
avoit
été
obligé
de
fe
retirer
dans
la
garde-robe
,
le
mari
dans
fa
fimplicité,
fuppofantque
c’éroit
fa
femme
,
folito
fermone
falutem,
ei
precabatur,
faifoit
des
vœux
pour
fa
fanté,
fuivant
l’ufage.
Ceux
qui
ont
fuccédé
aux
Grecs
&
aux
Romains
dans
les
trois
parties
du
monde,
foit
qu'ils
aient
reçu
cette
politeflé
d'eux
ou
de
leurs
ancêtres,
lont
gardée
religieufement
jufqu'à
ce
jour
fans
aucuneex-
ception,
à
la
réferve
peut-être
de
quelques
Anabaptiftes
ou
Trembleurs
d'Angleterre,
qui
ont
étendu
leur
réforme
cha-
grine
jufque
fur
cet
acte
de
cir
_vilité
,
comme
fur
un
refte
de
fuperftition
payenne;
mais,
cette
exception,bien.loin
d’in-
firmer
la
règle,
la
confirme,
&
cette
fingulariré
affedtée
ne
doit
être
regardée
que
comme
un
entêtement
bizarre
,
qui
ne
ET
tire
à
aucune
conféquence
con-
tre
le
confentement
unanime
du
trefle
du
genre
humain.
Afin
que
rien
n’y
manque,
il
ne
fera
pas
inutile
d’ajoûter
ici
les
fuffrages
des
habitans
de
l'extrémité
de
l'Afrique,
&
mè-
me
dunouveau
monde
,
peuples
certainement
inconnus
aux
Grécs
&
aux
Romains.
Les
relations
du
Monomotapa
nous
aflurent
que
quand
le
roi
du
païs
éternue,
rous
ceux
qui
fe
trouvent
dans
le
lieu
de
fa
ré-
fidence,ou
aux
environs,en
font
informés
dans
le
même
inftant
,
où
par
certains
fignaux,
ou
par
certaines
formules
de
prie-
res
qui
fe
font
tout
haur
en
fa
faveur,
&
qui
paflent
fuccefli-
vement
de
la
cour
à
la
ville,
&
de
la
ville
dans
les
fauxbourgs,
de
manière
que
l’on
n’entend
re-
tentir
de
tous
côtés
que
des
vœux
folemnels
pour
la
fanté
‘du
Prince
,
&
des
efpèces
de
vive
le
Roi,
qu'ils
font
obligés
de
dire
hautement
chacun
dans
leur
langage.
Maïs
,
ce
qui
pa-
voit
plus
étonnant,
c'eft
que
les
-
Efpagnols
ont
trouvé
cette
po-
litefle
érablie
dans
le
nouveau
monde
,
s’il
en
fautcroire
l'hif-
toire
de
la
Conquête
de
la
Flo-
ride,
dont
l’auteur
nous
aflure
que
le
Cacique
de
Guachoia
ayant
eternué
en
préfence
de
Soto
,
les
Indiens
de
fa
fuite
s’inclinerent
aufli-tôt
devant
lui,
étendirent
leurs
bras,
&
Iui
donnerent
à
leur
manière
les
marques
ordinaires
de
leurs
refpeéts,
priant
le
Soleil
dele
défendre,
de
l’éclairer,
&
d’ê-
mnatürel
,
:
ET
DS.
tre
toujours
avec
lui.
Ces
exem-
ples
en
difent
beaucoup,
&
nous
marquent
aflez
inrelligi=
blement
d’où
cet
ufage
peutve-
nir;
que
ce
n’cit
ni
un
effet
de
l'éducation,
ni
de
l’imitation,
ni
de
latradition,
qu'il
naît
&
our
ainfi
dire,
aVecnous
,
&
qu'il
fort
du
fein
même
de
la
na
tite.
La
fuperftition,
qui
fe
ghfe
par-tout
,
ne
nianqua
pas
de
s’introduire
dans
ce
phénomene
_&
d'y
trouver
de
grands
myftères.
Dans
tout
le
corps
du
paganifme
le
plus
ancien,
chez
les
Égyptiens,
chez
les
Grecs,
chez
les
Ro-
mains
,
C'étoituneefpèce
de
d1-
vinité
familiere
,
un
oracle
am-.
bulant,
qui,
dans
leurs
préven-
tions
,
les
avertifloir
en
plu-
fieurs
rencontres
du
parti
qu'ils
devoient
prendre,
du
bien
ou
du
mal
qui
devoir
leur
arriver;
les
Auteurs
font
remplis
de.
faits
qui
juftifient
clairement
leur
attention
extrême
là-defflus,
&
leur
vaine
crédulité.
Xéno-
hon
harangue
fes
troupes
;
un
de
fes
foldats
érernue
précifé-
ment
comme
il
les
exhortoit
avec
chaleur
à
prendre
une
ré-
folution
hazardeufe
,
mais
qui
lui
paroïfloit
néceflaire
;
toute
l'armée,
d’un
mouvementunani-
me,
adore
Dieu,
ditl'Hiftorien,
&
lui-même,
faififlantl'occafion,
conclut
en
habile
homme,
qu'ik
falloit
offrir
fur
le
champ
des
facrifices
d'aétions
de
graces:
au
dieu
confervateur
,
qui
les
avoit
déterminés
par
ce
fignal
à
fuivre
les
confeils
faluraires
556
ET
de
leür
Général.
Dans
Homère,
Pénélope
fatiguée
des
afliduités
importunes
de
fes
amans
,
fait
des
imprécations
contre
eux
&
des
vœux
pour
le
retour
d'U-
1yfe
;
Télémaque
l'inteérrompt
par
un
dé
ces
Éternumens
au-
thentiques,
qui
ébranlent
toute
une
maifon
;
la
Princefle
s’aban-
donne
à
des
tranfports
de
joie,
&
fon
confeil
entrant
dans
fon
fens,
regarde
cet
accident
com-
me
une
aflurance
infaillible
de
l'accompliflement
de
leurs
fou-
haits.
Ce
fameux
démon
de
Socrate
,
qui
lui
marquoit
pré-
cifément
le
chemin
qu’il
devoit
fuivre
dans
certains
états
am-
bigus
aflez
fréquens
dans
l'ufa-
ge
de
la
vie,
qui
ne
préfentent
à
droite
&
à
gauche
que
des
incertitudes
ou
des
probabili-
tés,
ce
démon
prétendu,
n’étoit
ni
un
fylphe,
ni
un
falamandre,
ni
un
génie,
ce
n'étoit
que
l'É-
ternument,
sl
en
faut
croire
Polymnis
chez
Plutarque.
-
Mais,
où
ce
fymptôme
étoit
particulièrement
décifif,
c’étoit
dans
le
commerce
des
femmes
&
des
jeunes
gens.
Dans
Arif-
ténète
,
Parthénis,
jeune
folle
entêtée
de
l’objet
de
fa
pañlion,
après
plufieurs
combats
&
de
longues
irréfolutions
,
fe
dé-
termine
enfin
à
expliquer
fes
fentimens
par
écrit
à
fon
cher
Sarpédon;
elle
éternué
dans
l'endroit
de
fa
lettre
le
plus
vif
&
le
plus
tendre;
c’en
eft
aflez
pour
elle;
cet
incident
lui
tient
lieu
de
réponfe,
&
lui
fait
juger
que
dans
le
même
inf
tant
fon
cher
Adonis
penfoir
à
+.
ET
elle
fur
le
même
ton,
commet
cette
opération
du
cerveau,
en
concours
avec
l’idée
d’uh
fujet
agréable,
étoit
une
marque
cer-
itaine
de
l’union
que
la
fympa-
tie
établit
entre
les
cœurs.
Par
la
même
raïfon,
les
Poëtes
Grecs
&
Latins
difoient
des
jolies
perfonnes,
que
les
Amours
avoient
éternué
à
leur
naiffance
Après
cela,
il
y
avoit
plu-
fieurs
obfervations
à
faire
pour
démèler
les
bons
d’avec
les
mauvais.
Quand
la
Lune
étoit
dans
les
fipgnes
du
Taureau,
du
Lion,
de
la
Balance,
du
Ca=
pricorne
,
ou
des
Poiflons,
c’é=
toit
un
bon
augure
;
dans
les
autres’,
mauvais
;
le
matin
,
de-
puis
minuit
jufqu'à
midi,
fa-
cheux
pronoftic
;
favorable
au
contraire,
depuis
midi
jufqu'à
minuit;
pernicieux
en
fofrtant
:
‘du
lit
ou
de
là
table;
il
falloit
s’y
remettre,
&
râcher
,
ou
de
dormir,
ou
deboire,
ou
de
man-
ger
quelque
chofe,
pour
chan-
ger
ou
rompre
les
loix
du
mau-
vais
quart
d'heure.
fs
tiroient
auf
de
femblabies
inductions
des
Éternumens
fimples
oure-
doublés
,
de
ceux
qui
fe
fai-
foient
à
droite
&
à
gauche,
an
commencement
ou
au
milieu
de
l'ouvrage
,
&
de
plufieurs
au-
tres
circonftances
dont
le
dé=
tail
feroit
long
&
ennuyeux.
Dans
tous
ces
faits
&
toutes
ces
préventions,
on
ne
peut
pas
nier
qu’il
n’y
eût
de
la
fo-
lie
&
de
la
fuperitition
;
il
peut
bien
fe
faire
aufli
que
le
menu
peuple,
rempli
de
ces
préjugés,
en
mêloit
quelques
grains
e
(SE
ET
Les
civilités
&
dans
les
vœux
qu'il
formoit
en
faveur
de
ceux
qui
éternuoient
;
mais,
c’étoit
un
abus
populaire,
dont
les
gens
fenfés
&
les
perfonnes
rai-
fonnables
ne
faifoient
que
rire,
comme
on
le
peut
voir
dans
Cicéron
,
dans
Séneque
,
&
même
dans
les
Auteurs
comi-
ques.
ETES,
Ætes,
An,
(4)
Athénien,
que
Démofthène,
-dans
faharangue
contre
Nééra,
qualifié
Cériade.
C'eft
parce
qu'il
étoit
de
quelque
bourg
de
lAttique,
qui
portoit
ce
nom.
ETÉSIENS.,
Etrefie,
forte
de
vents.
Les
Anciens
don-
noïent
le
nom
d’Étéfiens,
du
terme
Grec
éryorc,
qui
fignifie
anniverfaire,
à
des
vents
dont
le
fouffle
fe
faifoit
fentir
régu-
lèrement
chaque
année,
&ra-
fraichifloit
l'air
pendant
fix
ou
fept
femaines,
depuis
ie
folfti-
ce
d'été
juïque
dans
Ja
canicu-.
le.
Le
règne
des
vents
Étéfiens
Étoit
annoncé
par
ceux
que
l’on
nommoit
prodromes
ou
précur-
feurs,
durant
quelques
jours.
Ces
vents,
mettant
de
la
tem-
pérature
dans
l’air
pendant
la
faifon
des
chaleurs,
la
plus
Commune
opinion
veut
qu'ils
fouMent
de
la
bande
du
nord
£
&
c’eft
ainfi
que
le
vent
de
nord
étant
le
traverfier
des
bouches
du
Nil,
dont
le
cours
_€n
général
eft
du
midi
au
fep-
tentrion,
les
Anciens
attri-
buoient
aux
vents
Étéfiens
,
(4)
Demofth,
Orat.
in
Neær,
p.
867:
Zoi,
XVI.
ou
pendant
Juin
&
Juiller,
le
re
fluement
des
eaux
du
fleuve
>
qui
pouvoit
contribuer
à
fon
débordement
régulier
dans
la
même
faifon.
Le
rhumb
de
ce
ventn'eift
pas
néanmoins
telle-
-ment
fixé
à
cette
région
du
mon-
de,
quil
ne
participe
de
plu
fieurs
autres
;
&
le
nom
d’Eté-
fiens
eft
appliqué
à
des
vents
venant
du
couchant
comme
du
feptentrion.
C’eft
pour
cette
railon
que
dans
plufieurs
Au
teurs
anciens,
les
Étéfiens
font
déclarés
favorables
fur
la
Mé.
diterranée,
à
ceux
qui
font
route
d’occident
en
Orient
;
&
accufés
d'être
contrairespourla
route
oppolée.
C’eft
ainfi
qu'on.
peut
entendre
les
vents
Été-
liens
dans
quelques
endroits
de
Cicéron
&
de
Tacite.
Ariftote
où
l'auteur
Grec,
quel
qu'il
foit,
du
traité
intitulé
Ze
Monde,
dit
formellement
que
les
Éré-
fiens
tiennent
également.
du
vent
Gepupes
comme
de
l’épéros
;
&
Diodore
de
Sicile
étend
la
bande
des
vents
Étéfiens
juf=
qu'au
couchant
d'été.
Ontrou-
vé
même
dans
Pline
&
dans
Strabon,
d’après
Pofdonius
$
que
des
vents
foufflant
de
l’eft
font
appellés
Étéfiens
:
mais
,
14
eit
conftant
qu'en
cela
ils
s’é-
cartent
de
l'idée
la
plus
Sénéra-
le-qu’on
doit
avoir
des
vents
Étéfiens
;
&
certe
communica-
tion
du
nom
d’Étéfiens
à
des
:
vents
étrangers
à
la
région
ordinaire
des
Éréfiens,
ne
peut
être
admife
ou
autorifée,
qu’au
Z
R
264,
ÉT
Altoria,
nom,
qui,
dans
les
Auteurs.anciens,
eft
commun
à
.
divers
païs,
tant
de
l’Afe
que
de
l’Afrique.
.
Les
Grecs
nommoient
en
gé-
néral
Ethiopiens
tous
les
peu-
ples
qui
ont
la
peaü
noire
ou
bafannée.
On
croit
ordinaire-
ment
que
l'Ethiopie
eft
défignée
par
le
mot
de
Chus,
dans
quel-
ques
livres
de
l'Ancien
Tefta-
ment.
M.
Huet,
dans
fon
traité
de
la
fituation
du
Paradis
Ter-
reftre,
le
prouve
contre
le
fça-
vant
Bochart
qui
l’avoit
nié.
Bochart
prétend
que
£zd,
dont
il
eft
parlé
dans
lfaïe,
eft
l'E-
thiopie
des
Grecs
;
&
que
les
Ethiopiens
fontnommés
Ludéens
par
Jérémie.
Il
en
apporte
di-
verfes
preuves
qui
ne
font
guè-
re
que
des
convenances
peu
dé-
cifives.
I: Il
eft
certain
que
les
An-
ciens
ont
donné
quelquefois
le
nom
d’Indiens
aux
peuples
de
lEthiopie
:
Ufque
coloratis
amnis
devexus
ab
Indis
,
dit
Virgile
en
parlant
du
Nil:
Ultra
Garamantas
&
Indos
Proferet
imperium
,
dit
le
même
ailleurs,
en
par-
ant
d’Augufte
qui
avoit
efedi-
vement
conquis
quelques
villes
d’'Ethiopie,
&
obligé
ces
peu-
ples
à
Jui
demander
La
paix
par
des
ambafladeurs.
Élien
met
des
Indiens
auprès
EE
des
Garamantes
dans
ta
Libye,
&
en
conférant
ce
paflage
avec
un
autre
d'Hérodote,
on
voit
;
quil
s’agit
là
de
l'Ethiopie.
Dans
Procope,
l'Ethiopie
eft
nommée
Inde,
&
on
pourroit
montrer,
par
un
grand
nombre
de
paflages
des
anciens
Hifto-
tiens
Ecciéfiaftiques,
qu’on
ne
lui
donnoit
point
alors
d'autre
BOIMm.
On
peut
apporter
plufeurs
raifons
de
cette
expreflion:
1.9
Lareflemblance
qui
étoit
anciennement
entre
les
Ethio-
piens
&
plufieurs
nations.
Hé-
rodote
diftingue
deux
fortes
d'Ethiopiens
;
les
uns
Orien-
taux,
qui
habitoienr
au
milieu.
des
Indes,
&
fervoient
avec
eux
dans
les
trounes
de
Darius
&
de
Xerxès
;
les-
autres
Oc-
cidentaux.,
qui
demeuroient
au
midi
&
à
l'occident
de
PEgyypte
;
les
uns
&
les
autres
étoient
également.
noirs,
&
différoient
feulement
par
le
langage
&c
la
forme
de
leurs
cheveux,
les
Ethiopiens
d’A-
frique
les
ayant
extrêmement
crépus
comme
les
Nesres,
au
lieu
que
ceux
de
l'Inde
les
avoient
noirs,
longs
&
rudes
commé
du
crin.
2.°
L'origine
des
Ethiopiens
voifins
de
l'Égypte;
car
les
Indiens
croyoient
fur
une
an-
cienne
tradition
,
que
les
noirs
ou
Ethiopiens
de
l’inde
avoient
abandonné
leur
païs
pour
paf
fer
en
Afrique,
où
ils
avoient
p:
9843
985.
Tom.
IT,
p.
994:
Mém.
de}
IV,
p.
597.
dr
fuiv.
Tom.
V.
pag.
318
Acad:
des
Infcript.
&
Bell,
Lett.
Tom:
©
fuiv.
T.
VI.
p.97,
T,
VIE
p,
81.
Le
pag.
104,
T,
Lil
pag.
p,
123,
124:
T
5
ee
EE.
peuplé
PEthiopie,
après
en
avoir
chañlé
les
Égyptiens
:
c’eft
Jarchas,
Philofophe
Indien,
qui
Paflure
à
Apollonius
dans
Philoftrare
,
&
ce
Philofo-
phe
Pythagoricien
en
paroît
fi
perfuadé,
que
dans
la
fuite
_il-parle
aux
Ethiopiens
fur
ce
principe.
Eufebe
&
George
le
Syncel-
le,
après
d'anciens
Hifioriens,
font
mention
de
cette
migration
des
Ethiopiens,
&
en
placent.
le
rems
fous
le
règne
d'Améno-
phis,
pere
du
fameux
Séfofiris,
c'eft-à-
dire,
dans
les
pre-
miers
tems
héroïques
de
la
Grece.
Cette
migration
des
Ethiopiens
de
l'Inde
dans
l’A-
frique
;
n'eft
peut-être
pas
tout-
ä-fait
à
rejetter;
car,
les
Ethio-
-piens
où
Abyfins
different
des
Negres
par
leur
langue,
par
leur
chevelure
,
&
même
par
la
couleur
de
leur
teint
&
les
traits
de
leur
vifage
,
quand
On
lès
examine
de
près
;
les
Abyflins
ont
des
cheveux,
&
non
de
la
laine
,
&
le
teint
brun
-
olivâtre
avec
des
taches
-
noires,
&
non
entièrement
noir
comme:
les
Negres.
I
eft
vrai
qu'aujourd'hui
on
ne
trouve
plus
de
véritables
noirs
dans
la
prefqu'ifle
de
linde,
la
feulé
partie.de
ce
païs
qui
alt
été
connue
des
Grecs
;
LUE
outre
que
le
témoignage
d'Hérogote
eft
précis,
les
nou-
velles
découvertes
nous
ont
appris
que
prefque
toutes
les
iles
méridionales
de
lInde
font
remplies
de
Noirs,
ce
qui
a
fait
croire
à
de
très-habiles
LE
26$
gens,
que
ces
Noirs
à
Tongs
cheveux
font
les
anciens
&
na-
turels
habitans
de
linde.
Les
Portugais
donnent
Île
nom
de
Noirs
aux
Canarins,
voifins
de
Goa,
&
il
femble
que
les
ancêtres
de
ces
Cana=
rins
ont
été
de
véritables
Noirs,
dontle
mêlangé
avec
les
Arabes
&
les
Indiens
blancs
a-altéré
la
couleur.
…
Les
Anciens,
voyant
donc
que
les
Ethiopiens
d’Afrique
&
plufieurs
nations
de
l’inde
fe
reflembloïent
dans
un
point
auffi
effentiel
que
cette
noir-
ceur
radicale,
qui,
fe
remar-
quant
dans
les
enfans
quelques
inftans
après
leur
naïffance,
ne
peut
être
attribuée
à
l’ar-
deur
du
foleil,
&
fçachant
par
une
tradition
confufe,
que
ces
peuples
avoient
une.même
ori-
gine,
ils
confondirentc
leurs
noms,
&
les
employerent
pref-
ue
comme
fynonymes
,
nom-
mant
Indiens
les
peuples
de
l'Ethiopie,
ainfi
que
nous
l’a-
vons
prouvé
ci-deflus
,
&
Ethiopiens
les
Noirs
de
l’Inde,
ainfi
que
fait
Hérodote
qui
les
appelle
A’méalou
drarenéor
Al
Qirec.
ÏF-paroît
même,
par
un
en-
droit
des
Scholies
d'Euftathe
fur
Denys
de
Charax,
que
lon
avoit
étendu
cet
ufage
jufqu'à
la
haute
Égypre,
&
qu'on
lui
donnoit
quelquefois
Le
nom'd'In-
de
,,
aufüi-bien
que
celui
d'E-
thiopie
qu'elle
porte
fouvent
de
l'aveu
de
tout
le
monde.
I.
L'Ethiopie,
à
ne
confi-
dérer
que
celle
qui
étoit
ren-
D
LL
fermée
dans
l'Afrique
,
étoit
divifée
par
les
Anciens
én
di-
verfes
manières,
fuivant
Héro-
dote
&
plufieurs
autres
;|
elle
étoit
partagée
en
deux
le
long
des
côtes
du
golfe
Arabique,
&
même
au-delà.
Une
partie
de
la
grande
Péninfule
de
lA-
rabie
faifoit
l'Ethiopie
orien-
tale,
&
ce
qui
eft
entre
ce
golfe
&
le
Nil,
&
par
confé-
quent
en
Égypte,
formoit
l’oc-
cidentale.
Pline
divife
auf
les
Ethiopiens
en
Orientaux
&.
Occidentaux
;
mais,
il
les
place
tous
dans
l'Afrique
;
&
cite
Homère
comme
garant
de
cette
divifion.
M,
Huet
allégue
le
même
Poëte
,
&
prétend
que
lorient
&
l'occident
de
l’Ethiopie
fe
doivent
prendre,
par
rapport
à
la
mer
Rouge.
Ce
qui
favorife
le
fentiment
de
M.
Huer,
c’eft
que
Séphora,
femme
de
Moïfe,
qui
étoit
de
Madian,
fur
la
mer
Rouge
,
eft
nommée
ChufiteouEthiopienne.
Pline
remarque
que
VE-
_thiopie
fur
d’abord
nommée
Æthéria.
Héfychius
dit
A'epla;
&
comme,
fuivant
la
remarque
du
P.
Hardouin,
cé
nom
a
été
auff
donné
à
l'Égypte,
peut-
être
leur
étoit-il
commun,
lorfque
les
Égyptiens
étoient
les
maîtres
de
l'Ethiopie.
Pline
ajoûte
qu'elle
fut
enfuite
ap-
ellée
Atlantia,
&
peu
après
Re
»
du
nom
d’Ethiops
fils
de
Vulcain.
L'efprit
fabu-
leux
eft
inépuifable
;
&
fi
un
païs
a
eu
quatre
ou
cinq
noms
voilà
quatre
.ou
cinq
Princes
dont
il
faut
imaginer
La
naif-
EE
fance,
la
généalogie
&
lhif
toire.
Pline
a
fans
doute
pris
des
Grec
le
prétendu
Ethiops
fils
de
Vulcain.
L’érymologie
n’eft-elle
pas
plus
naturelle,
fi
l’on
obferve
qu'Aïlw
,
mot
Grec,
veut
dire
brûler,
&
:QY
le
vifage,
c’eft-à-dire
;
vifage
brûlé,
ou
noirci
par
les
ardeurs
du
foleil.
La
divifion
que
Plorémée
nous
fournit
eft
préférable
aux
autres
,
parce
que
c'eft
la
plus
diftinte,
fa
méthode
n’admettant
point
de
defcrip-
tions
coufufes,
&
quil
a
pro-
fité
de
ceux
qui
avoient
écrit
‘avant
lui.
Îi
diftingue
donc
l'E
thiopie
entrois
parties,
qu'il
traite
en
autant
de
chapitres.
1.°
L’Ethiopie
fous
l'Égypte,
:
qui
répond
à
peu
près
à
la
Nubie
,
à
l’Abyfinie,
&
fous
laquelle
il
faut
ranger
la
Tro-
glodytique
des
anciens,
qui
eft
aujourd’hui
la
côte
d'Abex.
C’eft
proprement
à
cette
par-
tie
de
l'Ethiopie
,
que
l'on
à
donné
le
nom
d’/ndia,
dans
l'antiquité.
2.0
L’ifle
de
Méroé,
dontil
eft
traité
amplement
dans
fon
article
particulier.
3.2
-
L’Ethiopie
intérieures
Ce
païs
comprend
tout
ce
qui
étoit
au
midi
du
fleuve
Niger;
c’eft-à-dire
aujourd'hui
,
du
Sénégal
&
du
Niger
,
&
au
cou-
chant
méridional
de
l’Abyffnie.
Il
appelle
Barbarie
une
pro-
vince
dont
Rapra
étoit
a
capitale,
qui
répond
aujour-
d’hui
au
Zanguebar.
Îl
nomme
Afanie,
ce
qui
eft
à
préfent
ET
le
royaume
d'Adel;
il
met
une
place
maritime
nommée
l'Hippodrome
d’Ethiopie,
vers
l'endroit
de
ja
Guinée,
où
eît
préfentement
Chriftianebourg..
_
Il
n’a
pas
cru
que
les
con-
noiffances
de
fon
tems
fuflent
aflez
fûres
pour
en
faire
ufage
plus
loin
que
le
promontoire
_Praum,
à
l'oppofñite
de
lifle
qu'il
nomme
Ménuthias
,
&
qui
eft
le
cap
de
Mofambique,
Oppofé
à
l'ile
de
Madagafcar.
if
ne
laifle
pas
de
nommer
quan-
tité
de
nations
,
dont
l’exiftence
doit
être
d’autant
plus
fufpecte,
que
l’on
n’en
connoît
rien
que
les
noms
,
&
quelques
defcrip-
uons
fabuleufes
&
puériles.
Ainfi,on
peut
regarder
le
Con-
go
&
la
Cafrerie,
comme
des
pais
abfolument
inconnus
aux
Géographes
Grecs
&
Romains
;
il
n'en
eit
pas
de
même
de
l'Ethiopie
proprèment
dite,
qui
étoit
au
midi
de
la
haute
“Égypte.
Ce
païs
eft
illuitre
ans
lantiquité,
tant
par
la
richefle
de
fon
commerce,
que
par
les
guerres
qu'il
eut
-avec
les
Égyptiens.
C'eft
ainfi
qu'en
parle
M.
Huet
dans
fon
hiftoire
du
commerce
&
de
la
navigation
des
Anciens.
IL
Ces
deux
nations
fe
font
long-tems
difputé
la
primauté
&
l'antiquité.
Les
Ethiopiens
Prétendoient
être
la
plus
an-
cienne
nation
du
monde,
&
avoir
peuplé
les
premiers
l'É-
8ypte
par
leurs
colonies.
fous
la
conduite
d'Ofris,
Les
Égyp-
tiens
foutenoient
au
contraire
que
les
Ethiopiens
font
fortis
ET
267
d'eux;
&
cela
femble
confirmé
par
le
témoignage
de
Moïfe.
Ces
différends
ont
produit
en-
tre
eux
plufieurs
guerres,
qui
ont
eu
divers
fuccès,
&
avant
même
la
guerre
de
Troye.
Les
rois
d'Égypte,
Séfoftris
&
Rham-
fés
,;
dont
le
premier
règna
peu
d'années
après
Salomon
;:
&
le
fecond
environ
50
ans
après
le
remier
,
fe
rendirent
maîtres
de
l'Ethiopie,
qui
fecoua
le
joug
bientôt
après,
&
fe
fépara
entiè-
rement
de
l'Égypte,
fans
yentre-
tenir
aucune
correfpondance.
Ptolémée
Philadelphe
ne
négli-
gea
pas
les
avantages
que
lÉ-
gypte
pouvoitretirer
del’Ethio-
pie
;
il
y
entra
avec
une
armée,
&
fit
mieux
connoitre
ce
païs-
qu'il
ne
l’avoit
été
jufqu’alors.
Ï1
fit
refleurir
le
commerce.
La
ville
de
Coptos
fur
le
Nil
étroit
l'entrepôt,
&
comme
le
maga=
fin
de
toutes
les
marchandifes,
tant
de
celles
qui
venoient
de
l'occident
par
Alexandrie,
pour
pafler
au
levant,
que
de
celles
qui
venoient
de
l'Ethiopie
par
le
Nil
;
&
parce
que
les
naviga-
tions
de
la
mer
Rouge
étoient
plus
difficiles
&
dangereufes
vers
le
fond
du
golfe
Arabi-
que
,
que
vers
fon
embouchure,
Prolémée
Philadelphe
fit
bâtir
la
ville
de
Bérénice,
ainfi
ap-
pellée
du
nom
de
fa
mere,
furle
bgrd
de
ce
golfe,
plus
bas
vers
fonentrée
,
dans
le
païs
des
Tro-
glodytes,
pour
y
faire
pañler
les
marchandifes
de
Coptos.
“
Loix
des
Ethiopiens.
Les
Ethiopiens
avoient
plu-
268
ET
|
fieurs
loïix
fort
différentes
de
celles
des
autres
peuples,
fur-
tout
pour
ce
qui
regardoit
l'é-
letion
des
Rois.
Les
Prêtres
choififfoient
les
plus
honnêtes
gens
de
leur
corps
,
&
les
en-
fermant
comme
dans
un
cercle,
celui
de
ces
derniers
que
pre-
noit
au
hazard
un
des
Prêtres,
qui
entroit
dans
le
cercle
en
marchant
&
en
fautant
comme
un
Ægipan
ou
un
Satyre
,
étoit
déclaré
Roi
fur
le
champ,
&
tout
le
peuple
l’adoroit
com-
me
un
homme
chargé
du
gou-
vérnement
par
la
providence
divine.
Le
nouvel
élu
commen-
çoir
à
vivre
de
la
manière
qui
lui
éroit
prefcrite
par
les
loix.
En
toutes
chofes,
il
fuivoit
la
coûtume
du
pais,
ne
puniflant
_&
ne
récompenfant
que
felon
lesrègles
établies
dès
l’origine
de
nation.
Î[l
étoit
défendu
au
Roi
de
fiire
mourir
aucun
de
fes
fujets,
quand
même
il
auroit
été
déclaré
en
jugement
digne
du
dernier.
fupplice
;
mais,
il
lui
envoyoit
un
offi-
cier,
qui
lui
apportoit
le
fi-
gnal
de
la
mort;
&
aufi-tôt
le
criminel
$’enfermoit
dans’
fa
maifon.,
&
fe
faifoit
juffice
à
lui-même.
[I
ne
lui
étoit
point
permis
de
s'enfuir
en
des
royau-
mes
voifins
,
&
de
chänger
ainfi
Ja
peine
de
mort
en
un
bannif-
fement,
comme
cela
fé
prag-
quoit
chez
les
Grecs.
On
raconte
à
ce
fujet,
qu’un
certain
homme
ayant
vu
cet
ordre
de
mort,
qui
lui
étoit
envoyé
de
la
part
du
Roi,
&
fongeant
à
s'enfuir
hors
de
ÉT
l'Ethiopie;
fa
mere,
qui
s’en
doutoit
,
lui
pafña
fa
ceinture
autour
du
col,
fans
qu'il
osût
fe
défendre,
&
l'étrangla
ainf,
de
peur,
difoit-elle,
que
fon
fils
ne
procurât
par
fa
fuite
une
plus
grande
honte
à
fa
famille.
Il
y
avoit
quelque
chofe
encore
de
plus
extraor-
dinairé
dans
ce
qui
regardoit
la
mort
des
Rois,
Les
Prêtres
qui
fervoient
à
Méroé
;
y
avoient
acquis
un
très
-
grand
pouvoir.
Ceux-ci,
quand
il
leur
en
prenoit
fantailie
,
'
dé-
pêchoient
un
courier
au
Roi
pour
lui
ordonner
de
mourif.
Ïs
lui
faifoient
dire
que
les
dieux
l’avoient
ainfi
réglé,
“&
que
ce
feroit
un
crime
de
violer
un
ordre
qui
venoit
de
leur
part.
Ils
ajoûtoient
plu-
fieurs
autres
raifons
qui
fur-
prenoïent
aifément
des
hommes
fimples,
prévenus
d'une
an
cienne
coûtume,
&
qui
na
voient
pas
aflez
de
force
d’ef-
prit
pour
rélifter
à
ces
com-
mandemens
injuiltes.
En
effets
les
premiers
Rois
s'éroient
foumis
à
ces
cruelles
ordon-
nances,
fans
aucune
autre
Con
trainte
que
celle
de
leur
pro-
pre
fuperitition.
Ergamenès,,
qui
règnoit
du
tems
de
Prolé-
mée
fecond.,
&
qui
éroit
inf-
truit
de
la
philofophie
des
“Grecs
,
fut
Île
premier
qui
ofa
fecouer
ce
joug
ridicules
:
;
Ayant
pris
une
réfolurion
vraiment
digne
d'un
Roï,
il
s'en
vint
avec
fon
aèmée
atta”
quer
la
forterefle
où
éroit
Fois
le
d'or
des
autrerois
le
temple
Æthiopiens.
[1
ft
égorger
tous.
les
Prêtres,
&
inftitua
lui-me-
me
un
culte
nouveau.
Les
amis
du
Roi
s'étoient
fait
une
loi,
qui
fubfftoit
encore
du
tems
de
Diodore
de
Sicile,
quelque
fingulière
qu'elle
für.
Lorfque
leur
maître
avoit
perdu
l'ufage
de
quel-
qu'une
des
parties
de
fon
corps,
par
maladie
ou
par
quelque
acci-
dent,
ils
fe
donnoient
la
même
infirmité,
croyant
que
c’étoic
-
une
chofe
honteufe,
par
exem-
ple
,;
de
marcher
droit
à
la
fuite
d'un
Roi
boiteux
;
&
il
leur
paroïfloit
abfurde
de
ne
pas
partager
avec
lui
les
än-
commodités
corporelles,
puif-
que
la
fimple
amitié
nous
obli-
ge
à
prendre
part
à
tous
les
biens
&
à
rous
les
mauxqui
arri-
vent
à
nos
amis.
Îl
étoit
même
fort:commun
de
les
voir
mou-
rir
avec
leurs
Rois,
&
üïls
penfoient
qu'il
leur
étroit
glo-
rieux
de
donner
ce
témoi-
gnage
d'une
fidélité
conftante.
De-fà
vient
que
chez
les
Ethio-
piens,
il
éroit
difficile
de
for-
mer
aucune
entreprife
contre
le
Roi,
par
l'attention
que
tous
fes
leur
confervation
commune.
C’étoient-là
les
loix
&les-coû-
tumes
des
Ethiopiens
qui
de-
Meuroient
dans
la
capitale,
&
qui
habitoient
l'ile
de
Mé-
rot,
@&
certe
partie
de
l’Ethio-
pie
qui
touchoit
à
l'Égypte.
Funerailles
des
Ethiopiens.
Les
Ethiopiens
ayoient
des
amis
apportoient
à.
ET
269
cérémonies
très-fingulières
dans
léurs
funérailles.
Après
avoir
falé
les
corps,
ils
les
met-
toient
dans
une
niche
de
verre,
qu'ils
pofoient
fur
une
colomne;
de
forte
qu'on
les
voyoit
à
.
découvert
:
c’eft
ainfi
que
le
rapporte
Hérodote;
mais,
Cré-
fias
foutient
qu'il
fe
trompe.
Il
dit
qu'à
la
vérité
on
faloir
les
corps,
mais
qu'on
ne
les
Voyoit
point
à
nu
dans
une
niche
de
verre.
Car.
comme
ils
avoient
été
altérés
par
le
feu
,
où
on
lés
avoit
fait
paf
fer,
ils
ne
pouvoient
confer-
ver
la
reflemblance
du
défunt,
Mais,
il
foutient
que
l’on
faifoit
une
ftatue
d’or,
qui
le
repré-
fentoit,
dans
laquelle
fon
ca--
davre
étoit
renfermé;
&
que
c’éroit
cette
ftatue
que
l’on
pofoit
dans
une
niche,
&
qu'on
voyoit
au
travers
du
verre.
Au
refte
,
ce
n’étoient
que
les
plus
riches
que
l’on
enfeve-
lifloit
ainf.
On
faifoit
faire
des
ftatues
d'argent
pour
ceux
“qui
létoient
moins
,.
&..des
ffatues
de
terre
cuire
pour
les
pauvres.
À
l'égard
du
verre,
on
en
trouvoit
abondamment
en
Ethiopie,
&
il
n’y
avoit
per=
fonne
qui
ne
für
en
état
d’en
avoir.
Hérodote
dit
que
les
plus
pro«
‘ches
parens
du
mort
gardoient
un
an
entier
cette
niche.
de
vetre
dans
leurs
maifons
,
lux
faifoient,
durant
certems-là
,
des
facrifices,
lui
offroient
les
prémices
de
toutes
chofes;
&
quand
l’année
étoit
finie
,
is
Ja
tranfportoient
aux
environs
370
E
T
=
de
la
ville,
en
quelque
lieu
où
ils
la
plantoient.
Des
caraëières
hiéroglyphiques
chez
les
Ethiopiens.
Ces
fortes
de
lettres
reflem-
bloient,
les
unes
à
différentes
efpèces
d'animaux,
d’autres
aux
extrémités
du
corps
humain,
d'autres
à
des
inftrumens
mé-
chaniques.
Aïnfi,
ils
compo-
foienr
leur
écriture,
non
dun
aflemblage
de
lettres
&
de
mots,
mais
d'un
arrangement
de
figu-
res,
dont
un
long
ufage
avoit
gravé
la
fignification
dans
leur
mémoire.
En
effet,
s’ils
repré-
fentoient
un
milan,
un
croco-
dile,
un
ferpent,
ou
quelque
partie
du
corps
humain,
un
œil,
une
main,
un
vifage,
&
d’autres
chofes
femblables
;
c'eit
que
le
milan
,
pat
une
métaphore
naturelle
,
fignifie
tout
ce
qui
eft
prompt
&
fubir,
&
qu’il
vole
le
plus
légèrement
de
tous
les
oifeaux,
le
croco-
‘dilé
dénote
toute
forte
de
mé-
chanceté
;
l'œil
marque
un
ob-
fervateur
de
la
juftice,
&
tout
ce
qui
défend
le
corps.
Entre
les
autres
parties,
la
main
droi-
te
avec
les
doigts
étendus,
ex-
rime
Pabondance
des
chofes
néceflaires
à
la
vie;
la
main
gauche
fermée
indique
l’éco-
nomie
&
l’épargne.
Îl
en
eft
à
peu
près
de
même
des
autres
parties
du
corps,
aufli-bien
que
des
inftrumens.
Les
Éthio-
piens
recherchant
avec
foin
la
fignification
de
chacune
de
ces
figures,
&
fe
l’imprimant
dans
Vefprit,
par
une
longue
applica-
tion
,
connoïffoient
d’abord
cé
qu’elles
repréfentoient.
Coftumes
de
quelques
Éthiopiens
Jauvages.
Il
y
avoit
plufieurs
autres
na
tions
Éthiopiennes,
dont
les
unes
cultivoient
les
deux
côtés
du
Nil,
avec
les
ifles
qui
étoient
au
milieu,
les
autres
habitoient
les
provinces
voifi=
_nes
de
l'Arabie,
d’autres
étoient
plus
enfoncées
dans
l'Afrique.
Prefque
rous
ces
peuples,
&
entre
autres
,
Ceux
qui
étoient
nés
le
long
du
fleuve,
avoient
la
peau
noire
,
le
nez
camus
&
les
cheveux
crépus.
Ils
paroif-
foient
très-fauvages
&
très-
féroces,
&
l’étoienr
pourtant
beaucoup
moins
par
tempéra-
ment,
que
par
volonté
&
par
af.
fetation.
Îls
étoient
fort
fecs
&
fort
brûlés;
leurs
ongles
étoient
toujours
longs
comme
ceux
des
animaux
ils
ne
con-
noiffoient
point
l’humanité
;
ils
ne
poufloient
qu'un
fon
de
voix
aigu.
Ne
s’étudiant
point
du
tout
à
rendre
la
vie
plus
dou-
ce
&-
plus
agréable,
ils
n'a-
voient
rien
des
mœurs
ordinai=
res.
Quandils
alloient
au
com-
bat,
les
uns
s’armoient
de
leurs
boucliers;
fairs
de
cuir
de
bœuf,
&
avoient
en
main
de
perites
lances:;
les
autres
por=
toient
des
traits
recourbés;
d’autres
fe
fervoient
d’arcs
dont
le
boisétoit
de
lalongueur
de
quatre
coudées,
&
qu'ils
bandoient
avec
le
pied.
Quand
ceux-ci
navoient
plus
detraits,
ils
combattoient
avec
des
maf-
Lido
btt
heat
tél
ET
fues.
Is
menoient
les
femmes
àlaguerre,
&
les
obligeoient
de
fervir
dès
qu'elles
avoient
un
certain
âge.
Elles
portoient
ordinairement
un
anneau
de
cuivre
pendu
à
leurs
levres.
_
Quelques-uns
de
ces
peuples
päfloientieur
vie
fanss’habiller,
fe
couvrant
feulement
de
ce
qu'ils
trouvoient
pour
fe
mettre
à
abri
du
foleil.
Les
uns
cou-
poient
une
queue
de
brebis,
&t
fe
la
paflfoient
entre
les
cuifles,
pour
cacher
leur
nudité
;
d'au-
tres
prenoient
des
peaux
de
leurs
beftiaux.
Il
y
en
avoit
qui
s'entouroient
la
moitié
du
corps
avec
des
efpèces
de
ceintures
faites
de
cheveux,
la
nature
du
pais
ne
permettant
pas
aux
brebis
d’avoir
de
la
laine.
À
l'égard
de
la
nourriture,
Îles
uns
vivoient
d’un
certain
fruit
qui
croifloit
fans
culture
dans
les
étangs
&
dans
les
lieux
ma-
récageux,;
d’autres
mangeoient
les
plus
tendres
rejettons
des
arbres,
dont
l’ombrage
les
ga-
rantifloit
de
la
chaleur
du
midi;
quelques-uns
femoient
du
fefa-
me
&
du
lotos.
{1
y
en
avoitqui
ne
vivoient
que
de
racines
de
rofeaux.
La
plûpart
d’entr’eux
S’exerçoientàtirer
des
oifeaux,
&
comme
ïls
manioient
l'arc
fort
adroitement,
cette
chaf-
fe
remplifloit
abondamment
leurs
befoins:
Mais,
la
plus
grande
partie
de
ces
peuples
foutenoient
leur
vie
avee
le
lard
&
la
chair
de
leurs
trou-
peaux.
Les
Éthiopiens
qui
habi-
toient au-deflus
de
Méroé,
fai-
ET
os
foïient
des
diftinétions
remar-
quables
entreles
Dieux.
[ls
di-
foient
que
les
uns
étoient
d’une.
nature
éternelle
&
incorrupti-
ble
,
comme
le
Soleil,
la
Lune
&
l'Univers
entier;
que
les
autres,
étant
nésparmileshom-
mes,s’étoient
acquis
les
hon-
neurs
divins
par
leurs
vertus,
&
par
les
biens
qu'ils
avoienc
faits
au
monde.
Îls
révéroient
fs,
Pan,
&
fur-tout
Jüpiter
,
&
Hercule,
dont
ils
préten-
doient
que
le
genre
humain
avoit
reçu
le
plus
de
bienfaits.
Quelques
Ethiopiens
,
cepen-
dant,
croyoient
qu'il
n'y
avoit
point
de
dieux
,
&
quand
le
foleil
fe
levoit,
ils
s’en-
fuyoient
dans
leurs
marais
,
en
blafphémant
contre
lui
com-
me
contre
leur
plus
cruel
en-
nemi:
:
Ces
Éthiopiens
difroient
encore
des
autres
nations
dans
les
honneurs
qu’ils
rendoient
à
leurs
morts.
Les
uns
jettoient
leurs
corps
dans
le
fleuve,pen-
fant
que
c’étoit
la
plus
honora-
ble
fépulture
qu'on
püût
leur
donner.
Les
autres
les
gar-
doient
dans
leurs
maifons,
en-
fermés
dans
des
niches
de
ver-
re,
croyant
qu'il
convenoit
à
des
enfans
d'avoir
toujours
de-
vant
les
yeux
le
vifage
de
leurs
-parens,
êt
à
ceux
qui
furvi=
voient,
de
conferver
la
mé-
moire
de
leurs
prédéceffeurs.
D'autres
renfermoient
les
corps
morts
dans
des
cercueils
de
terre
cuite
,
&
les
entérroient
“aux
environs
des
temples.
Ils
regardoient
comme
le
plus
in-
me
ET
violable
dés
fermens
celui
qui
fe
faifoit
fur
les
morts.
En
certains
païs,
les
Ethio-
piens
fauvages
donnoient
la
royauté
à
celui
d’entr'eux
qui
étoit
le
mieux
fait,
difant
que
les
deux
plus
grands
dons
de
la
fortune
étoient
la
Monarchie
&
la
belle
taille.
Aïlleurs,
ils
la
déféroient
au
pafteur
le
plus
vigilant
,
comme
à
celui
qui
auxoitle
plus
de
foin
de
fes
fu-
jets.
D'autres
choïififloient
le
plus
riche,
dans
la
penfée
qu’il
feroit
plus
en
état
de
fecourir
fes
peuples.
Il
y
en
avoir
d’au-
tres
qui
prenoient
pour
Rois
ceux
quiétoient
les
plus
forts,
eftimant
dignes
de
la
première
place,
ceux
qui
éroient
les
plus
capables
de
les
défendre
dans
les
combats.
ee
Il
y
avoit
dans
la
Libye,
&
toutauprès
du
Nil,
un
très-beau
païs,
qui
produifoit
une
grande
quantité
de
fruits
de
toute
efpè-
ce.
On
y
trouvoit
un
abri
com-
mode
dans
les
grandes
chaleurs,
entre
les
plantes
qui
croifloient
dans
les
marais.
Les
Africains
êt
les
Ethiopiens
étoient
conti-
nuellement
en
guerre
pour
fe
difputer
ceterrein.
On
yVoyoit
un
grand
nombre
d'éléphans
,
qui
defcendoient
de
la
haute
Libye,
attirés,
felon
quelques
Auteurs,
par
la
bonté
des
pâtu-
rages.
En
effet,
des
deux
côtés
du
fleuve
,
il
y
avoit
de
grands
marais
où
croifloient
toutes
for-
tes
d'herbes,
&
fur-tout
des
rofeaux
que
ces
animaux
trou-
voient
fi
bons,
que
quand
ils
en
ayoïent
une
fois
goûté,
ils
Fi
demeuroient
tonjours
dans
cét
-endroit,
où
ils
confommoientles
vivres
des
habitans.
[l
n’eft
pas
étonnant
,
dit
Diodore
de
Sici-
le
,
que
des
pafteurs
qui
lo-
geoient
fous
des
tentes,
&
qui
regardoient
comme
leur
patrie
le
féjour
le
plus
commode
pour
eux,
vinflent
fe
rendre
dans
des
marais
qui
attiroient
des
ani=
maux
mêmes
;
chaflés
par
le
manque
d'eau
&
de
pâturages,
du
milieu
desterres
,
où
le
fo-
leil
brûle
tout
ce
qui
en
fort.
Quelques
Auteurs
difent
que
dans
l'Ethiopie
appellée
fauva-
ge,
il
naïifloit
un
nombre
infini
de
ferpens
d’une
grandeur
ex-
traordinaire.
[lS
fe
battoient
contre
les
éléphans
auprès
des
eaux
dormantes.
S'étant
d'abord
jettés
fur
eux
avec
impétuofiré,
ils
leur
entortilloient
les
cuif-
fes,
&
fi
long-tems
,
que
l’élé-
phant
engourdi
&
écumant
tom-
boit
de
lui-même
,
après
quoi
ils
le
dévoroient
facilement,
dans
l’impuiflance
où
il
étoit
de
fe
relever.
Mais
,
quand
ils
avoient
manqué
leur
coup
par
quelque
accident
,
&
que
les
éléphans
fuyoient
vers
le
fleu-
ve,
ils
ne
quittoient
jamais
leur
retraite
pour
les
pourfuivre.
Îls
évitoient
les
lieux
plars,
&
fe
tenoient
toujours
au
pied
des
montagnes,
&
dans
des
caver-
nes
aflez
profondes
‘pour
fufhre
à
la
longueur
de
leur
corps;
la
nature
faifant
connoître
à
tous
les
animaux
ce
qui
leur
eit
pro
pre.
IV.
Après
tant
de
diverfes
contrées,
auxquelles
on
a
dé-
montré
ET
montré
que
le
nom
d’Ethiopie
a
été
commun
,
il
feroit
difficile:
de
dire
quelle
eft
celle
où
Lu-
cien
dit
que
laftronomie
prit
naiflance.
Voici
fes
termes,
tra-
duits
par
M.
d'Ablancourt.
»
Les
»
Ethiopiens,
à
ce
qu'on
dit,
»
font
les
premiers
qui
l'ont
»
découverte,
à
caufe
que
leur
»
ciel
eft
fans
nuages,
&
qu'ils
7
n'éprouvent
pas
comme
nous
»
le
changement
des.
faifons.
»
Après
avoir
donc
remarqué
»
les
faces
[phafes
]
différentes
»
de
la
lune-,
ils
en
voulurent
»-
chercher
la
caufe,
&
trou-
»
Vérent
à
la
fin
que
cela
ve-
»
noit
des
divers
afpets
du
»
foleil,
dont
elle
empruntoit
».fa
lumière.
Ils
étudierent
en-
»
fuite
le
cours
&
la
nature
des
»
autres
planetes,
&
teur
don-
>
neérent
des
noms,
pour
les
»
difcerner
&
marquer
leurs
»
diverfes
influences.
«
Tous
les
Scavans
s'accordent
prefque
à
faire
honneur
de
cette
inVen-
.
ton
aux
Chaldéens
;
&on
pour-
Toit
aifément
concilier
ces
deux
fentimens.
Lucien
fournit
encore
deux
:
chofes
remarquables
;
1.0
Que:
les
Ethiopiens
adoroientle
jour,
Ce
qui
eft
bien
exprimé
dans
ce
Vets
d’un
de
nos
Poëtes,
qui
tfanfporte
aux
Perfans
ce
qui
Peut
auffi
convenir
aux
Ethio-
piens
:
Où
le
Perfe
efl.
brélé
de
l’aftre
qu'il
adore.
2.2
L'autre
obfervation
de
Lucien
>
eft
que
les
Ethiopiens
Tom.
XVI,
ET
Dre
font
nommés
par
Homère
irré=
préhenfibles.
Rien
ne
peut
faire
plus
d'honneur
à
cette
nation
que
l’idée
que
l'on
a
de
la
juf=
tefle
des
épitheres
d'Homère.
I
n’eft
pas
non
plus
fort
aifé
de
dire
dans
quelle
forte
d’É-
thiopie
étroit
roi
le
pere
d’An«.
dromede
,
laquelle
fut
délivrée
par
Perfée,
qui
revenoit
de
Libyé,
où
fonpere
l’avoit
en-
voyé
contre
les
Gorgones,
V.
L’Ethiopie
moderne
a
des.
bornes
plus
refferrées
que
l’ana
cienne
;
mais
,
les
Géographes
_
de
notre
tems
ne
s’accordent
“pas
mieux
que
les
anciens
,
fur
les
païs
que
l’on
doit
nommer
l'Ethiopie.
Baudrand
la
diffin=
gue
en
haute
ou
intérieure,
où
font
l'Abyffinie
,
la
Nubie,
les
Galles,
&
les
autres
États
voi-
fins
;
&
la
baffle
ou
l’extérieu
rieure
,
où
font
la
Cafrerie,
le
Monomotapa
,
le
Monoëmuoi:
&
le
Zanguebar.
On
voit.que.
Baudrand
renverfeles
idées
des
Anciens,
en
nommant
extérieu«
re
la
partie
de
l'Ethiopie
qu'ils
nommoient
intérieure.
D'autres
donnent
pour
bornes
à
l’Ethios
pie
moderne
la
mer
Rouge,
la
côte
d’Ajan,
&
le
Zanguebar
à
lorient
;
le
Monoëmugi
&
la:
Gafrerie
au
midi;
le
Congo
à:
Poccident;
la
Nubie
&
l'Égyp-
te
au
feptentrion.
Aïnf,
ils
ÿ
comprennent
l'Abyffinie
,
&,-
quelques
vVaftes
païs
éloignés
des
côtes
,
&
dontonne
fçait
que
les
noms
de
quelques
TOYau+
mes.
re
ETHIOPIE
,
Ærhiopia
,
Aiuomia,
nom
qui
a
été
donné
280
EE
compofés
par
Abraham
Berke-
Hius,
&
publiés
par
les'foins
de
M.
Gronovius.
Cette
édition
ft
préférable
à
la
première.
Quant
à
celle
que
le
P.
Lubin,
religieux
Ausuftin
de
Paris,
promettoit
;
quoiqu'annoncée
depuis
long-tems,
elle
n’a
point
encore
paru.
ETION
,
Ærion,
(a)
fameux
peintre.
Cicéron
le
met
au
mombre
de
ceux
qui
avoient
beaucoup
contribué
à
la
per-
fection
de
leur
art.
ETIS,
Ets,
He,
(b)
ville
du
Péloponnèfe
dans
la
Laconie.
Elle
étoit
fituée
fur
la
baye
de
Boée.
On
dit
qu’elle
eut
pour
fondateur
Énée,
que
la
tempé-
ze
obligea
de
relâcher
à
cette
baye,
lorfqu'il
vouloit
aborder
en
Jtalie,
Ce
Prince
lui
donna
le
nom
de
fa
fille
Etias.
ETLEVA,
Enleva,
(c)
fem-
me
de
Gentius,
roi
d'Illyrie,
eut
de
cé
Prince
deux
fils
Scer-
dilétus
&
Pleuratus.
Elle
tomba
avec
fes
deux
fils
au
pouvoir
des
Romains,
l’an
168
avant
J.C.
T1
y
à
apparence
que
cette
Prin-
cefle
eft
la
même
que
Tite-Live
nomme
ailleurs
Etuta
Voyez
Etuta.
Es
ETNA,
Æina,
Aïrw
,
(4)
montagne
célebre
&
la
plus
haute
de
la
Sicile
,
fituée
à
l’o-
rient
de
cette
ifle
vers
le
bord
de
la
mer,
au-deffus
de
Catane.
ce)
Cicer,
Brut.
c.
35.
(b)
Pau,
p.
206.
Ce)
Tic.
Liv.
L.
XLIV,
c.
32,
(4)
Prolem.
L,
IL.
c.
4.
Strab,
P:248,
258,267.
&
feg.
Juft.
L,
IV.
c.
r.
Diod.
Sieul,
p.
259,
Pomp.
Mel,
p,
152,
Virg:
ET
Les
Anciens
avoient
bâti
fur
cette
montagne
une
chapelle
en
lhonneur
de
Vulcain,
le
dieu
du
feu.
Voici
ce
qu’en
dit
Elien:
»
Sur
l’Etna,
monragne
de
Si-
»
cile,
il
ya
untemple
confacré
»
à
Vulcain
,
&
entouré
de
murs
»
&
d'arbres
facrés.
On
y
gar-
»
de
un
feu
perpétuel.
Il
y
a
»
dans
le
bois
&
dans
le
temple
»
des
chiens
facrés
,
qui
ca-
»
reflent
&
flattent
ceux
qui
»
viennent
au
temple
&
dans
»
le
bois,
avec
la
modeftie
&la
»
décence
requifés;
maïs,
sil
»
fe
préfente
quelque
fcélérat,
»
ou
un
homme
qui
n’ait
pas
»
les
maïns
pures,
ils
le
mor-
»
dent
&
le
déchirent.
S’ilen
»
vient
qui
fe
foientfouillés
par
»
quelque
action
impudique,
»
ils
ne
font
que
les
mettre
en
»
fuite
,
&
leur
donner
la
»
chafle.
»
res
Un
Hiftorien
de
Sicile
dit
qu'à
deux
cens
pas
plus
bas
que
le
fommet
de
l'Etna,
on
voit
les
reftes
d’uné
ancienne
voûte
de
brique
;
queles
habi-
tans
de
Catania
&
ceux
des
en-
virons
de
la
montagne,
les
nom-
ment
la
tour
du
Philofophe,
&
qu'une
ancienne
tradition
leur
a
appris
qu'Empédocle
avoitfait
conftruire
cétte
voûte,
Pour
y
pouvoir
contempler
à
couvert
les
caufes
des
feux
du
mont
Etna.
Le
même
Hifto-
Æneïd.
L.
III,
v.
s$4.
dr
feg.
Paul,
pe
208,
663.
Plin.
Tom.
EF.
p.
122,
162:
Mém,
de
PAcad.
des
Infcripr,
&
Bell.
Lett,
Tom.
IIL.
pag,
134,
135.
Tom
IV
p.419,
T,
XEV,-p,
222;
223
ET
rien
conjecture
avec
raifon
que
ce
font
les
reftes
du
temple
de
Vulcain.
Les
Anciens
fe
fervoient
des
feux
du
mont
Etna
pour
préfa-
ger
l'avenir
;
car
,
ils
jettoient
dans
le
gouffre
des
cachets
d’or
ou
d'argent,
&
toutes
fortes
de
victimes.
Si
le
feu
les
dévoroit,
c'étoit
bon
figne
;
s’il
les
re-
Jéttoit
en
dehors
,
c’étoit
un
Mauvais
préfage.
Le
mont
Erna
eft
nommé
par
Pindare
,
Pythior
,
Klav
dvpalæs
colomne
célefle,
comme
s’il
fou-
tenoit
le
ciel
à
caufe
de
fa
hau-
teur.
-
S
-
Quelques-uns
ont
cru
que
Deucalion
&
Pyrrha
n’échap-
Peréntau
déluge,
qu’en
fe
réfu-
giant
fur
le
mont
Etna
;
reftes
confus
de
l'hiftoire
de
Noé,
dont
l'arche
s'arrêta
fur
une
des
Montagnes
d'Arménie.
Le
mont
Etna
a
été
de
tout.
tems
fi
célebre,
que
les
poëtes
Eatins
ontnommé
la
Sicile
Ætna
Repna.
Il
paroît
que
les
Anciens
appelloient
du
nom
général
d'Étna
,
les
diverfes
montagnes
-Contigues
&
inférieures
,
aux-
quelles
les
Modernes
ont
donné
des
noms
particuliers.
Voici
une
defcription
du
mont
Etna,
tirée
du
troifième
livre
del'Enéide,
traduction
de:
Ségrais.
Maïs
par
tout
ce
rivage
Tnceflamment
d'Etna
tonne
le
bruit
affreux,
à
FR
=
>
Tantôr
Jufques
au
ciel
il
élance
Jes
feux
;
ET
28x
Et
roule
à
gros
bouillons,
fur
La
cime
enflammee
,
Un
tourbillon
épais
de
cendre
&
de
fumée.
-
Tantôt
du
plus
profond
de
fes
gouffres
ouverts;
Furieux
,
il
mugit,
&
vomit
dans
les
airs
Du
mont
étincelant
les
entrailles
brillantes
,
Et
les
rochers
fondus
dans-fes
grottes
ardentes.
On
croit
que
par
la
foudre,
autre-
fois
terraflés,
Sous
ce
mont
Encélade
eft
encore
oppreflé
3
Qu’au
moment
qu’il
refpire,
ainft
qu'une
fournaife,
.
Par
ce
gouffre
béant
il
exhale
La
braife
;
:
Et
que
l’ifle
a
l’entour
tremble
aux
moindres
efforts
Que
tente
le
géant
pour
mouvoir
fon
grand
corps.
ee
1.9
Lorfque
les
Aborigenes
entrerent
pour
la
première
fois
en
Sicile,
pour
y
fonder
des
co-
lonies
,
l’éembrafement
du
mont
Etna
fut
fi
grand,
qu’effrayés
du
péril
,
ils
abandonnerent
cette
ifle
&
paflerent
en
Italie,
pour
s’y
établir
avec
plus
de
fâreté.
I
femble
,
dit
le
fçavant
P.
Kircher
,
que
ce
fut
ce
qui
donna
lieu
à
la
fable
de
l’enlè-
-
vement
de
Proferpine.
2.9
Après
les
Aborigenes
vin-
rent
les
Sicaniens,
qui,
étant
V4
4
te
DT
épouvantés
par
les
nouveaux
tourbillons
de
feux
,
abandon-
nerent
la
partie
orientale
de
Pifle
,
&
fe
retirerent
dans
la
plus
occidentale.
__3.°
du
rems
des
Afgonautes,
il
y
eut
un
nouvel
éembrafement.
Orphée
én
a
fait
la
defcription
dans
fes
vers,
4.°
Comme
Énée
aborda
en
Sicile,
Virgile.en
a
pris
pré-
_
texte
pour
faire
une
belle
pein-
türe
poëtique
du
mont
Étna,
dont
nous
avons
donné
ci-def-
fus
la
traduction.
s-°
Lorfque
les
Grecs
furent
maîtres
de
la
Sicile,
c’eft-à-
dire,
depuis
la
deuxième
Olym-
piade
jufqu'à
la
quatre-vingt-
huitième
,
il
y
eut
en
tout
ce
tems-là
trois
embrafemens
cé-
Jebtes
;
il
y
en
eut.
un
entre
autres
qui
caufa
un
extrême
étonnement
à
Pythagore;
&
les
Hiftoriens
rapportent
que
du
tems
d’Hiéron
,
le
philofophe
Empédocle
périr
en
obfervant
de
près:
ce
phénomene.
6.
Sous
les
confuls
Romains,
il
y
eut
quatre
smbrafemens,
comme
on
peut
le
recueillir
des
écrits
de
Diodore
de
Sicile,
de
Polybe
&
autres.
.
7.
Sous
le
règne
de
Jule
Céfar,
il
y
en
eut
un
très-vio-
lent,
qui
fut
regardé
comme
un
préfage
de
la
mort
de
ce
Dic-
tateur.
La
mer
enfut
ft
échauf-
fée,
que
les
poiffons
y
furent
étouités
,
&
que
les
vaifleaux
qui
étoient
auxifles
de
Lipari,
furent
embrafés.
La
montagne
futiquatre
fois
en
feu
dans
l'ef-
pace
de
vingt
ans.
LE
8.°
Sous
Caligula
,
49
ans
après
J.
C.,
le
mont
Erna
devint
fi
furieux,
que
cet
Empereur,
qui
étoit
alors
en
Sicile,
cher-
cha
ailleurs
une
retraite
moins
dangereufe.L’empereur
Adrien,
plus
hardi
que
Caligula,
vou-.
lut
confidérer
ce
prodige,
&
monta
jufqu'à
une
certaine
hau-
teur
pour
le
confidérer
de
plu
près.
À
Le
P.
Kircher,
qui
fournit
.
ces
dépails
;
examina
cette
montagne
en
1638.
La
hauteur
de
fon
fommet,
dit-il,
prife
dans
fon
axe
,
eft
de
trente
mille
pas,
felon
Maurolycus
&
Clavius
,-
qui
l'ont
calculée
géométriquement
,;
&
cette
montagne
entière
occupe
un
terrein
de
foixante
milles
ou
de
cent,
fuivant
quelques
autres.
Le
terroir
d’alentour
eft
gras
&
fertile;
&'il
y
a
des
vignos
bles,
des
pâturages,
des
forêts
de
pins;
de
hêtres,
&
de
fapinse
Mais,
le
haut
eft
cou-
vert
de
cendres
mouvantes
&
de
pierre
de
ponce
;
on
y
trouve
un
enfoncement
dont
l'ouverture
à
douze
milles
de
circuit.
Ce
goufre
efroyable
par
les
flanmes
&
la
fümée
qui
fortent
du
fond
&
des
côtés,
avec
un
horrible
mugiffement
qui
reflemblé
au
tonnerre,
eft
ce
que
les
Naturalifies
ap-
-pellenten
Latin
le
crater
d'Etna.
L'afpet
en
eft
fi
affreux,
quil
n'y
a
point
d'homme,
quelque
hardi
&
déterminé
qu'il
puifle
être,
quine
foir
faifi
d'horreur
&
qui
ne
recule
à
la
vue
de
ce
précipice
infernal,
Il
ef
des
charbons
de
EE
Vrailemblable
que
l'incendie
perpétuel
a
accru
cette
monta-
gne
par
les
cendres
qu'elle
vo-
mit;
c'eit
ce
qu'on
peut
juger
én
confidérant
des
rochers
Calcinés
&
couverts
de
cendres,
&des
cavernes
parmi
lefquelles
1l
y
en
a
d’aflez
grandes
Pour
contenir
trente
milles
hommes,
&
où
l’on
trouve
pierre
de
ponce
&
des
fcories
de
différen-
tes
matières
minérales
fondues.
n
Voit
des
tracés
de
grands.
torrens
de
cette
matière,
que
Les
gens
du
pais
nomment
SCrarra
,
qui
font
comme
les
veltiges
&
les
monumens
des
Stands
ravages
qu'a
fait
ce
Métal
fondu
en
coulant.
Au
foinmet
,
il
ya
de
la
cendre
&
de
la
neige,
qui
mettent
dans
un
danger
d'autant
plus
terrible
Pour
ceux
qui
s’en
approchent
fans
précaution,
qu’elles
cou-
rent
des
abîmes
&
des
fon-
drières
qui
percent
jufqu'au
fond
de
la
montagne.
La
perte
de
ceux
qui
s'y
font
hazardés
doit
détourner
les
autres,
&
il
en
coûta
prefque
la
vie
au
P.
Mathieu
Taveran,
qui
eut
la
curiofité
d’obferver
cette
fournaife
de
trop
près.
I
femble
que
tout
le
haut
de
la
montagne
n'eft
compofé
que
d'une
mafle
de
cendre,
de
Piêrre
de
ponce
&
de
charbons
de
terre,
entaflée
&
fufpen-
due
en
quelques
endroits
en
forme
de
voûte.
Comme
cette
mafle
reçôit
intérieurement
les
éfprits
minéraux
,
&
eft
exté-
.
FiGurement
éxpoféeaux
neiges,
EE
283
à
la
pluie
&
au
vent;
il
n'eit
pas
furprenant
que
cette
mê=
me
matière
brûlée
s’empreigne
de
nouveau
de
ce
qui
la
ren-
doit
combuftible
&
qu'elle
re-
commence
à
brûler.
Cornélins
Sévérus
exprime
cela
admira=
blement
bien.
Caætera
materies
guæcumque
fe
fertilis
igni,
Ut
femel
accenfa
ef,
moriturs
nec
reftat
in
illa
Quod_repetat
;
tantèm
cinis
fine
femine
terra
ef.
Hic
femel
atque
iterum
patiens
3
ac
mille
perhauftis
Ignibus
inflaurat
vires.
Le
feu
;
qui
ne
s'éteint
jamais
entièrement
dans
ces
gouifres,
&
qui
fe
fait
toujours
remar=
quer,
ou
par
la
chaleur,
où
par
la
fumée
qui
en
fort
,.ne
recom-
mence
à
brûler
qu’en
de
cer-
tains
tems,
plus
ou
moins,
à
proportion
del’amas
de
matière
combuftible
qui
s’y
rejoint,
&
plus
long-rèms
elle
a
été
fans
brûler
,
plus
elle
a
recueilli
de
ces
efprits
qui
la
rendent
in-
flimmable,
&
plus
grande
eft
la
violence
avec
laquelle
le
feu
pouife
au-dehors
des
flammes,
des
cendres
&
dés
pierres.
L’o-
rifice
de
la
fournaife
ou
du
crater
,
eft
de
3080
pas,
où
mê-
me
de
3000
,
felon
les
uns;
(il
a
dans
le
Latin
30000
;:
215
c'eft
une
faute
d'impreflion
}
d’autres
le
font
de
4000.
Cette
variété
d'opinions
vient
de
ce
qu'elle
eft
tantôt
plus
grande,
284
ET
tantôt
plus
petite;
ce
qui
eft
com.
.
munàtous
les
volcans.
L’abîme
de
celui-ci
eft
fi
profond,
qu’on
n'en
fçauroit
voir
le
bas.
Des
roches
de
figure
pyramidale
débordent
des
côtés,
&
quoi-
que
ces
côtés
foient
paralleles,
3ls
femblent
pouttant
fe
rap-
procher
en
bas
par
les
règles
dé
loptique;
ce
qui
a
trompé
_
plufieurs
obfervateurs
,
qui
ont
œru
que
cette
fournaife
fe
ter-
mine
enpointe
vers
le
fond
com-
me
ün
four
à
chaux.
Lé
P,
Kircher
dit
avoir
remarqué
au
fond
de
ce
gouffre
une
efpèce
de
montagne
de
la
matière
mi-
mérale,
autour
de
laquelle
il
a
toujours
obfervé
un
creux
rem-
pli
d'une
matière
refplendif-
fante,
comme
du
métal
fondu.
Les
côtés,
par
des
conduits
qui
fe
correfpondent,
jettent
en
plufieurs
endroits
une
fumée
continuelle
,
qui,
pendant
la
nuit,
éft
une
flamme.
Le
gouf-
fre
n’eft
jamais
fans
mugifle-
mens
,
&
1l
en
fort
dé
tems
en
tems
de
fi
horribles
,
que
le
mont
en
eft
ébranlé.
L'Etna
eft
fi
élevé,
que
de
deflus
l’on
peut
découvrir
toute
la
Sicile.
&
même
les
côtes
d'Afrique,
Forfque
le
rems
eftférein.
Mais,
#
par
malheur
quelque
tem-
pète
venoit
à
ébranler
la
mon-
tagne
,
ceux
qui
Sy
trouve-
roient
alors
feroient
perdus
,
&
ne
tarderoient
guère
à
être
enfevelis
fous
les
cendres
&
les
neiges.
On
a
obfervé
que
fi
les
foupiraux
viennent
à
fe
boucher
avec
le
tèms
ou
par
es
fecouffes
de
la
montagne,
1
ET
:
fa
violence
redouble
,
&
fes
feux
cherchent
une
nouvelle
iffue
par
la
furface
extérieure,
C’eft
alors
que
fe
forment
ces
effroyables
ouvertures
&
ces
cavernes
,
parmi
lefquelles
il
y
en
à
qui
pourroient
contenir
trente
mille
hommes.
Il
y
a
auf
un
lieu
fouterrein
&
très-obf-
cur,
nommé
par
les
Siciliens;
la
Grota
de
la
Palumba,
fi
grand,
fi
profond,
que
ceux
qui
de-
.
meurent
auprès
du
mont
Etna,
croient
quil
y
a
un
che
min
par
lequel
on
peut
paf-
fer
fous
lifle
&
fous
la
mer
pour
fe
rendre
aux
ifles
Eolien:
nes.
[I
eft
forti
autrefois
de
ces
cavernes
desrivieres
brûlantes,
comme
on
peut
juger,
par.un
conduit:
rempli
de
ces
roches
brûlées,
que
les
Siciliens
nom
fciarres.
Ces
torrens
de
feu
s’é-
tendent
quelquefois
jufqu’à
dix:
huit
mille
pas
de
longueur,
fur
un,
deux,
trois
ou
quatre
mille
de
large
;
comme
les
Hiftoriens
le
racontent;
c’eft
un
digne
fu-
jet
d’étonnement,
que
de
penfer
comment
cette
montagne
peut
fournir
cette
incroyable
quan-
tité
de
matière
,
&
dans
quel
lieu
font
les
fourneaux
nécef-
fairés
pour
la
mettre
en
fufon.
Les
Siciliens
d’aujourd’hut
Pappellent
monte
Gibello,
&
les
François
le
mont
Gibel
Ce
ñom
moderne
eft
un
pléonafme,
&
ne
fignifie
autre
chofe
que
le
mont
mont
;
car,
Gibel
en
Afa=
be
fignifie
une
montagne,
&
vient
des
Arabes
ou
Sarralins,
qui
ont
poflédé
la
Sicile.
ETNA,
Æina,
Er
Ville
de
Sicile,
(x)
firuée
prés
de
la
montagne
de
même
nom.
En
1a76°
Olympiade,
Hiéron,
ty-
tan
de
Syracufe,
ayant
chaflé.
les
Catanéens
de
leur
ville,
y
plaça
de
nouveaux
habitans.
Îl
raflembla
jufqu’à
cinq
mille
hommes
du
Péloponnèfe,
qu'il
joignit
à
autant
d'hommes
du
territoire
de
Syracufe,
&
il
‘changea
le
nom
de
Catane
en
celui
d’Etna.
Il
leur
diftribua
au
fort,
non
feulement
les
ter-
res
de
Catane,
mais
encore
de
grands
cantons
voifins,
&
par-
vint
à
peupler
ces
lieux
de
dix
mille
habitans.
Mais,
après
la
mort
d'Hiéron
,
les
anciens
Catanéens
revenant
dans
leur
pas,
chaflerent
les
habitans.
Ceux-ci,
leur
cédant
le
terrein,
fe
retirerent
à
Innéfa
,
felon
Strabon
,
&
Ennéfie,
felon
Dio-
dore
de
Sicile,
&
ils
donnerent
à
cette
ville
le
nom
d’Etna,
à
caufe
de
celle
dont
on
venoit
de
les
chafler.
Cette
nouvelle
Etna
étoit
à
quatre-vingts
fta-
des
de
l’ancienne,
c’eft-à-dire,
de
Carane.
On
y
pañloit
pour
aller
de
Centurippe
à
Catane,
&
Quand
on
vouloit
aller
de
ce
dernier
lieu
fur
le
mont
Etna.
Elle
fut
prife
par
Denys,
tyran
de
Syracufe,l’an
403
avant
J.C.
n
lit
Etnes
en
pluriel
dans
Prolémée.
Cluvier
,
qui
a
comparé
les
diffances
marquées
par
Strabon
ê
par
les
anciens
ftinéraires,
Juge
quelle
doit
avoir
été
à
(4)
Diod.
Sicul,
p.
267,281,
398,
ET
285
l'endroit
où
eft
à
préfent
San
-Nicolo
l'Ârena,
de
Arenis
,mo-
naftère
de
l’ordre
de
faint
Be-
noît
,
à
douze
milles
de
Cata-
nia.
ETNÉENS
,
Ætnet,
Aîtriaîtis
(5)
étoient
les
habitans
de
1a
ville
d’Etna.
Pline
les
appelle
Ætnenfes.
Voyez
Etna.
:
|
ETNEUS
,
Æineus,
(c)
eft
un
des
furnoms
que
l’on
a
don
nés
à
Jupiter.
ETŒMOCLE,
£Eræmocles,(d)
E’rouoxaÿe
,
philofophe
Stoïcien.
N'ayant
pas
été
invité
par
Arif-
ténete
aux
noces
de
fa
fille,il
lui
envoya
le
billet
fuivant
pen-
dant
qu’on
étoit
à
table
:
»
Erœ-
»
mocle
à
Arifténete.
Ma
vie
»
paflée
témoigne
aflez
com-
»
bien
j'ai
l’efprit
éloigné
dela
»
débauche
;
car
,
importuné
»
tous
les
jours
par
de
plus
»
grands
feigneurs
que
toi,
de
»
manger
avec
eux,
je
ne
leur
»
ai
jamais
voulu
accorder
cet-
|
»
te
grace
,
à
caufe
du
dére-
»
glement
des
feftins
;
mais,
»
j'ai
raifon
de
me
plaindre
de
»
ce
que
faifant
profeflion
d’a-
»
mitié
avec
moi
depuis
tant
»
d'années,
tu
as
oublié
de
me
»
prier
à
la
noce
de
ta
fille
;
»
en
quoi
tu
as
d'autant
plus,
n
de
tort,
que
je
fuis
ton
voi=
»
fin.
Je
n’en
fuis
donc
pas
fa-
n°
ché
pour
moi,
mais
pour
toi,
»
comme
une
marque
d'ingra-
»
titude.
Car,
du
refte,
je
ne
»
mets
pas
ma
félicité
à
faire
»
bonne
chere
,
&
fi
je
Paimois,
çc)
Antiq.
expl.
par
D,
Bern.
de
402,
Strab,
p.
268,
Prolem.
L.
III.
c.
à.|
Montf.
Tom.
I.
p
(2)
Strab.
p.268.
Plin,
T.
I,
p.
163:
AE
(d)
Lucian,
T,
I,
p:
858
Gr
eg.
[Document text truncated for crawler view.]
