Physique du monde. Tome second
Full text
LP
Se
ds
CR
CRE
ER
+.
se
©
MP
HFSLOLE.
MONDE,
ORNÉE
DE
PLANCHES
*
:
TOME
SECOND.
HT
ge.
24
COUPE
mot:
ACTES
Chez
Ce
OUFRAGE
Je
trouve
à
Paris,
CError,
rue
Dauphige.
…
}
Dinor
le
jeune,
quai
des
Auguñtins.
QuiLLau,
rue
du
Fouarre.
Méricor
le
jeune,
quai
des
Auouftins.
Nyon-ainé,
rue
du
Jardinet.
Barroïs
le
jeune,
quai
des
Auguftins.
il
a
parmi
nine
N
DÉDIÉE
4
ET
K
OO
EL:
Par
M
ce
BaronNDE
MARIVETZ
2
Dr
par
M
GOUSSIER.
A
PARES.,
|
De
l'Imprimerie
de
QuiLzLau,
Imprimeur
de
S.
À
S.
L
Ms.
le
Prince
Dz
ConNTIr,
rue
du
ne
1
A
AVEC
ne
ET
PRIFILÉGE
DU
Rat.
4
:
ES
PT
e
DANS
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PU
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LE
SNS
1
"1
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j:
nn
A
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re
srne
nr
vtr
gp
te
ep
CESR
1
4
.
Sentiment
de
M.
de
Mairan,
—
+.
Page
62
Sentiment
de
M.
J.
Bernouilly
,
66
Explication
des
Figures
$
&
9,
ee
=
.
69
Explication
de
la
Figure
13,
Se
-
-
74
Explication
des
Figures
6
&
7,
|
76
Explication
de
la
Figure
8,
77
De
la
Formation
des
Tourbillons
fecondaires.
ou
Tourbillons
particuliers
des
Planetes.
ner
Explication
de
la
Planche
IV,
86
Explication
de
la
Figurer,
Se
27
Explication
de
la
Figute2,
Re
Tourbillons
qui
produifent
les
apparences
ds
Cometes,.
07
Tourbillon
Excentrique
,
Figure
3
»
|
101
Seconde
Loi
de
Képler,
Explication
de
la
Figure
4,
Voie
de
la
Planete
principale
de
Explication
des
Figures
ÿ
&
6,
Anneau
circonfolaire,
Explication
des
Figures
7
&
8,
Anneau
ose
:
Explication
de
la
Planche
V,
Figures
de
Saturne,
“Figures
de
Jupiter,
Figure
de
Mars
;
Figure
de
la
Terre,
_
Figure
de
Vénus,
Figure
de
Mercure,
Figure
du
Soleil
,
Explication
de
la
Figure
13
,
Explication
des
Figures
14
&
15,
Explication
de
la
Figure
16,
TABLE.
Explication
de
la
Figure
17,
Pope
162
Accélération
de
la
Pefanteur,
: a
oi
*
165
Explication
de
la
Figure
«8,
ee
*
174
Explication
de
la
Figüre
19,
©
©
177
Explication
de
la
Figure
20
,
:
e
180
Explication
de
la
Figure
271,
on
185.
Du
Ciel
Etoilé,
-
183
Du
Mouvement
dire
des
Apfides
,
:
:
190
{
Du
Mouvement
rétrograde
des
Nœuds
,
ou
de
la
Précefkon
>
194
\
Du
Mouvement
de
Nutatiôn
;
EE
De
lAberration
,
É
199
Diminution
de
l’Obliquité
de
PEcliptique
,
TROISIÈME
PAR
FE,
“
Cotchant
Les
Tables
,
les
Planches
&
Le
vi
du
Difionnaire.
1°.
T,
BLES
des
Planetes
;
Figure
d’une
Orbire,
&
dénomination
des
principales
parties
de
cette
orbite.
2°.
Explication
des
Tables
des
Planetes,
3
3°.
Tables
particulieres
des
Planetes;
le
Soleil
,
$
4°.
Mercure,
6
5°.
Venus;
|
-
7
6°.
La
Terre,
-
So.
10
7.
lalune,
=.
:
11,12,
13
:
;
8°.
Mars,
|
:
:
14
S°,
Jupiter,
=
-
_
:
3
SNS
ai
PNEUS
PROPRES
FABLE
ro°.
Saturne
;
-
u
Page
16
11°.
Table
générale
de
la
Chaleur
;
—
17
#
.
12°.
Explication
de
la
Table
Synoptique;
-
18
jufqu’à
49
k
19°.
La
Table
Synoptique
en
fept
demi-feuillese
-
14°.
Planche
['°,
:
_
ù
-
1.
Planche
IT,
:
=.
:
16°.
Planche
III,
-
_
à
17°.
Planche
IV,
—
|
ee
é
È
18°.
Planche
V.
|
en
—
4
19°,
Premier
Supplément
du
Didionnaire,
_
-
Ë
|
|
+
à
—
Fin
de
la
Table,
APPROBATION.
Pa:
lu,
pat
ordre
de
Monfeigneur
Je
Garde-des-Sceaux,
un
Manu(@rie
intitulé
Phyfique
du
Monde,
&c.
par
M.
le
Baron
de
Mariverz
&
par
M.
Gouffer,
I
eft
impofhble
d'embraffer
un
plan
plus
vafte
que
celui
que
fe
font
tracé
ces
Auteurs.
La
feule
le@ure
du
Difcours
Préliminaire
&
de
la
Préface,
en
annonçant
toute
fon
étendue
,
prouve
combien
ces
Auteurs
font
remplis
de
la
matiere
qu'ils
traitent,
L’expofñtion
des
principes
généraux
de
tout
leur
Syftême
paroit
faire
efpérer
que
leur
enrreptife
n'eft
pas
au-dellus
de
leurs
forces.
Le
refpeët
le
plus
profond-pour
la
Religion
,
&
pour
tout
ce
qui
peut
y
avoit
rapport,
regne
dans
cet
Ouvrage.
On
ÿ
remarque
aufli
infiniment
de
fagefle,
de
circonfpedtion
&
d'honnêteté
de
la
partie
critique
qui
a
rapport
aux
Ouvrages
des
Savaus
qui
ont
antérieurement
couru
la
même
carriere
;
enfin
la
fimplicité,
la
précifion
&
la
clarté
qui
cara@érifent
cette
nouvelle
Phyfique
du
Monde
,
ne
peuvent
que
faire
defirer
l'exécution
d’une
entreprife-fi
utile
pour
le
progrès
des
connoiffances,
Ce
fiecle
à
vu
naître
fur
cette
matiere
des
Ouvrages
excellens
que
nous
ont
procurés
des
Savans
illuftres
qui
ont
ouvert
cette
carriere
;
ils
pourront
reconnoître
eux-mêmes
les
traits
qui
diftinguent
particuliérement
celci
des
Auteurs
qui
leur
faccedent.
À
Paris
ce
14
Avril
1780.
ROBERT
DE
VAUGONDF.
Le
Privilège
fe
trouve
au
commencement
du
premier
Volume.
Tome
IT,
achevé
d'imprimer,
pour
la
premiere
fois
,
de
13
Juillet
1781,
dt
tt
à
EST
REPONSES
EP
TN,
+7
y.
Qi
"
k
P,
GE
20,
ligne
1r1,ala
fn
agi,
lifez
agillent.
TES
ONE
ER
ERRATADE
LAPREMIERE
PARTIE.
37
fibre
19
‘adivirés.
Dans,
Aifez
activité
dans.
Se
Ibid.
ligne
15
,
capacité,
Lfez
capacité
?
so,
ligne
20,
château.
/ifez
château,
1
Ho
7;
4
Soleil,
ajoutez
Voyez
Planche
V,
ee
22,
64;
ligne
Êt;
lifez
éloignement.
94,
.
10
,
comme
61
;
=cetat,
fee
comme
reftà
61:
59,
ligne
19,
férénité,
fe
fécurité.
165,
ligne
6,
d'un
être,
/ifez
d’un
aftre,
180,
ligne
22,
éthérées,
Jifez
éthérés.*
220,
ligneo,
FT,
life;
y.
-
Jbid,
ligne
1x
)
ne
intervalle,
fe?
un
intervalle,
228,
fa
1ÿ
,
tranfmis,
life
tanfenis,
243,
ligne
derniere,
pendant
ces
quatre
mois
&
fx
ae
avant
que,
lifez
pendant
ces
quatre
mois,
&
fix
heures
avant
que.
254)
ligne
22,
oïbes
ou
tourbillons,
lifez
otbes
du
tourbillon.
272,
ligne
12,
féparées,
life
partagé.
300,
lig.
3,
cet
obftacle
à
volume
égal
:
/i/ez
cet
obftacle
:
à
volume
égal.
got,
ligne
28,
obfcurcis,
ifez
ES
ERRATA
DE
L
A
SECONDE
ee
Le
GE
18,
ligne
8,
la
ligne
des
Gémaux,
lez
le
fi
igne
des
Gémaux.
20,
ligne
6,
la
parenthefe
eft
inutile.
29
lan
27
;
aprés
hélicoïde,
ajoutez
où
courbe.
42,
ligne
28,
reconoftriot,
lifez
reconnoîtroits
:
45,
ligne
17,
dans
la
divifon,
di/ez
dans
la
direction,
<
st,
ligne
28,
où
l'effet
de
la
parallaxe
&
de
la
réfraction
font
nuls,
lifez
où
les
effets
de
la
parallaxe
&
de
la
réfra@tion
font
nuls.
353,
ligne,
parcourus
,
iféz
parcourues.
EUR
Fos
14,
Table
des
Planches,
Zifez
Tables
des
Planetes,
162,
ligne
16,
aulieu
de
Te,
lifez
T
a.
163,
ligne
3
,
effacez
&
qui.
;
174,
ligne
24,
lifez
quantité
qui
;
trés-certainement,
ne
feroit
pass
diféer-
nable
dans
la
Figure.
Mais...
+
à
397,
ligne
4,
aprés
É
virgule
ajoutez,
ou
NSP
TPS
RER
RERO
FOUR
#
RE
PPT
ENT
pa
mA
ENERSPE
RARES
TUBES
DES
ER
ÉDNTE
Ë
54
à
RE
PRE
QN
AVANT-PROPOS.
=
|
Na
OUS
avons
sn
prouvé,
par
les
obfer-
vations
contenues
dans
notre
premier
Volume,
|
qu'aucun
des
Syftêmes
de
Cofmogonie
préfentés
jufqu’à
préfent,
ne
peut
nous
éclairer
{ur
l'Hifloire
Phyfque
de
la
Terre:
se
les
Auteurs
de
toutes
ces.
Théories
fe
{ont
trompés.
dans
l'établiflement
des
principes,
fe
{ont
égarés
dans
leurs
combinaïfons.
Il
y
a
donc
des
BR
,
il
y
a
donc
des
loix
qui
ont
échappé
à
la
pénétration
de
leur
génie,
que
leurs
laborieufes
recherches
n’ont
pu
encore
développer.
-
Si
nous
étendons
nos
vues,
fi
nous
confidérons
:
£
machine
entiere
de
notre
Monde
,
nous
nous
_aflurerons
plus
encore
de
l'imperfedion
de
notre.
Pbyfique.
Pourquoi
tous
ces
corps
que
nous
ap-
pellons
des
Planetes,
tournent-ils
autour
du
So-
leil
?
pourquoi
tournent-ils
tous
dans
le
même
fens
?
pourquoi
toutes
les
routes
qu'ils
décrivent
autour
de
cet
aftre
ont-elles
comprifes
dans
une
zone
très-étroite
?
pourquoi
toutes
ces
Planetes
rournent-elles
fur
elles-mêmes
?
d’où
émanent
les
ipales
loix
:
nous
reconnoiffons
dans
leurs
_
A
RD
DT
RE
D
NS
vj
Avr
AetS
Pro
+0
marches
;
celles,
par
exemple,
qui
ralentiflent
les
vitefles
à
mefure
que
les
diftances
au
Soleil
alg-
mentent
;
qui
établiflent
un
rapport
précis
&
gé-
néral-entre
les
vitelles
&
les
diflances
,
entre
Îles
efpaces
parcourus
&
les
tems
?
Ces
queltions
,
ou
n’ont
point
encore
reçu
de
réponfes
,
où
n'en
ont
reçu
que
de
très-vagues
,
&
de
très-hypothériques,
Nous
avons
vu
comment,
pour
expliquer
les
mouvemens
céleftes
,
on
a
combiné
des
impulfons
fans
nombre
,
&
de
pure
fuppoñition
,
avec
une
attraction
également
fuppolée
,
également
incon-
cevable,
&
fi
fouvent
contradictoire
avec
elle-
même.
Quant
à
la
direétion
commune
de
toutes
es
Pl
netess
quant
aux
limites
étroites
qui
renferment
les
plans
de
leurs
routes,
qui
ne
permettent
à
au-
cune
de
s’écarter
de
8
degrés
d'une
ligne
qui
pañle
par
l'équateur
folaire
,
quoiqu'il
y
ait
un
efpace
de
90
dégrés
dans
lequel
elles
pourroient
s'étendre
;
quant
à
cette
autre
caufe.
qui
les
fait
tourner
fur
elles-mêmes
,
lifons
ce
que
nous
en
a
dit
Le
Pere
de
la
Phyfque
moderne,
&
ce
que
nous
répetent
fes
plus
illuftres
Difciples
,
4
ms.
-
tus
originem
non
habent
ex
caufis
mechanicis
PT
.
Re
À
A
SE
ï
È
EE
RS
#
AVANT-PROPOSs.
vi
mouvemens
ne
tirent
leur
origine
d'aucune
cau-
fe
méchanique
,
d'aucune
caufe
phyfique
connue.
Ces
grands
mouvemens
,
ces
mouvemens
primi-
tifs-des
roues
de
la
machine
du
Monde
n’auroient
donc
point
de
caufes
méchaniques
:
cependant
les
routes
des
Planetes
,
la
viteflé
avec
laquelle
elles
parcourent
ces
voies
,
leur
éloignement
,
ou
leur
proximité
du
Soleik,
leur
rotation
{ur
elles-mê-
mes,
font
les
caufes
primitives
,
a@tives
&
dé-
terminantes
de
la
Phyfique
du
Monde;
&
ces
ef-
fets
feroient
des
phénomenes
fi
nguliers
qui
tiennent
a
des
caufes
particulieres
qui
nous
font
inconnues,
Mais
qui
font
indépendantes
du
fyflêéme
du
Monde
(”).
Efbit
poffible
de
confidérerainfi
ces
grandes
actions,
ces
actions
primitives
&
déterminantes
de
toutes
les
autres
?
=
Que
ces
cos
foient
encoreinconnues
,
il
faut
bien
en
convenir
;
mais
d’où
déduit
-
on
qu’elles
ne
tiennent
point
au
Syftème
général
?
comment
_Conçoit-on
un
Syflème
général
dans
lequel
Les
phé-
nomenes
les
plus
importans
,
les
plus
po
;
e
3"
Voyez
Efai
Jur
les
Comeres,
par
M.
Dies
Duféjour
,
Di
cours
Préliminaire
»
Pe.XX
Le
P:
336,
Le
auflh
M.
de
la
Lande
.
ÆElèmens
d'Afironor
omie
;
D:
—
:
2
A
2
REP
RUE
ENTER
T
RESTE
ARTIST
:
vi
ApANT-PROPOS.
_
ceux
qui
déterminent
tous
les
autres
{ont
indépen-
dans
de
ce
Syftème
‘
?
Ce
neft
point
ainfi
que
nous
confidérons
la
machine
du
Monde
;
nous
y
recon-.
noiflons
une
force
fimple
,
primitive
,
unique
rea
générale
;
c'eft
de
cette
force
que
dérivént
toutes
les
actions,
&
toutes
ces
aétions
obéiflent
aux
loix
impofées
à
la
matiere
&
au
mouvement
,
parce
que
le
Monde
n’eft
qu'une
machine
,
&
que
dans
toute
machine
il
ne.
peut
exifter
un.
feul
mouvement
qui.
ne
réfulte
pas
des
lon
de
Li
Méchanique.
C
C'eft
ce
Syflême
que
nous
allons
oe
au
ones
de
nos
Lecteurs.
|
En
confidérant
limmenfité
de
ne.
carriere
,
ce
‘nef
pe
fans
effroi
que
nous
nous
fommes
déter-
minés
à
tenter
de
la
parcourir
;
mais
nous
nous
fommes
dit,
avec
Fontenelle,
que
fans
lefpérance
de
faire
plus
qu'on
ne
pourra
,
on
ne
feroit
jarnais
tout
ce
qu'on
peut
:
fous
invoquons
l'indulgence,
&
plus encore
les
lumieres
des
Savans
qui
nous
feront
l'honneur
de
nous
lire:
ils
nous
trouveront
toujours
difpofés
à
à
nos.
erreurs
,
dès
qu
ls
nous
les
feront
connoître.
|
La
partie
de
notre
Ouvrage
que
nous
_—.
de
terminer,
celle
dans
laquelle
nous
si
as
à
.
PRET
RUE
FA
ÿ
ê
ë
Ê
a
rs
Est
h.
+
Aa
D
TANT:
&-
A
PANET
Se
PRO
PapES,
ix
détruire
Les
Syflêmes.des
Auteurs
qui
nous
ont
pré-
cédés
,
étoit
la
plus
aifée
fans
doute
;
mais
elle
étoit
en
même
tems
&
la
plus
aride
pour
nos
Lec-
teurs
,
&
la
motns
agréable
pour
nous.
Les
Ouvra-
ges
critiques
ne
parviennent
ee
fouvent
à
inté-
refler
que
par
l’âcreté
du
ftyle
qu'un
ufage
odieux
femble
leur
avoir
confacré
;
jamais
nos
Ecrits
n’au-
ront
ce
méprifable
«mérite.
Nous
avons
éprouvé
combien
il
en
coûte
pour
attaquer
les
opinions
des
Savans.
dont
on
eltime
&
le
génie
&
les
fumieres
:
car
faut-il
jamais
parler
des
autres?
Combattre
ces
|
Auteurs
refpectables
;
payer
leurs
veilles
par
un
examen
févere
,
qui,
quelque
honnête
quil
foit
,
leur
enleve
une
partie
de
la
gloire
à
laquelle.
ils
{e
croyoient
en
droit
de
prétendre
,
&
à
laquelle
il
feroit
au
contraire
fi.
doux
de
concourir
;
c'eft
un
facrifice
à
à
l'amour
de
la
vérité:
elle
ne
peut
s'affermir
que:
fur
la
difcuflion
des
opinions
;
&
ce
fâcrifice,
ce
n'eft
pas
celui
pour
lequel
L
nie
le
moins.
courage.
|
ie
Nous
ofons
nous.
Hetter
de
avoir
nie
ce.
tite
à
à
fans
déplaire
à
à
l'illuftre
Auteur
dont
nous
|
nous.
fommes
permis
eee
l'immorrel
Ouvre
de
il
nou
|
au
_
doivent
être
prouvées
que
dans
la
fuité
dé
nôtre
<
AVANT-PROPOS.
de
fes
opinions
:
fon
amour
pour
la
vérité,
{on
zele
pour
les
Sciences,
fa
bienveuillance
pour
ceux
qui
les
cultivent,
nous
affèrent
de
fon
indulgence,
même
pour
nos
erreurs,
sil
nous
en
eft
échappé.
Ceux
qui
ont
écrit
avant
nous
avoient
fait
tous
leurs
efforts
pour
les
bannir
de
leurs
Ouvrages
*
f
aucun
n'y
eft
encore
parvenu
,
nous
dévoris
être
très-
éloignés
de
penfer
qu'on
n'en
aura
point
à
nous
reprocher.
|
En
nous
permettant
de
critiquer
ceux
qui
nous
ont
précédés
,
nous
nous
fommés
dévoués
à
la
cri-
tique
de
ceux
qui
viendront
après
nous.
Nous
l'a
vons
déjà
dit,
&
nous
Le
répétons
,
nous
recevrons
avec
reconnoiflance
les
objections
que
l'on
voudra
bien
nous
faire
;
nous
prions
feulement
qu’elles
ne
tombent
que
fur
ce
que
nous
aurons
déjà
préfenté
comme
des
vérités
déterminées
par
notre
Théorie,
qu'elles
n'anticipent
pas
fur
l'ordre
de
notre
mar-
che,
qu'elles
n'aient
pas
pour
objet
des
propofi-
tions
qui
ne
font
encore
qu'indiquées
,
&
qui
né
+
Ouvrage.
|
|
Cette
premiére
Section
contient
nos
Principes.
généraux
fur
la
Phyfique
Célefte
;
c'eft-à-dire,
fur
ArANT-PRrRoPros,
x
les
canfes
des
mouvemens
des
Planetes
,
&
fur
les
loix
qui
régiflent
ces
mouvemens.
La
feconde,
qui
fuivra
celle-ci
de
près,
ren-
fermera
la
?
Théorie
de
la
Lumiere
&
celle
de
fa
Chaleur.
La
troifieme
traitera
à
des
mouvemens
de
l'Atmof-
phere
,
&
des
mouvemens
des
Eaux.
Nous
annon-
cerons,
à
la
livraifon
de
chaque
Section
,
ls
deux
qui
les
fuivront
immédiatement.
Avant
d’expofer
nos
Principes
,
nous
ne
pou-
vons
nous
difpenfer
de
parler
d'un
Savant,
dont
nous
eftimons
infiniment
les
lumieres
&
le
génie.
Le
R.
P.
Berthier,
de
l'Oratoire
,
a
rapporté
&c
_difcuté
avec
autant
d’impartialité
que
de
fagacité,
dans
fon
excellent
Ouvrage
(*})
,
les
affertions
&
les
objections.
refpedtives
des
Partifans
du
Vide
&
_de
ceux
de
l’'Ether.
Il
étoit
cependant
aifé
de
re-
connoître
que
c'étoit
en
faveur
de
l’Ether
que
l’Au-
teur
fe
décidoit
;
&
quoiquil
ne
fît
encore
,
com-
-
me
il
le
dit
lui-même
,
>
que
la
Jonétion
d
*
Avocat
=
re
)
Principes
Phyfiques
pour
fervir
de
fuite
aux
Principes
Ma-
thématiques
de
Newton,
par
le
R.
P.
Berthier,
de
lOratoire
ne
Correfpondant
de
PAcadémie
Royale
des
Sciences,
4
vol,
in-12
re
1764
;
3
vol.
êcle
4
en
1770
,
de
l'imprimerie
Royale
>
B
2
xi
A
VARES
PRORUS..
Général
,
il
étoit
impofñlible
de
ne
pas
pénetrer
fon
opinion.
Cette
admiflion
d'un
Ether
qui
remplit
tout
lefpace
,
ef
donc
la
bâfe
commune
de
ños
deux
Syftêmes.
C’en
feroit
peut-être
aflez
pour
que
l’on
crût
,
au
premier
coup
d'œil,
rencontrer
beau-
COUP
de
rapportentre
les
Principes
du
R.P.
Berthier
&
les
nôtres;
ceux
qui
ne
nous
liroient
pas
avec
aflez
d'attention,
&
qui
n’auroient
pasla
Théorie
de
ce
Savant
fufifimmentpréfente,
pourroient
croire:
que
la
nôtre
repofe
fur
les
mêmes
Principes:
nous
nous
honorerions
sûrement
d’être
{es
Difciples.:
mais
nous
fommes
ceux
de
la
Nature
:
elle-eftle
feul
maître
&lefeul
guide
que
nous
ayons
cru
devoir
fuivre.
Lorfque
nous
avons
relu
l'Ouvrage
du
R.
P:
Berthier
,
que
nous
avions
lu
il
y
a
feize
ans,
nous
avons
été
füurpris
de
nous
être
quelquefois
rencontrés
avec
lui,
&
particulierement
fur
l'article
des
Come-
tes,
en
fuivant
cependant
des
routes
très-difiérentes
:
mais
nous
n'avons
dû
ces
rencontres
,.
dont
nous
avons
été
très-flattés
,
qu'à
ce
Priñcipé
commun
entre
nous,
à
cette
admiflion
commune
d'un
fluide
qui
plie
tout
l'efpace
,
ainf
que
l'a
voit
dit
avant
nous.
:
=
Cependant
>
ni
la
nature
de
ce
fluides
r
AyzanzT-
Par
0
Po.
xiij
loix
qu'il
fuit,
ni
la
maniere
dont
il
eft
mis
en
action
,
ni
la
nature
de
fes
meuvemens
,
ni
la
ma-
niere.
in
il
les
communique
aux
fpheres
céleftes,
ne
font
les
mêmes
dans
l'Ouvrage
du
R.
P.
Ber-
chier
&
dans
le
nôtre.
Son
Soleil
differe
eflentielle-
ment
du
nôtre
:
ainf
la
caufe
primitive
&
détermi-
nante
du
mouvement
,
la
caufe,
les
moyens
&
les
loix
de
fa
propagation,
l’explication
enfin
de
tous
les
phénomenes
doivent
néceflairement
être
très-
différentes
dans
fes
Principes
&
dans
Les
nôtres.
Selon
ce
Savant.,.
le
mouvement
de
l'Ether
eft
propre
à
à
ce
fluide
:
c'eft
à
lui
que
Dieu
le
confa,
à
la
naiflance
des
tems
;
le
Soleil
n’eft
point
un
>
folide
;
cet
aftré
n'eft
qu'un
globe
de
ce
fluide
mê-
me,
un
globe
d'Ether
de
300000
lieues
de
diame-
tre,
qui
occupe
le
centre
de
ce
que
nous
appelons
le
Tourbillon
Solaire,
Ce
Phyfcien
conçoit
très-
différemment
que
nous
la
nature,
l'origine
&
la
propagation
de
la
Lumiere,
la
caufe
de
la
rotation
|
des
Planetes,
celle
de
la
D.
BEc.
Enfn,
.—
y
moyens
&
ee,
tout
eft
di£
er
dans
nos
deux
Théories.
Nous
ne
nous
pro-
pofons
ni
d'analyfer
le
Syftême
de
ce
Savant,
ni
encore
de
Le
combattre
+
nous
préfentons
_
1
|
5%)
GT
nt
RES
xiv
AvANT-PrRoros
|
des
idées
différentes
,
nous
les
foumettons
à
nos
Juges,
&
nous
prions
notre
illuftre
Concurrent
d’agréer
les
affurances
de
notre
très-fincere
&
très-
parfaite
eftime.
=.
=
DA
à
NI"
f)
NAT
je
ÆL.
2
ss
PHYSIQUE
MONDE,
PREMIERE
PARTIE.
‘EXPOSITION
SOMMAIRE.
Pi
s
nous
obfervonsce
qi
nous
entoure
immédiatement,
plus
nous
étendons
nos
regards
fur
tous
les
objers
auxquels
ils
peuvent
atteindre,
plus
nous
confidérons
des
yeux
de
lef-
prit
l’état
conftamment
variable
de
tout
ce
qui
couvre
la
furface
de
notre
globe,
les
altérations
plus
où
moins
ra-
pides,
fes
deftruétions
,
les
régénérations
d'êtres
femblables,
ARS
ERP
dE
AT
2
0e
RS
PV
En
‘Ed
a
RS
ie
nue
ù
:
&
:
Le
e
l'ordre
invariable
de
ces
deftructions
&
de
ces
régénérations
;
|
plus
nous
nous
confirmons
dans
cette
idée
fi
confolante
&
fi
démontrée
,
qu
un
ordre
éternel
régit
l'univers.
Le
retour
périodique
des
faifons,
l'ordre
fuccefif
des
é-
nérations
de
tout
ce
qui
eft
deftiné
à
naître,
à
fe
reprodt
ë&
à
pe
‘prouve
aflez
qu'un
aveugle
hazard
ne
prétide
point
à
ces
combinaifons
régulieres,
qu'il
ne
partage
point
l'empire
de
la
Nature
avec
l'intelligence
fublime
qui
la
pro-
duifit,
avec
la
fageffe
éternelle
&
toute-puiflante
qui
la
régit.
|
Le
Monde
eft
foumis
à
dés
loix
invariables,
c
'eft
ce
qu'at-
teftent
tous
les
phénomenes
;
les
mêmes
.
produifent
les
mêmes
effets;
cette
chaîne
de
caufes
&
d'effets,
c’eft
l'Hiftoire
de
la
Nature,
Diffinuer
dans
chacun
des
À
menes
l'action
&
la
combinaifon
des
caufes
qui
les
produi-
fent,
reconnoître
&
l'origine’
&
la
puiffance
de
ces
caufes,
c'eft
étudier
la
Nature
;
la
Science
que
nous
acquérons
par
ces
confidérations,
cette
Science
qui
affigne
les
caufes
&
qui
explique
leurs
Rs
nous
lappellons
de
P}
y
fe
ique.
Les
caufes
générales
fe
auxquelles
nous
nous
élevons,
fonc
les
ul.
phyfiques
determinantes
des
mouvemens
des
grands
corps
de
la
Nature,
de
ces
lobes
que
nous
appel-
Ra
Corps
célefles
;
ceux-ci
.
les
roues
de
cette
mechine
immenfe
que
nous
appellons
le
Wonde.
+
Plus
nous
admettons
de
caufes,
plus
le
rouage
1
com-
plique,
plus
l'action
totale
fe
compofe
&
fe
décompofe,
plus
le
principe
primitif
de
cette
ation
fe
dérobe
à
la
vue
de
l'efprit:
nous
nous
égarons
alors
dans
les
direétions
mul=
tipliées
que
nous
avons
à
fuivre,
poux
remonter
jufqu'à
Ja
>
çaute
DU
MONDE,
T7
_
caufe
motrice
qui
imprima
le
mouvement
à
[a
machine
entiere.
: :
Cependant
file
monde
eft
foumis
à
des
loix
phyfiques
fi
nulle
4ction
n'eft
produite
que
par
une
autre
ation,
le
monde
n'eft
qu'une
grande
machine.
Or
toute
machine
qui
fe
meut,
obéit
à
une
force
primitive.
Il
eft
démontré
en
Méchanique,
que
toute
a@ion
peut
être
réduite
à
une
force
‘fimple,
&
peut
être
exprimée
par
cette
force.
Cetre
vérité
eft
appliquable
à
la
machine
immenfe
du
monde,
comme
à
celles
que
nous
avons
inventées
pour
divifer
le
cours
con-
tinu
&
indéfeétible
du
tems.
Si
dans
ces
dernieres
nous
difz
tinguons
des
mobiles
différens,
des
vitefles,
des
forces,
des
males
,
des
volumes
qui
varient
comme
les
pieces
qui
com-
-pofent
ces
machines;
nous
n’en
fommes
pas
moins
afflurés
que
toutes
ces
forces
n’ont
qu'un
principe
;
que
toutes
ces
actions
réfultent
d'une
feule
action,
parce
que
nous
con-
noïflons
Le
reflort
qui
met
tout
en
mouvement.
Ne
craignons
point
d'affimiler
cette
œuvre
de
nos
mains
4
l'œuvre
des
mains
du
Très-Haut.
Notre
intelligence
,
ce
foule
de
fa
bouche,
fut
deftinée
à
nous
diriger
felon‘fes
voies
;
elle
nous
fut
accordée
pour
nous
élever
jufqu'à
lui
par
la
connoïflance
des
aîes
de
fa
puiffance
;
nos
médita-
tions
tiennent
à
{on
eflences
enfin
l’ordre
des
vérités
mathé-
matiques
cit
le
même
dans
les
œuvres
de
l'éternel
G£omé-
tre,
&
dans
lesnôtres.
Mais
la
diftance
immenfe
qu'il
laïffg
_
€ntre
lui
&
nous,
établit
le
même
intervalle
entre
nos
ou-
vrages
&
les
fiens;
cette
diftance
regne
entre
les
foibles
.
CHorts
de
notre
entendement
&
la
puiffance
créatrice
de
fon
génie.
Il
6
nous
à
poinc
été
donné
d'imiter
cette
pui£
dome
IL
|
GE
À
LR
NET
ET
LES
RENÉE
SR
418
PHYSÉQUE
fance
créatrice,
de
produire
des
élémens,
de
donner
à
fa
matiere
de
nouvelles
propriétés,
au
mouvement
denouvelles
loix.
La
diftance
qui
fépare
le
Créateur
de
l'être
crée,
eft
la
mefure
de
la
différence
qui
exifte
entre
nos
moyens
&
les
fiens.
Dieu
créa
la
matiere
&.
ee
propriétés,
le
mouvement
&
fes
loix
;
il
en
naquit
la
Nature:
il
dit
à
l'homme
de
le
con-
templer
dans
la
fublimicé
de
fon
ouvrage.
Cette
noble
defti-
nation,
apanage
dun
être
néceflairement
ineelhgenés
fût
devenue,
nous
ofons
le
dire,
indigne
de
cet
être,
infufhi-
fante
pour
produire.
en
lui
l'apiration
dûe
à
fon
auteur,
fi
elle
eût
été
bornée
à
une
fimple
perception
ftupide
des
beau=
tés
de
la
Nature,
de
la
magnificence
des
aétes
de
fon
au-
teur.
La
fpidiré
n'eût
point
lu
dans
l'ouvrage
du
Très-
Haut
ces
témoignages
impofans
de
fa
divine
..
elle
n'en
eût
point
conclu
l'exiftence
de
l’auteur
de
fon
être;
elle
n’eût
rien
rapporté
à
cet
auteur.
Plus
notre
intelligence
pénetre
{a
fublime
harmonie
de
l'univers,
plus
l'idée
de
l'Eternel
s'agrandie
dans
notre
âme,
plus
notre
hommage
serie
digne
d'arriver
jufqu'a
lui
(
a.
a
(ce
)
4_
Ce
n’eft
pas
une
chofe
que.
Lon
doive
confidérer
parmi
»
les
fimples
curioftés
de
la
Phyfique,
que
les
fublimes
réflexions
»
où
elle
nous
conduit
fur
PAuteur
de
PUnivers.
Ce
grand
ou-
»
vrage,
toujours
plus
merveilleux
à
mefure
qui
il
eft
plus
connu,
»
nous
donne
une
fi
grande
idée
de
fon
ouvrier,
que
nous
en
»
fentons
notre
efprit
accablé
d’admiration
&
de
refpe&.
».
Fonte-
nelle
,
Préface
[ur
l'utilité
des
Mathématiques
€
de
la
.
fa
>
_
.
Les
travaux
de
l'Académie
des
Sciences,
ee
D
ÜU
M
ON
DE
2$
nous
croyons
devoir
ajouter
encore
à
ce
que
nous
avons
déjà
dit
dans
notre
Préface,
&
confirmer
l'exiftence
réelle
de
ce
fluide
üniverfel
,
&
de
celles
de
fes
propriétés
que
nous
mettrons
en
action
dans
notre
Théorie.
Nous
n'avons
employé
jufqu'à
préfent
d'autre
agent
phy-
fique
que
le
mouvement
de
rotation
du
Soleil
fur
lui-
même,
par
l'ordre
de
celui
qui
venoïic
de
le
créer.
Tout
ce
que
nous
avons
dit
appartient
à
laéte
&
à
linftant
de
fa
création,
il
ne
contient
rien
d'hypothétique
5
la
rotation
du
Soleil
fur
lui-même
n'eft
affurément
pas
une
hypothefe,
c'eft
une
vérité
de
fait
aufli
inconteftée
qu'inconteftable.
Cette
vérité
eft
la
bâfe
de
notre
fyftème
,
la
premiere
pro-
poñtion
dont
nous
le
déduifons
;
mais
la
premiere
action
de
da
Nature
ne
peur
être
attribuée
qu'à
la
main
de
fon
Au-
teur:
ce
fur
ainf
qu'il
pofa
le
grand
reflort
qui
devoit
pro-
duire
&
régler
tous
les
mouvemens
de
fa
machine.
Quel
feroit
en
effet
l'objet
de
ce
mouvement
de
rotation
du
So-
leil,
sil
ne
fe
communiquoit
à
aucun
autre
corps
de
la
Nature
;
f-fa
vitefle,
fa
direction
ne
remplifloient
aucune
fonction
dans
la
machine
du
Monde;
fi
elles
n'influoient
point
fur
fon
harmonie?
Cet
aftre,
placé
au
centre
d'un
efpace
dans
lequel
tournent
autour
de
lui
plufeurs
globes
quil
domine
par
fa
male
&
par
fon
volume,
auxquels
il"
peut
feul
faire
&
éprouver
toutes
les
impreffions
be
ils
font
fufcepubles
;
qui
afférvit
conftamment
leur
marche,
qui
les
modifie
,
qui
répand
fur
eux
l'éclat
de
la
lumiere,
qui
pé-
nette
toute
leur
fubftance
de
la
chalour
quil
produit
,
tour-
neroïr
done.
€n
vain
au
centre
de
fon
empire?
Cette
rota-
ion
exifteroit.
fans.
produire
aucun
cffer?
L’
action
de
Dieu
Tome
II,
|
D.
_
36.
PHYSLTOUE
qui
lui
imprima
ce
mouvement,
feroit
une
ation
inutile?
Son
ordre
feroit
une
loi
ftérile
dont
rien
ne
fe
déduiroit
?
Lorfque
nous
attribuons
à
la
main
de
l'Eternel
l'impul-
fion
qui
détermina
le
premier
mouvement
du
Soleil,
&
par
lui
le
premier
mouvement
de
la
Nature,
ce
mouve-
ment
qui
produific
feul
,
&
qui
feul
entretient
tous
les
mouveimens
de
la
machine
du
Monde
;
peutèêtre
d'autres
Philofophes
cherchetontils
à
lui
afligner
une
autre
caufe,
une
caufe
purement
phyfique
?
peut-être
les
partifans
du
fyflême
de
l'attraction
déduiront-ils
cette
rotation
du
So-
leil
des
actions
fucceflives
de
mafles
différentes
qui
agi-
roient
en
diffance
fur
tous
les
points
de
la
furface
du
Soleil,
en
tournant
autour
de
lui:
on
fuppoferoit
,
sil.
le
faHoit,
à
cette
furface
des
inégalités
qui
deviendroient
deg
leviers
par
lefquels
agiroit
cette
attraction
;
(que
ne
peut-on
pas
efperer
de
fuppofitions
multipliées?)
mais
toutes
ces
fuppoñtions
ne
feroient
jamais
que
des
additions
à
une
hy-
pothefe
déjà
profcrite,
que
des
modifications
de
cette
hy-
pothefe
;
lhypothefe
refteroit
toujours
la
feule
bâfe
de
toutes
nos
connoiffances
:
enfin,
après
avoir
préfenté
cette
caufe
de
la
rotation
du
Soleil,
quel
en
feroit
l'effer?
Gerte
‘action
ne
produiroit
donc
aucune
autre
a&tion?
Or
nous
ne
penfons
pas
qu'il
{oit
poffible
de
fuppofer
dans
la
Na-
ture
d'action
ftérile,
d'effet
qui
ne
produife
point
d'autre
effet.
Ce
mouvement
rapide
du
Soleil
feroit-il
Le
feul
effet
qui
ne
s'éleveroit
pas
à
Bétat
de
caufe
?
ou
bien
faudroit-il
“encore
exercer
fon
imagination
pour
en
tirer
une
nouvelle
fuppofition
,
qui
attribueroit
à
ce
mouvement
quelques-pro-
priérés
qui
modiferoient
cet
aftre
lui-même,
qui
le
main-
pays
MeO:N
DE.
27
“mendroient
,
par
exemple,
&
lumineux
&
chaud?
Nous
verrons
bientôt
combien
ces
accumulations
de
fuppoñtions
font
inutiles,
avec
quelle
clarté
tous
ces
phénomenes
fe
&
Voyez
la
Préface,
p.
lx.
ns
te
re
2
pret
no
AREA
PES
LEE
PUR
DONNAIT
UE
«28
PERS
TL
QUE
“pôfition
:
on
a
vu
combien
elle
répugne
à
la
premiere
‘vue
de
l'efprits
mais
ceft
fur
des
preuves
poñtives
que
nous
allons
établir
lexiftence
d'un
fluide
dans
lefpace.
Lorfque
cette
vérité
fera
prouvée
,
il
fera
aifé
de
démon-
trer
que
ce
fluide
ne
peut
être
infenfible
au
mouvement
du
Soleil,
qu'il
doit-être
déterminé
par
cet
aftre
à
fe
mouvoir
dans
le
même
fens.
Or,
fi
ce
fluide
fe
meut,
il
ne
peut
être
fans
action
fur
les
corps
qui
nagent
dans
fon
fein
5
il
doit
donc
les
déterminer
à
fe
mouvoir
dans
le
même
fens
que
lui
;
c'eft-à-dire,
dans
fe
même
fens,
dans
la
même
direction
dans
laquelle
fe
meut
le
Soleil
lui-même
;
nous
aurons
donc
alors
la
raifon
de
l&
xévolution
des
planetes
autour
du
Soleil.
On
ne
croira
plus
avec
des
Savans
_de
-nos
jours,
&
des
Savans
d'un
mérite
très-diftingué,
«
qu'il
»
n'exifte
point
de
caufe
générale
qui
fafle
mouvoir
les-
:»
corps
céleftes
dans
un
fens
plutôt
que
dañs
un
autre,
»
ni
dans
un
plan
déterminé
;
&
que,
fi
l’on
obferve
que
»
les
planeres
&
leurs
fatellites
fe
meuvent
dans
le
même
_»
fens,
&
à
crès-peu-près
dans
le
même
plan,
ce
phéno-
»
mene
fingulier
tient
à
des
caufes
particulières
qui
noùs
»
font
inconnues,
mais
qui
font
indépendantes
du
fyftème
»
général.
de
Funivers
(ce).
Prouvons
donc
de
la
maniere
la
plus
certaine
&
la
plus
évidente,
que
tout
l'univers
eft
rempli
d'un
fluide
infini-
ment
rare;
mais
infiniment
élaftique,
infiniment
expanfible
:
PLARE
LE
(c)
Voyez
Effai
fur
les
Cometes,
par
M.
Dionis
Duféjour
,
Dif-
cours
Préliminaire,
p.
xx
,
&
p.336,
Paris,
Valade,
1775.
Voyez
aufi
E/émens
d’'Afronomie,
de
M..de
la
Lande,
T.
IET
;
p.
285$
2
D-U
-
M-0-N-
DE
29
alors
il
y
aura
contiguité
entre
toutes
les
parties
de
la
ma-
chine;
alors
toutes
pourront
recevoir
&
rendre
des
actions
;
alors
tout
fera
foumis
aux
loix
payiques
De
méchaniques,
&
non-à
ces
impulfons
imaginaires,
à
cette
attraction
pré=
caire,
que
M.
de
Manpertuis
dans
fon
Difrours
fur
la
Figure
des
Aftres,
a
très-bien
qualifiée
de
monjffre
Tr
Jique.
L'efpace
dans
lequel
nous
difons.
que
le
Soleil
fe
meut
,
l’efpace
dans
lequel
font
places
&
le
Soleil
&
les
planetes,
s'appelle
/
milieu
éthéré
:
c'eft
ce
milieu
que
nous
allons
confidérer.
Eff-il
vide,
eft-il
rempli
par
un
fluide
?
voilà.
l'objet
de
la
premiere
queftion.
De
VOIRE
On.
du
Milieu
échéré.
Si
nous
confiltons
a
autorités
+
tous
:-
Savans
qui.
oht
écrit
fur
cette
matiere
,
NOUS
neh
trouverons
pas
une.
qui
foit
de
quelque
poids
,
&
qui
séleve
en
Aveur
d'un
vide
abfolu.
:
Newton
de
fes
Difciples,
quon
cite
quelque-
fois
fi
injuftement
,
comme
partifans
du
vide
,
ne
l'ont
ja-
mais
confidéré
comme
abfolu
:
le
chef
de
cette
Ecole,
limmortel.
Newton,
-ha
jamais
ni
dit,
ni
penfé
que
lefpace.
interplanetaire
fût
un
vide
abfolu
;
Fe
la
au
contraire
con-.
fidèré
,
ainfi.
ie
nous
l'avons.
déjà
di
(*
‘),
comme
rem
pli
dun.
fluide
éminemment
élaftique
,
éminemment
expan-.
fible,
&
quatre:
cent
quatre-vingt-dix
milliards
de
fois
plus.
:
élaftique
que
fair
de
notre
atmofphere.
Or
,
il
eft
impof.
(7)
Voyez
Ja
Préface,
p-
YXV
Je
fible
de
confidérer
un
fluide
comme
srsélatiqie,
Lise
>
confidérere
\
mÊmR
ne
£
fcepüble
E
recevoir
EST
EEE
RTS
ESS
ASS
TE
20
PERS
FO
VE
le
mouvement,
&
comme
‘capable
de
le
tranfmettre.
Que
feroit
un
reflort
sut
ne
poutroit
ni
fe
comprimer,
ni
sé-
endre
?
ce
feroit
très-aflrément
un
être
de
raifon.
Silny
a
donc
point
d'autorité
en
faveur
du
vide
abfolu
;
fi
tous
les
Philofophes
ont
admis
un
fluide
dans
les
efpaces
célef-
res,
on
peut
regarder
la
fuppoñtion
de
ce
vide,
comme
la
feule
erreur
qui
naït
pas
été
avancée
par
quelque
Savant.
Cicéron
a
ofé
dire
de
déjà
de
fon
tems
,
4
n'y
avour
rien
de
ft
abfurde
qui
n'eût
été
dit
Pa
dueliue
Phrlofophes
ferions-nous
moins
autorifés
à
à
Le
répéter
dans
ce
fiecle
où
nous
vivons
?
:
Mais
pour,
prouver
que
les
Phyficiens
modernes
,
quon
a
le
plus
regardes
comme
pans
du
vide,
n'ont
jamais
entendu
le
vide
abfolu
,
écoutons
un
a
à
qui
plus
d'une
vérité
importante
a
dû
fon
évi-
dence
,
&
qui
a
répandu
tant
de
lumiere
fur
les
Sciences
exactes
:
c’eft
fur
le
témoignage
de
ce
partifan
éclairé
de
ee
de
l'attraction,
que
nous
allons
établir
notre
affertion
fur
l'opinion
que
Newton
avoit
du
vide
interpla-
|
nétaire.
C'eit
un
des
Difciples
le
plus
digne
de
remplacer
ce
grand
Maître
,
qui
va
nous
donner
Fexpoltion
de
{a
Doctrine
Neviotienne.
Si
nous
ne
fommes
pas
enfuite
d'accord
avec
lui
fur
les
pr
opriètés,
fur
les
actions
du
fluide,
dont
il
va
lui-même
remplir
le
milieu
général,
nous
préfen-
terons
les
motifs
fur
lefquels
nous
NOUS
fonde,
&
nous
les
foumettrons
À
à
fes
lumieres.
:
|
M.
d'Alembere
s'exprime
ainfi,
dans
le
Didionnare
En-
:
cyclopédique,
à
l'Article
MrLreu.
a.
«
M,
Newton
prouve
d'une
maniere
trés
=
vraifemble-
pu
.M
ON
D
#£.
31
ble,
qu'outre
le
milieu
aérien
particulier
dans
lequel
nous
vivons
&
nous
refpirons
,
il
y
en
à
un
autre
plus
répandu
&
plus
univerfel
,
qu'il
appelle
mieu
évhéré
;
ce
milieu
eff
beaucoup
plus
rare
&
plus
fubtil
que
Pair;
&
par
ce
moyen
il
pafle
librement
à
travers
les
pores
&
les
autres
interftices
des
autres
milieux,
&
fe
répand
dans
tous
les
corps,
Cet
Auteur
penfe
que
ceit
par
linter-
vention
de
ce
milieu
que
font
produits
la
plupart
des
grands
phénomenes
de
la
Nature.
»
Il
paroït
avoir
recours
à
ce
milieu
,
comme
au
pre-
mier
reflorc
de
l'univers,
&
à
la
premiere
de
toutes
les
forces.
Il
imagine
que
fes
vibrations
font
la
caufe
qui
répand
la
chaleur
des
corps
lumineux,
qui
conferve
&
qui
accroït
dans
les
corps
chauds
Pintenfité
de
fa
cha-
leur,
&
qui
la
communique
des
corps
chauds
aux
corps
froids.
Il
le
regarde
aufli
comme
la
caufe
de
la
réfle-
xion
,
de
la
réfraction
&
de
la
diffration
de
la
lumiere
5
_&
il
fui
donne
des
accès
de
facile
réflexion
&
de
facile
tranfmiflion
,
effets
qu'il
attribue.
à
l'atrraction
:
ce
Phi-
|
lofophe
paroît
même
infinuer
que
ce
milieu
pourroît
être
la
fource
&
la
caufe
de
l’attraétion
elle-même.
»
Il
faut,
pour
que
le
mouvement
des
planetes
&
des
co-
_meres
foit
pollible,
que
Les
cieux
foient
vides
de
toute
|
matiere
,
excepté
_peut-être
quelqu’émiffion
très-fabrile
»
des
atmofpheres
des
planetes
&
des
cometes
,
&
quelque
F
milieu
éthéré,
tel
que
celui
que
nous
venons
de
dé-
crire.
Un
fluide
denfe
ne
peut
fervir
dans,
les
cieux
qu'à
troubler
les
mouve
mens-céleftes
,
&
dans
les
pores
des
êter
les
mouvemens
de
vibration
3
LICE
ra
_
#
5
PATSIOLE
»
de
leurs
parties,
en
quoi
confifte
leur
chaleur
&
leur
»
activité.
Un
tel
milieu
doit
donc
être
rejetté,
felon
M.
»
Newton,
tant
quon
n'aura
Hi
de
preuve
évidente
de
»
fon
exiftence
;
&
ce
milieu
étant
une
fois
rejetté,
le
fyf
»
tême
qui
fait
confifter
la
lumiere
dans
la
preflion
d'un
»
fluide
fubtil
,
tombe
&
s'anéantit
de
lui-même
».
Voilà
Le
ai
éthéré
reconnu
pour
le
grand
reffort
de
lunivers
;
pour
la
premiere
de
toutes
les
forces
;
[es
vibra-
tions
font
la
caufe
qui
répand
la
chaleur
des
corps
lumi-
neux
,
&c.
Le
fluide
éthéré
eft
donc
ici
confidéré
comme
un
_..
éminemment
élaftique
,
puifque
fes
vibrations
agiffenc
fi
puiflamment
fur
tous
les
Corps
qui
YŸ
font
plon-
gés
;
comme
wne
force
capable
de
produire
la
plapart
des
en
phénomenes
de
la
Narure
;
enfin
comme
le
Premier
_reffort,
la
premiere
force
de
l'univers
:
ce
milieu
peut
même
être
la
caufe
de
la
réflexion
,
de
la
RTE
&
de
la
diffraëion
de
la
lumiere
;
1l
peut
enfin
étre
la
caufe
de
l’attrathon
elle-même
:
&
ceft
l'illuftre
fondateur
de
l'attration
qui
le
foupconne
!
t
C'eneft
aflurément
bien
affez
pour
que
ce
fluide
ne
puiffe
être
regardé
comme
incapable
d'aucune
ation
fur
les
corps
qui
\
a
plongés,
comme
impropre
à
recevoir
&
à
ren-
dre
aucune
impullon
,
enfin
comme
fans
réfiftance.
Voilà
donc
tout
l'efpace
rempli
i
d'un
milieu
réfifant
3
;
cé
fluide
réfiftant,
Le
premier
reffore
&
la
premiere
de
toutes
les
forces
de
la
_
ne
peut
évidemment
être
indifférent
aux
mouvemens
4
planetes.
On:
ne
peur
e
difpenfer
de
le
con-
fidérer
dans
les
recherches.
de
ces
mouvemens,
S'il
ne
les
ne
pas,
il
doit
néceflairement
les
troubler
:
ot
fi
d'après
lobfervation,
ces
mouvemens
r'éprouvent"poin
L
altération,
DU
MONDE.
33
d'altération
,
il
faut
donc
que
ce
fluide
les
détermine.
Que
ce
foic
lui
qui
fafle
mouvoir
ces
corps
plongés
dans
fon
fein
,
quil
Les
emporte
avec
lui,
comme
l'eau
empoïte
dans
fon
cours
les
Corps
qui
y
flottent,
alors
on
conçoit
que
Jes
mouvemens
ne
doivent.
point
être
altérès
par
la
réfiftance
de
ce
fluide
,
puifque
c'eft
à
lui
feul
qu'ils
obéif-
fent,
&
qu'ils
font
emportés
dans
fon
cours.
|
Nous
admettons
affurément
une
des
conclufons
de
l’ar-
ticle
que
nous
venons
de
citer
;
nous
penfons,
avec
Newton,
qu
4
faut
rejetter
le
milieu
denfe
des
Cartéfiens
:
mais
nous
ne
voyons
pas
d'où
l'on
peut
conclure
que,
ce
milieu
denfe
étant
rejetté,
le
fyftême
qui
fait
confifter
la
lumiere
dans
la
preflion
d'un
fluide
fubtil,
tombe
&
s’anéantit
de
lui
même.
Le
milieu
eft
généralement
admis,
la
denfité
de
ce
milieu
peut
être
profcrite
comme
contraire
aux
phéno-
menes
:
mais
,
comment
les
motifs
qui
Le
font
rejetter
comme
fluide
denfe
,
peuvent-ils
influer
fur
les
propriétés
qu'on
pourroit
lui
attribuer
comme
fluide
fubtil
>
propriétés
dé-
montrées
par
tant
d'effets
admis
dans
la
citation
même.
*
C'eft
fur
les
propriétés
de
ce
fluide
fubtil
que
repofe
tout
notre
fyftême
;
c’eft
lui
que
nous
confidérons
,
ainf
que
l’Auteur
de
l'article
cité,
comme
Le
premier
reflort
,
Comme
la
premiere
force
de
la
Nature
:
on
verra
,
dans
la
fuite,
comment
agiflent
fes
propriétés,
&
comment
les
phé-
nomenes
s'en
déduifent
;
il
m’eft
encore
queftion
ici
que
d'établir
l’exiftence
de
ce
milieu
,
de
ce
fluide
éthéré
qui
remplit
tout
l'efpace.
ce
:
Nous
pourrions
peut-être,
après
un
pareil
témoignage,
regarder
Pexiflence
du
fluide
incerplanétaire
comme
une
Tome
II,
2e
34
P&YsSTQUGE
vérité
reçue
,
inattaquable
,
&
nous
difpenfer
d'en
pré-
fenter
les
preuves
directes:
mais,
en
Phyfique
,
les
autori-
tés,
même
unanimes,
ne
fufhfent
pas.
Nous
nous
fommes
fait
la
loi
de
ne
rien
élever
fur
cette
bâfe
deftruétible
:
l'autorité
fubjugue,
mais
elle
ne
perfuade
pas
:
on
admet
l'aflertion
qu’elle
érige
en
loi,
mais
l'efprit
n’eft
point
éclairé
de
certe
lumiere
vive
&
fi
fatisfaifanre
qui
lui
fait
pénetrer
la
nature
,
l'origine
&
les
principes
de
la
loi
:
on
croit,
mais
on
ne
conçoit
pass
&
notre
defir
eft
que
tout
le
mondé
_puiffe
concevoir
avec
nous
toutes
les
vérités
de
la
Nature.
Lorfque
nous
avons
confidéré
en
elle
-
même
l'opinion
du
vide
abfolu
,
nous
avons
reconnu
qu'elle
étoit
inconce-
vable,
inconciliable
avec
Les
loix
de-h
Niue
=
Nous
avons
déjà
obfervé
combien
l'admiflion
de
ce
vide
*
abfolu
refferreroit
&
dégraderoit
l’idée
que
nous
penfons.de-
voir
nous
faire
de
la
création,
à
l'époque
de
laquelle
le
néant
dut
perdre
fon
exiftence,
fi
l'on
peut
parler
ainfi
du
néant,
-
Si
l'efpace
interplanétaire
de
notre
Monde
eft
vide
de
toute
fubftance,
fi
rien
na
été
créé
pour
le
remplir,
le
néant
à
confervé
prefque
tout
fon
empire.
Il
eft
aifé
de
prouver
quen
additionnant
les
folidités
de
toutes
les
fphè-
res,
où
de
route
la
matiere
folide
de
notre
Monde,
le
volume
qui
en
réfulteroic
ne
feroit
prefque
rien
dans
Pef-
pace
qui
refteroit
vide.
Le
volume
du
Soleil
réuni
à
celui.
de
toutes-les
planetes
,
tant
principales
que
fecondaires,:
n’eft
pas
à
la
capacité
de
l'efpace,
ce
qu'un
grain
de
fable
eft
au
globe
de
la
Terre
:
le
produit
de
la
création
ne:
feroic
donc
qu'un
point
imperceptible
au
milieu
du
do-
maine
qu'autoit
confervé
le
néant.
ee
pu
MONDE.
EN
.
Mais
ce
Soleil,
ces
planetes
ont
des
atmofpheres
,
nous
dira-t-on
;
ces
atmofpheres
s'étendent
dans
l'efpace.
Sans
doute
ces
corps
ont
des
atmofpheres
,
&
cette
vérité
_fafhroic
feule
pour
détruire
l'opinion
du
vide,
Tous
les
Phyfciens
conviennent
que
ces
atmofpheres
font
formées
par
différens
fluides
qui
fe
font
élevés
du
corps
des
plane-
tes;
ces
fluides
expanfbles
devroient
donc
s'étendre
à
l'infini
dans
l'efpace
,
&
le
remplir
5
car
le
vide
ne
réfifte
point
,
&c
la
force
expanfve
ne
peut
être
arrêtée
que
par
des
ré-
fiftances.
-
:
—
La
matiere
de
la
lumiere
pénetre
l'efpace
;
de
quelque
maniere
que
le
Soleil
la
produife
,
elle
s'étend
conftam-
ment,
&
fans
interruption,
de
tous
les
points
de
fa
fuper-
ficie
à
toute
la
furface
concave
du
tourbillon
qu'il
éclaire
:
cet
efpace
elt
donc
continuellement
rempli
par
la
lumiere
;
on
ne
peut
donc
pas
dire
qu'il
foit
vide,
puifqu'il
eft
conftamment
éclairé
,
c’eft-à-dire
conftamment
rempli
de
la
matiere
de
la
lumiere.
Nous
ne
confidérons
point
en-
core
ce
qu'eft
ce
fluide
en
lui
-
même;
il
fufft,
pour
ce
moment,
d'obferver
qu'il
pénetre
conftamment
tout
l'ef-
_pace.
Cette
lumiere,
dans
le
fyflème
des
Phyficiens
qui
la
regardent
comme
une
émanation
de
la
fubftance
du
_
Soleil,
ne
revient
jamais
À
cet
aftre,
ne
rentre
jamais
dans
_
fon
fein
;
lefpace
devroit
donc
s'en
remplir
de
plus
en
_pluss
ce
uide
devroit
y
devenir
plus
denfe
à
chaque
_
inftant.
Nous
ne
recevons
point,
à
la
vérité,
cette
opimion
-des
émanations
folaires
:
nous
efpérons
que
l’on
reconnoi-
tra
bientôt
avec
nous
combien
elle
eft
inadmiffible.
Mais
enfin,
ni
ceux
qui
fuppofent
ces
émanarions
ni
a
Eee
36
PHTYSEQUE
nous
qui
les
rejettons,
ni
aucun
Phyficien
n'a
jamais
con-
fidéré
[a
lumiere
autrement
que
comme
un
fluide
;
on
ra
jamais
penfé
que
ce
fluide
fût
incapable
d'aucune
a@ion,
d'aucune
réfiftanice.
Si
ce
fluide
eft
celui
dont
parle
New-
con,
dans
l'Article
que
nous
avons
rapporté,
nous
ne
pou-
vons
le
concevoir
que
comme
capable
d'une
grande
éner-
gie,
que
comme
ZX
premier
reffort
,
la
premiere
force
de
la
Nature.
Si
la
matiere
de
la
lumiere
n’étoit
pas
ce
fluide,
nous
aurions
deux
fluides
éminemment
élaftiques
à
confi-
dérer
dans
le
milieu
éthéré,
&
la
théorie
de
ce
milieu
de-
viendroit
infiniment
plus
difficile;
mais
toutes
ces
obfcu-
rités,
tous
ces
embarras,
dont
les
hypothefes
multipliées
“urchargent
la
Phyfique
,
difparoîtront
bientôt
devant
des
principes
plus
fimples.
Nous
croyons
devoir
prévenir
une
.objettion
que
fon
“pourroit
faire
à
notre
aflertion;s
que,
dans
l’hypothefe
du
vide,
les
atmofpheres
des
planetes
fe
répandroient
dans
ce
vide
par
leur
force
expanfive:
l’attraétion,
diroit-on,
Les
-retient
autour
de
la
planete
quelles
environnent
;
c'eft
l'at-
traction
qui
veille
aux
barrieres
du
vide.
Mais
cette
attr1c=
tion
neft
qu'une
hypothefe
,
comme
nous
avons
“déja.
‘prouvé;
&,
voulût-on
même
ladmerttre
comme
un
prin=
‘cipe
démontré,
ceux
qui
la
propofent
comme
telle,
font
"obligés,
non-feulement
de
l’'abandonner,
mais
encore
de
détruire
eux-mêmes
ce
prétendu
principe
:
car
enfin,
ba
‘lumiere
que
ces:
Phyficiens
confiderent
comme
venant
du
Soleil,
ils
La
regardent
comme
compofée
&
formée
des
parties
de
la
propre
fubftance
du
Soleil,
ils
fuppofent
que
cet
aftre
-
-
poufé
ces
parties
hors
de
lui-même
;
qu'illes
lance
danstout
DU
Monwnpbr,
37
Pefpace.
Que
devient
donc
alors
cette
attrattion
qui
doit
arré-
ter
l'expanfbilité
des
atmofpheres,
&
les
empêcher
de
fran-
chir
leurs
limites
?
Cette
attra@ion
n’exifte
donc
pas
dans
le
Soleil,
dans
cet
aftré
,
centre
de
toute
attraction;
ou
bien
cette
force
primitive
y
eft
contrariée
&
vaincue
par
une
force
contraire
,
qui
défunit,
divife
&
difperfe
tout
ce
que
l'attraction
tend
vainement
à
retenir.
Mais
dans
ces
atmofpheres
des
planetes
;
dans
celle
de
notre
Terre,
par
exemple,
quel
eft
ce
fluide
infiniment
diftin&
de
notre
air
le
plus
fabtil,
qui
remplit
la
capacité
de
tous
les
vafes
dont
nous
avons
pompé
l'air
;
qui,
dans
les
phénomenes
de
l'éle&ricité
,
fe
meut
avec
tant
d'adi-
vité
?
Dans
ce
que
nous
appellons
très
-
impropremenc
le
vide,
lors
même
que
nous
ÿ
obfervons
les
phéñomenes
d'une
matiere
qui
en
remplit
toute
la
capacité,
quel
eft
ce
fluide
qui
pénetre
la
fubftance
des
méraux
les
plus
durs;
qui
dans
fes
paflages
rapides
à
travers
leurs
mañfes
,
lorf
qu'on
l'y
fait
pénetrer
fubirement
(4),
divife,
défunit,
écarte
leurs
parties
?
Ce
fluide
eftil
fans
force
,
fans
ation
?
appar-
tient-il
exclufivement
à
notre
atmofphere
>?
eft-il
renfermé
dans
fes
limites
»
Qui
ofera
le
dire,
qui
pourra
le
penfer
?
_
Qu'eft
cette
atmofphere
du
Soleil,
qui,
felon
les
Phy
ficiens
&
les
Aftronomes
,
Sétend
jufqu'à
la
Terre,
&
l'en.
veloppe
?
Cette
atmofphere
ne
peur
embrafer
la
Terre
fans
remplir
tout
l'efpace
dans
léquel
tournent
&
Mercure
&.
Vénus.
Quelle
force
l’arrère
donc
à
cette
diftance
énorme
(2)
On
calcine
les
métaux
&
on
revivifié
les
chaux
métalliques
par
l'éleétricité
ee
e
L.
RE
LS.
RSR
CR
eg
x
+
He
Een
se
En
NT
ARS
ep
rer
-
28
PHYSTOUE
du
Soleil?
quelle
puiffance
l'empêche
d'arriver
à
Mars
,
à
Jupiter,
à
Saturne
?
Seroit-ce
encore
l'attraction
?
Le
vide
au
moins
ne
commenceroit
donc
qu'aux
limites
où
fe
cer-
mineroit
l'atmofphere
folaire
?
Mais
ces
limites
entre
lefquel-
les
la
Terre
feroit
comprife,
où
Les
fixeroit-on
?
.
La
lumiere
du
Soleil
rempli
cout
l'efpace,
&
tandis
que
les
flots
continus
que
cet
aftre
en
répand
dans
tout
fon
em-
pire,
font
pouffés
vers
les
planetes,
celles-ci
les
renvoient,
les
réfléchiffent
à
travers
cer
efpace:
mais
la
lumiere
de
notre
Soleil
ne
traverfe
pas
feule
notre
Monde.
Toutes
les
étoiles
fixes
,
dont
le
nombre
ne
fera
jamais
connu
,
parce
qu'il
n'y
a
point
de
nombre
qui
puifle
exprimer
les
pro-
duits
de
la
Toute-Puiflance,
point
de
vue
qui
puifle
péne-
trer
la
profondeur
de
l'infini;
toutes
ces
étoiles
nous
en-
voient
leur
lumiere
,
&
reçoivent
fans
doute
celle
de
notre
Soleil
;
peut-être
chacune
d'elles
reçoit
-elle
des
rayons
lumineux
de
toutes
les
autres.
Quelle
multitude
inconce-
vable
de
rayons
de
lumiere
traverfe
donc
continuellement
lefpace
?
On
ne
dira
certainement
pas
que
cetre
lumiere
ne
foit
point
une
fubftance,
&
cependant
on
pourroit
encore
confidérer
cet
efpace
comme
abfolument
vide
de
toute
fubftance
!
A
…
Enfin,
il
eft
encore
aifé
de
prouver
par
de
nouvelles
confidérations
très-importantes,
&
par
les
raifonnemens
les
plus
convaincans
,
que
Les
partifans
du
vide
font
évidem-
ment
dans
une
contradiction
perpétuelle
avec
eux
mêmes,
lorfqu'en
regardant
les
efpaces
interplanétaires
comme
vides,
ils
nous
difent
en
même
tems
que
la
lumiere
émane
du
Soleil
&
des
corps
lumineux
avec
une
rapidité
incroyable.
pu
MonwDt,
39
Admetrons
pour
un
inftant,
avec
eux,
ces
émanations
_
de
la
fubftance
de
l’aftre
du
jour,
lancées
en
lignes
droites
hors
de
fon
fein
5
il
eft
évident
que
Les
molécules
fuccef-
fives
de
la
lumiere
formeront
autant
de
rayons
divergens,
&
que
les
intervalles
entre
ces
rayons
divergens
feront
d'au-
tant
plus
grands,
qu'ils
feront
mefurés
à
une
plus
grande
diftance
du
Soleil
;
il
y
auroit
donc
des
portions
de
l'ef-
pace
dans
lefquelles
il
ne
pañfferoit
point
de
rayons.
Mais
fi
un
obfervateur
évoit
placé
dans
un
de
ces
intervalles,
il
ne
recevroit
point
de
rayons
:
il
ne
verroit
donc
pas
le
So-
leil;
ce
qui
eft
contraire
à
ce
qu'ils
avouent
eux-mêmes,
que
dans
la
vafte
étendue
de
la
fphere
du
monde
il
n'y
a
pas
un
feul
point
où
un
obfervateur
püc
être
place,
fans
qu'il
appercût
Le
Soleil;
donc
cette
fphere
qu'ils
fuppofoient
vide,
n'eft
point
vide
,
puilque
toute
la
capacité
eft
remplie
des
émifions
du
Soleil.
EE
Chaque
étoile
lance
de
même
autour
d'elle
des
rayons
lumineux
qui
rempliffent
toute
la
fphere
;
on
en
a
la
preuve
dans
les
éclipfes
torales
du
Soleil,
pendant
lefquelles
on
appercoit
les
étoiles
au-dela
&
près
du
Soleil.
Mais
com-
ment
concevoir
qu'un
même
efpace
déjà
rempli
des
émiffions
du
Soleil,
puiffe
encore
fe
remplir
des
émiflions
lancées
par
une
autre
étoile
feulement:
De
deux
chofes
l'une
;
ou
les
_
émiflions
folaires
rempliffent
tout
l'efpace
,
ou
elles
ne
le
rempliflent
pas
:
dans
le
premier
cas,
il
n'y
a
plus
de
place
pour
donner
paflage
aux
émiflions
d'une
feule
étoile
:
dans
le
fecond
,
oh
peut,
à
la
vérité,
concevoir
que
ces
émiffions
de
l'étoile
paffent
dans
les
intervalles
des
émiffions
folaires
;
mais
alors
là
difficulté
renaïc
+
il
y
a
donc
des
points
dans
FT
de
re
pa
re
Sn
TRE
RE
HE
OX
PDT
PAS
Er
pee
40
|
PHYSIQUE
l'efpace
où
il
ny
a
point
de
rayons
folaires
;
&
un
œil
qui
feroit
placé
dans
un
de
ces
points,
n
'appercevroit
pas
le
Soleil
;
il
ne
vérroïic
que
l'étoile
dont
il
recevroit
la
lumiere.
La
difficulté
deviendra
infiniment
plus
preffante
encore,
fi,
au
lieu
d'une
étoile,
nous
en
confidérons
mille,
cent
mille
,
&
que
chacune
en
particulier
remplifle
de
fon
énuf-
fion
le
même
efpace,
tandis
que
le
plein,
opéré
par
le
So-
leil,
ou
pe
lune
d'elles
,
interdit
à
toutes
les
autres
le
pouvoir
de
pénetrer
de
eur
lumiere
un
efpace
déjà
rempli.
Il
eft
donc
évident
que
c'eft
inutilement
qu
on
a
invoque
&
inftitué
le
vide,
puifque
fes
partifans
font
obligés
de
rem-
plir
enfuite
cet
cèce
;
non-feulement
par
des
mi
ons
du
Soleil,
mais
encore
par
des
émiflions
de
chaque
étoile
;
ce
qui
exigeroit
que
ces
émiflions
fe
pénétraflent
,
&
ce
qui
conduiroit
à
une
conclufion
abfurde,
Toutes
ces
difficultés
difparoiffenc
dans
notre
fyftême
;
la
lumiere
n'eft
pour
nous
quune
modification
du
milieu
éthéré,
comme
le
fon
eft
une
modification
de
l'air,
&
non
une
émanation
des
corps
fonores
:
ces
corps
déterminent
la
modification
du
fon
;
mais
ce
n'eft
pas
aux
dépens
&
par
des
émiffiens
de
leur
propre
fubftance,
:
Lorfque
la
nuit,
dans
un
vafte
fallon,
une
feule
chandelle
eft
allumée,
elle
remplit
de
lumiere
tout
Le
fallon
:
puif-
quelle
eft
‘vifible
de
chaque
point
de
fa
capacité
:
fi
en
allume
dix,
vingt,
cent
chandelles,
le
fallon
fera
dix,
vingt,
cent
_
LL
Fe
ÿ
maisil
ny
aura
pas
alors
une
plus
grande
quantité
de
la
matiere
propre
de
la
lumiere
qui
foic
émanée
&
fortie
de
ces
chandelles
;
comme
il
n'y
a
pas
yne
plus
grande
quantité
de
fluide
fonore,
lor{quilx
a:
"D
0e
M
Oo
N
D
EF
‘ÂT
dix
voix
qui
fe
font
entendre
à
[a
fois,
que
lorfqu'
ilnyen
_a
qu'une.
Mais
cette
matiere
de
la
ie
,
quineft
que
lécher
diffléminé
dans
l'air,
fera
dix,
vingt,
cent
fois
plus
ébranlée
par
les
flammes
d’un
plus
grand
nombre
de
chan-
-
delles
,
que
par
la
flamme
d’une
feule;
alors
des
vibrations
cent
fois
plus
fortes,
&
cent
fois
plus
fréquentes,
agiront
:
fur
nos
yeux
avec
cent
fois
plus
d'énergie
:
de
même,
la
quantité
d'air,
de
fluide
fonore,
n'eft
aflurément
pas
plus
grande
dans
ce
fallon,
lorfque
vingt
voix
fe
font
enten-
.
dre
,
que
lorfqu’
une
-
parle
5
mais
ce
fluide
fonoïre
étant
vingt
fois
plus
agité
,
fes
vibrations
croïflent
&
fe
multiplient
en
proportion.
|
Ces
objections,
nous
dira-t-on
peut-être,
ont
déjà
été
préfentées
;
cela
eft
poñlible
:
mais
fi
l'on
n'y
a
encore
rien
répondu
de
fatisfaifant,
fi
(nous
ofons
Îe
dire)
il
eft
impof-
fible
de
les
détruire
,
le
droit
de
les
employer
refte
dans
fon
entier.
D'ailleurs,
nous
prions
ceux
de
nos
Leëteurs
qui
font
au
courant
de
ces
grandes
queftions
,
de
penfer
que
ce
neft
pas
pour
eux
Rd.
que
nous
écrivons.
Conftam-
-
ment
animés
du
defir
de
rendre
cet
Effai
fur
la
Phyfique
du
Monde
à
la
portée
des
Lecteurs
qui
n'ont
encore
au-
-cune
notion
de
cette
Science,
nous
devons
mettre
fous
leurs
yeux
tout
ce
qui
peut
influer
fur
la
démonftration
des
vérités
que
nous
nous
propofons
d'expofer,
tout
ce
qui
peut
les
préparer
&
les
conduire
à
des
conclufons
que
les
Savans
eux
-
mêmes
trouveront
pen
dignes
de
toute
leur:
attention.
|
Nous:
croyons
en
avoir
dit
affez
pour
prouver
l’exiftence
du
fluide
interplanétaire
5
5
Vobfervation
des
|
phénomenes
Tome
TT,
De
nn
QE
daté
DE
BR Pc
bé
a
GANT
de
Eh
pi
à
da
à
hr
8
m0
pe
ed
ts
ra
fe
RER
42
PHETSTOUGE
confirmera
cette
vérité,
bâfe
de
toutes
celles
de
a
Phyfique.
Nous
avons
donc
déjà
vu
les
fpheres
naître
&
fe
difper-
fer
dans
lefpace,
cet
efpace
fe
remplir
d'un
fluide
éminem-
ment
élaftique
;
nous
avons
vu
les
centres
autour
defquels
les
planetes
devoient
tourner,
gere
par
les
mafñfes
les
plus
volumineufes
:
nous
reconnoîtrons
bientôt
que
le
vo-
lume
de
notre
Soleil
eft
au
volume
de
toutes
les
planeres
réunies,
comme
ç75
eft
à
un.
Nous
avons
vu
cette
mafle
énorme
fe
mouvoir
fur
elle-même,
&
tourner
au
milieu
de
ce
fluide
infiniment
élaftique.
Tels
furent
les
prodiges
qui
s'opérerent
à
la
voix
de
l'Eternel,
lorfqu'il
dit
à
la
Nature
d’exifter,
à
la
lumiere
d'éclairer
fon
magnifique
ouvrage.
Nul
A
humain
ne
peut
concevoir
Îles
motifs,
Les
moyens
ni
les
rems
de
ces
miracles.
Témoins
de
leur
exif-
tence,
nous
admirons
en
eux
la
puiffance
de
leur
Auteur;
ils
font
pour
nous
des
faits
que
lui
feul
a
pu
produire,
dont
lui
feul
peut
comprendre
les
caufes.
Nous
les
confidérons,
&
nous
fentons
fe
développer
en
nous
“Fénergie
de
cette
faculté
qui
caractérife
la
fublimité
de
notre
être.
Icicommence
le
pou-
voir
de
notre
intelligence;
tout
ce
qui
fe
déduit
de
ces
faits
primitifs
forme
fon
domaine:
mais
ce
n'eft
qu'aux
travaux
les
plus
aflidus,
ce
neft
qu'aux
recherches
les
plus
pénibles
que
nous
pouvons
en
devoir
[a
jouiffance.
Les
champs
de
la
Science
exigent
une
longue
culture
pour
produire
tout
ce
que
nous
avons
droit
den
attendre:
ce
n'eft
qu'après
des
travaux
pénibles
&
prolonpés
;
mais
qui
pores
aveceux
la
Pine
douce
des
récompenfes,
qu'il
nous
a
été
donné
de
voix
naître
Les
fruits
qu'ils
doivent
produire.
N'envions
point
cé-
pendant
le
bonheur
de
ceux
qui
les
cueilleront
un
jourg
ref-
bu
MONDE.
43
que
fans
peine.
Nos
prédéceffeurs,
nous
&
ceux
qui
nous
fuivronc
dans
cette
noble
carriere;
tous
ceux
enfin
qui
dé-
frichent
pour
leurs
neveux
les
champs
de
la
Science,
jouif-
fent
d'un
fort
plus
heureux
que
les
générations
qui
e
moif-
fonneront
fans
travail
;
puiflent-elles
au
moins
nous
favoir
quelque
gré
de
ce
que
nous
aurons
fait
pour
elles!
Mais
celui
qui
fe
proméne
dans
un
jardin
délicieux
,
soccupe-t-il
des
fueurs
&
des
fatigues
de
ceux
qui
en
arracherent
les
roncès
&
les
épines,
qui
enleverent
les
rochers
qui
cou-
vroient
fa
furface
,
qui
comblerent
les
précipices
qui
la
ren-
doient
autrefois
able:
?
=
Nous
allons
expofer
comment,
des
feuls
faits
primitifs
&
certains
que
nous
avons
préfentés,
fe
déduifent
néceffai-
_rement
&
avec
autant
d'évidence
que
de
clarté
&
de
fim-
plicité
,
tous
les
phénomènes
de
fa
Nature
;
comment
enfin,
de
ces
feules
vérités
de
fait,
inconteftées
&
inconteftables
,
haïffent
toutes
Îles
vérités
Bbvé
ques.
Nous
n'aurons
$lus
befoin
de
recourir
à
aucune
fappoñtion
fur
la
nature
&
fur
les
caufes
de
la
lumiere
&
de
la
chaleur
du
Soleil
;
d'invo>
quer
aucune
hypothefe
pour
déterminer
&
pour
expliquer
tous
Les
mouvemens
des
planeres.
re
;
4e
se
D
D
ou
Done
-
pe
IS
m2
es
x
æÆ
4
ÿ
À
à
*
£
LS
À
1
4
el,
f
nous
regardions
cet
aftre
d
centre
de
la
‘La
diffance
entre
ces
deux
points
ét
e
-
fontalement
,
éto
so
PHYSIQUE
nous
regardons
le
Soleil,
nous
rapportons
à
quelque
point
pris
dans
là
furface
concave
du
ciel
,
le
lieu
où
nous
le
voyons;
que
ce
lieu
eft
le
point
de
la
furface
du
ciel
où
fe
termine
la
ligne
droite
tirée
de
notre
œil
au
centre
du
Soleil;
&
que
cé
point,
pour
étre
reconnoiffa-
ble,
ne
peut
tre
qu'une
des
étoiles
placées
dans
cette
voûte.
.
-
|
Maïs
nous
favons
auf
que
ce
point
auquel
nous
rap-
orterions
cette
lione,
en
regardant
le
Soleil
de
deflus
la
furface
de
la
Terre
,
ne
feroit
pas
le
point
auquel
répoñ-
droit
le
rayon
vifuel
qui
pañeroit
par
le
centre
du
So-
Æ
-nomes
appellent
parallaxe.
On
fe
formera
une
id
_fible
de
la
parallaxe,
fi
l'on
fe
repréfente
un
château
bâti
far
le
penchant
d'une
colline
,
&
dont
les
jardins
en
terrafle
defcendent
vers
le
fond
de
la
vallée.
Si
dans
ces
jardins
on
EX
ie
fon
lieu
vrai
pour
le
rez-de-chauflée,
pu
MonNpDr.
se
Or
cette
fenêtre
eft
ici
pour
nous
le
point
de
la
furface
de
la
Terre
où
l'Obfervateur
eft
place.
La
différence
entre
ces.
deux
lieux
eft
donc
ce
que
l’on
nomme
parallaxe.
Reflouve-
nons-nous
bien
que
dans
cette
comparaifon,
le
rez-de-chauffée.
eft
le
centre
de
la
Terre
,
la
fenêtre
élevée
fa
furface,
que
le.
globe
au
haut
de
la
no
repréfente
Je
Soleil,
&
que
la
colline
eft
la
furface
du
ciel
étoilé
au-delà
du
Soleil.
Par
ce
que
nous
venons
de
dire,
il
eft
évident
que
le
rayon
vifuel
tiré
du
oo
au
globe,
la
hauteur
du
château,
a.
rayon
vifuel
tiré
de
la
fenêtre.
élevée
à
ce
même
globe,
forment
trois
lignes
:
il
eft
évident
encore
que
ces
trois
lignes
forment
un
triangle
rectangle
;
car
[4
hauteur
du
château
eft
perpendiculaire
au
rayon
horifon-
tal.
fous
lequel
on
a
obfervé
le
globe
par
la
fenêtre
du.
rez-de-chauflée.
Maïntenant
on
fait
que:
lorfqu'u
un
triangle
|
eft
rectangle,
la
fomme
des
deux
angles,
autres
que
l'angle
3
droit,
eft
de
90°
:
or
l'angle
que
fait
.
ajon
vifuel
tiré
des
fenêtres
élevées
avecla
me
verticale,
peut
être
obfervéavec
les
inftrumens.
nn
5.
&
luppelé.
qu
iLamete
trouvé
de
8,
ce
nombre
fouftrait.
de-90°®,
refte
3°
pour
l'an-
gle
au
fommec
du
globe
:
cet
ne
de
3°
eft
donc
la
mefure
de
la
parallaxe,
ou
de
l'angle
fous
lequel
la
hauteur
du
château
feroit
apperçue
par
un
Obfervateur:
placé.
fus.
ce
globe,
L'angle
femblable
fous
lequel
Le
:
rayon
dela
Ferre
|
fees
vu
du
Soleil,
eft
feutement
de
9
à
1045
&
de-là
les
ne
à
ont
ne
avec
autant
de
facilité
que
<
de
c
certi
“
x)
Voyes
+
Table
Sya-
iptique
;,
XV®
à
PHFSEQUE
fa
circonférence
|
&
pour
déterminer
la
vielle
de
fa
rota-
tion.
Or,
la
mobi
de
ce
diametre
eft
une
des
opérations
les
plus
faciles
5
il
fuffit
d’obferver,
avec
un
inftrument,
les
1
deux
bords
du
Soleil
;
l'ouverture
de
l'angle
qui
les
com-
|
_
prendeneft
évidemment
la
mefure
;
&
la
diftance
du
So-
À
leil
étant
connue
,
il
eftaifé
de
déterminer
fon
diametre.
4
L'opération
alors
ef
auf
facile
que
celle
par
laquelle,
du
milieu
d'une
plaine
,
on
mefure
la
hauteur
d’une
tour,
ou
Ja
ae
d'un
Aeuve.
On
a
encore
une
autre
maniere
éga-
lement
sûre
de
mefurer
ce
diametre
:
fi
on
obferve
le
Soleil
avec
une
lunette
dans
laquelle
foit
fixé
un
fil,
on
peut
ai-.
fément
s’afurer
du
tems
que
le
globe
du
+
jemploiera
2
à
pañfer
derriere
ce
fil,
“depuis
linftant
où
l'un
de
fes
bords
le
:
rencontre,
jufquà
co
où
le
bord
oppofé
s
en
éloigne
;
ce
tems
fera
en
proportion
avec
celui
que
la
Terre
emploie
2
2
faire
fa
révolution
diurne.
De
ces
deux
obfervations
on
dé-
duit
également
&
avec
autant
de
certitude
que
le
diametre
-
du
Soleil
eft
de
305918
lieues,
fa
circonférence
de
961069
lieues
Le
,
fa
furface
de
2940042790$7
lieues
ee
(4
(*)
Voyez
fa
folidité
de
Un
lieues
cubiques
E
2
(6).
Ja
Table
des
Planetes
,
p.
5,
(8).
(g)
I
faut
cependant
obferver
qu
’1l
pourroit
Y
avoir
ici
quel
qu'illufion
d'optique.
L'irradiation
de
la
lumiere
peut
faire
parot-
(|
tre
le
diametre
du
Soleil
plus
grand
qu'il
n
"ft
réellement.
Une
ob-
Ê
fervation
très-intéreÎante
ajoûte
beaucoup
à
ce
que
le
raifonne-
=
ment
&
l'expérience
indiquoient
déjà
fur
cette
matiere.
D’unlieu
:
fitué
à
l’Eftrapade
à
Paris,
on
a
obfervé
la
boule
du
dôme
des
In=
F
valides
à
l’inftant
où
elle
s
ef
trouvée
fur
le
difque
du
Soleil
;
on
a
mefuré
alors
fon
diametre
apparent,
&
on
la
trouvé
Po
_—
plus
petit
ae
lorfqu”
elle
n'étoit
pas
projettée
fur
cetaftre,
E
…
el
=
EPPARANE
PTIT
PR
EEE
2
M
SEAT
NE
A
nets
A
RSS
MSA
\
rempart
ose
DÜ
MoN
Dr.
$3
De
la
connoiffance
de
la
circonférence
du
Soleil,
&
du
tems
qu'il
emploie
à
faire
une
révolution
fur
lui-même
,
ce
qui
eft
connu
par
Vobfervation
de
la
révolution
des
taches,
réfulte
évidémment
la
détermination
précife
de
fa
viteffe
de
rotation.
Car
fi
le
Soleil
emploie
25
jours,
14
heures,
8
minutes
à
faire
une
révolution
complette,
tems
qui
équivaut
à
36848
minutes;
en
divifant
le
nombre
de
lieues
de
fa
circonférence
par
36848,
on
aura
le
nombre
de
lieues
qu'il
fait
pa
minute:
&'ceft
ainfi
qu
on
a
trouvé
qu'un
point
dé
fon
équateur
parcouroit
par
heure
1564
fe
pins
22
de
lieue
(*).
la
(*}
Voyez
Table
des
-Nous
ne
Re
point
encore
ici
des
phénomenes
qui
Planetes
,
p.
5e
appartiennent
à
la
lumiere
;
ce
fera
l'objet
de
notre
pro-
chaine
Section
:
nous
ne
nous
propofons
que
de
faire
con-
noître
très-
fommairement
le
fyfrème
célefte,
&
de
faire
concevoir
clairement
comment
on
eft
parvenu
à
trouver,
par
des
obfervarions,
les
bâfesfolides
fur
lefquelles
eft
fondé
tout
l'édifice
aftronomique.
Ce
que
nous
venons
de
dire
du
Soleil
fac
quant-à-préfent
;
;
pañlons
aux
planetes,
ce
qu
‘elles
o
ont
de
commun.
Des
Planeres.
On
compte
fi
planetes
$
Merc
cure
,
Vénus
ee
la
Terre,
Jupiter
&
Saturne
;
;
elles
fe
défignent
&
fe
_
æ
_——
ES
|
étoit
en,
nofpoftion
avec
lui;
ce
qui
ne
peut
être
.
qu'à
à
—
diation
de
là
lumiere
:
nous
ne
fous
arrêterons
as
ici
1
examiner
ls
conféquences
que
Po
ÿ4
LEE
SROUE
repréfentent
par
les
caracteres
fuivans:
$,
9,0,
4,7%,
1.
Ces
fix
planetes
font
des
révolutions
autour
du
Sole
c'eft-
à-dire
qu’elles
tournent
autour
de
cet
aftre.
Cette
vérité
eft
certaine
;
elle
eft
confirmée
par
toutes
les
obfervations,
&
n'eft
plus
conteftée.
Mais
à
quelle
diftance
du
Soleil
cha-
cune
d'elles
eft-elle
placée
dans
l'efpace
?
Nous
avons
déjà
vu
comment
on
avoit
dérerminé
la
diftance
de
la
Terre
au
Soleil
;
mais
c’eft
de
la
furface
même
de
la
Terre
que
nous
avons
déterminé
cette
diftance:
or,
nous
ne
pouvons
pas
nous
tranfporter
fur
la
furface
des
autres
planetes
,
pour
y
répeter.
lopéracion
que
nous
avons
employée.
3
ila
donc
fallu
recourir
à
as.
moyens
Ce
voici
quels
ils
ont
été,
EE
.
On
s'eft
d'abord
affuré
de
à
.
de
ne
de
chacune
de
ces
planetes;
ce
qui
étoit
facile
à
connoïtre,
puifque.
cette
durée
neft
.
le
tems
que
chacune
dclles
emploie
pour
revenir
au
même
point
où
on
fa
obfervée
une
premiere
fois,
__—
Ceft
ainfi
que
l'on
seft
affuré
que
ces
‘révolutions
étoient
pour
Mercure
de
87
jours
,
23-heures,
14
minutes,
25
fecondes:
pour
Vénus
de
224
jours,
16
heures,
41
mi-
nutes,
32
fecondes:
pour
la
Terre
de
365
jours,
$
heures,
48
minutes,
45
fecondes;
ce
qui
forme
.
durée
de
notre
annee
:
pour
Mars
de
686
Jours
;.
22.
heures,
-18
minutes,
_27
fécondes,
ou
environ
deux
ans
:
pour
Jupiter
de
4330
jours,
8
heures,
s8
minutes,
27
fecondes,
où
environ.
douze
ans:
pour
Saturne
de.
10749
jours,
7
heures,
21
minutes,
so
fecondes,
ou
environ
trente
ans.
-
Les
tems.
des
one
étant
donc
dérerminéss
|
DE
M
GK
DE
ss
obfervations
des
retours
des
planetes
aux
mêmes
étoiles,
on
a
reconnu,
ainfl
Se
à
de
le
voir,
que
ces
tes
n'étoient
pas
les
mêmes
pour
toutes
les
Mneres:
que
les
ré-
volutions
sachevoient
dans
des
périodes
plus
longues
les
unes
que
Les
autres
:
on
a
cherché
à
connoïtre
la
raifon
des
différentes
durées
de
ces
périodes.
L'idée
la
plus
naturelle
.
dut
fe
préfenter
à
l'efprit,
pour
expliquer
ces
aiféren-
“Tue
que
celles
qui
emploient
plus
de
tems
à
achever
a
révolution
,
arcourent
un
plus
grand
efpace.
Mais
P
comme
l'on
avoit
réconnu,
où
hippole
Te
lesroures
de
chaque
planete
étoient
eines
Gu
à
très-peu-près,
la
mefure
de
ces
routes
étoit
néceflairement
proportionnelle
aux
diametres
&
aux
rayons
des
cercles
:
il
fufifoit
donc
de
connoître
les
rayons
ou
diftances
des
planeres
au
6So-
Jeil
pour
avoir
la
longueur
des
routes
qu’elles
décrivent,
On
chercha
à
_
S'aflurer
de
la
mefure
de
ces
diftances.
Les
rapports
1.
diflances
des
planetes
inférieures,
Mer=
:
cure
&
Vénus,
à
la
diftance
de
la
Terre
au
set
ont
été
trouvés
de
cette
maniere
(+
Ona
déterminé,
avec
les
inftramens
convenables
,
l'angle
formé
D
la
ge
+
tirée
tales
«
ou
“occidenrales
;
c'eft-ä-dire,
és
elle
sta
le
..
loin
du
Soleil,
à
droite
ou
à
gauche.
O0r_E&
Terre,
le
Soleil
:
&
la
planete
forment
alors
un
cu
CN
&
ce
ne
gle
se
4
“Re
Fe
Par
les
ou
de
Ja.
un
(*)
Voyez
Planche
V,
&
fonexplication,
(*)
Voyez
T.I,
Préface,
p.
lxxix,
note
(k),
où
cette
loi
eft
expliquée,
$6
|
PHYSIQUE
|
nufe
(4)
du
même
triangle,
&
qui
eft
aufñli
l'échelle
à
[a-
quelle
on
rapporte
Les
dimenfions
de
toutes
les
orbites.
La
planete
de
Mars,
la
moins
élévée
des
planetes
fu-
périeures
,
ayant
été
obfervée
dans
fes
oppofitions
au
So-
leil
;
c'eft-à-dire,
lorfqu'elle
eft
le
plus
près
poffible
de
la
Terre
,tems
où
fa
parallaxe
eft
la
plus
grande
,
on
a-con-
clu
de
ces
obfervations
fa
diftance
abfolue
à
la
T'erre.
:
On
a
donc
connu
les
diftances
véricables
de
quatre
pla-
netes,
Mercure,
Vénus,
la
Terre
&
Mars.
Képler,
per-
fuadé,
comme
nous,
qu'une
feule
puiflance
régit
cous
Les
corps
céleftes
de
notre
Monde
imédirant
&
comparant
les
tems
avec
les
diftances,
trouva
la
fameufe
loi
qui
porte
fon
nom
:
Que
Les
quarrés
des
tems
font.
proportionnels
aux
cubes
des
diftances
(*)
;
cette
loi,
vérifiée
par
fon
ap-
plication
aux
quatre
planetes
dont
nous
avons
parlé,
fut
par
lui
étendue
aux
deux
planetes
fupérieures
,
Jupiter
&
Saturne
,
dont
les
diftances
onc
été
conclues
par
la
pro-
portion
que
cette
loi
renferme,
.
Les
diftances
de
Jupiter
&
de
Saturne
ne
font
donc
dé-
duites
que
de
cette
loi,
&
non
déterminées
par
des
opéra=
tions
directes,
comme
les
diftances
de
Mars,
de
la
Terre
,
de
Vénus
&
de
Mercure.
Onn'a
pu
déterminer
immédiatement
&
géométriquement
les
diftances
de
ces
deux
planéres,
(4)
On
appelle
hypothénufe
le
plus
grand
côté
de
tout
triangle
rettangle.
Suppofez
une
échelle
dreflée
contre
un
mur
&
à
laquelle
on
a
donné
de
linclinaïfon,
où
ce
qu'on
appelle
du
pied;
le
mur,
le
parquet
&
l'échelle
font
un
triangle:
ce
triangle
eft
reétangle
car
le
mur
&
le
parquet
forment
enfemble
un
angle
droit,
&
lé-
chelle
eft
Fhypothénufe
de
ce
triangle
reétangle,
.
-
parce
D
Ü
M0
K
pb
f%.
$7
parce
que
leur.
grand
éloignement
lés
fouftrait
aux
moyens
directs
employés
pour
les
quatre
autres:
la
jufteffe
précife
de
leurs
diftances
n’eft
donc
fondée
que
fur
la
loi
de
Képler
:
fi
cette
loi
n’étoit
donc
pas
rigoureufement
exacte,
s’il
étoit
prouvé
par
la
fuite
qu’elle
fouffre
des
altérations,
il
faudtoie
rectifier
les
diftances
conclues
pour
Jupiter
&
pour
Saturne.
C'eft
ce
que
nous
aurons
occafion
de
reconnoïtre
ailleurs
;
en
attendant,
voici
les
diftances
déterminées
entre
toutes
les
planetes
&
le
Soleil.
Mercure
eft
diftanc
du
Soleil
de
9,708,628
lieues
de
2283
toifes:
Vénus
de
23,417,252
:
la
Terre
de
32,830,4$0:
Mars
de
s0,02
3,517:
Jupiter
de
170,750,484:
Saturne
de
313:181,754.
Il
faut
obferver
que
ces
diftances
font
ce
qu'on
appelle
les
diftances
moyennes
de
ces
aftres.
Cette
obfervation
n’auroit
point
lieu,
fi
les
planetes
tournoient
dans
des
cercles
parfaits;
mais
on
s'eft
afluré
,
En
confide-
rant
leur
route
avec
attention,
qu'elles
ne
décrivent
pas
des
cercles
;
que
ces
routes
font
des
ellipfes
:
fi
elles
euffene
été
des
cerclés,
toutes
les
diflances
de
chaque
planete
au
Soleil
auroient
toujours
été
les
mêmes;
elles
auroient
tou.
tes
été
des
fayons
d'un
même
cercle.
Il
n'en
eft
pas
ainfi
dans
les
ellipfes,
on
y
diftingue
des
points
de
plus
grande
diflance
;
des
points
de
plus
petite
diftance,
&
enfin
des
points
de
moyenne.
diftance
;
les
premiers
font
appellés
aphélies
,
Les
feconds
périhélies,
&
enfin
les
troifiemes
moyennes
diftances
{
*).
Ces
diftances
des
planetes
au
Soleil
(*)
Voyez,
étant
déterminées
;
il
à
été
aifé
de
trouver
les
diftances
ref.
Table
des
Pla-
ives
de«
02
:
:
.
/
.
nctes
là
fipu-
pectivés
de
chacune
de
leurs
orbites
;
car
une
ligne
tirée
du
re
quief
fus
la
Soleil
à
Saturne,
couperoic
toutes
ces
orbites
aux
diffan
ce
5
[#8
à
>
PHYSIQUE
que
nous
avons
indiquées.
En
fouftrayant
donc
de
l'orbite
de
la
planete
la
plus
éloignée
,
la
diftance
de
l'orbite
d'une
planete
qui
left
moins,
on
aura
la
diflanceentre
ces
deux
orbites.
En
tant,
par
exemple,
de3131
81754,
qui
exprime
la
diflance
de
Saturne
au
Soleil,
32830450;
qui
exprime
celle
de
la
Ferre
au
Soleil,
on
aura
2803513904
lieues
de
2283
toifess
&lon
voit
QUE;
connoiffant
toutes
CES
orbites
&
les
points
de
ces
orbites
qu'occuppent
actuellement
les
planetes
,
on
peut,
dans
tous
les
tems
&
dans
routes
Les
po-
fitions,
dérerminer
toutes
les
diftances
refpectives.
Voilà
ce
que
nous
pouvans
appeller
Ja
Topographie
dut
ÉRE
SR
.
|
Si
nous
voulons
donc
connoître
la
vitefle
avec
laquelle
fa
Terre
eft
emportée
autour
du
Soleil,
ou,
ce
qui
ef
ja
même
chofe
,
la
rapidité
avec
laquelle
elle
parcourt
fon
orbite,
il
nous
fufira
de
connoïtre
la
circonférence
de
ce
cercle
;
or,
rien
n'eft
plus
aifé
,
puifque
nous
En
Con*.
noiffons
le
rayon.
On
fair
que
le
diamerre
eft
à
la
circon-
férence,
comme
7
et
à22,ouà
très-peu-près
5
différence
(*)
Voyez
que
l'on
peut
rendre
abfolument
infenfble,
fi
l'on
veut
(*).
se
En
établiffant
donc
la
même
“proportion
entre
le
diametre
&
la
circonférence
de
l'orbite
dela
Terre,
on
trouvera
que
cette
circonférence
eft
de
206
279818
lieues;
&
en
divifant
ce
nombre
par
8766
heures
;
8
minutes
.
30
fecondes
,
qui
forment
la
durée
de
l'année
,
on
en
déduira
que
la
Ferre
parcourt
par
heure
2
3531
lieues,
viteffe
inconcevable
pou
quiconque
ne
connoit
pas
la
certicude
des
moyens
par
lefquels
elle
eft
prouvée
;
&
cependant
nous
ne
nous
en
appercevons
pas:
tout
tournant
avec
nous
,
tout
doit
nous
paroitre
ie
_
que
le
diametre,
&par
conféquent
la.
circonférence
&-les.
pu
MonDE
s9
mobile.
Que
toutes
ces
confidérations
élevent
notre
efprit,
qu'elles
étendent
nos
idées!
Apprenons
d'elles
combien
tous
les
calculs
,
toutes
les
mefures,
tous
Les
rapports
tirés
de
notre
durée
,
de
nos
forces
&
de
nos
moyens,
font
petits
auprès
des
durées,
des
forces
&
des
moyens
que
fait
em-
_ployer
celui
dont
la
puiffance
fans
bornes
a
prefcrit
à
l'infini
des
loix
éternelles.
Ici
Les
efpaces
,
les
mañles
&
les
viteffes
confondent
notre
entendement.
D'autres
extrèmes
nous
at-
tendent.
Bientôt
dans
des
efpaces
aufhi
reflerrés,
que
ceux-
ci
font
vaftes,
la
Nature
nous
préfentera
des
actions,
qui,
par
la
lenteur
infinie
de
leur
progreflion,
feront
auff
infai-
fiables
pour
nous
,
que
les
agents
qui
les
operent
font
im-
percepribles
à
nos
yeux
aidés
des
meilleurs
microfcopes.
Ce
que
notre
imagination
cherchera
alors,
mais
vainement,
à
concevoir,
fera
bien
loin
encore
des
bornes
de
l'infini.
Que
ces
idées
fublimes
nous
foient
toujours
préfentes
en
obfervant
la
Nature,
en
étudiant
fes
prodiges
:
C'eftainf
que
nous
deviendrons
capables
de
pénetrer
une
partie
de
SE
=
-
Les
révolutions,
les
routes,
les
diftances,
Les
viteffes
tant
”
abfolues
que
refpeétives
des
planetes
font
donc
connues
:
il
eft
aïfé
de
concevoir,
d'après
ce
que
nous
avons
déjà
dit
fur
la
maniere
dont
on
a
décerminé
le
diametre
du
Soleil,
£
volumes
de
chaque
planete,
étoient
également
faciles
à
trouver.
Ces
diametres
font
pour
Le
Soleil,
ainf
que
nous
favons
déjà
dir,
305918
lieues.
pour
Mercure
8885pout
Vénus
26585
pour
la
Terre
28745
pour
Mars
1814;
pour
*
Jupiter
308325.pour
Saturne
27329.
Quant
à-leurs
volt
60
PHYSsTotEz
|
à
mes
,
celui
du
Soleil
eft
de
14,990,418,340,915,37$
lieues
cubiques
;
celui
de
Mercure,
de
366,638,06
9;
celui
de
Vénus,
de
9,832,401,7125
celui
de
Ja Terre,
de
12,366,
044,000
5
celui
de
Mars,
de
3,125,435,250;
celui
de
Ju-
piter,
de
15,346,302,377,700
;
celui
de
Saturne
,
de
10,687,
236,105,954:
le
tout
exprimé
en
lieues
cubiques.
Il
réfulte
des
calculs
que
nous
venons
de
préfenter,
que
le
volume
du
Soleil
excede
feul
le
volume
de
toutes
les
au-
tres
planetes
réunies,
&
que
le
volume
de
cet
aftre
eft
à
ce-
lui
de
toutes
les
planetes
a-très-peu-près
comme
s75
eftà
1,
&
à
celuidela
Terre,
comme
1,212,228,
eft
à
15
qu'entre
les
planetes
Jupiter
eft
R
plus
eroffe,
que
le
volume
de
ce
globe
eft
à
celui
de
tous
les
autres
ajoutés
enfemble
comme
…
15
Cart,
que
fon
volume
eft
à
celui
dela
Terre
comme
1534
€ft
à
15
qu'après
Jupiter,
Saturne
eft
la
plus
groffe
planete,
&
que
fon
volume
eft
à
celui
de
la
Terre
comme
1068
eff
à15
qu'après
ces
deux
énormes
globes,
le
nôtre
eft
le
plus
gros
;
qu'il
eft
à
celui
de
Vénus
commezeftà>,
à
celui
de
Mars
comme
4
€Ît
à
x
,à
celui
de
Mercurecomme
drèlta
rs,
-
_
—
=
=
Si
l’on
defroit
maintenant
de
favoir
quelle
eft
la
quan-
tité
abfolue
de
matiere
folide
de
notre
tourbillon,
en
addi.
tionnant
toutes
Les
fpheres
on
trouveroit
que
la
matiere
for:
meroït
un
volume;
ou,
ce
qui
eft
a
même
chofe,
qu'elle
;
rempliroit
un
efpace
de
r1$,o1
6,477,576,008,06
o
lieues
cu
biques
;
mais
que
feroit
cet
efpace
relativement
à
celui
de
|
notre
tourbillon
?
Si
nous
nous
renfermons
dans
l'orbite
de
“Saturne
feulèement,
fins
confidérer
l'efpace
qui
eft
sûre
ment
entre
cette
planete
&
les
limites
de
notre
tourbillon,
DU
Mo
N
»
£,
6x
&
dont
la
confidération
octupleroit
au
moins
la
folidité
que
nous
allons
trouver
à
[a
fphere
infcrite
dans
l'orbite
de
Sa-
le
remplit
le
néant
na
donc
perdu
qu'un
point
abfolument
À
infenfible
de
fon
domaine.
ss
sue
.
«+
Le
Soleïl
étant
au
centre
du
Monde,
il
eft
évident
que
la
Terre
tourne
autour
de
lui
;
&
puifque
toutes
les
parties
de
la
furface
de
la
Terre
font
fucceflivement
éclai-
s
e-Dame
Pafléroient:
-
#OnS
point
emportés
pas
62.
PHrETOUE
latmofphere,
nous
les
perdrions
bientôt
de
vue,
&
nous
ne
les
reverrions
que
vingt-quatre
heures
après.
Connoiffant
.S'ilnous
éft
prouvé
que
tous
lés
motifs
de
vraifembiance,
routes
les
raifons
de
pro-
babilité
auroient
fuff
pour
nous
porter
à
croife
que
les
autres
planetes
tournent
auf
fur:
elles-mêmes.
Qui-pour-
abimé
d
roit
nousinduire
à
penfer
que
la
force’,
qui,
dans
l:
infini.
ait
tourner
Ja
Terre
fur
elle-même
,
neifa
pas
auf
mede
FE
MONDE
63
rourner
les
planetes
?
Toutes
font
leur
révolution
autour
du
Soleil
par
un
principe
qui
leur
eft
commun
;
toutes
,
par
un
principe
commun
;
doivent
tourner
fur
elles-mêmes,
puifqu'il
eft
prouvé
qu'une
feule
tourne
ainf.
Nous
efpé-
rons
démontrer
que
fa
force
qui
détermine
ces
deux
mou-
L
.
É
1
<
\
veimens
,
eft
une
force
unique
;
générale
&
commune
à
tout
le
fyftème
;
alors
cene
feroit
plus
l’analogie
qui
feroir
ad-
mettre
la
rotation
générale
des
planetes,
cette
rotation
feroit
néceflitée
à
priori
:
mais
cette
analogie
qui
fe
déduiroit
de
la
feule
rotation
de
la
Terre,
reçoit
un
degré
de
force
qui
équivaut
à
une
démonftration,
par
Ja
connoïffance
certaine
de
la
rotation
de
Vénus
,
de
celle
de
Mars,
de
celle
de
Jupiter.
On
a
vu
fur
ces
aftres
des
taches
,
des
inégalités,
des
zones;
comme
on
a
découvert
des
taches
fur
le
Soleil,
où
2.
obfervé
le
mouvement
dé
ces
taches,
&
on
en
a
con-
clu
avec
certitude
que
Vénus
tournoit
fur
elle-même
en
23
heures,
22
minutes,
Mars
en
14
heures,
39
minutes;
Jupiter
en
9
heures
ÿ6
minutes
:
il-
ne
refte
donc
dé
rota-
tions
inconnues
que
celle
de
Mercure
&
celle
de
Saturne.
Ainfi
fur
fix
planetes
,
quatre
tournent
fur
elles-mêmes,
&
les
durées
de
leurs
rotations
font
déterminées
par
l'ob-
fervations
les
deux
autres,
Mercure
&
Saturne,
n'ont
laïffé
à
Ja
vérité
jufqu'à
cé
jour
diftinguer
fur
leur
furface
aucun
point
qui
ait
permis
de
saflurer
de
leur
rotation
,
ou
de
_
feur
mouvement
fur
leurs
axes:
mais
ce
n'en
eft
pas
affez
pour
fuppofer
qu'ils
ne
TOUFRENE
pas.
—
Mercure
eft
toujours
trop
loin
de
nous
,
trop
engagé
dans
les
crépufcules,
ou
dans
les
vapeurs
de
lhorifon,
pour
qu'on
puiffe
diflinguer
des
vaches
fur
fon
difque
ÿ
&
par
64
FHESHOUE
conféquent
déterminer
le
tems
de
fa
révolution
diurne,
ni
même
s'aflurer,
par
aucune
obfervation
,
sil
tourne
fur
lui-
même.
Ce
neft
cependant
pas
cette
diftance
qu'il
faut
confi-
rer
comme
la
principale
difficulté
d’obferver
des
points
quelconques
diftinés
fur
Mercure
5
car
on
obferve
très-
bien
les
bandes
de
Jupiter,
qui
ne
peut
jamais
être
auffi
près
de
la
Terre
que
Mercure
;
puifque
la
moindre
diftance
pofble
qui
feroit
celle
qui
fe
trouveroit
entre
la
Terre
aphélie
&
Jupiter
perihélie,
les
deux
aftres
étant
en
con-
Jon&tion
,
feroit
encore
beaucoup
plus
grande
que
celle
de
la
Terre
à
Mercure,
dans
leur
plus
grande
approximation
:
c'eft
bien
plutôt
aux,crépufcules,
à
la
lumiere
dans
laquelle
Mercure
eft
prefque
toujours
plongé,
&
aux
vapeurs
de
Fhorifon
qui
répandent
un
voile
fur
fa
furface
;
qu'il
fauc
imputer
l'impofhbilité
dans
laquelle:
on
a
été
jufqu'a
préfent
de
reconnoître
far
cette
planete
aucun
figne
qui
fervi
à
piouvér-fa
romeo
|
nd
Quant
à
Saturne
,
fon
éloignement
énorme
de
nous
;
qui
et
32
fois
plus
grand
que
celui
de
Mercuge.,
dans
leurs
moyennes
diftances,
na
permis
d'obferver
fur
{a
furface
aucune
inégalité
propre
à
S'aflurer
de
fa
rotation.
On
peut
ajouter
éncore
que
fon
anneau
rend
peut-être
ces
obfer-
vations
plus
difficiles,
en-faifant
paroïître
Saturne
avec
des
apparences
très-variables
,
ou
en
cachantfouvent
une
partie
de
fa
furface..
Nous
parlerons
bientôt
de
cer.
anneau,
lorf.
que
nous
obferverons
dans
chaque
planete
ce
qui
peut
lui
étre
particulier;
nous
ne
nous
occupons
ici
que
de
ce
qui
léur
eff
coma
Re
ES
à
à
Nous
avons
déjà
confidéré.Je
Soleil;
nous
nous
fommes
sr
+
EX
Sn
i
SN
ON
ST
NUS
LE
me
EN
UD
LE
à
AVG
ÉD
SCALE
SN
AE
LS
Ë
£E
ai
D
U
;:
M
0
N
D:
+
aflurés
de
fa
rotation
fur
lui-même,
de
la
durée
du
téms
de
cette
rotation
,
de
fa
diftance
à
chacune
des
plañetes,
nous
avons
déterminé
fon
diametre,
fa
circonférence
&
fon
volume.
_
Nous
avons
compté
le
nombre
des
planetes
;
nous
Les
avons
diffinguées
par
leurs
noms
&
par
leurs
fignes
;
nous
les
avons
fuivies
dans
leurs
routes
autour
du
Soleil
;
nous
avons
compté
les
années
,
les
heures,
&
même
les
minutes
quelles
emploient
à
les
parcourir
;
co
nnsifone
les
durées
des
révolutions
de
chaque
planete,
nous
pouvons
les
com-
parer
enfemble
;
nous'avons
réduit
en
lieues
leurs
diffances
_au
Soleil,
ainfi
que
leurs
diametres,
leurs
furfaces
&
leurs
volumes
;
nous
avons
reconnu
avec
certitude
leur
rotation
fur
elles-mêmes,
&
les
durées
de
ces
rotations.
Si
Mercure
&
Saturne
fe
font
chui
jufqu'a
préfent
à
toutesles
recherches
pour
déterminer
leur
rotation,
nous
avons
penfé
,
avec
tous
les
Aftronomes
,
qu'il
ne
falloit
pas
regarder
ce
mou-
vement
comme
moins
certain
dans
ces
deux
planetes,
&
nous
avons
affigné
les
caufes
quis
'oppofoient
à
à
ce
que
nous
|
puñions
l'y
appercevoir
,
ou
qui
du
moins
rendoient
ces
obfervations
très-difficiles
:
nous
penfons
cependant
qu'on
parviendra
|
un
jour
à
reconnoitre
ce
mouvement
dans
Mer-
cure
&
dans
Saturne.
|
—
-
:
Avant
de
he
la
caufe
de
ces
rotations,
confi
dé-
rons
les
effets
qui
ont
dû
en
réfulter
a
LE
premier,
c'eft
que
la
planete
tournant
fur
elle-même,
tan-
dis
qu’elle
parcoure
fon
orbite
autour
du
Soleil,
préfente
fuccefivement
«
a
cet
aftré
,
le
pere
de
la
Nature,
tous
les
|
points
de
fa
furface;.
dela?
ordre
des
faifons,
pour
7.
che
xentes
partdes.
el
Le
se
ces
afres.
os
les
paies
RE
-
Fe
_
66
PHNSrTOUE.
des
globes
que
régit
notre
Soleil,
reçoivent
donc
fes
in-
Auences
vivifiantes,
tout
eft
pénétré
par
fes
rayons.
La
fource
de
la
vie
peut
arrofer
&
féconder
tous
les
climats.
Si
elle
y
paroît
quelquefois
languiffante,
arrêtée
,
même
def-
féchée
&
tarie,
ces
lieux
repofent,
ces
durées
d’une
mort
apparente
ne
font
que
des
inftans
de
fommeil
dans
la
Na-
sure:
ceft
l'hiver
de
ces
climats
;
maïs
leur
printems
renaî-
tra.
Les
defcendans
des
peuples
qui
habitent
aujourd
hui
notre
zone
torride,
peut-être
un
jour
cachés
fous
les
nei-
ges,
envieront
aux
defcendans
des
habitans
du
Spitzhbere
les
chaleurs
que
leur
prodiguera
je
Soleil.
:
Un
autre
effet
de
la
rotation,
non
moins
certain
,
mais
dont
la
caufe
finale
ef
moins
frappante,
&
moins
facile
à
fair,
c'eft
la
forme
que
les
planetes
ont
dû
prendre.
Des
maffes
d’une
dureté
inflexible
,
d’une
compacité:
extrème
&
indeftrudible
,
n'ont
pu
trouver
de
place
dans
la
Nature.
Toute
la
matieré
a
été
créée
pour
entrer
dans
des
combi-
naifons
dont
les
variétés
&
les
renouvellemens
ne
peuvent
être
compris
dans
aucun
nombre.
Le
phénomene
de
la
vie
_
êft
l'objet
ultérieur
,
&
la
fin
générale
de
la
Nature
;
toutes
les
fpheres
doivent
en
être
le
théâtre,
tous
les
points
de
leurs
furfaces
doivent
en
préfenter
le
magnifique
fpeétacle.
Des
fpheres
abfo'ument
indeftruétibles,
d'une
compacité
in-
vincible
,
ne
feroient
point
propres
aux
mouvemens
quexige
Ja
matiere
vivante
;
il
n'exifte
donc
point
de
pareilles
fphe-
res.
Toutes
font
diffolubles
dans
leurs
parties,
flexibles
dans
leurs
mañles
;
donc
toutes
ont
dû
,
en
tournant
fur
elles
“mêmes,
s'élever
vers
l'équateur,
&
s'abaïfler
vers
les
poles.
Nous
avons
affez
parlé
de
la
néceffité
de
certe
configuration
CRÉES
1
2
É
À
Pa
DT
MON
DR
67
“dans
notre
premier
Volume;
nous
obferverons
feulement
ici
que
cette
détermination
de
la
figure
de
[a
Terre,
cette
forme
d’un
fphéroïde
applati,
que
le
grand
Newton,
con-
duit
par
des
routes
différentes,
à
conclue
&
mefurée
du
fond
de
fon
cabinet,
que
nos
Aftronomes
ont
été
vérifier
fous
Les
poles,
&
à
l'équateur,
fe
déduifoir
d'une
idée
primitive,
qu'elle
étoit
une
conféquence
néceflaire
du
méchanifme
du
Monde,
de
fa
néceflité
de
la
flexibilité
des
fpheres,
&
de
la
certitude
de
leur
rotation
fur
elles-mêmes,
Après
avoir
confidéré
les
planetes
en
général
|
tous
Les
orands
phénomenes
qui
leur
font
communs,
fans
nous
être
.
cependant
occupés
de
fleurs
pofitions
relatives,
&
de
toutes
les
recherches
des
rapports
refpe&ifs
de
téms
,
de
lieu,
de
witefle,
confidérations
qui
appartiennent
plus
à
l’Aftrono-
mie
qu'à
la
Phyfique
Célefte
;
nous
allons
obferver
cha-
que
planete
en
particulier,
&
fixer
nos
regards
fur
ce
que
chacune
d'elles
préfente
de
plus
remarquable.
-
—
Dh
Tire
“Nous
parlerons
d'abord
de
la
Terre
,
on
que
cette
pla-
nete
foirni
la
plus
proche,
ni
la
pluséloignée
du
Soleil
qu’elle
doit
nila
plus
groffe,
ni
la
plus
petite,
&
qu'ainfi
nul
ordre
naturel,
nul
motif
d’enchaînement
phyfique
nous
porte
à
commencer
par
elle:
mais
ce
globe
eft
le
mieux
connu,
&
furtout
il
eft
Le
plus
intéreffant
pour
nous,
C'eft
far
fa
furface
que
nous
exiftons;
c'eft
des
états
par
lefquels
il
paie
;
des
différentes
imprefions
qu'il
reçoit,
que
dépendent
Foutes
les
modifications
de
notre
exiftence
5
celles
même
Rte
RS
Re
;
I
2
—
=
-68
PSS
TOUTE
dont
la
liaifon
avec
fes
grandes
caufes
s'annonce
Le
moins
à
notre
efprit.
N'oublions
jamais
que
tout
fe
tient
dans
la
Nature,
&
quainfi
nous
tenons
à
tout.
L’atmofphere,
comme
une
enveloppe
qui
comprime
nos
Corps,
parfaite-
ment
moulée
fur
eux;
comme
un
agentauffi
puifant
intérieu-
rement
par
la
refpiration
,
qu'extérieurement
par
l'applica-
tion
la
plus
immédiate
:
l'air,
comme
aliment
falutaire
ou
malfaifant,
comme
fluide
plus
où
moins
élaftique
:
la
cha-
leur,
comme
dilatant
toutes
les
parties
folides
:
le
froid,
-comme
les
condenfant:
la
matiere
de
la
lumiere,
comme
agiffant
de
plufeurs
manieres
différentes
;
tout
enfin
exerce
‘continuellement
fur:
nous
les
droits
que
FOrdonnateur
de
l'infini
a
accordés
à
ces
grands
agens
fur
tous
les
individus
-dans
lefquels
ils
doivent
faire
naîre,
entretenir
&
détruire
le
phénomene
de
la
vie.
Nous
parcourrons
tous
ces
degrés:
FEROAONS
IR
CA
Nous
avons
dit
comment
on
étoit
parvenu
à
mefurer
la
diffance
de
la
Terre
au
Soleil,
&
nous
avons
vu
que
le
globe
que
nous
habitons
eft
à
32830450
lieues
de
cer
aftre,
lorfqu'il
eft
dans
fes
diftances
moyennes
:
nous
verrons
bien-
+ôt
qu'il
s'en
rapproche,
dé
mäniere
à
n’en
être
éloigné
fouvent
que
de
32278800
lieues,
lorfqu'il
eft
au
périhélie;
&
qu'il
en
eft
au
contraire
à
33382010
lieues,
lorfquil
eft
à
fon
aphélie
:
d'où
il
réfulte
que
la
dif
rence
de
diftance
du
périhélieàl'aphélie
n'eft
que
de
154120
lieues.
La
Ferre
arrivera
cette
année
1780
à
fon
périhélie
le
28
Décembre,
&
elle
eff
arrivée
à
fon
aphélie
le
30
Juin.
Il
paroîtroït
au
pre-
miér
apperçu,
que
le
tems
où
notre
globe
eft
à
fon
péri.
hélie
devroit
être
celui
où
nous
jouirions
de
la
plu
son
née
pv
MoN
DE.
77
La
circonférence
moyenne
de
l'orbite
eft
de
61001114
lieues
;
on
peut
donc
trouver
facilement
,
par
le
même
cal-
cul
que
noûs
avons
fait
pour
la
Ferre,
que
la
vicefle
ho-
raire
moyêènne
de
Mercure,
dans
fa
on
autour-dur
Soleil.
,
eft
de
28893
lieues:
ceft-à-dire
qu
“il
fait
par
heure
5262
lenes
plus
que
la
Ferre.
L'orbite
de
Mercure
étant
confidéré
comme
un
plan
inf-
crit
dans
l'orbite
de
la
Terre,
orbite
que
l'on
appelle
auffi
Técliptique,
forme
avec
cette
ne
un
angle
de
7°;
ceft-à-dire,
quil
sen
faut
de
7°
que
le
plan
de
cette
or-
bite
dar
de
Pécliptique
ne
coïncident
enfemble.
:
cure
a
fes
phâfes,
ainfi
que
a
Lune;
il
paroîtroit
plein
dans
fes
cnpRsoe
fupérieures
ay
avec
le
Soleil,
C
et
lors
nous
verrions
tout
.
dec
ones,
Sn
que
La
de
la
Lune,
Jorfqu'e
elle
eft
en
oppoñtion.
avec
le
Soleil
5
mais
alors
nous
ne
le
VOYONS.
poine,
parce
que
les
rayons
du
Soleil
abforbent
fa
lumiere.
Dans
les
conjonctions
in-
férieures,
C
‘eftà-
dire
lorfqu”
il
eft
entre
le
Soleil
&
la
Terré,
‘onne
Le.
voit
plus,
parce
que
ceft
fon
hémifphere
eue
qui
ef.
tourné
vers
nous.
La
lumiere
croit
&
diminue
fur
…
{on
difque
,
ainf
que
fur
celui
de
la
Lune,
a
mefure
qui
71
ferapproche,
ou
qu'ils
éloigne
du
Soleil.
-
Quelques
Obfervateurs
-oht
cru.
remarquer
que
,
lors
-
même
quil
nous
préfente
une
trés-grande
partie
de.
fon
hémif
here
éclairé,
on
ne
voit
pas
exaétément.
tous
les
points.
de
-cette:
He
ie
qui
ils
ont.
attribué
à
a
quelques
inégalirés.
de
ceue
finface
pro
duites
pure
par
fa
rOta-
=
76
PEHSYSSSE
OU
tion,
Où
à
quelques
parties
de
cette
rs
moins
ne
à
séché
la
lumiere.
Mercure
pañlera
devant
le
Soleil
au
mois
d'O&obre
1782.
Les
obfervations
de
ces
pañlages
font
le
meilleur
moyen
de
perfectionner
la
théorie
de
Mercure.
Si
Mercure
eft
habité,
comme
‘nous
fommes
Frs
pores
à
le
croire
,
{es
habitans
doivent
être
d'une
nature
très
res
+
la
nôtre,
car
fa
chaleur
moyenne
eft
environ
L
plus
grande
que
celle
de
notre
globe.
Ce
que
nous
a
le
tempéré,
ceft-
à-dire
10
degrés
ou
environ
de
notre
thermometre,
feroit.
donc
d'environ
119
degrés:
ce
qui.
fe
rapproche
«
de
la
température.
-dans-
laquelle.
M.
de:
Buffon
a
fait
vivre
Les
premiers
:
animaux
terreftres
de
notre
globe.
Mais
sûrement,
fi
Mercure
eft
habité,
il
left.
par
des
êtres
dont
les
fluides
&
les
folides
font
due
naturé
-
tout-à-fait
différente,
&
infiniment
plus
denfe
que
celle
de
nos
animaux.
Nous
nous
étendrons
davantage,
dans
la
fuite
de
cet
Ouvrage,
far
l'état
de
la
chaleur
des
différentes
planctes.
ee
-
‘
C'en
eft
aflez
fur
la
planete
la
moins
connue
de
toutes,
ur:
une
planete
que
nous
voyons
rarement
&
difficilement,
&
qui,
par
conféquent,
a
fervi
jufqu'à
préfent
moins
qu
au
cune
autre
aux
PB
de.
l'Aftronomie.
Pañfons
à
=.
:
Vénus.
De
Va
nus
<.
K
CAS
NET
NRC)
Les
=.
défignoienc
cette
ic
par
Pépirhere:
de
Kakuços
,
la
très-
Belle
;
les:
Latins
Fappelloienc
LA
cfperus,
=
l'Étoile
du
He
Lorfque
fe
:
plus
tank
que
le
Le
f
à
—
RTE
EURE
MODULE
TES
?
DÜ
MONDE.
7
Soleil
,
on
l'obfervoit
Le
foir
;
&
de
même,
lorfqw'elle
éoit
vifible
le
matin,
un
peu
avant
le
lever
du
Soleil,
&
qu'elle
paroifloit:
avec
l'aurore
,
ils
la
nommoient
Phofphorus
&
—
,
Ceft-à-dire
porte-lumiere
:
on
la
nomme
encore
l'étoile
du
matin
&
l’éroile
du
berger.
+
Le
caractere
ou
figne
par
lequel
on
la
défi
one
_.
déon
un
miroir
avec
fon
manche.
Cette
Luis
reflemble
nn
a
miroir
ee
les
Peintres
&
1
Sculpreurs
donnent
4
la
Prudence
,
&à
celui
de
cette
Mélufine,
dont
plufieurs
maifons
Éient
le
cimier
de
leurs
armes.
Cette
planete
eft
là
plus
brillante
de
toutes;
cel
de
qui
nous
renvoie
la
lumiere
la
plus
vive
&
la
plas
éclatante.
IL
y
a
des
tems
où
elle
eft
fi
Jumineufe,
qu’
on
la
voit
en
plein
j
our
à
la
vue
fimple
:
mais
communément
des
lunettes
de
deux
pieds
fufiifent
pour
la
très-bien
diflinguer.
Fous
les
huit
ans,
où.
à=-peu-près,
Vénus
eft
très-vifble
fans
lu-
__
nettes;
fa
he
eft
beaucoup
plus
vive
que
celle
de
toutes
les
étoiles
fixes,
&
ie
pour
ee
fur
la
terre
dés
om-
bres
.
M:
de
la
Hire
en.
lianée.
760.
Vénus
avec
un
télefcope
de
feize
pieds
;
dix
pouces,
diftingua
des
mon-
_tagnes
quil
eftima
devoir
&
être.
plus
crandes
que
celles
de
La
Lune
;
ÿ
Cependant
celles-ci
ont
au
moins
Le
double
dé
hau-
teur.
de
celles
de
la
Ferre.
M.
Bianchini,
qui
nous
a
donné
En
1728
un
volume
in-folio
fur les
phénomencs
&
fur
les
obfervations
de
cette
pla
nete,
a
cru
y
reconnoître
fept
mers
qui
fe.
communiquent
Pc
SE
FER
_&
deux
autres
fans
comm
|
|
7È
Puy
YSTOUE
Ils
imitent
en
ceciles
Voyageurs
qui
découvrent
des
terres
inconnues.
Vénus
a
fes
phâfes,
ainfi
que
Mercure,
&
ainfi
que
la
Lune
;
on
les
diftingue
avec
le
télefcope.
Une
obfervarion
finguliere
qui
fe
préfente
en
confidérant
ces
phâfes,
c'eft
que
le
tems
où
Vénus
eft
plus
brillante
&
plus
lumineufe,
n'eft
pas
celui
où
elle
nous
préfente
une
partie
éclairée
de
{on
difque,
plus
confidérable
;
c'eft
,
au
contraire,
lorfqu'elle
eft
en
croiflant.
Cette
fingularité
frappante
à
la
premiere
con-
fidération
,
devient
très-aifée
à
concevoir
:
en
effet,
lorfque
Vénus
eft
dans
fes
plus
grandes
digreflions,
c'eft-à-dire,
dans
fon
plus
grand
écartement
du
Soleil,
elle
eft
plus
éloignée
de
la
Terre;
en
forte
que
ce
que
nous
perdons
de
fa
lumiere
par
l'augmentation
de
fa
diftance,
excede
ce
qu'elle
nousen
réfléchit
de
plus
par
une
plus
grande
phâfe.
La
diffance
de
Vénus
au
Soleil,
lorfqu'elle
eft
perihélie,
c'eft-à-dire
,
le
plus
près
poflible
du
Soleil,
eft
de23249752
lieues
;
fa
diftance
moyenne
de
23417252,
&
fa
diftance
aphélie
de
23584752
;
fa
plus
grande
proximité
poffible
de
la
Terre
eft
de
8694038
lieues:
la
Terre
&
Vénus
étant
fuppofées
placées
fur
la
même
ligne
tirée
de
la
Terre
au
Soleil
,
Vénus
entre
le
Soleil
&
la
Terre,
celle-ci
périhé-
ie,
&
Vénus
ape
=
La
circonférence
de
l'orbite
de
Vénus,
prife
par
fa
diftance
moyenne,
qui
eft
de
23417252
lieues,
fe
trouve
de
147311937
lieues,
où
à-peu-près;
elle
parcourt
cette
orbite
en
224
jours
,16
heures
49";
241
:
fa
vicefle
horaire
moyéne
:
ne,
eff
donc
de
27316
lieues;
moindre
par
conféquent
qué
celle
de
Mercure
,
qui
eft
de
28803,
&
plus
grande
que
Dw
©
M0
:N
DE.
79
celle
de
la
Terre,
qui
eft
de
23531.
Auffi
Mercure
eft:il
plus
près
du
Soleil
que
Vénus,
&
Vénus
plus
près
de
cer
aftre
que
la
Terre:
or
,
le
mouvement
de
rotation
du
So-
_Jeil
étant
le
principe
&
la
caufe
de
leur
mouvement
com-
mun
,
ainfi
que
nous
l'avons
dit,
l'effet
doit
en
être
moin-
dre
à
de
plus
grandes
diftances.
—
Mefieurs
Caffini,
Bianchini
&
d'autres
célebres
Aftro-
nomes,
qui
ont
diftingué
des
taches
fur
Vénus
,
ont
dé-
duit
de
l’obfervation
de
ces
taches,
la
rotation
de
cette
planete
fur.elle-même
:
is
l'ont
trouvée
de
23
heures
22°;
c'eftä-dire
qu'elle
s'acheve
dans
un
tems
prefqu'égal
à
celui
que
la
Terre
emploie
à
tourner
fur
elle
-
même
;
un
peu
moindre
cependant
,
puifque
le
cems
de
la
rotation
com
pletre
de
la
Terre
eft
de
24
heures.
Aufi
le
diametre
de
Vénus
eft-il
à-peu-près
Le
même
que
celui
de
la
Ferre;
mais
un
peu
moindre,
celui
de
notre
globe
étant
de
2874
lieues
4,
&
celui
de
Vénus
de
2658.
La
circonférence
de
_cette
planere
eft
de
83solieuess
d'où
Fon
conclut
que
fa
viteffe,
à
fon
équareur,
eft
de
357
lieues
,
un
peu
moindre
que
celle
de
la
Terre
qui
eft
de
376
On
ne
connoît
pas
l'applatiflement
de
cette
planete.
Vue
_
fur
le
Soleil,
elle
a
paru
parfaitement
ronde
:
mais
cette
apparence
n'eft
pas
fuflifante
pour
qu'en
abandonnant
les
loix
de
l'analogie,
&
en
violant
celles
de
la
méchanique
,
on
puiffe
la
juger
ronde.
Tout
nous
néceffite
à
penfer
qu'elle
eft
applatie
vers
fes
poles,
quoique
nous
ignorions
de
combien.
D
de
Vénus
étant
confidérée
comm
|
cames
plan
qui
l'orbire
de
la
80
PET
YESNT-
ONE
D
-
L
.
2
Le)
î
-
Terre,
coupe
lécliprique
fous
un
angle
de
3°23°
3#5
Q
c'eft-à-dire
quil
s'en
faut
de
3
degrés
23
minutes
3
fecon-
des
que
le
plan
de
Forbite
de
Vénus
&
le
1e
de
Lécipe
tique
ne
coïncident
enfemble.…
…
Si
Vénus
eft
habitée,
la
conftitution
Fe
Rhone
peut
fe
rapprocher
pese
plus
de
la
nôtre,
que
celle
des
peuples
de
Mercure.
La
chaleur,
fur
cette
derniere
planete,
fe
trouve
environ:
onze
fois
&
demie
plus
grande
que
fur
notre
globe
:
fur
Vénus
elle
m'eft
pas
lé
dou-
ble,
mais
feulement
comme
195
eft
à
100
où
ä-peu-
prés
:
su
notre
rempéré
étant
de
10°,
celui
de
Vénusfe-
roit
19%
,
QU
ENVITON
:
es
habitans
Sénégal,
fran
pa
tés
fur
Vénus,
y
vivroient
donc
vraifemblabl
ent
très-
bien.
Si
les
denfités
des
fubftances
font
fur
Vénus
en
rai-
{on
de
l'intenfité
de
la
chaleur
folaire
,
les
effets
produits.
dans
ces
fubitances
par
19
degrés
+
.
chaleur
,
font
les
mêtnes
que
ceux
produits
{ur
la
Terre
par
10
deprés.
Tous
les
Pipes
de
la
vie
peuvent
donc
y
être
les
mêmes
;
peut-être.
réfulreroit-il
de
cette
fuppofñtion
des
différences
dans
la
nature
de
l'armofphere
de
la
planete,
qui
diminue
roient
fa
cent
relatiemens<
à
ee
que
nous
FPORONS.
:
.
Mars
|
2
+
cadre
par
.
on.
à
défi
igne
Mars
repréfence
ni
un
bouclier
&
une
fleche;
5
cefr,
dit-on,
Pembléme
de
Mais,
bien
de
la
Guerre,
dont
cet
aftre
porte
le
nom.
15.5
:
Cette
planete
cn
devenue
très-intéreffnte,
pour
Fe
côn-
nes
du
Ciel;
c'eft
aux
obferyations
que
en:
on
"
pu
Mon
DE.
8x
trois
des
plus
fameux
Aftronomes
,
que
l'Aftronomie
doit
une
grande
partie
de
fes
progrès.
Tychobrahé,
Longo-
montanus
&
Képler
réunirent
,en
1600,
toute
{a
force
de
leurs
génies
,
route
l’écendue
À
leurs
re
pour
fixer
la
chéorie
de
Mars
:
[a
méchode
quemploya
Képler
pour
déterminer
la
diftance
de
Mars,
lui
fervit
à
trouver
celles
de
couces
les
autres
planetes,
&
à
établir
une
regle
fameufe
en
Aftronomie,
&
qui
a
conduit
les
Aftro-
nomes
modernes
à
de
plus
grandes
précifions
que
celles
auxquelles
Képler
lui-même
étoit
arrivé.
4
a
fes
phâfes,
ainfi
que
les
deux
planetes
inférieu-
,
Mercure
&
Vénus
;
mais
ce
qui
a
plus
particuliere-
ment
frappé
les
Obfervateurs
de
cette
planete,
ce
font
les
bandes
ou
filets
plus
O
MOINS.
larges
_
l'on
apper-
çoit
fur
fon
difque,
&
2
font
paralleles
à
fon
équateur,
M.
Grégory
a
cherché
À
rendre
raifon
de
ces
bandes
OU.
filets
;
&
voici
d'où
il
tire
leur
origine.
L'axe
du
globe
de
la
planete
eft
prefque
perpendiculaire
au
plan
de
fon
orbite
,
comme
nous
avons
vu
que
Burnet
fappofoic
que
l'axe
de
Be
Terre
lavoir
été
autrefois
(*\.
Il
en
réfulre
:
pour
Mars
ce
que
Je
Philofophe
Anglois
affirmoit
de
la
Terre
à
cette
ÉRORe
s
ceft-a-dire,
quil
ne
peut
y
avoir
de
grandes
variétés
de
faifons
fur
cette
planete
;
;
les
jours
Y
fon
rotiouEs
égaux
aux
nuits,
comme
fur
la
Terre
au
tems
des
€
équinoxes.
Ea
furface
+
Mars
recevant
tou-
jours
Les
rayons
du
Soleil
fous
la
même
inclinaifon
,
ne
doit
donc
ë
éprouver
ni
hyver
:
ni
été
:
mais
il
doit
y
or
une
grande.
€
iférence
de
entré
les
différentes
(*)
Voyez
Effai
fur
la
Cof£.
mogonie,
page
Y
32:
ce
2
us.
x
RÉPONSE
dd
82
PHTSIoOUE
zônes
ou
bandes
de
la
planete
:
fi
la
zône
équatoriale
eft
conftamment
expofée
au
Soleil,
les
zônes
qui
s'en
écartent
de
l'un
&
de
l’autre
côté
vers
les
poles,
ne
réçoivent
Ja-
mais
les
rayons
dire@s
de
cet
aftre.
Le
Soleil
n'en
eft
ja-
mais
plus
près
dans
un
tems
que
dans
un
autre;
ce
quina
pas
lieu
fur
notre
globe,
à
caufe
de
lobliquite
de
l'axe
de
la
Terre.
Les
différens
climats
fur
Mars
ne
reçoivent
donc
pas,
ainfi
que
fur
la
Terre,
divers
degrés
de
chaleur
dans
des
tems
différens
:
les
mêmes
paralleles
reçoivent
toujours
un
degré
de
chaleur
conftant,
mais
coujours
moin-
dre
de
l'équateur
aux
poles:
:
les
bandes,
ou
raies,
que
l'on
remarque
fur
Mars,
peuvent
donc
,
felon
M.
Gré-
gory
».
fe
former
fur
cette
planete,
comme.
les
bandes
de
neige
fe
forment
fur
la
Terre,
par
quelque
modification
de
la
furface
de
la
planete,
dose
le
froid
eft
la
caufe
;
c'eft-à-dire,,
par
lintenfité
du
froid
conftamment
diffé-
rent
fur
fes
différens
paralleles,
&
toujours
d'autant
plus
grand
que
ces
paralleles
“éloignent
plus
de
ee
j
alors
ces
bandes
doivent
,
ainfi
qu'on
l’a
obfervé,
être
pa-
ralleles
à
cet
équateur.
e
explication
eft
Se
nous
ne
fadmettons
cependant,
nine
la
rejettons
:
nous
renvoyons
cét
examen
à
notre
“Praié
Me
Je
Chaleur
des
planetes.
Un
autre
phénomene
9
très-
que
nous
s
préfente
Maïs
,
cefonc
les
apparitions
fubites
&
les.
difparitions
après
des
rems
différens,
c'efl-à-dire
après
quelques
mois,
où
après
quelques
années,
de
certaines
taches
de
fa
ee.
ce
qui
fait
foupconner
dans
cette
planete
des
changemens,,
des
:
Du
MONDE,
83
événemens
très-confidérables,
puifquils
font
fr
fenfibles
4
k
diftance
où
cet
aftre
eft
de
nous.
=
Mars
nous
paroït
toujours
d’une
couleur
rougeâtre
ÿ
ce
qui
feul
porteroit
à
croire
qu'il
eft
enveloppé
d'une
atmof-
-
phere,
f.
beaucoup
d’autres
raifons
ne
rendoient
pas
cette
Opinion
plus
que
probable
:
une
obfervation
femble
la
con-
firmer.
Lorfquon
voit
quelques
étoiles
près
de
cette
pla
nete,
elles
paroiffent
alors
beaucoup
plus
obfcures
qua
une
dinde
diftance
de
Mars,
ee
_prefque
éteintes
5.
ce.
qu'on
ne
peut
attribuer
qu'à
leffe
des
vapeurs
de
cete.
atmofphere.
|
-
Lorfque
Mars
eft
périhélie,
il
eft
éloigné
du
Soleif
de
45,355,651
lieues;
lorfqu
il
eft
à
fa
moyenne
diftance
du
Soleil,
il
en
eft
à
s0,023,517
lieues;
enfin.
Lorfqu'il
eft
aphélie,
il
en
eftà
54,601,383
lieues.
Mars
eft
donc
beau.
coup
plus
éloigné
du
Soleil
que
la
Terre:
l'orbite
de
là:
Terre
eft
donc
renfermée
dans
lorbite
de
Mars:
cette
pla-
nete.eft
donc,
relativement
à
a
R-Térre,
une
planete
fupé-
rieure;.
comme
Vénus
&
Mercure
a.
des
plantes
.
infés
rieures
pour
notre
globe.
—
:
|
.
plus
grande
proximité
où
Ja
.
puiffe.
être
dé
_
Mars,
ceit
lorfqu'étanc
fur
une
même
ligne
dirigée
au
cen>
3
du:
Soleil,
Mars
feroit
le
plus
près,
&
la
Terre
le
plus
loin
poil
ble
.
cet
aftre.
Ainfi
ce
feroit
lorfque.
la
Terre.
étant
aphélie,
Mars
feroic
périhèlie
;
alors
la
Terre
ne
Len
roit
-
de
Mars
que
de
I
197
73;
a
lieues.
84
PHYSIQUE
23
heutes,
27
minutes,
30
fecondes;
c’eftà-dire,
à-peu-
rês
en
deux
ans
:
fa
vireffe
moyenne
dans
l'efpace
&
au-
tour
du
Soleil
eft
donc
de
19,063
ceft-i-dire,
que
cette
planete
marche
moins
vite
qu'aucune
des
trois,
que
nou
avons
confidérées
jufquà
préfent
:
ce
qui
saccorde
avec
tout
ce
que
nous
avons
déja
obfervé,
que
plus
les
planetes
font
loin
du
Soleil,
plus
elles
marchent
lentement.
Le
diametre
de
Mars
eft
de
1814
lieues,
&
par
confé-
quent
fa
circonférence
de
5699
lieues,
ou
à-trés-peu-près.
La
durée
de
la
rotation
de
cette
planete
a
été
très-bien
dé-
terminée
par
Pobfervation
de
fes
taches
immobiles
;
elle
eft
de
24
heures,
40
minutes:
d’où
l'on
peut
déduire
que
fa
vitefle
horaire
à
fon
équareur
,
eft
de
232
lieues;
c'eft-à-
dire,
moindre
que
celle
de
la
Terre
&
que
celle
de
Vénus;
auffi
le
diametre
de
ces
planetes
eft-il
plus
grand
que
celui
a
=.
L'orbite
de
Mars
eft
inclinée
à
Pécliptique
d'un
degré,
51
minuces.
Nous
avons
fufiifamment
expliqué
ce
que
ceft
que
cette
inclinaïfon
,
en
parlant
des
planetes
précédentes.
Si
Mars
eft
habité,
les
êtres
qui-le
peuplent
n'ont
point
à
redouter
les
ardeurs
brûlantes
auxquelles
nous
avons
vu
que
font
expolés
les
habitans
de
Mercure,
&
même
c
de
Vénus.
La
chaleur
du
Soleil
n'eft
fu
Mars
que
#
dela
nôtre
x
c'eft-à-dire,
qu'elle
n'eft
à
notre
chaleur
moyenne,
que
comme
4
€ft
à
10.
Ainfi
leur
rempéré
ne
feroit
que
de
4
degrés
de
nos
thermometres:
le
nôtre
étant
pris
pour
_xo,
il
n'y
auroit
point
encore
de
congélation
fur
fa
zône
équatoriale,
qui
doit
même
contracter
&
conferver
un
plus
CEUX
bE
MONDE.
85
grand
degré
de
chaleur,
étant
toujours
plus
directement
ex-
polée
au
Soleil.
Les
habitans
de
Ja
Terre
pontree
donc
Y
vivre
très-facilement.
Si
la
denfité
dés
fubftances
fur
Mars
eff
à
la
dei
des
fabfstes
fur
la
T'erre,
comme
Fer
à
ro,
tous
les
phénome-
nes
de
la
vie
des
animaux
doivent
y
être
+
es
mêmes.
ie
J
He
me
Jupiter:
dont
.
ne
difinaié
es
“ditois
à
foudre,
-emblème
du
Dieu
du
tonnerre
,
dont
cette
pla-
nete
porte
le
nom,
eft
remarquable
par
fon
éclat,
par
Ja
blancheur
de
fa
fentisres
&
par
fa
grandeur.
Mars
nous
renvoie
une
lumiere
rougeatre
5
Siam
dont
nous
par-
lerons
rout-à-l'heure,
une
lumiere
térne
&
plombée
:
Jupi-
ter
paroît
très-blanc
;
quelque
vif
cependant
que
foit
l’é-
clat
de
lumiere,
elle
ef
moins
brillante
que
Le
de
Ve
énus
dans
fes
bauce
momens.
On
apperçoit
{ur
Jupiter,
à
Paide
.
télefcopes,
où
ds
grandes
lunettes,
des
bandes,
ou
zônes
très-diftinétes,
mais
non
pas
invariables,
Ces
bandes
,
Où
ZÔNES,
“font
tan-
tôt
plus,
tantôt
moins
nombreules
;
j
elles
paroifene
plus
ou
.
moins
grandes
dans
différens
tems
:
ce
quon
attribue
aux
inégalités
de
la
furface
de
certe
planete
,
où
à
des
par
ties
de
cette
furface
,
plus
où
moins
propres
à
réfléchir
la
lumiere
,
;
OÙ
enfin
à
de
grands
changemens
qui
sy
operent,
à
de
grands
6
évenemens
ne
qe
la
ee
loi
He
lee
1,072,857,023
lieues
5.
il
la.
parco
heures,
20
minutes,
25.
fecondes
;
5
cel
en
douze
ans;
il
ne
fait
donc
par
heure
que
10,317.
lieues.
:
86
PHYSIQUE
nous
cft
pas
poffible
de
connoître,
&
qu'il
eft
permis
d'i-
gnorer
,
puifqu'elles
font
placées
2
à
près
de
1
30
HE
de
Jieues
de
nous.
|
Quoi
qu'il
en
foit,
on
voit
ces
bandes
fe
retrécir
ou
s'é-
laroir
dans
l'efpace
de
plufieurs
années
,
fans
qu'on
ait
en-
core
pu
en
déterminer
les
périodes
;
cie
s'effacent
,
elles
reparoiflent,
elles
fe
rompent
&
fe
féparent,
elles
fe
réu-
niflent
,
il
s'en
forme
de
nouvelles
;
&
s'il
faur
les
attribuer
a
quelques
modifications
de
la
furface
de
Jupiter,
à
quel-
ques
inondations
qu
pone,
ces
modifications
fi
fenfi-
bles
à
la
diftance
énorme
où
nous
fommes
de
lui,
font
plus
confidérables
que
ne
le
feroit
l'effet:
de
lenfoncement
fubit
de
nos
Alpes
&
de
nos
Pyrénées,
où
que
l'inondation
-dé
toute
la
cerre-ferme
par
le
changement
de
place
de’
notre
océan.
Peut-être
ces
“apparences
ont-elles
pour
caufes
de
grands
mouvemens,
de
grands
RAPROr
des
ire
&
des
da
de
la
planere,
|
_
Jupiter
eff
éloigné
du
Soleil
de
170,750,484
lieues
dans
fes
moyennes
diftances
;
fa
plus
grande
proximité
potfble
de
la
Terre
eft
de
129,06
9,823
lieues.
La
circonférence
que
J
upiter
|
décrit
autour
du
Soleil
,
calculée
par
{à
diffance
moyenne
feulement
_eft
de
Fe
dire
à-peu-
près
=
Ainfi
Jupiter
,
qui
eÆ
beauconp
plus
loin
du
Soleil
,
que
Jes
quatre
planetes
dont
nous
avons.
parlé
jufqu'a.
préfenc,
marche
aufli
beaucoup
moins
vite
qu'a
aucune
d'elles,
Fe
:
Jupiter
eft
plus
volumineux
que
toutes
les
autres
{
heres
DUMowDE
8
réanies
sil
eft
1246
fois
plus
grand
que
la
Tefresfon
dia-
metre
eft
de
30,832
lieues.
Sa.
révolution
fur
luimêmé
à.
êté
déterminée
par
des
raches
fixes
fur
{à
furface,
&
diffé
rentes
des
tachés
mobiles
dont
nous
avons
parlé.
Le
tems
de
cette!
révolution
n'eft
que
de
9
heures,
56
minutes
5
d'où
il
fe
déduit
que
fa
vicefle
horaire
à
done
équateur
eft
de
9755
lieues.
Gette
viteffe
extrème
excede
de
beaucoup.
la
proportion
que
nous
avons
remarquée
jufqu’à
préfenc
entre
les
vitefles
&
les
diametres:
Le.
diâme
tre
de
J
upiter
n
eft
qu
à-peu-près
dix
fois
plus
grand
que
celui.
de:
a
Terre,
&
fa
vitefle
eft
prefque
26
Lis
plus
grande
:
ici
lanalogie
eft
abfolument
en
défaut.
Nous
reviendrons
bientôt
à
cette
obfervarion.
L'applaifemient
produit.
par
la
viteffe
excefive
de
{a
ro-
tation
de
Ju
upiter,
eft
en
raifon
de
la
force
centrifuge
que.
cette
planete.
doit
avoir
à
fon
é
équateur.
Cer
applatiffèment
eft
tel
que
fon
grand
axe
eft
à
fon
petit,
comme
r4-eftà
13
,
ou
d'une
quatorzième
partie
plus
grand,
tandis:
qe
lé
grand
:
axe
de
la
Terre.
nexcede
le
petit
que
d'une179°
partie
:
mais
ces.
proportions
entre
les.
applatifiémens
ne
dépendent.
-pas
feulement
des
rapports
des
virefles
centri=
|
fuges
;
elles
dépendent.
évidemment
auf
des.
folidités
OU:
_des
denfités
des
planetes,
de
la
force
de
cohérence.de
leurs.
fubftances
,
&c.
Nous
confidérerons
sers.
cette
propriéié,
-
dans
|
les
Éaenes
plañetes
:
+...
=
L'orbite.
de
Jupiter
eft
inclinée
au
.
de
d'un
degré,
7
9
minutes
,
‘TO
fecondes.
.
Si
Re
€ft
hab
.
les
êcr
qui
vivent
fur
fa
furface,
<
ine
na.
ture
moins
fenfible.
ncori
88
Parsroux
La
chaleur
du
Soleil
fur
Jupiter,
n'eft
à
la
chaleur
du
So-
leil
fur
la
Terre,
que
comme
369,683
eft
à
10,000,000;
c'eft-à-dire,
plus
de
27
fois
moindre.
Le
tempéré
de
Jupi-
ter
eft
donc'au
nôtre,
comme
17
degrés
au-deffous
de
lacon-
gélation
font
à
10
degrés
au-deflus
du
terme
de
la
glace:
notre
eau
feroit
donc
érernellement
gelée
fur
l'équateur
de
Jupiter.
L’axe
de
cette
planete
eft
prefque
perpendiculaire
au
plan
de
fon
orbite,
auquel
il
n’eft
incliné
que
de
3
degrés,
&
ainfi
les
jours
y
doivent
être,
en
touttems,
prefque
égaux
aux
nuits.
Seite
à
De
Saturne
D
=
-
La
planete
dont
nous
parlons
nous
préfente
un
fpe&a-
cle
plus
fingulier
encore,
qué
la
furface
rayée
de
Jupiter.
Un
anneau
aflez
large,
mais
ayant
une
épaifleur
médiocre,
entoure
Saturne
fans
le
toucher:
le
diametre
extérieur
de
cet
anneau
eft
plus
du
double
du
diametre
de
Saturne,
&
comme
7
eft
à
35
ainfi
on
conçoit
qu'il
ne
doit
toucher
la
planete
placée
au
milieu,
en
aucun
des
points
de
fa
furface:
L'efpace
qui
refte
vide
entre
l'anneau
&
la
planete,
eft
à-
peu-près
égal
à
la
largeur
de
la
folidité
de
l'anneau
:
le
dia-
metre
de
Saturne
étant
de
27,329,
le
diametre
extérieur
de
l'anneau
fera
de
63,768
lieues
;
retranchant
le
rayon
de
Saturne
=
13,664
+,
du
rayon
de
l'anneau
—
31,884,
&
divifant
en
deux
parts
égales
le
reftant
18,219
;
on
aura
9109
lieues
pour
la
largeur
de
l'anneau,
&
pareille
quan-
tité
pour
le
vide,
où
la
diftance
du
bord
intérieur
de
cét
anneau
à
la
planete,
On
eft
affuré
que
cer
efpace
eff
vide,
parce
pu
MONDE.
89
parce
qu'on
a
obfervé
des
éroiles
à
travers.
Il
eft
donc
cer-
tain
qu'il
y
a
tout
autour
de
ce
globe,
entre
lui
&
fon
an-
neau,
une
couronne
concentrique,
OU
un
vide
dont
la
largeur
eft
de
9109
lieues
:
l'épaiffleur
de
l'anneau
eft
beau-
coup
moindre
que
fa
largeur;
il
paroïc
prefque
plan
;
{à
fur-
face
eft
regardée
comme
égale
&unie,
autant
qu'il
eft
per-
mis
d’en
juger
d'une
fi
grande
diftance.
La
partie
intérieure
de
cette
furface,
celle
qui
eft
la
plus
près
de
Saturne
,
pa-
roît
plus
lumineufe
que
les
parties
plus
éloignées,
&
la
fur-
face
plane
femble
divifée
par
crois
lignes
noires
qui
for-
ment
ainfi,
fur
certe
large
furface,
quatre
bandes
plus
où
moins
lumineufes.
Cet
anneau
rend
les
phâfes
de
Saturne
très-variées
&
très-fingulieres.
Le
fameux
Hévélius,
dans
fa
Differtation
fur
la
figure
de
Saturne,
exprime
tous
les
embarras
que
lui
donnoient
les
différentes
apparences
de
cet
aftre.
Il
y
diféin-
gua
fix
phâfes
différentes:
dans
lune
il
le
vit
ne
préfentant
qu'une
figure
fphérique,
&
il
l'appella
#0n0/phæricum
;
dans
la
feconde
il
lui
parut
préfentant
des
furfaces
qui
fem-
bloient
appartenir
à
trois
fpheres
différentes
,
s1-fphæricum
;
dans
la
croifieme
il
lui
parut
comme
une
fphere
furmontée
d'une
pyramide
&
d'une
pointe
,
fphærico
-
cufpidatum
;
dans
la
quatrieme
il
le
vit
comme
une
fphere
ayant
deux
‘anfes,
fphærico-anfatum
;
dans
une
cinquieme
il
reflembloit
à
une
ellipfe
avec
des
anfes
qui
seffaçoient
un
peu,
elliptico-anfatum
diminutum
;
enfin
dans
la
fixieme
il
pa-
roïifloir
comme
une
ellipfe
avec
deux
anfes
que
l'on
voyoit
de
face,
elliprico-anfatum
plenum.
Ces
apparences
.variées
étoient
des
déguifemens.
de
Saturne
,
bien
propres
à
défoler
To
LE
ce
PHYSIQUE
les
Aftronomes
;
eette
planete
étoit
pour
eux
un
vrai
Pro-
thée.
On
raifonna
beaucoup
fur
la
caufe
de
ces
variétés
de
figure
;
on
fit
ce
que
l'on
fait
toutes
les
fois
qu’on
eft
embar-
rafl£
on
eut
récours
à
des
fuppoñtions
plus
ou
moins
rai-
foimsblés:
enfin
Huygens
devina
l'énigme,
&
reconnut
que
Saturne
étoit
environné
d'un
anneau.
Alors
on
trouva
la
raïfon
de
toutes
ces
apparences
variées;
toutes
ces
phâfes
fi
extraordinaires
ne
furent
plus
que
des.
effets
néceffaires
des
différentes
pofitions
où
lon
voyoit
la
&
fon
anneau.
Se
On
ignore
fi
Saturne
&
fi
fon
anneau
tournent,
où
G
Lun
des
deux
a
un
mouvement
de
rotation,
On
ignore
éga-
lement
à
quel
ufage
cet
anneau
eft
deftiné,
&
quelle
utilité
Saturne
peut
en
retirer.
Cet
anneau
n’eft-il
os
que
d'une
‘multitude
de
planetes
fecondaires,
ou
de
fatellites
fr
Fappies
|
chés
les
uns
des
autres
,
qu'ils
paroïffent
fe
toucher
&
n'être
qu
un
Corps
continu
>
Sont-ce
des
cometes
dont
Saturne
s
’eft
emparé
,
comme
le
fappole
M.
de
Maupertuis?
On
croira
atfément,
Jorfqu’
on
aura
vu
ce
que
nous
penfons
des
cometes,
que
nous
ne
fommes
pas
de
l'avis
de
cet
Aftronomé.
Saturne
eft
diftant
du
Soleil
de
313,181,754
lieues.
Sa
plus
g
orande
proximité
poffible
de
la
Ferre,
qui:
a
lieu
lorf-
que
ces.deux
planetes
font
en
conjon@tion,
Saturne
étant
périhélie
,
&
la
Ferre
Se
encore
ee
26
Le
222
lieues.
à
=.
a
La
circonférence
que
Saturne
7
nr
fa
révolhdién
autour
du
Soleil,
eft
de
1,967,6
00,6
67
lieues;
il
là
parcourt
€n
10,759
jours,
6
heures,
36
minutes,
26
fecondes
;
C’eft-
i-dire
e
en
trente
ans,
où
à-peu-près
:
l
ne
fie
_.
que
arte
à
LR
LES
Du
MorDprx
91
7620
lieues
par
heure.
Saturne,
la
plus
éloignée
de
toutes
les
planetes
,
eft
donc
celle
qui
marche
le
plus
lentement.
Le
diametre
de
Saturne
eft
de
13,664
lieues
;
fà
circon-.
férence
de
85,855
lieues.
La
grande
diftance
où
certe
pla=
nete
eft
de
nous,
diftance
qui
égale
neuf
fois
&
demie
celle
de
la
Terre
au
Soleil;
&
les
autres
raifons
que
nous
venons
de
préfenter,
n'ont
pas
permis,
ainfi
que
nous
l'avons
dit,
de
s'aflurer
de
fa
rotation.
.
Son
orbite
eft
inclinée
à
Fécliptique
de
2
degrés,
30
minutes,
20
(eco
="
”
La
chaleur
moyenne
fur
Saturne
eft
4
la
chaleur
moyenne-
fur
la
Ferre,
à-peu-près
comme
100
eft
à
:
5
cette
pla-
nete
ne
peut
donc
être
habitée
que
par
des
êtres
d’ane
na-.
ture
très-différente
de
la
nôtre.
Notre
tempéré
étant
de
10
degrés
de
nos
chermomerres
,
fe
tempéré
pour
les
habi=
tans
de
Saturne
feroit
de
90
degrés
au-deflous
du
point
de
la
congélation
fur
notre
globe;
c'eft--dire,
20
degrés
de.
plus
que
les
plus
grands
froids
de
la
Sibérie:
les
fluides
animaux,
pour
ne
fe
pas
geler
fur
cette
planete,
devroient
donc
être
plus
fpiricueux
que
lefprit-de-vin
qui
gele
en
Si.
bérie.
IL
eft
vrai
que
lon
peut
fuppofer
que
fon
anneau,
dont
nous
avons
déjà
parlé,
&
fes
cinq
Lunes,
donc
hous.
parlerons
tout-à-l’heure,
peuvent
diminuer
un
peu
fon
froid
exceff:
c’eft
ce
que
nous
confidérerons
en
traitant
de
l'in-
calefcence
des
planetes.
—
_—
Nous
en
avons
dit
affez
pour
qu'on
puifle
fe
faire
une.
idée
fommaire
des
fx
planeres
principales
qui
tournentau=
tour
du
Soleil.
Nous
avons
cependant
négligé
une
de
leurs
_
propriétés
eflende
les
,
dont
les
Phyficiens
&
les
Aftrono-
-
M
2
4
92
Be
PS0
USE
mes
fe
font
fort
occupés,
&
qu'ils
ont
employée
comme
un
élément
très-important
pour
déterminer
la
théorie
des
mouvemens
de
ces
globes.
Cette
propriété
;
c'eft
la
den-
fité
de
la
matiere
de
ces
corps.
On
fair
qu'il
ne
faut
pas
confondre
les
volumes
avec
les
denfités
:
le
volume
ne
pré
fente
que
la
capacité
du
lieu
qu'occupe
un
COrPS
;
fa
den-
fité
exprime
la
(olidité
de
la
matiere
de
ce
corps.
Un
mor-
ceau
de
bois
de
chène
dun
pied
cube
occupe
autant
d’ef-.
pace
qu'un
pied
cube
de
fer;
cés
volumes
fontles
mêmes
:
mais
les
denfités,
c'eft-ädire
la
quantité
abfolue
de
matiere,
ou
des.
parties
folides
qu'ils
contiennent
l’un
&
l'autre,
font
bien
différentes,
puifque
le
pied
cube
de
bois
de
chêne
ne
pefe
qu'environ
6A
livres,
&
que
le
pied
cube
de
fer
pefe
à-peu-pres
535.
Les
quantités
de
matiere
que
contiennent
deux
Corps
font
comme
les
poids
de
ces
corps;
ou,
ce
qui
eft
la
même
chofe,
les
folidités
font
comme
les
poids
ref-
pectifs
:
la
folidiré
du
fer
eft
donc
à
celle
du
bois
de
chène,
comme
535
eft
à
64,
ou
à-peu-près
comme
8
+efta
1
.
On
a
cherché
à
déterminer
ainfi
la
denfité
refpedtive
des
corps
planétaires
;
mais
comme
cette
propriété
appartient
aux
pla-
netes
fecondaires
,
aufli-bien
qu'aux
planetes
principales
;
&
que
les
induétions
qu'on
tire
de
ces
denfités
fappofées,
peu-
vent
ètre
également
appliquées
aux
fatellites,
nous
n'en
parlerons
qu'après
avoir
‘fait
connoître
ces
planetes
{e-
condaires,
ee
des
+
FF
puy
Mo
N
D'E,
93
Des
Satellires,
Les
planeres
re
qu'on
appelle
fatellites
,
font
ainfi
nommées,
parce
qu'elles
accompagnent
toujours
quel-
ques-unes
des
planetes
principales
=celtadire
,
quelques
unes
des
fix
dont
nous
avont
parlé.
Toutes
les
planeres
prine
cipales
n'ont
pas
des
fatellites
;
on
n’en
connoît
qu
a
la
Terré,
&
c'eft
notre
Lune;
à
Jupiter,
&
à
Saturne:
Nous
parlerons
dans
là
faire
de
cet
article,
du
farellite
que
lon
:
a
CrU-re-=
connoître
à
Vénus.
-
On
appelle
auf
ces
fatellites,
Tunes
des
planctes
princi=
pales
,
quoique
ce
nom
foit
plus
pee
affecté
au
fatellire
de
la
Terre.
On
compte
dix
farellites
;
le
nôtre,
ou
notre
Lune
;
;
qua-
tre
pour
Jupiter,
&
cinq
pour
Saturne.
Nous
parlerons
d'abord
de
notre
Lune
;
nous
nous
éten-
|
on
davantage
fur
cette
planete
fecondaire
dans
la
fuite
de
cer
Ouvrage,
lorfque
nous
parlerons
des
mouvemens
de
Fatmofphere
,
&
de
ceux
des
eaux
:
nous
expoferons
alors
+
grands
effets
{ur
notre
olobe
;
ÿ
nous
nous
bornerons
ici
à
=
donner
une
idée
générale
de
cette
planete.
|
La
Lune
eft
à
85,464
lieues
de
la
Terre
,
lorfqu'elle
|
en
dans
fes
moyennes
diftances
;
elle
s'en
+
quelque-
-
fois
ie
91,454
lieues,
&
elle
s'en
.
Roi
:
n'en
plus
être
éloignée
que
de
77,557
lieues.
-
Lorfque
la
Terre
eft
aphélie,
&
la
Lune
apogée,
_&en
DE
LA
LUNE,
oppoñiion,
la
Lune
eft
dans
{a
plus
grande
diftance
du
So-
_keil,
elle
eneft
alorsè
à
3
347
346:
:
iuess
5
ss
la
La
En
à
100
PH
vs
rToUE
plus
de
cet
aftre
:
on
la
voit
fe
lever
le
matin
un
peu
avant
lui
;
elle
fe
perd
enfin
dans
fes
rayons,
parce
quelle
eft
en-
tre
la
Terre
&
le
Soleil,
&
que
nous
n'appercevons
plus
aucûne
portion
de
fon
hémifphere
é
éclaire.
C’eft
l’hérifphere
obfcur
qui
eft
tourné
de
notre
côté,
comme
1!
l'étoit
avant
qu
elle
commencçât
à
paroïtre;
&
Ce
cette
poñtion
qu
"on
appelle
conjonction.
L'intervalle
de
tems
entre
ces
deux
conjonctions
eft
ce
qu'on
appelle
une
lunaïfon,
où
un
mois
lunaire,
une
révolution
de
la
Lune.
On
la.
Fébaide
comme
ayant
.
parcouru
les
360
degcrés
d'une
circonférence
autour
de
la
Terre,
en
fuppofant
ci
ci
immobile.
Si
Pon
rapproche
de
toutes
ces
obfervations
la
comparai-
on
que
nous
avons
faite
de
la
chaloupe
&
du
Beau.
il
fufira,
pour
que
routes
ces
phafes,
ou
apparences
y
de-
viennent
applicables,
d'admettre
qu'au
port
du
départ
il
y
eût
un
fanal
dont
la
lumiere
éclairât
le
vaifleau
dans
toute
fa
route.
Ce
fanal
repréfentera
Le
Soleil
:
alors
il
fera
évi-
dent
que,
lorfque
la
chaloupe
pañleroit
à
larriere
du
vaif-
feau,
on
ne
verroit
du
vaifleau
aucune
partie
éclairée
de
la
ue
de
la
chaloupe
;
fa
proue
ne
recevroit
aucune
lu-
miere
du
fanal
,
fa
poupe
{eule
feroit
illuminée
,
&
cette
ue
on
ne
ke
verroit
pas
du
ue
ne
la
Sao
rer:
On
verroit
ee.
ce
he
e
un
qui
ces
fur
la
Lune
fon
premier.
quartie
er:
la
lumiere
Sy
étendroit.
I!
arriveroit
un
moment
où
Fc
on
verroit
du
hou
la
moitié
de
ce
flanc
:
la
chaloupe
feroit
alors
dichotome;
*
elle
feroit
pour
les
gens
du.
vaifleau,
ce.
que
la
Lune
eff
:
QU
-
nous
à
fon
premier
quartier.
ou
la
chaloupe
ne
,
PR
A
ALU
IEEE
RE
1
EL
GAS
AE
por
PE
DA
NN
NE
AT
7
Fi
«
E
£
5
Ê
Ë
È
Ë
dé:
a
Lait
ET
dE
Gt
RER
CAR
DU
MONDE,
JIOX
du
en
:
les
gens
de
ce
vaifleau
verroïent
tout
un
flanc
de
la
chaloupe
,
de
la
proue
à
la
poupe
;
la
chaloupe
feroit
alors
pour
eux.
ce
qu'eft
pour
nous
la
pleine
Lune.
Lorf-
qu
elle
pafleroit
à
ftribord,
elle
redeviendroit
dichotome,
ce
feroit
fon
dernier
quartier.
Enfin
revenue
à
l'arriere
du
vaïifleau,
entre
lui
&
le
fanal,
les
gens
de
ce
vaiffeau
ne
la
verroient
plus:
elle
feroit
pour
eux
ce
que
la
Eune
eff
pour
nous
lorfquelle
eft
entre
le
Soleil
&
la
rie
:&
ce
qu'on
appelle
nouvelle
Lune.
—
Mais,
nous
diraton,
on
verroit
de
Héden
toute.
Le
circonférence
de
{a
chaloupe
;
;
tous
les
différens
points
de
cetté
circonférence
feroïient
fucceilivement
éclai-
rés
dans
fes
différentes
a
il
en
devroit
donc
être
.
ainf
de
la
Lune.
Or
cette
planete
nous
prélente
toujours
la
même
face,
ou
à-peu-prèss
il
paroît
donc
ici
que
la
com-
|
paraïfon
eft
en
défaut,
&
cette
obfervation
pourroit
in
duire
à
penfer
que
12
nach
que
nous
avons
fappofées
LE.
Lune,
net.
pas
celle
qu
cie
fuit
effectivement:
mais
une
rélecon:
bien.
7
doit
arrêter
notre
pr
oo
=
dans
ce
jugement.
-
—
Entre
les
fx
es
-
nous
avons
vu
que
quatre
tournoient
fur
elles-mêmes
;
;
&'
nous
en
avons
con-
clu
avec
confiance
,
&
avec
tous
les
Aftronomes,
que
les
deux
autres
devoient
avoir
le
même
mouvement.
Pourquoi
-
la
Lune,
que
nous
confidérons
comme
une
planete,
ne
l'e-
gsyesirele
Le
aufli
>.
Alors
ilfeft
évident
Je
fa
rota-
102
:
PESsLern
quon
appelle
une
révolution
fynodique
;
fi
la
durée,
difons-nous,
de
cette
révolution
eft
égale
au
tems
que
la
Lune
emploie
à
tourner
fur
elle-même,
il
eft
clair
qu'il
en
réfulcera
que
nous
ne
devons
voir
que
la
même
por-
tion
de
fa
furface
:
&
alors
la
durée
de
fa
rotation
feroit
de
27
jours,
7
heures,
43
minutes,
4
fecondes
+,
ainfi
que
la
durée
de
fa
révolution
apparente.
ce
Tous
les
phénomenes
s'accordent
donc
avec
notre
théo-
rie
de
la
Lune,
&
nous
croyons
qu'il
eft
impofible,
après
avoir
confidéré
notre
Planche
IT,
de
perfifter
à
croire
que
la
Lune
tourne
véritablement
autour
de
la
Terre,
quelle
décrit
une
orbite
autour
d'elle,
Nous
croyons
avoir
prouvé,
&
avoir
rendu
fenfble
dans
Pexplication
de
cette
Planche,
&
par
la
comparaifon
que
nous
venons
de
faire,
la
véritable
route
de
la
Lune
&
fa
rotation
fur
elle-même.
Quant
aux
caufes
phyfiques
qui
déterminent
cette
marche,
&
qui
en
reglent
les
différentes
vitefles,
nous
ne
pouvons
les
EXpo-
fer
ici;
nous
renvoyons
à
l'explication
de
la
Planche
II.
La
rotation
ac
la
Lune
fur
elle-même
réfulte
donc
né-
ceflairement
de
ce
qu'elle
nous
préfente
toujours
fon
même
-
bémifphere,
[left
prouvé
par
toutes
les
obfervations,
que
cette
rotation
fe
faiten
27
jours,
7
heures,
43
minutes,
4
fecondes
1;
ce
qui
n'établit
fa
viceffe
que
de
3
lieues
684
roifes,
où
à-peu-près
3
lieues
:
par
heure;
&
cette
rotation
paroït
parfaiement
uniforme.
On
voit
combien
elle
eft
lente,
Aulfi
n'a-t-elle
produic
far
la
Lune
aucun
effet
fenfe
ble,
parce
que
la
force
centrifuge
doit
être
très-foible,
&
environ
116
fois
moindre
que
celle
de
la
Terre
;
&en
effet
on
n'a
remarqué
aucun
applatiffément
dans
cette
planete
On
=
LF
Ë
f
M
j
(te
Î
ë
SE
î
f
À
ê
f
DU.
MON
DFA
103
eft
cependant
perfuadé
que
cet
applatiffement
exifte
:
mais
il
faut
qu'il
foit
bien
peu
confidérable
rt
on
na
pu
juf-
qu'à
préfent
le
remarquer.
C'eft
donc
uniquement
parce
que
la
Lune
tourne
fur
elle-même,
quelle
nous
préfente
toujours
la
même
furface:
mais
fa
confidération
attentive
de
cette
furface
offre
un
fpec-
tacle
aufli
fingulier
qu'intéreffant.
À
la
vue
fimple,
on
croit
y
appercevoir
une
efpece
de
figure
humaine
;
mais
en
l'examinant
avec
plus
d'attention,
cette
apparence
fe
détruit,
&
l'on
ne
reconnoit
aucune
_—
me
réguliere.
Enfin,
à
laide
de
lunettes
&
de
télefcopes,
on
remarque
des
fans
nombre,
dont
48
feulement
ont
reçu
des
noms
dans
a
Sélénographie
Françoife,
ou
dans
la
Carte
ou
Fi
igure
de
la
Lune
>
que
M,
de
Ca
ini
fit
graver
en
1692.
Nous
ne
donnons
point
cette
figure
de
la
Lune
;
on
la
trouve
partout,
&
notamment
ds
la
Con-
noiffance
des
Tems,
Ouvrage
qui,
depuis
r70r,
s'imprime
tous
les
ans,
Des
48
taches
dont
nous
avons
parlé,
8
por-
tent
le
nom
de
mer,
&
fe
nomment
la
mer
des
humeurs
,
k
mer
des
nuages
,
+.
mer
des
pluies,
la
mer
de
nectar,
la
mer
de.
tranquillité,
la
mer
de
férénité,
la
mer
de
ee
dité
&
la
mer
des
crifes;
noms
tout
.
arbitraires
que
_
ceux
des
40
autres
taches
qui
font
prefque
tous
des
noms
_
d'hommes
illuftres,
&
furtout
d'Aftronomes
célebres
:
les
_
plus
belles
de
ces
ee
font
Tych6,
Copernic
&
Képler.
Nous
ne
nous
propofons
de
donner
Hiun
Traité,
ni
même
des.
Elémens
d'Aftronomie
:
cette
entreprife,
fi
importante
&
fi
diffici
,
à
été
exécutée
e
par
M.
de
la
Lande
avec
le
av:
=
clarté
R
be
Re
Deere
série,
nn
reg
ge
en
ram
EE
Pin
=
Eee
ee
Le
RE
eee
pre
one
=
PNe
OT
ee
ECS
ES
DST
ET
STE
ONE
PP
CT
104,
BPHEÉSROUS
fatisfaifante
fur
lexpofition
des
recherches
les
plus
abfkrai-
tes
&
les
plus
profondes
;
il
ne
nous
refte
qu'à
exhorter
ceux
qui
defireront
acquérir
des
connoiflances
dans
cette
Science
,
à
lire
avec
attention
cet
excellent
Ouvrage
qui
nous
à
été
de
la
plus
grande
utilité,
ainfi
que
les
autres
Ecrits
de
ce
célebre
Affronome,
&
les
Articles
qu'il
a
faics
pour
le
Diionnaire
Encyclopédique.
Si
nous
ne
citons
pas.
ce
Savant
à
chaque
fois,
ceft
uniquement
parce
que
les
citations
feroient
trop
fouvent
répétées.
Nous
ne
traitons
que
de
la
Phyfique
du
Ciel
;
les
phéno:
menes
&
leurs
caufes
font
les
feules
confidérations
dont
nous
nous
occupons.
Nous
difons
comment
nous
concevons
Les
mouvemens
des
corps
céleltes
;
nous
latffons
aux
Aftro-
nomes
les
rapports
refpectifs
de
rous
ces
aftres
dans
rous
les
inftans
de
la
durée
&
dans
tous
les
points
de
l'efpace
;
nous
ne
les
fuivrons
point
dans
leurs
très-nombreufes
obferva-
tions
fur
la
Lune,
fur
fes
différens
afpe&s
dont
on
a
formé
autant
de
périodes
connues
fous
Les
noms
de
Révolutions,
&
qui
fe
diftinguent
en
Révolution
tropique,
Révolution
fy-
dérale
,
Révolution
[ynodique,
Révolution
anomalfhques
Révolution
de
l'apogée
,
Révolution
des
nœuds,
&c,&c.
Nous
avons
préfenté
nos
idées
fur
la
route
de
la
Lune:
nous
expoferons
plus
méthodiquement
cette
théorie
dans
la
fuite
,
&
fur-tout
dans
l'explication
de
Ja
Planche
IE,
où
nous
trairerons
fommairement
de
ces
différentes
révolue
tions,
Revenons
à
confidérer
les
apparences
les
plus
frap-
pantes
de
la
Lune;
ces
confidérations
doivent
trouver
leur
place
dans
le
Tableau
du
Ciel.
__
Ileft
évident,
par
ce
que
nous
avons
déja
die,
Lune
ue
Là
TE:
AO
Léa
LL
ARS
E
SE
IG
EE
LACS
DEU>
NÉGNDEE
:
Jos
Eune
eft
un
corps
opaque,
qu
‘elle
ne
brille
que
dela
Iu-
miere
qu'elle
reçoit
du
Soleil:
nous
avons
vu
que,
lorfqu’elle
eft
en
conjonction
avec
cet
aftre
;
ceft-à-dire
,
lorfqu'elle:
eft
entre
lui
&
nous,
la
furface
qu'elle
nous
préfente
eft
obfcure,
parce
que
cette
planete
ne
recoit
de.
lumiére:
que
fur
fon
hémifphere
oppofé
;
elle.eft
alors
invifible:
mais:
un
jour
ou
deux
après
la
conjonction
;
on
obferve
fur
la
partie
encore
obfcure
de
fon
difque
une
lumiere
très-foible
&
très-päle,
que
les
Aftronomes
appellent
lumiere
cendrée,
|
où
lumiere
feconde.
;
mais
qui
n’eft
que
l'effet
de
la
de
la
lumiere,
de
la
Terre
fur
ce
difque
:
il
eft
évident:
que
là
Terre
renvoie
à
la
Lune
la
lumiere
qu’elle
recoit
du
Soleil
,
comme
la
Lune
la
renvoie
à
la
Terre;
que
la
Terre
fi.
de
Lune
à
la
Lune
elle-même
,
.&
qu'ayant
un
diametre
beaucoup
plus
grand,
ellé
lui
.
un
plus.
grand
difque
;
qu'ainfi
elle
doit
y
produire
plus
de
lumiere,
Lorfque
la
Lune
eft
en
conjonction,
&
qu'il
eft
pour
nous
nouvelle
Lune,
il
eft
donc
pleine
Terre
pour
la
Lune
:
lorf-
qu'au
contraire
la
Lune
eft
en
oppofition
avec
le
Soleil.,
&
que
fous
fommes
entr'elle
&
lui,
mais
non
pas
fur
la
même.
ligne
,
ellerecoit
tous
fes
rayons;
lors
il
eft
pleine
Lune
pour
nous
,
&
nouvelle
Terre
pour
la
Lune
;
ceft-à
dire,
pour.
lhémifphere
de
la
Lune
toujours
tourné
vers
nous:
car,
il.
eftcertain,
fi
la
Lune
eft
habitée
;
que
les
habicans
de:
e
autre
D
ue
ne
doivent
jamais
nous
voir:
enfin,
dans.
les
quadratures,
&
lorfque
la
Lune
eff
à
90
degrés
du
on.
nous.
voyons
la
moitié
de
fon
difque
,
&
nous
n’en
voyons.
que
le
quartéclairé.
<
elle
ef
dans
Les
cÊaRRe
+
eftà-dire,
7
45
deorés:
Eu
|
idemment
1
:
Teme
11.
106
RmmRShgUE.
“£a
petite
diftance
àlaquelle
la
Luneeft
de
nous,
nous
per-
met.
d’
acquérir
far
fa
furface,
que
nous:
on
C
ro
de
beau-
coup
plus
près
,
des
connoiffances
plus
politives
que
nous
ne
ouvons
en
avoir
fur
lesautres
planetes.
Les
inégalitésde
certe
farface
qui
{e
laïffent
appercevoir
à
la
vue
L
deviennent
très-fenfbles
lorfqu'on
les
regarde
avec
les
lunettes
&
les
tré
lefcopes
;
on
diftingue
alors
ds
élévations
énormes,
qui
ne
peuvent
être
que
des
montagnes
dont
on
reconnoît
très-
parfaicement
les
vallées
;-lorfque
la
Lune
eft
à
fon
croiflant.
Dans
les
lieux
bas,
on
voit
dés
parties
plus
où
moins-éclai-
rées.
Quelques
Ace
ont
penfé
que
ces
lieux
moins
éclairés
font
de
grandes
furfaces
d'eau,
la
furface
folide
.
réfléchiffant
beaucoup
plus
de
lumiere
que
la.
furface
des
vaftes
océans
,
qui.en
abforbent
une
grande
partie
,
comme
Corps
diaphanes
5
&
de-
à
font
venues
les
dénominations
des
mers
fuppofées
dans
la
Lune.
|
_
Riccioli
à
mefuré
la
hauteur
d'une
des
montagnes
de
la
Lune
;
&
ill'a
trouvée
d'environ
trois
lieues,
c'eft-à-dire
.:
beaucoup
plus
élevée
qu'aucune
de
nos
montagnes,
dont
la:
plus
haute
n'a
pas
ps
d
une
lieue
&
un
quart
+.
eo.
:
on
croit
donc
reconnoitre
,
fur
la
furface
de
la
Lune,
des
montagnes,
des
vallées,
=
mers,
des
ifles
,
des
POLE
toires,
des
lacs.
“L'ingésienx
Auteur
dan
trop.
cos
à
tous:
égards,
introduit
des
Interlocuteurs
qui
voient
dans
la
Lune:
biere
autré
chofe
;
;
le
Curé
y
voit
un
clocher
;
une
femme
ten<
dre
y
voit
des
amans.
Ceringén
uxapologue
p
peuts
appliquer
à:
beaucoup
d’obfervateurs
ee
beaucoup
d'obfervations.
Tousles
Aftronomes:
ne
font
cependant
pas
d’
accord.
sa
mers
de
la
Lune;
quelques-uns
ont
Cru
reconnoître
dans
ces
DR
LE
NT
LC CE Ne
LEA
EU
PU
PUR
DR
TRS
A
RE
NOR
=>
PSE
ENTREE
MAQUETTE"
ARIANE
EI
CPP
EMI
NRTIT
>
È
de
D\Us
Mox
NE:
DE,
éxo7
éfpaces,
pris
pans
des
furfaces
d’eau
,
un
nombre
infini
de
ca-
vernes,
Ces
cavités
énormes
ne
fenfibles
par
les
om-
bres
qui
s'y
projettent
Iomqne
la
Lune
croît,
où
lorfqu'elle
eft
-
en
décours
:
Pœil
paroît
alors.
pere
la
profondeur
deïces
prétendues
mers:
on
croit
y
reconnoître
des
afpérités
;
des
“abîmes;
ce
qui
excluroit
néceffairément
toute
idée
d'océan.
*Au-lieu
d’être
confidérés
comme
de
vaftés
mets
,
CES
pays
-pourroient
donc
l’être
comme
très:
hériflés
de
montagnes
“fort:
rapprochées,
ê&
que-
la
nature,
de
leur
fol,
ou
de
leurs
productions,
rendroit
moins:
propres.
à
Ja
lumiere.
Il
eft
vraifemblablé
que
le
champ
reftera
encore
long-tems
-très-libre:
aux
fuppofitions
:
;
parmi
celles
qu'on
peut
fe:per-
mettre,
c'en
eft
aflurément
uné
fort
raifonnable
qué
de
regarder
la
Lune
comme
propre
à
être
habitée
elle
paroïît
en
tout
aflez
femblable
à
la
Terre;
Les
diffincés-au
Soleil
different
infiniment
peu
de
celles
de
notre
globe.
Jt
réfulte
de
nos
principes
fur
fa
manière
de
lee
là
chaleur
fo-
daire
fur
les
corps
céleftes,
,
que
la
plus
grande
chaleur
que
Je
Soleil
puiffe
‘procurer
à
la
Lune,
eft
à
la
plus
grande
à
chaleur
:
que
la
Terre
puiffe
en
recevoir
,
comme
1040
eft
à
1034,
&
que
la
plus
petite
“chaleur
:
que
la
Lune
puifle
recevoir
du
Soleil,
eft
à
la
plus
petite
qu'il‘puiffe
produire
fur
la
Lérre.
comme.
961
ft
à
967
5:
différences
infenfibles
qui
ne
hi
pas
la
Lune
inhabirable
pour
nous.
La
plus
effentielle
que
nous
püifions
ÿ
trouver
;
{eroit
la”
durée
des
jours
&
des
nuits
qui
y
font
d'environ
quinze
des.
nôtres,
k
révolution
fynodique
«
e
cette
‘planete
«
:
de
29
:
>
à
SL:
:
durée
2.
né
"108
PERTE
LOUE.
nuit,
comme
la
révolution
de
la
Terre
en
24
heures
com
prend
notre
jour
&
notre
nuit.
à
:
Selon
plufeurs
Aftronomes
,
la
Lune
n’a
point
d'atmof-
:
phere
:
alors
il
nous
feroit
impoñible
de
concevoir
la
nature
des
êtres,
tant
végétaux
qu'animaux
;
qui
pourroient
exifter
ur
fà
farface;
il
nous
feroït
même
impoflible
de
concevoir
la
nature
de
fa
fubftance
;
nous
ne
pourrions
plus
y
fuppofer
“ni
compoficions
,
ni
décompofitions
;
il
fandroit
que
nul
fluide
ne
pénétrât
cetce
fubftance,
que
fa
matiere
fût:
ab-
folument
fixe,
que
rien
ne
pûrêtre
volarilifé
par
la
chaleur
“qu'elle
éprouve.
Une
mort
générale
&
abfolue
régneroit
-donc
fur
ce
globe,
il
feroit
fon
domaine
éternel
;
car
il
feroit
“difficile
de
fuppofer
quelles
circonftances
pourroient
y
pro-
-duiré
un
jour
le
phénomene
de
la
vie.
mr
dise
Rien
affurément
ne
choque
la
raifon
plus
qu'une
pareille
fuppofñtion:
examinons
les
motifs
qui
ont
autorifé
des
Phi-
lofophes
à
f
la
permettre.
Il
leur
a
paru
que,
lorfque
des
étoiles
font
près
de
la
Eune,
leur
lumiere
ne
fouffre
aucune
réfraction
;
ils
en
ont
conclu
que
la
Eüne
na
point
d'atmofphere
,
au
moins
point
d’atmofphere
femblable
à
la
nôtre,
&
qui
foit
un
milieu
refringent:
or,
il
eft
impoffi-
ble
de
concevoir
un
milieu
atmofphérique
qui
ne
foit
pas
réfringent
:
il
n'y
auroit
certainement
point
de
vapeurs
aqueufes
dans
ce
milieu
;
car
l'eau
&
fes
vapeurs
réfra@tent
CN
EN
ER
ARR
A
Ass
PRE
Re
ERNEST
Eu
+
Fe
at
UNE
AUTTE
CON=
SR
fi
Le
LS
DU
MONDE
109
ce
principe
ÿ
exiftoit
dans
une
certaine
abondance
,
Comment
concevoir
qu'à
la
diftance
où
la
Lune
eft
du
Soleil,
c
principe
ne
s'élevât
pas
en
vapeurs,
qu'il
ne
produisit
pas
des
nuages,
furtout
pendant
des
jours
de
quinze
fois
24
heures
où
à-peu-près
?
Or,
fi
l'atmofphere
de
la
Lune
étoit
auf
remplie
de
nuages
qu'elle
devroitl'ètre
dansl'hypothefe,
on
les
appercevroit,
ils
varieroient
les
apparences
des
dif-
férentes
parties
du
difque,
quelques-unes
feroient
fouvent
cachées
:
or
ajoûcentils,
on
ne
remarque
rien
de
fembla-
ble;
donc
la
Luis
n'a
point
d’atmofphere.
=
Nous
avons
vu
combien
cette
aflertion
répugnoit
à
j
la
raifon
;
à
Fanalogie
,
aux
dédu&tions
tirées
des
caufes
finales.
-
Nous
on
en
Philofophie
il
faut
être
refervé
fur
ces
déduétions.
Nous
penfons
cependant
que
celle
de
toutes
à
laquelle
ileft
Le
plus
permis
d'accorder
quelque
confiance,
c'eft
celle
qui
nous
porte
à
penfer
que
tout
a
été
créé
pour
jouir
de
l’état
de
la
vie,
ou
pour
contribuér
à
cet
état:
mais
f:
la
Phylique
&
la
.
répugnent
à
admettre
que
{a
Lune
eft
privée
d’une
atmofphere,
confulrons
les
faits
qui
font
le
tréfor
de
la
Phyfique.
On
nous
oppofe
des
obfervations,
oppofons
à
à
notre
tour
des
raifons
&
des
obfervations.
La
premiere
objection
eft
qu'on
n’a
point
obfervé de
ré
fradtion
fenfible
dans
la
lumiere
des
étoiles
très-voifines
de
Bi
Lune
:
mais
certe
atmofphere
doit
être
confidérée
comme
très-petite.
Suppofons,
en
effet
,
que
la
hautéur
des
atmof
…
pheres
des
planetes
fuflent,
à
…
égales
du
Soleil,
comme
les
furfaces
o
ou
parties
exhalantes
de
ces
planeres
:
+
admettons
er
otre
que
de
Terre
&
bte
Le
a
|
de
même
nature
ipp
-
f10
PETS
or
mais
qui
n'eft
peut-être
pas
fans
quelque
vraifemblance,
alors
il
eft
aifé
de
reconnoitre
que
l'atmofphere
de
la
Lunern'au-
roit
pas
plus
de
deux
lieues
de
hauteur
,
même
en
admettant
celle
de
la
Terre
de
54,488
toifes
d'élévation
où
d'environ
24
lieues;
ce
qui,
felon
pluñeurs
Phyficiens,
eft
la
plus
orande
hauteur
que
l’on
puifle
donner
à
l'atmofphere
ré-
fringente
de
la
Terre.
Suppofons,
pour
tout
fimplifier,
&
pour
ne
nous
pas
jetter
dans
des
calculs
déplacés
ici,
que
la
réfra@ion
foit
comme
les
hauteurs
,
&
admettons
que
lors
de
ces
obfervations
,
la
réfraétion
de
l'atmofphere
terreftre
fuppofée
de
24
is
eùt
été
dune
minute
,
la
réfraction
produite
par.
l'amofphere
de
la
Lune,
neût
LL.
été
que
de:
la
douzieme
partie,
ou
de
cinq
RE
Or,
filon
fait
at
tention
à
toutes
les
circonftances
qui
peuvent,
même
mo.
mentanément,
faire
varier
les
réfra@tions
,
tant
dans
l'at-
mofphere
de
”
Terre,
que
dans
celle
de
fa
ne.
l'on
verra
combien
il
eft
difficile
de
reconnoître
la
réfra@ion
infiniment
petite
de
larmofphere
lunaire.
Auf
M.
l'Abbé
Bofcowich..
a-tilafluré
,
dans
une
très-favante
Differtation
far
l'Atmof.
phere
de
la
…
,
que
cette
atmofphere
pouvoit
ètre
aufli
denfe
que
l'eau,
ln
que
nous
puflions
en
reconnoître
les
effets
dans
{a
es
il
fappofe
feulement
quelle
pour-
roit
bien
être
[a
caufe
qui
nous
empêche
d'appercevoir
dif
tinétement
les
montagnes
fur
{e
bord
de
la
PRE
randis:
qu'elles
font
très-apparentes
fur
fon
difque.
ee
me
Paflons
à
lobje&tion
des
nuages
qui
devroient
ofulquer
{ouvent
le
difque
de
la
re
Nous
répondrons
1°.
que:
quelquefois
la
Lune
difparoït
à
nos
yeux
par:
un
tems
clair:
&
ferein
;
de
maniere
qu'il
eft
PONS
de
fn
et
cévoir”
:
CPR
PSN
R
VIREMENT
RATE
TAETIEOLE
NUIT
pu
MoN
DE.
TITI
avec
Les
meilleurs
verres,
quoique
les
étoiles
même
de
la
fixieme
grandeur
foient
toujours
vifbles.
Ce
phénomene
a
été
obfervé
par
Képler
en
1581
&
1583;
par
Hévé-
lius
en
16205
par
Riccioli,
&par
beaucoup
d'autres
en
1642,
quoique
la
Lune
fût
reftée
vifible
de
plufieurs
autres
endroits.
:
On
ne
peut
attribuer
à
aucune
variation,
à
aucun
effet
de
notre
atmofphere
ces
difparitions
de
la
Lune,
puifqw’elle
feule
difparoïfloit
,
&
que
toutes
les
autres
étoiles
conti-
nuoienc
d'être
également
vifibles
:
on
ne
peut
donc
en
cher:
cher
la
caufe
que
dans
quelqu'épaiffiffement
trés-confidéra-
ble
du
fluide
qui
environne
la
Lune.
Le
23
Décembre
1703
,
il
y
eut
une
difparition
totale
;
la
Lune
fe
montra
d'abord,
à
Arles,
d’un
brun
jaunâtre
;
à
Avignon,
elle
parut
jaunâtre
&
tranfparente,
comme
fi
le
-
Soleil
avoit
brillé
à
travers;
à
Marfeille,
un
des
côtés
parut
rougeatre,
&
l’autre
fort
obfcur
;
à
la
fin
elle
difparut
tota-
lement,
quoique
dans
un
tems
ferein.
Il
eft
évident
que
dans
ce
phénomene,
les
couleurs
qui
paroïifloienr
différentes
{ur
différentes
parties
de
la
Lune,
dans
un
même
temes,
n'ap-
partenoïient
pas
au
corps
de
la
Lune;
mais
elles
devoient
être
Veffet
de
quelque
matiere
qui
l'entouroit
,
&
qui
fe
trouvoit
difpofée
de
maniere
à
ne
donner
paflage
qu'à
des
rayons
de
telle
ou
telle
couleur
:
ces
apparences
des
couleurs
de
la
Lune
ont
fouvent
répandu
l’effroi
parmi
Le
péuple,
ainf
:
ee
les
<clipfes
&
les
cometes.
La
deftrution
de
ces
préju=
gés
tidicules
peut être
mife
au
rang
des
avantages
procurés
Hévélius
rapporte
qu'il
a
fouvent
trouvé,
quoique
dans
12
PHYS10L+
un
tems
très
ferein,
lors
même
que
l'on
pouvoit
voir
les
étoiles
de
la
6°
&
de
la
7°
grandeur,
quà
la
même
hau-
teur,
à
la
même
élongation
de
la
Terre
,
&
avec
le
même
télefcope,
la
Lune
&
fes
taches
n'étoient
pas
toujours
épa-
lement
lumineufes,
claires
&
vifibles
;
mais
qu'elles
étoient
plus
brillantes,
plus
pures
&
plus
diftinctes
dans
un
tems
que
dansunautre.
Or,
par
les
circonftances
des
obferva-
tions,
il
eft
évident
qu'il
ne
faut
chercher
la
raifon
de
ce
phénomene,
ni
dans
natre
air,
ni
dans
la
Lune,
ni
dans
l'œil
du
fpectateur,
mais
dans
quelque
fluide
qui
environne
le
corps
de
la
Lune.
Enfin,
M.
Caflini
a
fouventobfervé
que
Saturne,
Jupiter
&
les
étoiles
fixes
lorfqu'elles
fe
cachoient
derriere
{a
Lune,
paroïfoient,
près
de
fon
limbe.,
foit
éclai-
ré,
foit
obfcur
,
changer
leur
figure
circulaire
en
ovale;
fou-
vent
auffi
dans
d'autres
occultations,
il
n’a
point
obfervé
d'ak
térations.
Dans
le
cas
où
la
figure
de
Jupiter
&
celle
de
Sa-
rurne
ont
été
altérées,
ils
éprouvoient
donc
ce
que
nous
voyons
arriver
au
Soleil
&
à
la
Lune,
lorfqu'à
leur
lever,
ou
à
leur
coucher
nous
les
obfervons
à
l’horifon
à
travers
une
atmofphere
très-vaporcufe.
Or
,
nous
favons
par
une
expérience
conftante
&
certaine
que
la
figure
circulaire
du
Soleil
&
de
la
Lune
ne
fe
changent
en
elliptique
qu'a
caufe
des
réfraétions
que
lesrayons
de
ces
aftres
fouffrent
dans
latmofphere.
Enfin,
M.
le
Monnier
a
obfervé
en
1736
&
en
1738,
que
l'étoile
Aldébaram
paroïfoit
en
plein
jour.
s'avancer
un
peu
fur
le
difque
éclairé
de
la
Lune;
ce
qui
ne
pouvoit
être
que
l'effet
produit
par
la
réfratio”
des
rayons
de
cette
étoile
dans
latmofphere
lunaire.
L'étoile
ne
difparut.
qu'après
avoir
entamé
très-fenfiblement
le
difque
de
fa
Lune.
1
74
RCEDNNTUS
FREN
PRIRENT
DIR
D
PT
TRUE
ee
NT
ESe
Du
MonNpbEe.
I13
Il
eft
donc
permis
de
conclure
de
toutes
ces
obfervations,
:
EN
:
&
>
:
L
que
dans
les
tems
où
[a
figure
Circulaire
des
Corps
céleftes
eft
changée
en
très-
-près
de
la
Lune,
certe
pla-
nere
eft
entourée
d'un
fluide
plus
denfe
qui
réa
les
rayons
que
ces
aftres
nous
envoient;
&
que,
fi
dans
d’autres
tems
on
nobferve
point
ce
changement
de
figure,
ce
fluide
ft
alors
moins
denfe,
moins
épais.
Tout
concourt
donc
à
prouver
ce
que
la
btae
Phyfique
nous
avoit
induit
à
fup-
pofer
5
tout
nous
confirme
dans
la
_perfuafon
que
la
Lune
à
une
atmofphere,
&
que
cette
atmofphere:
éprouve
de
gran-
des
variétés
:
mais
elles
ne
nous
font
peut-être
pas
fenfibles
auf
fouvent
qu'on
feroit
d'abord
porté
à
le
penfer,
parce
que
les
nuages
peuvent
fe
trouver
le
plus
fréquemment
dans
la
partie
de
|
qui
neft
point
éclairée
du
Soleil.
La
chaleur
eft
très-
“grande
dans
cette
partie
éclai-
rée
,
puifque
le
Soleil
lui
envoie
fes
rayons
pendant
près
de
15
fois
24
heures
fans
difcontinuer
:
cette
chaleur
peur
donc
fuffre
pour
raréfier
cètte
partie
de
l'atmofphere
,
&
pour
chafler,
par
fon
mouvement:
d'expanfon,
les
nuages
dans
Je
nie.
oppofée
,
OÙ.
pour
raréfer
[es
vapeurs,
de
maniere
à
les
rendre
infiniment
moins
denfes,
de
A
toutes
ces
obfervations
qui
ne
permettent
pas
de
dou-
ter
que
la
Lune
n'ait
une
atmofphere,
il
s’en
joint
une
autre
qi
confirme
cette
opinion.
Dans
une
éclipfe
totale
du
So-
lei
on
voit
la
Lune
couronnée
d’un
anneau
lumineux
pa.
:
rallele-à
à
{à
circonférence.
Dans
la
grande
éclipfe
de
171$,
cet
anneau
fut
vu
de
tous
les
bé
où
on
obferva
la
Lune,
Le
mème
pen
felon
Képler,-à
Naples
&
à
Anvers
dansune
éclipf
Tome
TL,
055"
Volf
l'obferva
dans
=
I14
PHYSIQUE
une
éclipfe
de
1706,
avec
cette
circonftance
remarquable,
ue
la
partie
de
cet
anneau
la
plus
voifine
de
la
Lune
étoit
vifiblement
plus
brillante
que
celle
qui
en
étoit
plus
éloi-
se
BL
S
!
{
Se
:
-gnée
ce
qui
eft
confirmé
par
les
obfervations
des
Aftrono-
mes
François
dans
les
Mémoires
de
PAcadémie
des
Sciences
de
1706.
|
|
Concluons
donc
avec
confiance,
qu'il
y
a
autour
de
la
Lune
un
fluide,
dont
la
figure
correfpond
à
celle
de
cet
aftre,
un
fluide
qui
a
la
propriété
de
réfléchir
&
de
brifer
les
rayons
de
la
lumiere
;
que
ce
fluide,
plus
denfe
auprès
du
corps
de
la
Lune,
&
plus
rare
au
-
deflus,
fouffre
des
.
variations
dans
fa
denfité,
felon
différentes
circonftances.
Or,
toutes
ces
propriétés
conviennent
à
notre
atmofphere,
ou
à
ce
que
nous
appellons
notre
air
:
tout
nous
induït
donc
à
croire
que
la
Lune
a
fon
air,
ainfique
nous;
&
puifque
la
différente
denfiré
de
notre
air
dépend
de
fa
différente
raviré,
de
fa
différente
élafticité,
il
faut
aufi
attribuer
la
différente
denfité
de
l'air
lunaire
aux
mêmes
caufes.
Nous
avons
de
plus
obfervé
que
la
denfité
de
l'air
lunaire
n'eft
pas
toujours
également
tranfparente,
puifque
fon
atmofphere
change
quelquefois
la
figure
fphérique
des
corps
céleftes,
&
qu'elle
les
fait
paroître
ovales,
&
que
quelquefois
elle
n'alrere
point
ces
figures.
On
a
obfervé
encore
dans
quelques-
unes
des
éclipfes
totales
dont
nous
avons
parlé
,
&
immé-
diatement
avant
limmerfon,
un
tremblement
dans
le
limbe
de
la
Lune,
avec
une
apparence
d'une
fumée
claire
&
lé
gere,
qui
fe
tenoit
fufpendue
au-deflus,
avant
l'immerfon:
&
comme
ces
mêmes
phénomenes
s'obfervent
auf
dans
notre
air,
lorfqu'il
eft
très-chargé
de
vapeurs,
il
eft
prefaue
=
F
mx
MAI
UALT
AE
7
|
DU
MonNDE.
_
1
notre
que,
lorfqu'on
les
obferve
dans
l'atmofphere
de
la
Lune,
cette
atmofphere
doit
alors
être
très-chargée
de
va-
peurs
&
d’exhalaifons
:
enfin,
puifque
dans
d'autres
tems
l'air
_
de
la
Lune
eft
clair
&
ee
&
qu'il
ne
produit
aucun
-
de
ces
phénomenes,
on
doit en
conclure
quil
eft
tombé
fur
cet
aftre
de
la
rofée
,
de
la
pluie,
ou
de
la
neige;
&c.
La
Lune
eft
donc,
à
tous
égards,
un
corps
femblable
à
la
Terre,
&
qui
paroït
propre
aux
mêmes
fins.
En
effec,
nous
avons
démontré
qu'elle
eft
denfe,
opaque
,
qu'elle
a
des
montagnes
&
des
vallées;
elle
paroït
avoir
des
mers,
des
ifles
,
des
péninfules,
des
rochers
&
des
promontoires
;
nous
avons
fuffifamment
prouvé
qu’elle
a
une
atmofphere
chan-
geante,
où
les
vapeurs
&
les
exhalaifons
s'élevent
pour
en
retomber
enfuite
:
enfin,
elle
à
un
jour
&
une
nuit;
notre
Soleil
éclaire
pendant
environ
15
fois
24
heures
de
fuite
.
une
partie
de
fa
furface,
tandis
que
l’autre,
privée
de
fes
rayons
,
neft
éclairée
que
par
la
Terre
qui
lui
fert
de
Lune
;
elle
à
des
faifons
comme
la
Terre.
|
On
peut
donc
conclure
de
rous
ces
faits,
&
par
une
ana-
logie
très-perfuafive
,
une
grande
lembl
tee
entre
Pétat
de
la
Lune
&
celui
de
la
Terre.
Les
changemens
auxquels
fon
armofphere
eft
fujerte,
doivent
produire
des
vents
&
|
d'autres
météores
;
&,
fuivant
les
différentes:
faifons
de
fan-
née,
des
brouillards,
—
pluies,
de
la
<
celée,
de
la
neigé,
de
La
grêle
:
:
les
nee
de
la
furface
de
fa
une
doivent
donner
lieu
à
la.
paies
des
fources,
des
rivieres
,
;
des
lacs
,
des.
mers,
7
Or
;
nous
Le
ben
ge
notre
=
Ps
É-
2
#
-
Sens
hdi
nil
LES
EE
ES
TS
à
ET
Ses
og
T16
MU
TYSIOUE
faire
végéter
les
plantes,
que
Les
plantes
croiïflent
&
fe
re-
on.
pour
noûrrir
des
animaux
,
qu'en
tout
tend
à
sanimer,
&
que
la
vie
animale
eft
.
plus
grand
degré
d
Re
à
des
forces
de
la
Nature.
Tout
nous
induit
dc
à
penfer
qu
ya
dans
la
Lune
des
plantes
&
des
animaux
;
ces
habitans
de
la
Lune
femblent
même,
entre
tous
ceux
des
planetes,
devoir
être
ceux
qui
different
Le
moins
des
nôtres,
quant
à
leurs
modifications,
puifque
la
chaleur
yÿ
efv
à-peu-
près
la
même.
La
Nature
eft
uniforme
&
conftante
dans
fes
procédés,
les
mêmes
caufes
produifent
les
mêmes
effets
dans
des
circonftances
femblables.
Voila
quant
æla
Lune
confidérée
en
elle-même
:
obfer-
vons
encore
quelques-unes
de
fes
apparences.
La
premiere
-qui
nous
frappe,
c'eft
la
grandeur
quelle
nous
paroït
avoir
quelquefois
à
l'horifon
;
1left
cependant
certain
&
démon-
tré
qu'elle
eft
alors
plus
loin
de
nous
que
lorfqu'elle
eft
plus
élévée
,
&
que
c’eft
lorfqu'elle
paffe
au
méridien
qu'elle
eft
le
plus
près
de
nous
:
elle
devroit
donc
alors
nous
paroître
plus
grande,
&
ce
feroit
lorfqu'elle
fe
leve
&
à
l’horifon
qu
"elle
devroit
nous
paroïtre
plus
petite.
Pourquoi
donc
‘lecontrairearrive-t-il
>
Nous
ne
pouvons
mieux
faire
,
pour.
-expofer
d'une
maniere
claire
&
fenfble
la
raïfon
—
cette
apparence,
que
de
copier
M.
de
la
Lande.
Voici
comment
1}
ne
fur
cette
pe
dans
fn
Aftronomie
hr
VIT,
AS.
«
S
Fe
cn
ee
_
de
sparoître.
plus
de
4
»
nos
YEUX
;
;
&
Poblervanon.
Aite
avec
üun
inftrument
quel-
».
in
prouve
fans
ce
aux
Aftronomes
que
da.
Lune
>
‘paroïît
_
unangle
plus
Pare
lorfqu'elle
cha
l'hori
De
Re
APM
Y
EOSTRET
PTIT
EN
SR
MMTNNONEE
SEE
TEDEC
DU
MonpDr,
|
117
»
Cependant
un
fait
cénéralement
reconnu
,
c'eft
que
{à
»
Lune,
à
la
vue
fimple
,
paroît
d’une
grandeur
extraor-
»
dinaire,
lorfqu'on
la
voit
fe
lever
à
la
fin
du
jour
derriere
»
des
bâtimens
où
des
montagnes
:
il
n'y
a
prefque
perfonne:
»
qui
nesimagine
la
voir
alors
deux
ou
trois
fois
auffi
large:
»
que
quand
elle
arrive
à
une
grande
hauteur.
C'eft-l
cer-
»
tainement
une
illufion
optique,
&
elle
a
lieu
même
pour
»
les
autres
Aftres;
mais
il
fuffit
de
regarder
la
Lune
dans
»
une
lunette
quelconque,
dans
un
tube
de
papier,
&
mé-
»
me,
fi
Pon
veut
,
à
travers
d’une
carte
où
l’on
à
fait
un
»
trou
d'épingle
à
Pour
{e
convaincre
que
l'augmentation
»
neft
point
réelle,
&
que
le
diametre
de
la
Lune
eft
vu
»
au
contraire
alors
fous
un
plus
petit:angle,
que
lorfque
la
_»
Lune
eft
à
une
plus
grande
hauteur
».
-
ea
.
&
Régis,
dans
fon
Syftême
de
Philofophie,
Tom.
IV;
»
Liv.
8,
foutenoit
que
c'étoit
un
effet
de
la
réfraction
s-
»
mais
au
lieu
d'étendre
les
objets,
la
réfraction
les
accour-
>
cit
&
fait
paroïtre
les
diftances
plus
petites.
>
ILeft
difhcile
de
fe
former
une
idée
claire
de
la
caufe
de
».cetteillufion
,
fi
ce
f'eft
en
admettant
avec
tous
les
Op-
»
ticiens,
ce
jugement
tacite,
commun
&
involontaire
>
par
»
lequel
nous
eltimons
fort
grandsles
objets
que
nous
jugéons
»
être
fort
éloignés,
en
même
tems
que
nous
jugeons
les:
_»
objets
fort
éloignés
lorfque
nous
voyonsa
la
fois
beaucoup
»
de
corps
interpofés
entré
nous
&
ces
objets;
Roger
Bacon;
(
Ouvrage
qui
s'eft
perdu.
);
nous
apprendque
cer
Au-
fcartes
&
le
Pere
Mallebran=
Liv.T),
l'expliquenc
de
»
»:
»
118
PHYSIOUCE
même
maniere.
Voici
donc,
ce
me
femble,
le
nœud
de
Ja
difficulté.
»
La
Lune
fe
levanta
fl
ee
derriereune
montagne
,
où
à
l'extrémité
d’une
plaine,
paroit
néceflairement
à
à
la
fuite
de
plufieurs
objets
fenfibles
&
variés;
au-lieu
qua
une
certaine
hauteur
on
éleve
lavue
pour
appercevoir
{a
Lune,
&
l’on
ne
voit
rien
entrelle
&
nous
qui
puiffle
nous
faire
»
juger
de
fa
diftance.
Dans
le
premier
cas,
notre
imagination
»
accoutumée
à
juger
de
l'éloignement
d’un
corps
par
la
mul=
titude
d'objets
qui
parole
entre
Jui&
nous
,eftime
la
Lu-
ne
fort
Loin
de
nous
;
&
cela
par
habiude,
par
inftin&,
&
paf
une
faire
de
fa
maniere
diftinte
de
juger
les
diftances.
Or,
un
même
objet
que
nous
jugerons
fort.
‘éloigné,
fera
jugé
plus
g
grand
que
fi
on
le
croyoit
fort
près:
ainfi
la
Lune
dans
l’horifon
eftimée
ä
une
plus
grande
diftance,
eft
jugée
plus
grande'par
cette
premiere
perception;
la
réflexionne
fuffit
pas
pour
empêcher
la
liaifon
de
ces
deux
jugemens,
parce
que
l'habitude
continuelle
y
a
mis
une
dépendance
fi
néceffaire
qu
of
ne
peut
plus
les
féparer.
On
trouvéra.
d'autres
preuves
de
ce
jugement
habituel
&involontaire
fur
la
grandeurdes
objets,
dans
le
premier
Volume
du
grand
1.
d'Optique
de
Smith
,
art
160
&
fuiv.
Tom.
1,
pag.
ax
de
l'Edition
du
P.
Péfenas,
à
Avignon
1767.
»
Le
Pere
Gouye
fubftituoit,
ou
ajoutoit
une
autre
on.
dération
à
celle-ci;
&;
je
crois
qu'elles
p
euvent
aller
enfem-
ble,
&
fe
fortifier
mu
uelleme:
ent.
Une
ce
lonne
©
qui
paroit
+
d'une
muraille,
ou
qui
eft
environnée
de
plu
fieurs
objets
différens,
&
mêmeunecolonne
cannelée
,
fem
blé
en
général
être
plus
grande
que
fi
elle:
éroirfimple
&
RON"
CFE
:
of
avoir
été
l’année
lunaire,
que
l’on
faifoit
de
30
jours.
-Lorfquon
voulut
étendre
la
mefure
du
tems,
&
en
com-
;
tion,
on
fit
l'année
de
deux
mois,
&
fuccefivement
de
trois,
‘
-de
quatre
;
enfin
de
douze.
Telle
étoit
célle
des
—
de
fa
Lune
à
déterminé
pour
tous
les
peuples
ployée,
c’eft
encore
cette
révolution
qui
forme
notre
mois;
femaines.
Ces
phâfes
changent
tous
les
fept
jours;
leur
retour
périodique
eit
de
28
JOUrS
,
où
d-peu-près
;
&
Îa
D
ESMONDE
12$
Le
jour
de
la
pleine
Lune
étoit
également
un
orand
jour
eonfacré
chez
la
plupart
des
peuples.
Les
révolutions
de
la
Lune
paroïffenc
ivoire
pour
routes
les
Nations
la
premiere
mefure
du
tems.
La
coufte
durée
de
ces
révolutions
dut
être
&
beaucoup
plutôt
remar-
quée,
&
plus
facilement
déterminée
que
la
révolution
fo.
laire,
qui
exigeoit
beaucoup
plus
d'obfervations
;
elle
étoit
auf
la
plus
facile
à
employer
pour
des
peuples
:
‘qui
n'a-
voient
ni
un
grand
ufage
du
calcul,
ni
befoin
d'embrafler
de
grandes
Lee
de
tems.
La
prerniere
ahnée
paroît
en
prendre
un
plus
crand
intervalle
dans
une
feule
dénorñina-
“
tems
de
Moyfe;
elle
étoit
formée
de
douze
mois
lunai-
s,
fuppofés
de
30
jours
chacun.
Enfin
sil
paroît
que
la
la
durée
de
la
premiere
période
de
tems
qu'ils
aient
em-
&il
paroi
certain
que
ce
font
Les
phafes
de
fa
Lune
qui.
font
l’origine
de
la
divifion
du
tems
en
fept
jours,
où
en
différence
à
dû
être
n
négligée
pour
la
facilité
de
la
ne
€n
mois.
Nous
ne
nous
étendrons
pas
davantage
i
ici
fa
l'ifloire
de
la
divifion
du
tems
;
elle
appartient
à
la
Chronologie.
On
peut
confulter
bear
ucoup
d'excellens
Fraicés
écrits
s'Îur
126
APGRETEUHO
VE
cette
matiere,
.&
particuliérement
immortel
Onyraèe
de
M.
Court
de
Gébelin.
La
Lune
jouoit
un
trop
grand
rôle
Lu
le
Ge
cette
feconde
Divinité
de
la
Nature,
qui
en
partageoit
l'empire
avec
le
Soleil,
paroifloit
avoir
trop
d'influence
fur
la
Terre,
pour
qu'on
ne
lui
attribuât
pas
beaucoup
d'effets,
Non
nentreprendrons
point
d'en
faire
lénumération
:
Jamais
carriere
plus
libre
ne
s'eft
ouverte
à
l'imagination
;
peut-
[a
3
Si
A
;
:
LA
ee
|
{
être
auf
n'en
eft-il
aucune
où
cetre
faculté
aït
erré
de
plus
de
manieres,
La
Lune
à
été
regardée
comme
exer-
çant
des
actions
très-mulipliées
&-très-variées
fur
tous
les
individus
de
la
Nature:
minéraux,
végétaux,
animaux,
tout
était
foumis
à
fes
influences.
Elles
contribuoient
a
toutes
les
produtions,
à
toutes
les
deftructions,
&
agif-
-foient
différemment
füivanc.
les
différentes
phâles.
.
.
porter
toutes.ces
folies,
ce
feroic
abufer
de
la
patience
des
Lecteurs
;
iL
n'en
eff
point
qui
ne
les
ait
entendues
cent
fois,
ainft
que
Les
chimeres.
fr
ience
des
no
fi
ignes
ca
zodiaque.
:
:
|
:
-Nousne
Se
pas
nier
on
que
a
Rose
à
n'a
‘gi
ile
réellement.
&
phyfiqueme:
rt
fur
notre
atmofphere,
&
par
elle
fur
Pérat
des
différens
individus
de
notre
globe,
Le
Phyfcien,
rebuté
par
les
prèj
ugés,
les
vifions,
Les
erreurs
populaires
,
dédaigne
trop
fouvent
des
….
mal
faices
fans
doute,
mais
qu
xl
faudroit.
vérifier
avant
de
les
rejeuer,
L'œil
de
l'ignorance
ne
peut
ni
Les
faifir
dans
leur
véritable
point
de
vue
,
ni
diffinguer
tour
ce
qu'il
convien-
droit
d'y
tenarquers
&
l'œil
de
”
Îcience
s
$
dérourne
wop
précipranment.
-
and
GE
GERS
DU
MON
DE
…
127
Si
ta
Lune
contribue
aux
marées,
elle
produit
nécefai-
rement
des
effets
analogues
fur
notre
atmofphere
;
fon
ac-
tion
fur
nos
mers
ne
s'opere
que
par
fes
impreflions
fur
cet
océan
d'air
qui
nous
entoure,
s'il
eft
permis
de
fe
fervir
de
ce
terme:
elle
@it
donc
y
produire
des
mouvemens
fem-
blables
à
ceux
que,
dans
les
vaftes
baflins
des
eaux,
nous
_appellons
marées.
Il
doic
en
réfulter
des
vents
qui
ne
peu-
vent
être
attribués
qu'a
cetre
caufe.
Ces
vents
peuvent
&
doivent
produire
des
aétions
fur
tous
les
corps
;
mais
ces
va-
riations
de
l'atmofphere
,
qu'il
faudroit
rapporter
à
la
Lune,
font
modifiées
par
tant
d’autres
caufes;
elles
font
fi
combi-
nées,
fi
compliquées,
qu'il
eft
bien
difficile,
sil
n'eft
même
npofñlible,
d'y
diftinguer
les
effets
propres
&
particuliers
à
la
Lune.
Cependant
le
Doeur
Mead,
Médecin
Anglois,
d'un
mérite
très-reconnu
,
a
tenté
cette
entreprife
fi
délicate
&
fi
épineufe
;
ce
Savant
a
donné
un
Ouvrage
intitulé,
De
‘2mperio
Solis
ac
Lunæ
in
corpore
humano.
Ce
Traité
eft
rem
pli
d'érudition
&
de
vues
très-faines;
il
eft
infiniment
à
de-
fier
que
les
Phyficiens
&
les
Médecins
raffemblent,
fur
cetté
importante
matiere,
des
obfervations
qui
ferviroient
peut-être
un
jour
à
en
déduire
une
théorie
certaine,
&
qui
alors
feroit
très-importante.
Nous
avons
jufqu'ici
confidéré
la
Lune
en
Aftronomes,
enPhyfciens,
en
Chronologiftes
:
délaffons-nous
un
inftant
de
ces
recherches
laborieufes;
elles
exigent
une
contention
d'efprit
qui
devient
toujours
fatisuante
,
lorfqu'elle
eft
con:
tinue
&
prolongée.
Que
jamais
nos
études,
même
fes
plus
profondes,
m'alterent
cette
difpofition
précieufe
de
notre
âme,
qui
nous
invite
fouvent
à
planer
fur
Les
objets
agréae
PANETTIERE
OUT
FT
PL
RS
ln
D
R
-
TE
PQ
PILOT
RU
TE
VE
rm
em
res
SH
es,
SPERYOSSE
OU:
È
:
ee
;
£
;
:
REX
bles
,
fans
en
rechercher
la
nature.
Laiflons-nous
entrainer
quelquefois
par
cette
imagination
vive
&légerequi,
fuyant.
toute
gène,
ennemie
de
toute
marche
rigide
,
ne
s'arrête
que
far
ce
qui
lui
plate,
&ny
cherche
d'autre
propriété
que
celle
de
lui
plaire;
qui,
même
dans
fes
égaremeñé$
multipliant
pour
nous
les
douces
illufons,
ces
charmes
Les
plus
nombreux
&
les
plus
certains
de
notre
vie,
n'aime
qu'à
jouir
fans
peine
de
ce
quelle
peut
quitter
fans
regret.
N'étouffons
jamais
cette
heureufe
&
naturelle
facilité
de
l’efprit
qui
feule
peut
ré-
parer
fes
forces
que
détruiroit
bientôt
une
contention
lon-
gue
&
conftante.
Imitons
la
Nature
en
l'étudiant.
Voyez
comment
elle
fait
varier
&
mêler
fes
effets
at
milieu
des
tableaux
les
plus
majeftueux,
au
milieumême
de
cestableaux
fombres
&
terribles
qu'elle
fe
plaît
quelquefois
à
crayonner,
coujours
des
beautés
d'un
genré
agréable
fixent
&
char-
ment
nos
regards.
Ces
monts
audacieux,
que
couronnent
des
rochers
menaçans
,
offrent
au
voyageur
qui
ofera
sé.
lever
jufqu'à
leurs
fommets,
&
des
vues
délicieufes,
&
des
lits
de
la
plus
riante
verdure
;
c'eft
là
que
la
Nature
l'invite
à
fe
répofer.
Sufpendons,
comme
lui,
notre
marche
labo-
rieufe
:
en
arrachant
les
ronces
&les
é
épines
de
l'ignorance,
cueillons
les
fleurs
qui
doivent
être
le
prix
de
nos
travaux.
Malheur
au
Savant
qui
ne
facrifie
jamais
aux
Grâces
!
Duf.
.
fent-elles
être
toujours
fourdes
à
notre
voix,
nous
les’
in=
voquerons
toujours:
c'eft
d'elles
feules
que
nous
pouvons
obtenir
le
don
de
plaire.
Efpérer
cette
faveur,
c'eft
le
plus
ee
encouragement
que
nous
puiffions
recevoir.
-
Mais
pourquoi
ces
repos,
que
des
Lecteurs
trop
fève:
res.
appélleronc
peut-être
des
écarts,
nous
feroie
=.
Das
Der
Mince
Me
fc
Cab
ira
er
ere
du
21
DA
À
cr
ae
D
vont
MT
Pr
LE
die
SR
OC
27
br
A4
1
Dr
fa
LA
ed
d
TIRE
IENENT
PAC
PONT
TPTAIE
LE
à.
E
F4
È
à
À
D
pu
Monpr.
129
interdits
:
Ce
n'eft
point
une
differtation
fcientifique
que
nous
écrivons
ici.
Faudroit-il
le
répéter
encore?
nous
de-
firons
écarter
de
notre
Ouvrage
cette
forme
aride
&
fafti-
dieufe
qui
cara@érife
trop
fouvent
les
Livres
qui
traitent
des
Sciences
:
que
ne
nous
eft-il
pofible
de
couvrir
de
fleurs
le
chemin
qui
conduit
à
leur
fan@tuaire!
Nous
invitons
nos
Lecteurs
à
confidérer
avec
nous
la
Nature;
mais
en
l'ob-
fervant,
en
cherchant
à
pénétrer
fes
fecrets
même
les
plus
cachés,
parcourons-la
toujours
comme
un
jardin
délicieux,
&
non
comme
les
fombres
détours
d'une
caverne
profonde
;
jouiflons
de
toutes
les
beautés
de
détail
qu'elle
nous
pré-
fente,
en
admirant
leur
majeftueux
enfemble
;
foyons
atten-
tifs
à
ne
négliger
aucune
de
celles
qui
fe
trouveront
fur
notre
route:
ceft
ainfi
que
nous
nous
dédommagerons
des
€nnuis
qui
en
feront
quelquefois
inféparables.
.
Semblables
au
chafleur
excédé
de
fatigue
,
qui
S'arrête
&
cherche
un
doux
repos
au
pied
d'un
chêne
touffu,
repofons-
nous
un
inftant
au
clair
de
la
Lune,
telle
quelle
fe
montre
far
le
foir
d'un
beau
jour
d'été,
lorfque
nos
yeux
n’ap-
perçoivent
plus
que
ces
teintes
douces
&
affoiblies
)
qua
fi
bien
imité
le
pinceau
de
immortel
Vernet
:
délaflons
notre
efprit
des
fatigues
qu'il
a
dû
éprouver
dans
les
routes
pénibles
qu'il
vienc
de
parcourir
,
il
fera
plus
en
état
d'en
entreprendre
de
nouvelles
vers
lefquelles
if
fe
portera
bien-
tÔt
de
lui-même.
ie
=
ne.
Le
Soleil
seft
plongé
fous
l'horifon
:
un
autre
hémif-
phère
jouit
de
fa
lumiere
,
il
recoit
d'elle
le
principe
de
la
chaleur
ee
de
la
vie.
Confolons-nous
de
fon
abfence,
en.
confidérant
les
avantages
qui
en
réfulcent.
Si
cette
ation
Tome
TI
|
-
—
Den
OUPS
A
PESTE
MCE
AR
AE
130
|
PHYSIQUE
puiflante
qu'il
exerce
fur
tous
les
êtres
éroit
continue
;
fi
des
ardeurs
trop
vives
excitoient
toujours
en
eux
une
circula-
tion
rapide
qu'accompagne
néceflairement
une
trop
grande
tranfpiration
,
biencôr
les
fluides
épaiflis,
ou
diflipés,
ne
fufi-
roient
plus
pour
abreuver
&
pour
adoucir
les
parties
élafti-
ques
&
folides
de
ces
êtres
;
la
Terre
elle-même,
aride
&.
defféchée,
ne
pourroit
plus
réparer
ces
pertes
conti-
nuelles
;
les
tiflus
élaftiques
perdroient
leurs
reflorts,
les
folides
acquerroïent
une
dureté,
une
rigidité
exceflives
;
ils
deviendroient
imperméables;
rien
ne
feroit
nourri,
rien
ne
feroit
réparé,
routes
les
fonétions
cefféroient
dans
tous
les
êtres
organifés.
C'eft
ainfi
que
la
vieillefe
ofifiant
nos
muf-
cles
&
nos
cartilages,
amene
cet
inftant
fatal,
terme
de
nos
peines
&
de
nos
plaifirs.
Ce
font
Les
viciflitudes
du
froid
&
du
chaud,
qui
maintiennent
l'action
de
la
vie
.
&
celle
des
reflorts
dans
le
jeu
defquels
elle
confifte;
alrernativement
rendus
&
relichés,
ils
confervent
leur
énergie
par
cet
ufage
continuel
&
varié
de
leurs
forces.
C’eft
pour
entre-
tenir
cette
perpétuelle
ation
de
la
vie,
pour
que
tous
les
|
points
de
la
furface
de
notre
Terre
y
participent
fucceffi-
vement
,
que
ce
globe,
en
tournant
fur
lui-même,
préfente
à
chaque
inftant
un
nouvel
hémifphere
au
Soleil.
Sa
pré=
fence
eft
le
tems
du
travail
de
la
Nature
fur
La
partie
qu'il.
éclaire;
c'eft
pour
l'abandonner
au
repos
qu'il
s'en
éloigne:
qu'il
nous
a
préparés,
il
femble
alors
nous
inviter
à
jouir
plus
paifiblement
des
biens.
e
.
Déjà
Vénus,
fous
le
nom
de
l'étoile
du
foir,
nous
avertit.
de
cefler
de
pénibles
occupations
5
entre
leur
fatigue,
&.
le
repos
abfolu
;
entre
les
peines
du
jour,
&
ce
fommeil,
=
=
à
ë
È
Ê
Ë
À
EF
pe
me
TN
SC
NT
TEE
Per
TRE
Rent
Rss
ET
RES
RE
Corus
DU
Monpr.
13X
emblème
de
la
mort,
&
qui
en
eft
une
fi
douce
i
image
,
qu
+
foit
un
tems
pour
tes
plaifirs.
Qué
les
triftes
foucis
,
que
Les
foins
1
inquiets
fuyent
loin
de
nous,
comme
ces
nuages
form=
bres
qui
s'enfoncent
fous
l’horifon
&
quiémportent
avec
eux.
Lorage
caché
dans
leurs
flancs.
be
douce
fraîcheur
fe
ré-
pand
dans
notre
atmofphere
,
elle
calme
&
répare
nos
fens
trop
agités.
Les
vapeurs
quavoient
élévé
les
ardeurs
du
Soleil,
retombent
fur
nos
ie
-
elles
raniment
nos
fleurs
languiffances
&
penchées,
elles
réparent
leurs
parfums
difi-
pés:
déjà
leurs
douces
odeurs
fe
rafflemblenr
&
fe
confon-
dent
autour
de
nous
;
nos
gazons
fe
couvrent
de
ces
perles
que
changeront
en
donnee
les
premiers
regards
de
lAu-
rore.
La
En
en
fon
plein,
éclairé
la
beauté
fans
ternir
fon
éclat
;.
2
vers
elle
que
fà
foible:
lamiére
guide
n0S
pas
fans
éblouir
nos
veux
;
lle:
Fenveloppe
avec
nous
d'une
gaze
lègere
qui
raflêres
la
plus
timide
pudeur
fans
rien
ravir
Æh
volupté.
L'ombre
de
nos
bofquets,
que
perçoient
il
n'y
a
qu'un
inftant
les
rayons
du
Soleil,
s'épaiflit,
&
deviene
impénétrable
:
à
ceux
de
H
Euné;
cet
œil
de
Lx
Nuie
ref
pecte
des
myfterés
que
la
lumiere
ne
doit
j
jamais
éclairer
:
læ
Keine.
du
Si
tnce
le
prefcrit
À
rous
Les
êtres,
il
s'étend
aux:
tour
de
nous.
Le:
rofhgnol
&
la
fauvette
font
feuls:
entendre
leurs
accents
en
chantant
leurs
amours
;
;
äls
femblent
&
être
les»
feuls
i
interprètes
de
la
Nature;
c'eft
par
leur
tendre
mélodié
qu'elle
diéte
fes
plus
douces
loix;
ils
invitent
aw
bonheur,
out,
fe
taîc
pour
Les
écouter
;
mais
ce
n'eft
qu'à
eux
qu'il
ef
permis
de
chanter
de
fi:
doux.
inftans.
HE
et
pour
nous
un
bon
heur
que
lombre
&
:
le
fi
ilence
da
OÏVENt
TOO
:
enveloppers
Se
qu'ilne
nouseft
:
ouvoir
décris
,
;qu'affoiblife
RÉ
OP
AN
Re
RON
DA
VS
men
ee
cree
vas
a
eme
US
cie
tes
een
EE
ES
éd
OU
132
By
s
re
vire
fent
&
fétriffent
même
les
expreflions
Les
plus
vives
lorfque
le
moment
qui
feul
peut
leur
donner
&
leur
force
&
leur.
prix
seft
éloigné
de
nous
:
Se
à
l'inftant
qui
fuccede
à
ces
délices.
:
En
attendant
que
l'étoile
du
matin
vienne
arracher
lAu-
rore
des
bras
de
Tichon,
&
rappeller
les
mortels
aux
tra-
vaux
champêtres,
ou
au
tumulte
des
villes,
plus
fatiguant:
encore
,
qu'il
ne
foit
pas
un
inftant
perdu
pour
nos
plaïfirss:
cohrempléns
cet
aftre
bienfaifant.
Quelle
loi
lui
prefcrit
de:
nous.
éclairer
fans
nous
éblouir,
de
ne
nous
ie
que:
cette.
douce
lumiere,
auffi
favorable
à
au
ES
de
aux
ee
fances
les.
plus
de
.
a
—
Nous
avons
vu
que
le
dlametre.
&
É
Tune
n'éft
que
es
781
lieues
,
tandis
que
celui
du
Soleil
eft
de
305,918:
&
que
par
conféquent
le
difque
de
cet
aftre
eft
150,000
fois
plus
orand
que
celui
dé la
Lune
:
ce
difque
doit
donc
ré-
fléchir
beaucoup
moins
de
rayons
que
le
Soleil
ne
nous
en.
envoie
;
ces
rayons
ont
divergé
en
venant
du
Soleil
à
la:
Lune.
Nos
flambeaux
n
claires
point
à
cent
pieds.
autant:
qu'à
dix
;
il
en
eft
de
même
du
flambeau
du
monde
:
{a
lu-
miere
du
Soleil
‘reçue
en
petite
quantité
fur
uf
difque
très
étroit,
&
treize
fois
&
demi
plus
petit.
que
celui
de
la
Terre,
de
encore
en
venant
de
la
Lune
à
nos
re
;
che
doit
donc
perdre
encore!
de
fa
force.
ee
Nous
manticiperons
point
ici
fur
ce
que
nous
avons
À
ide
:
de
la
lumiere
5
nous
ne
nous
permetrons
que
des
réflexions
fimples,
naturelles
&
à
la
portée
de
tous
nos
Lecteurs.
Tous:
favent
que
la
lumiere
s'affoiblitens
‘éloignant
defa
fource
;
5.
gun
pese
corps
en
réfléchit
moins
qu'un
grand
&
quel.
DU
MONDE.
133
lumiere
réfléchie
eft
moins
vive
que
la
lumiere
directe.
Nous
avons
vu
que
la
furface
de
la
Lune
étoit
hériffée
de
mon-
tagnes
,
d'afpérités
;
que
de
grandes
taches
y
abforboient
la
ne
:
ces
montagnes,
ces
afpérités
,
réfléchiffant
la
lu-
miere
fous
une
multitude
d'angles
différens,
doivent
donc
encore
éparpiller
fes
rayons,
f
lon
peut
Le
fervir
de
ce
terme
;
tous
ne
doivent
pas
+
leur
direétion
vers
nous:
ces
grandes
taches
obfcures
ne
nous
en
renvoient
point;
nous
commençons
donc
à
concevoir
que
cette
lumiere
peut:
ne
point
produire
de
chaleur
fur
notre
globe.
Si
les.
rayons
du
Soleil
,
lorfqu'il
eft
le
plus
près
de
nous,
au
mois
de
Décembre
,
ne
produifent
qu'une
chaleur
très
médiocre
,
uniquement
parce
qu'ils
font
moins
directs
,
que
font
en-
core
en
comparaifon
ceux
de
la
Lune
?
Nous
ne
ferons
donc
point
HR
que
les
verres
ardens
les
plus
forts
ne:
puiflent
donner
à
la
lumiere
de
la
Lune
la
force
de
faire.
monter
la
liqueur
de
nos
thermometres
d’une
maniere
fenfi--
ble.
Nous
verrons
bientôt
que
cette
lumiere
a
trois.cent-mille
fois
moins.
d'intenfité
que
celle
du
Soleil
;
il
faudroit
donc,
pour.
qu'e
elle
produisit
un
effet
égal,
que
nos
miroirs
aug
mentaflent
trois-cent-mille
fois
.
.
Nous.
combien
il
s'en
faut
que
ces
inftrumens
foient
pores
à
ce
point
de
perfe&tion.
Nous
ne
devons
donc
pas
être
éton-.
nés
que
la
Lune
ne
produife
aucune
chaleur
fenfible
far
la
Te
erre:
nous
difons
aucune
chaleur
fenfible,
car
il
ne
faut
pas
croire
qu'elle
n’en
produife
point
du
tout
;
mais
nos.
chermometres
font
bien
loin
du
degré
de
présien,
er
faire
pour
indiquer
de
fi
foibles
chers.
-
ee
o
.
Si
notre
échelle
del
chaleur
doit
di
en
plus
de
134
EN
Tr
S
20
GE
vingt-millions
de
parties
pour
exprimer
la
oradation
de
Derenfiré
de
{a
chaleur
dans
les
différens
corps
téleftes
de
notre
fyftème
folaire
:
quelle
divifion
feroit
doncnéceffai.
re,
pour
pouvoir
repréfenter
aux
yeux,
d’une
maniere
fen-
fible
,
tous
ces
degrés
(#1)2.
La
chaleur
de
la
Lune
peut
donc
être
ble
dans
l'échelle
phyfique
de
la
Nature,
quoiqu’elle
foit
infinimenc
loin
encore
de
pouvoir
être
faififfable
fur
nos
échelles
mé-
chaniques
&
groflieres.
Si
Mercure
&
Saturne
ont
des
babitans,
fi
ces
habitans
ont
des
thermometres
,
ceux
de
Mercure
feroient
toujours
gelés
à
l'ardeur
la
plus
vive
de
notre
Soleil,
+
ceux
de
Saturne
feroient
réduits
en
vapeur
par
la
er
du
Spitsberg
:
mais
les
fluides
fans
doute
y
font
expanfibles
ou
condenfables,
en
raïfon
des
tempéra-
tures
pour
lefquelles
ils
ont
Êté
de
Tout
eft
fait
pour
les
rapports
qu'il
doit
avoir,
tout
eft
placé
fuivant
fa
na-
ture
&
fes
propriétés,
C'eft
fur
la
ligne
qui
s'étend
de
la
furface
.
Soleil
aux
limites
de
fon
empire
,
qu'eft
tracée
l'échelle
des
effets
de
.
cet
aftre.
L'être
intelligent
qu'on
fappoferoic
placé
à
à
cha
cune
des
divifions
.
cette
chele
»
Pourroït
en
mefurer
«
Ca)
Nous
nous
oi
de
.
La
ft
dé
cet
oe
r,
une
échelle
de
-
corps.
planétai-
:
&.rapportées
à
la
température
moyenne
de
la
Terré;
ou
PRISE
à
A
caves
de
FOR
vrage,
&
lorfque
nous
parlerons
de
la
chale:
r
toutes
fes
différentes.
intenfités.
fur
les
diff
res
,
exprimées
en
grand
nombre
a
ve
OR
RNORTNOTI
TIC
TT
PT
AE
AE
b6
MONDE.
1
phyfiquement
&
méchaniquement
tout
ce
qui
fufiroit
à
fa
nature
&
à
fes
befoins.
C'eft
affez
que
notre
entendement
ait
la
noble
faculté
de
parcourir
tout
le
refte
de
l'échelle
-
d'en
concevoir
les
divifions,
de
s'élever
jufqu'au
principe
qui
les
détermine
,
jufqu'à
la
loi
qui
les
régit.
|
Il
ne
nous
à
pas
été
donné
de
réduire
la
chaleur
à
fes
véritables
degrés
phyfiques
s
les
divifions
arbitraires
de
nos
thermometres
préfentent
comme
des
unités
des
millions
de
degrés.
C'eft
ainfi
qu'il
ne
nous
a
pas
été
accordé
de
ré-
duire
avec
nos
inftrumens
tranchans
la
matiere
à
fes
parties
conftituantes
élémentaires.
Nous
ne
confidérons
affurément
pas
les
parcelles
infécables
à
ces
inftrumens,
comme
des
molécules
primitives
:
concevons
de
même
nos
divifions
de
la
chaleur.
.
se
|
Nous
penfons
donc
que
la
chaleur
de
la
Lune,
quoi-
qu'elle
ne
produife
point
d'effets
fenfbles
fur
notre
globe,
en
produit
cependant
de
réels.
Peut-être
un
effet
fembla-
ble
eft-il
de
quelque
utilité
à
Jupicer,
qui
a
quatre
Lu-
nes
;
à
Saturne
qui
en
a
cinq,
&
un
anneau
qui
équivaut
à
plufieurs
Lunes,
tant
par
fa
largeur,
que
par
fa
proxi-
mité
de
la
planete
:
les
diftances
énormes
où
ces
aftres
font
du
Soleil
femblent
léur
rendre
ces
fecours
néceflaires.
__
Nous
avouons
cependant
qu'il
nous
eft
difficile
de
nous
faire
une
idée
jufte
des
effets
de
cette
addirion
de
cha-
le
|
fur
ces
planetes
;
elle
doit
fe
confondre
dans
leur
froid
excefff£
,
Comme
la
chaleur
de
notre
Lune
fe
con
fond
&
refte
infenfible
dans
notre
température.
Elle
.
feulement
être
quatre
fois-
plus
grande
fur
Jupiter
,
&
plufieurs
a
-
pu
il
x
4
il
#
RE
+14
41
re
in
Fe
à
4:
1
x
NE
à
;
126
PHYSIQUE
Lunes,
dont
nous
ne
connoiffons
ni
les
diametres
,
ni
l'e-
rat
de
leur
furface,
réféchifent-
elles
plus
de
lumiere
:
mais
nous
connoiflons
fi
peu
la
phyfique
de
la
chaleur
fur
notre
globe,
que
nous
ne
devons
pas
être
furpris
de
n'en
pouvoir
pénétrer
les
phénomenes
fur
Jupiter
&
fur
Saturne,
Quels
que
foient
donc
les
effets
que
produifent
fur
eux
leurs
Lunes
ou
Satellites,
arrètons-nous
un
inftant
à
con-
fidérer
ces
planetes
fecondaires
,
&
parcourons.
fommai-
rement
Le
peu
de
connoiffances
que
nous
avons
pu
acqué-
rir
fur
ces
aftres.
|
|
Nous
croyons
ne
pouvoir
nous
difpenfer
,
avant
de
quit-
ter
la
Lune,
de
dire
un
mot
d'une
période
Luni-folaire
(x),
bien
fameufe
dans
l'antiquité
la
plus
reculée
,
&
très-anté-
rieurement
au
déluge.
Son
rapport
avec
les
révolutions
de
la
Lune
marque
fafifamment
ici
fa
place.
*
Cette
période
fut
perdue
pendant
bien
des
fiecles
:
fa
jufteffe
au
moins
furméconnue
chez
les
Nations
mêmes
où
-
(7)
Une
période
aftronomique
,
‘quand
il
s’agit
d’un
aître
{eul
,
eft
le
tems
qu’il
emploie
à
parcourir
le
cercle
qu'il
décrit
:
quand
il
s’agit
de
plufieurs
aftres
,
la
période
de
leurs
mouvemens
combinés
eft
le
tems
qui
s'écoule
depuis
qu'ils
font
tous
partis
du
même
point
;
ou
de
certains
afpeéts
.
jufqu’à
ce
qu'ils
reviennent
au
même
point,
ou
aux
mêmes
afpeéts.
On
voit.
que
cette
efpece
de
période
doit
comprendre
exattement
un
nombre
de
révolutions
gomplettes
de
chacun
de
ces
aftres.
La
grande
année
de
600
ans
étoit
une
période
de
ce
genre;
car
les
Anciens
appelloient
année,
-
une
révolution
quelconque
,
foit
d’une
ou
de
plufeurs
planetes.
Ils
appelloient
grande
année
,
celle
qui
embrafoit
un
plus
grand
intervalle
de
tems.
Hift,
de
l'Aftr,
Anc.
par
M,
Bailly
3
p
66,
SE
DU
M0
N
D
Er:
137
elle
avait
été
employée,
&
par
toutes
celles
qui
ont
cul-
tivé
l’Aftronomie
jufqu'à
nos
jours.
Z/
nous
a
fallu
,
com-
me
fa
remarqué
M.
de
Maïran,
deux
ou
trois-mille
ans
pour
en
fentir
route
l'excellence.
Combien
de
tems
auroit-il
donc
fallu
pour
la
déterminer
(0)
:
Nous
renvoyons
à
l'Hiftoire
de
l'ancienne
Aftronomie
-
par
M
Bailly
5
c'eft
dans
cet
Ouvrage,
plein
de
génie
»
quon
lira
avec
le
plus
erand
intérêt
l'hiftoire
de
cette
période
,
&
les
très-judicieufes
réflexions
de
l’Auteur
fur
(o)
La
grande
année
Sorhique
ou
caniculaire
des
Egyptiens
,
qui
étoit
de
1440
ans
|,
&
dont
l’époque
remontoit
à
plus
de
1300
ans
avant
Jéfus-Chrift
;
leur
grande
révolution
co/nique
de
36,525
ans,
&
les
dix-neuf
fiecles
d’obfervations
céleftes,
que
les
Chaldéens
produifirent
à
Califfhene
,
{elon
Porpkyre,
lorfqu”
4/6
#andre
e
rendit
maître
de
Babylone
,
fourniroient
peut-être
une
prélomption
moins
avantageufe
en
leur
faveur
;
mais
mieux
fon-
dée.
Ne
prenons
cependant
de
tour
ce.que
je
viens
de
dire,
qu’un
réfultat
général
:
ajoutons-y
les
anciennes
obfervations
de
la
Chine
;
&
ne
perdons
point
de
vue
le
long
intervalle
de
tems
qui
a
dû
fe
trou-
ver
entre
les
nouveaux
habitans
d’un
pays
éloigné
de
près
de
1000
lieues
de
celui
d'Adam
&
de
Noé,
entre
de
premiers
hommes
igno=-
fans,
uniquement
occupés
À
fe
procurer
les
plus
preflans
befoins
de
la
vie,
à
fe
garantir
des
injures
de
l'air,
&
à
fe
munir
contre
des
attaques
de
leurs
femblables,
préfens
ou
futurs,
&
des
bêtes:
froces,
d'avec
les
hommes
qui
jettent
les
premiers
fondemens
de
SAS
e
1
e
£
+
e
°
TVAftronomie
,
tout
Occupés
à
inventer
&
à
tracer
mille
cercles
in-
Vifbles
dans
le
Ciel,
mille
points
fixes,
ou
mobiles,
Nous
conclu-
rons
fi
Je
ne
me
trompe,
que
le
Monde
devoit
être
déjà
bien
avan-
cé;
Quand
on
y
a
trouvé
des
périodes
Luni-folaires,
des
calculs
d'éclipfes,
&
des
conjonétions
de
planetes,
Voyez
M.
de
Mairan
,
Lettres
au
P.
Parennin,
Tome
LL
——
|
s
138
PuvrSRouUsz
l'antiquité
des
obfervations
d’où
on
l’avoit
déduite.
Nous
remarquerons
feulement que
les
mêmes
nations
qui
avoient
calculé
cette
période
,
avoient
aufli
la
connoiïflance
de
la
diminution
de
l’obliquicé
de
lécliptique.
Autre
phénome-
ne
dont
la
découverte
exige
des
obfervations
encore
plus
longues
,
puifque
les
deux
ou
trois-mille
ans
qui
ont
fu
pour
vérifier
la
période
antidiluvienne
ont
à
peine
fuf
pour
fire
admettre
la
diminution
de
lobliquicé
de
l'écliptique.
Nous
reviendrons
à
cette
matiere
importante
:
NOUS
allons
nous
borner
à
faire
connoître
certe
période,
que
M.
Caflni,
fon
reftaurateur
,
trouva
digne
de
porter
le
nom
de
Louis
le
Grand.
Elle
renferme
600
ans
de
365
jours
s
heures
$i',
361
ce
qui
donne
219,146
jours
&
demi
:
or
dans
ce
nombre
de
219,146
jours
&
demi,
la
lune
fait
742
1
réVo-
lutions
;
ce
qui
compofe
7421
mois
lunaires
de
29
jours
12
heures,
44,
37,
&
qui
ne
différent
par
conféquent
que
d'une
feconde
du
mois
lunaire,
tel
qu'on
l'établit
aujour-
d'hui.
Il
réfulte
donc
de
ce
calcul
,
que
dans
l'efpace
de
600
ans,
en
partant
d'une
conjonction
de
la
Lune
avec
le
Soleil,
cette
planete
fe
retrouvera
encore
en
conjonction
avec
cet
aftre,
&
dans
le
même
point
du
ciel.
Il
eft
aile
de
remarquer
que,
pour
que
cette
période
foit
rigoureu-
fement
jufte,
il
faut
fuppofer
le
mois
lunaire,
ou
la
révo-
lution
fynodique
de
la
Lune
de
29
jours,
12
heures
44,
34
;
maisce
mois
n'étant
cffeétivement
que
de
29
jours,
12
heures
44!
27,
il
en
réfuite
qu'au
bout
des
600
ans,
on
aura
28
heures,
33
ç”
detrop.
Les
Patriarches
,
qui,
felon
Jofeph,
employoient
cette
période,
avoient
donc
déjà
dé-
cerminé
l'année
folaire
avec
une
grande
précifion,
pui
mi
D
Ü
M0
N
D
E,
139
qu'ils
faifoient
leur
année
de
365
jours,
$
heures,
51”,
36;
ce
qui
ne
différe
que
de
2°,
$o”
;
de
notre
année
détermi-
née
avec
la
plus
grande
exactitude.
Ils
avoient
également
déterminé
le
mois
lunaire
à
une
feconde
près:
précifion
incroyable
pour
des
cems
auffi
rapprochés
de
{a
naïffance
du
monde
!
Mais
cette
différence
d’une
feconde
fur
notre
mois
lu-
naire
,
&
de
deux
minutes
cinquante
fecondes
&
demie
fur
Fe
telle
que
nous
la
déterminons
aujourd’hui,
doit-
elle
être
regardée
comme
une
erreur
de
ces
anciens
in
nomes
?
Pouvons
nous
en
déduire
que
leurs
obfervations
éroïent
moins
exactes
que
Les
nôtres?
La
révolution
du
So-
{eil
n'étoit-elle
pas
alors
plus
longue
qu’elle
ne
left
aujour-
d'hui?
M.
Bailly
penfe
«
que
l’on
peur
admettre
comme
une
»
conjecture
que
les
probabilités
autorifent,
que
la
révo-
_
»
lution
du
Soleil
a
dû
être
plus
longue
ds
qu'elle
ne
»
left
aujourd'hui.
Nous.
ne
favons
point
poñtivement
,
»
ajoûte-t-il,
fi
les
révolutions
des
aftres
font
fufceptibles
:
»
d'altération
;
mais
fi
elles
font
foumifes
2
à
due
chan-
»
gement
qui
ne
foit
pas
périodique
,
ce
ne
peut
être
qu'une
»
düninution
de
leur
durée
{
P)».
À
quel
pot
de
perfec-
tion
l’Aftronomie
s'étoit-elle
donc
déjà
élévée
dans
ces
pre-
-muers
cems
>
Comment
ces
premieres
générations
d’un
pere
à
qui
Dieu
avoit
abandonné
une
terre
maudite
pour
la
cultiver
à
.
de
fon
front,
étoient-elles
paresse
a
k
p)
Hift.
de
l
Aftronomie
Ancienne
,
p.
314
M.
Bailly
ÿ
préfente
auf
Paccélération
fuppofée
du
mouvement
de
la
Lune
somme
moyen
de
jufifier
cette
période,
:
:
.
UT
à
ch
éd
RS
SU
LS
T40
PÉrSTOUTE
connoïre
fi
parfaitement
le
Ciel?
«
Je
n'ignore
pas,
dit
»
M.
de
Maïran
au
Pere
Parennin
,
ce
que
de
favans
»
hommes,
frappés
de
ce
progrès
rapide
des
arts
&
des
»
fciences
dans
l’enfance
du
Monde,
en
ont
penfé,
&ce
»
qu'ils
onc
répondu
aux
argumens
qu'on
Een
pouvoit
tirer
»
pour
l'antiquité
du
Monde,
que,
felon
toute
apparence,
»
Dieu
avoit
appris
ou
révélé
à
notre
prernier
pere,
&
»
par
lui
à
fes
defcendans
,
les
arts
&
les
fciences
les
plus
»
néceflaires
à
la
vie
5
maïs
cette
réponfe
qui
peut
être
»
excellente
pour
nous,
ne
le
feroit
pas
fans
doute
pour
»
les
Chinois
».
M.
de
Maïran
ajoûre
enfuite
des
obfer-
vations
qui
paroiflent
nous
enlever
la
reflource
que
nous
trouverions
dans
cette
fuppofition.
…
Celle
que
nous
préfence
'Hiftorien
des
Juifs
ne
paroït
‘pas
fuffante
pour
réfoudre
le
problème.
Jofeph
nous
dit
que
Dieu
prolongeoïit
jufqu'à
mille
ans
la
vie
des
anciens
Patriarches
antidiluviens,
&
qu'il
leur
accordoit
ces
mille
ans
de
vie,
tant
à
caufe
de
leur
vertu
,
que
pour
leur
donner
le
moyen
de
perfectionner
les
fciences
de
la
Géomé-
trie
&
de
l’Aftronomie
qu'ils
avoient
trouvées
;
ce
qu'ils
n’auroient
pu
faire,
ajoûre-t-il,
s'ils
avoient
vécu
moins
de
6oo
ans,
parce
que
ce
neft
qu'après
la
révolution
de
fx
fiecles
que
s’accomplit
la
grande
année
(9).
Notre
refpe&
pour
les
Livres
Saints
ne
nous
permet
Philefophie
doit
fe
taire,
lorfque
les
oracles
de
la
Religion
fe
:
ont
entendre.
Si
quelques
Philofophes
fe
font
permis
de
ne
confidérer
|
pas
de
traiter
cette
grande
queftion
:
Î
à
Phil
(4)
V.
Jofeph
,
Antiquités
Judaïques
LE
=
3
PR
NT
RS
DU
MoNDbEs.
TAI
Adam
comme
le
premier
homme,
que
dans
l’ordre
de
la
_
vocation
feulement,
que
comme
le
premier
pere
des
enfans
de
Dieu;
sil
leur
à
paru
que
l'Ecriture
diftinguoit
fou-
vent
les
enfans
des
hommes,
des
enfans
de
Dieu
;
fi
ces
Philofophes
ont
penfé
que
cette
hypothefe
pouvoit
feule
fe
concilier
avec
l'Hiftoire
Philofophique
du
Monde,
fans
être
contraire
à
celle
de
M
ovfe
s'ils
ont
même
cru
pou-
voir
l'en
déduire
.
1l
nous
ff
que
cette
fuppoñition
,
pu
rement
philofophique,
ait.
été
profcrite
par
l'Eglife
,
pour
la
rejetter
avec
elle,
Ram
eft
pour
nous
le
premier
des
hommes
;
nous
recevons
&
nous
refpectons
l’ordre
des
cé
nérations
depuis
ce
premier
pere
du
genre
humain,
nous
fommes
très-éloïgnés
de.
vouloir
répandre
aucun
nuage
fur
cette
croyance
confacrée
comme
un
des
pe
fon-
damentaux
de
PHiftoire
Saince,
|
Quelqu'infoluble
que
nous
paroïffe
donc,
.
qu'à
M.
|
&
Mairan,
&
à
tant
d'autres
Philofophes
,
le
problème
_
progrès
de
PAftronomie
,
&
de
ceux
dés
autres
fcien-
,
des
autres
arts
qu'elle
exige,
ou
qu'elle
fuppote
,
dans
ds
tems
fi
rapprochés
de
là
naiffance
de
l'homme,
nous
ne
pouvons
que
les
attribuer
aux
travaux,
aux
profondes
recherches
&
aux
obfervations
des
.
d'Adam
>
puif-
qu
Adam
eft
le
premier
homme;
&
nous
ayouons
É.
peine
que
hous
ne
concevons
ni
la
marche
rapide
de
leur
gé-
fie
,
ni
les
moyens
qu
ls
ont
employés
;
ÿ
qu
1els
qu
is
aient
été
,
Dieu
fans
douté
les
leur
avoit
accordés.
Revenons
à
notre
Phyfique.
ee
ee.
Nous
en.
avons
dir
fe
{ar
la
Lune
:
:
confidérons
les
autres
facellites.
—
|
|
142
PATSIQOUE
Des
Sarellites
de
Jupiter
&
de
Saturne.
Nous
venons
de
parler
du
fatellite
de
notre
Terre,
&
nous
avons
vu
de
quelle
utilité
cette
Lune
eft
pour
nous,
Jupiter
eft,
à
cet
égard
à
PCICONE
mieux
traité
que
notre
globe
sil
a
quatre
do
il
paroït
donc
qu
il
ne
doit
point
y
avoir
de
nuits
fombres
fur
Jupiter.
Il
eft
infiniment
rare
que
toutes
ces
Lunes
foient
en
conjonction
à
la
fois
;
&
cette
conjonction
arrivant,
il
faudroit
de
bien
longues
années
pour
quelles
fe
rencontraflent
dans
la
même
Faftons
tant
les
révolutions
de
ces
facellites
font
incommenfurables
entre
elles
(r).
Jupiter
ne
doit
done
jamais
être
plongé
dans
les
cénebres;
fes
habitans,
s'il
en
a,
doivent
jouir
de
nuïts
bien
plus
agréables
que
les
nôtres
(f)
,
puifquelles
font
embellies
par
Le
fpectacle
des
différentes
phases
de
leurs
quatre
Lu-
nes.
Ce
fpeétacte
doit
être
varié
par
des
fumieres
plus
ou
moins
vives,
qui
doivent
dégrader
différemment
Les
coU-
_(r)
Il
ne
faudroit,
à
la
vérité,
que
437
jours,
34
heures,
44
minutes,
pour
que
les
trois
premiers
fatellites,
étant
fuppofés
en
conjonétion
à
un
inftant
donné,
s’y
retrouvaflent
encore,
à
8
mi-
nutes
près
cependant
pour
le
troifieme
;
mais
il
s’en
faudroit
d'un
jour
,
13
heures,
28
minutes,
que
le
quatrieme
n’y
füt,
La
période
de
leur
conjonétion
précife
&
commune
eft
incalculée
,
peut-être
incalculable,
furtout
fi
on
a
égard
à
la
conjonétion
réelle
pour
les
habitans
de
Jupiter,
&
nonà
la
conan
apparente
pour
nous
3
ce
calcul
eft
au
moins
três-indifférent,
—
Cf
)
Les
nuits
de
Jupiter
ne
font
que
de
4
heures,
58
minutes
,
;
puifque
le
tems
de
fa
rotation
fur
lui-même
eft
de
9
heures,
2
5
ie
nutes,
Voyez
Table
Syn:
colonne
XL
Big
S:
:
k:
:
ÿ
po
MON
D
FE.
143
-
-
_eurs,
&
produire
des
reflets
,
des
clairs-obfcurs
très-nuancés.
Les
ombres,
projettées
en
plufieurs
fens,
doivent
encore
faire
naître
des
effets
qui
nous
paroroient
très-bifarres.
-Notre
célebre
Vernet
feroit
bien
étonné,
s'il
voyoit
un
ta-
bleau
d'un
Peintre
de
Jupiter.
La
lumiere
que
Jupiter
recoit
de
fes
Lunes,
paroït
avoir
été
d'autant
plus
néceflaire
à
cette
planete,
que
l'éclar
du
So-
leil
y
eft
bien
moins
vif
que
fur
notre
Terre.
On
fait
que
l'in
renfité
de
la
lumiere
fur
des
points
placés
à
des
diftances
iné-
gales
du
corps
lumineux,
eff
en
raifon
inverfe
du
quarré
de
la
diftance
de
ces
points.
Il
réfulte
de
cette
analogie,
que
la
lumiere
du
Soleil
eft
plus
de
27
fois
moins
vive
fur
Jupiter
que
fur
notre
globe,
en
n'ayant
écard
qu'aux
équa-
teurs
des
deux
planetes
feulement.
Les
jours
les
plus
brillans
de
Jupiter
feroient
donc
pour
nous
des
jours
bien
doux
;
&
maloré
fes
quatre
Lunes,
fes
nuits
nous
paroîtroient
de
profondes
ténebres.
Mais
qu'en
coûte-t-il
à
la
Nature,
pour
qe
ces
lumieres
foient
pour
les
gens
de
Jupiter
ce
que
fes
.
nôtres
font
pour
nous
?
Une
ire
modification
dans
Îe
globe
de
leurs
yeux.
Sur
notre
nn
même
nexifte-t-il
pas
des
animaux
qui
voient
très
clair
pendant
!
la
auit?
Netirons
donc
pas
de
la
raifon
des
caufes
finales,
celle
de
l'exiftence
de
fes
quatre
Lunes.
Le
Créateur
pouvoir
y
pourvoir
de
tant
d'autres
manieres,
quil
ne
nous
appartient
pas
de
chercher
le
motif
qui
l'a
A
il
a
voulu
ces
Lunes
;
voilà
tout
ce
que
nous
pouvons
en
dire:
il
Les
a
voulues
comme
il
a
voulu
Jupiter
luimême
&
les
autres
globes.
Il
nya
point
ici
de
rapports
phyfiques,
de
loix
méchaniques
à
chercher.
Les
fatellires
dec
certe
planete
»
n'ont
été
ADVERSE
en
=
150
PHTsSstrorez
Si
la
Lune
n'obéifloir
qu'à
la
force
par
laquelle
Le
Soleil
fait
tourner
toutes
les
planetes
autour
de
lui,
la
diftance
moyenne
de
la
Lune
au
Soleil
étant
la
même
que
celle
de
la
Terre
au
Soleil,
la
viteffe
horaire
de
la
Lune
dans
l’ef-
pace
abfolu
feroit
Be
même
de
celle
de
la
Terre,
c'eft-à-
dire
de
23,531
lieues
;
mais
il
s'en
faur
bien
que
ce
Lo
[à
[a
vireffe
de
la
Lune!
Il
eft
démontré
qu
"elle
marche
beaucoup
plus
vite,
puifqu
elle
décrit
une
courbe
à
triple
courbure
au-
tour
de
la
voie
de
la
Terre,
tandis
que
cette
derniere
planete
avance
dans
fa
diretion.
Si
l'on
fe
rappelle
la
comparaifon
du
vaifleau
&
de
la
chaloupe,
page
95,
on
fe
reflouviendra
auffi
que
la
chaloupe
marche
aflurément
plus
vite
que
le
vaiffeau
;
la
Lune
fair
donc
plus
de
23,531
lieues
par
heure.
D'où
lui
vient
donc
cette
force
nouvelle
qui
accroît
fa
vi-
tefle?
Il
eft
évident
qu'elle
ne
peut
recevoir
de
nouvelle
action
que
de
la
Terre.
Mais,
comment.
la
Terre
la
lui
communique-t-elle?
On
peut
voir
dans
l'explication
de
notre
Planche
IIT,
que
du
mouvement
de
rotation
de
la
Terre
fur
elle
-
même,
il
réfulte
dans
lécher
un
nouveau
tour-
billon
circonterreftre.
Ce
mouvement
de
rotation
de
la
Terre
dans
le
fluide
qui
l'environne
,
eft
une
nouvelle
ation
fur
ce
fluide
qui
ne
peut
refter
fans
effet.
La
Terre
tourne
fur
elle-même
dans
le
même
fens,
ou
ellé
tourne
autour
du
Soleil
;
limpreflion
que
D
Li
rotation
fur
le
fluide
environnant
,
confpire
donc
avec
le
mouvement
général
de
ce
fluide
5
il
ie
donc
ajouter
à
fa
viteffe
:
la
1...
peu
éloignée
de
la
Terre,
doit
donc
en
fentir
Un
en
éprouver
l'effet
;
la
FL.
doit
donc
marcher
réellement
&
-
effectivement
plus
vite
que
la
Terre
dans
l'efpace
abfolu,
fa:
à
RE
CU
ET
RE GE
Le
C0
LMI
LA
DA
LE
Le
Ne
77
ELITE.
DIET
DANONE
EP
TE
VOST
SEPT
SE
TUE
Lx
dE
a
rade
IS
NAS
dE
él
ee
À
AS
HE
dé
ur
Vrstd
DU
MONDE.
LS
Nous
renvoyons
à
l'explication
de
la
Planche
III
l'expof-
tion
des
preuves
plus
précifes
de
ces
affertions
;
elles
feroient
déplacées
:
ici
:
il
fuffit
de
reconnoïtre
que
le
mouvement
de
rotation
de
la
planete
principale
influe
néceffairement
fur
le
mouvement
des
révolutions
des
fatellires,
&
que
ces
rotations,
étant
toujours
dans
le
même
fens
que
celui
des
révolutions,
ajoûtent,
dans
certaines
fituations
refpedives,
à
la
viteffe
des
fatellices
;
que
tantôt
elles
accélerent
|
&
que
tantôt
elles
retardent
ces
viteffes
,
felon
quelles
confpirent
avec
les
directions
adtuelles
du
fatellite
,
ou
qu'elles
lui
font
con-
traires:
d'où
il
réfulte
que,
de
la
a
la
premiere
.
-
quadrature
,
le
mouvement
progreflif
du
fatellite
eft
infen-
fiblement
retardé;
de
la
premiere
quadrature
à
l’oppoñtion,
le
mouvement
du
fatellite
eft
accéléré
par
degrés
;
e
es
eft
.
Le
plus
rapide
vers
loppofition
:
que,
de
oo
n
à
{a
feconde
quadrature
,
le
mouvement
du
fatellite
eft
infenf:
blement
retardé
;
quenfin
de
la
feconde
quadrature
à
la
conjon@tion
,
le
mouvement
du
fecellite
eft
infenfiblement
accéléré
(x).
-
La
viteffe
de
rotation
de.
Jupiter,
étant
beaucoup
.
grande
que
celle
de
la
Terre
,
doit
infiuer
plus
puiffâmment
fur
la
virefle
de
fes
facellites
:
leurs
vicefles
horaires
doivent
donc
être
plus
grandes
que
celle
de
la
Eune
;
c'eft
ce
que
nous
prouve
l'obfervation.
Le
premier
faellire
de
Jupiter
marche
avec
beaucor
up
plus
de
vicefle
que
notre
Lune
;
De
la
diftance
de
ce
fatellice
à
pe
étant
_
Re
l
r
même
ie
celle
de
la:
Lune
2
à
(x)
vor
la
Panche
y
vs
fon
epson.
”
=
>
RE
152
PHYSIQUE
la
Terre
,
ou
feulement
comme
or
eft
à
8,
il
faic
fa
ré-
volution
en
un
jour,
18
heures,
27
minutes,
33
fecondes;
tandis
que
La
Lune
emploie
,
pour
faire
fa
révolution
,
29
jours,
12
heures,
44
minutes,
2
fecondes.
Nous
ne
tenterons
point
de
déterminer
rigoureufement
&
mathématiquement
les
loix
de
ces
vitefles.
Ces
recher-
ches
ne
font
pas
encore
facilitées
par
des
obfervations
aflez
|
nombreulfes
,
ni
aflez
précifes
;
tous
les
élémens
qui
doivent
entrer
dans
ces
calculs
ne
font
pou
encore
aflez
connus,
Nous
renvoyons
cequ
l
nous
a
été
poñfi
ible
de
dire
fur
cette
théorie
à
l’explication
de
la
Planche
V,
Enfin,
il
eff
certain
que
la
loi
de
Képler,
dont
nous
ayons
Li
connoître
l'origine
&
la
caufe
phyfique,
sobferve
dans
[es
tourbillons
fecondaires
des
planetes
,
comme
dans
le
tourbillon
folaire.
Voyez
la
formation
de
ces
sourbillons
dans
l'explcaios
de
la
Planche,
-
Du
Sie
de
Vénus.
Après
avoir
reconnu
que
la
Terre
ne
jouit
pas
exclufi-
vement
du
droit
d’avoir
un
fatellite
ou
une
Lune,
&
que
Jupiter
&
Saturne
font,
à
cet
égard,
beaucoup
mieux
trai=
tés
qu'elle
,
puifque
É
premier
en
a
quatre
&
le
fecond
cinq
,
il
étoit
naturel
de
foupçonner
que
les
autres
plane-
tes
devoient
en
avoir
auf.
Les
Aftronomes
étoient
LS
OCCUPÉS
de
ces
recherches,
lorfqu'en.
1686
M.
Cafiini
crüt
en
avoir
découvert.
Un
2
Vénus
ÿ
1
|
Fobferva
pendant
un
quart-d
heure
:
ce
fatellite
fembloit
imiter
la
phâfe
de
Vé-
=
nus,
&
fa
rondeur
étoit
diminuée
du
côté
de
HET
Il
&
RE
nee
tee
mn
el
ire
AE
EE
PR
TT
ee
sue
rm
arte
de
ot
TIR
Se
te
RE
RP
NE
SE
A
Ps
RE
EANENEET
à à
or
are
AR
|
ARS
mA
de
Lérh
dd
re
LA
Cas
CD
LE
NNES
PERS
à
(TRE
FE
MAP
Re
DU
Mon
Er.
153
fe
rappella
qu'il
avoit
vu,
quatorze
ans
avant,
une
lumiere
femblable
auprès
de
Vénuss
mais
il
n’a
pu
retrouver
dépuis
ce
fatellite
:
tous
les
Aftronomes
le
chercherent
alors
en
vain.
Enfin,
Cinquante-quatre
ans
après,
M.
Short
crut
l'avoir
retrouvé
:
il
le
confidéra,
à
différentes
reprifes,
avec
différens
télefcopes
;
il
trouva
fa
diftance
à
Vénus
de
10’,
204,
&
le
vit,
dit-il,
très-diftintement
pendant
une
heure
de
fuite
:
enfin,
la
lumiere
du
jour
le
lui
ravie,
&
ce
fut
pour
toujours
;
il
[ui
à
été
impoffible
de
le
retrouver.
Il
confäcra
_à
la
mémoire
de
cette
découverte
un
cachet
fur
lequel
il
fit
graver
la
phâfe
de
ce
fatéllite.
Vingt-un
ans
s'écoule=
rent
éncore
fans
qu'on
apperçût
cette
Lune
de
Vénus.
En
1761,
lorfque
latrente
du
pañlage
de
Vénus
fur
le
difque
du
Soleil
,
occupoit
tous
les
Aftronomes
,
&
que
tous
les
yeux
étoient
dirigés
vers
cetre
planete
,
on
efpéra
revoir
fon
fatellite,
&
ce
tems
étoit
très-favorable
à
fon
ob-
_
fervation:
auf,
de
l'Obfervatoire
de
la
Marine
,
rue
des
Mathurins,
à
Paris,
M°
Montaigne
&
Baudoin
crurent-ils
avoir
retrouvé
cet
aflre
tanct
defiré
:
il
fut
obfervé
le
3
&
le
45les,
&
le
6
on
ne
le
vit
pas
ÿ
mais
on
s’en
prit
à
l'E
tat
de
l'atmofphere
qw'obfcurcifloit
un
brouillard
épais
:°
l'étoile
reparut
le
7,
on
la
vitle
11.
M.
Baudouin
rendit
compte
à
l'Académie
de
ces
quatre
obfervations,
qui,
réu-
_niesa
celles
de
Huygens
&
de
Short,
en
faifoient
fept.
IE
En
vint
d'autres,
dans
la
même
année
,
de
beaucoup
de
pays
différens
,
éntrautres
celles
du
Pere
la
Grange,
à
Mar
{éiHle
,
que
le
mérite
de
l'Obfervateur
&
la
perfeétion
de
fes
inftramens
rendoient
très
-
impofantes.
En
:
765,
M.
de
Tone
zrs4
P.rwsTous
Montbaron,
Confeiller
au
Préfidial
d'Auxerre,
vit,
&
ft
voir
cet
aftre
à
plufeurs
perfonnes
de
cette
ville,
IS
28
&
29
Mars.
Il
fembloit
que
c'en
étoit affez
pour
conf-
rater
l'exiftence
de
ce
fatellite
;
aufli
cette
opinion
fut-elle
reçue
affez
généralement.
Cependant
aujourd'hui
tout
cet
édifice
eft
détruit,
on
ne
regarde
plus.
ces
obfervations
que
comme
des
illufions
d'Optique.
Voici
comment
M.
de
[a
Lande
en
parle
dans
fon
Aftronomie,
Tom.
I,
pag.
305.
_«
Les
tentatives
que
j'ai
faites,
ainfi
que
néons
au-
»
tres
Aftronomes,
pour
appercevoir
ce
fatellite
,
me
per-
|
»
fuadent
que
c'eft
une
illufion
d'optique
formée
par
les
|
»
verres
des
télefcopes
&
des
lunettes;
c'eft
ce
que
penfent
|
»
le
Pere
Hell,
dans
l'Appendix
de
fes
Ephémérides
pour
»
1766,
&le
Li
Bofcovich,
dans
fa
cinquieme
Differta-
|
»
tion
AO
ue,
M.
Short
,
à
qui
j'en
parlai
à
Londres,
|
»
en
1763,me
parut
[ui-même
ne
pas
croire
line
»
d'un
farellite
de
Vénus;
mais
plutôt
celle
de
quelqu'au-
»
tre
planete
,
qui,
réfléchiffänt
moins
de
lumiere,
ne
fe
»
voyoit
que
difficilement.
Je
fuis
tenté
de
croire
qu'il
ne
»
faifoit
cette
derniere
hypothefe
que
pote
ne
pas
aban-
»
donner
{ubitement
laffertion
trop
précipitée
&
trop
for-
»
melle
qu'il
avoit
faite
dans
fa
jéuneffe.
On
peur
fe
for
»
mer
une
idée
de
ce
Rhcuene
d'Optique,
en
confidérant.
».
l'image
fecondaire
qui
paroït
par
une
double
réflexion,
»
lorfque
fon
regarde
au
travers
d'une
feule
lentille
_
»
verre
un
objet.
lumineux
placé
fur
un.
fond
obfcur,
&.
»
qui
ait
un
fort
petit
diametre.
Pour
voir
alors
une
image
»_fecondaire
femblable
à
l'objet
principal,
mais
bre
pee
;
AIR
D
SITE
DIN:
LT
TNT
ET
GUCSTITION
ENT
DIET
PETER
NI
PERD
ETIENNE
EDEN
OPERA
ee
de
DU
Monpr.
ISS
»
il
fuffir
de
placer
la
fentille
de
maniere
que
l’objet
tombe
»
hors
de
l'axe
du
verre
;
cette
image
fecondaire
,
qu'on
a
=
tte
L
a
A
A_f
»
prife
pour
un
fatellite
de
Vénus,
paroït
du
même
côté
»
que
l'objet,
ou
du
côté
oppofé
,
&
elle
eft
droire,
ou
»
renverfée,
fuivant
les
diverfes
fituations
de
la
lentile,
»
de
l'œil,
ou
de
lobjer.
Si
on
joint
deux
lentilles,
on
»
aura
plufeurs
doubles
réflexions
de
la
même
éfpece,
du
-“»
moins
dans
certaines
poftions
;
mais
elles
font
infenfibles
»
la
plupart
du
tems,
parce
que
leur
lumiere
eft
éparfe
,
:
»
&
que
leur
foyer
eft
trop
près
de
l'œil
,
ou
qu'elles
tom-
:
»
bent
hors
du
champ
de
la
lunette.
»
L'exiftence
de
ce
fatellite
eft
donc
au
moins
très
=
in-
>
certaine
».
-
|
:
On
n'en
a
jamais
foupçonné
À
Mercure.
M.
F
ontana
en
2
fuppofé
un
à
Mars:
mais
cette
Opinion
à
été
moins
bien
accueillie
encore
que
celle
du
fatellite
de
Vénus.
Ici
fe
termine
donc
pour
nous
la
connoïffänce
des
corps
cé-
leftes
de
notre
Monde.
Mais
n'en
exifte-+:il
effectivement
point
d’autres
que
ceux
que
nous
venons
de
faire
con
nokre
?
Il
feroit
téméraire
&
imprudent
de
l'afirmer.
-Lorfqw'on
a
foupconné
le
farellie
de
Vénus
;
ON
n'a
pas
ima-
giné
que
cette
découverte.
eût
rien
de
contraire
aux
loix
de
la
Phyfique
générale
;
d'autres
aîtres
que
ceux-que
nous
connoïflons
,
peuvent
être
d'une
telle
petite,
où
placés
à
une
telle
diftance
de
nous,
qu'il
nous
ait
été
jufqu'à
pré
fent
impoffible
de
les
appercevoir
;
peut-être
fe
montrérone-
ils
à
nos.
yeux,
fi
nos
inftrumens
fe
perfe@iônnent,
comme
11
faut
lefhérér.
Enfin,
entre
Jupiter
&
Saturne,
ehtre
Sa-
turne
&
Les
Einires
du
tourbillon
foläire,
combiéa
ne
our
A
ne
pour
156
PHYSrTQUE
roit-il
pas
y
avoir
de
planeres
invifibles
jufqu'à
à
préfent
pour
nous
?
Si
nous
étions
tranfportés
fur
Saturne,
avec
nos
inf-
trumens
,
nous
chercherions
en
vain
dans
l'efpace
&
Mer-
.
cure,
&
Vénus,
&
notre
Lune,
&
notre
Terre
elle-même:
Caraéteres
diftinéifs
des
Cometes,
Lappei
queues
ces
quatre
planetes
ne
fe
montreroient
point
à
nos
yeux.
a
donc
dans
les
bornes
de
nos
connoïffan-
.
&
n'oublions
jamais
combien
elles
font
éloignées
des.
.
du
poffible.
Des
FRS
On
appelle
ee
certaines
apparences
_
qui
fe
montrent
fabitement,
&
qui
difparoïffent
de
même,
après
avoir
brillé
plus
ou
moins
Jongtems
dans
les
Cieux,
&y
avoir
parcouru
une
ligne
plus
où
moins
longue.
Ces
apparences
préfentent
ordinairement
un
difque,
&
font
le
plus
fouvent
entourées,
où
au
moins
accompagnées
d'une
lumiere
plus
rare
&
us
diffufe
,
que
l'on
nomme,
ou
che-
yelure,
ou
barbe,
ou
queue,
les
la
maniere
on
elle
eft
difpofée
;
;s
&
ceft
du
mot
latin
coma
,
qui
fignifie
che
velure,
que
leur
vient
le
nom
de
comeres.
Si
cette
lumiere
ne
fe
montre
qu
à
la
partie
qui
“regirde
le
Soleil,
&
qu'elle
précede
ainf
la
comete,
elle
fe
nomme
barbe
;
ï.
elle
entoure
le
difque.
lumineux,
on.
lui.
‘donne
le
nom
de
chevelure
;
enfin,
fi
elle
à
ce
difque
que
par
fa
partie
ee
—
vément
au
Soleil,
on
Nous
difons
que
les
cometes
à
un
difque.
ÿ
En
ef:
quelquefois
ce
ne
>
fe
life
.
È
È
È
È
ES
Ê
è
EC
ORCIENPORE
CRE
JP
NPA
T
EU
EN
VEN
RTE
TREREr
pente
TER
EE"
PTE
A
DD
M
ON
DE.
157
appercevoir,
foit
qu'il
difparoiffe
après
avoir
été
vu,
comme
nous
le
rapporterons
tout-à-l’heure
,
d’après
plufieuts
ob-
fervations
;
foit
qu'il
n'ait
jamais
été
vifible,
comme
il
arriva
en
1702.
On
vit
alors,
à
Rome,
une
traînée
lumineufe,
&
l’on
m'héfira
pas
à
lui
donner
le
nom
de
comete,
quoi.,
que
lon
ne
pôt
appercevoir
fa
tête.
M.
Cafini
la
prit
même
pour
celle
qui
avoir
été
obfervée
en
1668,
&
il
lft
remonter
fon
Hiftoire
jufqu'à
Ariftote
par
différentes
révolutions
de
34
ans
chacune
:
mais
le
défaut
d’obfer.
vations
dans
tout
cet
intervalle,
pendant
lequel
cette
co-
mete
auroit
dû
ètre
vue
fi
fouvent,
ne
permit
pas
d'adopter
cétte
opinion.
|
—
Nous
ajoutons
qu'elles
font
le
plus
fouvent
entourées
,
ou
accompagnées
d'une
lumiere
plus
rare
&
plus
diffufe;
parce
que,
fi
l’on
a
obfervé
des
cometes
fans
tête,
comme
celle
dont
nous
venons
de
parler,
on
en
à
vu
auf
qui
n'avoient
ni
chevelure;
ni
barbe,
ni
queue
,
enfin
aucune
lumiere
diffufe
autour
d'elles:
telle
fut
la
comete
de
1589,
que
Tycho
obferva
pendant
un
mois,
fans
appercevoir
au
cune
apparence
de
chevelure,
de
queue,
ni
de
barbe
;
{à
circonférence
étoit
feulement
moins
lumineufe
que
Île
mi-
lieu
du
difque.
La
comete
de
1682,
obfervée
par
M.
Caf-
fini,
étoit
aufli
ronde,
auffi
claire
,
auf
bien
terminée
que
.
Jupiter
:
ceslumieres
rares,
diffufes,
adhérentes
à
la
comete,
n'en
font
donc
pas
un
caractere
diftinif.
-
La
couleur
des
cometes
n'eft
point
la
même
dans
toutes
:
elles
varient
au.
contraire
infiniment
entr'elles
à
cet
égard;
ce
qui
fera
encore
objet
de
nos
-obfervations.
La
couleur
3
Ù :
Re
=
ee
re
SRE
RES
donc
pas
non
plus-un.caraéterce
diflinétif
des
comeres,
D
RU
QG
DU
LIEU
DES
COMETES.
158
Par
srous
Mais
ce
qui
les
caraérife
particulierement,
ceft
leur
apparition
foudaine
dans
un
point
du
Cie,
&
leur
difpa-
rition
également
foudaine
dans
un
autre
point,
après
avoir
parcouru
une
ligne
plus
où
moins
longue
,
courbe,
avec
plus
ou
moins
de
vitefle,
plus
OU
inoins
&
pendans
plus
ou
moiïns
de
tems.
Nous
traiterons
de
ces
variétés
&
des
inductions
que
l'on
doit
en
tiret.
Il
eft
très-
ne
démontré
que
les
cometes
ne
font
pas
des
météores
de
notre
air
,
quelles
parcourent
des
efpaces
infiniment
plus
éloignés
ie
nous,
que
les
limites
de
notre
atmofphere
:
les
preuves.en
font
en
à
les
ob-
fervations
faites
en
des
lieux
très-éloignés
les
uns
des
autres
donnent
des
diftances
qui
excedent
Dee
celles
de
la
Lune.
«
S'il
arrivoic,
dit
M.
le
Monnier
(
y),
que
la
diffance
»
d'une
comete
ne
furpafsâc
pas
de
beaucoup
celle
de
la
Lune.
»
à
la
Terre,
fon
lieu
vrai
feroit
fenfiblement
éloigné
de
fon
»
lieu
apparent
,
&
la
comete
auroit
une
grande
paral-.
»
laxe.…,...
Or,ficette
parallaxe
ne
peur
être
obfervée
:
»
dans
une
comete,
c’eft
une
preuve
que
l'angle
fous
le-.
»
quel
on
verroit,
de
la
comete,
le
demi-
diametre
de
la
»
Terre,
ne
Pa
être
fenfble
;
&
partant
que
la
comete
»
doit
être
à
une
prodigieufe
diftance,
puifque
la
Terre,
Ÿ
perceptible
».
la
Terre
&
les
ue
at
Si
lon
à
toujours
obfesve.
de
fi
grandes
=
»
vue
de
cet
aitre,
ne
paroïtroit
due,
comme
un
point
im-
anses
entre
|
(y)
fiston
Aftronomiques
>
P:
ie
a
D
LEGAL
D
3
Fe
:
À
À
!
|
|
ACNETS
DU
M0
N
DE.
159
phere
,
&
qu'elles
traverfent
des
régions
qui
en
font
infi-
niment
éloignées
:
mais
dans
leurs
routes
très
-
variées
ne
peuvent-elles
jamais
parvenir
à
notre
atmofphere,
la
ren-
contrer
fur
leur
chemin,
frapper
même
notre
globe?
Cette
quéftion
a
embarraflé
les
plus
grands
Aftronomes
,
&
fou-
vent
effravé
ceux
qui
ne
l'étoient
pas.
Il
eft
démontré
que
des
cometes
ont
defcendu
beaucoup
plus
près
du
Soleil,
que
ne
l'eftla
Terre;
elles
ont
donc
coupé
l'orbite
de
celle-ci;
&
fi
notre
pauvre
petit
tas
de
boue
fe
fût
trouvé
alors
à
ce
point
de
fa
route,
que
devenions
-
nous?
}
éclabouflure
d’une
comete
dans
notre
origine,
felon
un
Au-
teur
célebre,
l'une
de
celles-ci
nous
auroit
fait
payer
bien
4
cher
le
bienfait
de
la
premiere
!
&
qui
fait
fi
ce
n’eft
pas
la
|
|
même
qui
eft
deftinée
à
nous
rapporter
où
elle
nous
avoit
pris,
fauf
à
nous
reprendre
à
quelque
nouveau
paflage
?
M.
Dionis
Duféjour
a
travaillé
à
nous
raflurer
par
une
très
-
favante
differtation
:
mais
cette
Differtation
ne
peut
être
lue
que
par
les
Savans
;
c'eft
donc
ä
eux
à
faire
pañler
dans
l'efprit
du
Public
la
férénité
que
leurs
fuppoñtions
avoient
troublée.
Quant
à
nous,
on
verra
que
nos
prin-
cipes
font
infiniment
plus
rafurans
encore
pour
ceux
qui
les
adopteront.
_
Un
avantage
qui
fe
répand
fur
tout
notre
fyftème,
&
quinous
y
attache
infiniment
;
c'eft
que
tout
y
eft
fim-
ple,
&
que
rien
n’y
annonce
ces
caraftrophes
terribles
qui,
félon
tant
de
Philofophes,
doivent
un
jour
détruire
la
Perte
entiere:
nous
ne
voyons
aucune
caufe
qui
nous
menace
d'être
brûlés
&
vitrifiés
,
d'être
gelés,
d'être
fra-
caflés
ou
inondés,
ou
enfin
d'être
emportés
dans
des
régions
ee
re
;
É.
160
PAT
SIOUE
infiniment
diflantes
de
Îa
carriere
très-bornée,
à
la
vérité,
mais
fi
conforme
&
fi
propre
à
notre
nature,
&
que
nous
croyons
nous
avoir
été
marquée
dès
lorigine,
&
pour
route
la
durée
des
tems.
.
Quelques
Philofophes
ont
multiplié
Les
rapports
des
co-
metes
avec
nous;
&,
indépendamment
de
ces
grandes
cataf-
trophes
par
lefquelles
elles
peuvent,
felon
eux,
difpofer
de
notre
globe,
lui
afigner
une
deftinée
tout-à-fait
différente
de
celle
dont
il
jouir,
ils
ont
penfé
qu'elles
inflaoïent
infini-
ment
fur
notre
état
habituel,
&
qu’elles
modifioient
fouvent
notre
exiftence,
en
attendant
qu'elles
la
décruififfent.
Nous
avons
une
atmofphere,
c’eft
une
vérité
reconnue
;
les
cometes
en
ont
auffi,
dit-on
:
ces
queues
de
foixante
,
&
même
de
uatre-vinot-dix
decrés
de
longueur
,
ne
peuvent
q
©
OS
A
)
p
;)
{elon
ces
Phyficiens,
être
autre
chofe
que
des
atmofpheres.
Ces
atmofpheres
ont
encore
plus
d'étendue
sûrement
qu'elles
n'en
laiffent
appercevoir
;
leurs
dernieres
couches,
trop
f
1.
4
4
0
®
EN
\
D
7,
raréfées
pour
réfléchir
La
lumière,
peuvent
être
à
des
diftan-
LÉ
;
Q
LA
1
,
<
;
.
=
ces
énormes
des
couches
qui
la
réfléchifflent:
on
voit
donc
bien
que
fans
que,
les
noyaux
des
planetes
fe
couchent,
les
atmofpheres
peuvent
fe
confondre,
Ecoutons
Newton,
dont
l'opinion
nous
eft
préfentée
par
un
de
fes
plus
illuftres
fuccefleurs
:
nous
préférons
infini
ment
l’extrait
que
ce
Philofophe
nous
donne
de
la
Doctrine
de
fon
Maître
à
celui
que
nous
pourrions
nous
permettre
d'en
faire
nous-mêmes.
©
«
Les
vapeurs
dont
ces
queues
(
Les
queues
des
cometes)
»
font
compofées
fe
dilatant
&
fe
répandant
dans
toutes
»
les
régions
céleftes,
fonc
vraifemblablement,
ainfi
que
_—
=»
Nevron
RARE
ERIC
TENTE
ENST
NN
»
»
Ÿ
ee)
ment
nécefäire
pour
la
vie-&
pour
l'entretien
de
tous
les
Du
Mon
D
€.
:
TÉE
Newton
l'obferve,
attirées
par
les
planetes,
&
mêlées
avec
leurs
atmofpheres.
Il
ajoûte
que
Les
cometes
font
néceflaires
pour
l'entretien
des
folides
qui
font
fur
Les
pla-
neres,
lefquels
s'évaporent
continuellement
par
les
vécé-
tations
&
les
putréfa@ions,
&
fe
convertiflent
en terre
feche
:
car,
comme
tous
[es
végétaux
fe
nourriflent
&
s'accroïfient
par
les
fluides
,
&
qu'ils
redeviennent
terre
pour
la
plus
grande
partie
par
la
-putréfaétion
(comme
on
peut
le
voir
par
le
limon
que
les
liqueurs
pétrifiantes
dépofent
continuellement,
il
Senfuit
que,
pendant
que
la
terre
saccroit
fans
cefle,
l’eau
diminueroit
en
même
pro-
portion
,
fi
la
perte
n’en
étoit
pas
rétablie
par
d’autres
maticres.
M.
Newton
foupçonne
que
cette
partie
,
la
plus
fubrile
&
la
meilleure
de
notre
air,
faquelle
eft
abfolu-
êtres,
vient
principalement
des
cometes.
»
D'après
ce
principe,
il
y
auroit
quelque
fondement
aux
Opinions
populaires
des
préfages
des
cometes
,
puifque
les
queues
des
cometes
fe
mêlant
ainfi
avec
notre
atmof
phere,
pourroient
avoir
des
influences
fenfibles
far
Les
Corps
animaux
&
végétaux.
(Dion.
Encyclopéd,
au
mot
CoMETE,
Art.
de
M.
d'Alembert
)
».
|
Si
cette
opinion
fur
l'influence
des
cometes
n’eft
donc
qu'une
erreur
populaire,
nous
ne
pouvons
noûs
difpenfer
s
de
feconnoïtre
&
d'admirer
ici
le
pouvoir
de
cette
chaîne
.
ER
à
2
=
TS
impérieufe
qui
rapproche
&
unit
tout
dans
limmenfité
de
la
Nature.
Nous
avons
fous
les
yeux
un
de
fes
anneaux
qui
lie
à
un.
préjugé
populaire
l'erreur.
d’un
des
plus
puifflans
génies,
d'un
dés
hommes
les
plus
favans
qui
air
exifté,
&
Tome
IT,
a
Pi
CT
+62
PHYSIQUE
dans
une
matiere
dont
ce
grand-homme
avoit
fait
fa
princi-
pale
étude.
Enfin
,
fi
cette
opinion
de
l'influence
des
cometés
9
LU
g
k
-
ISSN
2
6
_n'eft
qu'une
erreur,
&
fi
cette
erreur
n'eût
pas
pris
naïflance
dans
l’efprit
du
peuple
;
fi
elle
n’eût
pas
été
fille
d'une vaine
terreur,
elle
eut
donc
été
fille
de
la
Science
&
de
la
Philo-
fophie
?
Réflexion
bien
humiliante
!
Le
choc
des
cometes
&le
danger
de
leurs
influences
(7)
font
donc
deux
caufes
de
frayeurs
perpétuelles
;
car
enfin,
F
J
ee
A
°
3
«
malgré
la
bonne
opinion
que
Newton
paroït
avoir
de
lair
qui
nous
vient
des
comeres
,
eft-il
polfible
d’être
parfaite
ment
raffuré
à
cet
égard,
furtout
fi
l’on
confidere
les
cou-
leurs
très-variées
de
ces
aftres
,
les
différentes
lumieres
plus
ou
moins
rouges,
plus
ou
moins
fuligineufes
quelles
nous
envoient?
Comment
fe
flatter
que,
dans
le
nombre
infini
de
cometes
qui
arrivent
de
tous
les
points
de
lu
nivers,
il
n'y
en
aura
aucune
de
malfaifante?
Ces
fléaux
terribles
&
mémorables
à
jamais,
qui,
à
différentes
épo-
ques,
ont
ravagé
la
Terre
&
menacé
de
la
dépeupler
;
_
cette
pefte,
dont
parle
Lucrece;
cette
autre,
dont
parle
Ovide
;
celle
qui
dura
pendant
la
moitié
du
fixieme
fiecle,
&
qui
parcourut
&
défola
toute
la
furface
de
la
Terre,
continens
&
ifles,
cavernes
&
montagnes
;
celle
de
1346,
qui
fit
périr
un
tiers
des
habitans
de
la
Tefre
:
trous
ces
événemens
ne
peuvent
être
attribués
qu'à
des
particules,
—.
(x)
Le
fameux
Jacques
Bernoully
artribuoït
vraifemblablement
auffi
quelques
influences
aux
queues
des
cometes
;
car
il
regardoït
ces
queues
comme
pouvant
être
un
figne
vifble
de
la
colere
célefte.
Or
les
hommes
font
très-difpofés
à
croire
que
de
la
colere
à
la
punis
tion
il
n’y
a
qu'un
pas.
a
À
Dee
a
ue
OT
BAT
SR
A
AD
SE
LS
PE
TRÈS
EE
à
PT
PRE
RPETT
IS
NÉS
EG
PET
OPEN
EPEPINNENNENNIENEI
PEN
E
RETIRE
NN
TES
TENTE
Roi
fouvent
autant
&
plus
dangereu
des
préjugés.
Difiper
ces
ténébres
acquis
toute
leur
DU
Monper.
163
à
des
miafmes
peftiférés
répandus
dans
l'air
5
.&:
qui
l'in-
fectent.
Dansl'opinion
de
ceux
Qui
croient
aux
verfemens
des
atmofpheres
des
cometes
dans
[a
nôtre
»
à
quelle
autre
caufe
plus
propre
à
produire
des
effets
fi
rapides
&
fi
uni-
verfels
pourroit-on
plus
légitimement
attribuer
ces
influen-
ces
deftructives
?
Il
ne
faudroi
que
l’obfervation
de
quel-
que
comete
Vers
ces
tems
de
calamité
,
pour
graver
pro-
fondement
cette
idée
dans
Les
efprits.
Or
cette
obfervation
pourroit
fe
rencontrer
-
aifément
,
foit
en
rappellant
des
cometes
obfervées
alors
;
foit
en
rétrogradant
d'après
de
nouvelles
cometes
que
l’on
calculeroit.
=.
:
Nous
aurons
banni
toutes
ces
vaines
terreurs,
-fi
nous
parvenons
à
prouver
bien
évidemment
que
les.
cometes
ne
font
que
des
apparences
lumineufes.
C'eft
à
la
Philo-
fophie,
fans
doute,
à
éclairer
les
hommes:
mais
une
lon-
_gue
&
trifte
expérience
nous
apprend
que
la
lumiere
dé
fon
flambeau
ne
s'épure
&
n'acquierc
toute
fon
intenfité
que
lentement
:
ce
n’eft,
cependant,
que
lorfque
ce
flambeau
a
acquis
toute
fa
force
&c
toute
fa
pureté
qu'il
nous
fert
à
diftin-
guer
l'erreur
de
Ja
vérité;
ce
m’eft
qu'alors
qu'il
répand
fur
celle-ci
tout
l'éclat
dont
elle
doit
briller
:
ce
n’eft
qu'alors
enfin
qu'il
eft
toujours
avantageux
de
le
fuivre.
Vu
dans
uün
faux
jour,
à
travers
les
fuliginofités
de
l'ignorance
,
ou
au
milieu
des
brouillards
de
l'incertitude,
fa
trompeufe
lumiere
fe
que
les
téhébres.
plus
noble
des
entreprifes
:
mais
fon
fuccès
&
fes
avan-
BUS
NE
Peuvent
être
cérrains
que
lorfque
les
vérités
ont
marié,
&
que
les
efprics
font
fafifam-
c'eft,
fans
doute
,
da
ES
APS
DU
0
NES
PE
M
AT
ne
tre
near
D
LE
LS
ERA
ARE
ARE
PAR
EE
TA
164
PHYSIQUE
ment
préparés
pour
les
recevoir.
Ce
n’eft
point
à
des
ger-
mes
de
plantes
mal
développés,
ou
jettés
dans
une
terre
ingrate
pour
EUX,
qu'il
faut
comparer
les
vérités
que
l'on
propofe
aux
hommes
avant
le
tems
convenable
;
les
pre-
mieres
ne
font
que
des
femences
perdues
fur
un
fol
quelles
laïffent
au
moins
à
toute
fon
activité
naturelle
:
Les
fecondes
troublent,
intervertiflent,
égarent
la
marche
de
Pefprit
de
la
plupart
des
hommes
;
elles
produifent
quelquefois
les
plus
dangereux
principes,
les
plus
terribles
abus.
:
Quelque
inappliquable
que
puifle
paroître
cette
réflexion
A
l'erreur
dont
nous
parlons
ici,
nous
avons
cru
pouvoir
la
préfenter
:
plus
à
fa
place,
nous
n'aurions
peut-être
ofé
nous
le
permettre
(a).
RE
C'en
eft
aflez
fur
l'idée
générale
que
nous
nous
étions
propofé
de
donner
des
cometes.
Avant
de
les
confidérer
plus
attentivement,
préfentons
lhiftoire
des
opinions
qu'elles
ont
fait
naître
dans
l'efprit
des
hommes.
|
Hifloire
des
Opinions
fur
les
Comeres.
‘de
la
Cofmogonie
comment
les
hommes
furent
portés
à
contempler
le
Ciel
,
avec
coute
l'attention
que’
peut
infpirer
l'intérêr
le
plus
vif.
Ils
y
placerent
l'empire
de
leurs
Dr
vinités.
Les
aftres
éroienc
ou.
les
habitations,
ou
les
trones
…
de
ces
Dieux,
ou
les
Dieux
eux-mêmes.
Ces
idées
fe
font.
Passmennes
d’une
infinité
de
confidérations
philofophiques,
qu'il
feroït
peut-être
auf
difiiçile
d'adopter,
que
de
rejetter
en
totalité
On
à
vu
au
commencement
de
notre
Effai
fur
l'Hiftoire
(a)
La
comete
de
1680:
n’a-t-elle
pas
fourni
à
Bayle
la
matiere.
RATE
EP
ENOTS
2
ERTEEINO
EEE
ANNE
RON
ESS
PNEU
AN
PEER
x
;
TER
e
F
A
7
LÉ
CAR
dE
Ur
AU
ATP
M'ONT
IE
AIT
PEN
ET
RER
EL
AT
TRE
ue
A
5
ni
ceux
qu'on
fl
DU
MON
D
€.
165$
confervées
long-tems
,
&
les
expreflions
qui
les
rendoient
font
reftées
dans
toutes
les
langues,
quoiqu'elles
ne
foient
plus
que
des.
figurese
Les
premiers
hommes,
ces
obferva-
teurs
attentifs
,
qui
ne
contemploient
qu'avec
relpece
&
erreur
le
Pc
célefte,
dûrent,
fans
doute,
être
faifis
d'admiration
&
de
frayeur
à
la
vue
d'un
être
nouveau,
qui
paroifloit
fubitement
avec
des
caraeres
qui
Jui
étoient
propres
&
po
Une
Jongue
queue,
ou
une
cheve-
lure
radieufe
ne
pûrent
être
pour
eux
des
fignes
indifférens.
Si
les
cometes
répandirent
‘encore
la
terreur
dans
le
17°
fiecle
;
quel
effet
devons-nous
fuppofer
qu'elles
produifoient
dans
‘ces
tems
reculés
?
Mais
de
quelle
furprife
ne
devons-
nous
pas
être
frappés
nous-mêmes,
lorfque
nous
lifons
que,
dans
des
rems
que
nous
regardons
comme
très-rapprochés
de
lPenfance
du
Monde,
les
hommes,
déjà
raflurés,
ofoient
compter
ces
aftres
au
rang
des
planetes,
leur
prefcrire
une
:
route
déterminée
,
&
les
dans
une
orbite.
Que
de
tems
na-t-il
pas
Li
pour
arriver
à
cétte
fublime
idée!
é
Ces
aftres
paroiffenc
foudainement,
&
difparoïffent
de
mê-
:
me:
ils
ne
font
apperçus
que
pendant
des
durées
fort
cour-
tes
:
les
liones
qu'ils
décrivent
ne
fe
laïflent
pas
aifément
reconnoître
pour
des
courbes,
Képler,
en
1618,
étoic
encore.
perfuadé
que
les
cometes
décrivoient
des
“lignes
:
_
droites.
Pour
placer
ces
aftres
au
nombre
de
ceux
qui
font
des
révolutions
périodiques,
il
fautdonc
avoir
reconnu
qu'ils
parcourent
des
courbes
régulieres
&
rentrantes
fur
elles-
mêmes
:
il
faut
plus,
il
faut
avoir
obfervé
leurs
révolutions,
calculé
leurs
Le
périodes.
Mais
ces
corps
lumineux
,
même
e
croit.
aujourd
haie
très
-
“aurorifé
à
“regarder
>
ps
Xe
PRET)
DA
re
re
166
PH+SLO
GE
comme
déjà
oblervés
plus
d’une
fois,
préfentent
rarement
les
mêmes
apparences
à
leur
retour
;
ils
portent
rarement
les
mêmes
caracteres.
Des
incervalles
de
tems
très-
longs
s'écoulent
entre
l'inftant
où
on
les
voit
dans
un
point
du
Ciel
,
&
celui
où
ils
peuvent
y
revenir
encore
:
ils
pour-
roient
même
y
pañler
fans
être
apperçus,
au
moins
à
la
vue
fimple.
Quelle
étroit
donc
l'antiquité
des
obfervations
qui
avoient
amené
les
hommes
à
confidérer
Les
cometes
comme
des
aftres
réels,
permanens
&
foumis
à
des
révolutions
pé-
riodiques?
M.
Bailly
trouve
dans
cette
réflexion
aufli
natu-
relle
que
jufte
une
très
-
forte
preuve
de
fon
opinion
fur
{a
rande
antiquité
des
obfervations
aftronomiques.
Nous
8
quite
S
q
n'infifterons
pas
ici
fur
cette
opinion
:
il
nous
fuffit
de
ren-
voyer
à
l'excellent
Ouvrage
que
nous
citons
(4).
Enfin,
les
Chaldéens,
dit-on,
ont
placé
les
cometes
au
rang
des
planetes
(c):
pluficurs
Philofophes,
très-poftérieurs,
s'é-
carterent
de
cette
idée.
Et
fi
la
profondeur
des
connoif-
fances
que
nous
ferions
forcés
d'accorder
aux
premiers
.
étonne
notre
raifon,
elle
fera
humiliée
de
l'ignorance
dont
nous
allons
reconnoître
les
traces
dans
des
fiecles
très.
poftérieurs.
|
Pour
combattre
le
fentiment
très
-
ridicule
de
quel-
ques
Philofophes
qui,
fuppofanr
Les
cipaces
céleftes
remplis
A
(5)
Hifoire
de
l’Affronomie
ancienne,
Livre
IT,
de
l’Aftrono-
imie
Antédiluvienne
,
page
83.
EE
(ce)
Dans
la
Traduétion
de
Sbaftah
,
par
M.
Holvel,
on
voit
que
les
Indiens
comptoient
quinre
planetes.
Voyez
Hif,
de
l'Affronomie
Ancienne,
p.
82.
Seroïent-ce
huit
cometes
que
ces
peuples
ou
leurs
précurfeurs
auroient
déjà
ajoutées
au
nombre
des
planetes
?
RTE
DRE
PAGE
EPST
ET
RPRIETES
È
#
$
£
et
f
è
ss
F
Ë
È
RDrL
ee
—
D
CSP
POP
ENTER
PPT
EN
TIREUR
RERNNIASENEN
EN
ENTER
ERETEREEE
TETNT
DU
MOÔND
Er,
107
d'étoiles
qui
jouifflent
chacune
d'un
mouvement
particu-
lier,
penfoient
qu'elles
pouvoient
fe
réunir,
&
produire
alors
ces
apparences
que
Fon
appelloit
des
comeres,
&
fe
féparer
enfuite
;
Ariftote,
le
célebre
Ariftote
employa
une
hypothefe
tout
auffi
faufe
&
tout
auf
extraordinaire
:
il
ne
vit
dans
les
cometes
que
des
météores
qu'il
plaça
dans
cette
région
imaginaire
que,
de
fon
tems,
l’on
regardoit
comme
la
région
du
feu,
&
qui
étoit
très-
inférieure
à
la
Lune.
=
=
Cependant
il
paroît
que
la
Secte
Ttalique
conferva
tous
jours
l'opinion
des
cometo-planetes
;
que
cetre
opinion
do=
mina
chez
les
Grecs
&
chez
les
Romains.
Nous
ne
pou-
vons
nous
difpenfer
de
rapporter
ici
un
très-beau
paflage
de
Séneque,
quoiqu'il
fe
trouve
dans
l’'Aftronomie
de
M.
de
la
Lande,
dans
celle
de
M.
le
Moñnier,
&
même
dans
le
Diétionnaire
Encyclopédique,
au
mor
COMETE,
Arti-
cle
fait
par
M.
d'Alembert,
…
Fo
S
«
On
doi,
furtout
à
Séneque,
dit
M.
de
la
Lande
(d),
»
ce
témoignage
qu'aucun
Auteur
na
parlé
des
cometes
»
d'une
maniere
auff
fublime
que
lui,
dans
le
VII°
Livre
de
fes
Queftions
Naturelles.
Un
Aftronome
auroit
peine
»
à
s'exprimer
aujourd
hui
d’une
maniere
plus
philofophique.
>»
Ona
cru,
dit-il,
que
les
cometes
nétoient
point
des
Ÿ
»
aftres,
parce
qu'elles
n'ont
pas
la
rondeur
des
autres
:
-
»
corps
céleftes
;
maïs
ce
n’eft
que
la
lumiere
qu’elles
ré
»
pandent
qui
produit
cette
figure
allongée
:
Le
Corps
de
»
comete
eft
arrondi.
Je
fuppofe
encore
qu’elles
aient
_
(4)
Aftronomie,
D
>»
>>
»
p)
168
PH
YSTO
UE
une
autre
figure
que
les
planetes,
senfuit-
1!
quelles
foient
d'une
nature
différente
?
La
Nature
na
pas
tout
fait
fur
un
modele
unique
,
&
ceft
ignorer
fon
étendue
&
fa
puiffance
,
que
de
vouloir
tout
rapporter
à
la
forme
ordinaire
:
la
diverfité
de
fes
ouvrages
démontre
fa
gran-
deur.
On
ne
peut
point
encore
connoître
leur
cours,
&
favoir
fi
elles
ont
des
routes
réglées,
parce
que
leurs
apparitions
font
trop
rares
:
maïs
leur
marche,
non
plus
Rue
|
que
celle
des
planetes,
neft
point
vague
&
fans
ordre,
comme
celle
des
météores
qui
féroient
agités
par
le
vent.
On
obferve
des
cometes
de
formes
tr
ês-différentes
:
mais
‘leur
nature
eft
femblable
;
&
ce
font
en
général
des
af-
tres
qu
on
na
pas
coutume
de
voir,
&
qui.
font
accom-
pagnés
d'une
lumiere
inégale.
Les
cometes
paroïflent
en
tout
tems,
&
dans
toutes
les
parties
du
Ciel,
mais
fur-
tout
vers
le
nord,
Elles
font,
comme
tous
—
COrps
cé-
“leftes
,
des
ouvrages
éernels
de
la
Nature.
La
foudre,
&
les
étoiles
volantes,
&
tous
les
feux
de
latmofphere
font
paffägers,
&
ne
paroïffent
que
dans
leur
chûte
:
Les
_cometes
ont
leur
roure
qu'elles
parcourent;
elles
s'éloi-
gnent,
mais
ne
ceflent
point
d'exifter.
Vous
prétendez
que,
:
c'étoient
des
planetes
,
elles
fe
trouveroient
dans
le
zodiaque.
Et
qui
donc
a
fixé
dans
le
zodiaque
les
mouve-
mens
des
corps
céleftes
>
qui
peut
affigner
aïnf
des
limites
aux
ouvrages
divins?
Le
Ciel
neft-il
pas.
libre
de
tous
côtés
>?
N°
dE
pas
plus
convenable
à
la
grandeur
de
l'U-
nivers,
d'y
admettre
plufieurs
mouvemens
dans
des
routes
différentes,
que
de
réduire
tout
à
une
feule
région
du.
Giel?
Dans
cet
ouvrage
magnifique
de
la
Nature
nous
3
>»
voyons
e
DE
En
CENT
T
EC
UC
LU
Ey
4
|
Ê
Ë
È
|
RAM
PERTE
Reyre
prete
SE
CRRCIET
ANT
PARLER
PERTE
PNA
PARAIT
puü-MoNbDbE,
17$
dé
ax
jours,
aÿant
calculé
d'après
fa
théorie
du
problème
des
trois
corps
,
que
l'aétion
de
Saturne
devoit
retarder
[a
marche
de
la
comete
de
100
jours,
&
que
l'action
de
Ju-
piter
devoit
la
retarder
de
s11
jours.
En
fe
permettant
de
remarquer
qu'il
eft
impofñible,
dans
des
fpéculations
fi
fu-
blimes
&
fi
compliquées,
d'arriver
à
une
précifion
exa&te,
on
ne
peut
fe
difpenfer
d'admirer
la
fagacité
infinie,
&
Ë
puiffance
de
génie
que
Ehorame
&
détéogpse
dans
ces
re
cherches.
2.
La
fameufe
comete
de
1680
Er
cites
À
qui
on.
sb
jouer
_le
plus
grand
rôles
fes
apparitions
ont
toujours
concouru
avec
des
époques
mémorables
:
fa
période
eft
fuppofée
de
s7s
ans.
Wifton,
en
divifant
l'échelle
du
tems
par
échel-
lons
de
$75
ans,
trouve
que
cette
comete
doit
avoir
pro-
duit
le
déluge,
qu'alors
il
explique
phyfquement
:
en
re-
defcendant
de
cette
époque
mémorable
,
auffi
par
$7$
an,
on
retrouve
la
comete
dont
parle
(
Voyez
ITlade);
plus
bas
on
la
retrouve
encore
du
tems
de
Céfar,
l'an
2254
5
enfin
elle-nous
a
valu
les
penfées
de
Bayle
.
les
cometes
;
:
Ouvrage
<
dans
lequel.
il
2
a
fans
au
inft
de:
hilofophie.
-.
Loee
probable
que
foic
devenu
part
toutes
ces
obfer-
vations
le
retour
périodique
des
cometes,
leur
révolution
_
T0
pas
encore.
€
mife
au.
ed
des
vérités
démon-
176
PH
Y
ST
Oo
UE
tenu
pour
certain
,
il
eft
donc
incertain
qu'elles
foient
des
.
planetes
;
la
conféquence
eft
évidente.
Nous
n'attaquerons
.
donc
pas
une
vérité
généralement
reçue
,
en
ne
les
regar-
dant
pas
comme
planetes
;
mais
nous
efpérons
prouver
que,
même
en
admettant
ces
retours
périodiques
,
qui
fe
dédui-
_ront
néceflairement
de
nos
principes,
avec
quelques
irré-
gularités,
moindres
certainement
que
celles
que
donne
l'hy-
pothefe
de
l'atraétion”,
il
n'en
réfulteroit
pas
la
preuve
qu'elles
font
des
aftres
permanens,
de
vrais
globes
folides,
des
planetes
enfin.
C'en
eft
aflez
fur
l’hiftoire
des
cometes.
Après
avoir
pañlé
en
revue
les
opinions
des
Philofophes
für
ces,
corps
lumineux,
confidérons-les
en
eux-mêmes.
Obfervation
fur
les
Comeres.
Dépouillons
tout
ptéjugé,
écartons
toute
idée
précédem:
ment
reçue
,
éloignons
de
nous
tout
intérêt
de
fyftème,
toute
affection,
tout
refpe&
fervile
pour
les
grands
hommes
Qui
ont
pu
entraîner
précédemment
notre
opinion
:
ce
n'eft
qu'ainfi
quon
peut
s'élever
à
ce
degré
d'intelligence
du
haut
duquel
on
devient
capable
de
découvrir
des
vérirés
nouvelles,
ou
de
s'aflurer
des
preuves
de
celles
qui
ont
déjà
été
propofées
fans
être
fufifamment
démontrées.
Confidérons
de
nouveau
&
très-actentivement
les
cometes,
réfléchiflons
mûrement
fur
toutes
leurs
apparences
,
étudions
tous
leurs
phénomenes
en
particulier,
&
prefcrivons-nous
de
n’en
tirer
aucune
conféquence
décifive,
qu'après
les
avoir
tous
con-
ciliés
entreux,
&
tous
compris
dans
une
théorie
générale
&
complete,
Nous
fentons
combien
cette
partie
de
notre
Ouvrage
‘#4
a
CM"
CRT
CR
CEEREPOTAA
PET
PEN
me
LIT
NU
enr
10
dE
PSP
AL/E
à
re
prenne
PANIER
TORRENT
SERIE
IEEE
uen
Du:
MoN
Dr.
LT
Ouvragé
eft
épineufe
:
nous
avouons
même
qu'elleeft
infini-
‘ment
effrayante
pour
nous.
L'opinion
descométo-planetes
eft
aujourd'hui,
finon
généralement,
au
moins
prefque
générar
lement
reçue
:
fi
lon
ne
la
donne
pas
précifément
pour
une
vérité
rigoureufement
démontrée,
c'eit
que,
particuliére-
ment
dans
la
langue
de
ceux
qui
en
parlent,
une
démonf-
ration
ne
peut
être
fupplééé
par
une
affertion
;
mais
il
eft
aifé
de
s'appercevoir
,
en
lifant
Les
Ouvrages
de
nos
plus
illuftres
Aftronomes,
qu'ils
tiennent
la
fomme
des
proba-
_
bilités
qu'ils
ont
conclues
pour
équivalente
à
une
démon£
‘tration/précife
&
complete.
Ce
n’eft
qu'avec
dédain
que
‘quelques-uns
parlent
de
toute
opinion
contraire.
A
quoi
ne
devons-nous
donc
pas
nous
attendre
2.
Quel
que
foit
l'effet
que
puifle
produire
fur
eux
les
obfervations
que
nous
al-
Jons
leur
préfenter
,
quelque
jugement
qu'ils
puiffent
porter
de
notre
théorie
,
nous
Les
prions
d’être
au
mains
très-
…perfuadés
de
toute
notre
admiration
pour
leurs
fublimes
“travaux,
&
de
notre
refpe&
pour
leur
opinion.
Leurs
pro:
fondes
recherches
,
leurs
immenfes
calculs
fur
la
nature
de
“la
courbe
que
parcourent
les
cometes
,
fur
{a
vicefle
de
leur
marche
,
fur
leurs
retours
périodiques
,
ne
perdent
rien
de.
leur
prix.
Tous
les
Ouvrages
de
ces
Sayans
renferment
des
‘vérités
mathématiques,
&
par
conféquent
éternelles
;
elles
Sappliqueront
à
nos
cometes
,
comme
elles
conviennent
aux
“leurs,
&
nous
nous
permettons
de
leur
rappeller
la
com-
pataifon
que
nous
avons
faite
dans
la
Préface
de
notre
pre-
mier
volume,
page.
Ixxjv
,
où
nous
avons
préfenté
des
-P
hilofophes
cherchant
à
découvrir
Ja
‘caufe
du
mouve-
“ment
des
barçaux.
Al
m'eft
quefbion
ici
entreux
&
nous
Tome
JL,
.
178
PHYSIQUE
que
de
fa
vérité
phyfique,
c'eft-à-dire
,
de
la
nature
des
cometes.
Nous
efpérons
prouver
qu'elles
ne
font
point
des
fubftances
folides
,
des
aftres
durables
&
permanens,
mais
des
phénomenes
lumineux
auxquels
toutes
les
analy-
fes,
toutes
les
déterminations
,
toutes
les
démonitrations
mathématiques
employées
jufqu'a
préfenr,
en
Les
confidé-
rant
comme
planetes
,
refteront
parfaitement
appliquables.
Des
Apparences
des
Cometes.
Pour
des
yeux
peu
familiarifés
avec
les
obfervations
cé-
leftes,
pour
des
hommes
qui,
loin
d'avoir
l'efprit
prévenu
‘d'aucune
opinion
aftronomique
,
ne
jugent
de
ce
quils
“voient
au-deffus
de
leurs
têtes
que
par
l'idée
qui
fe
pre-
fente
le
plus
naturellement
à
eux,
les
cometes
percepibles
à
la
vue
fimple,
&
fans
le
fecours
des
lunettes,
ne
font
que
des
apparences
lumineufes
qui
fe
montrent
foudaine-
ment
à
un
point
du
Ciel,
où
rien
de
femblable
ne
fe
dé-
coûvroit
parent
;
cette
apparition
fubite
d'une
mafle
lumineufe
n'offre
À
l'efprit
que
l’idée
d'un
météore
paflager
dont
la
formation
eft
momentanée
;
cette
apparition
fubite
né
fe
rapproche
en
aucune
maniere
de
Îa
vifibilité
conf-
tante
des
étoiles
,
ni
de
celle
des
—
;
ces
lumieres
nouvelles
ne
teRiblene
en
rien
à
{a
lumiere
durable.
&
permanente
que
nous
envoient
les
étoiles,
ni
à
celle
que
nous
réfléchifient
les
planetes
:
des
queues,
—
chevelures,
des
barbes,
font
des
attributs
étrangers
à
tous
les
aftres
qui
pot
réguliérement
&
qui
embellifent
conftamment
Ja
voûte
des
Cieux.
Les
premiers
regards
_
fur
les’
Co.
FR
4
RACISME
ET
EAP
IN
STEP
ENTIER
Ra
ER
TR
TE
Et
de
CS
D
à
SC
RTS
VO
Ÿ
sagifoic
donc
DU
MonNper.
179
snetes
les
ont
donc
fait
placer
au
rang
de
ces
météores
de
notre
atmofphere,
qui
sy
manifeftent
fi
fouvent
&
fi
fu-
bitement
,
&
qui
difparoiflent
de
même
;
tels
font
ces
glo-
bes
lumineux
inférieurs
à
la
Lune,
que
quelques
Phyficiens,
même
modernes
,
appellent
cometes
fublunaires
,
qui
brillent
&
éclairent
pendant
quelques
heures
,
&
qui
fonc
fort
fou-
vent
fuivis
d'une
traînée
de
lumiere
plus
où
moins
longue.
D'après
toutes
ces
analogies,
on
a
regardé
d’abord
toutes
_
les
cometes
comme
des
mafles
d’exhalaifons
qui
fe
conden-
foient,
s'enflammoient
&
fe
confumoient
;
&
sûrement
cette
idée
devoit
être
la
premiere
qui
fe
préfentât
à
lefprit
des
hommes
:
mais
des
obfervations
plus
fuivies
ont
facilement
détruit
cette
erreur
;
l'art
de
mefurer
les
diftances
dans
l’ef.
pace
a
relegué
les
cometes
dans
des
régions
bien
fupérieu-
res
aux
limites
de
notre
atmofphére
:
lés
cometes
ont
été
obfervées
de
différentes
régions
de
la
Terre
très-diftantes
des
unes
des
autres,
ce
qui
feroit
impofhble
fi
elles
étoient
dans
notre
atmofphere,
dont
les
météores
qui
lui
font
pro-
pres
ne
peuvent
être
vûs
que
d'une
très-petite
portion
de
la
furface
de
la
Terre.
Le
défaut
de
parallaxe
du
mouvement
diurne
a
encore
repouffé
les
cometes
à
des
diftances
bien
plus
confidérables
que
celles
de
la
Lune.
La
premiere
opinion
Que
nous
venons
de
préfenter
tombe
donc
néceflairement
;
es
cometes
ne
peuvent
être
des
exhalaifons
formées
dans
notre
atmofphere
:
mais
les
hommes
tiennent
lono-tgms
à:
leurs
premieres
opinions,
fur-tout
quand
lanalogie
femble
les
favorifer,
&
les
méréores
fublunaires
)
toujours
préfens
à
l'efprit,
y:
appelloïent
fans
ceffe
l'idée
d’exhalaifons,
Iine
>
Pour
conferver
cette
idée,
en
reculanc
Le
Z
2
_
80
PES
LOLE
S
<=
lieu
des
cometes,
que
de
tirer
d'ailleuts
que
de
notre
globe.
ces
éxhalaifons
qui
devoient
les
former.
a
Philo-
fophes
ont
eu
recours
à
celles
des
autres
planertes,
à
celles.
du
Soleil
lui-même;
mais
cette.
reflource
leur
a
été
faci-
lement
enlevée
par.
les
confidérations
les
plis
fimples.
Des,
cometes
qui
font
reftées
à
des
diftances
énormes
de
toutes.
les.
planeres
&
du
Soleil,
nont
pu
enlever
à
aucuñ
de
ces.
lobes
leurs
atmofpheres.
Dans?
opinion
dominante
du
vide,
comment
ces
vapeurs
enlevées
par
les
cometesaur
formé
desatmofpheresautour
d’elles?
Comment
ces
atmofphe:
res
nouvelles
s'y
feroient-elles
maintenues
?
Elles
fe
feroient.
fans
doute
répandues
dans
tout
lefpace,
par
la
chaleur
qu'on,
fuppofe
aux
cometes
à
leur
périhélie,
elles
fe
feroient
con-
denfées,,
dès.
que
certe
chaleur
auroit
été
diff
ipée
:
les
co-
metes.
n’auroient
donc
pû
conferver
ces
atmofpheres
quun
inftant
,
quand
même
on
pourroit
fuppofer
quelles
Les
au-
roient
acquifes?
Les
planetes
confervent
les
leurs,
parce.
quelles
reftent
dans
des
régions
où
la
température
varie
infiniment
peu,
&
oùil
nes
‘opere
que
de
légeres
différen-
ces
entre
les
raréfations
&
les
condenfations
,
différences.
dont
les
degrés
s'écartent
peu
de
part
&
.
terme,
moyen;
ce
qui
na
pas
lieu
pour
les
cometes.
Dans
le
fyftème
du
plein,
ces
atmofpheres
enlevées
&
confervées
font
également
inadmifibles
:
comment
ces
co-
metes,
pourroient
-
elles
parcourir
dans
lefpace
éthéré
des:
routes
immenfes
avec
dés.
viteñes
infinies
,
&
dars
toutes.
fortes
de
diredtions,
fans
que
la
réfiflance
de
lécher
qui
fe
meut
fouvent
en
fèrs
contraire
à
celui
où
la
comete
fe
meut,
elle
-
même,
féparât
bientôt
d'elles
ces
atmofpheres
ufur:
ESA
DORE
AIT
RENE
ENT
RENE
EN
NERF
DATE
FA
CARS
LPO
0
CE
pv
MonbDe£#,.
18r
pécs
>
Suppoferoit-on
que
les,
cometes
tournent
fur
elles.
mêmes
avec
une
vitefñle
excefive
,
&
que
de
cette
virefle
il
_réfulte
une
force
qui.
retient
ces
aumofl
1eres
autour
d'elles»
La
fuppoñtion
alors
feroit
aufli
présee
que
la
théorie
qu'on
voudroit
en
déduire
feroit
difficile
à
établir.
Il
à
donc
bien
fallu
renoncer
à.
formér
aux
cometes
dés
atmofpheres
avec
des
vapeurs/étr
angeres,
&
lon
a
pris
le
parti
de
regarder
ces
atmofpheres
comme
formées
de
leurs
propres
cha
nous
parlerons
ailleurs
de
ces
préten-
dues.
-atmofphoress
ei
Nous
ne
voyons
pas
que
de
cette
premiere
conhaeraon
générale
des
cometes,
2
ces
pi
remieres
apparences
fenfibies
a
tous
les
yeux,
il
puifie
naïtre
dans
les
efprits
l'idée
dun
corps
durable,
permanent,
d'un
corps{olide
enfin,
&
fembla-
ble
aux
planeres.
Ecourons
un
des
plus
habiles
une.
un
Savant
dont
les
yeux
font
familiarifés
avec
les
Phename-
nes
de
l'efpace
infini
que
fes
regards
ont
fi
fouvent
parcou-
u,
quils
onc
fi
fouvent
pénétré
pour
y
faifir
les
obferva-
_
tions
les
plus
délicares
;
cet
Afironome,
fortement
prévenu
en
faveur
de
l'opinion
des
a
va
nous
appren-
dre
quel.
effet
ces
apparences
que
nous
venons
de
confidé-
rer
ont
fait
fur
fon
efprit.
Lande
(f),
étoient
d’une
lumiere
f
pâle
,
_fi
éteinte,
v
(f)
Type
8x
a
_
»
TPoutes
les
cometes
que.
jai
vues,
die
M.
de
la
>
qu'il
y
a
lieu
de
croire
que
leur
fabftance
a
peu
:
de
ne
>)
fé,
&
quelles
ont
très-peu
de
mañle
».
Ce
témoignage
rendu
ee
un
anûn.
de
foprion.
des
comero-planeces,
ne,
182
LHTSLROGE
répand-il
pas
déjà
quelque
nuage
fur
cette
opinion?
Si
la
fubftance
des
cometes
à
fi
peu
de
denfité,
fi
elles
ont
f
peu
de
mafle,
n'eft-on
pas
porté
à
croire
que
ce
Savant
Les
regarde
comme
ayant
peu
de
volume?
Ce
n’eft
pas
inuti-
lement,
qu'après
avoir
dit
que
leur
fubftance
a
peu
de
den-
fité
,
il
ajoûte
qu'elles
ont
peu
de
mafñle
;
expreffions
qui
feroient
prefque
fynonymes,
fi
l'Auteur
mavoit
pas
eu
en
vue
le
volume
total
de
la
comete:
mais
fi
ces
aftres
avoient
fi
peu
de
volume,
comment
feroient-ils
fi
vifibles
à
de
très-
grandes
diftances?
Enfin
en
nous
reftreignant
à
[a
valeur
tigoureufe
&
au
féns
précis
de
l’Auteur,
fi
fes
cometes
ontf
peu
de
denfité
&
fi
peu
de
mafle,
comment
celles
qui,
à
leur
périhélie,
pañfent
infiniment
près
du.
Soleil,
comme
celle
de
1680,
qui
fe
trouva
166
fois
plus
près
de
cer
aître
que
la
Terre,
peuvent-elles
réfifter
à
une
fi
grande
cha-
leur?
Selon
Newton,
&
felon
M.
de
la
Lande,
cette
co-
mete
de
1680
éprouva
une
chaleur
2009
fois
plus
grande
que
celle
d'un
fer
rougi,
où
28000
fois
plus
grande
que
celle
que
nous
éprouvons
au
folftice
d'été:
sûrement
notre
fer
fe
volatiliferoit
à
ce
degré
de
chaleur.
Comment
des
aftres
qui
auroient
fi
peu
de
mañle,
f
peu
de
denfité,
ñe
feroient-ils
donc
pas
totalement
diflipés,
vaporifés
par
une
chaleur
fi
exceflivé
>
Comment
enfuite,
précipitant
leurs
coutfes
vers
des
régions
glacées,
ne
feroient-ils
pas
bientôt
condenfés
par
le
froid
?
car
alors
leur
fubftance
doit
être
rel=
_
lement
divifée
que
fa
condenfation
doit
être
infiniment
ras
pide
?
Mais
renvoyons
à
des
recherches
plus
approfondies
les-induétions
à
tirer-deces
premieres
APparohees
Arrérons-nous
ici
à
confidérer
les
apparitions
foudainés
,
ss
ARRET
NOEL
RGUR
LE
GE
Le
{
À
k
$
|
RPM
AREEERT,
RENTRER
BEEN
EN
NPEPENNPAT
ER
ONENEETENREN
TEE
ARTIST
PESTE
EI
PPT
ET
TTENN
TEE
PTIT
PP
TE
TITRES
RETRAITE
ENTER
re
Du
Monpr.
193
&
les
difparitions
également
foudaines
des
coômetes.
Un
aftre
qui
s'avance
des
profondeurs
du
ciel
vers
notre
olobe,
&
qui
parvient.
à
une
diffance
où
il
commence
À
devenir
vifible
,
peut
être
comparé
à
un
vaifleau
qui
arrive
à
la
vue
d'un
Spectareur
placé
fur
Le
rivage
;
ce
vaifleau
n’eft
d’abord
à
fes
yeux
qu'un
point
imperceptible
qui
augmente
de
fur-
face
fucceflivement,
&
dans
des
proportions
relatives
à
la
vicefle
de
fa
marche
&
aux
efpaces
qu'ila
parcourus.
Si,
\
,
1
REX
E
:
É
:
“45
après
avoir
préfenté
à
ce
Spectateur
une.
furface
d’une
grandeur
donnée,
il
prenoït
tout
d'un
coup
une
nouvelle
route
qui
fit
avec
l'œil
du
Spettateur
le
même
angle
que
_
faifoit
la
premiere,
&
que
fa
viteffe
reftât
la
même,
il
dé-
eroîtroit
de
quantités
égales
dans
des
tems
égaux
5:
ces
dé
croîfflemens
&
ces
tems
feroient
comme
lesaccrofffemens
&
les
tems
de
fon
approximation.
Si
nous
fappofons
que
ce
Spectateur,
placé
fur
le
rivage,
attendit
l’arrivée
du
vaif-
feau
,
&
le
cherchât
avec
les
lunettes
les
plus
fortes,
fans
doute
il
Fappercevroit
avec
ces
inftrumens
longtems
avant
de
le
voir
à
la
vue
fimple
;
&
lorfqu'il
auroit
pañfé
&
qu'il
fuivroit
une
route
nouvelle,
il
difparoïtroit
à
fes
yeux
dans
le
lointain
longtems
avant
qu'il
fût-perdu
pour
fes
revards
aidés
du
télefcope.
Il
devroit
donc
en
être
ainfi
des
come-
tes,
fi
on
les
.confidere
comme
décrivant
des
courbes
régur-
_
leres.
Cependant
rien
de
tout
ce
qui
conviendroit
efflen-
tièllement
au
vaiffeau
de
notre
hypothefe
ne
peut
leur
être
adapté,
Mille
Aftronomes,
armés
de
lunettes
,
parcourent
continuellement
l'efpace,
&
fubitement
une
comere
paroît
à
leurs
yeux
dans
une
partie
du
Ciel
vers
laquelle
leurs.
lunetres
étoient
dirigées.
il
ny
a
qu'un
inftanc.
Nul
point
184
PHYSIQUE
vifible
ne
s'y
laifloit
diftinguer,
lorfqu'ils
y
découvrent
un
corps
lumineux
qui
occupe
tout
d'un
coup
plufieurs
degrés
;
ee
corps
parcourt
une
ligne
qui
le
rapproche,
fon
volume
ne
s'accroît
point,
ou
saccroit
peu;
il
conferve
encore
fa
plus
grande
apparence
,
lorfque
foudainement
il
devient
invifible
:
à
peine
a-t-il
difparu
à
la
vue
fimple,
que
c'eft
en
vain
qu'on
le
cherche
avec
les
plus
fortes
lunettes.
Rapportons
ces
phénomenes
à
céux
des
accroïffemens
fué:
ceflifs
&
des
décroiffemens
également
fucceffifs
du
vaifleau,
il
faudra
alors
ou
nier
que
ce
que
nous
avons
dit
de
ce
vaifleau
foit
vrai,
ou
nier
ce
que
nous
avons
dit
de
la
comete,
ou
convenir
que
la
comete
n'eft
point
un
Corps
permanent
qui
|
parcourt
toute
la
courbe
dans
laquelle
on
fuppofe
qu’elle
fe
meut,
&
qu
ainfi
elle
n'eft
point
une
planete:
maïs
ne
précipitons
point
nos
jugemens.
Nous
n'avons
encore
parle
des
cometes
que
comme
d'une
limiere
apparente;
les
Af
tronomes
nous
parlent
de
leur
difque
qu'ils
diftinguent
de
leur
chevelure
&
de
leur
queue;
nous
les
invitons
à
confidérer
plus
attentivement,
avec
nous,
les
caracteres
de
‘ces
lumieres
diffufes
;
à
ceux
de
la:
Lens
de
ce:
difque
prérendu,
De
la
Lurmiere
des
Comeres.
Los
Nous
venons
de
voit.
que
toutes
les
comeres
que
M.
de
la
Lande
a
vues
étoient
d'une
lumiere
fe
fotble,
fi
?
péle
:
ei
éreinte
;
qu'il
y
a
lieu
de
croire
que
leur
ni
a
_.
de
denfiié,
€
qu'elles
ant
très-peu
de
malle.
Getre
apparence,
que
M.
de
[a
Lande
a
conftamment
obfervée
,
F
RENE
PARQRRTRE
ARTESTTTETTRAISNT
TRRETEETETCEEDETAE
DE
ET
NAPAEP
Du
MonNpD
Er.
18;
obfervée,
fe
rapporte
très-bien
avec
ce
que
Veigélius
nous
dit
de
la
comete
de
1664.
Get
Aftronome,
ayant
confidéré
en
même
tems
le
Soleil,
un
petit
nuage
éclairé
par
cet
aftre
,
la
Lune
&
la
comete,
trouva
que
cette
derniere,
au-lieu
d'être
d’une
lumiere
continue
comme
la
Lune
à
reflembloit,
au
contraire,
infiniment
au
nuage;
ce
qui
le
porta
à
penfer
que
ces
prétcendus
aftres
pourroient.
bien
n
être
que
des
exhalaifons
du
Soleil.
ni
Poe
cu
cs
La
comete
de
1652
parut
à
Hévélius
prefqu'aufi
grande
que
la
Lune
;
mais
elle
lui
étoit
infiniment
inférieure
en
|
lumiere,
étant
extraordinairement
pâle
,
&
comme
entourée
de
fumées
qui,
loin
de
lui
laiffer
quelqu'éclat,
rendoient
fon
afpe&
trifte
&
lugubre,
:
|
dise
Mais
fi
telle
eft
fouvent
la-lumiere
des
comtes,
quel-
quefois
aufi
cette
fumiere
:a
plus
d'éclat,
plus
d'intenfité,
&
fe
colore
diverfement.
Sturmius
dir
que
la
comete
de
1680
lui
parut
moins
lumineufe
vers
fes
bords
qu'à
fon
ceñ=
tre,
&
quelle
Jui
parut
plutôt
reflembler
à
un
charbon
en-
flammé
d'un
feu
obfcur
,
ou
à
une
male
informe.
de
matiere
éclairée
par
une
lumiere
accompagnée
de
fumée,
qu'aune
étoile
ronde
&
d’une.lumiere
vive.
rh
oo
Enfin
;
la
comere
de
1661
parut
à
Hévélius
d'une
Lu-
‘miére
jaunâtre
brillante
&terminée
;
Mais
fans
étincelles.
ayant
dans
le
milieu
un
noyau:
rougceatre
de
la
groffeur
de
Jüpiter
|
&
environnée
d'une
lumiere
beaucoup
plus
rare.
Le
5
Février
fa
tête
étoic
un
peu
plus
foncée
que
la
couleur
dors!
mais
d'une
lumie
re
plus
fombre
que
celle
des.
étoiles.
--
Le
peu
d'obfervations
que
nous
venons
de
rapporter
fuffit
pour
nous
convaincre
1°.
que
le
lumiere
que
nous
envoient
Tome
IL,
A
a
186
Peu:
Y
SÉQUE
les
cometes
,
ne
reflemble
jamais
à
celle
que
réfléchiffenc
les
planetes
;
2°,
que
ces
lumieres
des
cometes
ne
fe
refflem-
blent
point
entrelles.
Une
autre
différence
bien
remarqua-
Lle
encore
entre
la
lumiere
des
planetes
&
celle
des
co-
metes
,
c'eft
que
l'éclat
des
premieres
eft
égal
fur
tout
le
difque
éclairé
par
le
Soleil
:
il
n’en
eft
pas
ainfi
des
co-
metes,
leur
lumiere
a
toujours
plus
d'intenfité
vers
Le
cen-
tre,
que
vers
les
bords;
ce
qui
ne
convient
point
à
un.
hé-
mifphere
folide
&
réfléchifflant
une
lumiere
étrangere
:
mais
eflenciellement
à
un
tourbillon
lumineux,
dont
les
bords,
comme
moins
épais,
&
préfentant
des
tranches
formées
par
des
orbes
dont
la
viteffe
eft
moindre
,
ne
peuvent
avoir
aurant
d'éclat
que
Le
ete
-
Enfin,
le
difque
des
planetes
eft
rond,
cé
qui
convient
encore
à
un
hémifphere
éclairé
;
celui
des
cometes
au
con-
traire
préfente
fouvent
toutes
fortes
de
formes,
comme
nous
le
voyons
dans
les
figures
que
nous
en
à
donné
Hévélius:
auf
ce
grand
Cométographe
nous
dit-il
afirmativement:
«
Il
faut
favoir
que
la
matiere
des
cometes
n'eft
pas
une
maffe
évale,
continue
&
condenfée,
fous
forme
de
fphere,
»
ou
de
globe,
comme
les
planetes
perpétuelles
;
mais
que
»
cette
matiere,
ces
effluves
éthérées,
enfin
ces
cometes
;
ne
Ÿ
»
reffemblent
qu’à
des
planeces
pañlageres
;
qu'elles
ne
font
»
que
des
corps
improprement
dits,
&
que
ces
corps
ne
»
font
pas
fphériques
(g)
».
On
a
vu
que
nous
étions
bien
éloignés
d'adopter
cette
idée
d'effluves
planétaires
qui
s’étoit
préfentée
à
lefprit
d'Hévélius
;
mais
en
reconnoîtr2
{£)
Prodonius
Cometicus
,
p.
men
|
|
î
È
FZTECPERPERERNI
ENT
AURAS
TETE
TE
PEETT
terne
HÉAELÉ
ET
nee
pu
MONDE.
187
dans
la
fuite
combien
l’aflertion
que
renferme
cette
phrâfe,
&
qu'une
fuite
continue
d'obfervarions
avoit
diétée
à
Hévé-
lius,
convient
à
notre
théorie
:
cependant
ne
concluons
encore
rien
de
ces
différences;
attendons
que
nous
aïons
confidéré
plus
attentivement
la
nature
de
cette
lumiere
cométaire.
|
|
Nous
venons
D
.
l'obfervation
de
Sturmius
fur
la
comete
de
1680
,
&
dans
celle
d'Hévélius
fur
la
comete
de
1661,
que
ces.
Aftronomes
avoient
diftin-
gué
la
lumiere
du
centre,
ou
du
noyau,
d'avec
la
lu-
miere
environnante.
Cette
miere.
rare
,
diffufe,
tranfpa-
rente,
à
travers
laquelle
on
voit
sé
des
le
,
n'eft
point
la
comete
proprement
dite;
mais
ce
difque
,
ce
noyau
eft
véritablement
la
planete,
dans
l'opinion.
des
Philofophes
qui
les
ee
comme
des
Sr
permanens
:
:
nous
pañle-
rons
donc
à
la
confidération
très-attentive
de
ce
noyau,
puifque
c'eft
véritablement
de
lui
qu'il
faut
nous
occuper
,
que
c'eft
lui
qu’il
faut
étudier,
que
c’eft
lui
enfin
qui
eft
le
véritable
.
de
nos
recherches.
=
|
Du
ou.
*
:
Par
ce
que
nous
avons
déjà.
rapporté
de
M.
de
ka.
Lots
_
NOUS
AVONS
vu
que
ce
noyau
ne
pouvoit
nous
être
nd
que
comme
une
fubftance
ayant
peu
de
denfité
;
caractere
qui
paroït,
à
la
premiere
vue
de
l'efprit,
peu
convenir
aux
cometes.
En
effet,
dans
leur
prande
approximation
du
Soleil
,
au
“périhélie,
ce
noyau
devroit
être
difipé,
vaporifé
fout
entier
;
dans
Les
grands
éloignemens
il
devroit
être
Aa
2
188
PESTE
condenié,
de
maniere
à
être
réduit
à
un
point
infenfible:
les
cometes
devroïent
au
moins
croître
infiniment
de
volume,
en
s'approchant
du
Soleil,
&
décroître
de
même,
&
très-
fapidèment,
ensen
Lolenane
Mais
ne
tirons
encore
aucune
‘induction
de
cette
réflexion
fi
fimple
&
fi
naturelle
;
affu-
rons-nous
bien
fi
ce
noyau
nous
eft
fuffifamment
indique
comime
corps
folide
eee
pour
que
la
certitude
de
ce
fait
doive
faire
d
loi
à
notre
théorie.
Que
lon
fe
rap-
pelle
donc
ce
que
nous
avons
déjà
dit
des
apparitions
&
des
-difparitions
fubites
des
cometes
,
du
peu
d'apparence
de
denfité
qu
elles
indiquent,
&
en
confervant
ces
idées
pre-
fentes
à
l'efprit,
confidérons
les
autres
apparences,
-
Si
les
cometes
ont
un
noyau
folide
&
permanent
qui
ré-
féchite
la
lumiere
du
Soleil
,
en
décrivant
une
courbe
“autour
de
cet
aftre,
elles
font
ds
plantes
;
5
mais
il
paroït
évident
qu'alors
elles
doivent
avoir
des
phâfes
,
comme
les
planetes,
elles
doivent
être
vues
en
croiffant,
en
qua-
-drature
,
en
decours:
ces.
apparences,
comme
nous
l'avons
vu
en
parlant
des
planetes,
Apparentens
néceflairement
à
tout
corps
planétaire,
c'eft-a-dire,
à
tout
globe
folide
faifant
fa
révolution
autour
du
Soleil;
in
les
cometes
ne
les
préfentent
point.
On
a
obfervé
beaucoup
de
cometes
qu
ont
defcendu
plus
bas
que
Mars,
&
dans
aucune
on
na
‘diffingué
de
phâfes
bien
crade
Il
faut
avouer
ce-
“pendant
qu'on
a
cru
en
remarquer
une
à
la
comete
de
1744,
dont
la
partie
vifible
n’étoit
éclairée
qu'à
moitie.
Mais,
fans
‘revenir
fur
cette.
obfervation,
cmeftil
pas
bien
furprenant
.
que
fon
n’en
puifle
rapporter
qu'une
?
Cette
réflexion
ne
de
pas
infiniment.
la
conclufon:
‘qu'on
voudrai
me
£
<e.S
PPS
SIERTE
--
Ce:
nonce.
t-il
véritablement
cemme
un
noyau
folide
&
perma-
nent?
Enle
pourfuivant
dans
cfpace,
ne
pourfaivons-nous
pas
une
chimere
?
Confultons
Fobfervation
;
elle
nous
ap=
Ë
puy
Mon
ps.
189
en
tirer?
Depuis
1607
feulement,
douze
ou
treize
cometes
ont.été
vues
plus
près
du
Soleil
re
celle
de
1744,
&
dans
ces
douze
cometes
on
na
obfervé
qu'une
phâfe
:
peut-on
de
cette.
obfervation.
unique
conclure
avec
confiance
que.
les
_
cometes
ont
des
phâles
régulieres,
comme
elles
devroient
en
avoir
fi
elles
étoient
des
planeres
?
Les
vapeurs
qui
les
environnent
&
les
scope
empêchent,
dit-on
,
que
ces
phâfes
foient
vifibles
:
mais,
1°.
on
dit
auf
que
ces
vapeurs,
ces.
famées
fe
ouau
moins
fe
raréfient
entiérement
;
qu
on
apperçoit
fouvent
à.
travers
elles.
uñ
noyau
fort
vif
&
très-éclacant(
z)
:
commeñt
n'a-t-on
donc
pas
diftingué
plus
fouvent
des
phâfes
>
2°,
Mercure
eft
toujours
one
de
vapeurs,
&
cependant
fes
phâfes
font
très-vifibles.
Ce
défaut
d'obfervation
des
phâfes
milice
donc
très-puifamment
contre
le
fyftème
des
cométo-plancetes,
&
l'obfervation
unique
de
1744
leur
prête
un
bien
foible
fe-
cours:
mais
dans
le
nombre
des
autres
phénomenes
que
nous
allons
confidérer
,
plufieurs
,
en
préfentant
d’autres
raifons
de
cetre
apparence
unique
c
de
phâfe,
détruiront
toute
idée
de.
planécifme
|
dans
les
cometes,
ee
ya,
que
nous
voulons
affa}
jettir
à
des
Phil.
san
prendra
que.ce
noyau
ne
Le.
laifle
pas
toujours
apper-
»
cevoir.
M.
de
Mairan
reconnoît
que
la.
lumiere
quitouche
de
Je
voyau
fe
conend
lonene
avec
Jui
5
&
È
2
#
F90
PES
SrocE
tous
les
Aftronomes
conviennent
de
ce
faits
ainfi
que
d'une
autre
vérité
auf
importante
à
confidérer
:
cet
que
ce
noyau
difparoît
fouvent
tout-à-coup,
quoique
là
comete
refte
vifible,
&
fans
que
l'œil
nous
fafle
reconnoître
fen-
fiblement
dans
la
fumiere
que
nous
continuons
de
voir
très-
diftintement
aucune
variation
d'état
à
laquelle
nous
puiffions
attribuer
la
difparition
du
noyau.
En
1618,
on
vit
dans
toute
l'Europe
une
queue
de
comete
fans
noyau
:
on
en
vit
une
autre
pareille
à
à
Rome
en
1702;
elle
fut
obfervée
par
M.
Caflini,
qui
la
crut
la
même
que
celle
qui
fut
ob-
|
fervée
par
Arte
&
qui
avoit
reparu
depuis
en
166
8;
5
mais
cette
opinion
ne
fut
point
adoptée.
Hévélius
nous
apprend
que
le
….
de
celle
de
.
1,
qu
|
à
tant
&
fi
bien
obfervée
,
n'étoit
pas
diftinct
le
28
Mars
dela
lumiere
qui
l'entouroit
,
quoique
cette
[lumiere
füt
alors
extrêmement
rare
&
pale
,
que
fa
matiere
fût
ex-
trêmement
difperfées
ce
qui
auroit
dû
laïfler
voir
le
dif.
de
du
noyau
:
cependant
celui-ci
ne
répare
plus.
-
M.
Meffer,
dont
on
connoït
le
mérite,
l'exa@itude
&
Palliduité
à
obferver
les
cometes
;
né
put
diftinguer
de
noyau
dans
celle
de
1759,
ainfi
que
nous
le
lifons
dans
l'Ouvrage
du
Pere
Berthier,
pag.
286,
qui
cite
un
Mé-
moire
…
M.
de
File
,
inféré
clans
le
Jourtal
—
e
année
TS
9.
+.
E
fe
préfene
ici.
une
réflexion
f
maarelle
qu
on
croifa
qu
elle
fac
évanouir
|
difficulté.
C’eft
aflez,
dira-
t-on,
que
le
noyau
ait
paru
quelques
:
jt
ns
pour
que
fon
exif-
tence
foit
a
aflurée
;
fa
difparition
tient
à
des.
caufes-
que
l'on
peut
trouver
dans
les
vapeurs
de
la
comete
,
“OU.
qu
lors
TNT
D
ET
REPLI
SOEE
NE
NE
7
CU
Duty
MonNDE.
TOI
même
qu'elles
refteroient
inconnues,
pourroient
exifter
ce-
pendant,
&
dont
l'ignorance
nautoriferoit
point
à
nier
la
réalité
de
ce
noyau.
Nous
croyons
que
la
confiance
que
l'on
prendroit
dans
ce
raifonnement
,
affez
fpécieux
,
ne
feroit
pas
folidement
fondée.
Nous
verrons
bientôt
que
ce
font
ces.
apparences
de
noyau,
dont
les
caufes
ont
été
Iñ-
connues
,
qui
ont
féduit
&
induit
en
erreur
:
ceft
aflez
d'en
avertir
ici:
attendons
l'expofñtion
de
la
théorie
pour
les
faire
connoïtre,
&
continuons
d'obferver
ces
noyaux.
Plus
cer
examen
ba
attentif,
&
plus
Popinion
qui
les
reçoit
pour
des
planetes
s'afoiblira
&
fe
décréditera
dans
les
efprits.
C'eft
lors-mème
que
ce
noyau
a
été
vule
plus
diftincte=
ment,
quil
a
fourni
les
obfervations
les
plus
deftrudtives
de
toute
idée
de
permanence.
Les
noyaux
des
cometes
Ge
1572,
1607
&
1642,
parurent
divifés
en
plufieurs
noyaux
aux
Yeux
des
Aftronomes
qui
les
obferverent.
Héyélius
,
qui
a
gravé
les
figures
de
ces
cometes
,
d
après
les
ne
nous
donne
aufli
les
figures
de
quatre
autres
qu'il
a
vues.
lui-même
ainf
divifées,
Le
noyau
de
celle
de
1660
fut
d'abord
aflez
rond
,
aflez
diftinét
de
fa
chevelure
lumineufe
;
:
il
parut
bientôt
dvifé
en
plufieurs
petits
noyaux
,
qui
fe
réu-
nirent
enfuite
en
un
feul:
celle
de
1661
,
dont
nous
avons
déjà
parlé,
&
dont
le
noyau
rougeâtre
étoit
la
groffeur
de
Ji
upi-
er,
futvu
par
cet
Aftronome,
le
s
Février,
divifé
en
plufeurs
parties;
le
6,
une
de
ces
parties,
celle
qui
étoit
vers
le
bas
de
dc
comete
lui
fembla
plus
denfe,
plus
lumineufe
que.
le
refte;
j
le
10
hs
parties
du-baut
étoient
He
lumineufes
4e
celles
du
bass
ces
noyaux
difti
fnftrumens
dont.
fe
fervo
fitconnoitrelui-même
La
contrat
Ion
ans{
102
PRTSrO0
E
alors
ils
difparürenc
tous,
&
ne
furent
Pit
nds
de
{3
lumiere
qui
les
avoit
OST
environnés.
Il
en
fut
ainf
de
celle
de
1662
que
le
même
Aftronome
obferva:
celle
de
1664
fe
45
encore
en
différentes
parties
qui
fe
réunie
rent
enfemble,
En
ne
rapportant
ic
que
des
RUE
fi
anciennes
on
nous
objectera
fans
doute
le
défaut
d'obfervations
plus
récentes
de
ce
phénomene
fingulier
,
&
nous
avouons
que
|
cette
objection
eft
trés-forte
;
mais
“pit
que
l’état
des
cometes
par
Oit
à.
prefque
tous
nos
Aftronomes
définitivement
conftate
,
TERRE
se
ils
ont
décidé
qu'elles
écoient
des
pla-
netes,
5
n'ont
plus
€
été
occ
ceupés
que
de
déterminer
les
cour-
bes
qu
elles
décrivent,
de
tracer
leur
routé
,
de
chercherà
connoître
leurs
ae
Nous
convenons
cependant
que
ces
divifions
obferyées
par
Hévélius
&
Pa
quelques-uns
de
es
prédécefleurs
nauroient
pu
‘échapper
à
à
nos
très-acrentifs
&
très-vigilans
Aftronomes
;
;
nous
ne
doutons
affurément
pas
qu
ils
n'euffent
annoncé
des
phénomenes
auf
intéreflans,
quelqu’
atteinte
qu'il
s
euffent
pu
porter
à
|
see
reçue:on
doit
autant
de
confiance
2
à
leur
bonne-foi
,
qu'a
lies
lu-
mieres
fln'exifte
€
entr
eux
aucune
convention
pour
cacher
Ra
vérité:
tous
2
au
contraire
ne
tendent
qu'à
Pétablir
dans
ous
fes
droirs,
Nous
avons
nous-
-
mêmes
obfervé
plufi
iéurs
comètes,
&
nous
nen.
avons
pas
vü
une
feute
fe
divifer.
F
audroit-il
donen
nier
à
Hévélius
des
Faits
qu
rt
‘donne
|
os
f
|
certains?
No
Ù
refpectable
,lem
mo;
e
UE
rejérter
une
autorité
auf
’êrre
ra
Re
re
ER
ee
&
Men
ON
TEE
EE
DOORENENPREAINNEENEERMENEEEIET
EE
DD
MoN
Dr.
193
&
f
aprés
la
dure
des
quatre
chapitres
quil
confa-
cre
à
traiter
cette
matiere
,
on
ne
peut
douter
qu'il
eût
de
bons
inftrumens,
on
peut
encore
moins
en
douter
d'après
les
obfervations
here
dontfes
Ouvrages
font
remplis.
Pour
concilier
ces
divifions
fi
fréquentes
des
noyaux
des
cometes
dans
des
temps
précédens
avec
le
filence
de
nos
Aftronomes
modernes
fur
ces
apparences
,
le
Pere
Berthier
femblenous
fournir
un
moyen
heureux.
N
ous
lifons
dans
le
IV®
Volume
des
Principes
Phyfiques
,
que
M.
le
Gentil
,
de
l'Académie
Royale
des
Sciences,
-Aftronome
|
dont
Le
mérite
eft
trés-parfaitement
connu,
a
alaré
au
R.
P.
Berthier
,
que
Lon
vo
)'yOLt
des
crevai]es
ee
les
cometes.
Or,
ajoute
le
R.
P.,
left
évident
que
ces
RTE
vÉes
avec
da
lunettes
plus
Rés
font
ces
divifions
qu’
a
obfervée
Hévélius.
Nous
objeéterons
à
à
ce
Phyficien,
&
nous
nous
objeéterons
à
nous-mêmes,
qu'il
n’eft
pas
pofñlible
de
fuppofer
que
les
lunettes
d’
Horde
fuffent
plus
fortes
que
toutes
celles
avec
lefquelles
on
obferve
depuis
longtems
les
Cometes
:
mais
nous
ajourerons
auf
que
ces
creraie
nous
paroiflent
fort
fufpeétes.
Hévélius,
&les
autres
Aftronomes
qu'il
cite,
ont
vu
des
divifions
‘completres
&
totales
:
non-feulement
Hive:
lius
vit
celle
de
16
64
fe
hvifer,
mais
il
vit
encore
fes
sig
réntes
parties
fe
réunir.
ee
Malgré
tout
ce
que
nous
venons
dé
dire
fe
-
divifc
ion.
de
noyaux
des
cometes
,
le
filence
des
Modernes
fafira
Cependant
pour
que
nous
ne
nous
permettions
d
infifter
que
foiblement
fur
les
inductions
à
tirér
de
cette
divif
ion
préten=
due.
Nousne
la
donneronspoint
pour
une
preuve
décifive
que.
les
cometes
ne
font
pas
des
fübftances
folides
:
“mais
on
con=
Tome
IE
—
|
8
b.
200
PHYSIQUE
vroient
être
toujours:
mais
ces
queues
fuivent
encore
les
cometes
lorfqw’elles
font
parvenues
à
des
régions
où
elles
n’éprouvent
plus
de
chaleur
fenfible.
Enfin,
flces
queues,
-ces
atmofpheres
énormes
de
vapeurs
fubfiftent
encore
à
ces
_diftances,
que
devroient
devenir
ces
aftres,
lorfqu'ils
s'ap-
-prochent
infiniment
plus
près
du
Soleil
que
ne
l'eft
Mer-
cure
»
Cette
objection
contre
les
cométo-planetes
eft
une
des
plus
importantes
:
nous
la
reprendrons
ailleurs;
&
lorf-
que
,
dans
la
fuite
de
cet
Ouvrage,
nous
parlerons
des
phé-
nomenes
[lumineux
,
auxquels
nous
fommes
:
intimement
per-
_
fuadés
quil
faut
rapporter
les
cometes,
nous
croyons
en
avoir
dicaflez
pour
qu'on
fufpende
au
moins
fon
opinion,
êc
pour
nous
difpenfer
de
confidérer
ni
Les
routes,
ni
les
ac=
tions
des
cometes
dans
l'efpace.
|
:
|
Caraëtres
propres
&
eee
des
Cometes.
_.
caracteres
propres
aux
cometes,
ceux
que
7.
font
véritablement
particuliers,
fe
one
donc
à
une
lumiere
plus
où
moins
diffufe
,
plus
ou
moins
vive,
plus
où
moins
coloriée,
&
d’une
de
plus
ou
moins
longue
qui
rare
ment
ce
quelques
mois;
on
en
a
vu
fans
noyau,
on
en
a
vu
fans
queue;
ainfi
le
noyau
ni
la
quete
ne
font
point
des
caracteres
conflans
&
diftindif.
Il
eft
vrai
que
toutes
les
fois
que
l'on
apperçoit
de
ces
traînées
de
lumiere
dans
lés
efpaces
furlunaires,
€
’eft-à-dire
lorfqu'on
eft
afluré
que
ces
lumieres
font
plus
loin
de
nous
que
la
Lune,
on
eft
autorifé
à
les
appeller
cometes
:
mais
il.
fauc
auf
qu'on
à
très-fréquemment.
vu
de
ces
traînées
lumineufes
-
dans
SALE
Lie
à
td
Tépe
ET
EEE
ES
TRE
AIG
ET
EN
LORS
SPP
PROD
ETF
CENTARSENSIENRIEN
TR
AS
PURE
TRE
TIR
DU
MONDE.
20I
dans
des
régions
inférieures
à
à
la
Lune
;
que
plufieurs
avoient
des
têtes,
où
étoient
précédées
2
à
leur
partie
antérieure
par
un
lobes
&
qu'elles
avoient
dès-lors
toutes
les
appa-
rencés
les
plus
fenfibles
de
comeres
véritables
:
leur
peu
de
durée
,
leur
peu
d'élévarion
ont
pu
feules
alors
les
faire
dauer
des
cometes
fupérieures,
Nous
parlerons
ailleurs
de
ces
phénomencs
|
one
|
Diférences
e
entre
e
Les
Comeres.
&
les
Planeres.
Il
réfulte
és
déiament
de
tout
ce
que
nous
avons
die
en
parlant
des
planetes,
que
ces-aftres
font
des
corps
1e
des,
opaques
,
qui
réfléchiflent
la
lumiere
du
Soleil
,
&
qui;
felon
la
poftion
où
ils
Le
trouvent
refpcdivement
à
cet
aftre
lumineux
&
à
nous
,
préféntent
différentes
por=.
.
tions
de
leurs
difques
éclairés
5
ce
que
nous
avons
appellé
leurs
phâfes.
Les
cometes,
au
contraire,
ne
paroïffent
ni
des
corps.
folides,
ni
des
Corps
opaques
proprement
dits
:
fi
les
cometes-
ee
la
lumiere
du
Soleil,
ceft
à
la
maniere:
d'un
nuage
où
d'un
tourbiilon
décleoidé
1
_
comme
feroit
une
trombe.
Ce
quile
prouve
,
c’eft
que
la
‘lumiere
que
réfléchit
le
difque
d'une
planete,
lorfque
celle-
.
greft
en
oppofition,
eft
fenfiblement
égale
fur
toute
la
fur:
<
face
éclairée,
au
lieu
qüil
n'en
eft
pas
de
même
des
CO
metes.
Ce
que
l’on
appelle
leur
noyau,
lor{qu’
on
apper-
;
çoit.
cette
apparence
de
difque
,
que
l'on
nomme
ainfi,
ne
réfléchit
pas
une
lumiere
égale
:
le
centre
eft
plus
um
neux
que
les
bords
ce
qui
convient
infiniment
à
un
tour-
billon
dont.
Es
lumiere
réfléchie.
ee
les
bords
doit:
avoir
Tome
IL.
Fe
Ce
eee
202
Puavsiour
moins
d'intenfité
que
celle
qui
elt
réfléchie
par
toute
l'épaiffeur.
La
lumiere
qui
nous
vient
de
toutes
les
planetes
eft,
à
très-peu
de
différence
près,
la
même
;
certe
différence
fe
ré-
duit
à
une
légere
variété
dans
la
teinte
du
blanc:
la
vivacité
de
l'éclat
de
Vénus,
la
plus
brillante
des
planetes
,
ne
difiere
pas
affez
de
la
lumiere
de
Saturne
,
la
plus
terne
&
la
plus
plombée
de
toutes,
pour
ne
pas
exiger
quelque
attention
pour
être
diftinguée.
La
lumiere
des
cometes,
au
contraire,
ne
reflemble
point
à
celle
des
planetes,
&
Les
couleurs
des
différentes
cometes
ne
fe
reflemblent
point
entr'elles.
Les
planetes
marchent
toutes
dans
le
même
fens
&
felon
l'ordre
des
fignes
;
les
cometes,
au
contraire,
traverfent
l'ef
pace
dans
voutes
fortes
de
directions,
foit
felon
l'ordre,
foit
contre
l’ordre
des
figies,
foit
par
tous
les
angles
pofhbles
avec
la
dire&tion
générale
;
ce
qui
neft
expliquable
dans
aucun
fyftême.
>
On
fuit
les
planetes
dans
tous
les
points
de
eur
orbire;
on
les
apperçoit
dès
l'inftant
où
elles
s'élevent
au-deffus
de
l’horifon
,
jufqu'a
celui
où
elles
s’'abaiffent
au-deffous.
Les
co-
metes
apparoïffent
tout-à-coup,
fouvent
très-élevées,
&
dans
des
pofitions
qui
prouvent
qu’on
auroit
dû
les
appercevoir
beaucoup
plutôt;
elles
difparoiflent
fubitement,
&
lorfque
tout
induit
à
croire
qu'on
devroït
les
voir
encore
longtems:
elles
ne
font
donc
vifibles
que
dans
quelques
points
d’une
por-
tion
de
courbe,
au-lieu
de
l’être
dans
tous
les
points
de
cette
courbe
,
comme
les
planeres.
Si
c'étoit
leur
éloignement
qui
produisit
leur
difparition,
le
télefcope
les
fuivroit
encore
longtems
après
que
la
vue
fimple
ne
pourroit
plus
les
atrein-
f
Dy
Monpre.
203
dre;
mais
elles
font
perdues
pour
l'œil
armé
des
meilleures
lunettes,
prefqu'auflitôt
que
pour
l'œil
nud.
:
Enfin
les
planetes
fonc
des
globes
dont
la
température
éprouve
de
légeres
variétés,
&
fur
lefquels,
par
confé-
quent,
le
regne
de
la
vie
peur
s'établir
:
les
cometes,
au
contraire,
pañlent
quelques
inftans
dans
une
chaleur
à
la-
quelle
aucune
des
fubftances
,
même
minérales,
que
nous
connoïflons
,
ne
pourroit
réfifter.
Suivant
les
Cométo-
planétaires
,
la
comete
de
1680
éprouva
une
chaleur
28
000
fois
plus
grande
que
celle
que
nous
éprouvons
au
folftice
d'été;
ce
futauffi
fon
été
fans
doute
,
Mais
il
fut
court:
elle
s’avança
rapidement
vers
les
régions
des
frimats.
Il
n'y
a
point
de
nombre
qui
puiffe
exprimer
le
froid
qu'elle
doit
éprouver
à
fon
aphélie,
&
cet
hyver
doit
être
1200
fois
plus
long
que
fon
été.
Ceux
qui
voudront
les
rendre
habi-
tables
auront
d'étranges
fuppoñtions
à
faire
,
&
ceux
qui
confentiront
à
les
laiffer
ftériles
feront
bien
embarraftés
pour
concevoir
le
motif
de
lexiftence
de
tant
de
olo=
bes:
nous
difons
de
tant
de
globes,
on
en
compte
déjà
quatre
où
cinq-cens
d’obfervés:
mais
il
doit
y
en
avoir
un
infiniment
plus
grand
nombre
encore.
Le
Ciel
n’eft
,
dit-orr,
jamais
fans
cometes
vifibles
s
il
doit
y
en
avoir
beaucoup
plus
d'invifibles,
Il
en
fur
beaucoup
pour
peupler
lefpace
_
entre
Saturne
&
Syrius,
deftinarion
à
laquelle
quelques.
Savans
les
confacrent:
mais
à
quoi
fert
cette
population,
fr
la
vie,
ce
plus
magnifique
des
a@es
du
Très-Haut,:
ce
but
ultérieur
,
Cette
fin
vraiment
fublime
de
fon
ouvrage,
ne
peut
y
établir
fon
empire
»
Re
-
En
voilà
bien
affez
fur
les
dif
Férences
effentielles
qui
Ce:
2
en
ep
204
Pa
YSsEQoU
Œ
trouvent
entre
les
plancres
&
les.
cometes.
Il
femble
que
ces
différences
font
naître
dans
nos
efprits
une
grande
répugnance
à
les
regarder.
comme
des
globes
femblables.
Nous
pourrions
ajouter
encore
Lo
oup.
de
motifs
à
certe
répugnance,
&
les
puifer
dans
d'autres
différences
entre
ces
deux
efpeces
d’aftres;
mais
nous
defirons
de
terminer
cet
article
déjà
trop
long
peur-êrre.
Nous
nous
permettrons
feulement
de
rappoller
encore
une
fois
2
à
l'efprit
quelques
phénomenes
certains
&
conftans
des
cometes,
qui
nous
pas
roiflenr
abfolument
inconciliables
:
avec
l'idée
de
planeres,
&
d'en
faire
l'énumération.
Fo
.
Le
premier,
c
eft
cette
D
en
tout
fens;
le
Fe
cette
excentricité
énorme
des
ellipfes
prétendues,
-&
qui:
les
fait
couper
toutes
les
orbites
;
le
troifieme,
cette
atmofphere
lumiheule
,
quon
appelle
queue:
barbe
où
chevelure,
far
laquelle
nous
rehvoÿons
a
ce
que
nous
eñ
avons
dit,
page
180
j
le
quatrieme,
cette
divifion
des
noyaux
ne
fi
fouvent
par
Hévélius,
&
par
d’autres
Aftronomes;
le
cin-
quieme,
ce
jet
de
lumiere
forti
du
centre
de
la
comete
de
1680
,
&
la
fcintillation
de
quelques
autres
dont
parle.
Hé
vélius
.
fon
Prodromus
Cometicus,
pages
13
ë
59:
=
&
dans
ee
Annus
Climatericus
,
page
168.
|
N
OUS
nous
arrêtons
;
il
fera
tems
de
nous
due
davan-
rage
fur
ces.
obfervations,
&
fut
les.
indudions.
qu
“ne
faine
phyfique
doit
en
tirer,
fi
on
entreprend
de
défendre
Popi=
nion
que
nous
attiquons,
Nous.
croyons
en
avoir
dit
aflez,
finon
pour
la
détruire
tout-à-fait,
au
moins
pour
La
rendré
plus
que
fufpecte.
Après
avoir
érable
que
fes.
cometes
ne
font:
pas
des:
planete,
il
nous
refte
à
faire
Connoîtré
ce
qu'elles
font,
à
les
foumettre
à
des
loix
phyfiques
émanées
OLD
CRIE
EEE
PE
GT
RIT
AE
GR
CPE
LEE
OL
CG
Pet
more
—"
7
_-
SRE
LE
NA
A É
RES
MLT
RÉ
COR
RES
RES
PP
TT
RE
à
RETRO
Du
MonpDr.
205
de-notre
principe,
qui
fe
concilient
avec
tous
les
phénome-
nes,
ou
plutôc
defquelles
tous
ces
phénomenes
doivent
ré-
Éoler
néceffairement;
mais
on
voit
bien
que
ce
n'éft
pas
ici
le
lieu.
Sinous
regardons
Les
cometes
comme
des
phéno=
menes
lumineux,
c’eft
à
la
partie
de
notre.
-Ouvrage
qui
craitera
de
la
nice
qu'elles
font
renvoyées,
&
cette
ee
tie
fera
comprife
dans
le
Volume
prochain.
Si,
d'ici
à
ce
quil:paroïfle,
on
nous
propoe
quelques
cbjetions,
nous
efpérons
y
répondre.
…
Continuons
notre
“marche;
5.
hs
le
leu
.
Ciel
en
parlant.
du
Ciel
étoilé.
Nous
reviendrons
enfuite
fur
nos
pass
nous
rentrerons
dans
notre
tourbillon,
dans
l'empire
de
notre
Soleil,
pour
y
confidérer
un
ode
non-moins
magnifique
que
celui
qui
fe
fera
jaiqu
alors
offert
à
nos
regards.
Ce
n’eft
ni
une
disreflion,
ni
une
inverfion
de
notre
route
;
que
de
confidérer
+
Ciel
étoilé
avant
de
parler
de
ce.
que
fous
avons
encore
à
dire
de
notre
Monde
;
il
n'eft
_
point
étranger
:
à
ceux
qui
|
l'entourent.
Rien
n
ef
ifolé
dans
univers
;
toutes
Les
forces
*
font
balancées
par
d'autres
forces
;
tout
eft
contenu.
dans
fa
fphere
par
la
réfiftance
des
fpheres
environnantes
Si,
à
tous
les
points
des
limites
qui
circonfcrivent
toutes
les
on.
des
réfiftances
sop-
pofent
à
ce
quelles
fe
propagent
:
à
Daft,
tout
doir
é
être
en
libre.
C'eftdecet
équilibre
que
nous
parler
ons
après
avoir
|
nn
caufes
cles
loix
dans
Les
Palancemens,
dans
|
DU
CIEL
É
T
O
LÉ
É
ORSQUE
Île
Soleil
éclaire
notre
horifon,
lorfque
fes
feux
fe
précipitent
fur
les
régions
que
nous
habitons,
f
nous
élevons
nos
regards
vers
les
Cieux
,
tout
l'efpace*éthéré
rempli
de
la
fplendeur
que
répand
le
pere
de
la
lumiere,
nous
paroït
terminé
par
une
voûte
azurée:
elle
arrête
nos
regards,
ils
ny
apperçoivent
aucun
autre
objet,
ils
ny
découvrent
aucun
autre
point
vifible.
La
Lune
feule
Sy
montre
fouvent
à
nos
yeux
:
mais
ce
n’eft
point
pour
difputer
au
flambeau
du
Monde
le
droit
d'éclairer
la
Na-
ture,
de
{a
vivifier,
de
l'embellir.
La
lumiere
foible
&are
gentine
de
la
reine
de
la
nuit
pâlit
en
préfence
de
l'or
étincelant
du
Soleil.
La
perle
eff
moins
inférieure
en
éclat
à
l'efcarboucie,
que
laftre
de
la
nuit
ne
left
à
laftre
du
jour.
Cette
lueur
pâle
décele
fon
origine;
tout
annonce
quelle
n'eft
qu'un
foible
reflec
du
globe
lumineux.
Ceft
ainft
quau
milieu
de
la
Cour
des.
Monarques
tout
éclat
difparoît
en
leur
préfence
;
ou
que,
s'il
en
refte
encore
quelques
foibles
rayons
fur
ce
qui
les
entoure,
on
en
re-
connoit
l'origine
&
la
fource
,
on
les
rapporte
à
celui
dont
ils
émanent,
il
en
devient
plus
grand
à
nos
yeux;
&
ces
êtres
décorés
de
fplendeurs
étrangeres
ne
font
qu’augmen-
rer
fa
gloire
en
manifeftant
fa
puiflance.
Mais
lorfque
Je
Monarque
du
Monde,
cet
œil
de
la
Nature,
en
faifanc
pafler
fucceflivement
fous
fes
regards
les
différentes
ré-
gions
de
notre
globe,
l'une
des
plus
petites
provinces
de
fon
DU
Monwpr.
207
empire
,
nous
a
replongés
dans
les
ténebres
pour
éclairer
d'autres
climats;
alors
notre
vue
n'étant
plus
éblouie
péne-
tre
la
profondeur
des
Cieux
;
des
aftres
nouveaux
brillene
de
l'éclat
qui
leur
eft
propre.
Si
nous
ofions
nous
permet-
tre
de
fuivre
la
comparaifon
que
nous
venons
de
faire,
cette
époque
de
la
retraîte
du
maître
du
Monde
repréfen-
teroit
celle
où
le
mérite
perfonnel,
rentrant
dans
fes
droits
:
reprend
celui
de
fe
montrer
avec
tout
l'éclat
qui
lui
appar-
tient:
mais
laiflons
les
RÉCPhOReS
Cette
voûte
azurée,
dans
la
profondeur
de
laquelle
fe
perdoïent
nos
regards,
s'embellir
de
mille
&
mille
feux;
mille
&
nulle
diamans
la
décorent
&
l’enrichiflent.
Les
gouttes
de
fa
rofée
font
moins
multipliées
fur
la
furface
de
nos
prairies
,
au
lever
de
l'aurore,
que
les
aftres
lumineux
ne
le
font
à
la
furface
de
la
voûte
éthérée
;
lorfque
nous
la
confidérons
pendant
une
belle
nuit
;
&
cette
voûte
mobile,
qui
femble
tourner
autour
de
nous,
ne
nous
préfente
de
nouvelles
parties
de
fa
concaviré
que
pour
nous
montrer
de
DOVE
A
|
|
Quel
feroit
celui
que
ne
frapperoit
pas
d’admiration
ce
magnifique
fpetacle?
Qui
eft
celui
qui
ne
s’eft
pas
écrié
cent
fois
en
le
contemplant:
O
Nature
!
quelles
fonttes
bornes
?
quelles
font
celles
de
la
puiffance-de
ton
Auréur
:
Ceft
alors
que
l’homme,
faifi
d’admiration
,
à
dé
1omber
dans
he
profonde
réverie
(k)
;
idée
auf
jufte
que
noble
par
faquelle
M,
Bailly
nous
peint
l’état
de
celui
qui
obferve
les
Cieux.
Mais
quelle
force
d'efprir,
quel
courage,
quells
(M
Bailly
,
Hifloire
de
VAftr,
Ancienne,
p,
2,
SSSR
à
or
cle
ve
ae
KP
Tr
AE
LL
Re
2
DES
ee
Pere
208
PHYSFQUE.
énergie
vient
Parracher
à
cet
état
d'abattement!
L’être
fait
pour
fentir
toute
la
majefté
de
ces
merveilles,
ne
fut
point
fait
pour
les
confidérer
vainement;
ce
…
puiffant
de
{on
incelligence
,
la
curiofité
,
agite
fon
efprit
;
il
s’éleve
vers
ces
régions
céleftes
,
il:
dE
fe
demander
fi
ces
points
brillans
bi
femblables
au
Soleil
,
où
S'ils
ne
font
que
des
Corps
opaques
qui
réfléchiflent
fa
lumiere.
Bientôt
il
vou:
dra
compter.
leur
nombre,
mefurer
leurs
diftances
;
mais
des
limites
impofhbl
ibles
à
ee
arrêteront
{a
noble
aus
dace.
I
apprendra
du
moins
à
mefurer
la
carriere
ouverte
À
és
efforts;
alors
les
regrets
de
ne
Heu
l'étendre
feront
adoucis
|
par
l'efpérance
de
la
mieux
connoître.
Ce
font
ces
bornes,
qui
vont
circonfcrire
l'émsir
e
de
notre.
intelligence,
qui
lui
affureront
fon
domaine;
en
lui
faifant
connoître
he
fufancede
fes
moyens
pour
pénétr
er
les
abîmes
de
l'infini,
&
es
raifons
de
cette
infufifance
,
elles
confirmeront
fa
jufte
cons
fance
dans
les
fuccès
qu
elle
doit
attendre
de
ces
mêmes
moyens
dans.
lefpace
pour
lequel
ils
furent
proportionnés,
Meéfarons-en
la
puiffance
en
les
exerçant
fur
ces
corps
brillans
qui-embelliflent
nos
nuits,
&
qui
femblent
nous
inviter
à
nous
élever
jufqu'
aux
-
&cà
partager
nos
dravaux
entre
leur
contemplation
&
celle
de
notre
globe.
|
En
confidérant
le
Ciel
avec
attention
nous
avons
vu.
dé
vers
eorps
changer
fenfiblement
leurs
pofitions
refpedives
entr'eux
ê
avec
nous;
nous
avons
reconnü,
d'une
mamiere
certaine
,
que
ces.
corps
céleites
avoient.
ee
mouvement
particulier,
que
ce
mouvement
étoit
très
-
remarquable
;
nous
ayons
fuivi.
&
tracé
leur
route
,
nous
avons
compté
leurs
pas,
nous
en
avons
calculé
la
vitefle,
“&:pari
leurs
phâfes,
:
DU
Monpb
es,
*
209
phâfes
,
qui
ne
font
que
l'inégalité
de
l’illumination
de
leurs
furfaces,
nous
nous
fommes
aflurés
qu'ils
ne
brillent
que
d'une
lumiere
empruntée,
&
que
nous
ne
les
pouvons
appercevoir
comme
lumineux
que
lorfqu'ils
nous
réfé-
chiflent
la
lumiere
du
Soleil.
Nous
avons
appellé
ces
corps
planetes
,
c'eft-à-dire
éroiles
erran:es.
|
Rien
de
femblable
ne
fe
préfente
À
nos
regards
lorfque
nous
confidérons
ces
points
lumineux
qui
paroïifflent
comme
des
cloux
brillans
:&
immobiles
attachés
à
la
voûte
éthérée,
Avec
quelqu'attention
qu'on
les
obferve,
on
ne
remarque
aucune
variation
dans
leurs
pofitions
refpectives
:
s'ils
paroïffent
tous
tourner
autour
de
la
Terre
,
C'eft
d’un
mou-
veément
général,
&
qui
femble
appartenir
à
la
voûte
en-
tiere
;
c'eft
véritablement
elle
qui
paroïttourner.
Mais
cette
ilufion
n'a
pu
durer
qu'autant
de
tems
qu'à
régné
l'erreur
de
limmobilité
fappofée
à
la
Terre
au
milieu
de
l'efpace
:
dès
l'inftant
où
le
mouvement
de
cette
planete
a
été
connu
;
il
a
été
facile
de
lui
rapporter
Je
mouvement
apparent
de
la
voûte
des
Gieux.
Il
a
donc
fallu
en
conclure
limmobilité
des
étoiles
fixes,
elles
ne
font
donc
pas
des
planetes,
Tout
déjà
sous
induit
à
penfer
que
ces
corps
font
lumineux
par
eux-mêmes,
qu'ils
ne
doivent
tout
l'éclat
dont
ils
brillent
_
qu'à
leur
propre
lumiere,
ou
plutôt
à
la
propriété
d'excirer
_
€ux-mêmes
ce
phénomene
dans
l’éther
qui
les
environne,
&
qui
remplit
tout
lefpaces
qu'ils
font
enfin
des
Soleils
femblables
au
nôtre
»
deftinés,
ainf
que
lui,
à
éclairer,
à
LES
ie
=
e
;
ee
chauffer,
à
viviñier
d'autres
planetes
,
qu'ils
font
les
centres
LATE
EL"
EL
rsssnsibéihssraonbarp
init.
:
à
4
:
DEA
AS
Le
le
ha
6
SEPT
SIRET:
sms.
os
senansanmusRsmEnvmommmnirnanassdinctraen
crane
nes
210
PES
HO
UE.
_&les
moteurs
d'autant
de
fyftèmes
planétaires.
De
quelautre
aftre
recevroient-ils
Les
rayons?
À
quel
Soleil
devroient-ils
leur
éclat?
Nous
les
voyons
briller
conftamment
s
ils:n'e.
prouvent
donc
point
de
phafes.
S'ils
tournoient
autour
d’un
Soleil,
ils
cefferoient
d'être
vifibles
pour
nous,
lorfqu'ils
feroient
entre
ce
Soleil
&
la
Terre:
enfin
comment
ren-
verroient-ils
de
la
diftance
immenfe
à
laquelle
ils
paroiflenc
être
de
nous
une
lumiere
encore
fi
vive,
fi-elle
n’étoit
que
réfléchie?
Mais
quelle
eft
cette
diftance
?
-
>
Nous
avons
vu,
page
$1,
que
c'étoit
de
[a
connoïflance
de
la
parallaxe
du
Soleil
que
nous
avions
déduit
fon
éloi-
gnement
:
mais
la
connoïflance
de
la
parallaxe
des
étoiles
-
fixes
fe
refufe
abfolument
à
nos
recherches
;
il
paroît
très:
démontré
par
toutes
les
obfervations,
qu'il
nous
eft
impof=
fible
de
connoître
la
parallaxe
des
étoiles;
&:rous
les
Aftro:
nomes
s'accordent
à
penfer
que
M.
Caflini
seit
trompé
;
Jorfquil
a
cru
découvrir
dans
Ar@urus
une
parallaxe
an:
nuelle
de
77,
&
une
de
8#
dans
Capella.
Enfincette
erreur,
qui
rapprocheroït
infiniment
ces
étoiles,
lé
tiendroit
cel
pendant
encore
à
un
éloignement
de
nous
20000
fois
plus
grand
que
celui
auquel
la
Terre
eft
du
Soleil.
Quelle
eft
donc
la
diftance
dés
étoiïlés
fixes,
ft
elles
n'ont
point
de
parallaxe:
On
ne
peut
répondre
préci=
fément
à
cette
queftion.
Mais
en
fuppofant
que
Svrius,
l'éroile
qui
paroït
la
plus
voifine
de
nous,
ait
une
pas
rallaxe
fenfble
,;
ce
qui
neft
point
prouvé
;
en
fuppo-
fant
même
que
cette
parallaxe
fut
de
24,
ce
qui
neft
nullement
admifhble
,
«
il
en
réfulreroit
encore.-die
M.
—.
dans
_
na
de:
l'univers
er
à.
sde
D
U
Mosp—.
21T
»
D
de.
que
Syrius
feroit
100000
fois
plus
loin
que
le
»
Soleil,
&
10000
fois
plus
loin:
que
Saturne...
Il
eft
»
certain
que
la
lumiere
s'affoiblit
par
le
trajet,
&..par
»
l'éloignement.
Les
planetes
illuminées
par
Le
Soleil:
font
»
d'autant
plus
claires.
d'autant.
plus.
brillantes
qu'elles
»
font
plus
proches:de
.
&
de
nous.
-Cetafloiblifement
eft
»
déjà
très-notable
far.
le
difque.
de:
Saturne:
Si
donc
fa
»
lumiere
du
Soleil
étoit
envoyée
à
Syrius
comme
à
cette
»
planete,
elle
y
arriveroit
affoiblie.
dans.
{a
raïfon
du
quarré
»
des
diftances;:
&ix
un
éloignement.
10000
fois
plus
grand,
»elle
feroïit
cent
millions
de
fois
plus
foible
(#æ).
1
ne
».
faut
pas,
à
beaucoup
près,
un
fi
grand
intervalle
pour
la
»
rendre
infenfible.
Syrius
nous
7.
donc
tout-à-fait
in-
.»
connu.
Orcette
étoile
eft.
sifible
lle.
&
plus.
d'éclat,
QUE
»
Saturne
même:
Syrius.
luit.donc
À.
nos'yeux
par.
La.
du-
»
miere
native,
il
ne
tient
rien
du
Soleil;
&,
sil
fe
manifefte
»
anous,
ceft
par
fa
prapsé
puiffance.
[lv
a
donc
des.ca-
>»
ci
qui
peuvent
être,
faifis.
malgré:
la:
:diftance
des
>»
eux;
&
ces.
deux
reffemblances
démarquables,
celle
de
à
da
fixité
du,
Soleil
&
des
étoiles,
&
celle
d’une
lumiere
»
forte
&:
propagée.
au
Join,
no
en.
Pidentité.
de-ces
>
corps
cflentiellement.fixes
&
en
;Jettés
par
lions
=
"(r}
Syrius
étant
160
000
fois,
&
Saturne
environ
10000
fois
plus
éloignés
denous
que
le
Soleil,
Syrius
eff
50
000
fois.
plus-oin,
ns
BE
ours
2
îles
luineux,
sAfronomie:
Moderne
;
É
Lmnrerin
tr
tatiiia
han
épi
nieed
ee
te
é
a
Lo
amet
rt
sm)
2712
PEYSTOLE
pour
dés
Soleils,
&
leur
diftance
décidée
exceflive
&
cer-
tainement
on
même
pour
l'étoile
le
plus
voifine
de
notre
globe.
Sila
connoiflance
des
diftances
où
le
Soleil
&
[es
anus
font
de
nous
,
nous
à
fait
parvenir
à
à
des
vérités
pofitives,
&
de
la
plus
g
nie
importance
pour
la
théorie
fi
intéref-
fante
du
fyftême
du
Monde
,
limpuiflance
où
nous
fommes
de
calculer
la
diffance
des
Boites
fixes,
en
étonnant
notre
imagination,
l'éleve
&
l'étend;
mais
€
eft
en
la
plongeant
dans
les
abîmes
de
Péfpace
infini
:
c'eft-là
qu'elle
eft
abforbée
‘dans
la
majefté
de
l'Auteur
de
la
Nature.
Abandonnons-
“nous
encore
un
inflant
à
cette
magnifique
confi
idération.
:
L'admiration
&
lintérée
qu'elle
fairnaître
fuflent-ils
moin-
‘dres,
le
ouide
qe
nous
allons
fuivre
les
rendroit
aflez
vifs
pour
nous
entrainer
:
e
Le
encore
M.
Bailly
des
nous
‘copier.
Re
sn
ee
ee
:
-
«
Queleft,
rene
à
notre
Soleil,
le
volume
ac
ces
a
fnblables
à
à
fui,
&
qui
par
la
difanee
font
réduits
>»
à-
apparence
‘de
points
étincelans
>»
Nous
ne
pouvons
>»
connoître
la
grandeur
des
corps
que
lorfqwelle
eft
fenfible
»°&
mefürable
:
cette
condition
néceflaire
ne
fufft
même.
»
pas;
il
faut
encore
connoître
leur
diftance.
;
ptifque
ja
»
grandeur
apparente
diminue
par
lé
.
&
s'éva-
»
nouit
la
diftance
eft
trop
grande.
Nous
ne
pouvons
»
donc
acquérir
quelque
notion
du
volume
des
étoiles,
que
»
par
des
fuppoñitions
quii
nous
procureront
,
finon
une
dé-
»
termination
,
du
moins
une
eflime.
vraifemblable.
Nous
>
pouvons.
le
Soleil
par
la
penfée,
&
juger,
par
ce
>»
quil
—
de
ce
que
fonr
Les
étoiles,
Nous
fommes
>
=D
=
)
-
DDC
MONDE,
243
sûrs
que
leur
diametre
n'occupe
pas
dans
le
Ciel
une
étendue
qui
furpafñle
une
demi-feconde
(0
};
le
Soleil
en
occupe
1920
ou
32
minutes,
En
le
plaçant
3840
fois
plus
loin,
ce
diametre
ne
paroïtra
plus
que
d'une
demi-feconde,
comme
celui
des
étoiles.
Cette
demi-feconde
répond
fur
»
nos
grands
inftrumens
à
un
trois-centieme
de
ligne,
&
comme
il
faut
cinquante
cheveux
pour
couvrir
une
ligne,
ou
un
douzierne
de
pouce,
il
s'enfuit
qu'il
faudroit
alors
répeter
fix
fois
l'étendue
du.
diametre
du
Soleil
;,
pour
qu'elle
répondit
à
la
largeur
d’un
cheveu.
Un
Soleil
fx
fois
plusserand,
mais
ainfi
éloigné,
feroit
entiérement
éclipfé
par
un
cheveu
placé
fur
le
limbe
de
l'infirument.
On
a
-
déja
peine
à
croire
que
ce
point
imperceptible
de
lefpace
célefte
puiffe
avoir
une
lumiere
fenfible
,
&
rayonner
juf-
qu'a
nous,
Mais
ce
n’eft
pas
cout
,
Le
défaur
de
parallaxe
-bien
reconnu
dans
Syrius,
nous
a
fait
conclure
qu'il
étoit
au
moins
cent-mille
fois
plus
loin
que
le
Soleil
;
il
eft
donc
à
une
diftance
26
fois
plus
grande
que
celle
où
nous
avons
placé
le
Soleil.
Le
diametre
doit
diminuer
dans
la
même
_
proportion
;
¬re
Soleil
envoyé
au
lieu
où
eft
Syrius,
auroit
un
diametre
:
apparent
qui
ne
feroit
pas
da
156°
partie
d’un
cheveu
:
placé
cent-mille
fois
plus
loin,
fa
lumiere
feroit
d'un
milliard
de
fois
diminuée.
Une
..
de
la
premiere
grandeur
nous
paroït
occuper
environ
cinq
où
Le
Rcondes
;
s
mais
c'eft
l'effet
de
l'irradiation
des
ae
le
Ciel,
la.
Ex
&
2)
Si
une
ii.
avoit
un
diametre
d’une
bidide
de
degré
dans
ne?
’éclipferoit
qi
en
deux
fecondes
de
tems;
+
toutes
.
obfervations
conftatent
que
Pécliple
eft
inftantanée,
ee
274
PHYSIQUE
»
Jumineux
en
général,
&
de
la
fcincillation
particuliere
»
aux
étoiles.
Cer
effer
eft
détruic
dans
les
fortes
lunettes;
»
il
n'appartient
point
aux
étoiles,
elles
ne
font
réellement
»
que
des
points.
Nous
ne
prétendons
pas
ici
limiter
la
».
puiffance
de
la
Nature
:
nous
favons
que
la
lumiere
à
une
»
élafticité
parfaite,
une
vicefle
énorme
qui
fuppofe
une
»
force
crès
grande.
La
fenfbilité
de
l'organe
peut
ètre
telle,
»
que
la
vicefle
prefqu'infinie
de
l'impulfon
compente
fon
>
peu
détendue.
Mais
Fimagination
fe
refufe
à
concevoir
»
que,
fi
nous
voulions
mefurer
le
diametre
d’une
étoile
»-dépouillée
de
touteirradiation,
la
1$6°
partie
de
la
lar-
»
geur
d'un
cheveu,
placé
fur.
F
limbe
d'un
inftrument
de
»
de
pieds
,
hp
létoile.
Chacun
a
fa
balance
de
»
comparaifon;
on
concevra,
fi
lon.
veut,
que
ce
diametre,
»
ce
point
imperceptible
,
puifle
être
fenfible
fur
notre
»
organe,
puifle
avoir
l'éclar
vi
&
la
lumiere
colorée‘des
»
étoiles
de
la
premiere
grandeur;
pour
nous,
nous
avouons
».
que
nous
ne
le
pouvons
consevoir,
&
que
nous
aimons
-_»
mieux
fuppofer
quil
eft
dans
la
Nature
des
corps
plus
».volumineux
que.
le
Soleil.
Nous
.croirons
que
les
étoiles
»
qui
font
affez
éloignées
pour
n'avoir
point
de
parallaxe,
»
&
qui
cependant
ont
une
lumiere
vive
&
brillante,
font
»
d'un
volume
infiniment
plus
confidérable
.
que
le
.
Si
»
elles
lui
éroient
égales,
elles
nous
feroient
inconnues.
Le
»
Soleilef
difproportionné
par
fa
grandeur:
EL.
our
Pêtre
»
par
fa
petitefle
;
dans
notre
fi
rftème
il
eft
le
maître
des
»
aftres,
il
peut
avoir
Les
maitres
dans
l'Univers
»,
|
C'eft
avec
beaucoup.
de
fatisfaion
que.
nous
faifrons
toujours
|
les:
occafons
d
enrichie
n
notre
Ouvrage
de.
morceaux
SSAT
RENE
LP
TE
TE
NET
és
Es
ni
den
ne
D
me
ere
pui
D
de
ds
ne
me
ed
bte
meme
ir
4
NEA
REZ
SERRE
ET
ARS
RE
ET
4
—
=
mn
pe
pe
orme
gra
|
5
&
LM
6
K
D
E£.
215$
auf
élécamment
écrits,
&
aufh
philofophiques
que
celui
que
nous
venons
d'emprüncer
de
M.
Bailly
:
mettre
ainf
nos
Leéteurs
à
portée
de
comparer
fon
ftyle
&
le
nôtre,
c'eft.
factifiér
notre
amour
propre
à
leurs
plaifirs.
Nous
penfons
,
commé
lui,
fur
l'inégalité
de
volume
des
Corps
céleftes,
&
nous
efpérons
friée
cette-opiuion
par
de
nouvelles
confidérations,
nous
oferions
prefque
dire
par
des
démonftrations.
Cane
autre
idée
de
Soleils:
régis
par.
d'autres
Soleils,
de
ones
de
Mondes
foumis
à
lem-
pire
d'un
feul
allie
,
plait
à
l'imagination
qui
tend
tou-
jours
à
agrandir
Fe
fphere,
Nous
avouerons
cependant
que
nous
ne
pouvons
nous
livrer
À
cette
idée
;
&
maloré
ce
que
M”.
Lambert
&
Michell
ont
fait
pour
la
ne
vrafemblable
;
malgré
le
penchanr
que
M.
Bailly,
lui-
mème,
paroït
avoir
à
l'adopter,
nous
nous
in,
pour
cette
fois,
au
charme
qui
entraîne
fur
fes
pas.
ins
de
génie
nous
ide
moins
de
cette
noble
audace
,
qui
ne
convient
qu'à
fes
pareils:
:
nous
nofons
parcourir
que
le
pays
où
l’on
peut
pénerrer
avec
quelque
confiance.
Notre
Monde
eft
une
carriere.
déjà
bien
vaite
pour
nous
;
ceft
à
fes
bar
rieres
que
NOUS
nous
arrérons
:
mais
ces
barrieres
en
fervent
au@faux
Mondes
voifins;
Y
confdérer
Les
actions
refpectiv
eg
_
des
aftres
qu
elles
circonfcrivent
,
les
réactions
qui
en
réful-
tnt
néceffairement
dans
hace
des
empires
qu'elles
fépa-
ren
,
voilà
le
terme
de
nos
excurfions
dans?
efpace.
Heureux
fi,
après
avoir
expofé
tous
Les
phénomenes
,
NOUS
pouvons
fé
déduire
avec
clarté
&
avec
évidence
d'une
caufe
unique,
expliquer.
tous
les
mouvemens
de
Ja
machine
du
Monde,
rapporter
Fou
es.
fe
s
forces
à
un
feul
refforc.
ne
ne
foule
|
fie
|;
1
1
ti
1
À
!
1!
À
qe
ë
r
216
PHYSIQUE
fois
fpar
une
main
toute-puiflante!
Nous
rendrons
compte
cependant
de
cette
magnifique
idée
de
Mondes
marchane
par
grouppes
fous
les
loix
d'un
feul
chef.
|
Nous
avons
dit
fur
la
nature
des
aftres
de
la
nuit,
fur
leurs
diftances,
fur
leurs
volumes,
tout
ce
qu'il
étoit
on
d'en
connoître
;
c’eft
dans
les
régions
de
l'infini
que
fe
font
perdues
toutes
les
routes
que
nous
avons
fuivies
:
mais
cet
infini
lui-féme
va
proue
difparoître
par
fa
petitefle
,
il
ne
va
devenir
qu'un
point
à
nos
yeux
effrayés
encore
de
fon
étendue,
Notre
imagination,
furprife
de
la
vafte
carriere
dontelle
avoit
peine
à
entrevoir
les
bornes,
va
bientôt
en
chercher
d'infiniment.
plus
reculées,
Nous
n'avons:
encore
parlé
que
de
Syrius
;
tout
ce
que
nous
ayons
dit
convientà
cette
étoile.
Selon
M.
Cafini,
elle
eft
diftante
du
Soleil
de
neuf-cent-douze-milliards
de
lieues
au
moins;
elle
feroit
cent
fois
plus
loin,
felon
M.
Huygens
;
enfin,
d'après
les
réflexions
très-judicieufes
de
M.
Halley
fur
ces
mefures,
elle
devroit
être
encore
beaucoup
plus
reculée.
.
Quelle
diftance
énorme
fépare
donc
notre
Monde
de
cu
de
Syrius
!
Mais
quelles
autres
diftances
féparent
Syrius
des
:
Mondes
éclairés
par
ces
Soleils
prefqu'imperceptibles
aux
plus
fortes
lunettes
,
&
que
nous
appellons
étoiles
de
Jæs*
&
dela
9
*
grandeur
!
l
Jci
l'imagination
s’é
égare
&
fe
conf
&
l'obfervation
ne
peut
plus
lui
fervir
de
guide.
Syrius,
cette
étoile
que
tous
Les
Aftronomes
confiderent
comme
la
plas
voifine
de
notre
globe,
n'eft
jugée
celle
que
parce
qu
elle
paroi
|
la
plus
grande
à
à
nos
veux
;
elle
rient
le
premier
rang
parmi
les
r
Siou,
felon
M.
Abbé
de
la
Caille,
entre
lès
19
ou
20
que
l'on
regarde
comme
étant
le
plus
près
4
Du
Moy
De
217
près
de
nous,
parce
que
toutes
nous
préfentent
des
diametres
{enfiblement
plus
grands
que
toutes
les
autres
étoiles
ae
celui
de
Syrius
paroît
prefque
double
de
celui
des
autres
;
(il
faut
bien
fe
reflouvenir
qu'ici
nous
n’entendons
par
diametre
que
le
diametre
apparent
formé
par
l'irradiation).
L’œil
accou-
tumé
à
mefurer
les
diftances
par
les
grandeurs
apparentes
{e
confirme
ici
dans
fon
jugement
par
la
confidération
de
l'éclat
de
la
lumiere
de
Syriuss
on
fait
que
la
lumiere
décroït
comme
le
quarré
des
diftances
qui
s'augmentent.
La
lumiere
la
plus
vive,
celle
qui
a
le
plus
d'incenfité
,
vient
donc
de
moins
loin
;
Syrius
eft
donc
généralement
regardé
comme
le
plus
voifin
de
la
Terre:
après
lui,
ces
autres
étoiles
qui
approchent
le
plus
de
fa
grandeur
;
mais
ces
étoiles
qu'on
a
appellées
de
la
premiere
grandeur
,
n’ont
reçu
ce
nom
que
parce
que
d’au-
tres
bien
moins
grandes
ont
été.
jugées
plus
éloignées.
Voilà
donc
de
nouveaux
degrés
de
diftance
qui
s'enfoncent
dans
Ja
profondeur
des
Cieux.
L'on
reconnoït
&
l'on
diftingue
à
La
fimple
vue
des
étoiles
de
fix
grandeurs
;
mais,
à
l’aide
des
lu-
nettes
,
l’on
en
découvre
une
infnité
d’autres
qui
échappent
à
nos
yeux;
&
plusles
lunettes
font
longues
,
plus
l’on
ap=
perçoit
de
nouvelles
étoiles.
Ici
l'imagination
fuccombe,
elle
ne
peut
fuivre
cette
échelle
de
diftances,
qui
la
néceflite
à
en
fuppofer
une
pour
les
volumes
de
ces
aftres,
&
felon
laquelle
13
mafle
de
ces
étoiles
s’'augmenteroit
relativement
4
celle
de
Syrius,
Comme
nous
avons
vu
celle
-
ci
s'augmenter
relativement
au
Soleil.
Si
des
étoiles
douze
-
cents
fois
plus
petites
€n
apparence
que
Syrius,
doivent
être
confidé-
rées
Comme
douze-cents
fois
plus
éloignées,
quelle
fera
donc
la
furface
qu'elle
fera
la
folidité
du
corps
qui,
de
dons
TER
erbes
218
PH
TYSIOUE
cette
énorme
diftance,
nous
procure
une
lumiere
fi
vive
(p\?
Si
ces
confidérations
furpaflent
notre
intelligence,
‘fa
foi-
bleffe
ne
fe
décele
pas
moins
en
contemplant
le
nombre
de
ces
aftres,
qu'en
confidérant.
leurs
diftances
&
leurs
mañles';
.c'eft
ici
que
nos
fens
nous
manifeftent
particuliérement
les
bornes
de
notre
entendement.
Le
nombre
de
ces
étoiles
ef.
inafignable,
fans
doute,
puifque
plus
les
inftrumens
fe
per:
fectionnent
,
plus
nous
en
découvrons.
Mais
c'en
eft
bien
affez
de
ce
que
les
Aftronomes
en
ont
déjà
compté
pour
nous
avertir
de
notre
infafance
dans
ces
recherches.
Flamf
teed
nous
a
laiffé
un
catalogue
de
3000
étoiles
calculées,
&
.
dont
la
pofition
a
été
confignée
à
la
poftériré.
Mais
queft
ce
nombre
en
comparaifon
des
“étoiles
qu'on
découvrè
avec
Le
telefcope?
Ge
que
lunité
eft
aux
grains
de
fable
qui
couvrent
la
furface
de
la
Terre
:
plus:les
lunettes
font
fortes,
plus
on
découvre
de
nouveaux
Soleils.
M.
l'Abbé
de
la
Caille
en
a
compté
6000
dans
la
partie
feule
de
lhémif-
phere
auftral
comprife
entre
le
pole
&
le
tropique,
&
ce-
pendant
il
ne
Set
fervi
que
d’une
lunette
d'un
pied
5.
com-
bien
nos
plus
fortes
lunettes
lui
en
auroient-elles
donc
fait
appercevoir?
Que
de
Morides
femés
dans
l'efpace!
quelrôle
joue
notre
Terre
dans
cette
immenfité
!
Un
globe
cent-mil-
liards
de
fois
plus
gros
qu'elle
ne
feroit
pas
aufli
difpropor-
tionné
avec
un
grain
de
fable
awelle
left
avec
la
capacité
(p)
Sile
diametre
de
Syrius
eff
156
fois
plus
grand
que
celui
du
Soleil,
quelle
doit
être
l'étendue
de
la
fphére
de
fon
aétion?
Com-
bien
de
planetes
doit-il
régir
?
Et
ces
étoiles
1200
fois
plus
éloi-
_gnées
,
&
par
conféquent
infiniment
plus
groffes!...
Que
fommess
nous
dans
l’univers
?
=
ns
puy
MONDE.
22$
blanchâtre,
à
travers
laquelle
on
diftingue
cependant
leur
lumiere
propre.
Il
y
en
à
deux
de
cette
efpece
dans
{a
conftellation
d’Andromede;
l’une
dans
la
ceinture,
&
l’autre,
plus
petite,
à
un
degré
ou
environ
au
midi
de
la
premiere.
On
en
compte
trois
dans
Caffiopée,
une
dans
la
queue
du
Cygne,
une
dans
le
Sagittaire,
une
entre
Syrius
&
Procyon.
Parmi
ces
étoiles
nébuleufes
celle
de
l'épée
d'Orion
eft
la
plus
confi-
dérable
que
nous
puiflions
voir
dans
nos
climats;
elle
forme
une
tache
triangulaire
dans
laquelle
on
diftingue
,
au
télef-
cope
,
fept
étoiles
dont
une
eft
entourée
d'une
lumiere
rare,
plus
claire
que
le
refte
de
la
tache.
La
troifieme
efpece
de
nébuleufes
eft
une
blancheur
très-remarquable
,
dans
laquelle,
avec
les
meilleurs
télef-
copes,
on
ne
découvre
aucune
apparence
d'étoiles.
Il
ÿ
en
a
quatorze
de
cette
efpece
dans
l'hémifphere
auftral
,
entre
leiquelles
les
nuages
de
Magellan
,
voifi
ins
du
pole
antarc-
tique
,
tiennent
le
premier
rang.
Ces
nuées
reflemblent
à
des
parties
détachées
de
la
voie
lattée
,
&
leur
lumiere
a
peut-être
la
même
origine.
Nous
paleros
ieneèr
de
cette
bande
,
ou
ceinture
célefte.
=
+
Piafieus
étoiles
paroiffent
doubles,
vues
avec
des
télef-
pes
médiocrement
forts
;
vues
avec
ds
inftrumens
un
peu
plus
puiffans
,
elles
paroiffent
feulemenc
comme
une
étoile
dont
un
des
diametres
feroit
plus
long
que
l'autre
:
enfin,
avec
des
lunettes
plus
fortes
encore,
lon
parvient
à
Les
voir
féparées.
<
Ces
étoiles
que
lon
appelle
doubles
,
ne
font
que.
des
Soleils
dont
les
diffanes
—
le
ss
ue
par
Tome
11,
——
_.
RÉ
Des
Etoiles
doubles.
226
PHYrstorer
l'éloignement
auquel
ils
font
de
nous;
ainfi
cette
appatence
n’eft
qu'une
illufon
d'optique.
Une
obfervation
bien
inte-
reffante
de
M.
J.
Caflini
a
fait
connoître
combien
ces
étoi-
les
,
qui
même
avec
une
lunette
de
onze
pieds
ne
fe
mon-
trent
que
comme
une
étoile
un
peu
allongée,
&
qui
ne
fe
féparent
fenfiblement
que
dans
une
lunette
de
feize
pieds,
‘
font
cependant
éloignées
lune
de
l’autre
Le
21
Avril
1720,
la
Lüne
devoit
éclipfer
l'étoile
double.
de
la
Vierge
appellée
T
par
Bayer:
elles
difparurent.
cha-
cune
en
une
demi-feconde
lorfque
la
Lune
paffa
devant
elles
;
mais
il
y
eut
une
intervalle
de
30
fecondes
entre
leur
difparition
:
la
diftance
entre
ces
éroiles
eft
donc
au
moins
foixante
fois
plus
grande
que
leur
diametre
;
mais
il
faut
bien
fe
garder
de
conclure
qu’elle
n'excede
pas
infiniment
cette
proportion.
Des
Phénomenes
obfervés
dans
les
Etoiles
fixes.
-
Ges
étoiles
qui
nous
paroïffent
fi
généralement
&
fi
conf-
tamment
fixes
dans
le
point
du
Ciel
où
nous
les
voyons
briller,
n'exiftent
pas
dans
un
état
immuable;
un
fort
in-
variable
n'a
été
accordé
à
aucun
des
êtres
créés.
Nous
igno-
rons
quelles
font
les
modifications
qui
s’operent
dans
leur
fubftance
propre,
nous
ignorons
comment
ces
fubftances
s’alterent
pour
fe
varier,
fe
décompofent
pour
fe
compoler
de
nouveau.
L'efprit
humain,
enorgueilli
de
s'être
élevé
jufqu'à
elles,
d'avoir
ofé
étendre
fes
recherches
jufquesfur
leur
nature,
jufques
fur
leurs
fonétions
dans
l'univers,
{eroit-
il
humilié
d'ignorer
ce
qui
fe
pafle
à
leur
furface,
ce
qui
Du
MonNDE.
227
s'opere
dans
leur
maffe?
Non
fans
doute.
La
curiofité
qui
_
s’étendau-delà
des
moyens
qui
nous
font
accordés
pour
{a
L
fatisfaire
n’eft
qu'une
curiofité
vaine,
&
quil
faut
favoir
réprimer.
<
|
Ne
foyons
ni
humiliés,
ni
affligés
de
ce
que
notre
vue
|
ne
peut
percer
les
ténebres
que
celui
pour
lequel
il
ny
|
en
a
point
a
répandu
pour
nous
fur
une
partie
de
fon
|
ouvrage.
Mais
parmi
ces
ténebres
il
en
eft
encore
que
|
peut
difliper
la
lumiere
de
notre
entendement:
excitons-
en
le
flambeau;
&
fans
efpérer
quil
éclaire
jamais
toute
la
Nature,
ne
nous
arrêtons
qu'aux
limites
où
il
cefle
de
briller.
Ofons
donc
encore
contempler
ces
aftres
radieux
&
immenfes
qui,
des
abimes
de
l'efpace
,
exercent
fur
nous
leur
action,
&
frappent
nos
yeux
par
l'éclat
de
leur
lumiere.
Nous
fommes
donc
,
eux
&nous,
des
anneaux
de
cette
chaîne
éternelle
&
indéfetible
qui
embrafle
toute
la
Na-
ture
,
&
qui,
d'une
multirude
de
pieces
différentes,
que
nul
nombre
ne
peut
exprimer,
forme
un
Tout
uni
dans
|
routes
fes
parties
parmi
lefquelles
aucune
n’eft
ifolée
d’au-
|
cune
autre.
©
magnificence
de
la
Nature
!
par
quels
fignes
|
eu
réveles
ton
Auteur
!
ee
-
Ofons
fixer
cette
lumiere
des
étoiles:
confultons-la
fur
Eétat
desaftres
qui
la
produifent,
La
premiere
obfervation
qui
doit
nous
frapper
,
c'eft
que
tous
ces
aftres
ne
nous
envoient
pas
une
lumiere
dont
la
couleur
foit
parfaitement
femblable
;
phénomene
qui
appartient
aux
étoiles
fans
doute
,
puifque
le
milieu
à
travers
lequel
nous
les
apperce-
ROMA
PR
PPT
PP
OL
ET
vons
eft
le
même
pour
toutes
dans
un
même
inftant.
L'étoile
de
la
Lyre,
qu'on
appelle
4
Blanche
;
lEpi
de
se
—
De
fa
Lumiere
des
Etoiles,
228
PHYSIQUE
la
Vierge,
&
la
plus
grande
partie
des
étoiles,
nous
pro
curent
une
lumiere
très-blanche
:
mais
le
cœur
du
Scor-
pion
,
l'œil
du
Taureau
ont
une
lumiere
rouge;
Syrius
&
Arcturus
paroiffent
décorés
des
couleurs
de
Firis.
D'autres
étoiles,
dont
nous
allons
parlér
5
celles
qui
pa-
roiflent
&
qui
difparoïflent,
préfentent
encore
des
phéno-
menes
plus
remarquables.
L'étoile
qu'en
1572
Tycho-
Brahé
découvrit
dans
Cafliopée,
&
quon
n'a
pas
revue
|
depuis
,
fut
d’abord
d’un
blanc
très-éclatant;
elle
parut
en-
fuite
d’un
jaune
rougeâtre,
&
elle
finit
par
être
d'un
blanc
plombé
,
à-peu-près
femblable
à
celui
de
Saturne.
L'étoile
nouvelle
que
Képler
vit
en
1604
dans
le
pied
du
Sagittaire,
brilloit
d'une
lumiere
blanche
mêlée
de
rouge
:
celle
de
1660,
fi
bien
obfervée
par
Hévélius
qui
nous
a
tranfmi
toutes
fes
obfervations,
varia
fouvent
de
cou-
leur
;
fa
lumiere
parut
tantôt
trifte
&
un
peu
obfcure,
tantôt
rouge
&
peu-vive,
tantôt
plus
brillante
&
plus
blanche.
-
a
Il
réfulte
donc
de
ces
obfervations,
1°.
que
routes
les
étoiles
ne
donnent
pas
la
même
lumiere,
c'eft-2-dire
une
lumiere
également
colorée;
2°.
que
les
étoiles,
que
l'on
appelle
afflez
improprement
Æroiles
changeantes
,
celles
qui
paroiflent
&
difparoiffent,
ne
nous
envoient
une
Fusieté
toujours
femblable.
Ces
faits
font
certains;
mais
lès
qu'ils
peuvent
faire
naître
dans
notre
efprie,
ne
le
feront
affurément
pas
Hazardons-les
cependant,
en
attendant
que
de
nouvelles
obfervations,
des
recherches
plus
heureufes
;
remplie
cent
par
de
plus
grandes
probabilités.
-
2
pr
MonNDE.
229
La
variété
des
couleurs
dans
la
lumiere
que
fournirun
corps
lumineux
,
fi
nous
en
Jugeons
par
ce
qui
exifte
autour
de
nous,
feule
analogié
que
nous
puiflions
employer,
an-
nonce
l'hétérogénéité
des
parties
dece
corps,
foit
qu'il
pro-
duife
{a
lumiere
par
lui-même,
à
la
maniere
des
corps
qui
brûlents
foir
qu'il
la
réfléchifle.
Syrius
&
Aréturus,
qui
femblent
entourés
des
couleurs
de
l'iris,
peuvent
donc
être
regardés
comme
composés
de
matieres
plus
hétérogenes
,que
le
cœur
du
Scorpion
&
l'œil
du
Taureau;
&
ces
dernieres
étoiles
pourroient
également
être
fappofées
plus
hétéro-
genes
que
les
étoiles
blanches.
Mais
que
nous
apprend
cette
induction
>
Rien
affurément.
Quel
eft
celui
qui
conçoit
des
maflés
homogenes
&
inaltérables
dans
la
Nature
?
Que
feroient
ces
mafles
inertes
&
mortés
dans
un
fyftème
dont
Pactivité
de
la
vie
eft
l'objer
&
la
fin?
:
=.
Les
phénomenes
plus
variés
des
couleurs
des
éroiles
pé-
tiodiques,
ne
nous
inftruiront
pas
beaucoup
plus
fur
Les
produits
&
fur
les
effets
des
caufes
de
ces
couleurs:
mais
il
nous
paroît
au
moins
que
nous
découvrons
en
elles
une
caufe
particuliere
de
ces
variétés.
Ces
étoiles
ont,
relative-
ment
à
nous,
des
afpects
différens.
Nous
appercevons
leurs
difques
fous
différens
angles.
IL
peut
en
naïtre
quelques
différences
dans
la
production
de
la
lumiere
;
voilà
où
fe
bornent
nos
conjettures:
elles
font
auf
légeres
que
les
in-.
_duétions
que
nous
pourrions
en
tirer
feroïent
bornées,
&
même
mdifférentes.
Nous
obfervons
feulement
que
nous
ne,
pouvons
adopter
l'explication
que
nous
donnent
de
ces
phénomenes
des
Savans
du
plus
grand
mérite,
&
que
nous
avons
fi
fouvent
cités
avec
autant
deltime
pour
leurs
per-
230
Parsiourz
fonnes
,
que
de
reconnoïffance
pour
leurs
utiles
travaux.
Selon
ces
Philofophes
,
tous
les
aftres
lumineux
par
eux-
mêmes
font
des
corps
embräfés,
enflammés;
chacun
de
ces
aftres
eft
dévoré
par
un
_—
Cet
incendie,
qui
a
eu
un
commencement,
aura
une
fins
&
à
mefure
qu'il
sen
approche,
l'état
de
laftre
eft
différent,
parce
que
cet
aftre
eft
plus
ou
moins
confumé.
C'eft
de
ces
différences
que
ré-
fultent
,
felon
ces
Savans,
les
variétés
de
couleurs
tant
dans
les
étoiles
proprement
appellées
fxes
,
que
dans
les
étoiles
changeantes.
L'étoile
de
la
Baleine
n'eft
invifible
pendant
120
jours,
dans
une
période
de
333
à
405
jours,
que
parce
_qu'il
y
a
encore
environ
yrters
de
Jon
ES
ou
de
fa
fur
face
qui
n'eff
pas
enflammé,
:
.
Cesincendies
fans
nombre,
dont
rien
w
bad
ni
ta
caufe,
ni
l'objet
,
ni
les
effets
dans
tant
d'étoiles
dont
la
lumiere
7.
invariable
depuis
des
tems,
bien
courts
fans
doute
pour
les
moyens
&
pour
la
durée
de
la
Nature,
mais
déjà
bien
longs,
à
ce
qu'ilnous
paroït,
pour
Lesopératians
du
feu,
nous
femblenr
une
fappofñtion
abfolument
précaire
&
parfaitement
inutile,
Pourquoi
livrer
à
un
feu
dévorant,
à
des
flammes
def
tructives
Les
corps
les
plus
majeftueux
de
la
Nature?
Pour<
quoi
les
Soleils,
femblables
au
Pélican
de
la
Fable
,
ne
pourroient-ils
répandre
leurs
bienfaits
{ur
les
globes
quils
régiflent,
qu'aux
dépens
de
leur
propre
fubftance
?
Eft-ce
pour
introduire
[a
chaleur
&
[a
lumiere
dans
Ja
Nature,
qu'on
met
ainf
le
feu
par-tout
>
Mais
quelle
chaleur
_.
tive
a
embrâfé
ces
globes.
immenfes
?-
es
à
D'ailleurs
a-t-on
calculé
auf
avec
des
boule.
…
.
où
d'or
échauffées
Re
nn
#
faudroir
leur
de
re
7
pu
MonNpDE.
231
que
leur
chaleur
s'étendit
jufqu'à
des
millions
de
lieues
à
travers
un
efpace
abfolument
vide
&
fans
bornes
dans
toutes
fes
dimenfons?
Qu'on
y
réfléchifle
un
inftant,
on
reconnoîtra.
qu'en
faïfant
tous
ces
Soleils
d'une
matiere,
mille
fois
plus
denfe
que
l'or,
en
les
tenant
toujours
en
fu-
fon,
l'hyver
le
plus
rigoureux
n’en
régneroit
pas
moins
paifiblement
dans
les
neuf
dixiemes
de
leur
empire.
Tous.
ces
corps
obfcurs
qui
exiftent
autour
de
nous,
ne
font-ils
que
des
débris
de
ces
Soleils
qui
ont
éclaté
comme
des
bom-
bes,
ou
des
fragmens
lancés
par
des
comeres?
Nous
en
avons
dit
aflez
fur
ce
fyftême
dans
notre
premier
Volume,
L'hypothefe
dont
nous
parlons
ici,
&
qui
n’eft
qu'une
ap-
plication
de
ce
fyftême
aux
étoiles
fixes
;
cette
hypothefe,
fille
&
fœur
de
ce
fyftème,
&
qui
doitêtre
enfermée
dans
le
même
tombeau
,
n'a
pris
naiffance
qu'au
fein
de
l'amitié
qui
unit
&
honore
également
deux
Auteurs
infiniment
efti-
mables.
Ce
neft
point
en
incendiant
la
moitié
de
fon
ou-
_
vrage
que
le
Pere
de
la
Nature
a
fu
échauffer
le
refte
pour
quelques
inftans
feulement.
Tous
ces
Soleils
ne
font
point
des
corps
qui
fe
réduifent
en
cendre
;
ils
font
naître
une
douce.
chaleur
fans
fe
confumer
eux-mêmes;
ils
répandent
la
lumie-
re
dans
tout
l'efpace
fans
s'épuifer
:
cette
lumiere
qui
nous.
illumine
n'eft
point
de
la
flamme.
Un
proverbe
commun
_
ditquil
n'en
eft
point
fans
fumée;
combien
devroit-il
s'en.
élever
de
ces
corps
immenfes
qui
fe
décompofent
en
brû=
Jante
Mais
nulle
fumée
,
nulles
vapeurs
élevées
à
leur
fur
face,
nulles
fuliginofités
ne
terniflent
&
n’obfcurciffent
Pé-
clat
de
leurs
difques.
…
Lorfque
noustraiterons
de
Ja
lumiere,
nous
préfenterons
Des
Etoiles
changeantes.
#5
PH
YSFQOUE
route
la
fimplicité,
toute
la
magnificence
de
fa
prodution
dans
l'Univers
5
nous
verrons
tous
les
phénomenes
expli-
qués
par
une
caufe
fimple
&
unique
fe
ranger
dans
leur
ordre
depuis
la
furface
radieufe
du
Soleil
jufqu'à
celle
de
notre
Terre
,
&
s'y
varier
de
mille
manieres
par
des
loix
conftantes,
néceflaires
&
eflentiellement
dépendantes
du
même
principe.
A
cu
Il
nous
refte
encore
quelques
obfervations
à
faire
fur
les
étoiles.
FRE
Nous
avons
vu
que
dans
l’hypothefe
des
incendies,
quel-
ques-uns
de
ces
corps
embrâfés
doivent
à
la
fin
fe
confumer
&
s'éteindre
;
mais
d'autres
,
ajoûtent
ces
Philofophes,
peuvent
aufli
senflammer.
|
|
7.
ee
f
Ftoient-ils
en
réferve
pour
perpétuer
la
lumiere
&
la
chaleur
?
Quel
étoit
leur
état
&leur
fort?
Quel
rôle
jouoïent-
ils
dans
le
lieu
où
ils
étoient
placés?
C’eft
ce
que
Fhypothele
ne
nous
dira
pas.
Il
nous
femble
que
le
repos
le
plus
abfolu,
que
la
mort
regnoit
exclufivement
&
defpotiquement
fur
eux
&
fur
leur
futur
empire
avant
que
cet
.
-
pice
,
fécond
&
vraiment
créateur
vint
tout
animer
dans
ce
Monde
nouveau.
Cependant
ce
que
fuppofe
cette
hypo-
thefe,
ce
quis'en
déduit
naturellement
eft,
dit-on
,
un
fait
dans
la
Nature;
de
nouvelles
étoiles
paroiffent
fubirement
dans
les
Cieux
,
d'autres
difparoïffent
de
même.
Ge
doit
donc
:
être
ici
le
triomphe
de
lhypothefe
des
incendies.
Si
elle
n'eft
quune
erreur
,
ce
triomphe
peut
avoir
été
brillant
L
mais
il
fera
court.
Laiffons
un
inftant
cette
fuppoftion
3
&
confultons
les
faits.
se
|
-
Depuis
notre
ére
feulement,
plufieurs
étoiles,
autrefois
:
.
invifibles,
DU
MonwpbEr,
233
invifibles,
fe
font
montrées
aux
yeux
des
hommes
furpris
de
voir
le
Ciel
s'enrichir
de
nouveaux
aftres.
Si
dans
le
nombre
de
ces
aftres
nouveaux
,
plufieurs
font
fufpeë&ts
par
le
peu
de
confiance
qu'on
eft
autorifé
à
accorder
aux
Ob-
fervateurs
qui
vivoient
dans
ces
époques
réculées
,
ceux
qui
les
ont
fuivis
donnent
du
poids
à
leurs
témoignages.
Nul
Af
tronome
ne
doute
aujourd'hui
de
ces
nouvelles
apparitions
d'étoiles.
ee
|
Les
différentes
conftellations
font
dans
le
vafte
empire
de
l'éther
des
efpeces
de
provinces
bien
connues,
parce
qu’elles
font
circonfcrites
;
la
carte
en
eft
levée
géométriquement,
tous
les
points
vifibles
font
comptés
&
nommés
depuis
Jong-
tems,
leur
topographie
&
leur
dénombrement
font
confignés
à
la
poftérité.
Si
de
nouvelles
fumieres
viennent
y
briller
;
où
fe
montrer
vers
leurs
confins,
l’arrivée
de
ces
NOUVEAUX
habitans
ne
peut
être
ignorée
;
&
de
même
leur
nombre
ne
peut
être
diminué
fans
que
leur
abfence
foit
aufli-tôt
re=
Marques
ee
te
Parmi
les
étoiles
changeantes
,
nous
cicerons
particu=
liérement
celle
qui
parut
lan
389,
près
de
la
conftella-
tion
dé
l'Aïgle;
on
la
vit
pendant
trois
femaines
auf
bril-
lante
que
Vénus:
mais
bien-0t
elle
difparuts
celle:
qui
dans
le
neuvieme
fiecle
fut
obfervée
par
des
Aftronomes
Arabes
dignes
de
foi
;
elle
éroït
placée
dans
le
Scorpion,
&
.
fi
brillante
que
fon
éclar
égaloit
la
quatrieme
partie
de
celui
de
la
Lune
:
mais
[a
plus
fameufe
de
ces
étoiles
,
cant
par
fa
lumiere
qüe
par
les
phénomenes
qu’elle
préfenta,
&
par!
ticuhiérement
par
le
mérice
de
l’Aftronome
qui
l'obferva,
&°
qui
nous
en
à
[aifé
l'hiftoire
,
ceft
célle
que
Tycho-Brahé
-
A
Zome
II,
Gg
234
PV
SIOUTE
vit
le
x1
Novembre
1572
dans
la
conftellation
de
Caffiopée.
Elle
lui
parut
d'abord
égaler
en
grandeur
à
la
luifante
de
la
Lyres
bien-tôt
elle
fut
égale
à
Syrius;
enfin,
elle
parvinE*
à
difputer
de
lumiere
&
d'éclat
avec
Vénus,
lors
même
que
celle-ci,
à
fon
périgée
,
jouit
de
toute
fa
os
deur.
Cette
clarté
dont
l'accroïfiement
avoit
été
fi
rapide,
fubit
un
décroïffement
égal
;
elle
redevint
femblable
à
Sy-
rius,
à
la
Lyre,
à
Jupiter
,
aux
étoiles
fixes
de
la
derniere
-
enfin,
après
avoir
été
vifible
pendant
feize
mois,
elle
difparut
ic
Léovicius,
en
parlant
de
cette
étoile,
rapporte
que,
fous
l'empire
d'Othon
le
Grand,
l'an
de
notre
ère
94s
,
il
avoic
paru
une
étoile
nouvelle
ns
cette
mème
conftellation
;
on
y
en
vit
encore
une
fort
grande
l'an
1264:
on
pourroit
donc
foupçonner
que
ces
trois
étoiles
n'en
font
réellement
qu
une
dont
Papparition
feroit
périodique.
De
945
à
1264,
ilseft
écoulé
319
ans;
de
1264à
1972,
il
ne
s’en
eft
écoulé
à
la
vérité
que
308
:
mais
indépendam-
ment
de
ce
qu'aucune
révolution
n'eft
jamais
exactement
égale
en
durée
à
à
nulle
autre
révolution,
en
fuppofanc
que
cette
étoile
foit
réellement
foumife
à
une
apparition
périodi-.
que
,
nous
fommes
encore
bien
éloignés
de
pouvoir
calculer
tous
les
élémens
qu
1
faudroit
faire
entrer
dans
la
détermi
nation
précife
de
a
révolution
d'une
étoile
fixe.
Cependant,
sil
eft
prouvé
que
quelques
-
unes
y
font
|
foumifes,
&
qu'il
en
eft
qui
paroïffenc
&
qui.
difparoiffenc
périodiquement
ne
fommes-nous
pas
induits
À
à
penfer
que
celles
qui
difparoiffent
,
fans
qu
on
ait
encore
pu-calculer
leurs
périodes,
fubiffent
Les
mêmes
loix
?
>
La
re
des
À
ra
1
TS
à
ae
fes:
Ê
Ë
k
ë
F4
E
F
:
k
k
e
è
page
r46.
BU
MoNDr
23ÿ
ériodes
n'eft
point
ici
une
difficulté
qui
doive
nous
arrêter:
celle
de
l'éroile
de
094$,
1264
&
1572
pourroît
être
d'environ
312
ans.
Nous
la
recommandons
aux
Aftronomes
qui
vivront
entre
1880
&
1890.
|
‘
La
fameufe
étoile
du
cou
de
la
Baleine,
obfervée
par
tant
d'Aftronomes
&
particuliérement
par
Hévélius
(f),
à
eu
117
révolutions
en
39
080
jours;
fa
période
eft
donc
de
333
à
334
jours;
voilà
donc
une
étoile
vraiment
périodique:
mais
les
viciflitudes
qu’elle
éprouve
,
les
changemens
qui
s’y
font
reconnoître,
foit
dans
fa
couleur,
foit
dans
fes
accroïf-
femens
&
fes
décroifflémens
,
foit
même
dans
fes
longues
ab-
fences,
ayant
été
onze
ans
fans
paroître
(z),
tous
ces
phé-
.
nomenes
feront
long-rems
encore
inexplicables
:
efpérons
cependant
beaucoup
de
la
fagacité
lamineufe
&des
travaux
_affidus
de
nos
infatigables
Aftronomes.
es.
Dans
le
cou
du
Cygne
on
a
obfervé
une
étoile
changeante,
qui
revient
de
même
à
fon
plus
grand
éclat
après
une
révo-
lution
de
40$
jours
où
405
jouts
&
demi:
dans
la
même
conftellation
,
&
dans
la
poitrine
du
Cygne
onena
obfervé
une
autre
dont
on
foupçonne
quê
la
période
eft
de
quinze
années,
pendant
cinq
defquelles
feulement
elle
eft
vifble.
Vers
la
tête
de
la
même
conftellation
on
en
découvrit
une
_
€n1670,
qui
,
après
avoir
paru
plufieurs
fois,
difparut
tota-
lement
En
1672
fans
qu'on
l'aic
vue
depuis.
(J)
Voyez
Hiforia
mire
fllle
dans
les
Opufcules
d'Hévélius
,
(4)
Depuis
le
mois
de
Janvier
1648
jufqu'au
mois
de
Juillet
1659,
pendant
lequel
tems
Héyélius
nous
dit
que
prorfüs
delituit,
Gg
2
236
Parsons
Dans
la
conftellation
de
l'Hydre
on
remarque
aufli
une
étoile
changeante,
qui
ne
paroît
que
pendant
environ
qua-
tre
mois,
après
lefquels
elle
en
refte
vingt
fans
fe
montrer;
fa
période
feroit
donc
d'environ
&eux
ans.
Dans
fon
plus
_grand
éclat
elle
paroît
comme
les-étoiles
de
la
quatrieme
crandeur:
Ce
qui
paroït
bien
plus
étonnant
encore,
c'eft
que
quel-
ques
étoiles
font
totalement
perdues
.
Prolomée
;
on
en
trouve
dans
fon
catalogue
qui
ne
paroïflent
plus
ee
un
tems
immémorial.
Quelques
autres
ont
changé
de
grandeur
apparente
;
telle
eft
l'étoile
B
de
la
nt
de
FAigle.
Cette
étoile,
,
qi,
au
commencement
du
fiecle
dernier,
étoit
égale
en
es
à
celles
de
la
feconde
grandeur
,
eft
à
br
à
peine
de
la
troifieme
;
telle
eft
encore
une
étoile
de
la
jambe
gauche
du
Serpentaire.
On
pourroit
donc,
au
milieu
des
bee
de
lefquelles
cette
matiere
eft
encore
plongée,
regarder
les
apparitions
&
‘les
difparitions
de
ces
étoiles,
comme
l'effet
de
leurs
révolu-
tions
;
leurs
longues
dceultarions
ie
qu'en
foit
la
durée,
ne
pourroient
alors
être
M
bucc
qu'a
la
diftance
jufqu'a
laquelle
elles
s
éloignent
denous.
Une
obfervation,
auffi
conf-
tante
qu'mportante
,
femble
encore
militer
en
oc
de
cette
hypochefe
;
;
c'eft
que
nulle
de
ces
étoiles
ne
fe
montre
d’abord
avec
tout
fon
éclat
&
de
toute
fa
grandeur,
&
que
toutes
décroiffent
fenfiblement
&
lentement
avant
de
difpar
roitre,
CE
qui
convient
parfaitement
À
à
des.
se
gs
sa
prochent
&
qui
s
<pnens
enfuite.
=.
-p
vu
-M
0
N
D
£&.
259
.:
Mais
comment
expliquer
,
comment
concevoir
les
chan
gemens
de
place
,
les
voyages
infiniment
longs
que
cetre
hypochefe
fait
faire
à
ces
étoiles
parmi
tant
d’autres
qui
ref-
tent
immobiles
?
Rappellons-nous
ici
que
nos
connoiffances
_ont
des
bornes,
admirons
les
fuccès
avec
lefquels
nous
les
avons
déjà
repouflées
loin
de
nous,
efpérons
que
le
do-
maine
de
la
Science
s'étendra
encore
;
mais
n'efpérons
pas
que
jamais
il
embraffe
tout
l'efpace.
Cependant
certe
avidiré
de
notre
efprit,
à
laquelle
rien
ne
peutfufire,
a
porté
plufieurs
Philofophes
à
tenter
de
pénetrer
les
caufes
des
phénomenes
dont
nous
venons
de
parler;
&
f
quelques-uns
ont
éprouvé
le
fort
d'Icare,
nous
en
verrons
au
moins
qui
.
ont
développé
toute
l'étendue
des
aîles
du
génie
dans
des
routes
que
leur
indiquoit
l'analogie
,
ce
fil
précieux
qui
nous
fut
donné
pour
nous
conduire.
_.
Le
P.
Riccioli
imagina
que
ces
étoiles
n’étoient
pas
lu
mineufes
dans
toute
leur
furface,
&
que
la
partie
obfcure
de
cette
furface
pouvoit
être
tournée
vers
nous
plus
ou
moins
long-tems,
&
Boulliaud
adopta
cetre
idée.
Il
faut
convenir.
qu'elle
n’a
rien
de
fatisfaifant,
ni
même
rien
d'ingénieux
;
c'éft
une
hypothefe
du
genre
le
plus
ordinaire,
le
plus
pré-
aire
&
&
même
le
plus
trivial,
Bérofe
expliquoir
ainf
les
phäfes
de
la
Lune.
—
:
|
|
:
: :
&,
:
…
Si
Maupertuis
n'a
pas
été
plus
heureux,
il
à
au
moins
montré
plus
de
génie.
Il
part
d’un
principe
certain,
&ilen
tire
une
conféquence
qui
paroît
fatisfaire
jufqu'à
un
certain
point
aux
phénomenes.
«
Il
eft
reconnu,
dit-il,
que
les
»
étoiles
font
des
Soleils
comme
le
nôtre;
on
peut
denc
»
fuppofer
que
comme
le
nôtre
,
ils
tournent
fur
eux-
238
PHYSTODE
D
»
D
D
D
mêmes.
Il
eft
également
reconnu
que,
par
l'effet
de
[a
force
centrifuge
,
tout
corps
qui
tourne
fur
lui-même,
&
quineft
pas
d'une
matiere
inflexible,
s’éleve
à
fon
équa-
teur
&
s'abaiïfle
vers
les
poles,
d’où
naît
une
ellipfoïde.
C'eft
ainfi
quon
explique
la
figure
de
la
Terre.
Plus
la
rotation
fera
rapide,
plus
la
force
centrifuge
fera
grande,
&
plus
le
diametre
qui
pañle
par
l'équateur
du
mobile
excédera
celui
qui
paffe
par
les
poles
:
nous
en
avons
la
preuve
dans
Jupiter
,
dont
la
vitefle
de
rotation
étant
plus
grande
que
celle
d'aucune
autre
planete,
eft
auf
la
plusap-
platie
de
toutes
les
planetes.
En
fuppofant
donc
la
viteffe
de
rotation
de
certaines
éroiles
beaucoup
plus
grande
que
celle
de
Jupiter,
ces
étoiles
devront
être
encore
plus
ap-
platies.
Enfin,
en
portant
cette
vicefle
&
la
Aexibiliré
de
la
matiere
de
l'étoile
jufqu’au
dégré
convenable
,
on
con-
cevra
alors
que
ces
étoiles
peuvent
arriver
à
la
forme
len-
ticulaire.
Jufqu'ici
rien
ne
répugne
aux
loix
de
la
plus
faine
Phyfique
;
ce
qui
y
répugne
moins
encore,
sil
eft
»_polible,
ceft
de
fuppofer
que
ces
étoiles
ainfi
confor-
»
mées
aient
autour
d'elles
quelques
groffes
planeres
;
l'ac-
»
tion
de
cette
planete
lorfquelle
approchera
de
fon
périhe=
»
lie,
pourra
changer
l'inclinaifon
de
l'étoile
plate
,
&
felon
que
cetre
inclinaifon
fera
un
angle
plus
où
moins
grand
avec
la
Terre,
l'éroile
paroïtra
plus
ou
moins
f[umineufe
;
il
s'enfuir
qu'une
étoile
que
nous
n'appercevons
point
lorfqw'elle
nous
montre
le
tranchant
de
fa
lentille,
devien-
dr
a
plus
où
moins
vifible
lorfqw'elle
nous
préfentera
une
plus
ou
moins
grande
portion
de
fon
difque
;
&
qu'au
contraire,
lorfqu'après
nous
avoir
préfenté
cette
portion
L
|
|
|
l
|
1
ed
ur
mnsétt
mit
nice
lei
ot
ii
ts
PPT
OT
EEE
TS
SET
É
rm
nur
Ne
RP
ir
LUE
à
VAR
ge
ee
Lee
ie
cu
a
dd
Fe
pu
MonwnpDs.
239
»
de
fon
difque,
elle
revient
à
nous
en
préfenter
le
tran-
»
chant,
nous
cefferons
de
la
voir
».
Il
faut
convenir
que
de
toutes
les
hypochefes
celle-ci
eft
la
plus
fimple
,
la
plus
conforme
aux
loix
de
la
Phyfique,
la
plus
rapprochée
de
routes
les
analogies
que
nous
pou-
_vons
lui
trouver
entre
les
corps
céleftes,
&
que
nulle
ne
fatisfait
mieux
à
tous
les
changemens
d'apparitions
&
de
dif-
paritions,
d'accroïffement
&
de
décroïflement
de
grandeur
apparente
que
l'on
obferve
dans
les
étoiles.
Gerre
Fe
nous
paroït
donc
celle:
qu
on
peut
préferer
juiqu'e
à
préfent,
fans
toutefois
la
recevoir
encore
comme
une
vérité
démon-
trée.
Nous
obferverons
feulement
que,
fi
elle
paroït
fufcep-
tible
de
beaucoup
de
difficultés
,
elle
joint
au
mérite
de
fa
fimplicité
celui
d'être
très-fertile
en
moyens
pour
réfoudre
ces
difficultés,
Un
autre
Philofophe
s'eft
livré
à
une
idée
plus
vafte
&
plus
impofance
;
il
a
fuppofé
que
notre
fyftême,
notre
Soleil
&
fon
Monde
n’étoient
qu'une
colonie
d'un
empire
plus
_vafte
&
plus
étendu;
il
confidere
notre
Soleil
avec
tout
fon
cortege
comme
nétant,
par
rapport
à
un
autre
Soleil,
que
ce
que
Jupiter
&
fes
—
font
pour
notre
.
Peut-être,
dit-il,
tout
notre
Monde
&
beaucoup
d’au-
»
tres
tournent
autour
de
Svrius
comme
la
Terre
tourne
»
autour
du
Soleil
;
peut-être
Syrius,
avec
tous
fes
Mondes,
»
tourne-t-il
autour
de
quelqu
autre
étoile
qui
régit
Es
»
rius,
comme
notre
Soleil
régit
Mercure
;
peut-être
en-
»
core
.».
Voilà
bien
affez
de
peur-érre
:
cetre.
hiérarchie
de
hole
ne
peut
avoir
de
bornes
dans
lima.
gination.
Pour
nous
,
,
Toujours.
OCCUPÉS
:
à
arrêter
Ja
nôtre
aux
barrieres
qui
circonerivenc
nos
connoiffances,
&
done
notre
AR
240
PS
eu
foible
intelligence
peut
éclairer
l'enceinte,
nous
ne
fui-
vrons
point
M.
Lambert.
Il
eft
aifé
de
fuppofer
un
cen..
tre
autour
duquel
tournent
mille
Mondes,
dont
chacun
en
fait
tourner
mille
autres
qui
ont
encore
leurs
fujets,
&
cela
à
l'infini.
Mais
fi
rien
n'indique
,
fi
rien
nexige
cette
fuppoñtion
,
fi
elle
ne
repofe
fur
rien
&
qu’elle
ne
ferve
à
rien,
elle
doit
refter
au
rang
des
rêves.
Elle
expliqueroie,
nous
dira-t-0n
,
les
apparitions
&
les
difparitions
des
étoiles.
felon
les
diéiens
points
où
nous
nous
trouverions
de
ce
nouvel
&
immenfe
orbite
que
nous
décririons
dans
l'efpace,
nous
Re
voir
des
aftres
nouveaux.
Cela
eft
vrai,
mais
il
naît
de
la
fuppofñition
une
objection
bien
plus
foie
que
la
difficulté
qui
feroit
invoquer
l'hypothefes
fi
des
chan-
semens
de
lieu
il
réfultoit
que
nous
puifions,
d'un
point
de
la
route,
voir
de
la
grandeur
de
Vénus
une
étoile
qua
peu
de
diftance
de-là
nous
ne
verrions
plus
par
l'excellif
éloignement
;
comment
toutes
les
autres
étoiles
conferve-
roient-elles
toujours
leur
même
diametre
apparent?
com-
ment
celles
de
la
premiere
grandeur
feroient-elles
toujours
de
la
premiere
grandeur
?
Cette
feule
queftion
détruit
le
fyftème.
L'imagination
n'éleve
que
des
monumens
fembla-
bles
aux
châteaux
de
cartes
des
enfans
:
la
plus
fimple
re-
flexion
renverfe
les
premiers,
comme
le
fouffle
détruit
les
feconds.
Un
fait
peu
important
en
apparence
eft
pour
eux
un
coup
de
foudre
qui
en
difperfe
jufqu'aux
fondemens.
17
pu
Monp£r.
S4T
De
la
Voie
Laitee.
On
diftingue
facilement
&
au
premier
coup
d'œil,
en
regardant
le
Ciel
pendant
une
belle
nuit,
une
bande
d'une”
blancheur
remarquable,
quoique
d'une
lumiere
aflez
pâle,
qui,
comme
une
ceinture,
divife
en
deux
parties
la
conca-
vité
du.
Ciel
étoilé.
Cette
zone
a
recu
différens
noms,
dans
différens
teims
&
chez
différens
peuples;
on
l'a
nommée
Cercle
de
Junon,
Chemin
du.
Soleil,
Voie
brûlée.
Quand
on
lui
donnoit
ce:
dernier
nom,
on
rapportoit
fon
origine
à
l’entreprife
témé-
taire
de
Phaëton,
lorfqu'il.
ôfa
monter
fur
le
char
de
fon:
pere
&
guider
les
chevaux
du
Soleil.:On
regardoit
l'éclat:
de
cette
zone
comme
la
trace:
&
les
veftiges
de
l'incendie
5
mais
la
dénomination
de
Woze
laëlée
à
été:la
plus
généra=:
lement
adoptée
par
les
Latins,
par
les
Arabes
&
par
les:
Modernes.
Les
Poëtes
alors
à
ion
fa:
blancheur
au:
lait
de
Junon,,
qw
"Hercule
avoit
laiflé
couler
de
fa
bouche;
d'autres
en
ont
fait
le
féjour
des
héros,
comme
on
peut
le.
voir.
dans:
Manilius
,
qui
nous
a
laifé
une
defcription
fort.
étendue
de
la
fituation
&
de:
la:trace
de:
la:
voie:
la&tée:.
Ovide
la
repréfente
comme-la
route
qui
conduit
au
palais:
de
Jupiter;
&,
parmi
nous,
le.
le
peuple
ee
—
Le.
ee
de
S.
Jacques.
La
laroeur
de
cette
batide.
fe
Rare
nés,
&
Rs
bords:
font
terminés
très-irréculiérement
comme
ceux
d’un
fleuves
dont
le
lit.
ne
feroit
pas
éncore
fuffifamment.
approfondi.
On:
peut
la
voir.
toute
entiere
_
or
Lu
Tome
11.
—.
Hh
à
J
Se
À
à
!
ki
h
h
242
Persrioue
fes
yeux
de
tous
les
pays
fitués
entre
les
Tropiques;
o#
fuit
fa
route
à
travers
plufieurs
conftellations.
En
fuppofant
qu'on
l’obferve
d’abord
dans
Cafiopée,
confttellarion
dars
laquelle
elle
eft
à
fa
plus
grande
proximité
du
pole
bo-
réal,
dont
elle
n'eft
alors
qu'à
environ
30
degrés,
fi,
de
cette
conftellation,
alors
placée
au
méridien
&
au-deflus
du
pole
,
on
fuit,
fur
un
globe
célefte,
la
route
de
la
voie
laétée,
en
allant
du
nord
vers
le
midi
par
le
levant,
on
là
voit
traverfer
fucceflivement
Perfée,
le
Cocher
,
les
pieds
des
Gémeaux,
le
bras
d'Orion,
la
Licorne,
le
grand
Chien
ou
Syrius,
le
Navire
d'Argos;s
&
c'eft-là
où
fa
lumiere
eft
la
plus
vive:
elle
pañle
enfuite
par
les
pieds
du
Centaure
&
par
le
Triangle
auftral,
d'où,
retournant
vets
le
nord
par
foueft,
elle
traverfe
l'Autel,
la
queue
du
Scorpion,
vers
laquelle
elle
fe
divife
en
deux
bran-
ches
qui,
fe
réuniffant
vers
le
Cygne,
forment
une
ifle
affez
vaite.
De
la
queue
du
Scorpion,
la
branche
orientale
DU
MONDE.
243
L'obfervation
de
la
voie
laée,
l’ordre
dans
lequel
font
difpofées
les
conftellations
qu'elle
traverfe,
peuvent
donc
être
infiniment
utiles
à
ceux
qui
defirent
d'acquérir
la
con-
noiflance
du
Ciel
&
de
la
fituation
refpective
des
conftel.
lations.
Cetre
confidération
nous
détermine
à
rapporter
la
direction
de
la
voie
la@tée
à
la
fituation
de
Paris,
&
des
pays
placés
fous
le
parallele
de
la
France,
&
à
untems
de
l'année
où
les
nuits
foient
aflez
longues
pour
quon
puifle
voir
la
plus
grande
portion
de
la
voie
la@tée
qui
foit
vifible
dans
nos
climats,
tems
qui
comprend
les
mois
de
Novem-
bre,
Décembre,
Janvier
&
Février.
Pendant
ces
mois
,
du
coucher
au
lever
du
Soleil,
on
apperçoit
toute
cette
fec-
tion
entre
les
pofitions
de
Gafliopée
dont
nous
allons
par-
ler.
On
apprendra
trèsficilement
ainf
à
connoître
Les
18
conftellations
dont
nous
avons
parlé,
&,
par
elles,
on
fe
mettra
très-aifément
en
état
de
diftinguer
toutes
les
autres
par
Les
rapports
de
leurs
fituations
avec
cés
18
conftella-
tions
&
entrelles
:
il
fufra
d'avoir
fous
les
yeux
les
Pla:
nifpheres
céleftes
de
M.
Robert
de
Vaugondy,
&,
fi
l'on
veut,
le
Zodiaque
de
M.
le
Monnier.
Nous
avons
choifi
Cafiopée
,
tant
parce
que
cette
conftellation
ne
fe
couche
jamais
,
que
parce
que
la
voie
laétée
la
comprend
prefque
toute
entiere
;
que
c’eft
dans
cette
conffellation
qu’elle
ap-
h
Le
plus
du
pole
,
&
furtout
parce
que
dans
Cafiopée
:
Luifante,
&
quia
beau-
ils
défignenc
cette
étoile
ures,
avant
que
l'étoile
Hh2.
250
PHYSIQUE
feroit
donc,
s'il
eft
permis
d'employer
cette
comparaifon,
qu'un
horloge
infini
en
volume
&
en
rouages,
&
dont
la
T'erre
feule
feroir
le
cadran
!
Quelle
proportion
y
auroit-
il
donc
entre
l'effer
&
Les
moyens?
Non,
nous
ne
nous
croi-
rons
point
téméraires
en
confidérant
tous
ces
Soleils
comme
les
moteurs
,
les
vivificateurs
d'autant
de
Mondes.
Les
motifs
qui
nous
ont
amenés
,
qui
nous
ont
contraints
à
confidérer
toutes
les
planeres
de
notre
Monde
comme
habitées
,
ne
nous
permettent
pas
de
douter
que
celles
qu'échauffent
&
qu'éclairent
ces
autres
Soleils,
ne
le
foient
aufli.
Alors
le
regne
de
la
vie
s'étend
avec
l'infinité
de
l'efpace,
&
lTntelli-
gence
éternelle
,
feule
caufe
a&ive,
créatrice
&
vivifiante
de
la
Nature,
nous
paroît
animer
une
œuvre
digne
d'elle,
habiter
un
palais
qui
convient
à
fa
majelté.
Cette
hypothele
eft
fans
doute
l'hommage
le
plusnoble
que
notreintelligence
puiffe
rendre
à
l'éternel
Archire“e,
Ce
n'eft
point
pour
abandonner
à
la
folitude
la
plus
profonde
des
déferts
im-
menfes
,
ce
n’eft
point
pour
créer
à
la
mort
la
plus
abfolue
un
empire
infini
qu'il
a
conftruit
un
édifice
infini
5
tout
vit
autour
de
nous,
l’efprit
de
vie
pénetre
toutes
les
parties
de
la
matiere,
tout
eft
animé,
ou
tend
à
s’'animer
,
rien
ne
périt
que
pour
renaître,
&
ce
magnifique
fpectacle
n'exif-
teroit
que
dans
un
point
de
l'étendue
fans
limites
!
la
mort
habiteroit
tout
le
refte!
Celui
qui
peut
le
penfer
n'eft
pas
appellé
à
confidérer
les
merveilles
de
Funivers,
fon
in-
celligence
ne
fut
point
deftinée
à
s'élever
par
ces
nobles
A
Nous
penfons
donc,
avec
les
Philofophes
les
plus
éclairés,
que
toures
Les
étoiles
fixes
font
des
Soleils;
que
ce
neft
pas
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