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Physique du monde. Tome second

Marivetz, Étienne-Claude de, baron de (1728-1794); Goussier, Louis-Jacques

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LP Se ds CR CRE ER +. se © MP HFSLOLE. MONDE, ORNÉE DE PLANCHES * : TOME SECOND. HT ge. 24 COUPE mot: ACTES Chez Ce OUFRAGE Je trouve à Paris, CError, rue Dauphige. … } Dinor le jeune, quai des Auguñtins. QuiLLau, rue du Fouarre. Méricor le jeune, quai des Auouftins. Nyon-ainé, rue du Jardinet. Barroïs le jeune, quai des Auguftins. il a parmi nine N DÉDIÉE 4 ET K OO EL: Par M ce BaronNDE MARIVETZ 2 Dr par M GOUSSIER. A PARES., | De l'Imprimerie de QuiLzLau, Imprimeur de S. À S. L Ms. le Prince Dz ConNTIr, rue du ne 1 A AVEC ne ET PRIFILÉGE DU Rat. 4 : ES PT e DANS TOR OD PU TP APE UN CAE PPT LE SNS 1 "1 CRT j: nn A NP PI LU EE D Dr re srne nr vtr gp te ep CESR 1 4 . Sentiment de M. de Mairan, — +. Page 62 Sentiment de M. J. Bernouilly , 66 Explication des Figures $ & 9, ee = . 69 Explication de la Figure 13, Se - - 74 Explication des Figures 6 & 7, | 76 Explication de la Figure 8, 77 De la Formation des Tourbillons fecondaires. ou Tourbillons particuliers des Planetes. ner Explication de la Planche IV, 86 Explication de la Figurer, Se 27 Explication de la Figute2, Re Tourbillons qui produifent les apparences ds Cometes,. 07 Tourbillon Excentrique , Figure 3 » | 101 Seconde Loi de Képler, Explication de la Figure 4, Voie de la Planete principale de Explication des Figures ÿ & 6, Anneau circonfolaire, Explication des Figures 7 & 8, Anneau ose : Explication de la Planche V, Figures de Saturne, “Figures de Jupiter, Figure de Mars ; Figure de la Terre, _ Figure de Vénus, Figure de Mercure, Figure du Soleil , Explication de la Figure 13 , Explication des Figures 14 & 15, Explication de la Figure 16, TABLE. Explication de la Figure 17, Pope 162 Accélération de la Pefanteur, : a oi * 165 Explication de la Figure «8, ee * 174 Explication de la Figüre 19, © © 177 Explication de la Figure 20 , : e 180 Explication de la Figure 271, on 185. Du Ciel Etoilé, - 183 Du Mouvement dire des Apfides , : : 190 { Du Mouvement rétrograde des Nœuds , ou de la Précefkon > 194 \ Du Mouvement de Nutatiôn ; EE De lAberration , É 199 Diminution de l’Obliquité de PEcliptique , TROISIÈME PAR FE, “ Cotchant Les Tables , les Planches & Le vi du Difionnaire. 1°. T, BLES des Planetes ; Figure d’une Orbire, & dénomination des principales parties de cette orbite. 2°. Explication des Tables des Planetes, 3 3°. Tables particulieres des Planetes; le Soleil , $ 4°. Mercure, 6 5°. Venus; | - 7 6°. La Terre, - So. 10 7. lalune, =. : 11,12, 13 : ; 8°. Mars, | : : 14 S°, Jupiter, = - _ : 3 SNS ai PNEUS PROPRES FABLE ro°. Saturne ; - u Page 16 11°. Table générale de la Chaleur ; — 17 # . 12°. Explication de la Table Synoptique; - 18 jufqu’à 49 k 19°. La Table Synoptique en fept demi-feuillese - 14°. Planche ['°, : _ ù - 1. Planche IT, : =. : 16°. Planche III, - _ à 17°. Planche IV, — | ee é È 18°. Planche V. | en — 4 19°, Premier Supplément du Didionnaire, _ - Ë | | + à — Fin de la Table, APPROBATION. Pa: lu, pat ordre de Monfeigneur Je Garde-des-Sceaux, un Manu(@rie intitulé Phyfique du Monde, &c. par M. le Baron de Mariverz & par M. Gouffer, I eft impofhble d'embraffer un plan plus vafte que celui que fe font tracé ces Auteurs. La feule le@ure du Difcours Préliminaire & de la Préface, en annonçant toute fon étendue , prouve combien ces Auteurs font remplis de la matiere qu'ils traitent, L’expofñtion des principes généraux de tout leur Syftême paroit faire efpérer que leur enrreptife n'eft pas au-dellus de leurs forces. Le refpeët le plus profond-pour la Religion , & pour tout ce qui peut y avoit rapport, regne dans cet Ouvrage. On ÿ remarque aufli infiniment de fagefle, de circonfpedtion & d'honnêteté de la partie critique qui a rapport aux Ouvrages des Savaus qui ont antérieurement couru la même carriere ; enfin la fimplicité, la précifion & la clarté qui cara@érifent cette nouvelle Phyfique du Monde , ne peuvent que faire defirer l'exécution d’une entreprife-fi utile pour le progrès des connoiffances, Ce fiecle à vu naître fur cette matiere des Ouvrages excellens que nous ont procurés des Savans illuftres qui ont ouvert cette carriere ; ils pourront reconnoître eux-mêmes les traits qui diftinguent particuliérement celci des Auteurs qui leur faccedent. À Paris ce 14 Avril 1780. ROBERT DE VAUGONDF. Le Privilège fe trouve au commencement du premier Volume. Tome IT, achevé d'imprimer, pour la premiere fois , de 13 Juillet 1781, dt tt à EST REPONSES EP TN, +7 y. Qi " k P, GE 20, ligne 1r1,ala fn agi, lifez agillent. TES ONE ER ERRATADE LAPREMIERE PARTIE. 37 fibre 19 ‘adivirés. Dans, Aifez activité dans. Se Ibid. ligne 15 , capacité, Lfez capacité ? so, ligne 20, château. /ifez château, 1 Ho 7; 4 Soleil, ajoutez Voyez Planche V, ee 22, 64; ligne Êt; lifez éloignement. 94, . 10 , comme 61 ; =cetat, fee comme reftà 61: 59, ligne 19, férénité, fe fécurité. 165, ligne 6, d'un être, /ifez d’un aftre, 180, ligne 22, éthérées, Jifez éthérés.* 220, ligneo, FT, life; y. - Jbid, ligne 1x ) ne intervalle, fe? un intervalle, 228, fa 1ÿ , tranfmis, life tanfenis, 243, ligne derniere, pendant ces quatre mois & fx ae avant que, lifez pendant ces quatre mois, & fix heures avant que. 254) ligne 22, oïbes ou tourbillons, lifez otbes du tourbillon. 272, ligne 12, féparées, life partagé. 300, lig. 3, cet obftacle à volume égal : /i/ez cet obftacle : à volume égal. got, ligne 28, obfcurcis, ifez ES ERRATA DE L A SECONDE ee Le GE 18, ligne 8, la ligne des Gémaux, lez le fi igne des Gémaux. 20, ligne 6, la parenthefe eft inutile. 29 lan 27 ; aprés hélicoïde, ajoutez où courbe. 42, ligne 28, reconoftriot, lifez reconnoîtroits : 45, ligne 17, dans la divifon, di/ez dans la direction, < st, ligne 28, où l'effet de la parallaxe & de la réfraction font nuls, lifez où les effets de la parallaxe & de la réfra@tion font nuls. 353, ligne, parcourus , iféz parcourues. EUR Fos 14, Table des Planches, Zifez Tables des Planetes, 162, ligne 16, aulieu de Te, lifez T a. 163, ligne 3 , effacez & qui. ; 174, ligne 24, lifez quantité qui ; trés-certainement, ne feroit pass diféer- nable dans la Figure. Mais... + à 397, ligne 4, aprés É virgule ajoutez, ou NSP TPS RER RERO FOUR # RE PPT ENT pa mA ENERSPE RARES TUBES DES ER ÉDNTE Ë 54 à RE PRE QN AVANT-PROPOS. = | Na OUS avons sn prouvé, par les obfer- vations contenues dans notre premier Volume, | qu'aucun des Syftêmes de Cofmogonie préfentés jufqu’à préfent, ne peut nous éclairer {ur l'Hifloire Phyfque de la Terre: se les Auteurs de toutes ces. Théories fe {ont trompés. dans l'établiflement des principes, fe {ont égarés dans leurs combinaïfons. Il y a donc des BR , il y a donc des loix qui ont échappé à la pénétration de leur génie, que leurs laborieufes recherches n’ont pu encore développer. - Si nous étendons nos vues, fi nous confidérons : £ machine entiere de notre Monde , nous nous _aflurerons plus encore de l'imperfedion de notre. Pbyfique. Pourquoi tous ces corps que nous ap- pellons des Planetes, tournent-ils autour du So- leil ? pourquoi tournent-ils tous dans le même fens ? pourquoi toutes les routes qu'ils décrivent autour de cet aftre ont-elles comprifes dans une zone très-étroite ? pourquoi toutes ces Planetes rournent-elles fur elles-mêmes ? d’où émanent les ipales loix : nous reconnoiffons dans leurs _ A RD DT RE D NS vj Avr AetS Pro +0 marches ; celles, par exemple, qui ralentiflent les vitefles à mefure que les diftances au Soleil alg- mentent ; qui établiflent un rapport précis & gé- néral-entre les vitelles & les diflances , entre Îles efpaces parcourus & les tems ? Ces queltions , ou n’ont point encore reçu de réponfes , où n'en ont reçu que de très-vagues , & de très-hypothériques, Nous avons vu comment, pour expliquer les mouvemens céleftes , on a combiné des impulfons fans nombre , & de pure fuppoñition , avec une attraction également fuppolée , également incon- cevable, & fi fouvent contradictoire avec elle- même. Quant à la direétion commune de toutes es Pl netess quant aux limites étroites qui renferment les plans de leurs routes, qui ne permettent à au- cune de s’écarter de 8 degrés d'une ligne qui pañle par l'équateur folaire , quoiqu'il y ait un efpace de 90 dégrés dans lequel elles pourroient s'étendre ; quant à cette autre caufe. qui les fait tourner fur elles-mêmes , lifons ce que nous en a dit Le Pere de la Phyfque moderne, & ce que nous répetent fes plus illuftres Difciples , 4 ms. - tus originem non habent ex caufis mechanicis PT . Re À A SE ï È EE RS # AVANT-PROPOSs. vi mouvemens ne tirent leur origine d'aucune cau- fe méchanique , d'aucune caufe phyfique connue. Ces grands mouvemens , ces mouvemens primi- tifs-des roues de la machine du Monde n’auroient donc point de caufes méchaniques : cependant les routes des Planetes , la viteflé avec laquelle elles parcourent ces voies , leur éloignement , ou leur proximité du Soleik, leur rotation {ur elles-mê- mes, font les caufes primitives , a@tives & dé- terminantes de la Phyfique du Monde; & ces ef- fets feroient des phénomenes fi nguliers qui tiennent a des caufes particulieres qui nous font inconnues, Mais qui font indépendantes du fyflêéme du Monde (”). Efbit poffible de confidérerainfi ces grandes actions, ces actions primitives & déterminantes de toutes les autres ? = Que ces cos foient encoreinconnues , il faut bien en convenir ; mais d’où déduit - on qu’elles ne tiennent point au Syftème général ? comment _Conçoit-on un Syflème général dans lequel Les phé- nomenes les plus importans , les plus po ; e 3" Voyez Efai Jur les Comeres, par M. Dies Duféjour , Di cours Préliminaire » Pe.XX Le P: 336, Le auflh M. de la Lande . ÆElèmens d'Afironor omie ; D: — : 2 A 2 REP RUE ENTER T RESTE ARTIST : vi ApANT-PROPOS. _ ceux qui déterminent tous les autres {ont indépen- dans de ce Syftème ‘ ? Ce neft point ainfi que nous confidérons la machine du Monde ; nous y recon-. noiflons une force fimple , primitive , unique rea générale ; c'eft de cette force que dérivént toutes les actions, & toutes ces aétions obéiflent aux loix impofées à la matiere & au mouvement , parce que le Monde n’eft qu'une machine , & que dans toute machine il ne. peut exifter un. feul mouvement qui. ne réfulte pas des lon de Li Méchanique. C C'eft ce Syflême que nous allons oe au ones de nos Lecteurs. | En confidérant limmenfité de ne. carriere , ce ‘nef pe fans effroi que nous nous fommes déter- minés à tenter de la parcourir ; mais nous nous fommes dit, avec Fontenelle, que fans lefpérance de faire plus qu'on ne pourra , on ne feroit jarnais tout ce qu'on peut : fous invoquons l'indulgence, & plus encore les lumieres des Savans qui nous feront l'honneur de nous lire: ils nous trouveront toujours difpofés à à nos. erreurs , dès qu ls nous les feront connoître. | La partie de notre Ouvrage que nous _—. de terminer, celle dans laquelle nous si as à . PRET RUE FA ÿ ê ë Ê a rs Est h. + Aa D TANT: &- A PANET Se PRO PapES, ix détruire Les Syflêmes.des Auteurs qui nous ont pré- cédés , étoit la plus aifée fans doute ; mais elle étoit en même tems & la plus aride pour nos Lec- teurs , & la motns agréable pour nous. Les Ouvra- ges critiques ne parviennent ee fouvent à inté- refler que par l’âcreté du ftyle qu'un ufage odieux femble leur avoir confacré ; jamais nos Ecrits n’au- ront ce méprifable «mérite. Nous avons éprouvé combien il en coûte pour attaquer les opinions des Savans. dont on eltime & le génie & les fumieres : car faut-il jamais parler des autres? Combattre ces | Auteurs refpectables ; payer leurs veilles par un examen févere , qui, quelque honnête quil foit , leur enleve une partie de la gloire à laquelle. ils {e croyoient en droit de prétendre , & à laquelle il feroit au contraire fi. doux de concourir ; c'eft un facrifice à à l'amour de la vérité: elle ne peut s'affermir que: fur la difcuflion des opinions ; & ce fâcrifice, ce n'eft pas celui pour lequel L nie le moins. courage. | ie Nous ofons nous. Hetter de avoir nie ce. tite à à fans déplaire à à l'illuftre Auteur dont nous | nous. fommes permis eee l'immorrel Ouvre de il nou | au _ doivent être prouvées que dans la fuité dé nôtre < AVANT-PROPOS. de fes opinions : fon amour pour la vérité, {on zele pour les Sciences, fa bienveuillance pour ceux qui les cultivent, nous affèrent de fon indulgence, même pour nos erreurs, sil nous en eft échappé. Ceux qui ont écrit avant nous avoient fait tous leurs efforts pour les bannir de leurs Ouvrages * f aucun n'y eft encore parvenu , nous dévoris être très- éloignés de penfer qu'on n'en aura point à nous reprocher. | En nous permettant de critiquer ceux qui nous ont précédés , nous nous fommés dévoués à la cri- tique de ceux qui viendront après nous. Nous l'a vons déjà dit, & nous Le répétons , nous recevrons avec reconnoiflance les objections que l'on voudra bien nous faire ; nous prions feulement qu’elles ne tombent que fur ce que nous aurons déjà préfenté comme des vérités déterminées par notre Théorie, qu'elles n'anticipent pas fur l'ordre de notre mar- che, qu'elles n'aient pas pour objet des propofi- tions qui ne font encore qu'indiquées , & qui né + Ouvrage. | | Cette premiére Section contient nos Principes. généraux fur la Phyfique Célefte ; c'eft-à-dire, fur ArANT-PRrRoPros, x les canfes des mouvemens des Planetes , & fur les loix qui régiflent ces mouvemens. La feconde, qui fuivra celle-ci de près, ren- fermera la ? Théorie de la Lumiere & celle de fa Chaleur. La troifieme traitera à des mouvemens de l'Atmof- phere , & des mouvemens des Eaux. Nous annon- cerons, à la livraifon de chaque Section , ls deux qui les fuivront immédiatement. Avant d’expofer nos Principes , nous ne pou- vons nous difpenfer de parler d'un Savant, dont nous eftimons infiniment les lumieres & le génie. Le R. P. Berthier, de l'Oratoire , a rapporté &c _difcuté avec autant d’impartialité que de fagacité, dans fon excellent Ouvrage (*}) , les affertions & les objections. refpedtives des Partifans du Vide & _de ceux de l’'Ether. Il étoit cependant aifé de re- connoître que c'étoit en faveur de l’Ether que l’Au- teur fe décidoit ; & quoiquil ne fît encore , com- - me il le dit lui-même , > que la Jonétion d * Avocat = re ) Principes Phyfiques pour fervir de fuite aux Principes Ma- thématiques de Newton, par le R. P. Berthier, de lOratoire ne Correfpondant de PAcadémie Royale des Sciences, 4 vol, in-12 re 1764 ; 3 vol. êcle 4 en 1770 , de l'imprimerie Royale > B 2 xi A VARES PRORUS.. Général , il étoit impofñlible de ne pas pénetrer fon opinion. Cette admiflion d'un Ether qui remplit tout lefpace , ef donc la bâfe commune de ños deux Syftêmes. C’en feroit peut-être aflez pour que l’on crût , au premier coup d'œil, rencontrer beau- COUP de rapportentre les Principes du R.P. Berthier & les nôtres; ceux qui ne nous liroient pas avec aflez d'attention, & qui n’auroient pasla Théorie de ce Savant fufifimmentpréfente, pourroient croire: que la nôtre repofe fur les mêmes Principes: nous nous honorerions sûrement d’être {es Difciples.: mais nous fommes ceux de la Nature : elle-eftle feul maître &lefeul guide que nous ayons cru devoir fuivre. Lorfque nous avons relu l'Ouvrage du R. P: Berthier , que nous avions lu il y a feize ans, nous avons été füurpris de nous être quelquefois rencontrés avec lui, & particulierement fur l'article des Come- tes, en fuivant cependant des routes très-difiérentes : mais nous n'avons dû ces rencontres ,. dont nous avons été très-flattés , qu'à ce Priñcipé commun entre nous, à cette admiflion commune d'un fluide qui plie tout l'efpace , ainf que l'a voit dit avant nous. : = Cependant > ni la nature de ce fluides r AyzanzT- Par 0 Po. xiij loix qu'il fuit, ni la maniere dont il eft mis en action , ni la nature de fes meuvemens , ni la ma- niere. in il les communique aux fpheres céleftes, ne font les mêmes dans l'Ouvrage du R. P. Ber- chier & dans le nôtre. Son Soleil differe eflentielle- ment du nôtre : ainf la caufe primitive & détermi- nante du mouvement , la caufe, les moyens & les loix de fa propagation, l’explication enfin de tous les phénomenes doivent néceflairement être très- différentes dans fes Principes & dans Les nôtres. Selon ce Savant.,. le mouvement de l'Ether eft propre à à ce fluide : c'eft à lui que Dieu le confa, à la naiflance des tems ; le Soleil n’eft point un > folide ; cet aftré n'eft qu'un globe de ce fluide mê- me, un globe d'Ether de 300000 lieues de diame- tre, qui occupe le centre de ce que nous appelons le Tourbillon Solaire, Ce Phyfcien conçoit très- différemment que nous la nature, l'origine & la propagation de la Lumiere, la caufe de la rotation | des Planetes, celle de la D. BEc. Enfn, .— y moyens & ee, tout eft di£ er dans nos deux Théories. Nous ne nous pro- pofons ni d'analyfer le Syftême de ce Savant, ni encore de Le combattre + nous préfentons _ 1 | 5%) GT nt RES xiv AvANT-PrRoros | des idées différentes , nous les foumettons à nos Juges, & nous prions notre illuftre Concurrent d’agréer les affurances de notre très-fincere & très- parfaite eftime. =. = DA à NI" f) NAT je ÆL. 2 ss PHYSIQUE MONDE, PREMIERE PARTIE. ‘EXPOSITION SOMMAIRE. Pi s nous obfervonsce qi nous entoure immédiatement, plus nous étendons nos regards fur tous les objers auxquels ils peuvent atteindre, plus nous confidérons des yeux de lef- prit l’état conftamment variable de tout ce qui couvre la furface de notre globe, les altérations plus où moins ra- pides, fes deftruétions , les régénérations d'êtres femblables, ARS ERP dE AT 2 0e RS PV En ‘Ed a RS ie nue ù : & : Le e l'ordre invariable de ces deftructions & de ces régénérations ; | plus nous nous confirmons dans cette idée fi confolante & fi démontrée , qu un ordre éternel régit l'univers. Le retour périodique des faifons, l'ordre fuccefif des é- nérations de tout ce qui eft deftiné à naître, à fe reprodt ë& à pe ‘prouve aflez qu'un aveugle hazard ne prétide point à ces combinaifons régulieres, qu'il ne partage point l'empire de la Nature avec l'intelligence fublime qui la pro- duifit, avec la fageffe éternelle & toute-puiflante qui la régit. | Le Monde eft foumis à dés loix invariables, c 'eft ce qu'at- teftent tous les phénomenes ; les mêmes . produifent les mêmes effets; cette chaîne de caufes & d'effets, c’eft l'Hiftoire de la Nature, Diffinuer dans chacun des À menes l'action & la combinaifon des caufes qui les produi- fent, reconnoître & l'origine’ & la puiffance de ces caufes, c'eft étudier la Nature ; la Science que nous acquérons par ces confidérations, cette Science qui affigne les caufes & qui explique leurs Rs nous lappellons de P} y fe ique. Les caufes générales fe auxquelles nous nous élevons, fonc les ul. phyfiques determinantes des mouvemens des grands corps de la Nature, de ces lobes que nous appel- Ra Corps célefles ; ceux-ci . les roues de cette mechine immenfe que nous appellons le Wonde. + Plus nous admettons de caufes, plus le rouage 1 com- plique, plus l'action totale fe compofe & fe décompofe, plus le principe primitif de cette ation fe dérobe à la vue de l'efprit: nous nous égarons alors dans les direétions mul= tipliées que nous avons à fuivre, poux remonter jufqu'à Ja > çaute DU MONDE, T7 _ caufe motrice qui imprima le mouvement à [a machine entiere. : : Cependant file monde eft foumis à des loix phyfiques fi nulle 4ction n'eft produite que par une autre ation, le monde n'eft qu'une grande machine. Or toute machine qui fe meut, obéit à une force primitive. Il eft démontré en Méchanique, que toute a@ion peut être réduite à une force ‘fimple, & peut être exprimée par cette force. Cetre vérité eft appliquable à la machine immenfe du monde, comme à celles que nous avons inventées pour divifer le cours con- tinu & indéfeétible du tems. Si dans ces dernieres nous difz tinguons des mobiles différens, des vitefles, des forces, des males , des volumes qui varient comme les pieces qui com- -pofent ces machines; nous n’en fommes pas moins afflurés que toutes ces forces n’ont qu'un principe ; que toutes ces actions réfultent d'une feule action, parce que nous con- noïflons Le reflort qui met tout en mouvement. Ne craignons point d'affimiler cette œuvre de nos mains 4 l'œuvre des mains du Très-Haut. Notre intelligence , ce foule de fa bouche, fut deftinée à nous diriger felon‘fes voies ; elle nous fut accordée pour nous élever jufqu'à lui par la connoïflance des aîes de fa puiffance ; nos médita- tions tiennent à {on eflences enfin l’ordre des vérités mathé- matiques cit le même dans les œuvres de l'éternel G£omé- tre, & dans lesnôtres. Mais la diftance immenfe qu'il laïffg _ €ntre lui & nous, établit le même intervalle entre nos ou- vrages & les fiens; cette diftance regne entre les foibles . CHorts de notre entendement & la puiffance créatrice de fon génie. Il 6 nous à poinc été donné d'imiter cette pui£ dome IL | GE À LR NET ET LES RENÉE SR 418 PHYSÉQUE fance créatrice, de produire des élémens, de donner à fa matiere de nouvelles propriétés, au mouvement denouvelles loix. La diftance qui fépare le Créateur de l'être crée, eft la mefure de la différence qui exifte entre nos moyens & les fiens. Dieu créa la matiere &. ee propriétés, le mouvement & fes loix ; il en naquit la Nature: il dit à l'homme de le con- templer dans la fublimicé de fon ouvrage. Cette noble defti- nation, apanage dun être néceflairement ineelhgenés fût devenue, nous ofons le dire, indigne de cet être, infufhi- fante pour produire. en lui l'apiration dûe à fon auteur, fi elle eût été bornée à une fimple perception ftupide des beau= tés de la Nature, de la magnificence des aétes de fon au- teur. La fpidiré n'eût point lu dans l'ouvrage du Très- Haut ces témoignages impofans de fa divine .. elle n'en eût point conclu l'exiftence de l’auteur de fon être; elle n’eût rien rapporté à cet auteur. Plus notre intelligence pénetre {a fublime harmonie de l'univers, plus l'idée de l'Eternel s'agrandie dans notre âme, plus notre hommage serie digne d'arriver jufqu'a lui ( a. a (ce ) 4_ Ce n’eft pas une chofe que. Lon doive confidérer parmi » les fimples curioftés de la Phyfique, que les fublimes réflexions » où elle nous conduit fur PAuteur de PUnivers. Ce grand ou- » vrage, toujours plus merveilleux à mefure qui il eft plus connu, » nous donne une fi grande idée de fon ouvrier, que nous en » fentons notre efprit accablé d’admiration & de refpe&. ». Fonte- nelle , Préface [ur l'utilité des Mathématiques € de la . fa > _ . Les travaux de l'Académie des Sciences, ee D ÜU M ON DE 2$ nous croyons devoir ajouter encore à ce que nous avons déjà dit dans notre Préface, & confirmer l'exiftence réelle de ce fluide üniverfel , & de celles de fes propriétés que nous mettrons en action dans notre Théorie. Nous n'avons employé jufqu'à préfent d'autre agent phy- fique que le mouvement de rotation du Soleil fur lui- même, par l'ordre de celui qui venoïic de le créer. Tout ce que nous avons dit appartient à laéte & à linftant de fa création, il ne contient rien d'hypothétique 5 la rotation du Soleil fur lui-même n'eft affurément pas une hypothefe, c'eft une vérité de fait aufli inconteftée qu'inconteftable. Cette vérité eft la bâfe de notre fyftème , la premiere pro- poñtion dont nous le déduifons ; mais la premiere action de da Nature ne peur être attribuée qu'à la main de fon Au- teur: ce fur ainf qu'il pofa le grand reflort qui devoit pro- duire & régler tous les mouvemens de fa machine. Quel feroit en effet l'objet de ce mouvement de rotation du So- leil, sil ne fe communiquoit à aucun autre corps de la Nature ; f-fa vitefle, fa direction ne remplifloient aucune fonction dans la machine du Monde; fi elles n'influoient point fur fon harmonie? Cet aftre, placé au centre d'un efpace dans lequel tournent autour de lui plufeurs globes quil domine par fa male & par fon volume, auxquels il" peut feul faire & éprouver toutes les impreffions be ils font fufcepubles ; qui afférvit conftamment leur marche, qui les modifie , qui répand fur eux l'éclat de la lumiere, qui pé- nette toute leur fubftance de la chalour quil produit , tour- neroïr done. €n vain au centre de fon empire? Cette rota- ion exifteroit. fans. produire aucun cffer? L’ action de Dieu Tome II, | D. _ 36. PHYSLTOUE qui lui imprima ce mouvement, feroit une ation inutile? Son ordre feroit une loi ftérile dont rien ne fe déduiroit ? Lorfque nous attribuons à la main de l'Eternel l'impul- fion qui détermina le premier mouvement du Soleil, & par lui le premier mouvement de la Nature, ce mouve- ment qui produific feul , & qui feul entretient tous les mouveimens de la machine du Monde ; peutèêtre d'autres Philofophes cherchetontils à lui afligner une autre caufe, une caufe purement phyfique ? peut-être les partifans du fyflême de l'attraction déduiront-ils cette rotation du So- leil des actions fucceflives de mafles différentes qui agi- roient en diffance fur tous les points de la furface du Soleil, en tournant autour de lui: on fuppoferoit , sil. le faHoit, à cette furface des inégalités qui deviendroient deg leviers par lefquels agiroit cette attraction ; (que ne peut-on pas efperer de fuppofitions multipliées?) mais toutes ces fuppoñtions ne feroient jamais que des additions à une hy- pothefe déjà profcrite, que des modifications de cette hy- pothefe ; lhypothefe refteroit toujours la feule bâfe de toutes nos connoiffances : enfin, après avoir préfenté cette caufe de la rotation du Soleil, quel en feroit l'effer? Gerte ‘action ne produiroit donc aucune autre a&tion? Or nous ne penfons pas qu'il {oit poffible de fuppofer dans la Na- ture d'action ftérile, d'effet qui ne produife point d'autre effet. Ce mouvement rapide du Soleil feroit-il Le feul effet qui ne s'éleveroit pas à Bétat de caufe ? ou bien faudroit-il “encore exercer fon imagination pour en tirer une nouvelle fuppofition , qui attribueroit à ce mouvement quelques-pro- priérés qui modiferoient cet aftre lui-même, qui le main- pays MeO:N DE. 27 “mendroient , par exemple, & lumineux & chaud? Nous verrons bientôt combien ces accumulations de fuppoñtions font inutiles, avec quelle clarté tous ces phénomenes fe & Voyez la Préface, p. lx. ns te re 2 pret no AREA PES LEE PUR DONNAIT UE «28 PERS TL QUE “pôfition : on a vu combien elle répugne à la premiere ‘vue de l'efprits mais ceft fur des preuves poñtives que nous allons établir lexiftence d'un fluide dans lefpace. Lorfque cette vérité fera prouvée , il fera aifé de démon- trer que ce fluide ne peut être infenfible au mouvement du Soleil, qu'il doit-être déterminé par cet aftre à fe mouvoir dans le même fens. Or, fi ce fluide fe meut, il ne peut être fans action fur les corps qui nagent dans fon fein 5 il doit donc les déterminer à fe mouvoir dans le même fens que lui ; c'eft-à-dire, dans fe même fens, dans la même direction dans laquelle fe meut le Soleil lui-même ; nous aurons donc alors la raifon de l& xévolution des planetes autour du Soleil. On ne croira plus avec des Savans _de -nos jours, & des Savans d'un mérite très-diftingué, « qu'il » n'exifte point de caufe générale qui fafle mouvoir les- :» corps céleftes dans un fens plutôt que dañs un autre, » ni dans un plan déterminé ; & que, fi l’on obferve que » les planeres & leurs fatellites fe meuvent dans le même _» fens, & à crès-peu-près dans le même plan, ce phéno- » mene fingulier tient à des caufes particulières qui noùs » font inconnues, mais qui font indépendantes du fyftème » général. de Funivers (ce). Prouvons donc de la maniere la plus certaine & la plus évidente, que tout l'univers eft rempli d'un fluide infini- ment rare; mais infiniment élaftique, infiniment expanfible : PLARE LE (c) Voyez Effai fur les Cometes, par M. Dionis Duféjour , Dif- cours Préliminaire, p. xx , & p.336, Paris, Valade, 1775. Voyez aufi E/émens d’'Afronomie, de M..de la Lande, T. IET ; p. 285$ 2 D-U - M-0-N- DE 29 alors il y aura contiguité entre toutes les parties de la ma- chine; alors toutes pourront recevoir & rendre des actions ; alors tout fera foumis aux loix payiques De méchaniques, & non-à ces impulfons imaginaires, à cette attraction pré= caire, que M. de Manpertuis dans fon Difrours fur la Figure des Aftres, a très-bien qualifiée de monjffre Tr Jique. L'efpace dans lequel nous difons. que le Soleil fe meut , l’efpace dans lequel font places & le Soleil & les planetes, s'appelle / milieu éthéré : c'eft ce milieu que nous allons confidérer. Eff-il vide, eft-il rempli par un fluide ? voilà. l'objet de la premiere queftion. De VOIRE On. du Milieu échéré. Si nous confiltons a autorités + tous :- Savans qui. oht écrit fur cette matiere , NOUS neh trouverons pas une. qui foit de quelque poids , & qui séleve en Aveur d'un vide abfolu. : Newton de fes Difciples, quon cite quelque- fois fi injuftement , comme partifans du vide , ne l'ont ja- mais confidéré comme abfolu : le chef de cette Ecole, limmortel. Newton, -ha jamais ni dit, ni penfé que lefpace. interplanetaire fût un vide abfolu ; Fe la au contraire con-. fidèré , ainfi. ie nous l'avons. déjà di (* ‘), comme rem pli dun. fluide éminemment élaftique , éminemment expan-. fible, & quatre: cent quatre-vingt-dix milliards de fois plus. : élaftique que fair de notre atmofphere. Or , il eft impof. (7) Voyez Ja Préface, p- YXV Je fible de confidérer un fluide comme srsélatiqie, Lise > confidérere \ mÊmR ne £ fcepüble E recevoir EST EEE RTS ESS ASS TE 20 PERS FO VE le mouvement, & comme ‘capable de le tranfmettre. Que feroit un reflort sut ne poutroit ni fe comprimer, ni sé- endre ? ce feroit très-aflrément un être de raifon. Silny a donc point d'autorité en faveur du vide abfolu ; fi tous les Philofophes ont admis un fluide dans les efpaces célef- res, on peut regarder la fuppoñtion de ce vide, comme la feule erreur qui naït pas été avancée par quelque Savant. Cicéron a ofé dire de déjà de fon tems , 4 n'y avour rien de ft abfurde qui n'eût été dit Pa dueliue Phrlofophes ferions-nous moins autorifés à à Le répéter dans ce fiecle où nous vivons ? : Mais pour, prouver que les Phyficiens modernes , quon a le plus regardes comme pans du vide, n'ont jamais entendu le vide abfolu , écoutons un a à qui plus d'une vérité importante a dû fon évi- dence , & qui a répandu tant de lumiere fur les Sciences exactes : c’eft fur le témoignage de ce partifan éclairé de ee de l'attraction, que nous allons établir notre affertion fur l'opinion que Newton avoit du vide interpla- | nétaire. C'eit un des Difciples le plus digne de remplacer ce grand Maître , qui va nous donner Fexpoltion de {a Doctrine Neviotienne. Si nous ne fommes pas enfuite d'accord avec lui fur les pr opriètés, fur les actions du fluide, dont il va lui-même remplir le milieu général, nous préfen- terons les motifs fur lefquels nous NOUS fonde, & nous les foumettrons À à fes lumieres. : | M. d'Alembere s'exprime ainfi, dans le Didionnare En- : cyclopédique, à l'Article MrLreu. a. « M, Newton prouve d'une maniere trés = vraifemble- pu .M ON D #£. 31 ble, qu'outre le milieu aérien particulier dans lequel nous vivons & nous refpirons , il y en à un autre plus répandu & plus univerfel , qu'il appelle mieu évhéré ; ce milieu eff beaucoup plus rare & plus fubtil que Pair; & par ce moyen il pafle librement à travers les pores & les autres interftices des autres milieux, & fe répand dans tous les corps, Cet Auteur penfe que ceit par linter- vention de ce milieu que font produits la plupart des grands phénomenes de la Nature. » Il paroït avoir recours à ce milieu , comme au pre- mier reflorc de l'univers, & à la premiere de toutes les forces. Il imagine que fes vibrations font la caufe qui répand la chaleur des corps lumineux, qui conferve & qui accroït dans les corps chauds Pintenfité de fa cha- leur, & qui la communique des corps chauds aux corps froids. Il le regarde aufli comme la caufe de la réfle- xion , de la réfraction & de la diffration de la lumiere 5 _& il fui donne des accès de facile réflexion & de facile tranfmiflion , effets qu'il attribue. à l'atrraction : ce Phi- | lofophe paroît même infinuer que ce milieu pourroît être la fource & la caufe de l’attraétion elle-même. » Il faut, pour que le mouvement des planetes & des co- _meres foit pollible, que Les cieux foient vides de toute | matiere , excepté _peut-être quelqu’émiffion très-fabrile » des atmofpheres des planetes & des cometes , & quelque F milieu éthéré, tel que celui que nous venons de dé- crire. Un fluide denfe ne peut fervir dans, les cieux qu'à troubler les mouve mens-céleftes , & dans les pores des êter les mouvemens de vibration 3 LICE ra _ # 5 PATSIOLE » de leurs parties, en quoi confifte leur chaleur & leur » activité. Un tel milieu doit donc être rejetté, felon M. » Newton, tant quon n'aura Hi de preuve évidente de » fon exiftence ; & ce milieu étant une fois rejetté, le fyf » tême qui fait confifter la lumiere dans la preflion d'un » fluide fubtil , tombe & s'anéantit de lui-même ». Voilà Le ai éthéré reconnu pour le grand reffort de lunivers ; pour la premiere de toutes les forces ; [es vibra- tions font la caufe qui répand la chaleur des corps lumi- neux , &c. Le fluide éthéré eft donc ici confidéré comme un _.. éminemment élaftique , puifque fes vibrations agiffenc fi puiflamment fur tous les Corps qui YŸ font plon- gés ; comme wne force capable de produire la plapart des en phénomenes de la Narure ; enfin comme le Premier _reffort, la premiere force de l'univers : ce milieu peut même être la caufe de la réflexion , de la RTE & de la diffraëion de la lumiere ; 1l peut enfin étre la caufe de l’attrathon elle-même : & ceft l'illuftre fondateur de l'attration qui le foupconne ! t C'eneft aflurément bien affez pour que ce fluide ne puiffe être regardé comme incapable d'aucune ation fur les corps qui \ a plongés, comme impropre à recevoir & à ren- dre aucune impullon , enfin comme fans réfiftance. Voilà donc tout l'efpace rempli i d'un milieu réfifant 3 ; cé fluide réfiftant, Le premier reffore & la premiere de toutes les forces de la _ ne peut évidemment être indifférent aux mouvemens 4 planetes. On: ne peur e difpenfer de le con- fidérer dans les recherches. de ces mouvemens, S'il ne les ne pas, il doit néceflairement les troubler : ot fi d'après lobfervation, ces mouvemens r'éprouvent"poin L altération, DU MONDE. 33 d'altération , il faut donc que ce fluide les détermine. Que ce foic lui qui fafle mouvoir ces corps plongés dans fon fein , quil Les emporte avec lui, comme l'eau empoïte dans fon cours les Corps qui y flottent, alors on conçoit que Jes mouvemens ne doivent. point être altérès par la réfiftance de ce fluide , puifque c'eft à lui feul qu'ils obéif- fent, & qu'ils font emportés dans fon cours. | Nous admettons affurément une des conclufons de l’ar- ticle que nous venons de citer ; nous penfons, avec Newton, qu 4 faut rejetter le milieu denfe des Cartéfiens : mais nous ne voyons pas d'où l'on peut conclure que, ce milieu denfe étant rejetté, le fyftême qui fait confifter la lumiere dans la preflion d'un fluide fubtil, tombe & s’anéantit de lui même. Le milieu eft généralement admis, la denfité de ce milieu peut être profcrite comme contraire aux phéno- menes : mais , comment les motifs qui Le font rejetter comme fluide denfe , peuvent-ils influer fur les propriétés qu'on pourroit lui attribuer comme fluide fubtil > propriétés dé- montrées par tant d'effets admis dans la citation même. * C'eft fur les propriétés de ce fluide fubtil que repofe tout notre fyftême ; c’eft lui que nous confidérons , ainf que l’Auteur de l'article cité, comme Le premier reflort , Comme la premiere force de la Nature : on verra , dans la fuite, comment agiflent fes propriétés, & comment les phé- nomenes s'en déduifent ; il m’eft encore queftion ici que d'établir l’exiftence de ce milieu , de ce fluide éthéré qui remplit tout l'efpace. ce : Nous pourrions peut-être, après un pareil témoignage, regarder Pexiflence du fluide incerplanétaire comme une Tome II, 2e 34 P&YsSTQUGE vérité reçue , inattaquable , & nous difpenfer d'en pré- fenter les preuves directes: mais, en Phyfique , les autori- tés, même unanimes, ne fufhfent pas. Nous nous fommes fait la loi de ne rien élever fur cette bâfe deftruétible : l'autorité fubjugue, mais elle ne perfuade pas : on admet l'aflertion qu’elle érige en loi, mais l'efprit n’eft point éclairé de certe lumiere vive & fi fatisfaifanre qui lui fait pénetrer la nature , l'origine & les principes de la loi : on croit, mais on ne conçoit pass & notre defir eft que tout le mondé _puiffe concevoir avec nous toutes les vérités de la Nature. Lorfque nous avons confidéré en elle - même l'opinion du vide abfolu , nous avons reconnu qu'elle étoit inconce- vable, inconciliable avec Les loix de-h Niue = Nous avons déjà obfervé combien l'admiflion de ce vide * abfolu refferreroit & dégraderoit l’idée que nous penfons.de- voir nous faire de la création, à l'époque de laquelle le néant dut perdre fon exiftence, fi l'on peut parler ainfi du néant, - Si l'efpace interplanétaire de notre Monde eft vide de toute fubftance, fi rien na été créé pour le remplir, le néant à confervé prefque tout fon empire. Il eft aifé de prouver quen additionnant les folidités de toutes les fphè- res, où de route la matiere folide de notre Monde, le volume qui en réfulteroic ne feroit prefque rien dans Pef- pace qui refteroit vide. Le volume du Soleil réuni à celui. de toutes-les planetes , tant principales que fecondaires,: n’eft pas à la capacité de l'efpace, ce qu'un grain de fable eft au globe de la Terre : le produit de la création ne: feroic donc qu'un point imperceptible au milieu du do- maine qu'autoit confervé le néant. ee pu MONDE. EN . Mais ce Soleil, ces planetes ont des atmofpheres , nous dira-t-on ; ces atmofpheres s'étendent dans l'efpace. Sans doute ces corps ont des atmofpheres , & cette vérité _fafhroic feule pour détruire l'opinion du vide, Tous les Phyfciens conviennent que ces atmofpheres font formées par différens fluides qui fe font élevés du corps des plane- tes; ces fluides expanfbles devroient donc s'étendre à l'infini dans l'efpace , & le remplir 5 car le vide ne réfifte point , &c la force expanfve ne peut être arrêtée que par des ré- fiftances. - : — La matiere de la lumiere pénetre l'efpace ; de quelque maniere que le Soleil la produife , elle s'étend conftam- ment, & fans interruption, de tous les points de fa fuper- ficie à toute la furface concave du tourbillon qu'il éclaire : cet efpace elt donc continuellement rempli par la lumiere ; on ne peut donc pas dire qu'il foit vide, puifqu'il eft conftamment éclairé , c’eft-à-dire conftamment rempli de la matiere de la lumiere. Nous ne confidérons point en- core ce qu'eft ce fluide en lui - même; il fufft, pour ce moment, d'obferver qu'il pénetre conftamment tout l'ef- _pace. Cette lumiere, dans le fyflème des Phyficiens qui la regardent comme une émanation de la fubftance du _ Soleil, ne revient jamais À cet aftre, ne rentre jamais dans _ fon fein ; lefpace devroit donc s'en remplir de plus en _pluss ce uide devroit y devenir plus denfe à chaque _ inftant. Nous ne recevons point, à la vérité, cette opimion -des émanations folaires : nous efpérons que l’on reconnoi- tra bientôt avec nous combien elle eft inadmiffible. Mais enfin, ni ceux qui fuppofent ces émanarions ni a Eee 36 PHTYSEQUE nous qui les rejettons, ni aucun Phyficien n'a jamais con- fidéré [a lumiere autrement que comme un fluide ; on ra jamais penfé que ce fluide fût incapable d'aucune a@ion, d'aucune réfiftanice. Si ce fluide eft celui dont parle New- con, dans l'Article que nous avons rapporté, nous ne pou- vons le concevoir que comme capable d'une grande éner- gie, que comme ZX premier reffort , la premiere force de la Nature. Si la matiere de la lumiere n’étoit pas ce fluide, nous aurions deux fluides éminemment élaftiques à confi- dérer dans le milieu éthéré, & la théorie de ce milieu de- viendroit infiniment plus difficile; mais toutes ces obfcu- rités, tous ces embarras, dont les hypothefes multipliées “urchargent la Phyfique , difparoîtront bientôt devant des principes plus fimples. Nous croyons devoir prévenir une .objettion que fon “pourroit faire à notre aflertion;s que, dans l’hypothefe du vide, les atmofpheres des planetes fe répandroient dans ce vide par leur force expanfive: l’attraétion, diroit-on, Les -retient autour de la planete quelles environnent ; c'eft l'at- traction qui veille aux barrieres du vide. Mais cette attr1c= tion neft qu'une hypothefe , comme nous avons “déja. ‘prouvé; &, voulût-on même ladmerttre comme un prin= ‘cipe démontré, ceux qui la propofent comme telle, font "obligés, non-feulement de l’'abandonner, mais encore de détruire eux-mêmes ce prétendu principe : car enfin, ba ‘lumiere que ces: Phyficiens confiderent comme venant du Soleil, ils La regardent comme compofée & formée des parties de la propre fubftance du Soleil, ils fuppofent que cet aftre - - poufé ces parties hors de lui-même ; qu'illes lance danstout DU Monwnpbr, 37 Pefpace. Que devient donc alors cette attrattion qui doit arré- ter l'expanfbilité des atmofpheres, & les empêcher de fran- chir leurs limites ? Cette attra@ion n’exifte donc pas dans le Soleil, dans cet aftré , centre de toute attraction; ou bien cette force primitive y eft contrariée & vaincue par une force contraire , qui défunit, divife & difperfe tout ce que l'attraction tend vainement à retenir. Mais dans ces atmofpheres des planetes ; dans celle de notre Terre, par exemple, quel eft ce fluide infiniment diftin& de notre air le plus fabtil, qui remplit la capacité de tous les vafes dont nous avons pompé l'air ; qui, dans les phénomenes de l'éle&ricité , fe meut avec tant d'adi- vité ? Dans ce que nous appellons très - impropremenc le vide, lors même que nous ÿ obfervons les phéñomenes d'une matiere qui en remplit toute la capacité, quel eft ce fluide qui pénetre la fubftance des méraux les plus durs; qui dans fes paflages rapides à travers leurs mañfes , lorf qu'on l'y fait pénetrer fubirement (4), divife, défunit, écarte leurs parties ? Ce fluide eftil fans force , fans ation ? appar- tient-il exclufivement à notre atmofphere >? eft-il renfermé dans fes limites » Qui ofera le dire, qui pourra le penfer ? _ Qu'eft cette atmofphere du Soleil, qui, felon les Phy ficiens & les Aftronomes , Sétend jufqu'à la Terre, & l'en. veloppe ? Cette atmofphere ne peur embrafer la Terre fans remplir tout l'efpace dans léquel tournent & Mercure &. Vénus. Quelle force l’arrère donc à cette diftance énorme (2) On calcine les métaux & on revivifié les chaux métalliques par l'éleétricité ee e L. RE LS. RSR CR eg x + He Een se En NT ARS ep rer - 28 PHYSTOUE du Soleil? quelle puiffance l'empêche d'arriver à Mars , à Jupiter, à Saturne ? Seroit-ce encore l'attraction ? Le vide au moins ne commenceroit donc qu'aux limites où fe cer- mineroit l'atmofphere folaire ? Mais ces limites entre lefquel- les la Terre feroit comprife, où Les fixeroit-on ? . La lumiere du Soleil rempli cout l'efpace, & tandis que les flots continus que cet aftre en répand dans tout fon em- pire, font pouffés vers les planetes, celles-ci les renvoient, les réfléchiffent à travers cer efpace: mais la lumiere de notre Soleil ne traverfe pas feule notre Monde. Toutes les étoiles fixes , dont le nombre ne fera jamais connu , parce qu'il n'y a point de nombre qui puifle exprimer les pro- duits de la Toute-Puiflance, point de vue qui puifle péne- trer la profondeur de l'infini; toutes ces étoiles nous en- voient leur lumiere , & reçoivent fans doute celle de notre Soleil ; peut-être chacune d'elles reçoit -elle des rayons lumineux de toutes les autres. Quelle multitude inconce- vable de rayons de lumiere traverfe donc continuellement lefpace ? On ne dira certainement pas que cetre lumiere ne foit point une fubftance, & cependant on pourroit encore confidérer cet efpace comme abfolument vide de toute fubftance ! A … Enfin, il eft encore aifé de prouver par de nouvelles confidérations très-importantes, & par les raifonnemens les plus convaincans , que Les partifans du vide font évidem- ment dans une contradiction perpétuelle avec eux mêmes, lorfqu'en regardant les efpaces interplanétaires comme vides, ils nous difent en même tems que la lumiere émane du Soleil & des corps lumineux avec une rapidité incroyable. pu MonwDt, 39 Admetrons pour un inftant, avec eux, ces émanations _ de la fubftance de l’aftre du jour, lancées en lignes droites hors de fon fein 5 il eft évident que Les molécules fuccef- fives de la lumiere formeront autant de rayons divergens, & que les intervalles entre ces rayons divergens feront d'au- tant plus grands, qu'ils feront mefurés à une plus grande diftance du Soleil ; il y auroit donc des portions de l'ef- pace dans lefquelles il ne pañfferoit point de rayons. Mais fi un obfervateur évoit placé dans un de ces intervalles, il ne recevroit point de rayons : il ne verroit donc pas le So- leil; ce qui eft contraire à ce qu'ils avouent eux-mêmes, que dans la vafte étendue de la fphere du monde il n'y a pas un feul point où un obfervateur püc être place, fans qu'il appercût Le Soleil; donc cette fphere qu'ils fuppofoient vide, n'eft point vide , puilque toute la capacité eft remplie des émifions du Soleil. EE Chaque étoile lance de même autour d'elle des rayons lumineux qui rempliffent toute la fphere ; on en a la preuve dans les éclipfes torales du Soleil, pendant lefquelles on appercoit les étoiles au-dela & près du Soleil. Mais com- ment concevoir qu'un même efpace déjà rempli des émiffions du Soleil, puiffe encore fe remplir des émiflions lancées par une autre étoile feulement: De deux chofes l'une ; ou les _ émiflions folaires rempliffent tout l'efpace , ou elles ne le rempliflent pas : dans le premier cas, il n'y a plus de place pour donner paflage aux émiflions d'une feule étoile : dans le fecond , oh peut, à la vérité, concevoir que ces émiffions de l'étoile paffent dans les intervalles des émiffions folaires ; mais alors là difficulté renaïc + il y a donc des points dans FT de re pa re Sn TRE RE HE OX PDT PAS Er pee 40 | PHYSIQUE l'efpace où il ny a point de rayons folaires ; & un œil qui feroit placé dans un de ces points, n 'appercevroit pas le Soleil ; il ne vérroïic que l'étoile dont il recevroit la lumiere. La difficulté deviendra infiniment plus preffante encore, fi, au lieu d'une étoile, nous en confidérons mille, cent mille , & que chacune en particulier remplifle de fon énuf- fion le même efpace, tandis que le plein, opéré par le So- leil, ou pe lune d'elles , interdit à toutes les autres le pouvoir de pénetrer de eur lumiere un efpace déjà rempli. Il eft donc évident que c'eft inutilement qu on a invoque & inftitué le vide, puifque fes partifans font obligés de rem- plir enfuite cet cèce ; non-feulement par des mi ons du Soleil, mais encore par des émiflions de chaque étoile ; ce qui exigeroit que ces émiflions fe pénétraflent , & ce qui conduiroit à une conclufion abfurde, Toutes ces difficultés difparoiffenc dans notre fyftême ; la lumiere n'eft pour nous quune modification du milieu éthéré, comme le fon eft une modification de l'air, & non une émanation des corps fonores : ces corps déterminent la modification du fon ; mais ce n'eft pas aux dépens & par des émiffiens de leur propre fubftance, : Lorfque la nuit, dans un vafte fallon, une feule chandelle eft allumée, elle remplit de lumiere tout Le fallon : puif- quelle eft ‘vifible de chaque point de fa capacité : fi en allume dix, vingt, cent chandelles, le fallon fera dix, vingt, cent _ LL Fe ÿ maisil ny aura pas alors une plus grande quantité de la matiere propre de la lumiere qui foic émanée & fortie de ces chandelles ; comme il n'y a pas yne plus grande quantité de fluide fonore, lor{quilx a: "D 0e M Oo N D EF ‘ÂT dix voix qui fe font entendre à [a fois, que lorfqu' ilnyen _a qu'une. Mais cette matiere de la ie , quineft que lécher diffléminé dans l'air, fera dix, vingt, cent fois plus ébranlée par les flammes d’un plus grand nombre de chan- - delles , que par la flamme d’une feule; alors des vibrations cent fois plus fortes, & cent fois plus fréquentes, agiront : fur nos yeux avec cent fois plus d'énergie : de même, la quantité d'air, de fluide fonore, n'eft aflurément pas plus grande dans ce fallon, lorfque vingt voix fe font enten- . dre , que lorfqu’ une - parle 5 mais ce fluide fonoïre étant vingt fois plus agité , fes vibrations croïflent & fe multiplient en proportion. | Ces objections, nous dira-t-on peut-être, ont déjà été préfentées ; cela eft poñlible : mais fi l'on n'y a encore rien répondu de fatisfaifant, fi (nous ofons Îe dire) il eft impof- fible de les détruire , le droit de les employer refte dans fon entier. D'ailleurs, nous prions ceux de nos Leëteurs qui font au courant de ces grandes queftions , de penfer que ce neft pas pour eux Rd. que nous écrivons. Conftam- - ment animés du defir de rendre cet Effai fur la Phyfique du Monde à la portée des Lecteurs qui n'ont encore au- -cune notion de cette Science, nous devons mettre fous leurs yeux tout ce qui peut influer fur la démonftration des vérités que nous nous propofons d'expofer, tout ce qui peut les préparer & les conduire à des conclufons que les Savans eux - mêmes trouveront pen dignes de toute leur: attention. | Nous: croyons en avoir dit affez pour prouver l’exiftence du fluide interplanétaire 5 5 Vobfervation des | phénomenes Tome TT, De nn QE daté DE BR Pc bé a GANT de Eh pi à da à hr 8 m0 pe ed ts ra fe RER 42 PHETSTOUGE confirmera cette vérité, bâfe de toutes celles de a Phyfique. Nous avons donc déjà vu les fpheres naître & fe difper- fer dans lefpace, cet efpace fe remplir d'un fluide éminem- ment élaftique ; nous avons vu les centres autour defquels les planetes devoient tourner, gere par les mafñfes les plus volumineufes : nous reconnoîtrons bientôt que le vo- lume de notre Soleil eft au volume de toutes les planeres réunies, comme ç75 eft à un. Nous avons vu cette mafle énorme fe mouvoir fur elle-même, & tourner au milieu de ce fluide infiniment élaftique. Tels furent les prodiges qui s'opérerent à la voix de l'Eternel, lorfqu'il dit à la Nature d’exifter, à la lumiere d'éclairer fon magnifique ouvrage. Nul A humain ne peut concevoir Îles motifs, Les moyens ni les rems de ces miracles. Témoins de leur exif- tence, nous admirons en eux la puiffance de leur Auteur; ils font pour nous des faits que lui feul a pu produire, dont lui feul peut comprendre les caufes. Nous les confidérons, & nous fentons fe développer en nous “Fénergie de cette faculté qui caractérife la fublimité de notre être. Icicommence le pou- voir de notre intelligence; tout ce qui fe déduit de ces faits primitifs forme fon domaine: mais ce n'eft qu'aux travaux les plus aflidus, ce neft qu'aux recherches les plus pénibles que nous pouvons en devoir [a jouiffance. Les champs de la Science exigent une longue culture pour produire tout ce que nous avons droit den attendre: ce n'eft qu'après des travaux pénibles & prolonpés ; mais qui pores aveceux la Pine douce des récompenfes, qu'il nous a été donné de voix naître Les fruits qu'ils doivent produire. N'envions point cé- pendant le bonheur de ceux qui les cueilleront un jourg ref- bu MONDE. 43 que fans peine. Nos prédéceffeurs, nous & ceux qui nous fuivronc dans cette noble carriere; tous ceux enfin qui dé- frichent pour leurs neveux les champs de la Science, jouif- fent d'un fort plus heureux que les générations qui e moif- fonneront fans travail ; puiflent-elles au moins nous favoir quelque gré de ce que nous aurons fait pour elles! Mais celui qui fe proméne dans un jardin délicieux , soccupe-t-il des fueurs & des fatigues de ceux qui en arracherent les roncès & les épines, qui enleverent les rochers qui cou- vroient fa furface , qui comblerent les précipices qui la ren- doient autrefois able: ? = Nous allons expofer comment, des feuls faits primitifs & certains que nous avons préfentés, fe déduifent néceffai- _rement & avec autant d'évidence que de clarté & de fim- plicité , tous les phénomènes de fa Nature ; comment enfin, de ces feules vérités de fait, inconteftées & inconteftables , haïffent toutes Îles vérités Bbvé ques. Nous n'aurons $lus befoin de recourir à aucune fappoñtion fur la nature & fur les caufes de la lumiere & de la chaleur du Soleil ; d'invo> quer aucune hypothefe pour déterminer & pour expliquer tous Les mouvemens des planeres. re ; 4e se D D ou Done - pe IS m2 es x æÆ 4 ÿ À à * £ LS À 1 4 el, f nous regardions cet aftre d centre de la ‘La diffance entre ces deux points ét e - fontalement , éto so PHYSIQUE nous regardons le Soleil, nous rapportons à quelque point pris dans là furface concave du ciel , le lieu où nous le voyons; que ce lieu eft le point de la furface du ciel où fe termine la ligne droite tirée de notre œil au centre du Soleil; & que cé point, pour étre reconnoiffa- ble, ne peut tre qu'une des étoiles placées dans cette voûte. . - | Maïs nous favons auf que ce point auquel nous rap- orterions cette lione, en regardant le Soleil de deflus la furface de la Terre , ne feroit pas le point auquel répoñ- droit le rayon vifuel qui pañeroit par le centre du So- Æ -nomes appellent parallaxe. On fe formera une id _fible de la parallaxe, fi l'on fe repréfente un château bâti far le penchant d'une colline , & dont les jardins en terrafle defcendent vers le fond de la vallée. Si dans ces jardins on EX ie fon lieu vrai pour le rez-de-chauflée, pu MonNpDr. se Or cette fenêtre eft ici pour nous le point de la furface de la Terre où l'Obfervateur eft place. La différence entre ces. deux lieux eft donc ce que l’on nomme parallaxe. Reflouve- nons-nous bien que dans cette comparaifon, le rez-de-chauffée. eft le centre de la Terre , la fenêtre élevée fa furface, que le. globe au haut de la no repréfente Je Soleil, & que la colline eft la furface du ciel étoilé au-delà du Soleil. Par ce que nous venons de dire, il eft évident que le rayon vifuel tiré du oo au globe, la hauteur du château, a. rayon vifuel tiré de la fenêtre. élevée à ce même globe, forment trois lignes : il eft évident encore que ces trois lignes forment un triangle rectangle ; car [4 hauteur du château eft perpendiculaire au rayon horifon- tal. fous lequel on a obfervé le globe par la fenêtre du. rez-de-chauflée. Maïntenant on fait que: lorfqu'u un triangle | eft rectangle, la fomme des deux angles, autres que l'angle 3 droit, eft de 90° : or l'angle que fait . ajon vifuel tiré des fenêtres élevées avecla me verticale, peut être obfervéavec les inftrumens. nn 5. & luppelé. qu iLamete trouvé de 8, ce nombre fouftrait. de-90°®, refte 3° pour l'an- gle au fommec du globe : cet ne de 3° eft donc la mefure de la parallaxe, ou de l'angle fous lequel la hauteur du château feroit apperçue par un Obfervateur: placé. fus. ce globe, L'angle femblable fous lequel Le : rayon dela Ferre | fees vu du Soleil, eft feutement de 9 à 1045 & de-là les ne à ont ne avec autant de facilité que < de c certi “ x) Voyes + Table Sya- iptique ;, XV® à PHFSEQUE fa circonférence | & pour déterminer la vielle de fa rota- tion. Or, la mobi de ce diametre eft une des opérations les plus faciles 5 il fuffit d’obferver, avec un inftrument, les 1 deux bords du Soleil ; l'ouverture de l'angle qui les com- | _ prendeneft évidemment la mefure ; & la diftance du So- À leil étant connue , il eftaifé de déterminer fon diametre. 4 L'opération alors ef auf facile que celle par laquelle, du milieu d'une plaine , on mefure la hauteur d’une tour, ou Ja ae d'un Aeuve. On a encore une autre maniere éga- lement sûre de mefurer ce diametre : fi on obferve le Soleil avec une lunette dans laquelle foit fixé un fil, on peut ai-. fément s’afurer du tems que le globe du + jemploiera 2 à pañfer derriere ce fil, “depuis linftant où l'un de fes bords le : rencontre, jufquà co où le bord oppofé s en éloigne ; ce tems fera en proportion avec celui que la Terre emploie 2 2 faire fa révolution diurne. De ces deux obfervations on dé- duit également & avec autant de certitude que le diametre - du Soleil eft de 305918 lieues, fa circonférence de 961069 lieues Le , fa furface de 2940042790$7 lieues ee (4 (*) Voyez fa folidité de Un lieues cubiques E 2 (6). Ja Table des Planetes , p. 5, (8). (g) I faut cependant obferver qu ’1l pourroit Y avoir ici quel qu'illufion d'optique. L'irradiation de la lumiere peut faire parot- (| tre le diametre du Soleil plus grand qu'il n "ft réellement. Une ob- Ê fervation très-intéreÎante ajoûte beaucoup à ce que le raifonne- = ment & l'expérience indiquoient déjà fur cette matiere. D’unlieu : fitué à l’Eftrapade à Paris, on a obfervé la boule du dôme des In= F valides à l’inftant où elle s ef trouvée fur le difque du Soleil ; on a mefuré alors fon diametre apparent, & on la trouvé Po _— plus petit ae lorfqu” elle n'étoit pas projettée fur cetaftre, E … el = EPPARANE PTIT PR EEE 2 M SEAT NE A nets A RSS MSA \ rempart ose DÜ MoN Dr. $3 De la connoiffance de la circonférence du Soleil, & du tems qu'il emploie à faire une révolution fur lui-même , ce qui eft connu par Vobfervation de la révolution des taches, réfulte évidémment la détermination précife de fa viteffe de rotation. Car fi le Soleil emploie 25 jours, 14 heures, 8 minutes à faire une révolution complette, tems qui équivaut à 36848 minutes; en divifant le nombre de lieues de fa circonférence par 36848, on aura le nombre de lieues qu'il fait pa minute: &'ceft ainfi qu on a trouvé qu'un point dé fon équateur parcouroit par heure 1564 fe pins 22 de lieue (*). la (*} Voyez Table des -Nous ne Re point encore ici des phénomenes qui Planetes , p. 5e appartiennent à la lumiere ; ce fera l'objet de notre pro- chaine Section : nous ne nous propofons que de faire con- noître très- fommairement le fyfrème célefte, & de faire concevoir clairement comment on eft parvenu à trouver, par des obfervarions, les bâfesfolides fur lefquelles eft fondé tout l'édifice aftronomique. Ce que nous venons de dire du Soleil fac quant-à-préfent ; ; pañlons aux planetes, ce qu ‘elles o ont de commun. Des Planeres. On compte fi planetes $ Merc cure , Vénus ee la Terre, Jupiter & Saturne ; ; elles fe défignent & fe _ æ _—— ES | étoit en, nofpoftion avec lui; ce qui ne peut être . qu'à à — diation de là lumiere : nous ne fous arrêterons as ici 1 examiner ls conféquences que Po ÿ4 LEE SROUE repréfentent par les caracteres fuivans: $, 9,0, 4,7%, 1. Ces fix planetes font des révolutions autour du Sole c'eft- à-dire qu’elles tournent autour de cet aftre. Cette vérité eft certaine ; elle eft confirmée par toutes les obfervations, & n'eft plus conteftée. Mais à quelle diftance du Soleil cha- cune d'elles eft-elle placée dans l'efpace ? Nous avons déjà vu comment on avoit dérerminé la diftance de la Terre au Soleil ; mais c’eft de la furface même de la Terre que nous avons déterminé cette diftance: or, nous ne pouvons pas nous tranfporter fur la furface des autres planetes , pour y répeter. lopéracion que nous avons employée. 3 ila donc fallu recourir à as. moyens Ce voici quels ils ont été, EE . On s'eft d'abord affuré de à . de ne de chacune de ces planetes; ce qui étoit facile à connoïtre, puifque. cette durée neft . le tems que chacune dclles emploie pour revenir au même point où on fa obfervée une premiere fois, __— Ceft ainfi que l'on seft affuré que ces ‘révolutions étoient pour Mercure de 87 jours , 23-heures, 14 minutes, 25 fecondes: pour Vénus de 224 jours, 16 heures, 41 mi- nutes, 32 fecondes: pour la Terre de 365 jours, $ heures, 48 minutes, 45 fecondes; ce qui forme . durée de notre annee : pour Mars de 686 Jours ;. 22. heures, -18 minutes, _27 fécondes, ou environ deux ans : pour Jupiter de 4330 jours, 8 heures, s8 minutes, 27 fecondes, où environ. douze ans: pour Saturne de. 10749 jours, 7 heures, 21 minutes, so fecondes, ou environ trente ans. - Les tems. des one étant donc dérerminéss | DE M GK DE ss obfervations des retours des planetes aux mêmes étoiles, on a reconnu, ainfl Se à de le voir, que ces tes n'étoient pas les mêmes pour toutes les Mneres: que les ré- volutions sachevoient dans des périodes plus longues les unes que Les autres : on a cherché à connoïtre la raifon des différentes durées de ces périodes. L'idée la plus naturelle . dut fe préfenter à l'efprit, pour expliquer ces aiféren- “Tue que celles qui emploient plus de tems à achever a révolution , arcourent un plus grand efpace. Mais P comme l'on avoit réconnu, où hippole Te lesroures de chaque planete étoient eines Gu à très-peu-près, la mefure de ces routes étoit néceflairement proportionnelle aux diametres & aux rayons des cercles : il fufifoit donc de connoître les rayons ou diftances des planeres au 6So- Jeil pour avoir la longueur des routes qu’elles décrivent, On chercha à _ S'aflurer de la mefure de ces diftances. Les rapports 1. diflances des planetes inférieures, Mer= : cure & Vénus, à la diftance de la Terre au set ont été trouvés de cette maniere (+ Ona déterminé, avec les inftramens convenables , l'angle formé D la ge + tirée tales « ou “occidenrales ; c'eft-ä-dire, és elle sta le .. loin du Soleil, à droite ou à gauche. O0r_E& Terre, le Soleil : & la planete forment alors un cu CN & ce ne gle se 4 “Re Fe Par les ou de Ja. un (*) Voyez Planche V, & fonexplication, (*) Voyez T.I, Préface, p. lxxix, note (k), où cette loi eft expliquée, $6 | PHYSIQUE | nufe (4) du même triangle, & qui eft aufñli l'échelle à [a- quelle on rapporte Les dimenfions de toutes les orbites. La planete de Mars, la moins élévée des planetes fu- périeures , ayant été obfervée dans fes oppofitions au So- leil ; c'eft-à-dire, lorfqu'elle eft le plus près poffible de la Terre ,tems où fa parallaxe eft la plus grande , on a-con- clu de ces obfervations fa diftance abfolue à la T'erre. : On a donc connu les diftances véricables de quatre pla- netes, Mercure, Vénus, la Terre & Mars. Képler, per- fuadé, comme nous, qu'une feule puiflance régit cous Les corps céleftes de notre Monde imédirant & comparant les tems avec les diftances, trouva la fameufe loi qui porte fon nom : Que Les quarrés des tems font. proportionnels aux cubes des diftances (*) ; cette loi, vérifiée par fon ap- plication aux quatre planetes dont nous avons parlé, fut par lui étendue aux deux planetes fupérieures , Jupiter & Saturne , dont les diftances onc été conclues par la pro- portion que cette loi renferme, . Les diftances de Jupiter & de Saturne ne font donc dé- duites que de cette loi, & non déterminées par des opéra= tions directes, comme les diftances de Mars, de la Terre , de Vénus & de Mercure. Onn'a pu déterminer immédiatement & géométriquement les diftances de ces deux planéres, (4) On appelle hypothénufe le plus grand côté de tout triangle rettangle. Suppofez une échelle dreflée contre un mur & à laquelle on a donné de linclinaïfon, où ce qu'on appelle du pied; le mur, le parquet & l'échelle font un triangle: ce triangle eft reétangle car le mur & le parquet forment enfemble un angle droit, & lé- chelle eft Fhypothénufe de ce triangle reétangle, . - parce D Ü M0 K pb f%. $7 parce que leur. grand éloignement lés fouftrait aux moyens directs employés pour les quatre autres: la jufteffe précife de leurs diftances n’eft donc fondée que fur la loi de Képler : fi cette loi n’étoit donc pas rigoureufement exacte, s’il étoit prouvé par la fuite qu’elle fouffre des altérations, il faudtoie rectifier les diftances conclues pour Jupiter & pour Saturne. C'eft ce que nous aurons occafion de reconnoïtre ailleurs ; en attendant, voici les diftances déterminées entre toutes les planetes & le Soleil. Mercure eft diftanc du Soleil de 9,708,628 lieues de 2283 toifes: Vénus de 23,417,252 : la Terre de 32,830,4$0: Mars de s0,02 3,517: Jupiter de 170,750,484: Saturne de 313:181,754. Il faut obferver que ces diftances font ce qu'on appelle les diftances moyennes de ces aftres. Cette obfervation n’auroit point lieu, fi les planetes tournoient dans des cercles parfaits; mais on s'eft afluré , En confide- rant leur route avec attention, qu'elles ne décrivent pas des cercles ; que ces routes font des ellipfes : fi elles euffene été des cerclés, toutes les diflances de chaque planete au Soleil auroient toujours été les mêmes; elles auroient tou. tes été des fayons d'un même cercle. Il n'en eft pas ainfi dans les ellipfes, on y diftingue des points de plus grande diflance ; des points de plus petite diftance, & enfin des points de moyenne. diftance ; les premiers font appellés aphélies , Les feconds périhélies, & enfin les troifiemes moyennes diftances { *). Ces diftances des planetes au Soleil (*) Voyez, étant déterminées ; il à été aifé de trouver les diftances ref. Table des Pla- ives de« 02 : : . / . nctes là fipu- pectivés de chacune de leurs orbites ; car une ligne tirée du re quief fus la Soleil à Saturne, couperoic toutes ces orbites aux diffan ce 5 [#8 à > PHYSIQUE que nous avons indiquées. En fouftrayant donc de l'orbite de la planete la plus éloignée , la diftance de l'orbite d'une planete qui left moins, on aura la diflanceentre ces deux orbites. En tant, par exemple, de3131 81754, qui exprime la diflance de Saturne au Soleil, 32830450; qui exprime celle de la Ferre au Soleil, on aura 2803513904 lieues de 2283 toifess &lon voit QUE; connoiffant toutes CES orbites & les points de ces orbites qu'occuppent actuellement les planetes , on peut, dans tous les tems & dans routes Les po- fitions, dérerminer toutes les diftances refpectives. Voilà ce que nous pouvans appeller Ja Topographie dut ÉRE SR . | Si nous voulons donc connoître la vitefle avec laquelle fa Terre eft emportée autour du Soleil, ou, ce qui ef ja même chofe , la rapidité avec laquelle elle parcourt fon orbite, il nous fufira de connoïtre la circonférence de ce cercle ; or, rien n'eft plus aifé , puifque nous En Con*. noiffons le rayon. On fair que le diamerre eft à la circon- férence, comme 7 et à22,ouà très-peu-près 5 différence (*) Voyez que l'on peut rendre abfolument infenfble, fi l'on veut (*). se En établiffant donc la même “proportion entre le diametre & la circonférence de l'orbite dela Terre, on trouvera que cette circonférence eft de 206 279818 lieues; & en divifant ce nombre par 8766 heures ; 8 minutes . 30 fecondes , qui forment la durée de l'année , on en déduira que la Ferre parcourt par heure 2 3531 lieues, viteffe inconcevable pou quiconque ne connoit pas la certicude des moyens par lefquels elle eft prouvée ; & cependant nous ne nous en appercevons pas: tout tournant avec nous , tout doit nous paroitre ie _ que le diametre, &par conféquent la. circonférence &-les. pu MonDE s9 mobile. Que toutes ces confidérations élevent notre efprit, qu'elles étendent nos idées! Apprenons d'elles combien tous les calculs , toutes les mefures, tous Les rapports tirés de notre durée , de nos forces & de nos moyens, font petits auprès des durées, des forces & des moyens que fait em- _ployer celui dont la puiffance fans bornes a prefcrit à l'infini des loix éternelles. Ici Les efpaces , les mañles & les viteffes confondent notre entendement. D'autres extrèmes nous at- tendent. Bientôt dans des efpaces aufhi reflerrés, que ceux- ci font vaftes, la Nature nous préfentera des actions, qui, par la lenteur infinie de leur progreflion, feront auff infai- fiables pour nous , que les agents qui les operent font im- percepribles à nos yeux aidés des meilleurs microfcopes. Ce que notre imagination cherchera alors, mais vainement, à concevoir, fera bien loin encore des bornes de l'infini. Que ces idées fublimes nous foient toujours préfentes en obfervant la Nature, en étudiant fes prodiges : C'eftainf que nous deviendrons capables de pénetrer une partie de SE = - Les révolutions, les routes, les diftances, Les viteffes tant ” abfolues que refpeétives des planetes font donc connues : il eft aïfé de concevoir, d'après ce que nous avons déjà dit fur la maniere dont on a décerminé le diametre du Soleil, £ volumes de chaque planete, étoient également faciles à trouver. Ces diametres font pour Le Soleil, ainf que nous favons déjà dir, 305918 lieues. pour Mercure 8885pout Vénus 26585 pour la Terre 28745 pour Mars 1814; pour * Jupiter 308325.pour Saturne 27329. Quant à-leurs volt 60 PHYSsTotEz | à mes , celui du Soleil eft de 14,990,418,340,915,37$ lieues cubiques ; celui de Mercure, de 366,638,06 9; celui de Vénus, de 9,832,401,7125 celui de Ja Terre, de 12,366, 044,000 5 celui de Mars, de 3,125,435,250; celui de Ju- piter, de 15,346,302,377,700 ; celui de Saturne , de 10,687, 236,105,954: le tout exprimé en lieues cubiques. Il réfulte des calculs que nous venons de préfenter, que le volume du Soleil excede feul le volume de toutes les au- tres planetes réunies, & que le volume de cet aftre eft à ce- lui de toutes les planetes a-très-peu-près comme s75 eftà 1, & à celuidela Terre, comme 1,212,228, eft à 15 qu'entre les planetes Jupiter eft R plus eroffe, que le volume de ce globe eft à celui de tous les autres ajoutés enfemble comme … 15 Cart, que fon volume eft à celui dela Terre comme 1534 €ft à 15 qu'après Jupiter, Saturne eft la plus groffe planete, & que fon volume eft à celui de la Terre comme 1068 eff à15 qu'après ces deux énormes globes, le nôtre eft le plus gros ; qu'il eft à celui de Vénus commezeftà>, à celui de Mars comme 4 €Ît à x ,à celui de Mercurecomme drèlta rs, - _ — = = Si l’on defroit maintenant de favoir quelle eft la quan- tité abfolue de matiere folide de notre tourbillon, en addi. tionnant toutes Les fpheres on trouveroit que la matiere for: meroït un volume; ou, ce qui eft a même chofe, qu'elle ; rempliroit un efpace de r1$,o1 6,477,576,008,06 o lieues cu biques ; mais que feroit cet efpace relativement à celui de | notre tourbillon ? Si nous nous renfermons dans l'orbite de “Saturne feulèement, fins confidérer l'efpace qui eft sûre ment entre cette planete & les limites de notre tourbillon, DU Mo N » £, 6x & dont la confidération octupleroit au moins la folidité que nous allons trouver à [a fphere infcrite dans l'orbite de Sa- le remplit le néant na donc perdu qu'un point abfolument À infenfible de fon domaine. ss sue . «+ Le Soleïl étant au centre du Monde, il eft évident que la Terre tourne autour de lui ; & puifque toutes les parties de la furface de la Terre font fucceflivement éclai- s e-Dame Pafléroient: - #OnS point emportés pas 62. PHrETOUE latmofphere, nous les perdrions bientôt de vue, & nous ne les reverrions que vingt-quatre heures après. Connoiffant .S'ilnous éft prouvé que tous lés motifs de vraifembiance, routes les raifons de pro- babilité auroient fuff pour nous porter à croife que les autres planetes tournent auf fur: elles-mêmes. Qui-pour- abimé d roit nousinduire à penfer que la force’, qui, dans l: infini. ait tourner Ja Terre fur elle-même , neifa pas auf mede FE MONDE 63 rourner les planetes ? Toutes font leur révolution autour du Soleil par un principe qui leur eft commun ; toutes , par un principe commun ; doivent tourner fur elles-mêmes, puifqu'il eft prouvé qu'une feule tourne ainf. Nous efpé- rons démontrer que fa force qui détermine ces deux mou- L . É 1 < \ veimens , eft une force unique ; générale & commune à tout le fyftème ; alors cene feroit plus l’analogie qui feroir ad- mettre la rotation générale des planetes, cette rotation feroit néceflitée à priori : mais cette analogie qui fe déduiroit de la feule rotation de la Terre, reçoit un degré de force qui équivaut à une démonftration, par Ja connoïffance certaine de la rotation de Vénus , de celle de Mars, de celle de Jupiter. On a vu fur ces aftres des taches , des inégalités, des zones; comme on a découvert des taches fur le Soleil, où 2. obfervé le mouvement dé ces taches, & on en a con- clu avec certitude que Vénus tournoit fur elle-même en 23 heures, 22 minutes, Mars en 14 heures, 39 minutes; Jupiter en 9 heures ÿ6 minutes : il- ne refte donc dé rota- tions inconnues que celle de Mercure & celle de Saturne. Ainfi fur fix planetes , quatre tournent fur elles-mêmes, & les durées de leurs rotations font déterminées par l'ob- fervations les deux autres, Mercure & Saturne, n'ont laïffé à Ja vérité jufqu'à cé jour diftinguer fur leur furface aucun point qui ait permis de saflurer de leur rotation , ou de _ feur mouvement fur leurs axes: mais ce n'en eft pas affez pour fuppofer qu'ils ne TOUFRENE pas. — Mercure eft toujours trop loin de nous , trop engagé dans les crépufcules, ou dans les vapeurs de lhorifon, pour qu'on puiffe diflinguer des vaches fur fon difque ÿ & par 64 FHESHOUE conféquent déterminer le tems de fa révolution diurne, ni même s'aflurer, par aucune obfervation , sil tourne fur lui- même. Ce neft cependant pas cette diftance qu'il faut confi- rer comme la principale difficulté d’obferver des points quelconques diftinés fur Mercure 5 car on obferve très- bien les bandes de Jupiter, qui ne peut jamais être auffi près de la Terre que Mercure ; puifque la moindre diftance pofble qui feroit celle qui fe trouveroit entre la Terre aphélie & Jupiter perihélie, les deux aftres étant en con- Jon&tion , feroit encore beaucoup plus grande que celle de la Terre à Mercure, dans leur plus grande approximation : c'eft bien plutôt aux,crépufcules, à la lumiere dans laquelle Mercure eft prefque toujours plongé, & aux vapeurs de Fhorifon qui répandent un voile fur fa furface ; qu'il fauc imputer l'impofhbilité dans laquelle: on a été jufqu'a préfent de reconnoître far cette planete aucun figne qui fervi à piouvér-fa romeo | nd Quant à Saturne , fon éloignement énorme de nous ; qui et 32 fois plus grand que celui de Mercuge., dans leurs moyennes diftances, na permis d'obferver fur {a furface aucune inégalité propre à S'aflurer de fa rotation. On peut ajouter éncore que fon anneau rend peut-être ces obfer- vations plus difficiles, en-faifant paroïître Saturne avec des apparences très-variables , ou en cachantfouvent une partie de fa furface.. Nous parlerons bientôt de cer. anneau, lorf. que nous obferverons dans chaque planete ce qui peut lui étre particulier; nous ne nous occupons ici que de ce qui léur eff coma Re ES à à Nous avons déjà confidéré.Je Soleil; nous nous fommes sr + EX Sn i SN ON ST NUS LE me EN UD LE à AVG ÉD SCALE SN AE LS Ë £E ai D U ;: M 0 N D: + aflurés de fa rotation fur lui-même, de la durée du téms de cette rotation , de fa diftance à chacune des plañetes, nous avons déterminé fon diametre, fa circonférence & fon volume. _ Nous avons compté le nombre des planetes ; nous Les avons diffinguées par leurs noms & par leurs fignes ; nous les avons fuivies dans leurs routes autour du Soleil ; nous avons compté les années , les heures, & même les minutes quelles emploient à les parcourir ; co nnsifone les durées des révolutions de chaque planete, nous pouvons les com- parer enfemble ; nous'avons réduit en lieues leurs diffances _au Soleil, ainfi que leurs diametres, leurs furfaces & leurs volumes ; nous avons reconnu avec certitude leur rotation fur elles-mêmes, & les durées de ces rotations. Si Mercure & Saturne fe font chui jufqu'a préfent à toutesles recherches pour déterminer leur rotation, nous avons penfé , avec tous les Aftronomes , qu'il ne falloit pas regarder ce mou- vement comme moins certain dans ces deux planetes, & nous avons affigné les caufes quis 'oppofoient à à ce que nous | puñions l'y appercevoir , ou qui du moins rendoient ces obfervations très-difficiles : nous penfons cependant qu'on parviendra | un jour à reconnoitre ce mouvement dans Mer- cure & dans Saturne. | — - : Avant de he la caufe de ces rotations, confi dé- rons les effets qui ont dû en réfulter a LE premier, c'eft que la planete tournant fur elle-même, tan- dis qu’elle parcoure fon orbite autour du Soleil, préfente fuccefivement « a cet aftré , le pere de la Nature, tous les | points de fa furface;. dela? ordre des faifons, pour 7. che xentes partdes. el Le se ces afres. os les paies RE - Fe _ 66 PHNSrTOUE. des globes que régit notre Soleil, reçoivent donc fes in- Auences vivifiantes, tout eft pénétré par fes rayons. La fource de la vie peut arrofer & féconder tous les climats. Si elle y paroît quelquefois languiffante, arrêtée , même def- féchée & tarie, ces lieux repofent, ces durées d’une mort apparente ne font que des inftans de fommeil dans la Na- sure: ceft l'hiver de ces climats ; maïs leur printems renaî- tra. Les defcendans des peuples qui habitent aujourd hui notre zone torride, peut-être un jour cachés fous les nei- ges, envieront aux defcendans des habitans du Spitzhbere les chaleurs que leur prodiguera je Soleil. : Un autre effet de la rotation, non moins certain , mais dont la caufe finale ef moins frappante, & moins facile à fair, c'eft la forme que les planetes ont dû prendre. Des maffes d’une dureté inflexible , d’une compacité: extrème & indeftrudible , n'ont pu trouver de place dans la Nature. Toute la matieré a été créée pour entrer dans des combi- naifons dont les variétés & les renouvellemens ne peuvent être compris dans aucun nombre. Le phénomene de la vie _ êft l'objet ultérieur , & la fin générale de la Nature ; toutes les fpheres doivent en être le théâtre, tous les points de leurs furfaces doivent en préfenter le magnifique fpeétacle. Des fpheres abfo'ument indeftruétibles, d'une compacité in- vincible , ne feroient point propres aux mouvemens quexige Ja matiere vivante ; il n'exifte donc point de pareilles fphe- res. Toutes font diffolubles dans leurs parties, flexibles dans leurs mañles ; donc toutes ont dû , en tournant fur elles “mêmes, s'élever vers l'équateur, & s'abaïfler vers les poles. Nous avons affez parlé de la néceffité de certe configuration CRÉES 1 2 É À Pa DT MON DR 67 “dans notre premier Volume; nous obferverons feulement ici que cette détermination de la figure de [a Terre, cette forme d’un fphéroïde applati, que le grand Newton, con- duit par des routes différentes, à conclue & mefurée du fond de fon cabinet, que nos Aftronomes ont été vérifier fous Les poles, & à l'équateur, fe déduifoir d'une idée primitive, qu'elle étoit une conféquence néceflaire du méchanifme du Monde, de fa néceflité de la flexibilité des fpheres, & de la certitude de leur rotation fur elles-mêmes, Après avoir confidéré les planetes en général | tous Les orands phénomenes qui leur font communs, fans nous être . cependant occupés de fleurs pofitions relatives, & de toutes les recherches des rapports refpe&ifs de téms , de lieu, de witefle, confidérations qui appartiennent plus à l’Aftrono- mie qu'à la Phyfique Célefte ; nous allons obferver cha- que planete en particulier, & fixer nos regards fur ce que chacune d'elles préfente de plus remarquable. - — Dh Tire “Nous parlerons d'abord de la Terre , on que cette pla- nete foirni la plus proche, ni la pluséloignée du Soleil qu’elle doit nila plus groffe, ni la plus petite, & qu'ainfi nul ordre naturel, nul motif d’enchaînement phyfique nous porte à commencer par elle: mais ce globe eft le mieux connu, & furtout il eft Le plus intéreffant pour nous, C'eft far fa furface que nous exiftons; c'eft des états par lefquels il paie ; des différentes imprefions qu'il reçoit, que dépendent Foutes les modifications de notre exiftence 5 celles même Rte RS Re ; I 2 — = -68 PSS TOUTE dont la liaifon avec fes grandes caufes s'annonce Le moins à notre efprit. N'oublions jamais que tout fe tient dans la Nature, & quainfi nous tenons à tout. L’atmofphere, comme une enveloppe qui comprime nos Corps, parfaite- ment moulée fur eux; comme un agentauffi puifant intérieu- rement par la refpiration , qu'extérieurement par l'applica- tion la plus immédiate : l'air, comme aliment falutaire ou malfaifant, comme fluide plus où moins élaftique : la cha- leur, comme dilatant toutes les parties folides : le froid, -comme les condenfant: la matiere de la lumiere, comme agiffant de plufeurs manieres différentes ; tout enfin exerce ‘continuellement fur: nous les droits que FOrdonnateur de l'infini a accordés à ces grands agens fur tous les individus -dans lefquels ils doivent faire naîre, entretenir & détruire le phénomene de la vie. Nous parcourrons tous ces degrés: FEROAONS IR CA Nous avons dit comment on étoit parvenu à mefurer la diffance de la Terre au Soleil, & nous avons vu que le globe que nous habitons eft à 32830450 lieues de cer aftre, lorfqu'il eft dans fes diftances moyennes : nous verrons bien- +ôt qu'il s'en rapproche, dé mäniere à n’en être éloigné fouvent que de 32278800 lieues, lorfqu'il eft au périhélie; & qu'il en eft au contraire à 33382010 lieues, lorfquil eft à fon aphélie : d'où il réfulte que la dif rence de diftance du périhélieàl'aphélie n'eft que de 154120 lieues. La Ferre arrivera cette année 1780 à fon périhélie le 28 Décembre, & elle eff arrivée à fon aphélie le 30 Juin. Il paroîtroït au pre- miér apperçu, que le tems où notre globe eft à fon péri. hélie devroit être celui où nous jouirions de la plu son née pv MoN DE. 77 La circonférence moyenne de l'orbite eft de 61001114 lieues ; on peut donc trouver facilement , par le même cal- cul que noûs avons fait pour la Ferre, que la vicefle ho- raire moyêènne de Mercure, dans fa on autour-dur Soleil. , eft de 28893 lieues: ceft-à-dire qu “il fait par heure 5262 lenes plus que la Ferre. L'orbite de Mercure étant confidéré comme un plan inf- crit dans l'orbite de la Terre, orbite que l'on appelle auffi Técliptique, forme avec cette ne un angle de 7°; ceft-à-dire, quil sen faut de 7° que le plan de cette or- bite dar de Pécliptique ne coïncident enfemble. : cure a fes phâfes, ainfi que a Lune; il paroîtroit plein dans fes cnpRsoe fupérieures ay avec le Soleil, C et lors nous verrions tout . dec ones, Sn que La de la Lune, Jorfqu'e elle eft en oppoñtion. avec le Soleil 5 mais alors nous ne le VOYONS. poine, parce que les rayons du Soleil abforbent fa lumiere. Dans les conjonctions in- férieures, C ‘eftà- dire lorfqu” il eft entre le Soleil & la Terré, ‘onne Le. voit plus, parce que ceft fon hémifphere eue qui ef. tourné vers nous. La lumiere croit & diminue fur … {on difque , ainf que fur celui de la Lune, a mefure qui 71 ferapproche, ou qu'ils éloigne du Soleil. - Quelques Obfervateurs -oht cru. remarquer que , lors - même quil nous préfente une trés-grande partie de. fon hémif here éclairé, on ne voit pas exaétément. tous les points. de -cette: He ie qui ils ont. attribué à a quelques inégalirés. de ceue finface pro duites pure par fa rOta- = 76 PEHSYSSSE OU tion, Où à quelques parties de cette rs moins ne à séché la lumiere. Mercure pañlera devant le Soleil au mois d'O&obre 1782. Les obfervations de ces pañlages font le meilleur moyen de perfectionner la théorie de Mercure. Si Mercure eft habité, comme ‘nous fommes Frs pores à le croire , {es habitans doivent être d'une nature très res + la nôtre, car fa chaleur moyenne eft environ L plus grande que celle de notre globe. Ce que nous a le tempéré, ceft- à-dire 10 degrés ou environ de notre thermometre, feroit. donc d'environ 119 degrés: ce qui. fe rapproche « de la température. -dans- laquelle. M. de: Buffon a fait vivre Les premiers : animaux terreftres de notre globe. Mais sûrement, fi Mercure eft habité, il left. par des êtres dont les fluides & les folides font due naturé - tout-à-fait différente, & infiniment plus denfe que celle de nos animaux. Nous nous étendrons davantage, dans la fuite de cet Ouvrage, far l'état de la chaleur des différentes planctes. ee - ‘ C'en eft aflez fur la planete la moins connue de toutes, ur: une planete que nous voyons rarement & difficilement, & qui, par conféquent, a fervi jufqu'à préfent moins qu au cune autre aux PB de. l'Aftronomie. Pañfons à =. : Vénus. De Va nus <. K CAS NET NRC) Les =. défignoienc cette ic par Pépirhere: de Kakuços , la très- Belle ; les: Latins Fappelloienc LA cfperus, = l'Étoile du He Lorfque fe : plus tank que le Le f à — RTE EURE MODULE TES ? DÜ MONDE. 7 Soleil , on l'obfervoit Le foir ; & de même, lorfqw'elle éoit vifible le matin, un peu avant le lever du Soleil, & qu'elle paroifloit: avec l'aurore , ils la nommoient Phofphorus & — , Ceft-à-dire porte-lumiere : on la nomme encore l'étoile du matin & l’éroile du berger. + Le caractere ou figne par lequel on la défi one _. déon un miroir avec fon manche. Cette Luis reflemble nn a miroir ee les Peintres & 1 Sculpreurs donnent 4 la Prudence , &à celui de cette Mélufine, dont plufieurs maifons Éient le cimier de leurs armes. Cette planete eft là plus brillante de toutes; cel de qui nous renvoie la lumiere la plus vive & la plas éclatante. IL y a des tems où elle eft fi Jumineufe, qu’ on la voit en plein j our à la vue fimple : mais communément des lunettes de deux pieds fufiifent pour la très-bien diflinguer. Fous les huit ans, où. à=-peu-près, Vénus eft très-vifble fans lu- __ nettes; fa he eft beaucoup plus vive que celle de toutes les étoiles fixes, & ie pour ee fur la terre dés om- bres . M: de la Hire en. lianée. 760. Vénus avec un télefcope de feize pieds ; dix pouces, diftingua des mon- _tagnes quil eftima devoir & être. plus crandes que celles de La Lune ; ÿ Cependant celles-ci ont au moins Le double dé hau- teur. de celles de la Ferre. M. Bianchini, qui nous a donné En 1728 un volume in-folio fur les phénomencs & fur les obfervations de cette pla nete, a cru y reconnoître fept mers qui fe. communiquent Pc SE FER _& deux autres fans comm | | 7È Puy YSTOUE Ils imitent en ceciles Voyageurs qui découvrent des terres inconnues. Vénus a fes phâfes, ainfi que Mercure, & ainfi que la Lune ; on les diftingue avec le télefcope. Une obfervarion finguliere qui fe préfente en confidérant ces phâfes, c'eft que le tems où Vénus eft plus brillante & plus lumineufe, n'eft pas celui où elle nous préfente une partie éclairée de {on difque, plus confidérable ; c'eft , au contraire, lorfqu'elle eft en croiflant. Cette fingularité frappante à la premiere con- fidération , devient très-aifée à concevoir : en effet, lorfque Vénus eft dans fes plus grandes digreflions, c'eft-à-dire, dans fon plus grand écartement du Soleil, elle eft plus éloignée de la Terre; en forte que ce que nous perdons de fa lumiere par l'augmentation de fa diftance, excede ce qu'elle nousen réfléchit de plus par une plus grande phâfe. La diffance de Vénus au Soleil, lorfqu'elle eft perihélie, c'eft-à-dire , le plus près poflible du Soleil, eft de23249752 lieues ; fa diftance moyenne de 23417252, & fa diftance aphélie de 23584752 ; fa plus grande proximité poffible de la Terre eft de 8694038 lieues: la Terre & Vénus étant fuppofées placées fur la même ligne tirée de la Terre au Soleil , Vénus entre le Soleil & la Terre, celle-ci périhé- ie, & Vénus ape = La circonférence de l'orbite de Vénus, prife par fa diftance moyenne, qui eft de 23417252 lieues, fe trouve de 147311937 lieues, où à-peu-près; elle parcourt cette orbite en 224 jours ,16 heures 49"; 241 : fa vicefle horaire moyéne : ne, eff donc de 27316 lieues; moindre par conféquent qué celle de Mercure , qui eft de 28803, & plus grande que Dw © M0 :N DE. 79 celle de la Terre, qui eft de 23531. Auffi Mercure eft:il plus près du Soleil que Vénus, & Vénus plus près de cer aftre que la Terre: or , le mouvement de rotation du So- _Jeil étant le principe & la caufe de leur mouvement com- mun , ainfi que nous l'avons dit, l'effet doit en être moin- dre à de plus grandes diftances. — Mefieurs Caffini, Bianchini & d'autres célebres Aftro- nomes, qui ont diftingué des taches fur Vénus , ont dé- duit de l’obfervation de ces taches, la rotation de cette planete fur.elle-même : is l'ont trouvée de 23 heures 22°; c'eftä-dire qu'elle s'acheve dans un tems prefqu'égal à celui que la Terre emploie à tourner fur elle - même ; un peu moindre cependant , puifque le cems de la rotation com pletre de la Terre eft de 24 heures. Aufi le diametre de Vénus eft-il à-peu-près Le même que celui de la Ferre; mais un peu moindre, celui de notre globe étant de 2874 lieues 4, & celui de Vénus de 2658. La circonférence de _cette planere eft de 83solieuess d'où Fon conclut que fa viteffe, à fon équareur, eft de 357 lieues , un peu moindre que celle de la Terre qui eft de 376 On ne connoît pas l'applatiflement de cette planete. Vue _ fur le Soleil, elle a paru parfaitement ronde : mais cette apparence n'eft pas fuflifante pour qu'en abandonnant les loix de l'analogie, & en violant celles de la méchanique , on puiffe la juger ronde. Tout nous néceffite à penfer qu'elle eft applatie vers fes poles, quoique nous ignorions de combien. D de Vénus étant confidérée comm | cames plan qui l'orbire de la 80 PET YESNT- ONE D - L . 2 Le) î - Terre, coupe lécliprique fous un angle de 3°23° 3#5 Q c'eft-à-dire quil s'en faut de 3 degrés 23 minutes 3 fecon- des que le plan de Forbite de Vénus & le 1e de Lécipe tique ne coïncident enfemble.… … Si Vénus eft habitée, la conftitution Fe Rhone peut fe rapprocher pese plus de la nôtre, que celle des peuples de Mercure. La chaleur, fur cette derniere planete, fe trouve environ: onze fois & demie plus grande que fur notre globe : fur Vénus elle m'eft pas lé dou- ble, mais feulement comme 195 eft à 100 où ä-peu- prés : su notre rempéré étant de 10°, celui de Vénusfe- roit 19% , QU ENVITON : es habitans Sénégal, fran pa tés fur Vénus, y vivroient donc vraifemblabl ent très- bien. Si les denfités des fubftances font fur Vénus en rai- {on de l'intenfité de la chaleur folaire , les effets produits. dans ces fubitances par 19 degrés + . chaleur , font les mêtnes que ceux produits {ur la Terre par 10 deprés. Tous les Pipes de la vie peuvent donc y être les mêmes ; peut-être. réfulreroit-il de cette fuppofñtion des différences dans la nature de l'armofphere de la planete, qui diminue roient fa cent relatiemens< à ee que nous FPORONS. : . Mars | 2 + cadre par . on. à défi igne Mars repréfence ni un bouclier & une fleche; 5 cefr, dit-on, Pembléme de Mais, bien de la Guerre, dont cet aftre porte le nom. 15.5 : Cette planete cn devenue très-intéreffnte, pour Fe côn- nes du Ciel; c'eft aux obferyations que en: on " pu Mon DE. 8x trois des plus fameux Aftronomes , que l'Aftronomie doit une grande partie de fes progrès. Tychobrahé, Longo- montanus & Képler réunirent ,en 1600, toute {a force de leurs génies , route l’écendue À leurs re pour fixer la chéorie de Mars : [a méchode quemploya Képler pour déterminer la diftance de Mars, lui fervit à trouver celles de couces les autres planetes, & à établir une regle fameufe en Aftronomie, & qui a conduit les Aftro- nomes modernes à de plus grandes précifions que celles auxquelles Képler lui-même étoit arrivé. 4 a fes phâfes, ainfi que les deux planetes inférieu- , Mercure & Vénus ; mais ce qui a plus particuliere- ment frappé les Obfervateurs de cette planete, ce font les bandes ou filets plus O MOINS. larges _ l'on apper- çoit fur fon difque, & 2 font paralleles à fon équateur, M. Grégory a cherché À rendre raifon de ces bandes OU. filets ; & voici d'où il tire leur origine. L'axe du globe de la planete eft prefque perpendiculaire au plan de fon orbite , comme nous avons vu que Burnet fappofoic que l'axe de Be Terre lavoir été autrefois (*\. Il en réfulre : pour Mars ce que Je Philofophe Anglois affirmoit de la Terre à cette ÉRORe s ceft-a-dire, quil ne peut y avoir de grandes variétés de faifons fur cette planete ; ; les jours Y fon rotiouEs égaux aux nuits, comme fur la Terre au tems des € équinoxes. Ea furface + Mars recevant tou- jours Les rayons du Soleil fous la même inclinaifon , ne doit donc ë éprouver ni hyver : ni été : mais il doit y or une grande. € iférence de entré les différentes (*) Voyez Effai fur la Cof£. mogonie, page Y 32: ce 2 us. x RÉPONSE dd 82 PHTSIoOUE zônes ou bandes de la planete : fi la zône équatoriale eft conftamment expofée au Soleil, les zônes qui s'en écartent de l'un & de l’autre côté vers les poles, ne réçoivent Ja- mais les rayons dire@s de cet aftre. Le Soleil n'en eft ja- mais plus près dans un tems que dans un autre; ce quina pas lieu fur notre globe, à caufe de lobliquite de l'axe de la Terre. Les différens climats fur Mars ne reçoivent donc pas, ainfi que fur la Terre, divers degrés de chaleur dans des tems différens : les mêmes paralleles reçoivent toujours un degré de chaleur conftant, mais coujours moin- dre de l'équateur aux poles: : les bandes, ou raies, que l'on remarque fur Mars, peuvent donc , felon M. Gré- gory ». fe former fur cette planete, comme. les bandes de neige fe forment fur la Terre, par quelque modification de la furface de la planete, dose le froid eft la caufe ; c'eft-à-dire,, par lintenfité du froid conftamment diffé- rent fur fes différens paralleles, & toujours d'autant plus grand que ces paralleles “éloignent plus de ee j alors ces bandes doivent , ainfi qu'on l’a obfervé, être pa- ralleles à cet équateur. e explication eft Se nous ne fadmettons cependant, nine la rejettons : nous renvoyons cét examen à notre “Praié Me Je Chaleur des planetes. Un autre phénomene 9 très- que nous s préfente Maïs , cefonc les apparitions fubites & les. difparitions après des rems différens, c'efl-à-dire après quelques mois, où après quelques années, de certaines taches de fa ee. ce qui fait foupconner dans cette planete des changemens,, des : Du MONDE, 83 événemens très-confidérables, puifquils font fr fenfibles 4 k diftance où cet aftre eft de nous. = Mars nous paroït toujours d’une couleur rougeâtre ÿ ce qui feul porteroit à croire qu'il eft enveloppé d'une atmof- - phere, f. beaucoup d’autres raifons ne rendoient pas cette Opinion plus que probable : une obfervation femble la con- firmer. Lorfquon voit quelques étoiles près de cette pla nete, elles paroiffent alors beaucoup plus obfcures qua une dinde diftance de Mars, ee _prefque éteintes 5. ce. qu'on ne peut attribuer qu'à leffe des vapeurs de cete. atmofphere. | - Lorfque Mars eft périhélie, il eft éloigné du Soleif de 45,355,651 lieues; lorfqu il eft à fa moyenne diftance du Soleil, il en eft à s0,023,517 lieues; enfin. Lorfqu'il eft aphélie, il en eftà 54,601,383 lieues. Mars eft donc beau. coup plus éloigné du Soleil que la Terre: l'orbite de là: Terre eft donc renfermée dans lorbite de Mars: cette pla- nete.eft donc, relativement à a R-Térre, une planete fupé- rieure;. comme Vénus & Mercure a. des plantes . infés rieures pour notre globe. — : | . plus grande proximité où Ja . puiffe. être dé _ Mars, ceit lorfqu'étanc fur une même ligne dirigée au cen> 3 du: Soleil, Mars feroit le plus près, & la Terre le plus loin poil ble . cet aftre. Ainfi ce feroit lorfque. la Terre. étant aphélie, Mars feroic périhèlie ; alors la Terre ne Len roit - de Mars que de I 197 73; a lieues. 84 PHYSIQUE 23 heutes, 27 minutes, 30 fecondes; c’eftà-dire, à-peu- rês en deux ans : fa vireffe moyenne dans l'efpace & au- tour du Soleil eft donc de 19,063 ceft-i-dire, que cette planete marche moins vite qu'aucune des trois, que nou avons confidérées jufquà préfent : ce qui saccorde avec tout ce que nous avons déja obfervé, que plus les planetes font loin du Soleil, plus elles marchent lentement. Le diametre de Mars eft de 1814 lieues, & par confé- quent fa circonférence de 5699 lieues, ou à-trés-peu-près. La durée de la rotation de cette planete a été très-bien dé- terminée par Pobfervation de fes taches immobiles ; elle eft de 24 heures, 40 minutes: d’où l'on peut déduire que fa vitefle horaire à fon équareur , eft de 232 lieues; c'eft-à- dire, moindre que celle de la Terre & que celle de Vénus; auffi le diametre de ces planetes eft-il plus grand que celui a =. L'orbite de Mars eft inclinée à Pécliptique d'un degré, 51 minuces. Nous avons fufiifamment expliqué ce que ceft que cette inclinaïfon , en parlant des planetes précédentes. Si Mars eft habité, les êtres qui-le peuplent n'ont point à redouter les ardeurs brûlantes auxquelles nous avons vu que font expolés les habitans de Mercure, & même c de Vénus. La chaleur du Soleil n'eft fu Mars que # dela nôtre x c'eft-à-dire, qu'elle n'eft à notre chaleur moyenne, que comme 4 €ft à 10. Ainfi leur rempéré ne feroit que de 4 degrés de nos thermometres: le nôtre étant pris pour _xo, il n'y auroit point encore de congélation fur fa zône équatoriale, qui doit même contracter & conferver un plus CEUX bE MONDE. 85 grand degré de chaleur, étant toujours plus directement ex- polée au Soleil. Les habitans de Ja Terre pontree donc Y vivre très-facilement. Si la denfité dés fubftances fur Mars eff à la dei des fabfstes fur la T'erre, comme Fer à ro, tous les phénome- nes de la vie des animaux doivent y être + es mêmes. ie J He me Jupiter: dont . ne difinaié es “ditois à foudre, -emblème du Dieu du tonnerre , dont cette pla- nete porte le nom, eft remarquable par fon éclat, par Ja blancheur de fa fentisres & par fa grandeur. Mars nous renvoie une lumiere rougeatre 5 Siam dont nous par- lerons rout-à-l'heure, une lumiere térne & plombée : Jupi- ter paroît très-blanc ; quelque vif cependant que foit l’é- clat de lumiere, elle ef moins brillante que Le de Ve énus dans fes bauce momens. On apperçoit {ur Jupiter, à Paide . télefcopes, où ds grandes lunettes, des bandes, ou zônes très-diftinétes, mais non pas invariables, Ces bandes , Où ZÔNES, “font tan- tôt plus, tantôt moins nombreules ; j elles paroifene plus ou . moins grandes dans différens tems : ce quon attribue aux inégalités de la furface de certe planete , où à des par ties de cette furface , plus où moins propres à réfléchir la lumiere , ; OÙ enfin à de grands changemens qui sy operent, à de grands 6 évenemens ne qe la ee loi He lee 1,072,857,023 lieues 5. il la. parco heures, 20 minutes, 25. fecondes ; 5 cel en douze ans; il ne fait donc par heure que 10,317. lieues. : 86 PHYSIQUE nous cft pas poffible de connoître, & qu'il eft permis d'i- gnorer , puifqu'elles font placées 2 à près de 1 30 HE de Jieues de nous. | Quoi qu'il en foit, on voit ces bandes fe retrécir ou s'é- laroir dans l'efpace de plufieurs années , fans qu'on ait en- core pu en déterminer les périodes ; cie s'effacent , elles reparoiflent, elles fe rompent & fe féparent, elles fe réu- niflent , il s'en forme de nouvelles ; & s'il faur les attribuer a quelques modifications de la furface de Jupiter, à quel- ques inondations qu pone, ces modifications fi fenfi- bles à la diftance énorme où nous fommes de lui, font plus confidérables que ne le feroit l'effet: de lenfoncement fubit de nos Alpes & de nos Pyrénées, où que l'inondation -dé toute la cerre-ferme par le changement de place de’ notre océan. Peut-être ces “apparences ont-elles pour caufes de grands mouvemens, de grands RAPROr des ire & des da de la planere, | _ Jupiter eff éloigné du Soleil de 170,750,484 lieues dans fes moyennes diftances ; fa plus grande proximité potfble de la Terre eft de 129,06 9,823 lieues. La circonférence que J upiter | décrit autour du Soleil , calculée par {à diffance moyenne feulement _eft de Fe dire à-peu- près = Ainfi Jupiter , qui eÆ beauconp plus loin du Soleil , que Jes quatre planetes dont nous avons. parlé jufqu'a. préfenc, marche aufli beaucoup moins vite qu'a aucune d'elles, Fe : Jupiter eft plus volumineux que toutes les autres { heres DUMowDE 8 réanies sil eft 1246 fois plus grand que la Tefresfon dia- metre eft de 30,832 lieues. Sa. révolution fur luimêmé à. êté déterminée par des raches fixes fur {à furface, & diffé rentes des tachés mobiles dont nous avons parlé. Le tems de cette! révolution n'eft que de 9 heures, 56 minutes 5 d'où il fe déduit que fa vicefle horaire à done équateur eft de 9755 lieues. Gette viteffe extrème excede de beaucoup. la proportion que nous avons remarquée jufqu’à préfenc entre les vitefles & les diametres: Le. diâme tre de J upiter n eft qu à-peu-près dix fois plus grand que celui. de: a Terre, & fa vitefle eft prefque 26 Lis plus grande : ici lanalogie eft abfolument en défaut. Nous reviendrons bientôt à cette obfervarion. L'applaifemient produit. par la viteffe excefive de {a ro- tation de Ju upiter, eft en raifon de la force centrifuge que. cette planete. doit avoir à fon é équateur. Cer applatiffèment eft tel que fon grand axe eft à fon petit, comme r4-eftà 13 , ou d'une quatorzième partie plus grand, tandis: qe lé grand : axe de la Terre. nexcede le petit que d'une179° partie : mais ces. proportions entre les. applatifiémens ne dépendent. -pas feulement des rapports des virefles centri= | fuges ; elles dépendent. évidemment auf des. folidités OU: _des denfités des planetes, de la force de cohérence.de leurs. fubftances , &c. Nous confidérerons sers. cette propriéié, - dans | les Éaenes plañetes : +... = L'orbite. de Jupiter eft inclinée au . de d'un degré, 7 9 minutes , ‘TO fecondes. . Si Re €ft hab . les êcr qui vivent fur fa furface, < ine na. ture moins fenfible. ncori 88 Parsroux La chaleur du Soleil fur Jupiter, n'eft à la chaleur du So- leil fur la Terre, que comme 369,683 eft à 10,000,000; c'eft-à-dire, plus de 27 fois moindre. Le tempéré de Jupi- ter eft donc'au nôtre, comme 17 degrés au-deffous de lacon- gélation font à 10 degrés au-deflus du terme de la glace: notre eau feroit donc érernellement gelée fur l'équateur de Jupiter. L’axe de cette planete eft prefque perpendiculaire au plan de fon orbite, auquel il n’eft incliné que de 3 degrés, & ainfi les jours y doivent être, en touttems, prefque égaux aux nuits. Seite à De Saturne D = - La planete dont nous parlons nous préfente un fpe&a- cle plus fingulier encore, qué la furface rayée de Jupiter. Un anneau aflez large, mais ayant une épaifleur médiocre, entoure Saturne fans le toucher: le diametre extérieur de cet anneau eft plus du double du diametre de Saturne, & comme 7 eft à 35 ainfi on conçoit qu'il ne doit toucher la planete placée au milieu, en aucun des points de fa furface: L'efpace qui refte vide entre l'anneau & la planete, eft à- peu-près égal à la largeur de la folidité de l'anneau : le dia- metre de Saturne étant de 27,329, le diametre extérieur de l'anneau fera de 63,768 lieues ; retranchant le rayon de Saturne = 13,664 +, du rayon de l'anneau — 31,884, & divifant en deux parts égales le reftant 18,219 ; on aura 9109 lieues pour la largeur de l'anneau, & pareille quan- tité pour le vide, où la diftance du bord intérieur de cét anneau à la planete, On eft affuré que cer efpace eff vide, parce pu MONDE. 89 parce qu'on a obfervé des éroiles à travers. Il eft donc cer- tain qu'il y a tout autour de ce globe, entre lui & fon an- neau, une couronne concentrique, OU un vide dont la largeur eft de 9109 lieues : l'épaiffleur de l'anneau eft beau- coup moindre que fa largeur; il paroïc prefque plan ; {à fur- face eft regardée comme égale &unie, autant qu'il eft per- mis d’en juger d'une fi grande diftance. La partie intérieure de cette furface, celle qui eft la plus près de Saturne , pa- roît plus lumineufe que les parties plus éloignées, & la fur- face plane femble divifée par crois lignes noires qui for- ment ainfi, fur certe large furface, quatre bandes plus où moins lumineufes. Cet anneau rend les phâfes de Saturne très-variées & très-fingulieres. Le fameux Hévélius, dans fa Differtation fur la figure de Saturne, exprime tous les embarras que lui donnoient les différentes apparences de cet aftre. Il y diféin- gua fix phâfes différentes: dans lune il le vit ne préfentant qu'une figure fphérique, & il l'appella #0n0/phæricum ; dans la feconde il lui parut préfentant des furfaces qui fem- bloient appartenir à trois fpheres différentes , s1-fphæricum ; dans la croifieme il lui parut comme une fphere furmontée d'une pyramide & d'une pointe , fphærico - cufpidatum ; dans la quatrieme il le vit comme une fphere ayant deux ‘anfes, fphærico-anfatum ; dans une cinquieme il reflembloit à une ellipfe avec des anfes qui seffaçoient un peu, elliptico-anfatum diminutum ; enfin dans la fixieme il pa- roïifloir comme une ellipfe avec deux anfes que l'on voyoit de face, elliprico-anfatum plenum. Ces apparences .variées étoient des déguifemens. de Saturne , bien propres à défoler To LE ce PHYSIQUE les Aftronomes ; eette planete étoit pour eux un vrai Pro- thée. On raifonna beaucoup fur la caufe de ces variétés de figure ; on fit ce que l'on fait toutes les fois qu’on eft embar- rafl£ on eut récours à des fuppoñtions plus ou moins rai- foimsblés: enfin Huygens devina l'énigme, & reconnut que Saturne étoit environné d'un anneau. Alors on trouva la raïfon de toutes ces apparences variées; toutes ces phâfes fi extraordinaires ne furent plus que des. effets néceffaires des différentes pofitions où lon voyoit la & fon anneau. Se On ignore fi Saturne & fi fon anneau tournent, où G Lun des deux a un mouvement de rotation, On ignore éga- lement à quel ufage cet anneau eft deftiné, & quelle utilité Saturne peut en retirer. Cet anneau n’eft-il os que d'une ‘multitude de planetes fecondaires, ou de fatellites fr Fappies | chés les uns des autres , qu'ils paroïffent fe toucher & n'être qu un Corps continu > Sont-ce des cometes dont Saturne s ’eft emparé , comme le fappole M. de Maupertuis? On croira atfément, Jorfqu’ on aura vu ce que nous penfons des cometes, que nous ne fommes pas de l'avis de cet Aftronomé. Saturne eft diftant du Soleil de 313,181,754 lieues. Sa plus g orande proximité poffible de la Ferre, qui: a lieu lorf- que ces.deux planetes font en conjon@tion, Saturne étant périhélie , & la Ferre Se encore ee 26 Le 222 lieues. à =. a La circonférence que Saturne 7 nr fa révolhdién autour du Soleil, eft de 1,967,6 00,6 67 lieues; il là parcourt €n 10,759 jours, 6 heures, 36 minutes, 26 fecondes ; C’eft- i-dire e en trente ans, où à-peu-près : l ne fie _. que arte à LR LES Du MorDprx 91 7620 lieues par heure. Saturne, la plus éloignée de toutes les planetes , eft donc celle qui marche le plus lentement. Le diametre de Saturne eft de 13,664 lieues ; fà circon-. férence de 85,855 lieues. La grande diftance où certe pla= nete eft de nous, diftance qui égale neuf fois & demie celle de la Terre au Soleil; & les autres raifons que nous venons de préfenter, n'ont pas permis, ainfi que nous l'avons dit, de s'aflurer de fa rotation. . Son orbite eft inclinée à Fécliptique de 2 degrés, 30 minutes, 20 (eco =" ” La chaleur moyenne fur Saturne eft 4 la chaleur moyenne- fur la Ferre, à-peu-près comme 100 eft à : 5 cette pla- nete ne peut donc être habitée que par des êtres d’ane na-. ture très-différente de la nôtre. Notre tempéré étant de 10 degrés de nos chermomerres , fe tempéré pour les habi= tans de Saturne feroit de 90 degrés au-deflous du point de la congélation fur notre globe; c'eft--dire, 20 degrés de. plus que les plus grands froids de la Sibérie: les fluides animaux, pour ne fe pas geler fur cette planete, devroient donc être plus fpiricueux que lefprit-de-vin qui gele en Si. bérie. IL eft vrai que lon peut fuppofer que fon anneau, dont nous avons déjà parlé, & fes cinq Lunes, donc hous. parlerons tout-à-l’heure, peuvent diminuer un peu fon froid exceff: c’eft ce que nous confidérerons en traitant de l'in- calefcence des planetes. — _— Nous en avons dit affez pour qu'on puifle fe faire une. idée fommaire des fx planeres principales qui tournentau= tour du Soleil. Nous avons cependant négligé une de leurs _ propriétés eflende les , dont les Phyficiens & les Aftrono- - M 2 4 92 Be PS0 USE mes fe font fort occupés, & qu'ils ont employée comme un élément très-important pour déterminer la théorie des mouvemens de ces globes. Cette propriété ; c'eft la den- fité de la matiere de ces corps. On fair qu'il ne faut pas confondre les volumes avec les denfités : le volume ne pré fente que la capacité du lieu qu'occupe un COrPS ; fa den- fité exprime la (olidité de la matiere de ce corps. Un mor- ceau de bois de chène dun pied cube occupe autant d’ef-. pace qu'un pied cube de fer; cés volumes fontles mêmes : mais les denfités, c'eft-ädire la quantité abfolue de matiere, ou des. parties folides qu'ils contiennent l’un & l'autre, font bien différentes, puifque le pied cube de bois de chêne ne pefe qu'environ 6A livres, & que le pied cube de fer pefe à-peu-pres 535. Les quantités de matiere que contiennent deux Corps font comme les poids de ces corps; ou, ce qui eft la même chofe, les folidités font comme les poids ref- pectifs : la folidiré du fer eft donc à celle du bois de chène, comme 535 eft à 64, ou à-peu-près comme 8 +efta 1 . On a cherché à déterminer ainfi la denfité refpedtive des corps planétaires ; mais comme cette propriété appartient aux pla- netes fecondaires , aufli-bien qu'aux planetes principales ; & que les induétions qu'on tire de ces denfités fappofées, peu- vent ètre également appliquées aux fatellites, nous n'en parlerons qu'après avoir ‘fait connoître ces planetes {e- condaires, ee des + FF puy Mo N D'E, 93 Des Satellires, Les planeres re qu'on appelle fatellites , font ainfi nommées, parce qu'elles accompagnent toujours quel- ques-unes des planetes principales =celtadire , quelques unes des fix dont nous avont parlé. Toutes les planeres prine cipales n'ont pas des fatellites ; on n’en connoît qu a la Terré, & c'eft notre Lune; à Jupiter, & à Saturne: Nous parlerons dans là faire de cet article, du farellite que lon : a CrU-re-= connoître à Vénus. - On appelle auf ces fatellites, Tunes des planctes princi= pales , quoique ce nom foit plus pee affecté au fatellire de la Terre. On compte dix farellites ; le nôtre, ou notre Lune ; ; qua- tre pour Jupiter, & cinq pour Saturne. Nous parlerons d'abord de notre Lune ; nous nous éten- | on davantage fur cette planete fecondaire dans la fuite de cer Ouvrage, lorfque nous parlerons des mouvemens de Fatmofphere , & de ceux des eaux : nous expoferons alors + grands effets {ur notre olobe ; ÿ nous nous bornerons ici à = donner une idée générale de cette planete. | La Lune eft à 85,464 lieues de la Terre , lorfqu'elle | en dans fes moyennes diftances ; elle s'en + quelque- - fois ie 91,454 lieues, & elle s'en . Roi : n'en plus être éloignée que de 77,557 lieues. - Lorfque la Terre eft aphélie, & la Lune apogée, _&en DE LA LUNE, oppoñiion, la Lune eft dans {a plus grande diftance du So- _keil, elle eneft alorsè à 3 347 346: : iuess 5 ss la La En à 100 PH vs rToUE plus de cet aftre : on la voit fe lever le matin un peu avant lui ; elle fe perd enfin dans fes rayons, parce quelle eft en- tre la Terre & le Soleil, & que nous n'appercevons plus aucûne portion de fon hémifphere é éclaire. C’eft l’hérifphere obfcur qui eft tourné de notre côté, comme 1! l'étoit avant qu elle commencçât à paroïtre; & Ce cette poñtion qu "on appelle conjonction. L'intervalle de tems entre ces deux conjonctions eft ce qu'on appelle une lunaïfon, où un mois lunaire, une révolution de la Lune. On la. Fébaide comme ayant . parcouru les 360 degcrés d'une circonférence autour de la Terre, en fuppofant ci ci immobile. Si Pon rapproche de toutes ces obfervations la comparai- on que nous avons faite de la chaloupe & du Beau. il fufira, pour que routes ces phafes, ou apparences y de- viennent applicables, d'admettre qu'au port du départ il y eût un fanal dont la lumiere éclairât le vaifleau dans toute fa route. Ce fanal repréfentera Le Soleil : alors il fera évi- dent que, lorfque la chaloupe pañleroit à larriere du vaif- feau, on ne verroit du vaifleau aucune partie éclairée de la ue de la chaloupe ; fa proue ne recevroit aucune lu- miere du fanal , fa poupe {eule feroit illuminée , & cette ue on ne ke verroit pas du ue ne la Sao rer: On verroit ee. ce he e un qui ces fur la Lune fon premier. quartie er: la lumiere Sy étendroit. I! arriveroit un moment où Fc on verroit du hou la moitié de ce flanc : la chaloupe feroit alors dichotome; * elle feroit pour les gens du. vaifleau, ce. que la Lune eff : QU - nous à fon premier quartier. ou la chaloupe ne , PR A ALU IEEE RE 1 EL GAS AE por PE DA NN NE AT 7 Fi « E £ 5 Ê Ë È Ë dé: a Lait ET dE Gt RER CAR DU MONDE, JIOX du en : les gens de ce vaifleau verroïent tout un flanc de la chaloupe , de la proue à la poupe ; la chaloupe feroit alors pour eux. ce qu'eft pour nous la pleine Lune. Lorf- qu elle pafleroit à ftribord, elle redeviendroit dichotome, ce feroit fon dernier quartier. Enfin revenue à l'arriere du vaïifleau, entre lui & le fanal, les gens de ce vaiffeau ne la verroient plus: elle feroit pour eux ce que la Eune eff pour nous lorfquelle eft entre le Soleil & la rie :& ce qu'on appelle nouvelle Lune. — Mais, nous diraton, on verroit de Héden toute. Le circonférence de {a chaloupe ; ; tous les différens points de cetté circonférence feroïient fucceilivement éclai- rés dans fes différentes a il en devroit donc être . ainf de la Lune. Or cette planete nous prélente toujours la même face, ou à-peu-prèss il paroît donc ici que la com- | paraïfon eft en défaut, & cette obfervation pourroit in duire à penfer que 12 nach que nous avons fappofées LE. Lune, net. pas celle qu cie fuit effectivement: mais une rélecon: bien. 7 doit arrêter notre pr oo = dans ce jugement. - — Entre les fx es - nous avons vu que quatre tournoient fur elles-mêmes ; ; &' nous en avons con- clu avec confiance , & avec tous les Aftronomes, que les deux autres devoient avoir le même mouvement. Pourquoi - la Lune, que nous confidérons comme une planete, ne l'e- gsyesirele Le aufli >. Alors ilfeft évident Je fa rota- 102 : PESsLern quon appelle une révolution fynodique ; fi la durée, difons-nous, de cette révolution eft égale au tems que la Lune emploie à tourner fur elle-même, il eft clair qu'il en réfulcera que nous ne devons voir que la même por- tion de fa furface : & alors la durée de fa rotation feroit de 27 jours, 7 heures, 43 minutes, 4 fecondes +, ainfi que la durée de fa révolution apparente. ce Tous les phénomenes s'accordent donc avec notre théo- rie de la Lune, & nous croyons qu'il eft impofible, après avoir confidéré notre Planche IT, de perfifter à croire que la Lune tourne véritablement autour de la Terre, quelle décrit une orbite autour d'elle, Nous croyons avoir prouvé, & avoir rendu fenfble dans Pexplication de cette Planche, & par la comparaifon que nous venons de faire, la véritable route de la Lune & fa rotation fur elle-même. Quant aux caufes phyfiques qui déterminent cette marche, & qui en reglent les différentes vitefles, nous ne pouvons les EXpo- fer ici; nous renvoyons à l'explication de la Planche II. La rotation ac la Lune fur elle-même réfulte donc né- ceflairement de ce qu'elle nous préfente toujours fon même - bémifphere, [left prouvé par toutes les obfervations, que cette rotation fe faiten 27 jours, 7 heures, 43 minutes, 4 fecondes 1; ce qui n'établit fa viceffe que de 3 lieues 684 roifes, où à-peu-près 3 lieues : par heure; & cette rotation paroït parfaiement uniforme. On voit combien elle eft lente, Aulfi n'a-t-elle produic far la Lune aucun effet fenfe ble, parce que la force centrifuge doit être très-foible, & environ 116 fois moindre que celle de la Terre ; &en effet on n'a remarqué aucun applatiffément dans cette planete On = LF Ë f M j (te Î ë SE î f À ê f DU. MON DFA 103 eft cependant perfuadé que cet applatiffement exifte : mais il faut qu'il foit bien peu confidérable rt on na pu juf- qu'à préfent le remarquer. C'eft donc uniquement parce que la Lune tourne fur elle-même, quelle nous préfente toujours la même furface: mais fa confidération attentive de cette furface offre un fpec- tacle aufli fingulier qu'intéreffant. À la vue fimple, on croit y appercevoir une efpece de figure humaine ; mais en l'examinant avec plus d'attention, cette apparence fe détruit, & l'on ne reconnoit aucune _— me réguliere. Enfin, à laide de lunettes & de télefcopes, on remarque des fans nombre, dont 48 feulement ont reçu des noms dans a Sélénographie Françoife, ou dans la Carte ou Fi igure de la Lune > que M, de Ca ini fit graver en 1692. Nous ne donnons point cette figure de la Lune ; on la trouve partout, & notamment ds la Con- noiffance des Tems, Ouvrage qui, depuis r70r, s'imprime tous les ans, Des 48 taches dont nous avons parlé, 8 por- tent le nom de mer, & fe nomment la mer des humeurs , k mer des nuages , +. mer des pluies, la mer de nectar, la mer de. tranquillité, la mer de férénité, la mer de ee dité & la mer des crifes; noms tout . arbitraires que _ ceux des 40 autres taches qui font prefque tous des noms _ d'hommes illuftres, & furtout d'Aftronomes célebres : les _ plus belles de ces ee font Tych6, Copernic & Képler. Nous ne nous propofons de donner Hiun Traité, ni même des. Elémens d'Aftronomie : cette entreprife, fi importante & fi diffici , à été exécutée e par M. de la Lande avec le av: = clarté R be Re Deere série, nn reg ge en ram EE Pin = Eee ee Le RE eee pre one = PNe OT ee ECS ES DST ET STE ONE PP CT 104, BPHEÉSROUS fatisfaifante fur lexpofition des recherches les plus abfkrai- tes & les plus profondes ; il ne nous refte qu'à exhorter ceux qui defireront acquérir des connoiflances dans cette Science , à lire avec attention cet excellent Ouvrage qui nous à été de la plus grande utilité, ainfi que les autres Ecrits de ce célebre Affronome, & les Articles qu'il a faics pour le Diionnaire Encyclopédique. Si nous ne citons pas. ce Savant à chaque fois, ceft uniquement parce que les citations feroient trop fouvent répétées. Nous ne traitons que de la Phyfique du Ciel ; les phéno: menes & leurs caufes font les feules confidérations dont nous nous occupons. Nous difons comment nous concevons Les mouvemens des corps céleltes ; nous latffons aux Aftro- nomes les rapports refpectifs de rous ces aftres dans rous les inftans de la durée & dans tous les points de l'efpace ; nous ne les fuivrons point dans leurs très-nombreufes obferva- tions fur la Lune, fur fes différens afpe&s dont on a formé autant de périodes connues fous Les noms de Révolutions, & qui fe diftinguent en Révolution tropique, Révolution fy- dérale , Révolution [ynodique, Révolution anomalfhques Révolution de l'apogée , Révolution des nœuds, &c,&c. Nous avons préfenté nos idées fur la route de la Lune: nous expoferons plus méthodiquement cette théorie dans la fuite , & fur-tout dans l'explication de Ja Planche IE, où nous trairerons fommairement de ces différentes révolue tions, Revenons à confidérer les apparences les plus frap- pantes de la Lune; ces confidérations doivent trouver leur place dans le Tableau du Ciel. __ Ileft évident, par ce que nous avons déja die, Lune ue Là TE: AO Léa LL ARS E SE IG EE LACS DEU> NÉGNDEE : Jos Eune eft un corps opaque, qu ‘elle ne brille que dela Iu- miere qu'elle reçoit du Soleil: nous avons vu que, lorfqu’elle eft en conjonction avec cet aftre ; ceft-à-dire , lorfqu'elle: eft entre lui & nous, la furface qu'elle nous préfente eft obfcure, parce que cette planete ne recoit de. lumiére: que fur fon hémifphere oppofé ; elle.eft alors invifible: mais: un jour ou deux après la conjonction ; on obferve fur la partie encore obfcure de fon difque une lumiere très-foible & très-päle, que les Aftronomes appellent lumiere cendrée, | où lumiere feconde. ; mais qui n’eft que l'effet de la de la lumiere, de la Terre fur ce difque : il eft évident: que là Terre renvoie à la Lune la lumiere qu’elle recoit du Soleil , comme la Lune la renvoie à la Terre; que la Terre fi. de Lune à la Lune elle-même , .& qu'ayant un diametre beaucoup plus grand, ellé lui . un plus. grand difque ; qu'ainfi elle doit y produire plus de lumiere, Lorfque la Lune eft en conjonction, & qu'il eft pour nous nouvelle Lune, il eft donc pleine Terre pour la Lune : lorf- qu'au contraire la Lune eft en oppofition avec le Soleil., & que fous fommes entr'elle & lui, mais non pas fur la même. ligne , ellerecoit tous fes rayons; lors il eft pleine Lune pour nous , & nouvelle Terre pour la Lune ; ceft-à dire, pour. lhémifphere de la Lune toujours tourné vers nous: car, il. eftcertain, fi la Lune eft habitée ; que les habicans de: e autre D ue ne doivent jamais nous voir: enfin, dans. les quadratures, & lorfque la Lune eff à 90 degrés du on. nous. voyons la moitié de fon difque , & nous n’en voyons. que le quartéclairé. < elle ef dans Les cÊaRRe + eftà-dire, 7 45 deorés: Eu | idemment 1 : Teme 11. 106 RmmRShgUE. “£a petite diftance àlaquelle la Luneeft de nous, nous per- met. d’ acquérir far fa furface, que nous: on C ro de beau- coup plus près , des connoiffances plus politives que nous ne ouvons en avoir fur lesautres planetes. Les inégalitésde certe farface qui {e laïffent appercevoir à la vue L deviennent très-fenfbles lorfqu'on les regarde avec les lunettes & les tré lefcopes ; on diftingue alors ds élévations énormes, qui ne peuvent être que des montagnes dont on reconnoît très- parfaicement les vallées ;-lorfque la Lune eft à fon croiflant. Dans les lieux bas, on voit dés parties plus où moins-éclai- rées. Quelques Ace ont penfé que ces lieux moins éclairés font de grandes furfaces d'eau, la furface folide . réfléchiffant beaucoup plus de lumiere que la. furface des vaftes océans , qui.en abforbent une grande partie , comme Corps diaphanes 5 & de- à font venues les dénominations des mers fuppofées dans la Lune. | _ Riccioli à mefuré la hauteur d'une des montagnes de la Lune ; & ill'a trouvée d'environ trois lieues, c'eft-à-dire .: beaucoup plus élevée qu'aucune de nos montagnes, dont la: plus haute n'a pas ps d une lieue & un quart +. eo. : on croit donc reconnoitre , fur la furface de la Lune, des montagnes, des vallées, = mers, des ifles , des POLE toires, des lacs. “L'ingésienx Auteur dan trop. cos à tous: égards, introduit des Interlocuteurs qui voient dans la Lune: biere autré chofe ; ; le Curé y voit un clocher ; une femme ten< dre y voit des amans. Ceringén uxapologue p peuts appliquer à: beaucoup d’obfervateurs ee beaucoup d'obfervations. Tousles Aftronomes: ne font cependant pas d’ accord. sa mers de la Lune; quelques-uns ont Cru reconnoître dans ces DR LE NT LC CE Ne LEA EU PU PUR DR TRS A RE NOR => PSE ENTREE MAQUETTE" ARIANE EI CPP EMI NRTIT > È de D\Us Mox NE: DE, éxo7 éfpaces, pris pans des furfaces d’eau , un nombre infini de ca- vernes, Ces cavités énormes ne fenfibles par les om- bres qui s'y projettent Iomqne la Lune croît, où lorfqu'elle eft - en décours : Pœil paroît alors. pere la profondeur deïces prétendues mers: on croit y reconnoître des afpérités ; des “abîmes; ce qui excluroit néceffairément toute idée d'océan. *Au-lieu d’être confidérés comme de vaftés mets , CES pays -pourroient donc l’être comme très: hériflés de montagnes “fort: rapprochées, ê& que- la nature, de leur fol, ou de leurs productions, rendroit moins: propres. à Ja lumiere. Il eft vraifemblablé que le champ reftera encore long-tems -très-libre: aux fuppofitions : ; parmi celles qu'on peut fe:per- mettre, c'en eft aflurément uné fort raifonnable qué de regarder la Lune comme propre à être habitée elle paroïît en tout aflez femblable à la Terre; Les diffincés-au Soleil different infiniment peu de celles de notre globe. Jt réfulte de nos principes fur fa manière de lee là chaleur fo- daire fur les corps céleftes, , que la plus grande chaleur que Je Soleil puiffe ‘procurer à la Lune, eft à la plus grande à chaleur : que la Terre puiffe en recevoir , comme 1040 eft à 1034, & que la plus petite “chaleur : que la Lune puifle recevoir du Soleil, eft à la plus petite qu'il‘puiffe produire fur la Lérre. comme. 961 ft à 967 5: différences infenfibles qui ne hi pas la Lune inhabirable pour nous. La plus effentielle que nous püifions ÿ trouver ; {eroit la” durée des jours & des nuits qui y font d'environ quinze des. nôtres, k révolution fynodique « e cette ‘planete « : de 29 : > à SL: : durée 2. né "108 PERTE LOUE. nuit, comme la révolution de la Terre en 24 heures com prend notre jour & notre nuit. à : Selon plufeurs Aftronomes , la Lune n’a point d'atmof- : phere : alors il nous feroit impoñible de concevoir la nature des êtres, tant végétaux qu'animaux ; qui pourroient exifter ur fà farface; il nous feroït même impoflible de concevoir la nature de fa fubftance ; nous ne pourrions plus y fuppofer “ni compoficions , ni décompofitions ; il fandroit que nul fluide ne pénétrât cetce fubftance, que fa matiere fût: ab- folument fixe, que rien ne pûrêtre volarilifé par la chaleur “qu'elle éprouve. Une mort générale & abfolue régneroit -donc fur ce globe, il feroit fon domaine éternel ; car il feroit “difficile de fuppofer quelles circonftances pourroient y pro- -duiré un jour le phénomene de la vie. mr dise Rien affurément ne choque la raifon plus qu'une pareille fuppofñtion: examinons les motifs qui ont autorifé des Phi- lofophes à f la permettre. Il leur a paru que, lorfque des étoiles font près de la Eune, leur lumiere ne fouffre aucune réfraction ; ils en ont conclu que la Eüne na point d'atmofphere , au moins point d’atmofphere femblable à la nôtre, & qui foit un milieu refringent: or, il eft impoffi- ble de concevoir un milieu atmofphérique qui ne foit pas réfringent : il n'y auroit certainement point de vapeurs aqueufes dans ce milieu ; car l'eau & fes vapeurs réfra@tent CN EN ER ARR A Ass PRE Re ERNEST Eu + Fe at UNE AUTTE CON= SR fi Le LS DU MONDE 109 ce principe ÿ exiftoit dans une certaine abondance , Comment concevoir qu'à la diftance où la Lune eft du Soleil, c principe ne s'élevât pas en vapeurs, qu'il ne produisit pas des nuages, furtout pendant des jours de quinze fois 24 heures où à-peu-près ? Or, fi l'atmofphere de la Lune étoit auf remplie de nuages qu'elle devroitl'ètre dansl'hypothefe, on les appercevroit, ils varieroient les apparences des dif- férentes parties du difque, quelques-unes feroient fouvent cachées : or ajoûcentils, on ne remarque rien de fembla- ble; donc la Luis n'a point d’atmofphere. = Nous avons vu combien cette aflertion répugnoit à j la raifon ; à Fanalogie , aux dédu&tions tirées des caufes finales. - Nous on en Philofophie il faut être refervé fur ces déduétions. Nous penfons cependant que celle de toutes à laquelle ileft Le plus permis d'accorder quelque confiance, c'eft celle qui nous porte à penfer que tout a été créé pour jouir de l’état de la vie, ou pour contribuér à cet état: mais f: la Phylique & la . répugnent à admettre que {a Lune eft privée d’une atmofphere, confulrons les faits qui font le tréfor de la Phyfique. On nous oppofe des obfervations, oppofons à à notre tour des raifons & des obfervations. La premiere objection eft qu'on n’a point obfervé de ré fradtion fenfible dans la lumiere des étoiles très-voifines de Bi Lune : mais certe atmofphere doit être confidérée comme très-petite. Suppofons, en effet , que la hautéur des atmof … pheres des planetes fuflent, à … égales du Soleil, comme les furfaces o ou parties exhalantes de ces planeres : + admettons er otre que de Terre & bte Le a | de même nature ipp - f10 PETS or mais qui n'eft peut-être pas fans quelque vraifemblance, alors il eft aifé de reconnoitre que l'atmofphere de la Lunern'au- roit pas plus de deux lieues de hauteur , même en admettant celle de la Terre de 54,488 toifes d'élévation où d'environ 24 lieues; ce qui, felon pluñeurs Phyficiens, eft la plus orande hauteur que l’on puifle donner à l'atmofphere ré- fringente de la Terre. Suppofons, pour tout fimplifier, & pour ne nous pas jetter dans des calculs déplacés ici, que la réfra@ion foit comme les hauteurs , & admettons que lors de ces obfervations , la réfraétion de l'atmofphere terreftre fuppofée de 24 is eùt été dune minute , la réfraction produite par. l'amofphere de la Lune, neût LL. été que de: la douzieme partie, ou de cinq RE Or, filon fait at tention à toutes les circonftances qui peuvent, même mo. mentanément, faire varier les réfra@tions , tant dans l'at- mofphere de ” Terre, que dans celle de fa ne. l'on verra combien il eft difficile de reconnoître la réfra@ion infiniment petite de larmofphere lunaire. Auf M. l'Abbé Bofcowich.. a-tilafluré , dans une très-favante Differtation far l'Atmof. phere de la … , que cette atmofphere pouvoit ètre aufli denfe que l'eau, ln que nous puflions en reconnoître les effets dans {a es il fappofe feulement quelle pour- roit bien être [a caufe qui nous empêche d'appercevoir dif tinétement les montagnes fur {e bord de la PRE randis: qu'elles font très-apparentes fur fon difque. ee me Paflons à lobje&tion des nuages qui devroient ofulquer {ouvent le difque de la re Nous répondrons 1°. que: quelquefois la Lune difparoït à nos yeux par: un tems clair: & ferein ; de maniere qu'il eft PONS de fn et cévoir” : CPR PSN R VIREMENT RATE TAETIEOLE NUIT pu MoN DE. TITI avec Les meilleurs verres, quoique les étoiles même de la fixieme grandeur foient toujours vifbles. Ce phénomene a été obfervé par Képler en 1581 & 1583; par Hévé- lius en 16205 par Riccioli, &par beaucoup d'autres en 1642, quoique la Lune fût reftée vifible de plufieurs autres endroits. : On ne peut attribuer à aucune variation, à aucun effet de notre atmofphere ces difparitions de la Lune, puifqw’elle feule difparoïfloit , & que toutes les autres étoiles conti- nuoienc d'être également vifibles : on ne peut donc en cher: cher la caufe que dans quelqu'épaiffiffement trés-confidéra- ble du fluide qui environne la Lune. Le 23 Décembre 1703 , il y eut une difparition totale ; la Lune fe montra d'abord, à Arles, d’un brun jaunâtre ; à Avignon, elle parut jaunâtre & tranfparente, comme fi le - Soleil avoit brillé à travers; à Marfeille, un des côtés parut rougeatre, & l’autre fort obfcur ; à la fin elle difparut tota- lement, quoique dans un tems ferein. Il eft évident que dans ce phénomene, les couleurs qui paroïifloienr différentes {ur différentes parties de la Lune, dans un même temes, n'ap- partenoïient pas au corps de la Lune; mais elles devoient être Veffet de quelque matiere qui l'entouroit , & qui fe trouvoit difpofée de maniere à ne donner paflage qu'à des rayons de telle ou telle couleur : ces apparences des couleurs de la Lune ont fouvent répandu l’effroi parmi Le péuple, ainf : ee les <clipfes & les cometes. La deftrution de ces préju= gés tidicules peut être mife au rang des avantages procurés Hévélius rapporte qu'il a fouvent trouvé, quoique dans 12 PHYS10L+ un tems très ferein, lors même que l'on pouvoit voir les étoiles de la 6° & de la 7° grandeur, quà la même hau- teur, à la même élongation de la Terre , & avec le même télefcope, la Lune & fes taches n'étoient pas toujours épa- lement lumineufes, claires & vifibles ; mais qu'elles étoient plus brillantes, plus pures & plus diftinctes dans un tems que dansunautre. Or, par les circonftances des obferva- tions, il eft évident qu'il ne faut chercher la raifon de ce phénomene, ni dans natre air, ni dans la Lune, ni dans l'œil du fpectateur, mais dans quelque fluide qui environne le corps de la Lune. Enfin, M. Caflini a fouventobfervé que Saturne, Jupiter & les étoiles fixes lorfqu'elles fe cachoient derriere {a Lune, paroïfoient, près de fon limbe., foit éclai- ré, foit obfcur , changer leur figure circulaire en ovale; fou- vent auffi dans d'autres occultations, il n’a point obfervé d'ak térations. Dans le cas où la figure de Jupiter & celle de Sa- rurne ont été altérées, ils éprouvoient donc ce que nous voyons arriver au Soleil & à la Lune, lorfqu'à leur lever, ou à leur coucher nous les obfervons à l’horifon à travers une atmofphere très-vaporcufe. Or , nous favons par une expérience conftante & certaine que la figure circulaire du Soleil & de la Lune ne fe changent en elliptique qu'a caufe des réfraétions que lesrayons de ces aftres fouffrent dans latmofphere. Enfin, M. le Monnier a obfervé en 1736 & en 1738, que l'étoile Aldébaram paroïfoit en plein jour. s'avancer un peu fur le difque éclairé de la Lune; ce qui ne pouvoit être que l'effet produit par la réfratio” des rayons de cette étoile dans latmofphere lunaire. L'étoile ne difparut. qu'après avoir entamé très-fenfiblement le difque de fa Lune. 1 74 RCEDNNTUS FREN PRIRENT DIR D PT TRUE ee NT ESe Du MonNpbEe. I13 Il eft donc permis de conclure de toutes ces obfervations, : EN : & > : L que dans les tems où [a figure Circulaire des Corps céleftes eft changée en très- -près de la Lune, certe pla- nere eft entourée d'un fluide plus denfe qui réa les rayons que ces aftres nous envoient; & que, fi dans d’autres tems on nobferve point ce changement de figure, ce fluide ft alors moins denfe, moins épais. Tout concourt donc à prouver ce que la btae Phyfique nous avoit induit à fup- pofer 5 tout nous confirme dans la _perfuafon que la Lune à une atmofphere, & que cette atmofphere: éprouve de gran- des variétés : mais elles ne nous font peut-être pas fenfibles auf fouvent qu'on feroit d'abord porté à le penfer, parce que les nuages peuvent fe trouver le plus fréquemment dans la partie de | qui neft point éclairée du Soleil. La chaleur eft très- “grande dans cette partie éclai- rée , puifque le Soleil lui envoie fes rayons pendant près de 15 fois 24 heures fans difcontinuer : cette chaleur peur donc fuffre pour raréfier cètte partie de l'atmofphere , & pour chafler, par fon mouvement: d'expanfon, les nuages dans Je nie. oppofée , OÙ. pour raréfer [es vapeurs, de maniere à les rendre infiniment moins denfes, de A toutes ces obfervations qui ne permettent pas de dou- ter que la Lune n'ait une atmofphere, il s’en joint une autre qi confirme cette opinion. Dans une éclipfe totale du So- lei on voit la Lune couronnée d’un anneau lumineux pa. : rallele-à à {à circonférence. Dans la grande éclipfe de 171$, cet anneau fut vu de tous les bé où on obferva la Lune, Le mème pen felon Képler,-à Naples & à Anvers dansune éclipf Tome TL, 055" Volf l'obferva dans = I14 PHYSIQUE une éclipfe de 1706, avec cette circonftance remarquable, ue la partie de cet anneau la plus voifine de la Lune étoit vifiblement plus brillante que celle qui en étoit plus éloi- se BL S ! { Se : -gnée ce qui eft confirmé par les obfervations des Aftrono- mes François dans les Mémoires de PAcadémie des Sciences de 1706. | | Concluons donc avec confiance, qu'il y a autour de la Lune un fluide, dont la figure correfpond à celle de cet aftre, un fluide qui a la propriété de réfléchir & de brifer les rayons de la lumiere ; que ce fluide, plus denfe auprès du corps de la Lune, & plus rare au - deflus, fouffre des . variations dans fa denfité, felon différentes circonftances. Or, toutes ces propriétés conviennent à notre atmofphere, ou à ce que nous appellons notre air : tout nous induït donc à croire que la Lune a fon air, ainfique nous; & puifque la différente denfiré de notre air dépend de fa différente raviré, de fa différente élafticité, il faut aufi attribuer la différente denfité de l'air lunaire aux mêmes caufes. Nous avons de plus obfervé que la denfité de l'air lunaire n'eft pas toujours également tranfparente, puifque fon atmofphere change quelquefois la figure fphérique des corps céleftes, & qu'elle les fait paroître ovales, & que quelquefois elle n'alrere point ces figures. On a obfervé encore dans quelques- unes des éclipfes totales dont nous avons parlé , & immé- diatement avant limmerfon, un tremblement dans le limbe de la Lune, avec une apparence d'une fumée claire & lé gere, qui fe tenoit fufpendue au-deflus, avant l'immerfon: & comme ces mêmes phénomenes s'obfervent auf dans notre air, lorfqu'il eft très-chargé de vapeurs, il eft prefaue = F mx MAI UALT AE 7 | DU MonNDE. _ 1 notre que, lorfqu'on les obferve dans l'atmofphere de la Lune, cette atmofphere doit alors être très-chargée de va- peurs & d’exhalaifons : enfin, puifque dans d'autres tems l'air _ de la Lune eft clair & ee & qu'il ne produit aucun - de ces phénomenes, on doit en conclure quil eft tombé fur cet aftre de la rofée , de la pluie, ou de la neige; &c. La Lune eft donc, à tous égards, un corps femblable à la Terre, & qui paroït propre aux mêmes fins. En effec, nous avons démontré qu'elle eft denfe, opaque , qu'elle a des montagnes & des vallées; elle paroït avoir des mers, des ifles , des péninfules, des rochers & des promontoires ; nous avons fuffifamment prouvé qu’elle a une atmofphere chan- geante, où les vapeurs & les exhalaifons s'élevent pour en retomber enfuite : enfin, elle à un jour & une nuit; notre Soleil éclaire pendant environ 15 fois 24 heures de fuite . une partie de fa furface, tandis que l’autre, privée de fes rayons , neft éclairée que par la Terre qui lui fert de Lune ; elle à des faifons comme la Terre. | On peut donc conclure de rous ces faits, & par une ana- logie très-perfuafive , une grande lembl tee entre Pétat de la Lune & celui de la Terre. Les changemens auxquels fon armofphere eft fujerte, doivent produire des vents & | d'autres météores ; &, fuivant les différentes: faifons de fan- née, des brouillards, — pluies, de la < celée, de la neigé, de La grêle : : les nee de la furface de fa une doivent donner lieu à la. paies des fources, des rivieres , ; des lacs , des. mers, 7 Or ; nous Le ben ge notre = Ps É- 2 # - Sens hdi nil LES EE ES TS à ET Ses og T16 MU TYSIOUE faire végéter les plantes, que Les plantes croiïflent & fe re- on. pour noûrrir des animaux , qu'en tout tend à sanimer, & que la vie animale eft . plus grand degré d Re à des forces de la Nature. Tout nous induit dc à penfer qu ya dans la Lune des plantes & des animaux ; ces habitans de la Lune femblent même, entre tous ceux des planetes, devoir être ceux qui different Le moins des nôtres, quant à leurs modifications, puifque la chaleur yÿ efv à-peu- près la même. La Nature eft uniforme & conftante dans fes procédés, les mêmes caufes produifent les mêmes effets dans des circonftances femblables. Voila quant æla Lune confidérée en elle-même : obfer- vons encore quelques-unes de fes apparences. La premiere -qui nous frappe, c'eft la grandeur quelle nous paroït avoir quelquefois à l'horifon ; 1left cependant certain & démon- tré qu'elle eft alors plus loin de nous que lorfqu'elle eft plus élévée , & que c’eft lorfqu'elle paffe au méridien qu'elle eft le plus près de nous : elle devroit donc alors nous paroître plus grande, & ce feroit lorfqu'elle fe leve & à l’horifon qu "elle devroit nous paroïtre plus petite. Pourquoi donc ‘lecontrairearrive-t-il > Nous ne pouvons mieux faire , pour. -expofer d'une maniere claire & fenfble la raïfon — cette apparence, que de copier M. de la Lande. Voici comment 1} ne fur cette pe dans fn Aftronomie hr VIT, AS. « S Fe cn ee _ de sparoître. plus de 4 » nos YEUX ; ; & Poblervanon. Aite avec üun inftrument quel- ». in prouve fans ce aux Aftronomes que da. Lune > ‘paroïît _ unangle plus Pare lorfqu'elle cha l'hori De Re APM Y EOSTRET PTIT EN SR MMTNNONEE SEE TEDEC DU MonpDr, | 117 » Cependant un fait cénéralement reconnu , c'eft que {à » Lune, à la vue fimple , paroît d’une grandeur extraor- » dinaire, lorfqu'on la voit fe lever à la fin du jour derriere » des bâtimens où des montagnes : il n'y a prefque perfonne: » qui nesimagine la voir alors deux ou trois fois auffi large: » que quand elle arrive à une grande hauteur. C'eft-l cer- » tainement une illufion optique, & elle a lieu même pour » les autres Aftres; mais il fuffit de regarder la Lune dans » une lunette quelconque, dans un tube de papier, & mé- » me, fi Pon veut , à travers d’une carte où l’on à fait un » trou d'épingle à Pour {e convaincre que l'augmentation » neft point réelle, & que le diametre de la Lune eft vu » au contraire alors fous un plus petit:angle, que lorfque la _» Lune eft à une plus grande hauteur ». - ea . & Régis, dans fon Syftême de Philofophie, Tom. IV; » Liv. 8, foutenoit que c'étoit un effet de la réfraction s- » mais au lieu d'étendre les objets, la réfraction les accour- > cit & fait paroïtre les diftances plus petites. > ILeft difhcile de fe former une idée claire de la caufe de ».cetteillufion , fi ce f'eft en admettant avec tous les Op- » ticiens, ce jugement tacite, commun & involontaire > par » lequel nous eltimons fort grandsles objets que nous jugéons » être fort éloignés, en même tems que nous jugeons les: _» objets fort éloignés lorfque nous voyonsa la fois beaucoup » de corps interpofés entré nous & ces objets; Roger Bacon; ( Ouvrage qui s'eft perdu. ); nous apprendque cer Au- fcartes & le Pere Mallebran= Liv.T), l'expliquenc de » »: » 118 PHYSIOUCE même maniere. Voici donc, ce me femble, le nœud de Ja difficulté. » La Lune fe levanta fl ee derriereune montagne , où à l'extrémité d’une plaine, paroit néceflairement à à la fuite de plufieurs objets fenfibles & variés; au-lieu qua une certaine hauteur on éleve lavue pour appercevoir {a Lune, & l’on ne voit rien entrelle & nous qui puiffle nous faire » juger de fa diftance. Dans le premier cas, notre imagination » accoutumée à juger de l'éloignement d’un corps par la mul= titude d'objets qui parole entre Jui& nous ,eftime la Lu- ne fort Loin de nous ; & cela par habiude, par inftin&, & paf une faire de fa maniere diftinte de juger les diftances. Or, un même objet que nous jugerons fort. ‘éloigné, fera jugé plus g grand que fi on le croyoit fort près: ainfi la Lune dans l’horifon eftimée ä une plus grande diftance, eft jugée plus grande'par cette premiere perception; la réflexionne fuffit pas pour empêcher la liaifon de ces deux jugemens, parce que l'habitude continuelle y a mis une dépendance fi néceffaire qu of ne peut plus les féparer. On trouvéra. d'autres preuves de ce jugement habituel &involontaire fur la grandeurdes objets, dans le premier Volume du grand 1. d'Optique de Smith , art 160 & fuiv. Tom. 1, pag. ax de l'Edition du P. Péfenas, à Avignon 1767. » Le Pere Gouye fubftituoit, ou ajoutoit une autre on. dération à celle-ci; &; je crois qu'elles p euvent aller enfem- ble, & fe fortifier mu uelleme: ent. Une ce lonne © qui paroit + d'une muraille, ou qui eft environnée de plu fieurs objets différens, & mêmeunecolonne cannelée , fem blé en général être plus grande que fi elle: éroirfimple & RON" CFE : of avoir été l’année lunaire, que l’on faifoit de 30 jours. -Lorfquon voulut étendre la mefure du tems, & en com- ; tion, on fit l'année de deux mois, & fuccefivement de trois, ‘ -de quatre ; enfin de douze. Telle étoit célle des — de fa Lune à déterminé pour tous les peuples ployée, c’eft encore cette révolution qui forme notre mois; femaines. Ces phâfes changent tous les fept jours; leur retour périodique eit de 28 JOUrS , où d-peu-près ; & Îa D ESMONDE 12$ Le jour de la pleine Lune étoit également un orand jour eonfacré chez la plupart des peuples. Les révolutions de la Lune paroïffenc ivoire pour routes les Nations la premiere mefure du tems. La coufte durée de ces révolutions dut être & beaucoup plutôt remar- quée, & plus facilement déterminée que la révolution fo. laire, qui exigeoit beaucoup plus d'obfervations ; elle étoit auf la plus facile à employer pour des peuples : ‘qui n'a- voient ni un grand ufage du calcul, ni befoin d'embrafler de grandes Lee de tems. La prerniere ahnée paroît en prendre un plus crand intervalle dans une feule dénorñina- “ tems de Moyfe; elle étoit formée de douze mois lunai- s, fuppofés de 30 jours chacun. Enfin sil paroît que la la durée de la premiere période de tems qu'ils aient em- &il paroi certain que ce font Les phafes de fa Lune qui. font l’origine de la divifion du tems en fept jours, où en différence à dû être n négligée pour la facilité de la ne €n mois. Nous ne nous étendrons pas davantage i ici fa l'ifloire de la divifion du tems ; elle appartient à la Chronologie. On peut confulter bear ucoup d'excellens Fraicés écrits s'Îur 126 APGRETEUHO VE cette matiere, .& particuliérement immortel Onyraèe de M. Court de Gébelin. La Lune jouoit un trop grand rôle Lu le Ge cette feconde Divinité de la Nature, qui en partageoit l'empire avec le Soleil, paroifloit avoir trop d'influence fur la Terre, pour qu'on ne lui attribuât pas beaucoup d'effets, Non nentreprendrons point d'en faire lénumération : Jamais carriere plus libre ne s'eft ouverte à l'imagination ; peut- [a 3 Si A ; : LA ee | { être auf n'en eft-il aucune où cetre faculté aït erré de plus de manieres, La Lune à été regardée comme exer- çant des actions très-mulipliées &-très-variées fur tous les individus de la Nature: minéraux, végétaux, animaux, tout était foumis à fes influences. Elles contribuoient a toutes les produtions, à toutes les deftructions, & agif- -foient différemment füivanc. les différentes phâles. . . porter toutes.ces folies, ce feroic abufer de la patience des Lecteurs ; iL n'en eff point qui ne les ait entendues cent fois, ainft que Les chimeres. fr ience des no fi ignes ca zodiaque. : : | : -Nousne Se pas nier on que a Rose à n'a ‘gi ile réellement. & phyfiqueme: rt fur notre atmofphere, & par elle fur Pérat des différens individus de notre globe, Le Phyfcien, rebuté par les prèj ugés, les vifions, Les erreurs populaires , dédaigne trop fouvent des …. mal faices fans doute, mais qu xl faudroit. vérifier avant de les rejeuer, L'œil de l'ignorance ne peut ni Les faifir dans leur véritable point de vue , ni diffinguer tour ce qu'il convien- droit d'y tenarquers & l'œil de ” Îcience s $ dérourne wop précipranment. - and GE GERS DU MON DE … 127 Si ta Lune contribue aux marées, elle produit nécefai- rement des effets analogues fur notre atmofphere ; fon ac- tion fur nos mers ne s'opere que par fes impreflions fur cet océan d'air qui nous entoure, s'il eft permis de fe fervir de ce terme: elle @it donc y produire des mouvemens fem- blables à ceux que, dans les vaftes baflins des eaux, nous _appellons marées. Il doic en réfulter des vents qui ne peu- vent être attribués qu'a cetre caufe. Ces vents peuvent & doivent produire des aétions fur tous les corps ; mais ces va- riations de l'atmofphere , qu'il faudroit rapporter à la Lune, font modifiées par tant d’autres caufes; elles font fi combi- nées, fi compliquées, qu'il eft bien difficile, sil n'eft même npofñlible, d'y diftinguer les effets propres & particuliers à la Lune. Cependant le Doeur Mead, Médecin Anglois, d'un mérite très-reconnu , a tenté cette entreprife fi délicate & fi épineufe ; ce Savant a donné un Ouvrage intitulé, De ‘2mperio Solis ac Lunæ in corpore humano. Ce Traité eft rem pli d'érudition & de vues très-faines; il eft infiniment à de- fier que les Phyficiens & les Médecins raffemblent, fur cetté importante matiere, des obfervations qui ferviroient peut-être un jour à en déduire une théorie certaine, & qui alors feroit très-importante. Nous avons jufqu'ici confidéré la Lune en Aftronomes, enPhyfciens, en Chronologiftes : délaffons-nous un inftant de ces recherches laborieufes; elles exigent une contention d'efprit qui devient toujours fatisuante , lorfqu'elle eft con: tinue & prolongée. Que jamais nos études, même fes plus profondes, m'alterent cette difpofition précieufe de notre âme, qui nous invite fouvent à planer fur Les objets agréae PANETTIERE OUT FT PL RS ln D R - TE PQ PILOT RU TE VE rm em res SH es, SPERYOSSE OU: È : ee ; £ ; : REX bles , fans en rechercher la nature. Laiflons-nous entrainer quelquefois par cette imagination vive &légerequi, fuyant. toute gène, ennemie de toute marche rigide , ne s'arrête que far ce qui lui plate, &ny cherche d'autre propriété que celle de lui plaire; qui, même dans fes égaremeñé$ multipliant pour nous les douces illufons, ces charmes Les plus nombreux & les plus certains de notre vie, n'aime qu'à jouir fans peine de ce quelle peut quitter fans regret. N'étouffons jamais cette heureufe & naturelle facilité de l’efprit qui feule peut ré- parer fes forces que détruiroit bientôt une contention lon- gue & conftante. Imitons la Nature en l'étudiant. Voyez comment elle fait varier & mêler fes effets at milieu des tableaux les plus majeftueux, au milieumême de cestableaux fombres & terribles qu'elle fe plaît quelquefois à crayonner, coujours des beautés d'un genré agréable fixent & char- ment nos regards. Ces monts audacieux, que couronnent des rochers menaçans , offrent au voyageur qui ofera sé. lever jufqu'à leurs fommets, & des vues délicieufes, & des lits de la plus riante verdure ; c'eft là que la Nature l'invite à fe répofer. Sufpendons, comme lui, notre marche labo- rieufe : en arrachant les ronces &les é épines de l'ignorance, cueillons les fleurs qui doivent être le prix de nos travaux. Malheur au Savant qui ne facrifie jamais aux Grâces ! Duf. . fent-elles être toujours fourdes à notre voix, nous les’ in= voquerons toujours: c'eft d'elles feules que nous pouvons obtenir le don de plaire. Efpérer cette faveur, c'eft le plus ee encouragement que nous puiffions recevoir. - Mais pourquoi ces repos, que des Lecteurs trop fève: res. appélleronc peut-être des écarts, nous feroie =. Das Der Mince Me fc Cab ira er ere du 21 DA À cr ae D vont MT Pr LE die SR OC 27 br A4 1 Dr fa LA ed d TIRE IENENT PAC PONT TPTAIE LE à. E F4 È à À D pu Monpr. 129 interdits : Ce n'eft point une differtation fcientifique que nous écrivons ici. Faudroit-il le répéter encore? nous de- firons écarter de notre Ouvrage cette forme aride & fafti- dieufe qui cara@érife trop fouvent les Livres qui traitent des Sciences : que ne nous eft-il pofible de couvrir de fleurs le chemin qui conduit à leur fan@tuaire! Nous invitons nos Lecteurs à confidérer avec nous la Nature; mais en l'ob- fervant, en cherchant à pénétrer fes fecrets même les plus cachés, parcourons-la toujours comme un jardin délicieux, & non comme les fombres détours d'une caverne profonde ; jouiflons de toutes les beautés de détail qu'elle nous pré- fente, en admirant leur majeftueux enfemble ; foyons atten- tifs à ne négliger aucune de celles qui fe trouveront fur notre route: ceft ainfi que nous nous dédommagerons des €nnuis qui en feront quelquefois inféparables. . Semblables au chafleur excédé de fatigue , qui S'arrête & cherche un doux repos au pied d'un chêne touffu, repofons- nous un inftant au clair de la Lune, telle quelle fe montre far le foir d'un beau jour d'été, lorfque nos yeux n’ap- perçoivent plus que ces teintes douces & affoiblies ) qua fi bien imité le pinceau de immortel Vernet : délaflons notre efprit des fatigues qu'il a dû éprouver dans les routes pénibles qu'il vienc de parcourir , il fera plus en état d'en entreprendre de nouvelles vers lefquelles if fe portera bien- tÔt de lui-même. ie = ne. Le Soleil seft plongé fous l'horifon : un autre hémif- phère jouit de fa lumiere , il recoit d'elle le principe de la chaleur ee de la vie. Confolons-nous de fon abfence, en. confidérant les avantages qui en réfulcent. Si cette ation Tome TI | - — Den OUPS A PESTE MCE AR AE 130 | PHYSIQUE puiflante qu'il exerce fur tous les êtres éroit continue ; fi des ardeurs trop vives excitoient toujours en eux une circula- tion rapide qu'accompagne néceflairement une trop grande tranfpiration , biencôr les fluides épaiflis, ou diflipés, ne fufi- roient plus pour abreuver & pour adoucir les parties élafti- ques & folides de ces êtres ; la Terre elle-même, aride &. defféchée, ne pourroit plus réparer ces pertes conti- nuelles ; les tiflus élaftiques perdroient leurs reflorts, les folides acquerroïent une dureté, une rigidité exceflives ; ils deviendroient imperméables; rien ne feroit nourri, rien ne feroit réparé, routes les fonétions cefféroient dans tous les êtres organifés. C'eft ainfi que la vieillefe ofifiant nos muf- cles & nos cartilages, amene cet inftant fatal, terme de nos peines & de nos plaifirs. Ce font Les viciflitudes du froid & du chaud, qui maintiennent l'action de la vie . & celle des reflorts dans le jeu defquels elle confifte; alrernativement rendus & relichés, ils confervent leur énergie par cet ufage continuel & varié de leurs forces. C’eft pour entre- tenir cette perpétuelle ation de la vie, pour que tous les | points de la furface de notre Terre y participent fucceffi- vement , que ce globe, en tournant fur lui-même, préfente à chaque inftant un nouvel hémifphere au Soleil. Sa pré= fence eft le tems du travail de la Nature fur La partie qu'il. éclaire; c'eft pour l'abandonner au repos qu'il s'en éloigne: qu'il nous a préparés, il femble alors nous inviter à jouir plus paifiblement des biens. e . Déjà Vénus, fous le nom de l'étoile du foir, nous avertit. de cefler de pénibles occupations 5 entre leur fatigue, &. le repos abfolu ; entre les peines du jour, & ce fommeil, = = à ë È Ê Ë À EF pe me TN SC NT TEE Per TRE Rent Rss ET RES RE Corus DU Monpr. 13X emblème de la mort, & qui en eft une fi douce i image , qu + foit un tems pour tes plaifirs. Qué les triftes foucis , que Les foins 1 inquiets fuyent loin de nous, comme ces nuages form= bres qui s'enfoncent fous l’horifon & quiémportent avec eux. Lorage caché dans leurs flancs. be douce fraîcheur fe ré- pand dans notre atmofphere , elle calme & répare nos fens trop agités. Les vapeurs quavoient élévé les ardeurs du Soleil, retombent fur nos ie - elles raniment nos fleurs languiffances & penchées, elles réparent leurs parfums difi- pés: déjà leurs douces odeurs fe rafflemblenr & fe confon- dent autour de nous ; nos gazons fe couvrent de ces perles que changeront en donnee les premiers regards de lAu- rore. La En en fon plein, éclairé la beauté fans ternir fon éclat ;. 2 vers elle que fà foible: lamiére guide n0S pas fans éblouir nos veux ; lle: Fenveloppe avec nous d'une gaze lègere qui raflêres la plus timide pudeur fans rien ravir Æh volupté. L'ombre de nos bofquets, que perçoient il n'y a qu'un inftant les rayons du Soleil, s'épaiflit, & deviene impénétrable : à ceux de H Euné; cet œil de Lx Nuie ref pecte des myfterés que la lumiere ne doit j jamais éclairer : læ Keine. du Si tnce le prefcrit À rous Les êtres, il s'étend aux: tour de nous. Le: rofhgnol & la fauvette font feuls: entendre leurs accents en chantant leurs amours ; ; äls femblent & être les» feuls i interprètes de la Nature; c'eft par leur tendre mélodié qu'elle diéte fes plus douces loix; ils invitent aw bonheur, out, fe taîc pour Les écouter ; mais ce n'eft qu'à eux qu'il ef permis de chanter de fi: doux. inftans. HE et pour nous un bon heur que lombre & : le fi ilence da OÏVENt TOO : enveloppers Se qu'ilne nouseft : ouvoir décris , ;qu'affoiblife RÉ OP AN Re RON DA VS men ee cree vas a eme US cie tes een EE ES éd OU 132 By s re vire fent & fétriffent même les expreflions Les plus vives lorfque le moment qui feul peut leur donner & leur force & leur. prix seft éloigné de nous : Se à l'inftant qui fuccede à ces délices. : En attendant que l'étoile du matin vienne arracher lAu- rore des bras de Tichon, & rappeller les mortels aux tra- vaux champêtres, ou au tumulte des villes, plus fatiguant: encore , qu'il ne foit pas un inftant perdu pour nos plaïfirss: cohrempléns cet aftre bienfaifant. Quelle loi lui prefcrit de: nous. éclairer fans nous éblouir, de ne nous ie que: cette. douce lumiere, auffi favorable à au ES de aux ee fances les. plus de . a — Nous avons vu que le dlametre. & É Tune n'éft que es 781 lieues , tandis que celui du Soleil eft de 305,918: & que par conféquent le difque de cet aftre eft 150,000 fois plus orand que celui dé la Lune : ce difque doit donc ré- fléchir beaucoup moins de rayons que le Soleil ne nous en. envoie ; ces rayons ont divergé en venant du Soleil à la: Lune. Nos flambeaux n claires point à cent pieds. autant: qu'à dix ; il en eft de même du flambeau du monde : {a lu- miere du Soleil ‘reçue en petite quantité fur uf difque très étroit, & treize fois & demi plus petit. que celui de la Terre, de encore en venant de la Lune à nos re ; che doit donc perdre encore! de fa force. ee Nous manticiperons point ici fur ce que nous avons À ide : de la lumiere 5 nous ne nous permetrons que des réflexions fimples, naturelles & à la portée de tous nos Lecteurs. Tous: favent que la lumiere s'affoiblitens ‘éloignant defa fource ; 5. gun pese corps en réfléchit moins qu'un grand & quel. DU MONDE. 133 lumiere réfléchie eft moins vive que la lumiere directe. Nous avons vu que la furface de la Lune étoit hériffée de mon- tagnes , d'afpérités ; que de grandes taches y abforboient la ne : ces montagnes, ces afpérités , réfléchiffant la lu- miere fous une multitude d'angles différens, doivent donc encore éparpiller fes rayons, f lon peut Le fervir de ce terme ; tous ne doivent pas + leur direétion vers nous: ces grandes taches obfcures ne nous en renvoient point; nous commençons donc à concevoir que cette lumiere peut: ne point produire de chaleur fur notre globe. Si les. rayons du Soleil , lorfqu'il eft le plus près de nous, au mois de Décembre , ne produifent qu'une chaleur très médiocre , uniquement parce qu'ils font moins directs , que font en- core en comparaifon ceux de la Lune ? Nous ne ferons donc point HR que les verres ardens les plus forts ne: puiflent donner à la lumiere de la Lune la force de faire. monter la liqueur de nos thermometres d’une maniere fenfi-- ble. Nous verrons bientôt que cette lumiere a trois.cent-mille fois moins. d'intenfité que celle du Soleil ; il faudroit donc, pour. qu'e elle produisit un effet égal, que nos miroirs aug mentaflent trois-cent-mille fois . . Nous. combien il s'en faut que ces inftrumens foient pores à ce point de perfe&tion. Nous ne devons donc pas être éton-. nés que la Lune ne produife aucune chaleur fenfible far la Te erre: nous difons aucune chaleur fenfible, car il ne faut pas croire qu'elle n’en produife point du tout ; mais nos. chermometres font bien loin du degré de présien, er faire pour indiquer de fi foibles chers. - ee o . Si notre échelle del chaleur doit di en plus de 134 EN Tr S 20 GE vingt-millions de parties pour exprimer la oradation de Derenfiré de {a chaleur dans les différens corps téleftes de notre fyftème folaire : quelle divifion feroit doncnéceffai. re, pour pouvoir repréfenter aux yeux, d’une maniere fen- fible , tous ces degrés (#1)2. La chaleur de la Lune peut donc être ble dans l'échelle phyfique de la Nature, quoiqu’elle foit infinimenc loin encore de pouvoir être faififfable fur nos échelles mé- chaniques & groflieres. Si Mercure & Saturne ont des babitans, fi ces habitans ont des thermometres , ceux de Mercure feroient toujours gelés à l'ardeur la plus vive de notre Soleil, + ceux de Saturne feroient réduits en vapeur par la er du Spitsberg : mais les fluides fans doute y font expanfibles ou condenfables, en raïfon des tempéra- tures pour lefquelles ils ont Êté de Tout eft fait pour les rapports qu'il doit avoir, tout eft placé fuivant fa na- ture & fes propriétés, C'eft fur la ligne qui s'étend de la furface . Soleil aux limites de fon empire , qu'eft tracée l'échelle des effets de . cet aftre. L'être intelligent qu'on fappoferoic placé à à cha cune des divifions . cette chele » Pourroït en mefurer « Ca) Nous nous oi de . La ft dé cet oe r, une échelle de - corps. planétai- : &.rapportées à la température moyenne de la Terré; ou PRISE à A caves de FOR vrage, & lorfque nous parlerons de la chale: r toutes fes différentes. intenfités. fur les diff res , exprimées en grand nombre a ve OR RNORTNOTI TIC TT PT AE AE b6 MONDE. 1 phyfiquement & méchaniquement tout ce qui fufiroit à fa nature & à fes befoins. C'eft affez que notre entendement ait la noble faculté de parcourir tout le refte de l'échelle - d'en concevoir les divifions, de s'élever jufqu'au principe qui les détermine , jufqu'à la loi qui les régit. | Il ne nous à pas été donné de réduire la chaleur à fes véritables degrés phyfiques s les divifions arbitraires de nos thermometres préfentent comme des unités des millions de degrés. C'eft ainfi qu'il ne nous a pas été accordé de ré- duire avec nos inftrumens tranchans la matiere à fes parties conftituantes élémentaires. Nous ne confidérons affurément pas les parcelles infécables à ces inftrumens, comme des molécules primitives : concevons de même nos divifions de la chaleur. . se | Nous penfons donc que la chaleur de la Lune, quoi- qu'elle ne produife point d'effets fenfbles fur notre globe, en produit cependant de réels. Peut-être un effet fembla- ble eft-il de quelque utilité à Jupicer, qui a quatre Lu- nes ; à Saturne qui en a cinq, & un anneau qui équivaut à plufieurs Lunes, tant par fa largeur, que par fa proxi- mité de la planete : les diftances énormes où ces aftres font du Soleil femblent léur rendre ces fecours néceflaires. __ Nous avouons cependant qu'il nous eft difficile de nous faire une idée jufte des effets de cette addirion de cha- le | fur ces planetes ; elle doit fe confondre dans leur froid excefff£ , Comme la chaleur de notre Lune fe con fond & refte infenfible dans notre température. Elle . feulement être quatre fois- plus grande fur Jupiter , & plufieurs a - pu il x 4 il # RE +14 41 re in Fe à 4: 1 x NE à ; 126 PHYSIQUE Lunes, dont nous ne connoiffons ni les diametres , ni l'e- rat de leur furface, réféchifent- elles plus de lumiere : mais nous connoiflons fi peu la phyfique de la chaleur fur notre globe, que nous ne devons pas être furpris de n'en pouvoir pénétrer les phénomenes fur Jupiter & fur Saturne, Quels que foient donc les effets que produifent fur eux leurs Lunes ou Satellites, arrètons-nous un inftant à con- fidérer ces planetes fecondaires , & parcourons. fommai- rement Le peu de connoiffances que nous avons pu acqué- rir fur ces aftres. | | Nous croyons ne pouvoir nous difpenfer , avant de quit- ter la Lune, de dire un mot d'une période Luni-folaire (x), bien fameufe dans l'antiquité la plus reculée , & très-anté- rieurement au déluge. Son rapport avec les révolutions de la Lune marque fafifamment ici fa place. * Cette période fut perdue pendant bien des fiecles : fa jufteffe au moins furméconnue chez les Nations mêmes où - (7) Une période aftronomique , ‘quand il s’agit d’un aître {eul , eft le tems qu’il emploie à parcourir le cercle qu'il décrit : quand il s’agit de plufieurs aftres , la période de leurs mouvemens combinés eft le tems qui s'écoule depuis qu'ils font tous partis du même point ; ou de certains afpeéts . jufqu’à ce qu'ils reviennent au même point, ou aux mêmes afpeéts. On voit. que cette efpece de période doit comprendre exattement un nombre de révolutions gomplettes de chacun de ces aftres. La grande année de 600 ans étoit une période de ce genre; car les Anciens appelloient année, - une révolution quelconque , foit d’une ou de plufeurs planetes. Ils appelloient grande année , celle qui embrafoit un plus grand intervalle de tems. Hift, de l'Aftr, Anc. par M, Bailly 3 p 66, SE DU M0 N D Er: 137 elle avait été employée, & par toutes celles qui ont cul- tivé l’Aftronomie jufqu'à nos jours. Z/ nous a fallu , com- me fa remarqué M. de Maïran, deux ou trois-mille ans pour en fentir route l'excellence. Combien de tems auroit-il donc fallu pour la déterminer (0) : Nous renvoyons à l'Hiftoire de l'ancienne Aftronomie - par M Bailly 5 c'eft dans cet Ouvrage, plein de génie » quon lira avec le plus erand intérêt l'hiftoire de cette période , & les très-judicieufes réflexions de l’Auteur fur (o) La grande année Sorhique ou caniculaire des Egyptiens , qui étoit de 1440 ans |, & dont l’époque remontoit à plus de 1300 ans avant Jéfus-Chrift ; leur grande révolution co/nique de 36,525 ans, & les dix-neuf fiecles d’obfervations céleftes, que les Chaldéens produifirent à Califfhene , {elon Porpkyre, lorfqu” 4/6 #andre e rendit maître de Babylone , fourniroient peut-être une prélomption moins avantageufe en leur faveur ; mais mieux fon- dée. Ne prenons cependant de tour ce.que je viens de dire, qu’un réfultat général : ajoutons-y les anciennes obfervations de la Chine ; & ne perdons point de vue le long intervalle de tems qui a dû fe trou- ver entre les nouveaux habitans d’un pays éloigné de près de 1000 lieues de celui d'Adam & de Noé, entre de premiers hommes igno=- fans, uniquement occupés À fe procurer les plus preflans befoins de la vie, à fe garantir des injures de l'air, & à fe munir contre des attaques de leurs femblables, préfens ou futurs, & des bêtes: froces, d'avec les hommes qui jettent les premiers fondemens de SAS e 1 e £ + e ° TVAftronomie , tout Occupés à inventer & à tracer mille cercles in- Vifbles dans le Ciel, mille points fixes, ou mobiles, Nous conclu- rons fi Je ne me trompe, que le Monde devoit être déjà bien avan- cé; Quand on y a trouvé des périodes Luni-folaires, des calculs d'éclipfes, & des conjonétions de planetes, Voyez M. de Mairan , Lettres au P. Parennin, Tome LL —— | s 138 PuvrSRouUsz l'antiquité des obfervations d’où on l’avoit déduite. Nous remarquerons feulement que les mêmes nations qui avoient calculé cette période , avoient aufli la connoiïflance de la diminution de l’obliquicé de lécliptique. Autre phénome- ne dont la découverte exige des obfervations encore plus longues , puifque les deux ou trois-mille ans qui ont fu pour vérifier la période antidiluvienne ont à peine fuf pour fire admettre la diminution de lobliquicé de l'écliptique. Nous reviendrons à cette matiere importante : NOUS allons nous borner à faire connoître certe période, que M. Caflni, fon reftaurateur , trouva digne de porter le nom de Louis le Grand. Elle renferme 600 ans de 365 jours s heures $i', 361 ce qui donne 219,146 jours & demi : or dans ce nombre de 219,146 jours & demi, la lune fait 742 1 réVo- lutions ; ce qui compofe 7421 mois lunaires de 29 jours 12 heures, 44, 37, & qui ne différent par conféquent que d'une feconde du mois lunaire, tel qu'on l'établit aujour- d'hui. Il réfulte donc de ce calcul , que dans l'efpace de 600 ans, en partant d'une conjonction de la Lune avec le Soleil, cette planete fe retrouvera encore en conjonction avec cet aftre, & dans le même point du ciel. Il eft aile de remarquer que, pour que cette période foit rigoureu- fement jufte, il faut fuppofer le mois lunaire, ou la révo- lution fynodique de la Lune de 29 jours, 12 heures 44, 34 ; maisce mois n'étant cffeétivement que de 29 jours, 12 heures 44! 27, il en réfuite qu'au bout des 600 ans, on aura 28 heures, 33 ç” detrop. Les Patriarches , qui, felon Jofeph, employoient cette période, avoient donc déjà dé- cerminé l'année folaire avec une grande précifion, pui mi D Ü M0 N D E, 139 qu'ils faifoient leur année de 365 jours, $ heures, 51”, 36; ce qui ne différe que de 2°, $o” ; de notre année détermi- née avec la plus grande exactitude. Ils avoient également déterminé le mois lunaire à une feconde près: précifion incroyable pour des cems auffi rapprochés de {a naïffance du monde ! Mais cette différence d’une feconde fur notre mois lu- naire , & de deux minutes cinquante fecondes & demie fur Fe telle que nous la déterminons aujourd’hui, doit- elle être regardée comme une erreur de ces anciens in nomes ? Pouvons nous en déduire que leurs obfervations éroïent moins exactes que Les nôtres? La révolution du So- {eil n'étoit-elle pas alors plus longue qu’elle ne left aujour- d'hui? M. Bailly penfe « que l’on peur admettre comme une » conjecture que les probabilités autorifent, que la révo- _ » lution du Soleil a dû être plus longue ds qu'elle ne » left aujourd'hui. Nous. ne favons point poñtivement , » ajoûte-t-il, fi les révolutions des aftres font fufceptibles : » d'altération ; mais fi elles font foumifes 2 à due chan- » gement qui ne foit pas périodique , ce ne peut être qu'une » düninution de leur durée { P)». À quel pot de perfec- tion l’Aftronomie s'étoit-elle donc déjà élévée dans ces pre- -muers cems > Comment ces premieres générations d’un pere à qui Dieu avoit abandonné une terre maudite pour la cultiver à . de fon front, étoient-elles paresse a k p) Hift. de l Aftronomie Ancienne , p. 314 M. Bailly ÿ préfente auf Paccélération fuppofée du mouvement de la Lune somme moyen de jufifier cette période, : : . UT à ch éd RS SU LS T40 PÉrSTOUTE connoïre fi parfaitement le Ciel? « Je n'ignore pas, dit » M. de Maïran au Pere Parennin , ce que de favans » hommes, frappés de ce progrès rapide des arts & des » fciences dans l’enfance du Monde, en ont penfé, &ce » qu'ils onc répondu aux argumens qu'on Een pouvoit tirer » pour l'antiquité du Monde, que, felon toute apparence, » Dieu avoit appris ou révélé à notre prernier pere, & » par lui à fes defcendans , les arts & les fciences les plus » néceflaires à la vie 5 maïs cette réponfe qui peut être » excellente pour nous, ne le feroit pas fans doute pour » les Chinois ». M. de Maïran ajoûre enfuite des obfer- vations qui paroiflent nous enlever la reflource que nous trouverions dans cette fuppofition. … Celle que nous préfence 'Hiftorien des Juifs ne paroït ‘pas fuffante pour réfoudre le problème. Jofeph nous dit que Dieu prolongeoïit jufqu'à mille ans la vie des anciens Patriarches antidiluviens, & qu'il leur accordoit ces mille ans de vie, tant à caufe de leur vertu , que pour leur donner le moyen de perfectionner les fciences de la Géomé- trie & de l’Aftronomie qu'ils avoient trouvées ; ce qu'ils n’auroient pu faire, ajoûre-t-il, s'ils avoient vécu moins de 6oo ans, parce que ce neft qu'après la révolution de fx fiecles que s’accomplit la grande année (9). Notre refpe& pour les Livres Saints ne nous permet Philefophie doit fe taire, lorfque les oracles de la Religion fe : ont entendre. Si quelques Philofophes fe font permis de ne confidérer | pas de traiter cette grande queftion : Î à Phil (4) V. Jofeph , Antiquités Judaïques LE = 3 PR NT RS DU MoNDbEs. TAI Adam comme le premier homme, que dans l’ordre de la _ vocation feulement, que comme le premier pere des enfans de Dieu; sil leur à paru que l'Ecriture diftinguoit fou- vent les enfans des hommes, des enfans de Dieu ; fi ces Philofophes ont penfé que cette hypothefe pouvoit feule fe concilier avec l'Hiftoire Philofophique du Monde, fans être contraire à celle de M ovfe s'ils ont même cru pou- voir l'en déduire . 1l nous ff que cette fuppoñition , pu rement philofophique, ait. été profcrite par l'Eglife , pour la rejetter avec elle, Ram eft pour nous le premier des hommes ; nous recevons & nous refpectons l’ordre des cé nérations depuis ce premier pere du genre humain, nous fommes très-éloïgnés de. vouloir répandre aucun nuage fur cette croyance confacrée comme un des pe fon- damentaux de PHiftoire Saince, | Quelqu'infoluble que nous paroïffe donc, . qu'à M. | & Mairan, & à tant d'autres Philofophes , le problème _ progrès de PAftronomie , & de ceux dés autres fcien- , des autres arts qu'elle exige, ou qu'elle fuppote , dans ds tems fi rapprochés de là naiffance de l'homme, nous ne pouvons que les attribuer aux travaux, aux profondes recherches & aux obfervations des . d'Adam > puif- qu Adam eft le premier homme; & nous ayouons É. peine que hous ne concevons ni la marche rapide de leur gé- fie , ni les moyens qu ls ont employés ; ÿ qu 1els qu is aient été , Dieu fans douté les leur avoit accordés. Revenons à notre Phyfique. ee ee. Nous en. avons dir fe {ar la Lune : : confidérons les autres facellites. — | | 142 PATSIQOUE Des Sarellites de Jupiter & de Saturne. Nous venons de parler du fatellite de notre Terre, & nous avons vu de quelle utilité cette Lune eft pour nous, Jupiter eft, à cet égard à PCICONE mieux traité que notre globe sil a quatre do il paroït donc qu il ne doit point y avoir de nuits fombres fur Jupiter. Il eft infiniment rare que toutes ces Lunes foient en conjonction à la fois ; & cette conjonction arrivant, il faudroit de bien longues années pour quelles fe rencontraflent dans la même Faftons tant les révolutions de ces facellites font incommenfurables entre elles (r). Jupiter ne doit done jamais être plongé dans les cénebres; fes habitans, s'il en a, doivent jouir de nuïts bien plus agréables que les nôtres (f) , puifquelles font embellies par Le fpectacle des différentes phases de leurs quatre Lu- nes. Ce fpeétacte doit être varié par des fumieres plus ou moins vives, qui doivent dégrader différemment Les coU- _(r) Il ne faudroit, à la vérité, que 437 jours, 34 heures, 44 minutes, pour que les trois premiers fatellites, étant fuppofés en conjonétion à un inftant donné, s’y retrouvaflent encore, à 8 mi- nutes près cependant pour le troifieme ; mais il s’en faudroit d'un jour , 13 heures, 28 minutes, que le quatrieme n’y füt, La période de leur conjonétion précife & commune eft incalculée , peut-être incalculable, furtout fi on a égard à la conjonétion réelle pour les habitans de Jupiter, & nonà la conan apparente pour nous 3 ce calcul eft au moins três-indifférent, — Cf ) Les nuits de Jupiter ne font que de 4 heures, 58 minutes , ; puifque le tems de fa rotation fur lui-même eft de 9 heures, 2 5 ie nutes, Voyez Table Syn: colonne XL Big S: : k: : ÿ po MON D FE. 143 - - _eurs, & produire des reflets , des clairs-obfcurs très-nuancés. Les ombres, projettées en plufieurs fens, doivent encore faire naître des effets qui nous paroroient très-bifarres. -Notre célebre Vernet feroit bien étonné, s'il voyoit un ta- bleau d'un Peintre de Jupiter. La lumiere que Jupiter recoit de fes Lunes, paroït avoir été d'autant plus néceflaire à cette planete, que l'éclar du So- leil y eft bien moins vif que fur notre Terre. On fait que l'in renfité de la lumiere fur des points placés à des diftances iné- gales du corps lumineux, eff en raifon inverfe du quarré de la diftance de ces points. Il réfulte de cette analogie, que la lumiere du Soleil eft plus de 27 fois moins vive fur Jupiter que fur notre globe, en n'ayant écard qu'aux équa- teurs des deux planetes feulement. Les jours les plus brillans de Jupiter feroient donc pour nous des jours bien doux ; & maloré fes quatre Lunes, fes nuits nous paroîtroient de profondes ténebres. Mais qu'en coûte-t-il à la Nature, pour qe ces lumieres foient pour les gens de Jupiter ce que fes . nôtres font pour nous ? Une ire modification dans Îe globe de leurs yeux. Sur notre nn même nexifte-t-il pas des animaux qui voient très clair pendant ! la auit? Netirons donc pas de la raifon des caufes finales, celle de l'exiftence de fes quatre Lunes. Le Créateur pouvoir y pourvoir de tant d'autres manieres, quil ne nous appartient pas de chercher le motif qui l'a A il a voulu ces Lunes ; voilà tout ce que nous pouvons en dire: il Les a voulues comme il a voulu Jupiter luimême & les autres globes. Il nya point ici de rapports phyfiques, de loix méchaniques à chercher. Les fatellires dec certe planete » n'ont été ADVERSE en = 150 PHTsSstrorez Si la Lune n'obéifloir qu'à la force par laquelle Le Soleil fait tourner toutes les planetes autour de lui, la diftance moyenne de la Lune au Soleil étant la même que celle de la Terre au Soleil, la viteffe horaire de la Lune dans l’ef- pace abfolu feroit Be même de celle de la Terre, c'eft-à- dire de 23,531 lieues ; mais il s'en faur bien que ce Lo [à [a vireffe de la Lune! Il eft démontré qu "elle marche beaucoup plus vite, puifqu elle décrit une courbe à triple courbure au- tour de la voie de la Terre, tandis que cette derniere planete avance dans fa diretion. Si l'on fe rappelle la comparaifon du vaifleau & de la chaloupe, page 95, on fe reflouviendra auffi que la chaloupe marche aflurément plus vite que le vaiffeau ; la Lune fair donc plus de 23,531 lieues par heure. D'où lui vient donc cette force nouvelle qui accroît fa vi- tefle? Il eft évident qu'elle ne peut recevoir de nouvelle action que de la Terre. Mais, comment. la Terre la lui communique-t-elle? On peut voir dans l'explication de notre Planche IIT, que du mouvement de rotation de la Terre fur elle - même, il réfulte dans lécher un nouveau tour- billon circonterreftre. Ce mouvement de rotation de la Terre dans le fluide qui l'environne , eft une nouvelle ation fur ce fluide qui ne peut refter fans effet. La Terre tourne fur elle-même dans le même fens, ou ellé tourne autour du Soleil ; limpreflion que D Li rotation fur le fluide environnant , confpire donc avec le mouvement général de ce fluide 5 il ie donc ajouter à fa viteffe : la 1... peu éloignée de la Terre, doit donc en fentir Un en éprouver l'effet ; la FL. doit donc marcher réellement & - effectivement plus vite que la Terre dans l'efpace abfolu, fa: à RE CU ET RE GE Le C0 LMI LA DA LE Le Ne 77 ELITE. DIET DANONE EP TE VOST SEPT SE TUE Lx dE a rade IS NAS dE él ee À AS HE dé ur Vrstd DU MONDE. LS Nous renvoyons à l'explication de la Planche III l'expof- tion des preuves plus précifes de ces affertions ; elles feroient déplacées : ici : il fuffit de reconnoïtre que le mouvement de rotation de la planete principale influe néceffairement fur le mouvement des révolutions des fatellires, & que ces rotations, étant toujours dans le même fens que celui des révolutions, ajoûtent, dans certaines fituations refpedives, à la viteffe des fatellices ; que tantôt elles accélerent | & que tantôt elles retardent ces viteffes , felon quelles confpirent avec les directions adtuelles du fatellite , ou qu'elles lui font con- traires: d'où il réfulte que, de la a la premiere . - quadrature , le mouvement progreflif du fatellite eft infen- fiblement retardé; de la premiere quadrature à l’oppoñtion, le mouvement du fatellite eft accéléré par degrés ; e es eft . Le plus rapide vers loppofition : que, de oo n à {a feconde quadrature , le mouvement du fatellite eft infenf: blement retardé ; quenfin de la feconde quadrature à la conjon@tion , le mouvement du fecellite eft infenfiblement accéléré (x). - La viteffe de rotation de. Jupiter, étant beaucoup . grande que celle de la Terre , doit infiuer plus puiffâmment fur la virefle de fes facellites : leurs vicefles horaires doivent donc être plus grandes que celle de la Eune ; c'eft ce que nous prouve l'obfervation. Le premier faellire de Jupiter marche avec beaucor up plus de vicefle que notre Lune ; De la diftance de ce fatellice à pe étant _ Re l r même ie celle de la: Lune 2 à (x) vor la Panche y vs fon epson. ” = > RE 152 PHYSIQUE la Terre , ou feulement comme or eft à 8, il faic fa ré- volution en un jour, 18 heures, 27 minutes, 33 fecondes; tandis que La Lune emploie , pour faire fa révolution , 29 jours, 12 heures, 44 minutes, 2 fecondes. Nous ne tenterons point de déterminer rigoureufement & mathématiquement les loix de ces vitefles. Ces recher- ches ne font pas encore facilitées par des obfervations aflez | nombreulfes , ni aflez précifes ; tous les élémens qui doivent entrer dans ces calculs ne font pou encore aflez connus, Nous renvoyons cequ l nous a été poñfi ible de dire fur cette théorie à l’explication de la Planche V, Enfin, il eff certain que la loi de Képler, dont nous ayons Li connoître l'origine & la caufe phyfique, sobferve dans [es tourbillons fecondaires des planetes , comme dans le tourbillon folaire. Voyez la formation de ces sourbillons dans l'explcaios de la Planche, - Du Sie de Vénus. Après avoir reconnu que la Terre ne jouit pas exclufi- vement du droit d’avoir un fatellite ou une Lune, & que Jupiter & Saturne font, à cet égard, beaucoup mieux trai= tés qu'elle , puifque É premier en a quatre & le fecond cinq , il étoit naturel de foupçonner que les autres plane- tes devoient en avoir auf. Les Aftronomes étoient LS OCCUPÉS de ces recherches, lorfqu'en. 1686 M. Cafiini crüt en avoir découvert. Un 2 Vénus ÿ 1 | Fobferva pendant un quart-d heure : ce fatellite fembloit imiter la phâfe de Vé- = nus, & fa rondeur étoit diminuée du côté de HET Il & RE nee tee mn el ire AE EE PR TT ee sue rm arte de ot TIR Se te RE RP NE SE A Ps RE EANENEET à à or are AR | ARS mA de Lérh dd re LA Cas CD LE NNES PERS à (TRE FE MAP Re DU Mon Er. 153 fe rappella qu'il avoit vu, quatorze ans avant, une lumiere femblable auprès de Vénuss mais il n’a pu retrouver dépuis ce fatellite : tous les Aftronomes le chercherent alors en vain. Enfin, Cinquante-quatre ans après, M. Short crut l'avoir retrouvé : il le confidéra, à différentes reprifes, avec différens télefcopes ; il trouva fa diftance à Vénus de 10’, 204, & le vit, dit-il, très-diftintement pendant une heure de fuite : enfin, la lumiere du jour le lui ravie, & ce fut pour toujours ; il [ui à été impoffible de le retrouver. Il confäcra _à la mémoire de cette découverte un cachet fur lequel il fit graver la phâfe de ce fatéllite. Vingt-un ans s'écoule= rent éncore fans qu'on apperçût cette Lune de Vénus. En 1761, lorfque latrente du pañlage de Vénus fur le difque du Soleil , occupoit tous les Aftronomes , & que tous les yeux étoient dirigés vers cetre planete , on efpéra revoir fon fatellite, & ce tems étoit très-favorable à fon ob- _ fervation: auf, de l'Obfervatoire de la Marine , rue des Mathurins, à Paris, M° Montaigne & Baudoin crurent-ils avoir retrouvé cet aflre tanct defiré : il fut obfervé le 3 & le 45les, & le 6 on ne le vit pas ÿ mais on s’en prit à l'E tat de l'atmofphere qw'obfcurcifloit un brouillard épais :° l'étoile reparut le 7, on la vitle 11. M. Baudouin rendit compte à l'Académie de ces quatre obfervations, qui, réu- _niesa celles de Huygens & de Short, en faifoient fept. IE En vint d'autres, dans la même année , de beaucoup de pays différens , éntrautres celles du Pere la Grange, à Mar {éiHle , que le mérite de l'Obfervateur & la perfeétion de fes inftramens rendoient très - impofantes. En : 765, M. de Tone zrs4 P.rwsTous Montbaron, Confeiller au Préfidial d'Auxerre, vit, & ft voir cet aftre à plufeurs perfonnes de cette ville, IS 28 & 29 Mars. Il fembloit que c'en étoit affez pour conf- rater l'exiftence de ce fatellite ; aufli cette opinion fut-elle reçue affez généralement. Cependant aujourd'hui tout cet édifice eft détruit, on ne regarde plus. ces obfervations que comme des illufions d'Optique. Voici comment M. de [a Lande en parle dans fon Aftronomie, Tom. I, pag. 305. _« Les tentatives que j'ai faites, ainfi que néons au- » tres Aftronomes, pour appercevoir ce fatellite , me per- | » fuadent que c'eft une illufion d'optique formée par les | » verres des télefcopes & des lunettes; c'eft ce que penfent | » le Pere Hell, dans l'Appendix de fes Ephémérides pour » 1766, &le Li Bofcovich, dans fa cinquieme Differta- | » tion AO ue, M. Short , à qui j'en parlai à Londres, | » en 1763,me parut [ui-même ne pas croire line » d'un farellite de Vénus; mais plutôt celle de quelqu'au- » tre planete , qui, réfléchiffänt moins de lumiere, ne fe » voyoit que difficilement. Je fuis tenté de croire qu'il ne » faifoit cette derniere hypothefe que pote ne pas aban- » donner {ubitement laffertion trop précipitée & trop for- » melle qu'il avoit faite dans fa jéuneffe. On peur fe for » mer une idée de ce Rhcuene d'Optique, en confidérant. ». l'image fecondaire qui paroït par une double réflexion, » lorfque fon regarde au travers d'une feule lentille _ » verre un objet. lumineux placé fur un. fond obfcur, &. » qui ait un fort petit diametre. Pour voir alors une image »_fecondaire femblable à l'objet principal, mais bre pee ; AIR D SITE DIN: LT TNT ET GUCSTITION ENT DIET PETER NI PERD ETIENNE EDEN OPERA ee de DU Monpr. ISS » il fuffir de placer la fentille de maniere que l’objet tombe » hors de l'axe du verre ; cette image fecondaire , qu'on a = tte L a A A_f » prife pour un fatellite de Vénus, paroït du même côté » que l'objet, ou du côté oppofé , & elle eft droire, ou » renverfée, fuivant les diverfes fituations de la lentile, » de l'œil, ou de lobjer. Si on joint deux lentilles, on » aura plufeurs doubles réflexions de la même éfpece, du -“» moins dans certaines poftions ; mais elles font infenfibles » la plupart du tems, parce que leur lumiere eft éparfe , : » & que leur foyer eft trop près de l'œil , ou qu'elles tom- : » bent hors du champ de la lunette. » L'exiftence de ce fatellite eft donc au moins très = in- > certaine ». - | : On n'en a jamais foupçonné À Mercure. M. F ontana en 2 fuppofé un à Mars: mais cette Opinion à été moins bien accueillie encore que celle du fatellite de Vénus. Ici fe termine donc pour nous la connoïffänce des corps cé- leftes de notre Monde. Mais n'en exifte-+:il effectivement point d’autres que ceux que nous venons de faire con nokre ? Il feroit téméraire & imprudent de l'afirmer. -Lorfqw'on a foupconné le farellie de Vénus ; ON n'a pas ima- giné que cette découverte. eût rien de contraire aux loix de la Phyfique générale ; d'autres aîtres que ceux-que nous connoïflons , peuvent être d'une telle petite, où placés à une telle diftance de nous, qu'il nous ait été jufqu'à pré fent impoffible de les appercevoir ; peut-être fe montrérone- ils à nos. yeux, fi nos inftrumens fe perfe@iônnent, comme 11 faut lefhérér. Enfin, entre Jupiter & Saturne, ehtre Sa- turne & Les Einires du tourbillon foläire, combiéa ne our A ne pour 156 PHYSrTQUE roit-il pas y avoir de planeres invifibles jufqu'à à préfent pour nous ? Si nous étions tranfportés fur Saturne, avec nos inf- trumens , nous chercherions en vain dans l'efpace & Mer- . cure, & Vénus, & notre Lune, & notre Terre elle-même: Caraéteres diftinéifs des Cometes, Lappei queues ces quatre planetes ne fe montreroient point à nos yeux. a donc dans les bornes de nos connoïffan- . & n'oublions jamais combien elles font éloignées des. . du poffible. Des FRS On appelle ee certaines apparences _ qui fe montrent fabitement, & qui difparoïffent de même, après avoir brillé plus ou moins Jongtems dans les Cieux, &y avoir parcouru une ligne plus où moins longue. Ces apparences préfentent ordinairement un difque, & font le plus fouvent entourées, où au moins accompagnées d'une lumiere plus rare & us diffufe , que l'on nomme, ou che- yelure, ou barbe, ou queue, les la maniere on elle eft difpofée ; ;s & ceft du mot latin coma , qui fignifie che velure, que leur vient le nom de comeres. Si cette lumiere ne fe montre qu à la partie qui “regirde le Soleil, & qu'elle précede ainf la comete, elle fe nomme barbe ; ï. elle entoure le difque. lumineux, on. lui. ‘donne le nom de chevelure ; enfin, fi elle à ce difque que par fa partie ee — vément au Soleil, on Nous difons que les cometes à un difque. ÿ En ef: quelquefois ce ne > fe life . È È È È ES Ê è EC ORCIENPORE CRE JP NPA T EU EN VEN RTE TREREr pente TER EE" PTE A DD M ON DE. 157 appercevoir, foit qu'il difparoiffe après avoir été vu, comme nous le rapporterons tout-à-l’heure , d’après plufieuts ob- fervations ; foit qu'il n'ait jamais été vifible, comme il arriva en 1702. On vit alors, à Rome, une traînée lumineufe, & l’on m'héfira pas à lui donner le nom de comete, quoi., que lon ne pôt appercevoir fa tête. M. Cafini la prit même pour celle qui avoir été obfervée en 1668, & il lft remonter fon Hiftoire jufqu'à Ariftote par différentes révolutions de 34 ans chacune : mais le défaut d’obfer. vations dans tout cet intervalle, pendant lequel cette co- mete auroit dû ètre vue fi fouvent, ne permit pas d'adopter cétte opinion. | — Nous ajoutons qu'elles font le plus fouvent entourées , ou accompagnées d'une lumiere plus rare & plus diffufe; parce que, fi l’on a obfervé des cometes fans tête, comme celle dont nous venons de parler, on en à vu auf qui n'avoient ni chevelure; ni barbe, ni queue , enfin aucune lumiere diffufe autour d'elles: telle fut la comete de 1589, que Tycho obferva pendant un mois, fans appercevoir au cune apparence de chevelure, de queue, ni de barbe ; {à circonférence étoit feulement moins lumineufe que Île mi- lieu du difque. La comete de 1682, obfervée par M. Caf- fini, étoit aufli ronde, auffi claire , auf bien terminée que . Jupiter : ceslumieres rares, diffufes, adhérentes à la comete, n'en font donc pas un caractere diftinif. - La couleur des cometes n'eft point la même dans toutes : elles varient au. contraire infiniment entr'elles à cet égard; ce qui fera encore objet de nos -obfervations. La couleur 3 Ù : Re = ee re SRE RES donc pas non plus-un.caraéterce diflinétif des comeres, D RU QG DU LIEU DES COMETES. 158 Par srous Mais ce qui les caraérife particulierement, ceft leur apparition foudaine dans un point du Cie, & leur difpa- rition également foudaine dans un autre point, après avoir parcouru une ligne plus où moins longue , courbe, avec plus ou moins de vitefle, plus OU inoins & pendans plus ou moiïns de tems. Nous traiterons de ces variétés & des inductions que l'on doit en tiret. Il eft très- ne démontré que les cometes ne font pas des météores de notre air , quelles parcourent des efpaces infiniment plus éloignés ie nous, que les limites de notre atmofphere : les preuves.en font en à les ob- fervations faites en des lieux très-éloignés les uns des autres donnent des diftances qui excedent Dee celles de la Lune. « S'il arrivoic, dit M. le Monnier ( y), que la diffance » d'une comete ne furpafsâc pas de beaucoup celle de la Lune. » à la Terre, fon lieu vrai feroit fenfiblement éloigné de fon » lieu apparent , & la comete auroit une grande paral-. » laxe.…,... Or,ficette parallaxe ne peur être obfervée : » dans une comete, c’eft une preuve que l'angle fous le-. » quel on verroit, de la comete, le demi- diametre de la » Terre, ne Pa être fenfble ; & partant que la comete » doit être à une prodigieufe diftance, puifque la Terre, Ÿ perceptible ». la Terre & les ue at Si lon à toujours obfesve. de fi grandes = » vue de cet aitre, ne paroïtroit due, comme un point im- anses entre | (y) fiston Aftronomiques > P: ie a D LEGAL D 3 Fe : À À ! | | ACNETS DU M0 N DE. 159 phere , & qu'elles traverfent des régions qui en font infi- niment éloignées : mais dans leurs routes très - variées ne peuvent-elles jamais parvenir à notre atmofphere, la ren- contrer fur leur chemin, frapper même notre globe? Cette quéftion a embarraflé les plus grands Aftronomes , & fou- vent effravé ceux qui ne l'étoient pas. Il eft démontré que des cometes ont defcendu beaucoup plus près du Soleil, que ne l'eftla Terre; elles ont donc coupé l'orbite de celle-ci; & fi notre pauvre petit tas de boue fe fût trouvé alors à ce point de fa route, que devenions - nous? } éclabouflure d’une comete dans notre origine, felon un Au- teur célebre, l'une de celles-ci nous auroit fait payer bien 4 cher le bienfait de la premiere ! & qui fait fi ce n’eft pas la | | même qui eft deftinée à nous rapporter où elle nous avoit pris, fauf à nous reprendre à quelque nouveau paflage ? M. Dionis Duféjour a travaillé à nous raflurer par une très - favante differtation : mais cette Differtation ne peut être lue que par les Savans ; c'eft donc ä eux à faire pañler dans l'efprit du Public la férénité que leurs fuppoñtions avoient troublée. Quant à nous, on verra que nos prin- cipes font infiniment plus rafurans encore pour ceux qui les adopteront. _ Un avantage qui fe répand fur tout notre fyftème, & quinous y attache infiniment ; c'eft que tout y eft fim- ple, & que rien n’y annonce ces caraftrophes terribles qui, félon tant de Philofophes, doivent un jour détruire la Perte entiere: nous ne voyons aucune caufe qui nous menace d'être brûlés & vitrifiés , d'être gelés, d'être fra- caflés ou inondés, ou enfin d'être emportés dans des régions ee re ; É. 160 PAT SIOUE infiniment diflantes de Îa carriere très-bornée, à la vérité, mais fi conforme & fi propre à notre nature, & que nous croyons nous avoir été marquée dès lorigine, & pour route la durée des tems. . Quelques Philofophes ont multiplié Les rapports des co- metes avec nous; &, indépendamment de ces grandes cataf- trophes par lefquelles elles peuvent, felon eux, difpofer de notre globe, lui afigner une deftinée tout-à-fait différente de celle dont il jouir, ils ont penfé qu'elles inflaoïent infini- ment fur notre état habituel, & qu’elles modifioient fouvent notre exiftence, en attendant qu'elles la décruififfent. Nous avons une atmofphere, c’eft une vérité reconnue ; les cometes en ont auffi, dit-on : ces queues de foixante , & même de uatre-vinot-dix decrés de longueur , ne peuvent q © OS A ) p ;) {elon ces Phyficiens, être autre chofe que des atmofpheres. Ces atmofpheres ont encore plus d'étendue sûrement qu'elles n'en laiffent appercevoir ; leurs dernieres couches, trop f 1. 4 4 0 ® EN \ D 7, raréfées pour réfléchir La lumière, peuvent être à des diftan- LÉ ; Q LA 1 , < ; . = ces énormes des couches qui la réfléchifflent: on voit donc bien que fans que, les noyaux des planetes fe couchent, les atmofpheres peuvent fe confondre, Ecoutons Newton, dont l'opinion nous eft préfentée par un de fes plus illuftres fuccefleurs : nous préférons infini ment l’extrait que ce Philofophe nous donne de la Doctrine de fon Maître à celui que nous pourrions nous permettre d'en faire nous-mêmes. © « Les vapeurs dont ces queues ( Les queues des cometes) » font compofées fe dilatant & fe répandant dans toutes » les régions céleftes, fonc vraifemblablement, ainfi que _— =» Nevron RARE ERIC TENTE ENST NN » » Ÿ ee) ment nécefäire pour la vie-& pour l'entretien de tous les Du Mon D €. : TÉE Newton l'obferve, attirées par les planetes, & mêlées avec leurs atmofpheres. Il ajoûte que Les cometes font néceflaires pour l'entretien des folides qui font fur Les pla- neres, lefquels s'évaporent continuellement par les vécé- tations & les putréfa@ions, & fe convertiflent en terre feche : car, comme tous [es végétaux fe nourriflent & s'accroïfient par les fluides , & qu'ils redeviennent terre pour la plus grande partie par la -putréfaétion (comme on peut le voir par le limon que les liqueurs pétrifiantes dépofent continuellement, il Senfuit que, pendant que la terre saccroit fans cefle, l’eau diminueroit en même pro- portion , fi la perte n’en étoit pas rétablie par d’autres maticres. M. Newton foupçonne que cette partie , la plus fubrile & la meilleure de notre air, faquelle eft abfolu- êtres, vient principalement des cometes. » D'après ce principe, il y auroit quelque fondement aux Opinions populaires des préfages des cometes , puifque les queues des cometes fe mêlant ainfi avec notre atmof phere, pourroient avoir des influences fenfibles far Les Corps animaux & végétaux. (Dion. Encyclopéd, au mot CoMETE, Art. de M. d'Alembert ) ». | Si cette opinion fur l'influence des cometes n’eft donc qu'une erreur populaire, nous ne pouvons noûs difpenfer s de feconnoïtre & d'admirer ici le pouvoir de cette chaîne . ER à 2 = TS impérieufe qui rapproche & unit tout dans limmenfité de la Nature. Nous avons fous les yeux un de fes anneaux qui lie à un. préjugé populaire l'erreur. d’un des plus puifflans génies, d'un dés hommes les plus favans qui air exifté, & Tome IT, a Pi CT +62 PHYSIQUE dans une matiere dont ce grand-homme avoit fait fa princi- pale étude. Enfin , fi cette opinion de l'influence des cometés 9 LU g k - ISSN 2 6 _n'eft qu'une erreur, & fi cette erreur n'eût pas pris naïflance dans l’efprit du peuple ; fi elle n’eût pas été fille d'une vaine terreur, elle eut donc été fille de la Science & de la Philo- fophie ? Réflexion bien humiliante ! Le choc des cometes &le danger de leurs influences (7) font donc deux caufes de frayeurs perpétuelles ; car enfin, F J ee A ° 3 « malgré la bonne opinion que Newton paroït avoir de lair qui nous vient des comeres , eft-il polfible d’être parfaite ment raffuré à cet égard, furtout fi l’on confidere les cou- leurs très-variées de ces aftres , les différentes lumieres plus ou moins rouges, plus ou moins fuligineufes quelles nous envoient? Comment fe flatter que, dans le nombre infini de cometes qui arrivent de tous les points de lu nivers, il n'y en aura aucune de malfaifante? Ces fléaux terribles & mémorables à jamais, qui, à différentes épo- ques, ont ravagé la Terre & menacé de la dépeupler ; _ cette pefte, dont parle Lucrece; cette autre, dont parle Ovide ; celle qui dura pendant la moitié du fixieme fiecle, & qui parcourut & défola toute la furface de la Terre, continens & ifles, cavernes & montagnes ; celle de 1346, qui fit périr un tiers des habitans de la Tefre : trous ces événemens ne peuvent être attribués qu'à des particules, —. (x) Le fameux Jacques Bernoully artribuoït vraifemblablement auffi quelques influences aux queues des cometes ; car il regardoït ces queues comme pouvant être un figne vifble de la colere célefte. Or les hommes font très-difpofés à croire que de la colere à la punis tion il n’y a qu'un pas. a À Dee a ue OT BAT SR A AD SE LS PE TRÈS EE à PT PRE RPETT IS NÉS EG PET OPEN EPEPINNENNENNIENEI PEN E RETIRE NN TES TENTE Roi fouvent autant & plus dangereu des préjugés. Difiper ces ténébres acquis toute leur DU Monper. 163 à des miafmes peftiférés répandus dans l'air 5 .&: qui l'in- fectent. Dansl'opinion de ceux Qui croient aux verfemens des atmofpheres des cometes dans [a nôtre » à quelle autre caufe plus propre à produire des effets fi rapides & fi uni- verfels pourroit-on plus légitimement attribuer ces influen- ces deftructives ? Il ne faudroi que l’obfervation de quel- que comete Vers ces tems de calamité , pour graver pro- fondement cette idée dans Les efprits. Or cette obfervation pourroit fe rencontrer - aifément , foit en rappellant des cometes obfervées alors ; foit en rétrogradant d'après de nouvelles cometes que l’on calculeroit. =. : Nous aurons banni toutes ces vaines terreurs, -fi nous parvenons à prouver bien évidemment que les. cometes ne font que des apparences lumineufes. C'eft à la Philo- fophie, fans doute, à éclairer les hommes: mais une lon- _gue & trifte expérience nous apprend que la lumiere dé fon flambeau ne s'épure & n'acquierc toute fon intenfité que lentement : ce n’eft, cependant, que lorfque ce flambeau a acquis toute fa force &c toute fa pureté qu'il nous fert à diftin- guer l'erreur de Ja vérité; ce m’eft qu'alors qu'il répand fur celle-ci tout l'éclat dont elle doit briller : ce n’eft qu'alors enfin qu'il eft toujours avantageux de le fuivre. Vu dans uün faux jour, à travers les fuliginofités de l'ignorance , ou au milieu des brouillards de l'incertitude, fa trompeufe lumiere fe que les téhébres. plus noble des entreprifes : mais fon fuccès & fes avan- BUS NE Peuvent être cérrains que lorfque les vérités ont marié, & que les efprics font fafifam- c'eft, fans doute , da ES APS DU 0 NES PE M AT ne tre near D LE LS ERA ARE ARE PAR EE TA 164 PHYSIQUE ment préparés pour les recevoir. Ce n’eft point à des ger- mes de plantes mal développés, ou jettés dans une terre ingrate pour EUX, qu'il faut comparer les vérités que l'on propofe aux hommes avant le tems convenable ; les pre- mieres ne font que des femences perdues fur un fol quelles laïffent au moins à toute fon activité naturelle : Les fecondes troublent, intervertiflent, égarent la marche de Pefprit de la plupart des hommes ; elles produifent quelquefois les plus dangereux principes, les plus terribles abus. : Quelque inappliquable que puifle paroître cette réflexion A l'erreur dont nous parlons ici, nous avons cru pouvoir la préfenter : plus à fa place, nous n'aurions peut-être ofé nous le permettre (a). RE C'en eft aflez fur l'idée générale que nous nous étions propofé de donner des cometes. Avant de les confidérer plus attentivement, préfentons lhiftoire des opinions qu'elles ont fait naître dans l'efprit des hommes. | Hifloire des Opinions fur les Comeres. ‘de la Cofmogonie comment les hommes furent portés à contempler le Ciel , avec coute l'attention que’ peut infpirer l'intérêr le plus vif. Ils y placerent l'empire de leurs Dr vinités. Les aftres éroienc ou. les habitations, ou les trones … de ces Dieux, ou les Dieux eux-mêmes. Ces idées fe font. Passmennes d’une infinité de confidérations philofophiques, qu'il feroït peut-être auf difiiçile d'adopter, que de rejetter en totalité On à vu au commencement de notre Effai fur l'Hiftoire (a) La comete de 1680: n’a-t-elle pas fourni à Bayle la matiere. RATE EP ENOTS 2 ERTEEINO EEE ANNE RON ESS PNEU AN PEER x ; TER e F A 7 LÉ CAR dE Ur AU ATP M'ONT IE AIT PEN ET RER EL AT TRE ue A 5 ni ceux qu'on fl DU MON D €. 165$ confervées long-tems , & les expreflions qui les rendoient font reftées dans toutes les langues, quoiqu'elles ne foient plus que des. figurese Les premiers hommes, ces obferva- teurs attentifs , qui ne contemploient qu'avec relpece & erreur le Pc célefte, dûrent, fans doute, être faifis d'admiration & de frayeur à la vue d'un être nouveau, qui paroifloit fubitement avec des caraeres qui Jui étoient propres & po Une Jongue queue, ou une cheve- lure radieufe ne pûrent être pour eux des fignes indifférens. Si les cometes répandirent ‘encore la terreur dans le 17° fiecle ; quel effet devons-nous fuppofer qu'elles produifoient dans ‘ces tems reculés ? Mais de quelle furprife ne devons- nous pas être frappés nous-mêmes, lorfque nous lifons que, dans des rems que nous regardons comme très-rapprochés de lPenfance du Monde, les hommes, déjà raflurés, ofoient compter ces aftres au rang des planetes, leur prefcrire une : route déterminée , & les dans une orbite. Que de tems na-t-il pas Li pour arriver à cétte fublime idée! é Ces aftres paroiffenc foudainement, & difparoïffent de mê- : me: ils ne font apperçus que pendant des durées fort cour- tes : les liones qu'ils décrivent ne fe laïflent pas aifément reconnoître pour des courbes, Képler, en 1618, étoic encore. perfuadé que les cometes décrivoient des “lignes : _ droites. Pour placer ces aftres au nombre de ceux qui font des révolutions périodiques, il fautdonc avoir reconnu qu'ils parcourent des courbes régulieres & rentrantes fur elles- mêmes : il faut plus, il faut avoir obfervé leurs révolutions, calculé leurs Le périodes. Mais ces corps lumineux , même e croit. aujourd haie très - “aurorifé à “regarder > ps Xe PRET) DA re re 166 PH+SLO GE comme déjà oblervés plus d’une fois, préfentent rarement les mêmes apparences à leur retour ; ils portent rarement les mêmes caracteres. Des incervalles de tems très- longs s'écoulent entre l'inftant où on les voit dans un point du Ciel , & celui où ils peuvent y revenir encore : ils pour- roient même y pañler fans être apperçus, au moins à la vue fimple. Quelle étroit donc l'antiquité des obfervations qui avoient amené les hommes à confidérer Les cometes comme des aftres réels, permanens & foumis à des révolutions pé- riodiques? M. Bailly trouve dans cette réflexion aufli natu- relle que jufte une très - forte preuve de fon opinion fur {a rande antiquité des obfervations aftronomiques. Nous 8 quite S q n'infifterons pas ici fur cette opinion : il nous fuffit de ren- voyer à l'excellent Ouvrage que nous citons (4). Enfin, les Chaldéens, dit-on, ont placé les cometes au rang des planetes (c): pluficurs Philofophes, très-poftérieurs, s'é- carterent de cette idée. Et fi la profondeur des connoif- fances que nous ferions forcés d'accorder aux premiers . étonne notre raifon, elle fera humiliée de l'ignorance dont nous allons reconnoître les traces dans des fiecles très. poftérieurs. | Pour combattre le fentiment très - ridicule de quel- ques Philofophes qui, fuppofanr Les cipaces céleftes remplis A (5) Hifoire de l’Affronomie ancienne, Livre IT, de l’Aftrono- imie Antédiluvienne , page 83. EE (ce) Dans la Traduétion de Sbaftah , par M. Holvel, on voit que les Indiens comptoient quinre planetes. Voyez Hif, de l'Affronomie Ancienne, p. 82. Seroïent-ce huit cometes que ces peuples ou leurs précurfeurs auroient déjà ajoutées au nombre des planetes ? RTE DRE PAGE EPST ET RPRIETES È # $ £ et f è ss F Ë È RDrL ee — D CSP POP ENTER PPT EN TIREUR RERNNIASENEN EN ENTER ERETEREEE TETNT DU MOÔND Er, 107 d'étoiles qui jouifflent chacune d'un mouvement particu- lier, penfoient qu'elles pouvoient fe réunir, & produire alors ces apparences que Fon appelloit des comeres, & fe féparer enfuite ; Ariftote, le célebre Ariftote employa une hypothefe tout auffi faufe & tout auf extraordinaire : il ne vit dans les cometes que des météores qu'il plaça dans cette région imaginaire que, de fon tems, l’on regardoit comme la région du feu, & qui étoit très- inférieure à la Lune. = = Cependant il paroît que la Secte Ttalique conferva tous jours l'opinion des cometo-planetes ; que cetre opinion do= mina chez les Grecs & chez les Romains. Nous ne pou- vons nous difpenfer de rapporter ici un très-beau paflage de Séneque, quoiqu'il fe trouve dans l’'Aftronomie de M. de la Lande, dans celle de M. le Moñnier, & même dans le Diétionnaire Encyclopédique, au mor COMETE, Arti- cle fait par M. d'Alembert, … Fo S « On doi, furtout à Séneque, dit M. de la Lande (d), » ce témoignage qu'aucun Auteur na parlé des cometes » d'une maniere auff fublime que lui, dans le VII° Livre de fes Queftions Naturelles. Un Aftronome auroit peine » à s'exprimer aujourd hui d’une maniere plus philofophique. >» Ona cru, dit-il, que les cometes nétoient point des Ÿ » aftres, parce qu'elles n'ont pas la rondeur des autres : - » corps céleftes ; maïs ce n’eft que la lumiere qu’elles ré » pandent qui produit cette figure allongée : Le Corps de » comete eft arrondi. Je fuppofe encore qu’elles aient _ (4) Aftronomie, D >» >> » p) 168 PH YSTO UE une autre figure que les planetes, senfuit- 1! quelles foient d'une nature différente ? La Nature na pas tout fait fur un modele unique , & ceft ignorer fon étendue & fa puiffance , que de vouloir tout rapporter à la forme ordinaire : la diverfité de fes ouvrages démontre fa gran- deur. On ne peut point encore connoître leur cours, & favoir fi elles ont des routes réglées, parce que leurs apparitions font trop rares : maïs leur marche, non plus Rue | que celle des planetes, neft point vague & fans ordre, comme celle des météores qui féroient agités par le vent. On obferve des cometes de formes tr ês-différentes : mais ‘leur nature eft femblable ; & ce font en général des af- tres qu on na pas coutume de voir, & qui. font accom- pagnés d'une lumiere inégale. Les cometes paroïflent en tout tems, & dans toutes les parties du Ciel, mais fur- tout vers le nord, Elles font, comme tous — COrps cé- “leftes , des ouvrages éernels de la Nature. La foudre, & les étoiles volantes, & tous les feux de latmofphere font paffägers, & ne paroïffent que dans leur chûte : Les _cometes ont leur roure qu'elles parcourent; elles s'éloi- gnent, mais ne ceflent point d'exifter. Vous prétendez que, : c'étoient des planetes , elles fe trouveroient dans le zodiaque. Et qui donc a fixé dans le zodiaque les mouve- mens des corps céleftes > qui peut affigner aïnf des limites aux ouvrages divins? Le Ciel neft-il pas. libre de tous côtés >? N° dE pas plus convenable à la grandeur de l'U- nivers, d'y admettre plufieurs mouvemens dans des routes différentes, que de réduire tout à une feule région du. Giel? Dans cet ouvrage magnifique de la Nature nous 3 >» voyons e DE En CENT T EC UC LU Ey 4 | Ê Ë È | RAM PERTE Reyre prete SE CRRCIET ANT PARLER PERTE PNA PARAIT puü-MoNbDbE, 17$ dé ax jours, aÿant calculé d'après fa théorie du problème des trois corps , que l'aétion de Saturne devoit retarder [a marche de la comete de 100 jours, & que l'action de Ju- piter devoit la retarder de s11 jours. En fe permettant de remarquer qu'il eft impofñible, dans des fpéculations fi fu- blimes & fi compliquées, d'arriver à une précifion exa&te, on ne peut fe difpenfer d'admirer la fagacité infinie, & Ë puiffance de génie que Ehorame & détéogpse dans ces re cherches. 2. La fameufe comete de 1680 Er cites À qui on. sb jouer _le plus grand rôles fes apparitions ont toujours concouru avec des époques mémorables : fa période eft fuppofée de s7s ans. Wifton, en divifant l'échelle du tems par échel- lons de $75 ans, trouve que cette comete doit avoir pro- duit le déluge, qu'alors il explique phyfquement : en re- defcendant de cette époque mémorable , auffi par $7$ an, on retrouve la comete dont parle ( Voyez ITlade); plus bas on la retrouve encore du tems de Céfar, l'an 2254 5 enfin elle-nous a valu les penfées de Bayle . les cometes ; : Ouvrage < dans lequel. il 2 a fans au inft de: hilofophie. -. Loee probable que foic devenu part toutes ces obfer- vations le retour périodique des cometes, leur révolution _ T0 pas encore. € mife au. ed des vérités démon- 176 PH Y ST Oo UE tenu pour certain , il eft donc incertain qu'elles foient des . planetes ; la conféquence eft évidente. Nous n'attaquerons . donc pas une vérité généralement reçue , en ne les regar- dant pas comme planetes ; mais nous efpérons prouver que, même en admettant ces retours périodiques , qui fe dédui- _ront néceflairement de nos principes, avec quelques irré- gularités, moindres certainement que celles que donne l'hy- pothefe de l'atraétion”, il n'en réfulteroit pas la preuve qu'elles font des aftres permanens, de vrais globes folides, des planetes enfin. C'en eft aflez fur l’hiftoire des cometes. Après avoir pañlé en revue les opinions des Philofophes für ces, corps lumineux, confidérons-les en eux-mêmes. Obfervation fur les Comeres. Dépouillons tout ptéjugé, écartons toute idée précédem: ment reçue , éloignons de nous tout intérêt de fyftème, toute affection, tout refpe& fervile pour les grands hommes Qui ont pu entraîner précédemment notre opinion : ce n'eft qu'ainfi quon peut s'élever à ce degré d'intelligence du haut duquel on devient capable de découvrir des vérirés nouvelles, ou de s'aflurer des preuves de celles qui ont déjà été propofées fans être fufifamment démontrées. Confidérons de nouveau & très-actentivement les cometes, réfléchiflons mûrement fur toutes leurs apparences , étudions tous leurs phénomenes en particulier, & prefcrivons-nous de n’en tirer aucune conféquence décifive, qu'après les avoir tous con- ciliés entreux, & tous compris dans une théorie générale & complete, Nous fentons combien cette partie de notre Ouvrage ‘#4 a CM" CRT CR CEEREPOTAA PET PEN me LIT NU enr 10 dE PSP AL/E à re prenne PANIER TORRENT SERIE IEEE uen Du: MoN Dr. LT Ouvragé eft épineufe : nous avouons même qu'elleeft infini- ‘ment effrayante pour nous. L'opinion descométo-planetes eft aujourd'hui, finon généralement, au moins prefque générar lement reçue : fi lon ne la donne pas précifément pour une vérité rigoureufement démontrée, c'eit que, particuliére- ment dans la langue de ceux qui en parlent, une démonf- ration ne peut être fupplééé par une affertion ; mais il eft aifé de s'appercevoir , en lifant Les Ouvrages de nos plus illuftres Aftronomes, qu'ils tiennent la fomme des proba- _ bilités qu'ils ont conclues pour équivalente à une démon£ ‘tration/précife & complete. Ce n’eft qu'avec dédain que ‘quelques-uns parlent de toute opinion contraire. A quoi ne devons-nous donc pas nous attendre 2. Quel que foit l'effet que puifle produire fur eux les obfervations que nous al- Jons leur préfenter , quelque jugement qu'ils puiffent porter de notre théorie , nous Les prions d’être au mains très- …perfuadés de toute notre admiration pour leurs fublimes “travaux, & de notre refpe& pour leur opinion. Leurs pro: fondes recherches , leurs immenfes calculs fur la nature de “la courbe que parcourent les cometes , fur {a vicefle de leur marche , fur leurs retours périodiques , ne perdent rien de. leur prix. Tous les Ouvrages de ces Sayans renferment des ‘vérités mathématiques, & par conféquent éternelles ; elles Sappliqueront à nos cometes , comme elles conviennent aux “leurs, & nous nous permettons de leur rappeller la com- pataifon que nous avons faite dans la Préface de notre pre- mier volume, page. Ixxjv , où nous avons préfenté des -P hilofophes cherchant à découvrir Ja ‘caufe du mouve- “ment des barçaux. Al m'eft quefbion ici entreux & nous Tome JL, . 178 PHYSIQUE que de fa vérité phyfique, c'eft-à-dire , de la nature des cometes. Nous efpérons prouver qu'elles ne font point des fubftances folides , des aftres durables & permanens, mais des phénomenes lumineux auxquels toutes les analy- fes, toutes les déterminations , toutes les démonitrations mathématiques employées jufqu'a préfenr, en Les confidé- rant comme planetes , refteront parfaitement appliquables. Des Apparences des Cometes. Pour des yeux peu familiarifés avec les obfervations cé- leftes, pour des hommes qui, loin d'avoir l'efprit prévenu ‘d'aucune opinion aftronomique , ne jugent de ce quils “voient au-deffus de leurs têtes que par l'idée qui fe pre- fente le plus naturellement à eux, les cometes percepibles à la vue fimple, & fans le fecours des lunettes, ne font que des apparences lumineufes qui fe montrent foudaine- ment à un point du Ciel, où rien de femblable ne fe dé- coûvroit parent ; cette apparition fubite d'une mafle lumineufe n'offre À l'efprit que l’idée d'un météore paflager dont la formation eft momentanée ; cette apparition fubite né fe rapproche en aucune maniere de Îa vifibilité conf- tante des étoiles , ni de celle des — ; ces lumieres nouvelles ne teRiblene en rien à {a lumiere durable. & permanente que nous envoient les étoiles, ni à celle que nous réfléchifient les planetes : des queues, — chevelures, des barbes, font des attributs étrangers à tous les aftres qui pot réguliérement & qui embellifent conftamment Ja voûte des Cieux. Les premiers regards _ fur les’ Co. FR 4 RACISME ET EAP IN STEP ENTIER Ra ER TR TE Et de CS D à SC RTS VO Ÿ sagifoic donc DU MonNper. 179 snetes les ont donc fait placer au rang de ces météores de notre atmofphere, qui sy manifeftent fi fouvent & fi fu- bitement , & qui difparoiflent de même ; tels font ces glo- bes lumineux inférieurs à la Lune, que quelques Phyficiens, même modernes , appellent cometes fublunaires , qui brillent & éclairent pendant quelques heures , & qui fonc fort fou- vent fuivis d'une traînée de lumiere plus où moins longue. D'après toutes ces analogies, on a regardé d’abord toutes _ les cometes comme des mafles d’exhalaifons qui fe conden- foient, s'enflammoient & fe confumoient ; & sûrement cette idée devoit être la premiere qui fe préfentât à lefprit des hommes : mais des obfervations plus fuivies ont facilement détruit cette erreur ; l'art de mefurer les diftances dans l’ef. pace a relegué les cometes dans des régions bien fupérieu- res aux limites de notre atmofphére : lés cometes ont été obfervées de différentes régions de la Terre très-diftantes des unes des autres, ce qui feroit impofhble fi elles étoient dans notre atmofphere, dont les météores qui lui font pro- pres ne peuvent être vûs que d'une très-petite portion de la furface de la Terre. Le défaut de parallaxe du mouvement diurne a encore repouffé les cometes à des diftances bien plus confidérables que celles de la Lune. La premiere opinion Que nous venons de préfenter tombe donc néceflairement ; es cometes ne peuvent être des exhalaifons formées dans notre atmofphere : mais les hommes tiennent lono-tgms à: leurs premieres opinions, fur-tout quand lanalogie femble les favorifer, & les méréores fublunaires ) toujours préfens à l'efprit, y: appelloïent fans ceffe l'idée d’exhalaifons, Iine > Pour conferver cette idée, en reculanc Le Z 2 _ 80 PES LOLE S <= lieu des cometes, que de tirer d'ailleuts que de notre globe. ces éxhalaifons qui devoient les former. a Philo- fophes ont eu recours à celles des autres planertes, à celles. du Soleil lui-même; mais cette. reflource leur a été faci- lement enlevée par. les confidérations les plis fimples. Des, cometes qui font reftées à des diftances énormes de toutes. les. planeres & du Soleil, nont pu enlever à aucuñ de ces. lobes leurs atmofpheres. Dans? opinion dominante du vide, comment ces vapeurs enlevées par les cometesaur formé desatmofpheresautour d’elles? Comment ces atmofphe: res nouvelles s'y feroient-elles maintenues ? Elles fe feroient. fans doute répandues dans tout lefpace, par la chaleur qu'on, fuppofe aux cometes à leur périhélie, elles fe feroient con- denfées,, dès. que certe chaleur auroit été diff ipée : les co- metes. n’auroient donc pû conferver ces atmofpheres quun inftant , quand même on pourroit fuppofer quelles Les au- roient acquifes? Les planetes confervent les leurs, parce. quelles reftent dans des régions où la température varie infiniment peu, & oùil nes ‘opere que de légeres différen- ces entre les raréfations & les condenfations , différences. dont les degrés s'écartent peu de part & . terme, moyen; ce qui na pas lieu pour les cometes. Dans le fyftème du plein, ces atmofpheres enlevées & confervées font également inadmifibles : comment ces co- metes, pourroient - elles parcourir dans lefpace éthéré des: routes immenfes avec dés. viteñes infinies , & dars toutes. fortes de diredtions, fans que la réfiflance de lécher qui fe meut fouvent en fèrs contraire à celui où la comete fe meut, elle - même, féparât bientôt d'elles ces atmofpheres ufur: ESA DORE AIT RENE ENT RENE EN NERF DATE FA CARS LPO 0 CE pv MonbDe£#,. 18r pécs > Suppoferoit-on que les, cometes tournent fur elles. mêmes avec une vitefñle excefive , & que de cette virefle il _réfulte une force qui. retient ces aumofl 1eres autour d'elles» La fuppoñtion alors feroit aufli présee que la théorie qu'on voudroit en déduire feroit difficile à établir. Il à donc bien fallu renoncer à. formér aux cometes dés atmofpheres avec des vapeurs/étr angeres, & lon a pris le parti de regarder ces atmofpheres comme formées de leurs propres cha nous parlerons ailleurs de ces préten- dues. -atmofphoress ei Nous ne voyons pas que de cette premiere conhaeraon générale des cometes, 2 ces pi remieres apparences fenfibies a tous les yeux, il puifie naïtre dans les efprits l'idée dun corps durable, permanent, d'un corps{olide enfin, & fembla- ble aux planeres. Ecourons un des plus habiles une. un Savant dont les yeux font familiarifés avec les Phename- nes de l'efpace infini que fes regards ont fi fouvent parcou- u, quils onc fi fouvent pénétré pour y faifir les obferva- _ tions les plus délicares ; cet Afironome, fortement prévenu en faveur de l'opinion des a va nous appren- dre quel. effet ces apparences que nous venons de confidé- rer ont fait fur fon efprit. Lande (f), étoient d’une lumiere f pâle , _fi éteinte, v (f) Type 8x a _ » TPoutes les cometes que. jai vues, die M. de la > qu'il y a lieu de croire que leur fabftance a peu : de ne >) fé, & quelles ont très-peu de mañle ». Ce témoignage rendu ee un anûn. de foprion. des comero-planeces, ne, 182 LHTSLROGE répand-il pas déjà quelque nuage fur cette opinion? Si la fubftance des cometes à fi peu de denfité, fi elles ont f peu de mafle, n'eft-on pas porté à croire que ce Savant Les regarde comme ayant peu de volume? Ce n’eft pas inuti- lement, qu'après avoir dit que leur fubftance a peu de den- fité , il ajoûte qu'elles ont peu de mafñle ; expreffions qui feroient prefque fynonymes, fi l'Auteur mavoit pas eu en vue le volume total de la comete: mais fi ces aftres avoient fi peu de volume, comment feroient-ils fi vifibles à de très- grandes diftances? Enfin en nous reftreignant à [a valeur tigoureufe & au féns précis de l’Auteur, fi fes cometes ontf peu de denfité & fi peu de mafle, comment celles qui, à leur périhélie, pañfent infiniment près du. Soleil, comme celle de 1680, qui fe trouva 166 fois plus près de cer aître que la Terre, peuvent-elles réfifter à une fi grande cha- leur? Selon Newton, & felon M. de la Lande, cette co- mete de 1680 éprouva une chaleur 2009 fois plus grande que celle d'un fer rougi, où 28000 fois plus grande que celle que nous éprouvons au folftice d'été: sûrement notre fer fe volatiliferoit à ce degré de chaleur. Comment des aftres qui auroient fi peu de mañle, f peu de denfité, ñe feroient-ils donc pas totalement diflipés, vaporifés par une chaleur fi exceflivé > Comment enfuite, précipitant leurs coutfes vers des régions glacées, ne feroient-ils pas bientôt condenfés par le froid ? car alors leur fubftance doit être rel= _ lement divifée que fa condenfation doit être infiniment ras pide ? Mais renvoyons à des recherches plus approfondies les-induétions à tirer-deces premieres APparohees Arrérons-nous ici à confidérer les apparitions foudainés , ss ARRET NOEL RGUR LE GE Le { À k $ | RPM AREEERT, RENTRER BEEN EN NPEPENNPAT ER ONENEETENREN TEE ARTIST PESTE EI PPT ET TTENN TEE PTIT PP TE TITRES RETRAITE ENTER re Du Monpr. 193 & les difparitions également foudaines des coômetes. Un aftre qui s'avance des profondeurs du ciel vers notre olobe, & qui parvient. à une diffance où il commence À devenir vifible , peut être comparé à un vaifleau qui arrive à la vue d'un Spectareur placé fur Le rivage ; ce vaifleau n’eft d’abord à fes yeux qu'un point imperceptible qui augmente de fur- face fucceflivement, & dans des proportions relatives à la vicefle de fa marche & aux efpaces qu'ila parcourus. Si, \ , 1 REX E : É : “45 après avoir préfenté à ce Spectateur une. furface d’une grandeur donnée, il prenoït tout d'un coup une nouvelle route qui fit avec l'œil du Spettateur le même angle que _ faifoit la premiere, & que fa viteffe reftât la même, il dé- eroîtroit de quantités égales dans des tems égaux 5: ces dé croîfflemens & ces tems feroient comme lesaccrofffemens & les tems de fon approximation. Si nous fappofons que ce Spectateur, placé fur le rivage, attendit l’arrivée du vaif- feau , & le cherchât avec les lunettes les plus fortes, fans doute il Fappercevroit avec ces inftrumens longtems avant de le voir à la vue fimple ; & lorfqu'il auroit pañfé & qu'il fuivroit une route nouvelle, il difparoïtroit à fes yeux dans le lointain longtems avant qu'il fût-perdu pour fes revards aidés du télefcope. Il devroit donc en être ainfi des come- tes, fi on les .confidere comme décrivant des courbes régur- _ leres. Cependant rien de tout ce qui conviendroit efflen- tièllement au vaiffeau de notre hypothefe ne peut leur être adapté, Mille Aftronomes, armés de lunettes , parcourent continuellement l'efpace, & fubitement une comere paroît à leurs yeux dans une partie du Ciel vers laquelle leurs. lunetres étoient dirigées. il ny a qu'un inftanc. Nul point 184 PHYSIQUE vifible ne s'y laifloit diftinguer, lorfqu'ils y découvrent un corps lumineux qui occupe tout d'un coup plufieurs degrés ; ee corps parcourt une ligne qui le rapproche, fon volume ne s'accroît point, ou saccroit peu; il conferve encore fa plus grande apparence , lorfque foudainement il devient invifible : à peine a-t-il difparu à la vue fimple, que c'eft en vain qu'on le cherche avec les plus fortes lunettes. Rapportons ces phénomenes à céux des accroïffemens fué: ceflifs & des décroiffemens également fucceffifs du vaifleau, il faudra alors ou nier que ce que nous avons dit de ce vaifleau foit vrai, ou nier ce que nous avons dit de la comete, ou convenir que la comete n'eft point un Corps permanent qui | parcourt toute la courbe dans laquelle on fuppofe qu’elle fe meut, & qu ainfi elle n'eft point une planete: maïs ne précipitons point nos jugemens. Nous n'avons encore parle des cometes que comme d'une limiere apparente; les Af tronomes nous parlent de leur difque qu'ils diftinguent de leur chevelure & de leur queue; nous les invitons à confidérer plus attentivement, avec nous, les caracteres de ‘ces lumieres diffufes ; à ceux de la: Lens de ce: difque prérendu, De la Lurmiere des Comeres. Los Nous venons de voit. que toutes les comeres que M. de la Lande a vues étoient d'une lumiere fe fotble, fi ? péle : ei éreinte ; qu'il y a lieu de croire que leur ni a _. de denfiié, € qu'elles ant très-peu de malle. Getre apparence, que M. de [a Lande a conftamment obfervée , F RENE PARQRRTRE ARTESTTTETTRAISNT TRRETEETETCEEDETAE DE ET NAPAEP Du MonNpD Er. 18; obfervée, fe rapporte très-bien avec ce que Veigélius nous dit de la comete de 1664. Get Aftronome, ayant confidéré en même tems le Soleil, un petit nuage éclairé par cet aftre , la Lune & la comete, trouva que cette derniere, au-lieu d'être d’une lumiere continue comme la Lune à reflembloit, au contraire, infiniment au nuage; ce qui le porta à penfer que ces prétcendus aftres pourroient. bien n être que des exhalaifons du Soleil. ni Poe cu cs La comete de 1652 parut à Hévélius prefqu'aufi grande que la Lune ; mais elle lui étoit infiniment inférieure en | lumiere, étant extraordinairement pâle , & comme entourée de fumées qui, loin de lui laiffer quelqu'éclat, rendoient fon afpe& trifte & lugubre, : | dise Mais fi telle eft fouvent la-lumiere des comtes, quel- quefois aufi cette fumiere :a plus d'éclat, plus d'intenfité, & fe colore diverfement. Sturmius dir que la comete de 1680 lui parut moins lumineufe vers fes bords qu'à fon ceñ= tre, & quelle Jui parut plutôt reflembler à un charbon en- flammé d'un feu obfcur , ou à une male informe. de matiere éclairée par une lumiere accompagnée de fumée, qu'aune étoile ronde & d’une.lumiere vive. rh oo Enfin ; la comere de 1661 parut à Hévélius d'une Lu- ‘miére jaunâtre brillante &terminée ; Mais fans étincelles. ayant dans le milieu un noyau: rougceatre de la groffeur de Jüpiter | & environnée d'une lumiere beaucoup plus rare. Le 5 Février fa tête étoic un peu plus foncée que la couleur dors! mais d'une lumie re plus fombre que celle des. étoiles. -- Le peu d'obfervations que nous venons de rapporter fuffit pour nous convaincre 1°. que le lumiere que nous envoient Tome IL, A a 186 Peu: Y SÉQUE les cometes , ne reflemble jamais à celle que réfléchiffenc les planetes ; 2°, que ces lumieres des cometes ne fe refflem- blent point entrelles. Une autre différence bien remarqua- Lle encore entre la lumiere des planetes & celle des co- metes , c'eft que l'éclat des premieres eft égal fur tout le difque éclairé par le Soleil : il n’en eft pas ainfi des co- metes, leur lumiere a toujours plus d'intenfité vers Le cen- tre, que vers les bords; ce qui ne convient point à un. hé- mifphere folide & réfléchifflant une lumiere étrangere : mais eflenciellement à un tourbillon lumineux, dont les bords, comme moins épais, & préfentant des tranches formées par des orbes dont la viteffe eft moindre , ne peuvent avoir aurant d'éclat que Le ete - Enfin, le difque des planetes eft rond, cé qui convient encore à un hémifphere éclairé ; celui des cometes au con- traire préfente fouvent toutes fortes de formes, comme nous le voyons dans les figures que nous en à donné Hévélius: auf ce grand Cométographe nous dit-il afirmativement: « Il faut favoir que la matiere des cometes n'eft pas une maffe évale, continue & condenfée, fous forme de fphere, » ou de globe, comme les planetes perpétuelles ; mais que » cette matiere, ces effluves éthérées, enfin ces cometes ; ne Ÿ » reffemblent qu’à des planeces pañlageres ; qu'elles ne font » que des corps improprement dits, & que ces corps ne » font pas fphériques (g) ». On a vu que nous étions bien éloignés d'adopter cette idée d'effluves planétaires qui s’étoit préfentée à lefprit d'Hévélius ; mais en reconnoîtr2 {£) Prodonius Cometicus , p. men | | î È FZTECPERPERERNI ENT AURAS TETE TE PEETT terne HÉAELÉ ET nee pu MONDE. 187 dans la fuite combien l’aflertion que renferme cette phrâfe, & qu'une fuite continue d'obfervarions avoit diétée à Hévé- lius, convient à notre théorie : cependant ne concluons encore rien de ces différences; attendons que nous aïons confidéré plus attentivement la nature de cette lumiere cométaire. | | Nous venons D . l'obfervation de Sturmius fur la comete de 1680 , & dans celle d'Hévélius fur la comete de 1661, que ces. Aftronomes avoient diftin- gué la lumiere du centre, ou du noyau, d'avec la lu- miere environnante. Cette miere. rare , diffufe, tranfpa- rente, à travers laquelle on voit sé des le , n'eft point la comete proprement dite; mais ce difque , ce noyau eft véritablement la planete, dans l'opinion. des Philofophes qui les ee comme des Sr permanens : : nous pañle- rons donc à la confidération très-attentive de ce noyau, puifque c'eft véritablement de lui qu'il faut nous occuper , que c'eft lui qu’il faut étudier, que c’eft lui enfin qui eft le véritable . de nos recherches. = | Du ou. * : Par ce que nous avons déjà. rapporté de M. de ka. Lots _ NOUS AVONS vu que ce noyau ne pouvoit nous être nd que comme une fubftance ayant peu de denfité ; caractere qui paroït, à la premiere vue de l'efprit, peu convenir aux cometes. En effet, dans leur prande approximation du Soleil , au “périhélie, ce noyau devroit être difipé, vaporifé fout entier ; dans Les grands éloignemens il devroit être Aa 2 188 PESTE condenié, de maniere à être réduit à un point infenfible: les cometes devroïent au moins croître infiniment de volume, en s'approchant du Soleil, & décroître de même, & très- fapidèment, ensen Lolenane Mais ne tirons encore aucune ‘induction de cette réflexion fi fimple & fi naturelle ; affu- rons-nous bien fi ce noyau nous eft fuffifamment indique comime corps folide eee pour que la certitude de ce fait doive faire d loi à notre théorie. Que lon fe rap- pelle donc ce que nous avons déjà dit des apparitions & des -difparitions fubites des cometes , du peu d'apparence de denfité qu elles indiquent, & en confervant ces idées pre- fentes à l'efprit, confidérons les autres apparences, - Si les cometes ont un noyau folide & permanent qui ré- féchite la lumiere du Soleil , en décrivant une courbe “autour de cet aftre, elles font ds plantes ; 5 mais il paroït évident qu'alors elles doivent avoir des phâfes , comme les planetes, elles doivent être vues en croiffant, en qua- -drature , en decours: ces. apparences, comme nous l'avons vu en parlant des planetes, Apparentens néceflairement à tout corps planétaire, c'eft-a-dire, à tout globe folide faifant fa révolution autour du Soleil; in les cometes ne les préfentent point. On a obfervé beaucoup de cometes qu ont defcendu plus bas que Mars, & dans aucune on na ‘diffingué de phâfes bien crade Il faut avouer ce- “pendant qu'on a cru en remarquer une à la comete de 1744, dont la partie vifible n’étoit éclairée qu'à moitie. Mais, fans ‘revenir fur cette. obfervation, cmeftil pas bien furprenant . que fon n’en puifle rapporter qu'une ? Cette réflexion ne de pas infiniment. la conclufon: ‘qu'on voudrai me £ <e.S PPS SIERTE -- Ce: nonce. t-il véritablement cemme un noyau folide & perma- nent? Enle pourfuivant dans cfpace, ne pourfaivons-nous pas une chimere ? Confultons Fobfervation ; elle nous ap= Ë puy Mon ps. 189 en tirer? Depuis 1607 feulement, douze ou treize cometes ont.été vues plus près du Soleil re celle de 1744, & dans ces douze cometes on na obfervé qu'une phâfe : peut-on de cette. obfervation. unique conclure avec confiance que. les _ cometes ont des phâles régulieres, comme elles devroient en avoir fi elles étoient des planeres ? Les vapeurs qui les environnent & les scope empêchent, dit-on , que ces phâfes foient vifibles : mais, 1°. on dit auf que ces vapeurs, ces. famées fe ouau moins fe raréfient entiérement ; qu on apperçoit fouvent à. travers elles. uñ noyau fort vif & très-éclacant( z) : commeñt n'a-t-on donc pas diftingué plus fouvent des phâfes > 2°, Mercure eft toujours one de vapeurs, & cependant fes phâfes font très-vifibles. Ce défaut d'obfervation des phâfes milice donc très-puifamment contre le fyftème des cométo-plancetes, & l'obfervation unique de 1744 leur prête un bien foible fe- cours: mais dans le nombre des autres phénomenes que nous allons confidérer , plufieurs , en préfentant d’autres raifons de cetre apparence unique c de phâfe, détruiront toute idée de. planécifme | dans les cometes, ee ya, que nous voulons affa} jettir à des Phil. san prendra que.ce noyau ne Le. laifle pas toujours apper- » cevoir. M. de Mairan reconnoît que la. lumiere quitouche de Je voyau fe conend lonene avec Jui 5 & È 2 # F90 PES SrocE tous les Aftronomes conviennent de ce faits ainfi que d'une autre vérité auf importante à confidérer : cet que ce noyau difparoît fouvent tout-à-coup, quoique là comete refte vifible, & fans que l'œil nous fafle reconnoître fen- fiblement dans la fumiere que nous continuons de voir très- diftintement aucune variation d'état à laquelle nous puiffions attribuer la difparition du noyau. En 1618, on vit dans toute l'Europe une queue de comete fans noyau : on en vit une autre pareille à à Rome en 1702; elle fut obfervée par M. Caflini, qui la crut la même que celle qui fut ob- | fervée par Arte & qui avoit reparu depuis en 166 8; 5 mais cette opinion ne fut point adoptée. Hévélius nous apprend que le …. de celle de . 1, qu | à tant & fi bien obfervée , n'étoit pas diftinct le 28 Mars dela lumiere qui l'entouroit , quoique cette [lumiere füt alors extrêmement rare & pale , que fa matiere fût ex- trêmement difperfées ce qui auroit dû laïfler voir le dif. de du noyau : cependant celui-ci ne répare plus. - M. Meffer, dont on connoït le mérite, l'exa@itude & Palliduité à obferver les cometes ; né put diftinguer de noyau dans celle de 1759, ainfi que nous le lifons dans l'Ouvrage du Pere Berthier, pag. 286, qui cite un Mé- moire … M. de File , inféré clans le Jourtal — e année TS 9. +. E fe préfene ici. une réflexion f maarelle qu on croifa qu elle fac évanouir | difficulté. C’eft aflez, dira- t-on, que le noyau ait paru quelques : jt ns pour que fon exif- tence foit a aflurée ; fa difparition tient à des. caufes- que l'on peut trouver dans les vapeurs de la comete , “OU. qu lors TNT D ET REPLI SOEE NE NE 7 CU Duty MonNDE. TOI même qu'elles refteroient inconnues, pourroient exifter ce- pendant, & dont l'ignorance nautoriferoit point à nier la réalité de ce noyau. Nous croyons que la confiance que l'on prendroit dans ce raifonnement , affez fpécieux , ne feroit pas folidement fondée. Nous verrons bientôt que ce font ces. apparences de noyau, dont les caufes ont été Iñ- connues , qui ont féduit & induit en erreur : ceft aflez d'en avertir ici: attendons l'expofñtion de la théorie pour les faire connoïtre, & continuons d'obferver ces noyaux. Plus cer examen ba attentif, & plus Popinion qui les reçoit pour des planetes s'afoiblira & fe décréditera dans les efprits. C'eft lors-mème que ce noyau a été vule plus diftincte= ment, quil a fourni les obfervations les plus deftrudtives de toute idée de permanence. Les noyaux des cometes Ge 1572, 1607 & 1642, parurent divifés en plufieurs noyaux aux Yeux des Aftronomes qui les obferverent. Héyélius , qui a gravé les figures de ces cometes , d après les ne nous donne aufli les figures de quatre autres qu'il a vues. lui-même ainf divifées, Le noyau de celle de 1660 fut d'abord aflez rond , aflez diftinét de fa chevelure lumineufe ; : il parut bientôt dvifé en plufieurs petits noyaux , qui fe réu- nirent enfuite en un feul: celle de 1661 , dont nous avons déjà parlé, & dont le noyau rougeâtre étoit la groffeur de Ji upi- er, futvu par cet Aftronome, le s Février, divifé en plufeurs parties; le 6, une de ces parties, celle qui étoit vers le bas de dc comete lui fembla plus denfe, plus lumineufe que. le refte; j le 10 hs parties du-baut étoient He lumineufes 4e celles du bass ces noyaux difti fnftrumens dont. fe fervo fitconnoitrelui-même La contrat Ion ans{ 102 PRTSrO0 E alors ils difparürenc tous, & ne furent Pit nds de {3 lumiere qui les avoit OST environnés. Il en fut ainf de celle de 1662 que le même Aftronome obferva: celle de 1664 fe 45 encore en différentes parties qui fe réunie rent enfemble, En ne rapportant ic que des RUE fi anciennes on nous objectera fans doute le défaut d'obfervations plus récentes de ce phénomene fingulier , & nous avouons que | cette objection eft trés-forte ; mais “pit que l’état des cometes par Oit à. prefque tous nos Aftronomes définitivement conftate , TERRE se ils ont décidé qu'elles écoient des pla- netes, 5 n'ont plus € été occ ceupés que de déterminer les cour- bes qu elles décrivent, de tracer leur routé , de chercherà connoître leurs ae Nous convenons cependant que ces divifions obferyées par Hévélius & Pa quelques-uns de es prédécefleurs nauroient pu ‘échapper à à nos très-acrentifs & très-vigilans Aftronomes ; ; nous ne doutons affurément pas qu ils n'euffent annoncé des phénomenes auf intéreflans, quelqu’ atteinte qu'il s euffent pu porter à | see reçue:on doit autant de confiance 2 à leur bonne-foi , qu'a lies lu- mieres fln'exifte € entr eux aucune convention pour cacher Ra vérité: tous 2 au contraire ne tendent qu'à Pétablir dans ous fes droirs, Nous avons nous- - mêmes obfervé plufi iéurs comètes, & nous nen. avons pas vü une feute fe divifer. F audroit-il donen nier à Hévélius des Faits qu rt ‘donne | os f | certains? No Ù refpectable ,lem mo; e UE rejérter une autorité auf ’êrre ra Re re ER ee & Men ON TEE EE DOORENENPREAINNEENEERMENEEEIET EE DD MoN Dr. 193 & f aprés la dure des quatre chapitres quil confa- cre à traiter cette matiere , on ne peut douter qu'il eût de bons inftrumens, on peut encore moins en douter d'après les obfervations here dontfes Ouvrages font remplis. Pour concilier ces divifions fi fréquentes des noyaux des cometes dans des temps précédens avec le filence de nos Aftronomes modernes fur ces apparences , le Pere Berthier femblenous fournir un moyen heureux. N ous lifons dans le IV® Volume des Principes Phyfiques , que M. le Gentil , de l'Académie Royale des Sciences, -Aftronome | dont Le mérite eft trés-parfaitement connu, a alaré au R. P. Berthier , que Lon vo )'yOLt des crevai]es ee les cometes. Or, ajoute le R. P., left évident que ces RTE vÉes avec da lunettes plus Rés font ces divifions qu’ a obfervée Hévélius. Nous objeéterons à à ce Phyficien, & nous nous objeéterons à nous-mêmes, qu'il n’eft pas pofñlible de fuppofer que les lunettes d’ Horde fuffent plus fortes que toutes celles avec lefquelles on obferve depuis longtems les Cometes : mais nous ajourerons auf que ces creraie nous paroiflent fort fufpeétes. Hévélius, &les autres Aftronomes qu'il cite, ont vu des divifions ‘completres & totales : non-feulement Hive: lius vit celle de 16 64 fe hvifer, mais il vit encore fes sig réntes parties fe réunir. ee Malgré tout ce que nous venons dé dire fe - divifc ion. de noyaux des cometes , le filence des Modernes fafira Cependant pour que nous ne nous permettions d infifter que foiblement fur les inductions à tirér de cette divif ion préten= due. Nousne la donneronspoint pour une preuve décifive que. les cometes ne font pas des fübftances folides : “mais on con= Tome IE — | 8 b. 200 PHYSIQUE vroient être toujours: mais ces queues fuivent encore les cometes lorfqw’elles font parvenues à des régions où elles n’éprouvent plus de chaleur fenfible. Enfin, flces queues, -ces atmofpheres énormes de vapeurs fubfiftent encore à ces _diftances, que devroient devenir ces aftres, lorfqu'ils s'ap- -prochent infiniment plus près du Soleil que ne l'eft Mer- cure » Cette objection contre les cométo-planetes eft une des plus importantes : nous la reprendrons ailleurs; & lorf- que , dans la fuite de cet Ouvrage, nous parlerons des phé- nomenes [lumineux , auxquels nous fommes : intimement per- _ fuadés quil faut rapporter les cometes, nous croyons en avoir dicaflez pour qu'on fufpende au moins fon opinion, êc pour nous difpenfer de confidérer ni Les routes, ni les ac= tions des cometes dans l'efpace. | : | Caraëtres propres & eee des Cometes. _. caracteres propres aux cometes, ceux que 7. font véritablement particuliers, fe one donc à une lumiere plus où moins diffufe , plus ou moins vive, plus où moins coloriée, & d’une de plus ou moins longue qui rare ment ce quelques mois; on en a vu fans noyau, on en a vu fans queue; ainfi le noyau ni la quete ne font point des caracteres conflans & diftindif. Il eft vrai que toutes les fois que l'on apperçoit de ces traînées de lumiere dans lés efpaces furlunaires, € ’eft-à-dire lorfqu'on eft afluré que ces lumieres font plus loin de nous que la Lune, on eft autorifé à les appeller cometes : mais il. fauc auf qu'on à très-fréquemment. vu de ces traînées lumineufes - dans SALE Lie à td Tépe ET EEE ES TRE AIG ET EN LORS SPP PROD ETF CENTARSENSIENRIEN TR AS PURE TRE TIR DU MONDE. 20I dans des régions inférieures à à la Lune ; que plufieurs avoient des têtes, où étoient précédées 2 à leur partie antérieure par un lobes & qu'elles avoient dès-lors toutes les appa- rencés les plus fenfibles de comeres véritables : leur peu de durée , leur peu d'élévarion ont pu feules alors les faire dauer des cometes fupérieures, Nous parlerons ailleurs de ces phénomencs | one | Diférences e entre e Les Comeres. & les Planeres. Il réfulte és déiament de tout ce que nous avons die en parlant des planetes, que ces-aftres font des corps 1e des, opaques , qui réfléchiflent la lumiere du Soleil , & qui; felon la poftion où ils Le trouvent refpcdivement à cet aftre lumineux & à nous , préféntent différentes por=. . tions de leurs difques éclairés 5 ce que nous avons appellé leurs phâfes. Les cometes, au contraire, ne paroïffent ni des corps. folides, ni des Corps opaques proprement dits : fi les cometes- ee la lumiere du Soleil, ceft à la maniere: d'un nuage où d'un tourbiilon décleoidé 1 _ comme feroit une trombe. Ce quile prouve , c’eft que la ‘lumiere que réfléchit le difque d'une planete, lorfque celle- . greft en oppofition, eft fenfiblement égale fur toute la fur: < face éclairée, au lieu qüil n'en eft pas de même des CO metes. Ce que l’on appelle leur noyau, lor{qu’ on apper- ; çoit. cette apparence de difque , que l'on nomme ainfi, ne réfléchit pas une lumiere égale : le centre eft plus um neux que les bords ce qui convient infiniment à un tour- billon dont. Es lumiere réfléchie. ee les bords doit: avoir Tome IL. Fe Ce eee 202 Puavsiour moins d'intenfité que celle qui elt réfléchie par toute l'épaiffeur. La lumiere qui nous vient de toutes les planetes eft, à très-peu de différence près, la même ; certe différence fe ré- duit à une légere variété dans la teinte du blanc: la vivacité de l'éclat de Vénus, la plus brillante des planetes , ne difiere pas affez de la lumiere de Saturne , la plus terne & la plus plombée de toutes, pour ne pas exiger quelque attention pour être diftinguée. La lumiere des cometes, au contraire, ne reflemble point à celle des planetes, & Les couleurs des différentes cometes ne fe reflemblent point entr'elles. Les planetes marchent toutes dans le même fens & felon l'ordre des fignes ; les cometes, au contraire, traverfent l'ef pace dans voutes fortes de directions, foit felon l'ordre, foit contre l’ordre des figies, foit par tous les angles pofhbles avec la dire&tion générale ; ce qui neft expliquable dans aucun fyftême. > On fuit les planetes dans tous les points de eur orbire; on les apperçoit dès l'inftant où elles s'élevent au-deffus de l’horifon , jufqu'a celui où elles s’'abaiffent au-deffous. Les co- metes apparoïffent tout-à-coup, fouvent très-élevées, & dans des pofitions qui prouvent qu’on auroit dû les appercevoir beaucoup plutôt; elles difparoiflent fubitement, & lorfque tout induit à croire qu'on devroït les voir encore longtems: elles ne font donc vifibles que dans quelques points d’une por- tion de courbe, au-lieu de l’être dans tous les points de cette courbe , comme les planeres. Si c'étoit leur éloignement qui produisit leur difparition, le télefcope les fuivroit encore longtems après que la vue fimple ne pourroit plus les atrein- f Dy Monpre. 203 dre; mais elles font perdues pour l'œil armé des meilleures lunettes, prefqu'auflitôt que pour l'œil nud. : Enfin les planetes fonc des globes dont la température éprouve de légeres variétés, & fur lefquels, par confé- quent, le regne de la vie peur s'établir : les cometes, au contraire, pañlent quelques inftans dans une chaleur à la- quelle aucune des fubftances , même minérales, que nous connoïflons , ne pourroit réfifter. Suivant les Cométo- planétaires , la comete de 1680 éprouva une chaleur 28 000 fois plus grande que celle que nous éprouvons au folftice d'été; ce futauffi fon été fans doute , Mais il fut court: elle s’avança rapidement vers les régions des frimats. Il n'y a point de nombre qui puiffe exprimer le froid qu'elle doit éprouver à fon aphélie, & cet hyver doit être 1200 fois plus long que fon été. Ceux qui voudront les rendre habi- tables auront d'étranges fuppoñtions à faire , & ceux qui confentiront à les laiffer ftériles feront bien embarraftés pour concevoir le motif de lexiftence de tant de olo= bes: nous difons de tant de globes, on en compte déjà quatre où cinq-cens d’obfervés: mais il doit y en avoir un infiniment plus grand nombre encore. Le Ciel n’eft , dit-orr, jamais fans cometes vifibles s il doit y en avoir beaucoup plus d'invifibles, Il en fur beaucoup pour peupler lefpace _ entre Saturne & Syrius, deftinarion à laquelle quelques. Savans les confacrent: mais à quoi fert cette population, fr la vie, ce plus magnifique des a@es du Très-Haut,: ce but ultérieur , Cette fin vraiment fublime de fon ouvrage, ne peut y établir fon empire » Re - En voilà bien affez fur les dif Férences effentielles qui Ce: 2 en ep 204 Pa YSsEQoU Œ trouvent entre les plancres & les. cometes. Il femble que ces différences font naître dans nos efprits une grande répugnance à les regarder. comme des globes femblables. Nous pourrions ajouter encore Lo oup. de motifs à certe répugnance, & les puifer dans d'autres différences entre ces deux efpeces d’aftres; mais nous defirons de terminer cet article déjà trop long peur-êrre. Nous nous permettrons feulement de rappoller encore une fois 2 à l'efprit quelques phénomenes certains & conftans des cometes, qui nous pas roiflenr abfolument inconciliables : avec l'idée de planeres, & d'en faire l'énumération. Fo . Le premier, c eft cette D en tout fens; le Fe cette excentricité énorme des ellipfes prétendues, -& qui: les fait couper toutes les orbites ; le troifieme, cette atmofphere lumiheule , quon appelle queue: barbe où chevelure, far laquelle nous rehvoÿons a ce que nous eñ avons dit, page 180 j le quatrieme, cette divifion des noyaux ne fi fouvent par Hévélius, & par d’autres Aftronomes; le cin- quieme, ce jet de lumiere forti du centre de la comete de 1680 , & la fcintillation de quelques autres dont parle. Hé vélius . fon Prodromus Cometicus, pages 13 ë 59: = & dans ee Annus Climatericus , page 168. | N OUS nous arrêtons ; il fera tems de nous due davan- rage fur ces. obfervations, & fut les. indudions. qu “ne faine phyfique doit en tirer, fi on entreprend de défendre Popi= nion que nous attiquons, Nous. croyons en avoir dit aflez, finon pour la détruire tout-à-fait, au moins pour La rendré plus que fufpecte. Après avoir érable que fes. cometes ne font: pas des: planete, il nous refte à faire Connoîtré ce qu'elles font, à les foumettre à des loix phyfiques émanées OLD CRIE EEE PE GT RIT AE GR CPE LEE OL CG Pet more —" 7 _- SRE LE NA A É RES MLT RÉ COR RES RES PP TT RE à RETRO Du MonpDr. 205 de-notre principe, qui fe concilient avec tous les phénome- nes, ou plutôc defquelles tous ces phénomenes doivent ré- Éoler néceffairement; mais on voit bien que ce n'éft pas ici le lieu. Sinous regardons Les cometes comme des phéno= menes lumineux, c’eft à la partie de notre. -Ouvrage qui craitera de la nice qu'elles font renvoyées, & cette ee tie fera comprife dans le Volume prochain. Si, d'ici à ce quil:paroïfle, on nous propoe quelques cbjetions, nous efpérons y répondre. … Continuons notre “marche; 5. hs le leu . Ciel en parlant. du Ciel étoilé. Nous reviendrons enfuite fur nos pass nous rentrerons dans notre tourbillon, dans l'empire de notre Soleil, pour y confidérer un ode non-moins magnifique que celui qui fe fera jaiqu alors offert à nos regards. Ce n’eft ni une disreflion, ni une inverfion de notre route ; que de confidérer + Ciel étoilé avant de parler de ce. que fous avons encore à dire de notre Monde ; il n'eft _ point étranger : à ceux qui | l'entourent. Rien n ef ifolé dans univers ; toutes Les forces * font balancées par d'autres forces ; tout eft contenu. dans fa fphere par la réfiftance des fpheres environnantes Si, à tous les points des limites qui circonfcrivent toutes les on. des réfiftances sop- pofent à ce quelles fe propagent : à Daft, tout doir é être en libre. C'eftdecet équilibre que nous parler ons après avoir | nn caufes cles loix dans Les Palancemens, dans | DU CIEL É T O LÉ É ORSQUE Île Soleil éclaire notre horifon, lorfque fes feux fe précipitent fur les régions que nous habitons, f nous élevons nos regards vers les Cieux , tout l'efpace*éthéré rempli de la fplendeur que répand le pere de la lumiere, nous paroït terminé par une voûte azurée: elle arrête nos regards, ils ny apperçoivent aucun autre objet, ils ny découvrent aucun autre point vifible. La Lune feule Sy montre fouvent à nos yeux : mais ce n’eft point pour difputer au flambeau du Monde le droit d'éclairer la Na- ture, de {a vivifier, de l'embellir. La lumiere foible &are gentine de la reine de la nuit pâlit en préfence de l'or étincelant du Soleil. La perle eff moins inférieure en éclat à l'efcarboucie, que laftre de la nuit ne left à laftre du jour. Cette lueur pâle décele fon origine; tout annonce quelle n'eft qu'un foible reflec du globe lumineux. Ceft ainft quau milieu de la Cour des. Monarques tout éclat difparoît en leur préfence ; ou que, s'il en refte encore quelques foibles rayons fur ce qui les entoure, on en re- connoit l'origine & la fource , on les rapporte à celui dont ils émanent, il en devient plus grand à nos yeux; & ces êtres décorés de fplendeurs étrangeres ne font qu’augmen- rer fa gloire en manifeftant fa puiflance. Mais lorfque Je Monarque du Monde, cet œil de la Nature, en faifanc pafler fucceflivement fous fes regards les différentes ré- gions de notre globe, l'une des plus petites provinces de fon DU Monwpr. 207 empire , nous a replongés dans les ténebres pour éclairer d'autres climats; alors notre vue n'étant plus éblouie péne- tre la profondeur des Cieux ; des aftres nouveaux brillene de l'éclat qui leur eft propre. Si nous ofions nous permet- tre de fuivre la comparaifon que nous venons de faire, cette époque de la retraîte du maître du Monde repréfen- teroit celle où le mérite perfonnel, rentrant dans fes droits : reprend celui de fe montrer avec tout l'éclat qui lui appar- tient: mais laiflons les RÉCPhOReS Cette voûte azurée, dans la profondeur de laquelle fe perdoïent nos regards, s'embellir de mille & mille feux; mille & nulle diamans la décorent & l’enrichiflent. Les gouttes de fa rofée font moins multipliées fur la furface de nos prairies , au lever de l'aurore, que les aftres lumineux ne le font à la furface de la voûte éthérée ; lorfque nous la confidérons pendant une belle nuit ; & cette voûte mobile, qui femble tourner autour de nous, ne nous préfente de nouvelles parties de fa concaviré que pour nous montrer de DOVE A | | Quel feroit celui que ne frapperoit pas d’admiration ce magnifique fpetacle? Qui eft celui qui ne s’eft pas écrié cent fois en le contemplant: O Nature ! quelles fonttes bornes ? quelles font celles de la puiffance-de ton Auréur : Ceft alors que l’homme, faifi d’admiration , à dé 1omber dans he profonde réverie (k) ; idée auf jufte que noble par faquelle M, Bailly nous peint l’état de celui qui obferve les Cieux. Mais quelle force d'efprir, quel courage, quells (M Bailly , Hifloire de VAftr, Ancienne, p, 2, SSSR à or cle ve ae KP Tr AE LL Re 2 DES ee Pere 208 PHYSFQUE. énergie vient Parracher à cet état d'abattement! L’être fait pour fentir toute la majefté de ces merveilles, ne fut point fait pour les confidérer vainement; ce … puiffant de {on incelligence , la curiofité , agite fon efprit ; il s’éleve vers ces régions céleftes , il: dE fe demander fi ces points brillans bi femblables au Soleil , où S'ils ne font que des Corps opaques qui réfléchiflent fa lumiere. Bientôt il vou: dra compter. leur nombre, mefurer leurs diftances ; mais des limites impofhbl ibles à ee arrêteront {a noble aus dace. I apprendra du moins à mefurer la carriere ouverte À és efforts; alors les regrets de ne Heu l'étendre feront adoucis | par l'efpérance de la mieux connoître. Ce font ces bornes, qui vont circonfcrire l'émsir e de notre. intelligence, qui lui affureront fon domaine; en lui faifant connoître he fufancede fes moyens pour pénétr er les abîmes de l'infini, & es raifons de cette infufifance , elles confirmeront fa jufte cons fance dans les fuccès qu elle doit attendre de ces mêmes moyens dans. lefpace pour lequel ils furent proportionnés, Meéfarons-en la puiffance en les exerçant fur ces corps brillans qui-embelliflent nos nuits, & qui femblent nous inviter à nous élever jufqu' aux - &cà partager nos dravaux entre leur contemplation & celle de notre globe. | En confidérant le Ciel avec attention nous avons vu. dé vers eorps changer fenfiblement leurs pofitions refpedives entr'eux ê avec nous; nous avons reconnü, d'une mamiere certaine , que ces. corps céleites avoient. ee mouvement particulier, que ce mouvement étoit très - remarquable ; nous ayons fuivi. & tracé leur route , nous avons compté leurs pas, nous en avons calculé la vitefle, “&:pari leurs phâfes, : DU Monpb es, * 209 phâfes , qui ne font que l'inégalité de l’illumination de leurs furfaces, nous nous fommes aflurés qu'ils ne brillent que d'une lumiere empruntée, & que nous ne les pouvons appercevoir comme lumineux que lorfqu'ils nous réfé- chiflent la lumiere du Soleil. Nous avons appellé ces corps planetes , c'eft-à-dire éroiles erran:es. | Rien de femblable ne fe préfente À nos regards lorfque nous confidérons ces points lumineux qui paroïifflent comme des cloux brillans :& immobiles attachés à la voûte éthérée, Avec quelqu'attention qu'on les obferve, on ne remarque aucune variation dans leurs pofitions refpectives : s'ils paroïffent tous tourner autour de la Terre , C'eft d’un mou- veément général, & qui femble appartenir à la voûte en- tiere ; c'eft véritablement elle qui paroïttourner. Mais cette ilufion n'a pu durer qu'autant de tems qu'à régné l'erreur de limmobilité fappofée à la Terre au milieu de l'efpace : dès l'inftant où le mouvement de cette planete a été connu ; il a été facile de lui rapporter Je mouvement apparent de la voûte des Gieux. Il a donc fallu en conclure limmobilité des étoiles fixes, elles ne font donc pas des planetes, Tout déjà sous induit à penfer que ces corps font lumineux par eux-mêmes, qu'ils ne doivent tout l'éclat dont ils brillent _ qu'à leur propre lumiere, ou plutôt à la propriété d'excirer _ €ux-mêmes ce phénomene dans l’éther qui les environne, & qui remplit tout lefpaces qu'ils font enfin des Soleils femblables au nôtre » deftinés, ainf que lui, à éclairer, à LES ie = e ; ee chauffer, à viviñier d'autres planetes , qu'ils font les centres LATE EL" EL rsssnsibéihssraonbarp init. : à 4 : DEA AS Le le ha 6 SEPT SIRET: sms. os senansanmusRsmEnvmommmnirnanassdinctraen crane nes 210 PES HO UE. _&les moteurs d'autant de fyftèmes planétaires. De quelautre aftre recevroient-ils Les rayons? À quel Soleil devroient-ils leur éclat? Nous les voyons briller conftamment s ils:n'e. prouvent donc point de phafes. S'ils tournoient autour d’un Soleil, ils cefferoient d'être vifibles pour nous, lorfqu'ils feroient entre ce Soleil & la Terre: enfin comment ren- verroient-ils de la diftance immenfe à laquelle ils paroiflenc être de nous une lumiere encore fi vive, fi-elle n’étoit que réfléchie? Mais quelle eft cette diftance ? - > Nous avons vu, page $1, que c'étoit de [a connoïflance de la parallaxe du Soleil que nous avions déduit fon éloi- gnement : mais la connoïflance de la parallaxe des étoiles - fixes fe refufe abfolument à nos recherches ; il paroît très: démontré par toutes les obfervations, qu'il nous eft impof= fible de connoître la parallaxe des étoiles; &:rous les Aftro: nomes s'accordent à penfer que M. Caflini seit trompé ; Jorfquil a cru découvrir dans Ar@urus une parallaxe an: nuelle de 77, & une de 8# dans Capella. Enfincette erreur, qui rapprocheroït infiniment ces étoiles, lé tiendroit cel pendant encore à un éloignement de nous 20000 fois plus grand que celui auquel la Terre eft du Soleil. Quelle eft donc la diftance dés étoiïlés fixes, ft elles n'ont point de parallaxe: On ne peut répondre préci= fément à cette queftion. Mais en fuppofant que Svrius, l'éroile qui paroït la plus voifine de nous, ait une pas rallaxe fenfble ,; ce qui neft point prouvé ; en fuppo- fant même que cette parallaxe fut de 24, ce qui neft nullement admifhble , « il en réfulreroit encore.-die M. —. dans _ na de: l'univers er à. sde D U Mosp—. 21T » D de. que Syrius feroit 100000 fois plus loin que le » Soleil, & 10000 fois plus loin: que Saturne... Il eft » certain que la lumiere s'affoiblit par le trajet, &..par » l'éloignement. Les planetes illuminées par Le Soleil: font » d'autant plus claires. d'autant. plus. brillantes qu'elles » font plus proches:de . & de nous. -Cetafloiblifement eft » déjà très-notable far. le difque. de: Saturne: Si donc fa » lumiere du Soleil étoit envoyée à Syrius comme à cette » planete, elle y arriveroit affoiblie. dans. {a raïfon du quarré » des diftances;: &ix un éloignement. 10000 fois plus grand, »elle feroïit cent millions de fois plus foible (#æ). 1 ne ». faut pas, à beaucoup près, un fi grand intervalle pour la » rendre infenfible. Syrius nous 7. donc tout-à-fait in- .» connu. Orcette étoile eft. sifible lle. & plus. d'éclat, QUE » Saturne même: Syrius. luit.donc À. nos'yeux par. La. du- » miere native, il ne tient rien du Soleil; &, sil fe manifefte » anous, ceft par fa prapsé puiffance. [lv a donc des.ca- >» ci qui peuvent être, faifis. malgré: la: :diftance des >» eux; & ces. deux reffemblances démarquables, celle de à da fixité du, Soleil & des étoiles, & celle d’une lumiere » forte &: propagée. au Join, no en. Pidentité. de-ces > corps cflentiellement.fixes & en ;Jettés par lions = "(r} Syrius étant 160 000 fois, & Saturne environ 10000 fois plus éloignés denous que le Soleil, Syrius eff 50 000 fois. plus-oin, ns BE ours 2 îles luineux, sAfronomie: Moderne ; É Lmnrerin tr tatiiia han épi nieed ee te é a Lo amet rt sm) 2712 PEYSTOLE pour dés Soleils, & leur diftance décidée exceflive & cer- tainement on même pour l'étoile le plus voifine de notre globe. Sila connoiflance des diftances où le Soleil & [es anus font de nous , nous à fait parvenir à à des vérités pofitives, & de la plus g nie importance pour la théorie fi intéref- fante du fyftême du Monde , limpuiflance où nous fommes de calculer la diffance des Boites fixes, en étonnant notre imagination, l'éleve & l'étend; mais € eft en la plongeant dans les abîmes de Péfpace infini : c'eft-là qu'elle eft abforbée ‘dans la majefté de l'Auteur de la Nature. Abandonnons- “nous encore un inflant à cette magnifique confi idération. : L'admiration & lintérée qu'elle fairnaître fuflent-ils moin- ‘dres, le ouide qe nous allons fuivre les rendroit aflez vifs pour nous entrainer : e Le encore M. Bailly des nous ‘copier. Re sn ee ee : - « Queleft, rene à notre Soleil, le volume ac ces a fnblables à à fui, & qui par la difanee font réduits >» à- apparence ‘de points étincelans >» Nous ne pouvons >» connoître la grandeur des corps que lorfqwelle eft fenfible »°& mefürable : cette condition néceflaire ne fufft même. » pas; il faut encore connoître leur diftance. ; ptifque ja » grandeur apparente diminue par lé . & s'éva- » nouit la diftance eft trop grande. Nous ne pouvons » donc acquérir quelque notion du volume des étoiles, que » par des fuppoñitions quii nous procureront , finon une dé- » termination , du moins une eflime. vraifemblable. Nous > pouvons. le Soleil par la penfée, & juger, par ce >» quil — de ce que fonr Les étoiles, Nous fommes > =D = ) - DDC MONDE, 243 sûrs que leur diametre n'occupe pas dans le Ciel une étendue qui furpafñle une demi-feconde (0 }; le Soleil en occupe 1920 ou 32 minutes, En le plaçant 3840 fois plus loin, ce diametre ne paroïtra plus que d'une demi-feconde, comme celui des étoiles. Cette demi-feconde répond fur » nos grands inftrumens à un trois-centieme de ligne, & comme il faut cinquante cheveux pour couvrir une ligne, ou un douzierne de pouce, il s'enfuit qu'il faudroit alors répeter fix fois l'étendue du. diametre du Soleil ;, pour qu'elle répondit à la largeur d’un cheveu. Un Soleil fx fois plusserand, mais ainfi éloigné, feroit entiérement éclipfé par un cheveu placé fur le limbe de l'infirument. On a - déja peine à croire que ce point imperceptible de lefpace célefte puiffe avoir une lumiere fenfible , & rayonner juf- qu'a nous, Mais ce n’eft pas cout , Le défaur de parallaxe -bien reconnu dans Syrius, nous a fait conclure qu'il étoit au moins cent-mille fois plus loin que le Soleil ; il eft donc à une diftance 26 fois plus grande que celle où nous avons placé le Soleil. Le diametre doit diminuer dans la même _ proportion ; &notre Soleil envoyé au lieu où eft Syrius, auroit un diametre : apparent qui ne feroit pas da 156° partie d’un cheveu : placé cent-mille fois plus loin, fa lumiere feroit d'un milliard de fois diminuée. Une .. de la premiere grandeur nous paroït occuper environ cinq où Le Rcondes ; s mais c'eft l'effet de l'irradiation des ae le Ciel, la. Ex & 2) Si une ii. avoit un diametre d’une bidide de degré dans ne? ’éclipferoit qi en deux fecondes de tems; + toutes . obfervations conftatent que Pécliple eft inftantanée, ee 274 PHYSIQUE » Jumineux en général, & de la fcincillation particuliere » aux étoiles. Cer effer eft détruic dans les fortes lunettes; » il n'appartient point aux étoiles, elles ne font réellement » que des points. Nous ne prétendons pas ici limiter la ». puiffance de la Nature : nous favons que la lumiere à une » élafticité parfaite, une vicefle énorme qui fuppofe une » force crès grande. La fenfbilité de l'organe peut ètre telle, » que la vicefle prefqu'infinie de l'impulfon compente fon > peu détendue. Mais Fimagination fe refufe à concevoir » que, fi nous voulions mefurer le diametre d’une étoile »-dépouillée de touteirradiation, la 1$6° partie de la lar- » geur d'un cheveu, placé fur. F limbe d'un inftrument de » de pieds , hp létoile. Chacun a fa balance de » comparaifon; on concevra, fi lon. veut, que ce diametre, » ce point imperceptible , puifle être fenfible fur notre » organe, puifle avoir l'éclar vi & la lumiere colorée‘des » étoiles de la premiere grandeur; pour nous, nous avouons ». que nous ne le pouvons consevoir, & que nous aimons -_» mieux fuppofer quil eft dans la Nature des corps plus ».volumineux que. le Soleil. Nous .croirons que les étoiles » qui font affez éloignées pour n'avoir point de parallaxe, » & qui cependant ont une lumiere vive & brillante, font » d'un volume infiniment plus confidérable . que le . Si » elles lui éroient égales, elles nous feroient inconnues. Le » Soleilef difproportionné par fa grandeur: EL. our Pêtre » par fa petitefle ; dans notre fi rftème il eft le maître des » aftres, il peut avoir Les maitres dans l'Univers », | C'eft avec beaucoup. de fatisfaion que. nous faifrons toujours | les: occafons d enrichie n notre Ouvrage de. morceaux SSAT RENE LP TE TE NET és Es ni den ne D me ere pui D de ds ne me ed bte meme ir 4 NEA REZ SERRE ET ARS RE ET 4 — = mn pe pe orme gra | 5 & LM 6 K D E£. 215$ auf élécamment écrits, & aufh philofophiques que celui que nous venons d'emprüncer de M. Bailly : mettre ainf nos Leéteurs à portée de comparer fon ftyle & le nôtre, c'eft. factifiér notre amour propre à leurs plaifirs. Nous penfons , commé lui, fur l'inégalité de volume des Corps céleftes, & nous efpérons friée cette-opiuion par de nouvelles confidérations, nous oferions prefque dire par des démonftrations. Cane autre idée de Soleils: régis par. d'autres Soleils, de ones de Mondes foumis à lem- pire d'un feul allie , plait à l'imagination qui tend tou- jours à agrandir Fe fphere, Nous avouerons cependant que nous ne pouvons nous livrer À cette idée ; & maloré ce que M”. Lambert & Michell ont fait pour la ne vrafemblable ; malgré le penchanr que M. Bailly, lui- mème, paroït avoir à l'adopter, nous nous in, pour cette fois, au charme qui entraîne fur fes pas. ins de génie nous ide moins de cette noble audace , qui ne convient qu'à fes pareils: : nous nofons parcourir que le pays où l’on peut pénerrer avec quelque confiance. Notre Monde eft une carriere. déjà bien vaite pour nous ; ceft à fes bar rieres que NOUS nous arrérons : mais ces barrieres en fervent au@faux Mondes voifins; Y confdérer Les actions refpectiv eg _ des aftres qu elles circonfcrivent , les réactions qui en réful- tnt néceffairement dans hace des empires qu'elles fépa- ren , voilà le terme de nos excurfions dans? efpace. Heureux fi, après avoir expofé tous Les phénomenes , NOUS pouvons fé déduire avec clarté & avec évidence d'une caufe unique, expliquer. tous les mouvemens de Ja machine du Monde, rapporter Fou es. fe s forces à un feul refforc. ne ne foule | fie |; 1 1 ti 1 À ! 1! À qe ë r 216 PHYSIQUE fois fpar une main toute-puiflante! Nous rendrons compte cependant de cette magnifique idée de Mondes marchane par grouppes fous les loix d'un feul chef. | Nous avons dit fur la nature des aftres de la nuit, fur leurs diftances, fur leurs volumes, tout ce qu'il étoit on d'en connoître ; c’eft dans les régions de l'infini que fe font perdues toutes les routes que nous avons fuivies : mais cet infini lui-féme va proue difparoître par fa petitefle , il ne va devenir qu'un point à nos yeux effrayés encore de fon étendue, Notre imagination, furprife de la vafte carriere dontelle avoit peine à entrevoir les bornes, va bientôt en chercher d'infiniment. plus reculées, Nous n'avons: encore parlé que de Syrius ; tout ce que nous ayons dit convientà cette étoile. Selon M. Cafini, elle eft diftante du Soleil de neuf-cent-douze-milliards de lieues au moins; elle feroit cent fois plus loin, felon M. Huygens ; enfin, d'après les réflexions très-judicieufes de M. Halley fur ces mefures, elle devroit être encore beaucoup plus reculée. . Quelle diftance énorme fépare donc notre Monde de cu de Syrius ! Mais quelles autres diftances féparent Syrius des : Mondes éclairés par ces Soleils prefqu'imperceptibles aux plus fortes lunettes , & que nous appellons étoiles de Jæs* & dela 9 * grandeur ! l Jci l'imagination s’é égare & fe conf & l'obfervation ne peut plus lui fervir de guide. Syrius, cette étoile que tous Les Aftronomes confiderent comme la plas voifine de notre globe, n'eft jugée celle que parce qu elle paroi | la plus grande à à nos veux ; elle rient le premier rang parmi les r Siou, felon M. Abbé de la Caille, entre lès 19 ou 20 que l'on regarde comme étant le plus près 4 Du Moy De 217 près de nous, parce que toutes nous préfentent des diametres {enfiblement plus grands que toutes les autres étoiles ae celui de Syrius paroît prefque double de celui des autres ; (il faut bien fe reflouvenir qu'ici nous n’entendons par diametre que le diametre apparent formé par l'irradiation). L’œil accou- tumé à mefurer les diftances par les grandeurs apparentes {e confirme ici dans fon jugement par la confidération de l'éclat de la lumiere de Syriuss on fait que la lumiere décroït comme le quarré des diftances qui s'augmentent. La lumiere la plus vive, celle qui a le plus d'incenfité , vient donc de moins loin ; Syrius eft donc généralement regardé comme le plus voifin de la Terre: après lui, ces autres étoiles qui approchent le plus de fa grandeur ; mais ces étoiles qu'on a appellées de la premiere grandeur , n’ont reçu ce nom que parce que d’au- tres bien moins grandes ont été. jugées plus éloignées. Voilà donc de nouveaux degrés de diftance qui s'enfoncent dans Ja profondeur des Cieux. L'on reconnoït & l'on diftingue à La fimple vue des étoiles de fix grandeurs ; mais, à l’aide des lu- nettes , l’on en découvre une infnité d’autres qui échappent à nos yeux; & plusles lunettes font longues , plus l’on ap= perçoit de nouvelles étoiles. Ici l'imagination fuccombe, elle ne peut fuivre cette échelle de diftances, qui la néceflite à en fuppofer une pour les volumes de ces aftres, & felon laquelle 13 mafle de ces étoiles s’'augmenteroit relativement 4 celle de Syrius, Comme nous avons vu celle - ci s'augmenter relativement au Soleil. Si des étoiles douze - cents fois plus petites €n apparence que Syrius, doivent être confidé- rées Comme douze-cents fois plus éloignées, quelle fera donc la furface qu'elle fera la folidité du corps qui, de dons TER erbes 218 PH TYSIOUE cette énorme diftance, nous procure une lumiere fi vive (p\? Si ces confidérations furpaflent notre intelligence, ‘fa foi- bleffe ne fe décele pas moins en contemplant le nombre de ces aftres, qu'en confidérant. leurs diftances & leurs mañles'; .c'eft ici que nos fens nous manifeftent particuliérement les bornes de notre entendement. Le nombre de ces étoiles ef. inafignable, fans doute, puifque plus les inftrumens fe per: fectionnent , plus nous en découvrons. Mais c'en eft bien affez de ce que les Aftronomes en ont déjà compté pour nous avertir de notre infafance dans ces recherches. Flamf teed nous a laiffé un catalogue de 3000 étoiles calculées, & . dont la pofition a été confignée à la poftériré. Mais queft ce nombre en comparaifon des “étoiles qu'on découvrè avec Le telefcope? Ge que lunité eft aux grains de fable qui couvrent la furface de la Terre : plus:les lunettes font fortes, plus on découvre de nouveaux Soleils. M. l'Abbé de la Caille en a compté 6000 dans la partie feule de lhémif- phere auftral comprife entre le pole & le tropique, & ce- pendant il ne Set fervi que d’une lunette d'un pied 5. com- bien nos plus fortes lunettes lui en auroient-elles donc fait appercevoir? Que de Morides femés dans l'efpace! quelrôle joue notre Terre dans cette immenfité ! Un globe cent-mil- liards de fois plus gros qu'elle ne feroit pas aufli difpropor- tionné avec un grain de fable awelle left avec la capacité (p) Sile diametre de Syrius eff 156 fois plus grand que celui du Soleil, quelle doit être l'étendue de la fphére de fon aétion? Com- bien de planetes doit-il régir ? Et ces étoiles 1200 fois plus éloi- _gnées , & par conféquent infiniment plus groffes!... Que fommess nous dans l’univers ? = ns puy MONDE. 22$ blanchâtre, à travers laquelle on diftingue cependant leur lumiere propre. Il y en à deux de cette efpece dans {a conftellation d’Andromede; l’une dans la ceinture, & l’autre, plus petite, à un degré ou environ au midi de la premiere. On en compte trois dans Caffiopée, une dans la queue du Cygne, une dans le Sagittaire, une entre Syrius & Procyon. Parmi ces étoiles nébuleufes celle de l'épée d'Orion eft la plus confi- dérable que nous puiflions voir dans nos climats; elle forme une tache triangulaire dans laquelle on diftingue , au télef- cope , fept étoiles dont une eft entourée d'une lumiere rare, plus claire que le refte de la tache. La troifieme efpece de nébuleufes eft une blancheur très-remarquable , dans laquelle, avec les meilleurs télef- copes, on ne découvre aucune apparence d'étoiles. Il ÿ en a quatorze de cette efpece dans l'hémifphere auftral , entre leiquelles les nuages de Magellan , voifi ins du pole antarc- tique , tiennent le premier rang. Ces nuées reflemblent à des parties détachées de la voie lattée , & leur lumiere a peut-être la même origine. Nous paleros ieneèr de cette bande , ou ceinture célefte. = + Piafieus étoiles paroiffent doubles, vues avec des télef- pes médiocrement forts ; vues avec ds inftrumens un peu plus puiffans , elles paroiffent feulemenc comme une étoile dont un des diametres feroit plus long que l'autre : enfin, avec des lunettes plus fortes encore, lon parvient à Les voir féparées. < Ces étoiles que lon appelle doubles , ne font que. des Soleils dont les diffanes — le ss ue par Tome 11, —— _. RÉ Des Etoiles doubles. 226 PHYrstorer l'éloignement auquel ils font de nous; ainfi cette appatence n’eft qu'une illufon d'optique. Une obfervation bien inte- reffante de M. J. Caflini a fait connoître combien ces étoi- les , qui même avec une lunette de onze pieds ne fe mon- trent que comme une étoile un peu allongée, & qui ne fe féparent fenfiblement que dans une lunette de feize pieds, ‘ font cependant éloignées lune de l’autre Le 21 Avril 1720, la Lüne devoit éclipfer l'étoile double. de la Vierge appellée T par Bayer: elles difparurent. cha- cune en une demi-feconde lorfque la Lune paffa devant elles ; mais il y eut une intervalle de 30 fecondes entre leur difparition : la diftance entre ces éroiles eft donc au moins foixante fois plus grande que leur diametre ; mais il faut bien fe garder de conclure qu’elle n'excede pas infiniment cette proportion. Des Phénomenes obfervés dans les Etoiles fixes. - Ges étoiles qui nous paroïffent fi généralement & fi conf- tamment fixes dans le point du Ciel où nous les voyons briller, n'exiftent pas dans un état immuable; un fort in- variable n'a été accordé à aucun des êtres créés. Nous igno- rons quelles font les modifications qui s’operent dans leur fubftance propre, nous ignorons comment ces fubftances s’alterent pour fe varier, fe décompofent pour fe compoler de nouveau. L'efprit humain, enorgueilli de s'être élevé jufqu'à elles, d'avoir ofé étendre fes recherches jufquesfur leur nature, jufques fur leurs fonétions dans l'univers, {eroit- il humilié d'ignorer ce qui fe pafle à leur furface, ce qui Du MonNDE. 227 s'opere dans leur maffe? Non fans doute. La curiofité qui _ s’étendau-delà des moyens qui nous font accordés pour {a L fatisfaire n’eft qu'une curiofité vaine, & quil faut favoir réprimer. < | Ne foyons ni humiliés, ni affligés de ce que notre vue | ne peut percer les ténebres que celui pour lequel il ny | en a point a répandu pour nous fur une partie de fon | ouvrage. Mais parmi ces ténebres il en eft encore que | peut difliper la lumiere de notre entendement: excitons- en le flambeau; & fans efpérer quil éclaire jamais toute la Nature, ne nous arrêtons qu'aux limites où il cefle de briller. Ofons donc encore contempler ces aftres radieux & immenfes qui, des abimes de l'efpace , exercent fur nous leur action, & frappent nos yeux par l'éclat de leur lumiere. Nous fommes donc , eux &nous, des anneaux de cette chaîne éternelle & indéfetible qui embrafle toute la Na- ture , & qui, d'une multirude de pieces différentes, que nul nombre ne peut exprimer, forme un Tout uni dans | routes fes parties parmi lefquelles aucune n’eft ifolée d’au- | cune autre. © magnificence de la Nature ! par quels fignes | eu réveles ton Auteur ! ee - Ofons fixer cette lumiere des étoiles: confultons-la fur Eétat desaftres qui la produifent, La premiere obfervation qui doit nous frapper , c'eft que tous ces aftres ne nous envoient pas une lumiere dont la couleur foit parfaitement femblable ; phénomene qui appartient aux étoiles fans doute , puifque le milieu à travers lequel nous les apperce- ROMA PR PPT PP OL ET vons eft le même pour toutes dans un même inftant. L'étoile de la Lyre, qu'on appelle 4 Blanche ; lEpi de se — De fa Lumiere des Etoiles, 228 PHYSIQUE la Vierge, & la plus grande partie des étoiles, nous pro curent une lumiere très-blanche : mais le cœur du Scor- pion , l'œil du Taureau ont une lumiere rouge; Syrius & Arcturus paroiffent décorés des couleurs de Firis. D'autres étoiles, dont nous allons parlér 5 celles qui pa- roiflent & qui difparoïflent, préfentent encore des phéno- menes plus remarquables. L'étoile qu'en 1572 Tycho- Brahé découvrit dans Cafliopée, & quon n'a pas revue | depuis , fut d’abord d’un blanc très-éclatant; elle parut en- fuite d’un jaune rougeâtre, & elle finit par être d'un blanc plombé , à-peu-près femblable à celui de Saturne. L'étoile nouvelle que Képler vit en 1604 dans le pied du Sagittaire, brilloit d'une lumiere blanche mêlée de rouge : celle de 1660, fi bien obfervée par Hévélius qui nous a tranfmi toutes fes obfervations, varia fouvent de cou- leur ; fa lumiere parut tantôt trifte & un peu obfcure, tantôt rouge & peu-vive, tantôt plus brillante & plus blanche. - a Il réfulte donc de ces obfervations, 1°. que routes les étoiles ne donnent pas la même lumiere, c'eft-2-dire une lumiere également colorée; 2°. que les étoiles, que l'on appelle afflez improprement Æroiles changeantes , celles qui paroiflent & difparoiffent, ne nous envoient une Fusieté toujours femblable. Ces faits font certains; mais lès qu'ils peuvent faire naître dans notre efprie, ne le feront affurément pas Hazardons-les cependant, en attendant que de nouvelles obfervations, des recherches plus heureufes ; remplie cent par de plus grandes probabilités. - 2 pr MonNDE. 229 La variété des couleurs dans la lumiere que fournirun corps lumineux , fi nous en Jugeons par ce qui exifte autour de nous, feule analogié que nous puiflions employer, an- nonce l'hétérogénéité des parties dece corps, foit qu'il pro- duife {a lumiere par lui-même, à la maniere des corps qui brûlents foir qu'il la réfléchifle. Syrius & Aréturus, qui femblent entourés des couleurs de l'iris, peuvent donc être regardés comme composés de matieres plus hétérogenes ,que le cœur du Scorpion & l'œil du Taureau; & ces dernieres étoiles pourroient également être fappofées plus hétéro- genes que les étoiles blanches. Mais que nous apprend cette induction > Rien affurément. Quel eft celui qui conçoit des maflés homogenes & inaltérables dans la Nature ? Que feroient ces mafles inertes & mortés dans un fyftème dont Pactivité de la vie eft l'objer & la fin? : =. Les phénomenes plus variés des couleurs des éroiles pé- tiodiques, ne nous inftruiront pas beaucoup plus fur Les produits & fur les effets des caufes de ces couleurs: mais il nous paroît au moins que nous découvrons en elles une caufe particuliere de ces variétés. Ces étoiles ont, relative- ment à nous, des afpects différens. Nous appercevons leurs difques fous différens angles. IL peut en naïtre quelques différences dans la production de la lumiere ; voilà où fe bornent nos conjettures: elles font auf légeres que les in-. _duétions que nous pourrions en tirer feroïent bornées, & même mdifférentes. Nous obfervons feulement que nous ne, pouvons adopter l'explication que nous donnent de ces phénomenes des Savans du plus grand mérite, & que nous avons fi fouvent cités avec autant deltime pour leurs per- 230 Parsiourz fonnes , que de reconnoïffance pour leurs utiles travaux. Selon ces Philofophes , tous les aftres lumineux par eux- mêmes font des corps embräfés, enflammés; chacun de ces aftres eft dévoré par un _— Cet incendie, qui a eu un commencement, aura une fins & à mefure qu'il sen approche, l'état de laftre eft différent, parce que cet aftre eft plus ou moins confumé. C'eft de ces différences que ré- fultent , felon ces Savans, les variétés de couleurs tant dans les étoiles proprement appellées fxes , que dans les étoiles changeantes. L'étoile de la Baleine n'eft invifible pendant 120 jours, dans une période de 333 à 405 jours, que parce _qu'il y a encore environ yrters de Jon ES ou de fa fur face qui n'eff pas enflammé, : . Cesincendies fans nombre, dont rien w bad ni ta caufe, ni l'objet , ni les effets dans tant d'étoiles dont la lumiere 7. invariable depuis des tems, bien courts fans doute pour les moyens & pour la durée de la Nature, mais déjà bien longs, à ce qu'ilnous paroït, pour Lesopératians du feu, nous femblenr une fappofñtion abfolument précaire & parfaitement inutile, Pourquoi livrer à un feu dévorant, à des flammes def tructives Les corps les plus majeftueux de la Nature? Pour< quoi les Soleils, femblables au Pélican de la Fable , ne pourroient-ils répandre leurs bienfaits {ur les globes quils régiflent, qu'aux dépens de leur propre fubftance ? Eft-ce pour introduire [a chaleur & [a lumiere dans Ja Nature, qu'on met ainf le feu par-tout > Mais quelle chaleur _. tive a embrâfé ces globes. immenfes ?- es à D'ailleurs a-t-on calculé auf avec des boule. … . où d'or échauffées Re nn # faudroir leur de re 7 pu MonNpDE. 231 que leur chaleur s'étendit jufqu'à des millions de lieues à travers un efpace abfolument vide & fans bornes dans toutes fes dimenfons? Qu'on y réfléchifle un inftant, on reconnoîtra. qu'en faïfant tous ces Soleils d'une matiere, mille fois plus denfe que l'or, en les tenant toujours en fu- fon, l'hyver le plus rigoureux n’en régneroit pas moins paifiblement dans les neuf dixiemes de leur empire. Tous. ces corps obfcurs qui exiftent autour de nous, ne font-ils que des débris de ces Soleils qui ont éclaté comme des bom- bes, ou des fragmens lancés par des comeres? Nous en avons dit aflez fur ce fyftême dans notre premier Volume, L'hypothefe dont nous parlons ici, & qui n’eft qu'une ap- plication de ce fyftême aux étoiles fixes ; cette hypothefe, fille & fœur de ce fyftème, & qui doitêtre enfermée dans le même tombeau , n'a pris naiffance qu'au fein de l'amitié qui unit & honore également deux Auteurs infiniment efti- mables. Ce neft point en incendiant la moitié de fon ou- _ vrage que le Pere de la Nature a fu échauffer le refte pour quelques inftans feulement. Tous ces Soleils ne font point des corps qui fe réduifent en cendre ; ils font naître une douce. chaleur fans fe confumer eux-mêmes; ils répandent la lumie- re dans tout l'efpace fans s'épuifer : cette lumiere qui nous. illumine n'eft point de la flamme. Un proverbe commun _ ditquil n'en eft point fans fumée; combien devroit-il s'en. élever de ces corps immenfes qui fe décompofent en brû= Jante Mais nulle fumée , nulles vapeurs élevées à leur fur face, nulles fuliginofités ne terniflent & n’obfcurciffent Pé- clat de leurs difques. … Lorfque noustraiterons de Ja lumiere, nous préfenterons Des Etoiles changeantes. #5 PH YSFQOUE route la fimplicité, toute la magnificence de fa prodution dans l'Univers 5 nous verrons tous les phénomenes expli- qués par une caufe fimple & unique fe ranger dans leur ordre depuis la furface radieufe du Soleil jufqu'à celle de notre Terre , & s'y varier de mille manieres par des loix conftantes, néceflaires & eflentiellement dépendantes du même principe. A cu Il nous refte encore quelques obfervations à faire fur les étoiles. FRE Nous avons vu que dans l’hypothefe des incendies, quel- ques-uns de ces corps embrâfés doivent à la fin fe confumer & s'éteindre ; mais d'autres , ajoûtent ces Philofophes, peuvent aufli senflammer. | | 7. ee f Ftoient-ils en réferve pour perpétuer la lumiere & la chaleur ? Quel étoit leur état &leur fort? Quel rôle jouoïent- ils dans le lieu où ils étoient placés? C’eft ce que Fhypothele ne nous dira pas. Il nous femble que le repos le plus abfolu, que la mort regnoit exclufivement & defpotiquement fur eux & fur leur futur empire avant que cet . - pice , fécond & vraiment créateur vint tout animer dans ce Monde nouveau. Cependant ce que fuppofe cette hypo- thefe, ce quis'en déduit naturellement eft, dit-on , un fait dans la Nature; de nouvelles étoiles paroiffent fubirement dans les Cieux , d'autres difparoïffent de même. Ge doit donc : être ici le triomphe de lhypothefe des incendies. Si elle n'eft quune erreur , ce triomphe peut avoir été brillant L mais il fera court. Laiffons un inftant cette fuppoftion 3 & confultons les faits. se | - Depuis notre ére feulement, plufieurs étoiles, autrefois : . invifibles, DU MonwpbEr, 233 invifibles, fe font montrées aux yeux des hommes furpris de voir le Ciel s'enrichir de nouveaux aftres. Si dans le nombre de ces aftres nouveaux , plufieurs font fufpeë&ts par le peu de confiance qu'on eft autorifé à accorder aux Ob- fervateurs qui vivoient dans ces époques réculées , ceux qui les ont fuivis donnent du poids à leurs témoignages. Nul Af tronome ne doute aujourd'hui de ces nouvelles apparitions d'étoiles. ee | Les différentes conftellations font dans le vafte empire de l'éther des efpeces de provinces bien connues, parce qu’elles font circonfcrites ; la carte en eft levée géométriquement, tous les points vifibles font comptés & nommés depuis Jong- tems, leur topographie & leur dénombrement font confignés à la poftérité. Si de nouvelles fumieres viennent y briller ; où fe montrer vers leurs confins, l’arrivée de ces NOUVEAUX habitans ne peut être ignorée ; & de même leur nombre ne peut être diminué fans que leur abfence foit aufli-tôt re= Marques ee te Parmi les étoiles changeantes , nous cicerons particu= liérement celle qui parut lan 389, près de la conftella- tion dé l'Aïgle; on la vit pendant trois femaines auf bril- lante que Vénus: mais bien-0t elle difparuts celle: qui dans le neuvieme fiecle fut obfervée par des Aftronomes Arabes dignes de foi ; elle éroït placée dans le Scorpion, & . fi brillante que fon éclar égaloit la quatrieme partie de celui de la Lune : mais [a plus fameufe de ces étoiles , cant par fa lumiere qüe par les phénomenes qu’elle préfenta, & par! ticuhiérement par le mérice de l’Aftronome qui l'obferva, &° qui nous en à [aifé l'hiftoire , ceft célle que Tycho-Brahé - A Zome II, Gg 234 PV SIOUTE vit le x1 Novembre 1572 dans la conftellation de Caffiopée. Elle lui parut d'abord égaler en grandeur à la luifante de la Lyres bien-tôt elle fut égale à Syrius; enfin, elle parvinE* à difputer de lumiere & d'éclat avec Vénus, lors même que celle-ci, à fon périgée , jouit de toute fa os deur. Cette clarté dont l'accroïfiement avoit été fi rapide, fubit un décroïffement égal ; elle redevint femblable à Sy- rius, à la Lyre, à Jupiter , aux étoiles fixes de la derniere - enfin, après avoir été vifible pendant feize mois, elle difparut ic Léovicius, en parlant de cette étoile, rapporte que, fous l'empire d'Othon le Grand, l'an de notre ère 94s , il avoic paru une étoile nouvelle ns cette mème conftellation ; on y en vit encore une fort grande l'an 1264: on pourroit donc foupçonner que ces trois étoiles n'en font réellement qu une dont Papparition feroit périodique. De 945 à 1264, ilseft écoulé 319 ans; de 1264à 1972, il ne s’en eft écoulé à la vérité que 308 : mais indépendam- ment de ce qu'aucune révolution n'eft jamais exactement égale en durée à à nulle autre révolution, en fuppofanc que cette étoile foit réellement foumife à une apparition périodi-. que , nous fommes encore bien éloignés de pouvoir calculer tous les élémens qu 1 faudroit faire entrer dans la détermi nation précife de a révolution d'une étoile fixe. Cependant, sil eft prouvé que quelques - unes y font | foumifes, & qu'il en eft qui paroïffenc & qui. difparoiffenc périodiquement ne fommes-nous pas induits À à penfer que celles qui difparoiffent , fans qu on ait encore pu-calculer leurs périodes, fubiffent Les mêmes loix ? > La re des À ra 1 TS à ae fes: Ê Ë k ë F4 E F : k k e è page r46. BU MoNDr 23ÿ ériodes n'eft point ici une difficulté qui doive nous arrêter: celle de l'éroile de 094$, 1264 & 1572 pourroît être d'environ 312 ans. Nous la recommandons aux Aftronomes qui vivront entre 1880 & 1890. | ‘ La fameufe étoile du cou de la Baleine, obfervée par tant d'Aftronomes & particuliérement par Hévélius (f), à eu 117 révolutions en 39 080 jours; fa période eft donc de 333 à 334 jours; voilà donc une étoile vraiment périodique: mais les viciflitudes qu’elle éprouve , les changemens qui s’y font reconnoître, foit dans fa couleur, foit dans fes accroïf- femens & fes décroifflémens , foit même dans fes longues ab- fences, ayant été onze ans fans paroître (z), tous ces phé- . nomenes feront long-rems encore inexplicables : efpérons cependant beaucoup de la fagacité lamineufe &des travaux _affidus de nos infatigables Aftronomes. es. Dans le cou du Cygne on a obfervé une étoile changeante, qui revient de même à fon plus grand éclat après une révo- lution de 40$ jours où 405 jouts & demi: dans la même conftellation , & dans la poitrine du Cygne onena obfervé une autre dont on foupçonne quê la période eft de quinze années, pendant cinq defquelles feulement elle eft vifble. Vers la tête de la même conftellation on en découvrit une _ €n1670, qui , après avoir paru plufieurs fois, difparut tota- lement En 1672 fans qu'on l'aic vue depuis. (J) Voyez Hiforia mire fllle dans les Opufcules d'Hévélius , (4) Depuis le mois de Janvier 1648 jufqu'au mois de Juillet 1659, pendant lequel tems Héyélius nous dit que prorfüs delituit, Gg 2 236 Parsons Dans la conftellation de l'Hydre on remarque aufli une étoile changeante, qui ne paroît que pendant environ qua- tre mois, après lefquels elle en refte vingt fans fe montrer; fa période feroit donc d'environ &eux ans. Dans fon plus _grand éclat elle paroît comme les-étoiles de la quatrieme crandeur: Ce qui paroït bien plus étonnant encore, c'eft que quel- ques étoiles font totalement perdues . Prolomée ; on en trouve dans fon catalogue qui ne paroïflent plus ee un tems immémorial. Quelques autres ont changé de grandeur apparente ; telle eft l'étoile B de la nt de FAigle. Cette étoile, , qi, au commencement du fiecle dernier, étoit égale en es à celles de la feconde grandeur , eft à br à peine de la troifieme ; telle eft encore une étoile de la jambe gauche du Serpentaire. On pourroit donc, au milieu des bee de lefquelles cette matiere eft encore plongée, regarder les apparitions & ‘les difparitions de ces étoiles, comme l'effet de leurs révolu- tions ; leurs longues dceultarions ie qu'en foit la durée, ne pourroient alors être M bucc qu'a la diftance jufqu'a laquelle elles s éloignent denous. Une obfervation, auffi conf- tante qu'mportante , femble encore militer en oc de cette hypochefe ; ; c'eft que nulle de ces étoiles ne fe montre d’abord avec tout fon éclat & de toute fa grandeur, & que toutes décroiffent fenfiblement & lentement avant de difpar roitre, CE qui convient parfaitement À à des. se gs sa prochent & qui s <pnens enfuite. =. -p vu -M 0 N D £&. 259 .: Mais comment expliquer , comment concevoir les chan gemens de place , les voyages infiniment longs que cetre hypochefe fait faire à ces étoiles parmi tant d’autres qui ref- tent immobiles ? Rappellons-nous ici que nos connoiffances _ont des bornes, admirons les fuccès avec lefquels nous les avons déjà repouflées loin de nous, efpérons que le do- maine de la Science s'étendra encore ; mais n'efpérons pas que jamais il embraffe tout l'efpace. Cependant certe avidiré de notre efprit, à laquelle rien ne peutfufire, a porté plufieurs Philofophes à tenter de pénetrer les caufes des phénomenes dont nous venons de parler; & f quelques-uns ont éprouvé le fort d'Icare, nous en verrons au moins qui . ont développé toute l'étendue des aîles du génie dans des routes que leur indiquoit l'analogie , ce fil précieux qui nous fut donné pour nous conduire. _. Le P. Riccioli imagina que ces étoiles n’étoient pas lu mineufes dans toute leur furface, & que la partie obfcure de cette furface pouvoit être tournée vers nous plus ou moins long-tems, & Boulliaud adopta cetre idée. Il faut convenir. qu'elle n’a rien de fatisfaifant, ni même rien d'ingénieux ; c'éft une hypothefe du genre le plus ordinaire, le plus pré- aire & & même le plus trivial, Bérofe expliquoir ainf les phäfes de la Lune. — : | | : : : &, : … Si Maupertuis n'a pas été plus heureux, il à au moins montré plus de génie. Il part d’un principe certain, &ilen tire une conféquence qui paroît fatisfaire jufqu'à un certain point aux phénomenes. « Il eft reconnu, dit-il, que les » étoiles font des Soleils comme le nôtre; on peut denc » fuppofer que comme le nôtre , ils tournent fur eux- 238 PHYSTODE D » D D D mêmes. Il eft également reconnu que, par l'effet de [a force centrifuge , tout corps qui tourne fur lui-même, & quineft pas d'une matiere inflexible, s’éleve à fon équa- teur & s'abaiïfle vers les poles, d’où naît une ellipfoïde. C'eft ainfi quon explique la figure de la Terre. Plus la rotation fera rapide, plus la force centrifuge fera grande, & plus le diametre qui pañle par l'équateur du mobile excédera celui qui paffe par les poles : nous en avons la preuve dans Jupiter , dont la vitefle de rotation étant plus grande que celle d'aucune autre planete, eft auf la plusap- platie de toutes les planetes. En fuppofant donc la viteffe de rotation de certaines éroiles beaucoup plus grande que celle de Jupiter, ces étoiles devront être encore plus ap- platies. Enfin, en portant cette vicefle & la Aexibiliré de la matiere de l'étoile jufqu’au dégré convenable , on con- cevra alors que ces étoiles peuvent arriver à la forme len- ticulaire. Jufqu'ici rien ne répugne aux loix de la plus faine Phyfique ; ce qui y répugne moins encore, sil eft »_polible, ceft de fuppofer que ces étoiles ainfi confor- » mées aient autour d'elles quelques groffes planeres ; l'ac- » tion de cette planete lorfquelle approchera de fon périhe= » lie, pourra changer l'inclinaifon de l'étoile plate , & felon que cetre inclinaifon fera un angle plus où moins grand avec la Terre, l'éroile paroïtra plus ou moins f[umineufe ; il s'enfuir qu'une étoile que nous n'appercevons point lorfqw'elle nous montre le tranchant de fa lentille, devien- dr a plus où moins vifible lorfqw'elle nous préfentera une plus ou moins grande portion de fon difque ; & qu'au contraire, lorfqu'après nous avoir préfenté cette portion L | | | l | 1 ed ur mnsétt mit nice lei ot ii ts PPT OT EEE TS SET É rm nur Ne RP ir LUE à VAR ge ee Lee ie cu a dd Fe pu MonwnpDs. 239 » de fon difque, elle revient à nous en préfenter le tran- » chant, nous cefferons de la voir ». Il faut convenir que de toutes les hypochefes celle-ci eft la plus fimple , la plus conforme aux loix de la Phyfique, la plus rapprochée de routes les analogies que nous pou- _vons lui trouver entre les corps céleftes, & que nulle ne fatisfait mieux à tous les changemens d'apparitions & de dif- paritions, d'accroïffement & de décroïflement de grandeur apparente que l'on obferve dans les étoiles. Gerre Fe nous paroït donc celle: qu on peut préferer juiqu'e à préfent, fans toutefois la recevoir encore comme une vérité démon- trée. Nous obferverons feulement que, fi elle paroït fufcep- tible de beaucoup de difficultés , elle joint au mérite de fa fimplicité celui d'être très-fertile en moyens pour réfoudre ces difficultés, Un autre Philofophe s'eft livré à une idée plus vafte & plus impofance ; il a fuppofé que notre fyftême, notre Soleil & fon Monde n’étoient qu'une colonie d'un empire plus _vafte & plus étendu; il confidere notre Soleil avec tout fon cortege comme nétant, par rapport à un autre Soleil, que ce que Jupiter & fes — font pour notre . Peut-être, dit-il, tout notre Monde & beaucoup d’au- » tres tournent autour de Svrius comme la Terre tourne » autour du Soleil ; peut-être Syrius, avec tous fes Mondes, » tourne-t-il autour de quelqu autre étoile qui régit Es » rius, comme notre Soleil régit Mercure ; peut-être en- » core .». Voilà bien affez de peur-érre : cetre. hiérarchie de hole ne peut avoir de bornes dans lima. gination. Pour nous , , Toujours. OCCUPÉS : à arrêter Ja nôtre aux barrieres qui circonerivenc nos connoiffances, & done notre AR 240 PS eu foible intelligence peut éclairer l'enceinte, nous ne fui- vrons point M. Lambert. Il eft aifé de fuppofer un cen.. tre autour duquel tournent mille Mondes, dont chacun en fait tourner mille autres qui ont encore leurs fujets, & cela à l'infini. Mais fi rien n'indique , fi rien nexige cette fuppoñtion , fi elle ne repofe fur rien & qu’elle ne ferve à rien, elle doit refter au rang des rêves. Elle expliqueroie, nous dira-t-0n , les apparitions & les difparitions des étoiles. felon les diéiens points où nous nous trouverions de ce nouvel & immenfe orbite que nous décririons dans l'efpace, nous Re voir des aftres nouveaux. Cela eft vrai, mais il naît de la fuppofñition une objection bien plus foie que la difficulté qui feroit invoquer l'hypothefes fi des chan- semens de lieu il réfultoit que nous puifions, d'un point de la route, voir de la grandeur de Vénus une étoile qua peu de diftance de-là nous ne verrions plus par l'excellif éloignement ; comment toutes les autres étoiles conferve- roient-elles toujours leur même diametre apparent? com- ment celles de la premiere grandeur feroient-elles toujours de la premiere grandeur ? Cette feule queftion détruit le fyftème. L'imagination n'éleve que des monumens fembla- bles aux châteaux de cartes des enfans : la plus fimple re- flexion renverfe les premiers, comme le fouffle détruit les feconds. Un fait peu important en apparence eft pour eux un coup de foudre qui en difperfe jufqu'aux fondemens. 17 pu Monp£r. S4T De la Voie Laitee. On diftingue facilement & au premier coup d'œil, en regardant le Ciel pendant une belle nuit, une bande d'une” blancheur remarquable, quoique d'une lumiere aflez pâle, qui, comme une ceinture, divife en deux parties la conca- vité du. Ciel étoilé. Cette zone a recu différens noms, dans différens teims & chez différens peuples; on l'a nommée Cercle de Junon, Chemin du. Soleil, Voie brûlée. Quand on lui donnoit ce: dernier nom, on rapportoit fon origine à l’entreprife témé- taire de Phaëton, lorfqu'il. ôfa monter fur le char de fon: pere & guider les chevaux du Soleil.:On regardoit l'éclat: de cette zone comme la trace: & les veftiges de l'incendie 5 mais la dénomination de Woze laëlée à été:la plus généra=: lement adoptée par les Latins, par les Arabes & par les: Modernes. Les Poëtes alors à ion fa: blancheur au: lait de Junon,, qw "Hercule avoit laiflé couler de fa bouche; d'autres en ont fait le féjour des héros, comme on peut le. voir. dans: Manilius , qui nous a laifé une defcription fort. étendue de la fituation & de: la:trace de: la: voie: la&tée:. Ovide la repréfente comme-la route qui conduit au palais: de Jupiter; &, parmi nous, le. le peuple ee — Le. ee de S. Jacques. La laroeur de cette batide. fe Rare nés, & Rs bords: font terminés très-irréculiérement comme ceux d’un fleuves dont le lit. ne feroit pas éncore fuffifamment. approfondi. On: peut la voir. toute entiere _ or Lu Tome 11. —. Hh à J Se À à ! ki h h 242 Persrioue fes yeux de tous les pays fitués entre les Tropiques; o# fuit fa route à travers plufieurs conftellations. En fuppofant qu'on l’obferve d’abord dans Cafiopée, confttellarion dars laquelle elle eft à fa plus grande proximité du pole bo- réal, dont elle n'eft alors qu'à environ 30 degrés, fi, de cette conftellation, alors placée au méridien & au-deflus du pole , on fuit, fur un globe célefte, la route de la voie laétée, en allant du nord vers le midi par le levant, on là voit traverfer fucceflivement Perfée, le Cocher , les pieds des Gémeaux, le bras d'Orion, la Licorne, le grand Chien ou Syrius, le Navire d'Argos;s & c'eft-là où fa lumiere eft la plus vive: elle pañle enfuite par les pieds du Centaure & par le Triangle auftral, d'où, retournant vets le nord par foueft, elle traverfe l'Autel, la queue du Scorpion, vers laquelle elle fe divife en deux bran- ches qui, fe réuniffant vers le Cygne, forment une ifle affez vaite. De la queue du Scorpion, la branche orientale DU MONDE. 243 L'obfervation de la voie laée, l’ordre dans lequel font difpofées les conftellations qu'elle traverfe, peuvent donc être infiniment utiles à ceux qui defirent d'acquérir la con- noiflance du Ciel & de la fituation refpective des conftel. lations. Cetre confidération nous détermine à rapporter la direction de la voie la@tée à la fituation de Paris, & des pays placés fous le parallele de la France, & à untems de l'année où les nuits foient aflez longues pour quon puifle voir la plus grande portion de la voie la@tée qui foit vifible dans nos climats, tems qui comprend les mois de Novem- bre, Décembre, Janvier & Février. Pendant ces mois , du coucher au lever du Soleil, on apperçoit toute cette fec- tion entre les pofitions de Gafliopée dont nous allons par- ler. On apprendra trèsficilement ainf à connoître Les 18 conftellations dont nous avons parlé, &, par elles, on fe mettra très-aifément en état de diftinguer toutes les autres par Les rapports de leurs fituations avec cés 18 conftella- tions & entrelles : il fufra d'avoir fous les yeux les Pla: nifpheres céleftes de M. Robert de Vaugondy, &, fi l'on veut, le Zodiaque de M. le Monnier. Nous avons choifi Cafiopée , tant parce que cette conftellation ne fe couche jamais , que parce que la voie laétée la comprend prefque toute entiere ; que c’eft dans cette conffellation qu’elle ap- h Le plus du pole , & furtout parce que dans Cafiopée : Luifante, & quia beau- ils défignenc cette étoile ures, avant que l'étoile Hh2. 250 PHYSIQUE feroit donc, s'il eft permis d'employer cette comparaifon, qu'un horloge infini en volume & en rouages, & dont la T'erre feule feroir le cadran ! Quelle proportion y auroit- il donc entre l'effer & Les moyens? Non, nous ne nous croi- rons point téméraires en confidérant tous ces Soleils comme les moteurs , les vivificateurs d'autant de Mondes. Les motifs qui nous ont amenés , qui nous ont contraints à confidérer toutes les planeres de notre Monde comme habitées , ne nous permettent pas de douter que celles qu'échauffent & qu'éclairent ces autres Soleils, ne le foient aufli. Alors le regne de la vie s'étend avec l'infinité de l'efpace, & lTntelli- gence éternelle , feule caufe a&ive, créatrice & vivifiante de la Nature, nous paroît animer une œuvre digne d'elle, habiter un palais qui convient à fa majelté. Cette hypothele eft fans doute l'hommage le plusnoble que notreintelligence puiffe rendre à l'éternel Archire“e, Ce n'eft point pour abandonner à la folitude la plus profonde des déferts im- menfes , ce n’eft point pour créer à la mort la plus abfolue un empire infini qu'il a conftruit un édifice infini 5 tout vit autour de nous, l’efprit de vie pénetre toutes les parties de la matiere, tout eft animé, ou tend à s’'animer , rien ne périt que pour renaître, & ce magnifique fpectacle n'exif- teroit que dans un point de l'étendue fans limites ! la mort habiteroit tout le refte! Celui qui peut le penfer n'eft pas appellé à confidérer les merveilles de Funivers, fon in- celligence ne fut point deftinée à s'élever par ces nobles A Nous penfons donc, avec les Philofophes les plus éclairés, que toures Les étoiles fixes font des Soleils; que ce neft pas [Document text truncated for crawler view.]