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Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, et des Juifs, pour servir d'introduction a l'histoire ecclesiastique de M. L'Abbé Fleury. Tome quatrième

Calmet, Augustin (O.S.B.) (1672-1757)

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H> MODE SAR RSA) TE gamme mi UT À UN nn ape ns ax mic CROERS en RAR mr TUIrs. | | *. POUR SERVIR D'INTRODUCTION ge 2 'Hfgire 5 de M. Abbé ELEURY. TOME QUATRIÉME- RE pe POUR SERVIR DLNSFRODUCEION Chez PIERRE Ar EXANDRE M ARTIN, à l'Ecude France. DE L'ANCIEN ET DU NOUVEAU TEFSTA j. ÉÊE DES Ijijrs. - à l'Hiftoire Ecclefiaftique de M. PAbbé FLEUR y. Par le R.P. D, AucustTirN CALME T, Religieux Bénédidtin, Abbé de Senones. NOUVELLE EDITION CORRIGÉE. BOME QUATRIÉÈME. CAD ATV 2 É Le 4 ; 3 Le +: & à % e :-# & V + CF Le NES RS © Ÿ abiaameteens/ SSN EEE \\ À PARIS, QUAI DES AUGUSTINS, HP DCC KXX<VIL ÂVEC APPROBATION ET PRIVILÈGE DU RO. A OR ET Et ee need ee 2 4 énobrrure dhent hdi carapiésinin mere SRE Crest pe er vanter var ce -: [GS 2 : HisTOIRE DES PUtF# =————— de lui quelques maximes. Par exemple : Admire . Fe M: Jes chojes préfentes ; ce qui étoit tiré d'un Ouvra- a del. ge intitulé : Les Traditions de faint Matchias. Et re vulg. 33. Cette autre, (a) I/ faut combattre fachair, g) la dompter entierement en lui refufant tout ce que de- mandent fes défirs déreglez. Il faut au contraire for- rifer @æ) faire croître l'ame, par la foi g) par la connoiffance. On attribuoit à faint Matthias un faux Évangile. Le même faint Clement d'Aléxan- drie (b) dir que quelques-uns le confondoient avec Zachée. Mais Zachée n'ayant été converti que dix ou douze jours avant la paflion du Sau- veur, cela ne peut fe fourenir ; puifque faint Mat- thias le fuivit dès le commencement ; c'eft-à-dire, depuis le baptème de Jean, jufqu'au jour de lAË bio. ee = Lors donc qu'on eut préfenté ces deux fujets, J'affemblée fe mit emiprieres ; & ils dirent : Sei- gneur, vous qui connoiflez les cœursidetous les hommes, montrez-nous lequel de ces deux vous ‘avez choifi, afin qu'il entre dans ce miniftere, & -dans l’Apoftolat, dont Judas eft.déchü. Aufli-tôt ils tirerentau-fort;& le fort tomba fur Matthias, & dès ce moment, il fut aflocié aux onze Apo- tres. (C) | : ee Pentécéeoudeft Quand les cinquante jours depuis la Pâque, & cente du Saint- Efprit furkesape depuis la Réfurrection du Sauveur , furent accom- 12 Clemsdlex. I. 3. Strom. p.| (ce) 44.7. 14: 25226 =. — nn (d) Ami. de _ (D) décm |, 4 Strom, p. 488: ee plis, & que le jour de la Pentecôte fut arrivé, { d) ET DU Nouv. TEsrAM. Lie, I. an Dimanche 24. May, & 6. de Sivan, les Apô- étant tous enfemble dans un même lieu, on en- rendit rout d’un coup un grand bruit, comme d’un Vent impetueux, qui venoir du Ciel, & qui rem- plit toute la maifon où ils étoient aflis. En même. tems ils virent paroîitre comme des langues où. flammes de feu qui fe partagerent, & s'arrêterent fur chacun d'eux. Aufli-tÔt ils furent tous remplis ‘du Saint-Efprit ,; & ils commencerent à parler di- verfes Langues , felon que le Saint-Efprit leur met. ANpu M. 4036. de J, C.:6.de PE: re vulo. 33, toit la parole dans la bouche. Or il y avoit alors. à Jerufalem des Juifs craignant Dieu de toutes les nations qui font fous le Ciel, dont lesuns y étoient habituez ; (2) car Jérufalem étoit comme la M& au Judaïfmé. CG) airs — 1 (b) Exod, xxur. 14. . _ Ai A pu M. 40536. de J. C.36.de lE- re vule. 33. 6 HisTOIRE DES JUIFS; ramaflez., les entendant parler chacun la Langue de fon pays, quoiqu'on fçût que ces hommes étoient tous Galiléens, & fans Lertres ; on en fut fupris, & on admiroiït cet effet de la puiffance de Dieu. Mais d'autres s’en mocquoient, & difoient : C'eft qu'ils font yvres.. Alors Pierre fe préfentant avec les onze Apôtres , leur dit que ni lui, :nifes aflociez n'étoient point pris de vin ; puifqu'il n'é- toit encore que la troifiéme heure du jour , c'eft- À-dire, neuf heures du marin: Or aux jours de Fère & de Sabbat, on ne mangeoïit qu'après les prieres & les cérémonies du matin, qui ne finif- foient pointavant midi. (4) Il ajouta que ce qu'ils admiroient dans leurs perfonnes, étoit l'accomplif fement dela Prophetie de: Joël, (4) qui avoit promis que dans les derniers tems ; le Seigneur répandroir fon.efprit fur toute chair ; fur les jeunes hommes, furles-jeunes.filles, & fur les vieillards; & qu'il feroit paroïtre des prodiges dansle.Ci fur la terre, du fang, du feu, & une vapeur de fumée , &. Tobcurciflement du foleil & de la lune. “ & Apièscela,.il.commença à leur annocer l'Evan. gile, & à leur dire que contre toute juftice , ils avoient livré Jefus-Chrift aux méchans , qui Fa- _ voient crucifié : Que Jefus avoir éré un-homme choifi de Dieu, & rendu celebre par une infinité de prodiges qu il avoit faits parmi le peuple ; Qu'il n'avoit pas été abandonné aux à eee _— : : % eCiel & S ; ar es Sp L Ie ; Ô D APR AE un impies pour feseri- +) Tefep de vire fie » r] (b) Joël. IT. 28 : - | ET DU NOUvV. TEsTAM. Liv. I. nés, mais par un ordre exprès de la volonté de | Dieu , & par un décret de {a préfcience: Qué Dieu ÀN 2 a si lavoit reflufcité, & l'avoir tiré du tombeau, felon dr “certe parole de David: (a) Vous ne laifferez point re vulg. 33. mon ame dans l'enfer, ou dans letombeau, & wous 2e permettrez point que votre Saint éprouve la cor= vuption. Vous ‘m'avez fair connoîcre le chemin de La vie, € vous me remplirez de la joye que donne La vie de votre vifage. I] ajoûta que ces paroles ne pouvoient s'entendre de David, puifqu'on fcavoit que fon corps avoit été enterré, & mis dans un {€- pulcre, que l'on montroit encore en ce tems-là ; mais que ce Prophete avoit parlé de la Réfurrection de Jefus, que Dieu avoit tiré du tombeau , & dont lui & les Apôtres préfens étoient témoins : Qu'apres fa Réfurrection , il étoir montélau Ciel, & qu'enfuire il leur avoit envoyéfon Saint-Efprit, dont ils voyoient dés preuves fenfibles, dans le don des Langues qu'ils admiroienten eux. I prou- va PAfcenfion du Sauveur par ces paroles du Pfeaume : (4) Afféyez vous à mu droite, jujqu'a cœ | que je réduifè vos ennemis à vous féruir demarche. Pied. Paroles, qui ne pouvant s'expliquer de Da- : vid, s'entendent néceflairement du Meflie, qui _ devoitfortir de David felon la chair: 22 Fe À ces difcours, toute li multitude qui écoutoit Pierre, fut touchée de compon@ion ; & ils dirent à Pierre & aux autres Apôtres : Mes frères, que faut-il que: nous faflions ? Pierre leur répondit: Faites penitence., & que chacun de votrs {air bap- (2) Pfaln. xvir, Fe 4 Ch} Pfaim. ax. 1% ca _æ rs a 1 4 | : E | . - g MisTOIRE DES JUIFS; — tifé au nom de Jefus-Chrift, pour obtenir la re: | . AN re miflion de vos pechez ; & vous recevrez le don du | | | UE Saint-Efprit : cat la promeñle que Dieu à faite de | re vulg. 33e donner fon Saint-Efprit ; vous regarde, & tous L] | ceux que le Seigneur appellera. Il continua à les || enfeigner, pour les difpofer à recevoir le baprème ; | & il les exhortoit, en difant : Sauvez-vous du mi- lieu de cette race corrompuë. Il y en eut environ | | trois mille qui fe joignirent aux Difciples de Jefus- | Chrift, & qui furent baptifez le mème jour, où + les jours fuivans. Or, tous cèux qui avoient reçû Î la foi & le baptème, éroient aflidus à venir écOu- | | cer la doctrine des Apôtres, & fidéles à la prati- LL. quer. Ils s'aflembloient, & mangeoient enfemble 1. Je pain Euchariftique , le Corps & le Sang de Jefus- | Chrift. Tous ceux. qui avoient connoïfflance de da t} Î pureréde leur vie, les admiroient. On ne pouvoit Jes voir, fansoñcevoir.un refpect mêlé de frayeur; & il fe failoit dans Jerufalem un grand.nombre Pre PS a SU DEL. ES EANETS de prodiges, parles mains des: Apôtres : ce qui LUS) 1 ë | Car. II. : Vie des premiers . à . Chrétiens. : 1 : A. : à | ee Fe = ï il & | > Ë : 4 + Le ë è 1 HUlTS HT E A ji ET DU-Nouv.-FEsTame: Li. I. Æemble, chacun dans fa maifon & avec fa famille, ou plufieurs réunis dans une même maifon, dans la joie & dans la fimplicité de cœur ; & ils éroient aimez de tout le peuple, à caufe de la pureté & de l'innocence de leur vie, & desaumônes qu'ils diftribuoient liberalement aux pauvres. Voilà Ja peinture que le Saint-Efprit même nous a tracée des premiers Fidéles de Jerufalem, (4) qui ont été le modéle des Congrégations Relisieufes, & de tous ceux qui dans la fuite des fiécles, ont afpiré à une perfection particuliere. _ En ce même remis, Pierre & Jean monterent au Temple, pour aflifter à la priere de la neuvie- me heure; c’eft-à-dire à trois heures après midi. C'étoit la priere du foir, & on pouvoit da faire depuis trois heures après midi dans léquinoxe, juiqu'à fix heures du Loir ; & aux autres jours à proportion; fuivant lufage ancien de partager le jour.en douze heures plusou moins longues , fe- lon que les jours font plus courts, ou plus longs. Les Juifs avoient trois heures de prières chaque Saint Pierre gué: rit un boiteux à La porte du temple, jour ; le matin, à midi, & au foir , commen le Voir dans Daniel, (4) & comme lenfeignent les Rabbins. {c ) Or il y avoit un homme boiteux dès léventre de fa mere, que l'on portoit, & que lon mettoic rous les jours à la porte du Temple, qu'on appelloit la belle porte , afin qu'il deman- dât laumône à ceux: qui entroient dans la Maifon ns Se de — (2) ART fe. © 1. | (e) Vide Maïmon, € Kimchi. 32: 37: | apud Dmfé Grot. Capell, in Ad, 4b) Der. VI. 10ù de "| LI. x FASO LOme 1", — B nl An.ou M. 46 1 6. des F C.36.de PE- re vule, 33. 10 _HrsToire DEs Jurrs, du Seigneur. Cet homme ayant vû Pierre & Jeart qui alloient entrer dans lé Temple, les pria de lui donner quelque aumône. Pierre lui dit: Re- gardez-nous. Il les regardoir, efperant qu'ils al- loient lui donner quelque chofe : mais Pierre lui dit: Je.n’ai ni or, ni argent; ce que jai, je vous le donne : Au nom de Jefus-Chrift de Nazareth, levez-vous, & marchez; & Flayant pris par la main droite, il fe foûleva , & à la même heure le boiteux fe foûtint {ur fes pieds, & marcha. Il entra avec eux dans le Temple en fautant , & Jouant Dieu. = Tout le monde le vit, lereconnut, & fut fur- pris d'admiration ; & comme il tenoit Pierre &c Jean, les troupes s’aflemblerent autour d'eux dans la galerie qu'on nomme de Salomon. Alors Pierre leur parla, & leur dit que ce n'’étoit point par fa vertu quil avoir gueri.ce boiteux, mais par la vertu de Jefus-Chrift, qu'ils avoient.renonce, li- vré à Pilate, & fait condamner à mort: Que Dieu ET DU Nopy PES TA, Liz L hommes qui fe conyertirent dans cetteoccafon. (a) Lorfqu'ils parloïient au peuple, les Prêtres, le Capitaine des gardes du Temple & les Saducéens furvinrent. Ces derniers ne pouvoient fouffrir que les Apôrres enfeignaffent la refurrection des morts, -& qu'ils en donnaffent une preuve décifive dans la perfonne de Jefus-Chrift, qu'ils affüroient être reflufcite, & avec quiils difoient qu'ils avoientbü, mange, & converfé depuis {a Réfurrection. Ees Saducéens étoient alors puiffans , & ils avoienr dans les premiers emplois des perfonnes de leur fecte ; & le Grand-Prêtre Caiphe en particulier étoit Saducéen {b) Les Apôtres furent arrêtez & mis en prifon jufqu'au lendemain. Commeil étoit AN,pu M. 4036. de J. C.36, dePE. re vule. 33. déja tard on n’eur pasle loifir ce jour-là d'aflembler . leSanhédrin. On y mit auf apparemment leboi: | teux qui avoit été gueri par faincPierre, puifquele lendemain on le fe comparoître avec les A pôtres devant lès Sénateurs. Ceux-ci s'aflemblerent , le jour fuivant, avec les Docteurs de la Loi, les Chefs du peuple, les Grands-Prètres, Anne & Caïphe, & les autres principaux d’entre les Prêrres. Hs-firenc amener les Apôtres dans l'aflemblée, & leur di. TeRt : Par quelle puiflance, & au nom de qui avez-vous fait cette action > Alors Pierre rempli . du Saint-E{prit , leur dit : C’eft par le nom de Jefus-Chrifkde Nazareth, que vous avez crucifé , & que Dieu a reflufcité d'entre les morts, que cet homme a été oueri, & qu'il eft aujourd’hui debout 2 es Sen ve RER. (a) 4û, LL re 26.6" IVer.2.l (b) ABF. é E$ € Bij TE ne de a a PR 0 rs ES; Es ER - a A, Rp SERRE re vulo, 33. E2 HisTOIRE DES JUIFS, | | devant vous. Jefus-Chrift eft certe pierre que AN. DU M. yous autres Architectes ,avez rejettée, & qui ef : 6. de |... : : + ee Cie de jé. à préfent la premiere pierre de l'angle. Nul autre nom que le fien n'a été donné aux hommes, par lequel ils puiffent être fauvez. (4) Le Sanhédrin voyant la conftance de Pierre & & de Jean, & connoïiflant que c'étoient des hom- mes fans Lettres, & du commun du peuple, fut furpris de leur difcours , & de leur liberté. Le boiteux gueri, qui étoic prefent , étoit une preuve fans équivoque du miracle. Cet homme avoit plus de quarante ans. Il Les fit donc tous: fortir pour déliberer : Voici, dirent-ils entr'eux, un miracle qui eft connu de toute là ville de Jerufalem, & que nous ne pouvons contefter. Que ferons-nous ces gens > Il faut leur défendre avec menaces de S LES a fa puiffanc parler à l'avenir à qui que ce foit au nom de Je- fus. Lis les frentrentrer, & leur firent cette défenfe. UpezVOUS mêmes s’il eftjufte de vous obéïr plûtôt qu'à Dieu. Mais Pierre & Jean leur répondirent::.Jur fi FASFETS & fi nous pouvons ne pas réndfe témoignage à ce que nous avons vû & entendu. (b) On les ren- voya donc avec-de-oraridès menaces. -_ Lorfqu'ils furent de rerour dans la maifon ils raconterent aux autres Apôtres & aux Difciplés. ce qui leur étoit artivé. Alors élevant tous leurs voix dans l'union d’un même efprit;, ls firenc leur priere à Dieu, lui rendant graces de la pro- ection qu'il avoit donnée à fes ferviteurs, loüant dance % AS Aa, 3 . D) nb infinie, qui rend-inutile les efforts À AUS UE Ca LUE Co PA EN LC A EST Nes ARR ERA RTS NES PRE PIE ET DU Nouv. TESTAM. Liv. I. Tv; des Rois & des Puiflances , contre l'empire de fon fils Jefus-Chrift, & le fupplianc d'accorder aux Apôtres lefprit de force , pour méprifer les me- naces & les mauvais traitemens de leurs ennemis. Lorfqu'ils eurent achevé leur priére , le lieu oùils. étoient aflemblez , trembla. Is furent de nouveau remplis du Saint-Efprit, & commencerent à an- noncer là parole de Dieu avec une nouvelle har< diefle. (a) . : Ce fur en .ce tems-là que Jofeph, furnommé par les Apôtres Barnabé, c'eft-à-dire, fils de la mg AN.bu M. confolation , qui étoit Lévite, & otiginaire de lTfle de Cypre, vendit un fonds de terre qu'il avoit ou en Cypte, ou près de Jerufalem , & qu'il en ap= porta le prix aux pieds des Apôtres. (b) Plufieurs Anciens (c) ont cru qu'ilétoit du:nombre des foi. xante-douze Difciples de Jefus:Chrift, & qu'il l'a voit fuivi de très-bonne-heure. Quelques-uns pré: tendent qu'il étroit condifciple de faint Paul , &. qu'il avoit étudié avec lui aux pieds de Gamaliel: Ii eft für qu'il fut toüjours fort lié à l’'Apôtre ju qu'à ce qu’il s'en feparaàl'occafion-de Jean Marc, ainii que nous le verrons ci-après : mais le tems. de fa vocation & de fa converfion au Chriftiæ nifme ,me paroït pas certain. +. Durant cette premiere ferveur des nouveaux Fi- déles , un homme nomtné: Ananie, & Saphire fa femme vendirent aufli un fonds de terre: &An2- : {a ).-Aû, IF. Rs. p.410. Enfeb. Wifi. Etcl. Lt. cap, (D) AR IP. 36. gp li. € bibrac, 1..Epiphan. haref.… ic) Clem. Alex, 25 Strom, | XX, 6.4. SR . . Bi. RE me Re Car Iff.- Ananie & Saphire- frappez de mort pour avoir ment au S. Efprit. Det AN.Du-M. ps. lemitaux pieds des Apôtres. Mais Pierre l'ayant fçûù 4036. de C.36.deF re vuls. 33. 14 HisTOIRE DES Jurrs, nie ayant retenu de Concert avec fa femme, uñe artie du prix qu'il avoit vendu, apporta le refte,& par une revelation divine, l'en reprit fortement, & lui dit que ce n'éroit pas aux hommes qu’il avoit menti, mais au Saint Élprit: Que rien ne Pobli- geoit à vendre fon heritage, & qu'après même l'a. voirvenduilétoit encore le maître d’en garder tout le prix : Qu'ilnedevoit point furprendre l'églife par une déclaration frauduleufe, & parun menfonge. Ananie ayant entendu ces paroles , tomba, &ren- dit l'efprit. Ce qui répandit la terreur dans l’efprit de tous ceux qui en entendirent parler. Aufli-tôt quelques jeunes gens prirent fon corps , & l’alle- sent enterrer. Environ trois heures après, fa fem- me , qui ne fçavoit point ce qui étoit arrivé, en- tra; & Pierre lui demanda s'ils n'avoient vendu leur fonds que cela ? Elle répondit que non. Pierre lui répondit : Comment vous êtes-vous ainft ac- cordez enfemble, pour renter l'Efprit du Seigneur ? Voilà ceux qui viennent d’enterrer votre mari, qui font à cette porte; & ils vont aufli vous porter en terre. Au.mÊêmemoment ellé tomba morte à fes pieds; & ceux qui avoient enterré Ananie, la prirent , & l’allerent enterrer auprès de fon mari. Cependant les Apôtres faifoient beaucoup de miracles, & le nombre des Fidéles croifloit de _ jourenjour;enforre quil y avoit même plufieuts _ Prètres qui obéifloient à la foi. (4) Ils étoientunis dénsun même efprit, & ils s’affembloient auFem- [A TR ET DU Nouv. TESTAM. Liv. JL. 1e ple dans la galerie de Salomon. Aucun des autres n'ofoit fe joindre à eux : mais le peuple leur don- noit de grandes louanges. La vertu des miracles étoit fi grande dans les Apôtres, fur tout dans faint Pierre, que l'on apportoit les malades dans les rues, & qu'on les mettoit fur des lits & fur des paillaffes ; afin que lorfque Pierre pañleroit, fon ombre au moins les couvrir, & les guérit de leurs maladies. On en amenoit même des villes voifines de Jerufalem, & ils s'en rerournoient tous œuéris ;. N. DU M. 2036. de} C.36.de PE= re vulg. 33, & les démoniaques étoient délivrés des efpritsim- purs qui les tourmentoient. (4) Alors le Grand-Prêtre Caïphe, & ceux qui étoient comme lui de la fecte des Saducéens, indi- gnez de voir le progrès de l'Evancile, firent pren- dre les Apôtres, & les firent mettre dans les liens. Mais l'Ange du Seigneur ouvrit durant la nuit les portes dé là prifon, & les ayant fait fortir , referma les portes, & leur dit: Allez dans le Tem- ple, & prèchez-y hardiment cette doctrine 0% toute l'économie de la nouvelle alliance, Ils alles rent donc dans le Temple. ès le point du jour, & cofmencerent à y prècher. Cependant le Grand- Prêtre ayant affemblé lé Sanhédrin, envoya à la prifon , afin qu'on amenär les Apôtres. Les Of. Ciers y étantyenus, & ne les ayant poinr tlouvez , vinrent faire leur rapport : Nous avons, ditent- ils , trouvé la porte bien fermée, & les gardes de- vant porte : mais l'ayant ouverte, nousn'avons trouvé perfonne dedans. Comme RE names tous 1> (2) Ai. Pi XZzsr016 — = = ae. ils étoient en ee Ax pu M. 4036. de ÏJ. C.36. del’ E- æe vulg, 33. L6 HISTOIRE DES JUIFSs, eine de ce que les Apôtres étoient devenus, of vint leur dire que ces hommes éroient dans le Temple, & enfeisnoient Je peuple. Alors le Ca- pitaine des gardes du Temple, avec fes gens, Jes amena fans violence ; car ils craignoient d’être la- pidez par le peuple. Ce Capitaine.du Temple étoit ou un Levite, qui commandoit une troupe de Le- vites occupés à garder la maifon du Seigneur le jour & la nuit ; ou un ofhcier des troupes Romai- nes, qui veilloit à ce qu'il n'arrivät aucun tumulte dans le Temple. : Les Apôtres étant arrivez devant le Sanhédrin ,. le Grand-Prètre leur dit : Ne vous avons-nous pas expreflément défendu d’enfeignerau nom de Jefus- -Chrift? Cependant vous continuez deremplir Je- falem de votre doctrine, & vous voulez perfuader au peuple que cet homme a été condamné inju- ftement, & que nousfommes coupables de {a mort. Pierre & les autres Apôtres lui répondirent en peu de mots : il faut obéir à Dieuplütot qu'aux ommes. Nous fcavons que le Dieu de nos peresa reflufcité Jesus , que vous avez fair mourir. Nous SPORTS TA I 7 PARAIT" ci fommes témoins.desfasréfurrection,; & le Sainte Efprit que Dieu acommuniqué à tous ceux qui Jui béifient, rend témoignage à la même verité. = Ayant entendu ces chofes, les Senareurs furent - tranfportez de rage; & ils déliberoientde les faire - mourir : mais un Pharifien nomméGamaliel, Doc- æeur del à Loi , qui étoir honoréde tout le peuple: 4) croyent quedès-lors il éroir déja€hré- {a ) Rccogn 12 GG d 66. Bedsin Am De ET Du Nouv. TEsTAM. Lio... tien; les autres (4) foûtiennent qu'il ne fe con- vertit qu'après le martyre de faint Étienne. I! étoit Maître de faint Paul , (b) & aufli de faint Etienne & de faint Barnabé, felon quelques-uns :](c) Ga- imaliel donc fe levant dans le Confeil , commanda qu'on fitretirer les Apôtres pour un peu de tems: AN pu M. 4036..de J. C.36.delE- re vulo, 33, & il dit à l’aflemblée : Prenez garde à ce que vous avez à faire touchant ces perfonnes. Car il ÿ a quel que tems qu'il s'éleva un certain Théodas, qui prétendoit être quelque chofe de grand; il y eut environ quatre cens hommes qui s’artacherent à lui: mais il fut tué, & tous ceux qui avoient crû en Jui, furent diflipez & réduits à rien. Judas de Galilée s'éleva après lui, dans lé rems du dénom- brement du peuple, & il attira à {oi beaucoup de monde: mais & lui, & fon parti perirent & fe ‘difiperenr. Je vousconfeille donc dene vous point - mélerde cequiregarde ces gens-ci, & de les laif. fer faire: car fi ce confeil vient des hommes , il combera de lui-même : mais sil vient de Dieu, vous vous y oppoferiez en vain; Dieu fçaura le _foutenir maloré vous. Ils fe rendirent à fomtavis ; Gcayant fait rentrer les Apôtres, ils les condamne. rentau fouet, qui étoit la feule peine qui füt alors en léurpouvoir ; & ils les menacerent de plus orang des peiñess’ils parloient à l’avenir au nom-de Jefus- Chrift. Alors les Apôtres fortirent du Confeil, tout remphs-de joie-de ce qu'ils avoienréré jugèzdignes de foufrir quelque chofe pour le nom de Telus SE RARE (a) Vide Lucian de Revcler. | {be XXII. D &. Steph. CS: a _(c? Alexand. apud Sur. 1. Jus # des veuves de À es 5 pee lEglife, Jap du QUE Hébraïque ou Syriaque, qui étoit la plus Mare commune dans Jerufalem & dans la Paleftine. Ce ee murmure étoit fondé fur ce que les Juifs Grecs core, Nicanor , Timon, Parmenas ,& Nicolas pro _ felyte d’Antioche. EE - On parlera ci-après d'Erienne. Philippe étoit ; dit-on, (} de Cefarée en Paleftine. Il eut quatre : fil es Prophetefles. (c) Cefut luiqui baptifa l'Eu- RE JC ARE <(b) a. Pelf"Epiff. 449 LU [4 ; % TPE î ET Du Nowv TESTAM. Liv. J. %o nuque de la Reine Candace, & qui convertir à —— Ja foi les Samariçains. Procore fut, felon Les Grecs, premier Evêque de Nicomédie. Adon dit qu'il fouffrit le martyre à Antioche , le 9. d'Août. L'Hiftoire que l'on a de faint Jean l'Evangelite, _ ous le nom de Procore, n’eft point du faine Dia- cre dont nous parlons. Niçanor, Timon , autre- ment Timothée, & Parménas , ne font pas bien connus. Les Grecs & les Eatins ne s'accordene nullement fur ce qu'ilsen difent. On ne fçait rien non plus de cértain touchant leur mort & leur martyre. er ne Nicolas profelyte d'Antioche , eft forr celebre parmi les Anciens; & le nom des hereriques Ni- colaïtes, n'eft propre qu'à fui faire déshonneur, s'il eft vrai , comme le croyent plufieurs hifto- tiens, («) qu'il äit donné occafion à cette fecte , par fa conduite pet résuliére & peu circonfpeéte. On dit qu'ayant une femme d'une rare beauté, il fe fepara d'elle pour vivre dans la continence: mais que ne pouvant refifter à {à pañfion, il abane donna fa premiere réfolut & tomba bien-tôt dans des 23 : 1 _— EE — xtrémitez fcandaleu- AN: pu M. 4037.de J. C37.dePE. re vulg. 34, Qui étoit Nicés las le Diacre, toit les plus honteufes ébauches; quoique fon | UE eut Êté de marquer fumple {2) Æpiphan, heref: à5. die Gotélee, No &, p.267: AE Ci RD RP SE PRE MERS Er ES es St hr ea grrame genie dt tt germes en ré het 26 HA ÉIISTOIRE DES JUIF me Et mortifier fa chair, &-réfifter à fes penchans. at MT : + Mais faine Clement d'Alexandrie (4) raconte “Cs7.del'É- la chofe autrement. Il dit que les Apôtres ayant revule. 34. fait quelques reproches À Nicolas fur fori attache- = ment à fa femme, il l'amena dans lafflemblée , & déclara. qu'il confentoit. que quiconque voudroit -Fépoufer, l'époufar. Cette parole lâchée dans la fine. phicité fut recueillie ; & dans la fuite elle fut un fujet de fcandale contre l'intention de celui qui lavoir dite; éar pour lui, il-étoit fort regle. Le même Pere difoir avoir appris qu'il davoit jamais eu la compagnie d'aucune autre femme que de la fienne ; & que fon fils & fes filles , qui vècurent- forrlong-tèms, conferverent toûjours une parfaite continence : ce quine put empêcher que lenom de Nicolaïtes ne demeurât à ceux qui voulurent sautorifer-de fon nom, pour s'adonnér à toutes fortes. de débauches. C'eft ain fi que faint Clement. d'Alexandrie tâche dejuftifierNicolas.de. larache & du nom d'Herefiarque, qued'autres lui ont don: : né Eufebetb} adopte le fentiment de fainr Cle: ment, & rapporte fes paroles , pour juftifier lapers fonne de‘NicolasssFheodore (c) & S. Augultia, {4 ) vont de même à le décharger, aufli-bien qué - | e) Vide apud Baron. ad an. 683. # Ercl.l. 3. c. 29. cer à Mig t €) Cafiagcollar da 16% — er pu Nouv. TEsTam. Liv. I. 5% ne connoîtaucun Auteur avant lui qui fafle certe — diftinion. : ns Après donc que l'affemblée eut élu ces fept per- UE fonnes, pour avoir foin des tables, & des diftribu- re vulg. 34 | tions journalieres, elle les préfenta aux Apôrres, me qui leur impoferent lesmains en prianr. Or Etien- ne, le premier des fepr, éroir un homme plein du Saint-Éfprit, & de foi ; & il faifoit de grands miracles parmi le peuple. (+) Et quelques-uns de la Synagogue des affranchis , c'eft-à-dire appa< remment des Juifs, quiayant été menez captifs à Rome, fous Pompée & fous Sofius , avoient ra- cheté leur liberté, & dont une partie étoient revenus à ferufalem, y avoient leur Sÿnagogue _particuliere, aufli-bien que Les autres Juifs des _diverfes provinces de PEmpire ; comme dé ceux d'Alexandrie, de la Cyrenaïque, de à Cilicie, & de l'Afémineure. Les Juifs de ces Synagogues ayant voulu entrer en difpute avec faint-Etienne’, & ne pouvant réfifter à la force de fes raifons, & à lEfprit faint qui parloïit en lui, fubornerent. : N des gens, pour leur. faire.dire qu'ils. l'avoient - An pu M. res Re les yeux fur lui, virent avec furprife que fon vi- re vulg. 34. ee î — Alors le Grand-Prètre Caïphe , qui préfidoit à ae Be [ui étoit verirable; (b) & faint Etienne pour fe Ærienne Diacre. soir blafphémé contre lui : mais il ft voir en _ toutefois que le Seigneur n'habire point dansdes . édifices faits de la main des hommes. Il conclut | MA à D M did à gr pu Nouv. TEST: Lit. I. 29 Que ton argent periffe avec toi , roi qui as crû que le don de Dieu peut s’acquérir avec de l'argent. Tu n'as point de part, &tu ne peux rien préten- dre à ce miniftere , parce que ton cœur n’eft pas droit devant Dieu. Fais done penitence de cette méchanceté, & prie Dieu, afin que, s'il eft pof- fible, il te pardonne certe mauvaife penfée de ton cœur ; cat je vois que tu es dans un fiel amer, & dans les liens de liniquité. Simon répondit : Priez pour moi, afin qu’il ne m'arrive rien de tout ce que vous avec dit. Tertullien (4) ajoûte qu'it répandit beaucoup de larmes ; ce qui eft confir- mé par quelques anciens Manufcrits : (b) mais fa penitence fut inutile, parce qu’elle n’étoit ni hum ble, ni fincere. on F - Au lieu de fe convertir, & de recourir à la pe: nitence, comme faint Pierre le lui confeilloit, if devint plus ineredule, & plus endurci qu'aupara An pu M. 4037. de J. C:37:.d0PE: re vulp. 34 vant. Il s'appliqua avec encore plus de curiofiréà la magie, (c) & fr gloire de s’oppofer aux Ap6- tres de tout fon pouvoir, pour acquerir, ou pour _ confervér une vaineré utation. Il quitta Samarie, & parcourut divers pays , cherchant les lieux où Jefus-Chrift n'avoit pas encore été prèché, pour y pérvertir les efprits. (dy Etant à Fyr en Phenë cie, il y acheta une femme publique , nommée Hélene, (2) ou Sélene , & la menoïic par-tout où - ( 2 ) Térull..de dima ce. 34. ; _ tb} Codex Ms. Cantabrig. O7 ret: dé hare[a ACT. Iren. lice écundns Robert. Steph. iphan. baref. 21, Angufis fecumdus Robers. Shaph [20 Epifhume bar. 2x, Ang (c).Irenal x, c. 20, =: (d) Throdores, bip rues ES Ge) Fin Apag + Th Nasa An pu M. 4037. de J. €. 37.de l'E: re vuls. 34. 30 . HIsTOIRE DES JUIFS, il alloit , commetrant avec elle toutes fortes d’if famies. Il la faifoit pafler pour la belle Hélene, femme de Menelaïüs. Quelquefois il difoit que c'étoir la déeffe Minerve. Aïlleurs il foûtenoit que c’étoit la premiere Intelligence, Ia Mere de tou- tes chofes, le Saint-Efprit. Céroit, difoit-il, par cette premiere intelligence, que le Pere avoit. eu deflein de créer les Anges: mais Hélene con- noiffant la volonté de fon Pere defcendit plus bas, engendra elle-même les Anges & les Puiffances fpirituelles , à qui elle ne communiqua aucune - connoiflance de fon Pere. Ces Anges & ces Puif fances ctéerent enfuite le monde & les hommes : & commeils ne vouloient pas que l'on fçût qu'ils avoient été engendrez par un autre , ils retinrent Hélene leur mere, & lui firent fouffrir routes for- tes d'outrages , pour l'empêcher de retourner vers fon pere. Ils l'enfermerent dans divers corps de femmes ; & en particulier, dans celui d'Hélene, _ qui fut loccafen de la guerre de Troye ; & pal. Jui. fant de corps en corps, elle vint enfin animér ce: lui d'Hélene de Tyr, que Simon menoit avec Il difoit quil étoit le Chrift, qui étoir def i les homes, il avoir pris la figure dun hom } Ces sl RP ° Less s.; : à , la figure de la-Püiffance qui y. dôme ‘beur d’être reconnu ; de mème qu'étant à ET Du Nouwv. TEsTamM Liv.f. 3r mé, quoiqu'il nele fût pas en effer; & avoit été cru- cifié en apparence par les Juifs. I] enfeignoit qu'il étoit defcendu comme Pere à l'évard des Samari- trains, comme fils a l'égard des Juifs, comme Saint- Efprita Fégard de toutes les autres nations. Hinven. celebres dans l'herefie des Valen. tiniens. Simon pofoit fa plenitude de hui F6: nes. | mertoir dé ce nombre une profondeur & ur filence, &il plaçoir le Verbe au cinquiéme dévré. Simon méprifoit la Loi & les Prophetes, & veñta les Eônes, difoit qu'il étoit venu pour les détruire. Non feu- lement iln’ydéferoir point ; mais il menaçoit de la mort & de la damnation ceux qui les obfervoient. On peut juger de-là quelle pouvoit être la vie de cet Herefiarque & de fes feftareurs. Elle étroit tel. le, qu'on n'oferoit prefque la rapporrér. (4) Ils vivoient dans toutes fortes de déreglemens ; & ils avouoient eux-mêmes dans leurs Ecrits, que ceux qui entendoient parler pour la premiere fois de leurs myfteres les plus fecrers, en étoient furpris d'étonnement & d’'effroi. Les impudicirez les plus monftrueufes fe permettoient parmi-eux. celleries , les enchantemens, l'idolâtrie ; (b) en un Mot toutes forres de crimes y étoient foufferts. Les Simoniens avoient des figures de Simon & d'Hélene , fous la forme de Jupiter & de Miner- ve, à qui ils rendoient des honneurs divins. Si mon Après avoir couru diverfes Provinces, alla enfin à Rome, fous l'empire de Claude. Nous 2 Fr EG (a) Eufeb. ls. | Tersulle aferipe. 330 alifs. _ {b) Origen. lib. 6. contra Celf. | — F : nn LE Les {or = AN Du M. 4937. de TJ. C:37.de ES re vule. de An ou M. 4037. de |. C:37delPE- re vulg. 34 HirsTOIRE DES TUTES & comment il fut les prieres de FApo- 2 verrons ci-après ce qu'il y fit , récipité du haut de l'air, par tre faint Pierre. Pierre & Jean ayant rendu témoignage au Sei- gneur dans Samarie, & y ayant annoncé fa parole, c'en retournerent à Jerufalem, & prècherent l'E- vangile en plufieurs villes desfSamaritains. (4) Ce fut vers ce même tems que les Juifs, ennemis de Jefus-Chrift, envoyerent par-tout oùily avoit des gens de leur nation, (tb) des députez, pour les avertir qu'il sétoit élevé parmi eux une nou- velle'fecte , qui reconnoifloit Jefus de Nazareth pour Meflie : Que ce Jefus étoit un impofteur de Galilée, qu'ils avoient fait mourir en croix ; mais que fes Difciples étant venus la nuit, avoient en- levé fon corps du tombeau où on lavoir mis : Que ces gens trompoient le monde, en afsürant qu'il étoit reflufciré, & monté aux Cieux : Que la doc- trine de ce feducteur étoit impie, &facrilege : Que fes fectateurs enfeignoient Pathéifme, & de- rruifoient les Loix de Moyle. Ces calomnies ainfi répanduës parmi les Juifs , fe communiquerent . * ‘aux Payens ; qui conçurent contre les prèmiers Fidéles une haine implacable , & un fouverain mépris de leur Religion. Les défordres & lesextra- vagances des heretiques de :ce tems-là ne contri- buerent pas peu à entretenir ces faufles idées ; car Jes-plus monftrueufes herefies fe cachoient fous le, . ns) ronym. 11 Jar. xvIIIL. Orig. 4 4 | (2) AB VIII. 1 = lc 1. G.p.293.298 : (b) Jufin. Dialoc. cum. Tri- ghon. ‘a 2342 35e Eufcb. € Hie- - : | nom à ET DU Nouv. TEsraM: Lic. I. 3; hotn de Chrétiens, & les Payens ne les diftin- — guoient pas des vrais Fidéles: : loss. 0 On les accufoit d'adorer le {oleil (2) ou la té PÉ_ te d'un âne, (£) ou la croix, (c) où des chofes re vulg. 34 honteufes & infames. { d) On difoit qu'ils étoienc _ inutiles au monde, (e) & à la vie humaine qu'ils re- fufoient aux Princes les honneurs qui leur font dûs; qu'ils éroient des ennemis publics. (f) Ainfi quel: que mal qui arrivât dans l'Empire, on le rejettoit fur les Chrétiens. (£) Onafluroit qu ils mangeoient dans leurs myfteres la chair d’un enfant qu’ils avoienc tué ; (b) & que leurs feftins de Religion étoient accompagnez d’inceftes plus horribles que ceux d'Oedipe. (2) On leur réprochoit que leur. fecte n'éroit compofée que d'ignorans, & de gens de la plus baffle condition , qu'ils attiroient, en les inrimidant par des térmes fans fondement & fans preuve. ( Ï } Ces bruits furent folidement re- futez par nos Apologiftes, qui donnerent aux Payens une jufte idée de la Religion Chrétienne ; & la vie des Chrériens diflipa bientôt ces calom- hies, que l'efprir d'erreur & de jaloufie avoit fait répandre contre eux. Ces chofes n'appartiennent pas tout-à-fair» au tems dont nous parlons ici Mais DOUs avons crû devoir les rappoïter en cet L _ N Du M. és (a) Tertull. Apolog. ©. 16. ae Apolog. c. 40. :(b) 1er ibid; px | (h) Onger. in Celf. 6. p. (c) Tertull. ibidem Min. Fe- | 293. ne HS PET TRES (1) Tertull. Apolog.c. 8. © Ju. . (4) Ainut. Feligsp. 7, & 17. An Dialog: posage -(e) Tertull, Apolog, c. 42. =. } (k ) Origen. Pr Calfit 3» Pr AE Iirm. ibid. 3e, = | 137. Adithts Fslix p. 5, { 9) Origen, LE 3». COBITA Celf. | se 7 = D à Tome 1, E 34 ETISTOIRE DES JUIrS ; ————" çndroit , à l'occafion des calomnies des Juifs , lefz “An ou M. 4037. de ]. C. ;7.dePE- uelles en furent la premiere origine, _. Philippe le Tétrarque, fils du grand Hérode , re vulg. 34. mourut la vingtième année de Tibere, trente- feptiéme.de Jelus-Chrift, & trente-quatriéme de FÉre commune. C'étoit un Prince moderé & pai- fible, qui fe contentoit de vivre tranquillement dans fes terres. (4 ) Quandil fortoit, ilne fe fai {oit accompagner que d'un petit. nombre de per fonnes choifies ; &:f quelqu un lui venoit deman- der juftice , il s’arrétoit aufhi-tôt, en quelque en- droit qu'il für, & y faifoit mettre une chaife , qu’on portoit exprès, Il s'affyoit , entendoit les jarties , condamnoit fur le champ le coupable, & rendoit juftice à l’innocent, Il mourut à Bethzaïde, qu'il avoit augmentée & embellie, & à quiil avoit donné le nom de Juliade, à caufe de Julie fille -d'Augufte. Hlavoit-époufé Salomé fa niéce , fille d'Hérode-Philippe fon frere, & de la celebre He. rodiade : mais n’en ayant point laiffe d'enfans, Ti bere joignit fa Tétrarchie au Gouvernement de | Syrie. (2) | ___._Verscemêmerems, Pilateenvoyÿa à l'Empereur Enar. vI.. Libere le procès verbal, & les actes du Jugement Lenre de Pilare qu'il avoit porté contre Jefus-Chrift Onaflure à Tiberetonchant : L G A { € des Provinces envoyaflent ainfi à Romeaux Em | pereurs, les mémoires des principaux Jugemens | qu'ils rendoient, & des évenemens les plusconfk # 5 2 : LS _ (a ) Jofeph. Antig. lib. Re CO | à Eufeb. 1 Fe. 2 Cafab. _{b} J ofeph, Antiq.l. 18,0. 7. exercir. 16. Baron. an, 34.$: 2249 . -& > a = Sn j que c'étoit la coûtume, que les Gouverneurs ET DUNOUVeEEs Tamer. I. 3 défables qui arrivoient dans leurs Provinces. Saint — É Juftin le Martyr, (a) Tertullien ; (4) Eufebe de “e 4 Cefarée, (#) Orofe, {d) faint Epiphane , (e) é dE DE. faint Chryfoftome, (f) faint Grecoire de Tours, re vuls. 34: {g) & plufieurs autres, témoignent qu'ils avoient | vü ces actes de Pilate, & ils y renvoyent les Payens comme à une piece authentique. On trouve en- . core aujourd'hui un affez grand nombre d’Ecrits anciens , qui portent le titre d’Aétes de Pilate +: mais il n'y en a aucun dans qui fe trouvent tous les caracteres qui fe remarquoient dans les an. ciens, & qui ne fournifle des preuves contre fa propre authenticité. Florentinius en à donné quel- ques-uns. M. Fabricius en à tiré un en Grec de la Bibliotheque de M. de Colbert. M. Cotelier en cite encore un autre de la Bibliotheque-du Roi. Nous pourrons quelque jouréxaminer cette matie- re plus à fond. Il éft furprenant que les Anciens . ayent laiffé perdre une Piece fi importante, pen- dant qu'on nous en a confervé tant d’autres mau- vaifes & apocryphes. Voici celui des Ades qui nous reftent, qui paroît le plus vraifemblable. 11 fe trouve à la page 113. du Martyrologe de Flo- rentimius : mais je n'ai garde de le donner pour au- _thentique. » Pilate à Tibere Cefar ; falut : Je- » fus-Chrift, dont je vous ai parlé dans mes der. “nieres Lettres, a enfin été execuré à mort, par Ta a = (£) Ch. Jet dlius Author bomil, 7, in Pafcha. F. S. edit, Sas ee -{ à) Fuflin. A HOT Tree ; 28 =" (b) en, C5. | __ (c) Euféb. bifl Eadbl. 2. c. .] vil. p.048 = (4) Orf Lyc. — = 7 12 Turon. hill. Fran se {e) Epiph. here. Sr mx :.-{cors To 1c 4 Ce Re 36 _ HisTroire DEs JUrrs, ges is la volonté des Juifs ; mais malgré moi, & fans D oi7.ede ]. ? mon confentement. On n'a certainement jamais C.s7.de l'E. » vÜ, & on ne verra jamais un homme d'une piece re vulg. 34. » & d'une integrité pareille à la fienne. Mais Le » peuple Juif, avec ous leurs Scribes & leurs An- .» ciens ayant complotté fa mort, ont enfin cruci= »fé ce Prédicareur de la verité, ainfi que leurs » Prophetes & nos Sybilles lavoient prédit. Pen- > dant qu'il étoit attaché à la croix , on a vû plu- .» fieurs prodiges , qui, au jugement des Philofo:. # phes, menaçoient l'univers d'une ruine prochai= » ne. Les Difciples de cer homme fubfiftent en- » core aujourd'hui ; & bien loin de démentir la » fainteté de leur Maitre, par leurs œuvres & par » le déreglement de leur conduite , ils lui font » honneur par léurs bonnes aétions.. Si je n'avois _»eupeur d'une fédition de la part du peuple, » peut-être que cet-homme de bien feroit encore # en vie. Quoique je n'aye pas fait rous.les efforts » que j'aurois pù faire, pour le garantir, & pour :» réfifter à fes accufateurs ; toutefois ce n'a été que # malgré moi, & dans la crainte de commettre > votre dignité,.que-jai abandonné à la malice » des hommes, le fang de ce Jufte, qui étoitin- .» nocent de tout ce dont onl'accufeit, maisqui, - « Re . : e = SR _» felon leurs Ecritures, devoit mourir pour leur »falut. Portez-vous bien. Du quatriémé jour d'a. » vant les nones d'Avril ; c’eft-à-dire, du fecond joue d'AVE EE lien (4). fmble dire que les Ads de à Ed (a ). Tértull, Apolog..c. 21I:- LUS reLe Er ou Nouv. T'ESTAM. Lit. I. 37 Pilare parloient de lAfcenfion de Jefus-Chrift. Ceux-ci n’en difent rien, Saint Juftin le Martyr (a} dit queces Actes marquoient, que les foldats avoient partagé entre eux les habits de Jefus. On _nelicrien de pareïlici. Eufebe de Cefarée (4) dis auf: que Pilate avoit parlé de là Réfurrection & de P'Afcenfion de Jefus-Chrift, & que le Sauveur étoit déja reconnu comme Dieu par plufieurs. Ce qui ne fe lit point ici. Saint Epiphane (c) dit que dans les Aétes de Pilate on lifoir que Jefus- Chrift étoit mort le 8. d'avant les calendes d'Avril, ou le 25. de Mas ; mais que d’autres Exemplaires lifoient le 15. des calendes d'Avril ; c'eft-à_dire 4 le 18. de Mars. Saint Chryfoftome (d) y lifoir auf, fi le 8. des calendes d'Avril. Celui-ci porte Le 2, d'Avril. Paul Orofe parle des miracles que les Dif. ciples de Tefus-Chrift faifoient, & du grand nom- bre de ceux qui le reconnoifloient pour un Dieu. Saint Gregoire de Tours (e} femble dire que les. Aes de Pilate parloient de la prife de Jofeph Az rimathie. Toutes ces circon{tances ne fe lifent ‘point dans ceux que nousvénons de rapporter, Il ÿ à dés: Sçavans qui croyent, qu'il n’y en eur ja- maïs de veritables, où du moins que ceux quedles. Peres ont vüs & citez, étoient de faufles Picte, (f) fabriquées par des Chrétiens animez d'un zéle trop peu éclairé, | … Bacansmcmmasmmmerees (2) 2Æp ologs x, pro Chriflianis. \cor. c. 21. à . fc) Epiphan. heref. so. à + 12. Vandalédiffert. de Allis Pilat. (Ce) Greg. Turon, l, 1. hifi. Fran 215. : Ed) Chryfe horil. 7:48 Pafcha. Fabricisde. Apocryp. MTps: Eij 5 AN pu M. 4037. de K. És7deite re vulg. 34. 38 FIISsTOIRE DES Ji iT … C'eft cependant fur la verité de ces Actes’, + ou M qu’eft fondé ce que racontent plufieurs Anciens ; AO 37: def : à : < A Æ Ze > : : (4) que Tibere ayant reéçü cet Ecrit de Pilare , en 022 4. 37.de E- . = , À , ® e re vulg. 34. écrivit au Senat, & même d'une maniere qui té- moignoit aflez qu'il les approuvoit, & qu'il vou- loit bien qu'on décernâr les honneurs divins à Je- {ns-Chrift. Néanmoins le Senat rejetta pour lors le culte du Sauveur , apparemment pour foûte- nir fon autorité ; parce que d’autres lui avoient _déferé les honneurs divins, fans attendre la per- million du Senat, qui prétendoit qu'un Dieu de- voir dépendre de leur puiflancé, & n'être Dieu qu'avec leur agrément. Tibere ne laiffa pas de te- moigner de linclination pour les Chrériens, & menaça MÊME de mort ceux quiles accuferoient, &. leur feroient de la peine. (b) .. $. Tecqus le On peut mettre en ce tems-ci le commence Mincur, premier RS in ses Fe Evéque de Jeu. ment de l'Epifcopat de faint Jacques le Mineur à —— Jerufalem. Saint Jacques le Mineur étoit-fils de Marie époufe de Gléophas, où Alphée. Il eft nom- mé dans l'Evangile frere du Seigneur , parce qu'il Étoit fon parent felon la chair, par Marie fa mere, fœur de la fainte Vierge ; & peut-être aufh par : Cléophas fon pere, que quelques Anciens (c) font frere de faint Jofeph époux de la très-fainte Vierge. Après la Réfurrection du Sauveur, faint ste = féo. R3%3.hf. Eccl. Chryf. smic. ii. if Eccl. à 2 Cer. bomil. 2 . (b) Tértull, loc 7 2] fl _ Jacques reçut le don de fcience ; (d) & Jefus nil. Apologet. c. s. Eu- | {c) Hegefipp. apud Eufeb:1. pa — À fd) Com. Alex. ap Eufebl) à citato, Enfcb. | 2.6, 1. Origen. inCefl x, On SE AR RE ONTL #£Tr ou Nouv: TEsSTam: Liv. I. 39 Chrift apparut à lui en particulier. (a) Lorfqu'il +. _ 4 fuc fur le point de monter au Ciel, il lui recom- 405 del manda les enfans de fa Mere, (b) c'eft-ä-dire, l'E. C;-de l'E glife de Jerufalem. Il lui confia fon trône fur la revulg. 34: terre, (ce) & lui laiffa fon Epoufe, comme à fon frere, afin qu'il lui fufcitât des enfans après {à mort. (d) Ainfi on peut dire que ce Saine fue établi, ou au moins défigné Evèque de Jerufa- em par le choix de Jefus-Chrift même. Mais il n’entra proprement dans l'exercice de certe charge ; que lorfque les Apôtres , après [a per- fecution excitée à l'occafñion de la mort de fainx Etienne, voyant cette Eglife agitée, & prefque diflipée , jugerent à propos d'intrônifer faine Jac- ” ques, & de le déclarer folemnellement Evêque de Jerufalem. Il y en a qui croyent qu'il ne fut déclare Evêque de certe Eclile, que lorfque les. Apôtres furent fur le point de fe féparer, pour æ& aller par tout le monde prècher l'Evangile. Saine : Clement d'Alexandrie {/e} croit que ce furent fainc Pierre, faint Jacques le Majeur , & faine — l'Evangelifte , qui l'élurent Evêque de certe NIUG.. + | RE — Saint Epiphane (f) dit que ce Saint portoit fur le fronpune lame d’or , pour marque de fa digni- æ d'Evêque ; apparemment à l'imitation des Grands-Prêtres des Juifs. Il { conduifit avec tan de fageñle & de pieré, que non-feulement les Fi- - a — me __—— : se LT (a) r. Cor, XP y. (ce) Clem. Alex. apud Enfeb.I. (bb) Hieronim.in Galat. p.164. |2.6. 1: bif. Eccl. : (c) Epiphan.-heref.78. . | ff LEpiphan. haref. 29, (4) Bernard. de confids Lac] 2 | 2 Ep; 5 # OPERA ‘An pu M. 4037. de J. C:372e PE re vulg. 37« _ séfforçoit à l'envi de coucher le bas dé fon habit, 40 2% SMISTOIRE DES JUTFSS déles, mais les Juifs même Île revardoient avee refpect. 11 conferva toûjours une entiere vu gini= té. (4) Il étroit Nazaréen, & ne bûvoit jamais de vin, &ne coupoit point fes cheveux. (b) Il ne fe-fervoit pas mème de bain, ni d'huile pour fe frotrer, &.ne mangeoit rien quieüt eu vie; ce qui n'étoit pas d'obligation aux autres Nazaréens. On dit de plus qu'il ne portoit point de chauflures, ni d'habits de laine, mais feulement de lin ; en for- te que fon manteau & fa tunique étoient de cerre matiere. Il vivoit d’une façon fi auftere, & fes membres.étoient fi mortifiez , qu'ils paroifloient fans fentimens ; & il fe profternoit fi fouvent en rerre.pour faire oraifon, que fon front & fes ge- noux s’étoient ‘durcis comme Ja peau d'un cha smeau. Un jour par fes prieres il obtint de la pluye pendant une grande fecherefle. Tant de vertus Jui firent donner lenom de Jufte, non-feulemer par les Chrétiens, mais aufli par les J uifs. On lui donna aufh le furnom d'Oblia, où Ophlia, cet à-dire, la Forterefle de Dieu. : | On Jui avoit accordé, quoiqu'il ne füt pas.de la race des Prêrres , le privilege d'entrer, quand il vouloit, dans le Saint, (c) quieff cetré partie du ‘Temple où un Prêtre entroit tous les jours au foir & au matin pour y offrir Pencens. On avoic concçüû une:telle eftime de fa fainteré, que chacun 7 oo end “È han. beref. 78. < 4 E Enfeb. L. 1.8 22 cd | ) Epiphansibid. Eufeb. hf. | Epiphar. bar ge Fe : (b PRE RS : Æccl. , 2.0 23. ex Hegefpp. Re _. (4)On. f/ ET DU-Nouv.- FEsTAaM. Liv. I 4x (4) On lit dans le Thalinud (&) qu'un nommé Eligazer ayant été piqué d'un ferpent , Jacques fut appellé du bourg de Samna, pour le guerir au nom de Jefus le Charpentier. Mais un Rabbin s'y oppofa, & foûtint qu'Eligazer ne devoit pas fe laiffer guerir par cet homme. Pendant qu'ils difputoient entre eux , le venin gagna le cœur du malade, quitomba mort en préfence du Rab- bin. Celui-ci le félicita d’être forti du monde, fans avoir violé les regles des Sages. Nous parle- rons en fon lieu de la mort de faint Jacques le Mi. neur. ou. le Jufte. … Le Diacre faint Philippe étoit apparemment en- core à Samarie , culrivant la femence de la paro- le de Dieu, qu'il y avoit jettée , lorfque l’Ange du Seigneur lui dit d’aller dans la partie meridio- nale de la Judée, (c) fur le chemin de la ville de RER AN pu M. 4037.de J. C37.de PE re vuls. 34. CuHaAp»r. VII. Le Diacre S. Philippe baptife lEunuque de la. Reine Candace. Gaze , qui étoic alors déférre. Philippe obéit auf. {i-tôt , fans s'informer de ce qu'il y avoit à faire en cer endroit. fl trouva fur ce chemin un Ethio- pien, Eunuque de là Reine Candace, laquellere. gnoit dans l'Ile de Meroë, au-deflus de l'Egypre. Cer Eunuque étoit apparemment Juif, ou du moins Profelyre , puifqu il lifoit dans fon chariot le Prophere Ifaïe, & qu'il venoit d’adorer Dieu à Jerufalem. Le Saint-Ef| prit dit.à Philippe de s'ap- procher de lui: & comme l'Eunuque lifoit à bau- té voix, Philippe lui demanda sil croyois enten. dre ce qu'il prononçoir. 11 répondit : Comment rs Se ST DRE Tee . S _(b) Thabrnd, apud Baron. an, | ce (ar) Hisronym, à alat. 1. L de ee à 1 (c) A PIL 26, feg- Tome IV, + E \ AN pu M. 4.0 37. de + C:;7, dœle- re vuls. 34. 4% HirsTOIRE DES JUIFS; uis-je l'entendre , fi je n'ai quelqu'un qui me l'ex- plique >? Et en même-tems il dit à Philippe de inonter dans fon chariot, & de s'afleoir auprès de lui. Or, le paffage du Prophèce qu'il lifoit, éroit celui-ci : (4) Il a été mené comme une brebis à la boucherie, € il n'a point ouvert la bouche, non plus qu'un agneau, devant celui qui le rond. Dans [on abaiflement , il à été délivré de la mot, à = quelle il avoit été condamné. Qui pourra raconter fon origine ; parce que fa vie Jera yerranchee de la cerre ? Il lifoit apparemment l'Ecriture en Grec ; car le pañlage, ainfi qu'il eft rapporté dans les Ac- tes, eft conforme au Grec, & s'éloigne un peu de lHebreu. Le Grec éroit commun à Meroë, com- me dans toute l'Egypte. tous deux dans l'eau ; & Philippe baprifa l'Eunu- - 4 -_ L'Eunuque dit donc à Philippe: De qui le Pro: phéteentend-il parler ? De lui, ou de quelque autre? Alors Philippe commença à lui annoncer Jefus, & à lui faire voir que c'étoit de lui que cer endroit, & les autres qui regardent le Mefie, devoient s'entendre. 11 lui parla des effets & de la nécefhté du baptême ; & après avoir marché enfemble quek que-tems, ils rencontrerent une fontaine dans le chemin; & l'Eunuque lui dit: Voilà de l'edu ; qui eft-ce qui empêche que je ne fois baptifé > Philipe pe lui répondit : Vous pouvez Fêtre , fivouscroyez de tout vorre cœur. Ilrépartit: Je croique Jefus- … -Chrift eft le Fils de Dieu. Ils defcendirenr auf tot Ts croit que cerre fontaine où il fur bapt ET DU Nouv. TESTAM. Liv. I. 3 fé, éroit environ à vingt milles d'Hebron, près de Bethfure, (4) fur le chemin d'Hebron à Gaze. Etant fortis hors de l’eau , Ange du Seigneur AN pu M. 4037. de J. Ci. de PE: enleva Philippe, & l'Eunuque ne le vit plus : mais re vulg. 34. il continua fon chemin , étant plein de joye. Lorf. qu’il fut arrivé dans fon pays , il y prêcha la foi de Jefus-Chrift ; (b) & encore aujourd'hui les Abyflins fe vantent d’avoir recû de lui la Religion Chrétienne ; & dans la céremonie du baptême , il lifent lhiftoire de fa converfon. Quelques Pe- res (c } veulent qu'il ait recû les dons furnaturels du Saint -Efprit après fon baptême , l'Efprit de Dieu ayant fuppléé en lui, ce qui ne fe donnoit tégulierement que par l'impofition des mains des Apôtres. Quelques Grecs affurent qu'il prècha l'Évangile dans l'Arabie Heureufe, & dans l'ifle de Tapobrane ; & qu'il y fouffrit le martyre : mais cela n’eft nullement prouvé. Philippe ayant , comme nous avons dit, été tranfporté par un Ange, il fe trouva dans un mo me:ntà Azorh, (d) où il prècha aufli l'Evangile, & y demeura autant qu'il jugea nécefaire, pour ÿ faire l'œuvre de Dieu. De-Ril paf en d’autres endroits , & vint enfin à Cefarée de Paleftine {à _ patrie. Il y avoit fa petite maifon ; & faint Paul étant venu en cette ville lan 8. de fefus-Chrift = y logea chez faint Philippe. (2) On y montroit encore fa maifôn au quatriéme fécle , (f) & les’ _ (a) Æieronÿmain locis Hebr. (d) 4€, VIT. 40. (b) Hicronym.iIfai. LIll.7.| (e) AB. XXI 8. -, CC) Aug. férm. 99. p. 526. d. | (£) Hicronym. Ep. 27. © Jerm. 266. p. 1087,.& — |. ee - ee Ei = CAES 5 À Rte 44 MisTorre DEs"FUirs, —— chambres de fes quatres filles, quiétoient vierges Ex a M. & Prophetefles. (a) : ve Fe Cependant Saul érant encore plein de mena- re vulg. 34 ces, & ne refpirant que le fang contre les Difci- de - ples du Seigheur, vint trouver le Grand-Prètre Ca. vi. Caïphe, & lui demanda des Lettres pour les Sy- es nagogues de Damas ; (b) afin que s'il trouvoit uelques perfonnes de cette fete , hommes où. Aa , il les amenût prifonniers à Jerufalem. Mais lorfqu'il étoit en chemin, accompagné de quelques perfonnes animées ap aremment. du mê- me zéle, & qu'il approchoit déja de la ville, il vit cout d’un coup, vers l'heure du midi , venir du Ciel une grande lumiere, plus brillante que le foleil, qui l'environna avec ceux qui laccompa- gnoient. Ils virent tous certe lumiere, & tom- berenr par terre ; & Saul entendit une voix, qui lui difoit en Hebreu: Saul, Sauf, pourquoi | ie perfecutez-vous > C'étoit Jefus-Chrift,. qui lui parloit ainfi. I] répondit : Qui êtes-vous Seigneur ? Er le Seigneur lui dir : Je fuis Jefus de Naza- reth, que vous perfecurez. Il vous eft dur dere.. gimber contre l'éguillen. C’eft en vain que vous vous eforcez de détruire mon églife. Aufh-tôt tout.tremblant, & tour effrayé, il répondit : Seie gneur, que voulez-vous que je fafle > Jefusdui ré- pondit : Levez-vous , & entrez dans la ville ; & on vous y dira ce-qu'il faut que vous fafliez. On. groit que dans cette occalion, Leur le bonheur. nn ne een ne D (a) A. I 9. lparez les Chap. XXIL 6. fee (b) AIM C fer. Com- | KAPL. 131 0 Le he £r pu Nouv: TEesTram. Liv. I. 4: - dé voir Jefus- Chrift ; puifqu'il dit aux Corin- thiens : (4) Neéfuis-je pas Apôtre? N'ai-je pas vû notre Seigneu Jefus-Chrift ? Durant que tout ceci fe afloit, les compagnons. de Saul demeuroient debout tout interdits, & fans: parole. Ils entendoient bien Saul qui répondoit à. quelqu'un ; mais ils n’entendoient, ni ne Voyoien£. point celui qui lui parloir ; ou s'ils lentendoient, ce n’étoir que comme un bruit confus, & un fon inarticulé. Sainr Chryfoftome (b) croit qu'ils ne fe convertirent pas, & que Dieu le permit ainf,,: afin que le témoignage qu'ils rendroient de ce qui. s’éroit pañlé, fût plus inconteftable ;.& moins fuf- pect. Quoi qu'il en foic, Saul s'étant relevé de terre; & ayant les yeux ouverts, fans pouvoir rienñ, voir , tant à caufe qu'il étoit ébloui. des la crop vi- mire qu sise vüé, que parce. _ qu'il fe forma fur fes yeux une efpece de taye, & comme des écailles, qui empêchoient que Îles rayons ne parvinflent: jufqu'au nerf qui produit. la vifion. One prit par la main, & on le condui- fit à Damas chez un-nemmé Judas, où ildemeu- ta trois jours fans voir le jour, & fans boire ni manger , occupé à la priere, (c) comme il eft.à prélumer “& cémiffant.des excès que fon zéle mal- entendu lui avoit fait commettre contre les mem bres de Jefus-Chrift. | ee . Où, il y avoit alors à Damas un Difciple nom: LS te Ve sa FE — æ S Em) LC De - Jés = Pom, 13. € Aug. firm (b) Chryfof. homilaruin Alta. | 169.682 (©) Chnyfift, homil, Ain Aûta, | — Fi ; ee “AN DU M. 4037. de J. C;37.4è/E; re vule, 34 46 À ÉisToimEe Des Fuirs, mm— jé Ananie, homme faint, & irrépréhenfble felon AN DU M. Ji Loi, (4) & des plus-confiderables d'entre Les 1 Y ir, dé à : Ê Æ £ 5 . e: É _ Fe Chrétiens de Damas. On croit même qu’il étoic: revule. 34. Evêque de certe ville. (4) LeSeigneur lui appa- - rut, & lui dit: Allez dans la ruë droite, & cher- chez y un homme nommé Saul, natif de T'harfe ,: qui y eftemprieres. Le nom de Sauf fitstrembler Arianie scar on fçavoit à Damas pourquoi il étroit venu. Ananie répondit : Seigneur, jai entendu maux à vos Saints, qui font à Jerufalem ; & mê- me il a recû pouvoir du Prince des Prêtres de prendre ici tous ceux qui invoquent votre nom. Mais le Seigneur lui dit : Allez le trouver ; car c'eft un homme que j'ai choïfi pour aller porter mon nom devant les narions, devant les Rois, 1 _ &devant les enfans d'Ifraël; & je lui ferai voir .+ | combien il aura à fouffrir pour l'amour de mot. Dieu fit en même-tems connoître à Ananiecom- mentilPavoit converti, (€) _ - Pendant ce tems-là, Saul écoit toujours dans la maifon de Judas, fans pouvoir regarder la lu. miere; &ileutune viflion, où il lui fembla voir réndoit la vüé , & prefque au même moment Ananie furvine, & lui impofa les mains, en di- | un homme qui lui impoloit les mains, & qui lui | fanc : Mon frere Saul , le Seigneur Jefus qui vous A apparu en chemin, m'a envoyé vers vous, afin TEE Le +. RTE EEE PES _ (a) AB IX. 10. X XII. 10. [a 40. Ja Ÿ Graci. dire à plufieurs combien cet homme a fait de que vous recouvriez la vûë, & que vous foyez (b) Augfequef. Evang. Lai (c) AIX 1m KXIIA LS D. FE gr ou Nouv. TESTAM. Liv, L: 2 rempli du Saint-Efprit. Aufli-tôt il tomba des yeux de Saul comme des écailles , & il récouvra la vüë. Alors Ananie lui déclara que Dieu le def C ; 7, delE. tinoit à aller annoncer l'Evangile devant tous les re vulg. 34. hommes. Il ajoûta: Levez-vous, recevez le bapre- me, & lavez vos pechèz ; en invoquant Le nom du Seigneur. [reçut donc le baptème ; & Ana- nie lui ayant imposé les mains, il reçut aufh Le “Saint-Efprit, (4) Il mangeaenfuite, & reprit fes forces, & demeura quelques jours-avec Les Difci- ples qui étoient à Damas. A - Après cela il commença à prècher dans les Sy- nagogues, & à prouver avec force que Jefus-Chrift eft le Meflie & le Fils de Dieu. Tous ceux qui fçavoient ce qu'il avoir fait à Jerufalem, & pour quoi il éroit venu à Damas, étoient étrangement furpris de l'entendre parler de la forte. Sa profon- de fcience , & fon éloquence, jointes au zéle que l'on fcavoit qu'il avoit toûjours eu pour la Loi, donnoient une nouvelle force à fes difcours, & faifoient une forte impreflion fur l'efprit de fes auditeurs. El n'eut pas befoin., pour prècher FEvan- mile, déconfulter les hommes, nt d'aller à Jeru- falèm fe faire inftruire par les Apôtres ; (2) parce _qu'ilavoir reçü de Jefus-Chrift mème fa plenitu= de des lumieres dont il avoit befoin pour remplir fon miniftere. … Après avoir été quelque tems à Damasÿil alle en Arabie ; ( c) c'eft-à-dire apparemment, dans les. nr RE] ce cr tt D eue (a) ide AB. TX. 17: 6 Hie-l (D) Gala. 1. 16. 17. Tony ir Luciferr. Ce + es ; = e ES (C) Galar. le 17e s4 = MiIsTOIRE DES JUzFSs - : — — dans {à chambre un Ange, fous la forme d'un AN Du M. Lomme revêtu d’une robe éclatante , qui l'appella 15 oi par fon nom. Corneille faifi de frayeur, lui dit : ze vulg. 35. SEISDEU D à À Fe #77 Jui répondit: Vos prieres & vos aumônes font Li “prit ACER ad, = Mn. re Le 1 < ME nt à PAU NET RO A NO D AN NE ÿ > Fes RER RE CA PO ETS os £ FRS APR (d) LEE ë 12 " Ÿ rater At, EX Ar } ” gr ou Nouv. TEsTam Lio. I. fs pifioir: mais il en rèçur bien-tôt Fexplication 3 car les hommes quiavoient été envoyez par Cor- neille vinrent dans le même temps frapper à la C.38 .de PE porte, & demanderent fi cétoit-là que Simon-re vulg. 35e: Pierre étoit logé. Dieu dir alors interieurement à Pierre, que c’étoit lui qui avoir envoyé ces hom. mes, & qu'ilne fir point de difficulté d'aller avec eux. Aufli-tôril defcendi,les fir entrer; & les reine . cejour-là. Le lendemain il partit avec eux , accom= pagné de fix Chrétiens de Joppé, & ils arriverent le jour d’après à Cefarée, vers trois heures après midi. = Corneille avec tous fes parens & fes amis, qu'il avoit fair affembler, attendoit la venue de faint Pierre. Quand il fut qu'il étroit près de fa maifon, il alla au-devant de lui, fe jetta à fes pieds, & fe profterna jufqu'en verre, Saine Pierre le releva, en lui difanc: Je.ne fuis qu'un hom- me, non plus que vous. Ils entrerent enfemblé dans là maïfon; & faint Pierre voyant tout ce monde affemblé, leur dit que quoique cene fût pas la coûtume des Juifs d'entrer chez des étran- _ -gers, il le faifait. néanmoins, parce que Dieu, lui “avoit appris à neftimer aucun: 10! mpur à foüillé, Il les pria enfuire de lui dire le fujer qui RL LT TA M nl ee vote Saumur TE Re SR M nr er 56 HisTOIRE DES Jures, — fon Fils, pour annoncer la paix à Ifraël , pour 0 être le Juge des vivans & des morts , & ‘pour 4538. des A: sn : . : C38. der, accorder da remifhon des péchez à quiconque croi- re vulg. 35. roit en lui: Que les Juifs l'avoient injuftement fait crucifer ; mais que Dieu l’avoit reflufcité, & L ; que fes Difciples avoient bû , mangé & converfé avec lui depuis fa réfurreétion. Pendant que Pierre parloit ainfi, le Saint-Ef- prit defcendit fur tous ceux qui lécoutoient, & _ils commenceérent à parler diverfes Langues, & à glorifier Dieu. Ce qui furprit extréméement les Juifs convertis , qui étoient venus avec faint Pier- re. Le Saint-Efprit dans cecre occafion , prévint le baprème & l'impofirion des mains de cer Apôtre, & contre l’ordreordinaire, fe communiquaä ces Gen- tils, (4) dont ilavoir déja purifié les cœurs par la foi. qu il leur avoit donnée ; (#) pour montrer à Pierre que Dieu ouvroit la porte de l'Evangile aux Gentils, comme aux Juifs, & qu'il ne devoit pas refufer le baptème à ceux qui avoient recu _ par avance de Saint-Efprit vivifiant, & fource de toures.les graces. Aufli Pierre dit aufhi-tot: Peut. on-refufer l'eau du baptême à ceux-ci, qui ont déja recû le Saint*Efprit comme nous ? Etilcom- :manda qu'on les baprifät au nom du Seigneur Je. fus-Chrift, Car encore qu'ils euflent reçû le Saint. Efpric, ils avoient encore befoin de ce Sacrément, PVR PSE _ pour entrer dans l'Eglife, & pour recevoir la k { a ) 2 RES: ?. 1088. cd, € *Jérm, 99.612] (b) A4, X7. Se f/ onfecration interieure qui nous eft donnée par do. ferm. 266. c.7. | Chryfof. in Aa, homil. Ce . . le. Tr DU Nouv. TEsTAM. Li TL. ÿz le. baprème. Corneille rétint faint Pierre quelques — jours avec lui, 1& faint Pierre ne fit aucune dit- ficulté d'y or er. | La nouvelle du baptème de Connie < re “pandit bien-tôt dans le pays, & la plüpart des freres furent. d'abord. rire que l'on. eût ainfi admis un, Gentil à la participation * de l'E vangile ; ; & dès. que: Saint Pierre: fut de retour. à Jerufalem , les Chrétiens circoncis lui dora rent pourquoi il avoit été chez des Gentils , avoit, mangé avec eux. Mais cet Apôtre. ae - prévaloir de-fa primauté.-ni-de {on autorité, ju- ftifia humbiement fa conduire! en faifant voir par le récit de tout ce qui étoit arrivé, qu'il n'avoit fait que fuivre les ordres, que Dieu lu avoit mars quez., .& aufquels il n'auroit pà. défobeir. fans lui déplaire. Il cita commetémoins de fa Pondiite, les Fidéles de Joppé, -qui lavoient accompagné à Cefarée, & qui étoient venus avec lui.à Jerufa- Jem. ns Fidéles ayant entendu ces raifons. s'ap- | 4038 de J. : C.38.de PE: re vulg. 35 à paiferenr, & glorifiérent Dieu qui avoit inf fait. part aux Gentilsidu:don: de ila. pénitence,, pour leur donner la vie éternelle. Jlne paroït pas que les Apôrres ayent eu part à ce. murmure des. Fi, déles ; (a): &-faint.Epiphane (2) remarque que Cerinthe., qui. devint. depuis Hérefiarque, à. le principal auteur de.cetrouble. | Ariftobule, à qui Hérode fon pere. avoit ôté ns CuHap: X. Hiftoire du jeu< la vie;eut un fils noinmé Saph spi fur Fey a BE re) Éi 2: (a) Greg. lib. 5 39e 7 l À Ch)blen ef 28, GC. 2e bf. h omil. 24. seuls: URL … - H d’Ariftobule, 58 fHIISTOIRE DES TJUTES, =. | à Rome auprès de Drufus fils de Tibere, & ga | en. Mo ona l'amitié de ce jeune Prince. Comme il avoit F A 3 < CT C8 del’ naturellement l'ame grande & magnifique ilufa re vulg. 35. de fon bien avec prodigalité, plürôt qu'avec far ceile ; en forte qu'il fe fit beaucoup de puiflans amis dans la Cour de l'Empereur. (4) Mais ayant contracté de très-orandes dettes , il fe vit bien-tôt hors d'état de fubfiftér à Rome avec honneur. La mort de Drüfus ayant obligé Tibere d'éloigner tous ceux qui avoient été amis de fon fls, parce qu'ils renouvelloient par leur préfence le fouve- nir & Ji douleur de cette mort ; Aorippa fe fer: vit de ce prétexte honnête pour fe retirer de la Cour, Il revint en Judée, & s’enferma dans un lui firent prendre la réfolution de fe läüiffer mou: riéidefaim. Cypros fa femme, fille de Phafaël, fr toutice qu'elle put pour d'afhifter de fon bien. Elle écrivit à Hérodiade fœur d’Agrippa, lextré- rnité où éroit fon frere. Hérode époux d'Hérodia de, ft venir Agrippa fonbeäu-frére, dans la ville de Tiberiade , où ille fit Magiftrat , &oûillut … fournit quelque argent pour fubfifter ; mais beau hoñneür. Encore cela ne dura-c-il pas longtems; Agtippa n'ayant pi fouffrir-que dans un # : Hérode lui eût reproché une diberalité fi mé «2 + Agrippa fuc'donc obligé de quitter Tiberias à sde fe retirer auprès de Pomponius. ie | Be ec he 2 EnaT (a) Voyez Jofèph. Aniiq: LL18. 6. 7. Es AA D) MR À SNS f/ château de l'Idumée, où la honte & la mifere | ET DU Nouv FEsTAamdrr. I. çœ cus, Gouverneur de Syrie ,-qui ayoitiété autre, Te fois fon ami à Rome. Flaccus lé reçut for bien; se. & comme il avoit en même-tems auprès de Jui Cs 8 delEz Atiftobule frere d'Agrippa , la rencontre fem re vulg, 3 $e . bloit heureufe; car Flaccus aimoic les deux fre res. Mais eux-mêmes ne s'aimoient pas; &, Aris ftobule rendit.un.crès-mauvais office à fon frere auprès du Gouverneur, en lui faifant connoître qu'Agrippa s'éroit laiflé gagner par argent par ceux de Damas , qui éroient en difpute ayec ceux de Sidon., pour les bornes de leurs Territoiress afin qu'il les appuyât de :fa faveur auprès: de Flaccus, Celui-ci ayant vérifie la chofe , rompit entierement avec Agrippa:; .& ce. malheureux prince. reromba dans. fa, premiere. mifere,: & #6 | retira à Prolernaïde , où il n’avoic pas :dequoi - Ilefperoir fubfifter plus aifément en Italie, & y faire quelque fortune : mais. il n’avoit pointé d'argent pour.y aller. Marfyas fon affranchi, sa. drefla pour cela à Prote affranchi de Bérenice,… & le pria de lui prêter quelque fomme;-pour Jaquelle il sengageroit lui-même. Prote y con- «dragmes, qu'il avoit empruntées à ss de lé- | à Resp EE ERA anus se Re RE TIRE An ou M. 4038. de J. C.38. de l'E- re vuls, 35. An ou M. 4039.de J.C. 39° de: FEre vulgs 36% ÊS avoit befoin ; & il rencra ainfi dans les bonnes | 60 HisTOIRE DEs Furrs, argne de l'Empereur. Agrippa promit de demeu- rer: mais quand la nuit fut venue, il coupa les. cables du vaifleaw, & s’en alla à Alexandrie, où il emprunta deux cens mille dragmes d'Alexan- dre, premier Magiftrar des Juifs , fous Fobliga- tion de Cypros fa femme, qui lavoir fuivi juf£ ques: là. Ce fut certe année, trente-huitiéme de Je- fus-Chrift, que ce Prince s’embarqua à Alexan- drie, pour venir à Rome; & iFarriva à Pouzoles Fan trente-fix de l'Ere commune, un an avant Ha mort de Tibere. 6 + Agrippa écrivit de Pouzoles à Tibere, qui étoit pour lors à Caprées-, qu'il éroit venu: pour Jui rendre fes refpects & lui offrir fes fervices, & qu'il le fupplioit d'agréer qu'il lallàt trouver. Ti bere lui répondit’ aufli-tôt d’une maniere très-obli: geante,, l'afsürant qu'il feroit ravi de le revoir ; & en éffetil le reçut fort bien à fon. arrivée. Mais dès-le lendemain', on apporta a Tibereune Let- tré de Capito, qui lui mandoie qu'Agrippa sé toit enfui de Judée, pour ne pas payer une {om me de trois cens mille dragmes, dont il étoit re nr “devable à fon épargne. Cetre nouvelle mie Ti - bere en colere ; & il défendir de laiffer entrer Agrippa, qu'il n'eût payé cette fomme. Agrippa | ne s'étonna point de cette diforace. H s'adrefla à | Antonia mere de Germanicus & de Claude, & | femme de Drufus, qui lui prèra l'argent dontil - oraces de Tibere. Iltrouvaenfuire un Samaritain, | qui h prèta un million de dragmes ; &ilet inf de quoi payer Antonia, & fournir à fs | == no C2 gr ou Nouv. FEsTam Liv. I. 6% dépenfes. Jofeph (4) dit qu'il étoit. venu pour ac- cufer Hérode Anripas fon beau-frere ; mais que Fibere ne voulut pas l'écouter fur ce fujer. Tibere avoir eu de Drufus un. petit-fils , qui re. portoit aufli le nom de Tibere. (b) Il recomman- da à Agrippa d’en prendre foin, & de lui tenis compagnie par honneur. Mais Agrippaaima mieux “attacher à Caïus ,.petic-fils d’Antonia, qui éroir. alors aimé de tour le monde ; & Gaïus agrea fon. amitié. Un jour qu'ils étoient feuls à fe prome- ner dans un chariot, ou dans une litiere, Agrippa. pour flatter Caïus, lui cémoigna fouhaiter que. ‘Tibere lui cédàt bien-tôt la place ;.que ce feroit le moyen de rendre tout le: monde heureux : & que pour: le jeune Tibere, fils de Drufus ,il ferore aifé de trouver moyen de s'en-défaire.Euryque., affranchi d’Avrippa , entendit:ce difcours , & n'en ditrien pour lors : mais quelque tems après, ayant été amené devant le Préfet. de Rome, pour avoir dérobé quelques habits à fon Maître saw lieu de -répondre: au Préfer qui. l'interrogeoit fur ce vol, il dit qu’il avoit.quelque.chofe à.dire à lEmpe- reur, qui-concernoit la conférvation dé fa vie, & qui regardoit Agrippa fon Maître. Le Préfec envoya donc Eutyque à Caprées, où Tibere, qui -éroit: extrêmement lent: en toutes chiofes, le laiffa affez long-tems dans:les liens, fans s'informer da | vantage: de ce que c’étoit.. 4 Quelque rems après, étant venu. de Eaprées.à a _Frefcati , quin’eft qu'à quatre ou ging lieues de PR Le 4 _{a) Jofenhide Belle, Lascass |: (b) Tofpe. Antig. LX8. Ge D | Hi C:39.de PE ARTE: = RE EE LE ER RE & Ras Anxvou M 4040. dE ] ré vulg: 37: ER HS TOIRE: DES JUS » : Rome, Agrippa fit prefler Tibere par Antonia,, : d'écouter ce que cet affranchi avoit à dire contre ti pp lui. Tibere répondit : Si Eutyque eftun calomnia- .4o.de l'E- teur, la peine de la prifon que je lui fais fouffrir , fufhit pour venger fon Maître; finon , qu’Agtip- a prenne garde de ne pas s'attirér le mal quil veut faire fouffrir à fon affranchi. Comme l'hon: neur d'Agrippa étoit engagé dans cette affaire, il continua à faire prefler Tibere de la finir. An- tonia prit fon tems; lorfque Tibere fe faifoit por- rer en litiére, pour prendre l'air après diner, pré= cedé de Caïus & d’Agrippa même ; & elle le fup= plia de faire venir Eutyque, Je le veux bien: ré- pondit Tibere : mais je prends à témoins tous les Dieux, que c'eft malgré moi, & feulement par. cé que vous None. nn ne = Onamena donc Eutyque. Tybere [ui deman= da ce qu'il avoit à dire contre un homme qui lui avoir donné la‘ liberté. Eutyque racontaàl’Em: pereur ce qu'il avoit oùi dire à Aprippa. Tibere le crut d'autant plus aïfément, qu'il éroit déja mal fatisfait de ce qu'Agrippa s’attachoït plus à, Caïusqu'au jeune Tibere. C'eft pourquoi, fans de. mander une plus grandeexplication , il dit à Ma cron Capitaine de fes gardes : Enchaînez - moi Cet homme-là, fans nommer Îa, perfonne dont il vouloit parler. Macron ne pouvant simasiner que ce füt Agrippa, attendit que l'Empereur et | fait un tour du cirque. Alors Tibere voyanten- | CoréAgrippa, dit à Macron : Je vousavois di d'enchaîner cet homme-là. Macron luidemandade qui il parloit. Il répondit que c'étoit d'Agrippa., == Sn. 10 # Er pu Nouv. Tes. Liv. I. 63 Ge malheureux Prince entreprit inutilement de fléchir Tibere ; il fut fur le champ chargé de chaînes avec fa robe de pourpre, & mis avec quan- cité d’autres prifonniers qui étoient là devant le Palais. Accablé de douleur , il fe jetta au pied ANou M. 4040. de Ï. “C'40 de PE. re vuls. 37, d'un arbre, {ur lequel un hibou vint fe pofer.. Un Allemand qui le vit, s’'approcha de lui, & lui dit que cet oifeau étroit un préfage d’un chan- gement prochain de fa mauvaife forcune en une meilleure; mais qu'il prit garde , que quand il verroir une autre fois le même oifeau, il n'au- toit plus que cinq jours à vivre. Agrippa fe moc- qua de cette prédiction : mais elle fut pourtant fuivie de Feffer, comme la fuite le fera voir. La chaleur extrème, jointe à l’accablement où fe trouvoit Agrippa, lui caufa une extrème foif. H demanda à boire à un efclave de Caïus , nommé Thaumalte, qui portoit un vafe plein d’eau. Cer efclave lui en donna avec la même civilité, que s’ileüc encore-été dans fa premiere fortune. Agrip- pa fenfible à cette honnêteté, lui promit ques _ fe trouvoit jamais enétat de lui faire du bien, ik fe fouviendroit de ce fervice. 11 le fe, & obtint depuis la liberté de Thaumafte, & le fit mème fon Iñtendant, & le laiffi en certe qualité à {es enfans. Antonia couchée du malheur imprévû d'A gtippa obtint de Macron , que le Cenrenier qui dévoit être enchaîné avec lui, pour ne le quitter jamais, comme c’étoit alors la coûtumé dés Ro- mains ,,& les fuldats qui le devoient#garder, le traitaffent avec honnêteté, &lui pérmiflent de: recevoir dans fa prifon, tous les fecours qui en EE EE SE re TT ré De re TE RE CE Ar _: Sr. RE RES NS Het Es e-ce-vérture ll PS LÉ EE = RS EE ER EE TNT RE D TA 64 L HISTOIRE DES JUS. pouvoient adoucir la rigueur. Agrippa fut gardé SE dans le camp des gardes Prétoriennes, auprès de . si ‘&brE. Rome; & il y demeura pendant fix mois ,Jufqu'à re vulg. 37. la mort de Tibere, arrivée au mois de Mars de — l’année fuivante, trente“feptiémede l’Erevulgaire. Cnar XL. Vers cetems-là, un impofteurf4) ayant 9a- ee gne leftime & la confiance des Samaritains, per: Gains fuada au petit peuple de le fuivre fur. la monta: gne de Garizim, qui pañloit en ce pays-là pour un lieu faint ; leur promettant de leur découvrir des vafes facrez & précieux, que Moyfe , difoir- il, y avoit cachez. Sur cette créance, ils prirent les armes ; & en attendant ceux qui devoient ve. nir de tous côtez, pour monter enfemble fur la montagne, ils fe mirent à afliécer le bourg de Thyrataba. Mais Pilate les prévint. Il s'avança avec. de l'infanterie & de la cavalerie, fe faifit de la montagne de Garizim, attaqua ceux qui BE foient le fiége de Thyrataba , les mit en fuite, en prit pluñeurs, & fit rrancher la véce auxprin- Cipaux, … | ue tre Alors les premiers des Samaritains étant allez ge. trouver Vicellius Gouverneur de Syrie , accufe- rent Pilate de les avoir attaquez, & mis à mort _ plufeurs des leurs fans raifon; & lui dirent que. - ceux qui s'étoient aflemblez près de Thyrataba, ne l'avoient fait que pour réffter à fes violences. Sur ces plaintes Vitellius envoya Marcellus fon | amiprendre foin des affaires de la Judée, & manda âiPilace de s'aller juftifier devant l'Empereur | AREAS ES # (a) Fofph. Antig.LaBe PCs - Pilate DS =. ET pUuNouv. TEsTAM. Lie f. 65 _Pilate n'ofant défobéïr à ces ordres, quitta la Ju- dée , après y aVoir demeuré dix ans, & s'en alla en diligence à Rome, où il n’arriva néanmoins qu'après la mort de Tibere. On ne fcait point le détail de ce qui y fur dits & fait contre lui : mais on croit que fous Pempire de Caïus, il fut rele- gué à Vienne en Dauphiné, (a) pour le reftede {es jours ; & que tranfporté de défefpoir , il fur AN bu M. 4040.de J, C.40.de l'E: re vulg. 37. lui-même fon bourreau, & s'ôta la vieavec fon épée : (b) Dieu ayant ainfi puni dès ce monde l'in- juitice de ce Juge, qui conrre {a propre confcience’ avoit livré Jefus-Chriftà {a volonté de fes ennemis. Herode Antipas, oncle d'Agrippa, qui avoit, comme on fa vi, répudié la fille d’Aretas, Roi d'Arabie , pour époufer Hérodias , S'attira de la part de ce Prince une guerre fâcheufe., qui écla- ta fur la fin du reone de Tibére. (c) Ces deux Princes étant en difpute fur les limites du terri- toire de Gamala , leurs Generaux donnerent la Bataille , & l’armée d'Herode fut entiérement dé- faite. Plufieurs J ifs attribuerent cette d à la juftice de Dieu ; Qui vengeoit par-là x es Ja guerre à Arétas, & de le lui envoyer mort OU Vif. Vitellius fe préparoit à executer ces or- dres, lorfque l'Empereur mourut. Onaffüroit Reese ane en _ (2) Ad vÆrat. 6 40 Bibl. [7-Onflres | PP.t.7: p. 338. ne | (cgafeph, Antiq: 1, 18, ç. 7 Cb) Enfeb. hifi. Eccl. lib, 2 0 Le Tome IF. — L: ifgrace - Mort de f'Ems percur Tibere, ges 4040. de C.4o.del cé =. HisTOIRE DES JUIES, uArétas avoit dit que certainement les Romains Ax ou M. | ee - : | | ne viendroient point jufqu'à Petra; & que où °l lui, ou Tibere, ou Vitellius mourroient aupa- re vulg. 37. favant: fer de Rome, pal le il Tui mandois de transferer Aorippa de | (a) Jofphe Amtig.1. 18. 6.8 RE de à er gr ou Nouv. TEsTAM. Liv. I. 67 fa prifon, dans la maïfon où il demeuroit aupa- ravant. ILy demeura quelque temsavec des gar- ] des, quoiquavec une grande liberté ; &bien-tôt €... depe. il l'eut toute entiere. re vulo. 37. cu AN pu M, 4040.de |, Caïus arriva à Rome avec Île corps de Tibere ; = : : 5 À te 7 : sr CGHAP. XII: & il auroit le jour même délivré Agrippa, sil ro l'eût pù avec bienféance. Mais peu de jours après, nd prifon pr Caïus l'ayant fait venir, lui fit changer d’habit, d'honneurs, lui mit le diadème fur la tête, & le déclara Roi de la Tetrarchie qu'avoit eue Philippe fon oncle, (4) Il y ajoûta encore la Tetrarchie de Lyfanias ; & au lieu de la chaîne de fer qu'il avoit portée, il lui en donna une d'or. Le Senat lui décerna par honneur les ornemens de la Preture, En ce même tems Caïus envoya Marcelle en Judée , pour y gouverner ce qui n'étoit pas compris dans le Royaume d'Agrippa , & dans celui d’Herode Antipas. ee | Vitellius Gouverneur de Syrie, pour executer l'ordre qu'il avoir recû de Tibere, de faire la guerre à Aretas Roi d'Arabie, prit deux Lecions : Romaines, & d’autres troupes qui lui furent en- _ Voyées par les Rois aîliez & amis du Peuple Ro- main, & s'avanca jufqu'à Prolemaïde , dans le deffein d'aller attaquer Aretas dans Petra, où il s’éroit retiré. Mais comme il vouloit faire pañler fon armée à travers la Judée, les principaux des Juifs vinrent lui remontrer, que leurs Poix ne permertoient point de porter dans leur pays des _ images & des idoles , telles que les Romains en à Fofeph. Antig. le 18,8. G Déo bb. $9.p. 645$ 68. MAISTOERE DES fut, mm | An pu M. | de changer fa route. Vitellius acquiefça à leurs | 4040. de J. ; | : Cao.dePE- defis, ft pañler fon armée par le Grand Champ, | re vulg. 37. pour gagner Scythopolis , & pour y pañler le Jour- dain, & de-la aller vers Petra. Pour lui, avec Herode le Tetrarque, & fes amis, il prit le che- min de Jerufalem, & y vint pour facrifier au Seigneur dans la Fêce qui étoit prochaine. C'étoit apparemment la Pentecôte. Il y fut recû avec de rands honneurs ; il y demeura trois jours, dé- _ pofa Jonathas de la Charge de Grand-Sacrifica- reur, & mit en fa place Theophile, | Alliance entre [| apprit étant à Jerufalem, la mort de Tibere; les Romains, & : er 7 les Parks, & il reçut le ferment de fidélité du peuple pour | : le nouvel Empereur Caïus. Jerufalem fut la pre- 5 | miere ville d'Orient qui apprit cette nouvelle, | | | quireconnut cet Empereur, & qui offrit à Dieu des facrihices pour l’heureux fuccès de fon em- _ pire. (4) Virellius rappella fon armée, & la ren- PEER PRES RCE ÉD SP E TRS EEE users RE FEES RE EE Re DRE | | Re fur PEuphrate , pour faire alliance avec Artabane, | Roi des Parthes. Ce Prince , qui avoit toüjours O Romaines, & les flaruës d'Auvufté & de Caïus, aiséroient dans les enfeiones ; & on convint des e au LT s 5 ae Phélon, in Legar, ad Caimr, ne on, avoient dans leurs enfeignes. Ils le prierent donc. voya dans fes quartiers ; ou plütôt , 1 à mena S témoigné beaucoup de. mépris & d'éloignement : D pour Tibere, sofifde lui-même à fircalliance | avec. les Romains , dès que Caïus eut été reconnu _ Empereur. Vitellius & Artabane s'avancerent chacun de leur côté, fur un pont qu'on avoir | conftruit fur l'Euphrate. Artabane adora les aigles RENE ESLIR EME gr pu NOoUYV: TESTAM. Lio. I. 6>. conditions de paix: Après quoi , Herode Anti- + . pas ft un feftin à Artabane & à Vicellius dans à d une grande tente qu'on avoit dreflée au mi- C,odelE. lieu du fleuve. | re vulg. 37. Le Roi des Partes étant retourné à Babylone, & Vitellius à Antioche , Hérode fe bâta d'infor. mer Caïus de la paix qu’on venoit de faire avec le Roi des Parthes, & des conditions de l'alliance ; & fes députez arriverent à Rome avant ceux de Vitellius , à qui il appartenoït de donner cet avis. C’eft pourquoi l'Empereur ayant reû les Lettres de Vitellius, répondit qu’il avoit déja appris tout cela par les envoyez d'Herode. Ce qui déplut fort à Vitellius; & il en conferva toûjours depuis du reflentiment contre Herode. Peu de tems après, … Artabane envoya à Rome Darius fon fils pour ôtage, avec de erands préfens, entre autres, un Juif nommé Ellazar, qui à caufe de fa taille & de fa hauteur extraordinaire , étoit furnommeé le Geant. =. : | He Ce fut fur la fin du reone de Tibere ; où au Hiftoirc d'Apot. S : X TA STARS DEL) ; se RSS È ESA À PRE + it d Th Le commencement de celui-de Caïus, qu'Apollonius 2° 7 € “He : de Thyane vinr à Antioche. Cét homme parut en ce tems-là dans le Paganifme, &.s'acquit tant de réputation de fagefle , d'innocence & de jufti=- ce ; il ft mème certaines actions , qui parurent fr miraculeufes, & des prédictions, qui furptirent {1 fort les Payens, qu'ils ne feignerine pas de Pop- pofér aux Apôtres, & à Jefus-Chrift même. Le démon, quiprévoyoit la ruine prochaine de l’em- pire qu'il avoit ufurpé dans lemonde, ne fufcita jamais un plus grand nombre ni de plus dange. ee He 4 70 HisToirREe DEs JuUirs.,. e——— eux impolteurs , que dans ce tems=-là Mais AN DU M: Dieu ne permit pas qu'ils induififlent en erreur 4040. def. C.so.de PE- re vulr. 37: les Elûs , ni qu'ils ébranlaflent la foi des Fideles. Il ft perir les impofteurs par le fouffle de fa bou être féduits, & qui ne prirent pas la peine d’exa- miner de près leur conduite & leur doctrine. La lumiere de l'Evangile, la pureté de la morale de Jefus-Chrift, fa vie route divine, la fublime fcien- ce de fes Apôtres, qui n'étoit point le fruit de | l'étude , ni de la méditation, & la force de leurs | miracles déconcerterent ces impolteurs, & Chats il = gerent de confufion ceux qui les crurent. d'une famille anciénne, & de parens riches. (4) Il avoit l'efprirvafte , la memoire excellente, beau che, & ils ne féduifirent que ceux qui voulurent Apollonius étoit de Thyane en Cappadoce, . coup d'éloquence, & une fi grande beauté, quil . attiroit les yeux de tout le moñde. À quatorze ans , il fut envoyé à Tharfe en Cilicie, pour y étudier la Rhetorique: mais il s’'applhiqua à la Phi lofophie, & choifit la fete de Pythagore, dont. il commença à faire profeflion à l’âge de feize à la chair des animaux , fe cons à tentant po _ auds pieds fans fandales , & ne shabilloir que . de lin; ne voulant point porter de laine, paice ; OÙ SA {a) Philo ut. vih Apollon, 1, x. e 3 4 f} svienc des animaux. Il laifloit croïtre fes nt PAR RRENe fa nourriture d'herbes & deléoumes. Il ne condamnoit pas le vin ; mais il n'en voue : _ doit point ufer, parce que c'eft une liqueur. ca . pable de troubler la ferenité de l'ame. Jmarchoit gr pu Nouv. TESTAM. Liv. I. y cheveux fans les couper ; & n'avoit pour demeure ordinaire que le Temple d'Efculape, dont il vou- loit pafler pour le favori, difant que ce Diewai- moit à guerir les malades en fa préfence. Il avoit d’aflez grands biens: mais il en donna la moitié à fon frere aîné, & diftribua la plus grande païtie de l’autre à ceux de fes parens qui en avoient befoin. Il renonça au mariage, & em- braffa la continence : Chofe rare même parmi les Philofophes. Toutefois il ne put éviter, qu'on ne le foupçonnat de quelque amour deshonnère. À _ limitation des Difciples de Pythagore, il -entre- prit de demeurer pendant cinq ans dans le filen- ce: mais cela ne l'empêcha pas de fe montrer, & ANxpu M. 4040. de. }. C. 40.de l'É- re vuls. 37, même de’ voyager dans la Pamphilie & dans la - il'écrivoit quelques mots. L'opinion que lon avoit de fa vertu, & le refpe& qu'on lui portoit, fai- {oient que fa préfence feule arrètoit les: plus paf: fionnez, & appaifoit même dés féditions. Cilicie. I] parloit par fignes , - Ce furaprès ces cinq ans de filence , qu'ilvine esliéux Où il croyoit les hommes plus raïfonnables, mé. _ Pifantles autres. Son ftyle étoit grave & décifif. Ses fémrences , qu'il prononçoit comme: autant propres & fishificatifs. Je ne cherche pas, comme fes autres Philofophes , difoit-il ; jai cherché étant jeune: il n’eft plus tems de chercher mais d’en- feigner. Lefage doir parlèr commeuf Leviflaceur, qu ordonne aux autres ce dontileft perfuade lui- même, ‘à Antioche, & comme iça à parler dans les Ayant remarqué combien la vanité des ? &:dans le-befoin Fa RL ÉRT r Se TRS æe CET ES es nr An pu M. 4040. de}. C.40.delE- re vulg. 37. 7% À AMNSTOTRE. DES: JuIEss Philofophes les avoit rendus méprifables , il le prit d’un ton plus haut ; il fit lhomme infpiré., & cheri des Dieux , traitant férieufement des Religions re- cûës des Peuples idolâtres. Il m’avoit garde d’atta- M quer de front, comme Jefus-Chrift& les Apôtres, Nu les fuperftitions, Fidolâtrie, la magie, les défordres des hommes ; il n’avoit garde de s’expofer aux per- fécutions & à la mort, pour annoncer des véritez _ contraires aux préjugez des peuples. Il fit un grand Car. XIII. Saint Pierre vient à Antieche. voyage, pour converfer avec les Brachmanes des Indes, & vir en pañlant les Mages des Perles. À | Ninive , un nommé Damis s’attacha à lui, &le fui. vit par-tout, écrivant jufqu'aux moindres particu- laritez de fa vie & de fes paroles. ee On croit que ce fut vers ce même tems que faint Pierre vint à Antioche , & y fonda l'Eglifede cetre villes,-où il tint fon premier fiége pendant fept ans; non pas de fuite mais par reprifes, & à differens cems. Les Peres (4) croyent que dans le parrage que les Apôtres firent entre eux des Provinces du n monde , pour y prècher l'Evangile, la ville de Ro me, Capitale de l'Empire Romain, échut à fainéu Pierre. Mais ayant que d'aller en cetre ville, il vine à Antioche, qui étoit la capitale de l'Orient, oùil eut fon premier fiége, & dont il fut le premier Evêque. (à) Nous ne fçavons pascombien detems il y réfida. Saint Chryfoftome (c) die qu'il y û Es nr ose | ne m. 80. c. $. Eufehs Vromym. in Galet, ar oO Ë én Chronic. Hier de Piris illufirs | (c) Chryfoff. vom x. homil. 4 Ghry[otere. Shomel, 12. P. 163: de |p 50306 ë | Ris 4 2 : —. | _ demeura | Er ou Nouv. TEsram Liv. 79 André a prêché dans leur pays ; ce qui eft affez vrai- femblable, puifque la plüpart des Anciens le font -Apôtre de Scyrhes, du nombre defquels font les Mofcovites. On ne fçait pas le tems de fa mor : mais on eft affez d'accord qu'il fut martyrifé, & crucifé. (a) Les uns le font attacher à un arbre: quelques-uns difent même que ce fut à un olivier ; d’autres àune ” croix ordinaire ; d’autres, ln tèreen ne d'autres, à une croix nommée de Fe André , ayant la forme d’un X. Ceux-ci foûtiennent qu'il y fut attaché avec des clous; & ceux-la, avec descordes, afin qu il y:vécür plus long-tems. Les Fe font très-douteufes : mais il eft mal-aife que la tradition de fon crucifiement fe foit confervée jufqu'ici d'une maniere fiuniforme, fi ce fair n° étoit pas.confanr. | _Nousavons. des Ades de fa mort & de fon martyre, dont le ritre porte qu'ils font écrits par les Prêcrés & les Diacres d'Achaïe, témoins oculaires de ce qu'ils rapportent: mais Le Sçavans ne-conviennent pas de leurauthenticité. (D) Ieft fort probable que -ce font des reftes, mais corrigez. &æembe lis, des Aces de faint And, , que les! hérérique és compole- tent dès lecommencement de l'Eglife. Les Encra- rites, les Manichéens & les Prifcillianiftes s! en fer- voient. On les a attribuez à Nexocaride & à Leo. nides Philofophes. D'autres les donnent à Leucius. fameux Ecrivain de ces Piéces ; & d’autres, aux commis (a) Voyez. -M. de Tilleman ; ere les tiennent. pour authenti- tome 1. 5. André , & Note 2.! ques. M. detillemont & M. du p.620. DT (b) Baronius & le P. Alexan-| AN ou M. 404%. de J. C44.dePE. re vulg, 38 C.A1r.de re vie. "38. 80 . Histoire DES Jurts, ——— Manichéens mêmes. Ce qui eft für, c'eft que Îes * ee Adkes que nous Hfons aujourd'hui font purgez des “ere erreurs de ces hérétiques. Mais il n’eft pas moins dit-on, (4) par les Difciples du Saint. Les héréti-- ques peuvent avoit corrompu Ces premiers ACLES, -&les Carholiques ont pô les orner & les embellir; les uns & lesautres ont fi bien fait, que lafource de la verité étant troublée , on ne peut plus la dé- “couvrir, ni la féparer du faux & du douteux. On rrouve les Actes du martyre de faint Andie citez -dès le huitiémefécle ;(b) & l'Eclife les a adoptez ‘dans fon Office : mais on n'en trouve rien avant ce ficcle. | | D Saint Jean l'Evangelifte, néen Galilée, pêcheur Cnar. XV. de profeflion , frere de Jacques le Majeur, & fils Hiftoire de faint + _ à Hifoïe de A de Zebedée , ayant été témoin de la pêche miracu— Heau J'Evanseli- fc. leufe que Jefus-Chrift fit faire à fainc Pierre , quit- cerent, lui & fon frere, toutce qu'ils pouvoient avoir & efperer dans le monde, pour femertre à fa fuite, . {ce} Ces deux freres furent furnommez dans le College des Apôtres Boanergés, (d:) où fils du ton- nérre; foit à caufe du zéle qu'ils témoignerent, en “voulant faire defcendre le feu du Ciel fur uneville “des Samaritains , qui n'avoit pas voulu recevoir]e | fus-Chift, (e) qui pañoit par-là, ou àcaufede la grandeur de leur foi, ou icaufejdes grandes veritez . | (a) Philafir.c. 88. 1 nafkiques > t: 2. C. 8. ee pb) Voyez le P. Alexandre, 1.1. | (c) Luc. Piotr “p: 95 92.8 M. dé Tillemont, |: {dy Marc. CAL 17 > Note 2. fur S. André , & le R.P. (ec) Hieronym. in Mate Re Mpbillon , Traité des Etudes Mo-1 7 Î certain , que ce he font pas les vrais Actes écrits, que | REPARER REA eme RE RONA NS EVE APTE TATONENP AREA EE La LÉ. £T pu Nous PEsram.Liv. I. que faint Jean fur- tout, devoir nous faire con- noître dans fon Evanoile. { 4) Il fut toujours le Dif. ciple bien-aimé du Sauveur , & dans toutes les oc- cafions ilreçut de lui des marques de prédilection & de confiance particulières. Plufeurs Peres () ont crü que fon amour pour la pureté, & que la virginité dont il faifoit profeflion, éroient un des principaux motifs de l'afetion que le Sauveur avoit pour lui. Nous avons vü dans l'hiftoire de la pafhon , avec quelle familiarité il lui demanda qui o41..de |]. 4 Car de PE: . } re vuig. 38. feroit celui qui le trahiroit. Quelques Peres /c). ont prétendu que faint Jean étoit ce jeunéhomme, qui n'ayant qu'un linge fur lui, avoit voulu fuivre Jefus, lorfqu'il fut pris au jardin des Oliviers ; mais qui quitta ce linge, & s'enfuit tout nud, lorfqu'on voulut l'arrêter. Saint Chryfoftome (4) croit que faint Jean fuivit conftamment Jefus jufques dans la cour de Caïphe ; qu'il y entra, parce qu'il étoit connu dans cette maifon; & que ce fut lui qui y. introduifit faint Pierre. Il eff certain qu'il fuivit fon Maître jufqu’à la croix, & qu'ilen éroit fort près, avecMarie mere de Jefus, lorfque le Sauveur lui confia le foin de la très-fainte Vierge, & lui recommanda de la re- gardér comme fa mere. Et depuis ce tems, il la tint Î (a) Epiphan. beref. DESSTE Pé. coll. 16. c. T4. : ES de ® Ambrof. in Luc. IX. |. (c) Ambrof. ir Pf. XX XVI, (D) Aug. de Virginit.e. 49.@ | 24. Gregor. Moral. L. 14. c. 23. ‘ 2n Joan. trail. 124. p.235. Hiero- | Beda. Baron. Per 7 ay. in fai, LPC in Jovini L.1. | (d) Chryfof. in Matt. bomil. 66. € 14. Epiphan. baref.$8. Ambrof. \e L 2 de Symbol. c. 30. Chryfoft. de Vire. | Joan. trait. 113. Tome IV. Re Le © 85. Hicron Ep. 16. Ang. in EE nenne LR An pu M. 4o41. de J. Car. de l'É- re vuls. 38. 82 HisTOIRE DES JUIrS, dans le lieu où il demeuroit , & pourvut à tous fes befoins remporels. Après la réfurrection du Sau- veur, étant allé pêcher avec faint Pierre , fur le lac de Genezareth , il reconnut le premier Jefus- Chrift, qui étoit fur le bord. Ils dinerent enfuite aveclui; &aprèslediner, faïnt Pierre ayant dit au Sauveur, en parlant de Jean: Que deviendra ce- lui-ci> Jelus répondit : Si Je veux qu’il demeuré jufqu’à ma venuë, que vous importe ? Suivez-mol. Ces paroles firent juger à plufeurs que faint Jean he mourroit point. Eten effet on a crü long-tems dans plufieurs endroits, qu'il n’étoit pas mort, & qu'il vivoit encore dans fon tombeau ; où même qu'il avoit été tranfporté tout en vie dans un lieu inconnu & inaccefhble aux hommes. Mais Jelus avoit pas dit expreflément qu'il ne mourroit point ;.&c la créance la plus génerale a toujours êté qu'il étoit véritablement mort, | S nn Nous ne répetons point ici ce que nous avons dit ci-devant de faint Jean, tiré des ACtes des Apôtres, . ni ce quenousen pourrans dire ci-après, tiré dela même hifloire ; nous rapportons feulement ici ce | que l'on ne trouve qu'épars dans Îles Hiftoriens & les Auteurs Eccléfaftiques. Saint Clem ent d'Ale- xandrie (4) dit que ‘Jefus-Chrift, après fa refur- rection, accorda le don de fcience à faint Jacques : le Jufte, ou le Mineur, À faint Jean, & à faint _ Pierre, qui le communiquerent auxäurres Apé- € À ù 70: £ 2e 2 Alex. cpu Eufeb. Lez 6, 1:p. 38 SET ee tres. On aflüre que f: aint Jean reçutpour partagé le. Paysides Parches , pour y prècher l'Evangile: ce à NA APR ENT SRE EE ETAT NAS MESRINE POI ETIENNE LR ENS ATTE RTE SERRE | É ; LE LEA OS en Goe;//2cs "re". Ë HT ET ou Nous PESTAwsL:. I qu'on entend des Juifs répandus dans le Royaume = des Parthes, qui difpuroient alors aux Romains AN = M. l'empire du monde. La premiere Epître de cet Apô- Cu LE tre a fouvent été citée fous le nom d'Epitre aux re vulg. 38, Parthes; (4) & elle porte ce titre dans plufeursan- ciens Exemplaires. Les Indiens (b) tiennene auf pat tradition qu'il a prêché dans leur pays. Mais il eft bien plus certain, qu'ila prèché dans l'Afie, & qu'il en a fondé & gouverné toutes les Eglifes , comme le dit faint Jerôme. (c) On tient qu'il ya demeuré long-tems, (d) & que fon féjour ordi- naire fut à Ephefe, où l’on fçaic qu'il mourut. Il ne fut pas tant Evêque de cette ville, que de toute la: Province d’Afie, dont il vifitoit les Eglifes, & dont ilinftituoit & établifoit les Evêques felon le befoin. (e) LH re Maïs il y a de la difficulté fur le tems auquel il vint dans cette Province. Saint Irene, ({) T'héo- dorer, (g) & plufieurs autres, croyent qu’il n’y vint qu'après que faint Paul en fut forti, pour aller à _ Rome, & même après le martyre de cet Apôtre. ” Saint Paul y établit en fa place Timothée, comme on le voir par la premiere Epitre qu'il lui écrivit ; & les Peres du Concile de Calcedoine / h) difent que Fimorhée eft le premier Evêque d’Ephefe. »* Es (a } Aug. quafl. Evang. L 2. c.Vc. 24. Chryf. in Ephef. homil. +. 34 Voyez norre Préface fur cette| (e) Enfeb. L. 340. 23. Tertull, Epitre (nr Maro.Lacs | _(b) Vide Baron. an. 44. $.30.| (f) ren. L3.c. 3 _ (c) Hicronym, de Viris iluftr. (g) Théodoret. ir Epiff. a 9e. — = | Ephef Prolog. p. 2190. 191. (d) Polycarp. apud Exfeb. Lt | e Concile tom. 4. p. 6 996: Li DRE SSSR E EE 2Æ ZE. EE ET - Re x ee es A PSE Se EEE 4 ( RE AN pu M. . 4o4r. de J. Car. de PE- re vulo. 38. 84 : HISTOIRE DES JUIES.- Lorfque faint Jean écrivit FApocalypfe, il y avoit dans cette Eglife un Evèque , (4) qui étoit appa- remment faint Timothée, & quine pouvoir être faint Jean. Saint Epiphane dit que faint Jean vint à Ephefe, étant déja âgé. (b) D'ailleurs le Concile d'Ephefe (c) dit que la fainte Vierge eft venué à. Ephele, & y eft morte. Oriln'ya oueres d’appa- rence que la fainte Vierge foit venuë dans ce pays, étant âgée de quatre-vingt ou quatre-vingt-cinq ans; ce qu'on feroit obligé de dire, fi Fon accor- doit que l'Apôtre faint Jean n'y eft venu qu'après lan cc. de Jefus-Chrift, qui eft celui du martyre de faint Paul. - - Il vaut donc mieux reconnoître, que faint Jean a fait deux, ou mème plufieurs voyages en Afe, dans le premier defquels il a pu y amener la fainte Vierge, laquelle y mourut quelque rems apres ; _& qu'enfuite il y revint de nouveau, & y gouver- na non-feulement l'Eclife d'Ephefe, mais toutes celles de la Province, moins comme Evèque atta- ché à une feule Eglife, quecomme Apôtre, ayant | J'infpeétion fur toutes les Eglifes du pays où il fe. rencontroit. On trouvera dans l'Hiftoire Eccléfiaf- tique fon martyre à Rome, & fon banniffément à . Parhmos; & ce qui regarde fon Evansile, fon Abo. calypfe, & fes Lettres : tout cela regarde le rems qui a fuivi la ruine de Jerufalem ; & notre deflein _neft pas d'aller au-delà de ce tems. D'ailleurs nous ons traité ce qui regarde fes Ecrits, à la tête de je Æ 2 Ab) ÆpsPhannlene ve 6e 2. Z 5 & om p gn aREP TEE PE TOC DRE PRE LE RIT AR ENT" À PE ee RATE 2e D SU PRET ER Eee Me LS MTS PUR EL D D ER en DELAI ER PPT NN SRE Er Du Nouv. TEsTAM. Liv. I. 8 ceux que nous avons de lui , dans le Commentaire = fur le Nouveau Teftament. ei de LT : ne = pe 1 | dOAT. JE Saint Philippe Apôtre, different de Philippe C/;: depe: Diacre, dont on a parlé ci-devant, étoit Galiléen, re vulg. 38. . & natif de Bechzaïde. Ilétoit marié, & avoit quel — ques filles. (4) Jefus-Chrift quitrant le lieu où — . faim Jean baptifoit, rencontra Philippe, & lui philippe Apôrre. commanda de le fuivre. (b) Saint Clement d’Ale- xandrie (c) dit que ce fut lui qui répondit à Je- fus-Chrift, qui lui difoit de le fuivre : Permetrez. moi d'aller enfevelir mon pere; & à qui le Sau- * veur répliqua : Laiflez aux morts le foin d’enfeve- lir leurs morts. (4) Ayant rencontré Nathanaël, que plufieurs confondent avec faint Barthelemy, il lui dit qu'il avoit*trouvé le Meffie, & l’amena à Jefus-Chrift. ( e) Quelques Gentils défirant de voir le Sauveur quelques jours avant fa pañlion , (f} s'adreflerent pour cela à fainc Philippe. Phi- lippe le dit à André; & tous deux enfembleen par lerent au Sauveur. Dans la derniere Cene, Phi= Hppe demanda à Jefus-Chrift de lui faire voir le Pere, à fui & aux Difciples, & qu'ils féroient contens. (sg) Jefus lui répondit que qui le voyoir, us RE A Er AE A ES AN APR OS SEPT GA CRU AA AE ra ss à F voyoit auf: fon Pere. Le ee. = On aflure (#) qu'il prècha dans les deux Phry- gies, & qu'il fut enterré à Hieraple, {2) dans Lz Phrygie Pacatienne , dont il étroit confiderécom- NET TN ES EN NRR ETAT rs SERRE PRIE (a) Efbl. 31 Sig] (e) Joan. Lam De | (E) Joan... 22. =(b) Jos. I. . (g) Joan. MIP: 8... 10. : (c) Clem. Alex. 1, 3. Sirom. p.| (h)Théoderer.1n P[. CXPI. p. 436: ne = td) Matth. VIIL. 2: Ze L (4) Enfcb. £. 3° Ce 31e DER E 1} Les m0 © Car: re vule.38,. Hiftoire de faint Barthelemi. - (b)Gkm. Alex. Srrom., 3.p.|) (€) Vide Bolland, 1. Maip.6. se." — ? |7.&Tillem. Note 2. fur S, Phi . Valentin, cité dans faint Clement d'Alexandrie, (es de Jefus-Chrift devant les hommes. Raban Maur dit pofitivement qu'il mourut en paix. ( de Saint Barthelemy étoir Galiléen, aufli-bien qu rat nn DE Pr bryfofi:t.6: bomil..z1. | (ce) Glen. Strom.4. p.522 | ja 24 à [hppe. ee LA 2.) mer fainc Philippeau nombre de ceux, qui n'ont point acquis le falut en confeflant le nom ee. À FA NPA Fe RETENIR FRARRENET RTE ARRET D 11 LE ENS AUEE EEE D DE PERD PS Te Pas é f PENSE y F FORTS ER E : 4 , \ ve F4 yet Cie, gr pu Nouv: FESsTAM. Lio. I. 83 les aütres Apôtres. L'Evangile ne nous apprend aucune particularité de fa vocation, ni de fa vie, à moins quil ne foit le même que Nathanaël, ainfi que Vont crû quelques Sçavans. {4) Les Evangeliftes qui parlent de Barthelemy , ne difent rien de Nathanaël:; & faint Jean qui parle de Na chanaël, ne dit rien de faint Barthelemy. Natha- naël & Philippe fe trouvent joints dans faint Jean, comme Barthelemy & Philippe dans les autres Evangeliftes. Saint Jean femble mettre Nachanaël au rang des Apôtres, lorfqu'il dit qu'après la ré- . furreŒion du Sauveur, Pierre, ‘Thomas, les deux 4040. de J. C.4o.de PE: re vule. 38. fils de Zebedée, Nathanaël, & deux autres. Dif. ciples étant allez pêcher, Jefus-Chrift fe mani. fefta à eux. Nathanaël étoit de Cana ; (4) & quel ques-uns ont crû que c'étoit lui, quiéroit l'époux des nôces qui fe firent en certe ville, & où Je: fus-Chrift ft fon premier miracle. Saint Augufñtin (c) & faint Gregoire le Grand (d) ne croyentpas que Nathanaël ait jamais été Apôtre ; &par-h is. condamnent opinion qui le confond avec faint Barthelemy es ee Quelques-uns { ) ont avancé que ce Saint avoit porté la:lumiere de l'Evangile dans la Eycaonie : mais la-tradition la plus conftante des Anciens & des Modernes, eft qu'il a prèché dans les {n- des. ‘Il porta dans ce pays l'Evangile de faint Mat- s$re æœ LA mx (a) Rapert.in 1. Joan. ve To-| (C) Aug: ir foam homil. 7: p. flat. in Matt: XsOfor. form, de S.| 29: "im P[OLAP: p. 263. Jean: Fanfen, Corsel.ù Lapid,Ham- (d) Greg: in Job. L 33.2 A) À (6e) Ghfof.fen alins hom. 31. non yn Joanr, = (D) Joan. XXI. Sr RE. à P:269 A his ex Gracis Latins. J ke mc ere cs rs iétommamsrtint are era au fist pas Counter ns Gt, © À 0 th Got PE Se core ner ré Pose mt LES ne né ét mit ere dérr nes ne d— AN pu M. 4o4i. de J. C.41.delE- re vulo. 38, Cri x. 88 :MrirsTOIRE DES JUIES, thieu, écrit en Hebreu ; & faint Pantene, (4) y étant allé, y trouva cet Evangile, cent ans apres. Mais comme lenom d'Indes elt fort vague, les uns entendent fous cenom, la Perfe; d'autres, lAr- menie ; d’autres, l'Arabie Heureufe ; d’autres, l'Ethiopie Orientale, ou l'Inde citerieure , jointe à l'Ethiopie ; (b) ce qui n'eft autre chofe que l’A- rabie Heureufe. Il n’y a aucun inconvénient, que / {aint Bathelemy n'ait pû prècher dans tous ces pays, qui font limitrophes les uns aux autres. Le plus ancien Auteur de fa vie que nous ayons, (c) dit que Dieu lui donna en partage , ab Hevilar, ujque Gabuoth. Te voudrois lire, z/que Gebaloth: Depuis le pays d'Hevilat, j4/qu aux extremitez de FArabie Heureufe , rerminées par l’ocean. Hevi- lat étoit entre l'Arabie Déferte & l'Arabie Heu- reufe, vers l'embouchure de l’'Euphrate dans le Golphe Perfique. | On aflure que faint Barthelemy mourut dans la ville d'Albane., ou Albanople, dans PAlbanie, fur la mer Cafpienne. Ce pays étoit autrefois com- pris dans l’Armenies Les uns croyent qu'il futcru- cifié;({d) les autres , qu'il fut écorché vif, &en- fuite décapité. (e) D’autres veulent qu'il ait été are taché à une croix avec des cordes, premierement _ à Hicraple en Phrygie ; puis crucifié une feconde fois, & attaché à la croix avec des cloux , après avoir été fouetté , à Urbanople dans la grande ; = à 5 - ufeb. L. $- Co 1 Os pe 17$° thel.. apud Surium. 2 4e Aug À 2 2 : . Armenie. = AGE db NE ETS er pu Nouv: TEsTAM: 2. I Armenie. (4) Le fentiment qui a pris le deflus, & qui eft le plus fondé en preuves dans l'antiqui- | té , eft qu'ilfut écorché dans 'Armenie. /b) Quel ques anciens hereriques avoient composé autre- fois fous fon nom un faux Evangile, qe a-été condamné par le Pape Gelafe, . Saint Matthieu, autrément Levi. ou Alpkée: Publicain de profelfion:, fut appellé par: Jefus Chrift, comme il étoit à fon bureau , fur le bord: de la mer de Tiberiade, près la ville de Caphar- naütm.. [obéit aufli- &: fit un feftin-aui Sau— veur- &à-fes Difciples ; auquel. il invita plufieurs- Publicains. Les Pharifiens s'en {candaliferent ; par AN pu M. 4041. de]. Car de PE revule: 38,: Car. XVI. Hiftoire de faint Matthieu. ce que Je métier de Publicain, ou -de Rec. des deniers publics, ,étoit ue odieux parmi les Juif. Jefus-leur répondit, ‘qu il-n'étoir pas: VENU appeller les juftes , mais-lespécheurs à la péniten< ce. Depuis fa vocation, fainr Matthieu témoigna toûjours une humilité Bsunetnadelie fingulieres, nous ayant - lui- -mÊme appris {à qualité de Publi= çain, qui étoit.ce qui pouvoit l'humilier daväns tige: Saint Clement. dAlexandrie(c ).dit-qu'ilne mangeoic point de viandes, & qu'il fe contentoit. pour, fa. nourriture, le, : legumes de fruies ; & d ‘herbes. à F LES] Hilériens tie conviennent. pas du pays seit : La échut en partage, dans la diftribution -que les FÉES : Ce Ge mr ne pe entré ne des Provinéess LS de rare KEY : 22 CARS Dont LOS NEIGE Re ec ‘té: 2 4 = es Ph Der {Milo 3%ur S: Tanhes Bibl PP: 3: poyodo 796 sit s {(b) Voyez Bollard. 4 man. L (© = Alex, Pédag és M Tome IV, | | 90 HisToiRE DES JUIEs, | — prècher l'Evangile. Quelques-uns (4) écrivent l AN D à de qu'il prècha dans le pays des Perfes ou des Parthes: à sé dé LE D'autrés en plus grand nombre, (b} qu'il porta la revulg. 38: foi dans PEchiopie, & qu'il y mourut. D'autres foûtiennent qu'il mourut dans la Perfe, où dans Ja Carmanie, qui étoit une Provinée de l'Empire des Perfes: Plufieurs foûtiennent qu'ileft mort par le martyre ; & quelques-uns difent qu'il fut con- fumé par le feu. D'autres doutene qu'il ait fini fa vie par une mot violente. (ec) Saint Clement d’A- lexandrie (d } cite d'Heracléon Difciple de Valen- tin, que faint Matthieu eft forti de ce monde par une mort naturelle. ne 4 Les Anciens (2) nous apprennent, que faint | Matthieu après avoir prêche.quelque tems dans la Judée, & étant fur le poine de quitter cette Province ; pour aller annoncer l'Evangile dans le | pays qui lui étoit combé en partage , entreprit | d'écrire fon Evangile le premier de tous; afin que | les Pidéles dont il étroit obligé de fe fparer,, trou- vaflenc dans fon livre de quoi fuppléer aux inf LL | trüctions qu'il leur donnoit étant préfent. Il l'é- crivit dans Jerufalemen Hebrew, ouenSyriaque, | qui étoit la Langue des Juifs du pays: Ilavoicprine | cipalement en vüûe l'inftruétion des Juifs conver> | | | | | | | ER | Entre en are Dire dense 2e terprtrnaatr tte rene Sens à QE DES we DS ds SRE rer en rerenrer te 2 Der pet entitioeet ere RL Sn mr sn NE Les ee à ee voor te =] _ DANS rune vec ru Pres les TRANS ni se RER V4 Ï D LE D ARS Et Alex. Strom. L, Ate Re FA + RENNES A À A = ï 2: << FRERE bois fon Evangile vers l'an 35. ou 36. de Jefus-Chrift, Er pu Noume Eesr-Liv: I. 91 avoient donné la commifion. L'Original Hebreu de cet Evangile Seft confervé iafléz Jong-tems dans l'Eolife: mais il eft aujourd’hui perdu. Nous en avons une traduction en Grec, que l'on croit prefque aufli ancienne que lOriginal: Hebreu: Les additions & corruptions , que les anciens he- retiques forris de la Synagogue, avoïent faites à cet Evangile Hebreu, font la principale caufe du peu de foin que l'Eglife a pris de le conferver : ce qui a occafionné fa perte entiere. Nous avons dit ci-devant, que faint Matthieu avoit pü:écrire felon PEre vulgaire. … | Saint Thomas, autrement Didyme, c’efta-dire, Jumeau, eftun des premiers Difciples de Jefus- Chrift. On ne fçait ni letems, ni les circonftan- ces de fa vocarion. Lorfque le Sauveur, peu de tems avant {a pañlion , voulut aller reffufciter La- zare, Thomas exhorta les Apôtres à y fuivte le Sauveur, & à mourir, sil étoit néceflaire, avec lui; (4) car il fçavoit que les Juifs en vouloient àfa vie. Dans la derniere € demanda où il alloit, & quel écoit le chemin qu'il falloit prendre pour le fuivre. (2) Jefus-Chrift lui répondit: Je fuis la voye ; la vérité g) la wie. Le jour de la Réfurreion, Jefus-Chrift s'étant appa- ru aux Apôtres en l’abfence de faint Thomas, ce- lui-ci ne voulut pas croire qu'il fût reflufcité, & déclara qu'il ne le croiroir point ; à moins qu'il ne mit fes doigts dans les trous de fesmaïns percées, Ca) Fear. XL 16 Je(b} Je. XI. ij ‘AN Du M. 4oat. de-]. Ciaride PE: re vulo. 38. Hiftoire de faint Thomas. TANIDU M Aozt..d 6% - SJ ISTOIRE DES JUurrs; … = & fa ain dans l'ouverture que la lance avoit faite : à fon côté. (4) Huit jours après , le Sauveur s'ap- EC. | De Car.de l'E: PArut de nouveau aux Apôtres, & à faint Tho-. re vulg. 38, : mas aVEC EUX, À il convainquit celui-ci qu'il étoit veritablement reffufciré ; ce qui fit dire à faint Thomas : Vous êtes mon Seigneur & mon Dieu. Enfin le Fils de Dieu s'apparut encore À} faint Tho- mas , & à quelques autres Apôtres fur la mer de Galilée, & il dina avec eux. ( 2) C'eft ce que l'E- vangile nous apprend de ce fainc Apôrre. La tradition conftante des Anciens, (c) eft que. LXI. 1. ee. Euftb. li 3.0. | Math, homil: 2, ps 17e TE A2 tar ee ARS EEL ET PANIER CU EE F FA TE) DEN 2 2) 4 NE Er bu Nouv. TEsTAM. Liv. I, 93 Indes ; d’autres, dans l'Ethiopie : mais lé nom — d'Indes & d'Ethiopie eftfi vague chez les Anciens, 44 f que l'on n'en peut fixer la vraye fituation. Il y ous delES avoit dans l'Empire des Perfes des régions, que re vulg, 38 l'on: a quelquefois comprifes fous le nom d’Indes - & d'Ethiopie. Ainfi cela n’a rien d'oppolé à la tra. dition qui donne à faint Thomas la Perfe en par age. ae : On ignore le tems de fa mort. Saint Nil (4) dit qu'il ne mourut qu'après faint Pierre & fainc Pauf, c'eft-à-dire, après l'an 66. de Jefus-Chrift. Les Martyrologes difent en general qu'ileft mort dans les Indes. Quelques-uns ajoûrent, qu’il fouf- frit le martyre à Calamine. D'autres nouveaux foûtiennent que Calamine dans les Indes, eft la mème que Maliapur , (4) où. l'on prétend avoir, trouvé une infcriprion,, qui-porte que faint Tho “mas fut percé d'une lance au pied d’une croix près de cette ville. Quelques-uns.(c) ont voulu nier qu'il eût fouffert Le martyre : mais le fentiment _GContraire paroic très-bien fondé dans les Peres.. (d) Quelques anciens héretiques avoient fabriqué: * fous le nom de faint Fhomas , un faux Evangile. uñe Apocalypfe, & des voyages. On y lifoit (2) Fhiftoire d'un homme, qui ayant donné un fouf- fler à cèt Apôtre, fut. maudit de lui, & enfuite IysTOIRE DES JUIES, un | + : déchiré par un lion. On lifoit auf dans fes Actes u'il ne baptifoit pas avec de l'eau, maisavec de ‘ l'huile ; ce qui étoit auffi pratiqué par les Mani- chéens. Ces feules Grconftances fufhfent pour fai- ù = / Ë re rejetter ces prérendus Actes de faint Thomas. Eufebe (4) nous apprend , que faine Thomas envoya de Jerufalem à Edefle en Méfopotamie , peu de tems après l'Afcenfion du Sauveur, faint Thadée, l'un des feprante Difciples, & fort dif- férent de l'autre faint Thadée , ou Jude. Ea Mé- foporamie étroit apparemment comprife dans Île partage de faint Thomas, à qui l'Empire des Per- fes éroit échü. Abagare , ou Abgare, écoit alors Roi d'Edefle. Ce prince étoit travaillé d'une ma- ladie Acheufe & incurable , que les uns ( b) en- tendent de la goutte, d'autres (e) de la lepre. Ayant entendu parler des miracles que Jefus fai- foit dans la Judée, il lui envoya un courier nom- mé Ananie, avec une Lettre addreflée à Jefus Sauveur, plein de bonté, qui paroifloit à Jerufa= lèm: 11 le prioit de venir à Edefle, pour le suérir, lui offroit une demeure dans fa ville, & lui di- foit qu'Edefle, quoique petite, leur fuMroit à tous RE nee Pan da La fe pa ct nt A { deux, puifque les Juifs ne cherchoïient qu'à li faire dé rbèmee. ds © Jefus-Chrift ne jugea pas à propos d'aller à Edeffe ; mais il écrivit à Abgare en ces termes :. _» Vous êtes heureux, Abgare, de croire en moi » fans m'avoir vü; car c'elt de moiqu'ileftécrir, X. Û Se ubl. civir. Edeffene. | ne 10 12.p. 22.33: | {b) Procop.de Bello PerfcoL.ca2i (c) Graci recentiores. D RUN TR PE PE TN LT 2 A RER, “e Me de dan dde ŒT pu Nouv. TEsTam. Liv. I, 5 ».que ceux qui m'auront vü , ne croiront point en » mOi; & Que Ceux qui né MAUTONE point vû, » croiront , & recevront la vie. Quant à la priere » que vous me faites de vous aller trouver, il faut » que jaccompliffe toutes les chofes , pour lef- » quelles je fuis venu, & qu'enfuite je retourne à » celui qui m'a envoyé. Quand j'y ferai rerourné _»Je vous envoyerai un de mes Difciples, afin qu'il » vous guérifle de votre incommodiré , & qu'il » vous donne la vie, à vous, & à ceux qui font » avec vous. Eufebe dit qu'il a tiré cette Lettre, _& rout ce récit, des Archives publiques de la ville d'Edeffe. Le Comte Darius en parle àS. Au guftin. (4) Saint Ephrem, Procope, Evagre, fainr Jean de Damas, & une infinité d'autres, (b) ont lui envoyer , fe le ft aufli-côe amener. Le Roi D RIES 3 LME SS : (a) 4pud Ang. Ep 230, #07, | 246. Bol and. +. Febr. p. C2. édit. on ee | (c) Marek Alexand.ñ1.p.1243% CB) Vide Natal. Alex, v, 1. p.. Du Pin. © ali pallim. 956 FTSTOIRE DES JUIES, — éroit dans fon Palais avec tous fes Grands. Dès AN DU ME Qu'il apperçut faint Thadée, un certain éclat qu'il 4o4ï, de } C.ar:dePE- à :. : - sd revulg. 38. HET à fes pieds. Il lu demanda fi c'étoit lui qui Of reçü. La plüpart des Anciens - confondu ee 2 à è 2 : ; ñ S PRE à RP SRE 5; ARTE LErUAER D LA SL MP EE D 224 EE ÉCRIRE 1 5 us TAPER ERA EE EPL FT Ê LAS CAN RAS ET pu Nouv. TESTAM. Lio. I. 07 confondu ce faint Thadee, qui n'étoit que du nom- bre des feptante Difciples, avec faint Thadée l'Apôtre , dont nous allons parler. _ Saint Jude Apôtre, autrement Thadée, ou Leb- bée (a ) étoirt frere de faint Jacques le Mineur, & frere, c'eft-à-dire, coufin germain de Jefus-Chrift felon Ja chair, étant fils de Marie fœur de la fainte Vierge. Il fut marié, & eut des enfans, puifque Hegefippe (b ) parle de deux Martyrs, petits-fils de Jude. Dans la derniere Cêne,il demanda au Sauveur pourquoi il devoit fe manifefter à fes Apôtres, & non pas au monde. On dit (c) qu'il porta la lurmié- re de l'Evangile dans la Lybie. Il ÿ a apparence qu'il fe trouva à Jerufalem lan 62. de Jefus-Chrift, après Ja mort de faint Jacques le Mineur fon frere. Les Âpôtres & les parens du Sauveur s’y étant alors raf- femblez de tous côtez, {d) pour lui donner un fucz cefleur, on choïfit pour cette dignité faint Simon, € X e C2 O e que l'on croit aufl avoir été frere de faint Jude. : Nous avons une Epître de cer Apôtre, qui eft la : derniere des fept qu'on nomme Catholiques. Ile: _crivit principalement aux Juifs convertis au Chrif tianifme., & il y attaque les hérériques de ce rems- Ja, qui étoient les Nicolaïtes, les Simoniens & les . Gnoftiques, qui enfeignoient l'inutilité des bonnes œuvres, Saint Jude les combatavec force, &ilem- ploye les penfées, & quelquefois même les rermes dont faint Pierre s'éroit fervi contre eux dans fa feconde Epître. On conjeéture qu'il ne Fécrivie DR = ee Ca - (a) Matt. XIII. 3 (c) D carm. 26. Se ue | | N Tome IV. St AN pu M. 4041. de J. C.ar. de l'E re vule. 38. Car. XVII. Hiftoire de faint Jude Apûtre. eee pe serre RSR SRE et T7 Lee nes An pu M. A4O%T. de D C.ar-de l'E- re vulg. 38. 104 HrsTOIRE DES JUIES, témoignoit au dehors toute forte d'honneur; maïs en fecrer il en parloit mal, & le railloit, Il yavoit dans Alexandrie un fou nommé Car- rabas, qui alloit nud par les ruës, (4 ) & qui étoit le joüet des enfans. Les Alexandrins le menerent dans leGymnafe, qui éroit le lieu des exercices pu- blics; & l'ayant placé dans un lieu élevé, ou il püt brre vû de toutle monde, ilslui mirent autour de la cêre une feüille de jonc, ou de papier d'Egypte, ils lui coùvrirent les épaules d’une natte en forme de manteau royal, & lui donnerent à porter en guife de fceptre , un morceau de rofeau qui fe trouva à terre par hafard. En cer état, ils le prome- noient & l’accompagnoient, ayant fur les épaules des bâtons en forme de halebardes, comme pour. donner des gardes à ce Roi ridicule. Les uns lui ve- noientpréfenter des placets; les autres lui deman- doient juftice ; d’autres lui parloient des affaires de FErat:aprés quoi , ils le faluoient à haute voix, & lui crioient : Maris ; c'eftà-dire, Seigneur ; comme qui diroit : Vive le Roi. C’eft ainfi que les Alexan- drins fe railloient de la Royauté d’Agrippa ; infuk même que les Juifs avoient infulté à Jefus-Chrif même dans fa pafñon. .… Agrippa ne demeura pas long-tems à Alexan- _ drie. Il y futtémoin des mauvais craitemens que Flaccus ÿ Fifoit aux Juif; & ceux-cil'informerent de laconduite que ce Gouverneur ay oit renuë.en= Re — x dès le commencement du regne de Caïus, Casse fa)? bilo, in Flaccum. RS UE Me AU CU SPIP AARERE TERRE Y À ; CI NRORERETENTR RERO PÉTER NTI RINE NET ET DU Nouv. TESTAM. Liv. II. 10; fayant pas voulu lui envoyer l'écrit qu'ils lui avoient mis enmain, pat lequel ils témoignoient, qu'ils avoient rendu à l'Empereur tous les honneurs qu’ils lui pouvoient rendre felon leur Loi. En effet Flaccus ayant Iü cet Ecrit, en avoit paru content, & promit de l'envoyer, & d’afsûrer Caïus du ref- pect qu'ils avoient pour lui: mais il n’en fit rien; ce qui étroit une marque cértaine de fa mauvaife volonté. Les Juifs donnerentà Aorippa un ñou- veau mémoire femblable au premier , & il leur promit de l'envoyer à l'Empereur, & de lui faire connoître la mauvaife conduire de Flaccus à leur - Les Alexandrins voyant que non- feulement Flaccus' ne réprimoit pas leur infolence , mais qu'il les favorifoit même en fecret, s’afflemblerenr un jour, & apparemment le lendemain de la fcêne qu'ils avoient repréfentée avec léur Carrabas ; s'af. femblerent ; dis-je, de grand matin au théatre, & 1e mirent à crier qu'il falloit mettre des flatuës dans les Synagogues , ou dans les Oratoires quelles Juifs avoient dans plufieurs endroits de la ville, & où ils faioiene les exercices de leur Religion. Flaccus ac- coïda la permiflion qu'on demandoit ; & fur le champ les Aléxandrins partagez par grandes crou- “pes, vont à ces Oratoires, coupent les arbres des uns, renverfent les autres jufques aux fondémens, mettent le feu dans d’autres; & pour ceux qu'ils ne purent ruiner , parce qu'ils étoient défendus par le grand nombre de Juifs qui demeufoient auprès, ls les profanerent, en y mettant par force des fta- -ÉUÉSLde Caius, ee y Tome IV, | 9 pese AN Du M. O4T. ‘de C.4r.de FE: re vulg. 38, CHap.ll. Soulevement des Bourgeois d’Ale- xandrie contre les Juifs. 106 HISTOIRE DES JUIrs, ———— Danla plus orande & la plus confidérable de AN pu M. ces Synagooues , ils entreprirent de placer. une fta- 4041. de ]. C.ar. de PE- se vulg. 38. tué de Caïus, plus grande que les autres , & portée fur un char tiré par quatre chevaux. Le char n'étoit ni neuf, ni propre; & ils devoient craindre que l'Empereur ne trouvât mauvais, qu'ils traitaflent {a flatuëé avec fi peu de refpect : mais ils fçavoient donner à rout ce qu'ils entreprenoient, un tour qui le faifoitagréer à l'Empereur, Ils luienvoyoient _des journaux , & des rélations de tout ce qui fe paf- foit à Alexandrie ; & Caïus les lifoit avec une Crès- grande farisfaction , simaginant que les Alexan- drins faifoient tout cela par l'affeétion qu'ils Qui portoient , & par l'averfion qu'il avoit conçüë con tre les Juifs, lui faifant trouver bon tout.ce que lon entreprenoït pour leur nuire. Ses amis & fes courtifans l'entrerenoient dans ces fentimens. par les railleries continuelles qu'ils faifoient de cette malheureufe nation. Les autres villes d'Egypte imi- rerent celle d'Alexandrie, & l'on confacra par-tout des ftaruës & des images de Caïus, dans les Oratoi- res & les Synagogues des Juifs. _… Peu de jours après que les Synagogues eurent nu des Rois &. des Empereurs depuis Alexandre 2 J RE = 2 été ou brûlées , où démolies, ou profanées , Flac- cus publia un Edit, où il déclaroit les Juifs étran- gers à Alexandrie ; c’eft-à-dire, qu'il les dépouil- _ loit du droit de bourgeoifie, qu'ils avoient obte Grand. 1] rendit cer Edit, fans les avoir feule= mefait appeller, & fans s'informer deleurbon “peuple d'Alexandrie n’en demeura pas yant que les Juifs étoient fans défente.& F RENTE PAT ERNPIPIERENT ER ENT SENS PP GARE ARTE PRET RENTE NA LT NUE RAT ET pu Nov v. TESTAM. Liv.IT, 1o7 qu'on pou voit impunément faire contre eux tout ce qu'on voudroit , ils crurent que le tems étoit venu de fatisfaire pleinement la haine, qu'ils avoient tobijours euë contre cette nation. La ville d'Alexandrie étoit divifée en cinq quartiers, qui prenoient leur nom des cinq premieres lettres de l'alphabet. Les Juifs étoient répandus dans tous.les cinq : mais il y en avoit deux où ils étoient en plus grand nombre, & que pour ce fujet on appelloit les quartiers Le. Juifs. On les contraignit de for- tir de quatre de ces quartiers , & de fe renfer- aus AN pu M. 4041.de TJ. C.41. de l'E. re vulg, 38. mer dans une petite partie du cinquième. Les Ale. xandrins entrerent enfuite dans les maïfons dont on les avoir chaffez, & les pillerent comme dans une guerre ouverte. Il y eut D de ne cens maifons:pillées: de certe forte. she. Ils regardoient les Juifs comme da gens que l'Empereur & Flaccus avoienc livrez à leur dif. cretion. Ils enfoncerent leurs magazins & leurs boutiques , qui étoient alors fermées , à caufe du : deüil de Druflle fœur de Caïus, & en emporte xent tout Ce qui leur pluc. Hs Ge cachoient fi: 1 peu de ces excès, qu ils en faifoient gloire, & mon- troièent à tout le monde ce qu ils ir pillé. Quand. plufieurs. fe rencontroient à ces pillages, ils fe partageoient entre eux les dépouilles, corime ils auroïent fait celles des ennemis publics; ÿ & ce- la fouvent à la vüé de ceux à qui ces chofes ap- un. BE Lot linfulre & l rallerie à à la os = Le quartet où on les ee étoit f péri pour leur grand nombre; que la plüpart ne O i + ro : LL FPIS TOIRE DES JUTRS, ouvant trouver où fe loger, étoient obligez de Ax pu M. paller les jours & les nuits à Fair, expofez à l'ex- Ao4:. dec} M bal et LA OU Gas deb, cefhve chaleur du climat, qui les éroufloir, revulg. 38. leur Gtoit la refpiration. Les jeunes gens de la à ville les y tenoient comme afliegez , fans leur per- ; mettre d'en fortir ; pour chercher de quoi:fe nour- _ rit. Ceux- qui purent: s'échapper ,’allerent chez leurs amis dans les autres quartiers ; pour deman- der, ou pour acheter des vivres. Mais dès qu'ils étoient reconnus ; ils étoient aufli-tôt pris ,maf- facrez , foulez aux pieds, traînez par toutela ville, & mis en pieces. Ceux qui vouloient s'enfuir étoient pourfuivis à coups de pierres, & à coups de bâtons, quelquefois jufqu'à la mort. On trai- toit de mêmelceux:qui ;nefçachant ce qui fe paf- foit , arrivoient de [a campagne. Il:y avoir fur les quais une-bande de canailles ; pouf prendre gar- de quandil arriveroit quelques batteaux des Juifs + Alors ils fautoient dedans, pilloient les marchan- difes , & ‘brüloient les batteaux avec tous ceux qui y étoient, Ils brüloient quelquefois des familles entieres dans: leurs maifons, fans épargner niles vieillards, hi les enfans. llsne daignoientpas mêmé fouvenr prendre leurs meubles. S'ilne fe trouvoit-perfonfe -qui en voulût, on les confumoit avec les maifons, Lorfque le bois leur manquoit ; ils ramañoient _-quelques brouflaillés; :qui-ne faifoient:qu'un feu lent, de forté que les miferables Juifs ; aprèsavoir nguilonc-terns, étoient étouffez par la fumée; & bs démeuroient à moitié brûlez: On en RO RR TROIE TITI RTE RSR EMISR PERRET ENT æ er pu Nouv. TESsTraAM. Li. II. ‘oo & on les traînoit par les ruës, jufqu’à ce que leurs membres fuffent entiérement mis en pieces. Après cela ils faifoient femblant, comme dansunefarce, de pleurer ceux qu'ils venoient de faire mourir. Mais fi quelqu'un des parens du mort témoignoit quelque douleur , & vouloir 'lui-rendré quelques devoirs , il étoit aufli-tôc faifi; & après avoir effuyé toute forte de courmens ‘on le faifoit mourir en ; CIOÏX. É ae Re 2 a a. ; rue né _Flaccus auroit pû en un moment arrêter tous ces défordres, s'il eûr voulu : mais il Les difimu- loir, il lestoleroit , il les autorifoit mênre par for filence. Il manda néanmoins les principaux des Juifs, comme pour trouver les moyens de les ac- corder avec la ville-: mais il ne cherchoit que de nouvelles occafons de lestourmenter:-1l fit pren dre trente-huit perfonnestdu Conféil de leur na- tion ,* établi par Augulte pour juger leurs:diffe- rends; il les fit lier avec descordes:, ou-avec-des chaînes , commeidés criminels, -& les fitmeneren cer état par lemilieu-de la grande place jufqu'au théatre, où lon célébroit lacnaiflance de lEmpe- teur. Cétoit le 31. Août, ou quelques-uns des jours fuivans:; car il femble que certe fère dutoit plus d’unjour. Larencontrede cette folemnité au- roit dû procurer quelque foulagement: aux Juifs: mais Flaccusin'yeut nul égard. Il fit-foüerrer pu bliquement:ces-trénte-huit-Confeillerss#& cela javectantde:cruauté, que quelquessuns.en mou- rurent fur da-place | & ‘les autres em furent long téms incommodez: Ceux-ci furent gardez en pri- onjufques.vers la fin.de Septembre ,-&jufqu'à ce = >. Gi BAN:ou: M. Gt, ded'E revule.38: ao41. de]. Car: de l'E revuls.38, (res 110 HISTOIRE DÉS JUtEs, Jéreur. —— que Flaccus lui-même fut arrêté par ordre de l'Ema Juifs qui-furent pris, & mis en croix. Le peu- le d'Alexandrie s’afflembloit tous les marins au chéatre:; & le: premier fpectacle. qu'on leur don: noit , étoit des Juifs qu'on déchiroit de coups, qu'on mettoit fur le chevalet, qu'on étendoit avec des poulies, qu'on tourmentoit avec le fer & le feu, & que l’on conduifoit enfin à la croix, en les faifanc paffer au travers dela place des jèux, pour les mener au fupplice. Celà duroit jufqu’à neuf-à dix heures. Après quoi venoient les danfeurs, les farceurs, & les autres divertiflemens accoûtumez dans ces rencontres: Si l'on rencontroit une fem- me Juive dans les ruës ou dans le marché , on l'ar- rétoit ; &-on l’expofoit à la vût de rout le monde avecunehonte:infupportable. Souvent le peuple démandoit qu'on apportât de la chait de pourceau, pour leur-en faire manger: Célles qui avoient la foibleffe d'en prendre, éroient aufli-tôt relâchées; te forte d'indignitez &.derourmens. 2°. 2 ES = : > LES AS RE & celles qui le refufoient, étoient expofées à rou- 5 Flaceus feignit enfuite d’avoir appris que toutes les maifons des Juifs étoient remplies d’armés.-Il:y envoya un Capitaine entiérement à lui, nommé Caftus , avec les foldacs les plus déterminez: mais ils n’y crouvérentrien:qui méricât attention. Voilà a peinture que Philon nous fait de la perfécution | aceus fit fouffrir aux Juifs dans Alexandrie; petfécution.dont il avoit été témoin, & à laquelle appat emment il avoit EU part. Ces maux durerent > Pendant cette folemnité , il y eut plufieurs au- RDA NAN gr pu-NouyedestTam.liv: IT. x eg environ deux mois, & ne finirent que vers la Fête des Tabernacles, (4) qui fe célébroit le quinziéme. sde du mois Tizri, .qui répond à nos mois de Septem- S bre & d'Oftobre. - nn rcvule … Agrippa étant {orti d'Alexandrie fort mécontent | & du Gouverneur , :& des habitans, alla prendre Car. nr. poffefhon de. fes Ecats , qui éroient la Trachonite GE ércriq ae & l'Iturée, que Philippe fon oncle avoir. poffedées # Es. avec le titre de Tétrarque. Son arrivée furprit tour le monde. On l'avoir vü miferable, accablé. de der. tes, méprifé, & il revenoit puiffant, avec la quali- té de Roi, & fort. avant dans la faveur de l'Empe- reur. Il employa fes premiers foins à procurer aux Juifs d'Egypte le prompt fecours dontils avoient befoin., contre les vexations de Flaccus, &:contre des violences des Alexandrins. ILenvoya d’abord à Caïus la copie de l'Aéte, que les Juifs avoient mis en.maina Flaccus, par lequel ils témoignoient leur parfaite foumiflion à l'Empereur, & que Flac- _cus n'avoir pas jugé à propos de lui envoyer. [left _préfumer qu'Agrippa ne manqua pas aufh de l'in- former de ce qui s'éroit pañlé à Alexandrie fon oc- cañon , & de la maniere dont lès Juifs y avoient ms - L'Empereurenvoyaaufl-tôeunCentenier nom 4x ou M. 7 — sr En : Rs me Baflus avec les-foldats qu il commandoit.,pour ee 1. C. arrêter Flaccus. Le Centenier arriva en péu deionrs + dc l'Ere arrêrer Flaccus. Le Centenier arriva en péu. de jours ne à Alexandrie: maisil atténdir la nuit;-pouf abot- riacus cf ar- der, &mencra pas dans la ville, qu'ilne fçûr pre. jéfdeis par de mierement où,-éroit le Commandeur des troupes SRE ER ; RAR te * ë FR AE TS Ps md 1 DA PR Sr EU A USSR - (a) Philo in Flace. p. ESS D ser mana a Rss LA 4042 : Car del: réyuls. 39. Ma CRE “da PENSE « «a malheüri ils pañferent la nuit en prières &'énac- à # sert \* < FAR Ë EN e? k, S$ # ET SS ä ‘gs COÉPTSTOLRE DES JUTES, a dd pe, pou lui communiquer fa commiflion ; Nou M. pour lui demander main forte en cas de befoin. Baflus fout d'un foldar qu'il rencontra, que le Com. ndant foupoit avec Flaccus chez un nommé Sté- phanion. Baflus y envoya un des fiens décuife en _ Valer, qui lui rapporta que Flaccus yÿ étoit feule- PE | F de BUS RON EL. + DORE Er Dec € | +! Ps à ment avec douze où quinze domeftiques, fans faire faire aucune garde. Baflus s’avança avec fes gens, en faiffa une partie pour garder les portes & les ave- nuës, & lui aveclerefte, monta en la fale où étoit Flaccus. Il fe défoit fipeu de fon malheur, qu'il portoir alors une fante. Bañlus parut le ‘premier. : Flaccus l'ayant appérçü , commença d'abord à fe lever: mais fe voyant environné de foldats , il comprit que fa réfiftance fi eroit inutile. Il fut donc arrêté , &'émmenc par Bañlus, fans que perfonne osât branle pl. | * Quand on vint direaux Juifs que Flaccus étoit arrêté ; ils crurent! d'abord que c'étoit un piege si vouloit leur tendre, pour én prendre occa ion de leur faire de nouveaux maux: mais ils fe raflurerent , lorfqu'ils apprirent certainement que leur énnemi n'étoit plus en état de leur nuire. Ils rendirent graces à Dieu, qui avoit eu pitié de leur SR nn D ie A A LE 4 tions dé gracess 8 le lendemain ils allérent ‘fur le bord de la iner ; n'ayant point alors d'Oratoiresoù ilspuñfent s'affémbler, pour én rem ercier Dieu. … : Fläcous fur embarqué vers le commencementde PhyNès, pour être conduit en Italie. La navigation fut lon : ficheufe. Enfin érant arrivé à Rome, ceux il fut accufé par Iidore & Lampon, qui étoient EE PEN ER à reset y € 2 8 2 À ” ‘ # # ET DU NOUV.TESTAM.Ziv II. 713 ceux qui lui avoient principalement infpiré Ja bai ne des Juifs, & le deffein de les perfécurer. L'Em- pereur Caïus informé de fes ijuitices, & irrité de fa mauvaife conduite, éroit fon plus grand adver- faire. Il le condamna à perdre tous fes biens, & à l'exil. Ses meubles, qui étoient très précieux & três-magnihiques, furent conffquez au profit de l'Empereur. Le lieu de fon exil avoit d'abord été marqué dans l’Ifle de Gyares, la plus déferte de rout | Archipel : mais il obtint par la faveur de Lé. pidus, qui avoit alors beaucoup decrédit auprès de Caïus, qu'il feroit envoyé dans l'Ile d’Andros. I] y. fut mené apparemment l'année fuivante, & mon- tré publiquement à tous les habitans, afin qu'ils empéchaflent qu'il ne fortit de l'Ifle. Quelques mois après il y achera unepetite terre, où il demeura: feul. Mais il n’y vécut pas long-tems, Caïuslayant fait mettre à mort avec tous les autres exilez, l'an 3.9. de Pre vulgaire. Quand on vint pour le tuer, Flaccus voulut {e mettre en défenfe Sentuics mais ilfur mis en pieces, & fon corpsjettéaufli-tôe dans une foffe, Telle fut la fin de Flaccus. Hérode Antipas, qui avoit, comme on l'a vü ci-dévant, traité avec mépris Agrippa, fon neveu. & fon beau-frere, du tems de fa mauvaife fortune, fut un de ceux à qui fon retour & fon élévation cauferent plus de dépit & de douleur. 11 n’avoit que le ritre de Tétrarque , pendant qu'Agrippa avoit celui de Roi. Hérodiade époufe d'Hérode, & fœur d'Agrippa , ne put voir fans une extrême jaloufie, le bonheur de fon frere, (2) Elle tour (a) ftph. Annick ï Sc Re Tome IF, : P ee nnhe niet Car. IV. Herode le Té- trarque va à Ro- me. Caïus Île rele« gue à Lyon. AN Du M. 4042. de }. C.42. de PE- xe vule, 39, TI4 HISTOIRE DES JUIES, menta tellement Hérode par fes importunitez, & par tous les motifs qui pouvoient réveiller fon am- bition., qu'elle le porta enfin comme malgré lui, À aller à Rome, pour tâcher d'obtenir de l'Empe- reur le titre de Roi. Il fe difpofa à faire ce voyage avec toute la magnificence qu'il put ; & Héro- diade , qui crur que fa préfence pourroit contri- buer à lui mériter la condidération de l'Empereur , voulut bien s'expofer aux farigues & aux périls de la navigation , pour faire ce VOYASE. - Agrippa ayantaifément deviné le morif du voya- ge d'Hérode, réfolut de traverfer fes deffeins. If envoyaun de fes affranchis, nommé Fortuñat, à Rome, avec de grands prefens pour l'Empereur, & des Lettres, où il accufoit fon oncle d’avoir eu des inrelligences avec Séjan contre Tibére, & denen- rrétemur encore avec Artabane Roi des. Parthes, contre l'Empire. Pour preuve de cela, il afsüroit qu'on trouveroit dans les arcenaux d'Hérode de quoi armer foixante & dix mille hommes. ee ‘ Hérode étant arrivé à Pouzoles, alla d'abord à Bayes, où étoit Caïus ; & pendant qu'il étoit En “core avec l'Empereur, & qu'il le voyoit pour la premiere fois, Fortunar arriva, & préfenca à Caïus des Lertres d'Agrippa. Caïus les ouvrit aufli-tôt ; _ & les ayant Îües à demanda à Hérode s'il étoit _ rai qu'il eût une fi grande quantité d'armes. Er … Hérode n'ayant pô le nier, Caïus le privade fa TÉ de. l'Empereur ayant fû qu'Hérodiade, f& toit fœur d’Aorippa, il voulut lux par= RS : = Re +’ D nr pop à caufe de fon frere, & lui faire rendre PTS ME donner , = & lenvoya en exil pour route fa vie à ORPI RENE AT RE PRET RTS RU ERITESAREESAIROE REED PENRNPGICNESRAE er PS ee AT ERA RENTE NERRREN { ë ET DU Nouv. LesrAia Len. II. 13 Pargent qui étoit à elle : mais elle ne voulut pas profiter de cétre grace, aimant. mieux fuivre {on inari en exil, & partager avec lui fa mauvaife for- tune, leavorerlaccalon Jofeph qui nous apprend ces particularitez, dit dans un autre endroit, (4) que Caïus rélégua H£- rode en Efpagne. Ce qui-n'’eft nullement i incoMPa- tible, étant fort poflible que Caïus qui vint cette année dans les Gaules avec Agrippa, & qui s'arrèta uelque tems à Lyon, ait changé le lieu de l'exil d Hérode , & l'ait envoyé de Lyon en Efpagne. Caïus donna à Aorippa la Tétrarchie qu'il avoir rt AN pu M. 4042.:de J. Cia de l'É- rs TÉ puise 39° Ôtée à Hérode, & le rendit maître de tous fes biens, -- Hérode avoit joui pendant quarante-trois ans de fa Tétrarchie de Galilée. 1] avoit fair de Séphoris la : Capitale de fes. Etats & avoit bâti Tibériade en | Jhonneur de Tibére, & Juliade en l'honneur de Julie, ou Livie, mere de ce Prince. C'eft cer Hé: - tode qui s'étoit il de Jefus- Chrift. dans La paf- ion, & qui l'avoit EN a à Pilate. sos uñ a Ro - de chéarte. La L'envie que Caïus avoit de Fe a ine un Dieu, fournit aux ennemis des .. une nouvelle de.leur fufciter une perfécution de la part de l Empereur dans leur pays même, La * ville de Jamnia fituée fur la Méditerranée, ea Jop pé& Accaron, étroit peuplée de Juifs & de E cils; & un nommé. Capiron étoit alors Receveur des deniers publics de toute la Judée... -Quelques- uns des Gentils de Jamnia fçachant k folle envie, MP & A — - A = em : = a ) ° {a) Jofeph. de Belle, |, 2. c. . mins AN pu M. 4043. de J. C. 43.del’Ere vul- gaire 40. Sédition àJamnia contre les Juifs. AN ou M. 4043: de J. C43.de l'E. ze vulo. 40. es Car. V. Caïus veut mettre fa ftatuë dans le temple-de Jerufa- lem,. LE ES ie LUS rer > mt DRATRE SR Pr BE de re ra le à D SSXÉFETIENE RE 808 r9 DESTEA { ROSE SHARE POS AE SE D me 5 DS PP SE F6 HISTOIRE DES JuUIrEs, que Caïus avoit de pañler pour Dieu, & la mauvai- fe difpofition de Capiton envers les Juifs, s'avife- rent tout-à coup de drefler dans Jamnia un mé- chant Autel de brique à l'Empereur; (4) ne dou- tant point que les Juifs indignez de voir violer leurs Loïx dans leur pays même, ne s'oppofafñlent, & n'excitaflent quelque fédition, qui donneroit lieu aux Payens de les maltraiter. En effec ils n'y mañqueérent point. Ils renverferent aufli-rôt lAu- cel; & Capiron en étant informée , en écrivit à l'Em- pereur , pour faire fa cour , lui déguifant la chofe,, & la dépeignant avec les plus noires couleurs. Caïus ayant recû ces Lettres, demanda fur cela confeil à deux hommes, Hélicon & Apelle, qu'it. avoit élevez de la plus baffe condition aux premiers emplois, & dont l’un étoit d'Egypte, & lautre d’Afcalon ; & par conféquent ennemis des Juifs. Ils Jui dirent qu'au lieu de l'Autel de brique que les Juifs avoient abattu, if faHoit mettre {a farué re: vêtué d'or, & d'une crandeur colofhle, dans le Sanctuaire mème du Temple de Jerufalem ; & on donner que déformais ce Femple für confacré à Caïus lilluftre & le nouveau Jupiter. Ces ordres furent envoyez à Publius Petronius, qui avoit fuc: _ cédé à Vitellius dans le Gouvernement de la Syrie. On fui commanda en même téms de prendre la . moitié des troupes qui gardoient l'Euphrate, pour. € f, V : ka | vouloient pas s’y foumettre volontairement. faire executer {a volonté par force, fi les Jui LEE | OF fe 1 040 : de à . Anti. l, 18. c. 1 LE Phila , dé Legat. ad _Caiw à 1 (! ET DUNOUV. TESTAM Liv II. 117: - Petrone vit tout d’un coup la difhculté d’execu- | ter la commiflion qu’on lui donnoit; carilconnoif. °\ ? 4 M foit d’un côté la promptitude & la violence de Caïus, eve a ; & de l’autre l'attachement & le zéle des Juifs pour Le sl, 404 leur Éoi. Cependant il fe mit en devoir d'obér, Mais comme Caïus n'avoit pas commandé de met tre dans le Femple une ftaruë déja faite, il mandæ les plus habiles fculpteurs de la Phénicie, & leur ordonna de faire une ftatuë telle que l'Empereur La demandoit. Il fit venir en même tems deux lévions de l'Euphrate dans la Syrie, & raffembla autane qu'il pur de troupes étrangeres. Il écrivit tout ce qu'il avoit fait à Caïus, qui loëa fort fa diligence, & l’exhorta de faire la guerre aux Juifs, s'ils fai- foient dificulté d’obéïr. Ainfi il vine avec routes fes troupes à Prolémaïde , {ur les fontieres de la Judée, pour y pañlerlhyver, & pour être à portée e commencer la guerre au printems fuivant , s'il trouvoit de Ja réfiftance de:ha part des Juifs. Les préparatifs de Pétrone furprirent extrème- ment les Juifs. Hs ne pouvoient fe perfuader qu'on _voulür leur faire la guerre; & ils ne pouvoiens prefque pas en douter en voyant toutes ces:trou- pes, avec le Gouverneur de:la Province à leur cête: _ €ependant Pétrone ayant mandé les principaux: des Juifs, leur déclara la volonté de l'Empereur. & leur reprefenta en mème tems le danger auquel ils s'expofoient, s'ils vouloient lui réfifter. Hcrut par-là lés'intimider , & les réduire à ce qu'il fouhai: toit : mais il ne gagna rien fur leurs efprits. Ayans d'abord fair éclater leur: douleur par leurs larmes. & en s'arrachant les cheveux., ils déclarerent: à — Pi 118 LI[STOIRE DES JUIFS, | 7" Pérrone qu'ils perdroient plûtôc la vie, que de voir -Ax DU M. iofaner leur Temple. Li A is s'en retournerent à Jerufalem; & le bruit du deffein de Caïus s'écanc aufli-tôt répandu par toute la Judée, les Juifs, fans attendre aucun ordre, | aquitrerent les villes & la campagne, quoique ce : . br alors le tems des femailles, & vinrent rous en femble à Prolémaide, avec ieurs femmes & leurs enfans, pour tâcher de fléchir Pétrone, & de l’obli- ger d'écrire à l'Empereuf qu'il lui plût révoquer ge vulg. 40. _ femmes, celles qui éroient moins vicilles , & les finils vinrent, latète couverte dec endres, les yeux LR ne n mene ail fupplice. a Cr z RICE NS INR EN ERARNERE NET GRAS ARE PRET EME NIET 1 gr ou Nouv. TESTAM. Liu. IT. 119 miliée où illes voyoit, étoit bien éloignée de lef- prit de révolte dont on vouloit les accufer : Que toute cette multitude étoit venuë, ou pour deman- - 4 D DE Lo: A rir enfemble : Que les Juifs étoient les plus foûmis, & les plus zélez fujets de l'Empereur : Qu'ils avoient été les premiers de tout l'Orient, après avoir ap- pris fon élévätion à l'Empire, às'enréjoüir, & à ui donner des marques de leur foumifion : Que: Leur Temple étoit le premier ou l’on eût offert pour lui des facrifices. Eroir-ce donc, ajoûterent-ils .. afin qu'il fût le premier, ou le feuldonton violit: la fainteté> Qu'on nous ôte nos villes, nos mai- fons , nosterres, & routce que nous poflédons ,. nous croirons les donner, & non pas les perdre, f Ton nous laïffe notre Femple en l'état où nous Pavons recû de nos peres depuis tant de fiécles. Que: {i nous ne pouvons obtenir cette grace, nousmour- rons volontiers , pour ne pas voir ce dernier mal- heur. Il ne faudra point d'armes pour nous vaincre; _ notre Religion ne fe défend point par Îles armes, mais par les fouffrances. Nous mourrons innocens: & malheureux, fans rien faire contre les ordres: du Prince, ni contre le devoir de notre con- fcience. Nous ferons les premieres viétimes de cette fouvelle Divinité qu'on veut placer dans notre Temple. ï Pétrone en colere leur répondit : Efk-ce que vous croÿézque j'agifle icrconcre les ordres de PEmpe- reur ? St la chofe éroir en mon pouvoir, vous au- riez quelque raifon de me parlér comme vous faites : mais vous fcavez que je fuis obligé d obéir $ AN pu M. 4043. de |. ee : Ë E.43.dePE- der un pardon général , ou qu'on les fit rous mou- re val 40%. An pu M. 4043. de J. C.43.de VE- re vulg. 40. point de mort qu'ils ne fouffiiffent, pour confér. mer leur Loi. Etes-vous donc réfolus, répondit. crifions deux fois par jour , répondirent-ils, pour ——s 120 HiIsTOIRE DES JUIFS, aufli-bien que vous. Si vous croyez, répondirent. les Juifs, devoir obêtr à l'Empereur, fouffrez que : nous croyons aufh devoir obérr à Dieu , & à notre Loi. L'un eft bien aufli digne dexefpe@& que l'au-, tre... Il nya point de dangers aufquels nous ne nous éxpofions pour cela ; & nous efperons que: Dieu fenfble à nos cris, & inrereflé à foûtenir. {bn honneur , fçaura nous protéger 8& défendre l'honneur de fon Temple. Aufli-tôt le peuple fe retira. Et Pétrone, pour connoître encore mieux. l'érac du pays, & les forces des Juifs, alla accom- pagné feulement de fes amis, à Tibériade, qui appartenoit à Agrippa; laiflant fon armée à Pro- lémaïde. Il y manda encore les principaux des: Juifs; & tout le peuple y vint en grand nombre. Là il leur expofa le danger auquel ils s'expofeienc, en réfiftant à l'Empereur, les menaces de Caïus, la puiflance des Romains; & qu'après tout , on. ne leur demandoit que ce que tous les autres fujets de l'Empire avoient déja fait. Ils ne lui répondirent qu'en le conjurant dene les pas réduire à l'extrémité, en voulant violer leur Loi. Mais ne fuis-je pas moi-même obligé, dit Pétrone, d'obéir à la Loi, & à la volonté de, mon Prince, & puis-je la violer , fans m'expoler. à perdre la vie? Et ma mort même n’empêchera pas que vous ne foyiez réduits à tout ce quil voudra. Alors les Juifs s’'écrierent quil n’y avoit = TP RER PRESENT RS CET A DUR EL AU Ce AG NES APE AN PATES Fra 5. Le Ée Là ÆT Du Nouv. TESTAM.Liv.IT. iii Céfar, & pour le peuple Romain : mais s'il per- fe à vouloir placer fa ftatuë dans notre Temple, il faut qu'il égorge auparavant rous les Juifs. Nous ne prendrons point les armes, & nous n’oppofe- rons point la force à la force : mais nous nous laifflerons tous tuer. Et en même tems ils fe cou cherent par terre, comme pour recevoir le coup de la mort. > . Ces difpofitions toucherent Pétrone; & lorf quil fe fut retiré dans fa maifon, Ariftobule frere _d'Agrippa, Helcias, & les autres Princes de-la _Maifon. Royale vinrent le trouver. avec les prin- cipaux des Juifs, & le conjurerent dé ne point pouflér le peuple au défefpoir ; mais de leur per= mettre d'envoyer des Députez à l'Empereur, où de vouloir bien lui écrire lui-même ; pour lui re- préfenter la réfolution où étoient les Juifs de mourir plütôr que de fouffrir fa Hatuë dans leur Temple : Quelbeutêtre l'Empereur feroit touché de ces raifons, & qu'il feroit attention aux confé- quences de cette affaire : Qu'après tout, s'il vou loit abfolument être obéi , il feroic encore rèms de faire la guerre après le retour des Députez. Petrone _Imit affaire en, délibération dans fon Confeil ; &il fut bién-aife. qüe ceux ,. qui. d'abord avoienc été Les plus déclarez. pour Ja guerre , paruffent ébran- lez, & que tons les autres inclinañlènt à Ja dou- £eur. Il prit donc le parti d'écrire à l'Empereur , quoiqu'il! vîr cout le danger auquel ilss’expofoit : mais 1} défendir.aux Juifs d'envoyerides Dépurez à Caïus ; &siline luimanda.pasimème de l'op= potion qu'ils: formoient contre fes ordres ; fût Tome IV, es. AX ou M. 4043. de J. C.43.de l'E. TE vulg. 49: é ms An.ou M. 1043. deck C.43.de l'E: re vulg. 40, 122 HISTOIRE DES JUIESs, aufli grande qu’elle Pétoit. I fe contenta pour lors d'écrire à Caïus, qu’on n'avoit pü encore placer fa ftatuë, parce qu'il falloit du rems pour l'achever ; qu'on n’avoit ofé prefler les Juifs, de peur qu'ils n'abandonnaflent la culture de leurs terres; que le pays demeurant inculte, ne pût plus produire les impôts ordinaires ; & que la mifere ne manqueroit pas d'y faire une infinité de voleurs. Quant aux Juifs, il les laiffa en fufpens , & les renvoya cultiver leurs terres, fans leur rien refu- fer, mais aufli fans leur rien promettre fur cette affaire; & au lieu de prefler les ouvriers qui tra- vailloient à la ftatuëé, il leur fit dire d'employer tout le travail & tout le tems néceflaire pour la mettre dans la derniere perfection, & pour la ren- dre telle, qu'elle pût pañler pour un chef-d'œuvre. -Pétrone envoya donc en diligence à Romé _ porter la Lettre qu'il adrefloit à Caïus. Il en en- voya d’autres par les mêmes co pour les prier de moderer la coler Huril achevée, quibtémpigns que Pérène ne devoir attendre} que la peine dé fa défobeïffance. Gimula néanmoins fon refléntiment, jufquà üe fe venger fans péril; car il appréhen- es Gouverneurs qui commandoient de gras — N : e à fes amis, Empereur, EAN AR ERRERENNRE ET PRE ET-DU NOUVPESTAM Liv II, 150 da ville ; {a) & pour là terminer, il Alluc que les Juifs & les Alexandrins, chacun de leur côté , en- voyaflent des Députez à l'Empereur. Les Alexan- drins députerent Appion avec deux autres ; & les Juifs envoyerent Philon avec quatre autres de {à nation, Appion étoit Egyptien, né à Oafis, à l'ex- trémité de l'Egypte : (b) mais ayant obtenu le AN Du M. 4043. de J, C.43. de PE. re vulg. 40, droit de bourgeoifie à Alexandrie , il fe fitpafles pour Alexandrin, 11 étoit Grammairien de pro. feflon, c'eft-à-dire, appliqué à l'étude des bel- les-lettres., & à la fcience de l'antiquité. Il avoit été élevé par Didyme, célebre Grammairien d’A- Jexandrie ; & ayant fait de orands progrès dans les fciences humaines, il profefla à Rome fous Ti- bere & fous Claude. Il compofa divers Ecrits ; entre autres, une Hiftoïre d'Esypre divifée en cinq Livres, qui renfermoïent tout ce qui fe difoit , ou .ce qui fe voyoit de plus memorable dans ce pays. Outre cet Ouvrage que nous n'a vons plus, il en avoit compofé un autre exprès contre les Juifs, où il ramafloit toutes les calom- nies que l'on répandoiït contre cette nation. Jofeph entreprit la refutarion de cet Auteur, après avoir compofé fon Ouvrage des Antiquitez des Juifs, itghde. (c} = Teléroit Appion, Député des Alexandrins. Tibére HS SRE Philon, Chef de la députarion de Loir un Juif de la race Sacerdotale, des plus illuftres Lea (a) Jofcph. Anrig. L 18.0. o. (b) Suidas dir qu'il étoir de dc. Philo Legat. aa Caïum , P« Candie. =. Xo19. C feg. = | (c) Pin, Prafar, £ Tome IV, R 2-2 ee fe me PE et PE EE SR TT Sa in : = Rs er - + LS ; 122 N AX ou M. 4043. de TJ. C:#3.de PE: ie vulo. 40. 140 HisTOIRE DES JUIFS, . familles de la ville d'Alexandrie, frere d'Alexan: dre Lyfimaque, qui étroit Alabarque, où Chef des Juifs qui demeuroient dans cette ville. Philon compofa uñ grand nombre d'ouvrages, que nous avons encore, & qui font fort eftimez, tant à caufe de l'éloquence & de la pureté de la Langue Grecque, & de la beauté des fentiméns,, que de l'importance des matieres qu'il traite. Il avoit fort étudié Platon; & on difoit de lui : Ou Platon imite Philon, ou Philén imite Platon. On lui donnoit le nom de Platon Juif. Il étoit grand allégorifte , & il craite en allégories la plüpart des actions des grands Hommes de l'ancien T'eftament , & laplü- part des Loix de Moyfe. _ =. Photius (4) croit que ’eft de lai qu’eft venue dans l'Eglife Chrétienne la coûtume d'expliquer PEcricure par allésoties : fais cet ufage eft cer. rainement plus ancien chez les Juifs, que Philon, On le remarque dans les Livres de la Sagefle & de J'Ecclefaftique. Jofeph () témoigne qu'il avoit lui-même eu deflein d'écrire les caufes fecretres à allésoriques de plufieurs Loix de Moyfe. S. Paul explique. prefque continuellement l'Ecritureen | allésoriés. € Juelques-uns ont écrit (c) que Philon avoit embrafle la Religion Chrétienne ; mais quil la quitta pour quelque mécontemenc. D'autres _ croyent qu'il a voulu loüer la vie des prémiers ta BA idéles de l'Egypte, dans ce qu'il dir des Therapeur (d) Enfin on veut qu'il ait connu faint Pierre - -Bibliot. cod. 10$: | 5 . c) Phiins cod. 19 7 É … | Prafat. ir lib, (d)Enfeb.l2.c.17: He 0 | def, Aieron, de V'irällnir. ce Bali ETDU Nouv, LEsTAM. Liv II. 35 a:Rome fous Claude, qu'il lui aitparlé, & qu'il ait fait connoiflance avec lui, (4) On lui à auf attribué le Livre de la Sagefle, [6) Mais l'examen de toutes ces chofes ne regarde point certeHiftoire. Il nous fufht d’avoir rapporté hifforiquement ce que lon fçait, & ce que l'on dit de Philon, pour faire connoitre quel étoit le perfonnage , que les Juifs d'Alexandrie députerent à Caïus, pour dé- fendre leur droit de bourgeoïlie, & pour redeman- der leurs Oratoires.qu'on avoit démolis,ou ufurpez. : Philon étroit âgé, lorfqu'il fat député À Caïus. Il fc lé VOÿYage par mer, au milieu de Phyver, vers le commencement de l'an 40. de l'Ere vul- gaire. Caïus étoir alors dans les Gaules ; & les Députez des Juifs l'attendirent à Rome jufqu'à {on retour. Is Jui -ERVOY erent Cependant pa r le canal du Roi Agrippa, un Mémoire aflez ample des maux qu'ils avoient foufferts de la part des Alexandrins, & de ce qu'ils demändoient à l'Em- pereur. Les Dépurez des Alexandrins de leur côté, gagnerent fecretrement, à ce qu'on crut, Helicon Grand- Chambellan » qui étoit Egyptien ;. & Ini donnerent de Targent ; pour recommander leurs intérêts à Caïus. Les Juifs ayant appris le tort -que _ leur faifoir cer homme parfes railleries ,. & fes accufations atroces , tâcherent À leur tour de le ne mais ils ne crouverent-pas le moindre ac +: Hs prirent donc la réfolution de s'adrefer direc- . = = (aÿE A Pins aire en. | © (b) Æcrorym. Ep. 115. Voyez | | nfeb. l2,6. 17. Heron. | notre Differtation fur cefujet , à. la cèce du Livre de la Sagelle. Ri An pu M. 4043. de J, . 43 ‘ de Î Es re vulg.40.. C3 AN DU 132 HisTOIRE DEs JUrrsS; tement à l'Empereur , & de lui préfenter un Me- M. . nu S >/ ° 9 fe . * 9, de] moire, qui nétoit que l'abregé de celui, qu'ils lui C.44.dèlE- _avoient faitrendre par Aorippa. Caïus étoit dans re vulg.4r. de Champ de Mars, auprès du Fibre, & fortoit des | jardins de fa mere, lorfqu'ils fe préfenterent de-, _vant Jui. H fes reçut avec un vifage rianr &ouvert, fes falua fort civilement,, & leur rémoigna par un figne de la main, qu'il les voyoit volontiers. Il leur fit dire par un nommé Homile , commis pour les députations , qu'à fon premier loifir , il les écou- æeroit lui-même: Faseur qu'il ne fit à aucun des autres Députez, quiétoient là de toutes les Pro- vinces de FEmpire. Tout le monde crut, fur un accüeil f favorable, qu’ils avoient gagné leur caufes Mais Philon,, que l'âge & la fcience rendoïent plus prudent & plus défiant que les autres, eraïgnitla. fuite de ces belles apparences; & ne voyant pas pourquoi Caïus les auroit préferez à tant d’autres. if foupçonna qu'il avoit déja été gagné par les Ale xandrins , & qu'il ne vouloit les entendre lui-mê= me, que pour leur faire perdre plus särement leur çaufe, = Cependant Caïus fortit de Rome, pour aller voir des Palais magnifiques qu'il avoir fur le bord de la mer. Les Députez'des Juifs craignant qu'on ne les appellât à l'audience, lorfqu'ils y penferoienr | k moins, furenrobligez delefuivre. Ilsapprirent | à Pouzoles le danger où ils étoient, non de perdre Le droit de bourgeoifie d'Alexandrie, mais de voir Ka ruine entiere de leur nation & de leur Religion, que Caïus avoit donné de mettrefa | Sie Temple de Jerufalem, &dontnous | Se ET pu Nouv. TESTAM Liv. II. x33 venons de rapporter lhiftoire. Dans de fi ficheufes ca he a He de N Du M. conjonétures ,. ils ne. pouvoiert guéres fe flatrer doit do d'obtenir quelque juftice pour les Juifs d’Alexan- à 14. delhe drie. De forte que Philon & fes collécues tout dé- re val. 41e couragez, étoient fur le point de s’en retourner. | s'ils leuflent pû faire avec honneur, & fans trahir les intérêts de ceux qui les avoient députez. Mais! Philon les rafsûra , difant : Peut - être que cette tempête n'eft que pour éprouver notre vertu & notre conftance. Tous les fécours humains nous manquent ; ne nous en inquiétons point ; mettons en Dieu feul toute notre confiance. H a fi fouvent tiré notre nation des périls, qui paroïfloient être fans reflource. S'il faut mourir, mourons généren: _ fement pour la.confervation de nos Loix. Unetelle- Mort éft une VéHtablé vies 220 0" __ Ilseurenrenfin audience auprès de Rome, dans. les maïfons de plaifance qui portoient le nom de Mécénas & de Eamia, à qui elles avoient appartenu autrefois. Caïus au lieu d’appeller des: perfonnes habiles, & de prendre les confeils-néceflaires pour examiner le droit des Juifs, & leur pofléflion de quatre cens ans, fe ft ouvrir:les chambres de deux Palaïs de Mécénas & de Eamia, pour les voir les unes après les’ autres. Au milieu de cette occupa=. tion:, il fit entrer les Juif, qui après lavoir falué crès-refpectuenfement , en furent-recus d’une ma niere qui leur fie d'abord défefperer du fuccès de- leur éntreprife, &- qui léur fit craindre même pour leur vie: Car il leur dit en montrantdés dents, & . avec un ris amer : Vous êres dofic ces ennemis: des Diçux, qui ne voulez pas me reéconnoiîtte pour — R iij L > rem teerenentent An pu M. 4044. de I. C.4a4. de lE- L RTS SE Ne TRE TN ESS ES RÉ NEE— re Vulg: 41. _& voyoit les uns après Les autres les af SES 134 + HISTOIRE DES Jos, Dieu, quoique tous les autres le fallenr; & qui ai mez mieux jen adorer un que vous ne, fçauriez feulement nommer >? En même tems élevant les mains vers le Ciel , il profera un blafphême, que Philon n'a pas ofé rapporter. Les Députez des Alexandrins, qui étoient auf préfens. > que leur caufe étoit gagnée. Is n’en diffimulerent pas leur joye, & fe mirent à donner à Caïus les inférerent de ce premier compliment, renonce noms de toutes les Divinitez : de.quoi,ce Prince parut fort content. Er pour isrirer.de, plus en plus l'Emperéur, un certain Jfidore , du nombre de leurs Dépurez, lui adreffant la parole, lui dir : Seigneur, vous auriez encore plus d'horreur de ces gens-ci, fiyous fçaviez l'averfion qu'ils ont pour vous ; eat ils ont été les feuls qui n’ayent pas facrihié pout vorre fanté , lorfque tous les aurres peuples le fai- foienr, À ces mots, les Dépurez des Juifs s écrierent que c'étoir une pure calomnie : Que jufques à trois fois ils avoient offert à Dieu pour fa profpérité, les facrifices les plus folémnels qu'ils euflent dans leur Religion. Je le veux, dit Caïus; vous avez facrifié, SEEN Re mais à un autre Dieu ; crifices? L'horreur de émotion fe ft remarquer jufques fur notre vifage. D PS a … Cependant Caïus couroit par rous.ceslogemens, emarquoit ce.qu'il y trouvoirà redire, les changemens & les ornemens qu'il uel honneur m'en eft:il mes, & ceux des femmes, vifitoitlehaut à \ CTP c : 2 ET pu Nouv EssTam. Li IT. 755 vouloir qu'on y fit. Les Juifs échiencobligez de le fuivre, raillez de tout le monde ; &) infulcez de °# M. leurs ennemis, comme {1 c'eûr été . une repré- a ee fentation de os à quoi tous ces MOUVEMENS re vulg, 4 de Caïus ne reflembloienc pas mal. Après cela l'Empereur revint aux Juifs, & d'un air Éerieux, leur fr cette grave & importante demande: ee E quoi ne mangez -vous pas de pourceau? Fous les afliftans, les uns par flatterie , les autres parce que h chofe eu parut ridicule, É mirent à rire {1 de méfurément , que quelques. cfhciers s’en plaigni- rent , & témoignerent que c'éroit bleffer la majeité du Prince. Les Juifs répondirent que chaque nation avoit Les ufages & fes Loix ; qu'il yavoit bien d’au- tres chofes dont leurs ha ne mangeoient pas Sur quoi quelqu’ un ayant dit, qu'il y avoit même des gens quine mangeoient pas d'agneau : se ont. raïon, dit Caïus, en riant ; car cette viande n'a point de goût. … Après toutes ces boufonneries il Lie demanda tout d'un coup avec émotion jé quoi ils fon doient leur droit de bourgeoi fie. Hs commencerent à déduire leurs raifons : M voyant que les pre. miers étoient aflez fortes , fans attendre les autress, qui ne l'é étoient: pas moins, il interrompit leur dif- Œœoufs, pour aller en courant dans une grandefale!, dont après avoir fait le tour , il ordonna que lon mitaux fenêtres une efpece de pierre tranfparente k femblable au verre. Et apparemment ‘du tale Au fortir delà. il demanda aux Juifs d'un air un peu plus: hiodéré. , s'ils avoient éhéore quelque Le à lui dire. Comme. ils. fe PRpolaiens à à dé- ÉTAT & AT TE VD Te ve Ÿ Por Anou M: 4044. de € 44.deP re vulg. 41 ; £. d36 - FIISTOIRE DES JUTIFS, duire leurs raifons , il les quitta brufquement; pour aller dans une autre falle, où il avoit fait mettre. des originaux -de la main des. plus exceklens peintres. Les Juifs déconcertez , & défefpérant de de faire écouter par un Prince de ce caractere, s'adreflerent à Dieu, &le conjurerent de réprinter la fureur de cette ridicule Divinité. Dieu les exau- ça : il changeale cœur deCaïus; & ce Prince, fans {ortir de fon caractere , les congédia , difant : Ces. gens-la ne font pas fiméchans, que malheureux & infenfez de ne pouvoir fe mettre dans lefprit que je fuis Dieu. Voilà ce qui fe pañla dans certe AUdEnCS . Ils en eurent encore une autre (4) où Appion ayant fortinveétivé contre lopiniâtreté des Juifs, qui étoient les feuls de tous les peuples qui ne vou- loient pas reconnoîïrre la divinité de Caïs; Philon voulut fe mettre en état de lui répondre. Maïs l'Empereur lui impofa filence, & le chafla hon- teufement , avec menaces de le traiter encore plus mal. Alors Philon dit aux Juifs qui l’accompas | noient: Prenons courage, mes amis; car Caius en fe déclarant contre nous, nous afsûüre de Ja pro tection de notre Dieu. Ils fe-trouverent fort heu- reux d'être fortis de fes mains la vie fuve. (3 À Mais Philon-fut en danger de la perdre; (2) & Ë Caïus fit mettre en prifon Alexandre Lyfimaque fon frere, Chef, où Alabarque des Juifs d’Alexan- dtie. {d) On ne nous apprend pas quel fur le ME | I | (d) Jofeph. Amigel.19-6 4 — Jugement | RS - Ë > et ou Nouv. TEsTaM. Lév:Il. 147 ces Jugement de l'Empereur, & quel fut le fuccès de F cette députation des Juifs d'Alexandrie : mais on: ne à J. {çait que pendant vout le refte du regne de Caïus, € 44. delEer cette nation fut dans Foppreflion , & que ceux re vulg. 41. d'Alexandrie continuerent à être expofez aux mau-. | vais craicemens des Alexandrins. | - Vers ce mêmetems, ilarriva auffi une diforace 3 à aux Juifs de de-h l'Euphrate , de la Méfopotamie, 4043. de J. C. & du pays de Babylone. Depuis les captivitez arri. : EE vées fous les Rois d'Aflyrie & deCaldée , les Juifs avoient toujours été fort nombreux enices quar- Cuar. VII. tiers-là. Hy en avoit particulierement beaucoup à. Hifloïre des deux. Nifibe & à Naharda fur l'Euphrate, deux:villes nitéc. fortes , où fe mettoit en dépôt vout l'argent, que les Juifs du Royaume des Parthes envoyoient à Jerufalem ; (4) car on fçait que tousdesans, cha que Juif éroit obligé de payer un demi - ficle au Temple. Ils apportoient de tems en tems cet argent à Jerufalèm , & y venoient en grandes caravanes, de peur d'être volez en chemin par les Parches, ou par les Arabes. Deux Juifs de Naharda, nommez Afinée & Anilée, freres ,ayant pris les armes, parce qu'un maître tifféran , dont ils étoient apprenrifs, les avoit maltraitez , fe faïfirent des marais & des pâturages, quifont entre les branches de l'Euphra- &e, au lieuoù il fe divife en plufieurs canaux. Ils s'y fortiferent, & le nombre des volontaires qui les fuivoient , s'augmenta de telle forte, qu'ils de- vinrent redoutables, même aux Rois des Parthes: Ils mirént en fuite le Gouverneur deBabylone, qui (a) Voyez Jofeph. Anriq l, 18, 6. 125 _— Tome IV. | ; $S. 4 Re + smeéie aer k | y û { Fi 1 RE ER Se En pt Reef 2 LR PE a à PE Pr re ln ee — y ep —« RE À à x \ ke An pu M. 4043, & fui- vans. 138 H1STOIRE DES JU1IrSs, étroit venu dans Le deflein de les furprendre. Arta= bane Roi des Parthes, admirantleur valeur, fou- haita de les voir, & donna à Afinée le souverne- ment de la Province de Babylone, dont il joüit uinze ans, avec un pouvoir prefque abfolu fur route la Méfopotamie. : [A -Anilée fon frere, érant devenu pañlionné de la femme d'un Seigneur Parthe, fit la guerre à ce Séigneur, le défit, le tua, & enfuite époufa fa femme. Cette femme étoit idolätre ; & ayant ap- porté avec:elle:fes Dieux, elle continuoir à les ‘adorer. Les Juifs en murmuroïent hautement ; & Afinée après avoir long-tems diffimulé la faute de fon frere, fut enfin obligé de lui en parler, & de lui dire que pour faire cefler le fcandale, il devoit - répudier certe femme. Anilée ne pur sy réfoudre; &c-la femme craignant de fe voir forcée par les Juifs de s’en retourner, prit le parti de fe défaire d’Afinée. Elle y réüffit, & lempoifonna. Ainfi Anilée fe trouva feul à la tête des Juifs de la Méfopotamie. Il eut l’imprudence de fe broüiller avec fes vois fins, & furtout avec Mithridares, gendre d'Arta= bane Roi des Parthes. Il ft .des courfes dans {on pays, & y caufa du dégât. Mithridares affembla une armée, & atraqua les Juifs : mais il fut défaie, pris, &amenéà Anilée, qui le craita très-indigne. ment, & enfuite le renvoya. Michridates irrité des outrages qu'Anilée luiavoit fait fouffrir, &animé par les reprochés de fa femme, leva une feconde … agmée. Anilée vint lui livrer bataille : mais ikfut battu , & obligé de fe retirer, I fe foûrine routes fois encore quelque rèms, jufqu’à ce que les Babys test C2 La > es = ga 6 RENTE RE GTR ESC Le À pd da à re A ES CAE à SCTSS ET Du Nouv. TesraM, Li. II. 139 loniens, à qui ilsétoit rendu odieux, le furprirent :} le nuit dans fes'imarais , le tuérenr, & pañlerent. tous fes gens au fil de l'épée... Quoique les Juifs de Babylone n'eulfent point eu de part à ce que lés deux freres avoient fait | les Babyloniens’ñe laifférent pas déles malrraiter. De “rte qué n'étant pas allez forts pour leur réfifter, “ni affez patiens pour le fouffrir, ils pañlerent à Se- eucie, ville fur le Tigre, où leur nombre fur en- de ceux qu'une pefte avoit chaflez de Babylone. En a RS vans. -Core augmenté quelque téms après, pat l'artivée- 18 queique Pres, p ‘Seleucié fondée par Seleucus Nicanor, étoit peu-. plée de Grecs & de Sÿriens} & ces deux nations. formoiént autant de partis, qui entrerenoient une divifion continuelle dans la ville, Les Juifs s'étant Joints au parti des Syrièns ; le tendirent Le plus fott. Les Grecs chercheréntà les divifer : mais n’y ayant pü réüfhr, au bout de fix ans, ils fe réünirenc eux-mêmes avec les Syriens, & firent tout-d'un_ coup main-bafle {ur lès Juifs. Il en fut tué plus dé cinquante mille. Leurs amis &'leurs voïfins pat compaflion, en fauverent quelques-uns, qui fe _fétirerent à Créfiphon, croyant y être plus en sû. tumé d'y pañlér Phyver. Le . Mais ils ny demeurerent pas en repos , parce Que tous les Syriens, c’efta-dire, les naturels du pays, confpirerent à leur ruine , auf -bien que les Grecs dé Seleucie : Dé forte qu'il fe fit un carnage reté parce que le Roi des Parthes, avoit accoi _de’Tuifs dans toute la Méfopotamie, & 12 Bab ÿ= Jonie, plus grand-que tout ce que nous lifons ail- leurs dans l'Hiftoire. Ils farent enfin contraints SD AN pu M. 4043. & ui. 140 -. HisTOIRE DES Jurrs; 7 prefque tous de quitter le pays, pour fe retirer AN pu M. Te . da 7 RL | A & fai. dans Ni ibe & dans Naharda, qui étoient les plus Vans. fortes villes du pays, & où ils étoiene plus en état de fe défendre qu'ailleurs, parce qu'ils y éroient en plus grand nombre. Ils avoient à Naharda une Ecole célébre, donril eft fouvent parlé dans leurs Rabbins. C’eft ainfi que la colere de Dieu com- “mençoir à fe déclarer en divers endroits, contre la __ nation meurtriere du Sauveur du monde. | Verxswan Ilarrivaen cemêmetems-une chofe fort finpu- du M.4043.& liere dans le Royaume d’Adiabéne ,. qui faifoir 4044-de 7: C: Larrie de l'Empire des Parthes. L’Adiabéne elt {ur 4.3. 44e. de l'Ere: vulare4oar. le Ligre, & on croit qu'elle prend fon nom des. _ deux fleuves Ava & Adiaba, qui la traverfent. Cnar. VIT. Hélene Reine de ce pays , étoit rout à la fois fœur téne Reine des A & époufe de Monobaze. (4) Elle en eut deux fils; diabéniens , & de: Bn él me, Monobaze l'aîné, & Izate, que le Roi Monobaze fon pere aima plus que fes autres enfans, & qu'il deftinc | s fils des. diverfes: femmes .qu'il avoit époufées ; & qu'il retenoit enmême tems, fefon la coëtume de ces peuples. La préference que le Roi avoit donnée à Izate, excita contre.lui la jaloufe de fes freres. Pour en prévenir les fuites, Monobaze l'envoya à Abenneric, Roi de HR afin, pays fur le Tigre, alatète du Golphe Perfique. ee > = _ Dans ce pays Izaté rencontra un marchand Juif, .ommé Ananie, qui lui apprir. & aux femmes du \ Fe . (a). Jofep Aritig..l. 20: €, 2e oit à être fon fuccefleur : car ilavoit pluñeurs Roi Abenneric, à adorer Dieu à la maniere des . Quelque.tems après, Monobaze le pere fe à _ = . 3 ms - Re Le Fe À [5 Ë Fa È Ë $ Et Fa à BE ‘ Re F Re fi à Rs $ Ù È Ë Ka Le F È < Ë Er ou Nouv. Tesram. Liv.II, 4x voyant âgé, & prèt demourir, envoya querit Izare, © & lui donna le gouvernement & le domaine d’un pays, nommée Cerox, (4 } où Jofeph dit que l’on montroit. encore des reftes de l'arche de Noë, & par conféquent qui étoit aux environs du mons Ararat. Izâte y étant allé, Monobaze fon pere mourut vers l'an 38. de l'Ere commune; & aufli. rôt Hélene ayant afflemblé les Grands, les porta à -reconnoître [zate pour Roi, comme fon mari l’avoit {ouhaité. En attendant fon retour du pays de Céron,. Hélene couronna elle-même Monobaze. fon. fils aîné, peut-être afin de contenir les peuples par la: _préfence d’un Roi feint, en attendant le Roi véri- table, & Monobaze laifla faire fa mere, dans l'ef. pérance apparemment que fon. frere lui feroit un -meilleur traitement à fon retour: Quoiqu’ilen foin Izate érant venu.en diligence, Monobaze luirendir Ldadèmes + Îzate commença fon regne par une ation de clémence, ayant rendu la liberté à fes frerés, qu'on avoit d’abord mis en prifon.,.de peur qu'ils ne caus faflenc quelque trouble. dans l'Etat. Mais aufli ne vaffal,-& partie aux. Romains: Monobaze feul de: meura auprès de lui. Les: impreflions qu'il.avoir reçüés de la Relision des Juifs par Ananie, lui étoient demeurées fi avant dans le cœur, qu'il ne (a) Fafph lise cit. Xéear di duc| 15e irouaples emabiou 136 tie Kespor Àeyou nr. Dép JÙ A TAG ÿ HéYet » NDv Tara Tois jdbit Bshen- su Téduouy &yast. Es dù ty vip à | eos md'emU ler. 3 Ashlaye.ric Adgrax @r > À Népoy pts © | Ë Si VERS L'Ax du M. 4043, OÙ 40 44e VERS L'AN du M.4043. GU 4044 2 TAL ÉTYISTOIRE DES Jess 7 les oublia point. Il engagea même Ananie à venir avec lui dans l’Adiabène. Ilarriva auflique fa mere - Hélene avoit embraflé le Judaïfme , par le moyen d’un autre Juif : ce qui frun plaifir extrème à Izate, & lui infpira l'envie de faire profeflion publique de cette Religion, & de recevoir la circoncifion. Maïs {à mere l'en difluada, craignant que ce change- ment ne causât quelque trouble parmi fes fujecs. Ananie appuya l'avis de la Reine, & repréfenta au Roi que l’eflentiel de la Religion des Juifs, étoit lobfervation de la Loi, & que Dieu excuferoit en lui lémiflion de la circoncifion , puifqu'il ne le faifoit que par néceflité, & pour éviter un danger éminent. : _— Mais quelque tems après, un Juif de Galilée, nommé Éléazar, l'ayant trouvé qui lifoit les Livres _deMovyfe, lui fit entendre qu'il ne pouvoit obfer- ver les commandemens de la Loi, fans la circonci- fion. Izatelecrut, &reçut fur le champ la circon- cifion. Puis ilele déclara à fa mere, &à Ananie.Son zéle les furprit, & ils en craignirent les fuices. Mais Dieu permit que la chofe réufsit heureufement, & Izate regna plufieurs années , aimé & honoré de tout le monde. Son bonheur & fon exemple por- terent Monobaze fon frere, & fes autres parensà vouloir Pimiter. Ils fe firent Juifs, aufli-bien que lui. Mais quelques Seisneurs du pays né pouvant. foufrir , qu'on abandonnât ainfi la Religion de leurs Ancètres, appellerent Abia Roi des Arabes, &ilui promirent d'abandonner leur Roi dans la bataille. Abia vint avec une armée. Izate abandon né de la plüpart des fiens, fut obligé deferetireæ LOTO PRO ERNSTERST NERO PAT RTE RO re EME ARLES RE ES ET DU NOUvV. TESTAM. Liv. IE. dans fon camp. Mais le lendemain il dttaqua les > Arabes, les déft, & obligea Abia de fe donner ni la mort, de peur de tomber entre les mains du . 4 : . : vainqueur. . | : Les mécontens n'en demeurerent pas là. Ils s'adrefferent à Vologéfe Roi des Parthes, & lui rendirent apparemment la fidélité d’Izate fufpeéte. (4) Vologéle vint dans l'Adiabéne avec une puif- fante armée. Izate ne fe fentant pas affez fort pour lui réfifter, fe profterna en terre devant Dieu, fe couvrit la tête de cendre, jeñna avec fa femme & fes enfans , & implora avec ardeur le fecours du Tout-puiffant. Ses prieres furent exaucées. Volo- Ë géle reçut la nuit mème la nouvelle d’ine irruption E dé quelques Batbares fur fs terres, & fue obligé de s'en retourner en diligence. Dieu fivorifa Izate dans plufieurs autres rencontres périlleufes, où tous les moyens humains fuihanquoient. La Religion des Juifs n’éroir déja plus alors la vraye Religion. _ Mais Dieu nelaiffe pas de fecourir ceux qui mettent en lui leur confiance, & il récompenfe leurs actions qui paroiflent bonnes aux yeux des E Ofnmes, par des fuccès que les hommes éftiment avantageux. Hélene mere d'Izate, voyant fon fils heureux & aifible dans fon Royaume, vint à Jerufalém vers Eee 44. de l'Ere vulgaire, & elle sy fignala beau- E coup, par les grandes liberalirez qu'elle fit au peu. ple; durant la famine qui défola la Judée , & plu- fleurs autres Provinces cette année-la. Elle démeuræ dans H'baffe ville, où elle avoit fon Palais. Elle fit ss PR FERRER EAN 5 eme" Ÿ : ( a) Voyez Tacit. Aunal. Ac. ze 14, & È HS VERS L'AN du M, 4043: OÙ 4044 HrSTOIRE DES JUTFS, aire à trois ftades, ou trois cens foixante & quinze pas de Jérufalem, un maufelée de plufieurs pyra- mides, que Paufanias , qui écrivoit à la fa du fecond fiécle, remarque en parlant de celui de Maufole, qui étoit une des merveilles du monde, comme un des plus beaux qu'il eût vû. Il fubfftoit encore du tems d'Eufébe & de faint Jérôme. (4 ) _ Jzate regna vingt-quatre ans, & mourut âgé de cinquante-cinq ans, Vers l'an 61. de Jefus-Chrift. . Ildaifla vingt-quatre fils; & néanmois il voulut que +: interrompre la fuite, Monobaze fon frere aîné, qui lui avoit gardé da Couronne avec tant de fidélité, füc fon fucceffeur. Hélene retourna dans l’Adiabène après la mort d'Izate, & y mourut au bout de quelque tems. Monobaze envoya les os de fa mere à Jerufalem, avec ceux d'Izate, & les fit mettre dans le Mau- folée qu’elle avoit fait faire. Orofe (b) avance que cette Reine avoit embraflééla Religion Chrétienne: mais nous ne voyons rien de femblable dans Eu- febe, ni dans les plus anciens monumens Eccléfia- ftiques. Quelques-uns des freres & des enfans d'Izate fe trouverent enfermez dans Jerufalem, … lorfque Titeen fit le fiége. Ce Prince leur donna la vie : mais il les emmena avec lui, pour lui fer- vir d'orages. Nous avons rapporté out de fuite l’hifttoire d'Hélene & d'Izate, quoiqu'arrivée aflez Tong tems avant & après l'année 41. de Jefus-Chrif ont nous parlons. Nous lavonsfaic,pournenpas me cz | (b) Orof. lib. 7 C6 = “a gain | te) Eufeb. Hif. Ecc|. lib, 2. 6. 2. Hicronÿm. Ep.27e ( Le x Er pu Nouv. FÉES TAMydaui II. v4s Caïus Caliguila s'étant rendu infupportable par fes cruautez & fes extravagances, fut enfin tæé le 24. Janvier de Pan 41. de Jefus-Chrift. Nous avons donné ci-devant quelques traits de fa vie, & fur- tout de ce qui fegarde [a folie qu'il eut de vouloir pañler pour Dieu. Pour faire comprendre jufqu'ou alloit fon extravagance, il ne faut que rapporter ce n il fit à l'égard de fon cheval, nommé incita- tus. (4) Il Pinvitoit à fouper, il ni faifoit ervir de lot ge doré, il lui préfentoit du vin dans des vafes d’or ; il ns avoit fait faire une écurie de mar- Le , & des mangeoires d'ivoire, des couvertures de pourpre, un collier de perle ; 7 [ui avoit donné une maïfon , des ferviteurs, des meubles précieux, pour éceyoir magnifiquement ceux qui feroient invitez de fa part à fouper. Il juroït par la vie, & par la fortune de fon cheval ; il lui promettoit qu'il le feroit Conful; & il y 2 ec coup d’ apparence qu ] Pauroit fait, s’il eût vécu davantage. Il avoit mis au rang des “Poacifés qui frvo one dans Fe Temple où il fe faifoit on Pour fes cruautez , elles éclatterent he tout fon regne principalement depuis fa feconde année. C'étoit CE ne le plus bizarre , le plus léger, &le plus inconftanr que l'on conmhic. Prodigue jufqu'à à l'excès, puis avare jufqu’à la mefquinerie ; formant des iles chimériques & impratiquables; d'un luxeinfini. ILavoir épuifé les richeffes de P Empire, & s'étoit mis dans la néceflité d'exercer ‘mille vio- lences, pour avoir de quoi luflre à à fes folles dé- si Deere man, = ———, (a) Dio , Lib. $9.p. 650. 61: Sont Caïo US Tome EL. | . pu M. . dd ê. … de PE: re vulo. 47. : ne Le Car. IX. Mort de Caïus Calicula. Claude lui fuccede, An ou M. 4044. de |. C.44. de PE- re vul®, AT. lui qui lui porta. le premier coup: Caïus railloit. 146 HISTOIRE DES JUIFS, penfes. Il y avoit quatre ans que l'Empire cémifoit: fousla ryrannie de ce monftre. Mais comme fa cruauté étoic fans bornes, perfonne nofoir entre. prendre d'en délivrer le genre humain. Toutefois: Caflius Chéréa , Tribun d’une destompagnies des gardes de ce Prince, .conçut le deflein de le tuer. (a) Hsenouvrità quelqu'un ée fes amis ; & ce fut toujours Chéréa, comme un homine fans cœur &. fans réfolution ; & lorfque Chéréa étoit oblige de vetir à fon tour préndre de lui le mot du guet, il: lui en donnoit toujours quelqu'un de ridicule, & qui. tendoit. à lui reprocher qu'il n'étoit: qu'une femme: Les railleries de fes compagnons joinres à éelles de l'Empereur, f ervirent encore à l'irriter de plus enplus, & il fe réfolur enfin d'exécuter promp-- . tement {4 rélolution:. -_ Caïus devoit donner dès jeux-dans fon Palais en: Fhonneur d'Augufte , le vingt- uniéme jour de Tanvier, & les trois faivans, après quoi., il devoit: partir pour Alexandrie. G'éftle res de ces jeux: que les conjarez prirent pour le maflacrer. Ils fait. férene pañlér les-trois premiers jours , fans rien en treprendre : mais le quatriéme jour, Chéréa, & les: autres conjurez l'atténdirentà la fortie du chéatre,. dans des lieuxobfeurs, par où'il devoir pañler. IE alla d'abord au bain; & Chéréa étant venu lui de: mañder le mordu guet, Caïusluien donna à fon: … ofdinaire un ridicule & injutieux.Chéréa lui rendit: x CT ressens rs er È > : GRR RSS EE ofeph. Anriq: b,-19:.ç: Le 22 Ce. Suetom in Cait- Re * - ee > re e DE Se ne 7. e ET DU NOUveTEsTAM. Lie. II. 4y injure pour injure, & mettant l'épée à la main ; lu en donna un-grand coup entre l'épaule & le coû. L'os qui joint l'épaule au coû, fr que la-playe ne fut poine mortelle. Caïus voulut s'enfuir : mais «Cornelius Sabinus, lun des conjurez, le fit romber _{urfes genoux ; & lui avec fes compagnons, Pache- “vérent, en criant toujours : Recommence, quiétoit leur fignal. Telle fut la fn de Caïus Caligula, que nous croyons être celui que le-Prophéce Zacharie (a)a défigné fous le nom de pafteur infenfe ; de fantôme de pafteur, qui abandonne fon troupeau, qui mangé la châir des brebis, & qui les fatigue, ‘jufqu'à leur rompre la corne du pied. Dieu le me- mace.de faire tomber l'épée fur fon bras, & fur fon «œil droit, de deflécher fon bras, & de couvrir fes poux derénébresii que er … Le bruit de la mort de Caïus :s'érant répandu Le à chéatre, où de peuple & les principaux de ‘la ville éroienc afflemblez ,y caufa d’abord beaucoup -d'efroi. ‘Le -peuple aimoit.Caïus, à caufe des lar- -geffes qu'il leur faifoit, ‘&:des fp ectacles qu'illeur --donnoit fouvent. ‘Les Sénateurs & les Grands le haïfloient. Ses foldats lui étoient fort attachez. Les Allemans de {a gardeentranten fureur, maflacre. rent d'abord ceux qu'ils rencontrerent; puis envi xonnerent lethéatre , ménacant de faire main-baffe furtout le peuple: mais enfin ils Sappaiferent , & chacun fe retira dans {a imailon. Le-Sénat convo- ‘qué patiles Confu Is au Capitole , délibéra fi l'on choïfiraieun nouvel Empereur où fi Pon rétabli- TT a Zach. XL. 16. 17 + ion So Ti E AN . M. 4044. de J. C:44 de PE re vulo, 41, A1. LEE 154 HISTOIRE DES Juars, | | fairs. Il fit rafer les cheveux à plufieurs perfonnes 4 Us qui firent les vœux de Nazaréens, & il contribua . Cu de l'E, n tout, où en partie aux frais de leur confé- revulg. 41. CTation; . écoit la coûrume parmi les Juifs, (a). L. que pour avoir part au mérite du Nazaréat d'un É _ autre, Pon contribuât aux frais de fa confécra- tion. Et ayant exactement accompli tout ce que. h Loi ordonne , il fit préfent au Temple de la | + chaîne d'or quel Empereur Caïuslui avoit donnée, | pe en la place de celle de fer qu il avoit portée au- | paravant. Hila fufpendit au dedans des galeries du Temple > au- deffus du tronc où l'on jettoic es | dc | — l'argent qui étoit confacré à Dieu, pour ètre un | EE _ monument éternel de linftabilité de chofes hu- + EE — maines, & du fouverain pouvoir de Dieu fuck À EUR …_ Hiiuncde Ron, , qu'iléleve ,& qu 1l abaïfle ss | il lui plaît. _ Ce Prince ôta la fouveraine ns . . “Théophile fils d'Ananus, (4) & la donna à Simon Cantharas, fils de Bocthue, beau-t -pere du Grand | Hérode , à caufe de Mariamne fa fille, que _ Prince Do Lo in voulut le épouses | … peu de terms. cette dignité, pour la donner Où Ananus, qui l'avoir déja Lee : mais Jonas | . après = s'excufac de voir , ditaf .. de de por cette dis fois; quil fe contentoit « er nneur à “Re une Aie _ étoit Iduméen d'origine. Agrippa, qui étoit alors | ET pu NOUw. TEsTAM. Liv. II. 155 | = qu'il en croyoit très-digne à caufe de fon in- Av ou M. . nocence, & de la pureté de fa vie. Agrippa loua de ‘fa node & la donna, ainfi gs : Je fouhai- C4. de LE. toit, + fon frere. Li tevuR di Agrippa témoignoit en général beaucoup de. . pour fa Religion, (4) évitoit avec doin tou | | tes les impuretez légales , obfervoit exactement - toutes les Loix, & ne pafloit point de jour fans à offrir des on C'eft pourquoi il aima : le féjour 2 de Jerufalem, dont Claude lui avoit rendu la Sou- - _véraïneté, & il y demeura prefque toujours. Il | témoignoit aufli beaucoup « de bonté & de clémence envers fon peuple, croyant que. c'étoit- là le vrai caractere d' un Prince. Il aimoit à faire du bien, | & à être aimé, étoit magnifique & liberal envers _ tout le monde , attentif & compatiflane aux Maux - de fes fujers, fenfible à leurs. befoins, magnifique en toutes . Il aimoit à nner des fpecta- cles au. peuple : mais les Juifs zélez défapprou- voient fort les combats des gladiateurs qu'il don- -noit quelquefois, & où Fon Jen qu'ilfé une fois périr. quato _cens hommes ___. Simon ayant un jour fait A le peuple, dé Se _clama hautement contre lui, & dit quonnede — voit pas le laiffer entrer. dans Le Temple avec es ee Vrais Ifraëlites, parce que du côté de fon pere il à Céfa ce en re aformé. Il fit venir Simon, le | EE a 156 MISTOIRE DES JUIrs, | | afloit rien contre la Loi, dans les fpeétacles qu'of | ANR dE repréfentoic alors. on y trouva rien à redire, | ce dep. & lui demanda pardon. Le Roi fe contenta de a L re vulg. 41. foûmifhon, & le renvoya , après lui avoir fait même quelques préfens. On blime Agrippa d'ingraritude « envers Silas ; (a) à qui il avoir de rrès - grandes obligations , & qui lui avoit rendu des fervices cffeniels dans - fa premiere fortune. Agrippa. le récompenfa, en lui donnant la Charge de Général de toutes fes troupes : mais Silas abufant del liberté qué ee fervices lui donnoïent , traitoit Agrippa plütôs comme fon égal, que on Maitre, vans | tant nr ds fes fervices., & rappellanc | au Roi le fouvenir de fes premieres difgraces, | Agrippa fatigué de ces difcours, ôra à Silas le | commandement qu'il lui avoit us , &le fe | arrêter prifonnier. Après que fon refflentimenr. fie palé, & que la raifon eut repris la place de la | colere, , Agrippa voulut le rétablir. Maïs Silas outré | de dépit à à caufe de l'injure qu'il avoit recûé, dé | clara hautemenr qu'il ne ceferoit jamais de lé | faire des reproches de c ce qu il avoit fait pour Jui . | ne -de | Se _ ‘Ag ippa a fon. F Se à: Calciue, qui le haïl foit , le. ri mourir : ufr se. — _qu4 "Agri ippa eut K endu Pefprir IE … = _ Peu ne. que ses fut arri Er po Nouy Desr Li If. re de l'Empereur Claude. Cette action für fort def. approuvée des principaux de la ville; & Agrippa _ en prévoyant les conféquences , alla trouver Pé- _trone, qui étoit encore Gouverneur de Syrie, au Fe Par XL 4044, de [: C.44. de l'É- re vulg. 414 couvernement duquel la ville de Dor appartenoït,. comme étant de la Phénicie. Pétrone envoya aufli- tôt à Dor Proculus Vitellius Centenier, pour lui : amener les coupables, & écrivit aux Magiftrars: _de la ville une Eertre fort fèvere, pour lesobli- ger à livrer les auteurs du trouble, & à laifer aux Juifs la liberté , que l'Empereur venoit de leur accorder dans toute létenduë de l'Empire. Ainfi cette affaire n'eut point de mauvaifes fuites. Agrippa fe voyant tranquille dans fon Royau- me, s'appliqua à gagner l'affection. de fes peuples: H y réufhit aifément ; & pour leur donner des - marques de fon affection, il leur remit le tribuc mer ct Se "1 AN pv M- 4045. de X C-- 45.de l’Ere vul-- QALC 420 que chique maifon lui devoir. (4} Il entrepric auf d'environner d'une muraille très-forte une grande augmentation de maifons, que Pon avoir baries au feptentrion de Jerufalem , & donc if vouloit faire comme une nouvelle ville. On non: È see LnOME ‘ville meuve ; & le Roi n'avoir épargné ni {on ar: gent, ni celui du peuple, pour obtenir ded’Em> pereur la permiflion de la fortifier. (#) On pré= CR n'eut pas beaucoup de peine d'obtenir de €hude ce qué l'on demandoït ; Shen 3 “(a ) Antig. Li CET … (b) Ari. l19.0 7. alien + no ÆS 2 i TT CE PS AO 4: de “Casder Cu AP. X 158 HisToIRE DES JUrrs, — vrage : mais Vibius Marfus, qui avoit fuccedé AN. DU M: Cerre année quarante-deuxiéme à Pétrone, in- El forma l'Empereur de l'encreprife d'Agrippa, & M re vulg. 42, lui fr appréhender quelque révolte de la part des. Juifs. Ce qui obligea Chude à lui défendre de continuer cet ouvrage. Saint Pierre après avoir annoncé JEsus-CHRIsT a 1 Gain Pierrevient dans les Provinces de Pont, de Galatie, de Bi ‘àRome fous lEm- pire de Claude. thynie, & autres Provinces voifines, vint à Rome, | qui étoit le lieu que les autres Apôtres (4) lui 2 Rent : ; n — à k avoient principalement afliggé pour fon partage dans la prédication de l'Evangile. Il yvincenvis | ron vingt-cinq ans avant fa mort , en la deuxiéme année de l'Empire de Claude. (4) On croit que | faint Marc l'accompagna dans ce voyage ; car les | Anciens (c) nous apprennent qu'il étoit l'inter | _préte & le fidèle Difciple de cet, A pôrre. Saint Pierre … | y fi plufeurs Difciples qu'il convertit, non-feu- W lement du nombre des Juifs, mais aufh dunom bre des Genrils ; & cette nouvelle Eglife devinr bien-tôt célébre dans tout le monde, par fa foi & fon obéiffance. (d) C'eft, dit-on, (e) dans ce À voyage que faint Pierre vit àRomePhilonleJuis & qu'il eut diverfes conférences avec lui. Onpré rend ipême (f) qu'ils firent amitié enfemble. Mais le principal fujer du voyage de faint Pierre, étoit de combattre Simon lé Magicien, (g) qui ayant Eufeb. 1. 3.0. 14. biff. Ec- 7. de Viris illuftr. c.1. . rer Fil. L 3. |G: D Do ho. DS Cure el ÉTOILE | Er pu Nouv. 7 Lio ll. 159 ‘quitté Samarie, _ parcouroît les pays où JEsus- CHRIST n'avoit. point encore été prêché, & 1. riva enfin à Rome fous l'Empereur Claude. _ Ce fur-là que fe fervant des fecrets de {a ma- gie, il ft aux yeux du peuple Romain un fi grand An pu M. 4045. de &. Cas. de V'E- re ne PA Te. nombre de preftiges, qu'il y fut regardé comme un Dieu, & y reçut les honneurs divins, fi lon en croit divers Anciens, (4) Mais faint D fic connoître fes fourberies, & afloiblit fon autorité, tant par fes difcours, que par fes miracles; & quand il fut obligé de quitter cette Capitale de l'Empire, _ il y lala une Eclife nombreufe & floriffante, ca- pable de difiiper les ténébres, que cét ennemi : cherchoir de répandre fur la verité de l'Evangile. Cette même année quelques Fidéles originaires de. Cypre & de Cyrene | b) qui. étoient du nom- bre des premiers Difci les des Apôtres, & de ceux que la perfécurion excitée à l'occafon de fine Étienne, avoit difperfez, vinrent à Antioche, &- commencerent à y prècher aux Grecs, c'eft-à- dire, aux Gencils convertis, ,aufquels L la porte de l'Ev: gile avoit été ouverte par la converfo - tème de Corneille. Ils frent plufieurs mir acles dans _ cette ville, & y gagnerent plufieurs ames à Dieu. Il ya allez d'apparence que Îles principaux de ces Prédicateuts étoient Luce de Cyrene, Simon le ” Noir, & Manahem . dont on parlera Ci-ap : L'Églife de Jerufalem ayant appris 1 eur fuccès de cette pren & que len nbre des "+ Juffin. réh &. 20. Terrnl. Apologer. c, 13. En. | Jeb. L 2,614 Cyril, Cath.c. Ang. Saint Barnabë vient à Antioche. | | | TT- =. . te HISTOIRE DES JUtrs, - : RO —- Fideles 'augmentoit à Antioche, y envoya faint E. AN DU D Barnabé, qui fut témoin des merveilles que la Cu. Es grace de Dieu avoit joperées dans leur cœur. I “re vulg, 42. €xhorta ces nouveaux Fidéles à perfeverer dansle — fervice du Seigneur, & en augmenta beaucoup le © . nombre par fes inftruétions & par fa vertu; ca | C'étoit un homme vraiment bon, animé du Saints Efprit, & plein dé foi & de zéle pour le falut des | autres. Il étoit même rempli de l'efprit de prophé tie, & avoir recû de Dieu le don de la fcièence à & de la parole. Voyant que la moiflon étoit grande en LÉ RES RE RES \ : : | 4 ; | i ù * ki à Antioche, & que les ouvriers n’y étoient pag en aflez grand nombre, il äila à Tharfe, pour y … chercher faint Paul, qui lui étoit connu depuis … long-tems ; & layant trouvé, il lamena à An | tioche, où ils demeurerent enfemble deux ans en- … tiers. Ils y frent une fi grande quantité de con verfions , que le nombre des Fidéles croiïffant tous les jours, on commença à les y connoître fouske. nom de Chrétiens. Et c'eft-R où ce nompritfon origine, & d’où il fe répandit bientôt dans tout l'Empire. Jufques-là les Difciples de JEsus-CHRIST me fe qualifioient, que du nom de Freres, de | | SA OR CR _Magmifencæ … Entre les effets de la magnificence & de ki # ed" berdlié d'Agrippa, Joféph (4) me le hâte, = Jamphithéarre, les bains &°les galeries quilfte { a) + es 7. ftades fon ET DU NOM PES T AM Le II. Ter peuple au milieu de la paix,une image de la guerre, 7 = il fit venir dans Pamphithéatre quatorze cens hom. AN Du M. as LL 4045. de J. mes condarmnéz à mort, que l’on fépara en deux & Je debre troupes. Leur combat fut fiopiniâtre, que de tout re vulg. 42, en vie. 2 De Béryte il vint à Tibériade ; & comme il £toit fort confideré des Princes fes voifins, il sy trouva bientôt avec lui cinq Rois; fcavoir, An- tiochus, Roi de Comagéne ; Sampfigeran , Roi des Emeféniens ; Cotis , Roi de la petite Arménie; Po- ce grand nombre, il n'en demeura pas un feul _lémon, Prince de Ponts & Hérode, Roi de Calcide: Agrippa fe fentit crès-honoré d’une pareille vifite, & n'oublia rien pour traiter ces Rois avec la ma- gnificence convenable. Comme ils étoient tous enfemble, Marfus, Gouverneur deSyrie, vint aufls pour le voir. Agrippa par refpe@t pour le nom & la grandeur Romaïne, alla fept ftades (2) au-de- vant de lui, ayant avec lui dans le même chariot les cinq Rois qui l'étoient venus voir. Cette srande union entre tant de Princes, déplut à Marfus. I “en craignit les conféquences. Il leur fit {cavoir à tous qu'ils s’en retournaflent dans leurs Etats. Ce qui offenfa fi fenfiblement Agrippa contre lui, qu'il écrivit avec beaucoup d’inftance à Claude, pour le prier de retirer Marfus du gouvernement de Syrie. Mais fa Lettre n'eut fon effet qu’apres fa mort arrivée Pannée fuivante.. RE A * Quelque rems après, il vint à Jerufalem, & ôta Cruer, XI fiat: j a SA > FN TL due le) e S.Jacs Le Pontificar à Mathias, fils d’. anus ; POUT EN TE» ques le Majeur, … a. pas D TT Er ver 2: PRE LADGRAE res nn en aepes t ES PSE ETS IR EE ON À Tome IV. E RP ee SE CE sr RES prnaerese-silénrenmnnenes An ou M. 4047. de J. C.47.dePE- se vuls. 44. 162 HiIsTOIRE DES JUIES, vêcir Elionée, fils de Cithæus. (4) Et comme il cherchoit en toute maniére à faire plaifir aux Juifs, érant lui-même fort zélé pour fa Religion, il fe mit à perfécuter lEglife. (6) Il fit donc arrêter faint Jacques le Majeur, qui étoit alors à Jeru- falem, & le fit décapier. Saint Clément d'Ale- xandrie (s) raconte comme une chofe qu'il avoit apprife par la tradition, que le foldat qui avoit arrête faint pas , & qui l’avoit amené devant les Juges, fut fi touché de la générofité avec la- quelle il confefloit Jefus-Chrift, qu'il déclara qu'il étoit luimême Chrétien : De forte qu'il fut con- damné à avoir la tête tranchée avec lui. Comme on les menoit tous deux enfemble an martyre, ect homme demanda en chemin pardon à PApé- tte. Celui-ci héfira un peu ; puis tout d'un coup il lembrafa, & lui dit : La paix foit avec vouss c ; = — | (4) Epiphan. bare pe LÉ 2 — s »° = <£ 5e dr «Da. à ES RCSANELE EEE NET PU TRE EE AUTRE IE MR CNMRU A Du sr pu Nouv: FESsTA Ms Liv. IT, 165 | pour Âpôtre: (4) mais on ne trouve pas de bon- nes preuves de cette prétention. On ne fçait pas non plus Le téms, ni loccafion de la tranflarion de fes reliques à Irie en Galice, & de-là à Com- poftelle. Au fixiéme fiécle, () on croyoit.encore que fon corps étoir en Paleftine. : - La mort de faint Jacques arriva un peu avant Pâques, qui tomba cette année lez. d'Avril. Et Agrippa voyant que la mort de ce faint homme “avoit été agréable au peuple, fit auflr atrècer Pierre, (c) qui fe trouva alors à Jerufalem. Ille ft pren- dre pendant le jour des azymes, attendant pour le faire mourir, que les fept jours de la Pique AN ou M. 4047. -de-J. C.47.delE- re vulg. 44 Saint Pierre eft mis en prifon. fuflent pañlez ; car l’on ne faifoit ordinairement mourir perfonne pendant les jouts de la Fète, fur _ tout depuis que la Judée avoir été renduë, avec le droit de vie & de mort, à un Prince de là Re- ligion des Juifs. Agrippa voulut donc faire un exemple de la mort du Prince des Apôtres, & le faire mourir en préfence de tout le peuple. 11 le fic mettre dans une prifon , attache par deux chat nes à deux foldats qui ne le quittoient jamais ; & gardé par deux autres qui étoient à la porte de la prifon. Ainf il avoir feize foldats qui fe fucce- doient les uns aux autres quatre à quatre, & qui étoient deftinez à le garder. | _ _ Cependant toute FEglife de Jerufalem faifoit à Dieu d'inftantes prieres pour la délivrance de faint Pierre. Or la nuit qui préceda le jour qu'Agrippa | a) Vide Baron. SE RTL (ce) 4%. x I. 3e ds 5. É90. — | XA CB) Fortunar, Piflav, L, 8, 64. À Re M. 4047. de Ï}. C.47.de PE- re vulo. 44. _comment Dieu l'avoit délivré. En même rems. il 164 HISTOIRE DES JUIFSs, devoit le faire mourir ,un Ange vint dans la pri- fon ; & ayant frappé Pierre au côté, il léveilla,. & lui dit de fe lever, de s’habiller, & de le fuivre. En même-tems les chaînes qu'il avoit aux mains, fe détacherent & romberent ; & l’Ange ayant ouvert toutes les portes, le mena à travers les corps de garde, avec une Jumiére que lui feul voyoit, jufqu'à la derniere porte qui étoit de fer, laquelle s’ouvrit d'elle-même à leur approche. Alors ils fe trouverent dans la Ville; & PAnge conduifit Pierre encore le long: d’une ruë, & puis difparut. ; Saint Pierre, qui jufques-là n'avoit recardé ce qui fe pañloit que comme un fonge, comprit que Dieu l’avoit miraculeufement délivré de [x main d'Hérode, & de la fureur des Juifs, qui s’atten- doient de voir le lendemain fon fupplice. Après avoir donc reconnu où il étoit, ik alla frappera la porte de Marie, mere de Jean Marc,.où un grand nombre de Fidéles éroient enfermez, & enprieres. Une férvante nommée Rode , étant venuë à la porte, demanda quicétoit ;: & ayant oùi la voix. de Pierre, elle en fut fi tranfportée de joye que fansluiouvrir, elle courut dire que c'étoit Pierre On ne la vouloit pas croite; & on difoir que c'étois plûtér fon Ange , qui prenoït fa voix & fa figure. _ Toutefois comme il continuoit à heurter, on lui _ alla ouvrir, & on reconnut que c'étoir lui-même. _ On peut juger de l'éronnement & de la joye dés _ Fidéles’äce fpectacle, & de leurempreflemenr à oir ce qui lui étoit arrivé. Il leur fit figne de . afin qu'ils fe cüflent, & leur raconta ET pu Nouv. TEsTaM. LV. II. 56 Fee leur dit d’en avertir faint Jacques le Mineur, Evé- que de Jerufalem , & les autres freres, qui pou- FR voient être affemblez, & en prieres dans quel- G 47. del qu'autre lieu. _ : _ revuls. 44 Quand il fut jour, il y eut grand trouble parmi. ” les foldats, pour fçavoir ce qu'étoit devenu Pierre Leur prifonnier. Agrippa l'ayant envoyé chercher, on ne le trouva point. Il ft donner la queftion aux foldats de la garde ; &c n'en ayant rien pû appren- dre , illés ft mener au fupplice. Aufli-tôt après, Agrippa s’en alla à Céfarée de Paleftine , où il fr célébrer des jeux en l'honneur de l'Empereur Claude, (4) où toutes les perfonnes confidérables | du pays étoient affemblées. Ceux de «Tyr & de À Sidon, qui avoient offenfé Agrippa, y vinrent -en grand nombre, pour lui faire fatisfaétion. Il leur donna jour pour leur parler; & c'étoit le fe- À cond jour des jeux. Il vint à l'heure marquée de | grand matin au théatre, & s'aflic fur fon trône, vêtu d'une robe royale toute tifluë d’argenr, & à _ d'un ouvrage admirable. Le foleil à fon lever don: nant {ur fes habits, les faifoit briller d’une lumiére | À fréclatante, qu'on ne pouvoir les recarder, fans à: ètre touche d’un refpeét mêlé de crainte. Le Roi commena à parler à ceux de Tyr & de Sidon; & 1 comme il parloit , le peuple & les flatreurs fe 1 mirent à crier : Ceft la voix d’un Dieu, & non pas d’un homme. Ils ajoûterent diverfes autres chofes. à fx loüange. =. a Le Prince trop fenfible à lafeion du peuple, - Ro . À Z FETE Ê sn © Ca) Pride AB, XAL 19: dfiphs Anrig hr 10. c. 7. X: ii}; An pu M C4 re vulg. 44. LG. AÉIISTOLRE DES JUIFS.: — n'eutpas foin de rejeter ces acclamations & ces Dur, de | natteries impies. En même tems il apperçut, dit 2 ii LE. Jofeph, un hibou perché fur une corde au-deflus de fa cête. Alors il fe fouvint de ce qui lui avoit éte prédit aflez long-rems auparavant , étant à Rome : = : . ÿ . ; / un pareil oifeau , qui lui préfageoit fa liberté pro- chaine; que quand il le verroit pour la feconde fois, il n'’auroit plus que cinq jours à vivre. Agrippa frappé de cer objet, s'effraya, & tout d'un coup lAnge ‘du Seigneur, dit faint Luc, le frappa; parce qu'il n'avoit pas rendu gloire à Dieu , .en fe laiflant traiter comme une Divinité. Il fentit un grand mal de cœur, avec des douleurs violentes dans les entrailles. Alors il dit à ceux qui un peu auparavant de révéroient comme un Dieu, & le prioient de leur être favorable : Voila celui que. vous vouliez flatrer de l'immortalité, tout prèc à mourir; vous voilà maintenant convaincus de menfonge : mais il faut vouloir ce que Dieu veut. . J'érois crop heureux, & il n'y avoit paint de Prince. dont je dûffe envier la félicité. En difant ces mots, _ il fencic fes douleurs s'augmenter; & il fallut le reporter dans fon Palais. = Bien-tôt le mal devint fi grand : que Je brune | épandit, qu'ilétoit prêt de rendre l'efprit. Aufh- tôt tout le peuple couvert d’un fac, & dans Phu- miliation , fr des vœux & des prieres à Dieu pour la confervation de ce Prince. Tour l'air reentic de cris & de pleurs; & Agrippa qui étoit dans k la plus haute de fon Palais, les voyant éprofternez le vifage contreterre, ne dans les liens, lorfqu'il vit pour la premiere fois * 2& H D CRUE STE A MATE, K: ET pu Nouv. FEsTaM. Liv. IT. 67 put retenir fes larmes : mais fon arrêt étoit pro- noncé. Il mourut enfin au bout de cinq jours, ac- cablé de douleurs, & rongé de vers. Dès qu’on {cut autrement Samarie, en firent des réjoüiflances pu- bliques, & commirent des infolences étranges contre fa mémoire & contre l'honneur de fes filles ; à quoi fes propres foldats prirent grande part. Ce. qui fait juger le peu de fonds que lon doit faire fur les témoignages exceflifs de refpect & d'affec- tion , que les peuples peuvent rendre à leurs Princes pendant leur vie. Ils arracherent du Palais les fta- euës de fes filles , & les porterent dans des lieux de proftitution , leur faifant mille outrages, qu'il n’eft pas permis de rapporter. Ils firent des feftins dans _ lesrués, où avec des couronnes de fleurs fur leurs _ têtes, ils offrirent des facrifices à Charon, comme en actions de graces de la mort de leür Prince, & de fon tranfport dans l'enfer. Par la mort d'Aorippa, la Judée retomba de nouveau fous la domination des Romains; &l'Em- péreur Claude la réduifit en Province, & lui en- voya pour Gouverneur Cufpius Fadus, (4) & dé- fendie à Marfus Gouverneur de Syrie, de s'en _ mêler, à caufe des différends qu'il avoir eus avec Aogrippa. E’Empereur recommanda à Fadus de faire une fevere réprimande à ceux de Céfarée & de Sebafte, fur les infolences qu'ils avoient com. mifes contre la mémoire d’Agrippa, & contre les Princeffes fes filles. Il lui ordonna aufi d'envoyer | (a) Antig.l, 19 6 7 © de Bello so Le : Le Sr dE re ds sh: 4047. de J. - ee | C.47.delEe qu'il étoit mort, ceux de Céfarée & de Sebafte, re vulg. 44. _ 168 HisTOIRE DES JUTES, | | —— dans le Pont les récimens de cavalerie de ces deux | ‘se 4 M: villes, & cinq cohortes d'infanterie compofces de és ae leurs habitans ; & de faire venir des foldats de revulg.44. Syrie, pour mettre à leur place. (4) Toutefois cer ordre ne fut pas execuré. Ces deux villes ayant envoyé des Députez à Claude pour l'adoucir, il permit que ces foldats demeuraflent dans la Judée; ce qui fut le commencement des maux dont elle | fut depuis afigée, & la femence de la guerre qui | arriva fous le gouvernement de Florus. À A] "os xn, Cependant la Religion Chrétienne prenoit toù- | Paul &Barmabé JOUrS de nouveaux accroiflemens. Saint Paul & | Rois eue Cine Barnabé firent de grands fruits à Antioche. des Fidéls d'A Alors la famine qui arriva en la quatrième année es. de Claude , & qui avoit été prédite par le Pro- phéte Agabus, qui éroit venu quelque tems au= paravant de Jerufalem à Antioche, (b)avoit réduit à les Fidéles dé Jerufalem, qui avoient abandonné leurs biens, dans une grande néceflité &c’eft pour- quoi les Freres de l'Eglife d’Antioche réfolurent de leur faire part de leurs biens, chacun felonfes | facultez. Saint Paul & faint Barnabé fe chargerent L. _ décesaumônes, & les porterent à Jerufalem, où | ils Les mirent entre les mains des Anciens de lEgli fe , pour les diftribuer felon les befoins de chacun. Après quoi faint Paul & faint Barnabéretournerent à Antioche , menant.avec eux Jean Marc, pouf _ leur fervir dans le miniftere de l'Apoñtolar. (c) Oril y avoit alors dans l'Eolife d'Antioche quel: ME D ane 28 RE LS # fi de OR CRE DR 127,28. . SE se +. 4 RP SR TEST CARTER PHRISENRE FPRAGOTAN IEEE Es ADR LEE mn SET ETpu Nouv. TESTAM. Liv. II. 169 ques Prophètes & quelques Docteurs ; fçavoir, Barnabé, (4) Siméon , ou Simon le Noir, Luce de Cyrêéne , Manahem , & Saul où Paul. Ces Saints étoient occupez aux diverfes fonétions de leur mi- niftere, à la priere & au jeûne. Pendant qu'ils étoient dans ces exercices, le Saint-Efprit leur dit par quelques Prophétes , de lui féparer Paul & AN pu M. 4047. de J. C. 47 .de VE re vulg. 44. # Barnabe , pour l'ouvrage auquel il les avoit defti- nez; c'eft-a-dire, pour le miniftere de PApoftolar, & de la prédication de l'Evangile. Alors toute l'E- glife jeûna & pria ; Luce & Manahem impoferent les mains à Paul & à Barnabe, & on les envoya prècher par-tout où le Saint-Efprit les conduiroir. Ils furent deftinez principalement à annoncer l'Evangile aux Gentils, & on les abandonna à la grace de Dieu. … _— _ Ce fut apparemment cette même année que faint Paul eut ces grandes révélations dont il parle aux Corinchiens, (db) & qu'il fut ravi jufqu'au croifiéme Ciel , jufqu’en Paradis, où il oüit des des nryfteres qu'il n’eft pas permis à un homme de Révelations fais tes à S. Paul. déclarer, & que les hommes vivans fur la terre ne pourroient pas comprendre, Il nous dit lui-même qu'ilne fçair fi ce fut avec fon corps, ou fimple- ment en efprit., qu’il fut ravi. Mais on ne peut douter, qu'il n’y ait été rempli de cette plénitude de lumiere, defcience, d'ardeur, & de zéle, qui paroïflent dans toutes fes Epitres. Quelques anciens hérériques, (c) & quelques dévots imprudens (4) Lg in ou trafl. 98,p. 199. 2005228 | . (d) Soxzomer. li 7.0. 19. L (a) AË Xe _ {b}) 2. Cor. XIL 2, 3.2. (c) Epiphan. haref. 38. 0, 2, Tome IV, - AN pu M. 4047. de J. C.47. de l'E: re vulo. 44. Fadus Gouver- : neur de Judée. 170 HISTOIRE DES JUIFS, fe vantoient autrefois d’avoir un Livre, qui conte: noit toutes les merveilles que faint Paul n'avoir pas voulu découvrir aux Fidéles. On prétendoit même avoir trouve ce Livre dans la maifon de ce Saint à Lharfe. Mais cer Ecrit eft aujourd’hui en- feveli dans l'oubli; & on peut afsürer que l'Eglife n’y perd rien : car C'étoir un ouvrage de ténébres, & non de lumieres, plus propre à détruire, qu'à édifier. | | Lorfque Cufpius Fadus arriva en Judée, il trouva que les Juifs de de-là le Jourdain aveient pris les armes contre la ville de Philadelphie, qui eft la même que Rabbat, Capitale des Ammoni- tes. Fadus ft arrêter les trois principaux chefs de cette entreprife. Le principal nommé Annibas, fut RAT LS LCR BE de dE Re Do RO 4 RP RE es BEA LE RE LES mis à mort; & les deux autres, Amram & Fléazar, furent bannis. Il purgea enfuite la Judée des voleurs qui la pilloient, & fit punir un de leurs Chefs , nommé Prolomée, qui avoit commis de grands défordres dans l'Idumée & dans PArabie. (4) La famine, qui avoit commencé dès l'année pré: cédente, continuoit à défoler toute la Judée; & | Jofeph (8) dit qu'elle afigea ce pays pendant plu- fieurs années, {ous le gouvernement de Fadus & de Tibere Alexandre fon fuccefleur. Hélene Reine des Adiabéniens , dont on a parlé ci-devanc, étant venué à Jerufalem, foulagea beaucoup le peuple dans cette extrémité, ({ c} Elle ft acheter quantité de bled à Alex andrie , & des. figues féches en intig. XXE | (c) dotiqu le 20. + 2e = ee — | # Fr beloin, & s'acquit beaucoup de réputation par fa ET pu Nouv. TESTAM. Liv.lI. 171 É ; ; CS À \ +, 5 NES : Cypre, qu'elle diftribuoit à ceux qui en avoient Le } Fr à OZT. de: » magnificence & fa libéralité. Le Roi Izate fon fils, Cu s. ee Ets À ayant appris l'érat où cette famine réduifoit la revulg. 38. Judée, envoya aufli de grandes fommes d'argent aux Magiftrats de Jerufalem, afin qu'ils en afhf- taflent les pauvres. > _ L'Empereur Claude pour témoigner l'honneur > Cafius Longi- qu’il vouloit rendre à la mémoire d'Agrippa Roi Li" des Juifs, ôta après fa mort à Marfus le gouver- nement de la Syrie, ainfi qu'il Pen avoit inftam- ment prié quelque tems avant fa mort, & lui donna pour fuccefleur Cafhus Longinus. Celui-ci étant arrivé à Jerufalem, fit venir les Sacrifica- teurs & les principaux de [a ville, & leur ordonna de la part de l'Empereur, de remettre dans la for- terefle Antonia les ornemens pontificaux , dontil n'étoit permis qu'au Grand-Prêtre de fe fervir, pour y demeurer, & y être gardez comme autre- fois , par les romains. Les Prêtres & les Magiftrats de la ville n’oferent soppofer à ces ordres; &ilne leur auroit pas été für de le faire, parce que le Gouverneur avoit amené beaucoup de troupes dans Ja ville: Néanmoins ils prierent Longinus & Fadus de leur permettre d'envoyer des Députez à l'Em- pereur , pour lui demander qu'il lui plût leur laifler a garde de cet habit. Ils obtinrent de l'Empereur ce qu'ils fouhaitoient, étant appuyez par le credit . & les follicitations du jeune Agrippa, fils du Roi Agrippa, dont on a parlé, & qu'on élevoit à Rome auprès de l'Empereur : mais ils ne lPobtinrent qu'à condition de donner leurs enfans pour Otages; ce D EE ddr envi 17% HisTOIRE DES JUIES, - | qu'ils firent fans difficulté. Claude écrivit en même P à j tems à Fadus, & aux Juifs même, le 28. Juin de Cas. del'E- l'an 45. de l'Ere vulgaire ; & il leur dit qu'à la re vulg. 45. confideration du jeune Agrippa, il leur laifloit la garde des ornemens pontificaux du Grand-Prètre, & de fa couronne, (4) ainfi que Vitellius Gouver- -neur de Syrie, le leur avoit déja accordé dix ans auparavant. (4 } ss © Hüoserot de Hérode Roi de Calcide, & frere du Roi Agrippæ creer demanda aufli alors à l'Empereur, & obtint de lui, catuies d'avoir autorité fur le Femple, & fur Fargent con. facré à Dieu ; & le pouvoir de donner la grande Sacrificature à qui bon lui fembleroit. ILufa en même tems de ce pouvoir, en dépofant Simon . Canthére,. & en établiflant en fa place Jofeph fils de Cani, ou de Cami. Après la mort d'Hérode, ce. eh Theudas impo. Sous. le gouvèrnement de: Fadus,, (c) un im+ teur, trempe les fi à + J +. re Tuifs. À pofteur , OÙ un magicien NOMIME Theudas >. qui TE TT Sn SRE PE PE NE EE Tr EP ENNEMI" SES SONT TC | (D) L'an 35, delre valgrirs F2 (ec) Ang RARES 7 < _— — ET DU-Nouv. TEsTAM. Liv. II. 179 commencement de l’Eglife, elle étoit très-céle- ‘bre, puifque dés le rems des Apôtres, un Prêtre d'Afie (4) avoit compofé un Livre intitulé: Les voyages de faint Paul & de fainte Thécle, qu'il attribuoit à faint Paul. Mais ayant été convaincu dé cette faufleté, & l'ayant avoüée à faint Jean, il fut dépofé pour ce fujer. Saint Méthode (4) nous aflüre, que fainte Thécle étroit inftruite de la Philofophie & des Belles-Lettres, qu’elle par- doctrine de ce faint Apôtre, elle fut comme morte à toutes les paflions de la jeunefle, (c) À tous les fens du corps, à la beauté corporelle. Il ne reftoit de vivant en elle que l'efprit & la raifon. Voici le précis des A@tes de fainte Thécle Éd dont perfonne ne concefte l'antiquité, & qui ont étre vis & citez par les Peres. Saint Paul Étant venu à Icone, fe logea chez Onéfiphore , & commença à y prêcher l'Evangile. Thécle qui demeuroit de l'autre côté de la ruë, vis-à-vis la chambre où étoit lApôtre , écoutoit nuit & jour fes inftruétions, fans que rien fût capable de Pen détourner. Théo clie fa mere en avertit Thamyris, qui recherchoit L PET AN pu M. 4048. de C.48. de FES re vulg. 45, loit avec beaucoup de modeftie, de DCe, & d'éloquence : Et pour fa fcience évangelique , qu'efl neceflaire d'en parler, dit-il , puifque c'eit faint Paul même qui l'a inftruite , & qui Fa renduë fçavante > Depuis qu'elle fur imbuë de la Thécle en mariage. Ce jeune homme qui avoit déja parole de l'époufer, éroit des premiers de la (a) Vide Tertull. de Baptifino ; €. 17. Hieronym: de Virisilluffr.c.y. À! (Bb) A£ethod. conv. Vire. p. 94b. | Graht. 1. p. 87. 88. Écs © — Zi | Ce) ANDff in Cant. homil. 14 1 (d) Z#Spicileg. PP. J, Ernie. “AN pu:M. _ 4048. de.],. C.48.de lE- revule. 45, r80 HISTOIRE DES JUIrsS, ville, bien-fait, riche, Hberal. (4) Il ft ce qu'il pue pour lui-faire quitter la réfolution qu'elle avoit prife de garder la virginité. La mere de Thécle , & fes domeftiques yemployerent aufliinutilement les carefles, les exhortations , les menaces. (b}: Voyant qu'ils pérdoient leurs: peines , ils la dé. _férerent au Juge, qui la éondamna au feu. Fhe- cle fit le figne de la croix ; & monta fur le bucher. La flamme ne lendommagea point, (c) On en- £endit un grand bruit foûterrain ; la rerre s'ouvrit; &.il tomba une srofle pluye quiéteignit le feu. : Thécle fortit d'Icone, & alla trouver faint Paül qui s'étoit aufli fauvé de cette ville. L'Apôtre la conduifit à Antioche, où Alexandre Gouverneur de la ville, conçut pour elle une pañlion violente. Thécle lui ayant fortement refifté, il la fit con damner à être expolée aux bêtes. {d) En atten- dant le jour du fpeacle, on la mit chez une: Dame nommée Trifine, qui depuis peu avoit perdu fa fille. Falconille. Quelques jours apres, Thecle fur menée au theître avec cette inferip= tion : S'acrilege : ce qui marquoit le crime prétendu pour lequel elle. étoit condamnée. Le premier jour: une lionne ayant été Achée. contre elle, au dieu. de la dévorer , vint fe jetter à fes pieds, & com- menca à les lécher par refpeét. te) Après cepre- = ne Se . + “(c) Chryfy ibidem. Maximin. À Turin. bmileite Natal, S, ggneris | ERETPATIRNEENR - guila en homme, & l'alla trouver ,.en la com gr ou Nouv. ÉEsTam. Liv. II. 18r nier combat , elle fut ramenée chez T'ifine. | ee FA 1... AN: Du M. Alors Falconille étant apparue à fa mere, lui.dit | : PS Pt FA SX : AOAB de °: de prier Thécle de demander à Dieu qu’elle pût €. ‘8 delle pañler en un lieu de repos. TFhécle pria.. & dit:re vulg. 45. Seigneur, Dieu du Ciel& de la terre, Jefus-Chrift,. accordez à Falconille la vie éternelle. ( « } Le lendemain Thécle fut de nouveau menée au fpeétacle. On lâcha contre elle: des lions & des ours : mais une lionne s'étant venu mettre à fes. 2e 4/7 ° ; e pieds, la défendit des approches de ces animaux. Thécle après avoir demeuré quelque tems debout: au milieu du chéâtre, & voyantprès de-là un lac: 5 plein d’eau, fe jetta dedans, & dit : Il eft cems. que je fois lavée..(b) Les veaux marins qui étoienc: dans cet étang , au lieu de la dévorer, moururent: dès qu'elle y fut entrée; & une nuéeépaifle l'en. + vironnant, couvrit fa nudité & empêècha que les: bêtes ne s’approchañlent d'elle. Alors le Juge la fe attacher à des taureaux indomptez , pour être écartellée : mais les traits de ces animaux s'étant. miraculeufement rompus, le Préfident la fitvenirs: - | lui demanda qui elle étoit, la fit revêrir,.&laren- | voya abfoute. Re ot Elle demeura encore quelques jours à Antioche: | | chez Trifine fa bienfaictrice; & ayant appris que: | faint Paul étoit à Myre, ville de Lycie, elle fe dé À RER mm (a) Cette hiftoire de Falconilie| ètre fauvées. Damafe de‘iis qui in: | | délivrée de Fenfer par les prieres| fide dormierunt-p. $ 91. : | défainre Thecle, aété citée par | -(b) Ilfembléroit par-là qu’elle: | quelques anciens , pour prouver | (e feroit baptifée.elle-mêème.: : L auelesames despayenspouvoients ie - 4 | | Zi : An pu M 4048. de -C.48.delFE re vuls. 45. 8 182 HISTOIRE DESs JUIrs, pagnie de plufieurs jeunes gens de l'un & de l’autre fexe. Saint Paul fut fort furpris de la voir: mais elle lui dit: J'ai reçü le baptème ; & celui qui. vous a aide dans la prédication de l'Evangile m'a aufh fecouruë, pour être lavée, ou pour être bap- tilée. Elle lui raconta enfuite tout ce qui lui toit arrivé ; & étant allée à Icone fa patrie, elle y trouva que Thamrys fon prétendu époux, étoit mort. Elle parla à fa mere, & fit ce qu'elle put pour la gagner à Dieu : mais n'ayant pü y réufhr, elle répañla la mer ; & étanc arrivée à Séleucie , elle y baptifa plufieurs perfonnes | (4) & y mourut en paix. On ne lit point dans ces Actes Ja fable . du Jion baptifé par fainte Thécle, dont faint Je- rôme /b) a parle, comme d’une circonftance qui toit contenuë dans le Livre des voyages de faint Paul & de fainre Thécle. Entre les miracles que l'Apôtre fit dans ce pre- mier voyage, faint Luc ne nous raconte en par- ticulier que celui de la guérifon d'un nommé Enée, qui demeuroit à Lyftres, & qui étoit perclns de fes jambes, & boireux dès le ventre de fa mere, (ce) Cet homme entendant la prédication de faint Paul, + Apôtre arrèta les yeux fur lui , & voy ant qu'il avoit une ferme confiance qu'il feroit guéri, _ Jui dit à haute voix : Levez-vous, & tenez-vous ayant droit fur vos pieds. Aufli-tôr il fe leva en fautant, & commença à marcher, Le peuple de Lyftres ayant vû ce miracle, éleva fa voix, & di en Lan- à QuiZ ue = ee. ra. È tull, lib. de Baptif= | 10 Paule. - Res — lc) 48 am LD 3 (b) Aeronym. de F'iris illufir. GA RS PPRNTARER ESS LINNEE PEN TIESTRE ET DU Nouv. l'ESTAM. Liv. 183 gue Lycaonienne, qui étoit apparemmentun mé- fange de Grec & de Syriac : Voici des Dieux qui - : 1 HORS font defcendus vers nous , fous la forme d'hom- Cas. de l'Ë- 48. de mes. Ils appelloient Barnabé Jupirer, peut-être à re vulg, 45. çaufe de la grandeur de fa taille ; & Paul Mer- cure, à caufe de fon éloquence, & parce que c’étoit lui ordinairement qui portoit la parole. En même-tems le Sacrificareur du. Temple de _ Jupiter, qui évoit près de la ville, amena des tau- reaux ,, & apporta des couronnes devant la porte _où ils logeoient, voulant auffi - bien que le peu- ple, leur offrir des facrificess Mais Barnabé & Paul étant informez de leur deflein , accoururent. à la porte, déchirerent leurs vêremens, & s’'avan- çañt au milieu de la multitude ,çcommencerent à crier: Mes amis,. que voulez-vous faire ? Nous ne fommes que des hommes, non plus que vous, & fujets aux mêmes infirmitez, Nous venons vous annoncer que ces Dieux que vous adorez, ne font rien:,. afin que vous vous convertifhiez de. ces vaines fuperftitions au Dieu vivant, quiafaie le ciel & la rerre, la mer & tout ce qu'ils con- tiennent; qui dans les fiécles paflez à laiflé mar- cher toutes les nations dans leurs voyes, fanstouz. tefois cefler de les combler de fes biens, & de leur donner des preuves de fon exiftence. Mais quoi qu'ils puffent dire, ils eurent biem de la peine à empêcher que le peuple né leur fa- crifièt. Peu de rems après, quelques Juifs d’An- tioche de Pifidié & d’Icone étant fufvenus, ani- merent le peuple, & le fouleverent contre l'A. pôtre : enforte que layanr artaqué À coups de 184. 2% HISTOIRE DES JUITS, ierres, & l'ayant renverfé & laiffe pour mort, LA la voirie. Mais fes Difciples s'étant aflemblez au- tour de lui, il fe leva, & rentra dans la ville ; re vulo. 46. : & le lendemain il partit avec Barnabé , pour aller . à Derbe, où ils commencerent à prècher. Dieu _ bénit leur prédication, &c ils acquirent plufieurs Difciples au Seigneur. Après quoi ils retour- nerent à Lyftres , à Icone & à Anrioche de Pifidie, fortifiant par-tout le courage des Dif- ciples, les exhortant à perfeverer dans la foi Eclife. ils les recommanderent au Seigneur, & revinrent en Pamphilie. Ils annoncerent la parole du Seigneur à Perge, & vinrent à Atta- lie , qui eft une ville maritime de Pamphilie , où. ils-s'embarquerent, pour fe rendre à Antio- che de Syrie. Ainf ils furent environ deux ans \ ° - à faire ce voyage. …. ee Premiete Epitre Érn rer | ee - — / de S. Pierre. An Etant arrivez a Antioche., & ayant afflemblé #5.ou 46. del. J’Eolife, ils leurraconterent ce qu'ils avoient fait æe vulgaire, Pape ; Ë dans leur miflion, les grandes chofes que Dieu avoit opérées par leur moyen, & comment:il avoit ouvert la porte de la foi aux Gentils ; & ils de- meurerent dans cette ville affez‘long-rems avec les Difciples. Pendant ce tems, faint Pierre de fon côté préchoit l'Evangile en differences Provinces ; &ily a beaucoup: d'apparence que ce fut vers l'année 45. de l'Ere commune quil écrivie de Rome {à premiere Epirre aux Juifs convertis du Pont, de.la Bithynie, de l'Afie, de la Galatie, & 6 la Cappadoce. Elle eft datée de Babylone; ee _ + 4 c'eft D Ax Du M. ik Le traînerent hors de la ville, pour le jettera Avant donc ordonné des Prètres en chaque DE D 20 Re LS ÊÈ Fa Le Ex 3; F ET DU NOUVSFESTAM Liv JT. 18 (a) c'eft ainfi qu'il appelloit Rome dans le langage figuré. Il y donne aux Fidéles le nom de Chrériens, (b) il y parle d’une maniére digne dé la majefté d'un Prince des Apôtres ; & on y remarque une force & une vigueur toute apoftoliques. Il yes horte les Fidéles à la patience, à la pratique de la juftice & de l’innocence. Il donne des préceptes aux perfonnes mariées, aux vieillards, aux jeunes gens. En un mot, il n’y a point d'érat & de con: dition , qui ne trouve dans cette Epiître de quoi AN pu M. 4049. de TJ. C.49.de PE. re vuls. 46, s'inftruire , & de quoi s’édifier. On croit (c) que faint Marc, qui étoit le Difciple & l'interprére de faint Pierre, lui aida à [a compofer, quant aux termes, & quant au ftyle. Elle fut envoyée par Sylvain, qui eft apparemment celui qui eft {1 célébre dans les Actes fous: le nom de Silas. … Ce fut vers ce même tems que faine Marc écri. vit fon Evangoile, (d)a la priere des Fidéles de Rome, qui le preflerent de leur laifler par écrit ; ce qu'ils avoient appris de la bouche de faint Piere: Quelques Anciens {e) ont crû que faint Pietre J'avoit dicté à faine Marc, où même qu'il l'avoit écrit ; Tertullien (f) femble l’attribuer à faint Pierre: mais il.eft plus vrai-femblable que faine Pierre Fapprouva feulement., & le donna à lire aux Fidéles de Rome ; & que faint Marc ne le RS ae ronym. de Viris illufir, &c. (b) 2: Petr, IP. 16. | (ce) Author. Synopf.S. Athas (c) Hieronÿm. Ep. 150. qu. u.| #4f: Batricid. Chronic. Alex. ren. L. 3.0, 1. Papias apud. Enfeb.| (£) Tertull. tontra Marcion 3 Evangile de faint Marc. Pa. 14 - Fe c. 15: Hieronym, de iris {d) Clem, Alex, apud Enfeb. | illuffr.e. à, E 2. c15. Epiphan, hare[. 5x. Hie.| . À à 586: AFMISTOIRE DES JuUtEs, à SN compofa ; que fur ce qu'il avoir appris de la bou- Se à k che de cet Apôtre. Il ya quelques Manufcrits qui E.49. del'E- portent qu il écrivit {on Evangile en Latin : mais revulg.46. le fentiment le plus commun & le plus certain, | : eft qu'il lécrivit en Grec. On prétend conferver encore aujourd'hui à Venife quelques cahiers de lOriginal de fainr Marc. Ceux qui Font vü, ne conviennent pas de la Langue dans laquelle il eft écrit ; car ce monument eft fr vieux & fi caduc, qu'on n'en peut plus lire aucun mot de fuite: * mais celui qui nous en raconte le plus de particu- - hritez, (2) foutienc qu'il eft écrit en Eatin : ce qui favoriferoit le fentiment de ceux qui croyent que faint Marc le compofa en cette Eangue ; à moins qu'on ne dife que ce Manufcrit n'eft pas - Original, mais une copie crès-ancienné de la verfion de cet Evangile en Latin ; ce qui eft plus Conmcenemnse mes probable. On ne doute pas que les, Evangiles n'ayent été traduits en Latin prefque aufli-rôt qu'ils parurent en Grec. Quoi qu'il en foit , le Ma- -nufcrir qui fe voit à Venife , a été apporté d'A- quilée à Frejus , & de Frejus à Venife, depuis l'an 1420. On croit qu'il y en a deux cahiers à Prague, où ils furent envoyez par l'Empereur Charles IV. qui les obtint en 1355: de Nicolas Evèque d'A- à quilée, fon frere. (b) :- T ibère Alexan- Cufpius Fadus Gouverneur de Judée, fut t ap de oem pellé vers ce tems-ci; & Tibére Alexandre, nevew 45. de l'bre vuig. dé Philon le Juif, fut mis en fa place. Cet homme . (2 . le Voyage d'Italie | tb) Voyez notre Préface far | du RP. de Monfaucon, LS Ma AS _ Roi des Juifs, après avoir Ôté le Pontificat à Jo- ET DU Nouv Desr Lil. 7 éroit Juif d’origine, & même de race Sacerdotale: mais il avoir abandonné fa Religion. (4) Il gou- - verna la Judée fort paifiblement, aufhi-bien que € 49.de l'E= Fadus ; & le pays demeura en paix pendant quel- re vulg.46 ques années. Tibére Alexandre fit crucifier Jacques & Simon fils de Judas le Galiléen, Chef des Hé- AN.Du M. 41049. de |. D LE Re 12 ee E F feconde ÆEpitre aux Corinthiens ; ceft-à-di - Hérode oi de Calcide , (f) & frere d' Agrippa | Mort d'Herode Roi de Calcide, feph,fils de Camide , pour le donner à Ananie, fils QE D NC” _ (a) Ami Béllo ,L. 2. 6.19. — (b) AH XXFLi20, (c) Rom. XP.19% p.372. Theodoret. in Rom. p. 112.44 c 24 Cor, XI. 24° 26 o Pc. > (£f)An de l’'Ere commune 48 i I. XX 0 3. G de] (à) Chofôfe in Romhomil 19: Aa ee % a > ss 588 Hi1sToirRE DES JUIFS, _ _ de Nébédée, mourut en la huitiéme année de AN DU M. Chaude. (4) L'Empereur donna fon Royaume au > a jeune Acrippa, fils du grand Agrippa frere d'Hé- re vulg. 49 rode, au préjudice d’Ariftobule, fils du mêèmé Hérode Roi de Calcide ; & vers le même tems, Ventidius Cumanus fut fait Incendant de la Judée en la place de Tibére Alexandre. Ce fut fous fon gouvernement que commencerent les troubles de ce pays, qui ne fe cerminerent qu’à la ruine _ de Jerufalem. | : Car. XVL Gomme les Juifs venoient de tous côtez à Je. Ventidius uma” Lyfilem aux Fêtes folemnelles, les Gouverneurs manus Gouvet- neur de Judée. de [a part des Romains faifoient toujours tenir une falem. cohorte en armes près du Temple, (&) pour em , êcher qu'il n’arrivât quelque défordre., où pour l'arrêter aufhi-tôr. Pendant la Fête de Pâques de certe année, (c) & le quatriéme jour de la Fête, un foldat Romain eut l'infolence de montrer à nud devant tout le monde, ce que la pudeur & la bienféance obligent le plus de cacher. Le peu: ple en colere commença à crier, que ce: nroit pas feulement eux que cette action outragéoit, mais que c’écoit Dieu-mème. Les plus emportez commencerent même à déclamer contre Cuma- D ARNAUR SET SE VA 4 DINAN D AR 20. c. 3. $ | Belle ,L. 2,6. 20. de 20. c. 4 Ô' dei. (c} An de lEre communé49 » RER RAT td 2 Clinalé De ER LS OE TOC RO L PI TRANS tai Corn rad ad de rit a le, VS ER ES RC EL ee F 7 £ APORO CPR ETC AT TONER Es vo Ab ARS ri di PR Pr) Ve TO ET TL TS 25 PC CREME NII EN E Hcares > L : #- É EP 21 gr pu Nouv. TesTram. Liv. II. 89 fui dire des injures , il fit approcher du Temple cout ce qu'ilavoit de troupes. Lés Juifs en furent fi effrayez , qu'ils fe jetterent avec précipitation les uns fur les autres, pour s'enfuir, s'imaginanr qu'on les pourfuivoit : ils fe prefferent de telle forte dans les paflages étroits, qui conduifoient 4w Temple, qu'il y en eut plus de dix mille, (4) & peut-être plus de trente mille d’écouffez. Ainfi la joye de cette Fête fut changée en triftefle. _ Quelques-uns de ceux qui s’en éroienc fuis pen _danr ce tumulre, ayant rencontré quelque tems après à cinq ou fix lieués de Ferufalem,, vers Bé- thoron, un efclave de l'Empereur, nommé Etienne, AN pu M. 4o$z. de J. C:51 delE- 1e vuls. 49. Je volerent & pillerent our fon bagage. Cumahus en étant informé , envoya des gens de cuerre ; avec ordre de ravager fes villages voifins, & de : Jui én amener les principaux habitans, comme coupables de n'avoir pas pourfuivi & pris Les vo- leurs. Dans ce pillage un foldat ayant crouvéles Eivres de Moyfe, les déchira, & les brûla avec des paroles dé raillerie & de blafphème. Aufi-t6€ les Juifs s'émurent par-tout , & accoururent à Céfarée trouver Cumanus, pour le prier de châ- tier cêtte infolence, Il'eut égard à leurs remon= trancés, & fit conduire le’ foldar au fupplicé ‘au travers des Juifs qui lui avoient demandé fa rête. Saint Pierre après avoir quelque féjour à Ro- me ; en fortit , &ivinr en Judée. (4) On ne dou té-pas que de Rome-il-nm'ait envoyé fes Difci- HSE STE AARS SCT : + 5. “2 À ent ue _ (a) Jofeph.L 2. de Belle,c. 2 o. [me & Run y ont lü,trente mille: dit dix mille; mais Eufcbe,S.Ter6- |; (b) An de l'Ere commune $G* Aa) S. Pierre vient en Judée, M EE 5 pe me ee mg E RE: Sn A TRE SE Ax. Du.M. 40.52. de C.s2.delE- re vuls. 49. 5. Marc pañle en . Egypre. RE RER ER Ne AT A AS « LEE d' & enfin 196, NÉIISTOLRE. DES Jurrs.. ples dans plufieurs lieux d'Italie, & dans les au tres Provinces d'Occident: (4) En forte qu'il de. meura conftant dans les fiécles poftérieurs, que dans l'Italie, les Gaules, les Efpagnes, l'Afrique, : la Sicile, & les Ifles voifines., c’étoit faint Pierre, fes Difciples, ou fes fuccefleurs, qui y avoient fondé les Eglifes. Et quoique la tradition, qui set. confervée fur cela dans la plüpart des plus ancien: . nes Eglifes, ne foit pas rout-à-fait. certaine: Où. ne peut difconvenir que ces Eglifes ne doivent. en effet leur.origine à faint Pierre , ou à ceux que lui ou fes fuccefleurs y ont envoyez prècher; . car on appelloit toujours cela être députez par faint Pierre, quoique faint Pierre, für mort il y. avoit long:tèms.sss aise hanni 45204 Saint Marc recut fa miflion de fainr Pierre pour aller en Egypte, (b) annoncer Jefus-Chrifts ” & l'Eclife d'Alexandrie l'a toujours regardé comme. fon principal Apôtre. Il y porta l'Evangile quil avoit écrit; & on tient qu'avant luiperfonnen’a | voi Se prêché la Foi dans ce ne > plongé depuis fi long-tems dans la fuperftition. Il defcen: ditid'abord à Cyréne, (:), Capitale dela Pentapole Cyrénaïque, donton prétend qu'il éroit originaire, I y fr quantité de miracles ; & convertit plufieurs perfonnes. De-là il pañla dans les autres parties de la Lybie, dans la Marmarique & l’Ammoniaque;. dans l'Egypte,& dans le Thébaïde : cu aimmocent. 1. Ep. ad Detent. | 1262.b. Enfeb. 1.2.6, EE an. haref. sr. | ET DU NOuvATESsTAaM. Ze. IT. ‘vor on aflure que c'eft de lui que toutes ces contrées ont recu la connoiffance du falut. Il n’entra dans la ville d'Alexandrie: qu'aflez tard, & après en avoir recû un ordre exprès de Dieu dans une vifon. Il étoit apparemment alors dans la Cyrénaïque, puifque ces A@es nous 4p- prennent qu'il dit adieu à fes Difciples ; &sem- barqua', après avoir mangé un peu de pain avec ‘AN pu M. 4064. de F. C. 64. de lE- re vule. Gr. S.MarcvwæàAfer xandrie. eux. On peut foupçonner que ce pain eft Le Pain Euchariftique. H arriva en deux jours à Alexan- drie, dans la fepriéme année de Néron, Il entra dans la ville par un quartier nommé Bennide ; _ & on rapporte que fon foulier s'étant rompu, il le donna à raccommoder à un favetier nommé _ÆAnnien, lequel s'étant bleflé de fon alène à la _ main, s'écria de douleur : Ah, mon Dieu ! Ce Que faint Marc reoarda pour un bon préfage du Se à : , fuccès de fon entreprife. Il prit occafon de ces paroles, de parler à Annien de ce Dieu qu'il ve- noit d'invoquer, fans le connoître, & de Jefus- Chrift fon Fils, par le mérite & la ipuiflance du- quel il lui fit efperer de leguérir de f bleflüre. = Annien l'écouta; & faint Marc ayant fait un. _peu de bouë avec fa falive, la mit fur la playe , invoqua le Seisneur ; & auffi-tôt la main d'Annien fe trouva guérie. Cet homme touché de:ce mira= _éle, prefla faint Marc d'entrer dans fon logis, lui . fervit à manger, lui f plufieurs queftions fur la … doétrine qu'il prèchoit ; &érant fufifamment in- ftruit , il fut baptifé avec courte fa maifon. Quan- .tité d'autres pérfonnes , que la vie, 14 doétrine & les miracles de fainc Marc avoient touchez, en. Sn DD ST EE An pu M. 4064..de J. Ciéa de PE- re vale. 6x. Car. XVII. Therapeutes en Egypte 192. A HIS TOLRE DBs JUS braferent aufli le Chriftianifime. La ferveur de ces premiers Chrétiens d'Alexandrie fut telle ,. que plufieurs d’entr'eux renoncerent à tout, pour fui- vre les regles les plus élevées & les plus parfaites de la Religion Chrétienne; & quelques Anciens (a) ont crû que les Therapeures dont Philon à fair la peinture dans fon Livre de la vie contem plative, n'éroientautres que les premiers Difciples dé-fainc Marc. Philon a voulu faire honneur à {à nation & à fa Religion de ces parfaits Difciples de Jefus-Chrift, parce qu'ils étoient Juifs de naïflance pour la plûpart, & qu'ils fuivoient prefque toures les cérémonies de la Loi. . . On a prétendu (b) que ces Therapeutes ont été les premiers auteurs de la vie & de l'inftitution monaftique; & il eft certain que les Moines qui furent autrefois fi célébres dans l'Egypte, avoient imitébeaucoup des pratiques des T'hérapeutes &des Effeniens : mais on ne peut pas dire en rigueur, que . lesT hérapeutes ni les Effeniens foientlesinftituteurs de la vie monaftique & des CommunautezReligieus fes ; ils en! furent fimplement les premiers modeles, On ne commença proprement à-voir des Moines en Egypte qu'au troifiéme fiécle. Nous avons parlé ci-devant des Effeniens ; il faut ici un mot des Thérapeutes. Ils entrent naturellement dans notre deffein, foit quils foient Juifs; où Chrétienss. puifque nous avons entrepris de donner ici l'Hi- foire des Juifs, & le commencement de FHiftoire. STAR (a) En. 1 ar bere[. 29%. ieron. de Piris flluftr. x 0m. Lx. if Eccl.c. 12 e.-P ae <e . Fois ee L, 2.6. 17. Epiphan. | (D) Cafian. DR Less A ee et ARTE ET DU N ou y. TESTAM:1i0!1II. 193 de lEglife. Notre inténtion n’eft pas de rapporter Jes difpures que l’on a formées fur ce fujer, (4) & qui partagent encore aujourd’hui les-Sçavans. Le nom de Thérapente fignifie en Grec un weé- decin, où ün /ervitenr, ou un adorateur , un {er- viteur de Dieu. Ceux qui portoient ce:nom en Egypte, s'appliquoient principalement à la: vie contemplative , comme les Efleniens à l'active.:H y avoit un grand nombre de Thérapentes de l'un & de l’autre {exe dans tout ce-pays, :maïs princi- palement aux environs d'Alexandrie, Leurinftitut sérendoir mème dans divérfes-autres parties ‘du . monde, (#) Ceux qui embraffent ce genré de vie, dit Philon , n’y font point engagez par lacoûütume, par la follicitation, -ou les -prieres de quelqu'un, (c) mais par le mouvement dé leur dévorion pat une infpiration furnaturelle | &: par l’ardént defir qu'ils ont de la vie éternelle & À nent $e regardant déja comme morts à ce: monde , ils abandonnent à leurs enfans & à leurs parens , ou s'ils n’ont point de proches ; à leurs amis; cequ'ils poffedent de biens fur la terre, pour vivre dans une heureufe pauvreté, Ils renoncent à leur fa- mille, à leurs habitudes, à leurs parens, à leur me |: 343 SANTE > RE 5 |, RS URSS DE IS SSRLES ÉTÉ SET FE, i H <:o 7 À ES É Mer + an DD IN JÉNOi ti ut SO DSSPES (a) Voyéz ce que Blondel ,| le fentiment CORCTAILE. à Saumaife,. Scaliger; M. de Va-|’ (b) Philo de Vita contempl. p, lois, M. Bafnage , M. Dupin , | 892. D. —. & M+s-Préfident de Dion,| (c) Philo de vifé contemp. p. RS LS A SR RTS Ve Ne 21 nas fo RA ont écrit. pouf: foûrenir que iles" 207. Q'uretf 2935 re êx rapaxat + RL En e 4 2 É ro b = - 4 Æherapeñtes n'étoiént.pas Chrée | ue rivôv , ét 67 tpolG- deraxt. tiens; & ce que le:R:P:-D. Ber- | res Seuvfe naSdres Oh Gaxy eu Subr ; ee 4 la. NAME SNS hard de Mont faucon; M4) de nopGarlünes ExSscdQue | mÉers à Me Tillemont & autres ont écrit pour | r8 wo0épiorTecs, Tome IV... Bb Nu M. 1064..de J C.64. de PE- re vuls.6r, mt ne OR LE de £ 194 HISTOIRE DES Jutrrs, patrie; & fe retirent hors des villes, dans des jar ue dins, ou dans des métairies éloignées & folitai- Ciéa. de. res, pour y vivie hors du commerce des autres re vulg. 61. hommes. | : Les plus parfaits des Thérapeutes font retirez fur une colline fituée près le lac Méris, où ils de- meurent en très-grand nombre. {4) Ils ont choili ce lieu pour leur retraite , principalement à caufe de la pureté de l'air, & de la folirude, & parce qu'ils y font plus en sûreté contre les voleurs & les coureurs., étant couverts par plufieurs villages, : par diverfes maifons de campagne, & par le lac | | | Méris. Leurs logemens font féparez les uns des 1 autres, (b) pour mieux garder le filence de la j folitude ; mais non pas éloignez , afin qu'ils pui£ L : _ fent, en cas de befoin:, fe défendre des voleurs, | & vivre en focieté. Ces maifons font pauvres & fimples ; n'ayant que le pur néceflaire pour fe ga- rantir du chaud & du froid Ils y demeurent toute Ja femaine fans en fortir, & fans mème regarder au:dehors, tant ils font appliquez.‘ Chaque The: rapeute a fon Oratoire, qu'ils nomment /c) Se néion & Monafterion., dans lequel ilsvacquent aux “exercices de la viéfpirieuellé; fans y porter jamais aucune nourriture. corporelle , ni aucune-autre _chofe deftinée aux befoins du corps. Ils yrmédi- tent la Loi & les Prophétes, & y chantent des 1 | k ï f # il ! k Lo à SR — SEE + er > sent ne lé Moraflérion , lieu defolitude& à FR de ER ETS PSS ee dr Eric: AMEN 25 SE à gr pu Noëv.TEsrTam. Liv. II. 1o$ Hymnes facrez. Ayant toujours lefprit OCCUPÉ de Dieu , ils ne loublient pas même en dormant: en forte qu'il y en a qui ont des fonges, où Dieu leur découvre de grandes veritez. Ils prient deux fois le jour ; fa) le matin & le foifrLe matin au lever du Soleil, ils prient Diew de ‘ 5 °/. ; = quil les rempliffe de fes lumiéres ,; & qu'il leur donne une heureufe journée, Le foir ils lui deman- dent. que leur ame dévacée des foins fuperflus , que leur ame dégagée d perfh & des diftractions des fens, puifle vacquer en paix \ s-/ ” s e / 3e a : ° % à l'étude de la verité. L'intervalle du matin au foir eft tout employé à la. leture :& à la. méditation. Leur leŒure eft des Livres facrez ; où ils cher- chent des explications allégoriques. (b) Ils ont parmi eux des Ecrits compofez par les anciens Chefs de leur fecte, dans lefquels ils onc hiffe dés modéles de ces explications allésoriques, que les Thérapeutes tâchenc d’imiter dans leurs études. Philon ne s'explique pas davantage fur les auteurs de la fete des Thérapeutes , ni fur la: perfonne de ces anciens Allécoriftes, dont-ils tiroient leur origine, & qu'ils confideroient comme leurs. ñ Isa mpofent des hymnes & des cantiques de _ differente mefure, & fur divers chants , mais fort erieux, & fur divers fujets de pieté. Le jour du Sabbar., ils s’'aflemblent dans un Oratoite commun, (a) Hidemp. 803. C. |ru andior ay Dot , di The aipéreae {b) Pag. 803. D.E uyydvevlee| dpyuyira peéañuor, monà pris De rois iepolarruis yeapHai giroco-| rüsér rods aAAmpsputlole id'éas" an énIror gai. ray. ralplav QuAoGogiay &Any0- Ge #aÏaTép Tigi Gp XETU ROIS xpordose parles. 867 dé avldis % cvyyeimua-| piutrm rûs maaupéoins Tôy remove Bb i pu M. 4064. de J. C.64. de PE re vulg. 61< PO 4064. de J. C.64. de PE. et et om cr nt tt tnt ES EERE LSS BR NE DRE DR nr pci 4 À P 1 ! 196: HISTOIRE DES JUIrS, _ féparé en deux par une muraille de trois ou quatre coudées, c'eftà-dire, de cinq ou fix pieds de haut, afin que les femmes foient féparées des hommes, & qu’elles puiffent oüir l'inftruétion, fans être vûüés. Là ils font aflis en rang, felon leur âce, vêtus modeftement , ayant les mains cachées”, la droite entre la poitrine & la barbe, & la gauche fur le côté. (4) Le plus ancien & le plus capable de l’affemblée s'avance au milieu, & leur parle. Son air eft grave & ferieux , fa voix moderée, fon difcours folide & fans ornement. Tous écoutent en grand filence, & ne témoignent leur approba- tion, que par quelques fignes de la tête, ou des yeux. Ce ne font point de grands applaudiffemens de la voix ; ou des battemens de mains. 2 _ La temperance pañle chez eux pour le fondement des-vertus. Nul ne prend aucune nourriture avan le coucher du foleil, donnant tout le jour à l'étude & au foin de l'ame, & la nuit feulement au foin du corps ; & encore n’accordent -ils au corps, qu'une petite partie de la nuit. Il y ena quine mangent qu'une fois en trois jours ; d'autres une. fois en fix jours. Le jour du Sabbar eft parmi euxen grand honneur. Ils sy abftiennent de tout travail corporel, . mais ils y prennent de la nourriture, traitant leur corps comme une bête, à qui lon accorde quelque repos après le travail. Leur nour- riture eft très-fimple & crès-frugale. Ils ne mangent que du pain avec du. fel, & ne boivent que de en A E< … ET ou Nouv. TEesTaAm. Éio, II. 197 l'eau. Les plus délicats joignent au pain un peu d'hyflope. En un mot ils ne boivent que pour ne pas mourir de foif, & ne mangent que pour ne pas fuccomber à la faim & à la foibleffe. Leur habit ef fimple , uniquement pour fe mettre à couvert du froid , ou de la chaleur exceflive. L'hyver au liew de fourures, ils fe fervent d’un gros manteau. En été, ils portent un habit plus leger , ou une tuni- que de lin. Ils pratiquent en toutes chofes la mo- deflie , comme fille de la verité; & fuyent la va- nité & la fuperfluité, comme filles du menfonge. Le nombre de fept eften véneration parmi eux. (a) Non-feulementc ils fe repofent trous les fept jours, c’efta-dire, tous les jours de Sabbat; mais leur principale Fêre eft après fept femaines ; c'eftà. dire, la Pentecôte, qui fe célébre cinquante jours après la Fête de Pâques. Ce jour-ha ils s'aflemblene vêtus de blanc, pour prier & manger enfemble avec joye. Etant dans la falle à manger, debout & rangez modeftement, ils levent Îles mains & les = te AN Dùu M. 4064. de F. C.G4. de l'E- re vuls. 61. yeux au Ciel, & prient Dieu de bénir le repas qu'ils vont prendre, Les femmes y font admifes ; mais ce fonc des vierges , âgées pour la plüpart, qui font profeflion d’une virginité Volontaire. Apres la priere ,ils fe mettent à table. Les plus anciens de profeflion s'afleyent les premiers, & enfuice les plus jeunes ; (d)car on n'a égard parmi eux qu'au tems auquel on a émbraflé cet inftitut, & non pas NX 2 ï - TE QT Se e Ke 6 ; = à l’âge. Les hommes fonc à la droite, & les femmes à la gauche, Ils mangent couchez à table fur des (2) Page 899. B. | - | (b) Thid, P: 900: A, B. O6. | Bb ii Ax. pu M. 4054. de TJ. C. 54. de l'E- re vulg, 1. 204 HisTOIRE DES JUrrFs; Anciens , avec toute l'Eglife, de députer quelqu'un pour aller à Antioche avec Paul & Barnabe, afin . d'y expofer laréfolution qui avoit été prife dans le Concile. On choifit done Jude, furnommé Barfabas . & Silas ,, qui étoient des principaux d’entre les freres. & on les chargea d’une Lettre conçüé en ces termes: » Les Apôtres, les Anciens & les freres de Jérufa- » lem , aux freres d'entre les Gentils qui font à » Antioche de Syrie, & en Cilicie : Salut. Comme » nous avons appris que quelques-uns venus d'ici, # vous ont troublez, & vous ont jetté des fcrupules ». dans lefprit , fans que nous leur en ayons donné ». aucun ordre , après nous ètre aflemblez dans le » même efprit, nous avons jugé à propos de vous » envoyer des perfonnes choifies, avec nos chers » freres Paul & Barnabé , qui ont expofé leur vie » pour le nom de Jefus- Chrift. Nous vous en- » voyons donc Jude & Silas, qui vous apprendront » toutes chofes de-vive voix. Car il a femblé bon » au Saint-Efprit & à nous de ne vous point im- » pofer d’autres charges que celles qui font nécef- » faires ; fçavoir, de vous abftenir de sout ce qui » aura été facrifié aux Idoles ; du fang, des chairs » étoufices, & de la fornication , dont vous. ferez » bien de vous garder. Adieu. _ Dans ce même voyage, faint Pauliexpofa pu- bliquement aux Fidéles de Jérufalem & aux Apô- tres, la doctrine qu’il. prèchoit parmi les Gentils: Ca) Len confera aufh en particulier avec les prin- £a} Galat XR: 2.0 fer | Ce me + 7 4 ME ETS 7 ns æ — ET pu Nouv. TESTAM. Liv: II. 205$ cipaux, en préfence de Barnabé & de Tite. Ce n’eft = pas qu'il eût befoin de s'afsûrer de la verité de la 2 +; doctrine qu'il prêchoit, (4) ou que cette doctrihe & ae VE eût befoin de la confirmation de perfonne, puif- re vulg. $r. qu'il l'avoit apprife de Jefus-Chrift même : mais il éroit important d’afsürer les autres de la verité de fa prédication, en faifant voir qu'il n'enfeignoit rien qui ne füt approuvé de tous les Apôtres. Saint Pierre, faint Jacques & faint Jean, avec quiil en confera, n’y trouverent rien à redire, niàajoûter. Hs virent avec joye la grace que Dieu lui avoit donnée, & reconnurent qu'il avoit établi Apôtre des nations, comme faint Pierre l’étoit des Juifs. Ceft pourquoi ils s'unirent à lui & à Barnabé ; ils leur donnerent les mains en figne d'union & d'al- liance, & ils leur recommanderent feulement le foin des pauvres, c'eft-à-dire, d’exhorter les Fi- déles convertis du Paganifime, à afifter les freres de Jérufalem. Ceux-ci avoient d’abord vendu tous leurs biens, & les ayant mis encommun, étoiens réduits à une grande pauvreté, depuis que les Juifs incrédules avoient commencé à les perfécuter, & à les dépoüiller du. peu qui leur reftoit. /b) Saint Paul s'acquitta avec joye de cette commiflion ; .& on verra dans la fuite de cette Hiftoire , ce qu'il ft pour les pauvres de Jérufalem. Tire, que faint Paul avoit amené avec lui à Jéru- Eee | Î falera, étoir Gentil de naiffance : & s'étant converti, S Paule de | Paul ne jugea. pas à propos de l’obliger à recevoir | . | (2) Chry[. bomit, is Galas, be] (b)Æérl.X. 34 DES ee ne. 8a3, d.. Ce Cor 506 |, HISTOIRE DES JUIFS, = ——— |; circoncifion. (4) Ceux qui vouloient introduire An ou M. Gns l'Eglife la néceflité d’obferver les cérémonies 4054. de E. dé laLoi, firent de grands efforts pour obliger Paul G;$ 4.-de 1È NC e e e < 5 0 = e revulg. $r. À le faire circoncire ; afin d’en conclure que lui- : même reconnoifloit la néceflité de la circoncifion : mais Paul n’y voulut jamais confentir; & les autres Apôtres n'exigerent pas cela de lui. Ce n'eft pas que l'Apôrre condamnât la circoncifion ; lui-mê- me quelque tems après circoncit faint Timothée : mais il ne vouloit point donner d'atteinte à la li- _ berté évangelique. Nous ignorons quelle étoit la patrie & les parens de faint Tite, & les circonf- rances de fa vocation & de fa converfion. Il de- meura toujours fort uni à faint Paul; & les Anciens nous apprennent qu'il fut foninterprete /b) & fon fecretaire. Il en fera fonuvent parlé dans la fuite de l'Hifioire. | Jude & Silas de Jude & Silas, qui furent députez de la part du il EE . Fe Concile de Jérufalemà l'Eglife d'Antioche, étoient 4 d'Antioche tous deux Prophétes, & dés premiers d’entre les freres de Jérufalem; (e) & apparemment du nom. bre des feptante Difciples. L'Hiftoire ne nous à rien confervé de la vie de Jude, ou Barfabas: mais pour Silas, autrement Sylvain, il 'attacha d'abord” à faint Pierre, & ce fut lui qui porta la lettre que cet Apôtre envoya de Rome aux Fidéles de l'Afe, © : du Pont, de la Galatie & de la Bithynie; & celle Ë ee du Concile de Jérufalem à Antioche ,oùil s'arrêta. 4 _ Il s'attacha enfuite à faint Paul ,& ne le quitta (b) Hicronym, Ep. 150. GUIR ECS SE OO gr pu Nouv. TEesram. Liv. Il. 207 prefque plus dans-route la fuite de fes voyages & de fes prédications, Son nom fe rrouve fouvent dans les Epttres de cet Apôtre. - Les Députez du Concile de Jérufalem étant ar- rivez à Antioche, (4) afflemblerent les difciples, &cleur rendirent la Lettre des Apôtres. On la lut dans l'Eolife, & elle caufa beaucoup de joye & de confolation aux Fidéles. Jude & Silas étant eux- mèmes remplis du Saint-Efprit, & ayant le don de prophétie & de la parole, confolerent & forti- fierent Les freres par plufieurs difcours; & après u’ils eurent féjourné quelque tems à Antioche, les Fidéles les renvoyerent à Jérufalem. Toutefois Silas aima mieux demeurer : maïs Jude retourna vers les Apôtres à Jérufalem. Paul & Barnabé y demeurerent aufli quelque tems; & faint Pierre y vint lui-même pour viliter les Chrétiens, & pour être témoin de l'état de cette Eglife, dont il étoit le principal fondateur. Cet Apôtre d’abord fe mêla avec les Gentils convertis, & mangea avec eux (b) indifferemment comme avec les Juifs, fans s’arrèter à la diftinétion dés viandes marquées par la Loi; en quoi il fe conformoit à ce qu'il avoit décidé lui-même au Concile de Jérufalem. Cependant quelques Chré- tiens circoncis étant venus de Jérufalem à Antio- che, il commença à fe féparer des Fidéles d’entre les Genrils, & à ne plus manger avec eux, par une efpece de feinte & de diflimularion, qui pouvoit donner lieu de foupçonner qu’il croyoit … (a) 4. XP. 17. ze . Eb) Galat. XL 12,130 ” Ax ou M. 4054. dé J. E $-4* de l'E: re vulg. ÿt. S, Dierre vient à Antioche , &eft repris par S\ Paul. 208 HisTOIRE DES JUTFS, | | 7" l'obfervation des cérémonies légales néceflaire au il AN pu M. - | - + : A : 4054. de J, MOINS pour les Juifs, & qu'il vouloir même y af. ; C, s4.de l'E, fujettir les Gentils. Ainh il donnoit arteinte à l'au- _ revule. sr. torité du Concile qui venoit d’être célébré, & ébranloit la difcipline de l'Eglife. | L'exemple de Pierre engagea les autres Juifs Fi- déles d’Antioche, qui vivoient auparavant avec les Gentils convertis dans la liberté de la foi, fans s'aftreindre aux obfervations légales ; il les enga- gea, dis-je, à imiter fa diflimulation , en fe fépa- _ranc d'eux; Barnabé même s'y laifloit entraîner comme les autres : En forte que faint Paul voyant qu'ils ne marchoient pas felon la veriré de l'Evan- gile, & que la conduite de faint Pierre étoit répre- Fenfible , ilreprit cet Apôtre devanr tout le mon- de, & luiréfifta en face, en lui difant qu'il avoit tort.de vouloir oblicer les Genrils par fa maniere d'agir, à vivre felon la Loi des Juifs. En effer fi fainc Pierre avoit raifon, il s'enfuivoit que les Gentils devoient obferver les cérémonies légales, & que les Juifs fidéles ne devoient pas vivre indif- feremment avec eux, comme ils avoienr com- mencé à faire , depuis que la porte de la foi fur | une fois ouverte aux Gentils. Saint Pierre reçut ; . avec humilité & avec modeftie la répréhenfion de É Paul; & cela ne diminua en rien l'eftime & la | fection réciproque de ces deux Apôtres, qui ne cherchoïient l’un & l'autre que la veriré & l'édif- ifaron de l'Eglife. Quelques-uns (a) ont crû que _— écrslacés cent Pal tee FE En pr 2 (a) Voyez le P.Hardouin pour | de LÉ fainte Chapelle, & notre Vaffirmative ; M. de Tillemont, a fur ce fujer,pour la ne- Céphas Note 33: fur S, Pierre, M; Boileau ] gatives er ov Nouv. TESFAM. Liv. II. 309 Céphas qui fut répris par faint Paul à Antioche, étoit different de PApotre faint Pierre : mais on a examiné & refuté ce fentiment ailleurs. Quelque tems après, Paul propofa à Barnabé (4) d'aller vifiter toutes les Eolifes qu'ils avoient fon- dées dans l’Afie & ailleurs, pour voir en quel état elles étoient. Barnabé y confentit : mais il vouloit prendre avec lui Jean-Marc, qui, comme nous l'avons vû, les avoit quittez un peu trop légere- … ment durant leur premier voyage. Paul le pria de _conftderer qu'il n’étoit pas à propos de reprendre avec eux celui qui les avoit quitrez en Pamphilie, & qui ne les avoit point fuivis dans leur miniftére. Saint Barnabé ne put être perfuade des raifons de faint Paul, & ils fe féparerent pour cette fois, fans néanmoins rompre le lien de la charité, qui _ fur toujours parfaite entr'eux. Barnabé prit avec lui Jean-Marc, & alla dans l'Ifle de Cypre, oùil confirma dans la foi les Eglifes qui y étoient. Mais faint Paul ayant pris avec lui Silas, partie pour aller vifiter les Eglifes de Syrie & de Cilicie, recommandant par-tout où il pañloit, l'obferva- tion des chofes qui avoient été ordonnées dans le Concile de Jerufalem, & fortifiant les Eglifes dans la foi par fes exhortations : en forte que les Fidé. les croifloient en nombre de jour en jour. Il arriva AN pu M. 4054. de TJ. C. s4.del'E- re vulg. 51. CHar. XIX. Paul & Barnabé fe féparent. Paul prend Silas pout fon compagnon, An ou M: 4055. de J. CC” ss-de l’Ere vul- gaire $ 2: Saint Timothée s'attache à Saint Paul. Il reçut la circoncifion. ainfi à Derbe , (b) & enfuite À Lyftres en Lycaonie, où il rencontra un Difciple nommé Timothée , fils d’une femme Juive convertie au Chriftianifme, & d’un pere Gentil , qui étoit demeuré dans l’ido- encens (2) AG. XP. 36, feg À (b) 48. AVI 1. 2.0 [eg. - Tome IF. _ Dd ri io .< MISTOIRE DES Juxrs, 7" lâtrie. Timothée dès fon enfance avoit appris les en Lu ‘ faintes Lettres de fa mere Eunice, & de fon ayeule ér' Loïde, qui toutes deux avoient embraffé de bonne re vulg. 52. heure la Religion Chrétienne. Saint Pauk ayant crouye dans fainc Timothée beaucoup de fcience, de zéle & d’innocence, le prit avec lui, & lui se donna la circoncifion, non qu'il la crût néceflaire, mais pour ne pas choquer les Juifs, qui n’auroient pü fe réfoudre à avoir aucun commerce avec um homme incirconcis. Or faint Paul commençoit toujours par prècher aux Juifs, lorfqu'il arrivoit dans une ville ; & tous les Juifs du pays fçavoient que Timothée ayant eu pour pere un Gentil, n'avoir pas été circoncis le huitième jour comme les Juifs. On préfume qu'alors fon pere étoit mort, puifque faint Paul le circoncit fans aucune eppo- fition de fa part. Timothée n’y témoigna point. non plus de répugnance , fçachant les raifons que fant Paiubavoit d'en ufer ain. a) Lorfque Paul , Silas & Timothée eurent tra- verfé la Phrygie & la Galatie , le Saint-Efprit leur défendit d'annoncer la parole de Dieu en Añe; \ & étant venus en Myfie, ils fe difpofoient à pafler en Bithynie : mais l'Efprit de Jefus ne le leur per- mit pas. Aïnfi ils defcendirent à Troade, ville de la petite Phrygie, où ils s'embarquerent. Or faint Paul étant dans cette ville, eut la nuit une vifion, _dans hquelle un homme, qu'il reconnus être Mae _ cédonien à fon air, à fon langage, à fon habit; tre même lui déclara-vil qu’il éroir Macé eme eee sl encre LS Ë « D mn A Er hr te, St PS = c > ox ) \ ze fe : Cos RE BE dr LES Se Le : ne 2 ; ns Ë See = 2 © æ ÊT Du Nogent LIT, Te donien ; cet homme le prioit de pañfer en Macé- 155 M. doine , & de la fecourir. On croit que ce Mace- 4o sy. de J. donien éçoit l'Ange prorecteur de la Macédoine, C. 55. de l'E qui conjuroit faint Paul d'y venir répandre la lu- re vulg. 52e miére de la foi. ee : Dès le lendemain #ows nous difposämes de paffer … Hiftoie & s. LES . . Luc, compagnon en Macédoine , dit faint Luc, Auteur des Actes de voyage de faint des Apôtres, #6 doutant point que Dieu ne nous y appellät pour précher l'Evangile. Maniére de par- ler, qui nous fait croire qu'il commença alors à _ entrer dans la compagnie de faint Paul, auquel il demeura toujours fort attaché. Saint Luc étoit ori- ginaire d’Antioche en Syrie, (4) & Payen de Re- ligion , avant qu'il fe fût converti au Chriftianifme. 1 étroit médecin de profeflion, & on croit qu'il n eut jamais ni femme, ni enfans. Il écrit en Grec d'une manière plus pure & plus polie que les au- tres Auteurs du nouveau Teftament. On ne fcait aucune particularité de fa converfion. Saint Jerôme l'appelle le fils fpirituel de faint Paul ; ce quiinh- nuë qu'il croyoit que l'Apôtre l'avoit converti _ Saint Luc avoit aufh converfé avec Les autres Apô- tres , (b) & avoit ramafñlé avec beaucoup de foin, ce qu'ils lui avoient appris des miracles &.de Ja doétrine de Jefus-Chrilt. Il paroît par fes Ecrits, -qu'ilavoit eu part à la confiance de la fainte Vierge, dont il nous a rapporté beaucoup de particularitez dans fon Evangile, qu'il écrivit quelques années après celle-ci. On croit qu'il compofa l'hiftoire des ES (a) Voyez S. Jerome, de iris | (b Luc, L 1.2, allufir. c. < r AN ou M. 4055. de J. C.s 5. del’E- revuls, 52. S. Paul pafñle en Macedoine. > 512 … HisTorre Des Jurrs, Actes pendant le féjour quil fr à Rome avec fains Paul, & dont nous parlerons ci-après. Saint Paul, Silas , Timothée & Luc sembar- querent donc pour paffer de Troade en Macédoine. Ils vinrent d'abord en Ffle de Samothrace, & le lendemain à Naples, ville maritime de Macédoine, … & de là à Philippes, Colonie Romaine, & Capi- . Paul & fa compagnie s'aflirent, & parlerent aux rent Jefus-Chrift; & une de ces femmes, nom- _de pourpre, qui n'étoit pas Juive de naiflance, mais profélyte fervant Dieu, écouta ce que Paul tale de cette partie de la Macédoine , qui eft la plus proche de la Thrace. Ils y demeurerent quelques jours ; & le jour du Sabbat ils fortirent hors de [a ville , &allerent fur la riviére, où étoit la Profeu- que, ou le lieu ordinaire dela prière : car les Juifs de Philippes n’avoient apparemment point de Sy- nagogue bâtie, ni au dedans, ni au dehors de la ville ; mais ils y avoientune Pro/éaque ; c'elt ainñ qu'ils appelloient les oratoires, où ils s’'aflembloient pour prier & pour entendre Îa lecture de la Loi. Ces Profeuques étoient de grands enclos décou- verts, faits en forme de théatres, & fituez en rafe campagne. (4) . En attendant que les Juifs fuflent tous venus, femmes, qui étoient là afflemblées. Ils leur annonce- mée Lydie , native de Thyatire, & marchande _ Jui annonçoit, Dieu lui ouvrit le cœur , & elle | embraffà la foi. Elle fur baptifée avec fa famille, | SR ET CT EE PR RS = 2 } Voyez notre Commentaire fur 48, XPL. 12. œ S. Epiphate nee 2% SUIS à 2 es 4 5 er ou Nouv. TEsTAM. Liv.II. 13 & elle pria les Apôtres de ne prendre pas d'autre maifon que la fienne ; & elle le fit avec tant d'in- ftance, qu'ils ne purent s'en défendre. _ Css delË Oril arriva qu'allant un autre jour de la femaine re vulg. 52. au lieu de la priére, ils rencontrerent une fille ef $. pat guérit - AN DU M. 4055. de JT. : Sn Cent! =. une fille poffedée clave, qui appattenoit à un maitre Gentil, laquelle ® eds Pre éroit poffedée d'un démon qui la faifoit deviner ; ce thon. qui apportoit un grand gain à ceux à qui elle appar- cenoit. Cétre fille fe mit à fuivre Paul & ceux qui l'accompagnoient, en criant : Ces hommes font des \ ferviteurs du Dieu très-Haut, qui vous annoncent \ la voye du falut; & elle continua de la même forte pendant plufieurs jours. Le démon cherchoit par-là ou à fufciter une perfécution à faint Paul, sil le _chafloit ; ou à s’autorifer de fon approbation, s'il le fouffroir. Mais fainc Paul ne pouvant fouffrir ces loüanges, fe rourna vers la fille, & dit au démon: 2 Jété commande au nom de Jefus-Chrift, de fortir : de cette fille ; & le démon fortit à l'heure même. … Ceux à qui cette fervante appartenoit fe voyant fruftrez de lefperance de leur gain, fe faifirent de _ Paul & de Silas; & les ayant traînéz devant les Magiftrats, les y accuferent de vouloir troubler _ leur ville, en y introduifant une Religion & des Û coûtumes, qui étoient contraires aux Loix Romaï- , Î L _ nes, & dont la pratique évoit interdite dans leur | L ville, qui étoit Colonie Romaine. Le peuple mu- E tiné accourut, en criant contre eux; & les Ma- giftrats fans examiner la chofe, & fans leur don- Ë _ ner lieu de fe défendre, firent déchirer leurs ha- bits, & leur firent donner publiquement le foüer ee fur le dos & fur les épaules. Dans ces rencontres Ddii } ; t RAR EE = ÈS Ha RES FE PRESENT Ax ou M, 4055. de J. GS delE- ge vulg. 52, 1 14 HISTOIRE DES JUIrs, on déchiroit, & on n'ôtoit pas les habits de ceux à qui l'on faifoit fouffrir la peine du foüet. Après qu'on les eut déchirez de coups, ils les envoyerent en prifon, ordonnant au geolier de les garder sû- rement. Celui-ci les enferma dans un cachot, & leur ferra les pieds dans des ceps, ou des entraves, qui écoient deux gros ais, qui en fe réuniffanc, laifloient des ouvertures à diverfes diftances, où Fon faifoit pafler les jambes des prifonniers Ils demeurerent donc couchez fur le dos, ayant les pieds ferrez & les jambes érenduës, dans une pof- rure fort incommode, {ur-tout pour des gens qui avoient le dos tout meurtri. | Sur le minuit, Paul & Silas s'étant mis en prie. res, chantoient des hymnes à la loüange de Dieu. Tout-à-coup il fe ft un fi grand tremblement de. serre, que les fondemens de la maifon en furent ébranlez. Toutes les portes de la prifon s'oëvri- rent en même tems, & les liens des prifonniers furent rompus. Le geolier s'étant éveillé, & voyant toutes les portes de la prifon ouvertes, tira {on épée, croyant que tous les prifonniers sétoient fauvez, & vouloir fe percer, parce qu'il en de- voit répondre fur fa vie : mais Paul lüi cria à haute voix : Ne vous faites point de mal; car nous voici encore tous. Alors le geolier ayant demandé de la lumiére, entra dans le cachor , & fe jettant aux pieds de Paul & de Silas , il les tira de ce lieu- _ R,, & les ayant menez dans fa maifon, il leur dit: Seigneurs , que faut-il que je fafle pour être fauve? 7 i répondirent : Croyez au Seigneur Jefus, us ferez fauvé, vous & toute vorre famille. ee Er mu Nouv. TEsTAM.Liv. II. vis Hs Jui annoncerent la parole du Seigneur ; il crut lui & toute fa famille ; ils furent trous baptifez À la même nuit : & le geolier les ayant menez dans fon logement, il lava leurs playes, leur fervit à manger, & fe réjouir avec toute fa maifon, de la grace qu'il avoit reçüë, en croyant au Seigneur. Le jour érant venu , les Magiftrats lui envoye- rent dire par des huifhiers qu'il laifsär aller fes pri- fonniers. Aufli-tôt le geolier avec les huïfliers le vinrent dire à Paul & à Silas, qui s’étoient remis volontairement en prifon. Mais Paul dit à ces gens: Après nous avoir publiquement fait foüetter fans connoiflance de caufe , nous qui fommes citoyens: Romains, & après nousavoir mis en prifon.,, main- tenant ils veulent nous en faire fortir en fecrec, & fans nous faire la moindre réparation? Il n’en fera pas ainf : Qu'ils viennent eux -inêmes nous. AO SS. de J. Css s.delEx re. vulo. ner en tirer. Hfembleroir par la réponfe de faint Paul, que Silas & lui étoient tous deux citoyens Romains amais pour Silas, la chofe n'eft pas certaine. On. croit que faint Paul avoit acquis ce droit par fa naiflance, étant né d’un pere citoyen Romain ; car ce que quelques-uns ont prétendu, que tous les Bourgeois de Tharfe en Cilicie avoient cette prérogative , neft pas fans difhculté. Tharfe étoit une ville libre, mais non pas Colonie Ro- maine, ni ville ayant droit de bourgeoifie Ro- maine. Or en qualité de citoyen Romain, faint Paul ne pouvoit être ni battu de verges, ni mis jugé. — en prifon, fans avoir €té auparavant entendu & Les huifliers donc ayant rapporté aux Magiftrats: Ax.pou M. 41055. de J. C.s 5.de l'E- re vule. 52, GRR Scene nos Car, XX. Saint Paul vaa Theffalonique. 116 HISTOIRE DES JUIFS, la réponfe de Paul, ceux-ci eurent peur, & vin- rent lui faire des excufes ; & après les avoir tirez de prifon, ils Les prierent de fortir de la ville, pour ne pas s’expofer de nouveau à la violence des Juifs & des Payens de Philippes. Etant donc fortis de prifon, ils allerent voir Lydie leur hôtefle, & ayant vû les freres, ils les confolerent , & puis partirent. Depuis ce tems, les Fidéles de Philippes . conferverent une tendre affection pour faint Paul, & dans toutes les occafons ils lui donnerent des marques effectives de leur reconnoiflance , en lui envoyant des fecours d'argent , & d’autres chofes. ïls lui en envoyerent à Corinthe, (4) deux fois À Theffalonique ; {b) & enfin à Rome. fc) Onne peut rien ajouter à leur générofité ; & faint Paul en fait en plus d’un endroit des éloges fort hono- rables. — . Saint Paul & ceux de fa compagnie érant fortis de Philippes, aerent à Amphipolis, (4) ville tuée près de la mer, dela à Apollonie, & arri- verent enfin à Theflalonique, Capitale de la Ma etdoine, & où il y avoit une Synagogue de Juifs. Paul y entra, felon fa coûtume, le jour du Sabbar fuivant, & les entrecint des Ecritures ce jour-là, & les deux jours de Sabbat fuivans. Il leur montra que Jefus-Chrift étoic le Mefhie prédit par les Pro phéres, qu’il falloit qu'il fouffrit & qu'il reffufciäc. Quelques-uns des Juifs crurent, & fe joignirentà Paul & à Silas; & un grand nombre de Gentils _(a)2. Cor. XI. 0. | (2h Peoti8 (b) Philipp. IF, 16 - { (d) 44. APILr: 2e OC : craignant … ET pu; NOUM-TIPEST Liu. II, 7 craisnans Dieu , & plufieurs femmes de qualité -embraflerent la foi. Dieu confirma la prédication -de faint Paul par plufieuts miracles, & par divers “effets de [a puiflance du Saint-Efprit. / 4) Les Fi- déles de cétte ville eurent dans la fuite beaucoup à fouffrir! de la part de leurs concitoyens ; en forte que faint Paul les propofoit aux autres Fidéles de . da Macédoine, comme un modéle de vertu & de .patiencenfb) : : . Saint Paul logeoit chez un Chrétien nommé Jafon, où les travaux apoftoliques ne lempêchoiente point de travailler de fes mains, pour nètre à charge à perfonne, {c } & pour donner l'exemple de la vie appliquée -& laborieufe, que doivent mener des Difciples de Jefus-Chrift. Un jour les Juifs de Theflalonique pouflez d'un faux zéle, Prirent avec Eux quelques méchans hommes de la die du peuple, & ayant excité un tumulte dans la ville, ils vinrent en troupes à la maifon de Jafoa, voulant.en tirer Paul & Silas, & les mener dansla place publique devant le peuple: mais.ne les ayant point trouvez, ils trainérent Jafon &: quelques- uns des freres devant les Magiftrats de la ville, en criant : Voici des gens qui font venus nous troubler ici, Jalon les à recus chez lui. Ce: fonr des féditieux , qui veulent foulever l'Erat, en foû- _ Aehañt que ce Jefus qu'ils prèchent, eft le vrai Roï à qui il faut obéir. Par ces clameurs,, ils ému- N:DU M. 4055, de J. C:s s..de PE. ] re he 52e rent la populace, & les Magiftrars, qui les écou | PTT. Thefah qe — | A Theal: XL. 5. re :(b).1 Theffal, 1.6.7, 9. ut. Le Gge : _— EE HOMO je et | 4 { 6 Î = - St 118 HISTOIRE DES JUIFS, AUDE de toient : mais Jafon & les autres ayant donné cat doi sde HO &s étant obligez de repréfenter Paul & ceux C. s5.de l'E. de fa compagnie, s'il en étoit befoin , on les laiffa aller ; & la nuit même on conduifit fecrerement Paul & Silas hors de la ville, pour aller à Bérée. Ceux de Theflalonique ne les voyant plus, aban- donnerent la pourfuite dé Jafon. ee * Bérée n’eft pas bien éloignée de Theffilonique; & les Juifs de Bérée éroient d'un naturel plus hu- main & plus docile, que ceux de Theffalonique. Saint Paul étant entré dans leur Synagogue, ils : l'écourerent avec beaucoup d'affection & d'ardeur, examinant tous les jours les Ecritures, pour voir fi ce qu'on leur difoit étoit veritable, & fi Jefus avoit veritablement rempli tout ce que les Pro- phétes avoient prédit du Meflie. Plufieurs Juifs convaincus par eux-mêmes, & perfuadez par les taifons de faint Paul, fe rendirent à la verité ; ily. eut même un bon nombre de Genrils & plufieurs femmes de qualité, qui craignoient Dieu, & qui n'éroient pas Juives, qui embraflerent la foi. Mais quand les Juifs de Theffalonique fçurent que Paul préchoit à Bérée, ils y vinrent, & y exciterent le peuple contre lui. Auffi-tôt les freres fe hâterent de Éteroter faint Paul pour aller vers la mer; & Silas avec Timothée demeurerent a Bérée, pour affermir les nouveaux Fidéles. SE 5, Paul vient à Saint Paul s'embarqua donc à Bérée, (a) & vint à re vulo, ÿ2. Ath 4° 8 à PR. ; 5 : Ee : NÉE R Se Le Hans 7. Aienés (6) accompagné de ceux qu'on lui avoit (2) AB. X VII. 14. 15: de. y vint par terre. Mais le fenti {b)il y Ena qui croyent qu'il! ment oppofé eft plus fuivi. 2 gr pu Nouv: LEsTAM. Liv.II, 219: donnez pour le conduire. Athenes éroir alors la plus célébre ville du monde pour les fciences, pour la Philofophie, pour leloquence. On s'y rendoit D An pu M. 4055. de J. C.55.de PE- de tous les endroits de l'Empire, pour y étudier, re vulg. 52. & pour y prendre le goût des belles chofes. La fuperftition y étoit telle, que lon y adoroittous les Dieux, que l’on croyoit être adorez par les autres peuples. Saint Paul ne pouvoit choifir un: plus beau theatre pour y prècher Jefus-Chrit. La Providence l'y ayant amené, il renvoya à Bérée ceux qui lavoient accompagné , & les pria de dire à Silas & à Timothée de le venir trouver au plütôt. Or pendant qu'il les attendoit à Athenes, fon ef- prit fe fentoit émü, & comme aiguillonné en lui- A ; Fe . / 4 RÉ même, en voyant qu'une ville fi éclairée éroit toutefois fi attachée à l'idolâtrie. Tous les jours il s'entrerenoit avec quelque Philofophe payen dans la place publique , & alloit aufhi à la Syna- gogue, où ilparloit aux Juifs, & à ceux des Gen- tils qui craignoient Dieu , & qui sy trouvoient. Quelques Philofophes Epicuriens , & quelques Stoiciens ayant conferé avec lui, le craiterent de difcoureur & de difeur de rien, ou d'introdu- “teur de nouvelles Divinitez ; car ils fe figuroient: que Jefus-Chrift, dont faint Paul leur parloit, étroit un Dieu comme ces prétenduës Divinitez qu'on adoroit dans le Paganifme ; que c'étoit un Dieu nouveau , qui s'étoir manifefté dans la Judée; OÙ même un Dieu de la facon de Paul. Enfin un jour ils Le prirent, & le menerent dans l’Aréopage, en lui difant : Pourrions-nous réopage. fçavoir de vous quelle eft cette nouvelle doctrine Ece 2 : Difcouts de faïnt Pau devant l'A+ RS AN pu M. 4055. de J. Cii:debs rc.vulg. $2. 220 HISTOIRE DES JUIÉS, ue vous publiez ? fl n'écoit pas permis à un par- ticulier d'introduire de fon chef de nouveaux: Dieux : c’eft de quoi on acculoit faint Paul; &. c'éroir aux Juges de lAréopage d'en connoître. Or les Achéniens , & les étrangers qui demeuroient à Athenes, n'avoient point d'autre occupation que de dire & d'entendre des nouvelles. C’étoit-là leur paflion dominante. Ainfi il n'eft pas étrange que faint Paul étant venu leur annoncer des chofes fr. extraordinaires .. il ait excité leur curiofité, &: au'enfuite voyant que ce qu'il difoit regardoit le: fonds de la Religion, ils en ayent porté le juge ment à l’Aréonage. Paul étant donc devant fes Juges, leur dit : Seigneurs Athéniens, il me fem ble qu'en touteschofes vous êtes religieux jufqu'a l'excès ; car ayant en paflant confideré les {taruéss de vos Dieux, j'airemarqué même un Autel, où il eft écrit : 44 Dieu inconnu. C'eft donc ce Dieu que vous adorez fans le connoître, que je vous annonce aujourd'hui. Après cela il leur-parla du: Dieu créateur du Ciel & de la terre, qui n‘habite: point dans des Temples faits de la main des hom- mes, & qui: n'eft pas loin de chacun de nous, puifque c'eft dans lui & par lui que nous avons la vie, le mouvement & l'être : Que Dieu étant éter- nel, & purement fpirituel , ne peut être repré de fenté par aueune forme corporelle ; qu’il nousin- so \ Te DA. ee à : >: FU. _ Vite vous a la pénitence, & qu'il doit un jour juger: E-à + a + < : RES SR les vivans & les morts, par Jef us=Chrift, quila ls. due CR ee — Der établi Juge de tous les hommes, & qu'il a reffluf- Ces mots on l'interrompit ; & les uns fe moc2 CE SE £ # FR j. gr pu Nouv: TEesramM: Liu II. »xr querent de cette réfurreétion des morts; les autres 7 dirent : Nous vous entendrons une:autre:fois fur in ie < ce point. Ainfi faint Paul fortic de l'Aréopage. e 6 delB Toutefois fa prédication ne fur pas vaine Quel-r- valg, 53. ques-uns des auditeurs:fe joignirent à lui; entre: -AHEReS : Denys Sénateur de TArdopage & une’ . nommée Damaris, & quelques autres avec! eux. Quelques Anciens ( (a) ont crü que Damaris: étoit femme de Denys. Celui-ci fur le premier Evêque d’Athénes, & finit fa vie par le martyre. On ne fçait aucünes particularitez de fa vie depuis : . ileut embraflé le Chriftianifme, Saint Timochée vinr enfin trouver faint Pacs qui l'attendoit à Athénes : (b\:mais Silas in’ Ÿ. 7. comme l'Apôtre Favoit fouhaité; foit que des: pe plus:preffans de l'Eglife de Machines OÙ à quelque incommodité l'euflent retenu. noch: rendit compte à lApôtre de l'état des Eglifes de: Berée & de Theflalonique ; il lui apptit que ceux! de Theffalonique étoient perfécutez par leur con: _ citoyens. Saine Paul auroir fort fouhaité de les aller: Voir, pour les fortifier & les-confoler: mais il:fe: contenta d'y renvoyer Timothée , fe privant ainfi de fa compagnie & du fecours qu'il en efperoit,. ::, ... pour né pas manquer à aider fes amis & fes che nr ne Difciples dans ces premieres & fi rudes 6 épreuves. D Quelque tems après, {c) faint Paul fortit d'Athé. PS a dut à nes; _& vint àCorinche ; qui étroit. Capitale! de: + Athaïe une ie Eu bell, è des pee &. £ se ; Le Fe AA E IH : ne a —) re d ee 11 En à CA x 1. de €. 7: Aer. homil. &. > 1: CE A0. APIIT. à. 2 Ge) ) es ea se NS TOIRE DÉS JUIÉs, des plus fuperbes villes de la Grece. Mais on peut Ax DU M: dire qu'aucune autre n'étoit ni plus corrompuë, e a aa ni plus débauchée. L'éloquence & la philofophie: . te y étoient eftimées, mais beaucoup moins qu'à Athénes; parce que le commerce partageoit davan- rage l'occupation des habitans de Corinthe. Saine Paul y logea chez un Juif, nommé Aquila, ori-. ginaire de Pont, dont la femme sappelloit Prife cille; qui étoient tout nouvellement venus d'Ira. lie, parce que l'Empereur Claude avoir ordonné À rous les Juifs de fortir de Rome. Le mérier d’A- quila étoir de faire des tentes de peaux à Fufige des:gens de guerre ; & c'étoit aufh le métier de faint Paul. De maniere que PApôtre travailloit. avec lui, pour n’ètre à charge à pérfonne. Il ne cefloic point pour cela de prècher la parole de ve. rité, & de travailler au falut des Corinthiens avec gout le zéle que fa charité lui infpiroit. Ilalloicrous les famedis dans la Synagooue des Juifs, leuran nonçant Jefus-Chrift, & tachant de perfuader tant aux Juifs, qu'aux Gentils , que Jefus-Chrift dtle feul Sauveur & Redempreur du genre humain. Il . demeura dix-huit mois à Corinthe.. _ ee Car, xx. Quanrà l'expulfion des Juifs de Rome par l'Em- sn Pereur Claüde, dont parle ici fainc Luc (4) par | occafion , il y a beaucoup d'apparence qu’elle étoit * - arrivée cetteannée, ou l'année précédente, puil- qu'Aquila & Prifcille étoient de retour depuis peu à Corinthe. Jofeph n'en parle pas, non plus que Tacice, quoiqu'Orofe (b) le cite de Jofeph, comme. ces a) AE XPH T'IDOmlron * Er pu Nouv: TEsTzam.Liv. II. 220 en quelque forte refponfable dela conduite de Felix, & qu'ilfe mêloit de lui donner des avis pour le on gouvernement. de la Province: le Gouver- ÂN DU- M. 1056. de} C.s6.delE- neur s'en tint enfini importuné , & réfolut de sen re vule, 534 défaire. Il gagna un nommé Doras, en qui Jonathas avoit une entiere confiance, & Pl engagea à Fait: finer. Ce meurtre en impuni, étant fait de concert avec celui qui devoit-en tirer. vengeance ; & cette impunité augmenta encore la hardieffe des. aflaflins, & fit mulciplier les meurtres & les affaf Hinats de lé pays. Jonachas étoir fils du Grand- Prêtre Ananus , & frere de Matthias, :qui.fut auf Grand-Prêtre, au refus de Joarhas On ne fçait pas précifément l'année de fa mort: mais Tofephel = mer vers les commencemens: de Felix, : > #0: L'Empereur Claude qui avoir. gradifié le j jeune | pp du Royaume de Calcide ; le lui ôta. qua- tre ans aprés, & lui donna à la place la Tétrarchie gu'avoit euë Philippe fils d'Hérode, (4 compofée de: la Gaulanire , dé la Traconite, de la: Batanée. & de Panéade.. Il:y ajoûta. FAbilérie -poflédée autrefois par Lyfanias. Néron dans la faite ÿ ajoûta encore quelque chofe. €e Royaume étoit plus grand que celui de Calcide, & il étoit prefque LOUE entier au-delà du Jourdain, dans: la partie lapluses Æeptentrionale de la Judée. Agrippa avoit fois fœurs : -{çavoir, Bérénice , Mariamne & Drufille. (b} ni époufa Hérode, ‘Roi de Calcidé fon | oncle. Après la mort dece Quines arrivée lan 48: de l'Ere ue elle demeure afez long - terms ta) Ant, l' 20,6% …. = + @) ir. L'ronciz. | | ÉÉ | 230 2 Mis TOnrE DES JULES, — veuve. & fe remaria enfin à Polémon, Roi du Pon Cat & d'une partie de la Cilicie, pour érouffer les 2 F é de LE. Mauvais bruits qui couroient d'elle, & qui retom- cevulg. 53. boient fur fon frere. Mais bien-tôt après, elle quitta _ fonimari:cerqui fortifia les mauvaifes impreffions que l'on avoit de fa conduite ; & Polémon aban- donna aufh la Relisionides Juifs ; qu'iln'avoit em- Lou, braflée que pour l'époufer. : S3 .. Mariamne fut fiancée de :très- bonne heure à Archelaüs fils de Chelcias, ou Elcias; apparem- ment-celui qui écoit de la famille d'Hérode: mais elleile quitta, & fe maria a Démétrius , le plusriche & le plus confiderable des Juifs d'Alexandrie, & qui toit alors Leur :Chef, :ou leur Alibarque, comme ils Pappelloient. + > » Drufille fat fancée d'abordàEpiphane, fils d’An- tiochus Roi dé Comagéne, qui s’étoitobligé pour cela d'embrafler le Judaïfme : mais n'ayant pas voulu fe faire circoncire, (4) Agrippa ne vouli pas lui donner fa fœur. A la maria vers Fan $3.à Azize, Roi d'Eméfe, qui accepta la condition de fe fairecirconcire. Mfaiscette Princefle le quitta peu d'années après, pour époufer Felix Gouverneur de à _$-Panl écrirde : | Cep endant faint Paul étoit à Corinthe. où il -Coxinthe fa pre- A É a £] RE défin PRE miere Epitre aux PréChOIt avec un zéle, une patience & un.définté. sie eflementadiirables, tant aux Juifs qu'aux Gen- tils, les myftéres du Royaume de Dieu. I convertit - Stéphane, ou Etienne, & fa maïfon, & les bap- tifa. dir que ce font les prémices de l Achaïe. (b) = Dh = ee ne EST RONELTS ET DU Nouv. TEsTam. Z7v. 11. 231 Jbaptifa auf Crifpe , Ghef de Syhagogue, & > Eaïus. Pour lesautres, qui fe convertirenr: «ce ne is A fuc pas lui qui les baprifa ;: caril i'étoit-pas envoyé de ds del . ; pour baptifer,.mais pour ptècher. (4) Timothée & re vulg, 53. Silas le vinrent enfin trouver à Corinthe:,: & lui rapporterent l'état où ils avoient laïffé: les Eglifes: de Macédoine, &: fur-tout celle de Theffrloni- que. (4) S.Paul'fguffroir alors beaucoup de nécef. fitez & de travaux. (c)Il'auroit fort fouhaité d'aller en perfonne vifirer & confoler ces Eolifes : mais en Crant empêché par d’autres: occupations indif- penfables ;. il écrivit aux Theffaloniciens la pre- miere Epitre que nous avonsà leur adrefle ,.& qui eft là premiere en date de toutes celles: de: fainr: - Il mer à latète les noms de Silvainiow Silas, &: de Fimothée avec le fien. I louë la ferveur de la: foi.des Théflaloniciens:, leur conftance-dans la per fécution:, leur chariré:envers les Fidéles:de: la Ma cédoine. Il les avertit d’ufer faincement du ma Ckrift. Cette Epitre fuvécrire de Corinthé de Jefus-Chrift. FA NOn morceau OU eoisantos nant ee Gi Séconde-orre Quelqu >s mois après, faint Paul ayant: Hürque: .Scon re RE :)) : 'Théflaloniciens. Re. ORNE A (b} AT -XVIIL s. © eg. : Lu Cor. Ess re Sie À ë i kg | ë 28e HITSTOLRE DES J'UIES,: 1. | “— faspremiere Epitre avoit été mal interprétée dans | e Face quelques-uns de fes points , par des perfonnes mal | C.jé. de LE. intentionnées, qui vouloient perfuader aux Thef. revulg 53. faloniciens que l Apôtte avoit dit que le jour du Seigneur-étoit:proche, & qui avoient mème fup- ofé une fauffe Lerrré fous fon nom (4) pour intis: mider ces Fidéles ; & pour tirer d'eux de l'argent. l'Apôtre pour les rafsûrer, leur, écrivit cette fe- conde Lettre, où il nomme encore Silas & Timo- thée à latête, &où illes exhorte à demeurer for-. tement attachez aux traditions qu’ils avoient re-: ces de Jui, & à fouffrir conftamment les perlécu- cutions quon leur fufcitoit. Il reprend avec force. ceux qui pafloient leur vie dans l'oifiveté. Il veut qu'on marque ces fortes de perfonnes, & qu'onfe fépare. d'eux ; afin qu'au moins la honte les te- tienne dans le devoir. Il dit que le myftere d'ini-. quité S'opére-déja , mais qu’il ne fe découvrira pas encore fi-côt; qu'à la fin l'enfant de-perdition fe manifeftera, qu'il élevera au-deffus dé rout ce, qui ef; appellé Dieu, jufqu'à saffeoir dans le. Temple de Dieu; mais qu'enfin il fera détruit par le fouffle-de la parole, &-renverfé par l'éclat de la préfence du Seigneur. Il Bnit {à Lertre, en le fignant de fa main. Il prie les Theffaloniciens de. _ bien remarquer fa fignature, de peur que quel . n’entreprenne de les furprendre par de fauffes Lettres fous fon nom. Il y a aflez d'appas ‘77 rence que pour le corps de fes Lettres, d'ordinaire Ge: oh proie peer lé cmt lesni the —— sarohhtiMeioit de fecretaire : mais il ne manquoit pas 2er Ce) EL. 2. Sd Re ci à 5 de les figner , & de les paraffer de fa main. Saint Paul ayant prèche aflez long - tems aux Juifs de Corinthe, & voyant qu’au lieu de profiter de fes inftructions , ils soppofoient à lui, avec des paroles de blafphême , ( 4 ) il fecoüa contre eux fes vêremens, & leur dit : Que votre fang retombe fur vos têtes : pour moi, j'en fuis innocent ; &je m'en vais déformais vers lesGentils. Il quitta même le logis d'Aquila, qui étoit Juif, & fe retira chez Jufte, qui étoit Gentil craignant Dieu, c’eft-à- dire, profélyte. Il paroït aufli par l'Epître aux Ro- mains , (b) qu'il logea chez Caïus, qu'il avoit baptifé , & qui fut l'hôte de toute l'Eglife, c'eft-à- dire, de tous les Fidéles de dehors, qui venoienc chez lui, & qui y étoient très-bien recûs. Ce Caïus étoit aufli Gentil d’origine, mais il fe con- vertic à Jefus-Chrift; & c'elt peut-être le même que Caïus Macédonien, ami & difciple de faint Paul, qui étant venu avec lui à Ephefe, y futen ET DU Now VETEsTAM: Liv Il. 233 AN ou M. 4056. de J. (es 56. de l’E- re vulg. 53: - danger dans la édition de Démétrius l'orfévre. (ce). - Après donc que faint Paul fe fut ainfi féparé des Juifs, plufeurs Gentils qu'il avoitinftruits, em- 1. : A ; braflerent la foi, & reçurent le baptême. Silas & Timothée le fecondoient; & malgré les oppofi- tions & Ja malice des Juifs, malgré l'accablement & l'indigence où ïl fe vit fouvent réduit, (d) il ne difcontinua-poine fes travaux ; & Jefus Chrift Jui étant apparu une nuit, pour le confoler, lui dit: Ne craignez point, Saul; parlez fans ceñle: —— (a) AE AVTILS CE | (c) Aü (b) Row. XVT. 23. À (d) L Cor. XI, 3.2.Cor. XI. 9.. Tome it. -— … ee nn — £ se RARE Fe : = RS 234 ÉTISTOIRE DES JUrIrs, in je fuis avec vous ; & perfonne ne prévaudra: . 6 j contre vous, parce que jai un grand peuple dans. C6. delÉ- cette ville. Ces paroles remplirent Paul d'un nou- re vulg. 53. veau courage, & il eut la farisfaction de voir les: fruits de fa prédication, par la converfion d'un: rand nombie de perfonnes, tant dans Corinthe,. que dans le refte de l’Achaïe : car on ne doute pas: qu'il nait prèche dans toute cette Province, durant: les dix-huit mois qu'il futà Corinthe, & aux en- _ virons. : | AnDu M... L'Achaïe avoit alors pour Proconful Novat,. se . frere de Séneque , qui étant entré par adoption: ee dans là famille de Gallion., lequel avoir êté banni. = fous Tibére . en avoit pris lè nom de. Gallion. C'étoit un homme:d'efprit:, doux & agréable, (4); & nullement porté à la cruauté. Les Juifs de Co- rinthe d'un commun: accord, (4 ) s'éleverent un. jour contre Paul, & le traînerent.au tribunal de: Gallion, en-difant: Celui-ci veut: perfuader: aux. hommes d’adorer Dieu d’une maniere contraire à. « notre Loi ; il n'eft ni Juifni Gentil, &zne fuir ni les Loix Romaines,. ni.les Loix de. Moyfe.: Paul. étant prêt de parler pour fa défenfe,. le Proconful dit au &} uiis: S'il s'agiffoit d È quelque action: con-: craire à nos Loix, ou à la Juftice, je me croirois : _ obligé de vous entendre. avec patience : mais sil: ‘1 | | : . ne s'agit que de conteftations de. mots , & de votre: __ Loi, démêlez vos differends comme vous l'enren-- dréz;:car je ne veux. point-m'en-rendre Juge. Il Ê er ra (2) Tacits Anna. 1. 5, See (D) AE XLR fon ‘E LEE cé ETDU NOUMMESTAM Li, TI. %8$ Jesse retirer æinfi de fon tribunal; 2&:tous ayant ‘faii Softhene Chef de la Synagogue ; ils Le mirent ac TE .à le maltraiteren :préfence mème de Gallion , fans Cradle -qu'illfe mit en peine.de l'empêcher. Nous croyons revulg. 54 :que Softhene étroit ami de faint Paul, & apparem- ment le même dontile nom fe trouve à la crête de ‘ja premiere Epitre aux Corinthiens, D'autres (4) -croyent que ce furent les Gencils, qui ayant vü que Gallion avoit mal reçû les Juifs accufateurs de _faint Paul, fe jetterent fur Softhene Chef de la :Synagogue, & commencerent à le frapper & à Poutrager. . | L'Apôrre demeura encore aflez long -tems à G,, xx. ‘Corinthe , & aubout de dix-huit mois depuis fon s. Paul quite _ \ : - : : Corinthe & va en “arrivée en certe ville, il en ‘fortit, & s’embarqua syic& à Jerue- a Cenchrée, port de Corinthe, pour s’en aller en a Syrie , & à Jérufalem, où il vouloit aflifter à la ‘Fête de la Pentecôte. Avantque de partir de Cen- -chrée, il fe fit couper les cheveux, à caufe qu'il avoit fait vœu de Nazaréat, qui confiftoit à ne -point boirede vin, nid’aucune autre liqueur ca- -pable d'enyvrer, & a ne point:couper fes cheveux pendant tout le tems de fon Nazaréar. 11 y a appa- réncéique leterme.de ce vœu étoit accompli, lorf- ‘qu'il sembarqua, puifqu’il coupa fes cheveux à . :Cenchrée:::mais il falloir être à Jérufalem, pour a hever dans le Temple.ce qui regardoit l'accom- plifementde cevœu, cefti-dire, pourofrir les facrifices prefcrits par la Loi. Quelques uns (b) ae AN ou M. RCA rene Ets ue À GS] t b) Chryff. ir Aëta bomil.4o. “Grec. impre]]. Lyr. Cajet. Gror. in \ Ifidor. Hifpal. de divini offic. c. de PULE | | tonfura. Baron. Erafm. Z eger. Grof, | Gg i à An pu M. i 42057. de J. “CS 7 GePE je vulg, 54. Se vient à Ephefe.. 136 HiIsTOrRE DES Ju1rs, ont crû que c’étoit Aquila qui avoit fait ce vœw, & qui s’étoit fait couper les cheveux : mais nous préferons le fentiment qui l'explique de faint Pauk I partit de Cenchrée avec-Aquila & Prifcille, & alla avec eux jufqu’à Ephéfe , ou illes laiffa. Etane entré dans la Synagogue des Juifs de cette ville, il confera avec eux ; &ils le prierent de demeurer plus long-tems à Ephéfe : mais comme il. étoir preffé d'aller à Jérufalem, ilprit congé d'eux, en leur difant qu’il les viendroit revoir, fi c’étoit la volonté de Dieu. Il sembarqua donc, & arriva heureufement à Céfarée de Paleftine, d’où il fe rendit à Jerufalem, y fatisfit à fa dévotion & à fon vœu de Nazaréen, falua les freres; puis s'enallaà Antioche de Syrie , où il pafla quelque rems. De. là il fe rendit apparemment par terre dans la Ga- latie & dans la Phrygie, exhortanc & fortifiant par-tout les Difciples, — - . Pendant ce voyage de faint Paul, &aflez pex de tems après fon départ d’Ephéfe , il y vintun: Juif, nommé Apollon, (2) originaire d'Alexan- drie , homme éloquent, & puiflanc dans les Ecri- tures. Il.connoifloit Jefus-Chrift,. & prêchoit avec zéle qu'il étoir le Meflie : mais il n’étoit encore que Cathécuméne ,. n'ayant reçü: que le baptème de Jean-Baptifte. Il eftaflez furprenant que vingrans après la mort du Sauveur, il y eût encoreen Egypte des gens qui ne connuflent pas le baptème de Jetus-Chrilt,.& qu’Apollon éclairé comme ilétois,. _ ZéléDifciple du Sauveur, & inftruit de fa doctrine (GA YA4R à +: sr ou Nouv. TEsram. Liv. II. 237 jufqu'à la prècher aux autres, ne fçüt pas la nécef- - F ficé de fon baprème pour le falur. Cependant la — _. L chofe eft indubitable; & on verra encore ci-après, e er. LÉ que fainc Paul trouva à Ephéfe des Difciples qui revule. 54. n'avoient recû que le baptème de Jean, & qui ignoroient jufqu au nom du Saint-Efprit. (4) … Apollon commença donc à parler hardiment & librement dans la Synagogue d’Ephéfe, (b) & à prouver que Jefus-Chrift éroit le Mefhie. Aquila & Prifcille fa femme, qui étoient Juifs convertis, l'ayant oüi, le retirerent chez eux , & Pinftruifi- rent plus amplement de la voye du Seigneur. Il voulut enfuite pafler en Achaïe & à Corinthe; & les freres y ayant exhorté, & l'ayant confirmé dans cette réfolution, Aquila & Prifcille, qui étoient arrivez depuis peu de ce pays, écrivirent | aux Difciples, & leur recommanderent Apollon. Il arriva à Corinthe, & fervit beaucoup aux Fidé- les, convainquant les Juifs publiquement, & leur montrant par les Ecritures, & par la force de fon raifonnement , que Jefus étoit. véritablement le Saint Paul ayant parcouru les hautes Provinces _ 5: Paut vient à tac ° ; \ n tes : Ephefe. del'Afie Mineure, vintà Ephéfe , où il demeura | trois ans. (6) Cependant l'Empereur Claude mous Mort de l'Empes < ee Se He teur Claude. rut le 13. d'Otobre:, en la foixante- quatrième année de fon âge ayant éte empoifonné par Àgrip- pine fon époufe, -& mere de Néron, quifut fon Fuccefleur.. Néron ajoûta au Royaumé:du jeune É : D Tr ht SR RD MS seems . " ae = = =: Le) ARR LE COM UE r1.2. de Gb), AG. XPIH 26.27% À en: s IR Be. SE LUS E Gg üÿ 288 -‘:\ MIsSTOLRE DES Jules, "RS ( . Agrippa (4) Juliade dans la Pérée:, &une partie - : Ex 2 117 « . . . : NP TV: delatGalilée, où éroientles villes de Tarichée & .. Da de Tibériade. Illui- donna aufli Abila dans la Pé- re vule. 54. rée, qui-eft l'ancienne ville d'Abel des Vignes, fort differente d’Abila du Royaume de Lyfanias, Felix fut :confervé dans fon gouvernement de Judée. | l Sous le ‘regne de :Néron, il parut en Judée un faux Prophéte , Egyptien (b] de naiffance, & Juif de Religion, quiétant venu en Palefi- ne, y aflembla autour de lui .dans le défert.juf- qu'à trence mille hommes, qu'il féduifit par {es -preftises & fes enchantemens. Entre des feéta- teurs decet Esyptien, étoient quatre :milleafaf. ‘ins ,:(c)-prèts à cout entreprendre pour défen- dre cet Impofteur. T1] wonlur les mener tous fur de mont.des Oliviers , pourvoir de-R, difoit-il, æomber les murailles de Jérufalem , qui devoient être renverfées à fa feule parole ; enfuite il de- “voit entrer de force dans Jérufalem, en chafler la garnifon Romaine, :& y établir fa domina- tion. Mais Felix qui étoit alors à Jerufalem, de “prévine, marcha contre lui avec toutes les trou- ‘pes Romaiïnes, fuivies des Juifs de Jerufalem , D 7 jui livraihbaraille, lui tua quatre cens hommes, ‘en prit deux cens., & difhpa Le -refte. L'Ecyptien fe fauva , & ne parut plus depuis ; ce qui donna de linquiérude aux Romains, puifque quand faint Paul fur-pris à Jérufalem-quelques années ah ig. L 210.6. ss © ds |Bello. lacs Bee ete inarp 76m | (c) AR XXL MR; (b) 4rriq 20. 6. 6.-O' de | . LA & gr pu Nouv. TESTAM: Liv. II, 439. après , le Tribun des troupes Romaines lui de- manda s'il n'étoit-pas cet Egyprien.- . AN =. MT, ee Mais de même que dans un corps mal fein, e LE | & rempli de mauvaifes humeurs, un mal en atti- re vulg. $4 | re unautre, (4) & que les remedes ne peuvent: déraciner la fource des maladies ; ainfi la Judée: 'écoit pas plütôt délivrée d’une forte de mal, qu’elle tomboit dans un autre. Les féduéteurs ,. les faux Prophétes, les révoltes fe fuccedoient les - ünes aux autres ,. & fembloient: naître l’une de: l'autre. On voyoit diverfes troupes de voleurs &: de Magiciens, qui portoient ouvertement le peu- ple à la révolte contre les Romains , menaçant de mort, & des dernieres violences, ceux qui. continueroienr à leur obéïr ;:& fous prétexte de cette prérendue diberté, tuoient les riches, pil- loient leurs biens, brüloient les villages, & rem-- plifloient la Province des marques de leur empor.. tement. Les plus dangereux de tous ces ennemis: étoient les aflaflins , qui fous une vaine apparence d'amour de la liberté, & du bien publie, com mettoient toutes fortes de. meurtres & de défor- dres | : | : Apollon étant allé, comme nous l'avons vû en Achaïe, & étant arrivé à Corinthe , y arrofa ce que S. Paul ÿ avoit femé , (4) préchant’en pu | blic dans les Synasogues ,.& en particulier dans les maifons, & montrant par les Ecritures, que. Jefus-Chrift eft le Sauveur promis par les Pro Un t AN Du M. 40ÿ7, de d, Gr dell re vulg. 54, 240 HYisTOIRE DES JUIrs, phétes. À l’occafion de ces difcours d'Apollon, l'Églife de Corinthe commença à fe partager ; les uns prenant le parti de Paul, les autres celui d’A- pollon , & les autres celui de Céphas, ou de faint Pierre , duquel apparemment quelques Difciples avoient auf été à Corinthe. Chacun de ces Ap6- tres avoit fes Difciples & fes partifans. Saint Jero- me ( 4) dit qu'Apollon eu tant de déplaifir de voir le trouble arrivé à Corinthe à fon occafion, qu'il fe retira dans l’Ifle de Crére avec Zene, Docteur de la Loi ; & que çe trouble étanr appaifé par la Lettre que faint Paul écrivit aux Corinthiens à ce fujer , il retourna à Corinthe. Mais cela n’eft pas {ans difficulté. Saint Paul dans fa premiere Epiître Car. XXIV. S, Paul revient à Æphefe, & com- gnence à y pré- £<her. aux Corinthiens, (4) écrite d'Ephéfe l'an so. de Je- fus-Chrift, & 56. de l'Ere vulgaire, nous apprend qu’Apollon étoit fürement dans Ephéfe ; & P'Apô- tre dit qu'il lavoit fort prié d'aller à Corinthe avec les freres qui y devoienr porter fa Lerrre ; mais qu'il n'avoit pü Fy réfoudre ; que toutefoisil avoit promis d'y aller quand il en auroit le loifir. . Pendant que faint Paul fut à Ephefe, dépuis fon voyage de Jérufalem , il y fut accompagné de Caïus & d'Ariftarque , qui étoient de Macédoine; de Timothée , d'Eralte, de Tite, de faine Luc; & enfin d'Apollon , qui y vinrent en differens temps, durant lès trois ans que l'Apôtre y paf. Ainfi cette Capitale de l’Afie eut autant d'ou- vriers qu'il en falloit, pour y faire la guerre à à fuperflition & à lidolâtrie , & pour y fonder la sas eme) (a) Hicronym. in Tit. LTX. Ë (b)I. Cor. XPL Le. | ee _ Religion ET pu Nouv. TESTAM. Li. II. 245 Religion Chrétienne. Saint-Paul y étant arrivé, y trouva quelques Difciples, (4) & leur déman- i dre da : Avez-vous reçû le Saint-Efprit , depuis que 6 hi ET - vous avez embraflé la foi? Ils lui répondirent : re vulg. SA Nous n'avons pas feulement oùi dire sil yaun : Saint-Efprit. Il leur demañda Quel baptème avez: vous donc reçü. ? Ils lui répondirent : Le baptême de Jean. Alors Paul les inftruifit fur la difference des deux baptèmes de faint Jean & de Jefus- Chrift, & il les baptifa au nom du Seigneur Je: fus ;‘puis leur ayant impofe les mains, le Sainc- Efprit defcendit fur eux. Ils parloient diverfes _ Langues , & prophétifoient. Ces Fidéles éroienc at DoiHbre de TOUZE eee - I entra-enfuite dans la Synagooue des Juif; où il parla avec hardiefle pendant trois mois, _conferant avec eux, & leur expliquant les Ecri- tures qui prouvent la mifhon de Jefus-Chrift, & da qualité de Meflie. Mais voyant que quelques Juifs au lieu de profiter de fes inftructions, s'en- durcifloient ,.& décrioient la Religion de Jefus- Chrift , il fe retira d'eux ; & en fépara fes Dif- ciples. Apres cela, il fe mit à enfeigner tous les jours, dans un lieu tranquille &. commode, que Jui fournifloit un nommé Tyran ou Tyrannius. C'eft-A où il cenoit une efpèce d’Ecole , où ve- noient tous ceux qui fouhaitoient de s'inftruire auprès de lui. Ce qu'il continua pendant deux ans : En forte que tous ceux qui demeuroient dans V'Afe , tant Juifs que Gentils ; entendirenc la et meer cé Re 242 HISTOIRE DES PuUIrs. parole du Seigneur. Pour appuyer ces prédica- tions, Dieu faifoit des miracles extraordinaires par Car. de LE. la main de Paul : jufques-là même que des mou re vulg. 54. choirs & des linges qui avoient couché fon corps, An pu M. 4057. de J étant appliquez aux malades , leur rendoient la fante , & que les efpfits malins fortoienc des _ corps des poffedez. An oo M Or, quelques-uns des Exorciftes Juifs . qui 4058.de J. C. alloïent de ville en ville pour exorcifer les énergu_ 58.de l'Ere vul- Hnénes étant venus à Ephéfe , encreprirent d'in- | voquer-le nom du Seigneur Jefus fur les pole. dez qui leur furent préfentez, en leur difant: Nous vous conjurons par Jefus, que Paul prêche, Ceux qui faifoient cela, étoient fept Juifs, fils de Scéva, Prince des Prêtres. Mais le malin ef. | pric leur répondit : Je connois Jefus, & je {çai qui eft Paul ; mais vous, qui êtes-vous? En mé: me-remps l'homme qui étoit pofledé, fe jetta fur deux de ces Exorciftes ; & les traita fi mal, qu'ils furent obligez de fe fiuver de la maifon où ils étoient, tout nuds & tout bleffez. Cet évenement | ayant été fcù de tous les Juifs & de tous les Gentils, qui demeuroient à Ephéle , ils furent ? faifis de crainte, & rendirent gloire au nom du Plufieurs de ceux qui avoient erû, &”qui avoient été baptifez , ayant compris par-là quel crime c’eft que la magie ; & les autres arts curieux; E. d communs à Ephéfe , venoiene confefler leurs D. | fauçes paflées , & déclarer ce qu'ils avoient fait . | avant leur converfon. Plufeurs aufli du nombre de ceux qui avoient exercé des atts Curieux ; RE Mon ns AR er ne D en ne NS Rp LE 5 & Er pu Nouv: TEsTaM. Liv. II. 243 apporterent leurs Livres, & les brülerent devant tour le monde. Le nombre de ces Livres magi- ques & fuperftitieux fut fi grand, que lon en test AN bu M. 4058. de]. C.58.dePE- eftima le prix à cinquante mille piéces d'argent. re vulg. 5 5. (4) Ainfi à parole de Dieu fe répandoit de plus en plus, & fe fortifioit puiflamment dans ce pays. : Pour dire un mot en pañlant des Exorciftes Juifs, on voit par l'Evangile, que les Juifs avoient alors des hommes qui faifoient profeflion de chafler les démons : (D) S2 je chaffe les démons an nom de Béel.fébub ; dit Jefus-Chrift, vos en. __ fans au nom de qui les chaffent-ils ? Quelques uns croyent qu'ils les chafloïent au nom de Jéhovah. D'autres veulent qu'ils ayent employé pour cela certaines herbes & certaines paroles, qui ne pou- Voient avoir aucune vertu extraordinaire , que par un pacte exprès ou tacite avec le démon. Jofephe (c) parle d’une certaine planre nommée Bâras, qui nait en Judée, & qui a, dit-il, la vertu de chafler les démons. Ailleurs il dit qu'un certain. Juif nommé Eléazar, exorcifoit les pofledez, & les guérifloir, en leur mettant fous le nez un an- neau ; dans lequel éroit enfermée une racine, qu'on difoit avoir été montrée par Salomon. A fon odeur le démoniaque tomboit par cerre. Alors l'Exorcifte conjuroit le démon de ne plus rentrer _ dans le corps de:cette perfonne, mêlant dans Lei MANS Ë : IE {a} Ces pieces d'argent font | 25. mille livres. Te apparemment des déniers Ro-! (b) Æfar. XII. 27. mains de la valeur de ro. ols. | (CC) fph. de Bello, L, "7, 6. 25e Hh à Ainf les cinquante mille font |p. 981 AN pu:M. 4058. de ] Gysdebre Le vule. 55... Ps 24% HISTOIRE DES JUIrFs, fes conjurations le nom de Salomon, & récit: tant de prétendus exorcifmes inventez. par ce: Prince. | an - Quand aux arts curieux des Ephéfiens., om connoiît les lettres Ephéffennes., qui étaient cer tains caracteres magiques, & certains mots bar- bares, que lon croyoit propres à produire des effets furnaturels. Ones faifoit prononcer’ à ceux qui. étoient pofledez du démon:, pour les guérir: Voici cesmots : Askion., Kataskion Dix, Tetras, & Damnameneus. Par le moyen de ces caraéteres, les Ephéfiens fe croyoient à couvert des dangers. & aflurez de la victoire. . … Pendant que faint Paul failoit de vrais mira= cles, à. Ephéfe, qu'il y répandoit la lumiere de la verité.,. & qu'il y. détruifoit:la magie & la fuper- ftition.. Apollone de Tyane. y vint vers l'an ÿ4 de l'Ere vulgaire ;.comme f1.le démon: jaloux: des progrès de l'Evangile, & de la réforme des mœurs, que.le Chriftianifme produifoit par-tout où il see tablifloit , eût voulu: fufciter à Jefus-Chrift &à fes Apôtres en la perfonne d’Apollone de Tyane,. uñ antagonifte , qui ruinât l’autorité de leurs mi _ tacles; afin -que ceux qui le prenoient pour un hommemiraculeux , demeuraflent atrachez awpas ganifme & à lidolâtrie: qu'il foûrenoit ;:où que _geux quile-reconnoifloient pour: un fourbe & un magicien, fuflent portez à douter auf desmer: | veilles de Jefus-Chrift & de fes Difciples; en ne diftinguant pas les opérations du démon, des vrais a dù Sauveur & des Apôtres. Apollone tant donc. venu à Ephefe à {on retour. des ln- È 1* DD A à À re ET pi No Hesrau. bios II, 2% des, (ay: les oracles les plus célebres de la Grece. mich fes loüanges ; & le: faifoienñt . regarder: comme un demi Dieu. Tout le monde le fuivoits bes villes lui envoyoient des: députations, pour lui demander fonamitié, & pour le: confulrer fur: leurs affaires les plus Grease He regloit: tout, Où en leur écrivant , oulen leur promettant dé les: aller voir. La sille d'Ephéfe étroit toute plongée: MR AN’ Dw M. 4058. de. k- Cis8-de PE revulg: 55e dans les délices & les divertiffemens des jeux ,. des danfes, des inftrumens, des fpeétacles. Ea vanité , la parefle , le duxes regnoient. ‘On:dit que cé Philofophe corrigea ces: abus: exterieurs des: Ephé liens, & no … ue a.une vie Le lérieufe & pus réglée. + : Un jour comme il: * dormir de re. en mettant: leurs biens: en com mun, où duneins én-nourriffanr en-commun les e pauvres ,. 1 yavoit de petits. oifeaux perchez dans un bois qui étoit. proche. Il.en vint: un autre qué vola vers eux, -&-quipar fon ons fembloir leur annoncer. quelque: chofe. Auf tôt ils lui répondi- rent:en chantant, &s'envolerent-avec hi “Apol: lonius i interrompic. fon difcours,. & dit : Un gar- con.qui portoic: du bled, :eft Le &enalaifé tomber: une paitie en une:telle ruë; cer: oifeaus qui Fa vis-vient d'en donner. avis AUX autres; afin qu’ ils prenneñc part à cettebonne. fortune. Enfuice, il continuæ fon difcours, &:fe. fervit-de gere exel aple désroifeaux “pour porter fesauditeurs Se à s'entré-communiquer leurs biens. On _COUTUE Dcnsttdone a) PE v. + Aie l ee Pr ue Eh ü: DU SEE EE EE EE ES TE RE : A dr a ae ln en ASIE EE RE — RTE Ï | | 5 HI AL 4 | -h s il H | 3 De td 1° TE es RER LEE RE RES ee es, ne 5 LES EE | | ji D (his KL ji pal LE ù : 7h 246 Hisroire DES Jurrs, Ç Pour voir ce qui étoit arrivé dans la ruë qu'il avoit ‘nommée, -&e On trouva la chofe comme il lavoic dite | ne panégyrifte prétend que ce fut en pañlane | f La Méfopotamie, pour aller à Babylone, (4) . “il apprit à entendre les oracles , que lés oifeaux. rendoient par leurs chants. Il:eft bible que tous lès animaux ont certains fons, & certains cris, par le moyen defquels ils font entendre cer- taines chofes à leurs femblables ; & qui les étu- dieroit bien. > pourroit peut- -être avec une longue experience, connoître à peu près ce qu'ils veu» lent marquer. Mais il eft impertinent de prétens dre que les animaux ayent entreux un langage par le moyen duquel ils faflent connoître: Eu penfées, ou leurs avantures les uns aux autres Le démon put découvrir à. Apollore une partie de ce qui s'éroit pañle ; le cri & le vol des oifeaux lui ft conjecturer le refte. D'Ephéfe cer impofteur ‘pafla aux autres vil d'Ionie. À Smirne trouvant les citoyens ftudieux, & curieux des belles connoïflances , il Les| cxhosta a continuer. De l'Ionie il pafla Lise (b)\& de- A à Athénes, (c)où voyant Je peuple fort ne ” aux fcrifices , cal: s'appliqua à à leur en donner des regles, à en D les danfes, & à abolir les fpe- FES des gladiareurs. Ecant à “Arhénes, cômime il expliquoit les raifons myftiques dés cérémonies & ni, un “ses Fons 0e étoit ps ; PASSÉE. = CR b}) Philafirar. I. F2 YA “(b) Phil ! RE: L ) Philo Fe LEE RS rer ETDUNOUV. TESTAM. Liv: II. 247 éclata de rire, entendant les raïfons qu'il débitoit fur cela. Mais Apollonius dit qu'il étoit poledé du démon. En effet, il commença à en donner des marques. Apollonius commanda au démon de fortir , & pour marque de fa fortie, de renverfer une flaruëé. Le démon obéït ; & le jeune homme devint fi fage & fi pofe , qu'il prit mème Fhabit de Philofophe, & la maniere de vivre d’Apollo- nius. Il n'eft nullement incroyable qu'un aufli grand. magicien qu'Apollonius, qui avoit com- merce avec les démons, comme les payens mêmes: le publioient , ne s entendit avec le diable, pour Je faire entrer dans les corps des hommes, & l'en faire fortir à fon commandement. Mais nous ne AN Dù M. 4058. de K. C.58.delE- re vulg, F5» prétendons pas répondre de tour ce qu'on Me - d'Apollonius. I eft notoire que fa vie écrire par © F | q P Philoftrare, eft pleine de fables & de menfonges BIOS ds es Fe. ee Il affifla aux jeux olympiques , qui fe célébre- tent à Elide l'an 6r. de l'Ere vulgaire. Enfuiteil paffa à Rome, d'où il fut obligé de fortir par l'or: phes. Hpañla à Cadix, à Pextrémité de l'Efpagne, pour y apprendre de nouveaux fecrets de magie. (4) Quélque-rems après, les Ephéfiens rappelle: tent Apollone, pour les délivre” d'une pefte. Etanc arrivé , il les affembla, & leur dit : Prenez cou- rages je ferai cefler aujourd’hui la maladie. Il les mena tous au théâtre, où il y avoit un Temple d'Hercules le Libératreur. Æà il apperqut Un pau à SET CT ÉERRSS s SR x : à Ca) Pbilafrans Le ga ee & LA L'an de F,C.. 64. de FEre vuib. GLe ES AN ou M. 4059. de J. C:sadefE- re vuls. 56, > 54 FISTOIRE DÉS Pure, de toute la Grece, & où l’impudicité étoit en quelque forte en honneur ; puifqu'il y avoit dans: cette ville un Temple dédié à Venus , d’où dépen- doient plus de mille efclaves proftituées, que di vérfes perfonnes avoient données à la Déefle, pour être confacrées à fon fervice. Ces femmes étoienr employées dans les occafions importantes, pour implorer au nom de tout le peuple, le fecours de la Déefle , à qui la ville de Corinthe étoit confacrée. Quant aux viandes immolées aux Idoles, (4 )il reconnoît que l'Idole n'eft rien; & par conféquent que les viandes qui lui font immolées, ne contrac- rent ni fainceté, ni foüilleure : mais il veut qu'on ait la condefcendance de s’en abftenir, fi le Payen en prend occalion de croire, que lon a quelque refpect pour l’Idole, & qu’on lui rend quelque cul: ce; ou file Fidéle s’en fcandalife, ne fçachant pas quelle eft l’érenduë de la liberté que Jefus-Chrift nous a acquife par fa mort : Qu'il ne faut pas feule: ment regarder cequieftpermis, mais aufli ce qui eft expédient. Il défendaux hommes de prier, ou de par- ler en public dans l'Eolife,;ayant la tère couverte. (b) Illeur défend aufhi de porter les cheveux longs. En même tems il ordonne aux femmes de ne prier &dene parler dans l'Eglife que la tête voilée, & de ne pas couper leurs cheveux. Il veur que dans les repas de charité , que l’on prenoit dans l'Eglife, & dans lefquels on recevoit l'Euchariftie, /c) ils s'atrendent les uns Jes autres; que les riches faflent SR NE 2 È S RS ESS AS 3 ER (a) er PII. de Se OC CD) DO Le = Sn D x à à 0 ET DU Nouv. FESTAM EL. II. 1; part de leurs biens aux pauves, & qu'autant qu'il eft pofhble , le riche & le pauvre mangent enfem- ble. IL veut que chacun s’éprouve avant que de recevoir Le Corps & Île Sang du Seigneur , pour ne _ le pas recevoir indignement. Il dit que quiconque mange ce pain , ou boit ce calice indignement : fe rend coupable de la profanation du Corps & du Sang de Jefus-Chrift ; &c’eft, dicil, en punition de ces communions indignes , que plufieurs d’en- tre vous font frappez de mort & de maladie, Les dons furnaturels du Saint-Efprit étoient fi AN pu M. 4059. de J. C::59-de l'E: re vulo, 56. communs parmi les Fidéles , que quelques-uns en tiroient fujet de vanité, & que faint Paul fut obligé de faire des réglemens fur cette matiere. Ees principaux de ces dons, étoient {4) le don de fageffe , le don de fcience , le don de fa foi & des miracles, le don de guérir les maladies, le don de prophétie, c'eft-2-dire, celui de parler, d'inftruire, de prècher dans l'Eglife, & même de prédire l'ave- nir ; le don de parler diverfes Langues, le don de: fes interpréter, le don de difcerner les efprits, &: de fçavoir fi c’eft le bon ou le mauvais efprit qui anime, & qui fait agir & parler quelqu'un. Car les Payens avoient leurs Enthoufiaftes & leurs faux Prophéres, quinimitoient que trop fouvent ceux qui éroient vraiment remplis de l'Efprit de Dieu. Saint Paul montre que ces dons étant des prefens tous gratuits du même Saint-Efprit ,. & que tous fes Fidéles étant membres d'un même corps, per- fonne ne doit s'élever d’orouëil, s'il en à reçû un. (a) & Cor. XII. 8.910. XIII. XI SE CDS AS re 3 cr "2 © SE nr tu Crete E : EE Le saine ee à ms OT LR Per TAPANT ” 7 js ARUEPERRRESNTSS SEE CPR Ax pu M, 4059. de J. C:59. de LE- re vulo. 66. 2$6 HisToOrRE DES Jurrs, plus grand nombre , & de plus excellens; nis af cer, sil neles a pas reçüs : Qu'on doi rapporter tout cela à l'utilité commune, & à l'édification de l’'Eclife. Il ordonne de plus que dans les aflem- blées ils ufent du don qu'ils ont reçü, d'une ma- niere qui édifie, & que chacun parle à fon rang. avec modeftie, fans défordre & fans confufon : Que les femmes ne parlent pas dans l'Eglife, & que { elles veulent s'inftruire de quelque chole, elles le demandent à leurs maris dans leurs maifons. Ainfi dans ces affemblées, on lifoir les faintes Ecri- tures, on les Bts on chantoitdes Pfeaumes: & des Cantiques fpirituels, & on participoir à la: table fainte au Corps & au Sang de Jefus-Chrift, 1] prouve enfuite le dogme dela réfurreétion des morts, (4) par la réfurreétion de Jefus - Chrift même, qui eft un fait inconteftable ; & afhrme par un très-grand nombre de témoins, dont plu fieurs vivoient encore: Il déclare qu'il a vi lui même Jefus-Chrift : Que fi Jefus-Chrift meft poine reflufcité , & fi nous ne devons pas reflufciter,. notre foi & nos efpérances font vaines; que les Apôtres font non-feulement les plus malheureux, mais aufh les-plus méchans de tous les hommes, puifqu'ils rendent de sayeté de cœur témoignage a.la fauffes, & qu'ils s'expofent à toutes fortes . maux fans aucun avantage. Il ajoñte: Que feront ceux qui fe font baptifer pour les morts, frles morts ne reflufcitent point? Ce qui infinué qu'il avoir alors certaines perfonnes qui fe faifoient y avoit (a) 1.Con KP, . É e 1 bapstiet er ou Nouv. TESTAM.Li. II. 257 baptifer pourde falut, ou pour le foulagement des morts : pratique que faint Pauln'a ni approuvée , : ni autorifée par le raifonnement qu'il entire en cet endroit. | | | set Sur.la fn de {on Epitre, (2) ilrecommande aux Corinthiens les quêresou collectes, qui fe faifoient par-tout pour les pauvres.de la Paleftine. Saint Paul “5 / e / É: 5 : / s'éroit chargé de ce foin dans le Concile de Jéru- _ {alem. (6) Chaque Fidéle merroit à part chez foi tous les Dimanches, ce qu'il avoit réfolu de don- ner; &-quand l'Apôtre, ou ceux qu'ilavoit dépu- tez , artivoient:, on ramafloit le cout, & on l'en- voyoir à Jérufalem par des perfonnes nommées par l'Eglife ; ou l'Apôtre y alloit lui-même avec eux, pour les porter , fila chofeen valoit la peine. (c) Elles falué dela partides Eglifes d'Afe, & en par- ticulier au nom.d'Aquila & de Prifcille, chez qui illogeoit, &-qui étoienr fort connus des Corin- thiens. Il leur dir de fe faluer l'un l’autre par le faint baifer. Voilà le précis de la premiere Epitre de-faint Paulaux Corinchiens. ,:,.:. 7 … L'Apôtre avoit envoyé peu: de rems auparavant. ‘Timorhée en Macédoine , d’où il devoit aller juf= 5 x + 5 È Fe : * e LE qu'à Corinthe..( d) Il le recommande aux Corin- thiens.comme un-fidéle miniftre. (2) Peu de.tems. après. il v.envoya'aufh Tire , avec un autre Dif- ciple qu'il'me nomme point. (f) Saint Tite fut, reçüà Corinthe avec un refpect qui alloit jufqu'à la crainte & au tremblement. Il fut rémoin du fruit tr Ÿ 12 CMD I ; ta) 48. XIX. 22.1. Cor. 4. 174 < . DC { a D}-Gular:-XAdto- 2 |. .(e)rmGér AVI. 11. C)r. Cor: XVe: | Tome IF. Re à (£)2.Cor. XII. 18, | KK : AN Du M. | 4059. de J]. ! C.s9.delE- | re vulg. 56, 258 HISTOIRE DES JUIES, nn — merveilleux qu'y avoit caufé la Lettre de faïnt is tds j. Paul. {2) Elle produifit dans ceux qui étoient C.s9. de LE. tombéz dans quelque faute, une criftefle & une re vule. $6. confufion utiles, un repentir fincere ; une fainre indignation contre ceux qui y avoient caufé du fcandale , un vrai défir de fatisfaire à Dieu par la pénirence, & à faint Paul par une conduite plus révuliere. Tout le monde’ fe fouleva contre lin- celtueux, & le couvrit d’une confufion, que faine Paul jugéa fufhfante, pour lui mériter le pardon de la faute qu'ilavoit commife. [D ) Tite ne vou- lutrien récevoir des Corinthiens, défirant d’imiter le défintéreflement de PApôtre, & de marcher fur les traces de fon Maître. _ > Îl arriva à Ephéfe un tumulte, qui obligea faint 4o6o. de J.C. Paul d'en fortir plütôt qu'il n'avoir réfolu. Le 6o.del'Erevul Temple de Diane d'Ephéfe étoit une des merveilles 857 du monde. Plufieurs Rois & plufeurs villes d'Afie Car. XXVI. pores quatre cens ans, avoient contribué à le à âtir, & à Fembellir. Il étoit long de quatre cens pe, & va en vingt-cinq pieds, large de deux cens vingt, foû- tenu de cent vingt-fept colonnes de foixante pieds de haut, dont chacune avoit été donnée par un Roi. La charpente du toit étoir de cédre, & les portes de cyprés. L'Idole étoit fort petite. Les uns difoient qu’elle étoit d’ébéne; les autres, de bois de vigne. Ce nétoit pas Diane la Chafleufe, que Jon repréfentoit avec un arc & des fléches; mais Diane à plufeurs mammelles; parce qu'on la re- préfentoit toute couverte de mammelles depuisle de D Le me ARE PR AT ESRRSE Re nouer ee RER R ES LÉMRPARANT LE 7 Se ee ee = | ER nr EE 4 ET DU Nouv. TEesTam. Zi. II. #59 {ein jufqu'aux pieds, ou feulement ayant le fein & le ventre tour couverts de mammelles; le cout porté fur une efpece de piédeftal-orné de rètes de chiens, de bœufs & de cerfs à l'alternative, Telle <toit la Diane d’Ephefe. On venoir de rous çôtez pour voir ce fameux Temple, & pour rendre {on culte à cetre faufle Divinitée ; & les Etrangers étoient.curieux d'en emporter des modéles ; foit qu'ils fuffent repréfentez fur des médailles, comme _ l'ont voulu quelques-uns; foit que ce fuflent des niches, ou des reliquaires d'argent , faits fur le modéle du Temple, & repréfentant la Déefle dans fa niche, ou fur fon pédeftal. | Le Un orfévre nommé Démérrius, /2) faifoit de ces. petits Temples d'argent, & enrretenoit un 49 60. de <É AN pu M. C.6o. de VE- re vulg. $7. grand nombre d'ouvriers, que ce travail enrichif- oic. Il les affembla un jour avec les autres du même métier, & leur repréfenta que les prédications de Paul alloient à ruinet rout le commerce ; que cet homme enfeignoit partout, que les ouvrages de la main des hommes ne font point des Dieux; qu'il avoit déja gagné plufieurs perfonnes; que non-feu- Jement dans Ephéfe , mais aufli dans toute l'Afie, al avoit fait un grand nombre de Difciples , ‘qui _étoient tous oppofez au culte des Dieux ; qu'ils . couroient rifque de voir non-{eulement tomber leur: métier & leur trafic, mais aufli de voir mé. prifer le Temple de la grande Déefe, honorée dans Ephéfe & dans toute l’Afie. Alors ces orfévres tran£ portez de colére , commencerent à crier plufieurs © (A) A KINÉ ONE ee = _ KK à [Document text truncated for crawler view.]