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Sermons du père Cheminais de la Compagnie de Jesus : tome cinquiéme

Cheminais de Montaigu, Timoléon (S.I.) (1652-1689)

Abstract

Sermon pour la feste de l'Epiphanie ; Sermon pour la feste de la purification de la Vierge ; Exhortation pour la feste de la visitation de la Vierge ; Sermon pour la feste des Saints Innocens ; Sermon pour le jour de la commemoration des morts ; Exhortation pour la feste de tous les Saints

Full text

È k è MONS. DUPEFERE : CHEMINAIS DE LACOMPAGNIE DE FESVS. TOME CINQUIPME A0 7 # M ad Du Fond de M. Jossr, : È ee | À PARIS, ruë Saint Jacques ; * Chez J. Fr. Josse, à la Couronne dEpines EL & à la Fleur de Lys d'Or. + CH, JB. DELESPINE, Imp. Lib, ord, du Roi à la Viétoire & au Palmier, k M DCC XX%KVIT Avec Approbation de Privilege du Roy, > Sermon pour PEpiphante: _- fince ayant été accompagnée de misl -racles , ce Prince néanmoins Par ignorée , tandis que les Mages qui vi. voient dans l'Orient, fi éloignez des licux où fe pañloient ces divins my«- fcres , en font néanmoins informez ; & qu'ils sen expliquent avec tant . daffürance. Mais il y a encore plus lieu d'être furpris, ajoûtent les Peres , que ce malheureux Prince infftruit de la naiflance du Meffie, & par les Mages. & par les Docteurs de la loi , ne veuille {cavoir où l eft né que pour le perdre , pendant de les Mages ne font toutes leurs iligences pour le trouver, qu'afin de lui rendre leurs devoirs, & de lui préfenter leurs hommages comme au fouverain Maître de l'Univers. Tel à toujours éte le caractere de FPimpie ,ou de ne penfer point à connoître Dieu, ou de ne penfer à le connoïtre que pour le détruire, au= tant qu'il lur-eft-poffible , & pour. lanéantir dans fon efprit : au lieu. le fidelle dans tous les temps à ait fa principale étude de la connoiffance de ce premier Eftre .& | aa en One LRU MS TÉ AMEN Sa de ERA PRAFIERTT — Sermon pour PEpiphanie. 'g qu'il ne seft appliqué f conftamment à en connoitre l'excellence & les di- Vins attributs , que pour l’adorer en verité d'efprit & de cœur. C’eft donc cette conduite fi déraifonnable de limpie |, & cette fase difpofition où fe trouve l’homme fdelle , que j'ai entrepris de vous faire obferver aujourd’hui : lune dans Finfidelité d'Herodes |, & fautre _ dans la foi des Mages. Vous verrez dans Herodes un impie que k paflion gouverne , & qui dans toutes les démarches qu'il fait en ma: tiere de Religion , eft évalement déraïlonnable. Je dis déraifonnable : lorfque poffedé de fon ambition , & bornant là toutes fes vüës , il ne s'occupe point de Dieu, qui feul en ce monde doit faire toute occupation d'un homme face. Er Jajoüte méme plus déraifonnable en penfant à Dieu & en le cherchant, parce qu'il ne le cherche & qu'il n'y penfe que pour le combattre, & que pour €n abolir la créance & le culte, Vous admirerez au contraire dans les Mages la fagefle & la fainte docilité dy À ij so Seymon pour l'Epiphanies sieur; range de luimême dané état qui lui eft naturel, c’eft-à-dire ; dans une parfaite fubordination au premier de tous les eftres. Or cet état ne peut fubffter fans l1 con- « dire . eft comme le lien par où le >] Volonté des fujets & celle du maf-. tre s'accordent enfemble, & demeuent toujours unies. Sans cette loi . ee 72 ,» < faperieure , quelque pénible , quelque dure , & même quelque fainte en appatence que foit tonte autre loi que nous nous -impoferons nous- | mêmes, nous ne vivrons point dans | noïflance de laloi, qui, pour ainf | la dépendance ; & vouloir # pref crire felon fongré une méthode de fervir Dieu, c’eft fe faire foi -même arbitre de fa Religion, c'eft fe faire de fon propre fens une efpece de di- | Cet rendre à {es propres vinité , lumieres un hommage qui n’eft dû qu'à Dieu, c’eft lui difputerun droit qui lui eft acquis .& dont nous fomt. mes fi jaloux à l'égard de nos vaf-. faux , c'eft leur donner lieu de nous RO NPR EEE A na LATE tefufer à nous-mêmes une obéiflance que nous refufons au Tout-puiffant, « TT Sermoh pour PEpiphanie. xt = Or qui peut obferver une loi qu'il ne connoït pas, & qui peut la connoître , fi l’on ne s'applique à en avoir une parfaite intellisence? Com- “bien donc limpie eft-il inexcufable de n'y pas penfer ; & ne fe condamne-t-il pas tous les jours lui-même, lorfqu’il condamne ceux qu’un pouvoir légitime lui aflujettit & qui ne s’addonnent pas à l'execution là plus prompte de ce qu’il a une fois ordonné ; lorfquil veut que ce foient des hommes dévoüez uniquement & fans réferve à fa perfonne ; des horimes qui faflent toute leur étude de Ronde fes defirs & même de les prévenir ; des hommes qui le &rvent à l'œil , qui volent à fa parole &: ne s'occupent d'autre chofe que -de le contenter & de lui plaire ? Si jamais ils viennent à oublier ce devoir, quel foin prend-ril de leur remettre {eur condition devant les yeux ? Quelle aigreur & quelle indignation leur témoigne-t il > Combien fe croit-il fondé en raifon pour “demander d'eux ce facrifice perpétuel , & quelle eft fa furprife qu'ils = À vj 12 Sermon ponr PE biphanie] n'ayent pas encore Compris fur celd tout ce qu'ils lui doivent. D’autanc plus aveugle & plus injufte , qu'il. ne fait pas attention que c’eft un homme qui parle à des hommes comme lui ; que l'autorité qu’il a fur eux, m'eft qu'arbitraire ; que par une révolution de l’ordre de la Providence, il peut être fournis un jour à ceux- 13 mêmes aufquels il commande avec | tant d’empire : au heu que le domaine de Dieu fur luieft ff eflentiel, que Dieu cefleroit d’être Dieu, sil y pouvoit renoncer , & que la créature cefleroit d’être créature elle pouvoit s'affranchir de cette dépen-. dance où elle a été formée. Je dis plus, & s'il eft quelque circonftance capable-de rendre le procedé de Pimpie plus criminel & d'en redoubler l'injuftice , n'eft-ce pas celle ci ? que plus Dieu l'a favorifé ; que plus Dieu la diftingué ou, par la grandeur de la naiflance , ou. par l'abondance des biens de fortune, plus il fe trou- ve difpofé à perdre toute vüë d'un . Maître f liberal envers lui, & qu'il croit {on ingratitude folidement fon RL LL EE UT ES ne 2 PO rt d5 ee 56) À LUE à Sn P ES) te insert ÉS A Nenios eme ne LR nn es Calor pi É ir, Sermon pour l'Epiphanie! ” +3 dés fur le titre même qui doit fartacher plus étroitement à Dieu, je veux dire fur le rang & le credie qu'il a dans le monde. Car qui font ceux que nous voyons plus fujets à ou= blier le Dieu que nous adorons , & qu'ils devroient fervir & adorer comme nous, ou même , dans un fens., plus que nous ? Ne font-ce pas ces Grands que Dieu par un choix de faveur & de pure grace a placez fur nos tères ? Ne font-ce pas ces riches & ces opulens, qu’ila comblez de fes dons, & à qui, fi j'ofe ainf m'exprimer , il à prodigué fes tréfors? Sn Ce n'eft, me direz-vous , ni par un efprit d’orgueil , ni par impieté , que l'homme oublie Dieu , & qu'il ne penfe pas aux devoirs de fà Rehoion. Ce font les affaires de la vie . qui Jen détournent & qui le diffipent. Erreur nen moins dangereufe ni peut-être moins déraifonnable que la. premiere. En vain lon fe retranche fur les embarras & les agi. tations du monde : laffawc la plus folide , eft de penfer à ce qu'il y a % en On LEE DR EEE AE EST ATERSE EC EEE AN CA EE PORN NOT ENITER ENTENDRE TETE PPT TIRE TPE TES d: Ë LL | < $: :t æxaifon & aviflant felon fa raifon xx Sérmon pour l'Epiphanie pour nous de plus précieux , & dés - que lPhomime .eft capable de s’occu=h per des chofes temporelles préfera-h blementà Dieu & à fonfilut, quoi, qu'il dife, il n'eft pas aflez perfuade, que ce falut foit fon affaire capitale, ni que Dieu foit le premier bien qu'il & ait à defirer & à rechercher : ou silll eft perfuadé de lun & de Pautre + il faut conclure qu’il n’agit pas en homme prudent &c fenfé ; mais qu'il. vit dans le plus déplorable évare.. ment. Car où eft l’homme doûüé de À qui jamais ait préferé l’accefloire aus principal , le fuperflu au néceffaire le vuide & Papparent à leflentiel | les moyens à la fin ? Or voilà ce que font tous les amufemens de ce mon de : je dis amufements., & fous ce ! terme je comprends tout ce-qui vappelle affaires du monde comparées à Vafaire du falut. | : Et s'il eft vrai, mon cher Audi teur, que les affaires & les emplois: de cette vie foient un titre fufifante + pour nous difpenfer de toute étude, dela Religion , quand fera-ce que, Sermon pour ne + de nous ferons obligez de nous inftruire de l'unique affaire poux laquelle Dieu nous a créez ? En quel temps faudratil fervir un Dieu qui mérite de VPêtre en tout temps ? L'enfance nous dérobe malgré nousune des parties les plus confiderables de nos jours. - L'homme réduit en quelque maniere au fort des animaux , ne joüit pas encore de cette excellente faculté , qui le peut élever à la connoïffance de Dieu. Effacez , Seigneur, difoit faint Auguftin , effacez du nombre de mes années cette Vie animale dont le fouvenir me fait confufion : Eee ergo atatem picet annumerare. Du moment que lhomme commence à ouvrir les yeux & à raifonner , ne Fapplique-t-on pas d’abord aux affires du fiecle pour lui former l’efprit ? Les fages mondains n'ont-ils pas pour principe de donner là - deflus & au plûütôc à leurs enfans toutes les lumieres que leur à fourni la prudence de la chair & lexperience ? Ne - prénnent-ils pas à tâche de les pré- Venir de cet entètement dont ils font Anfètuez , & qui eft de faire leur pre- Fer jh fumen moris human , qui fic vol-u +6 Sermon pour l'Epiphanie. miér foin & comme leur feul aff re de leur établifement fur la terre 3e Or dès qu’on s’eft fait une fois ce. plan & qu'on ‘seft embarqué dans cette toute , voit-on jamais la fin de, toutes ces diftractions & de tous ces. mouvemens où elle engage > Les affaires fe fuccédent les unes aux au, tres & s’entaflent les unes fur les au tres, comme les flots de la mer. Onn {e laiffe emporter au torrent , & pref. que malgré foi on s’abandonne au, Cours rapide qui nous entraîne. V4. vis @ revoluis filios Adam ! Mali heur à toi , torrent impétueux de la coutume & des maximes qui régnent. dans le monde ! Mais fur tout mal heur à ceux qui f livrent à tes im. preffions , & quite fuivent , fans pré voir en quels abîmes tu les cord Catils arrivent enfin à ce rerme fan talqu'ils n’ont jamais confideré, L'e ternité leur prefente cette vafte éren duë de temps , à laquelle ils n’ont. point pourvü. Une mort dont ils font. _ furpris , lorfqu’ils sy attendoienr le. moins ,Îes fair entrer dans ces efpaces. Sermon pour l'Epiphanie. 17 infinis où l’on apprend à fes propres dépens, ce qu'on n’a pas voulu fçavoir pendant la vie. Voilà la deftinée du libertin qui joublie Dieu. Car en ceft-il un entre ceux que nous voyons mourir, qui moure fans affaires , fans vüës , fans defirs par rapport au: monde ; & fi pour s’em- _ ployer à l'accomplifflement de fes deffeins , & au fuccès de fes affaires , 1! ne s’eft point mis en devoir de cher-. cher Dieu , une telle négligence peutelle être pardonnable : . Penfée terrible, quifoutenué de tant d'épreuves les plus éclatantes & les plus funeftes , scheva de déterminer faint Auguftin,& lui fit enfin conclure louvrage de fa converfion, qu'il remettoit fans celle d’un jour à l’autre _ par de longs & de hazardeux retar - demens. Il comprit de là ; que tout le refte, hors Dieu , n’étoic qu'illufion , & qu'il devoir s’adonner tout entier à la recherche de la verité, Je voyois, Ô mon Dieu, s’écrioit-il.; je Voyois qu'on_ne pouvoit compter fur cette vie , & je me difois: Et fi jai le malheur d'être enlevé tout Term, il pas jufte bio chrépat , quomodd hincexibimus,, ficultez : quand à le loir de. 28 Sermon pour l'Epiphanie. à coup , où pourrai-je m'inftruire de la verité que je ne fçais pas > En quel êtat faudra -r-il que je. forte du monde , fans avoir appris ce qu'il « n'eft plus temps ailleurs d’appren- \ dre > Et s’il ya un Dieu vengeur de. limpieté >? comme il m'eit impoflible » de ne le pas croire comment pour-. faije éviter les châtimens qui fonc, düs à une ignorance volontaire , dans « une aufli grande affaire que celle-h » Vite bac mifera:mors incerta : fi fu. ant ubi nobis difcenda juré, que hic aeclexiians ? ne = Mais quoi , pourfuivoit le même faint Docteur , à la vüëé de mille affaires donc il étoit accablé, &ofe |: faifant R-deflus à lui-même des dif fatisfaire aux devoirs de ma profef.w fion ? où trouverai-je lé temps pour cultiver mes anis , pour établir ma xéputation dans le monde, pour my. avancer & pour ny maintenir ? N’efts’il me refte quelques. DPAR nu >) “heures vuides , après des occupations. auffi fricufes que le font les miens. = CE Sermon pour l'Epiphanie. 19 nes, que je les donne au relâche de Pefprit pour retourner enfuite au travail ? Vains & chimeriques prétexves dont nous nous flatons dans notre aveuglement. Faifons un facrifi-. ce à Dieu de ces occupations indi- _gnes de nous ; & fi nous ne pouvons trouver la verité, fans renoncer à ces oins frivoles , quittons tout pour la découvrir. Percant omnir , Ô* dimittemus bec vana © iaanta : confera-. eus 105 ad folam faquifitionem veritatis. Mais fi cette prétenduë verité ne fubfifte qu’en idée , reprenoir-il encore , & c’eft l’objection que fe fait l'impie , pourquoi fe procurer mal à propos tant d'inquictudes ? Quand il feroit poffible que la chofe füt ainfi, ce qui ne fe peut, comme _cePere Ie fait voir ; quand il y autoit quelque lieu d’en douter : cet pour cela même, concluoitil , que vous êtes obligé d'en faire une per- 1derss quifition plus exacte, & de ne vous : .€n pas tenir à un doute mal fondé ; qu'une inftruction plus ample pourtoit fufifamment éclaircir. Il n’eft tien de fi infüpportable, ni de plus 26 Sermon pour LEpiphanie ar Ja fermeté de laterre., qu'il ie fai fubffter par ha refpiration de Jair , qu'il Péchaufie par. La chaleur h ê par lardeur du feu: qu'on fent . en tout li man _dè. louvrier For RS SRI pouxainfi dire, à imprime fon feau fur toutes les créatures. L'impie ne voit rien de tout cela, ou ne: voit en tout cela que ce qui. peut S'aCs commoder à {a convoitife &. a fon. ambition, IL en tire tout ce. qu'il - juge Propre, à. fatisfaire, fa fnfuali- | té ; & fans remonter jufqu'au priné cipe , ni pénetrer jufqu'à Re fin des elles fenfbles qui s'offrent à fa vûé,. il les fixe , fi. je puis mexprimer de la forte à l'ufage , où plürot à la bus. criminel. qu'il en fat, & les xend-tributaires defes plus files de: frs & de {es plûs homteufes conçus Pifcences, Il neft pas plus éclairé fur ce qui. peut le conduire à Dieu dans le Mons. de moral: car quoiqu'il vive au mi. lieu des juftes , quoi. qu’on lui. don-. ne chaque jour une infnité d'exemples les plus édifians & les plus tou. -chans ; quoi qu'il apperçoive devant Sermon pour l'Epiphanie 23. lui mille traits d’une vertu plus de humaine , & qu'ils dûffent lui faire conclure qu'il eft un Dieu quiéleve ainfi Fhomme au-deflus de fa fphére naturelle ; quoi qu'il foit témoin de tous les Due que fa Providence fait agir en fa faveur, qu'il & ffle en fa préfence des converfons fou daines quine peuvent être que l’œuvre du Très-haut & de fon bras. tout-puiffant ; que la Religion méme qui fubfifte maloré lui, foir une conviction: palpable & inconteftable de fa verité, rien ne l’'émeut , ni ne le réveille de fon affoupiffement. I} €ft fourd,, il eft infenfible., il eftmort. à tout ce qui porte l'image & le caractere de Dieu , pourquoi cela ?. parce que le tumulre & les agitations du monde épuifent toute l'attention. dontil eft capable; parce que les. vos Tuprez fenfuelles dont il eft enyvré : Îc poffedent uniquement & fans ré : ferve; parce qu'il n'a des yeux que poux les fpeétacles prophanes , qui fervent d’alimens à fes vicicufes intlinartions ; parce qu'il ne prête l’otelle qu'aux moyens qu’on lui fug- - B ij 28 Sermon pour’ Epiphanie. gere , ou de S’enrichir, ou de s’ag: grandir; parce qu’il confacre la meilléure partie de fes jours à de folles u intrioues , & qu'il donne l'effort à des réflexions criminelles , tantôt fur les évenemens pañlez , & tan- | tôt fur les mefures qu'il doit pren= . dre pour l’avenir ; en un mot, parce qu'il eft dans cette profonde lé- | thargie, dont à parlé le Prophete Dir Dormisrunt fomnum faum; & que tandis qu'ileft dans ce fommeil de mort, tout ce quiarrive autour de lui n’eft. tien pour lui, comme s'ilne voyoit plus, comme s'il n'entendoit plus, comme sil n'avoit plus ni intellisen- \ ce nifentiment. | | Quand même , par une grace fpéciale, Dieu lui feroit entendre fa voix, | & que forçant tous les obftacles ï} à fe feroit quelque fois fentir à ce cœur . endurci , il y éxciteroit , je le veux ! le trouble & la frayeur, comme il | lexcita dans le cœur d'Herodes , | Turbatus eff; mais le gagneroit-il | & y trouveroit-il de la foumifion ? | - Cette voix de Dieu auroit bien la force de lépouvanter & de le défo- : Sermon pour l'Epiphanie. 29 ler en lui reprochant fes défordres & Les erreurs ; mais l'en retireroitelle , & le feroitelle rentrer dans le bon chemin ? Ce font sdes miracles que la grace peut operer & qu’elle a operez; mais, je le répete, ce font des miracles, & compter fur ces.srands eflais de la vertu divine eft-ce compter jufte, lorfqu'on a . d'ailleurs des préjugez fi raifonnables contre limpie ? Il s’eft réduit fuimême par fon endurciffement volonutaire dans une efpece de neceflité de demeurer toujours livré à fon irreligion & à fon peché, Car eft-il pofible que Fhomme ne s’occupant que de fes projets ambitieux, ou de {es brutales cupiditez., & ne donnant rien aux pratiques de {la Relicion , prenne jamais des vûés fuperieures & au-deflus de la chair ; qu'il ne fafle pas toujours {on Capital & fon effentielle aflaire de fuivre toutesles paflions qui le souvernent & de les contenter ; que pour cela il nefacrifie pas volontiers tous les intérêts dune loi qu'il ne connoît point ; qu'il ne contracte pas une infinité Büj - RE SA LR NP A Zbid, -inexcufable , ce n’eft pas de fentir ces jo Sermon pour P'Epiphanie _d’habitudes qui le tiennent cominé. BE, = : nes enfeveli dans les ténebres, & quife. révoltent dès que le moindre rayon. vient fe préfenter 8 commence à lui: re fur lui: Turbarus off. Au lieu que. le fdelle, qui, félon l'exemple des. Mages , apporte un cœur, bien dif. poié , n'a point de joye plus pure, ni plus folide fur la terre’, que deu recevoir les véritez éternelles & de. 7 s'en nourrir: Gavifr funt gandio mas gro valae. £ Or en quoi limpie eft furtout troubles dont il ne peut fe défendre; mais C'eft de n’en faire pas un ufage flutaire. Car ce font pour à conver: | fion les derniers efforts de la Provi:. dence & de la mifericorde du Sei gneur. Si Herodes eût bien examiné quelle éroir Pintention de Dieu, qui lui adrefloit les Mages, quelle. eût été fa reconnoiffance d’une gra . ce fi particuliere > Et fi limpie com: . prenoït bien quel eft le deffein du. Maître qui le pourfuit au fond de. fon ame, qui le prefle ; qui le ke. licite | qui Feffraye ; sil confiderois PRE ns CT 4 pe S'ermion pour PEpiphanie. 31 - mhrement que c’elt-à toute fa reffource , & qu'après cela il y à plus À efperer ; sil féntoit ces reltes de Vaflection paternelle d’un Dieu ,qui ce peursencorc f réfoudre à Pabandonner , tout impie ‘qu'il eft, mais qui bientôt y fera néanmoins force -par @-juftice, 77 #iferationibus majj ;4 gris mifertus [am rui: peut-être confus de tant de bonté, & de la jufte horreur de ces jugémens redoutables dont ileft menacé , woitilfe jetter, comme le Prodigue , dans le fein de fon pere : Surgam , © ibo adparrem. Ah! Scioneur, jadore la ‘main qui me punit, pour me faire grace & pour me fauver. Je refpecte . da parole qui vient me troubler jufqu'au milieu de mes plaifirs ; & toute -cfrayante qu’elle peut être , je la re- _çois comme une parole de falur. Car elle nrapprend que je ne vous fuis pas encore tout-à-fait indifferent , -puifque vous ne dédaignez pas de ie parler, & de im’appeller après -tant dinfidelirez. Elle m’épouvante, Seigneur, mais en mème temps elle m'engage ; elle-nTannonce dés juge- B ii Euc.c ts 32 Sermon pour PEpiphanie: ‘ mens formidables , que-je n'avois… jamais approfondis, mais en même temps elle m’offre un Médiateur dont jignorois le pouvoir, & en qui elle. m'ipfpireune ferme confiance. Elle “me fait Concevoir que vous êtes ju£ tement irrité contre moi, mais en. même temps elle me fait conclure è que Vous n'êtes pas réfolu de me : perdre. Car vous ne preflez point fi. fortement ceux dont la perte eftarrêtée au tribunal de votre juftice ; : & fi vous eufliez voulu me réprouver, il ne falloit | Seigneur ; que . me laiffer dans cette affreufe infen- + fibilité où je vivois à votre égard. Puis donc que vous m'accordez encore un fonds d’efperance | je pro-. fiterai de cette derniere étincelle, : Je Vous chercherai , non pas comme | Herodes pour entreprendre de vous . détruire , Mais avec les Mages pour | vous adorer. C’eft, Chrétiens laut tre Oppoftion que je remarque entre - a conduite de ceRoïimpie, & celle de ces fages Princes de la Gentiliré, - Renouvellez votte attention poux è Cette fecande Partie, … — Sermon' pour PEpiphanie — 33 _. Quanp l'homme eft une FOIS TOME son 08 bé dans la premiere efpece d'impieté, Par. qui eft d'oublier Dieu. , il eft naturel qu'il pañfe enfuite à la feconde , qui eft de ne plus penfer à Dieu que pour le détruire dans fon efprit ; & la raifon n’en eft pas difficile à comprendre. C’eft, dit faint Aupuftin, qu'il ne peut accorder enfem PE xifence de Dieu qu'il commence à connoître & la pañlion qui s’eft emparée de fon cœur, & qui le domine depuis long-temps. Or le défordre de cette conduite paroît vi fiblement dans Herodes, qui ne cherche le Meflie que pour le faire mou tir : au lieu que la fagefle du fidelle fe montre toute entiere dans la conduite judicieufe des Mages/, qui vont à Jefus-Chrift pour luirendre le culte légitime qu'ils fçavent lui être dû. Examinons ces différens procedez , & fuivons de point en point. PEvangrile, _ Herodes troublé de l’arrivée des Mages & voulant diflimuler le trouble où il eft, Les interroge fcercrie- Bv 34 Sermon pour l'Epiphanie: 1 ment : Turc Herodes clèm vocatis : Magis, diligenter-didicit 4b eis 12/2 pus Jielle que apparuit is, Voilà ce. que fait Pimpie. Pourfuivi fans re. lche & continuellement agité des. inquiétudes & des alfarmes que lui. caufent les véritez de la Religion s'il demande À être inftruit , il veut que ce ne foit qu’en fecrer, parce qu'il craint que les sens de fon ca. ractere ne Faccufent de foibleffe, & ne le frappent de leur mépris : au lieu que le fidelle marche la tête 1e vée , s'explique fans déguifément fait comme les Mages une profeflion : ouverte de chercher fon Dieu, & par tout où il ke trouve , s’Acquitte en- Vers lui de fes devoirs, WU; 4f qui crains eff Rex Fudaorum > Conduite + de Pimpie la plus oppofée À la droite | taifon. Car eft-il un plus étrange renà verfement d’efprit , que de rougir de la verité & du defir de Papprendre ? Efil rien de plus injufte que d'avoir plus d’égard aux vains ju gemens de ces amis , hommes corrompus , dont Le fuffrage par le foin. qu'ils ont pris de f décrier, n’a nül : Ibid. = LAN In à Sermon pour PEpiphanie. 35 poids ni nulle autorité dañs le monde, qu'au jugement des fages, & de ceux-là mêmes qui fans fe diftin-. guer jautrement par jeur picté, ne laiffent pas d'être convaincus qu'en matiere de Religion il n’y a point de confiderations humaines à écouter, ‘ni de ménagemens à prendre. Eftil une foibleffe pareille à celle de ces prétendus efprits forts , qui fcavent G bien fe mettre au-deflus de tous les difcours & de toutes les idées du monde , quand il eft queftion de foutenir leur libertinage ; qui font tant les philofophes fur les vices qu'on leur reproche , & fe glorifient de ne point changer felon le caprice d’autrui ; mais qui néanmoins lorfqu’ils viennent à être éclairez interieurement de la grace & qu'ils en reffentent quelques impreflions., étouffent dans eux-mêmes ces faints mouvemens, fans les produire au dehors, & n’ont pas le courage de réfifter aux railleries d’un petit nombre de mondains & à leur cenfure» - Mais allons plusloin, &fuppofons enfin que Pimpie agifle be B vj az Sermonpour lEpithanie. . primer toutes les révoltes. Image du fidelle , qui plein de refpect pour parole de Dieu dès qu’elle lui eft une, fois & fuffifamment notifiée , ne de. mande plus sien & n’a plus d’aute fentiment que celui d’une foumiffol, religicufe : auffi ferme dansfa créan. ce & auñi conftant , que s'il voyoi. de fes yeux ; tandis que l’impie per. fuadé de la verité d’un Dieu par ln multitude & lévidence des rémot gnages les plus convaincans, VO. droit eflacer de fon efprit cette per. füafion qui lincommode , & ançan tir dans fon cœur ce Dieu même quil eft néanmoins oblicé de ré. _connoîtte. Dernier degré duliberti. nage , & combie de Pimpicré. Ainfhi Herodes formet-il contre Jefus-Chrift Le plus déteftable def fein. L'étoile à paru , les Mages ont fuivie , Poracle des Prophetes fe tro ve conforme à l’évenement le fans contredit quelque chofe de dé vin dans ce myftere.Herodes n'a plus lieu de douter, & le doute n’eft pas. - auf le parti qu'il prend; maisil faut abattre ce nouvel ennemi qui cont \ Sermon pour l'Epiphanie. ‘43 mence à paroître 3; il faut le prèvenir , & en l’exterminant s’affermir fur de trône , & fe mettre à couvert de toute crainte. De-là quelle entreprife, & en fut-il jamais une plus mal con: QUE à Car fi Dieu préfide à la naïf fance & à l'éducation de cet Enfant, comme il le marque aflez par de fi hautes merveilles ; fi cet Enfant fait déja des prodiges dès le berceau , que pourront contre lui tous les efforts des hommes , & quel moyen de perdre celui pour qui tout le Ciel s’intérefle » folides réflexions : mais on ne raifonne point avec la paflion. Herodes a conquré la ruine de cer Enfant-Dieu ; il croit {e devoir à luimême ce facrifice; & pour ne laifler pas échapper fa viétime, il n°y a point d'artifice ni de lâcheré qu'il ne mette en œuvre. Je C* suterrogare diligentér: de phero : ut © evo veniens adorem eum : Allez, dit-il : je fuis convaincu comme vous, qu'ileft né, ce nouveau Prince : mais informezvous exactement du lieu de fa naiffance , pourquoi ? afin que je Paille adorer moi-même : c'eft-à-dire afin ae ua Sermon pour PEpiphanies que je puifle plus fürement le fur. prendre , & lui porter le coup mor tel ; c’eft-à-dire , afin que je m’en dé livre plus aifément , & que je Le fafle peur: c'eft-à-dire,añn que je lui arrache la vie, & avec la vie la Couronne qu'on lui deftine. Eft:l rien de plus furieux & de plus abominable que cet attentat ? - 0 Et n’eft-ce pas-là une peinture'fenfible de ce que fait tous les jours lim. pic? Ilséroit fatté qu'en approfon-. diffant les principes de la foi, il en | découvriroit lerreur & la Gufleté. Dans cette efperance il à confulté les. Docteurs de la loi ; il à propofe fes doutes , dont il croyoit la réfolution. impoñlible. Mais il commence à fe. détromper de fes fauffes idées. Il {ent avec étonnement la force des preuves qu'on lui apporte en faveur de la Re-. Ugion. Il ne peut rejetter prudemment les miracles qui la confirment, & lon feul établifflement lui tient: Feu du plus grand de tous les miracles : la fainteté de fa morale qu'il _n'avoit jamais confiderée de fi près ; fa propagation par le fang des Mar Sermon pour PEpiphanie. 4 œyts & par la pureté des Vierges, tout cela mis dans un jour où jamais il ne lavoit envifagé , lui fait ouvrir les yeux malgré qu'il en ait , & fi une volonté corrompué peut altérer en quelque chofe la vertu de ces _ motifs, [a grace qui le prefle, leur - donne un nouveau poids dont ileft interdit & accablé. Il voit que ce Dieu , qu'il vouloit anéantir , ne fubffte pas feulement dans l’opinion des hommes , mais qu'il a un eftre trop réel & trop véritable pour lui. I conçoit d’ailleurs combien il lui _ importe que cé Dieu ne foit pas. _ parce qu’il le regarde comme le ven= _ geur de fes crimes. Cette vüé d’um Dieu fi terrible l’effraye & Le chagtine. Il regrette les démarches qu’il _afaites pour le connoître , & foupire après ce paiñble repos , où fon ignorance affectée le laifloit jouir tranquillement de fon plaifir. Que fera-t-il donc ? après avoir difputé quelque temps, quelque temps balancé entre ce Dieu qu'il craint & {a pafion qu'il adore , enfin le perfide prononce Farrèt décifif, Il ne 7 - 46 Sermon pour l'Epiphanie. veut plus de Dieu , & fe condamne. lu-mèéme à en êrre éternellement. privé : Dixis énfipiens in corde Juo F3 son ele Deus. Il traite de terreurs pa-n niques tout ce que fon efpric peut. R-deflus lui reprefenter , & il n'ée. coute que fon cœur. Or un cœur perverti comme le fien , un cœur. fnfuel, un cœur voluptueux , Une Cœur vain & orgucilleux, ne peut s'accommoder d’un Dieu ennemi de, {es defirs corrompus , de fes cxCès,. & de fes débauches, de fà faufe. gloire & defon orgüeil, D'où il conclut & d'où il veut conclure , qu'il n'y ena point : Voseff Deus. Il fe ledit cent fois à lui-même Pi quoiqu'il ne puiffe encore bien le croire. Il fe le redit autant de fois . que la grace & la nature fe foulevent . contre lui ; & pour fe mettre en | polféfion de fon impieté, il faut qu'il renverfe tout ce queil a de ptin-. Cipes d'honneur & de probité. Les. . fruits d’une fage & vertucufe cdi. cation, ce caractere incffaçable donc le Baptème la marqué , cer ufage des Sacremens dont. peut - être il Ge LE DES SES de fon apoftafie & de fon crime, qu'ilne peuc £ cacher toute entiere : il fut, a qu'il facrifie tout cela. Encore reft-ce pas affez : mais parce que fa raifon ne confent qu'avec pci re à fe détromper, & qu'elle y répugne , il fauc que la raifon foit elle: mème facrifce. Il faut qu'elle éteigne toutes fes lumieres , qu'elle employe toutes fes vüës à foutenir le libertinage, qu'elle s'exerce fans cefle & qu’elle fe fortifie à défendre Pirmpieté , & qu'enfin par l'abus le plus ficrilege, cette mème raifon qui de= voit conduire l’homme à la connoïffance de Dieu , foit l’inftrument dont Phomme fe ferve pour abolir , autant qu'il luieft poffible, toute idée de ce fouverain Eftre. D'où fuit peu. à peu & comme par degrez, cètte mortelle & fatale infenfbilité , qui met le dernier fceau à la reprobation de Pimpie, Orje demande fi ce n'eft | | 43 Sermon pour l'Epiphanie: | pas la non feulement vouloir fe per. | dre foi-même , mais Le vouloir avec | fureur & par Le plus affreux défef O1T ? SE î Ah ! Seigneur , s’écrioitle Prophei te David à la vûe de ces chûtes redoutables, ne permettez pas que. l'efprit. d’orgüeil & de revolte sem. FF 35° pare jamais de moi : Mo veniat mil pes fuperbie. Et puifque dans les dé Crets éternels de votre fagefle & de. votre bonté infinie vous m'avez dif. cerné de cette male de perdition où. vous avez laiflé tant de nations in. fidelles ; puifque vous m'avez hono-. 1€ de la connoiffance de votre Eftre fuprème & de vos adorables perfec. tions , daignez ehcore, Seigneur | conferver en moi Pouvrage de votre. mifericorde. Que toujours agiffant, par la douceur & lefficace de fa gra. ce, elle me maintienne, cette di. vine mifericorde , dansune humble dociliré de cœur, & qu'elle nr'affer-. mifle contre les exemples fandaleux. … de tant de pecheurs & de libertins. lié Pyetende mifèricordiam tuam fcientis bus te, © manus peccatoris non mo- VAE Sermon pour l'Epiphanie. 33 veat me. Car pour peu qu’on f donne de liberté fur ce qui touche {a Religion : dès que la curiofité ou le libertinage nous a fait faire les pie. mieres démarches où ne va-t-on pas d’un jour à lautre > Et quand une fois on eft defcendu jufqu’au fond de Pabîme , eftil rien qui puifle Vaincre Pincredulité d’un efprit opihiâtre , ni arrêter la licence des mœurs & la violence des pañfions »? Lrpius Cum Ên profur dum ven Er, COH= pyouerl. | emnit. Be Que limpie n'efpere pas pour cela goûter la paix & la tranquillité qu’il s'étoit promife , & qu'il apprenne, aujourd’hui qu'après que l'efprit de Dieu s’eft irrité de nous, & qu'il nous à abandonné À nous-mêmes : ne veut point d'autre executeur de fes vengeances, que la paffion que nous prenons pour ouide. Herodes en eft un exemple bien éclatant, Car . Dieu, qui veille far la conduite du fidelle , & qui fait déconcerter. quand il lui plaît , Les defleins de Vimpie , ayant donné ordre aux Mages parle minifierc d'un Ange, de | … dome PV, C : so Sermon pour PEpiphanie. \. retourner par un autre chemin pout la fûreté dé leurs perfonnes ;. & pou celle du Meflie , de quel tranfport de colere Héredes eft-ii tout-à-coup fr fi À quelles extrèmitez en vient-il à quelles cruautez & à quelles bar baries ? Il n’éparove nile fang defes, füjets, ni {à propre réputation. Il commande cet horrible mañacre, OÙ, tant d'innocens furent: immo: lez ; & qui a rendu fon nom dé one de Pexécration de tous les fiecles.. Chatiment dont Dieu mencce l'in pie par ces terribles -paroles du Pro: Ezah, phète Ezechiel +" Æomo | homo de doré ® Méfraëel Ode profelyris | quicnmque ad vent fuerit ft alieñatus fierir a we Quiconque ; foic qu'il foit dela tribu d'Ifraël , où qu'il tite fon origine des, nations étrangeres : quiconque , le Seigneu , ofera-séloigner de moi, j'atrèterai - für: lui mes yeux :pleins de couroux &d’indignation, Pond "tb faciem mean -fuper “hominem ;1llam à V4, Femployerai ma: juftice à en pret altt toute la vengeance qui meft dûé, ‘jen veux faire un exemple q trembler {a pofterité la plusites ka 2 xd eo] Fe kZ © — . Sermon pour 'Epiphanie sx, Culée : faciam eum in evemplum © id. In proverbiur. Je veux que devenu la victime de cette pañon à laquelle. il m'a facrifié,, il ajoûce à ce dre le facrifice de fon propre hon- | neur; que devenu l'ibomination de la nature , après en avoir viole les. oix les plus fintes., il foi repardé dans Les fiecles à venir, comme un. monftré;que quänd mon peuple voudra faire comprendre les excès & la fin malheureufe où nous conduit lim pieté , l'inhumanité d’Herodes pañle. en proverbe ; que fon nom ne foie jamais prononcé fans horreur, & que, ce Prince, qui penfoir immortalifer : fa mémoire en Confervant fa couron. ne par les voyes: les plus -criminel- les , attache à ce nom même qu'il prétendoit relever &rendre célebre : | Une infamie éternelle que la. durée. des temps ne puifle effacer: Er fa. CiAM Curn in exeplum © in. Praver- : binm. Je veux que.ce. libertin. qui. S'eft tourné contre moi, pouravVancet fa fortune , fe perde lui-mé- me; que dans le cours de fon ini. qui , fe aile emporter au-delà Ci £ 8: Sermon pour P Epiphanie. | que la foi en Diew nousrende mt tres de toutes pañions. Par-à Fo éviterons le malheur d’'Herodes , & nous jotirons dans le Ciel du bi ; heur des Mages ;, que je vous fouhaîte, eu rom du Pere ;:& _ Fe . du Saint- HE 2? = 5) Ste “tete ss Se . SO 364 30% 6e Se res se d0E 20e 2 ae 7 Tire SERRE RER SE ELLE CESR RER LEE LR LE here Ê M ON : LA en DE LA PURIFICATION DE LA VIERGE, Poftquam impleti funt dies purga= tionis ejus , tuleruntillura in Je. rufalem, ut fifterenteum Donino, ficut fcriprum eftin lege Domini. Lorfque le temps de La purification de {Marie ja accompli ss porterent l'Enfant à Terfalern pour le Prefenter au Seigneur , [elon ce qui ef écrit dans la loi dn Seigneur. En. faint Luc chap. 2. Os dans la Lois : & qu'ordonnoit ce grand Come once qu'obferve aujourd "hui “Marie avec ün efprit fi religieux & une fdelité fi parfaite? L'Évangefite à pris foin lui-même de nous = C vj 6 ; £o Sermon pour La Fête en inftruire dans les paroles qui fui vent , & qu'il rapporte du treiziéme. chapitre de lExode ; fçavoir,que tout . enfant mâle qui naîtroit le premier, . feroit prefenté & confacré au Sei- Zu, e, 2 BNCUX : Quisomne mafculinum adaperiens vulvam , [antlum Domino vocs- #itur. Loi de reconnoiffance, où k. mere , devant lAutel du Dieu vi. vant, Venoit rendre un témoignage public & folemnel de ce qu’elle de. voit à ce fuprème Auteur de toutes . chofes , & lui faire hommage du don . qu’elle en avoit reçü. Loi fondée fur toute l'équité & toute la raifon, üuifqu'il n’eit rien de plus raifonna- Lt en effet, ni de plus conformei. da juftice, que d’honorer le bienfaic. teur de fes propres bienfaits, & de fui en marquer , autant que le per. met notre foiblefle, toute la gratis tude qu'il en peut attendre. De-là, Chrétiens , loccañon me paroît bien naturelle de vous en-- tretenir d’une des vertus les plusim. pottantes dans toutes les conditions. - dela vie , mais peut-être la moins. LÀ -connuë jufques Le Chriftani£ dela Purification de la Visrge. 61 me, qui eft la reconnoiflarice envers Dieu. D’homme à homme nous nous piquons de reconnoiffance, Si ce n'eft pas du cœur qu’elle part, du moins au-dehors nous en tenons le langage; nous en gardons lesapparences : mais par rapport à Dieu & à toutes les graces qu’il fait fans celle couler far nous, nous vivons dans l’oubli le plus profond , & ne donnons prefque jamais le moindre figne de quelque retour vers Jui & vers cette fouveraine providence à qui nous fommes redevables par tant d’endroits, Défordre ; mes chers Auditeurs ; que je viens ici vous reprefenter, & que je voudrois corriger par l'exemple de la Mere de Dieu dans le orand myftere que nous célébrons. Or pour vous propofer d’abord mon deflcin , je attache à la penfée du Docteur Angelique faint Thomas, & je fais confifter là reconnoiffance chrétienne en ces deux points , connoître & téconnoître. Connoître que tout vient de Dieu, reconnoître en tap= portant tout à Dieu. Prenez garde, sil vous plaît. Connoîrre que tout Gr Sermon pour la Fêre 0 vient de Dieu , & pat-à lhonorers comme premier principe, c'eft le:pre= mier devoir & le fujet de la premie-u xe Partie. Reconnoître en rapport tant tout à Dieu, &:par-là Phono-… rer comme derniere fin, c’eft le fe, cond devoir & le fujet de la fecon.. de Partie. Nous allons voir l’un &. l'autre admitablement exprimé dans la conduite de l'incomparable Vie … ge dont nous folemnifons la fère ;. & afin de profiter des leçons qu'elle va nous faire , adreflons-nous à elle même & implorons fon fecours en. lui difant : Ave. So pre De tous les devoirs de l’homme | _ Panne comblé des dons du Seigneur, Fun des plus effentiels, ef de fçavoir an moins de quelprincipe font partis. les biens dont iljoüit & de quelle. main il des a recûs.. Voilà pourquoi le Dieu d’Ifraël, toutes les fois qu'il « favorifoit fon peuple de quelque ora ce , vouloit que fes prophetes &cfes Prêtres en fiflent connoître PAw. teur, & c’étoit aufli le fujer le plus 3 ordinaire de leurs avertiflemens & ET ONRS" de la Purification dela Vierge. 63 de leurs inftructions. : Tout ceci eft Vouvrage du Seigneur : 4 Domino faitum ejt 1flud. C'eft le Seigneur, le Dieu des armées, qu a combaëtu pour nous:ila fignalé fon bras, ce bras tout puiffant,, en prenant notte défenfe:& en operant tant. de merveilles; Dominus quafr vir pugnator: Dexteratua , Doïmine, magnificata eff in fortirudine.: Vous êtes notre, Pere:; Seigneur : tout ce que nous fomumes , nous le fommes par vous ;*& tout ce que nous avons , nous le tenons de: vous : Er.sunc , Domine, Parer mofter es tu. Ainfi de mille autres témoignages. dont les faints livres font remplis , & où nous voyons avec quel zèle l’on retraçoit fans ceffe dans les efprits Pidéedes bienfaits de Dieu, & l'on s’efforçoit d’en imprimer profondement le fouvenir dans tous les < CŒbS. - = Re = = . Mais ce n’eft point encore aflez ; remarque PAnge de PEcole faintTho- BE L 17 Exod. cé Lai, 6 64. mas : car cette connoiflance interieure _& fecrette doit fe produire au dehors ; c'eft à dire qu'elle doit être accompagnée ou fuivie d'un aveu pu= Un évenement fi prodigieux EX Sermon pour la Fête blic , qui foit un hommage à Dicu è de fes bienfaits & qui l'en déclare h fource primitive & le difpenfareur. ‘ Delà certe loi fi célebre parmi les Juifs, & qui fait le fujet de la folem. nité de ce jour. Dieu les avoit tirez de la dure fervirude où depuis longtemps iis gémifloient ; il avoit en leur faveur , exterminé tous les premiers nez de l'Egypte ; il les avoit. nourris dans le defert ; il leur avoit. ouvert Île pañlage à travers Les flots de la mer & y avoit abîmé Pharaon & toute fon armée ; de cette forte il Les avoit conduits jufques dans la terre … - de promiflion.Que de miracles ? Mais parce que tout s’efface par le temps, & qu'il ne falloit pas que jamaisil y eût un Ifraëlite qui pût oublier , Voici l'ordre que je t'intime , dit le Sei- PET SR ARE Re gneur à Moyfe , & que tu intimeras u en mon nom à tout ce peuple fur qui : teur & le conducteur : c’eft que chaque premier né dans Ifraël me fer: prefenté , qu'il fera porté devant mon Autel, qu'il fera mis dans Les je tai établi, pour en être le leoiflaà dela Purification de la Vierge. €6$ mains de mon miniftre , &-que fi la mere veut le reprendre, elle Le rachetera. Locutns eff Dominus ad Moy- si = fem, fanthifica mihi omne primogenirum" * in jiliss Ifraël. Tout cela pourquoi? … = afin que nul n’ignore de qui il rele- ve en toutes chofes & à qui ileft redevable de routes chofes, puifque toutes chofes font à moi & que tou tes viennent de moi, Æfe4 enim [um ii. omi4; afin que de génération en DE _nération, cette fainte cérémonie donne lieu aux peres d’inftruire leurs en- | fans, & de leur apprendre par quels effets de la vertu d’en-haut & quels coups éclatans ils ont été affranchis . de l'efclavage : Marrabifque filio tuo Lid in ais illo , dicens : Hoc ef quod fecit imiht Dominns , quando egreflus firm de eÆ pypto ; afin que ce foit-là commeun mémorial perpetuel, comme un figne vifible & un monument des mifericordes divines , qui fe font répanduës fur toute la nation avecune telle abondance & dont elle ff liberalement prévénuë : Es erir QUA- Ibid. f figaum in manutua & Guafi mo- PHéntHm ave ocules t49s, Dieu donc ; 65 Sermon pourla Fére ne fe contentoit pas d'une fimple vûë de fes graces , qui demeutit, cachée dans l'ame ; maisil en deman-. doit encore une confeflion & un té aid, moignage fenfble ; Re/pondebis : in manu fo'tieduxit nos Dominus de ter. \ va eÆgypt, de domo fervitutis. . Or c’eft dans lune & dans l'autre difpofition que Marie paroît au jourd’hui devant le Seioneur. Eclairée. des plus. vives. lumieres de PEfprit célefte dont elle eft devenué l'Epou. fe ; Mere d’un Dieu qu'ellea con: cû dans fon fein virginal &'qu'ellke. porte a@uellement au Temple ; éle vée par la fuperiorité de fon rang au degré le plus fublime où puille. parvenir une pure créature, & be: nie entre toutes les femmes, elle fcait de quelle dignité elle eft honorée , & rien, j'ofc le dire, ne lui échappe de toute fa grandeur. Elle l’envifage dans fon plus beau luftre , & elle f rend continuellement attentive à ef confiderer l'éclat : maisàDieu ne plais fe que ce foit pour s’exalter elle-mé:, me,ni que la foumiflion de fon cœur, que Phumilité de fes fentimens , que. NRTIN CESR PUR de la Purification de la Vierge. 67 fa dépendance parfaire & fans réler- _veen fouffre le moindre dommage. . Difons mieux , Chrétiens : autant w’ellé voit Pexcellence & le prix e Pinfigne prérogative qui la fait monter à un fi haut point d’élevation , autant elle {ent fa baflefle &. . fon néant, autant en eft-elle touchée; autant s’en humilie-t-elle. Cette com- -paraifon , ou plûtôt cette oppoñtion qu’elle a fans ceffe devant les yeux ; & qui lui reprefente d’une part un fi grand don ,.un doninfini, & de Vautre fa mifere & fon extrême foibleffe, ne fert qu'à la confondre & qu'à rabattre toutes les penfées où un ame moins ferme & moins {olide pourroit s’'évanoiüir, = Car voici le myftere, mes chers Au: diteurs, & le fecret merveilleux, pour allier enfemble & pour accorder avec tant de gloire & un mépris fi profond de foi-même ,:& des abaiflémens _ fi finceres & fi volontaires. Puifionsnous le bien comprendre , & nous former fur ce modelle. C’eft que Marie au lieu de fe laifler ébloüir à l'éclat dune diftinétion qui La releve au def. ee x Sermon pour la Fête î | te la nature nous crie elle-mêmes | > "Les cieux nous lannoncent; lesétoi. k Îcs du firmament le publient; l'air, « | LA > la terre, les eaux, toutes les parties de ce monde vifible, tous les éle. mens qui le compofent , n’ont deffus qu'un même langage. Lan gage müet, mais fi intelligible , tout. müet qu'il ft, qu'une:étincelle de raifon fufit pour lentendre. Lanpa. ge dont faint Auguftin dans fes en.. tretiens interieurs 8: dans la ferveur. de fes méditations, étoit fi vivement. touche. Il cherchoit Dieu par tout; sl s’adreffoit , pour le trouver, à tous. des cftres qui l’environnoient ou qu'il appercevoit devant fes yeux ; il les interrogeoit tour à tour & leur de. * mandoit : Eftes-vous mon Dieu?Mai fur Pheure ils lui repliquoient : Non, nous ne fommes point votre Diet. Cependant , pourfuit ce Pere , je he m'en tenois pas-à ;} mais j'infe. “flois, & jajoütois : Puifque vous. n'êtes point mon Dieu, ou puifque. mon Dieu n’eft point précifément ce. & que Vous êtes , apprenez-moi dont quel il eft & quelle idée je doismen FF eee ner \ EE NET IN ET LNTS MEN EU AIGRe ss in RNB NL RC EN D rm En four ee | Dre eu Pepe conne À de la Purification de la Prierge, T8 former, Es dixi omnibus his ? Diximn © fles mihi quod vos non eflis Deus meus ; at dicite aliquid mihi de ille. Je le difois , conclut le faint Docteur; & tout à coup il me fembloit qu'un cri général retentifloit aux orcilles de mon cœur , & que de toutes parts une voix s’élevoit pourme répondre : c’eft lui qui nous a fait: voilà par où & à quoi Vous pouvez mieux le connoître. Er clamavernst ommes voce grandi , ipfe fecit nos. Mais encore , s'il fut aller plus avant, & s’il nous eft permis d’enchérir fur faine Auguftin,, ces ouvrages du Seigneur, pourquoi le Seigneur les a til faits & pour qui , fi ce n’eft pour l'homme & non point pour eux-mêmes : de forte que tout Ce que nous en fctirons d’utilitez : de commoditez , de fecours , Ce font autant de bienfaits de fà main libe. tale & de {à providence paternelle » Enfin cet homme lui-même, cette créature intelligente , & par conféquent la plus noble qui fous le Ciel ait été formée , quel autre que le Créateur de l'Univers la tiré du = Di 1dens:. 96 Sermonpourla Fére : 2 néant , la animé de fon foufile, lui, a donné la vie, Pa pourvu de toutes, Les facultez & de lame & du corps,le conferve par une affiftance continuel=. de & le foutient par {à toute-puiflan- -ce > Car le faint homme Job le té. moignoit ainfi à Dieu : c'eft par vous, | -Scigneur , que je fublifte , & ce n'eft que par vous. Je n'étois rien , ou je. n'étois que pouflere ; mais de me-. me que louvrier manie Pargile & la. tourne comme il lui plait , vous, _-m'avez fait tel que je fuis & felon tout | ce que je fuis. Vous vousen fouvien- . drez , mon Dieu, & je ne dois jamais « : Poublier moi-même. anus tue fe \ cerunt me, © plafmavernnt me totim \ Joïcrc.in cirouitu : Memento , quafe, quod | ficut lntum feceris me. = Je dis plus: non feulement auteur, -de tout dans l’ordre de la nature, mais de rout dans l'ordre de la gra ce. Et n’eft-ce pas en ce fens que «pour obtenir la vraye fagefle qui eft Le Ja fcience du falut & la fainteté | chrétienne, fain: J acq ues$ nous aver- . tit de la demander à Dieu , qui feul -en eft Le difpenfateur , & la commu | «Tr 1e nn PSC DERNIERES A Qpr NIET | | : ] de la Purification de la Vierge. 73. nique avec abondance ? En ce fens que lApôtre des Nations compréenant les dons de la grace fous ke terme des dons parfaits , nous enfeigne _: qu'ils viennent tous d’enhaut & qu'ils de da du Pere des lumieres , qui les diftribuë gratuitement & les partage felon {on bon phifr? En ce . ns que le même Docteur des Gentils Voulant rabattre notre pré -fomption & nous reprefenter notre. infuffifance , nous déclare que de nous-mêmes & fans l'infpiration : divine nous ‘ne fommes pas même * capables de concevoirune bonne pen. ce, tantil s’en faut que nous puiffions l’executer & l'accomplir > En ce fens que le Sauveur des hommes difoit à fes difciples : vous ne pouvez rien fans moi , & perfonne , quel qu'ilfoit, ne vient à moi, fi mon Pere ne le prévient & ne l'appelle à En ce fens qu'il nous eft f fouvene marqué & fi formellement annoncé dans toutes les Ecritures que c’eft Dieu qui éclaire nos efprits , Dieu qui touche nos cœurs, Dieu qui di- H8@n0s pas ; Dieu qui fanétifie nos. + Di 7 38. 78 Sermonpour la Fête œuvres , Dieu qui convertitle pécheur & qui perfectionne le jufte, | D'où il s'enfuit qu’il n°y a dans nous de fainteté , qu'autant qu'il la tire de fon fonds pour nous en fäire part, _& felon le langage du Prophete, qu'il eftle Dieu de toutes les vertus : Do. | mine, Deus virtutum. Ab! Chrétiens , ce ne font-là qué des idées générales , & comment pourrois - je VOuS tracer autrement une vérité dont le détail feroit inf. . ni Mais dans ces idées générales® “ donde Dieu. Tel dans fa profeflion fe-diftingue ; fon habilerc , festa. | que de bienfaits particuliers fe trouvent renfermez! Tel eff né avec lé temperament le plus heureux & la meilleure conftitution : il ne fe ref fent d’aucune des incommoditez de la vie; & malgré les farigues du travail, il joüit d’une fanté inaltérable ; par où ? par le don de Dieu. Tel dans le cours d’une profperité foriffante voit tout réüffir felon fes defirs : {ès revenus augmentent , il s’enrichie if. s’'avance , il établie fa famille, it fac une grande fortune ; par où ? parle Pl énergie lt de La Purification de la Vierge. +0 lents lui ont acquis une eftime uni- - verfelle; petits & grands , chacun Jui applaudit, chacun le comble d’é- . loges : tout cela par où ? par le don de Dieu. Tel dans le mérier des armes a couru mille hazards , a fou tenu mille attaques, a vû mille fois la mort à fes côtez, & toujours néanmoins s’'eft fauvé de fes traits & lui a échappé , par où ? par le don de Dieu, Ne nous bornons point à ces graces temporelles , mais difons plus - encore. Tel dans lâgele plus criti-. que & dans le feu d’une premiere jeunefle | expofé à la corruption du monde , à toutefois eu Le bonheur d'y garder fon innocence & d’y conferver une parfaite integrité de _MIŒUrS : pourquoi ? parce que dès le {ein de fa mere Dieu lui a donné , comme à Salomon , une ame portée au bien , Sorritus [um animam bonarn :Sap. « 8, parce que dès la plus tendre enfance Dieu lui à procuré une éducation _ chKtienne, dont les impreflions ne fe font jamais effacées ; parce que Dicu dans la fuite des années lui a D ü ‘8 Sermon pour la Fése fait rencontrer un ami fidelle qui lui a fervi de guide par-fes confeils & de modelle parfes exemples. Tel af failli de la tentation , preflé d'une pafion violente qui lemportoit pre£- que malgré lui & lavoit conduit jufques au bord du précipice , à tout à Coup repris fes forces , & par une généreufe réfiftance eft forti victorieux d’un combat où il étoit fur le point de fuccomber , pourquoi ? parce que Dieu lui a ouvert les yeux, lui a prêté la main, la réveillé & encouragé ; parce que Dieu par une conduite particuliere far lui, a permis un évenement imprevüû, qui la. éloigné de cette perfonne, & qui: . dans cette abfence faltitaire l’en a peu à peu détaché. L’un plongé dans le vice & depuis long-temps engagé dans les plus honteufes habitudes » s’eft enfin reconnu , eft revenu de feségaremens, eft rentré dans la bonne voye &y a perfeveré, pourquoi ? ceft que Dieu la regardé d'un ail propice ; c’eft que Dieu lui a ménagé l’une de ces graces dont leffet ne manque jamais ; c'eft que Diew ‘ de la Purification de la Vierge. 81. lui a parlé au cœur , & que pour fe faire mieux entendre , il a choift la conjoncture & le moment le plus favorable. L'autre animé d’un faint. zele, court dans la voye des commandemens , Va fans cefle de vertus . en vertus, fait chaque jour de nouveaux progrès , & ne laifle rien de la perfeion Evangelique où itne s'exerce avec une ferveur & une conftance infatigable : pourquoi à c’eft . que Dieu par une prédilection toute gratuite Fa fpécialement prédeftiné pour être aux premiers rangs ‘de fes ferviteurs en ce monde & de fes élûs. dans l'éternité ; c’eft que l'efprit de Dieu par de plus vives & de plus frequentes communications lembrafe dane ardeur toujours nouvelle ; c'eft que cet Efprit fanificateur à pris une poñeflion entiere de fon ame, & qu'il y à établi f: demeure pour 1 gouverner. Ah ! Seigneur que faisje ? Dois-je n'engager plus .avant dans un récit que je puis biem commencer , mais qui me fournir toujours une matiere plus ample , & que j€ n'acheverai jamais 2 Toute Le = DE “82 Sermon pour la Fête terre eft remplie de votre mifericor= rfal. 32. de, Aifericordia Domini plenaefft terra ; & par une fuite néceflaire toute la terre eft remplie de vos dons. De génération en génération cette divine mifericorde s’eft répanduë fur les enfins des hommes , Er mifericor- 5) ac ie dia ejns à progenie in progentes ; & par conféquent , de génération en génération, ces mêmes dons fe font mul- -tipliez & fe multiplieront. Car dans ‘tous les fiecles vous avez été notre Dieu , & dans tous les fiecles vous le ferez ; c’eft-à-dire que toujours. vous avez été, & que toujours Vous férez lame dé ce grand Univers, le premier mobile & le principe do- . minant , le Pere commun, qui du tiône de fa gloire où il eft afis, étend fes foins à toutes fes créatures, & employe en leur faveur fes immenfes tréfors &c fes fonds inépui- - sara. fables. Ta, Pater, providentia que bernat. Or je l'ai dit ,mes chers Auditeurs : voilà du moins ce que nous devons connoître ; non point feulement d'une connoiflance vague & paffa- 5 de la Purification de la Vitre. 83 gere , mais d'une connoiffance vive: . & toujours prefente. Voilà - dis-je. à quoi nous devons penfer, de quoi nous devons nous OCCuper, ce que nous devons à chaque nroment, s’il eff poffible | nous remettre devant les Yeux, pour en faire le füjet ordinaite de nos réflexions. Connoifflance B plus propre à nous maintenir, com me Marie, en trois excellentes dif Pofitions que je vous prie de remarquét : je veux dire, dans une dépen— dance de Dieu continuelle & 2b{ofuë ; dans une humilité profonde &: Un faint mépris de nous-mêmes ju£ ques au milieu des srandeurs &° de tout ce qui peut flatrer Porgticil de Fhomme ; enfin dans cet exercice: _ perpetuel deloïanges, de benedictions, d'actions de graces que fine Paul nOUS à tant de fois réComman- & &quilaf afidtiément & fire Hoïeufemenc pratiqué, Que ne fuisje aflez heureux Pour vous infpirer des Æntimens f chrétiens & dignes de la foi que vous profeffez. r * En effer, dès que je me fuis forte. menc Imprimé dans Pefprir ce poing 30 Sermonpourla Fée :. fi? Siautem accepiffi, quid glonaris ” gua]r non acceperis ? Non, Chrétiensi, nous ne penfe- TOnS point à nous élever ; mais notre pratique la plus ordinaire , ce fera de loüer le Seigneur , de le benir, de lui rendre d'affetueutes & de frequentes actions de graces. Pratique tellement recommandée dans toutes les faintes Ecritures ; qu’elles fembient n'avoir été didtées par PEfprit de Dieu , que pour nous former à ce devoir. Pratique fi relicieufe & fi conforme aux intentions de l’Eolife ; qu’elle en fait prefque Punique fugcc de fes auguftes ceremonies & de fes folemnitez ; n’adreffant pas une “priere à Dieu qui mexprime quelque grace obtenuë de cette bonté fuprème & qui n’en renouvelle la mémoire, De À même auf , pratique fi commune parmi les Saints, qu’inceffamment & à quelque temps que ce fôt , ils avoient à la bouche cette parole de lotiange : Bei foir Lz 0m du Seigneur ; remerciant Dieu de toutes chofes, felon la maxime & les xemple de faint Paul : Z oibus 7 dela Purification de la Vierge. 5% gratirs agite. Nous ne devons pas nous en étonner, puifque Dieu par tour fe prefentoit à feurs yeux , non point feulement comme Dieu de ma- = jefté , mais en qualité de bienfacteur, de confervateur , de conducteur, de fanétifcateur , qui leur tenoit lieu de tout, &qui, ou immédiatement -par lui-même , où par le miniftete des eftres vifbles & deftinez à leur ufage , les entretenoit , les alfftoit , les aidoit , les inftruifoir, les regloit, es perfectionnoir, ne les Jaiffoit manquer de nul fecours néceflaire, ni pour la vie du corps , nipourla vie de Pame. Eit-il furprenant que leur cœur alors s’enflammit , & que l'amour les fft éclater en des fentimens fi tendres & des vœux fi ardens > Be-lf° 102 nedic anima mea Domino, ©omti& qua intra me funt: célebrez , mon ame, chantez les mifericordes de votre Seigneur : qu'il n’y ait os : & hors de moi & su-dedans de moi qui ne le benife. Ils euflent voulu . { fire entendre dans toutes Les con tiées delaterre, & y publier ce que Le Seigneur avoit fait pour eux. Ils 92 Sermèn pour la Fète cuflent voulu , outre ces biens com= muns de la nature & même de la grace qui ne font refufez à perfonne ; pouvoit produire au Jour ce qui fe pañloit de plus particulier & de plus intime au fond de leur ame , & réveler ces Communications fecrertes & myfterieufes de Pefprit qui habitoit dans eux , qui les infpiroit & les Souvernoit. Le dirai-je > fans prétendre fe prévaloir d'aucune de leurs: : vertus, ils euffent voulu les raconter toutes & les donner à connoître = afin d’exalrer & de donner à con: - 2 noître les dons de Dieu : Fuite 3 nes ‘añdite, ® narraboomnes qui timetis © Deum , quanta fecit anime mes Voilà, mes chers Auditeurs, quelles ont été les difbofitions des Saints, quelles furent celles de ta Vierge que nous honorons, & quelles {eroient. les nôtres , f nous apportions là mê.. Me attention à confiderer ce premier & fouverain principe d'où découlent … tous les biens. Mais que £ifons-nous?: nous les recücillons, nous en pro- … fitons ; & du refte, pour ufer de cette Comparaifon , fembiables à de vils EST haits nous ayons tout ce qu'il nous faut, nous fommes peu en peine de fçavoir par qui nous l'avons. & de qui. Eft-ce donc aïnfi , mon Dieu , que vous avez formé le cœur de Vhomme; ou n’eft-ce pas lui-même , qui par Poubli Le plus criminel, s’endurcit à ce qui devroit l’occuper fans celle &. réveiller à chaque moment toute fa fenfibilité > Helas, Seigneur, nous affetons tant de générofité Les uns envers les autres! Ce feroit dans leftime du monde un carafe honteux & une efpece d’opprobre, de méconuoître les fervices mêmes les - plus légers & de n’en témoigner pas au moins quelque reffentiment. Il eft bien étrange qu'il n’y ait que vous , mon Dieu, dont les graces ( & quelles -graces 2) nous deviennent à ce qu'il paroît , fi indiferentes. Cependant vous les perpetuez , vous les rédoublez : mais, Seigneur, n’êtes-vous fi Don envers nous que parce que x Sermon pour la Fête nous fommes mauvais, & ne multi pliez vous vos liberalitez que pour nous rendre plus ingrats ? Quoi qu’il en foit, Chrétiens, nous devons l’avoiüer & nous en confondre : nous oublions les bienfaits de Dieu. Je ne dis pas que nous les oublions en eux-mêmes , comme biens dont nous fommes pourvüs & dont nous joüiffons ; mais je dis que nous les oublions dans Pune de Icurs circonftances la plus eflentiele, c’eftà-dire , comme bienfaits de Dieu, qui felon l’ordre de fa providence, nous les a fagement & volontairement départis. Appliquez-vous à ce point de morale que je vais développer ; ce fera la conclufion de cette «premiere partie. Je vous y ferai obferver un des plus grands défordres & néanmoins des plus univerfels , mais à quoi-jufques à prefent vous n'avez point encore été aufhi fenfibles qu'il le faut, parce que vous ne l'avez jamaisbien compris. Nous {cavons aflez quelle eft notre condition prefente & la fituation ‘où nous nous trouvons dans lé mons re ns NS STE ON LORRAINE Ce TRE EAP +R PA CEE de le Purification de la Vierge. o$ de. Nous fcavons quelle place nous y occupons , quels.biens nous y poffedons , de quelle maniere nous y vi vons , & comment nous nous y foutenons. S'il y à quelque avantage qui nous foit propre & qui nous redéve , ou parla nobleffe du fang , ou pat la force du temperament, ou par la figure & [a bonne grace, ou par la richeffe & l'abondance , ou par Pautorité & le pouvoir , ou par fefprit , ou parle cœur , par quoi que ce foit, & en quelque forte que -ce puifle être , c’eft ce que nous ne fçavons que tropremarquer, & fouvent même ce que nous ne fcavons que trop exagerer. On n'ignoré pas qu'on eft d’une naïflance au-deflus : vulgaire & d’une maifon qualifiée ; qu'on eft d’une complexion faine & exempte des infirmitez aufquelles mille autres font fujets; qu'on ne manque de rien dans fon état , & qu'on a de quoi fournir , non feulement à tous es befoins, mais à toutes les aifes de la vie ; que dans une Compagnie on eft à la tète des affai zes& qu'on y tint un rang qui nous pi. CRAN 96 . Sermon pour la Féte | fait craîndre & refpecter; que dans une Cour on a l'oreille du Maître, & que pat la faveur où l'on eff mon té, on obtient tout & on décide pref. que de tout. On n’ignore pas que ce projet a eu toute l'iffuë qu’on en. attendoit, que le jugement de ce procès nous à été favorable, que ce n€ goce produit confiderablement , & qu'il devient tous les jours plus fruc-, tueux ; que ce mariage s'eft fait pat une des plus heureufes rencontres, & que c’eft un des mieux aflortis pou Pun & pour lautre parti ; qu'une prôfüpte guérifon nous a fauvez di danger où nous expofoit certe maladie ; qu'un évenement inefperé nous 2 tirez de ce mauvais pas , où mA à propos & fans réflexion on Sétoit engagé. On ignore encore moins les, qualitez naturelles , dont volontiers on fe croit doûé, & dont: on aïmt, à fe parer : ce fonds de lumiere & de fagefle , cette droiture de raifon , cet: ‘te maturité de confeil, cette étendué ‘de génie, cette pénétration & cette “habileté à éclaircir les plus obfcurés dificulrez & à les réfoudre ; ce don Me le | de la Purification de La Vierge. 97 de la parole , foit dans les entretiens. familiers, foit dans les actions publiques; cette bonté de cœur, cette équité & cette candeur d’ame , cette valeur & cette magnanimité ; de plus ces qualitez même chrétiennes & faintes , cette innocence de mœurs : cette délicatefle de confcience CEE te tendreffe de dévotion , cereckeillement , ces vüës dans {a priere & Poraifon : tout cela & tout le refte on le fçait parfaitement, & c’eft-à Ce que j'appelle connoître les bien faits de Dieu en fubftance & dans eux-mêmes, Mais de les connoitre comme des bienfaits de Dieu ; d'être vivement prévenu & bien rempli dela penfée que ce font des dons du Ciel & des talens que Dieu nous x Confiez : de {e le dire à foi.même & de s’en convaincre fortement CCE ce que nous ne voulons point tant approfondir & de quoi il nous importe peu, ce femble , d’être infttuirs: .… Que difons-nous donc ? Sans aller aufli loin qué les Juifs , nous tenons à peu près le même langage : 444- Gus n0ffra ‘excelfa fecir bec OMni ; Tome F, Ë : Dentey, Ce 3 La 98 Sermon pour la Fôte 54 voilà notre ouvrage , & cet pa _ nous qu'il s’eft fair. Nous n’ajoürons pas, jen conviens, ce que les Juifs ajoûtoient , Et son Dominus , ce n'ell pointlœuvre du Seigneur, ce net - * point lui qui à fair cela, Ce feroi une infidelité monftrueufe & trop. groffiere : mais fans le dire exprefle. ment, nous raonnons comme fn nous en étions perfuadez ; & nous» #e penfons pas plus à Dieu, que sil L ne contribuoit à rien & que fon fe: | cours ne nous füt point nécelfaire : k Manus noftra excelja fecit bec omnia à On fe rend le témoignage flatteur & : fecrer, que fice deffein qu'on s’étoit tracé, a réüii ; sil s’eft accompli, felon qu’on le fouhaitoit ‘& qu'on. - Vavoit propofé , c’eft qu'on Pa bien” conduit 3 c’eft qu’on a pris, pour en à venir à bout, de juftes mefures; c’elt : qu'on a ufé de diligence ëc d'adreffe c’eft qu'on a fçù par une conftance, infatigable en furmonter tous les ob flacles, Manus nofira exc lfa : Que f lon seft établi dans le monde, fiPon seft pouffé à la Cour, cel, qu'on a fû profiter des temps &f, êe la Purification de La Lerpe. 53. des occafons ; ceft qu'on a fcû gagner les efprits & les ménager , faire des patrons & les mettre en œuvre, s'arranger , fe conduire fagement & agir efficacement, A#rus noffra excel[a : Que fi dans cette pro _feflion, dans ce miniftere,, on brille ‘au-deflus des autres, c’eft le fruit de nos Veilles : c’eft la récompenfe de DOS travaux , C’eft une juftice qui nous eff faite-& une preference que notre mérite a emportée, A/anus #0- fra excelfa ; Que même fi l'on fait Certains progrès dans la voye du flut, fi Fon acquiert certaines connoiffances de Dieu, fi lon ÿ {ent certains attraits, certains goûts, certaines confolations, c’eft qu'on eft d'une fidelité inviolable à remplir tous fes devoirs de Chrétien & à n'ométtre aucun des exercices de la perfection Evangelique ; c’eft qu'on évite avec un foin extrême jufques aux moindres fautes , & qu'on fe Maintient , autant qu'on le peut ; dans’'une grande pureté de confcién ce ; C’eft qu'on mene une vie retirée & mortifiée , qu’on réprime fes {ens, Ei “o6 Sermon pour la Fee — bras de chair ? fi dans le trifte ren verfement où il nous verraréduits, - ilne dira pas de nous ce qu'il difoit - . des Juifs : ©bs um Dei corum ; m | quibus babebant fiduciam ? Où font -ces protecteurs dont ils {fe faifoient des divinitez ? Que ces Dieux pré- : ‘tendus ne paroiflent-ils maintenant Ibid, ce n’eft point fur ces faux Dieux que nous devons compter , mais fur notre Dieu, le vrai & unique Dieu. Connoîrre qué tout vient de Dieu & par- 1 J'honorer comme premier principe, voilà de quoi jé vous ai entreconnoître en rapportant tout à Dieu, & par-A Phonorer comme derniere quer dans la Seconde. & ne viennent ils les aider? Swrgant w & spitulenrur. Mais non, mes Fretest … tenu dans cette premiere Partie. Refin, c'eft ce qui reftc à vous expli. HN BETIENA AC srcowrs Dreu étant le premier principe | PARTIZ d h r il a ere e toutes chofes, il en eft par une. fuite naturelle-la derniere fin : c’eft- . à-de , que toutes chofes apparte: | £ 0 1 RSA nant à Dieu, comme Fouvrage ap- | partient à louvrier , elles doivent : dela Purification de la Vierge. 153 toutes, dans l’ufage que nous en far fons , retourner à lui ,. être toutes employées pour lui , (toutes fervir à A de fes adorables deffeins & de fes divines volontez. C’eft pour cela même qu’outre [es premiers-nez d’entre les enfans d'Ifraël , Dieu vouloit encore qu'en lui prefentât Les premiers de tous les animaux & de tous Les fruits de la terre :car, difoic-il , je füis le Seigneur & tout eft à moi. Raïfon fouveraine, raifon commune & générale pour tous les états & pour tous Les temps, puifqu'à l'égard de tous les états & que dans tons les temps le domaine de Dieu eft tou jours le même. C’étoit donc parmi le peuple de Dieu une loi auffijufte qu'elle étoit indifpenfable ; & fans que nous foyons aflujettis aux mémes céremonies & aux mêmes pratiques , ce n’eft pas pour nous-mê- mes une loi moins raifonnable & moins étroite , de rapporter à, leur fource tous les biens en les dévoüant | -_& les confacrant à Dieu : Sanfum zu. … Domino vorabitur. Ox voilà ce que- E vi 1oS$ Sermon pour la Féte j'appelle reconnoître , & ce que je à vais mieux d’abord vous faire entendre par l’exemple de Marie, qui . dans l'Évançile & le myftere de ce. jour nous. eft propolé comme le plus parfait modelle, Ilne fuffit pas à cette Mere Vierge : d'être vivement perfuadée & de connoître que le divin Enfant qu'elle | eft un don de . Dieu. Elle pénétre dans les decrets : adorables de la Sagefle éternelle , & porte au Temple, LAND TP OPePET pper pee Sn PO VU EL, dans le profond abîme des miferi- : cordes du Seigneur. Là elle voit à quoi ce Dieu homme eft deftiné & | pourquoi 1l eft envoyé. Que c’eftle à ment hautement annoncé par les Prophe. tes. Que c'eft le Redempteur d'I- | fraël, qui doit délivrer fon peuple, … non point tant d’une fervirude tem. porelle, que de la fervitude du pé-. ché. Que c’eftle Médiateur des hom- _mes& leur Sauveur, qui vient chercher des ames perduës , les ramener … de leurs égaremens, leur rendre la Ve en les reconciliant avec fon Pere Meffie He au monde , fiardemdefixé par les Patriarches & fi dela Purification de la Vierge. 109 & les rérabliflant dans leurs droits au faint heritage où elles font appellées. Myfteres révelez à Marie par le même Efprit dont elle eft devenuë lEpoufe. Myfteres confirmez par le témoignage de Simeon , lorfqu’à la vûë de l'Enfant & de la Mere, tranfporté de joye & fpecialement infpiré d’en hauc, fl s’écrie : C’eft à cette heurs , Seioneur , que votre parole s'accomplit , & que votre ferviteur va mourir en paix): Nunc,., dinittis [erunm tuum, Domine, fecundum verbum tuum in pace. Car, pourfuit Le faint Vicillard , je Pai va ce Sauveur que vous donnez à la terre & que vous expofez aux yeux detoutes les nations : Quia viderunt oculr mer falntare tunm , quod parafii “e ante faciem omnium populorum. {era la lumiere des Gentils:; il fera {la gloire d'Ifraël votre peuple : Lumen ad revelationem gentium € gloriam ple- bis ue Ifrael, Yétoit donc de la re connoïffance de Marie d’entrer dans: ces grandes vüës & de s’y confor: mer. Or voilà pourquoi elle patoit dans le Temple. Elle va rendre ire ‘ Sérmon pour la Eôte en quelque maniere à Dieu don pour don. Ce Jefus, ce Fils fi cher il eff, à elle puifqu'il eft né d'elle; mais. elle va fe déporter de tous fes droits fur Jui en la prefence de Dieu & en tre les mains de Dieu. Elle va lof, frir & en faire le facrifice le plus re ligieux & le plus généreux. Confide rons encore la chofé plus en détail, pour mieux découvrir le fensdes pa, pa toles de notre Evanoile : 7 Aleran. illum in Fernfalem ut fiferent eurn Do: | 1nIR0: 2 Sacrifice Le plus religieux. Quand, Dieu voulut éprouver la Religion. d'Abraham , quel commandement, Jui fitil > Prends Ifaac , Jui dit le Se” grieur ,-& le méne avec toi. Tu le, conduiras fur la montagne , & tu me, Pimmoleras. C'eft ton fils, & ton. fils unique, ton fils bien aimé : mai ace facrifice je jugerai de ton amor. & de Pentier dévouément de ton! cœur , en reconnoiflance dt ce que. Gemef. J'ai fait pour toi-même. Toile filium ®u tuwm unigenitun , quem diligis, Ifaac, 'offeres eum in holocauftum. Abra- Ram ne délibera pas. Il fit taire hk. î É F ER PTT P Es SAME Eee ni cd Die dd 4 dun ‘2: à Purification de La Vierge. 1x fature, & n’écoute que fa foi. ILfe - setraça dans Pefprit tout ce qu'il dez voitau Dieu de fes peres ; & fans lui permettre d'héfiter un moment, ce “ouvenir le détermina. Igitur Abra= bam de noëte confurgens, ducens [ecum Ijaac, filium [uumn, abiit ad locum quern pas es Deus. C’eftune loi toute femblable, ou à peu près la méme loi, qui fait partir Maries & qui lappelle à Jerufalem. Dieu lui demande fon premier né, fon unique , ce Fils qu’elle vient à peine de mettre au monde & qu’elle aime le plus tendrement. Tolle ,@ offeres mi br. Apportez-le , & venez dans mon fanétuaire me le préfenter : car ileft ainfi ordonné dans la loi du Seigneur; Sicut fcriprum eff in lege Dorrrni. Que dis-je, Chrétiens, & quelle autre loi faut-il à cette Vierge, que Timpreflion fecrette d’une gratitude aufh vive qu’elle la reffent ? Elle veut, autant qu'il eft au pouvoir d’une foi- TRE : : ble créature , ufer envers Dieu deretour; & pour contenter pour cela le faint defir qui l'anime , il n’eft rien à quoi elle ne foit difpofée, De tous Ibide à; Luc,c:2s SS 22 Sermonpourla Fée les ficrifices le plus heroïque eft ces Jui d’un Fils & dun tel Fils : mais elle. rie balance pas à le faire ; pourquoi. & dans quelles vüës > afin que pat. les mérites d'un Dieu la gloire dé Dieu foit pleinement réparée , afin. _ . que parlà même la juftice de Dieu < oit farisfaire , afin que fans obfas _ clela grace de Dieu fe répande avec abondance ;. afin que l’homme foir, relevé de fa chute, qu'il foit guéri. de fes bleffures , qu'il foit racheté de la mort, qu'il puifle reprendre la voye du falut , y marcher & y perfeverer , jufqu'à ce qu'il arrive . au port dé l'écernité Bienheureufe. qui lui eft deftiné : car ce font-k les vüës du Ciel, & par une pleine | conformité , les vüës de Marie. Or. en eftil de plus religieufes > SF m'eft donc permis d'appliquer à ki Mere ce que faint Paul'nous apprend du Fils, je me figure que dèsle pre | mier pas qu’elle fait dans le Temple, elle dit à Dieu par proportion, com ; me Jefus-Chrift entrant dans le more. Hbcto.de , Ingrediens dicit : Vous n'avez pointvoulu, Seigneur, de ces.obla | A RS EN ER | ê de la Purification de ln Vierge. 113 tions qui ne confiftoient qu’en de vils animaux dont le fane couloit fur vos Autels : Æoffiam © oblationem n#olniffs. Ces victimes , ces holocauftes n'ont pü vous être agréables, parce ue ce ntoient pas pour vous de ne fatisfactions : Æolocantomata pro peccato non tibi placuerunt. Maïs me voici, mon Dieu : ou plütôr, lbid, Ibid, dans cet Enfant, l’objet de vos com- : plaifances éternelles & le ficré gage de ma reconnoiflance , Voici l’offran, de précieufe & la divine Hoftie que vous attendez depuis tant de fiecles : Ecre venio. Vous laccepterez , j'ofe le dire : vous lagrécrez pour la ré: _ verence qui lui eff dûé. C’eft tout mon tréfor : mais qu'il foit facrifié, jy confens ; & qu'il Le foit fans ré- _feive, puifque c’eft à vous & pour vous qu'il le doirètre: Deus, Dens pr. Mmeus volus. 3 Que dit-elle après tout, Chrétiens Auditeurs , cette Vierge fi zelée & fi défintereflée ? .A quoi s'engager elle? Sacrifice Le plus religieux, mais en mème temps facrifice le plus génereux, Et quel avenir en effet lui Ibid. Sr Sermon pour la Féte vient annoncer Simeon par un cfprit, prophetique ? Quel arrêt lui facile à entendre ? Il eft vrai: ce Meffieque, #4 % vous préfentez , il fera Sauveur ; Ps Ë : fitus ef hic in refurreitionem.Mais quäle < fui en coûtera , & qu'il vous en coû-\ . À tera à vous-même ! Qu'il lui en ca de tera , puifque dans tout le cours del fa vie & jufqu'au dernier moment,! ma, fera en butte à la contradiction, ! Et in Jiganm cui contradicetur !Eth : — qu'il Vous en coûtera à vous-m@b me, puifque vous aurez l'ame trant percée d’un glaive de douleur | Et = : : : UE à Jbide qua ipfius animam pertranfibit glask dius ! Trifte prédiction , dont Marie, at une connoifflance anticipée & en- : a P A core plus claire que celle du fainte Prophete , prévoit toutes les circon… ftances & routes les fuites. À n’écou-k | _— ver que fa tendrefle , celle en feroits troublée , défolée, confternée, & elle | ne pourroit s’y réfoudre. Mais le Seri gneur le veut, il Pa ainfi arrêté sa une ame reconnoiflante il n’en faut, pas davantage pour lever’toutes lei | , dificultez & pour la déterminer ,. | | uelque dure que puifle paroître bi! quelq q peu paroïtre | 12 PRES TR SERA ENT de la Purification de la Vierge. 115 “condition qu’on lui impofe & quelque épreuve qu'il y ait à fubir. Oui, mon Dieu , je le veux , parce que vous le voulez & comme vous Le voulez. Je fuis mere & je fens ce qu’eft a une mere le fruit qu’elle a conçü : mais il n'importe , cette victime que vous vous êtes réfervée , eft plus à vous qu’à moi mème? je vous la remets, Deus menus, volui. _ C'’eft donc à dire , prenez garde & ne traitez point d'expreflions oucrées des confequences fi naturelles _& fi juftes , c’eftà-dire que déja en efprit & par la préparation de fon cœur , elle livre ce Sauveur , ect Agneau de Dieu , à tous les toutmens de la plus cruelle pañlion : quelle le livre à toute la fureur des ennemis que l'enfer lui fufcitera & à toute la violence de leurs perfecutions ; qu’elle le livre aux trahi- - {ons , aux accufations , aux faux témoignages , aux calomnies les plus - atrroces : qu'ellele livre aux mépris, aux jonominies , aux opprobres les plus accablantes : qu’elle Le livreaux a 5 . s - PrCtres & aux Pontifes qui conjure- 1 re | | | | 322 Sermon-pour la Fete ? s’eft jamais écarté de la bonne foi & de Phonneur. Mais à cette probité naturelle sil joint l'efprit de Religion; s'il envifage Dieu dans fes biens , où {es biens dans Dieu, qui en.eft le difpenfateur ; silfe laiffe coucher de cette réflexion , qu'il ne tenoit qu'à | Dieu de le réduire dans la mifere où tant d’autres Janguiflent ;.8 qu'à le bien prendre, toute fa profperité n’eft que leffec d’une prédilection _de Dieu & d’une providence particulicre ; voiciles confequences qu'il en tire. Cesbiens que Dieu lui a confez , iles regarde plütôt ‘commé de fimples talens , dont il na que Fadminiftration, fans en avoir le do: PTIT EN EU SES DU PEP ER 2e 24 maine, qui. ne les confidere com, me des biens.qui lui appartiennent | & dont il foit le proprictaire. Quois \ que la poffeffion lui en foit accors , dée il ne fe croit pas permisde les diffiper , ni d'en ufer felon fon or; re mais ne les ayant qu'a titre onéreux | &c en étant comptable à Die, 1 comprend. qu'ils nedoivent point avoir dans {es mains d'autre deftina: tion que celle, même qui eft ordom | DECISION ETES VER Rhmomem pos onmver Edo MÉTTES de la Purification de la Vierge. 15e née de Dieu, Par conféquént, que dansune jufte égalité , après en avoir retenu pour luimême ce qui lui fufic , il doit du refte les fire fer. - vit au foulagement du prochain, que Dieu a fnbftitué en place pour les tecevoir ; qu'il en doit aflifter les pauvres quifont les enfans de Dieu; qu'il les doit répandre dans les prifons , dans les hôpitaux , dans des - familles où foufrent des. troupes d'infirmes & d'indigents qui font Les membres de Jefus-Chrift ; qu'il doit _enun mot les appliquer à routes les œuvres où de mifericorde ou de piété felon les befoins prefents 8 [es occafons qui naiflent , puifque c'eft ainfi que Dieu les lui redemande & qu'il en exige le tribut. Sarélum Do 2RIN0 Vocabitur, - Difons le même des qualitez de Fame, que nous devons eftimer com: . Me des dons de Dieu plus précieux encore & plus relevez. Le même d'un efprit vif, pénécrant , éclairé , & qui employe toutes fes lumicres & toute fa fcience à établir lés veritez de la Religion , à les éclaircir ; : F ij x24 … Sermon pour la Fére médité lui-même & bien approfondies. Le même d’un génie fublime , difert , éloquent , & qui doüé du don de la parole, employetoute la force & toute la grace de fon éloz quence à décrediter le vice & à perfuader la pratique de la vertu. Le même d’un naturel agillant, ardent, courageux , & qui infatigable dans le travail, employe toute lardeur defon zele à former de faintes entreprifes pour la gloire de Dieu & à les executer.Le même d’un bon cœur; d'un cœur fenfible & tendre, & qui désagé des objets créez : employe toute fa fenfibilité & toute {à tendrefle à s’attacher plus étroitement à Dieu & à l'aimer plus afe“ucufement. Le même de tout autreavantage & de quelque prérogative que Ce foit , qui doit nous piquer de reconnoiffance envers Dieu &qui nous engage à Jen glorifier par le facrifice Que nous lui en faifons. Sasilum Do- 2110 VocAbitUT. Jedis , Chrétiens, par le facrifi. ce que nous faifons À Dieu des biens. a les enfeigner , après les avoir bien SRE RCPA RER RUN SR GS AREAS RIT CTI EN TIRNNTPPT PRET MAR EE Pre RE CIIPEPETAN EDEN PRET A ut Li de CT CHEN ATEN PRET de la Purification de la Vierge. 121$ mêmes que nous en avons recüs. - Carikn’en eft pas à beaucoup près de notre reconnoïflance envers Dieu, * comme il en eft de la reconnoïflance d'un homme à légard d’un homme. D'homme à homme , je réconnois un bienfait , non pas en remettant dans les mains du bienfadteur le don qu'il a bien voulu me faire : mais à ce don qui m'eft venu de lui & qui étoit à lui, je réponds par un autre: don qui foit pareillement à moi & qui lui vienne de moi. Il n’y a que: Dieu à qui je ne puis rendre que fes propres dons , pourquoi? parce que tout ce que je lui puis prefenter, C’eft lui qui me l’a donné, & que je n'ai rien de moi-même, Deforte que par l’oblation que je Jui fais , iln’acquiert point fur ce que je . Jui offre un droit qui ne lui füt pas déja tout acquis. Je me trompe , mes chers Auditeurs ; & fans déroger en aucune maniere à [a grandeur de notre Dieu , ni à Pexcellence de fon Eftre, je ne dois point craindre d’ajJoûter pour votre conflarion & pour la mienne, que dans un fens très- Fi} #26 Sérmonponr la Fête folide & très-réel , c’eft un nouveau. droit qui revient à Dieu & que je lui attribué fpecialement par ma reconnoiffance & mon offrande; que c’eft un droit qu’il navoit pas indépendamment de moi & que je lui tranfporte ; un droit dont il eft fouverainemept jaloux, dont il { tient. honoré , & dont il me fait un mérite, Ceci peut-être vous étonne mais je n'avance rien qu’une fimple expoñtion de ma penfée ne puifle aifément & pleinement juftifier. Dès que Dieu eft Dieu, tout eft à lui par un droit effentiel & ina liénable, Droit tellement attaché à. FEftre divin , qu'il n’eft pas plus: poffible à Dieu de s'en déporter : que de ceffer d’être Dieu, Que lhom- ‘me en murmure où qu'il y confente, qu'il demeure dans a foumifon ou qu'il entreprenne de fe revolter, le Scigneur eft toujours le Seigneur &il le fera toujours : Recuwmruum Ff ras reg omnium fecnlorum. Mais ou : tre ce premier droit , ce droit abfolu & univerfel que nul homme ne peut contefter à Dieu . il en etun. Ris SERRE Fixe | SE SE F T F AAA EEE PL PTE TAN NE Say de la Purification dela Vicrge. 17 plus particulier que notre cœur peut lui refufer & que nous ne lui refufons en effet que trop fouvent. Droit fondé far le-rapport libre & volontairequ'un amour reconnoillant nous porte à lui faire de toutes nos vüés, de tous nos defirs , de toutes nos actions, de tout nous-mêmes. Sans ce rapport , Dieu n’eft point encore, jofe le dire , autant maitre de ous-mênres & de nos biens qu'if le peut être & qu'il lui convient = de l'être , puifquil ne left point par un don exprès que nous lui en. ayons fait volonrairement & librement, IL pourroit fur cela forcer no tre volonté ÿmaisil ne le veut pas, & _ ce neft point Pordré de fa providence. Il nous à mis , fuivant le lang age. de Ecriture , dans la main dé notre confeil , cteft-à dire qu'il: SSSS APS . 4:17 = nous a laiflé dans une entiere liberté de difpofèr de nous-mêmes & de tout ce qu'il nous a fourni pour _ notre ufage, D'où il s'enfuit , que: dans le fyitéme prefent dé notrevie & dans la difpofition que nous fifons de nous-mêmes , ilne tient E iüj: 128 Sermon pou-la Fète donc qu'à nous d'être à Dieu d'un droit plus ou moins étendu, & plus où moins parfait , lon que le mouvement de notre ame , que Pinten tion qui nous dirige, nous fait ten. dre Vers lui , où versun autre ob. . jet que lui : & voilà ce que j'entends. quand je dis qu'une reconnoiflance efficace qui refere toures chofes À Dieu ; accroît par [à même fur nous, Pempire de Dieu. Sanérum Domino. Vorabirur. - Quoiqu'il en fit, ilen But tou: Jours réVenir À cette verité conftante, qu'à l'égard de Dieu, de quel que Tétour que nous ufions , nous. ne lui donnons que ce qu'il nous, a donné, C'eft ce que David confeffa fi hautement dinsune conjoncturé des plus remarquables , & de quoi il rendit un témoignage f autentique. Ecoutons parler ce faint. Roï : fes expreflions fonttoutes rem. plies de PEfprit Divin qui l’animoit. Il approchoit de fon dernier jour. If voyoità la fn d’un reone ,qui ne fat prefque fans interruption qu'u. ne fuite de victoires & des plus heu (job ufr À D dr die vb EMA 25 DO dati cie LE nn Ted ie id 1: à SR PP NET gars dela Purification de la Vierge. 129 reux éVenemens, Mais avec toute fa gloire , n'ayant pas eu la confolation de batir un Temple au Seigneur ui lavoit éleve fur le Trône & comblé detant de profperitez , du moins voulut-il en faire es prépararifs & es confacrer lui-même. Le peuple par fon ordre s’affemble ; Grands & petits , chacun s’empreffe de feconder la piere du Prince ; chacun contribuë à la conftruction de ce fuperbe édifice dont ila concçü le deffein. Quel amas d’or , d'argent , de cédre , de marbre , de pierres précieufes ! Que de richefles deftinées à une entreprife où cout ffraël sin tereffe ! David à ce fpectacle , ne peut retenir fa joye : il éclate , il benit 70 , © benedixit Domino coram uni- Verfx mulrindine. Seigneur , s’écrietil ; Dieu d'Abraham, d'Ifaac, de - Jacob, je fçais que vous aimez la droiture & la fimplicité du cœur : & c’eft dans toute la fimplicité & toute la droiture de moncœur, que ff Vous offre ce pompeux apparcil : Y ea mille fois Le Dieu de fes peres : Séd, pat: © David Rex leratus efl gandio ma-s.15. 130 Sermom pourla Fête. que japperçois ici de routes parts & que votre peuple vient étaler devant mes yeux. Mais, mon Dieu, ce qui redouble encore ma joye , c’eft de voir l’activité, le zele de cette noms. breufe multitude qui fe joint à moi, & entre dans les mèmes fentimens. Nid. que moi. Scio, Deus mens, quod prebes corda © fimplicitatem diligass undèe © ego in fimplicitate cordis mei Latus obtuli univer(a bac : ©' populum tuum qui hic repertus fe , vidi cum ingenti gaudio tib offerre doraria. Ainf parloit ce RoiProphete, dans. le premier mouvement de fa recon-- noifflance. Mais parce qu'à la vüé de tant de dépenfes & de tant d'ap- -prêts., il eût. pû peut-être f far. _ . : ter de la penfée qu'il fifo à Dieu une riche offrande , & que Dieu lui en devoit-tenir”un compté particu-. lier ; afin de rabbatre ce fentiment. préfomptueux , il s’occupoit en même temps d’une autre réflexion, Hé | que fuis-je, Seigneur , reprenotr cet. humble & religieux Prince : Qu'eft ce que tout ce peuple > Sommes-nous. -dé nous-mêmes en état de vous fi RS TPE TM RE Er CN 2 OS PO DT GS de La Purification dela Vierge, 135 re le moindre don ? Quoique nous’ vous préfentions ,n’eft-ce: pas votre, bien ;: & comment cft-il. à.nous., fi ce néft en tant que nous le rece-- vons de vous>Quis ego: © quis pa= pulus mens , ut poflins bac ribr minis verfa promitere ? Tua-funt omnias G" que de MANN tua ACCEIMUS, de dimus tibi. Ibne fe contentoit pas. de le dire une fois; tk le repetoits: Qui; mon Dieu, cette abondance ce prodigieux aflemblage de mate. rlaux , que nous avons pris foin. de: recueillir &- dont nous-nous: propofons d'élever la fainte maifon où vous. voulez que votre nom foitad Os routceli-& rout lerefte dû monde, indépendimment de nous , vous ap _ partient: Mais nous croyons néanz. moins, Scigneur ponvoi“ encore VOUS : le dévoier;:& en vous le dévoüant _ dé cœutf, nous nous dévoïons nousmêmés d'un conféntement unanime: À votre: culte. Puwiffions-nous à ja mais & par votre grace nous maîns. tenir dans cette picufe volonté. .Dosie mine, Dehs nofier | omis hac copia: quan paravimus ut adificaretur dos: - ne n’eft en état de leur réfifter, rie} \ +38 Sermonpour la Fère 4 & loblige de ceder, ou l'heritage du pauvre eft livré a l’ufurpateur, NE pee = - - “E où le jufte fouffre , où . triont | phe? Pourquoi, dis-je , des défon | dres fi évidents & fi crians, font ils non feulement tolerez , mais ap! plaudis , mais approuvez > Vous n€} le fçavez que trop , &-peut -éteh a-ce été tant de fois le fujet de vos! plaintes. Cette même puiffance quek Dieu communique à certains hom-l Mmespourjugcr , pour décider , potil commander, pour maintenir Ja re} gle & le bon ordre , c’eft de quoi} ils abufentindiognement , & ce quik} tournent à la ruine de ceux dont il} devoient être les tuteurs & Les pi} trons. Parce que desgers peuveñt} fans obftacle tout entreprendre, 18} f perfuadent que tour ce qu'ils ensp treprennent leur eft permis ; & pas} ce que leur dignité, leur grandeut} lesrend redoutables , & que perfon:} ne les arrête. Ils donnent des o%} dres , ils portent des jugemens , 1} agiflent felon: que l'humeur ou qu! Kintérèckes conduit. Ils s'artribuent dela Parifcation de la V erge. 135. tes droits les plus mal-fondez:ils s’enrichiffent des dépoiiilles d'autrui ; ils n'ont nulle confideration , nul égard. Comme fi le pouvoir qu'il a plü à Dieu de leur conferer, n’étoit que pour eux-mêmes & qu'ils n’en duffent répondre qu'à eux-mêmes. Ce _p'eft pas tout : mais pourfuivons. À déouifer nos vüés artificieufes & nos tromperies David demandoit à Dieu le don d'intelligence, Da mihi Pfrrs intelletlum ; & pourquoi? afin, difoitil, Seigneur que je puiffe bien méditer Votre foi & vos divins commande- _mensafñin que jen découvre toute letenduë, toute lobligarion , toute la erfeion , & qu'après les avoir im A > J ? æ _ primé fortement dans mon cœur , je _ lesobferve avec plus de fidelité & je _ ne m’éloigne jamais de mes devoirs : Et fcritabor lecem tuam, © cuffodiam rp;3. illam in toto corde meo: Salomon de- _mandoit le don de fägefle, Da wihi fedium tuarum afliftricem fapientiam : & pourquoi ? afin que cette raifon fine, droite éclairée, reprenoit ce- Safe Ce 9e. Prince, me dirige toujours, 0 mon: Dieu , {lon votre bon plaifir ; afin. x40 Sermon pour la Fêre Que par fon fecours & à la Aveur de | fes lumieres je fcache difcerner en. Chaque chofe ce qui eft bon & ce | _ quinePeftpas, & que je m'attache | mViolablement à vos fintes volon- | Fitez, Qt mecum fit S mecum laborers | ut fcram quid accepturn fit apud te. Voilà , dans les intentions de Dieu, . où doivent tendre toutes les connoif. : fances d’un efprit clair-voyant & pé- ‘ _Pétant ; mais par une corruption = 2bominable , cet cfpric fin, délié 2 fubtil | meft-ce pas dans le com. merce des hommes le premier mo- « bile & comme le reflort des cabales, des intrigues , des partis, des Politiques fecrettes, des plus noires trahifons , des plus infignes fourbetes, des plusodieufeschicanes, des … ufures cachées , des fimonies pal. . liées, des hypocrifies couvertes du … voile de Religion , des menfonges. afirmez avec plus d’affürance que la plus conftante vérité, des vengean- … ces recherchées, préparées ; executécs fous le mafque de l'amitié la plus affetueufe & la plus fincere s. | | | | en Un mot de toutes fes impoñtures de la Purification de la P jerge. 14 & de rousles mauvais rours> H£ ; Seisneur , eft-ce donc-pour cela que . vous avez fait luire fur l’homme ce rayon de votre fageffe éternelle , qui le relève au-deflus de tous les eftres vifibles & mortels: S ignatum ef [u- Per nos lumen vuliñs tui, Eft ce pour cela que vous Pavez marque du {ceau dela Divinité , en lui donnanrune ame fpirituelle & raifonnable ? Sontce là les operations de certe ‘ame ; _ fontce fes productions , & ne de Voit elle point autrement exercer la plüs noble de fes facultez > À empoifonner les cœurs ; à Cor-. rompre leur innocence & à les fe duire. J'en appelle à Vous-mêmes , | beautez périflibles, & je n’en veux pour témoins Que vous-mêmes. En- È Me, mais par où > voici le fcandale | de tous des fiecles, & plût au Ciel que dans le nôtre il fät moins con-. mi, & qu'il y cût là-deflus moins de reproches à vous faire ! Vous LE des tles dons de Dieu, vous pouvez . Comptér cetté grace qui brille aux | Jeux & qui prévient en votre fa- _ Mur. Don précieux dans votre efti- Pf. 4. pe emmener fax Sermon pour La Fète æimez ce don de la nature & de {or Auteur : mais vous leftimez paf cela même qui vous rend plus per-. nicieux ; mais vous leftimez par Celà même qui fait votre crime ; mais. vous Peftimez par cela même qui vous perd, & qui perd avec vous tant dames fi cheres à Jefus-Chrilt & racherées de fon fang. Expliquons: - pous : Vous leftimez , dis-je , cette, fleur, cette grace pañlagere , & vous, apportez des foins extrèmes à la culs river, parce que fuivant les ‘faufles. idées du monde c’eft dans le fexe un, mérite fuperieur & l'avantage le plus apparent ; parce que c’eft une diftin=. tion qui par-tout Vous fait remar-, quer, & qui par-là même flatte votre! orgüeil & contente votre vanité 3. parce que c'eft l'attrait le plus puiffant pour afflembler aupres de vous une foule d'adulareurs , pour les hu milier à vos pieds & les tenir fous, mis à votre empire; parce que c’eft: une efpece de titre pour vous ériger . enidoles , en divinitez , & quelque fois jufqu'à Îa face des Autels &, dans le Sanétuaire du Dieu vivant. È | | È À dela Purification de la Vierge. + 13 comme fi vous prétendiez infulter à cette Beautc immortelle &invifble, & lui dérober Fencens qui Jui eft offert ; parce que c’eft de fujet qui aldume, qui entretient les plus vives pafions pour vous, les pañions les plus ardentes & les plus infenfées | aux dépens de Punique objet à qui tout notre amour eft dû & qui eft PEftre fouverain. Dites-le moi, & avoüez-le de bonne foi, puifque vous vous ne pouvez le diflimuler à vous- - Mèmes : aVez-Vous d’autres vüës dans “ces airs affectez &c engageans, dans ces habillemens mondains , dans ce Vain attirail d'ajuftemens & de parures, que Vous difpofez avec tant d'artifice & qui emportent tonte votre attention >? Achevorñis. = À répandre l'erreur, à autorifer _Fimpieré , à décrediter la Religion, _ Ce -n’eft pas d'aujourd'hui que l’E- _glife l'éprouve, & qu'elle en fouf. fre. Les playes qui lui ont fait tant d'Hereliarques , ont faigné longz. Es tems , & plufieurs fignent encore : & ne font pas en difpoftion de £e _Hrmer, ÇC'étoient des hommes ha. dnt toujours raifonner ; & à force 144 Sermon pour la Fête: biles du refte & verfez dans les plus, hautes fciences. Quels fervices ne pouvoient-ils pas rendre à ha Reli gion , & quelle gloire n’étoient-ils pas capables de procurer à Dieu ? Ils en avoient tous les moyens, puifque lPEfprit de Dieu dans la diftribution de fes dons, les avoit partagez fi avantageufement. Mais leur fcience les a enflez ; leur préfomption les à aveuglez & opiniatrez. Ils fe font abandonnez à leur fens réprouvé ; 8: de ce qu'ils avoient acquis au midieu de l'Éolife de J efus-Chrift pour à défenfe & pour fon foutien, ils en ont, fije puis ainft parler, fa- --briqué les armes dont ils Pont combartuë, & dont ils lui ont déchiré le fein. Dans ce mêmerang , mettons uñe infiniré d’'impies & de libertins, gens qui peut-être ne man: quent point d'un certain génie avec Tequel Dieu Les’ a fait naître; mais à . ‘ Ë ? PALM DE ; qui fiers de leur oroüeilleufe philofophie, ‘& adorareurs de fes prétendués découvertes , refufent de la fou: mettre À Ja fimplicité de la foi : voude TERRE Tee TNT RE En LL à 3 Lund cu tu dé CMS Sn nen rene ARRETE NP E RERONST PE CAPE PT PES TPE > 7 nettes e à y de la Purification dela Verre. Y4$ de taïfonnemens ne conclüant jamais felon la droite raifon : voulant tout Voir , tout approfondir , & à force de chercher la verité , ne la trouvant jamais , & fe réduifant au point de n'être jamais en état de Tappercevoir ; Semper difcentes | O2. Timor. aimquaus ad fcicntiam veritatis per" ÿ _Qenientes : de-là comme des aveugles , fe précipitant d’abîmes en abimes, rejettant avec mépris nos plus auguites Myftcres , traitant de fu- _ pertion & de foibleffle nos plus pieufes obfervances ; s’attaquant même à Dieu , par qui néanmoins & pour qui feul ils exiftent, lui contéftant fes plus eflentiels attributs ; & lui difputant jufqu'a fon Eftre. Que ne me refteroit-il point à dire d'un million d'autres , & fur tanc d’autres fujets C'eft donc une plainte bien fon: dée que je vous adrefle , Chrétiens ; de la part de Dieu, quand je vous dis en finiflant ce difcours, ce qu'il * difoit à fon peuple par la bouche du . Prophete Ifñïe : Filios enutrivi € Fr ENAltAVE , ip autem fhreverunt me. Tome. Er _Ificas. 146 Sermon pour la Fete Te les ai formez comme des enfans: Dès le fein de leur mere , ma providence les a prévenus ; & dans le cours de leurs années elle les a toujours fuivis pour veiller fur eux & pour fournir à tous leurs befoins : Enutrivi. Mes foins ne fe font pas feulement bornez à leur conferver une vie qui dépendoit de moi, & que fans moi mille perils, mille ac: cidens imprevûs pouvoient leur. ravir; mais je les ai élevez, je Les ai pourvûs de biens & de quali. tez avantageufes, propres à les mettre en honneur & à les agorandir: | Exaltavi. Quel emploi ont-ils fait de tout cela 2 il femble que ce foient des armes que je leur aye mis dans les mains pour s'attaquer à moi, & pour nrinfulter & m'outrager : Ipfe. autem fpreverunt me. 11 femble méme qu'ils voudroient me faire fervir en quelque forte à leurs iniquitez ; & que j'en devinfle le complice: Ainfi le Scigneur s’expliquoit-il, & voilà ce que je vous redis en fon. nom; çomprenez-le., Chrétiens Au: Servire me feciffi ir peccatis tuis. dela Purification de la Vierge: 235 ditcurs , & craignez-en les fuites ter: ribles. Car de-là il doit arriver deux chofes : ou que Dieu retire de vous {es dons & qu'il vous en dépoiiille : ou qu'il les fafle retomber fur vous pour votre condamnation. Qu'il re- « tire de Vous fes dons : Hé, n’eftce pas ce qu'il a fait à l'égard de mille autres , & ce qu'il Air encore tous Îes jours ? Comme rien n'engage plus Dieu à répandre fur nous de nouvelles graces, que la econ= noïffance & le bon ufage des graces reçüës ; rien auñi par un principe tout contraire & par un retour bien naturel , ne l’endurcir plus pour nous , & n’eft plus capable d'arrêter le cours de fes liberalitez, que nos ingratitudes & nos abus. Nous Yoyons des chutes qui nous éronnent, des changemens de fortune qui nous frappent , des accidens perfonnels & inopinez qui nous faiient de frayeur; & ne font-ce pas de ces coups du bras de Dieu, qui par un jufte jugement, réduit dans la mifere ceux qu’il avoit enrichis . couvre de confufion ceux qu'ilavoit ZSE Sermon pour le jour à de refroidir dans les cœurs le zele dé. . … : penitence, & de fournit à la mol, fefle du fiecle: des prétexres pour fe difpenfer de toute firisAction volon: taire & de toute pratique qui puilfé en quelque forte affliger les: fens, Or _iefl-ce pas-R néanmoins que’fe ré: dutroit cetre mifericorde dont hé tetique préfume., & n'eft-ce pas ainf qu’elle deviendroit pour le Jufte mé: me un féandale > FFE Enteflet , dès que je ferai perfüæ dé qu'il me fuit précifément de né. point mourir dans la: haine de Dieu. & que du refte il n’y aura plus rien. à craindre pour moi ; dès que je croi Tai quele fang de Jefus-Chrife alon -& fes mérites m'étant: appliquez pat une pure liberalité 8: par une com munICation toute gratuite, je me tro) \ verai pleinement. déchargé devant. Dieu &-en difpofition de: recevoi la couronne du filut ; dés. que & aurai que par Pefficace dé la re demption-d’an Dieu, de quelque maniere que j'aye palfé mes jours, foie dans un renoncement parfait à mot même. & à toutes. mes ailes, fit de la Commemorat, des Morts. x 5; dans une recherche continuelle des plaifirs & des douceurs de la vie ; tien n'arrétera mon ame fortant.de ce monde , ni ne retardera fon bon heur; en un mot , dès que je ferai prévenu de la penfée que ce Pur- * gatoire dont on me menace na rien deréel & n’eft qu'un phantôme comment raifonnerai-je & que conclurai- je ? Je dirai A-deffus par _ proportion & dans un fens aflez naturel, ce que le Roi Prophere di. foit lui-même {ur un fujet en quelque forte femblable : Ecce ipfi. pec- : , SATESAE catores © abundartes in [eculo. obti- 7 stunt divitias. Hé quoi, des gens qui ont vécu dans un libertinige habituel les trente. les quarante années ; des pecheurs invérerez qui ont blanchi dans Piniquité ; des mondains fenfuels & voluptueux qui jamais par nul exercice ne prirent foin de réparer tant d’excès & jamais ne: fe firent la moindre violence, en font quittes à la mort pour quelques mou- Yemens d’un cœur. contrit & quelques féntimens d’une douleur fte- _ aile & tardive? Avec cela, dégagez Î ŒS8 Sermonpour le jour | des liens du corps, ils s’élevent fins intervalle jufques dans le fin deDieu, & entrent comme d’un premier vol! wa Sans la joye du Seioneur. Erçgù fr. fra juflificavi cor meum | © lai rér innocentes manus mens , © fui fl: | gellains tor4 die. Qu'ai-je doncaf. faite de prendre tant de meftres & de nvaflujertir à tant d'œuvres pe nibles & laborieufes , dans la vi _ de fan@tifier mon ame & de la pur: ger de toutes les foüillures qu’elle contracte chaque jour ou. qu’elle peut contracter par la contagion du ptché ? Qu’eft-il befoin de me tit inquiéter , de me fariouer , de mt tourmenter ? Pourquoi me parler À | fouvent de me haïr moi-même #de| - réprimer la chair & fes appetirs , de da châtier}, de la macerer, dela ot. cifier > Que ne me donne-t-on dé, leçons moins rigoureufes , & que nf me prèche-t-on une morale plis} commode ? Voilà ce que je dirai, | & de-l le découragement , de-h ke} décoût & un abandonnement totil| des pratiques de peñitence ; de -h| une attention perperuelle à ècaita| | | | à | | à : | dela Commemorat. des Morts. à s9 tout ce qui répugne à la nature , & _À me procurer tout ce qui Jui plaît & qui la flatte 3 delà, vie aïfée, autant qu'elle peut lêtre dans ma fituation prefente & felon mes facultez , vie oïfive , paiñble fans gène & fans contrainte : car que {roit-il néceffaire d'acheter fi cherement le Ciel, lorfqu'on peut Pavoir _ à beaucoup moins de frais? Erçè frufire jufificaui cor meum ; © lawi doter larocentes manus meas, © fui Jlagellatus tota die. Aufk , mes Freres, vous Île fcavez _& nousen ghife; audi ne dis-je rien que les pré - tendus Réformateurs de ces derniers fiecles n’ayent dit avant mos&bien autrement que moi. En établiflane gémiflons avec route E- le dogme , ou , pour. micux nexprimer , cn limaginant & en le fuppofant,, ils m'ont fait nulle dificulté de foufcrire à toutes les confequences , & d’en convenir. Ne voulant point d’autres fatisfactions que celles du divin Médiateur & de fa Croix, & par-[à même rejettant des articles de notre foi celui du 260 Sermôn pour lejour. | Purgatoire ,. que font-ils venus énà. fcigner au Peuple de Dieu ? Quelles h reoles de conduite nous ont-ils traà cées ? Quelles coutumes ont-ils abok Kes & corrigées 7 Quels abus onvils b retranchez ? Plus d’abftinences , plus} de jeunes , plus de confeflion des | pechez , plus de célibat , plus dk vœux, plus d'Ordres Religieux & A pénitens. Tel eft PEvangile qu'ont apporté ces nouveaux prédicateurs ; b telaëété le fonds & la matiere dé | * Jeurs infra@ions. À les en croire}. ces faints habitans des déferts, ces. Anachoretes morts au monde, moïts k à eux-mêmes & à tous leurs fensi} Pentendoient mal &fe trompoient | Des millions d'hommes , de Vicroes | chretiennes , qui fe font enfevelis} dans les Cloîtres , & y ont faival leurs Gorps fa guerre la plus ctuelle pour les offrir à Dieu & à fa juftice J comme des hoffies vivantes, auroient | _pà fe ménager davantage & fe cor: | fumoient aflez inutilement. Tous les } Peres , tous ces. Docteurs que PAn-. tiquité a réverez & quikd’âge en âge, depuisla naiffance du Chuiftianifme, | PRE dela Commemorat. des Morts: 26% nous ont fi fortement recommandé, fuivant {a penfée.du grand Apotre, de nous juger nous-mêmes, de nous punir nous-mêmes, de ne nous point épargner nous-mêmes en ce monde afin que Dicu-nous épargne en lau- _ tte erroient danse principe & nous ‘ont vainement exhortez à prévenir des maux imaginaires, ES -Chofe étrange mes chers Auditeurs: J'en fais le remarque en pafant , & faires-la , s’il vous plaît, avec moi : ces mêmes Docteurs & ces mêmes Peres ,ces maîtres fi celebresi&c par _ Jeur fainteté & par leur fcavoir , - Pherefe fur tout autre fujet les écoute, ou affecte de les écouterselle s'appuye , autant qu'il lui eft poflible | de leur autorité ; elle en recueille jufqu'aux moindres paroles & les fait _ Valox; c’eft un triomphe pour elle _ quandelle croit les pouvoir tourner en fa faveur : mais ici que l'évidence du fait la convainc , & qu’elle ef forcée d’avoüer que d’un confentement unanime ils {e font déclarez! . contre elle , cout-à-coup elle change _ délangage, Ces témoins qu’elle pro= 262 Sermon pourle jour : duit pat tout ailleurs comme des sa: rants irreprochables , & dont elle s’etudie à tirer tout l'avantage quel : epeut, elle les récufe , elle appek le de leur témoignage, elle les te] nonce : que dis-je ? elle va plus loin; ‘& fans refpe® de la parole de Dieu, plütôt que de ceder &defe rendre ,elle entreprend de rayer des lis, vies facrez tout ce qui ne s’accom: mode pas à fon fens & qui la con: damne. Tant il eft naturel au men-! fonge de fe contredire, & à liniqui té de fe démentir elle-même : en voi | à Pefprit & le véritable caraéterc:, Pfol26. Mentita ef iniquitas [ibi. : Quoiqu'il en foit, nous tenons, mes Freres , une route toute contrat, re, & nous fuivons un fentiment, | touroppofé ! Plaife feulement au Cie ! que nousagifhons ainfi que nous pen | La & que nous Croyons. Car les peines dont nous avons à nous pré-| ferver , ne font que trop réelles. La : tradition la plus autentique & hi plus ancienne en arrête la verite , | &c ne nous laiffe D-deflus aucun dot: te raifonnable. Appliquezvous à! Mt LE hé de la Commemorat. des Morts. 263 ‘xemonter aw remps même de la loi Judaïque, nous Voyons qu'on y prioit pour les morts , & qu’on y regardoit cette "priere pour les morts <omme un devoir de Îcharité & un acte de Religion, Nul n’ignore comment après un fanglant combat , Où dela part des Juits plufieurs perdisent la vie , ce pieux &t fage capiane Judas Machabée | ordonna .-u'onenverroit à Jerufilem une fomme d'argent | & qu'on y offriroit -pour eux des facrifices. La chofe ; telle que nous la lifons dans les di. “vines Ecritures , eft fi averée h “marquée, exprimée en des termes f formels , accom agnée de réflexions À précifes & fi décifives , qu'en vain toute la fübrilité des incredules S'eft épuifte à les expliquer , à les interpreter , à les éluder. Dans le défipoir d'y réüffir, après bien des | Cforts & bien des détours , ils n’ont Pas crû pouvoir. mieux {e dégager -de l'embarras où les réduifoient des … paroles fi énergiques & fi exprefles ; ‘qu'en les rejertant & les faints livres d'où nous les tirons , quelque cano- ? niques qu'ils foient & qu'ils ayent été reconnus jufqu’à prefent. Foible 6Z Sermon pour lejour reffource pour foutenir üne cauf qui tombe d'elle-même , & pitoya ble défaire pour défendre opinitre. ment une €fteur par une autre ‘. Yeur. Le É ra Ce n’eft pas allez : mais de-[à dé -cendant à la loi nouvelle , noi ‘voyons que de fiecle en fiecle un dés ufages le plus établi parmi Les #del les , lé plus recommandé, le plus unis _verllement pratiqué, ç’a été la piles x pour les Morts. Qui m'en fervi.. ra de témoins; ou detant de témoins. que je pourrois produire, qui nor merai-je & à qui m'arrécerai - jen Parlerai-je-des Conciles , foit génè raux, foit particuliers © Cireraij ‘les Liturgies , celle de Saint J acqués, celle de faint Bafile , celle de fai 'Ambroife ? Vous ferai-je entendi les Peres grecs & latins , les T'ertil: liens, les Cypriens,, les Cyrilles, Les “Athanales, les Jerômes, les Augis flins, tous les autres ? Ce feroit mel gager dans un long détail, & erdt Éc temps à vérifier ce qui ne fut je mais … delaCommemorat, des Mons, 265. ‘mais En conteflation & qui n’y peut . étre. Mais aVançons : s'il eft vrai | don à toujouts prié pour les Morts, il eft donc vrai Won 2 toujours cr: que nos prieres Peuvent être utiles aux Morts , & que plufieurs ont be fin de ce fecours. Si] eft vrai que _ Le Morts peuvent profiter. de nos | pricres & que Ceft un fecours dont plufieurs ont un befoin prefent & | aduel ce ne Peut être que pour recevoir quelque foulagement , & il € donc vrai qu'il y en à qui font |aétuellemenc dans un état de fouf. | france, S'il ef? vrai que nous pouvons les foulager dans cet état | & contibuer même abfolument À les dé- PME donc vra: qu'ilsne doi- | Vént point comme les reprouvez , ufr éternellement ; Mais que leurs | peines palfenc & qu'elles n’ont qu'un EPS, Enfin, sil eft Vraiqu ils fou£. | Ment par l’ordre du ciel & par un Ordre de juftice, il eft donc Vrai qué Dieu fans les regarder comme fes ennemis, es tégarde néanmoins encore Comme fes débiteurs ; & pour en ye- Hirà nous-mêmes ,ileft Cgalement Toner, # nous prenons ces fentimens ; mais mirer la providence toute mifericor 272 Sermonpourle jou: ES gneur, & je ferai le premier à punis toutes mes révoltes, Tant d'outrages que je Vous ai faits , ont dû vous être d'autant plus fnfbles , qui pattoient d’une connoiffance plus : éclairée & qu'ils etoient plus vo lontaires ; & la Vengeance que jen Veux tirer fur moi-même & en vo. tte nom , vous fera d'autant plus, - glorieufe , que le cœur y aura plus de pat & qu’elle fera moins for 7 .€ée... Heureux , Chrétiens Auditeurs 2 fans cela nous nous privons d'une | des plus folides & des plus douces confolations de la vie : la voici. ee ? €R quoi nous ne pouvons aflez 1d-. + dieufe de notre Dicu , c’eft d'avoir tellement difbofé là vie de l'homme & les divers evenemens qui k par fagent , que chaque jour. pars afflitions & les mifères dontelle et ! remplie , elle nous fournit de nou=. | Veaux moyens de fatisfaire à la ju | ftice du Ciel. Moyens les plus ef: | Gaces & Les plus frequents ; mais dy ; 5 - à EN de la Commemorat. des Morts, 35% refte moyens péniblés & douloureux, Or pour en adoucir toute lamertu- | me, point de penfée plus propre ni plus conforme à notre foibleffe que le fouvenir du Purgatoire, pourquoi parce que certe penfée nous fait connoitre Putilité de nos fouflrances…. Enefer , foufrir & ne voir dans fes. Fouffrances nul avantage ; fouffrir, &c n’efperer de fes fonfrances aucun: fouit ; fouffrir , & ne {avoir où doit: aboutir cout ce qu’on endure & quel. enfera le prix, c'eft fouffrir en ef clave & en malheureux ; €eft ouf. frir , pour fouffir;ce font de purs. Taux , de pures peines , & il n'eft.… point alors. furprenant que le cœur fe fouleve, qu'il s'aiorifle, qu'il sir tite , qu'on S’abandonne à ces mur: tures , à ces mélancolies, à ces dé. : Aolations , à ces défefpoirs & même . à ces fureurs des mondains, quin'en - vifagent fes chofes que par rapport au monde, &c qui ne trouvent dans. le monde que calamitez &. adverfi. tez. : N Mais parune regle toute oppofée :. | ufr dans h vive perfuafion qwon. Fra s 7 PT SOA nr Et TETE CT Cid aga Sermon pour le jour ne fouffre point envain ; foufir & fe tenir affüré , que tout ce qu'on. fouffre bien pris de la part de Dieu. & offert à Dieu, doit être marqué du doigt de Dieu, doit être accepté ,compré , agréé de Dieu ; fouffrir, & en fouffrant pouvoir fe répondre fur la parole de Dieu même & fur, celle de fon Eclife, que plus on fouffre , plus on s'acquite & on fe le bere : voilà ce qui foutient , ce qui. añime, ce qui confole, Dans cette confiance , on ne penle point à fe plaindre. On n’envie point la condition de ces prétendus heureux dis fiecle | qui fans ceffe accumulent dettes fur detres, & dontles faufles: joyes ne fervent qu’à les rendre plus. infolvables. On fe fait de fes fouffrances mêmes un bonheur , & on regarde les jours où lon a eu plus de: traverfes, plus de chagrins, plus de d'accidens fâcheux & de malheurs felon le monde à fupporter, comme des jours de grace. On n’examine Joint par d'afiligeantes comparais {ons pourquoi Dicu nous frappepligot que celui-ci & que celui-là; où | ] ( f | À dela Conmenorat. des Morts, 236. f For y fait quelque attention, cit en cela même qu'on reconnoît une Ë prédilection particuliere du Seigneur, qui veut nous laver dans fes eaux À de la tribulation , afin que TOUS pa | roillions devant lui fans tache JL quil puifle fans retardement nous | admettre au faint heritage de fs _ Elüs, On dit à Dieu: Soyez beni ; | Seigneur ; vous bleflez , mais pour mieux guérir; vous renverfez, mais pour mieux relever ; vous exercez: ma patience , mais pour attendre moinsa À couronner. Je fens, mon: Dieu , ce que je vous dois, & je n'ignore pas à quelles aufteritez un: folide intérêt nrengageroir , ff javois plus de réfolution & plus de courage. Je le fçais ; mais ds qu'it s’agit de la pratique, helas ! Seioneur,… ma foibleffe ef extrême, & je nc | Pécoure que trop. Vous prenez foin- | vous-même d'y pourvoir ; & fans. | égard aux répugnances de mon CœŒE | &à ma délicatefle, vous permetez . cette affaire m'arrive, que cette ifgrace n'humilie, que cétre perte _ Médépoüille que cerre infrmmitéme. SECONDE PARTIE, 276. Sermon pourle jour : = fafle fanguir , que cette douleur mé. tourmente, que bien d’autres chagrins viennent m'aflaillir de toutes. parts & que tour à tour ils {e-fuc-. Cedent. Qu'il en foit comme vous le voulez, 6 mon Dieu , puifque, vous ne voulez que ce qui n'eft bon & utile. Senrimens dignes d’une ame. chrétienne , & fluraires effets de. la foi du Purgatoire & des peines que: lesames ÿ endurent, La vérité de ces _ peines , c’eft le premier motif qui nous engage à racheter nos pechez par les œuvres ftisfétoires de cette. vie : mais un autre motif encore plus puifflant , c’eft l’exceflive ricueur de ces mêmes peines & leur feverité ainfi que vous l’allez voir dans la &- coude partie, SAINT Paul Pa dit | il eft vrais que c’eft une chofe terrible de tome. -- ber danses mains. dn Dieu voue. Eab,1o, F0" rendum eff incidere in manus Dei $ viventis. AuÎh le plus affligé des hommes, Job , voulant exciter la compafion de fes amis & leur donner à 4 entendre Pexcès de fs maux, les de la Commemorat. des Morts, 27% comprend tous dans cette feule parole : c’eft la main même du Seigneur qui na frappé : Quiz manus Domifers mi tetigit me. Et le Prophete mena- “çant les Juifs de la colere divine & R des vengcances du Ciel, ne leur en | fait point de peinture plus efrayante que celle-ci: le bras du Seigneur _ eft encore levé & prêt à décharger fes coups; Er adhnc manus qjus ex-tfèe tenta. Ox c’efta ce bras redoutable du Tout-puiffant que les ames du Purgatoire fe trouvent livrées; & quoi qu'il y ait une difference effentielle entre l’état de ces ames predeftinées & létat des ames reprouvées de Dieu , en peut néanmoins dans un fens & par proportion raifonner également de lun & de lautre. Carcomme dans Penfer les Théolopiens dif. tinguent uno double péine; lune, felon leurs expreflions, peine du dem, & autre, peine du fens : c’eft encore par comparaifon & fuivant les mêmes Docteurs, ce qui fe rencontre dans le Purgatoire ; & c’eft ainft que lésames, quoique cheres à Dieu ; y font doublement affligées & pue 278 Sermon pour lejour ra Form. nies : Duplici coatritione contere eos. Parce que Pame fe laiffant entraîner au peche parle penchant de là na ture , à volontairement & librement . quitté Dieu , c’eft pour cela que. Dieu Pexile de fa prefence , & quil fe cache à fes yeux. Et parce que éette ame en quittant Dieu, s'eftat.. tachée , contre la volonté de Dieu! à des objers fenfibles , & qu’elle ya - herché une fitisfation criminelle: c’eft auf pour cela que Dieu fair fer _Vir Contre elle ces mêmes eftres {en- : - fibles & Créez , & qu'il he us feu très-aif gr trèspiquant. La vois À donc privée de Dieu qui fe dés tobe à A vûé & qui lui ferme l'en trée de fon Royaume. La voilà bribe par le feu qui Péprouve & qui exerce fur elle toute fon activité & toute fa violence. Expofons l’un & : Pautre, & jugcons de l’un & de Pau tre quel doit être l'excès de fa dour. eur, & quelle ef ia rigueur des pee nes où fa juftice divine la condame | nCe. Duplici contritions contere cn À - Je dis d’abord privée: de Dieu qui fe dérobe à A ve, & qui lui ferme % «* de la Commemorat, des Monts. 575 fentrée de fon Royaume. Saint Au= guftin parloit de l'amour de Dieu & des merveilleux effets que ce divin: amour opere dans une ame; mais en quelques termes quil sexpli quât, f defiant de la force de fes expreflions fur un fujet qui fe connoïtmieux par Le fentiment du cœur, que par toute Péloquence des parofs, ilen appelloir à l'expérience & concluoit : Donnez-moi un homme: qui aime Dieu, & il comprend: où plürôr il fenr tout ce que je veux lui marquer. Da amanten, © [nup it quad dico. Ce n°eft pas affez : mais pourfuivoit ce fainr Docteur, donnez-moi un homme tellement épris du defir de voir Dieu, de s'unir à Dieu , de poffeder Dieu , que ce foit dans lui comme une faim quile dé-. vore, ou comme une foif ardente qui lebrüle , & cet homme alow m'entendra, Da defiderantem ; da 1dem= “efarieatem, da in ifla filitudine pe- = regrinantem aiqu? Jientem , © fer. quid dicam. Âu contraire , repré- -poit encore le même Pere , fi cet “à un cœur froid. que s'adrefle mom 280 Sermm pour Le jour . difcouts ; fi c’éft à l’une dé ces ames - indolentes, indifierentes , infenfibles Pour Dicu, j'aurai beau prendre Les” tours les plus pathetiques 8 lui tra. Cer les images les plus touchantes , elle n’en {ra pas plus émüë, païce. que je lui tiendrai un lanoa ge trans 8 poutelle, & qu’elle n'y pourra . tien Concevoir : Si sure frigido le. Fm. uor | necit quid dicam. de Trifte conjoncture , Chrétiens Au: diteurs , où je me trouve aujourd’hui! Ce Que. difoit finr Auguftin n’étoit qu'une uppoftion: mais ce Qui n’étoir dans tout le difcours du faint Do&teur qu'une fuppofirion, ef une Vérité pour moi & une veriré trop | téelle. Je: ne dois donc point dire fulement comme lui, fi je parle à Un Cœur froid & infenfible Si ffie £140 loguor : mais je dis abfolument & dans lamertume de mon ame Parce que je parle à des CŒUrS mon dains , à des CŒUTS tout occupez des biens terreftres & materiels | n'ayant Peut-être pas la plus lévere idée de ce fouverain bien ; Versle quel 1fs devroiene toutefois afpier - {eur faire comprendre ce que je vou- : chez. . ties de Dieu , mais bannies de fà prefence ; ames hericieres d’un Royau- — FEnoux elle, TON GE TRAIT RO RTE RES fr MT f | de la Commemorat. des Monts. 287 fans ceffe & porrercous leurs defirs, à des cœurs qui ne vous ont jamais bien connu, Seigneur, qui ne fe font jamais appliquez À vousconnoître , & par conféquent que rien némeut, dès qu'il ne s'agir que de vous & du bonheur fuprème qu'on ne peut goûter qu'en vous: voilà pourquoi je ne puis guéres me promettre de drois néanmoins imprimer danstous les efprits avec des caracteres ineffacables. Ils m’écouteront, & ils n’en feront ni mieux inftruits niplus tou- Que nevenez-vous , Ames predef-. tinées , mais foufrantes , ames chéme éternel , mais retenués , loin de votre heritage , dans un rigoureux exil: que ne venez-vous, où que ne pouvez-vous venir Vous-mêmes & vous montrer |: Quene venez-Vous peindre à nos yeux ces regrets amets, | Ces ennuis affligeans & défolans, où vous languiflez dans l'attente de x-que ne Faites 288 Sermon pour le jo Se a ? = \ 3 Sn e operations , c’eft-là que l'efprit agiffant par lui-mème & dégagé des or: ganes qui bornoient fes vüës, à dé. Couvert d'un regard mille fois plus | pur .& plus pénétrant , ce qui ne fe moncroit à lui que fous de grofficres images & qu'au travers d'un nüage fombre, C’eft-R que dune connotffance nette & diftinæe elles Ont vû leur dignité, {eur nobicfle, leur deftinée dans fécernité , leur” immortalité , toute la grandeur & toute létendué de leurs prétentions; = & c’eft-là mème que ces biens ptsiflables dont les apparences les ébloüifloient & les fattoient, ont | perdu dans leur eftime tout ce qu'ils -fembloient avoir d'agrément , de gout, d'éclat : vaines figures & {on- -ges trompeurs, dont à peine illeur. ‘eft refté quelques traces dans le fou-. venir. Ceft-la qu'au défaut de ces. biens qu’elles n’ont pû emporter & quine leur font plus rien, s’eft pré- Âenté à elles, non parune claire vi fon qu'illeur ait donné de fon ence , mais par le fentiment de fon excellence qu’il leur a imprimée, ce : premier SE de la Commemorat. des Morts. 289 Premier bien , ce bien infini qui leur | cfbrout, & qui éternellement doit - l {eurctenir lieu de tout. Elles l’ont EE toujours cherché, ce bien fuperieur à tous les biens , ou, Pour mieux dire , Paffemblage de tous les biens, comme il en eft la fource. Elles fe font toujours portées vers lui , fans même fcavoir que c’étoic à lui qu’elles afpiroicnt , parce que dans tous leurs mouvemens , même les plus naturels & les plus humains, elles fe font toujours portées vers leur 1epos , & qu'il n’y à de repos qu'en Jui. Heureufes de l'avoir enfin trouvé. C'eftleur Dieu , l'auteur de leur eftre, & toute leur félicité. Auf de quels tranfports ont-elles été faih fiés & de quels faints raviffemens, | dès qu’elles ont entendu la voix de Î | l'Epoux celeite qui les reconnoifoie 1 . pour fes époufes. Elles en ont reçu _ Ce témoignage fi avantageux & fi lo. l tieux : Bon ferviteur, vous m'avez été fidel en peu de chofes 7 CGLe _Yous en réferve de grandes. ÆEuge férve bone, quiain panca fuifli fide- a 5 lis, fapra multa 1e con itham. Mais Loue v, 598 Sermon pour lejour : prenez garde , helas! Chrétiens : 11 ne leur a pointencore dit, je vous donne dès maintenant de grandes chofes , mais je vous les referve: Swpra multate conffituam. 1 ne leura point encore dit, entrez dès à pré. fent dans la joye de votre Seipneure Intra in gaudium Dorini tn, mais vous y entrerez. Orune telle efpes tance diflerce , voilà juftement ce qui - fait leur peine la plus amere, voilà cœ qui les accable, #e Quelle eft donc , malgré tout ce que Favenir leur promet , la feu tionactuelle & prefente où elles f | trouvent? Ceft par une efpece dé | comparaifon, celle même où Abf- Jon f trouvoit, lorfque rappelle à Jerufalem & remis fen grace auprés de David fon pere &c fon Roi, 15 mavoit pû neéanmois depuis deux | années entieres parvenir à Le voi : Cette loi de ne point paroïte à k. Cour, & de point approcher di Trône; de paller fes jours loin du Prince , faciem meam non videat , lu devint enfin fi douloureufe & fi peu | foutenable, qw'iln’hefita pas à choily “de la Commemérat. dés Morts: So plütôe la mort , & qu’elle lui fembla moins dure. Ou que je parle, dir-il, à -mon pere ; que l'entrée me foit ouverte, & que je puifle librement me _ préfenter au Roi : ou s’il luirefteencore quelque fouvenir de la faute dont je me reconnois coupable , & s'il a refolu de me cacher plus long temsfon vifage , qu'il acheve donc & quil me condamne à perdre la vie. Car de vivre dans l’état où je Le sr ere vis, ce n'eft pas vivre. Offécro ut ride viaenm faciém Regis. Quod ff memor ef} iniquitatis mea , interficiat me, Ainfi penfoit Abfalom même , ce fils d'ailleurs dénaturé & tant de fois rebelle. Tel étoit le fentiment de fon cœur; & delà, mon Dieu, nous jugcons, autant qu'il eft poflible à _ fafoibleffe de nos lumieres , ce que: _ doit penfer & en quelle confterna= dou tomber une ame, qui dans le moment qu’elle commence à vous connoître & que tout fon amour redouble pour vous, entend de votre bouche certe défolante parole : Vous _ñn€ me verrez point encore : face. ain no videar, Ce n’eft point ; Seï: | NY 295 Semen pour le j jour gneur , une de ces Vierges à qui da Evangile, lorfqu' elles dema dent àentrer.il eft répondu de la put de lPEpoux, Je ne vous connois. gear, Point: Amen dice vobis , nelcio vos) 25. Elle æft de votre troupeau , & Ge une de ces brebis dont vous avez dit. vous-même : Je connois celles qui. {ont à moi & elles me connoillent: gan. ce Et cognofco meas ,O cognofcunt me 17° mes. C'eft un Je ces enfans bien aimez , que le Pere celefte à choils & qu | raflemble de toutes les, pat ties du monde , pour réoner ete. nellement avec lui : Ecce ego © puit | mei. La voilà, Seigneur: en {a rt, 1 rant de ce re. qui ntoit pe lle qu’un lieu de banniflement&. _ une vallée de larmes , vous lave appellée à à vous, &celle vient fe pré fenter. Dieu de. fon falut , que ta dez-vous à la recevoir ? Elle vo cherche elle vous réclame , & po quoi de vous , Pere “ tendre à lui donner le Dader de paix & à Yembraffer 2 De-Rà atpend tout le bonheur où elle afpire : caravecvous <le doit être fouverainement h Mob, ç, 2 … dela Commembrat. des Morts. 193$ teufe, mais elle ne peut l'être fans vous. Elle le feroit déja fi vous ne. coutiez que Votre mifcricorde : mais “une loi fi rigoureufe de votre juftice Des à 7e = A > x [2 sy oppoie. Loi fuprème & fans remillion, loi indifpenfable & inviolable. Cependant que fera cette ame > Ne -craignons point que dans le vifreffentiment de fa peine elle séleve contre l’arrét qui l’a ‘condamnée, & contre linflexible juftice qui Fa - porté. Soumife & humiliée fous La “main qui Parrète, «elle ne fera poine “de vains efforts pour réfifter & fe dégager. Elle n'entreprendra point de rompre le voile qu’elle a fur les yeux, -& qui fert d'obftacle à fa béatitude. Elle ne murmurera point, elle _ ne fe plaindra point , elle ne s’em- . pre point contre le Ciel ni ne Faccufera point d’une exceflive rigueur, Ah!f elle fe plaint , ce ne fera que d'elle-même , fi elle forme - de juftes accufations , ce ne fera que Contre elle mème, lorfqu’elle fe fou- Vicndra qu'il y avoit un temps où L_ elle pouvoir à beaucoup moins de Ni Sox Sermon pourlejonr frais fatisfaire cette juftice, qui main: tenant eft inexorable. Voilà ce qu ‘elle. aura à fe reprocher , & fur quoi elle. ne s’épargnera pas. Quel que für le - nombre de mes dettes, je pouvois me décharger de ce … pefant , & ilne ro qu à moi. Malgré 1, mulrirude & même la grieveré de. mes offenfes , j'avois pour reflous | ce la penitence de la vie & fes {aintes aufteritez. Qui m’empéchoit d'ufr | decetalent qui étoit en mon po | voir, & nedevois- -je pas en prof- “puifqu il m'eût cé fi falutat re . à préfent je ferois avec mon Dieu, & ilrempliroit tous les defhs | de mon cœur. Fels font les regrets | dont elle fera penetrée & comme dé: chirée , tant que durera fon exil.Et on bien durera-t-il ? Quand finira t-il: Secret refervé à la connoiffance du Seigneur & au confcil de F2 -geffe éternelle. Mifterecaché À lame, | qui voudroit en vain le découvrir. Sans faire pour cela d’inutiles recher- -ches il ne lui refte que de foufhir & d'attendre. À = Mais dans cette attente, qui pris } k _ de la Commémorat. des Morts. 598 dire avec quels élancemens elle {& tourne fans cefle vers fa bienheureufe patrie ? Quelle autre penfée Poccupe ? Quel autre objet en peut di: ftrairè un moment {on attention ? If ne faut point lui en retracer l’ima: ge ; il ne faut point lui demander comme au Prophete : Où eft votre Dieu? Dam dicuat mihi quoridiè Qbi Far efé Deus tuus ? Elle fe le demande affez à elle-même ; & nous pouvons - ajouter qu’elle ne fe le demande même que trop pour fon repos pre+ fenc : Où eft-ilz Vbi eff ? Saints Has bitans de la celefte Sion , c'éft-là que vous le poñledez , & ceft-là que - pour vous intérefler en à faveur, elle S'adrefle mille fois 3 vous avec les paroles du divin Cantique : Aura canr. «x vos, Filia Fern'alem; Je Vousen con- ‘: jute , Filles de Jerufalem : tondis que Vous joiiflez de toutes les dou: ceurs du Dieu que j'aime & que Vous . aimez, offrez-lui mes vœux , Pie ‘fentez-lui mes foupirs , faites-lui en tendre que je languis en fon abfence : Ur nuntietis ei quia amore lançueo. (id. _Et comment ne languiroir-elle pas | | N üij 696 Sermen pourle jou 41 dans Îa diverfité & même fa CON? | trarieté de deux mouvemens tout … oppofez ? Car Dieu Pattire tout À la fois & la repoulle. Dieu l’attire come me Dieu fouverainement aimable , & il la repoufle comme Dieu fouverainement faint. Parce qu'il eft fou- Verainement aimable en lui-même | & fingulierement aimable pour cette M ame qui lui eft unie par la grace | | Pattrait le plus naturel & le plus puiflant lentraîne vers ce Dieu de | gloire qui cft fon Dieu. Et parce que _ c'eft un Dieu fouverainement fant | & que fà faintecé infinie ne peut … compatir avec la moindre tache du peche, Pimpreffion fecretre & fupes rieure d’une main invifible réfifte à cette ame, & fufpend toutes fes pour: … fuites; quelques ardentes qu'ellks | Soient, jufqu'à ce qu'une pleine ju: ” ftice & une expiation entiere aitachevéde la fanétifier. Ainfi donc ati rée tour enfemble & repouñée , quef 4es violences doit-elle éprouver dans ce combat & quel glaive de douleur doit la tranfpercer > Avant qu'elle “Hoit admife aux nôces de PAgneau JE < de la Commemorat.-des Morts. 19% Îe pain dont elle fe nourrit ne peut plus être qu'un pain de larmes. Larmes. intariflables ; larmes qui , tou< tes abondantes qu’elles font , bien. loin d’éteindre la charité qui les fait répandre , lui fervent d'entretien & -d'aliment, Jamais en fut-il de plus ameres ? Imaginons tout ce que nous en pouvons concevoir. Ufons de rou+. tes : Les figures. - Reprefentons-nous: après fa mort d'un fils, le faififlementdune mere éperduë & pamée ;; après fa perte d’un époux, les gemiflemens d’une femme éplorée & hors d'elle-même : tout cela que fe race que de foibles rayons & delégeres images d’une douleur qu'on; ne peut bien connoiître que par le fentiment adtuel. & perfonnel, Ox: qu'eft-ce d’ailleurs, 6 mon Dieu .. que d’en être inftruit de la forte &: parune telle experience ? EfE on fagede ne penfer. pas férieufement: à s’en: Fa , & de ny travailler pas ef. cacement & fans reliche?. D'autant plus que ce n’eft point encore là toute la peine de ces ames. vices pour un temps à la juftice du. S + 302 S'ermon pour le jour folument en pere, mais en juge : où pandrez., par tous les eflortsque vous orte lardeur de ce feu qui Vous enveloppera de toutes parts ; où vous Verrez par Vous-mèêmes & vous con: ference , mais la difference infinie de vous, & de [2 punition qui. vous étoit réfervée | après que la nuit ; cette fombre nuit, felon la menace fuccedé à des jours favorables que Vous confumez envain & que. vous perdez: Confültez , mes chers Auditeurs ! du prefent accable, que le defir de auenir pique fans relâche & à qui gent , dans ces tencbres épaifles qui ufèr envers vous de nulle remife 1. Dieu vous châtira , non plus ab. Par toutes les larmes que vous re. rez, Vous ne rallentirez en aucune cevrez, je ne dis pas léxtrème dif & lexpreffion du Fils de Dieu, auroit. confultez ces ames que lerepentir dà … pallé ferre étroirement , que l'ennui … il fait tant pouffer de foupirs. Dans ces triflefles mortelles qui les ron- Lee ras eÉ la réparation qu'on exiveoit ici de # Fès environnent, fur ces brafiers où | glles font attachées, intetrogezles N de la Commemorat, des Mori 308 8: demandez-leur ce que c’eft qu’une abftinence , qu’un jeune qui afilise fa chair, parce qu'il reprime fes appetits, mais que Dieu , à ce temps de remiflion , eft prêt d'accepter, & | dont il veut bien fe contenter. De- __ mandez leur ce que c’eft qu'une au- _môOne cachée dans les mains du pauvre , mais oferte à Dieu & recüë de Dieu, comme votre rançon. Demandez-leur ce que c’eft que l'en trée d’une p'ifon, que la vifire d’un - hôpital , dont la vüé blefle pour quelques heures votre d“licateñe _mais où pâtiffent des troupes de mal. heureux qui deviennent auprès de - Dieu vos avocats & vos médiateurs, felon que vous vous rendez par une charité compatiffante leurs bienfacteurs & leursconfolateurs. Oui, fcachez-le & leur demandez , vous Fèm- - me répuliere & fage , à quije neprétends point contefter la réputatio® dont vous joüifflez de femme ver, tueufe , mais qui dans une devotion. _ douce, fans chercher Les plaïfirs cri-- minels du monde , ménagez du refte _ Éntout Vosfens, flattez votre corps, Gx2 Sermonñ pourlejour de tant de playes le faint Patriarchà dont je viens de vous marquer l'a freufe & pitoyable extrèmiré , & mort leur a tout enlevé en les enle vant eux-mêmes. De forte qu'à Le gard de la focieré humaine on peut. dire qu'ils font dans une efpece d'a néantiflement , puifqu'il n’y a plus pour eux , ni prétentions, ni droits niintérèts , ni affaires, ni commen ces , ni biens temporels , ni maifons, ni pofleflions. Leurs corps tendusa la terre, d’où ils étoient fortis , y demeurent enfermez ; & par ui. prompt retour , cendre dans leur ori gine , ils n'ont plus été bientot que cendre dans leur diffolution. Qu'en eft-il de leurs ames , dé ces aimes immortelles? Vous ne pouvez Fignorer après tout ce que je vous en ai fait entendre, Remifes dans es mains de leur fouverain Auteur & founufes à fes arrêts fi ce font … des ames redevables encore à Gju£. tice, il leur fait fubir le châtiment qui leur eft dû , avant que de leur accorder la récompenfe qu’elles ont ailleurs mérigée, Les voilà donc ; : - pou | dela Commemorat. des Morts: 0x pour ainfi parler, {ous le glaive du Seigneur. Seules & deftituées de tout, “dans un monde nouveau pour elles, des voila plus que jamais au pouvoir . «de leur Juge & du fuprème Arbitre de leur deftinée. Qiw’ont-elles à lui . -oppofer ? Par où pourront-elles fe . mettré à couvert de {és traits, & ui échapper ? Quels dons , quelles’ ‘Offrandes lui feront-elles qui foiene recevables à fon tribunal > Eforts impuiflans , & foins inutiles ! Rien _.de-leur part qui foit compté , rien quileur profite , ni qui leur doive profiter. Elles fouffrent, mais {eurs peines ne font plus que de pures pei- / nes fans mérite | pourquoi ? parce ‘que le temps.du mérite pale avec la vie ,&c que les Morts ayant fini leur courfe , ils ne font plus dans la voye., où l’on peut agir efficacement pour fes propres tntérèrs & s'avancer. Que ces ames agiflent pour fous auprès de Dieu; qu’elles prennent no- - te caufe&c qu’elles employent leur : médiation pour faire defcendre fur nous les graces du Ciel, dès à que _ge-font des ames prédeftinées, telles _ Tome’. Q DA PA LITE DUT TS CU EU CUT que nousles fuppofons , leurs pries s14 … Sermon pour Le jour 2 ù res montent jufqu'au trône de mifericorde ; clles font écoutées, &, il ne tient qu'à nous, en implorent u eur interceflion, d’en éprouver la. vertu. Mais à l'égard d'elles-mêmies, | cette vertu ‘perd toute fa force, & | envain compteroient-eiles d'en ti | rer quelque avantage. Leur état ne le permet plus, & c'eft danstoute | la rigueur de là lettre que s’accons. plit en elles bien plus qu'en la pers {onne de Job, cette afiligeante paro:. le : Ecce auxilinm mibi non fm me. ; ne à Cependant ; Chrétiens ; notre. Dieu , qui eft le Dieu de confolation & de toute confolation , ne leltil, . pour les vivans ? Les Morts, je dis ces Morts que fa grace a jufti fiez , fans les avoir néanmoins enco re pleinement purifiez & acquittez, nont-ils point à efperer de remif-. fion , & font-ils pour cela dépout yvüs de fon afliffance » Non, Sci. gneur , vous ne les avez point ail. oubliez. Ce font des enfans d'A. de la Conmémorat. des Morts: En Vous conférvez toujours pour euxun cœur de pere. Si dans leur exil ils font incapables de s’aider,, ils ne font point incapables d’être aidez. Selon lordre de votre fagefle & fclon la doi que vous avez établie , if ne vous a pas plû faire d‘pendre de leurs foins & de leurs vœux leur délivrance ;mais vous l'avez fit dépendre de notre afliflance & de nos fuffrages. Ce que Vous leur avez 6% d'une pat , Vous leur rendez de lauwe; & Votre amour fait bien füp- _ pléeraux moyens que vous leur re- _ fufez , par d’autres moyens de les _ {courir, non moinsafürez nimoins | prompts, que vous nous avez fourmis, Car voilà , Pere des mifericordes, où éclatent envers nos freres des richeffes infinies de votre divine Ce a _; DER en effet tant de pratiques inflituées pour le foulagemenc des Morts. De Là tous ces exercices de k mortificaion chrétienne , ab nances , jeûnes & autres, dont nous pouvons leur appliquer le mérite. _ Deh ces largefles aux pauvres, ces . | _ Oj ais S'ermbn pour le jour ?/al 73. nemies, mais pour les ames qui fui | font cheres, quile loüent, qui fe. beniffent , qui lebeniront & le louë- . ront dans tous les fiecles des-fiecles : À ne leur pafferez-vous rien , Seigneur, | ne leur rabattrez-vous rien , & les | laiflerez-vous. plus long - temps au | pouvoir des miniftres de votre ju. füice, qui les tourmentent > Me #44as u Defäis animes confitentes tibi , © amie \ AS pasperum thormm ne oblivifcaris - D'iutres fois exalrant ce carats, glorieux , cefigne de la foi que ‘por. tent ces ames , & qu’elles n'ont jx mais renoncé ; qu'elles ont même honoré, foit par une vie toujouts chrétienne , foit au moîïns par unes. _inoït précieufe & par rous les fenti. mens d'une. vraye penitence : cell Vous. Seigneur, qui lesavez mar quées de ce fceau divin ; vous ya. rez égard ,.& du fommeil de la moit qui leur à. ré comme un fommel + paix , vous {es adimettrez au res pos éternel: Memento, Dormine > J42 #ulornn farularumque tusrum , qui 408 praceflerant cum figno fider © dors. GPMIE in fomno pacis, Que dirai -fe | ht EE Léa is sont et 05 LC ? est LE Va EE is lt LA de la Commemorar. des Morts. 319. 4 enfin, n'omettant nul des motifs les plus engageans à les plus capables d’excirer la bonté de Dieu toute parernelle. Mais par-deflus tour éche ce Sacrifice , ce grand Sacrifice du Corps adorable de Jefus-Chrife, qu'il nous eftlibre d'appliquer aux Morts, ou plétôt que Dieu veut bien leur appliquer Tuimême en fe conformant à nos viücs & à nos deman-. des. Sacrifice non fanglant.; mais où néanmoins un fang divin, le precieux fang du Redempteur, eft im molé , & par des voyes aulli füres qu'elles font fecrerres , fait couler fes mérites infinis vers Les mièmes ames pour qui il fut répandu far Le croix. Car cet ainfi que nous le croyons parmi ke peuple f&elle, & c’eft conféquemment à cette créance, que dans tousles fiecles qui nous ont précedez , l’ufage à toujours ete comme il left encore , de faire à. PAutel une mention fpéciale des Morts , & d'offrir pour cux dans {es finrs myfteres la Vidtime de nome - Rlur — Tout ceheft certain, Chrétiens à 320. S'érM0n peur lejorr. & ne fouffre nulle contradiction tai2- fénnable, Les moyens ne nous man. quent point ; mais voici le défordre :. c’eft que tous ces moyens demeurent : inutiles däns nos mains, & que par une infenfbilité & nne ingratitude … monftrueufé nous manquons d'en: ifer en faveur dé ceux pour quiils: nous font accordez & pour qui ils doivent être émployez. Le deflein de Dieu eftqueles Morts avent encore dans ces moyens une refource à & que par une charité fi chrétien ne nous fecourions dés ames à quif juftice l'empêche autrement de faire: grace. Mais la-deffus il peut bienre | nouveller la plainte il faifoit à Ezechiel, Prophere, lui die, mon peupleelt coupable & ma-gloire de. mande qu'il en porte la peine & quifs en reçoive le châtiment ; mais parce: que C'eft mon peuple , je me fus fenti émû decompaflion, &afinde | le fauver , j'ai cherché quelque in. terceffeur qui prie auprès de moi fes Antérèts; qui. mit entre moi & lue comme unrampart, comme unchaye | pour le dérober à mes. coups; mais | i : = dxlé Commemorat. des Morts, 321. je nai trouvé perfonne. Oeuf dB Ext ei virUM qui tferpoñeret Jepere ; ee 2 flaret-oppofltus pro verra, ne aifipa= rem cam, © non inveni. Otà prendre l chofe dans Îe fens le plus na- | _turel & le plus propre, n'éft-ce pas | là ce quil verifie tous lés jours à | Péoard dés Morts? Vous lé voyez ;. 4] mes chers Auditeurs , vous en êtes : L témoins, 8 je n’en veux croire que: | vous-meêmes & que votre Expés- … L TÈRCS F | Au moment qu'un homme, une: 1 mme ont difparu dans le monde, ê que li mort, pourainfidire les. | dbannis de la focieré humaine ; y À penfe-t on, & qui s’intérelfe au fou 1 lagementde leursames ? Maïs encore - | l -güclsfoncils, cer homme, €erte fém- 1 | | Le (4 $ me, dent le fouventr eft fi promptà.: . | Ssefacer: voici ce quon ne fe per _ faideroit pas, fi tant d'épreuves ne «nous l'apprenoient : c'eft un pete qui. | s'eft épufé de foins pour vous éle- ! ver ; C'eft une mere qui Vous a por-- = té: dans fon fein &° vous à nourri. | _ cote fes bras ; ceft un-mark; une- 1 _ énoufe à qui vous lioientlès rœudss : L a. . Os ee. L. pag Sérmôn polir lejour A qui donc une ame sadrelle. | ra-t-elle ? Sera-ce à Dieu ? féra-ceà | Ce jugerexat & févere qu'elle se. “criera : Ufquequo, Domine, u[qnequie | jufqu’à quand fouffriraije, Seigneur) 4 jufqu'à quand dureront des peines | ff peu tolerables ? Mais je m'imaoine | que Dieu lui fera , quoi que dans | “un fens moins ricoureux, la mêémere- _ponfe qu'il fit à Jérufilèm : Quidolas mas füper contritione tna © À qui vous W plaignez-vous, & de qui? Jar mis vo. tre faluit entre les mains de vosamis, u de vos proches, de vos feres. Al jepu | mieux le confier qu'à ceux qui vous. | =. appartiennent de plus près, &c que toutes Îes raïfons engagent fcren- | dre auprès de ma juftice Vos ‘inter--W Jerm Celleurs & vos patrons ? Quid clamase à #39 Si vous avez à former des plaintes. _ C’eft à ceux-là qu'il les faut porter. Portez-les à cet ami : il vous à tant. donné dé paroles & tant fait de pro teftations d’un attachement éternel: “Portez les à ce fils, à cetre fille, 2° ce parent, à cet heritier, à ce lécataire : vous les avez tant enrichis de” | vos dons, &ils vous font redevas- | PR 1 de la Commemorat. des Morts. 529 bles de tant de biens que vous leur avez acquis. Dans la preffante. néceilité où vous-êtes ; Je leur ai 2ffèz fair fçavoir , qu'il ne tient qu'à eux de vous dégager , & qu'ils le peuvent aux conditions: les moins onéreufes. S'ifs ne m'écoutent pas, . & sil n’entrent pas dans les vüés - de ma mifericorde , vous n’en devez. accufér qu'eux-mêmes & que leur : durcté. = Dites après cela’, Chrétiens At diteurs, ce que mille autres ont dit. avant vous , ce qui les: a trompez comme VOUS : On priera Dieu poux’ moi après ma mort. Jai une famille qüi m'aime, & elle n'a dés obli= vatons trop effentielles pour ne les pas reconnoitre. D’ailleurs je prendirai li-deffus toutes les melures &s toutes les féretez.convenables : or. =: connerai des aumônes, je léguérai des fonds, je déclarerai mes inten- _ tions pat un aéte autentique , & jexigerai dés facrifices, des fervicesreolez. Admirables projets, difons- “mieux ; pitoyables illufions de la: délicatefle humaine & de Pamouwr. 2 SENS D ANE NRERERP PR ENEe 4 tant qu’il lui eft poftible , & qui rà #30 Sermon pour le jour - de foi-même , qui fe ménage , a che par de fauffes cfperances à {e dé. fendre de tout ce qui pourroit ac. tuellement Pincommoder & le mor: tifier. Obfervez ceci , je vous prie. On convient qu'il faut fatisfaireà Dieu, C’eft un principe également fondé & fur la raifon & fur la Re. ligion : on n’en doute point. Mais. de fatisfaire prefentement , de fais faire perfonnellement, voilà ce qu'on craint & ce qu'on voudroit pouvoir éluder, Que nous infpire donc la na ture , ennemie de toute penitence& de toute œuvre fatisfactoire x Cetre fatisfaction atuelle & prefente, on ha renvoye bien loin dans l'avenir | & au-de-R même de la vie; & cette fatishion propre & perfonnelle, on Ja rejerte fur autrui, & lonsen repole für ceux qui refteront . ès. nous & qu'on à defléin d'en char ger, Car n’eftce pas-A que fe réduk fent ces difcours fpécieux & fi or dinaires dans le Chrifianifme: je ne | : , CRE 50 EN E DEN RTE PC EEE SR ARE me négligerai pas moi-même, &. je ne m'oublierai pas, Dansle Tefe- pe TT TS de la Commemorat. des Morts, 33€ ment que je médite , & que je laifferai comme le gage de mes dernieres volontez , je prérends bien marquer tout ce que je croirai nécef faire pour le repos de mon ame. AhF _ moncher Auditeur : vous les marquerez , ces dernieres volontez, vous les expliquerez , mais reviendrezvous pour les faire executer, quand on vous aura fermé les yeux & que vous ferez parti de ce monde ? Qui ne fait. pas & qui fans cefle ne voit pas à combien de neoligences à com- … bien de difficultez à combien decon- - teflations , d’interpretations , de retranchements & d’alrerations, font fujetres ces dernieres volontez? Ou Bien on les fupprime , on fes tient _ fcretres & cachées, on n'en faitau- _ Cune mention, oubienonen appelle, “onydécouvre des défauts, on ima- ‘gine des moyens de les annuler &c des’en relever ; ou du moins on differe à les accomplir , on remer d’untemps. À un autre ; {es années s’écoulent , _ &cependanr le reftareur fouffre, & _ Left ainfi fiufré de Paffiftance qu'il | Æ promettoir. Vous me direz que ce our Sérmon pour le jour féroit-là dans des hetitiers , dansdts: - une ingratitude ÉROR A : hé mes ee le monde eft1F rempli d'autre hole que d'ingirats à J'en êtes-vous pas témoins, ne lé W PIOUVEZ:VOUS pas ? Tngratitude ne Confens : mais eft-il un vice: plus 4 COMMUN ; & ingrat au point. qu on | Left à Pégard même des vivans. combien plus Peft-on à l’évard dés. 1 morts > Oui ce féroit & ef vrayes | ment Pinoratitudé l-plus condim: - mable ; mais enfin un morten ce fe effets. Il sy eftexpolt, & ny a plus dé remede. Finiflons , Chrétiens ; & pour coni clufion xeprenons l'importante vert _ téque je viens de vous prècher & . dont vous devez faire fe füjet de vos plus férieufes réflexions. Puifqu'il y a fi peu à compter fur le fouvenir & la charité de ceux qui refkeront apres hous, penfons nous-mêmes à . nous . agiflons : nous - MÊMES pour nous , ; Fifons nous-mêmes 8 pro As. nous à nous-mêmes ce que nOuS ne pouvons vraifemblable ment Re autre a à + La ci: immemItAt. Ja Mons. 35 mous, Et de plus , puifque nous n’a- -Vons pour que:le Lernps de ka vie , & que tous nos-eforts “hors de . ‘feront inutiles, he geons le, ce temps fi précieux, En à: Voyons nous de bonnes œu- “vies, que nous retrouverons au be- -Hoin & qui nous -profiteront. Gagnons par avance , fuivant la max “me de Jefus- Chi, &alürons nous ‘parnos’aumones , de Rdellés amis : qui de dont. nos protecteurs. & qui nous recevront dans les tabernacles éternels. ne nous -en fions à ‘perfonne ; mais difpenfons-les nousmêmes , ces faintes laroeffes : en fortant de nos mains, <ie d'en auront x ‘que plus d’ cree À ces œuvres de RÉ milericorde chrétienne ; ajoûtons les œuvres de penitence , qui felon notre état & felon nos forces peu- Vent nous convenir : offrons à Dieu ‘10 COrps comme dés hofties vivan- - ‘tes; car c'eft-par de celles oblations qu On - appaite, Je Seigneur : Talibns Hekecurs im hoffiis promeretur Deus. Sïla na- _“ure y répugne , f la-chair y réfife _ & en murmure, affermiflons-nous eng EE — din : D amer 334 Sermon ponrle jour “contre toutes les répugnances de k | mature , contre toutes les réfiftances de la chair, & difons-lui ; à cette chair aveugle & fenfuelle qu'ayant | fervi tant de fois à corrompre l'ame, il eft jufte qu’elle ferve à la puri- | fer. C’eft une lotiable pratique d’em. ployer fur tout le miniftere des Pré | tres de Jefus-Chrift , de les engager. par de pieufes fondations à prefenter en notre nom la victime ado. table , de leur affigner là-deflus cer tains jours & certains lieux. Il ny a rien-R que d’utile & de conforme aux fentimens de lEolife. Mas | qu'eft-il néceffaire pour cela d’atten- | dre que nous foyons dans le tom | beau , & que nous ne puifions plus | nous mêmes prendre part à ces fi crifices, y donner notre prefence, y joindre nos vœux & nous y uni d’efprit & de cœur ? Pourquoi tout remettre à la mort , & cou rir le hazard que peut-être alors | nos intentions ne foient pas fuivies?. Pourquoi ne pas commencer dès maintenant ce qui pourra fe perpe-. tuer plus fürementaprès nous, par | ie de la Commemorat. des Morts: 538 -ce que l’ufage laura plus folidement établi? En mille autres chofes nous fcavons fi bien nous ‘précautionner de bonne heure, & prévenir les maux dont nous nous croyons menacer. Mais ceci ne fufitpoint encore: & je Vous renvoye, mes chers Auditeurs, avec un dernier avis d’autant plus remarquable , quilrépond * mieux aux vûés de l’Eglife dans la Cérémonie de ce jour. Elle veut exciter la charité des fidelles envers les Morts. Comme une mere également vigilante &tendre pour tous fes enfans , elle veut qu'ils fe prêtent la “main les uns aux autres ; c’eft à-di- re, que les uns qui vivent fur la ter- “€, faflent pañler aux autres que la mort a retirez de ce monde , tous lesfecours qui leur peuvent être néceflaires. Or entre les motifs quinous y engagent , un des plus puiffans ft fans contredit notre intérêt propre : comment cela » parce que felon Aa regle de l'Evangile & la parole exprefle de Jefus-Chrift on nous traitéra ainii que nous aurons traité nos : figres. Dès que nous ne les apper- ? 536 Sermonpourle jour ‘cévons plus , nous ne fommes pl “touchez de tout ce qui les regardei| "&par une jufte permiflion de Dieu, “dès que nous ferons hors de la {o.| -cieté humaine, & que nous ny pi | .roîtrons plus , On aura pour nous RE -même infenfbilité ‘& on nous Jai®} -fera dans le même abandonnement | “Au contraire, fi nous compatiffonsa | eurs peines , & de tout notre pou} “voir nous contribüons à les fouki} ‘gers; Dieu , maître des cœurs, lis} ‘difpoféra en notre faveur , iles | veillera par de fecrettes infpirations | . «de fa grace, il les affectionnera dk | telle forte que dans le même étit f “nous recevrons La même affiftance. | Car il l'a promis , &ii l’a dit : Heu: eux ceux qui exercent :la mile. corde. ils a | acub. mifericorde:: Beati miféricor des , quos)| & giam jpfi mifericoraiam confequentu ‘Et d'ailleurs , que ne devons-nous ‘point efperer d’une ame , dont noi | aurons brifé les chaines & que nous “aurons mife en libérté ; d’une ame à qui nous aurons ouvert Îe Ciel, 8 qui nous fera redevable en quels, que ir de la Commemorat. des Morts, 335. ‘que maniere de f fouveraine béatitude> Comme cer Officier de laCoux de Pharaon , qui dégagé de fes fers, ne { fouvint plus de Jofeph fon interprete & fon bienfateur, cette “ame, au milieu de fa gloire, nous perdra-t-elle de vûë | où plütôc Ceflera-t-elle un moment denousrendre auprès de Dieu zele pour zele ; Vœux pour Vœux ; de penfer à nous, “de veiller fur nous, jufqu’à ce qu’elle nous voye parvenus au même terme & pollefleurs du même Royauns Il eft donc certain que de prier ‘pour les Morts, c’eft pour nous-mé- es un des exercices les plus fälutairés. Si nous avons des négligences à nous reprocher {ur un devoir auf ralfonnable & aufli chrétien que celui-là, ileft encore temps de les réparer. Nousle pouvons , & dès cette heure même il ne tient qu'à nous de Commencer ce que nousne devons omettreé aucun jour de notre vie. (Touchez de cet appareil fanebre que préfentent à nos yeux tous nos Autels, humiliez devant Dieu & levant Tom P, P À D in ES © TRE D > tn PR LE AE SA VIA RTS LES 533 Exhortarion pour la Fête ne répond pas à la fainteté de notre: profeflion. Examinons ces deux prime. cipes , que je vais développer en peu. de paroles , & que je renferme en. deux courtes réflexions. | 1: Que lès mondains qui fans re. fiche fe trouvent occupez du foin. de leur établiffement fur la terre, ne foupirent point après la gloire. “du Ciel, je n’en fais nullement fur is:ilneft pasaifé d’allier enfemle deux chofes aufli contraires, que Pamour des biens temporéls , & la. mour des biens. éternels. Ce font des. efclaves attachez par tant de liens, qu’il leur eff comme impofhblé de. les rompre. Ils ne fçavent pas méme eftimer la liberté des enfans de. Dieu ; & quelque dur que foit leur. efclavage , quelque raifon qu'ils ayent de s’en plaindre, leur etat qui les. force malgré eux de penfer à leur. fortune en cette vie & d'y pour … voir, leur en fait infenfiblementeoùter le progrès, & par conféquent re retter la perte quand il faut moi. se l - detous les Sarais. Sœurs, dela profeflion Relipieufe. Pairun divorce volontaire avec tous : les biens fenfbles, nous avons pré: venu cette violente féparation que la mort nous eût fait refféntir, & en ne * nous réfervant qu'une vie pénible &-. : ennous. fevrant. de toutes les douceurs qui nous‘y pouvoient - attacher , nous nous fommeés-mis en: difpofition de ne pas craindre ce jour fformidable aux. gens du monde, qui: Îeur enleve tout ce qu'ils poffedoientdans leremos &.ne leuren laiffe rien. émporter dans ls rombea En cffer:, que vous. refte-tl que- Vous puilliez regrctterà ce pallage 2: Séra ce: de quitter une famille. défo. Re, que vous avez déji-quitite avec tant dé refolution » Sera-ce dé vous: voir dépoiillées par la mart des biens. de fortune qu'on amafle avec tantdé peine &qu'on.na pas moins: dé peine à conferver 2 la: pauvreré de: votre état-vous. 2..mufss à couvert de : _ ce chagrin. Sera-ce-de perdre les plat - fixs dé là vie > mais il n’en ef plus: Row vous. où iln'eneft plüs d'au. mortifiée : : 245$: = Of il n’en eftpas ainfi , mes chéres : $ 516. Exhortätion pour La Fête tres que de furnaturels & de {pit tuels. Sera-ce de renoncer au monde . pour toujours ? mais ce renoncé» ment eft fair;sle monde ne vous el: plus rien, &c vous vous en êtes feparces pour n'y retourner jamais. Je dis plus : non feulement votre état vous a féparées du monde , mais ila même féparé le monde de vous, & vous pouvez dire avec faint Paule que vous êtes crucifiées au mondes &c que le monde vous eft également . crucifié. Ne nous flattons point , mes cheres Sœurs, de quelque confide ration que nos amis, Où nos pro» ches femblent encore avoir pouf : nous. Que ce zele apparent qu'ils | nous témoignent , Que rousleurs dif à cours & toutes leurs démonftrations ne nous trompent point. Ces liaifons font foibles & mal établies: Pinté: réc eft le nœud qui unit les gens | du monde : fans cela il nya guÉres ï de fond à faire fur les devoirs qu'ils peuvent nous rendre Ce font de purs devoirs de bienféance & nous €. jugerons toujours bien , quand nous ferons convaincus , COMME NOUS des. ET de tous les Saints. - 347 vous Pêtre , que le monde vous re gade d'un œil fort indiferent & que dès qu'on n’eft bon À rien on eft compté pour peu de chole, Ainf par un avantage, que nous ne {aurions 2ffez effimer , hotre état, mes très-cheres Sœurs , Hinous en prenons bien lefprit , nous dégage de tout ce qu’il y à de mortel & de paflager fur la terte, Tellement QUE nous pouvons & que nous devons dire à Dieu dans le même fenciment.que le Prophete Royal: 4 te quid volui Jap er terram 2 Je jette par tout Îes Yeux autour de moi, Sci gneur, où je rappelle dans ma mé- More tout ce que j'ai pù voir parmi les enfins des hommes de plus fpé- Cieux & de plus grand. Depuis Le: Monarque qui reone fur le Trône ee © qui porte la Couronne, je parcours: de là penfe toutes les conditions: Bumaines & je me trace Pidée. detout ce qu'elles ontou fembient avoir d'ailes, de commoditez, de richeffes.. de douceurs , d'honneurs. Je me fais. À peinture La plus brillante de tou- "ass Les: pompes ,& pour parler plus Se NL Pfe 78e RARES) Gus Exhortation pour La Fte | juite , de toutes les vanitez du fl cle, Mais à cette vüëé je n'ai point d'autre langage que de nr'écrier : tout. cela n’eft point mon Dieu; & tout. ce qui n’eft point mon Dieu , je Pa. abandonné.Rien donc deroutcelane doit exciter mes défirs ; & quand pat. 11 méditation je me mets en efprit -À ce moment que le Seigneur a mar qué pour me retirer -de cette région inferieure & pour m'introduire dans. ce Royaume où il raffemble & glorifie fes Saints, rien de tout cela ne. doit me retenir. 4 te gwid volui fie. per terram Ê=E + Graces vousen foient renduës éter. nellement , ô le Dieu de mon cœur, & monunique portage pour jamaisie Car voilà dé quoi je-ne puis trop be nir votre aimable Providence; voil. ce qui me découvre la: fagefle de fs. confeils , & les favorables -deffes. qu’elle a formez. {ur moi. Nous n {ommes dans la vie que pour tendit. vers vous comme à notre fn del. nieré ; & parce que nous ne pouvots: ci-bas poffeder certe derniere fins, “qui eft le centre de notre repos te. = derous lés Saints 349% hotre fouveraine feliciré, il faut que B mort, pour nousy conduire, nous. faffe pafler dans un: autre monde ,& nous enleve par-là même tous les: : biens de celui-ci. Cependant , Set eneur , vous avez prévu , que les: fens ayant fur notre raifon un em. pire dont il nous eftfi difficile dé- . nous affranchir, ils nous appefanti-- - voient lime & l’entraineroient vers la terre ; qu'ils nous tiendroient cen-. tinucllement occupez de ce qui leur : plait, de ce qui Îès flâtte, de ce. qui nourrit leurs aveugles cupiditez à qu'ils nous plongeroient dans un ou-. bli de ces biens invifbles: _& à venir où doivent fe porter tous nos vœux, & qu'ils nous.en feroient: perdre toute l’eftime & tout ie gouts: . par une fuite néceffaire ils nous donneroient un loignement de Lx mort prefque infurmontable ; qu'ils nous la reprefenteroient fous l'afpect. | le pluseffrayant ; qu'ils ne nous per- | mettroient d'y penfer que pour la _ que pour Féloigner., que pour: parer fes coups, autant qu'il nous. epoñible, & pour lui réfifter de ro ml ST ticulier > Afin que dès à prefent & = RTE UE D né D : gso Exhortation pour la Flie: toutes nos forces , fans nous-mettte. en peine de ce bienheureux {jour dont elle eft la voye lx pus pro- | chaine & comme l’éntrée, Vousla vez, dis-je , prévû, mon Dieu; mais qu'avez-vous fait pour nous à je dis pour nous , renfermez dans vorre | mañfon , pour nous volontairement & fantement exilez du monde. pour nous Religieux, & pour moi en pare, ER De PORT PE par avance nous pullions nous élever vers le Cieh , notre patrie, &. que nos cœurs n’en fufent point | détournes par les fens, vous nous avez attirez dans Je deférr , pour y. mener une vie où les fens n’euffent | de part que pour y être combartus réprimez , domptez. Afin que tant. d'objets dont le monde fe lille. ébloüir & qui emportent toure fon . attention, ne puffent nous fafciners les yeux, & nous empêcher de contempler votre gloire & celle de Vos prédeftinez, vous nous avez recueil Üs dans votre fin@uaire, où nuk. ©bjet capable de nous diffiper & de. Re , ne fe prefcnte à nos | de tous les Saints. = 3x regards. Afin que la pentée de mort & la frayeur qu’elle canfe , nefür point: un obftacle qui rallentie lardeur de nos defirs, & que nous. n’en fuflions point troublez dans le. fouvenir du faint heritage dont elle nous doit mettre en pofleffion, vous: nous avez réduits, fr jofele dire. dans une mort anticipée , où. le fieele avec toutes fs profperirez, & toutes fes grandeurs , ne peut plus: faire d'impreflon fur nous , puifque: par rapport au fiecle nons. n'avons. plus rien & que nous ne fommes plus. maîtres de rien. De-là dans un degagement parfait, nous nous ÉCrions ?: A te quid volui fuper terra ? Que fais-je en ce lieu de banniflemenr., Scicneur, & dans toute l’écendué de laterre qu'y a.til que je puiffe. fouhaiter , hors vous & le bon. heur des Saints qui regnent avec vous > Senciment d'autant plus vif. & plus raifonnable , que nous avons. une-plus folide affärance de cetre éternelle béaritude qui nous eft pro mife. a 32: Exhorlation pourla-Ecie II. C’eft, mes cheres Sœurs. une autre préropative de l'état Religieux: ik nous donne des droits incontefti. bles fur le Ciel. Car fi Jefus-Chrif. nous fair enteéndie aujourd’hui que les pauvres dé Cœur font heureux ca {à raifon qu'il en apporte-eft-que le, Royaume des cieux leur appartient, Gr qui font ces pauvres de cœur, finon ceux qui d'eux-mêmes &c avec le fecours de la grace ontrenont. aux efperances-du fiecle-& embrafe. - la pauvreté Evangelique ; & qui dans PEglife peut avoir des prérentions plus légitimes: fur le Rovaume de: Dieu ,que ceux qui l'ont déja achettau-pux de leurs biens &. de leur liberte >. _ Mais: peut être doutez-vous! ; msi cheres Sœurs, que ces paroles du Fils, de’ Dieu nous regardent ; :& pou vous raflürer, écoutez. ce quälivous. dit ailleurs ; &ce qui décide encot plusnetrement la chofe.en vourc fe “veur. Quiconque, dir cet Hommé» Dieu, quittera fon pere, fa meres. fes freres , fes (œuxs ,, fon époul& _ ms cfayez , & ce nef pas fans. $ Le détons les Saints. ES & fon époux , en ma confidération ; aura le centuple dès cette vie, & là gloire éternelle en l'autre. Peut-on. -exprimer une promefleen dés termes: plus formels ? Avons-nous dé la foi fi la-deflus:nous concevons la moin-- dre défiance > N’êtesvous pas du. nombre de cells qui ont tout quitté, 8e pour -qui., je: vous prie, lavezvous quitré >- Avez-vous eu d’autres vüës que de plaire à Jefus-Chrift >. -Avez-Vous voulu frire ce facrifice à d'autres qu'a lui ? Puis dencque vous le lui avez fait , après une démarchefidificile de votre part & f genereufe, quelifujet auriez-vous de ne pas compter fur fa parole , & à qui. pourroit + il lavoir: addreffée qu'à -VOUS=> Ah ! mestrès-cheres Sœurs ilfemble | quenous prenions plaifir à nous priver de toute 1 confolation que nous. donne PEvangile, & que nous ne: manquions de foi , que lorfqu'il nous. eft favorable. Car quandileft fvere quand il nous menace de quelque. Chatiment redoutable , nous en fom-.. sies du Seigneur & dignes époufe min, je vous l'ai marque, &iln “ena point d'autre pour vous’ Votre. _Regle fidellement obfervée fera là melue de votre gloire. Ainfi foit-il %o$Exbhort. pour laFére de tous PS | qu'il fe-fait entendre à vous, & quil vous dit à toutes : Voilà , Filles che. de lAgneau , voilà où je vous 4, précedées & où vous devez me fui | vre. Je vous en ai ouvert le che. . Contenus dans le crquiénes 12 point CE Cu DOUDOU: DATE D NEA nil SERMONS# à 1É és A Volume. TD Our la Fére de a re. mie. page I: : Pour la Fête de la Purification de la Vierge. “59. Pour > Féte de. la Vi ifitation de-- la Vierge. ES I: Pourla Fête des faints lenocens, - 200. Pourle jour de la Commemorations - —. des Morts. 243. a Pour La Fète de tous les Saints. colorchecker cLASSIcC = [ mm calibrite | | - haattuntauntntuntunnnl