scieee AI-readable full text Open interactive document viewer

Justification des Mémoires de l'Académie Royale des Sciences de 1744 et du livre de la Figure de la Terre, déterminée par les observations faites au Pérou, sur plusieurs faits qui concernent les opérations des Académiciens

Bouguer, Pierre, 1698-1758

Full text

;'(l mÊtÊÊ^.LM' .''~:-y -' ..^K H^flVv!~W •^Br / *.1 JUsTIFI CJ TION DE PLUSIEURS FAITS Q^UJ CONCERNENT LES OPÉRATIONS DES ACADÉMICIENS AU PÉROUî POUR LA MESURE DE LA TERRE; JUSTIFICATION DES MEMOIRES DE t’ACADÉMIE ROYALE DES SÇIENCES DE ^1744, ETD U LIVRE DE LA FIGURE DE LA TERRE, Déterminée par les Objervations faites au Férou ,. SUR Plufieurs faits qui concernent les Opérations des Académiciens, Par M. BOÜGUER,. APARIS; 'Chez Charles- Antoine JombertîLibraire dii Roîi poug- ^l’Artillerie &le Génie ,rue Dauphine, àl’Image Notre-Dame, M. DCC. LIL AVEC APPROBATION ET PRIVILEGE DU ROT^ vj AVERTIS SEMENT, M. de la Condamine fait auffi mention dans plufieurs Lettres qu’il m’écrivit pendant que nous étions fur les lieux ,d’une obfervation qu’il termina au mois de Juillet 1742 ,&il paroît qu’il fouhaitoit beaucoup que je l’adoptalTe , quoiqu’il ne m’en eût pas communiqué le détail. Dans le deffein ,làns doute ,de concilier mon lùfl&age ,il me faifoit remarquer qu’elle cadroit parfaitement avec les fécondés obfervations de 1737. dont il trouvoit quelle ne s’éloîgnoit que d’un cinquième de fécondé. Cette conformité aceifé depuis qu’il afallu avoir égard àl’aberration de la lumière &àla nutation de l’axe terreftre :mais ce réfùltat s’eft trouvé enfuite peu différent des obfervations de 1740. dont j’ai déjà parlé. Pour peu qu’on yfafîe attention on recon-^ noîtra qu’indépendamment de tous les autres motifs que j’ai de ne pas garder le lîlence ,la multitude de ces différentes déterminations rendues publiques ,exigeoit feule que j’entrafîe dans la plupart des détails qu’on verra dans la fécondé Partie de cet Écrit. Nous devons cboifir entre les divers réfultats auxquels nous Pommes parvenus ;puifqu’ils différent trop entre eux pour qu’il foit permis ,en les fondant enfemble ,de les admettre tous; d’autant plus qu’ils fuppofent encore des différences plus grandes ,ou des erreurs doubles dans les obfer- AVERTISSEMENT, vij vations particulières. Il faut d’ailleurs qu’on s’apperçoive que notre choix eft éclairé ,Sc qu’il n’eft ni arbitraire ni la fuite de quelque convention faite entre les Obfervateurs :nous ne devons nous régler que fur les feules circonftances des obfervations ,qui ont été différentes àmefure que nous avons acquis plus d’expérience &de lumières. Il devient donc abfolument nécelfaire de confidérer les progrès de nos réflexions Sc d’en avoir les dates prélèntes ,pour fe décider d’une maniéré qui exclue toutes elpeces de doutes dans cette occaflon. La première de ces dates êc une des principales eft fournie par le Procès -verbal que je dreflai àl’extrémité Sud de notre Méridienne. Il eft rare qu’on employé de femblables formalités ,lorlqu’il s’agit d’obfèrvations Aftronomiques; mais l’événement confirme, ôc même plus que je ne pouvois le prévoir, que les mefures que je prenois étoient bien fondées. M. de la Condamine qui m’exhorta de la maniéré la plus forte par fa Lettre écrite de Paris le a 8 Novembre 1748 ,de ne pas faire ufage de cette piece, s’eft àla fin déterminé àla faire paroitre lui-même ,ÔC je puis déformais renvoyer àfon Livre où elle fe trouve de même que l’autre Procès-verbal. L’expédition que j’ai du premier eft en forme &légalifée ;elle eft^ vîij AVERTISSEMENT. outre cela ,munie des Certificats de cet Académicien Sc de M. Verguin. Celui de M. de la Condamine finit àla date du 11Janvier 1740- qu’on trouvera dans fon Livre vers le bas de la page J ^ 6.Je me dilpenfe d’infilter dans cet Averdflementquin’eft déjà que trop long,lur les autres époques qu’il faut dillinguer dans nos ob-'. fervations ;le Leéteur les appercevra fans peine. JVSTIFÎCATION JUSTIFI DE PLUSIEURS FAI Q^Ul CONCERNENT 1.ES OPÉRATIONS DES ACADÉMICIENS AU PÉROU. POUR LA MESURE DÈ LA TERRE. '’AV OISeu clefTein de metïreàïa fin Livre de la Figure delà Terre, que g [SæIj’ai publié par ordre de fAcadémie, les juftificatives des principaux faits que j’ava:nçois. Ï1 femble que le Public ——êft en droit d’eii demander, lorfqüfil s’agit de matières qui ont été difcutées par écrit, &dont il relie des adtes. îl ëR vrai que les Députés d’uhé Compagnie comme l’Académie des Sciences, qui deVOient avoir continuellement fous les yeux, les obligations que leur impofoît l’honneur de leur MilTion ,peuvent faiTé •A ZJustification de plusiers faits comme une Ckffe àpart.. Mais outre que la réputationï des Voyageurs efl en général a.flez mal établie, fur l’article même qu’on regarde comme le plus elTéntiel, l’intérêt perfonnel qui agit fur tous les hommes ,peut les;. porter àdéfigurer une infinité de circonftances importantes lorfqu il s’agit d’opérations, dans iefquelles ils ont eu part. Ainfi il eft mieux pour fe mettre au-deffus des foupçonSjde fe fonder en preuves, toutes les fois qu’il y en ade fubfiftantes. Si je ne répare pas aâuellement à tous égards l’omillion que je me reproche, je compteque je lailferai peu de chofes àdéfirer fur ce point quand je jouirai de quelques inftans de loifir dont je puilTe difpofer. Je vais ,en attendant ,juftifier un certain nombre de faits qui pourroîent fouffrir plus de difficultés :je penfe même que la maniéré dont je les établirai fuffiroit pour accréditer d’avance tout ce que j’aurai à dire dans la, fuite ,lorfque pour remplir les engagemens que j’ai pris ,je publierai une Relation complète de mon Voyage; L’ordre Chronologique me fera.choifir l’article fur lequel je donnerai d’abord des éclaircilTemens. Il fe préfentoit ànous deux grandes opérations ,que nous pouvions entreprendre lorfque nous. arrivâmes àQuito ;nous pouvions commencer par la mefure d’un arc du Méridien,, ou par celle d’un arc de l’Equateur ;il falloir opter &ne fe déterminer que mûrement. Ces deux entreprifes demandoient en particulier beaucoup de tems ;& il n’eft pas difficile de concevoir qu’une infinité d’accidens pouvaient nous empêcher de palfer àla fécondé , après que nous euffions effuyé les plus extrêmes fatigues >.& prodigué notre fanté pour achever la première. Le choix qu’il yavoit àfaire ,n’eft plus un fujet de difpute :au lieu, que le point de fait peut avoir befoin de, preuves. Il eft certain que nous euffions commis une très-gran- de faute Pen donnant le premier rang àla mefure de QUI CONCERNENT, .&C,’ -5 i’Equateur, qui laiffoit le Problème de la Figure de la Terre dans prefque toute fon indétermination. Nous pouvions perdre quatre ou cinq ans àcette entreprife , &il ne falioit peut-être pas moins de te ms pour s’affurer feulement fi elle étoit polTible ,tant la difpofition du Pays, &toutes les circonftances locales, étoient défavantageufes. La mefure du Méridien ,au contraire ,p.’exigeoit de notre part aucune tentative inutile ;elle alloit direèlement au but ;elle étoit décifive ;elle fuffifoit feule pour mettre le fuccès de notre voyage àcouvert ,àcaule des autres opérations faites en. Europe avec lefquelles on pouvok la comparer. Mais s’il eft vrai ,comme je Vais le prouver, que les ordres du Roi nous empêchèrent de nous tromper, la qualité d’Hiftorien &_de Voyageur fincere m’obligeok de ne le point dilTimuler. La chofe auroit été pour nous d’une trop extrême conféquencej nous ferions peut-être encore obligés de lutter aâuellement contre notre mauvaife fortune dans les forêts de l’Amérique. D’ailieurs il eft fl ordinaire de fe hâter d’opérer avant que d’avoir réfléchi, dans les affaires même qui font fufceptibles d’examens exaêts &rigoureux, qu’on ne fçauroit trop prévenir les obfervateürs contre ce fâcheux inconvénient , qui auroit pu nous expofer au chagrin mortel de voir notre voyage manqué. J’avois donc plus d’un motif pour 'faire mention des ordres du Roi arrivés àpropos, pour rendre àtoute l’Europe fçavante ,de même qu’à nous ,le plus grand des fervices ,en nous empêchant de commencer notre ouvrage par une opération qui étoit aulïî difficile ,qu’elle étoit infruêlueufe. Mais comme ma franchife pourroit •être mal interprétée dans cette rencontre ,je dois juftk fier que j’ai évité avec foin l’extrémité qui étoit àcraindre ,ôc que j’ai été incapable de commettre en agiffant par une baffe flatterie, la plus légère injuftice àl’égard de mes Collègues. C’eft bien malgré moi que j’ofe intéreffeg 4;. Justification de plusieurs faits ,ôcc. ainfi le Public dans une caufe qui me regarde ;j’ai faib: abfolument tout ce que j’ai pû pour me difpenfer de preii'- dre ce dernier parti. Après avoir parlé d’abord du choix entre les* opéra?- tjons ,je développerai dans la fécondé Partie de cet écrit,, . diyerfes particularités qui ont rapport àl’opération effec-, tivement choihe, &je tâcherai de dilTiper toutes les té-, nebres. qui pourroient rendre douteuxdes faits éloignés,, qui ont eû peu de témoins. Que dans les affaires où les' paffions humaines ont la plus grande part ,on foit obligé' d’emplover beaucoup de reffTorts pour les faire réuffir-, on' n’en eft nullement étonné. Mais qü’il ait fallu furmontec; une infinité de difficultés morales pour alfurer le fuccès de travaux purement aftronomiques ,c’eft ce qui n’étoiü encore jamais arrivé ,&ce ne fera fans doute ,que fur lafoi des plus fortes preuves, qu’on fe réfoudra àle-croi-- re. Une infinité de chofes dans des entreprifes de l’efpe-- çe de la nôtre fe compliquent ,lorfque la multitude desçoopérateurs fe joint-à l’éloignement des lieux &àd’autres particularités. L’Obfervateur-ou le Mathématicien n’eft pas toujours parfaitement ifolé :il peut avoir des intérêts confidérables àménager ,il dépend quelquefois de cirçonftances fort étrangères àla commilTion dont il' eft chargé. Tout Philofophes que nous étions, on va voir combien nous fçavions employer de différens. moyens pour faire valoir nos avis particuliers, lorfqu’il s’agilTùit. d’opter entre les opérations qui fe préfentoient. Ce fera -, encore la même chofe dans la fuite ;mais malgré mon * extrême fimplicité, je devois àla longue m’inftruireun peu; l’expérience du paffé dut naturellementme faire, jienfer àprendre quelques précautions pour l’avenir. Les éclairciflemens que je vais donner font devenus encore plus néceffaires, &j’ai été obligé de les éten-- dre depuis que M. de la Condamine apublié le Journal ' de notre voyage. Je ne puis pas m’empêcher d’avouer,, que lorfque j’aurai Èm’expliquer fur les mêmes, faits, nos, PREMIERE Partie. Ari'. I. y récits ne s’accorderont point affez ,&qu’outre cela';, j’ai été extrêmement fenfifele àplufîeurs traits qui font répandus dans fon Livre. Je ne fçai même fi je n’ai pas: un peu àme plaindre des éloges qu’il m’y donne :le Public fçaura bien les apprétier, &il fera porté >par. la même raifon ,àtirer des conféquences encore plus, fortes dea expofés de cet Académicien ,qui me concer-- nent.. PREMIERE PARTIE. Breuves démonfirativesde ce qui efi avancé àla page 22 des Mémoires de VAcadémie Royale des Sciences de 1744... que cefurent les ordres du Roi qui nous empêchèrent de com-- mencer nos opérations par la mefure d’un, arc de l’Equateuro^ !.. *|^^T Ous reçûmes deux différentes fois ,àplus de fi». mois l’une de l’autre, les ordres du Roi qui ex-- cluoient de nos opérations, la mefure, des degrés de l’Equateur, en nous bornant àla feule mefure d’un arc: du Méridien. Les premiers ordres parvinrent le pMars 1737. àM. Godin^ qui écrivit en France qu’il s’y conformeroit, &qui, en s’y foumettant réellement ,fe trouva difpenfé de nous en parler. Les fécondés dépêches me furentadreffées ;je les reçus le, 22, Septembre de la.même année; le paquet qui me fut remis en contenoit pour: M. Godin un autre qui n’étoit qu’un duplicata des dépêches arrivées au mois de Mars. Le Leéleur eft prié de bien diftinguer ces deux différentes dates dont la con-- fufion feroit naître des équivoques, &ne ferviroit qu’à . fonder des-fophifmes. Gomme je ne me fuis expliqué que.. d’une, maniéré générale, dans Içs-, Mémoires de 17^;^ ,3, *Voyci la première page dd’Averriflement du ï-iv. de la Figure de la ITerre. <6 Justification de plusieurs faits, êcc; je n’ai pas fpécifié ces deux différentes réceptions; je me fuis contenté daffurer que les ordres du Roi nous avoient été fort utiles ,en nous empêchant de prendre un mauvais parti :un plus long détail ,quoique conçu en peu de lignes ,s’efl: trouvé réfervé pour les Mémoires de ,ôc pour le Profpecîus du Livre de la Figure de la Terre. J’ai dit dans ce dernier Écrit *que les ordres du Roi, arrivés au mois de Mars 1737, avoient obligé M. Godin de renoncer aux vues dont il paroiffoit uniquement occupé dans une Lettre qu’il écrivok quinze jours ou trois femaines auparavant àM. le Comte de Maurepas. On m’objedleroit donc fort inutilement que nous travaillions déjà àla mefurè du Méridien le 2.2 Septembre Î737, lorfque je recu les féconds ordres. Cette objection ne feroit tolérable que de la part de, quelqu’un qui ignoreroit abfolument que ces mêmes ordres avoient déjà été reçus fix àfept mois auparavant, êt qu’ils durent produire leur effet, quoique M. Godin nous en fit myftere. Si la maniéré dont je me fuis expliqué dans le Volume de 1744, ne peut pas convenir àla fécondé des deux dates ,il faut néceffairement remonter àla première ,ôc il eft évident qu’on ne fera aucuneviolence .au texte ,puifqu’il n’eft conçu qu’en termes généraux. La double réception des mêmes dépêches efl un fait fi certain ,que M. de la Condamine en parle dans fon Inîroduêlion Hiflorique {page 42.) il of&e même dans un Écrit que j’ai de lui d’en fournir des preuves àceux qui le révoqueroient en doute. (*)Ainfi je juftifierai par- (*)Dernier article d’un Ecrit dont M. de la Condamine offre de prouver îous les points. Le Septembre fuivant 1737, je portai de Quito àPichincha, & je remis àM. Bouguer le paquet de M. le Comte de Maurepas, contenant l’ordre de nous en tenir àla mefiire du Méridien ,lequel ordre M. Godin avoir ieçû précédemment au mois de Mars ,&dont il ne nous avoit pas parlé juF- jqu’alors; Pdtiî 1748. Signé, La Condamine, PREMIERE ^Partie. Art. II. 7 faitement ce que j'avois avancé ,en montrant qu’on {& prépara jufqu au mois de Mars 173 7malgré mon avis , àcommencer parlamefure de l’Equateur, &que ce ne fut qu après l’arrivée des premiers ordres ,&en conféquence de ces mêmes ordres ,qu’on changea de réfoîution.'^^^ Je pourrois mettre fans doute entre les différentes preuves de toutes ces circonftances ,les Lettres que j’avois l’honneur d’écrire àPvl. le Comte de Maurepas.. Je devois être attentif en les écrivant àne rien marquer que d’exadement vrai, puifque je pouvois être démenti par les récits que faifoient de leur côté les deux autres Académiciens. Cependant pour, ne pas me rendre témoin dans ma propre Caufe ,&lorfque je fuis accufé d’avoir commis, une injuftice confidérable contre mes confrères ,je n’infifterai principalement que fur des preuvesincomparablement plus fortes, &qui ne font fujettes àt aucune récufation :ce feront des Lettres de M. Godin ,, de M. de la Condamine ,de M. Verguin ,de Don George Juan ,le plus ancien des deux Officiers Efpagnols qui; affiftoient ànos opérations de la part de Sa, Majeflé Ca^- ffiolique, ïI. Cet Officier Don George Juan ,dont îè mérite eff connu de toute l’Europe ,me fournira la première des. preuves dont je me fervirai. Il me .marqua dans une: Lettre qu’il m’écrivit de Madrid le id Juin 1748., qu’il ne fe reffouvenoit que de très -peu de chofes touchantla queftion que je lui faifois ,mais qu’il pouvoir affurer qu ànotre arrivée àQuito, vers le milieu de 17 36M.. Godin fe propofoit de commencer par l’Equateur, &. qu’il étoit encore du même avis ,lorfque nous rerournions àQuito vers la fin de l’année ,après avoir mefuré;: notre première bafe ,ôc lorfque nous nous arrêtâmes à; l[llahalo pour yprendre les angleso Hqus nous trouva^ 14 Justification de plusieurs faits, &c. ie juftifier pac ie témoignage même de M. de la Condamine. IV. Il réfulte de tout ce que je viens d’expofer, que les ordres du Roi arrivés au mois de Mars 1737. produifirentle changement qui afait réuffir notre eritreprife. Ils empêchèrent M. Godin d’aller vers la Mer pour examiner le terrein de l’Equateur ,&tout le refte en eft une fuite. C’efi: ce qui fatisfait pleinement àquelques doutes que M. de la Condamine me failbit l’honneur de me propofec depuis notre retour en France dans fa Lettre du 3Mai 1748. Comment concilier ^difoit-il ,le âeJJ'ein où vous le Jiippofez (M. Godin )de commencer notre travail par la mefure de l' Equateur ,avec fa conduite fuhféquente ;puifquil rialla pas reconnottre le terrein vers l’Oueft de Quito pendant mon voyage de Lima ,comme Ufe l’èioit propoje ; puifquil ne confentit pas TEté fuivant que M. Vjrguinfuppléât àce défaut ,en fuivant àla côte Don Jofeph Maldonnando^ Fifiteur nommépar TEvêque^ Ma réponfe eft bien fimple ,&elle fera tirée de la page 42. de î’Introdudtion Hiftorique ,ou du dernier article de l’Ecrit de M. de la Condamine dont j’ai parlé plus haut. M. Godin fe conformoit aux ordres qu’il avoit déjà reçûs. Dès le 5) Mars cet Académicien ôc moi nous nous trouvâmes du même avis ,quoique par des motifs différens, &nous commençâmes àagir comme de concert. Cependant le 12 du mois fuivant j’écrivois encore àM. de Mairan ,que j’ignorois ,par laquelle des deux opérations nous commencerions ;ma Lettre fubfifte ;M. de Mairan m’a fait la grâce de me la remettre, après l’avoir a.poftillée ¶phée. Le tour que prirent enfuite nos affaires, furtout après que le terrein de la Méridienne eut été reconnu, ne me permettoit gueres de douter de l’ordre que nous mettrions dans notre travail. Il n’étoit pas ^é.c.effaice de voir biendoin favenir, pour pouvoir l’an- PREMIERE Partie. Art. IV. ij noncer comme je le faifois dans les Lettres que j’écrivois alors àplufieurs perfonnes jnommément àfeu M. Dufay le 24 Juillet 1737. Je ne fçais comment cette Lettre eft tombée entre les mains de M. de la Condamincj qui en afait imprimer un extrait ,de même que d’une autre du mois d’Oêlobre*. Mais pour revenir au choix entre nos opérations, comme j’ignorois toujours la vraie caufe des changemens que je remarquois ,je devois les attribuer àl’enchaînement néceffaire de différentes circonftances que je n’étois pas en état d’expliquer. Cependant comme il paroiffoit très -poffible que M. Godin revint àfon premier projet, &que ceux d’entre nous qui avoient appuyé cet Académicien, n’avoient pas les mêmes motifs que lui ,pour paffer fubitement: d’un avis àl’autre, ils durent fe, trouver confidérablement embarraffés. M. Godin les mettoit dans une fituationqu’il eft affezdifficile de repréfenter, lorfqu’ii rendoit: quelquefois équivoque la derniere réfolution qu’il prendroit. Nous les conduirions lui &moi ,comme malgré eux, dans le chemin de la Méridienne. Il n’étoit pas; néceffaire de venir pour cela àune délibération formelle :nous euffions de même ,fans délibérer avec folemnitéj embraffé la route de l’Equateur fi les ordres du Roi n’étoientpas arrivés àpropos. Il faut mettre au nombre des efforts inutiles qu’on fit pour nous détourner du: Méridien, le voyage de M. Verguin vers la côte ,propofé au mois d’Août. Je fuis fâché que M. de la.Condamine en me parlant de ce voyage, dans fa Lettre du 5Mai 1748, n’ait point nommé ceux qui s’en déclarèrent les promoteurs. Je ne fus certainement pas de ce nombre :je fentois, au contraire, que ce voyage propofé fi àcontre-tems ,nous feroit extrêmement préjudiciable. M. Godin le défaprouya auffi •fortement, ôc ce projet n’étoit pas non plus du goût de M. Verguin. Je fis ufage prefque dans le même-tems, du droit dont je jouiffois; lorfque je me trouyois féparé de. M. Godin;; Page 41 de l’introdaft- =ï5 Justification de plusieurs faits ,&c. car nous avions adopté difFérens fyftêmes de triangles.. J’abandonnai le fignal du haut de Pichincha le 6Sep- tembre 1737 &j’en fis placer, peu de jours après, un autre beaucoup plus bas du côté oppofë àla Mer ; ce qui excluoit pour lors la mefure de l’Equateur ,ou la rejettoit après l’autre opération. Ce parti ne plaifoit pas àtout le monde ,comme je puis le faire voir par les Lettres que j’ai entre les mains ;mais ceux qui n’en étoient pas fatisfaits étoient contraints de céder au tems. Le 2.2. du même mois ,je reçus les duplicata des ordres du Roi •qui m’étoient adrelfés; alors, comme je l’ai déjà dit, le myftere celTa ;&il fallut bien enfuite que nous nous itrouvafiions tous parfaitement d’accord. Répoa/è àquelques dhje6iions. Depuis que nous fommes de retour en France, oîi în’a communiqué quelques écrits pour me convaincre •que je n’avois pas bien expofé le fait dont il s’agit dans aios Mémoires de 1744. Je m’arrêterai ici feulement à une réponfe que M. Clairaut fit le 3Mars 1738. àune Lettre du Pérou. Je viens ,difoit-il ,de recevoir votre Lettre du mois de Janvier î737 ?de Quito. ... .je fuis charmé ^ue vous foyez réfolus àprèfent -{ au mois de Janvier 1737 ) éde mejurer d’ahord le Méridien, &de ne pas trop vous attaicher àmefurer l'Equateur. Çamoit été affreux fi M. Godin me vous aveit pas cru vous &M. Bouguer ,puifque vous auriez pu paffer un tems tr.èsrconfidérabJe Jans ffavoir lafigur-e de la Terre ,&e^ Je ne puis m’empêcher d’avouer que je fus fort étonné en -voyant cet extrait, que M. de la Condamine me communiqua en 1748, lorfquil penfoit que je n’avois sien àyoppofer- La reftriêlion que forme le mot àpréfem ,infirme néanmoins qu’on s’étoit d’abord propofé de coaiméncer PREMIERE Partie Art. V. 17 commencer par la mefure de l’Equateur, &elle confirme les autres preuves que j’en ai données. On ne doit pas foupçonner que je me fois trompé en tranfcrivant cet ex^ trait ;le mot âfréfent s’y trouve 5je ne fçais fi on l’ajoûta par inadvertance en m’écrivant il yatrois ou quatre ans ,ou fi on l’a oublié depuis dans l’impréfliôn *;tout ce que je puis dire, o’efl que la copie que je donne eft fidèle. Il me paroît auffi que M. delà Condamine ne devoit pas retrancher ces trois ou quatre mots ;p’amoit été ^affreux ft <&c. Au ’furplus ,il falloit nécelTairèment que M. Clairaü-t îie lut pas avec allez d’attention la Lettre qu’il recevoir , ou que M. de la Condamine àqui il répondoit ,eut eu quelque intention de fe déclarer en faveur de mon avis; ce qu’il ne fit cependant pas, foit par oubli, foit parce qu’il crut avoir des taifons pour agir autrement. Je remarquai quelque tems avant que cet Académicien partit pour LL ma ,qu’il ne difputoit plus avec la même chaleur ,6c qu'il gardoit même fouvent le filence ,lorfque je remettois cette matière fur le tapis. Peut-être fe propofa-t-ii quelquefois de fe joindre àmoi, ôc qu’il regarda alors 'Comme indubitable ,que nous commencerions par la mefure du Méridien, àcaufe d’une des claufes du traité fait le 18 Août 1735. entre les trois Académiciens ,laquelle portoit expreffément, que toutes nos affaires fe régleraient àla pluralité des voix. Mais fi M. de la Gondamine eût réellement cette intention ,elle ne fut que paflagere ,6c il eft certain qu’il n’agit pas en conféquence. Qu’on confidere le nombre de témoins qui font invariables dans leur dépofition ,6c qu’on falFe attention aux citconftancTes dans lefquelles ils dépofent; on ne peut pas les foupçonner d’avoir voulu défigurer la vérité-. L’un écrit tranquillement fur fon Journal les chofes qu’il voit, ôc qu’il n’a nul intérêt d’altérer; il n’eft abfôlüment queftion dans fon Journal que de l’examen du terrein de l’Equateur-, dans le tems dù départ de M. de la Conda* *Voyeï page 43 de l’IntroduCt.Hift. J,8 JUSTIPIGATION DE 2LÜSIEURS FAITS ,&C. mine pour Lima &pendant tout le mois de Janvier 1.737. l’autre comme Direâeur de notre compagnie,^ tend compte au Miniftre ,de l’état de nos affaires, ôc de ce qu’il fe propofe d’exécuter. De mon côté ,je n’avois garde d’aller marquer àM. le. Comte de MaurepaSj, que, nous nous propofions de commencer par la mer lure de l’Equateur, fi nous nous difpofions réellement àcommencer par le Méridien. II. faut remarquer, outre cela ,que la Lettre de M. Godin ôc la mienne, ne peu? vent pas avoir été concertées ,ôc que jamais le témoignage de deux perfonnes n’a mieux conftaté un fait. Cet Académicien marque qu’il va., commencer par l’Equar teur, ôc j’écris dans. le même tems, que je compte protefter folemnellement contre cette réfolution ,fi onrexécute. Nous avons donc droit d’être crus.j ôt Üfaut néceffairement qu’il fe foit glifîé quelque équivoque, dan? l’autre récit ,. qu’on eut fait auflî-biqn. de fupprimer. Je, puis encore détruire l’effet de la Lettre, de M, Clairaut, par une autre autorité qui en vaut feule une infinité d’autres ,ôc qui montre qu’on n’étoit réellement occupé àQuito ,,que de la mefure de, l’Equateur avant la première réception des ordres du Roi, M. de la Condamine,à qui. je recommandai lorfqu’il alloit.à Lima,., de penfer un peu au voyage de la Méridienne dans fes Lettres àM. Godin ,l’oublia., félon, toutes les apparem ces, ôc en m’écrivant il, ne parloit jamais que. de l’autre, voyage. Je fouhaitois qu’on entreprit les deux, en rnêmetems, parce que nous étions un affez grand nombre de, perfonnes. pour faire ces examens préparatoires,..pendant que la faifon.des pluyes nous interdifoit tout autre out vrage. On jugera par la maniéré dont m’écrivoit M. de la Condamine ,s’il étoit effeôtivement du même avis. Je/out haite ,,difoit-il dans fa Lettre de Loxa du ^.Février . que ma Lettre, trouve M. Godin -parti ,m.ais je crains quil. ne le foit pas encore. Une autre de fes Lettres datée de. Santa le 3.1 du même nq^ois eft encore plus exprefle. ,. PrIêmiere Partie. Art. V. jp Sc pecmet auffi peu d^ignorer dans quelle rëfolution on étoit àQuito àfon départ. Il m’envoyoit des obfervations qu’il avoit faites en route ,&il ajoûtoit ;vous pou^ vezfaire part âe ces obfervations telles quelles àM. Goàin , fauf un plus amplement informé ^mais je crois que ma Lettre ne le trouvera plus àQuito. On voit que M. de la Condamine foupçonnoit que M. Godin étoit abfent, par la même raifon que dans fa Lettre du 4du même mois ,il craignoit qu’il ne le fût pas encore. Il eft certain ,d’ailleurs ,&toutes les autres citations que j’ai employées le prouvent, qu’on ne peut interpréter l’abfence dont il s’agit, que par le voyage de îacôte ou le long de l’Equateur. Enfin ,M. de la Con* damine ,-qui ne peut pas fe vanter d’avoir bien prévu cette fois, fuppofe que M. Verguin &moi nous refions àla. Ville, &il nous yconftitue fes Agens, parcequ’il ne préfume pas que je réufliffe àfaire agréer le voyage au Nord &au Sud, pour lequel il s’intéreffoit trop peu» Je vous demande en grâce aujft,djohiQ-t-'û. tde vouloir bien fonger en l'abfence de M. Godin ,àme louer un logement. ... Je me recommande àvous ,Monfieur àM. Verguin , pour rn envoyer par le premier courrier les pièces de mon compas àverge ,&c. il eft donc clair que malgré mes ,continuelles, repré*’ fendons ,les préparatifs pour la nieiÜTe de l’Equateur , attiroient toute l’attention 6c donnoient une vraie exclufion àtout le refte. Si ,afin d’en mieux juger ,on veut fuppofer ,pour un moment, que nous nous propofions de commencer par le Méridien au mois de Février 17?7 , on rendra néceffaires les voyages vers le Nord ôc vers le Sud de Quito. Mais qu’on remarque dans quelles étranges abfurdités on fe jetteroit !011 négligeoit le feuî examen qui fut important, celui du terrein du Méridien ; 6c on ne marquoit, au contraire, de remprelîement que pour le voyage de la côte ,qui ne devoit avoir d’utilité qu’en quatre ou cinq ans. 30 Justification DE plusieurs faits, Scc-, Au furplus 5il n’eft pas étonnant, que je fois obligé dè: juftifier la réalité du fait dont il s’agit ,puifqu’on a voulu le couvrir de nuages pendant même que nous étions au;. Pérou, en follicitant des certificats ou autres écrits équir valents. Il étoit naturel qu on s’adrefiât àmoi pour le.s obtenir ,&j’ai pu être expofé àd’affez fortes importunités. Tout le monde fçait jufqu’où on porte la complaifance ,quand il s’agit dé certifier ,en général ,les bonnes intentions de quelqu’un. Déterminé qu’on eft: par l’envie de faire plaifir, on ne pèfe prefque jamais, les conféquençcs que pourront avoir les louanges qu’onprodigue. Je pourrois avoir commis quelques fautes à cet égard par, un excès de facilité ;mais heureufement il eft rareque les atteftations mandiée.s aye.nt tout leureffet ila fuggeftion s’y manifefte toujours ,parce qu’il„ n’eft pas poflible de faire pliertoutes les circonftances.. Quoiqu’il en foit ,on verra àla fin de cet article., un. certificatqui n’eft pas de la. même efpece, &qui eft bienpropre àrétablir la vérité dans tous fes droits. Il n’a. certainement pas été accordé aux inftances de la pérfonne qu’il intéreffe ,qui étoit àdeux ou trois mille lieues de diftance ,&qui aignoré jufqu’à préfent le fervice que je, lui rendois. M. Verguin, dans l’atteftation que je lui ai demandée, parle incidemment du traité, du 18.. Août 1735. dont M. Godin faifoit mention dans fa Lettre du 17 Février 173 7>àM. le Comte de Maurepas. Quant au fait principal attefté par M. Verguin ,comme il eft du nombre de ceux dont la mémoire fe chargé aifément,. &qu’il s’agit de détruire une imputation qui feroit-aufîi, fauffe qu’injufte; je fuis bien fûr que cet- Ingénieur ne feroit pas difficulté de, l’affirmer par un ferment juridique (*. ). Je déclare que je fuis prêt àfaire la même (*)Je fouIFigné Ingénieur ordinaire de la Marine, cotrelpondant de r'Académie Rpyale ^es Sciences, ayant été envoyé par ordre du Roi. en.; PREMIERE Partie. Art. V. ar cHofe, &je m’imagine que fi l’on interpelioit M. de la Coiidamine ,il ne refuferoit pas de fe joindre ànous pour contribuer àune auffi bonne aûion. M. Godin avoir feul -de fon avis ,lorfqu’il vouloir commencer nos opérations par la niefure de l’Equateur ,les perfonnes dont les droits auroient été violés n’euffentelles pas fait retentir leurs cris jufqaen Europe ?Aurois-je confenti à demeurer caution des fommes que M. de la Condaniine prêtoit ànotre Compagnie ,&cet Académicien eût-il; continué àles fournir malgré la violation d’une condidition qui faifoic une des bafes de notre traité ?M. de la, Condamine ne fefût il pas plaint, que M. Godin man— quoit àfes engagemens les plus folemnels ,&aürois-je. manqué d’infifter fur cette mênie circonftance dans mes Lettres àM. le Comte de Mautepas l 173 àl’Amérique Méridionale en qualité, d’ingénieur de la Marine, pouraider Meffieurs les Académiciens, tant aux opérations Géométriques, qu’aux oblervations Aflronomiques qu’ils fe propofoient de faire aux environs de l’Equateur pour déterminer la figure de la Terre, déclare ne m’être point apperçû par les différentsdilcours que j’ai entendus, ni, par la conduite qu’on atenue au fùjet de l’ouvrage, que M. Godin eût violé le traité dumois d’Août 1736, par lequel il étoit enjoint que tout devoit fe faire àla pluralité des voix entre les Académiciens ,que lî quelque Lettre ouquelque autre écrit infînue. le contraire, on charge M. Godin de cette faute, je luis fûr que cet écrit aété fondé fur quelque expofé peu exaéi. En-, fpi dequoi, j’ai figné àToulon ce 26 Décembre 1749. Signé, Verguin ,Ingénieur ordinaire de la Marine». 22 Justification de plusieurs faits, &c. SECON. DE PARTIE. } Quependant que je travaillois au Pérou àrendre mes ohfervalions les plus exaBes qu ihrdétoit poffible ^je 'ne nègligeois rien pour faire réujfir celles de mes Collègues. ONeft àplaindre lorfqu’on eft réduit ,comme je fuis, àdonner le titre qu’on voit àcette fécondé Partie. Les apologies n’intéreflent guéres le Public ,qui n’é.coûte pas volontiers les difcuflions de faits qui ne lui apprennent rien d’utile ;cependant nous nous trouvons quelquefois obligés de plaider notre caufe devant le tribunal de ce même Public, qui dédaigne nos explications &les éclaircilfemens qui ne font propres qu’à nous juftifîer. Mais toutes les fois que nous pouvons nous rendre témoignage de rinjuftice des foupçons qu’on fait naître contre notre candeur, nous ne pouvons nous difpenfer de faire tout ce qui eft en nous pour les détruire. I- I)e l’état ou Je trouvoit en 17^5. lorfque nous partîmes d’Europe ,la partie pratique de l’ Afironomie , qui avoit rapport ànos opérations. J’ai parlé dans le Livre de la Figure de la Terre déterminée par les obfervations faites au Pérou ,&dans le Profpeôîus àc ce même ouvrage, de deux Procès verbaux ou rapports que je dreffai aux deux extrémités de la Médienne ,pour rendre compte de toutes les précautions prifes dans les obfervations. J’ai marqué àla page 228, î’ufage que pouvoient avoir ces deux Ecrits ;ils dévoient iervir àconft.ater les faits, pendant qu’un troifiéine Mé- Sf.gonds Partie. Art. L23 moire auquel je travaillai prefque dans le même tems &qui leur étoit relatif, contenoit des réfléxions. Une émulation portée trop loin s’étoit malheureufement introduite entre nous ,ôc prefque rien ne fe faifant de concert ,nous nous trouvions privés du conleil les uns des autres.,Notre conduite n’excluoit pas le défir de bien faire. &de remplir parfaitement l’objet de notre miffionj il fe peut même qu'elle fut regardée comme un moyen nécef* faire pour parvenir plus fûrement àce but. Je fuis en état de prouver que je fis part de toutes mes remarques, tantque je cru que les obfervations fe feroient en commun î mais lorfque je vis que la féparation étoit abfolument réfolue ,je dûs ouvrir les yeux fur fes fuites fàcheufes ,ôc craindre de travailler contre mes propres intérêts, ou. mêm.e ,,‘de nuire au fuccès général de notre voyage, fi je n’ufois de quelque réferve. Nous pouvions revenir en.. Europe avec des avis tout différents fur. la grandeur du. degré ;je fentis combien il étoit indifpenfable de prévenir, i’indécjfibn où l’Académie fe trouveroit un jour, fi. noS) réfultàts ne s’accordoient pas.. Il eut été abfurde dlen. venir auxformalités que j’employois de mon côté ,. ou d’avoir recours aux rapportsiégalifés pan des Notaires, fi.les obfervations dont il. s’agiflbit n’avoient pas été aufli délicates qu’elles l’étoient,. &Il on n’en eut jamais fait que de bonnes jmais lorfque nous parâmesd’Europe en 173 y, toute. la partie pratique de l’Aftronomie dont nous avions b'efoin, n’avoit, été expliquée d’une maniéré parfaite dans aucun. Livre , &l’autorité de M. Picard pouvoir nous induire en erreur dans les. circonftances où nous nous trouvions ,comme je n’ai pas craint de le dire àla page 5' 5)4 de. nos Mé-- moires de 1745.,J’avois l’honneur de parler alors en préfence .d’une Compagnie où les. plus grands Aftronomes. du Monde fe trouvoient ,&on n’eut pas manqué de me. contredire, fi le.fait. que. j’avançois n’eût pas, été. exaête? me.nt.vrai. ' * 30 Justification de plusieurs faits, &'c. tenant ,en fupprimant ou en niant toutes les circonftances qui me font favorables ,me faire un crime d’une chofe qu’il aregardé lui -même au Pérou comme très-in- nocente ?II penfa fans doute &il ne fe trompa pas ,que fl je ne lui remettois pas mon Mémoire ,J’en fuppléois de vive voix la communication d’une maniéré plus prompte &plus fimple. III. Quelle efl Fefpece de concert avec lequel les obfervations ont été faites au Pérou, &de tintérêt -particulier que Jai pris dans le fuccés de celles de M, de la Condamine. Je commencerai cet article en montrant que M. de la Condamine, qui ne s’en fouvient pas, aeu connoiffance fur les lieux ,du Mémoire relatif aux Procès-ver- baux. J’en tirerai la preuve d’une Lettre qu’il m’écrivoit le 28 Janvier 1742. pendant que nous étions àQuito , lorfque je le preflbis d’aller àTarqui pour s’y aflurer par lui-même ,que nos premières obfervations faites àcette extrémité de la Méridienne étoient défeûueufes Je ne regarde pas, difoit-il ,notre correfpondance dobfervations ,comme feulement utile pour cacher le vrai motif de mon voyage àTar'^ui. Il faudra bien quelque jour déclarer quil étoit nècejfaire pour une autre raifon, &que nos premières obfervations ,tant de fois répétées ,&de tant de diverfes' maniérés ,étoient défeôîueufes ,comme vous m’enajfurez,par la flexibilité des fourchettes qui portaient la lunette» S'ilyavait quelque faute en cela ,vous fçavez que je nai eu nulle part àla conflruétion de tinflrument :cela eji ajfez clairement infinué dans le Procès-verbal de notre obfervation de Cochefqui ,<& je penfe que vous ri aurez pas oublié cette circonftance dans le Mémoire que vous refervez pour l' Acch démie ÿje m'en rapporte àvotre bonne foi. On voit que M. de la Condamine parle bien pofitivement d’un Écrit deftiné pour l’Académie, quiarap- Seconde Partie. Art. III. 51 port ànos obfervations ,&qui eft différent des Procèsverbaux. Ce fait, établi comme il l’eft, montre déjà qu’on partoit d’une fuppofition fauffe dans les reproches qu’on me faifoit. Il feroit fuperflus aâuellement de donner àl’Académie le Mémoire dont il s’agit ,àmoins que ce ne fût pour yjoindre les réflexions, que l’expérience &le tems m’ont fait faire depuis :les perfonnes qui me rendent juftice ne formeront aucun doute au fujet de ce même Écrit. M. de la Condamine marque le plus grand empreffement de le voir; il amême recours àl’autorité d’Horace pour m’engager àne le pas laiffer dans les ténèbres. J’ai cependant déjà travaillé àl’en faire fortir ,puifque je l’ai inféré prefque entièrement dans mon Livre ,&que j’ai eu le foin d’en avertir mes Leêleurs. Ce Mémoire eft partagé en plufieurs articles, dont les premiers ont rapport àla conftrüêlion de#grands feêleurs ;&M. de la Condamine ,qui ne vouloit point faire conftruire d’inftrument ,n’avoir nul befoin de mes remarques bonnes ou mauvaifesfur ce fujet. Celles qui fuivoient étoient plus du reffort de l’Obfervateur :elles rouloient fur la fituation du foyer des grandes lunettes; mais je puis affurer aufli que je les ai communiquées àtems ,&c’eft ce que je ne laifferai pas fans quelques preuves. Je condamnois comme infuffifant l’ufage du diaphragme ,ou de la pinnule oculaire qu’on met quelquefois devant l’œil,, lorfque le réticulé du micromètre ne fe trouve pas exactement au foyer. Mon Mémoire eft daté du 20 Mars 1740; ainfi je n’ai pû confeiller depuis àM. delà Condamine, comme il l’affure àla page 574 de nos Mémoires de 174(5, de fe fervir de ce même diaphragme.' J’ai pû lui parler des nouvelles tentatives que j’ai faites dans la fuite pour employer de rechef cette pinnule; mais^ je fuis fûr que j’ai fpécifié dans plufieurs de mes Lettres ,que je l’appliquois alors d’une maniéré partiçu-^ liere.- *Voy.page J36 ôç iiSfidu Liv. de 1^mefure des 3prcm. degres du Méridien. 32 Justification de plusieurs faits, &c. Enfin je péfois dans le refte du Mémoire Tiniportance dont il eft de rendre la lunette exaèlement parallèle au plan de i’inflrument :j’évaluois l’erreur àlaquelle on eft expofé dans les obfervations ,lorfqu’on néglige cette condition ,&je trouvois qu’il étoit encore infiniment plus important pour nous ,de pouffer le fcrupule extrêmement loin fur la diredlion de la Méridienne qui nous fervoit àdifpofer le fedteur. L’attention prefque fupeftitieufe avec laquelle je travaillois àremplir cette derniere condition ,fufïifoit pour faire juger àtous ceux qui affiftoient aux obfervations , que je la regardois comme abfolument effentielle ;cette maniéré de la recommander étoit plus courte ,que d’engager quelqu’un àlire mon Ménioire. Nous avons chacun de nous des objets d’étude qui nous flattent davantage :outre cela le tems nous eft fouvent précieux ,&il m’eft arrivé plus d’une fois^ans le voyage du Pérou ,de remarquer que je prêtois fort inutilement différents papiers. Je m’expliquai une infinité de fois fur le peu de valeur des obfervations de 1737 ,que nous finies en tombant dans la faute de Théorie dont j’ai parlé plus haut;c’eft ce que je puis protefter ,ôc je fuis perfuadé que M. de la Condamine n’affirmera pas le contraire. Je n’eus pas dans ce tems-là le bonheur d’être crû ;cet Académicien foupçonna apparemment que je n’attacheis de prix aux précautions que je prenois ,que parce que je croyois les avoir imaginées. Une brochure qu’il reçût d’un de fes amis fur les opérations du cercle polaire ,dans laquelle on propofoitle travail de M. Picard ,comme le meilleur des modèles qu’on pût fuivre ,dût contribuer beaucoup à confirmer ces fauffes idées ,&àfaire méprifer ce que je difois. En un mot, les Certificats que M. de la Condamine mit au bas des deux Procès-verbaqx furent précifément énoncés comme ils l’euffent été en 1737 ,lorfque nous jugions dç la bonté de nos obfçrvations par un faux critérium. Au lieu de fe donner pour témoin comme U i’avoit Seconde Partie. Art. ÎÎI. 55 lavoit été en effet de l’attention fcrupuleufe avec laquelle je méttois rinftrument dans le plan du Méridien ,il n’en fit abfolument aucune mention, ou bien, il infifta fur la condition de la médiation qui ne fervoit àrien. Mais pour juger s’il yeut de ma faute ,il fuffit de voir la maniéré dont il arapporté divers autres faits qui appartiennent au même tems. M. de la Condamine dit àla page de nos Mémoires de 174(5,qu’il contribua àTarqui le premier Oêfobre 173p. àaffembler les pièces de l’inflrument, àdonner àla lunette une fituation parallèle au plan du fe(Steur ,&àle fufpendre. Mais ,félon ce qui eft rapporté àla page 114 de fon Livre ,&félon le Journal de M. Verguin, qui eft conforme au mien, l’opération ne fut faite ,au contraire ,qu’après le départ de M. de la Condamine; puifqu’en allant àCuenca, il me laiffa occupé àTarqui àfaire travailler àla charpente du toit ,qui devoit foutenir l’inftrument (*). Je ne fçaurois foufcrire non plus àce qu’il dit qu’il fe rendit àCuenca pour preffer l’achevement du limbe. Cette circonftance lui eût fer- (*)Extrait du Journal de M. Verguin. Le i. (Oftobre 1735’.) nous avons marqué Tendron où devoir être ïùfpendu le grand inflrument pour y enfoncer deux pieds droits ,àl’extrémité deiquels il yaun tenon où fera mife une traverfe en mortaife ,lùr laquelle îe feront les mouvemens de Tinftrument. M. de la Condamine eft parti pour Cuenca, Le Z. le Charpentier aachevé de mettre en place la piece nécelTaire pour la fulpenfion de Tinftrument ,&la traverfe d’en-bas fur laquelle il doit porter, &c. Le 3. M. Bouguer &moi nous avons monté le grand inftrument, adapté la lunette, &c. nous Tavons mife en place, &ajufté toutes les pièces qui doivent fervir àlui donner tous les mouvemens néceifaires lors des obfervations. Le 4. Les hauteurs correlpondantes ont donné midi vrai ‘à 11 h. o'. 55". MHugo eft venu le foir pour nous aider àmonter le grand inftrument, ce que nous avions déjà fait lans fon fecours. Je me difpenfe de tranfcrire l’art, du t. ù" celui du 6. qui ejl le jour auquel revint M. de la Condamine ;mais il yeji aujfipeu parlé de Méridienne, que dans les articles précédens ,parce quelle ne fut effeélivejrknt tracée que long -tems après. M. Verguin m’a communiqué cet extrait dans fa Lettre datée de Toulon le iDécemire 1750. E *Voyez le bas de la page_ 129. du Livde ia mefure cies 3pre- miers deg. du Méridien. 34 JüSTIFCATION DE PLUSIEURS FAITS ,&C. vi àmotiver fon abfence au lieu qu'il fe contenta de déclarer qu’il s’étoit abfenté, &il n’en allégua aucune raifon dans fon Certificat, qu’on verra àla page 136’ de fon Livre. Je puis juûifier aufiî en produifant les copies que j’ai confervées de quelques-unes de mes Lettres, qu’étant fur les lieux, nous n’avons jamais fait mention de cette abfence ,que comme d’un voyage quî n’avoit eu aucun rapport avec nos obfervations ,&je puis ajouter que je m’en refibuviens parfaitement. M. de la Condamine dit de plus (page 114 de fon. Livre) que le fieur Hugo me porta le limbe le 4; mais je puis prouver par le Journal de M. Verguin &par le mien ,que l’inflrument fut abfolument monté le 3,fans le fecours du fieur Hugo. Je conviens que quelques-unes de ces circonftances paroiflent peu confidérabies ;mais il n’y avoit qu’à les palfer fous filence ,ou les rapporter exactement ;car j’avois eu des raifons pour monter l’inftrument avant l’arrivée du fieur Hugo. Il faut remarquer aufii que le Procès-verbal *prouve que je n’entrepris pas de placer la lunette parallèlement au plan de l’infirument, pendant que le limbe étoit entrejes mains de l’Ouvrier, comme M. de la Condamine l’infinue dans l’endroit cité des Mémoires de 174^, (page )Si, contre la foi d’un rapport légalifé folemnellement,ôc muni du Certificat de cet Académicien, je me lailTois charger d’une femblable faute ,on pourroit croire que je l’ai encore commife dans la fuite, &on feroit en droit de douter de tous mes récits. Il ajoute que la Méridienne fut tracée dans le même tems ;mais indépendamment de plufieurs autres preuves que j’ai par écrit du contraire, le Procès-verbal marque encore affez clairement que je ne me hâtai pas de venir àcette opération particulière. Le Soleil au commencement d’Oêlobre étoit trèsprès de notre zénith. Je ne voulois pas que les erreurs Seconde Partie. Art. IIÎ. 3^ dans la déclinalfon de cet aftre ,ni celle de la ladtude du lieu de l’obfervation ,influaffent fur la diredlion de la Méridienne J&il fallut pour cela attendre un tems affez confîdérable ,dont je profitai auffi, il efl: vrai, pour donner plus exaélement àla lunette ,fa longueur. C’eft pour cette raifon ,ôc parce que le Ciel couvert interrompoit fouvent mon travail ,qu’il eft dit vers le commencement du rapport ,que pendant plus d’un mois mus navons fait autre choje que reconnaître les changemens quilfalloir faire àla direction de linjirument. Ce paffage afixé l’attention de M. de la Condamine, qui l’a fait imprimer dans fon Livre en d’autres caraéleres *,&il forme réellement une efpece d’énigme qui feroit inexplicable ,fi j’avois tracé la Méridienne les premiers jours d’Oélobre. L’affemblage de toutes ces circonftances ,dont M. de la Condamine n’a pas été exadement informé ,quoiqu’il ne fut pas poffible que je lui en fiffe myftere, commencera fans doute àfaire foupçonner que le concert avec lequel les obfervations fe faifoient, doit être entendu avec quelque reflridion, ôc toute la fuite de ce difeours fera voir la même chofe. Il eft peut-être encore àpropos d’avertir qu’à la place de Pou 10 lignes que je viens d’analifer, dans l’extrait que M. de la Condamine nous aluimême donné de fon Livre ,on trouve fur le Regiflre de l’Académie ,un texte tout différent, mais qui n’eft pas fujet aux mêmes difficultés ,àcaufe de la généralité des termes dans lefquels il eft conçu. Au lieu qu’on lit àla page dyp, dans l’imprimé ,le premier Octobre nous ajfemblâmes ,&c. on trouve limplement fur le Regiftre :les jours fuivans on plaça la lunette garnie du micromètre fur le rayon du fe5îeur ;on la rendit parallèle au plan de l'infirument ,on le Jitfpendit , on traça une Méridienne on tendit dansfon allignement un filet de cheveux noués bout-à-bout )auquel on rendoit le limbe dufeéîeur parallèle chaquefois quon retournoit Finfirument y&c. Cette variante m’a été fournie par M. de Eij *Voyeï page 130. '5 5Justification de plusieurs faits, &c. Fouchy qui Ta certifiée ;ainfi le Regiftre ne contient rien en cet endroit qui foit contradictoire avec les Procèsverbaux, ni avec le Journal de M. Verguin,niavec le mien, ni avec le Livre de M. de la Condamine.- Il eft vrai auffi qu’il n’ajoûte rien aux Certificats mis au bas des Procès-- verbaux ,ou qu’il n’en repare pas les omiflions. Toute narration n’eft que le détail de plufieurs faits qui , pris chacun àpart ,ne méritent fouvent que peu d’attention, mais qui ceffent d’être indifférents, lorfqu’ils forment un tout &qu’ils concourent au même but. Chaque circonP tance eft pour l’ordinaire comme un trait de plus,que i’Hif’ torien ajoute au tableau qu’il vouloit donner. Nous ne devons donc pas négliger de pèfer tout ce qui entre dans les récits de M. de la Condamine. Nous tirâmes un grand fecours d’un expédient que je propofai le premier àM= Godin ,pour graduer nous -mêmes nos inftrumens ,& pour ymarquer des arcs d’une grandeur déterminée ,fans être obligé d’avoir recours àaucune main étrangère. Cet expédient, qui aauffi été imaginé par M. Caffini de Thuly pendant notre abfence ,confifte àrendre la corde de l’arc une partie aliquote exatfe du rayon. Lorfque j’en fis part àM. Godin il me répondit qu’il yavoit auffi penfé ; nous n’aurons point de difpute lui &moi àcette occafion. JVIaisM. de la Condamine décide le procès tout d’un coup, en difant (page 120 &121 de fon Livre) qu’il avoit entendu parler de cet expédient àM. Godin ,avant même notre départ de France. Cependant je puis faire voir une Lettre de ce dernier ,qui devoir mieux s’en fouvenir que perfonne, &qui me marquoit bien nettement que cette idée ne lui étoit venue qu’au Pérou. D’ailleurs je fuis en état de prouver qu’il n’étoitpas difpofé àla communiquer àtout le monde ,lorfque je me cru obligé de m’ouvrir àlui fur le même fujet. Un autre fait qui aencore rapport aux obfervations de T75P. M. de la Condamine dit au bas de la page lop, qu’il deffina l’inftrument tout monté ,&qu’il prêta font Seconde Partie. 'Art. III. 57 defîein àM. Vergûin qui en tira une copie pour mol. Mais je puis affurer que M. Verguin ne m’a jamais fait de pa^- reils deffeins ,ôc que je me donnai la peine de faire moimême celui qu’on voit àpage 182 de mon Livre (*). Nous allions au Pérou pour faire autre chofe que deffiner des inftrumens. Je ne releve aufli le fait avancé par M. de la Condamine dans cette rencontre, que pour montrer qu’il fe range dans la clalTe des premiers ,ôc qu’il ne forme point d’exception. Il n’a été queflion ,dans tous les détails précédens ) que d’une obfervation dont le fuccès ne fut pas heureux ;ce qui n’empêche pas qu’elle ne fournifle une époque remarquable dans l’Hiftoire de notre voyage. Je prenoisj dès ce tems-là ,des précautions nouvelles qui ont fait réuffir nos obfervations poftérieures ,lorfque je fuis parvenu àrendre plus folides les parties de l’inftrument qui foutenoient la lunette. Ainfi il ne feroit pas jufte de me charger de la faute que je commis alors , 6c ‘de fe taire fur tout le refte. Un Hifiorien impartial doit rapporter le bien comme le mal :s’il infifte fur les chofes qui font défavantageufes àquelqu’un ,il ne doit pas négliger de mettre dans l’autre baffin de la balance tout ce qui peut former quelque efpece de compenfation ^ principalement s’il en aluimême profité. Je fis mal de me repofer, quoique dans une chofe de pure exécution ffur l’expérience du fieur Hugo ,àqui M. de la Condamine donne de grands éloges. Mais, après tout, fl l’on me reprochoit cette faute ,ne ferois -je pas en droit d’en appeller àla confcience de ceux qui me fe- (4c )Il efl vrai que vous me montrâtes àTarqui le deflein de l’inflrument tel que vous l’avez, repréfenté dans la planche de la page igz, &que j’en examinai la perfpeftive ,que je le gardai quelque tems dans ma chambre, &que je ne fis les deux différens defleins que j’ai, qu’après que vous m’eûtes montré &la'lTe' le vôtre. Ainli ,Monfîeur ,le deflein de cet inl^ trument aété fait en premier lieu par vous. Lettre que M. Vtrguin ms. écrite de Toulon. Eïïj s8.Justification de plusieurs faits, &c. roient ce reproche’, &de leur demander s’il eft bien fâc qu’ils n’en enflent pas encore commis de plus grandes , en rendant l’inftrument vicieux même dans fa forme. Le fedteur de M. Godin étoit bien capable dexciter notre émulation, &il l’excitoit en effet. Il avoit 20 pieds de rayon ,&il eft certain que l’envie de fuivre au moins de loin un auflTi habile Aftronome devoit nous porter naturellement àallonger le rayon de notre feêleur. Cette augmentation de rayon ,eût rendu notre inftrument , non-feulement fort inférieur àcelui de M. Godin ,elle l’eût rendu très-imparfait ,parce que la lunette n’en étoit que de 12 pieds. Toutes nos obfervations euffent enfuite péché continuellement en excès ,&nous n’euflîons fait, en les répétant, que nous confirmer dans notre erreur. M. de la Condamine eût été très -capable de faire réufllr feul notre travail, s’il eut eu le tems de s’y livrer autant que je le faifois. Hs’appliquoit àdes chofes utiles :il afoutenu avec ce zèle qu’on lui connoît, le procès que nous avons eu dans ce pays-là ,au fujet des pyramides :il adéfendu la mémoire du feu fieur Séniergues; il nous arendu une infinité d’autres fervices. Mais toutes ces chofes enlevoient du tems ;c’étoit un enchaînement d’affaires, &il n’étoit pas poffible que M. de la Condamine malgré fon extrême aêtivité ,trouvât le O\ ^ moyen de vacquer atout. Aînfi on auroit le plus grand tort du monde fi on lui donnoit quelque part au peu de fuccès des obfervations de 173p. -Il faut me confidérer comme feul ;je travaillais àm’inftxuire ,Ôc il me fallut du tems pour que mes connoifTances s’augmentafTent peu àpeu ,pendant que je n’étois aidé de perfonne. M. de la Condamine dit (àla page de fon Livre )qu’il me fit part en 1742. de fes conjeêlures fur le défaut de folidité de notre inftrument ces eonjeâures venoient un peu tard ,&malgré cela je fuis fâché qu’il ne les ait pas fait imprimer Seconde Partie. Art. IV. 59 dans les propres termes qu’il me les communiqua. J’ai fës Lettres ;on verroit qu’elles fervent de confirmation à tout ce que j’avance. S’il écrivit des chofes plus particulières fur fes Journaux ^que dans les Cenificats qu’il fe donna la peine de mettre au bas des rapports ,je n’en pus tirer aucune lumière ,je n’en fus pas informé il me parok qu’il ne les avoir pas préfentes lorfque je l’avertis, au commencement de 1741 ,que j’allois répéter ces mêmes obfervations :car il me répondit qu’il renonçoit pour fa part à ce nouveau travail, s’il falloir qu’il le fît feul. C’eft ce qu’on verra dans deux extraits de fes Lettres que j’aurai occafion de rapporter ,elles font datées du 12Janvier Î741. Enfin, je dois ajouter, puifqu’il faut que je me juftifie ,que l’alternative même entre les obfervations , me rendoit nos opérations beaucoup plus difficiles. Ne fachant àquoi rapporter les changemens ou variations que j’appercevois, j’attendois avec impatience le moment de m’en éclaircir ;mais le Ciel qui etoic couvert des 7 ou 8jours de fuite ne fe découvroit quelquefois que lorfi que ce n’étoit pas mon tour d’obferver ,&je refiois indécis fur le parti que j’avois àprendre. Ce ne fut cependant pas ce qui m’engagea àexécuter une réfolution que j’avois formée depuis long-tems y. celle de travailler àpart, afin de joüir de plus de tranquilké. M. Godin m’en avoit déjà donné l’exemple ,mais d’une maniéré plus marquée quoiqu’il me fit dire par plufieurs perfonnes ,6cqu’il me l’écrivit auffi ,qu’il penîbit que fa féparation ne me faifoit pas grand mal, ôc quelle ne m’avoit pas non plus pour objet. II. feroit inutile de. le diffimuler déformais. Nous pouvons avoir les meilleures intentions du monde, &tendre continuellement au bien; mais comme il eft difîérens chemins qui nous yconduifent ,la diverfité des avis ne peut manquer de devenir de plus grande en plus grande ;&on efl; extrêmement àplaindre ,lorfque dans -4^ JUSTIFICATIOISI DE ELtiSIEURS FAITS j facilite avec iaquelie |e comnauniquois mes remarques 5^ de même que celle avec laquelle je 'm’alîociois dans des opérations :que je -pouvois exécuter étant lèul, quem juflifîanc qu’il en efl réfulté des inconvéniens réels pour moi. Il mdfl; prefque toujours arrivé de faire part de mes ;plus fimples projets. J’en ai ibien la preuve dans le recueil imprimé àMadrid. On yréfute ,, ou on ycite plu- •fleurs de mes idées ,que j’avois été le premier àaDandonner, &dont je navois fait part., que parce que je croyois que dans une •Compagnie comme la notre , chacun de nous devoit penfer comme tout haut. Mais quoique j’aie toujours agi avec cette franchife qui m’ed naturelle ,je ne me fuis que trop apperçû qu’on ne me rendoit quelquefois pas plus de juftice fur cet article , que fur beaucoup d’autres. Il eft de très-honnêtes gens qui font très -difficiles àcontenter. J’ai connu des perlonnes àqui j’aurois eu la complaifance de remettre tous mes papiers, qui, au lieu de m’en remercier ,m’euffent encore marqué du chagrin ;foutenant que je n’aianois pas àfaire plaifir ,&que je ne leur avois pas tout communiqué. Je me fuis 'rêpenti plus d’une fois de m’être alTocié trop facilement pour faire certaines obférvations. Les humeurs de tous les hommes ne s’accordent pas allez : on peut fe trouver très-honoré de la compagnie de quelqu’un ,.& que cependant on ait mal fait de la rechercher. Je ne commis pas certainement cette faute ,lorfque nous .allâmes fur Chimboraço, pour examiner fi les fils -à- plomb étoient fujets àquelque déviation fur les |)lus grolTes montagnes ;mais nous étions expofés tout- a-la-fois àune tempête prefque continuelle, &àtoutes .les horreurs des zones firoides; &j’étois non-feulement obligé de fupporter mes peines ,il me falloit encore partager toutes celles de M. de la Condamine. Celles -ci étoient bien grandes ,puifque malgré fon extrême courage, il s’en prencit prefque continuellement àmoi; Seconde Partie A;RT,,rV.. 47: dè ce que le tems étoit fi mauvais., Je. me fouvièns qu’il;. medemandoit prefque. fans, ceffe-, combien: je me faifois payer pour le plaifir qu’on avoir de m’accompagner: ce fait peut fe trofiver: de quelque conféquence pour la: fuite J&il fut fçû de, toutes les perfonnes de notre Comï>- pagnie.; Lorfque nous fumes defcendus de cette montagne 5, j’ëprouvai: un autre contretems.. M. de la Condamine* prétendoit que, le fecret. que je lui avois demandé, de^ même qu’à M. de lJlloa,.n’étoitqüe relatif, &que puifque: l’obfervation n’avoir été faite, que pour être rendm publique, il pouvoir, contre mon confentement, enfaire partà l’Académie par le canal de M. dü Fay^ Il eft vrai qu’aprês avoir long-tems difputé, if remitla chofeàmon choix, dans une longue Lettre qu’il m’écrivit pen^ dant que nous étions àRiobamba.le 28 Décembre 17384, Voici fes propres termes: «Quant àma Lettre aM. du Fay fur les obfervations- «que vous avez imaginées pour rec.onnoître l’effet de.- «l’attraêlion auxquelles je. reconnois ici comme dans la- «Lettre ,.que vous avez bien voulu m’afTocier; Quoique - «le, deffein que j’ai eu, en l’écrivant,, eût été, ff. de- «ne pas perdre, le mérite des peines &fatigues -qui ont: «accompagné ce travail ..... .... 2°. D’inférer dans cette.: «narration purement hiftorique ,certaines chofes que: «l’Auteur même ne peut dire, ôc en troifiéme lieu de. «dépofer ce dont j’ai été témoin ;ce fécond témoigna- «ge ayant ici quelque poids ,, comme plus défintéreffé ! «en quelque forte, par la déclaration que je fais de n’a» «voir eu aucune part au premier projet ,11011 plus qu’à: «l’invention de. la Méthode. Enfin ,quoique depuis la «première ligne jufqu’à celle--oii commence la. lifte des : «hauteurs d’étoiles, il foit eontinueliementparlé -de.: «vous, comme il n’a tenu qu’à vous de, le: voir ,m’étant ; «renfermé dans le perfonnage d’Hiftorien &de témoin :.- «comme, il. m’a parû en achevant l’autre, foir.. de., vous.; 48 Justification DE PLUSIEURS FAITS, &;c. «faire la lefture de ma Lettre ,que vous aviez -quelqué répugnance àce que je l’écriviffe ,je vous oflPre très- «fincérement de la fupprimer. Cet extrait fuffit, je penfe, pour montrer que M. de la Condamine n’avoit pas allez préfente la maniéré dont les chofes s’étoient paffées, lorfquil adit àla page 68 'de fon Introdudion Hiftorique, que nous nous étions lèrvi d’un expédient qudl m’avoit luimême propofé , parce que le mien ,n’étoit bon que pour des difpofitions locales qui ne fe trouvent prefque jamais. Si nous employâmes un expédient dû àM. de la Condamine ,il ayoit le même droit que moi àl’expérience ;je ne l’y alTociois pas ,comme il le reconnoît néanmoins ;il n’eut pas dit non plus qu’il n’avoit aucune part àl’invention de la Méthode ,&qu’il fe renfermbit dans le perfonnage d’Hiftorien &de témoin; il ne m’eût pas demandé combien je faifois payer le plailir qu’on avoit de m’accompagner. Je prie, outre cela, de remarquer, que lorfque je me fuis expliqué comme je l’ai fait dans le Livre de la Figure de la Terre jd’une maniéré toute contraire àM. de la Condamine, je ne pouvois pas foupçonner que cet Académicien continueroit àrécufer les Juges naturels de nos différends. Les 15' jours qu’on lui avoit donnés le 25) Novembre 1748. pour expofer les griefs qu’il pourroit avoir contre mon Livre ,avant qu’il fût rendu public, furent prolongés par une délibération Académique le 7Juin 174P (^);ainfi le Livre de la Figure de la (»)Extrait iesRegifires de l’Académie Royale des Sciences ,du ^Juin 174?^ M. de la Condamine m’a remis (c’eft M. de Fouchy qui parle) un paquet cacheté ,contenant les obrervations qu’il afaites au Pérou ,&areçu l’Exemplaire de M. Bouguer (le Livre de la Figure de la Terre) :il aété décidé que les 1îjours pendant lefquels il le doit garder ,fuivant la délibération du ap Novembre 1748. ne commenceroient àcourir que d’aujourd’hui. .( Cet extrait Cl -été délivré &certifié par M, de Fouchj, ) Seconde Partie. Art. IV. 4p la Teffë que l’Académie m’a non-feulement fait l’honneur d’approuver ,mais qu’elle avoulu adopter d’une maniéré particulière ,doit avoir aux yeux du Public ,6c vis-à-vis même de M. de la Condamine ,le même degré d’autorité ,que fi tous les points en avoient été difcutés contradiêloirement. Il ne tenoit qu’à cet Académicien de contefter ;ôc on peut affurer, puifqu’il ne le fit pas ,qu’il avoit bien reconnu qu’il n’avoit aucune objeétion àfaire. On ne peut pas dire la même chofe du Livre de M. de la Condamine dont l’Académie n’a pris aucune connoifiance. Toutes ces différences donnent un degré d’autenticité de plus àmes récits ,en mêmé-tems qu’elles peuvent fervir àreûifier fur beaucoup d’autres points ,les idées imparfaites que s’étoient formé plufieurs Leêleurs qui avoient été mal informés. La Lettre de M. de la Condamine àfeu M. du Fay, fur les attraêlions Newtoniennes, aété relue en 17 ji. dans nos Affemblées ;elle a été deftinée àl’impreffion dans nos Mémoires, ôc je ne ctains point de dire, que la Compagnie n’y arien remarqué qui eût rapport àla prétention énoncée dans l’Introduêtion Hiftorique. La chofe eut excité l’attention de tous les Académiciens qui ont toujours entendu que M. de la Condamine n’avoit eu part qu’à la peine de l’exécution. La Lettre à M. du Fay aété vûe avant notre arrivée en France ,par piufieurs perfonnes àParis; on m’en aremis une copie que je puis montrer, ôc qui eft abfolument conforme àmon récit. Il eft bon que j’en avertiffe ;puifqu’il peut arriver que ce qui n’a été d’abord que l’effet de la précipitation dans rintroduélion Hiftorique, foit regardé dans la fuite comme une efpece de titre. Je ne pouvois manquer de tomber dans les inconvéniens dont je me plains ,puifque M. de la Condamine s’en eft apperçû lübmême ,ôc qu’il aeu la bonté de m’en parler au Pérou, d’une maniéré qui lui fait uq honneur infini, G 'JO JusTlFCATION DE PLUSIEURS FAITS ,StCi La Lettre du 28 Décembre 1738 ,dont j’ai fait rnen^ition ,contient çe témoignage de fa part ,qui eft fi louable &fi généreux (*). On m’objeéieroit mal-à-propos 5, que j’ai peut-être changé de conduite lorfque nous nous fommes tous féparè's ;je montrerois le contraire par une infinité de preuves de détail, en produifant les Lettres que je recevois, par lefquelles on jugeroit de mes réponfes. M. de la Condamine défaprouva très-fortement le parti que je prenois de travailler àpart ,mais il nem’écrivit que plus fouvent, &nos Lettres continuèrent àfe m.ultiplier. C’eft même ce qui' adonné lieu de me jetter dans une contradiêlion apparente ,dont j’ai déjà dit, un mot dans le fécond article ,touchant l’ufage du diar phragme ,ou de la pinnule oculaire. Je me fouviens très -diftinâement d’avoir averti M. de la Condamine ,que quoique je fulfe aflez content de la maniéré dont je m’étois fervi de ce même diaphragme, il me paroiffoit néanmoins plus fur de ne point embaralTer l’œil de l’Obfervateur ,&de faifir le milieu du petit efpace que parcourt l’image de l’aftre ,lorfqu’ello: (*)J’ai parlé de la reconnoiflance que je vous devois, Monfieur, je - me ferai toujours gloire de la publier, &de convenir que je vous ai fouvent cprrfulté ,que vous m’avez tenu lieu des plus excellens Livres auxquels je n’étois pas àportée d’avoir recours, &que je vous ai fouvent dû, ce que je n’aurois trouvé qu’avec peine ,ou point du tout dans les Livres. ». Je fuis très-éloigné de vouloir m’approprier ce qui ne m’appartient pas ,& il je vous ai paru ,malgré l’attention que j’y ai apportée, avoir péché contre cette maxime ,.c’a été contre moa intention ,&fur des chofes ou que j’ai crû qui étoient àtout le monde, ou que vous ne daignez pas revendiquer. . . Je vous donne ma parole que depuis que j’en fuis averti ,je reparerai notiïeulement dans les Mémoires de moi qui feront publiés ,mais fur mon Journal même d’obfervations, qui h’eft rien moins que deftiné àvoir le jour ,toutes les omilTions involontaires qui me font éehapées. , Cependant je vous avoue que je crois n’avoir ,fur ce chapitre ,qu’un feul reproche àme faire qui ait quelque fondement, quoique mon inten-. tion ait été droite &pure ,c’eft au fujet de la formule du centre de gra-- vité du pendule, que vous voulûtes bien me communiquer au petit Goa- ve le mal eft très-aifé àréparer avec ufure, &c. {Lettre de M, de Id Condamiiie ,datée de Riobamba le z8 Décembre 1738.)^ Seconde Partie. Art. ÏV. ff me tombe pas précifément fur le réticule. J’aî eu occafion de parler de cette matière dans différentes Lettres , &je n’ai pas dû répéter dans toutes, que je pkçois le diaphragme d’une façon particulière. Qu’eft-il arrivé de là ?M. de la Condamine ,qtii m’à fait l’honneur de me confulter fur une infinité de chofes > comme je puis le juftifier en montrant fes Lettres, n’en fait abfolument aucune mention; mais il fe fouvient du diaphragme /& il en parle comme fi je lui en avois recommandé l’iifage d’une maniéré abfolue. Je fçai bien qué tous les Leéleurs ne s’aviferont pas de rapptocher l’endroit des Mémoires de Ioù M. de la Condamine en par^ le *, &celui du Livre de la Figure de la Terre, qui n’y eft pas -conforme. Mais ce feront les Leâeurs les plus éclairés ,&ceux dont je recherche le plus l’eflime, qui feront cette comparaifon; &on voit bien ce qu’ils feroient portés àen conclure ,fi je ne m’expliqüois. Il eft bien fâcheux pour moi ,qu’après que j’ai donné un fi grand nombre d’éclaircifiêmens utiles, on ne me faffe Auteur que d’un confeil dangereux. Mais qu’on pèfe un peu plus toutes les circonftances de la chofe S Mi de la Condamine reconnoît, par fa propre expérience, que j’ai eu tort de lui recommander l’ufage du diaphragme: il ne pouvoir pas ,ce me femble, fe difpenfer, auffi-tôt qu’il s’en appereut, de m’avertir que ce confeil n’étoit pas bon. Si j’ai manqué de bonne volonté, il n’a pu le fçavoir qu’en France ,lorfqu’il avû dans mon Livre ,que j’étois d’un fentiment contraire ;mais au Pérou il adû croire fimplement que je me trompois. Il devoït donc ,comme Confrère ,me donner un mot d’avis, pour éviter lui -même le reproche auquel il m’expofe ,en ne lifant pas mes Lettres avec affez de foin. '‘ Si Ton jette les yeux fur la page îpp de fon Livre j on verra qu’il s’y agit d’une matière qui abien du rapport ài’ufage du diaphragme ,ou de la pinnule oçuiaL Gij *Voyez page fi74'« ^2 JuSTIFÎCAtlON DE PLUSIEURS FAITS ,&C. re ^&on fera tenté également de condamner mon filence fur cet article ;M. de la Condamine difant formellement qu’il ignore fi j’ai fait les mêmes obfervations de mon côté. Une, Lettre qu’il m’écrivoit le i5 Mai 1748. depuis notre retour en France, fera naître la même penfée. Quelqu’un des Académiciens qui m’avoient entendu expofer, dans nos Afiemblées ,le phénomène fingulier, qui confifte dans la variation du foyer des grandes lunettes ,félon que le Ciel eft plus ou moins ferein, lui en fpécifia aflez exaâement toutes les particularités. Il le prévint en même-tems fur le changement que pouvoit produire cette variation dans la hauteur apparente des aftres ,quoiqu’on eût fait tout ce qu’il falloit pour bien placer le réticule du micromètre. M. de la Condamine ne fe fouvint pas que je lui en ayois parlé ,&que je l’avois invité ,de même que M. Verguin, àyapporter une attention exprefle. La chofe lui parût toujours nouvelle ;il en fut frappé ;&comme il craignoit de fe voir obligé en conféquence d’appliquer quelque correêlion àfes obfervations ,il vouloir que le fait fût difcuté contradiêtoirement. Je vais rapporter les propres termes de fa Lettre ,qui eft ,comme je Fai dit, du lô” Mai 1748. J’ai fçû, Monfieur,fort imparfaitement, puifque je «n’ai ni entendu ,ni lû votre grande Relation faite à «l’Académie, que vous aviez expofé quelques raifons «d’Optique auxquelles on n’avoit pas fait attention avant «vous ;en conféquence defquelles une lunette mal «centrée ,ou même bien centrée ,devoir caufer des «variations apparentes dans la hauteur Méridienne d’u- «ne même étoile aux yeux du même Obfervateur. J’ef- «pere qu’avant que cela foit imprimé vous trouverez «bon de me le communiquer, afin que ce point foit «difcuté contradiêtoiremenr ,&qu’il foit une fois bien «décidé fi toutes les obfervations faites, tant au Pérou «qu’ailleurs ;par ceux qui n’avoient pas fait cette re- Seconde Partie. Art. IV. «marque ,doivent être comptées pour rien depuis cel- «les de Képler, jufques &compris celles de Meflîeurs «de Maupertuis ,Clairaut, Camus &le Monnier, fous «le cercle polaire ,Ôcc. Quelques lignes plus bas ,il revient encore àla même matière, ou plutôt il ne l’avoit pas perdue de vue; je mets au bas de la page cette fuite de fa Lettre (*). Le tout ne perfuadera pas que M. de la Condamine ait eu dans la remarque dont il s’agit, la part qu’il aifure dans fon Livre yavoir eue. On croira ,au contraire , que je lui en ai fait myftere ;quoique la variation du foyer des lunettes ,puilfe effeêlivement nuire àl’exaftitude des obfervations ,fi l’on n’y prend garde. Mais il en eft de ceci comme de tant d’autres chofes, dont il paroît qu’il ne s’eft pas fouvenu :pour prouver que je lui en ai parlé, je n’ai qu’à rapporter ce qu’il m’écrivoit de Tarqui le i8 Février 1743. J’avoue, difoit-il ,&je fuis très-porté ale croire ,comme vous le croyez ,Monfteur , que toutes ces variations (d’étoiles) peuvent riavoir d’autre caufe ,que des apparences optiques caufées par Ici différente température de l’air qui fait varier la parallaxe des fils {qu’on peut cependant ,je crois ,éviter) ,(&c. Je termine cet Ecrit malgré le grand nombre d’autres remarques qui me rcfteroiept àfaire. Je continuerois à me fonder principalement fur le témoignage de M. de (*)J’ai eu raifon de me plaindre avant de rien fçavoir de votre remarque d’Optique ,que lorfque vous terminâtes vos obfervations àTarqui siu commencement de i74z. &que je devois aller les yrépéter, vous n’eulTiez pas laiffe l’inftrument tout monté, ce qui m’eût épargné beaucoup de peine ,&au Roi les frais d’un double tranlport de 70 lieues par des chemins tels que vous les connoilTez. Mais depuis votre remarque faite , j’ai bien plus lieu de trouver étrange qu’en en faifant myftère, vous n’ayez pas au moins lailfé Finfirument fur pied ,pour alTurer par-là le fuccès d’uu travail commun que j’allois entreprendre de concert avec vous En effet ,je ne fqais comment ,dans vos principes ,vous pouvez adopter mes obfervations fîmultanées ne feroient-elles bonnes que parce que par hafard, ou autrement, elles s’accordent avec les vôtres ? Cmtinuation de la Lettre de M, de la Condamine du 16 Mai 1748. 5-4 Justification de plusieurs faits j&c. la Condamine pour juftifîer i’exaditude de mes rdciîSs fi la répugnance avec laquelle je fuis entré dans les détails précédens >ne m’empêchoit de prolonger cette ef^ pece de faSîum- Mais Je crois ,en finiflant jpouvoir prier le Public d’exiger déformais de chacun de nous ,des preuves juftifîcatives de toutes les circonflances un peu ‘importantes Jlorfqu il s’agira du voyage du Pérou. Une émulation louable dans fon principe ,mais devenue vîcieufe dans la fuite, peut nous porter àne pas rendre juftice ànos Collègues ,lorfque notre intérêt perfonnel le trouve mêlé avec le leur. Je pourrois avoir été tenté dans mon Livre ,de me rendre Auteur de tous les bons confeils ,&de tout rapporter àmon avantage. Mes Collègues feroient reliés fans voir les moindres chofes , fl je ne les leur avois fait remarquer ;ils n’auroient rien fait de bien, lî je ne les yavois déterminés :en un motj je me ferois généralement tout attribué ,excepté les fautes dont j’aurois chargé ceux que je n’aimois pas, ÔC que j’aurois prefque réduits au même état que s’ils s’échapoient d’un naufrage où ils auroient tout perdu. Qu’on me croye capable d’avoir tout défiguré jufqu’à ce point , d’avoir même commencé àle faire dès le Pérou ;& qu’on me demande rigoureufement des preuves nonrecufables des faits que j’avancerai. Mais ,quoique tous les Voyageurs ne foient pas abfolument atteints de la même maladie ,la plupart devroient jullifier la fidélité de leur Relation, au moins pour donner l’exemple iSE .pour introduire un ufage auffi utile. FJN. APPROBATION. V~ JAY lû par ordre de Monfeigneur le Chancelier, un Manufcrit intitulé Juflification des Mémoires de VAcadémie des Sçiences ,&j’ai jugé que l’on pouvoir en permettre l’impreffion. Fait àParis ce zz Avril 17 5z. CAS SI NI. PRIVILEGE DU ROY. \-j ouïs , par la Grâce de Dieu ,Roi de France &de Navarre :A nos Amés &Féaux Confeillers, les Gens tenans nos Cours de Parlement , Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel ,Grand Confeil ,Prévôt de Paris, Eaillifs, Sénéchaux, leurs Lieutenant Civils &autres nos Jufti-- ciers qu’il appartiendra. Salut :Notre Amé ,le Sieur Bouguer,. Nous afait expofer qu’il délîreroit faire imprimer &donner au Public ,- un Ouvrage qui apour titre ,JuJlification des Mémoires de l’Académie ,• 1744 51746, &c. s’il nous plaifoit lui accorder nos Lettres de permiflion? pour ce néceflaire. Aces Causes: voulant favorablement traiter” l’Expolànt, nous lui avons permis &permettons, pat ces Préfentes, de faire imprimer ledit Ouvrage en un ou plufieurs Volumes, &autant de fois que bon lui femblera, &de le faire vendre &débiter par tout notre Royaume, pendant le temps de trois années confécutives ,àcompter de la . date des Préfentes. Faifons défenfes àtous Imprimeurs, Libraires &autres p.erfonnes de quelque qualité &condition qu’elles foient, d’en introduire d’impreffion étrangère dans aucun lieu de notre obéilTance. Ala charge que ces_ Préfentes feront enregiftrées tout au long fur le Regiftre de la Communauté des Imprimeurs &Libraires de Paris ,dans trois mois de la date • d’icelles ,que l’impreffibn dudit Ouvrage fera faite dans notre Royaume, & non ailleurs, .en bon papier &beaux caraderes ,conformément àla feuille - imprimée ,attachée pour modèle fous le contre-lcel dés préfentes, que.- l’Impétrant fe conformera en tout aux Règlement delà Librairie, ¬tament àcelui du 10 Avril 17Z5 ,qu’avant de l’expofer en vente, le Manufcrit qui aura lervi de copie àl’impreffion dudit Ouvrage, fera remis'- dans le même état où l’Approbation yaura été donnée ès mains de notre très-cher &féal Chevalier, Chancelier de France, le fieur de la Moignon, &qu’il en fera enfuite remis deux exemplaires dans notre Bibliothèque pu- - blique, un dans celle de notre Château du L,ouvre ,un dans celle de no-- tre dit très-cher &féal Chevalier, Chancelier de France, le lîeur de la. Moignon, &un dans celle de notre très-cher &féal Chevalier, Garde des Sceaux de France, le fieur de Machault ,Commandeur de nos Or-- dres ,le tout àpeine de nullité des préfentes. Du contenu delquelles vous .s mandons &enjoignons de faire joiiir ledit Expofant &fes ayant caufes , , pleinement &paifiblemént ,lâns fouftfir qu’il leur foit fait aucun*trouble- ou empêchement. Voulons qu’à la copie des Préfentes, qui ..fera imprimée tout an.iong^.au commencement ou àla fin dudit Ouvrage. Foifoit ajoutés.;